Chapitre 99 : En bas de la tour

ShiroiRyu
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Chapitre 99 : En bas de la tour

« Hum … Oui, bien entendu. »

Il avait finit par hocher la tête après la discussion avec Sérest. Cela datait d’hier mais il avait encore ses paroles en tête et il se répondait à lui-même. C’est exact … vraiment exact. Elen était … vraiment très possessive et pouvait devenir dangereuse. Ce n’était pas comme s’il ne l’avait pas remarqué auparavant hein ?

Mais juste … Il aimait la jeune femme aux cheveux blonds et il le lui avait encore montré hier. Bon, d’une manière un peu charnelle mais c’était la meilleure façon qu’il avait de lui prouver son amour. Et après cela ? Elle avait retrouvé ses yeux bleus, la couleur rouge ayant disparu pour sa caractéristique vaironne.

« Tery ? Que se passes t-il ? Tu sembles songeur ? »

« Oh ? Elen ? Rien, je pensais à ce qui allait nous attendre. Et surtout, je pense à éviter de me sentir mal alors que nous sommes en bateau. »

« Je te rappelle si tu veux que pour le mal de bateau, tu peux boire un peu d’eau salée. »

Oui, oui, il s’en rappelait parfaitement hein ? Mais bon, ce n’était pas … bien important. Elen était redevenue comme auparavant. Il avait l’impression qu’elle aussi avait un petit côté démone qui pouvait l’envahir d’un instant à l’autre. Par contre, il n’avait pas put prendre le même bateau que Manelena, chose logique vu qu’elle avait des soldats avec elle mais pas uniquement. Il en était de même pour Royan, Elise l’ayant accompagné. Il n’y avait bien que Sérest et Séran qui eux aussi, regardaient la mer au loin.

« Ils ont l’air si paisibles et heureux … j’aimerai finir comme eux un jour. »

« Euh, comment ça ? Être considérés comme des héros et tout le reste ? »

« Pas du tout, espèce d’idiot, tu sais parfaitement de quoi je veux parler, n’est-ce pas ? »

« Hum, j’ai une petite idée. Mais oui, c’est vrai que les voir toujours soudés, malgré tout ce qui se passe, ça a quelque chose de très réconfortant. »

« Et chaleureux. Ils montrent que malgré leurs différences, ils s’aiment. Ils montrent que malgré les dangers, ils s’aimeront toujours. Malgré l’adversité … »

« Je sais parfaitement que je ne serais jamais aussi bien que Séran à ce sujet, désolé, Elen. »

« Je n’ai jamais dit ça, Tery ! C’est juste que … je pense qu’ils ont l’expérience que nous n’avons pas. Ca ne te dirait pas d’être comme eux dans quelques années ? »

« Je ne sais pas, je n’y ait pas réfléchit. Après, je ne suis même pas sûr que nous serons encore vivant quand ça arrivera, Elen. Je ne veux pas être pessimiste mais vu notre avenir et ce que nous avons déjà vécu, nous aussi avons une certaine expérience, n’est-ce pas ? »

« Ce n’est pas très rassurant ce que tu dis, tu t’en rends compte ? »

« Je m’en rends parfaitement compte, désolé … mais je préfère être sincère quand je te parle, du moins, pour le moment. Enfin … tu vois ce que je veux dire, n’est-ce pas ? »

« Je vois, je vois … même si ça continue de ne pas être rassurant, tu t’en rends compte ? »

Il hocha la tête positivement pour se taire. Hum … Comme Sérest et Séran. Un bref coup d’oeil sur eux et il savait de quoi parlait Elen. La femme ailée avait la tête posée conte le torse de Séran, celui-ci ayant le regard tourné vers la mer. C’est sûr que contrairement à lui qui était plus que chétif, Séran en imposait.

« Bon, puisqu’il faut le faire, je ne vais pas hésiter alors. »

Plaçant une main sur l’épaule d’Elen, il l’incita à venir se calfeutrer debout contre lui. Ce n’était pas beaucoup mieux, n’est-ce pas ? Il n’arrivait pas à faire comme Séran. Pourtant, en baissant les yeux, il voyait ceux d’Elen qui étaient fermés. Il chuchotait :

« Est-ce que … c’est vraiment si convenable que ça, Elen ? »

« Plus que tout, Tery. Plus que tout … à mes yeux. Ca me convient parfaitement. Maintenant, il faut juste que tu évites de bouger, compris ? »

« Je vais essayer de t’écouter, Elen. Tu me dis s’il y a un problème, d’accord ? »

« Pour l’instant, je n’ai rien à te reprocher donc tu continues comme ça et ça sera … suffisant. Oui, pleinement suffisant … ah … »

Elle poussa un long soupir apaisé. Si c’était ainsi, le voyage se passerait plus calmement. Mais bon, comme souvent avec eux, il y avait toujours un coin où tout ça clochait. Le souci, c’était de savoir où et quand cela allait arriver.

Plus les heures s’écoulèrent, plus il était possible de voir l’imposante tour qui se rapprochait inexorablement d’eux. Vraiment … gigantesque. Peut-être était-ce parce qu’ils allaient réellement vers cet endroit mais cette taille était monumentale. Même s’ils en avaient pour encore plusieurs heures, il avait l’impression que le diamètre de la tour devait au moins faire la taille d’un petit village. Tery se tourna vers Sérest, lui demandant :

« Ca a été vraiment construit par les citoyens de Claudiska et Traslord ? »

« Pas seulement, pas seulement, il y a aussi beaucoup de magie à l’oeuvre. »

« Beaucoup de magie ? Comment ça ? A quel point ? »

« Au point que cela a coûté la vie à bon nombre de magiciens pour cela. Mais bon, on parle d’une époque reculée, que nul ne connaît voire même qui n’est inscrite que dans quelques rares livres, c’est bien pou cela qu’on en parle que peu. »

« Comment est-ce que tu es au courant alors, Sérest ? »

« Un peu de sérieux, Tery. Chaque femme a ses petits secrets. »

« Et même moi, je ne les connais pas tous, loin de là, Tery. » déclara Séran avant de pousser un petit rire amusé.

« C’est donc ça le secret de la réussite ? Avoir quelques petites choses bien personnelles que même l’être aimé ne connaît pas, c’est ça ? »

« A peu de choses près, c’est exactement ça, Tery. Mais bon, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’efforts pour ne pas plaire à autrui, hein ? »

Oui, bien entendu. Ce n’était pas ce qu’il avait prétendu non plus. Il regardait Elen qui n’avait pas bougé de sa position. Il commençait à avoir une petite crampe mais il n’était pas certain qu’elle s’en rende compte. Ah … Mais il était bien.

Il se demandait juste comment les autres allaient. Surtout qu’au final, c’était bien une journée ou deux en bateau qui allait se dérouler pour leur permettre d’arriver non-loin de cette tour. D’ailleurs, il ne savait même pas si elle avait un nom en particulier ou non. Il posa la question à Sérest, celle-ci lui disant calmement :

« La tour Pircey, en rapport avec le mot percée … puisque tu peux t’en douter, cela est en relation avec le fait qu’elle semble traverser les cieux, ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs. Tu as d’autres questions ? »

« Oui … elle me semble aussi, assez imposante. Pas seulement grande. »

« Chaque étage de la tour doit bien faire la taille d’un village mais il n’y a pas que cela, loin de là. Chaque étage a aussi ses propres caractéristiques et écosystèmes. »

« Tu donnes l’impression … comme si tu y avais déjà été. C’est le cas ? »

« Oh, tu sais, les cinq premiers étages sont accessibles à tout le monde. Et même à cette hauteur, tu pourras remarquer comme le monde est si petit et infime. »

« Je n’ai jamais vérifié si j’avais peur du vide ou non. » marmonna le jeune homme.

« Ca sera l’occasion de vérifier, Tery. » dit aussitôt Elen avant de rigoler bien qu’elle ne bougeait pas de sa position. Ah oui, au final, elle ne dormait pas, n’est-ce pas ? Il avait pensé que ça serait peut-être le cas mais … non.

« Merci de bien vouloir me rassurer avec des paroles aussi douces que ça, Elen. Grâce à toi, maintenant, je sais que ça ne sera pas une partie de plaisir. »

« Le plus important est de ne pas regarder à travers les trous dans les murs de la tour, Tery. Il y a aussi quelques endroits où se trouvent des meurtrières. Tu pourras toujours y jeter un œil si tu le désires. »

« C’est bon, Sérest. Ne te met pas avec Elen pour me faire peur, le message est très bien compris, oui. » dit le jeune homme en faisant un geste négatif de la main.

« Oh ? J’aurais fait cela, moi ? Je ne suis pas ainsi, voyons, Tery. C’est mesquin de ta part. »

« Oh ça, tu me permets d’en douter, Sérest ? »

« Je te le permets et je te l’autorise, Tery. Il le faut bien, non ? Pour faire un monde. »

« Tsss … enfin bon, merci pour tes réponses. Comme quoi, je vais juste devoir patienter et rien de plus. Enfin bon … »


Il verrait sur le moment s’il avait une nouvelle phobie ou non. Mais même ceux qui n’avaient pas peur du vide, ils devaient ressentir une certaine émotion en regardant non ? Après, tout n’était pas si différent que ça non plus par rapport à un voyage en bateau volant qui emmenait vers Claudiska, du moins, il s’imaginait tout cela ainsi. Le mieux sera de voir sur le moment, même seulement pour les cinq premiers étages.

Le temps s’écoula et nul souci n’arriva sur les flots et à l’horizon. Lorsqu’ils posèrent le pied au sol, Tery était presque sur le point de se mettre à genoux, appréciant de retrouver la terre ferme. Elen émit un petit rire, les autres bateaux arrivant peu après eux.

« Le voyage s’est déroulé sans encombre de votre côté, Sérest ? » questionna le prince en se plaçant devant eux, les gardes l’accompagnant sans un mot.

« Non non, on a juste terrorisé Tery qui va peut-être se trouver une nouvelle phobie : celle du vide. Nous espérons qu’il va passer un agréable moment là-bas. »

« Oh ? Tery ? Je ne te connaissais pas cette peur. Elle est donc récente. »

« Hein ? Mais on ne sait même pas si j’ai peur ! Ne racontez pas n’importe quoi, Sérest, Elen ! Oui, Elen, toi aussi, même si tu n’as rien dit pour le moment. »

« Hein mais mais mais … c’est bien beau de m’accuser de quelque chose que je n’ai pas encore fait ! Je note que la confiance règne, n’est-ce pas ? »

« La confiance régnera toujours entre deux personnes … mais cela ne s’exprime pas par des mots, loin de là. » déclara Manelena, elle aussi accompagnée par toute sa troupe de soldats. Elle se rapprocha de Tery, se plaçant en face de lui avant de dire : « Tery, par rapport à cela, tu es prié de ne pas trop t’éloigner de nous et de ne pas causer plus de troubles que cela dans la tour. Est-ce que le message est bien passé, Tery ? »

« Oui, oui, arrêtes donc de me parler comme si j’étais qu’un enfant, ça serait franchement pas mal de ta part, tu ne crois pas ? »

« Et de me parler comme si j’étais ton amie, tu te retrouves face à la reine, je te signales. »

« Car tu es mon amie, c’est différent, Manelena. Attention à ne pas confondre tout cela, tu ne crois pas ? Mais cela dépend uniquement de toi. »

« Mais comment est-ce que tu t’adresses à moi, toi ? Hum, visiblement, une petite leçon de vie s’impose, tu ne crois pas, Tery Vanian ? »

« Peut-être que oui, peut-être que non, je n’en sais trop rien, Manelena, ma reine. »

Il n’arrivait guère à comprendre réellement pourquoi il n’avait aucune difficulté à lui parler ainsi. La femme aux cheveux argentés pencha la tête sur le côté, comme pour mieux étudier le jeune homme avant de pousser un profond soupir.

« Je ne perdrais pas mon temps en palabre avec toi, Tery. Allons voir donc les responsables de cette tour, plus vite cela sera résolu, mieux c’est. »

Elle accéléra le pas, passant à côté du groupe qui se mit à marcher à sa suite, les soldats de Shunter non-loin derrière eux. Le prince avec Elise, quant à eux, avait déjà pris un peu d’avance, comme pour aller discuter de suite pour la tour.
Cela leur permettrait alors de faciliter l’autorisation pour monter aux étages supérieurs de la tour. Le jeune homme aux cheveux bruns prit une profonde respiration tout en levant la tête vers le ciel. Immense, vraiment immense, tellement immense. La bouche grande ouverte, il s’était immobilisé, Elen lui tapotant le dos :

« Et bien, Tery ? Qu’est-ce que tu fais ? »

« J’ai … enfin, je suis anxieux. J’ai vraiment l’impression que l’on va trouver ce que l’on recherche ici. Je suis sûr qu’il se trouve tout en haut. »

« De toute façon, ce n’est pas comme si nous avions beaucoup d’autres possibilités. Et tu es capable de les ressentir, Tery. J’imagine que tu as raison, à mes yeux. On va vite retrouver Sérest et Séran, hein ? » dit-elle, saisissant la main de Tery pour le tirer derrière elle.

« Si c’était le cas, tu ne serais pas aussi enjouée. Tu vas juste en profiter pour me traîner un peu partout, n’est-ce pas ? »

« Ca se voit si facilement sur mon visage, hahaha ? Et oui, Tery Vanian ! »

Et surtout, ils ne semblaient même pas se diriger vers le chemin pris par Sérest et Séran, selon les dires d’Elen. C’était plutôt … en direction de la tour directement ? Manelena et Royan étaient obligés de prendre des détours avec leurs armées, c’était pour cela qu’Elen voulait prendre de l’avance par rapport à eux.

« Et voilà … nous y sommes, Tery, regarde comme elles sont grandes ! »

Grandes ? C’était un euphémisme lorsqu’il vit l’importante double porte en face d’eux. Et aussi les nombreux gardes qui étaient postés devant elle. Pfiou, le couple s’approcha de la double porte, celle-ci étant ouverte. Les gardes les arrêtèrent, l’un d’entre eux demandant :

« Raison de votre visite ? »

« Euh … visiter la tour ? » dit le jeune homme avec un peu de surprise en clignant des yeux, le garde faisant de même tout en disant :

« Uniquement cela ? Et rien d’autre ? Nul achat ? »

« Je ne savais même pas qu’il y avait des choses à acheter à l’intérieur. C’est la première fois. »

« Hum … Vous semblez sincère, peut-être un peu trop … »

« Je dirais plutôt naïf de mon côté, sauf votre respect, hein ? Bref, vous pouvez rentrer. Par contre, vous n’êtes autorisés qu’à aller jusqu’au cinquième étage de la tour. Vous comprendrez sur le moment, pas besoin de poser des questions. »

« D’a… d’accord, bien entendu. » dit le jeune homme avant de se mettre à avancer, prêt à y aller avant d’entendre une voix les arrêter.

« Hey ! Tery Vanian ! Elen ! Je peux savoir ce que vous foutez tous les deux ? »

« Et zut, ils ont été plus rapides que prévu. » marmonna Elen avec mécontentement alors que le couple se retournait pour faire face aux deux armées.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » s’exclama un soldat, l’autre lui donnant un coup de coude discret avant de lui chuchoter :

« Je te rappelle que nous avions reçu des ordres y a quelques jours à ce sujet. Y a le prince de Traslord lui-même qui se déplace, avec la nouvelle reine de Shunter. »

« Ah ouais ! Ils en parlaient … mais c’est venu plus rapidement que prévu. Et les deux personnes qui tentaient de passer, elles sont avec eux ? »

« Visiblement, oui … mais je suis pas sûr. Qu’est-ce qu’on fait ? On les laisse passer ? »

« On va plutôt leur bloquer le chemin en attendant que le supérieur se ramène. Y a tout le monde qui regarde par ici. Je ne veux pas de problème, moi. »

Les deux soldats continuaient de parler entre eux, Tery mettant une main devant sa bouche pour bailler avant de retourner auprès de Manelena. Elen s’avança mollement en direction de l’actuelle reine de Shunter, ses yeux bleus se plissant à sa hauteur.

« Nous ne devons pas nous séparer, c’est pourtant très simple à comprendre, non, »

« Tu sais bien que même les choses simples, j’ai du mal à les saisir … enfin, vous savez cela, n’est-ce pas, reine Manelean ? »

« Je le sais parfaitement … mais j’osais espérer qu’avec l’âge, tu arriverais à comprendre des principes aussi aisés que ça. Visiblement, je me trompes encore lourdement à ton sujet, Tery Vanian. Bon, ce n’est pas grave. Royan ? »

« Oui, nous pouvons aller nous présenter. De toute façon, plus de temps nous perdrons ici, plus nous attirerons l’attention, chose que nul ne désire, n’est-ce pas ? »

« Alors faisons-le plutôt que de me préoccuper de cet idiot et de la femme qui l’accompagne. Tery, vas avec les autres. Et evitez de vous disperser, compris ? »

« Oui, madame ! » s’exclama le jeune homme dans un petit sourire amusé bien que ce dernier ne lui fût guère rendu par Manelena, trop sérieuse pour le moment.

L’autorisation ne tarda guère à venir, Tery restant non-loin des troupes de Manelena. Bien entendu, Manelena n’était guère contente de la situation mais bon, ce n’était pas lui le responsable de cette petite fuite en avant. Manelena avait été assez en colère par rapport à la situation mais bon … comme s’il pouvait y faire quelque chose hein ?

« Nous allons nous rendre au premier étage. Vous n’avez guère à vous soucier du nombre de personnes qui vous accompagnent. » déclara ce qui semblait être un capitaine des soldats de Claudiska, en vue de la paire d’ailes qui se trouvait dans son dos.

« Je me demande pourquoi, qu’est-ce que ça veut dire, Elen ? »

« Oh, tu t’autorises à m’adresser la parole, tu es sûr que Manelena serait heureuse de cela ? »

« Je ne vois pas pourquoi tu dis une telle bêtise. Elle n’est pas ma mère que je sache, je suis tout simplement libre de décider ce dont je veux hein ? »

« Oh ? Vraiment ? Première nouvelle, Tery. On verra ça plus tard et … hum. »

Elle s’arrêta de parler alors qu’ils pénétraient dans la tour. Pourtant, de l’intérieur, cela ne semblait pas si différent de l’extérieur sauf … pour la taille ? Oui, comme il en avait eut la confirmation par Sérest, la tour était beaucoup plus importante à l’intérieur, à se demander s’il n’y avait pas aussi un peu de magie à l’heure.

Mais voilà, il s’agissait d’une vaste plaine, avec de la végétation, des rochers et de nombreux courants d’air. En levant la tête, il eut la surprise de remercier que sa vue se brouillait … comme s’il était tout simplement impossible de voir s’il y avait vraiment un plafond.

« Veuillez ne pas vous perdre, suivez-nous sans vous retourner, je vous pries, la tour de Pirsey a déjà coûter la vie à quelques personnes aux étages supérieurs. Ici, nous pourrions encore vous retrouver mais ça ne sera pas forcément le cas plus tard. »

Rassurant, c’était vraiment très rassurant. Pourtant, il remarqua qu’ils étaient en train de monter ce qui semblait être une pente mais surtout en avançant vers cette pente, il pouvait voir les murs de la tour.
Le souci ? C’est qu’ils avaient bien marché pendant une dizaine de minutes et il ne voyait que maintenant ce fameux mur. Cette tour … était définitivement immense. Mieux encore ! Il avait aperçu quelques habitations mais aussi un petit bois et des animaux. Cette tour, c’était quoi réellement ? Ce n’était … pas normal.

« Pourquoi est-ce qu’une telle tour a été crée, Elen ? »

« Comment voudrais-tu que je le sache, Tery ? J’imagine que cela doit être pour préserver les différentes espèces animales, humaines et végétales. »

Elle disait ne pas savoir et pourtant, as réponse avait un fond de vérité. Du moins, il avait la sensation qu’elle ne se trompait pas en déclarant cela. Peut-être qu’elle avait raison alors ? Cette tour était un endroit où des espèces protégées pouvaient continuer à vivre ? Un sanctuaire qui servait de refuge aux êtres de ce monde.

Chapitre 98 : L’être entre deux royaumes

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Chapitre 98 : L’être entre deux royaumes

« Alors comment est-ce que tu vas, Manelena, depuis ces derniers jours ? »

« Plutôt bien même si je préfère que tu m’appelles Reine. Oh … et puis zut, à qui est-ce que je vais faire croire ça ? Je n’ai déjà pas vraiment apprécié lorsque l’on m’a appelé princesse, je ne vais pas commencer à apprécier lorsque l’on m’appelle reine. »


Elle poussa un léger soupir, remarquant le sourire radieux de Tery qui la fixait depuis déjà deux bonnes minutes. Hum ? Ca serait presque gênant si elle n’était pas elle mais voilà … Elle poussa un léger soupir avant de dire :

« Un souci, Tery Vanian ? Me fixer de la sorte est assez déplaisant. »

« Non, non, c’est tout le contraire. Bon, je pense que ça va agacer les autres mais voilà … Je suis juste très content de te revoir parmi nous. »

« Tu en baverais presque, tu le remarques ? » dit-elle en haussant un sourcil aux propos de Tery. Cela faisait maintenant une bonne heure et tout le groupr était réuni. Le plus important restait le fait qu’Elen n’avait plus ses yeux vairons tandis que Tery avait retrouvé le sourire.

« C’est vrai ? Ah zut ! Sûrement … Hum … Je suis désolé … Ce n’était pas voulu de ma part. Mais bon, ça ne change pas que je suis bien content de la situation. Mais si tu expliquais maintenant pourquoi tu es ici, Manelena ? Les gardes sont obligés de te suivre d’ailleurs ? Enfin, ils ne sont pas vraiment à côté de nous … mais je sens leurs regards. »

« Ils sont là pour protéger la reine. Tu ne pensais quand même pas qu’ils allaient me laisser seule, non ? Surtout après tout ce qui s’est passé. »

« A ce sujet, comment est-ce que tu as fait pour venir ici ? Partir en délégation, même officielle, ce n’est normalement pas possible, n’est-ce pas ? Tu viens à peine d’être intronisée, non ? » dit Royan en clignant des yeux, Manelena lui répondant calmement :

« J’ai simplement nommé un nouveau maréchal. Il est chargé de faire tourner le royaume, du moins dans les grandes lignes ,pendant que je ne suis pas là. »

« Et qui est-ce ? Est-ce qu’on le connaît ? » questionna Elise bien que Tery émettait un grognement avant de murmurer d’une voix lente :

« Hémurion, n’est-ce pas ? Ce chef des rebelles, non ? »

« C’est exact. Vu ses capacités à gérer plusieurs groupes dans tout le royaume, j’ai estimé que c’était le meilleur des choix à accomplir. De toute façon, vu son aide, je ne pouvais pas nier ce qu’il a accompli. Cela serait un très mauvais départ en tant que nouvelle monarque. »

« Je ne sais pas, je l’ai jamais été … et je ne me suis jamais posé de questions à ce sujet. »

« C’est quoi cette réponse absurde venant de toi ? Enfin non, je devrais justement ne pas m’en étonner, venant de toi, Tery. Mais bref, pour l’heure, je n’ai pas à craindre de ne pas être présente dans le royaume de Shunter pour quelques semaines. »

« Si tu es certaine de ce que tu fais, je ne vais pas t’en empêcher Manelena. »

« De toute façon, ce n’est pas comme si tu pouvais m’ordonner ou non, Tery, n’est-ce pas ? »

« Je n’oserais pas, tu le sais parfaitement. Tu n’as même pas à en parler, c’est pourtant facile à comprendre, non ? Tu ne crois pas ? »

« Vu qu’il s’agit de toi, Tery Vanian, tu comprends que je préfère rester méfiante … mais si tu veux tout savoir, je suis aussi très heureuse de te … vous revoir. »

Elle avait eut un bref moment d’hésitation mais elle avait réussi à se rattraper. Le jeune homme la regarda en clignant des yeux mais ne répondit pas. Pourquoi répondre à cette petite provocation de la part de Manelena ? Il était déjà satisfait de la revoir parmi eux. Ce n’était pas comme s’il avait ce besoin assez violent de l’enlacer hein ?

Oui, il se contrôlait pour bien montrer qu’il préférait rester neutre par rapport à tout ça. Puis surtout, ils étaient tous les sept réunis. Il ne manquait plus que Clari … mais elle, il ne fallait pas compter sur son apparition, malheureusement.

« Bon, ce n’est pas tout mais prince Royan, puisque nous sommes tous réunis, que diriez-vous de manger dans votre château ? Moi et ma … délégation sommes invités, n’est-ce pas ? »

« Hein ? Hum … oui, on va dire que c’est votre délégation, c’est bien ça. » répondit Royan, cherchant à comprendre où elle voulait en venir avant de finalement saisir ses propos.

« C’est parfait alors, ne perdons pas plus de temps si vous le voulez bien. »

Et même s’ils ne le voulaient pas, ça ne changerait pas grand-chose. Elle fixa les autres personnes, une par une, comme pour les intimider. Qu’elles essayent de la contredire, il y avait de fortes chances qu’elle apprécie le retour de bâton.

Mais pour ça, il fallait essayer de la contester, chose que personne ne tenta, même si la plus concernée par un tel acte était prête au cas où à bouillonner et réagir. Néanmoins, Elen ne fit rien et voilà que toute la « délégation » de la reine Manelena fût invitée dans le palais royal u prince Royan. Aussitôt, Tery commença à regarder à l’intérieur, jugeant le décor comme pour l’étudier et le comparer à celui de Shunter.

C’était une comparaison qui pouvait paraître stupide, surtout vu que Tery n’avait pas longtemps été dans le palais de Manelena mais qu’importe, ce n’était pas bien important. Ils se retrouvèrent tous à table, comme si de rien n’était, les servantes se mettant de côté avant d’être tout simplment congédiées par Royan.

« J’imagine qu’il vaut mieux n’avoir personne autour de nous pendant que nous parlions, n’est-ce pas ? Déjà que Tery doit être un peu comme fou de joie, non ? »

« Fou de joie, fou de joie, c’est un peu exagéré aussi, il faut dire, non ? »

« Pourtant, en vue de ta réaction et celle de Manelena, je ne pense pas que vos retrouvailles vous déplaisent à tous les deux. Néanmoins, nous ne sommes pas là pour parler de ça. »

« Plutôt … me donner des nouvelles depuis que je suis partie. »

« Il n’y a pas grand-chose à dire, Manelena. Nous avons à peine essayer de trouver comment nous rendre à la tour et malheureusement, nous avons essuyés un refus. »

« Un refus ? Même avec toi, Royan ? Comment est-ce possible ? Je sais bien que par rapport à Shunter, sans indélicatesse, la royauté n’est pas aussi puissante mais … »

« Disons plutôt que le problème vient de fait que la tour n’appartient pas uniquement au royaume de Traslord mais aussi à Clausdiska. A partir de là, je ne suis pas le seul apte à donner ou non les accès à cet endroit. »

« Hum, je vois … je vois … il est vrai que cette tour est vraiment située en tant que frontière entre vos deux nations. Tery, tu es sûr et certain de ton idée ? »

« Pas le moins du monde. Comment est-ce que je pourrais l’être ? »

« C’est bien ce que je pensais … on va donc peut-être vers les ennuis sans aucune confirmation à ce sujet. Grumpf … »

Elle émit un grommellement de mécontentement. Que ça ne lui plaise pas, il ne fallait pas en douter une seule seconde. Le jeune homme aux cheveux bruns s’étira, Royan toussotant légèrement avant de lui dire :

« Ce ne sont pas des manières, Tery. Je te rappelle que tu es à une table royale. »

« Hein que quoi ? Vraiment ? Zut zut zut … Euh … Ben euh … Bon appétit ? »

Le jeune homme était un peu gêné, commençant à faire quelques mouvements alors que Manelena poussait un profond soupir désespéré. Ce n’était pas tout ça mais elle ne se faisait pas d’illusions. Elle se releva, prenant la place à la droite de Tery alors qu’Elen était à celle de gauche, regardant comme les autres personnes ce que Manelena faisait.

« Alors, déjà, tu vas te tenir bien droit quand tu manges. Pas de dos courbé. Quant aux fourchettes et couteaux, il va falloir t’expliquer ce que chacune et chacune fait. S’il y en a plusieurs, ce n’est pas par amusement, compris ? »

« Je n’ai rien dit et je ne suis pas un enfant non plus, Manelena, tu sais hein ? Je pense pouvoir couper ma viande correctement et aussi la mâcher. »

« Non, ce n’est pas comme ça. Correct, ce n’est pas suffisant quand tu te tiens à la table d’un prince ou d’un roi ! Voire même d’un noble ! »

« Mais pourquoi est-ce que l’on s’y intéresse maintenant ? Auparavant, on s’en fichait, Manelena ! Pourquoi maintenant hein ? »

« Car je l’ai décidé, compris ? Prends un peu sur toi ! Vous autres, c’est la même ! Bien que j’estime que ça soit moins compliqué pour vous. Essayez de suivre mes mouvements pendant que je tente d’inculquer quelques notions de savoir-vivre à cet homme ! »

« Mais mais mais … Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

« Tu existes, ce n’est pas une raison suffisante ? Bon, tu m’écoutes ou alors, il va falloir que je te le rentres à coups de poing sur le crâne. »

Chassez le naturel, il revient au galop. Alors qu’elle avait tenté de garder son rôle de reine de Shunter jusqu’au bout, les mauvaises habitudes étaient revenues. Enfin, mauvaises, tout dépendait du point de vue auquel on s’appliquait, non ?

Le jeune homme était plus que perturbé, n’osant pas bouger tandis que Manelena lui expliquait à sa façon. Chacun écoutait, sauf le prince qui avait été éduqué depuis sa plus tendre enfance. Maintenant, il s’amusait plus de la situation qu’autre chose.

« Est-ce que c’est suffisant ? Allons-nous pouvoir manger maintenant ? »

« On va dire que c’est à peu près correct, Royan. Je vous jure, il y a tellement à faire avec Tery qu’une dizaine d’années à mes côtés ne suffirait pas. »

« Il n’a pas besoin de rester aussi longtemps. Ce n’est pas comme si Tery comptait rester parmi la cour des nobles lorsque tout sera terminé. Il n’est pas noble et il n’a pas besoin d’être présent. Lorsque tout ceci sera terminé, nous irons dans un coin bien tranquille. Peut-être le village de Leskar mais ce n’est pas certain. »

« Euh … Et si on pouvait arrêter de parler de mon avenir ? On n’a encore rien terminé. Merci bien … et si on peut plutôt commencer à manger car j’ai faim. »

« Mais est-ce que tu comprends comment tu parles ? Tu ne trouves pas ça anormal ? J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. »

« Disons plutôt que cela risque d’être froid. Je n’ai rien contre les explications … mais peut-être après manger, Manelena, qu’est-ce que tu en dis ? »

Elle poussa un profond soupir avant de marmonner que ce n’était pas une mauvaise idée de penser ainsi. Elle hocha la tête, retournant sur son siège avant de se mettre à manger. Elle ne détourna pas le regard de l’assiette, le reste du groupe réagissant de même. Au moins, le repas était d’une qualité rare et Elise émit un petit râle de plaisir :

« C’est tellement différent d’une auberge ! «

« Heureusement non ? Bien que je ne mette pas en doute la qualité des différentes auberges que nous avons visitées durant ce long voyage, il faut reconnaître que la cuisine royale est d’un tout autre niveau, non ? »

« Oui oui … C’est exactement ça, Royan. Mais je ne savais pas que ça serait aussi bon. … … … Prince Royan, je veux dire ! Pardonnez-moi ! »

La jeune femme aux cheveux auburn plongea son regard dans l’assiette, rouge de honte après la petite bavure qu’elle venait de commettre. Le prince fit un geste comme pour signaler que ce n’était pas bien grave, le repas se terminant calmement ensuite.

Maintenant que c’était terminé, il fallait digérer. Et pour cela, Royan proposa une petite marche dans la ville. Ca n’avait rien de différent de celle d’auparavant mais maintenant, ils étaient accompagnés par les soldats de Manelena mais aussi ceux de Royan. Tery les regarda, clignant des yeux avant de dire :

« Hum … J’ai l’impression de me retrouver à l’armée. On est obligé de les avoir derrière nous ? Ils font quand même pas mal de bruit, non ? »

« Oui, nous y sommes obligés. Nous parlons d’un de deux personnes royales qui se déplacent. Tu ne crois pas que nous allions laisser n’importe quel agresseur nous sauter au visage pendant que nous nous promenions dans les rues, non ? »

« Je crois que nous sommes assez forts pour nous défendre, non ? »

« C’est exact mais cela permet de rassurer son peuple aussi. Il faut dire que je suis parti un long moment, il y a de fortes chances qu’il s’inquiète à mon sujet. Et qu’est-ce que cela sera quand je ne serais plus dans la capitale ? »

« Pour aller où ? Vers la tour ? C’est donc décidé, tu nous accompagnes ? » demanda Tery avant que Sérest ne rigole, la femme-ailée lui disant :

« Bien entendu, Tery. Un peu de sérieux, voyons donc. S’il se déplace en personne, il y a de plus fortes chances qu’on nous autorise à grimper dans cette tour. C’est pourquoi si … Manelena nous accompagne, peut-être que cela sera possible … ou l’inverse en vue des différentes histoires liées à son royaume. Par contre, il faut absolument éviter de prévenir que nous allons nous rendre dans cette tour pour la dernière créature légendaire, compris ? »

« Ca me semble logique. On est jamais certain de ce qui nous attends. Et je ne pense pas que les personnes apprécieraient que nous soyons là pour liquider un monstre. »

Quant à la balade en elle-même, elle était des plus appréciables. Le jeune homme aux cheveux bruns continuait d’être ravi tandis qu’Elen … avait toujours les yeux vairons. Ca restait définitivement inquiétant. Cela faisait maintenant plusieurs heures. Il chuchota à la jeune femme aux cheveux blonds :

« Elen, tu ne peux pas sourire un peu ? Tes yeux ont l’air de fusiller les autres du regard. Tu fais un peu peur, est-ce que tu t’en rends compte ? »

« Je ne vois pas le problème. Pourquoi est-ce que je ferais peur ? J’ai l’air d’un monstre ? »

« Non, les yeux vairons te vont très bien … mais ce n’est pas ça le souci, loin de là. »

« Alors, c’est quoi le problème ? Essaie donc de t’exprimer correctement, c’est pourtant pas si difficile que ça, non, tu ne crois pas ? »

« Tu commences à parler comme Manelena et tu donnes l’impression d’être constamment en colère contre tout le monde, c’est pourquoi c’est inquiétant. »

« Je ne suis pas en colère contre tout le monde, qu’est-ce que tu fabules ? »

Il ne fabulait pas ! C’était juste l’impression qu’il avait en la voyant. Elle ne remarquait pas les regards inquiets des passants lorsqu’ils marchaient ? C’était pourtant difficile à ignorer. Sans continuer à chercher à converser avec elle, il prit sa main dans la sienne et continua lar marche avec les autres.

« Par rapport à la situation, nous partirons d’ici demain ou après-demain au grand maximum. Plus vite nous nous rendrons à cette tour, mieux ce sera. »

« Je suis d’accord avec la reine Manelena. C’est le choix le plus judicieux. Le temps que nous arrivions, la tour aura déjà reçu la lettre stipulant notre présence auprès d’elle. »

La seule question que Tery se posait, c’était … qui dirigeait cette tour ? C’était une entité entre les deux royaumes … mais il espérait que ça ne causerait pas de problèmes. Pourquoi est-ce qu’il se faisait autant de soucis ? Il suffisait de patienter, non ?
Et il verrait sur le moment même comment tout cela allait se passer. Le truc était de vider son esprit pour ne plus avoir quelques pensées absurdes. Pendant qu’il gardait la main d’Elen dans la sienne, il sentait les doigts de la demoiselle qui se croisaient avec les siens, y mettant une certaine force comme pour l’empêcher de les retirer.

« Aie, aie, aie, tu me fais un peu mal, Elen, doucement. »

« Ne t’avise pas de vouloir enlever ta main de la mienne, Tery. Jusqu’à la fin de la journée, tu ne me quittes pas une seule seconde, compris ? »

« Pas de soucis … sauf que tu deviens vraiment très possessive. »

« Je ne te possède pas. Je veux juste te faire comprendre qui est avec toi … et qui tu as juré d’aimer, n’est-ce pas ? Ou alors, ce n’était qu’un mensonge ? »

« Je n’aime pas du tout le ton que tu utilises, Elen. Alors, je ne répéterai une seule fois : Si tu continues comme ça, tu n’auras même plus à connaître la réponse à tes questions. »

Elle serra avec plus de force pendant quelques secondes, Tery grimaçant de douleur avant qu’elle ne finisse par le relâcher. Satisfait comme ça, le jeune homme ? Il se massa la main endolorie, regardant Elen. Peut-être que oui, il s’était trompé depuis le début ? Non, qu’est-ce qu’il pensait exactement ? C’était absurde, c’était Elen !

« Voilà, avec toutes tes bêtises, je suis plus que perturbé. »

« Hum ? Vous deux, vous mettez trop de temps à avancer. Vous pouvez vous dépêcher ? » dit Manelena, Sérest fixant le jeune homme, battant des ailes un peu avant de parler à son tour :

« Prenez votre temps mais pas trop, hein ? Tery, est-ce que nous pourrons parler, toi et moi. J’ai quelques questions à te poser en privé. »

« Euh ? Hein ? Oui, bien entendu, Sérest. » bredouilla le jeune homme. Généralement, quand elle demandait une telle chose, c’était pour une très bonne raison. Il y avait eut un événement grave récemment ? Ou alors, elle avait deviné son conflit interne ?

« Nous ferons cela après la visite, d’accord ? »

« Pas de problèmes pour moi, je te fais confiance à ce sujet. Mais bon … finissons d’abord la visite, le reste, on verra ensuite. »


De quoi est-ce qu’elle allait vouloir parler ? De lui et Elen ? Il y avait de fortes chances que ça soit le cas. Mais bon, ce n’était pas comme s’il voulait mettre sa vie amoureuse en avant donc s’ils pouvaient juste éviter de trop en parler.

« Ce soir, nous évoquerons la marche à suivre pour nous rendre jusqu’à la tour, qui nous accompagnera ou non, parmi les soldats de Traslord et Shunter. Car oui, maintenant que je suis de retour, les conseillers ne veulent pas vraiment que je m’échappe une nouvelle fois sans aucune surveillance. J’ai l’impression d’être un enfant. » soupira Royan, Tery s’apprêtant à ouvrir la bouche avant de plonger dans le mutisme.

« Prince Royan, vous êtes le plus jeune d’entre nous mais vous n’avez pas à vous soucier de votre maturité qui équivaut celle des autres. »

« Merci beaucoup pour ce compliment, mademoiselle Elise. Je ne sais pas si je le mérite et même si vous êtes la seule à le penser, cela garde une certaine importance à mes yeux. »

« Mes paroles sont sincères, prince Royan, vous pouvez en être certain. »

« Pourquoi j’ai l’impression d’avoir déjà entendu ce dialogue auparavant ? »

Le jeune homme aux cheveux bruns émit un petit sourire amusé par tout cela. Ah … Ces deux-là, il sentait qu’il ne fallait pas les séparer. Mais ce n’était pas à lui de s’immiscer entre tout ça. Ca lui rappelait un peu trop Clari qui s’était amusé à le titiller sur plusieurs points, comme sa relation avec Elen et Clari. Il était alors très mal placé … pour ça.

« Manelena, par rapport à tout ça., je me demandais … »

« Hum ? Quoi donc ? Qu’est-ce qu’il y a encore, Tery ? Je peux savoir ? »

« Ça ne te dérange pas vraiment ? De recommencer avec nous ? Alors que tu pourrais être plus tranquille dans le château, dans Shunter. Tu as le droit de souffler un peu, tu sais ? »

« Je suis l’unique responsable de mon corps, de mes envies, de mes actes et de mes désirs, Tery Vanian. Si je veux continuer à voyager avec vous, je le ferais. »

« Mais tu est une nouvelle reine … tu me l’as toi-même dit, tu as des obligations, non ? »

« Et en tant que telle, je me dois de les respecter. Mais une reine doit-elle forcément obéir à toutes ces règles et obligations ? Je suis la reine. »

Moui, ce n’était pas vraiment très convaincant de la part de Manelana. Néanmoins, le jeune homme évita de faire la remarque, souriant tout simplement à la demoiselle aux cheveux argentés, le genre de sourire qu’elle ne voulait pas lui rendre. Le plus important à ses yeux restait le fait qu’ils allaient partir tous ensemble vers cette tour.

Chapitre 97 : Délégation officielle

ShiroiRyu
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Chapitre 97 : Délégation officielle

« Royan, est-ce que cela te dérangera si un moment, nous irons nous séparer, chacun de notre côté ? Enfin, moi et Tery quoi ? »

« Non, nullement. Vous pourrez profiter de tout cela à deux. Je ne retiens personne. »

Le jeune homme aux cheveux bruns acquiesça d’un mouvement de la tête tandis qu’Elen avait finit de poser sa question à Royan. Bien entendu, il savait parfaitement ce qu’elle avait en tête, c’est pourquoi il n’allait pas tenter de l’arrêter.

« Mais auparavant, nous allons tous nous y rendre ensemble. Je ne voudrais pas que vous commenciez à vous perdre, chacun de votre côté. »

« Oui oui, bien entendu. Tu nous présentes les ruelles les plus importantes et ensuite, nous y allons, ça sera le plus simple à faire. »

Est-ce que les autres étaient d’accord ? Sans même poser la question puisque tout le monde était visiblement concentré sur la marche, le jeune homme aux cheveux bruns vient serrrer la main d’Elen dans la sienne, avec une certaine tendresse.

Nullement surprise par le geste, elle se laissa emporter par Tery, Royan commençant la visite de la capitale par les rues marchandes, l’endroit le plus important de toute capitale puisque c’était ici que résidait une bonne partie de l’économie du royaume. Néanmoins, pour du poisson, ils en avaient, et de toutes les sortes ! Et même des plus saugrenus.

« Comment est-c que l’on peut réellement manger un tel poisson ? Il a trois yeux. »

« Les yeux, c’est pafois ce qu’il y a de meilleur dans le poisson. »

« Je ne suis pas un habitué de ce dernier, je dois avouer. Vu que j’habite dans un village assez montagneux, il n’y avait qu’une simple rivière près de chez nous. Mais à part ça, c’était plus de la viande et surtout selon nos moyens. »

« Il est vrai que d’après ce que tu as dit, tu ne proviens pas d’une famille riche. »

« Et surtout, vu que mon père est mort quand j’étais jeune, je me suis toujours demandé comment ma mère faisait pour nous permettre de vivre correctement, sans excès. » répondit le jeune homme, un nuage devant les yeux.

« Tu lui poseras la question quand on la reverra, non ? »

« Je ne sais toujours pas où elle est, je n’ai aucune nouvelle à ce sujet, Elen. Et avec les derniers événements, je n’ai rien put faire malheureusement. Autant dire que me parler de ma mère n’est pas forcément la meilleure des idées. »

« Je ne voulais pas Tery, je suis … désolée. » bredouilla Elen, confuse et gênée par l’erreur toute bête qu’elle venait de commettre sans même s’en rendre compte.

« Tu ne pouvais pas savoir … ou du moins t’en rappeler exactement. »

Il gardait un sourire tendre envers la jeune femme aux cheveux blonds, passant une main dans ces derniers. Il ne lui voulait aucun mal, loin de là. C’était peut-être même l’inverse en fin de compte. Tout ce qu’il espérait, c’était qu’elle comprenne que … le cas de sa mère, il ne pouvait pas mettre ça de côté. Il voulait des nouvelles à ce sujet.


Mais comment faire quand ils étaient ici ? Les lettres, aucune n’arrivait malheureusement à destination. Enfin, plutôt l’inverse, elle devait arriver mais … aucune ne partait. La personne avec qui était sa mère devait l’empêcher d’écrire. Ou alors, sa mère, tout simplement, ne voulait pas lui répondre, ce qui était aussi une possibilité mais pourquoi ?

Néanmoins, comme convenu, il essaya de ne pas gâcher la journée prévue par Royan. Ca serait bête de sa part et aussi particulièrement stupide. Ils étaient là pour se détendre avant ce qui semblait être le plus difficile combat de leurs existences. Mais tout cela s’arrêta lorsqu’un soldat se présenta devant Royan. Heureusement, les citoyens continuaient de discuter et avancer comme si de rien n’était.

« Prince Royan, une affaire importante requiert votre présence dans les plus brefs délais. »

« Cela ne peut vraiment pas attendre, vous êtes certain ? »

« Les conseillers m’ont signalé que non. Il semblerait qu’une délégation étrangère soit arrivée en ville et nécessite votre présence dès maintenant pour l’accueillir. »

Délégation étrangère ? Le reste du groupe regarda l’adolescent aux cheveux bleus, celui-ci se tournant vers Elise avant de dire d’une voix lente :

« Je tiens à m’excuser sincèrement à ce sujet. »

« Oh mais ne vous en faites pas, prince Royan. Ce n’est pas de votre faute, n’est-ce pas ? Et puis, rien ne dit que cela va vous prendre toute la journée. »

« C’est exact, je vais revenir le plus vite possible. Tery, Elen, Sérest, Séran, je vous laisse vous promener plus tranquillement alors. La visite est malheureusement écourtée. »

« Fais donc, tes priorités passent avant nous. Ne t’en fait pas, on va y aller doucement. »

Le prince hocha la tête positivement avant de s’éloigner du groupe, guidé par le soldat. Tery la regarda partir avant de mettre une main devant sa bouche :

« Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! Sincèrement, pourquoi faut-il toujours qu’il y ait quelque chose pour gacher ce qui se passe, on peut m’expliquer ? »

« J’aurais du mal à cela, Tery. Néanmoins, le plus important est que l’on sait que ce n’est pas aussi grave ou important. Royan reviendra dans quelques heures. »

Si seulement. Il ne voulait pas paraître défaitiste mais si le prince devait rester au palais pour plusieurs jours, le temps que la délégation étrangère ne parte, autant dire que cela allait repousser leur voyage encore plus longtemps que prévu. Mais … et si le prince devait rester ici définitivement ? Elise ferait sûrement de même. Il y avait de fortes chances.

« Allons-y. Je dois m’aérer l’esprit … et vite. »

Il ne voulait pas montrer le malaise et l’inquiétude qui étaient constamment présents en lui depuis la mort de Clari. Le souci, c’est que cela était visible à des kilomètres à la ronde. Le visage tiré par une fatigue certaine malgré des heures de sommeil que beaucoup d’hommes jalouseraient, dans les bras d’Elen, il ne semblait plus se soucier réellement des pensées de la jeune femme, trop concentrée sur cette tour.
Dès qu’ils termineront cette tour, ils pourront alors souffler un peu. Il était hors de question d’abandonner Manelena, qu’importe s'(il devait alors se mettre les soldats et les chevaliers sur le dos. Il irait la revoir. Il garderait des nouvelles d’Elise, de Royan, de Sérest et de Séran. Il irait encore voir Périk et Jésiana à Omnosmos. Peut-être discuter avec l’archimage Ernold aussi, s’il pouvait s’y rendre, ce qui serait très difficile.

Oui, oui. Il avait beaucoup de projets quand tout cela serait terminé. Dont celui d’aller se recueillir sur la tombe de Clari autant de fois qu’il le pouvait. Il n’allait pas l’oublier, il ne pouvait pas l’oublier.

« Tery ? Nous devrions avancer, tu ne crois pas ? Nous gênons du monde. »

« Hein ? Ah oui, c’est exact, Elen. Avançons, oui. » dit-il. Il avait pensé aussi à ses études sur les golems. Il avait toujours des livres à lire. Toujours à se renseigner dessus. Pourquoi ? POURQUOI ?! POURQUOI MAINTENANT ?! Poiurquoi est-ce qu’il n’avait pas pensé à utiliser les golems pour se défendre pendant l’assaut ?! CLARI NE SERAIT PAS MORTE !

« POURQUOI ?! POURQUOI ?! POURQUOI ?! »

Il s’apprêtait à se cogner violemment la tête contre le mur d’un bâtiment mais Elen l’arrêta aussitôt, se tournant vers les autres pour le stopper. Séran se proposa, attrapant le jeune homme par les épaules tout en disant :

« Calmes-toi, Tery. Qu’est-ce qui te prend de réagir subitement de la sorte ? »

« Si … si j’avais utilisé mes … go… gole… golems ! Elle serait encore vivante ! Elle serait toujours là, parmi nous ! J’aurai pût me défendre ! J’aurai pût lutter ! »

« Non, tu n’aurais put rien faire, c’est le destin. C’est ce qui devait arriver. Calmes-toi, tu te montres en spectacle actuellement. Tout le monde te regarde. »

« Qu’ils me regardent ! J’en ait rien à faire ! Ca ne la fera pas revenir ! Tout ça, c’est de ma faute ! Tout ça, c’est parce que j’ai été incapable de réagir au bon moment ! »

« Mais non, mais non … Hum … Elen, est-ce que tu peux m’aider ? Il s’agit quand même de ton homme, tu sais ? Et tout le monde nous regarde. Pour la discrétion, ce n’est pas vraiment très réussi si tu veux tout savoir. »

« O… Oui, j’arrive, j’arrive. Je suis désolée, c’est juste que … je ne pensais pas que ça dégénérerait de la sorte. J’arrive tout de suite, pardon. Tery, si tu veux bien me suivre, s’il te plaît ? On va aller se reposer. Je crois que la visite s’arrête maintenant. Pardon. »

« J’en ait marre ! J’en ait marre, marre, marre ! »

Le jeune homme trépignait presque sur place mais il ne fit aucune difficulté à ce qu’Elen l’emmène ailleurs. Délaissant les quatre autres personnes, le couple se remit en route, en direction d’une auberge. Ils allaient retourner à celle où Elise avait décidé de les récupérer quand Royan avait terminé sa visite au palais.

« Tery …Il … faut vraiment que tu penses à autre chose. »

« Comment est-ce que je suis sensé faire, hein hein ? Elen ! Je suis sensé faire comment dans une telle situation ? Ca te semble si facile mais elle n’est pas morte devant TES yeux ! »

« Je te rappelle que moi aussi, j’ai subit ça ! Tu n’es pas le seul ! J’ai même dût le faire pour de jeunes enfants, qui étaient atteint par les lignes d’Alzar ! »

« Ca n’a rien à voir. Tu n’avais aucun lien direct avec eux. C’est pas comme avec Clari. Pas du tout, c’est totalement différent. »

« Non, ce n’est pas différent, c’est toi qui veut rendre ça différent mais aux yeux de tout le monde, tu en fais trop, beaucoup trop. »

« Tu penses pareil, Elen ? » demanda t-il alors qu’il s’immobilisait. La jeune femme aux cheveux blonds cherchait ses mots comme pour ne pas le froisser avant de soupirer :

« Pour ma part, tu en fais trop, oui. Je ne dis pas que cela ne t’affecte pas, loin de là. Mais tu me donnes l’impression de ne pas pouvoir passer à autre chose. »

« J’ai entendu ce que j’avais à entendre. Je ne pensais pas cela de toi, Elen. »

« Ne raconte pas n’importe quoi ! Je ne suis pas la seule à le penser ! Tout le monde te dira exactement la même chose ! Royan, Elise ou même Manelena ! »

« Manelena qui n’est plus là, elle aussi. Oui … je vois … je vois … »

Et sans plus de conversation, il s’éloigna complètement d’Elen, celle-ci allant le rattraper à la course vu son état d’hébétement sur le moment. Il lui avait fallut plusieurs secondes pour réagir et se décider à suivre à nouveau le jeune homme.

« Où est-ce que tu vas, Tery ? Je peux savoir ? Pas de bêtise hein ? »

« Pas de bêtises. Je vais me rendre devant le château de Royan et lui dire que je vais partir sans vous. Je n’ai aucune raison de rester avec vous si tous pensent ainsi. »

« Tery … Je commence à en … avoir vraiment assez. »

La jeune femme aux cheveux blonds s’était tournée vers lui, serrant les poings alors qu’elle avait fermé les yeux. Pendant un bref instant, il avait cru apercevoir une lueur rouge dans l’un d’entre eux mais il avait préféré ne pas s’y attarder. En avoir assez ? Elle ? Il avait réussi à la mettre à bout ? Il n’en était pas certain du tout.

« Fais comme tu veux. Je ne connais pas de gamin immature de mon côté. »

« Tant mieux, cela facilitera les séparations puisque dans le fond, cela devient de plus en plus fréquent ces derniers jours, Elen. »

« Quand tu auras cessé de me dire des conneries, tu … »

Elle s’arrêta dans ses propos, Tery haussant un sourcil. Ah … oui. Elen qui se mettait à parler comme Manelena, utilisant une injure, ce n’était vraiment pas un bon jour. Peut-être qu’il en avait beaucoup trop fait aujourd’hui. La jeune femme aux cheveux blonds semblait décontenancée et même déçue par ses propres paroles, Tery se gratttant l’arrière du crâne d’un air confus. Ce n’était … pas vraiment prévu tout ça.

« C’est là ou je dois m’excuser, Elen, c’est ça ? »

« C’est cela … et pas seulement t’excuser. Tu dois aussi te faire pardonner de me compliquer la vie car tu ne veux faire aucun effort de ton côté. »

« Je veux faire des efforts mais je … » commença à dire le jeune homme avant de la regarder. Ah … C’était l’un de ces moments où il valait mieux la fermer, non ?
Car oui, il avait bien les yeux vairons en face de lui. Un œil rouge, un œil bleu, Elen était là en train de le fixer avec ardeur. Cela pouvait vite dégénérer et il avait l’impression qu’un mauvais pas ou une mauvaise parole pouvait tout simplement l’emmener à la mort.

« Bon, qu’est-ce que l’on fait exactement maintenant ? »

« Tu ne voulais pas aller voir le prince ? Pour voir s’il allait nous abandonner ou non ? »

« Si c’est pour se moquer de la sorte, je préfère encore que l’on ne fasse rien, c’est mieux. »

« Je ne moque pas, Tery. Je ne suis pas d’humeur à la plaisanterie depuis quelques minutes. Mais autant que tu sois préparé le plus tôt possible si cela doit arriver hein ? »

Grumpf. Elle n’avait pas tort. Autant ne pas se causer plus d’ennuis qu’autre chose. Mais voilà, il en avait déjà remplit un certain quota aujourd’hui, s’il pouvait éviter de le dépasser.

Pfiou … Mais qu’est-ce qui allait pouvoir l’attendre au palais royal ? Ce n’était pas comme s’il allait être accepté parmi les personnes là-bas non plus hein ? Il n’était pas franchement apprécié dans tous les royaumes donc bon …

Il sentait qu’il allait encore avoir des ennuis pour ne pas changer. Le jeune homme suivit néanmoins Elen mais en silence, n’osant plus prendre la parole car oui, les yeux vairons étaient toujours présents, signe que sa colère n’avait pas disparue.

Il chercha à prendre sa main, Elen n’ayant aucune hésitation à donner la sienne, le regardant en faisant un petit sourire. Si elle était contente, pourquoi est-ce qu’elle gardait de tels yeux ?

« Nous allons tout simplement interroger Royan lorsqu’il sortira du palais, tout simplement. »

C’était la meilleure chose à faire. Ne pas rentrer en conflit direct et … qu’est-ce que ? Pourquoi est-ce qu’il y avait toute une troupe de soldats de Shunter dans les environs ? Il cligna des yeux pendant plusieurs secondes.
Ils ne semblaient pas être en devoir, riant et rigolant tout en se promenant dans les ruelles. Mais comment ? Ils pouvaient vraiment s’octroyer des vacances ? Si Manelena avait été là, il n’y aurait aucune possibilité pour eux de sourire.

« C’est étrange, pourquoi est-ce qu’ils sont ici ces types ? Tu connais la raison, Elen ? »

« Pas le moins du monde et je n’ai pas vraiment envie de perdre mon temps avec ça. On reste dans les environs en attendant qu’il sorte ? »

« J’aimerai plutôt me renseigner sur les soldats de Shunter. Je ne sais pas pourquoi ils sont là et ils m’intriguent. Tu penses qu’il s’agit d’un contingent pour la paix ? Car je vois mal Manelena chercher la guerre à Royan et aux autres nations maintenant qu’elle est reine. »

« Peut-être que c’est ça ? Elle a sûrement envoyé un diplomate pour régler cette histoire, voilà tout. Il n’y a pas de quoi s’en faire. »

« Je dirais bien que c’est à moi d’en décider mais ça serait une excellente nouvelle de repartir sur de nouvelles bases et de ne plus se poser de questions à ce sujet. »

« Je te préviens que je ne comptes pas interroger les soldats. Ils connaissent nos visages et vont nous poser mille questions. J’ai mieux à faire que ça, tu es prévenu ! »

« Je le sais, Elen, je le sais parfaitement. Ca ne change pas que … AH ! »

Il poussa un nouveau cri de surprise, s’arrêtant devant les personnes qui sortaient du château du prince. Comment ? Pourquoi ? Il … Enfin … Le prince était là. Mais pas seulement, Royan était accompagné par la personne chargée des troupes de Shunter : la reine en personne ! Pourquoi cela ?


Il courut en direction des deux personnes, les gardes se plaçant aussitôt sur son chemin pour l’empêcher d’avancer. Néanmoins, Royan fit un mouvement de la main pour dire que ce n’était pas aussi dangereux qu’il n’y paraissait, Tery se plaçant en face de la femme aux cheveux argentés, la regardant droit dans les yeux.

« Manelena … mais qu’est-ce que … tu fais ici ? Enfin … Tu es de retour. »

« Je ne suis jamais parti bien loin. Je suis là en tant que représentante officielle de Shunter pour oeuvrer pour des relations de paix avec Traslord. Le prince Royan, à mes côtés, poura confirmer mes propos si tu ne me fais pas confiance, Tery Vanian. »

« Je n’ai appris la raison de sa présence que récemment, Tery, je peux te l’affirmer. Néanmoins, sa première question fût … »

« Prince Royan, veuillez ne pas créer de problèmes entre nos deux nations en commençant à parler de choses qui concernent le domaine privé, je vous prie. »

« Manelena … tu es finalement de retour. »

« Je ne suis jamais partie réellement. Et veuillez m’appeler reine Manelena, je vous prie, Tery Vanian. Cela me convient beaucoup mieux. »

« Comme vous le désirez, reine Manelena. Est-ce que mes propos vous plaisent de la sorte ? »

« C’est le cas. Si je ne me trompe pas, vous êtes des personnes proches du prince Royan non ? Vous pouvez donc aisément nous accompagner pendant notre promenade dans la capitale de Traslord, cela me semble plus que logique. »

« Comme vous le désirez, il faut avoir avec le prince Royan. Qu’en pensez-vous ? »

« Que pour cela, il faudrait que toutes les personnes qui me soient proches arrivent à nos côtés. Tery ? Elen ? Vous pouvez aller les chercher ? »

« Elen va rester ici, je vais aller voir pour retrouver les autres le plus vite possible. »

Il s’était mis à courir à toute allure, laissant là les deux femmes et l’adolescent. Elen regarda Tery partir avant de se retourner vers Manelena. Celle-ci remarqua aussitôt les yeux vairons, disant d’une voix calme :

« Tiens donc … Qu’est-ce qui a put te mettre dans cet état ? »

« Cela ne te regarde pas le moins du monde, c’est compris ? »

« Tu parles d’une façon peu correcte à une monarque, Elen, tu le sais ? »

« Cela ne me dérange pas le moins du monde de m’exprimer de la sorte. Et si tu veux tout savoir, Tery a réussi à me mettre en colère par ta faute. A ne pas prévenir que tu venais par ici, il était complètement désemparé. Déjà avec la mort de Clari, il n’est plus réellement lui-même. Mais toi qui décide de rester à Shunter a été un coup tout aussi dur pour lui. Il était déjà en train de penser à Royan qui serait obligé de quitter le groupe. Et bien entendu, il ne faut pas oublier qu’il s’en veut pour Clari car il a imaginé qu’avec des golems, cela aurait été possible de la sauve. »

« Quel imbécile … Jusqu’au bout, il ne comprendra rien. Elle était disposée à mourir et était prête donc à son sort. Rien n’aurait changé, golem ou non. »

« Ne le traite pas d’imbécile en ma présence, compris ? »

« Tu es définitivement plus hargneuse qu’il y a quelques jours. On dirait bien que Tery a touché un point sensible ou presque, n’est-ce pas ? »

« Je n’ai pas envie de me répéter, Manelena. Reine ou non … »

La jeune femme aux cheveux blonds avait commencé à chuchoter cela, serrant une nouvelle fois les poings. Pourtant, Manelena ne semblait guère impressionnée, comme si tout cela ne lui faisait que peu d’effets. Les rapides retrouvailles pouvaient vite dégénérer.

Chapitre 96 : Accès refusé

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Chapitre 96 : Accès refusé

« Dire que nous sommes déjà à Traslord. Sincèrement, Royan, le changement de climat ne fait-il pas tomber les citoyens malades plus rapidement que les autres ? »

« Tu veux parler du fait que nous passons d’une zone aqueuse à une zone maritime puis tempérée et proche du ciel ? Comme pour représenter les trois formes de l’eau ? »

« Oui, oui, c’est bien de ça dont je parle. Vous ne tombez jamais malade avec ça ? Car bon, je dois avouer qu’actuellement, ce n’est pas vraiment qu’il fasse chaud ici. »

« La force de l’habitude. Nos corps sont plus entraînés au changment climatique et aux basses températures. Comme pour Séran, il est habitué aux fortes températures à cause de la chaleur ambiante d’Honoros. »

« C’est exact, c’est parfaitement cela même, pour être plus précis. »

« Et pour Shunter, c’est quoi notre particularité ? » demanda Tery en regardant les autres personnes du groupe, Sérest rigolant avant de dire :

« Sûrement votre capacité à vous mouvoir dans les zones rocheuses mais aussi dans les forêts. Vous êtes des personnes très proches de cette planète, vous savez ? »

« Tant que ça ? Je ne pensais pas … mais c’est sûrement ça, oui. »

Le jeune homme avait fait un petit sourire avant d’hausser les épaules. Il faisait parfaitement confiance aux dires de Sérest mais bon … il ne savait pas trop. Cette planète ? Est-ce que vraiment, en tant que démon, il pouvait considérer qu’il protégeait cette planète ? Qu’il en était proche ? Surtout quand on savait sa capacité à se perdre aisément dans la forêt.

« Bref, de toute façon, ce n’est pas bien important, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas, Sérest mais bon, en un sens, oui. Ce n’est pas comme si ma vie en dépendait ou alors que tous les citoyens d’une même nation étaient ainsi. »

« C’est exact ! Tu n’as donc à te mettre martel en tête pour si peu. Maintenant, nous pouvons continuer notre voyage. Qu’est-ce que tu voulais faire exactement, Tery ? »

« Tout simplement aller à cette fameuse tour qui a signé l’alliance entre Claudiska et Traslord. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le sentiment que l’aigle se trouve là-bas. Si tel est le cas, nous pourrons alors nous occuper de lui et enfin … souffler. »

« Si c’était vraiment aussi simple que ça, Tery, cela se saurait, non ? Mais surtout, comment est-ce que tu comptes faire pour y rentrer ? »

« Elle n’est pas ouverte au public, Royan ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns, continuant de dialoguer avec le prince de Traslord.

« Si … mais seulement les premiers étages. J’imagine que tu comprendras quand tu te retrouves à sa base, ça sera plus simple que d’expliquer en long et en large. »

« Comme tu le veux, Royan. Mais d’après ton ton, ça ne semble pas bien parti. »

« C’est exact, Tery. Mais bon, nous trouverons bien une solution quand nous serons là-bas. Il ne faut pas oublier qui t’accompagne et où nous sommes. »

« Oh ? Je vais donc pouvoir voir l’autorité royale en action de mes propres yeux, Royan ? »

« Il y a de fortes chances que j’abuse de celle-ci, il est vrai. Néanmoins, cela ne veut pas dire que tout sera résolu. Peut-être même que malgré que je sois le prince, on te refusera quand même l’accès, tu dois t’en douter, n’est-ce pas ? »

« Je m’en doute mais je sais que tu feras ton maximum pour que ça ne soit pas le cas, Royan. Je ne me trompe pas hein ? »

« Ta confiance m’honore, Tery. C’est exact, tu n’as pas à te soucier de l’importance que j’accorde à cette recherche. Elle est ma priorité à l’heure actuelle. »

« Bien entendu. Cela ne fait aucun doute, Royan. »

Le jeune homme avait simplement hocher la tête positivement tandis que le groupe marchait sur de la banquise. De Midès jusqu’à la frontière avec Traslord, cela avait fait un bon bout de chemin mais ils étaient maintenant dans le territoire du prince Royan. Et vu que celui-ci voyageait tout simplement avec eux, ils n’auraient normalement aucun problème pendant qu’ils traîneraient dans les environs. Vu que la tour était entre deux territoires par contre … il ne savait pas exactement comment tout cela allait se passer.

Ah … Le territoire glacé de Traslord. Malgré leur long voyage, c’était l’une des parties qu’il connaissait le moins dans ce monde. Il se rappelait de la petite anecdote d’Elen avec le sel pour calmer le mal de mer. Heureusement, ils n’étaient pas encore sur des bâteaux donc de ce côté là, il n’avait pas trop à s’en préoccuper normalement. Mais bon, rien ne pouvait prévoir ce qui allait les attendre. Déjà qu’ils allaient devoir se rendre jusqu’à cette tour et …

« Tery, il me faudra … me rendre à mon château, dans la capitale de mon royaume. »

« Hein ? Euh … Ca ne me dérange pas mais pourquoi ? Pour quelle raison ? »

« Il va falloir que je prévienne mon peuple, que je lui donne de mes nouvelles, encore une fois mais aussi que je mette tout en œuvre pour ce que l’on veut accomplir. »

« Ah oui, bien entendu, je comprends. Enfin, oui, il n’y a aucun souci. Nous te suivons même si je pense qu’à l’arrivée, nous resterons discrets, sauf peut-être Elen et Elise. »

« Pourquoi nous deux, Tery ? » demanda Elen, le jeune homme lui répondant aussitôt :

« Elise est naturellement proche du prince Royan, il suffit de voir comment elle l’appelle. Je ne pense pas que cela dérangera les personnes autour de lui d’avoir une « suivante » qui l’appelle toujours Prince Royan. A côté, tu as connu Royan bien avant nous. J’imagine que là-bas aussi ,ils doivent te connaître. C’était l’une de tes premières lettes même, si je ne me trompes pas. A parti de là, tu es très bien placée, toi aussi. »

« Ce n’est pas faux, je n’avais pas vu cela tout cet angle, c’est vrai … »

« Hum, si c’est décidé, accélérons alors. Plus vite nous serons arrivés, plus vite je pourrais agir. Même si je tiens à rappeler que rien n’est confirmé, loin de là, d’accord ? »

« Le message est très bien passé de ce côté là, Royan. Tu n’as pas besoin de te répéter. » compléta et termina Tery alors que Sérest et Séran restaient muets, n’ayant visiblement aucune remarque à dire au sujet des prochains jours.

Des jours qui s’écoulèrent sans aucun problème. Même si cela était infime, l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle reine à Shunter avait permis de retirer une partie de l’animosité que pouvaient avoir les citoyens de Traslor envers ceux de Shunter. De plus, le temps passait et de moins en moins de personnes reconnaissaient Tery. Déjà qu’à la base, il était difficile de se faire un portrait exact du jeune homme.

« Nous serons normalement arrivés d’ici quelques heures. Dans la capitale, nous vous trouverons de quoi vous héberger correctement. Contrairement à Shunter, le peuple de mon royaume ne risque pas de vous acclamer ou autre. Et si j’invite quiconque dans le château après des mois d’absence … »

« Voire des années. » corrigea Tery, le prince acquiesçant de la tête :

« C’est exact. Cela fait déjà quelques temps que je ne suis pas revenu ici. Je ne parle pas d’un discours officiel puisque je l’ai fait avant que nous revenions jusqu’à Shunter. »

« Oui, oui, tu n’as pas besoin de t’expliquer. »

Ce n’était pas que ça le dérangeait, loin de là. C’est juste que ce n’était pas nécessaire. Le jeune homme aux cheveux bruns préférait plutôt se concentrer sur cette tour immense à l’horizon. Il ne s’était jamais intéressé mais … est-ce qu’il était possible de la voir partout dans le monde ou presque ? Si c’était le cas, cela pouvait servir pour ceux qui voulaient surveiller ce monde, n’est-ce pas ?

Les heures passèrent mais surtout, le jeune homme était resté dans sa cabine. Oui, cela était logique, ils devaient prendre le bateau, comme la dernière fois, pour arriver jusqu’à la capitale de Traslord. Il fermait les yeux, poussant un profond soupir. Manelena n’était pas eux, c’était définitif maintenant. Aucune lettre ou nouvelle pour infirmer la chose.
Il ne pouvait pas s’empêcher d’être triste à ce sujet. Il ne pouvait pas s’empêcher de s’en vouloir. La main sur le cœur, il déglutit lentement avant qu’on ne vienne toquer à sa porte. La voix d’Elen se fit entendre, demandant si elle pouvait venir. Il murmura que oui, la jeune femme aux cheveux blonds arrivant jusqu’à Tery pour dire :

« Est-ce que je peux m’inviter dans tes bras, Tery ? Ou alors, cette place est réservée ? »

« Ne raconte donc pas de bêtises. Tu peux venir, Elen. Je crois que de toute façon, j’en ait besoin. Plus tu seras proche, mieux c’est. »

« Oh, si c’est par nécessité, il vaut mieux pour moi que je vienne tout de suite ! »

Guillerette, la jeune femme aux cheveux blonds se jeta ans les bras de Tery pour bien s’y calfeutrer. Le jeune homme émit un long soupir une nouvelle fois avant de finir par s’endormir. Pendant la session en bâteau, il avait évité de trop se mêler avec les autres. Personne, à part Elen, n’avait cherché à le déranger.
Chacun et chacune comprenait parfaitement pourquoi il agissait de la sorte. C’était pour cette unique raison qu’ils préféraient ne pas discuter avec lui de ce sujet pour le moment plus que fâcheux. Un jour, tout allait s’arranger, c’était ce que Tery essayait de croire. Mais pourtant, la réalité était là, Clari ne reviendrait jamais. Il avait juste cette impression qu’elle ne l’avait jamais vraiment quitté, bien qu’il ne savait pas comment expliquer cette sensation.

Finalement lorsque l’on toqua une nouvelle fois à la porte, c’était la voix d’Elise pour les prévenir qu’ils étaient arrivés à bon port et qu’ils devaient aller sur le pont pour qu’ils puissent se préparer pour le peu de marche qu’il restait.

« D’accord … d’accord, j’attends juste qu’Elen se réveille et nous arrivons, Elise. »

« Je vais prévenir les autres. Nous ne sommes pas à dix minutes près ! »

Il la remerciait mentalement puisqu’il ne vint pas ouvrir la bouche. Il était vrai qu’Elen dormait paisiblement dans ses bras. Ce n’était qu’une simple sieste, ils étaient sûrement en fin d’après-midi mais pourtant, c’était l’unique chose dont il avait eut besoin.

« Elen, il faut se lever. Ils nous attendent tous dehors. »

Elle marmonna quelques mots avant de bailler. Il vint coller ses lèvres contre les siennes sur le moment, les yeux bleus s’ouvrant en grand par la surprise avant de se refermer à moitié, savourant cet instant si tendre entre les deux êtres.

Enfin, ils quittèrent la cabine cinq minutes plus tard, Elen encore à moitié endormie mais néanmoins consciente tandis que le reste du groupe était sur le pont, prêt à les attendre. D’après ce qu’il ressentait, il n’y avait pas à s’inquiéter. Ils étaient bien à bon bord, le bateau ne naviguant plus.Dès l’instant où ils arrivèrent, Royan leur déclara :

« Je vais prendre de l’avance de mon côté. Mademoiselle Elise ? Vous venez ? Elen, tu peux rester avec Tery, ta présence ne sera pas nécessaire. »

« Est-ce que tu en es sûr à ce sujet ? Je pense plutôt le contraire. Comme je suis porteuse des lignes de Zélisia et qu’il y ait des chances qu’ils me connaissent déjà … ou du moins, se rappellent un peu de moi bien que je n’ai plus de masque. »

« Ils ne t’ont vu qu’une seule fois, Elen. Je ne pense pas qu’ils se rappelleront de toi. Ou alors, nullement d’une bonne façon. Tu vois ce que je veux dire ? »

« … … … Oui, ce sont bien ces personnes masquées qui sont responsables … »

« N’en parlons plus. Tu n’es pas responsable et c’est de l’histoire ancienne. »

« Maintenant que je suis au courant pour l’Oracle, cela ne m’étonne plus. »

Ces hommes qui s’étaient prétendu à l’époque travailler pour l’Oracle alors qu’elle n’était pas au courant. Sur le moment, elle n’avait jamais voulu le croire mais maintenant … avec les derniers événements à Shunter, elle avait la confirmation du contraire.

« Bon, je pense qu’il vaut mieux que je reste là en fin de compte. »

« C’est une plus sage décision. » répondit calmement Royan bien que Tery avait un petit sourire, commençant à chuchoter quelques mots à Elen. Celle-ci répondit de la même façon que Tery, souriant ensuite à Royan et Elise.

« Vous pouvez y aller tous les deux. Vous avez notre bénédiction mais aussi celle de Sérest et Séran. Par contre, avant de partir, il faut que l’on se donne une heure et un endroit comme rendez-vous. J’imagine qu’ici, plus qu’ailleurs, tout le monde connaît ton visage, Royan. »

« C’est exact mais vous n’aurez aucun souci à vous faire. Elise vous retrouvera à l’auberge de la baleine qui chante et vous dira ensuite où vous rendre. »

« Hum … Vraiment, les noms des auberges, je ne suis jamais certain de quelle façon ils arrivent à les trouver. Au moins, ils me surprennent toujours. »

« Il faut toujours que cela aie une particularité. Cela permet alors de s’en rappeler plus aisément tandis qu’un nom générique ne resterait pas gravé en mémoire. »

« Oui, oui, Royan, je m’en doutes. Je le sais parfaitement. Bon, vas-y. »

Il fit un petit mouvement de la main pour inciter l’adolescent et la demoiselle aux cheveux auburn à y aller tout de suite. Ils n’avaient plus qu’à patienter à cette fameuse auberge.

Dans celle-ci, le jeune homme et ses compagnons prirent de quoi se sustenter. Hum … cette saveur particulière, cela lui faisait du bien. Comme ils étaient dans le royaume de l’eau, il fallait se douter que pour ce qui était des liquides froids et frais, Traslord avait les meilleures personnes capables d’abreuver ses consommateurs.

« Pfiou … Je suis un peu fatigué, pas vous ? J’ai mal au cou … »

« Tu as dormi sur le lit d’un bateau. Tu ne devrais pas avoir mal uniquement qu’au cou mais aussi sur le reste du corps, il y a de très fortes chances. »

Ah bon ? Hum, pour le repas, c’était assez spécial par contre. Il n’y avait que rarement des aliments solides, plus tout ce qui touchait à la soupe ou d’autres breuvages était la principale recette des différentes auberges de Traslord.

« Qu’est-ce que tu vas prendre pour manger aujourd’hui, Tery ? »

« Je ne sais pas trop, sûrement une soupe de poisson. Malgré l’odeur, c’est plutôt délicieux. Je ne suis pas sûr de pouvoir avaler autre chose. »

« Il ne faut pas prendre trop lourd. Nous venons à peine d’arriver et surtout de quitter un bateau. Si nous en reprenons un ce soir, autant dire que cela risque d’être indigeste. »

Le jeune homme ne put qu’acquiescer d’un simple mouvement de la tête. C’est vrai que si cela était négatif … ou non, ils allaient quand même devoir se déplacer. Bref, la soupe de poisson qu’il avait décidé de prendre était la meilleure chose à faire.

« En espérant obtenir une bonne nouvelle ! »

Et tous vinrent trinquer, chacun se disant que cela ne pouvait être autrement. Royan était le prince de Traslord. Est-ce qu’il y aurait vraiment des gens assez fous pour lui refuser quelque chose ? Surtout qu’il était bientôt un jeune adulte.

« Malheureusement, l’autorisation ne fût pas donnée. »

Royan était revenu quelques heures plus tard, se trouvant dans un coin isolé de la ville. Elise avait emmené le groupe après s’être présentée à eux, comm cela en était convenu. La mine décomposée, Tery demanda une nouvelle fois :

« Euh … Est-ce que tu peux répéter ? Pourquoi ? Comment c’est possible ? »

« Tout simplement qu’ils ne sont pas aptes à accepter ou refuse notre demande. Nous devons nous rendre directement à la tour et voir avec celui qui est chargé de sa surveillance. Autant dire que vu qu’il est choisi par les deux nations, il se porte garant de nos deux royaumes. Ma voix n’aura pas autant de poids. »

« On revient au point … de départ ou presque, n’est-ce pas ? »

« A peu de choses près, c’est ça. Nous ne savons toujours pas si nous pouvons nous rendre ou non dans la tour et c’est vraiment problématique. »

« Quand est-ce que nous partons vers Claudiska ? Du mois, à la frontière entre Traslord et Claudiska ? » demanda Tery en regardant longuement Royan.

« Demain sera mieux. Il est déjà trop tard pour les bateaux que nous voulons prendre. De toute façon, j’ai demandé à envoyer un messager pour prévenir les personnes travaillant pour la tour de notre arrivée d’ici une semaine ou deux au grand maximum. »

« Prince Royan, nous ne pouvons pas partir demain. Est-ce que vous aurez oublié ? »

« Hum ? Ah ! Oui … C’est vrai. Nous ne partirons pas demain Comme l’occasion est si rare, je nous autorise une journée dans la ville pour vous présenter un peu notre peuple. Qu’est-ce que vous en dites ? Mademoiselle Elise m’a un peu forcé à accepter cela malgré la situation. J’estime que ce n’est pas à refuser. »

« Prince Royan, ne dites pas cela ! On va croire que je ne connais pas ma position. »

« Oh ? Pourtant, vous sembliez très enjouée et motivée, et cela au beau milieu du château. J’ai même cru remarqué quelques têtes se tourner vers nous, mademoiselle Elise. Mais bref, vous autres, qu’est-ce que vous en dites ? »

« Hum … Une journée, ce n’est rien de dramatique. Je dirais oui. » répondit Tery.

« Pour ma part, une petite balade avec Tery, je ne refuse jamais ! »

« Alors … Hum, allons-y ? Peut-être que cela permettra de souffler un peu ? »

Le jeune homme aux cheveux bruns avait murmuré cela doucement comme pour inciter le reste du groupe à le suivre. Puisqu’il fallait faire une visite de la capitale de Traslord, pourquoi ne pas en profiter ? Ca serait une bonne chose, oui.

Ah … Il poussa un léger soupir fatigué. C’est vrai que tout ça le tapait légèrement sur le crâne mais il devait faire avec. Ce n’était pas une chose simple, loin de là. Il plaça une main sur son front mais Elen le regarda tendrement avant de dire :

« Allons, allons, ne fait donc pas cette tête, Tery, d’accord ? Ca me rend triste quand je te vois ainsi, tu ne comprend pas ? »

« Si, si, je le comprends parfaitement, désolé … Je te le promets que ça ne se reproduira plus, d’accord ? Est-ce que tu me fais confiance quand je te dis ça ? »

« Pas le moins du monde, Tery. Mais si tu vas faire des efforts, il est alors normal que je t’en remercie. Nous allons continuer notre petit bout de chemin ensemble. Allons-y alors. »

Allons-y … Allons-y … Humpf. Bon, de toute façon, une promenade dans la ville où le prince Royan était né, ça ne pouvait pas être une mauvaise chose. Mais Royan ne devait sûrement pas bien connaître cet endroit. Il restait un adolescent lié à la royauté.

« Tu es sûr de pouvoir nous guider, Royan ? »

« Bien entendu, ce n’est pas la première fois que je me balade dans la capitale. A quoi est-ce que tu pensais en imaginant cela, Tery ? »

« Rien rien. Désolé, ce n’était qu’une supposition stupide de ma part, rien d’autre. »

« Ce n’est pas bien grave, je ne t’en veux pas. Tu n’es pas obligé de tout savoir à ce sujet, loin de là, Tery. Mais attention, la prochaine fois, tu risques d’être arrêté pour insulte à majesté. »

« Il va falloir que je modère mes paroles, visiblement. »

Pourtant, ni lui, ni Royan ne prenaient les propos au sérieux. Comme s’il allait vraiment laisser Tery se faire arrêter, c’était tout simplement impossible à imaginer. Mais bon, par mesure de précaution, autant si Royan, ça ne le dérangeait pas, autant si un garde l’entendait ou autre, ça serait beaucoup moins sympathique.

« Et si vous arrêtiez de vous disputer tous les deux ? »

« Si encore, il s’agissait d’une vraie dispute, Elen. Mais oui, il vaut mieux stopper cela. »

Il avait enfin stoppé cette conversation alors qu’il laissait Royan prendre les devants du groupe pour le guider à travers les ruelles de la ville. Ah oui … Ca ne serait vraiment pas si mal. Cela l’empêcherait alors de penser à Manelena, ce qui était une bonne chose.

Chapitre 95 : Vers le dernier monstre

ShiroiRyu
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Chapitre 95 : Vers le dernier monstre

« C’est donc décidé … c’est vraiment dommage, vraiment. »

« Mais on n’a pas le choix. Je ne vais pas empêcher Manelena de faire son rôle de reine. Il y a des priorités dans la vie et malheureusement, à l’heure actuelle, ce n’est pas notre groupe. »

Tery discutait avec Royan, celui-ci acquiesçant à ses propos alors que tout le groupe était maintenant réuni devant les portes du château. Les six personnes discutaient, les gardes les laissant faire vu qu’ils connaissaient ceux qui avaient aidé les rebelles mais surtout la monarque Manelena à sa place sur le trône.

« Manelena nous a donné un peu d’or pour les commodités de voyage. On devrait faire un petit tour chez les marchands pour nous ravitailler … et on part alors Traslord. »

« Ca me semble être l’idée la plus raisonnable actuellement, Tery. »

« Messire Tery, est-ce que je peux vous accompagner pour les achats ? Je pense pouvoir vous épauler dans les choix des choses consommables qui seront plus difficilement périssables. »

« Tu n’as même pas à poser la question, Elise. Et de toute façon, nous allons tous nous y rendre. Chacun a sûrement besoin d’un objet en particulier. Et je peux me tromper. Il vaut mieux que nous y aillons tous ensemble, voilà tout. »

« Comme vous le désirez, mes… oh Tery. Comme tu le désires, c’est mieux ? »

« Beaucoup mieux même. Allons-y dès maintenant. »

Pas d’adieu à Manelena ? Non. Il ne voulait pas. Sans un regard en arrière, il quitta finalement le château pour se retrouver dans les rues de Midès. Du moins, pas tout de suite, il y avait encore pas mal de marche … mais au moins, il pouvait voir au loin bon nombre de cheminées qui fonctionnaient, signe que les bâtiments tournaient à plein régime pour la plupart d’entre eux. Après les derniers événements, il fallait bien retourner à la vie de tous les jours et chacun avait son petit train-train quotidien.
Néanmoins, le jeune homme aux cheveux bruns n’avait pas le temps de se préoccuper des personnes autour de lui, simplement de celles qui étaient proches, celles de son entourage. Les voilà maintenant en train de vagabonder dans les ruelles. Quelques têtes se tournèrent vers eux, comme pour confirmer une chose dont elles n’étaient pas sûres.

« Alors, est-ce que nous avons tout ? Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu cela. »

« Par mesure de précaution, il faut aussi que nous prenions ceci, ceci et ceci. AH ! Et sûrement ça aussi. Hmm … peut-être ça ? »

« Royan, heureusement que tu es un prince. » déclara Sérest après les propos de Tery puis Elise, la jeune femme aux cheveux auburn étant en train de faire tout simplement de vider plusieurs magasins à la suite. Pourtant, ça ne semblait pas être la folie des achats mais simplement des recommendations. Elle avait visiblement l’habitude d’acheter les fournitures pour l’auberge. Royan se tourna vers la femme ailée, la regardant en clignant des yeux.

« Je ne comprends pas où vous voulez en venir, Sérest ? »

« Oh rien du tout. J’imagine qu’il est parfois bon de ne pas comprendre les paroles des autres. Cela rend le tout bien plus facile à vivre et à supporter. »

« Ne jouez pas avec les mots, je ne supportes pas cela. Mademoiselle Elise, vous n’avez toujours pas terminé ? Même les servantes de mon palais ne font pas autant d’achats que vous. Vous êtes certaine qu’il faut absolument cela ? »

« Bien entendu ! Nous allons à Traslord, ce n’est pas n’importe où. Il faut de la nourriture consistante, capable de nous protéger du froid pendant de bonnes heures. Mais aussi quelques vêtements chauds, de la toile pour nous protéger du vent et … oui ? »

« Je n’ai rien dit, continuez donc, mademoiselle Elise. Vous semblez connaître votre travail. Je ne voudrais pas vous arrêter dans vos mouvements, cela serait stupide. »

« Oh mais venez donc, je vais vous expliquer ! »

« Non, non, il n’y a pas … » dit-il avant d’être arrêté, Elise le prenant par la main pour le tirer vers le fond d’une magasin. Les deux couples les laissèrent s’éloigner, Tery se grattant le sommet du crâne avant de dire :

« Au moins, elle semble très motivée dans son travail. Ça en est vraiment remarquable et admirable de sa part, il faut avouer. Vraiment … »

« Elle est comme tout le monde, Tery. Mais oui, je préfère la voir réagir de la sorte plutôt qu’autrement. Néanmoins, il y a encore beaucoup à faire entre nous. »

« Beaucoup à faire, beaucoup à faire. Oui, sûrement mais voilà … »

Le jeune homme aux cheveux bruns passa une main derrière le crâne, attendant qu’Elise ainsi que Royan reviennent. Tery se retourna vers l’autre couple, ce dernier le regardant avec amusement, Sérant disant de sa voix légèrement grave :

« Et bien ? Que se passe t-il, Tery ? Tu sembles interrogateur. »

« Je me disais : vous n’avez donc aucun problème à nous suivre ? Manelena a des obligations mais vous, vous n’êtes pas forcés de nous suivre hein ? »

« Nous le savons parfaitement, ce n’est pas aussi simple que ça, Tery. Nous avons une destinée à accomplir et en tant que telle, nous devons vous accompagner. »

« Destinée, destinée, vous utilisez ce terme depuis longtemps. J’aimerai vraiment savoir de quoi il en retourne exactement, hein ? Qu’est-ce que vous voulez insinuer par là, vous pouvez me le dire ou non ? » demanda une nouvelle fois Tery.

« Malheureusement, ce n’est pas possible mais nous y sommes bientôt. »

« Cela a un rapport avec la dernière créature légendaire, n’est-ce pas ? »

« C’est exact mais pas seulement. Le mieux est que vous voyez de vos propres yeux lorsque le moment sera venu. De toute façon, nous sommes les héros, moi et Sérest. Nous ne pouvons pas nous soustraire lorsque le besoin est là. »

« Je ne sais pas d’où vient cette confiance mais je pense que je dois vous remercier. »

« Fais donc comme tu penses être le meilleur, Tery. Nous serons là jusqu’à la fin de nos vies. » tenta de rassurer Sérest en regardant le jeune homme, celui-ci ayant le visage qui s’assombrit avant de dire aussitôt :

« Ne terminez plus jamais vos phrases de la sorte, d’accord ? »

« Hum … C’est vrai que c’était très mal déclaré de ma part, je le reconnais. »

« Ce n’est pas grave, les erreurs, ça arrive à tout le monde. Je ne peux pas vous en vouloir pour une parole mal-placée alors que ce n’était pas voulu de votre part. »

« Tant mieux si tu comprends. Oh, ils ont enfin fini et … wow. Quand Elise commence à faire les achats, visiblement, elle ne s’arrête pas. »

« C’est très effrayant, n’est-ce pas ? Je ne savais pas à ce sujet … »

Les quatre personnes discutaient entre elles de choses plus joyeuses tandis qu’Elise et Royan revenaient après une bonne quinzaine de minutes. L’adolescent était comme épuisé. Dans un petit sourire, Tery vint lui dire :

« Et bien, Royan ? Déjà fatigué ? Cela m’étonne de ta part. »

« Je ne m’attendais pas … à de telles épreuves en acceptant, Tery. Comment est-ce qu’elle peut avoir autant d’énergie pour accomplir une telle chose ? »

« Tout est dans le mental, je dirais, tout est dans le mental. »

« Dans le mental ? Je note ça pour la prochaine fois … mais c’est enfin fini. Je vais pouvoir souffler. Mademoiselle Elise, je vous laisse discuter avec Elen et Sérest pour savoir si de leur côté, tout cela semble être bon. Je ne peux pas décider à votre place pour ça. »

« Qu’est-ce que tu insinues exactement, Royan ? » demanda Elen en le regardant d’un air faussement courroucé, l’adolescent clignant des yeux.

« Je disais simplement qu’en tant que membres de la gente féminine, vous êtes bien plus aptes à comprendre les besoins vitaux du groupe que les hommes présents. Nous sommes tout simplement incapables de gérer de la même façon que vous. Ce sont cela qui font vos qualités, rien de plus, Elen. »

« Quel beau parleur quand même. » déclara Sérest dans un sourire, donnant un petit coup de coude à son mari alors qu’Elen se tournait vers Tery :

« Tu vois ? Tu devrais parfois apprendre à parler de la sorte, Tery. Ca te ferait du bien. »

« A moi ou à toi, Elen ? » rétorqua aussitôt le jeune homme aux cheveux bruns.

« Un peu des deux peut-être ? »

« Alors, si tu le prends comme ça, on va s’entraîner à la bienséance quand tout sera terminé. Si c’est le bon mot … je n’en suis pas si sûr. »

Pour toute réponse, elle déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Même si ce n’était que pour quelques secondes ou minutes, le voir oublier Clari était une bonne chose. Il ne pouvait pas se laisser parasiter de la sorte sans rien faire.


Ils avaient finalement réussi à quitter la capitale de Shunter mais pendant quelques instants, Tery s’était attendu à ce que Manelena arrive vers eux en déclanrt qu’elle pouvait bien laisser son royaume à quelqu’un d’autre pendant son absence. Mais voilà, ce n’était qu’une illusion stupide de sa part. La réalité ne se passait jamais de la sorte.

« Qu’est-ce que tu fais, Tery ? Nous allons prendre du retard, tu le sais ? »

« Je le sais, je le sais, je vais arriver, ne t’en fait pas. Je regardais juste la capitale une dernière fois. Nous n’allons pas revenir avant pas mal de temp. »

Pas mal de temps … ah … Il poussa un petit soupir. En même temps, il avait presque oublié une autre raison de sa présence dans Shunter : sa mère. Il déglutit subitement, pris d’une crise d’angoisse alors qu’il y réfléchissait pleinement. Mais mais …

« Bon, puisque tu ne veux pas bouger, Tery, c’est moi qui vais te faire venir. »

La jeune femme aux cheveux blonds revint vers lui, prenant sa main dans la sienne pour le tirer en avant. HOP HOP HOP ! On se bouge et plus vite que ça ! Même si ça ne plaisait pas à Tery ! Déboussolé, le jeune homme se laissa emporté par Elen, retrouvant le reste du groupe. L’ancienne serveuse le regarda avec inquiétude, demandant d’une voix inquiète :

« Messire T… Euh Tery, tu as mal quelque part ? Tu sembles souffrir. Si c’est à cause d’un repas, j’ai quelque chose pour faciliter la digestion. »

« Oh, non non, pas du tout. Il n’y a pas à s’inquiéter ou se préoccuper à ce sujet. »

« Comment ça, Tery ? Tu es sûr ? »

Il hocha une nouvelle fois la tête de façon positive avant de faire un grand sourire. Garder un masque devant son visage, c’était le plus important pour les autres. S’il commençait à faiblir maintenant, ça serait terminé. Il devait tenir bon.

Tenir … bon … et voir comment les prochaines journées allaient se dérouler. Déjà voir comment celle-ci allait se passer. Les heures s’écoulèrent, lentement, très lentement alors qu’ils se dirigeaient vers la bordure reliant Shunter à Traslord.

« Nous allons faire une petite pause pour casser la croûte. Nous n’en avons pas fait de la journée. Nous marcherons encore un peu cette nuit. »

Il semblait aller mieux, d’après ce que pouvaient contester les cinq autres personnes. Tery avait commencé à aller récupérer du bois, déclarant qu’il voulait être seul pour une chose aussi aisée et facile que ça. Pourtant, Elen se décida à le suivre, marchant à ses côtés.

« Pourquoi est-ce que tu ne me le laisses pas tranquille, Elen ? »

« Car tu es ma raison d’être n’est-ce pas ? Tu ne l’aurais pas oublié ? »

« Comment est-ce que tu peux déclarer cela avec autant d’aisance ? Pourquoi ça ? Et comment est-ce que tu fais, Elen ? J’aimerai savoir. »

« Cela vient instinctivement, Tery. Depuis que je n’ai plus ce masque, et cela commence à dater, j’ai tellement plus de facilité à exprimer mes sentiments envers autrui. »

« J’aimerai … y arriver. Mais en même temps, je trouve qu’être impassible en toutes circonstances comme Manelena a quelque chose de remarquable. »

« Manelena n’était pas impassible comme tu le dis si bien. Elle en était bien loin. C’est simplement l’impression qu’elle te donnait Tery mais sinon, tu te trompes lourdement à son sujet et je suis sûre que tu es capable de le comprendre par toi-même, n’est-ce pas ? »

Pour toute réponse, il vint prendre la main d’Elen dans la sienne, la serrant assez fortement en croisant ses doigts dans les siens. Subitement, il plongea dans ses bras, commençant à pleurer à chaudes larmes alors qu’Elen cherchait de l’aide autour d’elle. Complètement désemparée, incapable de savoir pourquoi il pleurait, elle le garda auprès d’elle.

« Mais Tery, je … enfin … quoi … »

« J’en peux plus, Elen. J’en peux vraiment plus … J’y arrive plus. »

« Attends un peu, de quoi est-ce que tu parles ? Tu es en train de craquer ? Maintenant ? »

« Il n’y a plus Clari, il n’y a plus Manelena. C’est qui la prochaine personne ? C’est toi ? C’est bien ça ? C’est Royan et Elise ? Sérest et Séran ? Vous ne voulez pas partir avant qu’il ne soit trop tard ? En me laissant seul ici hein ? »

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? On ne va pas partir. Je sais que cela t’horrifie … et que le départ de Manelena te fait du mal mais nous sommes là. Nous ne sommes pas aussi importants à tes yeux qu’elle, c’est ça ? »

« Je n’ai jamais dit ça, Elen ! Jamais ! Jamais jamais ! »

« Alors pourquoi est-ce que tu pleures ? Ce n’est pas comme si tu n’allais jamais la revoir, non ? Je ne pense pas que Manelena soit assez cruelle pour t’empêcher de retourner au château de Shunter après que nous ayons terminé avec ce fichu monstre légendaire hein ? »

« Mais … et si … quelque chose se passe pendant que nous ne sommes pas là ? Et s’il lui arrive quelque chose de grave ? Comment est-ce que l’on fait alors pour la défendre ? Pour l’aider ? Pour l’épauler ? Comment est-ce que l’on fait tout ça ? »

« On ne le fait pas, tout simplement, Tery. Ce n’est pas à nous. Tu n’es pas forcé de devoir protéger tout le monde et bien que je n’apprécie pas forcément Manelena, je dois lui reconnaître que niveau caractère, elle est bien plus forte que moi. Est-ce que tu crois que ça lui ferait plaisir de voir que tu es en larmes car tu ne peux pas te tenir en face d’elle ? »

« Je pense plutôt qu’elle se moquerait fortement de mois … et qu’elle n’hésiterait pas à me le dire tout en m’intimant de m’arrêter si je ne veux pas recevoir une baffe métallique avec son gantelet … ce qui risquerait de faire beaucoup plus mal qu’autre chose. »

« Oh ça, elle ne serait pas la seule. Alors, est-ce que tu veux bien me faire un grand sourire maintenant, Tery ? Et du moins sécher tes larmes. Car sinon, il y a des chances que ça soit moi qui pleure … et je n’ai pas envie de cela. »

Lui non plus. Il avait juste eut un petit moment de faiblesse. Il avait eut … un petit moment où tout avait lâché chez lui. Il renifla bruyamment, essuyant ses larmes d’un geste de la main bien qu’il restait dans les bras d’Elen, disant doucement :

« Ca ne doit pas m’empêcher de profiter un peu de tes bras et de ton corps, Elen. »

« Cela ne me dérange nullement, Tery, tu dois le savoir, n’est-ce pas ? Tu peux continuer autant que tu veux, jeune homme. »

Jeune homme ? Il la regarda avec un peu de surprise, lui souriant. L’appeler de la sorte n’était pas dans les habitudes d’Elen mais bon, il savait qu’elle faisait cela pour l’aider.

Bon … Ils étaient revenus après plusieurs minutes, tenant du bois tous les deux. Finalement, il avait décidé que la pause serait plus importante que prévu, qu’ils allaient juste passer une ou deux heures de plus au lieu de repartir presqu’immédiatement.

Et vu que la nuit serait bientôt là, il valait même mieux envisager de monter les tentes, chose que chacun fit. Ils étaient six … mais le problème provenait d’Elise. Auparavant, elle avait Manelena et Clari pour lui tenir compagnie. Maintenant, il n’y avait plus personne.

« Si cela est si dérangeant et dangereux de laisser une jeune femme seule, nous ne pouvons monter qu’une seule tente, mademoiselle Elise. » déclara le prince après plusieurs minutes de réflexion. La jeune demoiselle aux cheveux auburn le regarda avant de bredouiller :

« Oh non ! Non ! Vous ne pouvez surtout pas, prince Royan. Je vous rappelle que nos classes sociales sont bien différentes. Cela m’est interdit ! »

« Vous avez dormi avec une noble et une reine pendant des semaines. Cela ne vous a guère dérangé. Et il vaut mieux que l’on vous sache en sécurité. »

« Mais mais mais … Attendez un peu, prince Royan. »

« Comme je suis le prince, vous n’avez pas vraiment la possibilité de décider, n’est-ce pas, mademoiselle Elise ? Alors, je vais monter notre tente. »

« Quelle autorité de la part de notre bon prince de Traslord. »

Tery avait dit cela en cherchant à sourire. Il sait que cela aurait été la réplique de Clari si elle avait été là. Oh, elle en aurait clairement rajouté sur un autre point mais Tery ne se sentait pas le courage d’aller jusque là. En fin de compte, les trois tentes furent montées sans aucune peine, le repas se faisant dans le silence.


Il sentait que toutes les têtes étaient tournées vers lui, comme pour étudier ses réactions mais il n’allait pas se montrer trop faible maintenant, hors de question. Lorsqu’il fût l’heure de se coucher, il ne fût pas le premier, Sérest et Séran déclarant qu’ils allaient profiter de cette nuit pour se reposer correctement et parfaitement.
Royan fut le prochain, Elise préférant attendre une bonne demie-heure, discutant avec Tery et Elen, un peu rouge et gênée de devoir dormir sous la même tente que le prince. Pourtant, Tery lui déclara d’une voix calme :

« Il n’y a rien d’anormal à être intimidée mais tu verras, ce n’est pas si dramatique que ça. Sauf si tu apprends que Royan ronfle, là, tu auras du mal à dormir ! »

« Il … Il ronfle ? Tu es sûr ? Je n’ai jamais entendu de bruit venant de sa tente. Tu es sûr et certain à ce sujet, tu ne mens pas ? »

« Je ne vois pas pourquoi je mentirais, non ? Tu le verras par toi-même. »

« Je vais aller me coucher. De toute façon, si c’est le cas, je serais vite réveillée et je resterais devant le feu. Bonne nuit Tery, bonne nuit Elen. »

« Hmm hmm … Bonne nuit, Elise. » dit la jeune femme aux cheveux blonds avec lenteur.

« Dormez bien tous les deux même si ça semble déjà être le cas. »

Elle adresse un sourire à Tery alors que le jeune homme gardait Elen contre lui. La demoiselle au justaucorps rouge était à moitié assoupie sur lui tandis qu’il ne faisait que regarder droit devant lui, comme si de rien n’était.

« Tery, j’espère que tu ne penses à rien de sinistre, hein ? Je te préviens car je ne te pardonnerais pas si cela devait être le cas. »

« Ce n’est pas ça … pas du tout. Tu peux alors être rassurée. »

Rassurée ? Hum … Elle se redressa lentement, plaçant ses bras autour de Tery avant de finalement déposer un baiser sur ses lèvres. Elle le fixa de ses yeux saphir, chuchotant :

« On attend de voir si Elise revient … et si ce n’est pas le cas, on part à notre tour sous notre tente ? J’ai juste envie de me reposer contre toi. »

« Tiens, nous avons eut la même idée. Par contre, je ne me sens pas motivé à attendre. »

Et voilà ! Il souleva la jeune demoiselle aux cheveux blonds, celle-ci poussant un faux cri surpris avant qu’il ne l’emmène sous leur propre tente. De toute façon, visiblement, Elise n’avait pas trouvé les « ronflements » de Royan plutôt perturbants.