Chapitre 100 : Briser la barrière

Chapitre 100 : Briser la barrière

« Tu as remarqué, Tery ? Il y a des gardes de tous les côtés. »

« C’est exact, Elen. Mais il y a aussi … des fermiers ? Des paysans ? Et on dirait quelques maisonnettes. Il y a des personnes qui vivent ici ? »

« Je n’en sais rien mais j’ai vraiment l’impression qu’on est plus à Claudiska ou Traslord … ni même dans notre monde. »

Elle avait cette impression ? C’est bizarre … car il ressentait la même. Est-ce qu’ils étaient vraiment ailleurs ? Dans un endroit bien plus dangereux ou presque ? Le jeune homme aux cheveux bruns continuait la marche, inlassablement, sans aucune hésitation.

« Tu as remarqué aussi ? Personne ne parle … ils ne font que suivre. »

« C’est exact, Elen. » répéta le jeune homme après quelques secondes. Peut-être était-ce à cause de l’anxiété qui régnait en ces lieux ? Car oui, chaque personne à ses côtés avait de petits tremblements. Peut-être qu’ils étaient dans un lieu interdit en réalité ? Non, c’était absurde. Si cela avait été le cas, les gardes ne les auraient pas laisser passer aini.

« Nous sommes au troisième étage, c’est bien ça, Elen ? »

« D’après ce que nous avons marchés, je crois que oui. Mais bon, rien n’est sûr. Tu te rappelles ce qu’ils disaient ? Que nous serions interdits de monter au bout d’un certain moment. »

« Je ne me rappelle plus s’ils avaient précisé l’étage ou non. »

De toute façon, le meilleur moyen de le savoir, c’était de continuer à monter jusqu’à ce qu’ils soient bloqués par les soldats. Par contre, le silence de mort qui régnait dans cet endroit avait quelque chose d’un peu effrayant et déplaisant. Pourtant, il sentait des regards qui les observaient mais ce n’était pas cela … ces regards n’étaient pas humains. Au loin, il avait aperçu quelques bêtes dont il avait déjà put entrapercevoir les formes durant son long voyage dans ce monde. Mais … il n’avait jamais eut à les affronter. Il n’y avait que peu de chance que cela soit dangereux pour lui néanmoins.

Hum … Il aurait bien aimé pouvoir parler avec Manelena ou les autres mais vu comment Manelena leur avait ordonné de ne pas bouger, il valait mieux la suivre bien gentiment, sans même chercher à la contredire. Pourquoi s’affronter, surtout pour une chose dont ils ne savaient strictement rien pour le moment hein.

Quatrième étage, c’était bien ça ? Le décor avait radicalement changé. Ils étaient maintenant entourés par de nombreux lacs miniatures et artificiels. L’eau n’avait aucune origine externe tandis que différents poissons et animaux se trouvaient dans les alentours et à l’intérieur.

« C’est vraiment un bel endroit … mais c’est tellement … gigantesque. »

« Tu imagines si nous n’avions pas le reste du groupe, Tery ? Je crois que cela serait fichu pour nous, heureusement que ce n’est pas le cas. Mais bon, arrêtons de nous poser des questions, Tery. Nous avons … je ne sais combien d’étages encore à monter. »

« Peut-être qu’il y en a pas ? Qu’il y en a une infinité et donc que cette tour est sans fin ? »

« Ne raconte donc pas de bêtises, Tery, c’est tout simplement impossible. Enfin, je dis ça, mais rien n’est sûr … mais tu penses vraiment ça ? »

« Pourquoi pas ? On en sait strictement rien non ? Peut-être que c’est le cas. »

« Ca me paraît quand même assez étrange, tu ne crois pas ? »

Des questions, des questions, toujours des questions. Mais voilà qu’au bout d’une bonne demie-heure de marche, ils finissent par monter jusqu’au cinquième étage. Cinq étages et aucun moment de repos, c’est bien ça ? Manelena et Royan ont décidé de les user jusqu’à la moelle ? Car cela fait bien deux heures qu’ils marchent sans même pouvoir souffler. C’était horrible, vraiment horrible. Aucune considération pour leurs pieds ! Mais voilà, aucune personne ne venait se plaindre. Les soldats de Traslord étaient vraiment très obéissants et respectueux. Ils ne parlaient pas voire à peine et continuaient de regarder droit devant eux. Un peu comme une armée de golems. La comparaison fit sourire Tery, celui-ci se cachant la bouche pour éviter de le montrer.

« Tu as l’air de bon humeur, Tery. Ca se voit dans ton regard. »

« Oh, je pensais à quelque chose de vraiment stupide, Elen. Ne t’en fait pas, rien de bien méchant. Mais … c’est ça ou alors, j’imagine les ampoules que j’ai sur le pied. »

« Roh … Ce n’est pas comme si c’était la première fois que l’on marche autant, Tery hein ? »

Elle avait parfaitement raison mais voilà, ce n’était pas une raison pour faire subir ça à tout le monde. A croire qu’ils partaient en guerre contre la tour. Car oui, avec sûrement une centaine de soldats au total en additionnant les deux troupes, ce n’était pas comme si c’était qu’un simple déplacement. C’était surtout ça qui le dérangeait au final.
« Nous voilà arrivés au dernier étage autorisé pour tout le monde dans la tour. Vous pouvez vous installer ici. » déclara le gradé chargé de faire visiter la tour.

Ah ! Au final, il entendit plusieurs soupirs de soulagement de la part des soldats. Il y mêla le sien, Elen rigolant légèrement avant de se positionner à côté de lui. Enfin, Elise s’approcha d’eux, légèrement gênée et embêtée comme si une chose la dérangeait.

« Tery ? Elen ? Je voudrais m’excuser pour ce qui s’est passé. Le prince ne voulait pas que je quitte ses côtés pendant toute la marche. »

« Et où est le souci, Elise ? Ce n’est pas comme si c’était la première fois que ça arrivait. Par contre, oui, tu peux t’excuser de sa part pour la marche. J’avais vraiment l’impression que l’on n’allait jamais s’arrêter, je dois t’avouer. »

Encore une fois, la jeune demoiselle aux cheveux auburn fut confuse, passant une main dans sa chevelure tout en baissant les yeux. Bien entendu, c’était parfaitement compréhensible de leur part de dire ça. Elle-même avait été un peu usée par cette marche mais le prince Royan comme la reine Manelena avaient à peine pris la parole durant cette visite.

« Pfiou, au moins, on peut souffler, on ne va pas s’en plaindre. Comment Sérest, Séran, Royan et Manelena vont, Elise ? Tu le sais ? »

« Je n’ai pas encore vu Sérest et Séran, malheureusement. Mais pour le prince Royan et la reine Seiry, c’est plus facile. Ils se sont montrés discrets. Ils parlent à peine. »

« Oh ? Rien que ça … enfin, ça ne change pas de d’habitude. Royan a toujours été tranquille, trop tranquille, un peu comme le représentant de l’eau qu’il est. »

Plusieurs têtes se tournaient vers Tery et Elise. Des têtes appartenant aux soldats de Traslord. Qui était cet homme qui parlait aussi familièrement du dernier membre royal encore en vie ? Voyant les regards posés sur lui, il déglutit avant de chuchoter :

« C’est quoi leur problème ? J’ai dit une bêtise, c’est bien ça ? »

« Je ne pense pas. Simplement le fait que vous appelez le prince Royan sans son titre. Vous avez les soldats non-loin de là. Imaginez la tête des soldats de Shunter quand vous parlez de la reine Manelena sans son titre. »

« C’est vrai … mais bon, en même temps, je les connais depuis si longtemps. »

« Oui mais pour beaucoup, vous restez de parfaits inconnus, c’est pourquoi ils vous regardent d’un air effaré et avec de grands yeux, il faut les comprendre hein ? »

« Oh oui, oui, bien entendu que je les comprends, je les comprends parfaitement hein ? Je disais juste que ce n’était pas la première fois que je les appelais ainsi et qu’il n’y avait pas vraiment à s’en faire. Je ne leur manquerai pas de respect. Royan reste quand même un adolescent qui a une sacrée volonté et un mental d’acier pour avoir voyagé autant avec nous malgré son jeune âge, ça, il ne faut pas l’oublier. »

« Surtout quand il fût prêt à partir alors que ses deux frères furent assassinés … » chuchota Elen. C’était le genre de souvenirs dont elle aimerait tirer un trait dessus définitivement … mais c’était un souvenir lié à l’Oracle, cet homme qui avait bafoué son existence … depuis le début. Dans le fond, qui pouvait être sûr qu’elle était réellement orpheline ? Maintenant, cette idée lui trottait en tête alors qu’elle regardait devant elle.

« Peut-être devriez-vous aller parler la reine Manelena et le prince Royan, non ? »

« Je ne crois pas que ça soit une bonne idée, Elise. Le mieux sera qu’ils viennent nous voir … même si visiblement, on risque de faire une longue pause, c’est ça ? »

« Nous sommes arrivés au cinquième étage. C’est le maximum autorisé normalement. Je pense que nos monarques vont tout faire pour avoir accès aux étages supérieurs. »

« Mais pourquoi est-ce qu’ils sont fermés ? Qu’est-ce que ça veut dire ? » questionna le jeune homme aux cheveux bruns, Elen lui répondant en haussant les épaules. Elise, quant à elle, n’en savait pas vraiment plus de son côté.

« Peut-être faudrait-il interroger directement les responsables, tu ne crois pas ? »

« Sûrement, Elen, mais je ne pense pas qu’ils nous répondront avec plus de détails. »

Alors, il n’y avait plus qu’une solution. Il devait se lever … et se diriger vers Manelena. C’est ce qu’il fit, marchant lentement en direction de la femme aux cheveux argentés. Elle était avec Royan et une autre personne, un homme d’une quarantaine d’années. Des ailes dans le dos comme celles d’une chauve-souris, il semblait gêné, disant :

« Je suis désolé mais elle est momentanément indisponible. »

« Nous n’avons pas de temps à perdre avec cela. Je vous laisse jusqu’à demain pour aller la chercher pendant que nous nous installons pour la nuit. »

s

« Oui … oui, bien entendu, reine Manelena. Nous comprenons votre désarroi mais nous ne pouvons pas aller aussi vite que vous le désirez, vous nous voyez confus. »

Elle cligna des yeux, fronçant les sourcils. Ils pensaient vraiment pouvoir lui refuser une telle chose ? Remarquant Tery qui s’avançait au loin, elle marmonna :

« Dépéchez-vous, c’est tout. Je ne veux plus entendre d’excuse à ce sujet. »

« Manelena, ce n’est pas vraiment ainsi que l’on demande un service, tu t’en doutes ? »

« Royan, si on ne les force pas un peu, ils ne vont pas vraiment faire d’effort non plus. C’est pourquoi il faut avoir un peu de poigne … mais tu n’as pas le caractère pour. »

« Je n’en doute pas un seul instant. Après, je ne fais rien pour tenter de le posséder, nous sommes tous les deux d’accord, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. C’est pourquoi je ne… grumpf. Oui, Tery ? Qu’est-ce qui se passe encore ? Tu as peur de dormir dans un lieu inconnu ? »

« Euh pas vraiment, Mane … Enfin reine Manelena. Simplement, je venais prendre de vos nouvelles ainsi que du prince Royan. »

« Je ne sais pas ce qui me désespère le plus : le fait que tu me vouvoies et me gratifie d’un titre comme il est normal, le fait que tu aies écouté ce que je t’ai dit à ce sujet ou simplement le fait que ça m’enrage de t’entendre me parler de la sorte. »

« Hey ! Je ne suis pas responsable de tout ça, Manelena, je tiens à prévenir ! »

« Bien entendu, bien entendu. Bref, nous allons bien. Simplement, comme il fallait s’en douter, l’accès aux étages supérieurs n’est pas possible tant que nous ne verrons pas la responsable de cette tour, qui, malheureusement, n’est pas disponible à l’heure actuelle. Résultat : vous avez gagné une nuit de repos. »

« D’accord … mais j’ai simplement une question : pourquoi est-ce que les étages supérieurs sont interdits d’accès ? Est-ce que l’on en connaît la raison, Manelena ? C’est juste pour savoir, rien de plus et … zut ! Reine Manelena ! Enfin, c’est surtout que je ne connais aucun détail sur cette tour à part ce que Sérest et Royan m’ont raconté donc bon, si je peux en savoir plus. »

« Hum ? Tout simplement que les créatures vivants au-dessus sont parmi les plus dangereuses qui existent. Il y a même quelques espèces qui normalement ont disparu de la surface de ce monde depuis des décennies voire des siècles, rien de plus, Tery. Tu t’attendais à quoi ? »

Manelena le regardait avec un peu de surprise. Qu’est-ce qu’il s’était encore imaginé par rapport à tout ça ? Ah … vraiment … vraiment … vraiment. Elle plaça sa main sur le crâne de Tery, comme elle le ferait à un enfant avant de reprendre :

« C’est pourquoi cet accès n’est pas autorisé à n’importe qui. Uniquement aux personnes assez puissantes, bien équipées mais aussi qui promettent de ne pas bouleversifier l’écosystème de l’étage en dévastant tout sur leur passage. »

« Ce n’est pas notre cas, n’est-ce pas ? »

« Pas le moins du monde, qu’est-ce que tu t’imagines ? Nous sommes là pour une unique raison : le sommet de cette tour, rien d’autre. Je n’ai pas de temps à perdre avec quelques monstres, animaux ou autres créatures bizarres qui rôdent entre nous et le sommet. »

Bien entendu, bien entendu. Par contre, est-ce qu’elle pouvait retirer sa main du sommet de son crâne ? Surtout qu’elle le caressait et qu’il voyait Royan comme les soldats de Shunter et Traslord qui les regardaient. Elle ne semblait pas s’en être rendue compte, continuant le mouvement pendant quelques secondes avant de remarquer que Tery ne parlait plus.

« Bon, maintenant, tu peux retourner auprès des autres, Tery Vanian. Ne viens plus nous déranger, Royan et moi, compris ? Nous avons des choses plus importantes à faire. »

« D’accord, d’accord. Le message est très bien passé de ce côté, c’est bon. »

« Et évite d’aller bouder car je viens de te dire cela, compris ? » répéta aussitôt la femme aux cheveux argentés, Tery marmonnant dans sa barbe.
C’était bien beau d’être reine mais c’était pas une raison pour se comporter de la sorte. A croire que la scène dans le château ne valait plus rien au final. Mais bon … Si c’était ainsi … autant ne rien dire et ne rien faire. Il n’avait même pas la force de vouloir se disputer pour des actes aussi futiles et inutiles que ça.

Il retourna auprès d’Elen, celle-ci étant toute aussi mécontente que lui. Et pour quelle raison ? A cause du geste de Manelena ? Car dans le fond, ça ne représentait rien du tout. Le jeune homme aux cheveux bruns tenta de faire un sourire, disant :

« Elle m’a tout simplement évincé de son champ de vision. Nous sommes bons pour patienter encore une journée, malheureusement. »

« Malheureusement hein ? C’est dommage, tu vas pouvoir profiter de sa vision une journée de plus. Sa vision royale, Tery. Quelle déception. »

« Déception, déception, n’abusons pas non plus. Je reste content de la revoir. »

« Ca se voit si facilement sur ton visage, tu ne t’en caches même pas, tsss. »

« Tu ne vas quand même pas faire une scène de jalousie devant les soldats, non ? »

« Je la ferais si j’estime qu’elle est nécessaire, Tery. Mais pour le moment, tu as de la chance, je ne le ferais pas encore … pour l’instant. »

C’était dans ces moments là qu’il se devait être rassuré, c’est bien ça ? Il cligna des yeux avant de les frotter. Bon, avec toute cette marche forcée de plusieurs heures, il était assez fatigué. Il fallait juste ne pas le dire à voix haute car Manelena serait encore capable de venir dire qu’il ne faisait que se plaindre. Il n’avait pas besoin de ça !

« Est-ce que tu m’autorises à dormir dans ta tente ou non, Elen ? »

« Et après, tu te plains que c’est moi qui fait une scène devant les autres ? Tu t’écoutes un peu, Tery ? J’ai bien envie de dire que non mais ça reviendrait à ne pas avoir d’oreiller assez chaud pour dormir ce soir … donc on va éviter. Surtout que plus on monte, plus on va avoir froid. Alors, je préfère que tu viennes dormir avec moi, ça te convient ? »

« Je pense que ça me convient parfaitement. »

Il avait dit cela avec un petit sourire en réponse aux propos d’Elen. Autant enterrer la hache de guerre avant même qu’elle ne soit déterrée par une parole mal placée. Il regarda droit devant lui. Heureusement, les soldats ne se préoccupaient pas de leurs petites personnes. Tant mieux, il n’avait pas envie de se compliquer la vie.

Il se gratta la nuque, un peu embêté par quelque chose qu’il n’arrivait pas à expliquer néanmoins. Il ne le remarquait que maintenant, vu qu’ils avaient arrêté de marcher mais … un malaise l’envahissait de plus en plus. Etait-ce à cause de la tour ? Le fait qu’il soit encore en sueur malgré l’arrêt de la marche n’échappa pas à Elen, la jeune femme se rapprochant de lui avec de quoi boire.

« Je ne vais pas croire que tu sois aussi exténué pour être dans cet état. Tu as … »

« Je suis … je suis sûr et certain qu’il est là maintenant. »

« Simplement parce que tu as de la fièvre, vraiment, tu penses que c’est aussi simple ? »

« C’est le cas, Elen. Et les premières fois, ça ne m’a pas trompé, tu ne crois pas ? »

« C’est vrai, tu as parfaitement raison, Tery. Mais bon, ça ne veut pas dire que parce que tu as eut raison les autres fois, tu auras forcément raison cette fois encore. »

« Oui bien entendu … mais tu pourrais être plus sympathique, tu ne crois pas ? Du moins, plutôt dire quelque chose pour me rassurer ? Confirmer mes propos ? «

« Je peux toujours te supporter, Tery. Mais bon … Aujourd’hui, j’en ait pas la motivation. »

Ah oui, comme ça, elle était franche et directe. Le geste de Manelena passait très difficilement aux yeux de la jeune femme aux cheveux blonds. Ah … Bon … Il valait mieux aller se coucher quand cela sera possible et ne pas chercher les ennuis. Vivement demain !

Heureusement, la nuit se passa bien plus calmement que la soirée, Elen se montrant câline et tendre contrairement à son comportement de ces dernières heures. Elle s’était endormie sur lui, calfeutrée contre son corps comme pour se faire pardonner.
Il n’avait pas été mauvais, acceptant pleinement de l’avoir auprès de lui. Les mains posées sur son dos, la nuit s’était alors très bien déroulée, sans aucun problème. Zéro problème … Ah … Vraiment … Hum … Il caressa la chevelure d’Elen, finissant par la réveiller.

« Belle aux cheveux dorées, si vous voulez bien vous réveiller. »

« Pour me tenir dans vos bras, il me faudra un baiser délicat. »

Rah ! Elle n’allait pas se mettre à faire des rimes, n’est-ce pas ? Néanmoins, il accepta la proposition de la jeune demoiselle, venant déposer un baiser sur ses lèvres avec une certaine tendresse. Il se releva ensuite mais Elen vint s’appuyer contre lui.

« On reste quelques minutes en plus, que ça plaise ou non, d’accord ? »

« Qui a dit que cela me déplaisait, Elen ? Visiblement, ce n’est pas moi. Restons ainsi, du moins, jusqu’à ce que l’on nous force à sortir de là. »

« Ça ne saurait tarder de toute façon, je les entends autour de nous. »

« On ne peut pas avoir un peu de vie privé, désolé, petite Elen. Tu me pardonnes ? »

Hum … Elle n’en était pas vraiment sûre. Ses jambes agrippèrent celles de Tery, le forçant à se remettre couché dans la tente alors qu’elle se plaquait poitrine contre torse. Non, non, interdiction de le pardonner ou alors … à sa manière. Hier était déjà un autre jour et visiblement la jeune femme avait oublié sa petite colère.

« Tant que l’on ne fait pas de bruit, je pense que l’on peut s’adonner à une séance de sauvetage, non, Tery ? Nous allons dans un territoire inconnu. Un peu de bouche-à-bouche me semble nécessaire, surtout en vue des lacs artificiels du troisième étage. »

Raison ! Elle avait parfaitement raison ! Il tenta d’ouvrir sa bouche mais la jeune femme aux cheveux blonds avait réussi à la sceller en y collant la sienne pour un long baiser langoureux. Puis une voix féminine, hors de la tente, cria :

« Debout Tery Vanian ! Pareil pour toi, Elen ! On a eut les autorisations ! Les barrières vont être levées ! Mais nous ne serons pas seuls ! »

« Grrr … Manelena, encore une fois … toujours elle … encore elle … »

Finalement, Elen s’extirpa des bras du jeune homme avec un grand mécontentement avant de se remettre à peu près correctement. Elle quitta la tente en première, regardant Manelena en fronçant les sourcils. Reine ou non, elle ne lui permettait pas cela ! Tery sortit quelques instants plus tard Il regarda la femme aux cheveux argentés, haussant les épaules pour dire :

« Bon … Et bien … Voyons ce qui nous attends plus haut ? »


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