Chapitre 11 : Jusqu’à la mort

Chapitre 11 : Jusqu’à la mort

« Où sont-elles ? Je veux le savoir ! Dénialka ! Panilkia ! Répondez-moi ! »

« Pourquoi est-ce que tu cries autant, Nev ? »

La voix de Migacirpy ! Je me tourne vers celle-ci, retrouvant un sourire qui disparaît presque aussitôt. C’est quoi ça ? C’est quoi cet état dans lequel elle se trouve ? HEY ! JE VEUX UNE REPONSE ! ET VITE ! Mais je vois que Niny l’accompagne, elle aussi dans un sinistre état. Non mais oh ? C’est quoi cette blague ? Je veux une explication !

« Le regard qu’il lance en dit long, Niny. Je crois qu’il a pas apprécié nos actes d’héroïsme. »

« Et comment je devrais les apprécier ? Je vous écoute, toutes les deux ! Et je veux surtout des explications car sinon, je risque de m’énerver ! »

En fait, c’est déjà le cas mais qu’importe, je les prend par les bras et les emmènent contre moi. Bon, sang ! Cette frayeur que j’ai eut. J’ai vraiment cru que j’allais les perdre toutes les deux. Plus que le fait qu’elles soient mortes, ça aurait été de ne pas être là, de n’avoir rien put faire pour les sauver. Ah … je veux qu’elles survivent.

« Hmm, Nev. Tu sais bien que Giréléna nous regarde, n’est-ce pas ? Il vaudrait mieux alors éviter ce genre de choses en public, non ? »

« Ne raconte pas de bêtises, espèce d’idiote. Le plus important est que vous soyez en vie. »

« Oui, oui, et on compte bien vivre de très longues années encore. Bon, est-ce que tu veux bien nous lâcher ? On a un peu mal. »

M’en fout qu’elles aient mal ! Je m’en fous complètement ! Malgré ma fatigue, je continue de me concentrer, utilisant mes pouvoirs pour les soigner toutes les deux. Étonnées que je fasse cela malgré mon état, Niny est celle qui bafouille :

« Non mais … Nev ! Tu es déjà exténué ! Nous aurions put très bien nous débrouiller tu sais ? Tu n’avais pas besoin de faire ça ! Pas du tout ! »

Je n’en ait strictement rien à faire. C’est dommage pour elles mais qu’elles soient blessées, c’est trop important pour que je ne laisse pas une telle chose être impunie. Enfin, j’arrête de les garder dans mes bras et recule de quelques pas avant de dire :

« Vous restez ici toutes les deux. Je ne veux pas prendre plus de risques. Vous pouvez même retourner en arrière et rester auprès des femmes-oiseaux. »

« Laisse-moi y réfléchir. Ah oui ! Non. Ma réponse restera la même. C’est non et non. Ne cherche même pas à nous arrêter, Nev. Tu sais pertinemment qu’à ce petit jeu, tu perds à chaque fois. Il va bien falloir que tu comprennes cela, n’est-ce pas ? »

« Et moi, je peux vous y obliger, Migacirpy. Quitte à utiliser la force pour cela. »

« Nev ? Est-ce que tu nous ferais vraiment cela ? » murmure Niny avec tristesse.

« J’ai l’air si convaincant que ça quand je menace une personne ? »

Je regarde Migacirpy qui hoche la tête négativement. Pas vraiment, non. Mais bon, c’est Niny et elle est encore assez crédule. Je soupire avant de tapoter la tête de la femme-Apireine.

« Je ne veux pas que ça continue, voilà tout. C’est aussi simple que ça. Vous avez mis vos vies en danger. Vous étiez presque mortes et je dois rester là sans rien faire ? Je dois prendre mes précautions pour que cela ne continue pas. »

« Tu n’as qu’à nous protéger comme tu le fais aussi bien non ? Pourquoi est-ce que ça ne serait pas aussi simple que cela, tu ne crois pas ? »

Si seulement ça l’était mais non, ça ne l’est pas et elle le sait parfaitement. La vie est loin d’être simple et ça me désole par rapport à tout ça. Donc ? Elles vont me suivre même si e décide de leur interdire, c’est bien ça ?

« Ne combattez pas si vous décidez me suivre. »

« Hmmm, je ne peux pas te promettre ça non plus, Nev. Ca ne serait pas très intéressant non ? Si on décidait tout simplement de faire comme tu le désires, tu ne crois pas ? »

« Arrête tes bêtises, Migacirpy, je suis plus que sérieux. »

Et je sais qu’elle l’est tout autant. Je l’empêche de parler en mettant ma main devant sa bouche. Elle me semble un peu colérique à cause de mon geste mais qu’importe. Je n’ai pas envie de discuter avec elle, surtout vu qu’elle refuse de m’écouter.

« Si vous êtes tous prêts et prêtes, nous allons encore gravir quelques marches. Je ne vais pas vous mentir, je ne sais pas du tout où tout ça vous emmener. »

« Surement jusqu’à la déesse Harsia, non ? C’est ce qui était prévu depuis le début. »

« Merci de cette remarque hautement intelligente, Giréléna. Tu brilles encore par tes paroles. Je te jure, vraiment, des fois, j’ai l’impression que tu te moques de moi. »

Elle murmure que ce n’est pas qu’une impression alors que j’hausse les épaules. On va éviter d’y répondre, ça sera mieux. Bon ! L’heure d’y aller, l’heure d’y aller ! Je commence à reprendre la route en direction des escaliers. Je dois monter lentement, me tournant vers les autres pour vérifier qu’ils me suivent bien.

« On va sûrement tomber sur la mère des trois femmes-chiennes d’avant, Nev. Tu t’en doutes, non ? Au cas où, méfies-toi. On ne sait pas sur quoi tu risques de tomber. »

« Merci bien de me rassurer, je me sens tout de suite mieux comme ça maintenant. »

Je lui fais un petit sourire ironique alors que je finis par arriver jusqu’à ce nouveau temple. Pénétrant en premier à l’intérieur, je suis rapidement rejoint par les autres alors que je jette un coup d’oeil autour de moi. Mmm. Je trouve la décoration vraiment très étrange, je dois avouer. On dirait un ancien lieu, fait de bois et provenant d’un pays lointain. Un temple, oui.

« Mais non pas un temple comme ceux d’auparavant. »

C’est la seule chose que je remarque principalement alors que j’attends que Giréléna et les autres soient là. Finalement, ça ne tarde pas trop et je finis par entendre une voix féminine qui vient dire, d’une façon solennelle :

« Bienvenue dans mon antre, héros. »

Je ne me fais pas d’illusions sur l’identité de cette voix féminine. La mère des trois femmes-chiennes. Je tente juste de la trouver du regard mais rien à faire. Elle a totalement disparu de mon champ de vision avant qu’un battement d’ailes ne se fasse entendre.

« Au-dessus de vous, héros Nev. »

Je relève la tête pour apercevoir … une femme-oiseau ? Interloqué, je la laisse descendre alors que je l’observe en même temps. Elle ressemble un peu à cette femme-Sulfura d’auparavant mais en plus élégante, plus gracieuse, plus noble. Un peu tout en fait.

« Qu’est-ce que vous êtes exactement, madame ? »

« Une femme Ho-oh pour être précise. Pour mon nom, contentons-nous de Hanno. Je pense que cela suffira pour aujourd’hui. Tu es donc celui qui a décidé de te prendre à la déesse Harsia mais qui a réussi aussi à battre Lugrète et ses filles, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas. Je ne suis pas forcément fier de ce résultat mais des fois, il faut faire avec les moyens du bord et ne pas regretter ses choix. »

« C’est toi aussi qui a réussi à convaincre ma fille Saikan, n’est-ce pas ? De se ranger de ton côté même si elle est prête à se battre jusqu’au bout. »

« Je n’ai rien fait de tout cela. Elle est libre de ces décisions. Je ne l’oblige en rien, je ne suis pas là, derrière elle, à la chaperonner ou la manipuler. »

« Je n’ai guère dit cela. Néanmoins, pour la convaincre du bien fondé de vos actions, il ne faut pas que des paroles et des actes, il faut bien plus que cela. »

Je ne sais pas où elle veut en venir mais les trois femmes-chiennes sont derrière elle. Saikan m’observe, ne laissant paraître aucune émotion sur son visage. Ça me désole tout ça. Mais bon, là, je me focalise surtout sur Hanno.

« Vous êtes une femme-oiseau manipulant le feu, n’est-ce pas ? »

« Cela n’est guère difficile à apercevoir par rapport à mon plumage mais oui, c’est bien le cas. Bien que je sois une femme-oiseau, je suis la mère de ces demoiselles. »

Elle est aussi une mère. Je n’ai pas perdu toute ma motivation à la combattre mais je repense à Lugrète. Cette pensée est vite arrachée de ma tête lorsque je me dois d’éviter une flamme qui fonce vers moi à vive allure, Hanno ayant décidé de battre des ailes comme pour me mettre en garde. Me mettre en garde contre quoi ? Contre elle, sûrement.

Ses ailes rouges sont belles, très belles. Elles passent au blanc puis finissent avec un bout vert tandis que son allure ressemble quand même à celle des autres femmes oiseaux. Il n’y a bien que le visage et la poitrine, qui malgré qu’elle soit recouverte de fourrure, qui sont bien féminins. Je note aussi sa crête jaune sur le crâne, trouvant cela loin d’être vilain.

« Tu continues, n’est-ce pas ? Une punition s’impose. »

Un mouvement de battements d’ailes et voilà que des cris atroces se font entendre derrière moi. Une bourrasque enflammée vient de coûter la vie à une centaine de femmes-pokémon et d’humains, comme ça ! En un simplement battement d’ailes !

« Contrairement à Lugrète, je n’hésiterai pas un seul instant à utiliser tout ce qu’il faut pour te vaincre. Et mes filles non plus. »

Aucune hésitation, n’est-ce pas ? Moi, j’ai toujours ce besoin inexplicable de laisser une chance à mes adversaires. Sauf quand ce sont de véritables pourritures et monstres comme avec Ganasia. Et là ? Je ne sais pas encore mais elle part très mal.

« Venez par ici que je m’occupe de vous. Je pense qu’un peu de plomb dans la cervelle vous fera le plus grand bien. Et autant y aller de façon radicale, non ? »

« Intéressante menace. Montrez-moi donc ce dont vous êtes capable, héros Nev. Et que vos compagnons ne meurent pas trop vite, cela sera serait fort dommage pour le divertissement avec mes filles. Saikan, toi aussi. »

« … … … Oui, mère. Je vais y aller. Je vais vous épauler. »

« Non, je n’ai pas besoin de toi contre le héros. Tu n’as qu’à t’occuper de son enfant, de sa femme et des cousines de cette dernière. N’oubliez pas les gradés militaires et faites un carnage parmi les unité ennemies. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre maintenant. La confiance de la déesse Harsia est absolue. »

« Encore une qui veut tout simplement profiter de la protection d’Harsia ? »

« Elle avait des arguments pour cela mais qu’importe, ce n’est pas le moment de se poser autant de questions. Il semblerait que vous voulez vous battre. Venez donc. »

« Vous allez vite comprendre votre erreur ! »

C’est juste une femme-oiseau de feu ! Et le feu, je sais particulièrement bien l’éteindre ! Je demande à Rigorek de m’épauler alors que je concentre mon énergie dans mes deux mains, créant un rocher d’au moins un diamètre humain avant de le projeter en la direction de la femme Ho-oh. Celle-ci ouvre la bouche, crachant un souffle de feu.

Elle pense vraiment pouvoir briser un … gloups ? Elle ne le brise pas, elle fait fondre tout simplement, devant mes yeux ébahis. Ce n’est pas une blague. Cette femme a bien réussi a faire ça ? J’en étais sûr ! Une femme-poémon comme Hanno, qui décide de se battre sérieusement, est aussi forte que Graudan ou Kyourge ! Je n’aurais jamais dût en douter ! Maintenant, c’est fait ! Cette femme-pokémon veut vraiment me tuer !

C’est comme ça que ça devait se passer depuis le départ. J’ai eut de la chance avec les femmes-oiseaux mais celle-ci est bien différent. Je ne dois pas me montrer déraisonnable. Il faut que je la stoppe maintenant !

Je vais faire comme prévu. Je vais m’occuper seul de cette Hanno qui me pose autant de problèmes. Je dois accélérer ça ! Et vite ! Pourquoi qu’à chaque fois, j’envisage que j’ai du temps ? Car plus j’en perd, plus je sais que cela va finir de façon dramatique.

« J’ARRIVE MAINTENANT ! »

Encore une fois, je ne dois pas compter sur le pendentif mais mes propres pouvoirs. Cette voix en moi m’a montré que j’en avais la force ! Que j’ai mes propres capacités ! Que je suis un homme-pokémon et donc que j’ai aussi des pouvoirs ! Je commence à me téléporter et à disparaître, comme lors de mes précédents combats.

« Ça ne fonctionnera pas comme cela. Pourquoi me focaliser sur un seul point alors que je peux toucher tout le monde ? »

Un halo de feu se forme autour d’elle. Je n’ai pas le temps de crier que je regarde tout le monde. NON ! Je ferme les yeux subitement, me concentrant de toutes mes forces avant de créer une barrière translucide autour de l’halo de feu. Celui-ci ne progresse pas mais se referme autour de nous, m’emportant dans les flammes.

« IMBECILE ! » est le premier mot que j’entends lorsque je retrouve mes esprits, quelques secondes plus tard. Giréléna est à mes côtés alors que je stationne dans les airs. Une désagréable odeur de brûlé se fait ressentir à mes narines alors que j’halète. Je n’ai pas réussi à me protéger à temps.

« Tu me donnes mal au crâne, Giréléna. »

« Ca ne sera rien comparé à ce que tu viens de faire ! T’es un idiot ou quoi ?! Je te rappelle que l’on peut se protéger de ces foutues flammes ! Tu crois qu’il y a des femmes-pokémon pour quelle raison ? Pour tes beaux yeux ? Pour que tu les observes ? BORDEL ! Même certains humains manipulent un peu la magie à des niveaux basiques, loin de ceux des créatures élémentaires, ça ne veut pas dire que ce sont des imbéciles ! Ils peuvent se débrouiller ! On aura des morts ! Tu peux pas sauver tout le monde alors concentres-toi sur ton objectif premier : mettre une raclée à cette garce emplumée ! »

« Hahaha. Visiblement, la pseudo-reine des femmes-pokémon ne m’apprécie guère mais qu’importe, nous ne sommes pas là pour vivre avec de bons sentiments. La réalité est toute autre ! Au final, vous allez être rapidement décontenancés. Dommage pour vous, n’est-ce pas ? Je peux vous affronter tous les deux, ce n’est pas un souci. »

« Et tous les quatre ? Tu penses pouvoir tenir le coup ? » déclarent deux autres voix. Dénialka et Panilia ? Et les autres alors ? Qui va les protéger contre les trois femmes-chiennes ? Elles me signalent de ne pas m’en faire tandis que je secoue la tête. Oui, c’est vrai, j’ai bien mieux faire que ça ! Nous sommes quatre dont trois des plus puissantes entités de ce monde. Hanno ne semble pourtant même pas apeurée. Non, elle en est amusée. Elle pense sérieusement pouvoir obtenir la victoire malgré ça ? Elle est folle !

Laisser un commentaire