Tous les articles par ShiroiRyu

Chapitre 171 : Tout abandon

Chapitre 171 : Tout abandon

« Je vais te le dire ce que je veux ! JE VAIS TE LE DIRE ! »

« Soit … Mais tu n’es guère obligée de t’emporter pour cela, ma fille. » répondit calmement Rokan, tenant ses armes dans ses mains, prêt à les utiliser alors que Sélia criait :

« Je veux le pouvoir d’exorciser ! Je veux exorciser une personne ! »

« Et ? Pourquoi est-ce que tu n’es pas venu me le demander tout simplement ? Qui est cette personne exactement ? Où est-elle ? Hum ? » continua de dire l’homme en restant serein.

« TOI ?! TE DEMANDER QUELQUE CHOSE ?! Pour qui est-ce que tu me prends ?! Pour qui est-ce que tu crois être hein ?! »

« Hum ? Je ne pensais pas mon idée si stupide quand j’y réfléchissais. Cela me semblait normal. La fille qui demande un service à son père … Cela semble logique. »

Elle serra son arme avec rage, prête à bondir sur cet homme. Il ne voulait pas lui répondre ? QU’IMPORTE ! Elle allait obtenir ce qu’elle désirait de gré ou de force ! Il allait le payer ! Elle allait le forcer à lui dire ce qu’elle désirait ! Elle poussa un cri avant de courir vers Ranor, celui-ci se mettant en position de défense.

D’un geste nonchalant, il para le coup de Sélia, la repoussant sur le côté à plusieurs mètres de distance. Il ne la ménageait pas, qu’importe si elle était sa fille ou non. Il observa Sélia qui hoquetait de surprise avant de reprendre d’une voix lente :

« C’est tout ce que tu avais à me dire ? Tu ne veux pas essayer calmement ? De même … Où est donc le jeune homme qui t’accompagnait habituellement ? »

Que … De quoi ? De quoi est-ce qu’il parlait ? Il n’était quand même pas en train de parler de Kéran hein ?! Il n’était pas au courant de la relation entre elle et lui ! IL NE DEVAIT PAS L’ÊTRE NORMALEMENT ! IL N’AVAIT PAS A ÊTRE CONCERNE !

« Et pourquoi ne m’emmènerais-tu pas cette personne à exorciser, non ? »

« Te demander ça ? ET PUIS QUOI ENCORE ?! Pour qui est-ce que tu me prends hein ?! »

« Comme ma fille ? Est-ce que je me serai trompé quelque part en pensant cela ? »

… … … Il la mettait hors d’elle ! Elle n’avait pas à lui parler ! Elle allait le forcer à lui dire ce qu’elle voulait obtenir ! Elle se dirigea vers lui. Elle allait juste le blesser grandement, lui faire cracher ce qu’elle désirait mais ensuite … ENSUITE … ELLE ALLAIT …

« Tu n’es pas sérieuse dans tes attaques. Je ne ressens aucune motivation réelle … ou plutôt … Tu n’es pas concentrée. Oui … Voilà plutôt. »

Un coup de coude et la jeune femme se retrouva à nouveau à terre, roulant au sol sur plusieurs mètres. Quelques cris se firent entendre, des personnes étant en train d’observer le combat. Il fallait dire que voir Ranor se battre était une chose … mais pas seulement ça !

« ALLEZ-Y MESSIRE RANOR ! Tuez-là ! Ne la laissez pas en vie ! »

« Me tuer ? Ils sont un peu trop présomptueux ! BEAUCOUP TROP ! »

« Et pendant ce temps, tu ne me dis guère qui tu recherches réellement … Alors … Qui est-ce donc exactement ? Kéran ? N’est-ce pas ? Est-ce lui qui est possédé ? J’aurai dû m’en douter … Il a vraiment tout d’un Docte, hahaha. »

« NE PARLE PAS DE KERAN COMME SI TU LE CONNAISSAIS ! »

« Je ne le connais pas plus que cela, je confirme … Mais néanmoins, quel brave garçon il était. Vraiment un excellent élément et puis bon … C’est grâce à lui que j’avais de tes nouvelles. »

De ses nouvelles ? Grâce à lui ? Kéran ne lui en avait jamais parlé ! KERAN NE LUI AVAIT JAMAIS DIT CA ! QU’EST-CE QUE CA VOULAIT DIRE ?!

« Tu as osé manipuler Kéran ?! JE VAIS TE CREVER ! » hurla-t-elle avec colère.

« Manipuler ? Je crois que tu te trompes lourdement … mais de toute façon, tu n’es pas prête à écouter mes paroles alors pourquoi continuer à discuter avec toi hein ? »

« POUR TE TUER ! Je vais te tuer ! «

Elle ne faisait que répéter cela … C’était dommage, vraiment dommage oui … Il poussa un léger soupir désemparé alors qu’il revoyait sa fille qui courait vers lui. Ne comprenait-elle pas la différence de puissance entre elle et lui ?

Une parade … puis une seconde … et une troisième … Hum … Elle combattait vraiment bien, très bien même. Elle était meilleure que les meilleurs éléments de l’Enceinte aux Esclaves. Il fallait dire aussi que l’Enceinte aux Esclaves utilisait des armes possédées. A partir de là, il était plutôt … difficile de bien combattre puisque l’on ne basait sa puissance que sur l’arme que l’on avait. Oui …
L’Enceinte aux Esclaves n’était pas parfaite pour le combat … directement. Mais lui … C’était déjà autre chose. Il repoussa Sélia, la fixant longuement avec l’air attristé peint sur le visage. Il poussa un léger soupir désemparé avant de murmurer :

« Quand même … Tuer les membres de l’Enceinte … Tu es devenue bien différente, Sélia. »

« Différente ? Différente ? Mais en quoi est-ce que ça te concerne hein ?! »

« Hum ? Je me fais du souci pour ma fille … Rien de plus normal. Tu es l’unique famille qui me reste … Voilà tout. »

« TU N’EXISTES PLUS A MES YEUX ! » cria la jeune femme, n’arrivant guère à se contrôler. Elle allait le battre ! Elle allait L’ABATTRE PLUTÔT !

L’homme soupira longuement. Vraiment … Pourquoi fallait-il que ça se passe ainsi ? Et comment pensait-elle obtenir ce qu’elle désirait si elle le tuait ? Si bien entendu, il se laissait tuer. Malheureusement, ce n’était pas le cas.

Il allait donner une petite leçon à sa fille. Ensuite, il verrait ce qu’il allait faire pour elle. Mais pour le moment, l’idée était simple, très simple : lui faire comprendre qu’elle ne faisait pas le poids. Autant commencer dès maintenant, n’est-ce pas ?

« Tu sais qu’en tant que père, je me dois de me charger de ton éducation ? »

« Mon quoi ? MON EDUCATION ?! De qui est-ce que tu te moques HEIN ?! »

De personne … Vraiment … De personne … Mais ne pouvait-elle pas comprendre cela ? Ce n’était pourtant pas compliqué en soi. Sa fille … avait radicalement changé. Et elle parlait bien de Kéran. Hum … Ce Kéran … Il ne savait pas ce qu’il devenait ou presque. Les dernières rumeurs parlaient d’un jeune homme accompagné de deux femmes. Ce trio avait réussi à libérer la montagne de fer du joug spectral et ténébreux.

« C’est dont cela … C’est bien lui au final. »

« DE QUOI EST-CE QUE TU PARLES ENCORE ?! »

« Hum ? Tout simplement de Kéran et de la libération de la montagne de fer. C’est donc lui, n’est-ce pas ? Ou alors, est-ce que je me trompe ? Mais je ne pense pas que ça soit le cas. »

« … … … Tu veux jouer au plus malin, hein ? Tu risques d’être déçu … très déçu. »

Hum ? Nullement. Mais on dirait bien que la jeune femme pensait tout le contraire. Dommage pour elle. Bon … Aller … Il était temps d’attaquer au lieu de parler. Peut-être qu’en lui séparant l’épée de sa main, elle se calmerait ? Du moins, elle ne pourrait plus faire grand-chose. Oui … C’était la meilleure chose à faire.

Bien meilleure que tout le reste. HUMPF ! MAINTENANT ! Il y allait ! Il se lança dans la bataille, courant à son tour vers sa fille. D’un geste de sa lame droite, il vint frapper lourdement l’épée de Sélia, celle-ci étant repoussée légèrement en arrière. Mais aussitôt, il fit un saut en arrière, semblant étonné par quelque chose.

Hum … Ce n’était pas normal … Il avait eu un très mauvais pressentiment actuellement. Comme si … Quelque chose aurait pu lui arriver, quelque chose de très mauvais même. Bien qu’il ne savait pas quoi … Mais … Il avait été prudent.

« Tu es … différente, n’est-ce pas ? Pas seulement au niveau du comportement. Loin de là … Il y a aussi autre chose, n’est-ce pas ? »

« Autre chose ? Autre chose ? CELA NE TE CONCERNE PAS ! »

Alors pourquoi s’emportait-elle autant hum ? Ce n’était pourtant pas une chose impossible qu’elle demandait, loin de là même. Mais elle n’avait pas envie de l’écouter visiblement … Qu’importe … Il allait régler ce problème. De toute façon, il avait l’ascendant et il devait laisser ses légères craintes de côté pour le moment.

« Qu’est-ce que tu attends, Sélia ? Normalement, tu devrais pouvoir … »

« Je vais lui montrer ce que je sais faire … Je vais lui montrer ce dont je suis capable ! JE VAIS LUI MONTRER COMMENT JE VAIS M’OCCUPER DE LUI ! »

« Sélia … Je te rappelle qu’il est ton père … »

« Je n’ai plus de père … Ce n’est pas mon père ! Cet homme n’est pas mon père ! » hurla la femme dans son esprit alors qu’il fixait Ranor. Comment … Comment est-ce que … Et puis … Et puis, il ne voulait pas dire comment exorciser ! ELLE DEVAIT SAUVER KERAN ! KERAN ! Son petit Kéran … Il était seul … seul dans son coin actuellement.
Elle devait le sauver … oui … C’était le plus important. Le reste n’avait aucune importance actuellement. Mais il n’y avait pas que ça … Non… ou si … Enfin … Non … Il n’y avait pas que ça … Il y avait aussi autre chose.

Mais quoi ? QUOI ? QUOI ?! Qu’est-ce qu’il y avait d’autre ? ELLE NE SAVAIT PAS ! Elle ne savait plus ! Elle en avait assez ! Cet homme se croyait tellement supérieur à elle ! Elle allait lui donner une leçon ! Une leçon amère ! Elle poussa un cri de rage avant de foncer à toute allure. Ici, il n’y avait pas de tactique, elle voulait juste sa mort.
Son épée s’envola dans les airs, atterrissant à plusieurs mètres derrière Ranor alors que celui-ci prenait une profonde respiration. Il semblait déçu … réellement déçu … par les évènements. Il fixa la jeune femme aux cheveux bleus, disant :

« Qu’est-ce qui s’est réellement passé depuis tout ce temps ? De la déception et de l’amertume … C’est ce que je lis en toi … »

« NE T’AVISE MÊME PAS DE FAIRE SEMBLANT DE COMPRENDRE ! »

« Je ne fais pas semblant de comprendre. Je ne comprends pas … Je ne comprends guère ce qui a changé chez toi. Rentrer dans la Sainte Alliance, cela me semblait normal, connaissant ton caractère et la haine que tu voues à l’Enceinte aux Esclaves … mais tuer des humains … devenir à moitié folle … commettre des atrocités. Ce n’est pas toi. »

« Moi … Moi … Moi ! Comment est-ce que tu peux savoir ce qui est moi ou non HEIN ?! »

« Car je suis ton père et que je ressens ces choses ? Maintenant que tu as perdu ton épée, tu es incapable de te battre. Néanmoins, je ne te tuerai pas. Je pense plutôt que je vais te juger comme une criminelle. Tu finiras surement ta vie en prison, dans l’une des prisons de l’Enceinte mais je ne te tuerai pas. »

« Hahahaha … Tu crois … vraiment que je suis finie hein ? Tu penses vraiment que je suis terminée, n’est-ce pas hein ? C’EST-CE QUE TU CROIS ?! »

« Ce n’est pas ce que je crois … C’est ce que je vois actuellement. Et ce que je vois … C’est que tu es sans arme, incapable de te défendre ou de … »

La jeune femme ouvrit subitement la bouche, crachant en plein sur l’épaule de son père. Celui-ci haussa un sourcil : elle en était réduite … à ça ? C’était vraiment … AH ! Il posa un genou au sol, gémissant de douleur alors qu’il voyait de la fumée sur son épaule droite ? Et aussi une brûlure ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Comment est-ce que tu as fait ça ? »

« Pour qui est-ce que tu me prends hein ? Tu crois que je n’ai pas prise mes précautions avant de venir te voir ? Je vais te tuer … Ranor … Je vais vraiment te tuer … Mais avant … Je vais tout faire pour que tu me dises le secret de l’exorcisme ! »

« Hum ? Je ne pense pas que tu mérites de connaitre ce secret … Surtout que tu ne m’as toujours pas donné le nom … Tu ne m’as pas confirmé qu’il s’agissait de Kéran ! »

« C’EST KERAN ! BORDEL ! C’EST KERAN QUI EST POSSEDE ! »

« Ramènes-le ici et je l’exorciserai … Mais il semblerait bien que … tu l’apprécies plus qu’il n’en faut, n’est-ce pas ? »

« En quoi … est-ce que ça te concerne ? Espèce d’enflure … Tu ferais mieux de te préoccuper de toi … Si je te plante mes crocs dans le corps, c’en est terminé de toi ! »

Ses crocs ? Qu’est-ce que … Elle siffla légèrement … mais pas de la façon d’une humaine. Loin de là même. Non … Il s’agissait d’un sifflement … de serpent ? Elle avait ouvert la bouche, laissant paraître une langue coupée légèrement en deux, comme celle d’un Arbok ? Qu’est-ce que … ça voulait dire ? Et elle avait réellement des crocs ?!

Mais lorsqu’elle referma la bouche pour la rouvrir, tout était revenu à la normal … comme si elle n’avait jamais changé. Pourtant, elle recommença à cracher en direction de son père mais celui-ci fit plusieurs pas en arrière, esquivant les crachats.

« Mais c’est de l’acide ?! Comme un Arbok ? Qu’est-ce que tu as fait ? »

« Tu aimerais bien le savoir hein ? Tu aimerais tellement le savoir … Mais ne t’en fait pas … Maintenant, tu vas voir … Tu voulais que je sois sérieuse hein ? Ce n’est que le début … »

« Mais qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as fait, SELIA ?! »

« Ce que j’ai fait ?! Simplement obtenir la force nécessaire pour te tuer ! DIS-MOI COMMENT AVOIR KERAN ! » hurla-t-elle alors qu’elle arrivait à récupérer maintenant son épée, la pointant en direction de l’homme.

« Avoir Kéran ? Hum … Tu ne peux forcer une personne à t’aimer. Je ne sais pas si c’est à cause de ce que tu es devenue ou alors est-ce à cause de cela que tu es devenue ainsi mais tu te trompes lourdement de voie, Sélia. »

« LA FERME ! JE T’AI ORDONNE QUELQUE CHOSE ! »

Et ? Est-ce qu’il était obligé d’y obéir ? Nullement. Qu’elle le veuille ou non … C’était ainsi et pas autrement. Qu’importe … ce qu’elle était devenue, elle restait sa fille.

Chapitre 170 : Préparation du carnage

Chapitre 170 : Préparation du carnage

« Tsss … J’ai l’estomac complètement retourné avec toutes ces bêtises ! »

« Cela est normal … Mais maintenant que tu as mangé la globalité de la viande d’Arbok, ton corps est en bonne voie pour changer et … Qu’est-ce que tu fais ? »

« Je remarque surtout que je suis en train de muer à moitié … Regarde cette peau sur mes brûlures … Je peux la retirer et il y en a une nouvelle qui apparait. »

Ah bon ? C’était assez … surprenant en un sens. Mais c’était aussi la première fois qu’elle voyait une humaine réussir à abattre un « dragon » et à manger sa chair.

« Enfin bon … Maintenant, qu’est-ce que tu vas faire, Sélia ? As-tu une idée ? »

« Tu es capable de lire dans ma tête, non ? Alors, tu devrais le savoir parfaitement. Tu sais aussi pourquoi j’ai combattu cet Arbok … Cette puissance … Je prends mes précautions face à lui. Hahaha ! OUI ! »

« … … … Tu es vraiment sûre de vouloir faire cela ? Peut-être en lui expliquant la situation et en lui demandant, cela serait bien plus simple. »

« Tu te moques de moi là hein ? Tu n’es quand même pas sérieuse hein ?! N’EST-CE PAS ?! TU NE L’ES PAS ?! »

« Je ne te faisais qu’une simple recommandation. Tu n’es pas obligée de l’écouter. »

« Abstiens-toi d’en refaire la prochaine fois. Cette … personne qui était mon père, je ne veux pas en entendre parler. S’il ne veut pas me donner le moyen d’exorciser Kéran, je le forcerai … quitte à le torturer. Quitte à ce qu’il le paye de sa vie. »

« Le payer de sa vie … Tu irais jusqu’à tuer ton propre père pour cela ? Est-ce que tu te rends comptes de la teneur de tes paroles, Sélia ? »

« Et qu’est-ce que je suis sensé comprendre exactement ? » dit la jeune femme, peu enclin à réellement discuter avec elle. La voix en elle reprit calmement :

« … … … Et si tu décidais de tuer Kéran ? Car il est aussi important qu’un membre de ta famille. C’est cela où je veux en venir … »

« Et tu racontes encore n’importe quoi pour ne pas changer. Je ne considère pas cet homme comme mon père et je n’hésiterai pas un instant à le tuer ! Qu’importe ce qu’il dira ! »

« … … … Tu le sais pourtant … Je peux lire en toi … »

« JE TE L’INTERDIS ! » hurla la jeune femme aux cheveux bleus alors qu’elle serrait fortement son arme. ELLE LUI INTERDISAIT ! Qu’importe la raison qu’avait son père de faire ça, il n’avait pas à le faire ! PAS DU TOUT ! Qu’importe s’il tentait de se défendre et de se pardonner, d’expier sa faute … CA NE CHANGEAIT RIEN ! RIEN DU TOUT ! Ce qui était fait était fait MAINTENANT ! N’EST-CE PAS ?!

Mais là … Maintenant qu’elle savait où elle devait se rendre, elle n’allait pas perdre de temps. Pas du tout même ! HAHAHA ! Elle commença à courir à toute allure alors que l’être en elle ne disait plus rien maintenant.
Peu à peu, elle arriva dans un village … Un petit village … Là où elle se rendait, c’était dans un endroit différent … à une vingtaine de kilomètres de ce village. Pourquoi elle passait par cet endroit ? Car elle avait quelque chose à faire et surtout, pour signaler sa présence à la Sainte Alliance. Que nul ne croit qu’elle avait quitté l’organisation.

« Mademoiselle Sélia ? C’est bien vous ? Nous avons un message de la part du chef Elian. »

« Hum ? Et qu’est-ce que donc ? » demanda t-elle alors qu’elle ne faisait que se montrer, déjà prête à partir le plus vite possible. La femme regarda la lettre, commençant à la lire à haute voix alors que Sélia ne faisait que l’écouter à moitié :

« Euh … Il est demandé ce que vous êtes actuellement en train de faire. Il a appris au sujet de la destruction d’un QG de l’Enceinte aux Esclaves alors que vous étiez dans les environs. »

« Hum ? Soit … Je le verrai quand j’aurai terminé ma prochaine mission. »

« Votre prochaine mission ? Normalement, vous n’en avez aucune, non ? D’après ce qui a été dit … et d’après ce que nous savons. »

« Rien de bien important, ça sera réglé en un instant. Prévenez juste Elian que je serai là d’ici quelques jours si cela s’avère réellement nécessaire. Je m’en vais maintenant. »

« Hey ! Mais attendez un peu, mademoiselle Sélia ! Attendez ! Nous … »

Mais rien à faire, la jeune femme était déjà partie en abandonnant la secrétaire à l’accueil. Celle-ci poussa un léger soupir, déjà prête à écrire une nouvelle lettre.

« Vraiment … Je me demande ce qui se passe exactement avec la sous cheffe depuis quelques jours déjà. Enfin … Ca fait quelques temps mais elle a tellement changé … »

Tellement changé … Et pas forcément en bien. Elle se montrait maintenant assez froide et distante, elle ne parlait même plus de son petit Kéran. Quelque chose avait changé mais quoi … Est-ce que par hasard, Kéran aurait été … tué ?

Elle aurait pu poser la question mais dans ces moments-là, quand on la regardait, il valait mieux ne rien dire et ne rien faire. Elle ne voulait pas avoir de problèmes non plus hein ? Ca serait plutôt embêtant dans ce cas …

« AH ! Je ferais mieux d’écrire au lieu de rêvasser. Je dois prévenir le chef Elian que Sélia est passée par là. Alors bon bon bon … »

Qu’est-ce qu’elle allait marquer exactement ? Juste que Sélia était venue ? Ou alors, quelques mots et réflexions personnels sur le caractère de Sélia. Hum … Non … Il valait mieux juste parler de cette « mission » dont Sélia avait visiblement une certaine motivation à accomplir. C’était étrange … très étrange même. Elle semblait … si sombre.

Quelques heures plus tard, elle était dans la ville. Une bien belle ville, n’est-ce pas ? Dommage qu’elle soit majoritairement aux ordres de l’Enceinte aux Esclaves. Bien entendu, tout le monde n’était pas dans l’organisation mais la majorité était pourtant dedans.

Humpf ! Elle n’en avait que faire de ces foutues personnes ! Elle n’y portait aucun intérêt ! Le seul intérêt qu’elle avait actuellement, c’était de trouver son père. Or, pour le moment, ce n’était pas du tout le cas. Elle ne voyait pas où il était …
Dans la base de l’Enceinte aux Esclaves ? Surement ! AH ! Elle allait lui rendre une petite « visite » … Une visite familiale ! Elle se dirigea vers le bâtiment un peu éloigné du reste, Sélia pénétrant à l’intérieur sans même se préoccuper des deux gardes.

« Où est Ranor ? Donnez-moi la réponse maintenant et je ne vous tuerai pas. »

« Hein quoi ? Qu’est-ce qu’elle veut la … AH ! BORDEL ! Elle est de la Sainte Alliance ! »

« Hein quoi ? Comment ça de la … OH BORDEL ! Mais c’est Sélia ?! »

« Je ne répèterai pas ma question une seconde fois. Soit j’obtiens ma réponse, soit je vous tue… Qu’est-ce que vous en pensez ? » dit la jeune femme, sortant son épée.

« Que … Mais pour qui est-ce qu’elle se prend ? Attends un peu ! Y a quelques jours, y a eu une de nos bases qui a été détruite ! Me dit pas que c’est elle la responsable hein ?! »

« Hum ? Et si c’était le cas ? Qu’est-ce que vous feriez hein ? » dit la jeune femme, penchant la tête sur le côté, un sourire mauvais aux lèvres.

« Que … Elle nous provoque en plus ?! TUEZ-LA ! En attendant que le chef ne revienne ! »

Oh … Donc … Ils venaient de donner la réponse qu’elle attendait. Bon … Elle n’avait donc plus rien à faire. Elle fit demi-tour, ignorant complètement les personnes autour d’elle. L’une d’entre elles se jeta sur la jeune femme.

D’un geste nonchalant, elle donna un coup d’épée en arrière, plantant la lame en plein cœur. Elle l’extirpa, faisant un autre geste pour essuyer le sang sur son arme. Elle murmura :

« Suivant ? J’ai une leçon à vous donner. Une leçon de vie … ou plutôt de mort. »

Qu’ils viennent se battre … Cela servira de mise en garde à son père. AH ! Oui … Elle voyait parfaitement même ce qu’elle allait faire. Une tête au bout d’une lance ou de sa lame … Ou alors, faire crier les villageois. Humpf !

« Sélia, tu devrais quand même faire attention à toi … On ne sait jamais si … »

« Si quoi ? Exactement ? » répondit la jeune femme avant de donner un coup d’épée en avant, tuant un second homme avec aisance. Et voilà qu’elle commençait son carnage, tuant quiconque se trouvait en face d’elle, que ça soit pokémon ou humain. Elle n’avait aucune difficulté à les battre ou à les tuer … sans aucun remord. Elle passa une main devant sa bouche, commençant à bailler légèrement alors que déjà une vingtaine de personnes était morte. Et elle n’avait pas encore utilisé Hyathéna.

« Déjà terminé ? » murmura-t-elle avec douceur.
Car oui … Ils étaient déjà tous à terre, et tous morts … surtout … Oh … Elle avait maintenant du sang un peu partout sur le corps et sur son armure. Ha ! C’était pas tellement un problème à ses yeux, loin de là même.

« Que comptes-tu faire exactement, Sélia ? Cela ne me plaît guère. »

« Que cela te plaise ou non, qu’importe … Je vais me présenter en ville dans cette tenue. Cette ville n’a personne de la Sainte Alliance. »

« Et tu penses donc que même si personne … Oh … Et puis, fais comme tu veux, tu ne m’écouteras pas de toute façon. »

« Merci bien … Au moins, tu vas te taire. Je sais ce que je fais … Je sais parfaitement ce que je fais … hahaha … Oui … Parfaitement … »

Et elle … était moins sûre de ce qui se passait. Ca ne lui plaisait guère la réaction de Sélia. Peut-être que … la perte de Kéran et de son amour avait affaiblit mentalement la jeune femme ? Bien plus qu’on ne pouvait le croire. Mais elle comprenait parfaitement sa réaction … Elle la comprenait parfaitement puisqu’elle avait eu la même auparavant … Ah … Ce même genre de comportement … maintenant qu’elle le voyait.

La jeune femme quitta le bâtiment, sourire aux lèvres alors qu’elle retournait en ville. Plusieurs têtes se tournaient vers elle, effarées alors qu’elles commençaient à reculer. HUMPF ! Elles avaient peur, n’est-ce pas ? Qu’elles la craignent …

« AAAAAAAAAAAAH ! Tout le monde dans l’enceinte est mort ! TOUT LE MONDE ! »

Il ne fallut que quelques minutes avant que cette voix ne crie pour annoncer la sinistre nouvelle. Elle ? Elle s’était mise assise, ses coudes sur ses genoux, un sourire mauvais aux lèvres. Elle attendait … Elle attendait impatiemment. Elle souffla :

« Appelez-donc le chef de l’Enceinte aux Esclaves … Ranor … Je l’attends. »

« Messire Ranor ! MESSIRE RANOR ! » cria une voix en rentrant dans un bâtiment bondé.

« Que se passe-t-il ? Vous semblez plus qu’effrayés … Ce n’est pas normal. » murmura doucement l’homme de plus d’une quarantaine d’années.

« Vos … Vos hommes sont morts ! Vos hommes sont tous morts ! »

« Qu’est-ce que … » commença à dire l’homme, se relevant de sa chaise, se trouvant dans une taverne en compagnie d’autres personnes.

« Et il y a une femme … qui semble être responsable de cela ! Elle est assise près de la fontaine ! Elle est tachée de sang ! La milice n’ose pas s’en approcher ! »

« Une femme ? A quoi est-ce qu’elle ressemble ? »

« Des cheveux bleus et … »

BON SANG ! Il se leva aussitôt, faisant tomber sa chaise avant de quitter la taverne. Il courut en direction du centre de la place, là où la fontaine y était. Mais pas seulement elle … Il y avait quelqu’un d’autre. Il y avait …

« Sélia ? Qu’as-tu donc fait ? Depuis quand … Est-ce que tu commets ce genre d’atrocités ? Ce n’est pas ton genre. » murmura doucement l’homme avec tristesse.

« Epargne-moi tes remarques stupides, Ranor. Tes hommes m’ont attaqué après une petite menace de ma part. Tu ne pensais quand même pas que j’allais rester là sans rien faire, n’est-ce pas ? » dit la jeune femme en répliquant sèchement, se levant.

« Et pourquoi est-ce que tu as fait cela ? Et pourquoi les as-tu menacés ? »

« Ils ne voulaient pas me dire où tu te trouvais. Dommage pour eux, ils en sont morts. »

« … … … Sélia … Ma fille. Pourquoi de tels actes de ta part ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Donne-moi une explication raisonnable et compréhensible à de tels actes. »

« Tu crois vraiment que j’ai du temps à perd à m’expliquer ? Je n’ai pas que ça à faire ! NON ! Toi … Tu vas me donner ce que je désire. »

« Et qu’est-ce que tu désires exactement au point de tuer des dizaines de personnes ? Tu es peut-être ma fille mais il y a des limites à ne pas dépasser. »

« Ta fille ? Je ne me suis jamais considérée comme cela … La seule personne qui ressemble un tant soit peu à de la famille pour moi n’est plus à mes côtés … par ta faute … et par celles des personnes qui l’accompagnent. »

De qui donc est-ce qu’elle parlait ? Car pour dire des propos aussi durs, c’est qu’il y avait une bonne raison, n’est-ce pas ? Il fixa la jeune femme, celle-ci ayant déjà sorti son épée. Elle … voulait vraiment se battre ou alors, il rêvait ?

« Tu veux savoir ce que je veux de ta part ? TU LE VEUX ? »

« Je n’attends que cela … Bien que tu risques d’être grandement déçue, je le sens. »

« Déçue ? Tu n’as pas intérêt à ce que je le sois … si tu veux finir le restant de ton existence en vie … Oui … »

« Hum … De toute façon, tu sembles déjà avoir décidé de ce que tu comptais faire. »

Il avait sorti ses propres armes, attendant que sa fille unique lui réponde. Elle était la dernière personne de sa famille, elle avait commis un véritable massacre dans ses rangs … Il ne pouvait pas laisser passer cela … et être indifférent. Non … Il ne pouvait pas rester de marbre devant les atrocités commises par sa propre chair.

Chapitre 169 : Une nouvelle puissance est née

Chapitre 169 : Une nouvelle puissance est née

« Voilà donc où se trouve ce fameux Arbok, c’est cela ? »

« A peu de choses près, c’est le cas, Sélia. Est-ce que tu es prête justement ? »

Elle était prête … mais elle n’était pas convaincue de la justesse de ses actes. Enfin, très loin même de tout ça. Elle devait se préparer mentalement … Elle prit une profonde respiration avant de pénétrer dans ce qui ressemblait à un petit domaine boisé.

Petite domaine boisé … mais qui permettait rapidement de trouver cet Arbok … Cet immense Arbok ! Comment est-ce qu’une créature aussi grande pouvait-elle exister ? Il devait bien faire six à sept mètres de hauteur rien qu’en se tenant « debout ». Et sur la longueur ? Au moins une bonne vingtaine ! Et l’épaisseur de son corps ! Presque deux mètres ?! Donc plus grand qu’elle ! Rien que ça ! Wowow !

C’était étonnant et effrayant en même temps … Mais il lui en fallait plus pour réussir à la faire reculer. Elle fit un pas en avant, brisant une brindille qui fit tourner la créature en sa direction. Aussitôt, elle sort son arme, fixant l’Arbok :

« Devine la raison de ma présence … Arbok … Je vais te tuer et récupérer ta chair pour obtenir tes pouvoirs … Est-ce que tu es prêt ? »

Bien qu’elle sache pertinemment que l’Arbok n’allait pas lui répondre, elle vit une petite étincelle dans les yeux de la créature. Aussitôt, elle ouvrit la gueule, crachant une boule d’acide. La jeune femme l’esquiva, l’arbre derrière elle fondant et s’écroulant au sol.

« Très puissant même … Vraiment très puissant … Je ne m’attendais pas à ça. »

« Je te l’avais dit … Sélia … Je pense pouvoir soigner une partie de tes brûlures mais tu te prends un jet d’acide en pleine face, je ne pourrai rien pour toi. »

« Humpf ! Je m’en doutais aussi ! Pourquoi est-ce que tu serais douée à quelque chose n’est-ce pas ? Tu semblais déjà assez chétive comme pokémon et … »

« Attends donc que je trouve ma forme finale, tu verras ce qui se passera à ce moment précis ; Tu risques d’être surprise, très surprise même, Sélia. »

« Humpf ! Que de belles paroles ! Je suis désolée mais je n’y crois pas et … »

Elle sauta subitement, faisant un saut de plusieurs mètres de hauteur, un peu étonnée elle-même. Les pouvoirs de la Diamat … étaient en elle ? Car oui … Elle avait sauté au bon moment pour esquiver la queue de l’Arbok qui vint balayer plusieurs arbres sur son passage. Puissant ! Il était terriblement puissant !

« Fais attention à l’atterrissage, Sélia. Si tu te rates, tu risques de le regretter amèrement. »

« … … … HUMPF ! Et tu me prends pour une débutante ? Je vais te montrer ça ! »

L’Arbok avait déjà sa gueule dirigée vers Sélia, celle-ci ne pouvant contrôler son corps dans les airs. Se faire avaler toute crûe par la créature ? Et puis quoi encore ! Elle n’allait pas se laisser faire de la sorte !

Elle arriva à bouger une partie de son corps pour le faire pivoter sur la droite. Tenant fermement son épée, celle-ci vint tracer une ligne le long du corps du serpent violet gigantesque … Une ligne et une entaille très minime par rapport à ce qu’elle s’attendait. Atterrissant au sol, elle demanda sur un ton un peu surpris :

« Comment est-ce possible ? Normalement, je l’aurai presque tranché en deux non ? »

« Normalement … Mais il est proche des dragons et possède donc leurs écailles … Bien que cela ne se voit pas forcément au loin, je te conseille de regarder son corps. »

« Son corps ? Qu’est-ce qu’il a de … OH ! »

Elle comprenait maintenant de quoi elle voulait parler. C’était stupide … Stupide car elle n’avait pas mis toute sa force dans son coup ! Et voilà le résultat ! TSSS ! Quelle idiote elle était ! Elle n’allait pas mourir à cause de …

« AAAAAAARBOK ! » hurla le pokémon avec furie.

Il ne devait pas être habitué à être blessé visiblement … Dommage pour lui car ce n’était que le début d’une longue liste de coups qu’elle allait lui donner et encore ! Car oui … Elle comptait bien la terminer par la mort de la créature, hahaha !

Pourquoi est-ce qu’elle riait intérieurement ? Alors que la situation ne s’y prêtait absolument pas ? HUMPF ! De toute façon, sa seule idée devait être celle où elle retrouvait Kéran et personne d’autre ! Et pour le retrouver, il fallait abattre ce monstre !

« Sélia ! Fais attention à toi ! Ne te déconcentre pas ! »

Que … AH ! Elle vint subitement tomber sur les fesses, de l’acide passant au-dessus de sa tête, abattant un nouvel arbre. Arbre qui fut englouti liquéfié par l’Arbok qui fonçait droit sur elle, gueule grande ouverte et prête à la dévorer ! JAMAIS !
Elle roula sur le côté, évitant de justesse de se faire dévorer alors qu’elle émettait un grognement. Elle … Elle en avait marre de cette créature ! Elle allait le payer ! ELLE ALLAIT LE PAYER TRES CHER MÊME !

Elle se redressa, poussant un cri de rage avant de courir en direction de la gueule de l’Arbok. Hyathéna tenta de l’arrêter mais la jeune femme se retrouva à l’intérieur même de la gueule du serpent gigantesque de couleur violet. Avec vivacité, elle planta son épée dans la langue de la créature, tenant fermement ses deux crocs avec ses mains gantées. Pendant ce temps, l’Arbok tentait de fermer sa bouche et d’en terminer avec elle.

« SELIA ! C’est de la pure folie ce que tu fais ! »

« DE LA FOLIE ?! DE LA FOLIE ?! MAIS JE SUIS FOLLE ! JE SUIS COMPLETEMENT FOLLE DEPUIS QUE L’ON M’A RETIRE KERAN ! »

« … … … Tu te forces à crier ainsi. Ce n’est pas bon. »

« Je me force à crier ? Et alors ? J’ai besoin de crier, voilà tout ! J’en ai besoin, Hyathéna ! Tu ne comprends pas ?! J’EN AI BESOIN ! »

« Et je te conseille de tout faire pour quitter la bouche de l’Arbok … Car il risque de te jeter de l’acide et tu auras beaucoup de mal à l’éviter à cette distance. »

TSSS ! BIEN ENTENDU ! Elle était parfaitement au courant mais ça n’allait pas l’arrêter le moins du monde ! Avec rage, elle serra les deux crocs de l’Arbok, une aura noire et violette se formant autour de son corps. Hyathéna reprit d’une voix un peu soucieuse :

« Sélia … Tu dois partir maintenant ! Et si tu te loupes, tu finiras gravement empoisonnée par ses crocs et il en sera terminé de toi ! »

« JAMAIS ! Je ne peux pas mourir avant que Kéran ne n’aime ! JE NE PEUX PAS ! »

ET ELLE EN AVAIT ASSEZ ! Et comment faire alors ? HEIN ? COMMENT ? COMME CA ! Avec rage, elle extirpa les deux crocs de la gueule de l’Arbok, celui-ci poussant un hurlement de rage alors que déjà, de l’acide commençait à provenir de sa bouche.
Elle vint récupérer sa lame après avoir planté les crocs dans la langue de l’Arbok, s’extirpant de la créature juste au bon moment  … ou presque … Un jet d’acide vint la toucher au bras gauche, lui arrachant un cri de douleur.

« MON BRAS ! PUTAIN ! MON BRAS ! »

Elle n’était pas du genre à vociférer des insultes mais là … Le métal était en train de fondre sur son bras, une puissante aura noire et violette se formant autour de la blessure … mais ça ne changeait rien … La peau était calcinée et brûlée.

« Je ne peux rien faire de plus, malheureusement, Sélia, j’en suis dé… »

« CE N’EST PAS CA QUI VA M’ARRÊTER ! »

D’un geste rageur, elle retira la peau brûlée, laissant paraître du sang et la chair à vive. Même si elle avait eu de la chance avec son armure, celui-ci s’était légèrement fondu sur son bras et elle avait été obligée de faire ça !

« Ah … Ah … Je vais te le faire regretter … »

« Sélia … Calme-toi et garde ton calme ! Enfin, fais quelque chose pour ne pas commettre d’idioties ! Tu risques de faire une énorme bêtise ! »oi s’000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

« Rien que le fait que je sois ici, c’est une énorme bêtise ! TSSS ! »

Elle marquait un point mais elle n’avait pas envie que la jeune femme se mette dans un état pas possible à cause de cette histoire ! Enfin non … Elle n’avait pas à se préoccuper d’elle … A la base … Elle n’était pas là pour ça … Elle était là … pour obtenir un corps … et elle était dans ce dernier. Mais elle ne pouvait pas l’utiliser … Humpf …

« Maintenant … Je vais me débarrasser de toi ! »

Et elle allait régler cette histoire aussitôt ! Surtout que l’Arbok commençait déjà se sentir mal … La raison était simple : il venait de subir son propre poison ! Et même s’il était capable d’y résister, cela n’était pas possible complètement !


HAHAHA ! Elle allait en terminer dès maintenant ! Et allait le prouver ! Elle poussa un nouveau cri puissant avant de courir en direction de l’Arbok. Mais cette fois-ci, elle sauta au dernier moment, atterrissant sur sa tête. Elle savait quoi faire ! ELLE LE SAVAIT ! Elle commença à courir le long du corps de la créature, arrivant à se maintenir droit avant que …


WOW ! Elle s’accrocha subitement à l’aile violette qui venait d’apparaître, accompagnée de sa jumelle ! Ce qu’Hyathéna avait dit n’était pas faux, loin de là ! PUREE ! Des ailes sur un Arbok ! Et celui-ci était bien en train de l’emmener dans les airs ! HORS DE QUESTION !

« ASSEZ ! TU ME PRENDS LA TÊTE ! HYATHENA ! PLEINE PUISSANCE ! »

« Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée mais soit … Puisque tu le penses ainsi … Je vais donc exécuter ta demande. »

TANT MIEUX ! Car elle avait envie de trancher la créature en deux ! Et qu’importe si elle devait se briser les os à l’atterrissage ! Une puissante déflagration se fit voir autour de sa main droite qui serrait l’épée, la jeune femme poussant un cri.

Un cri de rage, de haine de colère. Une lame ténébreuse qui semblait faire deux à trois fois celle de l’épée … Une lame qui vint trancher en deux le serpent ailé … Le serpent ailé qui vint se diriger vers le sol puisque son corps ne lui répondait plus. La jeune femme s’agrippa à une aile, attendant qu’elle soit proche du sol avant de se jeter loin du corps. Elle roula sur plusieurs mètres, percutant un arbre tout en gémissant.
Elle … Elle avait réussi à le battre. Elle avait battu ce monstre ! Ce monstre colossal ! Cet être proche des dragons ! AH ! Elle y était arrivée ! HAHAHA ! ENFIN ! ENFIN ! ENFIN ! Elle éclata de rire avant de se relever. Maintenant … Maintenant …

« Je vais aller faire de quoi faire du feu et … »

« Non … Il faut que tu manges cru la chair de cet Arbok. Cela semble stupide mais c’est ainsi que tu obtiendras ses pouvoirs. »

« Ses pouvoirs … Tsss ! Et il faut que je le dévore en entier aussi ? »

« Si tu veux obtenir une grande partie … Cela va être nécessaire. Mais si tu tranches correctement les parties mangeables, cela ne sera pas aussi imposant que tu ne le crois. Néanmoins, il y aura énormément de restes. Cela ne devrait pas pourrir néanmoins. Tu veux que je t’aide pour les morceaux à couper ? »

« C’est toi qui le connait mieux que moi. Je te laisse me guider. » marmonna la jeune femme aux cheveux bleus, regardant sa propre chair à vif sur son bras.

Et pendant une bonne demi-heure, la jeune femme aux cheveux bleus commençait à trancher chaque partie mangeable chez l’Arbok. Elle s’y appliquait consciencieusement alors qu’elle faisait tout pour ne pas couper une partie empoisonnée.

« Voilà … Et ensuite ? Je fais quoi ? J’ai bien un sac mais pas sûr qu’il soit assez grand pour tout prendre … Et il faut que je mange tout ça de façon crue ? »

« C’est exact, j’en suis désolée si cela ne te convient pas et … »

Hyathéna s’arrêta de parler alors que la jeune femme s’était déjà jeter sur un morceau de l’Arbok, croquant à pleines dents à l’intérieur. Du jus violet s’écoula hors de ses lèvres alors qu’elle déglutissait. Après un morceau, elle commença à tousser violemment, criant :

« Ca brûle ! Ca brûle ! CA BRÛLE ! CA BRULE ! »

« C’est normal, Sélia … Parfaitement normal même, tu n’as pas à t’inquiéter et … »

« Il faut que j’en mange plus, c’est ça ? Alors je vais tout manger ! Quitte à perdre une journée ou deux pour faire de la place ! Il ne restera rien ! »

Rien du tout même ! Sans même chercher à écouter les paroles de la créature en elle, elle s’attaqua à son morceau de viande, commençant à le dévorer sans même s’arrêter ne serait-ce qu’un instant.
Répugnant … C’était à peu près le spectacle qu’elle devait donner, le liquide violet s’écoulant de ses lèvres, le bruit de mastication se faisant entendre autour d’elle. Heureusement, personne n’était là de toute façon.
Un premier morceau fut englouti, Sélia haletant rapidement, posant une main sur son ventre. Elle commença à tousser après quelques instants, un liquide violet sortant de sa bouche. Un liquide qui provoqua une légère fumée sur l’herbe qu’il touchait.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Ce n’est que le début … Bien que tu ne sois pas encore capable de produire de l’acide, tu seras bientôt capable d’émettre du poison … Cela risque de surprendre grandement tes adversaires … Mais bref, mes félicitations. »

« Tes félicitations, je n’y tiens pas compte ! J’ai encore tout ça à manger ! Il me faut de la place ! Tsss ! Qu’ils ne me posent pas de questions là-bas ! »

« Là-bas ? De qui est-ce que tu veux parler, Sélia ? » demanda calmement Hyathéna.

« De la Sainte Alliance. Ils ne savent pas où je suis partie … »


Et elle n’en avait rien à faire à la base. Elle avait ses propres objectifs … et ce n’était pas la Sainte Alliance qui allait l’empêcher de les accomplir ! Ni elle, ni Elian !

Chapitre 168 : De femme à femme

Chapitre 168 : De femme à femme

« Cette fois-ci, tu ne t’échapperas pas ! » déclara Elyséa avant de disparaître dans le sol, Kéran lui criant aussitôt d’arrêter cela bien qu’il ne fut pas écouté.

« Bon sang ! Pourquoi est-ce que elle ne veut pas m’entendre ? Et cette voix est loin d’être maléfique ! Loin de là même ! »

Il avait peut-être espéré que c’était ses pokémons qui revenaient le « hanter » mais il savait que ce n’était pas possible. La raison était simple : ses pokémons n’avaient plus d’âme. Tous dévorés par ce foutu Noctunoir … Noctunoir qui avait été le père de Katérina.
Humpf ! Il avait envie de se réveiller et de serrer avec force Katérina pour la garder contre lui et l’embrasser, pour lui montrer qu’il la protégeait. Mais voilà, pas de miracle malheureusement. Et surtout, il voulait savoir à qui appartenait cette voix. Et surtout aussi ce qu’était en train de faire Elyséa.

« ELYSEA ! Tu m’entends ?! Qu’est-ce que tu fais ?! »

« Je cherche la personne qui est dans ton esprit ! Ca ne se voit pas ?! »

« Disons que je ne te vois pas et c’est ça qui me perturbe un peu, Elyséa. »

Humpf ! Il valait mieux ne pas répondre au jeune homme pour le moment ! D’où est-ce que cette voix provenait ? Est-ce qu’elle était déjà partie ? Non … Elle sentait déjà la présence de la personne ou créature en Kéran. Elle était toujours là.

« Que … » bredouilla Kéran, tournant sur lui-même pour être sûr d’avoir bien ressenti … Il y avait quelque chose tout près de lui mais où ça ?
Il n’arrivait pas à le savoir. Il n’arrivait pas à deviner où se trouvait cette personne ou cette chose. C’était assez inquiétant en soi, il fallait le reconnaître. Mais bon … Pour l’instant, il nageait en eaux troubles. Et surtout, la voix reprenait :

« Ceux qui te sont proches ne sont jamais très loin de toi, Kéran. »

« Montrez-vous au lieu de tourner autour de moi ! Pourquoi faut-il se cacher ? » cria Kéran alors qu’il cherchait à trouver déjà Elyséa.
Mais impossible … Rien du tout. Il n’y avait rien du tout malheureusement. Comment est-ce qu’il pouvait faire ? Il n’avait aucun indice sur qui il pouvait trouver. Humpf ! Où était donc la femme en armure noire ? Du moins, quand elle voulait la porter. Il tourna sur lui-même, se décidant finalement à marcher.

A marcher pour quelle raison ? Tout simplement trouver Elyséa ! ELYSEA ! Où était-elle hein ? Il n’aimait pas se promener dans ses rêves ! Ca emmenait souvent que des problèmes ! Tiens ! D’ailleurs là ! Où est-ce qu’il était exactement ? Le décor ressemblait à celui habituel mais il sentait qu’il y avait autre chose ! Quelque chose de plus problématique ! Pfff ! Voilà pourquoi il n’aimait pas ça ! ELYSEA ! Et aussi, où était la personne à l’origine de cette voix féminine ? Où était cette femme ou cette créature hein ?

Mais rien de rien. Rien du tout même. Et Elyséa qui ne donnait pas de traces de sa présence. Il était inquiet, terriblement inquiet même. Mais bon … Il regarda une nouvelle fois à gauche puis à droite avant de s’arrêter.

« ELYSEA ! Montre-toi s’il te plaît ! J’en ai assez là ! »

« Que se passe-t-il, Kéran ? Je te sens plus qu’anxieux actuellement. »

Elle venait de faire son apparition, se présentant en face de Kéran. Elle avait maintenant son armure noire sur le corps, c’était grave, n’est-ce pas ? Très grave hein ? Il la regarda avec un peu d’inquiétude, bredouillant d’une voix lente :

« Je ne sais pas. Je viens à peine de m’endormir et voilà dans l’embrouille dans laquelle je me trouve, tu comprends que je sois vraiment plus qu’inquiet, hein ? Enfin euh … Qu’est-ce qui se passe ici, s’il te plaît ? Tu peux me le dire hein ? »

« Je ne sais pas du tout où se trouve cette personne … Et cela m’exaspère. »

« Ne te force pas et calme toi, d’accord ? Sincèrement … C’est la meilleure chose à faire. »

La meilleure chose à faire ? Il en avait de bien bonnes. Elle était un peu sur les rotules actuellement et cela l’exaspérait. Elle n’avait aucune idée de ce qui était en train de se passer et cela l’énervait. Voilà tout ! Elle ne savait pas où se trouvait cette créature ! ASSEZ ! Elle n’était pas du genre à s’emporter pour rien mais il y avait des limites !

« Kéran … Cette créature peut être une ennemie. On ne sait pas ce qu’elle te veut et … »

« Peut-être que tu te fais des idées non ? En écoutant ses propos, elle ne semblait pas vraiment maléfique, n’est-ce pas ? »

« … … … Tu es bien trop naïf, Kéran. »

Oui mais il était ainsi et pas autrement ! Elle le savait pourtant à force non ? Alors pourquoi lui en vouloir à ce sujet ? Enfin, non … Pas lui en vouloir, elle savait pertinemment qu’il était ainsi. Mais … Il ne se faisait pas autant de soucis contrairement à elle.

Mais voilà, ce n’était peut-être pas suffisant pour la jeune femme non ? Enfin … Pour l’heure, il restait quand même sur ses gardes et … il se répétait, il se répétait sans cesse. Il le remarquait que maintenant mais depuis qu’il avait entendu cette voix, il ne faisait que tourner en rond, sans réellement savoir où il allait.

« Elyséa, je te fais confiance pour trouver d’où elle vient, d’accord ? »

« Je ne te le fais pas dire, Kéran … Cela sera résolu en moins de temps qu’il n’en faut. »

Hahaha ! Il avait complètement confiance en elle ! Mais bon … Ce n’était surement pas suffisant pour le rassurer. Il la regarda disparaître une nouvelle fois alors qu’il venait s’asseoir contre un rocher. Ah … Anxieux, il était terriblement anxieux même. Mais il prenait une bonne bouffée d’air, attendant que tout ce passe autour de lui.

Puis soudainement, tout fut recouvert par la neige, une puissante neige. Il n’avait pas froid, loin de là mais il lui semblait que quelque chose se produisait. Il entendait la voix d’Elyséa mais n’arrivait pas à la trouver. Il cria :

« ELYSEA ! OU EST-CE QUE TU ES ?! ELYSEA ! ELYSEA ! »

« KERAN ! RESTE OU TU ES ! J’y suis presque ! »

OUI MAIS NON ! Il était vachement inquiet là ! Il était complètement … AH ! Noir … Il venait de passer d’un décor complètement blanc à un décor complètement noir. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’est-ce que ça voulait dire exactement ?!

« ELYSEA ? ELYSEA ! ELYSEA ! »

Il criait son nom mais il entendait juste de l’écho, rien d’autre. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Où est-ce qu’il était alors ? OU DONC ?! ELYSEA ! PUREE ! Il n’aimait pas ça du tout ! VRAIMENT PAS ! VRAIMENT PAS ! ELYSEA !

« REPONDS-MOI ELYSEA ! »

Pourtant, rien n’arriva à ses oreilles. Peur … Il avait un peu peur. Il avait une boule à la gorge, son cœur battait à deux cents à l’heure. Il ne savait pas … Il ne savait pas quoi faire. Il devait se contrôler mais il n’y arrivait pas ! Il n’y arrivait pas ! Il se recroquevilla, comme en position du fœtus alors qu’il se laissait envelopper par les ténèbres.

« Te voilà donc … Je m’attendais à ta présence. »

« Cela se voit … Bien que tu as eu des difficultés à me mettre la main dessus. »

« Je peux savoir pourquoi tu fais cela ? Surtout … jouer avec les sentiments de Kéran. »

« Je ne joues guère avec ses sentiments, c’est bien différent de ce que tu crois … Elyséa. »

« Je te demanderai bien comment tu connais mon nom mais comme tu as pu l’entendre le crier plusieurs fois, cela serait inutile. » déclara une nouvelle fois Elyséa, gardant son armure noire sur le corps en regardant l’être en face d’elle. La Momartik … Celle-ci était là, tranquille et bienveillante alors que la femme reprenait :

« Cela ne change rien à tes actes … Pourquoi une telle imbécilité de ta part ? Tu as bien vu l’état émotionnel dans lequel s’est mis Kéran en te voyant. Il a cru que tu étais sa mère. »

« … … … Et si c’était le cas ? Que dois-je dire ? Que dois-je faire ? »

« … … … Est-ce que tu l’es vraiment ? » demanda calmement Elyséa en regardant la Momartik, celle-ci se mettant à tournoyer doucement.

« Si tel était le cas, qu’est-ce que cela changerait ? Je ne dirai rien … Je ne prendrai guère la parole envers Kéran. Ce que je fais actuellement dans son esprit … reste dans son esprit … Je ne veux pas me présenter face à lui, voilà tout. »

« J’ai emmené Kéran dans un endroit à l’abri au cas où … »

« Je t’en remercie car dans le fond, Kéran ne doit pas savoir que je peux parler. Il se fait des illusions et en même temps … »

Et en même temps ? La Momartik ne continua pas sa phrase, Elyséa tendant l’oreille. Elle sembla étonnée avant de dire d’une voix hésitante :

« Kéran est dans un état grave … du moins … Il est complètement perturbé. Je n’aurai pas dû l’emmener dans un coin isolé. Cette conversation est arrêtée … et dorénavant, essaye de ne pas rentrer dans son esprit sinon, je risquerai de devenir très méchante, est-ce bien compris ? »

« Hum ? Tu sais parfaitement que tu ne prendrais pas de risques inutiles de la sorte. »

TSSS ! Elle marquait un point et elle le savait parfaitement elle aussi ! Elle disparut de la vue de la Momartik, celle-ci s’illuminant pendant quelques instants avant de grandir, prenant une forme humaine. Elle observa ses doigts avant de souffler :

« Vraiment … Je ne pensais pas avoir assez de puissance pour cela … Peut-être est-ce parce que je suis dans l’esprit de quelqu’un ? »

Peut-être … Et donc, il valait mieux pour elle qu’elle s’en aille dès maintenant. Tout son corps disparu complètement, laissant seules les deux personnes … Du moins … Les deux personnes qui n’étaient pas présentes sur la scène actuellement.

« Kéran ? Kéran ? Où est-ce que tu es ? Kéran ! »

Elle criait son nom, entendant le jeune homme qui limite était en train d’implorer le sien. ZUT ! Quelle bêtise ! Mais quelle bêtise elle avait faite ! Tout ce qui était noir autour d’eux redevint blanc … recouvert par la neige ainsi que des rochers.

« Ely … Elyséa … Elyséa ! »

Le jeune homme était recroquevillé sur lui-même, venant finalement de lever la tête en direction de la jeune femme. Avec lenteur, il se leva, se jetant sur elle en tremblant de tout son corps. Elle fit disparaître son armure noire, se retrouvant en marcel blanc comme auparavant. Ohla … Des tremblements, beaucoup trop nombreux même.

« Kéran ! Calme-toi donc un peu ! Calme-toi ! Ne t’emporte pas ! »

« C’était noir … C’était vraiment noir et lugubre ! C’était vraiment horrible ! Ca ne ressemblait à rien du tout de ce que j’ai pu voir en moi ! C’était … C’était quoi ? »

« La mort … En quelque sorte, c’est ainsi que ça se passe, Kéran. Un endroit où tu ne peux parler avec personne, ne rien entendre à part le son de ta voix et encore … Rien … Il n’existe rien du tout. Rien … En attendant que ton corps évolue et devienne celui d’un spectre ou d’une créature ténébreuse. Mais à côté, si tu préfères, tu peux tout abandonner et donc espérer plus tard que ton âme se réincarne d’une façon basique. Je suis passée par là … Mais j’avais aussi une volonté propre qui me poussait à continuer. »

« Je … Je vois … Mais s’il te plaît, ne me refait plus jamais ça ! »

« Je te le promets, cela était absurde de ma part de faire une telle chose, j’en suis désolée. »

… … … Elle l’était vraiment ? Il posa ses yeux bleus sur les siens, Elyséa le fixant à son tour. Sans rien dire, elle prit son visage par le dos du crâne, l’emmenant contre sa poitrine tout en le serrant longuement contre elle.

« Oui, je le pense réellement, Kéran. Arrête donc de te faire du souci … Je suis désolée … Et ne t’en fait pas, cet être qui te perturbait ne viendra plus t’importuner dorénavant. »

« Tu en es vraiment sûre de tout ça ? Et puis, pourquoi tu dis ça ? Elle ne semblait pas si belliqueuse que ça à première vue, non ? »

« Non … Elle ne l’était pas mais … Ce n’est qu’une mesure de sécurité. Kéran, pas d’entraînement cette nuit, pas de combat, rien du tout … Tu te reposes. Cela me semble normal pour me faire pardonner de ce que je t’ai fait. »

« Tu n’as pas à te faire pardonner mais … j’accepte bien ta proposition. »

C’est surtout que ça ne lui déplaisait pas et qu’il avait besoin de se calmer. Toujours tremblant légèrement il vint s’installer sur les genoux d’Elyséa, repensant à ce qui s’était passé. Cet endroit … où rien ne pouvait se produire, où rien ne pouvait l’atteindre … C’était ainsi que l’on considérait la mort, c’est ça ? C’était affreux … terriblement affreux.

« Ca va mieux, Kéran ? Dis-le moi sincèrement. »

«  Ca va un peu mieux … Elyséa. En fait, ça va beaucoup mieux. »

Même s’il était sur la poitrine d’une autre femme que Katérina, ça ne le dérangeait pas. Il se sentait soulagé et serein maintenant. Oui … C’était le terme exact. Serein … Il était serein quand il était avec Elyséa. Il avait eu tellement peur … vraiment peur même.

Mais maintenant … Ca allait mieux. Il renifla puissamment, sentant l’odeur d’Elyséa. C’était l’odeur d’une humaine … pas d’une pokémon. C’était ça le plus important … Il releva légèrement son visage, Elyséa restant de marbre pendant quelques instants. Puis finalement, elle lui fit un sourire des plus gentils avant de lui caresser les cheveux.

« Est-ce que je dois encore te considérer comme un enfant, Kéran ? »

« Je … Ca m’embêterait que ça soit le cas si tu veux tout savoir … »

« Je vois … Je vois .. .Tu n’es donc plus un enfant mais tu as quelques réactions qui emmènent à penser le contraire … Les Hommes restent de grands enfants en fin de compte. Viens par-là maintenant. »

Elle avait décidé de bouger, se couchant à même le sol avant de ramener Kéran sur elle. Elle le força à poser sa tête contre son épaule. Le jeune homme tomba dans le sommeil presque aussitôt, se reposant comme il aurait dû le faire depuis le début.oi s’000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

Chapitre 167 : Entouré mais seul

Chapitre 167 : Entouré mais seul

« Je n’arrive pas à croire que j’ai fini par accepter cela. »

Il pousse un soupir alors qu’à côté de lui, Katérina marche … sur sa droite … mais sur la gauche, il y a l’adolescente aux cheveux rouges. Vraiment … Comment est-ce qu’il a pu se laisser avoir de la sorte ? Comment ? C’était tout simplement ridicule.

« De toute façon, héros Kéran, ce n’est pas comme tu avais le choix, n’est-ce pas ? Nous t’aurions quand même accompagné puisque nous voulons voir de nos propres yeux comment tout cela se passe. Je suis assez pressée, je l’avoue. »

« Il n’y a pas de quoi l’être réellement. Et je ne compte pas combattre des créatures possédées pour vous, princesse Iyasminé, désolé. »

Il ne répondait pas sèchement mais il voulait juste qu’elle comprenne que ce n’était pas un jeu pour lui, voilà tout. L’adolescente hocha la tête, Katérina poussant un grognement de colère. Elle allait montrer les crocs si cela continuait. Et ses crocs pouvaient déchiqueter la chair de n’importe qui. Elle prit le bras de Kéran, fixant méchamment la princesse pour bien montrer que le jeune homme était déjà pris, que ça lui plaise ou non.

« Tu vois ce qui est marqué sur son front ? Chasse privée ! »

« Hum ? Chasse privée ? De quoi parlez-vous mademoiselle Katérina ? »

« Fais pas semblant de pas comprendre, ça marche pas avec moi. Les gamins dans ton genre, je sais comment ça fonctionne, je le sais parfaitement. »

« Héros Kéran ? De quoi est-ce qu’elle veut parler plus précisément ? »

« Oh … De rien, de rien du tout même … Disons que Katérina et moi, nous sommes tous les deux ensembles, voilà tout. » dit le jeune homme, haussant les épaules alors que ça lui paraissait évident à première vue. Tellement évident mais … la princesse cligna des yeux, disant après quelques instants d’une voix un peu étonnée :

« Je ne pensais pas que le héros était amoureux d’une telle personne. Comme quoi, la tenue ne veut rien dire par rapport à la classe sociale d’une personne. »

Wowowow … Qu’est-ce que ça voulait dire exactement ça ? Il n’avait pas compris ce que cela voulait dire mais Katérina poussa un cri de rage, prête à bondir sur l’adolescente. Kéran l’arrêta, la soulevant aussitôt en la tenant par les seins bien que cela n’était pas intentionnel.

« BORDEL ! MAIS LAISSE-MOI ! JE VAIS JUSTE L’ETRIPER CETTE PIMBÊCHE ! »

« HEY HEY HEY ! ON SE CALME ! Loa, il vient de se passer quoi ?! »

« Hum ? Simplement que la princesse du Dominion Naturel qui déclarait que Katérina ressemblait à une prostituée à cause de sa tenue et qu’elle ne pensait pas que tu étais avec elle. Il faut dire qu’un « héros » de ta trempe est plus ou moins amoureux de personne de grande stature et classe sociale, voilà tout. Tu as la réponse à ta question. »

« PRINCESSE ! Veuillez ne pas insulter Katérina ! D’accord ?! »

« Je ne l’insultais guère. Je ne faisais qu’observer ses vêtements, qui sont plutôt affriolants. »

… … … Oui, là … Elle marquait quand même un gros point par rapport à Katérina. Katérina n’était pas vraiment chaudement habillé, on pouvait le reconnaître amplement même. Il poussa un soupir, faisant descendre Katérina sans pour autant la libérer. Il descendit ses mains pour les placer sur le ventre de la jeune femme.

« Calme-toi, ça ne sert à rien de t’emporter, d’accord ? »

« Ah ouais ? Et tu vas la laisser faire ? La laisser dire des trucs du genre ?! »

« Nullement, tu as bien vu que j’ai essayé de la raisonner. Tu as peut-être une tenue décadente mais tu n’es pas ce qu’elle croit que tu es. Et de toute façon, tu ne t’intéresses guère à son avis, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi s’emporter ? »

« Tssss ! C’est pour ça que je déteste les villes et la foule, toujours à critiquer et à juger comme s’ils pensaient avoir la connaissance parfaite ! »

« Mais non … Mais non … Katérina … Calme-toi, d’accord ? »

Il vint lui frotter le dos d’une main, une seule continuant de la maintenir contre lui avec sa position sur le ventre. Doucement … Qu’elle se calme, sa douce petite femme aux cheveux argentés. Voilà … Doucement … Il vint lui chuchoter :

« Si tu veux … Katérina, on pourra quand même essayer de voir pour que tu portes une autre tenue non ? Juste pour essayer, rien d’autre, qu’est-ce que tu en penses ? »

« Fais chier ! Pourquoi je devrais changer de tenue pour une gamine hein ? Pourquoi ? »

« Katérina … Tu ne veux pas plutôt penser : changer de tenue pour Kéran ? J’aimerai bien te voir dans une autre tenue tu sais … » souffla tendrement le jeune homme.

« Ouais, je sais surtout que tu veux me voir à poil. » rétorqua-t-elle à haute voix, Kéran se donnant une claque sur le front en rougissant.

« Mais non, Katérina ! Tu n’écoutes même pas ce que je te dis en fin de compte ! »

« Peut-être parce que j’ai pas envie d’écouter tes conneries, tu crois pas ? Ca te semble illogique comme raisonnement ? »

« Oh et puis zut ! Tu n’as qu’à faire ta martyre ! » répondit sèchement le jeune homme en la poussant dans le dos. Sans même jeter un œil à Katérina, Loa, Iyasminé et ses gardes, il accéléra le mouvement.

Il n’allait pas se prendre la tête avec cette idiote ! Si elle ne comprenait pas ses envies et ses besoins, c’était de sa faute, pas à lui mais à elle ! Il ne fallait pas le prendre pour un idiot non plus hein ? Il n’était le Poichigeon de personne voilà tout !

« On dirait bien que tu l’as fait bouder, Katérina. »

Loa lui avait lancé cette petite remarque à Katérina. Aussitôt, la jeune femme vint courir derrière Kéran, bondissant sur son dos avant de s’agripper à lui telle une sangsue.

« Toi … Je ne te lâche pas, c’est compris, Kéran ? Tu veux faire ta tête de Gruikui ? Pas quand je suis là, c’est compris, Kéran ? »

« Si tu essayais d’être un peu plus ouverte à la discussion, ça m’aiderait bien surtout. »

« … … … Mouais … Je peux tenter de faire un petit effort s’il faut. Mais porter une autre tenue, faut pas rêver. Rien ne m’irait de toute façon. »

« Je ne suis pas sûr de ça, Katérina. Tu es bien trop jolie pour ne pas être montrée. Et tu as tellement de choses qui t’iraient parfaitement. » répondit le jeune homme, la tenant fermement sur son dos en prenant ses jambes au cas où.

« Ouais, et tu sais qu’ils peuvent voir mon cul quand tu me portes comme ça ? Je te rappelle que ma raie est visible. » rétorqua la jeune femme alors que Kéran rigolait :

« Raison de plus pour que tu portes d’autres vêtements, Katérina. Qu’est-ce que tu en penses ? J’ai peut-être même … »

« Quoi ? Qu’est-ce que t’allais dire, Kéran ? Fais gaffe à ce que tu vas prononcer. »

« Rien du tout … Je te le promets. Rien du tout … Katérina. »

Il souriait bêtement. Autant rien lui dire Il avait déjà une tenue qu’il trouvait surement superbe sur elle mais … il valait mieux ne pas la lui montrer maintenant. Elle était encore colérique et mécontente. Pourquoi devrait-il alors l’énerver inutilement, n’est-ce pas ?

« Pour rien … Pour rien du tout … Oui. »

C’était l’unique chose qu’il disait, l’unique chose qu’il pensait sur le moment. Humpf … Il se tourna pour regarder Loa qui parlait avec les personnes accompagnant la princesse. Ils allaient vraiment être … une quinzaine dorénavant ? Peut-être … Peut-être était-ce une bonne chose ? Il ne savait pas. Il attendrait de voir cette nuit.

Il attendrait de voir cette nuit … qui arriva plus rapidement qu’il ne le pensait. Les tentes étaient montées, toutes les tentes même. Bien entendu, il fallait que celle de la princesse soit plus grande que les autres, rien que ça. Ah … Les goûts de luxe, ce n’était vraiment pas son genre, loin de là même. Il sortit sa Momartik, commençant à lui parler avec douceur :

« Alors … Toujours incapable de m’adresser la parole correctement, Sarène ? »

« Momartik ? » demanda la pokémon avant de se rapprocher de lui, caressant sa joue avec tendresse. Une patte un peu froide mais très douce au toucher. Il se surprit à rougir avec gêne, comme s’il était considéré comme un enfant par la pokémon. La Momartik eut un petit rire cristallin avant de s’asseoir à côté de lui, Kéran disant :

« Tu as peut-être faim, non ? Attends … Il y a quelques baies pour les pokémons. »

Il se leva pour se diriger vers les paniers dans lesquels piochaient les pokémons plante. Il voulut en prendre un qui semblait isolé des autres et surtout à peine rempli mais il se prit un coup de fouet sur le bras, lâchant le panier. HEY ! Ça faisait mal !

« Par … Pardon ! Nos pokémons … ne sont pas encore habitués … aux pokémons spectres et ténébreux donc … Ils sont méfiants. »

« Ah … Je vois … Bon ben … Il y a un panier vide ? » demanda le jeune homme, un soldat lui en tendant un. Même s’ils étaient en pleine nuit, il allait tout simplement récupérer quelques baies pour Sarène … mais aussi Harno.

« Ne te prends pas la peine pour moi, Kéran. Je n’ai pas très faim et j’ai déjà mangé quelques baies. Malheureusement, les pokémons n’ont pas remarqué ma présence avant que Loa me nourrisse. Dommage pour eux. » dit le pokémon ressemblant à un chandelier.

Hahaha ! D’accord, d’accord ! Il comprenait maintenant. Il commença à s’enfouir dans la forêt avoisinante. Sauf que voilà … La Momartik l’accompagna comme à son habitude et il ne put s’empêcher de sourire bêtement. Vraiment … Toujours là quand il le fallait, n’est-ce pas ? Pendant qu’il collectait des baies, il demandait à la créature de glace :

« Quand même, pourquoi est-ce que tu ne peux pas parler ? Je suis sûr que c’est possible. »

« Moma ? Momartik ? Moma momartik, momo momartik ? »

Elle lui adressait la parole sans réellement comprendre ce qu’il disait, c’est ça ? Du moins, c’est ce qu’il semblait comprendre des propos de la Momartik. Ah … Inutile … Vraiment inutile. Il fallait dire qu’avec Lili … Il avait pu discuter avec elle alors qu’elle n’était pas une pokémon spectre ou ténébreuse. Elle lui manquait … Ses trois autres pokémons lui manquaient complètement et …

« MOMA ! » cria Sarène subitement, le tirant de sa rêverie. Qu’est-ce que … AH ! La branche sur laquelle il se trouvait pour collecter des baies venait de lâcher !

Il devait se rattraper avant que … AH ! Il était en train de glisser sur un toboggan de glace ? Il regarda la Momartik qui avait craché cela, le jeune homme glissant jusqu’à elle, surpris et étonné. C’était … bizarre … Enfin, drôle de façon d’utiliser ses pouvoirs, il devait le reconnaître et … AIE !

Ca faisait mal ! Il venait de se prendre une claque par la créature de glace ! Comment est-ce que … sa pokémon osait lui faire ça ? Ce n’était pas … Enfin ! Comment est-ce qu’elle avait fait ça ? Pourquoi surtout ? Il la vit croiser les bras, déclarant :

« MOMA ! MOMARTIK ! MOMA MOMARTIK TIK ! »

« Oui … Oui … J’arrêterais de rêvasser la prochaine fois, c’est promis. »

Pfff … Il était honteux de son acte stupide … et il se faisait réprimander par sa pokémon. Sa pokémon quoi ! Rien que ça ! Il se faisait enguirlander par elle ! Pfff ! Il termina de récupérer des baies, les montrant à la Momartik. Celle-ci en prit une en main, prête à la manger mais Kéran lui tapa sur les doigts.

« Ah non … Tu attends s’il te plaît qu’on soit de retour ! »

Juste une petite vengeance. Il vit la Momartik faire la moue, Kéran rigolant légèrement. Au moins … Il était peut-être seul au fond de lui mais il était bien entouré. Enfin … Façon de parler, n’est-ce pas ? Il retourna auprès des tentes, la princesse l’attendant debout.

« Oh ! Te voilà donc de retour, Kéran le héros ? »

« La princesse se faisait un sang d’encre à ton sujet, Kéran. Elle avait peur que tu te fasses agressé par un pokémon dans la forêt. » compléta Loa. Nullement gênée par les propos de celle-ci, Iyasminé reprit d’une voix calme :

« Il faut dire que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre dehors. »

« … … … Je vais bien et je n’étais pas seul. Oui, Sarène, tu peux manger maintenant. » répondit le jeune homme en commençant à tendre les baies à la Momartik. Celle-ci en prit une, l’offrant à Kéran pour son travail alors qu’il se laissait faire. Ah … Vraiment … Il aurait bien aimé que ça soit le cas Mais bon … Au final, il valait mieux ne pas avoir d’illusions plutôt que de les subir en pleine face, c’était mieux … pour tout. Hum … Il termina de manger, ayant un peu délaissé Katérina ce soir. Lorsqu’il fut l’heure de se coucher, la princesse demanda d’une voix triste :

« Kéran, le héros, vous ne voudriez pas me raconter quelques aventures ? »

« Non … Pas vraiment car je n’ai rien à raconter, j’en suis désolé. Du moins, peut-être que si mais pas ce soir … Je ne suis pas motivé, il faut dire. »

« Oh … C’est vraiment dommage alors. Désolée du dérangement. Je vous souhaite la bonne nuit et j’espère que vos rêves seront doux et paisibles. »

« Pareil de mon côté, princesse Iyasminé. »

Elle s’approcha de lui, tendant sa main droite alors qu’il se demandait quoi faire. Ah oui ! Comme dans les livres de Sélia, quand elle lui lisait une histoire quand il était plus jeune. Il prit la main puis l’embrassa doucement, Iyasminé hochant la tête de haut en bas pour montrer qu’il avait fait le bon mouvement.

Il se dirigea vers sa tente, remarquant que Katérina dormait déjà … ou alors faisait semblant. Elle lui tournait le dos alors qu’il s’installait à côté d’elle. Il vint placer ses mains sur son ventre, la serrant contre lui alors qu’il fermait les yeux. Il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver le sommeil, se retrouvant à côté d’Elyséa.

« Une nouvelle fois … Cette présence est dans tes rêves, Kéran. »

« Kéran … N’oublie jamais ceux qui te sont chers. » murmura une voix féminine.

Chapitre 166 : Monsieur le héros

Chapitre 166 : Monsieur le héros

« Hum … Qu’est-ce … »

Il avait ouvert la bouche pour la refermer aussitôt. Il fallait dire qu’il avait déjà quelque chose et … que … AH ! Non mais vraiment ! C’était très gênant là ! Katérina ne dormait pas en face à face … Disons qu’elle … Elle était plutôt en hauteur par rapport à lui … et que lui … avait sa poitrine nue en face de son visage. Que cette poitrine nue … était collée à son visage … et comme elle était plutôt généreuse, il … AH ! Par rapport à hier ! Quel idiot mais quel idiot ! Il s’était excité comme le puceau qu’il était ! Et là encore, avoir ce téton en bouche, ça le mettait en transe. Il avait envie de s’en occuper par divers moyens mais aussi de s’attaquer à ce qui l’entourait. Il resta immobile, déglutissant, Katérina poussant un profond gémissement de plaisir. ZUT ! En déglutissant, il venait de tirer sur le monticule de chair !

« Ké… ran ? » marmonna la jeune femme aux cheveux argentés, ouvrant faiblement ses yeux dorés avant de les poser sur Kéran. Elle le regarda quelques instants avant de sourire, retirant enfin sa poitrine de la bouche du jeune homme. « Tu ne préfères pas m’embrasser pour me réveiller ? Tu ne crois pas ? »

« Pas de ma faute … Je … Par rapport à hier, je tiens à dire que … »

« Oh tais-toi et embrasse-moi au lieu. » coupa la jeune femme aux cheveux argentés, collant ses lèvres contre celles de Kéran. C’était le meilleur moyen pour qu’il se taise. Il se laissa faire, caressant son dos puis ses fesses, la jeune femme gémissant une nouvelle fois avant de ricaner après avoir retiré ses lèvres. « Je crois que je vais finir par être accro à toi. »

« Moi, c’est déjà fait, je ne peux plus me passer de toi. »

Des paroles qu’elles appréciaient grandement. Elle garda Kéran contre elle pendant quelques minutes avant de finalement le libérer. Elle commença à le soulever, massant son entrejambe avant de le regarder.

« Ca te plait, n’est-ce pas ? Je crois qu’un jour très proche … Il faudra que je … »

« Non, tu ne feras pas ça, Katérina. » dit le jeune homme, la coupant net dans ses paroles. Elle cligna des yeux, attendant la suite des propos de Kéran. « J’aimerai que … Enfin … Ca, j’ai rien contre, mais ce que tu veux faire, j’ai ma petite idée et … »

« Oh ne t’en fait pas, j’étais habituée à … »

« NON ! Justement, ce n’est pas parce que tu y étais habituée que tu vas recommencer ! Je ne veux pas que ça se passe comme ça d’accord ? Je veux qu’avant tout cela … Enfin, je veux quelque chose de normal la première fois. »

« OH ! Donc la première fois, on fait ça de façon basique et ensuite, tu n’es pas contre découvrir de nouveaux horizons, c’est bien ça ? Puis bon … Quelque chose de normal, je te rappelles que je préfère encore te faire ça plutôt que de … montrer ce qui a été défoncé depuis le temps … Bref, voilà… »

« Je m’en fiche. Je veux être uni avec toi, voilà tout. »

« … … … Hum … Je ne dirai rien par rapport à cela. Rien du tout. Mais … t’unir avec moi, tu sais exactement ce que ça veut dire ? »

« Toi et moi … Oui … Je le sais parfaitement. Je suis peut-être … puceau mais je m’y connais quand même un peu. »

Elle eut un léger rire aux propos de Kéran. Bien entendu, bien entendu … Elle l’embrassa une nouvelle fois, permettant ensuite au jeune homme de se rhabiller tandis qu’elle faisait de même de son côté. Elle vint dans ses bras, réclamant un baiser. C’était lui l’accro ? Pas vraiment non … Mais au moins, il reconnaissait qu’il avait bien besoin de Katérin avec lui.

« Allons-y ma grande … Il faut voir si Loa est déjà réveillée ou non. Je vais dans sa tente. »

« Hep, hep, hep … J’y vais moi. C’est une femme donc je sais pas trop ce que tu risquerais de voir, hein ? Pas de regard vers une autre personne de sexe féminin ! »

« … … … Loa n’est pas ce genre de femmes, tu le sais hein ? »

« Mon œil. Je préfère me méfier. Pour une fois que j’ai une personne qui tient à moi, je ne vais pas laisser les autres mettre leurs griffes dessus. »

« Hargneuse, teigneuse et jalouse. Que de bonnes qualités non ? » rétorqua Kéran en rigolant, Katérina lui donnant une légère baffe pour s’être moqué de lui. Il poussa un faux gémissement de douleur avant de laisser Katérina réveiller Loa.

Celle-ci était rouge au visage, comme un bon nombre de fois depuis quelques temps lorsqu’elle allait la réveiller. Elle ? Elle comprenait parfaitement ce que c’était ces bouffées de chaleur. Et il fallait dire qu’avec elle et Kéran à côté, c’était tout ce qu’il y avait de plus normal, hein ? Hahaha … Enfin bon …

« Debout la Castorno ! On n’attend plus que toi pour aller chasser de quoi déjeuner puis ensuite, on se barre d’ici ! Voilà tout ! »

« Hum … Un réveil … plus doux … aurait été bien mieux… Katérina. »

« Ouais, ouais … J’ai surtout l’impression que t’as très bien dormi si tu veux tout savoir. D’ailleurs, ça continue de pointer, t’as intérêt à calmer ça car je ne veux pas que Kéran voit ça. » déclara la jeune femme aux cheveux argentés.

« Que …AH ! Non … Katérina, ce n’est pas ce que tu crois ! » s’écria la jeune femme aux cheveux bleus, cachant sa poitrine sous sa tenue.

« Ouais, ouais, tu fais tout ce que tu veux, c’est ta vie, c’est ton corps. Juste qu’il reste éloigné de celui de Kéran, c’est tout. »

Bien entendu ! Il n’en était pas autrement ! Et puis … Le sien était déjà promis à quelqu’un d’autre, voilà tout. Elle hocha la tête positivement vers Katérina, celle-ci retournant auprès de Kéran, lui disant qu’ils pouvaient partir chasser. Il était temps de se mettre en route ! De toute façon, ils n’avaient pas encore de destination maintenant.

Finalement, après le déjeuner, le trio était maintenant prêt à partir et à se mettre en route, Kéran restant auprès de Katérina. Où se rendre exactement ? Nul ne le savait. Ils avaient juste en tête d’aller trouver un nouvel endroit où ils pourraient battre la créature ténébreuse ou spectrale qui le régissait et donc offrir du soleil à d’autres personnes.

« C’est peut-être un but un peu absurde non ? De vouloir offrir du soleil ? »

« Pas tant que ça, Kéran. Bien entendu, cela me désole en tant que Docte que les pokémons ténébreux et spectraux doivent être combattus mais il n’y a que peu de chances qu’ils acceptent de se rendre et de libérer leur partie du monde. »

« Enfin, ce n’est pas totalement impossible, Loa non plus hein ? On a bien vu avec les pokémons métalliques. Ils ont accepté de protéger en plus cet endroit. »

« Quand même … J’ai encore un peu de mal à y croire mais c’est bien réel. Toutes mes félicitations même si ça commence à dater de quelques jours. »

Il s’était surpris à rougir bêtement. Il n’aimait pas trop être complimenté. Il fallait dire qu’il n’avait pas vraiment l’habitude de ça … enfin même si c’était plus récurent depuis quelques temps. Il n’était pas fait pour être complimenté … Un peu comme avec cette princesse du Dominion Naturel. Quand même, l’appeler ainsi. C’était comment encore ? Ah oui, c’était :

« Monsieur le héros Kéran ! »

Ben tiens, il avait même l’impression d’entendre sa voix ! HEY ! MAIS IL AVAIT ENTENDU SA VOIX ! Qu’est-ce que … ça voulait dire ?! Il se retourna pour apercevoir la … la princesse ? Qu’est-ce qu’elle faisait là ?

« Je pense que tu dois être surpris de me voir, n’est-ce pas ? Et cette fois-ci, je ne suis accompagnée que d’une dizaine de personnes. »

« Que d’une dizaine de personnes blablabla. » marmonna Katérina, déjà énervée par la présence de l’adolescente aux cheveux rouges. Il était vrai qu’ils étaient moins nombreux qu’auparavant mais surtout … Surtout …

« Je ne suis pas un héros, princesse du Dominion Naturel. »

« Après une visite dans la montagne de fer, je pense que ne pas considérer une telle personne comme toi comme un héros, alors, personne ne l’est. »

Qu’est-ce que les pokémons métalliques avaient encore dit ? Et puis, pourquoi est-ce qu’elle souriait comme ça ? Il n’aimait pas ce genre de sourires, ça lui faisait toujours un peu peur en soi. Elle le regardait, se penchant un peu en avant tout en disant :

« Tu te demandes … Comment est-ce que nous avons pu vous retrouver alors que vous avez pris une autre direction et donc de l’avance et de la distance ? Tout simplement grâce au parfum émis par mes pokémons. Il faut dire que ce parfum, bien qu’inodore, est très puissant et peut être néanmoins repérable par mes pokémons. Qui de mieux qu’un pokémon plante pour retrouver sa propre odeur ? A partir de là, c’était bien simple. »

« Euh … Et la question qui dérange : pourquoi faire ça ? »

C’était une question tout ce qu’il y avait de plus basique et simple … mais il devait la demander quoi. Car bon … Des personnes qui cherchaient à les suivre, ce n’était pas normal, loin de là. Et ça ne lui plaisait pas aussi d’ailleurs.

« Qu’est-ce que vous me voulez sinon ? » demanda-t-il à nouveau, la princesse rigolant :

« Tout simplement voyager avec vous ! Maintenant que nous avons pu voir à quel point vous êtes spéciaux, tous les trois, j’ai envie de voir de mes propres yeux l’évolution de ce monde grâce à vous ! Et si, bien entendu, je peux y participer, je le ferai. »

« Euh … Je ne sais pas vraiment si … »

« On n’a pas besoin de vous, du vent. » dit Katérina en coupant Kéran avant même que celui-ci ne puisse terminer sa phrase malheureusement.

« Katérina, s’il te plaît … Ne soit pas trop violente dans tes propos, ça ne mène à rien. »

Ah ouais ? C’est surtout qu’il était faible dès qu’il s’agissait de dire non à une personne. Surtout une personne comme elle hein ? Katérina se plaça devant la princesse Iyasminé, la regardant avec dédain. La princesse arrêta de sourire, répliquant doucement :

« Malheureusement, je n’ai pas posé la question à vous, mademoiselle mais au héros Kéran. Je ne crois pas qu’il doit obéir aux ordres de celles qui l’accompagnent. Les pokémons métalliques ont été unanimes : c’est bien grâce à lui et à ses … Pardonnez-moi, héros Kéran. Et toutes mes sincères condoléances pour eux. J’ai finalement compris aussi vos paroles de la dernière fois après mon passage. »

« … Je … Ce … Ce n’est rien en fin de compte. »

« C’est plus qu’important ! Nombreux sont les êtres à tomber au sol après un long combat … Un combat où ils ont donné leurs vies … pour défendre ce monde ! »

Elle n’était pas un peu idéaliste ? Enfin … Lui aussi l’avait été … Mais en même temps, être idéaliste, cela montrait une bonne qualité. Très bonne qualité. Il posa sa main sur le crâne de la princesse, disant avec douceur :

« Au moins, vous êtes sincère, c’est une très bonne chose. »

« Qu’est-ce que … BAS LES PATTES DE LA PRINCESSE ! » cria un homme. Et zut, c’était le même que celui d’auparavant. Il retira sa main mais ce fut surtout parce que Katérina venait de lui faire une clé de bras.

« Hey, hey, hey … mon chou … Je t’avais dit quoi par rapport au fait de toucher d’autres filles hein ? Alors ? Fais attention à toi … »

« AIE AIE AIE ! Ca fait mal, Katérina ! S’il te plaît ! Arrête donc ! »

« Mouais … Je verrai si j’arrête … Si tu touches plus à la gamine, compris ? »

« Mademoiselle, veuillez le lâcher ! On ne touche pas au héros impunément ! » s’écria la princesse, comme un peu énervée par le comportement de Katérina.

« Ouais, ouais, je le touche ou je veux et je le touche tous les soirs. Toi, tu restes bien gentiment dans ton coin à jouer à la dinette et avec tes peluches de pokémon plante. »

Pourquoi il avait toujours envie de se cogner la tête contre un arbre quand il écoutait Katérina ? Ah oui, car elle proférait de telles insanités des fois.

« Katérina, je t’ai déjà dit de parler plus délicatement quand tu t’adresses à d’autres personnes. Surtout à des enfants. »

« Héros Kéran … Je te serai gré néanmoins de ne pas me considérer comme une enfant. Merci beaucoup. Ne brise donc pas l’image que j’ai de toi. »

« Hein ? Euh … Bon … Oui … Enfin, mademoiselle la princesse du Dominion Naturel. Par contre, je reste sur ma position : je ne pense pas que ça soit une bonne idée de nous accompagner. Cela est beaucoup trop dangereux pour vous. »

« Oh ! Si ce n’est qu’une question de dangerosité, vous n’avez pas à vous en faire. Je vais vous faire une démonstration. »

Une démonstration de … HEIN ?! Elle était en train de faire pousser des racines autour d’elle, les racines venant entourer le corps du jeune homme pour l’immobiliser et l’emmener à quelques centimètres de la princesse.

« Comment est-ce … Vous êtes possédée, princesse ?! »

« Oh ? Possédée ? C’est un mot un peu vulgaire. Surtout que je n’ai pas de pokémon spectre ou ténébreux en moi. Ce sont des pouvoirs héréditaires. »

« Héréditaires ? Comment est-ce … possible ? Même ça, je ne connaissais pas. »

Elle haussa tout simplement les épaules tout en souriant, les racines disparaissant pour le libérer. Il la remercia, restant quand même étonné d’une telle chose. Aussitôt, il demanda mentalement à Elyséa comment était-ce possible, la pokémon répondant :

« Sur le moment, je n’en sais rien. Rien du tout … A mon époque, bien que cela fût très rare, il existait des personnes capables d’une telle chose. Peut-être qu’elle fait partie des descendants d’une … »

« Qu’est-ce qu’il y a, Elyséa ? Elyséa ? Qu’est-ce que … »

« Désolée … Je préfère être seule pendant quelques instants. »

Descendant … Pourquoi est-ce qu’elle avait pensé à ce mot ? Et pourquoi est-ce qu’elle souffrait en y réfléchissant ? Elle ne savait pas … Mais visiblement, Kéran allait avoir plus de compagnie dorénavant, beaucoup plus même.

Chapitre 165 : La puissance d’un dragon

Chapitre 165 : La puissance d’un dragon

« Hum … Ce sang ne veut pas partir visiblement. » murmura la voix d’Hyathéna, Sélia étant en train de se laver. Sur son corps, plus aucune trace de sang mais la Diamat semblait vouloir dire autre chose dans ses propos.

« Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis propre … et indemne. Ces hommes n’ont rien pu faire contre moi. Me toucher ? Ils ne poseront pas la main sur moi. Une seule personne le peut à mes yeux et tu sais maintenant qui c’est … voilà tout. »

« Je le sais parfaitement. Quand même … Ce jeune homme me rappelle étrangement quelqu’un mais je n’arrive pas à mettre la main dessus. Je ne sais pas pourquoi. Quelque chose me bloque ou m’empêche de savoir ce que c’est. »

« Hum ? Je te préviens … Si tu comptes faire du mal à Kéran, il se peut que je devienne violente, très violente même. Est-ce bien compris ? Le message est-il bien passé ? »

« Très bien … Très bien passé même. Pendant que tu finis de te laver, je vais réfléchir à une chose … Et en même temps, je vais voir si je peux t’en parler. »

Qu’elle fasse donc, cela ne l’intéressait guère. Elle n’avait pas de temps à perdre avec ce genre de sottises absurdes. La femme aux cheveux bleus termina de se laver, regardant son corps. Même au niveau … de la poitrine, elle battait cette … garce. Pourquoi est-ce que Kéran ne l’avait pas choisi elle ? Pourquoi ? Elle était tellement mieux par rapport à cette femme … Tellement mieux et pourtant … Kéran en avait choisi une autre.

« C’est incompréhensible … vraiment incompréhensible. Il ne peut pas l’aimer réellement. »

Elle se le refusait. Kéran ne pouvait pas être heureux avec une femme comme elle. Loin de là même ! Elle le savait au fond d’elle ! Elle était la seule à comprendre réellement Kéran … Elle était la seule à savoir s’en occuper. Lui préparer à manger, veiller sur lui quand il était malade … Il y avait tellement de choses, tellement de choses …

Pendant ce temps, la Diamat était en Sélia, réfléchissant à quelque chose. Elle pensait à ce … Kéran. Il était joli garçon, plutôt agréable et aimable … Il semblait aussi assez franc et tendre … Enfin, il était plutôt timide d’après ce qu’elle avait remarqué.

Mais ce n’était pas suffisant. Il lui manquait quelque chose … Un simple détail. Un détail assez spécial qui permettrait de comprendre ce qu’il était réellement. Car elle sentait qu’il n’était pas ce qu’il montrait actuellement. Quelque chose … cachait la vérité mais quoi ?

Swar avait-elle réellement choisi au hasard de le posséder ? Hum … Swar … ou plutôt Elyséa … Cette Elyséa qu’elle avait envie d’étriper, de tuer … Qu’importe leur ressemblance ténébreuse, elle avait assez joué à ça de son côté !

Mais voilà, ce n’était pas suffisant, loin de là même. Loin de là … Ah … Ah … Elle finirait bien par arriver à ce bon moment même. AH ! Mais pour l’heure, ce n’était pas le cas. Oui … Ce n’était le bon instant mais quand ça serait … le cas … Elle sera présente, elle sera là. Elyséa … Elle allait se faire un plaisir de la tuer. Quant à ce garçon, oh … S’il devait mourir par inadvertance, aucun problème de toute façon, ça ne la concernait pas.

Ailleurs, le jeune homme était dans les bras de Katérina, dormant paisiblement contre elle. Plongé dans ses rêves, il se retrouvait à nouveau en face d’Elyséa. Celle-ci le regardait avec nonchalance, tenant deux épées en main avant d’en envoyer une en direction de Kéran.

« Bien qu’il faut reconnaître de grosses améliorations, tu es encore trop … faible actuellement, Kéran. Tu peux faire encore bien mieux. »

« J’aimerai bien que ça soit le cas mais je ne me fais pas d’illusions malheureusement. »

« Hum ? C’est quoi ces paroles manquant d’enthousiasme ? Je peux savoir ce qui t’arrive exactement, Kéran ? Avant que l’on débute tous les deux ? »

« Oh rien rien … Rien de bien spécial, ne t’en fait donc pas, Elyséa. »

Justement, elle s’en faisait plutôt quand il prononçait de tels mots. Il regarda Elyséa, un petit sourire aux lèvres. A cause de Katérina, il était toujours un peu chauffé. Et voilà qu’en regardant Elyséa, il avait quelques perversités en tête, ce qui ne lui plaisait guère.

« Kéran … Tout ceci n’est qu’un rêve, sache-le. Rien de ce qui sort de ce rêve ne sera connu de la réalité … tant que toi et moi, nous n’en parlons pas, est-ce bien compris ? »

« Hein ? Euh … Oui … Oui … Enfin, je crois bien oui … Mais merci de me prévenir. J’avais peur de ne pas m’en rappeler. » bredouilla Kéran.

« Humpf … Soit … Allons-y maintenant, voyons à quel point tu t’es amélioré. »

« D’accord, d’accord ! J’arrive Elyséa ! »

Il était quand même un peu motivé à se battre contre elle ! Mais il ne devait pas regarder la … Qu’est-ce qui lui prenait de faire ça ?! Brrr ! Il se prit un violent coup de coude dans la tête, le faisant se retrouver au sol.

« Tu n’es pas concentré, Kéran. Ca ne me plait pas du tout, est-ce bien compris ? »

Il se retrouva allongé sur le sol, Elyséa venant s’asseoir à côté de lui. Mais bon, qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi est-ce qu’il n’était pas aussi concentré qu’auparavant ? Il ne comprenait pas vraiment … Pas du tout même. La jeune femme aux cheveux blancs et aux yeux bleus comme lui le regardait.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Kéran ? »

« Je me posais une question … Swar … Enfin … Elyséa … Si tu veux bien y répondre … Mais bon, c’est encore assez personnel. Je ne sais pas … »

« Pose cette question absurde avant que je ne m’emporte devant ton indécision. »

« Est-ce que tu avais un fiancé quand tu étais vivante ? »

« Hein ? » répondit Elyséa, ne s’attendant pas du tout à une question de la sorte de la part de Kéran. Elle cligna des yeux plusieurs fois de suite, comme pour bien montrer qu’elle ne savait pas vraiment quoi répondre.

« Je me disais … Enfin, tu es une femme très jolie à la base. C’est bien ça ton apparence humaine, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas bien que je ne vois pas vraiment où tu veux en venir, Kéran. »

« Euh … C’est juste que ça m’étonne que tu sois seule … Enfin que tu étais seule quand tu étais envie, Elyséa, voilà tout. »

« Tu as pu voir quelques partie de mon passé, n’est-ce pas ? Tu connais donc la réponse à ta question, voilà tout, Kéran. »

Mais ce n’était pas vraiment ça ! Pas du tout ça même ! Enfin, il savait pertinemment que la jeune femme n’était pas très sociable de toute façon ! Enfin, d’après ce qu’il avait pu voir ! Mais voilà, ça ne répondait pas du tout à sa question !

« Je ne crois pas … Kéran. Cela va te sembler étrange mais même moi, je n’ai pas complètement des souvenirs de mon ancienne vie. Du moins, j’ai l’impression qu’il en manque une partie … comme si … on m’avait retiré ces souvenirs. »

« C’est étrange, vraiment étrange, Elyséa. Enfin bon … Peut-être que tu avais un petit ami hein ? Je me dis que ça t’irait bien ! A quoi est-ce que tu crois qu’il ressemblait ? »

« Je suis sûre d’une chose : je ne possédais pas de petit ami. Je n’étais pas sociale et donc, je n’avais aucune relation avec autrui, voilà tout. »

« Roh … Ne dit pas ça ! La preuve avec moi ! Tu as une relation sociale avec moi ! » répondit le jeune homme, se redressant pour la regarder avec amusement. Elle resta stoïque, complètement stoïque avant de le repousser en arrière.

« Si tu as le temps pour des imbécilités de la sorte, prépare-toi plutôt, on va recommencer l’entraînement et … »

« Je suis pas motivé ! J’ai envie de parler aujourd’hui avec toi ! » coupa doucement le jeune homme en la regardant avec tendresse.

Elle recula un peu la tête. Elle eut une légère rougeur, se caressant la joue gauche en détournant les yeux. Qu’est-ce qui lui avait pris à ce moment précis ? Elle avait eu une petite pointe au cœur … Une pointe qui la faisait souffrir terriblement.

« Qu’est-ce qu’il y a, Elyséa ? » demanda Kéran en posant une main sur son front.

« Je ne me sens pas vraiment bien … Je pense que l’entraînement va être reporté. En même temps, il se peut que je te laisse rêver de ce que tu veux … »

Elle allait peut-être se reposer. Qu’importe si elle était une créature ténébreuse, elle était quand même d’être malade ou … affaiblie. Cette question … avait eu un effet sur elle.

Pendant que Kéran, Katérina et Loa dormaient, ailleurs, Sélia était assise contre un mur, son épée plantée dans le bois devant elle. Elle n’avait pas peur de faire un petit trou, loin de là. Les jambes recroquevillées vers son visage, elle fermait les yeux, cherchant le sommeil sans y arriver. Depuis cet instant, elle n’arrivait plus à dormir.

« Visiblement, tu as quelques soucis pour dormir. Malheureusement, je ne suis pas douée pour cela, j’en suis désolée. »

« Ça ne fait rien du tout. Ce n’est pas un problème … de ne pas dormir … Mais qu’est-ce que tu me voulais sinon ? Tu avais une idée en tête. »

« Ta puissance … Malgré que je te vienne en aide et que je suis dans ton corps, tu es beaucoup trop fragile. Bien entendu, comme à la base, tu n’acceptes guère réellement ma présence, tu ne peux donc avoir les véritables pouvoirs qui vont avec. »

« Sois plus précise au lieu de tourner en rond. » marmonna Sélia avec lenteur.

« Il existe dans les environs des Dragons qui vivent encore … Oh … Si je te faisais plus confiance, je t’en parlerai plus à ce sujet mais bref … Est-ce que tu veux obtenir plus de force, Sélia ? Et je ne parle pas de fausse force … Je te parle d’une force qui te donnera la possibilité d’obtenir tes propres pouvoirs … comme le peuvent les Doctes qui sont plus que liés à leurs pokémons spectraux ou ténébreux. »

« … … … Où est le piège dans tes paroles ? »

« Le piège ? Il n’y en a pas exactement … Mais ce que je te propose, c’est de combattre une créature liée aux dragons … et donc, cela risque d’être un combat à mort. Si tu ne te sens pas capable de la combattre, n’y va pas … car sinon, tu disparaitras de ce monde. Mais en contrepartie, si tu arrives à la battre et que tu dévores sa chair et son corps, tu obtiendras des pouvoirs immenses ! Du moins, pas pour le moment … mais au fur et à mesure. »

« … … … Et en quoi cela te servirait ? » demanda Sélia en fixant l’épée bien que la créature n’était plus à l’intérieur depuis maintenant quelques temps.

« Ce n’est qu’une mesure de précaution pour être sûre que je puisse obtenir ce que je désire, voilà tout. A partir de là, rien de plus intéressant. »

« … … … Je ne te fais pas confiance et je ne te ferai pas confiance … mais parle-moi donc de ce fameux dragon … Enfin, de ces dragons … »

« Il existe dans les environs une créature que l’on appelle « Le Grand Arbok ». Il s’agit d’un Arbok ayant vécu aussi longtemps que les dragons ou les créatures métalliques. Même les pokémons ténébreux et spectraux n’osent pas s’approcher de lui. L’acide qu’il crache à partir de sa gueule pourrait liquéfier un corps humain en quelques secondes. »

« Très intéressant … mais les Arboks sont des créatures qui existent depuis déjà bon nombre de temps. Ils peuvent être capturés et … Ils sont liés aux dragons ? »

« Bien qu’ils ne soient guère de véritables dragons, ils font partie du même groupe racial. Mais ce n’est pas tout, bien heureusement. Ce Grand Arbok est ce qui se rapproche le plus d’un dragon … Il paraitrait même que des ailes peuvent pousser de son dos. C’est pour te dire à quel point il est différent des autres. »

« Humpf ! Un Arbok ailé ! Et puis quoi encore ? Et il suffit juste que je dévore sa chair pour obtenir des pouvoirs incommensurables ? Est-ce que tu me prendrais pour une sotte ? » rétorqua Sélia avec un peu d’ironie dans la voix.

« Libre à toi de me croire, je ne fais cela que pour toi, rien d’autre. »

« Je te dirai bien de me laisser réfléchir mais ma réponse est déjà trouvée. Tu m’indiqueras où il se trouve dans les prochains jours et nous irons le combattre. »

« Soit … Tu me sembles bien décidée. Est-ce que tout cela t’a donné envie de dormir ? »

« Je ne sais pas … Je vais voir si me coucher dans le lit m’aidera ou non. »

« Comme tu le désires … Je surveillerai les alentours. » termina de dire Hyathéna alors que la jeune femme se relevait, se dirigeant vers son lit.

Là-bas, elle vint se coucher à l’intérieur, ne disant rien d’autre. Les yeux fermés, elle cherchait le sommeil sans réellement le trouver. Tant qu’elle fermait les yeux, son corps se reposait, même si cela ne devait être qu’à moitié. Au moins … Son corps se reposait … Son cœur et ses pensées, cela était une autre affaire.

Une affaire personnelle … dont elle ne voulait personne s’en mêle. Malheureusement, elle avait succombé en partie à ses démons. S’allier à une pokémon ténébreuse … Quelle idée absurde … Il y a à peine un an, elle aurait tué la créature mais là …

« Sélia, je suis capable de lire dans les pensées de la personne dans laquelle je me trouve. »

« Hum ? Et alors ? Tu pensais que j’allais ménager mes pensées pour toi ? »

« Non mais cela est assez déplaisant de se dire que la personne que je « possède » veuille surtout me tuer. Alors que pourtant, nous avons chacune besoin de l’autre. »

«  Tsss … Tant que tu n’es pas une plaie … Je veux juste retrouver Kéran, voilà tout. »

« Je le sais parfaitement, tu répètes ces paroles … mais soit pleine de volonté et ne faiblis pas … et peut-être qu’alors, tu obtiendras la puissance nécessaire pour le récupérer. »

« Peut-être ? Ce … Grand Arbok ne pourra rien contre moi. Je vais m’en occuper avec rapidité dès demain ou après-demain, tu verras bien ce qui l’attend. »

« Je n’en doute pas … Je panserai tes blessures en plein combat si nécessaire. »

Car malgré ses pouvoirs, elle n’aurait pas l’avantage sur la créature. D’ailleurs, un seul jet d’acide et il en serait terminé pour elle ou de son équipement. Oui … Ce Grand Arbok ne serait pas une mince affaire mais après cela … son aventure personnelle allait commencer.

Chapitre 164 : Massacre gratuit

Chapitre 164 : Massacre gratuit

« Cela ne te gêne pas ? De tuer autant de personnes ? »

« Pourquoi cela devrait-il me gêner ? Dès l’instant où ils ont décidé de rejoindre l’Enceinte aux Esclaves, ils savaient qu’ils me considéraient comme une ennemie. »

« Hum … Soit ! Tu sais parfaitement que tu pourras utiliser ma puissance si tu le désires ! D’ailleurs, à ce sujet, dès que tu en auras terminé, je te parlerai de quelque chose d’important, tu verras, ça te sera plus qu’utile. »

« Plus qu’utile ? Sache que je t’accepte en moi seulement car tu me faisais pitié … et à cause de ce que tu as dit. » murmura la jeune femme aux cheveux bleus.

Un carnage ? Peut-être … C’est ce qu’elle allait faire … Peut-être … S’ils ne se montraient pas très coopérants. Car oui … Elle était là pour une bonne raison : obtenir des informations sur son père. Savoir où il se trouvait. S’ils ne voulaient pas répondre … Tant pis pour eux.

« Ben alors, ma petite dame, je peux savoir ce que tu fais par ici ? Tu ne devrais pas porter une armure, tu sais parfaitement que … »

« Arrête tes conneries ! C’est Sélia, la sous-cheffe de la Sainte Alliance ! » dit un second homme qui gardait la base de l’Enceinte aux Esclaves, éloignée du reste de la ville. Le premier perdit son petit sourire narquois, regardant Sélia avant de répondre :

« Oh merde ! T’as complètement raison ! Qu’est-ce qu’elle fout ici ? »

« Emmenez-moi à votre chef, j’ai à lui parler. » murmura calmement la jeune femme aux cheveux bleus, le premier homme répliquant aussitôt :

« Ah ouais ? Désolés mais on n’obéit pas aux membres de la Sainte Alliance et … »

« Vous pensiez avoir le choix ? Que c’était une demande ? Imbéciles. » rétorqua la jeune femme aux cheveux bleus, craquant ses poings de métal.

L’homme voulut dire quelque chose mais le poing droit de Sélia vint tout de suite le frapper en pleine visage, le faisant tomber en arrière. Elle observa le second homme, sortant son épée avant de reprendre d’une voix faussement douce :

« Est-ce que vous voulez bien m’y emmener ? Ou alors, vous pensez faire le poids contre moi ? Je n’ai pas de temps à perdre avec des imbécilités de ce genre, est-ce bien compris ? Le message est-il clair ou alors, je dois vous le répéter ? »

« ESPECE DE SALO… » commença à répondre le premier soldat.

La lame de Sélia se planta dans le bras du soldat, lui faisant tomber la noigrume qu’il avait pris dans sa main. Il poussa un cri de douleur, Sélia retirant son arme avant de fixer longuement l’homme en face d’elle.

« Je ne serai pas aussi sympathique la prochaine fois. Exécution. »

Le second homme bredouilla quelques mots alors que déjà des cris commencèrent à se faire entendre à l’intérieur du bâtiment. Pourtant, lorsqu’elle commença à marcher tranquillement derrière l’homme, tout le monde s’arrêta.

« Laissez-la passer ! Que quelqu’un aille le voir à l’entrée ! Il a besoin de soin ! Elle lui a planté son épée dans le bras ! »

Le second homme n’était pas vraiment motivé à la laisser passer mais il savait qu’il n’avait pas le choix. C’était donc elle … Sélia ? C’est ça ? Etonnant, vraiment très étonnant même. Mais bon, comme quoi, il valait mieux se méfier des apparences. De plus, au fur et à mesure que le temps passait, il avait entendu des rumeurs comme quoi elle n’hésitait pas à abattre toute personne possédée, arrivant facilement à les repérer. Il valait mieux pour lui qu’il garde ses noigrumes bien au chaud au cas où. Après deux bonnes minutes de marche, ils arrivèrent devant une double porte, l’homme toquant à celle-ci :

« Pardonnez-moi … Chef … Mais y a une mesure d’urgence … Enfin, c’est important. »

« Qu’est-ce qui est plus important que de me laisser tranquille ? BORDEL ! RENTRE ! »

Un homme d’une quarantaine d’année, au crâne rasé et avec quelques tatouages dessus. Il semblait plutôt musclé mais nullement avec l’air stupide. C’était plutôt le contraire … Il semblait calme et serein malgré ses paroles. Sélia pénétra dans la pièce, l’homme haussant un sourcil avant de demander calmement :

« Qu’est-ce que la fillette de la Sainte Alliance veut de moi ? »

« Savoir où se trouve votre chef … Et je parle bien de Ranor. J’ai à lui parler … Pour connaître la méthode d’extraction d’un spectre … ou d’une créature ténébreuse. »

« Et pourquoi est-ce que je te donnerai une telle information hein ? Pour qui est-ce que tu te prends petiote ? Ici, tu ne fais pas ta petite loi de pacotille hein ? »

« Car vous n’avez pas le choix. C’est cela … ou je tue la majorité de vos hommes. Il est facile de vous tuer sous la bannière de la Sainte Alliance en prétextant que vous étiez possédés par vos pokémons. Je peux facilement le deviner d’ailleurs. »

« Ah oui ? Et alors, qu’est-ce que tu penses de moi ? Est-ce que je suis assez possédé à tes yeux ? Hahaha ! Comme si une gamine pouvait faire ça ! » rétorqua l’homme en éclatant de rire, Sélia croisant les bras au niveau de sa poitrine.

« Vous n’êtes pas possédé mais … je peux facilement vous donner la possibilité de l’être si vous ne me donnez pas cette information. »

« Petite créature futile et prétentieuse … Tu te prends pour qui ? Tu es de la Sainte Alliance, tu rentres dans une base de l’Enceinte aux Esclaves comme si tu croyais chez toi ? Et tu veux obtenir une information de la sorte ? Tout se paye … Soit tu peux le faire en nature et tu as intérêt à être plutôt douée ou alors, tu m’affrontes en duel mais je tiens à te préciser qu’il faudra que tu me laisses en vie … si tu veux avoir ton information .Quant à toi, par contre, il y a peu de chances que tu survives si tu perds Qu’est-ce que tu en penses ? Tu veux prendre le risque ? Ou alors partir dès maintenant ? Libre à toi, tu connais le chemin. »

« Comme si j’avais à te craindre … Soit … Emmène-moi donc dans ta salle de duel, tu risques d’être surpris … et cela loin d’être agréablement. »

HUMPF ! Petite prétentieuse ! Elle se croyait vraiment capable de le battre ? Et dans le pire des cas, il avait tout prévu au cas où. Il emmena la jeune femme jusqu’à l’arène où les membres de l’Enceinte s’affrontaient entre eux.
D’ailleurs … Ils étaient nombreux autour d’elle, formant les spectateurs de ce drôle d’endroit. L’homme chauve eut un grand sourire, présentant deux griffes, ouvrant deux noigrumes. Elle n’eut pas le temps de voir les pokémons que déjà, ils pénétraient dans les armes.

« C’est donc ainsi ? Tu ne tiens quand même pas à tes pokémons, j’espère ? »

« Pas le moins du monde ! Mais toi … HAHAHA ! Comment est-ce que tu comptes te battre contre moi ? Avec ces foutues armes élémentaires ? Ca ne servira à rien ! Tu n’aurais pas le temps de me toucher que mes griffes lacéreront ta peau. »

« Peut-être que oui … Peut-être … que non. Ramène-toi. »

Se ramener ? Elle jouait encore les prétentieuses ? Elle n’allait pas être déçue du voyage ! Il fonça vers elle, une griffe en avant. Elle plaça sa lame à la verticale, ne bougeant pas de sa position. L’épée passa entre deux lames de la griffe gauche, l’homme ricanant :

« Et maintenant ? Qu’est-ce que tu vas faire ? J’ai toujours ma main droite ! »

« Hum ? Mais plus la gauche. »

Elle avait répliqué cela avec nonchalance avant que sa lame ne brise la protection de métal recouvrant la main griffue de l’homme. Sans aucune résistance, sa lame vint couper le bras en deux sur la longueur, laissant voir ses muscles, os et autres … L’homme poussa un hurlement de douleur, Sélia murmurant :

« Je n’aime pas les plaintes. Tu as voulu te battre, tu as le résultat. Je vais abréger tes douleurs. Mais … ne t’en fait pas, tu ne mourras pas. »

D’un simple geste, elle trancha le bras par rapport au reste du corps, le bras tombant au sol, coupé en deux alors que du sang s’écoulait en grande quantité. Aussitôt, quelques hommes vinrent s’occuper du chef, cherchant à arrêter l’hémorragie.

« NE LA LAISSEZ PAS S’ENFUIR ! TUEZ-LA ! TUEZ-LA ! »

« Hum ? Vraiment ? Et vous pensez en être capable ? »

Elle n’était nullement inquiète alors que le chef reculait, son sang étant arrêté par un garrot. Déjà, plusieurs pokémons spectres et ténébreux étaient utilisés dans leurs armes, une faible voix féminine murmurant dans la tête de Sélia :

« Je ne pense pas que la provocation fut la meilleure idée possible. »

« Hum ? De la provocation ? Je veux surtout en terminer le plus rapidement possible. Tu m’aides ou non ? Que je sache dès maintenant. »

« J’y suis bien obligé. Je ne vais pas t’embêter plus longtemps … Tu as besoin de mes pouvoirs, de toute façon, n’est-ce pas ? »

« Cela va m’être nécessaire, je pense. » dit calmement la femme aux cheveux bleus.
Puis ce fut un carnage … tout simplement un carnage … Et rien d’autre. Auréolée d’une aura noire et violette, la jeune femme s’était mise à danser sur place, terrassant les différents hommes qui tentaient de la combattre. Mais pas seulement … Il n’y avait pas que ça. Loin de là … Elle ne laissait aucune personne envie. Ceux qui tentaient de s’enfuir étaient poursuivis. Et finalement, l’un d’entre eux déclara :

« PUREE ! Elle est possédée ! Elle est possédée ! COMPLETEMENT ! »

« QUOI ?! Tu veux dire qu’une femme de la Sainte Alliance est possédée ?! Comment c’est possible ? COMMENT ?! » répondit un second homme.

« JE NE SAIS PAS MAIS … »

Aucun des deux ne put terminer sa phrase, Sélia venant les tuer sans aucun souci. Il ne restait maintenant plus que le chef qui était en en vie, adossé à un mur. Sélia s’approcha de lui, le fixant sans même le menacer de son arme.

« Est-ce que tu veux bien me dire où se trouve mon père ? Ou tu comptes emporter ce « secret » dans ta tombe ? Fais attention à tes paroles … »

« Ton … Ton père ? Tu es la fille de Ranor ? Mais comment … Tu … Enfin … Tu es possédé et Ranor n’avait aucune … famille normalement … Sa femme est morte il y a … »

« Je n’existe plus aux yeux de mon père et inversement … Maintenant, est-ce que tu vas me dire où il se trouve ? Ou dois-je utiliser la manière forte ? »

« Je vais te le dire, je vais te le dire … Je ne sais pas ce que tu veux à ton père mais … »

« L’exorcisme … La méthode exacte et parfaite pour extraire un spectre ou une créature ténébreuse du corps de quelqu’un. Voilà tout. »

« La plupart des membres de l’Enceinte savent comment … »

« NE VOUS FOUTEZ PAS DE MOI ! ILS SONT IMPARFAITS ! Je veux quelque chose qui me donne l’impression d’être sûre qu’il soit retiré ! »

« D’accord, d’accord ! Quand même, comment est-ce qu’une personne comme toi peut être dans la Sainte Alliance ? Tu n’as rien à voir avec les … autres. »

ASSEZ ! Il ne comprenait pas ce qu’elle venait de dire ou quoi ? L’homme ne bougea pas du mur, étant incapable de se mouvoir alors qu’il regardait la furie en face de lui. Finalement, il prononça quelques mots, Sélia fronçant les sourcils.

« Il est donc là-bas … Et pour combien de temps environ ? »

« Un bon mois … au minimum … Il a énormément de travail là-bas. »

« J’ai eu toutes les informations que je voulais … Maintenant … »

Maintenant quoi ? Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Il la regarda en train de pointer l’épée vers lui, ne laissant transparaitre aucune émotion sur son visage. Il eut un léger sourire. Il en était donc ainsi hein ? Il fallait s’en douter de toute façon. Il murmura :

« Fais donc ton travail … bourreau. De toute façon, dès le départ, tu ne comptais pas me laisser vivre, n’est-ce pas ? »

« Ni toi, ni ceux qui savent qu’une pokémon ténébreuse est en moi. De même, tes paroles vulgaires par rapport à mon corps sont ce qui m’a incité à en terminer avec ton existence. »

« Mes paroles ? Oh … HAHAHA ! Surement … Oui … Surement … Tu es trop prude ? »

« Non … Mais je réserve mon corps à une seule personne … Une personne que je connais depuis l’enfance. Et ce n’est pas un Gruikui comme toi qui risque de l’obtenir. Visiblement, tu as déclaré tes dernières paroles. Adieu. »

Sa lame se logea rapidement dans le cou de l’homme, le tuant instantanément. Elle retira son épée, observant le décor apocalyptique … Décor apocalyptique qu’elle avait créé de toutes pièces. La voix d’Hyathéna arriva à elle :

« Alors … Comment ressens-tu cela ? Quelle est ton impression ? »

« Mon impression ? Par rapport à quoi ? Au fait d’avoir commis un massacre autour de moi ? Sur des personnes humaines ? Qu’est-ce que je devrai ressentir ? »

« Tu es bizarre … Vraiment bizarre … Tu sembles donner une grande valeur à la vie mais en même temps, tu la retires …Tu hais les pokémons spectres et ténébreux mais tu es possédée par l’une d’entre elles. Tu es un véritable paradoxe. »

« Paradoxe ? Je ne me pose pas de questions à ce sujet. »

« … … … Soit … Comme tu le désires, tu es libre de tes actes. De toute façon, je t’accompagnerai là où tu iras. Tu as un but … noble … mais tes actes sont spéciaux. »

« Comme si une pokémon ténébreuse pouvait me faire la morale à ce sujet. »

Elle avait rétorqué cela avec ironie, Hyathéna ne répondant plus à la jeune femme aux cheveux bleus. Puisqu’elle voulait être « seule », autant la laisser tranquille. Ce carnage n’allait pas passer inaperçu bien que nul ne pourrait dire qui avait commis un tel acte … De toute façon, tout le monde dira bon débarras par rapport à eux. Elle n’en avait que faire.

Chapitre 163 : Incapable de continuer

Chapitre 163 : Incapable de continuer

« Viens donc ! Je t’attends maintenant ! »

Il avait crié cela en direction d’Hansanio, arrivant à sa hauteur. Aussitôt, les premiers coups d’épées furent donnés avec agilité mais Hansanio arrivait à les parer avec une dague, surprenant le jeune homme aux cheveux bancs.

« Ces dagues sont plus résistantes que la normale. Je pourrai surement les briser … mais en même temps, je risque de lui couper les doigts. »

« Et tu n’en as guère envie ? Tu ne veux pas le rendre définitivement manchot, c’est cela ? »

« Disons que déjà sans une main, ce n’est guère la joie … alors sans les deux. »

Elle comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire par là. La personne aux cheveux noirs avait besoin d’une bonne leçon … Une très bonne leçon même ! Et pour ça, il n’y avait pas cinquante solutions. Il fallait le blesser salement ! De même, il avait besoin de se réconforter dans ses pensées. Il devait vraiment … mettre de l’ordre à ses idées. Mais pour ça, il devait … AH ! Il fit un saut en arrière, remarquant néanmoins que deux entailles étaient dessinées sur son torse, du sang s’en écoulant. Blessé ? Il était réellement blessé ? Comment ? Par Hansanio ? L’aura noire autour des dagues … Non … En fait, ce n’était pas seulement autour des dagues. L’homme ne le remarquait pas mais la Magirêve était en fait complètement dans sa main valide, ne possédant que cette partie. Mais de toute façon, ce n’était pas son problème sur le moment.

Son problème, c’est qu’il avait l’impression qu’Hansanio était bien plus fort qu’auparavant. Résultat ? Ce n’était pas que ça … Il n’y avait pas que ça ! Il était … AH ! PUREE ! Il fit un saut sur le côté, esquivant des pieux de terre, projetés par les deux dagues. Des pierres ? Des morceaux de pierre ? Comment est-ce qu’il en était capable ?

« Elyséa … S’il te plaît … Tu as une explication à ce sujet, s’il te plaît ? »

« Vraiment … C’est tout simplement des pouvoirs issus de la part de sa Magirêve. Rien de bien surprenant. Du moins, pas autant le fait qu’auparavant, il n’en était pas capable. »

C’était ça … qui était étrange. Comment est-ce que c’était possible maintenant et pas auparavant ? Est-ce parce que la Magirêve était maintenant en Hansanio ? Sans même qu’il ne le remarque tout de suite ? Ou alors, la folie du jeune homme était-elle qu’il était aveuglé par sa propre colère et l’empêchait alors de raisonner correctement ? C’était peut-être ça en fait ? Oui … Surement même.

Mais pour le moment, il fallait surtout réagir avant qu’il ne soit trop tard ! Il courut en direction d’Hansanio, prêt à le battre cette fois-ci ! Il allait utiliser son épée mais aussi son poing et ses pieds aussi ! Ainsi, il prendrait rapidement l’ascendant sur son adversaire ! Mais ce n’était pas le moment de penser à comment il allait le battre !

« Kéran ! BORDEL ! FAIS ATTENTION A TOI QUAND MÊME ! »

« Ouais, ouais, je sais, Katérina ! Merci de prévenir quoi ! »

Il avait quand même reconnu à moitié le ton inquiet de la jeune femme aux cheveux argentés. Il fallait dire qu’Hansanio l’attendait avec impatience, donnant des coups de dague dans le vide. Des lignes ténébreuses sortaient, fonçant vers lui pour tenter de le blesser. Il esquiva les attaques une par une mais une ligne ténébreuse vint le toucher à l’épaule, l’arrêtant dans sa course, Hansanio explosant de rire :

« C’est donc ça le fameux monstre qui m’attendait ?! C’est donc ça les personnes qui sont possédées ?! Dès qu’on utilise leurs propres armes, ils ne valent plus rien ?! Tu ne vaux plus rien ! Tu n’as jamais su te battre correctement ! Tu n’as pas la force et le mental pour ça ! Tu n’as aucune obligation qui fait que tu dois vivre ! Moi … Moi … »

Lui ….Lui ? Quoi donc ? Qu’est-ce qu’il allait encore dire comme connerie ? Car oui, il commençait à en avoir marre de ce type ! Il lui tapait sur les nerfs à parler de la sorte ! Vraiment, il lui prenait la tête ! Il voulait se battre ? Il allait être servi !


« Si tu veux que l’on soit sérieux, on va l’être maintenant ! »

Il murmura quelques mots, s’adressant à Swar en lui. Puisqu’il était question d’utiliser les ténèbres pour battre son adversaire spectral, il n’allait pas se priver ! Il avait même déjà une idée en tête. Une sombre idée en tête. D’ailleurs, Swar n’était pas d’accord avec lui.

« Kéran … Ce genre de pouvoirs … est vraiment dangereux pour ta santé. »

« Tu es en moi, je n’ai pas peur pour ma santé à la base, Swar. Si tu préfères, on peut utiliser ces pouvoirs sans que je sois obligé … de m’enfoncer … Mais plutôt pour me fondre dans le décor … Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Cela serait une meilleure idée. Mettons-la en place, alors. »

La mettre en place ? Quand elle le désirait ! Une puissante aura ténébreuse commença à l’entourer … puis à le recouvrir subitement. L’homme aux cheveux noirs s’était mis en position de défense, Kéran rigolant à son tour.

« Je vais te montrer ce que cela fait d’être à l’unisson avec le pokémon qui nous habite. Non … Je ne devrai pas dire pokémon … Je devrai dire la femme qui me côtoie. DISPARAIS ! »

Ou plutôt LUI allait disparaître ! Car l’aura ténébreuse le recouvra en intégralité, ses yeux se fermant. Quelques instants plus tard, il n’était qu’une boule de concentré ténébreux, ses yeux se rouvrant, laissant voir deux pupilles intégralement bleues.

Un seul mouvement et il disparaissait de la vue d’Hansanio mais aussi de Katérina et Loa. D’ailleurs, la femme aux cheveux verts semblait impressionnée, se tournant vers Harno. Celui-ci ne disait rien du tout, suivant quelque chose qui déplaçait de façon invisible ou presque. Il était le seul à remarquer que Kéran tournoyait autour d’Hansanio.

« MAIS OU EST-CE QU’IL EST ?! OU EST-CE QU’IL EST ?! »

Dès qu’il perdait le contrôle de la situation, il perdait aussi le contrôle de son corps et des émotions. Résultat ? Puisqu’il n’était plus aussi calme, il ne pouvait pas se concentrer sur le combat. Et c’était là son plus grand défaut !

Kéran se présenta dans le dos d’Hansanio, un sourire se dessinant à travers la masse ténébreuse qui ressemblait à des flammes. Il s’apprêta à planter son arme dans le dos d’Hansanio et en terminer avec lui, du moins, le blesser gravement mais soudainement, la main d’Hansanio se pointa en arrière, arrêtant l’épée entre les deux dagues.

« Qu’est-ce que … »

Ce n’était pas Kéran qui fut le plus surpris mais bel et bien Hansanio. Celui-ci remarqua finalement que sa main s’était mise à bouger toute seule. Comment c’était possible ? COMMENT ?! POURQUOI ?! Pourquoi est-ce que sa main bougeait seule ?!

« TU M’AS POSSEDE SALE GARCE ?! JE VAIS TE LE FAIRE … »

« Imbécile … Encore une fois, elle te sauve la vie, j’en ai vraiment marre de ton ingratitude sur ce coup. » marmonna Kéran en fronçant les sourcils.

Vraiment fatigué de cet imbécile ! Il réapparut sous les ténèbres passant à côté d’Hansanio, donnant un seul coup d’épée au niveau de la hanche. Une profonde plaie se forma sur la hanche droite d’Hansanio, du sang s’en écoulant. Celui-ci hurla de rage :

« SALETE ! Ce n’est pas suffisant pour me faire tomber ! JE VAIS TE … »

« Tu n’es même pas fait pour te battre en réalité, tu le sais parfaitement. »

Et il allait définitivement en terminer avec lui. D’un coup de garde de l’épée, il vint frapper Hansanio au niveau de la nuque, l’homme ouvrant la bouche pour pousser un cri mais aucun son n’en sortit. Il tenta un mouvement vers Kéran mais les deux dagues tombèrent au sol, l’homme s’écroulant au sol, inanimé.
L’aura noire et violette autour des dagues n’était déjà plus présente … Kéran regarda d’ailleurs la main d’Hansanio … La seule qui lui restait … La main qui était recouverte de l’aura justement. Il fit un petit sourire, l’aura commençant à entourer complètement le corps d’Hansanio, la plaie à la hanche disparaissant complètement.

« Pardon … »

Ce fut une voix féminine qui s’adressa à l’intérieur d’Hansanio, l’aura autour du corps du jeune homme disparaissant peu à peu, une fumée violette faisant son apparition avant de prendre la forme d’une Magirêve.

« Pas de quoi. » rétorqua doucement Kéran, rangeant son épée alors que la Magirêve était déjà en train de soulever le jeune homme grâce à ses pouvoirs psychiques et spectraux.

« Au moins … Vous l’arrêtez … et ne le tuez pas. »

« Pardon pour son bras … même si ça commence à dater. »

La Magirêve vint lui sourire, hochant la tête négativement. Elle n’avait pas été consciente à ce moment précis sinon, elle aurait tout fait pour l’arrêter. Voilà tout … Elle observa Kéran, Loa puis Katérina avant de commencer à s’éloigner avec le jeune homme entre ses pattes.

« Loa … Tu crois que … » commença à murmurer Kéran.

« Il y a de fortes chances que ça soit le cas. »

Ils étaient donc d’accord tous les deux. C’était … intéressant en soi. Quand il y réfléchissait bien, du moins, il trouvait cela assez … mignon et tendre.

« Hey ! On peut me dire ce qui se passe exactement ? » marmonna Katérina, s’approchant de Kéran pour voir ses blessures. Elles étaient mineures. Le jeune homme fit un tendre sourire avant de lui répondre avec amusement :

« Euh … Je ne suis pas sûre que tu peux comprendre ce qui se passe … Enfin bon … Je crois que je commence à sérieusement comprendre ce qui se passe avec les pokémons spectres et ténébreux. Dans la grande majorité, disons que … Enfin bon … Katérina, tu devrais plutôt faire la paix avec Dumasch. »

« Hein ? Qu’est-ce que tu racontes encore comme connerie, Kéran ? La paix avec Dumasch ? Pour l’instant, on se bastonne pas, c’est déjà ça la paix. Pas besoin de plus avec lui et moi. »

« Tu es vraiment sûre de ça ? Enfin bon … Je ne vais pas te forcer. Par contre, j’aurai le droit à ma récompense alors ? Ou non ? »

« Quelle récompense ? » dit-elle en le regardant avec étonnement.

« Ben … Enfin … Je … C’est ce dont tu m’avais parlé, je pensais que …  MAIS OUI IMBECILE ! Je sais parfaitement ce dont tu parles ! Pfff … T’as pris du temps et tu as même fini blessé, je ne sais pas trop alors … Hum ! SWAR ! Tu m’entends ?! »

« C’est le cas … bien que tu ne sois pas obligée de crier pour cela. » répondit la voix à l’intérieur de Kéran, Katérina fixant le jeune homme.

« Bon ! Tu peux éviter de soigner les blessures de Kéran ? Du moins, éviter que son corps le soigne trop rapidement. Je vais jouer les soigneuses pour lui. »

« Vos perversités à tous les deux ne me concerne pas. Si c’est cela ton unique demande, je vais plutôt aller m’enfouir en Kéran et ne plus répondre avant quelques temps. Bonne soirée … et Kéran … félicitations pour tes pouvoirs. »

« Hein ? Euh … Oui … Euh … Merci. »

Enfin ses pouvoirs, ses pouvoirs, c’était surtout ceux d’Elyséa d’ailleurs. Par contre … Il se demandait une chose. Même si cela pouvait être très … lointain … Est-ce que Swar et lui étaient liés ? Par quelque chose ? Par quelqu’un ? Au loin ? Mais bon … Pour le moment, il n’avait aucune réponse et il n’était pas sûr que Swar veuille lui répondre. Hahaha … Quel idiot … Il s’imaginait peut-être des choses stupides.

Et Katérina vint tenir parole ! Pendant qu’il était assis à l’intérieur de la tente, elle s’occupait de panser ses blessures. En fait, elle les nettoyait d’abord avec de l’eau avant de passer le torchon dessus. Vu comment elle s’appliquait, il ne pouvait pas nier … qu’il était plutôt excité. D’ailleurs, Katérina le remarqua, lui faisant un petit sourire mutin. Comme il était assis, elle en profita pour s’asseoir sur lui, le sexe du jeune homme venant se frotter entre les jambes de Katérina bien qu’il n’était pas sorti de son cocon de tissu.

« Eh bien, Kéran ? Je croyais que je devais panser tes blessures … pas te faire bander non ? Tu n’essayerais pas d’en profiter un peu trop par hasard ? »

« Hahaha … Je suis désolé, Katérina … mais il faut dire que … Tu es vraiment si jolie. »

« Hum … Bien bien … Tu tentes quand même de te défendre, il faut le reconnaître. J’applaudis … Mais peut-être que tu voudrais que je te soulage non ? Mais en même temps, je me dis que je pourrais en profiter moi aussi. »

En profiter elle aussi ? Qu’est-ce qu’elle voul… Oh. C’est vrai qu’elle aussi était plutôt excitée d’après ce qu’il pouvait voir dans la culotte. Il était toujours un peu effrayé et surpris mais à force, il l’acceptait comme elle était, voilà tout. Elle retira sa tenue, ne restant plus qu’en culotte alors qu’elle cachait sa poitrine d’une main. De l’autre, elle vint se débarrasser du bas de Kéran, le mettant dans la même tenue qu’elle, dans le même état d’excitation qu’elle. Il la regarda tendrement, la jeune femme le poussant légèrement en arrière. Il vint tomber, Katérina se couchant sur lui. Il pouvait sentir ses pointes de chair qui venaient se frotter contre lui. Elle faisait quelques gestes de haut en bas, poussant des gémissements de plaisir. Et lui dans tout ça ? Autant dire que si ça ne tenait qu’à lui, il se jetterait sur elle tel un animal mais non.
Pourquoi non ? Car il ne voulait pas la blesser, il ne voulait pas l’effrayer. Elle avait eu son quota de salopards, son père en tête de liste. Voilà tout. Alors … Il allait juste faire ça … Pendant qu’elle faisait ces mouvements, il souleva le visage de Katérina, venant l’embrasser. La jeune femme le regardait d’un air fiévreux, sortant sa langue pour qu’il vienne jouer avec elle. Bien que cela paraisse vulgaire, il sortit sa propre langue, joignant celle de Katérina.

Il avait bien besoin de ça … Oh que oui ! Il continuait ce baiser hors des lèvres, regardant Katérina alors qu’elle bougeait sa main gauche, venant la placer sur son entrejambe recouvert uniquement par un fin tissu maintenant. Lui-même agissait de la sorte, arrêtant le baiser pour lui sourire. Elle murmura :

« Kéran … Je te rappelle que tu n’es pas forcé de faire ça … Je … »

« Laisse-moi faire donc … Je sais ce que je peux faire … Enfin, je crois … »

« Hein ? Comment ça ? Je … AAAAAAH ! »

Elle poussa un petit cri de surprise entremêlé de surprise, se mordant la lèvre en sentant la main de Kéran. Avec une main … Il venait … lui masser son sexe masculin … mais aussi caresser ses lèvres vaginales ? Elle eut un orgasme sur le coup, ne s’attendant pas à ça.

« I … Idiot. » bredouilla la jeune femme aux cheveux argentés, se calfeutrant contre lui.

Chapitre 162 : Un bonheur brisé

Chapitre 162 : Un bonheur brisé

« Katérina, Loa, vous me laissez m’en occuper, d’accord ? »

« Ouais … Ouais … En fait, on va faire ça comme ça. Si tu arrives à le latter rapidement, tu vas passer une très bonne nuit avec moi, qu’est-ce que tu en penses ? »

« Me donner en quelque sorte une récompense, Katérina ? Je note cette proposition très alléchante ! Merci bien ! » dit le jeune homme tout en rigolant, arrêtant aussitôt de sourire lorsque l’épée d’Hansanio arriva à sa hauteur. Il para avec la sienne.

« Dommage ! J’aurai voulu que tu meures aussitôt mais visiblement, ça ne sera pas le cas ! Et ne t’avise pas de perdre de vue ce combat sinon tu le regretteras ! »

Le regretter ? Comment ça ? En le menaçant de la sorte ? Il n’avait guère réellement peur de lui, loin de là même. Humpf ! Il poussa un léger soupir avant de se placer correctement en face d’Hansanio. Sincèrement … Qu’est-ce qui … avait fait exactement à cet homme ?

« Bon … Aller … Finis de penser, je vais en terminer avec toi rapidement ! »

En terminer rapidement ? Il était un peu trop grande gueule ! En fait, beaucoup trop même ! Il allait le payer salement ! OH QUE OUI ! Il allait vite comprendre à quel point ça n’allait pas être de tout repos pour lui ! Et qu’il risquait d’avoir du mal … beaucoup de mal … En fait, énormément de mal même. Hahaha !


L’épée de Kéran vint percuter la sienne, Hansanio produisant une forte aura noire autour de son arme avant de chercher à la planter dans le corps de Kéran. Kéran fit un saut sur le côté, l’esquivant avec une certaine facilité avant de pousser un léger soupir. Malheureusement, ce n’était pas si problématique à ses yeux.

« Il va falloir faire bien mieux que ça … Ce que tu ne veux pas comprendre, c’est que je suis parfaitement lié à Swar … La pokémon qui est en moi. »

« Et alors ? Ca ne te rend que plus monstrueux ! TU NE POURRAS RIEN CONTRE MOI ! »

« Monstrueux ? Je n’ai jamais pensé à une telle chose … Du moins, sauf au départ. Enfin, je haïssais Swar mais au final, j’ai fini par comprendre que ce sont ceux qui ignorent les créatures spectrales et ténébreuses qui se rapprochent des humains … qui sont monstrueux. Il est clair que cette Feuforêve ne te suit pas par obligation. »

« ASSEZ ! Elle m’obéit, elle n’a pas le choix ! »

« Peut-être qu’à l’époque de l’Enceinte aux Esclaves, c’était le cas … quand tu la torturais et la brisais … Mais maintenant, elle a repris conscience et tu le sais parfaitement. »

« LA FERME ! VIENS DONC TE BATTRE AU LIEU ! » hurla l’homme aux cheveux noirs avant de courir vers lui, prêt à le frapper de toutes ses forces.

Mais Kéran était déjà prêt à se défendre, le regardant avec neutralité. Il fronça les sourcils lorsqu’il arriva à sa hauteur, donnant un coup de pied dans le ventre d’Hansanio pour le repousser au loin. Qu’il arrête ces stupidités, ce n’était pas drôle.

« Tu ne peux rien contre moi dorénavant. Je suis bien plus fort que toi, que tu veuilles l’admettre ou non. Ca ne changera rien à la situation. Arrête maintenant et vas t-en. Essaye donc de comprendre ta Feuforêve. Elle est bien plus importante qu’une simple pokémon. »

« COMMENT EST-CE QUE TU OSES ME DONNER DES ORDRES ?! »

Ce n’était pas un ordre mais une recommandation. Il était tellement plus faible que lui. Et il savait qu’Elyséa pensait pareil. Bien entendu, il se méfiait, il devait toujours se méfier de son adversaire mais il était plus calme que lui et plus fort. Cela était d’une banalité s’il devait le combattre. Oui … D’une banalité impressionnante même.

« Si tu continues … Je briserai ton arme et cette Feuforêve définitivement. »

« FAIS DONC ! Montre-moi donc ce que tu sais faire ! Tu le regretteras ! TU LE REGRETTERAS ! » hurla l’homme avec rage.

Vraiment … Il jeta un regard à Katérina. Celle-ci n’était pas inquiète le moins du monde pour lui. Ah … Il poussa un nouveau soupir, murmurant à Swar de l’aider. Il n’en avait pas envie … mais il allait blesser cet homme. D’ailleurs, Hansanio fut à sa hauteur une nouvelle fois mais Kéran vint réagir. L’épée traça une ligne à la diagonale, ligne qui fut percutée par l’arme d’Hansanio, la brisant en mille morceaux.

« Ce n’était … pas ce que je voulais … Swar. »

« Nullement de notre faute. Cette arme a décidé de bouger de son plein gré. Cette Feuforêve semble vouloir le protéger à tout prix. C’est un peu surprenant quand on voit son caractère à cet homme … Humpf … »

Ils étaient d’accord. C’était à se demander pourquoi Hansanio avait une telle pokémon. Peut-être que la Feuforêve était masochiste ? Non … C’était surement autre chose.

« AH ! Mon épée ! SALETE ! SALETE DE FEUFOREVE ! »

La pokémon fit son apparition, étant blessée gravement à cause de l’épée brisée. Encore une fois … Combien de temps est-ce que le corps de la créature allait supporter cela ? Combien de temps hein ? Difficile à dire, difficile à voir … Tellement difficile … Mais en même temps, Hansanio ne faisait rien pour …

« PUREE ! HANSANIO ! ARRETE CA ! » hurla soudainement Kéran en voyant le jeune homme aux cheveux noirs qui donnait de violents coups de pied dans le ventre de la créature, la projetant au loin.

« INUTILE ! INUTILE ! INUTILE ! Elle est complètement inutile ! Elle ne sert à rien ! RIEN DU TOUT même ! »

« Elle t’a surtout sauvé la vie ! Sans ça, tu serais déjà mort ! »

« Me sauver la vie ? Elle ? Elle attend juste le bon moment pour me posséder ! Comme toutes les créatures spectrales et ténébreuses ! »

N’importe quoi … Elles n’étaient pas toutes ainsi. Il le savait parfaitement … Il le savait complètement. Mais cet homme n’allait pas l’écouter. Oui … Qu’est-ce qui s’était passé avec lui pour qu’il pense ainsi ? Finalement, c’est Loa qui demanda doucement :

« Hansanio, c’est bien cela ? Pourquoi détestes-tu … Non … Pourquoi est-ce que hais autant les pokémons spectres et ténébreux ? »

« POURQUOI ? POURQUOI ?! Mais c’est logique ! C’EST NORMAL ! Les pokémons spectres … Les pokémons ténébreux … Ils n’hésitent pas un instant à tuer quiconque ou l’un de leurs proches pour briser leurs rêves ! Ils n’hésitent pas un instant à tout détruire ! »

« Ceci n’explique pas cela … Je t’ai demandé pourquoi tu les hais … personnellement. »

« CAR ILS M’ONT TOUT RETIRE ! ILS M’ONT TOUT BRISE ! » Ah … Ah … Tu es une Docte … Toi … Tu as l’habitude de jouer avec les spectres et les créatures ténébreuses ! Elle était pareille ! Elle n’était pas vraiment une Docte … Elle faisait semblant de l’être ! Avec sa tenue de sorcière comme les gens l’appelaient ! Mais elle était ravissante, si ravissante … et toujours enjouée. Elle adorait se prendre pour une Docte alors qu’elle n’avait pas de pouvoirs, qu’elle n’avait pas de spectre avec elle ! Et ses incantations … Ses incantations … Elle était toujours là, à les produire … sans effet ! Mais elle me disait que ça m’apporterait du bonheur, énormément de bonheur ! AAAAAAAAAAAAAH ! »

Hansanio posa sa main sur son front, hurlant de rage alors que Kéran haussait un sourcil. Qu’est-ce qui lui prenait de s’énerver de la sorte ? Ce n’était pas vraiment … Enfin si … Comment dire ? C’était juste à cause de ça ? Non ! Qu’est-ce qu’il pensait !

« Comment est-ce qu’elle s’appelait ? » murmura doucement Kéran.

« En quoi est-ce que ça te concerne hein ? EN QUOI ?! Tu n’as pas besoin de le savoir ! Tu n’as pas besoin de savoir comment elle s’appelait ! Morgania … Ah …. Ma petite Morgania …Hahaha … Ce monstre … Ce monstre qui t’a emporté ! Il en est mort depuis le temps … J’ai retrouvé sa trace et je l’ai tué. J’ai réussi à le tuer … Je l’ai tué … Je lui ai fait payer d’avoir trahi sa confiance. Elle qui était si heureuse qu’une créature spectrale veuille bien d’elle comme Docte. Hahaha ! »

« … … … Est-ce que c’était ta petite amie ? » reprit calmement Kéran.

« Ma petite amie ? AH ! Personne ne pensait ainsi ! Mes parents me refusaient d’aller voir cette folle qui se prenait pour une sorcière, avec ses incantations ! Mais je n’en avais rien à faire ! RIEN DU TOUT ! RIEN DE RIEN ! Nous étions déjà fiancés ! Nous étions déjà mariés à nos yeux ! Nous étions heureux juste nous deux ! »

… … … Il avait donc perdu celle qu’il aimait à cause d’un spectre. A partir de là, il avait sombré dans la folie mais semblait s’être calmé en rentrant dans l’Enceinte. Puis sa folie était revenue lorsqu’il avait perdu son bras à cause de lui … Toute cette histoire saugrenue … vraiment saugrenue … et horrible.

« Tu es plus à plaindre qu’autre chose. »

« A plaindre ? A PLAINDRE ?! C’est vrai ! Cette saleté de Feuforêve est venu m’aider à battre ce spectre qui avait osé tuer celle … celle que … »

« Tu aimais donc … » coupa le jeune homme aux cheveux blancs argentés.

« ASSEZ ! NE ME COUPE PAS LA PAROLE ! J’EN AI PAS TERMINE ! »

« Tu n’as plus aucun moyen de te battre. Ton épée est brisée, ta Feuforêve est … »

« MA QUOI ?! CETTE TRAINEE N’EST PAS A MOI ! » cria Hansanio, se rapprochant de la Feuforêve toujours couchée au sol.

« Cette Feuforêve est blessée et incapable de se battre. Tu n’as plus rien pour te défendre … Tu ferais mieux de t’en aller … De t’en aller et dialoguer avec cette Feuforêve. Elle est surement capable de parler … »

« Parler ? HAHAHA ! Comme si cette foutue créature en était réellement capable ! Elle est inutile ! INUTILE ! COMPLETEMENT ! »

Complètement, ce n’était pas vraiment ce qu’il pensait. Cette Feuforêve … devait en voir des vertes et des pas mûres à cause de lui. Mais bon … Qu’il comprenne qu’il ne pouvait rien du tout et qu’il parte maintenant. Il valait mieux pour lui … s’il ne voulait pas avoir de problèmes. Mais il savait qu’Hansanio allait continuer … à se battre.

« Et comment est-ce que tu comptes m’affronter alors ? »

« Hahaha … HAHAHA … HAHAHAHA ! Imbécile ! Tu crois que je n’avais rien prévu de tout ça ? Cette Feuforêve est inutile ! COMPLETEMENT inutile ! Totalement inutile ! Mais j’avais tout prévu ! TIENS ! SALETE ! Espèce de créature inutile jusqu’au bout ! »

Tiens ? Qu’est-ce qu’il … HEIN ?! Il voyait Hansanio qui ouvrait sa petite sacoche pour en sortir une drôle de pierre … comme l’une des siennes ? Qu’est-ce que … Loa vint dire :

« Une pierre nuit ? Comment se fait-il que tu en possèdes une ? »

« J’ai tout simplement tué une famille de nobles qui en possédait une ! ATTRAPE CA TOI ! ATTRAPE MAINTENANT ! »

Il hurlait sur la Feuforêve, celle-ci se redressant faiblement. Il lui projeta la pierre en pleine face, le corps de la créature s’illuminant subitement pour prendre une taille proche d’un mètre de hauteur. Elle portait maintenant une coiffe étrange ainsi qu’une parure qui l’était tout autant. Elle avait un collier de pierres précieuses autour du cou, murmurant :

« Magi … Magirêve … »

« Ouais, ouais ! Magirêve ! Je t’en donnerai de ces conneries ! VIENS PAR LA ! TU SAIS CE QUE TU DOIS FAIRE MAINTENANT ! »

Qu’est-ce que … Ce n’était pas encore terminé ? HEIN ?! Hansanio sortit deux dagues de sa sacoche. Il comptait se battre comment avec elles ? Que … La Magirêve allait déjà dans les dagues ? Mais elle venait à peine de s’en remettre !

« C’est de la folie ! Ta Magirêve va mourir, Hansanio ! »

« CE N’EST PAS MA MAGIRÊVE ! ET ELLE EST DEJA MORTE ! QU’ELLE CREVE UNE SECONDE FOIS SI ELLE EST INUTILE ! »

Il le voyait … Il le voyait tenir les deux dagues entre ses doigt … comme deux longues griffes crochues. C’était stupide, complètement stupide et aberrant ! C’était tout simplement stupide ! STUPIDE ! COMPLETEMENT !

« Swar … Promets-moi de le blesser gravement ! Qu’il comprenne qu’il commet une folie ! Je vais le stopper maintenant ! Je vais le stopper définitivement ! »

« Cet homme n’est plus conscient de ses propres actes … Je ne sais pas s’il sait se battre bien mieux avec deux dagues dans une main … donc méfie-toi. De même, maintenant qu’elle a évolué, sa Magirêve est donc bien plus puissante. »

« Ça ne fait rien ! Ça ne me gênera pas pour l’arrêter ! Je vais le stopper … Je vais mettre un terme à tout ça … Qu’il comprenne qu’il y a des choses impossibles à réaliser quand on est parcouru par la haine … que ça soit de la part d’un humain ou d’un pokémon. »

« Je te suivrai … comme d’habitude … Mais qu’est-ce que tu penses de cette histoire ? »

« Je préfère que tu ne lises pas mes pensées … Je … suis encore trop optimiste et candide à ce niveau. Mais c’est une histoire triste, Swar. » murmura le jeune homme aux cheveux blancs, s’adressant à l’esprit en lui.

« Peut-être avons-nous … les mêmes pensées. »

« Même si c’est le cas, je ne préfère rien dire du tout. »

« Je comprends parfaitement … Kéran … mais méfie-toi. »

Il jeta un œil à Katérina. La jeune femme le regardait avec une petite pointe d’inquiétude. Elle avait peur qu’il prenne en pitié Hansanio après l’histoire de ce dernier. Malheureusement, la pitié, c’était pour les faibles. Et il ne pouvait pas pardonner qu’un homme commette des meurtres gratuits juste par pur souci de vouloir se venger d’un autre homme. Voilà tout … C’était aussi simple que ça …

« Viens donc jusqu’à moi … Hansanio. Qu’importe la nouvelle forme de cette Magirêve, je vais te montrer que tu resteras impuissant face à moi. »

« Impuissant ? Impuissant ? Tu seras le premier des êtres possédés à mourir de mes dagues ! Ensuite, tes deux amies te rejoindront ! Puis tous les Doctes ! Ceux qui n’ont pas hésité à trahir les humains ! » répondit en criant le jeune homme aux cheveux noirs, ses yeux verts fixant avec rage son adversaire qui était toujours en parfaite santé.