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Chapitre 4 : Le bonheur pour tenir le coup

Chapitre 4 : Le bonheur pour tenir le coup

« Bonjour mon petit Ric. »

Je sens des lèvres qui se posent sur ma joue avec tendresse alors que nous sommes retournés dans l’appartement. Lania est là, en train de m’embrasser alors que je la regarde. Elle est habillée correctement. Est-ce que tout cela était un rêve ?

« Si tu veux tout savoir, non … J’ai encore un peu mal partout mais c’est une soirée dont je me rappellerai toute ma vie, Ric. »

Je rougis faiblement, comprenant parfaitement ce qu’elle veut dire. C’est donc vrai ? Ce qui s’est passé hier soir ? Malgré ma forme monstrueuse ? Elle m’a répondu par pensée pour que les autres femmes ne puissent pas nous entendre. D’ailleurs, qu’est-ce qu’elles diraient si elles le savaient ? Je n’aime pas mentir. Je ne veux pas leur mentir. Je veux juste être capable de m’exprimer, rien d’autre.

« Un jour, tu le pourras. Mais ne fait plus cette tête, d’accord ? Nous sommes là. Pense à des choses joyeuses plutôt que d’être triste. »

Elle veut tout faire pour me remonter le moral. Je le sais parfaitement. C’est digne d’elle. Je ne peux pas m’empêcher de l’adorer. Elle est de retour et après tout ce qu’elle a fait pour moi, même la pire des choses …

« Je ne regrette rien, Ric. Rien du tout. Et ce n’est que le début. »

Que le début ? Car il va y avoir autre chose ? Je cligne des yeux en la regardant mais je ne m’exprime pas. Je passe juste un tentacule sur son visage comme pour le caresser. Elle le prend entre ses mains, le serrant contre ma joue. Sans elle, je n’aurai jamais réussi à pouvoir penser et à communiquer. Sans elle, je serai vraiment devenu fou, vraiment fou. Et un monstre complètement fou … est à abattre.

« Ne pense pas cela. Je vais aller avec les autres. Si tu as faim, tu me le penses hein ? »

Je n’ai pas faim. Je ne mange pas, je ne bois pas. Je n’ai plus vraiment besoin de grand-chose maintenant. Je crois que même hier, je n’avais pas vraiment de désir sexuel mais j’ai tout fait pour le donner à Lania. C’était merveilleux.

« Si tu as un petit creux, tu me préviens. »

Elle est la seule qui s’occupe de moi. Dyamia et les autres ne s’approchent à peine de moi. Il faut dire que mes tentacules, mon corps de Tritosor n’aident pas. Je regarde Lania qui s’éloigne. Elle est la seule qui vient me toucher. Elle n’a pas peur d’être trempée, de ce corps gluant et horrible que je possède.

« Même si je n’ai plus aucun but … plus aucun avenir, je continuerai … jusqu’à la fin. »


Je me mets à penser à cela en espérant que Lania ou Emairon ne liront pas dans mes pensées. D’ailleurs, si Emairon apprend ce que j’ai fait avec Lania, je comprendrai parfaitement qu’il me haït. Surtout que Lania a réservé sa première fois dans ce corps … pour moi.

Voilà que je me mets à cocufier mes proches avec cette forme. Je ne suis pas seulement un monstre physiquement mais aussi à l’intérieur. Je ferai mieux de disparaître à nouveau et …

« Excusez-moi, une petite chose à faire. »

J’entends la voix de Lania et aussitôt, elle est en face de moi, se téléportant. Elle force mes tentacules à la serrer contre moi alors que je cligne des yeux. Mais mais mais … Comment est-ce qu’elle peut faire ça comme ça ?

« Encore de très mauvaises pensées, Ric. Je tiens à te signaler que nous sommes en train de préparer … il ne nous reste plus que trois semaines. Focalises-toi sur ça. »

Elle m’enlace pour me faire tout oublier. Me focaliser sur notre mission. Me focaliser sur Belzak, l’homme responsable de mon état. Je dois me focaliser sur lui pour le faire disparaître de la surface de cette planète. Pour qu’il n’existe plus. Pour qu’il ne soit plus rien. Oui … c’est ça que je dois faire maintenant.

« Arrête donc avec ces pensées idiotes. Sinon, je vais devoir mélanger nos deux chairs pour que toi et moi, nous restons collés pour l’éternité. Je serai ta petite conscience. »

Je ne veux surtout pas de ça ! Pas du tout ! NON ET NON ! Lania regarde à gauche et à droite, pour voir si quelqu’un nous observe puis m’embrasse une nouvelle fois. Elle se téléporte ensuite pour retourner auprès des autres.


Je suis stupide comme homme … comme monstre. Lania fait vraiment tout pour me réconforter. Elle veut que je fasse payer Belzak pour ce qu’il a fait. Mais je le ferai ! Trois semaines, il ne reste plus que trois semaines avant que normalement, Belzak parte dans l’espace. Oui, ça ne se fait pas en une journée.

« Je vais me focaliser sur ça. Juste sur ça. »

Et comme ça, je ne penserai à rien de mauvais, rien du tout. Belzak, je lui ferai payer. Après tout ce qu’il m’a fait, contrairement à Loïc qui a toujours protégé les quatre enfants pokémons qui sont devenus des adultes maintenant.

Séphyria … Dyamia … elles me manquent toutes les cinq. J’aimerai les serrer dans mes bras mais je ne possède même plus de bras. J’aimerai juste qu’elles ne soient pas dégoûtées, c’est tout. J’aimerai les aimer comme j’ai aimé Lania.

Est-ce que c’est trop demandé pour un monstre comme moi ? Est-ce qu’en une semaine, je peux perdre tout ce que j’ai créé pendant plusieurs mois voire années ? Peut-être … Peut-être … Je ne sais pas. Je ne sais plus.

« Je devrai plutôt les oublier. Elles méritent mieux. »

C’est mieux comme ça. Je ne suis pas en droit de vouloir « posséder » l’amour des cinq femmes qui ont parcouru ma vie. Rien que le fait que j’ai couché avec ces cinq femmes sans aucun problème, c’est là le gros souci. Je n’aurai jamais dû. Mais maintenant, c’est de ma faute. Je le reconnais parfaitement.

« Trois semaines … trois semaines et j’en termine. »

Trois semaines et je mets enfin un terme à Belzak. Je vais juste penser à lui. Je vais juste penser à l’éliminer, je vais juste penser à le faire disparaître. Je vais juste penser à ça, que je ne le vois plus, que je ne le ressens plus. Que sa présence disparaisse de ma vue et de mon esprit, oui … oui … qu’il ne soit plus là.

Chapitre 3 : L’amour d’un monstre

Chapitre 3 : L’amour d’un monstre

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

« J’apprends juste à aimer un homme différent des autres, c’est tout. Alors … alors … alors … cherchons voir comment fonctionne ton corps. »

Qu’est-ce qu’elle raconte ? Ce n’est pas drôle ! Je n’ai pas envie de rire contrairement à elle ! Elle se moque de moi et … AAAAAH ! Pourquoi est-ce qu’elle me caresse le ventre ?! C’est peut-être l’une des choses qu’il me reste encore en tant qu’humain et …

« Je me disais. Est-ce que tu es comme les reptiles ou autres ? Peut-être que ton sexe n’apparaît que si on commence à t’exciter ? Mais sinon, il doit être protégé. »

Qu’elle arrête ! Ce n’est pas drôle ! Pas drôle du tout ! Je n’ai pas envie de ça ! Ou alors, j’en ai envie ? Je tremble de tout mon corps alors que mes tentacules s’enroulent autour de Lania. Qu’elle arrête ça maintenant ! Je n’ai pas envie de blaguer !

« Car tu crois que je ne prends pas cela au sérieux, Ric ? HOP ! »

Elle claque des doigts et voilà que sa nuisette est au sol … Elle est juste dans cette culotte bleue ciel de dentelle. Non et non ! Je ne serai pas excité ! Je ne serai pas … AH ! Mais qu’est-ce que je fais ?! Mes tentacules commencent à parcourir son corps ! C’est horrible ! C’est vraiment dégueulasse ! Surtout que je vois que mes tentacules lui collent à la peau et ce liquide … je …

« C’est froid ! Et c’est gluant … mais c’est de toi donc je ne m’en fais pas. Ric ? Tu ne remarques pas que mon corps te désire ? »

C’est juste n’importe quoi. C’est juste mais … je le sais … Elle tremble contre moi. Elle se colle contre moi … elle m’embrasse partout sur mon visage et mon torse. Ce n’est même pas de la perversité, juste de l’érotisme. Elle m’excite pour me montrer qu’elle n’a pas peur de mon corps mais ça ne change rien.

« Surprise ! » s’écrit-elle en rigolant alors que je vois sa main qui descend vers mon corps de Tritosor. AH ! Non ! Ce n’est pas ça qu’elle touche ! Je … j’ai encore un sexe ? Il se trouve entre le bas de mon ventre et le début du corps de Tritosor. Il est bien présent, il a l’air horrible comme ça. Ce n’est même pas un sexe humain. Il est peut-être long mais ce qui se trouve au bout n’a rien … d’un gland humain. Le bout n’est pas arrondi.

« Arrête … arrête, Lania. Même ça, ce n’est pas … »

« Il est plutôt mignon, non ? Et par contre, je ne m’attendais pas à une telle taille. Tu vois que tout n’est pas désavantageux, non ? »

Elle se moque de moi ? Où est-ce que … AAAAAH ! Elle n’a pas hésité à le mettre en bouche ! Elle n’a même pas peur de ça ? Comment est-ce que … Mes tentacules ! Non ! Je n’arrive même pas à contrôler mon corps ! Ma main de Maganon se pose sur son crâne pour tenter de l’aider à faire ce qu’elle a commencé bien que je ne peux pas l’agripper. Mais il n’y a pas que ça. Mes tentacules … mes tentacules parcourent son corps.

Mes tentacules lui arrachent le dernier morceau de tissu. Je vois ses yeux qui s’ouvrent avec surprise avant qu’elle ne retire ses lèvres. Elle fait un petit sourire avant de me donner une petite tape du doigt sur le front de métal. Je ne ressens même pas une douleur.

« Et alors ? Tu es si pressé que ça, Ric ? Mais nous avons toute la nuit, n’est-ce pas ? Je me demande ce que les pokémons oiseaux penseront de nous s’ils nous voient. »

Je ne cherche même pas à savoir ça. Pas du tout même. Je ne fais que regarder son corps nu. Elle a une peau humaine, non pas blanche comme celle d’une Gardevoir. C’est vraiment juste un corps magnifique. Un corps sur lequel j’ai fantasmé il y a de cela des mois. Un corps comme lequel je m’étais imaginé lorsqu’elle était encore à moitié pokémon.

« Et tout ce corps est à toi, Ric. »

A moi … non. Il n’est pas à moi, je le sais parfaitement. Je sais parfaitement que ce n’est pas le cas ! Je ne veux pas croire ce qu’elle dit ! Alors pourquoi elle pousse un petit cri de surprise et de plaisir ? Pourquoi est-ce que mes tentacules commencent à l’enserrer, rendant cette scène digne des pires animations jipenaises ?

Mes tentacules qui caressent ses hanches, sa poitrine, passant sur ses tétons mais aussi son entrejambe, se glissant bien entre ses cuisses. Je sais qu’il n’y a pas que mes tentacules qui sont trempés. Loin de là même. Je tente de déglutir, de m’exprimer mais elle me colle ses lèvres contre les miennes, commençant à glisser son corps contre le mien. Puis soudainement, elle s’arrête. Je la sens … je la sens à cette hauteur.

« Ric ? J’espère que tu ne le regretteras pas car moi, je vais ancrer ce moment dans ma mémoire. Oh ! Je … Je ne me rappelais pas … que la première fois … faisait aussi mal. Je t’avais dit que ce corps était pourtant … vierge. »

Elle guide le tout. Elle ne s’interrompt pas alors que je sens cette chaleur envahir mon sexe. C’est si chaud et doux en elle. Un peu comme si tout son corps avait décidé de transférer sa chaleur en moi par ce biais. Je … je me sens apaisé. Mes tentacules entourent ses bras et ses hanches alors que mon corps commence à faire quelques mouvements réguliers. Et je me sers de me tentacules pour régler la vitesse. Je l’entends feuler de bonheur tout en criant :

« J’ai attendu … j’ai attendu ça depuis tellement longtemps ! Depuis le jour où j’ai rencontré cet homme qui m’a sauvé la vie ! Qui m’a tiré de là ! OUIIIIIIIII ! »

Ouiiiiii ? Qu’est-ce que ? Je vois tout son corps qui se statufie, sa poitrine arrogante et généreuse pointant en avant. Pendant quelques secondes, elle ne respire plus, elle ne bouge plus puis enfin, je le vois qui ouvre la bouche, un peu de salive s’en écoulant en même temps que sa langue ne sorte. Elle me donne un nouveau baiser, plus profond, plus chaleureux, plus ardent. Il doit bien durer deux bonnes minutes avant qu’elle ne dise :

« Continuons, d’accord ? Je n’ai jamais ressenti une telle chaleur. Ric ! »

Elle crie mon nom avant de recommencer les mouvements, sans que je ne m’en mêle. Elle n’a quand même pas eu … ce que je crois hein ? Même quand j’étais humain, je n’y arrivais que très rarement. Je ne suis pas doué pour ça, pas du tout même.
Et là ? Avec Lania ? Du premier coup ? Et avec son sang qui dégouline ? Je … je … oh … je crois que je ne devrais pas réfléchir plus longtemps à tout cela. Je devrais faire pareil qu’elle, me laisser emporter par le désir. Ce corps me permet de la rendre folle de joie et de désir. Si seulement, je peux faire pareil avec Séphyria, Dyamia, Calsydia, Tritani et Céra …

Chapitre 2 : Son désespoir

Chapitre 2 : Son désespoir

Avachi sur le sol, mon visage tourné vers l’écran de la télévision, je ne fais que regarder ce qui s’y trouve. Je suis encore capable de comprendre ce qui est raconté mais … rien du tout. Rien de rien. Je ne suis pas motivé, je ne suis pas vivant, je suis juste une loque insensible et incapable d’avoir des sentiments. Je ne suis plus humain …

« Qu’est-ce que nous faisons ? »

« Je compte rester éveillée. » dit Lania car j’entends parfaitement leurs conversations.

Elles parlent de moi, ils parlent de moi. Tout le monde parle de moi mais je veux juste qu’on me laisse seul. Qu’on me laisse tranquille ! Je suis un monstre ! Une créature abjecte, sans corps prédéfini ! Je n’ai rien pour moi ! RIEN DU TOUT !

« J’aimerai aussi mais si tout le monde reste éveillé, ça ne changera rien. Il vaut mieux que tu … enfin, Lania, est-ce que … » demande Séphyria alors que Lania répond :

« Nous n’en parlerons pas à voix haute, d’accord ? Mais ne vous inquiétez pas pour lui. »

Ah ? Qu’elles ne s’inquiètent pas pour moi, oui. Je suis en pleine forme Je respire la joie de vivre ! Je … non. Même avec ironie, j’arrive pas à me dire ça, ça sert à rien, c’est stupide, c’est vraiment stupide ! Rien d’autre ! Je suis stupide ! Je suis horrible et je …

« Mais quand même, les filles, il vaut vous montrer plus entreprenantes avec Ric hein ? »

« Je ne crois pas qu’il soit en état de faire quoi que ce soit. » murmura Calsidya, un peu gênée par les paroles de Lania, celle-ci réfutant le tout d’un geste négatif de la main.

« C’est n’importe quoi comme réflexion. Enfin bon, de toute façon, je n’ai pas à en parler. »

Alors si elles n’ont pas à parler, est-ce qu’elles peuvent s’en aller et me laisser seul ? Je veux juste être seul et rien d’autre. Qu’on me laisse tranquille. J’ai abandonné mes deux pokémons, voilà tout. J’ai juste mes deux pokémons … non je n’ai même plus ça.

« Ric, on va manger. Viens par là ! »

Dyamia s’écrit mais rien à faire, je ne bouge pas. Je n’ai pas vraiment faim, je n’ai pas la tête à ça. Bref, qu’on me laisse tranquille. Je ne bouge pas de ma position, regardant juste la télévision en la fixant longuement.


Les minutes s’écoulent avec lenteur, je les entends parler, chercher à rire. Il vaut mieux qu’elles m’oublient toutes, que je n’existe plus aux yeux de personne. Ainsi, je n’aurai aucun regret à disparaître. Disparaître de leurs existences.
« Bonne nuit, Ric. Dors bien. »

Les filles viennent m’embrasser sur la joue comme pour me rassurer mais ça ne change rien. Cet endroit est gigantesque … surtout qu’on a déplacé le canapé et la table du salon pour me permettre d’avoir plus d’espace … pour dormir à même le sol.

Voilà que la nuit est tombée et je zappe les chaînes d’un tentacule. Je tombe sur l’une de ces chaînes qui prônent l’animation jipenaise. Sauf qu’à cette heure-ci, j’ai le droit à de l’animation érotique et ça me fait rappeler que le Jipen est vraiment un pays saugrenu. Qu’est-ce qu’il y a de bon à ce que des tentacules caressent le corps d’une femme ?
« Oh ? Ca m’a l’air plutôt intéressant ce que tu regardes, Ric. »

Si je pouvais sursauter, je le ferai. Mais je ne peux que me retourner … pour voir Lania ? C’est quoi cette tenue ? Avec juste la lumière de la télévision pour éclairer le salon, je peux à peine l’étudier. Mais …

« Est-ce que ma tenue te dérange, Ric ? »
Je ne peux pas vraiment dire qu’elle me dérange… comme je ne peux pas vraiment parler aussi. Ah … mais bon. Elle porte juste une nuisette couleur bleu ciel avec une bustier, ouverte au nombril ainsi qu’une culotte très fine de même tissu et couleur. Les deux sont transparents et me permet de voir qu’elle ne porte rien sous la nuisette au niveau de la poitrine.

« Donc, si je comprends bien, tu es amateur de ces bizarreries jipenaises ? »

« MAIS NON ! MAIS NON ! » hurle-je dans mes pensées en tentant de changer de chaîne mais la télécommande se téléporte jusqu’à la main de Lania.

« Pourquoi pas, non ? »

Elle vient s’asseoir contre moi et je sens son dos qui touche mon corps si affreux. Qu’est-ce qu’elle fait ? Qu’est-ce qu’elle est en train de faire ? Qu’elle part ! Qu’elle aille dormir ! Qu’elle me laisse tranquille ! Je ne veux pas la voir !

« On garde cette chaîne, tu en penses quoi ? »

« Non non ! Vas t-en ! Je n’ai pas besoin de ta compassion ! »

« Ca me rappelle la fois où j’ai tenté de te sauter dessus mais que tu m’as repoussée … car je n’étais pas assez humaine, Ric. »

Je m’en rappelle parfaitement. Maintenant, les rôles sont inversés. Je ne pense plus à rien, du moins, je ne cherche pas à communiquer avec elle Je ne cherche plus rien. Je crois … je n’en suis pas si sûr que ça. Lania me perturbe. Je sens qu’elle me prend la main droite devenue de nombreux tentacules pour la passer autour de son corps. Elle émet un petit rire tendre.

« C’est vraiment surprenant. Tu crois vraiment qu’une femme peut prendre du plaisir avec des tentacules ? C’est vrai que ça ressemble quand même à un long sexe masculin mais bon … »

« Pourquoi est-ce que tu parles de ça maintenant ? J’ai zappé les chaînes. »

« Je ne sais pas, Ric. Je ne sais pas. » murmure-t-elle alors que je baisse mes yeux. Qu’est-ce que … Qu’est-ce qu’elle est en train de faire ?! Elle a passé une main sur son sein droit et je la vois en train de se pincer le téton à travers sa nuisette. Quelques secondes plus tard, il est plus que dur et pointe avant qu’elle reprenne : « Tu veux essayer ? »

Essayer ? Depuis que je suis transformé, je n’ai rien fait du tout. C’est normal ! Mon corps quoi ! Je ne suis pas humain ! Je n’ai rien d’attirant ! Je ne suis pas … Mes pensées se paralysent alors que Lania vient de m’embrasser longuement pour m’interrompre. Lorsqu’elle arrête le baiser, elle me dit :

« On s’en fiche non ? Car je pense que je vais pousser quelques cris de plaisir, on va aller ailleurs, ça sera bien mieux, hahaha. »

Ailleurs ? Elle ne me laisse pas le choix ? Je cligne des yeux avant de me retrouver … sur le toit de l’immeuble ? Il fait froid mais mon corps ne le ressent pas. Je le sais juste à cause du vent qui vient frapper sur ma peau. Lania m’observe dans un grand sourire en reprenant :

« Ric ? Tu ne voudrais quand même pas que j’attrape un rhume, n’est-ce pas ? »

Chapitre 1 : Un abandon amer

Chapitre 1 : Un abandon amer

« Comment est-ce que Ric va ? »

« Pas vraiment très bien. Je pensais qu’avec Lania de retour, il se sentirait mieux mais ça n’a rien arrangé. Il continue de déprimer. Il faut dire que passer du jour au lendemain avec ce corps, c’est tout simplement horrible. »

Les femmes parlent entre elles, Alphonse et Emairon ne faisant qu’écouter les conversations des demoiselles. Toutes concernent Ric mais pour cause : le jeune homme est devenu une sorte de monstre mutant de plusieurs pokémons. Séphyria soupire, disant :

« Et d’après les scientifiques fronsais, il n’y a pas vraiment de solution à l’heure actuelle. Il faut dire que le cas de Ric est vraiment spécial. »

« On ne peut rien faire pour l’aider, c’est bien ça ? »

C’est au tour de Dyamia de poser une question qui est plus qu’embarrassante car nul n’en connait la réponse. Nul ne sait comment faire pour calmer le jeune homme. Celui-ci est toujours dans l’appartement, ne pouvant rien faire d’autre que regarder la télévision. Si les voisins tentent de le voir, c’est tout simplement horrible ce qui risque d’arriver.

« Il faudrait que j’aille retourner lui parler. »

Lania se lève de sa chaise. Depuis son retour et malgré sa relation avec Emairon, elle n’a d’yeux que pour Ric. Il faut dire que cet évènement a vraiment tout chamboulé. Mais Emairon ne semble pas être dérangé par ça.

« Tu as besoin d’aide, Lania ? » demande Séphyria alors que la Gardevoir fait un hochement de tête négatif avant de répondre :

« Je suis la seule capable de lire dans ses pensées. Je suis la seule à pouvoir communiquer correctement avec lui. Mais ne vous en faites pas, s’il a quelque chose à vous dire, je vous transmettrai le message et inversement. »

« Merci pour tout ce que tu fais. »

Ce n’est pas grand-chose. Pas du tout même. Elle se téléporte pour retourner dans l’appartement … et remarquer que Ric n’y est pas ?! Qu’est-ce que ça veut dire ?! Elle sort de la chambre, courant à gauche et à droite dans le couloir avant de léviter subitement. La raison est simple ! Il y a un drôle de liquide au sol ! Un liquide qui semble se diriger vers le toit de l’immeuble. RIC !

« Qu’est-ce qu’il a encore fait ? »

Elle fait un mouvement de la main gauche, ramenant tout le liquide au sol pour en former une sphère qu’elle téléporte hors de l’immeuble. Nul besoin que tout le monde sache où se trouve Ric ! Mais s’il est sur le toit, elle doit s’y rendre ! Elle se téléporte une nouvelle fois, prête à ouvrir la bouche avant de s’arrêter. Elle se cache derrière un mur relié à la porte qui permet d’aller jusqu’au toit. Elle … il est là. Ric est là mais il n’est pas seul.

« Aeuh … aeuuuuuuuh ! »

Elle le regarde, elle le voit qui tente de s’exprimer à deux pokémons mais pas n’importe lesquels : Néverri et Ersone. Sa Déflaisan et son Corboss. Les pokémons sont un peu apeurés de la forme de leur dresseur, elle sent la peur en eux … mais ils savent aussi qu’il s’agit de Ric. Elle reste là, cachée derrière un mur.

Elle peut lire dans les pensées de Ric. Le désarroi, l’effroi, la tristesse, tous les sentiments négatifs qui envahissent l’esprit du jeune homme … ou du monstre. Elle peut lire dans son esprit, elle peut lire ce qu’il tente de dire avec son corps.

« Partez … partez et ne revenez plus ! Partez ! Ne vous présentez plus devant moi ! »

Elle ne rêve pas ? Il déclare qu’il est en train d’abandonner ses deux pokémons ? Elle doit réagir avant qu’il ne fasse une bêtise, qu’il ne le regrette ! Mais … elle ne peut rien faire. Elle voit Ric qui prend les deux pokéballs dans ses tentacules.

« Ne revenez plus. Vous êtes libres ! »

Les deux pokémons s’approchent de lui. Bien qu’ils ne comprennent pas de quoi il parle, il n’est pas difficile de lire dans son cœur, loin de là même. Comment ne pas comprendre la souffrance du jeune homme ? Mais dès qu’ils sont près de lui, Ric pointe son bras de Maganon vers eux, hurlant :

« AAAAAAAAHHH ! ARGL ! EUUUH ! »


On entendrait un monstre mais dans les pensées qu’elle peut lire, c’est bien différent. Il est complètement perdu. Mais elle ne peut pas le stopper. Un craquement sonore se fait entendre, les morceaux des pokéballs tombent au sol.

« PARTEZ OU JE N’HESITERAI PAS ! »

Elle entend ce hurlement dans les pensées de Ric alors que celui-ci charge son bras de Maganon. Il n’hésiterait pas à attaquer ses deux pokémons ?! Elle doit l’arrêter ! Mais les pokémons oiseaux s’envolent dans les cieux, s’éloignant de Ric après quelques secondes. Ils le regardent tous les deux, la mine décomposée avant de partir. C’est mieux … c’est mieux comme ça mais pour qui ?

« Voilà, c’est trop dangereux pour eux de rester avec moi … comme les filles. C’est trop dangereux. Vraiment trop dangereux. »

Elle voit le corps déformé parcouru par les soubresauts. Il est en train de pleurer toutes les larmes de son corps. Les pokémons étaient présents depuis des années avec lui. Comme Rérox … elle l’a parfaitement compris.

« Ric ? » murmure-t-elle après quelques secondes, sortant de sa cachette. La masse de chair se retourne alors pour apercevoir la jeune femme aux cheveux bleus et aux yeux de couleur orange et dorés. Elle s’approche avec lui alors qu’il tente de mouvoir ses tentacules sans y arriver. Elle l’empêche de l’empêcher de venir jusqu’à lui.

« AEUH ! AEUH ! GRAAAAAAA ! »

Il tente de dire qu’il ne veut pas la voir mais elle le comprend parfaitement. Et elle sent qu’elle n’est pas la seule présente. Derrière elle, juste au niveau de la porte, elle sent que les femmes sont présentes, ainsi qu’Alphonse et Emairon. Mais ça ne fait rien. Elle se presse contre le corps de Ric, malgré le fait qu’il ne possède plus de jambe.

« Continue de pleurer, ça te fera du bien … après le mal que tu viens de t’infliger. Je ne peux pas t’en vouloir, je ne peux pas te reprocher ce que tu as fait, Ric. Tu es libre de tes actes, de tes choix. Tu fais comme tu le désires. »

Mais elle restera là pour lui. Comme toutes les filles aussi. Comme tout le monde. Il n’a pas besoin de s’isoler des autres à cause de sa nouvelle forme. Et elle n’en a rien à faire du corps de Ric, du fait que ses tentacules mouillent son tissu ou alors du bas de son corps qui est celui d’un Tritosor. D’ailleurs, elle devra vérifier quelque chose ce soir ou dans les prochains jours. Elle pose son regard sur celui de Ric pendant de longues secondes, lui faisant un sourire tendre. Il n’est jamais seul, qu’il ne l’oublie jamais.

Chapitre 20 : Pleurs

Chapitre 20 : Pleurs

Je suis de retour à la maison. Je me sens mal … terriblement mal et bien en même temps. Les femmes-pokémons qui me côtoient généralement sont maintenant assises autour d’une table, parlant entre elles. Comme je ne peux pas m’exprimer, je ne peux pas participer à la conversation. Je suis juste assis sur le canapé.
Lania a demandé à Emairon d’être patient car elle compte bien rester autant de temps qu’il faudra avec moi. Emairon a parfaitement compris le message. J’espère qu’il ne se fait pas de fausses idées entre elle et moi … même si dans le fond, avec les paroles de Lania, moi aussi, je me demande si je ne m’en fais pas trop. Ca doit être sûrement ça. Je me fais des idées absurdes sur ma relation entre elle et moi comme … pour les autres femmes-pokémons. Est-ce que mon salut viendra de Céra ?

« Par rapport à Belzak, Loïc nous a signalé qu’il faudra environ un mois à partir d’aujourd’hui pour que celui-ci soit en état de pouvoir s’envoler dans l’espace car oui, un entraînement est recommandé et encore plus avec son vieil âge. »

J’écoute la conversation. Belzak va partir pour l’espace. Logique, il n’arrêtait pas d’en parler … mais après ? Après ? Est-ce que c’est suffisant ? Je me pose la question alors que je m’installe confortablement sur le canapé. Je … Le fait qu’elles m’ignorent me fait un peu mal mais je préfère éviter de trop y penser. Je ne veux pas que Lania commence à relire dans mes pensées. Ça ne me plait pas, pas du tout même.

Je crois que je vais finir par m’endormir … J’ai un peu sommeil. Je ferme les yeux, cherchant à plonger dans le sommeil. Je suis fatigué … Cette journée a été la pire de mon existence. Ma fuite. Tout ce qui s’est passé … Je … Je ne peux pas et … Ah. Un baiser sur ma joue ? La seule surface humaine encore visible ?

« Reposes-toi bien, Ric. Je veille sur toi. »

C’est la voix de Lania. Je n’ouvre pas les yeux alors que j’entends Céra qui me murmure aussi de bien dormir. Je me sens mal … car les petites voix des autres femmes-pokémons se font entendre, me souhaitant la bonne nuit.

Sauf que je n’arrive pas à dormir. Enfin … Je tente mais je ne fais que somnoler, comme si je n’avais pas terminé ce que je voulais faire … Ah … Non … C’est pas ça. Qu’est-ce que je raconte encore ? Je ne sais pas … Je ne sais pas du tout. Je divague … Je crois … Mais les minutes passent, les heures aussi et finalement, la nuit est présente. Je suis plongé dans l’obscurité, dormant sur le canapé. Je ne l’ai même pas ouvert pour faire un lit.

Je voudrai rouvrir un œil pour voir si Lania veille sur moi … mais je sens que oui. C’est bizarre … Vraiment bizarre mais je sens son aura protectrice autour de moi. Elle est vraiment de retour. Je suis heureux … je crois … Je crois que je suis heureux. Je ne sais plus trop croire … qui je dois croire ? Moi ? Lania ? Les femmes-pokémons ? J’ai l’impression que je raconte n’importe quoi. Que je divague …

« Chaud … Chaud … Chaud … »

J’ai chaud, terriblement chaud même. Il faut que je retire la couverture que Lania a mise sur moi. J’ai chaud, j’ai terriblement chaud. Mes jambes … MES JAMBES ! Mes jambes sont en train de brûler ! Je suis en train de brûler ! Je me consume ! Je tente de pousser un cri mais ce n’est qu’un feulement qui sort de ma bouche alors que je tombe du canapé.

« Qu’est-ce qui se passe, Ric ? Attends, j’allume la lumière. »

J’entends la voix de Lania mais je sais pas … Je baigne dans un liquide. Je me … Je me suis pissé dessus ? Non … Ce n’est pas ça … PAS CA ! PAS CA ! PAS CA ! PAS CA ! MES JAMBES ! Je n’ai plus de jambes ! PLUS DU TOUT ! J’ai juste un long corps visqueux et rose ! J’ai le corps d’un Tritosor ! Je n’ai plus de jambes ! Ah … Ah … Ah … Il faut que je prenne l’air ! IL FAUT QUE JE PRENNE L’AIR ! J’en peux plus ! J’en peux plus ! Il faut que je me tue ! Il faut que je me tue maintenant ! Je ne supporte plus ça ! JE NE LE SUPPORTE PLUS ! JE NE PEUX PAS LE SUPPORTER ! Et puis, je suis sûr que Lania doit être …

« Mon pauvre petit Ric … Quand est-ce que ça va s’arrêter hein ? »

Non … Même pas un tremblement, même pas une once d’hésitation alors qu’elle vient vers moi. Elle n’a pas peur de mon corps. Elle place ses bras autour de mon cou alors que … Je … Je … Je pleure … Je ne sais même pas si j’en suis capable mais je crois que je pleure. Et elle pleure aussi en me souriant. Pourtant, son sourire disparaît alors qu’elle hurle :

« BOUGEZ-VOUS MAINTENANT LES FILLES ! »

Ses yeux sont devenus roses avant que les cinq femmes ne se retrouvent téléportées hors de leurs lits. Encore à moitié en train de dormir, les femmes-pokémons ne comprennent pas tout de suite ce qui se passe mais Lania ne leur laisse même pas parler.

« Regardez donc ce que Belzak a fait de Ric ! Regardez bien ! Et ça risque d’empirer de jour en jour ! Peut-être que demain, il n’aura même plus une seule parcelle humaine ! Si vous ne faites même pas un seul geste pour lui, pour lui montrer que vous l’aimez quand même, je vous jette dehors … que ça soit toi, Séphyria ou Dyamia ou alors n’importe qui d’autre. C’est compris ?! C’est compris ?! Ric a besoin de votre soutien ! Pas demain, pas dans quinze jours, pas contre Belzak mais MAINTENANT ! »

Elle est plus que sérieuse … mais elle n’a pas besoin de faire ça pour moi. Elle n’en a pas besoin. Je la vois en train de pleurer et de serrer les dents comme les poings. Pour elle aussi, pour Lania … Pour elle … Ca doit être plus que dur, j’en suis certain. J’en suis plus que certain, je suis désolé, Lania. Je suis vraiment désolé …

« Tu ne m’empêcheras pas de voir Ric, Lania. »

« Si tu ne viens pas le prendre dans tes bras maintenant, je te promets que je te téléportes dans une autre dimension et que tu risques de ne pas pouvoir en sortir. »

Je ne crois pas qu’elle en soit capable et je pense que Séphyria le sait aussi. Même si ça semble être une menace en l’air, Lania est sincère. Je déglutis alors que Séphyria prend une profonde respiration. Elle … Elle semble se battre contre elle-même puis finalement, elle hoche la tête négativement. Je comprends que …. Ca ne sert à rien. Ca ne sert à rien du tout. Je suis devenu encore plus horrible qu’avant, c’est normal.

« C’est juste Ric … et personne d’autre. »


Séphyria est maintenant auprès de moi, venant passer ses mains sur mon horrible corps. Elle les monte, elle les descend, elle ne semble pas se soucier le moins du monde de ce que je suis. Mais … J’ai du mal à y croire. Jusqu’au moment où elle m’embrasse sur les lèvres. Puis finalement, elle recule pour laisser place aux autres.
Dyamia est la seconde … puis Tritani et enfin Calsidya … Céra est la dernière mais elle reste le plus longtemps contre moi. Je m’en doutais … C’est bien son genre. J’en ai besoin … J’ai besoin de mes femmes. Pas d’une, pas d’eux … J’ai besoin d’elles. J’ai besoin de toutes ces femmes, même Lania. Emairon peut … bien passer outre … pour le moment. Je … Je dois tenir le coup pour chacune d’entre elles.

Chapitre 19 : Abandonné

Chapitre 19 : Abandonné

J’ai l’air de quoi ? Je suis juste … un monstre. Je me suis réfugié au plus profond d’une forêt. Celle qui avoisine la ville dans laquelle j’habitais normalement. On ne peut pas me retrouver. J’ai arrêté de produire de la fumée et donc … plus personne ne peut me trouver.
J’ai juste à vivre ici … en attendant qu’ils m’oublient. J’attrape un fruit d’un arbre, commençant à le dévorer avec mes tentacules. J’arrive à ouvrir la bouche mais … je suis juste si horrible et rien d’autre. Je suis un monstre, un vrai monstre.
Je ne mérite pas de vivre comme ça … Je veux juste retrouver Belzak et le tuer … Ensuite, autant que je saute avec le reste de la Triafa. Adomantxys, je ne crois pas qu’elle soit une ennemie. Je ne crois pas mais je n’en suis pas convaincu. Donc il faut que je me méfie … Il vaut mieux que je dorme en attendant, je crois. Nous sommes quoi ? Au beau milieu de l’après-midi, n’est-ce pas ? Enfin … Même pas. On doit être à peine au début de l’après-midi, rien d’autre. Je vais dormir un peu. Je ferme les yeux, plongeant dans un profond sommeil alors que je me suis réfugié dans des fourrés.

Quand je me réveille, j’entends plusieurs grognements. Des Medhyenas m’entourent et m’observent avec colère et rage. Enfin … C’est ce que je pensais au départ mais ils semblent plus effrayés qu’autre chose par mon corps. C’est normal … Qui ne le serait pas ? Je commence à bouger et j’entends quelques glapissements. Je dis :

« Paaaaaaaaaaa ! Paaaaaaaaa ! »

Je tente de leur dire de ne pas avoir peur mais maintenant, les grognements font place à des glapissements alors que je suis écroulé au sol. Je ne tiens même plus debout … Je suis juste en train de me ramper, mes pieds traînant sur le sol, ne pouvant plus supporter le poids de mon corps alors que je cherche à bouger.
Je dois bouger … Je dois bouger … Je n’y arrive pas … Je n’y arrive pas. Mes tentacules gesticulent dans tous les sens et je ne dois pas utiliser mon canon. Je ne dois pas utiliser ma fumée, je ne dois pas utiliser ma corne. Qu’est-ce que je suis devenu ? Quelle créature horrible est-ce que je suis devenu ?

Je ne veux pas savoir … Je ne veux plus savoir. Je suis seul … tellement seul maintenant. Mais je l’ai voulu … Lania… Elle me manque quand même. Accepter ce que je suis ? Comment voudrait-elle copuler avec moi alors que je possède ce corps ? Je ne suis même pas sûr qu’à la hauteur de mon sexe, je suis encore humain. Je ne vais pas vérifier avec mes tentacules non plus hein ?
Non … Je suis un monstre, juste un monstre. Je suis juste un monstre et rien d’autre. Je ne dois pas l’oublier … Je ne dois pas oublier ce que je suis. Je ne dois pas oublier l’être hideux que je suis devenu et puis, je …

« RIIIIIIIIIIIIIIIIIICCCCCCCCCCCC ! RIIIIIIIIIIIIIC ! »

« Il est dans les environs, Séphyria. Je ressens sa présence sans que ça soit précis. »

J’entends la voix de Séphyria puis celle de Lania. Elles sont là ? Elles sont venues ? Je dois être heureux, je le suis ! Mais … Non ! Non et non ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS QU’ELLES ME TROUVENT ET …

« Désolée mon amour. »

Mon amour ? Je cligne des yeux alors que j’aperçois maintenant Lania devant moi. Elle m’embrasse sur le coin des lèvres alors que je suis effondré. Comment ? Comment ?

« Tu penses un peu trop fort. Et ne t’en fait pas, j’ai assez d’amour pour toi après celui que je donne à Emairon, hein ? »

Mais mais mais … Je veux être seul. Je veux que l’on me laisse seul. Que l’on ne s’occupe plus de moi. Je veux juste que l’on me laisse seul. Qu’on m’abandonne ! Et puis je … Quoi ? Qu’est-ce que … Lania a fait disparaître ses vêtements et se colle contre moi. NON ET NON ! Elle est nuée … Elle est nuée contre moi. Contre mon corps. Elle me chuchote :

« Tu vois, Ric ? Malgré le temps qui passe. Malgré ton corps … Je te désire toujours. Je peux aimer Emairon mais ça ne change rien que mon corps te réclamera toujours, qu’importe la forme qu’il a. Qu’importe ce que tu es… »

Mais mais mais … Elle est nue … et … je … Je … Je sais qu’elle est excitée. Enfin, même si j’ai ce corps, je le ressens parfaitement. Elle est vraiment très excitée, plus qu’excitée même. Elle ne m’a pas embrassé directement mais mais mais …

« Ric, tu veux un petit secret ? Tu es le premier à me voir dans cette tenue avec ce corps. Mes félicitations. Même Emairon va devoir patienter. »

Elle recule finalement et je peux mieux … l’observer. Elle est vraiment magnifique. Vraiment superbe. Plus de peau blanche … Juste une peau humaine … Mais elle a gardé cette même taille de poitrine. Bien entendu, maintenant, elle est moins imposante que celle de Calsidya … mais on dirait vraiment une œuvre d’art et avec les pointes de chair qui sont durcies, je sais qu’elle ne ment pas. Son corps ne ment pas. Elle … Elle …

« Tu n’es pas avare de compliments à mon sujet, Ric. Fais attention, tu vas me faire rougir. »

En fait, c’est déjà le cas, je le remarque. Ses habits réapparaissent mais trahissent facilement son excitation. C’est Lania … ma petite Gardevoir. Celle sur laquelle j’ai veillée pendant des mois … peut-être bien plus longtemps.
Je croyais qu’elle était morte mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elle est devenue une véritable femme … comme Séphyria ou Dyamia. Ah… Et elle est désirable et elle me désire. Malgré mon corps … Mais est-ce qu’elle ne veut pas profiter de ma confusion ? Je … Je ne sais pas … Je suis perdu, vraiment perdu. Mais elle me regarde en fronçant les sourcils.

« Profiter de la situation ? Oh, il y a des chances. Mais il n’y pas que d’elle dont je veux profiter, Ric. Oh que non … Il y a bien plus même. »

Je saisis parfaitement ses sous-entendus. C’est vraiment ma Lania … C’est vraiment elle. Je … Je ne serai jamais seul hein ? Elle ne me laissera jamais tomber hein ? Jamais ? Mais et Emairon ? Enfin, elle aime Emairon non ? Mais en même temps, elle dit qu’elle m’aime ? Je l’entends rigoler alors qu’elle se tourne vers moi, un grand sourire aux lèvres avant de déclarer avec tendresse :

« Si tu es capable de raisonner de la sorte et de penser à des futilités, c’est que tu vas bien mieux. Et ne t’en fait pas, je ne te quitterai jamais, Ric. Plus jamais. »

Je … Je me sens si rassuré maintenant. Même si ça me ferait mal que Séphyria et les autres ne veulent plus de moi, mais je sais que Céra voudra de moi. Mais savoir que Lania veut aussi de moi … Ah … Je me sens … si soulagé. Elle me téléporte hors de la forêt, il faudrait que j’aille me faire pardonner chez les autres.
Mais lorsqu’elles me voient, elles ont un faible mouvement, sauf Céra qui vient me prendre dans ses bras. Les autres avaient amorcé le geste avant de reculer. Je … Je n’ai pas à avoir honte de mon corps. Je n’ai pas à avoir honte.

Chapitre 18 : Vengeance

Chapitre 18 : Vengeance

« Ric ? Est-ce bien toi ? »

Je produisis un son horrible à entendre alors que j’ouvrais ce qui me servait de bouche. J’ai honte … J’ai tellement honte. Surtout que je n’ai pas pu aller jusqu’au président, ce fut l’inverse. Le président de la Fronse est là … en train de me regarder.

« On dirait … C’est vraiment plus horrible que ce que je pensais. Belzak a été trop loin … Beaucoup trop loin cette fois. J’ai déjà prévenu les scientifiques de l’ancienne Triafa, Ric. Il va falloir faire toute une série de tests mais on va te tirer de là. »

Je pousse un nouveau cri sans réussir à m’exprimer correctement. Je ne peux pas … le remercier. Je ne peux pas les remercier pour ce qu’ils font pour moi. Je ne peux pas et ça m’énerve, ça m’enrage ! Je … Je me sens apaisé, Lania venant me caresser tendrement le dos malgré les cratères dedans … Mon dos de Smogogo.

« Doucement, Ric … Doucement. Si ça ne dérange personne, j’aimerai rester auprès de lui lorsqu’il subira ces tests. Je ne veux surtout pas qu’il se sente abandonné. » déclare Lania.

« Aucun problème Lania, tu parlais autant de Ric que d’Emairon quand tu étais parmi les scientifiques. Ça me parait normal. »

Ca parait normal que je doive subir de telles choses ? On n’a pas la même conception de la normalité ! Pas du tout même ! Mais Céra vient à son tour auprès de moi, s’écriant :

« Je veux aussi rester auprès de Ric si c’est possible ! »

« Bien entendu, bien entendu, vous le pouvez toutes. Alphonse, par contre, il va falloir que tu t’occupes de ton père. Après tout cela, il a bien mérité de se reposer. J’ai appris qu’il va très bien mais avec ce qui s’est passé … »

« Est-ce que vous étiez au courant à son sujet ? »

« Depuis le début, c’est le cas. Mais bien entendu, je devais garder cela sous le sceau du secret par mesure de précaution. Désolé de vous avoir caché la vérité … mais si je vous avais dit cela, cela aurait paru moins sincère et véritable. »

Oui mais bon … Cacher autant la vérité, c’était quand même un acte cruel. Je me sens encore mal rien qu’à l’idée d’y penser. Vraiment très mal même … Je … Pfiou … Je n’ai rien à dire. Rien à faire, c’est mieux … Je préfère ne rien dire et faire. Toute façon, je ne suis plus vraiment en état de pouvoir réagir de la sorte, je suis …

« Bon ! Je crois vraiment qu’une cure de Gardevoir va s’imposer. Ric n’arrête pas d’avoir que de mauvaises pensées. » s’écrit subitement Lania.
Qu’elle arrête de lire dans mes pensées ! C’est vraiment … irritant. Si je veux être triste et maussade, ce n’est qu’à moi de le décider et à personne d’autre. Voilà tout ! Je ne veux rien savoir d’autre ! Et pourquoi est-ce qu’Emairon ne s’occupe pas d’elle ? Il n’est pas jaloux qu’elle traîne autour de moi ? Elle … Elle l’aime non ? Enfin, il l’aime aussi non ?

« Tu es le premier dans mon cœur. Emairon sait parfaitement qu’il est le second mais ça ne veut pas dire que je l’aime moins. Je l’aime différemment. »

Les notions d’amour chez les pokémons me font toujours une sacrée surprise. Je ne sais pas comment je suis censé réagir quand j’écoute Lania … Pas du tout même. Enfin … De toute façon, il vaut mieux que je …

« Par contre, Casior, vous savez où se trouvent Belzak ? Ou alors, où est-ce qu’il compte se rendre ? J’ai un petit compte à régler avec lui. »

« Pour l’heure, je n’en sais rien mais je pense qu’Emairon ou Loïc sont au courant non ? » dit calmement le président de la Fronse, Emairon hochant la tête négativement.

« Je n’en sais rien mais il y a des chances que Loîc soit au courant. Malgré le fait que Belzak savait au sujet de sa future trahison. »
« Alors, il faudra le questionner quand vous le pouvez. »

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? J’aimerai bouger mais il faut que l’on m’emmène faire des tests. Tous ces horribles tests. Rien qu’à l’idée de subir de nombreuses expériences, j’en ai la nausée. Pourquoi est-ce que j’ai encore ma conscience ? Je préférai être encore une bête plutôt que d’être un monstre capable de raisonnement humain.

… … … Mes yeux se posent sur Lania. Elle ne me parle plus par télépathie mais elle a lu surement dans mes pensées en vue de son regard attristé. Qu’elle ne me regarde pas comme ça, qu’elle ne me regarde pas … Je ne veux pas … Je suis juste horrible.

« Dyamia, Séphyria, Calsidya et Tritani, j’espère que vous allez quand même m’accompagner pour voir Ric tous les jours ? »

« Bien … Bien entendu ! Ca me semble normal non ? » s’écrit Séphyria. « Je ne vais pas l’abandonner maintenant alors qu’il a besoin de moi ! C’est juste que … J’aie un peu peur de son corps. Je suis désolée, Ric. Je ne peux pas te mentir à ce sujet. »

Je comprends … facilement. Je comprends parfaitement. Je voudrai bien la toucher de mes tentacules ou de mon canon … mais je ne peux pas. J’ai aussi très peur … J’ai peur de la blesser, de lui faire du mal. J’ai tellement peur de ce que je suis devenu.

Tritani aussi est effrayée … Il faut dire que pour les dragonnes, c’est normal … Elles sont parfaites, vraiment parfaites. Alors toucher un corps aussi laid que le mien, pourquoi est-ce qu’elles le feraient, n’est-ce pas ?
« Bon … Visiblement, il n’y a pas d’autres solutions. »

Lania a pris la parole et je la vois fermer les yeux. Qu’est-ce qu’elle va faire ? Elle … Elle rouvre ses yeux, ses pupilles étant devenues roses. Aussitôt, les différentes femmes sont projetées vers moi, venant me percuter en douceur malgré l’envoi. J’entends leurs petits cris d’effroi … puis plus rien. Elles sont là … toutes autour de moi. Même si je ne veux pas, mes tentacules sont en train de les toucher. Je touche leurs joues.

« Bible … Bible … Bible. »

Je répète la syllabe alors que je voudrai dire que je suis horrible. Je suis monstrueux … Vraiment monstrueux. Je passe mes tentacules autour de leurs corps avant de les repousser faiblement. Elles n’ont pas bougé, comme paralysé par ce qui s’était passé. Je crois que je ferai mieux de partir au loin.
J’utilise mes tentacules pour me permettre de me déplacer. Il faut que je m’éloigne … Il faut que je parte. Les voir aussi … effrayées, ça me fait plus mal que tout. Je veux … juste que l’on … m’aime malgré ce que je suis mais je le mérite amplement. Je n’ai pas pu aimer Lania à cause de son corps. Alors … Qui suis-je pour faire la leçon ? Je baisse la tête avant de me diriger vers la sortie.

« Qu’est-ce que tu fais, Ric ? » demande Casior.

Je ne réponds pas, tournant juste mon visage vers lui. Je tente de sourire mais je ne crois pas que j’en suis capable. Lania tente de faire un mouvement, ses yeux grands ouverts alors qu’elle chercher à se téléporter mais c’est déjà trop tard. Mon dos s’active, un épais brouillard noir venant envahir complètement la pièce alors que j’en sors. Mais tout autour de moi, la fumée permet de me déplacer sans que l’on ne me remarque … Je suis juste un brouillard … un monstre caché dans le brouillard alors que je me déplace au loin. Je vais juste trouver où est Belzak … par moi-même. Elles n’ont plus besoin de s’occuper de ça. Elles n’en ont plus besoin. C’est fini … Je veux juste terminer cette histoire … tout seul.

Chapitre 17 : Premier pas

Chapitre 17 : Premier pas

« Casior va nous recevoir dans quelques heures. Pendant ce temps, il vaudrait mieux éviter que Ric soit vu par tout le monde. »

Facile à dire, pas à faire … Même avec un épais tissu pour recouvrir mon corps, je ne peux pas cacher la corne. Peut-être que les gens penseront que c’est juste une décoration ? De toute façon, c’est fichu pour moi alors bon …

« Au sujet de Ric, est-ce que l’on peut rester avec lui ? » demande Céra avec lenteur, Lania se tournant vers elle, faisant un petit sourire :

« Je ne crois pas te connaître, n’est-ce pas ? Enfin, si … Maintenant … Mais bref, tu es la petite Fragilady qui a voulu le manipuler ? Aucun problème pour ma part. De toute façon, il vaut mieux que vous restiez toutes à côté de lui. Moi-même, je vais faire cela. Nous n’avons qu’à attendre que Casior le voie … mais aussi les scientifiques. Il y a surement une solution pour le ramener à la normale. On ne peut pas le laisser ainsi. »

Voilà que Lania s’approche encore de moi, caressant ma joue. Depuis qu’elle est humaine, elle est vraiment plus proche … et collante. Mais ce n’est pas dérangeant, pas dérangeant du tout. C’est elle … Elle est de retour. Je suis donc heureux, vraiment très heureux de la savoir de retour. Je suis juste heureux … tellement heureux.

« Moi aussi, Ric. Moi aussi … Des mois sans toi et Emairon, c’est difficile, plus que difficile à tenir. Mais sinon, pour Loïc, il est en train de se faire soigner. Comme signalé par Emairon, ce n’est rien de bien grave mais c’est un contrôle de routine. Il faut juste lui retirer les balles qu’il s’est pris dans le corps. »

Rien de bien grave ? Hahaha … Lania a un peu le sens de l’humour quand même. Enfin … C’est Lania … C’est juste Lania et personne d’autre. Je tends ma main tentaculaire vers elle. Je … J’aimerai caresser sa joue aussi. Mais mes tentacules passent un peu sur toutes les parties de son corps sans faire exprès, Lania gémissant avant de rire.

« Allons, allons, Ric. Un peu de décence non ? Pas en public. Mais oui … »

Elle prend mes tentacules entre ses mains, utilisant ses pouvoirs pour les réunir en une sorte de main gluante où certains tentacules forment des doigts. Elle place ma main faite de tentacules contre sa joue, la frottant longuement.

« Je suis si heureuse … tellement heureuse de te retrouver Ric. »

« Vous ne voulez pas une chambre tous les deux ? » rétorque une voix un peu courroucée alors que Séphyria est là, les bras croisés. Elle est un peu gênée et effrayée, je le sens.

« Je ne fais que rattraper le temps perdu avec Ric. Emairon le sait parfaitement. Pas de raison d’être jalouse, hein ? Et si tu n’as pas peur du nouveau corps de Ric, ça ne devrait pas te gêner de sentir ses tentacules contre ta peau. »

J’aimerai bien qu’elles ne se disputent pas mais je ne crois pas que j’ai mon mot à dire malheureusement en vue de la situation dans laquelle je me trouve. Mais Lania a raison … Je veux juste la garder contre moi pour être sûre qu’elle ne disparaisse pas une nouvelle fois.

« N’oublies pas ce que je t’ai dit avant que nous prenions l’avion, Ric. »

Je … Enfin, non … Elle est avec Emairon donc je ne veux pas penser à ça. Mais Lania me regarde avec ses beaux yeux dorés orangés … Et je sais qu’elle ne refuserait pas … malgré ma forme horrible que je suis. Elle … J’en ai envie … J’ai envie de pleurer … Moi, j’ai toujours refusé tout ça à cause du fait qu’elle était à moitié pokémon alors qu’elle …

« Je ne vais pas te juger. Tu es libre de penser ce que tu veux et inversement. »

Elle continue de me parler par télépathie alors que finalement, Céra s’avance vers moi, un peu effrayée, le visage baissé vers mes pieds. Je ne peux même pas me tenir debout réellement. Lania la regarde avec neutralité, disant :

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? Céra ? »

« Est-ce que … je peux aussi le toucher ? C’est juste Ric hein ? L’homme … qui m’a sauvée ? Hein ? Enfin … L’homme qui m’a sortie de cet endroit. »

« Bien entendu que tu peux. »

Lania s’éloigne finalement de moi alors que Céra me regarde attentivement. Elle fait apparaître quelques lianes autour d’elle, les approchant de mon corps. Je la laisse faire alors qu’elle tremble. C’est vrai … Elle préfère ne pas me toucher directement, ça se comprend. Après tout ce que j’ai fait, elle est inquiète et doit avoir peur que je la blesse.

Mais je ne fais rien, je reste juste immobile alors que Céra fait un petit sourire. Elle semble maintenant être amusée par la situation alors que pourtant, il n’y a rien à rire, rien du tout même. Elle penche la tête sur le côté avant de s’exclamer :

« Tu as tes tentacules, j’ai mes lianes. Nous ne sommes pas différents hein ? »

Ah bon ? Il doit y avoir surement erreur. Car je me sens quand même grandement différent par rapport à elle. Mais elle s’amuse, liant mes tentacules avec ses lianes avant de se faire tirer contre moi. Elle est collée contre mon corps, rigolant avant de dire :

« C’est vraiment toi, Ric. J’en suis certaine. »

Ah bon ? Moi, je n’en suis pas si certain que ça mais comme elle est convaincue que c’est moi, je ne vais pas l’embêter avec ça. Mais elle m’embrasse sur la joue, collant maintenant la sienne contre la mienne. C’est chaud … Vraiment chaud.

« Céra, fais quand même attention un peu hein ? » dit Séphyria.

« Pourquoi ça ? Ric ne nous veut pas de mal. S’il a agi de la sorte, c’était à cause de la colère par rapport à Belzak, pas par rapport à nous. Quand tu as un corps que tu ne connais pas et que tu es énervé, tu as tendance à perdre le contrôle de celui-ci. Pour Ric, ben c’est pareil. Voilà tout … Mais Ric n’est pas dangereux. »

« Je le sais bien, c’est Ric … C’est juste que … »

Je suis un monstre. Elle ne peut pas terminer sa phrase mais je n’ai aucune difficulté à comprendre cela chez elle. Je la regarde avec lenteur alors que Céra continue de se coller contre moi, me caressant avec ses lianes alors que je fais de même avec mes tentacules. Elle me chuchote avec affection :

« Je me demande ce que ça doit donner … d’une autre façon. Ça doit être spécial. »

Qu’est-ce que … Qu’est-ce qu’elle est en train de s’imaginer là ? Ohla ohla ! Pas de trucs tordus hein ? Enfin, non non ! Pas avec ce corps-là ! Mais bon … Céra me regarde avec tendresse. Mon corps ne la dérange pas … n’est-ce pas ? Enfin … Je crois. J’aimerai juste que ça soit pareil avec les autres femmes mais oui, ça sera surement le cas … plus tard. Il faut juste que je sois patient mais est-ce je peux être patient ? Je ne sais pas.

Chapitre 16 : Toujours en vie

Chapitre 16 : Toujours en vie

« Lania ? Lania Lezuna ? Mais c’était une Gardevoir humanisée non ? »

C’est le cas. Enfin, d’après mes souvenirs … Mais elle caresse doucement le dos d’Emairon, celui-ci étant en pleurs à son tour. Sa tête réfugiée contre l’épaule de Lania, il pleure pendant de nombreuses minutes avant que Lania ne murmure :

« Avant de tromper tes ennemis, trompes tes amis. »

« Comment ça ? Nous tromper ? Tu étais en vie alors ? Malgré les dires ? » demande une nouvelle fois Séphyria alors que Lania hoche la tête positivement.

« Pleinement en vie et en parfaite santé. Néanmoins, j’avais prévenu Loïc et Emairon à ce sujet. Et même s’il était prévenu, Emairon a eu énormément de mal à accomplir cela. Pour un pokémon qui est basé sur les relations, les émotions et les sentiments, même si tout cela n’est que pour de faux, tuer l’être qu’il aime, c’est horrible. »

Ca expliquerait pourquoi à chaque fois que je le voyais, il semblait si étrange et regretter cela … Il s’en voulait terriblement même … s’il connaissait la vérité. C’était compréhensible, parfaitement compréhensible même. Mais … Pourquoi cette forme humaine ? Pourquoi est-ce qu’elle était humaine maintenant ? Et où est-ce qu’elle se trouvait pendant des mois ?

« Tellement de questions dans ta tête, Ric. Mais pour le moment, je pense qu’il vaut mieux que nous nous reposions. Est-ce que vous avez un moyen de contacter Casior ? C’est lui qui m’a envoyée ici. Comme souvent … J’étais dans votre dos au cas où les choses tourneraient mal … La majorité du temps. »

Casior ? Comment est-ce que je peux le contacter ? Je ne suis … ah … si … Je bouge mes tentacules, les enfonçant dans une ma poche. Enfin, l’un d’entre eux avant d’extirper mon portable. Normalement, il y a le numéro et … Je ne peux pas le taper.

« Attends, Ric. Tu vas me le dire, d’accord ? »

Lania s’approche de moi et je me sens un peu dépassé par tous les évènements. Mais elle récupère le téléphone avant de m’embrasser sur la joue. Qu’est-ce que …

« Parfait, Ric. Donnes-moi le numéro par pensée, je vais l’appeler. »

Elle est bizarre, vraiment bizarre comme demoiselle mais je pense au numéro de Casior. Elle appuie sur les boutons du téléphone portable avant que quelques secondes ne s’écoulent. Puis finalement, je l’entends dire :

« Président Casior ? Nous en avons terminé … Il faudrait un avion … Un avion vraiment spécial et qui soit discret, pour un atterrissage … hmm … Lui aussi discret. Par contre, il y a vraiment un énorme souci. La mission a échoué malheureusement. Non, non, Ric n’est pas mort, il n’y a aucun mort mais je pense … que ça se passe de commentaires malheureusement. Il faudra que vous veniez voir la situation. Et aussi, prévenez vos équipes scientifiques. Oui, ceux qui ont réussi à me rendre humaine comme les membres de la Triafa. Enfin, prévenez ceux qui étaient dans la Triafa auparavant et qui ont déserté. »

Je ne fais qu’écouter Lania, comme tout le monde ici présent. Mais elle se débrouille très bien et elle connait Casior ? D’après ce que j’ai cru comprendre, ce sont les scientifiques de Casior, enfin les scientifiques de la Fronse qui ont … aidé Lania ? Oh … Je me sens vraiment mal, vraiment plus que mal même.
J’ai honte de mon corps, j’ai honte de ce que je suis devenu. J’ai honte … J’ai tellement honte … Tellement honte que j’aimerai plutôt mourir mais Lania se tourne vers Emairon, disant d’une voix douce pour que tous puissent l’entendre :

« Ca ne te dérange pas d’attendre un peu que l’on soit en Fronse pour nos retrouvailles ? Pour le moment, j’ai un cœur blessé à soigner. »

Un cœur blessé ? De qui est-ce qu’elle … Ah ! Elle vient tout simplement contre moi, posant sa main sur mes tentacules de Tentacruel avant de me demander de la porter. Je tiens … pas sur mes jambes et elle veut que je fasse ça ? C’est … ridi … cule. Mais je le fais, j’arrive à la porter pour qu’elle s’accroche à mon cou. Je ne suis plus qu’une masse difforme.

« Tu es bien plus que ça, Ric. »

Un message télépathique de sa part ? Je … Oh … Je la laisse faire. Je ne sais pas … Les autres femmes me regardent avec peur. Elles ont quand même peur … de ce que je suis devenu. De ce que je suis réellement maintenant. C’est normal. C’est compréhensible. Je ne suis plus humain … Je ne suis même pas comme elles, je ne suis pas un homme-pokémon, je suis autre chose. Une expérience ratée et loupée.

« Tu arrêtes de penser de la sorte, Ric ? »

Elle peut me parler autant qu’elle veut par télépathie, ça ne changera rien. Je ne suis même pas capable de m’exprimer normalement et correctement. Qu’est-ce que je suis censé faire alors hein ? Qu’est-ce que je suis censé faire ? Je veux une explication ! La réponse est pourtant simple : rien du tout.

« Ric, Ric, Ric … »

Je sais qu’elle m’en veut de penser de la sorte. Je le sais … mais en même temps, j’aurai préféré ne pas me montrer à elle sous cette forme. Je la serre contre moi avec mes tentacules et mon bras Maganon, elle se laisse faire.
Je suis juste content de la savoir en vie … tellement content … Mais … Mais … Voilà ce que je suis devenu ! Je suis devenu un monstre ! Qu’est-ce que je suis censé faire ? Hein ? Qu’est-ce que je suis censé faire avec ce corps ?

« Ric … Si dans le pire des cas, elles préfèrent ne plus te parler ou s’éloigner de toi… bien que cela m’étonnerait grandement, saches que je resterai toujours à tes côtés. Même si pour cela, je dois mettre de la distance avec Emairon. »

Hein ? Quoi ? Lania ? Pourquoi est-ce qu’elle dit ça ? Elle … Elle sait juste que ça va me faire un peu souffrir, non ? Que je vais un peu souffrir quand elle me dit ça ? Pourtant, elle me regarde tendrement alors que plus personne ne vient nous déranger, même pas les filles.

« Tu veux un secret, Ric ? Car je suis sûre que ça ne dérangera pas Emairon. Nous sommes quand même des pokémons à la base … Si vraiment, ça ne va plus entre toi et les autres … »

Si vraiment ça ne va plus ? Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Elle ne parle plus par télépathie. Non, elle s’approche de moi, me chuchotant dans l’oreille :

« Je suis toujours là … pour toi. Tu es celui qui m’a sauvée. Je ne t’oublierai jamais, Ric. Jamais … Et mon cœur non plus. Il y aura toujours une place pour toi. »

Si je pouvais encore rougir, je crois que je le ferai. Je pousse quelques balbutiements, retirant mes tentacules de son dos. Je … Je suis maintenant plus que gêné même si je ne peux pas l’exprimer. Il vaut mieux attendre l’avion et ensuite retourner en Fronse. Si Lania est encore vivante, je … je dois retrouver mon corps humain … si c’est possible.

Chapitre 15 : Sans possibilité de fuir

Chapitre 15 : Sans possibilité de fuir

« Il faut que nous partions tous ! Aller ! Aidez-moi ! »

Elles cherchent à me relever. Dyamia cherche à me remettre debout mais je sens à peine mes jambes. Je n’arrive pas à les bouger. J’ai l’impression que je ne les contrôle pas. Adomantxys … Pourquoi est-ce qu’elle a rejoint Belzak ? J’aimerai bien le savoir … Mais je ne pense pas que j’obtiendrai une réponse convenable de sa part.


Puis moi non plus … Je ne peux pas répondre. Je crois que de toute façon, vu mon état, je n’ai plus vraiment le choix. Je commence à gesticuler au sol, repoussant les femmes avant de les encercler avec mes tentacules. Je les emmène auprès de la porte, Céra criant :

« Il ne veut pas que l’on le sauve ! Il veut que l’on parte maintenant ! »

« Hors de question de l’abandonner ici. Et puis quoi encore ?! »

Séphyria est encore plus en colère que d’habitude alors que je fais tout pour reposer les femmes. Emairon est auprès de Loïc, le vieil homme se relevant avec difficultés alors qu’Alphonse vient le serrer contre lui, pleurant longuement.

« Aie, aie, aie … Alphonse, ce n’est pas le moment. Ce n’est pas du tout le moment. »

« Mais tu es en vie ! J’ai le droit d’être heureux ! Comment est-ce … »

« Emairon a préféré arrêter sa paralysie sur les dragons humanoïdes plutôt que de ne pas me sauver. Les balles sont rentrées en moi mais se sont arrêtées dans le chemin. On ira me les extirper plus tard, nous n’avons pas le temps. »

« Mais mais mais … Tu peux marcher ? Tu as besoin d’aide ? Roubé ? Tu peux venir m’aider s’il te plaît ? Emairon, vas plutôt aider Ric. »

« Bon sang … Ric ! » peste Loïc alors que j’entends sa voix. « Si j’avais su … Je n’aurai jamais permis une telle chose ! JAMAIS ! J’ai pu tous … vous sauver … Enfin, je croyais mais je n’ai pas réussi à protéger son fils. »

« Ric ! Laisse-toi faire ! Si tu continues avec tes tentacules, je vais devoir te paralyser ! »

Mais je ne veux pas de son aide ! Je ne veux pas de ça ! Pas du tout même ! Ce n’est pourtant pas compliqué ! Je préfère encore qu’ils soient en sécurité ! Avec moi dans leurs pattes, ils n’auront jamais la possibilité de s’enfuir ! Il est le seul à pouvoir les téléporter … Alors qu’il le fasse plutôt que de vouloir faire bouger une masse horrible comme lui.

« Ce n’est pas pour ça que l’on va t’abandonner, Ric. » rétorque Emairon. C’est vrai, il est capable de lire dans mes pensées. Alors … Qu’il arrête ça. Qu’il aille d’abord sauver tout le monde. S’il a le temps, il n’aura alors qu’à revenir me chercher. « Tu crois que je vais tomber dans un piège aussi stupide ? Aller ! Laisses-toi faire ! »

Il peut crier mais … Ah … Je ne sers plus à rien, rien du tout même. Il cherche à me soulever avec ses pouvoirs psychiques et il y arrive. Nous devrions quitter la salle mais j’ai l’impression que ça sera trop tard. Lorsque nous partons, j’étant soulevé par Emairon, je me dis que ça ne sert à rien, rien du tout.

« Arrêtes avec tes pensées négatives, Ric. »

« Il continue à penser à quoi, Emairon ? Comme il ne peut pas parler, je … » commence à dire Séphyria alors que je pousse un soupir interne.

« Juste que malheureusement, je ne peux pas nous téléporter tous hors de cet endroit. Comme il est plusieurs pokémons en lui, c’est bien plus compliqué … Je pourrais tous vous sauver car je sais où me rendre à l’extérieur. Malheureusement, je connais à peine cet endroit et si je me téléporte à nouveau, il n’y a que peu de chances que je revienne auprès de lui. De plus, me téléporter trop souvent me fatiguera grandement donc je ne suis pas sûr que je pourrais le faire trois fois à la suite. Nous n’avons pas d’autres solutions que de chercher une sortie. »

« Sauf qu’ils nous ont emmené ici sans que nous sachions où nous sommes. Nous allons nous perdre et nous n’avons que peu de temps. »

Tritani a une façon bien à elle de rassurer tout le monde visiblement mais elle a raison. Il n’y a pas d’échappatoire, qu’elle le veuille ou non. Il n’y a donc qu’une seule solution … Je vais devoir faire ça et …

« Non, tu n’auras rien besoin de faire, Ric. Ne pense même pas à cette éventualité. » murmure une voix féminine dans mon dos alors que tous se retournent.
Emairon me lâche subitement par ses pouvoirs psychiques et je m’écroule au sol. Pourtant, mon visage est tourné vers la nouvelle arrivante. Une femme aux cheveux bleus … et aux yeux orange et dorés. Elle a vraiment de longs cheveux bleus.

« Qu’est-ce que … Qui est-ce que vous êtes ? » demande Dyamia mais aussitôt, la femme pose une main sur mon bras de Maganon, disant :

« Nous discuterons plus tard. Emairon, tu téléportes tout le monde. Je fais de même avec Ric. Il suffit juste que je me focalise uniquement sur lui et ça ne sera pas bien difficile. »

« Mais vous êtes ? »

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase que je me sens happé par une impressionnante puissance psychique. Je ferme les yeux pendant quelques secondes pour les rouvrir plus tard. Je suis dehors … loin de la ville déserte que je peux voir à l’horizon. La femme aux cheveux bleus est à côté de moi.

« Hum … Je n’ai pas prévenu où j’allais nous téléporter. Ca ne fait rien. Tu as mauvaise mine, Ric. » me dit-elle.
Ah bon ? J’ai l’impression de péter la forme pour être poli. Enfin, je ne sais pas, je me sens quand même rassuré de la savoir à mes côtés. Bien que je ne la connaisse pas … Comment est-ce possible ? Pourtant, elle me sourit chaleureusement.

« C’est vrai … Cela commence à faire assez longtemps, n’est-ce pas ? »

Longtemps ? Qu’est-ce qu’elle veut dire par là ? Sans même que je ne puisse bouger, elle vient placer ses bras autour mon cou, m’enlaçant longuement et tendrement. Elle n’est pas repoussée par mon corps ? Elle sent bien mes bosses dans mon dos. Je crois que je recommence à la connaître.

« Tu m’as terriblement manqué pendant tout ce temps, Ric. »

« HEY ! C’est quoi ça ?! Ne t’approche pas de lui ! »

La voix criarde de Séphyria se fait entendre mais la femme aux cheveux bleus ne bouge pas. Elle garde son sourire bienveillant alors que je vois Emairon qui tremble fortement. Il a vraiment … Il a vraiment … la tremblote ?

Ils sont tous de retour et bizarrement, même les nombreuses explosions au loin ne semblent pas nous déranger alors que je la regarde longuement. C’est elle ? N’est-ce pas ? Quand je vois sa tenue, cette robe blanche et bleue … Et cette poitrine … avec un morceau de tissu orange en losange juste dans son creux. C’est elle ?

« C’est moi. » me répond t-elle en rigolant faiblement. « Ça ne te dérange pas si je vais aussi le voir ? Après tout le mal qu’il s’est infligé … »

Qu’il s’est infligé ? Ses bras me quittent alors qu’elle se dirige vers Emairon, venant l’enlacer à son tour. C’est bien elle … Lania.