Epilogue : Un monde pour tous

ShiroiRyu
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Épilogue : Un monde pour tous

Je ne comprends pas. Tout est noir, tout est foncé autour de moi. Je tente de tendre la main mais rien ne l’attrape. Je ne sais pas où je suis mais je tente pourtant de continuer. Je suis fatigué … et je suis lassé. Lassé de tout cela ?

Non, ce n’est pas ça. Je ne suis pas lassé. Je suis juste exténué par la situation. Je crois que je suis tellement affaibli que je ne sais plus où j’en suis réellement. Je ferais mieux de me réveiller, je crois. Je vais bien. Je vais parfaitement bien et …

« Papa ? Pourquoi est-ce que Papa continue de dormir encore ? »

« Il … a besoin de repos, Gilitée. Il faut le laisser dormir. »

« Mais ça fait longtemps que Papa il dort ! Papa doit se réveiller. Papa ! Papa ! »

J’entends la voix de Giréléna et Gilitée. Les deux demoiselles sont où ? Je dois me réveiller pour leur parler. J’ai envie de communiquer avec elles ! Je veux pouvoir leur adresser la parole ! Je le veux ! Pourquoi ? Pourquoi je ne peux pas ?

« Je veux me réveiller ! LAISSEZ-MOI ME REVEILLER ! »

J’ouvre subitement mes yeux pour apercevoir le plafond de pierre. Je suis réveillé, n’est-ce pas ? Je n’arrive pas à bouger, mon corps est si faible. Néanmoins, je suis bien conscient. Je suis dans un lit, les couvertures sont bien posées sur moi, me réchauffant tendrement.

« Où est-ce que je suis maintenant ? Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? »

Je tente de m’exprimer mais en fait, ce sont juste mes pensées. Aucun son ne sort de ma voix alors que je tourne mon visage sur la droite. Giréléna a le haut du corps qui est assis sur une chaise, sa longue queue se trouvant au sol alors que je la regarde.

« Giréléna ? » murmure-je faiblement, me demandant si c’est vraiment ma voix.
Elle ouvre ses yeux alors que je me demande depuis combien de temps est-ce qu’elle dort. Elle m’observe, remarquant mes yeux bleus grands ouverts en sa direction. D’abord incrédule, elle passe une main sur ma joue, retirant ensuite son gant pour recommencer.

« Nev ? C’est bien toi ? Nev ? »

« C’est … moi. Coucou … Girééna. Tu va bien ? Est-ce que tu vas bien ? Tu pleures ? »

Pourquoi est-ce que mes pensées sont si rapides alors que ma voix est si lente ? Je peux la voir pleurer mais ce n’est pas ça qui me concerne le plus. Je tente un mouvement de la main droite mais je n’y arrive pas. La main tombe mollement au sol.

« Tu m’as vraiment fait peur, espèce d’idiot ! Tu comprends ça ? Tu m’as fait peur ! Qu’est-ce que j’aurais dû penser si tu n’étais plus là ? Il faut que j’aille prévenir Gilitée et … non. Pas tout de suite en fait. Pas du tout. J’ai autre chose à faire en priorité. Quelque chose de bien plus important que tout le reste. Bon, pousses toi un peu. »

Hein ? Qu’est-ce qu’elle compte faire ? Je n’arrive pas à me mouvoir alors qu’elle grimpe sur le lit. Hey ! Je ne sais pas s’il est solide ou s’il risque de se briser ! Qu’elle fasse quand même attention à tout ça et …

« Zou ! J’ai plus besoin de ça pendant que tu es là. Et toi aussi, tiens ! »

« Giréléna, tu vas … quand même pas … »

Elle pense pas à faire quelque chose de sexuel vu mon état non ? Mais j’ai juste le temps de voir son bustier partir au sol, mes habits l’accompagnant alors que nous sommes nus, moi sur elle. Elle tente de bien mettre la couverture sur nous mais vu l’épaisseur de sa queue, ça ne sert à rien. Elle soupire et laisse tomber la majorité de celle-ci sur le côté avant de venir m’embrasser longuement, très longuement. J’aime cette saveur.

« Je pense que tu veux que je te raconte ce qui s’est passé pendant ces deux mois, non ? Ton corps est atrophié donc il va falloir remuscler un peu tout ça par contre. »

« Laisses-moi un peu de temps pour ça non ? »

« Oh, tu sembles déjà retrouver des couleurs pour parler. Est-ce le contact de mon corps sur ta peau qui produit cet effet, Nev ? »

« Hahaha. Je … veux bien que tu m’expliques tout, Giréléna. »

« Oh que non. Je ne t’expliquerais rien du tout pour le moment. Je veux juste profiter de toi pour les prochaines heures. Personne ne peut venir à part moi et Gilitée. Et vue l’heure, Gilitée est en train de dormir paisiblement. »

« Tu as .. veillé sur moi ? Depuis tout ce temps ? »

« C’est pas grand-chose et te met pas martel en tête hein ? Ne crois pas que je t’aime ou … Fais chier, je vais faire croire ça à qui maintenant, moi ? Tu as promis de m’épouser et de m’aimer. Tu sais au moins que c’est réciproque, j’espère ? »

« Hmmm, il faudrait que tu me le prouves. »

« Oh ? Fais attention à ce que tu demandes, Nev. Ca serait bête de le regretter plus tard. » me dit-elle avant de passer sa longue langue sur mon torse. Je commence déjà à trembler. Malgré que mon corps soit faible, il ressent parfaitement le désir qui monte.

« Je ne suis pas en pleine forme pour cela, Giréléna. Je ne … »

« Oh ? Tu n’es pas en pleine forme mais peut-être préfères-tu les miennes ? Car il y a quelque chose qui est en train de durcir entre mes seins depuis que je t’embrasse. »

Je n’osais pas le lui dire mais elle le remarque bien facilement. Je me gratte la tête avec gêne, ne disant plus rien alors qu’elle se frotte à moi, montant et descendant. Il ne me faut que quelques instants pour recouvrir sa poitrine, chose qui semble la ravir. Elle récupère le liquide blanc, commençant à le déguster avant de chuchoter :

« Tellement longtemps que j’attendais cela, Nev. Et visiblement, elles sont bien remplies. »

« Ne parlons pas comme ça maintenant ? Tu veux bien tout me raconter. »

« D’accord, d’accord. Bon, installons le jeune homme contre ses seins et parlons. »

Je ne sais pas comment je dois prendre cela mais je tente de le faire avec le sourire. Elle me place contre son sein droit alors que je viens titiller la pointe de chair. Une perle de lait s’en écoule, je la récupère du doigt alors qu’elle se met à parler.

« Bon, par où commencer alors ? Les trois femmes-pokémon qui t’accompagnaient, n’est-ce pas ? Alors, Migacirpy attends toujours ta présence sous l’océan. Elle a dit qu’elle aimerait te faire visiter les mers puisque tu lui as fait visité la terre. »

« Ça peut être intéressant … Maintenant, Titonée ? Qu’est-ce qu’elle devient ? »

« Elle aide à reconstruire sa ville. Autant dire que ce n’est pas bien simple. Oh, d’ailleurs, elle a décidé de se mettre à l’écriture où elle raconte les aventures d’une femme-Gardevoir accompagné de son prince charmant. Étrangement, la description me rappelle quelqu’un. »

« J’avoue que je ne sais pas du tout de quoi tu parles, Giréléna. »

« Bien entendu, Nev. Bien entendu. Tu ne sais jamais de quoi je parles de toute façon. Mon lait t’intéresse toujours autant, on dirait bien ? »

« Ne raconte pas de bêtises et continue de me dire ce que … »

Elle m’empêche d’ouvrir la bouche pour continuer ma phrase. Elle me colle le téton entre mes lèvres, me forçant à la suçoter. Je l’entends gémir de plaisir alors que je me demande de quoi j’ai l’air. Sûrement d’un détraqué à cheveux roses.

« Niny ? Oh, c’est elle qui a le plus difficile pour le moment. Elle cherche à rebâtir le royaume des femmes-insectes de sa mère. Elle a été voir les différentes races pour leur parler. »

« Et comment que ça se passe ? »

C’est ce que j’aurai aimé lui dire mais bon, la bouche pleine, j’ai dût mal à pouvoir parler. Elle me regarde avec amusement, reprenant la parole :

« Ce n’est pas simple, je te l’ai déclaré pourtant, non ? Mais bon, avec un peu d’effort, je suis sûre qu’elle peut y arriver. Il faut lui faire confiance. »

« Confiance jusqu’à où ? On peut l’aider non ? »

« On peut l’aider, oui, mais bon, ce n’est pas à nous de remplacer son travail. Il faut qu’elle y arrive par elle-même. On ne peut pas toujours être derrière elle. Tu as fini ? »

Oui, j’ai parfaitement fini. Faut dire que je si je continue, je vais avoir le ventre gonflé de lait … et le sexe gonflé de désir. Car ce lait semble me faire un bien fou. Et elle le sait.

« Et maintenant, tu veux des nouvelles du monde, c’est bien ça ? »

« Je veux surtout pouvoir me reposer. J’ai eut le plus important. Tu m’expliqueras le reste plus tard, Giréléna. J’ai vraiment sommeil. »

« Pfff, dors donc, Nev. Dors. Je vais veiller sur toi. C’est bien mon rôle, n’est-ce pas ? Celui qu’il va falloir que je m’occupe pendant des décennies. »

Je ne ressens plus la présence des femmes-golems d’ailleurs. Elles sont parties ? Je demanderai des nouvelles plus tard. C’est la moindre des choses que je puisse faire. Mais là, je veux juste dormir à nouveau. Peut-être que dans quelques heures, ça ira mieux non ?

Finalement, je sombre dans le sommeil sans même m’en rendre compte. Comment je le sais ? Car lorsque je rouvre les yeux, je suis couché sur Giréléna et elle dort aussi. Elle a même pris une forme humaine pour l’occasion, s’étant emmitouflée sous les couvertures avec moi. J’aime beaucoup sa forme originale mais … je ne dis pas non à ce côté humain.

« Il est tout aussi désirable et … »

Humpf. Je n’arrive pas à croire qu’en quelques heures, je sois remis d’aplomb. Est-ce que le fait d’être dans les bras de Giréléna m’aurait galvanisé ? Puis surtout, vu comment je suis excité, je crois que je vais me permettre une petite folie.


Ma main gauche empoigne doucement son sein généreux, venant le masser avec tendresse alors que l’autre commence à caresser ses lèvres vaginales. Je l’entends qui marmonne et murmure mais je décide de continuer. Finalement, je me demande si je suis vraiment pas quelqu’un de très bizarre alors que je m’apprête à la pénétrer durant son sommeil.

« Merci à toi de m’avoir formé de la sorte, Giréléna. »

Mon sexe rentre en elle, sans aucune difficulté mais presque aussitôt, je me sens défaillir. Je me contrôle pour ne pas jouir avant de commencer une lente pénétration. Voilà. Oh … je crois bien que dans le fond, je ne tiendrais guère. J’ai honte mais je suis ainsi. C’est si bon que je … OOOOOH !

J’ai jouit sans même pouvoir m’arrêter. Je cherche à extirper mon sexe mais voilà que je me retrouve bloqué. Mon sexe est bloqué ? Et quelque chose m’entoure au niveau des hanches et des bras. Giréléna a repris sa forme de femme-Giratina depuis quand ?

« Oh ? C’est une habitude d’abuser sexuellement sa femme pendant son sommeil, Nev ? »

« Tu étais si belle et magnifique. Je n’ai pas réussi à me retenir et je … »

« Ou alors, peut-être que tu veux déjà travailler au petit frère ou à la petite sœur que l’on a promis à Gilitée ? Tu me sembles en parfaite forme. Alors, que veux-tu ? Humaine ou femme-pokémon ? Je te laisse juste décider de la forme. »

« Je crois que je continuerais bien sur le côté humain pour cette fois. » murmure-je, rouge de gêne avant de la revoir avec ce physique de rêve, à faire damner les saints d’Harsia.

Et voilà, quelques heures plus tard, je suis debout, habillé et un peu épuisé mais je crois que ça valait le coup. Giréléna est à côté de moi, sa tête posée sur mon épaule, mon bras croisé entre les siens alors que nous sortons de la chambre.

« PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

Je n’ai pas le temps de réagir qu’un petit corps fonce sur moi, me percutant violemment. Je pouffe de douleur mais je la garde auprès de moi. La petite demoiselle-Giratina cherche à me serrer fortement dans ses bras, pleurant toutes les larmes de son corps.

« PAPA ! PAPA ! P APA ! C’est Papa ! Papa, il est réveillé. »

« Mais oui, Gilitée, mais oui. Fais attention à ne pas me faire trop mal d’accord ? Je suis encore un peu fragile, d’accord ma puce ? »

« Snif, papa … snif … papa, tu vas bien ? Dis dis ? Dis ? Tu vas bien ? »

« Oui, je vais bien. Mais bon, et toi ? Ma petite puce des îles ? »

« Snif, vais mieux, vais mieux maintenant, papa. Snif. »

Elle continue de pleurer dans mes bras alors que je tente de la réconforter. C’est dur dur quand on a un enfant dans ses bras. Mais après une dizaine de minutes, elle me force à la soulever et la garder auprès de moi. Elle me murmure :

« Papa, je t’aime énormément beaucoup … alors s’il te plaît, dors plus. »

« Je vais avoir besoin de dormir quand même un peu, tu sais ? Mais promis, si j’ai un gros sommeil, je te ferais dormir à côté de moi pour que tu me pinces la joue pour me réveiller. Qu’est-ce que tu en penses ? C’est une bonne … AIE ! »

« Ah oui, ça marche beaucoup papa ! Ca marche énormément ! »

« Attends que je dorme la prochaine fois, non ? »

« Hahaha. Continue donc, Gilitée Il faut que ton père comprenne que les sommes de deux mois, ce n’est pas bon pour lui. D’ailleurs, je le forcerai à se réveiller à ma manière aussi. »

AHEM ! Pas devant l’enfant ! Je regarde Giréléna en rougissant, celle-ci me faisant un sourire des plus tendres. Gilitée ne comprend pas. Bon ! J’ai du travail si j’ai bien compris. Enfin, du travail, oui et non. Je ne crois pas que ça soit exactement le cas. Disons juste que j’ai à retrousser mes manches, voilà tout.

« Nev, dès que tu iras mieux, nous irons voyager un peu partout dans le monde. Tu as des gens à rencontrer et tu as intérêt à te préparer à ce qui t’attends hein ? Je te signale que tu n’auras pas un temps à toi. Car oui, le peu de repos que tu auras, ça sera en ma compagnie … et tu sais pertinemment que je ne te lâcherais pas d’une semelle. » chuchote t-elle alors que je souris. Je ne trouve pas cela si dérangeant dans le fond. Je pense que je peux le supporter, hahaha ! Bon, voyons voir ce qu’elle a prévu de si spécial.

Elle ne plaisantait pas. Les prochains jours ne furent que du déplacement. Contrairement à ce que je pensais, j’avais fort à faire et j’ai dût souvent me reposer. Et encore, quand je devais me reposer, Giréléna venait s’engouffrer sous les couettes, ne me laissant pas un instant de répit. Néanmoins, j’avais put alors voir ce dont elle parlait.
La petite visite sous l’océan promise par Migacirpy avait été des plus charmantes. Il faut dire que je ne m’attendais pas du tout à cela. Elle a fait apparaître une bulle autour de mon crâne et aussi de ceux de ma fille et de ma femme. Enfin, le mariage n’a pas encore été fait mais cela ne tardera pas après cette longue visite du monde qu’on a décidé de visiter.

L’océan est vaste et magnifique, il faut le reconnaître. Mais surtout, cette impression de flotter dans l’eau. Hum ! Hey ! En y réfléchissant, je sais à quoi ça me fait penser tout ça ! Qu’est-ce que je suis bête de ne pas y avoir réfléchit plus tôt en fait !

« Et voilà ? Est-ce que tu apprécies la vue, Nev ? Impressionnant non ? Tu es sûr d’avoir fait le bon choix avec Giréléna ? Tu peux encore revenir en arrière hein ? »

Elle éclate d’un grand rire alors que j’hoche la tête négativement. Non merci, j’ai fait mon choix et je suis sûr et certain de ce dernier. Je ne regretterais jamais ce que cela veut dire ou ce que cela veut être, ce qui se passe ou ce qui m’attendra. Non, je ne regrette rien.

« Désolé, Migacirpy. Mais cela ne veut pas dire que nous ne resterons pas en contact hein ? » dis-je dans un grand sourire alors qu’elle soupire, s’avouant vaincue pour cette bataille mais pas la guerre. Voilà tout. Il est temps d’aller voir Titonée.


Et dès que je fais un premier pas vers elle, c’est pour m’étreindre dans ses bras. La robe blanche et bouffante qu’elle porte est tout simplement magnifique sur son corps. Je me demande où elle a put trouver cela. Elle est splendide.

« Oh ? Tu aimes ma robe ou ce qu’il y a dessous ? »

« Ah … Titonée. Comment se porte le village ? »

« Et toi, surtout, comment est-ce que tu te portes ? C’est le plus important. Après deux mois, tu pourrais m’étreindre plus que deux minutes hein ? Je crois que j’ai assez patientée. »

Bon bon bon, d’accord. Giréléna ne va pas trop m’en v… en fait, y a de fortes chances que si, si je ne me trompes pas. Bon bon bon ! Est-ce que je veux me faire tuer par elle tout de suite ou non ? Oh et puis zut, si ce n’est qu’un enlacement.

« Viens par là, Titonée et racontes-moi tout au lieu de rester sur place. »

Elle n’attends même pas la fin de ma réponse qu’elle se jette dans mes bras pour que je puisse l’étreindre comme une folle. Aie, aie, aie, si elle continue, je vais lui casser le dos. Elle me souffle que tout se passe merveilleusement bien et que tout va aller à une allure folle. Elle reçoit de l’aide d’autres femmes-pokémon et avec elles, les bâtiments retrouvent vite une allure superbe. Il y a de fortes chances qu’il y ait plus de bâtiments puisque les femmes-pokémon ont décidé de vivre avec eux. A partir de là, tout est pour le mieux. Tant mieux … oui, tant mieux. Maintenant, je vais aller rencontrer Niny. J’ai encore du chemin.

Wow … c’est ici qu’il y a le plus gros changement. Je ne trouve pas Niny n’importe où mais dans un gigantesque palais ressemblant à une ruche géante. Sauf qu’à l’intérieur, il n’y a pas que des filles-Apitrini mai de nombreuses femmes-pokémon insecte.

« Si vous voulez bien me suivre, la reine Niny est en discussions avec l’ambassadrice des femmes-Pyrax. Cela ne devrait pas trop tarder. »

Une femme-Dardargnan, qui ressemble presque à une femme-humain malgré ses ailes et ses yeux globuleux. Mais voilà, elle est « normale », du moins, elle tente d’y ressembler. Lorsque je pénètre dans la salle, je vois une femme-Pyrax, un genou au sol alors que Niny est assise sur son trône. Wow. Elle est impériale malgré sa jeunesse et …

« Nev ? Nev ? Nev ? Nev ? Nev ? NEV ! PAPA ! »

Ouch ! Ca faisait longtemps que je n’avais plus entendu ce terme. J’émets un grand sourire à son écoute alors qu’un bourdonnement se fait entendre, la femme-Apireine me percutant pour me faire tomber au sol. Je peux remarquer le regard abasourdi de l’ambassadrice.

« Nev, Nev, Nev, Nev ! J’y croyais plus quand on m’a dit que tu étais réveillé ! J’y croyais plus du tout ! Snif ! Mais tu es bien là ! Snif ! »

« Roh, comment est-ce que l’ambassadrice va réagir si elle te voit pleurer comme une madeleine ? Tu veux passer pour quoi ? »

« M’en fiche ! M’en fiche complètement, Nev. »

Cela ne sert pas à grand chose de discuter mais je m’en doutes. Ce n’est pas bien grave. Le plus important est que je sois là pour elle. Je tente de me relever avant qu’elle ne me dise qu’elle finit son travail puisqu’elle est tout à moi. Je remarque qu’elle a précisé cela bien qu’elle regardait Giréléna et Gilitée. Ah … les femmes-pokémon. Qu’est-ce que l’on ferait sans elles ? Pas grand chose, je me doutes de cela.

« Et voilà, Nev ! Je vous invites à manger ? Promis, Giréléna, il n’y a rien de spécifique aux femmes-insectes et il n’y a aucun insecte dans les environs. »

« Ahem, tu n’es pas obligée de dire cela devant ma fill. »

« Oh, ce n’est pas bien grave. La peur est humaine … ou alors femme-pokémon. »

Je vois qu’elle cherche à se moquer gentiment de Giréléna mais ce n’est pas au goût de la femme-Giratina. Je ne vais pas chercher à m’interposer puis de toute façon, Gilitée est la plus heureuse parmi nous quatre. Elle est contente d’avoir retrouvé Niny comme amie.


Je peux voir Niny faire son travail. C’est vraiment remarquable en soi. Je n’ai rien à redire à ce sujet. Elle a l’air d’une vraie reine. Je crois qu’elle a parfaitement remplacé Apixy. Bien entendu, je ne peux pas en connaître trop à ce sujet car … je n’ai jamais vraiment connu Apixy. Je peux juste me douter que sa fille est là pour prendre la relève. Je n’ai plus rien à craindre pour elle. Comme les deux autres, elle me propose un peu d’adultère de temps à autres mais je ne fais que lui sourire tendrement. Un jour peut-être.

Finalement, j’en ai fini avec les personnes proches ou presque … car oui, je sais qu’il me manque d’autres demoiselles à aller voir. Je ne pense pas à n’importe qui, loin de là. Je ne sais pas du tout où elles sont mais Giréléna me dit :

« Elles ont décidé de faire aussi un petit village. Tu te rappelles de l’idée que tu avais proposée aux femmes-oiseaux ? Et aux femmes-chiennes ? »

« Oui, oui, je m’en rappelles parfaitement. Tu ne veux pas dire que … »

« Rygagagi a apprécié l’idée et a décidé d’y aller elle aussi. Ainsi, cela fera plus d’adversaires. D’ailleurs, elles sont à la recherche d’un autre groupe capable de faire pareil. »

C’est un peu compliqué mais pourquoi pas ? Plus elles sont des folles, plus on rigole non ? Du moins, je tente de le voir ainsi. Donc là où nous nous rendons, si j’ai bien compris, cela veut dire que je vais retrouver pas mal de personnes.

« Mais mais mais … C’est Nev ! YEY ! »

Le cri d’une enfant me fait voir une route glacée jusqu’à moi. J’ai juste le temps d’apercevoir une petite forme avant de tendre les bras, réceptionnant Géréci. C’est donc ça ? Le village des femmes-golems ? C’est basé sur le même principe que je connais ?

On dirait bien. Des femmes-pokémon se trouvent au loin, aidant les humains tandis que je peux apercevoir aussi Rygagagi qui porte une belle tenue blanche. Ah bien entendu, elle est la mairesse de cet endroit. Par contre, Gérécit me fait un peu froid là.

« Tu vas mieux maintenant, Nev ? Tu restes ici quelques jours ? Toujours ? »

« Euh, autant la première proposition, cela ne me dérange pas vraiment, autant l’autre… je préfère éviter hein ? J’ai aussi ma vie à côté. Où sont tes deux sœurs ? »

Elle pousse un petit rire comme pour dire qu’elle ne sait pas avant qu’on me tire légèrement derrière moi. Je me retourne pour voir Rigorek. Elle a sa poupée Racaillou dans ses bras mais elle la fait tomber, tendant les mains vers moi.

« Coucou Rigorek, est-ce que tu vas bien ? »

Elle continue de me tendre les bras, sans un mot alors que je la soulève. Elle colle sa tête contre mon torse, fermant les yeux alors que je lui caresse le dos. Oh . Je vois. Elle n’a pas besoin de parler pour exprimer sa joie de me revoir.

« Contente de voir que tu vas bien, Nev. Désolée pour notre grande sœur, elle est occupée à préparer les premiers jeux d’ici quelques mois. Tu veux voir les femmes-chiennes et les femmes-oiseaux ? Elles sont dans les villages voisins. »

« Bonjour à toi aussi, Stelireg. Et d’accord, pas de soucis. De toute façon, nous pouvons patienter. Je crois qu’il m’est conseillé de ne pas partir de suite. »

« Je pense que c’est la meilleure chose à faire, d’après ce que je peux voir avec Rigorek. »

Je ne comprends pas tout de suite mais en voyant Rigorek, j’ai ma réponse. Elle s’est endormi aussitôt dans mes bras. Je n’arrive pas à le croire. J’entends une petite complainte de la part de Gilitée qui fait une mine boudeuse.

« Mais euh ! Ele m’a pris ma place. »

« Gilitée, tu peux bien lui laisser ça pendant quelques heures non ? Tu m’auras toute la vie. Hum, je ne pensais pas qu’elle serait aussi expressive que ça. Comme quoi. »

« Et pourtant, c’est celle qui cache le moins ses sentiments. Même Géréci ne l’est pas autant. »

« Même moi, j’ai du mal à y croire et pourtant, j’ai la preuve dans mes bras. »

Une belle petite preuve. Elle m’a manqué. Elles m’ont manqué. Oui, toutes. Sans distinction. J’aimerai dire que je n’arrive pas à le croire et pourtant … Rah ! Je suis beaucoup trop gentil avec elles mais elles le méritent toutes.

Finalement, je me déplace avec Rigorek endormie dans mes bras et je me dis quelque chose : bien sûr, ces gamines sont des filles-pokémon qui n’auraient pas hésité à me violer si elles en avaient eut l’occasion … mais cela reste des enfants, malgré les millénaires voire plus qui se sont déroulés depuis qu’elles existent. Hahaha. Bon, j’ai encore du chemin à faire. Je me demande ce que deviennent tous les autres. Les femmes-pokémon que j’ai rencontrées durant mon voyage. J’ai du chemin à accomplir, beaucoup de chemin de ce que je sais. Mais voilà, ainsi va la vie et je sais que beaucoup de choses m’attendent sur la route que je vais suivre.

Une demie-année s’est écoulée depuis que j’ai recommencé à marcher et que je me suis réveillé. Le ventre de Giréléna s’est arrondi. Il faut dire que tous les jours et toutes les nuits, elle ne m’a pas laissé tranquille. Il est alors normal et logique que cela arrive. Je n’ai rien put faire pour contrer cela mais je ne suis pas à plaindre, loin de là.

« Comment est-ce que tu te portes, Giréléna ? »

« Roh mais arrêtes de t’en faire, Nev. Le bébé va bien et moi aussi. »

« Oui mais je ne sais pas, moi. Je suis inquiet quand même. Est-ce que j’ai le droit ? »

« Oui, tu as le droit mais pas au point de te prendre la tête avec ça. Touches donc. »

Je veux bien toucher mais ça n’arrangera rien du tout. Pour Gilitée, je n’ai pas été là bien que ce n’était pas de ma faute. Alors là, je veux mettre les bouchées doubles. Cet enfant sera aussi bien élevé que Gilitée. Qu’importe le statut de reine des femmes-pokémon que Giréléna traînait, qu’importe le fait que j’ai perdu tous mes pouvoirs ou presque, je suis maintenant quelqu’un comme les autres.

« Ce monde n’est pas si mauvais quand on décide tous s’accepter. »

« Qu’est-ce que tu racontes donc ? Hey ! Viens par là au lieu de rêvasser. » s‘écrit Giréléna en me tirant jusqu’à elle. Bon bon bon ! Qu’est-ce que l’avenir me prépare ? Je n’en sais rien. La seule chose dont je suis sûr, c’est que ce monde est sur une meilleure voie maintenant.

Ailleurs, dans un isolé du monde, dans un endroit où normalement nul n’a accès, une petite plaine était visible, flottant dans les cieux. Un homme aux cheveux roses observait le vide sous ses pieds, un vide nuageux, laissant parfois paraître de l’herbe, des montagnes et autres éléments constituant la planète.

« Je ne dois être présent que lorsque cela est nécessaire. Ce n’est plus à moi de pallier aux défauts des humains et des femmes-pokémon. J’ai déjà assez commis d’erreurs. Je ne ferais que réparer celles qui sont trop graves. »

« Et que penses-tu de cette idée d’avoir laissé ces pouvoirs à Nev ? Malgré qu’ils soient latents et qu’il ne s’en rendra peut-être jamais compte ? »

« Je m’en doutes mais j’ai fait ce que j’estimais être le mieux. Ainsi, si un jour, je commets une nouvelle faute, quelqu’un d’autre sera là pour la réparer si j’en suis incapable. »

« Et pour elle ? Que comptes-tu faire ? Lui donner une nouvelle chance ? »

« Si on a accepté de me laisser une chance, pourquoi devrais-je refuser qu’une autre personne en ait une ? Je ne sais guère néanmoins comment faire cela. » murmura l’homme aux cheveux roses, ne se retournant toujours guère alors que la voix féminine se rapprochait de lui.

« Tu trouveras cela par toi-même. Rien ne sert de se presser. Et puis, maintenant, tu n’es plus seul, tu es accompagné, non ? »

« Je ne pouvais pas rêver mieux comme personne pour cela. Est-ce que tu es d’accord pour que je continue à observer ce jeune homme que je possédais ? »

« Outre le fait qu’il te ressemble, ce qui est logique en soit, je ne vois aucun problème à cela. Même si sa vie va être dorénavant bien plus calme, rien ne nous interdit de redescendre un jour. Je pense d’ailleurs que Rékiazy, Graudan et Kyourge seront contentes à ce sujet. »

« Ah … ces femmes-pokémon. Toujours à créer du trouble et des problèmes. Que fais-tu ? Dyrkri ? » demande l’homme aux cheveux roses, tournant son visage et ses yeux bleus pour fixer la femme aux cheveux blancs en face de lui. Elle a les mains posées sur son ventre, faisant un sourire avant de chuchoter :

« J’ai peut-être une idée pour le cas de notre demoiselle. »

« Oh ? Qu’est-ce que tu proposes ? Je veux bien t’écouter. »

« Non, il vaut mieux que tu me suives. Il va falloir t’apprendre les principes les plus élémentaires, comme les humains et les femmes-pokémon. Prends ma main. » dit-elle tout en tendant celle de droite, l’homme aux cheveux roses l’accompagnant.

Il avait décidé de donner la vie à ce monde grâce à ses pouvoirs. Aujourd’hui, elle allait lui montrer comment donner la vie dune façon naturelle, comme celle qui régissait ce monde. Peut-être qu’alors, leur enfant serait la réincarnation d’une femme-pokémon qui n’avait jamais eut de chance dans son existence. Peut-être qu’un jour, la famille qui allait se former … rencontrerait celle d’en bas. Ce monde était maintenant pour tous.

Chapitre 25 : Une peur universelle

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Chapitre 25 : Une peur universelle

« Déesse Harsia ? Non, Harsia tout court, n’est-ce pas ? »

« Je … je ne veux pas parler. Je vais mourir, n’est-ce pas ? Je vais mourir non ? Mon corps va disparaître sans laisser de trace et on va m’oublier, n’est-ce pas ? »

« Je ne pense pas que des gens vont t’oublier. Il est impossible d’oublier une femme-pokémon comme toi. Tu peux en être assurée, Harsia. »

Je sais pas pourquoi je dis cela. Mon corps me fait atrocement souffrir. Je crois que j’ai compris ce qui arrive à Harsia. Je comprends aussi que je ne suis pas bien loin de son état. J’émet un triste sourire avant qu’elle ne chuchote :

« Je ne veux pas mourir, je ne mérite pas de mourir, je ne veux pas mourir pour la faute des autres. Je ne veux pas disparaître ! Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS ! »

« Pourtant, c’est-ce qui va arriver, Harsia. Nous avons réussi à te battre et ce monde est sauvé. C’est tout ce qui importait pour nous, tu le sais, n’est-ce pas ? »

« Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir. Je ne mérite pas de mourir. Je n’ai rien fait pour cela. Je ne veux pas ! »

« Il faut pourtant que tu te prépares, ce n’est qu’une question de minutes. Est-ce que tu as quelque chose à dire ? Quelque chose à te faire pardonner ? Je ne te jugerais pas. »

« Je n’ai rien à dire ! Je ne veux pas mourir ! Je ne veux pas ! Pourquoi est-ce que je devrais mourir pour la faute du Créateur ? Il est le seul responsable de tout cela ! »

« Je ne peux pas prétendre le contraire. Tu as même totalement raison, Harsia. »

Et pourtant, je ne peux pas le haïr comme elle doit le haïr. Non, en la regardant, je ne perçois pas de la haine dans ses yeux, c’est tout le contraire. Elle est complètement différente. On dirait plutôt du désespoir et de la tristesse.

« Je ne veux pas mourir par sa faute ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! »

« Je te comprends, je te comprends complètement. Mais pourtant, tu as voulu détruire ce monde et nous avons réussi à t’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. »

Je ne comprends pas comment je peux avancer cela sans rien dire d’autre. Je suis à peine conscient de ce que je raconte. Je la regarde avec une tendresse infinie, me disant que pourtant, tout est fini pour nous deux.

« Je ne veux pas mourir. J’ai froid, j’ai vraiment froid ! Je ne veux pas ! »

« Calmes-toi, Harsia. Je sais que beaucop n’acceptent pas cela. Tu n’es pas différente des autres, à réagir de la sorte. Tu n’as pas à t’en faire et … »

« Je suis la déesse Harsia ! Je ne m’inquiètes pas de cela ! Pas du tout ! »

« Tu es juste une femme-pokémon, comme les autres. »

Je passe une main dans sa chevelure alors que son ventre se soulève faiblement. J’ai l’impression d’abattre une femme-Ponyta. Elle a toujours cette forme à moitié-humaine. Elle semble choquée par mon geste mais se laisse faire.

« Je ne suis pas comme … les autres. Je ne suis pas comme les autres ! »

« Pourtant, il faut que tu acceptes cela. Alors, peut-être que tu pourras partir en paix. »

Elle tente de se redresser mais s’écroule presque aussitôt. Je l’entends gémir et pousser des râles de désespoir. Elle n’a pas envie de mourir, n’est-ce pas ? Personne n’a envie de mourir. Personne n’est réellement préparé à ça et je me doute que je ne lea rassure pas.

« Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Je ne dois pas mourir ! Je ne veux pas mourir ! Je ne dois pas mourir ! Je n’ai pas envie de mourir ! »

« Personne n’en a envie et pourtant, cela arrive. Est-ce que tu as déjà eut une pensée pour ceux que tu as tués ? Sans même te soucier du fait qu’ils allaient mourir ? »

« Je ne veux pas. Je ne veux pas. Je ne veux pas. Pourquoi je dois mourir alors qu’il m’a abandonnée ? Qu’il nous a tous et toutes abandonnés comme si de rien n’était ? Personne ne lui en veut, personne ne lui fait prendre ses responsabilités. »

« Oh que si, il va les prendre car dorénavant, il a un travail qui l’attends puisque ce n’est pas à toi de t’occuper de cela, Harsia. Ce n’est plus à toi. »

Je dis cela mais moi-même, je tente de me rassurer. Ces rayons lumineux qui sortent de mon corps ne me rassurent pas le moins du monde. Je ne suis pas convaincu que ça soit une bonne chose. J’ai peur autant qu’elle mais je dois me montrer fort, je le sais. Je dois me montrer plus fort qu’elle, pour qu’elle comprenne que tout est fini.

« Assez, j’en ai juste assez de tout ça. J’en ait assez de cette vie que je n’ai jamais voulue ! »

« Alors, c’est le moment de se reposer. »

« Se reposer ? Moi ? Je dois me reposer ? Pourquoi moi? Et pourquoi pas une autre ? »

Je ne peux pas vraiment m’expliquer à ce sujet. Je n’en sais pas mieux qu’elle. Harsia ressemble plus à une jeune fille complètement perdue mais dont les pouvoirs immenses l’ont déphasée par rapport à la vision de ce monde. Maintenant qu’elle a été stoppée, elle montre enfin ses faiblesses aux yeux de tout le monde. C’est comme ça que je vois le tout.

Mais je ne pense pas que ça soit bon de penser à ça maintenant. Tout est fini pour elle. Ah … tout est fini. Voilà tout. Je pousse un profond soupir. Je crois que dans le fond, je veux aussi me reposer. J’aimerai bien tenir ma fille dans mes bras mais je crois que ça ne serait pas conseillé. Je ne veux pas lui faire peur, n’est-ce pas ?

« Je n’ai pas envie de mourir, moi non plus. »

Je chuchote cela, comme pour me rassurer moi aussi alors qu’Harsia me regarde, interloquée. Elle tente de me caresser les cheveux et j’approche mon visage. Finalement, c’est elle qui pose sa main sur ma chevelure, chuchotant :

« Pour un apprenti héros, tu as bien grandi. Dire que je pensais intérieurement … que tu irais plus loin que tous les autres porteurs du Créateur, je ne m’attendais pas à ça. »

« J’ai une question, Harsia, pourquoi est-ce que tu … n’as pas récupéré le pendentif ? »

Oui, cette question me taraude depuis des semaines et des semaines. Lorsqu’elle avait reforgé le pendentif, j’ai remarqué qu’elle l’avait oublié. C’est une chose tellement stupide et inhabituelle que je ne peux pas … hein ? Elle me sourit ?

« Une minuscule partie voulait que je disparaisse. Une infime parcelle voulait que tout s’arrête. Un insignifiant fragment voulait en terminer. »

« Déesse Harsia, vous … »

Je n’arrive pas à finir ma phrase. C’est elle-même qui s’est donnée la mort. Je n’étais que celui qui tenait l’arme qu’elle a forgée pour se tuer. C’est donc ça, n’est-ce pas ? J’ai fini pr comprendre alors que ses yeux sont à mi-clos.

« J’ai été tout … sauf une déesse. Je ne mérite pas ce titre. »

« Vous savez pertinemment que ce n’est pas que ça. Ce n’est pas aussi facile que ça. Vous dirigiez ce monde en le manipulant en partie mais en même temps, vous n’avez pas été si mauvaise que ça pendant des millions d’années, non ? »

« Il est un peu tard … pour trouver des bonnes choses en ce qui me concerne, non ? »

« Je ne sais pas vraiment à ce sujet mais qu’importe, j’ai dit ce que j’avais à dire.  Je ne pense pas que j’ai d’autres choses à signaler. »

« Je ne sais pa … je me sens plus … soulagée maintenant. Merci. »

Sa main vient attraper la mienne, la serrant doucement. Je remarque que j’ignore complètement ce qui se trouve autour de moi, que ça soit Giréléna, Dyrkri ou les autres. Je suis seul en ce moment, terriblement seul.

« J’ai froid, héros. J’ai chaud, héros. Ce sont deux sentiments contradictoires, non ? »

« Je crois bien que c’est le cas. Néanmoins, tu ne dois jamais oublier que tu n’es pas seule, que tu n’es plus seule. C’est tout et … »

« Est-ce que tu as peur aussi, Nev ? De ce qui t’attends ? Le Créateur est un être horrible … mais imparfait. Je sais que Dyrkri l’aime réellement. Je ne sais pas s’il l’a remarqué. »

« Il l’a remarqué … un peu tardivement, seulement quand il est parti. Il est aussi stupide que moi : il ne comprends l’importance des choses quand il ne les possède plus. »

« Tellement de personnes sont ainsi. Je suis fatiguée, très fatiguée. »

Bientôt, n’est-ce pas ? Tyaunev. Je pense à elle maintenant alors que ce n’est pas le moment. Je souffre terriblement alors que je ne le ressens pas. Je sais juste que mon corps hurle de douleur par rapport à tout cela.

« Je pense que chacun de notre côté, on a mérité de se reposer. »

Je lui dis cela avec une extrême tendresse, les yeux clos, me demandant quand est-ce que tout cela sera réellement fini. Je ne peux plus que patienter maintenant. Patienter, je suis aussi extrêmement fatigué en fin de compte.

« Je vais … fermer les yeux, je crois. Me reposer. »

Pourtant, je ne le fais pas. Mes yeux sont rivés sur la déesse Harsia. Elle a un faible sourire en me regardant, son aura semblant aussi chaleureuse que la première fois que je l’ai rencontrée. Quand je n’étais pas conscient de ce qu’elle était réellement.

« Est-ce que le Créateur va prendre … le contrôle de ce monde ? »

« Je me chargerai de réparer tes erreurs, Harsia. Tu n’as pas été une fille très sage mais j’ai été un père horrible et absent. »

Le Créateur nous parle ? Enfin non, il parle à la déesse Harsia tout en m’ignorant à moitié. Je ne sais pas comment je dois le prendre mais c’est sûrement mieux avec le sourire, j’imagine. Enfin, je crois, je n’en suis pas totalement convaincu. Quelque chose est en train de sortir de moi, un peu comme avec les esprits élémentaires.

« Je ne vous en veux plus, Créateur. Je veux juste … Nev ? Je peux te demander quelque chose? Non pas d’une déesse à un humain. »

« Qu’est-ce que c’est, Harsia ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »

« Est-ce que je peux … serrer ta main ? Ce n’est pas celle du Créateur que je désire. »

C’est étrange mais pourquoi pas ? Je ne dis pas non à sa demande. Je suis un peu exténué mais j’accepte ça. Mes doigts croisent les siens alors que je ressens cette douce chaleur qui s’insinue dans mon corps. Qu’est-ce qu’elle fabrique ? Est-ce … non . Je suis sûr et certaine que ce n’est pas une mauvaise chose, loin de là. Ce n’est pas son but actuellement.

Pas du tout. Je le sais, je le ressens bien. Elle a le visage très pâle maintenant. On dirait qu’elle épuise ses dernières forces. Je me sens mieux étrangement. Ces rayons lumineux de toutes les couleurs qui sortaient de mon corps sont en train de disparaître. Le vide est toujours là, j’ai l’impression que le Créateur a disparu.

« Pour une fois, j’aimerai me comporter comme une déesse. Je ne veux plus me sentir seule. Je ne me sens plus seule. Le contact d’une main dans l’autre est si naturel et pourtant si chaleureux. J’aurai aimé … être comme les autres femmes-pokémon. Trouver une personne à aimer. Ne pas être adorée par des millions … mais par un être unique … à mes yeux. »

« Pourquoi est-ce que je ne me sens plus mal ? »

Elle ne me répond pas car je connais la réponse. Même si je pose la question, la réponse est là. Elle est dans ce contact entre moi et Harsia. Mes doigts se croisent plus fortement alors que ma seconde main vient se poser sur sa joue gelée. Avec douceur, je relève le haut de son corps, l’emmenant contre mon torse.

« Je n’ai jamais … cru en la réincarnation bien que je fus considérée comme une déesse. Est-ce que … j’y aurais droit moi aussi ? »

« Tout le monde y a droit, qu’importe son importance dans ce monde. »

« Merci pour … tout, Nev. Merci … mer … ci. »

Son souffle se fait plus faible et son corps est en train de disparaître. Il n’y aura pas de cadavre sur lequel s’apitoyer. Ses pattes arrière et sa croupe ne sont plus là, puis ses pattes avant. Il ne reste plus que le haut de son corps, les bras ayant rejoint le reste de cette belle mais triste lueur.

« Au revoir, Harsia. »

Je ne lui chuchote que cela mais je n’ai aucune réponse. Finalement, son corps se dissipe complètement et je n’ai alors plus rien à tenir dans mes bras. Tout a entièrement disparu, comme si tout cela n’avait jamais existé. C’est fini …

C’est tout simplement fini. Je dois le prendre comme cela. J’ai vaincu … mais je n’en suis pas fier. La déesse Harsia a disparu et les morts sont nombreuses. Tous ces sacrifices causés pour en arriver jusque-là, cela en valait la peine ?

« Nev ! Bordel ! Nev ! Réagis ! Nev ! S’il te plaît ! Je te parles quoi ! »

Oh ? La voix de Giréléna. Je l’entends finalement. Je me tourne vers elle, lui souriant avant de m’écrouler au sol. Fatigué, je suis vraiment fatigué. Et cette voix … je ne l’entends plus. Le Créateur a quitté mon corps sans même se montrer.

« Nev ? Réponds moi ! Hey ! Pourquoi tu as arrêté de briller ? Nev ! Ne claque pas dans mes bras, je l’accepterais pas ! Tu comprends ? »

Elle me soulève et je sens sa queue qui frôle ma joue comme pour m’extirper de ma fatigue. Pourtant, la queue a stoppé son mouvement et je le sais sans même ouvrir les yeux. Elle commence à sangloter, me serrant contre elle.

« Pas maintenant, tu as compris ? Pas maintenant ! Tu ne dois pas le faire maintenant ! »

Je reste logé contre elle, je n’ai pas la force de parler. Je tente d’ouvrir la bouche mais aucun son n’en sort.. J’ai l’impression de sombrer dans l’inconscience, d’y plonger sans pouvoir en ressortir. Tout est noir, même mes pensées sont brouillées. Je n’arrive plus à garder conscience. J’ai besoin de dormir, qu’importe le temps que ça prendra, qu’importe le temps que ça durera, quitte à ne plus pouvoir me réveiller.

Chapitre 24 : Finir brisé

ShiroiRyu
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Chapitre 24 : Finir brisé

« Nous devrions alors nous battre maintenant. Je ne peux évoquer l’humanité face à moi puisque vous êtes tous ligués contre ma personne. »

« C’est toi, Harsia, qui a décidé de te mettre le monde à dos ! Toi, qui a décidé d’abuser de tes pouvoirs pour te donner une consistance ! C’est toi qui est responsable de tout ça ! »

« Assez parlé. L’heure n’est plus au dialogue mais au combat. Montrez-moi donc ce dont vous êtes réellement capables. Que je voies de mes propres yeux tout cela. »

Elle pointe une main vers moi et je remarque que l’anneau qui est normalement dans son dos se trouve maintenant au niveau de sa croupe. Deux petits anneaux sont aussi sur ses bras. Celui qu’elle pointe vers moi a une couleur orange.

« Des flammes ? Je peux facilement contrer ça ! »

Voilà que la femme-Palkia se place devant moi, créant de l’eau pour contrer les flammes qui sortent de la main d’Harsia. C’est donc ainsi, n’est-ce pas ? Le véritable combat. Voilà que la seconde main se place vers moi, l’anneau étant doré sur le bras.

« Et ça, visiblement, c’est à moi d’agir ! »

Dénialka est à son tour devant moi, me protégeant de la foudre. J’ai besoin de souffler, c’est vrai. Je remarque que Giréléna et Dyrkri se regardent en chiennes de faïence. Elles ne vont pas se battre toutes les deux quand même ?

« Si vous pouvez éviter de vous entretuer ? »

« Tsss, elle était restée là depuis le début en fin de compte ? Même sur ce point, elle ment ! »

« Ce n’est pas totalement vrai, Giréléna. Elle est revenue dans le pendentif il y a peu de temps. Lorsque j’ai put l’apercevoir, n’est-ce pas, Dyrkri ? C’est bien ça ? »

« C’est exact. Je suis réellement partie pendant quelques jours mais … je ne pouvais pas le laisser seul. J’étais inquiète à son sujet. Ca m’est impossible de vouloir le laisser seul. »

« Je sais bien que tu ne parles pas de moi mais de celui qui est en moi. »

« Ca ne change pas que je continue de t’apprécier grandement, Nev. Il y a des choses qui ne changeront pas à ce sujet. Comme ce que j’ai fait et ce que nous avons vécu ensemble. »

« Je me doutes bien à ce sujet, enfin bon, ce n’est pas bien grave. Giréléna, est-ce que tu veux bien t’aider de Dyrkri pour m’épauler ? Si tout le monde s’entraide, nous pourrons vaincre Harsia. Je comptes sur toi ! »

« Ne compte pas trop dessus non plus. Je ne lui pardonne pas ce qu’elle a fait. Depuis des siècles et des siècles, elle s’est amusée à ça. Et tu veux que j’oublie ça juste pour une saleté de femme-pokémon qui se prend pour une déesse ? Je ne tomberai pas dans ce piège grossier ! Je ne vais pas me laisser avoir de cette façon ! Hors de question ! »

« Oh ? Visiblement, vous êtes encore en train de vous battre ? On dirait que certaines choses ne changent pas, entre traîtresses. »

La voix de Rékiazy se fait entendre alors qu’elle apparaît entre Giréléna et Dyrkri. Les deux femmes-pokémon la regardent, attendant de voir ce qu’elle veut dire par là. Elle reprend d’une voix amusée par tout cela :

« Oh ? Voyons bon, l’une a trahit la déesse Harsia pour s’occuper du Créateur tandis que l’autre est issue d’une lignée de femmes-pokémon reconnue pour sa traîtrise envers la déesse Harsia. Vous êtes toutes les deux des trâitresses envers elle … mais pourtant, vous êtes liées à l’humanité et aux autres femmes-pokémon. Vous devriez plutôt vous soutenir. »

« Si on se soutient, ça sera plus pour te donner une bonne paire de baffes dans la gueule. Qu’est-ce que tu fais là ? Tu vas te placer à côté d’Harsia pour nous affronter ? » demande Giréléna sur un ton hargneux avant que je ne passe une main dans sa nuque, la caressant. Elle en tremble un peu de plaisir, se tournant vers moi :

« Mais qu’est-ce que tu fais, toi ? Je peux le savoir ? T’as une idée saugrenue en tête ? »

« Juste que je veux que tu te calmes, est-ce que ça marche ? »

« Pfff, ça marche mais n’en profites pas trop, nous ne sommes pas seuls. Tu attends juste une heure ou deux et ça sera parfait. BON ! HARSIA ! J’ai un homme à épouser ! ALORS TU VAS TE DEPÊCHER DE CLAQUER, COMPRIS ?! »

Classe et élégance à la façon de Giréléna. On ne pourra jamais la refaire, j’en suis certain. Mais bon, elle reste la meilleure chose qui me soit arrivé. Après la naissance de ma fille bien entendu. Ca me fait penser que j’ai une petite pointe au cœur. J’aurai bien voulu la voir naître. Enfin, la tenir dans mes bras lorsqu’elle est née. Bon, en vue des enlacements fréquents, très fréquents depuis qu’elle est là, je me suis rattrapé grandement.

« Humains, femmes-pokémon, tous face à moi. Et même le Créateur s’en mêle. »

« Il est vraiment réveillé, Nev ? »

« C’est le cas, Dyrkri. Je ne le cache pas le moins du monde. Mais bon, il me prend vraiment la tête si je peux me permettre de te le dire. »

« Désolée, il a souvent été agaçant mais tu comprends, non ? »

« Je ne comprends pas forcément tout mais je ne vais pas m’en plaindre. Enfin pas plus maintenant. Par contre, s’il sort, est-ce que vraiment, il … va me tuer ? »

« Hein quoi ? C’est quoi cette blague ? DYRKRI ! Tu as intérêt à t’expliquer ! Et plus vite que ça avant que … » commence à hurler Giréléna avant qu’un rayon ne descende des cieux, accompagné par tant d’autres.

« Le jugement divin va s’abattre sur vous. Il ne restera plus rien de vos corps avant que vous ne trouviez le repos éternel. Laissez-moi donc en terminer avec vous. »

C’est bien la déesse Harsia, qui elle, ne se préoccupe pas le moins du monde ce qui se passe par rapport à Dyrkri et Giréléna. Ce qu’elle veut, c’est tout simplement nous éliminer, n’est-ce pas ? Nous ne devrions pas nous disputer mais elle ne veut pas le comprendre.

Je veux tuer la déesse Harsia. Non, je veux juste la mettre hors d’état de nuire mais je ne pense pas y arriver. Pourtant, les attaques déferlent sur Harsia, venant de toutes les femmes-pokémon autour de moi. Mais il y a aussi les humains.

« Qu’est-ce que vous comptez faire ? Ce n’est pas avec des attaques aussi pathétiques que vous pourrez alors m’abattre. »

Me surpasser. Je dois me surpasser … un cri se fait entendre à côté de moi, un halo de flammes venant de recouvrir plusieurs femmes-pokémon et humains, les tuant sur le coup. ZU… ZUT ! A force de réfléchir ! Je dois m’y lancer !

« Je ne peux pas vous demander de rester en arrière ! J’ai besoin de vous tous ! Aidez-moi à la combattre ! Empêchez-là de m’atteindre pendant que je l’attaque ! »

Non pas parce que je ne veux pas être blessé mais bel et bien parce que j’ai une idée pour l’abattre. Le Créateur est en moi et tente de me parler mais je l’ignore complètement. Je commence à alterner les éléments et les attaques sur la déesse Harsia.
Celle-ci ,dès qu’elle tente de me toucher, se retrouve tout simplement bloquée par Giréléna et compagnie. Je vois même Rékiazy qui se mêle à la bataille. Elle aussi ? Pourquoi ça ? Ca ne la concerne pas ! Elle n’a pas à s’intéresser à ça ! Pas du tout ! STOP !

« Vous pouvez toujours continuer, vous ne pourrez pas m’atteindre. »

« Pourtant, cet humain en est capable, Harsia. »

Cette fois, la voix du Créateur est possible à entendre pour tous et toutes. D’ailleurs, cela choque tout le monde et même la déesse alors que mon maul s’abat sur le crâne de la déesse, l’ensanglantant salement. Pourtant, elle est aussitôt soignée alors que je change d’élément. Mon maul se transforme, devenant une lame avec laquelle j’entaille son corps.

« Continue de changer d’élément, ne te préoccupe pas du reste. Continue et tu pourras la vaincre. Tu seras alors capable de l’atteindre. »

« Je ne sais pas quelle est votre idée, Créateur mais taisez-vous ! Je sais ce que je fais ! »

« Il continue de parler à Nev, c’est quoi son idée ? »

« Créateur, vous n’envisagez pas cette idée, je l’espère ? Je suis éternellement de votre côté mais réfléchissez à ce que vous dites, je vous en prie. »

« Je … Dyrkri. Merci pour tout. C’est à moi et à ce corps … non, à Nev, de régler ce problème. Nev, est-ce que tu te sens capable de varier les éléments à toute vitesse ? »

« Qu’importe ce que vous tenterez d’accomplir, tout ça est voué à l’échec ! »

Pourtant, cette fois, je veux croire ce que le Créateur dit. Je veux y croire car il s’est adressé à moi directement. Et je sais aussi ce que cela veut dire. J’ai put remarquer le changement dans mon corps alors que je commence à alterner tous les éléments sur Harsia.
Mes coups partent dans tous les sens alors que les autres autour de moi viennent me protéger des attaques de la déesse Harsia. Je sens mon corps qui hurle de douleur, étant non habitué à un changement en lui mais aussi fréquemment.

La déesse Harsia continue de rivaliser avec moi. Nos coups se joignent et se confrontent alors que j’ai l’impression que le Créateur me pousse au-delà de mes limites, comme s’il voulait vraiment en terminer avec cette histoire.

Mais pour le moment, j’en suis encore bien loin ! Mes coups résonnent alors qu’Harsia tente de me toucher, sans y arriver. Pourtant, les dégâts sont là et il y a de moins en moins de personnes pour me protéger. Elles ne peuvent pas forcément lutter à jeu égal contre la déesse Harsia. Je dois encore continuer ! JE DOIS …

« CREATEUR ! Cessez ça ! Le corps de Nev ne supportera pas ! »

« Il faut un corps divin pour supporter ce changement élémentaire. Néanmoins, je n’ai pas forcé ce jeune homme. Il l’a décidé de lui-même, Rygagagi. Tu devrais comprendre qu’il faut faire quelques sacrifices pour arriver à sauver ce monde. »

« JE REFUSE CELA ! Les filles ! Veuillez arrêter Nev ! Nous nous occuperons d’Harsia ! »

C’est Rygagagi qui ne semble pas apprécier ce qui se passe. Mon corps fait émaner une ara rose, paralysant complètement tout le monde sauf la déesse Harsia. Même Rékiazy est stoppée alors qu’elle murmure :

« Cela se voit que le Créateur est en train d’épauler son corps. Pouvoir m’empêcher de me mouvoir, il faut une force bien spéciale. »

« Créateur ! Vous êtes sûr que mes coups la touchent? Je n’arrive pas à en être sûr ! » m’écrie-je de toutes mes forces alors que je cherche à frapper Harsia. J’y suis ! J’y suis presque ! Celle-ci a maintenant son anneau qui sa retrouvé sa couleur normale. Ces anneaux sur ses bras et celui autour de sa croupe, ils sont salement fissurés.

« Créateur ! Vous êtes même prêt à me tuer ! Tout cela à cause de vous! A cause de vos erreurs ! A cause de votre abandon ! »

« J’ai commis une faute impardonnable, je le reconnais. Néanmoins, je ne peux pas te laisser continuer cela plus longtemps. Nous devons t’arrêter. »

« Quitte à le sacrifier ! Quitte à me sacrifier ! Tant que tout le monde oublie ce que vous avez fait ! Je vois clair dans votre jeu ! Il est facile d’éliminer ceux qui vous dérangent ! »

« J’aurai peut-être dû … être plus présent en fin de compte. Je n’aurais pas dû fuir. Rien ne pourra changer tout ce qui s’est passé, je le sais. Néanmoins, nous pouvons stopper cela avant que ça dégénère. Après cela, je reprendrais ma place. »

« Cette place que vous m’avez abandonné pendant des millénaires et plus ! »

Les coups que je porte à la déesse Harsia sont de plus en plus efficaces. Le fait que le Créateur lui parle semble la perturber bien plus que je ne le pensais. C’est bien pour ça que j’en profite. Si je peux atteindre la déesse Harsia, je dois le faire !

« Nev, arrêtes ça ! Ton corps … il rayonne de partout ! NEV ! »

Ah bon ? C’est vrai ça ? J’entends Giréléna qui me hurle dessus mais je reste concentré. Si je me dévies de mes objectifs maintenant, ça sera fichu. Le premier anneau sur le bras droit de la déesse Harsia explose en morceaux, laissant voir mes veines sur le mien qui tient mon épée. C’est vrai ce que Giréléna racontait.

J’ai vraiment des rayons lumineux qui sortent de mes bras ! Je ne sais pas comment cela est possible mais pourtant, c’est le cas. Je devrais m’inquiéter mais je n’ai pas le temps de me préoccuper de ça. Si je commence à perdre mon temps à ce qui va m’arriver, je ne gagnerai pas. Je dois rester focalisé sur mon objectif !

« Nev, veuillez me pardonner. Les éléments et la puissance vitale s’éjectent de votre corps. »

« Est-ce que vous regrettez vraiment ce que vous avez fait ? Ce que vous avez commis ? »

« Je ne peux pas exprimer assez de regrets pour cela. Je n’ai que mes yeux pour pleurer. Ce qui me fait le plus souffrir n’est pas l’abandon de ce monde mais la détresser dans le regard de cette femme-pokémon. Harsia était ma première création, un peu comme mon enfant. La voir ainsi est tout simplement horrible à mes yeux. D’un père à sa fille, je voudrais lui dire tellement de choses mais aucun mot n’en sort. »

« Je vais la libérer de ce tourment., je vous en fais la promesse. »

Plus aucune voix ne sort de mon être. J’ai l’impression que mon corps est en train de fondre de l’intérieur et que je ne peux rien faire pour l’arrêter. Je dois pourtant continuer. Ma lame s’insinue dans la chair de la déesse Harsia, l’anneau de son second bras se brisant en même temps que je vomis. J’ai … mal partout. Mon corps ne supporte le plus la douleur.

« Nev, tu deviendras ce qu’était cet univers avant qu’il ne naisse. Un concentré d’énergie pure, la base même de cet univers. »

Ah bon ? Dit comme ça, ça a l’air plus poétique que le simple fait de mourir. Je sens que mon arme se brise en même temps que la lame finit par se loger dans la poitrine de la déesse Harsia, la traversant complètement. L’anneau autour de sa croupe se brise en morceaux alors que son corps finit par s’effondrer sur le côté. C’est … terminé ?

« Ses pouvoirs n’existent plus. Tout ce qui faisait sa force n’est plus présent. Il ne lui reste que peu de temps à vivre. Même une déesse n’est pas forcément immortelle. »

Et moi ? Ces lumières qui émanent de moi ? Qu’est-ce que ça fait ? Elles ne s’atténuent pas. Et j’entends des sanglots. Les sanglots sont très proches. La déesse Harsia, non, Harsia est en train de pleurer, baignant dans une mare faite de son sang alors que je m’écroule à genoux.

Chapitre 23 : Toujours là pour lui

ShiroiRyu
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Chapitre 23 : Toujours là pour lui

La pluie de feu finit par s’abattre tout autour de moi. Avec vivacité, je cherche à esquiver chaque flamme qui tente de m’atteindre, jetant un bref regard sur le côté droit. C’est ce qui me coûte une blessure, une flamme venant m’atteindre au torse.

Je n’ai pas été assez concentré et j’en paye le prix fort. Poussant un gémissement de douleur, je me retiens de crier alors que je dois me concentrer sur ce combat. Je dois me concentrer et rien d’autre ! C’est pour tout le monde que je me bats !

« Pourquoi se battre de toute façon ? Est-ce que cela en vaut la peine ? »

« Présentes-toi à moi et je te montrerai ce qui en vaut la peine ou non ! Tu comprendras bien vite ton erreur si tu continues comme ça, compris ? ALORS LA FERME ! »

Cette fois-ci, c’est bien un message mental que j’envoie pour être sûr qu’Harsia ne s’occupe pas de ça. Ça ne la concerne pas ! Je dois me concentrer pour réussir à la battre ! Concentration, concentration et vérification de l’anneau.

« Tu es trop focalisé sur ce qui se trouve derrière moi. Tu ne peux pas m’atteindre en agissant de la sorte, tu es beaucoup trop faible pour cela. »

« Il vaut mieux se taire que de passer pour une imbécillité, déesse Harsia. »

Même si ma remarque fait mouche mon but n’est pas forcément de l’insulter. Je veux juste qu’elle me lâche la grappe pendant que je dois combattre. Est-ce que je peux insuffler les éléments de la même façon qu’elle ? OUI ! J’en suis sûr et certain !

« Tu as les connaissances du Créateur avec toi. Utilises-les. »

Hein ? Que ? D’où vient cette voix maintenant ? Ce n’était pas celle de ce type en moi. C’en est une autre. Les connaissances du Créateur. Si tel est le cas et comme il a put donner vie à la déesse Harsia, cela veut dire que je devrais pouvoir lui tenir tête normalement. Je dois essayer ! Et le plus vite possible si nécessaire !

Elle recommence avec son anneau dont l’élément est l’eau. Je tends ma main libre vers elle et je projette aussitôt un jet d’eau en sa direction. Je ne m’arrête pas là alors que son anneau retrouve une … NON ! Ce n’est pas une couleur normale !

C’est l’anneau lié à la foudre ! Maintenant, une protection de roche se forme au niveau de mon bras alors qu’un éclair s’abat sur moi. Je mets mon bras en parade, la protection éclatant alors que j’arrive auprès de la déesse Harsia.
Un coup de maul dans les dents devrait vite la calmer si j’ai bien compris ! Je serre les dents, prenant une profonde respiration alors que je m’apprête à abattre l’arme mais voilà que son anneau passe à une couleur grise. Du métal ? De l’acier ! Des flammes recouvrent mon maul alors que je la vois esquiver mon coup.

« Tsss, je vois. Je ne m’attendais pas à une réaction aussi vive de ta part. Cela m’apprendra à ne pas faire attention à tes capacités. Visiblement, tu es plus qu’une carcasse. »

« Surprise non ? Je ne m’attendais pas à pouvoir le faire aussi facilement. »

« Oh ? Tu penses maintenant que tu peux gagner car tu es capable de jouer sur les éléments et la nature même de ce monde ? Mais la différence réside dans l’expérience. »

Tsss, je ne peux pas nier ce qu’elle raconte. Elle n’a pas tort. Je suis bien loin de savoir me battre avec tout cela. Néanmoins, maintenant que je me sens capable de pouvoir lutter contre elle, je n’ai alors pas à m’inquiéter ! Je suis capable de lui résister !

« Voyons voir combien de temps tu comptes tenir face à moi. »

« Autant qu’il le faudra pour que tu acceptes la défaite et la mort. »

« La défaite et la mort ? Pour ce que je suis ? Quelle ironie. Je suis immortelle. » me répond t-elle alors que j’ai l’impression que tout s’accélère maintenant. L’anneau commence à changer de couleur à une allure folle. Elle a décidé d’être sérieuse maintenant ?

C’est une défelante élémentaire qui s’abat sur moi alors que je tente de faire de mon mieux pour contrer chaque attaque et chaque frappe du mieux que je peux. Elle a l’expérience du vécu ? J’ai l’expérience des combats ! Tout ce que j’ai affronté me permet maintenant de pouvoir lui tenir tête ! Je peux réussir à contrer chaque attaque !

Du moins, je le pensais. L’anneau continue son changement de couleur incessant alors que je me retrouve à genoux, haletant comme un damné. Elle a l’air inépuisable. C’est donc ça la force de la déesse Harsia ? Non, d’une femme-pokémon qui a été là pour remplacer le Créateur. Pourquoi ? Pourquoi tout ça ?

« POURQUOI TU UTILISES TES POUVOIRS DE LA SORTE ?! »

« Pour oublier ! Pour l’oublier ! Voilà tout ! Il n’y a rien d’autre ! Je veux oublier jusqu’à son existence, jusqu’à toute trace de son œuvre ! Je veux qu’il disparaisse de ma tête ! Je veux qu’il disparaisse de mon esprit ! Pour ça, il n’y a pas cinquante solutions ! »

« Ah bon ? Autant utiliser celle la plus radicale non ? Je sais parfaitement qu’il a tout l’air d’un idiot de premier rang mais quand même, il … »

« NE L’INSULTE PAS ! JE NE TE LE PERMETS PAS ! »

« Et qu’est-ce que je dois faire alors ? Tu le hais complètement et pourtant, tu ne veux pas que je l’insulte ! C’est quoi ça ? C’est quoi ce comportement de déesse ?! »

« JE N’AI JAMAIS VOULU ÊTRE UNE DEESSE ! Comment est-ce qu’une créature qui n’a vécu que vingt ans peut comprendre ça ? »

Je n’ai jamais cherché à la comprendre complètement. Je n’ai pas prétendu mieux savoir ce qui se passe dans sa tête qu’elle-même. Je sais juste que cette femme-pokémon est profondément perturbée … et qu’elle n’a jamais voulu être une déesse ? C’est vrai. Tout ce culte pour une créature aux pouvoirs divins, c’est peut-être trop ? Surtout après toutes ces années. C’est comme ça que je devrais peut-être le voir. Elle est… comme les autres.

« Trop de pouvoirs impliquent trop de responsabilités. Vous n’étiez pas faites pour cela. Quand il s’est enfuit, vous vous êtes retrouvée démunie, sans savoir ce que vous deviez faire. Au départ, vous avez voulu aider ce monde et aussitôt, vous avez compris que les êtres le peuplant vous considéraient comme leur déesse. A partir de là, vous avez commencé à prendre goût à cela tout en gardant au fond de vous cette peur qui vous tenaille. »

Son anneau arrête ses nombreux changements de couleur. Elle me regarde, éberluée et décontenancée par mes paroles. Je crois que j’ai visé en plein cœur.

« Co … comment est-ce qu’un enfant pourrait cerner ce que je suis ?! »

« Car vous l’êtes tout autant. Vous êtes juste une petite fille-pokémon qui a peur du noir et du fait d’être seule. Vous considériez le Créateur comme votre père et vous continuez à l’imaginer de la sorte, malgré tout ce temps passé. »

« TAIS-TOI ! NE TE MÊLE PAS DE CA ! Arrête d’être dans ma tête ! »

« Je ne suis pas dans votre tête ! Je sais juste ce qui se passe avec vous, Harsia ! Vous n’avez pas ce titre ! Vous n’êtes pas une déesse ! »

Elle s’immobilise complètement, se statufiant sur place. Est-ce que je l’ai brisée mentalement ? Je ne pense pas. Ce n’était pas le but recherché par mon intervention. Je ne voulais pas lui causer de tels dégâts psychologiques, juste physiques.

« C’est vrai. Je ne suis pas une déesse mais je possède une puissance incommensurable. Je vais effacer ce monde et moi aussi alors. »

Hein ? Quoi ? J’ai crû mal entendre. Elle va faire quoi là ? Elle peut me répéter cela ? Elle penche la tête sur le côté, me fixant de ses yeux roses et verts. Elle me regarde étrangement. J’ai l’impression qu’elle m’étudie comme dans un livre ouvert.

« Je ferais mieux d’éliminer l’être le plus puissant après moi … puis un par un … jusqu’au plus microscopique des êtres. Effacer toute trace de vie. »

« Et vous pensez vraiment que c’est la solution à tous vos problèmes ? »

Elle ne me répond pas mais j’ai l’impression que son corps est en train de se modifier. J’aimerais tellement que ça ne soit qu’une impression mais je préfère rester méfiant. Je suis encore loin d’en avoir terminé avec elle, je m’en doutes.

Une main posée sur le cœur, je continue de l’observer. L’anneau n’est pas encore en train de se modifier mais j’entends des cris. C’est vrai que Giréléna et les autres cherchent vraiment à venir nous rejoindre. Quand est-ce que la barrière va tenir ?

« Je devrais m’occuper d’eux mais tu es le seul sur lequel je dois me focaliser. Tu es le seul être qui possède une puissance capable de m’arrêter. Mais je ne veux pas être stoppée. Je ne veux pas que cela soit fini si ce n’est pas moi qui est derrière cela. »

« Vous fabulez complètement ! Vous êtes complètement perdue ! REMARQUEZ-LE ! »

« Je n’ai rien à vous dire, que cela soit à toi ou à tant d’autres. Je n’a rien à dire à des êtres comme vous. Soit vous m’arrêtez, soit vous disparaissez. »

C’est plus que radical mais je pense savoir comment l’abattre. J’ai bien une idée pour cela mais bon, malheureusement, elle n’est pas possible à réaliser. C’est bien dommage.

« Depuis quand l’impossibilité doit empêcher des idées de se former ? »

Encore une voix ? Mais cette fois, c’est le Créateur. J’ai la sensation qu’il commence à aller mieux, de mieux en mieux. C’est étrange, vraiment étrange mais pourtant, ce n’est pas aussi dérangeant qu’auparavant. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a changé ?

« Il suffit d’un seul et unique coup pour la terrasser. Il faut la frapper au moment où elle sera le plus faible face aux créatures ténébreuses. »

Ah bon ? Et pourquoi cela ? Je ne vois qu’à deux moments. Lorsqu’elle aura un corps psychique grâce à son anneau … ou un corps immatériel, digne d’un spectre. Cela veut dire que je vais avoir du mal et que je ne pense pas que ça soit possible et …

« Maintenant, que la furie de l’énergie créatrice s’abatte sur toi ! »

L’anneau a pris toutes les couleurs en même temps ! Je vois de nombreuses fissures dessus alors que le ciel est maintenant parcouru par des tremblements. C’est vraiment l’apocalypse maintenant ! La fin du monde ! J’en suis certain !

« Je vous le jure, c’est donc comme ça que ça soit se passer ? Je pensais faire une entrée bien plus remarquée et imposante. Comme quoi, on n’a pas toujours tout ce que l’on veut. »

Cette voix féminine ! Elle ne provient pas de moi mais je la reconnaîtrais entre mille. D’ailleurs, d’où est-ce qu’elle provient ? Je la cherche mais elle me crie :

« Fonce vers elle, Nev ! On va s’en débarrasser une bonne fois pour toutes ! »

Je dois l’écouter ! Je sais de qui il s’agit. Tenant fermement mon maul à deux mains, je dois stopper la déesse Harsia avant qu’il ne soit trop tard. Et pour cela, je dois écouter cette voix ! L’anneau commence à fumer et j’ai l’impression qu’il tremble mais voilà, mon coup de maul est finalement prêt à atteindre son objectif.


Objectif qu’il percute sans avoir un réel effet sur le le corps d’Harsia. Celle-ci me fixe alors que ses mains laissent monter une énergie faramineuse en elles. Si je me fais toucher par ça, je suis définitivement un homme mort.

« Coucou Harsia, ça faisait longtemps, n’est-ce pas ? »

Le maul ? La voix provient de mon arme ! Du pendentif ! La perle noire qui s’était incrustée dans le pendentif était maintenant aussi dans l’arme ! J’ai à peine le temps de voir une fumée noire en sortir que des traces verticales apparaissent sur le corps d’Harsia, comme des griffes qui se seraient plantées dans son corps, venant l’entailler grandement et salement. Pour la première fois, j’ai l’impression qu’elle a été sévèrement touchée mais surtout …

« DYRKRI ! J’en étais sûr que c’était toi ! »

« Ça faisait longtemps, Nev. Je te demanderai bien si tu vas bien mais comme tu t’en doutes, ce n’est pas vraiment le moment de parler de tout ça. »

« Tant que tu me montres que tu es là et que tu vas bien … »

« Comment est-ce qu’il va ? Il ne fut pas trop lourd à supporter ? »

Je sais de qui elle parle et j’hoche la tête négativement. Malheureusement, il n’est vraiment pas le genre de personnes avec lesquelles j’aimerai discuter pendant de longues heures. Elle pousse un petit soupir amusé avant de dire dans un sourire :

« Désolée, j’ai encore beaucoup à faire avec lui … mais surtout avant … »

« Traîtresse ! J’aurais dût m’en douter depuis le début ! Depuis le premier jour! »

« Disons que rien que le fait que j’insiste à vouloir le surveiller dans l’ombre aurait dût te mettre la puce à l’oreille, non ? Dommage. »

Je ne pense pas que ça soit une bonne idée. En fait , j’en suis même convaincu au moment où je vois le corps d’Harsia qui se modifie. Sa belle robe blanche tombe au sol, dévoilant son corps nu qui est en train de muter. Oui, tout le bas de son corps, là où se trouve normalement sa vulve. Celle-ci se retrouve camouflée par une fourrure blanche et ses jambes se dédoublent. On dirait qu’elle ressemble à un animal, enfin, une femme à moitié animal.

Oui ! C’est ça ! Une femme-Ponyta ! Enfin, une femme-chevel ! Elle est sous sa forme de femme-pokémon ! Seule sa poitrine au galbe parfait est visible et nue alors qu’elle nous regarde. Dyrkri semble bien moins joyeuse, le mur translucide qui me séparait du reste du groupe venant se briser en mille morceaux.

« NEV ! NOUS SOMMES LA ! ATTENDS NOUS ! »

« C’est un peu tard pour cela, Giréléna mais bon … ce n’est pas bien grave. »

Je n’ai pas le temps de me préoccuper de l’aide ou non de la demoiselle au long corps serpentin. Les trois cousines et les quatre femmes-golems sont à mes côté. Je regarde les femmes-pokémon et les rares humains encore restants. Je fais un geste de la main pour leur dire de reculer, ce n’est pas à eux de s’occuper de ça.

« Je suis si laide, tellement laide sous cette forme. M’obliger à la reprendre après tout ce temps, vous l’avez décidé. Vous avez voulu disparaître de mes mains, je vais exaucer vos souhaits ! Je suis Harsia ! Je ne suis pas une déesse ! Je suis bien plus que cela ! »

« Non, tu resteras toujours une femme-pokémon comme les autres. »

Je continue de lui dire cela alors que j’ai mon cœur qui s’affole. Avec l’apparition d’Harsia sous cette forme mais aussi le retour de Dyrkri, je crois que le Créateur commence à s’agiter en moi. Je ne sais pas si c’est bon signe mais ça me fait horriblement mal à la poitrine.

Chapitre 22 : Maîtrise élémentaire

ShiroiRyu
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Chapitre 22 : Maîtrise élémentaire

« Arrête tes bêtises, Nev. Tu sais pertinemment que pour élever un enfant, il faut être deux pour ça ! Si tu décides de t’enfuir, je te promets que je ne te pardonnerai pas. »

« Tant mieux car je ne compte plus fuir mais me battre, jusqu’au bout ! »

Je m’exclame et je tente de me montrer raisonnable. Harsia. Je dois essayer d’atteindre la déesse Harsia. Je me dis que je n’ai qu’un seul mouvement à faire et je suis alors à sa portée. Je devrais pouvoir réussir à l’atteindre, je ne devrais même pas perdre du temps.

« Venez donc m’affronter, déesse Harsia, je vous attends ! »

« Pourquoi devrais-je me déplacer, ne serait-ce de quelques mètres pour te combattre. Je n’ai pas à bouger. Je peux le faire sur place avec une petite démonstration de force. »

Un mouvement de main et voilà que l’anneau derrière elle prend une couleu orangée. Un déluge de flammes se place entre moi et elle avant qu’elle ne le traverse, se plaçant juste à quelques centimètres de moi. Elle murmura en me regardant :

« Que comptes-tu faire pour me tenir tête, Nev ? Ou le Créateur ? »

« Et si vous m’expliquiez c’est quoi votre problème avec lui ? Car c’est bien beau de se plaindre lui mais je ne sais pas ce qu’il a fait ! »

« Ce qu’il a fait ? Ce qu’il a fait ? Il n’a qu’à l’expliquer ! IL N’A QU’A LE DIRE ! ET RIEN D’AUTRE ! VOILA TOUT ! Il n’y a pas besoin de m’expliquer ! »

Elle hurle et crie, comme si elle veut se faire entendre par la voix en moi. J’aimerai bien que cette dernière s’exprime aussi, oui. Ou pas ! Bon, si ce n’est que des flammes, je n’ai rien à craindre ! Je vais l’éteindre grâce à …
Mon visage se tourne enfin vers Rigorek. Elle peut voir la surprise peinte sur ma face alors que je tente de me concentrer. Des morceaux de pierre ? Aussitôt, elle crée un pont de pierre pour venir frapper le mur translucide à côté de Giréléna.
Sans un mot, je la vois qui frappe et frappe et frappe encore, quitte à se faire mal aux poings. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ah ! Bien entendu ! Je ne suis pas concentré, comment est-ce que je peux espérer alors réussir à battre la déesse Harsia et à éteindre les flammes quelle fait émaner d’elle ? Je n’y ait pas pensé sur le coup.

« Nev ! Rappelles-toi que tu n’as plus besoin de nous ! Rappelles-toi ! »

« Je le sais bien, Rygagagi mais même ainsi, je n’aurai pas autant de facilités sans vous. »

« Essaies quand même ! Tu peux y arriver ! Il faut juste que tu crois en tes capacités ! »

Facile à dire, pas à faire. Je me répète intérieurement cela alors que la demoiselle-Regigigas fait comme sa petite sœur, commençant à frapper le mur translucide. Bientôt, les deux autres demoiselles tentent elles aussi, ainsi que les deux cousines de Giréléna.

Je peux me concentre et … OUI ! J’arrive à créer quelques rochers devant moi, les projetant à travers les flammes. Mais voilà, ils sont subitement gelés avant même de pouvoir atteindre leurs cibles, se réduisant en morceaux avec facilité.

L’anneau derrière Harsia a une nouvelle fois changé de couleur. C’est étrange, très étrange, et très déplaisant en même temps. J’ai l’impression de me rappeler de quelque chose sauf que je n’arrive pas à mettre le doigt dessus étrangement.

L’anneau est couleur bleu ciel. Une belle couleur bleu ciel. C’est ça ? Elle est capable de changer les éléments à volonté ! C’est bien ça ! Devant ma surprise, elle murmure :

« Finalement, il semblerait que tu aies découvert bien rapidement ma particularité. Ce qui me rend unique dans ce monde et qui … »

« Unique ? AH ! Ganasia faisait pareil de son côté ! Vous n’êtes pas unique, déesse Harsia ! Désolé de vous l’annoncer ! Ni unique, ni exceptionnelle ! Dommage pour vous ! »

« Tu es bien trop vantard pour quelque chose d’aussi basique que cela. Peut-être qu’une démonstration s’impose. Une véritable démonstration. »

Ah bon ? Car il y en a des fausses ? Non, ce que je veux savoir, c’est pourquoi la déesse Harsia est ainsi ! Pourquoi est-ce qu’elle se comporte de la sorte ? Je tente un mouvement pour me placer sur le côté mais des pointes de métal apparaissent tout autour de moi, comme pour me planter si je fais le moindre faux pas.

« Vois-tu, je ne fais pas que manipuler les éléments, je manipule tout ce qui est vivant. Que cela soit végétal, animal ou minéral. Je suis bien plus que tu ne le crois. »

« Non, vous possédez des pouvoirs divins mais ça ne fait pas de vous une être acceptable. Je ne peux pas accepter une personne comme vous. »

« Ah ? Et tu penses vraiment avoir le choix ? Alors que tu n’es même pas un homme-pokémon ou un humain. Tu n’es qu’une coquille servant de réceptacle au Créateur. Dès le jour où il en sortira, tu ne seras plus qu’une carcasse pourrie. »

« Sauf que ce jour peut venir, je n’ai pas peur. Contrairement à vous qui n’assumez pas ce que vous pensez de lui ou de ce monde. Vous qui continuez de cacher la vérité. »

« Agaçant. Tu es vraiment agaçant à vouloir croire et vouloir tout savoir. Une leçon s’impose pour que tu rentres bien dans le crâne le fait que je ne suis pas à ton service. »

« Je m’en fiche de ça ! Je veux savoir ! Qu’est-ce que le Créateur a fait ?! » hurle-je en direction de la déesse Harsia. C’EST CA QUE JE VEUX CONNAÎTRE !

« Il a abandonné ce monde qu’il a crée ! Il a abandonné les femmes-pokémon à qui il a donné la vie ! Il a abandonné tous les êtres autour de lui ! Sans aucune once de remord ou de regret ! Voilà ce qu’il a fait ! Voilà ! Nous abandonner alors qu’il avait des responsabilités ! Il a fuit ses responsabilités comme un lâche ! Sans jamais regretter tout cela ! Tout ce qui l’importait, c’était de terminer toute cette histoire sans même s’intéresser à nous ! »

Pourquoi est-ce que cela ne m’étonne pas ? A cause de ce que je connais déjà sur ce fameux Créateur ? Et que ce n’est rien de bien glorieux ou sympathique à son égard ? Oui, c’est bien ça. Je n’ai déjà aucune estime pour lui.

« Malgré le fait que jétais le Créateur, je n’en restais pas moins une créature comme les autres. Avec mes forces et mes faiblesses. »

« Alors, vous avez décidé de fuir sans même vous battre. Comme une larve, comme un lâche qui ne fait aucun effort. C’est pathétique. »

« C’est pourquoi j’ai crée cette femme-Pokémon. La déesse Harsia comme elle aime s’appeler. Une femme-Arceus, capable de dominer toute vite sur cette planète, sans même souffrir. »

« Il y a des fois des souffrances autres que physiques et qu’est-ce que vous comptez faire pour régler ce problème maintenant ? Car vous en êtes responsable ! Assumez ! »

« Je ne peux pas assumer cela. Cela est trop tard. »

« Il n’est jamais trop tard ! Encore une fois, vous fuyez ! Qu’est-ce qu’elle penserait de tout cela ? De vous voir jouer au couard et de vous en fuir ? Et vous savez de qui je parle ! »

« Elle serait mécontente. Elle est la seule qui a décidé de veiller sur moi malgré tout ce que je suis. Elle est la seule qui puisse me comprendre. »

Qu’il n’exagère quand même pas. On dirait presque qu’il faudrait le plaindre ! La déesse Harsia me regarde étrangement, surtout que j’ai décidé de me parler seul par rapport à tout ça. Autant dire que je dois donner une impression bien bizarre.

« Tu es en train de converser avec lui, n’est-ce pas ? Tu parles avec le Créateur. »

« Je lui gueule dessus plutôt. Je vous jure : comment est-ce qu’un type comme lui a put crée ce monde ? Il me blase ! Il est tout simplement horripilant ! »

« N’INSULTE PAS LE CREATEUR ! »


La déferlante de puissance qui émane d’Harsia me coupe le souffle. Je n’arrive pas à respirer pendant une dizaine de secondes alors que je sens que le mur translucide autour de nous vient de se fissurer. Elle est maintenant comme enragée.

« Je t’interdis d’insulter le Créateur ! Sans lui, tu ne serais jamais né ! Sans lui, ce monde n’aurait jamais été crée ! Tu lui dois le respect ! »

« Je comprends rien à ce qui se passe avec vous ! Vous le haïssez non ? »

Je crois que plus je parle, plus je l’énerve et plus elle s’emporte. Maintenant que j’ai retrouvé un peu mes esprits, je suis alors en position, prêt à me défendre et à agir si nécessaire. Je ne peux pas laisser cela continuer comme si de rien n’était. Je dois l’arrêter. Quant à ce Créateur, il quittera mon corps. Je suis sûr et certain que ce ne sont que des mensonges cette histoire que je ne suis qu’une carapace. J’ai une âme ! J’ai mes pensées !

« Si tu veux vraiment lui dire quelque chose, tu n’as qu’à me tuer. »

« Je vais me faire un plaisir à accomplir ça. Tu va bien voir de tes propres yeux ! »

Oh ? Elle n’a pas remarqué l’absence de vouvoiement ? De toute façon, ce la m’importe peu ou presque. Je suis prêt maintenant. Je sais comment elle fonctionne. Je peux réussir à la battre si je me concentre correctement.

Me concentrer correctement. Ce n’est pas aussi facile que ça. Je dois vérifier à chaque fois l’anneau dans son dos pour deviner l’élément qu’elle va contrôler. Et pendant ce temps, Giréléna comme les autres tapent comme des folles contre ce mur translucide.

« Mais bordel ! Il va jamais se briser ce truc ? C’est quoi ça ? Cette foutue habitude de vouloir garder Nev juste pour soi ! IL EST A MOI ! »

Hahaha. Je suis un peu gêné par les cris de Giréléna, surtout que je tente de ne pas dériver mes yeux de mon adversaire. Elle est là, le visage distordu par la colère et la rage. Mais pourtant, je suis sûr et certain que cela n’aura aucune influence sur ses capacités à combattre, ce qui est vraiment problématique en soi.

L’anneau devient subitement brun et je commence à faire un mouvement. Mais voilà, elle a son visage en face de mien et je peux remarquer une chose étrange : ses yeux aussi changent de couleur ! BRUN ! Couleur de la terre ! Ça doit être alors …

Un poing s’enfonce dans mon ventre et j’ai l’impression que je vais vomir tout ce qui se trouve à l’intérieur de mon être, que ça soit tripes, boyaux et autres. Je suis accroupi au sol, tentant de garder mon esprit intact alors que la déesse me dit :

« Penses-tu vraiment que ma couleur définit exactement ce que je suis ? Ce n’est pas totalement faux mais ce n’est pas totalement vrai. »

« L’art … l’art du combat ! C’est ça que tu as manié grâce à ton anneau ! J’en suis certain maintenant ! Je suis sûr et certain qu’il s’agit de ça ! »

« C’est exact mais que tu le saches ne changera rien ! Est-ce que tu peux saisir que je change d’élément comme je le désire ? »

Le message est parfaitement passé. Dommage pour elle que ça ne soit pas suffisant pour m’arrêter. Malgré ce qu’elle a fait, j’arrive à me relever et la fixe d’un sourire mauvais. Il va falloir faire beaucoup mieux que ça pour réussir à m’abattre !

L’anneau est maintenant parfaitement brun. Je ne tomberais pas dans ce piège. Je sais bien qu’il ne s’agit pas de l’élément de la pierre et … non ? Ca l’est ! Je tente de faire un saut en arrière mais le pieu de pierre qui sort de nulle part tente bien de me transpercer ! NON ! JE NE FAILLIRAIS PAS MAINTENANT !

« C’est la force de Rigorek ! J’en suis certain ! »

« Nullement. Tu confonds la terre et la roche. Deux composants presque semblables. »

« Qu’importe, je peux facilement lutter contre. »

Je fais apparaître de l’eau autour de ma main gauche, l’autre main serrant fortement le maul alors que j’applique l’eau sur ma blessure. Je tente d »en projeter ensuite sur la déesse Harsia mais celle-ci a son anneau qui change de couleur. Un bel anneau vert ! Je sais ce que ça veut dire ! Je commence à ouvrir la bouche, crachant des flammes mais voilà que l’anneau change, prenant une teinte bleu foncé.

Les flammes la touchent sans aucune difficulté, ne lui inlifgeant aucune blessure alors que je pousse un râle de colère. Purée ! Elle change beaucoup trop vite en fait ! Si seulement j’avais le temps de l’atteindre avant ça mais non …

« Sais-tu ce que cela fait d’être abandonné par la personne que l’on respecte le plus dans ce monde ? De voir notre idole disparaître pour une broutille ? »

« Non et je n’ai pas envie de le savoir. Cela ne me concerne pas réellement dans le fond. »

« Sais-tu ce que cela fait de voir du jour au lendemain tout ce que tu as pensé être juste et bon s’évaporer comme un feu de paille ? »

« Je le sais parfaitement mais je ne veux pas m’en rappeler ! »

Je pense brièvement à Giréléna. Sa mort, sa fausse mort, tout cela, c’est du passé. J’ai décidé d’y tirer un trait contrairement à Harsia qui a continué à œuvrer et à sombrer dans ce qu’elle était maintenant. Voilà notre différence !

« Je vois. Peut-être que dans le fond, je n’ai plus cette force. »

Elle tend une main vers moi, la paume bien en avant. Je ressens une forte énergie qui en émane avant que la main tendue ne se dirige vers le ciel. L’anneau reprend cette couleur orangée, signe qu’elle va utiliser l’élément du feu.

« Mais je suis celle qui abat son jugement sur l’humanité. »

Le ciel se déchire alors que des flammes en tombent, comme une pluie de feu. Mais pire, ces flammes ne font pas seulement là pour m’atteindre mais aussi toutes les personnes présentes au paradis … c’est à dire Gilitée et les autres !

« Je ne peux pas mourir car nul ne peut m’atteindre. Je reformerai ce monde à ma façon … enfin … après tout ce temps. »

« Je t’en empêcherai, Harsia ! Même si ce fou en moi n’ose rien faire pour t’arrêter, je refuse de rester là, les bras croisés ! Je suis ton adversaire ! »

« Pour cela, il faudrait déjà que tu survives. »

Esquiver une pluie de feu ne me semble … pas si difficile, non ? Pourtant, j’ai cette impression que l’apocalypse vient finalement de s’abattre sur Terre et qu’alors, je n’ai rien put faire pour l’en empêcher ? Je survivrais ! Et je gagnerais !

Chapitre 21 : La haine de ce monde

ShiroiRyu
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Chapitre 21 : La haine de ce monde

« Créateur. Vous voilà à nouveau devant moi après tout ce temps. »

« Pas besoin de parler, il ne vous écoutera pas, déesse Harsia. Il adore s’adresser à moi mais de façon à ce qu’il se parle à lui-même. Il a l’air complètement déglingué. »

« N’insulte pas le Créateur ! Je suis la seule à pouvoir le faire ! Compris ? Je te refuse ce droit que tu tentes de t’administrer ! Compris ? HORS DE QUESTION ! »

Je ne vois pas pourquoi elle s’emporte sur le fait que nous sommes d’accord pour dire que le Créateur est un imbécile mais qu’importe, je me mets en position de défense. Maintenant qu’elle est proche, je peux comprendre à quel point elle a tout d’une déesse. C’est si différent de ce que je voyais dans mes rêves à l’époque, totalement différent.

« La carapace qui est formée autour de toi m’aurait normalement indifféré mais après tous les efforts établis pour arriver jusqu’à moi, je ne me priverais pas de la punir. »

« Venez donc, déesse Harsia, je vais vous montrer comment j’applique vos leçons. »

Je fais un sourire mauvais aux lèvres. Ses leçons, ses principes, ses états d’âme, tout est mauvais en elle, tout est particulièrement mauvais. C’est la seule chose que je dois noter face à la déesse Harsia. Celle-ci n’a pas bougé de sa position alors que je continue d’entendre Giréléna qui crie de toutes ses forces pour que je puisse lui indiquer où je suis. Je ne détourne pas mon visage de la déesse Harsia, celle-ci se rapprochant de moi :

« Je dois te détruire … puis ensuite extirper le Créateur et l’annihiler définitivement. »

« Une seule question me taraude : pourquoi ne jamais l’avoir fait auparavant ? Surtout que vous en aviez les capacités, n’est-ce pas ? »

Je me retrouve couché au sol, sur le ventre, comme en position de soumission face à la déesse Harsia. Celle-ci a posé son pied sur ma tête, cherchant à l’écraser avant de dire :

« Tu n’es qu’un rebut. Pourquoi poses-tu des questions sur des sujets qui ne te concernent pas ? Hum ? C’est vrai que tu n’as plus Dyrkri en toi. »

« Pourquoi ? Car je suis la personne que vous utilisez depuis le début ! Le corps que le Créateur possède depuis des générations ! »

« Et tu crois que cela te donne des droits ? Tu n’es rien, rien du tout ! »

Elle tente de m’écraser une nouvelle fois mais je me téléporte pour mettre de la distance par rapport à elle. Son pied s’enfonce dans le sol alors qu’elle me fixe de ses yeux roses et verts.

« Petit impertinent. Je ressens un vide en toi. Les esprits élémentaires ne sont plus là, n’est-ce pas ? Je me disais bien que j’ai eut vent de leurs forces face à Rékiazy. C’est peut-être pour cela qu’elle a été défaite pendant un bref instant. »

« Et qu’elle a décidé de vous trahir, comme tous les autres. Répondez ! »

« ASSEZ ! JE N’AI PAS A M’EXPLIQUER ! »

Cette décharge de rage et de violence me rend presque nauséeux. Lorsqu’elle exprime ses sentiments, j’ai l’impression d’affronter une bourrasque et une tempête. C’est donc ça ce qu’est réellement la déesse Harsia ?

« Rékiazy ! Explique ton geste et je te laisserai la vie sauve ! POURQUOI ?! »

« Oh ? Tout simplement car je l’ai décidé. J’ai envie de voir si enfin, la Créateur va décider de t’arrêter ou non. Après tout, tout cela est de sa faute, n’est-ce pas ? Tout cela a commencé à cause de son départ. C’est à lui alors de te stopper ! Mais si tu gagnes, tu peux être sûre et certaine que je continuerai à te suivre comme auparavant. »

« Petite peste, tu verras ce que tu subiras quand j’en aurai terminé avec lui ! »

Je ne sais pas de quoi elles parlent mais si j’entends la voix de Rékiazy, cela veut dire qu’il est possible d’avoir un contact avec l’extérieur. A partir de là, cela veut dire que j’ai toutes mes chances et que je ne dois pas perdre plus de temps !

Je peux avoir de l’aide de Giréléna et des autres ! Mais en même temps, je n’en veux pas. La déesse Harsia, je dois la combattre mais seul ! Elle ne m’a pas encore réellement attaqué et inversement. Ce n’est qu’une question de minutes, n’est-ce pas ? Avant qu’elle ne déchaîne ses attaques sur moi. Je ne connais presque rien de sa façon de se battre. Je ne suis pas prêt à livrer bataille contre elle mais … je dois pourtant rester sur mes gardes et me protéger.

« Puis, si ça permet de rendre un peu tout cela plus intéressant, on ne ve pas se plaindre non ? Harsia, tu crois que je n’avais pas saisi ton manège ? »

« Continue donc de parler et je te briserai alors, morceau par morceau. »

« Oh, je vois, je vois, c’est un secret. Mais bon, nous savons aussi bien l’une que l’autre pourquoi est-ce qu’il est ici ! Tu n’as qu’à foncer ! »

« NE ME DONNE PAS D’ORDRE, REKIAZY ! » hurle la déesse Harsia. Là, je commence à être vraiment perdu par rapport à tout ça. J’aimerai bien savoir ce qui se passe dans le fond.

Mais je pense qu’il vaut mieux que je ne m’attarde pas trop sur le sujet si je ne veux pas avoir de trop gros problèmes sur le dos. Disons que déjà, de base, ce n’est pas bien simple mais si en plus, ça commence à s’accumuler, je sens que je n’irai pas bien loin.

« Et si vous nous faisiez quitter cette dimension, déesse Harsia ? Vous voudriez que je serve d’exemple à ce monde, non ? »

« Ne t’avise pas de me conseiller, Nev ! »

« Oh ? Moi ? Je ne ferai guère cela, déesse Harsia. Vous êtes assez grande et déifique pour comprendre ce qui est bon et mauvais, n’est-ce pas ? Vous êtes parfaite non ? »

« Ces insinuations et moqueries commencent à être agaçantes. »

Mais je vois qu’elle a vite retrouvé son calme. Elle claque des doigts alors que je me retrouve dans les airs avec elle en face. En baissant les yeux, je peux apercevoir Giréléna et les autres. Presque aussitôt, Giréléna fonce vers moi mais se retrouve face à un mur translucide.

« Il est vrai que les autres pourront voir ta défaite, Créateur. »

« Je ne suis pas le Créateur et je ne le serai jamais. » réplique-je en serrant le pendentif entre mes mains. Je vois ses yeux qui se posent dessus.

« Qu’importe ce que tu prétends être, je connais la vérité et je me satisferais de celle-ci. »

« Alors ne cherchez pas le dialogue si vous n’êtes pas prête à vous ouvrir. »

« NEV ! NEV ! Réponds-moi ! Laisses-moi rentrer ! Je vais lui éclater sa face ! »

Giréléna s’énerve et s’emporte, frappant de toutes ses forces contre ce mur translucide alors qu’Harsia a le sourire aux lèvres. Est-ce que le combat réellement bientôt commencer ? Je me le demande alors que je suis concentré sur elle.

Je dois mettre de la force dans ce pendentif et imaginer alors ce que je vais faire. Alors seulement, je pourrais la combattre. Je possède une arme redoutable, capable de sceller mes adversaires … ou de les tuer. Je dois alors en profiter un maximum.

« Nev, pardonnes-nous. Nous n’avons pas eut le temps … de revenir en toi. »

« Ce n’est pas de ta faute, Rygagagi. Tu ne pouvais pas savoir qu’elle comptait faire ça aussitôt. Nous n’avons pas vraiment eut le temps de souffler. »

« Nous aurions dût néanmoins réagir bien plus rapidement. »

C’est vrai que sans elles, je me sens vide mais cela veut dire que je dois me débrouiller seul et sans que les autres ne se préoccupent de moi. J’ai les capacités pour battre Harsia ! C’est la seule chose que je dois inscrire dans ma tête !

« Tu es en train de te dire que tu as une chance, même infime, de me battre. »

« Oh ? J’en suis même certain ! Il le faut pour stopper votre folie ! Pendant des millions et des millions d’années, vous avez agit comme vous le désiriez mais … »

« Désirer ? J’ai agit comme ça ? Car j’en avais envie ? Car je le voulais ? »

Un petit rictus se dessine sur ses lèvres alors que je suis non-loin d’elle. Je suis prêt à agir car elle n’a pas apprécié mes paroles, je le sens parfaitement.

« Qu’est-ce qu’une créature éphémère sait à ce sujet ? Qu’est-ce qu’une créature éphémère prétend connaître maintenant ? Tu n’y connais rien ! RIEN DU TOUT ! »

« Mais je veux bien des explications alors ? Si vous vous sentez le courage de me les donner mais cela n’arrivera pas, n’est-ce pas ? Nous sommes d’accord. »

« Ce Créateur, je vais le tuer. Même son corps d’emprunt est une plaie ! »

Cela ne donne aucune réponse à mes questions, sauf sur le fait quelle veuille m’effacer de ce monde. Stop ! Assez ! Je me concentre et fais apparaître un maul entre mes mains. La déesse Harsia, je me demande si elle a une faiblesse réelle.

Non, je ne pense pas. Je ne dois pas rêver. Si j’ai eut du mal avec Rékiazy alors que je connaissais ses forces et faiblesses, qu’est-ce que cela va être avec la déesse Harsia ? C’est comme ça que je dois envisager le tout et pas autrement !

Pas autrement … oui … comme ça et pas autrement. Le maul dans mes mains, je fixe la déesse Harsia qui n’a pas dérivé son regard depuis le début. J’ai fait de même malgré que je communiquai avec Rékiazy et les autres.

« Ce pendentif … est celui que j’ai crée, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas. Et vous l’aviez oublié après l’avoir réparé. Dommage non ? C’est ce qui causera votre perte, déesse Harsia. Ne soyez pas trop déçue. »

« Décue ? Je suis déçue ? Pour qui est-ce que tu me prends ? Je ne peux pas être déçue ! Même avec cette arme, tu ne peux me battre ! »

Elle exagère grandement car je suis sûr et certain de l’efficacité de ce que je fais. Ce n’est qu’une question de temps avant que j’arrive à la battre. Encore et encore ! Je m’approche d’elle et tente rapidement un coup de maul dans sa figure.

Le coup la touche au visage mais rien ne se fait. Je peux remarquer que quelque chose a changé chez elle. Mon coup n’a presque fait aucun effet. Enfin, presque, aucun effet … j’ai l’impression d’avoir frappé dans le vide.

« Je suis la déesse Harsia, j’ai vécu pendant des millions d’années comme celle qui dirige ce monde, dicte ses règles et ses lois. Penses-tu vraiment qu’il suffit qu’un adulte à peine sorti de la puberté pour pouvoir m’atteindre ? »

HEY ! Ca fait mal ça ! J’ai déjà une fille ! Mais bon, je ne vais pas lui dire ça alors que je suis concentré sur le fait que je n’ai pas réussi à la blesser. Est-ce qu’elle se bat d’une façon différente que nous ? Que moi ? Comment fait-elle ?

Je n’en ait aucune idée et pourtant, je dois rester concentré sur cela. Je fais un pas en reculant. Même si je suis dans le vide, j’ai l’impression de marcher sur le sol. La déesse Harsia rapproche son visage du mien.

« Même dans ces yeux, j’ai l’impression de voir le Créateur. A quel point est-ce que cette Copie a put-elle se rapprocher de l’original ? Il est en toi, n’est-ce pas ? »

« J’ai déjà répondu à cette question ! Je ne me répéterais pas car je n’en voie pas le besoin ! Je ne suis pas là pour ça ! Je suis là pour vous arrêter ! »

« Et si je disais que je veux tout arrêter et que je ne rayerai pas ce monde ? »

« Je ne vous croirais pas. Surtout après tous les méfaits accomplis. »

« Moi ? Accomplir tout cela ? Je n’ai rien fait personnellement. Vous êtes tous responsables, autant les uns que les autres, de ce qui se passe ici. »

AH ! Elle tente de nous mettre tout ça sur le dos ? J’en étais sûr ! Ce n’est pas une véritable déesse ! Ce n’est qu’une parodie ! J’en ai assez entendu ! Tenant fermement mon maul, je le montre à Harsia avant de crier :

« On va régler ça une bonne fois pour toutes, déesse Harsia ! Mettez-vous en garde car je ne vous ferais aucun cadeau dans ce combat ! Compris ? »

« Oh ? Et tu penses donc être capable de me tenir tête sans même chercher alors à m’affronter, c’est bien cela ? Est-ce que tu comprends à qui tu t’adresses ? »

« Simplement à une femme-pokémon que je dois arrêter absolument ! »

« Et que tu continues d’appeler déesse Harsia car tu espères que tout cela n’est qu’une illusion de ton esprit. Car tu aimerais que tout cela s’arrête. »

Elle a peut-être raison mais même si mon cœur ne veut pas y croire, mon esprit est rationnel et sait que ce n’est plus possible. Il n’y a pas de retour en arrière ! Nous n’avons fait que parler ! Maintenant, nous devons nous battre, elle et moi ! De ce combat dépend la survie de ce monde ! Je ne reculerai devant rien pour arriver à mes objectifs !

« Ce regard si déterminé, combien de temps me faudra t-il pour réussir à le briser ? »

« Rékiazy a faillit réussir, je ne faillirai pas une seconde fois ! »

« De bien belles paroles mais qui n’ont aucune valeur lorsque tu seras plus bas que terre. »

Elle parle, elle parle mais moi-même, je sais bien que ça ne sera pas simple. Si tout devait s’arrêter en un instant, je serai alors complètement perdu. Néanmoins, ce n’est pas le cas et je sais que je peux tenir ! Je peux y arriver ! Je dois y arriver !

« NEV ! Je vais trouver une solution pour t’épauler dans ce combat ! Je te le promets ! Essaie juste de tenir le coup un maximum ! Je peux rien te dire d’autre ! »

« Essaie surtout de penser que je peux gagner, ça serait déjà pas mal ! »

« Mais oui, tu vas y arriver ! Sauf que tu y arriveras plus facilement si c’est moi qui se charge de venir t’épauler ! Ensemble, on y arrivera ! »

« Oui … mais toi, tu dois t’occuper de Gilitée si tout se passe mal. »

Pas besoin que l’on soit deux à mourir. Elle me regarde, interloquée mais je n’ose pas voir ses yeux. Si je me laisse amadouer, je vais faiblir et ça ne sera pas bon. Mais est-ce que j’ai été trop virulent ? Je ne pense pas. Mais ce combat, qu’est-ce que la déesse Harsia attendait pour le commencer ? Car là, je suis surtout sur mes gardes en attendant un geste, voilà tout.

Chapitre 20 : Achever ce combat

ShiroiRyu
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Chapitre 20 : Achever ce combat

Je ne sais pas ce qui pousse cette femme-pokémon à se comporter de la sorte mais je ne la laisserais pas faire. Je ne la laisserais plus faire. Je vais juste la fracasser et ensuite …

« Nev, nous nous en allons. Ça sera sûrement notre dernier combat. »

« Rygagagi ? Qu’est-ce que tu racontes exactement ? Dernier combat ? Vous en aller ? Où ? »

« Combattre Rékiazy. Elle a décidé de nous mettre en colère, nous, les esprits élémentaires. Elle sait donc à quoi s’attendre. Les filles, on y va. »

Une perte de pouvoir, deux pertes de pouvoir, trois et enfin quatre. Je me retrouve complètement dépossédé alors que quatre formes apparaissent autour de moi. Mon problème ? C’est que les quatre font la même taille adulte. J’ai juste le temps de les voir de dos que déjà, elles entourent Rékiazy.

« Oh ? Vous avez remarqué qu’il était incapable de me battre et vous avez décidé d’en sortir ? Par contre, autant Rygagagi, cela est explicable, autant vous trois … ça l’est beaucoup moins. Pourquoi êtes -vous donc adultes ? »

« Oh. Tu sais bien que je suis leur grande sœur. En tant que tel, il est alors normal qu’une grande sœur épaule ses petites sœurs non ? En leur confiant quelques pouvoirs qui vont les aider. Mais ce n’est pas permanent et après, une très grande fatigue va nous envahir, de quoi nous faire dormir pour quelques jours au minimum. »

« Oh ? Et si je vous propose un sommeil éternel ? »

« Je ne te pensais pas aussi stupide mais visiblement, les temps changent et les personnes font de même. Maintenant, on va … »

« LAISSEZ-MOI LA ! » crie-je de toutes mes forces. Je n’ai pas le temps de regarder la beauté féminine des quatre esprits élémentaires. Je saute pour atterrir au beau milieu du cercle qu’elles ont formé pour bloquer Rékiazy, commençant à donner des coups d’épées dans le vide tout en espérant l’atteindre.

« Inutile. Inutile et … »

Elle se tait une nouvelle fois avant de regarder son bras gauche. Celui-ci est parcouru par le gel avant qu’une voix féminine, bien adulte mais toujours un peu candide s’exclame :

« Ah ben non, pour stopper les gens qui vont trop vite, il faut les geler complètement ! Vas-y Nev ! Moi je suis toute à toi ! »

« Géréci, on dit toute avec toi. » soupire Stelireg. Même si sa voix à elle aussi a mué, le petit éclat métallique se fait toujours entendre.

« Nous devrions plutôt nous mêler de ce combat. » murmure une troisième voix. J’ai toujours du mal avec la voix de Rigorek mais je n’ai vraiment pas à me plaindre à ce sujet. Elle est spéciale, vraiment spéciale et loin d’être déplaisante.

Elles veulent m’épauler dans ce combat ? Je ne vais pas refuser de l’aide. Je sais juste que je dois éviter les différentes attaques et aussi de les blesser. Mes coups de lames se font plus précises à chaque instant et je remarque que Rékiazy ne semble plus pouvoir se déplacer à une aussi vive allure qu’auparavant. Est-ce qu’elle fatigue ? Ou alors il y a autre chose ?

« Non, Nev ! Ne pense à rien ! Sois juste prêt à mourir et à tout perdre ! »

Rygagagi me crie cela avant de frapper Rékiazy au bras, créant un cratère dans le sol malgré la parade de la femme-Rayquaza. Prêt à mourir et à tout perdre ? Si je ne suis pas apte à imaginer cela, je ne peux pas alors espérer trouver la force de perdre Rékiazy ?

« Il ne faut pas avoir peur de blesser tes compagnons voire qu’ils disparaissent. Le plus important est-ce que tu as vécu avec eux. »

Stélireg prend aussi la parole alors que je tente de comprendre où tout cela veut m’emmener. La demoiselle-pokémon utilise ses mains de métal, les modifiant en griffes pour s’en prendre aussi à la queue de la femme-Rayquaza.

« Personne n’est immortel. Chacun va mourir un jour ou l’autre mais alors renaîtra ! Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas apprécier les instants présents. Moi, toute façon, je veux rester avec toi tout le temps, Nev ! Tout le temps, tout le temps ! »

Difficile d’ignorer les paroles de la petite Géréci. Je me contente de sourire alors qu’elle crache un souffle de glace sur la longue queue de la femme-Rayquaza. Il semblerait qu’elle veuille tenter de ralentir ses mouvements, ce qui est une excellente chose.

« Je t’aime beaucoup, Nev. Je suis heureuse de te connaître.C’est pourquoi je me bats contre Rékiazy, quitte à outrepasser mes limites. Si mon corps doit être brisé, je saurais alors que c’est en ayant fait mon maximum. »

C’est ce que je me tues à me répéter ! Mais c’est Rigorek qui prononce ces paroles qui normalement devraient sortir de ma bouche. Elle est si pure. Oui, je la trouve pure alors que je vois des mains de pierre qui emprisonnent Rékiazy.

« Vraiment, vous devenez agaçantes. Et je ne parle pas du soi-disant héros. »

Le sol se met à trembler de plus en plus alors que je vois les mains de pierre qui se fissurent et se brisent mais aussitôt, d’autres mains en sortant aussitôt. Un coup de poing de la part de Rygagagi sur la face de Rékiazy et celle-ci a la tête qui tourne, se tuméfiant sur le coup.

« Oh ? Et toi, qu’est-ce qu’on devrait dire ? Tu ne me paraissais pas si idiote pourtant, non ? »

« Tu peux déclarer tout ce que tu veux, ça ne changera rien. Qu’espères-tu démontrer par là ? Ton intelligence ? Tes connaissances ? J’ai choisi la voie que je désire et ce n’est pas des êtres comme vous, qui n’ont pas pour but de me tuer, qui arriveront à me faire détourner de cette voie. Puisque tu aimes me frapper, à moi de faire de même alors ! »

BOOM ! J’entends comme une explosion alors que je vois la tête de Rékiazy qui a percuté celle de Rygagagi. Sa queue est couverte de gel et emprisonnée par des mains de pierre.

« On va voir si vous êtes prêts à cela. »

Sauf que cette fois-ci, je ne lui laisse pas le temps de réagir. Je loge l’épée de glace dans sa queue avant de pousser un cri pour me donner du courage. L’arme s’insère profondément dans l’appendice alors que je commence un mouvement pour agrandir la plaie en remontant jusqu’à elle. Rékiazy a ses yeux dorés rivés vers moi, semblant furieuse pendant quelques secondes avant que ses mains ne se mettent à se mouvoir.

« Vous l’aurez décidé tous les cinq ! »

Des éclairs, des flammes, des pics de glace, je vois un peu tout qui se forme autour de ses mains avant qu’elle ne décide de projeter tous les éléments qu’elle maîtrise autour d’elle. Néanmoins, je ne recule pas ! Je ne peux pas reculer ! Et je vois que les quatre esprits élémentaires font de même ! Elles continent leurs attaques tandis que moi-même, je remonte mon arme. J’extirpe ma lame de sa queue, la pointant en direction de son cœur, prêt à en conclure une bonne fois pour toutes malgré mes blessures.

La bouche de Rékiazy s’ouvre en ma direction, une forte lueur s’y trouvant à l’intérieur. Ca va faire mal ? Ca va faire très mal ! Je me rappelle une attaque de ce genre mais je n’y accorde AUCUNE importance ! Je me retrouve auréolé par une forte lueur, sentant ma peau qui se déchire sous l’attaque et qui tente de me faire reculer.

Mais mon arme se loge dans la poitrine de Rékiazy. J’arrive encore à bouger un alors que je me concentre. Des pieux de glace sortent de l’intégralité de son corps, la trouant de l’intérieur avant que je ne tombe en arrière. Pas peur … de mourir.

« Est-ce que je dois faire la même pour vous ? »

Rékiazy ? J’entends sa voix rieuse alors que j’ai les yeux ouverts. Elle s’envole vers les cieux car les quatre femmes-golems sont à mes côtés, accroupies ou à genoux. Je vais mal ? Je vais vraiment … très mal. Mais pas autant que ce que Giréléna a subi.

« Nev ? Réponds-nous. Tu nous entends ? Tu nous entends ? »

Maintenant qu’elle le dit, j’ai l’impression d’avoir les cinq sens en bouillie. Mais bon, je suis encore conscient alors que Rékiazy a le corps dans un sale état elle aussi. Les demoiselles-golems, quant à elles, vont bien.

« Tant mieux, oui, tant mieux, oui, vraiment. »

« Ce n’est pas forcément réjouissant, Nev. Tu est presque mort, allongé au sol. » murmure Rygagagi alors que je passe faiblement une main sur mon crâne.

« Pourquoi est-ce que j’ai l’impression … que tout cela était inutile ? »

« Ça ne l’est pas. Ça lui a fait rentré un peu de bon sens dans le crâne. Et ne t’en fait pas, on va s’occuper de terminer ce travail à ta place. »

« Vous vouliez peut-être plutôt dire le commencer, non ? »

La voix est encore en train de se moquer de nous. Cela l’amuse et la divertie de nous voir peine de la sorte. Pour ma part, ça ne me fait pas rire du tout. Mais surtout, son corps, sa queue que j’ai entaillée salement, elle est en train de se régénérer ? Et pareil pour la blessure dans la poitrine. Elle a rien du tout ?

« De la régénération ultra rapide ? »

« Et vous pensiez donc pouvoir me battre ? Il est vrai que vous êtes puissants, très puissants, surtout si vous y mettez les moyens. Vous voir vous battre jusqu’à la mort, n’est-ce pas splendide ? N’est-ce pas superbe ? N’est-ce pas magnifique ? »

Elle redescend peu à peu alors que les femmes-golems sont autour de moi comme pour me protéger. Je serai pathétique si j’accepte qu’elles me sauvent de la sorte. Je commence à chercher à me relever mais soudainement, mon corps se sent bien mieux. J’entends des petits cris de surprise autour de moi alors que je peux me redresser correctement.

« Réveil un peu tardif, on va dire, non ? Mais si vous comprenez que vous n’obtiendrez rien sans rien sacrifier, je pense alors que vous avez toutes vos chances. »

« Tu essaies de te retourner contre la déesse Harsia ? Tu crois qu’après tout ce que tu as fait, je vais te laisser t’en sortir vivante ? »

« Oh ? Me retourner contre elle ? Hahaha mais tu te trompes lourdement. Je ne me retourne pas contre elle, loin de là. Comme tu dois le savoir, dans ce monde, rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir, il y a tellement de parcelles de gris. »

« Qu’est-ce que … AH ! GIRELENA ! »

Je ne me préoccupe pas le moins du monde de l’autre diablesse ! Giréléna ! Je cours aussitôt vers la femme-Giratina qui est toujours allongée sur le sol, visage contre ce dernier. Je tente de la secouer mais aucune réaction. Je la pousse doucement jusqu’à voir son visage. Pfiou ! Il a retrouvé toute sa beauté et sa splendeur. Je commence à l’embrasser tendrement jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux et me dise :

« Oh ? Tu as tout de suite compris où je voulais en venir ? Comme c’est étrange de ta part. Etrange et surprenant, oui. »

« Tes blessures ne sont plus là. Tu as vu ? Je suis content … de savoir que tu vas bien. »

Je la presse dans mes bras du mieux que je le peux. Une minute, une minute, c’est tout ce que je demande pour elle et moi. Ensuite, je repartirai pour comprendre la situation mais aussi me préparer à ce qui m’attends.

« On dirait que tu ne veux pas me lâcher, n’est-ce pas ? »

« Gâches pas tout, s’il te plaît. Tais-toi, Giréléna et profites-en un peu. » lui chuchote-je une nouvelle fois avant de l’embrasser sur la joue. Sa queue commence à m’enserrer mais je fais tout pour garder un peu de place pour pouvoir m’échapper. Finalement, la minute s’écoule et je me libère à contrecœur, retournant auprès de Rékiazy qui reste en face des autres..

« Bon bon bon, visiblement, tout le monde est en pleine forme ? C’est dommage puisqu’Harsia ne vous laissera pas en vie. »

« Rékiazy ! Qu’est-ce que cela veut dire ?! » hurle une voix coupant ciel et terre.

« Oh, visiblement, elle est déjà au courant de mon petit tour. Ah, même pas une minute pour me faire étreindre par un beau jeune homme. »

Elle pousse un soupir avant de rigoler. Je dois faire quoi ? L’attaquer ? Non, elle n’a plus d’intention belliqueuse. Elle reprend d’une voix calme et lente :

« Bon bon bon, bonne chance, n’est-ce pas ? Encore que pour ma part, dans toute cette histoire, j’ai décidé de rester neutre. »

« Neutre ? Tu te fous de nous ? Surtout après ce que tu as fait ? »

« Oh ? Qu’est-ce que j’ai bien put faire ? Je me le demande. A vous de le découvrir. »

Après ces quelques paroles, plus aucune trace de sa présence. Même en regardant à gauche et à droite, je n’arrive pas à la voir. Je ne sais guère où elle est passée. Mais je vai bien finir par le découvrir plus tard. Le plus important, c’est ce malaise que je commence à ressentir. Une présence arrive à toute allure vers nous. Une présence étouffante et écrasante.

« Si je lui mettrais la main dessus, je lui ferais alors goûter à une mort lente et douloureuse. Mais d’abord, il faut que je vous extermine. »

La voix se rapproche en même temps que la présence. J’aperçois un halo de lumière qui m’emporte subitement sans même que je ne puisse réagir, la voix reprenant :

« Je n’aime pas les êtres insignifiants. Nul ne viendra nous déranger pendant que je te combattrais, Nev ! Je prendrai mon temps à exterminer cette carapace et ce qui s’y trouve à l’intérieur. Créateur ! Père ! Dieu ! Mew … »

« Cela faisait bien longtemps que je n’ai pas entendu le nom de ma race. »

Et voilà que la voix du Créateur parle en moi ! Comme si ça ne me suffisait pas ? Où est-ce que je suis ? J’ai l’impression de flotter dans les airs mais en même temps de pouvoir marcher librement, sans aucune contrainte ou autre.

« NEV ! NEV ! Où est-ce que tu es ? NEV ! » crie la voix de Giréléna, Harsia reprenant :

« Cette petite sotte de femme-pokémon pense pouvoir te trouver là où nous sommes. Ah … Ah … Ah … Je me doutais que ces idiotes de femmes-pokémon seraient incapables de vous arrêter. Mais que même Rékiazy décide d’en faire qu’à sa tête ? Ah … »

J’entends la voix exaspérée de la déesse Harsia mais je ne la vois guère. Puis finalement, deux yeux roses et verts sont en en face de moi, à quelques centimètres au grand maximum. Si elle l’avait voulu, elle m’aurait tué ? Je recule subitement, mes yeux finissant par s’habituer finalement au décor autour de moi. Je suis où ? Encore dans un autre espace ?

Chapitre 19 : Bien trop forte

ShiroiRyu
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Chapitre 19 : Bien trop forte

« Voyons voir ce que cette lame vaut. »

« Le gros problème n’est pas cette lame mais si tu es capable de m’atteindre. »

Elle marque un point et il est difficile de la contredire. Néanmoins, je veux tenter ma chance. Je réfléchis à une lame de vent avant de donner un coup dans le vide en sa direction. Aussitôt, elle fait un mouvement pour se retrouver à côté. Oh … bien ce que je pensais. La trace au sol ne laisse planer aucun doute sur ce que je viens d’accomplir.

« Tu sais au moins la manier. Il ne reste plus grand chose donc à atteindre, non ? »

Elle se répète mais je sais qu’elle n’est pas rassurée maintenant. Je peux réussir à la battre ! Il faut vraiment juste que j’arrive à la toucher, ne serait-ce qu’une fois ! Me dire que ce n’est pas impossible ! C’est ça que je veux croire et espérer ! Je n’ai aucune autre idée en tête à l’heure actuelle ! Si j’y arrive, je pourrais alors me convaincre.

« Tu y es presque, oui. Tu y es presque. »

Elle continue de me parler comme si je n’étais qu’un enfant. C’est exaspérant ! Vraiment exaspérant ! Je ne suis pas un idiot ! Je ne suis pas comme ça ! Je vais lui montrer les bonnes manières ! Elle va vite comprendre qui je suis réellement ! Non.

Je dois rester calme et serein. Tout cela a juste pour but de me provoquer et de me faire commettre une effroyable erreur. J’ai mon arme maintenant. A partir de là, rien ne m’est impossible si je décide de faire attention au moindre de mes mouvements.
Je la sens qui est maintenant très proche de moi mais je n’ai pas fermé les yeux. Même si je ne peux pas arrêter ses mouvements, il faudrait que j’arrive à les suivre. Mais même cela, ça me semble impossible. Mon autre solution consiste à les prévoir. Je fais un mouvement rapide sur la gauche avec mon arme mais Rékiazy l’esquive.

« Ton cerveau n’est pas capable de ce que tu veux essayer. Tu ferais mieux d’abandonner. »

« On va me laisser essayer quand même avant de me dire ce qui est possible ou non. Je suis sûr que je peux y arriver. Ce n’est qu’une question de temps. »

« La confiance est absurde si tu n’as rien pour peser sur la balance à côté. »

« De bien belles paroles mais on sent la pointe d’inquiétude dans ta voix. Tu as finalement compris que j’ai l’arme pour pouvoir t’atteindre. Et tu me crains maintenant ! »

« Hahaha. Amusant, vraiment très amusant. Soit. Tu pensais que je me déplaçais vite, n’est-ce pas ? Alors, changeons de rythme. »

Je n’entends même plus le bruit de sa queue qui rampe. Ce n’est pas un mirage ou autre, je n’ai aucune explication sur ce qui se passe. J’ai l’impression que tout se brouille autour de moi. Cette vitesse ? Elle n’était pas encore à son maximum ? Je veux que ça soit une plaisanterie ! Je vois que ça soit une plaisanterie et rien d’autre !

« Il te faut saisir la différence de puissance. »

Je ne dois pas abandonner. Je sais ce qu’elle fait ! Elle veut juste jouer avec mes nerfs, me faire craquer pour que j’abandonne tout ça mais je ne tomberai pas dans le piège ! Je peux me battre ! Je veux me battre ! Giréléna et les autres sont meurtries. Elles ne peuvent plus lutter. Et je ne parle même pas des soldats et des femmes-pokémon.

Une seule femme-pokémon est responsable de tout ça alors que les précédentes, elles nous donnaient du mal sans pour autant être extrêmement difficiles. C’est que la différence est beaucoup trop grande cette fois. Auparavant, je pouvais dominer aisément ou presque. Mais là ? Je peux faire quoi ? Je ne vais pas obtenir des pouvoirs divins en claquant des doigts !

« Pourtant, ma carapace les possède déjà. »

« Et si tu me parlais directement ? Tu sais que j’ai un nom, n’est-ce pas ? Alors, tu peux l’utiliser plutôt que de vouloir jouer à la personne mystérieuse. »

« Mais il n’est pas encore apte à cela. Il n’a pas décidé de tout abandonner pour y arriver. Il faut qu’il abandonner son humanité, son corps d’homme-pokémon … pour pouvoir tout utiliser. Pour être un être capable de lutter contre la déesse Harsia. »

« Bon, au final, c’est mieux que tu ne parles pas, je vais me débrouiller. »

Je lui rétorque cela alors que je n’attends aucune réponse de sa part. De toute façon, c’est le mieux car oui, il me fatigue. Je n’ai pas que ça à faire. Autant l’ignorer complètement. Mais bon, en même temps, ça ne sera pas suffisant et ça ne m’aide pas.

Posséder des pouvoirs divins ? Moi ? Parce que le Créateur est en moi ? Mais surtout, en vue des sacrifices nécessaires, je préfère éviter ça. Mon but est de vivre et de former une belle et heureuse famille avec Giréléna et Gilitée, pas de mourir en héros pour qu’elles me pleurent.

« Faire pleurer ma fille, je serais abominable. Je refuse ça ! Il en est hors de question ! »

« Je ne vois pas de quoi tu parles mais il semblerait que tu sois en introspection avec toi-même. Il serait alors plus que bête de te déranger, n’est-ce pas ? »

« Ne vous mêlez pas de ça ! Ça ne vous concerne pas ! »

« Il faut donc éviter de le crier à voix haute, tu ne crois pas ? Et je remarque que tu me vouvoies à nouveau. Est-ce la crainte ou la peur ? »

« Aucune des deux. Vous vous faites des illusions et je vais vite vous ramener sur le droit chemin qui mène à la mort. »

Je parle beaucoup car je cherche une solution pour la combattre. Malheureusement, pour le moment, je n’en ait aucune en tête, c’est bien ça qui est ennuyeux. Mais je vais bien finir par en trouver une et à partir de là, j’arriverai alors à la battre. Tout n’est qu’une question de temps et de patience. Mais combien en ai-je dans les deux cas ? Si je perds patience, cela va causer ma perte. Si je perds du temps, cela me causera des pertes. Voilà tout.

« Cela devient un peu lassant, néanmoins, Nev. Je pense que je vais commencer à tuer des personnes proches. Sais-tu que je peux me déplacer à une telle vitesse que je peux tuer tes compagnons restés en arrière et revenir sans même que tu ne le remarques ? »

« Ne t’avises même pas de faire ça. Tu penses qu’avec tes menaces, tu arriveras à … »

« Premier cadeau de ma part. » me dit-elle en me coupant la parole. Elle jette quelque chose au sol avant que je ne cligne des yeux. C’est quoi ça ? Un alvéole ?

« Où est-ce que tu as récupéré ça ? C’est … attends … »

« Oh, je n’ai pas réellement fait attention. J’ai attaqué la première femme-pokémon que j’ai trouvé. Visiblement, cela ne faut pas bien difficile, elle en avait tellement. Tiens, il y a encore un peu de miel de son côté. »

« NINY ! Tu as touché à Niny ?! »

« Hum. Et maintenant, je pense que cela doit appartenir à la femme-Leviator, non ? »

Elle continue de me jeter des écailles au sol. C’est la queue de Migacirpy ? Qu’elle commence pas à jouer avec moi car sinon, ça va vraiment très mal finir. Je me mets à haleter alors qu’elle croise les bras, enjouée par ce qu’elle voit.

« Cela me fait penser. Il y a aussi une femme-Gardevoir qui est avec nous, n’est-ce pas ? Je me demande ce qui se passerait si je lui extirpes ses cornes. »

« JE T’EN EMPÊCHERAIS ! »

« Oh ? Et comment est-ce que tu comptes faire cela ? En claquant des dents ? »

En les lui faisant ravaler ! Je pousse un cri de rage et me jette sur elle, prêt à l’exterminer une bonne fois pour toutes. Quitte à ce que je me retrouve déchiqueté après ce combat ! Je n’aurai peut-être pas combattu Harsia mais au moins, cette garce sera morte !

« Lassant … bien trop lassant. Et beaucoup trop lent aussi. »

Un coup de queue me frappe en plein saut, me renvoyant au sol alors qu’elle est finalement près de moi. Elle me regarde d’une façon bien moins amusée. Elle ne plaisante plus ?

« La conviction commence enfin à être bonne mais ce n’est pas suffisant. Oh, je sais ce que je vais faire. Tu as une fille, n’est-ce pas ? »

« Ne t’avises même pas de la toucher ! »


Je veux crier cela mais ce n’est pas qui vient de prononcer ces paroles. Giréléna ? Celle-ci vient d’apparaître dans un nuage de fumée derrière Rékiazy. Celle-ci esquive la griffe de ma future femme avec une étrange facilité mais voilà que Giréléna est encore derrière elle.

« Enfin ? Cela devient bien plus intéressant maintenant. »

« LES AUTRES CONNES, JE M’EN FOUS ! MAIS MA FILLE, JAMAIS ! »

« Oh ? Et ton futur mari, s’il sera encore en vie, tu n’y tiens pas ? »

« NEV SURVIVRA ! JE LE SAIS ! JE VAIS TE CREVER ! »

Je ressemble vraiment à ça ? Je croyais que Giréléna était dans un sale état. En fait, elle l’est mais elle a la force et la rage de se battre. C’est impressionnant de la voir et … wow ? Je rêve ou alors, elle est vraiment en train de rattraper Rékiazy ?

C’EST LE CAS ! Je pousse un cri de surprise avant de voir Giréléna qui touche et percute Rékiazy, son visage tenu dans sa griffe. Le long corps cylindrique de la femme-Rayquaza ronge le sol, emmené par Giréléna qui continue d’hurler :

« Je vais faire de ta vie un vrai cauchemar ! Si tu t’avises de toucher à ma fille, quitte à ce que j’en crève, je reviendrai, ENCORE ! ET ENCORE ! ENCORE ! »

Elle est complètement déchaînée, on dirait. Je ferais bien de l’arrêter mais je n’en ressens pas le courage. En fait, je ne veux pas l’arrêter, je veux plutôt l’aider. Si avec cette force que ma future femme possède peut réussir à l’atteindre, je le peux aussi !

Je ne sais pas de quels pouvoirs divins parle le Créateur en moi mais ce n’est pas grave, je vais me débrouiller avec ce que j’ai sous la main ! Ou plutôt DANS la main. Mon épée ! Je me concentre et voilà qu’un grand sourire illumine mon visage.

« Vraiment ? Je peux faire ça avec toi ? Comme quoi. »

L’épée est recouverte d’une aura gelée, signe que j’utilise le froid. Je sais que Rékiazy en est particulièrement peu friande mais c’est pour ça que je vais le lui en faire goûter ! Je m’élance au niveau des deux femmes-pokémon pour pouvoir les atteindre.

« Il me semble nécessaire de te rappeler quelques petites conditions pour que tu comprennes la situation, Giréléna. Faire du zèle n’est guère bon. »

Voilà qu’elle reprend le dessus sur Giréléna. Mais c’est un monstre ! Ce n’est qu’une saleté de monstre ! Elle est imbattable ou quoi ? Même si je ne vois que d’infimes blessures sur son visage, je sais qu’elle n’est pas immortelle ou incassable ! Elle est possible à battre ! Elle a été blessée légèrement par Giréléna !

Mais maintenant, c’est l’inverse qui se produit. Leurs positions sont échangées, Rékiazy est sur Giréléna et lui fait subir la même chose mais à une puissance bien plus grande et dévastatrice. Je vais la stopper !

« Lent, ce n’est pas suffisant. C’est beaucoup trop lent. »

« La ferme, le Créateur ! Ce n’est pas de toi dont … non attends. Ce n’est pas lui ? Rygagagi ? Pardon mais … pourquoi est-ce que tu me dis ça ? Je le sais bien. »

« Non, je parle de moi … et donc indirectement de toi. Je suis fatiguée. »

« Reposes-toi alors. Tu en as assez fait. Je sais que toi et tes sœurs, vous faites le maximum pour moi. Je ne vais pas vous empêcher de vous reposer après tout le boulot abattu par ma faute. Je m’excuse à ce sujet. »

« Ce n’est pas cela, pas cela du tout. Rékiazy n’a jamais été une femme aussi odieuse. Il y a quelque chose qui me déplaît dans ses actes. Et je n’aime pas que l’on me déplaise. Des fois, je peux ignorer tout cela mais d’autres moments, par contre … »

« Qu’est-ce que tu es en train de préparer ou de faire ? »

« Oh, tu vas bien voir cela.Et pour une fois, mes sœurs sont d’accord avec moi. Enfin, non, elles le sont souvent dès qu’il s’agit de toi. Certaines limites doivent être franchies et je crois que Rékiazy vient aussi de les dépasser pour certaines d’entre elles. »

« Qu’est-ce que tu es en train de raconter ? Enfin, désolé, je n’ai pas le temps mais si Giréléna va jusqu’à agir de la sorte, je dois faire de mon côté ! J’y vais aussi ! On en parlera plus tard ! Mais il sera sûrement trop tard pour Rékiazy ! »

« Oh que oui, il va être trop tard. Trop tard pour elle … pour qu’elle comprenne tout cela. »

Rygagagi a un ton qui ne me plaît que moyennement. Il faut dire que je le trouve un peu sinistre et sombre, ce qui ne colle pas du tout avec le caractère de la demoiselle que je connais habituellement. Je ne crois pas que ça soit une bonne chose.

« Tiens donc, voilà donc ton prince charmant qui arrive pour tenter de te sauver. N’est-ce pas attendrissant, Giréléna ? Tes cousines sont déjà hors de combat, toi-même, avec toute la volonté du monde, tu ne peux me combattre. »

« Et peut-être que si je m’en mêle, tu vas changer d’avis ? »

Rékiazy ne me répond pas alors qu’elle relève finalement le visage de Giréléna. Ma belle femme-Giratina ! Son visage est tuméfié et entaillé de partout ! Elle s’est déchaînée sur elle ? Alors qu’elle s’apprête à me l’envoyer, un éclair travers le décor à l’horizontal, passant juste à côté du corps qu’elle me projette.

Des écailles volent dans tous les sens avant que le corps ne tombe lourdement à quelques centimètres de moi. Je … Giréléna. Giréléna. Elle est allongée sur le sol, son corps respirant faiblement. Sa superbe queue dont elle était si fière, la chair nue est maintenant visible en de nombreux endroits. Je l’entends qui sanglote, la tête baissée vers le sol, bredouillant :

« Me regarde pas, Nev. Me regarde pas ! »

« Giréléna. Attends, je vais te soigner …

« NE T’APPROCHES SURTOUT PAS DE MOI ! » me hurle t-elle dessus.

« Oh ? Pour une Reine, se mettre à pleurer de la sorte est bien laid. » chuchote la femme-Rayquaza à nos oreilles alors qu’elle est près de nous. Je la vois qui lève le pied pour écraser la tête de Giréléna mais ma main gauche l’en empêche. Les esprits élémentaires sont là !

Chapitre 18 : Pour pouvoir l’atteindre

ShiroiRyu
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Chapitre 18 : Pour pouvoir l’atteindre

« Je dois l’éviter, je dois l’éviter, je dois l’éviter. »

Je me répète cette phrase dans ma tête mais il n’y a rien qui suit. Aucun mouvement ou autre. Je suis si fatigué que ça ? Ou alors, c’est la peur qui me paralyse ? Dans l’un comme dans l’autre cas, si je ne fais rien, je suis un homme mort ! Et ça ne m’intéresse pas pour le moment ! Je ne veux pas mourir !

« Il vaut mieux pour toi que tu résistes à cette simple attaque. »

« SIMPLE ATTAQUE ?! VOUS BLAGUEZ J’ESPERE ! »

Je me suis jamais pris une aussi grosse décharge dans la tête ! J’ai pas envie d’être brûlé au quinzième degré à cause de la foudre ! Est-ce que Rigorek pourrait m’aider ? Je n’en suis pas vraiment sûr que ça soit la meilleure solution.

« Nous pourrions te défendre mais je ne pense pas que cela servirait à grand-chose. Il va falloir que tu te surpasses pour l’éviter. »

« Eviter une attaque frappant à la vitesse de la lumière, je suis sûr et certain que je peux le faire, les yeux bandés. Néanmoins, merci quand même, Rygagagi. »

Je ne veux pas me montrer blessant ou vexant mais je ne me sens pas vraiment rassuré par la suite des événements, voilà tout. L’éclair finit par descendre mais je me jette en arrière. Sauf que j’ai réussi à l’éviter ! Mais qu’en même temps, des pans de pierre viennent érafler mon corps, me faisant saigner de partout.


Rien be bien grave mais je me demande comment j’ai réussi ça. Pourtant, je pensais ne pas en être capable … mais en même temps, quand j’ai vu le mouvement de sa main, ça m’a parut si facile à faire. C’est … bizarre, très bizarre.

Pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? Du moins, comment j’y suis arrivé ? Cela m’étonne. J’ai l’impression que tout s’est passé au ralenti avant que l’éclair ne tombe. Je me demande comment j’ai réussi ce tour de passe-passe.

« Oh ? C’est donc latent en fin de compte ? Ou alors, il veut protéger ce corps ? »

« Cela vous amuse, n’est-ce pas? Attendez que je vienne vous chercher ! »

Je m’apprête déjà à m’envoler vers elle grâce à mes pouvoirs psychiques mais j’ai la malheureuse surprise de la voir déjà à mon niveau. Comment fait-elle ?

« Mais tout cela visiblement n’est que le fruit du hasard. »

Elle dit cela alors qu’elle sait parfaitement que je n’ai pas compris j’ai put accomplir un tel acte. Si seulement j’avais au moins conscience de ce que je fais mais non, même pas ! Je parie que c’est encore ce Créateur en moi qui fait de l’embrouille, il me fatigue réellement ! Je n’ai pas une seconde à moi avec tout ça ! Je veux me battre ! Je veux réussir à me battre contre cette foutue femme-pokémon bien trop puissante !

« Tu es désespéré de ne pas pouvoir m’atteindre, n’est-ce pas ? »

« Ca ne va pas tarder, je vous le promets ! Il me suffit juste de me concentrer un peu et ça sera alors résolu bien plus facilement que vous ne le croyez ! »

« Mais je n’attends que cela. Tu parles beaucoup mais tu n’agis que peu. »

D’accord ! Elle l’aura voulu ! Je sais ce qu’elle a fait comme attaque ! Je vais lui faire une petite surprise qu’elle risque de ne pas apprécier ! De la foudre apparaît dans ma main droite alors qu’elle garde ce sourire. Je ne l’impressionne pas ou quoi ?

« Intéressant, très intéressant. Il semblerait que tu me copies parfaitement, non ? »

« Et encore, ce n’est pas tout. Je vais vous faire une autre démonstration ! »

Autant lui sortir le grand jeu pour qu’elle soit impressionnée et baisse un peu sa garde. Dans ma main gauche, une sphère de glace est visible maintenant. Oui ! Deux éléments ! Elle va vite comprendre sa douleur maintenant !

« Toujours aussi appréciable, il semblerait. »

Elle continue de se moquer de moi, de me considérer comme un enfant, en vue des paroles. Tout ce que j’imagine est voué à l’échec. Je dois faire comment quand mon adversaire me prend en pitié, à raison, car il sait qu’il est bien plus fort que moi ?

« Ce n’est qu’une blague de toute façon. Une femme-pokémon aussi puissante n’existe pas réellement. Il y a juste quelque chose derrière tout cela. »

« Oh ? Tu le penses vraiment ? Tu estimes que ça serait aussi simple que ça ? »

« Comment est-ce qu’une personne comme vous fait aux services de la déesse Harsia si elle est capable de lui tenir tête hein ? »

« Encore une fois, ton jugement est faussée, ce qui ne te permet pas alors de voir bien plus loin que tu ne le pourrais pourtant. »

Elle me parle en énigmes ! Bon, il faut juste que je me calme. Elle m’attaque, elle veut me tuer , elle est surpuissante et je n’ai pas réussi à l’atteindre. Voilà tout ce que je dois noter. Je commence à réfléchir à une nouvelle opération mais des flammes violettes tentent d’atteindre la femme-Rayquaza, celle-ci les évitant.
Mais dès l’instant où elle s’arrête, d’autres flammes apparaissent … et d’autres encore ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je me tourne vers l’origine des flammes et je vois les trois cousines qui sont en position d’attaque. MAIS HEY ! Qu’est-ce que j’avais dit ? Elles ne m’ont pas écouté ou quoi ? C’est juste fou de leur part !

« STOP ! GIRELENA ! Vous autres aussi ! Je m’en occupe, j’ai dit ! »

« Tu me permettras d’en douter, Nev ! T’as pas l’air d’y arriver ! On t’aide ! »

NON ! Je ne veux pas de ça ! Pourquoi est-ce qu’ils ne comprennent pas que c’est tout simplement impossible de l’atteindre ? Et ce sourire qu’elle a montre clairement que la situation ne vient pas de tourner en sa défaveur, loin de là ! Elle trouve ça amusant ! Elle s’en moque ! Elle est heureuse que ça se passe ainsi !

« Les promesses sont inutiles, n’est-ce pas ? Comme souvent, on ne les respecte guère. »

« Ce n’est pas de ma faute, Rékiazy ! Je ne voulais pas ! Elles ne m’écoutent pas, ce n’est pas pareil ! Faites attention à ne pas tout mélanger ! »

« Oh ? Et tu n’es pas prêt à user de la force pour cela ? »

« Pourquoi est-ce que j’irai blesser mes amis ? Je ne suis pas fou ! Je ne suis pas dingue ! Je ne suis pas comme vous ! Ne l’oubliez pas ! »

« Bon, faisons un peu le ménage, néanmoins, qu’est-ce que tu en penses ? »

Je ne lui répond pas car je sais que ce n’est que de la provocation. Elle se jette dans la bataille, traversant les troupes ennemies comme si de rien n’était. Tel un éclair qui zèbre le terrain, chaque corps à côté duquel elle passe tombe au sol, inanimé, baignant dans son sang. Pourtant, je les vois encore palpiter, signe qu’ils sont vivants.

« Oh ? C’est déjà terminé ? Je pensais beaucoup mieux de cette armée. »

« Ne te moque pas de nous, femme-pokémon ! Subordonnée d’Harsia ! »

J’entends un commandant humain qui se relève avec difficultés, comme une partie des troupes. Il en est de même pour les femmes-pokémon. Si je les laisse faire, Rékiazy va vraiment les tuer ! Il faut donc que je l’arrête dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! Je ne peux pas la laisser continuer ce massacre comme si de rien n’était.

« Assez ! RECULEZ TOUS ! C’EST MON COMBAT ! »

« Tu arrêtes de faire ton héros, Nev ? Tu n’es pas le seul ! TU N’ES PAS SEUL ! »

Giréléna peut crier aussi, ça n’arrangera en RIEN la situation ! Elle croit que c’est avec de belles paroles que l’on peut sauver tout le monde ? Que l’on peut gagner ? NON ! Il faut la force ! IL FAUT DE LA FORCE ! Et ça, ils ne l’ont pas ! Je ne l’ai pas non plus.

Un nouveau passage entre les troupes ennemies et voilà qu’elles retombent au sol. Quelques unes arrivent à rester debout, ayant planté leurs armes pour s’y appuyer dessus ou alors utilisant leurs appendices. Ils sont au bord de la mort !

« Une telle abnégation mérite bien une mort splendide. Je vais vous féliciter à ma manière. »

« Hey, tu ne nous aurais pas oublié ma grande ? »

Giréléna a encore ouvert la bouche quand il ne le faut pas, Rékiazy se tournant vers elle et ses cousines. STUPIDE ! Elle est stupide ! Ça lui sert à quoi de faire ça ? Sauver les autres ?

« C’est juste absurde ! ABSURDE ! Vous risquez vos vies inutiles ! Vous êtes juste dingues ! »

« Depuis quand est-ce que j’ai décidé d’épouser un couard ? »

Les paroles de Giréléna font mouche. Je baisse les yeux en serrant les poings. C’est pas une question de couardise. Je veux juste éviter d’autres morts. Mais rien n’à faire. Rien du tout. Je n’arrive pas à atteindre Rékiazy et pourtant, je suis de loin le plus fort du groupe. Je ne veux pas me leurrer ou me mentir. Alors pourquoi ?


Pourquoi est-ce qu’ils continuent à se battre alors qu’ils savent parfaitement qu’ils vont faire une mort certaine ? Est-ce que je suis juste jaloux ? Du fait qu’ils peuvent facilementr m’imiter ? Que je ne suis pas le seul à risquer ma vie pour tout ça ? Je suis un idiot, je suis un idiot ! Je commence à flancher à la toute fin dès le premier problème majeur.

Et voilà comment tout se passe car je ne fais pas attention. Je m’écroule à genoux, regardant juste le sol devant moi. J’ai perdu toute estime en mes propres capacités. Je ne suis pas apte à livrer une véritable bataille contre un tel adversaire.

« C’est tout simplement impossible. Nous n’en avons pas les capacités. Nous n’en avons pas la force. Pourquoi lutter ? Ca ne sert à rien. »

« C’est exact. Des fois, il vaut mieux abandonner et s’enfuir. Des fois, il vaut mieux tout perdre et pleurer ce que l’on a perdu mais rester vivant. »

Cette voix dans ma tête ! Elle est encore là ? Elle se moque de moi ? Qu’est-ce qu’elle est en train de me raconter ? Je ne suis pas stupide à ce point ! Je ne vais pas tomber dans un piège aussi grossier normalement ! Mais surtout, c’est lui qui me parle.

« La ferme, Créateur ! J’ai bien compris ton manège ! »

« Vaut-il mieux être vivant et souffrir une éternité avec une pensée pour les être perdus ? Ou alors mourir au combat mais avec l’idée d’avoir accomplit tout ce qu’il fallait pour y arriver ? Quel fut mon choix à l’époque ? Non. Ce n’était pas un choix. C’était une décision. »

« Je t’ai dit de te taire ! Je ne veux rien savoir de toi ! C’est compris ? »

« Elle me manque. Mon ange gardien me manque. »

Ah bon ? Et qui est-ce cette fameuse personne ? Car il parle d’un ange gardien ! Pour qu’un être comme lui pense à une femme, c’est qu’elle doit être très importante ! Car oui, je suis sûr qu’il s’agit d’une femme ! Est-ce que c’est Dyrkri ?

« Elle est partie car elle savait qu’elle n’avait plus à s’en faire pour ma carapace. »

« Je ne suis pas une carapace ! Je suis Nev ! Ce corps est le mien ! Ce corps et cet esprit ! Compris ? Alors ne t’avises pas d’y toucher ! »

Comment faire pour que cette voix s’arrêter ? Je serre le pendentif au point de me le planter légèrement dans la main. AIE ! Ça fait mal cette saleté et … pendentif ? Pourquoi ?

Le pendentif. Je l’avais complètement oublié depuis le début ! Maintenant, il était temps de l’user ! Alors que j’ai la main gardée dessus, je commence à cligner des yeux. Quelque chose est bizarre avec le pendentif. Je veux y insuffler mes pouvoirs et je n’ai aucune difficulté. Le souci ? C’est qu’il résonne différemment par rapport à auparavant.

« Le pouvoir d’Harsia est puissant, terriblement puissant. Quel être sensé crée t-il une personne plus forte que lui-même ? »

Le Créateur. C’est lui qui est à l’origine de la naissance de la déesse Harsia et sûrement de tellement d’autres femmes-pokémon et aussi des humains. Le Créateur de ce monde peut-être ? Je me le demande alors que la voix reprend :

« Capable de manipuler tous les éléments, capable de régner sur la Terre, la Mer et le Ciel. Capable de tout dominer d’une main de fer mais aussi d’aimer d’une main de velours. Elle est l’incarnation de la perfection, de celle qui devait me remplacer. »

« BON SANG ! Mais j’arrive pas à la toucher ! Ton temps ne marche pas ou quoi ? Dénialka ? » hurle Giréléna alors que je l’entends à peine.

« Je veux bien mais même ainsi, tu n’as pas vu ? Ça ne dure que qu’une infime durée et elle est déjà bien ailleurs ! J’y arrive pas ! Elle est trop forte ! »

« Et moi, je peux créer toutes les petites dimensions pour que nos coups soient transférés, rien n’y fait malheureusement. J’arrive pas, j’y arrive pas ! »

Les trois cousines continuent de lutter du mieux qu’elles le peuvent mais elles ont aussi leurs limites malheureusement. Alors que je finis de concentrer mes pouvoirs dans le pendentif, je pousse un petit gémissement plaintif … puis de plaisir ?
Je ressens une douce chaleur qui m’envahit à cet instant. C’est si bon et si plaisant. Je me sens rassuré et protégé, comme auparavant. Je regarde l’arme qui apparaît dans mes mains. C’est une belle lame. Une épée comme j’en avais auparavant. C’est le pendentif qui m’a donné cette arme, c’est ce que je dois noter.

Mais je crois que je viens d’attirer l’attention de Rékiazy. Pour la première fois, elle paraît réellement surprise avant de traverser les trois cousines, des déchirures se faisant voir à leurs ailes ainsi que de nombreuses entailles. Elles s’écroulent au sol, comme si depuis le départ, la femme-Rayquaza n’avait jamais cherché à se battre sérieusement.

« Oh ? Est-ce que tu es enfin prêt à te battre maintenant, Nev ? »

« Je ne sais pas ce qui est arrivé à mon pendentif depuis qu’elle l’a touché mais il y a unique chose dont je suis sûr, c’est que j’ai le moyen de te stopper ! »

« Voyons voir cela tout de suite. » me souffle t-elle avant de me donner un coup de queue dans le ventre, me projetant en arrière. Le coup est rude et je me retrouve à rouler sur le sol sur plusieurs mètres avant de m’arrêter en plantant l’épée dans le sol. Même si je n’ai qu’une infime chance, je dois me raccrocher à ça ! Mais Rékiazy … pourquoi est-ce que cette femme-pokémon est-elle prête à suivre Harsia ? Pourquoi ? Alors qu’elle a cette force !

Chapitre 17 : Proche du divin

ShiroiRyu
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Chapitre 17 : Proche du divin

« Cessons tout cela. »

La voix féminine est à côté des deux femmes-pokémon. Un simple geste et la lueur qui émane des Graudan et Kyourge disparaît comme si elle n’avait jamais existé. La femme aux cheveux verts est entre elles alors que les femmes-pokémon la regardent.

« Mais mais mais … snif ! On va mourir de toute façon ! Laisses-nous faire ça ! » s’exclame Kyourge avec tristesse alors que l’idée de les voir exploser ne m’enchante guère.

« Nous n’avons plus rien à perdre de toute façon ! Autant emporter nos adversaires avec nous ! C’est ça ou mourir des mains d’Harsia ! Nous ne voulons pas ça ! »

« Restez en arrière et vous survivrez. C’est à mon tour de me battre. »

J’en étais sûr ! Elle va vraiment se battre ! Kyourge et Graudan s’exécutent, faisant quelques pas en arrière pour la second, la première flottant en retrait. Rékiazy va donc vraiment se battre ! J’en étais sûr ! Les pensées se bousculent dans ma tête tandis que je fronce les sourcils. Je dois me dépêcher, c’est mieux. Si je la stoppe maintenant, je …

« On doit te considérer un peu comme la grande engeance avant le combat final ? » demande Giréléna avec ironie alors que je vois qu’elle est exténuée, comme tout le monde.

« Tu peux considérer une telle chose, oui, c’est vrai, Giréléna. Je tiens alors à me présenter. Je suis Rékiazy, je suis celle qui règne sur le ciel. Comme vous l’aurez remarqué, Kyourge et Graudan manipulent actuellement l’eau et la terre. Mon domaine est les cieux. »

« Et tu es quoi par rapport à la déesse Harsia ? »

C’est maintenant Dénialka qui prend la parole, cherchant à connaître notre futur adversaire, enfin, mon futur adversaire puisqu’il est hors de question que je laisse les autres se battre. Elle émet un petit sourire avant de dire :

« Considérez donc moi comme son bras droit. Je suis la personne la plus proche de la déesse … mais aussi à l’époque, j’étais celle aux côtés du Créateur, comme elle. »

« Le Créateur. Ça m’a l’air d’être un bel enfoiré. »

Je dis cela avec nonchalance car je le pense sincèrement. Vraiment, ce type, je n’en entends pas du tout du bien, qu’importe l’endroit où je vais. Mais un tel titre, cela veut dire quand même qu’il doit être spécial non ? Alors pourquoi ?

« Disons que nul n’est pas parfait. Ni moi, ni la déesse Harsia, ni le Créateur. Nous avons tous et toutes des choses qui nous affaiblissent, qui nous font peur. »

« Ca ne paraît pas très crédible quand on voit les différents adversaires. »

Je pense que je ne pourrais pas cacher très longtemps ce que je comptai garder pour la déesse Harsia. C’est dommage mais cette femme-pokémon ne me laissera pas d’autres choix.

« Oh ? Tant que ça ? Pourtant, je n’exagère guère. »

« Qu’import si vous exagérez ou non, la seule chose que je dois retenir, c’est que vous allez être mon adversaire. Quelle sorte de femme-pokémon est-ce que vous êtes ? »

« Une femme-pokémon unique. Enfin, disons que je n’ai jamais eut l’intérêt de former une famille avec un humain. Un peu comme la majorité des femmes-pokémon à la puissance démesurée et unique. Disons plutôt que le cas des femmes Dialga, Palkia et Giratina sont à part. Il y en a d’autres aussi mais qui ont le mérite de … »

« J’ai posé une question très simple pourtant. Quelle est votre espèce ? »

« Je suis une femme-Rayquaza et comme tu as put le deviner, je suis une femme-dragonne. Une petite démonstration s’impose, j’imagine ? »

Sa robe se soulève légèrement en arrière avant que je n’ai le temps de voir une longue queue verte avec quelques symboles jaunes. Sa queue est longue, très longue et je me dis qu’elle ressemble beaucoup à Giréléna sur ce point.

« Voyons voir alors ce que j’ai prévu de faire ? Oh. Je ne veux qu’un seul adversaire : Nev. De toute façon, je pense que nous comprenons tous et toutes qu’il me suffirait d’un mouvement de la main pour tous vous balayer, n’est-ce pas ? Cela serait grandement dommage de mourir pour une raison aussi futile que la prétention de penser pouvoir me battre. Nev, je te laisse cinq minutes pour te reposer et discuter avec tes compagnons. Ensuite … nous combattrons. »

Elle est bien trop aimable. Bon, au moins, cinq minutes, ça me permet de voir l’étendue des dégâts et là, je ne pense pas au décor ravagé mais plus aux personnes. Des blessés et très graves, d’autres sont essoufflés, d’autres assommés, certains sont morts, c’est un début de carnage qui avait commencé.

« Giréléna ? Tes blessures ? Elles … sont comment ? »

« Je pense que je m’en remettrais mais toi, c’est bon ? Tu as repris ton souffle ? Vu ce qui t’attends, autant te prévenir quoi. Tu penses y arriver ? »

« Pas le moins du monde si je peux me permettre de te le dire. » murmure-je dans un sourire alors qu’elle pousse un profond soupir. Elle devait s’attendre à une telle réponse de ma part.

« Pourquoi cela ne m’étonne guère ? »

« Car je suis ainsi et que c’est pour ça que tu m’aimes. » réponds-je avec une petite insolence alors qu’elle fronce les sourcils. Sa queue vient entourer ma taille pour m’emmener jusqu’à elle. Elle me chuchote doucement, d’une voix envoûtante :

« Ne profite pas trop de mes sentiments pour croire que je vais les exprimer à vive voix à chaque fois que tu es dans les parages, compris ? »

« Le message est très bien passé, belle Giréléna. » continue-je de dire avec le même ton alors qu’elle doit se demander ce qui se passe avec moi.

« Hum, tu n’es pas en train de me faire tes adieux, toi ? »

Oups. Elle a trouvé ça du premier coup ? Ohlala, quand même, je sais bien que je vais épouser une femme-pokémon remarquable mais de là à lire en moi comme dans un livre ouvert, j’avoue que ça me fait mal, très mal. Je ne peux même pas détourner la tête puisque dans le fond, je sais qu’elle a entièrement raison. Bon, bon, bon …

« Il vaut mieux que tu me répondes, Nev. Ça serait bête que ces adieux soient avancés. »

« Disons que je ne suis pas rassuré au point de penser que je vais vivre. »

« Et ça ne te tente pas de survivre donc ? Pour que je puisse t’avoir à mes côtés pendant que j’élève Gilitée ? Je sais pas, moi, ça me viendrait pas à l’esprit d’abandonner maintenant. »

« C’est pas une question d’abandonner ou non. C’est plutôt une question de bon sens et de voir si j’ai mes chances ou non. Et pour le moment, je dirai que non. »

Elle recommence à soupirer. Visiblement, je l’exaspère comme il faut alors que ce n’est pas du tout mon intention. Je tente de la rassurer en lui caressant le dos. Je n’ai que cinq minutes et je ne peux même pas voir comment les autres. Je crois que je suis surtout concentré sur la femme qui est dans mes bras avant que je ne chuchote :

« Je compte revenir … mais peut-être pas en un morceau. Tu continueras de m’apprécier même si je perd un bras, un œil ou autre ? »

« Pas vraiment non. Je te dis ça comme ça, je suis sûre que tu comprendras qu’il faut que tu reviennes entier. Maintenant, si tu es prêt, vas-y, elle t’attends. »

Pfiou ! Comment me redonner pleinement confiance : si je n’écrase pas cette femme-Rayquaza, Giréléna ne voudra plus de moi ! C’est beau. Comme quoi, il suffit de peu pour réussir à me convaincre de donner mon maximum. Elle enroule sa queue autour de tout mon corps, me plongeant dans le noir.

« Un petit cadeau pour te motiver à l’exterminer. »

J’entends le bruit d’un froissement de tissu et des lèvres se posent sur les miennes. Il n’y a pas qu’elles, il y a aussi un corps nu, à la poitrine généreuse et délicieuse, qui est au contact de mon torse. Je maudis le fait de devoir me battre maintenant et aussi de porter du tissu sur le moment. Un autre froissement de tissu et voilà que la queue me libère définitivement.

« Maintenant, tu peux y aller, Nev. Tu as reçu ma « bénédiction ». »

« Rappelles-moi de te la demander le plus souvent possible. »

Je tente de rire alors que je suis rouge aux joues et assez confus. Je me rapproche finalement de l’endroit où Rékiazy m’attends, assise sur un rocher. Toujours ce sourire sur son visage malgré la situation, j’ai l’impression qu’elle ne prend pas au sérieux le combat qui nous attends, entre elle et moi. Il vaut mieux qu’elle fasse attention car elle ne sait pas à quoi s’attendre réellement si je décide de m’y mettre.

« Te voilà enfin. Est-ce que je peux considérer que tu es fin prêt ? »

« Tu le peux. Mais je peux te signaler que ce que je comptais utiliser pour Harsia, il y a de fortes chances que je l’utilie pour toi. Il vaut mieux jouer la sécurité. »

« Oh ? Bonne réaction de ta part. Certain préfèrent garder leurs atouts pour ce qui les attends mais ils ne se posent pas une simple question : et s’ils n’arrivent pas à atteindre leur objectif ? Car ils n’ont pas utilisé leur point fort pour y arriver ? »

« Je ne veux pas jouer au philosophe maintenant. Tu as dit que nous devions nous battre alors faisons-le maintenant. Ne perdons pas de temps. »

Je ne vais pas utiliser tout de suite le pendentif. Je vais d’abord évaluer la puissance de mon adversaire. C’est la meilleure chose à faire dans une telle situation. Elle se relève mais je suis déjà à sa portée, une griffe de métal à la place de la main droite.

« Pardon mais ici, je n’ai pas le temps de jouer sur la noblesse et la chevalerie. »

« Je n’ait guère dit quelque chose. Il est dommage tout simplement que ça soit inutile. »

Ma griffe tente de l’atteindre mais j’éclate le rocher sur lequel elle était assis. Je me retourne pour me retrouver face à face. Sa vitesse ! J’en étais sûr déjà au départ mais sa vitesse est vraiment prodigieuse ! C’est la première fois que je vois une entité se déplacer aussi rapidement. Ma main griffue de métal s’ouvre, projetant des petits pics de terre.

« Dis moi ? Suivant les apparences, comment est-ce que tu m’envisages ? Forte ? Capable de résister au plus fort des coups ? »

« Ni l’un, ni l’autre. Je ne me suis pas posé la question. »

Mes pics l’ont touché sans même l’érafler. Il fallait que je m’en doute. C’est une adversaire redoutable et je ne peux pas alors rester là, sans rien faire. Il faut que je … AH ! OUI ! Sa faiblesse ! Si c’est une femme-dragonne, je connais alors sa faiblesse !

« Dommage pour vous, j’ai l’avantage. »

« Oh ? Tiens donc. L’avantage ? Est-ce bien vrai? A quoi vais-je alors m’attendre ? »

Elle se moque de moi mais de nombreux pieux de glace se forment sur tout mon corps avant d’exploser telle une bombe. Ça ressemble un peu à un porc-épic de glace mais au moins, je suis sûr de réussir à atteindre mon objectif.

« Impressionnant. Il est vrai que je suis encore plus fragile que les fragiles que les autres femmes-dragonnes en ce qui concerne les pouvoirs de la glace. Néanmoins, je compense cela par une puissance dévastatrice. Démonstration ? »

Je n’ai pas besoin qu’elle fasse ça pour le comprendre. Je tente un mouvement mais elle frappe le sol avec lenteur, comme si elle voulait caresser ce dernier. Un cratère se forme tout autour d’elle, devant bien faire cinq mètres de diamètre. Vantarde.

« Et bien entendu, je ne suis guère en colère. »

« Tant mieux pour vous. Si cela vous enchante, je suis content pour vous. »

J’évite de montrer l’ironie dans ma voix avant de continuer à me concentrer sur elle. Je n’ai pas réussi à l’atteindre. Du moins, si … mais sans que ça soit efficace. C’est bien dommage alors bon, je ne vais pas tergiverser plus longtemps à ce sujet.

« Tu sembles vraiment de mauvais poil contre moi. Qu’est-ce qui me rend si différente des autres femmes-pokémon ? J’ai put écouter tes diverses paroles à l’encontre de ces dernières. Tu ne leur parlais pas de la sorte, n’est-ce pas ? »

« Car elles se battaient contre leur gré. Cela ne les intéressait pas de se battre pour l’idéal de la déesse Harsia. Vous par contre, vous semblez parfaitement consciente de ce que vous faites. »

« Cela me désole que tu me juges à la couverture que je te présente. Qui es-tu donc pour savoir ce que je suis réellement ? »

« Je ne me fies qu’aux apparences pour le moment. A vous de me montrer alors qu’elles sont trompeuses en ce qui vous concerne. Vous avez la possibilité de tout changer. »

Je crois que je l’amuse. Elle a un petit rire cristallin alors que je remarque que pour le moment, elle n’a pas encore montré sa véritable apparence. Du moins, je vois sa queue mais peut-être qu’elle cache quelque chose d’autre ? Je ne sais pas du tout.

« Oh ? Que regardes-tu donc ? Je te rappelle que tu es un homme marié, Nev. »

« Je ne faisais que voir si vous cachiez autre chose. Je n’ai pas confiance. »

Elle ne me répond pas cette fois. Je crois qu’elle cherche à voir une faille dans ma défense. Je sais qu’avec sa vitesse, elle n’aurait aucun mal … mais justement, j’ai prévu un petit quelque chose si elle décide de m’attaquer avec un coup bien physique. Une défense bien déplaisante pour la personne qui tente de s’en prendre à moi.


Une aura se forme autour d’elle avant qu’elle ne se déplace avec vivacité. MAINTENANT ! Mon corps se recouvre d’épines de glace alors qu’elle s’immobilise à quelques centimètres de celles-ci. J’ai juste à les projeter et …

« N’oublies pas une chose. Mon domaine est les cieux. »

Hein ? Mais elle se bat sur terre alors pourquoi elle me dit cela ? Mes épines de glace quittent mon corps mais elle a totalement disparu de mon champ de vision. Un regard tout autour de moi mais je ne la trouve pas. Elle est où ?!

« NEV ! AU-DESSUS DE TOI ! FAIS GAFFE ! »

Le cri de Giréléna me ramène à la réalité alors que je lève les yeux vers le ciel. De la foudre dans la main droite de Rékiazy. Une sphère de foudre qui doit au moins faire sa taille. C’est avec ça qu’elle veut me frapper ?! Si je me fais toucher, je suis mort !