Chapitre 21 : Petite manipulatrice

Quatrième axe : Retrouvailles

Chapitre 21 : Petite manipulatrice

« Ahlala … Ma petite robe rose est toute tâchée de sang maintenant. »

Un rire candide accompagna les paroles d’une jeune fille aux cheveux roses, celle-ci semblant assez blessée. De nombreux coups et blessures étaient présents sur son corps bien qu’elle ne semblait pas trouver cela dérangeant. C’était même tout le contraire ! Elle était en parfaite santé malgré ses blessures.

« Bon … Maintenant, il faut que je retrouve mon fils. Je suis sûre qu’il va pousser des petits cris d’effroi en m’apercevant ainsi ! Qu’il va être mignon le petit enfant ! »

Enfin, c’est ce qu’elle espérait voir mais elle ne se faisait pas d’illusions. Comme si Gégé était capable de montrer une telle chose hein ? Il ne fallait pas rêver ! Elle se téléporta subitement, un sourire aux lèvres avant d’atterrir au beau milieu du bureau du chef de l’Ultime Elément. Celui-ci parut énervé aux premiers abords.

« Arrête d’apparaître comme ça, c’est clair ?! Ca ne se fait pas ! Tu ne pourrais pas toquer comme tout le monde ?! Déjà que tu disparais sans prévenir et … »

« Bon, bon, bon … Je vais aller toquer à la porte ! » annonça t-elle en disparaissant avant qu’il ne puisse poser la main sur elle. Les yeux de Gégé s’ouvrirent en grand alors qu’il avait placé sa main sur son bureau, remarquant du sang sur ce dernier.

Plusieurs coups sourds furent donnés à la porte, comme si un bélier tentait de l’enfoncer avant qu’elle ne s’ouvre violemment. La jeune fille se présenta, les deux mains en l’air, radieuse avant de dire d’une voix enjouée :

« Gégé ! Devine qui c’est ?! Allez, je te donne un indice. Je suis petite, j’ai des cheveux roses, je suis l’amie des humains et des pokémons ! Je suis … Je suis … »

« ASSEZ ! » hurla l’homme aux cheveux violets, la porte se refermant aussi violemment qu’elle s’était ouverte. Sa voix avait été brutale mais personne ne l’avait pourtant entendue. Cela ressemblait plus à une déferlante psychique, la jeune fille se retrouvant soulevée au-dessus du sol. Pourtant, elle ne semblait guère réellement inquiète par cela. « Qu’est-ce que cela veut dire ?! Comment se fait-il que vous soyez en sang, mère ?! »

« Oh … Une petite bouffe entre légendaires. Ca a dégénéré le moment où j’ai signalé que je ne comptais pas rejoindre le côté de la grande duchesse Arceus. »

« Assez ! Soyez sérieuse pour une fois ! Normalement, vous ne devriez pas être mise dans cet état par un simple légendaire ! Que s’est-il passé réellement ?! »

« Qui a dit qu’il n’y avait qu’un légendaire ? Ils étaient au moins six ou sept … Il faut dire qu’avec ma possibilité de me rendre invisible, ils n’ont pas remarqué ma présence … Sauf vers la fin ! Mais bon … Rien de dramatique et j’ai finalement appris ce que je voulais. Dommage pour eux … Dommage … Dire qu’ils ont modifié son emplacement une première fois à cause de moi … Là … Ils n’auront pas le temps si on réagit vite ! »

« Taisez-vous et arrêtez de bouger ! Vous allez mettre du sang partout ! » répondit Gégé, coupant la tirade de la jeune fille avant de pointer sa main vers elle.

« Oh … Tu me soignes ? Qu’il est agréable d’avoir un fils comme toi ! » s’écria t-elle avant de briser la paralysie psychique, sautant au cou de l’homme, celui-ci continuant à faire disparaître les blessures peu à peu grâce à ses soins.

Maintenant qu’elle était soignée, elle lui racontait tout. Où se trouvait l’adolescente, le fait que cela soit une église, justement à la frontière entre le monde des pokémons terrestres et célestes, enfin, toutes ces choses ! Elle semblait bien plus heureuse de voir son fils lui porter de l’attention plutôt que de raconter tout ce qu’elle savait. Finalement, au bout d’une vingtaine de minutes, elle quitta les bras de son fils, disant :

« Je vais aller colporter la rumeur ! Comme ça, je suis sûre que Personne l’entendra ! »

« A quoi est-ce que ce que vous … allez jouer … Mère ? »

« Oh ? Moi ? Mais à rien du tout ! Je suis aussi pure et innocente que l’enfant qui vient de naître ! Aller … J’y vais maintenant ! Je ne voudrai pas prendre trop de retard ! »

Trop de retard ? Hum … Il la regarda se téléporter. Ce n’était pas son problème personnel. Il n’allait pas risquer sa vie de la sorte. S’ils voulaient prendre des risques, qu’ils se débrouillent d’eux-mêmes. Lui … Il avait d’autres projets en tête. Ce n’était pas encore suffisant … Loin de là … Il devait se préparer au cas où.

Quelques jours plus tard, l’information n’avait pas tardé à arriver aux oreilles de l’adolescent, celui-ci demandant où ils avaient entendu cela. Au fur et à mesure, il avait appris que c’était une jeune fille qui avait proféré de telles paroles. Une petite fille aux cheveux roses ? Il avait du mal à le croire mais si …

« C’est moi que tu recherches, Personne ? »

La petite voix avait un ton railleur alors qu’il tournait subitement son visage vers la droite. Il se trouvait dehors, ayant décidé de prendre l’air à force de trop réfléchir. Metsubi n’était même pas à côté de lui, il lui avait laissé la possibilité de récupérer un peu et d’étudier.

« Alors ? Tu me vois ? Tu ne me vois plus ! »

Il sentit deux mains qui se posèrent sur ses yeux, Personne donnant un coup en arrière avant qu’un petit cri ne se fasse entendre. Il se retourna, remarquant la jeune fille aux cheveux roses avant de s’approcher d’elle, lui tendant la main :

« Désolé … J’ai cru comprendre qu’il y avait … »

« Oh … Toujours aussi gentil visiblement. Je veux bien te pardonner, cette fois-ci. »

« Mi … MIMI ?! » dit-il soudainement avec un peu d’énervement dans la voix avant qu’il ne se retrouve paralysé sur place. Elle lui fit un grand sourire, murmurant avec douceur :

« C’est bien moi ! La plus mignonne des petites filles ! Je t’ai manquée, Personne ? Ca faisait longtemps hein ? Tu sais que tu m’as un peu manqué quand même ? Je m’en suis terriblement voulu d’avoir joué avec tes sentiments. »

« Ne te moque pas de moi ! Tu n’es pas crédible ! Qu’est-ce que tu me veux ?! »

« Oh … C’est triste alors … Je pensais que si je te manquais, j’aurai pu te donner quelques informations au sujet d’une certaine demoiselle que tu recherches. »

« Une fille dont tu m’as obligé à lui retirer ses pouvoirs ! A cause de ça, elle a été capturée par ta faute ! LA TIENNE ! OUI ! »

« Ohlala … Que tu es méchant et agressif … Si je suis là, c’est pour une bonne raison. Te signaler où elle se trouve … Et dès l’instant où tu la sauveras, je viendrai lui libérer ses pouvoirs. Je peux te le promettre ! »

« Me promettre ça … Et tu penses que je dois te croire ? »

« Libre à toi ! Au passage, je suis venue ici pour toi mais aussi pour mon fils ! Tu dois bien le connaître, il est celui qui te dirige depuis le début… »

Ses yeux s’ouvrirent de surprise avant de se froncer. Son fils ?! SON FILS ?! Depuis le début, ils étaient contrôlés par un pokémon légendaire ?! Il allait s’emporter mais il se contrôla aussitôt. Non … C’était normal … C’était tout à fait normal … Qui d’autre qu’un légendaire pouvait espérer combattre des légendaires ? C’était ça … Depuis le début, il s’en doutait … Maintenant, il en avait la confirmation.

« Et bien … Tu as perdu ta langue ? Tu n’oses plus me parler, Personne ? Tu sais … Mon fils est un peu spécial mais il n’est pas forcément très méchant. »

« … … La vie de ton fils ne m’intéresse pas, Mimi. »

« Tu vas arrêter de bouder ? Si tu n’es pas plus gentil, on ne va pas pouvoir discuter entre personnes responsables. Alors ? Qu’en penses-tu ? Je te guide jusqu’à l’endroit où se trouve ta belle princesse, tu vas la récupérer en tuant les vilains dragons qui la gardent et ensuite, tu me la ramènes et je lui retire ce vilain collier. Qu’est-ce que tu en penses ? On fait un marché ? »

TSSS ! Un marché avec elle ?! Même pas … en rêve … Il s’était déjà fait avoir une fois mais … Sa main avait rejoint celle de Mimi, la serrant pour conclure le pacte. Dire qu’il avait accepté … Mais il allait tout faire pour retrouver la jeune fille … ou l’adolescente maintenant … Car elle avait sûrement grandi depuis le temps ? Grandie à quel point ? GLUPS … Rien qu’en y pensant …

Enfin … Bon … Il avait prévenu les trois oiseaux légendaires et Metsubi. Toutes avaient accepté de se préparer au prochain combat. Ce n’était pas celui de l’Ultime Elément … mais quelque chose de personnel. Il était hors de question de perdre plus de temps. Maintenant qu’ils avaient l’endroit où elle était prisonnière … La libération de Crusaé allait commencer.

Chapitre 20 : Aimer en partie

Chapitre 20 : Aimer en partie

« Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous. »

« Vous êtes sûrs de ne pas vouloir rester une journée de plus ? Personne ? Metsubi ? »

Le seigneur Drikan avait pris la parole après lui. Il hocha la tête négativement, ce n’était pas une bonne idée. Ils ne voulaient pas créer plus de problèmes que cela. Metsubi avait un bandeau aux deux yeux tandis qu’il en était de même au niveau de sa poitrine. Enfin, cela était moins visible à cause de ses vêtements. Elle tenait la main de l’adolescent, celui-ci lui servant de guide à cause de son aveuglement temporaire.

« Non merci … Mais si un jour, vous avez besoin d’aide … Vous pouvez nous appeler à l’ultime élément … Nous serons là au cas où. Néanmoins, je ne pense pas que cela soit nécessaire en vue de la puissance que les pokémon dragons possèdent. C’est juste pour faire bien que je dis cela. » murmura l’adolescent en passant une main dans ses cheveux noirs.

« Je vois, je vois … Metsubi. » s’adressa le vieil homme à la Carmache, celle-ci sursautant sur le coup en entendant son nom. « Nous n’avons pas à te juger et tu sais pourquoi ? Car tu n’es pas l’une des nôtres. Il existe bon nombre de dragons qui ne sont pas issus de cette montagne et il vaut mieux te considérer comme l’une d’entre eux que comme l’une d’entre nous. C’est pourquoi tu es libre de tes agissements. Sois heureuse, cela nous suffira amplement. Savoir que cette maladie a été enfin terrassée est à marquer d’une pierre blanche. Va … Tu mérites de vivre paisiblement à partir de maintenant. »

« Merci beaucoup pour vos paroles, seigneur Drikan. »

Elle n’avait put chuchoter que cela, les deux adolescents et les trois oiseaux légendaires quittant le village des dragons. Il se demandait s’il allait les revoir bientôt ou un autre jour. Enfin bon … Pour l’instant, ce n’était pas le plus important. Néanmoins, au lieu de rentrer tout de suite, les cinq personnes se dirigèrent vers une ville. Cela avait pris beaucoup moins de temps que prévu maintenant que Taliki n’était plus là pour les déranger. Dire qu’ils étaient au milieu de la journée …

« Nous nous en allons … Nous retournons tout de suite à l’ultime élément … Il va falloir que nous donnions quelques explications, Personne. » annonça Lasty.

« D’accord, comme vous le voulez. » répondit aussitôt Metsubi, reprenant : « Moi et Personne, on rentrera plus tard. Soit on dort ici ce soir, soit on rentre très tard dans la base la plus proche de l’ultime élément. Merci beaucoup Lasty. »

« Et moi, je n’ai pas mon mot à dire à ce sujet ? »

Il aurait bien aimé dire son avis mais visiblement, il valait mieux se taire. Il soupira longuement alors qu’il saluait les trois créatures légendaires, gardant sa main dans celle de Metsubi. Il n’était pas stupide … Lasty avait voulut les laisser seuls maintenant que Metsubi était définitivement hors de danger.

« Et bien … Je … Bon … Euh Metsubi ? Qu’est-ce que … Arrête. Ce n’est pas encore soigné ! » s’écria t-il en apercevant l’adolescente qui retirait le bandeau au niveau de ses yeux. Celle-ci lui fit un petit sourire, disant :

« Ce n’est pas un problème de soin ou non. De toute façon, mon corps se régénérera tout seul donc … Je peux rester comme ça. Enfin … Tu as vu ? Elle m’a laissé la même marque que toi. Je veux parler de mon clone de sang. »

Elle rigola avec tendresse, désignant son œil gauche et la cicatrice qui se formait sous celui-ci. Ses yeux … Elle les ouvrait, gardant son sourire alors qu’il apercevait deux pupilles dorées. Parfois, la sclère autour de celles-ci était noire mais dans ce cas précis, c’était juste blanc … avec des pupilles dorées …

« Ca datait, n’est-ce pas ? Depuis la dernière fois … Depuis le dernier jour où j’ai pu te les montrer, hein ? Ce sont mes vrais yeux … Enfin … Ceux avec lesquels je suis né. »

« Ils sont sublimes … C’était triste de ne pas pouvoir les voir avant aujourd’hui … ou presque. En plus, ils vont parfaitement avec le reste, tu es vraiment superbe avec tes yeux dorés. »

« Tu n’es qu’un vilain flatteur, Personne. » répondit-elle en tirant légèrement la langue, venant récupérer sa main pour courir avec lui à travers les ruelles de la ville.

Flatteur ? Non … Ce n’était pas son genre, encore que … Avec Malixo … Ah … Voilà qu’il se rappelait de lui. Il fallait dire qu’il avait appris à parler aux filles grâce à lui. Mais bon … Maintenant, il n’était plus là. Ou presque … Il tourna sa tête sur la droite, apercevant l’homme Lockpin qui marchait d’un pas lent vers une direction inconnue, bousculant quelques personnes. Non … Non … Ce n’était pas possible.

« Hein ? Qu’est-ce qu’il y a Personne ? Pourquoi est-ce que tu t’arrêtes ? » demanda Metsubi.

« Attends un peu, Metsubi, je dois aller … »

… … …. Non. Il la regardait longuement. Ses yeux dorés … Il ne pouvait pas l’abandonner une nouvelle fois ici … à cause de ces personnes disparues. Il voulait tant résoudre ce problème mais s’il décidait de partir cette fois-ci …

« Tu dois aller où, Personne ? » questionna t-elle, se rapprochant de lui en serrant ses deux mains dans les siennes. Elle continuait de l’observer de ses yeux dorés. Il était sous le charme … Si il devait se rappeler d’une paire de yeux qui l’avait autant hypnotisé dans le passé … C’était celle d’Omera. Les yeux dorés d’Omera avaient eux aussi réussi à le subjuguer et là … Il voyait ceux de Metsubi. Ils étaient présents … Et en face de lui.

« Metsubi … Je … Je dois aller … » bafouilla t-il, incapable de retirer ses yeux de ceux de l’adolescente. Il voyait aussi son nez, sa bouche, ses cheveux noirs … comme les siens … Contrairement à Omera … Il pouvait … Il pouvait l’embrasser … Il pouvait poser ses lèvres sur celles de Metsubi sans aucun problème. La preuve, il rapprochait son visage de celui de l’adolescente, celle-ci ayant fermé ses lèvres. Elle l’attendait elle aussi … Elle attendait qu’il l’embrasse. Lui, il gardait les yeux ouverts, tremblant d’émotion. Contrairement à Omera … Il pouvait le faire. Rien ne l’en empêchait, rien du tout. Ou presque … Ses yeux se posèrent sur une femme qui se trouvait au loin derrière Metsubi.
Omera … Omera était là … Elle l’observait de son regard doré, portant la même tenue que d’habitude. Elle avait les mêmes vêtements mais aussi la même allure, le même visage … En fait, rien n’avait changé chez elle … Rien du tout … C’était impressionnant et …

Un petit bruit singulier se fit entendre, les lèvres de Metsubi se posant sur sa joue droite alors qu’elle ouvrait les yeux. Elle semblait surprise, remarquant que ce n’était pas celles de Personne qu’elle avait eut au contact. Qu’est-ce qui se passait ? Elle n’allait pas le questionner à ce sujet. Elle ne devait pas le déranger plus que ça.

« On y va, Personne ? On n’a pas fini de se promener. »

« Oui, oui … Bien entendu … Allons-y. »

Omera continuait de l’observer. Il savait que ce n’était pas une illusion. C’était bien elle mais … En même temps … Ce n’était pas le cas. La femme restait immobile mais dès l’instant où Metsubi se tourna pour voir ce que Personne regardait, il cligna des yeux. En un instant … En un moment … La jeune femme Luxray n’était plus là, elle s’était volatilisée.

« Tu ne regardais quand même pas une autre femme, Personne hein ? »

« Tu sais très bien que non. Je ne suis quand même pas aussi misérable que ça au point de faire une telle chose hein ? Non … Pas du tout. »

« De toute façon … Je ne suis jalouse qu’envers certaines personnes. »

Elle ? Jalouse ? C’était difficile à croire mais bon … Ils reprirent la route, marchant côte à côte en vagabondant à travers les ruelles. Il y avait de nombreux magasins mais ils ne pénétraient dans aucun d’entre eux. L’adolescente était blessée … et malgré les regards que certaines personnes leur portaient, aucun ne s’en préoccupait plus que ça. C’était même tout le contraire. Ils ignoraient les murmures lorsque les gens apercevaient leurs cicatrices à l’œil.

Il avait remarqué une certaine petite Evoli mais il l’avait ignorée ou presque … Il ne voulait pas y réfléchir plus longtemps que ça. Il ne voulait pas gâcher ce moment. Ils se retrouvèrent assis au bord d’une fontaine, chacun tenant une glace italienne au goût différent. Comme deux enfants, l’un venait parfois lécher la glace de l’autre. Puis subitement, Metsubi déposa un petit peu de glace sur le nez de l’adolescent, souriant.

« Je vais devoir te la retirer. Tu ne bouges pas d’accord ? » dit-elle avec amusement.

« Et comment tu vas le faire ? » la questionna t-il avant de fermer ses yeux.

« D’une façon très simple. » répondit l’adolescente en approchant ses lèvres de son nez, donnant un petit coup de langue pour retirer la glace sur Personne. Néanmoins, elle ferma les yeux à son tour, ses lèvres descendant peu à peu.
Finalement, elles se collèrent au premier endroit où elles auraient dû se poser : les lèvres de Personne. Celui-ci sortit légèrement sa langue pour humidifier ses lèvres alors qu’il sentait la langue de l’adolescente qui sortait elle aussi. Elle prenait quand même … de l’assurance. Déjà qu’elle en avait pas mal auparavant mais là … C’était quand même un baiser en public.

Elle se pencha sur le côté pour mieux goûter à ses lèvres, l’adolescent faisant de même sauf qu’il partait dans le même sens. C’était plus que gênant pour le baiser, chacun tentant de se placer correctement jusqu’au où ils se penchèrent beaucoup trop, tombant dans la fontaine en poussant un petit cri surpris. Lorsqu’ils se regardèrent, trempés l’un comme l’autre, ils rigolèrent ensembles.
Il l’aida à se relever et à sortir de la fontaine, la demoiselle aux cheveux noirs le remerciant d’un sourire. Quelques minutes plus tard, ils étaient allongés dans l’herbe, l’un à côté de l’autre. Roulant un peu, elle se retrouva auprès de lui, un petit rictus de douleur à cause de sa blessure à la poitrine. Néanmoins, elle se logea correctement dans ses bras, chuchotant :

« Je t’aime plus que tout au monde, Personne. Je suis vraiment … heureuse de pouvoir te le dire réellement. De pouvoir te le dire sans que rien ne m’en empêche. »

Elle déposa sa tête contre son épaule gauche, fermant les yeux en souriant. Il ne lui répondait pas … Il ne savait pas vraiment quoi lui répondre. Entendre ces mots … C’était réconfortant en un sens et il ressentait la même chose envers elle mais … mais …

« Je ne peux … pas oublier Crusaé. Je l’aime aussi. » se chuchota t-il à lui-même, espérant que Metsubi ne l’entende pas. Il n’arrivait pas à choisir entre les deux adolescentes même si Metsubi était de retour depuis maintenant bientôt deux années.

Chapitre 19 : A sang pout cent

Chapitre 19 : A sang pour cent

« Toi … Toi … Toi ! » commença à s’écrier l’adolescent avec véhémence.

« Moi, moi, moi, tu n’as pas terminé ? Bon … Ce n’est pas tout ça mais ma grande … Tu préfères te battre ou te laisser tuer ? Je n’ai plus besoin que ton corps soit vivant dans le fond. De toute façon, sans moi, c’est à peine si tu tiens debout hein ? Laisse-moi te tuer, j’irriguerai tout ce qu’il faut pour que toute la mécanique fonctionne parfaitement … Oh … Tu ne seras plus capable de réfléchir, de toute façon, ce n’est pas le plus important, n’est-ce pas ? Et bien entendu … Il vaut mieux que tes amis ne se mêlent pas de tout ça. Il serait bête que ce fameux sang … soit parasité par leurs attaques … Tu es seule, définitivement seule. »

Et bien … Pour un discours de présentation, la Metsubi entièrement constituée de sang venait de faire fort. Personne s’était avancé vers elle, prêt à lui régler son compte mais Metsubi prit la parole sur un ton étrangement calme bien qu’elle haletait rapidement :

« Je m’en occupe … Personne … C’est à moi de régler cette affaire. »

« Mais Metsubi … Tu sais très bien ce que c’est ! Je dois t’aider ! Lasty, Fulgé, Rina ! Venez m’aider aussi ! On va lui régler son compte maintenant qu’elle est sortie ! »

« ASSEZ ! PERSONNE ! Tu écoutes ce que je te dis ?! C’est à moi de me battre et uniquement à moi ! Alors arrête de faire l’idiot ! » hurla Metsubi.

« Mais Metsubi … Tu … METSUBI ! » s’écria t-il une nouvelle fois.

Il serrait les poings avec énervement, reculant. Dès l’instant où il fit ce geste, la Metsubi de sang se jeta sur Metsubi, ses deux mains se transformant en griffes. L’adolescente roula sur le sol, l’évitant avant de se redresser. Pourtant, dès qu’elle tenta de se remettre correctement sur ses deux pieds, elle trébucha en arrière, s’écroulant sur les fesses.

« Qu’est-ce qui se passe avec mon corps ? » murmura t-elle avec incompréhension.

« PAUVRE IDIOTE ! » lui répondit tout simplement la Carmache de sang avant de sauter dans les airs, ses deux griffes tendues en avant alors qu’elle redescendait en sa direction.


Elle fit une nouvelle roulade sur le côté, se remettant correctement sur ses jambes. Elle était déjà exténuée … et fatiguée … Ce n’était pas normal … Pas du tout normal. Elle jeta un regard autour d’elle. Les dragons se retrouvaient tous autour de la place centrale du village ainsi que Personne et les trois oiseaux légendaires.

« Tu ne vois pas ? Tu ne saisis pas ? Tu es trop faible … Tu n’as plus qu’une partie de ton sang dans ton corps ! Un humain serait déjà mort sans une telle quantité de sang ! Mais ce n’est pas tout … Tes pouvoirs … Tes pouvoirs sont aussi inefficaces maintenant … Puisque tu n’as plus mon sang pour les renforcer ! Tu es finie ! Complètement finie ! »

Même pas en rêve ! Elle allait continuer à se battre pour pouvoir … pouvoir revivre … normalement … Non … Pas revivre … Vivre tout court … Cela n’avait été qu’une chimère lorsque cet homme lui avait donné la possibilité de sceller son sang. Mais là … Elle avait la possibilité de mettre un terme à cette histoire une bonne fois pour toutes !

Elle en avait … la possibilité … A force de trop réfléchir, les griffes de sang vinrent entailler complètement ses vêtements et sa poitrine, laissant apparaître des traces sanguinolentes. Elle devait réagir et vite ! Elle transforma ses deux mains en griffes sauf que celles-ci semblaient ridicules par rapport à la Metsubi de sang.

« Qu’est-ce que … HAHAHA ! Tu penses vraiment me toucher ?! »

Elle avait esquivé avec une telle facilité que c’en était déconcertant. L’adolescente fut repoussée en arrière mais avant même qu’elle ne réagisse, la Metsubi ensanglantée se retrouvait à sa hauteur. Sa main griffue se posa sur son visage, l’enfonçant dans le sol avant que le corps ne vienne rapidement la rejoindre.

« Il faut que j’aille l’aider … Il faut que j’aille l’aider … METSUBI ! » s’égosilla l’adolescent aux cheveux noirs, faisant quelques pas en avant. Lasty l’empêcha de continuer alors que la Carmache issue de celle originelle tourna son visage vers lui.

« Devine quoi … Personne … Tu seras le premier à mourir de mes mains lorsque j’en aurai terminé avec elle. Tu devrais t’en montrer fier ! »

« Ne … Ne touche pas … à Personne. » marmonna Metsubi, son visage recouvert par la griffe de celle de sang. Elle devait lutter … LUTTER ! « AHHHHHHHHHHHH ! » hurla t-elle subitement avant de sentir la seconde griffe qui s’était plantée plus profondément dans son ventre. CA FAISAIT MAL !

« METSUBI ! TIENS BON ! LASTY ! LÂCHE-MOI ! »

Il devait aider Metsubi … Il devait l’aider ! Il voyait cette créature de sang qui malmenait son amie … Non plus que ça … Metsubi … Il ne voulait pas la voir souffrir ! METSUBI ! Il tenta de se retirer des bras de Lasty mais Rina et Fulgé vinrent aider leur sœur.

« Et voilà … Tu devrais être heureuse … Tu as la même cicatrice que j’ai faite à celui dont tu aimerais tant te reprocher. Tu es triste n’est-ce pas ? Tu es triste … Tu m’en veux … Tu me hais … Tu peux me haïr maintenant … Tu peux dévoiler tes sentiments les plus secrets, les plus forts ! Crie-le ! CRIE QUE TU ME HAIS ! »

Elle retira sa main du ventre de cette Carmache. Ah … Ce n’était qu’une question de temps … C’était si facile de la tuer … Elle pouvait le faire en un instant … Mais l’adolescente n’abandonnait pas la bataille hein ? Elle posait ses deux mains sur ses bras, tentant de la repousser. HAHAHA ! QUELLE IDIOTE !

« Tu ne peux rien faire … Rien du tout … RIEN ! »

« AVANT … DE ME DIRE CA … PARS ! » s’écria l’adolescente aux cheveux noirs, plaçant son pied sur le ventre de la créature de sang avant de la projeter au-dessus d’elle. La créature poussa un cri de surprise, atterrissant avec violence sur le dos alors que Metsubi se relevait, haletante, une vilaine plaie au ventre. Elle posa une main sur celui-ci. Elle avait la tête qui tournait. Déjà qu’elle n’avait plus beaucoup de sang, si elle en perdait encore, cela risquait de lui être fatal. Elle ne pouvait pas se le permettre. Néanmoins, elle paraissait surprise. Son clone de sang … Il semblait bien plus physique qu’elle ne l’aurait cru.

« Tu es comme moi … » murmura subitement l’adolescente alors que sa clone se redressait, pestant en direction du sol. Elle avait craché du sang, ce qui était un peu ironique dans cette situation alors qu’elle lui répondait :

« Et alors ? Ce n’est pas comme si c’était important. Tu es ma chair, je suis ton sang. Héhéhé … Comme c’est ironique … Tu vas être tuée par ton propre corps. Ca me fait penser … Je vais t’offrir un second présent … avant que tu ne disparaisses. Je suis sûre que Personne appréciera mon geste, il risque de le trouver très charmant. »

Qu’est-ce … qu’elle comptait faire ? Elle la vit venir avec elle alors qu’elle tentait de lui échapper. Elle devait réussir à trouver un moyen de la battre. Un unique coup … Car ce corps était quand même plus faible qu’elle ne le croyait … Même si c’était son sang … Ah … Ah … Réfléchir à tout ça et …

« AHHHHHHHHH ! MON ŒIL ! » criailla t-elle en se roulant une nouvelle fois sur le sol, posant ses deux mains sur son œil gauche alors que la Carmache de sang soupirait :

« Ne te fiche pas de moi … Je n’ai pas touché ton œil. Je ne suis pas stupide au point de me retirer une partie de la vue. J’ai besoin de ton corps dans un parfait état ou presque … Je ne pourrai pas réparer ce genre de choses ! »

Elle la soulevait par ses cheveux noirs, lui donnant subitement un coup de tête alors que Metsubi retirait ses deux mains. Voilà qu’elle avait une entaille sous l’œil gauche, du sang s’en écoulant longuement, venant atteindre ses lèvres.

« Ce n’est rien … Ce n’est rien du tout … Rien de rien … »

« Dit l’adolescente alors qu’elle hurlait de douleur quelques secondes auparavant. » murmura la clone de sang sur un ton légèrement ironique.

« Tu es inutile et beaucoup trop faible … Lorsque je posséderai à nouveau ton corps, tu sentiras la puissance qui grimpera en toi … Ce sang … te projettera au niveau de la déesse … Tu seras aussi forte qu’elle … Comme les dragons légendaires … »

« Je … Je … Je ne veux pas … être comme ça. »

« Tu le seras, sombre idiote. Tu n’auras pas le choix de toute façon. »

Elle projeta le corps sur le sol, le dos de Metsubi raclant la pierre avec dureté. Une flaque de sang se formait sous elle, signe que son dos était dans un triste état. Pourtant, elle se relevait sans cesse, la créature de sang grognant :

« Reste au sol … Ca ne sert à rien … Tout ce sang que tu perds … va venir en moi. »

« Ne pense pas … me tuer … » marmonna l’adolescente, les yeux clos.
Elle ne devait pas regarder le sol … Car sinon, elle savait qu’elle tremblerait et se pencherait vers lui. Elle avait déjà un certain vertige alors qu’elle était au sol … C’était pathétique … Vraiment pathé …

Le pied de la Carmache de sang vint la frapper en pleine face, la renvoyant au loin. Pourtant, elle se releva comme si de rien n’était, son corps à moitié penché en avant. Elle ne tenait plus debout, elle haletait et … et … elle ne voyait plus rien.

« Tu fermes les yeux sur ta prochaine mort ? HAHAHA ! »

Metsubi … Il voulait tellement l’aider alors pourquoi ne le pouvait-il pas ?! POURQUOI ?! Pourquoi est-ce que l’on en empêchait ?! Pourquoi ?! C’était quoi leurs problèmes à tous et à toutes hein ?! Et puis Metsubi … Elle continuait de se battre. Elle n’abandonnait jamais le combat et la bataille … Comme lui …

« METSUBI ! BORDEL ! Tu attends quoi pour la buter ?! »

Il ne pouvait que l’encourager. Bon … C’était d’une manière un peu spéciale … Mais c’était le mieux qu’il le pouvait. Les deux Metsubi positionnèrent leurs visages vers lui, celle de sang se mettant à ricaner, s’adressant à lui :

« Qui penses-tu encourager ? Cette loque de chair ? Elle n’est même plus capable de se battre … En fait non … Elle n’a jamais été capable de se battre depuis le début. J’ai tout fait … Je suis tout ce qu’elle était … Aujourd’hui, elle est plus rien. »

« Je n’en suis pas si sûr que ça. » répliqua t-il alors que la clone d’hémoglobine s’approchait de la véritable Metsubi. Lorsqu’elle fut à sa portée, elle lui décocha un coup de poing en plein sur la joue droite, l’adolescente s’écroulant sur le côté avant de se relever.

« Ce n’est plus qu’un sac de frappe. Complètement inutile … Tss … »

Elle allait en terminer dès maintenant. Ca ne servait plus à rien de continuer ce combat … Cette parodie de combat n’avait que trop durer.

« Ca fait quoi de perdre, foutu clone de sang ? De savoir que tous tes coups sont inefficaces par rapport à elle ? Tu as perdu … depuis le début. »

Hum ? De quoi ? Elle se retourna vers l’adolescent, celui-ci lui faisant un sourire railleur. La provocation ? C’était complètement stupide. Même si les dragons étaient souvent des créatures au sang chaud, surtout les futurs Carchacroks. Tss … Qu’est-ce qu’il espé …

Elle baissa la tête, voyant une main ensanglantée qui traversait sa poitrine, au niveau de son cœur. Un cœur qu’elle ne possédait pas … mais qui était présent en même temps. Que … Que … Elle tourna son visage, surprise de voir Metsubi lui faire un petit sourire.

« Petite … saloperie … Tu n’as pas honte de tes actes ? M’attaquer dans le dos … Tu n’es qu’une traînée … Tu n’as rien d’une dragonne … Tu renies ton propre sang … Tes origines … »

« De ta part … Je prendrai ça comme un compliment mais … Je me fiche de ce que je suis … Je veux juste que tu me laisses tranquille … qu’importe la méthode utilisée. Maintenant, laisse-moi vivre mon existence avec Personne. »

« Cet ersatz … d’humain … est-il si important au point de renier jusqu’à ta propre existence ? Je ne comprends pas … AH ! »

La seconde main de Metsubi s’était enfoncée dans son ventre alors que la créature de sang était prise de tremblements et de spasmes.

« Tu n’as pas besoin de comprendre … Je préfère être une fille normale … avant d’être une dragonne … Et c’est simplement tout ce que je veux … Il n’est pas question d’honneur, de fierté ou autre, c’est bien plus que ça. »

« Si … Je suis dans ton corps … Même inerte … Peut-être que je découvrirai de quoi tu parles … Et puis … Lors de ces moments purement charnels entre cette pâle copie d’humain et toi, je serais là, en train de bouillir pour monter l’adrénaline et l’excitation dans ton corps. »

« … … … Tais-toi … … … »

Elle rougissait violemment, la créature de sang se liquéfiant à ses pieds, formant une flaque avant de subitement se mouvoir. Elle pénétra par tous les pores de sa peau, celle-ci prenant une teinte rouge comme un violent coup de soleil avant de redevenir à la normale. Ce combat … était terminé.

Chapitre 18 : La beauté de l’imperfection

Chapitre 18 : La beauté de l’imperfection

« Mais c’est quoi ça ?! Il n’y a qu’une personne et on n’arrive même pas à l’arrêter ?! »

« Faites de votre mi … ARGLLLLLLLLLLL ! »

Des cris fusaient dans tous les sens alors que l’adolescent ne faisait que repousser et expulser les rares personnes qui arrivaient vers lui. Expulser vers où ? Tout simplement vers Metsubi, celle-ci semblant commettre un véritable massacre dans les troupes ennemies. Rina et Fulgé combattaient avec aisance tandis que Lasty repoussait les ennemis, les envoyant vers Metsubi elle aussi. Ni elle, ni Personne ne semblait vouloir les tuer, les laissant au bon vouloir de Metsubi. Ah … L’adolescent poussa un léger soupir, marmonnant :

« Je ne peux même pas m’amuser … si à la base, un tel jeu n’a rien de drôle. Bon … Enfin, j’espère que ça se passera comme prévu. Car sinon … Je sens que ça ne risque pas d’être très chouette comme nouvelle malheureusement. »

Il s’était mis assis, faisant un simple geste de la main pour repousser un pokémon du culte d’Arceus. Avant même qu’il n’atteigne Metsubi, celle-ci l’avait tout simplement déchiqueté en plusieurs morceaux. Personne restait méfiant, espérant qu’elle ne plongerait pas dans la folie car elle était maintenant entourée de cadavres, noyée dans la flaque de sang à ses pieds.

Le combat n’avait pas duré longtemps, unilatéral pour prouver à quel point Metsubi était puissante, plus que puissante. Cela avait été tellement … remarquable … et effroyable de constater qu’elle était d’un cran au-dessus de tous les autres dragons. Enfin bon … Ce n’était pas le plus important. Lorsque le combat était terminé, ils retournaient vers Drikan et les autres dragons, l’adolescent espérant que tout se passerait bien.

« Impressionnant … Cela ne m’étonnerait guère que tu sois même plus forte que le plus valeureux des dragons de notre village ou de la montagne. »

« Ce n’était rien du tout pour elle. Même moi, je ne suis pas sûr de pouvoir faire le poids face à Metsubi. En plus, elle est plutôt jolie. » répondit Personne à Drikan, les pokémon dragon se demandant quel était le rapport avec la puissance de l’adolescente.

« Néanmoins … Néanmoins … Nous ne pouvons guère répondre à votre demande. Ce que vous avez était admirable mais ce qui est dit est dit … »

« Comment ça ?! Vous ne voulez toujours pas ?! Mais elle a fait des efforts ! Elle … Elle … Pourquoi ne pas lui donner le vaccin ?! Qu’est-ce qui vous empêche ?! Ce n’est pas comme si vous pouviez le donner à quelqu’un d’autre ! Personne d’autre à part elle ne le nécessite ! »

« Ce que tu dis est vrai, Personne … Néanmoins, elle n’a pas le mental d’une dragonne, surtout quand on sait qui sont ses deux parents. A cause de ses agissements passés … »

« Mais arrêtez avec ça ! Qui vous a donné ce remède ?! Vous n’avez pas pu le trouver comme ça ! On l’a cherché et normalement, personne n’avait de remède ou de vaccin contre ça ! Ce n’est donc pas possible que vous l’ayez trouvé ! Je … Je veux savoir qui … »

« Drikan, Drikan, Drikan. Que t’avais-je dit ? Tu n’es pas bête, tu sais donc qu’elle était une renégate à la base. Un grand dragon comme toi devrait arrêter les enfantillages. »

Le vieil Dracolosse tressaillit aussitôt, surpris d’entendre une voix féminine assez douce mais railleuse en même temps. Personne s’était mis à trembler légèrement, n’arrivant pas à comprendre ce qui se passait avec lui. D’où … D’où provenait la voix ? Plusieurs murmures se firent entendre, l’adolescent n’osant pas se retourner. Pourtant, c’était déjà le cas des trois oiseaux légendaires et de Metsubi.

« Ne faites rien ! Ne levez pas la main sur elle ! Elle doit avoir une bonne raison … d’être ici. » s’écria Drikan alors que déjà bon nombre d’hommes et de femmes s’étaient préparés à un combat perdu d’avance.

« Personne ? Qu’attends-tu pour te retourner ? » demanda une nouvelle fois la voix féminine.

« Grande … Grande prêtresse … Qu’est-ce que vous faites ici ? » questionna Metsubi, bafouillant comme si elle ne savait pas du tout quoi dire. Elle était perplexe voir un peu effrayée. Lui ? Il avait la tête baissée, ne se retournant pas. Il se rappelait des paroles de Drikan. La grande prêtresse … Cette femme était son ennemie … Celle qui dirigeait le culte d’Arceus des décennies … Il devait la combattre et la tuer …

« Grande prêtresse … Vous êtes une pokémon légendaire, n’est-ce pas ? » murmura t-il finalement alors qu’au son de la voix, il savait qu’elle se rapprochait de lui. Des chuchotements se firent entendre autour d’eux. Plusieurs pas et ce fut la voix de Lasty qu’il entendit, froide et glaciale :

« Taliky … Je ne vous laisserai pas faire un pas de plus. »

« Je ne suis pas votre ennemie aujourd’hui. Rina … Lasty … Fulgé … Si je voulais être réellement sérieuse, je pourrai facilement vous éliminer toutes les trois. A plus forte raison depuis le moment où vous l’avez accomplit. »

Et c’était avec ce genre de paroles qu’elle pensait réussir à les convaincre ?! Ce n’était pas … Une violente bourrasque et il vit Lasty, Rina et Fulgé qui volèrent juste à côté de lui, tombant au sol. Tout son corps s’était penché en avant alors qu’il avait reconnu. Cette tempête … auparavant … C’était elle ! Depuis les derniers jours ! Il se retourna subitement :

« AHHHHH ! » s’écria t-il, tombant sur ses fesses en apercevant Taliki, celle-ci étant finalement à quelques centimètres de son visage. C’était … C’était elle ?!

Taliki … C’était elle la grande prêtresse ? Par les propos de Metsubi, il avait cru comprendre qu’elle était plutôt jeune mais … Mais … C’était une habitude que tous les pokémons légendaires soient aussi … jeunes ? Enfin de jeunes adultes ? Car elle devait avoir quel âge ? Dix-huit ans ? Vingt au grand maximum …

« Hum. Je suis donc plutôt assez effrayante. Il est vrai que repousser tes trois gardes du corps avec un simple souffle, cela doit surprendre, Personne. Mais comme signalé, je ne suis pas là en tant qu’adversaire, aujourd’hui. »

« … … … Qu’est-ce que vous venez faire alors ? »

Elle ne lui répondit pas, se positionnant en face de Drikan. Malgré le fait qu’elle était plus petite que le vieil homme, elle ne semblait guère impressionnée. C’était même tout le contraire. Le Dracolosse était fébrile, attendant qu’elle prenne la parole.

« Drikan … Dois-je te rappeler d’où provient ce remède ? »

« Non … Grande prêtresse … Je ne l’ai jamais signalé et ils n’ont pas à le savoir. Néan… »

« Je pense être capable de définir qui est une dragonne valeureuse ou non … De toute façon, si elle n’est pas assez forte, elle se tuera d’elle-même. Alors, qu’as-tu à perdre ? Est-ce à cause du fait que Personne soit là ? Tu es encore plus réticent à cette idée ? »

« Pourquoi faites-vous cela ? Je pensais que depuis le temps, vous aviez … » commença t-il à dire avant d’être coupé, un doigt se posant sur ses lèvres.

« Chut … Ancêtre … Je décide de ce que j’estime être bon. »

Ce qu’elle estimait être bon ? Drikan haussa un sourcil, ne comprenant pas où elle voulait en venir. Cette femme … Depuis le début, elle savait que Metsubi était cette dragonne renégate … Elle savait depuis le début que ce vaccin allait lui être donné, quitte à les forcer. Elle était venue … pour surveiller tout cela, n’est-ce pas ? C’était là l’unique rai …

« Personne ? » dit la jeune femme aux cheveux verts, se repositionnant en face de l’adolescent, s’approchant une nouvelle fois de lui. Qu’est-ce … Qu’est-ce … Il n’arrivait pas à bouger, se retrouvant en train de léviter au-dessus du sol avant d’être soudainement projeté dans les airs. Metsubi cria son nom, Taliki disparaissant dans les cieux à son tour. Il se retrouva à genoux sur un nuage, se demandant comment il pouvait réussir à tenir sur celui-ci avant que la jeune femme aux cheveux verts ne sorte du nuage. Elle était apparue, devant lui, debout alors qu’il pouvait enfin la détailler.
Il aurait cru qu’une grande prêtresse s’habillerait avec une bure comme les religieux mais ce n’était pas le cas. Elle portait simplement une robe blanche qui lui allait jusqu’aux genoux ainsi qu’un top de couleur vert émeraude par-dessus. Ses épaules étaient complètement nues et frêles tandis qu’il voyait ses longs cheveux verts qui glissaient en cascade sur ses épaules. Ils semblaient lui aller jusqu’au milieu du dos si on jugeait par rapport à l’endroit où ils s’arrêtaient devant, c’est-à-dire à hauteur de sa poitrine de taille moyenne. On aurait pu croire qu’elle portait un serre-tête mais ce n’était pas le cas. Quatre branches sortaient de derrière ses oreilles, semblant former une croix jaune et verte. Et son visage … Il comprenait pourquoi il trouvait les pokémons légendaires si beaux. Son visage semblait avoir été taillé à la perfection, étant la grâce et la beauté incarnée. Pourtant, elle avait ses deux yeux fermés, comme pour ne pas les lui montrer.

« Ne t’inquiètes donc pas … Cela ne prendra pas plus de cinq minutes. Je voulais savoir … ton point de vue sur la perfection. »

« Hein ? Comment cela ? La perfection ? Euh … »

« Nous … En tant que pokémons légendaires, plus nous sommes proches d’Arceus, plus nous sommes parfaits. Remarques-tu une trace d’imperfection sur moi ? »

« Pas … du tout … Mais je ne vois pas pourquoi vous me posez cette question … Enfin … Je ne dirai rien à mon ennemie au sujet de sa perfection. Quand à votre question, la perfection, cela rendrait le monde triste et banal … Tous parfaits, tous égaux sur tous les points … La perfection, c’est l’absence de différences. C’est renier complètement l’identité propre d’une personne. Je n’aime pas la perfection et je ne chercherai jamais à l’atteindre. Mais je commence à comprendre pourquoi je trouve Lasty et les autres pokémons légendaires si beaux … C’est à cause de ce que vous venez de dire. Plus on se rapproche d’Arceus, plus on est parfait. Mais bon, je n’aime pas l’idée d’être parfait, voilà tout. »

« … … … Je vois … … … C’est une réponse plus que convenable à mes yeux. En fait, j’ai même l’impression que c’est une réponse … par … faite. »

Elle venait de lui sourire, ouvrant subitement ses yeux avant qu’il ne recule. Que … Que … Qu’est-ce que ça voulait dire ? C’était une illusion ou …

« Que penses-tu de cela, Personne ? Comment me trouves-tu ? Est-ce que … »
« Grande prêtresse Taliky … Vos yeux, c’est la première fois que je vois une telle chose. »

Les yeux de la jeune femme … L’un était bien centré tandis que le second semblait s’enfoncer à l’intérieur. Ce n’était pas effrayant mais surprenant. C’était la première fois qu’il voyait cela réellement. Mais ce n’était pas … repoussant.

« Un strabisme convergent … ou ésotropie. Je n’ai pas mes deux yeux centrés. Que penses-tu de cela, Personne ? De cette imperfection ? »

« Je … trouve ça mignon. C’est bizarre sur le coup mais … C’est mignon. Ca a un certain charme. Ca permet juste de se dire que … »

« Que … ? » demanda la jeune femme aux cheveux verts.

« Ce n’était pas grand-chose. Si vous n’êtes pas mon ennemie, vous pouvez me ramener … en bas s’il vous plaît ? » dit-il avec un peu de gêne en regardant Taliki.

« Bien entendu … Il vaut mieux que la jeune Carmache t’aie à ses côtés. »

« Au passage … Grande prêtresse Taliki … Est-ce que … »

« Est-ce que … ? »

Il semblait encore plus gêné qu’auparavant. Il avait envie de lui poser une question personnelle … Si la grande prêtresse était vraiment celle d’il y a quatorze ans … Est-ce que le seigneur Drikan avait dit … était vrai ? Il … C’était une pokémon légendaire … Et sûrement la première femme … qui s’occupait de lui … Au final, ils devaient …

« Non rien du tout. Je pense que je dois vous remercier, tout simplement. Grâce à vous, Metsubi va pouvoir vivre tranquillement puisqu’elle sera guérie. »

« Toujours à se préoccuper des autres … »

Hein ? Quoi ? Il avait entendu les paroles de la jeune femme, ne les comprenant pas alors qu’elle claquait des doigts. Quelques brides arrivèrent à ses oreilles, la dernière phrase de la grande prêtresse semblant coupée en partie alors qu’il descendait en direction du sol à une vitesse prodigieuse :

« Tu as bien grandi, Luc… »

Luc … C’était quoi ? Un prénom ? Pourquoi est-ce qu’elle l’appelait ainsi ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir qu’il vint atterrir avec violence sur le sol sans pour autant souffrir. Lorsqu’il tenta de se redresser, il fut enlacé par Lasty, ne s’attendant pas à une telle réaction.

« Où étais-tu bon sang ?! Qu’est-ce que Taliki t’a fait ?! »

« Rien … Rien du tout … Mais … Metsubi ? »

« Le seigneur Drikan va lui donner l’antidote … Elle t’attendait … Elle voulait que tu sois là. »

Elle le libéra de son étreinte, ne marmonnant aucune explication à cet acte alors qu’il remarquait le regard accusateur de Rina et Fulgé. Il fut emmené à la grande place dans le village des dragons, un endroit qui devait bien faire une centaine de mètres de diamètre sans aucun bâtiment autour … Cela ressemblait à une zone de décollage qu’autre chose. Metsubi était au milieu, le seigneur Drikan lui tendant une petite fiole contenant un liquide rouge.

« Bois cela et tout sera terminé … Tes années de souffrance et de violence, jeune Carmache. »

Elle hocha la tête, se tournant vers Personne pour qu’il soit le premier à voir sa guérison. Elle ouvrit la fiole, la buvant d’une traite et sans aucune peur dans son geste. Elle commença à tousser violemment, gardant son sourire aux lèvres.

« Personne … C’est bon … C’est fini … » murmura t-elle avec tendresses, fermant ses deux yeux. Elle allait les rouvrir et lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur, c’est ce qu’elle …

Elle cracha subitement au sol, un flot de sang s’écoulant de sa bouche, formant une flaque à ses pieds. Aussitôt, Personne courut vers elle, inquiet mais il se retrouva propulsé en arrière. Il roula au sol, se redressant avant de recommencer. Néanmoins, il s’arrêta dès l’instant où la flaque de sang commença à se mouvoir, comme prise de vie. C’était quoi … cette chose ? Le sang … Le sang prenait peu à peu une forme humaine, une forme qu’il reconnut entre mille.

« Metsubi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? » murmura t-il avec lenteur alors que la créature humanoïde de sang lui fit un sourire, un creux se créant au niveau du bas du visage pour dessiner ses lèvres.

« Mauvaise réponse … J’avais pourtant annoncé que je reviendrai … »

Chapitre 17 : Renier ce que l’on est

Chapitre 17 : Renier ce que l’on est

« Ca ne … répond pas à ma question. Qui êtes-vous … réellement … »

« Je suis Drikan, le plus vieux des dragons existants à l’heure actuelle. Tu peux me considérer comme ton protecteur dira t-on. Cela a été le rôle qu’Arceus m’a confié lorsque tu es descendu sur terre. » répondit le vieil homme avec neutralité bien qu’il souriait.

« … … … Mon protecteur ? » demanda l’adolescent avec méfiance une nouvelle fois. Il avait plutôt du mal à croire cela. « Pourquoi aurai-je besoin d’un protecteur ? »

« Tu étais l’élu d’Arceus … N’était-il pas normal que tu aies le meilleur des gardiens pour te protéger ? Etant le plus ancien et expérimenté des dragons, il valait mieux que je sois auprès de toi quand les deux plus grands suivants de la grande prêtresse devaient accomplir leurs travaux. Je pense que tu vois de qui je veux parler, n’est-ce pas ? »

« De mes parents … C’est vrai … Je l’oubliais avec le temps mais ils font partie du culte d’Arceus. Enfin … Ils en faisaient partie, je crois. »

« C’est bel et bien le cas. Ah … Cela me rappelle une anecdote … J’étais sensé te protéger mais il s’avère que je n’ai jamais eut la possibilité ou presque de te garder auprès de nous. Il fallait dire que malgré le fait que je sois ton gardien, une … certaine personne se considérait encore plus importante dans ce rôle que moi-même. »

« Qui … Qui donc ? » demanda t-il une nouvelle fois, balbutiant. Le culte d’Arceus … Il ne s’en rappelait pas du tout … Il n’avait que cinq ans lorsqu’il avait connu Crusaé … A quel âge ses parents étaient-ils partis de cet endroit ?

« La grande prêtresse … Maintenant que j’y ai réfléchis, si il y a bien une personne qui s’est plus occupée de toi que tes propres parents, il s’agirait de la grande prêtresse. Elle te portait toujours dans ses bras et il s’avérait que même lorsque tu as grandi aux environs d’un ou deux ans, elle t’attachait sur son dos ou contre sa poitrine. Hum … Dans le fond, c’était à se demander qui était réellement la mère dans tout cela. »

« Seigneur Drikan, c’était bien la même grande prêtresse que j’ai aperçue lorsque j’étais dans le culte ? » questionna Metsubi avec interrogation, Drikan hochant la tête positivement.

« C’est exact. Elle est là depuis des années. »

« Mais elle n’était pourtant pas très vieille. Elle devait avoir le même âge que Lasty. » reprit-elle une nouvelle fois, restant suspicieuse avant de s’exclamer : « La grande prêtresse est une pokémon légendaire ! »

« Hein ?! Quoi ?! » s’écria l’adolescent, sa tête tournée vers Metsubi. « Comment ça ?! La grande prêtresse est une pokémon légendaire ? Elle n’était pas … »

« Il s’avère que je ne le remarquais que brièvement mais oui … Le changement de prêtre ou autre, ce n’était jamais réellement cela. Elle restait toujours là, en retrait … quitte à attendre des décennies avant de revenir. Hum … Je commence à comprendre sa méthode de fonctionnement. » murmura Drikan alors que les autres dragons s’étaient tus ainsi que les trois oiseaux légendaires. Personne ne prenait la parole à cet instant. Pourquoi faire ?

« … Enfin bon ! Nous ne sommes pas là pour parler de moi ! » reprit Personne avec un peu de tremblement dans sa voix. La grande prêtresse ? Son gardien ? Il ne voulait pas s’intéresser à ça maintenant alors qu’il n’était plus du culte depuis des années ! Non et non ! NON NON ET NON ! « Nous sommes ici pour Metsubi ! »

« Avant d’en parler … Voudriez-vous plutôt visiter le village ? Il n’est pas forcément très grand mais en même temps, nous discuterons de diverses choses. »

Le vieil homme ne semblait pas se démonter, ignorant à moitié les paroles de Personne alors que celui-ci ne savait plus où se mettre. Il ne put qu’acquiescer aux paroles du Dracolosse, commençant à l’accompagner en même temps que le reste de la troupe.
La balade ne fut pas déplaisante, loin de là et il était bizarre de voir un village uniquement constitué de pokémons. En y réfléchissant, c’était même la première fois. Et encore plus quand on savait qu’il n’y avait que des dragons dans cet endroit. C’était vraiment …

« Les dragons sont les gardiens de la terre … En un sens, cela sonne faux puisqu’il existe déjà de nombreux pokémons légendaires qui ont ce rôle. Néanmoins, nous sommes les êtres qui veillons sur l’immensité de cette planète. Disons qu’entre la terre et le ciel, nous sommes présents … Nous ne sommes pas sous les ordres directs d’Arceus bien que nous l’écoutons quand elle descend sur notre planète. Néanmoins, nous ne pouvons pas toujours être d’accord. C’est pourquoi ce village est constitué de renégats qui ont désobéit aux ordres de la déesse. »

Tous voyaient … Car c’était la même chose de ce côté pour les trois oiseaux légendaires. Elles aussi s’étaient rebellées contre la déesse Arceus. Conséquence ? Leur mère était morte … Mais ce n’était pas forcément le moment d’en parler. Après plusieurs heures de visite car le village était bien plus captivant que Personne ne le croyait, ils purent enfin s’arrêter de marcher, l’adolescent reprenant la parole :

« Est-ce que nous pouvons … parler de … »

« Metsubi, n’est-ce pas ? Je sais pourquoi tu es ici. » répondit Drikan alors qu’encore une fois, l’adolescent semblait étonné. Mais il allait laisser la possibilité de parler ? Pourtant, le Dracolosse d’un âge plus que colossal sortit une petite fiole contenant un drôle de liquide. « Tu es atteinte d’une maladie rarissime … Là aussi, tu dois te douter que nous le savions. Une telle chose … La grande prêtresse t’a sûrement déjà raconté tout à ce sujet. »

L’adolescente hocha tout simplement la tête pour confirmer les propos de Drikan, celui-ci reprenant sur un ton calme et lent :

« Voilà le remède qui permettrait à ton corps d’être soigné définitivement de cette maladie. »

… … … Aussi simple que ça ? C’était aussi simple que ça ? L’adolescent s’avançait mais Metsubi fit geste de la main pour l’en empêcher, baissant la tête d’un air triste. Comme si elle connaissait la raison, elle murmura :

« Mais je ne suis pas digne de le recevoir … »

« Tu as passé quelques années dans la montagne des dragons, parmi les membres du culte et des dragons … Tu sais ainsi quelles sont nos règles… La fierté avant les sentiments personnels. Trahir une personne est une chose … Si notre fierté nous y oblige mais dans ton cas précis, ce n’est pas cela … C’est uniquement les sentiments qui ont joué sur tes décisions. »

Elle continua de hocher la tête alors que Personne était maintenant muet. Il devait se taire … Absolument se taire car il n’avait pas à prendre la parole. Et il en était de même pour les trois femmes à côté de lui.

« Mais ce n’est pas tout … Une première trahison … couplée à une seconde quelques années plus tard. Là est ton problème, Metsubi. Depuis le début, tu as laissé libre court à tes sentiments sans réfléchir un instant à la fierté des dragons … »

« … … … Oui … … … Je le sais parfaitement. »

« Alors tu comprends qu’il ne m’est pas possible de te donner une telle chose. »

Oui … Elle n’avait pas prononcé ce mot mais tout son regard exprimait clairement l’abandon de l’adolescente par rapport à la situation. Personne voulut prendre la parole mais encore une fois, elle lui posait une main devant la bouche, l’autre venant serrer avec insistance celle de l’’adolescent.

« … Personne … Je suis … désolée de te causer autant de problèmes. J’espère que … tu voudras quand même continuer de passer du temps avec moi. »

Hein ? Euh … Pourquoi demandait-elle une telle chose ? Sans aucune explication, elle le tira en arrière, s’inclinant devant le Dracolosse avant de murmurer :

« Pardonnez-nous d’avoir dérange les dragons … Nous allons repartir. »

« … … Bonne route les enfants. Faites attention à vos destinées. Savoir qu’une dragonne protège l’élu d’Arceus est réconfortant en un sens. Il semblerait que je ne puisse pas en dire de même par rapport aux trois oiseaux élémentaires. »

Le vieil homme avait posé son regard légèrement accusateur sur les trois femmes. Fulgé allait répliquer mais Rina lui murmura de se taire. Il valait mieux ne pas contredire Drikan qui avait entièrement raison sur ce point concernant la Sulfura et l’Electhor. Néanmoins, il n’en était pas forcément de même pour Lasty qui se sentait réellement blessée.

« Mais peut-être que je me trompe … Je ne suis pas omniscient et mes paroles n’ont pas valeur de vérité. » reprit aussitôt Drikan en remarquant le regard de Lasty. « Peut-être que des fois … Malgré les apparences, on se sent infiniment plus proche d’une personne qu’on ne le croit. Le cerveau veut nous dire une chose mais les sentiments issus du corps nous en font penser une autre. Hum … Cela concerne autant les dragons que les pokémons légendaires. »

Personne ne voyait quoi répondre. Il n’avait pas pour but d’entendre parler un vieux sage ou quelque chose de cette espèce. Mais bon … Il aurait bien aimé lui voler le remède … Ce remède … C’était aussi simple que cela et pourtant il ne pouvait se résoudre à mal se comporter devant le vieil homme. Il se l’interdisait formellement.

« Nous allons nous retirer maintenant alors … » répondit-il comme pour annoncer les adieux avec le village des dragons. Il ne voulait rien savoir au sujet de bref passé avec eux. Il ne voulait rien savoir avec la grande prêtresse … Rien du tout … Ou alors … Un peu … Car il s’avouait se questionner à ce sujet.

« ALERTE ! ALERTE ! Des membres du culte nous attaquent ! » s’écria subitement une voix au-dessus de tout le monde, trois pokémons dragon volant en piqué pour prévenir tout le village. Drikan poussa un petit soupir comme pour bien signaler que c’était monnaie courante ici.

« On s’en occupe ! Metsubi ! Lasty, Rina et Fulgé ? Vous venez ?! »

Il s’était aussitôt égosillé à son tour comme pour bien montrer qu’ils allaient gérer cela. L’idée était simple … Très simple … Montrer aux dragons comment ils étaient responsables et capables … Peut-être qu’avec cela, leur refus de livrer le vaccin à Metsubi disparaîtrait.

Chapitre 16 : Les gens de son espèce

Chapitre 16 : Les gens de son espèce

« Cela devient vraiment insupportable. Restez-là et attendez-moi. » murmura Rina avant de s’envoler subitement dans les airs, la foudre semblant comme attirée vers elle bien qu’elle était sans effet ou presque.

« Ca fait déjà la troisième fois en moins d’une demi-journée … Je ne sais pas ce qu’elle tente de faire mais ça n’a pas l’air de marcher. » annonça l’adolescent aux cheveux noirs, observant Rina qui n’était plus qu’un point dans le ciel. « Ce n’est pourtant pas une mauvaise idée … Mais visiblement, ça n’a pas l’air de très bien marcher malheureusement. C’est dommage … Vraiment dommage … Enfin … Euh … Metsubi, reste près de moi, d’accord ? »

« D’accord … Personne. » répondit la Carmache, s’accolant à lui. Cette pluie glacée lui faisait le plus grand mal et c’était pour ça qu’il la voulait auprès de lui. La serrant grâce à sa main entourant sa hanche, elle s’empêchait de sourire bien qu’elle semblait grandement apprécier la manœuvre de l’adolescent. En fait, elle n’hésitait même pas à poser sa tête contre sa poitrine, marchant à la vitesse que lui.

« Certaines personnes en profitent visiblement. » chuchota Lasty en s’adressant à Metsubi, celle-ci sortant très légèrement sa langue en murmurant :

« Ce n’est pas de ma faute … Je suis très … allergique au froid … et un peu à l’eau. »

« … … … Hum … Enfin bon … Il faut dire que se choper une tempête à longueur de journée, je ne sais même pas si on va vers le bon endroit. »

Il disait cela en poussant un profond soupir, continuant d’avancer avec l’adolescente alors qu’il se demandait comment Fulgé faisait pour ne pas avoir froid. Ou alors … Pfiou … Il se faisait des illusions ou alors elle aussi craignait le froid et la pluie ? Ce n’était pas étonnant puisqu’elle était un oiseau de feu mais quand même …

« Fulgé ? Tu veux que je te donne ma veste ? Comme je ne peux pas protéger tout le monde en même temps … de la pluie … Et comme … »

« Mêles-toi de ce qui te regarde, d’accord ? Je peux me débrouiller toute seule. »

Et vlan … Il venait encore de se faire répliquer par une violente parole de la part de la Sulfura alors qu’il accusait le coup. Il voulait être sympathique et voilà ce qu’il recevait … Pff … Vraiment … Il remarqua que Lasty lui faisait un petit sourire désolé avant de créer un parapluie entièrement fait de glace, le tenant au-dessus de sa tête et de celle de Fulgé.

Ah oui … Ce n’était pas une mauvaise idée, c’était même tout le contraire. Pourquoi est-ce qu’il n’y avait pas pensé ? Il fit apparaître un parapluie au-dessus de lui et Metsubi, celle-ci semblant un peu impressionnée. Il était aussi beau que celui de Lasty. Il maîtrisait vraiment de mieux en mieux les pouvoirs de Lasty.

« J’espère que Rina ne va pas mettre trop de temps à revenir. Même si elle n’est pas gênée par la pluie, on ne sait pas ce qui nous attend. » dit l’adolescent en prenant une profonde respiration, cherchant à se calmer. Ca ne servait à rien … de se morfondre … Non … Il devait juste attendre et être patient. Elle allait revenir comme auparavant. Et il avait le droit d’être inquiet malgré le fait qu’elle ne lui adressait plus ou à peine la parole.

« AH ! Rina ! Elle est de retour ! » s’écria t-il subitement en levant la tête en direction du ciel, signalant l’ombre dorée qui semblait redescendre avec vitesse en direction du ciel. Quelques secondes plus tard, la femme aux cheveux blonds vint atterrir, disant :

« Ca ne sert à rien … C’est encore un échec … Je ne sais pas qui est responsable … Mais il s’avère qu’il est très bien caché et comme c’est le cas … Je ne peux pas le trouver. »

« Ca ne fait rien, ce n’est pas si grave que ça … Rina … Si tu veux, je peux créer un second parapluie de glace pour te protéger de la pluie. »

« Non merci, ça ne sera pas nécessaire. Néanmoins, j’ai découvert un village au loin … Nous y serons dans quelques heures à cause de la pluie mais il semblerait qu’il ne soit guère trop imposant. Nous aurons de quoi nous reposer sûrement. Peut-être qu’eux auront une explication. » répondit-elle, ignorant par là la tentative de Personne pour tenter de renouer des liens, tentative qui avait visiblement bien échouée.

« Un village ?! Mais … Mais … Enfin bon … Ca m’étonne d’avoir un tel village dans un endroit comme celui-ci. Il faut que nous fassions attention. » tenta t-il de dire alors que Metsubi prenait la parole aussitôt, murmurant :

« Peut-être que ce sont des membres du culte qui habitent dans le voisinage ? »

« Si tel est le cas, on se méfie, voilà tout. Mieux vaut prévenir que guérir. » répondit-il à nouveau alors qu’ils partaient maintenant en direction de l’endroit dont parlait Rina.

Sur le chemin, la pluie continuait de s’abattre mais plus faiblement … Le vent et la foudre ne semblaient guère plus aussi imposants qu’auparavant mais ils continuaient à suivre le chemin qui allait les conduire au village. Là-bas, ils verraient bien … S’ils ne se faisaient pas passer pour des membres de l’ultime élément, ça devrait sûrement être bon.

Haut dans le ciel, couchée sur un nuage, une femme aux cheveux verts semblait sourire, son index gauche tendu vers le ciel alors qu’elle faisait des petits ronds. Elle était comme amusée par la situation, arrivant à apercevoir les cinq personnes tout en se disant à elle-même :

« Je ne devrais pas me distraire de la sorte … Mais bon … Je trouve cela si intéressant et divertissant en même temps. Je me demande ce qu’il penserait de moi … s’il me voyait. »

Hum … Elle poussa un profond soupir, se retournant pour se retrouver sur le dos, observant l’espace. Oui … Comme elle était dans l’atmosphère … Qu’elle avait dépassé la couche d’ozone … Elle pouvait facilement voir les étoiles, tendant sa main vers celles-ci :

« La perfection … Les pokémons légendaires … Est-ce que je le suis ? »

Cette question le taraudait alors qu’elle avait perdu son sourire. L’espace … Là-bas, un pokémon était prisonnier. Mais il n’était pas seul … Il avait aussi un gardien pour le surveiller … Hum … Elle trouvait cela risible … L’unique raison de son emprisonnement était pourtant facile à connaître … quand on y réfléchissait.

« Bon … Assez perdue de temps … Je vais m’occuper d’eux avant qu’ils ne recommencent à diverger de l’endroit où je veux les emmener. »

Et voilà qu’elle se retournait une nouvelle fois, se retrouvant sur le ventre. Elle passa son doigt à travers le nuage, créant un trou dans celui-ci. Voilà qu’elle pouvait à nouveau les observer. Elle pointa du doigt les cinq personnes, une violente tempête venant les faire pencher sur la droite, les forçant à se rendre de ce côté.

Il ne savait pas qui était responsable de tout ça mais dès qu’il le verrait, il allait lui dire ce qu’il pensait de ce petit tour de passe-passe ! Bordel ! C’était vraiment énervant en un sens ! Il remarquait à quel point il était faible face à la puissance des éléments. Il ne pouvait rien faire pour les combattre et c’était rageant.

« Nous y sommes … presque. » chuchota Rina alors que la pluie continuait de tomber mais bien puissamment qu’auparavant.


Pourtant, plusieurs points décollèrent du sol au loin, semblant s’envoler avant de stationner dans les airs. Puis subitement, les points devenaient de plus en plus grands jusqu’à ce que des formes humaines n’apparaissent dans les airs :

« Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? » demanda une voix masculine, impossible à donner à l’une des personnes. La pluie, le vent et la foudre empêchaient de les voir en détails.

« Nous … Nous sommes de simples voyageurs. » répondit l’adolescent, une autre voix se faisant entendre, un peu railleuse :

« Bien entendu … De simples voyageurs qui se dirigent vers la montagne des dragons, n’est-ce pas ? Et pour qui nous prenez-vous ? »

« D’accord … J’ai menti … Nous sommes à la recherche du … »

Il fut arrêté par Metsubi, celle-ci lui chuchotant de ne pas prononcer ce nom. Ils ne pouvaient pas savoir à qui ils avaient affaire. Elle allait tenter quelque chose mais elle n’était pas vraiment convaincue que cela marcherait. Elle prit la parole à son tour :

« Je suis une dragonne … Et nous sommes ici pour tenter de ré… »

« Une dragonne ?! Cette seule raison nous pousse à vous croire ! Veuillez nous suivre. » s’écria une troisième voix avec une certaine frénésie.

« Tu vois, Personne ? Ca marche aussi bien que ça quand on dit la vérité. » chuchota Metsubi en lui souriant, l’adolescent haussant les épaules.

« Je vois, je vois … J’ai encore bon nombre de choses à apprendre, on dirait bien. »

Elle rigola légèrement, prenant sa main avant de commencer à suivre les ombres dans le ciel. Lasty et les deux autres femmes firent de même, tous n’ayant guère le choix dans le fond. Dès qu’ils arrivèrent dans le village, la pluie sembla s’arrêter ou presque, ce n’était plus que de fines gouttes qui tombaient les unes après les autres. Même la foudre s’était arrêté … Et il n’y avait qu’un mince filet de vent dans tout cela. Lorsqu’ils furent entourés par plusieurs personnes ailées, l’une d’entre elles murmura :

« Metsubi … C’est bien toi ? Jeune Carmache ? »

Hein ? Quoi ? Elle sembla surprise d’entendre sa voix alors que personne n’avait dit son nom dans le village. Elle se retourna pour apercevoir un vieil homme aux moustaches dorées, contrairement à ses cheveux gris, laissant paraître son âge en plus de ses rides aux joues.

« Seigneur Drikan ? Comment … Comment se fait-il que vous soyez ici ? »

« Hum … Et surtout toi … Tu es pourtant une membre du culte d’Arceus, n’est-ce pas ? Cela m’étonne … Mais qui sont ces … Artikodin, Sulfura et Electhor ? » demanda t-il sur un ton plus que surpris alors que les femmes le semblaient tout autant.

« Et voilà … Personne … Au départ … C’était mon dresseur … sans l’être réellement. » murmura l’adolescente en rougissant légèrement, désignant Personne d’un bref regard.

« Ah … Le fameux élu d’Arceus. Un élu comme nous … Puisqu’on peut le considérer comme renégat … Vous vous trouvez dans le village de Rigaldez, l’antre des dragons renégats par rapport au culte d’Arceus. La grande prêtresse est notre ennemie personnelle. »

« Comment connaissez-vous mon nom ? Enfin … Ce faux nom ? » questionna l’adolescent, intrigué par les propos du Dracolosse.

« Allons bon … N’ayant quitté le culte d’Arceus il n’y a que peu de temps, ne penses-tu donc pas qu’il est normal que je te connaisse alors que tu étais son élu ? Tu n’étais qu’un bébé alors que j’ai eut l’honneur de te prendre dans mes bras. »
Il eut soudain une forte chaleur l’envahir alors que ses joues prenaient une teinte rouge. Ce … Ce vieil homme … Ce Draken … Euh … Drikan … Il le connaissait vraiment … depuis qu’il était enfant ? Il semblait plutôt étonné, apeuré … et intimidé. Il n’avait jamais ressenti ces sentiments en un même instant … Ce vieillard … Drikan … Qu’est-ce qu’il était réellement ?

Chapitre 15 : Une tempête inhospitalière

Chapitre 15 : Une tempête inhospitalière

« Et si tu nous racontais pourquoi tu vas dans la gueule du loup ? » demanda Lasty après une bonne demie-heure de marche, cherchant par là à faire la conversation alors qu’un silence de mort régnait depuis leurs retrouvailles.

« Pour trouver une solution au problème de Metsubi, voilà tout … Je veux essayer de voir si il y a une possibilité pour la soigner, c’est tout. » murmura l’adolescent aux cheveux noirs, marmonnant entre ses dents que c’était plus important que tout le reste.

« Et donc … C’est pour ça que tu comptes te rendre là-bas ? » demanda une seconde fois la femme aux cheveux bleus, Personne hochant la tête positivement. Ce n’était pas difficile à comprendre quand même non ? Il n’allait pas se répéter … « Et tu es sûr que ce n’est pas pour commettre une autre stupidité ? Du genre te livrer là-bas pour essayer de trouver Crusaé ? »

« Je ne suis quand même pas idiot à ce point. Ca me servirait à quoi de me livrer à eux ? Non ? Je veux juste régler le problème de Metsubi. Ensuite, je sauverai Crusaé … Je commence à perdre patience … Cela fait plus de quatre ans qu’elle a été capturée … Elle m’a peut-être même oublié, qui sait ? »

« Cela risque d’être difficile. Tu marques bien les esprits des personnes que tu entoures, Personne. » répliqua aussitôt la jeune femme aux cheveux saphir alors qu’elle remarquait qu’ils étaient les seuls à parler. Un petit souci chez les autres ? Hum … Fulgé et Rina étaient discrètes et en retrait tandis que Metsubi était à nouveau plongée dans son mutisme. Ah pour ça … A force, il avait pris l’habitude, hein ? Elle n’était jamais du genre à parler sauf envers Personne. Bon … Ce n’était pas un problème.

« Pourquoi toutes ces questions au passage, Lasty ? »

« Pour rien du tout … Je voulais juste voir où tu nous emmenais et pour quelle raison tu voulais t’y tendre. Cela me semble satisfaisant donc je n’ai rien à redire à ce sujet. »

« Alors tant mieux … Enfin … Je crois. » répéta t-il en haussant les épaules sans comprendre réellement où elle voulait en venir avec tout cela.

« Bref … Tu comprendras donc que pour l’heure actuelle, moi et mes sœurs, nous allons vous accompagner tous les deux. On ne sait pas ce qui vous attend mais il vaut mieux rester très prudent. Il se peut que plusieurs légendaires soient présents là-bas. »

« … … … … … Ca ne vous dérange pas du tout ? » s’interrogea t-il avec neutralité bien qu’il semblait légèrement surpris des paroles de Lasty. Celle-ci se tourna vers ses deux sœurs. Fulgé comme Rina ne firent pas un geste, observant juste longuement la jeune femme.

« Ca n’a pas l’air de nous déranger donc … Tu n’as pas à t’en faire de ce côté. »

« … Je ne m’en fais pas du tout. » répliqua l’adolescent sur un ton un peu cassant, Lasty semblant surprise, haussant un sourcil avant qu’il ne reprenne : « Pardon, je ne voulais pas m’exprimer ainsi. Ce n’était pas du tout le but … Merci de votre protection. »

« De rien … Tu n’as pas à t’en faire. Tu es entre de bonnes mains, Personne. »

C’est tout ce qu’il désirait … Être à nouveau entre ses deux mains. Il voulait retourner avant qu’Omera ne soit morte … à sa relation si chaleureuse avec l’oiseau de glace … Mais cela, c’était beaucoup trop difficile pour être possible. Oui … Il valait mieux ne pas rêver d’une chimère impossible à atteindre … Peut-être qu’avec le temps … Oui … Peut-être …

« Tu rêves ? » questionna l’adolescente aux cheveux noirs en s’approchant de lui, ayant pris sa main dans la sienne tandis qu’il faisait un geste négatif de la tête, répondant :

« Je ne crois pas … Enfin … Je l’espère … Et de toute façon, ce n’est pas important. »

« Ca l’est … pour moi. Si tu as un souci, nous pourrons en parler tous les deux plus tard … quand nous serons tranquilles et en pleine nuit. »

« … … … Il vaut mieux ne pas trop en parler quand même. On verra … AH ! Ca me fait penser … Je … Hum … Je n’ai qu’une tente pour nous deux. Or … Je ne m’attendais pas à ce que Lasty, Fulgé et Rina arrivent. » s’écria t-il en regardant le sac qu’il a sur son dos.

« Nous avons deux tentes, Personne … Je te rappelle que tu as voulu que l’on dorme ensembles. Maintenant, ce n’est plus le cas. Donc dans le fond, tu vas quand même devoir dormir avec toi. » répondit l’adolescente sans sourire, Lasty disant :

« Et visiblement, cela ne semble pas le déranger plus que cela. C’est donc une très bonne nouvelle … Pour vous deux. Je suis contente de savoir que vous vous êtes rapprochés depuis le temps. Ainsi, Metsubi, nous prendrons ta tente pour mes sœurs et moi. »

Metsubi remercia Lasty d’un hochement de tête positif, la jeune femme aux cheveux bleus lui souriant. C’est vrai que par rapport à elle … Elle n’avait aucun ressentiment alors que pourtant, elle aurait dû. Car oui … A la base, c’était de sa faute si sa mère était morte … A cause de son comportement … De ses agissements …

« Pfff … Si c’est comme ça, je ferai mieux de me taire alors et d’accepter. Par contre … Rina, Fulgé, vous savez comment nous rendre là-bas discrètement ? »

« … … … Je vais nous y conduire. » répondit aussitôt la jeune femme aux cheveux hirsutes et blonds, semblant se parler à elle-même tout en ignorant l’adolescent. Il ne vint pas réagir à cet acte, détournant simplement la tête alors que Fulgé passait aussi devant lui. Elle lui lança simplement un regard neutre ou presque. Il y voyait de la tristesse … Une tristesse bien réelle … Comme si elle était … mélancolique à cause de la distance.

« Bon … Ca ne fait rien … Ce n’est pas grave. » se dit-il néanmoins à voix haute comme pour se donner du courage. Ca n’avait rien d’important … n’est-ce pas ? Il eut une petite tape dans le dos de la part de Metsubi alors que Lasty murmurait :

« Pardon … Elles sont encore … Enfin … Non … Elles ont du mal … Moi-même … C’est à peine si j’arrive à te parler, Personne. »

« Ca ne fait rien du tout. Je serai patient … Mais je veux qu’un jour, nous allions tous mieux … Tous ensembles … Enfin comme auparavant. Mais bon, c’est juste une pensée de gamin. Continuons car nous perdons notre temps actuellement. »

Une pensée de gamin ? Elle n’était pas d’accord avec lui … Et pour une bonne cause … Elle désirait la même chose. Malheureusement, elle n’arrivait pas à le lui dire. Elle passa une main dans ses cheveux bleus, poussant un profond soupir.


Il valait mieux … Ne pas trop tarder … C’était bien plus compliqué que prévu à la base. Elle observa le ciel … Il y allait avoir quelques nuages d’après ce qu’elle remarquait. L’adolescent signala qu’il n’avait pas pensé à prendre à manger pour plusieurs personnes mais elle répliqua aussitôt que ce n’était pas un problème. Ses sœurs et elle-même pouvaient facilement aller chercher par elles-mêmes de la nourriture.

« Non … Je partagerai avec vous … Quand nous irons nous arrêter pour la nuit. »

Il ne voulait pas qu’elles aient faim … Et il tentait quand même de se rapprocher ou presque. Enfin … De faire quelques gestes en avant. La journée passa très rapidement, surtout qu’elle avait été plutôt bien avancée avant qu’elles n’arrivent. Il avait monté les deux tentes, signalant qu’il s’occupait de tout, ignorant les paroles de Fulgé :

« Tu sais bien que ce n’est pas comme ça que l’on te par… »

« Je n’ai jamais demandé ça, Fulgé. Je ne cherche pas pour l’instant. Mais ce n’est pas aux filles de faire ce genre de travail. Et non, je ne suis pas du genre à considérer les filles comme moins fortes alors que vous trois, vous êtes des créatures légendaires. »

« Oui mais bon … Je te préviens quand même que ça ne sert à … »

« C’est bon, Fulgé. Ca suffit. » murmura subitement Rina, coupant la parole à Fulgé alors que l’adolescente fronçait les sourcils. Bon d’accord … Si c’était ainsi … Elle comprenait … Elle n’allait rien dire de plus.

« Une tempête semble se produire. Nous ferions mieux d’aller dans les tentes dès que Personne aura terminé de les monter. Normalement, à cette vitesse, nous ne devrions pas mettre plus de deux ou trois jours. »

« D’accord … J’ai de quoi tenir une semaine de toute façon mais avec toi pour nous guider vers les chemins les plus rapides pour arriver jusqu’au culte, ça me permettra de partager ma nourriture avec vous. Tenez … »

Il avait commencé à sortir de quoi se nourrir, espérant que cela suffirait comme il l’avait signalé. Après le repas, ils n’avaient pas tardé à se coucher, Metsubi et lui dormant dans la même tente comme convenu. Sauf qu’il n’avait pas prévu la pluie et les éclairs qui venaient frapper contre la toile de la tente.

« Il … Il pleut avec force, Personne. » murmura subitement l’adolescente, celle-ci étant collée contre lui, tremblant légèrement de froid. Il lui caressait le dos, marmonnant :

« A croire que quelqu’un nous en veuille. Essayons de dormir d’accord ? »

Elle fit un petit hochement de la tête, lui souriant tout en logeant sa tête contre son torse. Elle ferma les yeux, trouvant le sommeil plus que rapidement grâce à la présence de l’adolescent auprès de sa personne. Ah … C’était bien mieux.


Néanmoins, le bonheur s’estompa au réveil lorsqu’ils sortirent de la tente. Les chemins avaient été ravagés par la pluie, le terrain devenant complètement boueux jusqu’à modifier une majeure partie de sa forme de base. Ce n’était plus le même endroit … Ils étaient ailleurs.

« Visiblement … Je m’en doutais mais cette pluie n’était pas d’origine normale. Quelqu’un nous empêche de nous rendre en direction du culte d’Arceus. Quelqu’un de plus puissant qu’il n’y parait. » annonça Rina, étant déjà sortie de la tente depuis plusieurs minutes.

« Hum … Donc en plus, on va se salir mais ça, ce n’est pas le plus grave. On reste quand même sur nos gardes sur le chemin, d’accord ? »

« Sur ce qui reste de chemin plutôt. » répliqua l’adolescente aux ailes de feu, marmonnant quelques paroles intangibles ensuite. Néanmoins, il arrivait facilement à savoir qu’elle se demandait pourquoi elle était venue ici.

Il préférait ne pas y répondre car ça ne servait à rien. Lasty sortit en dernière des tentes, semblant avoir très mal dormi contrairement à ce qu’il aurait pensé au départ. Bizarre … Elle n’allait pas bien ? Il lui aurait bien posé la question mais il n’était pas sûr qu’il obtienne une réponse. Et puis … De toute façon, ils devaient faire attention où ils allaient. Quelqu’un semblait s’amuser à les empêcher d’avancer mais il n’allait pas reculer maintenant. Il allait sauver Metsubi de son sang ! La guérir pour qu’elle puisse vivre normalement !

Haut … Haut dans le ciel … Au-delà des nuages, une ombre émettait un sourire, ses yeux émeraude se posant sur le groupe de cinq personnes. A cette hauteur, elle pouvait voir sans être vue. Ses yeux se refermèrent pour s’ouvrir presque aussitôt pour laisser paraître des yeux noirs aux pupilles dorées.

« Ca ne sera pas aussi simple … Tu peux te mouvoir uniquement dans la paume de ma main, Personne. Tu iras où je le décide … Et si je le désire. »

Les nuages se réunissaient une nouvelle fois, des éclairs zébrant le ciel qui se trouvait sous la femme aux cheveux verts avant qu’une violente pluie ne vienne s’abattre en direction du sol.

Chapitre 14 : La sauvegarde d’un adolescent

Troisième axe : La purification

Chapitre 14 : La sauvegarde d’un adolescent

« Hum … Cela est nullement inquiétant bien que problématique. »

Il s’était levé de son siège, passant une main dans ses cheveux. Sa mère … Mimi … Il n’avait aucune nouvelle depuis déjà un bon nombre de temps. Ah … Bon, ce n’était pas le moment de se préoccuper de toute cette histoire à la base.

« Ce qui est plus inquiétant est le fait qu’ils soient partis. »

Et cela était plus embêtant que prévu. Il ne s’était pas attendu à ce que Personne et Metsubi partent à leur tour. Dans le fond, ce n’est pas comme si il avait encore besoin d’eux, loin de là. Il avait déjà récupéré tout ce qu’il désirait sur les trois pokémons légendaires oiseaux mais bon … La puissance que possédait l’adolescent et celle de l’adolescente ensembles étaient des atouts non-négligeables.

« Et cela sans prévenir le reste de l’ultime élément … Je vais leur laisser un peu de temps pour régler leurs affaires personnelles mais lorsqu’ils reviendront, je verrais à les surveiller de bien plus près, quitte à ce que cela soit moi-même qui m’occupe de cela. »

Oui … Ils étaient libres de partir … Pour l’instant. Il valait mieux que la prochaine fois, ils préviennent correctement. Néanmoins, il savait déjà où ils se rendaient. Et là aussi … Cela était surprenant et inquiétant en un sens. Pourquoi cet endroit ? Etaient-ils des traîtres ? Cela semblait impossible car depuis des années, l’adolescent n’avait jamais montré une telle chose. C’était donc pour … Metsubi ? Ils allaient essayer de régler son problème de la sorte ? Gégé retourna s’asseoir, poussant un léger soupir. Vraiment … Ces enfants étaient trop … stupides des fois. Il n’y avait aucune possibilité de guérir la Carmache, oui … Aucun vaccin et aucun sérum n’existaient à l’heure actuelle … ou alors, seule cette divinité qu’il voulait faire tomber de son piédestal en connaissait l’existence. Ca … C’était bien plus sûr.

« Metsubi ? Tu te dépêches un peu ? Nous avons encore beaucoup de chemin à faire. »

« Nous … n’avons pas besoin d’être si pressés … Personne. »

Les deux adolescents marchaient sur un chemin de terre à travers les bois. C’était elle qui était normalement sensée guider les deux personnes mais elle ne semblait guère motivée ou alors plutôt apeurée à l’idée de se rendre à cet endroit. Elle murmura d’une voix lente, reprenant la parole après plusieurs secondes sans rien dire :

« Je … Je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée, Personne. Nous ferions mieux de … »

« De te laisser disjonctée une nouvelle fois ? Non merci … Cette fois-ci, je ne me laisserai pas faire et je n’accepterai pas que l’on retourne en arrière. Nous allons trouver un moyen de régler ton problème et pour ça, quitte à mettre le culte d’Arceus à feu et à sang, nous allons nous y rendre tout de suite, c’est bien compris, Metsubi ? J’espère que le message est bien passé car je ne veux aucune remarque à ce sujet. »

« … … … Sincèrement, je ne sais pas … du tout … Je ne veux pas te mentir, Personne. »

MAIS RAHHHHHHHH ! Il se dirigea vers elle, prenant sa main pour la faire avancer plus rapidement. Qu’elle arrête de se poser autant de questions, c’était tout ! Ils allaient régler cette histoire une bonne fois pour toutes et puis ensuite, ils allaient sauver Crusaé ! Car oui, il ne l’oubliait pas non plus, il en était même hors de question.

« C’est parfaitement compris, Metsubi ? »

« Oui mais … Comme je te l’ai dit … Je ne veux pas … C’est vraiment trop dangereux, Personne. Tu ne sais pas sur qui tu peux tomber … La grande prêtresse, ce n’est pas une personne normale … Je le remarquais … »

« Si c’est une pokémon légendaire, je n’ai rien à craindre de toute façon. »

« Non mais … J’avais l’impression que même les pokémons légendaires n’étaient rien par rapport à elle … Je ne sais pas si c’était … » commença t-elle à dire avant que l’adolescent ne l’arrête aussitôt, semblant surpris par les paroles. Il murmura :

« Tu ne crois quand même pas que la grande prêtresse était en fait Arceus elle-même. »

« Je ne sais pas … Arceus, les représentations que j’en ai vu dans le lieu du culte … Elle ne ressemblait pas à une femme aux cheveux verts mais après, en tant que déesse, elle a sûrement les capacités pour modifier ses cheveux non ? C’est pour ça … Nous ne sommes pas prêts à affronter Arceus maintenant … Et surtout pas pour moi … »

« Hum … Alors soit … On va faire ça comme ça … On va plutôt tenter d’y aller discrètement … On évitera les combats inutiles, d’accord ? Qu’est-ce que tu en penses, Metsubi ? » demanda t-il alors qu’elle poussait un petit cri de désespoir.

« Mais pourquoi tu ne veux pas comprendre ?! »

« Si c’est le fait que tu veux m’empêcher d’aller me rendre au culte, ne t’inquiètes pas, je l’ai parfaitement compris. Je ne suis pas stupide non plus, Metsubi. » répliqua t-il assez sèchement tandis qu’elle baissait la tête. Ca ne servait à rien de discuter avec lui.

Ce n’était qu’une tête de mule. Elle retira sa main, restant parfaitement immobile comme pour bien lui montrer qu’elle ne comptait pas bouger dorénavant. Elle était trop inquiète pour lui et lui, il s’en fichait complètement de ce qu’elle ressentait. Qu’est-ce qu’il ne comprenait pas dans ce qu’elle avait dit ?!

« HIIIIIIII ! » s’écria t-elle subitement avant d’être soulevée par l’adolescent aux cheveux noirs, ses yeux complètement blancs se posant sur lui. « Relâches-moi ! Je ne bougerai plus d’un poil maintenant ! C’est bien compris ? Plus du tout ! »

« Et bien alors, je vais devoir te transporter, voilà tout. Ce n’est pas un problème, tu es très légère dans le fond … Bien plus qu’auparavant. »

« Relâches-toi … C’est trop gênant … Et je n’ai pas envie que les gens ne se fassent des idées par rapport à nous deux. » murmura t-elle une nouvelle fois alors qu’il la déposait, le regard assombri. Il mit les mains dans ses poches , marmonnant :

« Fais comme tu veux … Même si nous sommes ce que tu penses croire, moi, c’est plus poussé que ça … Et c’est pour cette raison que je veux te sauver, c’est bête non ? »

« … … … Désolée, Personne. Je ne voulais pas te mettre en colère. »

« Non, tu ne m’as pas mis en colère, juste rendu triste, c’est pas la même chose. Allez … Tu peux rentrer à l’ultime élément si tu veux, moi je vais chercher un moyen de te guérir. »

« … … … Je viens avec toi, Personne. Pardon … Si tu veux … ce soir … On pourra dormir ensembles. » dit Metsubi avec une voix très faible alors qu’il s’arrêtait aussitôt de marcher.

Euh … Il n’avait rien du tout contre, c’était même une très bonne chose mais quand même … A côté, il ne fallait pas se leurrer. Faire ça en pleine nature, c’était vraiment trop risqué. Il y avait des risques que l’un comme l’autre, ils ne puissent pas se retenir. Il prit une profonde respiration, cherchant ce qu’il devait dire. Finalement, il répondit :

« Tu sais quoi ? On verra en temps et en heure. On est même pas encore partit une journée. Je ne te savais pas comme ça, Metsubi. Enfin … Si … Mais disons que ça, c’était lorsque nous n’étions que des enfants hein ? Ce n’est pas … »

« Personne, si je suis soignée un jour, je te montrerai ce que je ressens pour toi depuis que nous sommes deux enfants. »

« Hein … Que … Que … Comment ça ? Euh … Metsubi ? »

Elle lui avait fait un sourire tendre et délicat, contrastant avec le comportement qu’elle avait eut depuis le début du voyage. Les sentiments qu’elle avait pour lui depuis le début de leur rencontre ? Mais il savait parfaitement ce que … c’était … Et lui-même aussi … Enfin … A côté, à cause du sang en elle, ils n’avaient jamais réellement put faire quelque chose. Ce n’était pas contraignant, loin de là même mais juste que … Voilà … Le sang empêchait de lui dévoiler tout ce qu’elle voulait qu’il sache à son sujet.

« Quand même … Je ne pensais pas que tu aurais autant raison, grande sœur. »

« Cela s’appelle l’instinct féminin … ou l’instinct maternel … Bien que cela semblerait assez surprenant dans ce cas précis. Disons plutôt que l’instinct protecteur a joué un rôle là-dessus. » murmura une seconde voix dans le ciel.

« Ne pouvez-vous pas vous taire toutes les deux ? C’est plus que gênant de vous entendre. Et puis … Je vous rappelle que vous n’êtes pas obligées de me suivre. Moi-même, je ne peux pas lui pardonner … J’ai du mal … Mais là, j’ai ressenti quelque chose que je ne peux pas expliquer … J’ai senti qu’il était en danger … Fulgé, Rina … Vous n’êtes pas obligées de me suivre. Je le répète car … »

« Maintenant que nous sommes ensembles, il est hors de question d’être séparées. Nous allons essayer d’être aimables envers Personne … même si cela va être difficile. » répondit Rina alors que la seconde des trois sœurs hocha la tête.

« Alors atterrissons avant qu’ils ne soient hors de notre champ de vision … Ils n’ont même pas remarqué notre présence … Visiblement, ils sont dans leur monde. » termina Fulgé.

QU’EST-CE QUE … Un violent vent vint les frapper dans le dos, les faisant se retourner aussitôt. Ils se faisaient attaqués par la voie des airs ?! Quel idiot ! Il n’avait pas pensé à surveiller leurs arrières ! Pourtant, sa surprise ne disparut pas … C’était … C’était les trois femmes … Enfin … Les trois oiseaux légendaires. Auparavant, il se serait jeté dans les bras de Lasty, comme le ferait un enfant mais là … Il leva simplement sa main droite en l’air, murmurant d’une voix légèrement intimidée :

« Bonjour … Ca faisait longtemps, les filles … »

Quel idiot. Il s’en voulait. C’était une phrase passe-partout mais il n’avait pas eut le choix. Enfin … Il ne se sentait pas le courage de montrer de la joie envers elles. Et puis, quand il regardait les yeux de Rina et Fulgé, il savait pertinemment que rien n’avait changé.

« Pourrait-on savoir ce que tu comptes faire en te rendant dans la base même du culte d’Arceus ? Enfin bon … Tu m’expliqueras tout cela en chemin de toute façon. » répondit aussitôt Lasty, passant à côté de lui et de Metsubi comme pour les ignorer.

Elle n’allait pas lui dire qu’elle était soulagée de savoir qu’ils n’étaient pas encore si proches du culte d’Arceus. Et surtout qu’il était hors de danger … Puis bon … Elle craignait de trop en montrer. Elle préférait rester distante car une partie d’elle n’avait toujours pas pardonné à Personne … et inversement … Elle savait que la mort d’Omera était toujours dans le cœur de l’adolescent … Mais au moins, elle était à ses côtés pour l’instant et c’était le plus important à ses yeux.

Chapitre 13 : Sa résolution

Chapitre 13 : Sa résolution

« Terminé ? Ca fait … combien de temps ? »

Il avait mal au crâne, il était fatigué, anéanti, complètement … épuisé … Il n’en pouvait plus du tout mais tout ce qu’il savait, c’est que cela … le mettait dans un état pire que si il n’avait cessé de se battre pendant des heures voir des journées entières. Il se redressa de contre l’arbre sur lequel il s’était adossé, se dirigeant vers l’endroit où il l’avait laissé.

« Metsubi … Je suis là … Metsubi … Tu m’entends ? » demanda t-il avec lenteur avant que des sanglots ne se fassent entendre, une petite voix murmurant :

« Snif … Snif … Ah … Ah … Per … Personne. Je … Je suis là. Snif … Personnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnneeeeeee ! »

Un violent trémolo, bien plus fort que les paroles de l’adolescente et il s’était mis à courir vers la scène de cauchemar. Cauchemar ? Glauque ? On pouvait définir cet endroit de différentes façons mais au final, tous évoquaient qu’une seule chose : l’odeur du sang. Une odeur qui le faisait pleurer et lui piquer les yeux. Et pourtant, il avait combattu, très souvent combattu même … Et elle était là … assise au milieu d’une mare de sang, une mare sur laquelle plusieurs morceaux indescriptibles de chair flottaient.

« Metsubi … C’est bon, c’est terminé. Metsu … » dit-il avant de s’arrêter aussitôt, l’adolescente s’étant redressée pour bondir sur lui, sanglotant une nouvelle fois, sa tête enfouie contre le torse de Personne.

Voilà pourquoi il détestait tout cela. Car il la sentait pleurer … Car il savait qu’il avait commis une bêtise monumentale et dont il n’était pas possible de réparer les dégâts. Ah … Pourquoi est-ce qu’il n’avait pas voulut l’écouter ?! Pourquoi ?! POURQUOI ?!

« Pardon Metsubi, j’ai fait le con. Je ne pensais pas un instant que tu n’arriverais pas à tenir et voilà le résultat … Que je suis bête des fois ! PUREE ! METSUBI ! »

« CE N’EST PAS DE TA FAUTE ! C’EST MON CORPS LE PROBLEME ! C’EST MON CORPS ! C’EST TOUJOURS COMME CA ! Ca change quoi que je sois ici ou alors dans une pièce hein ?! Je serai quand même atteinte par ce sang ! CA NE CHANGE RIEN ! Je resterai toujours possédée par ce qui est en moi ! JE RESTERAI TOUJOURS COMME CA ! Que je commette des meurtres, ce n’est pas ça le souci ! C’est seulement que je risque de te mettre en danger à chaque fois ! Dès l’instant où tu es avec moi, je risque de te tuer ! Je suis un monstre ! Un vrai monstre, Personne ! »

« Metsubi … Je … Euh … Je ne pensais jamais ça … moi … » commença t-il à dire.

« Tu ne le pensais pas … Mais qu’est-ce que les autres en pensent hein ? C’est comme mes parents … Ils s’en fichaient de mon sang … Ils s’en fichaient de l’avis des autres … Et tu te rappelles du résultat ?! Tu t’en rappelles ?! Ils sont morts ! MORTS ! Et je ne veux pas que tu meures à cause de moi, c’est … »

Il l’avait arrêté, l’ayant remise debout pendant qu’elle s’adressait à lui avant de l’embrasser longuement. Elle ne parlait plus, s’étant stoppée net dans ses paroles tandis qu’il continuait le baiser. Un baiser qui semblait la calmer aussitôt bien qu’elle continuait de pleurer mais au moins, elle n’était plus dans son état hystérique ou presque. Après une trentaine de secondes, il retira ses lèvres, l’adolescente le regardant de ses deux yeux complètement blancs.

« Il est impossible que toi … tu veuilles réellement tuer des personnes, Metsubi. C’est juste inconcevable … Oui … Tu es trop … pure pour ça. »

« Pure, moi ? » dit-elle avec un peu de surprise alors qu’il hochait la tête positivement.

« Oui, oui … Toi … Je te trouve vraiment pure … Allez … Viens … On va rentrer. » répondit-il avant de la soulever subitement, l’adolescente poussant un cri de surprise alors qu’il lui souriait. Elle ne prit pas la parole, passant juste ses deux bras autour de son cou avant de coller sa tête une nouvelle fois contre son torse.

« Personne … En rentrant … Je vais prendre un bain … Car il faut que je lave … le sang que j’ai … Est-ce que tu veux venir ? »

« Je … ne crois pas que ça soit conseillé, Metsubi. »

« Tu pourras m’attendre dans ma chambre quand même, dis ? » demanda t-elle comme une légère supplique tandis qu’il répondait aussitôt :

« Bien entendu … J’irai même prendre un bain après toi, d’accord ? »

« D’accord … Personne … » murmura t-elle avec douceur, s’endormant contre lui.

Plusieurs heures plus tard, il était assis sur le lit de l’adolescente, entendant les petits bruits dans l’eau de Metsubi dans l’autre pièce. Oui … C’était ainsi pour chaque membre de l’ultime élément haut-placé … Un appartement, pas forcément très grand mais avec quand même un certain confort. Ah … Le lit de Metsubi … Il repensait à cette nuit … Et … Et … Il se donna une claque sur la joue. NON ! Il n’allait pas être excité à nouveau !

« C’est quoi, Personne ? J’ai entendu du bruit. » dit la voix de la Carmache à laquelle il répondit avec une certaine tendresse :

« Oh … Rien de bien spécial, Metsubi. Tu as bientôt fini dans l’eau ? »

« Bien sûr. Dans dix minutes au grand maximum, je nettoierai la baignoire. »

Oui, c’était mieux et il pensait que c’était une meilleure idée d’aller dans le bain pour laver les quelques pensées impures qu’il avait en tête. Ah … Bon sang … Il devait trouver un moyen de réconforter Metsubi … D’arranger ce problème qu’il tentait d’oublier à chaque fois. Hum … A force d’y réfléchir, il n’avait pas remarqué que Metsubi était sortie de la salle de bain, peignoir de couleur blanc sur le corps. Contrairement à ce qu’il aurait cru et imaginé, l’adolescente l’avait parfaitement serré, ne laissant guère place aux idées plus érotiques.

Elle lui signala qu’il pouvait y aller, l’adolescent rigolant un peu en voyant la serviette autour des cheveux de Metsubi, celle-ci faisant une petite moue dubitative. Pourquoi est-ce qu’il se moquait d’elle ? Enfin bon … Ce n’était pas une moquerie méchante d’après ce qu’elle pouvait entendre. Il s’enfonça dans la salle de bains puis dans la baignoire après s’être déshabillé, poussant un soupir de plaisir. C’était … là-dedans que Metsubi se lavait … Et dire qu’au lieu de se calmer, cela l’excitait encore plus … Il n’aurait pas refusé … l’idée de prendre un bain avec … elle … Mais heureusement son cerveau réfléchissait avant son sexe et il savait que cela … était plus qu’indécent. Maintenant, il devait penser à une solution pour le problème de l’adolescente. En réglant celui-ci, alors, il pourrait chercher Crusaé. Ah … Crusaé …. Il y pensait … Mais à quoi ressemblait-elle ? Est-ce qu’elle était devenue aussi jolie que Metsubi ? Non … Elle devait l’être encore plus car elle l’était déjà à la base. Et surtout … Hum … NON ! Il s’observait dans la baignoire, prenant le pommeau de douche avant de s’asperger d’eau froide.

« ARGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGG ! C’EST GELE ! »

Metsubi lui demanda ce qui se passait mais il lui annonça que c’était normal, qu’il le méritait complètement bien qu’elle ne comprenait pas vraiment tout. Lui … Il s’était parfaitement compris et l’érection qu’il avait eut n’était plus qu’un lointain souvenir. Bon … Réfléchir … Réfléchir … Il devait réfléchir à tout ça ! Il y avait sûrement un moyen de régler le problème de Metsubi mais comment ?! QU’IL TROUVE UNE SOLUTION BON SANG !

« Personne ? Ne t’endors pas dans la baignoire. »

« Ne t’en fais pas … Je me repose un peu … Et puis, si il faut, si tu n’entends plus rien, toque à la porte d’accord ? Comme ça, si je suis endormi, tu peux me réveiller. »

« Bien entendu, Personne. » répondit l’adolescente, assise sur son lit comme pour l’attendre avec une certaine impatience.

Qu’est-ce qu’il devait faire ? Qu’est-ce qu’il devait ?! Il se triturait les méninges, plongeant plusieurs fois la tête dans l’eau ternie par la saleté. Il devait trouver un moyen … Il y avait une solution ! Il était possible de guérir Metsubi ! Il devait trouver LA solution ! NON ! Qu’il ne pense pas une seule fois à ça … A dire que c’était impossible.

« MAIS BIEN SÛR ! » hurla t-il subitement, Metsubi se relevant de son lit.

« Qu’est-ce qui se passe, Personne ?! Ca ne va pas dans la salle de bain ? »

La porte de celle-ci s’ouvrit aussitôt, l’adolescent se présentant devant Metsubi avec un grand sourire aux lèvres, lui répondant :

« Mais si, ça va parfaitement ! Pourquoi on n’y a pas pensé aussitôt ! »

« Euh … Personne … Je … Comment dire … » répondit l’adolescente aux cheveux noirs.

« Metsubi … J’ai LA solution ! Enfin, ce qui nous permettrait d’en trouver une ! »

« Oui mais … Personne … Enfin … Euh … »

Hum ? Elle rougissait de plus en plus alors qu’elle baissait le regard. Il voyait même qu’elle … sortait légèrement sa langue pour se sécher les lèvres avant de détourner les yeux. Qu’est-ce que … OH BORDEL ! Mais il était sorti de la baignoire sans même penser un instant à s’habiller ! Elle eut un petit sourire timide tandis qu’il retournait aussitôt dans la salle de bain, n’en ressortant qu’après quelques minutes, dans un peignoir de couleur onyx. Il était particulièrement gêné, cherchant à s’excuser à l’adolescente. Celle-ci s’était mise debout, comme si elle avait une idée en tête à son tour.

« Pardon … Pardon … Metsubi, je n’y ai pas pensé sur le coup et … »

« Personne … Je … Regarde bien … Je reste juste une minute comme toi. »

Quoi ? Une minute comme lui ? Il ne comprit les paroles de Metsubi qu’au moment où elle ouvrit son peignoir devant lui, l’adolescent semblant décontenancé … puis ravi … avant de finir particulièrement gêné. Metsubi … Metsubi … Sa poitrine, son ventre … Son corps … Tout … Il voyait tout, complètement tout. Il balbutia :

« Euh … Euh … Metsubi … Je … Euh … Comment … dire… »

« Je t’ai vu … Alors tu m’as vue … C’est juste comme ça que … je voyais … le tout. Enfin … J’espère juste que ce n’était pas laid. » dit-elle en refermant son peignoir.

« PAS DU TOUT ! Je te le promets ! Mais … mais … Juste que je m’attendais pas à … AH ! Bon ! Au lieu de parler de ça, on ferait mieux de parler de ce que je voulais dire. J’ai eut une idée, elle est un peu folle et risquée mais pourquoi ne pas essayer ? »

Il s’était mis assis sur le lit, détournant le regard de l’adolescente qui faisait de même. Oh on dieu … Il ne risquait pas d’oublier ça de si tôt … Et heureusement qu’il avait un peignoir qui n’était pas trop serré car sinon, il ne savait pas du tout où il allait se mettre.

« Alors … Euh … C’est quoi ton idée, Personne ? »

« Nous allons voir le culte d’Arceus ! Là-bas, il y aura surement des réponses à nos questions. » dit-il avec un certain entrain alors qu’elle le regardait, un peu surprise avant de faire un petit sourire ému et tendre, comme si elle le prenait en pitié. Elle lui caressa ses cheveux noirs, murmurant délicatement :

« J’y ai déjà pensé … Personne … Et ce que j’ai en moi est très rare … Un dragon sur mille ans voir plus … possède ma maladie. Ce n’est pas le culte d’Arceus qui pourra nous aider. »

« Alors, ce seront les dragons ! Les dragons doivent savoir quelque chose à ce sujet ! On ne peut plus rester là à attendre, Metsubi ! Et les dragons vivent avec le culte d’Arceus ! »

« … … … Eux aussi ne savent rien … … … J’ai essayé, Personne. Je te le promets vraiment. J’ai tout essayé mais ce n’est pas grave. Je … »

« Et bien, tu as essayé toute seule, pas avec moi ! Tu ne t’es pas montrée assez insistante envers les dragons ! Tu vas voir, on va réussir à trouver un moyen. »

« D’accord … Personne … Je te fais entièrement confiance … comme d’habitude. »

Elle vint se coller contre lui, dans son peignoir tandis qu’il la serrait dans ses bras. Bien entendu … C’était aller au devant des ennuis mais il s’en fichait. Il voulait soigner Metsubi de sa maladie … de son sang … de ses ennuis. Pour qu’elle soit heureuse.

Chapitre 12 : Détourner le regard

Chapitre 12 : Détourner le regard

« Metsubi ? Tu viens avec moi en mission ? »

« Je … Je ne sais pas … Et puis … Je suis un peu … malade … » murmura t-elle alors qu’il s’approchait d’elle. Ils étaient dans la chambre et plusieurs mois s’étaient écoulés depuis l’évènement avec Rokan. Ils avaient maintenant plus de quatorze ans et heureusement pour lui, elle lui avait pardonné.

« Malade … Dans quel sens ? Celui que je pense ? » demanda t-il avec lenteur alors qu’elle hochait la tête, tremblant légèrement. Il posa une main sur son épaule, reprenant :

« Ne t’en fais donc pas, Metsubi. Je resterai à côté de toi. Tu viens, s’il te plaît ? Ca serait bien mieux que de se débrouiller seul … Au moins … Cela me ferait de la compagnie. »

« … Je ne sais pas du tout, Personne. Ca serait beaucoup trop dangereux. Ca ne m’est arrivé que deux fois ce mois-ci. Ca pourrait tomber en plein milieu, sans aucune explication. Je ne veux pas prendre ce risque, Personne. Tu me comprends hein ? » dit-elle en le regardant, l’adolescent lui faisant un grand sourire pour la réconforter. Il vint la serrer contre lui, lui chuchotant doucement :

« Je te comprends et qu’importe ce qui t’arrive, je t’ai déjà dit que je resterai avec toi non ? Alors arrêtes de t’inquiéter pour rien et tu viens ! Mais prépares-toi d’accord ? »

« Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée Personne … mais … Bon … D’accord. »

Tant mieux alors. Il quitta la chambre, la laissant se préparer alors qu’il sortait déjà du bâtiment, un sourire aux lèvres. Ah … Depuis qu’il avait réussi à se faire pardonner, il voyait tout d’une autre façon. Enfin … Comment dire … Avec Metsubi, il n’arrivait plus à être triste. Car il savait qu’elle l’était tout autant que lui …. Et donc, il voulait la rendre heureuse.
Elle arriva une quinzaine de minutes plus tard, son index gauche jouant avec l’une de ses couettes noires tandis qu’elle se rapprochait de lui. Sans aucune raison, elle vint le serrer dans ses bras, tremblant un peu. Il lui caressa le dos avec tendresse, fermant les yeux tout en prenant une profonde respiration.

« T’en fais pas … Tout se passera très bien … Metsubi. »

« J’aimerai que tu me le promettes … Mais ce n’est pas à toi de me le promettre …  Car ce n’est pas ton corps mais le mien … Et je ne suis pas sûre de pouvoir le contrôler. »

« Je suis sûr que tu y arriveras ! Hého ! Si moi, je pense que tu peux le faire alors je sais que tu pourras le faire. Allez, Metsubi, prépares-toi, on va y aller bientôt. »

« … … … Si seulement c’était aussi facile. » murmura t-elle tandis que l’adolescent faisait quelques pas en avant pour se diriger vers un vaisseau qui les accueillait.

… … … Elle devait avoir confiance en son corps. Son sang n’allait pas se réveiller comme ça hein ? Et puis, le sourire que Personne lui faisait alors que dès l’instant où … Elle perdait le contrôle … Ah … Elle voulait tellement vivre normalement, vivre comme une adolescente humaine … sans avoir cette maladie … ce virus … cette chose …

Les minutes s’écoulèrent puis deux à trois bonne heures jusqu’à ce qu’ils arrivent au lieu de la mission. Une mission très simple … Beaucoup trop simple puisqu’il ne s’agissait simplement que de faire le ménage de quelques membres du culte.

« Personne … Tu me promets que cette fois-ci … »

« Oui, je te le promets. Je n’utiliserai pas mes lignes contre eux. Ca va mieux depuis … Et j’ai compris que ça ne servait à rien. Ca n’arrangerait pas la situation … Ah … »

« Et pour les cauchemars ? » demanda t-elle alors qu’il perdait aussitôt son sourire.
Ah ça … C’était encore bien différent, il devait l’avouer. Bien trop différent à son goût … Enfin … ce n’était pas le bon sujet ! Il ne voulait pas en parler … Et à côté … Euh … L’adolescente avait son sang, lui ses cauchemars donc …

« Non … Ca va, j’en ai pas fait cette semaine, Metsubi mais c’est bon. »

« Tu sais que si tu refais des cauchemars, tu peux venir dormir avec … »

« Euh … Sincèrement, non, je ne préfère pas si tu veux tout savoir. » répondit-il assez sèchement, surprenant l’adolescente. Néanmoins, quand elle le vit rougir, elle se tritura les doigts, sachant pertinemment ce que cela voulait dire.

« Tu sais … Euh … Personne … Enfin non … Rien du tout. C’est un peu gênant. »

En fait, c’était même TRES gênant pour tout dire. Comme si il lisait dans ses pensées, il hocha la tête négativement pour lui dire de ne plus y réfléchir. Il valait mieux se mettre en route dès maintenant. Il vint prendre discrètement sa main dans la sienne, l’adolescente se laissant faire, croisant ses doigts avec ceux de Personne.

Ils ne tardèrent pas à trouver le lieu où s’étaient installés les membres du culte. Une cinquantaine de personnes environ … Dont les deux tiers étaient des pokémons. En les jugeant de plus près, il n’y avait rien de bien impressionnant. Metsubi posa subitement une main sur sa poitrine, gémissant de douleur.

« Per … Personne … J’ai mal … J’ai mal … énormément mal … »

« Hein ? Non … Attends un peu. Ce n’est pas le moment, Metsubi ! Je vais vite m’en occuper d’eux pendant que tu restes ici. Ensuite, je te ramène aussitôt à l’ultime élément. BORDEL ! MAIS POURQUOI JE T’ECOUTE PAS ?! »

« QUI-EST-CE ?! »

ET MERDE ! Voilà qu’il avait crié et qu’à cause de ça, les adeptes du culte venaient de les repérer. Il signala à Metsubi de rester en retrait alors qu’il sortait de leur cachette de derrière un rocher. Aussitôt, ses marques étaient apparues sur ses deux mains tandis qu’un adepte fronçait les sourcils. Il fit un geste de la main, intimant d’arrêter aux autres :

« Qu’est-ce que tu viens faire ici ? Les adolescents comme toi ne sont pas sensés être présents. Surtout que visiblement, je pense avoir affaire à l’élu traître d’Arceus, n’est-ce pas ? »

« Ah … Depuis le temps … On m’a rajouté le traître à côté … Bon et bien … Si c’est ainsi, plus besoin de discuter, n’est-ce pas ? »

Des flammes sortirent de ses mains avant qu’il n’envoie une boule de feu en direction de l’adepte qui s’était adressé à lui. Il fut protégé aussitôt par un homme dont une queue rouge avec une flamme au bout était présente. Un Reptincel ? Ah … Ce n’était pas si dramatique que ça … C’était même le contraire.

Ah … Ah … Ah … Elle assise, adossée à un arbre, poussant des gémissements plaintifs. Elle … Elle n’aurait pas dû écouter Personne. Elle n’aurait pas dû … Maintenant, elle allait payer le prix fort. Pourtant, dès que ses crises revenaient, il n’y avait aucun problème … L’Ultime Elément était capable de la protéger … Ils avaient réussi à créer une gigantesque pièce où elle s’acharnait dessus pendant des heures jusqu’à ce que son sang se calme … Et pour que le sang d’une dragonne se calme, il fallait être patient, très patient.

Tout s’était déroulé rapidement, très rapidement. Il n’avait eut aucun problème à s’occuper des adeptes et de leurs pokémons. Cela avait été tellement rapide et efficace … que ça en avait été effrayant … Bien plus que ça même. Mais bon … C’était comme ça qu’il combattait et à force, il avait de plus en plus d’expérience.

« Metsubi … C’est bon … Tu peux venir … Nous rentrons aussitôt. »

Il entendait de nombreux gémissements, ayant laissé une bonne partie des personnes en vie mais incapables de bouger ou presque. Il n’était pas un tueur né … Pas du tout … Il tuait auparavant … à cause de ses problèmes émotionnels mais là … Maintenant qu’il allait mieux, il ne cherchait pas à tuer à tout prix.

« Metsubi ? Tu m’entends ? Metsubi ? »

Elle n’était toujours pas venue alors qu’il l’avait appelé. Aussitôt, il commença à s’alerter. Si elle était partie sans qu’il ne la surveille, quel carnage allait-elle commettre ?! Il se mit à courir à l’endroit où il avait déposé l’adolescente, ne la retrouvant plus.

« METSUBI ! METSUBI ! REPONDS-MOI ! METSU … »

« Je suis là … Personne … Pas besoin de crier … Je suis là … Ah … »

Ah … Pfiou … Il poussa un petit soupir de soulagement en entendant sa voix, soupir qui se mua en un rictus de surprise. Les yeux de la Carmache … étaient complètement noirs … Mais du sang s’en écoulait alors qu’elle haletait :

« Va … Va t-en … Va t-en … Personne … On ne peut plus rien pour moi. »

« Retiens-toi pendant deux ou trois heures encore ! METSUBI ! Tu peux le faire ! » s’écria t-il avant de la voir hocher la tête négativement. Non ? Ce n’était pas possible ? « Je … Je … Je vais m’éloigner pendant une demi-heure, une heure … Il y a des personnes pas loin. »

Qu’il fasse … Qu’il fasse donc, c’était la meilleure solution. Il la regarda avec tristesse, l’adolescente serrant les dents. Puis subitement, il avait disparu de sa vue alors qu’elle s’écroulait au sol, posant ses deux mains sur son ventre en hurlant. Enfin, après une minute, elle s’était relevée, de l’écume s’écoulant de ses lèvres, ses deux mains étant devenue des griffes alors qu’elle se dirigeait vers un unique endroit … Un endroit qui avait l’odeur de l’hémoglobine …

« Je croyais que c’était terminé … Ah … Qui … Qui es-tu ? »

« Encore un repas de sa part … Je vais finir par l’apprécier. » murmura Metsubi d’une voix étrange, un sourire carnassier aux lèvres alors qu’elle ne s’adressait même pas à l’un des hommes au sol, celui qui avait pris la parole.

« De quoi ? De quel repas elle … Ah … Mais je la reconnais … C’était une dragonne … qui vivait dans le culte d’Arceus. Tu es venue nous aider ? »

« Oh oui … Je suis venue vous aider … Je vais vous libérer de vos poids. » répondit-elle finalement à une seconde personne, sa langue caressant ses dents.

… … … 3 … 2 … 1 … Des hurlements horrifiés d’agonie résonnèrent dans l’immense aire dans laquelle il se trouvait. Lui ? Il avait la tête baissée, les deux poings serrés. Un cri, puis un autre et encore un autre. Il ne pouvait qu’entendre cela alors qu’il se haïssait … Il était si faible … Si pathétique … Il n’était même pas capable d’aider Metsubi dans ce genre de moment … Ah … Il devait rester au loin, attendre … et se détester. Il n’osait pas voir la vérité en face … Il n’osait pas se dire qu’avec Metsubi, rien ne s’était arrangé.