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Chapitre 15 : Relation fusionnelle

Chapitre 15 : Relation fusionnelle

« Vous serez donc toutes les trois nos adversaires ? »

« Non, elle reste en retrait. » vient dire Graudan en désignant la femme-pokémon à la chevelure verte qui fit quelques pas en arrière. C’est aussi simple que ça ? « Mais oui, tu auras affaire à nous deux, et cela sans aucune restriction de puissance. »

« Vraiment ? Vous pensez que ça sera suffisant ? C’est vrai que nous ne sommes plus beaucoup mais ce n’est pas une raison pour croire que nous n’arriverons pas à vous battre, vous le savez ? Je tiens à vous mettre en garde si vous ne faites pas attention. »

« Ce n’est pas bien grave, de toute façon. » chuchote Kyourge faiblement.

« Qu’est-ce qui se passe exactement, toutes les deux ? »

« Cela ne concerne pas quelqu’un d’extérieur à nos problèmes. Ne te mêle pas de ça. On va se battre et c’est tout ce qui compte, non ? Tu ne crois pas ? »

« Je ne crois que ce que je vois, ce que je veux et ce que j’entends. Si ça ne me plaît pas, je n’y crois pas. Et ce que je vois, entends et ce que je veux, c’est comprendre ce qui se passe avec vous deux. Qu’est-ce que la déesse Harsia a promis à vous deux ? Puisque c’était le cas pour les femmes-oiseaux et les femmes-chiennes. »

« Promettre de nous laisser en vie, quelle ironie. On va mourir au combat ou mourir par elle, qu’importe l’issue de ce qui nous attends. On n’est pas dupes. »

« Et vous ne voulez pas vous enfuir ? Je vous retiendrais pas de toute façon. »

« AH ! De la pitié de la part de notre adversaire ! Nous sommes tombées bien bas mais nous en sommes pas réduites à ça ! NON ET NON ! »

Je ne pensais pas à mal mais visiblement, elles ne le comprennent pas. Je tente de faire un mouvement mais le sol se met à trembler. Les deux femmes-pokémon ont frappé sur ce dernier. Ce paysage si merveilleux risque d’être terni à jamais.

« Vous ne voulez pas vous battre ailleurs ? Ça serait dommage de gâcher cet endroit. »

« Qu’importe, cet endroit n’a rien du paradis auxquels les humains veulent croire. Maintenant, on s’en fiche et viens te battre ! »

« Je n’en ait pas envie. Je ne vois pas pourquoi je le ferais pour vous ? Surtout que vous semblez vraiment désespérées, ça ne me motive pas. »

« ASSEZ ! ASSEZ ! GRAUDAN ! ON Y VA MAINTENANT ! »

C’est vraiment le cri du désespoir, de la dernière chance. Je me sens vraiment mal pour elles. Elles poussent des hurlements avant de courir vers moi pour Graudan et de flotter en ma direction pour Kyourge. Elles sont prêtes à tout pour réussir à me battre. Mais je n’en ait pas envie. Je n’en vois pas le besoin, je ne trouve pas ça nécessaire ou presque.

« Hey, hey, hey ! Elles ne nous auraient pas oublié par hasard ? »

Giréléna et ses deux cousines percutent Graudan et Kyourge, les repoussant en arrière comme si de rien n’était. Ah oui, quand même. Je ne pensais pas que ça serait aussi violent mais bon, je ne vais pas me plaindre. A côté de moi, des cris fusent dans tous les sens alors que les soldats et les femmes-pokémon se jettent dans la bataille.

« Oh, très intéressant même si elles ne veulent pas l’avouer. Ils comptent tous sur toi, Nev. Ils veulent éviter de te fatiguer pour que tu puisses te reposer contre la déesse Harsia. »

« Qui êtes vous réellement ? » dis-je en direction de la femme-pokémon aux cheveux verts.

« Rékiazy, n’est-ce pas ce que je t’ai dit ? Je pensais pourtant m’être bien exprimé. »

« Ce n’est pas ça que je veux savoir, loin de là. Je veux savoir ce que vous êtes plus précisément. Je dois me battre contre vous aussi. »

« Si tu arrives à battre Graudan et Kyourge, il y a de fortes chances, oui. »

« Si je ne veux pas me battre, qu’est-ce qui se passera ? Car ces deux femmes-pokémon, c’est stupide mais je les apprécies. Elles se battent sans raison entre elles, sont prétentieuses et condescendantes mais en même temps, elles sont très fragiles. »

« Certaines femmes-pokémon n’ont jamais eut de contact avec l’extérieur ou presque. Des fois, elles découvrent tout un nouveau monde. »

« Ce sont juste des enfants que l’on a enfermés dans une cage dorée. Et je vais être celui qui va ouvrir la porte. Harsia a fait encore plus de mal que je ne le pensais. »

« Il ne faut pas imaginer des pouvoirs que l’on ne possède pas Souvent, un grand déssaroi nous attends si on ne fait pas attention à cela. »

« Qu’importe, je suis libre de mes actions alors que toutes les femmes-pokémon que j’ai rencontrées avaient leurs pensées dictées par un être supérieur. Du moins, presque toutes les femmes-pokémon, j’exagère un peu. Est-ce que toi aussi, tu as quelque chose qui te lie à la déesse Harsia ? Qui t’empêche de raisonner par toi-même ? Si tel est le cas … »

« Tu me sauveras aussi, n’est-ce pas ? Tu es très prévisible, tu t’en doutes, non ? »

« Qu’importe s’il est facile de prévoir, ce qu’il est difficile, c’est de m’arrêter. »

« Où est-ce que cette dose de courage a put se trouver pendant tout ce temps ? » soupire t-elle avec une pointe de tristesse. « Si cela avait été le cas, rien de tout ça ne serait arrivé. Après toutes ces réincarnations, il semblerait qu’il ait fallut perdre quelqu’un d’important pour enfin voir cette lueur dans ses yeux. »

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler exactement mais puisque tu comptes rester là à ne rien faire, je pars me mêler de ce combat avant qu’il ne soit trop tard ! Je dois les rendre incapables de se battre, que je puisse ensuite dialoguer avec elles. »

« Fais attention à toi, elle t’attends. Très joli pendentif d’ailleurs. »

« Dommage pour elle, elle l’a complètement oublié lorsqu’elle l’a reformé sans faire exprès. »

« Oui, c’est sûrement cela. Une erreur de sa part, il n’y a aucun doute à ce sujet. »

Je ne sais pas pourquoi mais je la trouve un peu ironique quand elle parle ainsi. De toute façon, cette femme est un mystère des plus complets. Je n’ai pas le temps de m’attarder sur elle. Je ferais mieux de me concentrer sur les deux autres femmes-pokémon.
Elles sont en train de cracher des flammes, projeter de la lave, créer des geysers, envoyer des vagues. J’ai vraiment une impression d’apocalypse complet face à ça. Mais pourtant, mais pourtant, les femmes-pokémon se débrouillent bien pour protéger les humains. Je ne parle pas des trois cousines mais des autres. Je les entends hurler :

« Mais fais attention ! Ces corps, je vous le jure, ça va pleurer dès qu’il y a une petite brûlure. Tiens ! Un peu d’eau pour soigner tout ça ! »

« De la glace ? Vraiment ? Tu veux aussi quoi comme parfum quand je te congèle en même temps que ce petit flot de lave autour de toi ? »

Je ne sais pas quoi dire face à de telles répliques. J’ai l’impression que je ferais mieux de les laisser continuer à se disputer entre eux. C’est bien comme ça que ça a commencé avec Giréléna, il y a de cela quelques années maintenant. Quelques années déjà ?

Cela fait tellement de temps que tout s’est écoulé que j’ai arrêté de calculer précisément. Dans le fond, la seule chose qui a empêché les femmes-pokémon et les humains d’être réunis, c’est leurs incompréhensions et leurs peurs. Malgré leurs différences, ils peuvent s’unir face à l’adversité. Bien entendu, comme partout, il y aura des êtres dans chaque espèce, qui n’hésiteront pas à vouloir briser la paix.

« Mais cela, ce n’est pas lié à notre race mais à ce que nous sommes. On ne peut blâmer toute une espèce pour les erreurs de quelques êtres. »

« Je peux savoir ce qui te prends de te comporter comme un philosophe, Nev ? »

Giréléna reste concentrée sur le combat mais elle a le temps de me parler. C’est assez amusant en un sens, je trouve cela plus que divertissant. Je vais aller les rejoindre. Je murmure à moi-même pour que les esprits m’entendent :

« Je peux compter sur vous, les filles ? Rygagagi ? »

« Tu n’as pas besoin de poser cette question. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que je m’en mêle. Ce combat n’a rien de sérieux, contrairement aux précédents. »

« Rigorek ? Stelireg ? Géréci ? Et vous trois ? Est-ce que ça sera bon ? »

« Dans le fond, on ne te sera pas très utile, si tu y réfléchis bien. Tu possèdes ta propre force maintenant. Nous ne sommes là plus par désir que par nécessité à tes côtés. »

Au moins, les paroles de Stelireg sont directes. Je ne peux pas lui en vouloir de penser de la sorte. BON ! Cela veut dire que j’ai intérêt à me concentre et loin qu’un peu pour ce qui m’attends ! Graudan ou Kyourge ? Je ne sais pas mais je pense que je vais taper les deux.

« Bonjour, Graudan. Tu devrais faire attention à toi. Tes écailles dorsales s’effritent. »

« NEV ! Tu es là ! Ne bouge pas trop ! Je vais te stopper ! »

Elle tente de m’avoir d’un coup de poing mais je ne vais pas me laisser faire. Je me téléporte juste au-dessus de son poing griffu, venant me mettre debout sur celui-ci. Elle paraît interloquée alors que je lui souris doucement :

« Pardon mais il y a eut un peu de changement entre temps. J’ai décidé de me battre plus que sérieusement, j’espère que tu comprendras ce que je veux dire. »

« Est-ce que ses pouvoirs sont liés à la personne en toi ? C’est ça ? Pourquoi est-ce qu’il a fallut que ttout cela arrive ? POURQUOI MAINTENANT ?! »

« On n’a qu’à se plaindre à la déesse Harsia à ce sujet, je ne suis pas responsable de toute cette histoire. Je suis même celui qu’il faudrait plaire. Prépares-toi ! »

La préparer à quoi ? A cela ! Je sais que malgré les apparences, elle n’est pas liée directement au feu mais à la terre ! Si je veux alors l’empêcher de pouvoir être forte, je n’ai qu’une solution ! Je cours sur son bras mais elle tente de m’attraper de son autre patte mais voilà que je saute, passant maintenant dessus jusqu’à arriver à son visage.

« Je ne vous hais pas, toi et Kyourge mais je dois vous calmer. »

Mon pied frappe son visage, la faisant pencher en arrière alors qu’elle s’apprête à tomber. Mais je ne lui laisse pas le temps de cela ! Je me dépêche à toute allure, arrivant sur le sol avant même qu’elle ne touche ce dernier. Je prend une profonde respiration, mes yeux devenant roses avant que je ne place ma main sur le dos … stoppant net le fait qu’elle tombe.

« Je vais t’emmener dans les cieux pour que tu comprennes que je ne veux plus que tu causes de troubles. Reposes-toi maintenant, tu l’as mérité. »

« NON ! NON ET NON ! Je ne me laisserai pas avoir ! Comment ? »

Comment ? Tout simplement comme ça. J’émet un râle avant de l’envoyer dans les cieux. Subitement, elle se retrouve paralysée au milieu des nuages alors que je soupire. Wow ! C’était quand même plus qu’épuisant de faire tout ça ! Je ne m’y attendais pas.

« Nev, tu penses pouvoir réellement la garder ainsi pendant que tu vas combattre Kyourge ? Fais attention à ne pas trop exagérer, surtout que tu dois être aussi exténué que nous. »

« Bizarrement, non, ça va mieux maintenant que je me combats. Je ne comprends pas trop pourquoi mais bon … on ne va pas s’en plaindre hein ? »

« Ouais, ouais, je te surveille. » me dit Giréléna alors que je reste concentré.

Pourquoi cela ? Car Graudan se débat dans les cieux, incapable d’utiliser ses pouvoirs. Je sais qu’elle va finir par abandonner et je pense que tout le monde a compris que ça ne sert plus à rien de se battre contre elle. Kyourge me remarque, interloquée :

« Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ?! »

« Car on s’attache parfois à des personnes auxquelles on ne pensait jamais avoir un intérêt, voilà tout. Qu’est-ce qu’il y a de si étrange à imaginer cela ? »

« Je m’en fous ! Je ne veux pas parler de ça ! J’en ai rien à faire ! Je ne veux pas ! Relâche Grauudan ! Tu n’as pas compris que tu nous ridiculises ?! Nous étions parmi les femmes-pokémon les plus puissantes, nous étions craintes et respectées ! Et toi … et toi … tu nous laisses vivre, tu ne cherches pas à nous tuer, tu nous pardonnes ! POUR QUI EST-CE QUE TU TE PRENDS ?! LE CREATEUR ?! »

« Quand j’ai pensé à ces femmes-pokémon, je me suis toujours imaginé deux jeunes filles turbulentes, du même âge, toujours prêtes à se chamailler mais qui dans le fond, tenaient réellement l’une à l’autre. »

Cette voix en moi ? Je commence à y voir plus clair. Le Créateur, c’est l’être qui est dans mon corps. C’est lui qui me parle. C’est lui qui a donné vie à ce monde. Mais pourquoi est-il là ? Je ne suis peut-être qu’une … coquille ?

« Attends ! Je viens t’aider ! » hurle Kyourge alors que je reste immobile. La femme-Kyogre crée une vague d’eau, s’en servant pour se diriger jusqu’à Graudan. Elle la récupére contre elle, malgré mes pouvoirs psychiques avant de la ramener au sol.

« Merci … merci … Kyourge. Merci beaucoup. »

« Pfff, c’est déplorable. C’est vraiment n’importe quoi. Ils sont trop nombreux, bien plus forts que nous deux mais ils nous laissent vivre. Ils ne nous prennent pas au sérieux. Ils ne comprennent pas que l’on est prêtes à mourir pour ça ! »

Mes pouvoirs psychiques disparaissent en même temps que Graudan est libérée. Entre les pattes de Kyourge, je l’entends qui balbutie encore quelques remerciements. L’atmosphère est maintenant plus lourde. Elles sont côte à côte avant de murmure l’une après l’autre :

« Quitte à ce que ce paradis soit détruit … »

« Nous emporterons avec nous nos ennemis. »

« Même si nous ne serons plus que des étoiles dans le firmament. »

« Nous lutterons alors jusqu’à nos derniers moments. »

Elles se mettent à la poésie ou quoi ? Non. Ce n’est pas ça. La terre et la mer sont finalement réunies. C’est grâce à elles que ce monde vit. Si elles décident alors de se déchaîner en se réunissant, cela veut dire que ce que nous allons affronter maintenant, ce ne sont pas deux femmes-pokémon mais le Monde lui-même.

Chapitre 14 : Abandon

Chapitre 14 : Abandon

 

« Ah … bon ! On va y aller mais laissez-moi juste souffler un peu. »

Je dis cela, je dis cela mais je ne suis pas sûr qu’en continuant de faire une pause, je vais avoir encore la force de continuer le voyage. Surtout que je n’en ait aucune envie et aucune motivation. Je veux juste rentrer avec ma future femme mais surtout mon enfant.

« Et pourquoi cela ? Si ce n’est que de la fatigue, tu peux monter sur mon dos. De toute façon, pour le reste, nous ne serons plus vraiment très nombreux à monter. »

Elle me confirme une chose que j’avais remarqué : avec les générales de Giréléna qui sont hors combat mais aussi Niny et les autres, il ne reste plus que les trois cousines, les meilleures troupes de ces dernières mais aussi parmi les humains. Sauf que ces troupes seront toujours moins fortes que les générales, je m’en doutes.

« J’accepte la proposition. Gilitée ? Tu les surveilles alors ? »

« Oui, papa ! Elles seront toutes bien protégées ! Puis, je vais m’amuser avec mademoiselle Saikan ! Elle a accepté de me porter sur son dos ! »

« Oh ? C’est vrai ça ? Profites-en vite alors ! »

Je dis cela tout en remerciant Saikan d’un hochement de tête. Au moins, Gilitée s’adapte très vite à d’autres personnes. C’est remarquable. Quand même, je suis peu rassuré de la laisser seule mais les générales sont là aussi donc je ne devrais pas m’inquiéter.

« Au revoir, papa, fais attention à toi ! Puis maman, tu protèges papa, hein ? »

« Ne t’en fait pas, Gilitée. Je vais bien m’occuper de lui. Il faut qu’il revienne en un morceau à la maison. Je vais devoir lui faire tenir ses promesses. »

« Hein ? Quelles promesses ? De quoi est-ce que tu parles, Giréléna ? J’ai fais des promesses, moi ? Sur quoi ? Sur quel point ? Je peux savoir ? »

« Oh, tu n’as pas promis à Gilitée un petit frère ou une petite sœur ? » me dit-elle d’une voix charmeuse et envoûtante. Je n’ai pas vraiment promis tout cela, du moins, pas de cette manière non plus ! Enfin, bon … voilà.

« Oui, oui, c’est le cas mais finissons-en d’abord avec Harsia non ? »

« Ça me semble être une idée appréciable mais difficilement applicable. »

« Evites de me dire ça, Giréléna. Mon but est de me rassurer, pas de me faire peur et démotiver avant même qu’on puisse la rencontrer. »

« D’accord, d’accord, Nev. » me dit-elle, haussant les épaules alors que je grimpe correctement sur son long corps cylindrique. Bon ! Nous allons y aller. Je salue ma fille avant de me mettre en route, jetant un dernier regard aux autres. Je ne sais pas du tout ce qui nous attends. Est-ce que nous en avons déjà fini avec ces temples ? Je ne pense pas.

Pendant combien de temps est-ce que nous grimpons ? Je remarque cela alors que l’air commence à se rafraîchir peu à peu autour de nous. Il fait froid, de plus en plus froid mais pas seulement, la respiration se fait plus lourde aussi.

« On dirait bien que nous montons de plus en plus haut. Je ne sais pas si les humains tiendront facilement le coup ou non. »

« J’espère que si, il sont aussi importants que les femmes-pokémon dans ce combat. »

Je sais que je ne devrais pas m’en faire le moins du monde mais bon, ça m’embête et je reste soucieux de la suite des événements. S’ils se retrouvent plus qu’affaiblis, je ne sais pas trop ce que je pourrais faire pour arranger tout cela.

« De quel droit divin osaient-vous vous opposer à moi ? »

Wow ! La voix d’Harsia ? Giréléna et les autres s’arrêtent alors que je regarde autour de moi. Qu’est-ce que … où est-ce qu’elle est ? La voix venait du ciel si je ne me trompes pas. Ça veut dire qu’elle est là-bas ? Je crie :

« Du droit des hommes et des femmes-pokémon ! Voilà la différence, déesse Harsia ! »

« Qu’est-ce qu’un être comme toi, Nev, peut-il comprendre à cela ? »

Qu’est-ce qu’elle raconte ? Comment MOI, je peux comprendre cela ? Car je vis avec eux depuis le début ! Voilà la différence ! Je ne vois pas où elle veut en venir mai bon, j’ai encore à parler, et pas qu’un peu ! Je ne vais pas me laisser faire ! Je ne suis pas aussi faible et ridicule que ça ! Il en est hors de question !

« Ce que je suis ? Un homme-pokémon. Je suis unique dans ce monde mais je ne suis pas seul. Chacun est unique, ne l’oubliez jamais. »

« Ne fait donc pas l’ignorant. Je l’ai pourtant remarqué chez toi. Tu as retrouvé la mémoire et tes capacités. Tu es plus qu’apte maintenant. »

Je ne comprends guère ce qu’elle raconte mais je ne devrais pas m’y intéresser, ce n’est pas bien important à mes yeux. Je sais ce que je fais, je sais ce que je veux et je sais ce que j’obtiendrais ! Du moins, ce que je veux obtenir.

« Et vous, ne faites pas celle qui croit tout savoir car vous ne savez rien de ce monde ! »

« Ce monde que j’ai dût gérer ? Pendant des millions et des millions d’années ? C’est bien cela ? Comme une boucle sans fin, une boucle éternelle ? »

« Je ne vois guère de quoi vous parlez mais est-ce bien réel ce que vous racontez ? Qui me dit que vous n’exagérez pas tout cela ? Tout simplement pour vous donner un genre nouveau ? Sans vous remettre en question ? »

« Me remettre en question. Hahaha. De la part d’une autre personne, ces mots auraient eut un poids, infime sûrement mais de ta part, ils n’ont aucune valeur. »

« Si tu voulais bien t’exprimer d’une meilleure façon. »

« M’exprimer ? M’exprimer ? Mais Nev, le seul qui ferait mieux de s’exprimer de telle sorte qu’on puisse comprendre l’aberration qu’il a commis, c’est toi et uniquement toi ! Mais qu’importe, cela n’a aucune importance ! Je ne te pardonnerais jamais cette trahison. Ni cette trahison, ni cet abandon ! Jamais ! »

« Et si tu ne m’expliques pas ce qui se passe, je suis sûr que cela va grandement m’aider. J’en suis même certain. C’est ça que je dois dire ? »

« Pourquoi devrais-je perdre mon temps avec un futur mort ? Je sais qu’il est là. Je sais qu’il te parle, il s’est réveillé depuis qu’elle est partie. »

« AH ! ALORS QUI EST-CE ?! JE VEUX LE SAVOIR! » hurle-je subitement. Elle connaît son nom ? Cette voix masculine qui me parle ? Car visiblement, ce n’est pas un dédoublement de la personnalité ou autre ! Je ne deviens pas fou !

« Pourquoi devrais-je répondre à celui qui n’est que la carcasse vide d’un futur mort ? Cette fois-ci, je ferais tout pour qu’il ne reste plus aucune trace de son existence. »

Bon, j’ai compris le message. Elle ne va rien dire de plus. Je murmure à Giréléna de continuer notre avancée. Nous avons encore du chemin à faire. Elle acquiesce, se mettant à ramper en avant alors que je suis là, à regarder autour de nous.

La voix de la déesse Harsia ne cherche plus à communiquer avec nous. Est-ce qu’elle a finit par être ennuyée par tout ça ? Je me le demande. Mais dans le fond, il vaut mieux que je ne sache pas ce qu’elle a en tête. Cette femme est folle, je ne dois pas l’oublier.

« Giréléna, est-ce que tu as une idée de ce qu’elle voulait dire par abandon ? »

« Pas le moins du monde si tu veux tout savoir. La déesse Harsia est quand même une femme très spéciale si on peut dire ça comme ça. »

« Je me doutes mais bon … c’est étrange une telle haine. »

« Il s’agit d’Harsia, je ne vois pas ce qu’il y a de si étrange dans le fond. »

Elle a sûrement raison. Je ne devrais pas me préoccuper de celle que j’ai promis d’abattre. Je passe mes mains sous la poitrine de Giréléna, celle-ci me disant aussitôt :

« Pas maintenant, Nev. Nous sommes pas dans un lieu approprié. »

« Arrête donc de d’imaginer des choses, Giréléna. Je ne pensais à rien de saugrenu. »

« Je sais mais j’adore parler de la sorte. Je trouve ça bien plus amusant dans le fond. Tu es bien accroché néanmoins ? Car je vais accélérer, il commence à faire un peu frisquet par ici. »

« Oui, oui, tu le peux, Giréléna. Hum, je ne peux pas te donner ma veste ou autre. Tu as vu l’état dans lequel je suis ? Vraiment déplorable, hein ? »

« Je ne te le fais pas dire. Bon, ce n’est pas bien grave de toute façon. Ce n’est pas comme si tes habits avaient une importance lorsque nous sommes seuls. »

« Nous ne sommes pas seuls, Giréléna. C’est toi qui me l’a dit. »

« Quand c’est moi qui en parle, qu’importe ce que les gens pensent. Par contre, si les autres apprennent que tu es un déviant, ça serait vraiment bête pour toi. »

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tais-toi donc au lieu de dire des bêtises ! Qu’est-ce qu’ils vont penser si tu commences à parler aussi stupidement ? »

Elle tente d’ouvrir la bouche mais je plaque mes mains sur celle-ci. STOP ! Elle en a assez fait ! Elle en a assez dit aussi ! Je pense que les soldats et les femmes-pokémon n’ont rien besoin de savoir ! Je sais même pas de quoi elle parle en fait.

« Stop, Giréléna. Tu as assez parlé, je crois bien. On va en garder pour les prochaines fois. »

« Roh, tu n’es vraiment pas bien sympathique sur le coup. » finit-elle par dire en me forçant à retirer mes mains de sa bouche. Question de sécurité, je n’ai pas vraiment confiance.

Que je sois sympathique ou non, ce n’est pas bien grave. Ça ne me dérange pas vraiment. Par contre, là, j’aimerai quand même savoir où nous en sommes exactement. Alors que nous étions en train d’avancer, la voix d’Harsia reprend :

« J’ai dût supporter ce monde sur mes épaules pendant des millions d’années ! Des millions ! Est-ce que l’on a pensé un seul instant à ça ? NON ! PERSONNE ! »

« Elle n’arrête jamais de se plaindre ? Encore que ça semble pas vraiment infondé. »

Je ne prends pas véritablement la défense de la déesse Harsia mais je me doute qu’il y a quelque chose qui cloche dans tout ça. La déesse-Harsia, malgré son titre, est une femme-pokémon comme les autres. Donc elle doit avoir des sentiments.

« Dis, Giréléna, est-ce qu’il y a dans les histoires concernant la déesse Harsia, un homme ou une personne qu’elle aimait plus que tout. »

« C’est quoi cette question saugrenue, Nev ? Comment je suis sensé savoir un tel truc, tu peux me le dire ? Je ne suis pas historienne et je te préviens, je ne compte pas le devenir. »

« Je me doutes, je me doutes. Bon, au moins, ça répond en partie à ma question. On ne sait rien de la déesse Harsia à part au sujet de ses pouvoirs. C’est étrange en un sens, très étrange mais à côté, on ne fait jamais rien pour apprendre à la connaître. »

« Ne commence pas à avoir de sympathie pour elle sinon elle te tuera sans même que tu puisses réagir, Nev. J’espère que tu as bien compris le message. »

Pas besoin qu’elle me l’explique une nouvelle fois. Je ne suis plus aussi stupide et candide qu’à mes débuts. Qu’importe l’histoire de la déesse Harsia, ses actes sont tels que je ne peux pas lui pardonner tout ce qu’elle a commis pour en arriver là. Il faut l’abattre.

Finalement, je crois que nous finisons par arriver au véritable paradis sur terre. Du moins, le froid hivernal et glacial a complètement disparu, laissant place à la chaleur des rayons du soleil. Est-ce que nous avons pénétré dans un nouvel espace ?

« Nullement, vous êtes ici au plus proche endroit menant à la déesse Harsia. »

Hein ? Quoi ? Qui vient de parler ? Je descends rapidement de Giréléna, vérifiant d’où provient cette voix. Un coup d’œil à gauche puis à droite mais rien ne se présente autour de nous. Je n’aurais quand même pas imaginé tout ça non ?

« Cela n’est pas étonnant que vous soyiez arrivés jusqu’ici. Les femmes-pokémon vous barrant le passage n’étaient guère réellement assez fortes pour tenir le coup face à une telle armée. Les femmes-pokémon et les humains, se battant côte à côte. Il ne manquerait plus qu’à voir si sans menace extérieure, vous seriez capables de continuer à vous entendre. »

« Montrez-vous au lieu de vous cacher ! Si vous voulez un adversaire, sachez que je suis là ! Et que je suis prêt à tout pour obtenir la victoire ! Allez ! »

« Vraiment ? Soit, je vais alors me présenter bien que vous me connaissez. »

Un souffle de vent se fait ressentir sur ma droite, m’aveuglant à moitié avant que je ne puisse apercevoir une femme à la longue chevelure verte. Ses yeux sont dorés avec des contours noirs. Je me rappelle d’elle bien que je ne l’ait vue que peu de fois. Bien entendu, pourquoi je n’y ait pas pensé plus tôt ? Cette femme-pokémon, c’est normal qu’elle soit là.

« Rékiazy, tel est mon nom. »

« Et vous êtes celle qui n’était pas loin de Graudan et Kyourge. Où est-ce qu’elles sont ? Est-ce qu’elles sont encore … »

« Vivantes ? Bien entendu ! Nous sommes là car on doit en terminer une bonne fois pour toutes, Nev ! Cette fois-ci, y aura pas de troisième round ! » s’exclame une voix féminine sur ma gauche. Je peux apercevoir Kyourge. Elle a la mine affaiblie, j’ai l’impression.

« T’es sûre que c’est pas plutôt le troisième round maintenant ? On l’a affronté chacun une fois puis ensuite, on l’a affronté à deux. Ca fait le second round non ? Et donc là, on fait le troisième ? Je savais que tu étais idiote mais à ce point, c’est affligeant ! »

Et voilà encore une autre voix plus que reconnaissable. Alors, Rékiazy est en face de moi, Kyourge à ma gauche et Graudan à ma droite. J’ai l’impression que je suis bien entouré, très bien entouré mais qu’en même temps, tout cela va m’être mortel.

« Vous êtes encore en train de vous disputer ? Vraiment ? Mais vous n’arrêtez jamais en fait, toutes les deux ? Vous vous portez bien ? »

« Oui, oui, ça peut aller. Disons que c’est pas la joie. » commence à me dire Graudan, Kyourge lui criant presque aussitôt dessus :

« Non mais vas-y, prends le thé avec lui ! C’est notre ennemi, je te rappelle ! »

Chapitre 13 : En retrait

Chapitre 13 : En retrait

« J’ai besoin de reprendre mon souffle, je … »

« Coucou, Nev. Tu vas bien ? Tu as pas l’air tellement. J’espère que ce n’est pas trop grave. »

C’est le visage recouvert d’entailles diverses et de quelques brûlures que Niny m’adresse la parole. Qu’est-ce que … AAAAH ! J’ai essayé de me remettre correctement mais Giréléna me sert bien alors que Niny s’écroula sur son bas du corps ressemblant à la moitié d’une ruche.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce qu’elles sont comme ça ? Giréléna ! »

« Car elles sont blessées, tout le monde est blessé ! Et je ne parle pas des morts ! Mais mes générales sont en vie et les autres aussi. Enfin, les morts sont morts … mais il fallait s’en douter. Elles n’hésitaient pas à combattre comme des damnées. »

« Où est-ce qu’elles sont toutes ? Et Saikan ? Où est-ce qu’elle est ? »

Elle me force à tourner ma tête sur la droite pour que je puisse toutes les apercevoir. Ah … oui, d’accord. Je comprends. Elles sont toutes à genoux, toutes les quatre. Et sous bonne garde. Les générales sont salement blessées, Panilkia aussi mais Dénialka surveille tout ça. Où sont Titonée et Migacirpy ? Et surtout, où se trouve ma fille ?

« Vu comment tu regardes de tous les côtés, je peux te le dire : Migacirpy et Titonée se font soigner. Gilitée est juste derrière moi. Elle a peur de voir son père endormi pour toujours. »

« Hein ? Mais non, mais non, Gilitée ? Je suis là. Papa va bien. »

« Vrai ? De vrai ? Vrai de vrai ? Papa ? » murmure une petite voix alors que je ne peux pas me retourner puisque Giréléna m’en empêche. Finalement, une petite fille au long corps cylindrique finit par se présenter à moi. Je place l’une de mes mains livres sur son crâne.

« Bien entendu. Regardes donc. Papa va bien, tu ne vois pas ? »

« Papa ne bougeait plus du tout. Papa restait couché sur le sol sans bouger. »

« Mais si, mais si, Giréléna, tu peux me libérer, s’il te plaît ? »

Elle sait ce que j’ai en tête mais bon. Elle finit par dénouer sa queue autour de moi puis je commence à faire des claquettes devant ma fille. Oui, j’ai l’air bien ridicule mais au moins, je lui montre que je sais tenir sur mes jambes malgré l’état dans lequel je suis.

« Tu vois, Gilitée ? Je vais bien. Papa va très bien. Tu viens me faire un gros gros câlin ma puce ? Pour montrer que tu adores ton papa ? »

« D’accord mais pas trop gros car je veux pas te faire mal. »

Je tente de m’agenouiller et je retiens mes gémissements. Ca me fait mal mais moins que de voir ma fille aussi triste et soucieuse. J’espère que ça va être fini. J’espère vraiment que ça va être bientôt fini. Je tiens à peine sur mes jambes. Ce combat était horrible.

« Attendez un peu ? Je suis en train de me dire ! Libérez donc Saikan ! »

« Saikan est une ennemie comme les autres, Nev. Ne commence pas à faire dans le sentimental et le pathétique en déclarant que l’on doit la laisser vivre. »

« Si je dois mourir aujourd’hui, j’aimerai que cela soit de la main du héros. J’estime que c’est le seul qui puisse accomplir un tel acte. »

« Tu n’es pas vraiment en position de réclamer qui va te tuer, ma grande. »

Giréléna réplique aussitôt à Saikan mais celle-ci soutient son regard. WOWOW! Non non et non ! Il en est hors de question ! Je me place entre le groupe des quatre femmes-pokémon et Giréléna. J’ai libéré Gilitée de mes bras.

« On arrête ça. On ne leur fera aucun mal. Je le refuse. »

« Hein ? Quoi ? Ces femmes-pokémon sont des meurtrières ! Autant celle nommée Saikan, ça peut passer, elle a tout fait pour ne pas tuer nos soldats mais les autres, elles ne se sont pas privées pour ça ! Elles adoraient ! On va pas les laisser partir comme ça ! »

« Elles ne partiront pas. J’ai cru comprendre qu’une majorité de femmes-pokémon se soumettent à ceux qui sont plus forts qu’elles. Je pense qu’elles ont compris qui l’était, n’est-ce pas ? Néanmoins, je ne veux pas les obliger, je ne suis pas comme ça. Même si elles sont à peine maintenues en vie, je ne veux pas les tuer. »

« Et qu’est-ce que vous allez en faire alors, héros ? Car ce sont elles les responsables des morts de nos hommes et des femmes-pokémon ! »

« Leurs méfaits, je les connais. Je veux juste savoir ce qu’elles en pensent. »

« Nous sommes des femmes-chiennes. Comme l’animal, nous sommes fidèles à la déesse Harsia jusqu’à la mort. Ce n’est pas en … » commence à dire la femme-Entei mais je la stoppe d’un mouvement de la main, lui répondant :

« Même un chien sait reconnaître quand son maître abuse de lui. Un chien est loyal envers la main qui le nourrit. Considérez les chiens au même statut que vous, c’est insulter cette noble race. Vous êtes des femmes-pokémon, des entités intelligentes. »

« Je suis prête à vous suivre, Nev. »

« Qu’est-ce que … ah bien entendu ! Saikan ! Pourquoi je n’en ait pas douté un instant ? Tu as complètement flashée sur lui dès que tu l’as vu la première fois ! » s’exclame la femme-Raikou alors que la femme-Suicune tente de rester indifférente.

« Qu’importe tout cela, ce n’est pas bien important. Le plus important est de pouvoir épauler celui qui mettra un terme à la folie de la déesse Harsia. »

« Tu irais jusqu’à trahir ta propre famille pour ta survie, Saikan ? Tu me déçois. » continue de dire maintenant la femme-Ho-oh. Mais Saikan lui répond aussitôt :

« Non, car je veux qu’elle puisse vivre, c’est différent. Ce n’est pas de la loyauté que vous ressentez envers Harsia mais de la fierté et un égo surdimensionné. Retombez un peu sur terre et imaginez vous pourquoi la déesse Harsia nous a contacté que maintenant ? Car elle n’avait aucun intérêt auparavant. Nous avons été choisies pour servir de chair à canon. »

Les paroles sont dures, très dures mais je sais qu’elle veut faire son petit effet et je ne peux que confirmer que c’est la meilleure chose à accomplir, du moins, à mes yeux. Je la laisse faire mais Hanno détourne la tête en pestant. Vraiment ?

« Arrêtez de faire l’enfant. Vous avez toujours la possibilité de vous racheter. Bon, contrairement aux femmes-oiseaux, vous ne paraissiez pas très aimables mais je pense qu’avec un peu d’effort, vous pourriez y arriver. De toute façon, le mieux à faire, c’est d’habiter non-loin de l’endroit où ira vivre Lugrète et ses filles. Je leur ait parlé d’un tournoi et autre. »

Je commence à expliquer de quoi il s’agit. Lorsque j’évoque le terme de jeu, les visages des deux sœurs de Saikan se redressent, comme très intéressées par cela. Des femmes-chiennes, oui. Parfaitement. Comme quoi, je ne me suis pas trompé.

« Alors ? Qu’est-ce que en pensez ? C’est si horrible que ça dans le fond ? Je ne pense pas, non ? Il ne faudrait pas tendre à exagérer. Je vous propose quelque chose très plaisant normalement. Je suis sûr que vous pourriez aimer. »

« Peut-être que ça vaut le coup d’essayer. Surtout si les humains et les femmes-pokémon se montrent aussi très intéressés par tout ça mais bon, on est pas dans leurs têtes. »

« Vous allez aussi trahir la déesse Harsia, mes filles ? » demande Hanno.

« Maman, on a jamais été très proche de la déesse Harsia rien qu’au départ. On a accepté ça car on savait que tu voulais recommencer à briller dans le ciel comme auparavant. De base, on s’en fiche carrément d’elle, c’est pour te dire. On est peut-être des femmes-chiennes mais j’aimerais éviter qu’elle nous considère comme tel. »

« Vous aviez vraiment ces idées en tête ? Et pourquoi est-ce que vous ne vous êtes pas exprimées auparavant ? Pourquoi ? »

« On vient de te le dire. Pour que tu fasses pas vraiment la gueule. »

Visiblement, elles ont besoin de discuter entre elles. Je crois que là aussi, un problème familial doit être résolu. Je pousse un petit soupir de soulagement avant de me mettre assis sur les fesses. J’ai besoin de me reposer.

« On se complique la vie pour pas grand-chose en fin de compte. »

« Non, tu te compliques la vie et visiblement, Hanno n’est pas beaucoup mieux. Vous pouvez pas réfléchir sur le moment et non sur les années à venir. »

Je n’ai pas besoin que Giréléna me fasse des reproches. J’ai beaucoup mieux à faire de mes journées, si elle ne le sait pas encore. Enfin, celle actuelle, j’ai l’impression qu’elle ne va jamais se terminer. Et il faut que je fasse quelque chose pour Niny et les autres.

C’est décidé. Même si elles ne le veulent pas, je les forcerais à rester ici. Je dois les laisser ici. Elles sont dans un triste état, incapables de se battre et de lutter. Je ne vais pas les emmener à la mort ! Je me relève finalement, m’apprêtant à leur parler mais ce n’est pas moi qui vint déclarer d’une voix impériale :

« Bon, c’est décidé. Nous cessons de nous lier à la déesse Harsia. »

« Nous suivons l’exemple de notre mère. » complète la femme-Entei. Saikan semble ravie, allant se rapprocher de ses sœurs, posant ses pattes avant sur elles comme pour les serrer contre elle. Elle fit de même avec sa mère.

« Tant mieux alors. Je ne pense pas que cela reparera vos fautes mais si on s’attarde trop sur le passé, on n’avance pas dans le présent et on a aucun futur. »

« Pff, je vous jure. Si monsieur le héros et accessoirement mon futur mari a décidé de leur laisser la vie sauve, laissez-les être vivantes. Je vous le jure. »

Giréléna se plaint mais je sais que ses paroles vont suffire à convaincre les soldats. Bien entendu, ils savent qu’avoir de nouvelles alliés aussi puissantes sont un atout majeur pour nous. Bon, maintenant que ça, c’est fait, qu’est-ce que je peux faire?Ah oui.

« Niny, Migacirpy et Titonée, vous restez ici. Et … hum ? Ah oui, Mana et les autres aussi. Vous n’êtes pas en meilleur état que ça. Pareil pour les femmes-pokémon et les soldats qui sont visiblement beaucoup trop blessés pour continuer. »

« Nev ! Qu’est-ce que nous avions dit ?! »

Migacirpy s’exclame mais je pointe une main vers elle. Sans même savoir d’où je tiens cette technique, elle tombe en arrière, plongée dans un profond sommeil. Niny tente de se mouvoir mais elle s’endort elle aussi. Titonée tente de se téléporter pour échapper à ce que e fais mais qu’importe, j’arrive derrière elle et lui murmure :

« Merci à toutes les trois pour tout ce que vous avez fait pour moi. C’est remarquable. »

« Nev, tu fais une grosse erreur, nous pouvons … »

« Je suis sûr et certain de ce que je fais. Je ne vais pas risquer la vie de personnes, même motivées, juste pour tenir quelques secondes de plus. »

« Si j’ai compris, si on t’écoute pas, tu nous fais pareil ? »

La femme-Persian me regarde avec amusement alors que je tiens Titonée dans mes bras. Je l’emmène auprès des corps endormis de Niny et Migacirpy avant de lui répondre :

« C’est le cas. Est-ce que tu vas être assez gentille au point d’obéir ou non ? »

« Ohlala, ce regard et ces paroles, j’en tremble rien qu’à l’écoute ! Si on m’avait dit qu’un jour, l’adolescent que j’ai connu ressemblerait à ça, je ne l’aurais jamais cru. Comme quoi, on peut se tromper, n’est-ce pas ? Comme les apparences mentent sur nous. »

« Est-ce que je peux vous confier les filles ? »

Je leur dis cela mais il y a aussi Gilitée que je veux mettre à l’abri. Je me tourne vers Giréléna, tentant de voir dans son regard si elle comprend ce que je veux dire. Elle soupire avant de me dire d’une voix lente :

« Gilirée ? Est-ce que tu veux bien protéger Niny et les autres ? »

« Hein ? Euh oui ! Je veux bien, papa ! Mais qui qui va te protéger si je suis pas là ? Maman ? Et tata Dénialka ? Et tata Panilkia ? »

WOW ! Je suis un peu sur les fesses. Disons qu’entendre tata Dénialka et tata Panilkia, ça me fait un petit choc. Je crois que pour les deux cousines, c’est le cas aussi.

« Il faut vraiment que j’ai une fille. » murmure Dénialka, comme si de rien n’était.

« J’avoue que ça ne serait pas forcément une mauvaise chose, une cousine à Gilitée. » répond à la suite Panilkia, haussant les épaules. Elles me regardent toutes les deux mais Giréléna se place aussitôt devant moi, s’écriant :

« Même pas en rêve, les cocottes. Trouvez le vôtre. »

« Nous n’avions rien dit. Nous ne faisions que regarder Nev, rien de plus. »

« Ouais, ouais, je vous rappelle que nous sommes cousines et que la première génération de nos ancêtres étaient sœurs. Vous me la faites pas avec moi. Je connais ce regard ! ‘J’ai le même ! Allez zou, du balai ! »

Je ne peux pas m’empêcher de rire faiblement. Je trouve ça ridicule mais vraiment … en même temps, qu’est-ce que je peux dire réellement ? Giréléna colle son visage près du mien, un peu colérique mais rouge aux joues.

« Et toi, évites de trouver ça drôle et je te castre, compris ? Ca t’amuse de voir que tu as la côte même auprès de mes cousines ou quoi ? Fais gaffe ! »

« Ca serait bête de ne pas donner quelques petites sœurs ou petits frères à Gilitée non ? »

« Petit frère ? Petite sœur ? C’est vrai, maman ? C’est vrai ? Je vais en avoir ? » demande aussitôt la petite fille-Giratina, des étoiles dans les yeux.

« Disons qu’on fait tout pour ça, Gilitée. »

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? » s’exclame Giréléna alors que Gilitée commence à ramper, les mains en l’air, folle de joie, allant prévenir tout le monde qu’elle aura un petit frère ou une petite sœur.

Maintenant, je sais que je vais devoir y travailler mais surtout que j’ai une raison de plus de rester en vie. Giréléna ne sait plus où se mettre mais ces petits instants m’ont permis de souffler et de faire le calme dans mon esprit. Tant mieux, oui, tant mieux.

Chapitre 12 : Jusqu’à la défaite

Chapitre 12 : Jusqu’à la défaite

« Tu sais qu’affronter des femmes-dragonnes sur le thème du feu est un pari stupide ? »

« Oh ? Car il semblerait que vous soyez capables de résister à mes flammes ? Ce n’est pas bien grave. Sans vous, mes filles vont pouvoir s’occuper librement des autres personnes qui vous accompagnent. Cela sera beaucoup plus simple dorénavant. »

J’émets un petit rictus de colère. Elle pense vraiment que je vais laisser tout cela se faire ? Sans réagir ? Et puis quoi encore ! HORS DE QUESTION ! Même si avoir l’aide des trois cousines est très plaisante, je ne laisserai pas tout ça s’accomplir ! Une armure de roche se forme autour de moi tandis que je remercie Rigorek. Comme auparavant, elle est toujours plongée dans son mutisme mais je sais qu’elle est contente de se rendre aussi utile.

« Et voilà qu’il compte utiliser la pierre pour arriver à me battre. »

Elle parle trop ! Je vais l’interrompre ! Elle va voir ça ! Je n’attends pas les réactions des trois cousines, flottant en direction de cette femme Ho-oh. Puisqu’il faut la stopper, je ne vais pas me priver d’agir. Je tends mes mains vers elle, des pointes de terre en sortant pour aller en direction de sa personne. Je ne pense pas que ça soit suffisant mais dans le fond, ça va déjà un peu la calmer, du moins, je l’espère.

« Hahahaha. Amusons-tous tous les cinq. »

Qu’est-ce qu’elle raconte là ? Qu’est-ce qu’elle manigance donc ? Ses yeux sont devenus roses pendant un bref instant. Elle maîtrise les pouvoirs psychiques ? Tous mes sens sont en alerte mais rien n’arrive contrairement à ce que je pensais. Étrange, très étrange.

« Qu’est-ce que vous avez faite ? Hanno ? »

« Oh, vous allez très vite le découvrir. Je suis sûre que cela serait très plaisant mais d’abord, faisons semblant de souffrir à cause de votre attaque. »

Elle se prit les pieux de pierre que je lui avais envoyés, sans même pousser un cri de douleur. Pourtant, un rictus se dessina sur ses lèvres avant qu’elle ne murmure :

« Je n’avais pas fait attention, je dois le reconnaître. C’est bien plus fort que prévu. »

« Tu aurais mieux fait de te méfier. Si tu pensais que … »

Je m’arrête de parler, me tournant subitement vers Giréléna et les autres. Elles sont en train de se faire attaquer par quelque chose d’invisible ? Je tente un mouvement mais mon armure de roche explose avant que de multiples coups ne viennent me frapper de tous les côtés.

« Prévoir une attaque qui sera réceptionnée dans l’avenir. Ton adversaire est intelligent. »

« Arrête de la complimenter et viens plutôt m’aider ! Giréléna et ses cousines sont en danger ! Je dois aller les aider le plus tôt possible ! Tu as une solution ou non ? »

« Devoir à chaque fois s’appuyer sur les autres, cela ne permettra guère de progresser. »

« Ce n’est pas vraiment le moment de se poser ce genre de choses. »

« Soit. Si tu veux vaincre cette femme-oiseau, je peux te confier à nouveau ces pouvoirs. »

De la foudre entre mes mains ? Comme je n’ai plus mon armure de roche, ce n’est pas bien grave et ça va me permettre de faire de sacrés dégâts. J’espère juste qu’elle ne s’y attends pas car je n’hésite pas un seul instant à lui projeter ces éclairs dans la tête.

Du moins, c’est ce que je pensais faire mais des morceaux de pierre se sont placés devant elle et ont permis d’absorber la foudre, ne la blessant guère. Les éclats partent en ma direction mais un bouclier d’acier se présente, la roche se brisant dessus.

« Oh ? Impressionnante réaction. N’est-ce pas, mesdemoiselles ? »

Je n’avais même pas remarqué que Giréléna et ses cousines n’étaient plus à côté de moi. Un bref regard et je vois que nous formons un carré autour d’Hanno. Celle-ci n’est guère inquiète malgré la situation, ayant un grand éclat de rire avant de s’exclamer :

« Impressionnant, très impressionnant, oui. Vraiment. Savez-vous comment on fait pour éliminer les ennemis de la déesse Harsia ? On utilise le feu salvateur et purgateur ! On utilise des flammes encore plus chaudes que celles des Enfer ! Goûtez donc au feu sacré qui anime mon être ! Qui parcoure mon âme ! »

Des flammes ? Mais contre les trois cousines, ça sera particulièrement inefficace ! Elle devrait normalement le savoir ! Du moins, c’est ce que je pensais. Mais je vois les trois femmes-dragonnes qui tremblent. Elles ne sont pas rassurées.

« C’est quoi ce bordel ? » déclare Giréléna d’une voix chevrotante que je ne lui connais que trop rarement. C’est vrai. Les flammes qui apparaissent autour d’Hanno semblent totalement différentes de celles que je connais habituellement. Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Ces flammes ! C’est donc ça le feu sacré dont parlent les légendes ? Capables de consumer l’âme et le corps de ceux que la femme Ho-Oh considère comme ses adversaires ? Des flammes éternelles, qui ne disparaissent jamais tant qu’il ne reste qu’une parcele d’existence de ceux qui les subissent. » murmure Panilkia d’une voix soucieuse.

Ah bon ? C’est donc ça ? Ca n’a rien de rassurant mais entre les légendes et la réalité, il y a toujours une faible part de vérité pour une grosse parcelle de mensonge. Il suffit de voir comment ça se passe avec la déesse Harsia pour comprendre de quoi je parle !

« Je ne suis pas sûre que je puisse faire cela toute seule. Je vais avoir besoin de vous. »

Dénialka venait de s’adresser à ses sœurs ? Qu’est-ce qu’elles comptent faire toutes les trois ? Je ne suis pas rassuré mais je dois les laisser faire. L’atmosphère change autour d’elles alors que les flammes sacrées d’Hanno sont prêtes à s’attacher à nos corps.

« Vous pouvez manigancer ce que vous désirez, ça ne changera rien ! Sachez que mes flammes peuvent vous poursuivre, qu’importe l’endroit où vous serez, qu’importe l’endroit où vous vous trouverez ! Vous allez vite saisir la différence d’expérience ! »

C’est vrai qu’une telle femme-pokémon devait avoir des siècles non ? Encore qu’en y réfléchissant bien, elle était la mère des trois femmes-chiennes. Cela voulait dire qu’elle avait une vie mortelle, non ? J’avoue que c’est assez confus mais qu’en même temps, je ne devrais pas trop m’intéresser à ça. Les flammes quittent les alentours d’Hanno avant de foncer vers nous à vive allure. Je n’ai pas le temps de réagir qu’une fissure dimensionnelle se forme devant moi puis les femmes-dragonnes.

« Je ne sais pas combien de temps je tiendrai. Malgré que je résiste aux flammes encore plus facilement que vous, faites vite. »

Qu’est-ce que … ? Panilkia disparaît dans l’une des fissures, les flammes ayant décidé de la suivre alors qu’Hanno a maintenant un rictus aux lèvres. Elle ne devait pas s’attendre à ça.

« Vous avez été jusqu’à risquer l’une des vôtres pour résister à mes flammes ? Pauvres fous ! Dès l’instant où une flamme l’atteindra, les autres ne se priveront pas pour venir la renforcer ! Ce qu’elle subira sera pire qu’un millénaire de torture de la pire espèce ! »

« Je pense qu’elle s’en remettra et qu’elle est assez forte pour tenir le coup. »

Dénialka ne semble néanmoins pas rassurée. Je vois que Giréléna aussi. Ces flammes sont si dangereuses que ça ? Je n’attends pas que ça réagisse. C’est à moi d’attaquer avant qu’Hanno décide de recommencer le même manège.

« NEV ! Ne fait pas ça ! Espèce d’inconscient ! »

Je revois un halo de feu autour d’Hanno. Mais je fonce à travers, voulant arriver jusqu’à elle mais son corps s’illumine déjà. Elle savait que j’allais traverser les flammes ?

« Allons, allons, ce n’est pas comme s’il ne fallait pas être fou pour venir affronter la déesse Harsia, n’est-ce pas ? De la pure folie. »

Elle s’en doutait … juste parce que je m’en prend à la déesse Harsia ? C’est donc comme ça ? C’est une réflexion surprenante et je le vois disparaître, entourée par les flammes avant de me traverser. Tout mon corps est parcouru par les flammes en même temps que je sens mes hanches qui s’ouvrent fortement, comme si j’avais perdu toute une partie de mon corps à cet endroit. J’ai la bouche grande ouverte, tentant de prononcer un mot qui ne sort pas de ma bouche. Je suis juste…

« Pourquoi combattre quand on ne possède pas les capacités ? Pourquoi utiliser ses capacités pour se battre ? Est-ce impossible pour chacun de pouvoir se réguler personnellement ? »

« Mal. J’ai mal. J’ai vraiment mal. »

Je ne peux dire que cela alors que je tente de me soigner. Je sens une nouvelle peau se former sur mes blessures et mes brûlures. Je sais que ça ne me guérira que faiblement mais au moins, que je sois encore capable de me battre. Retrouvant peu à peu mes esprits, je me retourne pour regarder Hanno. Elle est étonnée que je sois aussi vite rétablit.

« A mon tour, non ? Je … hahaha … vais faire pareil. »

Je ne sais pas pourquoi je dis cela. C’est sorti machinalement de mes lèvres alors que Giréléna et Dénialka qui s’étaient rapprochées de moi s’immobilisent maintenant. Des flammes, des battements d’ailes, je me visualise l’attaque d’Hanno dans la tête. Ça m’a l’air si simple à imiter alors que je ne possède pas d’ailes.

« Commençons alors par le feu sacré. »

« Vous blaguez, j’espère ? » déclare Hanno. Ce n’est même plus de la surprise mais de l’effarement alors que je suis pourtant plus que concentré. Tout me semble si simple à copier et je commence à m’exécuter. « C’est vraiment ça ? Ce sont les pouvoirs du Créateur ? »

« Fallait vraiment qu’il se mette en valeur de la sorte ? »

J’entends la remarque de Giréléna mais je n’y répond pas. Je ne vais pas me déconcentrer maintenant alors que dans le fond, tout est fait pour que … pour quoi ? J’ai un peu la tête ailleurs, je crois. J’ai du mal à me rappeler du nom de ma future femme. Giréléna, n’est-ce pas ? Des flammes quittent mes bras, venant se diriger en direction d’Hanno qui les stoppe aussitôt avec les siennes, criant :

« NON ! Héros ou non ! On ne peut pas copier mes flammes sacrées ! »

Même ça ? Je n’ai pas réussi ? Mon corps s’embrasse mais ce ne sont pas des flammes habituelles, capable de me brûler. Non, c’est doux et chaleureux. La femme-Ho-oh commence à reculer dans les airs, flottant quelques mètres en arrière.

« Ça ne me plaît pas du tout. Si vous voulez jouer à ça, nous serons deux ! »

Elle recommence l’attaque d’auparavant, celle qu’il m’a fallut des brûlures et ces blessures à la hanche. Il en est donc ainsi, n’est-ce pas ? Ca sera le dernier coup, sûrement. Car oui, j’implore intérieurement les esprits élémentaires de me confier tous leurs pouvoirs. Si elles ne le font pas, le combat s’éternisera et je perdrai alors.

Et je ne peux pas me le permettre. Même si Rygagagi me dit que c’est trop dangereux, je monopolise tous les éléments en moi. Je sens la terre, l’eau et l’acier qui se logent en mon être. Mais surtout, je ressens la puissance dévastatrice de Rygagagi.

« Qu’est-ce que l’on va faire de toi, Nev ? Tu n’es qu’un humain. Tu dois te le rappeler. »

Je ne suis qu’un humain ? Elle se trompe lourdement. Je suis plus qu’un humain, je suis un homme-pokémon, l’unique qui existe en ce monde. Je quitte ma position, mon corps flamboyant fonçant en direction de mon adversaire qui en fait de même. Nos corps rentrent en contact et tentent ensuite de continuer leur chemin.

« Qu’est-ce que … Nev ?! Ça veut dire quoi cela ?! »

« Que je suis prêt à tout pour vous emporter avec moi. »

Elle a finalement compris ce qui se passe. Oui, je ne l’ai pas lâchée. Je l’ai attrapée sans même qu’elle ne puisse réagir, nos deux corps continuant de flamber. Parfait.

Je suis dans son dos et malgré la chaleu et les flammes qui sortent de ses ailes, je la maintiens fermement. Ses serres de femme-oiseau tentent de m’attraper mais je ne me laisse pas faire alors que je lui murmure :

« Les flammes de l’enfer, n’est-ce pas ? Je vais vous emmener faire un petit tour. »

Un tourbillon de feu, crée par mes propres soins, se forme autour de nous. Le feu ne l’affecte pas ? Je suis sûr que si. J’en suis même certain. Nous décollons dans les airs avant de redescendre à une folle allure. J’entends uniquement la voix d’Hanno qui me demande :

« Qu’est-ce qui cloche avec vous ? Pourquoi vous allez jusqu’à faire cela ? Est-ce qu’effacer ce monde pour en créer un meilleur est une chose si aberrante ? Je serai heureuse de mourir pour la déesse Harsia si cela permettait l’avènement d’une nouvelle ère. »

« Et vous seriez heureux d’emmener à la mort vos filles ? Saikan ne veut pas voir ce monde disparaître. Même si vous n’avez pas forcément tort. »

« Saikan suivra l’exemple de ses sœurs. Il n’y aura aucune exception, seul de l’acceptation. »

« Ne décidez pas pour les autres. Comme Harsia, vous êtes quelqu’un qui ne pense qu’à sa petite personne et non aux autres. Je vais vous permettre de réfléchir à vos actes et paroles. »

Après que j’ai terminé cette phrase, le sol est la dernière chose que je percute, tête la première, en même temps qu’Hanno. Je n’arrive plus à réfléchir. Je … … …

… … … Quelqu’un pleure. Quelqu’un implore. Quelqu’un me demande de rester. Giréléna ? Est-ce que c’est elle ? Non. Mais ? Où est-ce que je suis ? Un liquide s’écoule sur mon visage alors que je finis par rouvrir faiblement les yeux. Je suis allongé au sol. Mais surtout, je vois une femme-chienne que je reconnais facilement : Saikan. C’est bien elle.

« Tu … vous vous réveillé, Nev. Je suis si … soulagée. J’avais peur que mon eau soit inefficace pour vous … ou ma mère. Je suis si … soulagée, oui. »

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demande-je avec lenteur.

« Saikan, tu me signales donc qu’il est soigné ? Je m’occupe du reste. »

Je vois Saikan qui hoche la tête faiblement, me jetant un dernier regard. Mon corps se fait soulevé puis enserré par la queue de Giréléna. Elle va bien ? Je jette un regard bref autour de moi. Les filles d’Hanno sont là et elle aussi d’ailleurs. Elle est à genoux, à moitié consciente mais surtout prête à être tuée par Dénialka et Panilkia. Cette dernière est dans un ale état.

« Nev, je n’ai même plus envie de comprendre ce que tu as fait mais il y a bien une chose que je vais te faire ancrer dans le crâne. »

Je m’apprête à me prendre un nouveau coup de sa part mais elle ne fait que m’enserrer plus fortement … puis plus rien. C’est le vide complet. Aucun mot, aucune parole, rien de rien. Je crois qu’elle est lasse de mes actions stupides. Je ne peux pas lui en vouloir. Je ferme les yeux, je dois me reposer pour quelques minutes … avant de reprendre la route.

Chapitre 11 : Jusqu’à la mort

Chapitre 11 : Jusqu’à la mort

« Où sont-elles ? Je veux le savoir ! Dénialka ! Panilkia ! Répondez-moi ! »

« Pourquoi est-ce que tu cries autant, Nev ? »

La voix de Migacirpy ! Je me tourne vers celle-ci, retrouvant un sourire qui disparaît presque aussitôt. C’est quoi ça ? C’est quoi cet état dans lequel elle se trouve ? HEY ! JE VEUX UNE REPONSE ! ET VITE ! Mais je vois que Niny l’accompagne, elle aussi dans un sinistre état. Non mais oh ? C’est quoi cette blague ? Je veux une explication !

« Le regard qu’il lance en dit long, Niny. Je crois qu’il a pas apprécié nos actes d’héroïsme. »

« Et comment je devrais les apprécier ? Je vous écoute, toutes les deux ! Et je veux surtout des explications car sinon, je risque de m’énerver ! »

En fait, c’est déjà le cas mais qu’importe, je les prend par les bras et les emmènent contre moi. Bon, sang ! Cette frayeur que j’ai eut. J’ai vraiment cru que j’allais les perdre toutes les deux. Plus que le fait qu’elles soient mortes, ça aurait été de ne pas être là, de n’avoir rien put faire pour les sauver. Ah … je veux qu’elles survivent.

« Hmm, Nev. Tu sais bien que Giréléna nous regarde, n’est-ce pas ? Il vaudrait mieux alors éviter ce genre de choses en public, non ? »

« Ne raconte pas de bêtises, espèce d’idiote. Le plus important est que vous soyez en vie. »

« Oui, oui, et on compte bien vivre de très longues années encore. Bon, est-ce que tu veux bien nous lâcher ? On a un peu mal. »

M’en fout qu’elles aient mal ! Je m’en fous complètement ! Malgré ma fatigue, je continue de me concentrer, utilisant mes pouvoirs pour les soigner toutes les deux. Étonnées que je fasse cela malgré mon état, Niny est celle qui bafouille :

« Non mais … Nev ! Tu es déjà exténué ! Nous aurions put très bien nous débrouiller tu sais ? Tu n’avais pas besoin de faire ça ! Pas du tout ! »

Je n’en ait strictement rien à faire. C’est dommage pour elles mais qu’elles soient blessées, c’est trop important pour que je ne laisse pas une telle chose être impunie. Enfin, j’arrête de les garder dans mes bras et recule de quelques pas avant de dire :

« Vous restez ici toutes les deux. Je ne veux pas prendre plus de risques. Vous pouvez même retourner en arrière et rester auprès des femmes-oiseaux. »

« Laisse-moi y réfléchir. Ah oui ! Non. Ma réponse restera la même. C’est non et non. Ne cherche même pas à nous arrêter, Nev. Tu sais pertinemment qu’à ce petit jeu, tu perds à chaque fois. Il va bien falloir que tu comprennes cela, n’est-ce pas ? »

« Et moi, je peux vous y obliger, Migacirpy. Quitte à utiliser la force pour cela. »

« Nev ? Est-ce que tu nous ferais vraiment cela ? » murmure Niny avec tristesse.

« J’ai l’air si convaincant que ça quand je menace une personne ? »

Je regarde Migacirpy qui hoche la tête négativement. Pas vraiment, non. Mais bon, c’est Niny et elle est encore assez crédule. Je soupire avant de tapoter la tête de la femme-Apireine.

« Je ne veux pas que ça continue, voilà tout. C’est aussi simple que ça. Vous avez mis vos vies en danger. Vous étiez presque mortes et je dois rester là sans rien faire ? Je dois prendre mes précautions pour que cela ne continue pas. »

« Tu n’as qu’à nous protéger comme tu le fais aussi bien non ? Pourquoi est-ce que ça ne serait pas aussi simple que cela, tu ne crois pas ? »

Si seulement ça l’était mais non, ça ne l’est pas et elle le sait parfaitement. La vie est loin d’être simple et ça me désole par rapport à tout ça. Donc ? Elles vont me suivre même si e décide de leur interdire, c’est bien ça ?

« Ne combattez pas si vous décidez me suivre. »

« Hmmm, je ne peux pas te promettre ça non plus, Nev. Ca ne serait pas très intéressant non ? Si on décidait tout simplement de faire comme tu le désires, tu ne crois pas ? »

« Arrête tes bêtises, Migacirpy, je suis plus que sérieux. »

Et je sais qu’elle l’est tout autant. Je l’empêche de parler en mettant ma main devant sa bouche. Elle me semble un peu colérique à cause de mon geste mais qu’importe. Je n’ai pas envie de discuter avec elle, surtout vu qu’elle refuse de m’écouter.

« Si vous êtes tous prêts et prêtes, nous allons encore gravir quelques marches. Je ne vais pas vous mentir, je ne sais pas du tout où tout ça vous emmener. »

« Surement jusqu’à la déesse Harsia, non ? C’est ce qui était prévu depuis le début. »

« Merci de cette remarque hautement intelligente, Giréléna. Tu brilles encore par tes paroles. Je te jure, vraiment, des fois, j’ai l’impression que tu te moques de moi. »

Elle murmure que ce n’est pas qu’une impression alors que j’hausse les épaules. On va éviter d’y répondre, ça sera mieux. Bon ! L’heure d’y aller, l’heure d’y aller ! Je commence à reprendre la route en direction des escaliers. Je dois monter lentement, me tournant vers les autres pour vérifier qu’ils me suivent bien.

« On va sûrement tomber sur la mère des trois femmes-chiennes d’avant, Nev. Tu t’en doutes, non ? Au cas où, méfies-toi. On ne sait pas sur quoi tu risques de tomber. »

« Merci bien de me rassurer, je me sens tout de suite mieux comme ça maintenant. »

Je lui fais un petit sourire ironique alors que je finis par arriver jusqu’à ce nouveau temple. Pénétrant en premier à l’intérieur, je suis rapidement rejoint par les autres alors que je jette un coup d’oeil autour de moi. Mmm. Je trouve la décoration vraiment très étrange, je dois avouer. On dirait un ancien lieu, fait de bois et provenant d’un pays lointain. Un temple, oui.

« Mais non pas un temple comme ceux d’auparavant. »

C’est la seule chose que je remarque principalement alors que j’attends que Giréléna et les autres soient là. Finalement, ça ne tarde pas trop et je finis par entendre une voix féminine qui vient dire, d’une façon solennelle :

« Bienvenue dans mon antre, héros. »

Je ne me fais pas d’illusions sur l’identité de cette voix féminine. La mère des trois femmes-chiennes. Je tente juste de la trouver du regard mais rien à faire. Elle a totalement disparu de mon champ de vision avant qu’un battement d’ailes ne se fasse entendre.

« Au-dessus de vous, héros Nev. »

Je relève la tête pour apercevoir … une femme-oiseau ? Interloqué, je la laisse descendre alors que je l’observe en même temps. Elle ressemble un peu à cette femme-Sulfura d’auparavant mais en plus élégante, plus gracieuse, plus noble. Un peu tout en fait.

« Qu’est-ce que vous êtes exactement, madame ? »

« Une femme Ho-oh pour être précise. Pour mon nom, contentons-nous de Hanno. Je pense que cela suffira pour aujourd’hui. Tu es donc celui qui a décidé de te prendre à la déesse Harsia mais qui a réussi aussi à battre Lugrète et ses filles, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas. Je ne suis pas forcément fier de ce résultat mais des fois, il faut faire avec les moyens du bord et ne pas regretter ses choix. »

« C’est toi aussi qui a réussi à convaincre ma fille Saikan, n’est-ce pas ? De se ranger de ton côté même si elle est prête à se battre jusqu’au bout. »

« Je n’ai rien fait de tout cela. Elle est libre de ces décisions. Je ne l’oblige en rien, je ne suis pas là, derrière elle, à la chaperonner ou la manipuler. »

« Je n’ai guère dit cela. Néanmoins, pour la convaincre du bien fondé de vos actions, il ne faut pas que des paroles et des actes, il faut bien plus que cela. »

Je ne sais pas où elle veut en venir mais les trois femmes-chiennes sont derrière elle. Saikan m’observe, ne laissant paraître aucune émotion sur son visage. Ça me désole tout ça. Mais bon, là, je me focalise surtout sur Hanno.

« Vous êtes une femme-oiseau manipulant le feu, n’est-ce pas ? »

« Cela n’est guère difficile à apercevoir par rapport à mon plumage mais oui, c’est bien le cas. Bien que je sois une femme-oiseau, je suis la mère de ces demoiselles. »

Elle est aussi une mère. Je n’ai pas perdu toute ma motivation à la combattre mais je repense à Lugrète. Cette pensée est vite arrachée de ma tête lorsque je me dois d’éviter une flamme qui fonce vers moi à vive allure, Hanno ayant décidé de battre des ailes comme pour me mettre en garde. Me mettre en garde contre quoi ? Contre elle, sûrement.

Ses ailes rouges sont belles, très belles. Elles passent au blanc puis finissent avec un bout vert tandis que son allure ressemble quand même à celle des autres femmes oiseaux. Il n’y a bien que le visage et la poitrine, qui malgré qu’elle soit recouverte de fourrure, qui sont bien féminins. Je note aussi sa crête jaune sur le crâne, trouvant cela loin d’être vilain.

« Tu continues, n’est-ce pas ? Une punition s’impose. »

Un mouvement de battements d’ailes et voilà que des cris atroces se font entendre derrière moi. Une bourrasque enflammée vient de coûter la vie à une centaine de femmes-pokémon et d’humains, comme ça ! En un simplement battement d’ailes !

« Contrairement à Lugrète, je n’hésiterai pas un seul instant à utiliser tout ce qu’il faut pour te vaincre. Et mes filles non plus. »

Aucune hésitation, n’est-ce pas ? Moi, j’ai toujours ce besoin inexplicable de laisser une chance à mes adversaires. Sauf quand ce sont de véritables pourritures et monstres comme avec Ganasia. Et là ? Je ne sais pas encore mais elle part très mal.

« Venez par ici que je m’occupe de vous. Je pense qu’un peu de plomb dans la cervelle vous fera le plus grand bien. Et autant y aller de façon radicale, non ? »

« Intéressante menace. Montrez-moi donc ce dont vous êtes capable, héros Nev. Et que vos compagnons ne meurent pas trop vite, cela sera serait fort dommage pour le divertissement avec mes filles. Saikan, toi aussi. »

« … … … Oui, mère. Je vais y aller. Je vais vous épauler. »

« Non, je n’ai pas besoin de toi contre le héros. Tu n’as qu’à t’occuper de son enfant, de sa femme et des cousines de cette dernière. N’oubliez pas les gradés militaires et faites un carnage parmi les unité ennemies. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre maintenant. La confiance de la déesse Harsia est absolue. »

« Encore une qui veut tout simplement profiter de la protection d’Harsia ? »

« Elle avait des arguments pour cela mais qu’importe, ce n’est pas le moment de se poser autant de questions. Il semblerait que vous voulez vous battre. Venez donc. »

« Vous allez vite comprendre votre erreur ! »

C’est juste une femme-oiseau de feu ! Et le feu, je sais particulièrement bien l’éteindre ! Je demande à Rigorek de m’épauler alors que je concentre mon énergie dans mes deux mains, créant un rocher d’au moins un diamètre humain avant de le projeter en la direction de la femme Ho-oh. Celle-ci ouvre la bouche, crachant un souffle de feu.

Elle pense vraiment pouvoir briser un … gloups ? Elle ne le brise pas, elle fait fondre tout simplement, devant mes yeux ébahis. Ce n’est pas une blague. Cette femme a bien réussi a faire ça ? J’en étais sûr ! Une femme-poémon comme Hanno, qui décide de se battre sérieusement, est aussi forte que Graudan ou Kyourge ! Je n’aurais jamais dût en douter ! Maintenant, c’est fait ! Cette femme-pokémon veut vraiment me tuer !

C’est comme ça que ça devait se passer depuis le départ. J’ai eut de la chance avec les femmes-oiseaux mais celle-ci est bien différent. Je ne dois pas me montrer déraisonnable. Il faut que je la stoppe maintenant !

Je vais faire comme prévu. Je vais m’occuper seul de cette Hanno qui me pose autant de problèmes. Je dois accélérer ça ! Et vite ! Pourquoi qu’à chaque fois, j’envisage que j’ai du temps ? Car plus j’en perd, plus je sais que cela va finir de façon dramatique.

« J’ARRIVE MAINTENANT ! »

Encore une fois, je ne dois pas compter sur le pendentif mais mes propres pouvoirs. Cette voix en moi m’a montré que j’en avais la force ! Que j’ai mes propres capacités ! Que je suis un homme-pokémon et donc que j’ai aussi des pouvoirs ! Je commence à me téléporter et à disparaître, comme lors de mes précédents combats.

« Ça ne fonctionnera pas comme cela. Pourquoi me focaliser sur un seul point alors que je peux toucher tout le monde ? »

Un halo de feu se forme autour d’elle. Je n’ai pas le temps de crier que je regarde tout le monde. NON ! Je ferme les yeux subitement, me concentrant de toutes mes forces avant de créer une barrière translucide autour de l’halo de feu. Celui-ci ne progresse pas mais se referme autour de nous, m’emportant dans les flammes.

« IMBECILE ! » est le premier mot que j’entends lorsque je retrouve mes esprits, quelques secondes plus tard. Giréléna est à mes côtés alors que je stationne dans les airs. Une désagréable odeur de brûlé se fait ressentir à mes narines alors que j’halète. Je n’ai pas réussi à me protéger à temps.

« Tu me donnes mal au crâne, Giréléna. »

« Ca ne sera rien comparé à ce que tu viens de faire ! T’es un idiot ou quoi ?! Je te rappelle que l’on peut se protéger de ces foutues flammes ! Tu crois qu’il y a des femmes-pokémon pour quelle raison ? Pour tes beaux yeux ? Pour que tu les observes ? BORDEL ! Même certains humains manipulent un peu la magie à des niveaux basiques, loin de ceux des créatures élémentaires, ça ne veut pas dire que ce sont des imbéciles ! Ils peuvent se débrouiller ! On aura des morts ! Tu peux pas sauver tout le monde alors concentres-toi sur ton objectif premier : mettre une raclée à cette garce emplumée ! »

« Hahaha. Visiblement, la pseudo-reine des femmes-pokémon ne m’apprécie guère mais qu’importe, nous ne sommes pas là pour vivre avec de bons sentiments. La réalité est toute autre ! Au final, vous allez être rapidement décontenancés. Dommage pour vous, n’est-ce pas ? Je peux vous affronter tous les deux, ce n’est pas un souci. »

« Et tous les quatre ? Tu penses pouvoir tenir le coup ? » déclarent deux autres voix. Dénialka et Panilia ? Et les autres alors ? Qui va les protéger contre les trois femmes-chiennes ? Elles me signalent de ne pas m’en faire tandis que je secoue la tête. Oui, c’est vrai, j’ai bien mieux faire que ça ! Nous sommes quatre dont trois des plus puissantes entités de ce monde. Hanno ne semble pourtant même pas apeurée. Non, elle en est amusée. Elle pense sérieusement pouvoir obtenir la victoire malgré ça ? Elle est folle !

Chapitre 10 : Perdues de vue

Chapitre 10 : Perdues de vue

« N’ayez aucune hésitation car je ne vous pardonnerai pas, Nev. »

« Je ne compte pas hésiter dans ce combat. Si je suis seul, je donnerai mon maximum. Préparez-vous alors à cet affrontement ! Je ne retiendrai pas mes coups ! »

« Alors montrez-le moi maintenant, n’hésitez pas un seul instant. »

Je vais le lui montrer ! Avec mes deux épées, je décide de courir en sa direction, comme à mon habitude. Je me dis qu’un jour, il faudra que je réfléchisse à faire quelque chose d’un peu plus innovant et moins classique. La femme-Suicune fait un saut en arrière, évitant alors mon attaque avec aisance. Elle me projette de l’eau mais j’esquive sur le côté.

« Soyez sérieux, je tiens à vous en prier. Ne m’obligez pas à attaquer autrui. »

« Je le suis ! Je prends juste la température pour voir ce que ce combat va donner, rien de plus. Il n’y a pas à s’en faire. S’il le faut vraiment, je vais vous le montrer. »

« S’il le faut ? Je viens de vous demander de me combattre avec toute votre force. Je n’aurai aucune hésitation, dois-je me répéter ? »

Pas besoin ! Pas besoin ! Qu’est-ce que ça veut dire hein ? Que je ne suis pas encore assez combattif ? Puisqu’elle le prend comme ça, elle va avoir une mauvaise surprise ! Je me téléporte subitement pour arriver dans son dos, la forçant à se retourner. Plus que choquée, elle se retourne juste à temps pour réagir et tenter d’échapper à mon coup mais c’est trop tard pour une esquive complète.

« Un peu plus satisfaite maintenant, mademoiselle ? »

Je dis cela sans ironie alors que la lame dans ma main droite est ensanglantée. J’ai réussi à la blesser mais non de façon assez importante. HUMPF ! Bon, c’est déjà mieux que rien de toute façon, je n’ai pas vraiment à me plaindre à ce sujet.

« Cela me fait mal, vraiment très mal. Je dois le reconnaître. Mais … »

Malgré la blessure, elle ne semble pas vraiment souffrir de mon attaque. Je devais m’en douter de toute façon. Si cela avait été aussi simple, je n’aurai jamais eut besoin de combattre. Hum ? Pourquoi est-ce que le vent se lève ?

« Je ne manie pas uniquement l’eau mais plusieurs éléments. »

Je viens de le remarquer juste à l’instant. Je fais un mouvement sur le côté mais la lame de vent est beaucoup plus rapide qu’une attaque aqueuse et voilà qu’une entaille se fait voir au niveau de ma hanche. Purée ! Ca, ça ne fait pas du bien ! Une tornade se forme tout autour de moi, prête à m’emporter si je ne bouge pas. Je m’élance en avant, faisant une roulade pour traverser la tornade avant qu’il ne soit trop tard. Je n’ai pas le temps de voir si elle a disparu ou non, ma seule focalisation est la femme-Suicune. Je me téléporte une nouvelle fois, arrivant cette fois-ci par la voie des cieux. Mais elle a la tête levée en direction du ciel, comme pour m’attendre. Zut ! NON ! Je ne le permettrais pas !

« Désolé mais non, pas cette fois ! Au revoir ! »

Je me retrouve à me téléporter une nouvelle fois. J’arrive derrière elle mais elle m’attend encore ? Encore ? NON ! Elle ne m’auras pas ! Encore une fois ! Et encore une fois ! Et encore une fois ! Je suis en train de me téléporter continuellement !

« Tout cela est assez surprenant, il faut l’avouer. Mais vous avez une limite, héros Nev. »

Elle ne ment pas. Elle connaît visiblement parfaitement mon corps. Je ne peux pas tenir très longtemps face à elle dans de telles conditions. Enfin, ce n’est pas comme si elle me domine depuis le début, c’est plutôt le contraire. J’ai l’ascendant dans ce combat.

Et elle le sait aussi ! Elle sait que je peux facilement la battre ! Mais pourtant, c’est elle, qui, de part ses techniques, arrive à diriger un peu le combat. Alors, est-ce que c’est moi qui gère ce combat ou l’inverse ? Je suis complètement déboussolé maintenant.

« Venez donc m’attaquer, Nev. Vous ne pouvez m’atteindre par le corps à corps. Êtes-vous capable de faire de la magie ? »

« Je ne vais pas vous en montrer un exemple, je trouverai cela stupide. Ce n’est pas dans mon intention de toute façon. Ne vous préoccupez pas de ça. »

Elle me sourit faiblement. Je crois bien qu’elle me tendait un piège que j’ai évité d’une façon plus que merveilleuse. Comme quoi, je ne regrette pas d’avoir réfléchit à cela avant de produire quelques morceaux de pierre.

Et maintenant ? Elle est là, ouvrant la bouche avant de la diriger vers les cieux. Un rayon aux couleurs de l’aurore boréale en sort, disparaissant dans les nuages. Nous sommes dans son espace, elle n’a pas le contrôle de ce dernier ? C’est étrange.

« Que le blizzard s’abatte sur cet endroit. »

Et elle espère impressionner qui en agissant de la sorte ? HUM ! ZUT ! Je sais ce qu’elle compte faire ! Le ciel commence à produire des grelots qui s’abattent sur tout le décor. Elle me regarde avec neutralité alors que je me tourne vers Giréléna et Gilitée. Cette dernière est protégée par une barrière psychique autour d’elle, sa mère et Titonée.

« Je pensais que c’était simplement un combat entre vous et moi ? SAIKAN ! »

« Cette grêle n’est pas très dangereuse. Elle ne tuera personne sauf si le combat perdure trop longtemps. Le temps tourne et vous savez très bien que vous ne pouvez pas faire durer tout cela, n’est-ce pas ? Concentrez-vous, je vous prie. »

« Je ne comprends pas pourquoi je dois prier ou autre mais bon, je vois où vous voulez en venir. Puisqu’il en est ainsi, vous l’aurez voulu. »

Je ferme les yeux, me demandant si la voix qui est en moi va encore m’adresser la parole ou non. Je préfère éviter ça. Bon ? Élément, élément, élément. La glace pour lutter contre la glace ? J’ai mes épées en main mais ça ne sera pas suffisant, je crois bien.

« Prier est une conception humaine mais aussi des femmes-pokémon. Cela permet à ces personnes de se rassurer sur leur avenir, sur leur histoire, sur leur famille, sur tout ce qui les entoure. Pourtant, même si ce monde est faible et que les humains comme les femmes-pokémon le polluent, ça ne veut pourtant pas dire qu’il faille le détruire. »

« Je… » commence-je à bafouiller. Sa vision est loin d’être horrible. Alors pourquoi ?

« C’est à nous de tout faire pour le purifier et non au divin de s’en mêler. Pourquoi faut-il que des êtres aux pouvoirs surpuissants décident de ce monde ? Sans écouter la voix qui en ressort ? Pourquoi faut-il toujours que cela se passe de la sorte ? »

« Je ne sais pas, je ne peux pas te répondre à tout cela. Pardonne-moi mais je vais devoir accélérer le combat et en terminer le plus tôt possible. »

Elle ne mérite pas que je la combatte. Cela voudrait dire que je doive la blesser. Cette femme-pokémon, comme tant d’autres, aurait mérité d’être connue dans des circonstances moins aggravantes. C’est ça qui faisait la beauté de ce monde. Il y avait des millions voire des milliards d’être différents, humains ou femmes-pokémon. Et chacun méritait que l’on s’attarde. Pourquoi la vision d’une personne, aussi infiniment plus forte que les autres, devrait-elle être au-dessus des autres ?

« Toi, je ne te connais pas mais aides-moi comme auparavant. Permets-moi d’affronter cette femme-Suicune et de la mettre hors d’état de nuire, je t’en prie. »

« Je suis un lâche. J’ai fuit devant mes responsabilités et voilà ce que cela a donné comme résultat. Je ne mérite guère sa personne. »

« Est-ce que tu veux bien m’aider ou non ? Je ne sais pas de qui tu parles mais ce n’est pas en te lamentant que tu avanceras dans la vie. »

« Et si … dans le fond, elle ne m’appréciait pas ? Qu’elle voyait dans ce corps ce que j’étais mais ce que je ne suis plus ? Est-ce qu’elle est encore capable de m’apprécier ? De ne pas se soucier de tout ce temps perdu ? »

« Est-ce que tu veux bien m’aider ou non ? J’ai besoin de toi, maintenant ! »

Je me fiche de ses paroles ! Je ne sais même pas de qui il parle, de qui il est ou autre ! La seule chose qui me préoccupe … AH ! C’est quoi ça ? Je lâche mes deux épées, poussant un gémissement de douleur avant de tomber à genoux.

« Ca fait mal ! Qu’est-ce que tu fous ?! »

« S’il faut combattre un adversaire, autant que cela soit fait alors de façon radicale. Il faut avancer, ne jamais reculer ou s’enfuir. »

De la foudre ? C’est bien de la foudre qui sort de mes mains. La femme-Suicune commence à reculer, impressionnée tandis que je commence à saisir comment je dois utiliser cette foudre. Seulement tendre la main et la projeter sur mon adversaire. Mais j’ai des éclairs au bout des deux mains. Si je les balance, elle va mourir !

Pourtant, le premier éclair quitte ma main droite, venant foudroyer mon adversaire sur place, la paralysant et la faisant s’écrouler au sol. De la fumée sort de son corps mais je pousse un hurlement avant de pointer mon autre main vers le ciel, les éclairs se dirigeant vers lui. Quand c’est fini, j’halète grandement avant de bredouiller :

« Mais c’était quoi ça ?! Depuis quand est-ce que je sais produire de la foudre ? »

« Puissant. » murmure faiblement la femme-Suicune. Pas le temps de penser à mes pouvoirs ! Elle est gravement blessée ! Je cours vers elle alors que le blizzard s’arrête peu à peu. Et ZUT ! J’ai encore une fois exagéré pour ne pas changer ! Je suis stupide ! Complètement stupide ! C’en est tout simplement aberrant !

« Attends, je vais te soigner. Ne bouge pas trop. »

« Ne vous préoccupez pas de moi, Nev. Je n’en mérite pas votre intérêt. Ne vous souciez guère de ma personne et avancez. Pouvez-vous me promettre tout simplement de vouloir arrêter la déesse Harsia ? Bien que je fus obligée de la suivre, je ne veux pas qu’elle détruise ce monde pour le reconstruire. S’il suffisait de tout effacer pour tout recommencer, ce monde cesserait d’évoluer. Nous aurions peur de la découverte, des sciences, de tout ce qui nous entoure. Si dès l’instant où nous faisons quelque chose de nouveau, une voix nous dise : « Il vaut mieux te détruire plutôt que de découvrir quelque chose qui risquerait de compromettre la stabilité de ce monde. » Comment devons nous alors réagir ? » Devrions nous avoir peur ? »

« Ne bouge donc pas, je vais te soigner. Je te l’ai promis, je le ferais. »

Hors de question qu’elle disparaisse. Hors de question de l’abandonner ! Mes mains laissent parcourir une aura rose alors que les brûlures causées par la foudre commencent à disparaître. Voilà, elle va aller mieux, bien mieux maintenant.

« Pfiou, c’est pas ce que je pensais être la meilleure chose à faire mais au moins, tu es vivante. Est-ce que tu peux te relever correctement ? »

« Je le peux, Nev. Mais, je reste votre adversaire, vous vous en doutez ? »

« Je m’en doute et ça ne me dérange pas. Harsia a besoin de comprendre qu’il n’y a pas de souverain capable de diriger ce monde. C’est à chacun de faire de sa petite vie une trace qui restera dans ce monde pour l’éternité. C’est avec des femmes-pokémon comme toi que les humains devraient communiquer. »

Je l’embrasse doucement sur le front alors qu’une petite rougeur apparaît sur ses joues. Je ne comprends pas la raison de mon geste mais je sais que je devais l’accomplir. Elle a les yeux qui brillent alors que je sens qu’elle va pleurer.

« Je ne veux pas vous battre. Je ne veux pas me battre. Même si je suis en colère contre ce monde, je ne veux pas tuer les espèces qui y habitent. Je veux juste le rendre plus beau pour que chacun et chacune puisse comprendre que le moindre geste envers la nature sera remercié par cette dernière. Est-ce que je me trompe de voie en agissant ainsi ? »

« Nullement, Saikan. Tu peux te relever ? »

Elle hoche la tête positivement alors que je l’aide pourtant à se remettre debout. L’espace se distord autour de nous avant que je ne me retrouve ,accompagné de l’armée, Titonée, Giréléna et Gilitée, de l’autre côté du temple.

C’est donc ainsi ? Aucun mort de mon côté. Je crois que je peux être soulagé.  Il y a des blessures mineures chez tout le monde et je sais que je ne pourrais pas les soigner. Néanmoins, il n’y a rien de dérangeant au point de nous empêcher de nous battre.

« Bon, maintenant, il faut juste que l’on attende les autres, n’est-ce pas ? »

« Nev ? Je dois aller auprès de ma mère. J’espère que vous comprendrez que malgré tout ce que l’on s’est dit, je vais devoir continuer à me battre, jusqu’au bout. »

« Fais donc, Saikan. Je t’empêcherai de nuire aux autres le plus rapidement possible. Ainsi, tu n’auras pas à te soucier de tout ça, d’accord ? »

« … … … merci pour tout. »

Je sais que ces remerciements sont sincères. C’est le plus important à mes yeux. Je suis content et satisfait de voir la tournure des événements. Mais maintenant, j’aimerai bien … AH ! Les voilà enfin ! Les armées sortent des deux autres temples. J’ai à peine le temps de réagir qu’une ombre enflammée passe à côté de nous, accompagnée par une autre parcourue par la foudre. WOW ! D’autres femmes-pokémon ?Les sœurs de Saikan ?

« Ah. Pfiou. Vraiment, je ne m’attendais pas à ça. Je n’ai même pas put me protéger ! S’il y avait eut quelque chose, j’aurais eut de gros problèmes. »

« Si tu le dis, Nev, si tu le dis. Mais bon, maintenant, on va pouvoir aller vers leur mère, lui mettre quelques baffes et ensuite nous diriger vers Harsia. J’espère vraiment que y a pas d’autres femmes-pokémon qui nous attendent car ça m’énerve. »

Je ne réponds pas à Giréléna bien que je souris. Moi aussi, j’espère que la mère de Saikan ne sera pas un trop gros problème. Mais bon ? Je vois les armées qui arrivent jusqu’à nous ainsi que Dénialka et Panilkia. Je vais vers elles, leur disant :

« Ce n’était pas trop dur ? On dirait que vous avez salement souffert. Et vos armées et celles des humains, les pertes sont vraiment importantes là. Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Elles ont inversé leurs positions. Alors que nous pensions-vous prendre l’ascendant, il s’avère que ce fut complètement l’inverse. »

« Ca ne me rassure pas le moins du monde sur la suite des événements. Enfin bon, je peux tenter de vous soigner avec l’aide de quelques femmes-pokémon mais là, je ne pense pas qu’il sera possible de faire disparaître toutes les blessures. Mais tout d’abord, où sont Niny et Migacirpy ? Je n’arrive pas à les voir. »

Aucune réponse ? Pourquoi est-ce que le regard des deux cousines est fuyant ? Il s’est passé quelque chose pendant que je n’étais pas là ? Je veux une réponse. Et vite. Ou alors, je veux voir Migacirpy et Niny. Rapidement. Le plus tôt possible même. Vite, j’ai dit.

Chapitre 9 : Malchance

Chapitre 9 : Malchance

« Tic, tac, tic, tac. » commence à dire Giréléna alors qu’elle rampe à côté de moi. En haut des escaliers, il y a encore trois temples, rien que ça. Ça n’a pas suffit la première fois ?

« Tu peux arrêter ça, Giréléna ? C’est agaçant et énervant, surtout que ça ne sert à rien de faire tout ça. Merci bien, tu serais un amour de Giratina. »

« Oh ? Un amour ? Ce terme ne me dérange pas trop quand tu l’utilises de la sorte. Tu ne veux pas continuer à m’en dire plus, Nev ? Je reste avec toi, tu t’en doutes non ? »

« Je m’en doute, je m’en doute. Fais juste attention au cas où. Protèges Gilitée aussi. »

Je ne pourrais pas tout faire, surtout que je ne connais rien de nos adversaires. Lorsque j’arrive à la hauteur des trois temples, je les observe. Là encore, de petites démarcations sont visibles : le marbre de celui de gauche avait une belle lueur jaune un peu dorée, celui du milieu était parcouru par des lignes rouges tandis que le dernier, celui de droite avait des lignes bleues. Humpf ! C’était alors bien simple, n’est-ce pas ?

« Tu ne trouves pas ça étrange, Nev ? On répète la même chose non ? »

« Ce n’est pas si étonnant qu’ils tentent de nous piéger. Néanmoins, nous sommes plus malins qu’eux et nous ne tomberons pas dans ce piège aussi grossier. »

« Qu’est-ce que nous faisons alors ? Je compte rester avec toi, je te préviens. »

Elle se répète mais bon, elle veut se sentir rassurée. Je suis sûr qu’elle en a rien à faire de tous les autres ou alors peut-être un peu. Ce qui lui importe le plus, c’est de savoir comment je vais mais aussi Gilitée. Alors que je vais prendre la parole, Niny déclare :

« Je pars vers le temple aux couleurs dorées. Ça me semble être bien ! »

« Je ne t’accompagne pas, Niny. Je vais partir vers le temple aux couleurs rouges. J’aime bien le rouge, ça me rappelle un peu le sang, hahaha ! »

« Migacirpy, fais surtout attention à toi, Titonée ? Où est-ce que tu vas ? »

« Je reste avec vous trois. Ça sera plus facile pour Giréléna de combattre si elle ne se préoccupe pas de Gilitée pendant que je la protège. »
Je pense que je dois la remercier mais je n’ai pas du tout la tête à cela. Je regarde Panilkia et Dénialkia. Dénialka signale qu’elle part vers le temple aux rayures dorées comme Niny tandis que Panilkia va vers le temple aux bordures rouges.

« Je pense que tout est bon alors. Nous ferions bien d’y aller aussi. Vous autres ? Vous êtes tous prêts ? Et surtout prêtes aussi ? »
Car oui, je n’oublie guère les autres personnes qui nous accompagnent. Je sais pertinemment que les femmes-pokémon aussi de l’énergie à revendre. Enfin, les hommes aussi, bien entendu. Il ne faut pas croire que je fais une préférence envers les femmes-pokémon.

Mais je ne me préoccupe plus du tout de tout cela. Je regarde juste devant moi avant de pénétrer dans le temple, accompagné par les autres. Aussitôt, un flash m’aveugle alors que je pousse un petit soupir : encore de la téléportation, n’est-ce pas ?

« Elles ne peuvent pas changer un peu tout cela ? Ca en devient presque lassant à force. Enfin bon, je ne vais pas trop m’en plaindre non plus. Vous allez bien ? »

« Je vais bien, Gilitée aussi. » me dit Titonée alors que je la remercie intérieurement d’être là. Sans elle, ça aurait put être ennuyeux. Par contre, le décor me refait une nouvelle fois penser un peu à l’eau. Il faut dire que je me trouve en face d’un lac entouré par une belle verdure. Le dit-lac commence à avoir quelques vagues à sa surface jusqu’à ce qu’une femme-pokémon nen sorte. Comme par magie, elle marchait tout simplement sur la surface.

« Dire que vous avez réussi à battre les femmes-oiseaux. Il faut avouer que cela reste non surprenant en vue des troupes que vous avez ramenées. »

« Est-ce que vous allez vouloir vous battre directement ou il est possible de dialoguer. »

« Qu’importe ce que l’on se dira, l’affrontement sera l’unique issue valide de ce combat. Pourquoi alors chercher à discuter ? Sauf si vous le désirez, le plus important est de vous empêcher d’atteindre la déesse Harsia, qu’importe la méthode utilisée. »


Au moins, je peux pas avouer qu’elle me ment. Elle est franche, très franche et je peux alors mieux la regarder. C’est une femme-pokémon marchant à quatre pattes. Une femme-bête ? La première chose que je remarque, c’est sa fourrure bleue parcourue de losange blanche. Elle a aussi une crinière, très longue crinière violette qui lui fait tout le corps tandis que son visage aux yeux rouges arbore un cristal vide en son intérieur, assez gigantesque là aussi. Sa poitrine est recouverte de fourrure mais semble généreuse.

« Je m’appelle Nev, je ne pense pas qu’il y ait besoin de me présenter mais je le fais. »

« Je suis une femme-Suicune. Est-ce que mon prénom est vraiment si important ? »

« Il l’est pour moi puisque je ne compte pas vous tuer, ni toi, ni tes sœurs, ni ta mère. »

Je me doute que c’est encore une famille en face donc je me doute de cela. Elle semble un peu surprise par mes paroles mais hoche la tête positivement :

« Il est vrai. Je m’appelle Saikan. Enchantée de vous connaître, héros. Je pense qu’en d’autres circonstances, nos relation auraient été meilleures. Vos actes et paroles pour permettre un monde meilleur ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde. »

« Alors, il n’y a aucune solution pour empêcher un combat, non ? »

« Il semblerait que non, j’en suis désolée. Mais sachez une chose : que vous oeuvriez pour la paix entre les humains et les femmes-pokémon ne feront pas que ces deux races s’apprécieront. Moi-même, je hais les humains comme les femmes-pokémon. Ceux et celles qui n’hésitent pas à polluer la nature et les lacs, sans même se soucier de leur environnement. C’est ceux que je hais plus que tout. »

« Je ne suis pas parfait pourtant sur ces points-là, c’est même bien différent. »

« Non, c’est totalement différent. Chacun à son opinion. Veuillez commencer à vous battre. Est-ce que vos camarades vont aussi se battre ? »

C’est étrange mais je viens de comprendre une chose. Il n’y a aucune personne autour d’elle ! Alors que j’ai Giréléna, Titionée et les générales mais aussi l’armée de femmes-pokémon et d’humains. Ça serait tout simplement une victoire bien trop aisée.

« Giréléna ? Générales ? Ne vous occupez pas de ça. »

« Pourquoi est-ce que nous le ferions ? Je sais déjà ce que tu as en tête : je te connais depuis des années. Tu veux l’affronter seul à seule. »

« C’est le cas. Je suis désolé mais sinon ça ne me semble pas très équitable. Je sais qu’en pleine guerre, l’égalité, on s’en fiche mais en même temps, là, c’est exceptionnel. Normalement, je ne ferais pas une telle chose sans prévenir. »

« Oui, oui, cherches pas d’excuses et vas-y au lieu. Tu me fatigues déjà. »

Je ne sais pas si je dois la remercier de m’adresser la parole de la sorte mais bon, maintenant, je peux y aller. Je me place face à la femme-Suicune, réfléchissant au moyen de se battre contre elle. Je murmure à Stelireg de m’épauler, celle-ci me forgeant deux épées dans mes mains. Je ne vais pas utiliser ce pendentif, je garde ça contre Harsia, pour lui faire une sacrée surprise. Je suis sûr qu’elle l’appréciera.

« Voilà pourquoi je vous apprécies, Nev. »

« Pas besoin de me le dire, je ne le fais pas que pour vous mais aussi pour moi. »

« Je m’en doute. Veuillez alors vous préparer. »

Me préparer ? Ah oui ! Bien entendu ! Elle me laisse me concentrer pour ce combat. J’entends Rygagagi dans mon être. Elle me murmure qu’elle ne pensait pas que j’affronterai une femme-pokémon d’élément aqueux dans ce temple.

« Je pensais aussi à un piège mais il semblerait que je me sois trompé. »

« Comme quoi, des fois, on réfléchit beaucoup trop alors que la situation ne l’exige pas hein ? Bon ! Je te laisse te charger de tout ça par toi-même ? »

« Merci bien, j’avais juste besoin de quoi combattre. Si tu peux prévenir tes sœurs de ne pas venir me protéger ou autre, ça serait parfait. »

« Ca sera fait et … Nev. Je voulais te dire une chose : je suis heureuse de te connaître. Non pas pour ce que tu es dans le fond mais pour ce que tu es maintenant. »

Je ne comprends pas grand chose à ce qu’elle raconte mais je pense que c’est un compliment. Elle évoque ma personnalité et non le fait que je sois un homme-pokémon.

Ailleurs, dans un autre endroit, Niny est déjà en train d’haleter, transpirant à grosses gouttes. Surprise, elle recule de quelques pas, bredouillant :

« Pourquoi est-ce que vous êtes ici ? Nous avons pris pourtant ce temple aux allures dorées ! »

« Piège, c’était donc un piège. » déclare Dénialka, gémissant de douleur, toute aussi surprise que Niny. Des flammes, tout le monde est entouré par les flamme, certains criant déjà avant de disparaître sous le feu. En face de tout ce monde, une seule femme-pokémon est présente.

« Hmmm … autant elle n’a pas accepté de jouer le jeu, autant il faut reconnaître qu’échanger ma place avec mon autre sœur à ses avantages. Que pensiez-vous ? Pouvoir encore gagner la guerre des éléments comme cela ? Hahaha. »

« Vous avez échangé vos places, toi et ta sœur. C’est vrai que nous n’avions pas fait attention à nos faiblesses. Niny, je m’excuse. Je n’avais pas pris en considération cela. »

« Tu n’as pas à t’excuser pour cela. Tu n’es pas responsable de mon choix ! Par contre, avec tout ça, je ne pourrai pas soigner nos blessures. Mon miel va fondre avant même de pouvoir utiliser ses effets, c’est à moi de me faire pardonner. »

Si elles commencent chacune à s’excuser envers l’autre, elles ne pourront pas vraiment se focaliser sur le combat. Leur adversaire est seule mais terrifiante : Une femme-bête marchant à quatre pattes, recouverte de fourrure brune mais avec des « ailes » de poils gris qui lui sortent des hanches bien qu’elles ne servent pas à voler visiblement. Sa crinière est jaune tandis que son visage est parcouru par des taches rouges se mêlant avec la couleur de ses yeux. Sur son dos, une autre crinière, un peu verte, flotte au vent de cette chaleur intense qui augmente de seconde en seconde.

« C’est donc tout ce que vous avez à me montrer ? » murmure t-elle alors que sa moustache grise, loin d’être disgracieuse sur son visage, pointe vers le sol.

« Le combat ne fait que commencer. Ne croit pas avoir obtenu la victoire bien trop vite. »

« Je ne crois rien. Croire en quelque chose est une conviction sur laquelle les faibles se raccrochent. Impuissants et dénués d’intérêt, ils attendent qu’un plus puissant qu’eux fasse leur travail de façon bien plus simple. »

« Elle ne semble pas beaucoup apprécier les autres femmes-pokémon et les humains. » chuchote Niny alors que Dénialka ne peut que confirmer ses propos.

« Ce n’est pas bien grave, nous ne sommes pas là pour s’intéresser à l’état d’âme de chacune. Nous devons avancer et obtenir la victoire pour éviter que Nev est encore plus de travail sur les épaules. Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Que tu peux compter sur moi pour t’épauler ! On va y arriver! Et avec l’aide de tout le monde, ça sera possible ! VOUS ÊTES PRÊTES ?! ET PRÊTS ?! »

Niny avait crié, hurlant aux différentes armées derrière elle et Dénialka. Elle allait diriger tout ce petit monde vers un seul endroit : la victoire contre cette femme-pokémon !

« Hahaha ! Donc voilà un peu de vrai exercice ? »

« Il semblerait que mes éclairs sont sans effet sur toi ? »

Migacirpy continue de rire bien que les brûlures causée par la foudre sont présentes sur son long corps cylindrique. Elle serre les dents avant de répondre sur le même ton qu’avant :

«  Sans effet, je ne sais pas ! Par contre, ça me donne une pêche du tonnerre ! J’espère que tu es prête à ce que je t’éclate les dents hein ? Ça serait dommage que ça ne soit pas le cas ! »

« Migacirpy, il nous faut reculer un peu. Nous devons prendre nos précautions. »

« Arrête donc de t’en faire, Panilkia. Tout va bien se passer, je vais te le prouver ! »

Et de quelle façon est-ce qu’elle comptait le lui montrer ? Un rapide coup d’oeil autour d’elles et il était possible de voir la foudre frapper en plusieurs endroits. L’armée accompagnant les deux femmes était électrifiée sur place, une forte odeur de brûlé se faisant sentir alors que Panilkia s’était protégé du mieux qu’elle le pouvait.

« Je n’en suis pas si sûre. Cette femme-pokémon a des pouvoirs électriques d’une puissance terrifiante. Je ne m’attendais pas à cela. »

« Il faut dire que vous vous attendiez sûrement à vous retrouver face à ma sœur Intey, n’est-ce pas ? Dommage, dommage mais ça ne marche pas comme ça. Et encore, mon autre sœur n’a pas voulu jouer avec nous à ce petit jeu des chaises musicales, c’est dommage. »

« M’en fout du nom de ta sœur, le tien, c’est quoi ? Qu’au moins, je sais qui je vais réussir à battre. T’en fait pas, Nev ne voudra pas que je te tue mais je peux au moins te rendre incapable de faire un moindre mouvement hein ? »

« Je suis une femme-Raikou. Mais mon petit nom est Rauki ! »

Une femme-bête à la fourrure jaune parcourue par quelques symboles noires au niveau des pattes. Crinière violette ressemblant à un souffle de vent dessiné, sa queue bleue zigzague à la façon d’un éclair prêt à foudroyer ses adversaires. Ses yeux sont comme ceux de ses sœurs : rougeset elle possède aussi une moustache bleue ressemblant à une étoile à quatre branches dont les deux du bas sont plus petites.

« Bon ben, désolée de ne pas l’être mais je vais devoir t’exploser ! »

« Notre objectif consiste à vous ralentir et vous arrêter si c’est possible. Si je n »arrive pas le second, je peux au moins faire durer le premier ! »

« Au moins, t’as la motivation mais est-ce que tu as la force ? »

Panilkia pousse un profond soupir : les deux femmes-pokémon sont en train de tenter de s’intimider l’une par rapport à l’autre, ignorant complètement la femme-Palkia et le reste de l’armée. Et ce combat dans tout ça ? Est-ce qu’elles y pensent ? Peut-être que dans une autre situation, elles auraient put s’affronter sans cette destinée mortelle.

Chapitre 8 : La volonté de se battre

Chapitre 8 : La volonté de se battre

« Bon, pfiou, je n’ai pas vraiment la possibilité de me reposer mais ça devrait être bon. Je vous remercie les filles, c’était de l’excellent travail. »

« Pas de quoi ! Dire que le seul homme-pokémon est devant nou. M’énerve qu’il soit déjà pris ! En plus déjà père de famille ! Pfff ! »

Je fais un petit sourire intimidé à la demoiselle qui vient de dire ça. Je comprend parfaitement ce qu’elle veut dire par là, c’est normal et logique de sa part. Je me retiens de rire, poussant un soupir de soulagement. Au moins, les personnes blessées ne le sont plus. Le seul souci reste les personnes mortes. Nous avons déjà perdu une partie des armées et … chose étrange, ce sont les femmes-pokémon qui ont le plus souffert. J’ai put entendre quelques discussions à ce sujet, la majorité se rapportant à une chose : les femmes-pokémon protégeaient les humains, signalant qu’ils étaient trop faibles pour se débrouiller seuls.

« Giréléna, est-ce que les femmes-pokémon détestent vraiment les hommes ? »

« C’est quoi cette blague stupide ? A part quelques femmes-pokémon assez brutes, la majorité cherche juste à se nourrir et à se reproduire hein ? »

C’est un comportement animal, un peu bestial, mais les humains ne sont pas beaucoup mieux. Auparavant, nous étions aussi à réagir de la sorte. Mais voilà, le temps avait passé et nous avons évolué. Je me dis alors que rien n’est réellement impossible et qu’avec encore un peu d’effort, nous pourrons alors arriver à un monde en paix.

« Comment est-ce que vous allez ? »

« Ils nous regardent étrangement. Nous ne sommes pas à notre place ici. »

Je m’adresse à la femme-Lugia qui me répond aussitôt en observant les femmes-pokémon et les humains. Elle est debout, ses filles, malgré le corps adulte qu’elles ont, ont leurs têtes posées sur ses genoux. Je accroupie avant de dire :

« Il ne fallait pas espérer que tout cela se fasse en une heure non plus hein ? »

« Nous nous en doutions même si cela fait un peu mal. »

« Vous savez quoi ? Quand tout sera terminé avec la déesse Harsia, on va vous trouver une zone où vous pourrez vivre. Pourquoi ne pas vous imaginez comme femmes-pokémon protectrices de trois villages entourant une montagne et entourés par de l’eau. Une île quoi. Chaque année, les femmes-pokémon et les humain maîtrisant les principe élémentaires de chaque village s’affrontent en un tournoi pour obtenir les faveurs de la femme-Lugia que vous êtes. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Utiliser mon corps de cette façon … en récompensant un humain ou une femme-pokémon. Je ne sais pas trop à ce sujet, ce n’est pas dans mes principes. J’avoue être un peu jaloue quand je vous vois, vous et Giréléna. »

« Hein que de quoi ? Je ne parlais pas de faveurs de la sorte ! Ah … zut de zut ! »

« De quoi parliez-vous donc alors ? »

« Je crois que le souci est plus compliqué que je ne le pensais. Si même des femmes-pokémon de votre stature ont du mal à comprendre un tel principe, ça va être long, très long. »

« Je ne vois pas où vous voulez en venir alors. Peut-être devrions nous attendre comme prévu ? Votre idée des villages n’est pas déplaisante, loin de là »

Tant mieux si ça leur plaît ! Si on m’avait dit qu’une telle femme-pokémon irait prendre en considération mes propos, jamais je n’y aurais cru. Pourtant, la vérité était là. Un sourire aux lèvres, je me dois d’aller voir les autres mais avant …

« J’ai une question toute aussi sérieuse : qu’est-ce qui nous attends quand nous allons monter les escaliers ? Est-ce vous pouvez nous le dire ? »

« Je le pourrais mais je ne sais pas si je dois vous le déclarer. Je crois bien que la déesse Harsia surveille nos moindres faits et gestes. »

Oh, ah, sûrement. Elle n’a surement pas tort. Dommage, j’aurai bien aimé comprendre et surtout me préparer pour ce qui allait nous tomber. Cette fois-ci, il n’y avait aucun indice réel et je sais qu’après avoir monté ces marches, un combat des plus éreintants nous attendra. Je vais voir Titonée, celle-ci étant assise, quelques hommes la regardant pendant qu’elle se reposait. C’est vrai qu’elle aussi a beaucoup soigné. Elle se tourne vers moi, tapotant la place à côté d’elle pour que je m’asseois. Je m’exécute, prenant la parole :

« Alors, alors, alors, comment est-ce que tout cela se passe, Titonée ? »

« Disons que j’ai connu des jours meilleurs, hahaha. Mais toi ? Tu n’es pas fatigué ? Malgré tout ce que tu as fait ? C’était vraiment plus qu’important hein ? »

« Je le sais bien mais non, je ne suis pas fatigué, loin de là. »

« C’est étrange, tu m’en donnes l’impression. Si tu veux, tu sais où venir hein ? »

Elle tapote doucement ses genoux comme pour m’y inviter mais je refuse poliment. J’aurai bien dit que les seuls genoux sur lesquels je veux me coucher sont ceux de Giréléna mais je me rappelle qu’avec un corps de serpent, ce n’est pas vraiment possible. Rien qu’en y réfléchissant, j’ai un sourire stupide aux lèvres. Qu’est-ce que je peux être bête des fois.

« Bon, je prenais surtout la température, Titonée. »

« Je boue toujours de désir pour toi. Il faudrait que tu y trempes la main, Nev. Tu devrais venir vérifier au cas où, je te promets que tu ne le regretteras pas. »

« Non merci, tu t’en doutes que Giréléna ne serait pas d’accord. »

« Il faudrait vraiment qu’elle apprenne à partager. Enfin, ça se comprend. Un homme comme toi, on n’a pas envie de le prêter aux autres hein ? » me dit-elle avec un sourire enjôleur bien que je tente d’y résister, cela sans réelle difficulté maintenant.

« Je te laisse tranquille, je vais voir les autres. »

« Déjà ? Vraiment ? Pfff, c’est quand même exagéré ! »

Elle fait une petite mine boudeuse mais je n’y apporte aucune attention. Si je commence à me soucier de tout ça, ça ne va pas vraiment me plaire de toute façon, alors bon, autant ne pas perdre de vue tout ce qui se passe. Je vais maintenant vers Migacirpy qui est à côté de Niny. Les deux demoiselles parlent entre elles mais se tournent vers moi quand j’arrive.

« Oh ! Coucou Nev. Alors ? Comment est-ce que tu vas ? Tu as besoin d’un peu de miel pour revigorer tout ça ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Pourquoi pas, Niny ? Ça ne me semble pas être une mauvaise suggestion et … »

« Mais peut-être pas en public non ? Il y a trop de monde. » me dit Niny, un sourire tendre aux lèvres alors qu’elle montre sa poitrine.


« Mais que ! Je ne parlais pas de ce miel-là mais de celui que tu as distribué aux soldats et aux femmes-pokémon ! Niny ! Voyons ! »

« Je sais bien, je voulais juste t’embêter un tout petit peu à ce sujet, voilà tout. »

« Et tu sais pertinemment que ce n’est pas à faire. Tu sais bien qu’entre moi et Giréléna, c’est maintenant définitif, non ? » dis-je alors qu’elle fait une petite moue.

« Bien entendu et puis, pourquoi est-ce qu’une fille irait faire plaisir à son père de la sorte, n’est-ce pas ? Ce n’est pas très logique et bon pour la morale. »

Je sais qu’elle souffre intérieurement de dire cela mais je ne peux pas vraiment la contredire. Je regarde Migacirpy qui n’a pas pris la parole depuis que je suis là. Est-ce que j’ai fait quelque chose de blessant ou vexant ? AH ! Je sais pourquoi je suis ici !

« Est-ce que vous avez été blessées ? Du moins, est-ce que les combats étaient assez durs ? Comment est-ce que vous vous êtes débrouillées ? »

« Pourquoi cette question, Nev ? Nous avons eut un peu l’avantage sur nos adversaire. Enfin, elle ne s’attendait pas à ce que j’utilise mes pouvoirs liés à la roche mais à part ça … »

Comment est-ce que je peux expliquer ça sans les vexer ? Car oui, Migacirpy me regarde maintenant. Elle se doute que j’ai quelque chose à dire car elle me regarde avec interrogation, attendant que je reprenne la parole.

« Il y a un souci, Nev ? J’ai remarqué que tu faisais un peu un tour d’horizon, non ? »

« Oui, oui, c’est exact. Je fais cela mais bon, là où je voulais en venir, c’est un peu différent. Comment est-ce que je peux te dire ça exactement ? »

« En parlant correctement ? De façon à ce que l’on te comprenne ? Qu’est-ce que tu en dis ? Ce n’est pas une mauvaise proposition, n’est-ce pas ? »

« Bon, j’aimerai que toi, Niny et Titonée restiez en arrière. »

« Je te laisse l’occasion de t’expliquer avant que je te donne un coup de queue en pleine face. Je suis d’humeur assez gentille, non ? »

Je ne sais pas trop si c’est comme ça que je l’aurait dit. Ahem ! Bon, ça veut dire que j’ai simplement à bien m’expliquer si je ne veux pas avoir trop de problèmes. Mais Migacirpy qui s’énerve, je préfère quand même éviter tout ça.

« Tout simplement car je ne veux pas vous blessée voire mortes, ça vous semble si illogique que ça ou non ? Est-ce que je me trompe ? »

« Ca ne nous semble pas illogique d’un point de vue rationnel. Maintenant, voyons voir ça d’un autre côté, d’accord ? Imagines-donc, je ne sais pas, hmmm … voilà ! Disons que toi et moi, nous nous connaissons depuis des années. Ça fait un bon bout de temps, n’est-ce pas ? De longues années, très longues années même ! Pfiou ! »

« S’il te plaît, Migacirpy, je vois où tu veux en venir, sois un peu compréhensive, s’il te plaît. Si tu parles ainsi, ça n’arrangera rien du tout, hein ? Tu le sais ? »

« Bon bon bon, j’ai une petite question, est-ce que tu veux que je te baffe maintenant ou non ? Qu’est-ce que tu en penses ? Une baffe faite avec ma queue, bien entendu. Sinon, ça ne serait pas très drôle, n’est-ce pas ? Hein ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Que ça ne me tente pas le moins du monde. »

Je dis cela avec nonchalance car non, me prendre un coup de queue, ça ne me fait pas plaisir, au cas où elle se poserait la question. Je ne suis pas stupide non plus. Finalement, après quelques seconde de silence, elle reprend :

« Nous te suivrons là où tu iras. Qu’importe si c’est mortel ou non, nos vies sont jointes à la tienne, pour le meilleur et pour le pire. Tu penses vraiment qu’on va reculer alors que tu es en train d’affronter l’entité suprême de ce monde ? Si nous avions peur que tu sois fou, ce qui est sûrement le cas, nous serions parties depuis longtemps. »

« Pardon, je ne voulais pas te blesser par mes paroles. »

« Pourtant, c’est fait. Tu n’auras qu’à te faire pardonner d’une autre façon quand ça sera fini, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Tu sais parfaitement que ce n’est pas possible, Migacirpy. Pourquoi est-ce que vous vous évertuez à y croire encore ? » demande-je alors qu’elle me regarde tristement.

« Tu es notre point d’attache à toutes. Sans toi, rien de tout ça ne serait arrivé. C’est notre amour envers ta personne qui nous a mené jusqu’ici. Nous demander de tirer un trait sur cette histoire, c’est couper net nos relations, Nev. »

« Je ne savais pas, Migacirpy. Je ne voyais pas ça comme ça, je suis vraiment désolé. Je … enfin, je … pardon. Je suis désolé. Pardon. Niny aussi, je suis désolé. »

Je sais que j’ai fait une grosse erreur en parlant de la sorte. Ca m’apprendra à ouvrir trop rapidement ma bouche, surtout pour proférer de telles bêtises. Je suis vraiment le roi des idiots à me comporter de la sorte. Je viens les serrer dans mes bras et elles se laissent faire tous les deux. Je vais retourner auprès de Giréléna mais surtout de Gilitée, venant m’accroupir devant elle tout en lui souriant.

« Papa ? C’est bientôt fini ? Je suis fatiguée, papa. »

« Mais oui, ma petite puce, c’est bientôt fini. Papa fait tout pour que ça soit terminé le plus rapidement possible pour tes beaux petits yeux, mon ange. Tu vas toujours bien ? »

« Oui même si j’ai les yeux qui piquent un peu. Dis, est- ce que Géréci et les autres pourront venir ensuite ? Enfin, quand tu auras fini avec cette dame déesse ? »

« Mais bien sûr, elles pourront sortir tout le temps. Elles n’auront plus besoin de rester en moi, contente alors, ma petite puce ? »

« Oui papa ! Je suis très contente mais tu as l’air un peu fatigué. Est-ce que toi aussi, tu veux dormir un tout petit peu ou pas ? »

« Papa ne peut pas dormir encore mais ne t’en fait pas, quand ça sera le cas, tu viendras dormir avec lui ? Dans ses bras ? Est-ce que tu veux bien ça ? »

« OUIIIIIIIIII ! Je veux, je veux ! Je veux ! » s’exclame t-elle avec une joie non-cachée.

Tant mieux, oui, tant mieux. Ah. Je l’embrasse sur le front. Maintenant qu’elle le dit, c’est vrai que je ressens une certaine fatigue qui n’était pas apparue auparavant. Étrange, très étrange mais je ne vais pas me plaindre. Déclarant qu’il était temps de continuer la route, je regardais qui nous accompagnais.
Bon ben tout le monde visiblement. Intérieurement, je m’en doutais puisque nous les avions soigné. Alors que je dirige la petite troupe, je finis par regarder au-dessus de nous, en haut ds escaliers. Encore trois d’entre eux. Cette fois-ci, je ne sais pas du tout ce qui nous attends. D’ailleurs, je me suis trompé à moitié. Les femmes-oiseaux sont restées en bas avec une partie de l’armée des humains et quelques autres femmes-pokémon.

« Dommage qu’elles ne savaient pas ce qui nous attends, c’est un peu énervant. »

« Énervant ou angoissant, Nev ? Qu’importe de toute façon. »

« Ce n’est pas vraiment un message fait pour me rassurer si tu veux tout savoir, Giréléna. »

« Arrête tes bêtises et allons dans ces fichus temples. J’ai envie de dormir avec toi et Gilitée. »

Ah ben comme ça, c’est direct. C’est au moins clair et net. Quand je monte les marches, peu à peu, je ressens une nouvelle fois cette énergie terrifiante. Il s’agit d’une puissance égale aux femme-oiseaux. Cela veut dire que ça ne risque pas d’être aussi dangereux que je le pensais mais il y a une chose différente par rapport au premier combat : la fatigue. Même si les corps sont soignés, les esprits ne le sont pas. Je ne dois pas l’oublier.

Chapitre 7 : En équipe

Chapitre 7 : En équipe

« Vous êtes puissante, je le reconnais parfaitement. »

« Merci bien, je ne retiendrai pas mes coups, loin de là. Je tiens à vous le signaler. »

J’ai put parfaitement le remarquer. Je pousse un petit soupir de douleur. Elle m’a fait sacrément mal ! Mais je n’ai pas la possibilité de me plaindre ! Il me faut continuer le mouvement ! Je fonce vers elle, esquivant les petits ouragans autour de moi.

« Je ne me laisserai pas faire ! Je connais déjà cette attaque ! »

Si elle pense m’intimider, elle s’est clairement loupée ! Je ne tomberai pas dans un piège aussi grossier que cela. J’arrive jusqu’à elle et je me rappelle que je n’ai pas préparé mes armes. Avec quoi est-ce que je dois la combattre ?

« Vous êtes vraiment un héros très étrange, vous le savez. Se présenter en face de moi, sans rien pour tenter de me blesser, chercheriez-vous à communiquer ? »

« Pas le moins du monde. Je réfléchissais simplement à la méthode pour réussir à vous battre. Je crois que je vais devoir appliquer celle habituelle. »

Enfin, celle que j’ai utilisée contre sa fille. Des griffes de roche apparaissent au niveau de mes mains alors que je suis prêt à appliquer la sentence sur son corps. Je tente un mouvement pour blesser l’une de ses ailes mais elle fait un mouvement de celle-ci, me balayant comme un vulgaire insecte en me projetant sur le côté.

« Vous ne pourrez pas m’atteindre comme mes filles. Je ne retiendrai pas mes coups comme je vous aies prévenu, n’est-ce pas ? »

Le sol se met à trembler à mes pieds. Je tente de bouger mais je me retrouve projeté vers les cieux, l’ouragan venant m’entourer avec facilité, m’entaillant et me tiraillant de tous les côtés sans même que je puisse bouger correctement. CA FAIT MAL !

« Comptez-vous réellement retenir vos coups plus longtemps ? Soyez sérieux ou alors, il y a de fortes chances que vous mourriez. »

« Je fais de mon mieux … et je ne retiens pas mes coups ! »

J’en ai assez ! Je gèle complètement l’ouragan, le brisant en morceaux de glace avant de retomber au sol. Je fonce aussitôt vers la femme-Lugia, la percutant de tout mon être, bien prêt à l’enfoncer au plus loin, sans être sûr d’y arriver.

« Comment est-ce que ma fille a réussi à se faire battre par vous ? Comment avez-vous survécu pendant toutes ces années avec cette volonté ? »

Ce n’est pas le moment de flancher ! Je sais pertinemment ce qu’elle veut me dire et ce qu’elle veut me faire faire ! Mais je ne tomberai pas dans ce piège ! Je ne suis pas né de la dernière pluie ! Je dois la projeter, je dois la projeter à mon tour ! Je dois me concentrer ! Rygagagi m’avait pourtant prévenu mais pourquoi je me sens aussi vide ?

« Pendant des millénaires, elle était là. Même si je n’étais jamais éveillé, je pouvais la ressentir en moi. Je la savais auprès de moi, toujours prête à me protéger de tout son être. »

Quelqu’un est en moi. Il y a une autre personne en moi depuis le début ?! Et Rygagagi et les autres ne sont pas au courant car j’ai l’impression qu’elles ne l’entendent pas. Cette personne pense à Dyrkri, comme moi ! J’en suis certain ! Ce sont ses sentiments qui me perturbent !

« Tais-toi un peu ! On retrouvera Dyrkri quand tout sera terminé ! »

« Elle était encore là. Elle me manque terriblement. Je ne peux me passer d’elle. Je l’ai compris lorsqu’elle est partie pour la première fois depuis si longtemps. Sans elle, qui est alors là pour me protéger? Pour veiller sur moi ? Je ne sais guère. »

« Viens plutôt m’aider. Tu as un moyen de la battre non ? »

« Il est très simple d’arriver à la surpasser. Pour cela, il suffit juste d’utilier cette technique. »

De quoi est-ce que cette voix parle ? Hein ? Mon corps ? Je ressens quelque chose de différent en moi alors que tout mon corps est galvanisé par une nouvelle force. Ma main se retrouve complètement entourée par de la roche mais ce n’est pas pareil. Une petite voix se fait entendre dans ma tête, Rigorek ? Je ne la reconnais qu’à peine.

« Nev ? Qu’est-ce que tu fais ? Je ne reconnais pas cette façon de te battre. »

Et je dois dire ça comment ? Je tiens une épée en main ! J’y avais déjà pensé mais cette épée est bien différente de mes précédentes attaques ! On ne pourrait même pas croire qu’elle est de moi ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Lugrète paraît surprise, faisant un bond en arrière mais ma lame est déjà tachée de sang, celui-ci coulant sur la pierre.

« Impressionnant. Très impressionnant. »

Je devrais peut-être lui parler. Je ne la sens pas particulièrement belliqueuse. Elle me regarde avec attention avant de faire un petit sourire, disant calmement :

« Visiblement, cette blessure m’a causé plus de tort que je ne le pensais. Un seul petit moment d’inattention, causé par la surprise et voilà qu’elles arrivent. »

Elles ? Est-ce qu’elle parle de qui je pense ? Je n’ai pas vraiment le temps d’y réfléchir plus longtemps puisqu’un simple coup d’oeil en arrière confirme mes pensées. Giréléna et les autres sont là ! Il y a aussi ses générales ! Mais pas seulement ! Dénialka et Panilkia sont là aussi ? Et les autres ? Pas encore arrivées ?

« AH ! Le voilà enfin ! Je sais pas comment ce foutu labyrinthe s’est brisé mais tant mieux ! Je vais vite me débarrasser d’elle ! »

Giréléna ne cherche même pas à comprendre la situation. Sa bouche grande ouverte, des flammes violettes en sortent, fonçant vers Lugrète qui les esquive, s’envolant dans les cieux. Des gémissements se font entendre, les trois femmes-oiseaux élémentaires sortant peu à peu de leur torpeur. Elles voient leur mère blessée dans les airs.

« Mère ?! Il faut que nous l’aidions ! Dépêchez-vous au lieu de rester plantées là ! »

« Pas besoin de me le signaler, j’ai parfaitement compris le message. » dit la femme-oiseau aux ailes jaunes, semblant plus que piquante d’après les pointes que je vois.

« Nous ne laisserons pas notre mère combattre sans nous. » dit ensuite Artakia alors que je la regarde. Elles sont dans un triste état et sont incapables de se battre correctement.

« C’est purement de la folie ! On va y mettre un terme ! »

Je ne sais pas comment vont les autres car Giréléna est celle qui a lancé l’attaque en première. Avec ses ailes dans son dos, elle est à côté de Lugrète, déclenchant une suite de coups de griffes et de flammes tout en s’exclamant :

« Tu crois vraiment pouvoir tenir la cadence face à moi ? Je devine facilement tes points faibles. Tu es tout ce qu’il y a de plus faible face à moi ! »

« Ne pas nous oublier, Giréléna. Je te rappelle que tu n’es plus seule contre elle. » déclare des voix à côté d’elle alors que je remarque que Dénilaka et Panilkia sont déjà près de Giréléna pour venir l’épauler. Les générales, Titonée, Niny et Migacirpy, quant à elles, se chargent de protéger Gilitée tout en attaquent les filles de la femme-Lugia.

« Trois femmes-dragonnes, parmi les plus puissantes qui existent dans ce monde. Un tel miracle n’aurait jamais été possible, n’est-ce pas ? »

« Sans Nev, même si ça me fait toujours mal de le reconnaître, je confirme. »

Je ne sais pas comment je dois prendre la réflexion de Giréléna mais autant que ça soit avec le sourire. Lugrète est obligée de retrouver le sol, étant déjà dans un état très grave. Normalement, les cousines savent parfaitement ce que je veux : la non-mort de ces femmes-pokémon. Je continue toujours d’envisager ça.

« AH ! Mais ça brûle ! Ca fait mal ça ! » hurle soudainement Niny, mon visage se tournant aussitôt vers elle, inquiet. Des flammes cherchent à atteindre la femme-Apireine mais Migacirpy les arrête avant même qu’elles atteignent leurs objectifs.

Pfiou, plus de peur que de mal. Des éclairs tentent d’atteindre Migacirpy mais là, c’est au tour de Niny de produire quelques rochers qu’elle projette autour de Migacirpy. Les deux se protègent mutuellement des attaques extérieures.

Je peux alors recommencer à me concentrer sur mon réel objectif : la femme-Lugia. Celle-ci est à genoux, haletante, le visage en sang. Même si elle parle aussi calmement que sa fille Artakia, je sais une chose : elle ne se résignera jamais à abandonner le combat.

« C’est juste stupide. Quand l’un des deux camps domine complètement l’autre … mais je les comprends, je ne peux que les comprendre ! »

Les trois cousines m’observent, étonnées par mes cris alors que je saute sur Lugrète, mon épée se brisant en chemin. Je la plaque sur le sol, me retrouvant au-dessus d’elle. ASSEZ !

« Rejoignez-nous maintenant. » ordonne-je en la regardant droit dans les yeux.

« Qu’est-ce qui se passera si nous n’acceptons pas ? » me demande alors calmement la femme-Lugia bien que la situation ne soit guère reluisante pour elle.

« Je serais alors obligé de vous abandonner ici en vous laissant la vie sauve. Votre désir de briller aux yeux d’Harsia a quelque chose de très dérangeant. »

« Nous voulons simplement pouvoir vivre sans nous cacher. Nous sommes trop fortes pour les femmes-pokémon de ce monde mais trop faibles pour être à son sommet. Nous ne sommes pas les seules à vivre ainsi. Une autre famille a aussi ce problème. »

« Et alors ? Qu’est-ce que cela change ? Je vous ait fait une offre. A vous de voir maintenant. Qu’est-ce que vous décidez ? »

Je ne perdrai pas mon calme car ce n’est pas ce que je désire. Je la regarde avec nonchalance, reprenant la parole sur un ton lent :

« Qu’est-ce que vous décidez ? Voulez-vous sacrifier la vie de vos filles pour cela ? Je ne le permettrais pas. Soyez libres de vos opinions. »

« Est-ce que vous avez essayé de jouer sur la carte des sentiments pour espérer que je vous rejoigne, Nev ? Si tel est le cas, vous avez que c’est inutile, n’est-ce pas ? Mais le monde que vous voulez créer, y aurait-il une place pour nous ? »

« Pour tout le monde, pas spécialement vous … mais oui, vous auriez un endroit où vivre. Vous n’auriez pas à vous cacher des humains ou des autres femmes-pokémon. »

« Artakia ? Salfarès ? Elakmart ? Qu’en pensez-vous ? »

« Le plus important est de rester réunies, mère. » dirent les trois femmes-oiseaux, essoufflées, les attaques combinées des générales et de mes compagnes de route étant bien trop pour elles. Si cela continuait de toute façon, je ne pouvais plus rien promettre.

« Alors notre décision est prise : nous acceptons, héros. »

« Tant mieux … car je vais avoir besoin de vous. » dis-je alors que Lugrète me regarde avec un sourcil haussé, surprise. Elle murmure peu après :

« Tout d’abord, il serait bon que vous quittiez votre position par rapport à mon corps. Je ne pense pas que Giréléna accepte cela de la part de son mari. »

« Hein ? Euh … oups ! Et je ne pense pas qu’une mère de famille apprécie ça non plus ! »

Je me redresse presque aussitôt, un peu gêné et confus alors que Giréléna émet un grognement. Bien entendu que ça ne lui plaît pas, je ne suis pas stupide non plus. Bon ! Le plus important est que ça soit fini ! Et aussi que j’explique ce que je compte faire d’elles.

« Merci de bien laisser vivre mes filles. Sans elles, je ne sais guère ce que je serai. »

« De rien, je ne comptais pas vous tuer, je ne le ferai pas alors, c’est aussi simple que cela. Je suis sûr que nous pouvons dialoguer correctement. »

« Dites alors votre idée, nous vous écoutons. »

« Est-ce que … vous pourriez tout simplement vous occuper des blessés ? Après que l’ont ait fait un bilan de la situation ? »

L’espace commence à se distordre autour de nous. Peu à peu, je pense que nous allons retourner dans le monde actuel, du moins celui où nous nous trouvions. Lorsque je peux regarder le décor, je sais que nous sommes de l’autre côté des temples.

« Pensez-vous que nous devrions rester en retrait alors ? » me demande la femme-Lugia avec lenteur alors que j’hoche la tête positivement, reprenant :

« C’est la meilleure solution à mes yeux. Est-ce que vous comprenez ? »

« Nous comprenons où vous voulez en venir et soit, en vue de notre état, vos dires me semblent plus que corrects mais pensiez-vous sérieusement à vos propos ? »

« Lesquels ? Il y en a tellement que des fois, je ne suis plus très sûr par rapport à ce que je dis, ce que je ne dis pas. Répétez pour voir ? Qu’est-ce que vous voulez savoir ? »

« Nous aurons vraiment notre place parmi vous ? »

Ah oui, malgré qu’elle soit une femme-pokémon aux pouvoirs légendaires, Lugrète n’en reste pas moins une personne qui a besoin d’être rassurée. Je lui fais un petit sourire avant de lui signaler que oui. Elle n’a pas à s’inquiéter. Ce que j’ai dit, je tiendrai parole, qu’importe si cela m’emmène plus de problèmes qu’autre chose. Je ne suis pas du genre à modifier mes plans juste comme ça, parce que ça me fait plaisir.

« Soyez soulagées, d’ailleurs, comme preuve de ma bonne foi, je sais ce que je vais faire, si vous voulez bien vous rapprocher. »

« Le bonheur des êtres peuplant ce monde dépend de moi. Peut-être qu’au bout d’un moment, j’en étais las ? Je voulais me reposer ? Ai-je faillit à mes pouvoirs ? »

« Je ne sais pas qui tu es et ce que tu fais en moi mais aides-moi à les soigner. »

Cette voix me perturbe. Elle ne disait rien auparavant mais maintenant, plus on se rapproche d’Harsia, plus elle commence à me parler. Je ne ais pas qui elle est exactement mais j’espère que je le saurai bien assez tôt. Maintenant, je dois vérifier une chose : les troupes.

« Bon ! Ceux et celles qui ont besoin de soins, rapprochez-vous donc. »

Et ceux qui sont morts ? Je préfère ne pas trop y penser. Je m’approche des quatre femmes-oiseaux, une aura rose m’entourant alors que les plaies mineures commencent à disparaître tandis que celles plus graves se referment peu à peu sans pour autant retirer la douleur. Je ne peux pas faire beaucoup mieux, j’espère que des femmes-pokémon suivront mon exemple.

Chapitre 6 : Pour une existence meilleure

Chapitre 6 : Pour une existence meilleure

« Et là, tu veux encore la laisser en vie, si j’ai bien compris ? »

« Je ne suis pas sûr que ça soit la solution mais … cette voix qui s’est adressé à Artakia semble vouloir que ça soit le cas. »

Et cette voix qui me parle intérieurement, avec le même timbre que moi, je ne sais pas d’où elle vient mais elle va me rendre dingue si je ne trouve pas son origine. J’ai l’impression d’être complètement manipulé par quelqu’un.

Fini l’utilisation de la masse, je passe directement à l’offensive avec des griffes de pierre à la place de l’imposante arme que j’avais. Je vais lui montrer ce dont je suis réellement capable ! Je m’élance enfin dans la bataille et je vais arrêter de penser.
La femme-Artikodin est là, prête à balancer toutes ses attaques élémentaires sur nous mais je sais que je n’arriverai pas à esquiver une tempête. Je me méfie quand même pour Giréléna, me disant que les autres devraient s’en sortir sans problème. Du moins, j’ai oublié que Ptéraclès aussi n’est pas forcément la plus douée pour résister.
Grimpant sur le dos de Giréléna, celle-ci émet un long grognement alors que je suis debout, lui demandant de l’emmener jusqu’à Artakia. Je remarque que Pirsène fait pareil de son côté, se trouvant sur le dos de la femme-Ptéra. Quant à Luciaria, elle fait de son mieux, prenant appui sur ses jambes avant de se projeter en hauteur. Je ne pense pas que ça va marcher mais Mana l’aide en créant ensuite un pont de glace sur lequel glisse Luciaria pour arriver jusqu’à la femme-Artkodin. Elle ne devrait pas tenir.

Et il avait parfaitement raison. Malgré sa nouvelle fureur qui la galvanisait, Artakia se retrouva bien rapidement une nouvelle fois au sol, dans l’incapacité de se battre. Mais elle se relevait encore et encore, cherchant à s’envoler. Lorsqu’elle voulut décoller pour la troisième fois, un déchirement se fit entendre avant qu’elle ne s’écroule sur le côté.

« Je ne veux pas perdre ! Je ne veux pas perdre ! Je ne dois pas ! »

« Tu ne peux rien faire. Accepte donc ta défaite, Artakia. Si c’est le cas, je n’hésiterai pas alors à te soigner. Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Non mais je rêve ! Tu veux pas aussi lui dire de venir nous rejoindre tant qu’on y est ? » s’exclame Giréléna alors que je hausse les épaules. Je ne vais pas jusque là. Artakia me regarde de ses yeux rubis avant de murmurer :

« C’est donc ça le héros Nev. Être accompagné par l’élite des femmes-pokémon. »

« Dis comme ça, ça sonne comme un reproche. Je ne suis pas si différent des autres, je tiens à le signaler hein ? Je ne suis pas comme ça. »

« Reproche ? Ce n’est pas un reproche. Il faut e la volonté, du charisme, tout ce que les humains ne sont pas normalement. Tout ce que les femmes-pokémon ne sont pas. Mais je ne peux pas abandonner. Même si je ne suis plus capable de voler, je peux encore me battre contre vous tous.Venez donc, je vous attends. »

Elle est sérieuse. Malgré son état déplorable, elle est là, droite, fière et debout. Elle fait un mouvement de la main, créant une lame de vent que je pare facilement avec mes griffes bien qu’une partie de la roche se brise dessus.

« Je sais à quel point vous êtes forts. Je le reconnais. Vous l’êtes même plus que moi, individuellement mais non. »

Non ? Qu’est-ce qu’elle prépare ? Le sol commence à trembler avant de se fissurer, des morceaux entiers de pierre se soulevant autour de la femme-Artikodin. Des pouvoirs psychiques ? Non, ça semble être plus profond. Un pouvoir ancestral ?

« Je ne vous laisserai pas continuer sur cette voie. Je m’y refuse. Je dois vous arrêter, qu’importe le prix à en payer. Disparaissons sous la pierre. »

Elle veut tous nous enterrer ? Mais c’est une action kamikaze ! Un blizzard se soulève, m’aveuglant à moitié alors que je tente de parer les pierres qui nous tombent dessus. Le dôme de glace fait par Géréci continue de protéger Gilitée mais si le sol sous ses pieds s’effondre, elle ne va pas s’en tirer ! Giréléna me crie :

« Je m’occupe de notre fille ! Vas stopper cette folle de femme-Artikodin ! »

Facile à dire. Je ne vois même pas à cinq mètres devant moi, je dois faire comment ? En claquant des mains comme si de rien n’était ? C’était absurde ! Les seules choses que j’arrive à apercevoir, ce sont les morceaux de pierre qui se percutent. Quelqu’un d’autre attaque Artakia de la même façon qu’elle ? Ptéraclès ?

Un cri déchirant se fait entendre, accompagnant un autre beaucoup plus bestial avant que la tempête ne s’arrête. Ptéraclès a ses serres plantées dans le corps de la femme-Artikodin, celle-ci étant allongée au sol, une flaque de sang autour d’elle.

« Les parasites, il faut les faire disparaître. »

« PTERACLES ! NON ! JE T’AI DIT DE NE PAS LA TUER ! »

« Nous sommes en guerre, Nev. Il n’y a pas de place aux sentiments. »

« J’AI DIT NON ! » hurle-je, Ptéraclès se retrouvant projetée sur le côté alors que mes yeux me font très mal. Je pousse un gémissement de douleur alors que Luciaria et Pirsène me regardent, interloquées. La première murmure :

« Des pouvoirs psychiques ? Vraiment ? «

« Héros Nev, laissez-la partir. » déclare une voix autour de nous alors que l’espace tout autour se brise. Nous sommes dehors, hors du temple. Les morts ne sont pas présents mais toute l’armée qui m’accompagnait est derrière moi. Il en est de même pour les générales mais surtout Gilitée qui est dans les bras de sa mère.

« Nev. C’est de la folie ce que tu viens de commettre. Elles se vengeront, il en est ainsi pour les femmes-pokémon. Il en a été toujours été ainsi. On ne change pas comme cela. »

« Le monde changera si on fait des efforts, de chaque côté, même parmi les races de femmes-pokémon entre elles. C’est ce à quoi j’aspire. »


Ptéraclès se relève, me regarde brièvement. Il n’y a pas de dédain, juste un peu de désespoir, comme si elle ne le fait pas confiance. Artakia est au sol, ne bougeant plus. Elle a pourtant les yeux grands ouverts alors que la voix reprend :

« Merci bien, héros Nev. Artakia, relèves-toi. Tes sœurs t’attendent à mes côtés. »

Avec peine et difficulté, je vois la femme-Artikodin qui se lève et me regarde. Elle hoche simplement la tête comme pour me remercier, soufflant :

« En me laissant partir, je serai à nouveau votre ennemie. Vous le savez ? »

« Ça ne me dérange pas. Prévenez vos sœurs et cette voix que nous arrivons. » dis-je avec lenteur, fixant la femme à la crête bleue.

Elle part tandis que je me retourne vers les autres. Où sont Niny ? Migacirpy ? Titonée ? Je les cherche du regard mais bon, je n’ai pas à chercher beaucoup. Les armées sont un peu réduites derrière elles mais je remarque qu’elles sont indemnes. Il en est de même pour Dénialka et Panilkia. Je m’approche de Niny, un sourire aux lèvres.

« Vous avez finalement terminé, n’est-ce pas ? » demande t-elle avec amusement.

« Disons que je ne m’attendais pas à ce changement d’espace et tout le reste. Comment vont les humains ? Et les femmes-pokémon ? Et les deux femmes-oiseaux ? »

« Tout le monde va plutôt bien .On a eut quelques morts de notre côté mais je pense que c’est un peu pareil partout. Par contre, je me suis rappelée que tu n’aimais pas que l’on tue autrui sans y réfléchir. J’ai donc laissé partir la femme-oiseau, surtout après qu’une voix féminine se soit adressée à nous. Visiblement, Migacirpy a fait pareil et toi aussi, Nev. »

Je ne suis pas habitué à un tel détachement de la part de Niny. J’ai l’impression d’avoir affaire à une toute autre femme-pokémon. Je tapote tendrement sa tête comme pour la remercier et lui dire que ça sera bientôt fini. Semblant avoir attendu cela depuis des heures, son masque d’indifférence se brise légèrement alors qu’elle bafouille :

« J’ai toujours peur de ne jamais revenir, Nev. Toujours peur. »

« Mais pourtant, tu es là, je suis là, tout le monde est là. Ne t’en fait donc pas, Niny. Nous sommes toujours vivants et nous le resterons. »

« On sent une vive inquiétude en ma direction, n’est-ce pas, Nev ? » me dit une voix un peu railleuse alors que Migacirpy s’approche de moi. Titonée ne fait que rester derrière elle. Hum ? Elle est quand même un peu blessée non ? Et je vois de la sueur qui s’écoule de son beau visage blanc. Je comprends pourquoi Niny n’a pas eut vraiment de blessures.

« Ne dit pas n’importe quoi, Migacirpy. Je m’inquiète autant pour toi que pour les autres. Je ne fais pas de différences … enfin si … pour les demoiselles que j’apprécie. »

« Tu nous en feras une liste au cas où ? »

« Bien entendu mais tout d’abord, il nous faut en terminer. Allons-voir donc celle à l’origine de cette voix. Ceux ou celles qui sont blessés peuvent rester en retrait voire partir. On va éviter d’avoir plus de morts s’il n’est pas possible de … »

« Nev, je me suis occupée de cela. Ils sont tous en pleine forme. » me dit Niny, rougissante légèrement avant de montrer ses doigts recouverts de miel. Qu’est-ce que … elle n’aurait quand même pas fait ça en public non ? Devant ma mine abasourdie, elle s’exclame : « Mais non, ce n’est pas celui qui est royal, Nev ! »

« Alors, de quoi est-ce que tu parles ? Enfin, ce miel à tes doigts. »

« C’est un miel qui permet de soigner les plaies et les blessures, peut-être pas les majeures mais au moins de quoi calmer les douleurs et autres. Ce sont mes petites filles-Apitrini que tu as déjà vues qui peuvent faire ça en les transportant. Ça m’épuise juste beaucoup. »

« Reposes-toi donc avec les autres. Nous y allons. »

Sauf qu’elle s’accroche à mon dos, murmurant qu’il en était hors de question. Bon, je la laisse faire, commençant à me mouvoir en avant. Les trois temples derrière nous se désagrègent, comme si de rien n’était alors que je me demande comment cela est possible. Néanmoins, je n’ai pas vraiment le temps de me préoccuper de tout ça puisqu’en levant les yeux, je peux apercevoir notre prochaine destination. Ah oui, un autre temple ? Mais beaucoup plus grand ? Et important ? Est-ce qu’il y a aussi un nouvel espace si je pénètre à l’intérieur ?

J’ai ma réponse bien assez tôt lorsque je rentre dans le temple. Je suis aveuglé avant … de me retrouverr sous l’océan ? Non, ce n’est pas exactement ça. Je ne suis pas dans l’eau mais il est vrai que tout autour de moi, il n’y a que ce liquide. Mais surtout, je remarque les traces de sang sur le sol, décidé à les suivre jusqu’à ce qu’une voix me dise :

« Elles ont besoin de repos. Mes filles sont avec moi. Je peux donc enfin voir le héros Nev … ou plutôt la carapace du créateur. »

« Créateur ? Qui est cette personne ? Qu’est-ce que vous connaissez ? »

Je continue à parler tout en avançant, ne cherchant pas à savoir si je suis suivi ou non. Je finis par arriver jusqu’à un spectacle auquel je ne m’attendais pas. Plus que le fait de voir une femmes-pokémon assise sur un trône fait de corail, ce sont les trois femmes-oiseaux, blessées salement, à genoux devant elle qui m’interpelle.

« Mes filles ont vaillamment battu. Néanmoins, je ne veux pas qu’elles continuent la bataille. Je serai ton adversaire, enfin, vos adversaires. »

« Est-ce que ça vaut la peine de soutenir la déesse Harsia ? Même si elles sont prêtes à tout, vos filles vous obéissent clairement. Et vous ne semblez pas soutenir Harsia jusqu’au bout, n’est-ce pas ? Ou alors, il se pourrait que je me trompes. »

« Je serai prête à risquer ma vie mais non celles de mes enfants. »

Elle finit par se lever alors que je peux enfin l’étudier. Aussitôt, je comprends ce que je ressens : cette femme est aussi forte que Graudan ou Kyourge. C’est bien ça. Elle est terrifiante en terme de puissance. Elle a du maquillage bleu au niveau de ses yeux tandis qu’elle ressemble elle aussi à un oiseau mais je ne sais pas, on dirait un oiseau sous-marin. Son corps est parcouru de plumes et d’écailles, toutes les deux blanches.

« Est-ce qu’il est bon que je me présente ? Au final, je ne suis qu’une simple entité contrairement à vous »

« Je respecte toujours mes adversaires. Je m’appelle Nev. » dis-je bien qu’elle me fait un sourire. Elle le connaît déjà. Je vois déjà son imposante queue blanche qui se termine par deux ailerons bleus qui attrape ses trois filles à moitié conscientes. Elle les dépose sur le trône de corail avant de se mettre sur deux pieds, me fixant doucement :

« Je m’appelle Lugréte. Mes filles sont Artakia, que tu connais déjà, Salfarès et Elakmart. »

« Enchanté de toutes vous connaître. Maintenant, comme vous vous mettez en travers de mon chemin, nous connaissons aussi bien l’un que l’autre ce que cela veut dire, n’est-ce pas ? »

« Soit. Je ne retiendrais pas mes coups. Quant aux personnes qui te suivent, j’ai décidé de les emmener dans un labyrinthe aqueux. Je préfère t’affronter seule à seul. »

« Désolé mais l’honneur n’a pas de place dans un combat pour la survie de ce monde. » dis-je bien que cela me répugne de l’avouer. De toute façon, les belles notions chevaleresques, il valait mieux les jeter et les mettre de côté. Elle pousse un soupir avant de me dire :

« Je le conçois et je ne refuserai pas la bataille si elles arrivent d’ici là. Je ne déclarerai pas que vous n’êtes pas honorables, loin de là. »

Ça me fait mal de vouloir l’affronter alors qu’elle ne me semble pas être une mauvaise personne. Certains être sont abominables, je pense à Ganasia mais d’autres sont là car ils n’ont véritablement pas trop le choix. Certains ne veulent pas livrer bataille mais pourtant s’exécutent car ils n’ont pas d’autres choix.

« Alors, si vous êtes prête, nous allons pouvoir commencer. »

« Nev, fais attention à toi, ce n’est pas un simple adversaire. » me murmure Rygagagi à l’intérieur de mon être. Elle n’a pas besoin de me le dire.La femme-Lugia me regarde, croisant ses ailes, fermant les yeux. J’ai l’impression que même l’espace dans lequel je suis est entrain de se distorde. Le sol éclate en morceaux tout autour de nous, des ouragans se produisant, m’aspergeant d’eau avant les yeux de Lugrète ne s’ouvrent.

« Commençons donc. »

Deux simples mots avant que les ouragans ne changeant de trajectoire, fonçant tous vers moi. Il est trop tard pour que je me protège. La seule chose que je peux remarquer, c’est que je suis au sol, mon corps me faisant mal de partout. Mon corps est rougit et ouvert en de nombreux endroits mais je me relève. Je suis encore un peu perturbé et titubant mais je peux certifier une chose : ça ne sera pas simple, loin de là.