Chapitre 116 : Un appel

ShiroiRyu
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Chapitre 116 : Un appel

« Ah … Ah … Ah … Dès que tu es là, ça va beaucoup plus vite subitement. »

« Je ne sais pas si je prends cela comme un compliment ou non mais on va faire comme si c’était le cas alors … merci Manelena. »

« Comment est-ce que tu connaissais leurs points faibles ? Même si j’ai beaucoup voyagé avec l’armée de Shunter, c’est la première fois que je rencontrais de telles créatures. »

« Jusqu’à ce que j’arrive jusqu’à vous, disons que sur le chemin, j’ai eut quelques soucis. Rien de grave, bien entendu mais … je suis soulagé de voir que vous allez bien. »

« Nous allons bien, oui … mais de là à dire que la situation est reluisante et sous contrôle, il ne faudrait pas vraiment exagérer, loin de là. Et comment vont Elen et les autres ? »

« Je n’en sais rien, je n’ai pas été les voir. J’ai essayé de retrouver le premier groupe que je pouvais rencontrer. J’ai aidé quelques soldats mais bon … j’ai l’impression de me retrouver dans une nouvelle guerre dans laquelle on ne peut pas lutter. »

« Une guerre contre les monstres. Si seulement le monde était aussi simple que ça, Tery. Sauf que ce n’est pas ainsi et que ce sont les différents peuples de ce monde qui sont les véritables monstres. Les créatures sont majoritairement non dotées d’une intelligence assez développée pour s’imaginer toutes les horreurs qu’elles pourraient commettre. Nous avons le monopole dans ce domaine … et ce n’est pas forcément flatteur. »

Il savait bien qu’elle ne disait pas cela pour plaisante. Le jeune homme se frotta les yeux pendant quelques secondes avant de s’adosser contre un mur pour reprendre son souffle. Elise et Royan restaient ensemble alors que Manelena venait s’adosser à côté de lui.

« Tu en as un peu trop fait, Tery. Il vaut mieux pour toi que tu te reposes. Ca ne sert à rien de trop en faire si c’est pour finir sur les rotules à la fin. »

« C’est pas une question de finir sur les rotules ou non, c’est juste que … combat après combat … et je pensais surtout que nous n’aurions plus à nous battre pour le moment … ou au moins pendant pas mal de temps. Je me suis lourdement trompé. »

« Ne fait donc pas cette tête dépitée, Tery. Tu n’es pas respon … »

« Comment est-ce que tu peux le savoir ? C’est sûrement le cas. C’est à cause de toute cette histoire avec les portes démoniaques. Or, c’est qui qui vous a emmené combattre je ne sais combien de créatures pour avoir ce résultat ? »

« Tu sembles décidé à t’accepter comme coupable, je ne peux rien faire contre ça. »

« Mais … non … Enfin, je dis juste la vérité, tu ne crois pas ? Tu ne penses pas que ça se passe ainsi ? Ou alors, est-ce que je me trompe ? »

« Tu te trompes complètement. Est-ce que tu n’as jamais envisagé que tu pouvais être manipulé ? Que depuis le début, tu n’as jamais voulu tout ça ? »

« Bien entendu, je ne suis pas stupide à ce point, non plus. Mais … Voilà. »

« Que tout est fait pour que tu ailles ouvrir les portes démoniaques ? Que ça soit d’un côté comme de l’autre ? Enfin bon … Je déteste la manipulation et je n’ai pas été mieux en ne faisant que te suivre au lieu de t’arrêter. »

« Euh, tu n’es pas fautive non plus hein ? Je sais qu’il aurait mieux valu que je m’arrête bien plus tôt mais c’est trop tard. A chaque fois, je … enfin bon … »

« Regarde-nous. A chercher sans cesse des excuses. A quoi est-ce que l’on ressemble hein ? Ah … Enfin bon, ce qui est fait est fait, Tery. Tu n’as pas à t’excuser ou t’en vouloir. »

« Je le sais parfaitement mais ça ne changera pas la situation … »

Elle finit par quitter le mur pour se placer devant lui. Il y avait Royan et Elise non-loin même s’ils ne les regardaient pas. Le jeune homme aux cheveux bruns déglutit, se rappelant une situation qui était encore beaucoup trop présente dans sa tête sur le moment.

« Qu’est-ce … Qu’est-ce qu’il y a, Manelena ? Tu sais que je ne peux rien voir si on se fait attaqués, non ? Tu ne crois pas que tu devrais te pousser ? »

« J’ai toujours du mal à me dire que le jeune homme qui tremble devant moi est celui qui pourtant a mis a mal bon nombre d’hommes, de femmes et de créatures mystiques. Est-ce que cela revient à dire que je suis plus impressionnante que tous ces êtres réunis ? »

« On pourrait dire ça, Manelena. Mais en tout bien, tout honneur hein ? »

« Tout bien, tout honneur. C’est quoi cette réplique complètement ratée, Tery ? »

« Je ne sais pas … Sûrement le fait que tu m’impressionnes ? » disait-il tout en rigolant devant la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci rapprocha son visage du sien, lui chuchotant d’une voix étrangement douce :

« Attendons d’en avoir fini avec ces monstres et cette histoire avant de rire ensemble, Tery. Tu comprends cela ? Et ensuite … »

« Tu es trop près, Manelena, beaucoup trop près. Royan et Elise nous regardent, tous les deux. On va éviter de leur donner des raisons, tu ne crois pas, hein ? »

« Je ne sais pas. Oui … On va éviter, je ne suis pas très public de toute façon. »

Elle marquait un point même s’il se sentait autant fautif qu’elle dans l’histoire. Alors pourquoi est-ce qu’elle ne reculait pas ? Le front de Manelena toucha le sien avant qu’elle ne chuchote une nouvelle fois, sur un ton sérieux … mais inquiet :

« Tery Vanian, je t’ordonne de survivre. D’accord ? »

« Bien … Bien entendu ! Je ne sais même pas pourquoi tu me dis ça, je vais survivre, Manelena. Ne t’en fait pas, ce n’est pas comme si j’étais décide à mourir hein ? »

« Soit, c’est vrai. Tu es aussi résistant qu’un cafard. »

Et merci pour l’égo ! Il ne fit aucune remarque à Manelena, Royan haussant un sourcil en ayant entendu les propos de la femme aux cheveux argentés, Elise clignant des yeux. Elle s’éloigna alors que la demoiselle démone comme Tery se rapprochait de ce dernier :

« Elle pourrait être plus amicale à ton encontre, Tery. »

« Ne t’en fait pas. Tu commences à la connaître non ? Moi, ça fait déjà pas mal de temps … quelques années en y réfléchissant. Elle est inquiète mais elle ne veut pas le montrer. Et surtout, ne vas surtout pas lui répéter cela sinon, je pense qu’elle me tuera sur place, hahaha. Mais bon … Il faut que l’on retourne à la tour des archimages. »

« Et pour Elen et les autres ? Qu’est-ce que l’on fait ? »

« On va essayer de les retrouver en chemin. Comme on sait qui ces monstres tentent d’atteindre ou plutôt quoi, ça sera plus facile pour la défense. »

Elise alla prévenir Royan tandis que Tery revenait auprès de Manelena pour lui donner la marche à suivre. Acquiesçant d’un mouvement de la tête, le quatuor s’était mis en mouvement pour aller retrouver l’autre groupe.
Dès qu’il y avait un groupe de soldats qui avait besoin d’aide, ils perdaient quelques minutes à les épauler. Ils ne pouvaient pas laisser des personnes mourir en faisant comme si de rien n’était, surtout que les soldats et les mages étaient les derniers remparts de la capitale.

« ELEEEEEEEEEEEN ! ELEEEEEEEEEEEEN ! »


Il criait son nom, ne souciant guère si des monstres l’entendaient ou non. Dans un tel cas, il n’aurait qu’à les éliminer. Le plus important était de savoir où elle se trouvait. Bon, Sérest et Séran aussi hein ? Mais eux, ça pouvait atteindre, il ne s’en préoccupait pas tellement. Ils étaient assez grands pour …

« Oh ? Vous êtes donc là ? Je vais vite chercher Séran et Elen. »

Une voix qui provient du ciel ? Sérest les salue d’un mouvement de la main avant de s’éloigner. Au moins, elle semblait être en bon état. C’était peut-être ça le souci ? Il n’avait remarqué aucune blessure sur son corps. Elen et Sérant étaient sûrement dans le même état. C’est vrai que contrairement à l’autre groupe, ils étaient tous les trois des porteurs des lignes légendaires. Mieux encore, deux … étaient des réincarnations ?

Donc bon, à partir de là, il savait qu’il n’avait pas trop à s’en faire mais bon .. en même temps … Pfiou. Heureusement pour lui, Elen se présenta derrière un coin d’un bâtiment, rejointe par Sérest et Séran. En parfaite forme, aucune difficulté, n’est-ce pas ?

« Vous n’avez renconrré aucun monstre ou quoi ? Vous semblez indemnes. »

« On a surtout affronté des monstres que je ne connaissais pas du tout, Tery ! Mais Sérest et Séran étaient là. Je t’avoue que cela m’a surpris mais … ils m’ont protégé facilement. »

« Surpris ? Ce n’est pas comme si nous pouvions te laisser seule et sans défense. »

« Je le sais bien mais bon … autant de protection, je t’avoue que je n’y suis pas habituée. »

« Et pourtant, tu es unique dans le monde, comme nous tous. C’est pourquoi nous devons tous se protéger les uns les autres. »

« Sauf ceux qui veulent nous tuer. Eux, ils peuvent mourir sans vergogne. » corrigea Tery alors qu’Elen quittait le duo pour arriver dans les bras du jeune homme. « Sinon, je pense qu’il faut que l’on se rendre le plus tôt possible à la tour des archimages. Normalement, j’ai déjà deux golems pour les défendre mais ça ne sera pas suffisant. »

« Tes golems sont encore actifs, tu es sûr, Tery ? »

Pas le moins du monde mais il l’espérait vraiment. Retrouver sa famille sans défense, il n’était pas vraiment motivé à ce que ça arrive. Poussant un léger grognement de colère, voilà qu’il se mettait à courir à vive allure pour ne pas retarder plus longtemps les retrouvailles.

« HEY ! Mais il pourrait nous attendre quand même ! Dépêchez-vous de le suivre ! »

Voilà que Manelena venait de leur ordonner d’accompagner Tery. Pas besoin de crier puisque tous comptaient le faire. Néanmoins, le jeune homme avait déjà pris une confortable avance, indéniable et impossible à ignorer.

« Ils sont de plus en plus nombreux ou alors, c’est moi ? »

« C’est le cas, Elen. Il suffit de voir le ciel. Il est couvert par les monstres. »

Manelena lui avait fait cette remarque sans méchanceté, étudiant les cieux. Et en écoutant les grognements et les cris qui provenaient de tout autour d’eux, la situation était de plus en plus préoccupante. Tout cela donnait l’impression que le monde entier se liguait contre la tour es archimages. Que le chaos et la destruction étaient les seules choses qui attendaient Omnosmos. Et pourtant … ils étaient encore tous là, tous réunis.

Et ils savaient tous que Tery ne faisait que lutter pour éviter une nouvelle mort dans leur groupe ou dans les proches de ce dernier. Il arriva jusqu’aux environs de la tour des archimages, remarquant qu’il avait pris beaucoup d’avance par rapport aux autres.

« Aide … Trop nombreux. »

Il sursauta sur le coup. D’où est-ce que cette voix dénuée de sentiment se faisait entendre ? Ce n’était pas une voix masculine, ni une voix féminine. C’était totalement différent de tout ce qu’il avait entendu. Et surtout, cette voix provenait de la tour des archimages.

« Mamie ? Papy ? Non, ce n’est pas eux mais … »

Puis zut ! Les autres iraient le rejoindre plus tard ! Le fait que cette voix ressemblait à un murmure le dérangeait en plus du fait qu’elle avait été pourtant totalement perceptible par lui. Ce n’était pas vraiment dans son crâne et ce n’était pas cette voix horrible.

Devant la tour des archimages, il voyait ses deux golems, entourés par une dizaine de créatures dont l’existence du monde aurait préféré ignorer la leur. Une unique sphère de chair, un œil qui pouvait « glisser » le long de cette dernière … mais surtout une dizaine de tentacules comme base.
Les créatures de cauchemar étaient pourtant bien réelles tandis que le jeune homme remarquait que l’un de ses golems était dans un piteux état. L’autre, celui fait de chair et d’os, issu de la créature ailée qu’il avait tuée quelques temps auparavant, arrivait à tenir bon.

« Maitre est là. Sauver nous. »

AH ! Il se stoppa sur le coup. Il n’avait pas du tout rêvé. Cette voix… provenait du golem plus imposant en terme de stature que l’autre mais surtout … ça provenait d’un golem ? Comme galvanisé par une force inconnue, le jeune homme poussa un cri de rage, trois des créatures sphériques à tentacules se retournant vers lui.

« Lâchez-les ! LÂCHEZ-LES, VOUS AVEZ COMPRIS ?! »

Il pouvait crier, hurler, s’égosiller, il était déjà sur ces créatures. Celles-ci tentèrent de l’attraper avec leurs tentacules, le jeune homme remarquant que chacun produisait de la foudre … Purée ! Il ne pouvait même pas les toucher directement ! L’électricité parcourait leurs corps complètement. C’était peut-être pour ça que les golems imploraient de l’aider !

« Des golems qui réclament de l’aide … mais à quoi est-ce que je pense ? MAIS A QUOI ?! »

Il se rapprocha des deux golems, ces derniers s’avançant vers lui. Celui qui avait déjà perdu des parcelles de son corps le fixa faiblement, affaibli et sur le point de s’écrouler. Tery murmura d’une voix lente :

« Je vais m’occuper de ça. Il faut que tu restes tranquille. »

« Oui, maître. Moi plus bouger. »

On pourrait croire à un être primitif et incapable de communiquer. Enfin, ce n’était pas totalement faux mais voilà que Tery faisait quelques mouvements des mains, des morceaux de pierre et de brique s’élevant au-dessus du sol pour se coller au corps du golem. A peine deux minutes plus tard, voilà qu’il était à nouveau en parfait état.

« Et voilà, tu devrais aller correctement maintenant. C’est mieux, non ? »

« Mieux, maître. Merci, maître. Gentil maître. »

Gentil maître ? Pfiou … Déjà, le statut de maître était embêtant à entendre mais surtout, quant ça provenait d’un être fait de pierre qui ne devrait pas s’exprimer normalement, c’était encore plus surprenant … et aussi un peu effrayant en un sens. Il se tourna vers l’autre golem, créature ailée et osseuse. Même ainsi, il gardait quant même une forme à peu près humanoïde. Moins que l’autre par contre.

« Est-ce que tu as besoin d’aide, toi aussi ? Tu peux me le dire hein ? »

« Tery ? A qui est-ce que tu parles ? » demanda la voix d’Elen alors qu’il se retournait pour faire face au groupe qui venait enfin de le rattraper.

« Oh … Euh … Disons que je me parlais tout seul. »

« Aucune voix bizarre hein ? Je veux dire. Ce n’est pas celle à laquelle je pense ? » reprit la jeune femme aux cheveux blonds dans un délicat sourire tendre et amusé.

« Pas du tout, Elen. Pas le moins du monde si ça peut te rassurer. C’est juste que … »

Non. Il n’avait pas besoin de préciser qu’il arrivait à communiquer avec ses golems. Cela paraîtrait encore plus étrange et bizarre. Enfin, il répondit :

« Rien de bien spécial. Même si je n’ai aucune réponse de mes golems, je leur demandais juste s’ils allaient bien, rien de plus. »

« Et tu pensais vraiment qui’ls allaient communiquer avec toi, Tery ? Hahaha. Mais bon, ce n’est pas si grave ou important, non ? »

« Ca l’est un petit peu quand tu te préoccupes de leur état. L’un d’entre eux était pas vraiment folichon. Désolé pour avoir couru aussi vite. Je pense que nous pouvons rentrer maintenant dans la tour. Par contre, je ne suis pas sûr que ça soit sécurisé. »

Personne n’en était convaincu de toute façon. Tery regarda les deux golems, leur donnant quelques indications pour qu’ils fassent encore leur objectif de protection. Il fixa pendant quelques secondes le golem de pierre et de brique, remarquant que sans faire exprès, il l’avait renforcé encore plus sur de nombreux endroits.

« Nous protéger maître. Lui rien à craindre. »
Il ne pût s’empêcher de sourire avant de rentrer dans la tour, accompagné par le reste du groupe. A l’intérieur, des marques de griffures, brûlures et autres dégâts matériels étaient visibles un peu partout. Quelques fenêtres étaient brisées, des portes défoncées. Ce n’était pas rassurant, pas rassurant du tout.

« On ferait mieux de se dépêcher. Je ne veux pas que ma famille soit plus en danger. Je pensais que ça allait être tranquille ! »

« Même si on dit de se fier toujours à nos premières impressions, ça ne change pas qu’elles peuvent être mauvaises ou trompeuses, Tery. »

« Manelena, je ne crois que la philosophie soit vraiment ce dont j’ai envie de discuter en ce moment même. Je voudrais surtout retrouver ma famille. »

« Je le sais parfaitement mais ça ne doit pas t’empêcher de rester clair dans tes réflexions. Soit ils sont tout en haut, soit ils sont … non, je ne pense pas que ça soit le cas. »

« Tu imagines devant les portes démoniaques ? Si Ernold les a emmenés là-bas, je préviens : grand archimage ou non, je lui ferais passer le goût de recommencer ! »

« Tu me permettras d’observer ça de mes propres yeux, j’espère, Tery. »

« Pas de souci, Manelena. Enfin si … pour le moment, j’en ait un gros et … Hum, séparons-nous, ça sera mieux. Que chacun aille de son côté. Je vais étudier le rez-de-chaussée puis chacun va étudier un étage avant de monter. Hop, hop, hop ! »

La dernière série de phrases qui provenait de la bouche de Tery sonnait faux. Pourtant, aucun ne fit une remarque, Tery partant déjà dans une série de couloirs. Elen regarda Royan et les autres avant de déclarer qu’elle allait s’occuper du premier étage.

« Humpf … Comme ça, Tery ira la récupérer au premier étage. Elle sait se montrer intelligente quand elle le veut. Bon, je vais m’occuper du second. Aucune objection, n’est-ce pas ? » déclara Manelena avant de partir sans même attendre de réponses.

Royan et Elise soupirèrent, déclarant qu’ils allaient rester ensemble par contre car ils étaient moins forts que les autres s’il y avait un problème. Sérest et Séran hochèrent la tête, signalant par là que ça ne les dérangeaient pas le moins du monde.

« Ah … Je vous jure, si tout était bien plus simple, ça serait beaucoup mieux. »

Tery s’immobilisa dans un couloir, restant droit comme un i, les yeux fermés. Il avait murmuré simplement une phrase, la même voix que d’habitude résonnant dans sa tête :

« Tu le savais qu’en venant ici … cela se passerait ainsi … et pourtant, tu l’as fait. Car tu sais que c’est ce que tu désires au plus profond de ton âme. »

Oui, elle était revenue mais cette fois-ci, le jeune homme ne répondit pas. Regardant qu’il n’y avait plus personne au rez-de-chaussée, il se dirigea vers l’entrée menant aux souterrains, dans les escaliers en colimaçon. La porte était fermée mais non pas à clef. De l’autre côté, plusieurs cadavres de mages étaient déjà présents.

« Quelqu’un est déjà en bas … et ce n’est pas amical. »

Ou du moins, pas amical envers les mages. Des créatures ? Il n’en savait trop rien. La voix continuait de lui parler dans le crâne mais il semblait comme l’ignorer. Comme si tout autour de lui était inexistant. Peu à peu, ses bruits de pas se faisaient entendre alors qu’il descendait les escaliers. Peu à peu, l’atmosphère démoniaque se faisait étouffante.

« Tu n’oses plus parler ? Comment cela se fait-il ? Peut-être as-tu enfin décidé d’abandonner la bataille contre ta race ? »

« Je … peux t’entendre. Je n’ai juste aucune raison de te répondre. Ne me dérange pas. Je vais empêcher l’ouverture … des portes démoniaques. »

La voix émit un rire tonitruant, comme si cette idée était tout simplement ridicule à entendre de la part du jeune homme. Celui-ci avait ses yeux complètement rouges, des cornes sur le crâne et se déplaçait avec lenteur, comme un golem.

« Fais donc … Fais donc … Empêche cette ouverture, je n’attends que cela. »

Chapitre 115 : Quant la mythologie s’abat

ShiroiRyu
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Chapitre 115 : Quant la mythologie s’abat

« Qu’est-ce que ça … veut dire ? BON J’EN AI MARRE ! »

Cela faisait la troisième créature qu’il affrontait. Il n’en avait jamais rencontré de telle. Cela ressemblait à des oiseaux gigantesque et quadrupèdes, comme avec un corps de lion et de ailes colossales. Mais surtout ? C’était leur puissance ! Elle était effarante et effrayante !

« D’où est-ce qu’elles viennent ces sales bêtes ? »

« On en a aucune idée mais les sorciers nous ont dit qu’il s’agissait de créatures anciennes et très rares ! Pourquoi est-ce qu’elles nous attaquent ? »

« De toute façon, je vais pas me priver, vais leur régler leur compte ! »

Une main posée sur le sol, faisant attention à ne pas blesser sa mère, il fait apparaître un golem d’une taille humaine mais dont l’épaisseur devait au moins faire le triple d’un humain normal. Tery poussa un soupir devant le regard ébahi des soldats :

« Ne vous en faites pas, il est plutôt très costaud. On ne devrait rien avoir à craindre de ce côté. Nous pouvons y aller normalement. »

« Euh … d’accord … mais c’est impressionnant. Même ici, dans Omnosmos, c’est rare que l’on voit des golems aussi réussis. Pourtant, je pensais que dès que l’on possédait un livre, cela serait très simple de créer son propre golem. »

« Si seulement ça se passait ainsi mais non … c’est peut-être la seule chose magique que j’arrive à créer à peu près proprement. »

Ce n’était même pas pour se vanter ou autre, c’était la seule chose où il avait à peu près confiance dans ses capacités. Heureusement pour lui, le golem commença à faire son office, frappant violemment les créatures ailées qui tentaient de se diriger vers la tour des archimages. Tery regarda tout ça d’un air intrigué avant de dire :

« Je ne sais pas si la tour des archimages est vraiment une bonne idée maintenant. »

« Nous serons à l’abri là-bas, Tery. Il n’y a pas n’importe qui. Tu n’arrives pas à voir à distance ? Les mages protègent parfaitement la tour. »

C’est vrai. Maintenant que sa grand-mère le lui disait, il remarquait parfaitement que tout ce qui tentait de se rapprocher de la tour était subitement grillé, foudroyé, percé par des pieux de glace et autres sorts d’une cruelle efficacité. Impressionnant était bien le premier mot qui lui venait à l’esprit.

« Bon … J’ai peut-être exagéré un peu en m’inquiétant pour tout ça. Ils semblent avoir les moyens de se défendre. Je laisserai juste un ou deux golems devant l’entrée pour être sûr que vous soyez vraiment en sécurité. »

« Cela ne risque t-il pas de trop t’épuiser, Tery ? » lui demanda sa mère. Il hocha la tête négativement : comme il voulait la rassurer, autant mentir un petit peu non ?

« Ca ne me fait plus rien à force d’en invoquer. »

« Euh … Vous dites que vous arrivez à en créer plusieurs ? C’est vrai ? Lorsque je voyais un mage en invoquer un, il semblait sur le point de s’évanouir. »

« Comme je vous l’ai déjà dit, la force de l’habitude fait que ça ne m’affecte pas vraiment dans le fond. Vous n’avez pas à craindre pour ma santé ou autre, hein ? »

« D’accord, d’accord. Je vous crois. » répondit le soldat plutôt impressionné par Tery. Celui-ci posa une main contre un mur avoisinant. Ce fut le même membre mais fait de briques et de la taille d’un être humain qui sortit du mur, coinçant l’une de ces créatures ailées dans sa paume … avant de la broyer entre comme si de rien n’était.

« Hum … Vraiment horrible, Tery. Tu pourrais faire cela avec un peu plus de délicatesse. »

« Désolé, grand-mère … mais vu la situation, tu comprends que tout ça, je ne peux pas vraiment me le permettre, n’est-ce pas ? »

« Humpf … Pour cette fois, j’imagine que je peux bien te pardonner, Tery. Mais uniquement pour cette fois, il ne faudrait pas que tu commences à en profiter, hum ? »

« Je ne suis pas comme ça … Mais merci beaucoup pour cela, mamie. Je peux aussi être pardonné pour t’avoir appelé ainsi ? » dit-il en lui souriant doucement.

« Ne profite pas de ma gentillesse, jeune homme. Nous y sommes bientôt. »

Maintenant qu’il avait montré ses capacités, les soldats étaient plus rassurés. Finalement, la tour des archimages était à leur portée, Tery finissant par déposer sa mère sur le sol. Elle commença à se mouvoir comme si de rien n’était, ssous le regard étonné du jeune homme.

« Je t’avais pourtant dit que je n’étais pas dans un état aussi grave … mais comme d’habitude, tu n’écoutes que ce que tu as envie d’écouter, Tery. »

« Euh … pas à ce point quand même, maman. Faut pas pousser … bon. On va chercher le grand archimage et les autres et vous resterez à ses côtés ? »

« Je pense que c’est le plus raisonnable à faire dans ce cas précis. »

Bon, ses grands-parents sont d’accord, sa mère aussi. Il regarde les deux soldats puis son golem. Il finit par regarder le cadavre criblés de pointes de glace avant de sourire. Bon … Puisqu’il fallait faire ça … Il s’approcha de celui-ci, se concentrant longuement avant qu’un être difforme fait de chair sanguinolente et avec des ailes déchiquetées n’apparaisse là où se trouvait le cadavre auparavant.

« Voilà … J’imagine que c’est parfait, n’est-ce pas ? »

« Mon petit-fils … adoré … qu’est-ce que c’est que cette chose ? »

« Papy ? C’est un golem de sang … Effroyable mais très puissant. Je suis rassuré. »

Rassuré par rapport à quoi ? Et eux pouvaient-ils réellement l’être ? Pourtant, le jeune homme était finalement parti alors qu’à côté d’eux, les deux golems se regardaient avant de prendre position devant l’entrée de la tour des archimages.

« Je ne sais pas … vraiment ce dont il est capable mais … est-ce normal ? »

« Pas vraiment, ma fille. » murmura Périk. Le vieil homme semblait comme songeur, pensant à tout ce qui s’était produit en si peu de temps. « Néanmoins, nous ne pouvons que lui faire confiance, n’est-ce pas ? Il est très doué pour les golems. Allons retrouver Ernold. »

Les cinq personnes se dirigèrent vers l’intérieur de la tour des archimages, laissant là leur question concernant Tery pour le moment. Celui-ci était maintenant reparti au combat, cherchant où se trouvait son groupe.

« Normalement, ils se sont séparés en deux groupes … Normalement. »

Maintenant, dans quel groupe doit-il aller ? Quel groupe rejoindre ? Celui de Manelena ou Elen ? S’il se décidait pour l’un ou pour l’autre, ne faisait-il pas alors un choix définitif ? Non, qu’est-ce qu’il pensait comme idiotie ? Vraiment … c’était stupide.

« Je ferais mieux de les retrouvr. Elen est avec Sérest et Séran. Ils sont largement capables de se défendre eux-mêmes. Par contre … »

Manelena était avec Royan et Elise. Malgré qu’Elise et Manelena avaient son côté démoniaque pour l’une, son expérience pour l’autre, il n’était pas vraiment rassuré. BON ! Direction le groupe de Manelena ! Alors … par rapport à la tour des archimages, où est-ce qu’ils étaient ? Difficile de savoir.
Il commença à faire apparaître des mains de pierre dans un mur, se servant d’elles pour finir par arriver sur un toit. Aussitôt, des flammes cherchèrent à le calciner. Plusieurs aboiements et voilà que de véritables molosses au poil enflammé se présentaient sur les toits. Il … Cela faisait très longtemps non ? Ils n’étaient pas originaires de Shunter normalement ?

« Qu’est-ce que ces fichus chiens font ici ? Vous venez aussi pour mourir ? »

Non, il devait se calmer. S’emporter contre des créatures qui n’avaient encore rien fait pour mériter ça … surtout une utilisation de ses pouvoirs démoniaques … Il valait mieux qu’il se contrôle et fasse un effort pour éviter de se faire surprendre.

« Je vous donne une chance de reculer pour ne pas mourir. Vous voulez la prendre ? »

Comme seule réponse, un aboiement strident, signe qu’ils ne comptaient pas se laisser faire. Est-ce qu’ils ne saisissaient pas que cela allait les emmener à une mort rapide et douloureuse ? Vraiment ?
Il esquiva les nouvelles flammes qui arrivaient vers lui, ses cornes poussant sur son crâne au même instant où des mâchoires claquèrent à quelques centimètres de son corps. L’une de ses griffes se planta dans la gorge d’un chien avant de le soulever au-dessus du sol pour le projeter sur l’un de ses compères. VOILA ! Qu’ils comprennent ces sales cabots !

Mais c’était étrange, tellement étrange. Il n’y avait pas qu’eux dans les environs. Ils étaient nombreux, beaucoup plus nombreux … beaucoup trop nombreux. Et ils ne semblaient pas vouloir s’en prendre aux citoyens qui tentaient de fuir. Ils attaquaient uniquement si on les attaquait et si on les empêchait de rentrer dans la tour des archimages.

« Qu’est-ce que ces créatures ont en tête ? »

Car oui, malgré qu’elles n’étaient normalement pas dotées d’une très grande intelligence, ces créatures pouvaient travailler en équipe et pour meute. Elles avaient sûrement ressenti quelque chose mais il ne voyait pas quoi ? Ou alors …

« A force de vouloir ignorer jusqu’à mon existence même, tu te fais souffrir. Et maintenant, voyons voir comment tu vas réagir, n’est-ce pas ? »

Que … SON CRÂNE ! Il avait l’impression qu’il allait exploser ! Le jeune homme poussa un cri avant de s’écrouler à genoux, un chien passant juste au-dessus de lui avant de glapir. Rapidement, les autres chiens reculèrent, se regardant pendant quelques secondes. Quelques courageux tentèrent d’ouvrirent la bouche pour cracher des flammes mais rien ne sortait de leurs gueules, signe qu’ils n’osaient pas l’attaquer.

« Ah … Ah … Ah … La tour … C’est la tour ! La porte ! Les animaux veulent … la porte ! »

Mais qu’est-ce qu’ils voulaient faire par rapport à celle-ci ? Empêcher son ouverture ? Aider celle-ci ? Normalement, elle ne pouvait pas s’ouvrir ! Il savait depuis le début que ce n’était pas possible alors pourquoi maintenant ? Enfin non … Cela pouvait s’ouvrir ! Ils avaient tout ce qu’il fallait pour ça ! Il en était convaincu. Pourquoi est-ce que toutes ses pensées se mélangeaient dans sa tête ? Pourquoi ça ?

Est-ce qu’il était possible d’ouvrir la porte ? De ne pas l’ouvrir ? Est-ce qu’ils devaient l’ouvrir ? Ou non ? Est-ce que c’était leur but depuis le début ? Tous devaient le savoir au fond d’eux : ils avaient combattu les créatures légendaires pour permettre l’ouverture vers ces êtres démoniaques. Il ne devait pas se bercer d’illusions.

« Tu comprends enfin que tout est perdu, n’est-ce pas ? Que tu ne peux pas lutter contre cela. Qu’il est impossible pour eux de nous empêcher de sortir. »

« Tu peux continuer à parler dans ma tête, ça ne changera rien. Je ne me laisserais pas faire et je ne laisserai pas se faire. »

« Et comment comptes-tu y arriver ? Tu es incapable de lutter, tu le sais parfaitement. »

Ils allaient voir ça mais pour le moment … MANELENA ! Vu que les chiens s’étaient enfuis, il pouvait repartir à sa recherche. Mais … il y avait tellement de créatures différente. Il apercevait même des sorte des poulets géants avec une queue de serpent … sauf que la tête du serpent était bien au bout !

Et ranges, il n’y avait que des créatures de plus en plus étranges et saugrenues ! Qu’est-ce qu’il allait pouvoir faire contre ça ? Il n’avait aucun moyen et aucun pouvoir pour y arriver malheureusement ! Enfin … Non, il ne fallait pas trop se poser de questions. Pas le moment.

Manelena … Il arrivait à ressentir sa présence. Il ne savait pas comment c’était possible mais il savait qu’elle n’était pas loin du tout. Il allait pouvoir l’aider ainsi que les autres. VITE ! Il allait accélérer ! Sans crier gare, voilà qu’il venait planter une griffe dans la gorge de l’un de ces poulets géants, le tuant sur le coup.
Mais ce fût lui qui eut une mauvaise surprise lorsque le corps de la créature continua de se mouvoir pour se retourner, la tête de serpent tentant de planter ses crocs dans sa chair. BON SANG ! C’était quoi ça ?! Depuis quand une créature sans-tête était capable de se mouvoir ? C’était quoi cette blague ? Ça voulait le terroriser ou quoi ?


C’était tout simplement affreux mais bon il ne perdit pas plus de temps avec cette monstruosité, faisant claquer ses griffes l’une contre l’autre. Deux murs de pierre sortirent du sol, venant s’écraser l’un contre l’autre sur la partie de serpent de ce monstre, l’écrabouillant entre avec facilité. Finalement, le reste du corps tomba au sol, sans vie.

« Y en a combien comme ça ? »

Il tentait de reprendre son souffle mais celui-ci commençait à lui manquer. Une main sur le coeur, il s’était mis à courir avec férocité et ardeur, entendant des éclats de combat dans les environs. Il y avait des personnes qui livraient bataille ! Ce n’était pas une question de savoir si c’était contre des créatures ou entre elles mais surtout de savoir de qui il s’agissait. A son grand désespoir, il s’agissait simplement de soldats, l’un d’entre eux se retrouvant pétrifié après la morsure de la queue de serpent de ce poulet géant. Trop tard pour le soldat mais non pas pour les autres. Il cria :

« FAITES ATTENTION ! Sa véritable tête est celle du serpent ! Tuez-la et vous tuerez la bête ! Je viens vous aider ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Voilà qu’il se lance à la rescousses des soldat, la créature se tournant aussitôt vers lui. L’appréhension des hommes et des femmes chargés de défendre Omnomos était normale. Comment pouvait-on faire confiance à un être qui avait des cornes de démon sur le sommet du crâne et des yeux rouges sang ?
Néanmoins, le jeune homme se concentra plutôt sur son objectif, éliminer une nouvelle fois ce genre de bêtes. Il mettait du temps … trop de temps pour retrouver Manelena mais il ne pouvait pas laisser des personnes sans défense ! Pourquoi est-ce qu’il … enfin non !

« Et pourquoi pas ? Ce sont des êtres chétifs et faibles. »

« Car ce n’est pas parce que j’ai la force que je dois en abuser sur plus faible que moi. »

« Quelle notion absurde ! C’est ce genre de pensées qui emmène à la mort des démons ! Heureusement, quand tu reviendras parmi nous, tu comprendras. »

« Je ne compte pas revenir … et tu le sais très bien. J’ai déjà pris ma décision depuis longtemps, très longtemps. Tu ne peux pas m’en empêcher. »

« Hum ? Cette décision comme celle qui concerne cette jeune femme au sang royal, n’est-ce pas ? Tu ne peux rien me cacher, mon fils. Rien du tout. »

« Je ne serais jamais le fils d’une voix dans ma tête ! »

« Euh … Vous allez bien ? A qui est-ce que vous parlez ? » demanda l’un des soldats tout en regardant le jeune homme avec appréhension.
Celui-ci remarqua qu’il tenait encore son arme en main, peu rassuré de le voir. Où était la créature ? Ah ! Elle était morte ? Il s’en était occupé comme ça ? Sans même s’en rendre compte ? Quelle folie. Quelle folie ! Ah … Enfin bon …

« Oui, je vais bien mais je vais devoir aller rejoindre d’autres groupes. Faites attention à vous, c’est tout ce que je vous demande, d’accord ? »

« Euh oui, bien entendu mais vous … êtes de quel côté ? »

« De celui que je protège, bien entendu. A vous de voir de qui je parle. » répondit le jeune homme dans un petit sourire qui se voulait rassurant.

Il ne savait pas s’il avait réussi à convaincre les soldats et il ne chercha pas à en savoir plus. Voilà qu’il recommençait à courir à vive allure, continuant son chemin. Il ne devait pas aider tout le monde et cette voix … était de plus en plus ancrée dans son crâne.

« Tu voudrais te débarrasser de moi … mais pourquoi pas plutôt du superflu. Tu n’as pas faim ? Une faim tenace, qui te dévore de l’intérieur. Tu as faim … tellement faim … Tu ne devrais pas retenir ton corps et tes désirs, Tery. »

« Faut vraiment que tu arrêtes de raconter n’importe quoi. Je n’ai aucun désir de la sorte et je sais de quoi tu parles. Je n’irai pas dévorer des êtres vivants ! »

« Pourtant, c’est ce que ton corps te réclame. Pourquoi lutter contre la nature ? Contre TA nature ? Celle d’un démon sanguinaire. »

« MAIS TU VAS LA FERMER UN PEU ?! » hurla le jeune homme aux cheveux bruns avant de frapper contre un pilier de pierre, le détruisant sur le coup.

Qu’il le lâchait ! C’était pourtant pas compliqué à demander non ? Il voulait juste être tranquille et ne plus avoir d’emmerdes ! MANELENA ! Où était Manelena ? La voir allait très vite le calmer, il le ressentait !

« Manelena, j’arrive pour toi … Attends moi ! »

« Cette femme si particulière … pourrait nous être très utile. Tu peux sûrement la convaincre de te suivre. Sous ses allures, elle reste une femme profondément attachée à ta personne, n’est-ce pas ? Tu l’as aussi remarqué. Tes doutes se sont évaporés dans cette bibliothèque. Ce moment où vos lèvres se sont scellées les unes sur les autres. »

« Mais tu peux vraiment pas te taire hein ? Ce qui s’est passé entre moi et Manelena, en plus que ça soit privé, c’est … »

« Ce que tu désirais dans le fond. Tu es las de cette femme nommée Elen. Et pire encore… »

« Je vais éviter de t’écouter pour le moment, ça vaut mieux. »

Surtout qu’il était maintenant près de ce qui semblait être trois personnes qui combattaient contre d’imposantes créatures. Surtout, il ressentait une énergie démoniaque non-loin de lui. Ce qui voulait dire qu’il … y avait Elise !

« HEHO ! MANELENA ! ROYAN ! ELISE ! J’ARRIVE ! TENEZ BON ! »

Elise se retourna en l’entendant, faisant un grand sourire pour montrer que maintenant, elle était plus que rassurée par la suite des évènements. Tant mieux car c’était ce que comptait faire Tery ! Manelena et Royan par contre … ils ne se retournaient pas.

« Mademoiselle Elise ! Concentrez-vous, je vous pries ! »

Elle sursauta sur le moment avant de bafouiller quelques excuses. A cette distance, Tery ne pouvait pas les entendre mais il savait qu’il en rigolerait si c’était possible. Après un dernier élan, Tery se plaça à côté de Manelena, lui disant :

« J’ai fait le plus vite possible mais … certains monstres s’en sont pris à moi, désolé. »

« Si tu as le temps de t’excuser, utilises-le plutôt pour nous aider ! »

« Est-ce que ces monstres vous attaquent ou non ? Je veux dire … Est-ce qu’ils ont essayé de foncer vers vous ? Ou alors, il n’y avait rien du tout ? »

« Comment ça ? Ils cherchent à se rendre à la tour des archimages. Si on en laisse passer un, il continue son chemin mais si on se place devant eux, ils nous attaquent. Pourquoi ? »

« Car ils n’hésitaient pas à m’attaquer de mon côté. Je crois qu’ils sont attiré par les portes démoniaques. Je suis … vraiment désolé, Manelena. »

« Si tu es si désolé que ça, aides-nous à résoudre ce foutoir une bonne fois pour toutes ! »

« Oui, oui … Enfin, Manelena, toi et moi, il … »

« APRES ! TERY ! JE SAIS DE QUOI TU VEUX PARLER MAIS APRES ! »

Ce n’était pas un cri de colère ou de rage. Elle n’était pas vraiment énervée ou agacée par le jeune homme, c’était autre chose. Comme il était à côté d’elle, il remarquait qu’elle semblait un peu perturbée. Était-ce à cause de tout ça ?

« Pardon Manelena, ce n’était peut-être pas le moment. »

« Non, moi, je suis certaine que ça ne l’est pas. Viens plutôt m’aider et ensuite, toi et moi … »

Ensuite, elle et lui … ? Enfin, il n’aura pas la suite de la phrase pour le moment. Ils sont chargés de stopper ces monstres mais à vue de nez, cela semble irréalisable. La raison ? C’est qu’au loin, de nouvelles troupes arrivent. Ils veulent vraiment détruire la tour, n’est-ce pas ? Et empêcher l’ouverture des portes démoniaques. Pourtant … Que doit-il faire ?

Chapitre 114 : L’assaut de la capitale

ShiroiRyu
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Chapitre 114 : L’assaut de la capitale

« C’est étrange … »

Il s’était relevé en pleine nuit. Endormie à côté de lui, Elen était là, paisible et heureuse tandis qu’il se levait, un simple pantalon de toile pour cacher sa nudité. Pourquoi avait-il dit cela ? Car malgré tout ce qui venait de se passer, il n’était pas rassuré, loin de là.

« Quelque chose se prépare … mais quoi ? »

Et cette voix dans sa tête ? Là, elle était tranquille. Ca aussi, c’était franchement bizarre mais il ne chercha pas à tout relever. Se rapprochant de l’imposante fenêtre d’où il était possible de voir les rayons de lune, il prit une profonde respiration. C’était si beau … Malgré qu’il s’agissait de la capitale du monde, Omnosmos n’avait rien qui cachait cette vision.

« C’est si beau. Mais j’ai l’impression qu’il y a des nuages au loin. »

Mauvaise impression ? Il n’en savait trop rien. Il entendit un petit marmonnement de la part d’Elen, celle-ci gesticulant dans le lit avant de murmurer :

« Tery … Tu reviens quand ? Il fait froid, tu sais. Tu devrais … être là. »

« Et non toi, tu t’en rappelles ? Ma grand-mère nous a mis dans des chambres séparées car bon, à notre âge, on a encore besoin de quelques notions de politesse et de conduite. Je crois que tu en as sûrement transgressées une bonne dizaine en agissant de la sorte. »

« Ca ne fait rien, je peux en transgresser dix de plus si nécessaire … si tu reviens vite. »
Elle n’avait pas l’air de comprendre la dangerosité de la situation. On parlait de sa grand-mère, pas de n’importe qui. Jésiana pouvait être très effrayante. Mais voilà, il aimait jouer dangereusement. Il retourna dans le lit, embrassant Elen tout en se plaçant au-dessus d’elle. Son seul habit fut rapidement retiré avant qu’ils ne finissent pas retrouver le sommeil quelques minutes plus tard après l’effort.

Le lendemain matin, une servante vint dans la pièce pour le réveiller, poussant une petite exclamation de surprise en voyant la jeune femme aux cheveux blonds avec lui. Rougissante, elle balbutia quelques excuses avant de dire :

« Par … Pardonnez-moi de vous déranger mais … le petit-déjeuner est servi. Je vais prévenir madame que vous aurez un peu de retard tous les deux. »

« Euh … Précisez juste pour moi, je vous prie. Je crois que si grand-mère apprend la petite escapade d’Elen, elle risque de ne pas apprécier. »

« Co… Comme vous le désirez, messire. Je ferais selon vos consignes. Pardonnez-moi. »

Et voilà qu’elle s’échappait. Il la regarda partir, un peu intrigué avant de voir que la couverture était descendue plus que nécessaire. Ah … Euh … Ce n’était pas prévu ça. Il eut quelques petits rougeurs avant de secouer doucement Elen pour la réveiller. Il était temps qu’elle ouvre les yeux, non ? On les attendait.

« Vous en avez mis du temps … tous les deux. »

« Pardonnez-moi, grand-mère. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas dormi dans un endroit aussi bon. Peut-être était-ce même la première fois. »

« Et j’imagine que dans le cas d’Elen, il s’agit de la même explication, non ? Il est toujours plus difficile de se lever à deux que tout seul. »

Ah … Euh … D’accord. Elle avait tout de suite compris visiblement. Ca ne servait à rien de tourner autour du pot. Tery vient s’asseoir là où on lui indiqua une chaise, Elen étant bien éloignée de lui. Oh … et la grand-mère maternelle avait visiblement pris ses précautions.

« Désolée, Tery, mais ici, c’est comme cela que ça marche. Quelques règles sont établies et il va falloir que tu commences à t’y adapter. »

« Ce n’est pas bien grave, maman. Je ferais de mon mieux. Et toi ? Comment est-ce que tu vas ? Ça fait moins mal qu’hier, j’espère ! »

« Bien entendu que ça ne fait pas autant qu’hier mais cela me fait plus souffrir que demain. Que comptez-vous faire aujourd’hui ? »

« Je ne sais pas trop. Vagabonder dans la bibliothèque. A voir si cela dérange les autres. La ville est moins animée qu’auparavant, malheureusement. J’espère que tout ça va bientôt s’arrêter. Ah … Enfin bon, ça ne sert à rien de s’en vouloir. »

« Ce n’est pas comme si tu étais responsable de tout cela, Tery. » corrigea Elise qui était quant à elle, assise à côté de Royan.

« Je le sais bien mais bon … alors, qu’est-ce que vous en dites ? Une journée dans la meilleure bibliothèque au monde, ça ne vous tente pas ? »

« Bah … Pourquoi pas ? Cela me rappellera les journées où nous nous renseignions sur les créatures légendaires. » déclara Manelena sans hausser les épaules. Etant à table, le comportement était primordial comme la bonne conduite.

« Alors, c’est décidé. Si vraiment on veut prendre un peu l’air, on le fera et … »

« Tery, tu n’oublierais pas de nous demander la permission par hasard ? » questionna la grand-mère alors que Périk répondit aussitôt :

« Roh, ne lui fais donc pas peur de la sorte. Ils peuvent venir tant qu’ils ne saccagent pas. De toute façon, si cela devait être le cas, j’imagine que Tery serait prêt aux conséquences. »

« Euh … Ca dépend des conséquences car ce n’est pas rassurant quand tu parles comme ça, papy. Tu voudrais pas dire cela d’une autre façon ? »

« Non non, je me suis très bien exprimé … Tery. »

« Ah bon … Euh … D’accord. Vous autres ? Aucun problème avec cette journée ? »

Tous acquiescèrent d’un mouvement de la tête, le repas se continuant bien plus tranquillement au soulagement de Tery. Lorsque celui-ci retrouva la bibliothèque, il semblait comme émerveillé. Heureusement, il avait ramené sa mère aussi pour qu’elle ne s’ennuie pas dans sa chambre. Malgré tout ce qu’elle avait dit, il était toujours là, l’aidant à marcher.

« Dis-moi, mon fils, tu n’aurais rien à te faire pardonner par hasard ? »

« A part le fait que je n’ai pas été assez souvent là depuis mon départ alors que tu en avais grandement besoin ? Je dirais que non. C’est un peu comme ta perte de poids. »

« Cela commence à dater, Tery. Et ne t’avise plus de continuer à parler de ce sujet sinon, je risque d’être vraiment en colère, compris ? »

« Le message est très bien passé, maman. Mais je t’aime. »

Il l’embrassa sur la joue avec tendresse. Il n’était pas vraiment un habitué des marques de tendresse, surtout envers sa mère mais il avait cette douleur au coeur. Une inquiétude grandissante qui émanait de lui. Il avait le sentiment qu’il risquait de la perdre à tout moment mais pas uniquement elle. Il y avait aussi Elen, Manelena et les autres.

« Bon, passons alors une bonne journée dans cet endroit. Chacun se sépare dans son coin. On discutera ensemble au repas de ce que nous avons lu. »

« Voilà donc qu’il se prend pour un intellectuel. Oh Alzar et Zélisia réunis, veuillez pardonner ce que je vois de mes propres yeux. »

« Manelena, prier les dieux ne changera rien en la situation. Tu es comme les autres : de corvée de lecture. Si la lecture en était une, bien entendu. »

Pff. Ah … Elle leva les cieux, étudiant le plafond pendant quelques secondes avant de s’éloigner. Le jeune homme la regarda partir, se tournant vers les autres avant de taper dans ses mains. Tout de suite, lui, il était parti vers un coin bien spécial. Celui des herbes mais aussi des soins que l’on pourrait appliquer aux personnes âgées. Non pas qu’il insinuait que sa mère était vieille … mais si la magie soignait les blessures et encore, pas tout le temps, elle ne soignait pas la fatigue.
S’il pouvait trouver un moyen d’alléger la peine de sa mère, il en serait tellement ravi. Mais bon, il remarquait qu’Elen le suivait un peu avant de partir dan son coin. Elle avait finit par comprendre qu’elle ne pouvait pas toujours rester collée à lui hein ? Ah … Enfin bon … Voilà qu’il avait trouvé deux, trois livres pour s’occuper l’esprit.

Ah … Enfin bon, ce n’était pas un souci. Il s’était trouvé un petit coin reculé et isolé des autres. Il y avait un minuscule bureau au fond d’une allée. Bien sûr, le bureau n’était pas tourné de telle façon que le lecteur serait de dos par rapport à l’entrée de l’allée.

« Il ne manque plus qu’à manger et à boire … mais bon, il vaut mieux pas que je ne dise ça à madame Jé… euh mamie. Elle risquerait de me filer une claque derrière le crâne. »

Ah … Rien que le fait de l’appeler mamie suffisait à lui emmener le sourire aux lèvres.

Deux bonnes heures défilèrent mais c’est à peine s’il l’avait remarqué. Le plaisir de lire était tel qu’il semblait avoir presque ignoré que le temps s’écoulait. Ce fut lorsqu’il entendit une voix féminine lui dire « Tu étais donc là, Tery … … … Vanian. » qu’il releva le visage pour voir Manelena. Il cligna des yeux avant de dire :

« Euh … Oui. Manelena ? Tu as fini de lire ? Tu es déjà ennuyée ? »

« Pas vraiment, je te cherchais, Tery. »

Cette fois-ci, elle n’avait pas rajouté son nom de famille. Il continua de la fixer, remarquant qu’elle s’était penchée un peu en avant. Il était vrai que la petite table personnelle était entre eux deux mais … euh … depuis quand … enfin, les yeux de Tery descendirent un peu, remarquant quelque chose qu’il ignorait pourtant la majorité du temps.

« Qu’est-ce que je peux faire pour toi, Manelena ? »

« Cela dépendra de ce que tu veux faire pour moi, Tery. »

Elle ne bougeait pas de cette position ? Vraiment ? Il continuait de la regarder, ayant du mal à détacher ses yeux de ce qu’elle lui offrait. C’était tellement rare, presque unique … et il remarquait tous les charmes qu’elle possédait quand elle s’y mettait. Mais … pourquoi ? Pourquoi faire ça maintenant ? Qu’est-ce qui lui prenait ?

« Tu … peux mieux m’expliquer, Manelena ? Car je ne vois pas vraiment où tu veux en venir, je dois l’avouer. Qu’est-ce qui … »

« Est-ce que tu peux venir m’aider pour un livre ? Il se trouve dans cette section. »

L’aider pour un livre ? Elle s’était remise correctement debout alors qu’il clignait des yeux. Voilà qu’il se relevait de sa chaise, Manelena lui désignant la rangée de livres en face d’elle. Il demanda d’une voix lente :

« Alors bon, qu’est-ce que tu recherches, Manelena ? Tu sais, vu que je suis très petit, je ne risque pas d’atteindre les plus hautes rangées. »

« Ce n’est pas ça. Rah … Est-ce que tu peux me trouver le livre sur les différents types de végétaux qui laissent des démangeaisons aux lèvres dans Shunter. Je crois que cela portait le nom de : « Ouille, ça piquouille ! »

« … … … Ca existe vraiment un livre avec un tel nom ? » questionna le jeune homme en levant un sourcil avant de se rapprocher d’elle. Il voyait qu’elle était en train de regarder dans les différentes sections devant elle, Tery se plaçant dans son dos avant se mettre à rechercher de son côté. Alors … Ouille, ça piqouille ?

« Ca existe. Je ne te dirais pas ce nom si ça n’existait pas, Tery. Tu penses que j’ai envie de te faire perdre ton temps ? Vraiment ? Hum … Désolée, ce n’est pas voulu que je te parle ainsi, Tery. Est-ce que tu trouves ? »

« J’ai du mal mais nous sommes dans la bonne section, Manelena. »

En plus de ça, le rayon où il était se concentrait justement sur les herbes issues de Shunter. C’était un bienheureux hasard que voilà. Bon, encore quelques secondes de recherche et voilà qu’il avait le livre.

« Manelena, c’est bon, je l’ai … »

Il s’était retourné au même moment où Manelena se retrouvait en face de lui. Proche, très proche. Son visage était trop proche du sien. Son visage était imperturbable, neutre, dénué d’émotion. Et pourtant, en un seul bref instant, il cru remarquer quelques rougeurs sur ses joues … puis le visage termina de s’avancer. Le livre qu’il tenait dans sa main tomba au sol sur le moment alors qu’il déglutissait.
Lorsqu’elle s’éloigna de quelques centimètres, il avait l’impression qu’il venait de rêver. Manelena posa un doigt sur ses lèvres, comme pour les essuyer. Elle le fixa pendant quelques secondes avant de murmurer :

« C’est donc ainsi que ça se passe. Oui … Ce n’est pas déplaisant. »

« Mane … » commença t-il à dire avant d’avoir à nouveau les lèvres scellées.

Ce n’était pas une erreur ce qui s’était produit. Elle venait de confirmer ce qui se déroulait entre eux deux. Est-ce qu’il … devait la stopper ? Elen. Il y avait Elen dans sa vie. Il y avait cette femme aux cheveux blonds … mais une autre personne s’était forgée une place aussi importante qu’Elen. Une personne dont il n’avait jamais espéré que cela se produise.

« Bon, ce n’est pas tout ça mais ce qui est fait est fait. Je ne pensais pas que cela me provoquerait une telle émotion. » dit la femme aux cheveux argentés avant de reculer.

« Manelena, mais tu … Enfin … »

« Ah … C’est donc ça en fin de compte. Vraiment … On en fait tout un foin. A en croire les soldats et autrui, ils s’imaginaient cinquante mille choses. »

« Manelena, j’ai vraiment besoin de … »

« Bon, ce n’est pas tout ça mais je dois retourner à mes livres, Tery. Tu seras bien gentil de ranger celui que tu as en main, s’il te plaît ? Je n’en ait plus besoin. »

« Manelena, mais attends un petit peu, est-ce que c’était ta … »

« Tu n’es pas obligé de le dire à voix haute ! Je n’ai pas la tête à de telles futilités, compris ? Alors, tu arrêtes d’avoir des pensées absurdes sur de tels détails, d’accord ? »

« Euh, d’accord, je n’ai rien dit, rien du tout, oui. Rien de rien … »

Mais c’était pas lui le fautif dans cette affaire ! Il regarda Manelena partir, presque guillerette. Rien à voir avec l’habituelle femme réservée et sérieuse qu’il connaissait.

« Qu’est-ce que … je dois faire moi, maintenant ? J’en sais rien. »

Comment faire dans une telle situation ? En parler à Elen, c’était hors de question. En même temps, ne rien lui révéler reviendrait à dire qu’il avait quelque chose à cacher. Sauf que oui, il avait quelque chose à cacher ! Et pas rien ! Ce n’était pas une petite chose.

« Ah … Dans quelle situation je me suis fourré, moi ? »

Impossible de trouver une réponse sur le moment. Il se toucha les lèvres, une forte rougeur envahissant son visage comme un gamin pris en faute. Il déglutit en baissant les yeux, se marmonnant pour lui-même comme depuis déjà quelques minutes :

« Je ne suis pas vraiment fautif hein ? Ce n’est pas comme si je l’avais forcée. »
MAIS QU’EST-CE QUI LUI PRENAIT ?! Il n’était pas responsable de tout ça ! Pas du tout ! Mais ça ne voulait pas dire qu’il n’était pas fautif ! Il … Il n’avait pas repoussé Manelena. Il avait même apprécié ça. Manelena … C’était si différent d’avec Elen. C’était vraiment autre chose. Il y avait un peu de force dans le geste mais aussi de l’inexpérience, comm lui à ses débuts. Manelena n’y connaissait rien.
Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que ça se passait maintenant et pas auparavant ? Il n’arrivait pas à comprendre, il n’arrivait pas à savoir ce qu’il devait faire et … Qu’est-ce que ?! Des tremblements de plus en plus puissants secouèrent la bibliothèque avant que des cris ne soient entendu dans tous les sens.

Aussitôt, il avait levé les yeux par rapport aux étagères mais aucune ne s’effondra. Un sort avait été lancé dessus et même les livres ne tombaient guère. Le plus important, ce n’était pas de savoir si ça allait s’écrouler mais plutôt qu’est ce qui venait de se passer ?! Il était tout simplement encore à moitié sonné par les derniers événements.
Il se dirigea hors des rangées où il se trouvait, cherchant du regard le reste du groupe. Sa mère ! ZUT ! Il ne voulait pas que ça se reproduise ! Il ne voulait pas que ça se finisse ainsi ! Il ne voulait pas être incapable de la protéger une nouvelle fois. Il commença à courir dans la bibliothèque, criant le nom de sa mère en espérant la retrouver.

« Tery ! Par là ! Dehors ! Viens vite ! »

La voix d’Elen ? Il ne pouvait pas s’en préoccuper maintenant ! Il avait mieux à faire ! Tellement mieux à faire mais pourtant, il se dirigea vers la voix. Qu’est-ce qui se passait dehors ? Il se retrouva devant les portes grandes ouvertes de la bibliothèque, tout le monde étant sorti. Bien qu’heureux de revoir sa mère, il demanda :

« C’est quoi tout ce boucan ? D’où est-ce que ça vient ? »

« De tout autour de nous … et ce ne sont pas de bonnes nouvelles, Tery Vanian. »

Voilà que Manelena avait retrouvé son langage habituel. Qu’est-ce qu’elle insinuait par là ? Il apercevait plusieurs ombres dans le ciel mais aussi quelques citoyens qui couraient dans tous les sens. Des gardes arrivèrent vers la bibliothèque, se présentant aux propriétaires de celle-ci d’un geste rapide. Bien que sur le qui-vive, ils n’oubliaient pas les position sociales avant de dire d’une voix très vive :

« Pardonnez-nous mais vous devez nous suivre ! La ville se fait assiégée ! »

« Par qui ? Par quoi ? De quel côté ? »

« Par des monstres ! Des tas de monstres ! On arrive à les repousser mais on ne sait pas combien de temps ! Et ils viennent de tous les côtés ! Dépéchez-vous ! »

« J’accompagne ma famille. Je vais la mettre à l’abri. Est-ce que … je peux compter sur vous ? » demanda Tery en se tournant vers le reste du groupe.

« Comme de toute façon, nous n’avons pas mieux à faire, oui. Tu as besoin d’aide ton côté ? » dit Manelena alors qu’il la regardait en rougissant légèrement.

« Pas vraiment, je pense me débrouiller. Il s’agit de ma famille, je ne laisserai même pas une poussière les atteindre ! Il en est hors de question ! »

« Garde cette volonté intacte et je suis sûre que rien n’arrivera, Tery. Royan, Elise ? Vous m’accompagnez tous les deux ? Elen, tu pars avec Sérest et Séran ? »

« Pourquoi pas ? M’enfin, je n’ai pas envie de laisser Tery tout seul. »

« Je suis un grand garçon, Elen. Ne t’en fait pas ! » répondit le jeune homme en rigolant doucement avant de soulever sa mère. Il jeta un œil à ses grands-parents, leur demandant : « Vous pensez pouvoir vous déplacer correctement ? »

« Pour qui nous prends-tu, Tery ? Nous ne sommes pas des vieilles reliques ou d’anciens fossiles. Tu comprendras bien assez tôt. »

« D’accord. Maman, est-ce que tu veux bien t’accrocher à moi si possible ? »

« Je ne suis pas une éclopée … mais qu’importe ce que je dirais, je sais que tu ne va pas m’écouter, n’est-ce pas ? Alors, oui, je suis prête, Tery. »
Sa mère passe ses bras autour de son cou, Tery commençant à marcher d’un pas vif en accompagnant les gardes. Il n’avait jeté qu’un bref coup d’oeil à Elen et les autres, leur faisant confiance. Il devait protéger sa famille … absolument !

« Tery, tu n’es pas obligé d’aller aussi vite, tu sais ? Et tu n’as pas à t’en faire pour nous, nous sommes parfaitement capable de nous défendre. »

« Non, maman. Ni toi, ni papy ou mamie. Je ne peux pas vous laisser ici comme si de rien n’était. Quand je serais sûr que vous êtes tous les trois en sécurité absolue, alors, je partirai. Mais pour le moment, il est hors de question de vous abandonner comme ça. »

« Ah … On ne pourra jamais te refaire, Tery. Je suis sûr qu’ils sont fiers de toi. »

Qui donc ? Il ne posa pas la question, se concentrant simplement sur son objectif : dans la tour des archimages, il était certain que sa mère et ses grands-parents seront en sécurité ! Il en était sûr et certain. Et ensuite ? Il allait s’occuper de ces monstres !

Chapitre 113 : Des nouvelles de la famille

ShiroiRyu
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Chapitre 113 : Des nouvelles de la famille

« Euh … Bon … Je … »

Voilà qu’il en perdait la parole. Il fallait dire qu’il se devait d’assimiler tout ce qu’il venait d’apprendre. Peut-être qu’il venait de rêver ? Que c’était juste son imagination ? Mais il avait vraiment cru entendre que madame Jésiana était sa grand-mère. Son regard se posa sur son groupe, ouvrant la bouche avant de désigner la vieille dame. Celle-ci lui tapota la main pour qu’il l’abaisse, déclarant :

« On ne montre pas du doigt, jeune homme. C’est malpoli. »

« Aie ! Mais … Enfin, je … qu’est-ce que ça veut dire exactement ? »

« Cela veut dire ce que ça veut dire. Comment voudrais-tu l’expliquer autrement, hum ? Est-ce que je peux savoir ce qui te te trotte dans la tête ? »

« C’est pas vraiment possible. Pourquoi ? Comment ? J’ai … enfin … C’est pas normal. Vous êtes des personnes nobles et moi, je … »

« Tu es mal habillé mais vu que tu aimes l’exploration, tu n’as pas besoin de t’équiper avec de lourds vêtements pour parader, jeune homme. »

« Mais mais mais … Quand même, pourquoi ? Comment c’est possible ? Maman, comment tu peux connaître ces personnes ? Enfin, à part par mes lettres. »

« Tu sais : lorsqu’un homme et une femme te donnent la vie, il semblerait que tu sois généralement capable de les connaître sauf s’ils décident de t’abandonner à ton plus jeune âge, ce qui ne fût pas mon cas. »

Pourquoi est-ce que sa mère lui parlait ainsi ? Il avait surtout l’impression de paraître pour un imbécile. Enfin, encore plus que d’habitude, quoi ! C’était tout simplement horrible. Il … AH ! Hum … AIE ! Sur le moment, il n’avait pas réagit à la douleur mais on lui tirait gentiment la joue alors que Jésiana se plaçait en face de lui, un faible sourire aux lèvres.

« Vraiment … C’est donc ça que j’ai comme petit-fils ? Il n’est vraiment pas très éclairé mais au moins, il est beau garçon, il sera un bon parti, il a des relations et des connaissances que beaucoup devraient jalouser mais le plus important, c’est qu’il tient de sa mère pour la gentillesse qui émane de lui et il semble avoir le coeur sur la main. Un peu trop volontaire néanmoins. Il devrait faire attention à ne pas en faire trop justement. »

« Pourquoi j’ai l’impression d’être étudié comme un morceau de viande ? »

« Peut-être parce que c’est le cas, Tery ? » répondit sa mère alors que Jésiana venait enlacer son petit-fils, soupirant doucement :

« Après plus de vingt ans, je peux au moins te tenir dans mes bras. »

« Tu peux aussi me laisser embrasser mon petit-fils, Jésiana ? Je sais bien que tu n’es pas habituée à être émotive mais … … … bon, d’accord, je vais patienter. »

Il avait vu le regard mauvais de sa femme dans ses yeux et il évita alors de trop quémander à ce sujet. Déglutissant légèrement, le jeune homme continua de se laisser faire, toujours éberlué par l’évènement qui se déroulait devant ses yeux.

« Est-ce que … je peux avoir des explications ou non ? »

« Bien entendu, Tery. Tu peux tout avoir. Il faut juste que ma mère te lâche un peu. Je crois qu’elle n’en a pas envie pour le moment. »

« Qu’est-ce que tu insinues ma fille ? Ce n’est pas bien difficile. La preuve. »

La preuve ? Le jeune homme était toujours dans les bras de la vieille femme, n’osant plus bouger de peur d’énerver celles qui semblaient commander dans la famille. Il poussa tout simplement un petit soupir désemparé avant de réfléchir à la situation. Il avait sa grand-mère maternelle dans ses bras. Son père, il n’y avait aucune chance qu’il voit ses grands-parents de ce côté et il n’était pas vraiment certain de les voir. Bon, dans l’idée, avoir Jésiana et Périk comme grands-parents, il n’avait rien à reprocher. L’idée était pas déplaisante ! Il posa ses mains sur le dos de Jésiana avant de dire :

« Est-ce que je dois vous appeler mamie, maintenant ? »

« C’est définitivement bien ton fils, cet avorton. Il a le même caractère moqueur que sa mère. » déclara Jésiana avant de marcher faiblement sur le pied de Tery.

« Les chats ne font pas des chiens, mère. Il faut bien que nous ayons des traits communs. »

« Quelle belle expression que voilà. Toute la famille est réunie ! »

Perik tentait aussi de s’incorporer dans la famille, Tery remarquant que les membres de son groupe restaient complètement muets. Ce fut Elen qui brisa le silence en disant :

« C’est … une bonne nouvelle, non ? »

« Je dirais que oui, Elen. Enfin, papy, mamie, je ne pense pas que j’ai besoin de vous présenter mes compagnons et inversement, n’est-ce pas ? »

« Nullement … mais moi-même, je suis encore étonné que tu le prennes bien. Tu n’as aucun ressentiment envers nous, Tery ? » demanda la vieille femme en le regardant Tery.

« Euh … Ca veut dire quoi ressentiment ? Et pourquoi je vous en voudrais ? »

« Tu ne serais pas en train de te moquer de moi par hasard ? Si tu sais ce que veut dire ce mot, pourquoi est-ce que tu me poses la question ? Ah … Enfin bon .. Simplement car nous n’avons jamais été là pour toi durant plus de vingt ans. »

« Bah … euh, non, je ne vous en veux pas. Ma mère m’a jamais raconté pourquoi je ne pouvais pas voir mes grands-parents. Je pense que je vais avoir des explications non ? »

« Je vais m’en occuper, ça sera mieux, oui. »

Mais tout d’abord, est-ce qu’ils ne voulaient pas s’installer ailleurs ? Car en vue du groupe, il n’allait pas rester debout sans rien dire ou faire, non ? La vieille dame leur demanda de patienter mais Manelena se décida à l’accompagner, murmurant :

« Je vois ce que vous voulez faire. »

Qu’est-ce que cela voulait dire ? Après quelques minutes, Manelena était revenue en faisant quelques allers-retours. Après le premier, Tery avait décidé de l’accompagner, comme les autres alors qu’elle avait ramené quelques chaises pour que chacun puisse s’asseoir.

« C’est vrai que ça sera beaucoup mieux. Maintenant, maman, tu veux bien nous raconter ? »

Le jeune homme alternait entre le langage commun et celui un peu soutenu pour parler à sa génitrice. La femme eut un léger sourire avant de lui dire de se rapprocher. Elle lui donna un petit coup sur le sommet du crâne tout en rigolant :

« Imbécile de fils. Tu m’appelles mère ou maman mais non pas les deux. Bon, par où est-ce que je dois commencer ? Comme tu peux t’en douter maintenant, je ne suis pas une simple paysanne, Tery, mais l’unique fille d’une famille de nobles d’Omnosmos. Une famille qui a toujours été chargée de s’occuper de l’érudition d’Omnosmos. »

« Ca explique pourquoi malgré que tu étais une paysanne, tu étais très éduquée et me forçait à lire des bouquins et à écrire et à lire. Enfin, même si j’avoue que je n’écoutais pas vraiment. »

« Et en plus, il me le dit avec le sourire. »

Manelena paraissait songeuse. C’était donc ça cette impression qu’elle avait eut lorsqu’elle avait rencontrée cette femme dès le départ ? Qu’elle n’était pas à sa place dans cette maisonnée ? Qu’elle paraissait trop bien éduquée pour habiter dans un petit village. Au moins, son instinct ne la trompait jamais.

« Enfin bref, j’étais jeune, j’étais insouciante, j’avais des envies d’interdit. Enfermée comme un rat de bibliothèque, il faut comprendre que la moindre chose pouvait me paraître bien plus intéressante que ce qui se trouvait dans ce bâtiment. C’est pourquoi lors d’un passage d’une troupe de soldats, il arriva ce qui devait arriver. »

« A voir ces hommes en armure lui a donné des envies de liberté et voilà qu’elle s’est laissée embobiner par un jeune freluquet. »

Jésiana ne tarissait pas de paroles loin d’être élogieuses envers l’homme qui avait été le père de Tery. D’ailleurs, ce dernier n’ouvrait pas la bouche, restant muet tout en réfléchissant. Sa mère n’était pas du tout au courant de la véritable nature de son ancien mari, n’est-ce pas ? Il n’avait pas besoin de briser ses espoirts et …

« Il n’est malheureusement plus parmi nous. Néanmoins, ayant gardé mon côté fier, je n’ai pas voulu retourner chez mes parents et j’ai voulu t’élever seule. Je dois avouer que ce n’était pas de tout repos quand on y réfléchit bien. Je n’ai pas connu beaucoup d’enfants plus insupportable que toi, Tery. Tu m’en as fait voir des vertes et des pas mûres. Néanmoins, tu as été la pus belle chose qui me soit arrivée. »

« Maman, tu sais, je suis très très loin d’être ce que tu penses et … »

« Ils m’ont déjà prévenu et j’ai même eut le droit à la visite du grand archimage. Je n’arrive pas à croire que malgré les années, ce soit toujours le même. Il est immortel ou quoi ? »

« D’après les légendes, si on ne tue pas les gnomolds, leur longévité n’est plus vraiment à démontrer, ma fille. Tu le sais pourtant, non ? »

« Je le sais mais je ne voulais pas forcément m’en rappeler, c’est différent. »

« Mais si on me disait plutôt ce que ma mère fait ici et pourquoi elle est alitée ? Car je ne le sais toujours pas en fin de compte. Est-ce que ça a un rapport avec les lettres ? »

« C’est exact, Tery. Tu vois quand tu te décides à réfléchir, ce n’est pas beaucoup plus simple, tu trouves ? Pendant que j’écrivais ces lettres qui étaient reçues par mes parents et inversement car ils faisaient les coursiers pour nous, j’ai remarqué que l’écriture me rappelait quelqu’un. J’ai fini par leur envoyer directement une lettre pour savoir de qui il s’agissait et il s’avère que cela était bien mes parents. Rien de plus, rien de moins, Tery. »

RAAAAAAAAAAAAHHHH ! Ca paraissait tellement logique maintenant. Bon, il avait eut une partie des explications désirées et ensuite ? Pourquoi est-ce qu’elle était couverte de bandages ? Comment était-ce possible ?

« Quant à mon corps, j’ai eut un petit accident en protégeant tes grands-parents du premier tremblement de terre. Comme il n’avait pas été prévu, on va dire qu’un pan de la bibliothèque a faillit leur tomber dessus. Heureusement, ce ne fut que sur moi. Plus de peur que de mal, tu ne crois pas, Tery ? »

« Plus de peur que de mal ? C’est une blague, maman ? Je suis sûr que madame Jés… enfin, mamie t’a crié dessus pour avoir fait une telle idiotie ! »

« Malgré vingt ans sans te voir, il me donne l’impression de te connaître déjà parfaitement, mère. » dit la femme assise dans le lit en rigolant, le vieil homme faisant de même avant de dire en recherchant son calme :

« Si seulement, si seulement ce n’était qu’une impression. Tery a pourtant parfaitement résumé ce qui s’est passé mais bref … voilà, tu sais finalement tout, petit-fils. Ce n’est pas aussi difficile que je le pensais en fin de compte. »

« Bon, et bien, ce soir, vous êtes bien entendu tous invités à venir manger chez nous. C’est la moindre des choses pour fêter cela. »

« Ce n’est pas de refus ! Et puis bon, je suis si contente d’apprendre ça ! Je ne me serais jamais doutée que vous étiez les grands-parents de Tery. Vous savez, il n’est pas forcément celui qui mettait le plus souvent le nez dans les livres lorsque je l’ai rencontré pour la première fois. »

Elen avait finit par être plus qu’enjouée par cette nouvelle, Tery lui faisant un petit sourire attendri. C’était parfaitement compréhensible d’être aussi heureuse en ce moment. Lui-même l’était plus que tout, c’était pour dire !

Ah … Sincèrement, les émotions allaient de mieux en mieux au fil des heures qui découlaient depuis qu’il était réveillé mais bon, cela ne pouvait lui faire que du bien. Quelques minutes plus tard, tous étaient autour d’une table, dans une allée de la bibliothèque interdite au public. En fait, cela ressemblait plus à un long couloir qui les emmenait dans un bâtiment différent : le manoir des grands-parents de Tery.

« Je ne sais pas si j’arriverai à supporter un tel mode de vie. Ce n’est pas trop difficile des fois, messire Pé… euh papy ? Grand-pèr ? »

« Papy, ça me convient très bien, Tery. Et non, c’est moins difficile qu’il n’y paraît. La raison est simple : nous avons les servants et les soubrettes pour communiquer avec nous. Il en est de même pour les jardiniers, cuisiniers et autres personnes. Nous avons des êtres autour de nous avec qui nous pouvons communiquer, Tery. »

« Ah oui, sûrement ! Sur le coup, je n’y pensais pas trop mais c’est vrai. Ca semble logique en fin de compte, hahaha. C’est une bonne chose, non ? »

« C’est le cas, Tery. Nous n’avons pas à nous plaindre la situation. »

Difficile d’ignorer que toute la famille, la mère de Tery comprise, était tout simplement coupée à l’heure actuelle. Ce n’était pas qu’ils désiraient ignorer le reste du groupe mais Tery portait sa mère dans ses bras sans aucune difficulté. Pendant ce temps, il discutait avec ses grand-parents. Manelena se surprit à soupirer en murmurant :

« Ça me fait bizarre de le voir aussi souriant … et heureux … mais ce n’est pas déplaisant. »

Elle ne devait pas sourire, cela paraissait trop flagrant qu’elle était contente pour lui. Néanmoins, le repas était d’une qualité rare. Cela lui rappelait le peu de repas royaux qu’elle avait eut depuis qu’elle était devenue la reine de Shunter ou alors avec l’invitation de Royan pour faire la surprise à Tery.

« C’est délicieux ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas mangé quelque chose d’aussi bon. Je me demande de quoi il s’agit. »

« Il te faudra interroger les cuisiniers mais pour le moment, profites plutôt de la nourriture au lieu de t’interroger sur la composition de ton assiette. Je pense que vous avez beaucoup de choses à nous raconter, n’est-ce pas ? »

« Tery, je suis peut-être couverte de bandages mais je peux encore me nourrir seule. Tu n’as pas besoin de me coller autant, tu sais ? »

« Je préfère prendre mes précautions ! Je n’ai pas réussi à t’écrire pendant plus d’un mois, tu ne voudrais pas que je fasse comme si rien ne s’était passé, hein ? »

« Je n’ai jamais prétendu ça, Tery … mais tu n’as pas d’autres personnes dont tu dois t’occuper ? Comme tes compagnons de route ? »

« Maman, ce n’est pas comme s’ils avaient besoin de moi pour le moment. Et je pense qu’ils comprennent quelle est ma priorité pour le moment. »

Pour toute réponse, la mère de famille poussa un soupir alors que Tery continuait de l’aider à se nourrir. Elise semblait avoir du mal à cette table, Royan la regardant en lui demandant quel était le problème. Elle bredouilla :

« Je ne suis pas certaine que je sois vraiment … dans cette position. Je suis plus habituée à être la personne qui serre les plats et non celle qui doit les déguster. Je m’excuse. »

« Allons jeune demoiselle, ne vous préoccupez pas de si peu. Vous êtes une compagne de route de notre petit-fils et vous avez toujours eut une aura bienveillante autour de vous, comme si vous étiez digne de confiance. » s’exclama Périk avec enthousiasme.

« Je ne suis pas vraiment sûre … que bienveillante soit le bon terme à utiliser. »

« Mademoiselle Elise, ce que vous êtes à l’extérieur ne reflète en rien ce que vous êtes à l’intérieur. Ne l’oubliez jamais, je vous prie. Vous risqueriez de regretter beaucoup de choses en vue de vos paroles alors que vous n’avez pas démérité depuis que vous êtes avec nous. Je peux vous le confirmer. »

« Merci beaucoup, prince Royan. Vos paroles sont réconfortes. »

« Cela me rappelle quelques contes d’antan. » murmura la vieille femme sans pour autant poser son regard sur le jeune prince et l’ancienne servante.

« Que voulez-vous dire par là, dame Jésiana ? » questionna aussitôt Royan, comme si ces paroles lui étaient adressées.

« Oh, seulement quelques souvenirs, rien de plus. Mon grand âge me joue parfois des tours. Cela fait partie des nombreuses légendes qui se trouvent inscrites sur papier dans notre bibliothèque. Rien de plus. Je vous confierai les livres correspondants avant votre départ bien que je ne pense pas que vous soyez sur ce dernier avant quelques temps, non ? »

« C’est exact. Du moins, pour ma part, je ne compte pas m’éloigner avant que ma mère ne soit rétablie, grand-mère. D’ailleurs, comment cela vas t-il se passer ? Est-ce que tu comptes t’installer ici, maman ? Ou alors retourner à Leskar ? »

« En vue de ma condition, je n’ai pas trop le choix. Mais je pense retourner à Leskar mais je reviendrais rendre visite à mes parents le plus souvent possible. »

« A la bonne heure ! Et vous mademoiselle … hum … non. Reine Manelena, c’est cela ? Vous n’avez pas ouvert la bouche depuis votre arrivée dans la bibliothèque ou presque. Est-ce que quelque chose vous déplaît ? »

« Vous pouvez m’appeler Manelena comme auparavant. Mon titre de reine ne correspond qu’aux personnes extérieures à celle du groupe auquel je fais partie. »

« Vous savez pertinemment que malgré ces paroles, nous ne pouvons réellement faire exception, n’est-ce pas ? »

« Comme vous le désirez alors … tant que certains ne s’amusent pas à m’appeler reine. »

« Oh ? Qui donc, reine Manelena ? » demanda Tery tout en rigolant.

« Fais donc le malin, Tery, tu ne voudrais pas le regretter plus tard, n’est-ce pas ? »

Pour toute réponse, il ne fit qu’hausser les épaules avec amusement. Bien entendu que non, il ne regrettait rien du tout. Mais il savait qu’elle parlait d’elle et donc il n’hésitait pas à s’en amuser. La preuve, c’est qu’il voyait la mine faussement agacée de la demoiselle aux cheveux argentés. Ah … Là, pour dire qu’il était heureux, il l’était !

« Bon, de toute façon, on va pas se disputer avec Manelena. Il faut que tout soit tranquille et zen. Ne vous préoccupez de tout ça. De toute façon, nous avons toute la journée et la soirée. J’ai des choses à apprendre sur ma mère quand elle était petite. »

Sourire mauvais aux lèvres, le jeune homme se frottait les mains d’un air maléfique en ricanant. Sa mère le regarda faire avant de lui donner un coup de poing sur le sommet du crâne. Pourtant ce fut elle qui poussa un petit cri de douleur.

« Aie, aie, aie, je me fais mal à cause de tes bêtises, Tery ! »

« Je devrais en profiter que tu ne puisses pas me martyriser, maman. De toute façon, j’ai mes grands-parents maintenant. En tant que tel, j’ai plus de vingt années à rattraper où je vais être chéri et choyé mais surtout protégé de ma mère tyrannique car mes grands-parents veulent absolument que je les adore. »

« Il a vraiment une imagination débordante. » déclara la vieille femme en regardant sa fille.

« Ah ça, je ne vous le fais pas dire, mère. J’ai l’impression qu’il est trop enjoué pour un rien. »

« Digne de son grand-père sur ce point ! » s’exclama Périk tout en rigolant longuement.
Le reste du repas se passa très tranquillement. Après s’être levés, tout le monde put profiter d’une balade dans le jardin derrière la maison. Néanmoins, alors qu’ils marchaient calmement, une secousse se fit sentir, Tery prenant appui fermement sur ses pieds pour ne pas tomber. D’une main, il avait réussi à éviter que sa grand-mère ne tombe. De l’autre, sa mère était toujours en sécurité. Mais voilà, ses bras avaient du mal à les garder contre lui et il vint les déposer sur le sol en s’excusant.

« Ce n’est pas grave, Tery. Tu en as déjà fait beaucoup aujourd’hui. »

« Oui mais pas assez. Et j’aimerai tellement que tout ça s’arrête. Je n’ai aucune idée de ce qui se passe. Il faudra retourner voir le grand archimage demain. »

« Oui, car ce soir, vous êtes tous nos invités. Ne vous inquiétez pas pour les chambres, nous en avons largement assez. »

Elen écoutait la conversation avec intérêt. Des chambres ? Hum, ce qui voulait dire que Tery et elle allaient en avoir une pour eux deux, non ? Puisqu’elle était officiellement sa petite amie ! Et même plus encore. Elle regarda le jeune homme avant de se rapprocher de lui, se plaçant près de son bras. Oui, il était à elle et inversement.