Chapitre 17 : La considérer

Chapitre 17 : La considérer

« C’est quoi cette blague ? Je n’apprécie pas du tout, Dyrkri. »

« Une blague ? Tu crois vraiment que c’est une blague, Nev ? »

Je n’ai pas la possibilité de bouger. Soudainement, des cordes viennent me ligoter à une chaise, m’empêchant de bouger la tête, les bras et les pieds. Je suis complètement paralysé ! C’est quoi cette blague que je ne trouve vraiment pas drôle du tout hein ? Je veux savoir !

« Dis-moi où est-ce que je me trouve ?! Je veux savoir ! »

« Dans mon monde, mon univers, forgé par des millénaires d’expérience, de vécu. Est-ce que cela t’effraie ? T’angoisse ? Est-ce que tu trembles à cette idée ? Hein ? Ne t’en fait pas, je ne serai pas trop méchante avec toi. De toute façon, tu n’as rien à perdre, n’est-ce pas ? »

« Dyrkri, ce n’est pas drôle. Si je commence à me libérer, fais attention à toi, tu … »

Je ne peux pas terminer ma phrase qu’une corde s’enroule autour de ma bouche, empêchant mes lèvres de bouger ! Gloups ! Hmmpf ! J’aimerai bien avoir mon … mot à dire. Mais visiblement, je n’ai pas le choix et la voix de Dyrkri se fait entendre derrière moi :

« Tu ne m’as jamais vue, n’est-ce pas, Nev ? Tu ne te demandes pas à quoi je ressemble ? »

« Bof … Je te rappelle que pas plus tard qu’il y a quelques jours, tu m’as fait une description très élogieuse de toi … donc bon, si je dois y croire, ça va être dur dur … »

« Tu ne me crois pas, n’est-ce pas ? Alors, si je fais ça ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

Faire quoi ? Qu’est-ce qu’elle … AH !! C’est quoi ça ?! C’est quoi ce qui est posé sur mes épaules, je tente de me mouvoir mais c’est juste impossible. En même temps, ce qui me touche … est si doux et … chaud … et moelleux un peu ?

« Alors ? Impressionné, n’est-ce pas ? Tu ne trouves pas ? »

« Ne me dit pas qu’il s’agit de … ce que je pense, Dyrkri ? »

« Et à quoi est-ce que tu penses ? Quand tu es ici, je ne peux pas lire dans tes pensées. »

« Pourquoi est-ce que … ta poitrine est déposée sur mes épaules ? »

« Car je suis un peu fatiguée et lasse, voilà tout. Une autre question à laquelle je peux répondre ? Je n’ai que ça à faire de toute façon alors, poses-la. »

« Humpf … Je n’ai pas d’autres questions, juste une réclamation dont tu dois te douter. »

« Ah bon laquelle ? Vas-y, je t’écoute donc. » me dit-elle, ne bougeant pas de sa position bien que je ne peux pas la voir exactement. Elle doit s’amuser de cela.

« LIBERES-MOI ! Je ne veux pas de cet endroit ! C’est pourtant simple ! »

« Est-ce que tu as le choix ? Est-ce que tu demandes s’il te plaît ? »

« Pourquoi est-ce que je le ferais hein ? Je n’ai aucune raison pour ça ! AUCUNE ! »

« Alors, je n’ai aucune raison de te libérer. Loin de là. Tu es en mon pouvoir, Nev. Ne l’oublie pas. Ici, c’est moi qui écrit les règles, qui les dicte et qui les applique. »

« Sauf que je ne veux pas participer à ce jeu miteux que tu crées, voilà tout. »

« Ce jeu miteux ? Alors tu vas passer une longue nuit … très très longue … à mes côtés, qu’est-ce que tu en dis, hein ? Intéressant, n’est-ce pas ? »

« Pas le moins du monde alors libères-moi ! J’en ai assez d’être ici ! C’est pas dur à comprendre non ? Alors libères-moi au lieu ! »

« Tututut … Tu n’as pas dit s’il te plaît, Nev. Tu n’es pas bien poli. Si tu continues comme ça, il se pourrait bien que … mes mains viennent retirer tes habits … et que je m’occupe de toi. Cela n’aurait rien à voir avec tes deux gamines ou Giréléna. Hahaha. Des milliers d’années d’expérience, tu imagines ? Hein ? Des millénaires ! »

« Des millénaires ? Quelles foutaises. Tu crois vraiment que je vais gober un truc aussi gros ? Que tu t’y connais, et toutes ces choses ? »

« Qu’est-ce que tu insinues ? Fais gaffe à ce que tu vas dire, Nev. Tu peux le regretter très amèrement… si tu ne fais pas attention à tes paroles. »

« Que tu es une … » commence-je avant de m’arrêter, subitement surpris. Je crois qu’il vaudrait mieux que je ne le dise pas. C’est assez blessant et vexant en un sens.

Pfiou … Quand même … ce n’est pas très sympathique de ma part si je parle de la sorte mais bon … je vais me contrôler et être agréable. Je reprends d’une voix calme :

« Rien de spécial. Maintenant si tu veux bien me libérer s’il te plaît … »

« Pas vraiment. Pour la peine, tu vas rester dans cet endroit pendant quelques heures. De toute façon, tu auras quand même ton quota de sommeil, hein ? »

« Ce n’est pas ce que je t’ai demandé, Dyrkri. »

« Et ? Qu’est-ce que cela implique ? Que je doive t’écouter sans poser de questions ? Allons-bon, tu sais parfaitement que ce n’est pas plaisant que tu me dises cela, pas du tout hein ? N’est-ce pas ? Très loin de là. »

« S’il te plaît, libères-moi ! Je veux être … »

Je coupe mes propres paroles, restant figé sur place. Elle me souffle dans la nuque et ça me fait trembler. Avec lenteur, je vois deux formes noires, griffues, qui viennent se glisser jusqu’à mon torse avant de s’arrêter dessus. Les formes commencent à se modifier, prenant l’apparence de deux mains gantées de noir, aux doigts très fins et délicats. Les mains sont toujours posées sur mon torse, sans même que je puisse dire ou faire quelque chose.

« Et si je te griffais et te lacérais la peau ? Qu’est-ce que tu en penses, Nev ? »

« Je pense que c’est une très mauvaise idée et que je ne veux surtout pas ça. Est-ce que ça répond à ta question ou non ? Ça ne me plait pas vraiment. »

« hahaha ! Mais tu n’es pas vraiment en état de pouvoir dire oui ou non hein ? »

« Je m’en contrefiche, j’ai dit tout simplement non. »

Je regarde quand même ce qu’elle fait. Je ne peux pas vraiment bouger la tête mais je peux au moins voir si elle a des idées sinistres ou non en tête. Le temps commence à s’écouler et voilà que sa tête se pose contre ma nuque. Elle veut faire quoi ? Me mordre ?

Rien de tout ça. Rien n’arrive… et le calme plat se fait à nouveau entendre … ou pas. Je ne sais pas trop comment je dois réagir par rapport à tout ça. Je reste juste immobile et stoïque en attendant que le temps passe mais … bon … encore une fois, il n’y a rien … rien du tout. Juste le calme plat et la tranquillité.

« Dyrkri ? Tu peux me relâcher ? S’il te plaît ? » demande-je … sans obtenir de réponse. J’entends juste le souffle de Dyrkri ? Et puis rien ? Qu’est-ce que … Je crois que la nuit va être longue, très longue. Je ne sais pas ce qu’il y a avec elle mais bon … je ferai mieux de ne pas me poser trop de questions. La nuit porte conseil, il paraitrait … oui… hahaha.

Le lendemain matin, lorsque j’ouvre les yeux, je ne suis plus attaché … mais je suis encore dans ce rêve ? C’est étrange, très étrange. Je ne pensais pas … que cela m’arriverait. Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Je me tourne et retourne, espérant entendre la voix de Dyrkri, chose qui ne tarde pas :

« Tu es réveillé ? Il va être l’heure d’être conscient. »

« Pourquoi avoir attendu que je me réveille ici pour … me redonner ma conscience ? »

« Ne pose pas de questions stupides et prépare-toi. »

« D’accord, d’accord, pas besoin d’être aussi agressive, je pense avoir compris le message de ta part, Dyrkri. Mais quand même … me déposer à même le sol, je … »

« Tu dormais dans un lit, je t’ai détaché pendant que tu dormais … pendant ton songe. C’est aussi simple que cela … ne soit pas plus stupide … que tu ne l’es déjà. »

« Je ne cherche pas à l’être, tu t’inventes des choses … enfin, bonjour, Dyrkri. »

« Bonjour à toi, Nev. » me dit-elle, calmement et posément, comme si tout cela l’importait peu.

Rien que ça ? Enfin bref, y a déjà une progression assez plaisante par rapport à elle et moi, je ne vais pas me plaindre. Je peux refermer les yeux pour me retrouver dans la tente … avec Niny et Migacirpy qui sont déjà debout, nues et désirables. Mais je contrôle mon corps.

Je le contrôle parfaitement et je me réveille, aussitôt, je mets correctement le fin tissu sur moi alors que je dis aux deux femmes-pokémon :

« Bonjour mesdemoiselles. Vous avez bien dormi, je l’espère ? »

« Avec toi ? Bien entendu mais … »

« AIE AIE AIE ! Mal au crâne. » marmonne Niny alors que je ne peux m’empêcher de rigoler. Vrai qu’elle a bu un peu plus que de raison.

« Viens par-là, Niny. Dans mes bras, peut-être que tu te sentiras mieux non ? »
Je crois que l’invitation fait parfaitement son effet. Sans crier gare, elle se jette sur moi et reprend une forme à moitié humaine, avec son gros corps en moitié de ruche … Enfin, le haut reste assez humain et je vois aussi qu’elle se force à garder une tête humaine, sans ses petites mandibules. Je devrais la remercier pour ça mais je lui caresse le crâne doucement.

« HEY ! Je veux aussi mon quota de câlins, moi ! »

J’ai à peine le temps d’ouvrir l’autre bras qu’une petite demoiselle s’y engouffre à son tour. J’ai deux grandes enfants, voilà tout. Bon, le souci, c’est qu’elles sont nues, à moitié humaines et visiblement passablement excitées.

« Je calme vos ardeurs tout de suite. Rien de sexuel le matin. »

« Même avec une telle forme, Nev ? On ne va pas le laisser seul et triste non ? »

« Seul ? Triste ? Allons, tu exagères, Migacirpy. Et n’utilises pas ta queue. »

« Pour m’amuser avec la tienne ? Hahaha. Bisoux, mon amour. » me dit-elle avant d’aller chercher mes lèvres. Je me laisse faire, pourquoi je refuserai ça ?

« Et comment est-ce qu’il me … considère, moi ? »

Hein ? D’où vient cette voix ? Je cherche mais je ne trouve aucune origine. Zut … ce n’est quand même pas Dyrkri hein ? Enfin, cela m’étonnerait mais on ne sait jamais ? J’hausse les épaules comme pour tenter de me rassurer. C’est juste stupide de croire qu’elle ferait ça … enfin, qu’elle dirait ça. Ce n’est pas dans son caractère.
La matinée passe paisiblement et après quelques câlins très amicaux mais non sexuels, je suis prêt ! Parfaitement prêt ! AH ! Bon ! Une deux, une deux, go go go ! Et voilà ! En pleine forme ! Bon ! Y a du chemin à faire, je crois bien ! Je ne sais même pas où nous sommes et … hein ? C’est moi ou pendant la nuit, tout a changé ? C’est étrange, très étrange.

« Ce n’est pas si étrange que cela… »

« Qu … Qui est-ce ?! » dis-je en tournant sur moi-même. Je suis sûr d’avoir entendu une voix ! Et cette fois, ce n’était pas Dyrkri ! Pas du tout ! Zut … Zut … Je serre déjà mon pendentif, prêt à l’utiliser avant que n’apparaisse la personne à l’origine de cette voix.

« Je m’appelle Panilkia, Nev. Aurais-tu oublié mon nom ? Je suis la seconde cousine de Giréléna. Je ne serai pas « enchantée » de te rencontrer, désolée. »

« Tu es venu jusqu’à modifier l’espace pour nous rencontrer ?! »

« Dans de telles circonstance, je me devais de lancer l’attaque au lieu d’attendre qu’elle vienne de ta part. Ne pas me juger, s’il te plaît, je ne pensais pas à mal. »

« Te juger ? Je ne trouve pas ça plaisant de te juger. Néanmoins, est-ce que tu viens en tant qu’ennemie ou amie ? A toi de décider. »

« Mon choix est fait dès l’instant où je me suis présenté à toi, héros. Enfin, est-ce qu’il est encore bon de t’appeler de la sorte après tes actes ? »

« Tu peux m’appeler comme tu veux, ce ne sont pas les titres qui font la personne. »

« De bien sages paroles. A voir maintenant si tu les tiendras. »

Est-ce que c’était une légère « menace » ? Je ne le sais pas. Son intonation semble être normale. Mais à côté, rien n’est moins sûr. Je fais apparaître mon marteau dans mes mains, regardant Migacirpy et Niny, elles sont prêtes aussi à …

« Elles ont changé. Visiblement, il semblerait qu’elles soient enfin devenues adultes. Je comprends donc l’atmosphère qui vous entoure tous les trois. Cela … est compréhensible, oui … parfaitement compréhensible même. Mais … je ne me laisserai pas faire. »

« Normal et logique, je n’en demandais pas tant … et cela aurait eu un mauvais goût dans ma bouche si tu avais préféré abandonner la bataille maintenant. »

« Humpf. Des fois, on ne décide pas ce que l’on veut. Si j’étais convaincu qu’Harsia ne voulait pas me tuer, je me serai occupé de Niny et Migacirpy pour leur permettre de vivre heureuses, sans qu’elles aient de problèmes par ma faute. »

« Pa… pa. » bredouille Migacirpy, un peu gênée par mes paroles.

« Et je parie qu’il va vouloir qu’on évite de se mêler de ce combat mais … même pas en rêve, Nev ! Même pas en rêve ! Alors hop ! On se motive et on te bousille ! »

« Elle semble bien différente d’auparavant. » murmure Panilkia en direction de Migacirpy alors que je soupire. Bien entendu qu’elle est bien différente, complètement différente.

« On peut dire qu’avec leurs nouveaux physiques, elles ont une nouvelle mentalité. »

« Je tiens à le confirmer. Vont-elles se battre ? Cela serait risqué. »

Mais je sais aussi que si je dis ou fait quelque chose, elles ne m’écouteront pas donc bon … Je place une main sur les épaules des deux demoiselles. Je leur fait confiance pour tenir le coup face à cet adversaire. Il ne reste plus qu’elle … et ensuite Harsia arrivera. Ca sera bientôt la fin d’une histoire, la fin de tout ça. Giréléna pourra alors se reposer en paix.

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