Chapitre 42 : Sacrifice

ShiroiRyu

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Chapitre 42 : Sacrifice

« De quoi vous parlez ? Leurs ancêtres ? »

« Les ancêtres ? Qu’est-ce que vous baragouinez ? » demanda calmement Manelena après les propos du gnomold. « Vous prétendez être nos ancêtres ? Vous avez la même espérance de vie que nous, peut-être un peu plus au grand maximum. De là à prétendre et à raconter n’importe quoi, il n’y a qu’un pas hein ? »

Elle avait dit cela avec une petite pointe d’ironie, ne cachant guère dans son ton le fait qu’elle avait beaucoup de mal à croire les paroles de ce gnomold. Il manquait encore un peu trop de détails pour qu’il soit crédible dans ses dires.

« Notre race est votre ancêtre ! Vous avez préféré complètement ignorer et abandonner tout un pan de l’histoire juste pour vous valoriser ! Vous n’y connaissez rien ! Rien du tout ! »

« Et si vous en disiez un peu plus ? Car j’ai la sensation que même les démons ne sont pas forcément au courant de ce que vous racontez. »

Et comme preuve de sa bonne foi, il avait décidé de faire disparaître ses griffes de pierre. Oui, il ne pouvait pas faire plus mais en même temps, ce gnomold était presque comme traumatisé. Mais est-ce que ces gnomolds allaient arrêter ce combat eux aussi ?

« Pourquoi… est-ce que l’on ferait la même chose que vous ? » demanda le gnomold, en comprenant bien où voulait en venir le jeune homme dans sa démarche.

« C’est à vous de voir. Vous semblez en avoir sur la conscience et… J’ai aussi besoin de savoir. Je préfère mourir en sachant ce qui se passe plutôt qu’en étant idiot. »

« Tu es vraiment comme les rumeurs en parlent hein ? Toujours prêt à discuter avant le reste hein ? Tsss… Et qui nous dit qu’après, tu vas pas chercher à tous nous tuer ? »

« Et c’est la même pour vous, non ? Vous êtes ici pour éliminer chaque démon présent dans le monde souterrain. Vous savez aussi bien que moi que vous avez commencé une mission suicide puisqu’elle n’aura de fin que lorsque vous serez tous morts, est-ce que je peux me tromper ? Ou alors, est-ce que j’ai raison ? »

« Tsss… Tu me fais chier ! POURQUOI TU ES LÀ ?! »

Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il était ici ? Car c’était sa place. C’était une question vraiment étrange de la part du gnomold et les autres avaient toujours ce côté belliqueux. Un combat, est-ce qu’un combat pouvait vraiment s’arrêter comme ça ? Car juste deux personnes avaient décidé de le stopper pour parler ? Après, ils n’étaient pas une gigantesque armée, de chaque côté.

« Je suis là parce que vous vous êtes trouvés sur mon chemin, rien de plus. À la base, je ne pensais même pas vous avoir en face de moi, loin de là même. »

« Tsss, tu peux faire autant le fanfaron que tu le veux, ça ne changera rien aux faits ! Pas du tout même ! Tu ne peux pas tenter d’arranger des millénaires comme ça ! »

« Je n’ai pas dit ça et je ne compte pas le faire. Je n’ai pas à réparer des trucs qui se sont produits lorsque je n’étais pas né. Ce n’est pas à moi de faire tout ce travail. Mais si je peux tenter de faire quelque chose pour éviter que ça ne se reproduise, je ne vais pas me priver. Mais pour ça, il faudrait me dire exactement ce qui s’est passé. »

« AH ! Qu’est-ce que tu sais exactement des portes démoniaques hein ? Sais-tu pourquoi elles ont été crées ?! Pourquoi Zélisia et Alzar ont agi de la sorte ? »

« Pour empêcher le Dévoreur de ravager ce monde non ? Car de ce que j’ai cru comprendre, il n’était pas vraiment prévu que les démons se retrouvent bloqués sous la surface. On peut dire que cela ressemble à des dommages collatéraux. »

« DOMMAGES COLLATÉRAUX ! HAHAHAHA ! BORDEL ! »

Hmm ? Le gnomold était maintenant complètement hilare mais pourtant, lui-même avait la sensation qu’il se moquait de lui. Est-ce qu’il y avait une raison à ça ? Il ne savait pas trop mais il n’appréciait que moyennement tout ça. Pourtant, il attendait de voir à ce que le gnomold se calme, les autres membres de sa race le regardant avec autant de surprise que l’armée en face d’eux.

« Dommages collatéraux. Ces pauvres petits démons ! Ces démons qui continuaient de vouloir se battre sans cesse contre les races de la surface simplement pour que leur dieu Alzar s’envoie en l’air avec Zélisia discrètement ! »

« Je ne peux pas te donner tort sur le coup. Et je leur ai déjà fait la remarqué à ce sujet. Enfin, je crois… Je ne suis plus sûr. »

Le gnomold le regarda un peu, interloqué, en cherchant à voir s’il était devenu fou ou s’il pensait vraiment ce qu’il disait. Mais il y avait des chances qu’à l’époque, il ait parlé de cela avec eux quand il avait appris diverses choses. Cela remontait maintenant à pas mal de mois… voire même une année.

« Mais de toute façon, que ça soit les démons ou les races de la surface, les deux camps étaient fautifs. Zélisia n’était pas une sainte, loin de là. Elle avait crée plusieurs races avec chacune ayant ses propres caractéristiques tout en les laissant s’entretuer. »

« Nierk. C’est exactement ça. C’est ça de posséder trop de pouvoirs ! On commence à créer des aberrations mais ces saletés… ces deux saletés qui se prétendaient être des dieux ! Ils n’ont eu aucune hésitation ! Ils n’ont pas demander leurs avis aux races de la surface ! »

« Qu’est-ce que cela allait changer ? Les races de la surface n’auraient plus de raison de se battre avec les démons. Elles étaient gagnantes. Même s’il resterait les querelles liées aux différentes races et nations mais ça, c’est un autre souci. »

« Les démons étaient un ennemi commun mais ça, qu’est-ce qu’on s’en fout. Ce n’était pas ça le plus important ! Pas du tout ! Le plus important, c’est de nous avoir utilisé comme des pions pour créer ces foutues portes partout dans le monde ! »

« Utiliser… comme des pions ? » répéta Tery aux propos du gnomold.

« Ils ont usé de nos corps jusqu’à la moelle ! Alors qu’ils étaient occupés à fonder les deux portes démoniaques d’Omnosmos, les portes principales qui serviraient de fermeture totale par rapport au monde souterrain, vous pensez que les autres portes se sont formées comment hein ?! Vous en avez une simple idée ?! »

« Pas le moins du monde. Expliquez donc. Vous êtes en train d’insinuer que … ce sont les races de l’époque qui ont réussi à créer les portes démoniaques. Du moins, celles qui retenaient les différentes grottes et autres endroits scellés complètement. »

« C’est exact ! Les races de l’époque ont été sacrifiées pour les imbécilités de deux êtres trop puissants et incapables de contrôler leurs hormones ! Deux êtres trop stupides qui sont incapables d’arrêter leur création devenue trop puissante même pour eux ! Deux êtres qui ont rendu ces races difformes et bossues ! »

… … … Il venait de marquer un temps d’arrêt, comme pour laisser au groupe de Tery d’assimiler l’information. D’après le regard des gnomolds derrière celui qui s’exprimait, il semblerait que même eux n’étaient pas totalement au courant de tout.

« Les races sont devenues… des gnomolds ? C’est ça que vous voulez dire ? »

Un rictus se dessina sur les lèvres du dit-gnomold, comme pour confirmer les dires de Tery. Les gnomolds… actuels… étaient les descendants des races d’autrefois. Des races comme celles actuelles. C’était tout simplement impossible ! Il n’y avait aucune ressemblance et…

« Il y a quelque chose qui cloche dans ce que vous dites. Comment est-ce que c’est possible que vous soyez nos… ancêtres alors que nous sommes la preuve vivante que nous sommes totalement différents de vous. » déclara Manelena avant même que Tery ne puisse parler.

« Vous savez aussi bien que moi que les enfants ne naissent pas directement avec leurs magies inscrites en eux. Les lignes élémentaires n’apparaissent qu’après quelques années. C’est ça qui a permis à ces enfants de ne pas devenir comme nous. Nous avons été vidés de notre magie jusqu’au plus profond de nos corps, les modifiant pour devenir ce que nous sommes actuellement. Nos enfants, ont eu la chance de rester normaux. »

« Et il n’y avait aucune possibilité de revenir en arrière, c’est ça ? Vous étiez sans magie ? Comment avez-vous fait pour avoir alors des descendants qui sont aptes à avoir de la magie ? Et comment… il manque trop d’informations ! »

« J’en ai trop dit ! Je devrais plutôt vous exterminer maintenant ! Comme ça, vous… »

« Et pourquoi cela serait si grave que nous soyons au courant ? Qu’est-ce qui vous empêcherait de raconter tout cela autour de vous ? »

« Imbécile… Comme si des gens allaient croire des gnomolds ! Tu as vu nos trognes et tu veux prétendre que vous allez nous écouter ?! »

« Pourtant, Ernold est bien le plus grand archimage respecté de tout Omnosmos ! Pourtant, c’est un gnomold ! Lui n’a pas hésité à s’ouvrir aux autres races et tout le monde le respecte ! Même parmi vos pairs, j’en suis certain ! »

Et même si… Ernold avait bien caché son jeu par rapport aux portes démoniaques et autres vérités qu’il s’était gardé de dévoiler, il savait que le vieil archimage ne pensait qu’à la même chose que Zélisia et Alzar, enfin Séran et Sérest.

« Les gnomolds sont comme vous autres. Chaque gnomold est différent. Ce n’est pas parce qu’une poignée de gnomolds a décidé d’abandonner leur passé et leur histoire que tout le monde pense pareil ! » éructa le gnomold, plus qu’enragé par les dires de Tery.

Et pourtant, il ne faisait rien pour améliorer la situation. Malgré qu’il tentait de communiquer avec ce gnomold, ayant enfin appris quelque chose dont il ne se serait jamais douté, il voulait vraiment… trouver une solution pacifique. Une solution aberrante en vue du massacre commis par les gnomolds.

« Tery, ces gnomolds ne nous apporteront rien de plus. Il vaut mieux les exterminer. » murmura Manelena alors que Tery hochait la tête négativement.

« Si je peux éviter, je veux éviter… »

« Eux ne te laisseront pas réellement le choix, Tery. Tu le sais aussi bien que moi. Il faut te montrer raisonnable, non ? »

« Je vais me montrer raisonnable mais je veux le fin mot de cette histoire. Il me manque des détails que je n’ai pas encore obtenus ! »

En entendant le soupir fatigué de Manelena, il comprenait parfaitement qu’elle en avait assez du côté bon samaritain qui pouvait paraître chez lui sans même prévenir. Mais voilà, ce côté bon samaritain avait une raison d’être là. La raison était simple, il voulait TOUT savoir, tout depuis le début. Les moindres détails. Il reprit la parole :

« Les enfants et autres, vous ne voulez pas nous en dire plus à leur sujet ? »

« Qu’est-ce que tu veux que je te raconte de plus hein ? Ces enfants irrespectueux, pensant que nous étions des monstres alors que nous étions leurs parents ! C’est comme ça et pas autrement ! Nous étions différents d’eux alors que nos corps ont été sacrifiés pour eux ! »

« Vous n’avez pas tenté d’expliquer à vos enfants ce qui s’était passé ? Du moins, les gnomolds de l’époque à leurs enfants ? »

« Bien sûr que si, espèce d’imbécile ! Même si nous ne comprenions pas tous exactement ce qui s’était produit, certains d’entre eux, adeptes de la magie, avaient compris la situation. Et ils étaient heureux de voir qu’ils avaient mis un terme à l’existence du Dévoreur ! »

« Alors pourquoi les enfants n’ont pas accepté ça ? Ce n’est pas normal ! Les enfants devraient être heureux de voir que leurs parents s’étaient sacrifiés pour eux ! »

« Car ils n’étaient que des gamins. Des gamins aux cervelles malléables et éponges ! Des gamins incapables de réfléchir par eux-mêmes ! Si facilement manipulables entre eux ! Ils étaient différents des gnomolds et ce qui est différent est dangereux et mauvais ! Cela a toujours été le cas avec les races de ce monde ! »

Il avait vraiment la sensation d’avoir un cours d’histoire de la part du gnomold mais en même temps, c’était lui qui le demandait. Il ne pouvait en vouloir qu’à lui-même hein ? Il prit une profonde respiration avant de se mettre à réfléchir plus longuement à la situation. Avec tout cela, il allait finir par obtenir ce qu’il désirait ? C’est que peu à peu, il finissait par obtenir des informations importantes.

« Peu à peu, ceux qui étaient restés « normaux » se sont mis à grandir, devenant des adultes mais le mal était déjà fait. Au bout de deux siècles, nous autres étions répudiés et avons été chassés de là où nous vivions ! »

« Pourtant, je suis certain qu’il y avait des endroits où… »

« NON ! Et tu le sais aussi bien que moi, espèce de petit con ! Tu as très bien vu à quoi ça ressemble de nos jours ! Fais pas semblant d’être un putain d’aveugle ! Y a bien qu’à Omnosmos que les gnomolds sont tolérés et encore seulement certains qui seraient proches du grand archimage ! »

« Et je suis certain que vous prenez votre cas pour une généralité. Certains gnomolds ont fait une alliance avec Mékalarma pour éliminer les démons. Ce qui veut dire que tous ne sont pas réfractaires aux gnomolds. »

Peut-être que la discussion n’avait plus aucune raison de durer. Dans les faits, il avait visiblement plus ou moins eu tout ce qu’il recherchait. Il n’avait rien besoin de plus. Mais maintenant ? Quoi faire ? Attaquer les gnomolds et confirmer leurs dires ? Les laisser vivre alors qu’ils avaient commis des crimes sur des innocents ?

« Des millénaires se sont écoulés et au final, l’existence des démons n’était connue que de certains gnomolds. Les races de la surface, elles avaient totalement oublié que les démons existaient auparavant. »

Encore une fois, difficile de nier. Lui-même avait appris que « récemment » l’existence des démons et il était certain que c’était le cas de tous les membres du groupe armé, du moins en prenant en compte seulement ceux issus des races de la surface.

« Mais maintenant que les portes démoniaques sont ouvertes, il est possible de voir que les démons ne sont pas aussi mauvais que les gnomolds le pensaient ! Pareil pour les autres races ! Il est possible d’arrêter tout ça mais il faut le vouloir ! »

« On ne le veut pas. C’est bien trop tard pour chercher des excuses ! Il ne faut… »

« Est-ce que les gnomolds qui ne sont pas au courant de cette histoire pensent comme vous ?! Ou tentent au moins d’arranger les choses ?! Car oui, bizarrement, des fois, l’ignorance peut aider à réconcilier des races ! »

« Et quand elles apprennent la vérité alors hein ?! Tu crois que c’est aussi simple ?! »

« Oui, ça l’est ! Car c’est du passé ! Et que le passé, c’est bien de s’y accrocher pour connaître ses origines mais ça ne veut pas dire que ça doit être lui qui doit définir notre route ! Sinon, ça reviendrait à dire que je suis destiné à n’être que Tery ! »

« Tery ? Genre Tery ? » demanda le gnomold, comme un peu étonné. Ben quoi ? Ils ne savaient même pas à qui ils avaient affaire depuis le début ou quoi ?

« Oui, je suis Tery. Tery Vanian plus précisément. Pourquoi ? C’est si surprenant que ça ? De base, vous m’en voulez et plus encore à cause de tout ça donc bon… »

« Tery Vanian ! Celui dont Rokar n’arrêtait pas de parler ! AH ! C’est donc toi ! C’est toi le fichu démon qui est à la base de tous nos ennuis ! C’est TOI ! »

« Je ne compte pas m’enfuir ou autre. Vous pouvez criez autant que vous le voulez mais il va falloir quand même que vous vous expliquiez un peu. Qu’est-ce qui vous étonne ? »

« C’est toi ! C’est toi dont parlait Rokar ! C’est toi ! C’est toi qui a ouvert les portes démoniaques ! On avait aucun détail sur à quoi tu ressemblais mais c’était toi ! Rokar nous a dit de ne rien te faire ! Que tu es au service d’Ernold et d’autres stupidités ! »

« Rokar aurait vraiment fait ça ? Lui ? J’imagine que vous êtes en train de dire une bien mauvaise blague sur le coup. Ce n’est pas crédible du tout. »

Oui. Pourquoi est-ce que Rokar ferait ça ? Oh, dans les faits, s’il commençait à s’y attarder, de nombreuses fois, Rokar aurait put le tuer mais il ne l’avait jamais fait. Même si depuis le temps, le rapport de force s’était inversé, ça ne changeait pas qu’il aurait moins de scrupule à l’éliminer. Mais pourquoi Rokar dirait du bien des démons ?

« Rokar est au service d’Ernold depuis des lustres, tsss ! C’était lui qui était chargé de surveiller un village où se trouvait une engeance démoniaque. C’était toi ! Il a osé nous mentir en disant qu’il l’avait éliminée rapidement ! »

« Non, je ne pense pas qu’il ait menti. Ce qu’il vous a dit est véridique même s’il n’a pas donné toutes les informations. Il devait sûrement parler du démon qui s’est considéré comme mon père bien que ça sonne totalement faux et creux. »

« Faux et creux ! Tu avoues donc que Rokar a… »

« Non, je parlais du démon, pas de Rokar. Je pense qu’il avait compris que mon… père était un démon pur contrairement à moi qui a eu une mère humaine. C’est pourquoi il l’a éliminé mais pas moi. Du moins, c’est la seule raison plausible. »

Pourquoi est-ce qu’il était en train de raconter tout ça à des gnomolds ? Surtout que maintenant, il voyait bien que ces derniers avaient repris leurs souffles mais aussi… avaient soigné leurs blessures. Rien d’anormal puisqu’il en était de même de leur côté.

« Mais pas toi ? Car tu es juste à moitié démoniaque ? Rokar n’aurait jamais fait ça ! Sauf… Sauf si… Sauf si… Il était au service d’Ernold depuis le début ! »

« Et vous alors ? Vous ne semblez pas être n’importe quel gnomold. J’ai bien remarqué que ceux qui vous accompagnent n’étaient pas plus au courant que nous autres. Ce qui veut dire que vous devez être assez spécial aussi, n’est-ce pas ? »

« Tsss. Pour une fois que nous avions la possibilité de nous rendre dans le monde souterrain, ils ont préféré assurer la sécurité des gnomolds. Surtout avec cette folle qui est devenue une traîtresse ! On avait bien fait ! »

« C’est vrai que Krawnia n’est pas vraiment celle en qui j’aurais le plus confiance. »

« Hihihi ! Tu devais Tery, tu devrais. Il n’y a que toi à mes yeux, tu sais ? »

Non mais même ainsi, malgré tout ce qu’elle disait, il restait plus ou moins imperméable à ses propos. Ce n’était pas qu’il ne lui faisait pas confiance mais… en fait si. Elle n’était pas digne de confiance, c’était tout.

« Bref, il vaut mieux l’ignorer. Dans tous les cas, je n’ai plus envie de continuer à vous affronter. Et non, avant même que vous ne disiez quelque chose, ce n’est pas de la pitié. »

« Alors pourquoi tu veux éviter ça hein ? On veut vous faire la peau. On veut tous vous crever, vous, les démons, les traîtres, tous ceux qui ont osé nous abandonner ! »

« Oui mais sur le coup, ça ne servirait à rien. Avec ce qui vient de passer ici, vous allez attirer l’attention d’un groupe bien plus dangereux que le nôtre et je n’ai clairement pas envie de leur tomber dessus. Si vous êtes suicidaires, vous n’aurez qu’à les affronter mais je tiens à la sécurité de mes membres. Vous pouvez haïr le monde autant que vous le désirez mais ça ne doit pas vous inciter à un massacre gratuit de votre propre groupe. »

« Tu te prends pour qui pour nous faire la morale hein ? Tu crois qu’on va t’écouter juste parce que tu as décidé d’ouvrir ta bouche comme ça ? »

« Ce n’est pas une question de vous faire la morale. Vous avez réussi à arriver jusqu’ici avec pas mal de chance. »

Est-ce qu’il cherchait à les énerver ? Pas le moins du monde. Il voulait juste que ça soit bien clair à leurs yeux qu’ils n’étaient pas tombés sur l’armée la plus inquiétante du monde souterrain. Ce combat ne mènerait à rien mais surtout, le gagnant de cet affrontement serait dans un bien triste état et ferait une cible plus que facile pour les créatures souterraines.

« Tu me fatigues… Tu peux toujours rêver pour que notre espèce apprécie ce que tu viens de faire. Pire ! Tu as une odeur encore plus horrible que celle des démons. Je ne sais pas d’où elle vient précisément on va se retirer pour le moment. T’as juste intérêt à bien noter que la prochaine fois, on ne sera pas aussi sympas. BON ! On se retire les gars ! »

Même si la plupart des gnomolds étaient mécontents de la situation, tous acquiescèrent aux propos de celui qui avait tant discuté avec Tery. Manelena, à côté du jeune homme, plaça une main sur son épaule, lui disant pendant que les gnomolds s’éloignaient :

« Ce n’est peut-être pas une victoire qui provient d’un combat glorieux mais… C’était le bon choix, Tery. Nous ne pouvions pas nous permettre de perdre trop d’hommes. »

Il avait bien fait et elle voulait qu’il le reconnaisse. Accepter cette reconnaissance lui permettrait d’avoir plus confiance en lui. Oui, ils avaient obtenu bien plus que la simple « sécurité » des membres du groupe. Ils avaient appris une nouvelle vérité.

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