Chapitre 53 : Promenade informative

ShiroiRyu
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Chapitre 53 : Promenade informative

« Dis, dis … Tu savais qu’Earnos et les autres étaient chez les Libegons ? Ca m’étonne quand même … Enfin, c’est plutôt étonnant. On ne dirait pas comme ça, mais quand même … »

« Hum … Il est avec Olistar, un Pomdepik et une Cheniti d’après les renseignements que j’ai à leurs sujets. Il faut dire que dans le fond, ce qui se passe est vraiment exceptionnel. C’est rare que les Libegons acceptent les autres insectes dans leurs tribus. De même, rien que le fait qu’ils arrivent jusqu’à chez eux a été un exploit. » dit l’adolescent aux cheveux verts, cherchant à faire la conversation ou plutôt, à continuer celle que la princesse venait de lancer. Ce n’était pas une chose facile car elle avait parlé d’un sujet assez délicat.

« Mais quand même … C’est surprenant qu’Earnos soit aussi capable que ça. Enfin, non … Qu’il ait réussi à traverser le désert. Mais comme il était avec Olistar, je sais bien qu’il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus. Il est entre de très bonnes mains ! »

« De très bonnes mains ? Vous parlez de celles d’Olistar ? Je ne suis pas sûr que ça soit le terme que j’aurai employé pour définir dans quel endroit se trouve, Earnos. »

« Arrête donc un peu de faire le rabat-joie, Holikan ! C’est quoi vraiment ton problème avec Olistar ? Le fait qu’il arrive à te battre une bonne partie du temps ? » demanda la princesse, un petit sourire moqueur aux lèvres. Aussitôt, l’adolescent s’empourpra avant de s’écrier :

« Ce n’est nullement cela, princesse ! Et ce que vous dites est une diffamation ! Je ne perds guère contre Olistar, nous nous sommes pas battus depuis plus d’une année ! »

« C’est normal, espèce d’idiot ! Il n’est pas là depuis tout ce temps ! Sinon, tu serais encore en train de te battre contre lui ! Ou de lui crier que tu ne lui fais pas confiance, tout ça ! Pourquoi est-ce que tu n’es pas aussi ouvert qu’Earnos hein ? » demanda la princesse en soupirant.

Comment ça, comme Earnos ? Qu’est-ce que le Coconfort avait de si spécial pour que la princesse Terria le complimente de la sorte ? Il avait bien envie de le savoir. Mais visiblement, elle avait autre chose en tête. Elle vint s’asseoir sur un banc au beau milieu des jardins du château, reprenant la parole :

« De toute façon … Que tu le veuilles ou non, maintenant, Olistar est quelqu’un de très important pour le royaume. Sans lui, nous aurions perdu la confiance des Rapions et des Drascores depuis longtemps. Mais voilà ! »

« Mais voilà quoi ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? » s’exprima l’adolescent calmement.

« Voilà ! Olistar est toujours avec nous, il s’est très bien intégré dans le château et tu es l’un des rares à ne pas l’apprécier. Quand même … Quand est-ce que tu arrêteras de faire le bougon hein ? Ca ne te va pas du tout ! »

« Je ne fais pas le bougon et je n’ai jamais dit que je détestais Olistar. Il est un excellent rival, néanmoins, il ne fait aucun doute qu’en ces temps et ces climats de suspicion, il fasse partie des principaux concernés par les récents évènements ! » s’écria le Yanma.

« Oui bien sûr. Je suis sûr que depuis le désert, il supervise les opérations des Scorvols. »

Elle avait dit cela avec ironie, posant son regard rubis sur le Yanma. Il se sentit un peu offusqué et blessé par les paroles de l’adolescente. Il n’avait jamais dit ça comme ça ! Pourquoi est-ce qu’elle lui adressait la parole de la sorte ? Il tentait tout simplement de la réconforter … après ces nombreux mois où elle fut enfermée ! Mais le résultat n’était pas celui escompté. Elle avait toujours la hargne !

« Et sinon … Puisque je parle des Scorvols, qu’est-ce que ça donne au sujet de leurs attaques ? Je suis sûre que les Drascores viennent nous aider. »

« … … … C’est le cas, princesse Terria. » marmonna l’adolescent, visiblement peu heureux de confirmer les dires de la princesse.

« Je le savais ! Même si je ne suis plus ambassadrice, j’ai écrit pour les prévenir qu’Olistar était avec un chevalier en qui j’ai toute confiance ! Enfin … Non, ça ne colle pas … Car ça ne fait que peu de temps que j’étais au courant qu’Earnos et Olistar se trouvent chez les Libegons. » murmura l’adolescente, un peu étonnée par sa réflexion.

« C’est Sando, le Libegon qui est proche du roi, votre père, qui les as prévenus de la situation concernant leur ambassadeur et Earnos. Lui aussi semble avoir de grands projets pour ce Coconfort. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il a de si … exceptionnel. » murmura Holikan, un peu dépité d’exprimer un peu de …

« Mais tu ne serais pas un peu jaloux d’Earnos par hasard ? » demanda la fille aux cheveux blonds, faisant un grand sourire. Il aurait pu répliquer avec colère mais …

« Peut-être un peu … Earnos par-ci, Earnos par-là … Au final, vous ne parlez que d’eux deux alors que nous sommes seuls, princesse Terria. » chuchota l’adolescent.

Hein ? Quoi … Oups … Il marquait un point. Hahaha … Elle émit un petit rire assez candide en rougissant. C’est vrai. Elle balança ses pieds dans le vide, les observant sans rien dire alors qu’elle rougissait faiblement. C’est vrai qu’il se montrait quand même plus attentionné qu’auparavant. Il fallait le comprendre : ça faisait quand même un bon bout de temps qu’il n’avait plus remplit sa fonction.

« Princesse Terria, d’ailleurs … Je voulais vous dire que vos deux couettes sont magnifiques. Cela vous correspond très bien. »

« Tu n’es qu’un vil flatteur, Holikan. » chuchota l’adolescente aux cheveux blonds, rougissant bien plus maintenant. Elle ne savait pas ce qui se passait mais elle avait quand même un … Enfin, son cœur battait la chamade sans qu’elle n’arrive à savoir pourquoi.

« Je ne fais que complimenter ce qui est beau, princesse. »

« Merci … Mais c’est un peu gênant de t’entendre dire ça, Holikan. » répondit-elle, espérant qu’ils allaient changer de conversation. Ce n’était pas que ça … Enfin si ! Ca l’embêtait un peu ! Elle savait qu’il était sincère et qu’il voulait bien faire … Mais Holikan était quand même trop proche de son père, c’était ça le gros problème pour elle.

« Je le conçois alors j’arrête les flagorneries, princesse Terria. »

« Ne parle donc pas comme ça … Ce n’est pas bien grave et je te pardonne tout de suite. »

« Merci beaucoup de votre compréhension, princesse Terria. J’espère que la sortie vous plaît quand même. » osa-t-il dire alors qu’elle hochait la tête.

« Bien sûr que oui ! Ne t’inquiète pas, ça va très bien ! Et ça fait vraiment du bien de prendre l’air … Ah … Oui … C’est bon … Enfin, je peux toujours ouvrir ma fenêtre mais avec les barreaux, c’est moins plaisant. J’ai l’impression d’être une prisonnière. »

« Le roi fait cela pour votre sécurité, princesse Terria. J’espère que vous le comprenez. »

« … Je le comprends mais ça ne veut pas dire que j’accepte ce qu’il a fait. » rétorqua-t-elle avec un pointe d’irritation dans la voix. Ca ne lui plaisait pas d’être enfermée !

« Je le conçois que ses méthodes sont un peu excessives … Vous êtes en sécurité dans tout le château. Tant que plusieurs soldats vous accompagnent, vous devriez pouvoir vous déplacer librement à l’intérieur. Sinon, ce n’est pas une bonne chose de rester sans surveillance. »

« … … Toi ? C’est bien toi qui vient de parler, Holikan ? » demanda l’adolescente aux cheveux blonds, plus que surprise par les paroles d’Holikan. Celui-ci haussa un sourcil : qu’avait-il dit de si spécial pour qu’elle le regarde avec amusement, ses yeux rubis posés sur lui. « Je n’arrive pas à croire que tu viens de te plaindre un peu de mon père ! »

« Hein quoi ? Bien sûr que non, princesse ! Je ne me plains guère du roi ! Je ne me le permettrai pas ! Pourquoi dites-vous une telle chose ? »

« Car pourtant, c’est le cas ! Tu as dit que mon père était un peu excessif ! »

« Comment est-ce que j’ai … pu dire une telle chose. M’en prendre au roi … Je suis vraiment immonde comme personnage. » murmura faiblement l’adolescent aux cheveux verts. Pourtant, des lèvres se posèrent sur sa joue, la princesse venant de l’embrasser.

« Car tu as montré que tu n’étais pas vraiment borné, tu as le droit à un baiser. Maintenant, si tu commences à être plus ouvert d’esprit, tu pourras même apprécier Olistar. »

« Ah non ! Ca … C’est hors de question, princesse Terria ! » s’égosilla l’adolescent avant de se relever vivement, la princesse faisant de même.

« Et bien alors … Plus de baiser de la part de la princesse ! Et en même temps, je te signale que je veux épouser quelqu’un qui est très ouvert et qui pense pouvoir unifier tous les insectes du royaume … C’est-à-dire, ramener les Libegons, les Drascores, les Scorvols et tous les autres insectes dans le royaume ! Alors, tu vois, tu as encore beaucoup de travail. »

« Je tâcherai de ne pas vous décevoir, princesse Terria même si ce que vous demandez ou ce que vous comptez faire relève de l’impossible ou presque. »

Il s’inclina respectueusement devant la princesse Terria, tendant sa main. Elle déposa la sienne avant de serrer celle du Yanma. Il était temps pour elle de retourner dans sa chambre. Au moins, elle avait sorti et avait eu une discussion avec celui qui serait son fiancé un jour.

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