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Chapitre 218 : La terreur d’un chef

Chapitre 218 : La terreur d’un chef

« Allons-y. Tu ne pourras pas tenir très longtemps. »

Elle plaça ses mains sur le sol, se mettant à courir subitement à quatre pattes pour arriver à la hauteur d’Elian. S’il voulait être sérieux, qu’il le fasse rapidement car elle ne lui laisserait pas de seconde chance. Elle était déjà à son niveau, crachant une nouvelle fois de l’acide mais Elian l’esquiva, disant :

« Même si ce corps est fragile, il est bien plus agile que celui qui est mien au départ. Je ne vais pas le gâcher avec ce genre d’attaques. »

Qu’il parle, qu’il parle ! Et pendant ce temps, elle allait s’occuper de lui, c’était aussi simple que cela. Elle eut un sourire mauvais tout en le fixant. Qu’il comprenne sa douleur … Car elle allait le faire souffrir … comme tous les pokémons qu’il avait tués.

« Sélia … Est-ce que je pourrai te parler ou non ? Enfin … »

« Pendant un combat ? Tu es sûre que c’est le bon moment ? Je ne crois pas, Hyathéna. »

« Hyathéna ? Où est-ce que j’ai entendu ce nom ? »

Hein ? Zut ! Elle venait de parler à voix haute. Elle fit un bond en arrière, se remettant sur ses pieds ! L’homme semblait être surpris. Il connaissait Hyathéna ? C’était bien ce qu’elle avait cru comprendre la première fois mais maintenant, elle semblait en avoir la confirmation.

« Qu’est-ce qu’il y a entre vous deux, Hyathéna ? » reprit la jeune femme aux cheveux bleus.

« Hyathéna … Elle était donc là … cette saleté … Cette traîtresse. Tu t’es loupée la dernière fois ! Tu t’es complètement loupée ! »

« Mais aujourd’hui, je ne me raterai pas. »

AH ! La jeune femme posa un genou au sol, une main sur son cœur. Ce désir de vengeance, cette haine surpuissante qu’elle ressentait en elle. Qu’est-ce que … C’était … Que ça ? Une telle haine, une telle rage en elle.

C’était si violent … mais c’était Hyathéna ? Jamais elle n’avait ressenti cela de sa part. Ca n’avait rien à voir avec celle qu’elle avait porté en direction de son père. C’était autre chose … C’était plus profond, c’était plus horrible.

Elle gardait cela depuis combien de temps ? Des années ? Des décennies ? Des siècles ? Une telle rage, un tel énervement … C’était vraiment horrible … Comment est-ce qu’elle avait pu vivre avec autant de haine ?

« Je ne te laisserai pas survivre cette fois. Je vais vraiment t’effacer de cette planète définitivement … Teravalkor. »

« Tu m’as eu par surprise la dernière fois … deux fois même … Mais ça n’a rien changé au résultat. HAHAHA ! Pauvre idiote ! »

« Bon sang … Calme-toi, Hyathéna ! Ça ne sert à rien de s’exciter ! »

Cette chaleur … Elle ressentait une forte chaleur en elle. Quelque chose était en train de se modifier … Quelque chose était en train de changer. Elle ne savait pas quoi mais son cœur fut martelé par de nombreux coups alors que tout son corps était parcouru par de nombreux soubresauts. Elle haleta, bavant :

« Il se passe quoi ? Hyathéna ! REPONDS MOI ! TU FAIS QUOI AVEC MON CORPS ?! »

« Ah … Je vais le tuer … Je n’attendais que ça ! Je vais le tuer ! C’est lui qui est responsable de la mort d’Hodan ! Je vais le tuer ! JE VAIS LE TUER ! »

PUREE ! Elle n’avait jamais ressenti une telle colère de la part d’Hyathéna. Elian profita de la confusion de Sélia pour soulever le fauteuil à moitié ravagé, le projetant sur la jeune femme. Celle-ci se le prit de plein fouet mais ne bougea pas de place. Du sang s’écoula de son front alors qu’elle avait la tête baissée.

« … … … Hyathéna, ce n’est pas ce que … je rêve ? »

« Ah … Ah … Ah … C’est bon … Maintenant, c’est parfait. J’attendais ce moment … Je dois te remercier, Sélia. Hahaha ! Merci beaucoup pour tous ses pouvoirs ! Grâce à toi, je peux maintenant me venger ! Sois mon arme ! »

« Si tu comptes me posséder réellement, il en est hors de question. Je ne me laisserai pas faire. Mais si tu veux te battre avec moi, par contre, on sera deux. Tu préfères donc nous causer des problèmes à tous les deux ? Ou tu veux te battre avec moi ? »

« Hahaha … Nous avons les mêmes sentiments … Autant les conjuguer ensemble pour nous octroyer cette force nécessaire pour abattre cet homme ! »

« Bien, c’est ce que je voulais entendre de ta part, Hyathéna. Mais tu as vraiment évolué en moi encore ? Tu en étais capable ? »

« J’en suis capable … Mais il me fallait un corps assez résistant pour me supporter … Ou alors un corps dans un triste état … Mais il vaut mieux que tu puisses utiliser toutes tes facultés … Et encore, les dragons ont permis de renforcer ton corps. »

« Je vois, je vois … Ce n’est donc pas pour moi que l’on a fait tout ça. J’aurai dû m’en douter. HAHAHA ! » éclata de rire Sélia, posant une main sur son front pour éponger le sang. Déjà, la blessure avait totalement disparu.

« J’ai l’impression d’être ignoré et je ne supporte pas cela. » répondit Elian avant de frapper du pied sur le sol, une lourde pierre en sortant pour atterrir sur sa main droite.

« Tu as toujours été trop imbu de ta personne. Tu étais obligé de te montrer devant les autres car tu voulais que tout le monde te félicite. Tu as toujours voulu commander et diriger. Pourquoi changer maintenant hein ? »

« Hyathéna … Une fois tu t’es mise en travers de mon chemin … Une seconde fois où tu as presque faillit réussir mais aujourd’hui, je ne t’en laisserai pas la possibilité ! »

Il fit plusieurs mouvements avec ses mains, une tempête de sable se soulevant autour de lui, aveuglant Sélia et la blessant que très légèrement. Mais c’était suffisant pour l’irriter. Elle allait tout donner maintenant face à lui.

Il voulait jouer avec le sable ? Elle allait répliquer avec la pluie ! Elle ouvrit la bouche, poussant un petit cri avant qu’une fine pluie ne vienne remplacer le sable. Elle eut un sourire mauvais, gardant la bouche ouverte avant qu’un puissant jet d’eau ne frappe Elian, l’envoyant en arrière, des craquements se faisant entendre.

« Ce corps n’est pas encore totalement inutilisable … Non ! Il ne l’est pas encore ! »

IL POUVAIT ENCORE L’UTILISER ! Il allait le lui montrer ! HAHAHA ! Il allait montrer comment on utilisait les autres pour réussir jusque-là où il en était arrivé ! Bien que le corps pendait lamentablement, il s’élança vers Sélia, celle-ci restant méfiante.

Puis subitement, il fit un saut à mi-hauteur, se jetant sur elle. Qu’est-ce que … Elle n’allait pas se laisser faire ! Elle fit un geste avec sa main droite, celle-ci venant trancher le corps d’Elian en deux, le faisant tomber au sol et l’aspergeant de son sang.

« Il n’est plus là … Il est sorti de son corps avant de le jeter sur toi. »

« Surveille les alentours. Il ne doit pas être trop loin normalement. » déclara Sélia, se méfiant quand même. Elle pouvait surement ressentir sa présence.

Puis une puissante aura se déploya dans la pièce, une aura ténébreuse qui la fait frissonner. Cette force … Elle n’était pas du genre à avoir peur, loin de là mais cette force … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Comment était-ce possible ? C’était même plus puissant que les trois dragons qu’elle avait déjà affrontés ! Ce n’était pas normal !

« C’était bien lui … On pouvait toujours prétendre le contraire mais cette aura est unique. »

« C’est normal qu’elle soit aussi forte ? Pourquoi un spectre ou un pokémon ténébreux resterait aussi longtemps dans un corps humain ?! »

« Demande donc à celle qui habite Kéran. Il y a dix ans de cela, nous fûmes tous salement blessés. Nous avons donc décidé de nous abriter chacun dans un corps humain pour nous restaurer. Dans mon cas précis, disons que je n’ai pas eu réellement de chances … Tous les corps que je prenais étaient bien trop faibles. »

« Je vois, je vois … Et donc, tu as attendu avant de me faire cette proposition, c’est bien ça ? Malin de ta part … »

« Vous feriez mieux de vous concentrer toutes les deux. Je ne vais pas vous laisser vivre plus longtemps maintenant. A cause de vous, tout est gâché. A cause de cette petite peste d’Hyathéna, tout est raté ! TOUT EST LOUPE ! »

« Et tu veux que j’aille te plaindre ? » rétorqua la voix en Sélia.

Le plaindre ? Non pas du tout … Il valait mieux pour elle qu’elle se méfie. Elle aurait une drôle de surprise. Plusieurs rochers volèrent vers Sélia, celle-ci les évitant avec agilité tout en regardant d’où ils provenaient.

C’était quoi ça ? Cette créature imposante ? Elle devait bien faire deux mètres de hauteur … Et son corps semblait être totalement fait de pierre. Elle voyait aussi le cristal bleu sur son poitrail. Enfin, sauf qu’il était bien plus gros que prévu. Et cette peau verte … Enfin, ces écailles vertes ? Ou alors cette roche verte ?
Elle n’arrivait pas à savoir ce qu’était la consistance réelle de ce qui faisait cette créature mais qu’importe, ce n’était pas le souci pour l’heure ! Loin de là ! Le problème était surtout qu’elle était présente. Mais elle était terriblement imposante alors que pourtant, elle avait déjà affronté un Leviator rouge étrangement grand mais ici, ce n’était pas la même chose. C’était une autre impression, une mauvaise impression.

Très mauvaise impression … mais la colère qui bouillonnait en elle ne semblait pas vouloir s’arrêter. Sans crier gare, elle s’élança vers la créature monstrueusement grande avant de venir la frapper avec ses deux mains aussi tranchantes que les lames d’un Jungko. Le monstre vint les parer, de minuscules fissures se faisant voir sur ses pattes.

« C’est tout ce que tu as ? C’est donc ça ta véritable force ? »

Il l’attrapa par une jambe, la soulevant avant de lui faire percuter le sol une première fois, puis une seconde fois avant de la jeter contre un mur qui se désagrégea devant cet abus de puissance. Sélia gémit de douleur, cette force … Même son père n’avait pas réussi à faire ça avec la créature en lui ! C’était quoi ce monstre ?!

« Un Tyranocif … Sélia. Voilà ce qu’il est actuellement. »

« Un Tyranocif ? Même dans les livres, il n’en fut jamais question. Est-ce qu’il en existe d’autres ? Enfin, des créatures comme lui ? »

« Actuellement ? Non … Des créatures aussi anciennes et puissantes que lui … Il n’y en a que trois … Il s’agit de moi, de mon frère et de celle qui habite Kéran. »


C’était donc ça … Hahaha … C’était donc ça … Ca n’avait rien à voir avec les petits dragons qu’elle avait affrontés. Non ! Les semblants de dragon. Ils n’étaient pas de véritables dragons ! Elle ne devait pas l’oublier !

Ce n’était rien comparé à ce qu’elle avait en face d’elle … mais c’était encore plus motivant maintenant ! C’était encore plus excitant ! Elle se releva, remarquant que son bras droit pendait lamentablement vers le sol.

« Teravalkor, n’est-ce pas ? C’est bien ça ? Foutu Tyranocif. Si tu étais un dragon, je n’aurai pas hésité à te bouffer mais ta carcasse rocheuse me dégoûte. »

« Et tu penses pouvoir te battre avec un bras en moins ? AH ! Je vais t’écraser maintenant … Non … Je vais plutôt te briser morceau par morceau, ça sera bien mieux. Tu as brisé dix années de travail … Dix longues années qui m’ont permis d’emmener la Sainte Alliance au sommet ! A cause de toi, tout est fichu finalement ! Elian est mort ! »

« Arrête donc de te plaindre. Quant à mon bras … »

Elle regarda les décombres autour d’elle avant de donner un puissant coup avec son bras cassé. Un nouveau craquement se fit entendre mais voilà qu’elle l’avait déboîter pour le remettre correctement à sa position initiale.

« Ce n’est pas un problème. Qu’est-ce que tu pensais, chef de pacotille ? Ce corps qui semble montrer une effusion de puissance n’est qu’un faux-semblant. Tu es faible … Tu n’as aucun charisme, tu as toujours voulu obtenir quelque chose que tu n’as jamais été. Tu te caches la vérité … mais ne t’en fait pas … On va régler ça une bonne fois pour toutes. »

Il se cachait quoi ?! IL AVAIT TOUT FAIT POUR REGNER SUR CE MONDE ! C’était de sa faute ! UNIQUEMENT DE SA FAUTE ! Si tout avait été brisé ! Si tout ce qu’il avait construit venait de partir en morceaux ! A CAUSE D’ELLE !
Il allait la briser ! Il savait ce qu’il allait faire ! Plaçant ses deux pattes devant sa poitrine, le Tyranocif ouvrit la bouche, une sphère s’illuminant à l’intérieur en même temps qu’une autre se formait entre ses pattes. Les deux sphères se joignirent, fusionnant ensemble pour en créer une bien plus imposante.

« Sélia … Il vaut mieux que nous évitions cette attaque, c’est un conseil. »

« Je me fiche de cela ! Il n’a qu’à projeter cette sphère ! Je répliquerai et la renverrai là d’où elle vient ! Comme si cela me faisait peur ! »

« TU NE COMPRENDS PAS ! CE N’EST PAS UNE SPHERE MAIS UN LASER ! »

Un laser ?! Un ultralaser ?! Ce n’était pas seulement utilisé par les plus puissants pokémons existants ?! C’était déjà trop tard. Le rayon destructeur qui était aussi gros que le Tyranocif vint quitter ses pattes avant, balayant tout sur son passage, enveloppant la jeune femme aux cheveux bleus qui avait croisés ses bras en avant bien que cela fut inutile.
Le quartier général de la Sainte Alliance fut ravagé en même temps que ce qui se trouvait derrière lui. Le bâtiment venait de s’écrouler, laissant place aux décombres bien que le Tyranocif restait debout, droit et fier. Tout avait été fichu … à cause de cette femme ! Mais c’en était terminé maintenant ! Il allait aussi ravager cette ville. Peut-être qu’à partir de là, il pourrait refaire la Sainte Alliance. Hahaha, il en …. Quoi ?

« Encore vivante ? Ce n’est pas possible ! Tu devrais être réduite en poussières ! »

« Ce corps n’est plus humain … Je suis possédée et j’ai le sang de trois faux dragons en moi mais c’est vrai … que je souffre atrocement, hahaha. »

Cela la faisait rire ? La jeune femme ne ressemblait plus à rien ! Ce qu’il voyait ressemblait plus à une carcasse humaine dont la peau avait été retirée, laissant paraître des brûlures, les muscles et les os à vif ! Il n’y avait même plus de lèvres, ni de nez ! Il n’y avait que ses yeux rubis … Ses yeux rubis qui le fixaient avec rage !

Chapitre 217 : Surpuissance

Chapitre 217 : Surpuissance

« Je me disais bien que mon épée ne suffirait pas à te battre, n’est-ce pas ? Est-ce que tu veux être bien gentil et me la rendre ? »

« Et te donner une possibilité de te battre avec ? Il en est hors de question. »

Elle haussa les épaules. Elle avait essayé … Néanmoins, elle regarda le corps d’Elian qui se levait sans aucun mal malgré l’épée plantée dans celui-ci. Ça lui donnait l’impression que tout cela n’avait vraiment servie à rien. Ah … Vraiment …

« Il va donc falloir que je sois sérieuse aussi pendant que je me bats, c’est bien ça ? »

« Si tu veux survivre, ça serait bien mieux, Sélia. Est-ce que tu as besoin d’aide ? »

« Besoin d’aide ? De qui est-ce que tu te moques ? Comme si j’avais besoin d’aide contre lui … Comme s’il était effrayant à combattre. Ce n’est qu’un vulgaire chef d’organisation qui n’a jamais bougé son arrière-train de son siège contrairement à mon père. »

Elle n’allait pas complimenter l’homme dont elle avait retiré la vie, loin de là. Elle reconnaissait néanmoins qu’il avait fait des efforts … alors que cet homme … Elian … Il ne valait rien du tout. Rien de rien … Mais ce n’était pas le problème. Elian sortit l’épée de son torse, faisant quelques mouvements tout en souriant :

« C’est donc avec cela que tu te bats généralement ? C’est une épée de bonne facture … Enfin, c’est l’un de nos travaux, n’est-ce pas ? Très impressionnant quand on y réfléchit. Quelle idée ingénieuse que j’ai eu lors de ce moment … quand j’ai pensé à sacrifier les pokémons. »

« Tu es vraiment horrible mais j’aurai dû m’en douter dès l’instant où j’ai appris ce que la Sainte Alliance faisait vraiment. Il n’est jamais trop tard pour réparer ses erreurs. »

« Et pourquoi ferais-tu cela ? En quoi cela te servirait-il ? Qu’est-ce que tu y gagnerais ? J’ai fait régner l’ordre dans ce monde et tu veux donc briser tout ce que j’ai fait ? »

« Briser … Briser … Vu l’ordre que tu as établis, je crois que ça serait la meilleure chose que je ferai de mon existence. »

Mais elle avait déjà assez parlé. Il croyait qu’elle ne pouvait plus se battre ? Il allait être très surpris ! Sans même le prévenir, elle se jeta en sa direction, bien prête à en finir avec l’homme. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, il avait déjà l’épée levée, un sourire mauvais aux lèvres. Il murmura d’une voix neutre :

« Vraiment … Qu’est-ce que tu pensais réellement ? Que tu pouvais m’avoir ainsi ? »

« Et qu’est-ce que tu comptes faire avec cette épée ? Fais attention, ça coupe. »

Hahaha ! Elle voulait faire l’intéressante ? Elle allait être servie ! D’un geste vif, il vint tracer une ligne en diagonale sur la poitrine de la jeune femme. Sauf que la ligne fut interrompue par le bras gauche de Sélia, Elian clignant des yeux. Avec la force utilisée, toute parade n’aurait normalement pas été possible. Le bras aurait dû être coupé.

« Surpris ? Et attends-toi à une autre surprise ? DEGAGE ! »

Elle n’aimait pas être aussi véhémente dans ses paroles mais cela lui faisait un bien fou. Son poing vint frapper le torse d’Elian et elle sentit bien qu’elle venait de briser quelque chose. Le corps de l’homme vola en arrière, le faisant détruire le fauteuil sur lequel il s’était trouvé quelques minutes encore auparavant.

« … … … Comment est-ce possible ? Une telle force … Même en étant possédée … Cela ne devrait pas être possible. Non ! Ce n’est pas possible ! »

« Pas être possible ? Et pourtant, c’est bel et bien la réalité. »

Elle craqua les os de ses poings alors qu’elle attendait qu’Elian se relève mais ce ne fut pas le cas. Il marmonnait quelques mots qu’elle comprenait :

« J’aimerai savoir comment est-ce possible … Non … Dans le fond, qu’est-ce que j’en ai à faire. Le plus important reste que tu dois mourir … Vraiment … Hahaha … La créature qui te possède est bien folle de penser que tu pouvais me tuer. »

« Et pourtant, ça semble être bien parti pour. » répliqua la jeune femme aux cheveux bleus. Elle était prête … D’ailleurs, elle avait récupéré son épée, la regardant dans un sourire. Vraiment … Cela allait être tellement simple.
Bien plus qu’elle ne le pensait même. Elle eut un petit sourire avant de se concentrer. Qu’est-ce qu’Elian allait faire ? Il savait pertinemment qu’il avait déjà perdu. Est-ce qu’il allait quand même lutter ? Cela serait beaucoup mieux et divertissant. Oui … Mais elle n’en était pas sûre. Il pouvait toujours refuser et se laisser tuer.

« Aller … Lève-toi … Je n’ai pas de temps à perdre. »

« Je n’ai pas besoin de me lever pour te battre. Tu veux être sérieuse ? Je vais t’y forcer, jeune impudente. Tu vas comprendre ta douleur. »

Rien que ça ? Elle n’était pas impressionnée le moins du monde. Sauf quand le sol commença à trembler fortement, des fissures apparaissant. Qu’est-ce que … Un tremblement de terre ? Elle remarqua que les fissures provenaient directement de la main d’Elian.

Elle fit plusieurs sauts sur le côté, évitant les fissures tout en s’approchant de lui. Il ne voulait pas venir ? Alors, elle allait le chercher. C’était aussi simple que ça ! Elle n’aurait même pas besoin d’utiliser ses pouvoirs liés aux dragons pour ça.

« Sélia, fais donc quand même attention à ne pas commettre de bêtises ! »

« Je sais ce que je fais ! Ce n’est pas comme s’il me faisait peur. »

Pas le moins du monde. Elle eut un léger sourire alors que son épée arrivait maintenant en direction du cœur d’Elian. Elle ne savait pas si cela suffirait à l’éliminer mais comme ce fut le cas avec son père, elle n’avait pas à se poser trop de questions. Elle était déjà prête à en terminer avec Elian une bonne fois pour toutes. Et après ? Elle verrait …

« Tu veux jouer à cela ? Nous serons deux maintenant. »

Ce fut à son tour d’arrêter la lame à une main, l’empoignant avant de la briser en morceaux. De son autre main, il vint la frapper en plein visage, la renvoyant en arrière mais elle se réceptionna avec une certaine grâce et agilité.

« Tiens donc … Tu veux t’y mettre sérieusement maintenant ? »

Comme s’il pouvait réellement la vaincre. Il n’y arriverait pas … Nul ne pouvait l’arrêter maintenant. Avec les pouvoirs des dragons, c’était comme si elle était invincible ! Hahaha ! Hein ? Qu’est-ce que …

« C’est quoi cette pierre sur ton torse ? On dirait un cristal. »

« Tu n’as pas besoin de le savoir puisque je vais me débarrasser de toi. Tu veux utiliser l’être qui est en toi ? Je vais utiliser ce corps pour y déverser toute ma puissance ! »

Ah bon ? Rien que ça ? C’est vrai qu’elle avait été un peu étonnée par sa puissance mais maintenant, il n’avait rien de bien spécial. Tsss ! Vraiment … Est-ce qu’elle devait utiliser sa puissance elle aussi ? Enfin, celle des dragons ? Peut-être que si elle en faisait trop, cela serait plus problématique qu’autre chose non ?

« Utilises les pouvoirs liés à moi, Sélia. »

« Oui … Ca sera mieux. On va garder le reste pour plus tard si c’est nécessaire. »

Oui, ça serait la meilleure solution à l’heure actuelle. Elle en était convaincue. Elle devait faire confiance à Hyathéna. Qu’est-ce qu’elle pouvait utiliser comme pouvoirs issus de la créature bicéphale ? Elle ne se battait guère souvent avec cela.

« Nous allons améliorer ta stature. Cela te renforcera. »

Hum ? Elle la laissait faire. Elle connaissait mieux ses pouvoirs qu’elle. Mais aussitôt, elle sentit son corps se faire envahir par une force nouvelle. Une force … transcendante. Oui, elle se sentait transcendée. Elian sauta dans les airs, arrivant à la hauteur de Sélia, celle-ci parant l’attaque avec ses deux bras.

C’était donc ça ? NON ! Ce n’était pas pour renforcer son corps sur la défensive ! Quelle idiote ! Elle percuta le sol, son dos émettant un léger craquement alors qu’Elian se trouvait au-dessus d’elle, un sourire mauvais aux lèvres.

« Tu ne connais rien à la stratégie jeune fille … Tu ne sais rien de ce monde. Et tu penses pouvoir me tenir tête ainsi ? Pour qui me prends-tu ? »

Tsss … Une petite erreur d’inattention et voilà le résultat ? Cela allait lui apprendre à faire une telle bêtise ! Mais pour le moment, elle devait surtout répliquer et se préparer à attaquer ! Ou du moins à esquiver ses attaques ! Sauf qu’il lui bloquait le ventre, s’étant assis sur elle. Il faisait son poids le bougre ! Ce n’était pas normal ! Loin de là même ! Et elle le voyait en train d’exulter de joie, Elian soufflant :

« Mais si tu te montres plutôt charmeuse … Peut-être que je pourrais … »

« Même pas en rêve, gros dégueulasse ! »

D’un geste rageur, elle plaça son pied dans le ventre de son adversaire, le renvoyant en arrière. Estomaqué, l’homme s’écroula au sol, marmonnant :

« Encore une fois … Tu as réussi à me repousser alors que j’avais décidé d’utiliser tout mon poids … Comment est-ce possible ? Je ne sais pas … mais je crois qu’il n’y a rien à faire avec une femme comme toi. Il vaut mieux que je te tue. »

« Tu changes vite d’avis, dis-moi. Mais tant mieux, je n’aurai pas pu te supporter plus longtemps. Et puisque visiblement, mes coups ne te suffissent pas, je vais sortir l’artillerie lourde pour te combattre. Tu devrais être content … très content même. »

Très content ? Artillerie lourde ? Hmmm ? L’aura qui émanait d’elle était maintenant bien différente. Quelque chose avait changé … Elle avait maintenant une allure … impériale ? Royale ? Noble ? Tellement de qualificatifs différents pour la représenter. Ce qui était étrange, très étrange même.

Quelque chose clochait avec elle mais il n’arrivait pas à voir quoi ou où ? Subitement, elle disparut de sa vue. Co … Comment ? Elle volait ? Sans ailes ? Et il n’y avait pas d’aura noire autour d’elle ! Donc ce n’était pas le pokémon en elle qui lui permettait de faire ça !

« Comment est-ce possible ?! D’où viennent ces pouvoirs ?! »

« Visiblement, tu ne sais pas grand-chose, Elian. Et pourtant, cela fait un bon bout de temps que tu traînes ta carcasse, non ? »

« Moque-toi donc … Sélia. Tu risquerais d’être surprise … désagréablement. Tu n’as pas encore vu ma véritable force. Est-ce que tu as pu constater que j’utilisais mes pouvoirs ? Même pas … Je te combats seulement en partie avec la force humaine de ce corps. »

« Oh bien entendu … Grande gueule. »

Elle n’aimait pas les personnes prétentieuses. Elle préférait le concret … et pour l’heure, ce n’était pas en le combattant qu’elle en avait. Mais elle en avait assez. Elle allait en terminer maintenant avec lui. Elle ouvrit la bouche, ayant quelques soubresauts alors qu’Elian se mettait déjà en position défensive.
Elle préparait un mauvais coup, il le sentait. Cela se voyait parfaitement mais il ne savait pas quoi. Puis subitement, elle cracha quelque chose vers lui. Un liquide violet ? Dangereux ! C’était bien trop dangereux ! Il tenta de l’esquiver mais son bras droit fut enveloppé et englouti par le liquide violet, celui-ci produisant une forte fumée alors que son bras était en train de fondre. Il s’écria :

« DE L’ACIDE ?! MAIS QUEL POKEMON TENEBREUX OU SPECTRAL EST CAPABLE DE FAIRE CA ?! LEQUEL ?! »

« Pourquoi forcément l’un de ces deux types ? Toi qui connais tout … au final, tu ne sais rien ? C’est désolant, vraiment désolant. Tu ferais mieux d’abandonner. »

De quel droit se permettait-elle de lui dire ça hein ? Car son bras était dans un sale état ?! Peut-être qu’il ne savait pas comment elle était capable de produire de l’acide mais ça ne changeait rien à ses plans ! Ce n’était pas ça qu’elle arriverait à le battre ! Ce corps humain ne valait rien … mais il pouvait encore l’utiliser pour le moment.

« Chef Elian ! Qu’est-ce qui se passe ici ?! »

« Hum ? Tsss … Voilà donc des parasites. » déclara Sélia, se retournant pour apercevoir une quinzaine de soldats de la Sainte Alliance.

« ATTAQUEZ CETTE FEMME ! ELLE EST DANGEREUSE ET POSSEDEE ! Regardez donc ce qu’elle a fait à mon bras ! Ne la laissez pas vivre ! »

« Imbécile … Non … Enfoiré. Tu comptes donc les sacrifier ? »

Mais elle n’allait pas laisser faire ça. Pas du tout même. Sans même crier gare, une queue de couleur violette et bleue poussa à partir de l’arrière-train de Sélia. Une queue qui s’était mise à grandir fortement et à s’allonger, des cris se faisant entendre.

« C’est quoi ça ?! C’EST QUOI CA ?! »

« Je … ne sais pas ? » dit Elian, maintenant choqué alors que la queue balayait avec aisance les hommes de la Sainte Alliance, les envoyant dans les murs.

« C’est donc avec ça que tu comptais me distraire pendant que tu préparais ton attaque ? »

« Qu’est-ce que tu es réellement … Tu n’es pas humaine … Pas du tout ! »

« Je ne suis plus sûre d’être totalement humaine … maintenant. Donc saisis la nuance, je sais juste que ces pouvoirs liés aux dragons sont impressionnants. »

« Des pouvoirs liés aux dragons ?! MAIS COMMENT TU … »

« Je suis au courant ? Tu n’as pas besoin de le savoir. De même, tu ne semblais pas connaître que l’on pouvait récupérer leurs forces. Je vais t’en faire une démonstration, Elian. Si tu veux être sérieux et donner le maximum de toi-même, il vaut mieux que ça soit maintenant car je ne te laisserai pas une seconde chance. » déclara Sélia alors que la queue disparaissait déjà de son dos. Sa main droite tendue comme une lame, elle avait perdu toute trace d’émotion sur son visage. Elle était prête.

« Tu vas le regretter … Oui … Amèrement même. »

Ah bon ? Rien que ça ? Pourtant, elle était loin d’être effrayée. Il fallait en faire bien plus pour qu’elle s’inquiète. Maintenant qu’il était au courant de sa puissance, il valait mieux pour lui qu’il se laisse tuer. Pas une question de suffisance, loin de là. Juste une remarque personnelle sur le fait qu’il était surement incapable de pouvoir la combattre. Elle possédait la force de trois dragons en elle … voire même quatre si on comptait Hyathéna.

Chapitre 216 : L’heure de la trahison

Chapitre 216 : L’heure de la trahison

« Kéran … Ah … Ah … Ah … Espèce de fou. »

« Désolé … Mais … Il fallait reconnaître que c’était la première fois que l’on faisait ça. »

Avachi sur le corps d’Elyséa, il respirait bruyamment, sa tête logée contre le sein gauche de la jeune femme aux cheveux blancs. Il avait la bouche ouverte, remarquant qu’elle n’était pas si loin que ça de l’endroit où normalement se trouverait …

« Kéran. Je peux quand même lire tes pensées quand tu es endormi. »

« Pardon ! PARDON ! Je ne voulais vraiment pas penser à ça ! Je m’excuse ! Je suis sincère ! Vraiment sincère ! Je suis sincère à ce sujet ! »

« Hmm … Je ne sais pas si je dois te croire. Néanmoins … Pfiou … Je suis toute en sueur. Tu es vraiment un idiot de m’avoir fait transpirer comme ça. »

« Hey ! Néanmoins, tu t’es bien amusée, non ? Non ? »

Il avait relevé son visage pour l’avoir en face de celui d’Elyséa. Ils s’étaient bien amusé tous les deux non ? Enfin lui, de son côté, il avait … vraiment apprécié. Bon, il était rouge à cause de l’effort mais Elyséa aussi. D’ailleurs, celle-ci se leva finalement, murmurant :

« Je vais aller me doucher, Kéran. Tu es prié de ne pas venir regarder. »

« HEY ! Je ne suis pas comme ça ! Pas du tout même ! »

Mais c’était quoi une douche ? Enfin … Il ne voyait pas vraiment … Il regarda Elyséa qui se levait, ne pouvant qu’observer ce qu’il voyait. Quand même … Elle avait une démarche élégante, très élégante même. Gloups ! Pourquoi est-ce qu’il regardait ça ?

Il la vit quitter la pièce mais il se leva à son tour. C’était quoi alors ? C’était quoi ? Avec lenteur, il quitta la pièce à son tour, entendant de l’eau qui s’écoulait. Une douche ? Est-ce que ça provenait de l’époque d’Elyséa ? Il ne connaissait rien à la technologie de ce monde d’où elle venait. Mais … Cette eau …

Il arriva devant une porte faite de bois, ayant le trac. Si Elyséa le voyait … Il était fichu ! Il était vraiment fichu. Vraiment … Gloups … Mais c’était quoi une douche ? Il ne savait pas ! Il ne savait pas du tout ! Il ne savait rien ! Il voulait savoir !

« Ou alors … C’est autre chose … »

Non non et non ! Il aimait Katérina ! C’était juste que … Enfin … Elyséa … Elle provenait peut-être d’une époque totalement différente mais … Enfin … Il se sentait si bien avec elle. C’était totalement différent. AH ! Aller ! Un peu de courage ! Il prit une profonde respiration, ouvrant faiblement la porte avant de s’y engouffrer. Oh … C’était quoi cet endroit ? Il voyait du carrelage sur les murs et au sol … Mais il y avait aussi des robinets. C’était étrange … très étrange même … Mais surtout, ce qu’il y avait, c’était Elyséa. Elyséa qui était de l’autre côté de la pièce, son corps camouflée par une porte translucide dont il était difficile de voir à travers. Mais il pouvait quand même voir … ses courbes. Gloups …
Comme elle était plus grande que lui, il n’y avait rien d’anormal … à ce qu’elle soit plus joliment formée que Katérina, qui elle aussi, avait déjà une poitrine … assez plaisante. MAIS NON NON ! ET NON ! Il ne devait pas ! Il fallait qu’il parte !

Il s’apprêtait à partir, passant par la porte mais il n’entendit plus l’eau qui s’écoulait. Gloups … Il allait être un homme mort, il le savait parfaitement maintenant. Il en était sûr et certain. Surtout lorsqu’Elyséa déclara :

« Kéran … Je sais que tu es ici … Tes pas ne sont pas très discrets. »

« Je … Je … J’ai une bonne explication ! Une très bonne explication, Elyséa. »

« Je peux lire dans tes pensées. Tu as une double raison … L’une est bonne, l’autre est … caractéristique des hommes, n’est-ce pas ? C’est comme cela que je dois dire ? Il est vrai que j’ai créé cet endroit en me basant sur mon passé d’enfant. »

« Oui mais … Enfin … Je … Comment te dire … Je te promets que ma première idée, ce n’était pas vraiment ça ! Enfin je … Pardon, Elyséa. Je n’aurai jamais dû penser une telle chose par rapport à toi. Surtout que maintenant, même si ce n’est pas officiel, je suis marié avec Katérina. Penser à une autre femme est stupide de ma part. »

« Kéran … Tu veux aller sous la douche ? Cela te ferait le plus grand bien, je pense. Néanmoins, attends quelques minutes. Et ferme les yeux. »

Aller sous la douche ? Alors qu’il ne connaissait rien de tout cela ? Euh … Peut-être. Il devait avouer qu’il était un peu intéressé par le monde d’Elyséa. Enfin, il le lui avait déjà dit auparavant. Rien n’avait changé depuis le temps, loin de là.

« Kéran ? Tu peux rouvrir les yeux maintenant. »

D’accord mais bon, c’était pour … Euh … Il avait ouvert la bouche, incapable de parler. Elyséa était devant lui, une serviette dans les cheveux … et une autre autour de son corps mais mais mais … HEY ! Non ! Enfin … NON ET NON ! Il ne devait pas penser à ça d’elle !

« Elyséa … Est-ce que tu … Enfin … Tu le fais exprès ? Enfin, je veux dire … Je … Depuis le temps, nous n’avons jamais pensé au fait que tu étais une femme … et moi un homme. »

« Hmm ? Je vois où tu veux en venir, Kéran mais ne t’en fait pas.  C’est juste que je … En fait, je ne sais même pas moi-même, je dois te l’avouer. Aller … Déshabille-toi et vas sous la douche. Je ne te ferai que te regarder de dos. La prochaine fois, je te montrerai une autre façon de te laver, tu verras. »

Hahaha … Il ne savait pas vraiment quoi dire. Il attendit d’être de dos par rapport à Elyséa avant de se déshabiller. Il pénétra dans la douche alors qu’elle actionnait la douche. OH ! De l’eau qui arrivait par au-dessus ! Mais c’était bien chaud ! Elyséa était toujours de l’autre côté de la douche et … Il baissa la tête. Il ne devait penser à rien ! RIEN DU TOUT ! Il était un homme mais il pouvait se contrôler ! Surtout devant Elyséa ! Un peu de tenue quoi ! Il avait quand même honte de profiter de la situation !

« Sélia … Tu étais obligée de faire cela ? »

« Pour paraître plus crédible, n’est-ce pas ? »

« Oui mais quand même … Ravager les environs tout en les blessant gravement … Je ne suis pas sûre que cela passera inaperçue si tu veux tout savoir. »

« Qui a dit que je voulais me montrer discrète ? Ce n’était pas ce que je désirais. Je veux être remarquée … Oui … Bien remarquée même. »

C’était donc pour ça qu’elle avait blessé gravement les membres de l’Enceinte et des Doctes ? Sans pour autant les tuer ? Elle avait décidé de ne pas tuer … si cela n’était plus nécessaire. Depuis la mort de ses parents, tués de ses propres mains, elle évitait de faire … couler le sang d’autrui. Sauf quand il s’agissait de ces dragons. Eux … Elle avait besoin de leur force. Oui … De leur force ! C’était ça dont elle avait besoin !

« Nous serons bientôt arrivées … si tu veux tout savoir. »

« Hmm ? D’ici une ou deux heures, ça devrait être bon normalement. »

C’était bien ce qu’elle avait compté de toute façon. Elle était déjà prête à se battre … et à savoir qu’un petit comité de réception l’attendait, voilà tout. Elle marcha avec lenteur, regardant son épée ensanglantée. Rien n’avait changé depuis le temps … Depuis qu’elle avait dévoré son premier dragon.

« Ce n’est pas totalement vrai, Sélia. Tu le sais bien … Quelque chose s’est modifié en toi. »

« A part mon corps ? Rien du tout d’autre … Je me trouve même plus … belle qu’auparavant si je peux le dire. » déclara faiblement la femme aux cheveux bleus.

« C’est bien normal. Les dragons étaient des créatures magnifiques. Il est donc normal que tu obtiennes une partie de leurs charismes. »

Si c’était aussi simple que cela, elle l’aurait fait depuis longtemps. Mais il était vrai que sa peau était bien plus douce, sa poitrine plus ferme … Et ses cheveux étaient soyeux. Elle avait l’impression que plus aucune impureté ne pouvait l’atteindre maintenant.

C’était bien ça … Elle était pure, complètement pure mais bon … Pour elle, la pureté n’existait pas … Il y avait toujours une parcelle … Une infime partie qui était décadente. Rien que le fait qu’elle tue autrui montrait bien cela. Elle eut un petit rictus alors que les minutes s’écoulaient peu à peu.

Et voilà … Elle était finalement arrivée aux abords de la ville où se trouvait le quartier général de la Sainte Alliance mais aussi … Elian. Il était temps de régler son compte. Sauf que comme elle s’en était doutée, un petit comité l’attendait.

« Hmm … Et ils ne me laisseront pas passer, je pense. Les nouvelles vont très vite de nos jours. Ils ont surement utilisé des Roucools ou autres pokémons oiseaux pour les prévenir de mon arrivée. Qu’est-ce que je vois ? »

« Mademoiselle Sélia ? Nous ne pouvons guère vous laisser rentrer dans cette ville. » déclara un homme portant une armure de cuir verte.

« Hmm … Un membre du Dominion Naturel ? Vous êtes même plusieurs avec vos plantes. »

« Ils ne sont pas seuls. » déclarèrent des voix derrière l’homme alors qu’elle haussait un sourcil. Le petit comité venait de bien grandir.


Elle devait avoir affaire à une cinquantaine de personnes, une partie d’entre elles faisant partie du Dominion Naturel … L’autre semblait être … de l’Antre des Artisans ? Elle poussa un profond soupir avant de murmurer :

« Et pourquoi vous ne voulez pas me laisser passer ? Car j’espère que vous avez une bonne raison. J’ai à parler avec Elian. Si vous vous mettez en travers de mon chemin, je ne serai d’aucune pitié envers vous. »

« Sélia, je pensais que nous avions … dit … que … »

« Hmm ? Mais ce sont eux qui me provoquent, je ne vais pas me retenir. »

Pas du tout même. Elle eut un petit sourire mauvais avant d’ouvrir la bouche, déglutissant. Aussitôt, un jet violet sortit de sa bouche, percutant plusieurs pokémons plante qui s’effondrèrent au sol. Les hommes et les femmes reculèrent, impressionnés.

« C’était … C’était quoi ça ? Elle … Elle vient de cracher … »

« Du poison … Mais non mortel. Néanmoins, ils risquent de ne plus bouger pendant quelques heures à cause de la paralysie. Vous voulez continuer ? »

Même s’ils avaient peur, elle savait qu’ils allaient venir vers elle. La raison était simple : elle n’était plus qu’un monstre à apparence humaine. Voilà tout … Un simple monstre … Et elle allait le leur prouver. D’un geste de la main, elle créa une puissante vague aqueuse, la projetant sur les personnes qui tentèrent de l’approcher.

« Mais comment est-ce possible ?! Elle … Elle est possédée ! »

« Hmmm ? Ces pouvoirs ne sont pas issus de ma possession. Je ne crois pas qu’une créature spectrale ou ténébreuse soit capable d’avoir cela. D’ailleurs … maintenant … Disparaissez de ma vue … Je vous laisse en vie, je pense que c’est déjà pas si mal que ça. »

Elle passa au milieu des membres du Dominion Naturel et de l’Antre des Artisans, les ignorant superbement alors qu’ils étaient trop choqués pour bouger. Dans la cité, déjà, tout le monde s’éloignait d’elle, les rumeurs se faisant entendre avec rapidité.

« Visiblement … Tu as décidé de ne pas les tuer … »

« Je n’ai jamais eu cette idée, contrairement à ce que tu voulais croire. Je n’ai pas de temps à perdre avec ces imbécilités, sache-le. Elian m’attends … Oh oui … Il doit m’attendre. De toute façon, il ne devait pas penser que je reviendrai vivante. »

Mais bon … Elle arriva jusqu’au QG de la Sainte Alliance mais déjà les gardes voulaient l’arrêter. Elle fronça les sourcils, murmurant :

« Vous refusez donc l’accès à votre sous-cheffe, c’est bien ça ? »

« Nous avons reçu l’ordre de ne pas vous faire rentrer, mademoiselle Sélia. Avec vos actes, nous ne pouvons pas vous … »

« De toute façon, qu’est-ce que j’en ai à faire ? Je ne suis pas là pour vous demander votre permission à tous les deux. »

Ses mains se posèrent sur les visages des deux hommes avant qu’elle ne le soulève, venant les encastrer dans la double porte. Elle pénétra dans le QG mais déjà d’autres membres de la Sainte Alliance se présentaient face à elle.

« Seule contre le monde … Hyathéna, on dirait bien. »

« Je n’aurai pas pu dire mieux malheureusement, j’en suis désolée. »

« Pas de quoi l’être. Je vais m’occuper de leurs cas, ils vont comprendre la signification du mot douleur et souffrance. C’est en partie à cause d’eux que j’ai perdu Kéran. »

Et si elle avait perdu Kéran … alors personne ne l’obtiendrait ! Il en était hors de question ! D’un geste de la main droite, elle fit un mouvement sur les membres de la Sainte Alliance, une lame végétale semblant visible au même moment. Aussitôt, une vilaine plaie se fit voir sur leurs torses, les faisant s’écrouler.
Finalement … Après quelques péripéties où ils tentèrent de l’arrêter sans jamais l’atteindre, elle arrivait jusqu’à lui … Le chef de la Sainte Alliance. Elian l’attendait, assis sur un fauteuil, la regardant en soupirant.

« Sélia … Pourquoi est-ce que tu as fait cela ? Tu as causé énormément de problèmes. Est-ce que tu t’en rends bien compte ? »

« Oh … Et qu’est-ce que je dois dire par rapport au fait de m’envoyer dans une mission suicide ? Soit tu avais trop confiance en moi, soit tu voulais te débarrasser de moi. »

« Je ne peux plus te garder dans la Sainte Alliance malheureusement. »

« Je ne comptais pas rester de toute façon. » déclara la jeune femme aux cheveux bleus, son épée partant en direction du torse d’Elian, se plantant à l’intérieur, traversant le fauteuil. « Est-ce que tu veux savoir pourquoi ? Car la Sainte Aliance n’existera plus après mon passage. Je vais rayer cette organisation de ce monde. »

« Je me disais bien que ce n’était pas normal … Depuis quand es-tu possédée ? »

« Je pourrai poser la même question, Elian. »

« Depuis plus de dix ans maintenant … bien qu’Elian a disparu depuis autant de temps. »

Chapitre 215 : Sans jamais le laisser

Chapitre 215 : Sans jamais le laisser

« IMBECILE ! IDIOTE ! IMBECILE ! IMBECILE ! IMBECILE ! »

Il hurlait cela à chaque fois, à chaque seconde, quitte à perdre son souffle alors qu’il en voulait terriblement de ce qu’elle avait fait. Résultat ? Elle murmura :

« Je ne suis pas douée pour l’humour visiblement … Cela m’apprendra. »

« Ce n’est pas une forme d’humour ça ! C’est bête ! C’est stupide ! Ca t’amuserait toi si je me faisais passer pour mort ?! Tu sais parfaitement que je tiens énormément à toi ! Que je ne veux pas que tu me laisses ! Que je ne veux pas que tu disparaisses ! Tu sais parfaitement que je t’aime plus que tout ! Et toi … Toi, tu t’amuses à faire ça ! Tu n’as aucun sentiment ou quoi ? Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fait ? Ca m’a fait souffrir, Elyséa ! Ca m’a fait terriblement mal ! J’avais peur que tu ne sois plus jamais là ! Tu m’aurais fait perdre quelque chose que je n’ai jamais eu avec Katérina ! Idiote ! Idiote ! Imbécile ! »

Il continua de pleurer et sangloter comme un enfant bien que l’empoignade de ses mains étaient fermes et celles d’un adulte. Il n’avait pas envie de la lâcher, pas du tout même. Mais elle, ce n’était pas ça qui l’interloquait. Elle avait sûrement très mal compris les propos du jeune homme. Et en même temps, ce n’était pas le plus important, loin de là.

« Kéran … Pardonne-moi. Y a-t-il un moyen pour que je me fasse pardonner ? Que j’ai grâce à tes yeux ? Je suis prête à tout. »

« Reste juste avec moi … C’est tout ce que je veux … Elyséa. C’est vraiment tout ce que je veux… Depuis ce départ de mon village natal, tu es la seule femme qui soit restée à mes côtés depuis le début. Et puis, tu as tellement fait pour moi. Je … »

« Kéran, j’accepte ce que tu désires et même un peu plus. »

Elle lui releva le visage, séchant ses larmes avec un doigt avant de coller ses lèvres contre ses joues, l’embrassant plusieurs fois avec une extrême tendresse. Il parut un peu choqué par les actions d’Elyséa mais se laissa faire. Elle continuait les baisers sur les parties de son visage autre que ses lèvres, caressant son dos avec ses deux mains.

« Voilà … Kéran … Tu n’as plus besoin de pleurer, d’accord ? »

« Je … Je … D’accord mais je … Elyséa … Enfin, je … »

« Je pense que c’est bon non ? Ça va mieux ? Je vais te montrer que tu peux compter sur moi pour rester à tes côtés indéfiniment. »

« Je veux une véritable promesse. Cette fois-ci, je veux être sûr et certain de tes paroles. Je veux que tu arrives à me convaincre, Elyséa ! »

« Comment convaincre un jeune homme troublé par les évènements, les émotions et les sentiments ? Est-ce qu’une embrassade de ma part arriverait à te convaincre ? Ou t’en faut-il encore plus, Kéran ? Je suis prête à tout pour me faire pardonner … vraiment à tout maintenant. Kéran … A toi de voir. »

Elle avait fait exprès de le retirer de ses bras pour lui laisser le choix mais lui … Il avait déjà décidé depuis le temps. Elle avait proposé plusieurs choses mais le plus important était de la sentir contre lui, c’était l’unique chose qui lui importait.

Avec anxiété mais vélocité aussi, il vint se jeter dans les bras d’Elyséa, enfouissant sa tête contre la poitrine de la jeune femme. Il n’osait pas quitter sa tête de ce cocon de chaleur et de tendresse dans lequel il se trouvait.

« Kéran … Quand même … Je suis une femme … Et tu sais, je ne crois pas que toutes les femmes acceptent qu’un homme vienne s’installer ici. »

« Ca … t’embête ? Je peux me retirer si … tu veux … Je … Je veux juste rester le plus longtemps contre toi possible. »

« Même si tu dois te mettre Katérina ou Sélia à dos ? » demanda-t-elle alors qu’il extirpait sa tête de la poitrine d’Elyséa. C’était une drôle de question de sa part.

« Même si ça ne plaît pas à Katérina ou Sélia … Enfin, surtout Katérina. De toute façon, il n’y a pas grand-chose qui plaît à Katérina alors bon … »

« Est-ce vrai cela ? Que tu n’hésiterais pas à me défendre face à Katérina ? Je trouve cela un peu étrange, jeune homme. Comment en être convaincue ? Par la justesse de tes paroles ? »

« Alors, mets-moi à l’épreuve ! On peut repartir s’entraî … Non … De toute façon, ça ne prouverait rien et je ne veux surtout pas ça. »

Alors … Il n’avait pas grand-chose à lui montrer … Enfin, pour … C’était compliqué. Il avait l’impression qu’ils avaient inversé maintenant leur position. Il la regarda lentement, l’observant avec une petite pointe d’émotion. Elle était imperturbable. Un vrai… glaçon … Une vraie statue qui ne laissait paraître aucune émotion. Puis finalement, il remarqua le fin sourire qui était dessiné sur ses lèvres.

« Pourquoi m’observes-tu ainsi, Kéran ? J’ai l’impression d’être un morceau de viande que tu juges du regard. Cela est un peu déplaisant. »

« AH NON NON ! C’est juste que tu sois vraiment si … belle quand tu souris. C’est tout. »

« Oh ? Tu n’es jamais avare de compliments, je le sais bien. Je le sais parfaitement même. »

« Hahaha … Mais juste quand je suis sincère, désolé. » répondit faiblement Kéran alors qu’elle hochait la tête positivement.

« Kéran, alors, qu’est-ce que tu as décidé ? J’ai bien une proposition mais c’est à toi de voir … D’ailleurs, c’est à toi de juger … »

De juger sur quoi ? Par rapport à quoi ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? AH ! Le décor se modifia un peu autour de lui avant qu’il ne se retrouve dans une pièce faite de bois. Au milieu de la pièce, il n’y avait qu’un simple lit, pas de table de chevet, rien du tout. Rien de rien … Juste un lit. Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Euh … Pourquoi cette pièce ? Elyséa, je tiens à te prévenir que … »

« Non. Je crois que tu te fais des idées, jeune homme. Je ne suis pas intéressée par cela … et de toute façon, je ne suis pas portée sur cette chose. Je voulais juste te proposer un véritable lit … pour dormir avec moi, si cela ne te dérange pas trop. Mais avant de dormir, je pense que nous pourrons parler tous les deux … parler longuement. »

« De tout et n’importe quoi, c’est ça ? Je … Je veux bien. »

« Alors hop. Dans le lit, et plus vite que cela. »

Il s’exécute, ne pouvant qu’obéir aux propos d’Elyséa. La jeune femme aux cheveux blancs le regarda retirer son pantalon, gardant néanmoins sa chemise avant de rentrer sous les couettes. Il est plutôt gêné, très gêné même. Enfin, ce n’est pas la première fois qu’il dort ou se repose dans un rêve avec Elyséa mais là, quand même, ce n’est pas le même décor non plus. C’est différent, vraiment très différent.

SURTOUT LORSQU’ELLE RETIRAIT AUSSI SON PANTALON ! Il se cacha les yeux, gêné, plus que confus, s’engouffrant dans les couettes jusqu’à ne plus rien voir. Pfiou ! Il avait failli faire une bêtise ! Mais quand même … C’était vraiment perturbant, très perturbant même ! Elle … Elle pouvait faire quand même attention un peu non ? Il était un homme !

« Kéran, sache que je porte quand même des sous-vêtements sous mon pantalon. Du moins, un unique sous-vêtement … bien que je trouve cela assez gênant. Mais néanmoins, c’est plus facile à porter qu’une culotte. »

De quoi est-ce qu’elle est en train de parler ? Il rouvrit les yeux mais heureusement, il se trouvait encore sous la couette. Maintenant qu’elle avait parlé de cela, il avait envie de savoir de quoi elle parlait ! Pfiou ! Il était confus ! Très confus même !

« Kéran ? Tu peux quand même sortir de sous les couettes non ? C’est plutôt offensant … Sauf si tu attends que je sois à l’intérieur pour me regarder mais après, je risque de te prendre pour un pervers, ce qui n’est pas une meilleure chose. »

« … … … Je veux bien sortir de la couette mais dès le moment où tu seras dedans. »

« Arrête donc de faire l’enfant. Tu as déjà vu une femme nue … bon … une hermaphrodite nue. Tu ne devrais pas être choqué par une autre femme portant un peu de tissu. »

Elle marquait un point mais … C’était Elyséa. Il n’arrivait pas à la considérer comme une simple femme … Une femme comme les autres. C’était tout, il n’y arrivait pas du tout. Mais deux mains se posèrent sur son visage, l’extirpant hors de la couette. Elyséa était en train de le regarder, le fixant de ses yeux bleus alors qu’elle était assise sur le lit.
Il ne put s’empêcher de baisser la tête, déglutissant en remarquant que la jeune femme portait … de la dentelle noire. Elle ? Vraiment ? Elyséa portait quelque chose de ce genre ? Et elle semblait assez légère. Enfin … Ca n’avait pas l’air de cacher grand-chose sur le derrière d’Elyséa. Mais qu’est-ce qu’il était en train de regarder ?! Il avait honte ! Terriblement honte maintenant ! Il n’osait plus du tout la fixer !

« Je sais bien que ce genre de tenue ne me convient pas … Mais je me sens plus libre dans celle-ci. Cela me permet un meilleur déplacement. »

« Je … Enfin, ça te convient ! T’es une femme comme les autres ! Tu as le droit de porter une telle tenue ! Enfin ! Je crois ! Je n’en suis plus sûr maintenant ! »

Elle déposa une nouvelle fois ses lèvres sur la joue de Kéran alors qu’il paraissait profondément choqué. Elyséa … était une femme. Il évitait à chaque fois de le penser, trouvant toujours une excuse pour imaginer autre chose mais la réalité était là. Elle était à côté de lui, couchée dans le lit.

Mais normalement, Elyséa ne se comportait pas comme une femme. C’était méchant à dire mais … Elle était plutôt assez stoïque mais là, ce soir, il avait eu le droit à des embrassades mais aussi à des baisers. Un peu comme une véritable femme.

« Je sens que tu es troublé, Kéran. Mais c’est ma façon à moi de me faire pardonner. Je sais parfaitement que je ne suis pas très … douée pour être féminine. »

« Tu l’es ! Tu l’es vraiment ! C’est juste que je n’y suis pas habitué, c’est tout. »

« Merci … Viens donc par là … On va parler tous les deux. »

Ah ! Bien entendu ! Mais par où ? Venir par … Oh ! Elle avait pris son bras pour ramener son corps jusqu’au sien. Il sentit la poitrine d’Elyséa contre son torse, tremblant un peu mais surtout, c’était le contact de ses jambes avec les siennes. Comme il n’y avait rien pour les recouvrir, la sensation était décuplée.

La tête posée sur l’épaule de la jeune femme, il attendait qu’elle prenne la parole mais rien n’arriva. Pendant de longues secondes qui devinrent des minutes, elle caressait juste sa chevelure blanche-grise alors qu’il respirait son odeur. Elle sentait bon … Il se sentait bien… Il adorait cette sensation familière.

« Kéran … L’endroit que tu as découvert … Cette forge … »

« C’est là où ton épée a été forgée. Enfin, avec des pouvoirs liés au froid. »

« C’est le cas … Mais tu sais … Je n’ai jamais réussi à rentrer à l’intérieur. Pourtant, la voix que j’entends … Je ne sais pas … Elle me réchauffe le cœur. J’ai l’impression de la connaître … Mais en même temps, j’ai aussi cette impression que je ne dois pas l’écouter. »

« Hein ? Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas l’écouter ? Qu’est-ce qui t’en empêche ? »

« Je ne sais pas … Je crois que je suis bloquée … ou paralysée. Je ne peux pas lutter contre ça … Je crois bien … Ca m’est impossible. »

« Mais si ! Tu sais quoi ? On va tout faire pour y arriver ! On y arrivera à deux ! Je suis sûr que l’on peut réussir à rentrer dans cette forge ! Mais cette femme … Elle me semblait étrange. J’avais aussi l’impression de la connaître mais ce n’était pas toi … Elle avait aussi un regard assez froid et sinistre. Enfin … Elle … Je ne sais pas … Hein ? Elyséa ? »

« Je ne sais pas … J’ai peur, Kéran. »

La jeune femme aux cheveux blancs s’était mise à trembler. Ce n’était pas un petit tremblement. Elle tremblait de tout son corps, de toute son âme. Il le remarquait bien … mais surtout, il sentait qu’elle pleurait faiblement aussi.

« Mais de quoi voudrais-tu avoir peur, Elyséa ? »

« Je ne sais pas … Je ne sais pas … Je sais juste que … Si je ne peux pas rentrer dans cette forge, c’est que je ne le voulais pas … Je me le suis refusée. »

« Mais si … Ne t’inquiète donc pas à ce sujet, Elyséa. »

« Non ! Tu ne comprends pas, Kéran ! Moi aussi, j’ai une partie … que j’ai voulu effacer de ma mémoire. Tu sais … Après que je sois morte … Je ne me rappelle plus de grand-chose. Comme si j’avais effacé un mois de mon existence. »

« Mais pourquoi faire ça ? POURQUOI ? » cria-t-il en cherchant une réponse.

« Je ne sais pas, Kéran ! Je ne sais pas ! Je ne sais pas du tout ! Je sais juste … que je me suis sentie plus soulagée … et vide … ensuite. Je crois que j’ai préféré tout abandonner après ma mort. Voilà tout … »

« Mais … ça ne concorde pas avec ce que tu as fait depuis des siècles … »

« Je m’en fiche de tout ça ! Je m’en fiche ! Kéran … Je … Reste auprès de moi … Tu me rappelles tant ce qui me manque. »

Hein ? C’était elle qui lui demandait ça ? Bien entendu qu’il allait rester près d’elle. C’était bien sûr ! Enfin, il allait le faire ! Il embrassa la jeune femme sur le front, celle-ci lui rendant son baiser. Il passa à son tour son doigt sous les yeux d’Elyséa, retirant ses larmes.

« Je dois être affreuse … à pleurer comme ça. »

« Pas vraiment … Tu es juste plus féminine que tu ne l’as jamais été. »

« Insinues-tu … qu’il faut pleurer pour être une femme ? Qu’est-ce que je dois dire alors de toi, Kéran ? Hein ? » rétorqua-t-elle, cherchant à faire un faible sourire.

« Ohla ! On m’agresse sur mes pleurs, vilaine femme. Vous reprenez vite du poil de la bête. » déclara Kéran avant de commencer à lui chatouiller les hanches.

« Ah ! Non ! Kéran, je suis … Non ! Arrête ça ! »
Elle bredouillait cela tout en se mordillant les lèvres pour ne pas rire. Lui ? Il était surpris. Il venait de trouver un point faible chez elle. Héhéhé ! Il commença à grimper à moitié sur elle, continuant ses chatouilles alors qu’elle pleurait mais avec des larmes de rire. Vraiment … Elle était donc comme ça ? Aussi douillette ? Héhéhé ! C’était très bon à savoir ! Il allait découvrir ses autres talons d’Achille. Cela allait être distrayant.

Chapitre 214 : Pas très drôle

Chapitre 214 : Pas très drôle

« Tu es donc prêt, Kéran ? Je te sens encore un peu mollasson. »

« Tu vas voir si je suis mollasson ! »

C’est vrai qu’il avait encore un peu de mal à répliquer mais il se défendait plutôt bien contre Elyséa ! D’ailleurs, il arrivait à parer la majorité de ses coups. Il faut dire qu’elle était un excellent professeur, vraiment excellent même. Il n’avait jamais connu mieux depuis le temps ! Ah … Elyséa … Qu’est-ce qu’il appréciait ces moments.

« J’espère que ce n’est pas le froid qui te rend aussi lent quand même. »

« Comme si ça pouvait l’être ! Tu ferais mieux de faire attention à toi, plutôt ! Tu risquerais d’être surprise par un coup ! Imagine que je te touche ! »

« Imaginer que tu arrives à me toucher avec l’épée ? Hmm … »

Si tel était le cas, cela serait surprenant. Très surprenant même mais elle ne se laisserait pas faire, loin de là. Et en même temps, elle avait une petite idée. Mais à voir si elle allait la mettre en place ou non. C’était quand même risqué. Mais pour le moment, combat ! Elle vint faire quelques feintes mais même là, Kéran arrivait à les parer. Vraiment, qu’est-ce qu’il avait progressé durant tout ce temps, c’était étonnant, tellement étonnant. Mais c’était aussi remarquable, vraiment remarquable. Il fallait le reconnaître : le jeune homme avait fait des progrès fulgurants et surprenants. Elle devait le féliciter.

« Et alors ? C’est toi maintenant, Elyséa ? »

Il fit une petite remarque alors que le jeune homme se lançait à l’attaque. Au lieu de parer, il répliquait et ripostait. La femme aux cheveux argentés ne faisait que reculer alors qu’il s’avançait inexorablement vers elle. Pourtant, elle semblait toujours … neutre ? Ou alors, avec une petite pointe d’amusement.

Elle allait faire ça … Cela risquait d’être très intéressant, vraiment très intéressant. Mais seulement s’il arrivait à l’attein … Hein ? Elle hoqueta sur le coup alors que l’épée du jeune homme venait de se loger dans son ventre. A force de réfléchir à cela, elle avait baissé sa garde et Kéran en avait bien profité.

« Je crois que j’ai gagné, Elyséa. C’est bien la première fois que je … Elyséa ? C’est quoi ça ? » bredouilla le jeune homme.

Il avait remarqué le sang qui s’écoulait de la blessure au ventre d’Elyséa. Même lui, pendant l’entraînement, alors qu’elle le martelait et le touchait, il n’avait jamais eu ça. Mais elle ? Pourquoi ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? HEY ! Ce n’était pas très drôle !

« Kéran … Il y a une chose que je ne t’ai jamais expliqué. Lorsque dans un rêve, si tu arrives à battre la créature spectrale ou ténébreuse qui t’habites, tu la tues et elle disparaît définitivement. C’est l’un des moyens pour éliminer une créature qui possède une personne. »

« Hein ? Mais mais mais … ATTENDS ! Elyséa ! Je ne voulais pas de ça ! »

Mais mais mais … NON ! NON ! ET NON ! Il jeta l’épée au sol, s’approchant d’Elyséa qui s’écroula contre un rocher, haletant, une main sur son ventre. Il allait la soigner ! Il n’avait jamais voulu ça ! Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoi est-ce qu’elle ne l’avait pas prévenu ? POURQUOI ?! Il commença à déchirer sa tenue, bredouillant :

« T’en fait pas ! Je vais te soigner, Elyséa. Je vais te soigner hein ? Hein ? »

« Kéran … Allons … Si tu as réussi à me battre, c’est que tu es maintenant prêt à te débrouiller seul, tu ne crois pas ? »

« NON ! Je ne suis pas prêt ! Je ne suis prêt à rien du tout ! RIEN DE RIEN ! Aller ! Laisse-moi voir cette plaie. Je vais m’occuper d’elle ! » bredouilla-t-il en voulant retirer la main d’Elyséa de sa blessure mais celle-ci la gardait sur son ventre. L’autre main caressa avec lenteur la joue de Kéran.

« Ne t’en fait donc pas. Dès le début, je t’avais dit que je te parasitais … que je regrettais ce qui s’était passé. Il est donc normal que je disparaisse. Au revoir, Kéran … ou adieu. »

ADIEU ? NON ! NON ! ET NON ! Pas d’adieu ! Rien du tout ! Rien ! Rien ! Rien … Rien … Rien … Il voyait le corps d’Elyséa qui disparaissait peu à peu entre ses mains. Non et non ! Il allait faire comment sans elle hein ? HEIN ? Il allait faire comment ? HEIN ? Elyséa … Elyséa n’était plus là du tout. Il n’y avait plus rien … plus rien du tout. Elle avait totalement disparue. Elle n’était plus présente. C’était vide, complètement vide. Complètement … sans aucun sens. Elyséa était morte ? Une nouvelle fois ?

« Elyséa ? Elyséa ? Tu peux revenir hein ? »

Elle pouvait revenir hein ? Ce n’était pas drôle du tout. Pas drôle … Mais … Le décor semblait se désagréger autour de lui. Ce n’était pas une illusion. Tous les souvenirs d’Elyséa étaient en train de disparaître … avec elle. Elle était morte ? Vraiment morte ? MAIS MAIS MAIS … Comment était-ce possible ? COMMENT ETAIT-CE POSSIBLE ?

« Ce n’est pas normal … Elyséa ne ferait jamais ça. Elle ne se laisserait jamais mourir ! Et qui pourrait me protéger ensuite hein, hein ? QUI ? »

Qui donc ? QUI DONC ? Il devait trouver une solution ! Il devait trouver la réponse ! Mais mais mais … Le décor se modifiait complètement, devenant totalement noir. Voilà … Il ne rêvait plus de rien. Plus rien du tout même.

« Elyséa… Je … Non … Elyséa … Réponds-moi s’il te plaît. »

Qu’elle lui réponde. Qu’elle lui dise qu’elle allait bien. Mais il n’y avait rien. Rien de rien. Rien du tout, rien de rien. Elyséa ? Elyséa ? Où est-ce qu’elle était ? Il marchait dans le noir, sans même savoir où il se rendait.

« Elyséa, s’il te plaît … Ce n’est pas drôle, je n’aime pas ça. Pas du tout … Pas du tout ! »

Mais aucune réponse. Est-ce qu’elle voulait jouer avec ses nerfs ? C’était réussi ! Mais le souci, c’est qu’Elyséa n’était pas une femme qui se prêtait à rire et s’amuser.

C’était la réalité … La vérité … Il le savait. Elyséa était morte définitivement. Le décor se modifia subitement autour de lui alors qu’il se retrouve dans une violente tempête de neige. Le froid lui martèle la peau et il a l’impression de vraiment le subir cette fois. Une tempête de neige … dans la montagne des dragons.


Mais là, cette tempête semble différente … Elle semble comme éternelle. Et pourtant, en ce lieu, c’était l’impression qu’il avait. Une mauvaise impression, il le savait bien mais il s’avançait dans la neige, sans réellement comprendre où il allait.

« Pourquoi est-ce que je pense à ça ? Est-ce que je me rappelle des souvenirs d’Elyséa ? »

Si tel était le cas, il aurait peut-être … un moyen de se souvenir d’elle. Enfin, quelque chose qui lui permettrait alors de découvrir la vérité. D’en savoir encore plus … Ah … Ah … Il ne pouvait même pas pleurer, il était encore sous le choc.

« Elyséa est morte … Elyséa est morte … Elyséa … est morte. »

C’était la seule chose ancrée dans sa tête alors qu’il continuait de s’avancer. Pourtant, lorsqu’il fit un pas, un pan du sol s’écroula et il eut l’impression que sa dernière heure était arrivée. Qu’est-ce qui se passerait … si lui … mourait dans un rêve ? Il ne voulait pas le savoir ! Il en avait déjà assez ! Il avait bien souffert là !

Elyséa … Il voulait retrouver la jeune femme. Il voulait la retrouver … Il voulait retrouver cette femme qui s’occupait de lui depuis des années … Elle était bien trop importante pour mourir comme ça ! Il se le refu… Hein ? C’était quoi ça ?

Un bâtiment ? De la lumière ? Il apercevait de la lumière et de la fumée … au loin ? Il commença à courir à toute allure, à travers la neige sans même se soucier. C’était quoi cette lumière ? Cet endroit ? Même avec les entraînements d’Elyséa, il n’avait jamais vu cet endroit ! C’était quoi ?! C’ETAIT QUOI ?!

« Une maisonnette ? Non … Ca ressemble à une forge … »

C’était le premier constat qu’il établit en regardant au loin ce qu’il pouvait voir. Cet endroit était … une forge ? De taille relativement modeste, elle semblait néanmoins être à l’abri du froid. En fait, elle ne semblait même pas être atteinte par le froid.

« Mais une forge ? Isolée du reste du monde ? Mais qu’est-ce que … Et la fumée montre qu’il y a quelqu’un qui habite à l’intérieur. »

Peut-être qu’il devait s’y rendre ? Non, ce n’était pas un peut-être. Il en était certain. Il en était convaincu. Il devait s’y rendre ! Quelque chose lui disait de s’y rendre ! Il en était sûr et certain même ! Il en était convaincu ! AH ! Vraiment ! Il devait faire attention !

« Je ne sais pas ce que je risque en faisant ça … »

Mais peut-être qu’il … AH ! Son épée ! Elle était maintenant recouverte d’une aura froide. Mais son épée … C’était celle d’Elyséa non ? Elyséa … C’était son épée. Et l’épée réagissait à cet endroit. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Non … Il savait ce que cela voulait dire.

« C’est là où l’épée d’Elyséa a été forgée. »

Mais pourquoi maintenant et pas auparavant ? Est-ce que la mort d’Elyséa … avait influencé à ce sujet ? Car lui, il ne s’en rappelait pas. Il ne s’en rappelait pas du tout ! Comment il aurait pu de toute façon hein ? Il s’approcha de la forge, faisant quelques pas avant de subitement se mettre de côté ! Il se retourna, apercevant une ombre encapuchonnée.

« Une personne ? C’est peut-être Elyséa ! »

Il voulait y croire ! Il voulait vraiment y croire ! Il s’approcha de l’être encapuchonné et bien qu’il sache que ce n’était pas possible qu’il soit vu, il restait quand même méfiant. Mais il fut plus que décontenancé quand il remarqua que … ce n’était pas Elyséa. C’était bien une femme d’une vingtaine d’années … mais elle semblait différente. Enfin, elle avait des cheveux blancs, elle aussi … mais des yeux dorés … Mais ses yeux semblaient terriblement froids.

Voilà … C’était le mot exact. Les yeux de cette femme ne montraient aucune émotion. Même ceux d’Elyséa … avaient un sentiment … parfois indescriptible mais présent. Il la vit pénétrer à l’intérieur de la forge. Aussitôt, il s’était mis à courir pour arriver jusqu’à une fenêtre. Une fenêtre mais il ne pouvait rien voir à cause de la buée à l’intérieur.

« Est-ce que nos armes seront bientôt prêtes ? »

« Bien entendu, cela devrait être bon d’ici deux ou trois heures. Je pense que tu ferais mieux de rester. Tu me tiendrais compagnie. »

« Tu n’aurais quand même pas une sombre idée en tête, n’est-ce pas ? »

« Sombre … Sombre … Enfin … Je … Tu es la première personne qui a réussi à venir jusqu’ici. Et puis … Enfin … Je pensais que toi et moi … »

« Tu penses mal … Du moins, pas maintenant. Tu te fais des idées. Je t’ai déjà dit que si tu te montrais très efficace, peut-être que j’accepterai d’aller plus loin avec toi. »

« Je n’y connais rien du tout … J’espère que … Enfin … Que tu ne m’en voudras pas. »

« Humpf. Nous verrons cela. Pendant ce temps, tu parles, tu parles, mais je ne vois pas les armes et les boucliers qui sont forgés. »

« Je m’en occupe dès maintenant ! Sois un peu patiente mais ne t’en fait pas, ça sera quand même de l’excellent travail, comme tu le désirais. »

« Ce sont surtout des objets très légers mais avec une résistance remarquable. Je n’avais jamais trouvé de tels forgerons chez nous. Pourquoi est-ce que tu ne veux pas quitter cet endroit ? Tu aurais largement plus de choix ailleurs. »

« Je ne peux pas … Non … Je ne veux pas. Tu sais, je suis né ici. Enfin, j’ai toujours vécu ici et donc je … »

« Cela ne m’intéresse pas. Arrête donc de parler et continues à forger. »

C’était quoi cette discussion ? Il pouvait entendre une femme et un homme. L’homme était surement un forgeron mais cette femme ? Est-ce qu’elle était sa petite amie ? Enfin, elle semblait être plus qu’une simple connaissance.
Mais en même temps, il avait l’impression qu’elle lui faisait miroiter des choses qu’il n’aurait jamais. C’était l’impression qu’il ressentait. Il avait besoin de savoir à quoi ressemblaient cette femme et cet homme !

Il s’approcha de la porte mais n’arriva pas à l’ouvrir. Qu’est-ce que … ça voulait dire ? Pourquoi ? POURQUOI EST-CE QU’IL N’Y ARRIVAIT PAS ?! Il se retourna, remarquant que le sol s’effondrait derrière lui.

C’était quoi ça ? Le décor devenait brusquement noir … mais d’un noir sinistre et mauvais. Comme s’il se faisait happé par le décor, il n’aurait alors aucune chance de s’en sortir ! C’était quoi ça ?! Qu’on lui explique ! Il commença à courir mais remarqua qu’il était paralysé sur place, ne pouvant s’échapper de la porte.
Et le sol qui s’effondrait de plus en plus, laissant paraître le vide … un vide qui allait le dévorer ! S’il tombait dedans, il n’en ressortirait plus ! Il le savait parfaitement ! Il savait parfaitement qu’il risquait de mourir dans son propre rêve ! Enfin, celui d’Elyséa !

« N’aies pas peur, tu es en sécurité. »

« Hein ? Qui … Qui … Elyséa ? »

C’était la voix d’Elyséa ? Deux mains se placèrent sur son ventre, venant de son dos comme pour l’enlacer. Il se sentit happé en arrière alors qu’il cherchait à se retourner. Elyséa … Elyséa était là … devant ses yeux … Et elle volait au-dessus du sol.

« Si tu avais été … perdu dans ce gouffre, je n’aurai pas pu faire quelque chose. Tu ne te serais jamais réveillé. Tu serais … mort à l’intérieur. »

« Elyséa … Elyséa … C’est bien toi ? Je … Mais je … »

« Kéran, je ne sais pas exactement ce que tu as trouvé … mais j’ai eu l’impression que tu te rendais sur le même chemin que moi et … Qu’est-ce qui se passe, Kéran ? Tu es prêt à pleurer, ce n’est pas normal. »

« Pas … Pas … PAS NORMAL ?! JE CROYAIS QUE TU ETAIS MORTE ! »

« Oh cela ? Bien que ça ne soit pas dans mes habitudes, je trouvais cela assez drôle … Même si c’est venu subitement … Je ne pensais pas que tu me blesserais pendant que j’y réfléchissais. Au moins, cela m’a fait un bon effet de sur … »

« IDIOTE ! IMBECILE ! »

Elle n’avait pas terminé sa phrase qu’elle s’était pris une violente baffe de la part du jeune homme. Une baffe qui lui fit atrocement mal … mais pas seulement au visage. Kéran venait d’exploser en sanglots dans ses bras. Il y avait des blagues à ne pas faire.

Chapitre 213 : Être seuls

Chapitre 213 : Être seuls

« Kéran ! Je t’ai dit que je pouvais me débrouiller seule ! »

« Oui mais … Tu es tellement blessée. Tu ne veux pas que l’on aille nettoyer nos plaies dans le ruisseau ? Il doit bien y en avoir un dans les environs. »

« Non … Je ne suis pas motivée, pas du tout même. »

« D’accord … Enfin … Si tu me cherches, je serais là-bas, d’accord ? »

Elle fit un geste évasif de la main. Loa était partie depuis quelques minutes déjà, désirant être seule. Il avait trouvé cela étrange car ce n’était pas le comportement normal de la jeune femme, loin de là même. Mais bon …

« Qu’est-ce qui se passe avec les femmes ici ? J’aimerai bien le savoir. Elyséa, toi, tu vas bien ? Tu n’es pas différente ? Toujours envie de t’entraîner avec moi ? »

« Bien que cela fait longtemps, pourquoi pas, Kéran ? Pour répondre à ta question, je n’en ai aucune idée malheureusement, je suis désolée. »

« Ca ne fait rien mais tant mieux. Ce soir alors, pas de repos, juste de l’entraînement. Ca risque d’être intéressant. Tu m’aides à trouver un ruisseau s’il te plaît ? »

« Bien entendu, Kéran. Je pense que cela ne sera pas difficile à chercher, loin de là. »

Oui, il pensait pareil de son côté. Enfin, il remarquait surtout que lui et Elyséa avaient peu à peu le même mode de fonctionnement. C’était assez étrange en soi mais il reconnaissait bien que ce n’était pas si … problématique. Loin de là même !

« Quand même … Je remarque que Katérina s’énerve vraiment pour un rien. Le pauvre Hodan en a fait les frais aujourd’hui. Je suis désolé pour lui. »

« Tu n’as pas à l’être réellement. Il est autant fautif qu’elle. » murmura Elyséa alors qu’il haussait un sourcil. Fautif ? Par rapport à quoi ? Il ne savait pas pourquoi mais la femme aux cheveux blancs avait pris en grippe Katérina.

« Tu peux m’expliquer pourquoi tu en veux tant à Katérina ? »

« Pour une raison qui ne la concerne qu’elle dans l’idée-même. Mais … Si un jour … Non. Ce n’est rien. Ne cherchons pas les complications. »

« Elyséa ! Je pensais que nous devions tout nous dire ! Là, tu me caches quelque chose, ce n’est pas vraiment ce que j’attendais de toi ! »

« Kéran … Si je te disais quelque chose qui te ferait souffrir, est-ce que tu accepterais de l’entendre ? De ne pas te voiler la face ? De regarder la vérité les yeux dans les yeux ? Je ne pense pas, Kéran. Je veux juste te protéger … mais pas uniquement physiquement. Je veux faire bien plus que ça, Kéran. Beaucoup plus … et j’y arriverai. » termina de dire la voix en lui alors qu’il sentait comme une étreinte autour de son âme même.

Pourquoi est-ce qu’elle disait de telles choses ? Quand il l’entendait parler de la sorte, il était gêné, très gêné même. Beaucoup trop … Comme un adolescent, comme un enfant. Elle arrivait à chaque fois à le rendre confus.

« Pfff … Ce n’est pas très malin, Elyséa. Maintenant, je suis intimidé à cause de toi. Tu n’as pas besoin de parler comme ça hein ? C’est vraiment gênant quand tu dis ça ! »

« Ce n’était pas voulu que tu sois gêné, Kéran. Ou peut-être que si ? Cela reste à voir. »

« HEY ! Tu n’es pas comme ça d’habitude ! Ne te moque pas de moi ! »

« Désolée. » répondit-elle bien qu’il sentait qu’elle ne l’était pas le moins du monde. Tsss ! Elle se moquait ouvertement de lui ! Il allait le lui faire payer dans ce rêve ce soir ! Il allait même réussir à la battre ! Et ensuite ? Oh ! Il savait ce qu’il ferait !

« Et que comptes-tu faire, Kéran ? Sache qu’avec une telle motivation, il est très facile de lire dans tes pensées … comme dans un livre ouvert. »

« RIEN DU TOUT ! Je ne te le dirai pas ! »

« Je vais tirailler tes pensées jusqu’à le découvrir, tu vas voir. » répliqua Elyséa en lui alors qu’il rigolait faiblement. Elle pouvait toujours essayer, elle savait parfaitement que c’était inutile ! Il ne se laisserait pas faire de toute façon ! Il valait mieux pour elle qu’elle abandonne tout de suite sinon, elle risquait d’être très déçue. Hahaha !

Mais bon … Il avait fini par trouver un ruisseau. Tant mieux ! Il allait pouvoir se passer un peu d’eau sur ses plaies. Avec lenteur et en gémissant, il retira son haut, commençant à s’asperger le torse avec l’eau, gémissant un peu.

« Kéran … Je tenais à m’excuser … réellement et sincèrement. »

« Hein ? Et pour quelle raison ? Pourquoi est-ce que tu t’excuses maintenant ? »

« Par rapport aux … cicatrices sur ton corps. Si j’avais décidé de réagir plus rapidement, tout cela ne serait jamais arrivé. J’ai fauté … »

« Tu ne voulais pas que je te découvre et puis bon, si je suis vivant, c’est grâce à toi. Je dois le répéter combien de fois, Elyséa ? »

« Je le sais bien … mais … Enfin … Voilà, j’ai dit ce que je pensais avoir à dire. Et … »

« Tu sais parfaitement que je te pardonnerai tout. Enfin, à toi, ça serait beaucoup plus simple qu’à Katérina. Disons que tu veilles sur moi mais bon … »

Il s’arrêta de parler, remarquant Loa au loin. La femme aux cheveux violets n’avait toujours pas sorti Harno de son corps depuis le combat. Il s’apprêta à venir vers elle mais Elyséa lui demanda de plutôt aller se coucher sans se montrer. Se cacher ? De Loa ? Il n’était pas vraiment comme ça … Enfin bon … Ce n’était pas si … important que ça ? Il n’aimait pas tellement espionner, loin de là même. Mais si Elyséa le lui demandait.

« Comment vont tes brûlures, Anély ? »

« Ah … J’en ai un bon nombre sur les bras si tu veux tout savoir … Enfin, elles ne sont pas très visibles et il faut vraiment se rapprocher de moi pour les apercevoir. »

« Je t’avais pourtant prévenue à ce sujet … Anély. »

« Je le sais parfaitement mais le risque n’était pas assez important pour que je reste là sans réagir. Et maintenant que je l’ai fait, il n’y pas de retour en arrière. Mais je ne regrette rien, Harno. Loin de là même. Le souci sera d’expliquer cela à Kéran. Je n’aimerai pas lui mentir encore une fois. Tu sais, je le sens encore plus proche d’Elyséa que toi avec moi. J’ai l’impression qu’ils sont … unis depuis des siècles. »

« Unis depuis des siècles ? C’est quand même une grosse affirmation, tu t’en rends compte ? Cela voudrait dire … que ce qui les unit dépasse les liens physiques. »

« Je ne sais pas. Je t’ai dit que ce n’était qu’une idée de ma part, c’est comme ça que je le ressens quand je les vois. Elyséa est vraiment différente des autres pokémons. Je ne peux pas la considérer comme l’une d’entre eux. C’est bien trop peu crédible. J’ai l’impression qu’elle a pris une forme pokémon pour autre chose que de veiller sur ce monde. J’ai l’impression que sa place n’a jamais été de vivre pendant des siècles. Quelque chose cloche avec Elyséa mais ce n’est pas un véritable problème, c’est différent … et compliqué. »

« Ce n’est pas à nous de résoudre cela mais à Kéran et Elyséa. Je vais faire de mon mieux pour soigner tes brûlures mais évite d’utiliser trop longtemps ces derniers. »

« Sinon, c’en est fini de moi, c’est cela ? Hahaha …Savoir que mon Harno est devenu un pokémon spectre parmi les plus puissants … tellement puissants que mon corps ne le supporte pas. Peut-être que si je vis quelques années de plus, j’y arriverai … mais je ne crois pas cela possible, n’est-ce pas ? »

« Pas depuis que la flamme de ta vie s’atténue de jour en jour. Je n’ai jamais voulu cela … Anély. Je suis vraiment désolé … »

« Arrête de t’excuser encore une fois. Je te l’ai déjà dit à l’époque et s’il faut, je te le répèterai autant de fois que nécessaire pour que tu comprennes que je ne t’en veux pas. Je trouvais cela un bon compromis pour pouvoir rester avec l’homme que j’aime. »

« … … … Je t’aime aussi, tu le sais bien. Tu le sais parfaitement … sinon, je ne serai pas revenu sous cette forme. La majorité des pokémons spectraux et ténébreux qui reviennent sont liés à un sentiment. En grande partie, il s’agit de celui d’aimer un proche, une autre personne. Je ne pouvais pas mourir … et te laisser seule. »

« Je le sais parfaitement … Je le sais parfaitement. Merci pour tout. »

Il avait peut-être écouté quelque chose qu’il aurait mieux valu ignorer. C’était quoi cette discussion ? Des brûlures ? Il n’avait rien remarqué sur Loa pourtant. Et puis, ces paroles … Une partie d’entre elles le concernait. Enfin, les concernait puisqu’il s’agissait d’Elyséa et lui. Ca voulait dire quoi ? Les unir à travers les siècles ?

Il s’éloigna sans un bruit, soucieux et inquiet. Loa était en danger ? Mais quel genre de danger ? Il n’en savait rien ! Il n’avait qu’à moitié compris ce qui se passait réellement ! Voilà tout ! C’est ça le problème !

« Elyséa … Est-ce que tu peux m’aider ? Il s’agit de quoi pour Loa ? »

« Il semblerait que le corps humain ne supporte qu’en partie les pouvoirs liés aux pokémons spectraux et ténébreux. Du moins, ceux d’une très grande puissance. Je te l’ai pourtant déjà expliqué la dernière fois non ? Lorsqu’il s’agissait de fondre dans le sol pour se déplacer telle une ombre, non ? Tu t’en rappelles ? »

« Je m’en rappelle bien oui … Enfin, je vois où tu veux en venir … »

« Loa n’est pas si différente de toi sur ce point. Elle aussi a ses faiblesses même si cela doit faire déjà quelques années, comme toi, qu’Harno est en elle. Enfin, dans notre cas précis, nous sommes unifiés depuis des années. Harno ne rentrait en elle que si cela était nécessaire, ce qui a surement modifié un peu ton corps. »

« Tant que tu ne me mets pas de poitrine … »

Il essayait de faire un peu d’humour car il ne se sentait pas si bien que cela malheureusement. Il devait avouer qu’il était un peu perturbé. Il devait éviter que Loa ne fasse trop d’efforts. Surtout maintenant qu’il savait à ce sujet. Si elle utilisait trop ses pouvoirs, il avait peur des conséquences … Il ne voulait pas que cela arrive !

« Ne te complique pas la vie pour cela, Kéran, je tiens à te le signaler. »

« Facile à dire, pas à faire malheureusement. Je ne peux pas m’en empêcher malheureusement. C’est aussi bête que ça. »

« Retournons auprès du feu. Là-bas, tu iras te reposer … et je veux que tu sois en pleine forme pour le combat qui t’attends, Kéran. J’espère que tu as compris. »

« J’ai parfaitement compris, Elyséa, parfaitement compris. »

Mais il vint marcher avec lenteur, prenant tout son temps alors qu’il se dirigeait vers là où se trouvait Katérina. Celle-ci était toujours occupée à changer ses bandages alors qu’il remarquait qu’elle aussi … avait quelques lignes noires sur son bras et sa jambe gauche. C’est vrai … Il avait complètement oublié cela.

« Katérina, tu veux que je te laisse dormir seule ce soir ? »

« Hein ? C’est quoi cette question de dégénéré ? Et c’est quoi cette tête de déterré ? »

« Non rien du tout. Enfin, je vais déjà aller me coucher, ça sera beaucoup mieux. Bonne nuit. Puisque ça ne te dérange pas de m’avoir à tes côtés. »

« Mouais … Kéran, je te trouve un peu bizarre. Attends-moi, j’arrive dans cinq minutes. Je crois qu’on va devoir parler, toi et moi, ça sera mieux. »

Sans un mot de plus, il vint dans la tente, se couchant avec lenteur à l’intérieur. Il ferma les yeux, réfléchissant à tout cela. Mais il sombra rapidement dans le sommeil, sans même attendre Katérina. Lorsque celle-ci pénétra dans la tente, elle remarqua Kéran, disant :

« Putain ! Il aurait quand même pu m’attendre ! Pour une fois que je voulais le remercier. »

« Et comment est-ce que tu aurais fait cela, Katérina ? »

« Oh toi, Hodan, il vaut mieux que tu fermes ta gueule après ce que tu as fait … ou plutôt pas fait aujourd’hui. C’est compris ? Ne l’ouvre pas ! »

« Je voulais que Kéran te sauve, cela me semblait nécessaire et logique à mes yeux. Je ne vois guère où je me suis trompé personnellement. »

« M’en contrefous qu’il vienne me sauver. C’était ton truc ! T’es en moi, tu dois faire ton travail, c’est pas compliqué pourtant ! »

« … … … Soit, la prochaine fois, je ne laisserai plus aucun élan de gloire à Kéran. Je me débrouillerai pour te sauver, quand tu le désires. »

« Pas quand je le désire, quand c’est nécessaire, espèce de bourrique. Bon, il a voulu dormir ? Alors, on va faire de même. Mais je te préviens, y a rien du tout ce soir. » déclara la jeune femme aux cheveux argentés avant de se coucher de l’autre côté de la tente, tournant le dos à Kéran, celui-ci étant déjà plongé dans ses rêves.

Le décor enneigé … Hahaha … Vraiment, elle avait vraiment prévu de l’entraîner, n’est-ce pas ? Il devait alors se préparer mentalement à cela. Prenant une épée plantée dans le sol devant lui, il fit face à Elyséa, celle-ci étant dans son habituelle tenue dans les rêves du jeune homme : un marcel blanc qui cachait difficilement ses formes ainsi qu’un pantalon de toile noire. Mais quand même … Il la trouvait bien jolie.

« Kéran ? Est-ce que tu es finalement prêt ? »

« Je le suis toujours pour toi, Elyséa. Mais je te préviens : plus le temps passe et plus je deviens fort ! Tu risques d’être surprise ! »

« Alors surprends-moi … Kéran. Je n’attends que ça. »

« Hahahaha … On va bien rire tous les deux ! »

Rire ? Considérait-il l’entraînement comme un amusement ? Auparavant, elle aurait bien déclaré que ce n’était pas le cas mais maintenant … Elle ne fit qu’un discret sourire camouflé derrière la lame qu’elle tenait à la verticale. Soit …

« Si tu veux rigoler, nous serons deux, Kéran. Mais … nous n’avons pas forcément le même humour, loin de là même. J’arrive. »

Oh ! Qu’elle arrive donc ! Il l’attendait avec une certaine impatience, il ne pouvait pas le nier. Il allait lui montrer ce dont il était capable maintenant ! Elle allait être surprise !

Chapitre 212 : Une leçon de mort

Chapitre 212 : Une leçon de mort

« Qu’est-ce qui se passe, Loa ?! Qu’est-ce que ça veut dire ?! »

« Elle est en train d’évoluer … ou plutôt … Harno est en train d’évoluer en elle. Mais je ne sais pas les conséquences d’un tel acte lorsqu’il s’agit d’une Docte … et d’une personne qui a accepté pleinement l’évolution et la présence d’une créature spectrale ou ténébreuse en elle. Et surtout … Une telle créature est plutôt puissante … Il pourrait facilement faire partie parmi les plus puissants spectres ou créatures ténébreuses avec cette évolution. »

Qu’est-ce que ça voulait dire clairement ? Il ne savait pas pourquoi mais tout cela lui faisait un peu peur en un sens. Oui, il avait un peu peur de la situation. Il ne pouvait pas l’expliquer avec des mots mais il était inquiet. Surtout que le corps d’Anely s’était illuminé complètement, comme pour se modifier.

Puis subitement, la lumière s’atténua pour laisser place à la femme aux cheveux argentés aux teintes violets … et aux yeux dorés. Elle avait un sourire aux lèvres tandis qu’il remarquait qu’elle portait un corset noir en cuir et des gants de même confection et couleur. Elle portait aussi une jupe blanche bouffante avec des croix dessinées dessus ainsi que de longues bottes à talons noirs. Elle observa sa tenue avant de dire :

« Hum … Harno … Quand même, cette tenue est un peu trop découverte. »

« Je ne choisis pas vraiment sur le moment ce qui semble te correspondre, Anély. »

« Ca ne fait rien, ça ne fait rien. De toute façon, cette tenue n’est pas faite pour que les gens puissent la voir. Généralement, je pense que la majorité de ceux qui la verront ne survivront guère longtemps après cela. »

« N’en fait pas trop … Tu sais ce que cela implique … et c’est déjà trop tard. »

« Déjà trop tard, oui … Bon, faisons un peu de ménage. Karos ? C’est bien cela ? Tu as décidé d’emprisonner les âmes de nombreuses personnes et pokémons, non ? »

« Sal … Saleté … C’est quoi cette puissance qui t’habite ? JE SUIS KAROS ! UN ROI ! Je ne faillirais pas devant une gueuse ! »

« Cela répond à ma question … bien que je le savais déjà. Libérons-les donc. »

D’un geste nonchalant, Loa leva la main en l’air, une flamme blanche apparaissant au-dessus de sa paume. La flamme s’envola dans les cieux avant de grandir, grandir et encore grandir. Puis subitement, elle se dispersa en plusieurs dizaines de rayons qui foncèrent vers les différents pokémons et humains présents.
Anély s’inclina respectueusement alors qu’elle était entourée par les flammes, un sourire aux lèvres. Des cris se firent entendre alors que les créatures et humains ectoplasmiques disparaissaient les uns après les autres, Anély gardant le sourire jusqu’au bout. Après que les flammes ne furent plus là, il ne restait plus qu’à peine 10% de l’armée de Karos.

« Et maintenant ? Que comptes-tu faire ? Si tu espères t’enfuir, saches que je ne te le permettrai pas. En tant que Grande Docte, je ne peux pas te laisser continuer cela. »

« SALE PESTE ! Comment oses-tu parler à un roi de la sorte ?! »

« Il est dit dans les livres que bien souvent, les rois furent tués par leurs peuples. Je ne vois pas pourquoi tu ferais exception à la règle. Tu ne fus jamais un monarque, tu ne t’es jamais comporté de la sorte. Pourquoi s’en inquiéter maintenant hum ? Je ne vois guère de raisons qui te pousserait à croire une telle chose. »

Pendant qu’elle parlait, son ombre commença à s’agrandir de plus en plus alors que le Noctunoir le remarquait. Les derniers ectoplasmes ne bougèrent alors que Karos restait immobile. Il avait vu cette ombre … Il devait se méfier. Ca ne lui disait rien de bon.


Subitement, il s’envola dans les cieux pour éviter l’ombre, remarquant que celle-ci était capable de le lier au sol … et de l’empêcher de fuir. Saleté ! Elle avait vraiment tout prévu hein ? Elle s’y croyait tellement hein ? Mais il ne le permettrait pas ! Il ne le permettrait pas ! Qu’elle ne croit pas pouvoir lui donner des ordres ! Qu’elle crève ! QU’ELLE CREVE !

« Hum ? Tu ne veux pas redescendre, s’il te plaît ? »

Elle fit apparaître une boule de feu violette, la faisant rebondir sur le sol pendant quelques secondes avant de la projeter en direction du Noctunoir. Néanmoins, elle n’arriva pas à l’atteindre, le pokémon éclatant de rire alors que la flamme retombait au sol.

« Imbécile … Tu ne sais même pas viser. Je ne vois pas de quoi je devrais m’inquiéter. »

« Fais donc attention à toi. »

Elle vint juste dire cela alors que la flamme atterrissait au sol. Mais aussitôt, elle vint rebondir encore plus haut, percutant le Noctunoir qui descendit de plusieurs mètres. Loa le regarda alors que Kéran ne savait pas quoi faire.

« Est-ce que je dois aller l’aider, Elyséa ? Je … Je crois qu’elle contrôle la situation. »

« Reste sur tes gardes mais vas-y aussi au cas où. J’ai l’impression qu’il faut que tu l’aides le plus rapidement possible, ça serait mieux. »

Il avait aussi cette impression. Sans même crier gare, il passa à côté de Loa, courant à toute allure avec son épée à la main. Il valait mieux blesser voir tuer Karos sans trop que Loa ne se force. Il ne savait pas … Il pensait que c’était trop dangereux sinon.

VITE ! Il devait accélérer ! Il devait aller encore plus vite ! Il ne pouvait pas perdre de temps ! Il arriva à la hauteur du Noctunoir qui était pourtant encore dans les airs. Prenant son élan, il sauta dans les airs, traçant une ligne horizontale avec son épée, une lame ténébreuse venant percuter le pokémon, le faisant redescendre et tomber au sol.

« Tiens donc … Cher père … Vous voilà donc … »

Katérina venait finalement de se présenter juste à quelques mètres de Kéran, là où Karos venait d’atterrir. Elle avait ses deux lame dans ses mains, souriant machiavéliquement. Elle allait pouvoir s’occuper de son père.

« Je vais pouvoir enfin me débarrasser de toi. Qu’est-ce que ça va être plaisant … »

« Pour qui … Pour qui … POUR QUI VOUS ME PRENEZ ?! Vous voulez jouer avec un spectre ?! Alors préparez-vous aux conséquences ! »

Bien qu’il fût blessé gravement, l’aura du Noctunoir se développa, s’agrandissant sur le sol. Aussitôt, le décor vint s’assombrir, des entailles apparaissant sur le corps de Katérina, l’ensanglantant de plus en plus.

« JE NE VAIS PAS ME LAISSER FAIRE PAS TROIS GAMINS ! »

Tant qu’elle était dans son ombre, elle allait souffrir ! Elle allait souffrir ! Et nul ne pouvait l’empêcher ! Nul ne pouvait s’enfuir de lui ! Son unique œil fixait Katérina, l’empêchant de se mouvoir alors que plus elle restait dans l’ombre du pokémon, plus elle était blessée.

« BON SANG ! KATERINA ! ELYSEA ! » hurla le jeune homme.

« Je m’en occupe ! Loa, essaye de t’occuper du Noctunoir pour qu’il arrête cela. »

En même temps, Kéran disparaissait dans le sol, enveloppé par les pouvoirs d’Elyséa. L’ombre de Karos se brisa sous les pieds de Katérina alors que Kéran sortait du sol, prenant la jeune femme dans ses bras. Il cria :

« ON SE TIRE D’ICI ET VITE ! »

« Vous n’irez pas vous enfuir ! Je ne vous le permets pas ! Nul n’échappe à la colère du roi ! Nul ne peut s’enfuir lorsque je le décide ! »

« Et si tu te préoccupais plutôt de toi ? Tu es dans un triste état. » murmura une voix derrière le Noctunoir, le faisant se retourner juste au moment où de nombreuses flammes violettes foncèrent vers lui. Mais cette fois-ci, il répliqua avec la même attaque.

« Tu crois que je vais me laisser faire ? Sale petite humaine … Tu penses qu’avec un seul pokémon, cela sera suffisant pour me battre ?! »

« Je pense que oui … Il suffit de voir ton état et le mien. »

« Arrogance … L’arrogance d’une simple femme … Vous y pensez tellement … Vous y croyez tellement … MAIS CELA NE SUFFIRA PAS ! » hurla le Noctunoir alors que pourtant, il recommençait à s’envoler.

« Tu comptes t’enfuir ? Mais je ne te le permettrai pas. Harno … Utilise ces flammes. »

« C’est beaucoup trop dangereux, Anély. Je refuse cela. » déclara la voix en Loa, celle-ci faisant une petite mimique de colère alors que le Noctunoir continuait de s’envoler, laissant des traces de sang derrière son passage avant de disparaître subitement.

Tout était terminé ? Kéran était aux côtés de Katérina, celle-ci étant assise au sol alors que le jeune homme vérifiait ses blessures. La voix d’Elyséa murmura avec lenteur :

« Cela sera soigné durant la nuit sans aucun problème. »

« Mais toutes ces plaies … Même Hodan va avoir du mal à s’occuper d’elle ! »

« Et si tu te préoccupais plutôt de tes propres blessures ? » murmura une nouvelle fois l’être en lui alors qu’il regardait ses blessures.

Bah ! Ce n’était pas bien important ! Il n’était pas en danger de mort non plus ! Il ne fallait quand même pas abuser ! Il était loin d’être blessé contrairement à Katérina ! Celle-ci le regarda de ses yeux dorés, marmonnant :

« Je suis pas en porcelaine non plus, Kéran. Je pense quand même pouvoir me soigner. »

« Mais attends un peu … Viens, je vais te soulever. »

« HEY HEY HEY ! Pas de bêtises! Reposes-moi au sol maintenant ! »

Mais il ne l’écouta pas le moins du monde, la prenant dans ses bras alors qu’elle rougissait faiblement. Elle passa ses bras autour du cou du jeune homme qui revenait vers Loa. Celle-ci avait toujours sa tenue assez excentrique, un sourire aux lèvres.

« On dirait bien que moi aussi, je vais devoir m’habiller léger, Katérina. Je suis désolée mais je peux te promettre que je ne toucherai pas à Kéran. Satisfaite ? »

« Blablabla … Je m’en contrefous de ça. Je sais bien que tu ne feras rien du tout de toute façon alors pourquoi est-ce que tu me le dis ? »

« Au cas où … Une simple mesure de précaution, rien d’autre. »

Une simple mesure de précaution. Son œil ! Elle ne la prenait pas pour une imbécile, hein ? Loin de là hein ? PAS DU TOUT MÊME ! Tsss ! Son œil oui ! Elle n’allait pas tomber dans un piège aussi grossier ! Elle n’était pas stupide ! Loin de là ! Mais bon … Kéran l’avait quand même sauvée. Elle souffla :

« Merci Kéran. Sans toi, j’aurai surement souffert encore plus. »

« Ca ne fait rien. C’était mon rôle de toute façon. Et puis, à cause de cette ombre, tu ne pouvais pas bouger. Je crois qu’il a voulu faire la même chose que Loa. J’ai vu la même attaque de sa part, c’est bien ça, Loa ? »

« Je pensais l’immobiliser, c’est vrai. Mais je me doutais que ça ne marcherait pas aussi facilement. Comme quoi, nous sommes plus faciles à tromper que lui. »


Ce n’était pas vraiment un compliment, n’est-ce pas ? Enfin bon, il voulut hausser les épaules mais avec Katérina dans ses bras, c’était quand même plus difficile que prévu. Bien plus difficile même, malheureusement.

« Ah … Enfin bon … Je crois que nous sommes tirés d’affaire. »

« Pour le moment mais il reviendra. Il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, loin de là même. » déclara Loa avec lenteur.

« Je m’en doute … malheureusement, Loa. Mais nous devrions nous préparer. Quand même, sur la fin … Enfin, ce que tu as fait était exceptionnel ! »

« Merci mais bon … Cela m’a plutôt épuisé, tu sais. Mais au moins, ces âmes sont en sécurité … du moins … Elles peuvent finalement trouver la paix. »

« Loa … Est-ce que tu pourras faire de même avec eux ? » souffla-t-il alors qu’elle réfléchissait de qui est-ce qu’il parlait. Puis elle comprit et elle hocha la tête positivement. C’était logique et normal. De toute façon, elle comptait s’occuper de tout le monde.

« Kéran, tu peux me lâcher ? J’ai besoin de me bastonner. »

Besoin de bastonner ? Mais avec qui ? De qui est-ce qu’elle parlait ? Il avait un peu peur sur le coup mais il vint la déposer au sol. Aussitôt, elle hurla :

« HEY ! DUMASCH ! DUCON ! Je peux savoir pourquoi t’as rien fait pour m’aider ?! »

« Je voulais que cela soit Kéran qui s’occupe de te délivrer. Je pouvais le faire facilement mais je ne l’ai pas voulu, c’est aussi simple que ça. »

« Qu … QUOI ?! Tu te fous de ma gueule ?! Attends que je m’occupe de ton cas ! Tu vas voir, espèce d’imbécile ! Si t’es en moi, c’est pas pour me mater de l’intérieur, c’est clair ?! » hurla-t-elle une nouvelle fois avec colère.
Kéran était un peu gêné par les propos d’Hodan. Il avait fait ça pour lui ? Il le remerciait … Au moins, il se mettait un peu en valeur aux yeux de Katérina. Mais quand même … Elle s’énervait un peu trop facilement. Il ne comprenait pas pourquoi. Elle n’avait pas envie d’un jour … d’être tranquille ? Du moins, de se reposer paisiblement. Sans même se poser de questions ? Sans même chercher les ennuis ?

« Enfin bon … Tant qu’elle souffle un peu, c’est tant mieux. »

« Non mais je te promets ! Cette nuit, je vais t’en faire baver mon salopard ! »

« Euh … Tu sais … Katérina, ça ne sert à rien de s’énerver contre Hodan. S’il le voulait vraiment, il pourrait facilement te faire souffrir puisqu’il est en toi. »

« Ouais, ouais … Mais il n’osera pas. Il osera plus maintenant. Et il sait pourquoi. »

Ah ? Et lui ? Il pouvait le savoir ? Enfin bon … Ce n’était peut-être pas le moment de penser à cela. Loin de là même. Enfin bon … Les blessures allaient se soigner au fil des heures mais pour le moment, ils allaient s’éloigner un peu et trouver où se reposer. A côté, de toute façon, Katérina allait faire la conversation avec Hodan. Elle était visiblement très remontée contre l’être en elle. Pour une fois, ça n’allait pas être lui, il pouvait souffler.

Chapitre 211 : Bien au-dessus

Chapitre 211 : Bien au-dessus

« Toujours collés l’un contre l’autre. Ca m’énerve, ça me fatigue, ça m’exècre, j’en ai assez ! J’en ai assez ! J’EN AI ASSEZ ! Le seul à toucher ma fille est moi ! RIEN QUE MOI ! »

Le Noctunoir, depuis qu’il s’était fait repoussé, avait radicalement changé de comportement ou presque. Toujours énervé, toujours prêt à se battre, il voulait tout faire pour séparer le jeune homme et la jeune femme aux cheveux argentés.

« Reviens vers Papa … ma petite Katérina. Reviens donc vers moi … Je te promets que je serai doux, très doux … oui. Vraiment très doux. »

« Hors de question, le pédophile. J’ai pas que ça à foutre de traîner avec une enflure de ton espèce. Je préférai encore que tu crèves une seconde fois. »

« Katérina ? Comment parles-tu au père que tu aimes tant ? Ce n’est pas bien … Vilaine fille … Très vilaine fille oui. Il va falloir te punir mais tu aimes les punitions, n’est-ce pas ? »

« VAS TE FAIRE FOUTRE ! »

Elle avait aussitôt crié, tremblant de tout son corps alors qu’elle regardait le monstre en face d’elle. Elle ne se laisserait plus dominer par lui ! PLUS JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS ! Il en était hors de question ! Elle ne se laisserait plus faire par lui ! PLUS JAMAIS ! JAMAIS !

« Ne t’en fait donc pas, Katérina. Il ne te touchera pas, je te le promets. »

« Hein ? Hodan ? Mer… Merci. » bredouilla la femme aux cheveux argentés bien que Kéran se tournait vers elle, haussant un sourcil.

« Il a répondu la même chose que moi en même temps ? Ou alors, tu confonds mon nom avec le sien … ce qui est un peu dérangeant, il faut le reconnaître. »

« Que … Mais non ! Je ne confonds rien du tout ! Tu racontes n’importe quoi ! J’en suis sûre et certaine ! Ne dis pas d’idioties plutôt ! Pffff ! Enfin bon … »

Qu’est-ce qui lui prenait de penser de la sorte ? Enfin bon, elle était sûre en même temps qu’Hodan avait parlé non ? Enfin, ça ne l’étonnerait pas qu’il ait dit ça. Elle était pleine de charme et il était normal qu’il veuille la protéger puisqu’il possédait son corps. Et puis, il avait fait ça depuis le début, rien d’étonnant.

« BON ! Maintenant que l’on est sûr de vouloir lui régler son compte, mettons-nous à l’action. HEY ! Gros Noctunoir ! On va s’occuper de ton cas ! »

« Pourquoi insultes-tu ton père ? Pourquoi ? Est-ce que tu ne l’aimes pas ? Alors que lui t’as toujours aimé de la plus douce des manières ? »

« Ouais ouais ! Toi et tes potes ! C’est ça ?! Te fout pas de ma gueule ! Maintenant, c’est plus possible et je me laisserai plus faire ! BON ! Keran ! Loa ! On s’en occupe de ce gros tas ?! » hurla la femme aux cheveux argentés avec énervement et colère alors qu’elle ripait ses lames entre elles. Il était temps de le buter !

HAHAHA ! L’idiote ! Sa petite fille était idiote ! Complètement idiote ! TOUJOURS IDIOTE ! Elle allait voir ! ELLE ALLAIT VOIR ! Il allait lui montrer son amour ! Tout son amour pour elle ! Elle allait le sentir ! De tout son corps ! Toute son âme !

« Mais avant … Il faut que je me débarrasse de ces personnes autour de toi. »

Et quoi de mieux qu’un festin ? C’était jour de fête ! Et rien d’autre ! RIEN DU TOUT ! RIEN DE RIEN ! Il ouvrit la gueule, plusieurs fils blancs assez épais en sortant pour tomber au sol, prenant la forme de différents pokémons et personnes.

« Vous allez voir … Vous allez goûter à la véritable souffrance ! »

Cette fois-ci, hors de question de les laisser vivre ! Il allait les surpasser par le nombre ! Des dizaines et des dizaines de fantômes étaient sortis de sa bouche ventrale, prête à s’abattre sur eux. Ils n’étaient que TROIS ! SIMPLEMENT TROIS ! Ah non … Quatre … Il y avait aussi cette fichue Momartik ! Mais elle n’était même pas capable de s’exprimer ! HAHAHA !

« Je vais vous infliger la pire torture jamais commise ! »

Beaucoup de blabla non ? Le jeune homme avait déjà sa main sur sa lame, celle-ci s’entourant d’une aura noire alors qu’il murmurait quelques mots, parlant à Elyséa. Il comptait sur elle pour l’épauler dans cela. Il allait en avoir bien besoin. Maintenant, le combat pouvait commencer ! Qu’ils y aillent ! TOUT DE SUITE !

Sans hésitation, il courut en direction des êtres fantomatiques, commençant à trancher avec son arme. Contrairement à ce que l’on pouvait croire, les pouvoirs étaient plus qu’efficaces, le Noctunoir poussant un râle de colère.

« Foutus Doctes ! Toujours à me causer des ennuis ! Un être normal n’aurait jamais pu les trancher ! JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS ! »

« Dommage pour toi alors non ? Laisse-toi mourir, ça sera bien plus simple que d’espérer nous abattre. Tu es déjà prêt à perdre, n’est-ce pas ? »

« Ma petite fille qui veut jouer à la rebelle … Qu’est-ce que c’est mignon … Tellement mignon que cela me donne envie de pleurer … Mais qu’importe ! On va s’amuser tous les deux ! On va tellement s’amuser tous les deux ! Cela va être plaisant ! Cela va être excitant ! Cela va être parfait ! PARFAIT PARFAIT ! HAHAHAHA ! »

« Tu es complètement cinglé … Je l’avais déjà remarqué auparavant mais bon … Il vaut mieux que je m’y mette aussi ! HODAN ! »

« Je m’occupe de te protège, tu peux y aller, Katérina. »

« Et maintenant, tu fais ami-ami avec ce salopard en toi … Je ne le supporte pas … JE NE LE SUPPORTERAI PAS ! JE NE LE SUPPORTERAI JAMAIS ! »

Il poussa un hurlement de rage, d’autres créatures ectoplasmiques faisant leurs apparitions alors qu’il reculait. Il allait s’occuper d’eux !

« Je vais les réduire en morceaux … Je ne les laisserai pas me reprendre Katérina. »

Même si c’était déjà trop tard, il suffisait juste de lui inculper quelques notions comme auparavant et elle redeviendrait alors la petite fille docile qu’il avait créée. Oh … Elle avait grandi depuis le temps, bien grandi même !
Cela serait plus amusant de jouer avec elle, avec son corps joliment formé. Oui … Ca serait bien mieux, hahaha ! BEAUCOUP MIEUX ! TELLEMENT MIEUX ! AAAAAAAAH ! Il adorait ! Rien que le fait d’y penser, cela l’excitait à un tel point.

« Je me demande ce que cela fera lorsque tu ressentiras un pokémon en toi, Katérina. »

« Tordu … Tu es définitivement tordu ! IL EST HORS DE QUESTION QUE CA M’ARRIVE ! Assez ! HODAN ! »

Elle allait juste balayer les esprits avec la plus forte violence possible ! C’était aussi simple que ça ! Ensuite, elle irait voir ce qu’elle comptait faire ! TSSS ! Saleté ! Saleté ! Saleté ! Il allait le payer de sa non-vie tout cela ! Il allait le payer ! VOILA TOUT ! Elle allait s’occuper de lui ! Et les autres aussi ! RIEN QUE CA !

Rien que ça … Oui … Elle devait apprendre à contrôler ses émotions mais ce Noctunoir la mettait hors d’elle et en même temps, elle le craignait. Elle le craignait tellement. Elle avait l’impression que malgré les années, malgré le fait qu’elle soit entourée, elle était toujours aussi faible … Incapable de se protéger.

« Loa ? Qu’est-ce que tu fais ? »

« Je vais les purifier, c’est aussi simple que cela … Ainsi, ils ne pourront plus revenir chez Karos. Ca sera bien mieux pour la prochaine fois. »

Kéran avait posé la question alors que Loa avait fait quelques mouvements de la main. Une flamme blanche entoura l’un des fantômes humanoïdes, celle-ci poussant un cri avant de disparaître complètement. Elle reprit d’une voix lente :

« Voilà … Une âme libérée … Le souci, c’est que je ne peux le faire qu’un par un. »

« QUOI ?! Vous voulez me retirer mon armée ?! Je vous en empêcherai ! NE TOUCHEZ PAS A MES HOMMES ! TUEZ-LES ! AUCUNE PITIE ! »

Et même si sa fille devait mourir … Il irait la ranimer. Lui redonner un corps dans lequel il insufflera son âme ! Son âme qu’il briserait avant de reconstruire ! Son âme avec laquelle il allait s’amuser ! Oh que oui … Un amusement bien spécial.

Mais là, il en avait déjà assez ! ASSEZ ! Ils se moquaient de lui ou quoi ?! Ils voulaient vraiment retirer son armée ?! Déjà une dizaine d’âmes avaient trouvé le repos à cause de cette fichue femme Docte ! ASSEZ ! ASSEZ !

« CIBLEZ CETTE FEMME AUX CHEVEUX VIOLETS ! JETEZ-VOUS TOUS DESSUS ! NE LUI LAISSEZ PAS LE TEMPS DE FAIRE CA ! »

Hmmm ? Elle était donc visée maintenant ? Cela semblait logique et normal en fin de compte. Mais qu’importe, elle était quand même prête à purifier de plus en plus d’âmes. Elle fit à nouveau un geste de la main, une flamme blanche ciblant la première personne ectoplasmique en face d’elle. Tellement simple …

« Loa ! Je vais te protéger avec Sarène en attendant ! »

« Fais donc … Kéran. Mais prends garde à toi, d’accord ? Je te fais confiance. »

« Tu peux ! Je ne te laisserai pas tomber ! Katérina ! Viens aussi ! »

« NE ME DONNE PAS D’ORDRE ! Je peux me débrouiller ! »

Pfff ! Pourquoi est-ce qu’elle ne comprenait pas qu’ils devaient s’entraider tous les deux hein ? Pourquoi ? Ce n’était pourtant pas une mauvaise idée qu’il avait ! Loin de là même ! Pourquoi alors ? POURQUOI ? POURQUOI ? Il ne comprenait pas !

Enfin bon … Il devait se concentrer et aider Loa. Le problème, c’est que même avec Sarène, il était difficile de tenir tête à autant de fantômes. Qu’importe ce qu’ils disaient, c’était quand même trop important pour lutter aussi facilement. Ah … Ah … Ah …

Les minutes s’écoulèrent, les unes après les autres alors que Kéran continuait de défendre Loa. Celle-ci aussi semblait avoir du mal à se concentrer mais continuait son travail. Il fallait dire qu’elle était efficace. Déjà plus d’une cinquantaine d’âmes libérées. Il n’avait pas pu voir ses pokémons malheureusement … Ce Noctunoir devait surement les garder pour plus tard. D’ailleurs, où est-ce qu’il était ?

« LOA ! JE NE VOIS PLUS KAROS ! »

« Imbéciles … Vous croyez que je vais rester là les bras croisés en vous regardant faire ? Ma fille est occupée avec mes soldats ! MAIS VOUS … JE VAIS VOUS TUER PERSONNELLEMENT ! JE VAIS M’OCCUPER DE VOUS TROIS ! »

D’où est-ce qu’il venait ? DU SOL ! Il provenait du sol ! Il dit à Loa d’arrêter cela avant de faire un saut en arrière mais c’était déjà trop tard. Deux mains vinrent empoigner une jambe à chacun, le Noctunoir sortant du sol, sa bouche grande ouverte.

« DISPARAISSEZ TOUS LES DEUX ! »

Une sphère faite d’énergie spectrale sortit de la gueule, prenant du volume et de l’ampleur avant de recouvrir les deux personnes, la Momartik ne pouvant réagir pour protéger son dresseur. Lorsque la sphère finit de les recouvrir, Kéran et Loa étaient salement touchés, des plaies présentes sur tous leurs corps. Haletant, Kéran bredouilla :

« Loa … Loa … Est-ce que … tu vas bien ? »

« Pas tant que ça … Désolée. Pardon mais avec l’énergie dépensée pour purifier ces âmes et les libérer, je n’ai pas pu me défendre efficacement. Et toi, Kéran ? Est-ce qu’Elyséa a pu t’aider au moins ? Je … J’ai l’impression que ça va. »

« Elle m’a aidé. Mon corps est adapté à résister à ce genre d’attaques mais toi … KATERINA ?! » hurla soudainement Kéran en se tournant vers la jeune femme.
Mais celle-ci ne semblait pas être blessée, tenant tête et terrassant plusieurs ennemis avec une extrême facilité. Ah … Ah … Elle allait bien. Tant mieux. Il avait été drôlement inquiet sur le coup. Mais bon, si elle n’était pas blessée, tant mieux.

« Kéran … Est-ce que je peux te demander un service ? »

« Bien … Bien entendu, Loa ! Mais peut-être faut-il attendre qu’on en ait terminé avec ce Nocturnoir ? Et il faut qu’on bouge ! SARENE ! Aide-nous ! »

« Non … Non … Il n’y aura pas besoin de bouger, loin de là. Il me faudrait … la pierre qui est dans ton sac, s’il te plaît. C’est important. »

Important ? Bien entendu. Mais est-ce qu’ils avaient le temps ? Il se dépêcha d’ouvrir le sac, en ressortant les différentes pierres. Voilà ! Laquelle est-ce qu’elle voulait ? Loa commença à diriger sa main vers la pierre mais une voix se fit entendre en elle :

« Je ne peux pas, Anély. Je refuse cela. Déjà qu’actuellement, tu connais les conséquences. »

« Nous n’avons pas le choix, Harno. »

« LOA ! De quelles conséquences il parle ? »

Il reprit aussitôt la pierre que Loa avait tenté de prendre, la gardant entre ses mains. C’était quoi ça ? C’était quoi les conséquences ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Il voulait savoir avant de lui donner cette pierre ! Il refusait ça !  IL REFUSAIT COMPLETEMENT !

« Harno … Est-ce que tu vois ce que tu as fait ? »

« Je suis prêt à en payer les conséquences, Anély. Je ne peux pas te laisser faire ça. C’est beaucoup trop dangereux et risqué. »

« Je suis une Grande Docte. C’est mon rôle d’agir de la sorte. Maintenant … Je suis désolée mais je ne peux pas perdre plus de temps avec ça. »

Elle cligna des yeux, Kéran se retrouvant subitement paralysé. Avec lenteur, ses doigts laissèrent s’échapper la pierre Nuit qu’il tenait. La jeune femme vint s’en approcher, s’apprêtant à la ramasser.

« Des fois, il ne faut pas hésiter un instant à se « perdre » … pour les autres. Harno, ne t’en fait donc pas, nous étions autant au courant l’un que l’autre que cela devait se passer ainsi. »

« … … … Comme tu le désires, Anély. »

Elle savait bien qu’il n’approuvait pas sa décision. Sinon, il ne l’aurait pas appelé par son véritable prénom. Elle vint toucher la pierre Nuit du bout des doigts, une forte lumière émanant d’elle. Il était temps de montrer pourquoi elle était une Grande Docte.

Chapitre 210 : Briser son bonheur

Chapitre 210 : Briser son bonheur

« Katérina, je suis vraiment désolé pour hier. »

Il tentait de s’excuser de sa conduite. Du moins, d’avoir encore échoué une fois. Rien qu’une fois … Il n’y arrivait pas. Il s’en voulait tellement de son échec mais … Mais voilà ! C’était tout simplement ça ! Il s’en voulait ! Voilà tout ! Et rien d’autre ! Qu’est-ce qu’il pouvait dire d’autre hein ?! Qu’il était nul ?! IL LE SAVAIT !

« Mouais … On va dire que je vais tenter d’oublier. Je t’aime, Kéran. Mais faudrait quand même pas trop pousser non plus hein ? »

« Je suis désolé … Je ferai de mon mieux la prochaine fois, je te le promets. »

« Promets pas des trucs que tu pourrais pas tenir s’il te plaît. Je déteste encore plus le mensonge qu’autre chose, je te préviens. Alors non, pas de promesses de ce genre, surtout sur un point aussi sensible que ça ! Voilà tout ! »

Pardon, pardon, pardon ! Et encore pardon ! Il ne pouvait que s’excuser mille fois ! Dix mille fois même ! Il ne pouvait faire que ça, baisant la main avec douceur de la jeune femme aux cheveux argentés. Elle la retira, faisant la moue avant de marmonner :

« N’en fait pas trop non plus, Kéran. Tu me fais un peu honte aussi quand tu te comportes comme ça. Tu es pas un esclave hein ? C’est pas si grave que ça non plus. »

« Oh que si ! Je sais que c’est grave … Je le sais parfaitement ! »

« Tais-toi, s’il te plaît … Ca devient lassant. »

Elle n’allait vraiment pas bien depuis quelques jours hein ? Elle était sûrement déçue de ses prouesses sexuelles. Il fallait dire justement qu’il n’y avait pas de quoi être fier, loin de là. Il s’en voulait … Il s’en voulait terriblement de tout cela. Qu’est-ce qu’il avait honte. Tellement honte d’être aussi mauvais dans ce domaine.

« Personne n’est parfait, Kéran. Peut-être qu’au final, vous n’êtes pas compatibles. »

« Elyséa … Même si sur ce point, nous n’y arrivons pas … Je suis sûr qu’à côté, on peut y aller. J’en suis sûr et certain … Réellement certain même. »

« Y aller ? Qu’est-ce que tu veux dire par là, Kéran ? »

« Elle et moi … Nous n’avons pas forcément besoin de cela pour être heureux. Le sexe ne résolve pas tout hein ? Je suis sûr qu’elle m’acceptera comme je le suis. »

« … … … Comme tu le sens, Kéran. »

Elle avait dit cela avec dépit. Il ne comprenait pas la situation. Il était accroché à Katérina mais elle-même, qui avait tant souffert dans le passé, ne pouvait espérer récolter ce bonheur qu’elle recherchait … avec Kéran. C’était si compliqué … mais en même temps, Kéran était trop naïf, beaucoup trop naïf même. Comment le détester ?

« Je vais tout faire … mais ça ne s’apprend pas dans les livres. »

Malheureusement pour lui, non. Ca ne s’apprenait pas dans les livres et c’était bien ça le gros problème. Il ne voulait pas … de ça. Il voulait réussir ! Mais comment faire ? Et pourquoi il se compliquait la vie avec ça ? POURQUOI ?

« C’est stupide … C’est vraiment stupide de se prendre la tête pour ça. »

« Encore en train de ruminer à ce sujet, Kéran ? Qu’est-ce que je viens de te dire ? J’en ai rien à battre si t’es pas doué ! Pfff ! »

Mais pourquoi est-ce qu’il ne trouvait pas les paroles de Katérina réconfortantes. C’est du genre, je n’en ai rien à faire car j’ai mieux. Non ! C’était bête de penser ainsi ! Ah … Bon, il allait voir au fil de la journée ce qu’il pouvait faire.
Peut-être qu’en jouant le garçon attentionné … Non, ça il le faisait d’habitude. En faisant semblant de l’ignorer ? Non ! Ce n’était pas son genre ! Pas du tout même ! Il n’était pas comme ça ! Pfff ! C’était embêtant … Terriblement embêtant même.

Il n’avait aucune idée alors … Il allait rester là, sans rien faire. Juste parler avec elle quand elle le voulait. Il allait juste jouer au pantin, c’était tout, vraiment tout. Quel idiot … Vraiment, il était juste un stupide idiot.

« Laisse-moi ta place, Kéran. »

Sans même lui donner le choix, Elyséa vient posséder son corps. Qu’est-ce que … Non ! Qu’est-ce qu’elle était en train de faire ?! Ce n’était pas dans ses habitudes de faire ça ! Pourquoi ? POURQUOI ? Il essaya de lire les pensées d’Elyséa mais c’était simplement ses sentiments. De la frustration. Elle ressentait une terrible frustration.

Mais envers lui ? C’était ça ? Elle était frustrée qu’il se débrouille aussi mal ? Il la comprenait parfaitement. Il savait … bien qu’il n’était pas doué. Il le savait parfaitement. Il n’avait pas de mots pour s’excuser.

« Je suis lasse, Kéran. Arrête de te sous-évaluer à cause de Katérina. Maintenant, tu restes là et tu ne bouges plus. Pour aujourd’hui, tu vas apprendre à gérer tes sentiments et tes émotions d’un point de vue extérieur à la situation. »

D’un point de vue extérieur ? Qu’est-ce qu’elle veut dire par là ? Il ne comprenait pas. Mais ce fut lorsque Katérina parlait à lui … enfin à Elyséa, qu’il comprit. Les remarques blessantes, les petites piques, tout ça … Katérina n’hésitait pas un instant à le rabaisser. Et Elyséa semblait l’imiter à la perfection … Il se voyait aussi soumis … tellement soumis…

« C’est … Ce n’est pas moi hein ? »

Lui ? Qui pourtant, lorsqu’il avait fallu prendre la parole face à la Sainte Alliance, il n’avait pas hésité un instant. Il avait pris la parole ! Il avait été … assez spécial. Enfin, il avait ressemblé à un homme. Là … Il semblait juste être un avorton. Juste un petit bonhomme ridicule et pathétique. Rien d’autre. Depuis quand … est-ce que Katérina faisait cela ?

Il ne savait pas … mais il se sentait mal maintenant. Il entendit Elyséa qui proposait de faire une petite pause car il n’allait pas bien. Enfin « elle » n’allait pas bien selon ses dires. Mais c’était facilement explicable, enfin, il croyait.
Comme il fut temps de préparer à manger, Elyséa fit de son mieux pour cuisiner tout en possédant son corps. Devant la déconvenue et la surprise de Katérina et Loa devant le repas qui n’avait rien de fabuleux, il eut un petit sourire.

« Ne te moque pas, je ne suis pas faite pour cuisiner, Kéran ! »

« Je m’en doute, j’ai pu le remarquer. Tu aurais confondu le sel et le sucre, j’en suis sûr. »

« Ce n’est pas très gentil de ta part, ça. Mais même si tu vas mieux … J’ai proposé un repos d’une heure ou deux pour digérer. Tu vas dormir … d’accord ? »

« Merci pour tout, Elyséa. Tu es une véritable … ange. »

« Je ne pense pas, malheureusement. Reposes-toi. »

Tant qu’il avait compris, c’était le plus important, c’est ça ? Du moins, c’est ce qu’il pensait alors qu’elle lui redonnait le contrôle de son corps bien qu’il avait les yeux fermés. Il était contre un arbre, les yeux clos, semblant dormir paisiblement. En fait, il ne faisait que somnoler, Katérina et Loa parlant entre elles. Elles n’avaient pas besoin de savoir … que c’était Elyséa qui avait parlé toute la matinée.

Même si … En jetant un bref regard à Loa, il voyait ses yeux posés sur lui, un petit sourire aux lèvres. Elle semblait se douter de quelque chose. Est-ce qu’elle avait facilement compris que cela avait été Elyséa ? Loa était une Grande Docte. Elle devait reconnaître … ça avec expérience. Quel idiot ! Mais quel idiot !

Pfff … Il valait mieux faire semblant de continuer à dormir. Il tenta de converser avec Elyséa mais la jeune femme aux cheveux blancs ne lui répondit pas, signalant qu’elle allait juste se reposer. C’était aussi … simple que ça ? C’est ça ? Après une bonne heure de repos, le jeune homme et les deux femmes se remirent en route.

Il devait juste ignorer les remarques blessantes de Katérina. Il discuterait avec elle et voilà tout. S’il pouvait résoudre cette situation calmement et posément, ça serait parfait pour eux deux. Ca ne servait à rien pour se disputer pour ce genre de futilités. Enfin bon … Katérina était loin d’être parfaite et il le savait ça.

Oh que oui … Elle l’était beaucoup loin … Peut-être qu’il devait le lui rappeler ? Il n’était pas un homme soumis … Non. Il ne l’était pas. Il ne fallait pas qu’elle l’oubli. Enfin bon, c’était grâce à Elyséa qu’il allait mieux, tellement mieux. Elle était vraiment … importante pour lui. Souvent de bon conseil, toujours là pour le réconforter.

« Elyséa, je te considère comme ma grande sœur. Merci pour tout. »

« Et moi comme un petit frère dont je dois toujours m’occuper. » dit-elle alors qu’il avait l’impression d’entendre une petite pointe de mensonge dans sa voix.

Enfin bon … Ce n’était pas bien important, loin de là même. Il posa une main devant sa bouche, étant un peu fatigué. Loa le regarda, amusée avant de dire :

« Encore à moitié endormi ? Tu vas mieux, Kéran ? »

« Ca peut aller … Ca peut aller … Je me demande si nous sommes proches d’une ville ou non. Enfin bon … Ce n’est pas bien important de toute façon. » répondit-il alors qu’elle s’approchait de lui, commençant à lui chuchoter dans l’oreille :

« J’ai remarqué qu’Elyséa te possédait. C’était grave ? »

« Elle a fait tout ce qu’il fallait car je me sentais fatigué. Sans elle, ça n’aurait pas été bon. Elle est vraiment remarquable comme femme. »

« Elle est spéciale … Je le sais. Elle est vraiment unique comme créature ténébreuse. Je n’arrive même pas à la considérer un seul instant comme une pokémon. Elle a toujours été une femme ou presque depuis que je vous connais tous les deux. »

« C’est mon ange gardien … Je le lui ai dit. Elle veille sur moi et grâce à cela, je vais mieux. »

« Tu as de la chance d’avoir une telle personne à tes côtés, Kéran. S’il te plaît, ne l’oublie jamais. Maintenant que tu sais qui je suis, je pense que je peux te donner ce genre de conseils. Mais bon … Je ne m’interposerai jamais entre toi et Katérina, tu es libre de choisir avec qui tu te sens le mieux. »

Hein ? C’était quoi cette remarque ? Il haussa un sourcil sans pourtant réellement comprendre ce qu’elle voulait dire par là. C’est vrai … Il l’avouait réellement : il ne voyait pas du tout où elle voulait en venir.
Si ce n’était qu’une question de bien-être, il se sentait vraiment bien avec Elyséa. Il se sentait … ailleurs, réconforté et protégé … Vraiment … Il était dans un autre monde quand elle était là. Il avait l’impression que rien ne pouvait l’atteindre, que rien ne pouvait le toucher. Bref, qu’il était en sécurité et ça, c’était important.

« Merci pour tout, Elyséa. Je ne pourrai jamais te remercier assez. »

« Au moins, je sais que cela vient du fond du cœur, je le ressens aussi. Mais ne t’en fait pas, je resterai jusqu’à ta mort, ne t’inquiète donc pas. »

« J’aimerai mourir jeune … hahaha … Mais ça, tu ne sauras jamais pourquoi. »

« Hein ? Kéran ? Qu’est-ce que … De quoi est-ce que tu parles ? » demanda-t-elle en lui, un peu étonnée et surprise. Aussitôt, elle tenta de lire ses pensées mais il les bloqua avec une force inouïe. C’était quoi ça ?

Mourir jeune ? Et puis quoi encore ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Elle faisait tout pour empêcher cela ! Ca n’allait pas se passer comme ça ! Ce soir, elle allait avoir quelques explications qui étaient nécessaires ! Oh que oui ! Mais pour le moment, elle allait le laisser tranquille … Humpf … Elle n’allait pas le démoraliser maintenant.

Les minutes s’écoulèrent sans aucun problème, le jeune homme mettant une main devant sa bouche une nouvelle fois. Maintenant, il répondait juste à Katérina avec une certaine distance, essayant de ne plus s’attacher à ses remarques.

« Hey ! Je te trouve bizarre, Kéran depuis que tu t’es endormi y a quelques heures ! Si c’est Elyséa en fait, ça risque de … »

« Je suis Kéran, c’est tout. Tu n’as pas besoin de t’inquiéter à ce sujet, Katérina. Quand même, tu devrais savoir faire la différence entre elle et moi non ? Je ne parle pas de la même façon qu’elle, c’est pourtant aussi simple que ça. »

« Ouais ouais … Je préfère me méfier. »

« Et si tu me faisais un peu confiance pour une fois ? Je ne sais pas, moi, je te fais confiance. Je n’imagine pas qu’Hodan possède ton corps dès que tu as un petit saut d’humeur hein ? Ou que tu sembles différente ou que tu rigoles dans la nuit. »

« J’ai le droit de rire quand je le veux que je sache. »

« Pendant que tu dors ? » dit-il alors qu’elle s’écriait :

« Tu m’espionnes maintenant ? Tu vas venir dans mes rêves, c’est ça ? »

« Pourquoi je le ferai ? C’est vrai que ça serait mieux comme ça, je pourrai même … apprendre pendant la nuit, pendant que l’on dort mais ça ne changerait rien en vrai. Je dois apprendre à me débrouiller dans la vie réelle, pas à m’attacher à un rêve. »

Elle avait voulu s’emporter mais le jeune homme était resté calme. Il fit juste un petit geste de la main avant d’hausser les épaules. C’était juste stupide de croire qu’il allait se rendre dans son rêve. Un rêve était privé, rien que ça ! Il n’allait pas se mettre à l’espionner et l’embêter là-dedans … même si dans le fond, elle, elle ne se privait pas d’après ce qu’il se rappelait. Enfin bon ! Il avait évité une nouvelle dispute et il se sentait bien.

« Alors … Comme ça, tout va dans le meilleur des mondes, c’est ça ? Je supporte pas ça … Je ne supporte pas ça ! VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ?! »

Une telle voix … Il l’avait reconnue facilement bien qu’il ne l’avait pas entendu si souvent que ça ! Cette voix ! C’était le père de Katérina ! Celle-ci se raidit mais sortit aussitôt ses deux lames alors que Loa avait Harno en elle, sa chevelure le prouvant puisqu’elle avait pris une teinte violette.

Le Noctunoir sortit du sol, un sourire mauvais … Enfin non … Un regard mauvais. Il n’avait pas vraiment la possibilité … Enfin si ! Si on considérait qu’il pouvait sourire avec le symbole sur son ventre. Il était là ?! Depuis quand ? Est-ce qu’il les attendait ?

« Cela devient difficile de retrouver votre trace hein ? Et cette joie que je ressens de la part de ma fille. Je ne veux même pas savoir ce qui la rend si heureuse … mais je ne laisserai pas ça se passer ! Maintenant, fini de plaisanter ! Vous n’êtes que trois ! Vous ne pourrez pas me tenir tête ! PAS CETTE FOIS ! » hurla le Noctunoir.

Chapitre 209 : Mise à mort

Chapitre 209 : Mise à mort

« Un Jungko ? Rien que ça ? Humpf … Mais malheureusement, je n’ai pas la possibilité d’utiliser les pouvoirs des deux dragons. »

La raison était simple … L’eau n’était pas forcément très efficace contre les plantes. Et le Jungko en faisait partie. Hein ? C’est ça ? Pourtant, elle n’était pas le moins du monde inquiète par rapport à lui. Elle mit une main devant sa bouche.

« Ne sois pas trop prétentieuse, Sélia. Tu ne sais pas ce dont il est capable. »

« Je ne veux pas vraiment le savoir en fait, Hyathéna. C’est pourtant très simple. Je vais juste l’éliminer le plus rapidement possible, ça sera bien mieux alors. »

Oui mais bon … Dire cela avec une telle assurance, elle devait quand même se méfier. Rien n’était moins sûr contrairement à ce qu’elle croyait. Ce Jungko était expérimenté, très expérimenté. La preuve, il s’était rendu invisible dans cette forêt. Impossible de le repérer.

« Jung… Jung … JUNGKO ! »

Dans le dos de la jeune femme, une ombre apparut, venant taillader sa hanche avec vivacité avant de disparaître à côté. Pourtant, elle n’eut qu’un faible gémissement alors qu’elle émettait ensuite un sourire. Pourtant, la plaie était bien là et profonde surtout. Mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde.

« Sélia, tu as bloqué tes pensées … Pendant un combat, il vaut mieux que … »

« Laisse-moi faire. Je vais te montrer l’idée que j’ai en tête. Il est impossible de repérer où il va, n’est-ce pas ? Nous sommes donc en terrain … qui ne nous aide pas. »

« Tu me rends un peu inquiète quand tu parles de la sorte, Sélia. Dis-moi plutôt ton idée. »

Nul besoin. Si elle en parle, même par la pensée, dans sa tête, ses gestes risqueraient de trahir ses pensées et donc, ce Jungko risquerait de se mettre sur la défensive.

« Viens donc … Je t’attends petit avorton. »

L’insulte fit mouche puisque dans le dos de Sélia, encore une fois, une ombre apparut, fonçant vers elle. Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Sélia avant qu’elle ne se retourne. La lame se logea dans son ventre alors qu’elle gémissait.

« Ca fait mal … n’est-ce pas ? Mais ça va être encore pire pour toi ! »

Elle en avait déjà le rire aux lèvres. Avec rapidité, elle vint prendre le bras du Jungko. Un craquement sonore se fit entendre, le bras se brisant alors qu’elle avait donné un violent coup de coude dedans. Elle reprit, ricanant :

« Imbécile … Tu crois pouvoir faire quoi maintenant ? HEIN ?! »

HEIN ?! Qu’est-ce qu’il comptait faire ?! Maintenant qu’il était à sa portée, il ne pouvait pas lui échapper ! Maintenant qu’elle l’avait attrapé, il ne pouvait plus s’enfuir ! La seconde patte du Jungko tenta de viser sa carotide mais elle donna un puissant coup de tête dans le pokémon, le sonnant alors qu’elle chuchotait :

« Et oui … C’est fini … imbécile. C’est déjà fini pour toi. Adieu. Je n’aurai même pas besoin du poison ou d’un pouvoir issu des dragons pour te battre. Tu es trop ridiculement faible. »

Elle allait le lui montrer. Maintenant qu’il était sonné, elle posa sa main sur le sommet du crâne de Jungko … avant de lui faire faire tout simplement un demi-tour sur lui-même. Encore un nouveau craquement et la créature tomba au sol, morte.

« Je … Euh … Je … » bredouilla Hyathéna, ne s’étant pas attendue à une telle démonstration de force de la part de Sélia, celle-ci reprenant son épée tombée au sol après qu’elle ait « capturé » le Jungko avec la blessure dans son ventre. « Je ne m’attendais pas vraiment à ça … Enfin … Je … Bravo, Sélia. C’est vraiment très réussi. »

« Hmmm ? Merci pour le compliment mais ce n’était pas grand-chose. C’était même bien trop simple à mon goût. Tsss … Beaucoup trop simple même. »

« Trop simple ? Tu viens pourtant de tuer un descendant de pokémon dragon. »

« Oui ? Et alors ? Où est la difficulté ? Il n’a même pas tenu cinq minutes. Je deviens peut-être trop forte pour cela. Où faut-il que je me rende pour combattre de véritables dragons ? »

« Je ne peux pas te le dire … mais … Tu devrais te préparer à manger son corps pour avoir sa puissance. Enfin, tu connais maintenant le principe. »

« Oui, oui … Je le connais parfaitement. Pas besoin de me le rappeler. » marmonna la femme aux cheveux bleus, commençant à découper les membres du pokémon sans aucune hésitation, malgré le sang qui giclait sur son visage et ses vêtements. Quelques minutes plus tard, elle avait déjà tout séparé et préparé pour que le repas se fasse.

« Quand même … Sélia … Normalement, les humains ne devraient pas être capables d’une telle chose. Comment cela se fait-il ? »

« Comment est-ce que je suis censée le savoir hein ? »

« Je ne sais pas … Je ne faisais que me poser la question en ce qui te concerne. C’est étrange, vraiment très étrange. Peut-être est-ce parce que dès ton enfance, tu fus dans ce monde de combat ? Que ton corps s’est adapté ? »

« Idiote … Tu veux que je te dise pourquoi ? Tu veux vraiment le savoir ? Je vais te l’expliquer … mais ça ne risque de ne pas te plaire. »

« Qu’importe, j’ai besoin de savoir. Je veux connaître pourquoi et comment es-tu capable d’une telle chose. Réussir à battre un Jungko à mains nues … même avec les pouvoirs des dragons, cela ne devrait pas être aussi facile. »

« Hahaha … Tout simplement parce que j’aime Kéran. Voilà, tu as l’explication. »

C’était une explication peu rationnelle … mais pourtant, elle y croyait parfaitement. La raison était simple : une telle rage et envie de vivre … pouvait permettre de combattre la mort. C’était pour cela que certains malades tenaient bien plusieurs années de plus alors que l’on pensait qu’ils mourraient dans la semaine.

« Tu ne te moques pas ? C’est pourtant peu crédible. »

« Et alors ? Cela ne change rien que je pense qu’il y a des chances que ça soit cela … »

« Tu crois vraiment en moi ? Enfin, en ce que j’ai dit ? Tu es étrange … »

« Peut-être parce que moi-même, cela m’a permis de vivre … jusqu’à ce que je puisse me venger ? Après, j’en ai eu assez et je suis morte. »
HUMPF ! Soit ! Comme elle voulait ! Elle n’allait pas l’obliger à parler de toute façon ! Ce n’était pas son genre et surtout, ce n’était pas à elle de commencer à raconter des histoires. Elle savait pertinemment qu’elle ne devait pas faire chauffer les morceaux de Jungko, commençant à mordre dans la « viande » crue.

Elle croquait dedans, n’hésitant pas un instant à avaler les morceaux de chair qui avaient un genre un peu gélatineux. Elle n’appréciait, ni ne détestait ce qu’elle faisait. Loin de là … Elle ne s’y intéressait pas du tout. Ah … C’était donc ça …

« Avec ce Jungko, est-ce que je suis prête ? Contre Elian ? »

« Il y a de fortes chances … Ce n’était qu’une mesure de sécurité mais tu devrais être capable de lui tenir tête voire même de le tuer … »

« Et aussi le pokémon en lui, n’est-ce pas ? Car ça se sent que tu hais cet être qui est en lui … Mais je ne t’en veux pas, je les hais aussi. Je hais tout cela … Hahaha … »

Elle eut un petit rire nerveux, commençant à sangloter en passant une main devant ses yeux. Elle pleurait … car elle pensait à Kéran. C’était aussi simple que cela … Tellement simple et ridicule. Elle avait envie de revoir Kéran.

« Quand j’en aurai terminé avec … Elian … Nous irons retrouver Kéran, d’accord ? »

« Comme tu le désires … mais après ce qui s’est passé, est-ce que tu es sûre de vouloir t’y rendre ? Je te rappelle ce que tu as fait auparavant ? »

« Ca ne fait rien … Cette fois-ci, je l’enlèverai. Je le prendrai avec moi. Je ne serai plus de la Sainte Alliance, je ne serai plus d’aucune organisation … comme auparavant. Tout redeviendra comme avant … hahaha. C’est tellement simple quand on y pense. »

« Si tout était aussi simple que cela … »

Le monde serait bien plus facilement en paix. Mais Sélia était tellement obnubilé par Kéran, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Ce garçon lui avait fait une très forte impression … même si à côté, il était possédé par « elle ». Elle … qui tentait de lui enlever Hodan.

« Combien de temps cela fait maintenant que je mange ? »

Les minutes s’étaient écoulées un peu trop lentement pour elle. Néanmoins, elle était toujours prête et d’aplomb. Rien que ça. Elle venait de terminer une nouvelle jambe, son appétit semblant impossible à arrêter.

« Environ une bonne heure, tu n’es pas obligée de tout dévorer, tu sais … »

« Oui, oui .. .Je sais … Mais il vaut mieux que j’en termine avec la carcasse. »

« Comme tu le désires. De toute façon, si ce n’est pas mangé tout de suite, les pouvoirs disparaitront. Donc, même en le laissant là, personne ne pourra … s’approprier cela. Et de toute façon, il faut pouvoir supporter cela. Tu n’as rien ressenti de différent ? »

Hmmm ? Peut-être. Avec lenteur, elle se leva, regardant sa main droite. D’un geste nonchalant, elle vint frapper un arbre, créant une longue entaille dans le tronc.

« On dirait bien qu’au niveau de mes bras, je suis capable de trancher si je le désire. »

« Comme les bras d’un Jungko. Je ne pense pas qu’il n’y ait que ça. »

Oui mais pour le moment, ce n’était pas ce qui l’intéressait le plus. La jeune femme s’étira longuement avant de mettre une main devant la bouche. Il était peut-être temps de se remettre en route non ? Qu’est-ce qu’elle en pensait, Hyathéna ?

« Cela me semble être une bonne idée, je trouve. »

« Soit … Allons-y alors. J’ai une mission à accomplir et … »

« Sélia, est-ce que tu comptes vraiment aller tuer ces personnes ? »

« Non. Je n’ai pas que ça à faire de chasser des hommes. J’en ai assez de me battre pour les autres. Maintenant que j’ai accompli ma vengeance, je vais juste me débarrasser d’Elian. »

« Et ensuite ? Tu deviendras la cheffe de la Sainte Alliance ? »

« J’en ai rien à faire de cela … J’en ai plus rien à faire de tout ça ! »

« Ne t’emporte pas ! C’était juste une question, rien de plus ! »

Elle en avait assez de toutes ces questions justement ! Qu’elle la laisse tranquille par rapport à tout ça ! ASSEZ ! ASSEZ ! ET ASSEZ ! ASSEZ ! VOILA ! ASSEZ ! Elle vint se tenir la tête entre les deux mains, marmonnant quelques mots.

« Kéran, Kéran, Kéran … Je reste juste focalisée sur lui … »

« Je pensais que tu étais guérie … mais au final, on dirait plutôt que cela s’est aggravé. » termina de dire l’être en elle. Mais tout cela avait une bonne chose … Elle-même se sentait mieux, bien mieux … Peut-être alors qu’elle pourrait encore évoluer bientôt.

Il ouvrit faiblement les yeux, pensant à tout ce qui s’était passé. Encore une fois, cela avait été un échec cuisant. Encore une fois, il devait remercier Elyséa. Encore une fois … Il valait mieux ne rien dire ou faire.

« Kéran, tu peux me parler, je viens de me réveiller aussi. »

Hein ? Katé. … Ah non … Il s’agissait d’Elyséa. HEIN ?! Elyséa ?! Qu’est-ce que la femme aux cheveux blancs et aux yeux saphir faisait là en face de lui ?! Il était bien dans la tente non ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?!

« Même dans tes rêves, je pensais que ce n’était pas assez … J’ai donc alors décidé de tout faire pour me rapprocher de toi. Ainsi … Même dans la réalité, je pensais que tu avais besoin de chaleur. Maintenant que tu es réveillé, je retourne en toi. Aie … »

« Elyséa ? Tu as mal ? Attends un peu mais … »

« Non. Ce n’est pas grave. Je m’en vais dès maintenant, Katérina va se réveiller. »

Pourquoi est-ce qu’elle fuyait comme une voleuse ? Elle n’avait rien à se reprocher. Il avait presque eu l’impression qu’il était amant avec Elyséa. Et qu’il fallait qu’elle parte avant que sa femme ne se réveille … Enfin, ça y ressemblait drôlement.

Mais bon ! C’était juste dans sa tête et rien d’autre. Rien de bien transcendant … mais ça voulait dire que … Pendant toute la nuit, il avait dormi contre le corps d’Elyséa. C’est ça ? Le parfum qu’il avait respiré était celui d’Elyséa. Cette poitrine collée contre son torse, c’était celle d’Elyséa. Les jambes avec lesquelles il avait croisé les siennes, c’était …

« AIE ! Ca fait mal ! Pourquoi tu as fait ça, Elyséa ?! »

« Arrête d’avoir des pensées aussi absurdes et vas préparer le petit-déjeuner pour Katérina puisqu’elle n’est pas encore réveillée. »

« Elle dort de plus en plus tard, j’ai remarqué ça surtout. C’est étonnant quand même un peu. Je me demande bien pourquoi. Elle ne dort pas assez la nuit ? »

« Hmm … Il y a des chances, oui. » marmonna Elyséa. Elle n’y arrivait pas. Elle ne voulait pas faire souffrir le jeune homme en lui disant la vérité. C’était aussi simple que cela … Elle n’y arrivait pas car … elle tenait à lui ?

C’était ça … C’était l’une des raisons qui la poussait à ne rien dire. Pourtant, l’envie de tuer Katérina était là … bien présente … Elle avait envie de la tuer … Elle avait l’impression de retrouver un sentiment perdu il y a de cela très longtemps..
Et ce n’était pas un bon sentiment, loin de là. L’envie de tuer n’était jamais une bonne chose, très loin même. Elle haïssait ce sentiment, elle le détestait tellement. Elle était répugnée rien qu’à cette idée. C’était juste horrible … Vraiment horrible … Ah … Ah … Elle ferait mieux de ne plus y penser. Elle ne devait plus penser à cela. Plus du tout … Mais c’était difficile, tellement difficile. Elle aimerait tellement que Katérina disparaisse de la vie de Kéran mais ce n’était pas possible … Sa priorité était … que Kéran soit heureux … et il l’était actuellement.