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Chapitre 2 : S’y préparer

Chapitre 2 : S’y préparer

« J’ai peur, Faldéla, j’ai vraiment peur. »

« J’ai l’impression d’être revenue trois mois en arrière, Hémaltone. »

Elle lui dit cela en souriant, le prenant dans ses bras pour le rassurer. Voilà, voilà. Qu’il ne soit pas inquiet pour un rien, ça n’emmènerait à rien de bon de toute façon. Qu’il laisse le temps s’écouler et ensuite, ils verront tous ensemble.

« Tu veux peut-être aller manger un morceau pour fêter ça, Hémaltone ? La sortie de ton premier CD, ce n’est pas rien, tu sais ? »

« Je ne sais pas, je n’ai pas trop trop faim, je dois l’avouer. »

Qu’il arrête ses bêtises et qu’il vienne avant qu’elle ne décide de s’énerver et de l’emporter avec elle ! L’attirant à elle, ils quittent tous les deux l’appartement de la jeune femme … et le sien aussi. Meloetta se téléporte, arrivant dans les bras d’Hémaltone.

« Oh, d’accord, d’accord, Meloetta, nous ne mangerons pas seuls, moi et Hémaltone. »

Faldéla sourit devant la mine boudeuse de Meloetta, le jeune homme aux cheveux verts fixant la petite créature dans ses bras. Ce n’est pas de la jalousie n’est-ce pas ? Comme si elle venait de lire ses pensées, Meloetta détourne la tête pour ne pas avoir à le regarder, le jeune homme poussant un petit soupir. Il avait visiblement parfaitement raison sur ce point.

Finalement, au restaurant, il était anxieux, ne mangeant qu’à moitié ce qu’il avait commandé tandis que Meloetta ne se privait pas pour se remplir l’estomac, les autres pokémon d’Hémaltone faisant de même. Tiens ? Il n’avait jamais posé la question à Faldéla mais elle n’avait aucun pokémon, n’est-ce pas ? Il ne se sentait pas le courage de la lui poser, préférant continuer à regarder son assiette, ne mangeant que quelques morceaux à l’intérieur.

« Hémaltone, remplis ton estomac. Ce n’est pas avec tes soucis que tu n’auras plus mal au ventre. Combien de fois je vais te le répéter ? »

« Autant que ça soit nécessaire. »

« Tsss, ne te moques donc pas de moi, Hémaltone, tu sais parfaitement que cela ne me plaît pas du tout, hein ? Le message est bien passé ? »

Elle tente de se montrer faussement menaçante, n’y arrivant guère bien que le jeune homme hoche la tête positivement. Il termine son repas alors qu’elle sourit, chuchotant :

« Hémaltone, tends donc l’oreille. Tu n’as rien entendu de spécial ? »

« Hein que quoi ? Euh … Mais … » commence à bredouiller Hémaltone, tendant bien l’oreille pour être sûr de ne pas se tromper. Il écarquille les yeux : « Mais comment est-ce possible que … enfin … je … Mais c’est … »

« Oui, ta musique. Tu ne pensais pas que j’avais choisi ce restaurant au hasard, non ? »

« Mais … euh … c’est vraiment gênant. »

Pourtant, il semble ne plus avoir de problèmes à rester ici, Meloetta bougeant doucement au rythme de la musique. C’est gênant, très gênant mais en même temps, ce n’est pas déplaisant. Lorsque le repas se finit, il n’ose pas écouter les murmures des clients.

« Faldéla, est-ce que nous pourrons y aller ? S’il te plaît ? Vraiment, je ne veux pas rester. »

« Tu ne veux pas entendre l’avis des autres ? Sinon, ça sera ceux des magazines mais ça prendra quelques semaines, tu le sais ? »

« Je le sais parfaitement, Faldéla. S’il te plaît. On peut aller se promener ce soir ? »

Il serre un peu plus contre lui la petite Meloetta, rappelant ses pokémon qui ont terminé de manger aux aussi. Faldéla paye le restaurant, laissant un pourboire avant de se diriger vers la sortie, invitant Hémaltone à faire de même. Il n’a pas à avoir si peur que ça.

« Huuuuum ! Il fait un peu frais, tu ne trouves pas ? »

« Ca … peut aller. Merci d’avoir accepté, Faldéla. »

« De quoi ? De sortir du restaurant ? Nous devions le faire de toute façon, non ? »

« Ce n’est pas de ça dont je veux parler … merci. »

Il se répète mais elle lui sourit. Avec douceur, elle place son bras autour d’Hémaltone, l’invitant à se rapprocher d’elle. Généralement, il sait que c’est l’inverse mais pour le moment, il n’est pas vraiment enclin à faire valoir son côté mâle viril aux yeux de la demoiselle. Il pousse un petit soupir déçu.

« Je n’ai pas vraiment … l’air d’un homme, hein ? »

« Si je voulais un mâle viril et idiot, je serais parti ailleurs. Tu es très bien comme tu es. »

Elle lui sourit doucement pour le rassurer, Hémaltone ne faisant que baisser la tête. Meloetta ne semble pas être dérangée, étant dans ses bras depuis maintenant plusieurs heures depuis qu’ils avaient quitté l’appartement.

« Est-ce que tu veux passer par le parc ? Ça ne sera pas bien long mais de toute façon, nous sommes là pour nous promener, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai, je te retarde un peu, pardon. On peut continuer à marcher alors, il n’y a pas du tout de problème. Ne t’en fait pas, loin de là. »

Qu’il arrête de s’excuser pour un rien. Il pouvait devenir vraiment fatiguant, est-ce qu’il s’en rendait compte ? Mais elle avait décidé de vivre avec lui pour le meilleur et pour le pire … mais surtout pour le meilleur. Elle ne pouvait pas être plus heureuse qu’aujourd’hui de toute façon. Rien ne pouvait entraver ce bonheur avec Hémaltone. Prenant sa main pour croiser ses doigts avec les siens, elle lui sourit tout en se dirigeant vers le parc.

Chapitre 1 : Anxieux

Septième son : Rire

Chapitre 1 : Anxieux

« Je … ne suis pas vraiment rassuré. »

« Oh ? Et de quoi donc ? Qu’est-ce qui te fait si peur ? Tu veux me le dire, Hémaltone ? »

Il hoche la tête négativement, laissant ses cheveux verts virevolter un peu partout alors que la jeune femme le regarde avec amusement. Elle passe une main dans sa chevelure, reprenant :

« Pourquoi pas ? Tu sais parfaitement que je ne te jugerais pas, non ? »

« J’ai un peu peur. Un peu peur de tout en fait. »

Il reste assis sur une chaise, balançant ses pieds bots alors qu’elle commence à les masser doucement. Voilà, voilà. Qu’il ne se fasse aucune inquiétude. Le jeune homme est plus que gêné par ce geste, bafouillant quelques mots :

« Tu … n’as pas besoin de faire ça. C’est … intimidant. »

« Je le fais car j’en aie envie, tu dois t’en douter, n’est-ce pas ?’ Alors, comme ça, tu as peur mais de quoi ? Tu dis tout … mais est-ce à cause des musiques ? »

« C’est ça … j’ai peur des musiques. Tu sais que je dois les faire moi-même hein ? Enfin, les fabriquer moi-même. Ca me fait peur. J’ai peur de ce que les gens vont dire ou penser quand ils les écouteront. Ce n’est pas pareil que le faire dans les rues. »

« Si ce n’est que ça, tu n’as pas à t’inquiéter, loin de là. Tu as bien entendu ce producteur et les autres non ? Ils ont confiance en toi, j’ai confiance en toi. »

Il hoche la tête une nouvelle fois, positivement tandis qu’il bafouille quelques mots pour la remercier. Depuis qu’il l’a embrassée, il ne sait plus trop où se mettre. Et aussi, il trouve Meloetta un peu étrange et distante. Où elle est ? Ah ? Elle est sur ses genoux, en train de le regarder. Elle aussi est soucieuse de ce qui se passe.

« N’oublies pas que tu es accompagné par Meloetta. Cela commence à faire un petit bout de temps, non ? Tu devrais te sentir plus rassuré. »

Encore une fois, encore une fois, il hoche la tête vivement, voulant montrer que ça va mieux. Il se redresse, cherchant à reprendre son souffle tout en tenant Meloetta dans ses bras. La petite pokémon se laisse faire tandis qu’il murmure :

« Mer… ci beaucoup. Désolé, je parles très peu et … »

« Ne t’en fait donc pas pour cela. Je sais bien que tu ne parlais déjà que moyennement auparavant et que depuis que tu te concentres sur ce qui t’attends, tu as un peu de mal. »

« Meloetta ? Melo, meloetta, melo, melo ! » s’exclame la petite pokémon légendaire, signalant par là qu’elle considère que c’est une bonne chose que de ne pas trop parler.

Pourquoi ? Comme ça, il peut se concentrer sur la musique et ce n’est pas le plus important à l’heure actuelle ? Si si ! Elle en est sûre et certaine ! Le jeune homme pousse un petit soupir, prenant son ocarina avant de murmurer :

« Je pense que je vais jouer un peu, cela me permettra de penser à autre chose. »

« C’est une bonne idée. Est-ce que je peux t’écouter ou tu veux être seul ? »

« J’aimerai bien que tu restes avec moi, Faldéla. »

Alors, elle est parfaitement d’accord à ce sujet. Elle s’installe en face de lui alors qu’il porte l’ocarina à ses lèvres. Doucement, le son en sort alors qu’il se met à en jouer. Meloetta penche la tête sur les côtés, chantonnant :

« Meloetta, Melo Melo… Meloetta . »

« Elle est si craquante quand elle réagit de la sorte. Une vraie petite poupée de porcelaine mais vivante. Elle doit être tellement attachée à toi, Hémaltone. »

Il ne répond pas par la voix mais par la musique, celle-ci s’accentuant alors que Meloetta pousse un cri ravi en tendant les deux mains vers le plafond. C’est si chouette ! Elle adore quand il fait ça car il laisse ses émotions et ses sentiments le submerger comme si de rien n’était. Ah … c’était aussi simple que ça !

« Tu gesticules beaucoup, Meloetta, ma musique te plait ? »

Pourquoi est-ce qu’il pose la question ? Il connait déjà la réponse ! Elle s’agrippe à son cou, venant frotter sa face contre sa gorge, passant ses petites mins pour être sûre de ne pas le lâcher. Il reprend son ocarina avant de chuchoter :

« Si seulement c’était pour quelques personnes que je faisais cela … »

« Tu n’es pas obligé de continuer tout cela, Hémaltone. »

« Si, pour une raison que je suis le seul à connaître. »

Et interdiction à Meloetta d’essayer d’utiliser ses pouvoirs psychiques. Il veut juste avoir de l’argent, non pas pour lui mais pour Meloetta et Faldéla. Pour les mettre à l’abri du besoin. Il sait à quel point ce monde est difficile à vivre, c’est pour cela qu’il ne veut pas se refuser une telle chose. Il veut que le monde découvre ce qu’il est réellement de tout ça. Il veut que tout le monde écoute sa musique … mais pour pouvoir protéger Meloetta et Faldéla.


Seulement après tout ça, il sera alors satisfait. Il est complexé. Il doit penser à ses nouvelles musiques, à quelques chansons et à tout le reste. Il veut faire plaisir aux autres … et en même temps surtout à Meloetta, ses pokémon et Faldéla. Mais ensuite ? C’est compliqué, tellement compliqué en fin de compte. Il pousse un profond soupir dépité, cela se faisant remarquer par Meloetta et Faldéla. La pokémon à la chevelure verte lui demande ce qui se passe mais il répond qu’il n’y a rien, ce n’est qu’une petite fatigue passagère. Il veut juste se concentrer maintenant sur ce qui l’attends. Il est tout simplement perdu et anxieux.

Chapitre 30 : Premier jour à l’école

Chapitre 30 : Premier jour à l’école

« Ryusuke ? Tu es prêt ? Comment vont tes pieds ? »

« Depuis que je n’ai plus le plâtre, j’ai encore du mal mais je devrais pouvoir marcher à peu près correctement, maman. Bon, je suis prêt pour le lycée, oui. »

« Bien bien bien, de toute façon, la jeune Kasiopé t’attend en bas. »

« Ah ? Je lui avais pourtant dit que je ne voulais pas ! PFFFFFFFFFF ! »

Il pousse un profond soupir bien que dans le fond, il ne soit pas réticent. Il finit par se diriger vers la porte, l’ouvrant tout simplement alors qu’Eleanor entoure sa taille et que Sirénia lui tient la main. Il regarde l’adolescente en face de lui, toute souriante :

« Bonjour, Ryusuke. J’espère que tu as bien dormi. Comment te portes-tu ? »

« Disons que si je pouvais utiliser mes bras et mes mains, ça serait bien mieux. »

« Oh, ne te presses pas trop. Ca ne sert à rien de trop vouloir si tu es incapable de t’en servir pour les prochains jours. Tu devras t’entraîner et réapprendre tout, voilà tout. »

« Je le sais, je le sais … ah … bon, maman, papa, j’y vais. Je reviens ce soir alors. » marmonne t-il alors qu’il se dit qu’il ne devrait pas avoir de problème avec les cours. D’après ce que Kasiopé lui avait donné, il était à jour, même dans les devoirs et autres.

« Alors, qu’est-ce que cela te fait, Ryusuke ? »

« De quoi ? D’aller au lycée ? La même chose que les autres fois hein ? Ca n’a rien d’exceptionnel et en même temps, je … »

« Non pas un petit peu anxieux quand même ? Par rapport aux regards des autres ? Tu sais, ils ne parlent que de toi depuis des semaines. Ils attendent tous ton grand retour. Alors, quand ils vont apercevoir que tu as une Draco, je ne te dis pas l’effet que cela va produire ! »

« Euh, si je pouvais éviter, ça serait beaucoup mieux, je te l’avoue. » dit-il avec calme, déglutissant néanmoins à cause de ses paroles.

« Tu ne pourras pas les empêcher, Ryusuke. Et Sirénia ? Comment est-ce que tu vas ? »

« Bien bien … bien … on va dire ça, comme ça. Je vais bien, oui. »

« De méchante humeur ce matin ? Pourtant, d’après ce que la mère de Ryusuke m’a dit, vous dormez tous les trois dans le même lit non ? Ryusuke, au final, tu es très proche de tes pokémon, n’est-ce pas ? Contrairement à ce que tu voulais faire croire. »

« Tu parles beaucoup trop, Kasiopé. Beaucoup beaucoup beaucoup trop. »

Il pousse un soupire alors qu’elle rigole gaiement. Elle respire vraiment la joie de vivre, hein ? Difficile d’ignorer une adolescente comme elle. Elle doit être souvent courtisée.

« Oh ? Ryusuke ? Bon … jour à toi. Kasiopé ? Que fais-tu ici ? »

« J’accompagnais Ryusuke jusqu’au lycée, rien de plus. Bonjour à toi aussi, Junon. »

« Oh ? Bonjour Junon, je ne savais pas que tu m’attendrais. Pik … Rik, bonjour aussi à vous. J’ai l’impression que l’on m’attendait. »

Et c’était peu de choses ! Car c’était vraiment le cas. Dès qu’il pose un pied sur le sol du lycée, toutes les têtes se retournent vers lui. Bien entendu, comme il est accompagné par le conseil des élèves, aucun ne cherche à s’approcher mais bon … tous les regards …

« J’ai une tâche sur le front ou quoi ? Je n’aime pas du tout ça, de mon côté … »

« On va aller directement dans ta classe. Nous t’accompagnons jusque là-bas, d’accord ? »

Il hoche la tête sans répondre. Voilà que les murmures se font entendre, évoquant alors la Kirlia mais aussi la Draco qui sont à ses côtés. Blablabla, il sait que Sirénia a évolué ! Oui, il sait qu’il a une Draco aussi ! Avec vivacité, malgré que ses jambes sont encore frêles et fragiles, il court vers le couloir, se dirigeant aussitôt vers sa classe.

« Ah ! Ryusuke ? Tu es de retour ? Enfin ! On avait presque aucune nouvelle sauf de Kasiopé et de la présidente du conseil des élèves ! »

« Je … vais bien … oui … pardon … besoin de souffler un peu. »

Il pose sa tête sur son bureau, prenant une profonde respiration. Kasiopé s’approche de lui, posant une main sur le sommet de son crâne avant de lui dire :

« S’il y a un problème, n’hésite pas à te rendre à l’infirmerie. »

« Oui, oui, je le ferais. Mais je pense pouvoir tenir le coup. Tu devrais te rendre plutôt dans ta classe. Merci à toi et aux autres. Tu feras passer le message ? »

« Aucun problème. » dit-elle avant de retirer sa main tandis qu’il redresse la tête. Encore une fois, quelques têtes sont tournées vers lui mais bien moins nombreuses. Auparavant, ça ne le dérangeait pas d’être le centre d’attention même si ce n’est pas ce qu’il cherchait.

Voilà que le professeur et le reste de la classe finissent par arriver. Aussitôt, le professeur lui demande de bien rappeler Eleanor mais lui-même demande d’une voix lente si pour la première journée, elle peut rester pour qu’elle voie ce qu’elle fait.

« D’accord mais pas comme avec ta … Kirlia ? Oh, elle a visiblement évolué. Néanmoins, il va falloir vraiment que l’on fixe quelques règles à ce sujet. Mais bon, tu peux pour tes pokémon pour aujourd’hui, mais pas plus, compris ? »

« Merci beaucoup de votre compréhension, professeur. J’ai aussi rattrapé mon retard par rapport aux cours. Je n’aurais peut-être pas le même niveau que les autres mais je devrais pourtant comprendre ce que vous avez fait. Vous n’avez pas à vous inquiéter et à ralentir parce que je suis de retour. Tenez, voici les derniers devoirs qu’il fallait faire. »

Voilà. Il tente de sortir ses devoirs mais c’est Sirénia qui le fait, accompagnée par Eleanor. Les autres élèves les regardent faire, Sirénia tendant les devoirs à Eleanor qui les attrape dans a petite bouche avant de les emmener jusqu’au professeur. Celui-ci les récupère avant qu’elle ne retourne aux côtés de Ryusuke. Le professeur se masse le front, murmurant :

« Jusqu’à ce que tes bras ne soient plus dans le plâtre, Ryusuke. »

« Comme vous le désirez, professeur. Merci à vous, nous pouvons commencer. »

Il se montre sage et agréable. Et tout cela ne semble guère surjoué. Il veut vraiment recommencer « sa vie » en tant que lycéen. L’heure passe agréablement alors que c’est Sirénia qui écrit à sa place bien qu’il lui chuchote ce qu’il faut écrire.

« Tu n’as pas besoin, Ryusuke. Essaie uniquement de penser et je ferais le reste. Si tu avais un contrôle, tu risquerais de donner les bonnes ou mauvaises réponses. »

« Ce n’est pas faux, désolé. Faisons comme tu l’as dit alors. »

Voilà qu’il se remet au travail comme si de rien n’était. Il tente de tenir un stylo entre ses doigts mais c’est à peine s’il peut bien le presser. Le stylo quitte ses doigts alors qu’il soupire. D’accord, ce n’est vraiment pas pour lui.

« Je te laisse gérer tout ça, Sirénia. C’est pathétique de ma part, vraiment pathétique. »

« Ne dit pas cela, ce n’est pas de ta faute, Ryusuke. »

Oui mais qu’importe ce qu’elle dit, ça ne change pas la situation actuelle. L’adolescent aux cheveux bruns ne peut qu’écouter les paroles du professeur et alors espérer que celui-ci ne lui en voudra pas de ne pas prendre des notes. C’est aussi simple que ça.
Finalement, les cours se terminent pour la matinée et il est déjà prêt à partir. Mais cette fois-ci, il ne prend pas le même chemin que d’habitude. Laissant son sac dans la classe, il invite ses pokémon à le suivre alors qu’il quitte le bâtiment par le rez-de-chaussée.

« Il fait plutôt bon, non ? Vous ne trouvez pas ? Autant profiter du soleil. »

« Ryusuke mais … et le toit ? On n’y va pas alors ? » demande Sirénia tandis qu’il hoche la tête négativement. Bon, c’est elle qui tient leurs repas mais encore une fois, ce n’est pas de a faute, il ne peut rien faire avec ses mains, voilà tout.

« Trouvons un coin tranquille et ça sera alors réglé, tu ne crois pas ? »

« Mais et le toit, il n’était pas assez tranquille pour toi ? Pourtant, c’est le meilleur endroit possible. Tu ne crois pas ? J’aimais bien, moi. Personne ne nous embêtait. »

« Oui mais ça, c’était auparavant. Ce n’est plus le cas maintenant, Sirénia. Ah. Regardez ce petit coin de pierre autour de l’arbre. Il n’y a pas grand monde. »

« Comme tu veux, Ryusuke. C’est toi le dresseur, pas moi. »

Voilà. Ils sont maintenant en train de manger bien tranquillement. Bien qu’il ait ses mains dans le plâtre, il tente de donner à manger à Eleanor, chose particulièrement difficile mais qu’il arrive à force de travail. Il ne remarque pas que Sirénia l’aide faiblement grâce à ses pouvoirs psychiques. Mais bon, tant qu’il est heureux.

« Bon appétit, la toute belle Draco. C’est bon ? »

« Draaaaaaaaa draco draco draco dra draco. »

« Tant mieux. Sirénia ? Tu veux que je tentes de faire pareil de ton côté ? Allez, on va essayer quand même au cas où.. Fais aaaaaaaaaah. »

Il cherche à la nourrir et elle se laisse faire. Encore une fois, elle l’aide du mieux qu’elle le peut. Une nouvelle fois, quelques murmures se font entendre jusqu’à ce qu’une voix féminine n’arrive à sa hauteur, criant en sa direction :

« Ryusuke ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu n’étais pas à l’endroit habituel ! »

« Junon ? Vraiment ? Tu me fais la tête juste pour ça ? Et oui, désolé, je voulais changer un peu mes habitudes, rien de plus, rien de moins. Ce n’est pas une si mauvaise chose. »

« Oui, je te fais la tête et je te boude. De plus, Pik et Rik vont arriver. On va pouvoir manger tous les quatre. » s’exclame la jeune demoiselle aux cheveux argentés alors qu’il cligne des yeux. Il ne manque pas quelqu’un dans sa liste ?

« Et Kasiopé ? Où est-ce qu’elle est ? Elle n’est pas là ? »

« Elle a du travail en tant que Vice-Présidente. Et oui, passer autant de temps pour te ramener les devoirs et les cours, c’est bien beau mais elle a aussi des obligations. Ainsi, chaque midi, elle doit rattraper son retard. »

« C’est dommage. Si je peux l’aider, je le ferais plus tard. Là, aujourd’hui, je ne peux pas. Je passerai la saluer pour la remercier de tout ce qu’elle a fait pour moi. »

« Comme tu veux mais c’est moi ou tu es souvent accroché à elle ? Je vous vois toujours tous les deux collés l’un à l’autre. Il y a même certaines rumeurs à ce sujet. »

« Les rumeurs sont des rumeurs. Mais elle est la seule à m’avoir dit la vérité concernant Naro et vous, à partir de là, c’est la seule à qui j’ai confiance pour le moment. »

Voilà que Junon fait la moue, s’installant à côté de lui. Elle commence à manger de son côté alors que Pik et Rik viennent saluer Ryusuke. Finalement, ils sont tous, côte à côte, discutant de tout et de rien. Il évite le sujet de Naro pour le moment puisque visiblement, ça semble déranger Junon. Mais oui, Kasiopé n’a pas eut peur de lui dire la vérité et rien que pour cela, il respecte plus l’adolescente aux cheveux verts que les autres.

« Est-ce que tu as vraiment besoin de cette vérité pour être satisfait, Ryusuke ? »

« Dans certain cas, elle est nécessaire, oui … mais bon, ce n’est pas l’heure d’en parler. »

Il coupe court à la conversation car il n’a guère envie de se battre avec les autres. D’ailleurs, les cours vont reprendre et il salue les membres du conseil des élèves. Il tente de s’éloigner mais Junon tend la main en le hélant :

« AH ! Attends un peu, Ryusuke. Je voulais te dire quelque chose. Tu sais que si on ne t’a rien dit, c’était tout simplement pour te protéger, hein ? »

« Oui oui, bien entendu que je le sais. Bon, je retourne en cours. Faites attention à vous. Ah … Je passerais vous voir dans la soirée. »

Du moins, après que les cours soient terminés. Pour l’heure, ce n’est pas vraiment pas. Reprenant sa classe, il écoute le nouveau professeur pour les mathématiques. Heureusement pour lui, il n’a aucun souci à se faire de ce côté-là.

« Tu as toujours été fort en mathématiques, c’est bien cela, Ryusuke ? »

« C’est exact, Sirénia. Mais bon, ça ne veut pas dire que je connais tout sur tout. » murmure l’adolescent aux cheveux bruns avant de placer une main sur son front.

« Je me doutes mais tu es très intelligent et très patient … car tu as bien voulu tout m’apprendre. Alors, juste pour ça, je tiens à dire ce que tu es réellement. »

Ce qu’il est réellement ? AH ! C’est quoi cette expression de la part de la pokémon ? Eleanor relève la tête, le fixant de ses beaux yeux de dragonne alors qu’il lui fait un petit sourire tendre .Et oui, il n’est pas forcément le meilleur dresseur ou homme dans ce monde. Il lui chuchote tout doucement pour qu’elle seule puisse entendre :

« Pas trop déçue que je ne sois pas parfait?3

« Dra. » répond t-elle en tapotant sa face contre la joue de Ryusuke. Bien sûr que non ! De toute façon, personne ne l’était réellement alors bon hein ?

« Bon alors, pour la peine, ce soir, on fera comme d’habitude. Il ne reste plus qu’une heure de cours et on peut ensuite rentrer … ah peut-être que non. »

Il a presque oublié Kasiopé mais heureusement pour lui, il s’en rappelle bien vivement. Bon, ça ne veut pas dire qu’il va pouvoir aider Kasiopé … mais au moins faire acte de présence non ? Les cours se terminent et il range déjà ses affaires.

« Hey, Ryusuke, tu veux que l’on t’accompagne jusqu’à chez toi ? »

« Non, pas besoin, je vais me rendre au conseil des élèves. J’ai quelque chose à leur dire. » dit Ryusuke avant de mettre son bras plâtré contre son coeur.

« Oh, pas grave alors. Peut-être une prochaine fois donc ? Si ça ne te dérange pas trop. »

« Ca ne me dérange pas vraiment même si je pense que vous avez mieux à faire de votre côté. Je ne suis pas vraiment très … social dès qu’il s’agit de communiquer. Je pense que vous l’avez remarqué depuis tout ce temps, n’est-ce pas ? »

« Oui mais bon, tu sembles totalement différent. Déjà que Kasiopé nous en parlait un peu pour nous tenir au courant mais maintenant qu’on le voit, on le remarque plus aisément. »

« Oui mais bon … d’ailleurs, je vais aller la voir pour la remercier. »

Il signale cela alors que quelques sourires se placent sur leurs lèvres. Pourquoi est-ce qu’ils font ça ? Il n’en a aucune idée mais bon, il finit par sortir de la salle de classe, marchant lentement tandis qu’il chercher la salle du conseil des élèves.

« Kasiopé ? Kasiopé ? Hmm … On dirait bien que c’est le bon endroit. »

Il prononce son prénom tout en voyant sur la porte ce qu’il recherchait. Il toqua plusieurs fois de suite à la porte jusqu’à ce qu’une voix féminine ne dise :

« Rentrez donc, je suis seule mais qu’importe … »
Bof, c’est tant mieux en un sens. Il pénètre dans la pièce, regardant Kasiopé qui s’y trouve. Assise à un bureau, elle a tout un tas de dossiers à côté d’elle tandis qu’elle griffonne sur des papiers devant ses yeux.

« Ahem, mademoiselle ? Je ne vous dérange pas trop ? Il va être l’heure de la fermeture. »

Elle finit par relever ses yeux, un sourire illuminant son visage alors qu’elle aperçoit Ryusuke. Celui-ci referme la porte derrière lui, accompagné par ses pokémon. Sa première journée à l’école depuis cet incident lui avait fait le plus grand bien.

Chapitre 30 : Accepter de danser

Chapitre 30 : Accepter de danser

« Hmm … Ce n’est pas déplaisant, je dois l’avouer. »

« Pardon quand même, mon but n’était pas de te créer de problèmes. J’espère que ça ne te dérange pas trop ou que ça ne t’embête pas trop et … »

« C’est quand même la première fois que l’on m’embrasse ainsi, je dois avouer. Je ne peux pas t’en vouloir. En fait, c’est la première fois qu’on m’embrasse tout court. »

Pourtant, elle ne semble pas être en colère, pas du tout même. Il doit quand même être fautif, n’est-ce pas ? Enfin, il ne sait plus du tout quoi dire ou faire. Il est juste perdu, complètement perdu même … vraiment très difficile même.

« Faldéla, est-ce que tu veux bien essayer de chanter une nouvelle fois ? »

« Hémaltone, tu penses vraiment qu’il suffit que tu fasses ça pour combattre plusieurs années à n’avoir rien fait du tout ? Sincèrement ? Tu penses que c’est réalisable de la sorte ? »

« Pourquoi pas ? Est-ce que l’on peut essayer, s’il te plaît ? » dit-il avec lenteur alors qu’elle soupir, amusée et rougissante légèrement en pensant au baiser.

« Soit, soit, soit … Mais je ne promets rien. Surtout que je n’ai aucune parole en tête hein ? Pour venir accompagner ta chanson, te voilà au courant maintenant, Hémaltone. »

Ce n’est pas bien grave pour lui, pas grave du tout même. Il dépose doucement Meloetta sur le sol, celle-ci ronchonnant un peu en se laissant déposer. Vraiment, il aurait quand même pu éviter ça aussi hein ? Pfff ! Hémaltone prend son violon.

« On va faire la cinquième musique que j’ai composée. Est-ce que tu es prête, Faldéla ? J’y vais dès maintenant, fais attention hein. »

« Oui, oui, arrête donc de parler et commence donc à jouer de ta musique, Hémaltone. »

Il s’exécute, sans un mot, obéissant bravement à Faldéla. Voilà que la musique vient remplir la place, comme à son habitude. Faldéla se met à trembler de tout son corps, Hémaltone lui disant d’une voix qui se veut rassurante :

« Et si tu fermais les yeux, Faldéla, qu’est-ce que tu en penses ? »

« Fermer les yeux ? Pourquoi est-ce que je ferai ça, Hémaltone ? »

« Pour ne plus penser à rien, juste à la musique. La musique et rien d’autre, tu ne trouves pas ça une bonne idée ? »

« Je vais essayer, je préfère ne pas promettre du tout. »

C’est quand même assez risqué et fou non ? Mais bon, elle écoute et elle se met alors à fermer les yeux. Elle balance sa tête à gauche et à droite, c’est vrai que le rythme est bon, plutôt bon, oui. Mais à part cela ? Hmm … peut-être que …

« Meloetta, melo melo … meloetta. »

Voilà que la petite créature aux cheveux verts se met à changer, ne semblant pas s’intéresser à Faldéla. Néanmoins, maintenant que c’est fait, la femme aux cheveux bleus écoute la voix ainsi que la musique. Finalement, elle ouvre la bouche.

« Bien, Faldéla, bien … Continue donc ainsi. »

« Chut, s’il te plaît, ne me déconcentre et ne me perturbe pas, s’il te plaît. »

« D’accord, d’accord. Pardonne-moi. »

Qu’elle ne lui pardonne pas … mais qu’elle l’accompagne. C’est tout. Il la fixe alors qu’elle a les yeux fermés. Finalement, après une bonne minute, il revoit sa bouche qui s’ouvre pour laisser enfin sa voix sortir et enchanter la place. C’est ça … exactement ça. Qu’elle continue donc … qu’elle continue de chantonner …

C’est ça … c’est donc ainsi ? C’est donc ça le vrai chant de Faldéla ? Il comprend maintenant, il comprend parfaitement pourquoi Solomon était envoûté par elle. Il change de registre et de partition mais elle arrive à l’accompagner sans aucun problème. Et puis, surtout, elle se met à danser devant lui, devant ses yeux.
Elle sait aussi bien danser que chanter, elle est vraiment la personne la plus douée pour le chant et la musique, n’est-ce pas ? C’est donc ça … Il en est convaincu. Rien que ça … Rien que ça. Les minutes défilent mais il ne s’arrête pas, il continue. Il est en sueur et elle aussi. Après enfin une bonne heure, elle est libre, il est libre.

« Ah … Ah … Ah … Je ne pouvais pas m’en empêcher. Je suis confuse. »

« Non, non, tu n’as pas à l’être, c’était superbe, Faldéla ! »

« Vilain flatteur, tu dis ça pour me faire plaisir. Ma voix et mon chant sont … »

Elle s’arrête en voyant Hémaltone. Le regard qu’il lui lance ne lui permet pas de le contredire. Elle … elle est gênée et confuse, très confuse même. C’est plus que gênant. Elle murmure avec lenteur :

« D’accord, le message est bien passé, Hémaltone. Merci pour tout ce que tu as fait, c’est vraiment très sympathique de ta part. »

« Je veux juste te permettre de redécouvrir la musique et la chanson du côté dont tu étais issue. Je suis sûr que tu seras plus qu’heureuse en étant capable de chanter et de danser … plutôt qu’en regardant les autres, est-ce que je peux dire que c’est réussi ? »

« C’est le cas, Hémaltone, c’est le cas. »

Et elle revient vers lui, prenant son visage à deux mains pour l’embrasser à son tour. Meloetta tente de sourire mais elle n’y arrive pas. Elle est heureuse pour eux … mais elle ne sait pas. Quelque chose lui fait mal … mais elle ne comprend pas quoi.

Chapitre 29 : Retrouver l’envie

Chapitre 29 : Retrouver l’envie

« Hmm … Je vois, je vois. »


Le producteur est là, observant les pokémons et les personnes autour de lui tout en écoutant brièvement Hémaltone. Il semble avoir compris, n’est-ce pas ? Oui, oui, c’est bien ça. Cette musique est ce qu’il recherchait. Il murmure à nouveau :

« Avec de tels pouvoirs, comment cela se fait-il qu’il ne les ait jamais utilisés ? Avec une vie de mendicité, il pourrait facilement faire plus. »

Cela doit correspondre au caractère de l’adolescent, ce n’est pas possible autrement. Oui, c’est bien ça dont il s’agit, il en est sûr et certain même. Mais bon, il ne peut pas en parler à voix haute, autant continué à l’influencer discrètement. De toute façon, tout est régit par la musique dans ce monde. Comme une pièce d’opéra dont il est le scénariste, il sera bientôt temps de faire intervenir un nouveau personnage.

Un personnage déposé par ses soins, héhéhé. C’est exactement ainsi et pas autrement que cela doit se passer, loin de là. Hmm … Oui, c’est ça. Une bien bonne musique, il en est certain, cela sera parfait pour plus tard, pour ce qu’il prévoit. Oui, il prévoit de très grandes choses avec les pouvoirs de Meloetta et Hémaltone.

« Bien bien bien, je pense que la représentation vous a plu, n’est-ce pas ? »

« Hein ? Que … Oh … J’avais l’impression de me retrouver ailleurs, Solomon. Ce jeune violoniste sera un prodige, que dis-je, un véritable virtuose ! »

« Je m’en doutais que cela vous plairait. Si vous voulez bien saluer Hémaltone. »

« Mais de quelle famille célèbre vient-il ? Je n’en ai jamais entendu parler avant la sortie de son premier CD. Une telle perle doit être … Attendez un peu. Jeune homme ? Vous faites du violon depuis votre enfance, n’est-ce pas ? »

« Non, non … J’ai commencé il y a moins d’un an. »

« Je peux confirmer ses dires, il a acheté le violon devant mes yeux. Il jouait auparavant de l’ocarina, n’est-ce pas, Hémaltone ? »

« Je ne suis pas sûr de pouvoir y arriver encore mais je veux bien essayer. » murmure l’adolescent avant de déposer son violon dans son étui, sortant son ocarina.

« Oh ? Il sait aussi jouer de l’ocarina ? »

« Meloetta ! Melo melo ! » s’écrit la pokémon aux cheveux verts.


Hémaltone sait tout faire ! Ce n’est pas parce que le producteur est une bourrique sans cervelle qu’Hémaltone est comme lui ! Il vaut bien mieux que lui ! OUI ! Elle n’a pas honte de le dire ! Elle en est même très fière et … oh …

« Meloetta, calme-toi, s’il te plaît. Rien ne sert de s’énerver. »

Elle se calme aussitôt quand il commence à jouer de l’ocarina. Quelques minutes plus tard, ils sont tous partis, sauf Faldéla et ses pokémons. Il rappelle Starni et Xynolo alors qu’il se met à réfléchir. Ah … Faldéla lui fait un grand sourire, s’approchant de lui :

« Mes félicitations, Hémaltone, je pense que tu viens de te graver un nom dans la musique. »

« Tant que ça ? Je n’ai rien fait de spécial, tu sais. »

« Les personnes qui étaient avec Solomon sont des critiques musicaux renommés dans le monde entier. Vraiment, c’est superbe ce qui se passe pour toi, tu t’en doutes ? »

« Je m’en doutais quand même, oui, un petit peu. »

Il ne sait pas trop où se mettre … mais elle lui propose de s’asseoir à côté d’elle. Il s’exécute et obéit bien sagement. Meloetta vient aussitôt d’installer sur ses genoux, restant immobile ensuite, regardant devant elle. Pourtant, ses yeux passent parfois sur l’adolescent et la jeune femme aux cheveux bleus. Celle-ci reprend la parole :

« Ne t’en fait donc pas, Hémaltone, ce n’est rien de mal. »

« Non, non, ce n’est pas ça … c’est juste que bon … en un sens, si tu n’avais pas voulu que je prenne ce violon, enfin bref … »

« Oh ? Tu veux donc dire que tu places notre réunion sous le signe du destin ? C’est mignon de penser ainsi, Hémaltone, vraiment très mignon, oui. »

« Ce n’est pas vraiment le but que je recherche, mademoiselle Faldéla. Ce que je veux dire, c’est que … zut alors. »

Il ne sait pas trop quoi faire mais il sait qu’il doit prendre son courage à deux mains … ou plutôt celle de Faldéla dans la sienne. Sans crier gare, il croise ses doigts avec ceux de Faldéla, celle-ci disant sur un ton surpris :

« Hum ? Hémaltone, qu’est-ce … »

Il ne lui a pas laissé la possibilité de parler. Sans même expliquer son geste ou trembler, il dépose un baiser qui dure cinq secondes. Il retire ses lèvres ensuite, rougissant violemment avant de retirer sa main de celle de Faldéla :

« Pardon, pardon ! C’était … Enfin, juste que … »

« Hmm. » murmure la femme aux cheveux bleus, semblant songeuse tout en posant un doigt sur ses lèvres. Elle reste immobile, pendant quelques secondes avant de se tourner vers lui. Elle le fixait, longuement, en clignant des yeux.

« Hmm … Moui … Vraiment … Hmm … Surement même. »

« Je tiens à m’excuser encore une fois, Faldéla. Je n’aurai pas dû, c’est juste sur le moment, j’ai cru que … enfin, je pensais que c’était une bonne idée. »

« Une bonne idée, c’est la seule chose que cela t’inspire ? »

« Non, non ! Pas du tout ! Pas du tout même ! Enfin, pas du tout ! J’en avais envie ! »

Envie ? Il ne sait plus du tout où se mettre maintenant. Il n’ose plus regarder Faldéla, posant son regard … sur Meloetta qui le fixe en clignant des yeux plusieurs fois à la suite ? Elle semble statufiée et stupéfaite. C’est vrai, elle a tout vu. Tout … et lui aussi, il aurait peut-être plutôt dût attendre d’être vraiment seul avec Faldéla pour faire ça.

Chapitre 28 : Être adulte

Chapitre 28 : Être adulte

« Alors ? Hémaltone, qu’est-ce que cela fait de se rapprocher inexorablement de l’âge adulte ? » demande Faldéla en souriant.

« Je ne sais pas … Rien de bien spécial j’espère ? Je ne vais pas me transformer ou autre, hein ? C’est bien ça ? Pas de monstre ou je ne sais quoi. »

« Te transformer ? Allons-allons, qu’est-ce que tu racontes encore comme bêtises. Comme si tu allais te transformer en monstres. Et puis quoi encore ? Qu’est-ce qui t’a mis cette idée en tête, Hémaltone ? C’est vraiment étrange de dire ça. »

« Je sais pas … j’avoue que je ne sais pas du tout. » bafouille l’adolescent. C’est juste que … depuis que Meloetta savait qu’il se considérait ainsi, c’était un peu embêtant. Enfin gênant. Il avait toujours cette idée en tête maintenant et c’était difficile de la lui retirer. Faldéla pousse un soupir attendri, reprenant la parole avec douceur :

« Ne t’en fait donc pas à ce sujet. Tu ne vas pas muter en un horrible mélange Tadmorv Miasmax. Car oui, le résultat, je me l’imagine et ce n’est pas beau à voir. »

« Et maintenant, j’ai ce monstre en tête, merci bien, Faldéla. »

Il en tremble presque rien qu’à s’imaginer tout ça lui aussi. Vraiment, Faldéla a des idées plus que saugrenues des fois. Il sait pas s’il doit s’en effrayer ou alors commencer à réfléchir à … ah ben non. En fait, il n’a pas à réfléchir à tout ça, loin de là. Il pousse un petit soupir.

« Bon, normalement, tous les partitions sont faites. »

« C’est le cas, c’est le cas, Hémaltone. C’est surprenant … faire autant en moins d’un mois. Comment même est-ce possible ? Je t’ai appris à utiliser des partitions il y a de cela trois semaines et voilà que tu es un vrai petit virtuose. »

« Je ne sais pas pourquoi … enfin, comment est-ce possible, c’est tout. Je regarde les papiers et ensuite, je laisse le crayon faire à ma place. »

« A ce point ? Tu ne considères donc que ton existence est liée à ça ? »

« Pas à ce point mais quand même … »

Elle a compris le principe normalement. Enfin, surement. Est-ce qu’elle a saisi où il voulait en venir ou alors, c’était juste impossible ? Mais bref, il n’a pas que ça à faire et il vaut mieux pour lui qu’il retourne voir ses partitions.

« Non, non, cette fois-ci, tu vas encore prendre un peu de repos. Normalement, préparer un album demande du temps, au moins une année au minimum et toi ? Qu’est-ce que tu veux faire ? Le terminer en deux mois, tu exagères ! »

« Ce n’est pas de ma faute, ce n’était vraiment pas prévu ainsi, je dois te l’avouer. Je suis comme ça et pas autrement, vraiment … désolé à ce sujet. » bredouille l’adolescent presque adulte, se tapotant le derrière du crâne avec confusion.

« Tu n’as pas à t’excuser. Mais est-ce que tu es prêt ? »

« Je le suis. Allons voir Solomon … même si ça ne me plait pas vraiment. »

Elle a un petit sourire alors qu’il récupère son instrument et ses partitions. Sortant ses pokémons de leurs sphères, il accompagne Faldéla alors que Meloetta ne peut pas venir dans ses bras. Assise sur son épaule, elle le regarde longuement puis murmure :

« Meloetta, melo, melo … Meloetta, melo. »

Il est à peu près d’accord avec elle sur ce point. Enfin bon, ce n’est pas aussi simple que ça. Une demi-heure plus tard, il se trouve devant un auditoire composé d’une dizaine de personnes dont Faldéla, Meloetta et ses pokémons. Oui, oui, il est seul, face à eux. Il n’a pas le choix, il doit quand même montrer la qualité principale de son travail. Car il est bien beau d’avoir un chant mais s’il peut être très bien accompagné, c’est encore mieux.

« Je vais vous jouer toutes mes partitions, les unes après les autres. »

« Fais donc, fais donc, nous t’écoutons dès maintenant. »

Bien. De toute façon, il ne leur laisse pas vraiment le choix. Il prend son violon, déposant ses partitions devant lui avant de fermer les yeux complètement. Faldéla hausse un sourcil, les autres personnes faisant de même avant que l’une demande :

« Et comment comptes-t-il lire ses partitions de la sorte ? »

« Je ne sais pas mais … faites-lui confiance, il ne déçoit jamais. »

Tsss. Il ne relève même pas la remarque du producteur. Comme si vraiment, il s’intéressait à sa musique. Bon, alors, autant commencer directement par la partition de la septième chanson. Septième … oui … rythme rapide avec montée à la quarante-septième seconde, pendant dix-huit secondes, il y a une répétition qui revient ensuite à la seconde minute et trente-deux secondes. Oui, c’est bien ça.

« Je vais commencer dès maintenant, est-ce que vous pouvez faire le silence complet ? »

« Bien entendu, bien entendu. Tu peux le faire dès maintenant alors. »

« Merci bien, je vais commencer dès maintenant. »

Concentration … et exécution ! Ce n’est pas tout, loin de là. Mais il doit juste réussir et espérer accomplir ce qu’il désire. Il prend une profonde respiration avant de de se mettre à jouer du violon. Voilà, il a pris le rythme. Il sait ce qu’il doit faire, il sait ce qu’il doit accomplir, c’est aussi simple que ça. Oui … c’est ça.

C’est comme ça qu’il doit jouer, qu’il doit se laisser envahir par la musique. Il ne doit pas craindre ses pouvoirs. Il ne doit pas craindre ce qu’il va devenir. Mais est-ce qu’il sera capable de les contrôler ? Il ne sait pas s’il en sera capable … oui … Ses pouvoirs, il commence à peine à les montrer aux yeux de tous et de toutes.

Chapitre 27 : Ses pouvoirs

Chapitre 27 : Ses pouvoirs

« Il me faut des rythmes différents mais toujours avec le violon. »

« Ne commence donc pas à te prendre la tête à ce sujet, hein ? »

« Non, non, Faldéla. Juste que je ne peux pas rester que dans le registre sombre et triste comme pour les deux premières chansons. Il faut que je fasse différemment. Je ne veux pas que les gens croient que je suis sinistre et lugubre comme personne à la base. »

« Ah bon ? Ce n’est pas le cas, Hémaltone ? »

« Faldéla, ce n’est pas très drôle de te moquer de moi sur ce point. Tu sais que je suis un peu sensible quand même à la base là-dessus. »

« Mais non, mais non, tu n’es pas plus sensible qu’un autre. Surtout si tu apprécies l’humour, Hémaltone. Et je suis sûre que c’est le cas. »

« Peut-être pas tant que ça, Faldéla, peut-être pas tant que ça. »

Pourtant, elle se met à rire et lui aussi. Meloetta les regarde tous les deux, sans rien dire. Même si elle a dormi auprès de lui cette nuit, elle reste de marbre, elle tente de l’être. Elle n’aime pas trop comment tout se rapproche. Enfin, ce n’est qu’une façon de penser, ce n’est pas forcément la vérité bien entendu, mais voilà, elle n’apprécie que moyennement comment tout cela est en train d’avancer. Peut-être qu’elle se fait des idées au final ?

C’est surement ça en fait ! Elle se fait des idées et rien d’autre ! Comment cela serait-il possible autrement de toute façon ? Non, ce n’est peut-être pas ça. Mais elle sent qu’Hémaltone est un peu mélancolique ? Comment est-ce possible ? Pourquoi ? Enfin, trop de questions mais elle n’est pas sûre d’avoir une réponse donc elle préfère ne pas les poser. Puis en même temps, elle voudrait surtout comprendre ce qui cloche avec Hémaltone.

« J’ai vraiment … toute la vie dorénavant. »

Il soupire brièvement, Faldéla ne l’ayant pas entendu mais Meloetta si. Alors, maintenant, elle cherche à tout prix à savoir ! Savoir quoi ? Elle ne le sait pas mais elle veut le savoir quand même ! Elle se rapproche discrètement d’Hémaltone, disparaissant à sa vue. Puis subitement, Hémaltone murmure :

« Est-ce que tu peux me dire pourquoi est-ce que tu fais ça, Meloetta ? »

« Melo ? Melo meloetta ? Melo melo ? »

« Même si tu es invisible, je peux ressentir ta présence avec les vibrations dans les airs. »

« Meloetta, melo meloetta … melo melo meloetta melo. »

Elle tente de s’expliquer avant de réapparaître derrière lui, confuse et gênée. Elle voulait juste savoir comment l’aider … enfin, l’épauler. Mais là, il ne lui a pas vraiment laissé le choix en fin de compte, malheureusement. Elle tente de s’exprimer mais aucun mot ne sort de sa bouche maintenant qu’il reprend :

« Je vais bien, ne t’en fait pas, c’est une bonne mélancolie. »

« Hmm ? Tu parles encore à Meloetta mais non moi, Hémaltone ? Tu sais, je ne pense pas qu’elle puisse te répondre correctement, hein ? »

« Pourtant, elle m’a toujours donné cette impression, Faldéla. De pouvoir me comprendre et me parler, c’est bête mais bon … je l’espère dans le fond. »

« Peut-être, peut-être. Tu vas bientôt devenir un adulte, Hémaltone. Il faut que tu fasses quand même attention à ça, hein ? Tu n’es plus un enfant. »

« Je le sais parfaitement, Faldéla ! Pfff ! Bon, ça ne fait rien ! Viens par là, Meloetta ! On va se reposer, toi et moi, on va prendre un peu l’air ! »

Elle tente de pousser un petit cri de surprise mais l’adolescent la prend par le bras et la tire à lui avant de quitter la pièce. Faldéla soupire d’amusement. Qu’il le veuille encore, c’est un adolescent, non pas un adulte. Il ne peut pas s’imaginer tout ce qui l’attends.
D’ailleurs, l’adolescent est maintenant assis sur un banc, poussant un profond soupir. Il tient une crêpe à la main, tendant un petit morceau à Meloetta. En fait, cela fait depuis longtemps qu’il n’a pas fait une telle chose avec elle. Oh oui, plusieurs mois même. C’est bête, vraiment bête. Il a besoin … de se calmer … mais il est calme en fait.

« Est-ce que c’est bon, Meloetta ? Dis-moi tout ? »

« Melo melo ! Miam ! Hmm ! » répond la petite créature, semblant apprécier plus que de naturel le morceau de crêpe entre ses pattes.


Ah … Tant mieux si ça lui plait. Ah oui … Tant mieux. Il a tout ce qu’il désire actuellement. Il n’a plus à craindre l’avenir, plus du tout même. Il peut être soulagé et apaisé non ? Enfin, c’est ce qu’il aimerait être mais il n’est pas sûr que ça soit possible pour le moment. Les gens n‘ont pas encore peur de ses pouvoirs.

« Des pouvoirs, Hémaltone ? »

« Hein quoi ? Meloetta ! Tu reparles encore une fois ? » dit-il, surpris et étonné mais fixant la petite créature de ses yeux bleus. « Enfin bon … Oui, des pouvoirs, Meloetta. »

« Ceux liés à la musique ? »

« C’est exact, Meloetta, c’est exact. Ceux liés à la musique. » soupire l’adolescent.

Comment peut-il expliquer ça correctement ? Ses pouvoirs … il ne sait pas d’où ils proviennent. Il est né avec … c’est tout. C’est surement pour ça que ses parents l’ont abandonné. Oui, c’est … oh … ça ne lui fait pas du bien de se rappeler de tout ça. Pas du tout même, ça ne lui plait guère. Il vaut mieux qu’il s’éloigne et tente de ne plus y penser. Pourtant, Meloetta est là, en train de le fixer de ses grands yeux bleus comme pour lire en lui.

« Tu n’es pas un monstre »

Hein ? Il … n’est pas un monstre ? Comment est-ce qu’elle … enfin, qu’elle a su … à ce sujet, c’est juste … enfin … il ne sait plus quoi dire. Il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas du tout. Il est assez perdu et perturbé mais … soulagé maintenant. Ca lui fait chaud au cœur.

Chapitre 26 : Un mois plus tard

Chapitre 26 : Un mois plus tard

« Meloetta melo melo meloetta meloetta melo ! »

Ce n’est pas directement la voix de Meloetta qui se fait entendre mais celle qui se trouve sur les écrans. Les écrans de toutes les télévisions, sur les ondes et des radios. Sur les CDs et autres choses … Bien entendu, il n’a pas autorisé à faire un clip. Ce n’est pas son genre et il ne veut pas que la petite demoiselle aux cheveux verts passe ainsi.

« Ah … J’espère que cela conviendra. Est-ce que ça se vend bien, Faldéla ? »

« Plus que bien même, tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet. »

« Oui mais ça ne change pas que tu ne m’as pas donné de réponse. Est-ce que les gens l’apprécient vraiment ? Pour ce qu’il est ou non ? »

Elle hoche la tête positivement, tapotant le crâne d’Hémaltone. Il n’a vraiment pas à s’inquiéter pour son CD. Il se vend parfaitement bien, tout cela grâce au nom déjà présent de Meloetta mais aussi grâce à ses prouesses naturelles.

« C’est vrai … Ils ont vraiment tous l’air d’apprécier. »

« Si je te le dis, Hémaltone. Tu es rassuré maintenant ? »

Il hoche la tête sans réellement répondre, ne faisant que regarder devant lui. Discret et encapuchonné, il évite de se montrer aux yeux des autres. La célébrité, ce n’est pas totalement pour lui. Il veut juste être discret, comment faire autrement non ?

« Nous devrions rentrer à l’hôtel, Hémaltone. »

« Oui, oui, encore quelques minutes s’il te plaît. »

C’est ça la célébrité ? Pouvoir atteindre toutes ces personnes ? Les toucher en plein cœur par sa musique ? C’est ce qu’il voulait non ? Ce qu’il avait désiré au fond du cœur depuis le début … C’est ça qu’il voulait, n’est-ce pas ? Ah … Oui, c’est ça qu’il voulait. Mais est-ce qu’il le veut encore maintenant ? Est-ce que permettre à tous d’entendre sa musique, ce n’est pas perdre ce petit côté spécial ? Celui qu’il offrait à quelques rares privilégiés ?

« Je suis juste un idiot, je ne devrais pas penser de la sorte. Si on peut me permettre de survivre et de vivre avec ma musique, je ne dois pas m’en priver. »

Il a deux pokémons dont il doit s’occuper. Bientôt, il devra signer quelques autographes, comme de nombreux musiciens, comme de nombreux chanteurs. C’est tout. Il n’a pas à s’imaginer autre chose. Il ferait mieux de travailler sa signature d’ailleurs. Peut-être aussi son écriture ? Surement. Humpf …

« Nous pouvons y aller, plus besoin de te déranger, Faldéla. »

« Hémaltone, est-ce que l’on pourra parler tous les deux ? Toi et moi ? » demande-t-elle alors qu’il se tourne vers elle. Bien entendu. Pourquoi est-ce qu’elle pose encore la question ?

Elle n’a pas à se préoccuper plus longtemps de tout ça. Loin de là même. Ah … Bon, qu’est-ce qu’il va faire maintenant alors ? Ah oui, rentrer à l’hôtel. Meloetta le regarde étrangement, elle est toujours aussi complètement … distante, non ? Mais il ne sait pas du tout comment l’expliquer exactement, c’est compliqué.

« Meloetta, si tu me fais la tête, tu me dis quand tu auras terminé avec ça ? »

« Meloetta ? Melo, meloetta ! Meloetta., meloetta, melo. »

Difficile de s’exprimer. Elle n’arrive pas exactement à lui dire quoi que ce soit à ce sujet. C’est compliqué, plus que compliqué elle aussi. En fait, elle semble être liée aux sentiments de l’adolescent. Quand il ne comprend pas, elle ne comprend pas … et inversement. Elle ne saurait l’expliquer clairement par des mots.

« Allons à l’hôtel au lieu de vous prendre la tête, tous les deux. » coupe aussitôt Faldéla. Au moins, il n’y a pas de trace du producteur. Tant que ça se vend, il leur lâche la grappe.

Dans l’hôtel, il dit à Faldéla qu’il va se reposer. Il se couche sur le lit, regardant le plafond. Monotonie, il n’y a plus aucune surprise dans sa vie. Plus rien du tout. Pourquoi est-ce qu’il y en aurait ? Et Meloetta qui lui fait la tête sans qu’il ne sache réellement pourquoi. Au départ, il pensait que c’était de la jalousie mais maintenant, il n’en est plus vraiment sûr du tout. C’est sûrement autre chose mais quoi ? Qu’est-ce que ça peut être exactement ? Il aimerait bien le savoir. Il aimerait qu’on lui donne une réponse correcte.

« Meloetta ? Melo, Melo ? »

« Non merci, Meloetta, je préfère ne pas parler. Sinon, je vais sûrement te blesser. Tu devrais aller dormir avec les deux autres, non ? »

Hein ? Mais pourquoi est-ce qu’il dit ça ? Elle a fait quelque chose de mal ? Elle regarde à gauche et à droite, elle tente de lire dans ses pensées mais aucune réponse de sa part, aucune lecture possible même. Ce n’est pas du tout ça. Pas du tout même, d’après ce qu’elle comprend. Mais alors pourquoi est-ce qu’elle lui fait la tête ?

« Meloetta, melo, meloetta ! »

« Non, non, c’est bon. Tu peux dormir seule, n’est-ce pas ? Alors, je vais faire de même, bonne nuit, Meloetta. Dors bien. Demain, nous allons devoir continuer tout ce que nous avons commencé. Sûrement de nouveaux rythmes à trouver. »

Mais elle s’en fiche de tout ça ! Pourquoi est-ce qu’il parle de ça alors qu’il l’empêche de dormir avec lui ? Elle attend qu’il dorme puis vient rapidement se faufiler sous la couverture. Avec agilité, elle se glisse même sous le t-shirt de l’adolescent, se collant contre ton torse nu. Voilà ! Elle n’est pas totalement en colère contre lui mais il fait des bêtises, alors, elle est obligée d’y répondre, c’est tout !

« Meloetta, Melo meloetta melo melo ! » dit-elle à voix haute bien que l’adolescent dort déjà depuis quelques temps. Elle espère juste que tout ce qui se passe ne va pas créer beaucoup plus d’ennuis dans le futur. Peut-être que ce n’est pas une si bonne idée.

Chapitre 25 : Un petit CD

Chapitre 25 : Un petit CD

« Hmm, cela fait déjà un mois mais tu ne me donnes pas l’impression de faire des progrès. »

« Je ne veux pas faire quelque chose qui soit connu juste par plaisir de l’argent. Je veux faire quelque chose qui atteint l’âme des gens, c’est différent. Si nous n’avons pas le même point de vue, je ne vois pas pourquoi nous devrions continuer à travailler ensemble. »

« Calme-calme, je ne pensais pas à quelque chose de mauvais non plus hein ? »

« Hmm … D’accord mais j’espère que le message est bien passé. »

Il dit cela sans méchanceté et agacement même s’il est vrai que Solomon n’a pas totalement tort en un sens. Mais oui, il ne veut pas se louper parce qu’il fait trop de zèle. D’ailleurs, la première chanson est parfaitement réussie à son goût … et aux oreilles de ceux qui ont pu l’entendre aussi. Mais bon, ce n’est pas encore suffisant, il faut faire plus d’efforts ! Et d’ailleurs, ils travaillent sur une seconde chanson pour pouvoir sortir un CD.

« Meloetta, melo, meloetta ! Melo Melo ! »

Voilà que la petite pokémon aux cheveux verts s’adresse aux deux autres. D’ailleurs, à ce sujet, depuis la dernière fois, il n’a plus entendu sa voix. Enfin, cette voix qui parlait comme une femme. Il ne sait pas pourquoi … ni comment cela s’était produit exactement. Mais tout ça a disparu du jour au lendemain, sans aucune explication. Il ne doit pas mentir, il a trouvé cela un peu triste en soi … mais bon … c’est ainsi, c’est la vie et pas autrement.

« Hmm … Préparons alors le second chant, non ? »

« Hémaltone, je t’ai déjà dit, tu dois te reposer. Ne recommence pas à faire trop d’efforts sinon, je risque d’être très mécontente, compris ? »

« Oui, oui, Faldéla, le message est très bien passé, ne t’en fait pas. »

Il pousse un petit soupir amusé. Il a compris le message la dernière fois. Il doit faire attention à lui, voilà tout. Mais bon, pas de quoi trop se traumatiser non plus hein ? Il ne faut pas en faire une maladie, il n’est pas au seuil de la mort.

« Et on recommence, les enfants ! On recommencer ! Hop hop hop en place ! »

« Meloetta ! Meloetta ! Melo melo ! » répond la pokémon, s’exécutant vivement.
Il la regarde faire et éprouve une petite pointe de tendresse. Cette pokémon est exceptionnelle, il le sait parfaitement mais il ne le montre pas vraiment. Comment pourrait-il le montrer de toute façon ? Ah … Et avec Faldéla aussi, il ne sait pas trop comment le lui dire. Oui, c’est assez spécial et secret, il a du mal à se l’avouer.

« Mais bon, ce n’est pas bien important si je ne dis rien. »

« Ne dire rien par rapport à quoi, Hémaltone ? »

« Hein euh quoi ? Non non ! Ce n’est pas bien grave, Faldéla ! C’est personnel et secret, je suis vraiment désolé. Vraiment … Pardon. »

« Ca ne fait rien, tu dois avoir ton petit jardin personnel. »

Elle lui dit cela avec tendresse … et affection mais bon. Dit de la sorte, il a l’impression qu’elle parle comme à un enfant. Il n’aime pas ça. Il n’est pas un enfant mais un adolescent. Et donc, ça ne lui plait pas le moins du monde ça.

« Bon, euh, mettons-nous plutôt au travail. »

Il fait un peu la moue et Meloetta est en train de sourire. Il ne sait pas pourquoi mais elle ne doit pas lire ses pensées. Ce n’est pas drôle du tout ! Pas drôle ! Grumpf ! Il fait la moue encore plus fortement et elle sourit encore plus. Puis soudainement, une petite voix s’adresse à lui alors qu’elle a fermé les yeux.

« Il est mignon quand il se comporte comme un enfant, le petit humain. »

« Hey ! Ne parlez pas à voix haute ! » s’écrit-il soudainement en regardant autour de lui.

« Hum ? De quoi ? Personne n’a pris la parole, Hémaltone. » dit Faldéla avec étonnement.

« Oups … Désolé, j’avais cru que quelqu’un me parlait. »

« Hmm … Peut-être que nous devrions faire une pause comme prévu. »

« Non, non ! On ne va pas encore perdre plus de temps par ma faute ! Allons-y dès maintenant plutôt que de tourner en rond. »

« D’accord, d’accord. Meloetta, tu le surveilles hein ? »

La petite créature aux yeux bleus hoche la tête positivement alors que les deux autres pokémons répondent aussi par l’affirmatif. C’est tant mieux en un sens mais non, il n’a pas besoin que l’on le surveille. Sauf que Meloetta prend tout ça très à cœur et vient alors forcer l’adolescent à rester auprès d’elle alors qu’il tient son violon.

« Ils sont quand même en parfait osmose, c’est rare un tel groupe. »

« Que voulez-vous ? Pour obtenir la plus belle musique possible, il ne faut pas des personnes lambda. Il faut vraiment les meilleures, une cohésion indéniable. »

Tsss ! L’adolescent reste de marbre aux propos du producteur. Comme si cela l’intéressait réellement, il n’y avait bien que l’argent qui plaisait à cet homme. Alors bon, de toute façon, ça ne le concerne pas le moins du monde, voilà tout. Pfff ! Pourquoi est-ce qu’il se compliquerait la vie réellement, n’est-ce pas ?

« Préparez-vous, on reprend. Que l’on puisse produire un CD d’ici la fin du mois. » murmure l’adolescent. Et dire que d’ici deux … ça sera son anniversaire et sa majorité. Il le sait, c’est l’une des rares choses qu’il sait … malgré son passé dans les rues. Il ne doit pas oublier ce qu’il fut … mais il doit se tourner vers son avenir. On lui a laissé sa chance.

Chapitre 24 : Patienter à deux

Chapitre 24 : Patienter à deux

« Hémaltone ? Tu vas mieux ? »

« Un petit peu … Je ne pensais pas avoir de la fièvre. Enfin, pas une fièvre comme ça. Je tiens à m’excuser, je dérange surement grandement par rapport à cela. »

« Mais non, mais non. Tu as juste fait un peu de zèle par rapport à tes capacités. »

« De zèle, de zèle. Je ne pensais vraiment pas à mal, je tiens à le signaler hein ? »

« Je m’en doute, Hémaltone. Je m’en doute particulièrement. » murmure la femme aux cheveux bleus alors qu’il est maintenant dans une chambre d’hôtel. Ils sont depuis déjà plus d’une semaine dans une autre ville, là où ils peuvent préparer les futures chansons d’Hémaltone et sa troupe. Faldéla a sa propre chambre juste à côté mais pour discuter, parfois, l’un va dans la chambre de l’autre ou inversement, comme ce soir. L’adolescent cherche à avoir Meloetta sur ses genoux mais la petite pokémon refuse cela.

« Enfin bon, merci de m’avoir ramené jusqu’ici. Je ne pensais pas que je m’écroulerai ainsi. »

« Pourtant, c’est le cas, fais attention à ta santé, hein ? »

« Oui, oui, je vais t’écouter, je te le promets. »

« Soit, je vais donc te laisser, Hémaltone. Je vais aussi me reposer. Ces derniers jours ont été bien plus qu’éreintants, je dois l’avouer. »

Elle murmure cela avec lenteur tout en s’étirant longuement. Hémaltone rougit légèrement lorsqu’elle l’embrasse sur la joue, lui souhaitant la bonne nuit avant de partir de la chambre. Laissé seul avec ses pokémons, l’adolescent s’écroule sur le lit, regardant le plafond.

« Vraiment ? Je suis aussi fatigué que ça ? C’est une blague, non ? »

« Meloetta. Melo melo. »

Elle parle avec une voix distante, ne semblant pas vouloir s’adresser à lui. C’est lui ou depuis qu’il travaille avec Solomon, elle lui fait la tête ? Elle doit lui en vouloir, non ? Il doit alors chercher le moyen de s’excuser. Il attrape la petite pokémon, la mettant sur son torse avant de dire d’une voix douce et lente :

« Ne t’en fait donc pas, Meloetta. Solomon ne nous posera pas de problèmes, je te le promets. Est-ce que tu me fais confiance ? »

« Meloetta ? Meloetta Melo Melo ? »

Elle n’est pas sûre qu’il comprenne surtout où elle veut en venir. C’est même surement bien le contraire. Il ne sait pas que ce n’est pas à cause de ça ? Surement, c’est surement ça, oui. Elle le regarde avec appréhension puis pose ses petites mains sur son torse. Il ne comprend pas du tout et c’est pour ça que c’est un grand idiot ! Un idiot vraiment stupide ! Mais bon … Elle aime quand les idiots sont comme ça … ils se montrent encore plus prévenants.

« Vraiment … Quand je les vois travailler comme ça … »

Debout dans la salle de bain reliée à sa chambre, elle s’observe dans le miroir pendant de longues minutes. Elle prend une partie de ses cheveux bleus, faisant une mèche devant son œil droit avant de pousser un profond soupir.

« Ca ne sert à rien, je ne me sens plus capable de faire cela de toute façon. »

Elle n’en a plus la force, elle n’en a plus le courage. Elle a trop été affectée dans le passé par cet accident qui a coûté la vie à ses parents. Néanmoins, lorsqu’elle voit Hémaltone et les autres avec autant d’entrain … elle se sent un peu galvanisée … elle a envie d’être parmi eux … mais elle ne le peut pas, elle ne peut plus. Elle pousse un soupir.

« Ca ne sert à rien de se rattacher au passé, c’est tout. »

Ce qui est fait est fait … même si oui … elle aimerait bien retrouver ce genre de moment. Cette émotion qui l’animait lorsqu’elle faisait un mouvement pour danser … lorsqu’elle ouvrait la bouche pour chanter. Mais tout cela est le passé maintenant.

« Et ça ne sert plus à rien de s’y rattacher. »

Elle se répète encore cela dans la tête mais ça ne sert à rien. Elle en a envie, terriblement envie même mais non, elle connait ses limites. Elle connait ses règles et elle se doit de les respecter, voilà tout. Elle déglutit avec lenteur. Elle a beaucoup à faire encore, énormément même. Elle s’en doute bien. Mais peut-être qu’un jour … Oui peut-être qu’un jour …

« Meloetta. Est-ce que tu me boudes ? »

« Melo. Melo meloetta. Melo. »

Elle répond que non mais il a beaucoup de mal à y croire. Il met une main devant sa bouche pour bailler mais Meloetta dépose la sienne ensuite. Il cligne des yeux, réfléchissant à tout ça. Il a senti l’envie de Faldéla de chanter elle aussi. Ce n’est pas qu’elle a repris goût à la célébrité … mais simplement qu’elle en a envie.

« Meloetta, est-ce que tu crois que Faldéla aurait ses chances encore maintenant dans la musique ? Je me le demandais sincèrement dans le fond … »

« Meloetta ? Melo, melo ! Meloetta ! »

Elle réplique ça ne la concerne pas. Mais qu’est-ce qui prend à Meloetta de se comporter de la sorte ? Il va finir par croire qu’elle est jalouse de … AIE ! Il a une petite migraine alors que Meloetta le fixe de ses yeux bleus. Bon, il a sa réponse visiblement. Il pousse un petit soupir attendri puis vient dorloter la petite créature.

Qu’elle arrête de bouder, la petite fée. Qu’elle arrête de bouder, la petite Meloetta. Il commence à chantonner doucement, comme pour la bercer, chose qu’il ne se pensait pas être capable. Elle est surprise, le regardant pendant quelques secondes avant de plonger dans un profond sommeil à son tour. Tout cela n’a fait que commencer.