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Chapitre 88 : Détresse

Chapitre 88 : Détresse

Elle avait froid… Très froid… Pourquoi faisait-il si noir autour d’elle ? Elle n’entendait rien, elle ne voyait rien… Etait-ce vraiment ça la mort ? La vieille femme tremblait légèrement alors qu’une voix féminine se fit entendre derrière elle :

« Une nouvelle âme en peine à ce que je vois. »

Elle se retourna vivement, apercevant une sorte de créature vêtue d’une robe blanche et bleue… Une Momartik d’après ce qu’elle pouvait voir. Bizarrement, c’était même la seule chose qu’elle pouvait apercevoir dans ce vide. Elle prit la parole :

« Une âme en peine ? Mais… Je ne suis pas triste ! »

« Hum ? Es-tu sûre de cela ? Seules les âmes isolées et abandonnées, celles qui n’ont pas réussi à combler leurs vies restent sur cette terre. Certaines deviennent des pokémons, d’autres de simples ectoplasmes effrayant les personnes vivantes. »

« Mais je vous dit que je ne suis pas triste ! J’attends simplement quelqu’un. Pourquoi serais-je triste alors que je vais être la femme la plus heureuse de ce monde ? »

« Hum ? De quoi parles-tu ? Exprime toi clairement. Si tu n’es pas une âme en peine, ta place n’est pas ici normalement. »

Finalement, la Momartik se présenta à la vieille femme. Elle se nommait Frizy et parcourait les siècles sans avoir de dresseur. Une vierge sacrifiée à l’âge de la majorité dans un lointain passé. Voilà ce qu’elle était et elle avait décidé de devenir une de ses créatures mystérieuses qui peuplaient ce monde. De son côté, Riza racontait son histoire à Frizy.

« Tu veux donc me faire croire que cet humain que tu aimes tant viendra te rejoindre dans la mort ? Lorsqu’il sera mort, vous serez réunis ? »

« Exactement. Il me l’a promis et je le crois sur paroles. »

« Pourtant… Il est avec une autre femme. Comment pourrais-tu croire un homme qui en aime une autre ? »

« Car je lui fais confiance… Jamais, il ne jouerait avec mes sentiments. »

« Nous allons vérifier cela. »

Le décor changea subitement et Riza eut la grande surprise de voir qu’elles étaient revenues dans le monde actuel bien que personne ne pouvait les voir. Elles se dirigeaient vers l’endroit où se trouvait sa tombe. Les consignes avaient été respectées : Seulement Riza était marqué sur cette tombe, elle ne voulait rien d’autre. Elle ne voulait plus de son histoire, rien d’autre que ce nom. De nombreuses fleurs parcouraient la tombe et elle eut une nouvelle surprise en remarquant que sa tombe était isolée des autres d’une bonne cinquantaine de mètres. De plus, les matériaux utilisés pour la tombe étaient vraiment magnifiques.

« Je ne pensais pas… à tant de choses. »

« Etais-tu célèbre lorsque tu étais vivante ? Avant de mourir… »

« Je ne crois pas. Ca ne peut pas être des personnes qui me célébraient. »

« Nous allons rester ici… et voir si cet homme viendra. Si il ne vient même pas sur ta tombe, pourquoi irait-il te rejoindre après la mort ? »

Elle voulait voir si cette vieille femme croyait vraiment en ce qu’elle disait, si elle pensait réellement que cet homme dont elle lui avait tant parlé pendant plusieurs jours allait se montrer. Des semaines puis des mois s’écoulèrent et la seule personne qui se présentait devant sa tombe quotidiennement était un jardinier qui prenait grand soin des fleurs autour de sa tombe comme si c’était une consigne. Lentement, la joie qui animait Riza disparaissait peu à peu, elle doutait de la sincérité de Ryusuke et Frizy restait près d’elle.

« Je n’arrive pas à y croire… »

« Les humains sont si volatiles… Leurs paroles ne sont que du vent. »

« Il n’oserait pas me faire ça… »

« Telle est ta vie et ton après-vie. Je comprends pourquoi tu étais une âme en peine… Il fallait te m… »

Frizy s’arrêta de parler alors que les deux personnes se tournaient vers un petit groupe de quatre personnes. Deux femmes et deux hommes. Deux d’entre eux étaient d’un âge plutôt avancé alors que deux autres semblaient avoir une quarantaine d’années. Le vieil homme se retourna vers le reste du groupe, parlant faiblement en tenant un bouquet de fleurs. A cette distance, Frizy et Riza n’arrivaient pas à voir qui était cet homme mais la vieille femme le savait au fond de son cœur. Les trois autres personnes hochèrent la tête alors que le vieil homme s’avançait d’un pas lent vers la tombe. Riza avait de nombreux tremblements dans sa voix lorsqu’elle murmurait pour Frizy :

« C’est… C’est… lui. C’est Ryusuke. »

« Ce vieil homme ? Il est venu avec sa femme et ses deux enfants. »

« Ca ne fait rien ! Il est venu ! »

Elle exaltait de joie et elle ressentait une forte chaleur dans sa poitrine alors qu’elle apercevait les fleurs que déposait le vieil homme : Des chrysanthèmes rouges. Ryusuke semblait fatigué, ses yeux verts s’ouvrant faiblement pendant quelques instants en observant le ciel avant de se refermer. Il joignit ses deux mains avant de dire d’une voix chevrotante :

« Riza… Je m’excuse de ne plus venir aussi souvent qu’auparavant. Mon cœur et mon corps me font si mal à chaque fois que je fais de grands déplacements alors je ne peux me permettre de venir plus d’une fois par année. J’ai donc décidé de venir le jour de ta mort. Je n’ai pas oublié ce que je t’ai écrit et je tiendrais cette promesse. Est-ce que tu m’attendras ? »

« Je suis là, Ryusuke ! Je suis là ! »

Elle lui criait dessus et il réouvrit ses yeux émeraude, tournant le regard aux alentours. Il avait cru entendre une voix. Frizy tenta de calmer la vieille femme tout en lui disant :

« Il ne peut pas réellement t’entendre. »

« Mais il… Je veux lui parler. »

« Tu ne peux pas. Si tu étais une véritable âme en peine, tu le pourrais mais là… Ce n’est pas le cas je suis désolée. »

« Riza ? Tu es là ? Ah… Tu m’entends ? Tu me vois ? Riza ? Ce sont des chrysanthèmes rouges. Ces fleurs veulent dire que je t’aimerais pour l’éternité. Je ne suis pas malheureux avec Clemona… Elle m’apporte tout ce que je veux… mais je ne suis pas heureux si c’est sans toi. Cette… lettre à laquelle tu m’as… répondu. Je la garde près de moi. Je ne sais pas quand je ne serais plus là… mais tu m’attends n’est-ce pas ? »

Le vieil homme toussa légèrement, il avait maintenant un âge assez avancé mais il faisait sa visite annuelle comme il lui avait promis. Enfin, après une demie-heure où il resta devant la tombe de Riza à lui parler comme si elle était là, il se retira avec sa famille.

« Il est toujours aussi beau… »

« Il est plutôt vieux… »

« Il est beau à l’intérieur… Je te l’avais dit que je ne pouvais pas être une âme en peine avec lui qui pense toujours à moi. »

« Je me suis trompée… C’est vrai. »

Et c’était bizarre de reconnaître ses tords… Cette vieille femme était spéciale, elle le sentait. Finalement, une dizaine d’années s’écoulèrent et Ryusuke revenait à chaque fois sur la tombe même si chaque année était un nouveau changement dans son physique et dans ses gestes. Une extrême lenteur, le dos recourbé et une vue très faible, il était bientôt à la fin de sa vie. Frizy restait avec Riza, ayant trouvé que la compagnie de cette humaine était loin d’être déplaisante au final. Puis subitement, tout devint noir autour de Riza, elle ne savait pas ce qui venait de se passer mais une voix prit la parole. Elle ne semblait pas être humaine et il était impossible de savoir si c’était une femme ou un homme qui parlait :

« Riza Ira ? C’est cela ? Je t’observe depuis toutes ces années où tu es morte. »

« Qui… Qui êtes vous ? Pourquoi je ne vois rien ? »

« Ne t’inquiètes pas… Je ne suis pas ton ennemi. Je suis celui qui règne sur le monde des morts. Mon nom ? Il est inutile de le connaître. »

La vieille femme tremblait : Quelqu’un gérait tout ce monde ? Avait-elle fait une bêtise ? Pas maintenant ! Ryusuke allait bientôt mourir et la rejoindre ! Un sourire se dessina sur ses vieilles lèvres alors que la voix lui disait :

« Tu n’as aucune crainte à avoir de ma part. Comme je l’ai dit, je ne suis pas ton ennemi. Je suis là pour t’offrir un présent : Tu vas pouvoir revenir à la vie et retrouver ton corps d’humaine de tes vingt ans. Tu deviendras éter… »

« Non, je refuse. Je n’ai pas besoin de ça, je suis désolée. »

La voix s’arrêta comme si elle n’avait pas pensé au fait que Riza refuse sa proposition. Pourtant… Elle reprenait la parole :

« Pourquoi ne veux-tu pas reprendre tes vingt ans ? »

« Ce n’est pas ce que je veux maintenant. J’attends simplement que l’homme que j’aime vienne me rejoindre dans la mort et nous pourrons vivre heureux ensembles. »

« Cet homme ? Est-ce qu’il se nomme Ryusuke ? Je l’attendrais aussi car je veux lui faire la même proposition. »

« Vous voulez le faire revenir à la vie aussi ? Mais qu’est-ce que nous avons fait pour mériter une telle chose ? »

« J’ai été simplement surpris par l’amour que vous vous portiez… Ne veux-tu pas l’attendre avec ton apparence de tes vingt ans ? Vous serez éternels et vous pourrez vivre heureux comme vous le méritez tant. Acceptes-tu cette proposition ? »

« Je… Ah… Je ne sais pas. »

Il lui fallut une bonne heure de réflexion avant d’hocher la tête d’un air positif pour dire qu’elle acceptait ce que lui proposait cette voix. Elle sentit une forte chaleur l’envahir mais différente de celle qu’elle avait ressenti lorsqu’elle avait revu Ryusuke. Elle réouvrit ses yeux, observant ses mains avec stupeur avant de crier :

« Mais… Mais c’est vrai ! »

Elle portait la magnifique robe lors de ses retrouvailles avec Ryusuke lorsqu’ils s’étaient revus dans la base de la Team Univers. De plus… Elle avait retrouvé sa poitrine généreuse et ferme, ses longues boucles blondes et ses yeux rubis et pétillants. Elle venait d’avoir à nouveau dix-huit ans !

« Merci ! Merci beaucoup ! »

« Riza ? Que se passe t-il ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

Hein ? Elle se retrouvait à côté de la Momartik qui avait poussé un petit cri en voyant cette jeune femme aussi belle. Riza prit la pokémon dans ses bras en lui criant qu’elle avait entendu une voix et qu’elle lui avait permis de retrouver sa jeunesse. Elle lui signala que Ryusuke allait avoir le même traitement de faveur et qu’ils pourraient enfin vivre heureux ensembles. Vraiment… Elle n’y croyait pas, c’était un rêve ! Un véritable rêve qui arrivait à elle ! Enfin… Elle pouvait espérer vivre avec lui.

« Tu comprends ce que ça veut dire ? Plus que quelques années à entendre. »

« Je suis contente pour toi. Tu as beaucoup de chances. »

« Enfin j’en ai. Dire que j’ai attendu ce moment… »

« Tu te répètes mais je te comprend. »

Vingt années s’écoulèrent et elle restait maintenant près de Ryusuke, ayant quitté sa tombe pour observer le vieil homme, voir le très vieil homme. Clemona était morte il y a déjà trois ans et Ryusuke vivait seul, ayant atteint maintenant le centenaire. Il avait presque perdu la vue et ne bougeait que très peu bien qu’il était encore capable de se mouvoir correctement et de parler assez intelligiblement.

« Riza… Tu es encore là. Tu m’attends ? »

« Je suis près de toi, Ryusuke. »

Même si il ne pouvait pas la voir, même si il ne pouvait pas la sentir, la jeune femme embrassa la joue ridée de Ryusuke avec tendresse alors que le vieil homme fermait les yeux. Il était peut-être finalement temps… Rapidement, le décor changea comme auparavant, devenant entièrement noir avant que la voix se faisait entendre :

« Il va finalement te rejoindre. Est-ce que tu es prête ? »

« Bien entendu ! Faites le venir ! Je veux le voir ! Je veux pouvoir le prendre dans mes bras et le serrer contre mon corps ! »

« Soit… Si tu veux bien attendre ici, je vais faire ce que j’ai à faire. »

Plusieurs journées s’écoulèrent mais elle restait folle de joie. Le jeune garçon de son enfance, le jeune homme de son adolescence, celui qu’elle avait follement aimé et désiré pendant toutes ces années… Trente longues années dans la mort mais finalement, il allait arriver.

« Je suis désolé. »

« Hein ? Que ? Quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

La voix était de nouveau présente et Riza tremblait légèrement. Désolée de quoi ? Cette voix était désolée pourquoi ?! La voix reprit la parole :

« Je n’arrive pas à retrouver Ryusuke. Il semble avoir totalement disparu de ce monde. Je soupçonne une femme d’être responsable de sa disparition. »

« Hein ?! Mais de quoi vous voulez parler ?! Quelle femme ?! »

« Juperus… Cette soi-disante déesse a décidé d’emporter Ryusuke et Clemona avec elle. Cela fait que je ne peux pas le retrouver. »

« Qu’est-ce que vous me dites par là ?! Je vais aller le chercher ! »

La voix ne lui répondit pas, la ramenant dans son monde alors que Riza semblait décontenancée. Ryusuke avait été enlevé ? Ce n’était pas possible ! Elle allait le sauver et le retrouver ! Cinq années s’écoulèrent, cinq longues années où elle parcourue le monde de haut en bas, de fond en comble. Frizy était restée avec elle mais rien n’y faisait : Aucune trace de Ryusuke. Ce n’était pas possible ! Cette voix s’était trompée ! Elle n’était pas redevenue une jeune femme pour rien !

« Où est-ce que vous êtes ?! NOUS DEVONS PARLER ! »

« Que veux-tu, Riza ? »

« Ce que je veux, vous le savez bien ! Je parle de Ryusuke ! »

« J’ai… une mauvaise nouvelle. Encore pire que la première. »

« Qu’est-ce qui peut être pire que de ne plus revoir Ryusuke ?! Il a été enlevé par cette femme, n’est-ce pas ?! »

« Ce que je tiens à t’annoncer concerne ce point… Je me suis trompé. »

Trompé ? Cette voix s’était trompée où ?! Ryusuke n’avait pas été enlevé ? Mais alors où était-il si ce n’était pas ça ! Elle commençait à perdre patience et cela se voyait. La voix prit la parole à nouveau :

« Ryusuke n’a pas été enlevé. Il a simplement choisi… de rejoindre cette femme. Clemona et lui ont rejoint Juperus et vivent avec elle maintenant. »

« Ne dit pas de bêtises ! Il ne mentirait jamais ! »

« Tu ne me crois donc pas ? Je vais te montrer une petite vision que j’ai réussi à obtenir de l’endroit où ils se trouvent. Cet endroit se déplace à chaque fois, il est donc impossible de savoir où ils sont de nouveau. »

Une sorte d’écran se présenta à Riza, un écran où elle voyait une végétation luxuriante et magnifique. Tout semblait idyllique… même les personnes qui se trouvaient parmi cette végétation : Ryusuke et Clemona se tenaient main dans la main, et Ryusuke tenait la main d’une autre femme… Une femme à la longue chevelure argentée… Juperus ?! C’était elle Juperus ?! Et Ryusuke était en train de lui sourire !

« C’est quoi cette connerie ?! Vous essayez de vous moquer de moi ?! »

« Pourquoi ferais-je ça alors que je t’ai permis d’obtenir l’immortalité et de retrouver ta jeunesse ? Pourquoi ferais-je une telle chose ? Non… Il faut que tu admettes la vérité : Ryusuke et Clemona ne sont plus de ce monde et ont décidé de rejoindre Juperus en devenant respectivement le Dieu Supérieur des Humains et la Déesse Supérieure des Pokémons. Il a même un enfant avec Clemona et Juperus, un enfant-dieu bien entendu. D’après mes recherches, ce sont deux filles… L’une a déjà trois années bien qu’elles se déroulent différemment dans le monde là-bas. »

« Ah… Ah… Ah… Ryusuke n’aurait jamais fait ça. »

« Et pourtant… »

« RYUSUKE N’AURAIT JAMAIS FAIT CA JE VOUS DIT ! JAMAIS IL NE REVIENDRAIT SUR UNE PROMESSE ! »

« Alors pourquoi n’est-il pas là ? »

La voix était si douce et amicale… Elle voulait la calmer, lui montrer la réalité de ces évènements. Ryusuke… n’était pas là. C’est vrai… Il n’était pas là. C’était ça… Il n’était pas venu avec elle. Il en avait décidé autrement. Au lieu de rester avec elle dans ce milieu froid, il avait décidé de préférer la chaleur de cet endroit céleste ? Non… Ce n’était pas possible au final… Il y avait une erreur. Ryusuke allait venir la chercher, Ryusuke allait venir la chercher.

« Je reviendrais quand tu te sentiras prête à m’écouter. J’aurais une proposition à te faire. »

Elle s’en fichait de cette proposition ! Elle en avait rien à faire ! Elle voulait simplement que Ryusuke vienne vers elle… qu’il vienne après tout ce qu’il avait dit. C’est tout ce qu’elle voulait. Mais une année s’écoula et il n’était pas venu… Elle restait enfoncée dans ce néant de tristesse, Frizy tentant de lui parler sans arriver à lui extirper ne serait-ce qu’une seule parole. Finalement, la voix venait lui parler après seconde année :

« Est-ce que tu es prête à m’écouter ? »

« Que voulez vous ? Je ne veux rien savoir. »

« Ryusuke aime se balader sous forme humaine quelquefois. Tu as peut-être un message à lui donner ? Il semble t’avoir complètement oubliée. Il se peut que tu ne le revoies pas alors qu’il est à côté de toi mais… »

« J’ai quelques mots à lui dire. Il m’a lâchement abandonné après toutes ces promesses. Tout ça n’était que des paroles en l’air… Tout ce qui l’intéressait au final était de me détruire, de me faire croire à un mirage. »

« Exactement… Je n’osais pas te le dire mais il fallait que tu voies la vérité. Je vais te donner la possibilité de revenir dans le monde des vivants, tu seras éternelle. Tu seras capable d’exprimer à ce monde détestable ce que tu penses de lui. Tu seras mon Valet de la Rancœur. Ce nom te convient-il ? »

« La Rancœur… Ryusuke… La Rancœur. »

« Exactement. Je vais aussi faire revivre les seules personnes en qui tu peux avoir une totale confiance : Tonar et Anolk. »

Elle hocha la tête pour dire qu’elle avait bien compris. Finalement… Elle allait retrouver ses deux pokémons… Les revoir après tout ce temps. Sa seule pensée était envers Ryusuke : Eliminer cet homme après tout ce qu’il avait fait… Jamais, elle n’aurait pensé qu’il jouerait avec ces sentiments de cette manière détestable. Elle éclata en sanglots, tombant à genoux avant de murmurer à cette voix :

« Qui est… celui qui me donne tout cela ? Celui qui… me parle ? »

« Moi ? Je suis simplement Giradès mais il vaut mieux m’appeler Malar d’ici quelques temps. »

« D’accord… Malar. Je serais votre Valet de la Rancœur… jusqu’à ce que je retrouve Ryusuke. Ensuite… Je disparaîtrais après ce que je lui ferais. »

« Aucun problème à cela. Relève toi maintenant, Riza Ira, Valet de la Rancœur. »

La jeune femme aux longs cheveux blonds et tressés fit ce que Malar lui disait. Ses larmes s’étaient arrêtées de s’écouler alors que la lueur d’espoir dans ses yeux rubis avait totalement disparu. Maintenant… Tout était terminé.

Chapitre 87 : Le Dieu des dragons

Chapitre 87 : Le Dieu des dragons

Ils étaient dans une zone qui ressemblait à un ancien temple… Un temple aux nombreuses ruines. Le sol n’était pas fait de marbre ou autre mais d’une pierre noire comme de l’onyx. Une statue de Juperus sous sa forme animale était représentée derrière Riza et personne ne savait pourquoi cet endroit était la dimension de la jeune femme aux cheveux bleus et blonds… personne sauf Ryusuke.

« Un bel endroit… Bien qu’il ne me plaît pas trop. »

« L’as-tu reconnu ? Cet endroit… ou alors tu ne te rappelles pas de ces jours où tu étais complètement fou quand Clemona est morte ? »

« Je m’en rappelle… par intermittences, je sais que tu étais là comme d’habitude. »

« Je veillais sur toi, je voulais te donner une vie paisible et heureuse puisqu’elle n’était plus là. En un sens, c’était surtout mon bonheur que je voulais. Clemona étant morte, je pouvais considérer que tu étais à moi, que j’avais mes chances… »

« Mais je n’avais que de yeux pour elle. J’étais noyé dans ma folie. Désolé… »

« N’essaye même pas de te moquer de moi. Tu n’as pas à t’excuser car je les refuse tout de suite. Je me contrefous royalement de ces excuses. Ce temple est le dernier endroit où tu m’as témoigné un tant soit peu d’amour réel. »

« Je t’ai toujours montré de l’amour ! »

Elle disparaissait de la vue de Ryusuke pour apparaître dans les airs, lui donnant un violent coup de queue sur le sommet du crâne, le jeune homme percutant le sol de pierre en poussant un cri de douleur. Ce coup était bien plus puissant qu’auparavant !

« Arrête là les mensonges. Si tu m’aimais vraiment, tu aurais abandonné Clemona mais ce n’est pas le cas. Tu as toujours pensé à elle et cela depuis le début, depuis que nous sommes dans la Team Univers. Tu ne faisais que passer du temps avec elle alors que je te protégeais des autres, de ceux qui étaient jaloux de savoir que tu allais être le pôle supérieur de la Trinité. »

« Je… m’excuse. »

Elle lui donna un coup dans le ventre alors qu’il tentait de se relever, le jeune homme pouffant en crachant du sang doré sur le sol. Où étaient Xano et les autres ? Ils se trouvaient en-dehors du temple mais pouvaient voir le combat de cette distance. Clemona semblait murmurer quelques paroles pour elle-même, des paroles que personne ne pouvait entendre ou comprendre. Elle n’aimait pas les voir se battre mais elle ne pouvait rien faire pour eux, c’était impossible !

« Je pensais que tu serais plus résistant que ça. D’abord, tu m’enlèves mon amour, ensuite tu me mens de la plus honteuse des façons, ensuite, tu décides d’attaquer et de tuer Anolk et Tonar. Je crois que je m’étais trompée depuis le début. Je n’aurais jamais dut penser à aimer quelqu’un comme toi : Une personne qui se permet de tuer au nom de son soi-disant amour. »

« Je… ne mens pas ! Et pour Anolk ou Tonar, c’étaient des accidents ! »

« N’essaye même pas de te justifier ! Tu penses vraiment que je vais te pardonner comme ça ?! POURQUOI j’irais te pardonner ?! C’est ce que tu voulais depuis le début ! Me faire souffrir en me faisant croire à ces chimères ! »

Il tenta de lui prendre le bras pour la ramener vers lui mais elle retira facilement son bras, lui donnant un coup d’aileron au niveau du visage, traçant une ligne de sang dorée sur la joue droite du jeune homme. Elle n’était pas prête à l’écouter ou à se laisser faire. Anolk… Tonar… Ils étaient morts en la défendant ! Qui aurait put croire qu’un jour, ils pouvaient mourir mais surtout que leur assassin aurait été l’homme qu’elle aimait tant !

Ses deux mains posées au sol, celui-ci se gela subitement, Riza tombant sur le sol en glissant sur ce dernier. Elle avait poussé un cri de surprise alors que Ryusuke se relevait avec facilité comme si le sol verglacé ne semblait pas le gêner plus que ça. N’y avait-il vraiment aucune solution après tout ça ?! Il ne voulait pas la tuer, ce n’était pas pour ça qu’il était venu mais elle ne voulait jamais l’écouter !

« Riza… Je ne te mens pas : J’ai vraiment passé toutes mes années depuis que je suis le Dieu des Serpents à te chercher mais je n’ai jamais réussi à te trouver comme… lorsque j’étais vivant. Ce que je pense de toi, c’est simplement la vérité. »

« Ta gueule… Ne m’adresse même plus la parole ! Comment pourrais-je croire quelqu’un qui n’a pas hésité à tuer mes deux pokémons ?! »

« Mais je… »

Il ne voulait plus la combattre et elle le savait. Elle allait même en profiter pour le tuer ! Tuer cet homme qu’elle détestait tant depuis qu’elle était revenue. TRENTE années à l’attendre ! Trente longues années où elle était restée seule dans ce monde de ténèbres, un monde qu’elle devait supporter en l’attendant.

« Arrête donc de parler. Parce qu’Anolk et Tonar sont morts, je vais continuer ce combat à leurs manières. Demande à Clemona à ce qu’elle te soigne, ensuite, reviens… »

Une petite partie d’elle voulait que ce combat soit le plus équitable possible. Que ce combat… soit celui où ses sentiments ou ceux de Ryusuke allaient surpasser les autres. Si elle gagnait, elle pouvait déverser toute sa haine et sa rage sur cet homme. Si elle perdait…

« Je te laisse cinq minutes pour aller la voir. Ensuite, je ne te ferais plus de cadeaux. »

« Nous sommes obligés de nous battre ? Tu en es vraiment sûre ? Répond moi que non… S’il te plaît. »

« Quatre minutes et trente secondes. »

Ca ne servait à rien… A rien du tout. Il se dirigea vers Clemona et le groupe, chacun préférant se taire alors que la femme à la frange rouge se dirigeait vers son mari, passant une main sur sa joue pour la soigner avec délicatesse. Le reste des blessures se soignait peu à peu alors que Riza avait un rictus aux lèvres en voyant Ryusuke et Clemona ensemble. Encore une fois… Encore une fois, ils étaient ensembles ! Qu’est-ce qu’il tentait de faire ?! La rendre jalouse en restant près d’elle ?! Et merde… Qu’est-ce qui lui prenait, c’était elle qui lui avait proposé d’aller se soigner.

« Qu’en penses-tu Ryusuke ? »

« Je vais faire de mon mieux, Clemona mais… Je ne promets rien, rien du tout. Elle me semble bien plus puissante qu’auparavant et cette forme est vraiment spéciale. »

« Pourquoi avoir tué Anolk et Tonar ? C’était la pire des idées que tu es eut. »

« Je ne l’ai pas fait exprès… C’était vraiment un accident Clemona. Mon but était simplement de les blesser suffisamment pour qu’ils ne puissent plus combattre. Jamais je n’aurais pensé… qu’ils allaient mourir surtout que… »

« Qu’ils n’avaient pas envie de se battre. Je l’ai ressenti pendant que vous combattiez. Je ne sais pas ce qui se passe avec elle mais ses pokémons n’étaient plus trop d’accords sur ses principes tout en restant avec elle. »

« Tonar voulait remercier Elis… non Isalia. Il voulait la remercier pour ce qu’elle a fait pour lui dans le passé. Je crois que je suis un monstre, Clemona. Je ne mérite peut-être pas mon statut de Dieu. Cela a simplement été du favoritisme par Juperus car… j’avais un enfant avec elle mais à part ça… »

Il poussa un léger soupir désabusé et plaintif alors que Clemona posait ses bras sur les épaules de son mari. Elle n’aimait pas le voir ainsi mais elle n’y pouvait rien. Il s’était embarqué dans cette misère tout seul et Riza n’était plus du genre à écouter les autres. Dire qu’elle avait tant changé depuis toutes ces années, une partie d’elle ne voulait pas y croire.

« Il m’a dit de lui demander ce qui s’est passé… pendant qu’elle était morte… à ses débuts je pense. J’aimerais savoir… Je veux savoir… Clemona, je vais peut-être devoir l’utiliser. »

« Tu veux donc quitter ce rôle ? Tu penses qu’il est temps ? Il n’y aura pas de retour en arrière, Juperus te l’a signalé. »

« J’ai vécu trop longtemps dans le mensonge et elle a vécu trop longtemps dans la misère. Je veux qu’elle soit enfin heureuse, c’est tout ce que je désire pour elle. Je la réveillerais, qu’importe le prix de cette action, qu’importe ce qui en découlera. »

« Fais comme tu veux… Tu es maître de tes choix. Prendre tous ces risques pour elle, elle ne comprend pas la chance qu’elle a de t’avoir. »

Elle allait l’embrasser sur ses lèvres pour lui souhaiter bonne chance mais il refusa le baiser, mettant un doigt entre leurs lèvres. Il avait ses yeux tristes et elle hocha la tête pour lui dire qu’elle comprenait ce qu’il voulait par là.

« Riza, je suis prêt. Finissons cette histoire une bonne fois pour toutes mais j’ai une chose à te demander : Si tu vois que tu perds ce combat, j’aimerais que tu me raconte ce qui s’est passé… ce qui s’est passé après que tu sois morte. »

« Et si tu perds le combat, je te retire la vie. Je ne vois pas pourquoi je te dirais ce qui s’est passé. Cela ne te concerne plus, ma vie ne te concerne plus. Ramène toi maintenant. »

Pourquoi n’avait-il pas embrassé Clemona ? Est-ce… parce qu’elle était là ? Qu’elle l’attendait dans cet endroit ? Elle était devenue le Valet de la Rancœur à cause de lui, elle ne pouvait pas lui pardonner maintenant ! Il arrivait finalement devant elle alors qu’il murmurait :

« Nous pouvons commencer. Je suis désolé si je devrais me montrer réellement mais je ferais tout pour que mes sentiments t’atteignent Riza. Ma vie était aussi triste que la tienne même si… Tu as tellement souffert, bien plus que je ne le pensais. »

« La ferme… »

Elle n’osa pas le regarder dans les yeux, voyant qu’il était en train de pleurer. Elle fit apparaître une sphère de puissance entre ses deux mains, créant un puissant rayon qui dévasta tout en direction de Ryusuke. Celui-ci fit un saut sur le côté avant de se mettre à courir vers elle, ses deux mains devenues des griffes. Ils devaient continuer à se battre inlassablement jusqu’à la fin, il n’y avait pas d’autre solution. Il tenta de la griffer au bras droit mais elle se protégea avec son aileron. Déjà, il donna un coup de pied dans les jambes de la jeune femme pour la faire s’écrouler au sol mais celle-ci fit un petit saut en hauteur pour éviter le coup.

« Donne toi vraiment ! Tu es comme les autres combattants ou quoi ?! Tu risques ta vie cette fois ! Ce n’est pas un jeu, Ryusuke ! »

Elle lui donna un coup de pied dans le menton avant de tracer une longue ligne sur le torse du jeune homme, celui-ci s’ouvrant pour laisser s’écouler du sang doré. Dire qu’il venait à peine d’être blessé, il ne pouvait même pas réagir face à elle ! Il avait peur de la blesser plus qu’il n’en faut… Déjà Anolk et Tonar… Alors elle… Si il la perdait, il aurait échoué depuis le début et il ne pouvait pas se permettre d’y mettre toutes ses forces !

« Je me donne à fond ! Qu’est-ce que tu crois ? Que je suis en train de rigoler là ou quoi ?! Je ne veux pas mourir… mais je ne veux pas que tu meures ! Je suis là pour te ramener ! »

« Me ramener où ?! Où est-ce que tu veux encore m’emporter ?! »

« Devant Juperus ! Je lui ai promis de venir te chercher et de te ramener. Ainsi, elle te nommera Déesse du combat ! »

« Encore une promesse que tu ne pourras pas respecter. »

La nommer Déesse du combat ? Et puis quoi encore ? Pourquoi mériterait-elle un tel nom ?! Elle n’avait rien fait pour ça ! Elle en avait assez de le voir, de l’entendre ! Cette voix qui tentait de l’embrouiller à chaque minute : Elle avait accumulé toute cette rancœur envers lui depuis des décennies, ce n’était pas pour abandonner maintenant !

Pourquoi ne voulait-elle pas l’écouter ? Il ne voulait pas utiliser ça… Pas maintenant ! Il avait peur de trop la blesser, il avait peur de ce qui allait suivre après ça. Il n’avait jamais utilisé cette force que Juperus lui avait offert, cette force qu’il avait gardé avec lui lorsqu’il n’était qu’un simple humain. Toutes les personnes autour de lui s’étaient trompées à son sujet : Jamais il n’avait été un homme aimant spécialement les serpents, c’était bien différent de ça en fait mais ils n’avaient jamais remarqué ça…Il ne remarqua pas l’aileron qui arrivait au niveau de sa gorge, celle-ci ne s’arrêtant que quelques millièmes de secondes avant de s’abattre sur son épaule droite. Elle avait loupé son coup ?!

« ARGGGGG ! Mais ça fait mal ! Super mal ! »

« Je ne plaisante pas alors arrête ça ! »

Elle ne pouvait pas l’abattre si il ne se combattait pas réellement. Si il ne donnait pas le maximum de lui-même, à quoi cela servirait alors de le tuer ?! Ryusuke était à genoux, une main posée sur son épaule, ce n’était pas ça qui allait l’abattre mais il la regardait avec des yeux embrumés par les larmes. Elle fit un petit geste de recul : Qu’il arrête ça ! QU’IL ARRÊTE CA !

« Riza… S’il te plaît… »

« Tu as tué Tonar et Anolk ! Ne t’attend pas à de la pitié pour moi ! Relève toi ! Ce n’est pas terminé ! Je vais te faire encore plus souffrir ! »

« Mais ce sont eux qui ont le plus soufferts ! Tonar m’a dit que je devais savoir ce qui s’était passé avec toi ! Raconte moi ce qui s’est passé ! »

« JAMAIS ! Tu ne le sauras pas ! Sauf si tu m’affrontes et si tu me bats, alors, je te révèlerais tout ! Non… En fait, je vais changer la mise : Si tu décides de te battre au maximum de tes capacités, alors je te dirais pourquoi je suis là et pourquoi je suis comme ça. »

« Tu veux… vraiment que je me batte contre toi ? En quoi cela t’est nécessaire ? »

« J’ai besoin de savoir si ce que je fais est vrai ! Si tout ce que j’ai accumulé pendant ces décennies… Et merde ! Je n’ai pas à m’expliquer, Ryusuke ! »

« Riza Ira… Ce nom ne te convient pas du tout. Tu ne trouverais pas que Riza Dranok sonnerait bien mieux ? »

Il tentait de l’amadouer, elle en était sûre mais ça ne marchait pas ! Elle arriva à sa hauteur en courant, lui donnant un coup de griffe mais qui manquait de force. Il para le coup avant de rapprocher son visage du sien, venant l’embrasser subitement sur la joue. Elle poussa un cri de stupeur avant de crier :

« J’EN AI MARRE QUE TU NE PRENNES PAS MES SENTIMENTS AU SERIEUX ! »

Il était devant elle, à seulement quelques centimètres. Elle n’allait pas le rater cette fois ! Elle chargeait deux puissants rayons à partir de ces ailerons, Ryusuke baissant le visage pour voir ce qui se passait. Son sourire disparaissait alors qu’il murmurait :

« Tu… n’oserais pas ? »

« ADIEU ! »

Deux rayons sortirent de ses ailerons, chacun venant traverser Ryusuke au niveau du ventre. L’homme aux cheveux bruns poussa un râle d’agonie, posant subitement ses deux mains sur les épaules de Riza. Celle-ci le laissait faire alors qu’il gémissait :

« Tu as osé… Tu me détestes tant que ça alors ? »

« Oui… Si tu veux tout savoir, je te hais… Je te hais car tu n’as pas osé te battre contre moi. Si tu m’aimais vraiment, tu m’aurais délivré de cette torture psychologique… Tu aurais abrégé mes souffrances mais tu n’as rien fait pour ça. Tu as échoué, Ryusuke. »

« Pas encore… Pas encore. »

Il cracha son sang doré sur la tenue rouge et moulante de Riza. Celle-ci fit un petit geste pour lui retirer ses deux mains de ses épaules alors qu’il reculait légèrement. Il posa ses mains sur les deux trous béants dans son ventre alors que Clemona se faisait violence pour ne pas intervenir. Elle devait croire en lui jusqu’au bout. Drimali avait tenté de l’aider mais l’ancienne Gardevoir l’avait arrêté.

« Riza… Toi qui sait tout sur les pokémons. Explique moi quels sont les points communs chez un Seviper, un Arbok, une Draco et une Milobellus. »

« Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Répond moi ! Tu comprendras tout… ensuite… Ah… »

Il cracha à nouveau du sang, son regard légèrement fermé pour signaler qu’il avait du mal à rester conscient. Qu’il soit un dieu n’empêchait pas la mort dans un certain sens, son âme allait seulement se retirer de ce corps avant de tenter d’y revenir mais il ne devait pas abandonner maintenant… Riza croisait les bras, semblant réfléchir à la situation alors que ses yeux vairons se posaient sur Ryusuke :

« Ils ressemblent tous à des serpents. Ce n’est pas pour cela que tu es le Dieu des serpents ? »

« Non… Non… Réfléchis un peu plus. J’ai un cinquième pokémon… qui a disparu depuis longtemps… mais comparé à mon Seviper, il est resté en moi. »

« L’autre chose mais moins connue est qu’ils font tous… partie du groupe des dragons ? Dans le sens de la reproduction par œuf. »

« Héhéhé… Tu marques un point. Hé… Hé… Hé… »

« Et où veux-tu en venir ? »

« Mon cinquième pokémon… Je ne le montrais jamais en public voir rarement en privé, cette créature mythique j’ai élevé car je voulais garder ma petite Eleanor dans sa beauté si gracieuse de Draco. »

« Ne me dit pas que… »

« Tu ne te trompes pas… Juperus m’a permis de le garder en moi. Tu étais si proche de Tonar et tu es en quelque sorte devenue une dragonne… mais à ce jour… Je suis ton dieu ! Riza, si tu veux vraiment que je me batte contre toi, j’y suis contraint mais sache que je ne le fais pas de gaieté de cœur. »
C’était à son tour de s’illuminer. Rapidement, les deux trous dans son ventre se refermaient en même temps que sa plaie sur le torse et celle de sa joue. Sa coiffure d’habitude si bien coiffée changeait maintenant pour partir un peu dans tous les sens… Deux petites mèches qui se trouvaient au-dessus de son front prenaient une teinte plus claire pour ressembler à des antennes alors qu’une veste apparaissait sur son corps, allant jusqu’au sol. Elle était de couleur orangée et deux petites ailes étaient dessinées sur le haut du dos. Il ne fallut qu’un instant pour qu’elles ne deviennent réelles, prenant une ampleur de plusieurs mètres alors que son pantalon était devenu orangé aussi. La puissance qui émanait de Ryusuke fit trembler toute la scène et cela ne s’arrêta pas après quelques secondes. Non… Cette dimension était devenue une zone où le plus démentiel des combats allait se dérouler.

« J’ai élevé dans le secret un Minidraco. Celui-ci est devenu un fier Draco après une quinzaine d’années… Enfin, vingt-cinq ans plus tard, il est devenu un Dracolosse. Je n’ai jamais cherché à être représenté par des serpents mais par la famille des dragons. Je m’appelle Ryusuke Dranok et je suis le Dieu Supérieur des Dragons. Drimali est ma fille et elle portait ce grade car je ne devais jamais le montrer… Sauf en cas d’extrêmes nécessités. Riza… Tu veux toujours combattre ? Tu en es sûre ? »

« Tu as décidé de te battre réellement ? Tu me le pro… »

Elle n’avait pas terminé sa phrase. Elle ne voulait pas lui demander de lui promettre une nouvelle chose qu’elle savait qu’il allait réduire à néant encore une fois. Ryusuke eut un petit sourire triste avant de tendre la paume de sa main droite vers le ciel.

« Je te le promet… Mais avant tout ça… Dis moi ce qui s’est passé. »

« JAMAIS ! Je ne suis pas sûre que tu veuilles te battre vraiment ! »

Elle serra son poing droit avant de se diriger à une vitesse affolante vers Ryusuke, celui-ci posa son regard émeraude sur Riza avant de faire de même avec son poing droit. Les deux poings se rencontrèrent, une onde de choc venant traverser toute la dimension, brisant la statue de Juperus en mille morceaux. Malgré la protection de Clemona, tout le groupe de Xano et l’ancienne Gardevoir tombèrent au sol à cause du choc causé par Ryusuke. Riza eut un petit sourire, sourire que Ryusuke lui rendait avant que chacun ne fasse un saut en arrière :

« Tu ne blagues pas… Tu as vraiment décidé de te battre. Tant mieux… C’est tout ce que je voulais. Cette fois-ci, je ne te raterais pas et je te tuerais. De toute façon, c’est la seule chose que je peux faire maintenant. »

« Raconte moi tout. Tu es morte à l’âge de soixante-dix ans…mais après… Pourquoi est-ce que tu m’en veux tant ? »

« Tu me l’avais promis Ryusuke ! Tu m’avais promis de rester avec moi dans la mort ! C’est ce que tu avais dit ! Voilà où est le problème derrière tout ça ! J’avais décidé de souffrir pendant plusieurs années pour t’attendre ! C’était le prix à payer mais toi… Toi, tu en as décidé autrement ! Tu m’as lâchement abandonnée pour devenir un foutu Dieu ! Mais puisque tu le désires… Je vais te le dire. »

Chapitre 86 : La Grande Maîtresse

Chapitre 86 : La Grande Maîtresse

Elle ne prit même pas la parole avant de foncer vers Ryusuke, deux ailes de roche sortant de son dos pour lui permettre de se déployer dans les airs. Elle donna un violent coup de tête à Ryusuke qui recula sous la force de Riza. Elle n’y allait pas de main-morte !

« Elle est plutôt jolie quand elle était jeune… Mais comment a-t-elle fait pour reprendre sa jeunesse ? »

« Ce n’est qu’une idée mais je pense qu’il y a quelqu’un derrière tout ça. Quelqu’un qui pouvait lui permettre de rester jeune. »

« Tu as l’air de la connaître, Xano. »

Tyrania s’était adressée à lui alors que leurs blessures disparaissaient les unes après les autres. Clemona ne semblait même pas s’intéresser au combat qui se déroulait entre son mari et la femme qu’il était venu chercher. Tout le monde observait le combat à part elle et il était possible de voir que Riza avait l’ascendant sur Ryusuke mais pour combien de temps ?

« J’y étais obligé ! Il s’est mis sur moi pour tenter de me tuer ! »

« ALORS TU N’AVAIS QU’A MOURIR ?! »

« Mais tu vas m’expliquer ce qui te prend ?! Tu te fais violer, tu subis une vie de misère et ensuite, tu me cries dessus ?! C’est quoi ton problème ?! »

« TOI ! TOI ET TOI ! »

Elle ne retenait aucun de ses coups, frappant de toutes ses forces sur le jeune homme qui parait maintenant au lieu de les esquiver. Quelle rage et quelle haine dans les paroles de Riza, elle était vraiment très en colère contre lui. Il n’y avait donc aucun moyen de la calmer ? Mais lui n’était guère mieux, il était aussi furieux contre elle !

« Je crois qu’il va être temps de régler nos différends ! »

« Je n’aurais pas dit mieux, Ryusuke ! On va mettre un terme à tout ça ! »

Il la frappa au ventre, la plaquant au sol sur le dos avec un petit sourire aux lèvres. Elle était vraiment si jolie… Elle n’avait pas changé depuis le temps. Il restait toujours fixé sur cette idée et il ne vit pas le pied qui se plaça dans son entrejambe, lui extirpant un cri de douleur. Elle n’hésitait pas à lui faire mal. Il se roula au sol en gémissant alors que Tonar restait près du trône où Riza s’était trouvé. Il ne bougeait pas comme si il n’avait pas à le faire. Xano s’écria en approchant de l’arène :

« On devrait l’aider ! »

Il fut subitement paralysé, incapable de faire un seul mouvement alors que Clemona s’était tourné vers lui, ses yeux émeraude devenus roses. Elle avait tout simplement utilisé ses pouvoirs psychiques pour l’empêcher de faire ne serait-ce qu’un seul pas vers l’arène. Elle murmura sur un ton autoritaire :

« Ni toi, ni personne ne fera un seul mouvement vers eux. Ce combat ne concerne que Ryusuke et Riza. Tonar l’a bien compris, lui. »

« Mais et si il… »

« Ca sera son problème. Je n’ai pas à me poser entre eux. »

« Mais c’est quoi cette idée stupide ?! Si tu l’aimes, tu dois aller l’aider ! »

« Je l’aime mais ce n’est pas pour cela que je dois m’immiscer entre lui et Riza. Une autre personne, je me serais occupée d’elle si je voyais qu’elle prenait le dessus mais dans le cas de Riza… C’est différent. Cette bataille ne sera pas seulement basée sur la puissance et l’expérience… Il y a bien plus de choses en jeu dans ce combat que tu ne veuilles le croire. Xano, tu n’y connais pas grand-chose dans ce domaine. »

Il tiqua sur la petite pique envoyée par Clemona. Il ne savait rien du tout sur quel domaine ? Tyrania rigola légèrement mais les yeux de la déesse supérieure des pokémons se posèrent sur elle, lui signalant qu’elle n’était guère mieux. Les deux personnes baissèrent la tête comme gênées : Elles ne comprenaient pas ce qu’elle voulait dire par là.

« Tu as compris ce qu’elle voulait dire, toi ? »

« Non, j’en ai aucune idée. Elle est bizarre, au final. »

« J’en pense pareil. Si tu as peur, prend ma main, d’accord ? Je te protégerais si il le faut. »

Hum ? Tyrania posa son unique œil valide et violet sur Xano, celui-ci faisant un petit sourire intimidé qu’elle lui rendait. Maintenant qu’il était capable d’utiliser une partie de ses pouvoirs, il n’allait pas se gêner pour protéger ceux qu’il aimait, à commencer par elle. Son petit jeu n’avait pas duré très longtemps, il se demandait même si il était capable de les détester réellement, ces quatre reines.

« Tu n’as pas ta dose, Ryusuke ?! Ce n’est que le début des années de souffrance que je te réserve ! »

« Je t’ai toujours cherché ! Je t’ai toujours écrit alors ne te moque pas de moi en disant que tu veux me faire souffrir ! C’est toi qui a souffert ! »

« OUI ! J’ai souffert ! Souffert de tout ce monde qui n’était pas le mien ! Les autres ne m’intéressaient pas, personne ne pouvait combler le vide qui était là parce que vous n’étiez pas près de moi ! »

« ALORS POURQUOI TU N’ES PAS REVENUE ?! »

« Tu crois qu’une traînée avait sa place parmi vous ?! »

Elle lui colla son poing au niveau du visage, la tête de Ryusuke percutant le sol de l’arène qui se fissura de plus en plus. Elle avait la rage, il était en colère et rien ne semblait pouvoir les arrêter. Si seulement il y avait une solution de calmer les deux personnes pour qu’elles puissent discuter mais en ce moment même, tout le monde savait que ce n’était pas possible. Il n’y avait aucun moyen de les arrêter. Du sang doré s’écoulait du front de Ryusuke mais il ne semblait pas avoir souffert de cette blessure : Visiblement, son statut de Dieu Supérieur lui permettait d’endurer beaucoup plus de blessures que ça avant de le voir extirper un gémissement de douleur.

« Une traînée ou je ne sais quoi… Qu’importe ce que tu es devenue, tu restes Riza et c’est tout ce qu’il me fallait ! »

« Je serais morte bien avant vous de toute façon ! »

« Comment ça ? »

« Imbécile… Tu es vraiment un imbécile ! Tu crois qu’après avoir subit tout ça, j’allais m’en sortir indemne ?! »

Ca ne servait à rien. Elle était trop en colère contre lui pour permettre une discussion normale entre gens civilisés. Elle transforma sa main droite en une griffe ressemblant à celle d’Anolk avant de vouloir s’en prendre encore à lui. Néanmoins, cette fois-ci, il ne se laissa pas faire, bloquant son bras, puis sa main gauche qui tentait de l’attaquer pendant qu’il bloquait la première.

« Tu ne veux pas te calmer ?! Et tout m’expliquer ?! Ou alors c’est trop dur ! »

« Je n’ai pas à me calmer pour quelqu’un de ton espèce ! Ryusuke, je vais te tuer, tu entends ?! JE VAIS TE TUER ! »

« Ne me force pas à te faire mal. J’ai été encore assez gentil pour le moment mais si tu ne veux vraiment pas te calmer… Je serais forcé d’utiliser la manière forte. »

« Alors utilise la abruti ! »

« Si c’est ce que tu veux… »

Il murmura un désolé en direction de Riza avant de fermer les yeux, retirant sa veste pour se retrouver torse nu. Soudainement, il disparu de la vue de la jeune femme, venant placer son poing au niveau du menton pour lui donner un violent uppercut. Riza décolla dans les airs mais il se retrouvait déjà dans ces derniers, son pied droit venant frapper le dos du crâne de la jeune femme pour la faire s’écraser au sol, créant un trou béant dans l’arène.

« Tu as compris la leçon ? »

« Il suffit, Ryusuke. Je ne pensais pas m’en mêler mais bon… Tu risquerais de la tuer réellement et ça, je ne peux pas me le permettre. »

« Tonar ! Recule ! C’est MON combat ! »

Riza s’était relevée avec une légère difficulté, du sang s’écoulant de ses lèvres alors que son bras gauche semblait presque pendre sur le sol. Etait-il brisé ? Tonar avait retiré sa tenue, une étoile jaune sur son front étant visible alors que ses bras ressemblaient à de puissants ailerons bleus. Il avait des cheveux bleus, des yeux dorés et une veste rouge sur le corps. Une sorte d’aileron était visible derrière son dos alors qu’il portait un bas de couleur bleu. Enfin, une longue queue ressemblant à celle d’un requin se trouvait en bas de son dos.

« Tu ne veux pas me laisser discuter avec elle, en tête à tête ? »

« Il n’y a plus de discussions possibles entre vous. Je suis désolé de te l’annoncer mais il n’y a plus rien comme relations entre toi et ma maîtresse. »

« TONAR ! Tu m’écoutes ?! Je t’ai dit de te retirer ! »

« Je refuse. Je suis ton pokémon et il est de mon devoir de te protéger si tu es en danger. Même si je ne pensais pas qu’un jour, notre ennemi serait celui que tu aimes. »

Qu’elle aime ? Elle l’aimait encore ? Les yeux verts de Ryusuke se posèrent sur Riza qui gardait son rictus sur ses lèvres ensanglantés. Qu’il ne se fasse pas d’idées là-dessus ! Pour elle, il était mort depuis ce jour où il lui avait menti ! Tonar se concentrait déjà, créant un puissant souffle violet et enflammé en direction de Ryusuke qui avait toujours ses yeux sur Riza. Il ne remarqua pas les flammes qui venaient s’abattre sur lui :

« Tu ferais mieux de ne pas détourner ton regard du combat. »

« ARG ! Je vois, je vois. Obligé de m’occuper de ton second pokémon avant de te régler ton compte, Riza ! Vraiment, devoir en arriver là ! »

« Ne le tue pas ! NE LE TUE SURTOUT PAS ! »

« Si il m’y force… »

Les flammes violettes disparaissaient subitement sans affecter Ryusuke qui poussa un profond soupir avant de se tourner vers Tonar. Est-ce que l’homme aux cheveux bleu foncés était au courant de son absence de force par rapport à lui ?

« J’ai élevé Eleanor en tant que pokémon. Elle est devenue ma fille lorsque je suis devenu un Dieu. En un sens, tes attaques seront toujours faibles et chétives par rapport à moi, Tonar. Tu ferais mieux de reculer et de laisser ta maîtresse se prendre la raclée de sa vie. »

« Riza n’a jamais perdu un combat… Jamais… Car nous étions là pour battre tous ses adversaires. Qu’importent les coups que nous recevions, qu’importent les coups que nos adversaires pouvaient supporter, ils tombaient inexorablement face à nous. Tu as peut-être réussi à battre Anolk, mais ça ne sera pas pareil avec moi. Je protégerais ma maîtresse jusqu’au bout ! »

« Tonar… »

Riza et Ryusuke avaient prononcé le nom de l’homme au même moment, chaque voix semblant tristes de voir l’ancien Carchacrok se dévouer avec tant d’ardeur pour Riza. Celle-ci s’était redressée, poussant un gémissement de douleur en posant sa main droite sur son bras gauche. Il était cassé… Elle en était sûre. Ryusuke était vraiment effroyable… et il était devenu un Dieu en la laissant seule dans ce monde.

« Assez parlé ! Place au combat ! Viens donc te battre, Ryusuke ! Je t’éliminerais et Riza sera enfin en paix ! Tu as osé la faire souffrir pendant plus d’un siècle ! »

« Je l’ai recherché pendant tout ce temps ! Tout ce que vous dites n’a aucun sens ! »

Mais ça ne servait à rien, Tonar ne voulait rien entendre. Il s’était mis à courir vers lui, donnant un violent d’aileron dans le sol à l’endroit où Ryusuke se trouvait encore il y avait quelques secondes. Celui-ci faisait de nombreux pas sur le côté et en arrière pour éviter les coups de Tonar.

« Et là, on ne doit pas l’aider ?! »

« Non… Tonar ne veut pas se battre. »

« Mais comment tu peux le savoir ?! »

« Je te rappelle que je suis une ancienne Gardevoir, je suis capable de lire dans les sentiments et les émotions des gens. »

Xano perdait patience mais il savait que ça ne servait à rien de discuter avec Clemona. Celle-ci restait devant les autres à quelques mètres de l’arène où se livrait bataille le Valet de la Rancœur et son pokémon contre Ryusuke. Elle murmura pour elle-même :

« C’est si triste… Chaque sentiment devrait en sublimer un autre mais dans ce combat… Il n’y a rien que la colère entre Ryusuke et Riza. Tonar… Qu’est-ce que tu vas faire comme bêtises ? »

Elle savait parfaitement les sentiments qu’avaient l’ancien Carchacrok en ce moment : Il n’était pas en colère contre Ryusuke, il n’avait même pas envie de se battre contre lui mais il devait protéger sa maîtresse et c’était ce qu’il faisait. Sa lueur dans ses yeux dorés signalait qu’il ne cherchait pas à gagner ou à perdre, il ne faisait que passer le temps pour émettre un message à Ryusuke.

« Tu ne fais que te louper ! Tu es donc aussi faible, Tonar ?! Tu n’arrives même pas à me toucher ! »

« Méfies toi un peu de mes compétences, Ryusuke. »

Les ailerons de Tonar se penchèrent légèrement en avant. Soudainement, il arriva à toute allure vers Ryusuke, passant à côté de lui à une vitesse dépassant toutes celles qu’il était possible de voir. De longues entailles apparurent sur les hanches de Ryusuke, lui extirpant finalement un cri de douleur alors que du sang doré s’écoulait des blessures apparues.

« Vois-tu… Même si mes souffles ne peuvent te blesser, j’ai d’autres atouts dans ma manche. Tu ne devrais pas avoir un abus de confiance. »

« Héhéhé… Je comprends. Tu veux vraiment mourir toi aussi ? »

« Pour cela, il faudra être capable de m’atteindre auparavant. »

Tonar continuait de se déplacer à toute vitesse sous le regard impressionné de la foule. Même Riza semblait surprise par cette vitesse, il ne s’était jamais déplacé comme ça auparavant. Il allait s’épuiser trop rapidement à cette allure ! Clemona posa une main sur son œil droit pour le cacher : C’en était assez. Elle ne devait plus lire les sentiments des trois personnes dans l’arène, c’était si affreux de voir que chacun se bataillait intérieurement. Cela allait très mal finir, elle le pressentait !

« Alors, qu’en penses-tu ? Tu penses être capable de m’arrêter en plein vol ? »

« Qu’importe ta vitesse, tu ne me toucheras plus dorénavant. »

C’était quoi ?! Ryusuke s’était dédoublé ? Non… C’était autre chose, il s’était triplé ! Il y avait maintenant trois Ryusuke et ces derniers observaient Tonar qui restait dans les airs, stupéfait par ce qu’il voyait. Vraiment impressionnant… Ryusuke ne s’était pas tourné les pouces pendant qu’il était devenu un Dieu. Maintenant qu’il était capable d’avoir des pouvoirs, il n’avait plus eut besoin de ce foutu virus… Ce Virus Berserk qu’Isalia avait soigné en lui alors qu’il était au bord de la mort.

« Ryusuke… Je te remercie pour ce que tu as fait… mais cette fois-ci, tu ne pourras plus rien pour moi. »

« De quoi tu parles ? »

« Ca ne fait rien si tu ne comprends pas. Merci pour tout. »

Le comportement de Tonar était alarmant, il s’était résigné à quelque chose. Ses yeux dorés se posèrent sur Riza alors qu’une aura violette entourait maintenant l’ancien Carchacrok. Déplaçant ses ailerons pour avoir le maximum de vitesse, il se dirigea à toute vitesse vers l’un des trois Ryusuke, prêt à le tuer cette fois.

Il mentait… Il mentait dans cette attaque et elle le savait ! Ryusuke et Riza allaient s’enfoncer dans une spirale infernale si elle n’arrêtait pas l’ancien Carchacrok tout de suite ! Mais vu la vitesse à laquelle il se déplaçait, elle savait que c’était trop tard ! Riza avait les yeux grands ouverts alors qu’elle voyait son ancien pokémon qui se dirigeait vers Ryusuke.
Alors qu’il était devant le jeune homme aux cheveux bruns et au torse nu, Tonar s’arrêta subitement devant le regard étonné de Ryusuke. L’un des deux autres hommes poussa subitement un cri avant de faire s’abattre une véritable tempête de grêle sur le corps de l’ancien Carchacrok qui poussa une longue plainte d’agonie.

« Arrête Ryusuke ! Arrête maintenant ! ARRETE TOI ! »

« Tout a été amorcé, il n’est pas possible de revenir en arrière. Je ne pourrais jamais changer le passé, Riza. Mais si cela peut te permettre de revenir près de moi, je le ferais. »

« CA NE CHANGERA RIEN IMBECILE ! »

Un cercueil de glace s’était formé autour de Tonar qui avait son visage tourné vers Riza. Elle s’était déjà à mise à pleurer, ses larmes venant se joindre au sang qu’elle avait sur le visage. Elle courait vers les trois Ryusuke ainsi que Tonar, faisant apparaître ses griffes pour planter l’un des trois hommes, celui qui avait lancé cette stupide attaque sur son ancien pokémon ! Le clone disparu alors que l’un des deux hommes faisait maintenant apparaître un puissant souffle de feu, Tonar poussant un cri assourdissant alors que les flammes enveloppaient son corps. Il souffrait horriblement mais il restait là, comme si de rien n’était.

« Ryu… suke… Tu n’es pas… »

« Tu as compris, n’est-ce pas ? »

Tonar ne répondit pas alors qu’une griffe s’enfonçait dans le corps du second clone qui avait lancé cette attaque de feu. Elle devait stopper le troisième avant qu’il ne soit trop tard ! Malheureusement pour elle, le seul et véritable Ryusuke concentrait dans ses deux mains une lueur jaune avant de l’envoyer dans le ciel, la foudre venant s’abattre subitement sur le corps de Tonar, celui-ci se retrouvant à genoux, les yeux entièrement blancs.

« L’une des attaques que l’on ne peut maîtriser qu’après plusieurs dizaines d’années. La colère des éléments s’est abattue sur lui. »

« RYUSUKE ! »

Elle allait le tuer maintenant ! Elle transforma sa seconde main en griffe, déployant ses ailes de roche pour se diriger vers Ryusuke. Celui-ci avait poussé un léger soupir désolé : Si il fallait en arriver là pour stopper cette comédie… alors il allait jouer le jeu. Lentement, sa main droite se transforma en une magnifique griffe entourée d’une aura violette. Comment avait-il été capable d’utiliser toutes ces attaques élémentaires alors qu’il était le Dieu Supérieur des Serpents ? Nul ne le savait… Viser vite et bien. Riza était maintenant à sa hauteur et il s’apprêtait à viser son ventre pour la blesser suffisamment pour qu’elle se calme. C’est tout ce qu’il voulait… mais en y réfléchissant, vu la vitesse à laquelle elle allait vers lui, il allait complètement la traverser !

« Et merde, c’était pas… »

« Pas encore une fois. »

Xano avait prononcé ces quelques mots alors qu’il voyait une lueur dans les yeux dorés de Tonar. Celui-ci se positionna dans un dernier élan entre Ryusuke et Riza, les deux griffes draconiennes traversant son corps avec facilité. Un dragon est toujours plus fort qu’un dragon… L’une des lois qui faisaient que les dragons se livraient des batailles entre eux. Riza poussa un cri strident en appelant Tonar mais le visage de celui-ci était tourné vers Ryusuke :

« Il… n’y a… aucun moyen de la calmer… Il faut… la forcer à tout te dire… Qu’elle t’annonce … ce qui s’est passé après sa mort… Tu pourras peut-être… la raisonner après. Ryusuke… Je vais rejoindre Isalia… Enfin… Est-ce… que je pourrais rester… avec elle ? »

« J’avais fait exprès de ne pas te tuer ! Cette dernière attaque ne t’avait même pas affecté ! Je connaissais ta résistance alors pourquoi tu as foncé tête baissée ?! Je ne voulais pas d’une seconde mort dans mes bras ! »

« Elle va s’éveiller… La Grande Maîtresse des Pokémons. Celle que les gens craignent lorsqu’elle nous voyait dans un état blessé… Est-ce que je peux… revoir Isalia ? »

« Je… Mais imbécile ! Tu vas revenir après. Je forcerais Juperus à te ramener ! Alors non, tu ne peux pas la revoir ! »

« Do… mmage. Je ne pourrais… jamais rembourser ma dette envers elle. »

Le corps de Tonar restait debout, le visage baissé vers le sol. Il avait fermé les yeux, un sourire triste aux lèvres. Il n’avait jamais put remercier correctement Isalia pour ce qu’elle avait fait pour lui. Riza était tombée à genoux, se tenant la tête entre ses deux mains, les yeux exorbités : Après Anolk… Tonar venait de disparaître. Elle ne pouvait pas le croire, pas eux… Le reste de ces personnes qu’elle avait manipulé, Oria, Loxen, Ronyl, elle s’en fichait complètement ! Même cette foutue Momartik qui était devenue humaine sans elle, cette Momartik avec qui elle avait passée le temps. Elle s’en fichait royalement de toutes ces personnes ! Elle tremblait, sa voix hoquetant alors qu’elle s’adressait à Ryusuke :

« Ryu… Ryu… Ryu… suke. Ryusuke… Pourquoi viens-tu… encore me pourrir mon existence ? D’abord moi… Ensuite Anolk… Puis Tonar… Tu disais m’aimer… Tu te moques de moi… Tu t’es toujours moqué de toute façon… Je te hais Ryusuke, je te hais ! Même si je dois disparaître après ça, je vais t’éliminer ! »

« Restez derrière moi ! »

Clemona fit subitement apparaître une sphère de protection autour d’elle, celle-ci entourant tout le groupe alors que Ryusuke faisait de même. Le corps de Riza s’illuminait alors que celui de Tonar disparaissait en petites particules. Un orbe entoura Riza, un orbe qui rasait totalement l’arène et les tribunes, provoquant une violente lumière dans toute la scène. Ils n’étaient plus dans Ryoran, ils le savaient… Finalement, ils étaient rentrés dans…

« Ma dimension ! Celle du Valet de la Rancœur ! Toute cette Rancœur que j’ai pour toi, Ryusuke ! »

Les sphères de protection disparaissaient alors que Riza apparaissait sous une nouvelle forme. Elle portait une sorte de casque bleu ressemblant à la tête d’un Carchacrok, l’étoile jaune dessiné dessus alors que ses longs cheveux bouclés et blonds avaient maintenant plusieurs mèches bleues. Une queue était apparue en bas de son dos alors que ses bras s’étaient déformés pour laisser apparaître deux longs ailerons tranchants. Son œil droit était devenu doré, l’autre restant couleur rubis. Une sur-évolution possible grâce à son statut de Grande Maîtresse des Pokémons et à ce qu’elle éprouvait pour ses deux pokémons morts au combat. Ryusuke observa la nouvelle Riza avec un faible sourire qui cachait son appréhension : Les choses se compliquaient maintenant.

Chapitre 85 : Furie

Chapitre 85 : Furie

« RYUSUKE ! »

« Bonjour Riza. Cela fait longtemps. Tu es toujours aussi belle. »

« Ne te moque pas de moi ! Tu oses venir ici ?! Après toutes ces années ?! »

« Tu n’as pas l’air ravie de me voir… »

Il poussa un léger soupir avant de faire un saut pour arriver à la hauteur de Riza. La vieille femme semblait étonnée de le voir aussi proche d’elle. Il était aussi jeune qu’auparavant… lorsqu’il avait dix-huit ans. La personne encapuchonnée se positionna devant Riza, s’interposant entre elle et Ryusuke, murmurant :

« Tu as du cran… pour venir devant elle et lui faire ce genre de compliments, Ryusuke. »

« Tonar ? Je me disais bien que j’avais vu Anolk sur l’arène. »

« Et je suis de retour, Ryusuke ! Désolé, mais tu dois disparaître ! »

Anolk était derrière Ryusuke, le jeune homme émettant un petit rire avant de faire un saut en arrière, le dos de son crâne rencontrant la face d’Anolk qui tomba dans les tribunes, roulant sur le sol en poussant un petit cri de douleur.

« C’est moi qui suis désolé. J’ai mis tellement de temps à te retrouver Riza mais maintenant que je suis là, tu veux bien venir avec moi ? »

Il lui tendait la main même si il n’arrivait pas à la voir à cause de Tonar. Celui-ci n’avait pas encore montré son visage puisqu’il n’avait pas encore relevé sa capuche. Tonar fit quelques pas sur le côté alors que Riza s’était relevée. Elle se dirigea vers Ryusuke, posant sa main dans la sienne en faisant un petit sourire qu’il lui rendait. Soudainement, une violente claque vint frapper la joue de Ryusuke, le jeune homme s’envolant pour atterrir dans l’arène, créant un nouveau trou parmi les autres.

« Je ne sais pas ce que tu comptais faire avec ce genre de gestes mais tu as échoué. Tu as joué sur mes sentiments au moment où il ne le fallait pas, Ryusuke. J’ai attendu ce moment pendant toutes ces années, et toi, tu t’es permis de m’abandonner. »

« Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Je suis là pour toi ! J’ai passé plus de cent ans à te rechercher ! »

« MENSONGES ! Tu es là pour venir me tuer, moi, la Valet de la Rancœur ! Devine envers qui j’ai de la Rancœur ? Envers toi qui a osé bafouer mes sentiments ! Anolk ! Tues le maintenant ! »

« Ryusuke… Tu veux que je vienne t’aider ? »

« Reste en retrait, Clemona. Va soigner mes filles et ses compagnons, c’est mon combat maintenant. Anolk, viens donc. Je vais te montrer pourquoi je suis le Dieu des Serpents. Snakiante, tu restes en retrait et tu vas surveiller mes filles. Ton rôle d’Atout n’est plus d’être avec moi. »

« Comme tu le désires, Ryusuke. C’est ton choix. »

Alors qu’il s’était relevé, une créature sortie du dos de Ryusuke sous la forme d’un magnifique serpent violet ressemblant à un cobra royal. Rapidement, le corps de l’Arbok se mit à briller avant de faire apparaître l’homme d’une quarantaine d’années et aux cheveux violets. Celui-ci se présenta à Clemona, venant baiser sa main avec délicatesse alors que Riza poussa un cri de rage :

« SNAKIANTE ! Tu étais avec lui depuis le début ?! »

« Je ne savais pas que vous étiez Riza Ira… Sinon, cela aurait fait depuis plusieurs années que Ryusuke aurait été prévenu. Et oui… J’étais bien au service de Ryusuke depuis le début. Il m’a demandé de vous surveiller et de m’occuper de Xano lorsqu’il n’était encore qu’un enfant. J’ai accompli ma mission depuis le début. »

« En plus… Tu oses envoyer des espions chez moi ?! RYUSUKE ! Je vais te tuer ! »

« Aie… Arkan… On aurait mieux fait de se taire, je crois. »

Les deux hommes aux yeux verts poussèrent un soupir en hochant les épaules. Ce qui était fait était fait. Maintenant, ils ne pouvaient pas revenir en arrière, voilà tout. L’homme aux ailes de roche s’était mis à courir en direction de Ryusuke, celui-ci poussant un léger soupir avant d’ouvrir la bouche, crachant une sorte de liquide verdâtre.

« Anolk ! Evite moi ça et vite ! »

Plus facile à dire qu’à faire, il tenta de faire une pirouette dans les airs mais une partie de sa queue fut touchée par le liquide. La queue se mit à fondre alors qu’Anolk tombait au sol sous la douleur.

« ARG ! Ca fait mal ça ! Ca fait très mal même ! »

« Je suis le Dieu des Serpents… C’est le nom que Juperus m’a donné… et le nom que l’on m’a donné lorsque j’étais un simple humain, n’est-ce pas Riza ? »

« La ferme ! Anolk, tu ne sais pas te battre ou quoi ?! »

« Depuis quand tu t’en prends à tes pokémons ? »

Il restait un peu surpris par les paroles de Riza. Elle était d’habitude si douce et gentille… Encore que des fois, elle jouait un autre rôle mais là, ce n’était pas le cas. Anolk se releva avec une légère difficulté, courant vers Ryusuke en préparant un rayon dans sa bouche.

« Tu comptes me faire mal, on dirait… »

« J’ai surtout besoin d’en terminer avec toi ! »

Le rayon sortit de la bouche d’Anolk, frôlant l’épaule droite de Ryusuke qui eut une très faible blessure comme si il n’était pas affecté par le coup. Il arrêta l’homme aux cheveux noirs avant de le plaquer au sol au niveau du cou, lui murmurant sans sourire :

« Qu’est-ce qui s’est passé avec Riza ? Explique moi tout et je te laisse vivre ! »

« Ne fais pas l’innocent, c’est de ta faute si elle est comme ça… C’est à cause de toi qu’elle se comporte de cette façon. »

« Je n’ai rien fait contre elle ! Jamais, je n’aurais fait une telle chose qui l’aurait mise dans cet état. Arrête de mentir ! »

« Alors si ce n’est pas toi, quelqu’un s’est chargé de se faire passer pour toi ! Elle ne nous a jamais rien dit alors que nous étions ses pokémons les plus fidèles ! Nous ne sommes pas réellement humains comme ces femmes et cet homme, nous avons été investi d’un pouvoir bien plus grand et terrifiant que la sur-évolution mais… Cela ne me plaît pas. »

« Qu’est-ce qui ne te plaît pas ? »

Ryusuke desserrait légèrement son étreinte au niveau du cou d’Anolk, celui-ci poussant un petit gémissement avant de reprendre la parole :

« Le fait qu’elle soit devenue comme ça, elle ne s’est jamais comportée comme ça auparavant. Est-ce que tu étais au courant au sujet de son mari ? »

« Quoi donc ? Qu’est-ce qu’il y a que je ne sais pas au sujet d’elle et de son mari ? »

« La nuit où elle est partie de force, cette journée où elle s’est mariée, elle a été violé des mains de son propre mari. Elle était prête à revenir vers toi mais depuis ce jour… »

« QUOI ?! »

Le sol se fissura alors qu’il avait poussé un cri. Clemona s’arrêta de soigner les blessés, se tournant vers Ryusuke. Celui-ci avait soulevé Anolk au-dessus du sol. Il n’avait pas rêvé… Il avait bien entendu, non ? Il avait évité ce problème avec Clemona mais pour Riza… Il n’était pas au courant ! Elle n’avait jamais répondu à ses lettres, JAMAIS ! Anolk toussait, ayant du mal à parler :

« Je ne mens pas. Elle est venue nous voir après ça… Elle nous a tout expliqué, elle nous a tout dit. Elle ne pouvait pas te voir… C’est triste n’est-ce pas ? Si tu l’aimais vraiment comme tu n’as pas arrêté de le prétendre dans tes lettres, tu aurais compris qu’elle avait besoin de toi dans ce moment ! »

« TA GUEULE ! On ne me l’avait pas dit ! RIZA ! Est-ce vrai ce qu’il m’a dit ?! »

« De quoi ?! »

« VAS LUI REPETER CE QU’IL M’A DIT ! »

Il prit appui sur son pied gauche avant d’envoyer avec violence Anolk en direction de Riza et de Tonar. L’ancien Ptera percuta le mur,  crachant du sang en sentant son dos qui venait sûrement de se briser sur ce coup. C’était ce qu’il voulait… Il avait réussi… Lui dire ce qu’elle n’avait jamais réussi à lui dire. Il avait été le messager…

« Qu’est-ce que tu lui as dit ? QU’EST-CE QUE TU LUI AS DIT ?! »

« Simplement…Ce que vous aviez subi… cette nuit là, maîtresse. »

« Imbécile ! IMBECILE IMBECILE IMBECILE !  Il n’avait pas à être au courant ! »

« Alors c’est donc vrai ?! »

Il s’était mis rapidement à courir vers eux, faisant un saut avant de faire apparaître une longue queue de serpent. Il enrageait et cela se voyait. Riza ne lui avait jamais dit ça, la presse s’était toujours tue sur cet évènement, elle qui était toujours à la recherche de la moindre information croustillante à se mettre sous la dent ! Tonar s’était positionné devant Riza, prêt à la protéger, sa cape qui le recouvrait se déchirant au niveau des hanches pour faire apparaître deux ailerons bleus.

« Dégage de là toi ! Ne viens même pas te mettre en travers de ma route ! J’ai à discuter avec Riza ! »

« Je ne peux pas, Ryusuke. Je suis son pokémon, ne l’oublie pas. Ce qu’elle a vécu ne pourra jamais être oublié, qu’importe ce que tu tenteras. »

Ryusuke alla le frapper au niveau du torse pour le repousser mais Tonar para le coup avec l’un de ses ailerons, l’autre se dirigeant au niveau du cou du jeune homme. Anolk tenta de se relever légèrement alors que Riza reculait de quelques pas : Ryusuke était énervé… Ca lui rappelait le moment où elle lui avait tout raconté au sujet de la mort de ses parents… Ce moment où elle avait tout fait pour qu’il s’éloigne de Clemona. L’un des rares moments où elle s’était permise de laisser parler son cœur et de prendre les devants. Et voilà qu’il était à nouveau en colère… mais pour ou à cause d’elle ?

« Tu ne veux pas te barrer ?! Je vais te forcer ! »

Il utilisa sa queue pour l’enrouler au niveau des jambes de Tonar, l’envoyant contre un mur alors qu’il était enfin devant Riza. Celle-ci émettait un petit rictus de colère comme pour lui dire de ne pas s’approcher. Les yeux émeraude de Ryusuke semblaient montrer une folie qu’il ne contrôlait pas bien que ses paroles étaient bien plus calmes depuis qu’il avait la vieille femme devant ses yeux.

« Alors comme ça…Tu t’es faite violée et tu ne me l’as même pas dit ?! POURQUOI ?! »

« En quoi ça te concerne, espèce d’abruti ! Tu étais heureux dans ton coin avec Clemona ; En quoi mes problèmes personnels étaient-ils sensés te concerner ?! »

« Car je me suis inquiété pour toi ! Tu ne me donnais jamais de nouvelles ! TOUTES mes lettres te parvenaient mais tu ne me répondais pas ! Tu ne m’as jamais répondu ! Est-ce qu’au moins, tu les as lu ?! »

« Je les ai TOUTES garder ! J’aurais put sauver une forêt avec tout ce papier ! Des centaines de lettres voir même des milliers ! Tu m’en envoyais presque une toutes les semaines ! »

« Vous avez fini de parler ? Vous me donnez mal à crier aussi fort. »

Anolk se releva en crachant du sang, il avait si mal… mais ce n’était pas encore terminé. Pas maintenant, il fallait le pousser à bout, LES pousser à bout ! Il y avait toujours une solution, il en était sûr. Il percuta Ryusuke au niveau du ventre, plantant ses dents dans la hanche du jeune homme aux cheveux bruns alors qu’ils se cognaient contre les tribunes. Pour la première fois, Riza semblait inquiète de la situation : Anolk était déjà assez sévèrement blessé… Il ne devait pas prendre trop de risques.

« Ca t’a pas suffit la première fois ?! T’en veux encore plus ?! Je ne vais pas me gêner pour ça ! Tu vas voir ce qui t’attend ! »

« Maintenant que tu es à ma portée, je ne pourrais pas te louper héhéhé. »

Anolk préparait une nouvelle sphère dans sa bouche mais Ryusuke ouvrit la bouche à son tour devant le regard étonné de l’ancien Ptera. Il préparait la même chose mais à cette distance…

« Laisse moi voir Riza ! »

« Il me faudra passer sur le corps ! »

« Si c’est ce que tu veux… »

Ryusuke avait été le premier à décharger toute sa puissance dans son rayon. Celui-ci traversa le corps d’Anolk comme si ce n’était qu’une simple feuille de papier, un flot de sang s’écoulant sur la tenue noire de Ryusuke. Il n’y avait aucune chance qu’Anolk s’en sorte mais il l’avait prévenu… C’était de sa faute.

« Hé… Hé… Hé… Ryusuke ? La puissance d’un Dieu Supérieur est vraiment… surprenante. Mais… Riza… ne sera pas aussi simple à battre. Elle a la puissance d’un Valet mais ce n’est pas tout… Ah… Ah… C’est bizarre… de ressentir ça encore une fois. Fais la revenir… Nous ne sommes… que des pokémons… mais nous voulons que tu la fasses revenir… »

Il s’arrêta de parler alors qu’il s’écroulait sur Ryusuke, finalement mort. Les yeux rubis de Riza étaient exorbités : Elle n’arrivait pas à le croire. Pas l’un de ces deux pokémons… Ryusuke avait été jusque là… Jusque là ?! D’abord ça… et maintenant cette mort.

« RYU… SUKE ! »

Tonar tenta d’arrêter sa maîtresse mais rien n’y faisait. Son corps s’était mis à fondre tout en s’agrandissant. Peu à peu, les rides disparaissaient de son visage alors que ses cheveux gris reprenaient une teinte blonde. Elle ne pensait pas reprendre cette forme juvénile et adulte lors de ses plus belles années mais Anolk… était mort. Ryusuke eut un léger regard pervers en observant Riza : Elle avait retrouvé sa jeunesse et elle était aussi belle qu’avant… La seule chose qui changeait était maintenant le fait qu’ils étaient ennemis et que cette fois-ci, il n’y avait plus de comédie. La tenue rouge de la jeune femme était moulante et rappelait celle qu’elle portait lorsqu’elle combattait ses adversaires. La femme aux mille victoires.

Une dizaine d’années s’était écoulée et le divorce avait été rapidement annoncé : Elle avait mis au monde trois enfants et elle avait lu dans la presse que Ryusuke et Clemona avait eut deux enfants : Une fille et un garçon. Ses propres enfants ? Elle ne pouvait pas les voir. La justice si pervertie avait été achetée par son ancien mari alors qu’elle avait été accusée d’avoir trompé Lark avec un homme qui lui écrivait tellement de lettres.

« Tonar… Anolk… Vous resterez avec moi, n’est-ce pas ? Je n’ai nulle part où aller. »

C’était faux… Elle avait bien un endroit où aller mais elle ne pouvait de s’y rendre. Elle avait été salie et comment le regarder droit dans les yeux en lui disant ce que Lark lui avait fait subir pendant ces dix ans ? Battue, violée, déshonorée, elle avait tout accepté, s’étant laissée faire comme un simple objet. Un moment, il s’était lassé et il avait décidé de se prendre quelques femmes un peu plus vivaces pour obtenir plus de plaisir. Jamais elle n’avait esquissé un seul geste vers cet homme répugnant.

« Je suis fatiguée… Tonar… Anolk… On repart… Il est temps de continuer notre voyage. »

Elle avait décidé de retourner à ses premiers amours : Les tournois. Elle devait continuer à défendre ses positions et sa place de championne d’arène de Ryoran n’avait pas bougé un seul instant. L’un des magnifiques cadeaux de la part de son mari pour s’attirer ses plaisirs. Bien entendu, il n’avait pas été le seul à financer ce projet et rien qu’à l’idée d’y repenser…

« Vous allez bien ? Mais vous… »

Elle se tenait une main devant la bouche, ses deux pokémons l’entourant avant de l’emporter. Rien que le fait d’y repenser… Cet homme, celui qui s’était prétendu son mari… Il n’avait pas été le seul à la ternir ! Il n’avait pas été le seul à abuser d’elle ! Il avait promis à quelques amis d’obtenir ses faveurs mais cette fois-ci, elle était prête à riposter, elle avait gardé ses deux pokémons… Malheureusement, ils avaient été rapidement mis à terre, regardant leur maîtresse se faire violenter par tous ces hommes.

Rien… Elle n’avait jamais rien à ce sujet et de toute façon, qui l’aurait cru ? Seuls Ryusuke et Clemona et encore… Ils n’auraient pas hésité à tuer Lark mais elle ne pouvait rien dire, rien du tout. Il avait juré de s’en prendre à leurs enfants voir même à eux… Il avait appris au sujet de Ryusuke et Clemona, il avait obtenu des informations. Elle avait dût se taire et ne jamais les revoir.


Deux Roucools étaient venus, l’un tenant la lettre de Ryusuke qui lui demandait de revenir, une lettre habituelle en soi. Elle la parcouru en sanglotant avant de vomir subitement : Un réflexe qui lui était apparu depuis ce jour. A chaque fois qu’elle tentait de penser à Ryusuke, les visages hideux de ces hommes revenaient toujours dans sa mémoire. La seconde lettre lui signalait qu’il y avait quelques jeunes dresseurs qui étaient venus pour la défier en duel mais qu’en vue de son absence et de son voyage, quelqu’un d’autre s’en était chargé. Elle s’en fichait pas mal au final, ce n’était pas ça qui l’intéressait…Elle voulait simplement mourir… Simplement disparaître de cette planète et garder les souvenirs de ces jours heureux où elle vivait avec Clemona et Ryusuke, ces jours où elle pouvait les voir à chaque instant. Elle s’était écroulée sur le sol, les deux lettres dans ses mains sous les cris de ces pokémons.

Et puis… Les années s’étaient écoulées mais elle avait continué à combattre, devenant la plus terrifiante des adversaires dans n’importe quel tournoi. A l’âge de cinquante-cinq années, on lui avait donné le titre de Grande Maîtresse des Pokémons, un titre jamais donné auparavant. Maintenant, elle restait célibataire et les gens ne savaient même plus qu’elle avait eut des enfants un jour. Elle se faisait vieille et elle n’était plus aussi jolie qu’auparavant… Toute chose avait une fin et elle savait que la sienne était proche, beaucoup plus proche que l’on pouvait le penser.
Soixante-dix ans, elle s’était retrouvée dans un hôpital après un évanouissement. Dire qu’elle n’avait jamais été dans cet endroit, se disant que c’était inutile depuis l’époque où elle était enceinte… enceinte de cet être mort depuis déjà assez longtemps. Ses enfants en avaient eut à leurs tours et elle n’était pas si sûre que tous soient de Lark. De toute façon… Ils ne la reconnaissaient pas… Elle était une parfaite inconnue à leurs yeux… Inlassablement, ses yeux se posaient sur ses deux pokémons. Elle avait libéré Lify pour lui permettre de former une famille et avait voulu faire de même avec Anolk et Tonar mais ils avaient refusé. Ils étaient là depuis le début, ils seraient là jusqu’à la fin. Quelqu’un toqua à sa porte : C’était le médecin qui venait lui annoncer que ses organes étaient en piteux état et qui se demandait comment elle avait fait pour vivre avec ces derniers depuis autant de temps. Elle souriait sans lui répondre. Le médecin venait lui annoncer qu’il ne lui restait plus que trois mois à vivre. Elle demanda si elle pouvait avoir une chambre isolée et que l’on ne vienne pas la déranger, qu’elle voulait simplement être seule pour ces derniers instants. Les lettres de Ryusuke venaient de moins en moins souvent mais elle l’excusait intérieurement : Lui aussi n’était plus tout jeune, ils avaient le même âge. Un mois après l’annonce de sa future mort, une lettre était arrivée… Celle de Ryusuke. L’écriture était tremblante mais toujours aussi soigneuse. Encore une fois… Il lui parlait de ça :

« Cinquante ans… Cinquante années que je n’ai pas put passer avec toi. Un demi-siècle où tu as décidé de disparaître complètement de mon existence mais je ne t’ai jamais oublié. Toutes ces années où les générations de Roucool sont venues vers toi car ils étaient les seuls à connaître l’endroit où tu te trouves à chaque fois. Riza… Nous nous faisons vieux et nous n’avons plus beaucoup d’années à vivre. Reviens s’il te plaît… Tu resteras toujours celle que j’aime avec Clemona et je veux finir mon existence avec toi. Et même… Si tu ne me réponds pas ou que tu ne reviens pas… Nous nous retrouverons… Nous nous retrouverons là où il n’y aura plus de frontières et de barrières entre nous. Nous pourrons passer l’éternité ensembles et cette fois-ci, on ne se quittera pas. »

Il n’arrivait jamais à bien s’exprimer mais les sentiments étaient là. Le Roucool s’était déjà préparé à repartir mais elle posa une main ridée sur son dos pour lui demander d’attendre. Pour la première fois, elle allait lui répondre. Une seule phrase, cinq mots qui voulaient tout dire pour elle.

« Tu me le promets, Ryusuke ? »

La réponse avait mis un mois et demi à revenir. Il avait écrit un long roman, trop heureux de recevoir enfin une réponse de la part de Riza. L’écriture était confuse et les mots s’enchaînaient sans former des phrases mais le plus important était là…

« Je te le promet, Riza. La mort nous réunira au lieu de nous séparer. »

La mort…Elle allait simplement prendre un peu d’avance et l’attendre… Elle avait eut enfin sa réponse et s’était endormie pour ne jamais se réveiller.

Chapitre 84 : Abandon

Chapitre 84 : Abandon

« Tous mes sujets sont morts. »

« Aucune… considération pour ces créatures ! »

« Pourquoi en aurais-je ? »

Riza s’était relevée de son trône, ses longs cheveux gris atteignant le sol. Elle était plus petite qu’auparavant mais cela ne semblait pas la gêner… Elle avait simplement vieilli voilà tout. Les deux personnes encapuchonnées s’étaient approchées de Riza, attendant ses ordres. Tyrania et Xano étaient collés l’un à l’autre, chacun s’aidant de la personne près de lui pour rester debout.

« Pour avoir un peu de décence ! Qu’est-ce que ces Evolis t’ont fait ?! »

« Rien du tout. Ils ne m’ont rien fait contrairement à toi. Ce n’est pas difficile de se dire pourtant que j’ai simplement envie de te tuer ? »

« C’est un peu gênant en un sens puisque je compte rester en vie maintenant. »

« Et qu’est-ce qui t’a fait changé d’avis à ce sujet ? »

Il ne répondit pas, du rouge passant sur ses joues alors que Tyrania faisait apparaître une boule de feu. Celle-ci décolla en direction de Riza mais l’une des deux personnes encapuchonnées se positionna devant la flamme, se la prenant de plein fouet alors que sa tenue flambait complètement.

« Maîtresse Riza. Il va être temps pour nous d’y aller. »

« Anolk… Tu as vécu pendant plusieurs siècles à mes côtés. Tu étais un monstre préhistorique de l’ancien temps, les années n’ont plus d’emprise sur ta personne… mais tu peux mourir. Fais attention. »

« Il n’y a pas à s’inquiéter. Je n’ai pas à avoir peur de leurs flammes. »
La tenue continuait de brûler avant de tomber en morceaux, laissant la vue de cet homme aux yeux de tous. De longues et puissantes ailes de roche, une chevelure noire et légèrement allongée, l’homme avait une boucle d’oreille sur l’oreille gauche. Il portait des tatouages sur les épaules. Comme il était de dos par rapport au groupe, il était possible de voir que de nombreuses piques sortaient de son dos pour se finir par une queue faite de roche et à la pointe affûtée.

« Tonar ? Tu restes près d’elle s’il te plaît. Il vaut mieux pour nous qu’elle reste avec l’un d’entre nous. »

« Aucun problème. »

La seconde personne encapuchonnée hocha la tête pour dire qu’elle avait bien compris le message, se rapprochant de Riza avant de recouvrir le corps de la vieille femme avec ses manches qui semblaient bien plus longues que la moyenne. Anolk battit des ailes pour s’envoler, se déposant devant le groupe avant de se tourner vers Drimali.

« Eleanor… Cela faisait longtemps. »

« Très longtemps même. Que deviens-tu ? »

« Comme-ci, comme-ça. Même si cela ne se voit pas, je commence à me faire vieux. »

« Tu comptes tenter de nous tuer ? »

« Le reste m’importe peu. Je laisserais Tonar s’en occuper. Je veux seulement me battre contre toi et te tuer. »

« As-tu un grief contre moi ? »

« Nullement… à part le fait que tu étais une ancienne pokémon de Ryusuke. »

« Qu’attend-tu Anolk ?! Tu n’es plus un pokémon ! Tu n’as pas besoin de mes ordres pour décider quand attaquer ! »

Riza venait de lui crier dessus et il faisait apparaître ses dents qui rappelaient ceux des carnassiers. Pointues, elles ne semblaient pas convenir à une bouche humaine et pourtant, celle d’Anolk n’était point déformée. Il semblait ne pas apprécier que Riza lui crie dessus mais ne le montrait pas sauf par ce faux-sourire. Il fit un petit geste de la main pour dire à Drimali de s’approcher.

« Que les autres descendent de l’arène. Ils ne m’intéressent pas. »

« Ecoutez le. »

« Mais grande sœur… »

« Fais ce que je te dis Shymi. Je ne pense pas qu’il soit encore l’heure. »

« Attend au moins… »

Elle ne pouvait pas contredire sa grande sœur mais elle pouvait au moins tenter de soigner ses blessures. Elle demanda à Nelya de s’approcher de Drimali en même temps qu’elle, les deux femmes s’entraidant pour redonner un second souffle à Drimali. Celle-ci se sentait bien mieux et Anolk prit la parole :

« C’est terminé ? Nous pouvons commencer maintenant ? »

« Tu aurais put m’attaquer entre temps. »

« Je ne suis pas comme cela. Ma maîtresse m’a toujours appris à bien combattre. Jamais de coups dans le dos, jamais d’attaques en traîtresse, Riza était quelqu’un de parfait. »

« Etait ? Tu ne penses plus cela ? Alors pourquoi restes-tu avec elle ? »

« Car elle est ma dresseuse et que je ne pourrais jamais abandonner quelqu’un qui a toujours penser aux autres avant elle. Tout ce qu’elle a vécu, c’est de la faute de cet homme. Finis de parler, il faut se battre maintenant. »

« Comme tu le désires. »

Tout le monde était descendu de l’arène sauf Drimali et Anolk. Celui-ci était resté parfaitement immobile, invitant la jeune femme aux longs cheveux bleus à commencer le combat. Celle-ci ne se fit pas prier envoyant un puissant souffle de froid en direction d’Anolk, un sourire dessiné sur les lèvres de l’ancien Ptera. Tout de suite, elle utilisait les grands moyens : Elle n’aurait aucune pitié à le tuer. Tant mieux… C’est ce qu’il voulait.

Il déploya ses ailes de roche, s’envolant dans les airs sans attendre que la jeune femme ne vienne le rejoindre. Malgré son absence d’ailes, il savait qu’elle était capable de voler. Il transforma ses deux pieds en des puissantes serres avant de foncer vers Drimali. Celle-ci fit un petit saut en arrière, tombant au sol à cause de sa robe blanche. Avec celle-ci, elle allait avoir beaucoup de mal à se déplacer. Un déchirement se fit entendre alors qu’elle poussait un petit cri de surprise :

« Mais qu’est-ce que tu fais ?! »

« Je t’accommode simplement. Je ne veux pas d’excuses du genre pour me dire que tu as perdu ton combat car tu ne pouvais pas te battre librement. »

« Tonar… Peux-tu m’expliquer la raison de ce geste ? »

Riza s’était assise à nouveau alors que la personne encapuchonnée réfléchissait pendant quelques secondes. Il connaissait bien la réponse mais peut-être qu’elle n’allait pas plaire à sa maîtresse :

« Il a simplement appris à combattre d’une manière noble. Là où l’adversaire a des désavantages, il fera tout pour l’aider à combler ces derniers ou à avoir ses propres désavantages. Il ne peut apprécier un combat si celui-ci n’est pas donné au maximum de ses capacités. »

« Mais on s’en fout de ça ! Qu’il l’élimine tant qu’elle est à terre ! Ca lui sert à quoi de se comporter comme ça maintenant ?! »

Tonar ne lui répondit pas : Elle avait tant changé depuis cet instant… Il pouvait la comprendre… mais pas être en accord avec cette femme qui avait été sa vraie maîtresse. Est-ce que Ryusuke allait venir ou non ? Il y avait une chance qu’il soit la seule personne à calmer cette folie qui animait le cœur de cette femme.

Drimali se releva, sa robe blanche étant déchirée en plusieurs parties maintenant. Néanmoins, ses longues jambes étaient presque mises à nue mais elle se déplaça légèrement sur le côté alors que les autres personnes observaient le combat qui recommença. La jeune femme aux yeux violets remercia Anolk pour ce geste alors que celui-ci hochait simplement la tête. Celle de Drimali alla le frapper au ventre, le faisant légèrement reculer en arrière alors que Nelya murmurait :

« Il est triste… »

Personne ne lui posa de questions, ils étaient tous préoccupés par le déroulement du combat : Si Drimali perdait contre Anolk, la suite n’allait pas s’annoncer sous des heures meilleures. Xano était assis contre le mur, Tyrania étant à côté de lui, sa tête posée sur l’épaule du jeune homme. Ils avaient fermé les yeux, ayant besoin de se reposer. Ils s’étaient le plus dépensés parmi tous les combattants. Shymi avait posé son regard sur eux, un long soupir sortant de ses lèvres alors qu’elle se caressait les ventres avant d’observer à nouveau sa grande sœur. Malasa passa son bras autour d’elle avant de lui dire d’une voix faussement enjouée :

« Ne t’inquiète pas, ça ne se passera pas. Ils ne peuvent pas s’entendre. »

« Ce n’est pas vrai… Et tu le sais aussi bien que moi, Malasa. Je me suis résignée même si… »

« Est-ce qu’il est au courant ? »

« Non et je ne veux pas qu’il le soit. Il m’a aimé une fois et ça me suffit amplement. Je suis parfaitement comblée. J’attends simplement que… ça arrive. »

« Ne dis pas ça. Ca n’arrivera pas. Si on devait seulement se fier au Destin pour guider nos vies, il y aurait longtemps que je serais disparue. »

« Si tu commences à parler de cette façon, c’est que le moment est grave. »

Malasa préféra se taire, triturant ses lunettes translucides. Shymi n’avait pas totalement tord et celle-ci émit un petit sourire triste alors que Drimali donnait son maximum pour se battre contre Anolk. Celui-ci se prenait les coups sans gémir ou se blesser comme si il ne ressentait pas les dégâts causés par Drimali qui se donnait pourtant à son maximum.
Les griffes d’Anolk tracèrent une ligne de sang doré sur l’épaule de Drimali, celle-ci poussant un râle de douleur avant de reculer. Voilà que le combat venait de pencher en sa défaveur et elle le savait. Comment se faisait-il qu’Anolk soit aussi fort ? Il n’était pourtant pas un Dieu comme elle !

« L’expérience… L’expérience de mille combats gagnés. Drimali n’a aucune chance contre lui, héhéhé. Cela va faire une morte de leurs côtés… et la liste va s’allonger de minutes en minutes. »

« Maîtresse, nous ne pouvons prédire ce qui va se passer. »

« Tonar, ne dis pas de bêtises, ils ne pourront jamais le battre et même si c’est le cas… Tu iras te battre à ton tour. Je veux qu’ils disparaissent tous de ce monde ! »

« Si c’est ce que vous voulez… maîtresse. Êtes-vous sûre de ça ? »

« Tu oserais me contredire, Tonar ? »

« Non… Jamais, maîtresse. »

Il ne disait plus rien, il n’avait pas son mot à dire de toute façon. Le combat était maintenant à un sens unilatéral, Drimali se prenant des coups de plus en plus violents alors que sa robe se déchirait à chaque coup donné par Anolk. Celui-ci gardait un visage terne comme si il n’était pas excité par le combat, ce qui ne correspondait pas à son caractère ou à celui d’un Ptera. Xano ouvrit faiblement les yeux en demandant :

« Qu’est-ce qui se… passe ? »

« Drimali est en train de se battre seule. »

« Allez donc l’aider au lieu ! »

« Elle ne veut pas. »

Et merde… Ils n’avaient aucune volonté ces types. Il se releva avec difficultés, encore trop fatigué pour rester debout correctement. Il s’appuya sur le mur, faisant apparaître une boule de feu de petite taille dans sa main droite. Si ils ne voulaient pas l’aider, il allait le faire ! Il était au courant ! Berthra l’avait mis au courant et celle-ci s’était retournée vers lui, tendant les bras pour l’empêcher d’utiliser cette boule :

« Ne fais pas ça. Elle veut se battre toute seule ! C’est la prophétie ! »

« J’en ai… rien à faire de ça ! Tu crois que je vais la laisser crever devant mes yeux ?! »

« Je t’arrêterais cette fois. »

Déjà, il s’était mis à s’énerver à nouveau, une aura noire l’entourant comme auparavant, rappelant celle qu’il avait eut il y a quelques heures lorsqu’il s’était énervé contre Tyrania et contre les Reines. Il n’allait plus se laisser faire : Quiconque se mettrait en travers de son chemin allait subir les foudres de sa colère ! Berthra fit un pas en arrière alors que tous les regards se tournaient vers eux.


Zut… Zut… Et zut ! Elle ne pouvait rien faire ! Rien faire du tout ! Qu’importe son statut de déesse mineure des dragons, elle ne savait plus se battre ! Avec Ryusuke, elle avait appris à vivre une vie paisible et elle n’était plus habituée aux combats… au contraire d’Anolk ? Sa vie allait-elle se terminer maintenant ? Elle était maintenant couverte de blessures à partir desquelles un sang doré s’écoulait et elle poussait des râles. Mourir… C’était ce à quoi elle s’était attendue… Mais pas maintenant… Pas avant le second Valet. Elle jeta un dernier regard vers Riza pour voir le visage haineux de la vieille femme… puis en direction de Shymi. Xano ? Il était en train… de reprendre son ancienne forme ? Ah… Ah… Elle ne savait pas la suite de la prophétie… pas après ce moment. Anolk s’était dirigé vers elle, ses griffes tendues alors qu’il préparait un rayon à partir de sa bouche. Il allait viser le cœur… pour qu’elle ne souffre pas. Il avait pensé qu’elle aurait été capable de l’arrêter mais non… Drimali se retourna vers Anolk, fermant les yeux pour attendre son dernier moment.

« On évite de toucher à ma fille, merci bien. »

Deux poings s’enfoncèrent dans le visage et le ventre d’Anolk, l’envoyant dans le mur de l’arène alors que Ryusuke était apparu devant Drimali. Clemona avait fait son apparition derrière elle et soignait déjà une partie de ses blessures alors que la jeune femme restait la bouche grande ouverte, ils étaient là ? Un rictus mauvais se dessina sur les lèvres de Riza Ira : Il était venu… Il était finalement venu… Après plus d’un siècle, il osait se présenter à elle… après tout ce qu’il avait fait ?

« Je vous déclare maintenant mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée. »

L’homme à la chevelure légèrement grise releva le voile noir qu’elle portait avec sa robe de même couleur. Il alla l’embrasser alors qu’elle fermait les yeux, se laissant faire comme si de rien n’était. Elle avait accepté d’épouser cet homme… Ce magnat de l’élevage pokémon, connu dans le monde entier comme l’une des richesses les plus importantes de ces dernières décennies. Il était riche… Il était puissant… Et il n’était pas si laid… Il avait simplement le double de ces années. Elle venait d’avoir vingt-cinq ans, il en avait cinquante. Les lettres envoyées par Ryusuke avaient continué à parcourir son existence qu’importe l’endroit où elle se trouvait. D’autres lèvres que celles de l’homme qu’elle aimait s’étaient posées sur les siennes. Le voile noir s’abaissa à nouveau alors qu’il lui prenait la main pour sortir de l’église. Elle avait une mine de dégoût mais nul ne pouvait le voir. Son regard rubis se posa sur deux personnes qui applaudissaient parmi les autres : Il était venu… C’est vrai, il était venu. Mais il n’applaudissait que sur un rythme très lent par rapport aux autres. L’homme aux cheveux bruns avait une mine légèrement abattue, Clemona à côté de lui. Celle-ci avait un petit sourire triste en la voyant et Riza baissa son regard. Un mariage entre la femme la plus célèbre dans le monde et l’un des hommes dans le top 10 des richesses de ce monde.

« Mes félicitations Lark, tu as choisi une bien belle épouse et pas n’importe qui. Annonce-moi donc comment tu as fait pour réussir à la capturer celle-là ? »

« Plusieurs mois d’attente, de la patience et mon charme naturel. »
L’homme aux cheveux grisâtres et au léger embonpoint poussa un petit rire en parlant à une femme qui semblait aussi âgée que lui. D’après les commentaires, c’était son ex-femme… L’une de ses ex-femmes. Ils ne semblaient pourtant pas se détester. Riza était en train de discuter avec quelques personnes avec un sourire sans joie alors qu’elle voyait s’approcher Ryusuke vers elle.

« Dé… Désolée. Je dois aller… »
Elle ne termina pas sa phrase, étant toute excusée alors qu’elle se dirigeait vers les toilettes pour ne pas le revoir. Il allait encore faire une bêtise si il venait vers elle, elle en était sûre ! Elle s’enferma dans un cabinet, s’asseyant sur la cuvette avant de sangloter. Elle voulait être avec lui, seulement avec lui mais elle ne pouvait pas. Pourquoi se torturait-elle comme ça ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui lui empêchait de courir vers lui et de l’embrasser ? Le fait qu’elle était mariée maintenant… Riza Ira… Elle ne se souvenait plus de son ancien nom de famille de toute façon.

« Il y a quelqu’un ? »

Une voix féminine se fit entendre : C’était celle de Clemona. Elle retint son souffle, voulant éviter à tout prix qu’elle sache qu’elle était là. Néanmoins, la femme aux franges rouges n’était pas sotte et elle prit la parole :

« Riza. Arrête tes bêtises et viens avec nous. Tu as assez souffert. Ryusuke dépense des sommes faramineuses en lettres. Si tu ne t’arrêtes pas maintenant, qui sait dans quelle spirale tu vas t’enfoncer ? »

« Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! C’est ton homme ! Vous êtes heureux ensemble ! Vous êtes heureux ! Je n’ai pas à m’immiscer parmi vous ! C’est ton nom qu’il criait lorsqu’il était fou ! »

« Mais c’était toi qui veillait sur lui… Sors de là et viens. Ryusuke t’attend lui aussi. »

Pourquoi pas ? Au final… Elle pouvait revenir… Elle le pouvait. Elle ouvrit finalement la porte alors que les yeux émeraude de Clemona se posaient sur elle. Elle lui prit la main avant de la guider alors qu’elle gardait son visage baissé : Une idiote… Elle était une idiote, une véritable idiote. Elles sortaient des toilettes, main dans la main alors qu’elles se dirigeaient vers Ryusuke. Il avait du mal à contrôler son émotion. Elle était là… Elle s’approchait de lui. Il ne voyait plus qu’elle en ce moment et déjà, il tendait sa main gauche. Ils allaient revivre ensemble, tous les trois.

« Pourrais-je savoir ce que vous faites ? »
Lark s’était positionné entre Ryusuke et les deux femmes. Il semblait légèrement irrité de voir que sa future femme se permettait déjà ce genre de petites choses. Il empoigna le bras de Riza avant de la tirer vers lui, criant à l’assemblée.

« Je me prie de nous excuser mesdames et messieurs, mais il est temps pour ma femme et moi de nous en aller. Néanmoins, continuez donc votre fête sans nous. »

« Mais je… »

« Tais toi. »

Elle regardait Ryusuke et Clemona avec une mine affolée alors que déjà deux gardes emmenaient le nouveau couple dans une luxueuse voiture décorée pour le mariage. Elle ne voulait pas… Elle ne voulait pas… Elle était d’accord pour revenir avec eux ! Elle l’était ! La personne la plus chère à son cœur tentait d’arrêter le couple avant qu’il ne soit trop tard mais deux autres gardes s’interposèrent entre eux avant d’être repoussés par une force inconnue mais déjà… la voiture avait disparu au loin.

« Bon que ça soit clair entre nous, tu es maintenant ma femme et tu le resteras. Est-ce que j’ai été clair ? »
Elle ne disait rien, se dirigeant vers la salle de bain de la luxueuse maison qu’il avait acheté pour cette occasion. Elle fut arrêtée dans son élan avant d’être violemment repoussée sur le lit. Lark se déshabillait déjà, retirant sa cravate, sa veste puis sa chemise.

« Je peux savoir où tu comptes aller ? C’est notre nuit de noces et on va devoir la combler. »

« Je ne peux pas… J’ai la migraine. »

« Migraine ou non, je m’en contrefous. »

Il la plaqua sur le lit, se mettant à déchirer ses habits alors qu’elle se débattait. Quelle violence ! Lark avait subitement adopté un second visage après le mariage et elle savait qu’elle avait plongé dans l’erreur. Où étaient Anolk et Tonar, où étaient-ils ? Elle avait besoin d’aide ! Elle tenta de le repousser, lui donnant quelques coups dans le ventre mais elle n’y arrivait pas. Elle se sentait même sans force…Qu’est-ce que cet homme avait fait ? Non… Il l’avait… drogué pour son mariage ? Ce n’était pas possible. Elle se sentait déjà partir alors qu’il rentrait en elle d’un coup sec. Elle poussa un cri de désespoir, sentant son hymen se déchirer alors qu’il exaltait :

« Non mais tu es vierge en plus ? Parfait ! C’est encore plus parfait comme ça ! Je suis le premier héhéhé. »

Pourquoi ne s’était-elle pas méfiée ? Pourquoi avait-elle accepté de l’épouser ? Avait-elle tant besoin d’oublier Ryusuke qu’elle commettait ce genre d’erreurs ? Elle n’était plus consciente, incapable de réfléchir correctement alors que son mari abusait d’elle. Elle venait de tout perdre.

Chapitre 83 : Baiser volé

Chapitre 83 : Baiser volé

« Clemona… On doit parler au sujet de Riza. »

« Si c’est pour me dire que tu l’aimes, je suis au courant. »

« Non mais… Voilà… Pendant plus de deux cents ans, que j’ai été jeune ou vieux, que je sois humain ou dieu… »

« Tu as toujours pensé à elle. »

« Oui. Je suis désolé. »

L’arène de Ryoran était à leur portée. Il devait y avoir encore une dizaine de minutes à marcher avant d’y arriver mais elle s’arrêta au milieu de la route. Il n’y avait plus de traces d’être humain mais là n’était pas le problème. Elle posa ses deux mains derrière son dos, levant la tête en direction du ciel. Sa mèche de cheveux rouges cachait son œil gauche et il n’arrivait pas à savoir à quoi elle pensait.

« Je suis d’un naturel très jaloux. Que ça soit Juperus, Serena ou Riza, je les déteste toutes. Elles sont capables d’avoir une partie de ton amour, une partie qui n’est pas à moi. Et là, tu m’annonces avant qu’on aille la rencontrer que tu l’aimes tout autant que moi… voir plus ? Comment suis-je sensée réagir, Ryusuke ? Comment ? »

Il y avait de l’eau dans le gaz mais il était certain qu’elle savait ses sentiments pour Riza depuis le début. Non… Il aimait énormément Clemona, en fait, il l’aimait tout court. Il avait passé des merveilleuses années avec elle et il voulait toujours en passer mais… Il ne savait pas pourquoi… Il n’arrivait pas à oublier Riza.

« Si tu veux… Tu peux me battre et me frapper de toutes tes forces. Je me laisserais faire comme tu le désires. »

« Est-ce que le fait de revoir Riza t’éloignera de moi ? Est-ce que tu m’abandonneras ? Ou alors… Tu peux me promettre… »

« Je te promet que je ne cesserais de t’aimer. Mais Riza, comparé à moi… et à toi… »

« Oui… Je le sais bien, je le sais trop bien. »

Elle poussa un profond soupir avant de se mettre à sangloter légèrement : Comment pouvait-elle en vouloir à cette femme qui avait toujours TOUT fait pour eux ? Riza aussi le méritait. Elle le savait trop bien… Si elle aussi aimait Ryusuke, elle pouvait bien… prêter un peu son homme. L’homme aux cheveux bruns s’approcha de Clemona, la serrant dans ses bras avec une tendresse non-dissimulée.

« Est-ce que tu accepteras ça ? Ce que je vais te demander ? »

« Si tu me promets de rester avec moi au final, j’accepterais ce que tu veux. »

« Quand je retrouverais Riza… J’aimerais passer du temps avec elle… mais uniquement avec elle. Du genre cinq à dix ans… J’ai tellement de choses à lui dire. »

« Et à lui faire ? »

Il toussota légèrement, gêné par les propos de sa femme. Elle n’avait pas sa langue dans la poche mais elle marquait un point là-dessus. Il y avait de fortes chances que lui et Riza pendant ces quelques années…Clemona déposa un petit baiser sur ses lèvres avant de reprendre la parole :

« Rappelle toi que je suis une ancienne Gardevoir, qu’en tan que telle, je resterais toujours fidèle à mon dresseur… ou à mon homme. Tu pourrais me faire les pires saloperies que je ne sais pas si je serais capable de te tuer. Si c’était le cas, il y aurait de fortes chances que je me suicide juste après. Je t’aime vraiment Ryusuke et je sais que tu ne seras jamais vraiment heureux sans Riza. Cette femme est une partie de ta vie et une partie de la mienne. Elle m’a permis d’être aimée par la seule personne qui a une importance à mes yeux. Il serait vraiment bas et mesquin de lui refuser d’être enfin aimée par la personne qu’elle a toujours désirée. Je suis sûre qu’elle sera très heureuse de te revoir. »

« J’en suis sûr aussi. »

« Je t’aime, Ryusuke. Je t’aime tant. »

« Moi aussi… »

Ils restèrent ainsi pendant deux minutes. Il était temps de se remettre en route en direction de l’arène de Ryoran mais ils avaient mis leurs paroles au clair. Maintenant, chacun savait ce que l’autre allait devenir dans quelques temps. Il ne restait plus qu’à retrouver Riza et à lui dire que tout était enfin terminée, que maintenant, ils allaient pouvoir vivre ensembles.
Une quinzaine de minutes s’écoulèrent et Ryusuke arrêta subitement Clemona pour lui dire de ne plus bouger. Il entendait du bruit… et ce n’était pas des petits. Il y avait un combat non-loin d’ici ! Est-ce qu’ils étaient arrivés trop tard ?! Ca ne pouvait pas être un combat normal, il en était sûr !

« DornRek est déjà là ! Il faut qu’on y aille maintenant ! »

« Ryusuke… Il faut que l’on fasse attention. Nous n’avons pas… qui tu sais. »

« Tu étais une ancienne Pokémon, tes pouvoirs sont donc bien plus forts en tant que Déesse Supérieure des Pokémons. Quand à moi, j’ai quelques techniques secrètes. »

« Le fameux Dieu des Serpents, n’est-ce pas ? »

« Héhéhé… Snakiante n’a pas dit son dernier mot. Et puis… L’autre aussi. »

« Rappelle toi que nous sommes là simplement pour arrêter le combat, pas pour faire du zèle ! »

« Je le sais bien. Ce n’est pas mon genre. »

Ils hochèrent la tête avant de se mettre à courir à toute allure à l’intérieur de l’arène de Ryoran. Ils devaient arrêter le combat dès maintenant ! Maintenant qu’Eleanor était devenue une déesse, qu’Elis était morte, il n’avait plus vraiment de pokémons à lui. Néanmoins, il avait toujours cette petite particularité qu’il avait demandée à Juperus… Cette particularité que nul ne connaissait à part sa femme et ses enfants.

« Purée ! Mais ils sont combien ?! »

« Tyrania, arrête de parler et concentre toi ! »

« Je voudrais bien mais tu crois que c’est facile ?! »

« Pourriez vous arrêter de vous disputer tous les deux, s’il vous plaît ? »

Shymi venait de leur adresser la parole alors qu’ils formaient un cercle autour de Parapapa, Valésia, Luna et Shala. Ils n’étaient pas prêts à se laisser battre mais déjà la fatigue les envahissait. Cela devait faire combien de temps qu’ils étaient en train de se battre ? Presque une demie-heure non ? Riza observait les Evolis humains qui continuaient inlassablement à réduire le diamètre du cercle des combattants.

« Laissez vous faire… Vous verrez que la mort n’est pas si affreuse après tout ça… C’est ce qui se passe ensuite qui est horrible. »

« Je suis désolé de te dire que je ne peux pas accepter ça ! »

« Comme tu veux. »

Wah… Heureusement qu’il savait utiliser les pouvoirs de ses quatre Reines maintenant car sinon, niveau inutilité, il aurait fait fort, très fort ! Il balança une boule de feu dans la tête d’un des humains aux cheveux bruns qui s’avançait vers lui, collant son dos contre celui de Tyrania. Celle-ci avait exactement accompli le même geste que lui et il rigola très faiblement :

« Alors ça fait quoi ? De pouvoir envoyer des flammes ? »

« Je dirais que c’est assez spéciale comme sensation. »

« Héhéhé… Je trouve que c’est bien mieux quand tu es capable de te battre aussi. Les combats deviennent bien plus intéressants. Baisse toi ! »

Il fit ce qu’elle lui demandait, ouvrant la bouche avant de laisser s’échapper un puissant souffle de feu qui calcina cinq humains derrière Xano. Celui-ci avait fait apparaître l’une de ses griffes, la plantant dans le ventre du premier humain devant lui. Il donna un violent coup de pied pour repousser le cadavre, celui-ci faisant tomber quelques humains avant qu’il ne se remette dos à dos contre Tyrania.

« Merci bien pour ton aide. »

« Xano… Je resterais avec toi contre le Joker Noir mais après tout ça, est-ce que tu voudras vivre avec moi ? »

Hu ?! Nelya tourna son visage vers Tyrania, perdant sa légère concentration en se demandant si elle avait bien entendu. Les autres personnes semblaient surprises mais restaient toujours dans le combat. Les envoyés célestes n’avaient aucun problème pour se battre. Shymi et Drimali étaient côte à côte, l’une ayant faite apparaître sa queue de Draco en utilisant différents pouvoirs élémentaires pour éloigner les Evolis alors que Shymi… crachait des graines ? Même si elles ne semblaient pas partir à grande vitesse, des marques apparaissaient sur les Evolis humains, les faisant reculer.

« Hein ? Mais pourquoi cette question ? Surtout maintenant ?! Je t’ai pourtant dit que la prophétie était tout ce qui m’intéressait ! »

« Oui mais après… Tu feras quoi ? Tu as une idée… ou non ? »

« Ce n’est pas l’heure de me parler de ça ! »

« Xano…Tu peux me regarder ? »

« Oui qu’est-ce qu’il… »

Elle s’approcha de lui, mettant son visage à sa hauteur en tendant ses lèvres. Il ouvrait en grand ses yeux, rouge de gêne alors qu’il reculait son visage pour éviter de l’embrasser. Qu’est-ce qui lui prenait de faire ça maintenant ?! Il embrassa rapidement son front pour ne pas la brusquer avant de lui dire :

« Pas maintenant ! Pas maintenant du tout ! C’est pas le moment ! Pas le moment du tout ! Pas du tout du tout du tout ! »

« Oui… C’est vrai… Juste que je voulais te donner envie de vivre avec moi. »

« Mais qu’est-ce qui te prends d’être comme ça ?! »

Elle n’osait pas lui dire qu’elle avait sérieusement peur cette fois. Une peur bien réelle de le perdre et de mourir sans avoir put l’embrasser ne serait-ce qu’une seule fois. Le jeune homme était décontenancé, tremblant mais semblait avoir un regain d’énergie. Il poussa un puissant cri avant de faire apparaître une seconde griffe, enflammant subitement son corps avant de courir en percutant plusieurs Evolis. Il se jeta au beau milieu d’entre eux, lacérant les uns, explosant les têtes des autres tout en crachant des flammes.

« Xano ! Qu’est-ce que tu fais ?! »

« RAH ! Laisse moi ! T’ES TROP CONNE ! J’ai tout fait pour éviter de laisser mes sentiments prendre le dessus mais à cause de toi, je n’arrive même pas à me concentrer correctement ! Je vais tous les buter ! TOUS ! Ensuite, je m’occuperais de toi, Riza ! Je m’occuperais de toi et de Malar ! Ensuite, je vivrais avec mes Reines et j’éliminerais quiconque viendra encore me faire chier ! »

Il perdait son calme et une quinzaine d’Evolis humains se jetèrent sur lui sous les cris de Tyrania qui avait enflammé ses neuf queues de renarde. Qu’ils ne tentent pas de s’approcher de lui ou ça allait mal finir ! Elle se jeta dans la bataille, venant mordre l’un des Evolis, brûlant les autres pour extirper le jeune homme des décombres humains sur lui.

« Une belle brochette d’imbéciles. »

« Qui se ressemblent s’assemblent. »

Shymi et Malasa avaient fait leurs remarques comme un simple constat. Ils étaient pareils au final : Xano et Tyrania, ils avaient le même caractère. Il était si difficile pour eux d’exprimer leurs véritables sentiments, de jouer un rôle qui peut-être ne leur convenait pas. Non, vraiment… Ils n’étaient pas doués pour ça.

« Xano ! Tu me réponds ?! T’es encore là ?! Prend ma main ! »

« DEGAGEZ TOUS DE LA ! »

Il balança des boules de feu dans tous les sens, l’une d’entre elles venant frapper le visage de Tyrania qui ne fut pas affectée par le coup. Elle poussa un grognement avant de faire de même, une véritable pluie de feu s’abattant autour d’eux. Certaines se dirigeaient même vers Riza, l’un des deux hommes se positionnant sur elle avant de faire un petit geste de la main, arrêtant les flammes avec facilité.

« Je ne crois pas que les Evolis seront suffisants pour les arrêter. »

« Il va falloir que l’on y aille nous-même maîtresse. »

« Je le sais bien… mais faites attention. Même si… Vous êtes comme moi, vous n’en restez pas moins capable de tout perdre. »

« Vous n’avez pas à vous en faire pour nous. »

Néanmoins, le combat n’était pas terminé mais pour combien de temps ? Les humains tombaient les uns après les autres, Xano et Tyrania semblant plongés dans une folie dévastatrice mais pourtant raisonnée. Ils envoyaient des flammes dans tous les sens sans pour autant toucher un seul de leurs adversaires. Même si les envoyés célestes n’avaient pas besoin d’aide, ils étaient contents de recevoir un peu d’aide.

« Accroche toi ! »

Tyrania fit tournoyer Xano au-dessus du sol avant de le projeter vers un groupe d’Evolis. Le jeune homme avait ses griffes à la place de ses mains, des petites ailes de coton sortant de son dos. Il tournait sur lui-même à la façon d’une foreuse, découpant en plusieurs parties les nombreux Evolis. Une dizaine de minutes s’écoula et nombreux étaient les cadavres des Evolis sur le sol. Il ne restait plus aucun qui était encore envie mais du côté du groupe de Xano, ce n’était guère mieux. Les envoyés célestes étaient épuisés, les deux déesses semblant elles aussi assez fatiguées. Nelya quand à elle avait quelques gouttes de transpiration sur le front mais le pire était du côté de Tyrania et Xano. Les deux étaient écroulés sur le sol, respirant bruyamment et en sueur, ils se regardaient avec un petit sourire qui en disait long sur eux deux. Ils se prirent la main, chacun s’aidant de l’autre pour se relever.

« Aujourd’hui, nous fêtons l’arrivée de la nouvelle maîtresse pokémon de ce monde avec un bal masqué ! Je vous demanderais de ne pas retirer vos masques pour garder ce petit jeu et en avant la musique ! Maestro Ryusuke, si vous le voulez bien ? »

Pourquoi… Pourquoi était-elle venue à cette fête ridicule en son honneur ? Elle avait finalement combattu tous les maîtres de ce monde, gagnée tous les combats qui existaient en ce lieu et elle avait accepté ce bal… Mais pourquoi elle y participait ?! Car c’était pour elle ?! Elle portait une magnifique robe émeraude qui camouflait sa poitrine fort généreuse alors qu’elle portait ses cheveux blonds en chignon pour ne pas être reconnu. Sur son visage se trouvait un masque avec un sourire triste peint dessus alors qu’elle était à l’écart des nombreux couples.

« Puis-je vous inviter à danser, mademoiselle ? »

Un homme d’une trentaine d’années s’était approché d’elle, un sourire aux lèvres. Elle fit une petite mine confuse alors que ses yeux bleus se posaient sur lui :

« Je m’excuse mais j’ai un léger mal de crâne. Peut-être une autre fois ? »

L’homme s’inclina respectueusement. Visiblement, ce n’était pas le refus de Riza qui l’avait légèrement perturbé mais le fait que la jeune femme avait des yeux bleus… et non rouges. Heureusement pour elle, elle avait mis des lentilles pour cacher la coloration de ses yeux. Elle était quand même très intelligente, il ne fallait pas l’oublier.

« Pourquoi est-il là ? »

Elle parlait de l’homme qui se tenait sur l’estrade, accompagné par son orchestre. Ryusuke en train de jouer du violon… Ce violon bleu azur et unique en ce monde. Il savait si bien en jouer, sa musique avait une connotation divine et elle se laissait emporter, s’imaginant retirer son masque et courir vers lui en criant son nom. Pourquoi était-il venu ?! Elle n’avait jamais répondu à ses lettres, jamais… Alors pourquoi…

« Mademoiselle ? »

« Désolée, je dois aller prendre un peu l’air. »

Encore un nouveau refus. Il valait mieux pour elle qu’elle s’éloigne d’ici. Elle n’arrivait plus à respirer dans cet endroit. Elle s’installa sur un balcon, fermant les fenêtres derrière elle pour ne pas être dérangée. De toute façon, le bal venait à peine de commencer, ce n’était pas l’heure où les couples se dirigeaient sur les balcons pour se courtiser ou s’embrasser. Un couple… Elle aurait tant aimé être en couple avec Ryusuke.

Elle ferma les yeux, s’imaginant à nouveau ce que aurait été sa vie avec Ryusuke si il n’avait jamais quitté la Team Univers. Une vie follement active et parsemée d’aventures en tout genres. Vivre comme des hors-la-loi mais ensembles, ils auraient formé un duo remarquable et sensationnel. Clemona n’aurait été qu’une simple Pokémon à son service, un peu comme Tonar et Anolk.

Hum… Ryusuke… Si près et pourtant si distant. C’était de sa faute… de sa faute à elle. Elle pourrait accepter de revivre avec lui, rien ne l’en empêchait mais si elle avait évité de le voir et de lui parler pendant trois années, c’était pour éviter de retomber dans ses bras… Voir ses yeux émeraude posés sur elle, sur son corps… L’embrasser et l’aimer…

Elle fut soudainement ramenée à la réalité par quelques coups dans les fenêtres. Un homme lui demandait d’ouvrir les fenêtres tout en lui indiquant l’heure : Déjà deux heures s’étaient écoulées ?! Elle avait tant passé de temps à s’imaginer ce qu’aurait été sa vie avec Ryusuke ? L’homme portait un masque blanc comme elle mais avec un sourire joyeux gravé au niveau des lèvres. Sa chevelure était cachée par un couvre-chef noir et dès le moment où elle ouvrit les fenêtres, sa main fut happée par celle de l’homme qui la traînait sur la piste de danse.

« Non mais je ne veux pas… »

Il posa un doigt sur le masque blanc pour lui dire de se taire et elle pensait déjà à se retirer mais l’homme dansait vraiment bien… très bien. Elle se laissa finalement emportée par l’homme, celui-ci menant la danse divinement alors que certains couples s’arrêtaient pour les observer. Elle était vraiment gênée de se laisser faire mais bizarrement, elle n’arrivait pas à s’empêcher de danser avec cet homme. C’était si… bon. Elle se sentait en sécurité. Elle se demandait si Ryusuke était en train de la regarder, si il la voyait danser avec un autre. Un message pour lui dire de l’oublier, de ne plus penser à elle.

Une heure s’écoula, une heure qu’elle n’avait pas vu défiler. Cette soirée n’était pas si mal au final… L’homme s’arrêta de danser alors que l’orchestre avait terminé de jouer. Elle tourna son regard vers l’orchestre. Où était-il ?! Où était Ryusuke ?! Il n’était plus là ! Depuis quand était-il parti ?! La main de l’homme l’emporta vers l’un des balcons libres, les couples étaient maintenant sur d’autres.

« Mais qu’est-ce que vous faites ?! »

L’homme lui retira son masque avant de relever le sien. Elle n’avait pas le temps d’exprimer sa surprise que les lèvres de Ryusuke étaient posées sur les siennes. Comment… Comment avait-il fait pour la reconnaître ? Elle s’était pourtant camouflée parfaitement ! PARFAITEMENT ! Alors où était l’erreur ? Elle devait se refuser, ne pas le laisser continuer ! Mais elle… Elle allait abandonner la bataille.

« HUMPF… HUMPF ! »

Il mettait toute l’ardeur qu’il ressentait pour elle dans ce baiser et elle était déjà en train de vaciller. Elle se rattrapa au dernier moment, retirant ses lèvres en repoussant Ryusuke avant de lui crier :

« NON ! NON ET NON ! Ryusuke ! Comprend ça ! On ne peut rien ! RIEN ENTRE NOUS ! Tu ne peux pas faire ce genre de choses ! TU NE PEUX PAS ! Oublie moi ! Je t’ai demandé de m’oublier ! Ne recommence plus jamais ça ! »

Il s’apprêtait à la reprendre dans ses bras mais Anolk fit son apparition derrière Riza, le monstre préhistorique agrippant la jeune femme au chignon blond. Celle-ci sanglotait en s’éloignant de lui. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre… qu’ils ne pouvaient pas ? Elle devait trouver un moyen… de ne plus penser à lui, de l’abandonner.

Chapitre 82 : Première phase

Chapitre 82 : Première phase

« Nous devrions nous dépêcher de la retrouver. Je suis si… »

« Emu ? Excité ? Ne lui bondit pas dessus. Je te rappelle que d’après ce qu’on sait, elle est notre ennemie. »

« J’irais lui parler et tout rentrera dans l’ordre. Tu imagines ? Presque deux cent ans que je ne l’ai pas revu ! »

L’homme aux cheveux bruns n’arrivait pas à contrôler ses sentiments en ce moment. Il portait une longue cape rouge et serrait dans sa main, des fleurs aux différentes couleurs et formes. Il se tournait vers la femme à la poitrine forte généreuse, une rose posée sur son décolleté :

« Quelle fleur je dois lui donner ? Une Alcée rose ? Une Carnélia rouge ? »

« Ryusuke… Dois-je te rappeler qui est ta femme ? »

Clemona lui tira légèrement l’oreille, l’homme poussant un petit gémissement de douleur alors qu’elle souriait avec tendresse. Même si il ne connaissait pas la signification de toutes les fleurs, il avait passé toutes ces années à s’entraîner pour ce moment.

« Je ne sais pas. Je peux avoir un indice ? »

Elle se pencha vers lui, allant l’embrasser avec tendresse en unissant leurs lèvres. Il déposa les fleurs dans sa poche, passant ses mains dans le dos de la femme en la serrant contre lui. Ils s’aimaient toujours autant malgré le fait qu’il était le père d’une enfant avec Juperus. Les personnes passaient à côté d’eux comme si ils ne les voyaient pas et il eut un petit sourire carnassier et pervers :

« Dis moi… Tu n’as jamais voulu le faire en public ? »

« Hein ? Allons, Ryusuke ! Ce n’est pas le moment de penser à ça ! »

« Ils nous ne remarqueront pas. Qu’en penses-tu ? »

« Je dis non. »

Il passa une main sur la poitrine généreuse de Clemona, la malaxant très légèrement. Elle lui retira sa main grâce à ses pouvoirs psychiques avant de lui donner une petite claque sur la joue en s’exclamant d’un air faussement colérique :

« Vilain garçon ! »

« Toujours, mademoiselle. Je ne sais pas très bien me comporter avec les femmes. »

« Et bien… »

Elle enlaça l’homme avec tendresse. Elle l’aimait tellement et ils se comportaient comme des nouveaux amoureux. Depuis qu’ils étaient devenus des Dieux, ils avaient repris leurs jeunesses et ils en profitaient pleinement pour ce genre de petits jeux entre eux.

« Je devrais vous garder pour une leçon du soir, jeune homme. Pensez vous être là à l’heure ? »

« Avec une maîtresse aussi charmante que vous ? Toujours ! »

Ils s’embrassèrent à nouveau, arrêtant leurs étreintes. Il était temps de se remettre en route vers l’origine de cette force maléfique. De Dieux, ils en avaient que de noms. Néanmoins, les deux personnes remerciaient intérieurement Juperus pour ce qu’elle avait fait pour eux. Faire revenir à la vie Clemona, leur permettre de rester ensemble même après la mort… Et oui, rien n’aurait put empêcher Juperus de déifier seulement Ryusuke et non Clemona. Ils marchaient, main dans la main comme le couple qu’ils étaient vers l’arène de Ryoran, cette magnifique arène où ils s’étaient souvent rendus pendant plusieurs décennies pour voir les combats de Riza.

« Elle… a toujours été quelqu’un de merveilleux. »

« De qui parles-tu ? »

« Riza… Je veux dire… Elle a toujours tout fait pour permettre notre amour, même quand tu étais une pokémon. Je crois qu’elle est bien l’unique femme capable de comprendre les sentiments d’autrui… mais est-ce que tu crois que je serais capable de comprendre les siens ? »

« Ryusuke… Mon ange. Arrête de te torturer l’esprit avec ça. Riza n’a pas changé après deux cent ans. Elle n’a pas changé, fixe toi sur cette idée. Qu’importe ce qu’elle est devenue, il y aura toujours une part d’elle… qui sera à toi. »

« Tu ne peux pas savoir… comme… comme je suis heureux de la retrouver. »

« Je le sais bien. Je le sais très bien, Ryusuke. Il y a une part de toi qui restera toujours pour elle et ça… Je ne pourrais jamais la retirer et je l’accepte volontiers. Si je n’aimais pas Riza personnellement, j’aurais tout fait pour briser cette relation. »

« Pourtant, tu as du mal à accepter celle que j’ai avec Juperus. »

« Mais elle… C’est différent. Je ne l’aime pas mais je la supporte. Je pense que l’on n’a pas assez passé de temps avec elle… C’est bizarre mais il m’a fallut simplement une année pour apprécier Riza alors que même en un siècle, je n’arrive pas à aimer Juperus. »

« C’est de notre faute aussi. Nous n’avons pas été très présent… que ça soit pour Juperus… ou pour nos filles. »

Il s’arrêta au milieu de la route, un passant le traversant comme si il n’était qu’un spectre alors qu’il avait quelques larmes aux yeux. Il retira ses lunettes qu’il gardait bien qu’il n’avait jamais eut réellement de problèmes de vue. Il avait quelques larmes aux yeux et murmura avec un trémolo dans la voix :

« Mais tout ça… Tout ça va être terminé. Riza va nous rejoindre et j’aurais les cinq femmes de ma vie. Même si… J’aimerais retrouver ce Joker Noir et lui faire recracher l’âme d’Elis ! »

« Ne t’emporte pas s’il te plaît. Ce n’est pas de ta faute, et ce n’est pas la faute de DornRek. »

« Je le sais bien ! J’aurais simplement dut mettre un ou deux gardes avec elle et rien de ça ne serait arrivé. Ma petite Isalia… »

Il se mordit le pouce, maintenant confus par ses réflexions. Isalia… Sa Milobellus qu’il avait tant aimé… comme le reste de ses pokémons. Les gens s’étaient trompés… Ils s’étaient TOUS trompés depuis le début ! Bien entendu, il était devenu un célèbre musicien et il avait montré qu’il était compétent aux combats avec ses pokémons ressemblant à des serpents… Ces formes allongées qui venaient l’enlacer avec tendresse et affection, pour n’importe qui d’autre, se faire ligoter de cette façon pouvait paraître un peu brutal… Mais ils ne savaient rien, rien du tout. Ils ne connaissaient pas le véritable Lui.

« Ce n’est pas en se morfondant qu’on avancera. Viens donc Ryusuke. »

Elle posa sa main sur la hanche de son mari, l’emmenant vers l’arène de Ryoran. Ils n’avaient pas encore trouvé Xano et les autres et c’était normal : Ils n’avaient pas pris le même chemin qu’eux. Maintenant, qui allait arriver avant les autres ? Nul ne le savait… à part Riza. Celle-ci était assise sur un trône de pierre, les deux êtres encapuchonnés à côté d’elle.

« Ils en mettent du temps. Vous pensez qu’ils se sont perdus ? »

« Je ne sais pas, maîtresse. Voulez-vous que j’aille les chercher ? Que je les guide ? »

« Non… Laisse les venir. Ils seront bientôt parmi nous. Que dois-je faire ? Les laisser mourir de vos mains… ou des miennes ? »

« Ne salissez pas vos délicates mains, maîtresse. »

« Je ne suis pas faite de porcelaine ! »

La vieille femme se releva de son traîne : Mais qu’est-ce qu’ils faisaient ?! Ils n’étaient donc pas capables de se rendre dans l’arène de Ryoran ? C’était si difficile pour eux ?! De plus, elle avait une impression qu’elle n’appréciait pas… Une impression qu’elle détestait même… Comme si quelque chose… se rapprochait d’elle, quelque chose qu’elle avait tant cherché depuis des décennies.

« Vous allez bien, maîtresse ? Vous semblez pâle. »

« Je vais très bien. »

« Vous devriez préparer les monstres pour les attendre. A nous deux, je ne pense pas que nous serions capable de les battre… Ils seraient trop nombreux. »

« J’ai déjà tout prévu, Anolk. Tu n’as pas à t’en faire. »

Enfin, ils étaient arrivés dans l’arène et le groupe pénétra à l’intérieur. Le décor avait bien changé depuis le temps… Des statues représentant des Pteras et des Carchacrok, des flammes dorées, l’ambiance était très lugubre mais ils ne reculaient pas. Il était temps de mettre un terme à toute cette histoire avec le Valet de la Rancœur… ou plutôt Riza Ira. Ils arrivèrent au centre de l’arène, la voix de la vieille femme se faisant entendre :

« Bien… Il était temps. Cela fait bien une demie-heure que je vous attends. »

« Désolé, on s’est un peu perdus en route. Ca a changé depuis. Vous avez refait la décoration, madame Ira ? »

« En quelque sorte… Tu aimes bien ce style ? »

« Un peu plus effrayant que l’autre mais ça se laisse regarder. »

Riza et Xano se parlaient comme des vieux camarades alors que nul autre n’osait ouvrir la bouche. Visiblement, soient ils se moquaient l’un de l’autre, soient ils ne pensaient pas commencer le combat tout de suite.

« Je serais simple : Pourquoi avoir rejoint le Joker Noir ? »

« Tu as tes raisons, j’ai les miennes. Je suis le Valet de la Rancœur dorénavant. »

« Mais cela n’explique pas pourquoi ! Tu aimais tant Ryusuke ! Je le sais bien, tu n’arrêtais pas de penser à lui ! Mon clone et moi, nous n’étions qu’une seule personne ! Ce qu’il voyait, je le voyais ! Alors pourquoi avoir choisi d’être son ennemie ?! »

« Ryusuke… C’est vrai. Je te rappelle que tu es celui qui a tenté de le tuer. »

« Ce n’était qu’un test ! Un simple test ! »

« UN TEST ?! Tu jouais donc avec mes sentiments depuis le début ?! Tu prévoyais tout ça dans l’avenir ?! Quelle personne es-tu pour t’immiscer dans le cœur des autres ?! »

« Elle marque un point, là. »

« Tyrania, la ferme. »

Pfff… Le dialogue commençait très mal. Il avait peut-être fait une bêtise mais il pouvait se rattraper. Si Tyrania l’ouvrait, la discussion allait vite s’envenimer et ce n’était pas pour lui faire plaisir. Il poussa un léger soupir, passant une main dans ses cheveux blancs avant de reprendre d’une voix lente :

« Je n’ai jamais essayé de jouer avec tes sentiments, Riza. Mais soyons clairs, tu dois aussi bien savoir que moi que Ryusuke est toujours à ta recherche. Ne fais pas de bêtises et viens avec nous, il sera si heureux de te revoir. »

« Et si… Je refuse ? »

« Je serais obligé de te combattre et j’avoue que je n’aimerais pas ça. »

« Tu aurais donc peur de moi ? »

La vieille femme poussa un léger rire tout en toussotant. Les deux ombres à ses côtés n’avaient pas bougé d’un poil. Xano, quand à lui ne savait pas quoi faire. Plus il avançait, plus elle reculait. Il voulait tout faire pour éviter un combat stupide !

« Je n’ai pas peur de toi… Je veux simplement que vous soyez heureux, toi et Ryusuke. Je n’ai pas le droit ? »

« Depuis quand tu penses aux autres et à leurs sentiments ? Tu es le responsable de mon départ et de mon abandon amoureux ! J’ai tout abandonné au sujet de Ryusuke ! J’ai couché avec un homme que je n’aimais pas ! Un homme qui ne pensait qu’à son argent et à sa célébrité ! Et toi… Tu oses dire maintenant que tu te soucies de moi ?! Qu’est-ce qui te permet de dire de telles choses ?! »

« J’ai simplement… découvert certains sentiments. »

Il détournait le regard pour ne pas voir le visage étonné de Tyrania. Il rougissait légèrement, signe que son caractère n’avait pas changé… simplement qu’il jouait un autre rôle. Il s’était fixé ses propres règles pour ne pas entraver la suite de la mission. Riza Ira poussa un petit ricanement de dépit, reprenant la parole dans un murmure :

« Toi ? Découvrir des sentiments ? Est-ce une blague ? Le fait que tu sois un humain t’aurait permis donc de découvrir l’amour et toutes ces choses ? »

« Ne dit pas ça comme ça ! »

« C’est gênant ? Tu n’es pas capable d’assumer ton amour ? Moi, c’est ce que j’ai fais pendant des années, des décennies… DEUX SIECLES ! J’ai tout fait pour lui mais assez parler, tu te moques de moi en faisant perdurer la discussion. Il est temps de faire appel à ma petite armée personnelle. »

Elle claqua des doigts, l’ouverture de l’arène en face de Xano se levant peu à peu … pour faire apparaître quelques hommes aux cheveux bruns ? Ils avaient une sorte d’écharpe blanche autour du cou et une longue queue brune.

« Une armée basée sur l’un de mes plus fidèles compagnons lorsque j’étais une simple humaine… Voilà donc mes Evolis… Remercie donc mon Taiso de l’Electricité pour ça. »

« Tu es descendue bien bas depuis que tu es devenue une sbire du Joker Noir. »

« Moi je suis comme ça ?! NE TE FOUS PAS DE MOI ! Tout est de ta faute ! »

Une nouvelle fois, elle claqua des doigts, les nombreux hommes aux cheveux bruns entourant maintenant le groupe d’une dizaine de personnes environ. Déjà, Xano et ses compagnons s’étaient mis en cercle autour de Parapapa et Valésia. Il ne fallait pas oublier qu’ils avaient Luna et Shala sur leurs dos et qu’avec elles, ils ne pouvaient pas se défendre.

« Bon les filles ! Ils ne doivent pas être très puissants mais ils sont bien plus nombreux que nous donc faites attention ! »

Il fit apparaître une boule de feu au-dessus de sa main droite. Sa main gauche se transforma en une griffe blanche alors que ses yeux devenaient roses. Il allait utiliser le maximum de ses capacités pour se débarrasser de ces semblants d’humains. Et dire qu’il pensait pouvoir la raisonner, il s’était lourdement trompé ! Tyrania et Nelya à ses côtés, elles surveillaient les alentours alors que les envoyés célestes restaient près des deux déesses mineures. Seule Pandora ne savait pas où se placer mais instinctivement, elle se dirigea vers Xano, celui-ci lui murmurant de rester derrière lui. Elle fut surprise de l’entendre dire qu’il allait la protéger… N’avait-il pas inversé les rôles ?

« Grrrr… EVOLI ! EVO ! »

« Lify ! Ne fais pas ça ! »
La petite Evoli bondissait sur une sorte de boule de poils blanches et mesurant un mètre de hauteur. Lify était du genre à toujours défendre sa maîtresse et ses propriétés alors quand le Colossinge avait décidé de s’en prendre à la nourriture de la jeune femme qui mangeait tranquillement, son sang n’avait fait qu’un tour.

« COLO ?! »

Aie… Le Colossinge venait de s’emporter et la jeune femme aux longs cheveux blonds bouclés récupéra l’Evoli avant de se mettre à courir pour échapper au singe. Ce n’était pas son genre de combattre inutilement mais à chaque fois, Lify faisait des bêtises.

« Vraiment, Lify… Tu es pénible quand tu t’y mets. »

« Evo ? »

« Tu n’avais pas à te préoccuper de ma nourriture ! On ne va pas déranger un Colossinge ! Ils sont comme ça, on ne peut pas les changer ! »

« Evoli ? Evo evo ! »

« Oui, il m’a pris de la nourriture mais maintenant, il nous poursuit puisque tu l’as attaqué. »

Riza poussa un profond soupir : Comparée à Anolk et Tonar, Lify avait encore bien besoin de faire de l’entraînement pour rester aussi calme que les autres. Vraiment… Elle était partie depuis une année et demie et déjà, de nombreux oiseaux avaient tenté de lui confier des lettres… Des lettres écrites de la main de Ryusuke !

Finalement, après une bonne heure de course où elle avait été forcée d’utiliser Anolk pour administrer une correction au Colossinge, elle alla s’asseoir sur une pierre, faisant revenir Lify pour la laisser se reposer dans sa pokéball.

« Roucool ! Roucool ! »

Un petit oiseau aux yeux bruns vint se poser devant elle, une enveloppe autour du cou. Encore une lettre ? Il n’était pas difficile de savoir de qui elle provenait. L’enveloppe était rouge… rouge comme sa tenue qu’elle portait habituellement ou…

« Rouge comme tes yeux. J’adorais les regarder et j’aimerais tant les revoir, Riza. Je sais que je ne peux pas te forcer à revenir mais tu me manques tant. Je te l’ai déjà écrit et je l’écris à nouveau : Je n’ai pas réussi à te contacter pendant plus d’une année car j’avais de sérieux problèmes. A toi de me croire ou non, mais j’ai rencontré Dieu en personne ! Non, je ne blague pas, je veux bien parler de celui qui nous a donné vie.
Tu en veux une bien bonne ? C’est une femme. Dieu est une femme. Elle s’appelle Juperus et veille sur ce monde. Je ne devrais pas le dire avec une lettre mais… Disons que j’ai eut une petite aventure avec elle. Mais qu’est-ce que je raconte moi ? Oh et puis zut, si j’ai commencé à écrire ça, je n’ai pas à craindre des représailles.
J’assume parfaitement mes sentiments à l’égard de Juperus et de Clemona comme j’assume ceux que je… Ah… Là, j’ai un peu de mal à l’écrire. Ca va paraître stupide de l’écrire comme ça mais… Je crois que je t’aime encore plus que Clemona. Ne va pas lui répéter hein ? Je l’aime aussi énormément, j’étais prêt à perdre ma vie pour elle mais pour toi, j’aurais perdu mon âme et mon corps. Je sais que je ne suis pas doué pour écrire des lettres romantiques ou à l’eau de rose. Je sais que je ne devrais pas me comporter comme ça alors que je suis avec Clemona… Je sais que… Tu ne me répondras pas… Encore une fois mais je continuerais, je continuerais à t’écrire jusqu’à ce que tu me répondes. Tu entendras parler de moi, que ça soit dans les journaux, à la télévision ou à la radio, je ne cesserais de parler de toi ! Reviens… S’il te plaît. Tu me manques… Je m’excuse de m’être comporté comme un imbécile.
Ryusuke. »

Normalement… Avec une telle lettre, n’importe quelle femme serait revenue vers lui mais elle ne pouvait pas. Elle observa le morceau de papier, passant rapidement une main sur ses yeux. Ces derniers allaient se mettre à pleurer mais elle se retenait. Lentement, elle prit la lettre et ouvrit son sac, la rangeant avec les autres. Qu’importe la distance… Les pokémons oiseaux de la Poste arrivaient toujours à la retrouver. Au final… Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’il soit heureux et…

« Tu seras plus heureux avec elle qu’avec moi. Voilà tout. »

Elle se releva, la pause était terminée et elle devait encore s’éloigner un peu plus de lui. Faire que les oiseaux de la Poste ne soient plus capables de la retrouver. Vivre dans une grotte ? Ce n’était pas possible… Mais prendre de la distance, aller à l’autre bout de la terre… aller dans d’autres pays, traverser des frontières auxquelles même la Poste ne pouvait la rejoindre. Elle souffrait… Elle souffrait énormément mais elle avait accepté cette vie.

« Je ne veux plus… te savoir dans cet état… par ma faute. Ryusuke. Je t’aime tant… Vraiment, je t’aime comme je ne pourrais jamais aimer une autre personne mais… Oublie moi, c’est tout ce que je te demande. »

Elle n’arrivait pas à arrêter ses larmes, Tonar faisant son apparition pour frotter sa tête contre la joue de Riza. Il n’aimait pas la savoir triste… Il savait qui était responsable d’une telle chose… mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Ce n’était pas de la faute de Ryusuke. C’était simplement sa maîtresse qui se mettait dans cet état.

« Carchacrok. Carcha. »

« Tu voudrais que j’aille le revoir ? Pour tout lui dire ? Je ne peux pas… »

« Carchacrok. Carchacrok chacrok… »

« Je suis une imbécile, je le sais. »

Elle grimpa sur le dos de l’animal à la tête de requin-marteau qui déploya ses ailerons pour s’envoler. Elle devait l’oublier… Tout oublier pour ne plus souffrir.

Chapitre 81 : La Rancoeur

Dernière partie : Mondes parallèles

Chapitre 81 : La Rancoeur

« Ils vont arriver très bientôt. »

« Ils viennent de franchir notre barrière. Maîtresse… Comment vous sentez vous ? »

« L’heure n’est pas venue aux états d’âme. Ils tomberont les premiers. »

La vieille femme aux longs cheveux gris et au visage usé était assise sur un trône… Sur ses côtés se trouvaient deux personnes encapuchonnées. Ils allaient arriver très bientôt, elle le savait… Elle le sentait.

Pfff… C’était quoi cet endroit ? Il apercevait les humains mais l’inverse n’était pas vrai. Les humains ne semblaient pas le remarquer comme si il se trouvait dans une… autre dimension. Depuis qu’il était passé dans cette sphère, le monde avait changé autour de lui. Les autres personnes l’avaient suivi, chacune préférant se taire après le petit monologue qu’il avait dit il y a de cela quelques minutes. Il s’arrêta subitement tout en prenant la parole :

« On reste tous groupés. Il ne faut SURTOUT pas se séparer, d’accord ? Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? »

« O.. Oui. Le message est bien passé, Joker Blanc. »

Nelya avait prise la parole pour répondre à la place des autres. Elle avait toujours cette voix tremblotante comme si elle n’arrivait pas à croire ce que Xano avait dit. Ce n’était pas possible… et pourtant. Elles restaient toutes éloignées à une dizaine de mètres de lui, même Tyrania. Celle-ci avait le visage décomposé et meurtri, il était facile à voir qu’elle avait grandement souffert des paroles de Xano mais… Elle l’avait mérité. Elle le savait… Drimali s’approcha de Xano pour se mettre à sa hauteur alors qu’ils marchaient dans la ville, traversant les personnes comme si elles n’étaient que de simples fantômes :

« Pourquoi as-tu dit une telle chose ? »

« Car c’est véridique. Si tu viens comme envoyée des autres, tu peux repartir tout aussitôt. Je ne changerais pas mes paroles pour leur faire plaisir. »

« Tu veux donc devenir comme Malar ? Le Joker Blanc n’est pas sensé se comporter comme ça. Ce n’est pas écrit… »

« Ta prophétie est fausse, d’accord ?! Berthra m’a signalé que vous deviez mourir, toi et Shymi. Est-ce que vous semblez mortes en ce moment ?! »

Elle s’était immobilisée, se faisant rattraper par le groupe alors que Xano prenait de la distance entre eux. Il était au courant ? Qu’est-ce qui avait pris à l’une des Atouts Majeurs de révéler la suite de la prophétie ? Berthra passa à côté d’elle mais Drimali posa une main sur elle, lui disant :

« Tu peux m’expliquer ce que tu as fait ? »

« Quoi donc, Valet de la Connaissance ? »

« Tu as signalé la prophétie à Xa… au Joker Blanc. Qu’est-ce qui t’as pris ? C’est à cause de ça qu’il est dans cet état ? »

« Nullement. Je crois que la prophétie n’est pas réelle ou alors fausse… Il semble y avoir bon nombre de choses qui devraient être modifiées. »

« La prophétie est juste ! Ce que tu lui as dit va le chambouler ! »

« Et est-ce que la prophétie parlait d’un changement de comportement de la part du Joker Blanc ou d’un éloignement de ce dernier par rapport à ses Reines ? »

« Non mais… »

« Alors rien du tout. Continuons. »

Visiblement, le statut de déesse mineure des dragons n’équivalait à rien pour les Atouts. Drimali poussa un léger soupir, se disant que ce n’était pas normal. Rien n’était normal et ça ne lui plaisait pas ! C’était au tour de Nelya de s’approcher de Xano, cherchant à communiquer avec lui mais ne sachant pas comment s’y prendre :

« Jo… Joker Blanc ? »

« Qu’est-ce qu’il y a encore ? Et c’est quoi cette appellation Joker Blanc ?! Je m’appelle Xano Likan, merde ! »

Elle baissa son regard : Non… Il avait changé aussi rapidement en quelques minutes. Il n’avait pas menti, il n’avait aucune considération pour les sentiments des autres au final. Elle venait d’avoir une réponse à l’une de ses nombreuses questions. Elle bafouilla :

« Je… Je suis désolée. Je ne voulais pas vous embêter… simplement parler avec vous. Vous semblez… énervé. »

« Je ne suis pas énervé, simplement épuisé par tout ce qui se passe, voilà tout. Tyrania, Shala, Luna, et toi, vous êtes mes quatre Reines. Au lieu de vous entraider, vous ne faites que vous tirer dans les pattes pour savoir qui aura mon amour mais je n’aime aucune d’entre vous ! Maintenant, nous allons pouvoir travailler tous ensembles et oeuvrez contre le Joker Noir. »

« Je ferais de mon mieux pour vous épauler. Est-ce vrai que vous êtes capable d’utiliser mes pouvoirs ? »

« Je ne suis pas capable de faire des choses aussi puissantes que les tiennes mais oui, je peux utiliser tes pouvoirs. C’était même les premiers que j’ai réussi à dominer. Tu étais celle avec qui je me sentais le mieux car tu te comportes comme une adulte responsable. »

« Mer… Merci de ces compliments. Je les accepte volontiers. »

« Marche à côté de moi, ça me calmera les nerfs. »

Elle hocha la tête avec un petit sourire discret : Elle avait l’impression que tout n’était pas perdu au final. Il claqua des doigts en s’arrêtant, intimant à Tyrania de se ramener aussi mais de l’autre côté. Il prétexta que cela valait mieux pour les deux Reines éveillées qu’elles soient toutes les deux à ses côtés plutôt qu’une seule pour éviter une nouvelle dispute. Tyrania resta en arrière et Xano murmura :

« Tyrania… Tu ramènes tes fesses ici, tout de suite ou alors je te traîne par les queues. »

« Essaye toujours si tu l’oses ! Si tu crois que ce que tu m’as dit m’a aff… »

Il ne la laissa même pas terminé sa phrase. Il était possible de voir que sa rapidité et ses capacités physiques s’étaient accrues en même temps que la découverte de ses pouvoirs liés à ses quatre Reines. Sans même avoir un semblant de remord, il tira sur la cinquième queue de Tyrania, celle-ci poussant un hurlement strident alors qu’il disait de continuer à marcher. Elle se laissa faire, croisant ses bras tout en se laissant traîner par Xano. Finalement, il arrêta de tirer sur sa queue alors qu’elle se mettait à ses côtés : Le jeune homme aux longs cheveux blancs avait été si violent avec cet acte. Tirer sur l’une de ses queues… Mais elle n’était pas prête à se laisser marcher sur les pieds et lui demanda en étant à côté de lui :

« Ca t’a amuser de jouer avec nos sentiments ? »

« Pas du tout, néanmoins, ça faisait passer le temps. »

« Tu es un véritable salopard. Est-ce que tu le sais ? »

« Je le sais fort bien. Si tu peux arrêter de l’ouvrir, ça me ferait plaisir. »

« Je l’ouvre si je veux. Si tu as un problème avec ça, fallait pas m’inviter à tes côtés. »

« Alors, dégage et repars en arrière. »

Comme elle était à sa droite, Xano tendit subitement son bras droit, celui-ci venant percuter le visage de Tyrania qui tomba en arrière. Elle se releva en grognant, cherchant à comprendre la raison de son geste en s’écriant :

« Qu’est-ce que tu viens de foutre ?! »

« Je te ramène en arrière. Ne reviens pas près de moi si tu n’es pas capable de te calmer. Le caractère de chienne, c’est celui qui nuit le plus au groupe. Toi, je ne sais pas ton nom. Rapproche toi et viens près de moi. »

Il ne s’était pas retourné mais il n’était pas dur de savoir de qui il parlait. La jeune femme aux cheveux bruns et dorés s’avança sans rien dire avant de marcher aux côtés de Xano. Tyrania voulue l’arrêter et frapper le jeune homme mais celui-ci se retourna à moitié, posant son œil bleu sur elle en fronçant légèrement le sourcil : Qu’elle ne tente même pas un seul geste envers lui sinon… Son visage colérique changea en un masque de surprise : Ce n’était pas Xano. Ce n’était pas lui.

« Je m’appelle Pandora. Je suis l’Atout numéro une. »

« Donc la plus faible d’entre tous. Pourquoi es-tu là ? »

« Car je n’ai nul endroit où aller. Vous avez tué mon ancien propriétaire et je dois accompagner celui qui l’a battu. »

« Tu es donc un objet… Tant mieux. J’en avais besoin d’un. »

La femme aux longs cheveux verts qu’était Shymi semblait surprise par les propos de Xano… En fait, non… Tout le monde était surpris par ses dires : Il ne valait donc pas mieux qu’Onyk ? Comment un jeune homme aussi timide avait-il put changé autant en un seul moment ? Pandora ne semblait pas choquée par les propos de Xano et lui répondit :

« C’est le cas. On peut m’utiliser comme bouclier mais je suis très apeurée par les flammes. Je n’aime pas combattre aussi bien que je sais me battre. Je n’aime pas les oiseaux qui me picorent et… »

« Je ne t’ai pas demandé de me raconter ta vie. »

« … C’est vrai. »

Elle hocha la tête pour dire qu’elle avait bien compris le message du jeune homme et s’apprêtait déjà à reculer pou retourner dans le groupe. Il empoigna son bras avant de reprendre la parole :

« Je ne t’ai pas dit que tu pouvais partir. Tu restes devant avec moi. Un bouclier, ce n’est pas fait pour rester en retrait. »

« DORNREK ! »

Tyrania venait de bondir sur Xano, le plaquant au sol avant de faire sortir ses deux griffes. Le jeune homme avait à peine le temps de réagir mais il ne semblait pas se soucier de savoir qu’elle était sur lui. Il se retourna avec difficultés alors qu’elle était sur lui. Les yeux vairons du jeune homme étaient fixés sur Tyrania avant de dire :

« Je te conseille simplement de te retirer de moi le plus tôt possible. »

« TA GUEULE ! Qu’est-ce que tu fais de retour ?! »

Elle lui donna un violent coup au visage qu’il méritait visiblement. Pandora essaya d’arrêter Tyrania mais le regard haineux qu’elle lui portait avec ses deux griffes sorties lui indiqua d’éviter de faire cette bêtise. Elle repositionna son visage vers Xano avant de dire :

« Répond ou je te liquide ! »

« Tu ne le feras pas. Xano m’a simplement laissé sa place pour ce moment. »

« Il n’aurait jamais fait ça ! »

« Ne dit jamais jamais. Si il a préféré me laisser, tu pourrais peut-être deviner pourquoi ? »

Comment l’aurait-elle su ?! Elle n’était pas devin ! Il posa ses bras sur les deux épaules de Tyrania, la repoussant avec facilité avant de se relever. Les yeux vairons de Xano se posèrent sur elle avant qu’il ne réponde :

« Tu es clairement une imbécile. Je ne suis pas DornRek et il n’est pas Xano. Nous ne sommes qu’une seule personne simplement… Dans certains cas où à cause d’une personne un peu trop… fatigante, je décide de me montrer moins coopératif. Ce que j’ai dit à vos sujets ? Je le pense sincèrement. Si tu n’avais pas été le raisin de ma colère, je n’aurais jamais dit cela ou penser une telle chose. Tu vois ? Les problèmes viennent toujours d’une même personne : Toi. Tu as un sale caractère et qui est invivable. Tu as simplement tenté de me faire croire que c’était à cause de ton passé dramatique que tu étais comme ça mais non… C’est ton véritable caractère et si tu veux, nous serons deux dorénavant. Tu es ma Reine mais tu n’es rien d’autre qu’un simple objet de prophétie. Le jour où j’aurais un besoin masochiste de me faire griffer ou lapider, je t’appellerais mais ce jour ne risque pas d’arriver. Alors maintenant, tu vas simplement te calmer et rester tranquille, je sens que nous nous approchons. »

Comment ne pas s’énerver en voyant une telle personne ?! Elle regardait les autres pour voir leurs réactions mais ils semblaient tous d’accords avec Xano. Ainsi… Il avait une fausse seconde personnalité… à cause d’elle ? Elle était responsable de son changement ? Mais elle n’avait jamais voulu ça ! C’était vrai ! Son caractère était dû à son passé, elle ne mentait pas ! Est-ce qu’elle pouvait changer ? Pour le redevenir comme avant ? Elle se releva tout en s’approchant de Xano, lui prenant ses deux mains en murmurant :

« Y a-t-il… une chance que ce caractère disparaisse ? »

« Si tu ne changes pas, il y a peu de chances. Tu comprends donc maintenant ? »

« Non mais… Je vais essayer … de m’améliorer. »

« Tant mieux. Je garderais ce caractère jusqu’à ce jour. »

« Est-ce que tu pensais vraiment ce que tu nous as dit ? »

« Qui sait… Nul ne peut lire dans le cœur des hommes. »

Il retira ses deux mains, se tournant vers le reste du groupe alors que Tyrania baissait la tête. Elle avait pris un sale coup sur le moment mais elle devait supporter l’annonce de Xano : Encore une fois, elle ne lui causait que du souci… Pourquoi n’était-elle pas capable de lui exprimer correctement son amour ? La jalousie, la haine, le dégoût, c’était les seules choses qu’elle lui montrait. Pourquoi ne pouvait-elle pas se comporter comme une femme amoureuse de l’homme qui se tenait à cause d’elle ?

« Xano, est-ce que je peux… »

« Hum ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Te prendre la main ? »

Elle était peut-être de ce genre… Ce genre de femmes qui nécessitaient qu’on les remettent en place pour pouvoir faire perdurer leurs amours. Il ne répondit pas mais il tendait sa main droite pour qu’elle la prenne et elle eut un petit sourire candide en baissant la tête, venant mettre sa main dans celle de Xano. De l’autre main, il avait récupéré celle de Nelya et un court instant, on pouvait espérer que tout était retourné à la normale. Mais pour combien de temps ?

« Comment dois-je prendre les paroles du Joker Blanc ? »

« Comme un tissu de mensonges. Je ne le vois pas te considérer comme un objet. »

Pandora venait de s’adresser à Berthra, l’unique Atout qui était avec elle. La jeune femme aux yeux émeraude tentait de comprendre ce qui venait de se passer mais elle n’y arrivait pas. Berthra tapota légèrement son crâne pour lui dire de ne pas s’en faire. Une heure s’écoula et ils avaient avancé dans cette ville… qui se vidait de minutes en minutes ? C’était bizarre mais plus ils se dirigeaient vers le centre de la ville, plus les gens disparaissaient autour d’eux.

« L’un d’entre vous a une explication ? »

« Une petite théorie serait que plus on s’enfonce dans cette dimension crée par le Valet de la Rancœur, plus celle-ci s’éloigne du monde réel. Nous serions donc en train d’être dans un endroit ressemblant à Ryoran sans pour autant avoir d’influence dans cette véritable ville. Le Valet de la Rancœur ou plutôt Riza Ira doit considéré cet endroit comme très important. »

« C’est le cas. »

Une petite voix s’était faite entendre derrière eux et ils se retournèrent vivement, prêts à attaquer cette personne. La vieille femme aux longs cheveux gris se tenait là, une canne à la main. Elle était seule et isolée, un petit sourire sur les lèvres. Ses yeux étaient vitreux et gris alors qu’elle reprenait la parole :

« Cet… endroit est très important pour moi. Tu as bien grandi depuis le temps, Xano. »

« Finissons tout de suite cette conversation avant qu’elle ne commence. Êtes vous le Valet de la Rancœur, mademoiselle Riza ? »

Elle ne semblait guère surprise d’entendre ce nom… Ce nom qui avait été le sien il y a plus de deux cents ans. Elle hocha la tête alors que sa canne disparaissait peu à peu. Elle gardait son sourire comme si le fait de voir tout ce groupe contre elle ne semblait pas l’inquiéter :

« Riza Ira… La Grande Maîtresse des Pokémons. C’est bien mon nom. Tu as retrouvé la mémoire, DornRek ? »

« DornRek est enfoui en moi mais oui, on peut dire ça de cette façon. »

« Que tu sois le Joker Blanc et cette histoire de prophétie, je m’en fiche pas mal. La seule chose que je ne pourrais jamais te pardonner est d’avoir brisé mon existence. »

« Je n’ai rien fait pour cela. Rien ne vous empêchait de rester avec Ryusuke après tout ces évènements. La seule fautive dans votre relation est vous. »

« Héhéhé… C’est vrai. Je suis la seule qui méritait ce sort. C’est vrai. Moi… qui ait aimé un homme comme une folle pendant toutes ces décennies… Moi qui ait toujours tout fait pour qu’ils soient heureux en ne me préoccupant jamais de mon amour… J’avais oublié à quel point, j’étais narcissique et à quel point je ne pensais qu’à moi-même. Tu n’y connais rien en amour… Rien du tout. Tu es là pour me tuer n’est-ce pas ? »

« C’est ce que je compte faire. Vous allez vous laisser faire ? »

« Ne dis pas de bêtises de ce genre. »

Elle claqua des doigts, deux personnes recouvertes d’une robe avec capuche brune se posant à côté d’elle. L’un d’entre eux avait une longue paire d’ailes rocheuse et prit Riza dans ses bras.

« Si tu veux me combattre, je t’attendrais simplement dans l’arène de Ryoran. »

« J’y serais le plus tôt possible. »

Les trois personnes disparurent à l’horizon alors qu’il poussait un léger soupir. Vraiment… C’était bien Riza Ira. Et dire que Ryusuke la recherchait depuis tant d’années. Il aurait aimé le prévenir mais il savait que ce n’était pas possible. Tyrania avait retiré sa main et gardait la tête baissée comme si quelque chose la tracassait. Cela n’avait pas échappé à Xano.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Est-ce… que c’est vrai ? Ce qu’elle a dit ? Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Tu n’as donc aucun sentiment amoureux ? »

« Je n’ai rien fait de tout ça. Simplement… A cause de moi, Clemona est morte dans le passé. Ryusuke n’a pas supporté ça et est devenu fou. Riza pensait qu’elle pouvait le soigner en restant près de lui mais ça n’a rien changé. Au final, Ryusuke a affronté Juperus pour se venger de la mort de Clemona et Juperus lui a rendu la vie. »

« Mais… Ryusuke recherche bien Riza depuis des années ? Est-ce qu’il… »

« La nature humaine, je n’arriverais jamais à la comprendre. Je pense que Ryusuke est simplement un homme assez spécial, capable d’aimer trois personnes d’un véritable amour. Une chose dont je ne serais jamais capable. Si Riza arrivait à savoir que Ryusuke la recherche depuis tout ce temps, nous pourrions éviter un combat inutile. »

« Nous devons tout tenter pour la raisonner ! »

Visiblement, Tyrania semblait affectée par les paroles de Riza. Elle serra la main droite de Xano entre les siennes alors que le groupe se remettait en route en direction de l’arène de Ryoran, la plus puissante et la plus forte de tous… si ils étaient en quête d’une reconnaissance grâce aux médaillons ce qui n’était pas le cas. A l’entrée de la ville, deux personnes avaient fait leurs apparitions : L’une portait une longue robe blanche et noire tandis qu’elle avait une frange rouge cachant son œil gauche. Son autre œil était vert alors qu’elle se tournait vers la personne à côté d’elle :

« Nous y sommes… enfin. »

« Cet afflux de pouvoir maléfique… J’espère seulement que ce n’est pas vrai. »

« Tu trembles un peu ? Tu as peur ? »

« L’émotion. »
Il rigola très faiblement en serrant la main de sa femme. Finalement, ils y étaient arrivés. Ses recherches… venaient enfin d’aboutir. Lentement, les deux personnes pénétrèrent dans le dôme violet.

Chapitre 80 : Mensonges

Chapitre 80 : Mensonges

« Ce n’est pas possible… »

« Je t’avais dit de te préparer mentalement à ça. »

« Mais je ne pensais pas maintenant ! PAS MAINTENANT ! »

Pas l’une de ses Reines… Pas celle qui avait été son premier amour et qui l’était toujours car oui… Il aimait toujours Oriane ou plutôt Shala. Il aimait tellement ces quatre Reines mais l’une d’entre elles avait pris son cœur définitivement. Il revenait encore une fois en arrière, il ne pouvait pas se décider, ce n’était pas aussi simple que ça ! Comment choisir l’une d’entre elles alors qu’elles n’hésitaient pas à se sacrifier pour lui ? Il n’avait pas à décider parce que l’une se montrait égoïste par rapport aux autres. Il posa sa tête contre la poitrine d’Oriane, la serrant contre son cœur alors que Berthra murmurait :

« Xano… Nous devons les rejoindre. Elles doivent être déjà parties vers Ryoran. »

« Et abandonner Shala ici ?! JAMAIS ! »

« Ne fais pas l’enfant. Qu’est-ce que tu vas faire ? La porter sur ton dos ? Admet qu’elle est… morte. Je sais que c’est dur mais… »

Il ne lui répondait pas, prenant les paroles de Berthra au pied de la lettre. Il souleva le corps d’Oriane pour le déposer sur son dos, lui passant ses bras autour de son cou alors qui lui disait quelques mots, bien qu’il savait qu’elle ne pouvait pas les entendre :

« Ne t’inquiète pas… Tu n’es pas comme ma mère. Il y a encore une chance de te sauver… mais Malar, je vais me le farcir. Je vais lui faire payer et il va regretter ! »

« Joker Blanc… Non. Xano. Tu viens de commettre une bêtise, tu le sais ? Pourquoi ne la laisserais-tu pas ici ? Ne fais pas l’imbécile. »

« Je t’ai déjà prévenue que je ne l’abandonnerais pas ! C’est l’une de mes Reines et si tu veux tout savoir, c’est elle qui m’a pris ma virginité. Tu crois que je vais rester là, les bras croisés et la laisser seule ? »

« Tu te répètes. Xano… Elle n’est pas morte. »

Elle ne pouvait pas lui mentir, ça ne servait à rien. Voir le jeune homme dans une profonde détresse n’aurait en rien arrangé la situation mais traîner le corps de Shala sur son dos n’était guère mieux. Bref, aucun point n’était meilleur que l’autre et elle s’était résignée à tout lui dire une nouvelle fois. Il avait du mal à porter Shala sur son dos mais s’arrêta, restant immobile en attendant qu’elle reprenne la parole :

« Elle n’est pas morte… simplement… Elle est devenue bien plus faible qu’auparavant. »

« Mais elle est vivante alors je m’en fous de la puissance. »

« Ne dit pas ça… Ca a son importance lors du combat. »

« Moins important que de me dire qu’elle est morte. Mais cette blessure… »

« Elle se soignera de ses blessures mais elle n’est plus une Atout, simplement une Reine… comme les autres. »

« Je l’ai toujours considérée comme l’une de mes Reines donc ça ne changera rien en la situation. »

« C’est une manière de penser… Mais tu devrais la laisser se reposer. »

« Et où est-ce que tu veux que je la pose ?! »

Il s’était retourné vers elle, visiblement énervé de voir que Berthra voulait tout faire pour se débarrasser de Shala. Ce n’était pas ce qu’elle voulait mais c’était une mesure de précaution : Si Xano se faisait attaqué maintenant, il n’aurait aucun moyen de se défendre.

« Je ne l’abandonnerais pas. Maintenant, on y va et arrête de faire cette tête. »
Elle haussa les épaules, préférant se taire pour ne plus le mettre en colère. Une bonne demie-heure passa et personne n’était à l’horizon. Pourtant, ils savaient aussi bien l’un que l’autre qu’ils se dirigeaient vers le bon endroit mais bizarrement, ils n’apercevaient pas Tyrania et les autres. Xano marchait d’un pas lent, ne faisant aucune remarque mais on pouvait voir qu’il n’avait pas l’habitude porter une femme sur son dos. Il était légèrement en sueur mais il ne disait rien : Il n’avait pas à se plaindre. Finalement, un petit groupe se profilait à l’horizon… alors qu’une demie-sphère violette et translucide entourait l’intégralité de la ville de Ryoran. Quelques têtes se tournèrent vers Berthra et Xano mais celui-ci n’en reconnaissaient pas la moitié : Qui étaient ces cinq personnes avec Tyrania et les autres ?

« XANO ! XANO ! Tu vas bien ?! »

« Calme Luna, calme toi. Toi, est-ce que tu vas bien ? Et Tyrania, Nelya, Shymi et Drimali, comment vont-elles ? »

« Nous allons toutes très bien ! Le Valet du Désespoir est mort. Il ne reste plus qu’à rentrer dans Ryoran mais… vu ce qui se passe autour, on préféraient tous t’attendre. HIIII ! Qu’est-ce… Oriane ? »

« Shala… Elle s’appelle Shala réellement. Ne t’inquiète pas, elle a juste besoin de se reposer.  Tu me fais les présentations avec les demoiselles et le jeune homme ? »
Tyrania n’avait rien dit alors que Xano et Berthra apparaissaient. Elle avait simplement émit un léger rictus en voyant la jeune femme aux cheveux roses aux côtés du Joker Blanc comme si de rien n’était. Celui-ci avait même une nouvelle tenue et déjà, elle s’était mise à penser qu’il n’avait pas tenu sa petite promesse personnelle. Luna s’approcha des envoyés célestes, les désignant un par un de la sorte :

« Alors l’homme avec ses lunettes, c’est Parapapa. »

« Ca fait bizarre, n’est-ce pas ? De me voir sous cette forme humaine mais bon… Au passage, laisse moi porter Shala. Tu sembles épuisé. Tu nous raconteras ce qui s’est passé après. »

L’homme aux grosses lunettes s’approcha de Xano, celui-ci restant méfiant. Il se tourna vers Berthra, la jeune femme aux cheveux roses hochant la tête. Xano se retourna pour donner Shala à Parapapa alors que Luna reprenait la parole :

« La femme avec ses drôles de cheveux violets et roses, c’est Valésia. »

« Tu ne m’as pas beaucoup vu, il faut le reconnaître. »

« Quand à la jeune femme aux cheveux bleus, c’était l’ancienne Hyporoi. Tu sais, elle se nomme Kéli et elle semble très forte. »

« Bonjour à nouveau, Xano. »

« Quand à … Où est-elle passée ? »

Un bras passa autour du cou de Xano, le serrant sur le côté contre une jeune femme à la coiffure orange assez spéciale. Il sentit rapidement qu’il touchait la poitrine de la jeune femme de son bras mais celle-ci semblait pouvoir s’en accommoder. Malasa prit la parole sur un ton amusé :

« Et moi, tu peux deviner qui je suis ? »

« Malasa ? »

« On dirait que tu te rappelles plus facilement des personnes quand elles sont sous forme humaine ou je me trompe ? Ou peut-être… Est-ce ma tenue qui te permet de t’en rappeler plus facilement ? »

De quoi voulait-elle parler ? Il tourna légèrement son regard… pour se retrouver au-dessus du généreux décolleté offert par le maillot vert de la jeune femme. Celle-ci poussa un profond rire amusé en voyant la gêne de Xano avant de lui taper le dos avec délicatesse.

« Allons, ne les regarde pas comme ça. Ce n’est pas la première fois d’après ce que j’ai cru entendre. »

« Malasa… Est-ce que tu peux t’éloigner ? Tu me serres trop fort. »

Mais visiblement, ce n’était pas ce qu’avait envie la jeune femme aux grosses lunettes rouges translucides. Celle-ci gardait Xano près d’elle tout en souriant alors qu’il poussa un léger soupir avant de dire :

« Alors comme ça, vous êtes tous capables de prendre une forme humaine ? C’est vraiment impressionnant… Vous êtes des pokémons sur-évolués déjà à la base ? »

« On peut dire ça en quelque sorte, Xano. Nous pouvions prendre une forme humaine depuis longtemps mais comme tu peux le remarquer, il est toujours plus drôle de s’amuser à rester sous forme de pokémon pour impressionner les autres lors de ce petit moment. »

Malasa prenait la parole pour les quatre personnes devant lui et Tyrania émettait un léger rictus de colère en voyant que celle-ci profitait bien du jeune homme qui ne savait pas trop où se mettre. Déjà avec Berthra… Maintenant avec Malasa, il les attiraient toutes comme des mouches ou quoi ?! Malasa reprit la parole sur un ton moins enjoué :

« Et… pour Shala. Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu peux nous raconter ? »

« Et bien je… »

« Xano a découvert qu’elle était la Vingt-et-Unième mais là n’est pas la raison de son état. Le Joker Noir et Bal sont venus dans ma dimension et elle a servi de bouclier à Xano. »

Tyrania haussa un sourcil alors que Luna poussait un petit cri de stupeur. Nelya restait parfaitement neutre et immobile comme à son habitude alors que les deux déesses mineures s’approchaient de Shala pour vérifier son état. Malasa n’avait plus son sourire aux lèvres et Berthra reprenait déjà la parole :

« Elle nous a permis de nous échapper mais en échange… »

« Est-ce qu’elle a perdu ses deux… »

« Non, seulement celle de l’Atout. Je me demande ce que va faire Malar avec l’âme du Vingt-et-Unième atout mais ça ne présage rien de bon si vous voulez mon avis. »

« Elle est encore vivante… mais elle n’est plus aussi puissante qu’avant. »

Xano avait poussé un profond soupir triste alors que Malasa frottait son poing gauche contre le sommet de son crâne pour lui dire de ne pas s’en faire. C’est vrai qu’il avait besoin de se faire réconforter en ce moment.

« Et vous ? Qu’est-ce qui est arrivé à Ryoran ? Est-ce qu’ils sont morts ? »

« Nous n’en savons rien. Comme on te l’a dit, nous préférions t’attendre avant de rentrer dans la ville. Sinon pour le Valet du Désespoir, c’était une de tes anciennes connaissances. »

« Qui donc ? Est-ce que c’était un ami ? Je n’es… »

« Onyk Bakzor. »

« Qui est-ce ? »

Il ne se rappelait pas du tout du nom de l’homme aveugle. Visiblement, celui-ci n’était pas resté très longtemps ancré dans sa mémoire. Malasa lui donna un petit coup de poing sur la tempe en rigolant légèrement : Visiblement, malgré ses dires il y a quelques années de là, elle appréciait énormément le jeune homme aux longs cheveux blancs.

« Ca fait rien et on s’en fout. Je crois qu’on va pouvoir tous se rendre dans cette ville alors. Comme Parapapa était blessé, c’est lui qui gardera Shala sur son dos. Sinon, Berthra, l’entraînement du Joker Blanc, qu’est-ce que ça a donner ? »

« Il est capable d’utiliser les pouvoirs des quatre Reines mais pas le sien. De plus, ce ne sont que des faibles parties des quatre Reines. Xano, tu veux bien lui montrer un exemple ? »

Il hocha la tête alors que Malasa gardait son bras autour du cou du jeune homme. Lentement, il fit apparaître une petite flamme au-dessus de la paume de se main droite sous le regard étonné de l’assistance. Il y eut quelques applaudissements, ce qui le fit rougir alors que Tyrania hochait la tête avec un très fin sourire aux lèvres : Il savait utiliser ses propres flammes. Bien entendu, elles étaient ridicules par rapport aux siennes mais bon…

« Et bien ! Notre petit Xano devient un véritable homme ! »

« Malasa… Ce n’est pas très correct de parler comme ça. »

« Mais je ne me moque pas de lui, mademoiselle Drimali. Je trouve simplement qu’il a de plus en plus de charmes voilà tout. »

Malasa frôla la joue droite de Xano de sa main posée sur son épaule alors que celui-ci tremblait. Bizarrement, il se laissait faire ou alors était-ce dut au fait que Malasa était devenue une humaine qui le bloquait ? Pourtant, il avait déjà l’habitude avec Tyrania et les autres… alors pourquoi avec elle ? A cause de son comportement ? Il ressemblait un peu à celui de Shala donc là n’était pas le problème. Tyrania grogna légèrement et ça ne passa pas inaperçu dans le groupe. Malasa fit un petit sourire avant de dire :

« Un problème, Tyrania ? Tu as quelque chose à dire ? »

« Lâche le. Tu vois bien que tu le gênes. »

« Xano, est-ce que je te dérange ? Ma présence te pose t-elle un problème ? »

« Non mais… »

« Je t’ai dit de le lâcher. Ne me force pas à t’écarteler. »

« Allons bon, pourquoi t’énerves-tu ? Tu sembles un peu en colère. »

La jeune femme aux cheveux orange ne semblait pas écouter Tyrania alors que Xano baissait la tête. Voilà qu’ils allaient encore se disputer à cause de lui. Ca se terminait à chaque fois de cette façon. Il était si las et fatigué… Elles ne pouvaient pas vivre en harmonie toutes ensemble ? C’était si difficile ou quoi ?

« Drimali… Berthra m’a un peu expliqué : Shala était à ton service, c’est ça ? »

Il changeait rapidement de conversation pour ne pas continuer à énerver Tyrania alors que la jeune femme aux oreilles ailées et blanches se tournait vers Xano. Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Elle lui répondit :

« Oui, c’est bien le cas. Je savais que Shala était un Atout et que c’était son véritable nom. Bien entendu, elle était à mon service mais nous ne l’avons jamais révélées. Nous devions garder un œil sur toi pour te protéger. »

« Est-ce vrai qu’elle a tué des dizaines de millions d’humains et pokémons ? Est-ce vrai qu’elle est considérée comme une Arme ? La Conquérante Mortuaire, la Femme de l’Armageddon. Sont-ils vrais tous ces surnoms ? Est-ce qu’elle a vraiment fait tout ça ? »

Malasa retira légèrement son bras alors qu’elle s’éloignait de Xano. Il avait posé quelques questions sensibles et Drimali semblait un peu gênée d’y répondre, ce qui contrastait réellement avec son caractère habituel.

« Oui, je ne pensais pas qu’elle allait te le révéler mais elle a bien fait ça. Elle est la plus puissante des Atouts et a servi généralement à réduire à néant de nombreux royaumes ou pays dans le passé. Sa puissance était effroyable mais elle attendait simplement de retrouver le Dieu Originel mais celui-ci a disparu. Elle voulait lui demander de la faire disparaître après tout ce qu’elle a causé. Cela ne se voit pas dans son caractère mais elle souffrait énormément : Qu’on le veuille ou non, un Atout n’est pas forcément capable de choisir ses propres décisions et ses voies. Généralement, ils ne font que suivre les ordres des personnes avec qui ils sont. C’était le cas de Shala : Elle est la plus puissante… mais aussi celle qui n’avait quasiment aucune chance de se libérer de ses chaînes. Il y a deux cents ans, ma mère Juperus lui a demandé si elle voulait devenir l’une de mes gardiennes. Je crois que ma mère était au courant qu’elle était une future Reine. Shala a vu dans la demande de ma mère une possibilité de rédemption. Elle est devenue une simple Tylton et a mis dans un coin de son cœur son ancienne vie. Est-ce que tu peux lui pardonner ? »

« Non… Je ne peux pas lui pardonner… Mais je peux accepter son existence et je la garderais près de moi. Si je peux lui faire tout oublier, je le ferais. Si je peux lui offrir une nouvelle vie où elle n’aura plus jamais à combattre, je le ferais. Et il en sera de même pour toutes les Reines ou pour vous. Ca ne sert à rien de se voiler la face : Les Taisos ne sont pas les véritables fléaux de ce monde, Malar est notre véritable cible. »

« Shala n’est plus une Atout mais une simple Reine. Elle sera donc beaucoup moins puissante qu’auparavant. »

« Je n’ai jamais vu sa véritable puissance alors je ne verrais pas la différence. Tant qu’elle va mieux, ça me suffit. »

« Pfff… De toute façon, à faire la maligne, il fallait s’y attendre. »

Tyrania venait de prendre la parole, un petit sourire aux lèvres. Visiblement l’état d’Oriane ne semblait pas la préoccuper plus que ça. En fait, elle semblait même en avoir rien à faire d’elle. Une femme plus puissante qu’elle en moins, c’était toujours ça de gagner ! Xano s’était tourné vers elle, son corps se mettant légèrement à trembler :

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Ce n’est pas dur : Elle avait tellement de puissance qu’elle s’en vantait. Ses gestes, ses regards dédaigneux, tout ça, ça montrait clairement qu’elle en avait rien à faire de nous. Tout ce qui l’importait était… »

« Ce n’est pas vrai ! Arrête de mentir Tyrania ! »

Luna venait de crier : Elle ne pouvait pas accepter que Tyrania mente au sujet de Shala. Celle-ci était bien plus puissante qu’elles mais elle ne s’était pas comportée comme ça ! A quoi ça lui servait de dire de telles choses ?! Est-ce que ça lui suffisait à satisfaire son ego ?!

« Laisse la… continuer, Luna. Vas y, Tyrania. »

« Toujours à faire sa nymphomane pour t’attirer dans ses bras, au final, elle s’est servie de toi comme un simple exutoire pour tenter d’oublier ce qu’elle a fait. Quelle pimbêche, elle n’arrive même pas à accepter son ancienne vie ! »

« …Tyrania ? »

Il avait baissé la tête : Qu’on lui explique la raison des paroles de l’ancienne Feunard. Qu’on tente de lui expliquer pourquoi elles se faisaient des coups fourrés dans le dos à chaque fois ? Est-ce qu’il était responsable de ça à chaque fois ? Il était temps de mette un terme à tout ça. Son poing droit s’était refermé alors qu’il tremblait :

« J’en ai marre… Marre de toujours vous voir vous disputer les unes par rapport aux autres. J’en ai marre… Marre de savoir qu’à chaque fois, vous n’hésitez pas à rabaissez les autres pour être celle que j’aimerais le plus. Vous pouvez dire que c’est de l’orgueil ou de la vanité mais je sais bien que vous m’aimez toutes les quatre. A part Nelya qui est peut-être la plus mature et la plus humaine de vous quatre, vous vous regardez en chiens de faïence à chaque fois. Même dans ce genre de moments où l’une d’entre vous est sérieusement blessée, la seule chose qui vous préoccupe, c’est de la rabaisser. »

Du sang s’écoulait de ses lèvres, il s’était mordu sans hésiter alors qu’il arrêtait de trembler. Relevant la tête, il serrait maintenant les dents tout en s’écriant et gesticulant :

« TU PEUX ME DONNER LA RAISON DE TOUT CA ?! Vous croyez sérieusement que ça me plaît de savoir que vous vous battez pour moi au lieu de vous battre contre eux ?! On a des plus gros ennuis que de savoir qui j’aime le plus ! Tu ne penses qu’à te défouler sur Shala alors qu’elle est dans cet état à cause de moi ! Au lieu de dire des conneries plus grosses que ton ego surdimensionné, tu ferais bien mieux de te préparer à ce qui va nous attendre ! Nous allons affronter le Valet de la Rancœur ! Nous allons combattre un type qui est sûrement aussi humain que moi ! Peut-être que le monde va s’en retrouver changé et toi, à quoi tu penses ?! A simplement rabaisser Shala ! C’est bon, t’as réussi à déverser ton fiel sur elle, tu es satisfaite ?! Tu crois qu’avec ça, je t’aimerais un peu plus ?! J’ai perdu trois semaines à ne rien faire avec mes trois autres Reines car je voulais vous savoir toutes sur un pied d’égalité, que toi aussi, tu penses que je t’aimais réellement mais je crois qu’au final, je suis peut-être le plus grand des connards que ce monde ai jamais porté. Je n’aurais jamais dut coucher avec l’une d’entre vous ou vous faire croire que je vous aimais. »

Leur faire croire qu’il les aimaient ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Est-ce que depuis des années… Il mentait aux jeunes femmes ? Nelya s’immobilisa, son visage se statufiant : Elle ne s’était pas attendue à ça de la part de Xano. Tyrania elle-même était restée muette alors que Luna avait déjà les larmes aux yeux. Shymi baissait la tête, se tenant le ventre entre ses deux mains comme gênée par quelque chose alors qu’il reprenait :

« A force de ne penser qu’à moi, vous ne pensez à plus rien d’autre ! Vous ne pensez pas au monde qui vous entoure, à toutes ces personnes qui ont besoin de nous ! Tu vois, tu aurais été la prochaine, j’aurais couché avec toi et l’affaire aurait été réglée. Les quatre Reines auraient été culbutées et satisfaites sexuellement et tout se serait terminé comme ça ! Contrairement à Ryusuke qui semble aimer réellement Juperus et Clemona, je n’en aime aucune d’entre vous. Tu veux que je te rappelle quelque chose ? Je suis le Joker Blanc, je ne suis PAS humain ! Lorsque vous mourrez, je serais encore là, j’aurais toujours ma forme humaine mais vous, vous serez simplement de l’histoire ancienne ! Vous voulez sérieusement vous rendre utiles ?! Arrêtez de vous faire des illusions à mon sujet, je ne serais JAMAIS votre homme ! JAMAIS ! Est-ce que j’ai été clair ?! JAMAIS ! Vous pouvez tout essayer, vous n’aurez jamais mon cœur car je n’en ai pas ! Vous vous bercez dans vos chimères depuis tant d’années et j’ai accepté tout ça mais depuis que je suis le Joker Blanc, je n’ai jamais pensé à autre chose qu’à la prophétie ! Vous êtes mes quatre Reines, vous êtes celles de la prophétie mais vous n’êtes pas mes femmes, vous n’êtes rien d’autre que des personnes qui sont NECESSAIRES à la prophétie, pas à moi ! Est-ce que c’est ancré dans vos crânes ?! »

Il prenait une respiration très rapide : Parler autant en étant dans cet état d’énervement et de colère, c’était bien la première fois. Personne n’avait osé l’arrêter au beau milieu de son discours, Tyrania et les deux autres Reines étant restées muettes. La jeune femme aux cheveux dorés et à l’unique œil violet valide aurait aimé ouvrir la bouche mais elle savait que c’était inutile… complètement inutile. Il ne semblait pas mentir : Depuis toutes ces années, il s’était simplement amusé avec leurs sentiments… Depuis tout ce temps, il n’avait jamais hésité à violer leurs corps en leur faisant croire à leurs… mirages. Tout cela n’avait été qu’une douce utopie dans laquelle elles s’étaient bercées.

« Maintenant, vous allez vous calmer direct et arrêtez avec vos fantaisies ! Je passe le premier dans la ville de Ryoran, les autres vous me suivez ! Si elles… »

« Lu… Luna s’est évanouie. »

Nelya avait fait cette remarque avec un trémolo dans la voix. Elle aussi n’arrivait pas à le croire. Elle s’était donnée à cet homme… si insensible au final ? Et dire qu’il avait tout fait pour qu’elle devienne plus humaine pendant ces années… C’était simplement un monstre et il le confirma dans ses dires sans jeter un regard à la jeune femme aux cheveux blancs couchée sur le sol :

« Que l’un d’entre vous la récupère. On n’a pas de temps à perdre. »

Valésia se chargea de prendre Luna dans ses bras, signalant qu’elle était la plus faible du groupe après Parapapa alors que déjà, Xano se dirigeait vers Ryoran sans se retourner. Une fumée noire sortait faiblement de son corps alors que ses cheveux blancs semblaient se distordre dans le ciel. Quelque chose était en train de changer en lui…

Chapitre 79 : Perte

Chapitre 79 : Perte

« Si tu comptes toucher ne serait-ce qu’un seul cheveu du Joker Blanc, il te faudra passer sur mon corps et je te le déconseille. »

Elle frappa ses poings l’un contre l’autre, créant une violente onde de choc alors que Malar et Bal reculaient légèrement sous cette dernière. Elle ne plaisantait pas et s’était déjà mise en position d’attaque, prête à réagir dès l’instant où l’un des deux ferait un pas en direction du therme où se reposait Xano.

« Est-ce que tu penses vraiment que tu peux faire quelque chose contre moi ? Tu n’es qu’un Atout, Majeur certes mais un Atout. »

« Evite donc de nous sous-estimer. Comme si tu étais réellement le Joker Noir, tu n’as qu’une fausse forme humaine. »

« Tiens donc, tu es donc au courant de cette petite chose ? Peut-être que je vais devoir t’éliminer quand même au cas où. »

« Essayes donc si tu y arrives ! »

Elle n’avait pas à attendre ! Elle se jeta sur lui, le poing droit en avant. Malar fit un petit saut en arrière tandis que Bal s’était éloigné avec un petit sourire aux lèvres. Il n’allait pas combattre de son côté. A l’endroit où le poing de Berthra frappa, un cratère se créa, des morceaux de marbre volant dans le ciel.

« Vraiment… Quelle force. Il n’est pas difficile de croire que tu as des poings capables de fissurer cette Terre. C’est là le problème des Atouts Majeurs : Leurs forces sont telles qu’ils sont obligés de se modérer et d’éviter de se battre pour ne pas tout détruire autour d’eux. »

« Si tu as le temps de parler, alors tu as le temps de crever ! »

Gagner le plus de temps jusqu’à ce que Xano remarque qu’il y ait un problème. Elle l’avait prévenu : Il ne pouvait pas toujours espérer s’en sortir sans pertes de son côté. Il le savait bien : Sa mère était morte ! Berthra fit briller ses deux poings, l’un s’enflammant subitement tandis que l’autre avait des morceaux de glace qui apparaissaient autour de lui.

Ahhhhhhhh ! Ca faisait du bien, tellement de bien. C’était vraiment super. Il adorait cet endroit pour se reposer. Il avait finalement accepté de boire le lait de Berthra mais il avait refusé que cela soit à sa source : C’était indécent et il avait tout fait pour se contrôler depuis plusieurs semaines… lorsqu’il n’était pas dans cette dimension. Ca faisait déjà deux mois qu’il se trouvait ici mais il n’avait pas vieilli d’un poil, ses cheveux n’avaient pas poussé ou autre, il était resté lui-même. Il tentait d’oublier ce qui se passait mais il restait néanmoins inquiet. Heureusement que Berthra lui avait dit qu’il n’avait pas à s’en faire : Ses Reines n’auraient aucun problème à se débarrasser du plus faible des Valets : Celui du Désespoir. Un tremblement se fit entendre et il se releva dans le therme :

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Berthra ? Il y a un problème ? Berthra ! »

Elle ne répondait pas et ce n’était pas normal. Généralement, elle venait avec lui dans le therme. Toute habillée bien entendu sinon il n’aurait pas réussi à se contrôler. Il se nettoya rapidement, remettant ses habits que Berthra lui avait donnés. Il sortit du therme avant de pousser un cri en remarquant qui était là :

« MALAR ! Encore toi ?! »

« Tiens ? Voilà que le Joker Blanc se ramène. Bal, tu veux bien t’en occuper ? Berthra ne pourra rien faire pour l’aider. »

« Ah bon ? Et qui te fait croire ça ?! »

Elle s’était mise à courir en direction de Xano pour venir se positionner devant lui mais Malar s’interposa entre elle et lui, un sourire aux lèvres. Il plaça sa main sur le front de la jeune femme tout en faisant apparaître une sphère noire au bout de sa paume. Berthra fut violemment renvoyée contre un pilier, celui-ci se brisant avec facilité alors que Xano criait le nom de la jeune femme aux cheveux roses.

« Bal. Occupe toi de lui, si tu arrives à le tuer, tu seras gracieusement récompensé puisque tu auras éliminé la principale source de problèmes de mon futur monde. »

« Aucun problème héhéhé. Alors gamin, tu veux t’amuser avec moi ? Viens donc me voir ! »

Bal allongea l’une de ses manches rouges, la dirigeant vers Xano avec rapidité alors que celui-ci se retrouvait paralysé au niveau des bras des et jambes, se faisant traîné par Bal en direction de ce dernier. Berthra semblait légèrement sonnée et Malar s’approchait d’elle, un sourire aux lèvres :

« Comme tu l’as si bien dit, je ne suis pas vraiment le Joker Noir. Je n’en suis que sa personnification, son image. Mais tu t’es trompé sur un point, je suis bien plus puissant que les Atouts malgré ce que tu pensais. Elle est en moi depuis que je suis né, comment crois-tu que je suis devenu orphelin ? Dès l’âge de trois ans, j’ai simplement tué mes parents alors que j’étais possédé mais au lieu d’être inquiet ou affolé par ce qui m’arrivait, par cette possession, je l’ai accepté et maintenant, elle m’a rendu service en me prêtant une partie de ses pouvoirs. Accepte ta défaite. »

« Jamais ! Tu pensais vraiment qu’un Atout Majeur se fasse battre aussi facilement ? »

Elle avait simplement attendu qu’il se rapproche d’elle et dès l’instant où il était à sa hauteur, elle venait le frapper de ses deux poings au niveau de son ventre, une violente décharge électrique parcourant le corps de Malar qui poussa un cri. Il posa un genou au sol, émettant quelques râles alors que son souffle était rauque. Qu’il ne se croit pas si fort que ça : Il n’était pas le véritable Joker Noir. Bal tourna son visage inquiet vers Malar en criant :

« Maître ! »

« Ne t’inquiète pas. Cela ne m’a pas grandement affecté… simplement surpris. Je vois donc que tu as de la ressource, tant mieux mais ça ne sera pas suffisant. »

« Toi ! Tu vas me lâcher par contre ! »

Xano criait à son tour alors que Bal le tirait vers lui. Le jeune homme aux longs cheveux blancs venait de créer une boule de feu qu’il envoya au visage de Bal, sa manche rouge se consumant subitement, libérant Xano alors que Bal gémissait légèrement de douleur. Le Joker Blanc était donc capable d’utiliser les pouvoirs de ses Reines maintenant ?!

« Tiens, il devient de plus en plus intéressant… mais aussi inquiétant. Bal, tu n’es donc pas capable de l’éliminer ? »

« Il m’a simplement surpris. Ca ne se reproduira pas une seconde fois ! »

« Arrête donc de parler un peu ! »

« XANO ! Ne combat pas ! Enfuis toi plutôt ! Tu ne dois pas rester ici ! »

« Et t’abandonner ici ? Je ne serais pas un homme si je m’enfuyais en laissant une femme se battre seule. »

Mais quel imbécile ! Il ne comprenait rien ou quoi ? Ce n’était pas là le problème ! Il devait s’enfuir car ils n’auraient aucune pitié pour lui ! Ils n’allaient pas hésiter à le tuer et il ne devait pas rester là ! Comme Malar était à genoux, elle pouvait en profiter pour attaquer Bal par derrière et s’enfuir avec Xano. Elle passa rapidement à côté de Malar avant de s’écraser au sol, le jeune homme aux cheveux blonds se relevant en la tenant par le pied :

« Où est-ce que tu comptais partir ? »

« Nulle part mais merci de me tenir. »

Sa queue noire et sphérique alla frapper Malar au visage, celui-ci lâchant la jambe de Berthra qui se remettait tout de suite en route en direction de Xano. Il n’était pas encore trop tard. Elle pouvait quitter sa dimension avec Xano et ils allaient perdre un temps monstre à les poursuivre et à sortir de sa dimension surtout si elle la fermait.

« Tu es vraiment stupide… Tu ne comprends pas que tes coups sont sans effet ? »

« Si ils me permettent de me rapprocher du Joker Blanc, ils ont une utilité ! »

Bal avait fait apparaître une dizaine de manches, celles-ci étant maintenant noires, signe qu’il ne rigolait plus avec Xano. Il n’avait pas eut le temps de les utiliser contre Shala et il aurait su qu’elles auraient été inutiles contre elle mais contre ce Joker Blanc affaibli, il n’aurait aucune difficulté à le tuer avec ! De petites griffes blanches étaient apparues à la place des mains de Xano alors qu’il donna un coup dans le sol, un bloc de marbre se soulevant devant lui :

« Désolé, mais je n’ai pas de temps à perdre. Je n’ai pas terminé mon entraînement et ce ne sont pas des emmerdeurs comme vous qui m’empêcheront de continuer. »

Il envoya le bloc de marbre en direction de Bal d’un coup de griffe et celui-ci semblait étonné à nouveau par l’ingéniosité du jeune homme. Malheureusement pour Xano, les manches noires entourèrent le jeune garçon aux cheveux bruns et au visage pâle, le bloc de marbre allant se briser sur ses manches comme si ils étaient en fer.

« Dommage pour toi mais je dois t’éliminer. »

« Mais tu n’en feras rien. »

Merde… Elle était déjà là ? Elle avait fait vite ! Cette voix, il la reconnaissait facilement puisqu’il l’avait quitté il n’y a que quelques minutes ! Xano et Berthra tournèrent leurs visages vers le ciel alors que Malar soupirait :

« Tiens mais qui voilà ? »

« Mais c’est Or… »

« Shala, la Vingt-et-Unième. Tu as donc décidé d’arrêter de jouer la comédie avec le Joker Blanc. »

« Shala ? »

Il tentait de comprendre ce qui se passait mais une forme traversa le haut du temple comme si il était simplement fait de cristal, brisant ce dernier alors qu’elle se montrait aux yeux de Xano. Cette longue chevelure violette, ce corps magnifique avec cette petite jupe par-dessus sa tenue violette, mais c’était bien Oriane ! Même si… Le fait qu’elle laisse ses cheveux améthyste vagués au vent lui donnait une nouvelle dimension… plus charmante et sensuelle mais surtout sublime. La voix d’Oriane était toujours la même bien que son ton avait changé : Froid et neutre, il ne laissait pas place à l’indécision :

« Je n’ai jamais joué la comédie avec lui. J’ai simplement évité de lui causer trop de soucis pendant toutes ces années. Joker Noir, tu ne toucheras pas un seul cheveu de Xano. »

« Tu ne mérites même pas de l’appeler par son prénom, meurtrière. Comment oses-tu encore regarder ne serait-ce qu’un seul humain après tout ce que tu as causé comme morts ? »

« Je sais qu’elle a tué quelques personnes dans le passé, ce n’est pas pour ça que je lui empêche de m’appeler par mon prénom ! N’est-ce pas, Oriane ? »

Elle frissonna légèrement à l’appellation de ce nom : Elle fronçait légèrement ses sourcils mais se tourna vers Xano avant de lui dire d’une voix douce et angélique :

« Je suis désolée… mais ce n’est pas mon nom. Si tu veux vraiment m’appeler, dis simplement Shala. »

« Ou la Femme de l’Armageddon, la Conquérante Mortuaire, autant de surnoms que l’on pourrait te donner, Vingt-et-Unième. »

Malar avait visé juste et bien puisqu’elle tiqua sur le coup. Xano la regardait, ne comprenant pas ce qu’il voulait dire par là mais maintenant qu’il y réfléchissait, Vingt-et-Unième, est-ce que cela voulait dire…

« Oriane ? Tu… es un Atout ? La plus puissante ? »

Elle hocha la tête avec un petit sourire sans joie alors que Berthra posait une main sur l’épaule de Xano. Les deux femmes se regardèrent dans les yeux avant que l’ancienne Ecremeuh n’entoure Xano de ses bras :

« Pourquoi est-ce qu’il parle de la Femme de l’Armageddon et de ces trucs… ? »

« Tu as dit que tu savais qu’elle avait tué quelques hommes. Est-ce que plusieurs dizaines de millions d’humains et pokémon est un chiffre risible pour toi ? »

Elle baissa la tête sans se retourner alors que Bal et Malar exultaient de joie. Xano avait la bouche grande ouverte, ne sachant pas comment réagir. Plusieurs dizaines de millions… Cela faisait beaucoup, beaucoup trop pour lui. Ce n’était même plus une meurtrière… C’était bien au-delà de tout ça.

« Une arme ! Voilà ce qu’elle est ! Elle a accepté comme la plupart des Atouts de devenir l’objet des hommes ! Un objet sans sentiments et capable de rayer des régions voir des pays de la carte de ce monde ! Tu pensais tout connaître de tes Reines, de ceux qui t’entourent mais non, tu ne sais rien ! »

« La ferme. »

Shala s’était retournée alors que le sol se mettait déjà à se fissurer. Berthra faisait reculer Xano qui restait bouche bée, il ne savait pas quoi dire. Visuellement, c’était la même femme, mais là… Il avait l’impression de voir une inconnue : Shala avait prise la parole alors qu’une aura l’entourait, une aura argentée. Bal recula légèrement tandis que Malar gardait son sourire aux lèvres :

« Pourquoi ça ? Tu n’es pas capable d’accepter la vérité ? Même moi, je n’ai pas du causer autant de morts que toi. »

« Je n’ai fais que ce que j’avais à faire. »

« Tu n’as aucune volonté, comme les autres Atouts. Vous n’êtes pas capables de penser pour vous-même. Bal, tu as peur d’elle ? »

« Je vous avoue que… »

« Vas l’attaquer avec tes manches. »

« Mais je… »

« C’est un ordre. »

C’était bien beau, il avait une grande gueule et il avait annoncé à Shala qu’il était bien plus fort qu’elle alors qu’ils étaient dans l’autre dimension mais visiblement, il n’avait pas tellement confiance que ça en ses propres capacités. Il fit apparaître une vingtaine de manches noires, les lançant en direction de Shala… qui avait déjà disparu de la vue de tous et de toutes. Elle se retrouva derrière Bal, lui tournant le dos tout en se présentant devant Malar :

« Dégage de cette dimension, avorton. »

Elle donna un coup de pied dans le dos de Bal sans se retourner, celui-ci poussant un cri alors qu’une faille dimensionnelle se créait devant lui. Il avait totalement disparu de la dimension et Berthra serrait Xano contre elle. Pourquoi Oriane… non, Shala se comportait-elle comme ça ?

« Berthra, tu peux partir. Je m’occupe de Malar. Cela ne prendra pas de temps mais nous ne devons pas prendre de risques. »

« Aucun problème, je l’embarque avec moi. Je vais le faire retrouver les autres. Fais attention à toi. »

« Qu’est-ce que… Oriane ! Tu viens avec nous ! »

Xano criait de toutes ses forces mais Shala ne l’écoutait pas. Malar avait croisé ses bras en signe de provocation alors qu’elle fermait les yeux. Déjà, une fissure s’ouvrait derrière Berthra qui tirait Xano avec elle. Il tentait de s’échapper mais n’y arrivait pas : La prise qu’avait la jeune femme sur lui était si fort et important qu’il en souffrait. Sans se retourner, Shala prit la parole :

« Je ne suis pas Oriane. »

« Je m’en contrefous ! Tu viens ! Que tu ai commis des millions de morts, j’en ai rien à faire ! Je sais que tu ne les voulais pas ! »

« C’est faux Xano… C’est faux. Dès l’instant où j’ai décidé d’être utilisée, j’étais responsable de mes actes. »

« Mais tu les regrettes ?! »

« Berthra… C’est bon. Fais le partir maintenant. »

Elle ne lui avait pas répondu. La réponse était évidente… pour elle. Elle regrettait tout quand elle était avec lui, tout ce qu’elle avait été dans le passé. La fissure se referma sur le regard implorant du jeune homme aux longs cheveux blancs alors que Malar poussait un rire tonitruant :

« Et bien…Tu en as du courage. Tu penses pouvoir me tuer ? »

« Je ne le pense pas. Je le sais. Tu es bien trop faible sous cette forme et tu n’auras jamais le temps de pouvoir l’appeler. Si je détruis le corps qui contient l’âme du Joker Noir, tout sera terminé et il n’y aura plus de raisons de s’inquiéter. Ensuite… Je m’en irais. »

« Pour expier tes fautes ? Il est maintenant au courant de toute la vérité, pauvre petite sotte. Vous savez la différence qu’il y a entre vous et moi ? L’intelligence et la prédiction du futur… Je sais toujours ce que vous allez faire en avance. Non… Je n’ai pas le pouvoir de lire l’avenir mais simplement de vous comprendre et de deviner ce que vous allez faire. »

« L’appât est finalement parti, héhéhé. On a ferré le thon ! »

Une petite ombre apparaissait derrière le jeune homme aux cheveux blonds et à la mèche noire. Bal était de retour et visiblement en pleine forme. Il émettait même un sourire qui montrait qu’il n’avait aucune blessure à part la ridicule petite brûlure causée par Xano il y a quelques minutes. Shala ne semblait guère surprise et prit la parole :
« La leçon ne t’a pas suffit ? Tu n’en as pas eut assez ? »
« Héhéhé. Maître ? Je commence maintenant ? »
« Vas y. »
Une trentaine de manches noires sortirent subitement du sol, venant entourer et ligoter Shala qui n’essaya même pas de se débattre. Elle poussa un léger soupir avant de les déchirer comme si de rien n’était.
« Il faudra faire mieux que ça. »
Bal gardait néanmoins son sourire et en faisait une nouvelle trentaine. Il avait une idée en tête. Subitement, les manches commencèrent à rétrécir et à s’allonger pour devenir des pointes acérées qui allèrent transpercer Shala de toutes parts. Du moins, c’était la chose prévue mais aucune pointe ne traversa la peau de Shala, seul une légère goutte de sang argenté tombant au sol.
« Tu ne comprends donc pas. »
« C’est toi qui n’a pas compris. »
Malar ?! La voix provenait de derrière elle ! Elle n’avait pas pensé un court instant à surveiller ce dernier, son regard améthyste fixé sur Bal pour voir ses pitoyables interventions aller à l’échec. Une main traversa sa gorge avec facilité, un flot de sang argenté tombant au sol alors qu’elle hoquetait de surprise :
« Dommage. Tu aurais du te méfier pourtant. La Vingt-et-Unième n’est plus rien à partir de ce jour. Dommage : Ta trop grande confiance et ta préoccupation envers le Joker Blanc ont été tes erreurs. Je peux encore éviter de récupérer ton âme mais ça sera à toi de voir : Décides-tu de me rejoindre ? »
Il connaissait déjà sa réponse ! Ce salopard allait prendre ses pouvoirs, elle le savait mais elle allait l’en empêcher. Elle n’allait pas se laisser faire. Rapidement, elle concentrait ce qui lui restait d’énergie avant de faire apparaître une sphère dans sa main gauche. La sphère explosa subitement.
« URK ! »
Berthra tomba à genoux, crachant du sang argenté alors que Xano s’approchait d’elle. Les autres étaient déjà partis mais ils savaient où se rendre.
« Berthra ?! Qu’est-ce qui se passe ? »
« Ma… dimension a été brisée. Ca provoque quelques blessures internes mais rien de grave. Par contre… Les personnes à l’intérieur n’en ressortent pas. »
« Mais alors Oriane… »
« Je crois que oui… Je suis désolée, Xano. Normalement, nous ne pouvons pas mourir sauf sous certaines conditions. »
« Je… »
Il tentait de contrôler ses émotions mais c’était trop dur. Un trou dimensionnel s’ouvrait au-dessus de lui alors qu’il s’apprêtait à pleurer la mort d’Oriane. Le corps de celle-ci tomba lourdement sur Xano, le faisant s’écrouler au sol tandis que la voix de Malar se faisait entendre :
« Elle est vraiment stupide. Aller jusqu’à détruire une dimension pour tenter de me tuer. Néanmoins, j’ai ce que je voulais. On va se revoir bientôt… Très bientôt. »
La voix disparue en même temps que le trou dimensionnel alors que Xano se relevait, Oriane dans ses bras. Il l’observait avec affection, lui tapotant les joues alors que Berthra s’approchait d’eux :
« Laisse moi voir ? Xano… Je suis vraiment désolée mais… Elle a perdu son âme. Comme il l’a fait avec Elis. »
Pour prouver la véracité de ses dires, elle lui montra la plaie à la gorge de Shala. Celle-ci laissait s’écouler un liquide rouge alors que Berthra montrait maintenant son propre sang au sol : Un sang argenté. Si… Shala était une Atout voir la meilleure d’entre Eux, il ne voulait pas comprendre mais il y était forcé : Shala aurait dut normalement perdre un sang argenté comme celui de Berthra.