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Chapitre 190 : Blessures graves

Chapitre 190 : Blessures graves

« Savez-vous pourquoi nous étions les chefs des pokémons ténébreux et spectraux ? »

« Pas vraiment … A part si vous étiez les plus puissants ? » demanda Kéran avec lenteur alors qu’Hodan hochait la tête positivement.

« C’est en partie dû à cela … Mais nous avions aussi l’étoffe des chefs. Nous étions ainsi … car nous étions plus forts que les autres. Nous étions au-dessus d’eux et il fallait les maîtriser. Or … Pour maîtriser ces créatures, ne faut-il pas employer la force ? »

« Je ne suis pas sûr que ça soit la meilleure idée … mais pourquoi pas ? Enfin … Ca fait penser plutôt à un tyran qu’autre chose … mais parfois, certaines personnes sont obligés d’être des tyrans pour que cela puisse fonctionner. »

Oh ? Il comprenait où il voulait en venir ? C’était étrange de la part de Kéran mais … Peut-être qu’à force de vivre dans ce monde et de voir ses mauvais côtés, il finissait par comprendre exactement ce qui se passait ? Oui … Sûrement cela. Hodan vint dire :

« Ainsi … La situation était maîtrisée ou presque. Personne n’osait contester ma puissance parmi les créatures spectrales. Du moins, en apparence. Et bien qu’ils n’étaient pas forcément aussi puissants que moi, le trio qui dirigeait les pokémons ténébreux fit la même chose. Ainsi, cela n’apaisait guère réellement les dissensions entre les pokémons ténébreux et spectraux mais en même temps, chaque race se focalisait sur son ennemi sans se soucier des humains. »

« Mais tout n’était pas parfait, n’est-ce pas ? »

« Loin de là … Si tout était aussi simple, la situation aurait pu rester ainsi mais voilà … Il fallait bien que certains pokémons continuent de tuer les humains, sans même se soucier de leur chef. Il en était ainsi et pas autrement. »

Il voulait dire par là qu’il n’avait pas le contrôle complet sur les autres. Il y avait toujours des dissidents bien entendu. Pfff … Ce n’était pas une bonne nouvelle, loin de là même. Mais bon … Cela datait, n’est-ce pas ?

« Parmi les chefs de la trinité ténébreuse, il y en avait un qui se considérait toujours au-dessus des autres : le Tyranocif. Celui-ci ordonna à toutes les créatures ténébreuses d’attaquer le chef des créatures spectrales et ainsi assoir la domination des ténèbres sur les spectres. »

« L’imbécile … Il ne vaut pas mieux que les autres alors, c’est bien ça ? »

« A peu de choses près, c’est ce que je pense aussi. » répondit Hodan aux paroles de Kéran, le seul à faire la discussion avec lui maintenant. Kéran poussa un léger soupir avant de reprendre d’une voix lente et calme :

« Mais ça n’arrange en rien la situation, n’est-ce pas ? »

« … … … Pas vraiment non. A cause de ces imbécilités, il y a dix ans de cela, une ultime bataille fut lancée … avec son lot de trahisons et d’attaques dans le dos. Comme il fallait s’en douter, beaucoup de pokémons, qu’ils soient ténébreux ou spectraux … voulaient nous tuer. »

« Donc … Ils ont profité de votre faiblesse après un combat pour tenter d’y arriver ? »

« Oh ! Ils auraient pu y arriver, il y avait même de fortes chances que ça soit le cas … Néanmoins, bien que je fus mortellement blessé, la Solochi du trio ténébreux a réussi à éliminer mes poursuivants. De leur côté, Elyséa et le Tyranocif se sont combattus, le Tyranocif ayant essayé de la tuer pendant qu’elle me combattait. »

« … … … C’est n’importe quoi. Vraiment n’importe quoi toute cette histoire. »

Il disait cela avec une certaine fatigue. Ce genre de guerres … était particulièrement stupide. En fait, ça l’était carrément même. Mais bon … Il n’était pas là auparavant et il y a dix ans de cela … AH ! Mais zut alors ! Il comprenait ce que ça voulait dire !

« Elyséa ! Si tu étais blessée lorsque tu as rencontré mes parents, c’était à cause de … »

« Ce Tyranocif, c’est exact. »

… … … Il détestait déjà ce pokémon sans même l’avoir connu. Il y avait peu de chances qu’il soit mort mais qu’importe, si un jour, il lui mettait la main dessus … Il allait venger Elyséa. Ou alors … Il allait le remercier en même temps ? Car c’était grâce à lui qu’il avait connu Elyséa dans le fond. Peut-être qu’il ne l’aurait jamais connu.

« Mais … Kéran … Tes parents seraient encore vivants. » murmura doucement la voix en lui, seul le jeune homme pouvant l’entendre.

« Ca ne changerait rien … du tout … Sans leurs morts, je n’aurai jamais connu Sélia, je n’aurai pas vécu ce qui se passe depuis maintenant plus d’une année. Je ne peux pas regretter leurs morts, je suis triste … mais sans cela, ma vie aurait été totalement différente. Peut-être même que … Enfin bon … »

« Je vois où tu veux en venir, Kéran. Je suis désolée de t’avoir perturbée avec cette question, ce n’était pas du tout mon intention. J’espère que tu me pardonneras. »

« Je te pardonnes tout ce que tu veux, Elyséa. Et ne t’en fait pas, je ne suis pas heureux que mes parents soient morts mais simplement sur le fait que … je t’ai connu. Tu crois que si je meure, je deviendrai une créature spectrale ou ténébreuse ? »

« Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que … C’est quoi cette question absurde, Kéran ?! »

« J’espère mourir jeune … car maintenant que j’y pense … Je vais vieillir alors que tu resteras la même … Et donc, je ne sais pas, j’ai un peu honte de cela. »

« Honte de vieillir ? Mais à tes côtés, tu trouveras Katérina et … »

« Je ne suis plus sûr que ça soit avec elle que je finirai ma vie. Peut-être que le destin se moquera de moi ? Je ne sais pas … Je dois t’avouer. » chuchota le jeune homme aux cheveux gris, peu convaincu par ses paroles mais aussi celles d’Elyséa. Il fallait dire aussi qu’il … ne se sentait plus rassuré depuis l’apparition d’Hodan. Au final, en y réfléchissant bien, il avait été le seul homme dans le groupe depuis pas mal de temps donc … C’était un rival. Et pas n’importe quel rival. Pokémon mais humain … et d’une très grande force et beauté. Pfiou … Il avait tellement de qualités par rapport à lui.

« Kéran, tu ne t’es jamais comparé par rapport à un autre homme, n’est-ce pas ? »

« Jamais … Je dois te l’avouer … Ca m’embête en un sens mais bon … »

« Et est-ce que tu as déjà comparé Katérina et Sélia ? » demanda une nouvelle fois Elyséa alors que le jeune homme ne faisait qu’hocher la tête positivement, n’écoutant plus qu’à moitié les dernières paroles d’Hodan.

« J’ai aussi … Enfin, je t’ai comparé aussi … par rapport à elles. Et tu … sembles un peu plus mon idéal que les autres. Enfin … Je ne sais pas … »

« Réfléchis donc à cela. Est-ce que parce que Sélia t’a montré ses faiblesses ? En te prouvant qu’elle t’aimait plus qu’une sœur aime un frère ? Est-ce que parce que Katérina a montré qu’elle n’était pas que violence et actes barbares ? Qu’elle souffrait à l’intérieur à cause de son propre corps ? Réfléchis … Et penses-y, Kéran. Car je sais pertinemment où est le problème dans ce que tu penses. Kéran … Pour toi, je représente une femme forte, très forte … C’est cela que tu recherches mais je ne suis pas plus forte qu’une autre, loin de là. »

« C’est bon, j’en ai assez entendu. » coupa le jeune homme en se levant bien que les paroles furent simplement transmises par la pensée à l’être en lui. « Hodan, je vais aller me coucher, je tiens à peine debout. »

Il fit un petit geste de la main pour saluer tout le monde, préférant ignorer les questions que certains se posaient. Il se dirigea vers la tente avant de se rappeler qu’il ne pouvait pas dormir dedans. Katérina en avait besoin. Humpf … Sans un mot, il passa à côté de la tente, ignorant les yeux de Katérina qui se posaient sur lui. Il vint s’asseoir contre un arbre, fermant les yeux en croisant les bras. Il allait dormir ainsi et pas autrement.

C’était ainsi … et pas autrement … oui … Voilà comment il devait penser de la sorte. Il plongea dans le sommeil, se disant qu’enfin, toute cette histoire était terminée. Elyséa ? Sélia ? Katérina ? A part le fait que leurs noms se finissaient en A, elles étaient toutes différentes. Elyséa avait voulu se prendre pour une psychologue mais elle s’était trompée.

« Kéran … Tu risques d’attraper froid en restant dehors. »

« Je m’en contrefiche, Elyséa. Est-ce qu’ils dorment tous ? » murmura le jeune homme bien qu’il ne dormait pas depuis déjà une bonne heure.

« Ils dorment tous … Il a fini de raconter son histoire et ils sont tous partis se coucher. Katérina n’est pas venue te voir si tu veux tout savoir. »

« De toute façon, je l’aurai entendu. » rétorqua le jeune homme avec ironie.

« Tu penses encore à ce que je t’ai dit, n’est-ce pas ? »

« Non et tu le sais parfaitement. Je n’ai pas que ça à faire … de toute façon … Pff … » marmonna Kéran dans sa barbe, Elyséa restant muette avant de dire après quelques temps :

« Tu mens, Kéran. Je lis dans tes pensées, je te le rappelle. Kéran … Tu vas réellement attraper froid si tu dors ainsi. »

« Et alors ? Qu’est-ce que ça change hein ? Si je dors dehors, ce n’est pas ça qui va me déranger. Ne t’en fait pas et … »

Une fumée noire sortit du corps du jeune homme, Elyséa se tenant en face de lui, dans son armure de couleur noire. Armure qui tombait peu à peu au sol, Kéran haussant un sourcil.

« Elyséa … Qu’est-ce que tu fais là ? »

« Tu le sais aussi bien que moi. Je ne peux pas te laisser mourir de froid à cause de tes réactions puériles. Je pensais bien mieux de ta personne, je suis déçue. »

« Bon … Bon … Tu veux que je fasse quoi alors ? Je t’écoute. Dis-moi ce que je dois faire et je le ferai, voilà tout. Ca te convient ? »

« M’écouter et te taire. Maintenant, c’est trop tard et Katérina ne semble pas prête à te pardonner facilement. Donc … Tu ne pourras pas dormir dans une tente … sauf si tu veux dormir dans celle de la princesse. »

Il fit un hochement de tête négatif alors qu’elle retirait le reste de son armure, se montrant sous ses habits de toile. Sans plus de paroles, elle vint s’agenouiller devant lui, se penchant en avant jusqu’à finir par grimper sur le jeune homme. Sans un mot, elle passa ses mains autour de la taille de Kéran, collant son corps contre le sien.

« Je vais te tenir chaud de la sorte … bien que je sois déjà morte. »

« Mais … et toi ? Tu auras le dos à couvert et … »

« Hum ? Et ? Je suis morte … déjà morte … et ce n’est pas ce froid qui risque de me déranger. Contrairement à toi où tu risques d’attraper une maladie ou un rhume. »

« … … … Mais ta poitrine, enfin … Je … »

« Je suis une femme, accepte-le. Tu es un homme, accepte-le. Je n’ai aucune intention malsaine de toute façon. Je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes. »

Bon ! Puisqu’elle le prenait ainsi ! Il allait agir de la sorte alors ! Sans plus hésiter, il vint prendre Elyséa dans ses bras, enfouissant sa tête dans sa poitrine. C’est vrai que malgré qu’elle soit morte, elle était chaude … vraiment très chaude même.
Il ne pensait pas à sa poitrine mais au corps complet de la femme. D’ailleurs, celle-ci lui demanda de se mouvoir. Ce fut elle qui s’adossa contre l’arbre, permettant à Kéran de se calfeutrer bien mieux contre elle. D’un geste doux, elle vint frotter son dos pour le réchauffer.

Hmm … Oui … Vraiment … Même avec Katérina, il devait le reconnaître, il n’avait pas ce sentiment de bien-être que lui procurait Elyséa. C’était vraiment … différent … Elle était vraiment spéciale, Elyséa. Il avait l’impression de la connaître depuis toujours.

C’était plutôt une très bonne impression … Hmm … Il poussa un petit ronronnement, logeant bien sa tête contre sa poitrine. Ce que Katérina pouvait en penser de tout ça, à force, il n’en avait plus rien à faire. De toute façon, elle était surement trop occupée à baver sur Hodan. Elyséa, elle, n’avait que d’yeux pour lui.

Enfin … C’est ainsi qu’il tentait de se rassurer alors qu’il sombrait dans le sommeil. Si Elyséa était en train de le serrer dans ses bras, il n’y avait aucune chance qu’elle puisse s’insinuer dans ses rêves aujourd’hui, il en était sûr et certain. De toute façon, il était vraiment trop fatigué pour réfléchir à tout cela.

Hmm … Dans son sommeil, il devait reconnaître qu’il rêvait … d’une chose bizarre. Bizarre ? Oui … Cela concernait l’épée d’Elyséa. Il ne savait pas pourquoi mais il se tenait en face de l’épée. Lorsqu’il rapprocha sa main de l’arme, une puissante vague de froid vint en sortir, gelant tout ce qui se trouvait autour. Mais il n’y avait pas que ça … L’arme était quand même différente de celle qu’il possédait. En plus de la vague de froid … Elle était d’une blancheur immaculée … Et il ressentait une bien plus grande puissance en elle.

« Cette épée … Qu’est-ce qu’elle est réellement hein ? »

Il aimerait tant le savoir. Ca lui permettrait alors de mieux connaitre Elyséa. Car il ne savait pas pourquoi mais il avait l’impression que cette épée était très importante … non pas seulement à cause de son état d’arme mais à cause d’autre chose mais quoi ? Il ne savait pas vraiment. Elyséa … Elyséa … Il voulait encore en savoir plus à son sujet. Il sentait qu’il ne connaissait pas toute la vérité à son sujet.

Lorsqu’il se réveilla, quelques heures plus tard, le soleil venait à peine de se lever. Enfin, le soleil était seulement visible au loin avec un flot de lumière … Mais il savait qu’il était dans la matinée. Il commença à bouger légèrement, posant sa main sur quelque chose de plutôt doux … avant de rappeler comment il dormait. Il retira aussitôt sa main, observant la situation dans laquelle il se trouvait.
Elyséa dormait paisiblement … contre l’arbre. Quand même … C’était vraiment une pokémon ? Il avait du mal à le croire. Il passa une main sur la joue de femme aux cheveux blancs, la caressant pendant quelques secondes. Il n’allait pas la déranger plus longtemps. Il avait plutôt bien dormi, il devait le reconnaître. Il se dirigea brièvement vers l’endroit où se trouvaient toutes les tentes. Il y avait bien quelques soldats déjà réveillés mais Katérina, Loa ou la princesse n’étaient pas encore debout. Il eut une petite pointe au cœur, gémissant de douleur avant d’entendre dans son dos :

« Kéran ! Ne t’éloigne pas de moi ! »

« Hein quoi ? Que ? Donc ? Euh … Elyséa ? » dit le jeune homme avec confusion.

Sans même qu’il ne puisse réagir, la femme aux cheveux blancs sauta sur son dos, disparaissant en une fumée noire qui s’insinua en lui. Mais qu’est-ce qui lui prenait ?

« Ne refait plus jamais ça, est-ce bien compris, Kéran ?! »

« Je … Bon … D’accord … Même si je ne suis pas sûr de comprendre … »

Chapitre 189 : Cacher l’astre

Chapitre 189 : Cacher l’astre

« Un pokémon n’est pas fondamentalement mauvais. Je sais qu’au fur et à mesure de mes propos, je vous dis le contraire mais en même temps, il faut me comprendre. De nature même … Certaines personnes étaient horribles avant de mourir. Ainsi, même en devenant des pokémons spectres ou ténébreux, leurs comportements n’ont guère changé. »

« Ainsi … Même en étant morts, ils ont pu continuer leurs œuvres maléfiques, c’est ça ? »

« A peu de choses près, c’est exactement ça, Kéran. » murmura doucement Elyséa en réponse aux propos du jeune homme aux cheveux gris.

« Pfff … Vraiment … Des fois, je me dis que même la mort serait trop douce pour certains. »

Il fixa Katérina, pensant au père de cette dernière. Ce salopard … Lui … Il aurait mieux valu qu’il disparaisse définitivement et qu’il ne se présente plus jamais aux yeux de tous et de toutes ! TSSS ! Ca le mettait déjà en rogne rien qu’au fait de penser à lui ! L’enfoiré !

« Bref … Reprenons là où j’en étais. Il faut savoir une chose … Les pokémons spectraux … étaient ceux qui avaient majoritairement pris les pokémons métalliques. Même après la guerre, ils avaient continué à les posséder, prétextant que cela serait au cas où … de nouveaux problèmes allaient apparaître. Les pokémons métalliques qui n’acceptaient pas cela ? Ils pouvaient disparaître à jamais. »

« C’est pour cela que … il n’y a plus de pokémons métalliques ou presque ? A part dans la montagne de fer, mademoiselle Elyséa ? »

La princesse avait posé la question, Hodan hochant la tête à la place de la femme aux cheveux blancs. Ce fut lui qui lui répondait avec lenteur :

« Il suffit pour vous de vous imaginer une chose : Les pokémons métalliques, ce sont en partie grâce à eux que nous avons réussi à combattre les dragons … Enfin, nous … Je me comprends par là … Que les humains ont réussi à combattre les dragons. »

« … … … Pardonnez-moi, messire Hodan, je ne voulais pas vous rappeler cela. »

« Le passé est le passé … Et on ne peut pas revenir en arrière, qu’on le désire ou non.. »

Qu’on le désire ou non ? C’est vrai … Il n’y avait pas de possibilités de retourner en arrière mais ce n’était pas pour cela qu’il fallait oublier le passé. Il n’était pas d’accord avec cela. Du moins … C’est cela qui avait forgé le caractère des personnes comme Katérina. Lui-même, c’était grâce à Sélia … et à la présence d’Elyséa, bien que cachée.

« Kéran … Tu peux arrêter de me fixer ainsi, s’il te plaît ? »

« Pardon, Elyséa, je pensais au passé … Rien de plus. Pardon encore … »

« Ca ne fait rien. Hodan, puisque tu as envie de parler, je te laisse continuer ? Je vais me reposer … encore un peu. » murmura calmement la personne en armure noire, disparaissant à l’intérieur de Kéran qui accepta volontiers sa présence.

« Où en étions-nous plus exactement ? A chaque fois, la parole est coupée, chose vraiment déplaisante en soi … Je tiens à le signaler. »

« Pardonnez-nous … On va essayer de se taire le plus possible. » murmura un soldat, un peu confus et embêté. Il fallait dire qu’Hodan en imposait tout autant qu’Elyséa.

« Bref … Si vous voulez tout savoir … Je ne vais pas perdre plus de temps à ce sujet. Voulez-vous savoir pourquoi le ciel est obscurci ? »

« Bien sûr que oui ! Mais n’est-ce pas pour vous venger des humains ? » dit Kéran.

« Cela serait beaucoup trop simple … Mais nous n’avons fait que prendre nos précautions par rapport à vous … et à cette gelée démoniaque. Nous ne savons pas si elle a totalement disparu depuis le temps. Et pour cela, nous avons prévu alors de surveiller le ciel … et de le sceller. »

« Tu voudrais que … en même temps … Enfin, ce que je fais depuis le début … »

Ohla ! Non non ! Il n’allait pas croire ce mensonge ! C’était beaucoup trop gros ! Bien trop gros même ! Comment est-ce qu’il … Il n’aurait quand même pas fait ça hein ?

« Kéran … Je sais que tu es perplexe alors laisse-moi te le dire. Ce que tu as fait n’était pas mauvais en soi. Bien que nous avons protégé le ciel grâce à nos pouvoirs pour éviter qu’un jour, une seconde météorite ne tombe et recommence le même carnage qu’auparavant … Il faut reconnaître que cette idée fut pervertie par bon nombre de pokémons spectres et ténébreux. Tu n’as pas à t’en vouloir maintenant. »

« Vraiment … Tu es sûre de ça ? Je … Enfin bon … Je ne sais pas trop. Car quand même, la montagne de fer est maintenant … baignée par la lumière du soleil. »

« Et les pokémons métalliques et spectraux t’ont promis de tout faire pour que cela dure. Kéran, tu as fait bien plus de bonnes choses que de mauvaises, tu peux me croire. »

Il devait alors écouter les paroles d’Elyséa qui était toujours en lui. Il devait lui faire confiance et l’écouter. Voilà tout, comme souvent. Il attendit qu’Hodan continue de raconter l’histoire, se demandant quand est-ce qu’elle allait finir. Car oui, il avait l’impression qu’elle n’avait jamais réellement de fin.

« Mais tout n’avait pas de mauvais côtés, non plus hein ? Les pokémons spectraux et ténébreux qui continuaient à ne pas vouloir combattre les humains … furent acceptés par une partie d’entre eux. Je pense que vous connaissez leurs noms. »

« Les Doctes … Comme mademoiselle Loa ! » s’exclama la princesse, la femme aux cheveux verts relevant la tête, faisant un petit sourire tendre.

« C’est vrai … Il ne faut pas rejeter une créature ou une personne parce qu’elle est différente par rapport à ce que l’on voit d’habitude. » dit finalement Loa, ayant enfin pris la parole depuis le début de la soirée. « Ainsi, depuis le début … Enfin, depuis des siècles, il en est ainsi et pas autrement. Je suis fière d’être une Docte et même … s’il y a des regrets, ce n’est pas par rapport à ma condition ou à Harno … mais par rapport à autre chose. »

Des regrets ? Hein ? Enfin … Il valait mieux ne pas trop questionner la femme aux cheveux verts. Il resta muet, attendant qu’Hodan continue l’histoire.

« Les pokémons métalliques contrôlant la montagne de fer, il faut reconnaître que les pokémons ténébreux étaient très mal partis. De même … Chacun avait un chef… ou plusieurs chefs. Dans le cas des pokémons spectre, un seul et unique chef … Un roi comme ils aimaient les appeler. Un Giratina … Du côté, des pokémons ténébreux, vous les connaissez déjà : Une Darkrai, un Tyranocif et une Solochi. »

« Giratina ? Qu’est-ce donc ? Enfin … Non … Je ne pense pas que je connaîtrais de toute façon. » dit le jeune homme aux cheveux gris.

« Je te le dirai plus en détails plus tard, Kéran. »

Lorsqu’ils seraient seuls ? Car elle venait de lui parler à l’intérieur de lui … donc pour éviter que les autres ne l’entende, c’est bien ça ? Mais ça ne changeait rien à tout ce qu’il pensait à l’heure actuelle. Enfin … Qu’est-ce qu’il devait faire ? Ecouter encore ? Il avait un peu mal au crâne … et depuis … le souci de l’épée.

Oui … Il s’inquiétait au sujet de l’épée. Il avait l’impression qu’il manquait quelque chose. Un souci dans tout cela … mais quoi ? Il avait besoin de connaître bien plus au sujet de cette épée mais il n’était pas sûr qu’Elyséa s’en rappelle.

« Je pense … en savoir assez mais … Il faut d’abord que l’on termine de tout vous raconter à ce sujet. Mais … On se rapproche de la fin, Kéran. Tu sauras alors pourquoi j’ai fini par être en toi … et le reste de cette histoire. »

« Oh … Euh … D’accord, je te fais confiance, Elyséa. »

Il lui faisait amplement confiance car de toute façon, il n’avait pas vraiment le choix à côté. Il hocha la tête positivement tandis qu’il cherchait à écouter à nouveau les paroles d’Hodan. Cet homme … Il avait toujours quand même cette impression qu’il se tramait quelque chose entre lui et Katérina. Enfin … Il devait penser à cela.

« Et pas autrement … Mais si … Elle ne veut plus de moi, je dois comprendre cela. »

Il se préparait déjà mentalement même s’il espérait que ça ne serait jamais le cas. Il ne voulait pas se faire d’illusions. Il ne voulait pas … pas du tout. Mais il devait se préparer mentalement au pire. Voilà tout.

« Kéran … Cette nuit, nous discuterons tous les deux … d’accord ? »

« A quel sujet, Elyséa ? » murmura calmement Kéran bien qu’il ne l’était pas réellement.

« Au sujet de ton premier amour, n’est-ce pas ? Tu dois comprendre cela … Enfin … Nous en parlerons plus en détails. »

« D’accord, comme tu le veux … Enfin, je crois, Elyséa. Je te fais confiance à ce sujet. » murmura le jeune homme aux cheveux blancs, écoutant maintenant Hodan.

« Mais voilà … Même parmi les pokémons spectraux et ténébreux, beaucoup se haïssaient, beaucoup se détestaient … et d’autres guerres furent engendrées. »

« Une guerre entre les deux races de pokémon, c’est cela ? »

« C’est exact … Les pokémons ténébreux contre les pokémons spectraux. » dit Hodan, s’adressant au soldat qui avait pris la parole. « Néanmoins, ce n’est pas tout, loin de là. Une Solochi est un pokémon dragon … Giratina l’est aussi. »

« Et si tu arrêtais de nous prendre pour des imbéciles hein ? Dis plutôt que c’était toi le Giratina, t’as la gueule d’un roi ! »

Katérina venait de faire une remarque assez violente à l’homme aux cheveux blonds, celui-ci haussant les épaules, gardant ses yeux fermés tout en reprenant :

« Ce n’est pas un problème, loin de là même. Je n’ai jamais voulu le cacher. »

« Mouais … Mon œil. Si tu peux arrêter de faire le beau gosse et continuer donc de raconter ton histoire qui commence à être un peu chiante, d’ailleurs. »

« Chiante ? Si tu préfères, je peux arrêter dès maintenant. » rétorqua l’homme aux cheveux blonds, la fixant de ses yeux rubis.

« Imbécile. Continue au lieu. Sinon, je sais que tu risques de pleurer. »

Il ne répondit guère aux propos de Katérina, cherchant là où il devait maintenant en finir. Cette histoire n’avait peut-être que trop duré. Beaucoup trop même … Les heures s’étaient écoulées et certaines personnes s’étaient déjà endormies.

« Je vais donc vous raconter les derniers combats qui se sont déroulés … entre Giratina et le trio des ténèbres. A partir de là, vous n’aurez plus rien besoin de savoir … rien d’autre. »

« Entre toi … Et attends un peu … HEY ! Elyséa ! Hodan ! Vous n’allez quand même pas vous affronter ! » cria le jeune homme en se redressant.

« Pour l’heure, ce n’est pas dans nos intentions … » murmura une voix à l’intérieur de Kéran, celui-ci posant une main sur le cœur.

« Pour l’heure ? Car tu penses quand même le faire un moment ? »

« … … … Cela dépendra de la situation et de savoir ce que Giratina fera ou non. »

« Il en est de même du côté de Darkrai … car ses compagnons ne sont plus à ses côtés. » répliqua Hodan avec lenteur.
PUREE ! Il venait d’y penser maintenant … mais cela voulait dire qu’Elyséa et Hodan se haïssaient ? Et qu’ils possédaient chacun … les corps de deux personnes qui s’aimaient ? AH ! Mais comment est-ce que le destin pouvait être aussi horrible ? Comment ? Pourquoi ? Ce n’était pas normal ! Ce n’était … Enfin …

« Depuis quand … est-ce que vous saviez pour vous deux ? » demanda finalement Kéran, baissant la tête avec dépit, ses yeux bleus ayant perdu de leur clarté.

« Hum ? Depuis quand nous savions que l’ennemi était en l’autre ? Oh … Ce n’est pas difficile de le savoir … Une telle puissance est difficile à cacher … Et dès l’instant où l’un ou l’autre utilisa les pouvoirs spectraux ou ténébreux du pokémon en soi, nous avons fini par nous découvrir, voilà tout. »

Elle avait préféré prendre la parole pour édulcorer la situation par rapport aux émotions de Kéran. Elle sentait parfaitement que le jeune homme était plus que perturbé à cause de tout cela. Mais ce n’était pas … seulement cela.

« Hodan, tu peux continuer donc ? Et parler de nos perpétuels affrontements ? »

« Je vais le faire … Il n’y a pas à s’inquiéter à ce sujet. »

D’une voix calme et neutre, l’homme aux cheveux blonds avait répondu à la voix en Kéran. Pourquoi parler ? S’ils n’avaient pas perdu de temps à se chamailler, à couper la parole et toutes ces choses, il serait surement déjà en train de dormir. Ou alors, le fait qu’il ait dormi pendant une heure ou deux l’avait encore plus fatigué qu’auparavant ?

« Je ne sais plus … Je ne sais pas … »

« Hodan … Tu peux faire vite ? Il tient à peine debout. »

« Je vais me dépêcher … Je vais me dépêcher. Nul besoin de me presser aussi. »

Il disait cela avec une certaine nonchalance, montrant par là qu’il ne se préoccupait guère réellement de l’état de santé de Kéran. Il observa Katérina, celle-ci continuant d’être en colère inutilement. Bon … Il était temps d’aller dormir … dans une vingtaine de minutes.

« Je vais être bref … et vous dire brièvement ce qui s’est passé il y a une dizaine d’années. Cela permettra alors à tout le monde de comprendre la situation récente. Mais ne vous inquiétez pas, il y aura toujours des trahisons et autres coups dans le dos dans mon histoire … Comme souvent … Comme toujours. »

Il y avait un peu de dépit dans la voix d’Hodan, Katérina haussant un sourcil. Qu’est-ce qu’il y avait encore avec tout ça ? Et puis bon, maintenant qu’il allait parler, il allait pouvoir se taire, non ? Fallait peut-être pas abuser non plus.

« Bon, tu l’ouvre ta bouche ou tu as besoin de l’aide ? Cherche pas tes mots, je suis crevée ! »

« … … … Peut-être faudrait-il parler un peu de chaque personnalité … Enfin, de celles de la Solochi et du Tyranocif accompagnant Elyséa. »

Et pourquoi ça ? Qu’est-ce que cela allait leur emmener ? PUREE ! Il en avait pas marre de tourner en rond ? Il allait la rendre dingue avec ses conneries ! Qu’il fasse son boulot et qu’il arrête son bordel ! PUTAIN ! Elle en avait déjà marre là ! Et puis, elle détestait le fait qu’il ait repoussé ses avances, surtout que cela aurait été sans conséquences !

Chapitre 188 : Qui est avec qui

Chapitre 188 : Qui est avec qui

« Hum … Vous avez donc vu ma forme de pokémon, n’est-ce pas ? Je suis ce que l’on appelle une Darkrai. Une créature unique en son genre. »

« Et comme par hasard, je te rappelle que moi, je n’ai pas pu te voir car tu m’en as empêché ! Princesse Iyasminé, dites, s’il vous plaît, à quoi ressemble-t-elle ? »

« A une créature ténébreuse, c’est sûr ! » répliqua l’adolescente aux cheveux rouges, rigolant légèrement devant sa blague stupide alors qu’un petit soupir de soulagement se fit entendre de la part d’Elyséa. Mais c’était quoi le souci ?

C’était vraiment quoi le problème avec le fait qu’il voulait la voir ? Ca lui paraissait normal. Enfin … Il en avait déjà assez vu de sa forme humaine mais à côté, de sa forme pokémon, il voulait juste voir à quoi elle ressemblait. Pfff …

« Maintenant que vous avez fini de vous amuser tous ensemble, nous allons pouvoir reprendre. Bref … Je fus une Darkrai, une créature unique en soi. Comme vous avez pu le voir avec Kéran, mes quelques pouvoirs me permettent de me rendre dans le sol et d’y disparaitre. »

« Oh … Il n’y a pas que ça … Enfin, je ne sais pas, j’ai pas l’impression d’utiliser correctement les pouvoirs d’Elyséa en fait. »

« Tu n’utilises qu’une infime partie de mes pouvoirs. Bien que je te prête toute ma force grâce à notre relation malgré le fait que je te possède, tu ne connais rien de mes réelles capacités et tu ne peux pas les utiliser alors. Cela est aussi simple que ça. »

« Alors, je veux tout savoir de toi ! C’est aussi simple que ça ! »

Il avait été des plus francs, Elyséa faisant un petit geste de recul avant de se mettre à tousser légèrement. Bon … Qu’il ne fasse plus cela. Ce n’était pas le moment de plaisanter avec ce genre de choses, loin de là même.

« Bon … Maintenant que tu as fini de rigoler à ce sujet, Kéran, je vais pouvoir reprendre la parole. Où en étais-je plus exactement ? Hum ? »

« Vous parliez d’être devenue une Darkrai. Mais les autres aussi ? » dit l’un des soldats, respectueux de l’aura qui émanait d’Elyséa.

« Ah oui … Bien entendu … Après ma mort, c’est ce que je fus devenue. Bien que j’ai caché mes origines aux yeux de tous et de toutes, j’ai pu donc assisté à tout ce qui s’était passé. La fin de la guerre contre les dragons et l’après-guerre. »

« Et vous parliez aussi du fait que les pokémons ténébreux et spectres ont commencé à … »

« Il n’y a pas que ça. » coupa Elyséa poliment en s’adressant au soldat. « Il ne faut pas envisager qu’un seul côté mais des deux. Ainsi, même si les pokémons ténébreux et spectraux ont commencé à se retourner peu à peu … il en était de même pour les humains. »

« Bien entendu, cela me semble logique. » murmura Kéran poliment.

Très logique même … même si ce n’était pas plaisant malheureusement. Il poussa un léger soupir désabusé avant d’écouter le reste des paroles d’Elyséa. Il était un peu inquiet avec Katérina mais il avait quand même l’impression … que quelque chose venait de se briser. Il ne savait pas pourquoi mais il avait une mauvaise impression.

« Je me fais peut-être des idées … Enfin, pourquoi est-ce que je serai aussi jaloux de toute façon ? Ce n’est pas bien grave … Humpf … »

Il se murmurait cela à voix basse, seule Iyasminé pouvant l’entendre. Celle-ci se rapprocha de lui, chose qui ne plaisait pas aux soldats. L’adolescente aux cheveux rouges souffla :

« Je ne suis pas … très douée pour tout ça car je n’y connais rien mais est-ce que mademoiselle Katérina risquerait de rester avec monsieur Hodan ? »

« Je … Je ne sais pas du tout, je dois te l’avouer. J’espère que ça ne serait pas le cas … mais tu sais, Iyasminé, on ne peut jamais prévoir ce qui se passe en amour. »

« Oh ? C’est vrai ? Mais est-ce que vous seriez triste ? »

« Il vaudrait mieux écouter les paroles d’Elyséa plutôt que de me poser ces questions, je pense que ça serait bien mieux. »

Il n’avait pas envie de répondre à l’adolescente. D’ailleurs, elle était un peu trop près de lui mais il ne fit aucune remarque à ce sujet. Il ne voulait pas se faire d’illusions et il ne voulait pas en briser. Est-ce que par hasard … Enfin … Peut-être … Katérina …

Non, non … Il ne devait pas penser ça. Ou alors, il devait juste croire que … Enfin bref, c’était assez compliqué en y réfléchissant bien. Mais peut-être qu’il se faisait simplement des illusions, voilà tout ! Pourquoi est-ce qu’il imaginait des choses ?

Pfff … C’était compliqué. Il avait envie d’aller voir Katérina et de faire la paix avec elle mais il sentait que ce n’était pas le moment, loin de là même. Mais bon … Comment faire exactement ? Pfff … Peut-être aller la voir dans un rêve ?

« Bref. Après la fin de cette guerre, d’autres créatures spectrales ont commencé à apparaître … comme des créatures ténébreuses. Il n’y avait pas que cela … mais maintenant que les pokémons étaient de plus en plus nombreux, certains s’alliaient entre eux. Ce fut mon cas. »

« Ah ? Toi ? Mais comment ça se fait ? Ce n’était pas dans ton caractère, normalement. »

Il cherchait à faire la conversation sans même y arriver. Il voulait juste éviter de penser à Katérina. Pourquoi est-ce qu’il faisait cela ? Pfff … Peut-être qu’il se trompait lourdement depuis le début ? Peut-être qu’il n’était pas amoureux d’elle ? Non … Pas après tout ce qui s’était passé, c’était particulièrement stupide.

Oui c’était sûrement ça. Il se faisait des illusions … Voilà tout … Et rien d’autre. Il n’y avait rien d’autre normalement … Enfin, c’est ce qu’il pensait. Pourquoi est-ce qu’il était aussi perturbé par tout ça ? Il avait une mauvaise impression, très mauvaise impression … comme si quelque chose était en train de se tramer et pas du bon côté.

« Aller ! Fous-toi à poil maintenant ! »

« Est-ce uniquement pour cela que tu m’as appelé, Katérina ? Rhabille-toi. »

L’homme aux cheveux blonds était debout, face à la femme aux cheveux d’argent. Sauf que celle-ci était dans le plus simple appareil, croisant les mains au niveau de sa poitrine assez généreuse. Elle semblait un peu gênée mais reprit :

« Ouais, c’est pour ça ! Y a pas de raisons que l’autre imbécile fasse des saloperies avec cette saleté de femme qui le possède tandis que moi, je … »

« Ce n’est pas le style d’Elyséa, que tu le veuilles ou non. Rhabille-toi. »

« PUTAIN ! Je suis à poil ! T’es un mec ou pas ? T’as pas de couilles ?! En fait, c’est ça hein ? Quand t’as décidé de me sauver la vie, tu t’es loupé et au final, t’as plus rien entre les jambes ! C’est ça ? »

« Ce n’est nullement une chose aussi stupide, Katérina. Mais maintenant, si tu as du temps à perdre avec ces inepties, je n’en ai guère de mon côté. »

« MAIS PUTAAAAAAAAAAIN ! Rend-toi donc utile pour une fois ! Et puis, si un jour, tu retrouves ta petite sœur, tu pourras la baiser par tous les trous ! T’as aucune expérience dans le cul ! Et de toute façon, c’est juste dans un rêve ! Alors fais-le et fais pas chier ! »

« Je ne suis pas adepte des vengeances quand elles sont stupides. Quant à ma sœur, je n’ai jamais pensé de la sorte Je n’ai jamais eu de tels sentiments envers elle. » murmura calmement Hodan, fermant les yeux alors que Katérina s’approchait de lui, toujours aussi nue qu’un ver. Mais lorsqu’elle fut à portée, Hodan vint la repousser d’un battement d’ailes, ayant pris une forme hybride, laissant paraître des ailes noires décharnées en quantité.

« Ouais, ouais, bien sûr. Et à quoi ressemblait ta sœur ? Je suis sûre qu’elle était plutôt bonne et bien fournie. Puis, t’as l’air d’avoir un beau paquet et d’être bien formé, je suis sûre que puisque vous étiez les deux seuls humains parmi les dragons, elle n’aurait pas hésité un instant à te sauter dessus. Je suis sûre qu’elle le ferait encore aujourd’hui. »

« Rhabille-toi, catin. Tu es enragée à cause de tes pensées absurdes en ce qui concerne Kéran. Kéran n’est pas ainsi et ne le sera jamais. Il en est de même pour Elyséa. La relation qui les unit est très forte, vraiment très forte même. »

« Ouais, ouais … Et tu veux que je fasse quoi alors ? Si au moins, t’étais capable de m’aider sexuellement pour que je puisse lui faire plaisir et qu’il n’aille pas voir l’autre pute, ça me serait utile. Dommage que t’es pas doué avec les femmes. »

« Ce n’est pas une question d’être doué ou non. Tu es un joli parti mais tu me laisses de marbre, qu’importe les années qui ont passé. »

Tsss ! Elle vint se rhabiller dans son propre rêve, pestant contre Hodan. Cet idiot ne perdait rien pour attendre ! Elle était convaincue que Kéran faisait des saloperies avec Elyséa ! Alors … Elle … Elle n’allait pas hésiter à en faire avec Hodan ! Il suffisait juste de le convaincre !

« Tu étais avec une Solochi ? Et un Tyrannocif ? Je ne connais pas du tout ces deux espèces. »

« Une dragonne … et un monstre ténébreux. Enfin, les deux l’étaient, Kéran. »

« Hein ? Une dragonne ? Mais attends un peu ! Si tu t’es alliée à une dragonne, ça voudrait dire que … Enfin, il existe des dragons revenus à la vie ? »

« Sous forme spectrale ou ténébreuse ? Non … Il n’existait qu’une seule et unique dragonne ténébreuse …Elle s’appelait Hyathéna. »

« Que que … QUOI ?! Attends un peu ! Comment est-ce possible ? Vous étiez ennemies non ? Ce n’est pas normal que … »

« Nous étions ennemies … de notre vivant. Mais nous n’étions plus vivants. Et en même temps … Non … Cela est vraiment compliqué à expliquer. »

Mais mas mais … Il avait besoin de réellement savoir là ! Car il était plutôt perdu et perplexe ! Ou alors, il avait accumulé trop d’informations à ce sujet. Pfff … Il ne savait pas quoi penser de tout cela mais peut-être qu’il fallait faire une pause ?

« Visiblement, vous n’avez pas terminé de papoter ou quoi ? »

La voix de Katérina était maintenant présente, la jeune femme étant revenue après son réveil. Elle regarda Kéran, le fixant pendant quelques secondes. Il se leva aussitôt, s’approchant d’elle avant de lui murmurer dans l’oreille :

« Pardon mais … Je trouvais que tu as un peu exagéré, Katérina. Tu te fais des idées et … »

« QUOI ?! Tu veux juste me parler pour me dire ça ? DEGAGE BOUFFON ! »

Elle vint le frapper dans les bourses, lui arrachant un cri de douleur avant qu’il ne se retrouve en train de sangloter. Aussitôt, la princesse Iyasminé fit apparaître des racines à partir du sol, les racines tirant Kéran en le soulevant pour l’emmener jusqu’à elle.

« Héros Kéran, est-ce que vous allez bien ? Où est-ce que vous souffrez ? »

« MAIS PUTAIN ! T’as une autre garce à ton service ? Une en armure, ça ne te suffit pas ?! Faut que tu ailles chercher chez les princesses mineures ?! »

« Et voilà qu’elle recommence. Tu es lassant, Katérina. Lassant et un peu trop violente. » murmura Kéran en gémissant de douleur.

« Assez ! J’en ai assez que vous martyrisez le héros Kéran, mademoiselle Katérina ! Ce soir, le héros dormira dans la même tente que moi ! »

« Princesse ! Il en est hors de question ! » commença à crier le chef des soldats qui l’accompagnait mais l’adolescente fit une moue boudeuse avant de répondre :

« Je suis quand même assez grande pour prendre mes responsabilités ! Et de toute façon, il faut juste éviter que le héros Kéran soit encore accompagné par mademoiselle Katérina tant qu’elle ne se sera pas calmée ! »

« … … … C’est bon, princesse Iyasminé. Vous pouvez me lâcher. » murmura doucement le jeune homme comme pour rassurer l’adolescente aux cheveux rouges. S’il y avait bien une personne qui n’avait pas pris la parole depuis le début, c’était Loa. La femme aux cheveux verts restait tout simplement imperméable à tout ce qui se passait autour d’elle.
Pourtant, elle n’avait fait qu’écouter avec attention l’histoire d’Hodan et Elyséa. Elle prenait des notes mentalement car tout cela avait réussi à l’intéresser. Même si souvent, les deux pokémons s’étaient arrêtés à cause des problèmes causés par Kéran et Katérina.

« Kéran ? Héros ? Je ne vais pas vous laisser. Ce soir uniquement, vous dormirez dans la même tente que moi. Et n’allez pas dormir dehors à cause de mademoiselle Katérina. »

Celle-ci était sur le point d’exploser, serrant les poings et les dents, ayant une forte rage en elle. Néanmoins, elle se contrôlait avec peine. Elle allait le lui faire regretter, elle allait le lui faire regretter amèrement même !

Le jeune homme se sépara de la princesse Iyasminé, regardant Elyséa. Si elle pouvait reprendre la parole ou alors faire quelque chose car là, ils perdaient du temps et lui-même était assez fatigué en un sens. Elyséa sembla comprendre son message, disant :

« C’est à partir de là que les premiers actes furent commis … Les morts sont arrivées, des deux côtés. Bien entendu, certains pokémons spectraux ou ténébreux tentèrent de se défendre, de dire que tous n’étaient pas ainsi. Et certains humains croyaient en leurs paroles mais … Les êtres intelligents sont mauvais, très mauvais. »

« Mauvais de nature, oui … Je vois, Elyséa. Mais à part ça, qu’est-ce qu’il y a d’autre à dire ? » demanda calmement le jeune homme aux cheveux gris.

« Je pourrai te parler … plus longtemps de tout cela. Peut-être de la scène qui a emmené les pokémons spectraux et ténébreux à cacher le Soleil définitivement ? »

« Ah ? Ce n’est pas pour nous embêter tout ça ? Je reste poli. »

Elle fit un hochement de tête négatif pour bien montrer que ce n’était pas le cas. Il y avait autre chose … Autre chose … et il était temps de le dire.

« Je suis responsable de cela … bien que je ne fus pas seule. La Solochi, le Tyranocif … et notre adversaire commun … Nous avons fait cela à nous quatre pour une seule et unique raison. » souffla la femme aux cheveux blancs.

« Et c’était quelle raison plus exactement ? »

« … … …. Je vais vous le dire. Mais il faut comprendre une chose : même si une nouvelle guerre a commencé … tout le monde ne haïssait pas tout le monde. »

Il s’en doutait sinon … Elyséa n’aurait jamais été jusqu’à le sauver hein ?

Chapitre 187 : Une arme bien spéciale

Chapitre 187 : Une arme bien spéciale

« J’ai une petite question si ça ne te dérange pas … Swar ? »

« Tu peux toujours la poser, Kéran. Je t’écoute. De quoi est-ce qu’il s’agit ? » demanda la femme aux cheveux blancs, Kéran ne se tournant même pas vers Katérina.

« Je voulais savoir au sujet de l’épée que tu possédais … lors de tes combats. Comme j’ai pu assister aux scènes en face à face … Enfin, de mes propres yeux. »

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a exactement avec mon épée ? Je ne m’en rappelle guère exactement mais si tu as une question, pose-la donc. »

« Est-ce qu’il y a des chances que … J’ai cette épée ? Je ne sais pas … Je trouvais qu’elle ressemble étrangement à celle que tu utilisais. »

Mais pas complètement non plus ! Il sortit l’épée de son fourreau, la présentant à Elyséa qui vint la récupérer avant de l’étudier sur toutes les coutures. Elle haussa un sourcil, un peu étonnée avant de murmurer d’une voix lente et calme :

« C’est vrai … Elle donne cette impression … Mais je ne pense pas … Je ne sais pas exactement, j’en suis désolée, Kéran. Mais tout ce que je peux te dire concernant cette épée, c’est qu’il s’agit … Enfin, au sujet de mon épée. »

Oui ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il … AH ! Elyséa s’arrêta de parler, remarquant que tout le monde avait leurs têtes tournées vers elle. Ah … Zut de zut ! Il se donnait en spectacle et elle aussi ! Mais Elyséa ne fut pas décontenance, reprenant :

« Cette épée … La mienne. Elle m’a permis d’affronter les dragons sans aucune difficulté. Je ne sais guère comment l’expliquer car j’ai l’impression d’avoir oublié … mais cette épée est spéciale. Celle que je possédais était spéciale, vraiment spéciale. »

« Tu es sûre que ce n’est pas ton épée ? Regarde vraiment bien … s’il te plaît. »

D’accord, d’accord, c’est ce qu’elle allait faire puisque le jeune homme ne lui laissait pas vraiment le choix. Elle poussa un petit soupir attendri, chose qui ne passa pas inaperçu aux yeux de tout le monde. Elle vint s’asseoir à côté de lui, commençant à détailler l’arme sous toutes les coutures, donnant quelques gestes avec.

« Mais lorsque tu me possédais … et que tu bougeais mon bras, tu ne trouvais pas que cela semblait … te rappeler quelque chose ? »

« … … … Je crois que oui. » termina-t-elle de dire finalement, comme pour bien montrer qu’elle voyait de quoi est-ce qu’il parlait.


Quelques mouvements encore et elle tendit l’arme à Kéran pour qu’il puisse la ranger. La princesse Iyasminé se pencha un peu vers eux, la tête tournée vers le côté avant de dire d’une voix fluette mais neutre :

« Dites, héros Kéran, est-ce que l’on vous dérange, vous et Elyséa ? Car vous donnez l’impression que toutes les autres personnes autour de vous n’existent plus. »

Quand même pas, c’était un peu exagéré comme remarque non ? Non ? En regardant autour de lui, il remarqua que la majorité des personnes pensaient de même. Oups … C’est vrai. Peut-être qu’il abusait un peu dans le fond ? Mais quand même, ce n’était pas vraiment de sa faute s’il aimait passer du temps avec Elyséa. Elle en savait tellement !

« Je m’excuse … Ce n’était vraiment pas le but voulu … Vraiment, s’il vous plaît. »

« D’accord, d’accord, héros Kéran, ce n’est pas à moi que vous devez vous excuser mais plutôt à tout le monde, c’est un peu malpoli. »

« Oui … C’est vrai … Je confirme. Je suis vraiment bête sur ce coup. Pardon à vous … »

« Kéran, c’est bien mon arme. » coupa doucement Elyséa alors qu’elle tremblait légèrement. Son arme ? C’était bien … son arme ? C’est vrai ?

Mais c’était donc une excellente nouvelle ! Ca voulait dire qu’il possédait l’arme d’Elyséa ! C’était vraiment … spécial en soi ! Vraiment très spécial même ! Mais il acceptait pleinement tout ça ! Il vint récupérer l’arme mais Elyséa ne la lui rendit pas, reprenant :

« Tu serais donc capable de battre les dragons avec une grande facilité … Mais je ne sais pas comment … Kéran. Elle m’a l’air un peu différente … mais en même temps, c’est la même. »

Mais après ? Qu’est-ce qu’il devait faire hein ? C’était ça qu’il voulait savoir et pas le reste. Il regarda son arme, attendant qu’Elyséa en ait terminé avec elle avant d’entendre un grognement de la part de Katérina. Celle-ci le fixait avec colère, n’appréciant pas le fait qu’il reste là, bouche bée devant Elyséa.

« Elyséa, nous devrions reprendre l’histoire si tu le veux bien. Nous n’avons fait au final que raconter la première partie. C’est pourquoi il faudrait se dépêcher. »

Se dépêcher ? Hum … Il n’avait pas totalement tort. La situation l’exigeait, il fallait le reconnaître. Elle donna finalement son arme à Kéran, celui-ci posant la main sur la garde, poussant un petit cri avant de la relâcher.

« Kéran ? Qu’est-ce que … » commença à dire la femme aux yeux bleus, la main droite de Kéran commençant à trembler fortement. Aussitôt, Elyséa vint la récupérer, la serrant entre ses deux mains. « Elle est gelée ! Kéran ?! »

« Je … J’ai juste voulu récupérer l’arme … et voilà … Enfin … L’épée …. »

« L’épée ? C’est elle ? Attends un petit peu au cas où. » répondit Elyséa, interdisant à quiconque de toucher l’épée. La femme s’approcha de l’arme, posant la main dessus. C’est vrai … La garde était gelée ?
Mais qu’est-ce que … Lorsqu’elle l’avait prise, elle n’avait jamais ressenti ça ? Et pourquoi … Pourquoi est-ce qu’elle se sentait aussi nostalgique ? Elle posa son autre main sur le front, gémissante un peu de douleur avant de se mettre à suer.

« Ca fait mal … Ca fait bien plus mal que … normalement … Aie … Aie … »

« Elyséa ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu as mal ? Qu’est-ce qu’est que ça avec cette épée ? »

Il était déjà en colère contre l’arme bien qu’il se demandait comment il pouvait l’être. Il vint poser sa main droite dessus, la rangeant dans son fourreau avant de regarder sa main droite rougie par le froid. TSSS ! Il verrait plus tard pour les explications ! Il prit Elyséa par l’épaule, l’emmenant à s’asseoir à côté de lui avant de demander à Hodan :

« Tu peux raconter la suite s’il te plaît ? Elyséa n’est pas en état de parler. »

« Je pense avoir vu cela … Mais bon … Je vais le faire. Ainsi, normalement, nous nous sommes arrêtés au moment où Hyathéna est morte en même temps que Teravalkor, n’est-ce pas ? A partir de là, nous pouvons le dire : la guerre était terminée, les dragons disparus et cette gelée verte considérée comme morte. Bref … Le monde était en paix … mais comme souvent, un monde en paix n’est qu’utopie et éphémère. »

Des paroles assez dures mais il était facile de comprendre que tout cela était vrai. Car encore aujourd’hui, les humains s’affrontaient entre eux, affrontaient des pokémons et tellement de choses. Gardant Elyséa près de lui, il posa brièvement ses yeux sur Katérina. Ils allaient faire la paix plus tard, peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas ce soir mais un autre jour.

Voilà tout … Et ce n’était pas possible autrement. Il regarda maintenant Elyséa, passant sa main sur son épaule. La femme aux cheveux blancs se laissa faire, étant bien trop grande par rapport à lui mais arrivant à poser sa tête sur l’épaule de Kéran. Elle semblait fatiguée … voire même exténuée. Tout cela à cause de l’épée ?

« Alors que les humains et les pokémons enterraient leurs derniers morts, les rares dragons encore vivants furent pourchassés et attaqués. »

« Ils étaient en position d’infériorité ! C’était quoi la raison de cette attaque maintenant ?! » s’écria Kéran avec un peu de colère dans la voix.

« Lorsque nous sommes puissants et en position de supériorité, nous sommes sujets à faire des imbécilités, à abuser de notre pouvoir. »

« Tsss … C’est vraiment ce qui m’énerve le plus. Lorsque nous sommes forts, il vaut utiliser cette force pour qu’elle puisse aider les autres, non pas les combattre ! »

« … … … Elyséa, je vais finir par vraiment croire que tu es tombé sur une personne … te ressemblant exactement. »

« C’est le destin … non pas ma propre décision. Je ne peux pas en dire de même avec toi … bien que dans le fond, si on considère que le Dracolosse Blanc était un peu le roi des dragons, tu as trouvé ta princesse. »

Elle resta de marbre mais les yeux bleus fixèrent l’homme aux cheveux blonds. Celui-ci aussi fut immobile, ne répondant pas aux propos d’Elyséa. Finalement, quelques toussotements se firent entendre, Hodan reprenant la parole :

« Hmm … Ainsi, par rapport à cette histoire, néanmoins, je ne pense pas que vous serez surpris … ou du moins, pas autant qu’avec le reste. »

« Comment ça ? Où est-ce que tu veux en venir exactement, Hodan ? » demanda Kéran.

« Disons que si je vous parle du fait que certains pokémons ténébreux et spectraux se sont mis à attaquer les humains par pur plaisir sadique, cela ne devrait pas vous étonner. »

« Les hommes ne font pas mieux de leur côté donc oui … Ca ne m’étonne pas du tout. »

« C’est exact … Voilà où je voulais en venir par rapport à l’effet de surprise et du reste de cette histoire. Néanmoins, maintenant, nous allons pouvoir continuer. » déclara Hodan tandis que Kéran hochait la tête positivement.

Kéran jeta un bref regard aux personnes du Dominion Naturel. Personne n’était fatigué ? Car tout cela avait duré un certain temps quand même, il fallait le reconnaître. Et comme ils n’en étaient qu’à la moitié ou quelque chose du genre …

« C’est à partir de là que tout a commencé à dégénérer. N’ayant plus d’ennemi commun, les dissensions dans le groupe commencèrent à apparaître peu à peu. »

« Peu à peu … Ca veut tout dire non ? »

« Je vois que tu comprends parfaitement où je veux en venir, Kéran. »

Pas besoin d’être devin pour cela … Il parlait tout simplement des pokémons ténébreux et spectraux, n’est-ce pas ? Hmm … Vraiment, il n’aimait pas trop cela. Il ne voulait pas croire qu’Elyséa était devenue maléfique, même ne serait-ce qu’un temps.

A croire que … Elyséa avait parfaitement compris ce qu’il voulait dire … ou plutôt ce qu’il avait pensé. Elle bougea un peu la tête de l’épaule de Kéran, murmurant d’une voix lente et douce, assez faible puisqu’elle semblait fatiguée :

« Je n’ai … jamais levé la main vers un humain … même quand je fus un pokémon. »

« Quand tu fus un pokémon ? Tu ne l’es plus ? » demanda Kéran en rigolant un peu.

Elle ne répondit pas, fermant ses yeux bleus. Hum ? C’était juste une blagounette hein ? Rien de bien sérieux. Qu’elle ne lui en veuille pas hein ? Non … Ce n’était pas pour ça en fait qu’elle … fermait les yeux ? Mais pour quelle raison alors ?

« Kéran, si tu peux arrêter de discuter avec Elyséa sinon, je vais être obligé de vous séparer tous les deux. D’ailleurs, normalement, nous ne devrions pas être sortis autant de vos corps à toi et à Katérina. Heureusement, nous ne sommes pas très éloignés donc cela passe. »

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » questionna le jeune homme, un peu intrigué.

« Tu n’es pas au courant ? Elyséa ne te l’a jamais dit ? C’est bizarre … et assez étonnant en soi … Mais bon … En vue de son caractère assez effacé … »

« Il ne m’a jamais réellement posé la question … et je ne trouvais pas cela vraiment nécessaire en soi. Il n’a pas besoin d’en savoir plus. »

« Qu’est-ce que … Elyséa ! Qu’est-ce que tu me cachais encore ?! »

« Kéran … Tu ne pourras jamais te débarrasser de moi … maintenant … Du moins, si tu le voulais … » murmura faiblement la femme aux cheveux blancs.

« Hein ? Me débarrasser de toi ? Mais il en est hors de question ! Même si je ne comprends pas tout … enfin ce que je crois … »

« Alors, tu n’as pas besoin de savoir le reste. Voilà tout … » chuchota Elyséa.

« Kéran, en te sauvant la vie et en faisant de même avec Katérina de mon côté, vos êtres sont devenus les nôtres. Si du jour au lendemain, nous décidions de vous abandonner, vous seriez alors affaiblis voire même mort dans les heures qui suivent. »

« Ta chair est ma chair … Mon corps est ton corps … Nos âmes ont fusionné, nos cœur se sont rapprochés. Nous étions deux mais nous ne sommes plus qu’un. »

Elyséa avait murmuré cela avec une certaine tendresse, un cri de rage se faisant entendre. Katérina s’était mise debout, sortant ses deux lames tout en serrant les dents :

« Tu commences sérieusement à me gonfler ! TOI ! Arrête de toucher à mon mec ! »

« Katérina ! Elle n’a rien dit de mal ! Arrête de voir tout ce qui est mauvais autour de toi ! Elle n’a fait que parler de façon poétique ! Que je sache, toi aussi, tu t’exprimes de la sorte quelques fois non ? Alors, ça n’a rien de monstrueux ! »

« TE FOUS PAS DE MA GUEULE, KERAN ! TE FOUS PAS DE MOI ! »

« Je ne me moque pas de toi, contrairement à ce que tu veux croire. »

« FAIS CHIER ! J’en ai marre ! Je me barre ! » hurla la jeune femme avant de se retourner, se dirigeant vers la tente éloignée. Pourquoi une telle jalousie ? Lui … Il ne pouvait pas l’être ? Surtout qu’Hodan vint dire :

« Je ne peux pas quitter son corps trop longtemps. Je retourne en elle dès maintenant. Elyséa, tu peux leur raconter la suite. Je vais faire de même de mon côté avec Katérina. »

Et voilà ! Est-ce que lui ne pouvait pas être jaloux ? Il regarda l’imposant homme blond qui s’enfonçait dans la tente à son tour. Pfff … Voilà … Lui aussi était un peu jaloux mais il n’allait pas commettre de bêtises ou s’énerver !

« Je vais donc … vous conter la suite de l’histoire. Pardon au sujet de tous ces problèmes. »

« Les pokémons spectres et ténébreux capables d’avoir une forme humaine causent vraiment beaucoup de soucis, on dirait. » murmura calmement la princesse Iyasminé, rigolant un peu bien que l’humeur n’était pas à la plaisanterie.

Chapitre 186 : Souvenirs et fin

Chapitre 186 : Souvenirs et fin

« Hmm … Elyséa ? » murmura faiblement le jeune homme aux cheveux argentés.
Aucune réponse. Il tenta de se mouvoir mais remarqua qu’il ne pouvait ne pas faire ne serait-ce qu’un seul mouvement. Il était comme piégé par le cocon formé par la femme aux cheveux blancs. Depuis qu’elle n’avait pas voulu se montrer sous sa forme de pokémon, il ne devait pas se voiler la face : Elyséa avait été terriblement … mignonne. Dans le sens où il l’avait trouvé vraiment attendrissante et charmante. Pourquoi se voiler la face ? Ca ne servait à rien, sauf à se mentir à soi-même. Elyséa … Elyséa était autour de lui mais il aimait Katérina, n’est-ce pas ? Il commençait à en douter un peu mais … Le caractère des deux femmes était si différent. A côté, il devait aussi se dire que si dans le pire des cas, où il n’aimait pas Katérina mais Elyséa, il mériterait de mourir … La raison ?
Sélia … Comment expliquer alors à Sélia qu’il ne l’aimerait pas, qu’importe ce qu’elle faisait hein ? Qu’est-ce qui l’empêchait d’aimer Sélia ? Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout mais voilà tout. Bon … Il devait quand même chercher à se mouvoir mais il n’y arrivait pas. Il reprit d’une voix douce pour qu’Elyséa l’entende :

« Elyséa, il faudrait se réveiller … Enfin, se réveiller dans mon rêve. »

« Hmm … Je ne veux pas … me réveiller pour l’instant, Kéran. »

Ohla ! Depuis quand est-ce qu’elle se comportait comme une « enfant » ? Il vint chercher à se retourner mais pouffa violemment. Euh oui … mais non … Se retrouver en face de la poitrine d’Elyséa, c’était … spécial … mais quand même…

« Elyséa, s’il te plaît, réveille-toi. Ce n’est pas très drôle et je veux savoir la suite. »

« Hmm … D’accord … Mais je ne bouge pas pour l’heure. »

D’accord, d’accord, qu’elle fasse cela … ou plutôt qu’elle ne fasse rien. Il chercha à se mouvoir à nouveau mais elle l’en empêcha, ouvrant ses yeux bleus. Puis elle lui fait un sourire tendre, un sourire des plus tendres et il se sentit frémir.
Mais ce sourire disparu subitement, sans laisser de traces mais le laissant perplexe. A nouveau, elle avait le regard neutre et le visage froid et inexpressif. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle avait autant changé de caractère maintenant ? C’était vraiment bête ! Elle ne méritait pas de se comporter de la sorte ! HEY ! Il n’aimait pas ça du tout !

« Qu’est-ce qui se passe ? Tu as l’air vraiment troublé, Kéran. »

« C’est dommage … Tu me souriais … comme si j’étais vraiment quelqu’un de proche et important. Enfin … Comme dans tes souvenirs. »

« Je te souriais ? Quand donc ? A l’instant ? Je … ne sais pas vraiment. Je ne crois pas l’avoir fait … Je ne me reconnais pas dans ces sourires … Je suis désolée … Tu t’es peut-être fait des illusions à ce sujet, Kéran. »

« J’en suis sûr et certain de ce que j’ai vu. Je ne me suis pas trompé et ensuite … »

« Je veux juste corriger une chose, Kéran. Tu es quelqu’un de très proche à mes yeux. Enfin … Si tu acceptes que je te considère ainsi. Tu es très proche pour moi … très proche. J’ai l’impression de l’être plus … qu’une simple créature qui te possède, Kéran. »

« Peut-être parce que j’ai pu te voir lorsque je fus enfant ? Et que depuis plus de dix ans, tu me connais parfaitement ? Mes plus grandes peurs, mes plus grandes faiblesses, mon caractère ? Tout ce qui fait de moi ce que je suis ? »

« Peut-être … Je devais m’excuser de m’être comportée aussi froidement au départ. De faire comme si je ne te connaissais pas. J’en suis désolée. »

« Et pour quelle raison ? Je pense que j’aurai été un peu effrayé et méfiant voire bien plus même si j’avais su qu’une créature spectrale me possédait et se montrait beaucoup trop amicale. Ainsi, au moins, avec toi, j’étais prévenu. »

« Tu veux donc dire que tu ne trouvais pas ça dérangeant ? Enfin … problématique ? »

« Pas le moins du monde ! Pas du tout même ! » répondit le jeune homme avec entrain alors qu’elle venait coller son front contre le sien, chuchotant doucement :

« Merci pour tout, Kéran. »

« Merci ? Mais de quoi ? Pourquoi est-ce que tu veux me remercier, Elyséa ? »

« Pour être ce que tu es … Pour ce que tu es … Ce que tu as fait … Ce que tu fus … Ce que tu deviendras. Maintenant, j’en suis sûre et certaine. »

« Arrête, tu vas me faire rougir et tu sais très bien que je n’aime pas vraiment ça. Ca me rend super gêné quand même quand c’est le cas. »

… … … Elle comprenait parfaitement mais elle était sincère. Ses mains se posèrent sur le dos de Kéran, l’emmenant plus contre elle. Depuis qu’elle avait vu le visage de Kéran, boursouflé par une jalousie apparente par rapport à Hodan, elle … avait besoin de lui montrer.

Lui montrer quoi ? Tout simplement qu’Hodan n’avait aucun effet sur certaines femmes. Peut-être sur Katérina mais pour elle, Hodan ne l’affectait pas le moins du monde. Bien qu’Hodan n’était pas une mauvaise personne de nature première, il n’était pas du tout le genre d’hommes qu’elle apprécie. La raison était simple : elle aimait les hommes … simples … et discrets en soi. Enfin … Elle pensait à ça mais avait-elle déjà aimé ? Il y avait peu de chances car elle n’en avait aucun souvenir. Et puis, en se rappelant de son passé, justement, il n’y avait rien qui la rattachait à cela.

« Kéran … Tu veux donc avoir la fin de mon histoire ? »

« Petite question : comment est-ce que tu sais la fin … si tu es morte ? »

« Je suis revenue sous une forme de pokémon ténébreuse très rapidement … pour savoir ce qui s’était passé, Kéran. J’ai pu voir … jusqu’aux derniers instants de cette guerre. Tu veux donc connaitre comment tout cela s’est terminé ? »

« Je le veux bien … puisque tu es celle qui fait le conte mais s’il te plaît … Ne me met pas dans tes souvenirs, je pense que tu as assez souffert. »

« Je ne fais plus partie de mes propres souvenirs … En quelque sorte … donc je n’irai pas finir dans un triste état mais bon … Je comprends. Et merci encore. Reprenons … Après ma mort et celle d’Hodan, la guerre a décidé de reprendre. Chaque armée avait un nouveau dirigeant. Pour le dirigeant des dragons, tu te doutes qu’il s’agissait d’Hyathéna. Celle-ci, d’ailleurs, bien que assez discrète et timide naturellement, a changé de caractère après la mort de son frère. Sans que l’on ne comprenne comment elle en fut capable, elle était « changée ». Je crois qu’à ce moment-là, elle était possédée par cette gelée … démoniaque et issue de l’espace. Ce qui lui a débloqué des pouvoirs incommensurables. En contrepartie, les dragons avaient retrouvé leurs esprits. »

« Elle s’est sacrifiée en quelque sorte … non ? »

« Elle s’est sacrifiée car elle avait une justice à faire prévaloir. Elle voulait se venger de la mort de son frère et en même temps, elle a réussi à garder le contrôle de son corps. »

« Impressionnant … Mais qui était le chef de ton armée ? Enfin, des humains ? »

« Un homme d’une quarantaine d’années … L’ancien chef avant moi. Son nom était Teravalkor et il n’a pas apprécié de se faire évincer de son rôle de chef. Il n’était pas mauvais, loin de là … mais il aimait être en position de force. »

« C’est lui qui a tiré le carreau, n’est-ce pas ? »

« Non … Ce n’est pas lui mais il est celui qui a demandé à ce que ça se passe ainsi. Ainsi débarrassé de moi et d’Hodan, la guerre pouvait reprendre. Comme nous étions en position de force, il savait qu’en gagnant la guerre en étant le chef, il serait alors acclamé et en position de force, voilà tout. »

« D’accord … D’accord … Donc … Une nouvelle guerre a commencé mais ça ne s’est jamais terminé alors ? Comment est-ce possible ? »

« Si … Cette guerre s’est terminée … d’une façon des plus horribles même. Les dragons ont été majoritairement exterminés. Alors qu’ils n’étaient plus belliqueux, ils n’ont fait que se défendre de la violence des hommes. Hyathéna était toujours là … Prête à défendre ceux qui avaient décidé de l’élever durant toute son enfance et son adolescence. Pour un dragon tué, elle éviscérait cent hommes. C’était elle … et uniquement elle la plus terrifiante personne dans ce monde. On a même dit qu’un jour, elle était encore plus terrifiante que tous les dragons réunis. Sa puissance était tellement supérieure que même le Dracolosse Blanc n’aurait rien pu faire … Je crois que moi aussi, j’aurai été battue à plate couture face à elle. »

« … … … Cette Hyathéna … Je me demande à quoi elle ressemblait … Enfin, j’ai pu la voir … et elle était plutôt une jolie femme … mais discrète donc pas imposante niveau puissance. Elle a tellement changé que ça ? »

« Oui … Elle était comme une autre femme, elle aussi dévorée par le pouvoir issu de cette gelée extraterrestre … mais aussi issu des dragons. »

« Et qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? Tu peux me le dire ? »

« Je vais te le raconter, oui. Ce qui s’est passé ? Alors que les derniers dragons s’enfuyaient, elle est restée seule, face à toute l’armée des pokémons ténébreux, spectraux, métalliques et celle des humains. Elle … face à tous. Tu parlais d’héroïne, n’est-ce pas ? Elle était ainsi … S’il y a bien une héroïne, c’est elle, Kéran. »

« Mais la suite ! Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? Je veux savoir ! »

« Ce qui s’est passé ensuite ? Elle est morte … Même avec ce corps possédé, même avec sa puissance, elle a fini par mourir … Car elle avait déjà décidé de se donner la mort avant tout le reste. Résultat ? Elle voulait juste obtenir ce pour quoi elle avait acquiert tout cela. »

« Ce qui était ? La vengeance de son frère ? C’est bien ça ? »

« C’est exact. Elle n’a pas hésité à se retrouver mortellement blessée … mais est arrivée jusqu’à Teravalkor, toujours replié derrière les lignes armées sans même se mêler au combat. Lui aussi est mort … Les dragons avaient disparu … Il n’y avait plus de raisons de se battre. Tout était finalement terminé. »

« Vraiment … C’est triste comme histoire, Elyséa. Vraiment très triste. Tout aurait pu mieux se terminer … mais il a fallu qu’un homme ou une femme envoyé par Teravalkor te tue … ainsi qu’Hodan pour que tout parte dans tous les sens. »

« C’est ainsi la vie, Kéran … C’était notre destin. Voilà … Tu sais tout de notre histoire maintenant … Enfin … Presque tout. Il y a des choses dont je ne me rappelle pas. »

« Je vois … Je vois … D’accord. Maintenant, est-ce que tu veux bien me réveiller ? Et te réveiller aussi ? Enfin, nous réveiller ? Il le faut maintenant. »

« Je pense que c’est bon … Nous allons le faire. » murmura calmement la femme aux yeux bleus alors que le décor se dessinait à nouveau autour d’eux. Il avait encore affaire au cercle de pierres mais celui-ci se brouilla aussitôt.

« AH ! PUREE ! BORDEL ! Enfin ?! »

Ah … La douce voix de Katérina venait de raisonner à ses oreilles alors qu’il avait maintenant son visage en face de lui. Toujours aussi aimable et agréable. Il se releva, marmonnant faiblement puisqu’il venait de se réveiller :

« Combien … de temps j’ai dormi ? »

« Au moins deux bonnes heures ! Heureusement, Hodan vient à peine de terminer son histoire. Quand même, elle est sacrément saugrenue et si j’arrivai à mettre la main sur ce salopard de mec qui a pas hésité à faire ça, je … »

« Je vois … Je vois … Donc … Il a aussi parlé de la mort d’Hyathéna visiblement. Nous en sommes au même point. Ely … Swar m’a tout raconté. » murmura faiblement le jeune homme, quittant complètement les jambes de Katérina avant de se mettre à côté d’elle.

« Mouais … Ca me plait vraiment pas ça ! Et balance son nom complet ! Au lieu de le cacher ! Hodan a eu au moins les couilles de le dire ! »

« Car Hodan est un homme et Swar est une femme. Ce n’est pas parce que tu n’es pas discrète et timide que Swar doit être comme toi, Katérina, tu sais ? »

« Je m’appelle Elyséa. Je n’ai pas à cacher mon nom dorénavant. » murmura doucement la voix de la femme en Kéran, réapparaissant quelques instants plus tard aux côtés d’Hodan.

« Elyséa … Tu es vraiment sûre qu’il fallait le dire ? Je … Tu sais … Tu n’étais pas obligé. »

« Je n’étais pas obligé, loin de là … mais je le fais quand même. Merci pour tout, Kéran. Cela fut très agréable en ta compagnie. Hodan, j’ai tout raconté à Kéran … jusqu’à la fin de notre guerre et ensuite, je pense que … »

« COMMENT CA ?! AGREABLE ?! EN SA COMPAGNIE ?! Qu’est-ce que t’as fait, Kéran ?! T’AS FAIT QUOI AVEC ?! »

Il fut secoué comme un prunier par la jeune femme, celle-ci n’hésitant pas à utiliser toute sa force pour bien lui montrer qu’elle n’appréciait clairement pas ce qu’il avait fait. Mais il avait fait quoi justement ?! RIEN DU TOUT ! Qu’elle arrête de le secouer ! Il n’avait pas envie de vomir ! STOOOOOOOOOOOOOOP !

« KATERINA ! C’est bon ! T’arrête d’être jalouse pour rien ?! Swar et moi … Enfin, Elyséa et moi, on a rien fait du tout ! »

« MON CUL ! C’est complètement dessiné sur ton visage de toute façon ! »

« … Alors, d’accord, je vais te le dire, j’ai vu la poitrine d’Elyséa de près, de très près même. Et son haut était trempé ! Voilà ! T’es contente ? Tu voulais le savoir ? Ben maintenant, tu le sais ! Et Elyséa et moi, nous avons dormi ensemble pendant deux heures, l’un contre l’autre ! En forme de fœtus si tu préfères ! T’es contente ? »
Il disait cela avec une certaine colère, détestant par-dessus tout quand elle s’excitait de la sorte. Voilà ! Elle était heureuse maintenant ? Très heureuse ? Il serra les poings, fixant avec rage Katérina avant de reprendre :

« Sauf que tu prends toujours la mouche ! TOUJOURS ! C’est pas dur à comprendre pourtant mais tu gonfles avec ça ! Espèce d’idiote ! Et tu sais parfaitement que je ne ferai rien avec Elyséa car ce n’est pas dans son caractère ! Elyséa a toujours été seule, TOUJOURS ! Si elle était une allumeuse de première comme toi, ça ferait depuis longtemps qu’elle aurait mis le grappin sur moi, si je l’intéressais un tant soit peu ! »

« … … … Si vous avez terminé, nous allons pouvoir reprendre. Maintenant, nous allons vous parler de l’après-guerre … Et de ce qui s’est passé de plus en plus récemment. » murmura calmement Hodan pour bien montrer que la petite querelle amoureuse était inintéressante.
Néanmoins, cela avait jeté un certain froid dans le groupe, Kéran allant se placer à l’exact opposé de Katérina, allant s’asseoir auprès de la princesse Iyasminé.

Chapitre 185 : La mort en face

Chapitre 185 : La mort en face

« Je n’aime déjà pas ce que tu as prévu, Elyséa. Arrêtons cela et dis-le-moi plutôt. »

« … … … Ce qui est lancé ne peut pas être défait, Kéran, je … »

Elle s’arrêta dans ses paroles, le décor s’assombrissant pendant un court instant, au grand étonnement de Swar. Celle-ci cligna des yeux, essayant de faire revenir la scène, chose qui se fit après quelques secondes. Qu’est-ce que …

« Euh ? Tu as fait quoi, Elyséa sur le coup ? Là, je n’ai pas du tout compris où tu voulais en venir si tu veux tout savoir. Tu peux m’expliquer ? »

« Je ne le sais guère moi-même … Je ne comprends pas … Je ne comprends pas du tout. » bredouilla la femme aux cheveux blancs, un peu étonnée.

« Mademoiselle Elyséa ! Mademoiselle Elyséa ! Où vous étiez ? »

Une petite voix fluette se fit entendre alors que Kéran et Elyséa, celle qu’il connaissait, se retournaient pour avoir affaire à une fille qui devait avoir à peine six ou sept ans. Elle courrait en direction … de la représentation exacte d’Elyséa bien qu’au final, lui et la créature ténébreuse étaient invisibles et immatériels dans cette scène. C’était donc … la véritable Elyséa celle qu’il voyait.

« J’étais à un endroit très spécial … Un endroit où nul ne peut aller … tant que toute cette histoire n’est pas terminée. Est-ce que tu comprends ? »

« Mais euh … Où c’est cet endroit très spécial ? » demanda la jeune fille alors que Kéran remarquait quelque chose d’étrange … chez Elyséa. Il l’avait déjà vu auparavant … mais ce n’était pas la même chose quand même.

« Elyséa, regarde donc … Enfin, regarde toi … Tu n’as pas vu ? »

« Qu’est-ce qu’il y a de spécial avec moi ? » demande Elyséa sans réellement comprendre où voulait en venir le jeune homme aux cheveux gris.

« Tu as l’air … plus chaleureuse et plus humaine. Enfin, je me comprends … Tu semblais si triste et si distante quand je te voyais auparavant. Mais regarde-toi là … Tu as même un sourire aux lèvres. C’est vraiment étonnant mais … c’est mignon. »

Mignon ? Elle haussa un sourcil devant les propos du jeune homme, trouvant cela étonnant de sa part. Mais en même temps, elle n’avait jamais pensé à regarder sa propre personne. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que … AH ! Elle fit un pas en reculant.

« Je … Je …. » bafouilla Elyséa, tremblante de tout son corps.

« Tu es en train de sourire ? Toi ? Enfin … Le « Toi » de cette époque ? »

Mais qu’est-ce qui prenait à Elyséa de se comporter de la sorte ? Enfin, il regardait celle du passé … qui souriait tendrement à la jeune fille. Et puis, il regardait celle qu’il connaissait. Celle qui était effrayée, comme une enfant.

« Hého … Je sais que c’est étonnant mais il n’y a pas de quoi en faire un drame, Elyséa. »

« Non ! Ce n’est pas possible ! Je … Je ne sais pas … Je ne sais pas pourquoi je souris ! Je ne sais pas pourquoi je suis heureuse, Kéran ! Normalement, je ne devrai pas l’être ! Je ne devrais pas l’être ! JE NE DEVRAIS PAS ! » commença à crier la femme aux cheveux blancs, tournant la tête de gauche à droite comme pour bien effacer ce souvenir.

« ET POURQUOI ?! Pourquoi tu ne devrais pas l’être hein ? »

« Car je n’étais pas heureuse ! Je ne comprends pas pourquoi je le serai ! CA NE ME CONVIENT PAS ! JE NE DEVRAIS PAS L’ËTRE ! »

« ELYSEA ! ARRÊTE TES BÊTISES ! »

Il commença à la secouer comme pour la réveiller mais elle fermait les yeux. Avec force, il vint l’enlacer contre lui, la serrant puissamment pour qu’elle comprenne parfaitement qu’elle avait le droit de l’être. Qu’est-ce qu’il y avait de choquant à être heureuse ? Qu’est-ce qu’il y avait d’étonnant à ce qu’elle le soit ?

« Je ne pouvais pas l’être … Ce n’est pas normal … A chaque fois que … je tentais de me rappeler de ma mort, ça ne se passait pas comme ça. Je n’avais pas … ça … Je n’avais pas cette vision … Je n’avais pas cela … Je n’avais pas cet instant. Kéran, depuis que tu sais à mon sujet, depuis que tu sais que je suis en toi, tout est différent. Je ne comprends plus rien … Je ne sais pas pourquoi je suis heureuse dans mon passé. Comment est-ce que j’ai pu l’être ? Comment est-ce que j’ai pu … sourire comme ça ? »

Elle tremblait ? Elyséa était en train de trembler ? Est-ce qu’elle était en train de pleurer ? Quand même pas non ? Ce n’était pas possible qu’Elyséa était en train de pleurer, n’est-ce pas ? Il chercha à voir son visage mais elle ne pleurait pas … Sans rien dire maintenant, elle vint enfouir sa tête sur son épaule, chose assez difficile car elle était plus grande que lui.

Bien plus grande même mais … Elle semblait si faible et chétive … Quelque chose l’avait traumatisé. Le fait qu’elle fut heureuse dans le passé … avant qu’elle ne meure. Comment était-ce possible de se mettre dans un tel état alors que l’on était heureuse ? Comment était-ce possible ? Il ne voyait pas … Il ne comprenait pas.

« Tu veux arrêter ce souvenir, Elyséa ? Ca serait la meilleure chose à faire. »

« N … Non … Il faut que tu le voies … Et il faut que je le voies. Il faut que je comprenne. Il faut que je trouve cette raison aussi. Il le faut ! »

« D’accord, comme tu le désires, c’était pour toi, je m’inquiétais. »

« Ne t’inquiète pas … Ne t’inquiète pas du tout à mon sujet mais … Kéran … Est-ce que je peux …rester un peu plus longtemps … s’il te plaît ? » demanda-t-elle d’une voix assez faible alors qu’il était à son tour étonné. Elyséa lui demandait un tel service ? Sans rien dire, il exerça une plus forte pression sur le corps de la femme.

Voilà … Comme ça, il en était sûr. Il en était sûr et certain … et maintenant … Il allait pouvoir assister à ses derniers moments. Les derniers moments de celle qui avait veillé sur lui pendant des années. Il se sentait un peu mal à cette idée.

En fait, il se sentait très mal mais préféra ne rien dire. Il regarda les scènes qui défilaient devant ses yeux. Parfois, dix minutes passèrent en quelques secondes … et il voyait les préparations pour la guerre … puis les affrontements entre les dragons … et tout s’arrêta subitement … comme gelé.

« C’est à ce moment précis que tout a commencé … je crois … Enfin, que tout s’est terminé, Kéran. » souffla la femme aux cheveux blancs dans ses bras.
Ils étaient où ? AH ! Il voyait les deux armées … Du moins, les dragons semblaient plus calmes qu’auparavant bien que certains bavaient et se débattaient comme luttant face à un ennemi invisible. Devant eux se trouvaient deux personnes … Un homme aux cheveux blonds et une femme aux cheveux violets. D’ailleurs, celle-ci … était sacrément fournie au niveau de la poitrine. Oui, c’était pas une bonne chose à regarder, il le savait mais quand même, sur le coup, c’était … assez impressionnant. Et l’homme, il le connaissait puisqu’il l’avait vu il y a quelques heures : Hodan. Là encore, il était impressionnant … Vraiment très impressionnant.

Mais pas autant qu’Elyséa … Car Elyséa se tenait en face de lui, une épée à la main … Une bien belle épée qu’il … avait déjà vue quelque part mais où ? Il ne savait pas … Mais pour le moment, ce n’était pas important, pas du tout même. Il avait peur … car derrière Elyséa se trouvait des centaines d’hommes et de femmes, accompagnés par des pokémons.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? Vous allez vous … »

« Non, nous n’allons pas nous entretuer. Hodan n’était pas possédé … comme sa petite sœur Hyathéna. Voilà tout … Et donc, après tout cela, il a réussi à faire que les dragons reprennent le contrôle de leurs corps … du moins, ne soient plus aussi belliqueux malgré cette substance en eux. Et ainsi … Au lieu de nous entretuer, nous avons cherchés à faire la paix. »

« C’est donc une bonne chose, non ? Vraiment, tu avais tout d’une cheffe. »

« Vraiment … J’avais tout d’une cheffe … »

Elle disait avec lassitude avant de baisser un peu la tête. Lui ? Il continuait de regarder la scène, n’arrivant pas à entendre les paroles … Mais il sentait qu’il assistait à un moment historique. Où est-ce qu’Elyséa allait mourir ? C’était tout simplement impossible. La situation n’était clairement pas au massacre et …


Un carreau d’arbalète … Un carreau traversa son armure et son cœur, allant se loger ensuite dans celui d’Hodan. Qu’est-ce que … Ce n’était pas un dragon … mais un humain … Un humain qui avait tué Elyséa. Sauf qu’elle n’était pas morte sur le coup. Et il voyait la femme aux cheveux violets qui était auprès de son frère, celui-ci lui murmurant quelque chose. Elyséa faisait de même. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi est-ce qu’elle … Enfin, pourquoi est-ce ça c’était passé ainsi ? POURQUOI ?

« Une flèche perdue … Un acte inconcevable et pourtant, ce fut le cas, Kéran. »

« J’ai … J’ai vu ça mais quand même … Je … Attends un peu … Elyséa. »

« C’est ainsi que je suis morte … Aussi stupidement que prévu … C’était stupide, n’est-ce pas ? Vraiment stupide, je le sais … Mais un carreau en a terminé avec ma vie. »

« MAIS QUI A FAIT CA ?! ET SURTOUT POURQUOI ?! »

« Pourquoi ? Pourquoi penses-tu qu’il aurait fait cela ? » murmura calmement la femme aux cheveux blancs, posant ses yeux sur les siens.

« Il ? Ça veut dire que tu connais le nom, n’est-ce pas ?! »

« Kéran … J’étais une cheffe alors que j’avais à peine vingt ans … J’étais une femme … J’étais vraiment plus douée que les autres, sans fausse modestie. Il y a tellement de raisons de vouloir me tuer, Kéran. Tellement de raisons. »

« Mais tout ce que tu as fait … Tout ce que tu as fait a servi à rien alors ?! »

« Non, Kéran. Tu as vu avant que je meure ? Et Hodan aussi ? Nous avons murmuré quelque chose … Nous avons demandé à ce que tout continue … Que tout ne soit pas détruit par un acte isolé. Hodan s’est adressé à Hyathéna. Moi-même, j’ai … Enfin bon … Ne t’en fait pas, l’histoire est bientôt terminée. »

Ah ? Il restait encore une partie ? Mais … Il venait d’assister à la mort d’Elyséa. Il pensait à une mort glorieuse, une mort au combat, une mort après des blessures impressionnantes … Non … Tout ce qu’il avait vu, c’était une mort en traître. Une mort dans le dos … Il ne savait pas pourquoi … Il ne comprenait pas pourquoi mais …

« Kéran ? Pourquoi est-ce que tu pleures ? Allons … »

« Comment est-ce qu’une aussi grande femme que toi … a pu … a pu … »

« Tu pleures pour moi ? » demanda-t-elle avec un peu d’étonnement.

« Bien sûr que oui ! Je sais que c’est bête ! Je sais parfaitement que … »

« Stupide ? Je tiens à le confirmer … Mais la stupidité n’est pas toujours un défaut. »

Loin de là …Peut-être qu’il fallait attendre un peu avant de continuer l’histoire ? Le décor vint s’assombrir, devenant complètement noir. Ils étaient maintenant plongés dans le vide, flottant dans celui-ci. Pourtant, la femme aux cheveux blancs vint se mettre en boule mais autour de lui, comme pour former un cocon protecteur.

« Arrête donc de pleurer pour moi, Kéran. Je ne mérite pas ces larmes, je ne suis qu’une femme comme une autre. »

Elle savait pertinemment que ce n’était pas le cas ! Mais il se laissa envelopper par la douce chaleur issue de la femme. C’était bon … très bon et chaud … Il ferma les yeux. Il pouvait toujours dormir … dans son sommeil. Ca semblait stupide de penser de la sorte et pourtant, c’était exactement cela qu’il allait faire.

« On peut se reposer … s’il te plaît ? Du genre dix minutes … Si tu veux, tu peux aller avec les autres et ensuite … »

« Pourquoi le ferai-je ? Hodan leur raconte la même histoire mais de son point de vue. Et je ne suis pas très sociable, tu le sais parfaitement. »

« Dire que je suis tout ton contraire … Enfin, je crois. »

« Peut-être que oui … Kéran … Peut-être que tu l’es … Fermons les yeux. Nous continuerons mon histoire dans une heure ou deux. Et ne t’en fait pas, Katérina ne pourra pas te réveiller. »

« Euh … Je ne sais pas si ça va lui plaire de ne pas pouvoir me réveiller par contre. » répondit le jeune homme sans pour autant ouvrir les yeux.

Ca ne faisait rien non ? Du moins, c’est ce qu’elle pensait intérieurement alors qu’elle avait sa tête posée contre la nuque de Kéran. Sans rien dire, elle déposa un léger baiser contre celle-ci, ne sachant pas pourquoi … mais elle se sentait nostalgique en ayant Kéran contre elle. Elle n’avait pourtant aucune explication à celui, loin de là même. Mais bon … Cela n’était pas déplaisant alors pourquoi … devait-elle refuser cela ?

« Mouais … Y a quand même des morts plus glorieuses. »

« Pourtant, c’est ainsi que je suis décédé et nullement autrement. » rétorqua Hodan après les paroles de Katérina. Celle-ci haussa les épaules, tout le reste du groupe étant plongé dans son mutisme ou discutant entre eux.

« Mouais …C’est vrai que c’est moche quand même. Et cette Hyathéna qui t’accompagnait, ce n’était pas vraiment ta sœur non ? Tu te l’es faite ? »

« … … … Je ne crois pas que cela te concerne, Katérina. »

Oh ! Elle avait visiblement ciblé un point très mauvais puisqu’elle remarqua une ride de colère de la part d’Hodan au niveau de son front.

« Oh … Je faisais que me renseigner mais après réflexion, c’est vrai que tu n’y connais rien en femmes. » déclara la jeune femme, ne comprenant pas qu’elle venait de signer son arrêt de mort sociale.

« C’est bien pour cela que maintenant, tu possèdes un appareil génital masculin non ? »

« Hein Que … PUTAIN ! Tu ne pouvais pas te la fermer ?! »

Normalement personne n’était au courant à part Kéran ! PERSONNE ! Et lui venait … OH LE SALAUD ! Il se vengeait de la remarque qu’elle venait de lui faire ?! SALETE ! Elle ne méritait quand même pas ce genre de réflexions ! Ca ne se faisait pas !

Chapitre 184 : Des alliés et des traîtres

Chapitre 184 : Des alliés et des traîtres

« Te voilà de retour, Swar. » murmura calmement l’homme aux cheveux blonds toujours en face de l’assistance à laquelle il s’adressait normalement.

« Arrête de draguer Kéran dans ses rêves ! C’est compris ? » commença à s’énerver Katérina alors que la femme aux yeux bleus posait son regard sur elle.

« Je ne fais guère cela. Néanmoins, je lui raconte toute l’histoire, la même que celle que vous entendez normalement de la part d’Hodan. »

« … … … Je m’en contrefous de ça ! Je viens de te mettre en garde, c’est compris ?! »

« Comme je vois que ma présence n’est pas acceptée ici, je ne vais guère rester plus longtemps en ces lieux. » déclara la femme aux cheveux blancs, commençant à se dissiper avant de pénétrer à l’intérieur de Kéran. Cela n’avait duré que quelques minutes mais visiblement, si Katérina avait voulu que Swar ne retourne pas auprès de Kéran, elle s’était largement trompée à ce sujet. Elle s’était lourdement trompée même.

« Putain ! HODAN ! Dès que t’as fini de raconter tes histoires, on va dans le crâne de Kéran et on vire Swar de là ! C’est compris ?! »

« Katérina, il y a des choses plus importantes que ta jalousie à l’heure actuelle. »

Les paroles d’Hodan furent des plus dures alors qu’il fronçait les sourcils en ciblant la jeune femme. Celle-ci fut légèrement apeurée, se renfrognant un peu avant de croiser les bras au niveau de la poitrine. Visiblement, elle avait été piquée à vif.
Ailleurs, Kéran était toujours assis contre une pierre, les jambes recroquevillées au niveau de son visage alors qu’il avait les yeux fermés. Il était patient et il attendrait le retour de la jeune femme aux cheveux blancs. Elle était déjà là mais ne faisait pas acte de présence envers lui. Se trouvant au sommet de la pierre contre laquelle Kéran était adossé, elle vint s’asseoir dessus, le regardant longuement, attendant de voir ce qu’il allait faire.

« Elle en met du temps … Peut-être qu’elle apprécie quand même plus la compagnie des autres. Ils sont nombreux, plus nombreux que moi. Enfin bon … »

C’était bête … mais à cause de Dumasch, il se sentait mal par rapport à Katérina. Elle semblait complètement subjuguée par la beauté naturelle de l’homme. Peut-être que dans le fond, ils iraient mieux ensemble ? Ou alors, il se trompait lourdement ?

« Kéran ? Je suis de retour. » murmura-t-elle doucement, apparaissant dans le dos de la pierre, étant descendue quelques secondes auparavant.

« AH ! Ne me fait pas peur de la sorte, Elyséa ! Je t’attendais ! »

Il avait crié mais n’avait pas bougé d’un poil. Le regard toujours porté sur l’avant bien qu’il n’avait pas ouvert les yeux, il restait parfaitement immobile, attendant que tout cela se passe. Il ouvrit les yeux pendant un instant puis les referma avant de se lever. Il se présenta en face d’Elyséa, reprenant la parole d’une voix lente :

« Sinon, qu’est-ce que ça a donné ? »

« Tu veux vraiment savoir ? Je peux te laisser deviner. Cela concerne Katérina. » répondit la Darkrai humanisée, Kéran poussant aussitôt un profond soupir.

« C’est bon, j’ai rapidement deviné. Elle ne peut pas s’arrêter donc ? Ne serait-ce qu’un simple instant ? Parfois, elle est … Enfin, c’est comme ça que je l’aime. J’ai accepté ses défauts au moment même où j’ai décidé de l’aimer. »

« Tu as parfaitement raison, Kéran. C’est une bonne mentalité, très bonne même. Mes félicitations … Mais maintenant, si tu le veux bien, on va reprendre mon histoire. Où nous en étions exactement ? A la mort du Dracolosse Blanc ? »

« C’est exact ! Mais ensuite, je ne vois pas de quoi tu peux parler … Enfin, je crois … »

Enfin, il croyait … C’est plus exact. C’est bizarre … Enfin … Avec Elyséa, là, il ne voyait pas du tout où ils allaient en venir tous les deux. Il vint attendre que la femme aille se rasseoir, celle-ci restant de marbre. Puis finalement, sans un mot, il plaça sa tête sur les genoux d’Elyséa, se laissant caresser le crâne avec douceur.

« Ca me fait du bien … Beaucoup de bien même. »

« Tant mieux car c’est le but voulu, Kéran. Je … »

« Tu sais, Elyséa. Si je n’avais pas connu Katérina, je crois que … »

Elle ne lui laissa pas la possibilité de terminer sa phrase, mettant une main sur la bouche du jeune homme pour qu’il se taise. Elle rapprocha son visage du sien, retirant la main qu’elle avait posée sur la bouche. Penchée en avant, elle n’était plus qu’à quelques centimètres de lui.

« Plus un mot … Kéran. Il y a des choses que l’on peut regretter durant toute une vie. »

« … … … Mais regretter, ça voudrait dire que je n’assume pas mes propos et mes pensées. En tant qu’adulte, cela est normal de … »

« Les adultes ne sont pas plus responsables que les enfants, sache-le. C’est là l’erreur la plus commune de ceux qui sont passés à l’âge adulte. Les adultes sont plus mauvais que les enfants car ils ont conscience de l’imbécilité de la majorité de leurs actes. »

« Est-ce que j’ai dit une bêtise ? » demanda-t-il, ayant l’impression de subir la morale de la part d’Elyséa. Ce qui n’était pas normal à ses yeux.

« Hum ? Peut-être Kéran … Peut-être … Si ce n’était pas le cas, tu allais en dire une, tu ne crois pas ? Kéran, je sais parfaitement ce que tu comptais dire et … »

« Est-ce que tu aurais alors peur de cela ? Ce n’est qu’une remarque, rien de plus. Je ne pensais pas à des choses perverses, loin de là. »

« Peur ? Ne te moque donc pas de moi et … »

Sans prévenir, il colla son front contre le sien. Ses yeux en face des siens, il étudiait longuement la femme aux cheveux blancs, celle-ci restant imperturbable. Il aimait bien lui couper la parole … cela lui permettait alors de … enfin non … Il ne savait même pas pourquoi il aimait ça. Quel idiot ! Mais quel idiot !

« Kéran, je n’ai peur de rien et personne, sache-le … d’accord ? »

« J’ai pourtant l’impression que c’est le cas. Enfin … Pas une véritable peur … mais tu ne laisses pas vraiment t’exprimer tes sentiments et … »

« Tu me bloques et me paralyses, Kéran. Je pense t’apprécier mais je n’en connais pas la raison. Pourtant, je n’avais rien de cela auparavant mais depuis que tu as grandi et est devenu un adulte, cela est assez perturbant en soi. Mais j’en ai assez… alors maintenant, je ne veux plus que l’on perde de temps. Installe-toi correctement et … »

Et quoi donc ? Il attendait la suite de la phrase d’Elyséa mais elle n’arriva pas. Qu’est-ce qu’il devait faire ? Il aimait Katérina non ? Mais … Elyséa était devant lui … et malgré sa grande taille, plus grande que lui … sa force imposante … Ses capacités physiques bien supérieures à lui … Il ne savait pas … Il la sentait bien plus fragile qu’on ne pourrait le croire. Avec lenteur, il prit son bras droit, tirant légèrement dessus pour l’emmener jusqu’à lui. Elle se laissa faire, Kéran posant ses mains sur son dos sans pour autant coller son corps contre le sien. La raison était simple, très simple : Il était plus petit qu’elle donc son visage n’était pas vraiment à la même hauteur que le sien. Néanmoins, ce fut Elyséa qui vint le garder contre elle, n’ayant guère d’intimidation sur le fait que le jeune homme ait la tête plongée contre sa poitrine. Elle reprit :

« Je ne sais pas ce qui se passe réellement … Kéran. Mais … J’ai l’impression qu’avec toi, je retrouve quelque chose que j’avais perdu depuis longtemps. Mais en même temps … Je crois que je ne veux pas m’en rappeler. Mais maintenant, ne t’en fait pas. Ce n’est pas grave à mes yeux, loin de là. Kéran ? »

« J’ai … un peu de mal à respirer … Tu … me bloques un peu la respiration. »

« Ce n’est pas grave … Je vais continuer à te parler. Je vais te raconter l’histoire maintenant. Ca sera bien plus simple. Après la mort du Dracolosse Blanc, les dragons furent abasourdis et incapables de se battre. Mais en même temps, nous venions de tuer … »

« Tu venais de tuer, Elyséa. Je préfère que l’on ne cache pas cela. Tu es forte, très forte même.  Et ça, je ne veux pas que l’on l’oublie. »

« Bref … Tout cela pour dire qu’après la mort du Dracolosse Blanc, les dragons étaient déboussolés mais il a fallu que cette gelée verte se mêle encore de cette histoire. Enragée par la défaite de celui qui était le plus fort dans ce monde, elle décida de forcer les autres dragons à ravager avec plus de violence tout ce qui se trouvait autour d’eux. »

« L’enfoiré … Il est vraiment horrible ! Enfin, cette gelée est horrible ! Mais je te comprends parfaitement … Je comprends parfaitement ce que tu veux dire. »

« Et donc … Nous étions perdus. Malgré notre alliance, nos forces commençaient peu à peu à perdre de la puissance. Les dragons semblaient comme galvanisés. Cette gelée est vraiment au-dessus de tout ce que tu as pu voir. »

« Je vois … Je vois où tu veux en venir, Elyséa. Tu peux continuer ? »

« Alors … Nous avons décidé d’avoir recours à des créatures qui étaient quand même capables de tenir tête aux pokémons dragons : les pokémons de métal. Tu les connais déjà, Kéran, n’est-ce pas ? Tu les as rencontrés. »

« C’est le cas. Même s’ils étaient tous possédés. »

« Nous avons compris que si une personne ou un pokémon se faisait posséder par un pokémon spectre ou ténébreux, sa puissance s’en retrouverait dédoublée. C’est pourquoi nous avons alors décidé de … faire que les pokémons de métal soient possédés. »

« HEIN ?! Mais vous êtes fous ! Comment est-ce qu’ils … »

« Ils ont accepté de leurs plein gré. Mais voilà … Avoir une telle puissance peut pervertir une bonne partie des êtres et les pokémons ténébreux et spectraux n’en font pas exception. C’est pourquoi les premiers incidents se firent sentir en même temps que les combats recommençaient les uns après les autres. »

Les premiers incidents ? Qu’est-ce que … Ah oui, bien entendu. Les premiers actes criminels de la part des pokémons possédés. Bien que cela n’était pas de leurs fautes. Bien entendu … Mais il n’avait pas encore tout entendu, il en était sûr. Et en même temps, il avait plutôt chaud et était un peu … excité.

« Euh … Est-ce que je peux quitter ta poitrine, s’il te plaît ? »

« Hum ? Ah … Oui … Tu commences à tremper mon haut avec ta sueur. »

Hein quoi ? Que ? Il retira sa tête, regardant la poitrine d’Elyséa avant de rougir violemment. C’est vrai que là … Euh … Enfin … Il valait mieux … Il fit un demi-tour sur lui-même, essayant de penser à autre chose. Cela n’avait été que de petits morceaux de chair transparents, pas la globalité des seins mais … C’était suffisant pour le mettre en émoi. Il était faible comme homme, très faible même.

« Kéran … Est-ce que par hasard, mon corps t’exciterait ? »

« Je crois que le froid même dans un rêve est problématique. Enfin … Je crois, je n’en suis pas si sûr que … Et ensuite, je … »

« Cela doit être le froid aussi … de mon côté. Kéran, il vaut mieux que nous ne nous regardons plus tous les deux. Du moins, jusqu’à ce que nous soyons plus calmes. »

Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Il se retourna avant même qu’elle ne soit plus de face. AH ! Euh … A travers le tissu trempé et même si ce n’était pas à ce niveau, il voyait parfaitement que … Enfin, l’excuse du froid … ET ZUT ! QU’EST-CE QUI LUI PRENAIT ?! Pourquoi est-ce qu’il réagissait ainsi ? POURQUOI ?

« Les combats continuaient sans cesse, sans jamais s’interrompre. »

« Hein quoi ? AH ! Tu as repris l’histoire ? Je peux … enfin m’asseoir contre un rocher ? »

« Fais donc … Je fais de même mais nous ne nous regardons pas. »

Elle disait cela alors qu’il s’exécutait. Peut-être que oui ? Ca serait la meilleure solution pour eux deux. Enfin … A ses yeux. Il vint s’installer contre un rocher mais du côté extérieur au cercle de pierres, ainsi, il était sûr de ne pas la voir.

« Mais peu à peu, grâce à l’aide des pokémons métalliques, nous avons fini par reprendre le dessus. Encore une fois … Encore une fois … Et cette gelée n’était plus qu’un mauvais souvenir ou presque. Je pense qu’il faut t’en dire encore plus à ce sujet. »

« Peut-être que tu préférais le vivre ? Le vivre en direct ? »

« Hein ? Tu es sûre de cela ? Je croyais que tu n’aimais pas parler de ton passé. » bredouilla Kéran, étonné de la proposition de la femme aux cheveux blancs.

« Cela est un cas assez spécial qui mérite que tu le vois … Je ne veux pas en parler sans que tu ne comprennes ce qui s’est passé. »

« Je … Enfin … D’accord … Est-ce que tu veux mon haut, Elyséa ? Comme ça, il n’y a plus de problèmes pour la tenue et … »

« Kéran … Je vais te montrer les derniers instants de ma vie. »

QUOI ?! Il se redressa aussitôt, se retournant avant de sursauter. Elyséa était à quelques centimètres de lui, le visage neutre et impassible. Elle venait de dire quoi ? Qu’est-ce qu’elle venait de dire ? Il n’avait quand même pas mal entendu non ?

« Je … Elyséa … Tu veux me montrer ta … »

« Mort ? Pour le bien de ta compréhension, cela est nécessaire, oui. »

Le bien de sa compréhension était justement un bien grand mot. Il la regarda avec appréhension, ne sachant pas réellement s’il devait l’écouter ou non. Mais elle lui prit la main et tout le décor devint noir autour d’eux. Noir … avant de devenir une zone qu’il connaissait bien … Puisque c’était celle où, d’habitude, ils allaient s’entraîner.

« Cette fois-ci, nous allons voir … mes derniers moments. »

« … … … Elyséa, je ne suis pas sûr que ça soit la meilleure chose qui soit. »

Mais elle ne répondit pas. Alors … Il prit sa main plus fortement, la serrant en croisant ses doigts avec les siens. Déjà … Il se sentait un peu défaillir. Assister à une mort … d’une personne proche. Il ne voulait pas … Mais assister à sa propre mort ? Il ne savait pas comment Elyséa allait réagir mais il serait à ses côtés au cas où. Car il ne voulait pas que cela la brise … même si elle semblait déjà préparée au pire.

Chapitre 183 : Une cheffe peu commune

Chapitre 183 : Une cheffe peu commune

« ELYSEA ! VRAIMENT ! »

Le jeune homme aux cheveux gris était debout, les bras croisés, vraiment en colère. Il se trouvait au beau milieu d’un domaine de pierre, semblant en colère alors que de derrière une pierre de forte taille, une voix féminine murmurait :

« Oui ? Que se passe-t-il, Kéran ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« TU LE SAIS PARFAITEMENT ! Ne te moque pas de moi ! Je déteste ça ! » cria une nouvelle fois le jeune homme aux cheveux gris alors que finalement, elle apparaissait de derrière la pierre. Simplement vêtue d’un pantalon de toile noir et d’un marcel de couleur blanc qui serrait un peu trop sa poitrine, elle reprit :

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Est-ce que tu veux t’exprimer plus ? S’il te plaît ? »

« … … … Arrête de te moquer de moi ! Je suis vraiment sérieux sur ce coup ! Elyséa ! Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?! Hein ? Pourquoi ?! »

« Car je n’avais pas envie que tu vois ma forme de pokémon. Où est donc le problème ? »

… … … Elle se moquait de lui, ce n’était pas possible autrement ! Elle ne voulait pas le problème ? Mais lui le voyait parfaitement ! Il voyait parfaitement le problème contrairement à elle ! Pourquoi est-ce qu’elle ne comprenait pas qu’il aurait voulu en savoir plus ?!

« Et pourquoi tu ne voulais pas que je te vois sous cette forme ? »

« Car tu m’as toujours vue en tant qu’humaine … Alors … Si tu commences à me considérer comme une pokémon et non comme une humaine, je … »

« Euh … Enfin, Elyséa, qu’est-ce qui vous prend à toi et à Dumasch ? Enfin, je … Je vous trouve un peu bizarre depuis ce matin. Et puis, maintenant, à cause de toi, je ne saurais pas du tout ce qui va se passer. Je ne connaitrai pas cette histoire et … »

« Si tu veux, je peux te la raconter ici … en privé. »

Drôle de proposition de la part d’Elyséa mais … Elle était sérieuse, vraiment sérieuse même. C’était assez étonnant de sa part mais il ne pouvait pas refuser cela. Enfin … Pourquoi en privé et pas devant tout le monde ? Il pensait que …

« Pourquoi est-ce que tu ne me laisses pas me réveiller plutôt ? Ça serait mieux non ? »

« Tu semblais un peu anxieux et sur les nerfs à cause de l’apparition d’Hokan sous sa forme humanoïde. Comme je te l’ai dit, il n’y a rien entre lui et moi. »

« Pourquoi est-ce que tu me répètes cela ? Je le savais parfaitement … Enfin … Tu ne fais que me le répéter depuis le début. Je crois que j’ai bien compris. »

« Tu poses beaucoup de questions mais est-ce que tu veux des réponses ? »

Il allait réplique que oui mais … La phrase qu’elle venait de dire avait une connotation différente. Elle vint s’asseoir contre un rocher, tendant bien ses jambes comme pour inviter Kéran à s’y installer. Avec lenteur, le jeune homme accepta, posant sa tête.

« Qu’est-ce que tu veux … réellement, Elyséa ? Je … ne comprends pas vraiment. »

« Je ne sais pas ce que je veux aussi … Ainsi, nous sommes deux à être plongés dans l’incompréhension, j’en suis vraiment désolée … si tu attendais quelque chose. »

Ah … Oui … D’accord. Ca n’expliquait pas grand-chose mais bon … Il préférait ne pas faire de remarque envers la jeune femme aux cheveux blancs. Il resta imperturbable tandis qu’Elyséa faisait de même. Pendant plusieurs minutes, rien ne se fit entendre, rien du tout. Seulement le silence présent autour d’eux … rien d’autre. Finalement, Elyséa vint le briser, disant d’une voix neutre :

« Hokan est quelqu’un d’assez spécial si tu veux tout savoir. Mais … Il était humain, comme nous tous, voilà tout. Mais aussi un enfant … Et un enfant a besoin d’un père ou d’une mère. Pour Hokan et Hyathéna, l’unique parent qu’ils avaient … était un Dracolosse de couleur blanche. Vraiment exceptionnel … Et il était possédé lui aussi. »

« Mais s’il était possédé, est-ce qu’Hokan et Hyathéna l’étaient aussi ? »

« Non … Eux … Bizarrement, cette gelée infecte ne semblait pas vouloir posséder les deux enfants. Mais ce n’est pas tout … Ce Dracolosse blanc était considéré comme le plus puissant dragon au monde … mais aussi celui qui était le plus possédé. »

« Mais comment ont-ils survécu avec les dragons possédés ? »

« Je ne sais guère comment. Peut-être qu’ils restaient une parcelle … d’humanité chez les pokémons ? Dis comme cela, ça semble stupide et pourtant, je sais que tu comprends où je veux en venir, n’est-ce pas, Kéran ? »

« Bien entendu … Bien entendu … Enfin … Oui … Et ensuite ? »

« Ensuite ? Hum … Je vais tout te raconter plus exactement. Installe-toi correctement. »

Il ne l’était pas déjà sur les genoux de la femme aux cheveux blancs ? Pour elle, visiblement, ce n’était pas le cas. Elle prit son visage entre ses deux mains pour que sa tête soit posée correctement sur ses genoux … mais aussi contre le ventre d’Elyséa.

« Est-ce que ça te convient mieux comme ça, Elyséa ? »

« Ne dit pas cela comme si c’était toi qui avait fait ainsi, Kéran. Mais oui … Cela me semble plus convenable. Où en étais-je donc ? »

« Bref, tu as pu savoir d’où provenaient Hokan et Hyathéna. Peut-être devrai-je maintenant parler de moi, non ? Ca ne serait pas une bonne idée ? »

« Parler de toi est toujours une excellente idée. »

Elle lui donna une petite pichenette sur le nez, lui arrachant un petit cri de douleur alors qu’elle murmurait qu’il était un parfait imbécile de parler de la sorte. Ça ne marchait pas comme ça avec elle, il devrait le savoir pourtant, n’est-ce pas ?

« Tu en sais déjà tellement à mon sujet. Mais quand même … Pourquoi est-ce que je te parle tellement de moi ? Pourquoi est-ce que je vais jusqu’à discuter avec toi dans tes rêves ? »

« Car tu m’aimes bien ? » répondit le jeune homme, cherchant à rigoler, Elyséa murmurant :

« Si je te haïssais après plus de dix ans à posséder ton corps, cela serait problématique et … »

« Enfin, c’est pareil pour moi, tu sais hein ? Si j’avais décidé de te haïr, je l’aurai fait bien avant … Mais je ne peux pas te haïr, pas du tout. Si je suis en vie, c’est grâce à toi et à personne d’autre. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas. Voilà tout … »

« … … … Kéran. Merci pour tout. » souffla Elyséa, penchant sa tête en avant pour l’embrasser doucement sur le front, comme on le ferait à un enfant.

Hey hey hey ! Il n’avait rien contre ça ! Mais bon, maintenant, il faudrait qu’elle continue à parler, n’est-ce pas ? Car elle avait surement beaucoup à lui dire, il en était sûr et certain ! Mais bon … Il ne faisait que patienter et visiblement, elle aussi. Elle passa une main dans ses cheveux, les caressant tendrement. Ils pouvaient patienter et …

« Dis … Est-ce que tu crois que c’est considéré comme une trahison ? De me laisser caresser les cheveux par une autre femme que Katérina ? Sachant que je suis sur les genoux de cette femme justement et que je … »

« Que cela gêne Katérina est le dernier de mes soucis. Ce n’est pas la première fois que je le fais, ça ne sera pas la dernière fois. Avant même que tu ne la connaisses, je le faisais déjà. »

« Hein ? Mais comment est-ce possible ? Je ne savais même pas que j’étais possédé ! » dit le jeune homme, se relevant un peu alors qu’elle restait imperturbable.

« Et ? Tu ne crois pas que … Non. Rien du tout. Ce n’est pas important. »

« Tu en as déjà trop dit ! Maintenant, parle, Elyséa ! »

Il avait arrêté de rester sur ses genoux, la regardant en attendant qu’elle lui réponde. Elle savait quelque chose ou alors, il y avait autre chose ! Mais quoi donc ? Qu’elle parle ! La jeune femme le fixa pendant quelques secondes, soufflant :

« Kéran … Quand tu étais enfant, tu ne faisais pas de cauchemars, tu crois ? »

« Si … Ca m’arrivait souvent. Enfin, je ne m’en rappelais que très peu mais avec la mort de mes parents, qui ne ferait pas de cauchemars hein ? Mais en même temps, bizarrement, ça se passait bien mieux quand je me réveillais. Il y avait Sélia à mes côtés et en même temps, mes rêves n’étaient pas si obscurs que ça et … Attends, un peu … Tu veux dire que si je dormais plus paisiblement que prévu, c’était … Elyséa, c’était grâce à toi ? Mais quand même, je … Enfin, Elyséa ! Qu’est-ce que tu n’as pas fait pour moi ?! »

Sans prévenir, il se jeta sur elle, la femme se cognant contre le rocher alors qu’il venait l’enlacer tendrement, très tendrement même. Elle resta imperturbable, du moins, autant qu’elle pouvait l’être alors qu’il continuait de la garder contre lui.

« Ce que je n’ai pas fait pour toi ? Tellement de choses … Kéran … Tellement. »

« Mais tu en as déjà fait trop. »

Peut-être ? Elle ne savait pas. Elle ne s’était pas posé la question alors que le jeune homme restait sur elle. Dans cette position, c’était assez gênant, très gênant même. D’ailleurs, il s’était mis à rougir faiblement à cause de cela.

« Euh … Je vais me pousser, ça sera bien mieux. »

« Je pense que ça sera mieux, oui, Kéran. Si tu veux que je reprenne l’histoire. »

Il vint se placer à côté d’elle, attendant qu’elle raconte ce qui s’était passé. A force de parler de tout et de rien, il faisait n’importe quoi et il n’avait pas la suite de l’histoire. Il attendit qu’elle reprenne, chose qui arriva après quelques secondes.

« Kéran … Donc je disais … Enfin, tu connais une partie de mon passé, n’est-ce pas ? »

« Je sais aussi que tu t’entrainais comme une dingue et que tu étais du genre solitaire. C’est bien ça non ? Ou alors, je me suis trompé sur ton compte ? »

« … … … Disons que tu ne modères pas tes propos, ce qui est assez embêtant en un sens. »

« Hey … Je ne fais que dire ce que je vois … Mais je me tais ! Reprends la parole ! » répondit le jeune homme, faisant un geste pour sceller ses lèvres.

« Hum … Je l’espère. Soit … En quelque sorte, tu as remarqué que j’étais douée au combat, n’est-ce pas ? Tout cela m’a ouvert des « portes », si on peut dire. »

Des portes ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Il attendit qu’elle reprenne la parole, chose qui arriva peu de temps après alors qu’il l’écoutait attentivement :

« Dès ma majorité, quelques temps après, je fus celle qui dirigeait les humains pendant cette bataille contre les pokémons dragons. Tu imagines le poids des responsabilités ? A dix-huit, j’étais déjà celle sur qui le monde entier comptait dessus. »

« … … … Une héroïne. Je suis possédé par une héroïne. Mais en même temps, je commence à comprendre pourquoi tu as donc ce caractère. »

« Ça veut dire quoi ça, Kéran ? » répliqua la femme aux yeux bleus en le regardant avec intensité. HEY ! Il avait rien dit de mal normalement !

« Que je comprends que souvent, tu préférais être seule et isolée. Tu avais besoin de cela, que l’on te laisse tranquille. Je comprends parfaitement … Enfin, à force, je trouve que ça te correspondait plutôt bien, Elyséa. Vraiment très bien, oui … »

« Si tu veux tout savoir, c’est à partir de là que … Enfin … Grâce à … Comment je pourrai te le dire … Je ne sais pas vraiment. »

Elle ne savait pas vraiment quoi ? Elle n’arrivait pas à trouver ces mots ? C’était étonnant de la part de la femme aux cheveux blancs mais bon, il attendrait. Rien n’était pressant pour le moment. Qu’elle cherche ce qu’elle avait à dire et il l’écouterait.

« Ah … Oui … Je m’en rappelle maintenant. Je sais ce qui s’est passé à ce moment-là. Je te parlais de la guerre entre les dragons et l’alliance formée par les humains et les pokémons. A ce moment, nous ne savions pas qu’ils étaient possédés. »

« Et qu’est-ce que vous avez fait alors ? Enfin … Tu parles comme si tu avais … »

« J’ai combattu le Dracolosse Blanc … Et j’ai réussi à le battre mais à un prix des plus horribles : je l’ai tué en visant Hokan. Le Dracolosse Blanc a fini par se sacrifier en défendant le jeune homme. Je le considérais comme un ennemi, je les considérais comme des monstres sanguinaires. Mais tu vois … C’est à ce moment précis que j’ai compris que quelque chose clochait avec eux … lorsque j’ai vu qu’il n’y avait pas que du sang qui s’écoulait de son corps. Et puis … Maintenant, je me dis que dans le fond, le Dracolosse Blanc, bien que possédé, a réussi à surpasser cette gelée … qui le possédait. »

« Je vois … Est-ce que tu t’en veux aujourd’hui, Elyséa ? »

« M’en vouloir ? Je m’en veux toujours … J’ai éliminé le père de deux enfants. Tu sais … Combattre et tuer, je ne le fais pas par plaisir. Je n’ai jamais voulu cela. »

« Ne t’en fait pas … Je comprends parfaitement ce que tu veux dire, Elyséa. »

Mais il voyait la mine déconfite et triste de la femme aux yeux bleus. Il tapota doucement le sommet du crâne d’Elyséa, celle-ci soufflant :

« Kéran … Je n’ai jamais voulu que tu mettes à combattre. Ce n’était pas une vie de la sorte que je voyais pour toi. Mais plus tu grandissais, plus tu allais te joindre aux missions de Sélia. Et plus je me disais que … tu allais devenir comme moi. »

« Et ? Où est le problème ? Est-ce que c’est une mauvaise chose ? »

« Arrête tes idioties, je suis sérieuse, Kéran. Je ne veux pas que tu deviennes comme moi, pas de la même façon … Pas de cette façon, je suis vraiment désolée mais … »

« Je suis le seul à décider de qui je dois prendre comme modèle ou non. Si je veux suivre tes pas, je le ferais … et pour l’heure, mon modèle principal est à côté de moi. »

« Je ne répondrai même pas à cela. »

Pas du tout. Elle ferma les yeux, cherchant le prochain pan de l’histoire qu’elle allait lui raconter. Elle murmura qu’elle allait revenir d’ici quelques minutes, disparaissant du rêve de Kéran qui restait au beau milieu du cercle de pierres, seul. Où était donc parti Elyséa ? Peut-être aller voir où en était Dumasch avec les autres.

Chapitre 182 : Difforme et vivante

Chapitre 182 : Difforme et vivante

« La chose ? Mais la météorite n’était pas celle responsable de l’extinction de l’espèce humaine ? Enfin, de la quasi-extinction ? »

« C’est le cas … mais visiblement, elle n’était pas seule, loin de là. Un … habitant … ou quelque chose provenant de l’espace s’y trouvait dessus. »

Quelque chose ? Enfin … Dumasch savait surement de quoi il parlait mais ce n’était pas que ça … Il y avait aussi autre chose normalement. Enfin … Non ! Pas comme ça ! Il hocha la tête positivement, regardant quand même Katérina. Celle-ci semblait fixer longuement Dumasch, comme sous son charme. Enfin, c’est ce qu’il croyait voir. Il se trompait surement.

« A quoi ressemblait donc cette chose qui provenait de la météorite ? » demanda-t-il pour éviter de penser à une telle absurdité.

« Hum ? Elle n’avait pas vraiment de forme … mais elle était intelligente, très intelligente … Vraiment très intelligente. Si tu veux tout savoir, elle ressemblait plus à une masse informe, comme de la gelée verdâtre. Quelque chose de vraiment répugnant, rien qu’à voir. »

… … … De la gelée, de la répugnance ? D’accord, il voyait de quoi il voulait parler à peu près. Ce n’était guère réjouissant mais c’était bien ce qui se passait actuellement. Enfin bon … Il fallait s’en douter de toute façon. Mais … Katérina ? Est-ce qu’il était un peu jaloux ? Il regarda la jeune femme, celle-ci tournant son visage vers lui. Il tapota doucement ses cuisses pour qu’elle vienne s’asseoir sur lui, chose qu’elle fit avec affection.

Voilà … Il se sentait déjà un peu mieux dans le fond. En fait, beaucoup mieux même. Il vint tout simplement placer ses mains sur son ventre, comme pour se rassurer qu’elle ne partait pas. Mais il voyait bien que Katérina ne faisait que regarder Dumasch. Puisqu’il en était ainsi, il allait faire de même avec Elyséa ! Non … Il ne devait pas faire de même. Ca ne se faisait pas … Regarder une autre femme juste pour faire enrager la personne.

Ce n’était pas une bonne chose mais en même temps … Revoir Elyséa en face de lui … En chair et en os, c’était autre chose que tout ce qui était imaginaire. Mais bon … Est-ce que c’était vraiment ça qu’il voulait ? Enfin … Il était perdu et perplexe.

« Continue de raconter l’histoire, Dumasch. J’ai … quelque chose à faire. »

Hein quoi ? AH ! Elle avait remarqué qu’il la fixait ? Comment … Enfin non, ce n’était pas ainsi qu’il devait penser mais … AAAAAAAAH ! Elle revint en lui, disparaissant à l’intérieur alors que Katérina lui demandait ce qui se passait.

« Je ne … Enfin, rien de bien grave, il faudrait écouter Dumasch puisqu’il va nous raconter tout ce qui s’est passé. Enfin, ne t’en fait pas … »

« Oh ? C’est donc pour ça que tu as vraiment une triste mine, Kéran ? » murmura une voix en lui alors qu’il s’arrêtait de parler, souriant à Katérina pour la rassurer alors qu’il ne l’était même pas lui-même. Elyséa … venait de lui parler.

« C’est aussi simple que ça … Elyséa. C’est bête, non ? »

« Cela prouve que tu tiens à elle. Et il est vrai que Dumasch a un certain charme indéniable. Tout cela à cause d’une seule et unique chose : il est lié aux dragons. Or, les dragons sont des créatures magnifiques à la base. »

« Est-ce que … tu es aussi attirée par lui, Elyséa ? » demanda faiblement Kéran, baissant la tête avec une certaine tristesse.

« … … … Je … » commença à dire Elyséa sans même pourtant répondre réellement. Le jeune homme poussa un petit soupir au fond de lui. C’était donc ça … Il fallait s’en douter. Il était vraiment exceptionnel comme homme.

« Le charisme de certains est vraiment superbe. »

« Je ne l’aime pas. Loin de là … Nous sommes des ennemis … Tout nous oppose, lui et moi, Kéran. Nous sommes deux adversaires … et même si nous avons fait la paix lorsque nous étions vivants, je n’ai jamais été intéressée par lui. »

« C’est vrai ? Tu me le promets, Elyséa ? » bredouilla Kéran.

« Je te le promets, Kéran. Promis juré. » chuchota doucement Elyséa alors qu’il sentait comme deux mains qui venaient l’enlacer par derrière. Mais … Ce n’était pas physique, c’était autre chose … de plus profond. Comme si c’était son âme elle-même qui se faisait enlacer. Elyséa … Elle ne mentait pas mais il se sentait bien plus chaud maintenant. Bien plus chaud et soulagé, il ne savait pas comment réellement l’exprimer.

« Maintenant que tu vas mieux, est-ce que tu veux l’écouter ? »

« C’est un beau parleur … J’aimerai plutôt que tu me racontes de ton côté, Elyséa. »

« Pour cela, il faudrait que tu dormes or je ne crois pas que ça soit le cas, n’est-ce pas ? »

« … … … Tu marques un point. Merci, Elyséa … pour tout. »

Elle ne lui répondit pas, Kéran continuant de sentir cette chaleur l’envahir au fur et à mesure. C’était si bon … mais tant mieux. Maintenant, il allait mieux. Il pouvait supporter Dumasch, même si la raison était différente de celle habituelle. L’homme était déjà en train de raconter comment le monde a radicalement changé. Il avait vraiment l’air d’un chef …

« Kéran ? Kéran ? Tu t’es assoupi ? » demanda Katérina, fixant le jeune homme.

« Oh … Non … Non … Sans mentir, non. D’ailleurs, regarde : Swar est de retour. » déclara le jeune homme en montrant la femme en armure noire qui faisait son apparition à nouveau.

« Où en étais-tu, Dumasch ? » dit-elle en se tournant vers l’homme aux cheveux blonds.

« J’en étais à la présentation du monde dans lequel la météorite est tombée. Tu veux prendre la suite ou non ? » questionna Dumasch en attendant sa réponse.

« Je vais le faire … Tu peux aller te reposer. »

Se reposer ? Kéran haussa un sourcil mais comprit où elle voulait en venir lorsque Dumasch disparu pour retourner en Katérina. D’ailleurs, lui, il remarquait qu’il n’avait pas eu mal au cœur sur le moment. Est-ce qu’il supportait bien mieux Elyséa ?

« Hum … Maintenant que vous savez complètement ce qui s’est passé par rapport à la chute de la météorite, je vais pouvoir donc vous parler de la chose en elle-même. Enfin, d’après ce que j’en sais et mes connaissances sur le sujet. »

« Petite question, madame Swar, comment est-ce que cela se fait que vous ayez une forme humaine ? » demanda Iyasminé, un peu intriguée.

« Oh ? J’ai aussi une forme … basique mais seuls les plus grands spectres et pokémons ténébreux sont capables de reprendre leur forme d’origine. »

« Est-ce que vous pouvez nous montrer à quoi vous ressemblez ? » dit la princesse une nouvelle fois, Kéran semblant surpris. C’est vrai, il n’avait jamais pensé à dire cela.

« Hmm … Je vais y … » commença à murmurer Elyséa avant de poser ses yeux saphir sur Kéran. Elle claqua des doigts, une fumée noire se formant autour du visage de Kéran. « Je vais le faire mais avant, il vaudrait mieux … »

« HEY ! Pourquoi est-ce que je suis aveuglé ?! Swar ? Qu’est-ce que tu fais ?! »

« S’il te plaît … Reste tranquille. Bon … Je vais vous montrer ma véritable forme alors. »

« MAIS JE VEUX VOIR AUSSI ! »

« Moi, je ne veux pas. » rétorqua-t-elle tandis que Kéran cherchait à se débarrasser de la fumée sans y arriver. Il fit tomber Katérina sur le côté, s’excusant brièvement alors que déjà, le corps de la jeune femme flamba subitement, ses jambes disparaissant au fur et à mesure en même temps que son armure de métal. Peu à peu, ce fut des pattes noires qui remplacèrent ses jambes, une flamme blanche qui remplaçait ses cheveux. Des griffes à la place de ses mains. Et tout son corps était entièrement noir, sauf ses yeux bleus. Elle avait une sorte de collier rouge autour du cou alors que les personnes reculaient un peu.

« Impressionnant … Enfin, très impressionnant même … Vraiment … » dit l’un des gardes tandis que Kéran se débattait avec la fumée noire autour de son visage.

« Mais qu’est-ce … HEY ! Swar, ce n’est pas sympathique de ta part ! Si tu continues à faire ça, je crois que je vais dire ton nom à tous ! »

« Si vous voulez bien me pardonner … »

La voix avait perdu de sa féminité tandis que la créature fonçait maintenant vers le jeune homme qui tournait sur lui-même. Une patte se posa sur le front de Kéran, celui-ci s’écroulant au sol, endormi et assoupi. Du moins, il aurait normalement dû tomber au sol mais Swar l’avait rattrapé avant qu’il ne tombe, le déposant doucement dans l’herbe.

« Voilà … Excusez-moi pour tout cela. Où en étions-nous ? »

« HEY ! Si tu commences à raconter, Kéran doit être réveillé ! C’est important ça ! » coupa Katérina, retrouvant sa colère caractéristique.

« … Je lui raconterais tout en tête à tête. Pour l’heure, c’est mieux que … »

« Swar, sans vouloir trop te déranger, pourquoi est-ce que tu as refusé que Kéran te voie ? »

Ce fut Loa qui avait pris la parole, un petit sourire amusé aux lèvres alors que la créature ténébreuse posait ses yeux saphir sur elle. Cela semblait … la distraire.

« … … … Ce n’est pas le sujet. Maintenant que vous vous êtes assez amusés tout le monde, nous allons reprendre. Ah … »

L’être ténébreux reprit sa forme féminine, posant une main sur son front tout en observant brièvement Kéran qui dormait paisiblement. Elle s’éloigna de lui tandis que Katérina venait prendre la tête du jeune homme sur ses genoux.

« Reprenons … là où nous en étions. Maintenant … Cette fameuse substance vivante et intelligente. Elle n’a pas réellement de nom mais il faut que vous compreniez ce qui s’est passé. Après l’incident de la météorite, les humains comme les pokémons étaient presque tous morts. Mais pas seulement … Là où la météorite est tombée … s’appelle la montagne des dragons. Cette substance a décidé d’envahir un par un les dragons. »

« AIE ! Ca fait mal ! Dumasch ! Tu te calmes ? »

Elle avait ressenti la colère de Dumasch en elle. C’était donc ça ? Les dragons … avaient été possédés eux aussi ? Mais par cette substance gélatineuse ? Swar continua :

« Cette météorite … Enfin, cette substance ne faisait que posséder les dragons, un par un, sans même se soucier du nombre. Elle était capable de se démultiplier et de parasiter plusieurs corps. Néanmoins, parmi ces dragons, deux humains étaient présents. Eux-mêmes furent saufs. Ces deux humains s’appelaient … »

« Tu peux le dire, cela ne me dérange pas. » murmura calmement la voix à l’intérieur de Katérina bien que la femme aux cheveux argentés sentait que la voix tremblait.

« Deux enfants en bas âge : un jeune garçon nommé Hodan et une fille encore plus jeune nommée Hyathéna. Voilà leurs noms. Bien que cela semble être une sœur et un frère, ce n’était pas le cas. La jeune fille avait été récupérée par le jeune garçon qui l’avait trouvé lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. La différence d’âge était de quatre ans. »

« Est-ce que c’est vraiment nécessaire, ce genre de détails, Swar ? » déclara Dumasch en Katérina. Celle-ci avait rapidement compris qui était ce fameux Hodan.

« Cela est nécessaire en quelque sorte … car … Hmmm … Non. »

La femme en armure noire s’arrêta dans ses propos. Ce n’était pas à elle de dire cela. Ca ne la concernait pas directement. Ce qui s’était passé … ne concernait que les deux personnes citées. C’était à elles de régler cela … lorsqu’elles se retrouveront.

Les secondes s’écoulèrent sans qu’aucun mot ne fût dit. Swar était là, toujours debout mais inactive. La femme aux cheveux blancs resta de marbre avant que n’apparaisse à nouveau Dumasch, l’homme aux cheveux blonds disant :

« Tu peux retourner à l’intérieur. Je vais parler de cette guerre. »

« Merci beaucoup … » murmura tout simplement Swar avant de disparaître à nouveau. Cette fois-ci, elle allait veiller sur le jeune homme sans rien faire d’autre.

« Bon … Elle en était au moment où les dragons furent possédés par cette substance. Je ne peux pas lui donner de nom … car je ne le connais pas. Néanmoins, son but était simple, très simple : devenir plus forte, toujours plus forte … Elle s’en est prise alors aux dragons, les créatures les plus puissantes à l’heure actuelle … du moins à l’époque. »

« Et à partir de là ? Qu’est-ce qu’ils ont fait d’autre ? »

« Ce qu’ils ont fait ? Les dragons, contrôlés par cette gelée verdâtre, ont décidé alors de balayer le monde leurs souffles. L’éradication complète des espèces inférieures. Il faut savoir une chose : les dragons à la base, sont, dans la grande majorité d’entre eux, des pokémons pacifiques et qui n’hésitent pas à sauver des vies humaines ou d’autres vies pokémon. »

« Mais pourtant, ils ont fini par être possédé donc … Ils s’en sont pris aux humains, c’est ça qu’il faut remarquer ? » dit l’une des soldates du Dominion Naturel encore réveillée.

« C’est ça … Exactement cela pour être plus précis. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’il fut décidé d’une alliance. Une alliance entre les pokémons ténébreux et les pokémons spectres … car auparavant, ils se combattaient mais pas seulement. »
Katérina étudiait Dumasch ou plutôt Hodan, se demandant comment il faisait pour avoir un tel charisme. Ce n’était pas normal, n’est-ce pas ? Elle se rappelait principalement l’être un peu fou en elle, pas le genre de personnages qu’elle avait en face d’elle actuellement.

« L’alliance se focalisait aussi sur les humains pour les aider à survivre. Car à l’époque, les pokémons ténébreux et spectraux n’étaient pas mauvais … Beaucoup étaient des anciens humains ou pokémons de leurs vivants. Ils connaissaient les rares survivants pour une partie d’entre eux, ils voulaient les protéger. Un tel regroupement n’était donc pas si étonnant que ça dans le fond. »

« C’est difficile à croire … mais dans le fond, en vous regardant, Swar et vous, ou alors le Melancolux de mademoiselle Loa, on peut remarquer que ce n’est pas totalement faux. Comme les pokémons accompagnant les Doctes. » annonça la princesse Iyasminé.

« Ne jamais se fier aux apparences … pour le moment. Peut-être que dans quelques mois, je serai votre ennemi mortel mais pour le moment, je suis celui qui vous conte cette histoire. »

Une histoire qui n’était guère plaisante, il le savait pertinemment. Il regarda Katérina, celle-ci baissant la tête en rougissant un peu, regardant la tête de Kéran sur ses genoux. Elle ne savait pas ce qui se passait avec elle mais ce n’était pas normal. Enfin, pas normal ce qui se passait depuis que Dumasch était finalement sorti de son corps, elle se sentait … vide.

Chapitre 181 : Le véritable ennemi

Chapitre 181 : Le véritable ennemi

« Hmmmm … Ca c’est du bon ré… »

Le jeune homme s’arrêta de parler alors qu’il venait de s’étirer, regardant Katérina qui dormait dans ses bras … sans rien sur le corps et inversement. Du moins, il ne voyait rien avec le sac de couchage mais … il sentait bien … et pas seulement les jambes de la jeune femme mais aussi ce qui pendait entre. Brrr … Il avait fini par s’y habituer mais quand même, c’était assez spécial. Néanmoins, il décida de réveiller Katérina d’une douce manière.

Un doigt posé sur le téton droit, il commença à le caresser doucement, tournant autour avant de le titiller de gauche à droite. Un petit gémissement de plaisir se fit entendre avant qu’il ne commence à faire de même avec le second téton. Finalement, les yeux dorés de Katérina vinrent s’ouvrir, le fixant longuement avant de dire d’une petite voix.

« Tu veux de l’aide pour me réveiller de cette façon, Kéran ? » demanda-t-elle en le regardant. Il répondit en souriant tendrement :

« Je ne pense pas … Je me débrouille plutôt bien non ? »

« Hmmm … Si tu continues, je risque de te demander de me réveiller de la sorte à chaque fois. Mais est-ce que tu es prêt à subir mes assauts sexuels pendant des matinées durant ? »

Elle lui posait la question tout en grimpant sur lui, frottant ses jambes et son sexe contre le sien. Aussitôt, ils sentirent chacun que l’autre vint se raidir au contact charnel entre leurs deux corps. Quoi de mieux pour profiter ?

« Hmm … Mais tu sais … Je suis plus facile à émoustiller quand je me réveille ? »

Elle lui disait cela comme pour l’inciter à continuer … Soit … Il allait bien se motiver tous les deux. Il commença quelques mouvements de haut en bas, son sexe frottant le long du ventre de la jeune femme alors qu’il sentait aussi celui de Katérina qui faisait de même de son côté. Haut bas … Haut bas … Et en même temps, la jeune femme était mieux équipée. Il poussa subitement un cri alors qu’elle faisait de même.

Ils se regardèrent, un peu gênés et confus alors qu’il soulevait le haut du sac de couchage. Et zut … Tous les deux venaient de se salir. Pourtant, elle posa ses lèvres sur les siennes avant de murmurer d’une petite voix mutine :

« Nous sommes bons pour aller nous laver tous les deux. Tu veux me rejoindre ? »

« Une telle invitation, je ne pourrai pas refuser, loin de là même. Je vous suis donc mademoiselle … Une demoiselle très intéressante visuellement. »

« Flatteur, tu sais pertinemment que ça marche avec moi ! »

Elle lui répond avec amusement avant de l’embrasser une nouvelle fois. Elle se met debout, son sexe légèrement tendu malgré l’éjaculation qu’elle a eu comme lui. Au-dessus de ce sexe d’homme, il voit les bourses … Et au-dessous des bourses, il y avait les lèvres vaginales de la jeune femme. C’était le plus important … le plus appétissant.

Une demi-heure plus tard, ils étaient de retour, côte à côte, propres comme des sous neufs alors qu’ils se regardaient en souriant. Ils saluèrent les personnes présentes, leur faisant des sourires amicaux avant de s’installer à côté d’elles.

« Alors ? Vous avez dormi comment aujourd’hui ? » demanda Katérina, heureuse.

« Euh … Bien ? Et toi ? » dit Loa, un peu étonnée par le sourire de la jeune femme.

« Comme une enfant ! Il fallait dire que nous étions assez éloignés de vous donc nous avons pu nous reposer comme il le faut. »

Kéran toussa légèrement comme pour inciter la jeune femme à ne pas trop en dire non plus. C’était assez personnel. La jeune femme rigola, prenant le bras gauche de Kéran avant de se coller à lui. Hum ? Elle semblait un peu différente aujourd’hui.

« Tu ne trouves pas, Elyséa ? » murmura Kéran en lui alors qu’Elyséa lui répondait :

« Si peu … Enfin … Ce n’est rien de bien important ou grave, ne t’inquiète pas. »

« Je ne suis pas vraiment inquiet, tu sais ? C’est Katérina mais enfin … Avec ce qui s’est passé hier. Dis … Je voulais savoir … Ca ne te frustre pas un peu tout ce qui se passe avec elle et moi ? Car même si je préférai ne pas être observé … »

« Insinuerais-tu que je risque d’être déviante et de me jeter sur toi en prenant une forme humanoïde et physique pendant que Katérina a le dos tourné ? »

« Non ! Non ! Enfin … Je ne crois pas que tu sois comme ça, je sais que je te suis indi … »

« Non, tu ne l’es pas. Ne pense pas des choses à la place des autres, Kéran. »

Il reste bouche bée devant les paroles d’Elyséa, ne sachant plus où se mettre. Ce qu’elle venait de dire, elle ne l’avait pas laissé terminer. Qu’est-ce que ça voulait dire au final ? Comment est-ce qu’il devait le prendre ?

Il ne savait plus vraiment quoi dire ou faire après les paroles d’Elyséa, ne faisant que rougir en écoutant les propos de Katérina. Celle-ci cru que c’était à cause d’elle et s’excusa faiblement de le mettre dans l’embarras, Kéran bredouillant :

« Ne t’en fait donc pas, ce n’est pas … Ce n’est pas très grave de toute façon. Enfin … Pour aujourd’hui, je pense que nous pouvons continuer à voyager. »

Et ensuite, ils allaient se diriger vers la montagne des dragons. Du moins, c’est que lui avait en tête mais il n’était pas sûr que tout le monde soit d’accord. Lorsqu’il pensa à sa destination, Elyséa reprit la parole :

« Kéran … A ce sujet … J’aimerai te parler … »

« Me parle au sujet de la montagne des dragons ? Bien sûr, aucun problème. Enfin, ça ne me dérange pas, bien entendu. Est-ce vraiment important ? »

« Est-ce que tu considères que d’habitude, ça ne l’est pas quand je te parle ? »

« Non non ! Elyséa ! Tu sais parfaitement que … »

« Kéran … Je plaisantais … » coupa-t-elle doucement, d’une voix tendre.

« Ah … Je me disais bien aussi. J’ai eu peur sur le coup, Elyséa. Je pensais que tu étais sérieuse mais en fait, tu ne l’étais pas depuis le début. Je suis un peu déçu quand même … Enfin, pas que je me prends pour un homme à femmes non plus. »

« … Peut-être que ce point-là était sérieux, Kéran. Néanmoins, je vais voir s’il est temps ou non de t’en parler. »

Hein ? Que quoi ? Sérieux ? Mais … Comment ? Enfin … Non … C’était une pokémon mais c’était une ancienne femme. Et rien n’empêchait les anciennes personnes même mortes, de pouvoir enfin … M’enfin, non, il était vraiment confus à cause de toute cette histoire. Il valait mieux pour lui qu’il arrête de réfléchir à tout ça. Qu’est-ce qu’Elyséa avait de si important à lui dire ? Car il la trouvait un peu bizarre … mais bon, la pokémon ténébreuse lui en parlerait de toute façon, n’est-ce pas ? Si c’était le cas ?

« Kéran … Sache que tu es important pour moi. »

Elle venait de lire dans ses pensées et elle savait pertinemment qu’elle troublait le jeune homme. En réponse à cela, elle venait d’être sincère, une nouvelle fois. Et encore une fois, lui ? Il se retrouvait tout simplement intimidé. Ce n’était pas avec la même chose que Katérina. Il avait l’impression de découvrir … l’amour avec elle, comme s’ils étaient deux gamins qui ne comprenaient pas encore tout cela.

Alors bon … Avec elle …Enfin, avec Elyséa, c’était plus compliqué. Il la considérait plus mature et femme … sans perdre une once de charme. Elle avait son propre charme mais il aimait Katérina bien qu’il n’était pas indifférent à Elyséa. Comme il ne l’était pas par rapport à Sélia. Ah … Sélia … Ce qu’elle avait dit ce jour-là, avec ses larmes …
Il ne pouvait pas oublier, c’était impossible pour lui d’oublier tout ça. Il souffrait encore mais il préférait ne pas le montrer. Et puis, il se sentait responsable de la mort de Ranor. Et puis … On parlait de Sélia, la jeune femme qui s’était occupé de lui pendant des années. Il avait l’impression d’être ingrat, le pire des ingrats, celui qui ignorait la main qui l’avait nourri lorsqu’elle avait besoin d’aide.
Il aurait pu tirer Sélia du gouffre. Il aurait pu l’en sortir … mais au final, ce qu’il avait fait … C’était tout simplement la retirer, la repousser. Il était stupide … vraiment stupide. Il savait que Katérina en avait rien à faire, voire même qu’elle préférerait qu’elle meure mais … Ah … Il ne voulait pas y penser mais il ne pouvait pas s’en empêcher.

« Tu n’es pas responsable des erreurs des autres. Tu n’étais pas celui qui a guidé Sélia vers cette mauvaise pente, Kéran. »

« Ne raconte pas n’importe quoi, Elyséa. Je le sais parfaitement. Elle était tout pour moi et inversement … Puis j’ai rencontré Katérina et je ne le regrette pas … mais j’ai perdu quelque chose d’aussi important en échange … voilà tout. »

« … … … Je crois qu’il va falloir que l’on parle, toi et moi. Ce soir, nous aurons à discuter avec Katérina et Loa. »

Ah bon ? Et de quoi ? Il aurait bien posé la question mais il valait peut-être mieux qu’il se taise dans le fond. Oui … Ca serait la meilleure chose à faire. Il resta auprès de Katérina, celle-ci semblant vraiment apprécier la journée depuis ce matin.
S’il suffisait de l’aimer un peu plus chaque matin pour avoir ce caractère des plus tendres, il n’allait plus se priver. Il allait le faire un peu plus souvent, oui. Il posa ses lèvres sur la joue de la jeune femme, celle-ci lui demandant ce qui n’allait pas puisqu’il avait fait cela sans aucune intention perverse. Il lui répondit qu’il l’aimait tout simplement.

« Oh … Visiblement, les deux tourtereaux semblent avoir franchi une nouvelle étape. » murmura Loa en leur souriant, Kéran faisant un hochement de tête négatif alors que la princesse du Dominion Naturel les regardait avec interrogation.

Elle ne semblait pas comprendre de quoi ils parlaient et il valait mieux que ça reste le cas. Kéran poussa un petit soupir, se demandant intérieurement de quoi voulait parler Elyséa. Cela concernait peut-être aussi Dumasch, non ? Oh … Il y avait de fortes chances que ça soit le cas d’après le regard qu’elle venait de lui lancer. Euh … Il n’était pas forcément très rassuré mais dans le fond, il espérait que ça concernait la jeune femme aux cheveux blancs.


Car oui, il était toujours intéressé par elle … son passé … Il avait l’impression de ne jamais rien connaître en ce qui la concerne. Et ça l’embêtait grandement, voire même bien plus que ça. Mais bon … Peut-être que ce soir, ça serait le grand soir pour apprendre à son sujet. D’ailleurs, la journée passa rapidement, la marche se faisant assez longue, sans grosses interruptions. Il avait aussi sorti Sarène pour qu’elle puisse prendre l’air.

Puis finalement, la soirée arriva et lorsque les premiers soldats allèrent se coucher, il s’était dit qu’il s’était peut-être imaginer des choses. Il poussa un petit soupir, s’étirant longuement avant de caresser le sommet du crâne de la Momartik. Elle était restée toute la journée avec eux, ce qui était une bonne chose.

« Ça doit te faire du bien, n’est-ce pas ? De pouvoir sortir comme ça. »

« Momar ! Momartik tik tik ! Momartik ! »

« Oui … Je me doute bien … Enfin bon, je … »

« Kéran, nous avons à te parler. » murmura une voix. Il regarda son propre corps sauf que la voix ne provenait pas de là mais de Katérina ?

« Enfin … Non seulement à toi mais aussi à Loa et Katérina. Je pense que Iyasminé peut rester elle aussi. Cela est assez important en un sens. »  déclara finalement Elyséa en lui alors qu’il hochait la tête positivement. C’était donc ça … Mais qu’est-ce qu’il y avait de vraiment important ? Enfin … Ils laissaient Loa et Iyasminé être au courant.

« Est-ce que les membres du Dominion peuvent rester ? »

« Ils le peuvent … Maintenant, ça ne sert plus à rien de cacher la vérité. »

Elle avait signalé cela à la princesse, celle-ci remerciant la voix à l’intérieur de Kéran. Puis subitement, une aura noire se forma autour du jeune homme, une aura noire qui s’échappa de lui. Elle virevolta dans les airs avant de prendre une forme féminine et adulte.

« Que … Qu’est-ce que c’est ? » bredouilla Iyasminé, les membres du Dominion Naturel étant plus que surpris bien qu’ils n’étaient pas les seuls. Loa aussi semblait étonnée mais seule Katérina restait imperturbable, perdant son sourire.

« Je vous présente Swar … La créature qui est enfouie en moi depuis plus de dix ans maintenant. Sans elle, je serai morte depuis longtemps. »

« Nul besoin de continuer à parler, Kéran.  Je pense que … »

« Je vais devoir faire de même ? Visiblement ? Cela sera plus simple pour expliquer. » murmura une voix en Katérina, celle-ci étant maintenant bien surprise. Qu’est-ce que … Dumasch allait faire quoi ? Elle n’avait pas rêvé ou il avait bien dit qu’il allait sortir ? Il ne l’avait jamais fait auparavant alors pourquoi maintenant ! « Car je n’estimais pas cela nécessaire de sortir alors que la personne que je possède me hait au plus haut point. » répondit Dumasch avec lenteur, clouant le bec de Katérina dans les pensées personnelles de cette dernière. Elle se renfrogna, une aura noire se formant autour d’elle avant de s’échapper.

Là aussi, une forme apparue peu à peu, se dessinant. Toute aussi grande que Swar, elle était néanmoins masculine. Des cheveux blonds qui lui allaient jusqu’aux épaules, des mèches qui pointaient vers le ciel, tel une couronne, l’homme portait des vêtements gris avec des rayures noires ainsi qu’une longue tenue rayée de noir et de rouge sous ces habits. Une certaine stature impossible à ignorer, une stature indéniable, il donnait vraiment l’impression d’être un empereur, loin de Karos, le Noctunoir qui fut un jour roi. Le visage froid et neutre, il n’avait pas ouvert les yeux avant qu’une voix ne dise :

« Au final, t’es pas si mal que ça. »

Ce fut Katérina qui brisa le silence, les bras croisés, s’étant adressé à l’homme à l’allure imposante. Celui-ci fit un léger sourire qui haussa un sourcil à Swar, ouvrant finalement ses yeux, laissant paraître deux yeux complètement noirs bien que des pupilles rouges étaient néanmoins visibles à l’intérieur.

« Je pense que je dois te remercier du compliment … Katérina. »

« Dumasch, nul besoin de faire la cour à celle que tu possèdes. Tu pourras envisager cela dans ses rêves. Pour l’heure, nous avons quelque chose dont nous devons vous parler. Nous devrions … vous expliquer … toute l’histoire. »

« Katérina, Loa et Kéran, vous êtes au courant au sujet de la météorite qui s’est effondrée sur la planète il y a de cela fort longtemps, n’est-ce pas ? Aujourd’hui, nous pouvons vous parler de la chose qui l’habitait. » déclara Dumasch.