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Chapitre 28 : Oppression

Chapitre 28 : Oppression

« Hémaltone, tu veux aller te reposer un peu ? Je t’en pries. »

« Prier ne changera rien, Flutina. Ne t’en fait pas, je vais bien, très bien. »

Ce n’est pas ce que son visage dit. Elle le voit. Elle voit les cernes sur les yeux d’Hémaltone. Il dort à peine, il attends qu’elle soit enfin endormir pour chercher le repos, ne serait-ce que quelques heures. Elle l’entend aussi qui se lève pendant la nuit, pour surveiller par la fenêtre. Elle sait que parfois, il réveille Meloetta pour qu’elle vienne avec lui faire un petit tour d’horizon Elle sait tout cela mais elle ne peut rien y faire malheureusement. Son corps ne suffit plus pour rassurer Hémaltone.

« Alors s’il te plaît … viens dans mes bras, tu le veux bien ? »

Pourquoi refuser une telle chose ? Il hoche la tête et plonge dans ses bras. Néanmoin, elle fait tout pour qu’il ait la tête contre ses seins généreux, caressant sa chevelure d’un air évasif.

« Fais dodo … mon petit Hémaltone. Fais dodo … car je veillerais sur toi. »

« Une telle chanson est un peu ridicule … mais continues donc, Flutina. Je ne sais pas trop pourquoi mais je la trouves reposante. »

Oh ? Elle avait dit cela sans réellement penser aux conséquences. Elle est là, ouvrant la bouche pour se mettre à chantonner doucement, invitant les pokémon d’Hémaltone à dormir eux aussi. Car oui, ils doivent se reposer. Elle est la seule à rester intacte de tout ça. Hémaltone comme ses pokémon ont fait un cocon protecteur autour d’elle pour qu’elle ne soit pas en danger, voilà tout.

« Vous en faites beaucoup trop pour moi alors que je ne mérites pas toute cette attention. »

Elle attend qu’Hémaltone dorme enfin pour finir par se lever. Elle quitte le canapé, allant dans la chambre pour s’installer à son bureau. Sur celui-ci, bon nombre de feuilles sont présentes. Il faut dire qu’Hémaltone tente d’écrire pour penser à autre chose. Malheureusement, la méthode ne marche pas forcément, au grand désarroi du jeune homme.

« Il a même perdu goût à sa musique. »

C’était le constat effroyable qu’elle remarquait à ce moment précis lorsque qu’elle prend une feuille de papier. Les mots commencent à glisser sur la feuille de papier mais elle s’immobilise subitement, comme prise de nausée.

« Non, non … je ne dois pas faire ça, je ne peux pas. C’est laid, vraiment très laid. Ça ne doit pas se faire, je ne suis pas comme ça, non non. »

Rien qu’avoir eut cette idée était répugnante. Elle s’en voulait terriblement. JAMAIS ! NON ! Jamais elle n’aurait dût penser une telle chose ! Elle émet un petit rictus de dégoût avant de déchirer ce qu’elle avait commencé à écrire, jetant les morceaux par la fenêtre pour que nul ne sache ce qu’elle avait écrit. Elle est en sueur, râlant un peu contre elle-même. HORRIBLE ! Elle est tout simplement horrible d’avoir pensé ça !

« Je ferais mieux de retourner auprès d’Hémaltone, oui. »

Pourtant, elle ne part pas vers la salle à manger mais vers la salle de bain. Là-bas, elle s’observe dans le miroir. Elle est laide de l’intérieur. Elle le sait, elle est affreuse de faire souffrir Hémaltone de la sorte. Tout ça pour qu’elle continue d’être heureuse.

« Les écrits restent, les paroles s’envolent mais les souvenirs perdurent. Je ne pourrais jamais … jamais … jamais … effacer tout ça. »

Et ce n’est pas ce monde habitué à l’absence de vie privée qui se gênera pour s’amuser à ses dépends à elle. Voilà pourquoi elle voulait libérer Hémaltone. Elle voulait qu’il puisse être tranquille et heureux de son côté, sans jamais s’attarder sur elle.

« Mais il ne voudra pas. Je dois le forcer à ça … qu’importe la solution qu’il faudra pour y arriver. Hémaltone … Hémaltone … »

Elle continue de répéter son nom, sanglotant, du sang coulant dans le lavabo. Elle s’en voulait tellement qu’elle avait finit par s’ouvrir la lèvre en se la mordillant. Finalement, voilà qu’elle est à nouveau auprès du jeune homme. Elle cherche à lever son bras gauche pour pouvoir s’enfouir dessous, déposant un rapide baiser ensanglanté sur ses lèvres.

« J’ai faillit commettre une bêtise mais je ne suis pas comme ça. Plus comme ça. Je suis assez forte pour Hémaltone. Je le suis, oui. Je le suis. »

Elle l’était car elle voulait son bonheur. Elle l’était car c’était ce que méritait Hémaltone. Il méritait d’être heureux et elle devait tout faire pour que ce bonheur lui soit accessible. Pour cela, elle allait devoir encore faire plus d’efforts maintenant.

« Je t’aime tellement, Hémaltone. Je t’aime tellement que même les autres ne peuvent pas le comprendre. Je t’aime tellement, Hémaltone. Oui. »

Elle est bien, là, installée dans les bras du jeune homme. Elle n’a pas envie de bouger, elle n’en sent pas l’utilité. Elle veut juste rester là, comme si de rien n’était. Elle est heureuse. Tellement heureuse qu’elle n’arrive pas à l’expliquer.

« Est-ce qu’elle dort, Meloetta ? »

« Je crois que oui, Hémaltone. Elle est bizarre … malgré tout ce que tu fais. Je ne peux pas t’aider. Ses pensées, malgré les jours qui s’écoulent, ne semblent guère accessibles. »

« Ca ne fait rien, tu fais de ton mieux, je ne vais pas te reprocher ça maintenant. Merci pour ton aide, Meloetta. Tu as fait de l’excellent travail. Mais maintenant, c’est à moi de régler ce souci. Il faut que je saches ce qui la tracasse. »

« Fais attention, Hémaltone. Elle est beaucoup plus fragile qu’on ne veut le croire. »

Il n’a aucune hésitation dans ça. Il le voit parfaitement maintenant. Elle, la jeune femme qui tremblait comme une feuille dans ses bras. Comment ignorer sa détresse ? Avec tout ce qu’il fait, il reste pourtant dans l’impression que malgré tout ça, il ne pourra jamais avancer.

Chapitre 27 : Endurer

Chapitre 27 : Endurer

« Pardon, Flutina, j’ai quelque chose à faire. »

Sans aucune once de remord, il retire la prise téléphonique, empêchant alors quiconque de chercher à communique avec eux. Cela fait bien un mois maintenant qu’ils vivent dans l’appartement mais c’est presque comme s’ils étaient reclus.

« Tout ça parce que je … enfin … à cause de … »

« Car ce sont des hyènes affamées. Ça a toujours été ainsi avec les paparazzis. Ça ne date pas d’hier et ça ne changera jamais de toute façon. »

« Oui mais bon, Hémaltone, ce que je veux dire, c’est que … »

Qu’elle se taise ! Il l’empêche de parler grâce à un baiser sur ses lèvres, les dévorant longuement pour qu’elle ne puisse plus ouvrir la bouche. C’est bon, ça suffit ! Qu’importe si ça toque ou tente de sonner, il a coupé toute communication avec l’extérieur.

« Tu veux regarder la télévision, Flutina ? »

« Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée, Hémaltone. »

« Ne racontes donc pas n’importe quoi. Viens plutôt par là. Tu verras que ce n’est pas si mal que ça dans le fond hein ? Au lieu de rester dans ton coin. »

Il tente de faire un petit sourire mais elle le trouve étrangement fatigué ces derniers jours. Elle ne sait pas comment l’expliquer mais qu’importe, il vaut mieux pour elle qu’elle ne refuse pas sa proposition. Elle sait parfaitement qu’il ne pense pas à mal. Mais avec tout ce raffut autour d’eux, elle comprends … qu’il lâche un petit peu.

Oui, lâcher, tout simplement. C’est bien triste en soi mais bon, ce n’est pas si bon malheureusement. Comment est ce possible autrement ? Elle ne voit pas ce qu’elle peut faire pour lui à ce moment précis. Elle finit par s’asseoir sur le canapé, Hémaltone venant s’installer à ses côtés avant de poser sa tête sur ses genoux.

« Ne t’en fait pas, Flutina. Tout finira par s’arranger peu à peu. Il faut juste que l’on arrive à patienter, toi et moi, je penses alors que ça sera parfait. »

« Mais combien de temp malheureusement ? J’aimerai bien le savoir, je suis vraiment désolée de te créer autant de problèmes. Tu pourrais être tranquille sans moi. »

« Je ne pourrais être heureux surtout, voilà la différence. » soupire le jeune homme aux cheveux verts pour bien faire lui faire comprendre le message qu’il veut lui transmettre.

Pourtant, elle reste muette tandis que le jeune homme fait de même de son côté. C’est vrai quoi en un sens. Comment peut-il en faire autrement sinon ? Le jeune homme aux cheveux verts reste immobile, a tête posée sur les genoux. Elle finit enfin par lui caresser le crâne, comme on le ferait à un enfant et il ferma les yeux pour plonger dan un léger sommeil qu’il espérait réparateur mai ça, c’était uniquement Flutina et Meloetta qui le savaient.

« Si seulement je n’étais jamais partie, je serais restée avec Hémaltone. »

D’une autre manière. Elle se perd dans le fil de ses pensées. Elle a beaucoup de mal à tous les ordonner mais elle tente de garder le contrôle du flot de ses émotions. Hémaltone est sur ses genoux, il dort paisiblement. Pourtant, elle aimerait discuter avec lui, savoir quoi faire pour régler cette situation une bonne fois pour toutes.

« Je sais que c’est Solomon derrière tout ça. Il veut me faire payer mon abandon de sa boîte de production. Il veut me faire payer tout ça. »

« Et il est sûrement derrière la mort de Faldéla. » murmure la voix d’Hémaltone, Flutina se retenant de pousser un cri de surprise en l’entendant. Elle pensait qu’il dormait ! Elle voit sa tête qui se tourne vers elle, la regardant en reprenant : « Mais je n’ai aucune preuve. »

« Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir, Hémaltone. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir endurer tout ça. »

« Des dizaines d’années, non ? Car c’est le temps que je comptes passer à tes côtés. »

Elle veut la même chose ! Elle le veut tant ! Elle penche son visage vers lui, tentant d’éviter de pleurer une nouvelle fois. Elle doit se montrer forte pour lui comme le jeune homme l’est pour elle. Ils savent que Solomon est un rapace qui n’aura aucun répit jusqu’à pouvoir avoir le dessus sur eux, ils le savent parfaitement mais ils n’ont rien pour l’empêcher de continuer. Ils ne peuvent que patienter et attendre, malheureusement.

« Sois juste forte, Flutina. Comme Meloetta le fut pour moi. Comme mes pokémon. D’ailleurs, tu es très forte. Mes pokémon ne te font pas peur et moi non plus. »

Où est-ce qu’il veut en venir ? Ah, elle comprend de quoi il parle. Une peur liée à son passé. Elle … n’oublie pas aussi ce qui fut assez récent. Elle a honte, tellement honte. Elle se relève subitement, faisant tomber Hémaltone du canapé avant de foncer en direction de la salle de bain. Elle s’observe dans le miroir, haletante.

« Je suis si faible par rapport à lui. Je n’ai même pas cherché à lutter à ce moment précis. »

Elle s’arrose le visage tandis qu’Hémaltone lui demande si ça va sous un ton soucieux. Ca ne va pas, non ! Comment est-ce que ça pourrait aller ?! Ca ne peut pas aller ! Hémaltone est trop gentil pour elle ! Un jour, il finira par se détruire à cause d’elle ! Et tout ça, elle ne pourra pas l’en empêcher ! Elle doit penser à quelque chose pour les sortir de là.

« Flutina, ouvres-moi la porte, s’il te plaît. »

Quelque chose, même si ça doit mal se terminer pour elle. Qu’Hémaltone puisse être libre de toute cette histoire. Elle sort finalement de la salle de bain, allant embrasser le jeune homme aux cheveux verts avec passion. Au moins, que jusqu’au jour où elle applique cette idée, elle puisse alors profiter de lui et inversement. Elle finit par l’emmener sur le canapé une nouvelle fois, ne semblant guère préoccupée par la télévision cette foi.

« Hémaltone, tu t’en sortiras. » dit-elle en lui chuchotant avant de continuer le baiser.

Chapitre 26 : Lettres anonymes

Chapitre 26 : Lettres anonymes

« Coucou belle demoiselle. »

Il dépose un rapide baiser sur les lèvres de Flutina, celle-ci ronronnant légèrement dans le lit qu’ils partagent à deux. Oh bien entendu, le baiser est peut-être l’étape la plus érotique qu’ils ont fait si on n’évoque pas le peu d’habits qu’ils ont mais qu’importe, ils préfèrent prendre leurs temps et c’était tant mieux.

« Tu vas aller où, Hémaltone ? Encore chercher le courrier ? »

« Il le faut bien .Enfin bon … ne t’en fait pas, ça ne sera pas bien long, je te le promets. »

Il lui fait un grand sourire avant de s’éloigner, signe qu’il ne veut pas la déranger plus que ça. La jeune femme ne dit rien du tout, hochant la tête négativement avant de tendre ses bras. Il s’y enfonce gaiement, embrassant son cou une nouvelle fois. Quelques secondes plus tard, il est hors de la chambre, allant embrasser sur le front la petite Meloetta qui dort paisiblement sur le canapé, une couverture déposée sur elle. Les autres pokémon ne sont pas en reste. Il a décidé de les laisser dormir à l’extérieur maintenant qu’ils ont un bel appartement.

« Meloetta, je vais chercher le courrier, tu peux juste préparer le petit déjeuner ? »

« Seulement si j’aurais un autre bisou en récompense, Hémaltone. »

« Tu l’auras, tu l’auras mais pour ça, il faut que tu bosses ! Hop hop, petite demoiselle ! »

Elle pousse un petit rire. Elle sait à quel point Hématone est content d’avoir Flutina avec lui mais aussi pour les autres pokémon. Il descend les escaliers, se dirigeant vers sa boîte aux lettres avant de retirer celles-ci. Avec nonchalance, son sourire disparaît alors qu’il remonte chez lui. A l’intérieur de l’appartement, il ouvre les lettres, venant les déchirer aussitôt en minuscules morceaux avant de les mettre dans la poubelle.

« Encore des publicités, Hémaltone ? »

« C’est le cas, Flutina. Ca n’arrête pas. Et je sais que je peux toujours essayer de mettre une petite plaque pour les empêcher, ils continueront. »

« Je vois, des fois, les gens s’en fichent et n’écoutent pas. Est-ce que je peux … »

Elle ne termine pas sa phrase, venant plonger dans ses bras. Ca ne fait qu’une semaine qu’ils dorment ensemble mais surtout qu’ils vivent ensemble mais cette semaine est la plus belle de son existence et pour ça, elle veut le remercier, encore et encore, sans jamais s’interrompre et s’arrêter. Elle l’aime, elle l’aime comme une folle, comme une damnée.

« Hémaltone, tu peux … me le dire, s’il te plaît ? »

« De quoi donc ? Quel mot veux-tu entendre ? »

« Un verbe … si important à mes oreilles. S’il te plaît, ne me fais pas languir, Hémaltone. Je veux juste l’entendre de ta part, rien de plus. » chuchote t-elle faiblement.

« Je t’aime, s’il faut que je te dises ça pour que tu sois rassurée. »

Elle rigole faiblement et lui murmure qu’elle aussi. Il l’embrasse rapidement sur les lèvres, lui signalant qu’il part se doucher pendant qu’elle déjeune. Dès qu’il est parti vers la salle de bain, elle se dirige vers la poubelle, fouillant les lettres avant de les relaisser tomber.

« Flutina, est-ce que … c’est bien ça ? »

« Il ne veut pas me le dire … mais je sais à quel point … c’est horrible pour lui. Je l’avais compris dès que j’ai vu son visage. Tu sais, Meloetta, je l’aime tellement. Je peux lire sur son visage, sur ses lèvres, ce qu’il pense, ce qu’il dit, ce qu’il veut. »

« Je le sais, Flutina. Je le sais. Et je suis là pour vous deux. Il ne faut pas que vous vous laissiez abattre par tout ça, d’accord ? »

« Je ne le serais pas … pour Hémaltone qui a fait tant d’efforts mais c’est si difficile. »

Elle se retient de pleurer. Elle semble vouloir se diriger vers la salle de bain mais s’arrête avant de pénétrer à l’intérieur. Elle déglutit, observant son corps. Elle hoche la tête négativement. Auparavant, à l’hôtel, elle n’avait jamais pensé à ça … mais pour Hémaltone, cela doit le dégoûter de voir sa poitrine nue. Cette poitrine que tant d’hommes ont put apercevoir sans aucune once de remord.

« Mon corps est trop sale pour lui. »

« Arrêtes donc avec ces mauvaises pensées. Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas comme ça que ça doit se passer. Hémaltone … »

« A pitié de moi sur mon corps. Je le sais bien … mais je l’aime. »

Ce n’est pas là où la petite pokémon veut en venir mais elle comprend que rien ne sera jamais réellement arrangé tant que ces lettres continueront d’apparaître. Et pour ça, il faut aller à la source. Néanmoins, Flutina a été clair à ce sujet : la source est dangereuse, très dangereuse.

« Flutina, il faut juste que tu sois assez forte pour Hémaltone. »

« Je le serais, je tiendrais bon pour lui. Si je peux le rendre heureux, je le ferais alors, de tout mon être, de tout mon cœur. »

C’est cela qui fait sa force. Qu’elle n’oublie jamais à quel point Hémaltone a réussi à passer toutes ces épreuves pour enfin pouvoir l’aimer. Qu’elle n’oublie jamais cela. Meloetta fixe Flutina, la jeune femme baissant la tête, s’avouant vaincue par la petite créature aux cheveux verts. Dans ces moments-là, elle se demande qui aime réellement Hémaltone ?

Car quand elle voit Meloetta, elle se dit qu’elle était là la première. Elle était celle qui était toujours aux côtés du jeune homme, depuis le début. Peut-être qu’elle se fait des illusions mais est-ce qu’une pokémon peut avoir des émotion humaines ? Aussi développées que ça ? En regardant Meloetta, celle-ci détourne la tête, évitant de montrer ses joues rougies avant de retourner préparer le petit-déjeuner. Oui … peut-être que … oui dans le fond.

Chapitre 25 : Peu à peu

Chapitre 25 : Peu à peu

« Hémaltone, tu es sûr de ta décision ? »

« Tu semblais l’apprécier non ? Et en plus, l’appartement est déjà tout équipé de fond en comble. Il n’y a rien à acheter pour se déplacer. Et puis, on l’achète directement. Ainsi, il n’y a aucun problème futur, tu ne crois pas ? »

« Oui mais bon … c’est une petite folie. Est-ce que tu veux … vraiment que … »

Il pousse un profond soupir. Des fois, elle peut paraître agaçante aux yeux des autres mais il sait qu’elle veut juste se rassurer. Et c’est à lui de tout faire pour y arriver normalement ! Il passe une main dans ses cheveux, l’autre tenant fermement la sienne.

« Sûr et certain. Est-ce que je ne te l’ai pas assez prouvé depuis hier au parc ? »

Elle baisse la tête, gênée. Elle sait parfaitement ce que cela veut dire. Elle n’aurait jamais cru cela possible, même dans ses rêves les plus fous et pourtant : elle et Hémaltone … sont ensemble. Dire qu’elle avait espéré cela pendant des mois voire maintenant quelques années.

« On part manger un petit morceau ? Pas un restaurant ou autre, hein ? »

Il a un petit rire aux lèvres alors qu’elle hoche la tête. Elle a compris le message. Un fast-food donc. Cela n’est pas forcément « bon » pour le corps mais ça fait du bien. Quelques minutes plus tard, ils sont face à face, en train de dévorer quelques frites tandis que les pokémon d’Hémaltone sont sortis. Meloetta est sur ses genoux, bien sage et tranquille, mangeant un peu du repas du jeune homme.

« Hémaltone, tu sais que le véritable amour, c’est quand tu es prêt à partager tes frites avec la personne que tu aimes ? »

« Oh ? C’est vrai ça ? Tiens donc, Meloetta, quelques frites pour toi. »

Il dit cela, devant l’air désemparé de la jeune femme aux cheveux blancs alors qu’il donne deux frites à la petite pokémon. Celle-ci est ravie, poussant un cri de joie. Flutina est désabusée pendant quelques instants avant de sourire.

« Ce n’est pas bien de jouer sur ma jalousie, Hémaltone. Pas bien du tout ? »

« Pour me faire pardonner, je peux t’offrir quelques frites? » dit-il en tendant le reste de son paquet à la jeune femme, celle-ci piochant dedans avant de se lever.

« Merci bien mon brave ! Grâce à vous, me voilà maintenant sustentée ! Je pars me refaire une petite beauté si cela ne vous dérange pas. »

« Il n’y aura pas grand chose à faire alors, Flutina. »

Elle a un petit rire candide aux lèvres, comme vivement gênée avant de partir aux toilettes. Ah … bon. Au moins, maintenant qu’il a réussi à la rassurer, il sait qu’il n’a plus à s’en faire. Il suffit juste … hein ? C’est quoi ça ?

Il tourne sa tête à gauche et à droite. Il voit un téléphone portable qui vibre sur une table sauf qu’il n’y a personne autour. Et tout le monde l’ignore et s’en fiche ? Moui. Il doit faire quoi ? Il regarde Meloetta, celle-ci haussant les épaules.

« Je ne connais pas cette technologie, pfff. Bon. Enfin si… »

Il récupère le portable et commence à l’ouvrir, voyant qu’il y a de nouveaux messages. Ce n’est pas très poli mais bon … s’il veut trouver le nom de celui qui a le portable. Il n’a pas le choix. Il commence à cligner des yeux pendant quelques secondes avant de subitement cacher ceux de Meloetta, celle-ci disant :

« Mais Hémaltone, qu’est-ce que … »

« Tais-toi, s’il te plaît. Tais-toi. Où est-ce qu’ils sont ? Ils sont en train de me voir, n’est-ce pas ? Ils sont en train de nous regarder, je parie ! »

Ces photos. Il ne veut pas y croire mais ils ont osé. C’était un piège à sa destination ! Pendant qu’elle n’était pas là ! Il ne se rappelle plus de la personne qui était à cette table mais ces photos … Flutina … nue … et dans des positions .. avec des hommes … et des pokémon. Le pire est que ces photos ne sont pas forcément récentes. Il y en a plusieurs, qui défilent. Ces tordus et ces pervers, cela fait combien de temps qu’ils les ont ?

« Hémaltone, je commence à avoir peur. Je lis dans ton cœur que … »

« HIIIIIIIIII ! Maman ! Maman ! Le monsieur a cassé son portable ! »

Il n’a pas réussi à se retenir. Le portable s’est brisé dan sa main droite. Il se relève, se dirigeant vers une poubelle avant d’y jeter les débris. De l’autre, il prend quelques serviettes en papier, venant s’essuyer comme si de rien n’était le sang sur sa main. Qu’importe ce qui s’est passé, oui. Il n’en a strictement rien à faire au final. Ca ne l’intéresse pas, ça ne le concerne pas, il s’en fiche. Il retourne sur sa chaise, Flutina revenant vers lui.

« Désolée, Hémaltone. Je voulais vraiment … ça ne va pas ? »

« Je regardais à quel point tu étais une femme magnifique et que j’avais une chance énorme et infinie de te connaître. »

Chapitre 24 : De retour

Chapitre 24 : De retour

« Hémaltone, combien de temps est-ce que tu vas attendre ? Plus tu perds de temps, plus cela risque de tourner au vinaigre toute cette histoire, tu le sais ? »

« Je le sais, Meloetta, je le sais … mais … enfin, tu sais de quoi je veux parler hein ? »

« Non, je ne le sais pas et je ne saurais jamais rien tant que tu n’as pas pris ton courage à deux mains. Tu ne vois pas qu’elle est en train de se tuer à petit feu ? Même si je sais que tu refuses que j’aille la suivre, essaies au moins d’apprendre ce qui ne va pas ! »

Il le sait ! IL LE SAIT ! Alors qu’elle arrête de le persécuter car il est à bout lui aussi ! Finalement, il a décidé de l’attendre sur un banc dans un parc. Elle est encore repartie pendant une heure mais c’est pour bientôt qu’elle arrive … enfin, qu’elle est de retour. Il attend cela avec impatience, murmurant :

« Je la forcerais à parler, non pas en l’immobiliant mais … en faisant tout pour qu’elle parle. C’est la meilleure chose à faire, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas, Hémaltone. Je te fais confiance. »

Elle s’éloigne et se téléporte alors qu’il observe Flutina qui s’approche de lui. Sans un mot, il tend ses bras alors qu’elle fonce dedans. Elle tremble, elle tremble de tout son être mais il est là. Il lui caresse le dos et chuchote :

« Faisons une petite promenade, tu veux bien ? »

« Meloetta n’est pas là ? Je ne la vois pas. Elle n’est pas … en colère hein ? Contre moi ? Car je ne restes plus aussi longtemps que … »

« Non, ce n’est pas question de ça, pas du tout. Elle veut nous laisser du temps à deux. »

Elle arrête de trembler alors qu’il prend sa main tendrement. Il la soulève et l’emmène au sol, venant commencer à marcher avec elle avec tendresse. Sur le chemin, il ne peut s’empêcher de lui poser des questions :

« Flutina, tu sais, depuis tout ce temps passé ensemble, je voulais t’avouer quelque chose. Je ne sais pas vraiment comment te l’expliquer correctement avec des mots mais voilà, je vais quand même essayer. J’espère ne pas me rendre trop ridicule … »

Il l’a emmené dans un coin isolé du parc, là où ils peuvent s’installer dans l’herbe, sans personne. Elle finit par s’asseoir à ses côtés, n’osant pas le regarder tandis qu’il reprend :

« Quand tu pars pendant une heure, sans explication puis quand tu reviens sans chercher à m’expliquer, j’ai compris que j’avais mal. J’ai mal et je souffre car je ne peux rien faire pour t’aider. Je suis là, les bras baissés en signe de défaite car pendant une heure, je ne peux pas m’imaginer ce qui se passe et ce qui se fait … J’ai si peur de te voir souffrir et de ne rien pouvoir faire. Qu’est-ce … »

« Hémaltone, ils sont là … et ils te veulent du mal, beaucoup de mal. »

Hein ? De qui ? De quoi ? D’où ? Il n’a pas terminé sa phrase qu’elle éclate en pleurs, reprenant dans des trémolos :

« Je sais … je sais pas qui … les as prévenus … je penssais que c’était terminé mais … les hommes de mon passé, ceux qui me forçaient à faire … tout ça … ils sont revenus. Ils voulaient … ils voulaient absolument me revoir ! Je voulais pas mais ils m’ont dit qu’ils allaient te tuer et dépecer comme un Ecremeuh ! Alors je les suis chaque jour et … »

Stop, qu’elle arrête. Il n’a pas besoin de savoir la suite. Il la devine. Quelque chose se produit dans son cœur. Il a le regard fiévreux, il sent doucement quelque chose qui monte en lui, ans pour autant savoir exactement ce que c’est. Flutina continue de parler, bredouillant :

« Je ne voulais pas mais ils m’ont forcée. Je ne veux pas … je ne veux pas ! Ils m’ont resalie, ils me traitent de tous les noms, ils m’appellent le monstre. Que je ne suis bonne qu’à ça, que je ne sers qu’à ça, ils ont même sortis les pokémon et … »

Stop ! La nausée arrive mais ce n’est pas lui qui vomit mais elle. Elle dégobille, comme si tout cela était tellement horrible qu’elle ne pouvait se retenir. Il la voit vomir et pleurer. Elle se tient la robe au niveau de l’entrejambe avant de se relever, ne s’essuyant pas la bouche :

« Je vais m’enfuir, je vais partir et je ne reviendrais pas. Ils ne te feront pas de mal alors, Hémaltone. Je te le promets, ils ne te feront pas de mal. Au revoir et adieu, Hématone. »

« Partir … comme ça ? Maintenant ? C’est … une blague, n’est-ce pas ? »

Il se relève et l’attrape par le bras. Elle tente de s’échapper mais il la serre avec force. Elle pousse un gémissement de douleur avant de se retrouver allongée sur l’herbe. Choquée par la force du jeune homme, elle n’ose plus bouger même quand il la relève.

« Je … Hémaltone, s’il te plaît, ne me frappes pas pour ça, je sais que … »

Elle ne peut pas terminer sa phrase. Hémaltone a scellé ses lèvres malgré sa réaction d’il y a quelques minutes. Elle s’écroule dans l’herbe, guidée par Hémaltone. Elle tente de réagir, de bouger de cette étreinte. Elle n’est pas faite pour lui et il doit le savoir aussi bien qu’elle. Il se fait du mal et elle le savoir, non ? Ses lèvres ne sont plus pures depuis si longtemps Finalement, il arrête le baiser, la regardant en s’essuyant ses lèvres :

« Est-ce que tu t’es enfin calmée, Flutina ? »

« Hémaltone, tu as fait … une énorme bêtise. Tu … ne peux … rien avoir chez moi. J’ai déjà tout perdu. Je n’ai plus rien à t’offrir. »

« Tu m’as offert ce qui était le plus important chez toi : ton cœur. Et oui, j’ai fais une bêtise : celle de ne pas avoir réagit plus tôt. C’est décidé, on va reprendre un appartement et on vivra ensemble, toi et moi. Tu veux bien vivre avec moi ? Nous visiterons dès demain. »

Elle hoche la tête faiblement, s’essuyant le visage. Hémaltone n’était pas pour elle. Un garçon comme lui n’avait rien à faire avec une fille mais elle était si heureuse, tellement heureuse d’avoir goût à ses lèvres réellement pour la première fois.

Chapitre 23 : Ne pas la délaisser

Chapitre 23 : Ne pas la délaisser

« Flutina ? Tu as faim ? On peut aller manger un petit bout hein ? »

« Non, non, c’est bon, Hémaltone. J’ai un peu mal au ventre ces derniers jours. Je pense que ça passera tout seul mais merci de t’inquiéter. »

Elle lui fait un petit sourire qui se veut rassurant. Dommage que pour lui, c’est tout le contraire. Il fronce les sourcils, ne faisant que la regarder. Pourquoi lui mentir ouvertement ? Le gros souci, c’est que même Meloetta ne peut pas lire dans ses pensées pour comprendre exactement ce qui se passe.

« Imposible, Hémaltone. C’est beaucoup trop confus. Je crois que je m’y perdrais. »

« Tu veux me dire qu’elle réfléchit beaucoup trop ou … »

« Non, c’est confus, plus que confus. Elle se perd dans ses pensées. Elle a tellement de pensées qui se bousculent en même temps qu’il est impossible pour moi d’en extirper une pour comprendre ce qu’elle représente. »

« Et tu ne peux rien faire pour l’aider, j’imagine, c’est ça ? »

La pokémon murmure que oui tandis qu’il est là, se retenant de soupirer. Il est vrai que Flutina regarde étrangement à gauche et à droite. Est-ce qu’elle est poursuivie ? Non, si c’était le cas, il le ressentirait. C’est autre chose. On dirait qu’elle a peur qu’on la remarque avec lui. Est-ce que sa compagnie lui déplaît tant que ça ?

« Flutina, qu’est-ce que … »

« Hémaltone ! Je dois m’en aller une heure, je reviens vite, je te le promets ! »

Ce n’est pas vraiment ça qu’il veut comme réponse mais d’accord. Il la regarde partir, sans un mot, ne faisant que prendre sa respiration. Ce n’est pas ça dont il veut. Il veut une réponse. Il veut savoir ce qui se passe avec elle, c’est tout ! Est-ce qu’il en demande trop ou quoi ? Il se tourne vers Meloetta, chuchotant :

« Meloetta, s’il te plaît, laisses-moi … comprendre cette femme ? »

« Je ne peux rien faire pour ça, je suis désolée, Hémaltone. Elle est encore troublée par son passé. Peut-être as t-elle besoin de temps ? »

« Mais … pourquoi ? Je veux dire, auparavant, ça ne la dérangeait pas et maintenant … »

« Et maintenant, Hémaltone ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Je crois qu’elle me manque plus qu’elle ne le pense. » soupire le jeune homme, décontenancé par cette révélation. Il le sait, il le sait parfaitement mais pourtant, il fait tout pour éviter que ça n’arrive ou que ça se voit.

« Si tu commences à avoir honte, on n’est pas sorti d’affaire, Hémaltone. »

Elle murmures quelques mots mais à partir de ses lèvres, ce qui ne fait que répéter les syllabes de son prénom. Il la regarde d’un air absent, un peu ailleurs alors qu’elle cherche à le brusquer pour l’extirper de ses rêveries. Ça ne sert à rien, rien du tout.

« Meloetta ? Il vaudrait mieux que nous rentrions. Nous n’avons plus rien à faire dans cet endroit, j’imagine. Enfin, rentrer, dans l’appartement dans lequel nous n’allons jamais, tu dois bien t’en douter, n’est-ce pas ? »

« Et Flutina ? Ne me dit pas que tu comptes l’abandonner maintenant hein ? Si tu fais ça, je ne t’adresserais plus jamais la parole, Hémaltone ! Plus jamais, tu entends ? »

« Je ne pensais pas à ça … vraiment, je ne suis pas comme ça. »

« Alors pourquoi est-ce que cela t’a traversé l’esprit à l’instant ? Même si c’est pour éviter de nouveaux malheurs et que tu souffres encore plus, tu ne dois JAMAIS envisager une telle chose ! Sans toi, Flutina est juste perdue et tu le sais parfaitement ! »

« Je le sais … et je ne partirais pas alors. Je ne suis pas comme ça. »

Et puis, surtout, il voit Flutina qui revient vers lui. Cela fait déjà une heure ? Une heure qu’il se plaint de tout ce qui l’entoure et de tout le reste ? Quelle stupidité de sa part, il ne sait faire que ça de toute façon. Se plaindre, se plaindre, se plaindre.

« Hémaltone ! Je … vraiment, je voudrais tellement … »

Elle fonce dans ses bras comme la dernière fois mais l’étrainte est bien plus violente de la part de la jeune femme. Il se laisse faire, lui caressant le dos comme si cela ne le dérangeait que peu ou pas. Qu’importe ce qui se passait, il était là pour elle, oui.

« Hémaltone, s’il te plaît, ne me délaisse pas. Ne m’abandonne pas. S’il te plaît. »

« Ce n’est pas dans mes intentions, Flutina. Ca ne le sera jamais. Mais … pourquoi est-ce que tu fais tout pour que je ne te comprennes pas ? Est-ce que je dois demander à Meloetta de te suivre ? C’est ça que tu veux ? »

« S’il te plaît, ne me quitte pas, je ne pourrais pas, Hémaltone. Je ne pourrais pas. »

Elle semble incapable de comprendre ce qu’il vient de dire. Il ne peut pas lui en vouloir mais qu’est-ce qui la terrorise ? Qu’est-ce qui l’effraie tant que ça ? Il .. se sent mal. Il a de mauvaises pensées. Faldéla avait toujours été la joie de vivre, même dans la majorité des problèmes. Et Flutina ? Il veut protéger ce bonheur.

« Arrêtes tes bêtises et un jour, dis moi ce qui se passe, d’accord ? Je veux savoir, Flutina. Ne me cache jamais la vérité, surtout si elle doit te faire mal. »

Mais elle ne peut pas. Elle est juste là, dans ses bras. Elle finit par s’endormir à moitié, comme si la chaleur du corps d’Hémaltone suffisait à l’apaiser. Combien de temps est-ce que tout cela va durer ? Combien de temps ? Quelqu’un la fait souffrir. Ce quelqu’un … s’il le trouvait … non, il prônait la non-violence mais s’il le trouvait …

Chapitre 22 : La presser contre son coeur

Chapitre 22 : La presser contre son coeur

« C’est donc décidé , Hémaltone. Pas encore d’appartement pour le moment ? Ou alors, tu m’en caches un et nous irons nous reposer quand ça sera nécessaire? »

« Plus cela, oui. Nous avons un appartement à nous mais il faudra le remplir et nous irons presque jamais là-bas. Est-ce que ça te convient ? »

« Bien sûr que oui ! Comment est-ce que ça ne pourrait pas me convenir d’être avec toi encore et toujours ? Sortons alors ! Nous avons nos affaires, non ? »

« Et surtout aucune possibilité de nous appeler et de communiquer avec nous. Nous sommes des vagabonds « riches » mais des vagabonds. »

Elle s’en fiche de comment ils seront appelés par les autres. La femme aux cheveux blancs émet un grand sourire, attendant de voir ce que le jeune homme aux cheveux verts va faire. Oh ? Tout simplement … rien du tout ? Il prend sa main et se met à marcher avec elle. Rien de grandiloquent ou autre, hein ? Pas grave car elle apprécie cela chez lui. Il ne fait rien, il n’exagère guère, il ne cherche pas à impressionner.

Les heures passent et elle est heureuse, délicieusement heureuse. Comment ne pas l’être ? Main dans la main, elle ne fait que regarder Hémaltone, jetant parfois quelques regards autour d’elle. Et Hémaltone réagit de plus en plus positivement à elle. Elle remarque que les pokémon d’Hémaltone l’apprécient, même Meloetta. Si elle arrive à gagner le cœur de la petite créature, n’est-ce pas une bonne chose ? Surtout qu’elle la sait très jalouse.

« Qu’est-ce que … »

Elle reste immobile, Hémaltone s’arrêtant, surpris, ne s’attendant pas à une telle réaction de sa part. Voyant que quelque chose clochait, il observe ce que la jeune femme regarde mais il n’y a rien du tout. Celle-ci retire sa main de la sienne.

« Hémaltone, je dois m’en aller pendant un petit bout de temps. On se retrouve plus tard, d’accord ? Promis ? Je fais vite ! »

« Hein ? Que ? Attends un peu, Flutina ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Réponds-moi s’il te plaît ? Flutina ? Mais, je … j’ai besoin d’explications, moi ! »

Il ne sait pas du tout quelle mouche a piqué la jeune femme mais il la voit courir en bousculant quelques personnes. Qu’est-ce que … ça veut dire ? Il regarde Meloetta, interloqué, bredouillant :

« Est-ce que j’ai fait quelque chose qui la fâche ? Tu as put lire dans ses pensées ou non ? Car je t’avoue que là, je sais pas vraiment ce que j’ai fait. J’ai rien fait de mal hein ? Nous sommes d’accord, toi et moi, hein ? Meloetta ? »

« Normalement, non, tu n’as rien fait de mal ou alors, je ne suis pas au courant, je dois t’avouer. Mais bon, tu sais, entre nous, je crois qu’elle a encore du mal. »

« A me faire confiance ? Avec ce qu’elle … a vécu, c’est normal. »

Mais il ne peut pas s’empêcher d’être … hum … réticent ? Ou alors, il ne sait pas trop, il ne sent pas vraiment bien dans le fond. Quelque chose le dérange mais quoi ? Meloetta lui signale de faire confiance à Flutina même si l’inverse n’est pas encore vrai.

« Patience non ? Elle en a tellement eut pour toi, c’est logique que tu fasses preuve de la même chose envers elle, tu ne crois pas? »

Elle était la sagesse incarnée. Il hoche la tête et lui propose d’aller attendre Flutina dans un café non-loin de l’endroit où il est actuellement. Ainsi, elle sait où le trouver ou presque. Du moins, il la verra de loin. Et enfin, surtout, il pourra nourrir toute la petite bande en patientant. Il espère juste que ce n’est pas trop grave car bon … l’impression qu’il avait eut était loin d’être reluisante, bien loin, oui.

« Hémaltone, elle est de retour. »

Ah bon ? Meloetta le lui signale alors qu’il la voit. Elle regarde à gauche et à droite, comme pour tenter de le trouver. Il dépose de l’argent, sortant du café pour qu’elle puisse le remarquer. Finalement, elle peut l’apercevoir et court vers lui. S’enfonçant dans ses bras, elle bredouille avec un peu de peur :

« Serres-moi dans tes bras, Hémaltone. Je t’en prie, serres-moi dans tes bras. »

Étrange comme demande, du moins, le ton ne lui plait pas mais l’inquiétude est visible et les tremblements sont sincères. Il la calfeutre dans ses bras, chuchotant :

« Voilà, comme ça, est-ce que ça te va ou non, Flutina ? Tu veux me dire ce qui s’est passé ? »

« Hémaltone, réponds … réponds moi sincèrement, s’il te plaît. Réponds-moi. »

« Mais oui, mais oui, mais qu’est-ce que tu veux que je te répondes ? Mais à quoi surtout ? Flutina, il faut que tu t’exprimes sinon, je ne pourrais jamais t’aider, tu sais ? »

« Ce n’est pas grave. Rien de bien important. » bafouille t-elle, incapable de contrôler ses tremblements. Il relève son menton, observant ses yeux avant de dire :

« S’il y a un souci, je veux que tu me le dises, compris ? Tu me le promets ? »

Elle déglutit, cherchant à prononcer les mots qu’il veut entendre mais ils meurent entre ses lèvres. Le jeune homme ne force pas plus. Ca ne sert à rien de l’agacer et la terroriser. Il fait confiance à la jeune femme et c’est alors ce qui compte le plus actuellement.

« Viens boire un chocolat. Tu en as bien besoin, Flutina. »

« C… C’est vrai, Hémaltone. Je suis frigorifiée, hahaha. Tu vois ? »

Frigorifiée en plein été. A qui est-ce qu’elle veut faire croire cela hein ? Il n’est pas stupide mais en même temps, il ne veut pas lui faire de mal. Il la garde contre lui, la ramenant dans le café où il avait pris une consommation. Il ne sait pas exactement ce qui se passe mais une chose est sûre: ça ne lui plaît pas mais vraiment pas du tout.

Chapitre 21 : En baisse

Douzième son : Frottements

Chapitre 21 : En baisse

« Vous voyez ce que c’est ça ? »

Un homme éructe de rage, montrant un tas de papiers avant de le jeter sur le bureau. Devant lui se trouvent plusieurs hommes, tous âgés d’une trentaine d’années voire un peu plus. Ils tremblent à moitié, l’un d’entre eux bafouillant :

« Je je je … enfin je … comment dire exactement … Enfin, il faut comprendre que depuis le départ de Kastry et Hémaltone, nos résultats ont chuté. Il fallait s’y attendre non ? »

« M’y attendre ? M’y attendre ? Qu’est-ce que tu crois exactement ? Tu peux me dire ce que tu fais exactement là ? Tu es en train de trouver une raison ? Mais je veux des solutions ! Et vite ! Cette nouvelle arrivante est inutile ! »

« Elle n’est pas aussi bien que Kastry mais ses résultats sont loin d’être aussi mauvais que vous ne le pensiez, Solomon. Vous devriez pouvoir le remarquer non ? »

« Est-ce que tu estimes pouvoir me donner des leçons ? Déguerpissez avant que je ne décide de tous vous virer pour subvenir aux besoins de la boîte ! VITE ! »

Les hommes poussent des cris d’effroi, quittant la pièce presque aussi vite qu’ils étaient venus. Il faut quelques secondes pour que le silence s’installe dans la place, seul Solomon restant présent. Ne pas se laisser emporter, c’est mieux.

« Je réduirais à néant tous ce qu’ils ont fait. »


Meloetta, Hémaltone, leurs départs furent affreux pour la boîte de production mais ce n’était pas eux qui faisaient tourner cette boîte depuis des années. Non, il faut reconnaître que cela fut l’âge d’or pendant une année mais ensuite ?

« Tout ça n’est pas de leur faute. »

Non, il n’y avait qu’une personne qui était responsable de cette débâcle. Cette personne était maintenant libre, malgré tout ce qu’il avait fait pour ne pas arriver à ça ! Ce nom qui revenait inlassablement en tête, qui lui parcourait l’esprit.

« Kastry … non Flutina, tu me le payeras amèrement. Tu comprendras ta douleur pour m’avoir trahit, moi qui t’ait sorti de cet endroit. Si j’ai put t’en extirper, je pourrais facilement t’y replonger. Tu vas comprendre à qui tu as affaire. »

Il n’avait qu’à passer quelques coups de fil pour cela. Et c’est bien ce qu’il comptait faire. Cette femme, il allait facilement la trouver la briser entre ses mains. Cette femme qui était sûrement avec Hémaltone maintenant.

« Tu ne pourras jamais retrouver cette paix que tu désires tant, Flutina. Et quand Hémaltone sera lui aussi brisé, il n’y aura plus alors qu’à récupérer cette Meloetta. Oui, elle servira enfin à quelque chose … non pas à accompagner un gamin comme lui ! »

Ailleurs, dans une chambre d’hôtel, une jeune femme aux cheveux blancs comme la neige pousse un petit gémissement tout en s »étirant. Son corps se frotte à celui qui se trouve sous elle, sur toute la longueur de son torse alors qu’elle se redresse, à moitié endormie.

« Coucou … Hémaltone. Il est l’heure de se réveiller. »

« Hum ? Flutina ? Qu’est-ce que … sommes ? Hôtel ? Ah oui, je … »

Elle voit qui se frotte les yeux, marmonnant dans son sommeil avant de finalement les ouvrir. Il arrête ses propos, ses yeux bien ouverts, en grand, baissé en direction de la poitrine nue et généreuse de la jeune femme. Une poitrine bien visible.

« OUPS ! Hahaha … Hémaltone. Tu es vraiment … très bien réveillée. »

RAAAAAAAH ! Son corps réagit tout seul ! Il n’a jamais ressentit ça ! Même avec Faldéla, cela était resté très platonique mais Flutina, c’est totalement différente. Elle rapproche son visage du sien puis vient l’embrasser sur les joues.

« Qu’est-ce qui va nous attendre maintenant, Hémaltone ? »

« Je ne sais pas mais je peux te promettre que je resterais à tes côtés. Peut-être est-ce que tu voudrais que l’on envisage un appartement ? La vie de vagabond … n’est pas possible avec ce projet de vouloir créer ma propre boîte de production. »

« Nous pourrions … faire comme tu le désires, Hémaltone. Je serais toujours là, promis. Que tu décides de partir dans ce monde et de voyager ou alors de t’installer définitivement. Tout cela, bien entendu, si tu veux toujours de moi. »

« Arrêtes tes bêtises, Flutina. Avec le temps qui passe, j’ai compris que tu es … celle qui pourrait combler ce vide dans mon cœur. »

La main caresse la chevelure de la jeune femme alors qu’elle se laisse docilement faire par Hémaltone. De quoi irait-elle se plaindre ? Elle est dans une position des plus confortables et même si tout cela semble bien avancé entre eux, elle ne veut rien précipiter. Elle avait compris la leçon la première fois. Maintenant que tout était résolu ou presque, elle prit une profonde respiration, finissant par s’écrouler sur Hémaltone.

« Laisses-moi juste ressentir un peu la chaleur de ton corps encore quelques minutes, Hémaltone. Ensuite, je ferais tout pour aller à la douche. Si tu veux … non. »

Elle ne peut pas lui proposer ça. Hémaltone n’est pas un enfant mais ce n’est pas pour autant quelque chose qu’une femme doit dire à un homme s’il ne sont pas assez proches. Elle évalue ce qui se passe entre eux d’une bien plus grande manière que le simple rapport physique. Elle veut être tout pour lui même si elle ne sait pas si c’est réciproque ou non.

Le plus important est … qu’elle lui a déjà avoué ses sentiments. Il n’y a toujours pas répondu et pourtant elle prie chaque jour et chaque nuit pour que cela arrive. Même si ça doit être négatif, elle aura au moins la confirmation. Pour l’heure, elle ne peut que patienter en espérant que la réponse ne saurait être tardive. Elle l’aime tant et cela ne changera jamais.

Chapitre 20 : Libérée de ses anciens démons

Chapitre 20 : Libérée de ses anciens démons

« Est-ce que la chambre de mademoiselle est à son goût ? »

Il émet un petit rire tout en regardant la jeune femme qui observe la chambre qu’Hémaltone a louée dans un hôtel. Elle est impressionnante ! Très impressionnante mais …

« Hémaltone, il n’y a qu’un seul lit ? »

« Cela revenait trop cher de prendre une chambre à plusieurs. J’espère que tu comprendras que c’est par mesure de préca … et à qui est-ce que je mens ? J’ai juste envie de dormir avec toi. »

Elle semble choquée et étonnée mais le sourire qui illumine ses lèvres est cent fois plus radieux que celui qu’elle offrait aux spectateurs lors de ses passages à la télévision.

« Est-ce que je peux … me préparer dans la salle de bain, Hémaltone ? »

Il fait un petit mouvement de la main, comme pour l’inviter à y aller, se retenant de sourire de toutes ses dents. Aussitôt, elle fonce vers la salle de bain, radieuse et enjouée. Il en faut si peu pour être heureux, tellement peu.

Il est couché sur le lit, les yeux clos, alors qu’il remarque que Meloetta n’est pas dans les environs, comme pour lui laisser un pe ude temps avec la jeune femme. C’est très gentil de sa part mais il ne faut pas exagérer, ce n’est pas comme si …

« Voilà, je suis prête, Hémaltone. J’espère que ma tenue te conviendra ? »

Sa tenue ? Il s’attend à quelque chose de très … enfin très Flutina mais au final, il se trompe lourdement. Ce n’est qu’un pyjama rose avec une chemise de pyjama de même couleur. Oh bien entendu, le tissu est fortement tendu au niveau de sa poitrine mais c’est vraiment très sage de sa part. Il en serait presque déçu.

« J’espère que cela te convient. Je n’allais pas … enfin … tu vois et … »

« Si tu veux bien venir surtout. » dit le jeune homme aux cheveux verts, tendant ses bras en sa direction. Elle semble hésitante puis saute tout simplement sur le lit et sur lui.

« Ohlala ! Mais quelle folie vient de t’emporter ? »

Elle rigole et dépose quelques baisers sur sa gorge tandis qu’il caresse son dos. Pfiou ! Sur le moment, elle n’était pas vraiment légère mais il n’allait pas lui dire ça. Surtout avec la joie qui parcourait son tendre regard.

« Et maintenant, Hémaltone, qu’est-ce que l’on fait ? »

« On profite de la soirée, toi et moi, non ? Qu’est-ce que tu en dis, tu es tentée ? »

Elle est tentée par tellement de choses mais elle a encore du mal à y croire. Le plus important est devant ses yeux. Elle est couchée sur Hémaltone, dans le lit d’une magnifique chambre d’hôtel et ils sont seuls au monde. Rien ni personne ne peut venir les déranger.

« Hémaltone ? Est-ce que tu veux dormir paisiblement ce soir ? »

« Pourquoi ? Il y a d’autres façons de dormir ? Je n’étais pas au courant à ce sujet. Je suis pressé d’apprendre tout cela. Expliques-moi donc. »

« Oh Hémaltone, arrêtes tes sottises. Tu sais très bien de quoi je veux parler, non ? »

Il sourit en même temps qu’elle alors qu’elle se redresse un peu sur son corps. Il voit qu’elle ouvre les boutons de sa chemise, un par un, finissant par la laisser entreouverte. Il déglutit, semblant rapidement gêné par tout ça.

« Je vois que … euh … c’est vraiment très intéressant, tout ça. »

« Est-ce que … tu veux que l’on dorme l’un contre l’autre ce soir, Hémaltone ? Mais vraiment l’un contre l’autre ? Si tu le veux, il vaut mieux que tu retires ton haut alors. »

Retirer son haut ? C’est comme si c’était fait ! Il ne voit pas trop ce qu’elle prépare mais dès l’instant où il est torse nu, la chemise de Flutina est tombée au sol. Il ne peut même pas jeter un œil que le haut du corps de Flutina se presse contre le sien, surprenant le jeune homme qui en pousse un petit cri.

« Chut, Hémaltone. Chut ! Je … um … je … c’est vraiment bizarre comme c’est bien plus gênant maintenant. Vraiment terriblement gênant … »

« A qui est-ce que tu le dis, je n’oses même plus baisser les yeux maintenant mais … euh, dormir de la sorte, c’est bien ça ? »

« C’est ce que nous allons essayer de faire, oui, toi et moi . »

Elle fait tournoyer un doigt sur le haut du torse d’Hémaltone, complètement rougie par cette timidité qui l’envahit tandis que le jeune homme ose à peine ouvrir la bouche.

« Je prends cela pour un oui. Hémaltone, tu as raison : on ne doit pas se presser mais en même temps, j’ai du mal à me retenir quand je te vois. »

Il rigole après les propos de Flutina, venant éteindre la lumière pour qu’ils soient plongés dans le noir, tous les deux. Quelques mouvements se font entendre plus que de voir tandis qu’il halète de joie. Le corps de Flutina est si chaud quand il est collé au sien.

« Rien ne presse … rien ne presse … je suis dans un lit avec un ange. » se chuchote t-elle alors qu’il murmure, un peu étonné par ses propos :

« De quoi est-ce que tu parles, Flutina ? Flutina ? »

« Plus de démons … autour de moi, juste un ange. » dit la jeune femme dans un souffle, se retrouvant apaisée comme si tout ce qu’elle avait enduré depuis toutes ces années venait enfin de disparaître. Si ce n’était que ça pour lui permettre de tirer un trait définitivement sur cette histoire, il en était alors grandement heureux. Tout ce qu’il fallait pour elle, c’était de pouvoir souffler un peu et ça, c’était ce qu’il était en train de lui offrir.

Chapitre 19 : Le bonheur à sa portée

Chapitre 19 : Le bonheur à sa portée

« Montres donc voir qui est la plus belle demoiselle jamais rencontrée. »

Le jeune homme murmure cela dans un petit sourire tendre alors que Flutina sort de la cabine. Oui, elle porte encore du blanc mais cela lui va à ravir. Et … disons qu’elle a moins peur de montrer son décolleté au jeune homme.

« C’est un peu de la folie non ? Tu ne devrais pas dépenser autant d’argent pour moi, Hémaltone. C’est juste complètement fou de ta part, je ne veux pas te ruiner. »

« Laisses-moi donc dépenser une partie de ma fortune comme je le veux. Surtout que j’ai aussi dépensé pas mal juste pour acheter les différents journaux qui parlaient de ton innocence. J’ai décidé de les envoyer à Solomon, ça lui apprendra. »

« Tu n’aurais quand même pas osé faire ça, Hémaltone ? Non ? »

ll fait un grand sourire comme pour lui montrer qu’il ne plaisante pas le moins du monde. Quand il est sérieux, il l’est ! Il va falloir qu’elle l’apprenne par elle-même ! Hahaha ! Il n’a aucune honte ou aucune peur par rapport à tout ça !

« Et maintenant, Hémaltone ? Que faisons-nous ? Tu comptes … vraiment reprendre un appartement ? Enfin, revivre correctement ? »

« Sûrement, oui. Mais pour ce soir, ce n’est pas le cas, tu viens ? » dit-il tout en prenant tendrement sa main, la jeune femme se laissant entraîner par Hémaltone.

Ils se retrouvent dehors, comme auparavant sauf qu’ils ne sont plus sales, loin de là. Le jeune homme est en train de frotter les cordes de son violon avec son archet tandis que Flutina l’accompagne au chant. Meloetta danse avec Samboros alors Xylono et Starni sautillent sur place, visiblement en train d’apprécier plus que nécessaire la musique.

« Tu vois la joie que ta musique apporte, Hémaltone ? »

Un petit message mental de la part de Meloetta. Celle-ci lui reparle enfin par la pensée. Auparavant, ce n’était plus vraiment le cas mais maintenant, si. Il ne fait que sourire, continuant à jouer de sa musique alors qu’il pense :

« Je le sais … mais ça ne veut pas dire que je doives m’abandonner à elle. »

« Qui parle de s’abandonner ? Nullement moi … mais regardes donc Starni. Tu ne vois pas à quel point elle est contente que tu sois redevenu comme auparavant ? Pour elle, le son est vraiment très important. Non, la musique est très importante pour chacun d’entre nous. Sans elle, nous ne serions jamais tous réunis. »

« C’est vrai … mais voilà, aujourd’hui, c’est le cas, tu devrais en pro … »

Il s’arrête dans ses pensées, remarquant que Starni s’était mise à briller. Cela lui rappelait quelque chose ! AH ! Elle était en train d’évoluer ? Il accéléra le rythme sur son violon, comme pour accentuer l’évolution jusqu’à ce qu’un impressionnant pokémon n’apparaisse.

« BROUH BROUH BROUHAHAM ! »

Le pokémon est exalté et ravi, commençant à tapoter sur son corps pour exprimer divers sons et sentiments. Comme folle de joie, Starni danse sur place à son tour alors qu’Hémaltone continue de suivre ce rythme accéléré.

« Je suis content pour toi, Starni, tu le mérites tant. Mes félicitations, tu es devenue encore plus belle qu’auparavant. Prête ? »

« Il ne faudrait pas que je sois jalouse d’une pokémon avec de tels compliments, non ? »

Il rigole aux propos de Flutina alors que la nuit continue comme elle avait commencé : dans la joie, la bonne humeur mais surtout le chant et la musique. Quelques heures plus tard, tous les pokémon sont encore dehors mais endormis autour d’Hémaltone et Flutina. Les deux humains sont dans un seul sac de couchage tandis qu’Hémaltone sourit à la jeune femme.

« Une petite soirée … de la sorte, ne fait pas si mal que ça, n’est-ce pas ? »

« Je ne peux pas nier que j’ai … été … Hémaltone, c’est enfin terminé, n’est-ce pas ? »

« Tu veux plutôt dire que tout ne fait que commencer non ? Regardes autour de toi, tu as maintenant une nouvelle famille ! »

« Qui est la maman ? Qui est le papa ? » demande t-elle alors qu’il pose un doigt sur son nez, comme pour lui dire de ne pas trop exagérer.

« Laisses-moi un peu de temps, d’accord ? C’est tout ce que je te demandes. Peut-être qu’un jour, tu seras la maman. Qu’est-ce que tu en dis ? »

Elle ne fait que rire très faiblement, d’une façon candide avant de fermer les yeux. Elle a déjà la plus belle des réponses, elle n’a pas besoin de patienter plus, elle est déjà heureuse. Maintenant qu’elle n’a plus rien à craindre, elle sait qu’elle peut obtenir ce bonheur.

« Est-ce que je peux rester vraiment collée à toi, Hémaltone ? »

« Comme tous les soirs, non ? Quelle est la différence ? »

« Elle est là, cette fois, je suis réveillée et toi aussi. »

Elle le plaque doucement sur le dos, venant s’installer au-dessus de lui. Oui et ? Cela ne change pas à d’habitude. Ils dorment parfois avec elle sur lui. Mais … AH ! Bon sang, pourquoi est-ce c’est différent aujoursd’hui ? Car elle est réveillée ? Car elle est rouge aux joues ? Car elle a son visage exactement placé en face du sien ?

Car son visage est juste proche du sien ? Que leurs nez sont en contact alors que ses yeux rubis rencontrent ceux saphir qu’il possède ? Que ses lèvre sont si proches qu’il peut sentir son haleine ? Que chaque parcelle de son corps est pointe au sien ? Elle … est belle. Terriblement belle. Elle n’est pas humaine. Il le sait. Elle vient d’ailleurs, d’autre part. Et il sait qu’à cause d’elle, il n’arrivera pas à dormir ce soir, surtout avec ce qu’elle fait à l’instant.