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Chapitre 161 : Un remerciement

Chapitre 161 : Un remerciement

« … … … Nous pouvons repartir à nouveau. »

Ce furent les seules paroles de Kéran alors qu’il observait une dernière fois la ville dans laquelle se trouvait Sélia. Sélia … qui lui avait fait une promesse des plus horribles. Sélia … qui était devenue une autre femme rien que pour lui. Une femme … qui voulait aimer un homme. Il était un homme … maintenant …

Un homme … C’était ça exactement. Un homme qui n’avait pas réussi à prendre ses responsabilités pour arrêter cette dispute. Il avait commis une erreur, une effroyable erreur et n’avait réussi à la résoudre ensuite. Il était faible … faible et stupide … Il avait tellement de défauts à ce moment précis qu’il s’en voulait terriblement. Il s’en voulait tellement … Tellement … Ah ! Mais quel idiot ! Mais quel idiot ! Il ignorait même les messages mentaux de la part d’Elyséa, ne voulant pas lui parler. Derrière lui, Loa était en train de s’adresser à Katérina, celle-ci ayant elle aussi la mine des mauvais jours.

« Ne t’en fait donc pas pour Kéran. Je suis sûre que cette nuit, si tu profères les bonnes paroles, il ne t’en voudra plus. Et puis … En un sens, tu devrais être heureuse non ? »

« Je devrais l’être … oui … Je sais sur quoi tu veux parler … Je … Je pense que je vais faire de mon mieux … Enfin, je vais faire de mon mieux, oui. »

« Tu n’as même pas l’air convaincue de tes propres paroles, Katérina. » murmura doucement Loa en la regardant, la jeune femme détournant la tête.

« Je ne sais pas … J’ai vraiment cru que … Kéran allait … enfin après mes paroles … »

« Tu pensais qu’après la claque, il allait retourner vers Sélia ? Comment est-ce que tu as ressenti cela à ce moment précis ? Tu peux m’en parler ? »

« Je … Je … Je ne le voulais pas. Je ne voulais pas que Kéran m’abandonne, pas du tout même. Je me sentais mal. Tu sais, Kéran ne lève jamais la main vers moi, il ne se met jamais en colère contre moi. Il lui arrive de m’ignorer mais … là … J’y ai vraiment cru. J’avais froid, vraiment froid, et je tremblais de l’intérieur. Je me disais que j’avais dépassé les bornes. »

« Oh … Tu sais donc quand tu fais une erreur. Il faut dire que tu as été assez véhémente sur ce coup-ci. Néanmoins, tout peut être excusé … A toi de tout faire cette nuit. »

« Je sais que je vais faire cette nuit … Je le sais parfaitement. Bon, je te laisse ! De toute façon, ce n’est pas comme si tu avais besoin de ma compagnie ! »

« C’est cela … Exactement même. Dépêche-toi d’aller le retrouver. »

« Hey, hey, hey ! Me presse pas non plus ! KERAN ! »

« Hum ? » marmonna le jeune homme, se tourna vers Katérina qui fonçait vers lui. Elle agrippa subitement son bras droit, le regardant dans les yeux avant de dire :

« On dort quand même ensemble ce soir, non ? »

Il répondit par l’affirmatif. Pourquoi il en aurait été autrement ? Elle vint lui sourire, le jeune homme allant prendre sa main dans la sienne. Il valait mieux … ne pas trop penser à ça. Ca ne servait à rien de se causer plus de tort qu’il n’en fallait.

La nuit arriva et les deux tentes furent installées. Le jeune homme était déjà couché dans la sienne, ayant décidé de ne pas manger à cause de tout ce qui se passait. Katérina avait bien voulu le forcer mais il n’avait rien voulu écouter. Il était en train de vagabonder mentalement, ne remarquant même pas que Katérina avait fait descendre une bretelle de sa tenue avant de se coucher sur lui complètement.

« Kéran ? Est-ce que tu veux pas t’amuser un peu avec moi ? »

« Non … Katérina … Je voudrais … juste dormir. S’il te plaît. Je n’ai pas la tête à ça. »

« Je comprends … mais est-ce que je peux quand même faire ça ? » demanda-t-elle une nouvelle fois, Kéran ne comprenant pas quoi. Ça ? Ce n’était quand même pas une perversité hein ? Il n’en avait pas envie, il venait de le lui dire.

Non … Elle embrassa tout simplement sa joue en un baiser sonore. Il fut plus que surpris, la regardant avec étonnement. Elle était en train de rougir, ayant un petit rire avant de dire :

« Je … Bon … Je sais que j’ai été un peu vache quand même … mais voilà … Il faut dire que j’étais heureuse en même temps. Enfin … Je … Merci, Kéran. »

« Merci pour quoi ? Pour quelle raison ? »

« Car tu m’as choisie … C’est tout. Tu sais … Je suis quand même … un peu … jalouse d’elle. Elle a vraiment tout ce qu’il faut, en plus, elle est mature, elle a un très bon travail, elle est forte, très forte, vraiment forte même. Je … ne sais pas comment elle a fait … Enfin, elle est vraiment supérieure à moi sur tous les points … Enfin, elle … »

« S’il te plaît … Tais-toi, ne dit pas un mot de plus … Merci. »

Hein ? Mais elle n’avait pas terminé de parler ! Elle voulait le … AH ! Il venait de poser ses mains sur son dos, la serrant avec une légère insistance en la regardant les yeux. Il lui faisait un petit sourire avant de reprendre :

« Je n’ai jamais pensé ça … Enfin non … Je ne cherche pas la perfection, loin de là. Ce que tu dis n’est peut-être pas totalement faux mais ça ne change rien à ce que je pense de toi, Katérina. Voilà tout … Je t’aime … tout simplement, d’accord ? »

« Je pense que ça me convient … Enfin, ça me convient plus qu’il n’en faut. » termina t-elle de dire tout en faisant un grand sourire à Kéran.
Celui-ci vint chercher ses lèvres, les dévorant avec tendresse tandis qu’elle se laissait faire, parcourue par le plaisir. Cela n’avait duré au final que quelques heures avant qu’ils ne se retrouvent tous les deux une nouvelle fois. Ils s’endormirent quelques instants plus tard, Katérina ayant la poitrine à l’air collée contre le torse du jeune homme. Un petit cadeau de la part de la jeune femme pour tout ce qu’il avait dit aujourd’hui.

Le lendemain matin, elle lui colla sa poitrine sur le visage pour le chauffer légèrement, le jeune homme rougissant en voyant les globes de chair devant ses yeux. Il commença à vouloir prendre la parole mais elle semblait vouloir aller plus loin, enfonçant le téton gauche dans la bouche du jeune homme. Kéran commença à l’humidifier avec sa langue, ne trouvant pas cela déplaisant, loin de là. Il semblait même trouver cela … érotique ?
Tout ce qu’il savait, c’était qu’un feu s’était allumé en lui. Il commença à suçoter allégrement le téton gauche. D’une main, il vint presser le reste du sein, Katérina poussant un petit soupir de gémissement de plaisir et de rire avant de souffler :

« Désolée, Kéran … Je ne produis pas de lait. La tétée, malheureusement, ce n’est pas avec moi que tu pourras l’avoir. »

Elle arrêta de sourire, Kéran arrêtant son petit traitement mammaire. Ah … Il y avait des phrases … qu’elle aurait préféré ne jamais dire. Il retira ses lèvres du sein gauche, regardant Katérina avant de lui dire d’une voix tendre :

« Viens par là … Même si tu ne peux pas avoir d’enfant, ça ne m’empêchera pas de t’aimer. »

Elle ne lui répondit pas, allant se coller contre le jeune homme sans un mot. Dans ces moments-là, maintenant qu’elle l’aimait sans se cacher la vérité, elle était faible, si faible … Elle caressa le torse du jeune homme, celui-ci la réconfortant avec quelques paroles plus que douces. Il lui chuchotait à quel point il l’aimait, qu’importe ce qu’elle était, qu’importe ce qu’elle avait vécu. Il … l’aimait, c’était tout.

« Loa ? Nous allons nous laver tous les deux. Il n’y a aucun problème ? Est-ce que ça peut attendre avant que l’on parte ? »

« Oui bien … Oh … Bien entendu. Faites donc, prenez votre temps. »

La jeune femme s’était arrêtée de parler au moment où elle avait vu Kéran sortir de la tente. Katérina était soulevée comme une jeune mariée, ses bras autour du cou de Kéran tandis qu’elle avait fermé les yeux, un petit sourire aux lèvres.

« Ah … Encore une fois, je suis jalouse de deux jeunes gens. »

« Être deux humains, il y a de bons côtés à cela, visiblement. » murmura Harno.

« Ce qui est fait est fait ! Il vaut mieux un mort et une personne en vie que deux morts et plus personne en vie, n’est-ce pas ? »

« Ta phrase a un petit côté … philosophique assez étrange … et bizarre même. Mais bon … Je trouve que cela te convient bien. J’adhère, Loa. »

« Hihihi ! Merci bien, Harno. Alors … Allons détendre ces tentes et ranger un peu tout ça en attendant qu’ils reviennent tous les deux. »

Harno ne répondit pas, accompagnant néanmoins Loa alors que celle-ci se mettait au travail. Autant laisser les deux jeunes gens … prendre un peu de bon temps ensemble..

Lorsqu’ils revinrent, ils étaient encore plus collés l’un contre l’autre, Loa ayant déjà tout rangé en leur disant que c’est la dernière fois qu’elle faisait cela. Néanmoins, elle avait murmuré cela avec le sourire, Kéran sachant qu’elle ne leur en voulait pas.

« Allons bon … Nous allons marcher pour trouver une nouvelle ville. Et puis, si Kéran le désire, il pourra toujours chercher à aller combattre les pokémons spectres et ténébreux, non ? Pour leur donner un peu de Soleil. »

« Si je peux … les convaincre d’arrêter leurs méfaits et faire que le Soleil revienne complètement et définitivement dans la zone, je le ferai. Ca sera mieux que de tuer des créatures sans que cela soit forcément nécessaire, voilà tout. »

« Oh … Très bon choix, je trouve. Vraiment … J’aime bien cette idée, Kéran. Mais soit ! Allons donc dans une nouvelle ville ! »

Katérina n’avait pas pris la parole ne semblant guère réticente à suivre Kéran et Loa. De toute façon, avec ce qui s’était passé ce matin, elle n’allait pas trouver grand-chose à redire à ce qui allait suivre. Main dans la main, le couple accompagna Loa, elle-même étant à côté d’Harno, parlant avec lui sur le chemin.

Pendant ce temps, Kéran lui-même regardait les alentours avec Katérina. Ils allaient bientôt retourner dans un endroit recouvert par les nuages sombres donc encore autant profiter du Soleil, n’est-ce pas ?

Le trio avança pendant une demi-journée, se reposant à peine toutes les deux ou trois heures pour manger un morceau et boire si cela était nécessaire. Maintenant, la Momartik ne sortait qu’un peu moins souvent qu’auparavant, bien qu’actuellement elle faisait grâce de sa présence aux côtés de Kéran et Katérina.
Elle avait remarqué que le jeune homme semblait aller beaucoup mieux maintenant. Ce qui était une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle même. Mais bon … On ne pouvait jamais réellement savoir si cela allait être tout le temps le cas ou non. Et en même temps, elle avait eu une sinistre impression … comme si quelque chose se tramait.

Les nuages … revenaient peu à peu au-dessus de leurs têtes. Ils avaient marché plus d’une cinquantaine de kilomètres encore aujourd’hui. Et il était temps d’installer à nouveau les tentes. Alors qu’ils allaient se coucher, une voix se fit entendre, hurlant :

« KERAN ! MONTRE-TOI ! MAINTENANT ! »

Hein quoi ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Alors qu’il sortait la tête de la tente, il remarqua une ombre au loin. Une ombre qui se tenait debout, à côté d’un arbre, tenant une épée en main. De l’autre côté, il … n’avait pas de main.

« Hansanio … Il ne comprendra donc jamais ou quoi ? »

Il avait dit cela sur un ton un peu las alors qu’il murmurait à Katérina de ne pas sortir de la tente. Il allait régler cette histoire vite fait, bien fait. Ce n’était pas de la vantardise ou de l’abus de confiance, juste de la lassitude par rapport à cet homme.

Hansanio … Encore lui … Avec son bras en moins depuis l’Enceinte aux Esclaves. Mais pas seulement … Il avait aussi une Feuforêve. D’ailleurs, il avait cru que la Feuforêve avait été brisé dès le premier instant mais elle avait fini par reprendre des couleurs.

« Qu’est-ce que tu me veux encore, Hansanio ? Tu n’as pas compris à chaque fois ? »

« ASSEZ ! Cette fois-ci, ça sera complètement différent ! COMPLETEMENT ! »

« Non … Rien ne sera différent. Accepte ta défaite, je ne veux pas tuer un humain … qui ne le mérite pas. Tu ne mérites pas la mort actuellement. »

« QUI ES-TU POUR JUGER HEIN ?! »

Qui il était pour juger ? Mais il ne jugeait personne ! Il voulait juste éviter un combat qui allait être sanglant et inutile, voilà tout ! N’y avait-il pas possibilité de comprendre une chose aussi simple que ça ? Visiblement … Non.

Mais bon ! S’il voulait lui régler son compte, il n’allait pas se priver ! Où est-ce que la Feuforêve se trouvait exactement ? Il observa Hansanio, remarquant l’épée qu’il tenait en main .Encore une fois ? Kéran soupira :

« Tu sais qu’à force de briser ton arme, la Feuforêve qui t’accompagne risque de ne plus jamais se relever un jour ? Elle va mourir … »

« JE M’EN CONTREFOUS ! QU’ELLE CREVE ! »

« Tu ne devrais pas dire ça … N’importe quelle créature un peu sensée n’oserait pas te considérer comme un dresseur ou un ami. Alors qu’une Feuforêve qui est surement capable de parler t’accompagne, tu devrais plutôt être heureux. »

« HEUREUX ?! JE DEVRAIS ÊTRE HEUREUX ?! D’avoir une saleté de pokémon spectral avec moi ?! QU’ELLE FASSE SEULEMENT SON TRAVAIL ! »

Seulement son travail ? Les pokémons n’étaient pas des objets … Les spectres qui étaient auparavant des personnes encore moins. Comment est-ce que … Non … Hansanio ne voulait pas comprendre du tout de toute façon.

« Tu cherches vraiment à te battre alors que tu sais que tu vas perdre ? Je ne serai pas aussi gentil et doux avec toi … »

« Doux ? Gentil ? A qui est-ce que tu penses t’adresser ? JE SUIS PRÊT A MOURIR POUR T’EMPORTER DANS LA TOMBE ! »

« Et après ? C’est ça l’unique but dans ta vie ? »

« L’unique but ? L’unique but ? NON ! Mon but … Hahaha … Mon but … Je l’accomplirai en te tuant … mais pas seulement toi ! LES AUTRES AUSSI ! TOUS LES AUTRES ! » hurla Hansanio, bien décidé à se battre et à périr de la lame de Kéran. Kéran qui le trouvait bien pathétique sur le coup. Mais … Qui était-il pour juger ?

Chapitre 160 : Même histoire, même combat

Chapitre 160 : Même histoire, même combat

« Qu’est-ce que tu me veux … Hyathéna ? Je me répète mais … je ne veux … pas … »

« Tu sais … Ce genre de choses, qu’importe les siècles qui passent, c’est récurrent. Tu sais que je fais partie de la génération où la météorite est tombée sur notre monde ? »

« Météorite ? De quoi est-ce que tu veux parler ? »

« Oh ? C’est vrai que tu n’es pas au courant … Il y a tellement de choses à te dévoiler mais je ne sais pas si cela est le bon moment ou non. Néanmoins, je vais faire comme si c’était le cas, Sélia. Il faut que tu saches diverses choses, je ne te dévoilerai pas tout néanmoins. »

Diverses choses ? De quoi est-ce que la Solochi dans son arme voulait parler ? C’était intrigant, vraiment très intrigant même. Néanmoins, elle allait l’écouter puisqu’elle semblait avoir plus qu’une simple histoire à raconter. L’aura noire autour de l’arme continuait de paraître alors que Sélia s’était mise à écouter ce qu’Hyathéna avait à raconter.

C’était violent … vraiment très violent … Du moins, elle ne s’était jamais attendu à une telle chose. Elle écarquilla les yeux, regardant son épée. C’était étrange … Vraiment étrange … Elle devait faire aussi exorciser cette arme mais en même temps …

« Comment se fait-il que … ce monde soit ainsi ? Et tu m’as parlé de cette météorite et des nombreuses morts. Comment est-ce possible ? Est-ce que tu es morte à cet instant ? »

« Non non … Il a fallu attendre quinze ou vingt ans … Enfin, à l’époque de la météorite, je devais avoir quatre ou cinq ans. Mais bref … Si tu veux tout savoir, est-ce que tu connais ce que c’est exactement qu’un dragon ? »

« … … … Je n’en connais que des légendes, pourquoi cette question ? »

« Et si je te disais que je vivais parmi eux à cette époque ? Je ne connais pas ma mère, ni mon père. J’ai été abandonnée à la naissance et ce sont les dragons qui m’ont élevée. »

« Difficile à croire … mais bon … Ce n’est pas comme si j’avais le choix. Bref, tu vivais parmi les dragons ? Et ensuite ? Qu’est-ce que … Enfin … Pourquoi est-ce que tu veux me parler de ça ? Tu as surement remarqué que je n’avais pas la tête à ça non ? »

« Justement, laisse-moi donc y venir si tu veux bien. Car au final, je comprends bien plus ton problème que tu ne sembles le croire. »

« Ah oui ? Tu étais présente … Tu as pu le voir quand j’ai été ridiculisée, quand je me suis ridiculisée … Quand j’ai été … refusée. »

« Et alors ? Ce n’est pas pour cela qu’il faut abandonner maintenant. »

Et voilà à quoi elle en était réduite ! A écouter les paroles d’une créature qui avait été une humaine auparavant. Elle retira son armure de son corps, s’écroulant sur son lit, l’épée posée sur une chaise. Vraiment … Cette journée … Cette journée qui se serait annoncée merveilleuse … était détestable maintenant.

« Comment est-ce que je peux te le dire … Ah … Je sais parfaitement. »

« Je ne vois pas où tu veux en venir exactement … En fait … Je ne sais pas vraiment … Enfin, je ne veux même pas être sûre de t’écouter. »

« Tu devrais … car ton histoire n’est pas si différente de la mienne. Je vais te la raconter tout de suite, Sélia. A l’époque … Enfin … Je t’ai annoncé que j’avais été élevée par les dragons, n’est-ce pas ? Sache que je n’étais pas seule. »

« Ah ? Vous étiez toute une communauté ? » demanda Sélia, juste vaguement intéressée par les propos. La voix dans l’épée répondit aussitôt :

« Nullement … Enfin … Je n’étais pas le premier enfant si tu veux tout savoir. Deux ans auparavant, un jeune garçon fut aussi recueillir par les dragons. Ainsi, nous étions considérés comme frère et sœur … et les dragons étaient nos parents, nos parents à tous les deux. Tu imagines ? Des parents pokémons. C’est surprenant, n’est-ce pas ? Les dragons … Ces dragons sont vraiment des créatures merveilleuses. »

« Oui … Oui … Continue donc, je suis prête à t’écouter, ne t’en fait pas. Mais les dragons, je n’y connais pas grand-chose et je ne vois toujours pas où tu veux en venir. »

« … … … Pendant plus de quinze ans, malgré les évènements qui nous ont perturbés dont la météorite, j’ai vécu avec mon … frère tranquillement et paisiblement. Nous étions les deux seuls humains parmi les dragons, nous ne connaissions personne d’autre de notre race. Mais j’étais une femme, il était un homme. Et je pense que tu devines … ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Tu vois où je veux en venir ? »

« Vous aviez des … enfin … ce que je pense ? »

« Et non ! Justement ! Nous n’avions rien de tout ça ! Notre relation était vraiment basique. Nous étions juste frère et sœur. Pourtant, la logique aurait voulu que lui et moi … Enfin …Je l’aimais plus qu’un simple frère. Je l’aimais terriblement mais j’avais l’impression de ne jamais réussir à le lui montrer. »

« Cela doit être vraiment triste … non ? Mais pourquoi ? Comment est-ce que tu faisais ? Il ne le remarquait pas ? »

« J’étais assez timide …et introvertie si tu veux tout savoir. Je prenais rarement la parole mais je m’occupais de lui du mieux que je le pouvais. Car bon, c’était un homme et en tant que tel, disons qu’il avait plusieurs défauts que la majorité des hommes possédaient. »

« J’aimerai bien comprendre comment j’en suis arrivé à discuter avec toi sur un sujet qui … visiblement, ne me concerne pas le moins du monde. »

« Car tu sais pertinemment où je veux en venir, malgré ce que tu dis ou pense … »

Ah bon ? Et qu’est … Ah … Oui … Ca commençait à se relier dans sa tête. Ce qu’Hyathéna était en train de lui dire … C’était donc ça … Qu’elle … avait vécu la même chose qu’elle ? Ah non, pourtant, il y avait une erreur. Hyathéna vivait paisiblement avec son « frère ».

« Et c’est quoi le gros problème ? Car y a surement un eu un gros souci. »

« Un jour … Les dragons sont devenus fous … Nos parents eux aussi … Nous avons alors décidé d’affronter les humains … et les pokémons ténébreux et spectres qui les accompagnaient. Nous-mêmes, nous avions, bizarrement, quelques pouvoirs liés aux dragons. Cela te semblera surprenant mais sache qu’il existait des humains « anormaux » à cette époque comme il en existe encore actuellement. Dans le cas de mon frère et moi … Nous avions une résistance hors du commun aux coups et divers problèmes de température. Enfin, seul le froid nous causait de gros problème si tu veux tout savoir. Nous étions … en quelque sorte en partie dragon. Nous avions quelques capacités nous liant à eux. Mais bref, ce n’est pas de ça dont je veux te parler, Sélia.
Parmi les humains … Il en existait de rares, qui se trouvaient au-dessus des autres, que cela soit par leur réflexion, leur intelligence, leurs propos ou alors … leurs puissances. C’est cela … le problème. C’est cela … quand certaines personnes arrivent à réunir plusieurs points en une seule personne. C’est cela … lorsqu’une femme est apparue, semblant diriger le reste des humains pour combattre les dragons. Cette femme avec ses belles paroles, sa capacité à tenir tête aux dragons, cette femme qui était au-dessus des autres ! Cette femme que mon frère regardait étrangement, comme s’il n’avait jamais rien vu de tel ! »

« Hey, hey, hey ! Calme-toi ! Ton aura se dégage. Si on apprends que … tu es là, je ne donne pas cher de ma peau, ni de la tienne. » dit Sélia, commençant à saisir l’histoire.

« Pardon … Je ne me contrôle pas dans ces moments-là … Ce genre de souvenirs … me donne envie de vomir. J’ai envie de … J’ai envie de la tuer … Elle … Elle faisait semblant d’ignorer que mon frère n’avait de yeux que pour elle. Elle semblait l’ignorer complètement. Elle faisait tout pour … »

« Si tu ne veux plus en parler, n’en parle pas. Cela semble te faire encore plus de mal qu’à moi. Il ne sert à rien de se faire souffrir. »

« Je pense qu’il est bon de se dire la vérité … de la dire à voix haute … même si elle fait mal, même si elle fait souffrir. Cette femme … Je ne sais pas si elle était amoureuse de mon frère … Je ne crois pas … Je ne sais pas si elle jouait avec ses sentiments, je ne sais pas … Tout ce que je voyais, c’est que mon frère s’éloignait de moi, mon frère avec qui j’avais passé toute mon existence. Je ne voulais pas qu’il m’abandonne … Je ne voulais pas qu’il parte avec une autre que moi. Mais tu vois … »

« Qu’est-ce qui s’est passé au final ? Tu as réussi à le lui dire ? »

« Nous sommes morts avant … Non … Pas exactement … Disons que … Mon frère reste mort avant que je ne puisse le lui dire … Je pensais qu’après tout ce temps, j’aurai réussi mais je n’y suis jamais arrivé. J’ai manqué de force au pire des moments. J’ai assisté à sa mort devant mes yeux … Mais pas seulement … Je suis morte quelques temps après, plongée dans ma folie. Et je me suis réincarnée en tant que Solochi. »

« Une Solochi … Qu’est-ce que donc exactement ? »

« Tu ne dois pas en connaitre souvent … En fait, je suis sûrement même la seule que tu as dû voir … Je suis une dragonne sous cette forme. Pour montrer mon appartenance à ce que j’étais à l’origine. Il en est de même pour tous ceux qui se sont réincarnés. Généralement, ils sont liés plus ou moins à un élément ou autre. Du genre, quelqu’un ayant vécu souvent près du feu ou d’une forte chaleur deviendra un Funecire. Ou alors, s’il a un comportement ardent. »

« En conclusion … Où est-ce que tu veux en venir avec moi plus exactement ? »

« … … … Nous avons vécu exactement les mêmes choses … Mais là où je manquais de courage, toi, tu as au moins réussi à déclarer tes sentiments. Je veux pouvoir t’aider à les développer et à gagner le cœur de Kéran. »

« Pourquoi est-ce que tu ferais ça ? Tu es une spectre qui veut me posséder. Je n’ai pas confiance en toi, je tiens à te le rappeler. Qu’importe le temps qui soit passé, je … »

« Est-ce que tu le penses sincèrement ? Est-ce que tu ne remarques pas que nous sommes pareilles, toi et moi ? »

« Je ne serai jamais comme … Je ne serai jamais comme … Je … Je … Je … » commença à dire Sélia, se redressant dans le lit pour regarder l’arme. « Et même si c’était le cas, qu’est-ce que cela changerait ? Qu’est-ce que ça changerait exactement ? »

« Cela te conforterait dans cette idée … Et me permettrait alors de te montrer que les créatures spectrales et ténébreuses ne sont pas forcément mauvaises. Mais je pense que ton cœur a répondu à ta place. »

Et alors ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? AH ! La fumée ! La fumée noire qui émanait de l’épée ! La créature allait sortir de celle-ci ? Elle n’était peut-être pas capable de réagir maintenant avec son arme mais elle avait toujours de quoi com …

Hein ? La Solochi … La créature bleue et noire … Elle semblait s’illuminer ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Elle n’était quand même pas en train de … Elle était en train de s’illuminer ? Mais cela voulait dire … qu’elle évoluait ?

Impossible ! Comment était-ce possible qu’elle évolue maintenant ? Enfin, est-ce qu’à la base … mais … Non. Ce qu’elle voyait surtout, c’est qu’une seconde tête était en train de pousser chez la créature alors que son corps grandissait légèrement. Mais … Elle n’était pas si différente de d’habitude, pour autant.

« Hum ? Je … ne m’attendais pas réellement à ça … Je dois le reconnaître. J’ai vraiment évolué ? Il semblerait … que je dois te remercier, n’est-ce pas ? »

« Me remercier de quoi ? Je n’ai rien fait du tout ! » s’écria Sélia avec véhémence.

« Tu as fait plus que tu ne le crois … Bien plus même … »
Ah bon ? Et où ça ? Quand même pas sur le fait que … C’était grâce à elle que la Solochi avait évolué en Diamat ? Et par quel moyen ? Elle ne se battait pas avec elle ! Elle ne se battait pas avec ! Elle ne discutait pas ou presque ! Elles étaient deux ennemies ! Alors … Alors … Comment était-ce possible ?!

« Je crois que … lorsque quelqu’un comme toi admet intérieurement que nous ne sommes pas si différentes, cela produit des … choses étonnantes. »

« Je ne serai jamais comme toi, sache-le. Jamais ! Nullement aujourd’hui ! Nullement demain ! JAMAIS ! Est-ce bien compris ? »

« Je comprends parfaitement … Mais je voulais t’aider à te débarrasser de Swar … et de cette Katérina. Sans pour autant tuer le spectre en elle. Lui, cela ne sert à rien de le tuer. »

C’était quoi cette proposition louche qu’elle faisait ? C’était étrange, très étrange. Elle ne comptait pas tomber dans le panneau. Elle en avait assez de ce genre de bêtises. Elle en avait assez de cette journée ! Elle … Elle avait décidé de se battre à la loyale !

« Tu veux Kéran … n’est-ce pas ? Je veux autre chose … qui n’est pas si loin que ça … Je peux te laisser être heureuse avec Kéran … Et moi, en même temps, je le serais d’un autre point de vue. Est-ce que tu es d’accord ? »

« Je ne vois pas en quoi je serai d’accord … C’est quoi ce que tu proposes exactement ? Dis plutôt que tu veux me posséder et … »

« Il est vrai que si je suis en toi, tes pouvoirs seront décuplés. Et je n’ai pas besoin de te posséder … Tu as très bien pu le voir avec Swar et Dumasch, n’est-ce pas ? Je tiens à te le dire … Hyathéna est mon véritable prénom. Généralement, les spectres préfèrent cacher leur ancien nom mais … Je ne sais pas … Je te trouvais spéciale dès le début. »

« Assez discuté … Tu peux venir … Mais si je vois qu’un seul moment, tu tentes de me posséder, je te promets que mon esprit sera assez fort pour te briser de l’intérieur. » déclara Sélia, observant la Diamat. Après cette discussion à cœur ouvert entre elles, elle … se sentait moins réticente … moins dégoûtée.

« Tu acceptes donc ma présence en toi ? Ensemble, nous arriverons à récupérer Kéran. »

« C’est tout ce que je demande … Ensuite, tu peux faire ce que tu veux de ton existence. Mais je vais quand même me rendre dans l’Enceinte aux Esclaves et forcer mon père à me donner le secret pour exorciser une personne. »

« Comme tu le désires … Je vais commencer maintenant. »

Qu’elle commence … Qu’elles en finissent vite. Elle observa la créature ténébreuse qui redevenait une fumée noire voire légèrement violette. Sélia tendit sa paume droite vers elle, semblant chercher à l’attraper.

« AH ! JE … JE … »

La fumée avait pénétra dans la paume de sa main droite, tremblant de tout son corps. Elle ferma les yeux pendant quelques secondes, les rouvrant. Ses deux yeux étaient entièrement rouges avant qu’elle ne souffle :

« C’est donc cela … le fait d’être possédé ? Etrange … et non-déplaisant. »

Chapitre 159 : Abandonnée

Chapitre 159 : Abandonnée

« Katérina … » murmura faiblement le jeune homme aux cheveux blancs.

Il s’était mis à trembler fortement, n’arrivant pas à contrôler son propre corps alors que ses mains empoignaient plus fermement les épaules de Katérina. Celle-ci, malgré les blessures, regardaient Kéran avec surprise, le jeune homme ayant la tête baissée.

« Je … Je choisis Katérina. Voilà tout … Je la choisis, Sélia. »

« Ké … Kéran … Je … Je réfléchis bien … Mais réfléchis bien aussi. Katérina … Katérina n’est pas faite pour toi, Kéran. Je … S’il te plaît … »

« Je suis sûr … de mon choix, Sélia. Tu me l’as laissé … et je te le donne. Pardon. Mais je ne peux pas … Je ne peux vraiment pas. Me demander une telle chose, entre toi et elle … De cette façon, je ne peux pas. Je ne peux vraiment pas. Katérina est tellement importante pour moi … Tellement importante … oui. »

« Kéran … Elle a tué mon pokémon … Elle m’a insulté … Elle est vulgaire … Elle est possédée … Est-ce pour ça ? C’est pour ça ? Car elle est possédée ? Comme ton épée ? »

« Comme moi … Je suis possédé par Swar … et cela depuis le début, Sélia. »

« Ce … Ce n’est pas vrai ! Dis-moi que tu mens ! Tu n’es pas possédé ! TU N’ES PAS POSSEDE KERAN ! J’ai … J’ai … »

« Lorsque tu m’as découvert, Swar était déjà en moi. C’est grâce à elle que j’ai survécu à l’effondrement de ma maison. C’est grâce à toi que j’ai vécu durant toutes ces années. Je te remercies, Sélia … J’aime Katérina … »

NON ET NON ET NON ! La jeune femme aux cheveux bleus avait perdu à nouveau toute contenance, lâchant son arme au sol. Elle se tenait la tête entre ses mains, bredouillant :

« Kéran, tu … Tu es possédé ? Par Swar ? Par cette créature dans cette épée ? Mais … Mais mais … Je … Ah … Ah … Ah … »

« Swar n’est pas une créature maléfique, contrairement à ce que tu penses, Sélia. Les pokémons spectres et ténébreux ne sont pas tous mauvais. J’en connais beaucoup qui ne le sont pas en fin de compte. »

« Tu … Tu dis n’importe quoi. Les pokémons … spectres et ténébreux sont maléfiques. Ce sont eux … Ce sont eux qui ont brisé ma famille … Ce sont eux qui ont tué ma mère … Ce sont eux qui t’ont empoté loin de moi ! Ils … Ils m’ont tout retiré, ils me retirent tout encore ! Qu’importe la forme qu’ils ont ! Qu’importe l’apparence qu’ils portent ! »

« Ce n’est pas vrai, Sélia ! Tu le sais parfaitement ! Swar ne m’a jamais causé de problèmes ! Tu le sais parfaitement ! Et puis bon … Ce n’est pas pour ça que j’aime Katérina ! Pas du tout même ! C’est … C’est … »

« ALORS DIS-MOI C’EST QUOI ?! Dis-moi ce qui la rend meilleure que moi ! »

Ce n’était pas une question d’être meilleure ou non … Loin de là. Pourquoi est-ce que Sélia ne comprenait pas ça ? Pourquoi est-ce que … Pourquoi est-ce que ça se passait ainsi ? Pourquoi ? Il ne voulait pas créer de problèmes ! Il ne voulait pas ! PAS DU TOUT !

« Katérina ? Je ne crois pas … qu’elle soit meilleure que toi … En fait, loin de là. Sélia … Je t’ai toujours considérée comme une femme parfaite, au-dessus de moi … Comme ma grande sœur … Comme quelqu’un à qui je peux me confier … Katérina, c’est différent … Elle est plein de défauts, elle n’a pas sa langue dans sa poche, bref, elle est loin d’être parfaite. C’est même surement tout le contraire … mais … C’est pour ça que je l’aime. Car elle a tout ce qui la rend … plus humaine. »

« Et moi ? ET MOI DONC ? TU CROIS QUOI ? QUE JE SUIS REELLEMENT PARFAITE ?! Tu crois vraiment que je suis au-dessus de tout le monde ? »

« A mes yeux … Tu étais sans défauts … Voilà tout … Sélia … »

« IMBECILE ! IDIOT ! Je ne suis pas comme ça ! Moi aussi, je suis une femme ! Moi aussi, je suis humaine ! J’ai des sentiments aussi ! Comme lorsque j’ai vu mon père tuer ma mère possédée dans l’Enceinte aux Esclaves ! Comme lorsque j’ai compris finalement à quel point j’étais possessive ! Je veux simplement que tu restes avec moi ! Je te protègerai de tous les maux de cette planète, Kéran ! Tu resteras avec moi pour l’éternité, Kéran ! Kéran, tu ne comprends donc pas ce que ça veut dire ? Tu veux que je te le dise de vive-voix ?! Tu veux que je te le déclare devant cette folle psychopathe et cette Docte ? C’est ça que tu veux que je fasse Kéran ? C’est ça ?! »

« … Non … Non … Je ne veux pas … Je ne veux pas que … »

Il commençait à trembler de plus en plus. C’était … C’était … C’était ce qu’Elyséa lui avait dit … C’était exactement ça. Il … Il devait arrêter ça … Il devait arrêter ça avant qu’elle ne le dise ! Il devait l’arrêter ! Il cria :

« SELIA ! NE LE DIT PAS ! NE LE DIT PAS ! »

« Kéran … Je t’aime … Je t’aime comme une folle. Tu es ma seule raison de vivre depuis des années. Je t’ai vu grandir pendant tout ce temps, pensant que les seuls sentiments que j’avais envers toi étaient guidé par le fait que je ne voulais pas que tu suives le même chemin que moi. Je ne voulais pas que tu vives une enfance malheureuse, sans tes parents. Je ne voulais pas que tu sois triste. Je pensais que ce n’était que ça … Je ne pensais que ça au départ … Je me disais … que tu vas grandir, que tu trouveras alors une femme au village et que tu l’épouseras mais j’ai toujours tout fait pour repousser ces dernières. J’ai toujours tout fait pour que tu restes avec moi, que tu m’accompagnes pendant mes chasses. J’ai toujours tout fait pour qu’aucune autre femme ne t’approche. Ni même un homme d’ailleurs. Bien entendu, je te conseillais de toujours te méfier des autres car tu ne pouvais jamais savoir s’ils étaient possédés ou non mais je te mentais … Je ME mentais. Je voulais juste que tu ne t’éloignes pas de moi, je ne voulais pas que tu partes, que tu sois attiré ailleurs. Je voulais juste que tu restes à mes côtés, pour toujours. Je voulais juste vivre heureuse avec toi, ignorant tout le reste. Je crois que dans le fond, je n’ai jamais éprouvé l’amour qu’une sœur éprouve envers son petit frère, un amour mélangeant l’aspect maternel et le lien puissant entre un frère et une sœur. Non …. Je ne dois plus me voiler la face, je sais parfaitement ce que j’éprouve. Je t’aime comme une femme aime un homme. J’ai envie de passer le restant de mon existence avec toi, je veux te donner une famille, je veux que toi et moi soyons unis par les liens sacrés du mariage, protégés par la divinité Arceus qui veillera sur nous. Je veux … Je le veux … Je le veux tellement … Je veux tellement ça … Je ne veux rien d’autre Rien du tout ! »

« Je … Je … Je … »

Sélia avait le visage baissé, pleurant à chaudes larmes alors qu’elle serrait les poings. Elle … Elle l’avait dit. Il ne pouvait plus le nier. Il ne pouvait pas se cacher la face. Il ne pouvait pas se voiler … la vérité. Il ne pouvait plus … reculer et s’enfuir.

« Et alors ? Qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ? Tout ça, c’est des rêves de petite fille gâtée et de princesse ! La réalité est autrement ! La réalité, c’est que tu as perdu et ça depuis le départ ! Car tu n’as jamais réussi à le dire ouvertement ! T’es une perdante et j’ai gagné ! Kéran est avec moi, maintenant ! Que tu le veuilles ou non ! Tu vas accepter la vérité même si elle ne te plait pas ! TSSS ! Pauvre fille ! »

Katérina avait pris la parole, toujours aussi véhémente mais cette fois-ci, le jeune homme se tourna vers elle, lui donnant une violente claque sur la joue qui la fit tomber sur le côté.

« NE TE MOQUE PLUS JAMAIS DES SENTIMENTS D’AUTRUI ! »

Ce genre … Ce genre de choses ! Il ne pouvait pas laisser passer ça comme ça ! Pas avec de telles paroles ! Katérina avait été trop loin là aussi ! Elle avait été beaucoup trop loin ! Il ne fallait pas non plus abuser de sa patience !

« Je ne suis pas un morceau de viande que tu as volé à un Ponchien, Katérina ! Pas du tout ! D’accord ?! Même si … Même si … »

Même si … Même … Même s’il aimait Katérina, il ne pouvait pas tout lui pardonner. Pas tout ça ! Sélia … Sélia s’était confiée. Sélia avait déclaré ses sentiments. C’était à lui de … C’était à lui d’y répondre maintenant. Il devait y répondre !

« Je … Pardon … Sélia … N’écoute pas les paroles de Katérina. Elle aussi … est très jalouse et possessive. Je … Je … »

« Je te sauverai, Kéran. Je te sauverai … Je vais forcer mon père … non … Je vais forcer Ranor … à me dire comment je peux t’exorciser. Il en est capable … Les pokémons spectres et ténébreux peuvent être exorcisé. Ils peuvent être extirpés des corps des humains. Je vais faire ça … Je vais faire ça et te sauver, Kéran. Ça sera la meilleure chose à faire, Kéran. Ça sera la … »

« Sélia, ne fait pas cette bêtise ! Et puis tu viens de dire Ranor … Ça voudrait dire que ton père … Enfin, celui qui a … Enfin … C’était … C’est le chef de … Donc … »

« Je veux tuer mon père, Kéran. Tu vois ? Je ne suis pas parfaite … Je suis humaine … Je suis comme les autres … J’aime et je hais … Je ne suis qu’une personne comme tant d’autres. Je … Snif … Snif … Kéran … » dit-elle, sanglotant légèrement, tentant de sourire tristement alors qu’elle s’avançait vers lui. Elle avait ramassé son épée, la rangeant dans sa garde. Elle arriva à sa hauteur, Kéran ne pouvant s’empêcher de trembloter.

« Sé … Sélia … Je … Je suis désolé de ne pas répondre à tes sentiments. J’en … J’en aime une autre … J’aime cette personne qui a … qui a tué ton pokémon. J’aime … »

« C’est bon … Kéran … Je vais … me comporter une femme dorénavant, non pas comme une sœur ou une protectrice. Toi ! Katérina ! »

La jeune femme aux cheveux argentés s’était relevée avec difficultés, encore un peu estomaquée par la claque du jeune homme sur son visage.

« Tu vas voir … Tu as déjà pu constater la différence de force entre toi et moi. Je vais tout faire pour que Kéran comprenne réellement ce qu’il doit faire. Qu’il ne soit plus aveuglé par le faux amour que tu lui donnes ! Tu veux garder Kéran ? A l’amour comme à la guerre. Dorénavant, tu peux me considérer comme une ennemie mortelle. Non pas à cause de mon Pyroli, non pas parce que tu es possédée mais simplement parce que tu es une femme … Une femme qui convoite l’unique homme que j’aime. Dorénavant, je te conseille de te méfier … car tu ne sauras jamais sur quoi tu peux tomber. »

« Sé … Sélia ! Ca ne se dit pas ça ! Je disais à … »

Il fut stoppé dans ses paroles, Sélia soulevant son menton avec deux doigts. Elle posa ses lèvres sur les siennes, Kéran ouvrant en grand ses yeux pour être sûr de ne pas rêver. Sélia était bien en train de faire ça ? Il voulut reculer mais remarqua qu’il ne pouvait pas. Finalement, elle retira ses lèvres, souriant bien qu’elle avait les yeux rougis, non pas naturellement mais à cause de ses larmes.

« C’est plutôt … bon, Kéran. Au moins, je sais que j’ai donné mon premier baiser à la personne que j’aime. Je compte te donner bien plus la prochaine fois. Je m’en vais. »

« Hein ? Mais mais mais … Sélia, je … »

La jeune femme avait fait un demi-tour sur elle-même, posant son regard sur Loa. Elle cligna plusieurs fois des yeux avant de murmurer :

« Aimer une personne est toujours parsemé d’embûches, n’est-ce-pas ? Vous me donnez l’impression de connaître cela bien plus qu’il n’en faut. »

« … … … Surement, oui. Que comptez-vous faire ? »

« Pour l’heure ? Je … vais être seule … J’ai besoin de mettre de l’ordre à mes idées. Ensuite, je ne me gênerais pas pour aller chercher le moyen d’exorciser Kéran. Je veux lui montrer la lumière de la vérité. »

« Ne devenez pas une extrémiste, cela serait dommage. Et … ne vous faites pas du mal … Malgré les apparences, Kéran tient énormément à vous. »

« Je veux plus de sa part … mais je dois faire des efforts pour lui donner plus. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il aime comme une femme. Je vous laisse. »

« Prenez garde à vous … » termina de dire Loa, Sélia retournant dans la ville.

Lui ? Il était juste là … à la regarder partir sans l’interrompre. Sélia … La femme qui l’avait élevé pendant des années. Elle lui avait déclaré son amour, elle l’avait embrassé … Elle avait fait tout ça devant Katérina.
Katérina qui allait surement se mettre en colère, plus qu’en colère même. Comment est-ce qu’il pouvait réagir contre ça ? Comment est-ce qu’il … pouvait faire ? Ce n’était pas possible … Il avait encore du mal à y croire ! Ce n’était possible !

« Kéran … Le cœur des humains, non … Le cœur des femmes restera toujours un mystère pour la majorité des hommes. Tu ne fais pas exception à la règle. Mais maintenant, tu devrais être heureux. Deux femmes se battent pour toi. »

« Heureux ? Comment est-ce que je pourrai l’être ? Je … Je … »

Swar lui parlait dans sa tête et il y répondait ! Mais ça ne changeait rien à la situation ! Rien du tout même ! Il … Il avait été embrassé par Sélia et il était plus que confus maintenant. Il aimait Katérina, il ‘aimait vraiment … Mais deux femmes … Une autre femme l’aimait … Une femme qu’il connaissait depuis des années.

« J’en ai marre ! Qu’est-ce que j’ai foutu ?! Mais qu’est-ce que j’ai foutu ?! »

Il vint s’accroupir, se tenant la tête entre les mains. Il en avait assez ! Il s’était bourré le crâne avec tellement de stupidités ! Il avait commis des bêtises absurdes ! Il s’en voulait ! Il s’en voulait terriblement de tout ce qui s’était passé !

A l’intérieur de la ville, Sélia était en marcher avec rapidité, se dirigeant vers la base de la Sainte Alliance. Lorsqu’elle pénétra dans le bâtiment, la personne à l’accueil vint dire :

« Pardonnez-moi, mademoiselle Sélia mais un jeune homme est … »

« Je sais, je l’ai rencontré. Si on a besoin de moi, dites que je ne suis pas là et que l’on ne vienne pas me déranger, est-ce bien compris ? Qu’importe les prétextes. »

« D’a … D’accord, mademoiselle Sélia. Je préviendrai quiconque s’il le faut. »

« Merci bien. » termina de dire la femme aux cheveux bleus avant de foncer vers sa chambre.
Là-bas, elle s’écroula sur le lit, posant une main devant ses yeux qui étaient à nouveau parcourus par les lames. Elle sanglotait, bredouillant quelques mots jusqu’à ce qu’une voix émane de l’épée, une voix féminine.

« Visiblement … Tu sembles avoir quelques problèmes … Sélia … »

« Ne m’adresse pas la parole, c’est compris ? Je ne veux … rien avoir à faire avec toi ! »

« J’ai pu tout entendre … Laisse-moi donc te raconter mon histoire … Tu comprendras. »

Comprendre quoi ? Elle ne voulait rien comprendre de la part d’une pokémon ! Rien du tout même ! Mais … si Hyathéna avait quelque chose à dire … alors autant l’écouter.

Chapitre 158 : L’heure du choix

Chapitre 158 : L’heure du choix

« Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça veut dire, Kéran ? »

« Sélia … S’il te plaît. J’espère que tu me laisseras t’expliquer avant de t’emporter. Voilà … Enfin, tu connais déjà Loa … et cette personne, c’est Katérina. »

« JE SAIS PARFAITEMENT QUI EST CETTE PERSONNE ! » hurla Sélia, serrant la garde de son épée, prête à l’extirper.

« Et voilà qu’elle grogne … Je te l’avais dit, Kéran. J’ai pas que ça à foutre. Pas envie de me salir les mains sur elle. Au moins, elle est maintenant au courant. Tant mieux. » marmonna Katérina, haussant les épaules malgré la fureur que laissait échapper Sélia.

« Kéran … Ne me dit pas que … Ne me dit pas que … Elle et toi, vous … »

« Je voulais te le dire car à cause de la situation et de tout ce qui s’est passé, c’est vraiment compliqué. Mais je veux … Enfin … »

« KERAN ! Elle a tué mon Pyroli ! Elle l’a tué ! Et toi … Tu … Tu … »

« Tu peux pas savoir comme il embrasse bien. Et en plus, il est plutôt bien monté. On ne dirait pas comme ça mais il a déjà tout d’un homme. » dit la jeune femme aux cheveux argentés en ricanant légèrement, adorant l’expression de surprise et d’horreur de la part de Sélia.

« KATERINA ! Je t’avais demandé de tout faire pour calmer la situation ! Tu veux que je lui dise ce qui s’est passé avec toi ? Ce qu’il y a exactement ? Sélia comme toi, vous êtes importantes à mes yeux ! Très importantes ! C’est pour ça que je voulais lui parler et lui annoncer ce qu’il y avait entre nous deux ! »

Loa ne pouvait-il pas l’aider ? La jeune femme aux cheveux verts observait la situation de l’extérieur, Harno déjà sorti au cas où. Si tout commençait à partir … n’importe comment, elle était prête à réagir. Mais … Il valait mieux calmer la situation.

« Et pourquoi est-ce que je devrais la calmer la situation ? Elle s’excite comme une pucelle … AH BIEN ENTENDU ! Les hormones quoi ! L’humain est un animal ! Comme elle sent que sa proie lui échappe peu à peu, ses hormones s’affolent et elle tente de se contrôler mais elle n’y arrive pas ! Voilà tout ! »

« KATERINA ! BON SANG ! JE … Sélia ! »

Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout quoi faire ! La seule chose possible, c’est qu’il était au milieu des deux femmes. Elles ne pouvaient pas se battre s’il était au milieu ! Voilà tout ! Rien d’autre ! Il … Il … Qu’est-ce qu’il avait loupé dans tout ça ?

« … … … Tu as voulu bien faire … mais tu n’as pas pris en compte mes propos, Kéran. »

« Elyséa, s’il te plaît … Aide-moi. Je ne veux pas qu’elles soient blessées. Je ne veux pas qu’elles se battent ! S’il te plaît ! Tu sais comment faire ! » bredouilla Kéran dans sa pensée, la voix d’Elyséa soupirant légèrement avant qu’elle ne dise :

« Qu’importe ce que tu diras … Qu’importe ce que tu feras … Tu en feras souffrir une. L’enfer est pavé de bonnes intentions, Kéran. Tu as voulu bien agir … Tu trouvais ça normal, tu voulais lui montrer ce qui te rendait heureux. Mais tu étais au courant de ce problème … Il aurait mieux fallut ne rien dire et ne jamais te présenter à nouveau devant elle. »

« Qu’est-ce que j’ai fait … Qu’est-ce que j’ai fait … Elyséa ? »

« Ce que tu as fait … est une énorme erreur, Kéran. Maintenant, à toi de réagir en conséquence … Car ces dernières vont changer définitivement vos vies. »

« Je ne veux pas … Je ne veux vraiment pas … Vraiment pas … »

Il ne voulait pas du tout. Mais comment faire autrement ? Comment c’était possible ? Il y avait forcément une solution ! Mais … mais … mais … AH ! Il eut à peine le temps de tourner la tête vers Sélia que celle-ci s’était déjà mise à courir vers Katérina, sortant son épée pour aller la planter dans le corps de Katérina. ZUT !

« STOP ! KATERINA ! NE REPLIQUE PAS ! »

« Et tu crois que je vais me gêner ? Je vais lui couper un bras pour qu’elle comprenne parfaitement qu’elle ne fait pas le poids face à moi ! »

LUI COUPER … NON ! IL NE VOULAIT PAS ! Que Swar l’aide ! Que Swar l’épaule ! Il réclamait déjà la puissance de Swar mais celle-ci ne vint pas se montrer, laissant le jeune homme complètement décontenancé.

« Swar ! S’il te plaît ! Donne-moi ta force maintenant ! J’en ai besoin ! »

« … … … Non. Je ne peux pas. Ce n’est pas par pure jalousie ou parce que je veux voir les deux femmes de ton existence se détruire entre elles … Je veux juste que tu constates les dégâts que tu as causés de tes propres mains. »

Les dégâts … Il n’avait jamais voulu ça ! JAMAIS ! JAMAIS ! Il devait les arrêter ! Il sortit son épée mais … c’était déjà trop tard. Katérina avait sorti ses lames, parant le coup d’épée de la part de Sélia avec une extrême facilité.

« Ben ma grande … On dirait bien que tu ne t’es pas améliorée depuis le temps ! Dommage pour toi ! Mais bon, j’espère que tu apprécies les cicatrices et être manchote ! »

« Je vais te faire payer ! JE VAIS TE TUER POUR TOUT CE QUE TU M’AS PRIS ! »

« Et qu’est-ce que tu crois ? Pendant des années, tu ne le touches pas ! HEY ! On pourrait croire que c’est plutôt toi la gamine qui avait peur de toucher Kéran depuis le temps ! HAHAHA ! Pauvre petite fillette ! »

« Je … Je … Je … SALE GARCE ! »

Elle manquait de vocabulaire sur le moment mais le coup d’épée qu’elle donna à Katérina repoussa la femme aux cheveux argentés en arrière, la surprenant.

Wowow … Qu’est-ce qui venait de se passer exactement là ? Elle avait besoin de comprendre … mais bon en fait, le gros problème, c’était bien ce qu’elle avait senti ! Cette femme … Elle avait peut-être un peu exagéré en disant que Sélia était faible.

« Mais bon ! Si tu veux jouer sur le terme de la puissance, je vais te régler ton compte ! »

Déjà, une aura noire se formait autour de Katérina alors qu’elle souriait étrangement … et machiavéliquement. Elle émit un petit ricanement, disparaissant de la vue de Sélia avant d’apparaitre dans son dos.

« Espérons que ton armure soit assez résistante même si j’en doute ! »

« Idiote … Avec ta tenue vulgaire et tes paroles, tu n’es pas faite pour lui ! JAMAIS ! Tu as encore essayé de l’ensorceler ! Saleté de personne possédée ! »

La femme aux cheveux argentés émit un petit rictus de colère, s’arrêtant pendant un bref instant. Ah ouais ? Elle était pas faite pour lui ? Et pourtant, c’était elle qu’il avait choisie ! Qu’elle le veuille ou non ! AH !

« Malheureusement, ma petite dame, moi, j’avais des arguments convaincants, deux gros arguments que toi, tu n’as jamais sûrement montré à Kéran ! »

« LA FERME ! Ce genre de paroles est ce qui me répugne chez toi ! JE VAIS T’ELIMINER ET REPRENDRE KERAN AVEC MOI ! On ne me le retirera pas ! »

« Loa … Loa … Je suis … Je suis sensé faire quoi ? » bredouilla le jeune homme, déjà en train de trembler de peur alors qu’il regardait le combat entre les deux femmes.

« Ce que tu peux faire ? Je ne sais pas … Je ne sais pas ce que je peux faire. Je trouve que … dans le fond … Ce n’était pas une bonne idée. »

« Je le sais ! Je le sais parfaitement même ! Je le sais parfaitement ! JE LE SAIS ! JE LE SAIS ! JE LE SAIS ! Je veux les arrêter ! Je veux les arrêter maintenant ! S’il te plaît ! Aide-moi Loa ! S’il te plaît ! »

« Et qu’est-ce que nous pouvons y faire, Kéran ? Sincèrement ? »

« Je ne sais pas ! Mais tu as sûrement une idée ! Je … Je … Je … Je ne veux pas que Sélia soit blessée ! Je ne veux pas que Katérina lui fasse du mal ! »

Il avait perdu toute contenance, toute maturité accumulée durant ces derniers mois. Tout ce qu’il avait … fait depuis le début, tout venait de disparaître. Il ne pouvait pas les arrêter ! Pas sans l’aide de Swar ! Il … Il ne voulait pas rendre malheureuse Sélia ! Il ne voulait pas rendre Katérina malheureuse ! Alors … Alors … Il devait faire quoi ?!

« Kéran … Regarde le combat. Etrangement, c’est équilibré. »

Hein ? Quoi ? Comment ça ? Sélia allait se faire tuer normalement par Katérina ! Ca devait se passer ainsi normalement ! Il n’y avait pas de …

Non ? Sélia … était bien face à Katérina, se retournant lorsque celle-ci utilisait sa vitesse pour l’avoir par derrière. Comment était-ce possible ? Normalement, Katérina était possédée non ? Elle avait une aura noire autour de son corps.

« Toi … Toi qui est toujours possédée … Tu n’as jamais réussi à te battre par tes propres moyens. Tu comptes toujours sur la créature qui est en toi. Je vais te montrer ce que la Sainte Alliance est capable de faire. »

Ce qu’elle était capable de faire ? La jeune femme aux cheveux bleus ouvrit un petit sac autour de la taille, en sortant une pierre de couleur blanche. Avec force, elle commença à le fissurer puis à l’écraser avec sa poigner, une puissante lumière en sortant, aveuglant Katérina. Sélia reprit avec colère :

« Contrairement à toi, j’ai l’expérience des combats ! Contrairement à toi, je suis faite pour m’occuper de Kéran ! Je sais ce qui le rend heureux, je sais ce qui est bon pour lui ! Je sais quelle vie lui convient ! Je suis prête à devenir la pire femme dans ce monde s’il le faut ! »

« MES YEUX ! BORDEL DE MERDE ! MES YEUX ! ELLE M’A AVEUGLE LA SALOPE ! » hurla Katérina, cherchant à se frotter les yeux avec ses poignets.

Sélia était maintenant à sa hauteur, prête à en terminer avec elle. Il était impossible pour Katérina de s’en échapper ! Elle n’avait aucun moyen de … Les deux lames de Katérina vinrent se croiser devant elle, les bras faisant émaner une puissance encore plus grande qu’auparavant, la voix de Dumasch résonnant :

« Je ne peux pas laisser passer cela … plus longtemps. »

« Voilà donc le spectre qui vient au secours de la femme qu’il possède … mais ça ne changera rien ! RIEN DU TOUT ! RIEN ! »

« Qu’est-ce que … cela veut dire ? »

Dumasch paraissait maintenant surpris, la main droite de Sélia agrippant le bras gauche de Katérina. D’un geste fait avec violence, elle fit tourner le bras, forçant Katérina mais surtout Dumasch à lâcher l’arme. D’un coup de pied bien placé dans le ventre, elle fit s’écrouler la jeune femme aux cheveux argentés à genoux.

« Comment … est-ce possible ? » demandèrent en même temps Katérina et Dumasch d’une seule et même voix, les yeux de la jeune femme étant à peine « guéris » de l’aveuglement subi par la pierre qu’avait éclaté Sélia.

« Tu m’as provoqué en tant que femme … Tu m’a provoqué en tant qu’être … Tu m’as provoqué en tant que cheffe-adjointe de la Sainte Alliance … Tu m’as provoqué en étant une personne possédée … Tu m’as tellement provoqué depuis tout ce temps … sans te gêner un seul instant de retirer tout ce qui me tenait à cœur. Et tu crois quoi ? Qu’est-ce que tu crois ? Que j’allais me laisser dominer par une horrible femme comme toi ? Je veux bien te laisser en vie … alors que je ne devrais pas … Je ne veux pas rendre malheureux Kéran en te tuant. Mais disparais de sa vie, disparais de la mienne et ne réapparait plus jamais dans une ville. Les êtres comme toi … Ceux qui sont prêts à tout pour faire souffrir les autres … ne méritent pas d’exister. »

« Comment … Comment … COMMENT EST-CE QUE TU PEUX FAIRE CA ?! »

Katérina hurlait de rage, n’arrivant pas à savoir comment une femme tout ce qu’il y avait de plus normal pouvait réussir à la mettre à terre ! ELLE ! Elle qui était possédée ! Comment est-ce qu’elle pouvait la faire souffrir autant ? La ridiculiser de la sorte !

« Je t’ai laissé le choix …Ne me force pas à décider à ta place. »

Le ton était froid et sec, signe que Sélia avait repris le contrôle de ses émotions mais surtout avait pris le contrôle de la situation. Et Kéran ? Kéran ? Le jeune homme avait du mal à comprendre réellement ce qui se passait.
La situation n’était pas celle à laquelle il avait pensée. La situation n’était pas celle … qu’il avait imaginée. Il … Il … Il devait faire quelque chose ! MAINTENANT ! Sélia était plus adulte que Katérina ! Elle comprendrait parfaitement !

« SELIA ! Arrête ça ! Arrête ça s’il te plaît ! Tu as gagné ! »

Il arriva à la hauteur des deux femmes, Sélia se tournant vers lui. Aussitôt, un sourire se dessina sur les lèvres de Sélia. Elle relâcha le poignet de Katérina, écrasant subitement l’autre main de l’adolescente pour qu’elle lâche sa seconde arme. D’un geste du pied, elle projeta la seconde lame au loin.

« Kéran ? Tu as pu voir ? Je suis capable de te protéger maintenant … Tu n’as plus besoin d’être accompagné par ce genre de femmes. »

« Sélia … Je voulais te présenter Katérina … Je suis bien avec elle. »

« Ne dit pas de sottises, Kéran. Comment est-ce que tu pourrais être bien avec une femme comme elle ? Elle n’a rien de spécial. »

« Sélia … Katérina est spéciale à mes yeux, c’est le plus important. »


Spéciale à ses yeux ? Non … Ce n’était pas ça. Les paroles de cette femme à genoux … De cette femme que Kéran aidait à relever, dont Kéran observait les mains, dont Kéran demandait des nouvelles pour savoir si elle allait bien.

« Kéran … Je … Non … Kéran … Kéran … Il faut que tu te décides maintenant. Il faut vraiment que tu te décides là … »

« De quoi est-ce que tu parles, Sélia ? »

« Elle … ou moi ? Cette inconnue libertine et perverse que tu ne connaissais pas il y a encore un an … ou presque … ou alors moi … qui t’ai élevé pendant des années ? »

C’était … C’était quoi ça ? C’était quoi ce choix aberrant qu’elle lui demandait ? C’était quoi cette décision folle ? Elle … Elle était sérieuse ?

Chapitre 157 : Un homme à femmes

Chapitre 157 : Un homme à femmes

« Mais qu’est-ce qu’il y a Katérina ? Depuis qu’on a parlé avec le Dominion Naturel, tu n’arrêtes pas de me faire la gueule ! C’est quoi le souci cette fois ? »

« Et tu te poserais pas des questions par hasard ? Du genre, je sais pas ! C’est peut-être toi le souci ! Non mais jte jures ! En train de draguer les gamines qui ont trois ans de moins que toi ! Elle n’avait même pas encore de poils en bas ! »

Mais mais mais … Qu’est-ce qu’elle racontait encore ? Il n’avait rien fait de tout ça ! Rien du tout ! Surtout pas draguer la princesse du Dominion Naturel ! Ce n’était pas du tout son genre ! Qu’est-ce qu’elle disait hein ? C’était n’importe quoi de sa part !

« Je n’ai rien fait de tout ça ! Ne fabule pas non plus hein ? J’ai juste répondu à … »

« La ferme, la ferme, la ferme ! Tu crois que je t’ai pas vu faire les yeux doux ? Détourner le regard ? Non mais … T’étais en train de faire ton petit héros torturé devant elle pour qu’elle se pâme devant toi ! Te fout pas de ma gueule ! »

… … … Mais elle s’imaginait de ces choses ! Ce n’était pas possible quoi ! C’était quoi les idées tordues qu’elle avait en tête pour penser à ça hein ? Il n’avait JAMAIS fait une telle chose ! C’était n’importe quoi ! N’importe quoi !

« Tu racontes vraiment … des idioties, Katérina. J’aime déjà quelqu’un, si tu veux tout savoir et tu connais déjà son nom. Alors bon, je ne sais pas pourquoi j’irai voir ailleurs. »

« Car peut-être qu’elle a un truc … Enfin non ! Un truc qu’elle n’a pas mais que moi, j’ai ! »

« … … … Loa ? Est-ce que Katérina serait … » commença à dire Kéran, sans même chercher à répondre à Katérina, Loa le coupant net :

« Il vaut mieux que tu ne le dises pas de vive-voix, Kéran. Généralement, ça fini par une claque ou une scène encore plus violente. Crois-en une femme. »

« … … … D’accord, j’ai parfaitement compris le message. »

« De quoi est-ce que vous parlez tous les deux ? Faites gaffe à ce que vous allez dire ! »

« De rien … Rien du tout. Je te laisse bouder et t’imaginer des tas des choses, Katérina. Je n’ai pas envie de me battre contre toi, je sais que je perdrai. De toute façon, si tu n’es pas capable de comprendre la vérité, je peux rien. »

« La vérité, c’est que tu faisais le joli cœur à la princesse ! Putain ! Si je l’attrape cette gamine, je vais l’étriper et jouer avec ses boyaux et … »

« Tu ne feras rien de tout ça. Déjà que nous sommes pas vraiment bien accueillis. »

Il l’avait coupé mais il ne cherchait même pas à continuer le dialogue avec elle. Les prises de bec, il en avait assez avec elle. Du moins, pour des raisons aussi stupides que ça. Il n’avait pas que ça à faire de toute façon hein ? Pas du tout même !

… … La soirée se passa bien moins paisiblement mais cela était normal. Katérina était quand même une femme sacrément jalouse non ? Ou alors, possessive ? Il avait fait le bon choix, de toute façon, n’est-ce pas ? Enfin … Un choix qu’il ne regrettait pas quoi ?^

Il s’endormit de son côté, Katérina venant pendant la nuit l’enlacer par derrière. C’était sa façon à elle de lui montrer qu’elle l’aimait … même si elle avait toujours beaucoup de mal à l’exprimer correctement. C’est tout … Rien d’autre.

Le lendemain matin, elle semblait avoir fait la paix avec le jeune homme bien qu’elle restait toujours réticente à aller rencontrer Sélia. Ce n’est pas qu’elle avait peur, loin de là même … Mais seulement, les relations n’étaient pas son fort. Après quelques heures de marche, ils arrivèrent jusqu’à la ville où … normalement … Sélia devait se trouver.

« Bon … Euh … Je pense que tu ne veux pas venir en ville, Katérina ? Alors … Je vais aller retrouver Sélia et la ramener jusqu’ici. Loa, tu veux bien attendre avec elle ? »

« Je ne pense pas que j’ai vraiment le choix, n’est-ce pas ? »

« Ne dit pas ça comme si ce n’était pas plaisant … Ca m’embête encore plus que le reste. »

« Mais ne t’en fait pas, comme ça, je peux parler avec Katérina. Fais donc. » répondit Loa en lui souriant, le jeune homme la remerciant d’un hochement de tête. Tant mieux alors … Il embrassa Katérina sur les joues, se dirigeant vers l’intérieur de la ville.


Une ville … qui baignait encore dans le Soleil … C’était ce qu’il pensait continuellement depuis plusieurs jours maintenant. Il avait envie que le Soleil revienne partout … soit présent partout dans le monde et rien d’autre.
Mais bon … Ce n’était pas possible tant qu’il ne faisait pas le ménage partout. Pour le moment, il avait encore beaucoup de travail ! Et puis … Il était un peu soucieux de retrouver Sélia. Il se demandait si cela allait prendre du temps ou non.

« Et surtout quand je vais lui dire que … je suis avec Katérina. »

Il avait déjà peur de sa réaction. Enfin … Il allait se faire rencontrer les deux femmes de sa vie. Ah ! Il pouvait penser une telle chose maintenant car c’était la vérité ! Et puis, Sélia et lui s’étaient pardonnés … Du moins, IL avait pardonné à Sélia de ne lui avoir rien dit pendant toutes ces années. Mais bon …

Ce n’était pas ça le problème ! Où est-ce qu’il pouvait trouver Sélia actuellement ? AH ! Peut-être à la base de la Sainte Alliance non ? Du moins, cela était normal ou presque. Il se dirigea vers celle-ci, poussant un léger soupir. Il n’était pas motivé à avoir … encore une fois une personne à l’accueil qui lui répondrait à moitié mais bon … Il s’adressa à la femme en face de lui, encore une personne d’une quarantaine d’années.

« Pardonnez-moi, j’aimerai voir mademoiselle Sélia si cela est possible. »

« Pas possible. Elle est partie comme une flèche comme tous les jours depuis maintenant quelques jours. Il paraitrait qu’elle vagabonde dans la ville comme pour chercher quelqu’un. Elle a reçu une lettre disant que son petit Kéran, comme elle l’aime l’appeler, avait demandé à la voir. Bref … Comme ils … Attends un petit … peu ? Tu serais pas quand même … »

« Euh … En fait, si … Voilà tout. » dit le jeune homme en rougissant un peu.

« T’as pas l’air si petit que ça … et encore, tu n’as pas l’air si chétif. »

« Euh … Ca fait quand même quelques temps qu’elle ne m’a pas vu mais c’est elle qui s’est occupé de moi pendant des années donc bon … Voilà tout. »

« Bref, ça ne me concerne pas. Si tu veux la chercher, ben bonne chance. Ou alors, tu reviens dans une ou deux heures, quand elle aura fini de courir un peu partout. »

« Merci bien … Enfin, je crois. »

Il quitta le bâtiment. Alors bon … Visiblement, Sélia … était à sa recherche. Quand même, il se rappelait un peu des dernières paroles de Swar à ce sujet. D’ailleurs, Swar vint s’adresser à lui, par la pensée, déclarant :

« Tu n’es plus sûr d’avoir fait le bon choix, Kéran ? Sélia est une femme tout ce qu’il y a de plus normal, tu ne trouves pas ? Et tu pourrais avoir des enfants avec elle, non ? »

« Je … ne pense pas à Sélia de cette manière. Et je ne crois pas que … ça soit pareil … »

« … … … Tu ne devrais pas te voiler la face, Kéran. Tu te fais souffrir. »

« Je ne me voile rien du tout. Je sais parfaitement ce qu’il en est. Je ne suis qu’un enfant à ses yeux. Elle m’a élevé quand mes parents sont morts, Elyséa. »

« Et tu penses donc qu’elle te considère toujours comme ton petit frère ? Malgré le temps qui passe ? C’est bien ça ? Tu n’es plus aussi naïf pourtant. »

Il ne l’était pas … Il ne l’était pas du tout même. Il savait parfaitement … Mais … BON ! De toute façon, il verrait au moment venu ! Il commença à partir à la recherche de la jeune femme, parcourant la ville à son tour.
Du moins, il ne tarda pas à se faire percuter par une personne, lui comme elle tombant au sol. Il poussa un gémissement de douleur, marmonnant :

« Pardon … Pardon … Je ne regardais pas devant moi. Je m’excuse. »

« C’est de ma faute, je suis désolée. Je ne devrais pas être si pressée. »

« … … … Sélia ? » murmura le jeune homme aux cheveux argentés alors qu’il entendait la même réplique quelques secondes après lui :

« Kéran ? C’est … toi ? »

Bien sûr que c’était lui ! Mais donc … C’était Sélia ? Vraiment ? C’était elle ? AH ! Tant mieux ! Il était plus qu’heureux de la voir ! Mais elle avait quand même un peu … AH !

Il se retrouva couché au sol. Il … n’était vraiment pas habitué à ce que Sélia réagisse de la sorte. Il n’en avait pas l’habitude … Il fallait dire que pendant des années, il avait eu l’impression d’avoir affaire à une femme forte et mature … mais leur dernière fois … avait montré tout le contraire.

« Car Sélia est une femme comme une autre … Une femme plus fragile que tu le crois, Kéran. » murmura Swar dans son esprit.

« Tais-toi, s’il te plaît … Je ne veux pas que tu me déranges avec ça … Je … »

« Regarde ça … Elle se donne en spectacle devant des dizaines de personnes. Sélia est une personne connue maintenant et pourtant, elle agit comme … une adolescente. »

« Tais-toi s’il te plaît … Je ne veux pas avoir à me répéter. »

Il ne voulait pas … voir cette vérité absurde. Sélia était maintenant plus tellement grande. Enfin, elle l’était toujours par rapport à lui mais … Comment … Ah … Il … Il caressa le cuir chevelu de Sélia avant de dire :

« Sélia … Est-ce que tu penses que tu peux me lâcher un tout petit peu ? Que je puisse respirer ? Je … Et puis, tout le monde nous regarde. »

« Oui … Pardon, je me comporte comme une idiote. »

La femme aux cheveux bleus lui souriait tout en se relevant. Elle avait un peu changé depuis le temps. Ses cheveux étaient légèrement plus longs mais elle avait toujours les mêmes magnifiques yeux rubis. Son changement était visible grâce à l’armure qu’elle portait … Une belle armure de métal mais magnifiquement ouvragée. Heureusement, elle ne portait pas de casque non plus, ça aurait été dommage de cacher cette magnifique chevelure. Elle avait une épée et sa garde autour de la ceinture ainsi que quelques noigrumes. Elle tourna un peu sur elle-même, remarquant que Kéran l’observait. Elle lui faisait en même temps un petit sourire, demandant après quelques instants avec tendresse :

« Alors ? Comment est-ce que tu trouves ma nouvelle armure, Kéran ? Elle est spéciale non ? Je l’aime bien … même si elle me serre un peu mais bon. Et tu as vu cette cape derrière moi ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

La cape ? Ah oui … Elle avait une cape rouge de toile … Ben … Ce qu’il en pensait … C’est qu’elle avait quand même … Enfin, il devait le reconnaître qu’elle …

« Tu es superbe, Sélia. Tu donnes vraiment l’impression d’être un chevalier. Enfin, une personne qui protège le peuple et son royaume … Enfin, le monde. »

« Merci du compliment, Kéran. Ca me touche énormément. Tu veux que l’on aille boire, tous les deux ? Maintenant que tu es un adulte, il n’y a plus aucun problème. »

« Euh … Non … Euh … Est-ce que tu veux bien me suivre ? J’ai à te parler. »

« Est-ce que … c’est comme … la dernière fois ? »

Elle avait demandé sur un ton légèrement craintif. Non non ! Ce n’était pas du tout le cas ! Qu’elle ne commence pas à avoir peur ! Pas du tout même ! Surtout qu’elle avait aussitôt perdu son sourire, le regardant d’un air inquiet.

« Je veux juste … te montrer quelqu’un d’important pour moi. »

La jeune femme ne continua pas de sourire, le regardant avec perplexité. Puis soudainement, elle semblait maussade, baissant la tête.

« D’a … D’accord, Kéran. Où est-ce que cette personne se trouve ? »

« Si tu ne veux pas, je comprendrai hein ? Mais comme … Enfin, comme tu es … »

« Comme je suis … quoi, Kéran ? » dit-il faiblement, ne le regardant plus dans les yeux.

« Je … Enfin, Sélia, je veux te montrer cette personne ! Il faut que je te la montre absolument car je ne veux pas te cacher la vérité ! »

Lui cacher la vérité ? Tant … qu’il était heureux … n’est-ce pas ? Du moins, c’est ce qu’elle devait penser à ce moment précis, n’est-ce pas ? Mais elle avait une pointe au cœur. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi … est-ce qu’elle souffrait comme ça ? Elle connaissait la réponse … n’est-ce pas ? Elle hocha la tête, disant :

« Alors … Emmène donc voir cette personne. Elle est hors de la ville ? Elle nous attend quelque part, Kéran ? »

« Oui … Oui … Elle est hors de la ville mais tu ne dois surtout pas te mettre en colère, d’accord ? Tu me le promets ? »

« Je … te le promets … Je crois. »

Elle n’était plus vraiment sûre de comprendre la situation mais Kéran lui souriait chaleureusement. Ils avaient fait la paix … Elle ne voulait pas la briser ainsi. Pas maintenant … Pas après leurs retrouvailles. Elle commençait à comprendre … finalement …. En fait, elle le savait depuis des mois … Elle le savait parfaitement.

Elle savait ce que cela voulait dire … Les années s’étaient écoulé tranquillement et paisiblement … sans lui poser de problèmes. Puis arriva ce jour maudit … Ce jour qu’elle haïssait … qui avait été le départ de ce qu’elle considérait … comme la destruction de son propre monde, celui qu’elle s’était forgé après son départ de l’Enceinte aux Esclaves.
« Alors … Où est-ce que cette personne se trouve-t-elle exactement ? » dit-elle, tentant de sourire alors qu’ils quittaient la ville.

Elle avait remarqué que Kéran ne lui tenait pas la main, contrairement à d’habitude. Cela … voulait tellement en dire. Elle prit une profonde respiration, posant une main sur son cœur. Elle devait se calmer … Le bonheur de Kéran passait avant tout le reste. Pourtant, sa main se mit aussitôt sur la garde de son épée lorsqu’elle remarqua les deux personnes que Kéran lui présentaient … mais surtout celle aux cheveux argentés. ELLE ! Elle ne l’avait pas oublié !

Chapitre 156 : La jeune reine

Chapitre 156 : La jeune reine

« Et cette fameuse princesse, elle veut se montrer ou pas ? Car j’ai deux mots à lui dire ! »

« Katérina … Calme-toi, ça ne sert à rien de t’emporter. Je ne veux surtout pas de bagarre. » marmonna Kéran, tenant la main de Katérina au cas où. Son autre main gardait néanmoins l’épée. On n’était jamais trop sûrs à ce sujet.

« Ouais mais je m’en branle. Elle a pas réussi à éduquer ses Ponchiens. »

Il poussa un profond soupir. Qu’elle se taise. Ca serait bien mieux pour tout le monde. Il attendit que la princesse se présente mais il vit surtout une autre dizaine de personnes qui se présentaient en face du trio. Ils étaient aussi nombreux que ça ? Ce titre de princesse n’était peut-être pas infondé en soi. Puis finalement … Une forme plus petite que les autres commença à paraître au milieu des membres du Dominion Naturel.

« Hein ? Mais c’est qu’une … » commença à dire Katérina, Kéran lui mettant une main sur la bouche pour qu’elle se taise. STOP ! C’était bon ! Mais … La personne … Enfin, cette princesse … Elle était bizarre non ?

Non … Pas bizarre, mais c’était une apparence inattendue. Car il avait affaire à une adolescente d’environ quinze ans. Elle portait une longue robe … faite de feuilles ? Ou du moins, qui ressemblait à ça. Les épaules recouvertes par des feuilles, les jambes recouvertes par des feuilles, il n’y avait que des morceaux … de corde ou d’un tissu du genre pour retenir le tout. Mais … cette tenue, bien que spéciale, avait une certaine élégance. Enfin, bien qu’elle fût une princesse, elle ne portait pas de couronne. Mais d’ailleurs, au niveau de la ceinture, elle avait de nombreuses noigrumes, plus d’une dizaine.

Au niveau de la poitrine, elle semblait de taille moyenne voire un peu petite mais difficile à discerner avec cette tenue. Enfin, pour s’attarder plus longuement sur le visage de l’adolescente, celle-ci avait des yeux émeraude, des cheveux auburn lui allant jusqu’aux aisselles, cheveux réunis en deux tresses d’ailleurs, deux tresses retenues par des magnifiques fleurs blanches, néanmoins différentes de celle que Katérina avait dans ses cheveux. D’ailleurs, ce fut la première remarque de la princesse :

« Oh ! Vous avez une magnifique fleur dans les cheveux ! C’est une fleur rare, n’est-ce pas ? Elle ne pousse que dans des coins très difficiles d’accès et surtout, malgré qu’elle soit coupée, elle garde sa fraîcheur indéfiniment. »

« Hein quoi ? Ma fleur ? Ah ouais … Elle … Cadeau de ma grand-mère. »

Cadeau de sa grand-mère ? Elle n’en avait jamais parlé. Il pensait qu’elle n’avait jamais eu de famille à part ses parents … Enfin, ses parents décédés. Il cligna des yeux plusieurs fois vers Katérina, celle-ci le remarquant. Elle dit en haussant les épaules :

« Ben quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Pourquoi tu m’observes comme ça, Kéran ? »

« Pour … Pour rien du tout, ne t’en fait donc pas. »

« Mouais … Bref, on s’en fout de ma fleur ! »

Ce n’était pas totalement faux non plus. Mais voilà … C’était donc elle la princesse ? En y réfléchissant bien, ce n’était pas anormal. Katérina avait été une princesse en étant enfant. Mais bon … L’une ressemblait plus à une monarque que l’autre, c’était triste à dire. La princesse vint s’incliner poliment, reprenant la parole :

« Je m’appelle Iyasminé, princesse du Dominion Naturel mais aussi Reine des Plantes. Enchantée de vous connaître. Pouvez-vous me dire vos noms ? »

« Euh … Je m’appelle Kéran, la demoiselle, c’est Katérina et enfin la jeune femme accompagnée par son Melancolux, c’est Loa. »

Il avait aussi fait le geste pour s’incliner comme la princesse. Katérina lui donna un coup de coude dans la nuque, grognant légèrement avant de dire entre ses dents :

« T’arrête de te rendre ridicule, Kéran ? Tu te prends pour qui ? La duchesse ? »

« Je trouvais juste ça poli … Pas de quoi me frapper non plus hein ? Pfff … Ca fait mal. »

« Rien à foutre. Dites, on peut savoir pourquoi vous nous agressez ? Et puis, surtout, pourquoi est-ce que vous vous baladez avec la princesse du Dominion Naturel ? C’est sa sortie hebdomadaire ? Faudrait qu’elle rentre chez elle avant qu’il ne fasse nuit. » déclara Katérina en haussant les épaules. Loa toussa légèrement avant de dire :

« Katérina … Il faudrait quand même modérer ton langage. Ce n’est pas n’importe qui que tu as en face. Enfin … Une princesse … »

« Ce n’est qu’un titre accordé à mon sang … Dans le fond, je n’ai aucun lien de royauté avec les anciens grands de ce monde. Néanmoins, je possède quelques pouvoirs liés aux plantes. Voilà tout … Néanmoins, est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous faites ? »

« J’étais la première poser la question alors, vous avez intérêt à l’ouvrir … Pourquoi vous êtes là ? Car comme vous êtes une plante, z’aller prendre un bain de soleil ? »

Kéran se donna une violente claque sur le front. Katérina ne pouvait jamais réellement se taire ? Il lui mit une main devant la bouche, la regardant avec un peu de colère.

« Katérina … Tais-toi, s’il te plaît ! Réellement ! »

« VAIS TE BOUFFER LES DOIGTS ! » hurla la jeune femme mais il retira rapidement sa main, bloquant les bras de Katérina en l’enserrant par derrière.

« Même pas en rêve ! Tu te calmes et tu laisses parler la petite demoiselle ! Bon … Euh … Si vous voulez savoir, nous allons retrouver une amie qui n’est pas au courant que je suis un Docte car cela est assez récent. Mais vous, vous comptez vous rendre où ? »

« Nous nous rendons à la montagne de fer. C’est pourquoi je suis accompagnée. Nous devons étudier ce phénomène. » répondit en rigolant la princesse, remarquant le ton très poli du jeune homme en face d’elle. Elle désigna le Soleil d’un doigt, Kéran observant le ciel, faisant un léger sourire avant de murmurer :

« Je vois … Je vois … De toute façon, les pokémons métalliques ne vous attaqueront pas tant que vous n’êtes pas belliqueux. Par contre, ne les provoquez vraiment pas et ne causez pas de problèmes, d’accord ? Même s’ils sont possédés, ils ont une tâche importante maintenant. »

« … … … Comment est-ce que vous êtes au courant de cela … Kéran ? »

« Hein ? Euh … Ce n’est pas vraiment important. » dit-il en détournant le regard. Ce n’était pas vraiment son genre de se vanter de toute façon. La princesse passa entre les différentes personnes du Dominion, s’approchant de lui et Katérina.

« Et si vous me disiez la vérité, plutôt ? Nous ne sommes pas là pour juger, contrairement aux autres personnes. Je considère que tout le monde a sa place dans ce monde, même si dans le fond, certaines personnes ne méritent pas cette place. »

« Je suis au courant, voilà tout … euh … princesse ou reine Iyasminé. C’est bien ça ? J’espère ne pas me tromper dans les noms. Par contre, même si Katérina ne parle pas, je vous conseillerai au cas où de bouger rapidement. Elle a encore ses jambes de libre. »

« Tu crois que je vais aller cogner une gamine ou quoi ?! » hurla soudainement la jeune femme aux cheveux argentés, bien silencieuse depuis que Kéran l’avait agrippée.

« Une simple mesure de sécu … »

« Est-ce vous qui êtes responsable de ce qui s’est passé dans la montagne de fer et dans les alentours ? Vous avez réussi à vaincre le pokémon spectre ou ténébreux qui gérait cette partie du monde, c’est ça ? Mais vue la taille des nuages, il devait être terriblement puissant ! »

« Non non ! Je vous le promets que ce n’est pas nous, princesse Iyasminé ! » s’écria Kéran, Katérina recommençant à grogner de colère.

Loa eut un petit rire, Kéran se tournant vers elle. HEY ! Ce n’était pas drôle ! Elle remarquait parfaitement qu’il était gêné par une adolescente qui faisait une tête de moins que lui ! Avec ses tresses ! Pfff ! Il n’avait pas que ça à dire ou à faire !

« D’accord … Ce n’est pas vous alors. Mais quand même … Réussir à battre des pokémons spectres ou ténébreux, ce n’est pas à la portée de tout le monde. C’est à croire que la personne qui a fait ça est un héros ! Vraiment, si les gens connaissaient son nom, il serait célèbre aux yeux de tous et de toutes ! »

« Célèbre ? La célébrité, ce n’est pas vraiment pour moi et … »

« Hahaha ! Vous venez d’avouer que vous êtes celui qui a battu le pokémon de cette montagne ! » coupa aussitôt la reine des plantes en rigolant.
ET ZUT ! Il ne voulait pas ! Il ne répondit pas à la princesse, relâchant Katérina. Et puis … Ce n’était pas lui qui avait réellement battu Mékos de toute façon, loin de là. C’était … vraiment bien différent. La vérité était bien plus affreuse. Il murmura avec tristesse :

« Je n’étais pas seul … et sans eux … Je serai mort. Il faut mourir pour être un héros. »

La princesse Iyasminé arrêta de sourire, Katérina fixant le jeune homme. Loa aussi avait perdu son sourire, comprenant de qui il parlait. Bon … Puisque chacun savait où allait l’autre, il n’avait aucune raison de rester ici de toute façon.

« Nous allons vous laisser … princesse Iyasminé. Faites attention à vous, c’est tout. »

« Hein ? Euh … Bien entendu, mais faites attention à vous aussi, d’accord ? Enfin … Vous voulez déjà partir ? Vous pourriez nous dire plus exactement comment cela s’est passé, non ? » demanda l’adolescente aux cheveux auburn.

« Ce n’est rien de bien important et spécial … »

« Mademoiselle Iyasminé, nous n’avons pas le temps de parler avec des inconnus. Vous savez parfaitement que le Soleil va bientôt être recouvert une nouvelle fois par … »

« Ca ne sera pas le cas. Cette partie du monde sera la première être dorénavant parcourue par le Soleil pour l’éternité. » coupa doucement Kéran, la tête baissée.

« Et comment est-ce que vous pouvez pré… » reprit l’homme qui semblait diriger la petite troupe de personnes accompagnant l’adolescente royale, adolescente qui l’avait stoppé.

« Car contrairement à nous, il est au courant de la situation là-bas. »

L’homme voulut dire quelque chose mais préféra se taire. Katérina et Loa ne parlaient plus, Kéran regardant l’adolescente en face de lui. Elle était si petite … et portait néanmoins plus de responsabilités que lui.

« … … … Qu’est-ce que vous voulez encore, princesse Iyasminé ? » demanda-t-il tranquillement. Reparler de tout ça … le mettait mal.

« Rien du tout … Je pense que j’ai obtenu ce que je voulais, messire Kéran. »

« Mes… Messire Kéran ? Euh … Non, vraiment, je ne mérite pas ce titre. Appelez-moi tout simplement Kéran, ça suffit amplement. »

« Je suis libre en tant que personne royale d’appeler qui je veux par le terme que je veux. Si je considère qu’une personne doit être appelée ainsi, je le fais. »

« Et je croyais qu’elle n’était pas de sang royale, la gamine ? » rétorqua Katérina avec dédain.

Kéran comme la princesse ne répondirent pas à Katérina. Celle-ci se renfrogna, visiblement énervée par la situation. Kéran poussa un profond soupir avant de répondre :

« Pardon … Elle se comporte des fois comme ça … Veuillez l’excuser. »

« Je sais parfaitement pourquoi elle fait cela, il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer. Néanmoins … Nous allons nous en aller. »

« Vous ne devriez pas perdre plus de temps comme l’a conseillé votre … membre de l’armée qui semble diriger la troupe qui vous accompagne. »

« Vous avez totalement raison, messire Kéran.  Nous allons nous retirer. »

Il tiqua légèrement aux propos de l’adolescente qui semblait s’amuser d’utiliser ce terme pour le désigner. Pourquoi … est-ce qu’elle faisait ça ? Il prit une profonde respiration, expirant longuement alors que l’adolescente retournait auprès des personnes du Dominion naturel. Il la vit prendre une noigrume, faisant apparaître un Torterra plus grand que la moyenne. Elle grimpa dessus, se plaçant contre l’arbre.

« Nous nous en allons maintenant et … »

« Oh ! J’allais oublier une chose assez importante ! » dit Kéran avant qu’ils ne se mettent tous à partir. Ce n’était qu’une mesure de précaution … mais bon … Il valait mieux la prendre maintenant plutôt que de les laisser être blessés par inadvertance.

« Qu’est-ce donc ? Nous vous écoutons. » demanda Iyasminé en le regardant avec un sourire.

« Si vous rencontrez les pokémons métalliques, au cas où … Veuillez dire mon nom et celui de Katérina et Loa, je pense que ça vous permettra d’étudier la montagne de fer sans aucun problème … Enfin, normalement. »

Elle parut étonnée par les propos de Kéran, clignant quelques fois des yeux pour être sûre d’avoir bien entendu. Puis elle eut à nouveau un sourire avant de demander à avancer. Lorsqu’ils commencèrent à avoir de la distance avec le trio, elle arrêta son Torterra, déclarant d’une voix solennelle :

« Je note d’utiliser votre nom envers les pokémons métalliques possédés si nous les rencontrons. Merci beaucoup de votre aide … héros Kéran. »

« Hein que quoi ? » bredouilla Kéran alors qu’il entendait le rire de la princesse du Dominion Naturel qui s’éloignait.

« Putain ! Mais j’y crois pas ! Mais j’y crois pas ! » hurla soudainement Katérina avec rage, commençant à frapper du poing sur un arbre.

« Et qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu t’emportes comme ça, Katérina ? »

La jeune femme ne lui répondit pas, frappant de toutes ses forces alors qu’une aura noire se formait autour d’elle. Wowow … Elle était vraiment furieuse. Très furieuse même ! Il voulut s’approcher d’elle mais Loa posa une main sur son épaule.

« Il vaudrait mieux … que tu t’abstiennes de lui parler. Au moins, je peux te confirmer qu’elle t’aime énormément, Kéran. C’est plutôt une bonne nouvelle, n’est-ce pas ? »

Oui mais … Quand même, si on pouvait lui expliquer ce qui se passait avec Katérina. D’ailleurs, la jeune femme lui lançait des regards furieux, comme s’il était coupable de quelque chose. Qu’est-ce qu’il avait fait de spécial pour qu’il mérite ça ? Enfin … Il ne savait pas et il valait mieux ne rien dire jusqu’à ce qu’elle parle. Drôle de rencontre néanmoins, oui.

Chapitre 155 : L’armée de la nature

Chapitre 155 : L’armée de la nature

« Quelle connerie quand même. Comment j’ai pu tomber dans un piège aussi grossier ? »

« Ce n’était pas un piège, Katérina. Je le pensais sincèrement, c’est tout. » répondit Kéran après les propos de la jeune femme, celle-ci lui répliquant aussitôt :

« Ouais ouais … Enfin bon … Je l’ai promis donc je tiendrai ma promesse. Mais je te préviens, elle m’agresse, je la bute et je me sers de sa tête comme ballon ! »

« Il n’y aura rien de tout ça, c’est compris ? Pas besoin de s’emporter inutilement ! »

« Mouais mouais … Encore une fois, je te fais moyennement confiance. Je verrai seulement si t’en as dans le calbute quand tu te retrouveras en face d’elle. »

Ah bon ? Car elle ne pensait pas qu’il dirait à Sélia qu’il aimait Katérina ? Bien que cette dernière avait tué son pokémon ? Mais les évènements avaient montré que Katérina était bien différente de ce que l’on pouvait penser aux premiers abords. Et ça … C’était pour ça qu’il aimait la jeune femme aux cheveux argentés.

« Tu sais parfaitement ce dont je suis capable, Katérina. Ne t’en fait donc pas … Et vous ne vous attaquerez pas toutes les deux, d’accord ? »

« … … … Mouais, ça, faudra voir si tu arrives à nous arrêter. »

« Je suis sûr … que je peux vous arrêter, toutes les deux. » murmura le jeune homme, laissant apparaître une aura noire autour de lui, posant ses yeux sur Katérina. L’aura noire s’amplifia pendant quelques instants, Kéran souriant à la jeune femme.

« … … … C’est quoi ce délire ? »

Elle avait posé cette question après le petit excès de force que venait de montrer Kéran. L’aura noire … Il avait réussi à manipuler les pouvoirs de Swar comme ça ? Comment c’était possible ? Ce n’était pas normal que … Ou alors … La relation entre Swar et Kéran avait plutôt bien progressé et permettait une telle chose ?
C’était étrange, vraiment étrange même. Mais bon … Elle avait pas de quoi s’inquiéter de toute façon. Même si Sélia tentait de l’attaquer, elle lui couperait juste un membre pour qu’elle comprenne son infériorité. Ainsin elle irait pleurer et s’en irait dans son coin. Qu’elle ne touche pas à Kéran, c’était tout. Après la déclaration du jeune homme, il avait plutôt intérêt à ne pas aller voir une autre femme, elle risquait de très mal le prendre et …

« Katérina ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu attends quoi ? »

« Hein ? Quoi ? Et merde ! Je rêvassais ! C’est tout ! »

Elle marmonna cela avant de se mettre à rejoindre Kéran et Loa. Le jeune homme lui prit la main pour qu’ils ne se séparent pas, les trois personnes se rendant dans la ville où normalement Sélia devait l’attendre. Enfin … Il y avait normalement deux ou trois jours de marche d’après ce que la femme à l’accueil de la base de la Sainte Alliance lui avait dit.

La journée s’écoula rapidement, le trio ne faisant que peu de repos après une longue marche. Pendant que Katérina et Kéran étaient partis chasser, Loa avait sorti Harno de sa noigrume, le regardant avec un petit sourire. Un sourire un peu attristé.

« Quand même … Harno … Je suis un peu jalouse de ces deux-là … »

« Hum ? Je comprends parfaitement ton problème, Anély. Désolé … Je ne peux rien y faire … physiquement. Je ne suis pas capable de prendre une forme humaine contrairement à Swar ou Dumasch car je me doute que ce dernier en est capable. »

« Oh ? Ce n’est pas bien grave … Mais disons que ça me manque un peu, tu sais … Mais après tout … C’est normal. On ne pouvait rien prévoir. Et puis, tu es là, hein ? Je n’ai pas à être déçue … loin de là même. »

« … … … Tu es aussi assez déçue qu’il ne puisse pas devenir un Grand Docte ? »

« Oh ! Pourquoi devrai-je l’être ? Même s’il est maintenant impossible que Kéran tombe amoureux du spectre en lui, je crois que les Grands Doctes ne sont pas forcément … deux personnes qui s’aimaient, n’est-ce pas ? Il faut juste que Kéran n’aie pas peur de donner son corps à Swar …. De donner toute son âme, bref … qu’ils fusionnent ou presque. Dans le cas de deux personnes amoureuses, follement amoureuses, c’est beaucoup plus simple. Dans le cas d’un homme ou d’une femme qui a donné sa vie pour sauver celle ou celui qu’il ou elle aimait … C’est plus simple … si la personne se présente sous une forme spectrale que l’aimé encore vivant est capable de reconnaître. » soupira Loa en passant une main dans ses cheveux verts, regardant le Melancolux avec un petit sourire.

« Mais il n’est pas impossible qu’il puisse devenir un Grand Docte. Sa relation avec Swar est bien plus forte qu’on ne l’aurait cru au départ. »

« Non … Même dès le départ, Kéran était ouvert à Swar. Il a cherché à se rapprocher d’elle. Une personne qui s’ouvre instinctivement à une créature spectrale ou ténébreuse a déjà des chances de pouvoir devenir une Docte … si le spectre ou le pokémon ténébreux n’est pas mauvais de nature. »

« Il a fallu attendre que Swar … se dévoile réellement pour que tout puisse paraître au grand jour. J’ai l’impression aussi que Swar considère Kéran plus qu’un simple corps d’emprunt. Elle ne semble pas vouloir quitter son corps. »

« Il existe différentes façons d’aimer une autre personne. Mais je pense qu’ils s’aiment tous les deux. Peut-être pas de la même façon que Kéran et Katérina mais leur relation est très forte. AH … Je me demande pourquoi je me complique autant la vie. Tu te rappelles la raison de notre marche ? De notre voyage ? »

« Une raison assez folle … Il faut dire que tu es encore assez jeune contrairement à la majorité des Doctes. D’ailleurs, en tant que plus jeune Grande Docte parmi les rares qui peuvent être considérés ainsi … Hum … Je viens d’y réfléchir. » commença à murmurer le Melancolux, comme s’il venait de penser à quelque chose.

« Quoi donc ? Tu sembles … dubitatif … ou du moins, tu te questionnes. »

« D’après ce que … nous savons … La mère de Kéran était une Docte non ? Il en parlait … mais sa mère était capable de produire de la glace sans un spectre à ses côtés. »

« Maintenant que tu le dis … Je suis moi-même capable de faire cela. » murmura la jeune femme aux cheveux verts, produisant quelques flammes au bout de ses doigts avant de les envoyer sur quelques bûches réunies pour former le feu pour la cuisson.

« S’il est bien son fils … Il se peut que Kéran lui-même … soit capable de faire ça … ou ait des pouvoirs latents à la glace. »

« Seuls les Grands Doctes sont capables d’être en partie … « pokémon » si on pense à ça. Garder les pouvoirs du pokémon spectre en soi, c’est quelque chose de vraiment surprenant. Il se peut que … depuis plusieurs générations, la famille de Kéran soit liée aux Doctes. Sa mère était peut-être même bien plus puissante que les Grands Doctes actuellement. »

Tellement de choses se bousculaient dans sa tête alors qu’elle réfléchissait à la situation. Sincèrement, Kéran était une boule de mystères qu’il fallait démêler. Qu’est-ce qu’elle aurait donné pour avoir la possibilité de discuter avec sa mère un jour. La mère de Kéran … Cette femme devait être vraiment exceptionnelle … mais elle avait décidé de mener une vie tranquille et calme … avec son mari et son enfant. Dommage que sa fin fut des plus tristes.

« Et puis … Au final … Anély, nous nous sommes rapprochés de notre objectif. » termina de dire Harno alors qu’elle hochait la tête positivement. Oui … Elle avait trouvé deux personnes exceptionnelles … Deux personnes superbes.
Kéran et Katérina revinrent quelques finalement après une bonne demi-heure d’absence, chacun portant de quoi manger. Elle remarqua que Sarène était sortie de la noigrume, comme à son habitude. A croire que maintenant, la pokémon n’avait plus envie de laisser seul Kéran. Elle avait sûrement remarqué qu’il avait besoin d’une présence pokémon à ses côtés.

« Une certaine Momartik ne veut plus te lâcher, n’est-ce pas ? »

« On dirait bien … mais ça ne me dérange pas vraiment … C’est plus Katérina que ça dérange. Ah ! Je vois qu’Harno a allumé le feu ! Merci bien ! »

Loa et le Melancolux se regardèrent. Ca ne servait à rien de lui dire cela, n’est-ce pas ? Il découvrirait surement en temps et en heure ce qui se passait réellement autour de lui.

« De quoi est-ce que vous discutiez tous les deux ? » demanda Kéran alors qu’il s’amusait déjà à préparer le repas, Katérina l’observant faire.

« Oh … Rien de bien important, ne t’en fait donc pas. »

« Mouais … Ils parlaient encore de trucs bizarres entre un spectre et une Docte. C’est pas vraiment notre cas et ça ne nous concerne pas, Kéran. » marmonna Katérina.

« Oh … Tu sais … Katérina, tu acceptes de plus en plus Dumasch. Tu es autant une Docte que Kéran maintenant. » rétorqua Loa, un sourire aux lèvres. Katérina grogna, criant que ce n’était pas le cas … même si elle se voilait un peu la face. Oui … Ils étaient amusants.

La nuit se passa tranquillement, Kéran et Katérina dormant l’un contre l’autre. Dans l’autre tente, Loa souriait au Melancolux, celui-ci disparaissant en elle avant qu’elle ne se couche tranquillement dans son sac de couchage. Une aura noire se forma autour d’elle, la jeune femme dormant paisiblement.

Le lendemain, elle était un peu rouge aux joues, se levant en première. Elle jeta un bref regard à l’intérieur de la tente de Kéran et Katérina. Le couple se serrait mutuellement avec une certaine force dans le sommeil. Tant que les deux créatures en eux ne venaient pas le déranger … Quant à elle … Elle avait besoin de se rafraichir un peu, il fallait le reconnaitre.
« Peut-être était-ce … trop, Anély ? » murmura une voix en Loa.

« Ce n’est jamais trop. Loin de là, tu le sais parfaitement. Bon … Il y a surement un ruisseau ou un endroit où je peux m’asperger le visage. Je ne veux pas qu’ils se posent de questions. »

« Il est vrai que tu n’as pas le caractère assez … spécial de Katérina. »

« Je ne crois pas qu’il existe une autre personne qui lui ressemble caractériellement. » rétorqua la jeune femme aux cheveux verts en rigolant un peu.

Bon ! Elle s’éloigna pour laisser seuls les deux Keunotors. Elle disparut à travers les arbres, ne revenant qu’après une bonne heure. Pendant ce temps, ils s’étaient réveillés, préparant le petit-déjeuner. Ils avaient encore besoin d’une longue marche avant d’arriver jusqu’à la ville où se trouvait Sélia. Il fallait donc se ressourcer.

Voilà qu’ils étaient à nouveau en marche, suivant nullement le chemin de terre. Il fallait dire, qu’accompagnés par des créatures spectrales, il valait mieux ne pas trop … chercher les ennuis. Oui … Les problèmes, ce n’était pas pour maintenant, heureusement.

D’ailleurs, le Soleil était toujours présent dans le ciel bien que maintenant, il était possible de voir à nouveau des nuages au loin. Bon … La zone où ils devaient se rendre semblait encore baignée dans le Soleil. Les pokémons métalliques faisaient un excellent travail. Tant mieux …

Alors qu’ils passaient à travers les arbres pour prendre un raccourci, des racines sortirent subitement du sol, ligotant les jambes de Kéran et des deux femmes pour les soulever au-dessus du sol. Aussitôt, Katérina cria de colère :

« BORDEL ! C’EST QUOI CE BORDEL ?! »

« Nous avons senti une présence spectrale dans le coin, faites attention, princesse ! Nous allons voir ce qu’il en est ! Nous avons réussi à les piéger ! »

« … … … Putain, je vais m’occuper des connards ! »

Aussitôt, la jeune femme aux cheveux argentés prit ses lames, déchiquetant les racines qui la retenaient prisonnière. Elle fit de même avec Loa et Kéran, seul ce dernier se cassant la figure au sol, n’ayant pas prévu l’aide de la part de Katérina.

« Aie, aie, aie … Ca fait mal ! ZUT ALORS ! »

Mais qu’est-ce qui s’était passé surtout ?Il avait besoin de comprendre la situation car là, il était plus que perplexe. Il regarda les arbres, voyant plusieurs personnes habillées de vert. Ces dernières étaient accompagnées par plusieurs pokémons de type végétal.

« Vous avez intérêt à vous expliquer, sinon je vous butes. »

« Qu’est-ce que … Ils se sont délivrés ? Protégez la princesse du Dominion ! »

On pouvait lui expliquer la situation surtout ? Il se plaça devant Katérina, mettant une main devant elle pour éviter qu’elle ne les attaque. Et surtout inversement. Ces hommes et femmes … Ils étaient bien une dizaine déjà présents en face d’eux. Mais d’après leurs paroles, ils étaient encore bien plus réellement.

« Dominion ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et surtout, pourquoi vous nous avez attaqués ? » demanda calmement Kéran, sortant néanmoins son épée.

« Nous n’avons pas à répondre à des êtres possédés par les spectres et les pokémons ténébreux ! Nous sommes bien plus nombreux que vous ! Vous ne pouvez rien faire ! »

« Est-ce que tout le monde est aussi idiot chez vous ? »

Il fit apparaître Sarène ainsi qu’une aura noire autour de lui. Il n’allait pas se laisser marcher sur les pieds par des imbéciles qui réagissaient au quart de tour ! Et puis quoi encore ! Il avait autre chose à faire que ce genre de conneries stupides !

« Si vous vous estimez capables de nous battre … soit … mais à la base, nous ne sommes pas belliqueux. Nous ne sommes même pas là pour votre soi-disante princesse du Dominion. Nous sommes trois Doctes voyageurs. Poussez-vous de notre chemin et nous ferons de même … Mais si vous continuez à être agressifs, ça ne risque pas de se passer comme il faut. »

« Soi-disante princesse ? VOUS ALLEZ LE PAYER DE … »

« ASSEZ ! Nous sommes les agresseurs sur ce coup et nous devrions plutôt nous excuser ! » s’écria une voix qui semblait plutôt juvénile à travers les arbres.

« Princesse … Princesse Iyasminé ! Ne vous montrez pas ! Restez en arrière ! »

« NON ! Je refuse cela ! Vous vous êtes montrés trop hâtifs dans vos jugements ! Comment pouvez-vous vous permettre cela ?! Nous sommes le Dominion Naturel, non pas la Sainte Alliance ou l’Enceinte aux Esclaves ! »

« Dominion … Naturel … Ca me rappelle quelque chose. » murmura le jeune homme.

« Les personnes qui ont fait sauter l’arène où tu étais enfermé en font partie … Enfin, c’était la partie extrémiste que tu as rencontrée, Kéran. »
AH ! C’était donc ça ! Ca commençait à dater un peu ! Mais … Maintenant … Qu’est-ce que le Dominion Naturel faisait ici ? Et cette fameuse princesse allait se montrer ? D’ailleurs, il en avait déjà une à ses côtés alors bon … Il n’était pas impressionné.

Chapitre 154 : Une grande décision

Chapitre 154 : Une grande décision

« Je vois une ville à l’horizon ! Comme prévu ! C’est tout bon ! Tu viens Katérina ? »

Non mais est-ce qu’il avait écouté ce qu’elle avait dit ? La jeune femme aux cheveux argentés fronça les sourcils. Elle retira sa main de celle de Kéran, le fixant pendant quelques instants avant de dire sur un ton légèrement irrité :

« Je pensais m’être correctement exprimée. C’est quoi ton problème, Kéran ? »

« Mon problème est que je veux montrer à tous et à toutes avec qui je sors ! Ca ne te parait pas normal et logique ? Si j’aime une femme, je veux le crier. »

« … … … Imbécile. » marmonna Katérina, rougissant légèrement en détournant la tête. C’était stupide comme remarque, vraiment … Il n’y avait que lui pour parler de la sorte. Elle ne savait pas … Elle ne savait pas du tout. Puis elle n’avait pas la tenue pour ça. « J’ai dit que je ne viendrai pas et je tiendrai parole. Pas envie que les autres regardent mes miches. Même si je suis pas ta propriété, j’ai des principes quand même et … »

« Tu ne veux vraiment pas ? Enfin … Tu sais … Je te rappelle que la première fois que tu m’as rencontré, tu as quand même voulu me b… Euh non … Je ne parlerai pas de ça devant Loa, c’est plutôt personnel. Bref … Je t’avoue que j’avais un peu peur du comportement que tu avais au départ. Mais au final, tu es vraiment une chic fille. »

« Ah ouais … Merci du compliment quoi. Tu pensais que j’étais une salope ? »

« MAIS MAIS MAIS … MAIS NON ! Je ne pensais pas ça du tout ! PAS DU TOUT ! Regarde-moi bien, Katérina ! Je pensais juste que tu étais bizarre, un peu folle dans ta tête ! Et surtout très perverse ! Je sais pas du tout autre chose ! »

« JE TE TROUVAIS A MON GOUT DEPUIS LE DEPART ! C’EST TOUT ! Les connards que je butais auparavant, je les touchais même pas ! Il n’y avait que la tête qui tombait au sol et rien d’autre ! VOILA TOUT ! »

« … … … Euh … Moi, je te trouvais spéciale mais très attirante, c’est tout. »

Un grand éclat de rire se fit entendre alors que les deux personnes se disaient leurs vérités en face à face. Loa était là, une main sur le cœur, riant alors qu’Harno ne montrait aucune émotion ou presque puisque l’on sentait que lui aussi semblait amusé par la situation.

« Vraiment … Vous vous êtes bien trouvés tous les deux. Du moins … Vous êtes vraiment mignons comme couple. Vous me rappelez … ah … Non rien … C’est bon. »

« Mouais … Je me rends ridicule à cause de cet idiot ! Je vais pas dans la ville, j’ai pas que ça à foutre. Je reste dehors ! »

« Loa … Est-ce que tu veux bien rester avec Katérina. Je vais faire quelques courses et toutes ces choses mais je reviendrai vite, d’accord ? » dit le jeune homme aux cheveux blancs, Loa hochant la tête. Le jeune couple était rouge de gêne. Au moins, ils reconnaissaient que dès le départ, ils s’étaient appréciés. C’était toujours une bonne chose ce genre de confirmation.

Finalement, ils arrivèrent à une distance respectable de la ville, Katérina allant s’asseoir contre un arbre. Kéran regarda Loa, celle-ci faisant de même. Alors … Elle restait ici avec elle ? Tant mieux, il n’aimait pas laisser Katérina seule. De toute façon … Si elle était venue, cela aurait posé quelques problèmes.
Car oui … Après tout ce temps, il avait vraiment besoin … de retrouver quelqu’un de précis. Quelqu’un d’important à ses yeux. Mais pour ça, il fallait quand même qu’il puisse la contacter ou savoir où elle était. Il pénétra dans la ville, les citoyens et citoyennes semblant plus heureux, des sourires aux lèvres.

« Au moins … Quelque chose de bien en est sorti … »

Il ne pouvait que regretter tout ce qui s’était passé. Oui … Il ne pouvait que regretter de ne pas avoir réussi à les … avoir protégé. Soudainement, la Momartik sortit de sa noigrume, la surprise se lisant sur les yeux de plusieurs personnes.

« Qu’est-ce que … Mais c’est une créature spectrale ?! » dit une femme accompagnée de deux enfants, les mettant derrière elle. Un soldat déclara :

« Si c’est un Docte, il peut rester. Notre ville ne refuse pas leurs présences. Mais il a intérêt à surveiller sa pokémon spectrale. Est-ce que vous êtes un Docte ? Nous n’avons pas envie que les problèmes arrivent alors que cet … évènement est en train de se dérouler. »

« Vous voulez parler de l’apparition du Soleil dans le ciel ? Mékos est mort, c’était le pokémon spectral ou ténébreux qui gouvernait la chaîne de montagnes nommée la montagne de fer justement. D’ailleurs, ils ne poseront plus de problèmes. »

« Comment est-ce que vous pouvez le savoir ? En fait, comment est-ce que vous savez tout ça d’ailleurs, vous êtes drôlement au courant non ? »

« Je suis un Docte, non ? Ca ne vous semble pas normal que j’en connaisse plus qu’il n’en faut sur les spectres et les créatures ténébreuses ? »

Il n’allait quand même pas leur dire qu’il était responsable de la mort de Mékos ! Il n’était pas un héros ou plutôt, il ne se considérait pas comme tel. Alors bon, il allait rester silencieux et tout simplement se taire, comme d’habitude. Le soldat parut un peu décontenancé par les paroles de Kéran, regardant la Momartik :

« Et est-ce qu’elle peut dire quelques mots ? Je veux être sûr qu’elle soit … »

« Momartik. Moma, Momartik. Moma mama. »

« Les pokémons spectres et ténébreux ne sont pas forcément des entités maléfiques. Cette Momartik est née comme tous les pokémons de base : par l’accouplement de deux pokémons. Elle a sa propre âme et n’est pas la réincarnation d’une personne. Je … »

Il s’arrêta dans ses propos, baissant la tête d’un air déçu. Il … préférait ne pas continuer. La Momartik s’approcha de lui, prenant son bras de l’une de ses pattes en murmurant doucement quelques fois le nom de sa race. Elle voulait le réconforter ?

Ha … Il vint lui sourire, le soldat les laissant passer comme les citoyens. Certains les regardaient s’éloigner tandis qu’il se dirigeait vers la Sainte Alliance, du moins, l’une de leurs bases. Il dit à Sarène qu’il allait la rappeler plus tard et qu’elle pourrait sortir après. Il vint la remettre dans sa noigrume.

Il pénétra dans le bâtiment, se dirigeant vers l’accueil. Il n’y avait que peu de chances qu’il soit accepté … du moins, qu’on s’intéresse à lui mais même cette petite chance, il allait la prendre. Il attendit que la personne lèvre finalement les yeux et lui demande :

« Oui ? Je peux servir à quelque chose ? Vous avez besoin de ? »

« Euh … J’aimerai savoir où se trouve actuellement mademoiselle Sélia si possible. »

« La sous-cheffe de la Sainte Alliance ? Vous blaguez, j’espère hein ? On ne donne pas ce genre d’informations à des inconnus. Ne me faites pas perdre mon temps, j’ai du travail qui m’attends et je suis plus qu’occupée. »

« Mais est-ce qu’elle n’a pas laissé un message pour Kéran ? Je suis Kéran ! »

« Hein quoi ? Le Kéran dont elle parle tout le temps ? Attendez, je fais une vérification ! »

Une vérification, c’était quoi cette blague ? Pourtant, il remarqua qu’elle sortait plusieurs papiers, arrivant à lire ce qui était marqué dessus. Il s’agissait d’une description physique et pointilleuse à son sujet. La femme à l’accueil le regarda avant de dire :

« Vous semblez coller parfaitement à la description, Kéran. Oui, mademoiselle Sélia a bien un message pour vous et un endroit où vous pourrez la rejoindre. Je préfère ne pas le dire de vive-voix mais voilà … Prenez ceci. »

Prenez ceci ? De quoi ? AH ! Un morceau de papier ? Il regarda la nom, commençant à le lire avant de demander où est-ce que cela se trouvait. La femme à l’accueil poussa un profond soupir avant de reprendre le papier.

« Bon … Attendez un peu … Pfiou … »

« Je ne m’attendais pas à cet endroit, je ne connais même pas ce nom ! »

« J’ai pu voir ça … Mais bon … Enfin, ce n’est pas grave. Voilà. Ca devrait être bon. »

Elle tendit le papier, Kéran le récupérant une dernière fois avant de la remercier. Il quitta la Sainte Alliance. Sélia voulait toujours le voir ! Tant mieux pour lui ! BON ! Il ressortit Sarène, la Momartik se plaçant à côté de lui, disant son nom pour savoir si tout allait bien. Il hocha la tête positivement, lui souriant avant de dire qu’ils allaient faire diverses courses.
Heureusement pour lui, comme prévu, il arriva à vendre la pierre d’eau à un prix plus qu’important à un bijoutier. Il fallait dire que les rares personnes à pouvoir se prendre un tel objet étaient des nobles. Et avec ça ? Différentes courses pour se nourrir et autres … Quand même … Il y avait beaucoup à acheter ! Mais surtout … il … Ah … Il regarda dans un magasin de vêtements, observant les différentes tenues pour femmes.

… … … Est-ce qu’il était bizarre ? De s’imaginer Katérina avec d’autres vêtements que ça ? Enfin … Des vêtements plus féminins ? Moins aguicheurs mais plus beaux ? Qui la rendraient encore plus magnifiques à ses yeux ? Il poussa un profond soupir.

« Peut-être que ça ne lui irait pas … en fin de compte. »

« Est-ce que je peux vous aider messire ? »
« Non … Non … C’est bon. » répondit-il à la vendeuse alors qu’il avait les yeux devant un vêtement … qu’il trouvait superbe. Superbe et assez cher … Mais bon, presque rien après la vente qu’il avait fait avec la pierre de feu.

« … … … Non … Il vaut mieux que … Je ne le prenne pas. C’est stupide. »

« Momartik ! Moma, Momartik ! » s’écria la pokémon blanche à côté de lui. Hein ? Quoi ? Il n’avait pas rêvé ou il avait à peu près compris ce qu’elle voulait dire ?

« L’acheter ? Tu es vraiment sûre ? Enfin bon… Peut-être que oui … »

Il paya la marchandise, demandant à la vendeuse de mettre le vêtement dans quelque chose d’assez solide pour qu’il ne soit pas froissé et surtout bien emballé pour qu’on ne voie pas l’objet. Il … le donnerait en temps et en heure à Katérina. Enfin … Peut-être … Il n’était plus aussi sûr maintenant. Quel idiot … Katérina n’avait pas envie de changer de vêtement … Voilà tout … C’était ridicule, vraiment ridicule de sa part.

Il était temps de partir maintenant. Il quitta la ville, rappelant sa Momartik alors qu’il allait retrouver les deux femmes. Ces dernières étaient toujours assises au niveau d’un arbre, le regardant revenir. Katérina se leva, Kéran rougissant violemment en la voyant. Il se triturait sur lui-même, Katérina demandant :

« Ben qu’est-ce qu’il y a encore, Kéran ? Qu’est-ce que t’as foutu ? T’en as mis du temps je trouve. T’as fait des provisions pour l’année ou quoi ? »

« Non … Non … Pas vraiment … Enfin … Pas comme tu le crois … Katérina … Je … J’aimerai que l’on aille dans une prochaine ville. J’ai besoin de parler avec Sélia. »

« Même pas en rêve ! T’as pas l’air de comprendre la situation ! »

« Je la comprends parfaitement, contrairement à ce que tu crois, Katérina. Et je compte bien te présenter à elle, que tu le veuilles ou non. »

« Et tu comptes le faire comment ? En me forçant ? » répliqua-t-elle en s’approchant de lui, le tenant par le col avant de le soulever un peu.

« Je vais te forcer … et je vais trouver ça plus que normal même. Il faut que Sélia voit avec qui je suis, que cela te plaise ou non. Et je n’ai pas que ça à te dire, loin de là, c’est compris, Katérina ? J’ai aussi d’autres choses ! Je compte bien t’acheter de nouveaux vêtements pour que tu portes autre chose que cette tenue ! »

« Je crois que tu tiens à mourir, toi. »

Elle le repoussa violemment au sol, le faisant tomber sur ce dernier. Elle vint grimper sur lui, serrant le poing gauche avec force, comme pour le cogner.

« Répète un peu pour voir, Kéran ? Tu veux me forcer ? Moi ? Et toi, Loa, tu ne t’occupes de ça, c’est compris ? » dit la jeune femme en se tournant vers Loa. Celle-ci haussa les épaules, répondant dans un grand sourire :

« Oh … Mais vous êtes grands, je vous laisse faire. »

« Et tu ne trouves pas ça normal que je veuille montrer à Sélia la … »

« JE TE RAPPELLE QUE J’AI BUTE SON POKEMON ! T’ES LOURD OU QUOI ?! » coupa Katérina sèchement avec colère, rapprochant son visage de celui de Kéran, sa seconde main le tirant par les cheveux pour être sûr qu’il ne s’échappe pas.

« Et alors ? Ca ne change rien du tout ! CA NE CHANGE RIEN ! Ca ne change rien au fait que je dois lui parler de toi ! »

Elle grimpait sur lui, ses jambes passant de part et d’autres du genou gauche relevé du jeune homme. Celui-ci n’avait pas peur du poing de Katérina, toujours ramené en arrière mais toujours prêt à s’abattre si cela s’avérait nécessaire. Mais il ne la craignait pas, pas du tout même. Katérina s’écria :

« Et si j’en ai pas envie ! J’ai pas que ça à foutre ! »

« Et tu ne trouves pas ça normal que je montre à Sélia la femme que j’aime ? Tu ne trouves pas ça normal que j’achète des vêtements pour rendre encore plus belle celle que je désire ? Hein ? Tu ne trouves pas ça normal que je veuille te rendre heureuse et que je veux le montrer à tout le monde ? Et si je t’avais déjà acheté une robe ou quelque chose du genre ? Et si j’avais déjà prévenu Sélia ? Ca ne changerait rien ! Tu es la seule personne sur qui je me focalise maintenant ! Tu es la seule personne que j’aime, Katérina ! Même si Sélia ne veut pas accepter ma relation avec toi, je continuerai de t’aimer, c’est tout ! »

« Et tu … penses pouvoir lui dire ça … en face ? Avec moi à tes côtés ? Tu n’as pas … les couilles pour ça. »

« Tu n’auras qu’à venir avec moi. Et tu pourras rester à mes côtés car elle ne te touchera pas. Je me suis promis de te protéger … et je le ferai … Et je pourrais le crier à la face du monde que j’aime cette femme différente des autres, malgré son caractère, malgré son problème personnel, malgré son passé, malgré tout ce que j’ai vécu avec elle. Je l’aime, voilà tout. »

Chapitre 153 : Une voix venue d’ailleurs

Chapitre 153 : Une voix venue d’ailleurs

« Kéran, viens par là au lieu. »

Katérina tendait ses bras, le jeune homme s’y enfonçant en ronronnant légèrement de plaisir. Il se collait contre les seins de la jeune femme, celle-ci poussant un petit cri de plaisir. Elle allait le réconforter. Elle ne savait pas vraiment pourquoi il s’était mis à pleurer mais il était hors de question qu’il reste ainsi sans qu’elle ne réagisse.
Elle le regarda pendant de longues secondes, déposant un rapide baiser sur le coin des lèvres. S’il avait besoin d’un petit « remontant » dans tous les sens du terme, elle allait pouvoir l’y aider … Hahaha. Elle commença à glisser sa main le long de l’intérieur des cuisses du jeune homme après quelques minutes, soufflant :

« Kéran … J’ai eu une petite idée pour que tu pleures … mais d’une autre façon. »

Aucune réaction de la part du jeune homme ? Elle cligna des yeux avant de placer sa main sur son sexe, le massant à travers le tissu. De ce côté, pourtant, tout allait bien mais … Il dormait profondément. Elle émit un léger grognement avant de dire :

« Swar, tu aurais quand même pu me le laisser ! J’avais prévu de bonnes choses ! Tsss ! »

Mais aucune réponse de la part de Swar. Peut-être que Kéran était réellement fatigué ? Les pleurs étaient un signe de fatigue dans certains cas. Humpf ! Fais chier ! Elle se colla elle-même contre Kéran, allant chercher le sommeil à son tour.

Ailleurs, dans une zone recouverte par la neige, seuls quelques coins étaient protégés du froid. C’était dans l’un d’entre eux que Kéran se trouvait, assis contre un rocher. Les jambes ramenées à la hauteur du visage, une jeune femme aux cheveux blancs avait les bras croisés au niveau de sa poitrine, portant un marcel blanc et un pantalon de tissu noir.

« Kéran … Ca ne sert à rien de te mettre martel en tête. »

Il ne lui répondit pas. Cette idée lui avait trotté durant toute la soirée … même avant qu’il aille se coucher. Il avait réussi à trouver le sommeil, sans savoir si c’était grâce à l’aide d’Elyséa ou non. La seule chose que …

« Est-ce qu’un pokémon … spectre basique … peut intervenir dans mes rêves ? »

« Les pokémons spectres et ténébreux en sont capables. Certains pokémons psychiques aussi, tu sais ? C’est une technique assez spéciale qui consiste à dévorer le subconscient de l’adversaire pour se rassasier. Je ne t’en ai jamais parlé car je ne voulais pas que tu t’inquiètes pour rien. Tu imagines ? Tu risquerais de … »

« Ce n’est pas grave. C’est juste ce que je voulais savoir. »

Il semblait tellement distant et affecté. Il ne regardait même pas Elyséa. Celle-ci vint finalement s’asseoir à côté de lui, murmurant à son tour :

« Moi aussi, quand j’étais vivante, lorsque j’ai compris … Je me suis mise à espérer. »

« Ah ? La … même chose stupide que moi ? Pourquoi est-ce que tu pensais ça ? »

« C’est aussi simple que ça … Car nous y sommes attachés, voilà tout. Quand on se dit que … chacun et chacune peut obtenir une seconde vie, on se demande alors si … ils ne sont pas plus proches de nous qu’on ne le croit. Tu ne penses pas, Kéran ? »

« Oui mais au final … J’ai tout simplement été déçu … Je m’y attendais réellement. Enfin, je me disais … Je ne sais pas pourquoi … Tout ça à cause du fait que j’ai … Enfin, quand je fus mortellement blessé, j’ai pu … Tu sais bien. »

« Il est vrai que sa tenue faisait penser à ça … mais pourquoi est-ce … Enfin, tu sais exactement pourquoi elle était ainsi, non ? »

« Je ne savais même pas qu’une personne pouvait utiliser les pouvoirs des pokémons sans même être possédé. Comment cela se fait ? Ce genre de pouvoirs … Enfin non … Je ne veux plus parler, ça va me rendre encore plus triste. »

« Je reste à tes côtés … et Katérina pensait te consoler d’une certaine manière. »

Il vint rougir légèrement, se doutant de la méthode utilisée par Katérina. Puis bon, en discuter avec Elyséa, ce n’était pas forcément une bonne idée. Même s’il était amoureux de Katérina, c’était quand même … privé. Puis aussi, il préférait ne pas y penser plus longtemps. Il n’avait pas la tête à ça … Il n’avait pas le cœur à ce genre de choses. Ca le rendait plus triste qu’autre chose. Cette Momartik … Pourquoi ? Pourquoi est-ce que …

« Douce chaleur qui nous réchauffe le cœur … »

Hein quoi ? Kéran releva la tête, regardant à gauche et à droite. Il se tourna vers Elyséa, qui parut aussi étonnée que lui sur le coup. Qu’est-ce que ça … voulait dire ? Elle se redressa, disant sur un ton un peu surprise :

« Quelqu’un est dans ton rêve ? Si c’est Dumasch, je vais … »

« Ce n’est pas Katérina … »

Même si … la chanson qui arrivait à ses oreilles … avait quelque chose de mélodieux, ce n’était pas Katérina qui avait investi dans ses rêves, ni Dumasch. Mais cette voix … Cette voix était spéciale, très spéciale même. Elyséa se tourna vers lui.

« Qu’est-ce que … Tu pleures encore, Kéran ? Attends un peu. Dans ces rêves, personne ne peut réussir à m’échapper. Je connais parfaitement cet endroit. »

« Arrête ! Arrête s’il te plaît ! » s’écria le jeune homme aux cheveux blancs.
Pourquoi ça ? Pourquoi s’arrêter ? Qu’est-ce qu’il avait ? Il voulait … continuer à écouter cette chanson ? Hors de question ! Si l’esprit du jeune homme était aussi facilement accessible, elle ne pouvait pas laisser faire ça plus longtemps ! Malgré les paroles de Kéran, elle commença à vagabonder dans l’endroit, le jeune homme restant assis contre la pierre.
Les yeux clos, il écoutait la chansonnette, des larmes aux yeux. Il ne savait pas pourquoi il se sentait si apaisé en l’écoutant. Il se sentait si bien … si … mélancolique. Et Elyséa était en train de chercher la voix à l’origine de cette chanson.
Lui ? Pendant ce temps … Il vagabondait, commençant à chantonner à son tour bien que c’était sans les paroles. Il aimait … vraiment cette chanson. Il ne savait pas pourquoi … mais le début lui avait fait penser aux poèmes de Katérina. Enfin … à ses poèmes chantés … Mais là, les paroles étaient différentes.

« Kéran … Kéran … »

Hein ? Quoi ? Il ouvrit les yeux, sentant que la voix était plus proche de lui maintenant. Elle se trouvait de l’autre côté du rocher ! Il se leva mais la voix l’arrêta dans ses gestes :

« Ne t’approche pas. Tu ne dois pas, Kéran. Est-ce que tu comprends ? »

« Et pourquoi ça ? POURQUOI ? J’ai besoin de savoir ! Je veux … Je veux savoir ! »

« Kéran, les spectres et les pokémons ténébreux … sont des créatures très proches de leurs dresseurs, qu’importe qu’ils aient une relation avec eux ou non. Mais ne sois plus triste, cela ne te va guère. Mais si tu as besoin encore de baume au cœur, je reviendrai … Mais en attendant, prends soin de toi, d’accord ? »

MAIS MAIS MAIS … Ce n’était pas ça qu’il voulait ! Ce n’était pas du tout ça ! IL NE VOULAIT PAS CA ! Qu’elle ne s’en aille pas ! La chanson se termina et il se réveilla subitement dans la tente. Sa tête logée contre les deux monts de chair de Katérina, il s’en extirpa rapidement, regardant à travers la toile de la tente. Il était déjà le matin ?

« Swar … J’ai fait un drôle de rêve. Enfin … Tu étais au courant non ? »

« J’étais au courant oui … Très au courant même … Mais bon … Je n’ai pas réussi à mettre la main sur cette personne. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi douée pour dissimuler sa présence. Kéran … Je te conseille de te méfier quand tu dors. Même si je peux te surveiller dans tes rêves, on n’est jamais trop sûrs. Qu’une personne mal intentionnée soit capable de m’échapper, ce n’est pas une bonne chose, loin de là. »

« Mais … Elle n’était pas mal intentionnée, Swar. » murmura le jeune homme, sortant de la tente avant de s’étirer longuement. « Elle m’a chanté une chanson … Enfin … C’était une belle chanson. J’ai même eu l’impression de l’avoir déjà entendue. »

« Ah bon ? Tu es sûr de ça ? Cela peut peut-être nous aider à … Non … Ca m’étonnerait. »

« Qu’est-ce qui t’étonne ? Non … Enfin … Il vaut mieux que je ne sache pas. Je vais aller réveiller Katérina. Nous sommes près de la sortie de la chaîne de montagnes. »


Oui … Ils étaient au sommet du cercle de montagnes bien qu’ils étaient maintenant de l’autre côté par rapport à l’endroit de départ. Mais bon … Ce n’était pas ça … le problème. Au sommet, il avait pu remarquer qu’il n’y avait plus grand-chose à traverser. Peut-être qu’ils allaient pouvoir retourner dans une ville ? Surtout qu’en vue de ce qui s’était passé avec la mort de Mékos … Hahaha … Il avait envie de voir les réactions des personnes.

Il alla réveiller Katérina en douceur, l’embrassant plusieurs fois sur la joue. La jeune femme l’agrippa en plaçant ses deux bras autour de son cou, le forçant à s’écrouler sur elle. Ils restèrent ainsi pendant quelques minutes, Kéran caressant ses hanches jusqu’à sentir une bosse dans la culotte de Katérina.

« Ah non … Désolé, Katérina mais je ne vais pas m’occuper de ça hein ? Pas le matin. »

« Même la partie au-dessous ? Tu ne veux pas t’en occuper, Kéran ? »

« N’essaye pas de me tenter, mademoiselle Katérina. Je ne tomberai pas dans le piège. »

Il rigole légèrement, Katérina faisant une petite moue boudeuse avant de le pousser sur le côté. Elle le fixa pendant quelques secondes, rapprochant son visage du sien avant de murmurer d’une voix légèrement inquiète :

« Est-ce que ça va … sinon ? J’espère que tu vas me dire … »

« Euh … Bon … D’accord, si tu le dis … Mais tu ne te moques pas, d’accord ? »

Il commença à lui raconter tout ce qui se passait. La jeune femme aux cheveux argentés fut un peu étonnée avant de sourire tendrement, chose qui restait rare quand même bien que leur relation avait grandement avancée depuis les derniers jours.

« Je vois … Au final, tu restes quand même un peu le gamin que j’ai rencontré y a un peu plus d’un an maintenant, c’est ça ? »

« Enfin bon… Tu n’es pas obligé de dire ça … comme ça … Mais voilà tout … Tu sais … »

« Après … Ta mère semblait vraiment une gentille femme … comme la mienne. » dit Katérina, les deux personnes étant sorties de la tente.

« Mon père aussi ! Enfin … Je … Comment dire … Je ne vais pas en parler plus longtemps, je ne veux pas que me sentir mal par rapport à toi. »

« Bof … Ce qui est fait est fait … C’est à moi de me sentir mal sur un point. »

Ah bon ? Quel point ? Enfin … Non … Il voyait de quoi elle voulait parler. Il lui caressa le ventre, la jeune femme frissonnant de plaisir. Maintenant, il fallait attendre que Loa se réveille, ça n’allait surement pas tarder.

Mais quand même … Croire que Sarène était sa mère réincarnée … pour le protéger. C’était bête, n’est-ce pas ? Il avait pensé cela … en la voyant. Il avait pensé à la jolie tenue de sa mère lorsqu’il avait été mortellement touché. Lorsque les souvenirs d’Elyséa étaient revenus à la surface … avant que sa mère à lui ne meure. Les pouvoirs de glace, le kimono … Les cheveux bleus … Elle avait … tout d’une Momartik.

Mais cela n’avait été qu’une illusion amère. Pourquoi sa mère refuserait de lui parler si Sarène avait été elle ? Pour quelle raison absurde, n’est-ce pas ? Une mère … Ca devait être proche de son enfant, le réconforter, rester auprès de lui … pas le faire souffrir et le rendre triste comme la Momartik l’avait fait, même si cela avait été inadvertance.

Lorsque Loa se réveilla, il attendit qu’elle soit bien consciente de la suite des évènements avant de dire d’une voix un peu calme :

« Je pense que nous devrions nous rendre dans une ville. Normalement, nous quittons la chaîne de montagnes dans la journée. »

« Mouais … Je rappelle que c’est sans moi pour la ville, je tiens à le rappeler. »

La jeune femme aux cheveux argentés passa une main dans ces derniers. Kéran poussa un léger soupir. Ce n’était vraiment pas ce qu’il voulait actuellement, loin de là même.

« Katérina, est-ce qu’un jour, tu penses pouvoir rentrer à nouveau dans une ville ? Je te le demande sincèrement … hein ? »

« Même pas en rêve. Pourquoi est-ce que j’irai foutre un pied dans un endroit où je verrai que des imbéciles pervers qui m’observeraient. Le seul truc qu’ils verraient, ça serait ma bite. »

Il toussa violemment, toujours un peu choqué par les propos plus que crus de la part de Katérina. Mais en y réfléchissant, c’était sa tenue qui dérangeait ? C’est vrai que … Comment dire … Elle n’était pas forcément très chaudement habillée non plus. Peut-être qu’en lui donnant des vêtements différents ? Mais comment est-ce que ça se ferait … Ah ! Il avait envie d’avancer encore plus dans sa relation avec Katérina ! De la montrer aux yeux de tous et de toutes ! Pourquoi était-ce impossible ?

Il ne savait pas … mais il avait envie de prendre la main de Katérina, de la garder dans la sienne. Mais bon … Peut-être qu’il devait rendre cela plus officiel aux yeux de tous ? A part Loa, il n’y avait personne qui savait qu’il était avec Katérina.

« Accélérons un peu le rythme s’il vous plaît. »

La main de Katérina dans la sienne, il prenait les devants, laissant un peu Loa en retrait. D’ailleurs, celle-ci avait sorti Harno pour discuter avec lui. Il n’entendait pas ce qu’ils se disaient à distance mais il semblerait que cela concernait la Momartik. Peut-être qu’Harno avait plus de détails à lui donner à ce sujet ?

« Katérina … Tu penserais quoi que si j’allais t’acheter de nouveaux habits ? Il suffirait que j’aille vendre la pierre de feu ou d’eau et je pense que je pourrai en retirer un bon prix. »

« Quoi ? T’as honte que mes fesses soient à l’air, c’est ça ? »

« Pas vraiment … Enfin, ça ne me dérange pas … mais toi, tu ne voudrais pas ? »

« Rien à faire, je suis pas dans cette tenue pour être observée. Ne dépense pas ton fric inutilement. Y a d’autres trucs à faire plus importants. »

… … … Peut-être qu’il devait quand même penser … à en acheter une sans qu’elle le sache ? Juste … pour voir à quoi elle ressemblait dans une autre tenue ? Pfff … C’était compliqué.

Chapitre 152 : Une certaine déception

Chapitre 152 : Une certaine déception

« Hum … Je me suis retrouvé dans tes bras, Katérina, visiblement. »

« Visiblement, j’ai cru voir ça aussi … Mouais … Si tu m’embrasses, je peux te pardonner le fait que tu te sois occupé de Sarène toute la journée hier. »

Ils étaient tous les deux couchés dans la tente, l’un contre l’autre. Il posa ses lèvres contre celles de Katérina, lui souriant tendrement après quelques secondes. Elle sembla réfléchir avant de déclarer d’une voix lente :

« Mouais … Pas convaincu. Un second si possible. »

Ahlala … Elle jouait les femmes difficiles. Il vint se coucher sur elle, recommençant à l’embrasser mais cette fois-ci un peu partout sur le visage. Depuis qu’ils s’étaient déclarés tous les deux, les sentiments étaient bien plus faciles à exprimer pour l’un comme pour l’autre. Bien entendu, il y avait toujours le souci … d’aller plus loin sexuellement.

« Bon … Ca va, je te pardonne de toute façon. Mais ne me refait plus un coup comme hier. Et si t’as un problème, tu viens me voir, d’accord ? C’est compris, Kéran ? »

« Tu es la seule personne que j’aime. Si j’ai un souci, tu es la première personne que j’irai voir. Je te le promets, ça te convient ? »

« Ah oui ? Comme hier ? C’est ça ? Alors que t’étais désespérée ou quelque chose du genre ? Tu ne vas pas me faire croire que tu allais bien hier. »

« … … … C’est juste à cause … Enfin, tu sais par rapport à ce qui s’est passé, voilà tout. »

Il baisse la tête, ses yeux rivés sur la poitrine de Katérina. Bien que cela n’était pas intentionnel, il continua de les regarder, Katérina venant coller sa tête contre ses seins.

« Mouais … Je te rappelle qu’au cas où, je suis là donc bon … »

Oui, oui … Il le savait parfaitement qu’elle était là et c’était tant mieux. Ainsi, il pouvait souffler un petit peu grâce à elle. D’ailleurs, il resta contre elle pendant de longues minutes, Katérina lui caressant le sommet du crâne avec douceur.

« Et quand tu as de gros problèmes, tu viens me voir hein ? Et tu arrêtes tes imbécilités. Je sais très bien … que ça fait mal de perdre des personnes importantes à nos yeux. Tu as l’impression que tu es seul, désespérément seul … mais au final, la roue tourne et la vie continue, Kéran. Regarde-moi … Il m’a fallu plus de quatre ans avant que je ne m’intéresse à un imbécile qui avait récupéré une épée. »

« Ah … Euh … J’ai l’impression que tu parles de moi, là. »

« Ah bon ? Je ne m’en serai jamais douté ! » déclara la jeune femme alors qu’il rigolait un peu. C’est vrai … Il n’était pas seul, loin de là. Il … Il devait juste penser à délivrer les âmes de Lala, sa sœur et son … petit ami. Pour au moins, qu’elles puissent vivre en paix. C’était le plus important à ses yeux pour le moment. Il avait un objectif … au final.

BON ! Quelques minutes plus tard, il était déjà débout. Même si Katérina n’appréciait pas ce qu’il allait faire, il sortit sa noigrume, appelant Sarène avant d’ouvrir les yeux en grand. Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Sarène ? Qu’est-ce … Qu’est-ce que c’est que ça ? Katérina ! Loa ! »

Les deux femmes étaient encore dans les tentes, sortant leurs têtes. Le jeune homme était en face d’une créature blanche, un peu moins grande qu’un humain. Une créature blanche avec une ceinture de toile rouge au niveau de la taille. La tenue ressemblait à celle d’un kimono alors qu’elle avait deux pointes glacées sur le sommet du crâne.

« Qui es-tu ? Attends un petit peu, je vais vérifier ça tout de suite ! »

Il ouvrit son sac, commençant à fouiller les différentes pierres. Feu, foudre, nuit … mais mais … Il lui en manquait une ?! Il s’exclama en s’adressant à la créature :

« Sarène ! C’est toi ? Mais … Tu es vraiment différente. »

« Momartik. » répondit doucement la pokémon en tournoyant sur elle-même, Kéran émettant un léger rire amusé avant de s’approcher d’elle. Il vint prendre l’une de ses pattes.

« Tu n’étais pas obligé d’utiliser ma pierre maintenant. Mais pourquoi est-ce que tu as décidé d’évoluer maintenant hein ? J’aimerai bien savoir … »

« Momartik, Momartik, Momartik. » répondit doucement une nouvelle fois la pokémon comme pour bien lui montrer que c’était pour lui qu’elle venait de faire ça.

« Tu n’étais pas obligé … encore une fois. Mais merci … C’est vraiment touchant de ta part. Et tu es toute jolie, toute mignonne comme ça. Une vraie petite princesse aussi. »

Il disait cela tout en lui souriant, la Momartik émettant un petit rire à son tour. Katérina poussa un grognement caractéristique pour montrer son mécontentement par rapport à Kéran. Celui-ci le remarque, se tournant vers la Momartik avant de dire :

« Tu veux bien marcher avec nous ? Mais je te signale que maintenant, je ne peux plus te porter hein ? Tu comprends ça ? »

« Moma… Momartik, Momartik, moma. »

Elle comprenait parfaitement ce qu’il disait. C’était normal, tout à fait normal même. Puisqu’à côté, il ne pouvait pas vraiment passer à autre chose. Katérina allait le coller comme une sangsue pour toute la journée. Pas que c’était déplaisant, loin de là même. Il se tourna vers la jeune femme, lui faisant un grand sourire.

« Tu vois ? Tu seras la seule maintenant à avoir l’exclusivité d’être soulevée par moi, Katérina. Contente ? » dit-il tout en rigolant, Katérina lui donnant un coup de pied dans les bourses, le faisant s’écrouler au sol.

« Non mais … Je t’aime peut-être mais je vais pas me faire marcher sur les pieds ! »

Mais il ne pensait pas à çaaaaaaaa ! Ca faisait mal ! Il lui fallut une bonne minute pour arriver à peine à se remettre debout, Katérina détournant le regard. Il mit quelques moments avant d’être finalement bien droit et capable de marcher.

« Bon … Euh … Allons-y, on va quand même faire un peu de marche en attendant. »

Il essayait de ne plus parler à Sarène. Oui, il ne voulait vraiment pas mettre en colère la jeune femme aux cheveux argentés. Enfin, c’était devenu une habitude chez elle de s’emporter comme ça … Mais il l’aimait comme d’habitude. Il acceptait ses défauts.


Les minutes commencèrent à s’écouler pendant qu’ils marchaient tous les deux puis vint l’heure du premier repas. Alors qu’il était parti chasser, la Momartik restait là, à côté des deux femmes. Katérina la regarda en fronçant les sourcils, Loa disant :

« Est-ce que tu es capable de parler, Sarène ? Si tu es une spectre, tu devrais en être capable, non ? Essaye donc de parler pour voir … que l’on entende ta jolie voix. »

« Momartik ? Moma ? Momartik ? Moma moma … »

La jeune femme aux cheveux verts parut légèrement surprise. Elle ne s’attendait pas à une réponse de la sorte de la part de la Momartik. Elle demanda une nouvelle fois :

« Est-ce que tu ne sais pas t’exprimer correctement ? Du moins, parler comme un humain ? »

« On ne dirait pas … C’est louche, surement très louche même … Vraiment … » marmonna Katérina, s’approchant de la Momartik. « Comment ça se fait que tu ne sois pas capable de parler alors que la majorité en sont capables ? »

« Je vais attendre que Kéran revienne … et si Swar ne veut pas expliquer, je le ferai. »

Dumasch avait finalement pris la parole alors que la Momartik se tournait vers lui. Du moins, vers Katérina. Elle fit un petit sourire, s’en allant peu à peu pour aller rejoindre Kéran qui était parti chasser. Katérina l’observa partir, fronçant les sourcils :

« Elle est étrange … Carrément étrange. Pourquoi j’ai toujours l’impression qu’elle se fout de ma gueule quand je la vois ? Et je n’aime pas ce genre d’impression. »

« Allons bon … Katérina. Ce n’est qu’une pokémon. Peut-être qu’elle était une fille à peine âgée de 2 ou 3 ans avant de mourir ? Je précise une fille puisque les Momartiks sont obligatoirement de sexe féminin. Si c’est le cas, ça expliquerait pourquoi elle ne parle pas à la base … Enfin, je pense que c’est ainsi. »

« Il y a autre chose, Loa. Mais je pensais que Harno t’avais mis au courant. » répondit Dumasch à l’intérieur de Katérina.
Ah bon ? Pourtant, elle était quand même une Grande Docte. Mais peut-être qu’elle-même ne connaissait pas forcément tout ? Et pourquoi pas ? Elle n’était pas parfaite, loin de là. Mais bon, il fallait attendre que Kéran revienne. Celan n’allait surement pas tarder. Il suffisait juste de patienter pendant quelques minutes.

« Hey, les filles, regardez ce que Sarène a ramené avec moi ? »

La Momartik tenait dans ses mains un panier avec plusieurs fruits tandis que lui-même avait ramené de la viande sous la forme d’un pokémon zèbre. Il avait encore un grand sourire aux lèvres, Katérina marmonnant en le voyant revenir :

« Ouais ouais … Je vois visiblement … que tu es encore avec elle. »

« Hey ! Ce n’est pas de ma faute ! Car de toute façon, elle m’a suivi. Normalement, je ne savais même pas qu’elle m’accompagnait. D’ailleurs, ça me fait penser. Sarène ! Est-ce que tu peux parler maintenant ? Tu es une spectre non ? »

« Momartik. Moma momartik … » répondit doucement la pokémon.

« Quel idiot … Tu m’avais déjà répondu ainsi avant qu’on marche … C’est vrai … Mais pourquoi est-ce que je crois encore que tu es capable de parler ? Pourquoi hein ? »

« Momartik ? » demanda la créature blanche alors qu’elle voyait la tristesse dépitée sur le visage du jeune homme. Celui-ci déposa le pokémon ressemblant à un zèbre sur le sol, commençant à préparer le feu pour faire chauffer la viande.

Il semblait dépité par l’absence de paroles de la part de la Momartik. Celle-ci vint se placer à ses côtés, posant une patte sur son dos. Il se tourna vers elle, faisant un faible sourire avant de prendre la noigrume. Il murmura :

« Il vaut mieux que tu rentres dedans … Enfin … Peut-être … Je ne sais pas trop. Il faut quand même que tu ailles manger. Donc bon … »

Il était assez perdu et perplexe. Il y avait cru pendant un bref instant, il devait le reconnaître … mais bon … C’était encore une illusion, une douce illusion. Ah … Mais pourquoi ? Comment est-ce que ça se faisait que la Momartik ne puisse pas parler ?

« Si tu veux une explications, Kéran … Je peux te la donner. »

Finalement, c’était au tour de Swar de prendre la parole. Le jeune homme arrêta d’être plongé dans ses pensées, regardant autour de lui. Ah zut, c’est vrai, c’était à l’intérieur même. Qu’est-ce que Swar allait dire ? Katérina et Loa se tournèrent vers lui, Swar ayant parlé à voix haute pour que tous puissent l’entendre.

« Qu’est-ce que tu veux me donner comme explication, Swar ? »

« Par rapport au fait que la Momartik ne parle pas. Je peux t’en donner une bonne raison si tu le désires … Mais à toi de voir si tu ne comptes pas être déçu plus longtemps. »

« Ca concerne … Sarène ? » demanda le jeune homme en regardant la Momartik.

« C’est le cas … Si tu veux tout savoir, les pokémons spectres et ténébreux ne sont pas forcément des réincarnations d’anciennes personnes hein ? Loin de là même … Avant que la météorite tombe, il était possible que des créatures naissent ainsi … avec leur propre âme. Mais en contrepartie, bien entendu, elles étaient incapables de s’exprimer. »

« Ca veut dire que … Sarène n’est pas une créature comme toi, Dumasch ou Harno ? »

« Ce n’est pas impossible, Kéran. Il y a même de fortes chances qu’elle soit tout ce qu’il y a de plus normal si tu veux tout savoir. »

« Ah … Euh … Et bien … D’accord. »

Il paraissait décontenancé et surtout dépité. Il regarda la Momartik, faisant maintenant un sourire triste. La créature s’avança vers lui, tendant ses bras comme pour réclamer un câlin. Il vint la prendre dans ses bras, baissant la tête.

« On peut me dire pourquoi est-ce qu’il fait tout un drame à ce sujet ? »

Katérina posait la question à Loa mais aussi à Dumasch, l’une comme l’autre ne lui répondant pas. Pourquoi une telle réaction de la part de Kéran ? C’était quand même bien surprenant non ? Gardant la Momartik dans ses bras,, Kéran n’avait qu’une seul pensée en tête, une pensée que seule Swar pouvait lire.

« Kéran … Qu’est-ce qui t’a fait penser une telle chose ? »

« Je … Je ne sais pas … Ca doit être quand j’ai … Enfin quand j’ai vu tes souvenirs … liés à moi … C’est tout … C’est vraiment tout … »

« Mais ça n’explique pas … pourquoi ? »

« … … … Ce n’est pas bien important … Pas important du tout. »

C’était juste stupide de sa part, vraiment stupide. Il en avait eu tellement besoin. Il y avait vraiment cru lorsque Sarène avait évolué. Mais … Avec ce que Swar venait de lui dire, il ne se faisait plus d’illusions. Alors qu’il fermait les yeux, serrant la Momartik contre lui, Katérina vint subitement s’exclamer :

« Hey, hey, hey ! Pourquoi est-ce que tu pleures, Kéran ?! »

« Hein ? Je pleure ? Comment ça ? »

Il pleurait vraiment ? Il passa une main devant ses yeux. Il pleurait ? Ah oui … C’est vrai. Snif … C’était stupide, vraiment stupide. Il pleurait à cause de sa propre stupidité. Il observa la Momartik, se mettant à genoux pour l’avoir en face de lui. La créature aux yeux bleus cligna plusieurs fois de ces derniers avant de lui caresser le dos. Il se laissa faire, semblant un peu apaisé. Idiot … C’était juste un idiot. Un idiot … Un véritable idiot … Il n’y avait pas d’autres termes pour le définir … On ne pouvait pas l’imaginer autrement. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il avait eu cette idée absurde de croire ça ? Pourquoi ?

Pourquoi cette idée ? Car elle avait eu la même à ce moment précis et … Comment pourrait-elle en vouloir à Kéran d’avoir pensé ça en voyant la Momartik ? Il y avait encore une part d’enfance en lui … Voilà tout. Une part d’enfance … d’innocence et de candeur.