Chapitre 28 : Sentiments divins et dualité

ShiroiRyu
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Chapitre 28 : Sentiments divins et dualité

« Metsubi … Comment est-ce que tu vas ? Tu es capable de marcher ? »

« C’est à moi de te dire ça ! Regarde dans quel état tu es, Personne ! » s’écria l’adolescente avec véhémence, montrant par là qu’elle était vivement en colère à cause des agissements de Personne. Celui-ci s’observa, haussant simplement les épaules comme pour dire que ce n’était pas bien grave avant de tendre l’oreille. Cet orgue … Il était tout simplement prodigieux et superbe. Et il provenait de l’église, n’est-ce pas ?

« Metsubi … On peut y aller ? Ou alors tu vas me faire la tête ? » demanda l’adolescent sur un ton lent, étant presque prêt à revenir en arrière pour … elles … pour les … revoir … Mais bon … Il devait continuer et avancer !

« C’est bizarre … Cette musique … Je crois la connaître … Enfin non … Mais j’ai l’impression qu’elle est vraiment … issue d’ailleurs. » murmura Metsubi comme pour éviter de lui répondre tandis qu’il hochait la tête. Il avait aussi cette impression … d’avoir déjà entendu cette musique. Pourtant, l’orgue, ce n’était pas son genre musical. En fait non, il n’écoutait même pas de musique à la base, comme ça, c’était réglé.

« Allons-y … Je suis fatigué là … Metsubi ? »

D’accord, d’accord. Elle ne pouvait pas écouter cette musique normalement non ? Et puis … C’est vrai qu’elle était assez intriguée aussi. Etait-ce Crusaé qui jouait de l’orgue ? C’était bien la première fois qu’elle connaissait une telle chose envers la jeune fille. Enfin non … Depuis le temps, elle avait sûrement grandit, n’est-ce pas ?

Mais bon … Ce n’était pas le moment de penser à une telle chose et surtout, Personne courait sans elle en direction de l’église. Elle vint le rejoindre avec facilité. Vue l’état dans lequel était l’adolescent se trouvait, elle pensait qu’il se déplacerait encore moins rapidement. Ils arrivèrent jusqu’aux portes de l’église …

« Ce n’est même plus une église ! Mais une cathédrale ou quoi ?! »

Il avait crié le mot avec véhémence. C’était la première fois qu’il voyait un bâtiment religieux aussi énorme et imposant. Ce qui l’était aussi, c’était l’égo de la déesse Arceus. Il y avait plusieurs représentations en vitraux de sa forme équine mais aussi … de la forme des légendaires … Sans même rentrer à l’intérieur, il pouvait voir … Un oiseau … bleu … Un magnifique oiseau bleu …

« Lasty … Metsubi … C’est Lasty qui est représentée ! »

« Hein ? Quoi ? Ah oui ! C’est bien elle … Et regarde à côté … C’est Fulgé et Rina ? »

« Elle … a toujours été magnifique. » reprit l’adolescent en poussant un profond soupir attendri. Lasty … Même sous sa forme d’oiseau … était superbe … et splendide. C’était donc ça un pokémon à la base ? C’était … Il n’avait plus de mots pour le décrire.

« Personne … L’orgue vient de l’intérieur. Il faudrait rentrer avant qu’il ne soit trop tard. Tu n’es pas d’accord ? » murmura Metsubi tandis qu’il répondait aussitôt :

« Metsubi ? Pars sur le côté et fais le tour pour voir si y a une seconde entrée. Je n’aimerai pas que l’on ait une mauvaise surprise. Et ne t’en fais pas pour mes blessures, ce n’est rien de grave. Je peux encore me débrouiller. On va se dépêcher. »

Elle hocha la tête négativement mais devant le regard de Personne, elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Elle comprenait aussi ce qu’il voulait faire … Au cas où … Il voulait être seul … si c’était bien Crusaé. Elle prit une profonde respiration, marmonnant quelques mots :

« Fais quand même attention … d’accord ? Et … Ne m’oublie pas. »

Hein ? Mais non ! Il n’allait pas l’oublier ! Lorsqu’elle s’éloigna pour faire le tour de l’église, il restait là, sans même rentrer. Il essayait de mettre un nom à chaque créature mais il le reconnaissait … La majorité, il avait du mal … ou alors il ne connaissait même pas la forme … humaine qu’avait cette créature. D’une main distraite, il retira le demi-masque de démon qu’il s’était forgé avec la pierre pendant le combat, le jetant sur le sol.

Bon … Il était l’heure … Ah … Ah … Crusaé … Il était temps … Il était temps … D’y aller … Il s’approcha de la double porte. Devait-il l’exploser ? Non … C’était … Pas la meilleure idée … Il décida d’y aller bien plus … discrètement. Avec lenteur, il ouvrit la double porte, s’insinuant dans le petit espace. Le son de l’orgue était encore plus puissant, plus divin.

« Mais c’est … Il n’y a personne ici ? »

Vraiment personne ? La pièce était immense … Mais il n’y avait rien de rien. Ou presque … Il voyait une forme au loin. C’était cette forme qui jouait de l’orgue. A cette distance, il était quand même assez difficile de l’identifier mais … Il le savait … Il savait qui c’était. Avec lenteur, une extrême lenteur, il marchait entre les bancs, l’orgue continuant d’être joué, le son envahissant toute la place, camouflant le bruit de ses pas.

« Personne ? C’est Mimi ! J’ai remarqué que tu t’étais débarrassé des gardiens. J’arrive dès que je peux, attends-moi ! On va la libérer ta princesse de son collier ! »

Mimi ? Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Où elle était ? Il tourna sur lui-même, ayant entendu le message psychique avant de se dire qu’il avait dû être fait à distance. Pfff … Enfin bon … Ce n’était pas le plus important, loin de là même. Finalement, il murmura d’une voix extrêmement douce, contrastant complètement avec celle pendant ses derniers combats :

« Crusaé. »

Il avait seulement prononcé son nom, l’orgue émettant un puissant tintamarre, les dix doigts ayant appuyé en même temps sur l’instrument. Il boucha ses oreilles, poussant un petit gémissement de douleur alors que la personne se levait de son tabouret. Il apercevait son dos quasiment nu, une longue robe qui semblait attachée au cou. Il avait du mal à y croire … Mais la chevelure de la jeune fille était devenue châtaigne depuis le temps. Ca lui allait bien … Ca changeait de la chevelure blanche de ses souvenirs. Elle portait un petit brassard de tissu rose au bras gauche tandis qu’il remarquait que les cheveux lui tombaient jusqu’au bas des jambes. Mais aussi … Aussi … Il remarquait le collier qu’elle portait autour du cou … Un effroyable collier… C’était à cause de celui-ci que tous les problèmes étaient arrivés … C’était à cause de lui … LUI … Personne ! C’était à cause de ça … Qu’il … Qu’il se haïssait à cause de ça. Pourtant, sur le même timbre de voix, l’adolescente chuchotait :

« Tu sais … J’ai du mal à le croire … Les premiers mois … ont été bien difficiles … Je pensais que tu arriverais aussitôt pour me sauver … Puis … Arceus m’a dit ce qu’elle voulait faire de moi … En attendant mes vingt ans … Je lui ai répliqué que je ne comptais pas rester ici bien longtemps. Et puis … J’ai perdu un peu espoir … Au bout d’une année … Mais après, j’ai pu obtenir une sphère capable de me permettre de communiquer avec toi. J’étais heureuse, si heureuse … et jalouse … Car tu recherchais une nouvelle fois Metsubi … Je suis bête, non ? A cause de cela … La sphère s’est brisé … Et j’ai perdu le moyen de communiquer avec toi. Pendant cinq ans … Cinq longues années … J’ai espéré … Jusqu’au bout … Mais peu à peu … Il me fallait reconnaître … Je pensais que tu m’avais abandonnée … C’était bête … Car je savais au fond de moi que ce n’était pas le cas. Mais en même temps, tu avais toutes les raisons de ne pas venir me sauver. J’ai tué tes parents, je t’ai martyrisé, je t’ai fait souffrir, je suis colérique, souvent hargneuse, je ne me montre jamais aimable … Je n’hésite pas à faire du mal à ceux qui t’entourent car je veux que tu ne sois qu’à moi … Uniquement à moi … Je suis en plus extrêmement possessive, je t’ai toujours considéré comme un objet que je ne voulais pas que l’on me retire et puis … Et puis … Il y a tellement … de choses qui font que tu n’as aucune raison de venir me sauver. Pourquoi me sauver ? Moi ? Je ne suis qu’une peste … Je ne suis qu’une gamine effrontée qui se crée ses propres règles soi-disante toutes puissantes et qui n’accepte pas la critique. Je ne pense jamais qu’à moi-même sans me soucier de ce que les autres ressentent. En fait non … Si quelqu’un me pose un problème, je n’hésite pas à l’éliminer … Vraiment … Depuis toutes ces années … Je n’ai pas arrêté d’y penser … Mon cœur … pensait … que tu viendrais me chercher mais … Mon cerveau résonnait … plus posément … Il savait que la triste vérité était là … Et puis … Au fil des mois qui s’écoulaient … Mon cœur aussi … n’y croyait plus. Tu sais … Même si j’ai abandonné cette bataille … Je continuais la guerre contre Arceus … Mon corps a réagit en conséquence. Mes cheveux blancs … Ce qui était l’incarnation de la déesse se sont mis à prendre cette teinte châtaigne … Je voulais m’opposer à Arceus … Montrer à quel point j’étais différente d’elle … Mais aussi différente … de ce que je fus … Personne … C’est vraiment toi … n’est-ce pas ? Tu n’es pas une illusion … n’est-ce pas ? Je n’ai pas rêvé … Si ce n’est pas … un mirage … Personne … Si c’est vraiment toi … Est-ce que … Tu peux accepter ma nouvelle personne ? Ma nouvelle identité ? Mon nouveau corps ? Mon nouvel être ? Ma nouvelle personnalité ? Est-ce que tu peux … accepter … que je te confie tout mon cœur ? Toute mon âme ? Tous mes sentiments ? Toutes mes émotions ? Tout … Non … Je dois sûrement te fatiguer, n’est-ce pas ? Tu vois … Je n’ai pas arrêté de parler, je ne peux pas m’en empêcher. Ca fait si longtemps, si longtemps que j’attendais de te parler ! Ca fait cinq ans, Personne ! Cinq longues années ! Et toi … Toi, tu ne fais que m’écouter … Tu ne fais que me voir encore m’accaparer toute ton attention … Comme d’habitude … J’ai changé ! Je suis une autre fille ! Une autre adolescente ! Je ne suis plus celle que tu as connue ! Personne … Personne … Personne … Je veux vraiment … Je veux vraiment que ça soit toi … Je veux vraiment que ça ne soit pas une chimère ! Dis-le moi ! Personne ! Dis-moi que tu n’es pas un phantasme ! Ca … Ca se pourrait … Ca se pourrait bien … Au final … J’ai entendu du bruit dehors … Pendant que je jouais de l’orgue … Pendant … Ca ne serait pas la première fois … Que je m’imagine une telle chose. Je commence à devenir folle … Je ne suis plus qu’une humaine, je suis malade comme une humaine, j’ai des pensées d’humaine mais j’ai aussi leurs … problèmes … Je me suis imaginé que tu étais là … Mais regarde-moi ça … Tu ne me parles pas, tu n’avances plus, tu m’écoutes sans un mot. Si tu étais réel … Tu serais déjà venu me prendre dans tes bras ! Mais non … Non … C’est bête … Ca … C’est ce que l’ancienne Crusaé aurait voulut. La nouvelle Crusaé … C’est à elle de venir vers toi … De te toucher … De te sentir pour être sûr que tu es bien de chair et de sang. Je … Je suis cette nouvelle Crusaé … Oui … Je le suis … Je suis cette nouvelle adolescente … Et en tant que telle … C’est à moi de faire le premier pas. Après tout … Si tu as fait tout ce chemin … C’est à moi de venir. » dit-elle en terminant finalement de parler, l’adolescent l’ayant laissé accomplir sa longue tirade, très longue tirade. Ce n’était plus la même … Il en était sûr et certain.
Il la voyait venir vers lui, ses yeux étant devenus complètement verts depuis le temps. Elle marchait vers lui, quittant sa place auprès de l’orgue avant de se retrouver face à face dans l’allée centrale de l’église. Pendant une quinzaine de secondes, elle restait là, fixée au sol avant de se remettre à marcher en sa direction. Puis finalement, elle arriva à sa hauteur, passant ses mains sur son visage pour le palper. Il se laissait faire, l’adolescente tâtant finalement ses bras puis son torse. Ce n’était pas une hallucination. C’était bien lui. Il posa ses deux mains sur les hanches de l’adolescente, commençant à la soulever. Elle ne semblait même pas avoir remarqué ses blessures tandis qu’il la faisait tourner autour de lui, un grand sourire aux lèvres. Elle commença à bafouiller dans ses sanglots :

« C’est bien … C’est Personne … C’est toi, Personne. Ce n’est pas … Ce n’est pas … »

« Coucou … Crusaé … Désolé d’avoir mis autant de temps. »

Maintenant qu’il était là, elle ne portait aucun intérêt sur le temps que cela avait duré ! Il continua de la soulever, les deux adolescents émettant de grands éclats de rire jusqu’à ce qu’il la redépose au sol. Dès qu’elle fut les deux pieds à terre, elle se jeta sur ses lèvres, dévorant celles-ci en un profond baiser qui surprit l’adolescent aux cheveux noirs. Lorsqu’elle retira ses lèvres, elle était rouge de gêne, essuyant ses larmes d’un revers de la main avant qu’il ne dise d’un air surpris :

« Cru … Crusaé … Ton collier … »

« Il n’est plus là ! Et oui ! La petite fille la plus puissante au monde l’a enfin retiré ! »

Il se retourna pour apercevoir Mimi devant la double porte. Metsubi n’était pas très loin d’elle. Visiblement, il n’y avait pas d’autre porte. Il s’approcha des deux demoiselles, Mimi haussant un sourcil en voyant l’état dans lequel il se trouvait. Oups … Il venait d’y penser … Maintenant … que Crusaé … N’avait plus son collier.

« Euh … Crusaé … Au sujet … de tout ça … Maintenant que tu as de nouveau … »

« Oui, Personne ? » dit l’adolescente aux yeux verts alors qu’il restait du côté de Mimi et Metsubi. Voilà qu’il s’était remis à trembler … Ce genre de choses … de malaises … C’était depuis si longtemps … C’était … Et les paroles de Crusaé … Celle-ci lui faisait un sourire alors qu’elle marchait vers eux. Il avait à nouveau peur … C’est bête mais …

« S’il te plaît … Crusaé … Je … N’en veut pas à Mimi. Enfin, moi-même, je lui en veux mais … Et puis … Tu sais, la cicatrice sous l’œil, n’en veut pas à Metsubi. Il s’est passé beaucoup de choses, énormément de choses même. Mais tu vois … »

« J’arrive à ressentir à nouveau un peu de peur dans ta voix, Personne. »

« Crusaé … Je pensais vraiment que … Crusa … »

Il baissait la tête. Est-ce qu’il avait fait une … Il n’eut pas le temps d’être surpris qu’il se retrouva téléporté devant Crusaé. Aussitôt, ses mains se tendirent alors qu’elle s’installait sur celles-ci, l’adolescente passant les siennes autour de son cou avant de l’embrasser longuement une nouvelle fois. Le contrôle psychique disparut bien qu’il la gardait contre lui. Que … Que … Que quoi ? Lorsqu’elle eut finit de l’embrasser, elle eut un petit rire candide devant le regard intrigué de l’adolescente :

« Parce que j’ai retrouvé mes pouvoirs, je dois annihiler tout le monde ? Non, non. Ce n’est plus le cas, Personne. J’ai vraiment changé. Je ne te mentais pas. Personne … »

Elle colla son front contre le sien, les rougeurs sur ses joues étant revenues avant de trembler légèrement. Ses lèvres tentaient de dire quelque chose qu’elle avait du mal à prononcer. Pourtant, au bout d’une vingtaine de secondes, un message psychique lui fut transmis, l’adolescent ouvrant en grand ses deux yeux avant d’hocher la tête négativement. Elle poussa un petit cri de rage avant de dire à voix haute dans l’église :

« Je t’aime, Personne ! Tu es content que je te le dise comme ça et non pas par pensée ?! »

Elle lui fit une petite moue qu’il trouva adorable alors qu’elle détournait la tête. Lorsqu’il vit Metsubi, il décida qu’il valait mieux ne pas porter Crusaé plus longtemps, l’adolescente aux cheveux châtains époussetant sa robe. Elle observa brièvement la Carmache puis elle au niveau de la poitrine. Peuh ! Ce n’était pas la quantité qui faisait la qualité. Et elle n’avait rien à s’en vouloir à ce niveau. Elle était très bien comme elle était. Oh et puis … Elle n’allait pas s’emporter pour rien non plus !

« On peut rentrer ? Je suis pressée de dormir … non pas dans un lit douillet mais en sachant que tu n’es plus loin. » dit l’adolescente en venant prendre son bras entre les siens.

« Rentrons alors … Moi-même … Je suis assez fatigué … Merci Mimi … Tes données étaient exactes … Et aussi pour le collier. Enfin … Tu es pardonnée pour tout ça. »

« Hihihi ! On ne peut jamais m’en vouloir ! Allez, je suis sympathique, je vous raccompagne tous pour la peine ! » s’écria la jeune fille aux cheveux roses avec entrain alors qu’ils se dirigeaient tous vers la sortie.

Dès qu’ils arrivèrent devant la double porte grande ouverte par les soins de Mimi lors de son arrivée, l’entrée se referma violemment. Puis un son commença à envahir l’église une nouvelle fois … Le son de l’orgue. Exactement la même mélodie que celle jouée par Crusaé. Assise sur le tabouret, une femme aux cheveux argentés tapotait sur les touches de l’instrument alors qu’un rictus passa sur les lèvres de Mimi, celle-ci murmurant :

« Arceus. »

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