Chapitre 18 : Vengeance

ShiroiRyu
Les derniers articles par ShiroiRyu (tout voir)

Chapitre 18 : Vengeance

« Ric ? Est-ce bien toi ? »

Je produisis un son horrible à entendre alors que j’ouvrais ce qui me servait de bouche. J’ai honte … J’ai tellement honte. Surtout que je n’ai pas pu aller jusqu’au président, ce fut l’inverse. Le président de la Fronse est là … en train de me regarder.

« On dirait … C’est vraiment plus horrible que ce que je pensais. Belzak a été trop loin … Beaucoup trop loin cette fois. J’ai déjà prévenu les scientifiques de l’ancienne Triafa, Ric. Il va falloir faire toute une série de tests mais on va te tirer de là. »

Je pousse un nouveau cri sans réussir à m’exprimer correctement. Je ne peux pas … le remercier. Je ne peux pas les remercier pour ce qu’ils font pour moi. Je ne peux pas et ça m’énerve, ça m’enrage ! Je … Je me sens apaisé, Lania venant me caresser tendrement le dos malgré les cratères dedans … Mon dos de Smogogo.

« Doucement, Ric … Doucement. Si ça ne dérange personne, j’aimerai rester auprès de lui lorsqu’il subira ces tests. Je ne veux surtout pas qu’il se sente abandonné. » déclare Lania.

« Aucun problème Lania, tu parlais autant de Ric que d’Emairon quand tu étais parmi les scientifiques. Ça me parait normal. »

Ca parait normal que je doive subir de telles choses ? On n’a pas la même conception de la normalité ! Pas du tout même ! Mais Céra vient à son tour auprès de moi, s’écriant :

« Je veux aussi rester auprès de Ric si c’est possible ! »

« Bien entendu, bien entendu, vous le pouvez toutes. Alphonse, par contre, il va falloir que tu t’occupes de ton père. Après tout cela, il a bien mérité de se reposer. J’ai appris qu’il va très bien mais avec ce qui s’est passé … »

« Est-ce que vous étiez au courant à son sujet ? »

« Depuis le début, c’est le cas. Mais bien entendu, je devais garder cela sous le sceau du secret par mesure de précaution. Désolé de vous avoir caché la vérité … mais si je vous avais dit cela, cela aurait paru moins sincère et véritable. »

Oui mais bon … Cacher autant la vérité, c’était quand même un acte cruel. Je me sens encore mal rien qu’à l’idée d’y penser. Vraiment très mal même … Je … Pfiou … Je n’ai rien à dire. Rien à faire, c’est mieux … Je préfère ne rien dire et faire. Toute façon, je ne suis plus vraiment en état de pouvoir réagir de la sorte, je suis …

« Bon ! Je crois vraiment qu’une cure de Gardevoir va s’imposer. Ric n’arrête pas d’avoir que de mauvaises pensées. » s’écrit subitement Lania.
Qu’elle arrête de lire dans mes pensées ! C’est vraiment … irritant. Si je veux être triste et maussade, ce n’est qu’à moi de le décider et à personne d’autre. Voilà tout ! Je ne veux rien savoir d’autre ! Et pourquoi est-ce qu’Emairon ne s’occupe pas d’elle ? Il n’est pas jaloux qu’elle traîne autour de moi ? Elle … Elle l’aime non ? Enfin, il l’aime aussi non ?

« Tu es le premier dans mon cœur. Emairon sait parfaitement qu’il est le second mais ça ne veut pas dire que je l’aime moins. Je l’aime différemment. »

Les notions d’amour chez les pokémons me font toujours une sacrée surprise. Je ne sais pas comment je suis censé réagir quand j’écoute Lania … Pas du tout même. Enfin … De toute façon, il vaut mieux que je …

« Par contre, Casior, vous savez où se trouvent Belzak ? Ou alors, où est-ce qu’il compte se rendre ? J’ai un petit compte à régler avec lui. »

« Pour l’heure, je n’en sais rien mais je pense qu’Emairon ou Loïc sont au courant non ? » dit calmement le président de la Fronse, Emairon hochant la tête négativement.

« Je n’en sais rien mais il y a des chances que Loîc soit au courant. Malgré le fait que Belzak savait au sujet de sa future trahison. »
« Alors, il faudra le questionner quand vous le pouvez. »

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? J’aimerai bouger mais il faut que l’on m’emmène faire des tests. Tous ces horribles tests. Rien qu’à l’idée de subir de nombreuses expériences, j’en ai la nausée. Pourquoi est-ce que j’ai encore ma conscience ? Je préférai être encore une bête plutôt que d’être un monstre capable de raisonnement humain.

… … … Mes yeux se posent sur Lania. Elle ne me parle plus par télépathie mais elle a lu surement dans mes pensées en vue de son regard attristé. Qu’elle ne me regarde pas comme ça, qu’elle ne me regarde pas … Je ne veux pas … Je suis juste horrible.

« Dyamia, Séphyria, Calsidya et Tritani, j’espère que vous allez quand même m’accompagner pour voir Ric tous les jours ? »

« Bien … Bien entendu ! Ca me semble normal non ? » s’écrit Séphyria. « Je ne vais pas l’abandonner maintenant alors qu’il a besoin de moi ! C’est juste que … J’aie un peu peur de son corps. Je suis désolée, Ric. Je ne peux pas te mentir à ce sujet. »

Je comprends … facilement. Je comprends parfaitement. Je voudrai bien la toucher de mes tentacules ou de mon canon … mais je ne peux pas. J’ai aussi très peur … J’ai peur de la blesser, de lui faire du mal. J’ai tellement peur de ce que je suis devenu.

Tritani aussi est effrayée … Il faut dire que pour les dragonnes, c’est normal … Elles sont parfaites, vraiment parfaites. Alors toucher un corps aussi laid que le mien, pourquoi est-ce qu’elles le feraient, n’est-ce pas ?
« Bon … Visiblement, il n’y a pas d’autres solutions. »

Lania a pris la parole et je la vois fermer les yeux. Qu’est-ce qu’elle va faire ? Elle … Elle rouvre ses yeux, ses pupilles étant devenues roses. Aussitôt, les différentes femmes sont projetées vers moi, venant me percuter en douceur malgré l’envoi. J’entends leurs petits cris d’effroi … puis plus rien. Elles sont là … toutes autour de moi. Même si je ne veux pas, mes tentacules sont en train de les toucher. Je touche leurs joues.

« Bible … Bible … Bible. »

Je répète la syllabe alors que je voudrai dire que je suis horrible. Je suis monstrueux … Vraiment monstrueux. Je passe mes tentacules autour de leurs corps avant de les repousser faiblement. Elles n’ont pas bougé, comme paralysé par ce qui s’était passé. Je crois que je ferai mieux de partir au loin.
J’utilise mes tentacules pour me permettre de me déplacer. Il faut que je m’éloigne … Il faut que je parte. Les voir aussi … effrayées, ça me fait plus mal que tout. Je veux … juste que l’on … m’aime malgré ce que je suis mais je le mérite amplement. Je n’ai pas pu aimer Lania à cause de son corps. Alors … Qui suis-je pour faire la leçon ? Je baisse la tête avant de me diriger vers la sortie.

« Qu’est-ce que tu fais, Ric ? » demande Casior.

Je ne réponds pas, tournant juste mon visage vers lui. Je tente de sourire mais je ne crois pas que j’en suis capable. Lania tente de faire un mouvement, ses yeux grands ouverts alors qu’elle chercher à se téléporter mais c’est déjà trop tard. Mon dos s’active, un épais brouillard noir venant envahir complètement la pièce alors que j’en sors. Mais tout autour de moi, la fumée permet de me déplacer sans que l’on ne me remarque … Je suis juste un brouillard … un monstre caché dans le brouillard alors que je me déplace au loin. Je vais juste trouver où est Belzak … par moi-même. Elles n’ont plus besoin de s’occuper de ça. Elles n’en ont plus besoin. C’est fini … Je veux juste terminer cette histoire … tout seul.

Une réflexion sur « Chapitre 18 : Vengeance »

Laisser un commentaire