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Chapitre 95 : En paix avec soi-même

Chapitre 95 : En paix avec soi-même

« Tu es donc de retour, Kéran ? » demanda Loa alors qu’il venait de pénétrer dans l’auberge où ils avaient décidé de se donner rendez-vous. Sans rien répondre, il s’installa en face de la jeune femme, celle-ci ayant commandé une carafe d’eau, reprenant dans un sourire : « Après le petit spectacle de la dernière fois, nous allons éviter que tu bois trop, n’est-ce pas ? »

« Tu sais, Loa … Tout ça n’avait été qu’une excuse, je suis quand même capable de résister à l’alcool, hein ? » répondit le jeune homme alors qu’elle rigolait un peu :

« Oh ? Une excuse ? Et pourquoi donc ? Pour m’adresser la parole ? Pour venir discuter avec toi ? Tu n’es quand même pas sérieux, n’est-ce pas ? Tu sais que pour courtiser les jeunes femmes, il y a des méthodes bien plus efficaces ? »

« Hein ? Quoi ? Courtiser ? Mais non, je ne pensais pas à ça. Pas à ça du tout. Enfin, disons que … Les gros problèmes … Je ne sais pas comment l’exprimer. »

« Je comprends parfaitement ce que tu voulais dire, néanmoins, on va quand même éviter l’alcool. Tu veux parler de ta petite réunion avec cette jeune femme ? Elle était plutôt imposante et grande, non ? Mais vraiment très sympathique à première vue. »

« Je préfère … éviter d’en parler justement, si c’est possible. »

« Hum … D’accord, d’accord. Mais alors, trouvons donc un autre sujet de conversation. Depuis quand est-ce que tu la connais ? Tu veux bien me raconter ce qui s’est passé ? Mais pas aujourd’hui, bien entendu … Mais plutôt ton histoire. »

Son histoire ? Son passé ? C’est ce qu’il chercha à confirmer alors qu’elle hochait la tête, répondant par l’affirmative. Elle voulait savoir comment il avait connu Sélia ? C’était pourtant très simple, vraiment très simple et puisqu’elle voulait savoir, autant lui répondre alors … Il n’avait rien à perdre à ce sujet.

Il poussa un petit soupir après avoir terminé son histoire, Loa semblant légèrement confuse et gênée. Elle avait posé une question plus qu’embarrassante au jeune homme. Ça ne devait pas être très plaisant de parler de cet instant. Elle bredouilla :

« Désolée, Kéran. Je ne pensais pas que … tes parents étaient morts. »

« Sélia s’est occupé de moi pendant des années comme son petit frère. C’est pourquoi je suis toujours avec elle et que j’essaie de la voir quand je le peux, c’est aussi simple que cela. Tu vois où je veux en venir, tu comprends ce que je veux dire ? »

« Bien entendu … Mais bref, c’est juste que tu ça n’avait pas l’air d’aller très bien ces derniers heures et quand tu es revenu, tu avais une mauvaise mine. Je m’inquiétais donc mais je crois que j’aurai mieux fait de me taire. »

« Mais non, mais non, ne t’en fait pas, ça ne me dérange pas d’en parler. C’est juste que je n’ai pas vraiment de souvenirs de ma famille, de ce que j’étais avant. Disons que j’ai comme un gros trou de mémoire dans le crâne et ça m’empêche d’y penser. Je me rappelle juste de la maison qui s’écroule et puis, je ne sais pas, je … »

Sans même le remarquer, il s’était mis à pleurer. Loa passa sa main sur la sienne, lui souriant doucement tout en lui disant de ne pas continuer. De continuer ? Ah … Elle regardait son visage donc il avait quelque chose aux yeux ? Il se les frotta, remarquant finalement les larmes avant de murmurer :

« Pardon, ce n’était pas voulu … de pleurer comme une madeleine. Des fois, ça m’arrive comme ça, sans que j’ai une explication. »

« Ce n’est pas bien grave, je ne vais pas t’en vouloir pour une chose aussi futile, Kéran. Et c’est à moi de m’excuser de t’avoir demandé cela. »

« Si on commence à s’excuser chacun, on ne va pas aller très loin. Enfin bon, maintenant que nous sommes ici, il faut quand même que nous réfléchissions à l’endroit où nous allons nous rendre. Est-ce que tu as une ville à visiter ? Un endroit ? Je peux te servir de garde du corps, si tu le désires. Personnellement, je n’ai aucun endroit où me rendre. »

« Hum … J’ai bien une idée d’une ville assez éloignée du reste mais bon … Elle n’est pas très habitée et c’est peut-être même plus un village qu’une ville. »

« D’accord, nous pourrons nous y rendre. Qu’est-ce qu’il y a de spécial là-bas ? »

« Rien du tout ! Je voulais tout simplement visiter ce village, voilà tout. » annonça la jeune femme avant de rire. D’accord … Il n’allait rien dire à ce sujet.

Mais quand même, c’était un peu exagéré de sa part mais il allait faire avec. Ah … Au moins, elle semblait aller mieux et lui-même se sentait un peu mieux. Il lui demanda si elle voulait qu’ils passent la nuit ici ou alors qu’ils se mettent en route dès maintenant. D’ailleurs, en parlant de dormir, il n’avait plus d’argent. Il devait se trouver un travail honorable, plus de chasse de pokémons, plus du tout. Il ne voulait plus être partisan de ce genre de choses. Lorsqu’elle le vit soucieux une nouvelle fois, elle lui posa encore une fois la même question. Elle voulait savoir ce qu’il avait et il répondit qu’il préférait qu’ils aient une tente voir un second sac de couchage. Il était hors de question de dormir dans le même.

« Hahaha … Mais c’était qu’une plaisanterie à ce sujet. Mais alors pourquoi tu te posais la question, Kéran ? Enfin, pourquoi tu dis cela ? »

« Car malheureusement, je n’ai pas d’argent. J’aimerai pouvoir trouver un petit travail mais je n’en ai aucun en tête et … »

« Une tente coute-t-elle très cher ? Ou alors un sac de couchage ? Si c’est vraiment nécessaire, je peux bien les acheter tous les deux et … »

« Ensuite, t’être redevable ? Non, non … C’était une idée comme ça… »

« Hum … Ce n’est rien du tout. Ce n’est pas bien important, je te le promets. » répondit la jeune femme avec un petit sourire au coin des lèvres.

Qu’il le veuille ou non, elle allait le faire ou plutôt, elle allait l’acheter. Elle signala au jeune homme qu’elle avait une petite course à faire, Kéran tentant de l’arrêter.

Il n’était pas bête, il savait ce qu’elle allait faire. Il poussa un profond soupir avant de quitter l’auberge à son tour. Il suivit la jeune femme, la voyant se rendre dans un magasin. Ah … Quelle idiote, il ne lui avait rien demandé.

« Je vais me sentir obligé de la rembourser. Swar, quel métier pourrais-je trouver tu crois ? Je ne sais pas du tout donc je te pose sérieusement la question. »

« A ton âge ? Il y en a très peu sauf des métiers physiques. De même, comme tu cherches un métier ou plutôt un travail qui ne dure pas longtemps, c’est encore plus difficile. Tu n’as pas beaucoup de choix, Kéran. Désolée de te l’apprendre de la sorte. »

« Non, je m’en doutais dans le fond … Merci quand même, Swar. »

Pas de quoi. Le jeune homme se plaça contre un mur en face du bâtiment dans lequel la jeune femme avait pénétré. Il allait l’attendre et la prendre sur le fait. Quelques minutes plus tard, elle quitta le bâtiment, Kéran se présentant en face d’elle. Bien qu’elle rougit de s’être faite remarqué de la sorte, elle vint dire en souriant :

« Eh bien, maintenant tu me surveilles et m’espionnes ? »

« Loa ? Qu’est-ce que tu as été acheté ? » demanda calmement le jeune homme.

« Je ne sais pas vraiment … J’ai subitement oublié entre temps ! » déclara-t-elle dans un grand sourire alors qu’il fronçait les sourcils. C’était un mensonge, un vilain mensonge de sa part. Ce n’était pas bien … loin de là même.

« Oui … Bien entendu … Comme par hasard. La mémoire est vraiment courte dans ces moments-là, n’est-ce pas ? Humpf … Qu’importe. »

« Nous quittons donc la ville maintenant ? A part si tu veux que l’on aille acheter quelques petites choses pour le chemin. »

« Je ne crois pas que ça soit nécessaire. Nous avons tout ce qu’il nous faut. Pour la nourriture, comme d’habitude, je la chasserai, tu n’as pas à t’en faire. »

« Oh ! Je ne m’en fais surtout pas à ce sujet ! Je sais parfaitement avec qui je vais donc je n’ai pas à m’inquiéter, hahaha ! »

Tant mieux alors parce qu’ils partaient maintenant. La jeune femme aux cheveux verts vint se mettre à sa hauteur, toujours souriante et heureuse. Il lui en fallait vraiment peu, n’est-ce pas ? Pour qu’elle soit heureuse. Mais c’était une bonne chose. Il préférait quand les gens étaient heureux … et sains.

« Par contre, je tiens à te le signaler, tu nous guides, Loa. » annonça Kéran alors qu’ils se retrouvaient au-dehors de la ville.

« Bien entendu … D’ailleurs, j’ai toujours une carte des environs avec moi. De même, j’aime bien la compléter avec diverses autres cartes, comme ça, je n’ai aucun problème et je ne risque pas de perdre. C’est aussi simple que ça. »

« Je vois, je vois … Tu as parfaitement raison. Bon et bien, tu peux passer devant. Je vais sortir mes pokémons, si tu veux, tu peux faire de même avec ton Mélancolux. »

Sans attendre sa réponse, il prit ses quatre noigrumes, appelant ses pokémons Aussitôt, le Makuhita et la Mesmerella vinrent se joindre ensemble tandis que la Stalgamin allait dans les bras de Kéran. Seule la Kirlia semblait un peu attristée.

« … … … Sarène, après, on échangera ta place avec Lili, d’accord ? »

« Stalga, Stalgamin ! Stalga, Stalgamin stalga. » répondit la petite créature conique alors que Lili semblait surprise par les paroles de Kéran.
Mais comment ? Comment est-ce qu’il allait faire ? Elle n’était plus aussi légère qu’avant non ? Elle verrait dans quelques minutes, après un bout de chemin. Par contre, le Mélancolux était très souvent muet. Il n’aimait pas parler ? Contrairement aux autres créatures spectrales et ténébreuses ? C’était bizarre mais bon, on ne pouvait pas le forcer non plus.

Les minutes s’écoulèrent et la Kirlia regardait le petit couple formé entre sa sœur jumelle et le Makuhita. Elle n’était pas jalouse, loin de là. Elle était tout simplement heureuse pour sa sœur, comment ne pouvait-on pas l’être ? Puis soudainement, elle fut soulevée par deux mains. Elle poussa un petit cri de surprise avant de se retrouver sur les épaules de Kéran.

« Et voilà ! Tu vois ? Tu n’es pas aussi lourde que ça si je te porte sur mes épaules, qu’est-ce que tu en penses, Lili ? »

« Kirlia ! Kirlia ! Kirlia ! » cria la pokémon aux cheveux bleus avant de tapoter sur le sommet du crâne de Kéran avec un grand rire.

« Aie, aie, aie. Ne tape donc pas aussi fort hein ? Tu risques de me faire mal. »

« On dirait un père et sa fille. » murmura la jeune femme en souriant, Kéran se tournant vers elle avant de lui répondre doucement :

« Quand je sais ce qu’il aurait pu advenir de mes pokémons, que je sois dans l’Enceinte aux Esclaves, dans le Marché de la Mort ou les Créateurs Elémentaires, je vais tout faire pour qu’ils soient heureux, ça me semble aussi simple que ça. »

« Je ne te jugeais pas là-dessus, Kéran, hein ? »

« Oui, je sais parfaitement mais autant mettre les choses au clair … Enfin, à peu près clair … Si je peux dire ça … Tu comprends ce que je veux dire, Loa ? »

« Oui, oui … Ne t’en fait pas et ne t’embrouille pas, ce n’est pas bien important. »

Oui … Peut-être. Il leva ses yeux en l’air, la tête de la Kirlia le regardant à l’envers, un grand sourire aux lèvres. La Stalgamin, quant à elle, ne semblait pas plus offusquée que ça que Kéran l’ait déposée au sol. Loin de là même. Elle semblait plutôt heureuse pour Lili. Ah … Il avait vraiment des pokémons formidables dans le fond. Il ne le voyait que maintenant mais tous étaient gentils et amicaux entre eux.

C’était un peu un rêve mais qu’importe, il aimait rêver de la sorte. Il aimait quand ça se passait ainsi, quand ça se passait aussi bien. Pourquoi penser à autre chose hum ? Et pour ce soir, s’il le fallait, il allait dormir avec ses pokémons. Oh, bien entendu, il était hors de question de séparer le Makuhita et la Mesmerella.
D’ailleurs, les heures arrivèrent les unes après les autres et peu à peu, la faible luminosité se réduisait presque à celle du Melancolux. Il fut décidé de créer un feu tandis qu’il allait chasser quelques pokémons pour se nourrir. Pendant toutes ces heures, il avait gardé la Kirlia sur ses épaules, la Stalgamin ne ressentant pas le besoin d’être sur ces derniers.

Elle n’avait pas demandé à l’être et il se disait surement qu’elle était la plus mature de ses trois pokémons. Peut-être parce qu’il l’avait trouvée alors qu’elle était déjà née depuis pas mal de temps ? Peut-être … Il ne s’était jamais posé la question. D’ailleurs, il espérait quand même que la Stalgamin allait parler un de ces jours.
Il revint plus tard avec deux petits Teddiursas. Malgré leurs mignonnes petites têtes, ils avaient été de redoutables adversaires puisqu’il n’avait même pas fait attention à eux. Résultat ? Il avait quelques coups de griffe tracés sur les hanches. Loa poussa un petit cri en même temps que les deux pokémons jumelles, s’approchant de lui pour vérifier l’état de ses blessures. Néanmoins, avant même qu’elle n’ouvre son sac, les deux pokémons étaient en train de poser leurs mains sur ses blessures, commençant à le soigner.

« Hahaha ! Ouille … Mais comment … Ah ! Je ne savais pas que vous étiez capables de soigner, les filles ? Comme quoi … C’est surprenant et c’est une bonne nouvelle. »

« Kirlia, Kirlia, Kir … Kirlia, Lia, Lia. »

« Mesme, Mesme Mesmeralla lalala. »

Les deux pokémons murmurèrent que ce n’était pas grand-chose et que c’était bien normal qu’elles le soignent. Elles finirent leur travail tandis que lui-même commençait à s’attarder à couper la viande pour ce soir. Comme Loa avait déjà été cherché un peu d’eau en attendant, le repas ne tarderait pas à être prêt.

« C’est bien ce que je pensais. » déclara Kéran après le repas, Loa ayant ouvert son sac.

« Héhéhé ! J’avoue, je plaide coupable, Kéran. Mais bon, je n’allais pas te laisser dormir quotidiennement dehors, dans le froid. »

« Ça ne me gênait pas. » répondit le jeune homme en remarquant la tente et les sacs de couchage qu’elle était en train de sortir.

« Mais moi, si. Alors, comme ça, c’est réglé. Et au moins, je n’aurai pas à m’en vouloir de dormir paisiblement pendant que tu étais dehors. »

Pfff. D’accord. De toute façon, il repayerait sa dette l’un de ces jours. La tente fut montée, tout le monde rentrant à l’intérieur. Endormis et enlacés l’un contre l’autre, la Mesmerella et le Makuhita étaient ensemble. Loa avait rappelé son pokémon dormant dans son sac de couchage tandis que Kéran avait Lili et Sarène dans ses bras dans un second sac.

Chapitre 94 : Dégoûté et en froid

Chapitre 94 : Dégoûté et en froid

« Qui est cette personne, Sélia ? » demanda calmement l’homme en face de Kéran.

« Je crois … que je dois vous présenter. Kéran, voilà monsieur Elian. Monsieur Elian, voilà Kéran. Si tu ne le savais pas encore, Kéran, tu te trouves en face du chef de la Sainte Alliance. » annonça la jeune femme aux cheveux bleus.

« Enchanté de te rencontrer. Il faut dire que le jeune Kéran est quelqu’un de très connu dans la Sainte Alliance mais plus car Sélia n’arrête pas de parler de toi. » déclara Elian, tendant sa main vers Kéran qui restait méfiant.

Cet homme était celui qui s’occupait … Qui s’occupait des Créateurs Elémentaires, n’est-ce pas ? Alors pourquoi est-ce qu’il prendrait la main d’un criminel hein ? Il n’était pas stupide à ce point mais … Pour ne pas faire perdre son travail à Sélia, il valait mieux ne pas prendre de risques. Il serra la main d’Elian avant de répondre :

« Ce n’est pas grand-chose … Il n’y a pas beaucoup à dire à mon sujet. Enfin, pas autant que Sélia aimerait en parler Je pense qu’elle en fait beaucoup trop par rapport à ma personne. »

« Je ne sais pas … Mais il semblerait que tu sois bien spécial pour elle. C’était donc pour cela que Sélia était partie du reste du groupe. Je vois, je vois, Sélia, tu as mon autorisation pour passer un peu de temps. De toute façon, la situation ne peut pas nous échapper maintenant que nous sommes là. D’ailleurs, Kéran, Sélia n’en a jamais parlé mais que fais-tu actuellement ? Tu es dans une organisation ? »

« Je ne crois pas non … » répondit en jeune homme en tentant de garder son calme.

« Hum, si cela t’intéresse, tu pourrais envisager de nous rejoindre. Si tu es aussi doué et motivé que Sélia le prétend, je suis sûr que tu trouveras ta place parmi nous rapidement. »

Kéran posa son regard sur Sélia, fronçant les sourcils. Ce n’était pas à cause de la remarque qu’elle avait faite par rapport à lui à ses collègues de travail. Non, c’était plutôt que son chef comme elle, espérait une chose impossible.

« Malheureusement, je ne peux pas rejoindre la Sainte Alliance. J’ai des préoccupations plus … personnelles dont je dois m’occuper. » déclara Kéran en restant le plus neutre possible.

« Dommage, c’est vraiment dommage mais je ne peux pas te forcer à cela. Sélia, j’ai une petite question, est-ce que tu veux bien me dire où se trouve le reste de la Sainte Alliance ? »

« Nous avons décidé de nous donner rendez-vous à l’auberge. Ils doivent donc se trouver là-bas. Suivez les panneaux pour vous guider. »

« D’accord, merci bien. Bon, je te laisse avec ton jeune ami voir un peu plus que ça d’après ce que j’ai cru comprendre. Au revoir, Kéran, enchanté de t’avoir rencontré. » dit l’homme avant de s’éloigner, le laissant seul avec Sélia.

« Ouais … Ouais … Bien entendu. Au revoir, au revoir. » marmonna Kéran avant de partir sans même un regard vers Sélia. Aussitôt, elle poussa un cri pour le rejoindre.

« Kéran ! Kéran ! Attends un peu ! Kéran ! KERAN ! »

« Ca ne sert à rien de discuter entre nous, Sélia. Tu le sais aussi bien que moi que ça ne mènera à rien du tout alors autant ne pas perdre de temps et … »

« Je veux que l’on parle, je veux que l’on mette les choses au clair ! Suis-moi s’il te plaît … Tu veux bien me donner une nouvelle chance ? »

Une nouvelle chance ? Pourquoi est-ce qu’elle parlait comme ça ? Il s’immobilisa, la regardant longuement pour voir si elle était sincère. Il savait pertinemment que c’était le cas mais il avait toujours du mal, beaucoup de mal à la croire.

« … … … C’est bien la dernière chose que l’on fera entre nous. »

Il avait dit cela sur un ton sec alors qu’elle le regardait avec stupéfaction. Elle parut attristée mais évita de trop en montrer, ne faisant qu’hocher la tête positivement avant de prendre les devants. Il la suivait à quelques mètres de là, Swar reprenant la parole :

« Kéran … Je t’ordonne de te comporter correctement envers elle. »

« Ça sera le cas, tu n’as pas besoin de me l’ordonner, loin de là. » répondit sèchement une nouvelle fois le jeune homme.

« Et évite de m’adresser la parole sur un ton irritable, je risquerai de très mal le prendre la prochaine fois, est-ce bien compris, Kéran ? »

« Oui, oui … Mais je pensais que tu détestais Sélia et Katérina ? » demanda le jeune homme, un peu étonné du comportement de son épée depuis quelques temps.

« Puisque tu sais que je suis une femme dorénavant, tu dois bien comprendre que mon but est d’éviter qu’elle ne souffre par ta faute. Est-ce bien compris ? »

« Oui oui … J’ai parfaitement compris. Tu te répètes par contre, Swar. »

Il le fallait bien pour que cela rentre dans le crâne de l’adolescent. Et ça, c’était beaucoup moins sûr au fur et à mesure que le temps s’écoulait. Sélia s’arrêta à une autre terrasse, invitant le jeune homme à faire de même.

« De quoi est-ce que tu veux parler ? Je pensais que nous avions terminé la conversation auparavant, non ? Alors pourquoi est-ce que tu veux continuer à me parler, Sélia ? »

« Car j’en ai la possibilité ? Car tu es l’unique personne qui est importante pour moi ? Tu ne comprends pas que je n’ai pas d’autre famille que toi, Kéran ? »

« … … … Oui, c’est vrai. J’ai été un peu vache sur ce coup. Nous pouvons parler tous les deux. » répondit le jeune homme en la regardant.

Pourquoi est-ce qu’elle paraissait intimidée par lui ? Ce n’était pas dans ses habitudes d’avoir une telle réaction non ? Peut-être qu’il devait revoir son jugement au cas où.

« Kéran, je veux que tu sois au courant d’une chose … Mais je le veux vraiment et … »

« D’abord, je pose ma question : Sélia, même si tu es au courant pour les Créateurs Elémentaires, est-ce que tu as déjà fait partie de ces derniers ? Participer à l’une de ces … excursions qui les font devenir ce que tu désires ? »

« NON ! PAS DU TOUT ! KERAN ! Je ne suis pas comme ça ! Je ne suis pas sanguinaire ! Je sais bien d’où ça vient mais ça ne veut pas dire que j’y participe ! Dans une même organisation, il existe plusieurs types de personnes ! »

« Comme des fous psychopathes et sanguinaires avec des idées absurdes ? »

« Je n’aurai pas dit cela comme ça mais c’est un peu ça … Enfin … Tu vois où je veux en venir, Kéran ? » murmura Sélia, posant sa main sur la sienne.

Il fixa de ses yeux la main de Sélia. Pourquoi un tel geste ? Elle voulait vraiment se faire pardonner n’est-ce pas ? Bon … Il avait été vraiment très radical auparavant, il devait le reconnaître. Voilà qu’il s’en voulait de son comportement.

« Et ensuite ? Qu’est-ce que ça changera, Sélia ? Qu’est-ce que ça changera entre nous deux, hein ? J’ai besoin de savoir … J’ai besoin de savoir ce qui va se passer. »

« Je vais ignorer ce que tu as dit au sujet des Créateurs Elémentaires, voilà tout. Du moins, je vais faire comme si je ne savais rien. Je ne veux pas que tu sois en danger et … »

« Sélia … Un peu de sérieux, entre nous deux. Sincèrement, tu penses vraiment que je suis en danger ? » demanda-t-il sur un ton neutre au possible bien qu’il pouvait paraître vaniteux.

« Tu as tellement changé depuis ce dernier mois, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’aimerai tellement le savoir. J’aimerai tellement connaître cela mais je ne suis pas sûre que ça soit possible. Kéran, est-ce que tu veux bien tout me raconter s’il te plaît ? »

« Non, je ne préfère pas. Tu n’as pas besoin de savoir, Sélia. Tu ne veux pas savoir. » murmura le jeune homme en la regardant de ses yeux bleus.

Qu’est-ce qui … s’était passé durant ce dernier mois ? Elle savait que c’était cela qui avait changé radicalement le jeune homme. Lui qui était aussi joyeux et tendre auparavant semblait si froid maintenant envers elle. Elle ne voulait pas qu’il change. Elle ne voulait pas.

« Kéran, ne change pas … Ne change plus. Redeviens comme tu étais auparavant. »

« Ce n’est maintenant plus possible, Sélia. Il est bien trop tard pour cela. Il faudra que tu te l’inscrives. Dorénavant, tout cela est gravé en moi … à vie. »

Gravé en lui ? A vie ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Elle tentait de lire dans les pensées du jeune homme mais c’était peine perdu. Il restait imperturbable et impassible. Impossible de savoir ce qui se tramait dans sa tête, ce qui s’était passé. Pourtant, elle avait besoin de savoir … Elle avait besoin de connaître. Pourquoi ne lui ouvrait-il pas son cœur comme auparavant ? Elle commençait à être sérieusement peinée.

Voilà que les secondes s’écoulaient, le jeune homme tapotant du doigt sur la table comme pour attendre le reste des paroles de Sélia. Les rôles avaient été inversés depuis le début de leurs retrouvailles. Dorénavant, c’était lui qui donnait l’impression d’être le grand frère et elle la petite sœur candide et gênée.

« Sélia ? Nous n’avons plus rien à nous dire, alors ? »

« Je … Si … Il y a surement quelque chose à dire … Il ne faut pas que l’on se sépare de la sorte, Kéran. Surtout pas ! »

« Est-ce que c’est vraiment si important que ça … toi et moi ? Je pensais que ça n’était pas le cas après ce qui a été dit et révélé. »

« Kéran, ne met jamais en doute mes sentiments pour toi. » déclara la jeune femme avec sincérité et sérieux, se redressant comme pour bien affirmer ses propos.

« Je n’ai jamais pensé cela … Mais je pense qu’il vaut mieux que nous ne parlons plus pendant quelques temps, le temps … que je mette un peu d’ordre à mes idées. »

« Si c’est ce que tu estimes être le mieux, je comprends et c’est peut-être mieux ainsi … Mais je ne t’oublierai pas contrairement à toi. Je ne suis pas sûre dans le fond que ça soit réciproque. Peut-être que toutes ces années n’ont au final servi à rien … si tu me juges aussi rapidement. »

Ils n’avaient rien commandé, ils n’avaient rien bu et elle partait déjà de son côté, marchant d’un pas lent comme pour être arrêtée. Dans un murmure, l’épée s’adressa à Kéran qui restait assis à fixer la jeune femme en armure.

« Kéran ? Est-ce que tu es un imbécile ? Tu viens de rater la chance d’avoir une petite amie. »

« Qu’est-ce que tu racontes encore, Swar ? Il n’est pas question de ça entre Sélia et moi. N’essaie pas de te mêler d’une conversation à laquelle tu n’as rien compris. »

« Ce que j’ai cru comprendre, c’est qu’elle t’a déclaré que tu étais bien plus importante pour elle que le reste du monde et toi, tout simplement comme un imbécile, tu la rejettes sans même chercher à dialoguer réellement entre elle. Comme elle l’a si bien dit, peut-être que dans le fond, elle ne compte pas autant pour toi. »

« Peut-être … Peut-être que c’est ça … Je ne sais pas vraiment … Je n’ai pas réfléchit à la question, je ne sais pas vraiment … Peut-être que … »

Peut-être qu’il commettait quand même une énorme bêtise. Sélia vivait dans la réalité, contrairement à lui qui avait vécu dans le mensonge pendant des années ! Mais là, il connaissait maintenant la vérité. Entre eux deux, il n’y aurait alors plus de mensonges.

« J’ai été trop hâtif. Je dois l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. »

« Elle n’est pas si éloignée que cela … Elle ne fait qu’attendre le moment où tu iras la rattraper. Ne perd donc pas trop de temps et vas-y. » déclara l’épée avant de se taire définitivement pour les prochaines minutes, Kéran se redressant.

« Sélia ! SELIA ! » hurla-t-il, se cassant à moitié la figure sur la table.

Aussitôt, la jeune femme se retourna vers lui, les yeux un peu rougis bien qu’aucune larme ne s’était écoulée. RAH ! Même s’il pouvait lui en vouloir de ne pas lui avoir dit la vérité pendant des années, il ne pouvait pas oublier tout le reste ! Il ne pouvait pas oublier tout ce qu’elle avait fait aussi de son côté !

Il revint vers elle, la jeune femme ne disant plus rien, regardant autour d’eux alors que quelques têtes les observaient. Comme il avait crié, cela était plus que normal. Enfin bon … Les personnes attendaient une réaction ou des paroles bien fortes. Ce fut la réaction de Sélia qui arriva la première, la jeune femme criant :

« Kéran ! Oh mon Kéran ! Mon petit Kéran à moi ! »

Hé Ho ! Hey ! Il se retrouva puissamment enlacé par la jeune femme, écrasé dans sa poitrine recouverte par le métal. Ca faisait atrocement mal là ! Il allait avoir beaucoup de mal à parler ou à se retirer mais il sentait les petits tremblements dans les mains de Sélia.

« Je savais bien que tu n’étais pas totalement parti. Si … Si tu m’avais laissée toute seule encore plus longtemps, je t’aurai perdu à jamais. »

Mais non, mais non. Quand même pas perdu à jamais. Ce n’était pas l’impression … Si ? C’était ça qu’il avait donné comme impression ? Oh punaise … C’était alors normal qu’elle s’inquiète autant. Ce n’était pas du tout voulu ! Ce n’était pas du tout cela qu’il désirait !

Il la laissa l’enlacer pendant pas mal de secondes car visiblement, elle ne comptait pas la lâcher. Même s’il lui en voulait terriblement, ce n’était pas une raison pour la rendre malheureuse. Même s’ils étaient en froid et qu’il était surement impossible de retrouver le bonheur perdu entre eux deux, il pouvait toujours essayer d’avoir une nouvelle relation entre Sélia et lui. Enfin, peut-être pas dans le sens que Swar parlait.

« Kéran … Kéran … Hum … Kéran, tu m’as fait terriblement peur. Même si tu es au courant de tout ça, ça ne change rien pour moi. Ça ne change rien … Ne me trahis pas … C’est tout ce que je te demande, Kéran. » murmura la jeune femme aux cheveux bleus tout en le libérant.

« Je ne compte pas trahir quelqu’un, loin de là. Ce n’est pas mon genre et ce n’est pas dans mes intentions même si j’ai aussi des choses à te dire … Mais il vaut mieux attendre quelques temps. » déclara le jeune homme alors qu’elle le regardait avec interrogation. Mais au moins, elle était « pardonnée », n’est-ce pas ?

Il hocha la tête pour répondre que oui, Sélia venant l’embrasser longuement sur les joues avant de lui caresser le sommet du crâne. Il lui en fallait vraiment peu n’est-ce pas pour qu’elle soit heureuse ? Mais c’était tant mieux … si tout avait été réparé. En même temps, il lui signalait quand même qu’il valait mieux qu’ils ne se voient pas trop pendant quelques temps car sinon, la Sainte Alliance serait suspicieuse et pourrait croire qu’elle avait épaulé le jeune homme à faire ceci. Même si ça ne lui plaisait pas, elle comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire par là.

« Prend bien soin de toi. » répondirent les deux jeunes gens avant de se séparer.

Chapitre 93 : Se révolter

Chapitre 93 : Se révolter

« Où est-ce que tu m’emmènes donc, Kéran ? C’est la première fois que je te vois aussi décidé à quelque chose. » remarqua la jeune femme aux cheveux bleus.

« Nous allons boire dans un café et ensuite, nous parlerons tous les deux. »

« Bien entendu … Mais cesse donc d’être aussi pressé ! J’ai tout mon temps ! Enfin, non, ce n’est pas du tout le cas. Je n’ai pas du tout le temps mais c’est bien parce que c’est toi que je me permets une telle chose. Je risque même de me faire enguirlander à cause d’une telle action mais je pense que ça valait le coup. Cela fait si longtemps que nous ne sommes pas vus. » répondit Sélia, lui souriant avec tendresse. Elle glissa plus doucement ses doigts entre ceux de Kéran, celui-ci la regardant et la fixant.

Il avait du mal … Il avait tellement de mal à croire qu’elle pourrait être au courant mais il valait mieux qu’il le sache maintenant. Il valait mieux qu’il … sache pourquoi avait-elle rejoint la Sainte Alliance ? Si elle avait été au courant avant ou après de tout ça ? Il avait besoin de savoir pour elle ! Il avait tellement besoin de savoir !

Voilà … Ils étaient assis, face à face, à l’ombre d’un parapluie à une terrasse. Un parapluie un peu inutile car il ne pleuvait pas et il n’y avait pas de soleil. Mais voilà … Il avait la jeune femme en face de lui. Une jeune femme souriante et heureuse. C’était Sélia … Il ne l’avait pas revue depuis un mois mais autant que Katérina.

« Tu veux que je commence à parler, Kéran ? Alors, je vais le faire ! J’ai pris du grade dans la Sainte Alliance. Encore un peu, je sais mais il semblerait que je sois plutôt douée pour tout cela. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir d’être dans cette organisation. »

« Ah … Euh … C’est une bonne nouvelle alors. Tant mieux pour toi, je suis vraiment content, Sélia. Vraiment très content. Tu as réussi là où tu voulais … »

« Tu as l’air vraiment pâle, Kéran. Ça ne me plait pas du tout. Tu vas me dire ce qui ne va pas et tout de suite, d’accord ? C’est encore l’Enceinte ? Qu’est-ce qu’elle a fait ? »

« Sélia, tu n’es pas encore au courant mais … Je ne fais plus partie de l’Enceinte. Je l’ai quittée il y a plus d’un mois. Quelques temps après que l’on n’ait discuté tous les deux. »

« Quoi ? C’est vrai cette nouvelle ? Kéran, répète-moi ça en face. Je veux être sûre d’avoir bien entendu ! » s’écria la jeune femme aux cheveux bleus avec entrain.

« Il n’y a pas de quoi être follement heureuse non plus hein ? » souffla-t-il dans un petit sourire triste, reprenant : « J’ai quitté l’Enceinte il y a de cela un mois. »

« Ah … Je n’avais pas rêvé alors … Tu as bien quitté l’Enceinte. Une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle même. C’est vraiment une bonne nouvelle, oui. »

La jeune femme semblait plus qu’heureuse d’apprendre cela, Kéran détournant le regard. Il n’y arrivait pas, il n’arrivait pas du tout à être heureux. Oh, il aurait pu l’être mais là, pas en ce moment, pas avec tout ce qu’il avait appris. Il ne pouvait s’empêcher de voir Sélia en train d’égorger et mutiler de pauvres créatures innocentes.

« Kéran, mais qu’est-ce que tu as fait pendant tout un mois alors ? »

« … … … Rien de bien spécial, je dois t’avouer. » mentit-il alors que la jeune femme le regardait d’un air soupçonneux. Elle n’allait pas le croire mais bon … Pourtant, elle répondit sur le même ton doux que d’habitude :

« J’ai une idée maintenant que tu n’es plus de l’Enceinte. Viens donc dans la Sainte Alliance ! Je suis sûre que tu aurais ta place et … »

« Je te rappelle que j’ai encore Swar avec moi … et je ne compte pas m’en débarrasser, Sélia. » répondit-il sèchement, un peu trop pour la jeune femme qui parut surprise.

« Pas besoin d’être aussi … méchant, Kéran. Tu as changé … Est-ce que tu es encore toi-même ? Si ce n’est pas le cas, je … »

« Je quoi ? Je suis moi-même mais maintenant, Swar est important pour moi, qu’on le veuille ou non. Je ne jetterai pas mon arme malgré tout ce que tu diras, c’est tout. Je ne voulais pas paraître brusque, loin de là. Ce n’était pas du tout mon intention, je peux te le promettre. »

« Je te fais confiance, Kéran … Enfin bon … C’est dommage que tu ne veuilles pas rejoindre la Sainte Alliance, j’aurai été sûre que tu sois tout le temps avec moi comme … avant. Ça commence à faire long … Tu es maintenant un jeune homme, n’est-ce pas ? Tu es majeur ? »

« Je n’aurai pas ma place là-bas. Pas avec tout ce qui s’est passé, pas après tout ce que j’ai appris. Pas après tout ça, Sélia, que tu le désires ou non. »

« Mais de quoi est-ce que tu parles ? Sois donc un peu plus clair, Kéran. Tu m’embrouilles plus que tu ne m’aides actuellement. De quoi est-ce que tu parles ? Réponds-moi donc franchement, d’accord ? J’ai besoin de savoir. »

« Sélia … Tu connais bien la Sainte Alliance. Est-ce que tu connaissais la Sainte Alliance avant même de la rejoindre ? » demanda-t-il avec calme.

« Bien sûr. J’ai dû me débrouiller seule pendant des années, ce n’était donc pas la première fois que j’entendais parler d’eux. Pourquoi une telle question ? »

« Je ne sais pas … Est-ce que tu connais réellement la Sainte Alliance ? »

Mais c’était quoi cette question ? Elle commençait à avoir un peu peur de la part du jeune homme aux cheveux argentés. Elle attendait que la suite arrive mais visiblement, il attendait une réponse de sa part. Elle murmura :

« Je crois bien la connaître … mais pourquoi une telle question ? »

« Est-ce que tu la connais sur le bout des doigts ? Toute l’organisation ? »

« ASSEZ KERAN ! Si tu as quelque chose à dire, dis-le au lieu de tourner autour du pot. Là, ça devient vraiment agaçant. Oui, je connais parfaitement la Sainte Alliance et ensuite ? Qu’est-ce que tu veux me dire par là ? Dis-le-moi ! »

« Créateurs Elémentaires … » souffla le jeune homme sans la regarder.

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Elle avait cru très mal entendre. Elle posa ses yeux rubis sur le jeune homme, attendant qu’il répète mais rien ne vint. Qu’est-ce que … Les Créateurs Elémentaires ? Pourquoi un tel mot ?

« De quoi est-ce que tu veux parler, Kéran ? » demanda une nouvelle fois la jeune femme.

« Les Créateurs Elémentaires, tu les connais bien non ? Si tu fais partie de la Sainte Alliance, tu devrais être facilement au courant puisque tu as pris du grade, non ? »

« Kéran, où est-ce que tu as entendu parler de ça ? J’ai besoin de savoir. »

« Oh … Tu vas savoir, tu vas savoir parfaitement. Mais normalement, tu es déjà au courant de ce que font les gens de la Sainte Alliance non ? Du moins, les Créateurs Elémentaires qui ont l’habitude de s’amuser à dissé … »

Il s’arrêta dans ses paroles, regardant autour de lui. Il ne voulait pas en parler en public. Il se releva, Sélia faisant de même, bien moins confiante qu’auparavant et surtout bien moins joyeuse. Il murmura de le suivre et dès qu’elle fut à sa hauteur, elle commença à dire :

« Kéran, sincèrement, ce n’est pas ce que tu crois … »

« Oui, bien entendu. Ce que j’ai vu et surtout combattu, c’était peut-être les fruits de mon imagination, Sélia, c’est ça ? »

Vu et combattu ? Qu’est-ce que … C’était lui le responsable de tout ça ? C’était lui la raison de sa présence dans cette ville ? C’était lui qui avait saccagé et ravagé les Créateurs Elémentaires et leur base dans les environs ?

« Kéran, tu n’es quand même pas celui qui a … »

« Et si je l’étais, qu’est-ce que ça changerai ? Tu veux m’arrêter et m’en vouloir car j’ai fait ce que j’avais à faire ? Tu veux peut-être me dire que ce n’est pas bien ce que j’ai fait ? Que je n’aurai pas dû, c’est ça ? Parle donc ! »

« Est-ce que tu ne veux pas te calmer ? On peut en discuter tous les deux. »

« Et il y a quoi à discuter, Sélia ? Il y a quoi hein ? » demanda-t-il avant de la tirer dans une ruelle, plaquant la jeune femme aux cheveux bleus contre un mur. Même si elle était bien plus grande que lui, c’était elle qui se faisait toute petite en ce moment même.

« Ce que tu crois voir n’est pas forcément … la vérité, Kéran. »

« Ce que je crois voir ? Oh ? Il y a un sens caché derrière l’écartèlement de pokémons, la dissection de pokémons, et toutes ces choses ? C’est ça ? Tu vas me faire croire que vous les libérez ? Qu’en fait, vous avez de la pitié pour eux et que c’est la meilleure chose qui leur arrive que d’être sacrifiés de la sorte ? Bientôt, tu vas me dire que le Marché de la Mort ne fait que vendre des pauvres petits pokémons qui auraient été abandonnés de toute façon. Que leurs peaux, les combats en arène, toutes ces choses, tout ça, c’est juste pour leur « bien » ? »

« Le Marché de la Mort ? Mais qu’est-ce qui s’est passé en un mois avec toi, Kéran ? Dis … Dis-moi-tout. » bredouilla la jeune femme, incapable de lui répondre sur le sujet posé.

« Pourquoi est-ce que ça t’intéresse ? Tu n’as pas à le savoir. Depuis quand est-ce que tu savais pour la Sainte Alliance ? Avant OU après que tu sois rentré dedans ? Car je crois me rappeler de tes deux haches, non ? Elles étaient déjà créées à partir de pokémons, n’est-ce pas ? Et après, c’est qui qui me faisait une réflexion sur l’Enceinte ? »

« Ce n’est pas pareil ! L’Enceinte utilise des pokémons ténébreux et spectraux pour … »

« C’EST LA MÊME CHOSE ! Un pokémon reste un pokémon, Sélia ! Qu’importe son origine ! C’est quoi ça.  Tu ne vas quand même pas ne pas reconnaître que ce que vous êtes est encore plus horrible que l’Enceinte. »

« Ne répète jamais ça ! Tu ne sais rien du tout de l’Enceinte ! Tu ne connais rien de tout ça ! » s’écria-t-elle, plus qu’irritée et énervée par le fait qu’il parle de l’Enceinte que par la colère du jeune homme envers elle.

« Hum ? Et qu’est-ce que tu en sais, toi hein ? Aller. Maintenant, tu peux tout me dire puisque tu as la bouche grande ouverte, Sélia ! Je t’écoute ! Je suis tout ouïe ! »

« Tu n’as pas be … soin de savoir ça, ça ne te concerne pas. Et relâche-moi. » marmonna la jeune femme aux yeux rubis alors qu’il retirait ses mains du mur.

« De toute façon, on ne peut jamais faire confiance à quelqu’un visiblement. »

Il avait dit cela sur un ton nonchalant et ironique alors qu’il s’éloignait d’elle. Elle répliqua :

« Ne dit pas ça ! Il y a des choses dont tu n’avais pas besoin de savoir ! »

« Je préfère encore Swar … qui me force à découvrir la vérité plutôt que toi … qui tente de me la cacher. Je préfère encore connaître à quel point ce monde est horrible plutôt que de le voir par les yeux d’un enfant. Sélia … Tu me prends vraiment pour un gamin, non ? Tu crois que je ne pourrai pas supporter cela, n’est-ce pas ? »

« Bien sûr que non, tu n’es encore … »

« Assez, Sélia. C’est bon, tu en as assez dit. Je ne pensais pas me tromper autant sur une personne. C’est quand même ironique … et mal placé de ta part de me faire la morale sur mon choix envers l’Enceinte alors qu’à côté, tu connaissais parfaitement ce que la Sainte Alliance faisait depuis le début. Oui … Très mal placé même. »

« Attends un petit peu, Kéran. On doit encore parler ! » s’écria-t-elle alors qu’il sortait de la ruelle pour se rendre au beau milieu des passants.

Elle tenta de le rejoindre mais il s’engouffrait au beau milieu de la foule, s’éloignant avec agilité pour qu’elle ne puisse pas arriver à sa hauteur. Il en avait assez discuté avec elle.

Il n’avait pas besoin d’en rajouter. Loin de là même … Il ne jeta pas un regard en arrière, ne cherchant pas à voir si elle le suivait ou non. Tout ça n’avait plus aucune importance à ses yeux. Qu’importe ce qui se passait, ce qui se produisait, il avait été blessé, meurtri, poignardé dans le dos par la première femme de sa vie.

Il ne fit pas attention où il mettait les pieds, ni même ce qui se trouvait devant lui alors qu’une petite voix lui murmurait faiblement, signe pour ne pas se faire repérer :

« Kéran … Tu as été très sec avec Sélia. »

« Et alors ? Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse, Swar ? Tu as bien entendu, non ? Elle savait tout depuis le début. Elle me faisait des réflexions et de la morale alors qu’elle savait pertinemment tout ce qui s’était passé. »

« Et c’est pour cela que tu as été obligé de lui parler ainsi ? De la juger coupable sans même lui laisser le temps de s’exprimer ? Est-ce que tu penses réellement que cela va arranger vos relations entre vous deux ? Peut-être qu’elle le savait et … »

« Et alors ? Qu’est-ce que ça changerait ? Swar ! J’ai été torturé pendant un mois par des personnes, qui, au final, ne sont pas différentes de Sélia. Peut-être que ces personnes n’agissent comme ça que lorsqu’il y a des pokémons, peut-être que ces personnes sont pareil que Sélia en-dehors de leur travail de boucher. Et alors ? Hein ? Est-ce que ça les rend plus innocent ? Moins coupables ? C’est ça ? »

« Nullement mais est-ce que t’es dit que Sélia n’avait peut-être rien à voir avec cela ? Tu n’as pas réfléchis plus loin que ce que tu voyais. Tu as jugé Sélia sans même lui demander si elle avait participé à ce genre de choses. Bon nombre de personnes sont au courant des agissements de la Sainte Alliance et de l’Antre des Artisans. Est-ce que pour autant, ces personnes sont coupables de commettre les mêmes atrocités ? »

« Elles les tolèrent donc ça revient à la même chose. » marmonna le jeune homme, sûr de lui.

« Même si tu n’acceptes pas ce genre d’actions, ces personnes ont sauvé de nombreuses vies grâce aux sacrifices de ces pokémons. Sans ces objets, ces armes et ces armures, bon nombre de villages auraient été réduits en cendres par les pokémons spectres et ténébreux. »

« Donc je dois ignorer tout ça ? C’est ça que tu me demandes de faire ? Et puis quoi … AIE ! » s’écria le jeune homme, s’écroulant au sol.

Il venait de faire quoi là ? Aie, aie, aie … Il se releva, remarquant la personne qu’il venait de faire tomber. Quel idiot ! Ça lui apprendra à parler à son arme ! L’homme en face de lui devait avoir une quarantaine d’années, des cheveux bruns en bataille mais surtout l’air un peu absent. Il l’aida à se redresser, bredouillant quelques excuses.

« Ce n’est pas grave. Dites-moi, vous n’auriez pas vu la Sainte Alliance par hasard ? »

« Kéran ! Kéran ! » cria une voix derrière lui. ET ZUT ! Elle avait fini par le rattraper. Elle arriva à sa hauteur, semblant surprise avant de dire : «  Monsieur Elian ? Vous vous êtes encore perdu ? Qu’est-ce que vous faites seul ? »

Chapitre 92 : Faire fi du mensonge

Chapitre 92 : Faire fi du mensonge

« Où est-ce que je suis ? » demanda le jeune homme avant que Loa ne lui dise :

« Dans une auberge. Remercions donc ce Makuhita qui t’a porté jusque-là. Par contre, pour le sang sur ton corps et tes habits, j’ai fait croire que tu avais été attaqué. Néanmoins, tu n’avais aucune blessure et quelqu’un s’est chargé de te laver. Te voilà propre comme un sou neuf. »

Le Makuhita ? Le pokémon un peu obèse de couleur jaune fit un petit geste de la patte pour se montrer. C’était le moment attendu pour que les trois autres pokémons sautent sur le corps de Kéran pour le remercier de ce qu’il avait fait. Elles n’étaient pas forcément au courant de ce qui s’était passé et c’était tant mieux. Est-ce que le Makuhita les avait prévenues ? Un seul regard vers le pokémon et celui-ci hocha la tête négativement.

« Ah … Je vois, je vois … Tant mieux alors … Et les filles, on se calme ? Comme Loa l’a dit, la charmante demoiselle que vous voyez là, je ne suis pas blessée. »

« Kirlia ! Kir, kir, kirlia lia ! » s’écria la Kirlia, visiblement peu enclin à délaisser le jeune homme maintenant qu’elle l’avait entre les pattes. Il poussa un petit soupir attendri avant de caresser le crâne de la petite créature, faisant de même avec la Stalgamin et la Mesmerella.

« Comme quoi, vous n’avez pas beaucoup changé en un mois, les filles. Oh bien sûr, vous avez osé évoluer sans même que je vous vois, n’est-ce pas ? Ce n’est pas bien du tout. Mais avant toute chose, il me faudrait une quatrième noigrume. » murmura le jeune homme, regardant autour de lui. Il n’avait plus d’argent mais en même temps … Cela risquait d’être difficile, n’est-ce pas ? Alors bon, ce qu’il voulait faire allait être plus difficile que prévu.

« Tu cherches une noigrume, n’est-ce pas ? » annonça Loa, un sourire aux lèvres avant d’en sortir une du sac qu’elle portait habituellement avec elle.

« Oui bien entendu … mais pourquoi ? Ce n’est pas la noigrume contenant ton Mélancolux ? » questionna le jeune homme, un peu surpris.

« Pas le moins du monde, loin de là. C’est une noigrume vide, récupérée … là où tu le sais. »

Là où il savait ? Hum … Oui, d’accord. Mais qu’est-ce … AH ! Elle voulait la lui donner ? Mais cela coûtait réellement cher ! Il valait mieux qu’elle la garde pour elle non ? Pourtant, Loa prit sa main, déposant la noigrume dessus avant de reprendre :

« Je crois que tu as quelque chose à faire alors ne perds donc pas trop de temps, d’accord ? »

« D’accord … Oui… Tu as parfaitement raison. Makuhita ? Quel est ton nom ? »

« Lorno. » murmura une voix féminine, l’aura noire émanant de l’épée, surprenant le jeune homme. Il avait presque cru un instant que c’était le Makuhita qui avait pris la parole. Heureusement, ce n’était pas le cas sinon, il aurait dû se méfier.

« Enfin bref, ce n’est pas le plus important. Le plus important est le fait que tu sois là, petit Makuhita. J’ai une proposition à te faire. Est-ce que tu veux bien devenir l’un de mes pokémons ? Il semblerait que mes trois petites pokémons t’aient déjà accepté donc bon … C’est tout simplement à toi de décider si tu en as envie ou non. »

Pourtant, la décision du Makuhita semblait déjà être toute prise. Sans aucune hésitation, le pokémon s’approcha de la noigrume, tapotant dessus avant d’être emporté à l’intérieur. Quelques instants plus tard, le jeune homme le fit ressortir, la Mesmerella s’approchant du Makuhita, les deux pokémons commençant à discuter entre eux.

« Hum … C’est moi ou il y a quelque chose entre eux deux ? Je me fais peut-être des idées. »

« Nullement, Kéran. » répondit tout simplement Swar, sans plus de détails.

HAHA ! Alors, c’était bien ce qu’il était en train de voir ! Les deux pokémons étaient dans leur petit monde à deux. La Kirlia les regarda brièvement, retournant auprès de son dresseur tandis que la Stalgamin restait parfaitement de glace. Hum … Sa Stalgamin n’était-elle pas un peu différente ? Bizarre … Mais bref, elle seule n’avait pas encore évoluée. Il lui tapota doucement la pointe au sommet de son crâne avant de dire :

« Tout viendra à qui sait attendre. Ne t’en fait pas pour ça, Sarène d’accord ? »

« Stal … Stalgamin, stal, stalgamin. » répondit la pokémon tandis qu’il souriait.

« Oui, tu n’as pas à t’en faire, je peux te le promettre et je vois que tu n’es pas pressée hein ? C’est sûr que maintenant qu’elles ont évolué, je ne pourrai pas vraiment les prendre dans mes bras. Comme quoi, ça ne risque pas de gêner une certaine personne. »

Il disait cela tout en s’adressant à la Mesmerella, celle-ci sortant finalement de sa petite rêverie avec le Makuhita. Ah … Les deux pokémons étaient vraiment inséparables. Mais heureusement, la Kirlia n’était pas jalouse du bonheur de sa sœur jumelle. Il avait eu peur un petit moment. Mais maintenant qu’il savait que rien de grave n’allait se produire, il pouvait finalement souffler. Oh oui … Souffler un peu.

« Kéran … Repose-toi, d’accord ? Je m’occupe de toi pour la journée. » déclara Loa.

« Ohla … Tu es sûre de bien vouloir perdre ton temps avec moi ? Surtout que dès que je peux me lever, je pense m’en aller. Enfin, tu n’es pas obligée de me suivre non plus hein ? »

« Ecoutez-moi donc ce bonhomme. Tu veux te débarrasser de moi, Kéran ? » demanda la jeune femme aux cheveux verts, un sourire aux lèvres tout en posant ses mains sur ses hanches. Il hocha la tête négativement avant de bredouiller :

« Non, non … C’est juste que maintenant que j’ai sauvé mes pokémons, je pensais que … »

« Tu pensais que j’allais partir ? Désolée pour toi mais je trouve que tu es un bon compagnon, contrairement à ce que tu tentes d’être. »

« Oui mais bon … Et puis zut, fais comme tu veux, je ne peux pas te forcer à ne pas me suivre. Enfin, sauf en utilisant la violence et ce n’est vraiment pas mon truc ça. »

« J’ai cru remarquer le contraire mais tu avais une bonne raison. »

S’ils pouvaient éviter de reparler de ça devant les petites, ça serait tant mieux. De toute façon, il avait autre chose en tête. Il croyait se rappeler de ce qu’avait dit Swar avant qu’il ne se réveille. Il jeta un regard à l’épée, se demandant si c’était vrai. Il y avait peu de chances. Pourquoi renier aussi souvent pour juste confirmer à la fin ?

Et surtout, il pensait à autre chose. Quelque chose de bien moins joyeux, en rapport justement avec les Créateurs Elémentaires. Il y avait quelque chose de bien moins sympathique. Beaucoup moins sympathique … Sélia. Il pensait à Sélia, il pensait à la jeune femme aux cheveux bleus. Il pensait à elle et surtout à son rôle dans la Sainte Alliance.

« Il n’y a que peu de chances que je la revois maintenant. »

« Hum ? De qui est-ce que tu parles, Kéran ? Tu sais qu’il est très impoli de penser à une autre femme quand l’une s’occupe de toi hein ? »

« Oh … Désolé, Loa, ce n’est pas bien grave. Je ne pense pas que je reverrai Sélia. Je dois lui parler de choses très importantes mais elle n’est pas là et je ne risque pas de la revoir. »

« Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ? Ne jamais dire jamais. Tu ne peux pas savoir à quoi t’attendre dans ce genre de situations, tu vois ce que je veux dire ? »

« Oui bien entendu … Bien entendu. Ah … Je vais quand même me lever. Attention, Lili, je me redresse. Sarène, attention à toi aussi. »

Il se releva après avoir déposé ses deux pokémons au sol, se mettant debout. Quelques mouvements de jambes et voilà qu’il se sentait bien mieux. Hum … Ca n’avait pas l’air si dramatique que ça en fin de compte. Il s’était juste évanoui à cause d’un peu de fatigue, rien de bien problématique.

« Descendons manger un petit morceau, Loa. Tu sais, avec tout ce qui s’est passé, il vaut mieux faire comme si nous ignorions tout cela. Enfin … Je crois qu’il y avait quelques survivants. J’espère qu’ils ne m’ont pas reconnu. Du moins, j’espère que je n’aurai pas de problèmes de ce côté-là. »

« Si ce n’est que ça, il me suffira de nier et d’affirmer que tu étais avec moi durant toute la journée d’hier. Les gens croiront à des fabulations d’un pauvre fou. »

« Oui … Surement, merci beaucoup, Loa. On y va ? »

Et pourquoi pas ? Les trois pokémons féminines regardèrent la jeune femme avec suspicion. Il fallait dire que la dernière femme qu’avait connue Kéran avait été Katérina. Maintenant qu’elles en voyaient une autre, c’était quand même bien difficile de l’ignorer. Est-ce qu’il y avait le même genre de relations entre elle et Kéran qu’entre Kéran et Katérina ? Les trois pokémons ne pouvaient pas le savoir … sauf peut-être en lisant dans les pensées de Kéran. Pourtant, aucune des jumelles ne tenta l’expérience.

Tous quittèrent la chambre et descendirent les escaliers avant de se rendre à la salle où tout se passait. A cette heure-ci, alors qu’il faisait à peine jour, il n’y avait encore que peu de personnes. C’était une bonne chose. Kéran tira une chaise pour Loa, l’invitant à s’asseoir avant de faire de même de son côté. Sur d’autres petites chaises, il déposa ses pokémons tant que personne ne réclamait les places.

Déjeunant ensemble, les deux jeunes gens discutèrent de tout et de rien, évitant tout simplement le sujet des Créateurs Elémentaires. Non, ils avaient un sujet bien plus important et surtout distrayant puisqu’il s’agissait tout simplement … de Swar.

« Alors, tu vois, au sujet de Swar, je crois bien que c’est la femme dont je parlais et que je voyais dans mes rêves. Pendant que je dormais, j’ai fait un étrange rêve, avec des véhicules de métal qui avançaient sans avoir besoin de pokémons. »

« Ah bon ? C’est vraiment un drôle de rêve. Raconte donc. Et au sujet de Swar, tu es sûr de ce que tu dis ? De toute façon, elle ne parlera pas alors qu’il y a d’autres personnes. Du moins, pas en public quand le public n’est pas menaçant, non ? »

« C’est vraiment bizarre mais bref, je veux bien t’en parler. Pour Swar, je ne sais pas … Mais c’est l’impression que j’ai eu et en plus, dans mon rêve, elle me l’a confirmé alors bon … »

Les deux jeunes gens continuèrent de parler sur ce sujet plus étonnant, des petits grognements se faisant entendre, signe du mécontentement de l’épée. Puis peu à peu, différents clients arrivaient, qu’ils proviennent des chambres de l’auberge ou alors de l’extérieur. Et peu à peu, les rumeurs arrivaient bon train. Il n’y tint guère compte jusqu’à ce que l’une d’entre elles vint le titiller, un homme disant :

« T’as entendu ? Paraitrait qu’il y a eu du grabuge chez la Sainte Alliance, dans l’un de leurs bâtiments. Ils ont décidé d’envoyer tout un groupe pour voir ce qui s’est passé. »

« … … … Loa. » murmura le jeune homme, fixant la femme aux cheveux verts. « Même si c’est risible, il faudrait que j’aille voir ce groupe de la Sainte Alliance. »

« Pourquoi cela ? A cause de cette personne qui est dans la Sainte Alliance ? Sélia, n’est-ce pas ? Tu es sûr que c’est vraiment prudent de ta part ? »

« Pas le moins du monde … Ce n’est pas prudent du tout mais il faut que j’aille voir. Peut-être qu’elle n’en fait pas partie du contingent mais bon … »

« D’accord, d’accord. J’ai compris, nous irons tous les deux la voir, d’accord ? Du moins, voir le contingent, qu’est-ce que tu en penses ? »

« J’en pense que c’est une bonne idée et qu’il faut que je te remercie d’accepter ma pure folie. Si Swar pouvait parler, elle irait encore me dire que je suis stupide. » répondit le jeune homme en émettant un petit rire gêné par le fait de s’insulter lui-même.

« Terminons le petit-déjeuner, retournons dans la chambre pour nous préparer et ensuite, nous y allons, d’accord ? C’est une bonne idée ? »

« C’est une bonne idée mais … je me disais … Tu as dormi dans la même chambre que moi ? Tu … Euh … Enfin bon. »

« Je n’ai pas dormi de la soirée, voilà tout. Je devais veiller sur toi, ça me parait normal. Pas besoin de seconde chambre dans ce cas précis, non ? »

C’était vrai. Il s’excusa alors qu’elle signalait que ce n’était rien. Les deux jeunes gens quittèrent la table, Kéran rappelant ses quatre pokémons avant qu’ils ne remontent dans la chambre. Elle demanda néanmoins à être seule, ayant besoin de s’éponger le corps à cause de la sueur. Il s’excusa une nouvelle fois, la laissant se laver.

Quelques minutes plus tard, ils échangèrent leurs places tandis qu’il évitait de la regarder. S’éponger le corps … Cela voulait dire un peu partout non ? Enfin bref … Il valait mieux ne pas y réfléchir et se laver lui-même. Depuis qu’il n’était plus avec Katérina, de ce « côté », c’était plutôt tranquille. Autant ne pas commettre d’impairs qu’il regretterait dans le futur.

Finalement, ils quittèrent l’auberge une bonne demi-heure après avoir fini de discuter entre eux. Des membres de la Sainte Alliance réunis, ça ne devait pas être si difficile que ça à trouver, n’est-ce pas ? Parcourant les ruelles de la ville, il observait en même temps celle-ci puisqu’il s’était « évanoui » entre temps, il n’avait pas pu l’étudier.

Pourtant, ils ne trouvèrent sans aucune difficulté le groupe de la Sainte Alliance. Pourquoi ? Car tout d’abord, il venait à peine d’arriver en ville et surtout, il n’était pas très discret. Les commères, les passants, tous étaient intéressés de savoir pourquoi autant de personnes étaient présents. Même si bien entendu, ils connaissaient une partie de la réponse.

« Est-ce que tu la vois, Kéran ? » demanda Loa alors que le jeune homme hochait la tête négativement, une voix féminine s’adressant à lui :

« Kéran ? Kéran ? Mais qu’est-ce que tu fais ici ? »

Hein ? Que quoi ? Il se retourna pour apercevoir la jeune femme aux cheveux bleus en face de lui, celle-ci semblant aussi surprise que lui. Mais pourtant, le regard de Sélia se posa aussitôt sur Loa, encore plus étonnée de voir une personne à côté de lui. Aussitôt, le rouge arriva aux joues de Sélia avant qu’elle ne murmure d’une voix un peu apeurée :

« Tu ne me présentes pas ? Je pensais que tu avais été un peu mieux éduqué … »

« Ah euh ! Je suis vraiment désolé, Sélia. C’est juste que tu es encore plus jolie qu’avant. » bredouilla le jeune homme, ayant pensé que cela ferait une excellente excuse pour la jeune femme aux cheveux bleus et aux yeux rouges. Résultat, ça semblait marcher beaucoup plus qu’il ne l’aurait cru puisqu’elle ne lui répondit pas, Loa regardant la gêne entre les deux personnes avant d’annoncer :

« Je viens de remarquer que j’avais une petite course à faire. En rapport avec mon pokémon. Je suis désolée, Kéran mais je vais m’en occuper avant qu’il ne soit trop tard. »

« Euh d’accord, Loa, on se retrouve plus tard alors … Je vais rester avec Sélia, je crois que nous avons besoin de parler tous les deux. » répondit Kéran, sur un ton beaucoup plus neutre qu’auparavant, voir même un peu froid.

Il n’avait pas oublié ce qui s’était passé. Il devait mettre les choses au clair avec Sélia. Savoir si elle était au courant de toute cette histoire, savoir si … elle faisait partie de tout cela.

Chapitre 91 : Une existence différente

Chapitre 91 : Une existence différente

« Encore dans un rêve … » murmura le jeune homme aux cheveux argentés.

Il le savait parfaitement car il ne faisait pas ce genre de rêve quotidiennement. Ah … C’était bizarre, franchement bizarre mais maintenant, il prenait l’habitude. Par contre, c’était un drôle d’endroit dans lequel il était tombé. Pourquoi ? Tout simplement que c’était saugrenu. Pas saugrenu mais le sol était pavé de pierre, il y avait aussi des égouts…

Mais le plus surprenant ? C’était les imposants bâtiments qui devaient faire cinq voir une dizaine d’étages. En même temps, il y avait aussi de drôles de véhicules qui crachaient une fumée noire et qui roulaient … sans avoir besoin de pokémons pour les tirer ? C’était bizarre, il lui semblait se trouver dans un autre monde.

« Tu n’es pas dans un autre monde, Kéran. » murmura une voix féminine, celle de Swar.

Il se retourna pour apercevoir la femme aux cheveux blancs. HAHA ! Maintenant, il en était sûr ! Il en était sûr et certain que Swar était cette femme qu’il voyait ! Pourtant, elle ne vint pas lui sourire tandis qu’il disait sur un ton victorieux :

« Swar ! Tu étais la femme ! Tu étais la femme que je n’ai pas arrêté de voir ! Même pendant que je rêvais dans le Marché de la Mort ! C’était toi ! »

« Non … Je suis ce que tu veux que je sois. Tu es tellement obnubilé par le fait que je sois cette femme que tu as décidé de me donner son apparence. C’est aussi simple que ça … pour un esprit aussi faible que le tien, Kéran. »

« Ah … Zut … J’y croyais vraiment sur le coup. » bredouilla le jeune homme, comme vaincu par les propos de la femme aux cheveux blancs. « Mais … C’est vrai ? Tu n’es pas …la femme ? Je pensais … Enfin, ça ne m’aurait pas gêné. »

« Hum ? Et pourquoi cela ne t’aurais pas gêné ? En quoi cela t’aurais gêné ? Je ne suis pas cette femme, que tu le veuilles ou non. J’ai l’impression que tu oublies la raison qui me pousse à être à tes côtés depuis le début, Kéran. »

« Et moi, j’ai l’impression que la raison n’est pas celle à laquelle on croit. » marmonna Kéran sur un ton boudeur, poussant un cri avant de voir l’un de ces véhicules de métal en train de passer à toute allure devant lui. HEY !

« Tu n’es qu’une illusion. Ils ne te voient pas, ils ne peuvent pas te toucher et ils ne peuvent pas t’entendre. Ils peuvent te traverser sans que cela t’affecte. »

« Oui mais ce que j’aimerai savoir … C’est quoi ce rêve ? C’est la première fois que je vois une telle chose, ces trucs de métal qui roulent … Et il n’y a pas de pokémons nécessaires ? »

« Cela s’appelait des voitures. Fonctionnant à l’essence, elle pouvait aller à une vitesse extrêmement rapide, autant que celle d’un Galopa voir bien plus même et … »

Un vrombissement stoppa les paroles de la femme aux yeux bleus, Kéran se bouchant les oreilles tout en regardant l’oiseau de métal dans le ciel.

« Voilà ce que l’on appelait un avion. Si les voitures allaient à une vitesse très rapide, les avions pouvaient dépasser la vitesse du son. Comprends-tu ce que cela veut dire ? »

« … … … Que même si je m’éloigne, si je te parle, tu entends ce que je dis et l’avion va aussi vite que le bruit et mes paroles ? »

« A peu de choses près, c’est cela. Tu comprends vite, Kéran. C’est bien, très bien de ta part. » murmura la femme aux cheveux blancs avant qu’il ne demande :

« Dis … Est-ce que je peux t’appeler Swar, ici ? Car je suis un peu perturbé à l’idée de t’appeler mademoiselle. Enfin, si tu veux bien, bien entendu, je ne vais pas te forcer. »

« Appelle-moi comme tu le désires. Maintenant, si tu veux bien me suivre, nous allons continuer la visite de tout ce qui se trouve autour de toi. »

« Par contre, pourquoi est-ce que je rêve de ça ? Sincèrement, si c’est bien moi qui rêve de ça, j’ai vraiment des rêves tordus. Je ne veux pas dire mais je ne pourrai pas rêver à Katérina, Sélia ou une autre personne ? Ou aux filles ? Enfin, à des combats héroïques ? »

« Ou alors aux séances de tortures que tu as subi il y a un mois ? Sois plutôt heureux de rêver à des scènes bizarres qu’à des scènes morbides. »

« Tu … marques un point, Swar. » murmura le jeune homme, un peu abasourdi. Il valait mieux pour lui qu’il la mette en veilleuse pour le moment.

Mais quand même … Cet endroit, on aurait dit un temps différent, plus évolué que le sien. Il n’y avait plus de problèmes de nourriture ou presque, les gens mangeaient de la crème glacée, les pokémons étaient à l’air libre, promenés et certaines personnes s’affrontaient entre elles pour récupérer un peu d’argent ou autre.

« Swar … Cet endroit est un peu effrayant quand même, tu ne trouves pas ? »

« Pourquoi serait-il effrayant ? Découvrir de nouvelles choses te fait peur ? C’est un peu risible de ta part, Kéran, tu le sais très bien. Tu as vu bien pire … Ici, ce que tu vois n’a rien à voir avec ce que tu as vu. »

« C’est une drôle de formulation ce que tu viens de dire … Swar. C’était un peu drôle de ta part mais je sais bien que tu n’es pas porté sur l’humour. »

« Cela ne veut pas dire que je n’en ai pas. Et oui, ma phrase paraissait suspecte, il faut le reconnaître amplement. Néanmoins, l’heure n’est pas aux paroles hasardeuses et inutiles. C’est pourquoi il vaut mieux alors que tu continues de m’accompagner. Ne te perd pas dans les méandres de ce rêve, tu risques de ne plus pouvoir en ressortir. »

« Euh … J’aimerai plutôt en sortir quand je le peux. Je suis plus inquiet que ça mais bref … Enfin … Comment te dire … Swar, je … »

Elle posa un doigt sur les lèvres de Kéran pour lui dire de se taire. Il vint rougir violemment, regardant la femme en face de lui. Cette armure noire et cette prestance. C’était vraiment comme cela qu’il s’imaginait Swar ? C’est vrai … Elle lui donnait toujours cette impression d’être au-dessus de tout, de lui, de ce monde.

« Swar … Qu’est-ce que tu es réellement ? » dit le jeune homme sans que la femme ne lui réponde. Elle lui fit un geste de la main, l’invitant à l’accompagner.

Le temps s’écoula mais il ne lui semblait pas avoir envie de rêver. Avec Swar, il accomplissait ce qu’il n’avait pas pu faire avec Sélia ou Katérina. Avec la femme, malgré sa froideur, il pouvait visiter une ville dont il ne connaissait rien. Les gigantesques bâtiments dont il parlait s’appelaient des gratte-ciels selon Swar. Intéressant, vraiment très intéressant. Il adorait en savoir plus à ce sujet. Mais il n’y avait pas que ça, n’est-ce pas ? Il y avait autre chose, il en était sûr et certain. Il y avait tellement …

Elle lui parlait des badges, des champions d’arène, des commissariats, tout ça était vraiment nouveau pour lui. Mais le plus surprenant dans tout ça ? C’est elle … C’était Swar. Swar semblait parfaitement connaître le rêve dans lequel il se trouvait.

« Swar … Est-ce que par hasard, ce rêve ne serait pas le mien mais le tien ? »

« Hum ? Pourquoi est-ce que tu dis cela ? A cause de mes connaissances ? Tu te trompes lourdement. Je n’ai aucun rapport avec cette ville. »

« Je ne sais pas … C’était ce que je ressentais en venant ici et en regardant autour. TU sais tellement de choses que ça m’étonne que tu ne viennes pas de là. »

« Hum ? Eh bien, sois étonné car la vérité est que je ne proviens pas de ce monde. » murmura la femme aux cheveux blancs, lui intimant l’ordre de l’accompagner maintenant.

D’accord, d’accord mais quand même … Pourquoi ça ne serait pas le cas ? Pourquoi ça ne serait pas ce qu’il pensait pour une fois ? Ce n’était pas son rêve ! Il ne rêverait pas d’un monde qu’il ne connaissait pas ! Ce n’était pas son monde ! Et la première raison à cela ? ELLE ETAIT SIMPLE ! C’ETAIT CA !

« C’est ça ! SWAR ! CE N’EST PAS MON RÊVE ! » hurla-t-il avant de désigner le ciel dégagé, sans aucun nuage. Le soleil brillait au beau milieu du ciel bleu tandis que Swar restait imperturbable, le regardant fixement de ses yeux bleus.

« Oui, ce n’est pas ton rêve, ce n’est qu’un phantasme de ta part et rien d’autre. »

« Arrête de m’embrouiller, Swar ! Je suis sûr et certain que ce n’est pas le mien ! Je vais te le prouver que ce n’est pas mon rêve ! »

« Qu’est-ce que … » dit la femme en armure noire avant de voir le jeune homme qui s’enfuyait en courant. Il ne devait pas se perdre dans cet endroit !


Il ne réfléchissait pas aux conséquences de ses actes, n’est-ce pas ? Comme à son habitude ! L’idiot ! Elle commença à disparaître dans le sol, partant à la recherche du jeune homme. De toute façon, il ne pouvait pas être loin. On parlait de Kéran, ce n’était encore qu’un enfant dans un corps d’adulte et rien d’autre ! Il avait peur de ce qu’il ne connaissait pas, il avait peur de ce qui se trouvait autour de lui, il n’était qu’un enfant.

« Ah ! Je … Je … »

Il s’était immobilisé, n’arrivant pas à retirer ses yeux de ce qu’il voyait. Le décor était en train de se recouvrir d’une brume noire mais … Il ne pouvait pas observer autre chose que ça … Une enfant qui devait avoir à peine cinq ans, portant une jupette noire et des sandales blanches. Les yeux bleus semblaient vides de sens tandis que ses cheveux blancs lui allaient jusqu’au cou. Le pire ? C’est qu’il avait l’impression qu’elle le regardait elle aussi mais c’était tout simplement impossible.

« C’est … Swar ? » bredouilla le jeune homme, nageant en pleine incompréhension.

La jeune fille fut enveloppée dans les ténèbres alors que maintenant, il avait perdu tous ses repères. Pourtant, dans l’obscurité, la voix de Swar se fit entendre :

« Non, ce n’était pas moi … Mais parlons de toi maintenant, Kéran. Qu’as-tu fait ? »

« Qu’est-ce que j’ai fait quoi ? J’ai … J’ai voulu courir pour en savoir plus … C’est tout. »

« Non, je parle de tes actes … avant de t’évanouir. Sais-tu ce que tu as fait, Kéran ? Sais-tu ce que tu as accompli encore une fois ? Je vais te le dire pour que tu comprennes bien la situation. Tu as tout simplement éliminé une nouvelle base qui appartient aux Créateurs Elémentaires. »

« J’ai fait ce que j’avais à faire … J’ai fait ce que j’avais à faire, c’est tout. »

« Et tu t’es comporté en héros. Un héros particulièrement stupide mais qui a agi de façon exemplaire. Toutes mes félicitations. »

« Tu n’es pas Swar. Swar ne me parlerait pas aussi gentiment … Ou alors, tu es la Swar que je me suis imaginée dans mes rêves. Swar ne me dirait pas une telle chose. Elle ne me féliciterait pas de cette manière. Tu n’es pas Swar. »

« Tu te répètes Kéran … et ça n’arrange pas la situation. Mais qu’importe, j’ai une question importante à te demander. Il faut que tu répondes avec la plus grande sincérité qui soit. »

« … … … J’ai encore plus peur quand tu demandes une telle chose. » murmura le jeune homme, plus qu’inquiet par la situation.

« Est-ce que tu comptes purifier ce monde des ténèbres et des créatures spectrales ? Est-ce que tu comptes éradiquer tous ses êtres qui empêchent la lumière de paraître sur cette planète ? Réponds donc à cette question … »

« … … … Je vais y réfléchir un peu, Swar. » répondit Kéran avec lenteur.

« Soit … Tu n’es pas forcé de donner ta réponse dès maintenant. »

Mais c’est ce qu’il allait faire. Car oui, il connaissait la réponse au fond de lui. Il savait pertinemment la réponse qu’attendait Swar. Il n’avait plus eut un changement d’opinion depuis des semaines … depuis le Marché de la Mort. Regardant à gauche puis à droite, ses yeux se fixèrent devant lui, comme pour apercevoir Swar.

« Je veux d’abord purifier les humains avant le reste. »

« Je m’attendais à une telle réponse de ta part. Je tiens à te signaler une chose pour que tu comprennes parfaitement la situation. Les ténèbres et la mort sont omniprésents parmi les humains, enfouis au plus profond de leurs êtres, de leurs âmes. Mais il n’y a pas que cela. »

Il n’y avait pas que cela ? Qu’est-ce que … Swar avait à dire d’autre ? Il devait avoir tellement à dire à ce sujet. Néanmoins, il restait quand même un peu méfiant. Pourquoi lui parler de cela maintenant ? Pourquoi maintenant et pas auparavant ?

« Si tu veux libérer ce monde, il te faudra combattre les créatures qui tentent d’en prendre le contrôle. Si tu veux combattre ces créatures, il te faudra devenir bien plus fort … mais surtout bien moins humain et irréfléchi. »

« J’ai l’impression que je viens de subir une insulte, c’est ça ? » demanda le jeune homme.

« Arrête de poser des questions idiotes et pense plutôt à ce que je viens de te dire. Tu m’as annoncé que tu comptais d’abord purifier les humains. Pour cela, il faudra les abandonner. Mais tu ne m’as toujours pas répondu : comptes-tu purifier ce monde de ces créatures ténébreuses et spectrales ? »

« Non. Pas dans son intégralité. Certaines de ces créatures sont bonnes et généreuses, comme le sont les humains ou les autres pokémons. Ce que tu me demandes, ça serait de les éradiquer complètement et je ne veux pas de ça. Il faut pouvoir vivre avec les pokémons spectres et ténébreux … comme avec les autres. Mais les spectres et les ténèbres se sont mis en tête d’être particulièrement mauvais … comme si cela était naturel pour eux. Ils ne sont pas mauvais de nature … C’est l’environnement qui les rend ainsi. »

« Kéran … » murmura doucement la voix de Swar avant que la femme en armure noire ne finisse par réapparaître devant lui.

« Oui ? Je … Je sais que c’est particulièrement bête ce que je dis mais je le pensais réellement hein ? Je ne veux pas dire mais ça me semble être vrai … et juste … »

« Je n’ai jamais annoncé que cela était stupide ou bête, loin de là. Ne devine pas mes paroles lorsque ce que tu penses est faux, est-ce bien compris de ton côté, Kéran ? »

Il hocha la tête positivement, s’excusant envers Swar alors qu’elle était à quelques centimètres de lui. Qu’est-ce qu’elle allait lui dire encore ? Il attendait qu’elle prenne la parole mais ça n’arriva pas pendant plusieurs secondes. Puis finalement, elle chuchota :

« Il est donc l’heure pour toi de te réveiller, Kéran … Je pense que tu as assez dormi et que ton corps est plus que reposé. »

«Ah ? Euh … Si je pouvais éviter de refaire ce genre de rêves la prochaine fois … »

« Nul ne peut contrôler ses rêves. Kéran, je suis celle que tu t’imaginais. » termina de dire la femme en armure noire, les yeux verts du jeune homme s’ouvrant subitement pour remarquer le plafond au-dessus de lui. Où se trouvait-il ? Dans une chambre ?

Chapitre 90 : Tout ravager sans se pardonner

Chapitre 90 : Tout ravager sans se pardonner

« Je vais tous vous écraser ! Je vais tous vous exterminer ! »

Et Swar qui ne cherchait même pas à arrêter le jeune homme. Loa s’était mise assise contre une caisse, plus qu’apeurée par la situation mais surtout par la colère de Kéran. Il n’avait rien à voir avec celui qu’elle connaissait depuis à peine une journée. Elle pensait être tombée sur quelqu’un de foncièrement gentil et amical, pas sur un être barbare.
Même si … Même si elle savait parfaitement que ce n’était pas vrai, que Kéran était réellement gentil mais sur le coup, quelque chose s’était surement brisé en lui lorsqu’il avait vu ses pokémons allongés sur le sol mais aussi ces choses barbares. Elle pouvait le comprendre, elle pouvait facilement le comprendre … mais elle ne pouvait pas accepter ce qu’il était en train de faire actuellement. Il en était hors de question. Elle n’accepterait pas ce qu’il était en train de faire !

C’était trop violent, elle voyait tout simplement le jeune homme en train de déchiqueter tout ce qui se trouvait sur son passage, que ça soit pokémon ou humain. Il n’hésitait pas dans ses gestes, il voulait tout simplement tuer sans se préoccuper de la douleur qu’il infligeait. Rapide et vif, il semblait impossible à toucher.
Pourquoi est-ce que Swar ne voulait pas l’arrêter ? La haine ? Un bon vecteur ? Est-ce qu’il y avait vraiment une possibilité qu’elle veuille le posséder ? Pourtant, cette nuit-là, cela semblait avoir été le contraire. Alors pourquoi ne pas l’arrêter ? Il allait plonger dans la folie, la démence si elle ne décidait pas de l’aider. C’était juste … absurde.

Complètement absurde alors que le combat s’éternisait, que les corps commençaient à s’entasser. Et contrairement à la dernière fois, Kéran semblait être capable de tenir la distance sur la durée. Il semblait infatigable alors que pourtant, aucune aura noire n’émanait de son corps, seulement de son épée.
« Mais qu’est-ce que vous foutez les gars ? STOPPEZ-LE ! »

C’était plus facile à dire qu’à faire pour les différentes personnes présentes. Certaines pensaient déjà à l’éventualité de s’enfuir face à un tel monstre. Mais voilà, aucun ne pouvait lui échapper alors qu’il continuait de taillader dans tout ce qui se trouvait en face de lui.

« POURQUOI SWAR ? POURQUOI ? » hurla le jeune homme alors que son épée répondait.

« Car la nature humaine est ainsi faite. Toujours en quête de puissance, de richesse, de choses qu’elle ne possède pas à la base. C’est pourquoi ce genre d’actions est courant. »

« POURQUOI EST-CE QU’ILS NE PEUVENT PAS COMPRENDRE LEURS ERREURS ?! » reprit Kéran sur le même ton, l’une de ses deux épées tranchant en deux la tête d’un homme en face de lui, visiblement peu prudent.

« Car reconnaître ses erreurs est bien trop dur pour des créatures qui se considèrent comme les plus évoluées et intelligentes de cette planète. L’humain est indécent, vantard et vaniteux. C’est pourquoi il est imparfait, contrairement à ses paroles où il se considère comme parfait. C’est pourquoi, je … Arrête de pleurer, Kéran. »

« Je peux pas ! Je ne peux pas m’arrêter de pleurer ! »

La jeune femme aux cheveux verts regarde Kéran avec interrogation. Pleurer ? Il pleurait ? Ah oui ! Il pleurait grandement même ! Pourquoi ? A cause de ce qu’il était en train de faire ? Est-ce qu’il s’en voulait de tuer ces criminels et ces pokémons malveillants ? Pourtant … Il n’avait pas de quoi s’en vouloir. Dans le fond, elle commençait aussi à cerner le point de vue de Kéran. Même s’il ne voulait pas agir de la sorte, il n’en avait pas le choix.

« Je dois tous les tuer … Tous … Pour qu’ils évitent de recommencer … Snif … »

« Mais bordel ! Vous n’êtes pas capable d’arrêter un seul enfant ou quoi ? Vous ne le voyez pas en train de chialer ? C’est juste incompréhensible ! »

« Si t’es si malin, tu n’as qu’à te débrouiller, tiens ! Moi, je me tire de … »

Une épée se logea dans le crâne d’un homme qui tentait de s’enfuir, Kéran se retrouvant déjà à sa hauteur avant de l’extirper. Il continuait son travail, inlassablement alors que les minutes s’écoulaient peu à peu, laissant peu à peu la place vide de personnes. Les rares survivants qui avaient réussi à s’enfuir allaient surement conter cette histoire.
Le jeune homme s’écroula à genoux, toussotant violemment avant de se mettre à cracher du sang et du dégueuli. Il était impossible pour lui de continuer dans cette voie … pas avec ce qu’il ressentait en ce moment. L’aura noire autour de l’épée s’arrêta alors qu’il se redressait, passant une main sur ses lèvres ensanglantées.
« Sarène … Lili … Lala … Je suis là, maintenant. »

Il avait murmuré cela avec douceur, s’approchant des trois pokémons allongées sur le sol avant de sortir ses noigrumes. Pendant la « capture » de ses trois pokémons, il avait récupéré les noigrumes. Il vint les rappeler à l’intérieur, s’approchant du Makuhita avant de le secouer un peu. Le pokémon se réveilla légèrement, Kéran lui murmurant :

« Ca va ? Elles sont en sécurité … Il fallait bien que je te sauve … Et je dois aussi sauver les autres. Oui … Il faut les sortir de leurs noigrumes. »

« Maku ? » demanda le Makuhita, un peu surpris de voir le jeune homme en face de lui mais surtout recouvert de sang … et ça ne semblait pas être le sien.

« Je vais m’occuper d’eux. Tu vas sortir avec la jeune femme d’accord ? Ensuite, tu retrouveras mes pokémons aussi. Moi … J’ai encore beaucoup de travail, vraiment beaucoup de travail. Vraiment … Vraiment … »

« Kéran ? » murmura l’épée sur un ton qui se voulait neutre.

Le jeune homme aux cheveux blancs ne répondit pas à son arme, s’approchant des différentes caisses avant de donner un coup dans le bois pour les ouvrir. Aussitôt, des noigrumes s’ouvrirent, laissant paraître des pokémons endormis, assommés, blessés. Il y en avait de toutes les espèces, de toutes les sortes. Loa et le Makuhita n’étaient pas partis, comme le Mélancolux, regardant ce que faisait le jeune homme.

Celui-ci était en train de libérer chaque pokémon qui s’éveillait ou non. Peu à peu, tout ce qui avait été utilisé par les humains fut détruit alors que le jeune homme s’écriait :

« Détruisez-tout … Ravagez-tout ce que vous pouvez ! Les humains ont essayé de vous tuer ! Vengez-vous ! Rasez leur ville s’il le faut ! Mais ne laissez plus jamais les humains dicter votre loi ! Retournez chez eux envers qui vous faites confiance, replongez dans vos lacs, enfuyez-vous dans vos forêts, vous êtes libres de vos choix, vous êtes libres de vos actes ! »

« C’est une rébellion, Kéran ? Enfin, ce que tu tentes de faire ? »

« Swar … Je ne sais pas … Je leur promets juste la liberté … pour le moment. Je veux juste que cet endroit soit détruit. Il n’y a pas de quoi le ravager ? AH ! SI ! Il y a des marteaux ! Des mauls ! » s’écria l’adolescent avec rage.
Il prit l’un des lourds marteaux qui se tenaient à deux mains, hurlant de toutes ses forces en leur disant de s’en aller. Les pokémons commencèrent à s’enfuir alors que l’adolescent frappait dans tout ce qui était cheminée, métal ou autre, prêt à tout ravager et anéantir.
Après quelques minutes, l’endroit ne ressemblait plus à rien et marcher était une quête plutôt dangereuse et laborieuse si on espérait ne pas de blesser. Il avait décidé d’utiliser les grands moyens et quitte à tout détruire, autant le faire bien !

HAHAHA ! C’était terminé … C’était vraiment terminé … Il en avait terminé … assez terminé. Les noigrumes étaient avec Loa, le Makuhita était avec Loa. Il avait tout simplement saccagé cet endroit pour qu’il ne puisse plus jamais créer des choses horribles.

« Swar … Swar … Je me sens si soulagé … Si soulagé de savoir que j’ai détruit tout cela. »

« Kéran, allons-nous en, tu en as assez fait pour aujourd’hui, demain et les mois à venir. Il faut que tu arrêtes cela, comprends-tu ce que je veux dire ? »

« J’ai toujours compris … J’ai vraiment compris. Je ne suis pas bête … C’est terminé. C’est vraiment terminé. Il faut que je quitte cet endroit. »

« Kéran … Tu es bien trop épuisé. » répondit Swar faiblement.

« Ne t’en fait pas, je ne vais pas si mal que ça, Swar. Puis bon … Ça serait bête qu’une jolie femme s’inquiète pour moi non ? Hahaha … Tu es une femme, oui, tu es vraiment une femme, Swar. C’est toujours difficile à croire mais tu es une femme, oui. »

« … … … Je suis une femme, c’est exact. Et toi, tu es un imbécile immature et incapable de garder son sang-froid lorsque la situation l’exige. Maintenant, quitte cet endroit. »

« Oui, je vais le quitter, je vais le quitter. » marmonna le jeune homme avec lenteur.
Voilà, elle voyait ? Même si le fait de marcher sur des échardes de bois lui faisait atrocement mal, le jeune homme accélérait le pas, remontant les escaliers, là où Loa l’attendait avec le Makuhita. Il fit un petit sourire tendre à la créature, celle-ci tenant les trois noigrumes avec difficulté entre ses poings gantés.

« Merci beaucoup de veiller sur elles, tu as été très efficace. Tu es avec elles depuis longtemps non ? Merci beaucoup … Loa … Je suis vraiment désolé … »

« Désolé pour quelle raison ? Oh Kéran, tu as vraiment une mine toute pâle. Viens donc par là. » souffla la jeune femme aux cheveux verts, s’approchant de lui avant de l’aider à marcher pour s’éloigner de cet endroit. Pendant plusieurs minutes, ils marchèrent jusqu’à ce qu’elle trouve un coin tranquille, un petit ruisseau s’écoulant non-loin d’eux.
« Merci beaucoup mais je n’ai quand même pas besoin de cette assistance. Je pense pouvoir me débrouiller un peu seul, Loa. »

« Bien entendu, bien entendu … Bon … Vas t’asseoir, je vais aller prendre un peu d’eau et essayer de t’asperger le visage. Tu es blanc comme un linge. »

Non mais il allait sérieusement bien. Enfin … C’est ce qu’il croyait. A part une petite fatigue de rien du tout et qui allait passer, il n’avait rien de bien spécial. Non … Pas du tout même.

« Kéran … Tu es vraiment épuisé. » souffla la voix de Swar tandis que le Makuhita gardait les trois noigrumes entre ses pattes. Il s’était assis au rebord de l’eau, regardant les noigrumes tandis que Kéran répondait à Swar :

« Je ne suis pas si épuisé que ça … C’est juste que … Enfin, mes pokémons vont bien donc c’est le plus important donc je suis content. »

« Tu as de quoi l’être … Néanmoins, ce que tu as encore fait était particulièrement stupide, est-ce que tu t’en rends compte ? »

« Je m’en rends parfaitement compte mais ça ne change rien … Ça ne change rien. Mes pokémons ont été sauvés, ce n’est pas le plus important ? »

Oui mais bon … Il n’y avait pas que ça non plus. Et pourtant, le jeune homme ne semblait pas vouloir le comprendre. L’épée poussa un profond soupir alors que le jeune homme se prenait un torchon en plein visage. Loa venait d’arriver à sa hauteur, commençant à éponger son front avant de prendre la parole :

« Quand même … Ce n’est pas décent ce que tu as fait, Kéran. »

« … … … Loa ? Je voulais dire … Ca va un peu mieux ? Enfin, par rapport à ce qui s’est passé à l’intérieur ? Ca ne te choque pas ? »

« Si tu parles du fait que j’ai vomi en remarquant tout ça, je crois que nous avons été deux à subir la même chose non ? Et sinon, pour ce que j’ai pu voir … Je ne m’attendais pas à ça. Comme quoi, des fois, les humains sont vraiment horribles. Et dire qu’ils faisaient partie de la Sainte Alliance, une organisation plus que respectée, il y a de quoi choquer. »

« Je veux bien te croire mais c’est ainsi et pas autrement. Des fois, il y a de ces choses … Comme l’Antre des Artisans et le marché de la Mort. »

« Je te crois, Kéran. Bon, maintenant, est-ce que tu veux bien t’asseoir, s’il te plaît ? »

« Et pourquoi cela ? Je vais bien, je te dis. Je vais bien … C’est juste que … Pfiou … Je suis un peu fatigué, c’est tout. » murmura le jeune homme aux cheveux blancs.

« Swar ! Dis-lui quelque chose cette fois ! Avant, tu n’avais rien fait mais il est quand même plus important pour toi que moi non ? Alors, dis-lui quelque chose ! »

« Ne raconte pas n’importe quoi, jeune fille. » répondit Swar sèchement, Loa étant un peu offusquée de se faire sermonner de la sorte.

Mais pourquoi est-ce qu’elle ne voulait pas dire à Kéran de se reposer ! Elle savait pertinemment que le jeune homme n’était pas en état actuellement non ? Alors pourquoi continuer à faire croire que si ?

« Tu vois … Si même Swar le dit, c’est que je vais bien et … »

Et ? Elle attendit le reste de la phrase de Kéran mais rien ne vint. Le jeune homme était immobile et stoïque, passant une main sur son crâne avant de s’écrouler sur les fesses. Il ne vint rien dire, écarquillant les yeux avant de tomber en arrière, s’étalant de tout son long.

« Après un tel débordement d’énergie, son repos risque de durer plusieurs heures voir même peut-être plus d’une journée. » annonça calmement Swar.

« Mais mais mais … Qu’est-ce que tu racontes, Swar ? »

« Kéran va bien si c’est cela qui t’inquiètes. Néanmoins, il ne pourra pas bouger pendant quelques heures voir une journée. Visiblement, il ne voulait pas se reposer alors je l’ai forcé. »

« … … … Tu étais quand même soucieuse de lui, contrairement à ce que tu prétends. » dit Loa dans un petit sourire, une aura noire émanant de l’arme à la ceinture de Kéran.

« Je possèderai ce corps un jour ou l’autre. Je préfère avoir un corps en entier et en parfait état de fonctionnement plutôt qu’un corps désastreux et … Arrête de sourire bêtement. »

« Oui … C’est vrai car je vais devoir soulever Kéran pour l’emmener jusqu’à une ville ou un village. On ne peut pas rester ici après tout ce qui s’est passé. »

« Makuhita ! Maku, Maku ! » s’écria une petite voix qui n’avait pas pris la parole depuis un bon nombre de minutes. Lorno s’approcha de la jeune femme, lui tendant les trois noigrumes. Elle récupéra les trois sphères avant que Lorno ne tape dans ses poings. Il souleva le corps de Kéran au-dessus de lui sans aucune difficulté.

« Oh bien entendu ! J’oubliais que nous avions un pokémon aussi aimable. Merci à toi, Makuhita ! Je suis sûre que Kéran te remerciera une nouvelle fois lorsqu’il se réveillera. »

« Maku, Makuhita Makuku. » répondit le pokémon pour bien montrer que les remerciements n’étaient pas obligatoires. Maintenant, il était temps d’emmener Kéran en sécurité car on n’était jamais sûr de ce qui pouvait leur tomber dessus La jeune femme accompagnée de son Mélancolux et du Makuhita quittèrent la petite zone où se trouvait le ruisseau, passant à travers les arbres pour sortir de la forêt.

Chapitre 89 : L’élément en soi

Chapitre 89 : L’élément en soi

« Si je les attrape, ils vont le regretter amèrement. »

« Kéran, calme-toi, ne recommence pas la même imbécilité que la dernière fois. » répondit Swar tandis qu’il avait réussi à suivre à la trace ces foutues personnes encapuchonnées de jaune. Heureusement pour lui car sinon … sinon … Ah …

« Je ne recommencerai pas, Swar. Je veux juste récupérer mes pokémons et me débarrasser d’eux ! Ce n’est pas bien compliqué non ? Juste les faire disparaitre comme auparavant ! »

« Je suis d’accord avec Swar, Kéran. Ce n’est pas bon de t’emporter de la sorte. De toute façon, ils ne le savent pas encore mais mon Mélancolux est déjà derrière eux, en train de les suivre. Nous ne les perdrons pas de vue, ne t’inquiète pas. Il faut néanmoins que tu évites de t’emporter. Calme-toi et ensuite, nous verrons la marche à suivre. »

D’accord ! D’accord ! Il était calme ! Il était calme ! Ça ne se voyait pas ? Il était calme ! Ah … Ah … Il prit une profonde respiration. C’était simplement qu’il ne voulait pas perdre de temps. Si ces pokémons se retrouvaient blessés, il allait faire un véritable malheur. Loa le força à s’asseoir contre un arbre en attendant que son Mélancolux ne revienne.
Harno ne tarda pas à se montrer, signalant qu’il avait repéré l’endroit. Isolé de la ville, enfoui au milieu d’une clairière, il semblerait qu’il y ait un sous-sol car le bâtiment n’a pas l’air très imposant d’après ce qu’il a remarqué. Néanmoins, il vaudrait mieux faire attention car l’endroit semble bien gardé d’après les soldats vus.


Le jeune homme se redressa, déjà prêt à partir alors que Loa l’observait avec un peu d’inquiétude. Néanmoins, elle ne vint rien dire, ne faisant que l’accompagner alors qu’ils se dirigeaient maintenant tous les deux vers l’endroit dont parlait Harno. Regardant à gauche et à droite, Kéran semblait plus que soucieux et toujours un peu sur les nerfs.

« Si je les attrape … Si je les attrape … Ils vont le regretter … Ils vont vraiment le regretter. »

« Calme-toi, encore une fois, Kéran. Ça ne sert à rien de s’emporter. »

OUI MAIS NON ! Hum … Vraiment, il savait pertinemment que Loa avait raison. Il le savait parfaitement mais c’était juste qu’on parlait de ses pokémons ! De ses petits pokémons à lui et à personne d’autre ! Il ne pouvait pas imaginer ce qui allait se passer s’il perdait trop de temps à les rejoindre ! Ses pokémons … Il venait à peine de les retrouver ! Il venait à peine de les avoir dans ses bras et voilà qu’on tentait de les lui retirer. Il en était hors de question … Il en était hors de question, il ne voulait pas que ça se reproduise.
« Swar …. Kéran me fait étrangement peur. Est-ce que tu peux … lui parler ? »

« Malheureusement, le fait que je lui parle ne changera rien. »

« Est-ce que tu ne veux pas lui parler … de femme à homme ? » murmura Loa sans pour autant révéler à Swar qu’elle savait au sujet de son autre forme.

« Je ne suis plus une femme, simplement une entité ectoplasmique. Je ne vois pas pourquoi j’aurai alors à discuter avec lui et surtout pour une raison aussi futile. »

« Si Kéran perd la tête sans que tu l’aides, j’espère alors que tu te sentiras un peu responsable de ce qui lui arriver, Swar. » répondit Loa avant de tapoter doucement le dos de Kéran.

Il valait mieux ne pas perdre de temps mais elle lui faisait promettre d’être discret. Le jeune homme hocha la tête avant qu’elle ne lui sourît. Les deux personnes s’enfoncèrent dans la forêt, suivant le Mélancolux jusqu’à ce qu’il les emmène dans une petite clairière. Aucun chemin tracé dans la terre pour s’y rendre même si quelques arbres avaient été retirés pour qu’une route soit « visible » si on s’y forçait un peu.
Trois hommes montaient la garde devant une petite porte. Sans même qu’ils ne fassent quelque chose, Kéran et Loa remarquèrent que les trois hommes tombèrent au sol, soudainement endormis. Pourtant, Loa fit un petit sourire, apercevant le Mélancolux qui arrivait vers elle. Non ? Ils n’étaient pas endormis ?

« Hum … Harno je préfère que tu évites de les tuer si possible, d’accord ? Nous ne sommes pas des personnes violentes par nature. »

« Désolé … mais cela semblait être un cas de force majeure et je ne pense pas que l’être dans l’épée de ce jeune homme voulait réellement s’occuper de cela. »

« Merci beaucoup Harno. Et ne t’en fait pas pour Swar, elle n’est pas très loquace mais elle sait se rendre utile quand il le faut. Je lui fais entièrement confiance. » répondit Kéran, quittant sa cachette pour se diriger vers le bâtiment.
Il fut rapidement rejoint par Loa et son pokémon, les deux personnes pénétrant à l’intérieur du bâtiment. Aussitôt, plusieurs escaliers étaient possibles à descendre. Ça lui rappelait … Ça lui rappelait quelque chose de malsain.
Quelque chose de vraiment déplaisant et qu’il n’appréciait pas du tout. S’il tombait sur une arène, sur un endroit de la sorte, il allait faire un malheur. Il allait commettre un massacre ! Et il ne s’en priverait pas du tout ! Il ne s’en priverait pas de tous les tuer si ça s’avérait nécessaire ! Il voulait tout simplement les éliminer !

Il décida de prendre les escaliers les plus à gauche, accompagné de Loa. Tendant sa main pour qu’elle ne tombe pas, la jeune femme déposa la sienne alors qu’ils vérifiaient à faire le moins de bruit. Ils devaient trouver Sarène et les autres … rapidement !

Rapidement … Rapidement, rapidement … Ca recommençait. C’était en train de recommencer ! Il s’en doutait ! Il venait de s’en douter maintenant ! Il en était sûr ! Il en était sûr et certain maintenant qu’il l’avait en face ! Il était encore chez le Marché de la Mort ! Il revoyait les objets de torture, les caisses remplies de noigrumes et …
Il se retourna au même moment qu’il entendait quelque chose qui s’effondrait au sol. Loa venait de s’écrouler au sol, ses jambes ne la supportant plus. Elle posa une main sur sa bouche, ne pouvant s’empêcher de vomir alors qu’elle paraissait plus que révulsée. Elle ne connaissait pas un tel endroit, n’est-ce pas ? Il avait eu … la même réaction.

« Loa … Reprend tes esprits. Je vais aller m’occuper d’eux dès mainten … »

« Non. Kéran ! Non … Il ne faut pas … On ne peut rien y faire mais … Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce qu’ils font ça ? C’est quoi leurs raisons ? »

« Le Marché de la Mort fait partie de l’Antre des Artisans. Leurs buts est de vendre les pokémons ou alors de les dresser pour qu’ils combattent dans une arène où ils peuvent prendre des paris et diverses autres choses mais … »

« Kéran, ce n’est pas le Marché de la Mort que tu as en face de toi. » coupa Swar.
Ce n’était pas le Marché ? Alors, qu’est-ce que c’était ? Il écarquilla les yeux, regardant brièvement Loa avant d’observer à nouveau ce qu’il voyait. C’était pourtant des objets de torture et aussi … Ah ! Il le sentait que maintenant mais … Il faisait drôlement chaud ici. Qu’est-ce que … Des coulées de métal chaud ?

On pourrait presque croire à une forge. Mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi est-ce qu’il y avait une forge ici et maintenant ? Dans le Marché de la Mort, ils ne faisaient pas cela, non ? Finalement, il aperçut les trois personnes encapuchonnées, chacune tenant les trois pokémons qui appartenaient à Kéran. Le Makuhita ? Il se trouvait adossé contre une caisse, toujours évanoui. Il pouvait entendre la conversation entre les trois personnes à cette distance, une conversation dont il se serait bien fait passé.

« Alors … Pour les deux pokémons psychiques, je pensais à ce que l’on crée des lames jumelles. Il semblerait qu’elles soient sœurs jumelles donc ça leur correspondrait bien. »

« Quant à la Stalgamin ? On en fait quoi ? »

« Je me disais que peut-être, le mieux avec elle serait de s’en faire un jouet. Des fois, il fait sacrément chaud donc un truc qui permet de nous alerter sur la présence de spectres dans les environs mais aussi de nous rafraîchir, ça serait une bonne idée. »

Ce n’était pas les mêmes personnes. Ce n’était pas les mêmes personnes ! Ils ne faisaient pas partie du Marché de la Mort ! Il … Il … Il était où alors ? C’était qui ces types ? Y avait combien d’organisations qui faisaient des magouilles de ce genre ? ASSEZ ! ASSEZ ASSEZ ! IL EN AVAIT ASSEZ ! Il allait … Il allait …
Pendant que les hommes discutaient entre eux, déposant les pokémons au sol pour bien montrer qu’ils seraient les suivants, ce n’était … Ce n’était pas normal. PAS NORMAL DU TOUT ! Il devait se calmer mais il n’y arrivait pas ! La seule chose qui l’inquiétait plus que ça, c’était la réaction de Loa. Elle semblait apeurée et n’arrivait toujours pas à marcher. Il était hors de question de la laisser seule ici.

« Bon, je vais voir et faire un peu l’inventaire ! » annonça une voix alors qu’il ne regardait pas ce qui se passait. Un homme d’une trentaine d’années passa devant eux, ne les remarquant pas alors que Kéran jetait un regard. Personne … Personne ne les voyait, tous étaient trop occupés hein ? Trop occupés à mutiler et à tuer !


Sans hésiter, il vint attraper l’homme par le col, le tirant en arrière avant de mettre un bras pour le bloquer, la lame de l’épée posée sur son cou. Il allait perdre patience ! Vraiment perdre patience devant tout ce qui était en train de se passer devant lui !

« Je te conseille de ne pas faire un bruit. Tu alertes, je te tues, c’est compris ? » murmura faiblement le jeune homme, ensanglantant légèrement le cou en l’entaillant un peu.

« O… Oui mais ne me faites pas de mal, je … »

« Tu ne parles pas quand je ne t’en donne pas l’autorisation. Où est-ce que l’on est ? Ce n’est pas le Marché de la Mort ici non ? Alors, où est-ce que l’on se trouve ? »

« Vous vous rendez dans un endroit et vous ne savez pas où ? Mais vous … AH ! Je … Je vais vous le dire. Nous sommes chez les Créateurs Elémentaires ! »

« Continue donc … » souffla Kéran, peu enclin à attendre très longtemps.

« Nous … Nous sommes de la Sainte Alliance. Nous créons leurs armes et leurs armures. Nous créons de l’équipement qu’ils utilisent pour combattre les spectres et les créatures ténébreuses, c’est tout, c’est tout ! Je vous le promets ! »

« Et ensuite ? Continue … Car il n’y a pas que ça. Avec quoi vous les créez ? Comment est-ce que vous les créée ? PARLE ! »

« Avec des pokémons ! Tous les pokémons servent à créer les armes, armures et autres objets ! Nous nous servons de leurs capacités, de leurs pouvoirs, pour les insuffler dans des armes, c’est tout ! Ne me faites pas de mal ! »

« Tous les pokémons ? Vous tuez alors des créatures innocentes pour forger des armes et des armures qui vous protégeront, c’est cela ? Vous tuez des êtres vivants juste pour être sûr de ne pas être blessés, c’est cela ? »

« Je ne fais rien du tout moi, je ne fais que noter l’inventaire et dire où on dépose ces choses. Je ne fais pas l’écartèlement ou toutes ces choses moi ! »

« Oui … Bien entendu … Tu es pur et innocent. » bredouilla le jeune homme, pris de tremblements et de nausées. Une idée horrible venait de lui traverser la tête.

Remarquant les tremblements, l’homme lui donna un coup de tête, s’abaissant pour éviter la lame de l’épée avant de commencer à crier. Aussitôt, Kéran planta son arme dans le corps de l’homme devant les yeux surpris de Loa.

« C’est trop tard … C’est bien trop tard … Maintenant, je ne peux pas me le retirer de la tête, je ne peux pas m’empêcher de penser ça ! Je ne peux pas ! »

« Ké … Kéran … Tu viens de tuer un homme … sans … de sang-froid. »

« Et alors ? Reste près de moi, demande à Harno de te protéger s’il le faut mais je vais tous les buter ! Je vais tous les tuer ! Je vais tous, tous, tous ! »

« Swar ! Arrête Kéran avant qu’il ne devienne fou ! » cria Loa une nouvelle fois en direction de l’épée mais celle-ci avait déjà fait apparaitre son aura noire autour d’elle.

« Pourquoi cela ? La haine est un très bon vecteur. »

La haine ? C’est vrai que le jeune homme semblait parcouru par ce sentiment mais le ton froid et neutre de l’arme qu’il avait en main n’avait rien à voir avec celui de Swar.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Il y a des intrus ! ATTENTION ! JE REPETE ! IL Y A DES INTRUS ! TUEZ-LES AVANT QU’ILS NE COLPORTENT CE QUI SE PASSE ICI ! »

« Vous croyez vraiment que je vais le balancer à tout le monde ? Je suis sûr que déjà bon nombre de personnes le savent. Je suis sûr que beaucoup savent comment on fait ces armes et ces armures. Il n’y avait que moi … que moi qui ne savais rien, comme d’habitude. »

C’était une habitude chez lui. C’était vraiment une habitude chez lui d’être pris pour un imbécile ! Un imbécile comme il n’en existait pas deux ! Il le savait parfaitement ! Depuis le début, depuis le début, on lui mentait !

« Depuis des années … Depuis des années … »

« Depuis des années ? » demanda Loa, espérant par-là que le jeune homme n’allait pas commettre une bêtise. De toute façon, il était déjà trop tard puisqu’ils avaient été repérés.

« DEPUIS DES ANNEES, ELLE SAVAIT ! J’EN SUIS SÛR ! »

Elle ? De qui elle ? Ce n’était pas de l’épée dont il parlait puisque d’après ce qu’elle savait, le jeune homme ne l’avait que depuis une année voir un petit peu moins. Mais alors de qui est-ce qu’il était en train de parler ? Peut-être de cette Katérina ou alors de Sélia ?

« Attends un peu … Ce gamin … Je le connais ! » dit l’un des hommes, faisant déjà apparaître un Cizayox tout en sortant une épée qui s’enflamma.

« Ouais ? Et c’est qui alors ? Car il n’a pas l’air très net. »

« C’est le type du Marché de la Mort ! Le gamin qui n’a pas arrêté de tuer tous ses geôliers ! Il paraitrait qu’il avait fait un véritable massacre un soir ! »

« Oh putain … Et on est sensé faire quoi nous ? On n’est pas paré pour ce genre d’occasions ! On se barre ? Qu’est-ce que tu crois ? »

« Vous … pensez vraiment … que je vais vous laisser vous enfuir ? Est-ce que les pokémons ont eu cette chance ? » murmura doucement le jeune homme, sortant sa seconde épée.

« On a pas le choix … Faut espérer le buter, les autres vont arriver rapidement. »

Oui mais il faisait quand même drôlement peur. C’était quoi cette lueur de folie dans les yeux de ce gamin ? On aurait pu croire qu’ils avaient affaire à un psychopathe qui avait commis des meurtres en série sans jamais s’arrêter. Tout ça pour des pokémons dont tout le monde s’en foutait complètement ou presque !

Chapitre 88 : Retrouvailles et enlèvements

Chapitre 88 : Retrouvailles et enlèvements

« Alors … Loa, tu es vraiment d’accord pour m’aider à retrouver mes pokémons ? »

« Bien entendu, combien de fois devrais-je te le répéter hum ? Enfin, je fais cela car j’avoue que tu es vraiment très intéressant comme jeune homme. »

« Et pourquoi est-ce que je le serai ? » demanda le jeune homme aux cheveux argentés, un peu surpris d’entendre cela d’une autre personne. Lui ? Intéressant ? Il n’y avait pas erreur sur la personne plutôt ? Car il ne se voyait pas du tout comme ça. Loin de là même, pfiou …

Ils se dirigèrent vers la prochaine ville et il lui avait demandé de ne pas faire apparaître son Mélancolux. Ce n’est pas qu’il avait honte d’être avec une Docte mais tout simplement que pour poser des questions, il fallait éviter que les autres en posent sur soi.

Il marquait un point et elle hocha tout simplement la tête pour dire qu’elle allait écouter sa demande. Tant mieux car sinon, ça poserait vraiment beaucoup trop de soucis et il ne voulait pas avoir de problèmes pour l’heure actuelle. Sans même aller vers une personne, il restait aux côtés de Loa, se promenant dans la ville.

« Je pensais que nous allions interroger quelques passants, Kéran ? » murmura Loa.

« Pas forcément … Ce n’est pas la meilleure idée à avoir. Là, nous allons surtout écouter les rumeurs. Nous pourrions nous rendre dans une auberge ou une taverne, ça serait tout aussi efficace … Ça serait peut-être même une meilleure idée mais je ne veux pas t’embarrasser alors que tu as eu des problèmes la dernière fois. »

« C’est plutôt à moi de te dire ça, Kéran. Je pensais que tu serais plus gêné que ça d’être avec une Docte et qui ne veut pas le cacher. »

« Je suis plus gêné par le fait d’être avec une femme qu’avec une Docte si c’est l’heure des révélations. Nous tendons l’oreille et nous essayons d’avoir le plus d’informations. Je ne pense pas que nous aurons quelques nouvelles de mes pokémons de la sorte mais bon … »

« J’espère pour toi que nous les trouverons et surtout que des gens en parlent même si cela serait étonnant, nest-ce pas ? Ne te démoralise pas si nous ne trouvons rien. »

« J’éviterai, promis. Mais le mieux serait … d’avoir quelque chose. Même la moindre petite parcelle d’informations. Je ne demande pas grand-chose. »

Ah … S’il savait … S’il savait vraiment ce qui se passait autour de lui. Même si elle était au courant au sujet de Swar, elle avait décidé de se taire. Pourquoi ? Car ça ne la concernait pas et surtout, c’était plus qu’intriguant. Pourquoi est-ce que cette femme spectrale était capable … d’avoir une forme humaine justement ?

C’était là l’une des grosses interrogations qu’elle avait mais pour l’heure, elle ne pouvait pas poser la question car elle n’en savait rien. Et bien entendu, il était hors de question de poser la question à Swar. Hum … Mais vraiment, le jeune homme était plus qu’intéressant et c’était pourquoi elle préférait rester à ses côtés. Elle était sûre d’en apprendre bien plus sur les spectres et les créatures ténébreuses grâce à lui.

Pendant plusieurs minutes, le jeune homme parcouru les ruelles de la ville, tendant l’oreille à la moindre indiscrétion. A part des noms dont il n’en avait strictement rien à faire, rien ne résonna à ses oreilles à part le calme plat … Pfff … Vraiment rien du tout ? Il n’allait rien apprendre de cette manière … si ça continuait … C’était vraiment dérangeant … et embêtant en même temps. Il poussa un profond soupir.

« Loa … Tu avais sûrement raison, ce n’est pas dans une ville que je vais trouver mes pokémons mais je ne sais même pas par où commencer ? »

« Prends ton temps, calme-toi et tu trouveras alors une solution. Ca ne sert à rien de s’emporter, sauf bien entendu à s’attirer des ennuis. Ce n’est pas ce que tu veux, n’est-ce pas ? » annonça la jeune femme avec douceur.

« Pas vraiment … Pas du tout même. Mais je n’ai aucun indice. Je ne sais pas où aller … Je ne sais pas quoi faire … Je suis perdu, vraiment plus que perdu ! » dit le jeune homme alors qu’elle prenait sa main entre les siennes.

« Calme-toi … Si tu ne cherches pas, tu trouveras peut-être. »

« Dis comme ça, ça a l’air franchement bizarre si je peux l’annoncer. » bredouilla Kéran, poussant ensuite un profond soupir. Et pendant ce temps, son épée ne venait pas du tout l’aider. Il était déboussolé et complètement perdu. Comment est-ce qu’il allait faire ?

Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout mais il voulait obtenir une réponse le plus rapidement possible. Ah … Il s’adossa contre un mur, croisant les bras sans rien faire. Il ferma les yeux tandis que Loa faisait de même.

« Dis ? T’as entendu parler ? Paraitrait qu’il y a la petite bande de pokémons qui sévit dans notre ville. Tu sais, ceux dont les rumeurs n’arrêtent pas de parler. »

« Oui mais auparavant, ils étaient trois non ? Maintenant, il semblerait qu’ils soient quatre. Mais quand même, cette Kirlia et cette Mesmerella, j’aimerai bien les trouver. Paraitraient qu’elles sont plus que spéciales ces deux créatures. »

« Kéran ? Kéran ? Tu as entendu ? » murmura Loa, se mettant en face de lui.

« Oui … Mais non … Je n’ai pas de Kirlia et de Mesmerella. J’ai seulement une Stalgamin, une Tarsal et une Scrutella. »

« Kéran, Kéran, Kéran … Essaye de réfléchir un peu plus loin. Combien de pourcentage de chance as-tu que cette Kirlia et cette Mesmerella différentes ne soient pas les tiennes ? Tu m’as bien signalé que ces jumelles étaient spéciales non ? Alors, pourquoi est-ce que l’on n’essaie pas de jeter un œil et de les trouver ? Si on se trompe, tant pis non ? »

« Oui … Ça serait mieux que de rester là à ne rien faire. Je m’excuse d’avoir pensé de la sorte. Ce n’était vraiment pas voulu, Loa. » répondit le jeune homme en quittant le mur, Loa lui souriant amicalement. D’après ce qu’ils avaient entendu, cela voulait dire que ce quatuor de pokémons se trouvait en ville. Il suffisait maintenant de tout simplement les trouver. Si ce n’était pas ses trois pokémons, tant pis alors, il n’allait pas en faire un drame.

Alors… S’il était un pokémon, qu’est-ce qu’il ferait dans une ville ? Du moins, qu’est-ce qu’il chercherait dans une ville ? Car ils n’étaient pas partis pour rien non ? Ils cherchaient quelque chose mais pour l’heure, lui, il ne savait pas encore ce que c’était.
Les ruelles, les grandes rues, les coins des marchands, même la taverne, il se rendait un peu partout sans réellement savoir où il va. Pourtant, il ne savait pas pourquoi, il sentait qu’il se rapprochait inexorablement de la vérité. Il savait qu’il n’était plus très loin de retrouver ses pokémons. Du moins, c’est ce qu’il croyait.

Car la vérité fut toute autre. Après une bonne heure de recherche incessante, rien ne vint. Ces pokémons se montraient plus que discrets. Trop discrets même. Il soupira une nouvelle fois, se démoralisant pour pas grand-chose. Ses pokémons lui manquaient, Katérina lui manquait, Sélia lui manquait. Il n’était pas embêta par la présence de Loa, loin de là mais bon … Ce n’était pas pareil qu’avoir des connaissances auprès de soi.
« Je vais peut-être faire appel à mon pokémon spectre. Il doit sûrement être capable de repérer des créatures de la sorte. »

« Je ne sais pas, Loa. Ce n’est pas forcément une bonne idée, non ? Car si les gens remarquent un spectre dans la ville, ça va être l’hécatombe, surtout s’il est seul. »

« Oui je sais bien mais ça me fait encore plus mal de te voir désemparé de la sorte alors si je peux t’aider, j’aimerai bien ne pas m’en priver, tu vois ce que je veux dire ? »

« Je vois parfaitement mais … Bon … Fais comme tu le veux et ensuite, nous irons… »

Il s’arrêta en écarquillant les yeux, croyant apercevoir quatre petites formes qui venaient de traverser la ruelle en face de celle dans laquelle ils s’étaient caché tous les deux. Parmi les quatre formes, il avait bien reconnu celle de la Stalgamin.

« J’ai cru apercevoir Sarène, ma Stalgamin. Elle semblait diriger les trois autres pokémons mais je ne sais pas … Les trois autres ne me disaient rien. Elles étaient bien plus grandes que ce que je n’ai cru voir. » murmura le jeune homme.

« Peut-être parce qu’elles ont évolué ? » signala Swar, prenant finalement la parole.

« AH ! Swar ! Tu parles enfin ! J’ai l’impression que dès qu’il y a une autre personne, tu n’oses plus prendre la parole. C’est quand même franchement un peu gênant, ça, tu le sais ? » demanda Kéran alors que l’épée lui répondait :

« Car peut-être, je n’ai rien à dire ? Je ne parle pas si je n’en vois pas de raison. »

« Ah … D’accord, d’accord. Bon ben, si tu n’as rien à dire, j’ai compris, je n’ai pas besoin de t’écouter … Mais sinon, on ne va pas perdre de temps. Il faut qu’on aille les suivre avant qu’elles ne s’enfuient ! »

Maintenant qu’il pensait avoir retrouvé sa Stalgamin, il était bien plus enclin à parcourir la ville. Avec rapidité, il vint s’enfoncer dans l’autre ruelle, Loa lui signalant qu’elle ne pouvait pas courir grandement avec sa tenue. Elle lui dit d’aller prendre de l’avance tandis qu’elle-même allait souffler un petit peu.

Avec célérité, le jeune homme continua de s’enfouir dans la ruelle, remarquant que les quatre pokémons n’y étaient plus. Puis soudainement, il se prit un violent coup de poing dans le ventre avant d’entendre un cri :

« MAKU ! MAKUHITA ! »

Estomaqué et plus que surpris, il regarda une étrange créature jaune et plutôt boulimique qui venait de le frapper d’un coup de poing. Aie, aie, aie ! Ca faisait sacrément mal ! C’était quoi ça ? Pourquoi est-ce qu’elle venait de l’attaquer et …

« Stalgamin ? Stal ? » murmura une seconde voix, se présentant à côté du Makuhita.

« Mesme ? Mesmerella ! Mesme, mesme ! » cria une second voix alors qu’une créature un plus grande qu’une Scrutella mais y ressemblant étrangement se présenta à côté du Makuhita, semblant lui adresser la parole et lui dire que ce n’était pas une bonne chose.

« KIRLIAAAAAAAAAAAAAA ! » hurla soudainement une voix avant qu’il ne soit couché violemment au sol, une petite créature venant l’enlacer avec tendresse. HEY HEY HEY ! Qu’est-ce qui venait de se passer ?

Plus qu’étonné et encore sous le choc, il regarda la Kirlia aux cheveux bleus et aux yeux orange et dorés. C’était qui ça ? Pourquoi est-ce qu’elle venait de lui sauter au cou ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Ce n’était quand même …

« … … … Lili ? » demanda-t-il faiblement encore sous le choc et l’étonnement.

« Kirlia ! Kirlia ! Kir Kirlia ! Kirlia Kirlia Kir! »

C’était ses pokémons ! Alors … A côté, c’était Lala ! Et à côté de Lala, c’était Sarène ! Et à côté de Sarène, c’était … C’était qui ? Il murmura :

« Désolé mais je ne crois pas te connaître, Makuhita. »

Mais ce n’était pas grave du tout. Il remarqua les larmes dans les yeux de la Kirlia mais aussi de la Mesmerella qui n’attendit pas plus longtemps pour sauter dans ses bras. Seule la Stalgamin semblait plus calme et contrôlée, s’approchant lentement de lui. Et alors, il comprit, il comprit à moitié ce qui s’était passé.

« Tu as bien veillé sur elles, c’est ça, Sarène hum ? Merci beaucoup. »

« Stal … Stalgamin, Stalgamin. » répondit la créature conique.

« Toujours incapable de parler visiblement. Dommage … Qu’est-ce qu’il y a les filles ? Pourquoi cette tête surprise ? » demanda le jeune homme en voyant les regards de Lili et Lala en direction de Sarène. Les jumelles firent une petite moue boudeuse.

« Ah … Ah … Ah … AH ! Kéran ! Te voilà enfin ! »

Les quatre pokémons tournèrent leurs visages vers la nouvelle arrivante. C’était qui cette humaine aux cheveux verts ? Le jeune homme se releva, déposant les jumelles au sol avant de se tourner vers Loa.

« Loa … C’était bien mes pokémons ! Bon ! Il y a eu un nouveau venu mais sinon, c’était mes pokémons … Toutes mes petites pokémons adorées. Tu veux que je te fasse les présentations ? Comme ça, ça sera officiel et en même temps … »

« Je ne pense pas que tu auras le temps de les faire, maintenant que nous avons mis la main sur ces pokémons, nous n’allons pas les lâcher. »

Hein ? Quoi ? Il fit un demi-tour sur lui-même, levant les yeux en l’air avant d’apercevoir trois personnes encapuchonnées. Drôle de tenue que de porter une cape jaune pour camoufler le corps. Ce n’était pas comme ça qu’ils allaient être discrets et … AHHHH ! Il poussa un hurlement strident alors que tout son corps était électrocuté en même temps que ses pokémons et Loa. Tous les corps tombèrent au sol, les quatre pokémons se retrouvant évanouis. L’une des personnes encapuchonnées vint dire :

« Autant le Makuhita a l’air tout ce qu’il y a de plus banal … »

« Autant les deux pokémons psychiques et la future créature spectrale risquent de nous donner de sacrés ingrédients. Finalement, nous avons réussi à mettre la main sur ces dernières. »

« Lâc … LÂCHEZ-LES ! » s’égosilla le jeune homme, cherchant à se relever.
« Hum ? Ne t’en fait pas, ils serviront une très bonne cause. Dommage pour toi mais tu n’as plus de pokémons et … Qu’est-ce que … »

« JE … VOUS … AI … DIT … DE LES LÂCHER ! » hurla Kéran avant de se redresser, une aura noire se formant autour de lui et de son arme.

« PUTAIN ! On se barre avec avant que ça dégénère les gars ! » hurla l’une des trois personnes avant qu’ils ne soulèvent les quatre corps, faisant appel à divers pokémons oiseaux pour les épauler. Ils comptaient quoi ? S’ENFUIR ?

« RELÂCHEZ MES POKEMONS ! »

« Kéran, ne t’énerve pas, ils n’iront pas très loin. Regarde si Loa peut marcher et si ce n’est pas le cas, fais atte … »

« Loa ! Je t’embarque avec moi ! J’espère que la position ne te gêne pas ! » répondit le jeune homme tout en coupant la parole à Swar. Il souleva la jeune femme toujours paralysée, commençant à courir à toute allure derrière ses trois personnes encapuchonnées.

Malgré le poids qu’il avait sur les bras et l’agilité exemplaire de ces personnes, il semblait comme galvanisé, n’ayant aucun mal à les poursuivre alors qu’elles quittaient la ville. Où est-ce que … Non … Non ? NON ?! Ils n’étaient quand même pas du Marché de la Mort ? Ils n’auraient pas osé hein ? Ohla … Oh … Oh … Il ressentait à nouveau une poussée de haine qui remontait en lui, Loa restant muette dans ses bras.

Chapitre 87 : Protéger ceux que l’on aime

Chapitre 87 : Protéger ceux que l’on aime

« Aucune information récupérée, Lala ? »

La Stalgamin s’adressait à la Scrutella, celle-ci étant accompagnée par le Makuhita. Pourquoi ? Car elle avait décidé de séparer les quatre pokémons en deux groupes. Comme par hasard, la Scrutella était avec Lorno tandis qu’elle-même était avec Lili.

« Non … Non … Il y a juste des informations comme quoi, le Marché de la Mort à plusieurs kilomètres d’ici a été détruit mais sinon, il n’y a rien d’autre qui a été appris. Je suis désolée, madame Sarène. Nous n’avons rien retrouvé tous les deux. »

« Ce n’est pas de ta faute, Lala. Si ces personnes ne savent rien, tu ne peux pas t’en vouloir alors que ce sont elles les responsables. » répondit le Makuhita comme pour rassurer la petite créature noire et blanche.

« Oui mais bon … Ca commence à faire beaucoup de temps … Enormément de temps même et on a toujours pas de nouvelles de monsieur Kéran. On ne sait même pas s’il … Non ! Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas ! »

La Scrutella hocha la tête négativement plusieurs fois de suite comme pour oublier cette idée lugubre et macabre comme quoi Kéran était mort. Le Makuhita tapota doucement son dos pour la rassurer tandis que Lili poussait un petit soupir. Ah … Sa sœur jumelle était quand même une grande pleurnicharde quand il y avait le Makuhita à côté d’elle.

« Hum … Quittons donc la ville pour la journée. Je sais ce que nous allons faire aujourd’hui. J’ai une bonne idée et je pense que vous l’apprécierez … Du moins, même si ce n’est pas le cas, il faut bien que nous fassions une telle chose après les récents évènements. »

Les récents évènements ? De quoi parlait la Stalgamin ? De ce qui s’était passé avant qu’elles furent sauvées par le Makuhita ? Les quatre pokémons se dirigèrent hors de la ville, sous la tutelle de la Stalgamin.
Quelques minutes plus tard, ils étaient au beau milieu de la forêt, la Stalgamin regardant les trois pokémons avant de les étudier. Elle semblait réfléchir à quelque chose de très important. Finalement, la créature conique murmura :

« Nous allons nous entraîner. Pourquoi ? Pour éviter les erreurs de la dernière fois. Nous n’avons fait que de la recherche depuis un mois et il vaut mieux éviter que ça se reproduise. C’est pourquoi vous allez vous battre entre vous mais moi aussi. Bien entendu, on ne fait pas d’excès, n’est-ce pas, Lili ? »

« Beuh … Pourquoi moi tout de suite ? Je sais quand même contrôler ma force ! Puis c’est pas drôle si on ne se donne pas à 200% dans ça ! Ça va me faire du bien ! Hé ! Lorno ! On va se battre toi et moi ! Je suis sûre que mes poings sont plus forts que les tiens ! »

« Je me sens un peu mal à l’aise de venir frapper une demoiselle … » murmura le Makuhita, se grattant la joue de son gant de boxe sur son poing droit.

« Ah ouais ? Ben, bientôt, tu vas te sentir mal pour une autre raison ! »

Sans même prévenir, Lili se téléporta pour arriver à la hauteur de Lorno, le frappant de toutes ses forces dans le ventre. Le poing vint rebondir dans la bedaine du Makuhita, celui-ci ayant un petit rire avant de répondre :

« Les attaques physiques ne vont pas réellement faire grand-chose, je ne veux pas vous embêter avec ça … Enfin, c’est plutôt inutile. »

« Ah ouais ? Eh bien, pour la peine, je ne vais pas me gêner pour continuer à te frapper jusqu’à ce que tu souffres ! Aucune utilisation de pouvoir psychique pour ma part ! Tu vas voir ce que c’est que d’avoir mal au bide, gros tas ! »

« LILI ! N’insulte pas Lorno de gros tas ! Il est un peu enveloppé mais c’est ça qui le rend si bien ! Enfin, ce qu’il est ! » bredouilla la Scrutella en rougissant.

« Mais il sait qu’il est gros ! Qu’il accepte ce qu’il est ! De toute façon, toi, tu vas t’entraîner avec madame Sarène ! Moi, je vais me servir de Lorno comme d’un sac de frappe ! »

Maintenant plus amusé qu’offusqué par les paroles de la Tarsal, le Makuhita présenta son ventre à celle-ci, la petite créature commençant à le frapper de ses petits poings. La Scrutella parut triste, murmurant :

« Je voulais combattre avec Lorno. Mais maintenant, Lili n’arrête pas de se l’accaparer. »

« Ne fait donc pas cette tête, tu pourras le revoir très rapidement. De toute façon, il faudra bien que l’on échange nos places pour que chacun affronte une autre personne. Nous sommes tous différents ou presque, ce qui va nous permettre de mieux nous entraîner. Là, tu vas te battre contre une créature capable d’utiliser la glace. Ensuite, ça sera contre une créature comme toi, puis une créature qui sait se battre physiquement. C’est différent. »

« Oui mais bon … Enfin … Je vais faire de mon mieux, madame Sarène ! »

« Je suis sûre que ça sera le cas. Tu te prépares ? » demanda la Stalgamin, s’éloignant de la Tarsal et du Makuhita pour leur laisser un peu d’espace.

L’entraînement commence avec efficacité et rapidité. Les quatre pokémons n’hésitaient pas à donner le meilleur d’eux-mêmes, changeant d’adversaire toutes les dix minutes. Il était facile de voir que lorsque Lala et Lorno s’affrontaient, aucun des deux n’était réellement sérieux, pensant plus à ne pas blesser l’autre qu’autre chose.

Finalement, après trois heures d’entraînement, la Stalgamin décréta une pause, signalant par là qu’à force, ils allaient tous progresser et être capables de faire des efforts mais surtout de se défendre sans forcément compter sur les autres.

« Bon … Pour aujourd’hui, c’est assez. Mais restez sur vos gardes. Lorno, tu nous surveilles pendant que nous allons prendre à manger ? Lili, Lala, accompagnez-moi. »

Les trois pokémons s’exécutèrent, suivant Sarène alors que l’entraînement n’avait été que le premier d’une longue liste à venir. Il fallait éviter que cela se reproduise, c’était le plus important. Elle était un peu leur gardienne à ces trois autres pokémons.

Quelques jours plus tard, le changement était visible … du moins, chaque petite créature avait quelques égratignures mais on sentait que chacune avait plus confiance en ses propres moyens qu’auparavant. Et en même temps, la recherche sur Kéran n’avançait pas. Ce n’est pas que tous avaient abandonné cette idée, c’était tout simplement qu’ils ne trouvaient rien.

« J’ai l’impression que nous piétinons. »

C’était la Stalgamin qui avait dit cela alors qu’une nouvelle séance d’entraînement allait commencer pour les quatre pokémons. Néanmoins, avant de penser à cela, il valait mieux … peut-être se préoccuper des pokémons qui arrivaient vers eux ?

« Que voulez-vous ? » demanda calmement la Stalgamin.

Surement des choses peu amicales d’après le regard des deux Boskaras qui venaient d’arriver. Ces derniers semblaient apprécier la vue des quatre pokémons en face d’eux, ouvrant grandement la gueule avant de la refermer.

« Un peu de viande … Depuis quelques jours, vous récupérez tous les fruits des environs. Nous mourrons de faim par votre faute. C’est de votre faute si nous ne pouvons pas nous nourrir correctement ! »

« Pardonnez-nous, nous ne savions pas, n’est-ce pas les filles ? » répondit la Stalgamin, s’adressant aux deux autres pokémons alors que Lorno ne faisait qu’hocher la tête bien qu’il n’avait pas été cité par Sarène.

« Des excuses ? Vous croyez que ce sont des excuses qui vont nous nourrir ? Vous vous foutez de nous ? » hurla l’un des Boskaras avant de faire apparaître des fouets.
Aussitôt, les fouets vinrent claquer sur la Stalgamin, la faisant rouler en arrière. Aussitôt, le poing de la Tarsal s’enflamma avant qu’elle ne crie :

« HEY ! DUCON ! Ne touche pas à madame Sarène ! Tu ferais mieux d’arrêter de bouffer, gros lard ! T’es trop obèse, je suis sûre que tu ne vois même plus tes pieds ! »

« Mais elle me veut quoi la gringalette ? »

Nullement inquiets par les flammes, les deux Boskaras foncèrent vers elle, Lili se téléportant pour les esquiver. Ensuite, elle tenta de les frapper de son poing enflammé mais d’autres fouets firent leurs apparitions, la ligotant avant de l’envoyer contre un arbre. Ce fut Lala qui la réceptionna, elle-même réceptionnée par Lorno qui se cogna contre un arbre.

« Aie, aie … Ca ne fait pas vraiment du bien tout ça. Aie … » marmonna le Makuhita.

« Lorno ! Ca va ? » s’inquiéta aussitôt la Scrutella.

« Plus de peur que de mal. Ne t’en fait pas, Lala, il en faut bien plus pour me mettre à terre et ils vont rapidement le comprendre. » déclara Lorno, déposant les deux petites créatures au sol alors que la Stalgamin se redressait avec difficultés. Non pas parce qu’elle était blessée, tout simplement à cause de sa forme. Difficile de se relever quand on roulait sur soi.

Le Makuhita se plaça devant les trois autres pokémons mais pourtant, il fut rapidement rejoint par la petite Tarsal. Celle-ci fit flamber ses deux poings, grognant de colère.

« On ne touche pas à ma sœur, c’est compris les gros ? Je vais me farcir vos deux têtes ! »

« Lili, laisse-moi m’occuper d’eux, ça ne devrait pas trop … »

Le Makuhita arrêta de parler, tendant subitement ses deux poings sur les côtés et se plaçant devant la Tarsal pour la protéger. Des lianes sortirent du sol, venant s’enrouler autour du Makuhita avant de le forcer à rester collé au sol. Quelques instants plus tard, des feuilles aussi tranchantes que des lames commençèrent à lacérer son corps, les Boskaras s’écriant :

« On va d’abord te couper en petits morceaux et ensuite te gober tout cru … On n’a pas encore l’habitude de la viande mais à cause de créatures comme vous, on doit modifier toute notre alimentation ! »

« Re … Relâchez-le ! Je vous l’ordonne ! » s’écria la Scrutella bien que cela fut inefficace. Pendant qu’ils faisaient leur travail plus que violent, les trois autres pokémons tentèrent de sauver Makuhita bien que tout fut inefficace.

« Enfuyez-vous pendant qu’ils s’occupent de moi. » murmura Lorno.

Mais il y avait une personne qui n’était pas motivée à cela. Plus qu’énervée par la situation, la frêle Scrutella commença à s’illuminer, grandissant légèrement. Ce fut ses deux yeux roses qui se firent voir en premier, envoyant une puissante décharge physique sur les deux Boskaras pour les repousser en arrière. Pourtant, bien que les lianes fussent déchiquetées, les Boskaras ne firent que reculer un peu.

« C’était bien le moment qu’elle évolue, celle-là. » dit l’un des deux Boskaras.

« Ouais, et devine quoi ? Nous sommes sœurs jumelles alors quand l’une évolue, généralement, la seconde ne tarde pas. »

Une voix s’était adressée aux deux Boskaras, se trouvant dans leurs dos. Avant qu’ils ne se retournent, deux puissantes flammes vinrent les recouvrir, commençant à les calciner. La Tarsal qui avait disparu brièvement s’était retrouvée sous une nouvelle forme elle aussi. Celle d’une Kirlia avec un sourire machiavélique aux lèvres.

« Vous feriez mieux de décamper maintenant, les deux boulets si vous ne voulez pas crever. Et j’espère pour vous qu’il y a de l’eau car sinon, vous êtes foutus. »

La Kirlia souleva les deux pokémons grâce à ses pouvoirs psychiques, les envoyant au loin dans le décor alors que la Mesmerella était déjà au chevet du Makuhita, plus qu’inquiète en voyant les nombreuses blessures sur Lorno.

« Lorno. Lorno ! Réponds-moi ! Réponds-moi ! Tu es conscient hein ? Tu es conscient ? Lorno ? S’il … S’il te plaît … »

« Je ne sais pas vraiment faire de jolies phrases … mais je reconnais que la personne que je vois actuellement est vraiment très belle. » murmura le Makuhita dans un sourire.

« Je vais aller te soigner, Lorno. »

Tout en lui parlant, la Mesmerella vint le serrer dans ses petits bras, le gardant contre elle tandis que Lili s’approchait de la Stalgamin. Elle lui demanda d’une voix un peu énervée :

« Pas de blessure de votre côté, madame Sarène ? Vraiment, ces Boskaras se prenaient pour qui ? Vous vous êtes excusée et on ne savait même pas au sujet de leurs foutus fruits. Ils se prenaient pour les chefs de la forêt ou quoi ? »

« Je ne sais pas mais en soi … ils avaient raison. Nous sommes restés un peu trop longtemps dans les parages. Dès que Lala en aura terminé avec Lorno, nous partons d’ici et nous allons nous rendre dans un autre village. » répondit la Stalgamin.

« Maintenant … que nous avons évolué, peut-être que nous trouverons plus facilement monsieur Kéran non ? » demanda la Kirlia.

« Il y a des chances, vos pouvoirs sont plus développés et peut-être qu’au fond de vous, un lien vous unit avec Kéran. Lala ? As-tu terminé de flirter avec Lorno ? Je ne pense pas qu’il ait besoin d’autant de soins que ça. »

La Mesmerella voulu bredouiller quelque chose mais resta complètement muette et rouge de gêne alors que le Makuhita tapait contre son torse. Il signala par là qu’il n’avait aucun problème pour se mouvoir et qu’ils pouvaient partir dès qu’elle le désirait.

« Alors … Allons-y. Par contre, nous ne mangerons pas avant quelques heures et un bon bout de chemin. On va éviter de répéter les actes … de ces derniers jours. »

« Mais ce n’est pas de notre faute, madame Sarène ! Nous n’étions pas au courant ! » répondit la Kirlia, un peu plus ouverte maintenant qu’elle venait d’évoluer.

« Et ? Ce n’est pas une raison pour recommencer cela non ? »

« Non mais quand même … Nous dire que nous sommes coupables de quelque chose que nous ne connaissions pas … Bon ! De toute façon, si c’est juste ça, moi, je vais nous téléporter ! Comme ça, on ira beaucoup plus vite ! »

Elle n’avait visiblement pas envie de se disputer avec la Stalgamin. Aussitôt dit, aussitôt fait, la Kirlia rouvrit ses yeux complètement roses, les quatre pokémons disparaissant complètement avant de l’endroit où ils se trouvaient encore quelques instants auparavant.

« Brrrr ! » bredouilla le jeune homme aux cheveux argentés.

« Que se passe-t-il, Kéran ? Tu as attrapé froid ? » demanda la jeune femme aux cheveux verts.

Il ne savait pas. Il haussa les épaules avant de lui répondre qu’il avait juste eu le sentiment que quelque chose se rapprochait rapidement d’eux sans savoir quoi. Peut-être une prémonition ? Mais il n’était pas sûr qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Chapitre 86 : Une existence antérieure

Chapitre 86 : Une existence antérieure

« Ainsi, tu es à la recherche de tes trois pokémons ? C’est quand même pas fréquent. Mais tout ce qui s’est passé … Par contre, j’ai l’impression que tu oublies de me parler de certains points, est-ce voulu ou non ? »

« C’est voulu … Disons que je ne veux pas … comment dire … Y a des choses que je préfère garder secret. » murmura le jeune homme aux cheveux blancs.

Comme le petit détail qui concernait Katérina … Il ne voulait pas vraiment en parler car ça ne concernait pas Loa et puis de toute façon, c’était le secret de Katérina. Il n’avait pas à en parler aux étrangères qu’il ne connaissait qu’à peine. D’ailleurs, à ce sujet …

« Dites, je voulais encore vous poser une question si ça ne vous dérange pas. Je ne crois pas vous avoir parlé de mes trois pokémons, du moins, de leurs races. Il y a une Tarsal, une Scrutella mais surtout une Stalgamin. Il paraitrait que les Stalgamins femelles sont destinées à devenir de futurs spectres, est-ce normal ou non ? »

« C’est le cas. Elles deviennent majoritairement des Momartiks. D’ailleurs, à ce sujet, si elle devient une Momartik et que tu as une relation amicale avec elle, ce qui ne m’étonnerait pas, là tu as des chances de pouvoir devenir un Docte. »

« Hahaha ! Je vois, je vois … Enfin, merci beaucoup pour ces réponses, mademoiselle Loa. Sans vous, je ne sais pas vraiment ce que j’aurai pu faire … Et puis, surtout, vous me donnez des réponses à de nombreuses questions, ça me fait réellement plaisir d’avoir quelqu’un qui a des connaissances sur ce domaine. Swar n’est pas vraiment très bavarde, il faut dire. »

« Car je n’ai pas grand-chose à te dévoiler à ce sujet. Cela ne te concerne pas, Kéran. » coupa sèchement l’épée alors que Loa rigolait.

« Quand même, vous formez un drôle de duo tous les deux. Peut-être que dans le fond, tu serais déjà un Docte sans même le savoir. Sans même t’en rendre compte ? »

« Je vous avoue que je ne sais pas … vraiment. »

« AH ! Ça me fait penser à quelque chose. Tu n’es pas obligé de me vouvoyer hein ? Tu peux me tutoyer comme je le fais avec toi depuis le début. Nous sommes un peu pareils. »

« Je ne sais pas … sauf bien entendu pour le tutoiement ! Il n’y a aucun problème à ça ! Je veux bien te tutoyer puisque ça ne te dérange pas et surtout, ça serait beaucoup plus facile. Néanmoins, je me sens quand même bien mieux et donc, je pense qu’il vaudrait mieux que j’aille tout de suite rechercher mes pokémons. J’ai été très heureux de te rencontre Loa. »

« Moi de même mais pourquoi partir maintenant ? Si ça ne te dérange pas, nous pouvons toujours passer un peu de temps ensemble non ? Un bout de chemin ? Je dois t’avouer que c’est un peu triste de se promener en étant seule. Ce n’est pas le souci de mon Melancolux mais bon … Un peu de conversation « normale » de temps en temps, je ne dis pas non. »

« Euh … Je ne sais pas vraiment. Comme expliqué avec la fille nommée Katérina, ça s’est mal terminé, on va dire. » bredouilla le jeune homme.

Et alors ? C’était pour cela qu’il ne voulait pas lui laisser sa chance ? Elle continua de lui sourire, se rapprochant un peu de lui avant de reprendre d’une voix amusée :

« Ne t’inquiète pas, d’après ce que j’ai cru comprendre avec le ton de ta voix, tu sembles … très attachée aux deux femmes dont tu parlais. Sélia et Katérina si je ne me trompe pas sur la première. Je ne suis pas comme cela. »

« Ah … Mais non ! Non ! Je ne pensais pas à quelque chose de la sorte ! Je ne voulais pas insinuer cela et puis en même temps … »

« Il n’aurait pas le courage de faire une telle action. Ce n’est pas dans son caractère. » répondit Swar, coupant la parole à Kéran.

« Hahaha ! Sincèrement, Swar, c’est bien cela ? Je trouve que tu aies vraiment une créature étrange, très étrange même. Je me demande ce que tu devais être avant de mourir. »

Devait être avant de mourir ? Kéran cligna des yeux plusieurs fois, comme plongé dans une incompréhension indescriptible. Swar … C’est vrai. Swar était une créature morte, il l’oubliait un peu trop souvent car la créature lui parlait tellement … tellement … Et donc, ça donnait une impression bien différente.

« Ce que j’étais avant de mourir ne concerne que ma personne et non celle de Kéran ou la tienne. Je n’aimerai pas être médisant ou alors trop violent dans mes paroles, c’est pourquoi j’aimerai que l’on s’abstienne de continuer sur cette discussion, merci bien. »

« Oh bien entendu ! Je ne voulais surtout pas te forcer à en dire plus … mais je suis sûre que cela plairait énormément à Kéran d’en connaître plus sur toi. »

« Hum ? Et ? Si cela l’intéresse, tant mieux pour lui. Et je te trouve un peu trop sûre de nombreuses choses. Non … Je ne suis pas spécial, contrairement aux apparences. » répliqua l’épée en grognant légèrement d’après le ton employé.

« Peut-être tout simplement lui confirmer ou infirmer que tu es une femme ou un homme, n’est-ce pas déjà une bonne avancée ? Et tu n’as alors pas besoin d’en dire plus sur tes origines, ce n’est pourtant pas une mauvaise chose, non ? »

« … … … Si je lui dis ce que je suis réellement, est-ce que tu vas arrêter de parler inutilement ? » demanda sèchement l’épée.

« Je pense que je peux faire un effort sur ce point. » répondit aussitôt la jeune femme aux cheveux verts, Kéran se demandant si Swar allait vraiment le lui dire.

« Kéran, je suis une femme. Du moins, j’ai été une femme. Maintenant que tu le sais, évite de te faire des idées sur une plausible transformation en hermaphrodite, d’accord ? Quant à mon véritable nom, tu n’as pas besoin de le connaître, il est inutile. »

Oui mais il savait maintenant que Swar était une femme ! Enfin, ce n’était pas la plus grande des nouvelles mais quand même … Il y avait tellement de choses … qui méritaient un peu d’explications. Du genre, pourquoi ci, pourquoi ça ? AH ! Il savait par quoi commencer !

« Pourquoi est-ce que tu ne parlais jamais au féminin ? Et puis, c’est bizarre mais le ton sortit de l’arme ne fait pas penser à une femme non plus ! »

« Et voilà, espèce d’idiote. Maintenant que tu l’as lancé sur le sujet, il ne va plus me lâcher pendant des heures. Je ne te remercie pas. »

« Mais de rien, Swar … » souffla la jeune femme alors qu’elle semblait avoir le visage attendri par la réaction de Kéran envers son épée. Il devait être bien jeune … Surement un nouvel adulte pour se comporter de la sorte envers son épée, n’est-ce pas ?

Maintenant qu’il en savait un peu sur Swar, il voulait en savoir plus, toujours plus. L’épée quant à elle, s’était plongé dans un profond mutisme. Visiblement, ça la dérangeait grandement que Kéran lui pose toutes ces questions qu’elle considérait comme particulièrement inutile.

C’était amusant … Très amusant aux yeux de Loa. La jeune femme suivait Kéran par derrière, regardant le jeune homme qui parlait ou tentait de parler avec son arme sans y arriver. Pendant ce temps, elle-même discutait avec son Melancolux, parlant de tout et de rien tandis que le jeune homme prenait de l’avance.

Après deux bonnes heures de marche, il s’arrêta. La nuit allait tomber, ou plutôt qu’il allait être l’heure de se coucher puisqu’il n’était pas possible de voir le soleil dans le ciel. Ah … Pendant un mois, il n’avait rien fait du tout. Aucune chasse au spectre ou au monstre ténébreux pour rouvrir ce ciel une nouvelle fois.

« Hum ? Qu’est-ce qu’il y a, Kéran ? Pourquoi est-ce que tu t’es arrêté ? »

« Je me disais … Est-ce que tu es habituée à dormir à la belle étoile ou non ? Ou tu préfères chercher un village pour aller dormir ? Je ne sais pas du tout quand on en trouvera un par contre, je tiens à te le signaler. »

« Je pense que tu es au courant que les Doctes ne sont pas les personnes les plus appréciées, n’est-ce pas ? Alors, j’ai un sac de couchage pour cela. Et toi ? »

« Bah … Je dors d’habitude dehors donc bon. »

« Oh ! Je vois, je vois. » répondit la jeune femme, un peu étonnée car elle n’avait pas remarqué de sac sur le dos de Kéran.

Il dormait vraiment dehors ? Sans rien du tout ? Hum … Elle allait quand même l’étudier d’un peu plus près. Lui disant de s’installer pendant qu’il préparait un feu, elle lui signala que son pokémon en était capable, montrant par-là les prouesses de son Mélancolux. Celui-ci cracha une petite flamme avant que Kéran ne dise :

« Je vais aller chasser quelques pokémons pour nous nourrir. Installe-toi, Loa. Ça ne sera pas très long normalement. »

« Je sens que je vais être surprise de ce que tu vas faire, héhéhé. » répondit Loa, toujours aussi pétillante de vie et de joie lorsqu’il était là. Elle ne s’arrêtait jamais de sourire ?

Et pour une surprise, ce fut une grande surprise. Elle ne s’attendait pas à ce que l’adolescent lui ramène deux cochons d’un poids plutôt conséquent. Elle s’approcha de lui, lui tâtant le bras comme pour vérifier quelque chose.

« C’est quand même bien surprenant … Comment est-ce que tu as réussi à les soulever ? »

« Les deux Spoinks ? Je ne sais pas … Ils sont quand même lourds contrairement à ce que ça donne l’impression mais je crois que mon séjour dans le Marché de la Mort m’a un peu plus musclé que je ne le pensais. »

« Surement … Surement … Et bien, mangeons donc alors et … »

Elle s’arrêta alors que le jeune homme commençait à découper la viande sans même se préoccuper plus longtemps de Loa. Avec rapidité et précision, ses gestes à l’épée lui permettaient de prendre les morceaux les plus tendres.

« Tu es fils de boucher ? » demanda Loa en écarquillant les yeux.

« Pas vraiment non … C’est pas du tout ça. Je prends juste les morceaux qui seront les plus faciles à cuire ou à avoir à manger. Au moins, ils ne seront pas difficiles à mordre dedans. J’ai pris l’habitude de faire ça même si c’est un peu du gâchis. Par contre, je sais qu’il me faudrait beaucoup de sel et du papier pour aller conserver la viande en trop. »

« Quand je disais que j’allais être surprise … je ne pensais pas par ça. »

« Ah ? Pourtant, ça n’a rien de si exceptionnel si on a l’habitude de manger dehors et de récupérer sa propre nourriture. » répondit Kéran en haussant les épaules.

« Ecoutez-le donc se vanter … Hum … Ce n’est même pas de la vantardise, tout simplement une remarque anodine de sa part, c’est cela le pire. »

C’est cela le pire ? Qu’est-ce que ça voulait dire par là ? Swar ne voulut pas continuer à parler, évitant de lui raconter qu’il avait réellement grandi depuis le début de son aventure, depuis qu’il avait récupéré l’épée. Seulement, il ne le remarquait pas encore. Il restait toujours et encore un peu « enfant » dans son être intérieur.

Le repas se passa tranquillement entre les deux jeunes personnes, Loa et Kéran discutant de tout et de rien mais principalement des spectres, des créatures ténébreuses et aussi du métier de Docte. Il apprit qu’elle était l’une des très rares personnes plutôt jeunes à être Docte et pourtant, elle était un peu plus âgée que lui.

« Quand même … Ça doit être spécial d’être Docte. Comment sait-on si on est un Docte ou non ? Je veux dire, y a-t-il un groupe qui décide de ça ? »

« Pas vraiment … Disons plutôt que les Doctes les plus âgés peuvent définir qui est un ou une Docte après une rapide étude de la personne. Mais c’est principalement là que ça se trouve. » répondit Loa, posant une main sur son cœur. « Quand on pense comme ça, ça parait stupide mais c’est pourtant la vérité. On est Docte quand on pense réellement l’être. Toi-même, tu ne sais pas réellement si tu es Docte, non ? »

« Je ne sais pas. Il faudrait que je demande à Swar mais vu comment ELLE me répond et me parle, je vais avouer que je ne sais pas vraiment. »

« Est-ce que tu considères qu’avoir deux pokémons spectres et ou ténébreux et être amical avec eux fait de toi un Docte ou non ? »

« Je ne sais pas … vraiment … Mais il est vrai que depuis déjà pas mal de temps, j’ai abandonné l’idée de retirer Swar de cette épée. Dans le fond, Swar m’est toute aussi importante que mes trois pokémons, malgré tout ce qu’elle dit. »

La jeune femme aux cheveux verts éclata de rire, plus qu’amusée par les propos du jeune homme. Parfait … Parfait… Il n’y avait même pas de question à se poser alors !

Le repas terminé, la jeune femme sortit son sac de couchage, ne rappelant pas son pokémon dans sa noigrume. Gardant le sac de couchage ouvert, elle murmura à Kéran :

« Est-ce que tu penses que tu tromperais cette Katérina et cette Sélia si tu dormais dans mon sac de couchage avec moi ? Je pense qu’en se serrant bien, il y a de la place pour deux personnes. Je ne suis pas forcément très … « imposante » dira-t-on. »

« Je ne sais même pas de quelle trahison on parle … Mais je ne pense pas que ça soit une bonne chose. Je suis désolé mais le manque de confiance … Après ce qui s’est passé. » bredouilla Kéran, rougissant néanmoins à la proposition avant de s’installer contre un arbre. Elle referma son sac de couchage, lui souhaitant de bien dormir.

Chose qu’il fit à moitié. Il cherchait le sommeil sans réellement y arriver. Il voulait revoir cette femme aux cheveux blancs. Pourtant, pendant près de deux heures, alors qu’il restait éveillé, rien ne se passa du tout. Vraiment … Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il ne voyait rien ? Il avait vraiment envie de la connaître …
Sa tête pencha vers le sol, signe qu’il avait finalement plongé dans un profond songe. Aussitôt, la femme en armure noire fit son apparition, regardant vers les arbres. D’un geste lent, elle tendit la main vers les branches, celles-ci se coupant sans aucune difficulté. Chaque morceau de bois tomba à côté de Kéran, seules les feuilles les plus grandes venant le recouvrir pour former une protection mineure contre le froid.

Puis après quelques secondes d’apparition, la femme disparut, l’aura noire de l’épée se faisant voir pendant quelques instants. Le silence plana autour d’eux, le Mélancolux restant parfaitement immobile, semblant plongé dans son sommeil alors qu’il n’en était rien. Pour une créature comme lui, il était difficile de dormir quand il pouvait ressentir les énergies maléfiques et ténébreuses autour de sa personne. Avec lenteur, il s’approcha de sa dresseuse, lui murmurant quelque chose dans le creux de l’oreille.

« Vraiment spécial … Il ne mentait donc pas. » souffla-t-elle faiblement. « Nous devons faire le maximum pour rester avec eux, Harno. »

Comme elle le désirait, il ne faisait que la suivre de toute façon. La jeune femme s’endormit à son tour, rejoint quelques minutes plus tard par le Mélancolux. Plus rien ne bougea, plus rien ne se fit entendre, sauf la nuit omniprésente autour d’eux.