Chapitre 11 : Motus et bouche cousue

Chapitre 11 : Motus et bouche cousue

« Ce sont vraiment des enfants adorables, Elise, n’est-ce pas ? »

« Comme tu le dis, Tery. Je ne m’attendais pas à … ça mais il faut avouer que j’avais envie de les enlacer. Par contre, je te préviens, ne touches pas à Wandy sinon… »

« Euh, j’ai quand même une certaine décence et ça me fait un peu mal que tu penses ça de moi, Elise, tu sais ? Je ne suis pas … un type comme ça. »

« C’est plus par mesure de précaution qu’autre chose. On ne sait jamais trop ce sur quoi on pourrait tomber mais après, comme tu le dis, tu es Tery. Je devrais pourtant le savoir qu’avec les filles, c’est pas vraiment ça, de tout façon ! »

« Tu viens de m’enfoncer encore plus, Elise. Ce n’est pas très sympathique de ta part, tu sais ? Je vais finir par croire que tu m’en veux pour quelque chose. Tu as quelque chose à me reprocher ? Que je saches ou non. »

Il disait cela avec une apparente neutralité mais il n’était pas vraiment convaincu ou sûr qu’elle le comprenne de la sorte. A la voir sourire, elle semblait plutôt ravie du résultat qu’elle avait produit, reprenant la parole sur un ton enjoué :

«  Est-ce que tu m’en veux un peu ou non, Tery ? Que je saches si je dois me faire pardonner ou non … ça sera plus simple ! »

« Tu sais parfaitement que malgré tes dires, je ne t’en voudrais pas donc bon … »

« Oh … Et bien, puisque tu le proposes si gentiment, je peux juste te signaler que je plaisantais. En vue de ta relation avec Elen, il me semble normal de croire que tu t’y connais quand même un peu mais … Wandy est juste une enfant. »

« Je le sais bien et je comptais rien lui faire … J’ai quand même une certaine décence. J’ai l’impression de me répéter, tu sais ? »

« Je peux te confirmer que tu te répètes. » répondit-elle avec un regard rieur, signe qu’elle s’amusait grandement de la situation actuelle.

Mais en même temps, il était très facile de remarquer que Wandy craquait pour lui. En un sens, c’était drôlement flatteur mais d’un autre côté … C’était dérangeant, non ? Encore que qu’elle semblait déjà adolescente. D’ici quelques années, elle allait sûrement devenir une demoiselle vraiment ravissante, à ne pas ignorer.

« Hmmm ? Tu es en train de penser à des bêtises ou je rêves ? Fais attention à ce que tu vas dire, Tery. Ca pourrait très mal se finir. »

« Et comment est-ce que tu compterais m’arrêter exactement, Elise ? Non, je ne pensais à rien de stupide. Simplement, Wandy s’accordera avec un démon de son âge plus tard. Mais si les nobles sont aussi stupides que ceux de la surface, cela va être galère. »

« A toi quand même de lui montrer qu’il existe des démons qui ont un certain charisme. »

Il avait toujours du mal à savoir si elle était en train de le compliment ou de l’insulter … ou de faire les deux en même temps sans qu’il s’en rende compte. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle avait toujours ce petit sourire arrogant qui lui allait si bien pourtant.

Enfin, ce n’était pas le moment de la complimenter. Elle risquerait d’avoir la grosse tête en la connaissant. Il remarqua que Clari était toujours là, immobile … mais presque souriante ? Ouais, non, c’était sûrement une nouvelle illusion. Les golems ne pouvaient pas avoir d’émotions. Enfin, les golems ne pouvaient pas parler, normalement, non plus … et pourtant, s’il ne se trompait pas, il … enfin …

« Je crois que je vais aller me promener un peu en ville, Elise ! »

« Ah ! Je ne peux pas t’accompaner, Tery. J’ai quelques … obligations royales à faire maintenant. Il semblerait que je dois rester dans les environs. Tu es sûr que ça va aller si je te laisses seul ? Tu ne vas pas commettre de bêtises ? »

« Est-ce à moi que tu dis ça ? J’espère que c’est une blague hein ? »

« Pas le moins du monde. Je suis plus que sérieuse. Je préfère prendre mes précautions, tu t’en doutes, n’est-ce pas ? Bref, ça va aller ?, »

« J’ai Clari. A partir de là, je crois bien que je ne devrais pas avoir de soucis. »

Argument valide ! Elle hocha la tête, lui signalant donc qu’elle n’allait pas le retenir plus longtemps que ça pour qu’il puisse profiter de sa balade dans la capitale sans … elle. Elle fait un petit mouvement de la main pour signaler que c’est bon et elle quitta la chambre sans poser plus de questions.

« J’ai l’impression qu’elle m’en veut un petit peu, n’est-ce pas, Clari ? »

Aucune réponse de la part de la femme-golem. En un sens, qu’est-ce qu’il s’attendait de toute façon, hein ? Ce n’était pas comme si tout cela était réellement important, non ? Elle n’allait pas lui en vouloir à ce point quand même !

« C’est compliqué les femmes mais tu m’as toujours dit de faire attention à ces dernières. Bon, tu es prête ? On va y aller, toi et moi ! Je ne sais pas ce qui nous attends réellement ! »

Il disait cela tout en quittant la chambre à son tour. Accompagné par Clari, il trouva vite la sortie du palais royal, observant les gardes à l’entrée. Il fit un petit salut militaire, ayant finit par les connaître à force de passer du temps.

« Bon ben … Pour aujourd’hui, si on allait juste se promener ? Sans réellement nous diriger ? Je ne sais pas où je vais rendre. »

Oui, il tentait quand même de faire une conversation avec Clari. C’était parfaitement inutile mais il s’en fichait complètement. Bon ! Avec tout ça, où est-ce qu’il devait se rendre réellement ? Il n’en avait strictement aucune idée ! Néanmoins, le jeune homme aux cheveux bruns avait espoir de rencontrer quelqu’un qu’il connaissait. C’était aussi basique ça mais depuis qu’il était dans le château, il ne l’avait pas revu.

Il n’y avait aucune chance de la retrouver. De toute façon, si cela avait été le cas, il l’aurait déjà remarquée depuis le temps. Pour autant, voilà qu’il cherche une bonne fois pour toutes l’endroit où elle pourrait se trouver.

« Pardonnez-moi, est-ce que vous pourriez m’indiquer la guilde des renifleurs ? »

« Hmm ? Vous savez pas où elle est ? Pourtant, avec une enseigne comme ça, c’est plutôt difficile à l’ignorer. »

Avec une telle enseigne ? Comment cela ? Le jeune homme aux cheveux bruns cligna des yeux, cherchant des explications mais le soldat lui indiqua juste la route à suivre. Ah … Oui, il comprenait pourquoi il venait de dire ça.

Sincèrement ? Mettre un nez géant comme emblème ? Mais surtout, pas gravé dans un cercle hein ? Comme une médaille ! Non non … C’était vraiment un nez sous toutes les coutures. Il poussa un léger soupir, murmurant :

« Vraiment ? Je sais bien qu’à Midès, c’était pas la joie pour certaines enseignes mais ici … J’ai l’impression qu’ils exagèrent un peu. »

Après tout, ce n’était pas pour eux exactement qu’il était là … mais plus pour une seule démone. D’ailleurs, il avait vraiment de la chance … ou c’était bien elle qui venait de sortir du bâtiment. Et surtout qui venait de le percuter sans s’en rendre compte ?

« Oh … Pardonnez-moi, je ne regardais pas où je mettais les pieds ! »

« Ce n’est pas de votre faute, mademoiselle … Héraisty, n’est-ce pas ? »

« Comment est-ce que vous connaissez mon nom ? Je ne crois … OH ! Mais mais mais … »

Elle paraissait surprise de voir la personne en face d’elle. Elle regarda Tery avec un grand sourire, un peu gênée, avant de reprendre :

« Vous êtes le démon … appelé Tery, je crois. J’ai entendu un peu parler de vous et … vous étiez avec la princesse Elise, n’est-ce pas ? »

« C’est exact ! Content de voir que vous vous rappeliez de moi. Oui, vraiment très content même … Vous partiez en mission ? »

« Plutôt pour ma pause et j’en ait vraiment besoin. Cela devient infernal ces derniers jours. J’ai l’impression que Jyanos ne me laisse pas souffler ! »

« Ah … Je ne comprends pas trop cela mais je pense que vous allez m’expliquer tout ça … si vous me permettez de vous accompagner, bien entendu. »

« Vous étiez d’une compagnie plutôt agréable d’après mes souvenirs donc … pourquoi est-ce que je refuserais une telle proposition ? »

« Alors, nous sommes d’accord ! Et comme ça, on prend chacun des nouvelles de l’autre. »

« Ca me semble être une proposition plus qu’intéressante. Je la valides alors ! »

Et bien, qu’est-ce qu’ils attendaient alors tous les deux ? Le jeune homme aux cheveux bruns garda son sourire, remarquant néanmoins la surprise chez Héraisty. Elle regardait quoi ? Son visage ? Il avait une tâche ?

« Vous n’avez … pas de cornes, Tery ? Pourtant, d’après mes souvenirs, depuis que vous êtes ici et que je vous connais, vous en aviez tout le temps. »

« Oh … Euh, vous n’étiez pas au courant que je suis un demi-démon ? Enfin, j’ai une mère qui vient du royaume de Shunter à la surface. »

« Non, je n’étais pas du tout au courant. Enfin … Nous en avions sûrement parler à l’époque mais cela ne m’avait pas marqué. Vous pouvez donc faire disparaître et apparaître vos cornes comme si de rien n’était ? C’est … assez impressionnant, non ? »

« Ca a son petit effet, il faut avouer. Mais généralement, elles restent présentes si je commences à m’énerver face à celui ou celle qui me provoque. »

« Oh … Donc, ça serait le résultat d’une colère latente ? C’est étrange comme concept mais pourquoi pas ? En un sens, ça colle bien à l’idée que l’on se fait de notre race et notre histoire. Nous sommes en colère permanente contre les dieux Alzar et Zélisia et contre les gens de la surface pour nous avoir enfermés. »

Oh … C’était une raison valide. Même … c’était une excellente raison ! Il la regarda, un peu émerveillé par cette logique, déclarant d’une voix enjouée :

« Je n’y avais jamais vraiment pensé mais … oui … c’est sûrement ça. J’imagine que même si ça ne se montre plus chez les démons « purs », vous avez toujours cette colère enfouie. »

« Hahaha … Vous êtes sûr que je mérite ce compliment ? Enfin … bon … Je ne vais pas m’en plaindre. Des fois, ça fait plaisir à entendre. »

Hum ? Pourquoi ce visage triste de la part de la démone ? Est-ce qu’il y avait un souci ? Il risquait de mettre un pied sur un terrain glissant mais qu’importe. Il demanda :

« Ca ne va pas très fort chez les Renifleurs ces derniers jours ? Vous avez une petite mine. »

« Hein ? Euh … Oh … Rien de grave, ne vous en faites pas, y a des jours sans, y a des jours avec. Et puis, avec l’arrivée du reste de la famille royale, ce n’est pas vraiment un jour avec. »

« Oh … Vous savez quoi ? Je vais vous inviter ! Vu que je suis considéré comme un soldat du royaume des démons, j’ai aussi une paye ! »

« Oh ? Hum … Vous êtes sûr ? Vous savez, vous êtes proche de la princesse Elise. Je ne suis pas certaine que ça soit très recommandé que de traîner avec moi. »

« Hmm ? Je suis le seul à décider pour ça. D’ailleurs, il va falloir que je vous présentes aussi Clari à ce sujet. Vous ne la connaissez pas encore ! »

Clari ? Elle se demanda de qui parlait Tery avant de le voir se retourner vers la femme golem qui les suivait. OH ! Elle avait … à peine remarqué sa présence. C’était donc ça ? Elle la regarda, stupéfaite, disant d’une voix lente :

« C’est donc ça … un golem ? D’habitude, les démons parlent de légendes. C’est la première fois que j’en vois un … mais sont-ils forcément … humanoïdes ? »

« Oui, oui ! Bien entendu, ils le sont … Enfin, humanoïdes comme ça, peut-être pas, mais ils ont généralement une forme humanoïde ! »

« Oh … mais on dirait vraiment une femme … mais sans cornes. C’est une personne que vous connaissez, n’est-ce pas ? »

Sincèrement, la perspicacité de la démone en face de lui le laissait sans voix. Comment est-ce qu’elle pouvait deviner de telles choses ? Il la regarda, incrédule, cherchant à s’exprimer avant de se gratter la joue, un peu confus.

« Et bien … C’est exact. Il s’agit de … ma grande sœur. Mais nous n’avions aucun lien de sang. C’était une personne formidable, admirable et elle n’a pas mérité de mourir de cette façon. Même si je me plaignais souvent de ce qu’elle faisait, je … »

« Vous devriez arrêter, Tery. Vos cornes ressortent instinctivement. Cela veut dire que cela vous déplaît d’en parler. Je suis désolée d’avoir posé cette question, surtout si une triste histoire est la raison de ce physique si particulier à votre golem. »

« Ah … On va éviter de trop en reparler, hein ? Je ne veux pas miner le moral ! Par contre, je vous demanderais de bien me guider. Je ne connais pas trop les bons endroits par ici. »

« Et bien … Il y aurait une taverne mais vous êtes sûr que vous voulez qu’on sache que vous me fréquentiez ? Je ne suis … pas très appréciée. »

« Vous parlez à quelqu’un qui, en raison de son statut de démon, a eut les cinq royaumes à la surface qui voulaient sa mort donc bon, niveau dégoûté et haine, je suis servi aussi ! »

« Vous avez vraiment l’air de ne pas eut une vie facile vous non plus hein ? »

Le jeune homme aux cheveux bruns eut un léger sourire, comme pour confirmer ses propos alors qu’ils finissaient par arriver à une taverne qui semblait aussi s’ouvrir en l’extérieur. Ils s’installèrent tous les deux, face à face pendant qu’on prenait leur commande.

« Je vais vous écouter en terme de recommandations. Je ne sais pas tellement quoi prendre. Je n’ai pas tellement l’habitude ces endroits. »

« Vous êtes vraiment du genre à rester enfermé chez soi ? Je vous voyais plutôt toujours sur les routes, en des endroits inconnus de tous et de toutes. »

« C’est pourtant ça, hein ? Même si avant de quitter la surface, j’avais pris l’habitude de me rendre dans la bibliothèque de mes grands-parents. Un endroit très tranquille et où, bizarrement, j’aimais passer mon temps. »

« Pourquoi est-ce si bizarre ? »

« Car je n’ai pas vraiment l’allure d’un intellectuel. » dit-il en souriant, comme amusé qu’on lui pose une telle question alors que pour autant, il n’y avait pas à en rire. C’était même assez … triste en y réfléchissant bien.

« Ce n’est pas vraiment une question d’être intellectuel ou non. Mais je ne savais pas que vos grands-parents étaient des bibliothécaires ! »

« Moi non plus, je ne savais pas qu’ils s’agissaient de mes grands-parents. J’ai appris cela que récemment, pour tout vous dire. Enfin, récemment quand je me retrouvais à la surface. »

« Ca a l’air vraiment compliqué vos histoires. Oh ! Nos repas sont prêts. Bon appétit à vous ! Et de mon côté … Ah … Je peux vous le dire, il m’en fait voir de toutes les couleurs. »

« J’imagine que vous parlez de ce démon que j’ai déjà vu une fois, non ? »

« Jyanos, c’est exact. Vous êtes tout aussi impressionnant. Vous ne l’avez vu qu’une fois et pourtant, vous vous en rappelez comme si c’était hier. »

« Je crois que niveau bonnes impressions, vous et moi, nous avons pas fini de nous étonner. Mais oui, ce Jyanos, ne m’a pas vraiment un bon souvenir. »

Et pendant qu’ils mangeaient tous les deux, il commandait juste un peu d’alcool. Il n’était pas très porté sur la boisson mais oui, peut-être qu’il avait du mal … à se dire qu’il devait envisager une vie sous la surface ? Contrairement à Elise qu’il espérait ramener auprès de Royan. Mais bon ! Ce n’était pas le moment de faire dans le désespoir !

« Jyanos me pourrit la vie depuis des mois. Il semblerait qu’il n’ait pas du tout digéré que j’ai ramené une nouvelle candidate au trône et son « chevalier ». Bah ! De toute façon, qu’est-ce que je m’en fiches. Les autres savent parfaitement que je ne suis pas attiré par les titres et tout ce qui est bon pour s’acoquiner avec la royauté. »

« Hum ? Vous voulez dire par là que c’est son cas, précisément ? »

« C’est de notoriété publique qu’il est au service de la fille aînée de la royauté, c’est à dire dame Halyza. Mais bon, même avec ça, ça ne lui rapporte rien de plus ou de moins que d’habitude. Je veux dire, elle le considère à peine. »

« Ne parlons plus de lui pour aujourd’hui, d’accord ? On va plutôt parler de choses plus importantes. Est-ce que vous avez un amour ? Un démon qui vous attends à la maison lorsque vous rentrez tard le soir ? »

« Qu’est-ce que … Mais … mais mais … » commença à dire Héraisty, comme prise en défaut, rougissant violemment derrière ses lunettes. « Pour… Pourquoi cette question ? »

« Oh, simplement pour savoir. » dit-il, étant un peu étonné d’une telle réaction de sa part. Il réfléchit aussitôt : est-ce qu’il aurait dit une bêtise ? Ca ne serait pas la première fois, en le connaissant donc bon … « Je suis … désolé ? Je ne devais pas … parler de ça, j’imagine ? »

« Oh non … Oh non … Vous n’êtes pas forcément grossier, loin de là. Simplement, on va dire que je ne m’attendais pas à une question aussi … directe. »

« Oh … Euh … C’est vrai que c’est du domaine de la vie personnelle et privée. »

« Mais en même temps, non, aucun démon ne partage ma vie. Après tout, je préfère éviter à ce sujet hein ? J’ai beaucoup mieux à faire de mes journées. »

« Ah oui, sûrement ! Je ne voulais pas me moquer ou être indiscret … Ah … J’ai l’impression de me répéter, je suis désolé. »

Maintenant, il était focalisé sur son assiette, mangeant sans vouloir relever les yeux. Oui, son repas était vraiment très intéressant au fait. Vraiment, ils étaient … très doués pour la cuisine par ici, hein ? Ahlala ! Il ne savait plus où se placer !

« Enfin, Jyanos est un abruti qui veut tout faire pour m’enfoncer car il est incapable de faire son travail de renifleur correctement. Mais ça, tout le monde le sait, ça date pas d’hier ! »

« Vraiment, vous l’avez pris en grippe, j’ai l’impression mais … il est plus haut placé chez les Renifleurs ? De ce que je crois me rappeler, non ? »

« C’est exact et il en profite par rapport à moi. Mais bon, il n’est pas si haut placé hein ? D’autres sont là pour le remettre à sa place. »

« J’ai l’impression que vous avez vraiment besoin d’en parler. N’hésitez pas, dites tout ce que vous avez sur le coeur. Du moins, pas trop fort, les oreilles peuvent être indiscrètes. »

« Hahaha … Vous êtes vraiment … particulier, comme démon. Rares sont ceux qui s’intéressent à la vie des autres démons … et cela sans aucun but précis. Du moins, vous n’en avez pas en tête, n’est-ce pas ? »

« Bon, je l’avoue, j’avais envie de vous revoir après tout ce temps. Nous parlions d’impression et donc … en un sens, vous m’en avez laissé une très bonne. Et puis, je me suis rappelé aussi qu’à cause de Jyanos, vous sembliez déçue. Cela me trottait parfois en tête et … »

Elle n’arrivait plus à se retenir de rire, le regardant de ses yeux saphir. Sincèrement, c’était … inconcevable et pourtant, c’était bien ça qu’elle avait en face d’elle. Doucement, elle retira ses lunettes, se frottant les yeux tout en disant :

« Vous êtes vraiment un démon remarquable, Tery. Je ne sais pas si votre honnêteté vous jouera des tours mais elle est vraiment rafraîchissante mais vous, de votre côté, n’avez-vous donc aucune démone qui vous attends ? Un soldat démoniaque qui part explorer la surface, je suis sûr que cela attire beaucoup de jolies jeunes démones non ? »

« Il y en a bien une mais ce n’est qu’une adolescente mais j’avoue que c’était la première fois que l’on me le disait aussi ouvertement que l’on m’appréciait. Mais … Ah … Peut-être que je vous en dirais plus au cours du repas. On devrait manger, ça va refroidir. » finit-il par déclarer alors qu’elle remettait ses lunettes, confirmant ses dires. Il avait entièrement raison sur le coup. Néanmoins, le repas allait être encore plus délicieux que prévu.

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