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Chapitre 18 : Tout derrière soi

Chapitre 18 : Tout derrière soi

« Mademoiselle Kastry, vous êtes accusée du meurtre de la dénommée Faldéla. Reconnaissez-vous les faits ? »

« Non, je ne les reconnais pas. »

Cela n’avait été que le début de ce qui semblait être une éternité. Deux semaines, deux très longues semaines se sont écoulées. Et les policiers n’avaient rien put faire pour les séparer. Même dans la prison, lorsqu’ils avaient été emmené ailleurs que dans la cellule, cela avait été tout simplement impossible.

« Comment est-ce que vous pouvez prétendre le contraire alors que … »

Elle est juste muette. Ça ne la concerne pas et pour cause : c’est Hémaltone qui la défend contre vents et marées. C’est lui qui est debout. Elle sait à quel point cette expérience est horrible pour lui. La raison est malheureusement très simple.

Hémaltone … on parle de son premier amour. Il est en train de la défendre dans le sujet de la perte de son premier amour. Elle, qui a tout du coupable idéal. Et pourtant, il parle, il parle, il ne montre aucune hésitation dans ses propos, aucun sentiment dans sa voix.

« Ce que les gens ne savent pas ou ne veulent pas savoir au sujet de Kastry, c’est bien ses nombreux actes de générosité et aussi son caractère. Quelqu’un qui la connaît véritablement sait qu’elle n’est pas ainsi et qu’elle ne le sera jamais. »

Bien que l’argument soit douteux, il fait mouche … et cela permet à Hémaltone d’avoir d’autres ouvertes. Bien entendu, il ne connait pas les lois, bien entendu, un avocat serait bien meilleur dans ses expressions et autres mais tous l’écoutent attentivement.

« Et encore, ce n’est que le début … car vous vous doutez bien que si cela ne devait s’arrêter qu’à ça, nous ne pourrions jamais continuer, n’est-ce pas ? »

Il dit cela sur un ton nonchalant. L’avocat adverse ne peut pas s’exprimer ou presque. Dès qu’Hémaltone a fini et qu’il donne ses arguments, Hémaltone attend alors son tour pour bloquer chaque mot adverse.

« Le jury va annoncer son verdict d’ici quelques heures. »

Tout est terminé. Il suffit de patienter. Le jeune homme retourne auprès de Flutina. Celle-ci n’ouvre pas la bouche mais ses lèvres bougent. Elle le remercie de tout son être, même si cela doit mal se terminer. Elle sort avec lui, sous les flashs des appareils photo.

« Veuillez nous laisser tranquille. »

Il parle nonchalamment alors que les journalistes sont repoussés par les pouvoirs psychiques de Meloetta. Il a put remarqué Solomon parmi les personnes présentes. Il sait une chose : ce n’est pas elle … qui a fait ça mais lui. Il n’a aucune preuve pour confirmer les actes maléfiques de cet homme mais qu’importe, il se promet de le faire tomber, quitte à y laisser des plumes Il le fera tombé de sa tour d’ivoire.

« Le jury a prononcé son verdict. Dans l’affaire de la mort de Faldéla, la dénommée Kastry est déclarée … … … »

Pourquoi faut-il toujours faire durer ce suspense ? POURQUOI ? Même lui finit avec les mains moites alors qu’il tente de se contrôler . PFIOU ! Non ! Ca ne va pas le faire ! Il n’a pas fait tout ça pour être séparé !

« Non-coupable ! Kastry est libre ! Vous pouvez quitter le tribunal ! »

Des applaudissements nourris se font entendre alors qu’Hémaltone ne s’en prive pas. Ses mains se placent autour des hanches de Flutina et la soulève au-dessus du sol. Il a l’impression d’avoir réussi quelque chose qu’il n’aurait jamais put faire auparavant.

« Flutina. Tu es enfin libre, tu as entendu ? »

« Libre … c’est vrai. Je suis libre ! Hémaltone ! Je suis libre ! »

Elle gesticule dans ses bras et finit par le faire tomber au beau milieu du tribunal, elle sur lui. Pourtant, il rigole doucement alors que les flashs recommencent à les entourer. D’un claquement de doigts, Meloetta transporte Hémaltone et Flutina ailleurs, bien loin de tout ça.

« Merci pour tout, Meloetta. Je crois que ça fait du bien de pouvoir souffler un peu en fin de compte. Enfin bref, Flutina, fermes les yeux. »

Elle s’exécute avant de sentir les lèvres d’Hémaltone juste à côté des siennes, sur ses joues qui rougissent violemment. Bien entendu, bien entendu. Elle est un peu déçue mais elle s’en doutait. Elle ne pouvait pas trop rêver non plus hein ?

« Merci beaucoup Hémaltone, c’est vraiment un grand cadeau que tu viens de me faire. »

« Maintenant, on va reprendre une vie un peu plus normale. »

« Un peu plus normale ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Que je vais rechercher un appartement où vivre pour que je puisses m’habituer à nouveau à une vie plus correcte. Avec l’argent que j’ai, je n’ai pas à m’inquiéter pour le prix. Quant à ce que je veux faire, je ne sais pas mais qu’importe. »

« Mais … est-ce que … j’ai le droit de venir aussi ? »

« Hum ? Bien entendu, tu ne pensais quand même pas que je te permets d’être libre pour te dire de partir, non ? Tu es libre … de rester avec moi si tu le désires. Je ne vais pas te forcer, loin de là. Qu’est-ce que tu en dis ? Tu es tentée par cette expérience ? Cela te convient ? »

« OUI ! » s’écrit-elle avant de venir l’embrasser à son tour. Elle passes bras autour de la nuque d’Hémaltone, son visage proche du sien. Elle n’a pas envie de plus à l’heure actuelle. Hémaltone a retrouvé le goût pour tout. Elle sait que maintenant, il est possible que le jeune homme retrouve ses talents musicaux et en fasse profiter du monde. Cela veut dire que tout va revenir comme auparavant … mais avec elle dans l’équation, n’est-ce pas hein ?

Chapitre 17 : Se rendre

Chapitre 17 : Se rendre

« Nous vous rappelons que si vous avez des informations sur la dénommée Kastry, vous êtes priés de nous contacter à ce numéro. Cette femme est recherchée par des mandats d’arrêts internationaux pour le meurtre de Faldéla. »

« Assez, assez, assez, je commence à en avoir assez ! »

Il s’exclame avec colère, se tournant vers Flutina qui tremble de peur et de surprise. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il crie ? Est-ce qu’il a décidé que … finalement, ça va être ça alors, c’est bien ça ? Il veut … non ! Elle sait qu’il ne l’aband…

« Flutina, nous allons au commissariat de police. Viens avec moi. »

Il prend sa main mais elle la retire presque aussitôt, tremblant de tout son être. Il veut vraiment qu’elle aille se rendre ? Lui ? Il veut vraiment qu’elle fasse ça ? Mais … Mais mais mais … Hémaltone ! Pourquoi est-ce qu’il veut ça ?

« Flutina ? Tu ne m’as pas écouté ? Nous allons au commissariat ! Viens vite ! »

« Hémaltone, tu veux que je me rendes? Tu en as assez de moi ? Je … »

Il émet un grognement de colère et voilà qu’elle se recroqueville sur place. Qu’on ne l’emmène pas sur place ! Elle ne veut pas de ça ! Ele ne veut pas aller en prison ! Elle ne supporterait pas la prison, elle le sait ! Son corps ne supporterait pas ça ! Les gens, ils allaient lui … Elle poussa un nouveau cri de surprise alors qu’elle se retrouvait plaquée contre un mur d’une ruelle, Hémaltone penché au-dessus d’elle.

« Tu arrêtes de raconter des bêtises plus grosses que ton crâne ? »

« Mais alors pourquoi est-ce que tu veux que je fasses cela ? Dis-le … »

« BON SANG ! Je ne vais pas te livrer à la police ! Tu es trop impor … » dit-il avant de stopper sa phrase Purée ! Après ces dernières semaines, elle n’avait pas fini par comprendre qu’il n’était pas comme ça ? Qu’il ne comptait pas laisser la police la capturer ? Quelle idiote ! Mais quelle idiote cette fille ! Ce n’est pas son genre et ça ne le sera jamais !


Il presse maintenant Flutina contre son cœur, la jeune femme commençant à gémir de douleur. Il serrait avec force, chose à laquelle elle n’était pas habituée de sa part. Elle pouvait l’entendre lui chuchoter avec tendresse :

« On va voir la police pour régler cette affaire une bonne fois pour toutes. Qu’ils arrêtent définitivement les poursuites et qu’enfin, tu ne sois plus considérée comme une fuyarde, une criminelle ou je ne sais quoi. Ils veulent t’en faire baver ? Je m’interposerais. »

Elle déglutit, commençant à renifler longuement, un peu de morve coulant de son nez alors qu’elle pleurait. Pourquoi ? Pourquoi c’était elle qui n’arrivait pas à lui faire confiance ? Pourquoi est-ce qu’elle n’arrivait pas à comprendre qu’Hémaltone ferait pour pour qu’elle soit enfin soulagée et heureuse ? Pourquoi est-ce qu’elle avait autant de mal à comprendre ça ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’Hémaltone … était aussi bien pour elle ?

« Maintenant, nous y allons, d’accord ? Tu vois ? »

« Oui … Hémaltone, là où tu iras, j’irais. » chuchote t-elle alors qu’il vient déposer un baiser sur son front tout en caressant ses cheveux blancs. Elle relève la tête, surprise par le baiser alors que l’autre main essuie la morve de son nez, faisant un mouvement pour que cela parte sur le sol. Elle chuchote quelques excuses alors qu’il serre sa main dans la sienne.

Une demie-heure plus tard, ils se trouvent devant le commissariat de police de cette ville où ils se trouvent actuellement. Voilà, ce n’est plus qu’une question de secondes … non, de minutes. Elle tremble mais la main qui serre la sienne est forte et chaleureuse alors les tremblements arrêtent. Meloetta apparaît soudainement, se plaçant sur l’épaule de Flutina en lui souriant. Tout se passera bien, elle le lui promet.

« Qui êtes vous … et … Hémaltone ? Mais vous êtes porté disparu et … qui ? »

« Kastry. Il s’agit de Kastry … et je vous interdis de faire ne serait-ce qu’un mouvement pour tenter de l’arrêter. Nous venons vous voir pour pouvoir mettre un terme aux accusations plus que graves en ce qui concerne sa personne. »

« Des accusations ? Les preuves sont formelles : elle est coupable du meurtre de Faldéla ! Nous devons l’arrêter avant qu’il ne … »

« Non, vous êtes la Justice et je la respecte mais nous ne sommes pas venus pour qu’elle se fasses arrêtée sans qu’elle soit entendue devant un juge. Nous ne quitterons pas cette ville et le seul avocat dont elle aura besoin est moi. »

Le policier le regarde, décontenancé avant de se frotter le crâne. Il semble réfléchir longuement à tout ce qui vient de se passer, soupirant :

« Donc si je comprends bien, vous venez pour régler cette histoire de meurtre mais vous refusez qu’elle soit emprisonnée. Vous voulez qu’un tribunal soit mis en place pour qu’elle puisse être défendue et qu’elle soit alors libre. Ma question est : pourquoi ? Toutes les rumeurs disent que cette femme vous aimait à la folie alors que vous étiez en couple avec Faldéla. Mais maintenant, vous voulez annuler tout ça ? Ou alors, êtes-vous son complice dans cette sordide histoire ? Depuis quand est-ce que vous êtes amant avec elle ? »

« Je ne suis pas amant avec elle. Est-ce que vous allez l’enfermer de force ? »

« Vu qu’il s’agit d’un meurtre, il n’y a pas vraiment le choix. Je suis désolé mais la loi, c’est la loi. Vous ne pouvez pas quitter ce commissariat avec elle. »

« Alors je ne le quitterais pas. Flutina, nous voilà tous les deux en prison jusqu’à ton jugement. Ne t’en fait pas, on réglera ça définitivement et une bonne fois pour toutes. »

Elle n’ose plus parler. Elle veut se montrer forte pour lui. Elle hoche la tête après tout cela et va alors suivre le policier qui les emmène jusqu’aux cellules. Mais impossible pour eux de les séparer. Ils se retrouvent dans la même cellule. Sans un mot, Hémaltone vient garder Flutina dans ses bras. Ils sont emprisonnés comme des criminels mais il ne peut pas la laisser seule à cause de toute cette histoire. Meloetta vient se placer auprès d’eux : bientôt, ça sera fini.

Chapitre 16 : Garder sa pureté

Chapitre 16 : Garder sa pureté

« Veuillez applaudir la nouvelle idole des jeunes : Maestra ! »

Une jeune femme à peine sorti de l’adolescence. Elle a un grand sourire aux lèvres et semble ravie de ce qu’elle fait. Hémaltone ne dit rien mais n’en pense pas moins : il trouve tout cela d’un ridicule dont il ne peut réellement se passer. Il préfère se retenir de parler ouvertement de ce qu’il pense d’elle mais voilà que Flutina regarde l’écran.

« Nous ne reviendrons jamais un jour sur le devant de la scène, n’est-ce pas ? »

« J’ai envisagé de créer ma propre boîte de production … avec elle. Comme tu as put le voir, je ne l’ai pas oubliée mais je préfère m’abstenir d’y penser pour le moment. Je pense que tu y comprendras la raison. Néanmoins, je … »

« Ce n’est pas une si mauvaise chose de ne pas faire partie d’un gros groupe comme celui-ci .Je me sens plus libre maintenant ! Ce n’est pas une bonne nouvelle ? »

« Ca l’est … mais pourquoi continues-tu de regarder cet écran alors, Flutina ? »

« Elle me semble tellement plus douée que moi, dans tous les domaines. Pourquoi est-ce que je fus ainsi au final ? Je me le demandes sincèrement. »

« Hum ? Douée ? C’est à moi d’en décider non ? »

Il a passé plusieurs mois à être aux côtés de Flutina et même encore maintenant, il l’est. Il observe la jeune demoiselle qui se pavane sur l’écran, soupirant :

« Alors, si tu vois, ses pas de danse sont un peu hésitants. Regarde quand elle dit ‘ « lève. », au bout de la troisième seconde, sa voix déraille. Elle a un bras qui semble plus petit que l’autre. Sa tenue ne représente rien et en montre trop. »

« Et chez moi, Hémaltone ? Qu’est-ce qu’il y a à dire ? Tu veux bien me l’annoncer ? »

Il se retourne vers elle. Dire ? La décrire ? Qu’est-ce qu’il y a à décrire chez elle ? Ce qui s’est passé, il y a quelques jours, il veut à peine s’en rappeler par mesure de précaution. Il a l’impression de s’être un peu trop dévoilé.

« Ne te poses pas des questions absurdes, je n’ai que ça à te dire. Tu es parfaite comme tu es car tu es pure contrairement à elle. »

« Qu’est-ce donc la pureté ? Hémaltone, tu connais parfaitement mon corps non ? »

« Arrêtes cela. Je sais ce que je dis. Tu n’as pas à considérer les autres propos, ni même les tiens en fin de compte. Mes paroles sont les plus importantes à tes yeux, compris ? »

Est-ce qu’il veut dire par là qu’elle doit considérer ses propos comme l’unique chose à laquelle elle doit se raccrocher ? Si tel est le cas, elle … serait alors plus qu’heureuse. Vraiment très heureuse oui. Elle a un petit sourire avant d’hocher la tête, poussant un petit cri de joie tout en reprenant la parole :

« Si monsieur Hémaltone dit que je suis pure, alors je suis pure. S’il dit que je suis belle, alors, je suis belle. C’est bien ça ? »

« A peu de choses près, on peut dire ça comme ça, j’imagines, je n’en suis pas sûr. »

« Est-ce que je suis donc belle pour monsieur Hémaltone ou non ? Ou plutôt, est-ce que mademoiselle Flutina conviendrait à monsieur Hémaltone ? »

« Toi, tu en profites un peu trop ou je suis en train de rêver ? Enfin, pour te répondre, oui, monsieur Hémaltone est satisfait de mademoiselle Flutina. »

« Hihihi. Merci Hémaltone … de me faire autant sourire. »

C’était quelque chose de très précieux pour elle. Mais surtout, avec ce qu’il dit, elle sent qu’elle le retrouve, comme auparavant. C’est ce qui est le plus important aux yeux de la jeune femme à l’heure actuelle et elle ait qu’elle peut arriver à cet objectif.

« Hémaltone, que penses-t de nos vies actuelles ? »

« Elles me conviennent très bien pour le moment. Pas toi ? Ou alors, est-ce que tu désirerais autre chose ? Tu peux me le dire. »

« Non, j’ai déjà tout ce que je veux même si … je m’en veux d’avoir été l’une des raisons qui t’ont poussé à quitter la musique pour que tous puissent t’entendre. Je trouve cela dommage que les autres ne puissent pas en profiter et … »

« Ils en profitent lorsque je suis avec toi dans les rues. Il n’y a pas besoin de diffuser plus autour de moi pour que cela me satisfasses. Oui, je n’ai rien besoin d’autre. »

« C’est vrai. Je tiens à m’excuser pour mes propos, je n’avais pas pour but de te faire détester ce que je disais, loin de là. Mais bon, je penses que tu le sais déjà et que je n’ai pas à m’expliquer plus en détails à ce sujet, c’est bien ça ? »

« A peu de choses près, c’est exactement cela. Tu sembles apprendre vite, on dirait bien. Maintenant, remettons-nous en route. Cet écran m’exaspère. Cette fille est laide de l’intérieur, qu’importe le travail effectué à l’extérieur. »

Mais pourtant, il avait dit cela sur un ton plus plaintif que cassant, comme s’il était désolé pour elle. C’est vrai dans le fond. Flutina comprenait pourquoi Hémaltone réagissait ainsi. Cette fille ne savait guère exactement ce qui lui arrivait. Elle ne savait pas qu’elle était manipulée par Solomon, comme elle auparavant. Sans un mot, elle fonce dans les bras d’Hémaltone, se calfeutrant contre ce dernier. Celui-ci, étonné, passe une main dans le dos de la femme encapuchonnée alors qu’elle chuchote :

« Je peux dire mille fois merci, ça ne sera jamais assez pour m’avoir sauvé. »

Ohla ! Qu’est-ce qui lui prends de se comporter de la sorte ? Elle va se sentir redevable envers lui et ce n’est pas vraiment ses intentions. Pas du tout. C’est vrai que depuis quelques jours, il ne tarissait pas d’éloges, sans s’en rendre compte.

Chapitre 15 : Des félicitations

Chapitre 15 : Des félicitations

« Tu restes ici, Flutina et que je ne te vois pas partir. »

« D’accord, d’accord, ne me menaces pas, Hémaltone, je n’aime pas ça. Je n’aime pas la violence, tu le sais bien hein ? Tu ne vas pas faire ça hein ? »

« Je ne suis pas ainsi. Tu me juges négativement, ce n’est pas bon. Si tu arrives à chanter, nous verrons … alors quoi faire. »


Il ne répond pas pour pour le reste. Il commence à rejouer de la musique, prenant une profonde respiration. Le tout est de se concentrer, juste se concentrer pour qu’elle puisse écouter sa musique et ensuite y mettre son propre chant.
Le chant de Flutina. Il sait quelque chose à ce sujet, il est beau, très beau … mais depuis si longtemps, elle ne chante plus. Même quand ils sont seuls, n’est-ce pas ? Et encore, non, il exagère. Elle chante … mais pas en public, or il veut que ça soit le cas.

Sa musique devient plus douce et tendre alors qu’il pose son regard bleu vers Flutina. Elle reste immobile, toujours encapuchonnée, la tête baissée. Mais il voit ses lèvres qui commencent à bouger, faiblement, très faiblement :

« Ardents rayons, chaleur du cœur.
Sans toi, tout mon être se meure. »

Elle a commencé à chantonner ! Il la regarde, ne pouvant s’empêcher de sourire. Bien entendu, les paroles ne sont pas très joyeuses mais le ton de la musique non plus ! Tout ce qu’il sait, c’est qu’elle est en train de chantonner ! Meloetta préfère rester muette, se rapprochant de Flutina comme pour la féliciter bien qu’elle reste invisible.

« C’est parfait. C’est parfait. Continues, Flutina. Continues. »

« Chantons sous la pluie, toi et moi. »

Une symphonie qui parle du beau temps et de la pluie. Il n’est pas aveugle, enfin, sourd dans ce cas précis. Il sait de qui elle parle mais aussi que les paroles de cette chanson lui sont venues comme ça, dans son esprit.

Finalement, les applaudissements sont unanimes alors que le jeune homme remercie les personnes. Bien qu’ils soient encapuchonnés, il prend la main de Flutina dans la sienne pour qu’elle se lève elle aussi et vienne s’incliner.

Lorsqu’ils se retrouvent seuls, il la regarde doucement, presque attendri. Pour elle, c’est la première fois qu’elle le voit avec un tel regard à son encontre.

« Flutina, mes félicitations à ce sujet. Je tiens à te le signaler que tu as été remarquable. Je sais que tu as dût faire un grand effort à ce sujet et je suis content pour toi. Si tu veux, tu peux me demander quelque chose en récompense. »

« Est-ce que je peux … avoir un sourire chaleureux et sincère de ta part ? »

Il cligne des yeux, retirant sa capuche et faisant de même avec celle de Flutina pour qu’ils puissent se voir. Ses lèvres bougent doucement, prenant la forme d’un sourire tendre alors qu’il rapproche ses mains de Flutina, les levant dans les siennes jusqu’à les ramener au niveau de ses lèvres, y déposant un baiser.

« Je considères que cette récompense est un peu trop faible. Pour la peine, je sais que tu as quelques affaires. Nous allons manger dans un restaurant, toi et moi. Oh et nos compagnons, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que … »

« Et si les gens nous remarquent ? Je … »

« Ils ne connaissent que Kastry, pas Flutina. Quant à moi, ils ne m’impressionnent pas vraiment. Ils peuvent me juger, je m’en fiches. D’accord ? »

« Comme … tu le désires vraiment, Hémaltone. Mais j’acceptes ce que tu m’as proposé. Je tenterais d’être assez belle et de … »

Il l’empêche de parler, lui chuchotant qu’ils vont faire quelques courses pour la peine alors. Ils peuvent bien se permettre un petit écart pour ce soir. Des vêtements pour lui ? Un bon restaurant pour eux deux ? Contrairement à ce qu’elle pensait, ce ne fut pas si difficile que ça à trouver. Et pourtant, même s’il n’était pas si inquiet que ça, il n’avait pas voulut la laisser seule, attendant devant le magasin. Elle avait enfin put mettre sa tenue et … il avait put alors la contempler. Pourquoi avait-elle décidé de mettre des lentilles dorées ? Même s’il préférait ses yeux rouges, il pouvait comprendre. Elle restait inquiète. Néanmoins, elle avait gardé ses longs cheveux blancs. Sa robe était entièrement blanche, assez fine et mettait ses épaules à nues comme un décolleté assez généreux. Oui, elle ressemblait à une demoiselle liée à la chanson … mais plus à une diva qu’à une célébrité de télévision.

Il se surprit à rougir, grattant sa joue alors qu’il remarquait ses boucles d’oreilles dorées, son collier et ses petits anneaux aux bras. Elle avait fait d’importants efforts alors que lui-même avait été jusqu’à se mettre un costume. Vraiment ? La cravate l’embêtait mais … comment pouvait-il le penser, il trouvait que s’il devait porter une telle chose pour voir Flutina ainsi, ce n’était qu’un maigre sacrifice donc bon …

Restaurant. Il avait demandé une table isolée des autres. Et au final, il prend la main pour l’emmener jusqu’à elle. Il lui demande ce qu’elle veut tandis qu’il commande déjà pour les pokémon. Il leur demande simplement de ne pas faire de bruit.

« Ce soir est spécial. Flutina, profites-en d’accord ? »

« D’accord mais pour dormir … comment est-ce que … Enfin non, je ne devrais pas poser la question et juste attendre que les heures s’écoulent en ta compagnie. Merci. »

« De rien, ce n’est pas moi qu’il faut remercier mais la jeune femme qui a eut le courage de chanter avec moi ce soir. »

Elle rougit alors que doucement, le pied du jeune homme remonte vers le sien. Rien de plus, rien de moins. Ils mangent paisiblement, parlant de leur musique et de leur chant, sous le regard attendri des pokémons d’Hémaltone. Il avait repris des couleurs.

Chapitre 14 : Difficile à oublier

Chapitre 14 : Difficile à oublier

« Hémaltone ? Est-ce que tu m’en veux ? »

« Je ne vois pas pourquoi je t’en voudrais. Tu es libre de garder tes secrets. Je n’ai jamais forcé une femme à m’en dire plus que nécessaire à ce sujet. »

« Je vais t’en parler. Je veux que tu comprennes pourquoi j’ai dit cela. Que tu ne crois pas que j’ai tué Faldéla alors que … »

« Parles donc au lieu de tourner autour du pot, ça sera bien plus simple pour toi et moi, non ? Tu ne crois pas ? Tu ne trouves pas ? Alors accélères. »

« Pardon … Hémaltone, je ne veux pas que tu te mettes en colère. Faldéla était toujours trop proche de toi, beaucoup trop à mes yeux. Qu’importe ce que je faisais, qu’importe ce que je disais, qu’importe ce que je voyais, c’était Faldéla, Faldéla, Faldéla. Il n’y avait que ça en face de moi, que ça ! Comment est-ce que je pouvais lutter, Hémaltone ? Dis-le moi, je veux savoir. Dis moi comment réussir à passer outre ça ? Je ne pouvais pas. »

« Est-ce que je dois répondre ou non ? »

« Tu ne dois pas répondre, Hémaltone. Tu ne dois pas répondre, ce n’est pas à toi de répondre. Hémaltone, est-ce que tu as compris ce que je veux dire ? Par rapport à toi ? »

Il reste muet cette fois, ne faisant que la regarder. Elle place une main sur son cœur, le fixant longtemps, très longtemps, comme si elle avait un message à délivrer.

« Jamais auparavant, jamais, je n’ai ressenti une telle chose. Jamais ! Chaque jour, chaque heure, chaque nuit, chaque instant, j’avais les mains moites, j’étais en sueur, sans réellement comprendre la portée de tout cela. Tu étais intouchable, impossible à atteindre. Est-ce que j’étais jalouse de Faldéla ? Je l’étais. Car elle pouvait te voir à chaque instant, même quand tu dormais, même quand tu étais sans protection, désirable. Tu étais tout pour moi, Hémaltone. Je n’ai jamais été aimée et je n’ai jamais aimé. Je ne connaissais pas ce sentiment. On me traitait de traînée, on abusait de moi, on me violentait, on m’insultait de tous les noms, on me forçait à faire des choses abominables, que ça soit avec des humains et des pokémon. »

Il s’arrête aussitôt de la regarder, détournant le regard. Elle … n’avait pas besoin d’aller jusque là. Il en avait assez entendu de toute façon. Pourtant, elle reprend, les tremblements dans sa voix ne laissant aucun doute sur la véracité de ses propos :

« Je me suis posé plusieurs fois cette question. Quand je t’ai vu à l’écran, la première fois, quand je t’ai entendu dire la vérité, toute la vérité sur ton enfance, sur tes parentss, quand j’ai put écouter ta musique, j’ai alors pensé que tout n’était pas si laid dans ce monde. Tu es beau, Hémaltone, tu es tellement beau. Tu es un objectif à atteindre, un but que je veux toucher mais dont je ne pourrais jamais poser les doigts. Je sais bien que je ne suis qu’une traînée, une simple célébrité sans cervelle, imbue d’elle-même mais je voulais au moins que tu puisses comprendre quelque chose. Que je te confirme quelque chose que j’ai sur le cœur depuis des mois et des mois. Je veux que tu crois pour toujours ces trois mots, Hémaltone. Ces trois mots sont plus importants que tout le reste … Au final, c’est plus difficile que je ne le pensais. J’ai du mal … mais Hémaltone. Je t’aime, Hémaltone. »

Voilà. Elle l’a enfin dit. Elle pousse un petit soupir de soulagement, comme si son cœur était enfin apaisé après tout ce temps. Elle fixe Hémaltone qui finit par se relever pour la regarder pendant quelques secondes avant de dire :

« Cette femme odieue, imbue d’elle-même, qui a été salie par son passé. »

« C’est moi, Hémaltone. Je ne pourrais jamais réellement … »

« Elle n’existe plus. Cette femme n’est pas celle qui se tient en face de moi. Ce n’est pas celle qui a eut le courage de me suivre en décidant de tout abandonner, ce qu’elle avait accumulé pendant des semaines, des mois, des années. Cette femme dont tu parles s’appelais Kastry. La femme qui se trouv en face de moi s’appelle Flutina, d’accord ? »

« Hémaltone, je … vraiment, je voulais juste te dire que … »

« Par contre, je ne peux pas oublier Faldéla comme ça. Ça m’est tout simplement impossible de la mettre dans un coin de mon cerveau et de l’oublier comme si de rien n’était. »

« Je n’ai jamais demandé de réponse, Hémaltone. Plus maintenant. Tu restes une chimère, un but, un objectif .. .mais non pas une fin. Ca reviendrait à dire que j’ai fini par t’atteindre et ça … je ne veux pas. Je suis sale. »

« Arrêtes avec ces bêtises. Tu sais aussi bien que moi que je n’ai jamais considéré une telle chose possible, d’accord ? Alors, abstiens-toi de parler ainsi. »

« Mon but n’est pas de te mettre en colère, Hémaltone, pas du tout. »

« Si tu veux tout savoir, je t’apprécie énormément … et encore un peu plus depuis que tu as eut le courage de tout me dire. Mais maintenant, je veux que tu fasses des efforts, qu’importe ce que les autres pensent ou disent, d’accord ? »

« Je te promets de faire de mon mieux. C’est tout ce que je peux te dire. »

« Ce n’est pas suffisant. Je veux plus que ça, je veux bien plus. Demain, tu m’accompagneras au chant pendant que je joue sinon … J’estime que c’est l’unique preuve qui me permettra de voir que tu cherches vraiment à t’en sortir. »

« Est-ce que ça peut attendre … enfin, est-ce que l’on peut changer de sujet, s’il te plaît ? Je ne veux pas continuer à faire cela, s’il te plaît. »

« D’accord, pour ce soir, nous allons tout simplement manger, rien de plus, rien de moins. »

« Comme tu le désires, Hémaltone. J’espère que tu n’es pas trop déçu de moi. »

Il fait un mouvement de la main comme pour signaler qu’il ne s’y intéresse que très peu en fin de compte. Elle lui répond par un petit sourire. Elle est heureuse de voir qu’il le prend bien. Enfin, qu’il lui laisse une chance. Même si elle s’est révélée et qu’il n’y a plus aucune doute sur ses sentiments, elle sait qu’il n’y aura rien entre elle et lui. Elle s’en empêche, il s’en empêche. Il en est ainsi et pas autrement. Elle l’a accepté après tout ce temps.

Chapitre 13 : Ne pas l’aimer

Chapitre 13 : Ne pas l’aimer

« Flutina, tu es sûre de toi ? Pourquoi est-ce que tu préfères faire ça ? »

« Par mesure de sécurité, je ne veux pas te mettre en danger, loin de là. Et puis, je ne sais pas … je n’ai pas envie que les gens sachent que tu es avec moi. Enfin, plutôt l’inverse, que je suis avec toi. Il y a des personnes qui pourraient te reconnaître. »

« Je ne vois vriament pas où tu veux en venir mais on va dire que j’accepte ce que tu veux même si ça me paraît vraiment très étrange dans le fond, je tiens à te le dire. »

« Merci beaucoup, Hémaltone. Je reste dans les environs. Tu peux me voir, d’accord ? Pour être sûr que je ne me m’enfuis pas, n’est-ce pas ? »

Il ne fait qu’hocher la tête positivement, un peu décontenancé tandis qu’il s’installe au sol. Il joue doucement de sa musique, accompagné maintenant par Xynolo sous sa forme évoluée. Tant mieux, non ? Car la musique est si belle maintenant, tellement belle.

Si belle … et pourtant, si triste. Pourtant, il allait mieux dernièrement mais maintenant, il se sent un peu vide. Il voit le regard évasif de Flutina en sa direction. Elle n’ose pas le fixer alors qu’elle n’a rien à se reprocher, rien du tout.

« Pourquoi est-ce que ça ne marche pas, Meloetta ? »

« Laisses donc du temps à Flutina. Elle a du mal à accepter le regard des autres maintenant qu’elle s’est dévoilée à toi. Et surtout, avec toute cette histoire, elle ne veut pas te faire souffrir par erreur. Il faut que tu arrives à la comprendre. »

« J’aimerais bien … je ne sais pas du tout quoi faire pour l’aider. »

Il termine son concerto et finit par aller vers Flutina. Aussitôt, elle tremble légèrement, comme prise en faute tandis qu’il tend sa main. Elle n’ose pas la prendre, se levant seule comme pour lui montrer que c’était bon de son côté. Oui, c’est ça.

« Nous nous en allons, Flutina, viens par là. »

« C’est bien, j’ai put écouter, vous faites un duo merveilleux. Dommage que Meloetta ne puisse plus chanter sinon ils sauraient qui vous êtes. »

« Ce n’est pas grave. Le plus important est qu’elle puisse chanter pour moi quand elle le désire. Et toi aussi, si tu en as envie, Flutina. »

« Je … ne sais pas trop, Hémaltone. Nous nous en allons, si tu veux bien, j’aimerais que nous partions dans les plus brefs délais si possible. »

« Mais qu’est-ce qui te prends, Flutina ? T’as pas l’air dans ton assiette dernièrement. »

Elle évite de croiser son regard mais surtout de lever le sien. Il finit par se retourner, revoyant un nouvel écran géant. Encore des interview, des informations et tout le reste. Ils ne peuvent pas s’en passer, n’est-ce pas ? Ces foutus journalistes.

« Aujourd’hui, des compléments d’informations ont été dévoilé par rapport à l’affaire Faldéla. Des vidéos de nombreuses interviews privées de l’ex-chanteuse Kastry signaleraient que celle-ci n’appréciait guère sa rivale en amour pour le cœur du jeune Hémaltone, lui aussi porté disparu depuis des semaines. »

Elle se fige, le jeune homme observant l’écran qui montrait alors une vidéo de mauvaise qualité, signe que ce n’était pas une caméra professionnel qui avait filmé cela. Kastry, dans son ancienne tenue, son ancienne coiffure, celle avec les cheveux blonds et les couettes, était en face de la personne qui filmait.

« Alors, Kastry, toujours pas tombé dans tes filets, le petit Hémaltone ? »

« Ce n’est qu’une question de jours ! Je vais tout faire pour y arriver ! Vous n’avez jamais écouté sa musique ? Elle est divine ! J’ai l’impression qu’Arceus lui a offert un don. »

« Et par rapport à Faldéla, cette femme qui l’accompagne tout le temps ? Aucune remarque ? Car il paraîtrait qu’elle et lui sont amants. » déclare la voix qui filme, le visage de Kastry semblant boudeur puis songeur.

« Je ne l’aimes pas. Comment je pourrais l’aimer ? Elle m’empêche à chaque fois d’aller le voir et Hémaltone aussi, il ne parle que d’elle quand il est avec moi ! »

« Est-ce que tu serais un peu jalouse de l’attention qu’il lui porte ? »

« Ca se voit tant que ça ? Je ne suis pas jalouse, elle est juste … spéciale. Un peu trop ! Je sais pas moi ! Je me suis jamais posé la question ! Si elle pouvait tout simplement disparaître, ça serait beaucoup mieux pour moi ! J’aurai alors le champ libre pour avoir Hémaltone tout à moi ! A partir de là, ben, c’est super simple quoi ! Je veux juste que ça se passe ainsi. »

« C’est bizarre, très bizarre, on dirait presque tu as envie qu’elle meure. »

Le visage de la jeune femme se fige sur l’écran, fronçant les sourcils avant de se rapprocher de la personne en face d’elle. Avec lenteur, elle s’exprime :

« On ne plaisante pas sur ce genre de choses, d’accord ? Car entre le dire et le faire, c’est tout un monde ! Et maintenant, si vous voulez me laisser tranquille, je dois me préparer pour Hémaltone. Je sais qu’il va bientôt arriver ! »

Elle s’exclame avec joie alors que la vidéo se termine, la journaliste continuant à déblatérer pendant des minutes et des minutes. Hémaltone prend une nouvelle fois une profonde respiration tandis qu’il se retourne vers Flutina.

« Tu sais, Flutina, à force, ils commencent vraiment à … »

« Promis, Hémaltone, je te promets vraiment que ce n’est pas ce que tu crois et … »

« Je suis juste vraiment très las. Tu sembles avoir quelque chose à te reprocher et tu ne fais rien pour arranger le tout. Allons-y, Flutina. » murmure le jeune homme en lui coupant la parole, comme si de rien n’était. Elle baisse la tête, n’osant pas lui répondre.

Chapitre 12 : Si facile de rendre heureux

Chapitre 12 : Si facile de rendre heureux

« Tu sembles de bonne humeur, Hémaltone. »

« Tu te fais des idées, Meloetta. Il ne faut pas que tu racontes n’importe quoi. »

Il avait répondu évasivement mais elle n’était pas aveugle. Elle le voyait parfaitement dans le regard du jeune homme. Ce regard qui est souvent posé sur Kastry … Flutina. Ce regard qui n’ose pas assumer ce qu’il pense d’elle.

« Flutina ? Pourquoi portes-tu cette capuche ? »

« Pour éviter que le soleil ne tape sur ma peau. Tu n’as pas remarqué aussi que j’ai des gants ? C’est pour éviter que le soleil … enfin je me répètes. »

« Quand tu es seule avec moi et pendant la soirée, tu éviteras de t’habiller comme une femme qui voudrait chercher à me tuer, d’accord ? »

Elle s’immobilise sur place, comme paralysée par quelque chose. Meloetta émet un grognement, prête à dire ses pensées à Hémaltone mais celui-ci se rapproche aussitôt de Flutina, se penchant un peu en avant pour pouvoir voir son visage sous la capuche.

« Je tiens à m’excuser, Flutina. C’était vraiment déplacé de ma part. Je ne devrais pas dire une telle chose alors que tu as des soucis de la sorte. »

« Ce n’est pas grave … car tu sais quel était le problème, je suis contente que tu te sois excusé aussitôt. C’est très gentil de ta part, vraiment très gentil. »

« Je ne suis pas quelqu’un de gentil et je ne le serais jamais. Pas avec ce que j’ai vécu. C’est fini cette époque où je pouvais encore être insou… »

« C’est faux, moi, je sais que tu n’as pas disparu. Que cet Hémaltone est encore là. Il suffit juste de te laisser encore du temps comme tu en as eut pour moi. »

« Si tu le dis, je ne suis pas sûr que ça se passe ainsi mais … »

Elle retire un gant, Hémaltone s’apprêtant à lui dire de le remettre aussitôt mais elle pose sa main sur sa joue, la caressant doucement. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle est ainsi ? Alors qu’avec Solomon, c’était tout le contraire ? Sa main droite vient chercher celle qui caresse sa joue avant qu’il ne croise ses doigts.

« Ne fais plus ça, tu vas te faire du mal. »

« Ne dis pas n’importe quoi, mon corps va parfaitement bien. Et mon cœur encore plus. »

Il ne lui répond pas. Il baisse juste la tête avant de récupérer le gant de Flutina, le lui remettant sur sa main. Quel idiot mais quel idiot ! Il s’en veut terriblement. Cette femme n’est plus Kastry. Elle n’a aucun rapport avec celle qu’il a connue dans le passé.

« Pardon, Flutina. Continuons notre route jusqu’à ce soir. »

Finalement, la soirée arrive bien rapidement et pour la première fois depuis bien longtemps, i la ses pokémon qui sont avec lui. Il les regarde tous, sans rien dire, venant prendre son violon. Sans un mot, Flutina vient poser sa tête sur son épaule alors que le feu crépite devant ses yeux. En face, les pokémon commencent à jouer de leurs instruments et à danser.

C’est ça être heureux, n’est-ce pas ? Il ne doit pas l’oublier car c’est un sentiment qu’il veut retrouver. Un sentiment qu’il avait perdu avec la mort de Faldéla. Xynolo est en train de suivre le rythme avec vélocité. Il joue bien, très bien … puis se met à briller. Tout le monde s’arrête de jouer et de danser, Flutina comme Hémaltone fixant le Crikzik.

« Mélokrik ? Mélo mélo … mélokrik ! »

Le pokémon s’exclame avec joie, ayant grandi devant les yeux ébahis d’Hémaltone. Celui-ci ne devait surement pas s’attendre à une telle chose. Il tente de se lever mais les sons que font les pattes du Melokrik qui se frottent entre elles le stoppent dans sa démarche. Il est en train de produire une bien belle musique et invite Hémaltone à faire de même.

« Puisque tu me le propoes si gentiment, je ne vois pas pourquoi je le refuserais, Xylono. »

Il murmure à Flutina de ne pas bouger alors qu’il se relève, se plaçant à côté de son Melokrik. Même s’il fait nuit, même s’ils se trouvent au beau milieu de la forêt, même si cela paraît fou, il n’a aucune hésitation à continuer à jouer de sa musique.

Et voilà maintenant que Flutina les regarde faire, comme les pokémon d’Hémaltone. Ils sont tous là, réunis autour de la jeune femme. Ils observent le petit duo à cordes que sont en train de faire Hémaltone et Xynolo. Ils sont tous si bien, tellement bien.

Et deux heures plus tard, le feu est éteint, tout le monde est endormi dans sa pokéball ou presque. Il n’y a qu’Hémaltone qui observe Flutina qui s’est assoupie contre l’arbre. Ce n’est pas très bon pour elle de s’être mise dans cette position. Elle allait se faire mal au dos.

« Flutina, il faut que tu te réveilles. Flutina. »

Il tente de la bouger, d’un petit mouvement de la main mais voilà qu’elle penche sur le côté. AH ! Elle va tomber ! ZUT ! Il la réceptionne juste à temps mais voilà qu’elle est avachie à moitié sur lui. Et dans sa position, c’est lui vaaaaaaaa …
… … … Rien dire. Rien dire. Ne rien dire. Elle est juste sur lui. Il a juste très chaud subitement. Il ne peut pas bouger sans qu’elle se réveille. Il est bloqué. Mais à la base, ce n’est pas ce qu’il voulait ? Qu’elle se réveille pour qu’il l’invite dans le sac de couchage ? Il remarque qu’elle bave juste un petit peu sur son cou, la bouche ouverte. Elle a l’air d’une enfant à faire ça … vraiment. Il prend une profonde respiration, sourire aux lèvres. Il passe un doigt sur la bave, venant se l’insérer dans la bouche, l’autre main caressant ses cheveux.

Ce n’est pas bien grave. Il peut rester ainsi. Ce n’est pas un problème. Il frotte juste le dos de Flutina pour qu’elle n’aie pas froid pendant qu’il ferme les yeux. Il ne sent pas qu’il est téléporté avec Flutina dans le sac de couchage. Il est déjà profondément endormi alors que ses mains la serrent avec un peu plus d’insistance. S’il ne suffit que de peu de choses pour être heureux … alors il doit l’être profondément cette nuit.

Chapitre 11 : Comme une sorcière

Onzième son : Harmonie

Chapitre 11 : Comme une sorcière

« Kastry ? Est-ce que c’est … vraiment toi ? »

« Flutina, Hémaltone. Mon nom est Flutina. Tu veux que je te répondes ? Au sujet de l’albinisme ? C’est une maladie étrange qui empêche la pigmentation des cheveux, donnant cette couleur blanche. Il en est de même pour mes yeux qui sont rouges. Comme si cela ne suffit pas, ma peau ne supporte que peu la chaleur du soleil et je dois faire attention à chaque fois que je sorte, voilà tout. »

« Attends un peu ! Mais ta peau, normalement, elle n’est … »

« La médecine a un peu progressé depuis des années. Et tu sais, j’avais des lentilles. J’espère vraiment que tu ne me trouves pas si vilaine ou déplaisante. Je voulais me montrer en vrai à tes yeux … ne pas me cacher pour toi. Je voulais … que tu me voies. »

« Je peux te voir et maintenant ? Qu’est-ce qui se passe exactement ? »

« Je ne sais pas. A toi de me le dire, Hémaltone. Est-ce que … je te fais peur ? Est-ce que je t’effraies ? » demande t-elle alors qu’elle tremble de tout son être devant lui.

« Je remarques surtout que tu as froid. Viens à l’intérieur du sac de couchage maintenant. »

« Comme … comme tu tu le veux, Hémaltone, j’arrive tout de suite. Laisses-moi donc un peu le temps de sécher plutôt que de … »

« Arrêtes donc tes bêtises et ramènes toi là dès maintenant, compris ? »

Il ne lui laisse pas le choix. Elle rentre dans le sac de couchage alors qu’il la force à se coller à lui. Elle pousse un petit cri de surprise, bredouillant quelques mots tandis qu’il reprend :

« A te baigner de la sorte en pleine nuit, tu es idiote ou quoi ? Tu risques d’attraper la crève. Il faut vraiment que tu fasses attention, compris ? »

« Message … message parfaitement compris … »

« Et c’est quoi ça ? Ce changement de caractère. Je veux dire : dès que tu retrouves ta couleur naturelle, tu as donc un comportement différent ? »

« Non non ! C’est pas du tout à cause de ça ! C’est juste … quand je suis avec toi. » chuchote t-elle faiblement sur la dernière partie.

« Qu’est-ce que tu as dit exactement ? J’ai crut mal entendre. »

Elle n’a rien dit, elle n’a rien dit ! Sa tête s’enfouit dans le sac de chouchage alors qu’elle n’ose plus bouger maintenant. Elle a peut-être des cheveux blancs mais elle est totalement rouge aux joues. En fait, elle n’arrive guère à croire qu’elle a vraiment fait ça … mais pourtant, c’est le cas. Elle l’a vraiment fait après tout ce temps. Ce qu’elle désirait.

« Maintenant, il vaudrait mieux que l’on dorme. »

« C’est vrai, Hémaltone. Merci encore … est-ce que je peux te serrer dans mes bras? »

« Tu vas le faire même si je te dis que non. J’ai put le remarquer hier quand nous dormions. Quand je me suis réveillé, je pouvais à peine respirer. »

« C’est vrai. J’adorais serrer mes peluches dans mon appartement quand j’étais encore une chanteuse. Ça me donnait envie de tout faire pour ne jamais les quitter. Je le peux alors ? C’est bien vrai ? Je tenterais de ne pas faire trop mal, je te le promets. »

« Pourquoi est-ce que je ne suis pas vraiment rassuré quand tu parles ainsi ? »

Elle éclate de rire puis le presse déjà contre son cœur. Dès le jour où elle a connu le jeune homme, elle s’était sentie prête à tout pour lui. A retrouver son physique d’antan, à oublier ce futur si solitaire dans le domaine de la musique, ce passé turbulent. Maintenant, elle l’a dans ses bras et elle ne veut pas le relâcher, elle ne veut pas.

« Ah … Kastry, tu vraiments, je … »

« Flutina, s’il te plaît. Appelles-moi Flutine, s’il te plaît. Je veux … »

« Flutina. Désolé, j’ai encore du mal pour toi. C’est vraiment nouveau de ma part, j’espère que tu comprends que je ne veux vraiment pas te faire de peine. »

« Je le sais bien et ça me convient parfaitement. Je n’ai besoin de rien de plus, rien du tout. Qu’est-ce que je suis si heureuse que tu n’aies pas peur. Je ne suis pas laide ? »

« Une personne qui a réussi à combattre son apparence pour se montrer sous son véritable jour est une femme magnifique … je veux dire une personne magnifique. »

« Hémaltone ? Est-ce que je … peux t’embrasser ? »

« Si c’est sur la joue, cela ne me pose aucun problème. Tu le peux. »

Elle dépose un baiser sonore sur sa joue, collant ses lèvres pendant de longues secondes, très longues secondes, jusqu’à finir par enfin les retirer. Elle émet un petit rire des plus tendre avant d’inviter le jeune homme à poser sa tête contre son cœur. Il refuse poliment mais elle le force un peu. Finalement, il se retrouve la tête collée contre l’épaule gauche de Flutina avant de sombrer dans un sommeil assez profond.

Et elle ? Elle ne dort pas. Son sourire disparaît pour laisser place à un masque d’anxiété. Elle l’a fait … mais ça ne veut pas dire que tout le reste est effacé. Son passé est toujours là. Elle évite de pousser un cri de surprise en voyant le regard de Meloetta posé sur elle. Elle ferme aussitôt les yeux, évitant de penser à elle.

Elle doit dormir … car tout va finir par s’arranger. Maintenant qu’elle est avec Hémaltone, une nouvelle vie va débuter. Elle n’a pas à être effrayée, elle n’a pas à être inquiétée. Tout va aller pour le meilleur des mondes. Elle le … sait oui, elle peut dormir en paix maintenant.

Chapitre 10 : Sous cette couche

Chapitre 10 : Sous cette couche

« Hémaltone, s’il te plaît. Ne crois pas ce que … »

« Dans ces moments-là, il vaut mieux se taire. Tu ne fais que me suivre en silence et ne t’avises pas de prendre la parole, compris ? »

Elle déglutit, acceptant ce que le jeune homme lui dit. Elle obéit bien sagement, ne voulant guère le mettre en colère, surtout dans ces moments-là. Elle sait que ça ne sert à rien de discuter car sinon, elle causerait bien plus de problèmes.
Pendant deux bonnes heures, elle le voit qui rentre et sort dans différents magasin. Elle ne fait que le suivre, en silence, tête baissée, acceptant cette condition. Elle ne veut pas qu’il se trompe ! Elle ne veut pas ça ! Meloetta ne peut pas l’aider ?

« Nous quittons cette ville. Pas besoin de rester plus longtemps par ici de toute façon. »

« Meloetta ? Melo melo ? » demande la pokémon, inquiète par rapport à la suite des évènements. Voilà qu’ils remarchent encore pendant une heure, puis deux. Elle a mal aux pieds mais elle se fait forte pour ne pas se plaindre.


Finalement, ils finissent par arriver jusqu’à un petit lac. Le jeune homme commence à préparer le repas, sans un mot, étalant le sac de couchage, visiblement plus grand que le précédent. Il semblerait qu’il ait vendu le premier pour avoir moins à payer pour ce second. Mais … à part ça ? Elle ? Elle fait quoi ? Il dit quoi ? Qu’est-ce qu’elle doit faire ?

« Tu n’as rien dit, d’accord. Aucun problème. Kastry, tu n’as pas à t’en faire, je ne crois pas ces idiotie issues des journalistes. »

« Mais qu’est-ce qui peut te convaincre de cela, Hémaltone ? Je … »

« Faldéla m’a toujours dit que tu étais une fille remarquable et très forte. Je crois qu’elle avait compris que tu avais eut une histoire très difficile au départ, ce qui te forçait à toujours te mettre en avant et te faire aimer. Même si je t’en aie grandement voulu d’avoir voulu briser l’harmonie que j’avais avec Faldéla, je suis sûr néanmoins d’une chose : tu n’aurais pas put la tuer. Car tu sais que cela m’aurait détruit de l’intérieur. Tu es beaucoup trop gentille pour cela. Des fois, tu ne comprends pas tes erreurs mais c’est ce qui fait ta beauté. »

« Hémaltone, je … » Je veux juste te dire que … »

« Laisses-moi terminer. Tu m’a montré que même si tu recherchai la célébrité, ce n’était jamais à des desseins mauvais. Tu as toujours été agréable et gentille avec tes fans. Tu n’as jamais crée de complications, tu n’as jamais causé de tort. Tu as fait du zèle, beaucoup de zèle mais m’as souvent montré que tu étais beaucoup plus généreuse que la majorité des hommes. Que cela soit par rapport à l’argent ou à ta bonté. Bien entendu, tu n’es pas parfaite, loin de là mais je suis sûr d’une chose : jamais tu ne feras de mal à autrui nécessairement, que ça soit moi ou autre. Bon, même pour Faldéla, je ne penses pa que tu comprenai la portée de ton geste. Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire, Kastry. »

« Et moi … je … Hémaltone. Je voudrais … juste que tu ferme les yeux. »

« Fermer les yeux ? Kastry ? Pour quelle raison ? »

« S’il te plaît. Tu veux bien le faire ? Cela prendra sûrement une heure. »

« Une heure à fermer les yeux ? Est-ce que tu te moques … de moi ? »

Elle hoche la tête négativement, rougissant violemment alors qu’il cligne des yeux. Qu’est-ce que ça veut dire ? Elle serre son sac contre elle. Il n’a pas fouillé à l’intérieur car c’est privé mais elle avait des morceaux de carton non ?

« Je vais le faire mais une heure ? Tu exagères, tu ne crois pas. »

« C’est … tellement important pour moi. »

Ca doit l’être. Elle ne plaisante pas. Il ferme simplement les yeux, se préparant au cas où à se faire embrasser. Pourtant, rien n’arrive et il finit par entendre le bruit d’un corps qui plonge dans l’eau du lac. A cette heure-ci ? Elle ne commet pas une bêtise non ?

« Ca ne veut pas disparaître … aussi facilement, ça ne veut pas, ça ne veut pas. »

« Qu’est-ce que tu fais de spécial, Kastry ? Qu’est-ce qui ne pars pas ? Tu sais qu’un bain de minuit, ce n’est pas conseillé, je n’ai pas vraiment pensé qu’il était nécessaire de … »

« Hémaltone ! Ne dis rien ! Je me concentres, s’il te plaît ! »

D’accord ! D’accord ! Vraiment ? Il semble très surpris et il entend la voix de Meloetta qui s’exclame de surprise. Qu’est-ce qui se passe avec Kastry ? Il veut savoir ! Qu’elle arrête de lui … ah ? Elle est sortie de l’eau. Il entend des bruits de pas tandi qu’elle se rhabille.

« Zut … cela colle à la peau. Hémaltone … je … tu peux ouvrir les yeux maintenant. »

« D’accord, d’accord, c’est n’importe quoi ce que … »

Il se statufie sur place. Cette femme ? Qui est-ce ? Il n’y a plus les couettes blonde devenues auburn. Les cheveux sont complètement allongés jusqu’au dos et sont blancs ? Comme la neige ? Et les yeux de la jeune femme sont rouges. Lui-même cligne des siens plusieurs fois de suite alors qu’elle tire un peu sur son vêtement blanc aux bordures dorées. Moulant et épousant parfaitement son corps dans les moindres courbes, il est trempé et permet d’admirer chaque parcelle de son corps.

« Hémaltone ? Je … Mon corps comme mon nom ont toujours été faux quand j’étais sur la scène. Je sais qu’il est trop tard pour que tu me fasses définitivement confiance mais je tiens à te le révéler. Je m’appelle Flutina et comme tu as dût le deviner … je suis atteinte d’albinisme. C’est la raison principale pour laquelle je fus abandonnée rapidement par mes parents. J’ai survécu pendant des années à cause de ce que tu sais … et lorsque je fus enfin délivrée, je ne voulais plus que les gens voient qui j’étais. Je me suis menti à moi-même … jusqu’à aujourd’hui. Merci Hémaltone, vraiment merci pour tout. »

« Je … Je veux dire … Albinisme ? » demande le jeune homme, encore éberlué.

Chapitre 9 : La responsable de tous les maux

Chapitre 9 : La responsable de tous les maux

« Brrr ! C’est vraiment mangeable ça ? »

« Ca l’est. Ne te plains pas car sinon, tu n’auras rien d’autre, d’accord ? »

« Je ne me plains pas. C’est juste que je n’ai plus l’habitude, Hémaltone. Mais c’est vrai que même si on mâche un peu, c’est bizarre comme goût. Mais … bon … au moins, je suis en bonne compagnie. Je suis vraiment heureuse ce soir. »

« Attends de dormir pour la première fois dans le froid glacial, tu verras que ce n’est pas aussi simple que cela. Termines donc ton repas avant. »

Elle hoche la tête positivement, ne voulant pas le mettre en colère. Il sait … ça ne fait qu’une journée mais elle tente de lui montrer qu’elle est capable de retourner à son ancienne vie. Il la voit. Meloetta est là, mangeant auprès de lui tandis que les autres pokémon du jeune homme sont aussi présents, semblant avoir retrouvé la joie de vivre. Dire qu’ils se trouvent dans une forêt avoisinante la ville, comme le désirait Hémaltone.

« Hémaltone, comment est-ce que tu fais exactement pour dormir ? »

« Ca serait plutôt à moi de te le dire. Comment as-tu fait pour dormir pendant ces dernières semaines ? Tu n’as aucune affaire ou presque. »

« Euh … et bien, je ne dormais dans des cartons … enfin, comme le font eux qui n’ont pas d’argent non ? Du moins, c’est comme ça que tu vivais aussi non ? »

« Non. Le tout est de réussir à gérer ses économies. Oh, maintenant, ça fait très longtemps que je ne l’ai plus utilisé mais voilà. »

Il présente son sac de couchage. Des économises, oui. Il ne se ment pas. Ce ne fut pas facile mais c’était grâce à Meloetta. Kastry regarde le sac de couchage avec étonnement avant de dire d’une voix un peu enjouée :

« Je n’ai jamais réussie à économiser autant ! Enfin, je ne pensais pas à ça, j’avais trop faim. Mais … c’est une chouette idée en fait ! »

« Maintenant que nous avons terminé de manger, il vaut mieux aller se coucher. »

« C’est vrai, bonne nuit, Hémaltone. »

Il s’installe confortablement dans son sac de couchage alors qu’elle-même ouvre son petit sac, en retirant du carton plié. Sans un mot, elle s’installe dans son dos comme pour éviter qu’il ne la voie. Meloetta les regarde tous les deux, prête à ouvrir la bouche mais préfère se taire. Hémaltone reste stoïque pendant quelques minutes jusqu’à ce que Kastry ne dise :

« Bonne nuit, Hémaltone. A demain … et merci encore pour cette chance. »

« Ce n’est pa moi que tu dois remercier. Ne racontes pas n’importe quoi. Mais oui, bonne nuit, cela vaut mieux. Et à demain à l’aube car nous aurions une longue marche à faire. »

Puis plus rien. Meloetta se rend invisible, ne venant pas dormir à côté d’Hémaltone ce soir. Non, elle l’observe alors qu’il est couché sur le sol. Kastry a aussi fermé ses yeux, correctement installée avec ses cartons. Les minutes s’écoulent lentement, très lentement. Elle attend une réaction. Si auparavant, il y en a eut une, elle veut y croire.

« Kastry, est-ce que tu dors ? » coupe la voix d’Hémaltone dans le silence.

« Un peu … ça devrait bientôt arriver, Hémaltone. Cinq minutes … et ça sera bon. » murmure Kastry, déjà à moitié endormie visiblement.

« Tu as une trentaine de secondes pour venir dans mon sac de couchage. Après, je te laisserais dormir sous ce froid qui va devenir de plus en plus glacial. »

« Hémaltone, tu … » commence à dire la jeune femme aux cheveux auburn.

« Vingt secondes, le temps s’écoule. Si tu ne fais pas attention, tu riques de … »

Elle ne cherche même pas à répondre. Il peut entendre le bruit du carton qui tombe sur le côté. Il a déjà ouvert le sac de couchage alors qu’il la voit faire du zèle, beaucoup de zèle pou finalement rentrer dans le sac de couchage. Il tenta de le refermer mais il devait reconnaître qu’il était fortement compressé avec elle. Surtout en face à face. Surtout quand la potiner volumineuse de la demoiselle ne laissait aucun doute sur son volume collé à son torse. Elle a le regard fiévreux puis sans crier gare, elle loge sa tête contre la gorge d’Hémaltone, n’osant pas le regarder avant de dire d’une voix faible :

« Merci … merci tellement, Hémaltone. Merci pour tout. »

« Arrêtes de me remercier justement pour tout et n’importe quoi. Je n’ai pas fait de miracles et essaie plutôt de dormir, ça sera bien mieux. »

« Je vais pouvoir dormir véritablement ce soir et en plus avec un joli garçon. »

Elle dit cela dans un grand sourire alors qu’il la fixe, sans détourner le regard. Le problème de toute cette histoire, c’est qu’elle est sérieuse, plus que sérieuse. Néanmoins, il ne relève pas ses paroles, ne disant rien avant de sombrer dans le sommeil.

Il sent juste les mains de Meloetta dans son dos, qui a réussie à s’installer dans le sac de couchage en murmurant quelque fois son nom comme pour le féliciter de ce qu’il a fait. Il n’a pas besoin des félicitations, loin de là, ce n’est pas ça qu’il recherche.

« Hémaltone ? Tu es vraiment sûr de pouvoir te promener en ville ? »

« Il le faut. L’argent ne rentre pas comme ça, sans rien du tout. Je vais jouer un peu de ma musique, quelques sons que nul ne connaît et ça rentrera. »

Et surtout, il ne veut pas que Meloetta se présente aux yeux des autres. Même s’il ne cherche pas à être particulièrement discret, il n’a pas envie d’être dérangé à cause de tout ça. Il commence doucement à jouer de la musique, comme auparavant. Les mêmes intonations tristes qui ont fait pleurer Kastry il y a de cela quelques semaines.

« Hémaltone ? Est-ce que tu … pourras jouer autre chose ? »

« Pourquoi cela ? Cette musique est satisfaisante. Observes donc l’argent que l’on a récupéré. Il y a largement assez pour nous deux et pour mes pokémon. Je vais économiser pour acheter un autre sac de couchage pour toi et … »

« Tu n’es pas forcé de dépenser de l’argent inutilement pour ça, Hémaltone. »

Elle murmure cela, tirant un peu sur sa manche comme pour impliquer que ça ne la dérange pas de dormir de la même façon qu’hier. Il la fixe pendant quelques secondes, comme pour lire en elle avant que rien n’arrive. Finalement, il finit par se lever et tend sa main.

« Allons manger avant qu’il ne soit trop tard et qu’il ne fasse trop froid. »

« D’accord Hémaltone. Je te suis, mon pr… »

Elle arrête ses propos puis hoche la tête négativement. Ce n’est pas le moment de parler de la sorte. Son unique but, c’est de pouvoir rendre Hémaltone heureux, elle le sait. Il a tout abandonné comme elle … pour pouvoir l’accompagner.

« Dernières nouvelles : depuis maintenant plusieurs semaines, la disparition inexpliquée de l’ex-chanteuse Kastry coïncide avec les mandats d’arrêt envoyés par la police à son sujet. Soupçonnée du meurtre de l’ancienne célébrité Faldéla, elle est activement recherchée par le police pour pouvoir l’interroger. Si vous avez des informations à ce sujet, n’hé… »

Elle se statufie sur place. Qu’est-ce que … qu’est-ce que … qu’est-ce que ça veut dire ? Elle, elle n’a rien fait de tout ça ! Mais surtout, Hémaltone ! Hémaltone va s’imaginer des choses maintenant ! Elle est sûre et certaine qu’il va s’imaginer ça !

« Hémaltone, je peux m’expliquer hein ? Hémaltone, je … »

Il la regarde à nouveau de ses yeux bleus. Elle voit qu’il l’interroge du regard. Finalement, sa main attrape son bras pour la tirer dans une ruelle. Elle tremble de tout son être alors qu’il la plaque contre un mur. Elle bafouille :

« Hémaltone, je peux parler hein ? Je le peux, je peux te dire hein ? »

« Kastry … tais-toi, maintenant. Compris ? »

Elle ne doit pas pleurer. Elle doit se montrer forte mais elle ne veut pas perdre ce qu’elle a obtenu qu’à peine hier. Elle voit qu’il relève son menton, la forçant à la regarder pendant de longues secondes, très longues secondes. Il semble l’étudier en profondeur.

« Si tu parles, je ne te promets rien du tout, compris. »

Elle ne se fait pas d’illusions. Le visage presque collé au sien n’est pas là pour l’embrasser. Même si ses lèvres bougent instinctivement, elle sait que si Hémaltone dit les mots qui lui traversent l’esprit en ce moment-même, elle aura tout perdu et cette fois-ci, aucune possibilité de revenir en arrière, voilà tout. Elle … ne veut pas de ça ! Elle ne veut pas !