Chapitre 27 : La vengeance d’une femme

Chapitre 27 : La vengeance d’une femme

« … … … Arnaud ? Je sais bien que la situation n’est pas très grave mais … »

« Tu n’as pas à t’en faire à ce sujet … Ce n’est rien de bien important. »

« Mais quand même … Est-ce que j’ai mes chances ou non ? » demanda la jeune femme aux cheveux blonds alors qu’il hochait la tête d’un air positif.

« Je ne te promets rien car je ne veux rien promettre… Je m’attends à mourir à chaque instant … pendant cette guerre … C’est pourquoi je ne veux pas que tu espères quelque chose. »

« … … Mourir ? Hors de question que tu meures ! Il faudra d’abord me tuer et Pete aussi ! Voir tout les rebelles ! Tu ne peux pas mourir car tu es le Prince ! »

« … … Je ne suis que peu convaincu par ces arguments, Elizabeth, je suis désolé. »

« … … Pense ce que tu veux, Arnaud. C’est ce que j’ai dit et c’est ce que je ferais. Je vais prévenir Pete de cette idée absurde que tu as en tête. » dit-elle avant de l’abandonner dans la pièce dans laquelle il se trouvait … Une chambre bien austère, différente de celle qu’il avait dans le palais royal de Lily.

Mais bon … Il ne s’en souciait pas plus que ça en fin de compte … Loin de là même … Ah … Il poussa un profond soupir légèrement désabusé alors qu’il fermait les yeux … Il voulait être seul et tranquille … Car il pensait à la mort et ce n’était jamais une bonne chose.

Les minutes s’écoulèrent jusqu’à ce qu’Elizabeth revienne avec Pete et il se redressa sur le matelas, regardant les deux personnes devant lui. Il fronça légèrement les sourcils devant le regard accusateur du jeune homme aux cheveux violets :

« Un problème, Pete ? Ca n’a pas l’air d’aller réellement d’après ce que je crois voir. »

« Disons que j’ai déjà vu pire … Alors, c’est quoi cette idée absurde ? Te préparer à mourir ? Si tu te sens si triste au point de vouloir te suicider, retourne avec Lily mais ne commets surtout pas de bêtises, d’accord ?!  C’est bien clair, prince Arnaud ?! »

« … … Je n’ai jamais parlé de me suicider hein ? Tout simplement que j’ai des chances de mourir au combat, surtout quand ils me verront réellement … Je serais la première cible … »

« Moui … Tu n’as pas totalement tord mais si c’est ainsi, tu restes en arrière, voir tu ne combats pas du tout et ça sera une affaire très vite réglée. » dit Pete.

« Hein ? HORS DE QUESTION ! Je combats avec vous ! C’est bien clair ?! »

« Ce n’était qu’une proposition mais que visiblement, tu n’es pas prêt à accepter. »

« … … Comme si j’allais l’accepter, il est hors de question que je vous laisse combattre alors que je serais en sécurité … Je ne veux pas voir mes amis mourir, ça en fait déjà trop. »

Les deux autres personnes ne répondirent pas alors qu’il s’était mis assis, la tête baissée en direction du sol. C’était une bonne pensée mais … Ce n’était pas une raison pour se sacrifier de son côté hein ? Ce n’était pas ce genre de choses qu’on devait faire !

« … … … Fais comme tu veux bon sang ! Ca m’énerve quand tu parles comme ça, prince Arnaud ! Je te l’ai déjà dit et répété ! RAHHHH ! Ca me gonfle sérieusement ! »

Le jeune homme aux cheveux violets passa une main dans ses cheveux, pestant contre Arnaud alors que celui-ci le regardait faire. Il était désolé … Mais c’était comme ça et pas autrement malheureusement … Il reprit la parole d’une voix calme :

« Bon … Tu peux dire tout ce que tu veux mais dorénavant, tu ne seras plus en première ligne pendant les combats … Tu seras plutôt vers le fond. »

« Hein ? Mais pourquoi ?! Je suis aussi fort qu’un autre ! Voir même plus fort ! »

« Ton aspect suicidaire, je préfère encore éviter de le revoir, question de principe. »

« MAIS JE NE SUIS PAS SUICIDAIRE ! Pourquoi est-ce que tu dis ça ?! »

« … Elizabeth, je te confie Arnaud. Tu y fais très attention ? »

« Aucun souci, je m’en occupe dès maintenant. » répondit la jeune femme alors que Pete quittait la chambre, Arnaud émettant un grognement.

« Ne t’avise pas de me bloquer … Je ne voudrais pas te faire de mal, Elizabeth. »

« Fais donc, Arnaud … Fais donc … » dit la jeune femme en craquant les os de ses deux mains, Arnaud se mettant à trembler légèrement sur le coup.

« Euh… Tu ne vas rien me faire du mal hein ? »

« Si tu t’avises de ne pas écouter Pete, je crois que j’en serai bien obligée … On se fait du souci pour toi et moi encore plus que les autres … Tu le sais très bien ? »

« … … Je le sais … Pfff … Sincèrement, ce que vous pouvez être chiants … »

Il disait cela alors qu’elle émettait un petit rire amusé, le jeune homme ne trouvant pas cela très drôle en fin de compte. Non, pas du tout même. Elle vint l’enlacer tendrement, le gardant contre elle tandis qu’il fronçait les sourcils.

« Ce n’est pas avec ce genre de choses que tu vas me faire plaisir. »

« On essaye quand même un petit peu, n’est-ce pas ? »

« … … … … Je préfère ne pas répondre. » dit-il en fermant les yeux.


Pouquoi est-ce qu’il avait ouvert sa bouche en fin de compte ? Pfff … Elle le regardait avec affection, l’embrassant sur la joue bien qu’elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi il avait dit de telles paroles … C’est vrai … Pourquoi de tels mots ? Aussi … tristes ?

« … … … … … »

« Quand est-ce mon grand frère revient, mademoiselle Lily ? » demanda le jeune garçon.

« Je ne sais pas du tout, Icare. Je ne sais pas du tout … Je ne faisais que passer de toute façon. » répondit-elle sur un ton assez nonchalant bien qu’elle ne voulait pas paraître trop brusque et distante envers le jeune garçon aux cheveux rouges.

« Vous allez repartir encore ? Mais … Mais … C’est moins drôle sans vous et grand frère… »

« Je suis désolée mais je te promets de te le ramener dès que possible, d’accord ? »

« Ah ! Votre papa et votre maman m’ont demandé de vous dire que vous devriez aller les voir avant que vous partiez ! Ils sont dans la salle du trône ! »

« Merci beaucoup, petit ange. Je vais y aller tout de suite. » répondit-elle en l’embrassant sur le front, Icare rougissant violemment.

Elle se dirigea vers la salle du trône, demandant aux soldats à voir ses parents. L’un d’eux pénétra à l’intérieur de la pièce, revenant après deux minutes pour lui dire que c’était bon.

Elle rentra dans la salle du trône, observant ses deux parents qui firent de même avec elle. Qu’est-ce qu’ils… lui voulaient ? Elle avait l’impression d’être jugée là … Et ça ne lui plaisait pas réellement. Ce fut sa mère qui prit la parole la première, murmurant :

« Lily ? Pouvons-nous te poser une question toute simple ? »

« Si c’est au sujet de … … … d’Arnaud … Je ne veux pas vous répondre, je tiens à vous le dire tout de suite avant que l’on commence à discuter de tout ça. »

« Non mais comment s’avance la guerre ? Nos généraux ne pouvant être que sur le terrain, les seules informations que nous obtenons sont celles des envoyés de guerre. »

« … … Hein ? Vous voulez savoir quoi à ce sujet ? Nous sommes en train d’entourer le château et nous allons bientôt gagner cette guerre. C’est vraiment qu’une question de jours ou de semaines. Sincèrement, il était temps … Plus de six ans … C’est vraiment très long. »

« … … … Soit … … … C’est donc une bonne nouvelle en fin de compte. Et maintenant, passons au sujet principal si tu le veux bien. Ta relation avec Arnaud. »

AH ! Elle en était sûre qu’ils allaient parler de ça ! Elle s’en était doutée dès le premier instant ! Elle les regarda en fronçant les sourcils, croisant les bras alors que son père se relevait de son trône aussitôt. Il n’appréciait guère ce regard :

« Evites de faire les gros yeux à tes parents, jeune fille. Nous sommes inquiets pour toi, voilà tout ! Alors, nous te conseillons de coopérer tranquillement ! »

« Je n’ai rien à vous dire à ce sujet ! Ce qui se passe entre Arnaud et moi ne concerne que moi et Arnaud ! Le reste, vous n’êtes pas concernés ! C’est bien clair ?! »

« LILY ! Je t’ordonne de rester ici ! LILY ! » s’écria le père avant de reprendre sur un ton légèrement irrité, semblant contraster avec son calme habituel : « Soldats ! Enfermez ma fille dans sa chambre ! Elle ne retourne pas sur le champ de bataille ! »

Elle s’arrêta de marcher, se tournant avec colère vers son père. Qu’est-ce… Qu’est-ce qu’il venait de dire là ? Sa mère s’était relevée, disant à son mari : « Mon amour … C’est un peu extrême … Lily se débrouille très bien … Et cela ne nous concerne pas … Elle a entièrement raison à ce sujet. »

« SI ! Ca nous concerne autant qu’elle ! C’est de notre enfant dont on parle ! »

« … … Ah … Laisse-là souffler un peu, bon sang … Lily, tu peux partir … Les gardes ne feront rien du tout. Quand à toi, chéri … Il va falloir te calmer. Tu ne voudrais pas effrayer le jeune Icare s’il te voyait ainsi, hein ? »

« … … Oui, tu as totalement raison … Hum … »

« Si vous voulez tout savoir … Arnaud et moi, nous ne sommes plus ensembles. » murmura la jeune femme aux cheveux roses, baissant la tête.

« Nous le savons très bien mais pourquoi ? Enfin non … Essaye de quand même parler avec lui ? De savoir si il y a une possibilité … »

« Non Maman … Il n’y a pas d’autres choix possibles. Je suis désolée. Je vais retourner à l’armée … Cela va prendre quelques heures … »

« Soit … Fais donc attention à toi, ma fille. » répondit le père alors qu’elle hochait la tête.


Les gardes étaient retournés à leurs places tandis qu’elle-même quittait la salle du trône. Ah… Elle était simplement venue pour prendre quelques affaires … La guerre ne reprenait pas chaque jour mais … bon … Elle n’aimait pas ça … C’était normal ! On n’arrêtait pas de la questionner au sujet d’Arnaud et elle ! C’était aussi évident et normal que ça ?

… … … … Elle l’aimait … Elle ne le cachait pas … Et contrairement aux dires du jeune homme, il serait le seul qu’elle aimerait tout au long de sa vie … Il n’y avait aucune possibilité d’imaginer autre chose …

« Je l’aime ! Je l’aime et puis c’est tout ! Qu’il se rentre ça dans le crâne ! »

Elle s’écriait toute seule dans l’eau, nageant pour retourner à la surface. Là-bas, des personnes l‘attendaient pour la transporter en direction de l’endroit où tous et toutes étaient réunies. L’une des personnes lui demanda avec lenteur :

« Nous pouvons partir maintenant, princesse Lily ? »

« Oui, oui … Nous pouvons y aller maintenant. Je vous suis. »


Elle disait cela alors qu’on commençait déjà à la guider hors de la plage. Elle était fatiguée de ces questions incessantes … au sujet d’elle … et Arnaud. Elle voulait être tranquille.

« Que tous et toutes se préparent au combat. Nous lancerons l’offensive dans environ une heure ! » s’écria l’un des généraux Milobellus tandis que Pete faisait de même avec les rebelles. Ils étaient réunis à environ un kilomètre du château, celui-ci ne semblant plus guère impressionnant maintenant qu’il était à leur portée.

« … … … … … … C’est enfin le moment. Enfin … Tant mieux … Il était temps. »

Le jeune homme était assis sur un tabouret, ses coudes posés sur ses genoux alors qu’Elizabeth était auprès de lui, dans son armure rouge et prête à se battre.

« Alors ? » demanda t-elle en le regardant avec un petit sourire tendre aux lèvres.

« Alors quoi, Elizabeth ? » dit-il avec interrogation en relevant son regard.

« Tu te sens comment, Arnaud ? Je comprendrais que tu sois un peu stressé … Je le suis … J’ai les mains moites … J’ai le cœur qui bat à cent à l’heure … »

« Tu n’as pas à t’en faire … Tu n’as pas à t’inquiéter, Elizabeth. On va régler cette histoire une bonne fois pour toutes. » annonça Arnaud en se relevant, voyant la jeune femme qui tremblait légèrement d’émotions. Il vint la serrer dans ses bras, reprenant : « On va tuer Loïc… Je n’ai aucun remord à le dire … Loïc … Ses amis … Son père … »

« On les tuera tous … Tous ceux qui n’ont pas hésité un instant à nous faire souffrir. »

« Oui … C’est exactement cela, Elizabeth. Bon … On se prépare ? Je vais aller voir les Barpau pour prendre des nouvelles de mon petit frère. »

Il disait cela bien qu’elle savait parfaitement où il allait. Quelques secondes après, il était déjà parti, marchant en direction des Barpau. Il vint se retrouver face à Lily, la regardant avec neutralité tout en hochant la tête pour la saluer.

« Bonjour Lily. Comment va mon petit frère ? » demanda t-il.

« Plutôt bien … Plutôt bien oui … Et toi ? Comment est-ce que vont les rebelles ? »

« Ah ? Euh … Ben… Disons que ça va quoi ? Je ne suis pas toujours derrière eux non plus. »

« Et Elizabeth ainsi que Pete ? Ils vont bien tout les deux ? »

Oui … Oui … Ils allaient bien … Ils se regardèrent pendant quelques secondes, chacun détournant le regard pour éviter de parler. S’ils ne se disputaient pas, ils disaient des futilités … S’ils disaient des futilités, ils n’osaient pas se regarder. Cette ambiance était vraiment gênante et ce fut elle qui coupa court à la discussion :

« Allez … Je dois me préparer … Bonne chance et … reste en vie hein ? »

Il murmura de même alors qu’il la regardait partir, baissant le regard. Voilà … Lui aussi retournait de son côté … Il allait être dans les airs … donc risquer sa vie … Bon ! Il devait réellement se préparer à rencontrer la mort maintenant …

« Faites attention à vous ! Attention à votre droite ! TOI ! FAIS GAFFE ! »

« Ecoutez Elizabeth et le prince ! Ils savent ce qu’il faut faire ! » hurla Pete après les paroles du jeune homme aux cheveux bleus, celui-ci donnant des consignes tout autour de lui.

« Faites attention à vous ! Je ne veux pas me répéter ! AH ! »

Il continuait de s’écrier tandis qu’il esquivait un jet de flammes de la part d’un Altaria ennemi. En réponse à cette attaque, ce fut Elizabeth qui envoya tout simplement son épée en direction de l’Altaria, celle-ci se plantant dans son cœur alors qu’elle se mettait à utiliser le vent. L’épée revint dans sa main, Arnaud la regardant avec un grand sourire. Il adorait vraiment quand elle faisait cela … Ca montrait à quel point elle était douée au combat.

« Bon … Ce n’est pas tout mais … TOUT LE MONDE ! Balancez vos plus puissantes attaques ! On va rentrer de force dans le château ! »

Dès que tout cela serait terminé, il allait de toute façon le rénover. Tous ouvrirent la bouche et tendirent les bras en même temps, de puissants rayons sortant d’eux en même temps. Ils se combinèrent pour n’en former qu’un seul, effaçant complètement des airs les quelques soldats qui avaient osé tenter de s’en prendre à eux.

Un trou se forma dans le château en son milieu, des acclamations venant du sol se faisant entendre alors que les Milobellus les félicitaient. Avec ce trou crée, les Altarias ennemis ne savaient pas comment réagir. Voilà qu’ils venaient de prendre l’ascendant !

« ARNAUD ! Il y a un problème ! Les soldats sont épuisés ! »

« Non… C’est tout à fait normal … Ils ont utilisé toutes leurs énergies … Qu’ils se reposent. De toute façon, rentrer dans le château n’a pas besoin d’eux. »

« Que tout ceux qui peuvent encore bouger et se battre nous suivent ! Nous allons commencer l’infiltration dans le château ! Ils vont comprendre qu’il est temps qu’ils débarrassent le plancher ! » cria Pete alors qu’une vingtaine de rebelles armurés les accompagnaient.

« LILY ! PHOEBE ! Vous vous occupez de rentrer de force par la porte, d’accord ?! On se rejoint dans la salle du trône ! »

« D’accord, Arnaud ! Fais attention à toi ! Je t’… » vint dire la jeune femme aux cheveux roses, s’arrêtant dans ses paroles alors que Phoebe lui donnait un petit coup de coude.

« La prochaine fois, tu ferais bien de terminer tes phrases, ma grande. »

« … … … Ce n’est plus comme ça. Continuons à nous battre. » répondit aussitôt Lily en faisant apparaître un puissant jet d’eau devant elle, frappant les Altarias qui tentaient de leur barrer le passage. Dommage pour eux … mais ils n’étaient pas assez puissants pour ça.

« Irrécupérables … Vous êtes tout les deux irrécupérables, voilà tout. » dit Phoebe avant de l’accompagner et de rester auprès d’elle pour une simple mesure de sécurité. Elle ne voulait pas que la princesse soit blessée par inadvertance non plus !

Héhéhé ! Aucun soldat n’osait leur tenir facilement tête … En fait, ils faisaient presque un carnage devant eux mais ce n’était pas le souci … Ils couraient dans les couloirs, allant à gauche et à droite tandis que les trois … chefs de la rebellions savaient où se rendre.

« Je ne pense pas que le bâtiment a trop changé à l’intérieur. Ca ne devrait pas être trop difficile, n’est-ce pas, prince Arnaud ? »

« Je suis tout à fait d’accord avec toi … Bon, continuons … »

« Arnaud ! Fais attention … Restes près de nous … Tu es une cible de choix ! »

Elizabeth s’était exclamée alors qu’elle venait de faire apparaître un souffle de feu à partir de sa bouche, crachant sur un soldat Altaria qui tentait d’envoyer des lames de vent. Il en était hors de question qu’elle le laisse se faire blesser !

Ils arrivèrent dans une immense salle mais malheureusement ce n’était pas celle du trône. Au beau milieu de celle-ci pourtant siégeait un jeune homme aux cheveux verts, les jambes croisées alors qu’il portait une armure grise recouvrant tout son corps. Sa tête soutenue par son coude, il fit un petit sourire en posant son regard émeraude sur ceux en face de lui :

« Arnaud … Elizabeth … et Pete, n’est-ce pas ? Les années sont passées. »

« … … … LOÏC ! » s’écria la jeune femme aux cheveux blonds avant de commencer à s’envoler vers lui pour tenter de l’attaquer.

«  ELIZABETH ! NON ! RECULE ! » hurla Arnaud en la tirant en arrière, des carreaux d’arbalète arrivant juste devant eux, passant comme des flèches.

« Désolé mais je n’allais pas vous accueillir tout seul … J’avais quand même prévu que vous arriviez près de nous … C’est pourquoi j’ai ramené quelques personnes pour vous accueillir. »

Quelques personnes ?! Ils étaient bien une trentaine et tous lourdement armurés ! C’était quoi ce délire ?! RAHHHH ! Saleté ! Pete fit un petit soupir tout en murmurant :

« Dommage Loïc … Ton physique peut changer mais ton caractère de merde reste le même. »

« Je n’ai pas vraiment à recevoir de leçons de la part d’un pauvre paysan comme toi. »

« Blablabla … Toujours à l’ouvrir, n’est-ce pas ? Enfin, qu’importe, ils peuvent être une cinquantaine que ça ne changera rien. »

Loïc resta parfaitement immobile sur son siège, un sourire aux lèvres tandis qu’il levait sa main en l’air pour l’abaisser ensuite. Plusieurs carreaux volèrent en direction d’Arnaud et des rebelles, les carreaux s’enflammant très rapidement.

« Dommage mais ce n’est pas comme ça que tu vas réussir à nous embêter, Loïc. »

« Je laisse la sale besogne se faire … Je ne suis pas là pour combattre. Occupez-vous d’eux et tuez-les tous. » répondit le jeune homme aux cheveux verts.

Les soldats lâchèrent leurs armes pour sortir leurs épées, courant vers Arnaud, Pete et Elizabeth ainsi que les rebelles. La bataille commença rapidement et violemment mais pourtant, malgré leurs armures, l’ascendant se faisait rapidement voir du côté des rebelles.

« Vous ne devriez avoir aucune difficulté contre eux ! »

« Ce sont tous des faibles ! Ils ne méritent même pas d’être soldats ! »

« C’est ça lorsque l’on s’engraisse et que l’on croit être capable de se battre … Dommage pour vous mais votre orgueil et votre choix vous emmèneront à la mort ! »

Chaque personne allait de son petit commentaire alors qu’Elizabeth se frayait un chemin à travers les soldats qui se réduisaient au fur et à mesure. Elle s’écria, arrivant à passer derrière eux tout en volant en direction de Loïc.

« JE VAIS TE TUER LOÏC ! »

« Tiens donc … Bien entendu … Sale petite femme, apprends ta place ! »

Le jeune homme aux cheveux verts s’était relevé, passant sa main derrière son siège avant d’en sortir une flamberge qu’il vint tenir à deux mains. Il attendit qu’Elizabeth arrive à sa hauteur pour parer le coup, un grand sourire aux lèvres :

« Toujours en colère pour la mort de ta sœur ? Dommage que les soldats n’aient pas eut le temps de passer sur elle … Par contre, tu es devenu comme elle. Ca sera un plaisir de te faire devenir une esclave de notre royaume ! »

« Notre royaume ?! MÊME PAS EN RÊVE ! Ce royaume appartient au peuple Altaria et au prince Arnaud ! Je vais te tuer et ton père aussi ! »

« Bien entendu mon père … Bien entendu … Dommage … Mais ce n’est pas prévu que vous me battiez … Héhéhé … »

« ON VERRA CELA ! DISPARAIS DE LA SURFACE ! » dit-elle avec énervement alors que son épée revint frapper contre la flamberge, le jeune homme n’ayant aucun souci à parer malgré l’arme plutôt grande.

« Il faudrait la calmer … Pete, tu peux t’en occuper ? »

« Et toi, prince Arnaud ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? »

« Ca ne se voit pas ? Je vais aider nos soldats à éliminer les autres ! VAS-Y ! Je te crée une issue ! » hurla le jeune homme aux cheveux bleus en faisant tournoyer son trident avant de la planter dans un soldat ennemi. Il le souleva, l’envoyant sur d’autres soldats alors que Pete venait s’infiltrer pour aller rejoindre Elizabeth.

« Bon … Les gars … Vous avez compris ? On va les tuer et on s’occupe du fiston du général ! Ensuite, on s’en prend à celui qui a crée tellement de misères depuis six ans ! » hurla Arnaud en extirpant son trident, des cris fusant tout autour de lui, comme un seul ralliement.

« … … … Ils sont vraiment inutiles. Il n’y a rien d’autre à dire. »

« Un peu comme toi depuis le début de ton existence, Loïc ! Tu ne sers à rien ! Tu n’aurais jamais dût naître ! Ca me fait penser … Je n’ai jamais vu ta mère au passage. »

« Ma mère ? Qui a besoin d’une femme dans la famille ? Mon père l’a jetée comme une malpropre quelques mois après ma naissance ! Il n’avait besoin que d’un descendant, pas d’une traînée et une catin ! »

« … Quelle belle vision de la femme que tu as, Loïc ! » s’écria Elizabeth tout en tentant à chaque fois de donner un coup toujours plus fort et puissant.

Malheureusement, cela ne semblait pas être suffisant puisque le jeune homme aux cheveux verts continuait à parer les coups les uns après les autres… puis à la repousser peu à peu ?! Hey… Hey… Depuis quand est-ce qu’il savait se battre ?!

« Tu penses que j’ai passé six années à vous attendre ? En espérant que vous veniez me tuer ?! Et puis quoi encore ?! Bande de trouffions ! Je suis le prince Loïc ! Je mérite tout autant ce statut que ce foutu prince ! »

« … … NE PARLE PAS D’ARNAUD COMME CA ! »

Elle voulait lui exprimer toute sa colère mais ça ne servait à rien. Il arrivait toujours à parer ses coups ! Puis soudainement, son épée vola dans les airs, atterrissant au loin derrière elle alors qu’elle se retrouvait sans arme et sans défense.

« Tu vois ? Tu n’es qu’une faible femme… Et qu’importe la rage que tu as, ça ne changera rien à ce qui devait se passer. Va rejoindre ta sœur en enfer ! »

Alors qu’il allait porter le coup de grâce, la double porte sortit de ses gongs, un puissant torrent d’eau faisant son apparition, rapidement accompagné d’une foule de soldats Milobellus gérée par un général ainsi que Lily et Phoebe.

Profitant de la confusion crée, Elizabeth voulut rechercher son épée mais le jeune homme la remarqua aussitôt, battant des ailes vers elle pour la faire s’éloigner le plus rapidement possible. Oui … Elle n’allait pas avoir son épée ! Et elle allait mourir ! Sa flamberge dans ses deux mains, il était à portée d’Elizabeth, s’écriant :

« Dommage pour toi mais ce n’est pas ça qui va te sauver ! »

Elle s’était déjà apprêtée à mourir, plaçant sa main pour une défense complètement risible devant son corps. Mais elle n’avait pas peur … Elle n’avait pas peur d’aller rejoindre sa sœur … Elle n’avait pas à s’en faire … Si elle devait mourir … Alors, c’était le destin qui avait voulut ça … Elle ferma les yeux, entendant un bruit de métal qui tombe alors qu’elle décidait de les rouvrir, remarquant une lame plantée dans le torse de Loïc :

« Que … Que … Merde … Co… Comment… Pete … Enfoiré … »

« Je t’avais pourtant prévenu … que si tu me cherchais pendant ces dernières années, tu allais me trouver … Et malheureusement, c’est le cas aujourd’hui. »

L’objet qui était tombé était la flamberge de Loïc, celui-ci s’écroulant au sol en crachant du sang alors qu’elle tournait son regard vers Pete. Le jeune homme aux cheveux violets était essoufflé, sa main tendue en avant. Il avait récupéré l’épée d’Elizabeth pour la projeter en direction de Loïc et le tuer.

« Une bonne affaire qui est réglée ! »

« Si vous ne voulez pas mourir, vous avez intérêt à vous rendre ! Le fils de ce foutu général est mort et il va bientôt le rejoindre ! Ne faites pas les imbéciles ! »

Le jeune homme aux cheveux bleus avait pris la voix sur un ton puissant et autoritaire, plantant son trident dans le sol alors que les soldats se regardaient. Ils déposèrent les armes au sol, Lily s’approchant d’Arnaud, Pete et Elizabeth.

« … … Vous n’aviez visiblement pas besoin de nous. On s’est un peu perdus. »

« Ce n’est pas de votre faute et si … Sans vous, Elizabeth serait morte. » répondit Arnaud.

« Merci… Lily … Et merci aussi Pete. Sans vous deux, je serais surement… »

« On n’a pas le temps de pavoiser si vous voulez tout savoir ! » répondit Pete alors qu’il reprenait l’épée du corps de Loïc, la tendant à Elizabeth. Il dit : « Tiens … Ton épée… Ca sera elle qui aura portée le coup de grâce à Loïc. »

« Je ne me sens pas encore complètement soulagée … Je veux voir le général mourir … Et enfin, je serais calmée et apaisée … »

Elle disait cela tout en passant sa main sur le sang comme pour le retirer bien que c’était inutile. Le jeune homme aux cheveux bleus observa Lily du coin de l’œil, reprenant d’une voix calme et lente :

« Comme je connais parfaitement ce château, je vais aussi guider les troupes des Milobellus. »

« Comme tu le désires … Général, ça vous pose un problème ? » demanda Lily.

« Aucun souci personnellement. Mieux vaut être dirigé par quelqu’un qui sait où l’on va. »

« Alors tout est réglé… Arnaud … Pour la dernière bataille, tu prends le commandement. »

« … … C’est un grand d’honneur que d’avoir à dirigé les Milobellus et les Altarias pour cet ultime combat. Mettons un terme à la folie de cet homme ! »

Il aurait bien voulut lever son trident en l’air pour faire pousser des cris d’acclamations mais ce n’était pas son genre. Instinctivement, sa main vint chercher celle de Lily alors que les deux personnes quittaient cette salle pour se rendre dans celle où normalement le général se trouvait … Oh bien entendu, ils étaient accompagnés … Lourdement accompagnés … Le dernier affrontement allait avoir lieu … cette histoire se clore.

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