Chapitre 94 : Chevalier personnel

ShiroiRyu
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Chapitre 94 : Chevalier personnel

« Alors … Tery Vanian, comment nous nous sommes connus, toi et moi ? »

« Dans l’armée de Shunter. Du moins, je venais juste de rentrer dedans. Je crois que j’ai été très problématique à l’époque. Enfin, je ne comprenais pas vraiment ma position. »

« Un point qui n’a pas changé malgré les années. Tu es toujours incapable de saisir qui se trouve en face de toi et un jour, tu auras de sérieux problèmes. »

« Je ne suis pas sûr que cela soit un jour, loin de là. J’imagine même que ça sera bien différent … entre nous. Enfin bon … Oui, je me rappelle que j’avais beaucoup de mal à converser avec toi, Manelena. Je ne sais plus trop pourquoi. »

« Car j’étais la maréchale de l’armée de Shunter ! Réfléchis donc un peu ! Encore maintenant, tu ne saisis pas ? Tu ne converses pas avec la plus haute autorité militaire comme si c’était ta meilleure amie. Ça ne marche pas comme ça. Surtout que nous nous connaissions guère. »

« Je crois que dès le départ, je voulais essayer de me rapprocher de toi. »

« J’exprimais autant de pitié pour que tu veuilles ça ? Sincèrement ? J’ai une tête à ce que l’on me fasse ça ou quoi ? Vraiment … »

« Non, non ! Pas du tout ! Enfin, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi … Je crois que c’est parce que tu portais toujours ton casque et ton visage. Comme si tu avais besoin de cacher ce que tu étais, ça m’a rappelé Elen et instinctivement, vu qu’elle et moi, à l’époque … nous nous sommes … disputés violemment, au point de vouloir s’entretuer, j’avais envie de me lier d’amitié avec une personne qui elle aussi avait besoin de moi … »

« Je n’ai jamais eut besoin de toi ! » s’égosilla Manelena, surprise par les paroles de Tery. Elle ne s’était jamais posée la question … à ce sujet et maintenant … « Enfin à l’époque … quoi. Je n’avais besoin de rien, ni personne. »

« Je le sais parfaitement, c’est ça que je voulais dire … C’était moi qui avait besoin de quelqu’un pour me retrouver et autre … »

Pfiou, il avait terriblement honte de parler de ça à Manelena. C’était vraiment très personnel comme sujet mais ça ne semblait pas la déranger. Elle continuait d’ailleur à lui dire :

« Je ne savais pas que tu étais autant en manque d’attention et d’amitié, Tery Vanian. »

« Ne te moque pas, c’est bon ! Dans mon village, depuis la mort de mon père, j’ai toujours vécu isolé des autres. Je sortais à peine ou jamais. Je me demande comment ma mère a put me supporter pendant toutes ces années. Alors, quand j’ai rencontré Elen, je ne pensais pas avoir autant de chance d’avoir une amie comme elle … c’est pourquoi voilà … enfin bon … »

« Tu n’as pas à t’excuser de n’avoir eut aucune relation avec autrui. Je … n’ai pas été beaucoup mieux depuis la mort de ma mère. Et avec mon père qui m’ignorait à moitié car je possédais des lignes d’Alzar, j’ai tout fait … pour obtenir cette place de maréchale. Mais quand je suis arrivé au sommet, voilà que je n’avais plus rien à obtenir … comme but. »

« C’est assez triste … tu n’avais vraiment plus rien d’autre comme but ? »

« Je n’ai jamais eut de but dans ma vie. Ce n’est pas difficile à comprendre pourtant, Tery Vanian. J’ai toujours été ainsi, tu devrais le savoir, non ? »

« Non, ce n’est pas ce que j’ai su lorsque j’ai rencontré la maréchale Nali mais aussi une demoiselle nommée Manelena pour la première fois ; »

« Qu’est-ce que tu racontes donc ? Tu te moques de moi, n’est-ce pas ? Car je me suis moqué de toi, c’est bien ça ? Ce que j’ai montré … à Claudiska à l’époque, ce n’était qu’une illusion. Ce n’était pas la réalité, c’est pourtant très simple hein ? »

« Et pourtant, j’ai eut l’impression que c’était un pan de ta personnalité qui voulait ressortir. Mais toi, pourquoi est-ce que tu n’as jamais cherché à me tuer ? »

« Car je considérais que tu n’en valais pas la peine. » dit-elle presque aussitôt, le jeune homme s’en retrouvant blessé. Si cela avait été dit ainsi, c’est que c’était franc … trop franc.

« Je vois, je vois … ça n’a rien d’illogique vu ton comportement à mon égard. »

« Bon, tu étai aussi … assez divertissant, il faut reconnaître. Tu ne cherchais pas à contester l’autorité simplement par pure provocation. Tu étais … niais et candide. Oh, attention, il y avait une candeur comme on en trouve chez les gens de la campagne mais en même temps, tu semblais comme un animal blessé. Tu te rappelles lorsque tu as parlé de tes lignes d’Alzar ? »

« Je m’en rappelle, ce regard condescendant de la part de ces fils-à-papa issus de la noblesse. »

« Des personnes qui avaient déjà tout avant de venir ici. Ils pensaient devenir soldats pour se forger un nom, des capitaines et des lieutenants qui n’avaient aucune expérience, juste le titre de leurs parents comme unique preuve de leurs incapacités à se battre. Ils étaient pathétique, tellement pathétiques. Ils méritaient que mon dédain. »

« Je le sais parfaitement … je sais parfaitement que tu penses cela d’eux … mais après tout … Enfin bon … c’est le passé. »

« Tu n’as jamais eut envie de les tuer, Tery ? De leur montrer que tu valais bien mieux qu’eux ? De leur dire de se taire ? »

« Qu’est-ce que cela m’aurait emmené de plus, dis ? Qu’est-ce que j’aurais à y gagner, sincèrement ? C’est juste … inutile … mais ne t’en fait pas, ce n’est pas bien grave. Mais merci de ta considération à ce sujet, c’est très sympathique de ta part. »

« Ce n’est pas cde la considération, ce n’est pas de la sympathie. Ce n’est rien de tout cela, Tery ! Je te demande si tu as déjà voulu tuer d’autres personnes … comme tu l’as fait pour Olin. Cette rage et cette colère … à ce moment précis. »

« C’était plutôt du désespoir … mais tu as vu ce que cela m’a fait devenir. Je ne veux pas que ça se répète, Manelena. Je n’ai pas envie de devenir comme ça ou plutôt de le rester. Je veux juste … éviter que ça se reproduise, voilà tout. »

« Tu te fais trop d’inquiétude pour pas grand-chose. »

« Ce n’est pas toi, Manelena, qui perd les pédales au point de tuer quiconque se trouve devant toi, allié comme ennemi. C’est pour ça … que je ne veux pas que ça se reproduise. »

« Et qu’est-ce que je t’ai dit ce jour-là ? Ca ne date pas de longtemps non ? Moins d’une journée même … est-ce que tu peux répéter ? »

« Je ne préfère pas … c’est bien trop gênant et des personnes pourraient nous entendre. Mais je sais … je voulais … d’ailleurs te parler à ce sujet, depuis le début. »

« Hum ? Tiens donc … Vas-y, je te laisse t’exprimer, Tery. »

Pfiou … Il était donc temps de lui poser la question fatidique, n’est-ce pas ? Mais surtout, il avait peur de sa réponse. Il n’avait aucune idée de comment elle allait réagir par rapport à tout ça. Il déglutit longuement, se plaçant en face d’elle avant de demander :

« Manelena, qu’est-ce que tu comptes faire par rapport au reste du groupe ? A l’aigle bicéphale et toutes ces choses. Maintenant que cela fait déjà quelques jours, je me suis dit que tu y as sûrement réfléchis et que tu as pris une décision à ce sujet. »

« Oh, c’était donc ça ta question, je vois … Je vois … ce n’est pas illogique. »

Hein ? Comment ça ? Le ton semblait presque déçu venant de la part de Manelena. Pourtant, elle devait s’en douter que ça serait à ce sujet, non ? Elle parue décontenancée, se reprenant après quelques secondes pour dire d’une voix calme :

« Bon … A ce sujet, tu sais ma position maintenant dans Shunter, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. Tu es la reine de Shunter, difficile de l’ignorer ou de l’oublier. Tu es au sommet de ce royaume et on ne peut pas l’omettre maintenant. »

« C’est exact. A partir de là, tu dois te douter en partie de ma réponse, n’est-ce pas ? »

« Je veux que tu me le dises … de toi-même. Je veux l’entendre de ta voix. »

« Pourquoi cela, Tery ? Cela te fera encore plus mal, n’est-ce pas ? »

« Car j’ai besoin que l’on me le dises, c’est tout. C’est bête mais c’est ainsi. Au moins, je sais que ça viendra de toi et toi seule, pas de quelqu’un d’autre qui aurait put avoir une influence sur ta décision. Tu veux … bien me répondre ? »

« Ah … Tery Vanian. Qu’est-ce que je vais faire de toi ? » soupira le femme aux cheveux argentés, son regard rubis posé sur lui. « Moi, la reine Manelena de Shunter, je ne peux décemment pas vous accompagner dans vos aventures, messire Tery Vanian. J’ai un royaume à diriger d’une main de fer dans un gant de velours. Le peuple a besoin de moi pour se reconstruire après les derniers événements. »

« C’est exact, madame la reine Manelena. Vous avez totalement raison. »

« J’ai toujours raison, Tery Vanian. Tu dois le savoir … puisque je suis la reine. »

Est-ce qu’elle tentait de faire de l’humour ? Pour toute réponse, le jeune homme tenta de lui faire un sourire mais qui avait tout du sourire forcé. Il murmura faiblement :

« Cela revient donc à dire … que nous allons devoir nous séparer maintenant. »

« Ne parle pas de cette façon. Ca donne l’impression que nous étions un couple et d’après ce que je crois savoir, ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ? »

« Ce n’est pas le cas et ça ne le sera jamais, reine Manelena. »

« Est-ce de la déception, Tery Vanian, que je crois entendre dans ta voix ? Déçu que nous ne soyon pas ensemble ? Si cela s’apprenait … »

« S’il vous plaît, reine Manelena, je … ne suis pas d’humeur à plaisanter maintenant. Je suis vraiment désolé … je ne peux pas être heureux en ce moment même. » dit-il sur le même ton qu’elle. Bien entendu, elle voulait se montrer réconfortante … mais ce n’était pas possible.

Comment pouvait-il être heureux d’être séparé de Manelena ? La mort de Clari annonçait un second départ. Il n’y avait rien de réjouissant dans cela, rien du tout. Il ferma les yeux, prenant une profonde respiration mais ce fut elle qui vint dire doucement :

« Sinon, il y a bien autre chose … que d’aller chasser l’aigle bicéphale, Tery Vanian. »

« Hein ? Comment ça ? Qu’est-ce qu’il y aurait d’autre, Manelena ? Enfin reine Manelena ? »

Voilà qu’ils avaient arrêté de marcher, se trouvant face à face dans les jardins royaux. Elle était tellement plus grande que lui, presque une tête. Bon, ce n’était rien par rapport à Clari, alors que de ce côté, il n’en était pas trop sûr. Elle ne devait pas être si loin que ça, de base.

« Tu n’es pas sans savoir qu’il n’y a pas qu’un aspect militaire … enfin, plutôt qu’il n’existe pas que des soldats et des hauts-gradés militaire. Il existe d’autres castes … comme celle des chevaliers. Tu sais, ces personnes qui sont en armure et toujours proches du roi. »

« Oui, oui, je vois parfaitement de quoi tu veux parler. On en vois que très peu néanmoins. »

« C’est normal puisque ce sont les personnes les plus proches de la royauté et qui se sont investies pendant de longues années qui obtiennent ce titre. »

« Oui, je me doutes, ce n’est pas une position défavorable. »

« Et je ne parle pas des terres, des titres et de la richesse qui suit. Bon, ce n’est pas autant que les plus hauts nobles de la cour, surtout car le chevalier ne marchande pas ou n’a pas de relations à la base, loin de là. »

« Mais tout cela se forge au fil des années non ? Un chevalier qui devient noble, s’il peut, grâce à ça, former une lignée, non ? Et donc, il peut avoir ses relations qui perdurent et donc avoir une lignée noble … grâce à ce titre de chevalier. »

« J’avoue que tu m’impressionnes sur ce coup, Tery. Je ne m’attendais pas à ce que tu devines tous les enjeux de devenir un chevalier, surtout lorsque l’on n’a aucun titre. »

« Désolé mais … même si je suis plus bête que la moyenne, je comprends un peu ça. »

« Non, justement, ce n’est pas aussi simple que ça à comprendre. C’est étrange quand je te vois, Tery. Je me demande quoi faire de toi … mais bref, ce n’est pas le sujet de la question. Tery Vanian, je vais te poser une simple phrase. A toi d’y réfléchir et de m’y répondre. »

« D’accord, tu peux … la poser, Manelena. Enfin, vous pouvez, reine Manelena. »

« Est-ce que tu accepterais de devenir mon premier voire sûrement mon unique chevalier ? »

Pourquoi … pourquoi est-ce qu’il s’était attendu à une telle question de la part de Manelena ? Pourquoi il n’en avait jamais douté ? Il la regarda longuement avant de chuchoter :

« Manelena, vous savez … que … ce n’est pas facile, n’est-ce pas ? »

« Tu peux y réfléchir, si tu le désires, mais il vaut mieux pour toi que tu me répondes dès maintenant. Cela sera bien plus sincère. »

« Je ne crois pas que je puisses accepter cela, reine Manelena. Veuillez m’en excuser sincèrement mais … ce n’est pas possible. »

« Cela me semble raisonnable venant de ta part, Tery Vanian. C’est ce à quoi je m’attendais en réponse à cette question presque rhétorique. »

« Je suis vraiment désolé … Manelena. Pas de reine sur le coup. »

« Tu n’as pas à t’excuser pour tes choix. Tant que tu ne changes pas d’avis d’ici cinq minutes, tu ne subiras pas ma foudre royale. Tu devrais être soulagé, non ? »

« Très soulagé, hahaha, je peux enfin souffler un peu, n’est-ce pas ? » dit-il dans un grand sourire alors qu’elle regardait à gauche et à droite. Comme la dernière fois … ça lui rappelait quelque chose …

« Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi est-ce que tu me regardes ainsi ? »

« Non, pour rien, Manelena. Je me dis juste … que tu vas me manquer énormément. C’est bête hein ? Mais au final, on s’attache très aisément à d’autres personnes. Je suis comme ça, je suis vraiment désolé … de penser de la sorte, surtout que tu n’aimes pas ça. »

« Montrer trop facilement ses sentiments est une preuve de faiblesse, Tery. » dit-elle alors qu’il remarquait qu’elle n’avait pas dit son nom de famille. « Mais ça ne veut pas dire que l’on doit tout faire pour ne pas en avoir. »

Et maintenant qu’elle était sûre et certaine … que personne n’était là, que ça soit le reste du groupe, des servantes indiscrètes, des soldats qui faisaient leur tour de garde, des nobles qui discutaient entre eux … elle pouvait se permettre cela.

Il voulut ouvrir la bouche mais aucun son ne sortit de ses lèvres alors qu’elle plaçait le jeune homme contre elle. Oui, pendant de longues secondes, elle le gardait dans ses bras, le serrant doucement et tendrement avant de murmurer très faiblement :

« Tu vas aussi me manquer, Tery. Plus que les autres. »

« Ohla, ohla, ohla … On a dit de pas mettre trop de sentiments en avant, ça ne veut pas dire qu’on va se laisser déborder par l’émotion non plus hein ? »

« C’est exact, Tery … Vanian. » dit-elle avant de commencer à détacher ses bras. Mais ce fut Tery qui plaça les siens autour de son dos, la gardant un peu plus longtemps contre lui.

« D’un autre côté, ça ne veut pas dire que l’on est obligé d’arrêter après juste une minute. »

« Evite donc de jouer avec les sentiments d’une reine, Tery. Tu sais très bien que c’est dangereux, très dangereux, n’est-ce pas ? »

« Je confirme cela mais à l’heure actuelle, la reine sait parfaitement que je ne m’amuses pas de ses émotions, n’est-ce pas ? »

« Hum … Cela reste à prouver, il faut voir, Tery Vanian. »

« Comment est-ce que je peux lui prouver le contraire à ses yeux ? Comment gagner ses faveurs ? Dites-le moi … »

« A vous de le découvrir, jeune homme. Vous n’êtes pas aussi bête que vous voulez le faire croire, n’est-ce pas ? Alors montrez-le. »

Hahaha … C’était une très bonne réplique. En fait, il voulait être heureux, il voulait sourire, il voulait rire … il essayait de s’y forcer … mais il avait trop de mal. Les paroles avec Manelena étaient douces, tranquilles, apaisantes … mais en même temps si tristes. Il n’y avait aucun sérieux dans leurs propos. S’appeler reine Manelena et Tery Vanian, ça n’avait jamais été leur façon de faire, loin de là.

« Bon, par contre, Manelena, je vais … arrêter ça. Ca commence à devenir gênant. »

Très gênant. Elle ne chercha pas à le retenir alors qu’il s’extirpait de ses bras. Ils se regardèrent pendant quelques secondes, chacun plongeant son regard dans celui de l’autre. Puis sans rien dire, chacun prit une direciton opposée à l’autre. Il fallut plusieurs mètres avant que Manelena ne s’arrête, disant doucement :

« Fais attention à toi … à Elen et aux autres, d’accord ? »

« Ne t’en fait pas, j’irai les protéger au péril de ma vie. Mais aussi, je me débrouillerais pour rester en vie. Ne te fait pas avoir par des complots ou des trahisons, Manelena. »

« De ce côté, je suis rodée, ne t’en fait pas On ne pourra pas m’avoir de cette façon. Quiconque tentera de me manipuler se fera tout simplement jeté cachot avant d’être guillotiné ou pendu. Je ne serais d’aucune pitié envers ces êtres. Tu n’as pas à te faire de souci, d’accord ? »

« Est-ce que je suis vraiment rassuré là ? » dit-il alors qu’elle poussait un soupir.

« Pas le moins du monde. Et ma question est : Est-ce que tu penses que je suis rassurée ? »

« Pas du tout. Comme quoi … je ne pensais pas que ça serait aussi difficile. Et surtout, il vaut mieux ne pas continuer à parler. Je vais retourner auprès des autres. J’imagine que nous partirons les prochains jours. »

« Ne passe pas me saluer si tu ne t’en sens pas capable. »

Il notait cela d’un hochement de tête positif. Sans d’autres mots, il quitta les jardins royaux, jetant néanmoins un dernier regard vers Manelena. Hum … Dans cette tenue de reine, loin des morceaux de métal, même en jupe, il ne savait pas, il trouvait que ça ne correspondait pas vraiment à Manelena.

« Allez, bonne route, Manelena. Du moins, bonne royauté, je suis désolé. »

« Tery … » murmura la jeune femme aux cheveux argentés. Ils devaient bien avoir mis cinq mètres de distance entre eux.
Le jeune homme la regarda, faisant un petit sourire, l’accompagnant d’un geste de la main avant de s’éloigner. Pfiou … Manelena, c’était tout simplement Manelena et personne d’autre. On ne pouvait pas la remplacer, qu’importe ce qui allait se passer.
Voilà, il était parti des jardins royaux. Peut-être que dans le fond, il n’allait pas la revoir, c’était une possibilité … qu’il ne pouvait malheureusement pas contredire. Ne plus la revoir ? Lorsqu’il se présenta à Elen, il avait une mine déconfite, ce qui força la jeune femme aux cheveux blonds à lui demander avec inquiétude :

« J’imagine … que ça c’est mal passé, Tery ? Elle n’a rien fait de mal ? »

« Non non, pas du tout. Elle n’a rien fait de mauvais, elle n’en serait pas capable. »

« Oh ça, je ne vois pas ce qui te fait prétendre ça … Elle serait capable de bien pire, n’est-ce pas ? Mais bon, qu’est-ce … enfin, elle a dit quoi ? »

« Elle a des obligations royales, comme il fallait s’en douter, tout simplement. »

« Je ne sais pas … comment exprimer ça. J’ai peu d’être maladroite dans mes propos, je pense donc qu’il vaut mieux pour moi que je ne dises rien. »

« Ne t’en fait pas, je sais que cela te soulage qu’elle ne soit pas là … mais chez moi, ce n’est pas le cas, Elen. Elle va me manquer … énormément, reine ou non, princesse ou non. Qu’importe son caractère … ou le reste. »

« Je ne voulais pas te blesser, Tery. Pardon. »

Ce n’était pas comme si le mal était déjà fait depuis longtemps Il ne lui répondit pas, ruminant dans ses pensées. Sans Manelena … très bientôt.

Chapitre 93 : Et maintenant ?

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Chapitre 93 : Et maintenant ?

« Tery ? Tery Vanian ? Veux-tu bien me regarder quand je te parle ? »

« Manelena … Oui, j’entends ta voix, tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet … »

Encore une fois, il prenait la parole avec une certaine nonchalance alors qu’en face de lui se trouvait Manelena. Elle avait retrouvé une tenue bien moins officielle et cela faisait maintenant trois jours que l’enterrement de Clari avait été fait. Il en avait été de même pour l’enterrement du roi de Shunter bien que cette fois-ci, il ne s’était pas éloigné.

« Alors pourquoi est-ce que tu évites de m’adresser la parole ? Je peux savoir ? »

« Je ne fais pas cela. Tu racontes n’importe quoi. Mais bref, que veux-tu, Manelena ? »

« Simplement avoir une petite idée par rapport à ce que tu comptes faire maintenant que tout est résolué dans le royaume de Shunter. Les rebelles vont arrêter leurs assauts, l’armée de Shunter est derrière moi et les nobles le sont aussi. Bref, tout va être plus calme. »

« Oui mais … de mon côté, je pense que je vais continuer à chercher la présence de cet aigle bicéphale. Je pense aller me rendre dans cette tour. »

« Tu veux voir si ton idée est la bonne ? De toute façon, nous n’avons plus aucun indice ou endroit donc autant voir avec ce que nous avons comme moyen. »

« Je n’ai plus aucune idée, je n’ai plus rien du tout … Je ne sais pas quoi faire alors. »

« Arrêtes donc de geindre et de te plaindre, Tery Vanian. «

« Et toi, qu’est-ce que tu vas faire maintenant, Manelena ? Tu … »

Il ne termina pas sa phrase. Elle savait parfaitement ce qu’il comptait dire. Elle … avait des obligations royales, n’est-ce pas ? Maintenant qu’elle était reine, elle ne pouvait pas parcourir le monde comme auparavant. Il en était tout simplement hors de question.

« J’ai à nommer certains rebelles à des positions avantageuses … dont Hémurion. J’imagine qu’en vue de son statut de chef des rebelles, il a une certaine aura indéniable. »

« Rien à voir avec la mienne, je sais bien mais bon … »

« Et voilà, tu te mets encore nullement en valeur. Je ne chercherais pas à te contredire à ce sujet. Hémurion est un homme qui a un charisme certain. »

« Pas de soucis … je vais te laisser tranquille pendant que tu vantes ses qualités. Je vais voir avec les autres ce qu’ils comptent faire. »

« Fais donc, fais donc, Tery Vanian. Je ne compte pas partir du château de toute façon. Tu sauras où me trouver, n’est-ce pas ? »

« Oui, oui, Manelena. De toute façon, je ne pars pas dès maintenant. »

Il n’en aurait pas le courage même … si partir seul … non. Il avait peur de la suite. Il avait peur de ce qui pouvait l’attendre. Il avait peur de perdre quelqu’un d’autre. C’est … C’était si … horrible de perdre un être proche.

« Messire Tery ? Est-ce que je peux vous parler, s’il vous plaît ? »

« Oh ? Elise ? Bien entendu … mais du messire ? Tu sais que je n’aime pas trop cet2te appellation, non ? Enfin bref, je ne t’en veux pas. »

Il avait la surprise de la jeune demoiselle aux cheveux auburn se diriger vers lui. Qu’est-ce qui se passait pour qu’elle vienne le voir ? Devant son air gêné et surtout son regard sur la gauche et la droite, il comprenait déjà en partie son problème.

« Est-ce que ça concerne ça ? » demanda t-il en désignant sa propre chevelure. Elle hocha la tête positivement, Tery faisant quelques pas pour lui dire de le suivre. Les deux personnes se dirigèrent dans un coin isolé, Tery la regardant avant de la questionner : « Alors, dis moi tout, qu’est-ce qui se passe exactement ? »

« Je … Enfin, le prince Royan n’a pas voulu en parler et madame Sérest ainsi que monsieur Séran non plus mais c’est par rapport au moment où … Clari est morte, enfin je crois que c’est à ce moment précis. Je … Quand c’est arrivé, sûrement, j’ai ressenti comme une violente bouffée de haine dans mon corps. J’avais l’impression de ne plus le contrôler, ni le ressentir. C’était tout simplement affreux. J’avais l’impression d’être une autre personne. Heureusement, personne n’était à côté de moi parmi les rebelles et le prince Royan a réussi à me calmer quelques minutes après. Mais c’était vraiment horrible. J’avais l’impression de … »

« Haïr tout le monde, d’en vouloir à tous les êtres peuplant cette planète … Je sais de quoi tu parles. C’est ce que j’ai ressenti à ce moment précis. Je crois que … tu as subi, je ne sais comment, mes pensées à cet instant. Je suis désolé, Elise, ce n’était pas voulu. »

« Hein ? Comment ça ? C’est vous le responsable ? Mais ce n’est pas possible. Comment est-ce que vous auriez fait ça, mess… euh Tery ? »

« Je ne sais pas mais à ce moment précis où c’est arrivé, je n’étais vraiment pas moi-même. Tu sais, cette voix qui nous parle des fois, elle était beaucoup plus forte. Elle était si effrayante, si envoûtante. Je ne veux plus trop en parler … mais ce que j’ai fait à O… cet homme qui a retiré la vie de Clari, ce n’était vraiment pas joli à voir. »

« Je … je crois comprendre. Je ne poserai pas plus de question à son sujet. Je suis désolée … »

« Tu n’as pas à l’être, tu n’es pas responsable de ça. Je suis le seul fautif. Comment est-ce que Royan va ? Je sais qu’il … n’était pas dans son assiette. »

« Je tente de redonner le sourire au prince Royan mais je dois avouer que cela m’est très difficile. La mort … de mademoiselle Clari a été très éprouvante pour lui. »

« Pour tout le monde, elle était une … personne que nous connaissions depuis longtemps. Elle était là depuis le début … c’est si difficile pour moi de me dire qu’elle est partie. Mais il faut que je fasse avec. Il faut que je regarde droit devant moi et que j’avance. »

« Tu … n’es pas le seul à devoir faire ça, Tery. Tu ne seras pas seul à accomplir une telle chose. Tu seras bien entouré, je te le promets. »

« J’aimerai ne plus tenir de promesses pour l’instant. Non pas contre toi, Elise … c’est juste que dernièrement, ça ne me motive pas vraiment. »

« Je comprends cela … Je vais retourner auprès du prince Royan. Il va sûrement avoir besoin de moi encore une fois. Je tente de lui parler et de raconter quelques mésaventures. »

« Fais donc, je suis sûr et certain qu’il apprécie le geste. J’en suis même plus que convaincu. Cela le ravira, bonne chance néanmoins. »

« Il n’y a pas besoin de chance dans une telle situation … mais merci beaucoup ! »


Voilà qu’elle part à son tour, le laissant seul. Il ne veut pas parler … avec les autres. Il veut juste être en face à face avec Manelena et discuter … au sujet de ce qui allait se passer. Pourtant, il se dirigea vers la chambre où Elen se trouvait.
La jeune demoiselle aux cheveux blonds le regarda. Elle était assise sur une chaise, une servante s’occupant de peigner ses cheveux. Ah oui, bien entendu, la vie de château, elle pouvait en profiter, n’est-ce pas ? Il lui fit un petit sourire avant de demander :

« Tout va bien, Elen ? Tu n’as pas besoin d’aide ou d’autre ? »

« Oh, Tery, c’est mesquin de te moquer de moi… mais tu sais parfaitement que ce n’est pas vraiment ça … c’est juste que c’est la première fois que l’on s’occupe aussi bien de moi. »

« Je ne me suis pas plaint à ce sujet, tu sais hein ? Tu es libre de faire ce que tu veux. Prenez-en soin, hein ? Je compte sur vous. »

« Comme il vous sera gré, messire Tery. » dit la servante. Ah oui, du messire. Pfiou, il avait l’impression d’entendre Elise mais de façon encore plus formelle.

« Je ne suis pas vraiment habitué à ce titre … pas du tout mais bon, il va falloir faire avec, j’imagine. En même temps, ce n’est … »

« Quel est le souci, Tery ? Si tu es venu là, c’est que tu as besoin de parler, non ? »

Et pourtant, il pensait le contraire. Mais voilà, la réalité était toujours différente. Oui, il avait besoin … de lui dire quelque chose. Il regarda Elen, s’approchant d’elle pour se retrouver en face de la jeune femme. Elle plaça une main sur son visage, le caressant doucement.

« Manelena risque de ne pas continuer avec nous, tu le sais ? »

« Il fallait s’en douter, Tery, non ? Un jour ou l’autre, chacun finira par se séparer des autres. Certains resteront ensemble mais il est très rare voire impossible de concevoir que toutes les personnes que l’on a connues resteront à nos côté jusqu’à la fin. »

« Manelena est là … depuis le début, Elen. Comme Royan … et Clari. »

« Mais elle est une reine. Sa place est sur le trône … et vu cette dernière année, elle aura les mains chargées. Elle ne peut pas passer outre ses fonctions juste pour nous. »

« Je le sais bien, je le sais bien ! Je n’ai pas demandé autre chose, Elen. »

« Mais pourtant, tu t’y raccroches désespérément, n’est-ce pas ? »

Il ne répondit pas. Oui, il était aussi faible que ça. Il voulait éviter le départ de Manelena, même si cela déplairait à Elen qu’elle continue avec eux. Mais est-ce qu’il avait le droit de récupérer la nouvelle monarque du royaume ? Il baissa les épaules, s’affaissant sur place avant de dire d’une petite voix, très faible :

« Peut-être que je ferais mieux de partir de la capitale sans même prévenir Manelena. »

« Euh … Tery, je ne suis pas sûre que ça soit la meilleure méthode à accomplir. Il y a de fortes chances que Manelena ne te pardonne pas si tu fais ça. »

« C’est toujours mieux que de l’avoir en face de moi et de ne pas savoir ce que je dois dire. Mais bon, je … ne sais pas quoi faire. »

« En discuter avec les autres, qu’est-ce que tu en dis ? Ça ne me semble pas être une mauvaise idée, n’est-ce pas ? Viens, on va faire ça. »

« Pourquoi est-ce que tu veux me forcer à faire une chose que je ne veux pas ? »

« Hein ? Je ne veux pas te forcer. Je ne te force en rien, Tery. N’exagère donc pas, s’il te plaît, c’est déjà assez difficile actuellement. »

« Difficile à quel point ? Comment ça ? Oh et puis zut, c’est juste stupide. »

Tout simplement stupide car il avait l’impression de s’enfoncer à chaque minute et de se rendre de plus en plus ridicule. Il fixa Elen de ses yeux verts avant de dire :

« Bon, puisqu’il en est ainsi, allons leur parler. Mais nous nous sommes tous séparés depuis quelques jours. Ca ne m’étonnerait pas qu’on ne les retrouve pas dans le château. »

« Royan n’a pas bougé du château. Elise est sûrement avec lui, pour ne pas changer. Il n’y a bien que Sérest et Séran qui ont quitté le château au début de la journée. »

« Ils ont été se promener dans Midès ? J’imagine qu’à part les rebelles, personne ne les connaît … même si je n’aime pas les savoir seuls. Ça ne me plaît que moyennement. »

« Il n’y a plus grand-chose qui te plait dernièrement, Tery, si je peux te le dire. »

« … … … ce n’est pas faux, Elen. »

Il aurait put répliquer qu’elle racontait n’importe quoi mais si c’était la vérité. Il avait perdu goût à beaucoup de choses et il était maintenant encore plus méfiant par rapport à son entourage. Si Olin … avait put agir ainsi, pourquoi pas deux « étrangers » ?

Non, c’était stupide. Sérest et Séran n’étaient pas des étrangers. Ils étaient avec eux depuis déjà quelques temps. Et même s’ils se prétendaient des héros de Zélisia et Alzar, ce qu’ils semblaient être réellement, il ne pouvait pas dire qu’ils n’avaient pas été utiles depuis qu’ils étaient là. Ils étaient des membres du groupe.

« Royan ? Elise ? Tery et moi, nous avions une question à vous poser. »

Pendant qu’il était plongé dans ses pensées, suivant Elen en silence, ils avaient fini par se rendre dans la bibliothèque royale. Heureusement, c’était l’une des salles les moins ravagées par les assauts. Il faut dire qu’il n’y avait aucune utilité à détruire un tel endroit. Elise était à côté du prince Royan, celui-ci semblant expliquer des lignes de texte à la jeune femme. Il releva le regard, observant le couple en face de lui avant de dire d’une voix lente :

« Oui ? Qu’est-ce que l’on peut faire pour vous deux ? »

« Oh, ce n’est rien de compliqué. C’est juste par rapport à la suite des événements, voilà tout. »

« Et qu’est-ce qu’il y a ? Nous allons normalement repartir à la recherche de la dernière créature légendaire, n’est-ce pas ? Ce qui s’est passé à Shunte était juste un arrêt. »

« C’est exact mais … cet arrêt, enfin, il y a de très fortes chances que Manelena ne vienne pas avec nous, je tenais à vous le signaler. »

« Hein ? Et pourqu… non. C’est logique en soi. Il est vrai que chez nous, à Traslord, la royauté est principalement un symbole bien que nous ayons voix au chapitre. Mais si la famille royale devait disparaître complètement, le royaume ne serait pas démuni. Dans le cas de Shunter, c’est bien plus compliqué. »

« Tu vois donc le souci, n’est-ce pas ? Bref … C’est pour ça qu’il faut se préparer fortement à cette éventualité bien que ça me déplaît. »

« Mais messire Tery, vous allez laissé faire ça ? Sans même chercher à convaincre made… enfin la reine Manelena ? Pourtant, elle est très proche du groupe, non ? »

« Ca ne changera pas grand-chose. Manelena est du genre à avoir toujours les idées bien droites. Je ne pense pas que même après une longue discussion, elle m’écouterait. »

« Et pourquoi pas ? Rien ne vous empêche d’essayer, non ? Ce n’est pas en abandonnant tout de suite que vous pourrez … que se passe t-il ? Vous me regardez étrangement. »

« Non … rien … j’ai juste l’impression que malgré tout ce que je fais ou je dis … je n’arriverai pas à être d’accord avec vous. »

« Et pourquoi avez-vous cette impression ? »

« Il est désespéré et désemparé comme … moi mais ce n’est pas aussi fort de mon côté. Je ne peux pas lui en vouloir. Tery, tu devrais essayer de faire un effort. »

« Je vais voir, Royan. J’en ait assez de promettre sans pour autant que tout soit arrangé. »

Royan haussa un sourcil. Visiblement, la réponse de Tery ne lui plaisait pas le moins du monde. Mais, il n’était pas là pour se disputer avec lui, c’est pourquoi il ne cherchait pas à lui répondre. C’était aussi aisé que ça. Il regarda Elise avant de reprendre :

« Mademoiselle ? Nous allons reprendre la lecture, si vous le voulez bien. »

« Hein ? Euh oui, bien sûr, prince Royan ! Désolée, Elen, Tery, je suis occupée. »

« Je vais aller la voir. De toute façon, mieux vaut ça que de passer mes journées à me tourner les pouces comme si de rien n’était. Elen, tu peux rester avec eux. »

« Hein ? Mais … Non, pas besoin. Ce n’est pas comme s’il était nécessaire d’avoir ma présence auprès d’eux, Tery. Je vais plutôt rester avec toi. »

« Non merci, Elen. Pardon mais … vu ce que je vais dire à Manelena, il vaut mieux que je sois seul avec elle. Ca risque de ne pas être appréciable. »

« Comment cela ? Ne te met pas en danger bêtement hein ? Je te préviens, Tery Vanian. »

« Je ne mettrais pas en danger … mais c’est personnel, ce que j’ai à dire entre elle et moi. »

Entre elle et lui ? La jeune femme aux cheveux blonds le regarda avec suspicion. Il y avait … eut quelque chose dernièrement entre eux ? Non, ce n’était pas le bon moment de se poser la question et pourtant, elle demanda faiblement :

« Tery, est-ce que … c’est personnel à ce niveau ? »

« Je ne crois pas. Cela aurait put l’être mais ce n’est pas le sujet que je veux aborder avec elle. Mais non … même si je ne sais plus exactement où j’en suis. Et dire qu’il y a encore quelques heures ou jours, j’étais sûr et certain. Qu’est-ce que je suis ridicule … »

« De quoi est-ce que … enfin, qu’est-ce que tu racontes, Tery ? Tu me fais un peu peur. »

« Non, non, rien du tout … Elen. Rien du tout. Je vais y aller dès maintenant. »

Et voilà qu’elle fit un geste de la main, évasif, le regard distant alors qu’il part de la bibliothèque, délaissant Elen comme si de rien n’était. La jeune femme aux cheveux blonds fût décontenancée, bredouillant quelques mots, Elise lui disant :

« Elen, peut-être qu’il voudrait être tranquille ? Il vaut mieux que tu restes avec nous. »

« Je ne sais pas … je ne crois pas que … ça soit une bonne chose … »

« Je suis sûre que si. Vous … Tu devrais me faire confiance à ce sujet, Elen. Ca sera le mieux pour chacun d’entre nous, croyez-moi. »

« Comment est-ce que je peux être convaincue de cela ? Comment ? »

« Simplement la patience … et de toute façon, si cela devait arriver … et bien … »

Et bien quoi ? Elle n’eut pas la suite de la réflexion de la jeune femme puisque celle-ci vint tout simplement se replonger dans la lecture avec le prince Royan. Bien que ça ne lui plaisait que moyennement, elle vint s’asseoir à leurs côtés.
Dans les couloirs, le jeune homme aux cheveux bruns ne mit guère de temps à se diriger vers la salle du trône. Pourtant, à l’intérieur, aucune trace de la nouvelle reine. Il s’adressa aux gardes, ces derniers signalant qu’elle était déjà partie depuis une bonne demie-heure. Où est-ce qu’elle se trouvait ? Qu’est-ce qu’elle faisait ?

Mais voilà, nulle difficulté à la trouver en fin de compte. Elle s’était adossée à un pilier se trouvant dans les jardins royaux, croisant les bras avec neutralité. Il s’approcha d’elle, sans un mot, allant tout simplement se positionner en face.

« Que me veux-tu, Tery Vanian ? Je pensais avoir mérité de me reposer un peu, non ? »

« Si ce n’est que cela, je ne te dérangerais pas trop, tu n’as pas de soucis à te faire. Je peux même partir tout de suite, Manelena. »

« Qu’est-ce que tu me veux, Tery ? Sois plus clair. »

« Non mais … sincèrement … si je te dérange, je peux …. oh et puis zut. Manelena, j’ai besoin que l’on parle, toi et moi, de ce qui va se passer maintenant. Il reste une créature légendaire à trouver et éliminer … mais tu es la future reine de Shunter. »

« Ce n’est plus future mais actuelle. J’ai été intronisée, je tiens à te le signaler. Même si cela n’avait rien de grandiloquent et fabuleux, je suis reine. »

« D’accord, reine Manelena. » répondit le jeune homme alors qu’il tentait de sourire. Ce n’était pas de la provocation mais il savait que cela pourrait embêter un peu la jeune femme.

« Bref, tu veux me parler de ça et tu veux savoir comment nous allons faire maintenant, n’est-ce pas ? Si je vais pouvoir continuer à vous suivre ? »

« C’est exactement cela … Manelena. Ca ne te dérange pas de parler ? »

« Seulement si nous marchons tous les deux. Comme cela risque d’être assez long, je n’ai pas envie de me tuer le dos à t’écouter et à te répondre. On y va. »

Et voilà qu’elle se redressait comme si de rien n’était. Le jeune homme aux cheveux bruns se mit à la suivre, se plaçant à ses côtés bien qu’il ne voyait pas ce qui allait prendre autant e temps. Un simple oui ou non suffirait …

« Par où devons-nous commencer, Tery Vanian ? »

« Je ne sais pas, tu sembles avoir une idée en tête donc je te laisses … commencer. »

« Alors, nous allons nous rappeler la première fois que nous nous sommes connus. »

Il cligna des yeux. Elle voulait vraiment débuter depuis … ça ? Cela risquait d’être long.

Chapitre 92 : Discret

ShiroiRyu
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Chapitre 92 : Discret

« C’est prévu pour ce soir, Tery. Tu es prêt ? »

« Je ne serais jamais prêt. Nous sommes combien, Manelena ? »

« Je dirais une dizaine au grand maximum. Le groupe habituel puis le reste … ce sont des personnes qui se chargeront d’officier … »

« D’accord, merci Manelena. Je peux te dire uniquement cela, j’espère que tu comprendras. »

« Oui, oui, je comprends ce que tu veux dire, Tery. Bon, nous nous revoyons plus tard, n’est-ce pas ? Car il faut aussi que je me prépares. »

« Est-ce que je peux rester à tes côtés pendant tout ça ? Je t’avoue que je n’ai pas vraiment envie d’être seul ces dernières heures. Elen est partie se préparer. Je crois qu’elle a été voir Royan et Elise. Royan … aussi a été affecté. »

« Je le sais bien. Même si ce n’est qu’un adolescent au caractère froid et malgré les apparences , il reste humain, comme nous tous. »

« C’est pas uniquement ça. Pour Clari, c’est comme … moi. Même si ce n’était peut-être pas aussi fort, pour Royan, nous ne restons que des amis, de ami proches, au fil du temps … mais ce n’est pas ça qu’il y avait avec Clari. Rien que par ses gestes et ses paroles, tu savais qu’elle était plus chaleureuse qu’une amie. »

« Que tu pouvais la considérer comme un membre de ta famille. Et dans le cas de Royan … »

« Ses frères ont été tués. Qu’on le veuille ou non et même si cela commence à dater, c’est la dernière chose dont se souvient Royan. A partir de là, difficile de lui en vouloir ou de ne pas le comprendre … »

« Je ne sais pas. Je dois être comme lui … sauf que chez moi, je suis plus forte que lui. »

« Ce n’est pas une question de se vanter d’être plus insensible qu’un adolescent, hein ? »

« Je n’ai jamais dit cela, Tery Vanian. Tu viens ? »

Elle n’allait pas chercher la provocation, le jeune homme aux cheveux bruns faisant un petit mouvement de la tête comme pour montrer qu’il était d’accord avec elle. Les deux personnes quittèrent cet endroit, l’un à côté de l’autre, Manelena reprenant le fil de la conversation :

« Sincèrement, Tery … je ne pensais pas à mal en disant cela. Pour une fois, ce n’est pas voulu de ma part. Je n’ai pas que cela à faire. »

« Je le sais parfaitement. J’ai juste besoin de discuter, je crois. C’est comme ça et c’est tout, Manelena. Je crois que j’ai besoin … Je ne sais pas de quoi j’ai besoin de parler, j’ai besoin de faire quelque chose, une occupation ou autre. »

« Mais qu’est-ce que tu racontes là ? Je peux savoir ? »

Ce qu’il racontait là ? C’était tout simplement de l’incompréhension, rien de plus. Le jeune homme aux cheveux bruns ne savait plus quoi dire ou faire. Elle poussa un soupir avant de ne plus s’attarder sur lui et … mais si. Elle était tout simplement obligée de s’attarder sur lui.

Les minutes s’écoulèrent, les unes après les autres tandis qu’ils se rapprochaient de plus en plus du moment fatidique. Ce moment où il allait devoir tirer un trait définitivement sur Clari. Il n’en avait pas le moindre envie. Il n’avait pas la motivation … et surtout le courage.

« Est-ce que tu veux néanmoins la voir en étant seul auparavant, Tery ? Elle est installée dans une pièce juste à côté de nous. Tu peux … hein ? »

« Je vais le faire si ça ne te dérange pas. Juste pour quelques minutes, rien de plus. »

Et voilà qu’il s’éloignant de Manelena, ouvrant une porte sur la droite. Avec lenteur, il pénétra dans la pièce, sentant aussitôt une vague de froid l’envahir. Oui, cette pièce était beaucoup plus fraîche que les autres et pour cause : le cercueil dans lequel reposait Clari était translucide … car fait de glace.

« Bonjour, grande sœur. Aujourd’hui est le jour … des adieux. Comment est-ce que tu vas ? »


Il s’était mis à discuter avec le cercueil, répondant à des phrases muettes de la part du cadavre qui reposait à l’intérieur. Voilà, il faisait la conversation avec Clari, une belle et longue conversation. Il parlait de tout, de leur rencontre, de leurs aventures, des nombreux moments passés ensemble, les meilleurs comme les pires. Des réactions aussi à sa mort … comme celle de Royan qui était … impossible à ignorer.

« A partir de là, il est difficile de clairement … t’abandonner. »

Ce n’est pas oublier. Ce n’est pas laisser … c’est abandonner. Il abandonnait Clari et il ne voulait pas. Il ne voulait pas être celui ou celle qui tirerait un trait définitif sur Clari. Finalement, ce fut lorsqu’Elen pénétra dans la pièce qu’il se releva :

« Tery ? Manelena m’a dit que tu te trouvais ici. Il semblerait que ça soit … vraiment le cas. Il faut que tu te prépares. C’est bientôt l’heure. »

« Je le sais … Elen. C’est bon, nous pouvons y aller, j’imagine que c’est bon. »

Ce n’était pas le cas. Pas du tout. Ce n’était pas bon et il ne voulait pas se voiler la face ! Ce n’était pas bon ! Il ne pouvait rien faire contre ça ! C’était tout simplement impossible ! Elen s’approcha de lui, posant une main sur son épaule, l’autre la tirant à elle.

« On n’y va, Tery. Il faut que tu te prépares. Allez, je ne dois pas me répéter. Ce n’est pas une bonne chose si je dois le faire, compris ? »

« Mais … mais … Elen … Clari … Je ne veux pas. JE NE VEUX PAS ! »

Il avait crié mais aussitôt, elle l’avait serré avec force dans ses bras. Elen ne pouvait pas comprendre ! Personne ne pouvait comprendre qu’est-ce que cela faisait de voir une personne aussi proche mourir devant ses yeux … comme ça … d’un coup … pour le protéger.

Finalement, il avait réussi à quitter la pièce. La mort dans l’âme, il allait prendre de quoi avoir une tenue correcte. Il avait déjà assisté à une mort … importante dans le passé. Celle de son père mais il n’était qu’un enfant à l’époque. Et encore, ça ne l’avait pas tant marquer que ça … car il avait vu la vérité très rapidement.
Tout cela était du passé … et les tenues nobles ou pompeuses n’étaient pas son genre. Il aurait préféré garder ses vêtements habituels mais il fallait bien quelque chose de solennel pour cet instant dont il se passerait bien.

« Comment vont ces habits ? Hum, je vois. Le plus étonnant, c’est qu’ils te conviennent. »

« Manele… Ah. Toi aussi, cela te va très bien, je ne m’y attendais pas du tout. »

« Ce n’est pas mes tenues habituelles. Viens par là. Ca se voit que toi aussi, tu n’es pas vraiment fait pour de tels vêtements. »

Il n’y avait aucune partie d’armure sur leurs corps, que ça soit celui de Manelena ou le sien. Elle avait juste une robe vert pomme, aux bordures blanches, assez bouffante … et avec quelques bijoux aux doigts, sur les oreilles, autour du cou et tout le reste. Il n’avait pas réellement envie de continuer à la regarder mais il chuchota :

« Tu as vraiment l’air d’une reine dans ces habits, Manelena. »

« Il ne faudrait pas oublier que je le suis normalement … à la base. »

Il hocha la tête positivement. Elle avait entièrement raison … même si des fois … il préférait oublier. La petite discussion avec Elen, auparavant, il aurait voulut ne pas s’en rappeler. Il regarda la jeune femme aux cheveux argentés avec lenteur :

« Manelena, est-ce que … enfin, après … Non. Rien, désolé. »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Je déteste lorsque l’on commence une phrase pour ensuite s’excuser de ne pas la terminer. Est-ce que tu veux que je te force à cracher le morceau ? »

« Sincèrement, ce n’est pas grand-chose. Je vais aller voir si … Elen aussi a une belle tenue. »

« Bien sûr que oui, la question ne devrait même pas se poser. Quant à Royan et aux autres, on voit que pour certains et pour certaines, l’habit ne fait pas le moine. Alors que pour le cas d’un prince de Traslord, qu’importe ce que tu lui donnes, l’allure fait tout le reste. »

« Je ne sais pas trop quoi dire à ce sujet … Manelena. Mais je vais y aller, d’accord ? »

« Fais donc comme tu veux, Tery. Mais je veux vous voir d’ici une dizaine de minutes. »

Bien entendu, bien entendu. Ils seront là. Ce n’est pas comme si elle allait leur laisser le choix normalement. Il retourna chercher Elen, n’ayant pas de mal à la trouver. Oh … Lui qui avait l’habitude de la voir avec son justaucorps rouge, avec sa coiffure blonde à la garçonne avec quelques mèches, le changement était là aussi radical. Peut-être que Manelena lui avait passé une tenue que les servantes avaient arrangées … mais … wow.

« Je … Hum … Ce n’est pas si laid sur moi, Tery ? » bafouilla la jeune demoiselle, remarquant qu’il était juste à quelques mètres d’elle.

« C’est tout le contraire. Tu es encore plus belle qu’auparavant. Cela te va bien, tu as l’air d’une déesse descendue ans notre monde. »

« Tu exagères un peu, Tery. Je ne suis pas aussi bien que ça … » reprit Elen, vivement gênée par les propos de Tery. Il n’avait pas honte ? C’est vrai … que la tenue était un peu serrée, d’une belle couleur orange, une robe bouffante comme celle de Manelena mais quand même, elle n’avait pas l’air d’une princesse voire d’une déesse. Il exagérait ! « Et toi, tu es très bien aussi, Tery. Tu es vraiment très bien. »

« Pas autant que je voudrais l’être mais merci du compliment. Je n’ai pas encore vu Elise, Royan puis Sérest et Séran. Ils doivent déjà être là-bas. »

« Alors, nous allons nous dépêcher. Il ne faut pas faire durer trop longtemps ce moment. Plus vite nous en aurons terminé, mieux ce sera. »

Elle ne disait pas cela méchamment. C’était juste … que cela avait trop duré. Ils devaient passer à autre chose et tirer un trait sur cette histoire. Elle se plaça à côté de lui, prenant son bras avant qu’ils ne se remettent tous les deux en route vers la cérémonie.

Sur le chemin, Tery était complètement silencieux, le regard juste dirigé droit devant lui. Aucun mot, aucune parole, aucun geste, sauf celui qui consistait à avancer. Il n’y avait aucune hésitation … alors qu’il arrivait finalement avec Elen jusqu’au lieu de la cérémonie. Il y avait bien d’autres personnes mais ils étaient à peine une quinzaine. Elise était avec Royan, les deux étant assortis dans leurs vêtements choisis. Il en était de même pour Sérest et Séran, il était tellement facile de voir qu’ils étaient véritablement un couple.

«  Oh … Tery et Elen. Vous êtes les derniers, pour ne pas changer. Mais bon, que personne ne parle penant la cérémonie. De toute façon, ça ne sera pas très long. »

Il n’en … avait pas l’habitude. A part celle pour les soldats de la milice qui étaient morts, il n’avait jamais jamais assisté à une cérémonie. Jamais … car il ne s’en préoccupait pas. Mais aujourd’hui, c’était totalement différent. Déglutissant, il regardait juste le cercueil de glace qui avançait alors qu’un homme en robe de prêtre prenait la parole.
Le discours était sobre, non pas grandiloquent. Il avait l’impression que ce n’était pas ce que ce prêtre de Zélisia aurait dit mais bon … Un bref regard vers Manelena et il comprenait que le texte venait d’elle. Il vantait tout simplement la gentillesse exemplaire de Clari, son rôle dans l’armée, dans le groupe, tout ce qu’elle avait fait pour eux. Il n’y avait aucune trace de la famille de la jeune femme aux couettes blondes. De toute façon, il n’aurait pas toléré leur présence en ce lieu, vraiment …

« Pfiou, c’est donc terminé. »

« C’est le cas, Tery. Mais où est-ce que tu vas ? Est-ce que je peux savoir ? »

« Il vaut mieux que je sois seul pour quelques minutes, Elen. Après, ça ira mieux. »

Ca ira mieux ? Comment est-ce qu’elle pouvait lui faire confiance ? Mais pourtant, elle le devait. Elle le regarda s’éloigner, se triturant les doigts. Cela la démangeait de faire un déplacement pour aller le rejoindre, malgré sa demande mais … non.

« Où est-ce que Tery est parti, Elen ? Je ne le vois nulle part. »

« Il voulait être seul, je l’ai donc laissé seul, voilà tout, Royan. Comment est-ce que tu supportes tout ça, ce n’est pas top dur ? »

« Ca peut … aller. Mademoiselle Elise a les mots qu’il faut pour réconforter. J’imagine que je ne suis pas la première personne à qui elle trouve les mots justes pour leur faire oublier un mauvais souvenir, n’est-ce pas ? » dit l’adolescent aux cheveux bleus en se tournant vers elle.

« Certains … hommes et parfois quelques femmes buvaient plus que de raison. Alors, l’alcool pouvait rendre mélancolique. Il me fallait bien calmer leurs pleurs pour ne pas déranger les autres et … oui, prince Royan ? »

« Dois-je considérer que je ne vaux pas mieux qu’un homme porté sur la boisson à vos yeux, mademoiselle Elise ? » demanda le prince. Cela aurait put être dit avec humour mais le moment n’était pas choisi pour cela. Le prince était plus que sérieux, la demoiselle aux cheveux auburn s’inclinant plusieurs fois tout en disant :

« N … Non ! Bien sûr que non, prince Royan. Ce n’est pas du tout le cas ! Vous n’êtes pas pareil ! Je signalais simplement que je peux comprendre ce que d’autres personnes ressentent et comment je peux les aider. Si je vous aie parue insultante, veuillez m’en excuser. »

« Ne vous en faites pas, je sais que vous ne pensiez pas à mal, mademoiselle. »

« Car ce n’est pas le but recherché, je vous l’avoues … Pardonnez-moi, prince Royan. Je ne connaissais pas aussi bien que vous mademoiselle Clari mais je sais toute l’importance qu’elle avait à vos yeux et je ne veux pas que vous soyez encore plus triste à cause de tout cela. »

« Elle … n’était pas si … importante que ça. » murmura Royan bien dans sa voix, on sentait comme une longue complainte, signe qu’il mentait effrontément pour se donner un certain genre. Il déglutit tout en baissant faiblement les yeux.

« C’est si désespérant de voir à quel point Clari a modifié complètement notre vie. »

Désespérant dans quel sens ? Quel était le terme à utiliser exactement ? La jeune femme aux cheveux blond était juste là, visage tourné vers le chemin que Tery avait emprunté. Tiens, elle ne remarquait pas une autre personne.

« Où est-ce que Manelena est passée ? Elle n’a quand même … »

Non. Elle ne devait pas commencer à s’imaginer des choses. Manelena comme Tery étaient les deux personnes profondément affectées par Clari. Même si la future reine de Shunter ne voulait pas le reconnaître, ce n’était pas bon de se voiler la face. Elle pouvait bien les laisser seuls pendant quelques minutes, elle n’était pas horrible au point d’imaginer de telles éventualités … alors qu’ils n’étaient pas tous les deux là.

« … C’est donc terminé. Il n’y aura plus de Clari, c’est définitif. »

C’est fini. Il avait son visage tourné vers un mur, poing fermé contre celui-ci. Il avait baissé le visage, n’osant pas le relever tandis qu’il fermait les yeux. Il avait décidé de partir avant les autres, ignorant complètement Elen et compagnie.

« Au moins, elle aura eut un enterrement décent. Beaucoup n’auront pas cette chance dans une guerre, Tery. Elle a eut le meilleur possible pour elle … »

« Ca ne changera pas ce qui a été fait … ça ne changera rien du tout et tu le sais parfaitement. Qui dit que maintenant que tu es la reine … que tout soit terminé ? »

« Les rebelles continueront encore un peu de se faire entendre mais je suis déjà en discussion avec eux. Tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. Tu peux te retourner, Tery ? J’aimerai te voir. »

Pourquoi est-ce que Manelena voudrait voir ? Il était tout simplement horrible. Les yeux rougis, il semblait avoir pleurer pendant des heures comme s’il avait subit une vilaine allergie. Il reniflait en la regardant, Manelena soupirant :

« Tu as un air vraiment pathétique, Tery. Les morts des proches sont choses communes … »

Mais aussi pathétique et faible qu’il soit, elle comprenait sa réaction. Elle s’avança vers lui, hésitante légèrement sur la marche à suivre avant de tendre ses bras. Juste un bref regard à gauche puis à droite pour être sûre et voilà qu’elle venait placer le jeune homme contre elle. Sa grande taille lui permettait d’avoir complètement Tery contre son coeur. Le mur du château était si proche du dos de Tery, ce qui lui l’empêchait de reculer s’il le désirait.

« Mais des fois … c’est ce qu’il faut être. Cela prouve que tu es plus humain que bon nombre d’êtres sanguinaires et je ne parle pas uniquement des démons. »

« Manelena, sans Clari, comment est-ce que je vais faire pour retrouver mon calme ? Comment je vais faire si je perds encore le contrôle ? Elen est incapable de ça. Elle-même peut parfois perdre complètement la tête. Si cela doit m’arriver, comment je dois faire ? »

« Pour ce point, je … » commença à dire Manelena avant de s’arrêter. Les mains dans le dos de Tery se firent un peu plus fortes, signe qu’elle cherchait ses mots. Le jeune homme écarquilla les yeux rougis par les larmes. Il entendait le coeur de Manelena battre à tout allure. « Je serais là pour te stopper. Quitte à ce que les lignes d’Alzar me dévorent, Tery. Mais je ne te laisserais pas succomber à tes pouvoirs démoniaques. »

« Est-ce vrai, Manelena ? » demanda le jeune homme, relevant un peu son visage. Dans cette position, il donnait l’impression de n’être qu’un petit animal craintif. Manelena prit une profonde respiration, ses lèvres se rapprochant de celles de Tery :

« La parole d’une reine, n’est-ce pas suffisant pour toi ? »

« La parole d’une amie est encore plus importante à mes yeux. »

« Alors je te le promets en tant qu’amie … en tant que proche … et en tant que femme. »

Elle n’était plus qu’à quelques centimètres des lèvres du jeune homme, celui-ci ayant le regard brillant. Comme elle, il comprenait la situation, il comprenait ce qui était en train de se dérouler à cet instant et … pourtant … pourtant, il ne faisait rien pour repousser cela.

« Reine Manelena ? Reine Manelena, où êtes vous ? Reine ! »

« … … …. »

Aucun mot, aucune réponse de la part de Manelena. Celle-ci arrêta le mouvement qu’elle avait amorcé vers Tery, leurs lèvres s’étant frôlées au point de sentir le souffle chaud de chacun. La jeune femme aux cheveux argentés posa son regard rubis sur celui émeraude de Tery avant de murmurer :

« Les obligations royales. »

« Manelena, je … » commença à dire Tery avant qu’elle ne cherche à l’arrêter d’un geste du doigt. Il reprit pourtant : « Je ne suis pas sûr de tenir ma promesse dorénavant. Je ne suis pas sûr de rester normal. Je tenais à te le dire … »

« Je me chargerais de te remettre sur le droit chemin si ce n’est que ça. »

Bien entendu, bien entendu. Il le savait parfaitement. Il ferma ses yeux verts, tournant son visage vers le plafond. Quelques secondes, cela avait duré quelques secondes … mais il s’était confessé. Manelena commença à s’éloigner, Tery lui disant à haute voix :

« N’oublie pas cette promesse, Manelena, compris ? Je compte sur toi ! »

« Tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet, Tery Vanian. Je pars devant, reviens plus tard. Certaines personnes pourraient se faire des idées … et à raison. »

Les derniers mots furent prononcés de telle façon qu’elle était la seule à les avoir entendus. Tery resta immobile, pensant à ce qui s’était produit. Etait-ce une erreur ? Il en était convaincu. Est-ce qu’il aurait … continué ? Il y avait de fortes chances.

« Je ne vaux rien. Je suis vraiment détestable. »

Profiter de sa faiblesse d’esprit pour se laisser aller de cette manière. Comment pouvait-il ne pas tomber encore plus bas ? Tout ce qu’il venait d’accomplir en cet instant … était la preuve qu’il n’était pas mature, comme l’aurait voulu Clari.

« Et pourtant, mon coeur … »

Son coeur battait à toute allure. L’avait-il désiré tant que ça ? Après tellement de mois voire années passés ensembles ?

Chapitre 40 : Devoir se débrouiller seuls

ShiroiRyu
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Chapitre 40 : Devoir se débrouiller seuls

« Relâcher votre frère ? Si ce n’est que ça … réceptionnez-le. »

Un simple mouvement de la main et voilà que l’omme fût projeté sur ses deux frères. Ces derniers vinrent l’esquiver, sans même chercher à l’arrêter. Pourtant, la principale ne semblait pas avoir agit par la crainte.

« Et maintenant, vous comptez raser l’école de Gliros ? Qu’importe ce que vous accomplirez, cette école renaîtra de ses cendres. Nos idéaux sont plus grands que vos actes. »

« Et pourtant, tu n’hésites pas à nous cacher tes élèves si « particuliers », n’est-ce pas ? Avec Waram dans les parages, il fallait se douter que l’on viendrait chercher à l’obtenir. »

« Mes élèves ne sont pas une denrée que vous pensez pouvoir acheter ou me voler. Waram est comme les autres élèves, un adolescent qui a besoin de trouver sa voie et je ne vous permettrai pas de le forcer à en prendre une qu’il ne désire pas. »

« Madame la principale, je n’ai pas besoin de vous pour ça ! »

Il voulait s’exprimer avec rage et colère mais il n’y arrivait pas. Les paroles de la femme-chevalier de la Gardevoir étaient toujours dans sa mémoire. Comment pouvait-il ignorer de tels mots ? Alors qu’elle faisait tout … pour les protéger.

« On va vous aider, madame la principale. Vous en faites pas. »

« Nullement, Sanphinoa. Votre priorité est de protéger Waram. Vous êtes quatre autour de lui, cinq en le comptant. Il s’avère que c’est amplement suffisant … mais ne vous en faites pas, ce ne sont pas trois hommes comme eux qui arriveront à bout de ma personne. »

« Un peu présomptueuse hein ? Tu n’as pas l’air de saisir déjà la différence de puissance … »

« Vous n’avez pas vos armures-pokémon. Vous deviez sûrement penser que cela serait bien trop facile, n’est-ce pas ? Cela causera votre perte. »

« Donnons-lui une leçon dont elle se souviendra. »

Pourtant, ce fut la femme aux cheveux verts qui attaqua la première, s’étant téléportée avec aisance jusqu’aux trois hommes, ses poings produisant de la foudre. Aussitôt, elle frappa deux d’entre eux, ses yeux devenant roses à travers le masque. Elle projeta le troisième en arrière, finissant de se téléporter une nouvelle fois.

« Deux attaques foudroyantes, n’est-ce pas ? Et je n’oublie pas que le troisième possède de quoi se protéger contre l’électricité. Je connais tout de vous … et je sais parfaitement vos points forts comme vos faiblesses. »

« Oh … Cette sensation, cela faisait si longtemps que je ne l’avais pas ressentie … de la part d’une personne autre que mes frères. »

« Il faut avouer qu’elle est vraiment dérangeante. Tu comptes rester au sol ? »

Les deux hommes s’étaient adressé au troisième qui avait été renvoyé en arrière. Celui-ci poussa un soupir avant de se redresser comme si de rien n’était. Les deux hommes avaient quelques brûlurs minimes tandis que le troisième avait des égratignures.

« Vraiment … Comment des armures-pokémon peuvent-elles être portées par des hommes comme vous. A vous conférer une telle endurance … »

« Et oui, la vie est parfois très injuste envers les êtres faibles. A nous maintenant de commencer à attaquer, n’est-ce pas ? »

Ils pouvaient toujours essayer. Les yeux roses du masque blanc les fixaient tous les trois. Aussitôt, elle amorça plusieurs mouvements, son armure blanche se soulevant un peu, comme une robe alors qu’elle semblait danser sur place.

« Qu’est-ce qu’elle fait ? Ce n’est pas le moment de s’amuser à faire ça ! » s’exclama Waram, visiblement plus inquiet qu’énervé par les actes de la principale. Pourtant, il fallait avouer que c’était assez … merveilleux à regarder.

« Ele ne danse pas, Waram. Elle esquive les lames d’air. Tu n’as pas remarqué qu’ils ne bougent pas eux non plus ? Ils sont concentrés … »

C’est vrai. Ils ne se déplaçaient pas. Ce qui voulait dire qu’ils étaient donc sans défense. Waram regarda Qalanos et Raon. Les trois adolescent hochèrent la tête d’un air entendu avant de commencer à produire des flammes et des dards. Aussitôt, les attaques quittèrent leurs corps, fonçant vers les trois hommes.

« NON ! IDIOTS ! NE FAITES PAS CA ! »

Mais il était déjà trop tard. Sans effet, les attaques n’infligèrent aucune blessure aux hommes tandis que ces derniers avaient cessé les leurs. Ils se tournèrent vers Waram et ses compagnons, l’un d’entre eux disant :

« Oh … C’est vrai que vous étiez là. De tels insectes, on pensait les ignorer … mais si vous voulez vous mêler à cette bataille, il faudra se préparer aux conséquences. »

La principale émit un léger grognement. Voilà que cela allait devenir très problématique. Elle savait que les enfants n’avaient que voulu l’aider … mais elle n’avait pas besoin de ça. Et surtout, maintenant, les hommes étaient déjà en train de réagir.

« Il est facile de venir à bout d’une femme qui est prête à tout pour ses élèves. Il suffit alors de se focaliser simplement sur ces derniers ! »

Voilà que les attaques furent lancées, comme elle s’en doutait, sur le groupe de cinq adolescents. Et vue la vitesse des lames d’air, ils n’hésitaient pas sur l’intention de tous les tuer. Ils allaient vraiment faire un carnage … ou non !

Les cinq corps furent déplacés avec vélocité, leur permettant alors d’esquiver les lames avec une certaine aisance. Et pourtant, ce sont les trois hommes qui commencèrent à rigoler. La cause était simple : la principale était en train d’haleter, comme après un effort important.

« Oh ? Téléporter cinq personnes est très épuisant, n’est-ce pas ? Je ne pense pas que tu vas pouvoir tenir très longtemps à cette allure. »

« Je tiendrais autant de temps qu’il le faudra. Ce n’est pas vous qui allait pouvoir m’en empêcher, c’est bien compris ? Je peux facilement lutter contre vous ! »

Ils avaient commis une erreur et ils le savaient. Les adolescents devaient épauler la principale … mais en même temps, ils devaient rester en retrait. Ils ne pouvaient pas se mêler de ce combat sinon ils risqueraient de mettre la principale en danger. Alors, qu’est-ce qu’ils devaient faire dans une telle situation ? C’était quoi la meilleure idée ?

« Fuyez donc … je vais les retenir. » murmura une voix féminine dans la tête des cinq enfants. C’était la principale ? Elle communiquait par télépathie ? Mais pourquoi faire ? C’était super dangereux, il ne fallait pas … et elle allait encore plus se fatiguer. « Je reviendrais ensuite … mais pour le moment, partez d’ici et vite. »

Mais il n’en avait pas envie ! Et il voyait que les autres étaient aussi surpris que lui. Et pas dans le bon sens … AH ! NON NON ET NON ! Il ne voulait pas ! Il ne voulait pas … et pourtant, il courait, comme les autres fois.

Il courait avec les autres adolescents. Il n’avait pas envie de l’abandonner … pas du tout ! Il en était hors de question mais … il continua de courir, encore plus vite que les autres, finissant par disparaître de leur champ de vision.

« WARAM ! WARAM ! Ne t’en va pas ! Ne va pas trop loin ! »

La voix de Sanphinoa qui lui criait cela … mais il ne l’entendait plus. Il avait fait demi-tour, prenant un autre chemin que celui emprunté par Sanphinoa et les autres chevaliers-pokémon. Il voyait les trois hommes qui entouraient la femme-chevalier de la Gardevoir. Ils n’auraient aucune hésitation à la tuer.

« Je veux l’aider, je veux l’aider, je veux l’aider. »

« Encore ces êtres si faibles ? Ne comprennent-ils donc pas la leçon ? Déjà la première fois … Ah … Qu’importe, débarrassons-nous en. »

Une voix féminine venait s’adresser à lui dans sa tête. Il regarda autour de lui sans pour autant comprendre ce que cela voulait dire. La seule chose qu’il savait, c’est qu’il se sentait capable de combattre ces hommes ! Aussi discret qu’une ombre, tout son corps se déplaça jusqu’à arriver au chevalier-pokémon de Fulguris,Waram hurlant :

« Ca, c’est pour Delphy et les autres ! CREVE ESPECE DE SALOPARD ! »

« Q… Quoi ? Depuis quand il est ici lui ? » s’étonna l’homme avant que le poing de l’adolescent ne le frappe au niveau du visage. Tout le corps du chevalier de Fulguris s’enfonça dans un cratère aux pieds des cinq personnes.

« D’où lui vient cette puissance ? Il ne se serait quand même pas éveillé ? Ça devient problématique ! Il faut prendre nos armures-pokémon au cas où ! »

« Waram ? C’est bien toi ? Mais tu devais … »

Non, ce n’était pas lui. La femme aux cheveux verts l’avait tout de suite compris en voyant l’aura autour de Waram. Ce n’était pas qu’une aura ténébreuse, il y avait quelque chose de beaucoup plus sombre en lui. Quelque chose … de mort.

« Vous allez payer pour tous les autres. »

Pour tous les autres ? Payer quoi ? Oui, elle ne rêvait pas. Elle entendait des râles d’agonie autour de Waram, comme des complaintes d’êtres décédés il y a de cela plusieurs années, décennies voire siècles. Les trois hommes parurent aussi surpris qu’Adilweiss.

« Depuis quand c’est un chevalier liés aux morts ? On nous a bien dit que … »

« Je n’en sais rien ! Comment je pourrais le deviner ! On devrait plutôt se préoccuper de la puissance qui émane de lui ! Elle n’arrête pas de grandir de seconde en seconde ! »

Et visiblement, le corps de l’adolescent n’était pas encore prête à la supporter. L’armure du Diamat se fissurait en de nombreux endroits et il en était de même pour Waram en lui-même. Comme s’il était lacéré de l’intérieur, des entailles firent leurs apparitions sur ses bras et son visage, du sang s’écoulant des nouvelles plaies.

« Waram ! Il faut que tu arrêtes d’écouter ces voix maintenant ! Arrête ça ou tu risques d’en mourir ! WARAM ! Tu entends ma voix ?! »

« Ma … Madame la principale, je n’arrive … pas à parler à Waram. »

« Sarine ! Est-ce que tu peux quitter son corps maintenant ? Ne t’en fait pas, je promets de le protéger mais il faut que tu l’arrêtes maintenant ! »

« Je ne peux pas ! Je ne sais pas … je me sens si faible … et si épuisée. J’ai sommeil, vraiment sommeil, madame la principale. Pourquoi ? »

Sommeil ? Sommeil ? Il ne fallait pas qu’elle dorme ! C’était proscrit ! C’était trop dangereux ! Les trois chefs de l’Antre de la Terre allaient bientôt passer sérieusement à l’attaque et elle n’allait pas pouvoir protéger Waram.

« WARAM ! Ne me dit pas que tu es retournée dans … AH ! C’est quoi ça ?! »

La voix de Sanphinoa s’était faite entendre au même moment où elle était revenue dans la zone de combat, rejointe par les autres chevaliers-pokémon. Chacun pouvait constater que l’air ambiant s’était grandement rafraîchit mais surtout que des êtres de fumée tournoyaient autour de Waram, celui-ci ayant la tête baissée.

« C’est … C’est quoi ça ? Ce ne sont pas… des … fantômes quand même ? »

« Pourquoi tu as la voix qui tremble, Qalanos ? Ne me dit pas que tu crois aux fantômes. »

« Bien sûr que si ! Il faudrait être fou pour ne pas y croire ! Ils existent vraiment ! »

« C’est étonnant de ta part. » compléta Xalex en haussant les épaules même s’il fallait reconnaître … que tout cela avait bien l’air d’ectoplasmes qui flottaient autour de Waram. Puis sans prévenir, le corps de Waram fut renvoyé en arrière, juste à leurs pieds, inconscient. Les spectres disparurent alors que la principale hurlait :

« ASSEZ ! Ne le laissez JAMAIS utiliser de tels pouvoirs ? COMPRIS ?! Je n’ai presque plus de force mais j’en ait bien assez pour ce que je vais faire ! Préparez-vous au voyage, vous serez à l’abri … mais il vous faudra vous débrouiller seuls dorénavant. Vous serez six … vous êtes des adolescents responsables. Veillez chacun sur les autres. »

« La comédie a assez duré ! Je commence à en avoir ma claque d’être pris pour un imbécile ! Vous faites ce que vous voulez mais je vais exterminer cette femme-chevalier ! Que l’armure-pokémon de platine de Fulguris vienne à moi ! »

Armure … de platine ? Raon perdit son sourire bien que cela était déjà le cas depuis pas mal de minutes. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Depuis quand … y avait-il des armures supérieures à celles d’or ? Il voulut ouvrir la bouche mais d’autres cris se firent entendre :

« Que l’armure de platine de Boréas protège mon corps ! »

« Que l’armure de platine de Demeteros couvre mon être ! »

Mais avant même que les armures ne paraissent sur les corps des trois hommes, un flash vint aveugler les adolescents , les empêchant de voir devant eux. Lorsque ce fût le cas, ils n’étaient plus au même endroit.
« Oh … Les gamins ? Vous êtes déjà sur le bateau ? Je vois … Je vois … La situation est si grave que ça. Elle m’avait pourtant prévenu. »

Pas le temps de comprendre la situation. Les adolescents sentirent qu’ils étaient en train d’être déplacés par le bateau, un grognement sonore se faisant entendre. L’homme dirigeant le bateau reprit la parole calmement :

« Y avait cet ours, elle a voulu absolument que je le ramènes aussi. Je sais pas exactement la situation … mais ça a l’air assez grave. Je crois que ça sera un aller sans retour. »

Cet ours ? Timber ? Les adolescents commencèrent à se rapprocher de l’imposante bête, celle-ci étant en train de regarder le rivage s’éloigner de plus en plus. Seul Waram restait inconscient sur le plancher, Sanphinoa à ses côtés. Elle bredouilla :

« Dites … tout le monde, qu’est-ce qui … va se passer maintenant ? »

« Je n’en sais trop rien, je dois avouer … C’est une situation à laquelle je n’aurais jamais pensé il y a encore quelques heures. Tout cela a dégénéré à cause de lui. »

« HEY ! Ne t’en prends pas à Waram ! Il ne voulait pas cette situation ! » s’écria Sanphinoa alors que Qalanos désignait l’adolescent évanoui sur les genoux de la femme-chevalier du Barpau. Bien entendu qu’il ne désirait pas une telle chose … mais les faits étaient là. Tout cela s’était produit car ils voulaient mettre la main sur Waram.

« Ils ne sont plus sur l’île. Je ne ressens plus leurs présences. Tu vas le payer, femme. »

« Tsss … Vous possédez des armures qui vous donnent une force proche des dieux … et vous en abusez pour asservir les humains. Vous êtes pathétiques. »

Ah … Elle tenait à peine debout … elle avait tout donné dans cette dernière téléportation. Elle n’aurait plus la force de continuer. L’école allait devoir fermer.

« Tsss il faut que nous l’éliminions avant qu’ils n’arrivent. Les autres foncent vers nous et d’ici quelques minutes, il sera trop tard. »

Les trois hommes étaient en triangle autour de la femme-chevalier. Déjà, chacun levait la main droite en l’air, une lame de vente se formant au bout. A l’instant même où elles s’abattirent sur le corps d’Adilweiss, elles ricochèrent contre une lame d’acier.

« Ce n’est pas le moment de te laisser mourir. Des centaines d’enfants comptent sur toi. »

« Tu … Tu es … Je … Est-ce … Est-ce que c’est un rêve ? Ou alors, c’est vraiment … »

Elle n’eut pas la possibilité de terminer sa phrase. Plongeant dans l’inconscience, elle vint s’évanouir dans les bras de la personne qui venait de la sauver. Cette même personne qui gardait le bras tendu, une lame en sortant.

« Je ne pourrais pas vous combattre tous … mais si vous ne partez pas d’ici quelques secondes, vous pouvez considérer que vous êtes des hommes morts. »

« Même le sommet des étoiles a décidé de se présenter. De toute façon, notre cible n’est plus ici … et l’école de Gliros n’est plus un refuge pour lui. »

« Disparaissez … maintenant. » déclara une nouvelle fois la personne qui tenait la principale dans ses bras, les trois hommes s’envolant dans les airs avant de disparaître au loin.


Sur un bateau, en pleine nuit, un adolescent aux cheveux noirs ouvrait faiblement les yeux. Regardant autour de lui, il cherchait à savoir où il se trouvait exactement. La réponse ne tarda pas en entendant le bruit des vagues. Il était sur un bateau … et Sanphinoa dormait sur lui, comme pour le protéger du froid.

« … … … L’école de Gliros … la principale. »

« Ah, tu es donc réveillé, n’est-ce pas ? Il était temps, oui. Enfin bon, il vaut mieux pour toi que tu te poses les questions demain… je ne pourrais pas vous accompagner. » lui dit le marin tandis que l’adolescent aux cheveux noirs tentait de retrouver une respiration normale.

« Comment … l’école … les autres élèves ? Les professeurs ? Comment ils vont tous ? »

« Je n’en sais trop rien … mais ça ne doit pas être joyeux, pas du tout. Il vaut mieux que tu ne te préoccupes pas de ça. La principale t’a donné des consignes non ? Respectes-les un maximum. Dorénavant, il y a de fortes chances que vous soyez livrés à vous-même. Ne vous abandonnez jamais et serrez-vous les coudes entre vous. »

Se serrer les coudes ? Il avait plus envie de pleurer … Tout avait été encore ravagé … par sa faute. TOUT ! TOUT ! Et … il ne pouvait rien faire pour empêcher ça. Il n’avait pas la force qu’il fallait … Il serra plus fortement Sanphinoa contre lui. Dorénavant, ils allaient devoir se débrouiller seuls.

Chapitre 39 : La voir à l’oeuvre

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Chapitre 39 : La voir à l’oeuvre

« Venez donc. Je vous attends. » déclara l’homme de l’Ordre de la Terre en faisant un mouvement de main. Aussitôt, de façon acrobatique, Raon commença à faire plusieurs sauts sur la gauche et la droite, bondissant comme un singe en direction de son adversaire.

« On va voir si tu vas faire le malin dans quelques minutes ! »

« Raon, pas de folie, on te suit. Waram, tu peux aussi attaquer au corps à corps. On va vous épauler à distance, moi et les filles. »

Depuis quand est-ce que Qalanos se prenait pour le chef de la bande ? Mais bon, vue la déculottée qu’il s’est pris quelques minutes auparavant, il valait mieux pour lui qu’il obéisse. Se battre en coopération avec les autres ? Il en avait strictement aucune idée comment faire … Ce n’était pas du tout son genre à la base ! Comment il était censé accomplir ça ?

« Essaie simplement d’avoir confiance dans la force des autres, Waram. »

Confiance aux autres ? Dans leur force ? C’est vrai que si Xalex et Raon avaient eut une nouvelle armure, c’était bien parce qu’ils avaient des capacités, n’est-ce pas ? Et en voyant le poing enflammé qui vint frapper l’homme, il comprenait que ce n’était pas à prendre à la légère. Néanmoins, il avait toujours ce petit doute en lui … et ça le dérangeait.
Mais lorsqu’il frappa lui-même de son poing ténébreux, il se sentait plus en confiance. Pfiou … à eux deux, ils allaient en être capables, n’est-ce pas ? Mais non, l’homme n’avait pas bougé d’un poil, Xalex commençant à envoyer de nombreux dards empoisonnés, comme Qalanos. Ils travaillaient plutôt bien ensemble, ces deux-là, non ?

Mais voilà, Waram comme Raon sautèrent sur les côtés, évitant les dards qui avaient été envoyé dans les cieux par un simple mouvement de vent de la part de leur adversaire. Des dards qui retombaient tout autour de l’homme, celui-ci se prenant de plein fouet ce qui semblait être une projection aqueuse.

« C’est tout ce que vous avez à me montrer ? C’est donc là l’étendue de votre force ? »


Rien à faire, l’homme ne s’était vraiment pas déplacé. Il n’avait même pas cherché à esquiver les coups ! Il avait tout pris de pleine face, comme si de rien n’était. C’était quoi ça ? Surtout qu’il n’avait pas d’armure sur le corps ! Ce n’était pas normal !

« Hum … tout cela à cause du vent, n’est-ce pas ? Sans lui, tu ne serais qu’un homme comme les autres. » déclara Qalanos comme s’il venait de donner une idée pour la suite du combat. Il suffisait simplement alors … de réussi à passer outre ce vent et c’était gagné ? Ca serait vraiment aussi simple que ça ? Il en doutait fortement … vraiment …

Mais si c’était le cas, ils devaient alors tout faire pour empêcher que ce vent ne stoppe leurs attaques ! Comment est-ce que ça serait possible ? Il n’était pas fait pour ça ! Mais voilà qu’un souffle vint le toucher dans le dos, le faisant accélérer pendant qu’il recommençait à donner des coups en direction de ce chef de l’Antre de la Terre.

« Puisqu’il en est ainsi … et si moi-même, je devenais sérieux ? »

« Oh ? Tu prétends que ce n’était qu’un exemple ? »

Est-ce que Qalanos bluffait ? Tout ce qu’il savait, c’est que l’homme semblait avoir retrouvé un soupçon d’intérêt aux paroles du chevalier du Yanma. Et surtout, lui-même sentait que son corps était plus rapide. Etait-ce vraiment à cause de Qalanos ?

« Profitez-en tant que ça dure. Il ne pourra pas tout esquiver. »

C’est exact ! Mais bon sang, qu’est-ce que ça lui faisait chier d’écouter Qalanos. Non pas … en fin si ! Ça le faisait chier ! Car bon, c’était Qalanos et il n’avait pas vraiment envie de juste l’écouter … mais bon …

« Si ça nous permet de nous venger de ce qu’ils ont fait à cette femme-chevalier mais aussi aux personnes du monastère, je veux bien t’écouter ! »

Voilà, il était prêt à suivre les paroles de Qalanos ! Tout ça pour obtenir la victoire sur leur adversaire. Pourtant, celui-ci soupirait, visiblement déçu :

« C’est donc cela ? Faire profiter tes coéquipiers de ta vitesse ? S’ils n’ont pas assez de force, ça ne changera rien. Si ce n’est que ça … »

« C’est amplement suffisant. Xalex ? Je te fais confiance. »

Confiance ? Qu’est-ce que Qalanos avait demandé à Xalex ? C’est en sentant les tremblements de terre que Waram compris ce qu’il voulait dire par là. Le sol était tout simplement en train de se fendre ! Depuis quand est-ce que Xalex savait faire une telle chose ?! Elle était complètement balèze !

« … … … Vous devriez tout simplement abandonner. Je crois que vous me faites plus perdre du temps qu’autre chose. Ou alors, vous cherchez à en gagner. »

Q… Quoi ? L’homme n’avait vraiment pas bougé ! Mais c’était facile à comprendre ! Il était en train de léviter un peu au-dessus du sol, du genre une quinzaine de centimètres. Jusqu’où est-ce cette force s’arrêtait ?!

« Je suis capable de contrôler les vents, pensiez-vous vraiment qu’une attaque terrestre pouvait me toucher ? J’en ait assez. Lequel d’entre vous va perdre la tête ? »

Voilà que l’homme s’était mis à observer les quatre chevaliers-pokémon accompagnant Waram. Celui-ci était déjà prêt à défendre ses compagnons. Il devait faire attention ! Ca allait devenir dangereux, très dangereux d’ici quelques instants.

« Reculez tous. Il ne plaisante pas. Ils n’ont pas hésité à tuer leurs propres coéquipiers. »

« Et tu penses que c’est suffisant pour nous arrêter, Waram ? En tant que chevalier-pokémon, c’est ainsi que nous vivons, et cela depuis que nous sommes ici. » déclara Xalex avec nonchalance. Ce n’était pas une raison pour mourir !

« Quelle belle mentalité … bien que trop candide. »

Voilà que l’autre gars s’en mêlait ! Qu’il la boucle, ça ne le concernait pas ! Ils étaient libres de penser ce qu’ils désiraient ! Sauf qu’à l’heure actuelle, cet homme était tout simplement invincible. Ils n’avaient pas réussi à le blesser.

« Je vais donc m’occuper de cette jeune demoiselle qui a pris la parole. »

Un claquement de doigts et Waram se retrouvait devant Xalex, croisant les bras à hauteur de son bras. Son armure-pokémon se fissura, une taillade se dessinant sur les deux bras, blessant gravement ces derniers alors que Waram criait :

« MERDE ! MERDE ! MERDE ! Ca fait sacrément mal ! »

« Hum ? Félicitons cette armure-pokémon. Normalement, tu n’aurais déjà plus de bras, Waram. Ce qui serait vraiment dommage dans une telle situation. »

« Waram, tu n’avais pas besoin de me protéger. Je ne suis pas femme à tomber dès les premiers coups. Je suis capable de me défendre. »

« Ce n’est pas ça … Ce n’est pas ça … Pas dans une telle situation, ah … ah … J’ai vraiment mal, très mal … hahaha … ca me fait vraiment mal. MERDE ! »

« Sanphinoa, tu ne peux pas faire quelque chose ? Calmer la douleur avec ton eau ? » demanda Raon, Waram se tournant vers la demoiselle aux cheveux bleus. Calmer la douleur avec son eau ? Comment est-ce qu’elle serait capable de faire ça ?

Pourtant, lorsqu’elle s’approcha de lui, l’eau qu’elle cracha à travers son masque était étrange. Comme si ça ressemblait un peu à de la boue ou autre … mais elle n’était pas forcément liquide. L’eau s’insinua sur les plaies, les soignant presque parfaitement bien que les fissures de l’armure restaient présentes.

« Je ne peux rien faire contre ça,Waram. Il faudrait demander à Sarine comment elle va. »

« Hein ? Que quoi ? Euh … Comment est-ce possible ? Je veux dire … Tu sais faire ça depuis quand, Sanphinoa ? C’est la première fois que je vois ça. »

« Je ne sais pas moi-même, je dois t’avouer. Mais quand tu es parti quelques semaines, je me suis entraînée et … voilà. A la place d’avoir une attaque démentielle, j’ai maintenant … »

« Mais c’est vraiment super ! Enfin, désolé, je ne peux pas m’extasier à ce sujet en vue de la situaiton mais dès qu’on a réglé tout ça, on en parlera. »

« D’a… D’accord mais donc, je vais reculer et je vous soignerais si c’est possible ! »

« Ah … Il semblerait que cette gamine du Barpau commence à entrevoir ses véritables capacités. Vous pourriez vraiment devenir problématiques dans le futur si je ne vous tues pas dès maintenant. Mais bon … je n’ai pas à me poser la question. »

Finalement, il était temps de se révéler. L’homme devait avoir une quarantaine d’années, ses moustaches blanches partant en zigzag. Ses cheveux quant à eux, étaient amples, très amples.

« Au lieu de ne tuer qu’une personne par une, je vais me charger de vous tuer tous les quatre en même temps. A chaque fois que l’un d’entre vous meure, je rendrais l’un des membres de Waram complètement non-opérationnels. »

Le problème avec une grande bouche comme ça, c’est quand elle avait les capacités pour mettre en œuvre de tels actes. Le souci, quand elle arrivait vers eux, c’est qu’ils se sentaient incapables de faire ne serait-ce qu’un simple mouvement.

« Je ne peux pas vraiment te laisser croire que tu pourras les tuer ! »

Qalanos avait pourtant trouvé la force et la volonté de bouger, montrant par là une volonté à toutes épreuves. Et il n’était pas le seul : Waram aussi ! Sûrement plus par l’acte de guérison de Sanphinoa qu’autre chose, mais il était là.

« Vous n’avez donc pas peur ? Soit … Du balai, Waram. Ton tour tiendra. »

L’homme fit une petite pichenette dans le vide en direction de l’adolescent aux cheveux noirs, le balayant sur place pour l’envoyer percuter plusieurs arbres en les détruisant. L’homme se tourna vers le chevalier du Yanma avant de sourire :

« Montres-moi donc cette vitesse donc tu es si fier ? Voyons alors ce que tu vaux réellement, non ? Qu’est-ce que tu en dis ? En serais-tu vraiment capable ? »

« A vouloir trop fanfaronner, on finit très rapidement par en baver. »

Qalanos avait disparu du champ de vision de l’homme, commençant à se déplacer à une allure très rapide, beaucoup trop pour Waram et les autres. Ils ne savaient pas où il était et c’était sûrement une très bonne.

« Je vois … Ta vitesse augmente à chaque instant, n’est-ce pas ? Tu ne fais plus qu’un avec le vent, non ? Pourtant, tu n’as pas l’air de saisir ta position. »

L’homme tendit sa main droite, agrippant quelque chose avant de le plaquer au sol. C’était la tête de Qalanos, le reste du corps l’accompagnant bien heureusement. Un cratère se forma autour du corps du chevalier du Yanma.

« Je suis le vent … les airs sont mon domaine malgré le titre et l’organisation à laquelle j’appartiens. Ce n’est pas un ridicule petit insecte qui pourra envisager de me prendre cette place, est-ce bien compris ? »

« Mais mais mais … On fait comment pour arrêter ça ? » demanda Waram, éberlué par un tel abus de force. Comment un homme comme lui pouvait la posséder ?

« Maintenant, je vais retirer cette tête du reste du corps à qui elle appartient. »

« Tu n’en feras rien. » déclara une voix féminine, le corps de l’homme aux cheveux blancs se retrouvant entouré d’une aura rose avant d’être renvoyé dans les airs.

« La voilà donc, il ne manquait plus qu’elle. »

Une femme en armure verte et blanche. Elle s’était positionnée entre eux et leur adversaire. Une femme qu’il avait déjà vue … puisqu’il s’agissait tout simplement de la principale. La principale était devant leurs yeux, dans son armure-pokémon

« Je ne demanderais pas si vous regrettez ces gestes … »

« Tu es capable de lire dans les pensées, non ? Tu devrais alors pourtant savoir que ce n’est pas le cas. Néanmoins, que tu te déplaces en personne, cela montre à quel point Waram est important pour l’école, n’est-ce pas ? »

« Tous les élèves sont aussi importantes les uns que les autres à mes yeux. Je ne fais aucun favoritisme dans une telle situation. »

« De bien belles paroles, vraiment. Je me demande si je dois taper dans mes mains pour féliciter cela, non ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

Qu’il n’avait pas besoin de toute cette comédie. Elle était maintenant présente. Elle jeta un bref regard à Waram et aux autres élèvs avant de murmurer :

« Allez vous mettre à l’abri. Je vais me charger de le retenir. »

« HORS DE QUESTION ! La dernière fois que l’on m’a dit ça, la personne est jamais revenue ! Je ne veux pas vous voir mourir, principale ! Je refuse ça ! Je le refuse complètement ! Delphy et les autres sont sûrement morts par ma faute, je ne veux pas d’autres morts sur le dos ! JE NE VEUX PAS ! »

… … … Qu’est-ce qui lui prenait de dire cela à cette femme ? Ce n’est pas comme s’il l’appréciait mais … elle allait se mettre en danger et risquer sa vie pour lui … comme Delphy et les autres. Le monastère, c’était encore très frais dans sa tête. Mais visiblement, elle ne le prenait pas au sérieux, poussant un petit rire avant de dire d’une voix enjouée :

« Je vois, je vois … Oui, je vois parfaitement. Pourquoi est-ce que tu n’es pas toujours aussi sincère, Waram ? Cela serait beaucoup plus simple. »

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler ! On va vous aider ! »

« Tu es déjà en train de m’aider mais tu ne le remarques même pas. Veuillez rester ici alors, je vais vous montrer pourquoi j’aime tous les élèves de cette école. »

Elle avait dit cela avec une tendresse certaine, pointant une main vers le chef de l’Antre de la Terre. Une aura rose se forma autour d’elle alors que la femme aux cheveux verts reprenait :

« Je suis Adilweiss, femme-chevalier d’or de la Gardevoir. »

« Oh .. Il est si rare de voir la principale de l’école de Gliros prononcer son nom. Cela veut-il dire que tu va être sérieuse en me combattant ? Tu sais ce qu’il en coûte de s’opposer à l’Antre de la Terre, n’est-ce pas ? » déclara le chevalier de Boréas.

« Dois-je être effrayée ou crainte ? Je porte l’espoir de ces enfants. »

Et avec de tels espoirs, il était hors de question de tomber. Le corps de l’homme s’affaissa sur le sol, comme si la pression atmosphérique était devenue bien plus importante en quelques secondes. Il poussa un gémissement avant de rire :

« Ah … Visiblement, on est très sérieuse, n’est-ce pas ? On veut … vraiment m’éliminer. »

« Vous ne vous faites pas vraiment désirer de votre côté, n’est-ce pas ? Vous ne vous privez pas de vous en prendre à des enfants qui ne sont même pas adolescents pour certains. Je ne vois pas pourquoi je retiendrais ma puissance pour des êtres comme vous. »

Une armure-pokémon d’or. L’adolescent aux cheveux noirs la regardait avec émerveillement. Il y avait donc encore un autre statut au-dessus d’argent ? C’était normal, après réflexion … mais sur le coup, il était juste émerveillé.

« La principale qui se bat … ah … Aie … ouch. Sanphinoa ? »

« Oui, je m’occupe de toi, Qalanos. Attention, ça va ? Pas trop de bobo ? Ou de casse ? » demanda l’adolescente chevalier du Barpau, recrachant doucement de l’eau sur le visage de Qalanos pour soigner une partie de ses plaies.

« Non, ça pourrait être pire mais ça va … mieux que prévu. Ah … Merci. Je me demande de quelle caste il est. Si ce n’était qu’un chevalier-pokémon d’argent, je le saurais. Mais là, ce n’est pas le cas, il est bien plus fort. Il doit être aussi un chevalier d’or. »

« Mais sans son armure-pokémon, il ne fera pas long feu à notre principale, hahaha ! » s’exclama Raon, heureux de voir ce combat se dérouler devant ses yeux.

Si ce n’était que ça … mais il était vrai qu’elle était en train de maîtriser complètment son adversaire. Elle avait une telle force … si différente d’eux. Comment pouvaient-il espérer atteindre un tel niveau dans le futur ?

« Vous y arriverez, Waram. Avec de l’entraînement, de la motivation et du coeur. Ces êtres ne pensent qu’à la force et à la puissance, c’est ce qui causera leurs pertes. »

« Ne deviens donc pas trop présomptueuse, Adilweiss. Tu n’as pas l’air de saisir … que si je suis là, c’est bien parce que mes frères me surveillent. »

Ses frères ? Ils étaient là eux aussi ? Normalement, il n’y avait que ce type, avec sa force déjà colossale ! S’il y en avait deux autres, même la principale n’allait pas pouvoir les battre. Pourtant, elle se montrait rassurant, disant calmement :

« Oh ? Tiens donc … C’est tout ce que vous avez à m’offrir, n’est-ce pas ? »

« Tsss, tu ne vaux quand même pas la peine que je me mette mon armure-pokémon pour toi. » répondit l’homme, cherchant à se relever Il y arriva pendant quelques instants avant de se retrouver au sol, face contre terre. Il était possible de voir que ses membres cherchaient à se tordre sans pour autant y arriver. Il luttait de toute sa volonté pour empêcher celle de la femme-chevalier du Gardevoir d’imposer la sienne sur son corps. Waram amorça un mouvement vers la principale. S’il pouvait … achever cet homme …

« Et si tu décidais plutôt de relâcher notre frère, non ? »

Un éclair foudroya le ciel, venant s’abattre sur la principale mais le corps de celle-ci avait déjà disparu. Quelques instants plus tard, ce fût un puissant tremblement de terre qui se produisit mais la principale était en train de léviter au-dessus du sol, les cinq enfants à ses côtés, grâce à ses pouvoirs psychiques. Trois hommes … Ils étaient là tous les trois.

Chapitre 38 : Faire payer leurs crimes

ShiroiRyu
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Chapitre 38 : Faire payer leurs crimes

« WARAM ! METS-TOI A L’ABRI ! C’est un ordre ! »

Le cri pouvait paraître violent et puissant … mais il n’était que le seul à l’avoir entendu. Et cette voix féminine était celle de la principale. Malgré la puissance, il avait remarqué qu’elle était brouillée, comme si elle avait eut du mal à l’atteindre.

« Hors de question de vous abandonner ici. Je le refuses. Je n’accepterai pas ça ! »

Il pensait pour lui-même mais il savait parfaitement que la principale avait put entendre cela … il en était convaincu même. Ah … Il poussa un petit soupir de soulagement avant de placer une main sur son front. Bon ! Ce n’était pas tout ça mais il avait normalement beaucoup de boulot. Il se retourna sans prévenir, donnant deux coups de poings ténébreux en avant.
Les deux personnes qui tentaient de le poursuivre se retrouvèrent renvoyées en arrière, celles les accompagnant finissant elles aussi dans le décor. Waram se frotta les mains, comme pour preuve d’un travail bien fait avant de dire :

« Sarine, tu me préviens si je commence à fatiguer, d’accord ? Il est hors de question que je reste là sans rien faire … mais aussi que je me laisses capturer. »

« Pas de soucis, je te le dirais … mais fais attention à toi … et Sanphinoa aussi. »

« Normalement, j’ai couru trop vite pour qu’elle me rejoigne, je ne m’en fais pas de ce côté. »

« Oh, tu sais parfaitement qu’elle serait capable de te retrouver, n’est-ce pas ? »

« C’est pour ça que je vais me mettre à courir dès maintenant, Sarine. Ils ne mettront jamais la main sur moi. Et si les autres ont besoin … je serais là. »

Il était temps de faire un carnage dans les troupes ennemies. Il n’allait pas retenir ses coups. De plus … de plus … Ah … Qu’est-ce que c’était con. Il pensait à cette femme-chevalier dragon, comme lui. Ils n’avaient pas hésité à se débarrasser d’elle.

Et c’était pour ça qu’il ne pouvait pas les pardonner. Ils n’avaient aucun regret ou remord par rapport à leurs actions. TIENS ! Encore une fois, son poing vint s’abattre sur un soldat de l’Antre de la Terre, portant une armure brune, comme fait de pierre sur le corps. Il ne ressentait pas de pokémon dans cette armure et la tête s’était retrouvée encastrée dans un mur. La raison ? Il voyait une adolescente au sol, avec son masque sur le visage.

« Relèves-toi et vite. Essaie de retrouver d’autres personnes pour vous défendre. Je vais me charger d’eux. Si tu vois des membres des autres organisations, n’hésite pas à leur demander de l’aide. J’imagine que cette situation doit être aussi déplaisante pour eux que pour nous. »

« D’a… D’accord, Waram. Mais … euh, qu’est-ce qu’ils nous veulent ? »

« Moi. Voilà ce qu’ils veulent. Et ils n’hésiteront pas à utiliser les grands moyens pour arriver à leurs fins. Mais ne t’en fait pas, je ne me laisserais pas faire. Il en est hors de question. Je ne me laisserais pas faire … et je ne vous abandonnerais pas, compris ? »

« D’a… D’accord mais fais attention, d’accord ? »

« Oui, bien entendu, je vais faire très attention … mais pas tant qu’ils seront là. »

Inutile de discuter. Il avait soulevé l’adolescente, la remettant debout sans lui jeter plus un regard. Est-ce qu’il avait l’impression d’être un héros ? Pas le moins du monde, il n’était pas comme ça, il n’avait jamais envisagé ça et pour cause : il était le responsable de cette attaque. A partir de là, impossible de se considérer comme un sauveur. Il ne faisait que réparer les torts qui étaient les siens en ce moment même.

« Ah … Ah … Ah … Pfiou, c’est épuisant, comment ça se fait ? »

Il se posait la question tout en se frottant le dos du cou. Il en était à la quatorzième personne qu’il tirait d’un mauvais pas. Il ne savait pas s’il y avait des élèves-chevaliers qui étaient morts à cause de tout ça … ou alors des professeurs mais si c’était le cas … non, il ne devait pas y penser ! Il ne devait pas penser aux choses dramatiques ! NON !

« Waram ? Où est-ce que tu es ? WARAM ! »

La voix de Raon ? Hors de question de se montrer. C’était beaucoup trop dangereux pour eux … il ne pouvait pas se permettre de les mettre en danger. Il se le refusait. Même si ça lui faisait mal de dire ça … et aussi de le penser, il valait mieux ignorer.

« Il faut que je trouve le chef de la bande, ça ne devrait pas être trop difficile. »

Il suffisait de savoir où était l’endroit le plus ravagé dans l’école de Gliros. Peut-être qu’en quittant cette dernière, il aurait alors un meilleur aperçu des dégâts ? Dire qu’il devait penser de la sorte, c’était vraiment triste. Mais vu que la situation l’exigeait …

Ah … la sortie de l’école. ZUT ! Elle était surveillée … mais ça revenait à dire que Raon était enfermé comme lui ? Et Xalex ? Comment est-ce qu’elle allait ? Et surtout Sanphinoa ? Il y avait sûrement d’autres sorties, moins surveillées par les soldats de l’Antre de la Terre !

« Pfiou … Pfiou … Pourquoi j’ai voulu me débrouiller seul ? »

Pourquoi dans sa vanité mal-placée, il avait fallut qu’il veuille une telle chose ? Il le regrettait amèrement maintenant, il le regrettait tellement … mais il devait faire avec.

« Je n’ai que ce que je mérite … quelle idiotie. »

Mais bon, il était un idiot et ce n’était pas la première fois. Et il avait assez confiance en Raon pour se dire qu’il pouvait se débrouiller seul. Mais était-ce vraiment le cas ? Il ne voulait pas une mort … de quelqu’un de proche.
Il devait aller aider Raon et vite ! Il devait faire demi-tour. Il ne savait pas quoi faire dans une telle situation. Dire qu’il était perdu était qu’un euphémisme. Il était complètement paumé par rapport à toute cette histoire mais il allait devoir faire avec.

« Pfiou … Ce n’est pas bien grave, oui … ce n’est pas bien grave, oui. »

Il était confus … et perturbé. Mais il pouvait tenir le coup. Il prit une profonde respiration comme pour être sûr de bien saisir la situation. Tout cela sera beaucoup plus simple plus tard. Ses pensées étaient déréglées tandis qu’il cherchait de quoi se montrer raisonnable.

« Mettez la main sur le chevalier du Diamat ! Tout le reste peut être tué ! Ce sont les ordres du chef ! Hop hop hop ! »

« Il aurait quand même put envoyer quelques chevaliers-pokémon avec nous, non ? »

« Il veut se servir de cette école comme exemple Il n’a pas besoin de chevaliers-pokémon pour ça. Tu verras très vite de quoi je veux parler. »

Voilà qu’il avait put entendre une conversation entre quelques soldats de l’armée de l’Antre de la Terre. Aucun chevalier-pokémon ? Sauf leur chef, c’est bien ça ? Peut-être qu’en réunissant tout le monde, ils arriveraient alors à l’abattre ? Oui, c’était une bonne idée … ou non. Cela revenait à mettre tout le monde en danger et il ne pouvait pas se le permettre.

« Hum … visiblement, puisque Waram ne veut pas sortir de sa cachette, je vais alors devoir sortir les grands moyens … »

Une voix masculine provenait du ciel. Un simple mouvement de la main et voilà qu’une tornade venait se produire, dévastant tout sur son passage. Que cela soit des membres de l’Antre de la Terre ou alors de jeunes chevaliers-pokémon, la bourrasque happait tout ce qui se trouvait sur son passage

« Et pour la peine, voyons voir s’il peut m’entendre »

Il s’était mis alors à chuchoter doucement, comme pour murmurer quelques mots à une personne si proche de lui. Mais rien ne se passa, simplement un puissant coup de vent. Voilà, c’était tout simplement parfait … dans une telle situation. Patience.

« Rien ne sert de se presser, il sortira de lui-même. Il sait ce qui est bon pour autrui. »

A l’intérieur de l’école, Waram ne pouvait que constater l’étendu des dégâts mais surtout, par la fenêtre, il pouvait apercevoir ce qui semblait être une tornade. Il y avait vraiment … des personnes capables de produire CA ?!

« C’est pas du tout le même niveau. C’est juste … abusé. »

Il avait bafouillé ces quelques mots, n’osant pas voir la vérité en face. Il devait sortir dès maintenant et empêcher cette tornade de continuer son œuvre. En criant qu’il était là, peut-être que l’homme arrêterait tout ça ? Non, c’était idiot. Ils avaient jamais montré ne serait-ce qu’une once d’humanité. Étaient-ils vraiment humains à la base ?

« HEY ! Enfoiré de l’Antre de la Terre ! Arrête cette tornade ! JE SUIS DEHORS ! »

Et voilà. Il avait commis cette bêtise. Il était sorti de sa cachette, prêt à livrer bataille face à un adversaire dont il ne connaissait rien ou presque. A part que c’était l’un des chefs de l’Antre de la Terre, c’était tout simplement peine perdue. Mais il était dehors.

« Voilà que l’oisillon sort de son nid. Vas t-il se brûler les ailes ? »

Une voix masculine qui provenait des cieux. Sans même chercher à le regarder, Waram serra les poings avant de reprendre en criant de toutes ses forces :

« ARRÊTEZ CETTE TORNADE ET VENEZ VOUS BATTRE ! »

« Un défi ? C’est donc avec ce genre de mentalités que tu as réussi à passer outre mes deux frères ? C’est vraiment surprenant. Sont-ils encore plus idiots que je ne le pensais ? »

Mais pourtant, la tornade disparu comme si de rien n’était ,Waram laissant alors descendre l’homme du ciel. Celui-ci était encapuchonné comme le précédent mais il savait qu’il ne tarderait pas à voir son véritable visage. Mais la colère peinte sur celui de Waram était belle et bien réelle avant qu’il n’hurle :

« Qu’est-ce que vous me voulez encore ?! Vous ne pouvez pas me laisser tranquille ? »

« Pourquoi devrions-nous laisser un potentiel candidat à l’Antre de la Terre sans nous ? »

« Je ne compte pas rejoindre votre organisation débile, c’est pourtant clair non ? Je ne suis pas comme vous et je ne le serais jamais ! »

« Après que nous t’ayons offert cette belle armure-pokémon du Diamat ? Tu n’es pas très respectueux de ceux qui font des efforts pour t’obtenir. »

« Je ne suis pas qu’un vulgaire objet. Vous allez très vite comprendre ça ! » hurla l’adolescent aux cheveux noirs, courant vers son adversaire avec la ferme intention d’en terminer une bonne fois pour toutes. Pourtant, Sarine lui dit :

« Non Waram. Ne fait pas l’idiot. Tu ne peux pas réussir à le battre ! »

« Je peux néanmoins gagner du temps … et c’est tout simplement ce qu’il me faut. Du temps ! Ne t’en fait pas, tout ira bien se passer. »

« Je ne suis pas plus convaincue que ça, Waram, pas du tout. »

« Je suis désolé si cela ne te rassure pas mais bon … ce n’est pas bien grave. »

Il y allait dès maintenant ! Il poussa un cri pour se donner du courage mais alors qu’il allait atteindre son adversaire, une bourrasque le projeta sur le côté, le faisant rouler sur deux bons mètres. Il cligna des yeux, cherchant à comprendre ce qui venait de se produire :

« Mais c’était quoi ça ? D’où venait ce vent ? »

« Est-ce que tu ne saisis pas la différence entre toi et moi ? Je n’ai guère mon armure sur le corps et pourtant, je pourrais te battre à un doigt. Peut-être devrais-je commencer par les présentations, n’est-ce pas ? Je suis le chevalier-pokémon de Boréas. »

« Boréas, Fulguris, je m’en contrefous de vos armures-pokémon ! »

« Quelle vulgarité venant de ta part mais bon … »

L’homme ne semblait guère s’en soucier tandis que Waram respirait bruyamment. Il allait vraiment tenir tête à un homme capable de provoquer des tornades. Ce n’était pas un combat comme les autres, il le sentait. Et surtout, l’homme savait qu’il tremblait.

« Tu seras impuissant devant ma force … et pourtant, tu veux tenter de m’affronter ? »

« Si cela peut vous empêcher de faire un carnage, je le ferais ! VOUS ALLEZ VOIR SI JE SUIS SI IMPUISSANT QUE CA ! »

Il allait juste devoir faire attention à Sarine. Il ne voulait pas que l’armure-pokémon se brise et la mette alors en danger. Voire même pire … que ça la tue. Mais non, ça ne serait pas aussi simple que ça, il en était vraiment convaincu.
Quelle idiotie … MAIS QUELLE IDIOTIE ! Et pourtant, il se lançait dans la bataille. Il allait tout donner dès les premières secondes ! Des flammes sortirent de ses poings, faisant leurs offices pour venir calciner l’homme.
Néanmoins, dès l’instant où elles arrivèrent à la hauteur de ce dernier, elles s’envolèrent vers les cieux, balayées par une bourrasque de vent. ENCORE ?! PAS CETTE FOIS ! S’il ne pouvait pas l’avoir à distance, il l’aura au corps à corps !

Mais même en étant à quelques centimètres de lui, il se heurtait à une barrière invisible. Il n’était pas stupide, il savait que le vent faisait encore son office. Pourtant, il ne s’arrêtait pas, observant son adversaire qui était imperméable à toute émotion en ce moment.

« Encore un acte désespéré. Comment mes frères ont-ils put perdre ? Non, perdre reviendrait à dire qu’ils ont admis leurs défaites face à toi. Mais ce n’est qu’un simple échec. »

« Je vais vous éclater … la tronche, vous ! Vous allez voir ! Je vous ferais payé ce que vous avez fait à l’école de Gliros ! Vous allez comprendre votre douleur ! »

Il allait le lui montrer ! Il allait lui montrer comment il allait s’occuper de lui ! Mais pour ça, il devait se concentrer au maximum. AAAAAAAH ! Zut … Zut … Ca ne voulait pas passer ! Malgré tous ses efforts, le poing n’avançait pas !

« C’est vraiment … triste de voir un adolescent aussi désemparé devant l’adversité. »

« Ne vous foutez pas de ma gueule, je ne vous le permets pas ! Tout cela est de votre faute ! »

« Oh ? Si tu es aussi faible, cela est de ma faute ? Quel raisonnement surprenant et un peu enfantin. Tu es faible car tu n’as pas cette force qui habite les grands de ce monde. Mais tu peux l’obtenir si tu décides de nous rejoindre. »

« JAMAIS ! C’est pourtant clair ou pas assez ? Je ne vous rejoindrais JAMAIS ! »

« C’est là la différence entre faible et fort. Les faibles ne peuvent que se plier aux décisions des forts. Cela a toujours été ainsi dans ce monde. »

Ah bon ? Et qu’est-ce qui se passait si les faibles se réunissaient contre les puissants ? Ils pouvaient alors les battre ! C’était comme ça que certaines monarchies tombaient ! C’était comme ça qu’il allait réussir à l’atteindre !

« Tu deviens fatiguant et usant, jeune homme. »

Le vent arrêta de faire son office mais Waram était maintenant à la portée du poing de l’homme, celui-ci lui donnant un uppercut qui envoya l’adolescent dans les airs. Soudainement, des lames invisibles commencèrent à taillader le chevalier du Diamat alors que celui-ci tombait lourdement au sol.

« Je suis obligé de te laisser en vie. La condition et l’étatn ne sont pas nécessaires. Nous pourrons te soigner aisément … mais pour … hum ? »

L’homme fit un mouvement sur la gauche, esquivant une projection aqueuse avant de tourner vers une adolescente aux cheveux bleus. Celle-ci s’était mise à courir à la suite de son action pour se rapprocher de Waram, de l’eau aspergeant l’adolescent.

« Waram, réponds-moi … tu es conscient ? Waram ? »

« Qu … Qu’est-ce que tu fais là ? Je peux … savoir, Sanphinoa ? Tu devais te mettre à l’abri. Tu devrais partir avec les autres et … »

« Les autres sont là, Waram. Tu n’as pas te soucis à te faire à ce sujet. »

Il n’avait pas terminé sa phrase que la voix masculine de Raon venait de la couper. Avec lenteur, il tourna son visage vers les autres. Ils étaient trois. Xalex … Raon … Et Qalanos ? Qu’est-ce que Qalanos foutait ici ? Comme s’il venait de lire dans ses pensées, le chevalier du Yanma répondit avec neutralité :

« Dès qu’il s’agit de produire du vent, je ne suis généralement bien placé pour cela. Je comptais stopper cette tornade mais il s’avère que je n’aurai pas besoin d’agir. »

« Cinq chevaliers-pokémon de basse puissance. Que comptez-vous faire réellement dans une telle situation ? Malgré vos puissances cumulées, vous êtes incapables de ne faire ne serait-ce que me bouger de ma position. Je vous laisse cinq minutes pour tenter de me faire mouvoir de la place où je suis. Si vous n’y arrivez pas, je me chargerais de vous éliminer tous les quatre. Votre camarade n’aura alors plus que ses yeux pour pleurer devant son impuissance. »

« De bien belles paroles mais tu ne sais pas à qui tu as affaire exactement. Et je ne pense pas qu’il y ait besoin de faire des présentations. » rétorqua Qalanos, Waram étant à nouveau debout grâce à l’aide de Sanphinoa.

« Qalanos, chevalier de bronze du Yanam. Tu es peut-être le chevalier le plus prometteur dans l’école de Gliros à l’heure actuelle. »

« Mais j’imagine que vous allez dire que cela ne changera rien à la situation, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. Il est bon de reconnaître lorsque l’on n’a pas les capacités pour lutter. »

Ils étaient cinq ! Ils étaient bien plus nombreux que lui alors … pourquoi est-ce qu’ils étaient aussi anxieux ? Pourquoi avaient-ils l’impression de se retrouver face à un titan ? Mais pourtant, ce n’était pas assez pour les faire reculer. Waram était entouré de quatre autres personnes. A eux cinq, ils pouvaient faire bouger cet homme … et le repousser.

Chapitre 37 : Une pure folie

ShiroiRyu
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Chapitre 37 : Une pure folie

« Alors ? Waram ? Tu estimes tes chances à combien de pourcent ? »

« Hum ? Par rapport au fait que je vais gagner ce tournoi ? Aisément un bon 99 %. Le pourcent restant serait seulement si je suis malade ce jour-là. »

« Ooooooh. Confiant hein ? Et même pas un peu trop. » dit Raon alors que Waram haussait les épaules. Bien sûr qu’il était confiant. Il n’allait pas participer à un tournoi s’il n’était pas confiant hein ? Ça serait particulièrement stupide, non ?

« Je vais tenter d’arriver au quart de finale cette fois, Waram ! » s’exclama Sanphinoa, l’adolescent aux cheveux noirs se tournant vers elle.

« Je pense que tu as toutes tes chances d’y arriver si tu crois en toi. E toute façon, sauf si nos combats sont en même temps, on viendra te soutenir, n’est-ce pas ? »

« Bien sûr ! Hors de question de laisser une Sanphinoa désemparée ! »

« Sauf si je l’affronte bien entendu. Même si je respecterai mon adversaire. » répondit Xalex avec neutralité après quelques secondes.
« Alors, c’est finalement décidé, Sanphinoa. Mais bon … pour ça … il va falloir déjà que l’on gagne nos premiers combats. C’est normalement à mon tour. »

Ils étaient tous les quatre réunis, comme auparavant. Et c’était une chose que Waram appréciait énormément. Ah … Qu’il appréciait tellement. Il poussa un soupir de soulagement et de plaisir avant de s’éloigner. Le premier combat fût des plus aisés. Il ne dura que quelques minutes, Waram n’utilisant pas toute sa force. Mieux encore. Lorsque le combat fût terminé, il s’approcha de son adversaire, le soulevant à une main avant de dire :

« Fais gaffe à toi, la prochaine fois. T’as pas eut de chance, c’est tout. S’il le faut, vas soigner ton bras avec lequel tu as paré mon coup. On ne sait jamais, les bleus, ça peut être chiant. »

Et ensuite ? Plus rien ? Il ne jeta pas un regard aux spectateurs, quelques murmures se faisant entendre par-ci, par là. Il y avait toutes les organisations encore une fois. Lorsqu’il quitta l’arène, il vit Sanphinoa qui se rapprochait de lui avec un grand sourire.

« Bravo Waram ! Ce fut peut-être simple pour toi mais … »

« Une victoire reste une victoire. C’est étrange, les spectateurs ne m’ont pas hué mais n’ont pas applaudit non plus. Peut-être que la victoire n’avait rien d’impressionnant. Enfin, mon adversaire a quand même cherché à parer mes coups. Ca prouve qu’il voulait vraiment gagner lui aussi … même s’il ne pouvait rien y faire. »

« Chacun et chacune font de leur mieux pour ça, Waram. Mais je crois que tous ne sont pas encore au courant des petits changements concernant ta personne. »

« Des changements ? Je ne suis pas si différent que ça. Déjà, physiquement, je n’ai pas changé, j’ai peut-être gagné quelques centimètres mais à part ça … Enfin, c’est à toi. »

« Tu me souhaites bonne chance ? » demanda t-elle en tendant les bras.
Raon et Xalex étaient déjà en combat ? Personne dans les couloirs ? Grumpf, non. Pas d’enlacement. Il lui tapota doucement le crâne mais ce fut elle qui vint chercher son corps, le serrant dans ses bras avant de dire d’une voix enjouée :

« Je suis sûre d’y arriver maintenant, Waram ! Je vais faire de mon mieux ! »

« Le mieux, ce n’est pas suffisant.mais … donc, bonne chance, Sanphinoa. Tu peux le faire, j’en suis vraiment convaincu. Montres-leur ce que tu sais accomplir. »

Elle tapota contre son coeur en signe de courage, quittant les bras de Waram. Celui-ci partit en direction des tribunes, là où les perdants des précédents matchs étaient présents ainsi que ceux qui attendaient leurs tours pour les prochaines sessions.
Hum … Comment est-ce que l’on pouvait encore tolérer les membres de l’Antre de la Terre ici ? Il se le demandait … car oui, il y avait chaque organisation mais cela ne changeait rien. Ah … Enfin bon, il était là pour encourager Sanphinoa et il allait le faire.
Dès qu’elle était en difficulté, il criait son nom, rapidement rejoint par Raon et Xalex. Mais dans le fond, Sanphinoa se débrouillait vraiment bien toute seule. Et même si ce n’était pas aussi propre que lui … elle avait réussi à obtenir la victoire.

« Elle a tellement changé depuis que tu es là, Waram. C’est si … merveilleux. »

« Je ne sais pas si on peut dire que c’est merveilleux … mais je suis fier d’elle. Est-ce que c’est suffisant ou non ? Pour dire que c’est bien ? »

« C’est plus que suffisant. Vas le lui dire en face. Nos prochains matchs ne commenceront pas avant une ou deux heures de toute façon. »

Ce n’était pas faux. Il fit un geste positif de la tête en direction de Xalex avant de quitter celle-ci ainsi que Raon. Ils avaient leurs armures sur le corps mais comme pour lui, elles étaient un peu plus impressionnantes maintenant …

« Coucou, Waram ! Tu as vu, dis dis ? Tu étais là ? »

« Bien sûr. Tu ne m’as pas entendu crier ton nom et te féliciter quand tu as réussi à battre ton adversaire ? Ou alors, tu étais trop concentrée. »

« J’avais peur … vraiment peur … peur de te décevoir, Waram. C’est tout. Je n’étais pas sûre d’y arriver, je n’étais pas certaine …de tout ça mais j’ai trouvé la force ! »

« Tu as les capacités pour ça. Moins que d’autres mais ça ne fait pas de toi un ersatz de femme-chevalier. Bravo pour ta victoire, Sanphinoa. »

Elle tendit les bras comme pour recevoir sa récompense mais malheureusement, il ne fallait pas exagérer. Elle en avait déjà eut une avant le début du combat hein ? Donc non, désolé mais ça ne marchait pas comme ça et … HEY ! Elle s’était jetée sur lui.

« Sanphinoa … s’il te plaît. Les gens vont se poser des questions. »

« Qu’ils s’en posent non ? On s’en fiche, n’est-ce pas ? » dit-elle avec un peu d’effronterie dans la voix. Si c’était aussi simple que ça, il aurait bien sûr répondu oui … mais ce n’était pas le cas. Alors bon … Ah …

« Bref, tu peux rester quelques secondes mais les gens vont finir par croire que je me suis complètement ramolli si je te laisse faire. Ca ne passera pas. »

« Tu as quelqu’un à protéger maintenant, ça te rendra plus fort, pas plus faible. » rétorqua t-elle alors qu’il regardait le visage masqué :

« Bien entendu … Bien entendu. Tu as tiré ça de quel livre, je peux savoir ? »

« Hey ! Mais je n’ai tiré ça d’aucun livre. Je le pense vraiment. Ca te donne la force de te relever des coups reçus car tu sais que tu as quelqu’un à protéger, c’est tout. »

« Moui, c’est vraiment basique. On dirait vraiment une histoire tirée d’un conte de fées. »

« Mais nous sommes des chevaliers-pokémon. Tu imagines la force qui nous habite, Waram ? Pour pouvoir lutter contre le mal ! »

« D’où est-ce que tu sors des répliques comme ça, Sanphinoa ? Je vous jure … » dit-il en soupirant. Il fit un petit sourire, amusé par les propos de l’adolescente qui se statufia sur place. Q … Quoi ? Y avait un souci quelque part ?

« Tu as souris, Waram ! Tu as souris ! Tu sais vraiment le faire ! »

« Bien entendu que je sais sourire, ça n’a rien d’exceptionnel hein ? » dit-il en perdant aussitôt ce qu’il avait eut tant de mal à obtenir. Sanphinoa rigola, venant le serrer dans ses bras assez fortement avant de dire d’une voix plus qu’enjouée :

« Non, tu ne l’as jamais fait depuis que tu es ici, Waram. JAMAIS ! »

« Et même quand nous étions seuls, Waram. Tu es presque incapable de sourire. » répondit l’armure-pokémon sur le corps de l’adolescent.

« Oh bouclez-la toutes les deux. Vous n’aurez plus aucun mot de ma part pour la peine. »

« Ni même un sourire ? Mais bon, c’était un sourire sincère puisque je te ne l’avais pas demandé. C’est donc encore mieux … ah … je suis vraiment soulagée. C’est moi qui ait réussi à te donner le sourire, Waram. Je suis tellement … heureuse. Je crois que je vais me battre pour ce sourire ! Pour en avoir un autre. »

« Encore une phrase clichée et bateau. Vraiment … Je vous jure. »

Mais bon, si cela lui permettrait d’être heureuse, il n’allait pas s’en priver. Mais pour le moment, il valait mieux voir le match de Qalanos. Car il savait qu’il serait très rapide … mais cela lui permettrait de mieux encore juger son niveau.

Si tout cela était aussi simple … ah … Bon … Le second tour allait commence et ça ne sera pas bien dur encore une fois. Il ne lui restait plus que quelques secondes avant que son adversaire ne finisse pas mordre la poussière. Comme pour le premier tour, il vint s’approcher de lui, le soulevant avec aisance.

« Bon, ce n’est pas tout … mais je te laisses rejoindre l’infirmerie seul. Tu devrais être en état non ? Je n’ai pas frappé trop fort normalement. »

« … … … Ca reste franchement bizarre ce changement. Je ne sais pas trop quoi en penser. »

Son adversaire avait finalement pris la parole, pour bien montrer qu’il avait du mal à croire ce qu’il voyait. Et pourtant, c’était bel et bien la réalité. Waram haussa les épaules, quittant l’arène en premier jusqu’à ce qu’une voix ne vienne le féliciter, celle de Qalanos.

« Aucune inquiétude, n’est-ce pas ? Mais le prochain tour sera bien différent, Waram. Je te laisse deviner qui sera ton futur adversaire. Tu devrais en avoir une idée, n’est-ce pas ? »

« Est-ce qu’il ne serait pas en face de moi par hasard ? »

« Oh, quel éclair de génie … mais oui. J’espère que pour cette fois, cela devienne très intéressant. Je t’avoue que tu m’avais fait peur la première fois. »

« Ah bon ? Peur ? Moi ? C’est vrai que j’ai cette carrure qui fait que … j’impressionne non ? Enfin, que je glace d’effroi les personnes qui sont proches de moi ? »

« Non, ce n’est pas ça … je crois que c’était le fait que tu te relèves à chaque coup que je te donnais. J’avais l’impression de ne jamais te faire plier. C’était … vraiment effrayant, oui. Comme un monstre immortel. »

« Je sais bien que je ne suis pas un prix de beauté mais de là à m’appeler monstre. » dit l’adolescent aux cheveux noirs. Bien sûr, il savait que Qalanos ne pensait pas cela de la sorte mais bon … cela était divertissant de le voir dire de telles choses.

« Nullement, ce n’était pas une remarque mauvaise de ma part. Ne le prends pas ainsi. D’ailleurs, si tu veux tout savoir, je suis soulagé de voir que Sanphinoa est entre de bonnes mains. Je ne pouvais pas être partout … »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Je peux savoir ? »

« Qu’elle n’a pas survécu dans l’école par hasard avant ton arrivée. Je l’ai aidée à tenir le coup mais discrètement. Après, je n’étais pas le seul … »

« Elle ne l’a jamais remarqué … et sa vie n’est pas pour autant devenue toute rose. »

« Nullement mais … elle est devenue meilleure que ce qu’elle aurait put être. Mais bon, cela est le passé. Elle a son protecteur attitré maintenant … et malgré tout cela, elle a réussi à garder la tête haute et continuer à rester la première dans les études. »

« C’est là que je dois te remercier, j’imagine, non ? Alors … merci beaucoup. »

« De rien, c’est tout naturel. Tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. »

« Ce n’est pas une question de sujet ou autre. Simplement que je remercies ceux et celles qui m’ont permis de connaître Sanphinoa. Maintenant, il vaut mieux se séparer … Pas de sentiments pendant ce combat. Je donnerais tout. »

« Tu te doutes qu’il en sera de même pour moi, n’est-ce pas ? Je n’aurais aucune pitié contre toi. Je ne retiendrais aucun de mes coups. »

« Tant mieux. Ca n’en sera alors que plus divertissant. Maintenant si tu veux bien.. ; »

L’adolescent aux cheveux noirs passa à côté de Qalanos, celui-ci le laissant seul, surtout qu’il avait remarqué que Sanphinoa l’attendait au loin. Le chevalier du Diamat se rapprocha de la femme-chevalier du Barpau, la regardant avant de dire :

« Ce n’est pas encore à toi ? Ou alors, tu as gagné … et je n’ai pas vu le match. Si c’est le cas, bravo et je suis désolé … de ne pas être venu t’encourager. »

« Ce n’est pas grave et oui, j’ai réussi à me qualifier pour le prochain tour ! De quoi est-ce que tu discutais avec Qalanos ? Visiblement, ce n’était pas de choses déplaisantes. »

« Rien, il m’a juste dit que j’avais de la chance de te connaître et je lui ait déclaré que oui. »

« Que … Quoi ? Vous … vous avez vraiment parlé de moi ? » bafouilla l’adolescente, confuse et gênée par cette révélation. Waram l’invita à s’asseoir, faisant de même à côté d’elle après quelques minutes, disant calmement ensuite :

« Ne fait donc pas cette tête-là .Tu sembles gênée … qu’est-ce qui se passe ? »

« J’ai entendu des rumeurs sur nous. Vu les changements, beaucoup se demandent si ça ne fait pas plusieurs années que nous nous connaissons en fait. »

« Impossible, je suis arrivé il y a peu de temps. Ce n’est donc pas crédible. »

« Mais sincèrement, ça me donne souvent cette impression, tu sais ? »

« J’ai la même donc ce n’est pas si étrange. Je ne me rappelle pas de mon passé, Sanphinoa. »

« Et il en est de même pour moi, Waram. Tu crois qu’il y aurait une maigre chance que toi et moi … nous nous connaissions, Waram ? »

« Sincèrement ? Une infime et ridicule chance. Je ne dis pas qu’elle est nulle mais … je ne me ferais pas trop d’illusions à ce sujet. Désolé. »

« Non, cette chance infîme, je m’y accroche. Je me dis alors que c’est notre destin ! »

« Ah … Le destin m’a permis de te rencontrer, cela veut alors dire qu’il n’est pas si mauvais que ça, non ? Qu’est-ce que tu en penses, Sanphinoa ? » demanda l’adolescent aux cheveux noirs alors qu’elle prenait ses mains pour les placer dans les siennes.

Pfff, c’était de belles paroles mais bon, il avait envie d’y croire un peu. Il la laissa faire. Ils étaient de toute façon dans un couloir où pour le moment, nul ne passait. Il pouvait bien la laisser faire ce petit geste non-anodin. Subitement, le sol et les murs se mirent à trembler, des secousses parcourant la zone où ils se trouvaient, Sanphinoa s’écroulant sur Waram.

« Qu’est-ce qui se passe, Waram ?! Un tremblement de terre ?!

« Non … Ce n’est pas uniquement ça, Sanphinoa. Loin de là … Si c’était naturel, cela se saurait … mais ce n’est pas le cas. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là, Waram ? »

« Qu’ils ont décidé de jouer le tout pour le tout ! Sanphinoa, vas te mettre à l’abri ! »

« Pas sans des explications ! Qui sont ce « ils » ? L’Antre de la Terre, n’est-ce pas ? Tu penses vraiment qu’ils auraient lancé une attaque directement sur l’école de Gliros ? C’est de la folie ! Ils n’oseraient tout de même pas faire ça ! »

« Ils en seront capables. Ils sont à bout. Ils ont les nerfs à vif à force d’échouer. »

« Mais alors, il faut prévenir les professeurs non ? On y va, Waram ! »

Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Qu’elle se mette à l’abri, il allait s’occuper de tout ça. Mais voilà, l’adolescente n’en faisait qu’à sa tête, comme d’habitude. Pfff, elle courrait à côté de lui tandis qu’ils se dirigeaient vers les zones de duels, tout simplement pour constater l’étendu des dégâts. Des gradins entiers étaient déjà vidés … et il y avait des morts ? Parmi les spectateurs ? C’était … vraiment un carnage hein ?

« S’il te plaît, Sanphinoa, mets-toi à l’abri. On sait ce qu’ils veulent. Je m’en vais de mon côté. Attends juste que j’arrive à les intéresser. »

Il regarda à droite, puis à gauche. Il suffisait de voir parmi les spectateurs ceux qui ne cherchaient pas à fuir. Ceux qui n’avaient aucun problème avec la situation. AH ! En voilà un ! Sans crier gare, le chevalier du Diamat prépara une boule de feu violet avant de la projeter en direction d’un homme, celui-ci poussant un cri avant de tomber au sol, mort.

« Qui sera le suivant ? Je vous attends, bande d’enfoirés ! »

Voilà qu’il soulevait Sanphinoa, l’envoyant dans le décor avec un semblant de force. Surprise, l’adolescente aux cheveux bleus poussa un cri tout en remarquant que Waram courait maintenant comme pour s’enfuir. Il avait osé faire ça !

« Lorsque tout sera terminé, il se fera pardonné, aie, aie, aie. »

Mais elle souriait derrière le masque. Ce n’était pas le moment de lui en vouloir. Elle avait remarqué aussitôt qu’une dizaine de personnes, ne portant pourtant pas d’armure-pokémon, étaient en train de le poursuivre. Elle se mit à courir à leur suite.

« Karry, s’il te plaît, protèges-moi, je vais avoir besoin de ta force. »

« T’en fait pas, va. On va se charger de ces imbéciles. Waram ne sera plus seul pour les combattre. Ils vont avoir toute l’école sur le dos. »

Et aussi les membres des autres organisations. Mais le temps que les chevaliers-pokémon arrivent … Enfin, il fallait aussi voir les forces de l’Antre de la Terre. Ils avaient signé leur arrêt de mort en osant s’en prendre directement à l’école.

Chapitre 36 : Une dernière tentative

ShiroiRyu
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Chapitre 36 : Une dernière tentative

« Vous allez vraiment vous battre comme deux gamins qui n’ont pas réussi à obtenir ce qu’ils désiraient ? C’est d’un ridicule, hahaha … mais ça vous colle bien. »

« La ferme, toi ! Tu es le seul qui n’a rien foutu, je te rappelle ! » hurla l’un des deux hommes d’un âge avancé, dans la trentaine voire quarantaine d’années.

« Oui mais entre vous et moi, je ne tues pas nos membres s’ils n’accomplissent pas une chose aussi simple que cela … tellement simple qu’après tout, nous avons subi deux échecs. »

« Tsss … Ces foutus pouvoirs psychiques sont une vraie plaie aussi ! Comment est-ce que tu veux que l’on lutte contre ça ? Mais qu’importe, ils sont tous morts. »

Il n’y avait que trois personnes. Trois hommes qui, malgré leur couleur de cheveux, semblaient avoir des traits physiques communs entre eux. Des triplés que nul ne pouvaient ignorer dans l’Antre de la Terre. Et pour cause : il s’agissait de leurs chefs.

« Tu en es sûr et certain ? Comment on peut te faire confiance ? Tu as zigouillé tout le monde, si je me trompes pas hein ? »

« Les faibles ne méritent pas de vivre, c’est aussi simple que ça. Je ne vois pas pourquoi je me prendrais la tête avec de telles conneries de toute façon. »

« Car sans ça, on ne sait pas si y a eut des survivants ou non chez eux. »

« Ah … Vraiment … Qu’est-ce que l’on va faire de vous deux hein ? Je me poses sincèrement la question en vous regardant. J’ai l’impression que c’est foutu ou presque. »

« Ca l’est pas ! Je vais y retourner et comme ça, je lui règlerais son compte une bonne fois pour toutes ! Ce n’est qu’une école de gamins, rien de plus. »

« Mais leurs professeurs et surtout leur principale vous poseront de gros problèmes. Vous allez foncer bêtement dans le tas, sans même réfléchir ? »

« En y allant à deux, on devrait aisément les battre. Ce n’est pas un souci. Et dire qu’on fait tout ça à cause de simples suppositions … quelle débilité. »

« De simples suppositions ? Il y a de très fortes chances que les rumeurs soient vraies. Dans le monastère, notre espion a bel et bien senti sa présence dans cet adolescent. »

« Donc, on fait quoi ? On attends sagement qu’il se montre dans un autre pays ? »

« C’est la meilleure solution … mais nous avons perdu trop de temps par votre faute. Je vais m’en charger moi-même. Je serais bien plus efficace que vous deux réunis. »

Les trois hommes se regardèrent en chiens de faïence, signe qu’ils étaient à nouveau prêts à en découdre avec les mains si la conversation continuait dans ce sens.

« De toute façon, je vais te laisser faire. Comme tu fais tellement le fier … »

« Et puis, chacun son tour. On sera deux à se foutre de toi si tu te plantes. »

« Humpf ! Continuez de plonger dans vos désillusions, tous les deux. La déception sera encore plus grande quand vous comprendrez à quel point vos paroles sont absurdes. »

« Tu ne ferais pas mieux de te préparer ? Avec ta bande ? Que l’on puisse déjà penser aux futures phrases que l’on te ira. »

« Rien ne presse … Cela ne commencera pas avant une semaine d’après le plan que j’ai en tête. Pourquoi devrais-je aller trop vite ? »

« Tsss, toujours aussi prévoyant, c’en est énervant ça. »

Et oui. Mais cela avait toujours été ainsi. Alors que les deux autres sont souvent du genre à chercher les problèmes et aussi à être leurs causes, lui-même préférait tout simplement prendre son temps pour profiter un maximum.
Hum … et cela avait l’avantage de pouvoir être diablement efficace comme tactique. Car pour beaucoup, l’Antre de la Terre était un groupuscule prêt à tout ravager. Alors, quand on se mettait à employer des tactiques plus basiques et discrètes, la surprise était telle que nul ne pouvait alors riposter. Hum …

« Tu ne veux pas en parler, néanmoins ? Juste qu’on voie … »

« Cela dépend de comment voulez-vous que le monde nous perçoit ? »

« Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? On a déjà pas une bonne réputation alors bon … c’est pas comme si c’était vraiment dérangeant en fin de compte. »

« Vous parliez de prendre d’assaut l’école de Gliros. Après un tel acte, il ne faudra pas espérer que l’un de nos représentants puisse rendre là-bas. Vous comprenez ce que je veux dire ? »

« Tu vas quand même pas … t’y rendre de cette manière ? Tu vas vraiment attaquer l’école de Gliros ? Comme ça ? Et c’est pas toi qui disait que ça serait de la folie ? »

« Laissez-moi donc faire, de toute façon, vous n’avez plus voix au chapitre. J’ai eut simplement la confirmation que je désirais de votre part. Vous n’aurez aucun problème à cela … tant mieux … oui, tant mieux. »

Tant mieux ? Tant mieux ? Est-ce qu’il se foutait de leurs gueules ? Où est-ce qu’il voyait un tant mieux hein ? NON MAIS OH ! Ils lui parlaient ! Sauf que l’homme s’éloigna de ses deux frères, ne semblant plus avoir rien à dire.

« Qu’est-ce qu’il m’énerve, celui-là … Toujours à être le dernier à rentrer en action. »

« Sauf que ça paye généralement … c’est souvent lui qui réussi là où nous avons échoué. » dit calmement le second triplé. Ah … Dommage, dommage. Mais bon, tant que cela était accompli … c’était le mieux pour l’Antre de la Terre. Bientôt, le monde entier allait entendre parler d’eux ! Devenir l’organisation la plus importante ? C’était un but si proche !

Ailleurs, dans l’école de Gliros, Waram était resté éveillé toute la nuit comme pour vérifier quelque chose. Cela faisait maintenant une bonne demie-heure que tout le monde dormait mais ce n’était pas là le problème. Il patientait … jusqu’à entendre une petite voix :

« Hmm … Vraiment rien à faire. Depuis que je le connais … je peux plus dormir paisiblement. Il va encore m’en vouloir, je suis sûre. »

La voix de Sanphinoa. Elle semblait presque triste alors qu’un mouvement se fit voir vers un lit éloigné. Une petite forme qui s’avançait vers lui, éclairée par la lumière de la lune. Sanphinoa … avec son masque sur le visage. Elle regardait à droite et à gauche, n’ayant pas remarqué que Waram avait les yeux grands ouverts.

« Hum … et puis … bon … zut … il est de dos, c’est dommage. »

Il avait juste bougé un peu auparavant, pour la laisser faire. L’adolescente ouvrit la couverture, s’engouffrant à l’intérieur avant de venir se coller contre le dos de Waram. Il sentit son corps contre le sien tandis qu’elle chuchotait :

« Oui, c’est tellement plus facile … j’ai l’impression qu’il me protège. »

Lui ? La protéger ? Auparavant, il aurait plus que signalé que ça ne serait jamais le cas. Aujourd’hui, ce n’était plus pareil. Il finit par se retourner, Sanphinoa étouffant son cri alors que les yeux rouges de Waram observaient son visage masqué.

« Wa … Waram … mais tu ne dors pas ? Je pensais que … »

« Tu pensais très mal, Sanphinoa. » coupa t-il tout simplement alors qu’elle s’apprêtait à quitter le lit, bredouillant quelques mots. Mais il vint la retenir tout doucement. « Et si tu m’expliquais plutôt ce qui te tracasse au point de t’empêcher de dormir ? »

« Pas grand … pas grand-chose, Waram. C’est juste que … enfin bon … »

« Allez, tu peux parler, je ne vais pas te manger, non plus. C’est encore … ces cauchemars ? Un peu comme moi ? C’est vrai que … depuis que tu es là, je suis plus soulagé. »

« C’est vrai, Waram ? Je te fais ça comme effet ? » demanda Sanphinoa faiblement, pour éviter de réveiller les autres. Il hocha la tête positivement, reprenant :

« C’est vrai. J’ai énormément de mal à dormir d’habitude. Sarine peut te le confirmer. Mais je ne sais pas pourquoi, avec toi, c’est beaucoup plus simple. Je n’ai aucune explication raisonnable et logique à une telle réaction. »

« Peut-être que … se savoir l’un proche de l’autre, ça nous calme et nous apaise ? Même si on ne s’en rendait jamais compte auparavant ? »

« Peut-être que c’est ça, ça serait une bonne chose. Bon … tu veux rester ou non ? Maintenant, tu n’as plus besoin de te cacher tous les soirs hein ? »

« Je ne me cachais pas … mais si les autres savent que … c’est intentionnel … »

« On s’en fiche. Je crois que j’ai déjà eut mon quota de remarque la première fois. Alors dès demain, quand ça sera l’heure de se coucher, tu viendras, d’accord ? Sarine et Karry n’auront qu’à dormir sur le lit libre, ensemble, toutes les deux. »

« Je ne suis pas sûre que Karry apprécie cela. Sarine non plus … mais d’accord. Si tu me le proposes, je n’ai aucune raison de refuser. »

Il ouvrit légèrement les bras, Sanphinoa s’y engouffrant pleinement maintenant. Elle était radieuse et heureuse. Mais surtout, il sentit un petit mouvement de sa main à hauteur de visage de l’adolescente. Quelques secondes après, il remarqua qu’elle déposait un objet.

« Sanphinoa, qu’est-ce que … ce n’est pas … »

« Et si, Waram, c’est mon masque. Je ne veux pas encore que tu me vois … alors s’il te plaît, ne me regardes pas. C’est juste que … c’est tellement plus … chaleureux de te sentir de la sorte contre mon corps, ne m’en empêche pas. »

« Euh, je ne veux pas t’en empêcher mais si je vois ton visage, tu vas devoir me tuer et j’avoue que l’idée continue de me déplaire, hein ? »

« C’est vrai. C’est la règle … mais si cela peut te rassurer, il y a une autre condition que de tuer l’homme qui a vu mon visage. Mais je ne veux pas encore … te la dire. »

« Comme … tu veux, Sanphinoa. Dormons alors. » murmura l’adolescent-chevalier.

Pourtant, il avait l’irrésistible envie de voir son visage. C’est bête mais quand on lui disait de ne pas faire, il voulait le faire. Mais il devait se retenir, par respect pour l’adolescente aux cheveux bleus. Hum … Même ses derniers sentaient bon. Elle se les lavait fréquemment … et cette peau, il n’y avait plus autant de croûtes qu’avant.

« Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui nous arrive ? »

Il pensait avoir une réponse de Sanphinoa mais elle s’était déjà endormie dans ses bras. Changé, il avait trop changé à cause des morts du monastère. Peut-être parce que pour la première fois, il avait perdu des personnes … qu’il appréciait ? Qu’il ne voulait pas que ça recommence ? Qu’il ne voulait pas que cela arrive à Sanphinoa ? Même pour Raon et Xalex, il ne voulait pas de ça. Ni cette principale … ni même d’autres élèves.


Stupide, c’était tout simplement stupide … mais voilà qu’il caressait les cheveux de Sanphinoa. Est-ce qu’il avait peur ? Peur de ce qui pouvait se produire ? L’Antre de la Terre voulait sa capture. Et pour ça, il n’hésiterait pas à tuer un maximum de personnes autour de soi. Ils avaient montré … qu’ils n’avaient aucune loi.

« Et si je décidais de fuir ? Comme ça, je suis sûr … qu’ils ne seront pas en danger. »

Sanphinoa était une adolescente si fragile. Il ne pouvait pas se permettre ça. Pour la première fois, depuis son retour à l’école, il voulait agir pour les autres. Pour la première fois, il voulait défendre une personne proche. Quitte à ce qu’il soit ridicule … et risible. Est-ce que Sarine comprendrait ? S’il décidait de fuir définitivement ?

Le lendemain matin, il fût réveillé subitement par quelque chose de mouillé qui venait se coller à sa joue gauche. Sur le coup, il n’avait pas encore compris mais en ouvrant les yeux, il remarqua que Sanphinoa mettait correctement son masque sur le visage.

« Hein que quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu peux me le dire ? »

« Oh, rien de spécial, Waram. Rien du tout, je peux te le promettre. »

Qu’elle le lui promette n’allait pas vraiment changer le tout hein ? Mais bon … il passa une main sur sa joue. Est-ce qu’elle aurait … fait ça ? Elle l’aurait embrassé sur la joue ? Il aurait envie de crier mais non, les autres dormaient encore.

« Merci pour cette nuit, Waram. Et pour les prochaines. Je vais déjà me préparer pour ce matin. Nous avons cours dans une heure et demie. »

« Fais donc mais je te préviens, ne prends pas toute l’eau chaude, compris ? J’en ait besoin, moi aussi. Et frottes bien partout sauf si tu vois que ça coince. »

Il parlait bel et bien de ses croûtes. S’il avait réussi à faire des efforts, normalement, elle aussi devait en être capable. Mais il savait … qu’elle l’écouterait. Elle partie en direction de la salle de bain, murmurant faiblement :

« Par contre, Waram. Interdiction de regarder … cette fois, c’est compris ? Sinon, j’utiliserais mes pouvoirs de femme-chevalier si c’est nécessaire. »

« He … Hey ! Je suis pas comme ça, moi. Enfin, pas trop quoi … et je passe pour quoi ? »

« Je ne sais pas trop, à toi de trouver, non ? » dit-elle dans un grand sourire des plus innocents, ayant soulevé son masque juste au niveau de ses lèvres pour qu’il puisse le voir.
Tsss ! Qu’est-ce qu’elle maligne quand elle s’y mettait hein ? Difficile de lui en vouloir. Bon, ce n’était pas bien grave … il allait sûrement trouver une autre occupation en patientant. Et puis, il ne comptait pas du tout aller voir Sanphinoa pendant qu’elle était sous la douche. Hum ? Tiens, il allait embêter Sarine pour la réveiller.

« Sarine, Sarine, y a le feu. Il faut que tu bouges tout de suite, sinon on crame ! »

« Hein ? Que quoi ? Non ! Le feu ! Waram, vite ! Il faut fuir ! Vite ! »

Elle s’était redressée presqu’aussitôt, ses têtes regardant à gauche et à droite pour voir d’où provenait le feu. Feu parfaitement inexistant comme elle put le remarquer après quelques secondes. Elle grogna quelques secondes avant de dire :

« Au cas où, j’ai put entendre tout ce que toi et Sanphinoa avaient dit. Je ne pensais pas ça de toi, Waram. Comme quoi, on juge très mal les gens. »

« Hey … Hey ! C’était un accident ! Ne commence pas à t’imaginer des choses fausses ! »

« Oh ? Et pourtant, c’est bel et bien elle qui a dit cela .. et tu ne la contredisais pas. »

Grumpf. Ca servait à rien de discuter. Il voulait embêter Sarine, il avait réussi. Il allait faire de même avec Karry, commençant à la secouer tout en criant :

« Attention Karry ! Tu es en train de te noyer ! Fais gaffe ! »

« Je sais pas nager, moi ! Aidez-moi au lieu de crier ! J’ai besoin d’aide et … »

Le silence plana pendant quelques secondes, Karry ouvrant ses yeux de Barpau pour regarder Waram qui restait en face d’elle, avec un visage impassible. Il murmura :

« Oui, tu as sérieusement besoin d’aide, je confirme ça. C’est violent … »

« Je suis une armure-pokémon qui vit dans la mer … à la base. Tu t’es foutu de moi, c’est bien ça, Waram ? Avant que je ne te foutes ma queue dans ta face. »

« Moi ? Je ne suis pas comme ça, tu dois faire erreur sur la personne. »

Innocence et pureté incarnée. Il regarda Karry avec le plus grand sérieux du monde. Pourquoi aurait-il fait une telle chose ? Elle prit sa respiration avant de sauter sur place et de lui décocher un coup de nageoire dans la face. Pas trop fort, néanmoins car :

« C’est assez amusant. Tu l’as fait à qui d’autre, Waram ? Sarine, j’imagine ? »

« Raor, Xalex, Istiti et Nadyra dorment encore. Je n’ai aucune idée pour eux. »

« Mouais, mouais, mouais … tu veux pas en avoir plutôt, je préfère que tu dises la vérité, quoi. Enfin bon, pas grave, on trouvera bien une solution, tout ça. »

Moui. Mais ça ne serait pas aussi marrant qu’avec Sanphinoa. Il n’avait pas envie d’aller la voir sous la douche, pas du tout … loin de là … enfin bon. Il poussa un petit soupir, se préparant lui aussi de son côté après qu’elle soit sortie de la salle de bain. Cette fois-ci, elle s’était déjà habillée à l’intérieur. Chose surprenante, elle ne mettait pas autant de temps que ça en fin de compte. Il pensait que les filles avaient une durée interminable par rapport à cela. Comme quoi, il pouvait se tromper lourdement à ce sujet.
Pfiou … S’il ne se trompait pas, bientôt allait avoir un nouveau tournoi non ? Pour encore juger la force de chaque chevalier. Il espérait ne pas tomber sur Sanphinoa cette fois, sauf si c’était les demi-finales voire même les finales. Enfin, cela reviendrait à dire que l’un ou l’autre auraient réussi à battre Qalanos, chose qui restait très compliquée.

« Waram ? C’est bon pour moi, tu peux y aller. »

« J’espère qu’il reste de l’eau chaude, Sanphinoa. Sinon, tu m’entendras parler … et ça risque de ne pas être joyeux ce que j’aurais à dire hein ? »

« Oui oui. Roh. Tu peux y aller, Waram. Dépêches-toi au lieu. Ils ne sont toujours pas réveillés ? A part nos armures-pokémon. » demanda Sanphinoa.

« Si tu veux t’amuser à ça, fais-le. Nous nous sommes réveillés un peu trop en avance. »

Discussion habituelle. Mots habituels. Oui, cela faisait maintenant une dizaine de jours qu’il était revenu à l’école mais il se sentait à nouveau … comme auparavant. Il se sentait bien dans cet endroit. Il se sentait mieux. Par contre, il était hors de question de le signaler à la principale. Elle pouvait toujours rêver qu’il avoue une telle chose.

Chapitre 35 : Retrouver ses habitudes

ShiroiRyu
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Chapitre 35 : Retrouver ses habitudes

« Hey, vous deux, il faudrait que vous vous réveilliez. »

Hum ? Grumpf. Il émit un grognement aux propos de Raon. Voilà bien une chose qui ne lui manquait pas le moins du monde. C’était la première nuit de Sanphinoa dans le dortoir. La principale avait aisément donner son accord, ce qui avait plu bien entendu à tous et à toutes. Il voulut s’étirer longuement mais quelque chose l’en empêcha pour le bras gauche.

« Ne me dites pas que … »

Et pourtant, si. Elle était là. Elle endormie sur son torse, sa tête aux cheveux bleus bien sagement déposée sur sa poitrine. Elle avait remonté la couverture sur leurs corps mais surtout, Sarine était à l’autre bout du lit, en train de les regarder tous les deux.

« Depuid quand est-ce qu’elle est ici ? »

« Oh, je dirais une demie-heure après que vous vous soyez tous endormis. Elle n’arrive pas à dormir, d’après ce qu’elle m’a dit. Il lui faut un oreiller pour ça. »

Un oreiller pour ça ? On se foutait de sa gueule, c’était bien ça, n’est-ce pas ? Car bon, Sanphinoa exagérait grandement sur le coup. Il allait la faire tomber du lit et voilà le réveil qui allait la secouer grandement. Ca lui apprendra et …

« Hey, Sanphinoa. Faudrait que tu te réveilles. Tous les autres le sont déjà, même Timber. »

« Hmmm, d’accord, je veux bien, Waram. Juste une minute. »

Bof, elle faisait ce qu’elle voulait Il finit par se lever, passant une main dans la chevelure de Sanphinoa. Bah, il allait toute façon prendre une douche avant d’y aller, ça sera bien mieux. Xalex était déjà partie et Timber se léchait la patte avant gauche.

« Je peux savoir ce que tu fais ? Tu comptes te rendre beau pour qui, Timber ? »

« Graaaaaaaaaah ! » lui répondit l’ours. Ah oui ? Pour les dames de la cantine ? Pour qu’elles lui donnent quelques reste ? Je vous jure, c’était pas une vie ça.

« Animal et pourtant gigolo. Dans quel groupe je suis tombé, moi. AH ! Raon, je voulais savoir, c’est bien aujourd’hui qu’on a une après-midi de libre pour s’entraîner ? »

« Ouep ! Ils nous trouvent tous un peu ramollos parmi les élèves. Donc il a été décidé qu’on allait devoir se taper les uns sur les autres pour arranger tout ça. »

« Une méthode pédagogique qui a sûrement faite ses preuves dans certains pays. » dit Waram avec ironie alors que Raon rigolait avant de reprendre :

« Ben peut-être ? Du genre, il ne pourra en rester qu’un. Je sais que je suis avec Xalex pour l’entraînement mais je pense que ça nous nous dérangera pas de vous avoir tous les deux. »

« Quatre personnes, ça permet trois combats différents pour chacun. Oui, c’est bon. »

Bon ? Sanphinoa se levait ? Il se rapprocha du lit, l’adolescente toujours couchée dedans. Il se pencha en avant mais Sanphinoa tendit les bras, comme pou réclamer quelque chose.

« J’espère pour toi que tu ne crois pas que je vais te porter, Sanphinoa hein ? »

« Est-ce que tu peux quand même le faire, Waram ? S’il … te … plaît ? »

« Même pas en rêve. » rétorqua l’adolescent, les yeux émeraude le fixant à travers le masque.

« Alors, c’est encore plus simple puisqu’ici, c’est la réalité, Waram. »

Hin hin hin. Petite maligne. Petite et intelligente. Elle faisait de l’esprit au réveil ? Il la souleva avec aisance, décidé à la porter comme un sac de patates. Il se mit à siffloter gaiement, comme s’il partait au travail, devant les yeux interloqués de Raon, de Timber et des armures-pokémon qui étaient présentes dans la pièce.

« Bon bon bon, je sais comment je vais réveiller une demoiselle qui profite trop de moi. »

Des cris fusèrent dans la salle de bain après que Waram ait emmené Sanphinoa. L’adolescent ressortit de la salle de bain, se frottant les mains comme s’il venait d’accomplir quelque chose qu’il désirait depuis tellement longtemps. Il regarda Karry avant de dire :

« Comme un poisson dans l’eau. Comme ça, Sanphinoa sera à peu près propre avant de devoir suer pendant l’entraînement. Et au moins, elle sera réveillée. »

« Diabolique. » dit tout simplement l’armure-pokémon du Barpau avant de foncer vers la salle de bain. Waram se tourna vers Raon, lui disant :

« Je pense que je prendrais une douche plus tard. Du genre, après qu’on en ait terminé. Comme tu l’as remarqué, la salle de bain est occupée. »

« J’ai put voir ça. Bon, ben, on y va alors ? Elle nous rejoindra plus tard de toute façon. »

« Tu ne veux pas attendre un peu quand même ? Par mesure de précaution ? Je pars devant, rien ne presse. Je dirais à Xalex que vous avez du retard. »

« Oui, fais donc, j’imagine qu’avec Sanphinoa, elle risquerait de se tromper d’endroit en la connaissant. On va éviter une bêtise encore plus grosse de sa part. »


Waram croisa les bras, s’adossant au mur proche de la porte de la salle de bain. Hum … La porte n’était pas fermée, n’est-ce pas ? Elle avait oublié ça … quand Karry était rentrée. Et comme Sanphinoa n’était pas partie … Hmm non ! Qu’est-ce qu’il pensait comme idiotie ? Il n’avait pas compris la première fois ? Ca ne se faisait pas.

« AAAAAAH ! Ca faisait du bien. Ils sont déjà tous partis, Karry ? »

« Je vais vérifier ça … … … Oui, c’est le cas. Tu peux sortir ! » s’exclama l’armure-pokémon alors qu’il clignait des yeux. Il n’avait pas ouvert la bouche mais elle aimait bien pourrir la vie de l’adolescente, n’est-ce pas ? Mais pourtant, lorsqu’elle sortit , elle était habillée.

« Elle m’a déjà fait le coup une fois, Waram. Je ne suis pas bête pou tomber dans son piège une seconde fois. Tu veux te doucher maintenant, Waram, je peux attendre hein ? »

Il allait faire vite alors. Il jeta un bref regard à la baignoire. Bon, elle l’avait rincée mais difficile d’ignorer les petits résidus de peau qui étaient présents un peu partout et éparpillés. Dans la douche, il entendit quelques murmures :

« Allez, un peu de courage. Lui-même s’était pas privé la dernière fois. Et puis, avec le rideau, tu verras rien. Tu es une grande fille non ? Tu dois être intéressée. »

« Je … Je le suis … mais non. C’est Waram. Je ne ferais pas ça. »

« Alors, moi-même, je le ferais. » dit-elle avant de rentrer dans la salle de bain. Mais aussitôt, elle se prit un jet d’eau de la part de Waram, celui-ci soupirant :

« Si tu veux faire quelque chose de discret, ne parles pas aussi fort la prochaine fois. Zou, du balai avant que je ne m’éne… »

Il n’avait pas fini sa phrase. A cause de Karry, la porte s’était ouverte un peu plus lorsque l’eau l’avait projetée en arrière. Il avait peut-être mis trop de force dans le jet d’eau mais … mais … mais … le rideau cachait tout sauf le visage … mais il voyait celui de Sanphinoa. Le visage était toujours droit … mais les yeux se baisaient. Aussitôt, il se recroquevilla dans la baignoire, se cachant intégralement dedans. NON ! BORDEL !

« Hey, vous en avez mis du temps, qu’est-ce que vous avez fait tous les deux ? »

« Rien de spécial ! Bon, on fait l’entraînement ! Raon, tu viens tout de suite ! Je commence par toit ! C’est compris ? » s’écria l’adolescent avec ce qui semblait être de la colère. Mais le visage rougit montrait un tout autre sentiment.

« Et bien, tu peux me dire ce qui s’est passé, Sanphinoa ? Je l’ai jamais vu dans cet état. » questionna Xalex envers l’adolescente aux cheveux bleus, celle-ci se triturant les doigts.

« Euh, je ne pense pas … non. Ca concerne … les garçons. J’avais juste vu dans les livres … et puis euh … voilà, c’est tout. Mais toi, tu as déjà connu des garçons, Xalex ? »

« Mais qu’est-ce donc que cette question, Sanphinoa ? Tu sais bien que dans l’école, c’est très rare. Et c’est à peine si on sait que … je suis une fille. Mais de quoi est-ce que tu parles ? Avec Waram ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Je ne peux rien dire, rien dire du tout … rien du tout … rien de rien. »

Ah ben ça, elle avait réussi à le remarquer hein ? Qu’elle ne pouvait rien dire. Elle poussa un petit soupir mais la gêne qui se faisait entendre dans la voix de Sanphinoa était presque perturbante. Et Waram aussi était très confus. Il ne touchait pas Raon avec qui il s’entraînait depuis déjà quelques minutes. Elle avait peut-être une idée en tête mais non … Sanphinoa et Waram n’étaient pas ainsi. C’était une idée stupide.

« On … peut s’entraîner, s’il te plaît ? Je dois penser à autre chose. »

Bien entendu, bien entendu, la question ne devrait même pas se positionner. La femme-chevalier du Barpau était aussi confuse que le chevalier du Diamat, chacun de leur adversaire prenant l’avantage sur eux jusqu’à ce que le premier combat se terminer aisément.

« Je sais pas ce qui s’est passé mais vas falloir être plus concentrés. »

« Est-ce que je peux venir moi aussi ? Je n’ai aucun groupe qui désire s’entraîner avec moi. Ils ont peur de ma puissance, il semblerait. »

Une voix masculine qu’il avait à peine entendu depuis très longtemps. Qalanos … Humpf ! Il avait réussi à ne plus être confus, se tournant vers lui :

« Je suis ton adversaire, tu vas voir ce que je vais … quoi ? Pourquoi tu me regardes ? »

« Après ce que j’ai put remarqué, il vaut mieux que je m’entraîne d’abord avec Raon, le temps que tu sois un peu mieux … éveillé, on va dire hein ? D’accord ? »

« Je suis complètement éveillé ! RAAAAAAAAAH ! Bon, Xalex, je te préviens, je te ferais aucun cadeau pour la peine. Si tu veux des excuses, tu les demanderas à Qalanos. »

« Et … euh … moi ? Qu’est-ce que je fais ? » demanda Sanphinoa alors que Waram la fixait pendant une seconde avant de détourner la tête :

« Bon, viens te battre avec Xalex aussi. Je vais me battre à un contre deux. Comme ça, je serais sûr d’être concentré, pas trop le choix. »

« Comme tu le désires. Sanphinoa, aucune pitié pour Waram ! »

« OUI ! J’ai compris le message ! Je vais aussi tout donner dans ce combat ! Waram, prends garde à toi, je ne retiendrais pas mes coups ! »

Bof, qu’elle vienne. Il l’attendait ! Il fit un petit mouvement de la main pour inciter Sanphinoa et Xalex à se ramener. Pfiou … Concentration, concentration … Concentration. C’était la meilleure chose à faire dans une telle situation, oui.

« Je vais vous en faire baver les filles ! C’est quoi ça ? C’est complètement fou ! Vous comptez faire quoi hein ? Je peux le savoir ? Pas me battre non ?! »

Est-ce qu’il avait réussi à agacer Sanphinoa ? Tout ce qu’il remarquait, c’est que l’adolescente aux cheveux bleus prenait maintenant un sérieux avantage sur lui. Xalex ne donnait pas tout, contrairement à la femme-chevalier du Barpau.

« Je tiens à rappeler que ce n’est qu’un entrainement vous deux. J’ai l’impression que vous venez de l’oublier ou alors, est-ce que je me trompes ? »

« Ce n’est pas totalement faux … il faut avouer. » murmura faiblement Sanphinoa sans pour autant alléger la puissance de ses coups.

« Il vaut mieux combattre ainsi et ne pas trop se poser de questions, on verra après ! »

Bon ! Sanphinoa se donnait à fond, il allait faire de même. Poussant un cri de rage, il plaça ses mains en avant, arrivant aux épaules de Sanphinoa avant de la projeter au sol. Mais celle-ci l’attrapa par l’épaule, le faisant tomber dans sa chute.

« Aie, aie, aie, on est bon pour une roulade et … »

Wow ! Ils allaient se prendre un arbre ! Au dernier moment, il se plaça de telle sorte qu’il percuta l’arbre, Sanphinoa écroulée contre lui. Faiblement, elle chuchota :

« Wa … Waram … Ce matin, j’ai vraiment put … l’ombre … »

« AAAAAAAAAH ! Mais tais toi, Sanphinoa ! N’en parle pas ! Je ne veux rien savoir ! »

Pourquoi est-ce qu’elle avait remis ça sur le sujet ? Pourquoi ? POURQUOI ?! Il voulut la repousser mais il n’en avait pas la force sur le coup. Il était complètement perturbé. Pourquoi fallait-il que ça soit elle ? Et pas quelqu’un d’autre hein ? POURQUOI ?

« J’ai tellement honte, tu peux pas savoir, Sanphinoa. J’ai tellement honte … »

« C’est pas à toi … C’est de la faute à Karry ! Toujours de sa faute de toute façon. »

« C’est pas faux … Enfin puis euh … moi aussi, j’ai put voir y a quelques jours aussi. »

« V… voir quoi ? Qu’est-ce que tu as put voir, Waram ? » bafouilla l’adolescente aux cheveux bleus, Waram étant complètement rouge aux joues, n’osant pas la regarder avant de dire :

« Bah … C’était à travers le rideau mais donc j’ai vu l’ombre complètement. Tu as des jambes très fines, Sanphinoa. Oui, voilà. »

« Pfiou … Tu regardais que mes jambes. Ben moi, c’était aussi l’ombre hein ? J’ai rien vu en vrai, je dois t’avouer, Waram et puis… »

« Euh, j’ai vu aussi le haut. Enfin, j’ai tout vu dans l’ombre. Tout … Euh … Ils sont plutôt gros pour seize ans, c’est ça que je dois dire ? »

Il sentit les tremblements dans le corps de Sanphinoa. Cette baffe, il n’allait pas la démériter. Il se préparait déjà à la réception mais rien n’arriva. Sanphinoa se redressa en murmurant :

« Bon, euh chacun a vu l’autre donc … on fait comme si on sait rien du tout ? Et on oublie tout ça, Waram ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Que ça va être très difficile d’oublier. Désolé, Sanphinoa … mais bon, euh, dans cette situation, j’espère que tu comprendras ? »

« C’est vrai que ça va être difficile à oublier, Waram. Ca va rester dans ma mémoire … et ce n’est pas déplaisant ! Je vais aller m’entraîner avec Xalex ! Reposes-toi un peu ! »

Elle l’avait laissé là, l’adolescent ayant la bouche grande ouverte. Qu’est-ce que … Sanphinoa venait de dire exactement ? C’était pas la fille qu’il connaissait, n’est-ce pas ?

Pfiou … Il était un peu hagard, cherchant à bien cerner tout ce qui se passait autour de lui. Peut-être qu’il s’imaginait trop de choses et qu’il avait l’esprit un peu trop … pervers ? Pervers ? Vraiment ? Envers qui ? Sanphinoa ? HEY ! Ca restait une fille à croûtes. Mais derrière ce rideau, il avait vu … autre chose. Une autre apparence.

« Brr ! Je pense qu’à des conneries, moi ! » s’écria l’adolescent. Il était temps de se relever et de se remettre à l’entraînement. PFIOU ! C’était difficile de ne pas se compliquer la vie.

Mais bon, s’il fallait se motiver à l’entraînement, c’était pour une bonne raison. Il comptait bien mettre une raclée à l’Antre de la Terre lorsqu’il allait les revoir. Oh que oui … et surtout à cet enfoiré. Celui qui avait retiré la vie de Delphy.

… … … C’était étrange. Il la connaissait à peine mais Delphy l’avait bien marqué. Elle qui vivait selon les règles du destin. Elle qui était dirigée comme un automate … Humpf … Il ne l’avait pas assez connue malheureusement.

« C’est vraiment désolant. » se murmura t-il à lui-même avant de donner deux puissants coups en avant, utilisant ses pouvoirs ténébreux.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Deux cris fusèrent en même temps alors qu’il remarquait les corps de Xalex et Sanphinoa qui étaient renvoyés en arrière. Zut ! Il n’avait pas surveillé la puissance de sa frappe. Il courut aussitôt vers les deux filles, regardant Sanphinoa et Xalex.

« Pardon, pardon, pardon, pardon ! Ce n’était vraiment pas voulu … »

« Qu’est-ce qui t’a pris d’agir comme ça, Waram ? Est-ce que ça fait mal ? Bien sûr que ça fait mal. Tu as été une vraie brute sur le coup. »

« Pardon … Je pensais à Doué … enfin à l’Antre de la Terre. Et comme je leur en veux salement pour toute cette histoire … disons que je n’ai pas contrôlé mon corps et mes poings. Pardon, ça ne se reproduira plus. On peut reprendre. »

S’il avait vraiment voulu faire mal, il l’aurait fait depuis longtemps. Il souleva Sanphinoa et Xalex, la première le regardant étrangement, comme pour l’interroger. Qu’est-ce qu’il y avait ? Il avait une tâche ? Néanmoin, Qalanos se rapprocha de lui, disant :

« Bon, Raon a réussi à résister un peu plus longtemps que prévu. Waram, c’est ton tour ? Pendant ce temps, ils peuvent tous les trois se reposer. »

« Je vérifie juste si elles vont bien et je suis là. D’accord ? Ca prend quelques minutes, rien de plus. Tu peux attendre un peu ? »

« Hein ? … Euh d’accord quoi. Pas de problèmes, oui. » dit le chevalier du Yanma, plus étonné qu’autre chose par les propos de Waram. Il fallait dire qu’il ne se serait jamais dit que c’était bien ce dernier qui venait de demander une telle chose.

« Tant mieux. Bon … Euh, les filles, vous pouvez voir commnt va Raon ? »

Simple mesure de précaution. Il n’était pas très rassuré par la raclée que Qalanos avait donné à Raon. Alors, même après un mois et une nouvelle armure, Raon n’était toujours pas au niveau de Qalanos ? Impressionnant. Vraiment … très impressionnant. Mais dommage, tout cela allait s’arrêter dès maintenant.

« Qalanos , dis toi que ce n’est qu’un avant-goût de ce qui risque de t’attendre au prochain tournoi. Cette fois-ci, je compte bien me déchaîner. »

« Fais donc … Montres moi donc tous ces changements. »

Oh … Il n’allait pas s’en priver. Qalanos ne faisait peut-être pas partie du quatuor mais à force de passer du temps avec eux, c’était un peu pareil. Ailleurs, bien ailleurs, trois hommes d’un âge avancé étaient en train de discuter dans ce qui semblait être une base faite en intégralité par du marbre, comme pour une architecture d’un ancien temp.

« Double échec de votre part. Hahaha … J’arrive pas à croire ça. »

Chapitre 34 : Du nouveau

ShiroiRyu
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Chapitre 34 : Du nouveau

« Hum …Grumpf … Greuh. »

Il avait marmonné cela tout en regardant à ses côtés. Bien entendu … Bien entendu. Sanphinoa était dans ses bras alors qu’il dormait dans un lit du dortoir vide. Normalement, l’adolescente était partie dormir dans le sien. Alors, c’était à se demander pourquoi est-ce qu’elle était dans son lit, n’est-ce pas ?

« Il faudra vraiment que l’on parle de tout ça, elle et moi. »

Mais pour la matinée, il n’était pas motivé à aller l’embêter. Il eut l’audace de passer une main dans ses cheveux bleus. Hmm … Ils n’étaient pas aussi gras qu’il l’aurait crut. Est-ce qu’elle avait pris une douche juste avant d’aller se coucher ? Et elle laissait paraître encore une fois ses arguments sur le décolleté ravageur.

« Elle sait que j’ai quatorze ans ? Et elle seize ? »

Pfff … Hum. Bon ! Il ferma ses yeux avant d’aller placer un doigt sous le masque blanc de Sanphinoa. AH ! Là, il le savait parfaitement, c’était doux, terriblement doux. Comment est-ce qu’elle pouvait avoir une peau aussi douce. Et zut ! Foutu masque ! Il le retira, tremblant de tout son être. Il ne devait pas ouvrir les yeux sinon, il allait se faire tuer.

« J’aimerai ne pas mourir si jeune et … »

Grumpf. C’était doux, tellement doux. Comment est-ce que le visage pouvait-il être aussi … délicat à toucher ? Il avait envie d’ouvrir les yeux mais il ne devait pas le faire. Il devait respecter ce foutu choix de porter un masque. Ses doigts glissèrent le long du visage, le touchant en intégralité. Son nez semblait si petit contrairement à ce qu’il pensait. Les sourcils devaient être fins, naturellement.

Mais il n’y avait pas que ça. Ses lèvres ! Ses lèvres ! Rien qu’en les sentant du doigt, il savait qu’il n’y avait aucune écorchure ou éraflure. Normalement, en la connaissant, elle devait avoir des plaies aux lèvres, ou des croûtes sur le visage mais rien de tout ça. A croire que son visage était complètement épargné par cette chose horrible qu’était la puberté sur son corps.

« Mais qu’est-ce que je fous moi ? Je peux le savoir ? »

Il s’en voulait de faire de tels gestes envers Sanphinoa mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Après tout, hier, il avait quand même promis et autorisé Sanphinoa à venir dans le dortoir pour dormir avec eux. La seule chose … c’est qu’il avait l’impression qu’il y avait de fortes chances que chaqu matin soit comme aujourd’hui.

« C’est juste pas déplaisant … comme chaleur humaine. »

Oui, il le reconnaissait. Sanphinoa était juste une petite bouilloire de tendresse et de gentillesse. Il retira la main de son visage, ayant fini d’essayer de se l’imaginer avant de coller l’être de la petite femme pas encore adulte contre lui, dans ses bras. C’était une demoiselle qui méritait toute son attention, une petite demoiselle dont les efforts étaient reconnaissables entre tous. Petite boule d’amour …

Ce qu’il n’avait pas remarqué, c’est que dans son geste, une certaine demoiselle s’était réveillée, rouge aux joues et de tout son être, tremblante comme une feuille. Ses yeux verts observaient le torse de Waram mais elle n’osait pas bouger. Il fallait dire qu’elle n’avait aucune raison de bouger et qu’à l’heure actuelle, c’était … parfait.

Mais pourquoi est-ce que son masque était tombé ? Elle avait ouvert un œil lorsqu’elle avait senti un doigt caresser sa joue. Elle avait remarqué les yeux fermés de Waram. C’était lui qui avait retiré son masque. Mais pourquoi ? Il ne connaissait pas la loi à ce sujet ?

Mais pourtant, elle l’écoutait, elle l’écoutait de tout son être ce qu’il disait et elle était si heureuse. Déjà aussi qu’il touche sa peau sans même être consterné ou repoussé. C’était tellement … appréciable pour elle.

« Pfff … Je suis sûr que dans quelques années, elle deviendra super belle. »

Voilà, il l’avait dit ouvertement. Il ne pensait pas que Sanphinoa resterait dans cet état. Mais pour le moment, c’était le cas et il fallait la supporter de tous les côtés. Il émit un autre grognement, marmonnant dans sa barbe :

« Toute façon, je suis le seul à devoir lui dire de faire des efforts. Les autres, je les cognerai. Ils se moqueraient d’elle. Je ne suis pas comme ça. »

Il n’était pas comme ça et il ne le sera jamais ! C’était tout simplement ça … Non … Vraiment … Il n’avait pas à envisager le reste de cette façon. Non ? Qu’est-ce qu’il racontait. C’était stupide de penser de la sorte. Il n’avait pas à penser ainsi et …RAAAAAAAAH ! Pourquoi ça déconnait autant depuis qu’il était revenu ?

« J’ai même pas le temps de souffler. Bon, elle va pas se réveiller avant une heure ou deux. Autant rester comme ça en attendant, pas envie de me lever de toute façon. »

Elle s’empêchait de rire contre lui. Waram se parlait donc tout seul aussi souvent ? Mais ça lui permettait d’être beaucoup plus sincère visiblement. Bon, elle devait bouger dans le lit de tele façon qu’il croyait qu’elle dormait encore.
Un peu … à gauche ? Ah, plus à droite. Voilà. Comme elle était de petite taille, Waram pouvait facilement la garder contre lui. Elle était souvent triste d’être une personne qui n’était pas bien grande mais cela avait aussi des avantages loin d’être déplaisants, comme maintenant. Hihihi. Alors encore une heure ou deux ? C’était le week-end, il n’y avait rien qui les attendait réellement et …

« Bon, les deux loustics, vous allez vous lever ou non ? Je sais que vous dormez pas tous les deux. Vous feriez mieux de vous relever sinon ça va puer la sueur. »

« Si je n’ai pas envie de me lever, je ne me lève pas. Et essaies de te taire, Sanphinoa dort encore, contrairement à ce que tu crois. »

« Bien entendu, bien entendu. Tu penses mieux connaître une adolescente avec qui je suis depuis des années ? Tu voudrais une médaille, c’est ça ? Non, elle est complètement gaga et bien réveillée. Elle n’a pas envie de se lever non plus. »

« Mais qu’est-ce que tu peux raconter comme connerie, toi ? Sanphinoa, est-ce que tu … »

« Je suis réveillée, Waram. Mais ne t’en fait pas. Tant que je reste ainsi, tu n’es pas obligé de fermer les yeux car tu ne vois pas mon visage. »

« … … … C’est pas vraiment ça le problème si tu veux tout savoir, Sanphinoa. Mais je dois comprendre donc que de ce côté … Ah … on va finir par se lever alors. »

« Tu n’es pas en colère ? Tu me le promets ? Car je me suis encore infiltrée dans ton lit pendant la nuit ? Avoir une présence à côté de moi … est tellement plus rassurant après toutes ces années seule dans ce dortoir. »

« Tu m’as déjà fait le coup plusieurs fois. Qu’importe ce que je dirais ou ce que je ferais, tu viendrais quand même, non ? Alors, je suis résigné et je laisse faire, voilà tout. »

« C’est vraiment juste pour ça, Waram ? Rien d’autre ? Tu en es sûr et certain ? »

« S’il te plaît, Sanphinoa. Si tu as tout entendu, ne me force pas à le dire à coeur ouvert, je supporterais pas. Bon, je ferme les yeux et je me lève en premier. Je vais me laver … tu pourras venir après. » dit-il en posant un doigt sur les lèvres de Sanphinoa. Il resta interdit pendant quelques secondes avant de déclarer : « Pas en même temps que moi hein ? Attention ! Je préfère prévenir, pas que tu te fasses idées non plus ! »

« Hiiiiiiiii ! Je pensais pas à ça, moi ! Waram … coquin. »

Elle avait remonté la couverture complètement sur son être, se libérant de Waram pour qu’il ne puisse pas la voir. Il voulut la regarder, interloqué mais pour toute réponse, il ne fit qu’hocher la tête sans un mot avant de partir vers la douche.
Mais rien que ce dernier mot resta gravé dans sa mémoire lorsqu’il sortit de la douche. Sanphinoa avait remis son masque, partant à son tour sans oser le regarder. Hey … Hey ! Il était pas responsable de tout ça, lui hein ? Il ne fallait pas exagérer non plus. Enfin, il voulait dire, ce n’était pas de sa faute. Il ne pensait pas ainsi …

Enfin, il n’était pas réellement comme ça. Il n’était pas du tout comme ça, plutôt ! Ah … Enfin bon … Il dormait vraiment avec une fille ? Et ça ne le dérangeait pas ? Karry se moquait déjà assez souvent de lui alors si Sarine l’apprenait, autant dire qu’il serait bien ciblé.

« A quoi est-ce que tu penses encore ? Tu t’es imaginé Sanphinoa sous la douche, c’est ça ? »

« Je ne pense pas à ça. Et avec ses croûtes sur la totalité de son corps, ça n’en vaut pas la peine, Karry. Et toi, tu devrais pas aller te noyer ? »

« Je peux toujours essayer mais je ne suis pas sûre d’y arriver. Bon bon bon … et si j’allais visiter un autre dortoir, moi ? »

« Ouais, fais donc. Comme ça, on peut être tranquilles pendant qu’on révisera. »

« Oh ? Oui, j’ai une idée du dortoir à qui je vais offrir ma visite. » s’exclama le poisson.

Pas besoin d’être un intello pour ça. Il regarda l’armure-pokémon partir du dortoir, le laissant seul avec l’eau qui coulait dans l’autre pièce. Regarder Sanphinoa ? Complètement nue ? Brrr, il était peut-être moins âgé qu’elle mais il restait un homme.

Donc il ne se faisait pas d’illusions à ce sujet. Il avait pas envie de faire ça. Mais pour aujourd’hui, ils allaient sûrement réviser dehors ! Oui, il allait proposer ça à Sanphinoa ! C’était une excellente chose, il se leva avant de se diriger vers la salle de bain.

« Sanphinoa ! Aujourd’hui, on prend nos bouquins et on profite du beau temps. On ira réviser dehors ! Qu’est-ce que tu en dis, ça me semble être une bonne … »

Ah. Rideau de douche bien présent. C’était toujours ça. Il était épais … et il ne voyait qu’une ombre mais quelle ombre. Il pouvait voir … toutes les courbes de Sanphinoa. Et euh … comme ce n’était qu’une ombre, impossible de voir les marques et le reste. Le souci, ce n’était pas ça … pas ça du tout même. C’était juste que … wow.

« Waram, je suis encore sous l’eau mais d’accord ! Si tu veux, on pourra même inviter les autres non ? Plus on est de fous, plus on rit. »

« Euh, oui, d’accord. Oui, oui, pas de soucis. Vas pour ça, je suis d’accord. »

Pfiou ! Il était temps de partir de la pièce mais discrètement en fait. C’est juste que … euh …. Brrr ! Trop d’émotions depuis hier soir. Soit la session au monastère avait ouvert ses sentiments, soit il allait étrangement bien depuis qu’il était de retour.

Tout ce qu’il savait, c’est que lorsqu’elle était sortie, elle avait remis la robe d’hier. Oh, au moins, pas de chichis sur les vêtements. AH ! Il fallait aussi voir la principale pour ça ? Bon, ça pouvait attendre cette après-midi. Ils n’étaient pas pressés. Direction la cantine ?

« Hey … C’est qui la fille à côté de Waram, tu sais ? »

« Ca ne me dit rien. Si j’avais connu une fille aussi bien roulée, je le serais. »

« Arrête de déconner. J’arrive pas à la reconnaître. C’est étrange, ça me dit quelque chose. Ah mais attends, elle a quoi sur ses bras ? Des plaques ? C’est Sanphinoa ? »

« Non mais tu plaisantes quoi. Sanphinoa ? Elle aurait caché ça depuis tout ce temps ? C’est vrai qu’avec les vêtements des écoliers, on voit rien mais quand même … »

Grumpf. Difficile d’ignorer les paroles des différents imbéciles autour d’eux. Mais pourtant, il mangeait paisiblement, Sanphinoa à côté de lui alors qu’il chuchotait :

« Tu entends ces paroles, Sanphinoa. Ce sont des paroles de personnes jalouses. Tu n’as pas à t’en faire, tu restes à mes côtés et si quelqu’un s’approche de toi, je m’en occupe. »

« Je n’ai pas à m’en faire, Waram. Je sais que tu seras là pour me protéger, hihihi. »

« Peut-être qu’avec un sac en papier sur la tronche, ça serait possible de de la troncher, tu crois ? Vu que personne ne veut d’elle, y a de fortes chances qu’elle réclame ça. »

Un tremblement se produisait dans la cantine, des tables bougeant sur plusieurs mètres, faisant tomber les différentes assiettes et couverts sur le sol alors que Waram s’était arrêté de manger. Pourtant, après quelques secondes, il recommença, comme si de rien n’était. Sanphinoa elle-même ne s’était pas arrêté de manger.

« Dommage pour eux. Je ne suis pas comme ça, je sais me contrôler. »

« Et même si tu ne savais pas te contrôler, tu ne ferais rien de tout ça, non ? »

« Hum … ça, c’est difficile à dire sauf sur un point : pas avec les hommes de cette école. » dit-elle alors qu’il la regardait. Il parut surpris mais pas dans le bon sens.

« Ah oui, sûrement. Peut-être, oui, oui. Enfin, on mange et on se tire ! »

Raon et Xalex n’étaient pas déjà réveillés ? Bah, de toute façon, ça ne devait pas l’intéresser. Il n’avait pas à s’en préoccuper mais bon … pourquoi est-ce qu’il l’était pourtant ? Il regarda l’adolescente, puis brièvement sa poitrine avant de détourner le regard.


Être au centre de l’attention, ça n’avait jamais été son genre … encore moins maintenant. Lorsque le déjeuner fût terminé, ils quittèrent l’école, reprenant la route vers la plage mais surtout leur fameux banc. Comme ils étaient matinaux, aucune difficulté à trouver de la place. Il déposa leurs affaires sur le banc, Sanphinoa venant s’asseoir à côté de lui avant de s’étirer longuement en mettant une main devant sa bouche.

« Hum …Waram, est-ce que tu boudes un peu ? »

« Hein ? Pourquoi tu dis ça ? Non, non, je ne boudes pas, ne t’en fait pas. »

« J’espère que ce ne sont pas les paroles des autres qui te dérangent. Ne t’en fait pas, ce ne sont pas des compliments de leurs parts. Ils ne me voient que comme un morceau de viande un peu plus appétissant maintenant mais ça ne change rien à ce que je pense d’eux. »

« Ce qui me dégoûte, c’est simplement que c’est toute l’école qui est pourrie … par rapport à toi. Ils ne te connaissent pas, ces idiots. Il suffit que tu montres un peu de chair et voilà qu’ils s’imaginent des choses. Quelle bande d’enfoirés. »
« Tu ne devrais pas t’en préoccupes, non ? Tu as écouté ce que j’ai dit ? Aucun élève de l’école ne m’intéresse de toute façon. »

Il avait particulièrement bien entendu ça. Mais bon, il avait du mal à expliquer pourquoi ça lui faisait mal d’entendre ça. Peut-être parce qu’il s’imaginait que Sanphinoa … méritait mieux que de devoir considérer le monde qui l’entourait de cette façon.

« Quelle idiotie … mais quelle idiotie … RAAAAAAAAAH ! Bon, allons-y ! »

« Oui, oui. On va réviser, je suis sûr que tu meures d’impatience, Waram. Et on dirait qu’on a la plage pour nous seuls aujourd’hui. » déclara Sanphinoa tout en rigolant.

« En attendant d’ici une heure ou deux, oui. On commence par le plus chiant. »

Les mathématiques ! Lorsqu’il vint lui dire ça, elle éclata de rire avant de sortir les premiers livres. Bon, bon bon … autant se mettre vraiment au travail pour Waram ! Elle continua de sourire, amusée et attendrie partout ça.

Une première heure se déroula paisiblement, Waram étant un élève studieux, contrairement à ce qu’il pouvait être en classe. Pourtant, elle le regardait avec une tendresse infinie pendant qu’il écrivait. Une main sur posa sur les cheveux noirs de Waram, celui-ci s’exclamant :

« Mais qu’est-ce que tu fais, Sanphinoa ? Je ne peux pas écrire correctement ! »

« Tu es si mignon, Waram. Voilà, je l’ai dit et … »

« Oh ? Peut-être que vous voulez que l’on vous laisse seuls, tous les deux ? »

« Ih ih ih ! Mais je ne rêves pas, c’est le petit Waram et la petite Sanphinoa ! On dérange le couple d’amoureux, c’est bien ça ? »

Aie ! Raon et Istiti, bien entendu. Mais lorsqu’il releva le regard pour les observer, il cligna des yeux. Il y avait quelque chose de bizarre chez Istiti. Son visage avait maintenant une face bleue, il semblait plus grand qu’auparavant, presque deux fois sa taille précédente. Et il avait un air plus guerrier au visage.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? La tronche de macaque a changé, Raon ? »

« On appelle ça tout simplement une évolution, Waram. Comme pour Sarine. Ah d’ailleurs, elle arrive avec Karry, Xalex et Nadyra. »

Nadyra ? Qui était cette Nadyra ? Il ne la connaissait pas du tout. Mais en y réfléchissant bien, c’est lorsqu’il remarqua une belle adolescente masquée aux cheveux roses qu’il comprit de qui il s’agissait. A côté d’elle, une créature bleue, quadrupède, la suivait bien sagement, en silence. C’était pas la première fois qu’elle voyait l’armure-pokémon de Xalex ? Et bon, il n’oubliait pas de regarder Sarine qui portait Karry entre ses deux têtes.

« Comme tu peux le voir, Xalex a aussi eut une évolution de son armure-pokémon. »

« Vous voulez dire … que vous avez tué deux personnes pour ça ? »

« Non non. Pas du tout. Pas toutes les armures-pokémon sont portées. Bon la majorité des armure-pokémon dragon le sont par contre. Mais ça, c’est bien à cause de leurs puissances. Dans mon cas précis, je n’ai pas à m’en faire, voilà tout. »

« C’est un peu triste … et coucou, Xalex. Cela faisait longtemps. Et bonjour aussi Nadyra. Oui, je ne connaissais pas ton nom auparavant. »

« Et moi-même ? Tu ne me salues pas, Waram ? » réclama Sarine alors qu’elle reprenait aussitôt : « Maintenant que tu as une autre femme dans ta vie, c’en est ainsi ? »

« Exactement, Sarine. Désolé pour toi mais Sanphinoa va te remplacer dorénavant. AH ! Ca me fait penser, plus sérieusement, j’ai quelque chose à vous demander. »

Et c’était quoi ? Les deux personnes le regardèrent, Sanphinoa venant prendre aussitôt la main de Waram dans la sienne, inquiète de la future réponse. Istiti regarda les mains avant de dire d’un air jovial :

« Non mais si c’est pour ça, vous avez notre accord hein ? «

« J’aimerai que Sanphinoa vienne dormir avec nous dans notre dortoir. Je demanderais l’accord à la principale mais si vous êtes de mon côté, j’aurai plus de chance qu’elle accepte, voilà … qu’est-ce que vous en dites ? Ca fait des années qu’elle dort seule dans un dortoir, je pense que ça serait mieux Ca nous ferait de la compagnie et Xalex se sentira pas en minorité. Et oui, égalité des sexes, tout ça. »
Faites qu’ils disent oui, faites qu’ils disent oui. L’adolescente serrait avec plus d’insistance les doigts de Waram, quitte à lui faire mal. Mais la réponse ne tarda pas : L’un comme l’autre, ils étaient d’accord. C’était principalement la dernière phrase de Waram qui avait achevé de les convaincre. Une tentative d’humour de sa part, c’était si rare. Sanphinoa vint enlacer l’adolescent aux cheveux noirs, celui-ci soupirant en regardant le ciel. Bon, une chose qui était faite. Maintenant, les cours.