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Chapitre 227 : Comprendre sa place

Chapitre 227 : Comprendre sa place

« Je n’accepte pas ce genre d’explications. Et d’ailleurs, je voudrai une chambre pour moi seul la prochaine fois, est-ce bien compris ? »

« Tu as donc décidé de rester avec moi, c’est ce que je dois comprendre, Kéran ? »

« J’y suis bien obligé car tu m’y forces contre mon gré. Voilà tout. Ce n’est pas par plaisir et tu le sais parfaitement, Sélia. »

« Tu y trouveras du plaisir bien assez tôt, Kéran. Je te le promets. On va vivre comme auparavant, je te le promets. »

« Non … Ca ne sera jamais comme avant et ça, il faudra vraiment que tu te le rentres dans le crâne, je tiens à te le signaler. »

Mais elle eut tout simplement un petit rire tendre et amusé alors qu’il poussait un profond soupir. Ca ne servait à rien … Si elle ne voulait pas comprendre, il ne pouvait pas lutter contre ça malheureusement. Stupide … Elle était particulièrement stupide.

Il la laisse partir alors qu’il se relevait. Il pouvait au moins quitter la chambre … et voir où il se trouvait. Descendant pour regarder au rez-de-chaussée, il remarqua qu’il était dans une auberge plus que bien entretenue. Vraiment d’une bonne qualité de vie.

« Elle a dû dépenser une fortune pour ça … Je parie. Elle a encore fait une bêtise. Elle ne changera jamais … Dès que c’était pour moi, je … »

« Elle tient énormément à toi et tu le sais parfaitement. »

Il le savait plus que bien ! Le nombre de fois où elle avait été le soigner, cherchant quelqu’un pour s’occuper de lui et de ses maladies. Quand il était plus jeune, après cette noyade, il avait toujours eu un corps assez faible malgré le fait qu’Elyséa était en lui. Alors … Sélia avait toujours été auprès de lui … durant plus de dix ans.

« Tu vois donc où je veux en venir, Kéran ? »

« Je le sais parfaitement … Mais je ne peux pas oublier aussi ce qu’elle a fait récemment. »

« Je le sais parfaitement … Mais je veux que tu comprennes sa situation, voilà tout. »

« Je la comprends mais je ne l’accepte pas, c’est bien différent. »

Il préférait encore parler avec Elyséa … d’autre chose. Mais quel sujet ? Ah ! Il devait vraiment trouver un sujet de conversation avec elle. ET VITE ! Pourtant, il entendit la voix d’Elyséa qui lui chuchotait :

« Essayerais-tu de détourner la conversation, jeune homme ? Tu me déçois grandement, je ne m’attendais pas à cela de ta part. »

« Blablabla, mademoiselle. Si tu as quelque chose à me dire, fais-le en face. »

« Oh … Maintenant, on joue le petit provocateur ? »

Une fumée noire s’échappe de lui mais il murmure aussitôt d’arrêter. Ils sont en plein dans l’auberge ! La fumée se rétracte mais il entend sa voix qui lui demande de l’emmener dans la chambre. Il s’exécute, fermant la chambre à clé avant que la fumée ne sorte une nouvelle fois, prenant l’apparence de la femme aux cheveux blancs dans son armure d’onyx.

« Alors comme ça … Kéran veut jouer au grand garçon, est-ce bien cela que j’ai cru comprendre ? Ou alors, peut-être que mes oreilles m’ont joué des tours ? »

« Oh … Je pense qu’il y a de fortes chances que ça soit le cas. » répliqua le jeune homme en souriant, Elyséa s’approchant peu à peu de lui, arrivant à sa hauteur. Elle se pencha vers lui, mettant son visage au niveau du sien.

« Kéran … Regarde-moi bien s’il te plaît. Ne te trompe jamais de voie, d’accord ? »

« Je crois que c’est déjà fait depuis tellement de mois … Quand j’ai rejoint l’Enceinte aux Esclaves … Enfin, pas que ça. Mais bref, je … »

« Je … veux parler sentimentalement. » souffla la femme aux cheveux blancs. Elle vint s’asseoir à côté de lui, prenant sa main gauche dans les siennes recouvertes de métal. D’ailleurs, c’était bizarre qu’elle soit dans cette tenue. A force, il n’avait plus du tout l’habitude de la voir dans son armure.

« Qu’est-ce que tu veux dire par … sentimentalement ? »

« Kéran … Je ne lirai pas dans tes pensées, je ne suis pas en toi mais … Est-ce que tu es sûr de ne pas te tromper ? »

« Mais me trompe sentimentalement sur quel point ? »

« Katérina et toi … Ou alors Sélia et toi … Sans mentir, est-ce que … tu es sûr de tes sentiments ? Je suis là pour te conseiller. »

« J’en suis sûr et certain. Pourquoi est-ce que je me tromperai à ce sujet ? Pourquoi donc ? Tu n’aimes pas Katérina, je sais bien … Elle s’imagine des choses mais bon … »

« Et donc, tu aimerais une femme qui n’arrête pas de s’imaginer tout cela en permanence ? »

« Je … Non, ce n’est pas aussi simple que ça. On ne fait rien pour arranger le tout aussi. »

Il le savait parfaitement. Il était en faute, vraiment en faute même. Mais les moments avec Elyséa, il ne voulait pas les abandonner comme ça, d’un claquement de doigts. Et puis … C’est vrai qu’il était un peu confus quand même. Mais est-ce qu’il pouvait lui dire que c’était à cause d’elle ? Et pas forcément de ses paroles ? Il n’était pas sûr. Enfin bon … Il resta parfaitement muet sans chercher à continuer à parler. Elyséa garda sa main gantée de métal posée sur la sienne alors qu’il baissait la tête. Il aimait Katérina … Et il savait que … Enfin, il sentait que ses sentiments étaient réciproques. Il ne pouvait pas se tromper … pas à ce point quand même. Se tromper sur les sentiments de Katérina ?

Ce n’était pas possible … Mais maintenant, il était plus que perturbé par les propos d’Elyséa. Elle avait encore réussi à le faire hésiter sur tout. A quoi est-ce que ça l’aidait ? En quoi est-ce que tout cela lui était utile ? Il eut un petit hoquet avant de dire :

« Elyséa … Si c’est pour m’embêter de la sorte, s’il te plaît, ne ressors plus. »

« Comme tu le désires, Kéran. »

Elle ne cherchait même pas à protester ? Même pas à lui demander pourquoi ? Est-ce qu’elle n’en avait réellement rien à faire de tout ça ? C’est comme … ça qu’il devait le prendre ? Il la laissa s’insinuer en lui, trouvant l’absence de réaction bien plus douloureuse que tout le reste. Il revint ouvrir la porte, juste au moment où Sélia fit son retour.

« Pourquoi est-ce que tu avais fermé la porte, Kéran ? Et c’est quoi cette mine ? »

« Pas grand-chose … Tu n’as pas à t’inquiéter, je pense. Sincèrement … »

« Sincèrement ? Et tu veux que je ne me fasse pas de soucis ? C’est de la faute à qui ? Si c’est celle de cette … créature en toi, je … »

« Même si c’était le cas, tu ne ferais rien du tout à Elyséa, c’est compris, Sélia ? » coupa sèchement Kéran en la fixant de ses yeux saphir. « C’est bien la dernière personne à laquelle je te laisserai poser la main dessus. J’espère vraiment que le message est très bien passé, Sélia … Sinon, je préfère encore me faire disparaître à jamais. »

« D’accord, d’accord. Je ne toucherai à un cheveu d’Elyséa. Mais quand même … Tu te préoccupes plus d’elle que de Katérina. »

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que … Non … Ce n’était pas vrai ! C’était juste qu’Elyséa était en lui. Donc si elle la tuait, lui aussi était destiné à mourir. C’était aussi simple que ça ! Et pas autrement ! Voilà tout ! Il ne se faisait pas d’idées ! Loin de là même ! C’était … juste une réflexion basique et calme, rien de plus. Enfin … Il croyait.

« Elyséa est en moi, c’est tout. »

« Et ? Ca ne change rien que par rapport à la dernière fois, tu étais … »

« Il n’y a pas besoin que vous parliez autant de moi. » coupa la voix en Kéran. « Pas le moins du monde même. Alors, arrêtez cela. »

« D’accord, d’accord, on change complètement de sujet. De toute façon, je n’aime pas parler d’Elyséa non plus. » déclara le jeune homme aux cheveux argentés.

« Ah ? Et pourquoi ça ? Tu serais à court de compliments ? » dit Sélia avec ironie.

« Pas du tout ! Je ne vois même pas pourquoi tu dis une telle chose ! C’est vraiment absurde de ta part sur le coup ! » répondit Kéran.

C’était vraiment … bête. De toute façon, à cause de toute cette histoire, il était perplexe.

« JE LUI FERAI LA PEAU ! JE LUI FERAI LA PEAU ! LA PEAU ! »

Un rocher se brisa en morceaux alors que Katérina fulminait sur place. Peut-être qu’une journée s’était passée mais sa colère était toujours clairement visible et présente.

« Katérina, ce n’est pas en … »

« LA FERME TOI ! Tu n’as eu aucune blessure ! Tu n’as fait que regarder ! Résultat ?! Elle a kidnappé Kéran ! Voilà tout ! Par ta faute ! »

« Ne me mets pas tous les maux du monde sur mes épaules. Je ne suis pas responsable de cet échec, loin de là même. Tu as été trop présomptueuse. »

Qu’est-ce que … ELLE ALLAIT ECRASER LOA ! Elle allait lui apprendre à avoir laissé Kéran dans cet état ! Elle allait le payer de sa vie ! SALETE ! Elle allait le payer salement ! Elle n’allait pas se laisser faire par cette garce ! Elle allait comprendre sa douleur et son existence comme ça ! IL EN ETAIT HORS DE QUESTION !

« Kéran m’appartient ! Je ne laisserai pas cette sale garce me le voler ! »

« T’appartiens ? Est-ce que tu es sûre de cela ? Est-ce que tu ne te trouves pas un peu trop présomptueuse par hasard ? »

« Que … Toi … Toi … Toi tu cherches vraiment la bagarre hein ? Tu sais quoi ? Tu risques de l’avoir ! Tu risques de l’avoir bien rapidement à cette allure ! »

« Je ne cherche rien du tout. Je ne fais qu’une simple remarque anodine. Tu parles que Kéran t’appartient … Est-ce de l’amour ou alors tu veux le posséder ? »

« Ça ne te concerne pas, toi … d’accord ? Ce que je veux faire de Kéran, ce n’est pas à toi de le savoir, c’est compris ? »

« Tu peux toujours être menaçante, ça ne changera rien à la situation actuelle, même si elle te déplait fortement. »

« … .. … Si je m’énerve, tu vas le regretter fortement ! »

Et elle était déjà sur le point d’exploser alors il valait mieux qu’elle se la ferme ! Kéran … Kéran n’était plus là ! Plus du tout ici ! De quel droit est-ce qu’elle pouvait se permettre de l’ouvrir ! Elle l’avait tout simplement laissé aux mains de Sélia !

« HEY ! TOI ! HODAN ! »

« Hmmm ? Ne crie pas mon nom de la sorte, c’est assez exaspérant. » murmura la voix en Katérina bien qu’elle fut possible à entendre pour Loa.

« Pourquoi est-ce que tu n’as rien fait pour sauver Kéran aussi ? Réponds-moi ! » cria Katérina comme à son habitude bien que l’être en elle plongea dans son mutisme. Pourquoi cela ? Pourquoi est-ce qu’il lui dirait la raison ? Cette raison ?

« Ah … Ah … Ah … Cette Sélia … »

Elle se tient le ventre, se plantant ses ongles dans celui-ci comme pour se faire saigner. Elle ne le supporte pas ! ELLE NE LE SUPPORTE PLUS ! Elle ne peut pas ! Elle n’en a pas assez ! Ce n’est pas assez pour elle ! Elle ne peut pas laisser passer ça !

« Il faut que je devienne plus forte … PLUS FORTE ! BEAUCOUP PLUS FORTE ! »

« Et comment est-ce que tu comptes faire ? »

« Je ne sais pas … mais je vais trouver … Je vais trouver une solution, hahaha ! »

Elle éclata d’un rire tonitruant comme si elle venait de vaincre quelqu’un ou quelque chose de plus que puissant. Pourtant, c’était loin d’être le cas. Elle avait juste … aucune idée en tête mais trouverait une solution, oui ! UNE SOLUTION !

« Tu commences à faire un peu de zèle, calme-toi, Katérina. »

« Pourquoi je devrai me calmer alors que tu as été parfaitement inutile Hodan ?! »

« Je n’ai pas été inutile … Néanmoins, la force utilisée par Sélia était bien trop haute pour que nous puissions faire quelque chose. Il vaut mieux battre en retraite, ne pas mourir et s’entraîner pour récupérer Kéran … plutôt que de décéder bêtement au combat. »

« HAHAHA ! Ne me parle pas de ça, stupide abruti ! Tu n’y connais rien ! Je saurai me débrouiller seule ! Comme d’habitude ! »

« Comme cela fut le cas face à Sélia ? »

… … … Elle s’arrêta de sourire, émettant un grognement sonore. Elle détestait quand il parlait comme ça ! C’était la bonne méthode pour qu’elle cherche à l’écraser ! Alors qu’il se la ferme sinon … SINON …

« Allons chercher un endroit où nous reposer. Demain sera une autre journée. Pour aujourd’hui, visiblement, l’émotion est trop forte. »

« NE ME DIT SURTOUT PAS QUOI FAIRE ! COMPRIS ?! »

« Est-ce que tu arriverais à la calmer, Hodan ? »

« Je vais le faire … bien que cela ne soit pas de bonté de cœur. »

Le corps de Katérina fut pris de soubresauts avant que la jeune femme ne plonge dans un sommeil des plus profonds. Néanmoins, son corps ne vint pas tomber au sol, ses yeux restant grands ouverts alors qu’Hodan regardait les deux mains de Katérina, son corps qu’il possédait. Il poussa un nouveau soupir avant de se tourner vers Loa. La femme qu’il contrôlait avait besoin de se reposer après les derniers évènements, c’était une chose plus que normale. Qu’ils se mettent en route maintenant, il ne voulait pas perdre plus de temps. Ils trouveraient une solution pour Kéran plus tard.

Chapitre 226 : Pourquoi

Dixième axe : Comment s’aimer ?

Chapitre 226 : Pourquoi

« Où est-ce que je suis ? »

Ce fut ses premières paroles alors qu’il ouvrait les yeux, remarquant le plafond de bois. Il était dans une chambre … Et il était dans un lit. Le jeune homme aux cheveux blancs-gris se releva, remarquant juste au dernier moment une fumée noire qui vint s’insinuer en lui.

« Elyséa ? Qu’est-ce que … Pourquoi est-ce que tu étais hors de moi ? » demanda Kéran avec lenteur alors qu’elle lui murmurait faiblement :

« Pour te surveiller. Voilà tout. Rien d’autre. »

« Où est-ce que je suis ? Tu peux me l’expliquer ? J’ai l’impression d’avoir sauté une étape et ce n’est pas vraiment ce que j’appellerai une bonne chose. »

« Je pense qu’elle t’expliquera par elle-même. »

Qui elle ? Il tenta de se remémorer exactement ce qui s’est passé. Il poussa un petit cri de surprise. ELLE ! Il s’en rappelait maintenant ! Il savait ce qui s’est passé ! MAIS POURQUOI ?! COMMENT ?! Il … Il devait partir maintenant !

« On s’en va, Elyséa. On n’a pas une minute à perdre ici. Katérina et Loa doivent se faire du souci pour moi ! Il faut que l’on retourne là-bas ! »

« Je ne crois pas qu’elle te laissera le choix, Kéran. »

Hein ? AH ! Elle était déjà là ! Il ne put s’empêcher d’émettre un grognement de mécontentement tout en regardant Sélia. Il était en colère, vraiment en colère même ! A cause d’elle … Tout … Tout ce qui s’était passé.

« Bonjour, Kéran. Tu as vu ? Tes blessures ont déjà disparu, c’est une bonne chose non ? »

« NON ! Ce n’est pas une bonne chose ! Pourquoi est-ce que je suis ici ?! »

« Kéran … Calme-toi, s’il te plaît. » murmura Elyséa en lui, le jeune homme répliquant :

« Me calmer ?! Et pourquoi est-ce que je le ferai ?! Tu as vu ce qu’elle a fait ! Je ne suis pas avec Katérina et Loa ! Je ne vois pas pourquoi je ferai ça ! »

« Pour une fois que tu devrais écouter le pokémon en toi … Je ne te veux aucun mal, c’est tout. Tu dois juste croire ça. D’accord ? Je te le promets. »

« JE NE VEUX AUCUNE PROMESSE ! Tu m’as séparé de Katérina ! » hurla une nouvelle fois Kéran alors qu’il s’était mis à trembler de tout son corps. Elle l’avait séparé de la femme qu’il aimait ! Comment est-ce qu’elle pouvait croire qu’il allait accepter ça ?!

« Kéran … Calme-toi. Seconde fois que je te le dis. »

« NON ! Elyséa ! Je ne me calmerai pas ! Pourquoi est-ce que je me calmerai à cause de toute cette histoire ? Pourquoi est-ce que je le ferai ? Réponds-moi sincèrement alors ! Pourquoi est-ce que je devrai faire une telle chose ? C’est tout simplement absurde et aberrant ! »

« Ça ne l’est pas mais tu es envahi par la colère. »

« Kéran, je vais chercher à manger. Tu dois sûrement avoir faim. »

« Je veux surtout Katérina et Loa. » répliqua le jeune homme aux cheveux gris alors qu’elle lui souriait tendrement, murmurant :

« Ce n’est plus possible, Kéran. Tu le sais bien. Maintenant, nous sommes tous les deux ensemble. Je ne vais pas te laisser t’échapper de sitôt. »

… … … Elle était folle. Sélia était complètement folle ! Elle ne le comprenait donc pas ? Elle ne comprenait donc pas ce qui se passait exactement ? C’était stupide de sa part ! COMPLETEMENT STUPIDE MÊME ! Qu’elle comprenne ça !

Il vint s’asseoir sur le lit, tremblant de tout son corps. Et qu’est-ce qui prenait à Elyséa ? De lui dire ça ? Elle ne comprenait pas la situation ? Elle ne comprenait pas ce qu’il ne voulait pas ? Ce n’était pourtant pas difficile à saisir ! PAS DU TOUT MÊME !

« Kéran … Devrions-nous avoir une discussion tous les deux ? »

« Pas avec quelqu’un qui est du côté de Sélia. Je suis désolé mais non … Je ne veux pas. »

« Je ne suis pas du côté d’une quelconque femme. Je suis seulement à tes côtés et je pense simplement à ce qui est censé te rendre le plus heureux possible, voilà tout. »

« Me rendre heureux ? Et tu crois vraiment que Sélia peut y arriver ? »

« Tu ne lui laisses même pas une chance. Est-ce que tu trouves cela normal, Kéran ? » me demanda la voix au fond de mon corps. Ce n’est pas normal … mais en même temps, elle me retient contre ma volonté, voilà le souci.

« Est-ce que tu trouves cela normal qu’une femme kidnappe un homme contre son gré ? »

« Ce n’est pas normal … dans le sens où généralement, c’est l’inverse. »

« Hahaha … Petite maligne. Tu sais parfaitement de quoi je veux parler. Sois sérieuse ou alors, j’arrête cette conversation avec toi car j’ai l’impression de perdre mon temps. »

« Oh … Je te fais donc perdre ton temps, Kéran ? »

Voilà qu’elle lui laissait l’imaginer. Assise dans le vide noir de ses pensées, il pouvait la voir. Il pouvait la voir balancer ses pieds nonchanalement alors qu’il la regardait. Elle portait son imposante armure noire sur son corps, sauf au niveau de son visage. Est-ce qu’elle avait un casque auparavant ? Pour accompagner le tout ? Drôle de pensée, il devait le reconnaître. Pourquoi est-ce qu’il se questionnait au sujet d’une chose aussi futile ?

« Je porte un casque … Enfin, je portais … Mais je pensais que tu préférais me voir sans, non ? Du moins, voir le visage de ton interlocuteur. »

« C’est vrai … Je pense aussi que c’est la meilleure chose à faire. »

Il vint s’écrouler sur le lit, fermant les yeux. Elyséa … Heureusement, elle était toujours là pour lui. Elle n’était qu’une chimère … qu’une spectre …. Qu’une créature ténébreuse. Une femme morte il y a des siècles de cela.

« Merci de me rappeler mon état, Kéran. Je te rappelle que je peux lire tes pensées. »

« Pardon … Tu sais parfaitement que je ne pensais pas à mal quand je fais une telle chose, d’accord ? Enfin … Merci pour tout. »

Elle lui répondit que ce n’était pas grand-chose alors qu’il replongeait peu à peu dans son sommeil. Est-ce qu’il devait faire la paix avec Sélia ? Chercher à comprendre ce qui clochait avec elle ? Pourquoi ? Pourquoi le ferait-il ? Pourquoi ne le ferait-il pas ?

« Alors ? Tu es prêt à discuter, Kéran ? »

Voilà qu’elle se tenait en face de lui, assise sur le sol. Ils n’étaient pas dans le décor enneigé, loin de là. Ils étaient plutôt dans une zone boisée. Et elle était assise en face d’un tronc d’arbre, rien que ça ! De quoi est-ce qu’elle voulait parler ?

« Discuter ? Au sujet de Sélia ? Je pense que nous nous sommes tout dit, non ? »

« Pas assez à mon goût, mon grand. »

« Du possessif concernant ma personne ? Depuis quand est-ce que tu me parles ainsi ? »

« Oh … Depuis que je trouvais cela plaisant. »


Il vint s’asseoir en face d’elle, le tronc d’arbre entre eux deux alors qu’il la regardait. Rien que le fait de la voir lui suffisait à le calmer. Elle devait s’en douter, n’est-ce pas ? Elle savait parfaitement que cela lui ferait un tel effet. Il en était convaincu maintenant.

« Je ne peux pas pardonner à Sélia ce qu’elle a fait, Elyséa. »

« Sélia t’aime réellement, Kéran. Je pense qu’il faut qu’elle te le dise de vive voix … Mais il faut aussi que tu comprennes que tu dois lui laisser au moins une chance de l’exprimer. »

« Et comment ça ? En couchant avec elle ? Hors de question, je suis fidèle à Katérina, je le resterai jusqu’à ma mort. Je ne laisserai personne d’autre dans ma vie. Sélia est comme une grande sœur et le restera à jamais. Ce sont des choses qui ne changeront jamais. »

« … … … Vraiment, Kéran. » soupira la jeune femme aux cheveux blancs. Pourquoi est-ce qu’elle semblait si triste ? Quand il la regardait ainsi, il avait l’impression qu’elle souffrait de son choix. Est-ce qu’elle voulait tellement qu’il tente sa chance avec Sélia ? Mais … Sélia … Avec ce qu’elle est devenue … Il ne pouvait pas le croire réellement.

Mais son rêve s’arrêta brutalement lorsqu’il fut secoué par Sélia, lui faisant rouvrir les yeux. Il voyait la jeune femme aux cheveux bleus qui lui souriait tendrement, un plateau sur ses genoux. Qu’est-ce que …

« Je t’ai ramené à manger, Kéran. Dis-moi ce que tu en penses hein ? Les gens ne savent pas encore qui je suis réellement … Enfin, je dois me cacher à moitié mais bon … »

« Sélia … Je … Tu as parfaitement compris pourtant ce que je voulais dire depuis le début non ? Alors … Pourquoi est-ce que tu veux continuer avec ça ? »

« Est-ce que tu veux manger un morceau ? Ouvre la bouche. »

Elle ne lui répondait pas et cela l’exaspérait un petit peu. Pourtant, il s’exécuta, se mettant assis alors que Sélia lui donnait déjà un morceau. C’était un croissant, c’est bien ça ? Il entendit le petit rire de la jeune femme aux cheveux bleus alors qu’il avalait le morceau. Elle rigolait … comme si de rien n’était. Comment devait-il prendre cela ?

Il ne savait pas … Il était perdu et perplexe. Mais il avala un second morceau du croissant qu’elle lui tendait, le regardant avec affection. Il devait se calmer … et voir d’une autre façon Sélia. Non pas comme quelqu’un qui avait voulu le retirer des griffes de Katérina, non pas comme quelqu’un qui avait commis des meurtres … Juste comme la grande sœur qu’il avait toujours connue pendant des années.

« Par contre, ensuite, tu iras te laver, d’accord ? Car comme tu es en sueur et tes habits sont tachés de sang, il faut que tu sois propre. »

« Oui … Oui … C’est bon, n’abusons pas non plus ! Je ne pue pas quand même. »

« Euh … Si en fait. Renifles-toi, tu verras, Kéran. »

« … … … Je ne vais pas faire ça, j’ai quand même un peu de décence. Non mais oh. » rétorqua le jeune homme aux cheveux gris avant de mettre une main dans ses cheveux. Ohla ! Elle avait peut-être quand même raison. Ils étaient gras ! Très gras même !

« Héhéhé … Si tu es gentil, j’irai même te laver les cheveux. Ce n’est pas une petite auberge que j’ai pris … Tu veux voir les autres pièces ? »

« Pourquoi pas ? En même temps, tu m’expliqueras c’est quoi ton véritable problème avec tout ce qui se passe ici. Je n’en peux plus. »

« Tout ce que tu désires … mais seulement quand tu seras propre. »

« Ca te convient comme ça ? » pensa t-il en lui-même, une petite voix lui disant :

« Tu fais des efforts … même bien plus que je ne le pensais. »

« C’est bien parce que tu me l’as demandé. » marmonna le jeune homme dans ses pensées. Il crut entendre rire Elyséa mais il savait pertinemment que ce n’était pas le cas. La femme aux cheveux blancs n’était pas quelqu’un de très … ouvert de toute façon. Il la connaissait bien.

Elle lui indiqua finalement la pièce où il allait pouvoir se laver mais il était un peu anxieux. Elle n’allait quand même rien faire de bizarre hein ? Bien qu’il était nu et en train de se laver, il tourna la tête sur la gauche pour être sûr de ne pas avoir de mauvaises surprises.

« Tu peux me dire si elle fait quelque chose de louche ? »

« Je te rappelle que te voir nu n’est pas une chose horrible en soi hein ? Je n’arrête pas de te voir nu depuis des années donc bon … »

« Alors fermes les yeux dorénavant ! Je n’ai pas besoin que tu me chaperonnes ! »

« Bien bien bien … J’écouterai donc tes sages conseils. »

Et puis, plus aucune voix de la part d’Elyséa. Il était un peu soucieux quand même. Mais bon … Il restait aussi sur ses gardes, il avait … Enfin, il se méfiait quand même beaucoup en un sens. C’était … problématique, très problématique même. Pourquoi ? Il n’en était pas certain.

Enfin bon … Il put se laver sans aucun problème contrairement à ce qu’il pensait et il en ressortit propre comme un sou neuf. Sélia était assise sur le lit et il remarquait une chose : il n’y avait pas de second lit ? Qu’est-ce que …

« Sélia ? Où est-ce que tu dors normalement ? »

« A côté de toi, bien entendu. Nous avons toujours fait cela auparavant, non ? »

« Quand j’étais encore un enfant, pas maintenant ! Je suis un adulte responsable ! » dit le jeune homme aux cheveux argentés alors qu’elle souriait :

« Et tu as peur justement de ne pas pouvoir prendre tes responsabilités si tu dors avec moi ? C’est bien cela, Kéran ? »

« … … … Pourquoi est-ce que tu fais tout ça ? A quoi est-ce que ça va t’emmener, Sélia ? Sois sincère … Tu sais parfaitement que je suis amoureux de Katérina. Tu peux ne pas accepter ça mais tes méthodes sont trop brutales. »

« Car je t’aime, voilà tout. »

Il s’attendait à une telle réponse de la part de la jeune femme aux cheveux bleus. Il poussa un profond soupir avant de l’étudier pendant quelques secondes. N’importe qui tomberait amoureux d’elle. N’importe qui de sensé … mais il ne l’était pas. Il aimait une femme plus que spéciale, vraiment très spéciale.

« Moi, simplement comme un petit frère envers sa grande sœur. »

« Nous ne sommes pas liés par le sang alors … l’inceste n’est pas un problème. »

Cette réplique ! Il se donna une baffe frontale alors qu’il poussait un profond soupir. C’était visiblement trop compliqué pour elle … Mais bon … Peut-être qu’en restant avec elle, il allait réussir à lui faire comprendre cela ? Et peut-être alors à la calmer définitivement ?

Chapitre 14 : Peu de paroles

Chapitre 14 : Peu de paroles

« Earnos ? Est-ce que nous pouvons parler tous les deux ou non ? »

« Ou non, voilà ma réponse. Est-ce que cela te convient ? » dit-il d’une voix lente alors qu’Olistar haussait les épaules, visiblement peu amusé par tout ça.

« J’aimerai juste pouvoir discuter avec toi, rien de plus, rien de moins. »

« Tu viendras quand même m’embêter donc bon … autant continuer à parler chacun. »

L’enfant aux cheveux violets s’empêcha de sourire tandis qu’Earnos commençait déjà à se mouvoir pour s’éloigner des autres. Il finit par trouver un coin dans le jardin, venant s’asseoir sur un banc tout en regardant Olistar.

« Bon, qu’est-ce que tu veux exactement, Olistar ? Si c’est pour parler d’Holikan, je tiens à te dire qu’il m’adresse rarement la parole, seulement pour savoir ce que tu fais, rien de plus. »

« Et qu’est-ce que tu lui as dit exactement alors ? Je peux savoir ? »

« Rien de spécial, cela ne le concerne pas, cela ne te concerne pas. Faites votre vie chacun de votre côté mais laissez-moi tranquille, je ne veux pas être plongé dans vos embrouilles. »

« Je ne pense pas que nous puisions dire que je cherche les embrouilles, loin de là. Néanmoins, ce garçon-Yanma fait tout pour me compromettre. »

« Je m’en contrefiche. Si ce n’est que pour cela que tu viens me parler, je peux partir aussitôt, j’ai beaucoup mieux à faire de mes journées, Olistar. »

« Ce n’est pas de ça … dont je veux parler … mais de quelque chose qui m’intrigue depuis maintenant plusieurs mois. Il s’agit de toi et de la princesse Terria. »

Hein ? L’enfant-Aspicot regarda Olistar en clignant des yeux. Qu’est-ce qu’il voulait encore savoir à ce sujet ? C’était encore une histoire qui ne le concernait pas. Pourquoi est-ce qu’il s’en mêlerait ? Il marmonna :

« Arrête de fouiner là où tu ne devrais pas, c’est compris ? »

« Je suis chargé de protéger la princesse Terria. Il est normal que je me renseigne sur comment un jeune garçon-Aspicot a put rencontrer la princesse Terria … voire même la reine Seiry puisqu’il semblerait que cela soit le cas. »

« Cela ne te regarde pas ! Tu n’as pas à savoir ce genre de choses ! Mêles-toi de ce qui te regarde, Olistar ! Rien de plus ! Sinon, je devrais te frapper ! »

« Si je te laisse me frapper, est-ce que tu me donneras les réponses à mes questions ? »

« Ca ne changera rien. Tu es du côté de la princesse Terria, je n’ai pas à te dire car tu risquerais de lui répéter cela. Et puis quoi encore ? Pourquoi est-ce que je devrais t’en parler ? Je n’ai aucune bonne raison de t’expliquer mon histoire avec elle, voilà tout ! »

« Tout simplement pour me permettre de savoir ce qu’il faut faire et comment réagir. Je veux juste apprendre quelques points, peut-être pas toute l’histoire. »

« Mais je n’ai rien à te dire à ce sujet ! C’est pas difficile à comprendre ! Rien du tout ! »

« Est-ce que toi … et la princesse Terria, vous vous détestiez dans le passé ? »

Il cligna des yeux une nouvelle fois, étonné par la question d’Olistar. Lui ? Détester la princesse Terria ? C’est vrai qu’avec ses réactions, il doit donner cette impression mais …

« Ce n’est pas du tout ça, tu t’imagines des choses, voilà tout. Je ne la déteste pas. C’est tout le contraire mais elle fait tout pour que je la déteste. »

« Je ne pense pas que ça soit son but réel, tu dois le savoir aussi bien que moi à ce sujet, n’est-ce pas ? Alors pourquoi continuer cela ? Pourquoi ? »

« Car elle a tout oublié, voilà. Si encore, c’était à dessein mais non, elle a juste tout oublié comme si ce n’était que du passé. Et ça, je ne pardonne pas . »

« Tout oublié ? Mais par rapport à quoi ? Qu’est-ce qu’elle aurait oublié qui te mette autant en colère ? Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ? Pourquoi est-ce si important à tes yeux ? Tu en sais tellement à ce sujet. »

« Je n’ai pas à te parler, je ne te parlerai pas, ça ne te concerne pas, ça ne te regarde pas, arrête de me coller, tu commences à m’énerver, Olistar. »

« Je veux connaître toute l’histoire, c’est aussi simple que ça, Earnos. Est-ce que tu lui en veux de vouloir t’offrir cette foreuse ? Même si cela commence à dater. »

« Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? Qu’est-ce qui cloche avec toi ? Ce n’est pas le cadeau le problème, c’est la personne qui le donne ! Si elle savait pourquoi je lui en veux, si elle savait pourquoi je ne veux pas de ce cadeau ! Si elle savait tout cela, il n’y aurait aucun problème, je le prendrais sans aucun souci mais non ! Elle ne se rend compte de rien ! »

« Et tu préfères continuer de lui en vouloir sans chercher à lui expliquer tout cela ? Sans chercher à lui rappeler sa promesse ? C’est bien cela ? Ce n’est pas un peu puéril ? »

« Je ne suis qu’un garçon-Aspicot du peuple. Les reines Apireine sont le symbole même de la monarchie dans notre royaume des insectes. Elles représentent le lien entre la royauté et son peuple. Si une future souveraine est incapable de se souvenri d’une simple promesse faite avec l’un de ces sujets, elle n’en vaudra pas la peine. »

« Je …. Hum, tu es sûr de n’être qu’un enfant, Earnos ? »

Le garçon aux cheveux blonds haussa les épaules comme pour montrer qu’il s’en fichait particulièrement de toute cette histoire. Oui, il n’était qu’un enfant. Mais être un enfant n’empêchait pas d’avoir des responsabilités, chose que la princesse oubliait.

« Est-ce que tu … en veux à la princesse d’être aussi désinvolte ? »

« Ca veut dire quoi ce mot ? Je le connais pas du tout, moi. »

« Tête en l’air. Elle ne prend pas la vie au sérieux mais il y a une chose que tu sembles oublier, Earnos. Elle n’a même pas dix ans. »

« Moi non plus, ce n’est pas une excuse, encore moins lorsque l’on est la princesse du royaume. Voilà tout simplement. Toi aussi, tu es très sérieux. »

« Certaines personnes supportent moins la pression que nous. La princesse a toujours eut une vie rêvée ou presque, cela ne veut pas dire qu’elle ne pense pas à son titre. »

« Je m’en doute mais ça ne changera rien. Je ne veux pas de son cadeau tant qu’elle n’a aucun idée de ce pourquoi je ne veux pas lui adresser la parole, c’est aussi simple que ça. Et avant même que tu dises quelque chose, je sais parfaitement que c’est elle dans le classe. »

« Alors pourquoi ne pas le lui dire ? Car tu lui parles normalement là-bas. Ce qui peut paraître étrange en vue de ta colère envers elle non ? Tu ne trouves pas cela étonnant ? »

« A quoi cela me servirait de dire aux autres qu’il s’agit de la princesse ? Lui pourrir la vie ? L’empêcher alors d’aller à l’école avec d’autres élèves ? Car ils seront tous au courant ? »

« Pourquoi pas ? Tu penses que si tu parlais, ça emmènerait à tout cela ? »

« J’en suis même sûr et certain mais je ne le ferais pas. Mon but n’est pas de la faire souffrir pour le plaisir. Pas de la faire souffrir tout court. »

Olistar poussa finalement un profond soupir. Il n’en avait guère réellement appris par rapport à toute cette histoire mais cela lui suffisait amplement. Car il ne nécessitait pas des réponses pour tout et rien, loin de là.

« J’ai eut ce que je désirais, Earnos. Tu n’as pas besoin d’en dire plus. Dans le fond, je sais juste maintenant que tu aimerais détester la princesse mais que tu n’y arriveras pas. »

« Je préfère m’en aller. Mes parents m’attendent à la maison. Passe une bonne journée même si je ne devrais pas te le souhaiter vu que tu adores fouiner. »

« Parce que j’adore fouiner, je n’ai pas le droit d’avoir une bonne journée ? C’est étrange comme conception dans tes phrases, tu ne crois pas ? »

Pour toute réponse, Earnos n’en donna guère à l’autre enfant, s’éloignant de lui sans plus chercher à communiquer avec l’enfant aux cheveux violets. Celui-ci fit craquer son cou, faisant ensuite un geste de la main tout en disant :

« Bonne route à toi, je ne pense pas que j’ai à t’accompagner non ? »

« Il n’est pas question de m’accompagner ou autre. Ne t’avise pas de me suivre, c’est aussi simple que ça. J’en ait assez de savoir que tu es dans mon dos. »

« Rien que cela ? Enfin bon, nous nous reverrons bien assez tôt, je dirais. »

Hein ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Il l’avait déjà assez vu à ses yeux. Il ne voulait pas qu’il reste dans les environs non plus. Earnos quitta le château, jetant parfois quelques regards derrière lui bien que le Rapion ne le suivait pas. Celui-ci avait décidé de faire quelques pas jusqu’à ce qu’une petite demoiselle encapuchonnée ne s’approche de lui.

« Coucou Olistar. Dis, tu parles de plus en plus à Earnos ! Il te dit des choses sur moi ? Dis dis ? Tu veux bien me les dire ? »

« Je voudrais bien mais j’en suis tout simplement incapable. C’est impossible malheureusement, cela ne serait pas une bonne chose de ma part. »

« Pourquoi ça ? Dis moi pourquoi s’il te plaît ! J’ai toujours peur qu’Earnos apprenne que je sois la princesse à l’école ! Et s’il le savait ? »

« Qu’est-ce qui se passerait selon vous ? Est-ce que vous iriez chercher à réparer la situation ou autre ? Réfléchissez à chacun de vos actes et paroles. Mais ne vous en faites pas, je pense que vous allez pouvoir vous revoir en face à face très bientôt. »

« Comment ça ? Olistar ? Mais où est-ce que tu es passé ? »

Elle avait cligné des yeux pendant un instant quand le garçon-Rapion était passé à côté d’elle mais déjà, il n’était plus là. Elle ne comprenait pas ses derniers propos. Se revoir en face à face ? Et comment est-ce qu’il comptait faire cela ?

Chapitre 225 : Le récupérer

Chapitre 225 : Le récupérer

« Tu ne t’es pas encore évanoui ? Quelle volonté, Kéran. »

« Je tiendrai bon … Même si … Même si … »

« Kéran, tu ne peux pas gagner. Tu ne peux pas me vaincre. Regarde-moi … Regarde-toi … Tu sais parfaitement que je t’aime. »

Elle l’aimait tellement … tellement … Elle vint poser ses lèvres sur le cou du jeune homme, celui-ci pouvant à peine réagir alors que la jeune femme continuait de le serrer avec sa queue de Leviator. Elle était si terrifiante … mais en même temps, il sentait que ses baisers étaient sincères, plus que sincères.

Le problème ? Il n’entendait plus la voix d’Elyséa ! Il était devenu comme sourd à ses paroles ! Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Qu’est-ce que Sélia avait fait ?! QU’ELLE ARRÊTE ! Il bougea la tête à gauche et à droite, la seule chose qu’il pouvait bouger malheureusement ! Et son coup de tête avait été inefficace.

« Sélia … Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu fais ça ? POURQUOI ? »

« Car je t’aime ? » répondit-elle avec la plus grande sincérité dans sa voix. « Quitte à devenir un monstre capable de tout ravager dans ce monde, tant que je suis à tes côtés, Kéran, c’est ce qui me suffit le plus. Je ne veux rien d’autre. »

« Tu es devenue folle … Sélia …Tu le sais. »

Il avait à peine la force de bouger. Il n’arrivait plus … Il n’y arrivait plus du tout. Le souffle chaud de Sélia continuait de caresser sa nuque avant qu’elle ne dépose un long baiser dessus, laissant une marque rouge quelques secondes plus tard.

« Je suis folle de toi … C’est la seule chose qui m’importe. Hyathéna, on finit par l’assommer, on tue Katérina et nous nous en allons. Tu es d’accord ? »

« Ne … Ne … Ne touche pas à Katérina ! »

Il avait encore la motivation pour tenter de contrer Sélia par les paroles mais c’était tout. Le reste … était impossible pour lui. Il voulut bouger une dernière fois mais sa tête pencha en avant qu’il ne sombre dans l’inconscience.

« Mon petit Kéran … Te voilà enfin dans mes bras … Ou à l’intérieur de mon cocon protecteur … Hahaha … Maintenant … Occupons-nous d’elle. »

« Je ne crois pas que cela sera possible. » murmura une voix douce.

Loa s’était positionnée devant le corps meurtri de Katérina, celui-ci peinant à peine à se relever alors que la jeune femme aux cheveux argentés était plongée dans l’inconscience. Mais les ailes noires d’Hodan étaient présentes, signe qu’il veillait sur ce corps.

« Est-ce que tu veux vraiment t’interposer ? Loa ? Je ne compte pas te blesser. Je n’ai rien contre toi … Plus rien du tout même. »

« Tu as eu ce que tu voulais, n’est-ce pas ? Quitte à ne pas écouter ce que Kéran désirait. »

« Kéran a été perverti par la femme que tu veux défendre … Hodan aussi. » continua de dire Sélia alors qu’elle s’avançait peu à peu, rampant en direction de Loa, Kéran maintenant sur son dos de Leviator.

« Ce n’est pas une question de perversion ou non. Tu ne laisses pas le choix à Kéran. »

« Et si Kéran se trompait. Il est de mon devoir de le guider et de le protéger. De l’emmener vers la bonne pente alors que cette femme ne semblait même pas l’aimer … Surtout que tu dois te douter qu’Hodan couche avec elle, n’est-ce pas ? »

Loa haussa un sourcil. Non … Elle n’était pas au courant. Elle tourna son visage vers Katérina bien que ce n’était plus elle qui était consciente et debout mais Hodan.

« Cette femme ne mérite pas de vivre. Elle perverti tous les hommes qui s’approchent d’elle. Je dois l’éliminer, non pas uniquement pour moi, mais aussi pour Hyathéna. Cette Trioxhydre qui est en moi aime son grand frère depuis des siècles. Et tu voudrais empêcher cela ? »

« Je n’aime pas ma sœur … de cette manière. » dit une voix en Katérina, Sélia faisant un geste négatif de la main, répliquant aussitôt :

« Tu ne peux pas savoir … car tu ne l’as pas vue depuis tout ce temps, sous cette forme physique et humaine. De même, vous n’êtes pas véritablement frère et sœur. »

« Cela ne changera rien à ce que je ressens pour Katérina. J’ai appris à la connaître au fil des années et j’ai commencé à éprouver de la jalousie à l’égard de Kéran lorsque j’ai vu à quel point elle se rapprochait de lui. Je n’ai jamais été doué pour exprimer mes sentiments et même si j’étais amoureux d’elle, je ne le disais guère. Je suis un dragon, je fus élevé par ces derniers lors de mon vivant. J’ai encore un peu d’estime personnelle. »

« ARRÊTE CA HODAN ! POURQUOI EST-CE QUE TU L’AIMERAIS ?! ET PAS MOI ?! » hurla une voix en Sélia.

« Pourquoi ? Car Katérina fut malheureuse en amour depuis son enfance … A cause de son père et de ces personnes qui ont violé son corps. Elle est en manque d’amour … Un amour fort mais doux … Un amour puissant, qui lui montre qu’elle est désirée mais qui en même temps le protège. Kéran n’arrive pas à cela … Kéran est trop romantique, trop fleur bleue. Il ne peut pas l’aimer comme elle le désire. Mais je continue de la servir … car c’est ce qu’elle désire … Si elle veut continuer à aller avec Kéran, je la laisserai faire. »

« Et moi ? Tu ne penses pas à mes sentiments … Comme Kéran ne pense pas aux sentiments de Sélia. Vous nous considérez toutes les deux comme vos sœurs alors que nous sommes d’abord deux femmes. Nous avons aussi soufferts dans le passé ou alors dans mon vivant. Souffert de voir que vous ne compreniez pas ce que nous ressentions pour vous … Souffert de voir l’homme qu’on aime partir avec une autre … Une personne qui nous insulte, nous sali, nous rabaisse comme des moins que rien. Et pourquoi tu ne nous laisserais pas une chance ? »

« Je … Je ne sais pas … Je verrai peut-être plus tard … Hyathéna … Tu es morte et moi aussi. Si tu es prête à attendre quelques années … Pourquoi pas ? «

« Ou alors, même si elle n’est pas partageuse, je peux t’aimer … Visiblement, tu n’as eu aucune réticence à aimer cette femme alors qu’elle était celle d’un autre. Pourquoi refuserais-tu que je t’aime en même temps que Katérina ? »

Sélia comme Hyathéna savaient l’embrouiller parfaitement. Mais les deux femmes étaient sincères, terriblement sincères. C’était là le problème. Elles étaient trop sincères pour que ça ne soit pas véridique ou fondé.

Sa petite sœur l’aimait terriblement et il … avait déjà éprouvé des sentiments pour elle. Mais en tant que dragon, il avait toujours été fier et noble … Il ne pouvait pas éprouver de tels sentiments pour celle qu’il considérait comme sa sœur … Celle avec laquelle il avait vécu pendant des années …

« Toutes ces histoires de frère et sœur ne nous concernent plus, Hodan. Nous sommes des personnes adultes … ou des pokémons morts … Comme tu le veux … Mais nous sommes responsables et … nous sommes capables de raisonner avec nos cœurs, nos sentiments, nos émotions. La logique et la raison, ce n’est guère important dans une relation amoureuse. »

« Laisse-moi … seul avec Katérina. Je veux continuer à l’aimer, Hyathéna. Je ne sais pas ce qui se passera dans le futur, je ne sais pas ce que cela … Enfin, ce qui va se passer. Je ne sais guère … mais je veux continuer à l’aimer sans que vous essayez de la tuer. »

« Je me porte garant qu’ils ne commettront pas de bêtises. » déclara Loa bien qu’elle n’avait pas réellement à se mêler de la conversation. « Comme visiblement, Hodan et Katérina sont des amants, il est normal … ou anormal, cela dépend du point de vue que je laisse Kéran avec toi, Sélia. Néanmoins, si je te disais que Kéran aimait Elyséa ? Et inversement ? Qu’est-ce que tu ferais ? Hyathéna se comporte d’une manière plus mature que toi. »

« … … … Kéran ne pensera jamais à … »

Sélia s’arrêta dans ses propos. Quelque chose clochait dans sa réflexion. L’énervement de Kéran à ce moment-précis, lorsqu’elle avait qu’elle comptait se débarrasser d’Elyséa. Elle avait senti une réelle envie de la tuer contrairement à sa menace sur Katérina. Elle tourna son visage vers Kéran évanoui, disant :

« Toi … Elyséa … Qui est en lui. Réponds-moi : quels sont tes rapports avec Kéran ? »

« Je ne peux pas te répondre … Je dois veiller sur ses rêves. Ils sont plus que troubles à cause des derniers évènements. Néanmoins, si tu lui fais du mal, je combattrai de toutes mes forces, dragonne ou non. Je tiens à te le signaler. »

« Tu n’as pas vraiment le choix. Je t’ai demandé une chose. »

« Je suis sa gardienne, je suis celle qui le protégeait quand tu n’étais pas là, Sélia. Je ne suis rien d’autre que cela. Kéran est le jeune homme qui veille sur moi dans nos rêves. Il est celui qui veut m’aider à découvrir mon passé. »

« … J’emporte Kéran avec moi. Aucun problème à cela ? »

« Ca ne me dérange pas. Je ne peux pas t’arrêter. Je peux juste t’empêcher de tuer Katérina. Mais sache qu’il y a des chances qu’elle fasse tout pour tenter de le délivrer. Elle partira surement à ta recherche. »

« Je continuerai de veiller sur Kéran, qu’importe où il se trouve … Et je préfère le savoir auprès de toi, Sélia, que de Katérina. » « J’étais au courant déclara l’être en Kéran, les trois têtes se tournant vers le jeune homme évanoui. « Je pense que tu l’as remarqué Hodan … Je vous ai souvent menacé tous les deux … mais cette idiote de Katérina ne comprenait pas mes messages … Mais maintenant, je pense que c’est pour le meilleur qu’il ne soit plus auprès d’elle. Je ne veux pas qu’il souffre … »

Elle allait panser ses plaies comme elle le faisait si souvent. C’était ainsi et pas autrement. Elle lui ferait oublier Katérina s’il le fallait. C’était à elle de s’occuper que Kéran soit le plus heureux possible. Il voulait qu’elle soit heureuse ? Mais c’était réciproque … et elle n’avait pas tellement de manière de l’être.
« Bon … Visiblement, la conversation est terminée. Je vais m’en aller avec Kéran. »

La jeune femme au corps de Leviator vint prendre le jeune homme dans ses bras avant que sa queue de Leviator ne disparaisse, lui redonnant l’apparence qu’elle avait auparavant. Serrant Kéran à une main contre elle, elle récupéra sa croix de l’autre.

« Avant que tu ne partes … Est-ce que tu es satisfaite de ce que tu es devenue ? » demanda Hodan à partir du corps de Katérina.

« Nous n’avons pas encore combattu de véritables dragons si c’est cela qui t’interpelle. Peut-être que je le ferai si j’ai encore ce besoin constant de pouvoirs. De toute façon, ma mission n’est pas terminée. Il me reste un dernier objectif, demandé par Hyathéna. Toutes les deux, nous allons l’accomplir. »

« De quel objec … NON ! HYATHENA ! » hurla la voix d’Hodan.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Hodan ? » demanda la jeune femme aux cheveux argentés violets alors que Sélia faisait apparaître les ailes de la Trioxhydre dans son dos, commençant à s’envoler avec Kéran contre elle.

« L’idio … L’idiote ! Elle va courir à sa mort ! »

Et il ne pouvait rien faire ! Pas avec le corps de Katérina ! Elle n’était qu’une humaine ! Une simple humaine et rien d’autre ! C’était là le gros problème ! Elle n’était qu’humaine … et même Sélia, avec ses pouvoirs actuels ne pourraient rien faire ! Dans le ciel, le point qu’était Sélia disparu peu à peu à l’horizon.

« Hodan, cela ne répond pas à ma question … et j’en ai d’autres pour toi. »

« Cela pourra attendre ? Il faut que l’on remonte les tentes pour Katérina. Il est assez difficile de posséder son corps, je n’y suis pas habitué. »

Comme il le désirait … Mais tout cela avait pris une tournure bien trop compliquée. Elle ne voulait pas se mêler de cette histoire mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Quelque chose de plus grand qu’une simple histoire de sentiments se mettait en place, elle le savait parfaitement. Les minutes passèrent, les deux tentes étant montées alors que Katérina était maintenant assise non-loin d’un feu bien qu’elle n’était pas consciente.

« Et si maintenant, tu me racontais depuis quand … est-ce que toi et Katérina faites cela ? »

« Avant leur déclaration … Avant que Kéran ne lui offre cette robe. Elle était insatisfaite sexuellement … Je me suis considéré comme un objet … sexuel. Moi qui suis un ancien humain lié aux dragons, moi qui suis le plus puissant des dragons … en étant mort, je n’ai pas résisté à mes pulsions sexuelles. Mais il n’y avait pas que cela … Elle a toujours cru que Kéran et Elyséa faisaient la même chose et depuis bien plus longtemps. J’ai toujours voulu la convaincre qu’Elyséa n’était pas ainsi mais il n’y avait rien à faire. Katérina a toujours été une femme jalouse, terriblement jalouse. Elle veut une personne qui ne s’intéresse qu’à elle et uniquement à elle, qui ne peut pas donner son amour à une autre femme qu’elle. »

« Et alors ? Comment comptes-tu faire avec Hyathéna ? »

« Je ne sais pas … Je ne suis pas pour la polygamie bien que chez certaines espèces de pokémons, c’est le cas mais je vais tout faire pour calmer Katérina par rapport à cette idée. Ainsi, je ne peux rien faire d’autre. »

« Et par rapport à Hyathéna. Tu sais parfaitement ce qu’il en est de ses sentiments, n’est-ce pas ? Comment est-ce que tu comptes y répondre ? »

« J’aimerai par la positive … mais je ne suis pas sûr de cela. »

« Est-ce que tu aimes ta sœur ? Cela sera plus simple si tu réponds par oui ou non plutôt que de tourner autour du pot. »

Il … n’en était pas sûr. Il avait voulu protéger la seule femme de sa vie lorsqu’il fut humain. Il n’avait connu qu’elle, il était alors normal d’avoir des sentiments non ? Plus que ceux d’un frère à une sœur. Mais … Il avait toujours tout fait pour garder cela profondément enfoui en lui. Et même maintenant … Il n’osait pas.

« Tu ne manquerais pas de courage pour un grand dragon comme toi ? Essaye d’en discuter avec Katérina … Vous valez mieux que ça … Et surtout, essayez de tout faire pour ne pas blesser Kéran plus longtemps. Je pense que de ce côté, vos dégâts sont importants. »

« Je le sais parfaitement et je le regrette tellement … »

« Il y a tellement de choses que l’on regrette, tellement. »

Mais ce n’était pas à elle de juger les autres. Ils étaient des adultes et responsables. Ils sauraient normalement ce qu’ils devaient faire ou non. Ce n’était pas à elle de les guider. Même si … Même si … Tout cela était bien trouble et problématique. Beaucoup trop trouble … Il fallait voir la réaction de Katérina quand elle allait se réveiller. Elle ne pourrait pas voir celle de Kéran de toute façon. Vraiment, ce monde n’était-il pas déjà assez compliqué ?

Chapitre 224 : Sans l’ombre d’une chance

Chapitre 224 : Sans l’ombre d’une chance

« Kéran … Tu veux donc réellement te battre contre moi ? »

« Je n’ai pas le choix car sinon, tu risquerais de tuer Katérina. Je ne peux pas te laisser faire ça. Pas du tout même. » murmura le jeune homme en gardant son épée en main.

« Est-ce que tu aimes tellement Katérina pour faire ça ? Qu’est-ce qu’elle a de si spécial ? »

« Je … Je … » bredouilla le jeune homme aux cheveux blancs. Il n’arrivait pas tellement à le croire. Enfin … Pourquoi est-ce qu’il hésitait maintenant ? POURQUOI MAINTENANT ?! « J’aime Katérina, c’est le plus important ! Ca ne s’explique pas ! »

« Et pourtant, j’ai des raisons de t’aimer … Tellement de raisons. Pourquoi est-ce ça ne serait pas pareil pour toi ? Kéran … Réfléchis donc un peu. Ce que tu penses être de l’amour est juste de l’attirance … sexuelle. »

Elle avait rougit très légèrement à cela, ne sachant pas réellement quoi dire d’autre. Elle se gratta la joue, n peu gênée avant de regarder à nouveau Kéran. Celui-ci observa Sélia, n’osant plus que la regarder en biais.

« Elle t’a surement tout raconté … Alors bon … Si ce n’était que de l’attirance sexuelle, cela se saurait … puisque je ne suis pas doué par rapport à ça. »

« Je n’y connais rien du tout, Kéran. Tu pourrais tout m’apprendre et tout me faire … Je suis toute à toi si tu le désires, Kéran, vraiment tout. »

Elle bougea légèrement sur place, ses hanches se balançant de gauche à droite comme pour inciter Kéran à venir jusqu’à elle. C’était aussi tendancieux que ça. Elle faisait une telle chose … mais il résistait. Il hocha la tête négativement, déclarant :

« Je suis désolé mais non ! L’amour, ça ne se commande pas ! Pas du tout même ! »

« Mais ça s’apprend … Et je veux apprendre à tes côtés. »

NON ET NON ! Même s’il n’attaquait pas tout de suite, il ne pouvait pas … rester là sans rien faire ! Pas du tout même ! Il en était hors de question ! Hors de question ! Qu’elle vienne à lui car il l’attendrait ! Voilà tout ! Ah … Ah … Ah … Il devait se contrôler.

« Kéran, tu ne sais pas comment réagir. Laisse-moi faire, s’il te plaît. »

« NON ! Elyséa ! C’est mon problème ! Je dois m’en occuper personnellement ! Si Sélia est comme ça, c’est de ma faute ! »

« Ce n’est pas de ta faute, Kéran. Je suis ainsi car je l’ai décidée … Cette femme était possédée, il était normal alors que tu recherches une force pour te protéger. Et je t’ai ensuite déçue par rapport à la Sainte Alliance et à l’Enceinte aux Esclaves. J’ai été une mauvaise sœur. Je n’aurai jamais dû te cacher la vérité et te mentir … Mais même si je fus une mauvaise sœur, je peux encore corriger mes erreurs.  Et puis … En dépit d’être une mauvaise sœur, je peux toujours être une bonne amante, non ? Kéran … »

Elle avait planté la croix dans le sol, comme si de rien n’était. Et maintenant ? Elle tendait les bras en avant, un grand sourire chaleureux aux lèvres. Vraiment … Quand il la voyait comme ça, il avait juste envie d’y aller. Non pas parce qu’il la trouvait encore plus belle qu’avant mais juste pour se rappeler la chaleur de ses bras.

« Alors vas-y Kéran … Peut-être qu’au final, elle n’a pas tort. »

« Non … C’est complètement faux. Je ne peux pas revenir en arrière, c’est ce qu’elle voudrait et c’est impossible maintenant … Complètement impossible. »

CA NE SERVAIT A RIEN ! Il ne pouvait pas rester là sans rien faire ! Pas du tout même ! Il posa un petit instant de répit avant de courir vers elle, son épée en avant. C’était sa réponse ! Il ne pouvait pas espérer revenir en arrière ! Qu’elle le veuille ou non ! C’était tout simplement impossible maintenant ! IMPOSSIBLE !

« Kéran ? » murmura doucement Sélia alors qu’elle venait d’arrêter la main tenant l’épée du jeune homme, la faisant lâcher prise. « Tu veux donc me blesser ? Moi ? »

« J’y suis bien obligé. Je suis bien obligé car sinon, tu continueras ta folie ! »

« Est-ce que j’ai l’air folle Kéran ? » souffla la jeune femme aux cheveux bleus tout en rapprochant son visage du sien. De son autre main, elle vint caresser sa joue : « La seule chose où je suis folle, c’est de toi, Kéran. Simplement de toi … Je vais te faire passer l’envie de te battre … en brisant ton épée. »

Elle le repoussa légèrement en arrière, le jeune homme se retrouvant couché au sol, gémissant de douleur. Aie, aie, aie ! Elle n’avait même pas utilisé sa force mais rien qu’avec ça, il n’avait rien pu faire ! Elle … Elle … était totalement différente de la femme qu’il connaissait … de la gentille femme qu’il avait toujours connue.

Il la vit prendre son épée mais elle poussa aussitôt un cri de douleur, la relâchant subitement avant de faire quelques pas en arrière. Elle semblait comme étonnée et un peu effrayée, le sol se gelant autour de l’épée.

« Qu’est-ce que … Qu’est-ce que c’est que cette épée ? »

« Mon épée … est capable de produire du froid. Si tu es vraiment devenue une dragonne, tu ne devrais pas alors supporter une telle chose. »

« Il n’y a pas que ça … Pas du tout même … Il y a autre chose dans cette arme ! Mais je … Je veux juste que tu viennes avec moi ! »

« C’est impossible et tu le sais bien. »

Il se releva, récupérant son arme, gémissant un peu de douleur à cause du froid avant de s’y habituer. Ce n’était plus possible … Plus maintenant … Plus entre eux deux. Il était désolé pour elle … mais il avait décidé de suivre son propre chemin. Et malheureusement, elle …

« Kéran, ne te mens pas … Tu voulais retrouver Sélia. Tu voulais l’arrêter mais tu voulais la revoir. Vos chemins peuvent se croiser à nouveau, seulement si tu le désires. »

« Je … Je ne sais pas … Ah … »

Il était perdu, complètement perdu. Il devait se battre contre Sélia ! Voilà tout ce qu’il notait ! Il courut vers elle, son épée à la main. Il devait la blesser ! Il devait juste la blesser ! Lui faire arrêter ce carnage qu’elle avait commencé à faire ! VOILA !

« Tu as donc décidé de m’attaquer sans aucune hésitation. Je ferai donc de même. »

Sélia reprit son imposante croix avant de la tenir à une main. Lorsque Kéran fut assez proche d’elle, elle fit un simplement mouvement avec l’objet mais Kéran sauta dans les airs, esquivant l’attaque avant d’atterrir près d’elle.

« La même attaque ne pourra pas marcher deux fois contre moi … Je suis désolé, Sélia. »

Il avança sa lame contre le corps de Sélia, venant la toucher mais rien ne se passa. L’arme ne traversa même pas le métal alors qu’il écarquillait les yeux. C’était possible ça ? Il avait pourtant tout fait pour la blesser !

« Pardon Kéran … Je ne te ferai pas souffrir plus que cela … »

Elle le bloqua d’une main, la seconde soulevant l’imposante croix. La croix vint s’abattre sur le corps du jeune homme mais celui-ci disparu dans le sol à la grande surprise de Sélia. Où était-il passé ? Comment est-ce qu’il avait fait cela ?

« Je suis avec Elyséa … Elle fut avec moi depuis des années et j’ai appris à utiliser ses pouvoirs. Tu es avec Hyathéna depuis peu de temps, Sélia. Tu ne peux pas réussir à contrôler tous tes pouvoirs aussi rapidement. »

Ce n’était pas totalement vrai dans son cas aussi mais qu’importe, ce n’était pas là où il voulait en venir, loin de là même. Il sortit dans le dos de Sélia, demandant à Elyséa de l’aider à utiliser toutes ses forces dans cette attaque.

« Kéran, si tu l’attaques dans le dos, même elle ne pourra pas se protéger mais … tu risques de la tuer … Est-ce vraiment ça que tu veux ? »

Ce n’était pas ça … Ce n’était pas ce qu’il désirait … Il n’allait pas la tuer. Il voulait juste la blesser ! C’est ce qu’il allait faire ! Mais il n’était pas sûr que son armure soit traversée s’il ne l’attaquait pas directement.
C’était compliqué, tellement compliqué … Mais il ne savait pas ce qu’il pouvait faire d’autre ! Voilà tout ! Il était perdu ! Il ne savait pas quoi faire ! PAS DU TOUT MÊME ! Son corps vint réagir subitement, lui faisant faire un saut en arrière alors que Sélia se retournait avec sa croix gigantesque, balayant ce qui se trouvait sur son passage.

« Des pouvoirs ténébreux et spectraux … Je trouverai aussi le moyen de me débarrasser d’Elyséa puisqu’elle parasite ton corps. Nous serons que tous les deux, je te le promets … Je te le promets réellement … Sincèrement … Tous les deux ensemble. »

« Si tu touches à Katérina, c’est une chose … Mais si tu t’en prends à Elyséa, là par contre, je te tuerai s’il le faut, SELIA ! »

Comme enragé, le jeune homme poussa un hurlement strident avant que son aura noire ne se développe encore plus autour de son corps. Là ! CA … PAR CONTRE ! MAINTENANT …. Il n’allait pas … IL N’ALLAIT SUREMENT PAS LAISSER PASSER CA !

Ses cheveux gris prirent une teinte entièrement blanche, flottant au gré d’un vent invisible alors que Sélia haussait un sourcil. La Trioxhydre en elle semblait aussi étonnée que la jeune femme aux cheveux bleus, disant :

« C’est bizarre … Il n’était pas autant énervé pour Katérina. »

« A croire que l’être en lui le parasite bien plus que je ne le pensais. Je ne peux pas laisser passer ça plus longtemps ! Je vais m’occuper d’Elyséa ! »

« Est-ce que tu es sûre que c’est le bon choix ? Notre cible était Katérina … C’est elle que je veux qui disparaisse ! Elle ! Et Elyséa aussi ! »

« ALORS NOUS SOMMES PAREILS ! CES DEUX FEMMES SONT DES PLAIES ! TUONS LES MAINTENANT ! TU ME COMPRENDS NON ?! »

« Je te comprends parfaitement ! Ah … Ah … Ah … Au final, nous voulons les mêmes morts … Ces deux femmes doivent mourir pour que l’on retrouve nos hommes respectifs ! »

Sélia éclata d’un rire tonitruant alors qu’elle regardait Kéran. Oui … C’est vrai … Son pauvre petit Kéran était particulièrement … troublé … Elle le sentait, elle le savait. Kéran était vraiment remarquable. Ses progrès étaient stupéfiants.

« Mais mettons un terme à tout cela, d’accord, Kéran. Terminons-en maintenant. Je vais donc te montrer une partie des pouvoirs que j’ai obtenus. N’aie pas peur. »

Qu’il n’ait pas peur … de quoi ? AH ! PUTAIN ! NON ! Pas ça ! Le corps de Sélia était en train de se modifier complètement au niveau de son bas ventre ! C’était … C’était un corps de Leviator ! Elle n’avait plus un bas humain !

« Maintenant … Je vais te montrer que ce combat était parfaitement inutile, Kéran. »

« Sélia … Sélia ! MAIS REGARDES TOI ! REGARDES CE QUE TU ES DEVENUE ! »

« Hmmm ? Oh … Ce n’est qu’une partie de mes pouvoirs de Leviator … Et encore, normalement, je pensais que mes écailles seraient rouges puisque j’ai tué un grand Leviator de couleur rouge … Mais bon … On ne fait pas toujours ce que l’on désire. Kéran … Ne t’en fait pas … Je ne compte pas t’aimer avec ce corps hein ? Je veux t’aimer naturellement … de la façon la plus pure qui soit. Dans un lit … Sous une couette blanche … Dans une petite maisonnette que nous construirons tous les deux. Je serai tellement heureuse de porter tes enfants … de pouvoirs continuer à vivre avec l’homme que j’aime. »

Elle gardait son sourire, toujours désarmant alors qu’il rougissait en même temps qu’elle. Elle envisageait réellement un tel avenir avec lui ? Contrairement à Katérina … Il … pensait vraiment se ranger … ne pas partir à l’aventure.

« Tu vois, Kéran, tu hésites … »

« Mais ce qu’elle dit, c’est que je désire … C’est ce que je veux … »

« Est-ce que tu préfères obtenir ce que tu veux … ou alors faire profiter quelqu’un d’autre de son plaisir ? Est-ce que tu recherches à être heureux ou à rendre heureux ? »

C’était quoi cette question absurde de la part d’Elyséa. Il recherchait … Hein ? Il ne savait pas. Il ne savait pas du tout. Il avait toujours tout fait pour tenter de rendre une personne heureuse mais au final … Qu’est-ce que cela avait réellement donné ? Il n’avait jamais réussi. Il ne savait pas du tout. Il hésitait maintenant …

« Je veux que Katérina soit heureuse. »

« Mais est-ce qu’elle le mérite, Kéran ? Est-ce qu’elle mérite d’être heureuse alors que toi, tu ne l’es pas dans le fond ? Est-ce que tu te sens heureux ? »

« Qu’elle le mérite ou pas, elle a tellement souffert dans le passé, je ne vais pas la laisser seule ! Je ne cherche pas mon bonheur ! »

« IMBECILE ! POURQUOI TU NE SERAIS PAS HEUREUX TOI AUSSI ?! »

« Car ce n’est pas ce que je veux ! C’est toi que je veux rendre heureuse aussi ! Quand je te vois, comme Katérina, toujours l’air triste et maussade, comme s’il vous manquait quelque chose depuis tout ce temps, tu crois que je peux penser à moi ?! »

« Je suis seulement heureuse quand tu l’es, Kéran ! Ce n’est pas plus compliqué que ça ! La seule chose qui m’importe, c’est que tu sois heureux ! Si c’est le cas, alors je suis satisfaite ! Je suis prête à disparaître s’il le faut ! Pour ne pas briser ton bonheur ! » hurla-t-elle une nouvelle fois alors qu’il répondait à voix haute :

« NE PARLE PAS DE DISPARAITRE ! JE NE VEUX PAS CA ! »

« Je vois que tu continues de discuter avec Elyséa … Mais il est l’heure de dormir, Kéran. »

Hein ? Comment ça ? Qu’est-ce que … AH ! Son corps ! Il se retrouvait encerclé par Sélia, ne pouvant plus bouger, forcé de lâcher son épée. Celle-ci plaça ses deux mains autour du cou du jeune homme, comme si elle cherchait à l’étrangler bien que ce n’était pas le cas.

« Il est l’heure que tu dormes … Kéran … Bonne nuit. »

« Qu’est-ce que … Ah ! Je … »

Il avait du mal à rester éveillé. Il entendait encore la voix d’Elyséa en lui mais bizarrement, il avait sommeil. Qu’est-ce que … Il devait réagir ! Il donna un coup de tête à Sélia, celle-ci relâchant son emprise mais le mal était déjà fait. Il sentait à peine son corps.

Chapitre 223 : A plate couture

Chapitre 223 : A plate couture

« Ah ben tiens donc … Tu t’es toujours pas faite tringlée depuis le temps ? »

« Katérina ! Ne commence surtout pas ça ! » s’écria Kéran bien qu’il continuait de trembler. Il ne pouvait pas … Il ne pouvait pas se permettre ça ! Pas du tout même ! Ah … Ah …

Vraiment … Qu’est-ce que Katérina était en train de faire ? Elle ne comprenait pas la situation ?! Elle ne la comprenait pas ?! Elle risquait tout simplement d’en baver ! Non ! Ca aurait été bien pire ! Comme … Comme la dernière fois.

« Je ne compte pas donner ma virginité au premier homme qui passe. Les instants que je vais avoir avec Kéran seront les plus précieux à mon cœur. »

« Ouais, ouais … Dommage que Kéran soit clairement pas doué en ce qui concerne le sexe. Je suis sûre que vous pourriez bien vous entendre tous les deux. »

« Alors … Nous pouvons régler cela pacifiquement, qu’en penses-tu ? Kéran revint avec moi et tu as la vie sauve. Je pense que c’est un bon marché. » continua de murmurer doucement Sélia bien qu’il y avait quelque chose de malsain dans ses paroles. Comme si … tout cela l’amusait ou presque. Et le sourire qu’elle fit lorsque Katérina répliqua :

« Même pas en rêve, ma grosse. Il reste avec moi, que ça te plaise ou non. Vas te faire enculer par une branche d’arbre, je suis sûre que tu y trouveras plus de plaisir. Kéran est mon mec, que ça t’enchante ou pas ! Hahaha ! »

« Katérina … Arrête tes vulgarités, s’il te plaît. Ce n’est vraiment pas le bon moment. Pas du tout ! Surtout si c’est pour me critiquer comme ça ! » bafouilla Kéran tandis que Loa restait muette, Sélia tournant son visage vers elle.

« Vous avez bien changé, Loa. Vous êtes possédée vous aussi ? Enfin … Vous avez moins de tenue mais plus de chair à découvert. Néanmoins, je ne vous considère pas comme une rivale pour le cœur de Kéran. J’ai toujours eu cette impression que vous étiez déjà amoureuse de quelqu’un … n’est-ce pas ? »

« Je l’ai toujours été puisqu’il s’agit d’Harno, l’être en moi. »

« Je vois … Je vois … Bon, alors, je n’ai pas d’inquiétudes à avoir de ton côté, n’est-ce pas ? Par contre, il est vraiment dommage que Katérina ne se comporte pas comme une femme raisonnable. Mais elle ne l’a jamais été ? »

« Non mais attends, je vais m’occuper de toi, ma grande ! Maintenant qu’Hodan et moi sommes bien plus amis, mes pouvoirs se sont grandement améliorés ! » déclara Katérina, courant vers Sélia, la rage au ventre.

« Hodan … Mais ce n’est pas qui je pense ? »

La jeune femme aux cheveux bleus fit un simple mouvement de la main droite, balayant tout sur son passage avec l’imposante croix qu’elle avait dans la main. Katérina fut obligée de se protéger, étant renvoyée sur le côté, hoquetant de surprise.

« Je n’ai même pas eu besoin d’utiliser mes pouvoirs pour cela. C’est donc ça ta fameuse puissance ? Ridicule … Tellement ridicule. Je te laisse une seconde chance. »

Une seconde chance ? AH ! De qui est-ce qu’elle se moquait hein ? De qui ? Elle n’allait pas se laisser battre par une femme comme elle ! Il en était hors de question ! Elle se releva, une puissante aura noire se formant autour d’elle mais aussitôt, Kéran vint se positionner devant elle, disant d’une voix inquiète :

« Arrête ça ! Ca ne sert à rien de se battre ! C’est Sélia ! Elle n’est même plus humaine ! Elle ne l’est presque plus ! C’en est assez ! »

« Pousse-toi de là, Kéran ! Je suis pas du genre à accepter de me faire marcher sur les pieds par une gamine aux cheveux bleus qui est encore pucelle ! » s’écria Katérina, repoussant violemment Kéran sur le côté, le faisant tomber.

Dès l’instant où Kéran toucha le sol, Sélia avait disparu du champ de vision de Katérina, celle-ci regardant sur tous les côtés sans réussir à la trouver. Où est-ce qu’elle était passée ?! OU DONC ?! Elle n’avait pas pu …

« Katérina ! Au-dessus de toi ! »

Quoi ? Au-dessus d’elle ?! OH BORDEL ! Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Elle était vraiment au-dessus d’elle ?! Qu’est-ce qu’elle avait fait … PUTAIN ! Elle mit ses deux lames en avant pour parer le coup mais c’était déjà trop tard.
Les deux lames se fissurèrent, des ailes apparaissant dans le dos de Katérina avant de la faire esquiver l’attaque de Sélia. Ses lames … Ses deux lames étaient dans un triste état. Encore une parade de la sorte et elles étaient mortes.

« Ah … Ah … Ah … Hodan, merci beaucoup. Mais des ailes ?  Comme ça ? »

« J’y étais obligé. Elle est bien trop dangereuse maintenant. Il faut que je parle … HYATHENA ! C’EST BIEN TOI ?! »

Sélia fixa la jeune femme aux cheveux argentés dans les airs, gardant son sourire aux lèvres alors qu’une aura noire se formait autour d’elle.

« C’est le cas … Je suis en Sélia … grand frère. »

« Est-ce que tu peux m’expliquer ce que tu viens de faire ?! Pourquoi est-ce que tu ne cherches pas à l’arrêter ?! »

« Car nous avons le même but, elle et moi, grand frère. Je sais bien que maintenant … Tu es au courant, n’est-ce pas ? De ce que je … pensais de toi … De mes sentiments envers toi. Si je tues Katérina, tu n’auras alors plus besoin de rester dans son corps. Si je tue Katérina, Sélia sera heureuse avec l’homme qu’elle aime. Nous faisons d’une pierre, deux coups. Voilà tout … D’ailleurs, Sélia, je vais te prêter mes pouvoirs. »

« Bien entendu … Même si je suis capable de voler dans les airs sans ailes, je trouve cela amusant de voir que dans le fond, vos ailes se ressemblent. Hahaha … C’est comique, tu ne trouves pas ? Enfin … pour ma part. »

« Je ne sais pas vraiment … Mais rappelles-toi, on peut juste tuer Katérina, pas mon frère. »

« C’est compris, c’est compris … »

Elle n’allait pas se battre avec elle alors qu’elle lui donnait justement des ailes dans le dos. Hahaha ! C’était assez comique en un sens. Vraiment très comique même. Mais bon … La jeune femme aux cheveux bleus s’envola à son tour, se plaçant en face de Katérina.

« Alors ? Tu fais bien moins la fière maintenant, n’est-ce pas ? As-tu donc compris ce que cela veut dire ? Maintenant … Laisse Kéran tranquille. Une femme comme toi ne le mérite pas. Tu ne mériteras jamais Kéran. »

« La ferme ! Qu’est-ce que tu peux en savoir toi ?! »

« Car j’ai vécu avec lui pendant dix ans. Je sais son genre de femmes. Toi, tu n’es qu’un fantasme à ses yeux, rien d’autre. Le genre de personnes avec qui il aimerait passer une nuit, pas plus. Ce que tu prends pour de l’amour est juste de l’admiration. Il ne t’aimera jamais. »

« LA FERME ! TU N’EN SAIS RIEN ! NE RACONE PAS N’IMPORTE QUOI ! »

Pourtant, elle ne faisait que dire la vérité : SA VERITE. Mais elle savait que c’était exactement ainsi. Kéran ne pouvait pas aimer une femme comme Katérina. C’était impossible. Quelque chose clochait en fait … Et c’était aussi pour ça.

« Qu’est-ce que tu as fait avec Kéran pour le manipuler comme ça ? Tu t’es comporté de façon érotique, comme une garce, n’est-ce pas ? »

« Toi ? Tu m’insultes de garce ? La pucelle ? Alors que tu as jamais vu une queue de ton existence ? Et tu viens me parler ? Tu te fous de moi hein ? »

« Tu peux continuer tes insultes, cela ne changera rien à la réalité que tu ne veux pas admettre. Tu n’es qu’une simple tâche dans la vie de Kéran. Une tâche que je vais effacer. »

Mais elle n’allait pas utiliser ses pouvoirs pour elle. Loin de là … Elle allait la briser pour qu’elle comprenne parfaitement … ce qu’il lui en coûtait de s’en prendre à elle maintenant. Elle ne plaisantait plus … et Katérina non plus visiblement.
Car oui, la jeune femme aux cheveux argentés s’élança vers elle avec ses deux lames, celles-ci baignant dans une aura noire. Une aura … maléfique, n’est-ce pas ? Elle comptait vraiment espérer la tuer ? Elle allait lui montrer ce qu’il en était vraiment maintenant.


Elle tendit tout simplement les deux mains en avant, arrêtant les deux lames de Katérina malgré la puissance qui en ressortaient. Des veines se firent voir sur les bras de Sélia avant que les deux lames ne se brisent subitement, Katérina étant stupéfaite.

« Mais … C’est … Mes … Mes lames … Pendant des années, elles ont … »

« Fini par rouiller ? Peut-être … Mais ce n’est rien, tu vas être dans le même état dans quelques secondes. Tu seras toi aussi brisée en mille morceaux. »

« Mon arme … Je … Ah … Je … »

« Tu es donc obligée de te battre avec une arme pour espérer gagner un combat ? »

« PAS BESOIN ! JE VAIS JUSTE T’ELIMINER DE MES PROPRES MAINS ! »

Mais elle n’attendait que ça. Voilà tout. Elle fit un petit geste de la main pour l’inciter à venir, Katérina poussant un cri rageur avant de jeter le reste de ses armes sur Sélia. Celle-ci resta immobile et de marbre, n’étant guère apeurée par l’attaque de Katérina.

« C’est donc ça que tu me promets ? Tu n’as rien d’autre à donner ? »

QU’ELLE ARRÊTE DE JOUER LA VANTARDE ! QU’EST-CE QU’UNE FEMME COMME ELLE POUVAIT CROIRE ?! HEIN ?! Et elle s’en foutait qu’Hodan lui dise de se calmer ! Elle n’allait pas se calmer à cause d’elle !

« Il faut que je les arrête … Il faut que je les arrête … Il faut que je les arrête. Elyséa ! Cette fois-ci, ce n’est pas de ma faute ! Aide-moi ! »

« Je voudrai bien mais nous ne pouvons rien faire tous les deux. Il faut qu’elles redescendent et je pourrai alors faire quelque chose. »

Mais elles n’allaient pas redescendre ! C’était ça son plus gros problème à l’heure actuelle ! Sélia et Katérina n’allaient pas … AH ! Le corps de Katérina se dirigea vers le sol, le percutant avec violence, soulevant de la poussière qui aveugla Kéran.
Qu’est-ce que … NON ! Katérina ! La jeune femme était enfoncée dans un petit cratère, sous la déferlante de puissance causée par Sélia. Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Qu’est-ce qui s’était passé en haut ?!

« Je n’aurai jamais cru … Je n’aurai jamais cru … que mon frère dirait cela. »

« C’est pour cela que tu as voulu que je l’attaque de toutes « mes » forces ? »

« Mais mais mais … Comment … Je suis censée faire quoi maintenant ? S’il te plaît ! Réponds-moi Sélia ! Réponds-moi ! »

« La même chose que moi … Nous avons donc deux raisons de la tuer, tu ne crois pas ? »

« C’est vrai … Je ne devrai pas me laisser faire de la sorte. Mon grand frère m’aime toujours. Je vais réussir à le convaincre comme toi avec Kéran. »

La femme aux cheveux bleus et aux ailes noires eut un sourire mauvais, partagé avec la Trioxhydre en elle. Il était maintenant temps d’en finir avec Katérina. Si elles arrivaient à la tuer alors Hodan serrait forcé de sortir. Comment … avait-il pu dire ça devant sa sœur ? Etait-ce parce qu’il sentait que Katérina était en danger ?

« Crache le plus gros jet d’acide que tu peux. Je peux la voir disparaître, dissoute ! »

L’amour était vraiment un sentiment mauvais. Elle le savait depuis longtemps … puisqu’elle-même avait été dévorée par la jalousie. Mais bon … Elle hoqueta, étant prise de soubresauts alors qu’elle préparait un crachat immonde et violet en direction de Katérina. Pourtant, au dernier moment, elle détourna la tête, l’acide venant dissoudre la zone juste à côté de Katérina … mais aussi de Kéran.

« Kéran ! Pousses-toi ! Elle a voulu se battre, je ne fais que répondre à son désir ! Elle voulait se battre pour t’obtenir. Elle doit mourir maintenant ! »

« Et tu penses que je vais te laisser faire, Sélia ? NON ! Je ne peux pas rester là sans rien faire ! Je ne te laisserai pas la blesser plus longtemps ! »

« Ké … Kéran … Arrête … s’il te plaît. » murmura faiblement Katérina. « C’est bon … J’ai compris … Ca ne … Ca ne sert plus à rien. »

« Ne raconte pas n’importe quoi ! Je ne vais pas laisser quelqu’un décider à ma place de qui j’aime ou non ! Même si c’est Sélia ! Sélia ! Arrête ta folie ! Arrête tes stupidités ! Tu crois que cela va te mener où hein ? REPONDS MOI ! »

« Non … Tu ne comprends pas, Kéran. Tu ne comprends pas … Cette femme ne peut pas t’aimer réellement. Elle ne le peut pas … Pas du tout. Il faut que tu comprennes cela. Tu ne feras que souffrir en étant avec elle. Je suis venue te délivrer. »

Des idioties ! Voilà ce qu’elle racontait tout simplement ! Ca ne pouvait pas être Sélia ! Pas du tout même ! Pas du tout ! Il avait serré son épée, tremblant de tout son corps alors que Sélia venait atterrir au sol.

« Tu oserais lever ton épée vers moi, Kéran ? Tu irais jusqu’à me blesser ? »

« Si tu touches à un seul cheveu de Katérina, je … je n’hésiterai pas, Sélia ! Je n’hésiterai pas à te blesser alors arrête maintenant ! Tu as commis assez de crimes comme ça ! »

« Ha … Hahaha … Hahahaha ! Kéran … Mon petit Kéran, tu ne comprends donc pas, n’est-ce pas ? Je n’ai plus rien dans ma vie. Si je ne te récupère pas maintenant, à quoi ma vie va-t-elle se résumer ? Je suis possédée, je suis recherchée pour tous les crimes que j’ai commis donc deux parricides … Je n’ai plus rien à part toi, Kéran. Tu ne peux pas me laisser le choix, mon petit Kéran … car je n’en ai jamais eu depuis le début de ce combat. Si tu ne veux pas me suivre, je vais devoir te forcer alors. »

« Kéran … Laisse-moi posséder ton corps. Je devrai pouvoir lui tenir tête. » murmura Elyséa en lui, le jeune homme hurlant aussitôt :

« NON ! Il en est hors de question ! C’est mon combat, Elyséa ! JE DOIS L’ARRËTER PERSONNELLEMENT ! Personne d’autre ne le peut ! »

Soit … Elle comprenait les sentiments du jeune homme mais … Cela n’allait pas être plaisant. Pas du tout même. Loa vint récupérer Katérina pour la mettre à l’abri alors qu’il se préparait.

Chapitre 222 : La coupable

Chapitre 222 : La coupable

« C’est quoi ça ?! NON MAIS … KERAN ! BORDEL ! TU PUES L’ALCOOL ! »

« Laisse-moi tranquille ! JE VEUX PAS TE PARLER A TOI ! »

Il la repoussa avec une certaine violence, la projetant en arrière alors qu’il s’enfonçait dans la tente qu’elle avait montée en attendant que Kéran et Loa ne reviennent. Le jeune homme était revenu … mais dans un état qu’elle ne lui connaissait pas du tout. Lorsqu’elle se retrouva à terre, elle s’était déjà relevée, prête à s’énerver mais Kéran fut déjà dans la tente, s’écroulant dans un coin, les yeux fermés.

« NON MAIS BORDEL ! Tu ne crois pas que je … »

« Hodan, il y a des chances que Sélia soit devenue une dragonne. Alors, tu peux calmer celle que tu possèdes. Kéran est assez choqué. »

Aussitôt, Katérina fut paralysée, que cela soit dans ses paroles ou alors dans la globalité de son corps. Elle tenta de pousser un râle de colère mais rien ne sortit de ses lèvres. Hodan avait tout simplement scellé ses lèvres, reprenant la parole :

« Est-ce que tu peux me répéter ce que tu viens de dire, Elyséa ? »

« Ce que tu as surement ressenti, il y a de cela quelques temps … Maintenant, tout ça a une explications. Kéran est à moitié assommé par l’alcool à cause de cette nouvelle, il peut m’entendre donc. Il en est de même pour Katérina. Il faut juste aller prévenir Loa que … »

« Me prévenir de quoi, Elyséa ? Quand j’ai vu la démarche de Kéran, je suis resté en arrière et discrète mais je ne m’attendais pas à le trouver dans cet état quand même. »

« Il a préféré s’enivrer plutôt que de croire à ce que je lui ai dit, Loa. »

« Et qu’est-ce que tu disais ? J’ai cru entendre parler de Sélia et de dragon … donc je me dis que ça doit être bien plus important que ça. »

Ca … l’était. C’était pas si important … mais plutôt très problématique. Vraiment, très problématique même. Une telle force allait causer des ravages. Mais surtout, elle voyait déjà la colère d’Hodan en Katérina.

« Cette Sélia … Comment as-t-elle osé tuer des dragons ?! Pour quelle raison ?! Normalement, nul ne connait ou presque personne ne connait au sujet de leurs pouvoirs ! Comment est-ce que son corps a pu supporter une telle puissance ?! Sauf si … »

« Hyathéna était avec elle, Hodan. »

HEIN ?! Quoi ?! Hyathéna ? Hyathéna ? Sa petite sœur ? Sa colère se dissipa aussitôt, laissant place à de la perplexité et de la confusion. Qu’est-ce qu’Hyathéna … faisait là-bas ? Avec Sélia ? Il n’y avait quand même pas de chance que …

« Est-ce que Sélia est possédée par Hyathéna, Elyséa ? »

« Il y a des chances que ça soit le cas. »

… … … Comment sa petite sœur pouvait faire ça ? Pourquoi faire ça ? Il fallait chercher quelque chose de logique à cette histoire, ce n’était pas normal, loin de là. Elle ne ferait normalement jamais une telle chose, voilà tout. Mais … Il n’avait aucune explication malheureusement. Aucune explication raisonnable.

« Qu’est-ce que tu comptes faire, Hodan ? » demanda calmement la voix en Kéran.

« Je ne sais pas. Je vais y réfléchir. Les dragons que j’ai senti disparaître ne pouvaient pas prévenir de la montagne des dragons. Nul ne peut y accéder ou presque désormais … Avec ce froid permanent qui s’y trouve, encore plus fort que lors de nos batailles … »

« Il y a des chances qu’Hyathéna fasse cela pour reprendre le contrôle de la montagne des dragons mais avant … Il faudrait que je te raconte comment nous avons su cela. »

« Oui, cela m’étonne que vous soyez au courant de telles choses. Qu’est-ce qui s’est passé en ville ? Tu sembles néanmoins … heureuse dans ta voix. »

« Et pour cause : Teravalkor a été tué. Il possédait le chef de la Sainte Alliance depuis le début. Maintenant qu’on est débarrassé une bonne fois pour toutes de lui, peut-être que tout sera à nouveau possible. Néanmoins, nous n’avons jamais eu la confirmation de sa destruction … si tu veux tout savoir. Mais il n’a pas réagi pendant des siècles, il y a donc des chances qu’il soit aussi disparu à tout jamais. Loa … Katérina, nous parlons de ce liquide vert qui possédait les dragons si vous voulez tout savoir. Hodan, je te laisse parler avec Katérina et Loa. Pour ma part, je vais éviter que Kéran se suicide dans ses rêves. Il en serait capable. Hmm … Je déteste cela. Les rêves alcoolisés sont vraiment perturbants. »

Puis plus aucun mot de la part d’Elyséa. Celle-ci s’était tue alors que Katérina pestait intérieurement bien qu’Hodan la calmait par la pensée. C’était compliqué, vraiment très compliqué. Est-ce qu’Hyathéna avait permis à Sélia de se rapprocher des dragons en dévorant des faux dragons ? Mais … Est-ce qu’Hyathéna savait que ce n’était que la première partie ?

Lorsque le corps de Sélia commençait à se modifier, cela lui permettrait alors de modeler son corps de la façon qu’elle désirait … mais aussi de consommer des pokémons autres que les dragons. Il ne fallait pas en arriver là … car les changements seraient alors désastreux. Surtout si elle commençait à s’en prendre aux pokémons de métal. Qu’est-ce que cela deviendrait alors ? Quelle engeance la jeune femme deviendrait-elle ?

« Qu’elle crève, j’en ai strictement rien à foutre. Et l’autre qui pue de la gueule, ça m’énerve. » déclara Katérina, énervée par le fait de ne pas avoir pu parler.

« C’était nécessaire … car très important, Katérina. Je crois que malgré tout ce qu’il fut dit, aller à la montagne des dragons risque de s’avérer nécessaire. »

Rien à faire ! Elle en avait rien à faire de tout ça ! Rien du tout ! Et pour ce soir, elle allait dormir hors de la tente. Tsss … Elle ne comprenait pas … pourquoi elle n’arrivait plus à autant apprécier Kéran. Pourtant, au départ … Tout semblait aller si bien. Pff !

Dans les rêves de Kéran, Elyséa bataillait dur pour savoir ce qui était réel et ce qui ne l’était pas. Voilà ce que donnaient les rêves d’une personne qui avait bu de l’alcool. Aucune consistance terrestre, des lumières dans tous les sens, des clones de différents objets ou personnes … Il y avait tellement de choses.

« Mais ce n’est pas uniquement ça. »

Elle devait le trouver ! Ca ne devrait normalement pas être trop difficile ! Il suffisait d’entendre les hoquets ! Oui … Kéran ne supportait pas vraiment l’alcool et s’il était arrivé jusqu’à Katérina, c’était bien grâce à elle.

« Oh … Jolie … demoiselle … Vous êtes vraiment belle. »

Une voix sur le côté et elle voyait le visage rougi de Kéran. Celui-ci s’avançait vers elle, atterrissant dans ses bras avant de la regarder de plus près. Il toucha ses cheveux blancs avec ses doigts, murmurant lentement :

« Vous êtes tellement belle … mademoiselle … Vous êtes mariée ? Vous avez un fiancé ? Ou ses lèvres sont-elles libres et disponibles ? Ces belles lèvres qui donnent tellement envie qu’on les embrasse. »

« Je n’embrasse pas les ivrognes, Kéran. Je vais te faire décuver, tu verras. Si tu veux m’embrasser, fais-le quand tu seras en pleine possession de tes moyens, pas avant. »

« D’accord, Elyséa. D’accord. » marmonna le jeune homme, ronflant quelques secondes plus tard dans les bras d’Elyséa.

Même dans ses rêves, il ne supportait pas l’alcool. C’était vraiment pitoyable mais … Cela ne la dérangeait pas. Il valait mieux un homme qui s’endormait à cause de l’alcool qu’un homme qui devenait violent à cause de celui-ci. Oui … Elle appréciait bien plus Kéran comme ça. Elle vint doucement l’embrasser sur les deux joues et le front avant de le serrer contre elle. Qu’il aille dormir dans ses bras.

Et même plus encore … Lorsque le jeune homme se réveilla, une forte migraine au crâne, ce fut pour se retrouver celle-ci entre deux sphères de chair moelleuses et douces. Deux sphères cachées dans un marcel blanc. Elyséa ? Elle dormait ? Mais mais mais … Dans la tente ? Et si … Katé… AH ! Qu’est-ce que ça veut … AH !

« J’ai si mal au crâne … Aie, aie, aie … Tellement mal … »

« Alors … Continue donc de dormir, Katérina n’est pas là. »

« Hein ? Tu es réveillée ? Elyséa … Tu … es encore sortie. »

C’était le cas. Et elle ne dormait pas. Elle veillait sur lui. N’était-ce pas ce qu’elle lui promettait habituellement ? Elle gardait son visage neutre bien qu’un léger sourire se dessinait … comme d’habitude maintenant. Il vint rester contre elle, au moins jusqu’à ce que la migraine disparaisse. Après, il verrait … Ah … En fait, peut-être même un peu plus longtemps que prévu, c’était bien ça. C’était pas une mauvaise idée.

Une vingtaine de minutes plus tard, il rouvrit les yeux pour avoir ceux d’Elyséa en face. Ils se regardèrent pendant quelques secondes, jusqu’à ce qu’Elyséa lui donne une fine claque sur le dos du crâne, disant d’une voix tendre :

« Debout maintenant. Et ne pense plus à tout cela. Je disparais. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle se transforma en cette fumée noire qui revint en Kéran, celui-ci mettant une main sur sa bouche. Ca allait … tellement mieux maintenant. C’était vraiment étrange quand même. Il suffisait juste de passer du temps avec elle pour que tout aille mieux.

Pfiou … Lorsqu’il sortit de la tente, il remarquait que Loa était déjà debout, un sourire aux lèvres. Il comprenait qu’elle avait jeté un œil dans la tente … Mais si Katé… Ah non. Katérina dormait contre un arbre et il semblait qu’elle aussi fut bien recouverte durant la nuit. Il y avait comme une sorte de veste grise sur son corps pour la recouvrir par rapport au froid. Il l’avait déjà vue quelque part. C’était celle d’Hodan, n’est-ce pas ? Il ne pouvait pas en vouloir à l’homme aux cheveux blonds. C’était normal de s’occuper de cela.

Bon … Il allait éviter d’attendre qu’elle se réveille pour qu’elle lui crie dessus. Mais étrangement, ce ne fut pas le cas. Elle regarda juste la veste qui se dissipa à son réveil, s’étirant longuement avant de se lever. Elle se gratta le dos, saluant Kéran et Loa comme si de rien n’était. Bon et bien … Il avait de la chance ? Enfin, pouvait-il réellement dire qu’il avait de la chance ? Ce n’était pas forcément ça. Enfin, ce n’était pas forcément un bon coûté de la chose hein ? Pfff … Vraiment … Quand même. Il aurait presque entendu rire Elyséa mais si le sourire de cette dernière était rare, son rire était … inconnu.

« Je rigole encore moins facilement que tu ne le crois, Kéran. »

« Je m’en doute, Elyséa. Mais si ton rire est aussi parfait que ton sourire est pur, je pense que l’entendre doit être comme entendre le chant des anges. »

« … … … Je ne me rappelle pas que tu aies lu cela dans un livre. »

« Je l’ai inventé sur le moment. Est-ce que tu aimes ? » demanda-t-il avec appréhension, la voix d’Elyséa lui chuchotant tendrement :

« Bien entendu. Quelle femme n’accepterait pas un tel compliment ? »

« Oh tu sais … Je suis sûr que si je disais ça à Katérina, elle irait tout de suite me hurler dessus car je la prendrai pour une imbécile et que je ne le pense pas. »

« Moi, je sais que tu le penses au plus profond de ton cœur, Kéran, c’est le plus important. C’est pour ça que je te remercie, non ? »

« Hahaha … Oui … C’est vrai … Heureusement que tu es là. »

Sans elle, ses journées seraient bien mornes. Très mornes même. Mais bon … Maintenant, il était temps de se remettre en route ! Ils avaient beaucoup de chemin à faire ! Pour aller où ? Il ne savait pas … Pas du tout même. Mais si cela faisait plusieurs jours … que ce qu’Elyséa avait fait, il pouvait essayer de l’arrêter.

« Tu n’en auras pas besoin, Kéran. Elle est là. »

Hein ? Quoi ? Sélia était là ? Où … Où ça ? Il … AH ! Il s’immobilisa, se statufiant alors qu’elle avait entièrement raison. Mais … La femme qui se tenait en face de lui semblait totalement différente. Comme une autre personne. Pourtant, dans son cœur, il savait que c’était Sélia. Il en était convaincu. Ses yeux rubis qui le regardaient avec ardeur et tendresse, ses longs cheveux bleus qui lui allaient jusqu’aux fesses … et ce sourire aux lèvres.

Mais il y avait quelque chose d’effrayant avec elle. Peut-être le fait que sa tenue était faite de métal … entièrement de métal ? Elle portait une armure de métal qui laissait néanmoins le haut de son corps à l’air libre ainsi qu’un léger décolleté sur une poitrine qu’il pensait plus grosse qu’auparavant. L’armure de métal était jointe à une jupe dans le même genre bien qu’elle était plissée. Au niveau des hanches, une lourde ceinture était attachée. Une ceinture autour de laquelle se trouvait une magnifique cape rouge aux pointes dorées. Il avait aussi l’impression que cette robe … était faite de métal. Et ces bottes ! Des bottes dorées qui lui allaient jusqu’en haut des cuisses. Le plus impressionnant n’était peut-être pas cela … Pas du tout même … C’était ce qu’elle tenait d’une main gantée de métal. Elle tenait à une main une lourde croix, comme celles que l’on peut mettre au sommet de certains bâtiments, soit pour décorer, soit pour honorer. Une croix qui devait faire un poids horrible et pourtant, qu’elle tenait à une main avec une telle facilité.

« Kéran … Te voilà donc. Je savais que mon cœur m’emmènerait jusqu’à toi, qu’importe la distance qui nous sépare, qu’importe les kilomètres qui se trouvent entre nous. »

« Sélia … Est-ce que c’est bien toi … qui a tué Elian ? »

« C’est le cas, Kéran. C’est le cas. »

« Est-ce que … Tu es possédée par Hyathéna ? » demanda-t-il une nouvelle fois, légèrement effrayé par la jeune femme aux cheveux bleus.

« Elle ne répondra pas … mais c’est le cas, Kéran. »

« Est-ce que … Est-ce que … Tu possèdes des pouvoirs liés aux dra … dragons ? » bafouilla le jeune homme, pris de tremblements.

« A l’heure actuelle, je possède les pouvoirs d’un Arbok, d’un Leviator et d’un Jungko. Oh… Et aussi de mon Archeodong. Je ne pensais pas pouvoir manger du métal … mais il s’avère que j’ai pu aussi dévorer mon pokémon. »

« Dé … Dévorer ton pokémon ? »

« Je l’ignorai depuis des semaines. Lorsque j’eus terminé avec Elian, je l’ai vu revenir vers moi, pensant qu’il était mort … et j’ai voulu goûté … Tu as maintenant le résultat, Kéran. Ce que tu vois sur mon corps est issu des pouvoirs de mon Archeodong. »

Qu’est-ce qu’elle … Qu’est-ce qu’elle était devenue ? Il la regardait avec effarement, les larmes aux yeux. Ce qu’elle disait avec une telle nonchalance. Sélia … était devenue quoi ? Une puissante aura noire se fit sentir derrière lui, Katérina sortant déjà ses lames.

Chapitre 221 : Une sombre nouvelle

Chapitre 221 : Une sombre nouvelle

« Ah … Vraiment … Katérina, tu ne veux pas retourner en ville ? »

« Pas vraiment non. Mais tu peux y aller avec Loa, moi, je préfère rester ici. »

« Je pensais que tu avais bien apprécié la dernière fois, tu es sûre ? »

« Ouais ouais … Surement dans un monde parallèle. »

Il n’aimait pas vraiment ce genre de répliques cinglantes. Il n’avait rien fait pour mériter un tel langage de la part de la jeune femme. Bon ben … Qu’elle aille au diable alors. Il fit un geste de la main avant de partir en ville, rentrant dans celle-ci, accompagné de Loa. Elle avait tout de suite remarqué que ça ne semblait pas aller si bien entre eux :

« Quand même … Vous devriez essayer de faire la paix tous les deux non ? »

« Je vais finir par croire … qu’elle ne m’aime plus. Je fais tout ce qu’il faut pour elle mais je n’y arrive pas. Pas du tout même … J’ai l’impression que je fais que fauté à cause d’elle. »

« Tu exagères un peu quand même non en parlant de la sorte ? »

« Est-ce que j’ai l’air vraiment d’exagérer ? Sincèrement … »

« Je ne pense pas que ça soit exactement ainsi. Du moins, pas de quoi se préoccuper de la sorte personnellement. » murmura doucement Loa alors qu’il haussait les épaules.
Il se faisait surement des idées, c’est ça. Il devait peut-être … se calmer ? Se laisser un peu plus faire ? Non. Si Elyséa lui avait bien montré à quel point il était pathétique quand il agissait de la sorte. Si cela dérangeait Katérina, alors, qu’ils ne se parlent plus tous les deux. Il ne faisait qu’être gentil et agréable, comme d’habitude.

« Kéran, tu n’es pas en faute, elle se montre agressive ces derniers jours. »

« Elyséa … Est-ce que tu crois que c’est un … problème de femme ? »

« Ne compte pas sur moi pour lui poser la question, je tiens à te prévenir tout de suite, Kéran. Je ne suis pas d’humeur à plaisanter à ce sujet. »

« Hein ? Mais je ne plaisantais pas du tout ! »

Pfff ! Tout allait de travers aujourd’hui ! Qu’est-ce qui pouvait lui arriver de pire maintenant hein ? QUOI DONC ? Vraiment ! Il en avait assez ! C’était n’importe quoi ce qui se passait autour de lui ! Que les femmes se débrouillent seules !

Les mains dans les poches, la mine ronchon, il continua de suivre sans Loa sans chercher à converser. Ils allaient faire les courses tous les deux et puis, c’était tout et rien d’autre, voilà ! Rien d’autre ! C’était tout ! Et il ne voulait pas écouter ce qu’Elyséa tentait de lui dire ! Il boudait comme un enfant puisque c’était ainsi que Katérina se comportait et ça ne dérangeait personne. Voilà tout ! C’était aussi simple …

« Dites … Vous avez entendu ? La Sainte Alliance a été détruite il y a quelques jours. »

Il s’arrêta en écoutant les paroles. La Sainte Alliance ? Détruite ? Comment est-ce que … Sélia ? Est-ce qu’elle allait bien ? C’était vraiment une sale journée ! Il s’approcha des personnes qui discutaient entre elles, demandant :

« Au sujet de la Sainte Alliance … Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? »

« Oh moi, j’ai pas les détails hein … Mais il paraitrait que le chef Elian est mort, coupé en deux ! Et à côté de lui, il y avait un Tyranocif … C’est comme ça que les gens appelaient le pokémon qui se trouvait à côté. Paraitrait qu’il était possédé par lui. »

« Teravalkor. » murmura doucement la voix d’Elyséa en lui. Teravalkor ? Il avait déjà entendu ce nom quelque part non ? Quand elle racontait son passé. « C’est bien ça … Kéran … Mais j’ai un mauvais pressentiment. »

« Comment est-ce possible ? Qui a fait ça ? Il y a des noms ? »

« J’en sais rien moi ! Et en quoi ça vous concerne tous les deux ?! Il paraitrait juste qu’il y avait deux femmes à moitié humaines ! L’une avait des ailes dans le dos ! L’autre ressemblait à une femme avec un demi-corps d’Arbok ! »

« Par… Pardon … Je ne voulais pas vous brusquer … »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Ca ne correspondait pas à la description de Sélia ou alors, elle avait drôlement changé depuis le temps. Mais c’était quand même étonnant. Comment est-ce qu’Elian avait pu être tué ?

« Elyséa ? Est-ce que tu crois qu’il est possible que ces femmes-pokémons soient comme toi ? Enfin … Des spectres ou créatures ténébreuses capables de prendre une forme humaine. »

« Il a été dit que c’était une femme avec un corps d’Arbok. Les Arbok ne sont pas des créatures ténébreuses donc non … Ce n’est pas ça. »

C’était autre chose. Même si les Arboks n’étaient pas des créatures … de ce genre, ils étaient différents. Enfin, bien que cela fût inconnu de la majorité, les Arboks étaient … NON ! C’était donc ça ! C’était ça ! C’était … donc ça …

« Elyséa ? Tu as appris quelque chose ? Tu sais quelque chose ? Il faut me le dire ! »

« Rien de concret malheureusement, je ne préfère rien dire tant que je ne suis pas sûre. »

« Ah … Euh … D’accord. Loa ? » demanda-t-il maintenant à voix haute en prononçant le nom de la jeune femme aux cheveux violets gris maintenant. C’est vrai. Il fit un petit sourire triste. Elle n’avait … pas totalement de chance.

« Hmmm ? Que se passe-t-il, Kéran ? Tu en tires une tête. Ce n’est quand même pas à cause de mes paroles par rapport à Katérina hein ? Je pense que tu trouveras la meilleure solution possible. Alors, ne fais pas cette mine triste, d’accord ? »

« D’accord … Enfin, ce n’était pas totalement à cause de ça si tu veux tout savoir. Enfin bon … Ce n’est pas grave. Pas du tout … On devrait continuer à faire quelques courses. »

« Tu me sembles un peu troublé. Tu préfères que je te laisse seul avec Elyséa ? Ca sera mieux … Pendant ce temps, Harno et moi, nous allons de notre côté. »

« Comme vous le désirez, je vous laisse faire. »

Ce n’était pas vraiment ça … Enfin, il n’arrivait pas totalement à expliquer le problème. C’ETAIT TROP COMPLIQUE ! VOILA TOUT ! C’était trop compliqué pour lui toutes ces stupidités ! Il en avait déjà assez ! Et puis, depuis le jour où il avait dormi avec Elyséa, il était complètement troublé !

Elyséa … Et puis, il n’y avait pas que ça ! Il y avait aussi la douche ! Malgré ce qu’elle avait proposé, il n’avait pas été plus loin que ça ! Enfin, pas d’autres douches ! Voilà le problème ! Il était perdu à cause d’Elyséa ! Et il n’avait pas la tête à se concentrer sur tout ça !

« Kéran, tu es troublé … mais je ne peux pas lire dans tes pensées. »

« Où est Loa ? Ah ! Elle est déjà partie ? »

« Elle l’est déjà … Kéran … Tu devrais réagir plus rapidement. »

« Pardon, pardon … J’ai un peu la tête à l’envers. »

Et c’était justement ça qu’elle remarquait et qu’elle voulait tenter de résoudre. Pourquoi est-ce qu’il était perdu dans ses songes ? Pourquoi ? C’est ça qu’elle désirait savoir. Mais il ne lui laisserait pas cette possibilité, elle le savait bien. Le jeune homme voulait garder quelques parties assez secrètes dans ses pensées et c’était vraiment dommage.

« Kéran, nous ne nous faisons pas confiance ? »

« C’est vraiment personnel … Elyséa … Voilà tout. »

« Tu sembles plutôt bouder et m’en vouloir car je n’ai pas voulu t’aider pour Katérina, n’est-ce pas ? C’est bien cela ? Avoue-le donc, je ne t’en voudrai pas. »

« Oh tais-toi un peu, Elyséa. Je … AH ! » poussa-t-il subitement comme cri, des personnes se retournant pour voir ce qui se passait.

« Ne me parle pas comme cela, Kéran. Je suis très gentille et douce comme femme … Enfin, je tente de l’être pour toi. Mais si tu me réponds de la sorte, cela ne va pas aller, tu ne crois pas, Kéran ? Je ne te forcerai pas … mais ne sois pas méchant envers moi. »

« Je … Bon … C’est d’accord. Je ne dirai plus ça … Enfin, je ne le penserai plus. »

« Et tu ne veux pas me dire ce que c’est alors ? » souffla-t-elle avec une grande tendresse.

« Tu espérais simplement ça hein ? Mais non. »

Il ne tomberait pas dans un piège aussi grossier ! Même si tomber dans les bras d’Elyséa avait quelque chose de plutôt charmant. Mais … Il devait éviter de penser plus longtemps à ce qui le tourmentait. Il n’avait aucune preuve.
Et puis, en même temps, Elyséa aussi ne lui disait pas ce qui la tracassait. Comme ça, dans les deux cas, ils étaient dans le même pétrin. Voilà tout ! Et il n’y avait pas de possibilité de revenir en arrière ! AH ! Voilà tout ! Il s’en fichait de se comporter comme un enfant !

« Kéran … Je ne voulais pas … te perturber mais je sais qui sont les responsables de la mort d’Elian. Et je … pensais donc … »

« Sélia, n’est-ce pas ? Enfin … Je pensais pareil mais je n’arrive pas à y croire. Enfin, elle n’a fait aucun autre mort à part celui-ci. »

« Kéran … Est-ce que tu peux trouver un coin tranquille ? »

Comme un café ? Enfin, une table de café ? Pourquoi pas ? Mais si elle voulait qu’il s’installe, c’est qu’il valait mieux qu’il soit assis que debout ? Car il risquait de tomber à la renverse ? Peut-être qu’elle allait lui donner quelques explications sur le corps … de Sélia. Enfin, l’une des deux femmes qui avait tué Elian.

« C’est exactement ça … Kéran … Je pense qu’il vaut mieux que tu restes assis pour entendre ce que j’ai à te dire, voilà tout. »

Il avait un peu peur maintenant, il était un peu anxieux. En fait pas un peu mais énormément … S’installant à une table, il commanda un petit verre de vin. Il n’était pas du genre à boire de l’alcool mais il sentait qu’il allait en avoir besoin.

« Tu peux parler … s’il te plaît. Qu’est-ce qui se passe alors avec elle ? »

« Kéran … Je sais parfaitement que dans le fond, tu tiens énormément à Sélia. »

« Je ne peux pas oublier celle qui m’a élevé pendant des années, Elyséa, oui. Sélia reste la grande sœur qui m’a éduqué pendant tout ce temps. Elle est terriblement importante pour moi … même si ce qu’elle a fait ou ce qu’elle devient … doit la rendre différente. »

« Kéran … Sélia est en train de devenir une dragonne. » dit-elle alors qu’il avalait déjà deux gorgées de son vin, la troisième terminant sa route sur la table, le faisant toussoter violemment. Il … Il … Il venait de mal entendre hein ?

« Je … Enfin … Tu peux répéter ? » dit-il dans ses pensées. « Désolé, j’ai bu trop vite. Non, non, pas besoin de le remplir. Donnez-moi juste de quoi nettoyer la table, je suis désolé. » répondit le jeune homme à la serveuse.

« Sélia est en train de devenir une dragonne. Je ne pensais pas cela réalisable … Mais il semblerait pourtant que son corps puisse supporter la puissance des dragons. Jamais je n’aurai cru cela possible un jour mais … il semblerait que ça soit le cas. »

« Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? C’était … C’était elle la femme Arbok ? »

« Il y a de fortes chances que ça soit elle. »

Mais comment … est-ce humainement possible ? Il n’arrivait pas à le croire. Pas du tout même … Il termina son verre, posant sa tête contre la table. Qu’est-ce que Sélia était devenue ? Hein ? Qu’est-ce qu’elle était devenue ?

« Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle a fait ça, Elyséa ? Je … Je veux savoir. »

« Je ne peux pas répondre à sa place … Mais surement pour toi. Elle n’était pas encore assez forte auparavant … mais elle veut vraiment te récupérer. Elle t’aime tellement, Kéran. Elle est prête à tout pour cela. »

Prête à tout ? Même à détruire son corps ? C’EST CA ?! Il n’acceptait pas ça ! Il n’acceptait pas un tel sacrifice de la part d’Elyséa ! Pas du tout ! Surtout avec tout ce qu’elle avait commis comme crimes ! Pas du tout même !

« Kéran. Il faut que tu y penses maintenant : que feras-tu si elle se présente à toi. »

Qu’est-ce qu’il allait faire ? Qu’est-ce qu’il allait faire ? C’était … C’était quoi cette question ? C’était quoi cette question stupide ? C’ETAIT QUOI CETTE QUESTION STUPIDE ?! Il allait tout simplement … Il allait tout simplement … lui parler, n’est-ce pas ? C’était uniquement ça ? C’était la meilleure chose à faire, non ?

« Kéran, s’il te plaît … Ne te voile pas la face. Ne te la voile plus … »

« Je peux pas … C’est vraiment Sélia. »

C’est juste elle et personne d’autre. Il ne voulait pas. Pas du tout même … Il commanda un autre verre de vin. Sélia … C’était dix années de sa vie … C’était tellement de bon souvenirs avec elle. Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas.

« Je ne peux pas les renier … Pas du tout. »

Elyséa était maintenant complètement muette alors qu’un second verre arrivait. Il ne voulait pas mais Elyséa ne lui mentirait pas. Une dragonne ? Une dragonne ? Elle ? Il n’en avait jamais vu de son existence. Sauf peut-être Hodan mais pas sous forme de pokémon.

« Aller … Buvons …. Buvons … Buvons … »

Il avala d’une traite le second verre de vin, toussotant quelques secondes après. C’était tout ce qu’il voulait. Il en avait assez. Avec lenteur, il termina de payer sa consommation avant de se lever. Il s’éloigna de la table, les bras pendant vers le sol.

« Kéran …. Sache seulement que je souffre autant que toi. »

« … Bah … Qu’est-ce que ça changerait ? »

Qu’est-ce que cela changerait ? Il ne voyait pas qu’elle venait de le détruire sans le désirer réellement ? Qu’elle n’avait jamais voulu cela ? Elle … allait veiller sur lui cette nuit.

Chapitre 220 : Partir à sa rencontre

Chapitre 220 : Partir à sa rencontre

« Que faisons-nous, Sélia ? »

« Allons-nous en. Mais d’abord, il faut que je fasse une chose. »

Ah ? Et qu’est-ce qu’elle comptait faire ? Les deux femmes se regardèrent mais Sélia se dirigea vers le corps déchiqueté d’Elian, fouillant dans ses poches avant d’en extirper une bourse d’argent. Elle s’en doutait. Un tel homme devait quand même avoir de la monnaie sur lui. Sélia se retourna vers Hyathéna.

« On va aller s’acheter quelques habits. Surtout toi … Cette tenue … Tu fais ne serait-ce qu’un mouvement, tu as la poitrine à l’air. »

« Et je suis censée dire quoi par rapport à la tienne ? » rétorqua la jeune femme.

« Hmmm ? Pas de ma faute, j’ai une excuse par rapport à ce Tyranocif. Désolée pour toi. »

Blablabla ! Enfin bon … Faire les achats dans ces tenues … C’était quand même spécial. Mais elle comprenait parfaitement qu’elle ne pouvait pas se trimballer sous cette forme tout le temps. Les deux femmes quittèrent les décombres de la Sainte Alliance, passant à côté des citoyens qui s’éloignaient, effrayés.
Quelques minutes plus tard, Hyathéna avait le droit à un soutien-gorge noire qui cachait sa poitrine découverte si elle ne faisait qu’un mouvement, déclarant qu’elle préférait garder le reste de sa tenue néanmoins comme d’habitude. Pour Sélia ? Elle avait juste opté pour un pantalon de toile bleu couplé à un haut de même couleur. Elle avait donné la moitié de la bourse. Cela attendrait plus tard pour voir ce qu’il fallait d’autre.
Elle n’avait même plus son épée et bien entendu, elle avait repris une forme humaine … Les deux femmes quittèrent la ville, marchant pendant plusieurs minutes jusqu’à ce qu’Hyathéna s’arrête, déclarant d’une voix lente et calme :

« Et maintenant ? Que devons-nous faire ? Tu ne risques plus de pouvoir rentrer dans une ville maintenant, est-ce que tu t’en rends compte ? »

« Hmmm ? Oui et ? C’est censé être dérangeant ? Je ne vois pas où personnellement. » déclara Sélia en haussant les épaules. « Je sais parfaitement ce que je veux faire, c’est-à-dire me rendre jusqu’à Kéran. Je sais où je peux le trouver … Je le sens … Hahaha … Je ne sais pas comment c’est possible mais … »

« Peut-être l’une des facultés des dragons que tu as dévorés. Enfin, cela m’étonnerait. »

« Peut-être les liens du cœur ? HAHAHA ! Surement ! Oui ! C’est surement ça ! Les liens du cœur ! Ce sont les plus forts existants ! J’en suis certaine ! »

Les liens du cœur ? Peut-être que cela lui permettrait de retrouver Hodan ? Maintenant que Teravalkor était mort, elle n’avait plus qu’un seul objectif. Un objectif très dur … vraiment très difficile mais peut-être qu’avec Sélia, c’était possible ? Elle ne savait pas … mais elle espérait tellement. C’était peut-être réalisable dans le fond.

« Hahaha … Vraiment … Je vais retrouver Kéran … Oui … »

« Et ensuite ? Est-ce que tu comptes utiliser la force pour le ramener jusqu’à toi ? »

« Si cela s’avère nécessaire, je le ferai … hahaha … Je le ferai, oui. »

« Et tu penses alors qu’il va t’aimer ainsi ? En utilisant la force contre lui ? Tu sais parfaitement que ce n’est pas comme cela que tu veux que ça se passe. »

« JE M’EN CONTREFOUS ! Elle s’est foutue de moi depuis tout ce temps ! Elle me l’a retiré ! Elle l’a manipulé ! Je le sais parfaitement ! »

Ca ne servait à rien de discuter. Hyathéna poussa un profond soupir, commençant à disparaître peu à peu pour reprendre la consistance d’une fumée noire. Avec lenteur, elle s’infiltra en la jeune femme, disant d’une voix triste :

« Ca ne sert à rien de forcer les gens … Ca n’emmène à rien de bon, Sélia. »

« Alors vas dire cela à Katérina, cette femme qui m’a retiré l’homme que j’aimais. Et tu parles de ne pas forcer les gens mais imagine si tu avais été un peu plus agressive par rapport à Hodan hein ? Qu’est-ce qui se serait passé selon toi ? »

Elle ne savait pas … Pas du tout même. Elle n’y avait pas réfléchit plus que cela mais elle pouvait quand même se l’imaginer. Peut-être qu’Hodan aurait alors compris ses sentiments ? Et si maintenant … Hodan était auprès … Non … C’était ça en fait. Elle le savait parfaitement … Elle savait ce qui se passait avec Hodan et Elyséa.

« Tu sais, si tu peux lire dans mes pensées, je peux faire de même avec toi. Cette Elyséa est en Kéran, c’est ça ? Comment on peut s’en débarrasser ? Et puis, elle est là depuis combien de temps ? Cela fait dix ans ? Si je me rapporte à ce que tu m’as dit … »

« Cela fait dix ans lors de notre ultime affrontement où nous avons tous été sérieusement blessés. Donc … Si elle s’est réfugiée, cela est en Kéran depuis dix ans. Je ne pense pas qu’elle aurait pu survivre sans rentrer dans un corps depuis tout ce temps. Mais tu étais avec Kéran depuis autant de temps non ? »

« Et je n’ai rien remarqué … Pourquoi est-ce qu’elle n’a pas agi comme cette Katérina ? »

« Je ne sais pas … D’après ce que je connaissais de cette Elyséa … Enfin d’Elyséa lorsqu’elle était sous sa forme de Darkrai, elle était toujours distante et à travailler en solitaire. Elle n’aimait pas se mêler aux autres. Je crois qu’elle était comme ça de son vivant. Alors posséder une personne ne devait surement pas l’intéresser mais elle a quand même décidé de le faire. »

« Elle … en avait rien à faire de posséder Kéran ? Elle n’a jamais agi à la base pour le posséder ? Elle ne voulait pas le manipuler ? »

« C’est ce que je pense … Enfin, ce que je crois. » murmura la voix en Sélia, Hyathéna semblant réfléchir autant qu’elle à la situation. En ce qui concernait cette Katérina, il était simple de la comprendre mais quant à la Darkrai, c’était bien autre chose.

Et par rapport à cette histoire avec ce Tyranocif ? Elle ne connaissait vraiment qu’une partie très brève du passé d’Hyathéna. Elle ne connaissait pas tellement l’époque où elle vivait. Elle n’avait pas besoin de plus d’explications ?

« Tu pourrais m’en parler quand même un peu plus non ? Tu ne crois pas ? »

« Que voudrais-tu que je te dise à ce sujet ? Tu sais déjà tout … Enfin ce qui important. »

« Arrêtes tes idioties. Sans toi, je n’aurai jamais réussi là où j’en suis actuellement. Donc je pense que j’ai le droit de savoir un peu plus à ton sujet. »

« Comme tu le désires … Trouvons un endroit tranquille et je vais tout te raconter de mon point de vue et celui d’Hodan puisque nous avons vécus ensemble. »

Comme elle le voulait. Elle allait tout lui dire, c’était la meilleure chose à faire. Les deux femmes se faisaient confiance mutuellement maintenant. Alors autant continuer sur cette voix, ça serait mieux pour chacune.

Les minutes s’écoulèrent et Sélia se retrouva assise contre un arbre, regardant la tenue qu’elle portait. Hmm … Elle devait trouver le moyen de prendre cette forme hybride sans déchirer ses vêtements. En serait-elle capable ? Elle n’en était pas si sûre que cela.

« Tout est une question de concentration. Comme tu es possédée et que tu as des pouvoirs liés aux dragons, il n’y a rien d’étonnant … enfin, je devrai dire ça mais c’est étonnant à ce que ton corps puisse se modifier. »

« Cela m’a étonné sur le moment mais j’y ai pensé … quand j’ai vu ce qui allait m’arriver. »

« Tu as juste pensé à cela ? Et tu l’as donc fait ? »

« C’est aussi simple que ça … Je pense très rapidement, c’est utile lorsque l’on doit se battre. Généralement, je ne laisse pas mes pensées m’obstruer mes réflexions mais cela m’est utile. Il faut juste se débarrasser du superflu. Ça permet alors de mieux combattre … quand on ne pense pas à autrui. Pour mettre en place une stratégie, c’est nécessaire. »

« Je n’avais jamais imaginé que c’était aussi compliqué. »

« Je me bats depuis que je suis enfant … Et surtout seule depuis que je suis adolescente, c’est nécessaire si je voulais survivre. »

« Tu as donc réussi à battre des spectres et créatures ténébreuses grâce à ça ? »

« Et aux pokémons que je possédais … D’ailleurs, il m’est inutile. Je n’y pensais même plus. Heureusement qu’il est fait de métal et qu’il n’a pas besoin de manger. Oh … C’est vrai que je ne possède plus la noigrume. Je ne sais même pas où elle est passée. »

Peut-être qu’elle avait disparu lors de l’attaque du Tyranocif ? Maintenant, elle n’avait guère plus le temps de penser à son pokémon. Enfin, où qu’il était, ce n’était pas bien grave.

Mais ce n’était pas à elle de parler, c’était à Hyathéna. Son propre passé pouvait bien attendre. Qu’Hyathéna s’intéresse à ses pensées était assez étrange. Pourquoi avait-elle de l’intérêt à ce sujet ? Ca n’avait rien de spécial.

« Je me disais juste que tu ressemblais beaucoup à Elyséa. Tu serais un merveilleux stratège. A notre époque, si Elyséa et toi, vous vous seriez entraidées, cela aurait été problématique pour les dragons, vraiment très problématiques. »

« Arrête donc les compliments et commence à raconter. »

Ca n’avait rien de spécial à ses yeux, qu’importe ce qu’Hyathéna pensait. La jeune femme aux cheveux bleus caressa ses derniers pendant que la Trioxhydre commençait à lui raconter son passé, celui où elle vivait parmi les dragons avec Hodan. Puis lorsque la fin arriva, lors du moment où elle décéda, Sélia reprit la parole.

« J’ai une question … qui peut sembler absurde. Pourquoi est-ce que tu veux que je tue les dragons s’ils sont tes proches ? Ce n’est pas logique. »

« Ces pokémons ne sont pas de vrais dragons. Ils sont juste là pour … te préparer à les affronter. J’ai … encore besoin de toi… »

« On verra ça après que j’ai récupéré Kéran, tu peux continuer de parler. Là, je crois que j’en ai déjà assez fait pour toi par rapport à ce foutu Tyranocif. D’ailleurs, dommage qu’il ne soit pas un dragon, je l’aurai bien mangé lui aussi. Il avait de sacrés pouvoirs. » répondit la jeune femme aux yeux rubis, un sourire mauvais aux lèvres.

« D’accord … Donc je vais te parler de l’instant après ma mort. Enfin, de ce qui s’est passé après tout cela … Cela risque d’être long. »

« Qu’importe, ce n’est pas un problème je pense. »

Comme elle le désirait. La Trioxhydre continua son histoire, racontant ce qui s’était passé … Même si elle connaissait parfaitement que ce foutu Tyranocif était l’homme qu’elle haïssait, elle avait tout fait pour cacher son nom pendant des siècles. Même son propre frère n’était pas au courant de qui elle était. Elle avait toujours caché son nom …
Elle racontait aussi comment elle avait vu alors le peuple des dragons se faire déchirer par la puissance de cette météorite … et comment cela s’était calmé … Et aussi comment la montagne des dragons était devenu un endroit gouverné par le froid et la neige. C’était d’ailleurs pour cela que les dragons étaient si affaiblis.

Et il y a dix ans de cela, alors que les combats s’éternisaient, un ultime assaut fut lancé entre les pokémons ténébreux et spectraux. C’était à ce moment précis qu’elle avait décidé de trahir les pokémons ténébreux … mais tout cela s’était très mal passé car même parmi les pokémons spectraux et ténébreux, d’autres traîtres avaient espéré se débarrasser des quatre « monarques » qui les dirigeaient depuis tout ce temps.

« C’est un bien beau monde … Humains ou pokémons, visiblement, le caractère de certains ne semble pas vraiment vouloir changer. Comme quoi, c’est dans la nature même des créatures qui sont un peu plus intelligentes que la moyenne. »

« C’est exact … Personne n’est si différent d’un autre. Seules les formes physiques changent … Les comportements restent les mêmes. »

« Bref, je crois que j’en ai eu assez avec la philosophie. »

Sélia se leva, s’étirant longuement. Elle n’allait pas rester là à ne rien faire. Maintenant qu’elle en savait plus au sujet d’Hyathéna, cela était assez intéressant, très intéressant. Mais pas au point de lui faire oublier son objectif premier :

« Je vais me rendre jusqu’à Kéran. On se met en route, toi et moi. »

« Pendant ce temps, est-ce que tu veux bien me donner des conseils de stratégie ? Comme ça, si nécessaire, la prochaine fois, cela me sera plus utile. »

« Tu seras plus utile durant un combat ? Tu as quand même eu une bonne idée de le prendre en tenaille bien que j’ai risquée beaucoup en faisant cela. »

« Je le sais bien … Je m’en excuse de t’avoir mise en danger. C’était voulu mais nécessaire. »

« Néanmoins, il est mort et je pense que c’est le plus important à l’heure actuelle. C’est ce qui compte le plus. Bon … Peut-être qu’en me camouflant, je pourrai rentrer dans une ville et questionner quelques personnes. »

« Maintenant que tu possèdes des pouvoirs liés aux dragons, n’oublie pas que tu as un certain charisme. Il sera difficile d’ignorer qui tu es. »

Pfff ! Comme quoi, le charisme n’est pas forcément utile … Du moins, pas autant qu’on aimerait le penser ou le croire malheureusement. Elle mit une main devant la bouche, commençant à payer aux corneilles.

« Bon, je vais me débrouiller seule, comme d’habitude, alors. »

« Nous pourrons le retrouver … bien que je ne pense pas que la situation soit très engageante. C’est pourquoi je pense qu’il faut quand même que … »

« Tu ne penses pas, tu agis, Hyathéna. On s’est occupé de ton problème, on va s’occuper du mien. Avec Kéran à mes côtés, je n’aurai aucune réticence à venir t’aider pour ton problème de dragons et de montagne. Je ne sais pas ce qui se trouve là-bas et je n’ai pas envie d’y aller. Néanmoins,, ça a l’air important. »

Ca l’était … mais pas quand elle parlait de la sorte. Elle avait l’impression que c’était plus une corvée qu’autre chose … et pourtant, elle parlait quand même de la solution … pour en terminer définitivement avec ce problème de spectres, de créatures ténébreuses et de dragon … mais aussi de soleil caché par l’obscurité.

« Rien que ça ? Tiens donc … Ça pourrait être très intéressant. »

Elle avait encore lu dans les pensées de la Trioxhydre. Une solution miracle pour régler tout cela ? Peut-être qu’elle allait s’y intéresser … plus longuement.

Chapitre 219 : Impossible à tuer

Chapitre 219 : Impossible à tuer

« Comment ça se fait ?! COMMENT EST-CE POSSIBLE ?! »

« Je possède la puissance du Grand Arbok en moi … Alors, tu sais … Se créer une mue … C’est si facile. Tu en veux une preuve ? Regarde donc mon visage. »

D’un geste lent alors qu’elle désignait son visage d’une main aussi décharnée que sa face, de la peau commençait à se former peu à peu autour des yeux avant de s’étendre le long du visage. Poussant un petit ricanement, une trentaine de secondes plus tard, le visage était maintenant complètement présent et indemne.

« Et tu veux voir un autre tour de magie ? Regarde mes mains … Regarde donc mon corps … Hahaha … Tu vas être surpris. »

Même s’il était complètement nu, son corps se reformait peu à peu, la chair revenant donner du volume à sa poitrine mais aussi à ses cuisses et ses bras. Il avait fallu à peine deux bonnes minutes pour qu’elle se présente à nouveau comme si elle n’avait jamais été blessée. Néanmoins, elle était en sueur, reprenant :

« Mais cela est épuisant, très épuisant. Je préfère éviter de le refaire une nouvelle fois. Toi aussi, n’est-ce pas ? Je sens que tu as utilisé pas mal de puissance pour y arriver. Surprenant non ? Mais bon … Si tu es fatigué, je vais pouvoir m’occuper … Oh. »

Des citoyens étaient maintenant autour des décombres, d’autres dans les airs, juchés sur leurs pokémons capables de voler. Elle s’observa, poussant un soupir, rougissante comme une adolescente. C’est vrai que dans cette tenue … ou plutôt absence de tenue …

« Quand même, Elian, tu as tout balayé sur ton passage. Même mes propres vêtements et armure. Impressionnant, très impressionnant même. »

Mais elle avait plus d’un tour dans son sac. Des écailles violettes et bleues commencèrent à recouvrir son corps, sur la globalité de celui-ci bien que le ventre restait à l’air libre. Il en était de même pour une partie de la poitrine, une ouverte se faisant voir à l’intérieur, comme un décolleté. A côté, la longue queue était revenue, mélange de bleu et violet.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Des murmures se firent entendre parmi les citoyens mais elle n’y tenait guère compte. Elle avait juste une seule préoccupation à l’heure actuelle : la mort d’Elian … ou plutôt du Tyranocif. C’était sa mort qu’elle désirait.

« Et je l’obtiendrai … Hahaha … Ca sera si simple de te battre et de t’écraser, Elian. »

« Je commence à perdre le contrôle de la situation, Sélia. »

Elle n’avait jamais pensé à une telle chose de la part de la jeune femme aux cheveux bleus. Celle-ci était presque comme … impossible à dompter. Même si elle voulait la posséder intégralement, elle n’était pas sûre d’y arriver. La jeune femme … était différente, tellement différente maintenant. Comment était-ce tout simplement possible d’avoir une telle forme ? Elle ressemblait à un mélange d’Arbok, d’humaine et de Leviator !

Elle n’aurait jamais imaginé une telle chose. Est-ce que c’était la conscience de Sélia qui la rendait ainsi ? Ou alors … peut-être était ses pensées envers Kéran ? Mais une telle volonté … Une telle envie de le revoir. Un être humain normal n’aurait JAMAIS réussi à accomplir cela ! A modifier son corps de la sorte !

Qu’est-ce qu’elle était … Qu’est-ce que cette femme était réellement ? Elle était humaine … Elle semblait tout ce qu’il y avait de plus normal … mais peut-être qu’elle était partie pour devenir autre chose ? De toute façon, sa vie avait définitivement changé depuis le moment où elle avait avalé le premier morceau d’Arbok.

« Tiens … Toi … Elian, qui adore les tempêtes … Je vais te présenter la mienne ! HAHAHA ! Tu es un pokémon rocheux non ?! Ton corps le montre ! Est-ce que tu supporteras la végétation et l’eau ?! »

Une tornade aqueuse … Un halo composé d’eau se présenta autour de la jeune femme … ou plutôt de la « chose » qu’elle était devenue. Mais il n’y avait pas que cela … Des feuilles tournoyaient autour de l’halo aqueux.

Le tout fut envoyé en direction du Tyranocif, celui-ci frappant le sol de ses pieds pour bien prendre appui. Mais pourtant, peu à peu, il fut soulevé, malgré son poids plus qu’important et imposant. Il n’arrivait pas à y croire ! C’était … C’était impossible … Une telle chose n’était pas humainement possible !


Comment est-ce que … NON ! Il ne se ferait pas avoir ! Il traversa l’halo aqueux et végétal, fonçant vers la femme-hybride avant de la percuter de plein fouet. La soulevant de ses deux pattes, il commença à la serrer de toutes ses forces.

« Je vais briser chaque os de ton corps, SELIA ! »

« Imbécile. Et tu crois vraiment pouvoir briser un corps qui ne possède aucun os ? Enfin … J’aimerai dire cela … Mais avec une telle forme, je peux facilement faire ça. »

Avec facilité, elle se glissa entre les pattes du Tyranocif, commençant maintenant à l’enserrer de toutes ses forces, son visage en face du sien. Un sourire mauvais et malsain était dessiné sur ses lèvres alors qu’elle ouvrait la bouche.

« A cette distance, est-ce que tu penses être capable d’esquiver mon acide ? »

« Essaye donc … Tu vas avoir une mauvaise surprise. Car tu as l’air d’oublier quelque chose, fillette … Si je suis à ta portée, il en est de même pour toi. »

« Ah ? Et qu’est-ce que tu comptes faire ? Me mâchouiller comme le font certains canidés, c’est ça ? Essaye toujours, j’ai le sang-froid. »
Elle avait deviné ce qu’il comptait faire ? Alors il suffisait de changer de plan ! Puisqu’il était encore trop exténué à cause de son ultralaser, il allait lui montrer une autre surprise. Bien plus forte ! BIEN PLUS GRANDE ! Alors qu’elle se préparait à cracher son acide, le poing droit du Tyranocif vint la frapper en plein visage, créant un impact tel que tout le corps de la femme-hybride fut obligé de le relâcher.
En fait, elle fut obligée de rouler sur plusieurs mètres au sol, défonçant les gravats et les décombres sur son chemin. Cet impact … Cet impact ! Même si elle n’avait qu’une ossature moyenne à cause de cette forme … CETTE PUISSANCE ! C’était quoi ça ?! C’était quoi cette puissance ?! Comment est-ce qu’il pouvait faire une telle chose ?!


Ah … Ah … Ah … Ce n’était pas suffisant c’est ça ? Elle avait pourtant essayé … Ah … Ah … Ah … Tout son corps lui faisait atrocement mal. Malgré la puissance de ces faux dragons, elle n’arrivait pas à le battre ? C’était n’importe quoi ! VRAIMENT N’IMPORTE QUOI !

« Sélia, est-ce que tu comprends maintenant pourquoi j’ai voulu faire attention ? »

« Pourquoi tu m’as demandé de combattre un autre dragon ? Je comprends … Je comprends facilement … Ah … Ah … Mais ce n’est pas suffisant. »

« Ca ne l’est pas. Malgré les apparences, il est fort, très fort même. »

Elle voyait cela … Plutôt, elle le sentait bien. Elle avait mal partout … Mais comment réussir à le battre ? Il avait de ses attaques, même les plus puissants pokémons, elle ne les avait jamais vues auparavant ! C’était … Ah …

« Essaye de te rapprocher de lui… J’ai une idée … Je vais le prendre par surprise. Nous allons être deux à se battre, nous aurons alors plus de chances de gagner. »

Deux ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Elle comptait sortir de son corps pour attaquer ? Intéressant … Très intéressant. Elle se redressa avec difficultés, observant son propre corps. Si Kéran la voyait ainsi, qu’est-ce qu’il en penserait ? Est-ce qu’elle aurait encore de la valeur à ses yeux ? Elle n’en était pas si sûre que cela … mais elle espérait. Kéran n’était pas à juger sur les apparences normalement.

« Ce n’était … pas suffisant ? Mais combien de fois devrais-je te mettre à terre pour que tu meures ?! COMBIEN DE FOIS ?! »

« Tu n’auras jamais assez doigts pour compter, Teravalkor ! »

Mais pourtant, elle devait le reconnaître. Elle était dans un triste état … et cela malgré ses pouvoirs liés aux dragons. Malgré sa forme, elle était difficile … Enfin, elle avait beaucoup de mal à combattre de la sorte. Ah … Ah … Ah … C’était dur, très dur même. Elle souffrait énormément … mais elle allait réussir à l’abattre cet homme ! Elle allait y arriver ! Alors, ensuite, elle pourrait souffler !

« Héhéhé ! HAHAHAHA ! »

« Sélia ? » murmura l’être en elle avec inquiétude. Pourquoi éclatait-elle de rire ?

« Maintenant que je suis plus puissante … Maintenant que la Sainte Alliance est finie … Je n’ai plus de raisons qui m’empêchent de rester auprès de Kéran. Je vais aller le chercher … Je vais aller récupérer le garçon que j’aime. Hahaha … Et cette garce aux cheveux argentés ne pourra RIEN FAIRE pour m’en empêcher ! HAHAHA ! »

« J’ai l’impression que tu m’enterres un peu trop vite, Sélia. Plus tu perds du temps, plus je récupère de quoi contre attaquer. »

« Ah ? Et est-ce que je suis censée être effrayée ? »

Elle n’avait peur de rien, rien du tout même. HAHAHA ! Elle ne le craignait pas ! Malgré qu’elle fût dans un triste état, elle n’avait peur de rien ! HAHAHA ! L’imbécile ! Et elle ne se préoccupait plus des citoyens et citoyennes ! Elle voulait juste tuer ce Tyranocif ! ET RIEN D’AUTRE ! Qu’il crève et qu’enfin, elle soit libre !

Elle remarqua néanmoins que quelque chose avait changé chez le pokémon ténébreux rocheux. Il ne parlait plus, sa bouche bien fermée. Il espérait la piéger hein ? Elle savait ce qu’il préparait. C’était si évident ! Ce n’était pas un laser cette fois ! Et en plus, il ne pouvait plus utiliser sa patte avec laquelle il l’avait frappée. Dévorée par l’acide, il lui faudrait beaucoup de temps avant de pouvoir la régénérer, si cela était possible !

Alors … Il ne lui restait plus qu’une chose … HEHEHE ! Ses crocs … Il allait utiliser ses crocs pour tenter de la blesser ! Hyathéna lui avait demandé de s’approcher de lui ? Alors … Elle n’avait rien à craindre ! Elle commença à ramper en direction du Tyranocif, telle une Arbok ou une Leviator. Cette forme de déplacement n’était pas si mal … Elle devait juste lever un peu son corps pour éviter que sa poitrine ne frotte le sol mais sinon … Pour se déplacer, cela était différent. Une autre vision de la chose.

Elle arriva jusqu’à sa hauteur alors que le Tyranocif ouvrait la gueule, laissant présenter des crocs gelés ! HAHAHA ! ll se trompait lourdement l’imbécile ! Même si elle possédait la puissance de trois dragons, elle n’était pas encore totalement comme eux ! Elle n’était pas aussi faible qu’eux par rapport au froid !

« Il est temps pour moi de rentrer en action. Sélia … Colle-toi contre lui. »

AUCUN PROBLEME ! Elle s’exécuta alors que la voix d’Hyathéna s’était fait entendre dans son corps. Elle vint frapper le Tyranocif avec sa tête, ne le faisant reculer que d’un pas. C’était risible … mais l’efficacité n’était pas le but premier.

« Teravalkor … Te rappelles-tu de ce qui s’est passé lors de la dernière fois où nous nous sommes combattus ? Quand j’ai décidé de tenter de te tuer en même temps que tu tentais d’en faire de même face à Elyséa ? Après que nous ayons gagné contre mon frère ? »

« Hahaha … Cette blessure … Cette blessure à l’œil droit ! Je m’en rappelle parfaitement ! C’était merveilleux ! PARFAIT ! HAHAHA ! Et qu’est-ce qu’il y a avec ça hein ? Tu veux venir te plaindre dix ans après ? »

« Non … Pas du tout … Je dois te remercier. C’est ce qui m’a permis de survivre pendant ces dix ans. Vouloir ta mort … Te tuer … C’est tout ce que je désire. Mais cela m’a permis de tenir pendant toutes ces années. Ah … Ah … Ah … Oui. Remercions Sélia de m’avoir permis de devenir plus forte. A nous deux, tu vas mourir définitivement. » termina de dire la voix d’Hyathéna alors qu’une aura noire s’échappait du corps de Sélia.

Une aura qui vint se former dans le dos du Tyranocif. De long cheveux violets allant jusqu’au bas du dos, un bustier noir joint à une robe de même couleur, une poitrine volumineuse dont un infime morceau de tissu bleu ne cachait que ce qui semblait être nécessaire en une ligne verticale, la chose principale que l’on remarquait chez la jeune femme qui se tenait dans le dos du Trioxhydre, c’était le cache-œil rouge et bleu devant son œil droit. A côté, elle portait un diadème bleu qui présentait plusieurs pointes violettes, comme une couronne. Ses oreilles elles aussi étaient cachées par une coiffe violette et bleue mais trois paires d’ailes noires décharnées étaient visibles, sortant de son dos. Dans son allure, il était possible de voir une certaine grâce et noblesse … qui montrait qu’elle provenait des dragons.

« Sans elle, je n’aurai jamais été capable de prendre une forme physique et humaine pour te tuer … J’ai envie que tu vois mon visage une dernière fois … Sélia, terminons-en. »

« Pas besoin de me donner de consignes, je sais ce que je dois faire ! »

« ALORS SUIS MON ATTAQUE ! QUE LA COLERE DES DRAGONS S’ABATTE SUR TOI, TERAVALKOR ! »

La colère des dragons ? Elle appréciait plutôt l’idée de la femme aux cheveux violets, surtout l’aura destructrice et ravagée par la haine et la colère qui l’entourait. Elle-même commençait à faire la même chose, semblant y arriver sans aucun problème. Le Tyranocif tourna la tête à gauche et à droite, regardant en avant et en arrière.

« Et vous pensez que je vais me laisser faire ? VOYONS QUELLE COLERE EST PLUS FORTE QUE LES AUTRES ! Celles de deux gamines ou alors celle d’un homme qui contrôla ce monde pourri pendant dix ans ?! »

Ah oui ? Et celles de deux femmes amoureuses, il en pensait quoi ?! Les coups partirent dans tous les sens, le Tyranocif frappant du mieux qu’il le pouvait les deux femmes à moitié-humaines alors que celles-ci répliquaient de toutes leurs forces. Chaque coup qui touchait quelqu’un provoquait une onde de choc, le sol tremblant à chaque poing qui atteignait sa cible. Des fissures apparaissaient sur le corps du Tyranocif alors que des flots de sang volaient dans tous les sens, provenant de Sélia et Hyathéna.

« SELIA ! VISE LE MÊME POINT QUE MOI ! »

Le même point ? Ah ! Elles semblaient avoir visé au même endroit depuis le début … et cet endroit avait été des plus fragilisés. Poussant un cri rageur ensemble, les deux femmes frappèrent au niveau du cristal bleu, Hyathéna sachant où il se trouvait bien qu’elle attaquait de dos. Les deux poings traversèrent le corps du Tyranocif, venant se joindre avant de s’ouvrir. Les doigts des deux femmes se croisèrent, chacune chargeant une ultime attaque de leurs mains libres.

« DISPARAIS UNE BONNE FOIS POUR TOUTES ! »

Les deux mains vinrent frapper en même temps la tête du Tyranocif, celle-ci explosant devant la déferlante de puissance de la part de Sélia et Hyathéna. Le corps du monstre colossal commença à s’écrouler au sol, les deux femmes retirant leurs mains en lui avant d’haleter et de s’écrouler sur les fesses … ou la queue dans le cas de Sélia. C’en était fini.