Chapitre 2 : Utiliser son corps

ShiroiRyu
Les derniers articles par ShiroiRyu (tout voir)

Chapitre 2 : Utiliser son corps

« Est-ce que je suis assez propre pour toi ou non ? » questionné-je la jeune femme.

« Hum … C’est passable, messire Ric Aula. » me dit-elle avant de rire un petit peu. C’est vrai que la douche m’avait fait du bien mais bon … Généralement, lorsque l’on est avec une prostituée, c’est souvent pour l’utiliser … sauf dans un contexte bien précis.

Je m’installe à côté d’elle, Hélène étant déjà assise sur le lit. C’est vrai qu’elle était attirante … enfin … Car je me l’imaginais sans tout ce maquillage qui était tout simplement horrible. Mais voilà, je ne veux pas trop lui en parler, de peur de la perturber.

« Euh … Sinon, quoi de neuf, Hélène ? »

Je me sens plus qu’un peu stupide à poser une telle question. Mais bon, elle continue de me sourire, savant pertinemment que j’étais venu pour une bonne raison. Elle me souffle tendrement dans le creux de l’oreille, me faisant trembler :

« Je n’ai pas encore ta réponse, Ric mais saches que je pense l’obtenir dans les jours qui suivent. Du moins, peut-être même cette nuit. Il semblerait que je sois de la partie. »

« Ça ne me plaît pas du tout de te laisser faire ça toute seule. Tu le sais parfaitement, Hélène. Et je prenais des nouvelles … pour savoir si tu allais bien … »

Elle paraît surprise par mes propos. Pourtant, elle sait pertinemment que je ne suis pas là simplement pour l’utiliser comme indicatrice. Pourtant, des fois, j’ai l’impression que le courant passe très difficilement entre nous deux.

« Ben, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je vais plutôt bien. Enfin, comme tous les jours pour une femme comme moi, c’est tout ! Y a rien de bien spécial, non plus hein ? »

« Oui mais bon … Ce n’est pas de ça dont je parlais. Y a rien eut de mauvais aujourd’hui ? »

Elle sait de quoi je veux parler. En tant que … péripatéticienne, elle est souvent confrontée à des personnes de toutes les sortes, même les pires. Mais même quand c’est ainsi, elle reste tout simplement muette et ça m’exaspère ! Ça m’exaspère plus que tout !

« Pas de plus mauvais que les autres jours, Ric. Tu arrêtes de me couver ? »

« Je ne te couve pas, je me renseigne tout simplement sur ton état, rien de plus. »
« Ouais, c’est ce que je disais, tu me couves. Je n’ai pas l’air d’être une gamine si t’as pas remarqué encore hein ? Peut-être que tu pourrais profiter un peu de ce que je suis si t’arrêtais de me coller autant. C’est aussi simple que ça. »

« C’est vrai ce que tu me proposes ? Fais attention car je risquerai de te prendre au mot et tu le sais parfaitement, Hélène. » terminé-je de dire alors qu’elle continuait de me sourire. Elle savait aussi bien que moi que ça ne servait à rien. Je n’aurais jamais son corps … et cela pour une raison qui m’est obscure. Une raison qui m’énerve au plus haut point d’ailleurs … mais je préfère ne rien dire et juste la regarder. Ça me suffit amplement.

Nous nous regardons pendant de longues secondes sans que l’un ou l’autre ne prenne la parole. Il vaut mieux … ne rien dire du tout et laisser la magie … Ah mais à quoi est-ce que je pense ? Elle me repousse faiblement avant de se relever :

« Dès que j’ai du nouveau concernant cette bande de connards, je te contacte. »

« Fais attention à toi … C’est tout ce que je te demande. »

Elle me rigole au nez mais elle sait que je suis plus que sérieux à ce sujet. Pourtant, la jeune femme se relève, me disant qu’il vaut mieux que je parte dès maintenant avant que d’autres prostituées ne la soupçonnent. Je cherche à l’embrasser sur les joues mais elle me refuse même cela. J’ai l’air pathétique … vraiment pathétique.

« Aller, bonne route, tu connais le chemin, je crois non ? »

« Oui, oui … Tu as mon numéro, Hélène, non ? » demandé-je, espérant lui faire un peu plus de conversation que ça au cas où. Elle me répond calmement :

« Bien sûr que oui, espèce d’idiot. C’est juste mon portable qui change à chaque fois que je t’appelle, pas envie de me faire gauler par ces imbéciles. »

« … … … Si tel est le cas, essaye de me prévenir au cas où. Merci. »

« Ouais, bien entendu … Si j’ai une embrouille, autant que j’en emmène d’autre avec moi. T’as vraiment des idées connes des fois, Ric … Mais merci. »

Merci ? Je veux lui répondre mais elle a refermé la porte de l’appartement entre elle et moi. Voilà … C’est ainsi que ça se passe la majorité du temps. Je me sens … seul … des fois. Je mets les mains dans les poches avant de quitter l’immeuble, saluant brièvement une prostituée qui monte avec un client. Muni de mon imperméable et de mon chapeau, je ne suis pas reconnaissable et heureusement, je ne veux pas qu’elle ait plus d’ennuis.

Je vais rentrer à la maison, ça sera mieux. Du moins, la maison … Le misérable appartement qui me sert de logement. Il faut dire que jouer les détectives, ce n’est pas ça qui rapporte le plus. Heureusement, je ne suis pas alcoolique ou fumeur, loin de là même. Bon … Il faut que je rentre … mais je ne suis pas motivé.

« Je suis sûr qu’elle en a profité … pour être dans mon lit. Je sais aussi ce que ça veut dire … Pfff … Ces bracelets roses sont vraiment inutiles des fois. »

Je me parle tout seul pour avoir une conversation même si je sais que c’est particulièrement stupide et risible. Ah … Bon ! Assez perdu de temps ! J’accélère le mouvement, me rendant dans mon modeste appartement avant de tourner la clé tout doucement. Je pénètre chez moi, regardant autour de moi.

C’est ça que je déteste chez Lania : En dépit de tout ce que je dis, elle fait tout pour que mon existence soit la meilleure. Le ménage, le repassage, cette idiote de Gardevoir est bien trop intelligente. Et moi ? Et bien, je la laisse dormir sur le canapé bien que j’ai un lit à deux places. Sauf qu’aujourd’hui, le canapé est vide.

Je vais d’abord dans la salle de bains … ou plutôt la salle de douche et des toilettes avec un lavabo pour se laver le matin. Rien que ça … Je m’observe dans la glace, poussant un soupir. J’ai vraiment une sale tête : l’anxiété de laisser Hélène tout seul me met dans un sale état. Bon … De toute façon, je suis vraiment trop fatigué. Je retire mon pantalon et mon haut, restant simplement en T-shirt et caleçon.
Je m’insinue dans mon lit, mettant une main devant la bouche pour étouffer un bâillement. J’ai plus que sommeil avec toutes ces bêtises et j’ai vraiment envie de dormir. Je ferme les yeux, prêt à aller chercher le sommeil avant de sentir de petits mouvements de l’autre côté du lit. Puis rapidement, comme si la créature s’était déplacée à la vitesse de l’éclair, une poitrine généreuse se colle contre mon torse.

« Tu as mis beaucoup de temps à revenir, Ric. »

« Et toi, puisque tu ne dors pas, tu peux visiblement quitter mon lit. Tu aurais pu dormir tranquillement si tu avais été de me sauter dessus. »

Je la repousse assez sèchement alors qu’elle ne peut pas lutter contre ma force. Il faut dire que même fatigué, je suis assez costaud pour repousser une créature sans ses pouvoirs psychiques. Je tourne mon visage vers elle, ses yeux dorés me regardant avec envie.

« Pourquoi est-ce que tu as voir une humaine qui vend son corps à autrui ? Et non à toi ? Pourquoi est-ce que tu ne veux pas de mon corps ? Moi, je ne serai qu’à toi … Jusqu’à la fin … Et rien d’autre. »

« Assez … Je te laisse une chance de dormir encore avec moi dans le lit pour ce soir. Tu vas de l’autre côté, tu n’ouvres plus la bouche et tu dors. Je suis trop fatigué pour chercher à parler avec toi et je n’ai vraiment pas envie de me battre. »

« Si tu me donnais les clés des bracelets … Tu serais le plus heureux des hommes, je ferai tout pour que ça soit le cas, Ric. Je peux te le promettre. » me souffle-t-elle dans le creux de l’oreille. Je la repousse une nouvelle fois mais avec plus de force, l’entendant crier.

« Assez ! Vipère ! Ne me force pas à te frapper, c’est compris ? Dégage de ma chambre ! »

« Je pensais que … Tu voulais un peu de chaleur … »

« Oui mais d’une humaine, pas d’une expérience ratée génétiquement, un mélange de femme et de pokémon ! Maintenant, tu me laisses tranquille ! »

Malgré mes dires, elle ne quitte pas la chambre. Elle s’installe juste à l’autre bout du lit, comme je lui avait conseillé quelques instants auparavant. Je suis prêt à lui dire de définitivement partir mais je me retiens.
Je me dis que ce n’est pas de sa faute … Elle est gentillet et agréable comme créature … Comme cette Lockpin qui n’avait rien compris de sa nouvelle condition … Mais non, cette Gardevoir était plus intelligente qu’une simple Lockpin. Mais à cause de ces expériences sur son corps, voilà le résultat … Voilà ce qu’elle était devenue. Je m’endors avec ces idées noires alors que je ne remarque pas que Lania se rapproche plus discrètement qu’avant.

Le lendemain, réveil en sursaut alors que j’entends quelques ronronnements de plaisir contre moi. Je vois la moitié du corps de Lania avachi sur mon torse. Elle a le sourire aux lèvres. Purée … J’ai l’impression d’avoir une pokémon avec moi. Enfin, l’un des chiens … comme un Caninos ou un Ponchien.
Dommage que cette créature juchée sur mon corps ne ressemble en rien à l’un d’entre eux. Je la repousse mais beaucoup plus doucement qu’hier soir. Je ne vais quand même pas faire preuve de violence envers la Gardevoir non ? Je me montre plutôt doux et prévenant avant de la mettre au milieu du lit.
C’est vrai que la chaleur de son corps est quand même bien … agréable mais non, c’est une pokémon. Je me relève, fronçant les sourcils alors que j’ai du mal à me lever. Je ferai mieux d’aller directement dans la salle de bain. L’eau de la douche s’écoule sur mon corps après que j’ai retiré mes habits pendant que j’entends la voix de Lania de l’autre côté de la porte :

« Maître Ric Aula, je suis prête à partir quand vous le désirez. »

« Pas le moins du monde. Tu vas te laver avant. » m’écrié-je avant de quitter la douche, mettant une serviette autour de la taille. J’ouvre la porte, la Gardevoir rougissant à ma vue. Ah mais quel idiot … Je n’arrange vraiment pas la situation. « Sous la douche, dès maintenant, Lania. »

Je me montre froid et autoritaire pour qu’elle comprenne que je ne rigole pas avec cela. Elle hoche la tête avant de s’engouffrer sous la douche à son tour. Je la vois retirer sa robe blanche et tout ce qui compose sa tenue. Etant à moitié-humaine, ça ne m’étonne pas mais je suis déjà prêt à sortir de la douche.

« Maître Ric Aula, où avez-vous mis le shampooing ? »

« Normalement, il doit être à côté du verre qui a nos deux brosses à … »

Je m’arrête dans mes propos, marmonnant quelques paroles insultantes alors que je vois le sourire de Lania. Elle a sorti la tête de l’autre côté du rideau … mais aussi le haut de son corps. Elle sait que j’ai pu voir … ce que je n’avais pas à voir.

Je prends mon portable, remarquant que j’ai reçu un appel en absence d’un numéro que je ne connais pas. Je l’emmène à mon oreille, appuyant auparavant sur plusieurs boutons pour pouvoir écouter ce fameux message.

« Triafa … Blurps ! »

Un message bref … mais dont je reconnais la voix : Hélène ! Autant le premier mot me permet d’apprendre ce que je recherchai depuis des mois autant le second … J’ai l’impression qu’elle a souffert … comme si elle était en train de vomir. Qu’est-ce que ces enfoirés lui ont fait ? Qu’est-ce qu’elle a dû faire pour obtenir cette information ?

« Voilà, je suis toute propre, maître Ric ! » dit en rigolant la Gardevoir qui sort de la douche, propre comme un sou neuf. Pourtant, elle perd son sourire en voyant l’air énervé qui est peint sur mon visage. Je peux obtenir ce que je désire mais à quel prix ?!

Laisser un commentaire