Chapitre 100 : Voir à travers l’apparence

Chapitre 100 : Voir à travers l’apparence

« Donc Loa, je sais parfaitement que la situation est spéciale et que Katérina n’a pas montré ses bons côtés mais je te promets qu’elle n’est pas une vilaine fille et … »

« Si vous parlez des morts dans ce village, c’était une cachette de ces types dont tu me parlais, Kéran. Le Marché de la Mort. Y avait pas mal d’escaliers souterrains sous le village. »

Hein ? Comment ça ? Qu’est-ce … que … Il se tourna vers Katérina, la jeune femme se trouvant derrière lui avait pris la parole. C’était une blague ? Elle avait massacré tout un … faux village ? Difficile à y croire, vraiment très difficile.

« Au cas où, je tiens à confirmer les dires de la petite demoiselle. Elle a besoin de se mettre en valeur à tes yeux après ce qui s’est passé. Même si elle ne connaissait pas ce nom avant que tu le lui dises, c’est mon cas. » répondit une voix à l’intérieur de Katérina, Dumasch s’amusant de voir la réaction surprise de Loa en l’entendant.

« OH ! C’est une jeune femme qui est possédée ? Tu connais vraiment des personnes surprenantes, Kéran ! » dit Loa en tapant dans ses deux mains.

Sauf que le jeune homme n’écoutait pas vraiment Loa, continuant de fixer Katérina. C’est vrai qu’elle tuait beaucoup … Elle tuait énormément de personnes et de pokémons. Mais … Mais … Est-ce que c’était un peu comme lui ? Il s’approcha d’elle, venant l’enlacer subitement avant de dire d’une voix enjouée :

« Je me disais bien que tu ne commettrais pas de massacre gratuit ! Tu n’es pas comme ça, Katérina ! Et j’en étais sûr que … AH ! »

Il s’arrêta alors qu’un coup de pied venait le frapper dans les parties intimes, lui arrachant un gémissement de douleur. Il vint s’écrouler à genoux, Loa haussant un sourcil sans réagir. Hum … Elle était quand même un peu violente. Et bien qu’elle ne semblait pas rougir d’après ce qu’elle voyait à son visage, elle avait remarqué que Katérina avait été un peu perturbée par l’étreinte de Kéran. Hum …

« Je vois, je vois … Je vois parfaitement ce qui se passe. » déclara la jeune femme aux cheveux verts en émettant un petit rire.

« Putain, elle me prend déjà la tête et ça fait à peine cinq minutes que je la connais ! »

Katérina s’était exclamée alors que Kéran se redressait. Le jeune homme garda son sourire, se plaçant dans le dos de Katérina avant de poser ses mains autour de son ventre. Il reprit la parole sur un ton plus doux :

« Ça ne change rien au fait que je suis content que tu n’as pas commis réellement de meurtres … Katérina. Et donc, c’est bien pour cela qu’il ne faut pas que l’on te juge trop rapidement. »

« MAIS BORDEL ! Tu vas me lâcher ?! Depuis quand t’es aussi collant toi ? » hurla Katérina, tendant de lui donner un coup de pied en arrière bien que cela fut malheureusement impossible. Pourtant, elle eut l’idée de lui donner un coup de crâne en arrière, écrasant le nez du jeune homme qui s’écria de douleur sans la relâcher.

« Je ne compte pas te lâcher … Pas avant que l’on se soit pardonnés … Loa, euh … Enfin bon, j’espère que tu comprends un peu ce qui se passe ici et puis en même temps … »

« Oh … Je suis loin d’être aveugle. De toute façon, pas besoin d’être un génie pour voir ce qu’il y a à voir, n’est-ce pas ? Néanmoins, j’ai une question pour la jeune demoiselle. »

« Qu’est-ce qu’elle me veut encore, celle-là ? » demanda Katérina, la regardant avec un peu de colère dans le regard, oubliant pour quelques instants les mains de Kéran autour de son ventre. Loa pencha la tête sur le côté, soufflant :

« Est-ce que tu n’as pas froid dans cette tenue ? C’est une véritable question, nullement ironique ou autre, je me la posais en te regardant. »

« Laisse ma tenue tranquille, c’est clair ? Elle n’a rien à prouver et non, j’ai pas froid ! Kéran, si tu lui as dit quoi que ce soit me concernant … ET PUTAIN ! TU VAS ME LÂCHER LA GRAPPE DEUX SECONDES ?! »

Elle avait placé ses mains sur celle de Kéran, arrivant à se libérer de son étreinte, le soulevant avec aisance au-dessus d’elle pour le faire retomber à quelques centimètres devant elle. Elle plaça un talon sur son ventre, le regardant avec énervement :

« Ne refait plus jamais ça, c’est compris ? T’es prévenu ! »

« Hum … A ce sujet, Kéran, je n’ai pas de troisième sac de couchage, je pense donc que pour ta nouvelle amie, il va falloir que vous dormiez tous les deux dans le même sac. »

« HORS DE QUESTION ! Je ne veux même pas le voir en peinture ce type ! Je préfère encore dormir dehors et à poil plutôt que de dormir avec lui ! »

Il haussa les épaules en poussant un petit soupir. Il fallait bien s’y attendre avec elle. Elle n’allait pas se laisse faire. La jeune femme aux cheveux argentés était une vraie teigne mais ce n’était pas la première fois qu’elle était ainsi.

Néanmoins, il était temps de partir ! Il attendit que Katérina retire son pied pour se relever avant de pousser un petit soupir de soulagement. Loa avait plutôt bien pris l’arrivée de Katérina ! Donc, il n’avait pas vraiment à s’en faire !

Pendant qu’ils quittaient le village détruit et qu’il n’y avait nul besoin de faire une tombe pour ces salopards, il se positionna à côté de Katérina, la jeune femme ne lui adressant pas le moins du monde la parole. Elle accéléra le mouvement pour ne pas l’avoir dans les pattes tandis que Kéran continuait de la suivre.

« Kéran ? Est-ce que je peux te parler ? »

« Euh … D’accord, Loa. Katérina, ne t’éloigne pas trop ! » dit le jeune homme.

« Va te faire foutre, connard ! Je fais ce que je veux ! »

« D’accord mais ne t’éloigne pas trop. Je n’ai pas envie que tu partes ! »

Alors … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il s’approcha de Loa, la regardant brièvement en attendant qu’elle prenne la parole. Ce fut le cas après quelques instants :

« Je voulais savoir … Est-ce que … cette fille … est vraiment stable ? Je veux dire psychologiquement. Elle est quand même un peu effrayante, entre nous. »

« Ne l’insulte pas, merci bien. Et non, elle n’est pas forcément très stable mais est-ce que je le suis pour autant, Loa ? Regarde ce que j’ai fait dans le bâtiment des Créateurs Elémentaires. Je ne suis pas du tout un exemple. Personne ne l’est. »

« Je ne voulais pas t’offusquer, Kéran. Pas du tout … C’était tout simplement pour me tenir au courant, rien de plus. Ne le prends pas mal s’il te plaît. »

« Ça ne fait rien … Tu ne pouvais pas forcément savoir tout ça. » déclara le jeune homme tout en haussant les épaules, montrant par-là que ça ne l’affectait pas le moins du monde. Par contre, il appréciait un peu la proposition qu’il avait faite même si entre temps, il valait mieux tirer les choses au clair entre Katérina et lui. Pour cela, il devait d’abord la rattraper ! Il courut derrière la jeune femme aux cheveux argentés, commençant à parler avec elle.
Comme depuis le début des retrouvailles, la discussion s’envenima et commença à s’intensifier jusqu’à ce qu’elle lui donne un coup de pied dans les parties intimes. Il ne s’écroula pas au sol, gémissant tout simplement de douleur bien qu’il gardait son sourire. Loa était derrière eux, ayant sorti sa noigrume pour faire apparaître son Mélancolux. Elle discutait avec lui de la situation, poussant un petit soupir amusée.

Quelques heures plus tard, la nuit était tombée et alors, il était temps de préparer à manger. Même si elle se montrait grandement réticente, Katérina ne pouvait qu’accepter la nourriture que Kéran lui proposait, ayant chassé. Aucune discussion entre eux puisqu’elle ne lui adressait pas la parole malgré que Kéran cherchait à communique avec elle.

« Bon … Les deux « enfants », je vous laisse tranquille. Je vais aller me coucher. Avec toutes ces émotions de ces derniers jours, je dois vous avouer que je suis plus que fatiguée. »

« Ouais, ouais, les petites vieilles, ça va dormir très tôt. »

« Et puis, entre nous, il faut bien que je vous laisse seuls tous les deux non ? » répondit Loa en lui faisant un petit sourire amusé.

« Qu’est-ce que t’insinues encore ? Essaie de parler correctement si t’en es capable ! »

« Je n’en vois pas le besoin malheureusement Bonne nuit. » fit Loa en même temps qu’un geste de la main, s’enfonçant dans la tente pour aller dormir.

Katérina se releva, émettant un grognement avant de s’éloigner de son côté. He … HEY ! Où est-ce qu’elle allait ? Il se leva à son tour, venant l’accompagner en lui disant de ne pas partir trop loin. Ils devaient aussi aller se coucher non ? Elle se tourna vers lui, le regardant avec fureur avant de déclarer d’une voix énervée :

« Avec toi ? Même pas en rêve ! T’as pas compris ou quoi ? »

Oui mais non. Il la suivit jusqu’à ce qu’elle s’arrête finalement. Hey … Pourquoi est-ce qu’elle s’était dirigée vers un précipice ? Pourquoi est-ce qu’elle se trouvait là ? Il n’aimait pas du tout qu’elle fasse ça. Elle continua de se rapprocher du bord, Kéran criant :

« HEY ! Katérina ! Recule maintenant s’il te plaît ! »

« Quoi ? Tu veux que je saute ? Y a pas de problèmes ! Je vais le faire ! » répondit la jeune femme aux cheveux argentés, se trouvant à quelques centimètres.

Sans hésitation, elle sauta dans le vide mais avant même qu’elle ne descende de quelques centimètres, le jeune homme l’avait tiré vers lui, lui prenant le bras pour la coller contre son torse. Il hurla une nouvelle fois :

« Arrête ça, Katérina ! Je ne veux surtout pas que … »

« Mais t’es con ou tu le fais exprès ? T’oublie que je suis possédée ? Ce genre de petit saut à la con ne m’aurait rien fait ! Purée ! Qu’est-ce que t’es lourd comme type ! Maintenant, lâche-moi un peu la grappe, ça me ferait plaisir ! »

« Non … Je n’ai pas envie … » marmonna faiblement le jeune homme, serrant avec insistance Katérina, celle-ci cherchant à se débattre.

« Me force pas à te latter les couilles puis à te les couper pour terminer par te les faire bouffer, c’est compris ? Alors lâche-moi maintenant sinon … »

« Katérina, est-ce que tu peux … chanter s’il te plaît ? C’est l’une des choses qui m’a le plus manqué quand tu n’étais plus là »

« Tu crois que je chante sur commande ? J’ai pas envie alors je ne ferai rien du tout. »

Elle ne criait plus de le lâcher. Elle était tout simplement lasse, plus que lasse même. Elle se laissa faire, l’étreinte se faisant moins forte alors qu’elle reprenait :

« Tu me fatigues, Kéran … Tu me fatigues vraiment. T’es chiant comme type, tu as été horrible du début jusqu’à la fin. Tu t’es permis une remarque déplacée sur un problème plus qu’horrible en ce qui concernait mon corps. »

« Je suis vraiment désolée, je serai impardonnable pendant des jours, des semaines, des mois mais je veux vraiment corriger ce problème. »

« Ça ne changera rien … Rien du tout. Ce que tu as fait, c’est pareil que les autres. Les rares qui connaissaient ce problème … Sauf mes grands-parents … Euh ne m’ont jamais jugé là-dessus. Ils … Qu’est-ce que je raconte encore ? »

Elle quitta ses bras en le repoussant en arrière, se rapprochant du bord une nouvelle fois. Elle vint néanmoins s’asseoir, balançant ses pieds dans le vide sans plus rien dire. Le jeune homme s’installa à côté d’elle, cherchant à savoir ce qu’il devait dire. Elle ne lui pardonnait pas le moins du monde, qu’importe ce qu’il comptait faire. C’était trop problématique pour lui … et il évitait de perdre espoir même s’il se sentait un peu démotivé.

« Mon cœur brisé et meurtri souffre toujours et encore. »

« Ah, je suis désolé, Ka … » commença à dire le jeune homme avant de s’arrêter, Katérina ayant fermé les yeux, gardant la bouche ouverte.

« Ce moment-là, j’avais tant désirée la mort.

Et dire que je rejette mon propre corps.
Je suis un monstre, tu vois, je le déplore. »

Mais non ! Ce n’était pas du tout le cas ! Ce n’était pas le cas ! Elle n’avait rien d’un monstre ! Il voulut prendre sa main mais s’arrêta au beau milieu de son geste. Non … Il ne devait rien faire, c’était horrible mais il réagirait après.

« Peut-être ne suis-je pas une belle femme ?

Mais est-ce une raison pour être infâme ?
Alors, peut-être suis-je alors un homme ?
Je désirais que tu me mettes du baume.

Où cela ? Sur mon être et sur mon âme.

Mais tes paroles ont eu l’effet d’une lame.
Qui me dit que tu ne recommenceras pas ?

J’ai déjà été rejetée et mutilée.

Mais c’est avec toi que je fus déboussolée.

Ne m’écarte pas, tu le promets, n’est-ce pas ? »

Elle avait terminé son chant, ne disant plus rien du tout. Cette voix était toujours aussi mélodieuse, il se sentait presque à chaque fois dans un autre monde quand il l’entendait. Mais ses paroles avaient été dures, très dures. Elle lui en voulait terriblement. Il avait parfaitement comprises ses paroles. Mais elle avait décidé de chanter.
Sans prévenir, il se jeta sur elle, la couchant sur le sol sans qu’elle ne pousse un cri. Il se retrouvait au-dessus d’elle, à quatre pattes alors qu’il la fixait longuement. Même s’il tremblait un peu, il devait le lui dire.

« Katérina, jamais je ne t’écarterai. Je te combattrai mais jamais je ne rejetterai. Plus jamais, Katérina, je ne referai cette erreur. Une fois mais pas deux. Ce que tu es … »

« Kéran, tu es un jeune homme … et je le suis en partie aussi. Je peux être très facilement excitée … Cela peut me déformer … »

« On évitera juste que tu le sois lorsque Loa sera dans les parages, voilà tout. Ce n’est pas une excuse ce que tu dis ! Katérina, est-ce … »

Un pied s’enfonça dans ses bourses, lui laissant la bouche grande ouverte avant qu’elle ne lui dise de ne pas trop en profiter. Il s’écroula sur elle, glapissant de douleur sans que pour autant elle ne le bouge de cette position. Elle poussa un profond soupir, fermant les yeux tandis qu’elle entendait les gémissements de Kéran. Elle n’était pas réellement une femme, elle le savait parfaitement … mais accepterait-il réellement un jour son côté masculin ?

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