Tous les articles par ShiroiRyu

Chapitre 68 : Tout lui dire

Chapitre 68 : Tout lui dire

« Xano, tu m’étrangles. »

« TYRANIA ! »

Si il pouvait pleurer en ce moment, il ne se serait pas gêné mais l’instant n’était pas aux sentiments et il retira ses bras autour de la fourrure de Tyrania avant d’émettre un petit rictus, lui murmurant :

« Mais tu pues ! Tu ne t’es pas lavée ou quoi ?! »

« T’as que ça à dire pour nos retrouvailles ?! »

L’une des queues dorées alla le frapper à la joue pour le faire tomber en arrière. Le coup n’avait pas été donné avec violence mais juste à titre de prévention. Plus vite il s’éloignait, mieux ce sera. Il n’avait pas encore remarqué son nouveau visage, ce visage si affreux… Maintenant qu’elle était à près de lui, elle avait peur de sa réaction mais au moins, il n’avait pas changé et elle était si contente de le retrouver.

« Enfin bon… Je suis désolée mais ces derniers temps, je n’ai pas eut vraiment le temps de me préoccuper de ma personne. »

« Je m’en contrefous de tout ça ! Tu es revenue et ça me suffit ! »

Le Dracaufeu s’était relevé, visiblement assez furieux de s’être pris ces nombreux coups de la part de Tyrania alors que celle-ci l’observait de son unique œil violet. Elle ouvrit la gueule avant de pousser un puissant cri qui résonna dans les bois, un cri effrayant et surprenant. Le Dracaufeu trembla légèrement : Malgré son absence de pensées à cause du virus Ivoil, il pouvait encore ressentir la peur. Rapidement, il battit des ailes avant de se diriger à toute allure vers Loxen. Celui-ci s’était bouché les oreilles alors que Luna, Oriane et Nelya s’étaient retournées vers l’endroit d’où provenait le cri :

« Et dire que je pensais qu’elle était morte dans cette explosion. Fini de rigoler, je ne vais pas risquer ma vie inutilement en sachant que vous êtes maintenant quatre ! »

« Qu’est-ce que… »

Le Dracaufeu fonçait vers lui alors que Luna avait posé son regard rubis sur le dragon orange. Elle l’attendait de pied ferme mais déjà le dragon orange disparaissait en s’illuminant, Loxen venant d’avoir une seconde queue qui lui poussa juste au-dessus de la première, une queue au bout enflammé. Rapidement, il se mit à créer un puissant souffle de feu en direction de Luna, celle-ci tentant de l’esquiver bien que c’était trop tard. Soudainement, Tyrania se positionna devant elle, se prenant les flammes alors que Luna reculait en murmurant :

« Mais mais… »

« Les flammes ne me font rien. Ce n’est pas comme si je pouvais mourir à cause d’elles. De toute façon… J’ai une bonne raison de m’occuper de lui. »

« Tyrania, qu’est-ce qui t’es… »

Nelya et Oriane avaient finalement remarqué ce qui avait changé chez elle. Luna et Xano n’étaient pas encore au courant et ils n’avaient pas besoin de l’être. Elle grogna légèrement pour les arrêter avant même qu’elles ne tentent de finir leurs phrases. Une petite chose s’illumina au milieu de ses huit queues alors que l’une d’entre d’elles envoyait l’objet en direction de Xano qui était sorti des bois.

« XANO ! Prend le médaillon ! Je crois qu’il est grand temps d’avoir une discussion toi et moi ! On va s’occuper de lui en même temps ! »

« Oui cheffe ! »

Il s’exclama en rigolant alors qu’il récupérait le médaillon blanc-gris. Il y avait toujours cette représentation magnifique de la Feunard gravée dessus et il eut un petit sourire en voyant une minuscule fissure sur l’un des bords. C’est vrai… Il était enfin temps de tout savoir à son sujet. Déjà, il caressa le médaillon alors qu’il s’illuminait en même temps que Tyrania.

« Ce n’est pas comme ça que vous allez me battre ! Vous n’êtes qu’une pathétique et simple symbiose ! J’en suis à ma cinquième symbiose ! VOYEZ LA DIFFERENCE ! »

Loxen battit de ses ailes insectoïdes alors que la fin de l’illumination arrivait sur Xano. Ah… Cette chaleur, elle lui avait tant manqué ! Il se sentait si heureux en ce moment et les pensées de Tyrania arrivaient directement dans son cerveau. Elle aussi était contente de le voir, si contente… Loxen était à la hauteur de Xano, prêt à le frapper de toutes ses forces avec ses coudes de roche.

« Et ? C’est sensé me faire quoi ? Tu n’es pas capable d’arriver à mon niveau, Loxen. Tu peux faire deux, trois, cinq ou dix symbioses, ça ne changera rien si tu ne connais pas les pokémons avec qui tu les fais. De plus, tu broies leurs volontés. Seraient-ils heureux de voir que tu les manipules ? »

Xano avait arrêté l’attaque avec son bras gauche avant de lui décocher un violent coup dans les gencives, l’homme aux lunettes noires et à la coupe afro volant en arrière sans comprendre ce qui venait de le frapper. Les lunettes noires se fissurèrent légèrement alors qu’il se redressait : Cette… Feunard était vraiment très puissante mais comment pouvait-elle le blesser, lui ? Avec ses cinq symbioses, il devait être invincible pour la majorité des hommes ! Xano passa une main sur son torse velu de poils dorés en souriant :

« Même si tu… as une mauvaise odeur Tyrania, tes poils sont toujours aussi doux au toucher. On s’occupe de lui et je te fous à l’eau. »

« Xano ? Je… voulais te dire quelque chose depuis toutes ces années. Est-ce… que tu es prêt à m’écouter ? »

Elle avait un ton qui se voulait neutre mais il pouvait ressentir toute la tristesse de Tyrania dans cette voix. Il hocha la tête dans le vide alors que Nelya et les deux autres femmes comprenaient ce qui se passait : Tyrania discutait avec Xano à l’intérieur de son crâne. Oriane fit apparaître ses serres à la place de ses deux pieds avant de crier à Nelya et Luna :

« Les filles ! On essaye de s’occuper de lui ! Je crois qu’ils vont avoir une longue discussion ! Laissons les se parler un peu ! »

« Aucun problème pour ma part. De toute façon, je ne pensais pas faire autre chose. »

« Pfff… Elle est revenue et elle va s’accaparer encore un peu plus Xano ! Mais bon… Si il a fait son choix, je ne peux pas lui en vouloir. De toute façon, je préfère le savoir heureux. »
Les trois femmes se jetèrent sur Loxen qui s’était relevé après le violent uppercut qu’il avait reçu. Si elles voulaient se battre, elles étaient bien tombées ! De toute façon, le coup qu’il avait pris, cela n’avait été que de la chance ! Xano s’était légèrement reculé, restant debout tout en son dos contre un arbre.

« Comme tu peux t’en douter… J’ai eut… quelques problèmes dans mon enfance. »

Voilà qu’elle se mettait à lui raconter finalement sa vie antérieure, celle qu’elle avait avant de le rencontrer, celle qui lui avait causé tant de souffrances. Il fermait les yeux, ses pensées fusionnant avec celles de Tyrania pour lui permettre une image précise de son passé. Treize années auparavant, elle marchait tout en bout de file avec quelques autres Goupix et de nombreux Feunards devant eux.

« Qu’est-ce qu’on lui a mis à ce Chaglam ! Il a rien compris à ce qui lui est arrivé ! »

« Oui mais faut dire qu’il voulait s’en prendre à nous trois ! »

Elle les écoutait sans parler alors qu’elle marchait avec eux. Sa fourrure argentée était bien différente de celles des autres Goupix. Bien qu’elle était la dernière descendante de Zyla et de Merak, elle était appréciée de tous et de toutes. Sa fourrure argentée était le signe d’une très grande puissance et destinée d’après les dires de Kalix, l’aînée des Feunards dans la famille et mère de Merak. Son grand-père était mort au cours d’un combat contre un puissant Dracolosse qui s’en était pris à la famille. Les trois Feunards qui étaient devant les autres étaient simplement ceux les plus respectés, les plus puissants et les chefs du groupe : Merak au milieu, Zyla à sa droite et Kalix à sa gauche. Chacun et chacune écoutait avec attention les ordres de ces trois Feunards. Malgré sa taille chétive par rapport aux deux autres chefs, Kalix était appréciée des Goupix pour ses nombreuses histoires sur le monde et sur ses connaissances. Vieille de presque huit cents cinquante années, elle avait vécu bien plus longtemps que tous les Feunards se trouvant en ce lieu. La nuit, les jeunes l’entouraient alors que les Feunards allaient chasser pour nourrir leurs enfants. Du moins, leurs enfants… Une bonne partie était issue de la famille de Zyla et Merak mais de nombreux Feunards non reliés par le sang avec eux les avaient rejoints avec leurs progénitures. Crainte et respectée, cette famille de Feunards était reconnue comme très dangereuse pour les humains.

« Dis grand-mère Kalix, pourquoi les humains sont encore en ce monde ? »

« Les humains sont comme nous, Palan. Ils ont le droit de vivre sur cette Terre. Simplement, nous sommes en désaccord permanent avec eux, c’est pourquoi nous ne faisons que les attaquer et nous protéger de leurs nombreux assauts. »

« Dis grand-mère Kalix, c’est vrai qu’à l’époque où tu étais une jeune Goupix, les humains n’avaient pas ces étranges sphères rouges et blanches qui font apparaître les autres animaux ? »

« Exactement Otina, en ce temps, les pokémons et les humains devaient avoir une véritable relation entre eux et savoir se comprendre. En ce temps, une bonne partie des créatures et même les Feunards étaient leurs amis. Comme nous n’étions pas capturés contre notre volonté par les hommes, nos relations étaient pures et sincères. »

« Alors pourquoi ils ont inventé ces sphères rouges et blanches ? Cela ne leur plaisait plus d’avoir ces relations ? »

« Tout simplement que parmi les humains, certains sont maléfiques et veulent diriger ce monde. Mais les humains ne sont pas tous mauvais, simplement, ils ont choisi l’option de facilité et nous ne pouvons pas leur en vouloir. Nous aussi, nous avons quelques dissidents et donc… »

« Arrête donc de raconter ce genre de bêtises, Kalix. Tous les hommes sont mauvais et cela ne changera jamais. »

Les Goupix se retournaient vers la Feunard au pelage brun. Celle-ci était arrivée alors que la vieille Feunard racontait son histoire. Elle jeta un regard de même couleur que son pelage avant de dire :

« Il est l’heure d’aller se nourrir et ensuite de se coucher. Nous resterons ici. Partez maintenant vous rassasier. »

Les Goupix poussèrent des glapissements de joie alors que Zyla s’éloignait, suivant cette dernière pour aller se nourrir. Seule Tyrania était restée près de sa grand-mère, celle-ci ayant remarqué la présence de la jeune Goupix au pelage argenté. Les yeux jaunes de la vieille Feunard se posèrent sur elle avant de dire :

« Alors, tu n’as pas faim Tyrania ? Tu ne veux pas manger ? »

« Et toi grand-mère, pourquoi tu ne manges jamais ? »

« Oh que si, je mange, ne te fais pas de soucis pour ça. Simplement, je consomme beaucoup moins que vous. Les vieilles Feunards comme moi n’ont pas besoin d’être nourries souvent. »

« Mère… Ce n’est pas raisonnable. »

Un magnifique Feunard à la fourrure rougeoyante était apparu avec quelques morceaux de viande au-dessus de ses neufs queues. Il devait bien mesurer dans les deux mètres cinquante et s’était approché de Tyrania et de Kalix. Des yeux de couleur argentée posés sur les deux créatures, il déposa les morceaux sur le sol avant de dire :

« Veuillez manger au lieu de dire de telles choses. Vous êtes celle que tout le monde respecte et admire. Vous êtes un modèle auquel bon nombre de Feunards aimeraient ressembler. »

« Moi je l’aime vraiment beaucoup grand-mère Kalix ! »

« Ah… Tyrania, Tyrania, Tyrania, tu embêtes encore ta grand-mère ? Vilaine fille. »

« Elle ne m’ennuie pas, mon fils. J’étais en train de raconter … »

« Dis Père ! Je voulais savoir : Est-ce que tous les hommes sont mauvais ? »

« Tu devrais manger au lieu de dire des bêtises. Tu es beaucoup trop jeune pour ça. »

Les deux Feunards se regardèrent dans les yeux alors qu’elle obéissait à son père. Il valait mieux ne rien dire à ce sujet. Il était le seul au courant des antécédents de sa mère. Quelques semaines s’étaient écoulées et les Goupix s’amusaient à moyenne distance des Feunards qui s’étaient réunis pour discuter entre eux. Une sorte de gros papillon à la peau bleue et aux yeux rouges s’approcha des Goupix avant de venir les narguer en tournant autour. Les jeunes renards s’étaient déjà redressés sur leurs pattes en glapissant avant qu’une voix ne se fasse entendre :

« Restez ici ! Ne vous laissez pas avoir par ce …TYRANIA ! »

La jeune renarde au pelage argenté n’avait pas écouté la consigne, se mettant à poursuivre avec vélocité le Papillusion qui s’enfuyait. Après une course de plus de cinq cent mètres, elle arriva finalement devant un jeune garçon qui avait les yeux fermés. Une coupe au bol, les cheveux noirs, il ouvrit ses deux yeux rouges avant de murmurer :

« Tiens ? Une Goupix ? Qu’est-ce que tu fais là ? »
Elle s’était mise à grogner, poussant quelques glapissements pour signaler qu’elle n’allait pas se laisse faire mais le jeune garçon s’était agenouillé, tendant sa main droite vers elle. Elle n’avait pas hésité à le mordre mais celui-ci ne semblait même pas ressentir la douleur. Ses yeux vairons posés sur lui, elle essayait de comprendre la réaction de l’enfant mais celui-ci prenait la parole :

« Moi, je m’appelle Malar. Toi, tu t’appelles Tyrania, c’est ça ? Tu veux être mon amie ? »

Il l’avait regardé avec un léger sourire aux lèvres alors qu’elle retirait ses crocs, apeurée par la situation. Comment Malar connaissait-il déjà son nom ? Elle s’était enfuie alors que l’enfant lui avait demandé de ne pas partir d’une voix triste. Elle était retournée près des autres Goupix, se faisant crier dessus par Zyla pour ce qu’elle venait de faire. Quelques journées s’étaient déroulées et à chaque fois, dès l’instant où elle était seule, Malar revenait près d’elle, lui demandant de bien vouloir être son amie. Elle avait bien tente de le retirer de son esprit, de l’oublier mais rien n’y faisait. Elle n’en avait jamais parlé mais le poids de sa conscience devint trop lourd et elle demanda à Kalix alors qu’elles étaient seules :

« Grand-mère Kalix… Est-ce que les humains sont tous mauvais ? »

« Pourquoi cette question, chair de ma chair ? »

« Je… Tu promets de ne pas le dire ? Et bien… J’ai rencontré un… jeune humain et il veut que je sois son amie. »

« Et toi que veux-tu ? »

Elle ne semblait même pas étonnée de savoir que Tyrania parlait avec un humain. Sa grand-mère était vraiment spéciale. Elle était tellement… superbe. C’était vraiment celle qu’elle admirait le plus au monde. Décontenancée par les propos de sa grand-mère, elle lui répondit :

« Je ne sais pas trop. Il fait un peu peur… mais il n’a pas l’air méchant. C’est un enfant comme moi ! Tu crois que… je peux devenir son amie ? Mais qu’est-ce que les autres vont dire ? »

« Pourquoi devrais-tu le leur dire ? Tu peux tout simplement t’amuser avec lui en lui demandant de ne pas te capturer et ensuite revenir ici comme si de rien n’était. »

« Dis… Grand-mère, tu connais beaucoup les humains, non ? Tu n’as jamais voulu devenir l’amie de l’un d’entre eux ? »

« Oh que si… Plus d’une fois, j’ai voulu le devenir et tout ça pour un unique homme. Mais cela remonte à fort longtemps… J’avais à peine six cents années voir un peu plus mais je m’en rappelle de cet homme. J’étais en train de chasser mais j’avais surestimé l’ennemi et mal m’en a pris. J’étais couverte de blessures et j’ai perdu mon chemin. »

« Et alors ? Et alors ? Et où était Papa et les autres ? »

« Ils n’étaient pas là. J’étais encore capable de me débrouiller toute seule à cette époque… Du moins, j’y croyais jusqu’à ce jour. Gravement blessée, j’errais dans les bois quand je l’ai vu… Cet homme. Il devait avoir une quarantaine d’années et des cheveux noirs qui montraient qu’il n’aimait pas se coiffer. Il était aussi en train de les perdre et j’avais remarqué que certains de ses cheveux devenaient gris. Il s’est approché de moi mais j’ai grogné pour lui signaler que j’étais encore capable de me battre. Je ne voulais pas me laisser faire, je n’allais pas devenir l’un de leurs outils ! »

« Continue grand-mère ! Continue ! »

« Malheureusement, j’avais beau grogné, je n’étais pas en état de continuer à me battre et je me suis évanouie. Quand je me suis réveillé, j’ai remarqué que j’avais beaucoup de bandages et que mes blessures étaient guéries en majorité pour une bonne partie. L’homme dormait sur une chaise, sa tête posée sur la table d’opération. Il avait veillé pendant toute la journée et la nuit à ce que je ne suis plus en danger de mort. J’ai essayé de m’échapper avant de me laisser amadouer mais mon corps était trop faible. Il s’est réveillé et m’a signalé qu’il ne valait mieux pas bouger maintenant. Je n’avais que faire de l’avis d’un humain mais il avait totalement raison. Il s’est présenté à moi et je retiendrais toujours ce nom : Analos Enéka. »

« C’était donc un gentil humain puisqu’il t’a soigné ! »

« Exactement… Un humain comme j’aimerais tant en voir dans ce monde. Je me suis laissé faire et il m’a tout raconté. Auparavant, il travaillait pour une organisation criminelle et faisait des manipulations sur les pokémons. Quand j’ai appris ça, je l’ai simplement ignoré car ce n’était pas si important. Il était si sincère et n’avait jamais esquissé un seul geste pour me capturer. Jamais il ne m’avait demandé si je voulais être son pokémon. Il voulait simplement me soigner car il avait une dette envers les pokémons. Il voulait faire de son mieux pour se faire pardonner. Après deux semaines, j’étais maintenant en parfaite condition physique et je lui ai adieu. Je ne pouvais pas rester avec lui alors que je l’aurais tant voulu. J’avais tellement de choses à gérer, je ne pouvais pas les abandonner pour un humain. »

« Tu l’aimais bien donc ? »

« Oui… Si je n’avais pas eut de famille, je l’aurais rejoint, j’en suis sûre. J’ai appris quelques années plus tard qu’il était mort d’une façon atroce par l’organisation criminelle qu’il avait quittée. Je me suis dit à ce moment là : Si seulement j’étais restée avec lui… Je l’aurais protégé et rien ne serait arrivé. »

« Mais c’est triste comme histoire ! Pourquoi tu ne la racontes jamais ? »

« Car notre famille déteste les humains. Ta mère, Zyla voue une haine farouche à ces derniers. Elle prend de plus en plus de poids dans les décisions et je n’ai pas mon mot à dire. Est-ce que tu as envie de passer le reste de ta vie avec cet humain ? Si c’est le cas, tu devrais aller le rejoindre et t’amuser avec lui. Je ne dirais rien. »

« Moi non plus ! »

Oui… Sa grand-mère… Elle l’aimait tant, elle l’admirait car elle la comprenait si facilement. Un mois s’était passé : Le jeune garçon et elle s’amusaient à chaque fois qu’ils se voyaient. Etrangement, il était toujours derrière eux mais elle ne se posait pas de questions. Un jour, sa mère s’était approchée d’elle et lui avait donné un violent coup de patte en grognant :

« Toi ! Tu as l’odeur d’un humain ! Je pensais que c’était par erreur mais depuis plus d’un mois, tu disparais pendant quasiment une heure ! Où est-ce que tu traînes ?! »

« Zyla… Calme toi, voyons. Tyrania a sûrement une bonne explication. »

« Je… Je… Je rencontre un humain. Il s’appelle Malar et il est très gentil ! Les humains ne sont pas tous méchants comme vous le dites, Mère ! »

« IDIOTE ! Que tous les Feunards se réunissent ! Nous allons devoir discuter de ce que nous allons faire d’elle ! »

Un second coup de patte dans sa tête et elle était tombée au sol. Les Goupix s’étaient tous reculés comme dégoûtés par Tyrania. Seule Kalix était restée à distance d’elle mais en la regardant de ses yeux tristes… Elle ne pouvait rien faire. Finalement, elle s’éloigna pour rejoindre les autres Feunards. La décision avait été sans appel : Elle devait quitter la famille pour éviter de ramener le malheur sur eux avec cet humain. Kalix avait fait de son mieux mais Zyla s’était montrée si convaincante…Les dernières paroles de sa famille provenaient de sa mère alors qu’une aura noire l’entourait :

« Vraiment. Tu as été très stupide, trop stupide ! T’approcher d’un humain et l’apprécier ! Tu me fais honte, Tyrania ! Je te rejette et je te bannis de la famille ! Dorénavant, ton nom sera la Rejetée, celle qui est exclue car elle est impure mais ne compte pas t’en tirer comme ça ! Tu ne pourras pas vivre tranquille avec cet humain. Je vais te maudire… te maudire d’une telle façon que tu ne pourras jamais aimer un humain réellement. Te maudire que JAMAIS tu ne trouveras le bonheur avec les humains ! »

Elle n’avait même pas eut peur. Elle s’en fichait pas mal puisque de toute façon, elle allait être avec celui qu’elle voulait. Elle s’était finalement mise en route en poussant des petits glapissements pour trouver Malar et lui dire qu’elle était libre, que maintenant, elle pouvait toujours avec lui. Ils s’étaient retrouvés dans une clairière et elle s’était mise à courir avec en glapissement de joie. Un violent coup dans le ventre l’avait stoppé net dans son saut pour arriver dans les bras de Malar. Elle ne l’avait pas vu venir et déjà le jeune garçon s’était mis à éclater de rire :

« Alors, comme ça, tu n’as plus de famille ? Tant mieux, ça sera bien mieux. Héhéhé, et dire que tu es tombée dans mon piège. Tu crois vraiment que j’ai besoin d’une chétive et faible créature comme toi ? Tu es laide avec tes deux yeux vairons ! Cela prouve que tu es une ratée, un simple déchet ! »

« Gou… Goupix ? »

« Tu ne comprends pas ?! Tu ne comprends pas ?! J’AI FAIS SIMPLEMENT CA CAR TU M’AMUSES ! J’aime faire souffrir des stupides créatures pures et innocentes comme toi ! »

Ce qui s’était passé ensuite l’avait laissé dans un état proche de la mort. Ruée de coups de pieds et de poings, elle s’était cachée dans un trou abandonné, ne sortant qu’à la lueur de la nuit pour tenter de se nourrir. Du haut de ses huit ans, Malar lui avait montré toute la cruauté des humains et elle s’était laissée trompée de cette façon. Vivre seule et isolée pendant presque cinq années, elle avait détesté toutes ces créatures si heureuses et en famille, qu’elles soient humaines ou pokémons. Finalement, lorsqu’elle avait dix années, elle s’était faite capturée sans qu’elle ne puisse se défendre. Pendant deux ans, personne n’avait réussi à se lier avec elle, elle n’avait pas hésité à montrer ses crocs, à mordre ou à brûler quiconque tentait de s’approcher d’elle. Les uns après les autres, les centres des scientifiques donnant les pokémons aux futures générations de douze ans abandonnaient la pokémon à un nouvel endroit. Et enfin… Elle l’avait trouvé…

« Au départ… Tu me faisais penser à Malar et je n’étais pas prête à me laisser faire. Et au fur et à mesure, j’ai… remarqué que jamais tu ne m’abandonneras. Je suis heureuse d’être avec toi Xano, Xano ? »

Tout les deux s’étaient laissés emportés par la vague des souvenirs de Tyrania. Il s’était mis rapidement à pleurer, se disant qu’ENFIN, il savait tout à son sujet, qu’ENFIN, il avait le sentiment de la connaître réellement. Ils n’avaient pas entendus les faibles cris des trois femmes alors qu’un monstre difforme et composé d’une quinzaine de pokémons s’était mis à courir vers lui. Seul le visage était encore la preuve que Loxen était un humain. Xano s’était frotté les yeux avant de finalement remarquer le monstre qui s’avançait rapidement vers lui. Instinctivement, il avait arrêté la symbiose, Tyrania réapparaissant derrière lui, une neuvième et magnifique queue dorée venant compléter sa fourrure. Enfin, elle était complète. La lame d’une faux alla tracer une ligne diagonale et sanguinolente sur le torse de Xano : La lame d’un Insecateur. Il tomba au sol, les yeux vairons grands ouverts et larmoyants de l’histoire de Tyrania. Le médaillon de la Feunard s’était mis se fissurer de plus en plus alors qu’elle murmurait :

« Pas maintenant… Pas maintenant… Pas maintenant… Pas… Après lui avoir tout dit. Je… Je suis libre, je pouvais être avec lui et toi… Toi… »

Son corps s’était mis à rayonner alors que le médaillon éclatait enfin en morceaux. Six années… Six années de sa vie passée avec lui, ce n’était que le début d’une longue existence à ses côtés. Une existence qu’elle savait être heureuse. La Feunard s’approcha de Xano alors qu’elle s’illuminait, venant poser son museau sur le jeune homme aux yeux grands ouverts, il ne semblait plus répondre, était-il encore conscient… ou même vivant ? Une sphère rougeâtre entourait maintenant Tyrania alors que soudainement, Nelya se téléportait à côté de Luna et Oriane, créant une puissant barrière magique.

« NE BOUGEZ SURTOUT PAS ! »

Loxen fut violemment envoyé contre plusieurs arbres, chaque arbre se détruisant à son contact à cause de la puissance dégagée par Tyrania. La sphère rougeâtre se mettait à grandir avant de provoquer une onde enflammée, une onde de feu qui calcina tout ce qui se trouvait autour à plus d’un kilomètre. Les roches étaient fondues, la porte de fer l’était tout autant voir même trouée en partie. Il ne restait plus aucun arbre et Nelya était tombée à genoux, le front en sueur et la respiration haletante. Normalement, les abris étaient capables de protéger de n’importe quelle attaque mais là… Elle avait vraiment cru que ce dernier n’allait pas tenir le coup. La vague de flammes avait finalement disparu alors qu’une forme féminine tenait Xano dans ses bras. Rapidement, elle posa une main sur la blessure du jeune homme avant de murmure d’une voix élégante :

« Tu n’es… pas en danger de mort. Tant mieux, Xano. »

L’ombre féminine déposa le jeune homme contre un arbre, posant une sorte de papier violet sur sa vilaine blessure alors qu’elle se relevait. Loxen était assez brûlé mais ne semblait même pas avoir souffert de la déflagration. Qu’est-ce qui s’était passé ?! Il ne voyait que le dos de la personne devant lui : Neuf queues magnifiques de couleur dorée et aux bords argentés, deux longues oreilles de renarde, une chevelure assez courte et dorée. Elle semblait porter une longue robe rouge et la voix féminine reprenait la parole en poussant un petit rire. Lentement, elle se retournait alors que ses doigts se tortillaient dans tous les sens avant de laisser apparaître des ongles tranchants comme des lames de rasoir :

« Loxen… D’abord tu tues ma mère, ensuite, tu décides de t’en prendre à Xano. Je ne sais pas la raison qui pousse un humain à commettre de telles monstruosités mais au final cela m’importe peu. J’ai attendu ce moment depuis des années. Dès le jour où j’ai su qu’il était possible de devenir une humaine, j’ai essayé de faire mon maximum pour en devenir une. Je voulais lui montrer à quel point j’étais heureuse avec lui, à quel point j’aimais ce jeune homme. Tu es capable de faire un nombre illimitée de symbioses n’est-ce pas ? Si il n’est pas possible de te tuer d’une manière normale… Je ne vais pas me gêner : Je vais te déchiqueter, morceaux par morceaux. Qu’importe tes symbioses, il va simplement me suffire d’éliminer toutes VOS PITOYABLES VIES ! »

Une longue cicatrice sur son œil droite, un sourire démoniaque aux lèvres, elle portait un long tissu bleu par-dessus sa robe rouge, camouflant ses formes. Il y avait de nombreux dessins sur le tissu bleu et son unique œil violet était dirigé vers cet homme. Elle murmura pour les trois femmes dans un coin :

« Surveillez Xano, ça ne va pas être long. »

Chapitre 67 : Mutant

Chapitre 67 : Mutant

« Xano, si tu veux bien me suivre, je vais vous guider vers le dernier endroit où j’ai ressenti ces deux personnes. »

« Aucun problème. Oriane, Luna, vous restez derrière moi au cas où ? Même si je n’aime pas être protégé, je ne peux pas me permettre de faire l’imbécile. »

Les deux femmes hochèrent la tête alors qu’Oriane se plaça sur derrière Xano mais du côté droit tandis que Luna prenait le côté gauche. Le ton était resté neutre comme il l’avait été depuis toute la matinée. Il se passait quelque chose mais ni Nelya, ni Oriane ne savait ce que c’était. La jeune femme aux cheveux violets attachés avait bien demandé à Luna si elle savait quelque chose mais celle-ci lui avait répondu qu’elle ne savait rien… rien du tout.

Une heure s’était écoulée et ils avaient maintenant parcouru quelques kilomètres mais à pied mais aucun ne s’était plaint, ce n’était pas le moment pour. Nelya guidait la petite troupe alors qu’elle fermait l’un de ses deux yeux bleus pour se concentrer. Elle ressentait à nouveau une présence… une présence qui les suivait et une autre qui était immobile. Il valait mieux ne pas inquiéter les autres.

« Quand nous serons face à ces personnes, j’irais me mettre dans un coin pour éviter de vous gêner. Quand même… Les sur-évolutions ont un problème : Je ne peux plus faire de symbiose avec vous. »

« Bien sûr que si, Xano ! Tu peux toujours en faire avec nous mais d’une autre manière. »

« Hein ? De… comment Oriane ? »

Il ne voyait vraiment pas comment il pouvait refaire une symbiose avec les trois femmes mais Oriane semblait avoir une idée en tête. Elle s’approcha de lui pour se mettre à sa hauteur, venant lui murmurer dans l’oreille :

« La symbiose, c’est la fusion des corps. Il suffit simplement de nous faire fusionner… autrement si tu vois ce que je veux dire. »

« Que… que… Que… Oriane ! Tu ne penses vraiment qu’à ça ! »

Il s’écriait fortement alors qu’elle rigola en venant l’embrasser rapidement sur ses lèvres. Pfff, quelle imbécile ! Il était maintenant fortement gêné à cause d’elle, elle n’avait vraiment que ça à faire de l’embêter avec ce genre de bêtises ! Elle reprit la parole pour lui murmurer à nouveau d’une voix plus douce :

« Au moins… Tu ne restes pas de glace. J’avais peur… »

« Peur de quoi ? Je ne vais pas disparaître. »

« Non mais tu semblais anormalement froid depuis ce matin. Je ne savais pas ce qui se passait. Si tu as des soucis, je suis là, d’accord ? »

« Tu n’as pas à t’en faire, j’ai juste réfléchi un peu. »

« Je t’aime, Xano. »

Elle déposa un baiser sonore sur la joue du jeune homme alors que Nelya s’était arrêtée. Elle avait entendu toute la conversation mais avait fait comme si de rien n’était. De son côté, Luna n’avait rien dit, préférant penser qu’il valait mieux laisser Oriane s’occuper de tout ça. Il n’avait pas répondu aux paroles de la jeune femme aux yeux améthyste mais rougissait légèrement : Ce n’était même pas à cause de sa poitrine collée contre son bras droit mais à cause de ses paroles.

« Nous ne sommes plus très loin, Xano. Je sens qu’il est très proche de nous. Oriane, Luna, si vous voulez bien vous préparer ? »

« Tu restes en arrière Xano, d’accord ? »

« Je veux quand même m’approcher pour voir qui est notre ennemi. »

Oriane soupira légèrement, lui signalant que ce n’était pas une bonne idée car il se pouvait que leur adversaire ne se prive pas pour l’attaquer dès qu’il le verrait. Il répliqua au tac à tac qu’il était assez grand pour prendre ses décisions tout seul. Finalement, ils traversèrent la dernière barrière d’arbre avant d’arriver devant une gigantesque porte faite de métal. Elle se trouvait au pied d’une montagne qui était deux fois plus grande que celle qui avait disparu hier. Xano tourna son regard à gauche et à droite pour voir où se trouvait leur ennemi avant de tenter de se rapprocher de la porte. Rapidement, Nelya le retint par le col grâce à ses pouvoirs psychiques avant de le tirer en arrière. Trois dards de très grande taille venaient de se planter à l’endroit même où il se trouvait il y a quelques instants :

« Je vois qu’il y a des personnes plus douées que d’autres. Dommage, cela m’aurait facilité la tâche de te tuer tout de suite. »

« Avant même de commencer à te régler ton compte, tu ne veux pas me dire ce que votre chef t’a fait ? Que je sache si t’es récupérable ou non. »

Xano venait de s’adresser à l’ombre dans le ciel qui avait tenté de le tuer avec ses dards. Loxen avait deux paires insectoïdes dans son dos, deux dards à la place des mains et des antennes sur le sommet du crâne. Outre sa coiffure afro ridicule et blonde ainsi que sa paire de lunettes noires, il était possible de voir qu’il entretenait bien son corps puisqu’il avait retiré son haut pour être torse nu. Nelya parlait à haute voix tout en le regardant d’un air neutre comme à son habitude :

« Vingt… Vingt-cinq… Vingt-sept. »

« Qu’est-ce qu’elle calcule la grande demoiselle ? »

« Le nombre de pokéballs que tu as sur toi. Tu possèdes vingt-sept pokéballs dont une utilisée d’après le premier constat. »

« Ding ding ! Correct ! Elle est franchement très douée ! Bon, bon, bon, puisque tu veux tout savoir, ma cheffe ne m’a rien fait. C’est plutôt l’une de ses sbires qui m’a fait quelque chose à laquelle je lui serais toujours redevable. »

« Laisse moi deviner : Tu étais souffrant, seul et isolé de tout le monde mais ce sbire est venu te chercher et t’as sauvé la vie. Depuis, tu lui voues un culte sans bornes. »

« C’est presque cela. »

Il arrêta de battre des ailes avant de se poser sur le sol à cinq mètres de Xano. A travers les lunettes noires, Loxen semblait l’étudier avec parcimonie pour voir si c’était vraiment lui qui avait causé tant de problèmes à la cheffe. Pourtant… Il ne semblait pas si fort que ça. Donc… C’était les trois jolies femmes qui étaient à côté de lui qui étaient sa puissance de feu. Ce n’était pas plus mal, d’abord tuer les trois femmes, ensuite le jeune homme.

« Néanmoins… Tu te trompes, je reste du côté d’une unique personne, de ce fameux sbire. Je ferais tout pour lui puisqu’il m’a donner une nouvelle vie. Sans cette personne, je serais encore en train d’errer dans les rues de ce taudis comme un pauvre animal affamé. Devoir manger les ordures, ne jamais se laver, se prendre des coups de la part d’inconnus qui en ont rien à faire de ta personne… Cette personne m’a permis de m’extirper de cet endroit et j’ai développé mes capacités. »

« Cela ne me dit toujours pas ton nom. Tu préfères que l’on se batte dès maintenant ou alors tu préfères te rendre et abandonner ? »

« Loxen… Taiso dominateur, je suis le gardien de cet endroit et le dernier rempart qui te conduira à ma cheffe. Je suis désolé mais d’habitude, je suis d’humeur plus joyeuse. Aujourd’hui est une journée très noire, la nuit va tomber plus rapidement pour toi… Mais tu ne verras pas le jour se lever. »

« Si tu comptes t’approcher de lui, je serais forcée de te découper en tranches. »

Luna s’était positionnée devant Xano, faisant apparaître ses deux griffes blanches à la place de ses mains alors que Loxen ne disait rien, son regard posé sur elle. Il poussa un sifflement d’admiration alors qu’Oriane et Nelya faisaient déjà apparaître leurs ailes dans leurs dos.

« Et bien mon gars… Tu ne dois pas t’ennuyer avec elle. »

« Hein que quoi ? »

« Non mais si elle m’entendait, elle irait me planter mais quand même… Ta copine avec ses deux griffes, elle a bu trop de lait durant son enfance ou quoi ?! »

« Xano ? Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? »

Il passa une main sur son front d’un geste exaspéré. Ce type… était aussi un pervers et pas des meilleurs ! Il recula Luna alors qu’il était rouge aux joues, Luna ne voyant pas ce que Loxen disait avec sa sur-consommation de lait.

« Mais Xano, dis moi ! »

« Tu dois souvent en profiter avec elle, avoue ! Les pokémons devenues humaines sont bien meilleures que les humaines elles-mêmes. Elles ont besoin d’être dressées. »

« Il dit simplement que tu as une poitrine hors norme. »

« HIIIIIIIIIIIIIII ! »

Elle poussa un cri de gêne avant de se cacher sa poitrine dans sa tenue moulante de couleur blanche avec ses deux griffes. Vraiment, elle le détestait déjà. Oriane avait un petit sourire aux lèvres alors qu’elle avait écouté les paroles de Loxen tandis que Nelya restait impassible, ses yeux s’étant fermés. Rapidement, elle tentait déjà d’envisager la possibilité d’abattre son adversaire grâce à ses pouvoirs psychiques mais elle n’y arriva pas, fronçant les sourcils en murmurant :

« Son âme… Je n’arrive pas à la manipuler pour utiliser mes pouvoirs psychiques. »

« Tiens… La jeune femme aux deux yeux blancs tracés sur sa poitrine semble être une ancienne pokémon de type psychique. Je me trompe ? C’est dommage mais je ne suis pas du genre à être manipulé, je préfère manipuler plus personnellement mais maintenant, on finit de dis… »

« Pour ma part, c’est déjà fait depuis quelques temps ! »

Oriane venait de crier en direction de Loxen avant qu’un puissant rayon ne vienne frapper le jeune homme aux lunettes noires dans le ventre, l’envoyant contre un pan de la montagne. De nombreux rochers tombèrent sur le corps de Loxen alors qu’Oriane prit une longue respiration comme si l’utilisation de cette attaque venait de l’épuiser. Xano s’était tourné vers elle, surpris de la réaction de la jeune femme :

« Que… Mais euh… Oriane ? »

« Nous n’avons pas à converser avec l’ennemi. Si il préfère perdre son temps à parler avec nous, je ne vois pas pourquoi je resterais là, les bras croisés en attendant qu’il vienne nous attaquer. J’ai simplement décidé de l’attaquer en première. »

« C’est un peu… brutale comme action mais tu as toutes mes félicitations. »

Il rigola très légèrement alors que les trois femmes faisaient déjà disparaître leurs ailes et autres attributs qui montraient de quelles pokémons elles provenaient. Et bien… Cette affaire avait été rondement menée d’une main de maîtresse et il prit celle d’Oriane pour venir la porter à ses lèvres et l’embrasser.

« Gente damoiselle, vous avez été d’une efficacité remarquable. »

« Je vous en prie, messire Xano. Point en public. »

« Il est un peu trop tôt pour m’enterrer. »

Les rochers se soulevèrent au-dessus du sol alors que les sourires disparaissaient des lèvres de Xano et Oriane. Au lieu de retomber, les roches stationnaient dans les airs avant d’être expulsés en direction des quatre personnes. Nelya se plaça devant le trio avant de faire quelques gestes de la main, faisant dériver les pierres de leurs directions originales.

« C’est vrai… Une ancienne Xatu. Intéressant. »
Loxen était indemne, de longues moustaches se trouvant au-dessus de ses lèvres alors qu’il avait deux cuillères dans ses mains. Ses ailes d’insecte étaient toujours dans son dos alors que sa peau s’était recouverte d’une magnifique carapace de métal. Nelya le regarda d’un air intrigué avant de dire sur un ton neutre :

« Trois pokémons : Un Dardargnan, un Alakazam et un Steelix ou du moins, un pokémon recouvert de métal. Le dernier, je ne peux pas le confirmer. »

« Elle est vraiment très intelligente cette ancienne Xatu. Elle ne t’ennuie pas à parler toujours comme ça ? »

« Souvent… Souvent… Mais elle a de très bons côtés. Par contre, c’est à moi de te poser une question : Comment fais-tu pour rester en symbiose avec trois pokémons ? »

C’est vrai… Il avait presque perdu son âme lorsqu’il avait fait quatre symbioses en même temps alors comment un humain normal pouvait-il faire trois symbioses sans avoir quelques problèmes ? Un trou s’était formé derrière Loxen alors que celui-ci souriait, visiblement amusé par ce que Xano lui demandait :

« Lors d’une symbiose, il faut que les deux âmes soient en résonance pour permettre une fusion parfaite et donc plus puissante. Dans mon cas, c’est un peu différent. Pourquoi on m’appelle le Taiso Dominateur ? Tout simplement car je suis capable de dominer les autres âmes avec qui je suis en résonance. Ces idées d’humains capables d’éveiller leurs pokémons et autres, AH ! Ce ne sont que des pathétiques choses ! Tuer ou être tué. Dévorer ses prédateurs pour ne pas être ses gibiers. Dans certains cas, les pokémons peuvent prendre le contrôle de l’humain avec qui ils font une symbiose. Cela a du t’arriver dans tes débuts, n’est-ce pas ? Dans mon cas, je suis capable d’écraser les âmes des pokémons qui font des symbioses avec moi si je reste fixé sur une seule et unique pensée. Ainsi, je n’ai plus besoin d’être en phase avec les pokémons pour utiliser leurs pouvoirs. Continuons si tu le veux bien, je dois t’enterrer et te tuer. »

Rapidement, il utilisait ses pouvoirs psychiques. Comme il était impossible de voir ses yeux sous les lunettes noires, rien ne signalait qu’il était en train d’user de sa force psychique… sauf le fait que les deux cuillères dans ses mains se pliaient. Xano se retrouva en train de léviter dans les airs tout en s’écriant :

« Me…MERDE ! On me tire dans tous les sens ! On est en train de tirer sur tous mes membres ! »

Ca faisait mal ! TRES MAL ! Comme si on commençait à briser ses bras et ses jambes pour s’amuser avant de venir s’attaquer à son crâne, il tentait de se débattre mais n’y arrivait pas. Soudainement, il se retrouva en train de tomber dans le vide, rapidement réceptionné par Nelya qui le portait dans ses bras en lui murmurant :

« Recule… donc. Nous allons nous occuper de lui. »

« Et je vois qu’elle n’est pas faible. Vraiment, tu choisis très bien tes pokémons. »

« Tu… t’en es pris à lui. »

Nelya déposa Xano sur le sol alors qu’il se mettait à rougir. Il aimait vraiment quand elle parlait comme ça. Il se mit debout, reculant légèrement avant de se mettre derrière un arbre. Ainsi, Loxen ne pourra pas le toucher et utiliser ses pouvoirs psychiques. Oriane quand à elle s’était mise à soupirer en voyant que l’homme n’avait reçu presque aucune blessure à cause de son laser :

« Et bien, tu as une carapace sacrément solide mais jusqu’à où ? Je ne sais pas trop comment tu vas faire pour résister à nous trois. »

« Ne t’inquiète donc pas pour ça, ma jolie. Si je vois que vous êtes un peu trop puissantes, je changerais la donne mais pour l’instant, viens donc te battre qu’on rigole. »

« AVEC GRAND PLAISIR ! »

C’était Luna qui venait de crier, ses deux griffes blanches tendues en avant alors qu’elle se dirigeait vers Loxen en colère. Comment avait-il osé s’en prendre à Xano de cette façon ?! C’était vraiment une tactique de lâche que de ne pas à avoir à lever le moindre doigt pour le blesser ! Sa griffe gauche percuta le bras droit de Loxen qui avait fait tomber sa cuillère pour reprendre sa forme de dard pour parer le coup.

« Tiens, la mademoiselle aux gros seins semble un peu énervée. J’ai osé m’en prendre à celui qui te tâte et te tète chaque nuit ? »

« SALE PORC ! »

« Heu… Ce n’est pas très conseillé de l’énerver. Enfin bon, ce que j’en dis moi… »

Oriane hocha les épaules avant de faire un saut en arrière. Elle fit un signe à Nelya pour lui dire de s’envoler avec elle. Lentement puis de plus en plus rapidement, Nelya se mettait à battre de ses magnifiques ailes rouges alors qu’un vent se soulevait en direction de Loxen, venant le frapper au visage alors qu’il rigolait tout en énervant Luna.

« Arrête de bouger ! Je vais t’écarteler ! Tu n’as pas le droit de dire ça ! Seul Xano peut se permettre de me parler comme ça ! »

« Ohlala, quelle chance. Il a une femme toute prête pour lui chaque soir. Il doit être heureux mais il n’irait pas voir ailleurs des fois ? Tu dois être du genre collante si tu ne fais que parler de lui chaque jour. »

« LUNA ! Calme toi et ne l’écoute pas ! On s’en fout de ce qu’il dit ! »

Xano lui criait dessus pour essayer de la raisonner mais visiblement cela ne servait à rien. De plus, Loxen faisait tout la titiller comme de frotter son dard contre sa poitrine sans pour autant la blesser. Elle voulait le tuer et lui… s’amusait ? Il ne semblait pas prendre la situation au sérieux. Il se pensait donc bien supérieur aux trois femmes ?

« Luna ! Tu ferais bien de te pousser, ça va faire mal ! »

C’est vrai qu’ils avaient quitté l’endroit où se trouvait la grotte pour s’affronter dans les bois aux alentours. Luna avait entendu la voix d’Oriane et fit rapidement plusieurs sauts en arrière tout en utilisant ses ailes alors que l’ancienne Altaria brillait d’une couleur dorée. Le vent étant avec elle, cette attaque allait faire très mal. Loxen observa la jeune femme aux longs cheveux violets avant de faire réapparaître ses deux cuillères pour utiliser ses pouvoirs psychiques. Déjà, il créait une barrière pour se préparer à atténuer voir à arrêter le coup d’Oriane qui s’était mise à foncer en piqué vers lui. Si elle arrivait à cette vitesse vers lui, il allait avoir sacrément mal ! Sa barrière éclata en morceaux alors que Nelya se retrouvait à côté de lui, murmurant :

« Tu n’es pas habitué à utiliser tes pouvoirs psychiques. Ce genre de barrière pathétique est si facile à briser. »

« Que… Hahaha ! Bien… Bien… C’est vrai, vous n’êtes pas si faibles que ça ! »

« Qu’est-ce qui te fait rire ? »

« Vous êtes si faciles à berner ! Viens donc ma jolie, je vais te réceptionner ! »

Une nouvelle pokéball s’ouvrait au moment même où Oriane était déjà en train d’arriver à toute allure vers lui. Une longue queue grise et faite de roche vint frapper Nelya pour l’envoyer au loin sans qu’elle ne comprenne d’où venait le coup alors que deux pattes étaient apparues au-dessus des deux mains. A la place du nez de Loxen se trouvait maintenant une foreuse tandis qu’Oriane venait percuter l’homme à la coupe afro de plein fouet. Celui-ci la freinait dans son élan avec ses deux grosses pattes grises alors qu’il reculait sous la puissance du coup :

« Dommage… Dommage… Il faudra faire bien mieux que ça et pendant ce temps, une personne est en danger héhéhé. »

« Quatre symbioses ?! Mais qu’est-ce que tu es ?! »

« Je suis simplement un humain qui ne reste fixé que sur un seul objectif ! Tu ferais mieux de surveiller ton pauvre petit Joker Blanc, il va avoir quelques soucis héhéhé. »

Elle se retourna, trop inquiète envers le jeune homme aux longs cheveux blancs. Si manipulable dès qu’il s’agissait de Xano, elle ne remarqua pas le coude de roche qui alla la frapper au niveau de la joue, l’envoyant contre un arbre. Du côté de Xano, il était toujours caché derrière son arbre, voyant la situation d’un œil extérieur. Si seulement il pouvait aider Nelya, Oriane et Luna ! Malheureusement, il n’avait aucun pouvoir et cela l’énervait plus que tout ! Il ne vit pas que le sol s’était ouvert derrière lui et il n’eut le temps que de se retourner avant qu’un effroyable dragon bipédique et orange se tienne devant lui. Le bout de sa queue était enflammé et ses yeux étaient entièrement blancs. Ce Dracaufeu avait crée un tunnel ?! Il était dos contre l’arbre, observant la créature avec une légère appréhension, il ne devait pas avoir peur… Ne pas avoir peur… Le monstre ouvrait la gueule pour se préparer à cracher un puissant souffle de feu. Une ombre passa au-dessus de Xano avant que huit queues au bout argenté ne viennent frapper le dragon orange au visage, le faisant tituber sur le côté. Ce n’était pas suffisant mais déjà la tête de l’ombre alla frapper le Dracaufeu au ventre, l’envoyant dans le décor. La première réaction de Xano fut un immense cri de joie alors qu’il ne voyait que le dos de la renarde de plus d’un mètre de hauteur, ce pelage doré, ses huit magnifiques queues, cette voix qu’il n’avait plus entendu depuis des mois :

« Tu n’es pas blessé, Xano ? »

« TYRANIA ! »

Qu’importe la situation, qu’importe le moment, qu’importe l’endroit, il s’en fichait royalement ! Il alla se jeter au cou de la Feunard alors que celle-ci lui tournait le dos. Il l’enlaçait avec affection, si heureux de la revoir.

Chapitre 66 : La retrouver

Chapitre 66 : La retrouver

« Mais qu’est-ce qui se passe ?! »

« Reste couché et ne bouge pas, Xano ! »

Oriane lui plaquait la tête au sol, le protégeant de son corps alors que Luna et Nelya volaient dans les alentours. Ce tremblement n’était pas normal, il n’avait pas été causé par la nature. Elles en étaient sûres ! Luna pointa du doigt une direction tout en s’adressant à Nelya :

« Ne… Nelya. Regarde ça ! Regarde ! »

« Qu’est-ce qu’il y a ? Comment… »

Même elle n’arrivait pas à le croire… Toute une montagne venait de disparaître en un instant. C’était donc là la raison de ce tremblement mais qu’est-ce qui avait causé ça ? Elles retournèrent vers Xano, lui faisant son rapport alors qu’il se relevait, se massant le crâne à cause de l’appui continu d’Oriane sur sa tête.

« Une montagne qui a disparu ? Vous avez rêvé les filles. »

« Laisse moi t’y emmener, Xano. Oriane, Luna, suivez moi dans les airs. Puisqu’il ne veut pas croire nos paroles, nous devons lui montrer la vérité. »

Sans attendre l’accord du jeune homme, la femme aux cheveux bleus lui empoigna les deux bras, le serrant contre elle avant de faire apparaître ses deux ailes rouges dans son dos. Rapidement, ils dépassaient les cimes des bois alors que Luna et Oriane les suivaient. Non… Elles n’avaient pas menti mais ce n’était pas croyable. Comment une montagne pouvait disparaître aussi rapidement ?

« Nous devrions y aller ! Dirigeons nous vers l’endroit où se trouvait la montagne. Je suis sûr que c’est là que se trouvent nos ennemis ! »

« C’est plutôt risquée comme action, Xano. Tu ne voudrais pas y réfléchir ? »

« Pas le temps ! Tu crois qu’ils vont nous attendre ?! Nous sommes dans les montagnes Valéennes, donc dans l’endroit où se situe la base de l’ennemi ! »

« Si tu veux… Oriane, Luna, vous avez entendu Xano. Préparez vous, nous allons voler au-dessus des arbres même si ce n’est pas très conseillé. »

Pendant le voyage, elle lui murmurait simplement de se préparer mentalement et physiquement. Comme ils volaient au-dessus des arbres, ils étaient des proies très faciles pour quiconque se trouvait en embuscade et en surveillance. Heureusement pour eux, il ne semblait y avoir personne et déjà, ils purent poser leurs pieds au sol alors qu’il se mettait déjà à inspecter les alentours.
Tout le sommet de la montagne avait disparu et celle-ci était maintenant coupée en deux, une grande surface plane se trouvant à la place de son sommet. Cette même surface était parfaitement lisse et ils étaient seuls, parfaitement seuls dans ce lieu. Il se retourna vers Luna et les autres femmes avant de leur dire :

« Bon, on se sépare en quatre ! Chacun s’occupe d’un côté. Luna tu prends celui au Sud de notre position, Nelya l’Est, Oriane l’Ouest et moi je prends le Nord. Essayez voir de trouver quelques indices ou je ne sais quoi. »

Les trois femmes hochèrent la tête avant de s’éloigner chacune de leur côté. Pour sa part, il se dirigea en courant vers le nord, se disant que tout allait être terminé d’ici quelques heures. Tout était sur le point de se finir et il le savait, son intuition ne pouvait pas le tromper sur ce point ! Il se mit à fouiller dans les alentours, suivant les chemins montagneux qui se trouvaient sur l’amont de ce qui restait de la montagne.

Des bruits… Elle entendait des bruits… Elle ne rêvait pas, elle n’était pas aveugle ou sourd. Elle entendait bel et bien des bruits… Même des voix ! Elle ouvrit faiblement ses deux yeux, une violente douleur s’abattant sur la surface droite de son visage. Vouloir ouvrir quelque chose qui était mort était une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Son œil gauche observait où elle était : Des feuilles, plein de feuilles. Elle se trouvait dans un buisson. Elle entendait maintenant des voix mais n’arrivait pas à les reconnaître, elle était trop blessée et sonnée pour réfléchir plus longtemps à ça.

« Vous avez quelque chose de votre côté ?! »

Aucune réponse de leurs parts. Il se donna une violente claque sur le front : Mais quel con ! Comment pouvait-il ouvrir sa bouche à ce moment ?! Surtout qu’il savait que c’était parfaitement inutile, elles ne risquaient pas de l’entendre mais en plus, si il y avait des personnes autour de lui, il indiquait sa présence. Mais quel bouffon ! Il se redonna une nouvelle claque avant de fermer sa bouche pour éviter de parler à nouveau.
Xa… Xano… Il était près d’elle. Elle avait… entendu sa voix. Elle était sûre… de l’avoir entendu. Elle n’avait… pas rêvé. Pas du tout. Ce n’était pas possible… Il était… vraiment là ? Elle avait déjà senti que la malédiction avait disparu en même temps que ses blessures. Sa mère… était vraiment morte ? Sans savoir pourquoi, elle ressentait maintenant un grand vide en elle. Comme Elis, sa mère avait toujours caché une partie d’elle pour la protection de son enfant. Qu’importe les chemins choisis, Xano et elle… étaient pareils. Elle voulait ouvrir sa bouche, crier en sa direction mais aucun mot ne sortait de sa bouche. Elle était si fatiguée alors qu’elle n’était plus en danger.

« Et bien, heureusement que tu étais là ma jolie ! Sans toi, je ne sais pas ce que je serais devenu. »

« Fais attention… Je ne veux pas te voir disparaître… Pas toi. Je ne pourrais plus te sauver. Rappelle toi que je ne suis pas sensée rester avec toi. »

« Ma belle, je le sais fort bien. Ne t’inquiètes pas, j’ai bien compris la leçon ! »

« Au passage… Ils sont très près de nous, fais attention à toi quand tu rentreras à la base. »

« Tu penses vraiment que j’ai peur d’eux ? Ils ne pourront rien contre moi avec mon âme héhéhé. Je suis capable de les dominer ! »

« Tu n’es pas en état de faire le fier. Vas te reposer à la base. »

Deux autres voix ? Et elles n’étaient pas si éloignées de Xano ! Elle devait le prévenir ! Elle tenta de se lever, se tenant sur ses deux pattes avec difficultés. Elle avait si mal à son corps… Ses blessures étaient soignées mais cela ne l’empêchait pas d’avoir des courbatures. Inutile, c’était vraiment inutile de tenter de bouger avant une bonne heure. Elle ne pouvait faire qu’une chose, une chose particulièrement stupide :

« Ne fonce… pas tête baissée dedans, s’il te plaît. »

Elle ouvrit la bouche, se concentrant avant de cracher un puissant souffle de feu en direction du ciel, brûlant le buisson autour d’elle alors qu’une boule enflammée traversait les airs. Instinctivement, Oriane, Nelya et Luna se tournèrent vers la provenance de la boule de feu. Chacune se dirigeaient vers cet endroit, l’ancienne Xatu tentant de rentrer en communication télépathique avec Xano mais celui-ci semblait avoir bloqué son esprit.

« Il y a un souci. Je n’arrive pas à parler avec Xano. Il doit avoir un problème. »

« Hein ? Non… Ce n’est quand même pas… »

« On a pas le temps de discuter ! Xano est peut-être en danger ! »

Les trois femmes battirent des ailes à pleine vitesse alors que Xano s’était immobilisé. Il avait eut un pressentiment dès l’instant où il avait vu cette lumière qui s’envolait dans le ciel. A cause des arbres, il n’avait pu définir exactement ce qu’était cette lumière mais il avait compris ce qu’elle représentait. Rapidement, il s’était caché dans un buisson alors que deux personnes passaient devant lui après quelques minutes. Il n’avait pas réussi à voir à quoi elles ressemblaient, une sorte de brouillard étrange entourant les deux personnes.

« Tyrania ? Tu es là ? Tyrania ? Tyrania ? »

Il était sûr que c’était grâce à elle qu’il ne s’était pas fait repéré. Il en mettrait sa main à couper ! Il sortit de son buisson, commençant à chercher dans les alentours avec une minutie qu’il ne se connaissait pas. Où était-elle ? Où était-elle ?! Elle était près de lui, si près de lui après tout ce temps !

Quelle… imbécile. Elle n’y avait pas pensé sur le coup mais… Son ouïe était bien plus développée que celle d’un humain. Voilà pourquoi elle pouvait les entendre mais pas les voir… Ils étaient peut-être à plus d’une centaine de mètres d’elle. Pff… Même le destin semblait s’en mêler. Elle espérait seulement qu’il n’y avait personne d’assez intelligent pour comprendre d’où provenait exactement la boule de feu grâce à sa direction et à l’angle pris.

« Arrêtez ! »

Nelya stoppa Luna et Oriane dans les airs grâce à ces pouvoirs psychiques. Les deux femmes furent surprises de ce geste et déjà se retournaient vers elle :

« Mais qu’est-ce que tu fous ?! Xano est peut-être… »

« Calme toi Oriane. Deux personnes sont en train de se diriger vers la direction prise par cette boule de feu. Même si je ne suis pas capable de savoir qui se déplacent, je peux sentir leurs présences. Elles se déplacent très rapidement et il y en a deux qui sont assez proches de nous. Ah non… Il n’en reste plus qu’une seule. »

« Mais qu’est-ce qui se passe ?! »

« On va vers cette personne qui reste immobile ! Elle ne semble pas bouger ! »

Pourquoi avait-elle senti une seconde présence ? S’était-elle trompée ? Ce n’était pas possible, elle n’était pas du genre à rater ses lectures. C’était même grâce à cela qu’elle avait rencontré Xano la première fois ! Au bout de cinq minutes, elles se retrouvaient devant lui, Luna venant l’enlacer en sanglotant presque alors qu’Oriane prenait la parole :

« Non mais je peux savoir ce que tu as fait, Xano ?! Nous avons vu une boule de feu et… »

« C’est Tyrania. »

« Comment ça, Tyrania ?! Où elle est ? »

« Je ne sais pas mais… C’est elle. Elle m’a permis de me cacher avant de me faire repérer. Deux personnes sont à nos trousses et on est proches de leur base, j’en suis sûr. Mais d’abord… »

« D’abord ? »

« On cherche Tyrania ! Elle est dans le coin ! »

Seule Nelya restait immobile et muette : Les deux personnes qu’elle avait senti auparavant, elle venait de perdre leurs traces. Mentalement, elle se notait le dernier endroit où elle avait put encore les repérer alors que Xano et les deux autres femmes se mettaient déjà à la recherche de Tyrania. Pendant plus de deux heures, chacun cherchait de son côté sans pour autant être trop éloigné l’un de l’autre.

Ils étaient à sa recherche… Elle le savait et elle gardait son unique œil ouvert. Elle allait enfin pouvoir le revoir après presque trois mois d’absence. Comment allait-il la trouver ? Elle avait tellement changé depuis ce temps… Ses muscles étaient devenus bien plus puissants, ses poils plus sales et cette… cicatrice. Elle n’était plus vraiment la Tyrania qu’il avait connu dans le passé. Elle pouvait se déplacer maintenant, elle le savait… mais elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas qu’il la voie dans cet état, elle était maintenant déplorable.
Plusieurs heures s’écoulèrent et il avait décidé d’installer son campement ici, qu’importent les paroles de Nelya au sujet de la sécurité. Si Tyrania était près de lui, ils ne partiraient pas avant de l’avoir trouvé !

« Xano… Je le répète mais ce n’est pas une bonne idée. Si nous faisons une fumée, ils pourront nous repérer. »

« Je m’en fous ! Tyrania est proche de moi, je le sens ! »

« Arrête avec ça, tu n’as pas un don pour repérer les personnes autour de toi. J’ai ce don et je ne ressens personne à plusieurs centaines de mètres. »

« Et des fois, tu peux te tromper. Fin de la discussion. Si vous avez tant d’inquiétudes à ce sujet, je vais rester toute la nuit éveillé pendant que vous dormirez. »

Il n’allait pas pouvoir dormir de toute façon. Savoir qu’elle était si proche et pourtant si loin de lui le mettait dans un état d’excitation incontrôlable. Il se sentait capable de combattre n’importe qui rien qu’en pensant à Tyrania. Tyrania… Sa fourrure dorée… Ses magnifiques yeux vairons. Des yeux vairons comme les siens. Il poussa un petit rire alors que les trois femmes ne comprenaient pas la raison de ce dernier.

« Allez vous coucher, je reste debout. Je ne bougerais pas d’ici de toute façon. »

« Mais tu n’as pas de pou… »

« Personne ne m’arrêtera alors qu’elle se trouve dans les environs. Que ça soit un Taiso, Malar, Juperus ou même vous, personne ne pourra m’empêcher de la voir. »

Oriane poussa un léger soupir avant de s’approcher de lui, venant l’embrasser sur la joue pour lui souhaiter bonne nuit. Nelya hocha simplement la tête alors que Luna venait déposer un doux baiser sur ses lèvres en lui murmurant :

« Ne pense pas qu’à elle, d’accord ? Il y a d’autres femmes qui t’aiment. J’ai du mal… à accepter que tu sois à plusieurs d’entre nous comme j’ai du mal à accepter que tu te focalises que sur elle dans ces moments. »

« Je suis désolé Luna mais tu sais bien que vous êtes toutes importantes pour moi. Tyrania est la seule qui ne soit pas devenue humaine. »

« Et ta première pokémon, je le sais bien. »

« Tu ne peux pas savoir ce qu’elle a ressenti en vous voyant devenir humaines avant elle. Être le premier pokémon d’une personne ou inversement, cela crée une connexion entre eux qui ne peut pas être brisée même dans la mort. »

« Elle est… spéciale pour toi. »

« Vous l’êtes toutes à mes yeux. Vous êtes toutes spéciales et je vous aime toutes mais elle… Malgré son caractère, malgré son comportement, ses problèmes, ses morsures, toutes ces choses qui montraient qu’elle me détestait, je ne peux m’empêcher de penser à elle. »

« Je l’envie… Je l’envie vraiment… Elle a une place que je n’aurais jamais dans ton cœur. »

« Ne dit pas ça, Luna, d’accord ? Tu devrais plutôt aller te coucher au lieu de penser à ce que je dis comme bêtises. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je dis exactement. »

« Tu resteras avec nous ? Après tous ces évènements… Après la fin des Taisos et du Joker Noir, est-ce que tu accepteras… de me garder avec toi ? »

« Peut-être que je deviendrais à nouveau l’envoyé de Juperus et si c’est le cas, il se peut que nous ne nous voyons plus jamais. »

Elle le regardait d’un air effaré et apeuré : Elle avait dit ça sous un ton sentimental comme si le moment s’y prêtait mais elle ne voulait pas être séparée de lui ! Nelya et Oriane s’étaient déjà couchées mais elle… Elle restait près de lui. Ses excès de colère, de possessivité et toutes les choses qu’elle faisait pour attirer son attention ou lui montrer son amour, elle ne voulait pas perdre tout ce qu’elle avait pour lui. Il la serra dans ses bras, la réconfortant avec affection avant de lui dire qu’il rigolait : Jamais il n’allait abandonner l’une de ces quatre Reines.

« Même si je dois devenir à nouveau l’envoyé de Juperus, je la forcerais pour que vous puissiez m’accompagner. Nous aurons l’éternité pour nous aimer. Quand même… Je me souviens l’avoir critiqué dans le passé mais je ne suis guère mieux. »

« De qui tu parles ? »

« Ah oui… C’est vrai, tu ne le connais pas. Je veux parler d’un homme nommé Ryusuke. Il est le Dieu Supérieur des humains mais avant ça, il y a deux cent ans, il est celui qui m’a tué. Il aimait passionnément une Gardevoir nommée Clémona. Elle, tu dois la connaître. Enfin bref, tout ça pour te dire qu’il est le père de Drimali et de Shymi donc qu’il a deux mères différentes. Au final, je le critiquais sur le fait qu’il aimait deux femmes différentes mais… Je ne suis guère mieux. »

« Pourquoi ça ? Car tu nous aimes toutes les quatre ? »

« Exactement. C’est assez malsain du côté des humains. Mais vous, vous étiez des pokémons. Je ne pense pas que la notion d’amour unique ou de fidélité soit dans vos esprits. »

Elle n’arrivait pas à comprendre ce qu’il voulait dire par là. Peut-être que ses pensées étaient vraiment confuses ? Depuis qu’ils étaient dans les montagnes, depuis qu’il savait que Tyrania était proche d’eux, il semblait être rentré dans un état second. Elle alla l’embrasser une nouvelle fois avant de se diriger vers la tente. Elle s’arrêta devant l’entrée de celle-ci, lui murmurant d’une voix sûre mais triste :

« Si… Par notion de fidélité, tu penses au fait que je ne suis qu’à toi… C’est le cas. Je n’aurais jamais aucun autre homme dans mon cœur mais toi… Tu as quatre femmes, quatre femmes qui t’aiment réellement. Nous sommes toutes les femmes d’un seul homme, un unique homme mais toi… Tu es l’homme de quatre femmes, ton cœur est divisé en quatre parties qui battent pour nous. Que ça soit moi, Oriane, Nelya ou alors Tyrania, chacune lutte contre l’autre pour s’accaparer une plus grande zone de ton cœur. »

« Luna… Bonne nuit. »

« Oui… Bonne nuit, Xano. Désolée de t’avoir parler de ça. »

Elle pénétra dans la tente alors qu’il se laissait tomber sur le sol. L’amour… C’était vraiment si compliqué : Il couchait avec trois femmes différentes, chacune connaissait les deux autres, chacune était amie avec les deux autres mais elles les aimaient sincèrement. Et dire qu’il y a quelques années, il s’était interdit de coucher avec Shymi car il ne l’aimait pas. Mais au final, est-ce qu’il aimait réellement l’une des trois femmes ?

« Imbécile. »

Il prononça pour lui-même cette insulte alors qu’il se relevait, observant les flammes qui se trouvaient devant lui. Des flammes qui lui rappelaient cette petite renarde qu’il avait élevé depuis presque un tiers de sa vie. Juperus… et ses médaillons. Etait-ce vraiment une aussi bonne idée que ça ? Plus le temps passait, plus il se posait des questions à ce sujet.

Elle apercevait la fumée dans le ciel, la fumée d’un feu allumé par des humains. C’était Xano… Elle le savait bien mais elle ne pouvait pas revenir… Elle était devenue si laide depuis cet instant… Si elle devait devenir une humaine, elle se transformerait véritablement en monstre et ça… Elle ne pouvait pas se le permettre. Elle se lécha la patte droite avant de se la plaquer sur la cicatrice qui traversait son œil droit.

« Nous partons. Elle n’est pas ici. J’ai du me tromper… »

« Tu semblais pourtant si confiant hier, il s’est passé quelque chose ? »

Les yeux saphir de Nelya étaient dirigés vers lui, essayant de lire dans son cœur. Il ferma rapidement ses yeux vairons comme pour éviter à la jeune femme de comprendre des choses qu’elle n’avait pas à savoir. Il prit la parole sur un ton ennuyé :

« Non… J’ai simplement revu mes priorités. Ca ne devait pas être Tyrania. Allons y, nous devons trouver les deux personnes qui semblaient me rechercher hier. »

Il y avait quelque chose qui clochait avec les dires de Xano mais où ? Il jeta un regard vers Luna, un regard empreint de tristesse comme si elle était la raison de son changement de comportement. Celle-ci détourna le regard : Ce n’était pas dur de comprendre à quoi il pensait. Il poussa un léger soupir alors qu’il se mettait en marche, les deux mains dans les poches.

« Xano ? Xano ? Où il est passé ? »

Elle se redressa subitement comme si elle n’avait jamais été blessée. Elle avait perdu sa trace ! Et dire qu’elle avait réfléchit pendant toute la nuit à ce qu’elle devait faire faire… Pourquoi se faisait-elle autant de mal à chaque fois ? Elle ne devait pas se poser de questions ! Elle devait se présenter à Xano et qu’importe ce qui allait se passer après, elle allait au moins le retrouver, c’était la seule chose qui l’importait !

« Ils s’approchent… Loxen, tu vas jouer ton rôle de gardien. »

« J’ai compris, j’ai compris. Pfff… Vous n’êtes vraiment pas cools quand vous vous y mettez. Faut savoir décompresser quelques fois. »

« Là n’est pas la question. Tu as faillit mourir hier mais Frizy t’a sauvé la vie… encore une fois. Elle avait l’ordre de ne plus s’approcher de toi pour des raisons autres que professionnelles. »

« Mais elle m’a sauvé la vie ! »

« Elle a été punie pour la peine. »

« QUOI ?! Mais elle n’a rien fait ! »

« Obéis et tais toi. Sois respectueux envers celle qui t’a permis de vivre. »

« ET MERDE ! Vous… »

La personne avait déjà disparu dans les ténèbres alors qu’il poussa un râle de colère. Ils avaient encore touché à sa princesse ! Un jour…Oui, un jour, ils allaient disparaître tous les deux : Elle et lui ! Ils n’allaient plus se séparer mais avant… Oui… Avant… Il avait autre chose à faire ! Eliminer le Joker Blanc et ses quatre Reines. Il mit ses gants noirs sur ses mains, ses lunettes devant ses yeux alors qu’il observait les nombreuses ceintures qui parcouraient ses hanches, son corps en diagonale et ses deux jambes. De nombreuses sphères de différentes couleurs étaient toutes autour de lui… Il devait bien y en avoir une vingtaine voir une trentaine. Lentement, la porte de métal s’ouvrit pour pénétrer le plafond de la grotte dans laquelle se trouvait la base des Taisos… Une base complètement ridicule puisqu’il n’existait pas de groupe des Taisos. Ils n’étaient à peine qu’une poignée d’hommes et de femmes qu’elle avait recrutés un jour mais lui… Il était son garde personnel mais aussi le fruit de sa colère envers Frizy. A cause de lui, sa princesse souffrait. Il ne pouvait plus laisser passer ça !

Chapitre 65 : Dieux

Chapitre 65 : Dieux

« Mon œil ! MON ŒIL ! »

Elle se roulait sur le sol, se tordant de douleur alors que du sang s’écoulait sur le sol par flots. Elle n’arrivait plus à voir, elle avait perdu son œil droit ! Ce n’était pas possible ! Pas son œil ! Zyla l’observait d’un air neutre avant de lui dire :

« Je t’avais simplement prévenu. Tu n’as pas voulu m’écouter. Tu as préféré croire qu’il y avait une vie avec les humains. Voilà pour la peine… Crois-tu vraiment que ton humain voudra de toi avec un œil en moins ? Tu es devenue deux fois moins efficace maintenant. »

« POURQUOI ?! Pourquoi tu as fait ça ?! Tu étais obligée d’en arriver à de telles extrémités ?! Qu’est-ce qui te gêne dans le fait que j’aime un humain ?! »

« Tu étais stupide et irraisonnable, je t’ai simplement permis de te montrer la lumière de la réalité. Qu’est-ce que tu es au final, Tyrania ? »

Une question piège ? Ce n’en était pas une mais instinctivement, la Feunard qui était couchée au sol, une cicatrice parcourant son visage à partir de son œil droit, lui répondit :

« Je suis la Feunard de Xano Likan ! »

« Tu es une Feunard… Et là est le problème. »

« Quel est le problème avec ça ?! Ne cherche pas d’excuses pour ton geste ! Je vais t’éliminer, mère ! Je vais t’éliminer pour ce que tu as fait ! Xano me gardera avec lui ! Qu’importe ce que tu m’as fait ! »

Les dernières queues dorées aux bouts argentés de Tyrania s’enflammèrent finalement alors qu’elle se relevait, ivre de colère et de rage. Son œil gauche violet était en parfait état et outre le fait qu’elle venait de lui crever un œil, sa haine envers Zyla était telle qu’elle ne ressentait plus la douleur dans les autres parties de son corps. Elle disparue de la vue de sa mère, faisant briller ses huit queues dorées pour les rendre aussi tranchantes que de l’acier. Zyla fit un saut en hauteur pour esquiver le coup, murmurant :

« Et pour combien de temps ? Combien de temps crois-tu que ce Xano te gardera ? »

« Jusqu’à la fin ! Il ne me quittera jamais ! Il ne m’abandonnera jamais et je le sais ! »

« Et après ? Même si lui ou toi ne le voulaient pas, il y a une chose contre laquelle vous ne pouvez rien faire : Le poids des ans. »

« Explique toi ! »

Le combat continuait de se faire alors qu’elles discutaient toutes les deux. Ne comprenait-elle pas ce qu’elle voulait dire par là ? Ce n’était pourtant pas si difficile et c’était à elle de lui montrer qu’elle se trompait de voie. La voie des humains n’était pas autorisée pour eux… Pas pour les Feunards !

« Et quand Xano sera mort, qu’est-ce que tu feras ? »

« Je mourrais en même temps que lui, ce n’est pas plus dur que ça ! »

« Tu crois vraiment que c’est réalisable ? Xano vivra combien de temps d’après toi ? Quatre-vingts ans ? Quatre-vingts dix ? »

« Je ne vois pas où tu… Non… »

Elle s’écroula au sol non pas à cause de la douleur mais parce qu’elle venait enfin de cerner ce que sa mère venait de lui dire. Xano allait vivre quatre-vingts ans et mourir. Il en serait sûrement de même pour Nelya, Oriane et Luna mais elle… ELLE ! Les Feunards étaient connus pour vivre des centaines d’années voir pouvant même dépasser le millénaire !

« Quatre-vingts ans et après ? Il ne sera plus là et tu n’auras que du remord et de la tristesse. Penserais-tu vraiment être capable de supporter plus de neuf cent années de solitude ? Les Feunards sont l’égal des Dieux, nous avons une résistance qu’aucun ou alors de très rares créatures peuvent avoir, il en est autant pour notre âge. Même si nous ne portons pas ce titre de Dieu qui revient à des personnes d’un autre lieu, d’un autre monde… »

« Juperus. »

« Tu connais son nom ? C’est la Déesse Supérieure du Ciel, celle à l’origine de ce monde. C’est de ses mains que cette Terre existe. Entre temps, nous sommes apparus, les humains aussi mais nous ne pouvons pas vivre avec eux. »

« MENSONGE ! Nous pouvons cohabiter avec eux ! »

« J’ai dis vivre…Pas cohabiter. Nous pouvons les laisser peupler une partie de cette Terre mais nous ne pouvons rester avec eux. Nous sommes les gardiens des flammes, comme les Dracolosses sont les gardiens mystiques chargés de sauver de nombreuses personnes en mer. »

« Les Dracolosses sont les Dracolosses ! Moi, je suis moi ! »

« Arrête d’être têtue. Tu ne comprends pas pourquoi je suis aussi calme après toutes ces années ? Alors que je criais que je voulais la mort de tous ces humains lorsque tu étais là ? »

« TAIS TOI ! »

Elle ne voulait plus l’écouter ! Elle en avait trop dit ! C’en était trop pour elle ! Elle voulait rester avec Xano pour toujours, POUR TOUJOURS ! Ce n’était pas plus dur que ça ! Quatre-vingt années avec lui, ça lui suffisait amplement ! Après, elle se fichait pas mal de son existence si elle en avait passée une partie avec lui !

« Je resterais quand même avec lui ! Qu’importe ce que tu diras, qu’importe ce que tu me feras ! Même après sa mort, je resterais avec lui, je veillerais sur son corps et je le protégerais ! Tu n’as pas l’air de comprendre ce que peuvent ressentir nos âmes lorsque nous sommes avec les humains ! »

« La sensation de ne plus être considérés comme des Dieux, de ne plus avoir besoin de se montrer hautains et prétentieux, de ne plus grogner ou alors être malveillant envers les humains… Tu crois vraiment que je ne connais rien aux humains ? »

Ca ne servait à rien, elle ne l’écoutait plus. Déjà, elle s’était remise à bondir sur sa mère, faisant claquer ses dents alors que celle-ci ne faisait que de brefs pas sur le côté pour éviter les morsures de sa fille. Pourquoi ne voulait-elle pas accepter la vérité ? Cet humain était-il vraiment aussi exceptionnel pour qu’elle ne pense qu’à lui ?

Ne plus penser aux paroles de sa mère, ne plus penser aux paroles de cette saleté de Feunard qui ne pouvait pas comprendre ce qu’elle ressentait ! Xano allait quand même la trouver belle malgré sa cicatrice, elle allait quand même la garder avec lui, ils allaient vivre et elle allait devenir une humaine ! Les neufs queues de Zyla allèrent la frapper dans la hanche, endroit où avait déjà souffert. Sa rage n’arrivait plus à contenir la douleur et elle poussa un long râle tout en se retrouvant couchée sur le côté. Elle était si fatiguée… mais elle ne pouvait pas abandonner. Elle sentait que le vide se trouvait derrière elle, le vide qu’elle ne voulait pas voir. Ce n’était pas l’heure de faire le grand saut. Elle se releva avec difficultés :

« J’ai plus de six cents années. Kalix en avait plus de huit cents. Tu ne penses pas qu’en ce temps, nous n’avons pas connu d’humains ? »

« Comment tu es au courant pour Kalix ?! Elle ne l’avait jamais dit à personne sauf à moi ! »

« Je suis au courant de bon nombre de choses. Ceux qui ont déjà été avec des humains gardent leurs odeurs pour la vie. Toi… Tu as bon nombre d’odeurs mais il y en a une qui reste en permanence sur la tienne, celle de l’humain avec qui tu veux rester. »

« Et en quoi, ça m’intéresse ?! Je me fiche de l’odeur que j’ai ! A cause de toi, je viens de perdre mon œil et tu voudrais que je t’écoute ?! »

« Mon humain était quelqu’un de vraiment admirable… Un homme d’une lignée de manieurs de longs sabres recourbés que les gens appellent Katanas. Ils étaient très célèbres mais aussi très puissants, quiconque osait les défier ne devait guère tenir à sa vie. Mon humain était aussi quelqu’un de très gentil et admirable… Il a bien vécu, j’étais toujours à ses côtés, que cela du début de son existence jusqu’à l’extinction de cette dernière. J’ai vécu plus de trois cents années dans cette lignée mais cet homme était celui que je préférais… Son nom, je n’ai pas à le dire, c’est le secret que je garde en moi jusqu’à la fin de ma vie. »

Mais elle s’en foutait de ça ! Elle en avait vraiment rien à faire ! Elle ne voyait même pas l’intérêt d’en parler ! Sa mère avait déjà été avec un humain et alors ?! Sa grand-mère l’avait été aussi ! Ce n’est pas pour ça qu’elle pouvait lui pardonner le traitement qu’elle lui avait infligé ! Ce n’était pas pour ça qu’elle pouvait lui pardonner tout ce qu’elle avait subi dans le passé à cause d’elle ! Ses nombreuses morsures, ses nombreux coups de pattes quand elle disait qu’elle voulait partir avec cet humain !

« Mais son fils… Son fils était un traître… Je l’avais souvent mis en garde contre ce dernier mais il ne m’écoutait pas. Il avait pleinement confiance en sa famille et c’était normal… La famille, c’est sacré. Qu’importe ce que l’on peut dire, nous n’en avons qu’une seule comme nous n’avons qu’une mère. »

« Arrête de tourner autour du pot ! Si tu veux me dire quelque chose, annonce le maintenant ! Je prend la décence de t’écouter. »

« Tu as acquis une grande bouche à ce que je vois… Tu n’as donc aucun respect pour celle qui t’a mise au monde ? Cet humain était très spécial pour moi, il n’y avait pas de médaillons ou de pokéballs à cette époque mais on m’a retiré mon humain, on l’a simplement empoisonné et lorsqu’il s’est endormi, il ne s’est jamais réveillé. Je devais veiller sur lui et maintenant, on me forçait à être la gardienne de celui qui avait tué mon maître ? Je l’ai simplement éliminé de ce monde et j’ai été poursuivie… Poursuivie pendant toutes ces années… Pendant plus de trois cents autres années, ils n’ont cessé de me poursuivre, de vouloir me reprendre. Pour eux, j’étais l’égal d’une déesse, je n’étais pas comme ces Feunards que l’on pouvaient avoir avec une pierre de feu. J’avais l’expérience et la puissance, j’avais ce qu’aucune autre ne pouvait posséder. Cette lignée continue encore et toujours de me poursuivre. Les cendres et les corps que tu peux voir sur ce chemin, ce sont les leurs. »

« Et alors ? Ce n’est pas parce que cet humain était un véritable enfoiré qu’ils le sont tous ! »

« Je le sais bien… mais il y a des choses que l’on ne peut réparer. Si il n’avait pas été empoisonné, si il n’était pas mort prématurément, j’aurais put faire mon deuil, j’aurais put vivre en sachant qu’il est mort en étant heureux mais depuis trois cents années… »

Elle faisait un pas en direction de Tyrania, puis un second. Ses mèches de poils brunes étaient légèrement ensanglantés mais étaient-ce de son sang ou alors de celui de la Feunard à la fourrure dorée ? A part elles, personne ne pouvaient le savoir. Elle avait les larmes aux yeux et continuait d’avancer en direction de Tyrania :

« J’ai le poids de son remord dans mon cœur. Je ne trouverais jamais d’autres humains comme lui. Crois-tu vraiment que la vie vaut la peine d’être vécue à nouveau alors que l’on s’est attachés aux humains ? Ces derniers peuvent créer des miracles sans que l’on ne soient là. Mais ils sont éphémères… Ils ne vivent qu’une centaine d’années au maximum… et ils disparaissent. »

« … »

Elle ne répondait pas aux propos de sa mère. Elle semblait sincère, vraiment sincère… Le cœur d’une femme était impossible à lire… même pour les personnes qui étaient proches de cette dernière. Qu’est-ce qu’elle avait voulu faire par là au final ? Maintenant, tout avait été commencé et la roue de la vie ne pouvait être stoppée. Zyla se retrouva devant Tyrania. Comme elle était plus grande qu’elle, sa tête était bien au-dessus de celle de sa fille et elle vint caresser son visage de son museau :

« J’ai simplement voulu te mettre en garde… Ne pas souffrir comme je l’ai fait. »

« Xano… n’est pas un humain. C’était un envoyé céleste… Un envoyé de Juperus. »

« Dornrek ? L’humain que tu aimes est DornRek ? Mais… ce n’est pas un humain. »

« Comme je viens de te le dire, il n’est pas comme celui que protégeais… Il est d’une chose supérieure à moi et à toi. »

« Ca ne change rien à la situation. Son corps est celui d’un humain, toutes les créatures déifiques de ce monde sont au courant qu’ils se trament quelque chose. Sais-tu où nous sommes ? »

Non… Elle ne savait pas, elle ne s’était même pas posée la question. Seule arrêter cette malédiction avait été sa priorité depuis presque trois mois. Sa mère sortit sa langue, venant lécher la cicatrice qu’elle lui avait causée. Elle poussa un léger cri de douleur mais ne bougea pas. Sa mère lui montrait de l’affection alors qu’elle ne l’avait jamais alors qu’elle n’était qu’une enfant ?

« Cette blessure ne pourra pas être soignée…Maintenant, est-ce que veux arrêter ce combat qui est inutile ? »

« Non… Je ne l’arrêterais pas… sauf si tu annules ma malédiction ! Je veux revoir Xano ! »

« Il court droit à une mort certaine. Les créatures déifiques se rapprochent de plus en plus de ce lieu qui est le noyau central du Mal en ce monde. Nous sommes dans les montagnes Valéennes et je suis à la recherche de ce mal. Inexorablement, la prophétie se met en route et celui que tu protèges se dirige vers cet endroit. Il ne doit plus être très loin, ce n’est qu’une question de temps. Ta malédiction… Je ne peux l’annuler sauf par ma mort. »

« Je peux arranger ça héhéhé ! »

Une ombre gigantesque se profila dans le ciel avant de venir s’abattre sur le haut de la montagne où elles se trouvaient… Deux paires d’ailes différentes, une apparence qui ne semblait plus humaine et pourtant une voix qui montrait qu’il était clairement un humain. Qu’est-ce que cette chose faisait ici ?! Zyla se positionna devant sa fille comme pour faire rempart de son corps avant de s’écrier :

« Tu t’es enfin montré ! Vous vous êtes décidés à sortir de votre trou ?! Ils arrivent les uns après les autres ! D’ici quelques semaines, vous serez rayés de la surface de cette planète ! »

« Moi ? Disparaître ? Ne dit pas de bêtises de ce genre, il en faudra bien plus que ça pour m’éliminer. Nous avons déjà éliminé une grande majorité de la famille la plus puissante parmi les Feunards, il ne reste plus que vous deux. Dommage que votre échauffourée m’a permis de vous repérer. A qui ai-je affaire ? L’une des Reines et une Feunard à la puissance presque divine… si elle n’avait pas été autant affaiblie par ce combat. »

« ZYLA ! Ma mère se nomme Zyla ! »

« Tais toi Tyrania. Ainsi… Tu es l’une des quatre Reines ? Jamais… je n’aurais pu te tuer de toutes façons. Une mère n’a pas à tuer son enfant. »

« Que c’est tendre et touchante comme scène. Dommage qu’elle doive se terminer maintenant. »

« Qui es-tu saleté d’humain ?! »

« Loxen, Taiso dominateur. Peut-être que tu ne connais pas ce nom mais ta fille doit bien savoir de quoi je parle, n’est-ce pas mes belles ? »

Quatre griffes sortaient des deux bras de Loxen pour venir se planter juste à l’endroit où Tyrania et Zyla se trouvaient il y a quelques secondes. La Feunard de deux mètres de hauteur grogna légèrement alors qu’elle faisait déjà apparaître une flamme à l’intérieur de sa bouche :

« Tu ne toucheras pas à elle ! Tyrania ! Enfuis toi ! Vas rejoindre ton dresseur, vas rejoindre le Joker Blanc, je vais le retenir du mieux que je le peux ! »

Ce spectacle… Ce fameux spectacle d’une mère protégeant son enfant. Où l’avait-elle déjà vu ? Cela ne datait pourtant de pas tant de temps que cela… Moins d’une année avec Elis. Sa mère était prête à la protéger ? Après tout ce qu’elle lui avait fait ? Tsss ! Et puis quoi encore ! Elle fit apparaître une sphère de feu à l’intérieur de sa bouche avant de se positionner à côté de sa mère, lui criant :

« Tu crois vraiment que je vais t’écouter ?! Cela fait depuis plus de dix ans que je ne t’ai jamais écouté, je ne vais pas commencer maintenant ! »

« Sale fille. Tu me fais honte. »

Elle venait de dire cela sur le ton de la plaisanterie car elles savaient autant l’une que l’autre que ce n’était plus l’heure de se battre. Cet homme avait une coupe afro de couleur jaune flash et vraiment horrible. A part cela, il ne semblait pas avoir grand-chose d’humain. De nombreuses ailes, des griffes qui sortaient de ses bras et une épaisse peau écailleuse étaient son corps. Une paire de lunettes noires cachait ses yeux et un sourire était dessiné sur ses lèvres. Il prit la parole en regardant les deux flammes :

« Vous pensez vraiment que vos flammes vont m’atteindre ?! Animaux répugnants, comprenez donc votre place ! »

C’était à son tour d’ouvrir la gueule pour faire apparaître un puissant souffle de flammes violettes qu’il crachait en direction des deux renardes. Celles-ci esquivèrent instinctivement, se doutant bien que ce n’étaient pas des véritables flammes que Loxen venait d’utiliser. Il était impossible pour elles de les battre à l’heure actuelle et elle le savait bien. Zyla poussa un profond soupir avant de faire apparaître un halo de flammes autour du sommet.

« Je peux savoir ce que tu comptes faire ? Je pensais t’avoir dit que les flammes ne pouvaient pas m’atteindre. »

« Je n’ai jamais considéré comme la possibilité de te vaincre… du moins pas dans mon état et c’est pour ça que tu nous as attendu. Tu voulais profiter que l’on soient blessées pour nous attaquer par derrière. »

« Et oui ! Quand même, tu es relativement intelligente… pour une créature. »

« Quand on utilise des tactiques aussi viles et basses, on ressemble plus à un cafard qu’autre chose. Je préfère être un animal dénué d’intelligence qu’un avorton de ton espèce ! »

« Je vois que l’on parle beaucoup mais il est temps de mettre un terme à ta vie ! »

Pff… Il était temps ! Elle disparaissait de la vue de Tyrania en même temps que Loxen. Si il voulait un véritable combat malgré l’état déplorable de la Feunard au pelage brun, elle allait lui en donner ! Tyrania tournait son œil violet de tous les côtés pour tenter de suivre le combat mais n’y arrivait pas. Sa mère n’avait-elle rien donné lors de son propre combat contre elle ? Maintenant qu’elle était là en tant que spectatrice, elle pouvait voir à quel point le combat qu’elle venait de mener contre sa mère était bien différent de celui qu’elle voyait actuellement. La voie de sa mère résonna à ses oreilles :

« Prépare toi… Tyrania… Serre les dents… »

« Qu’est-ce… »

Elle n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps aux paroles de sa mère que celle-ci réapparaissait devant elle. Les yeux bruns posés sur Tyrania, Zyla donna un puissant coup de tête, la faisant traverser les flammes de l’halo… pour la faire plonger dans le vide. Juste à la fin… Elle venait de la trahir ?

« Survis… puisque tu es la dernière de notre famille. »

« Elle ne pourra pas rester en vie à cette hauteur. Tu es complètement arriérée ! »

« Je lui fais pleinement confiance. Quand à toi… Tu n’as pas compris ce qui vient de se passer, n’est-ce pas ? Ma famille… Elle est toujours présente autour de moi depuis des années. »

Quoi ?! Ce n’était pas vrai… Il tourna son regard très rapidement pour remarquer que des sortes de fumées blanches traversaient les flammes qu’elle avait crée. De nombreuses fumées blanches à l’apparence de différents Feunards de diverses tailles. Des esprits… Ils étaient tous là depuis des années, ils étaient restés près d’elle pendant tout ce temps.

« Celui qui m’a permis de rester en vie a très mal joué. Nous ne pouvons pas mourir aussi facilement. Nous restons toujours en vie jusqu’à ce que nous ayons accompli notre dernière volonté. C’est là notre force. »

« Qu’est-ce que tu vas faire comme conneries ?! »

Déjà, les spectres rentraient les uns après les autres dans le corps de Zyla. Ses blessures se refermaient les unes après les autres alors qu’elle se mettait à grandir. Trois… Quatre… Cinq mètres, elle était maintenant presque trois fois plus grande que l’humain qui se tenait devant elle. Déjà, son corps s’était enflammé complètement alors qu’elle souriait, un glapissement sortant de ses lèvres :

« Le mal de ce monde doit disparaître et je vais emporter l’un de ces suppôts avec moi ! »

Ce qui s’était passé à ce moment là ? Personne ne le savait mais la majeure partie de la montagne disparue dans une magnifique explosion qui fit trembler la terre sur des dizaines de kilomètres. Il ne fallait jamais sous-estimer la puissance d’êtres considérés comme des divinités, cela avait été l’erreur de Loxen. En bas de la montagne ou plutôt de ce qui en restait, un corps s’était retrouvé couvert par de nombreux buissons. Des blessures étaient apparentes sur sa majeure partie et le souffle de la Feunard au pelage doré était très faible. La cicatrice qui allait se former à la place de son œil droit s’était remise à saigner. Tout était terminé… Une aura noire était apparue très légèrement autour d’elle avant de disparaître, une fumée blanche s’approchant d’elle avant de la pénétrer. C’était la dernière chose qu’elle pouvait faire pour elle. Les blessures du corps de Tyrania se refermèrent mais la cicatrice restait indéniablement.

Chapitre 64 : Mère et fille

Chapitre 64 : Mère et fille

« Comment il peut faire aussi chaud dans cet endroit ? »

Elle se répétait inlassablement cette question à chaque fois qu’elle voyait cette partie des montagnes des régions Valéennes. Au lointain, il était possible de voir que le haut des montagnes était enneigé mais ici, rien du tout, il n’y avait de que de la verdure et une forte chaleur presque irréelle se faisait sentir.

« Tout est de ta faute, Zyla, n’est-ce pas ? Ou plutôt devrais-je dire Mère. Dire que tu es capable de faire changer la nature dans le lieu où tu te rends. »

Avait-elle perçu sa présence dans les montagnes ? Il y avait de fortes chances puisque d’après les dires de Kalix, elle était capable de la retrouver et inversement à cause du lien qu’elle avait crée avant de mourir. Pourquoi devait-elle arriver à de telles choses ? Car elle était la raison de sa malédiction, elle était celle qui était la raison de sa venue en ce lieu.

« Xano ? Que fais-tu en ce moment ? Est-ce… que tu m’as déjà oublié ? »

Cela allait faire presque trois mois qu’elle était partie. Plus exactement, deux mois et trois semaines pour être précis. Il ne restait plus qu’une semaine avant la majorité du jeune homme qu’était Xano Likan. Il n’y avait aucune chance qu’elle y arrive à temps. De toute façon, qui pouvait dire si elle allait s’en sortir vivante ou non face à sa mère ?

« Je suis fatiguée de parcourir ces routes… Vraiment trop fatiguée. »

Depuis qu’elle était partie, son corps s’était élancé et agrandi, ses pattes étaient devenues bien plus puissantes et fortes. Elle avait dut vivre toute seule et se battre pour survivre. Rare étaient les fous qui tentaient de s’en prendre à elle mais si quelqu’un venait la provoquer pour la combattre, elle n’hésitait pas à le blesser gravement jusqu’à ce qu’il comprenne la leçon. Si elle devait devenir une humaine sous cette forme, à quoi allait-elle ressembler ? A un véritable monstre sans une once de féminité, elle le savait bien.

« On se fait du souci pour Xano ? Héhéhé. »

Une mèche de cheveux noirs avec une coupe au bol de cheveux blonds, deux yeux rouges dirigés vers elle alors qu’il était assis sur une pierre. Malar l’observait avec un petit sourire : Comme à son habitude, il s’était permis de l’espionner et de la suivre pour le simple fait qu’il trouvait ça amusant. Bizarrement, depuis presque deux mois, il éprouvait quelques difficultés à retrouver sa trace. Il sentait que ce n’était pas l’œuvre de Juperus, non cette pauvre femme était trop occupée à protéger Xano et à l’empêcher de le découvrir depuis la dernière fois mais alors, qui ? Qui se permettait de le gêner ?

« Que fais-tu ici ? Je n’ai pas besoin de ta présence. »

« Tu crois que je ne sais pas où tu vas ? Tu te diriges droit dans la gueule du loup. Tu penses encore à arrêter ta petite malédiction, n’est-ce pas ? Et pour quelle raison ? Xano est mort, les trois autres Reines aussi. »

Blaguait-il ? C’est vrai qu’elle ne pouvait pas savoir ce qui se passait chez eux mais Malar gardait son sourire sur les lèvres. Il était impossible de connaître les pensées de l’homme en habit noir avec une longue cape grise autour de lui. Elle posa son regard vairon sur lui avant de soupirer, se remettant en marche :

« Tu mens et cela se voit très facilement. Si tu n’es là que pour dire des absurdités, tu ferais mieux de partir. Tu m’insupportes. »

« Oh… Je vois que l’on n’aime plus les plaisanteries ? Peut-être que tu préférais quand c’était Xano qui les racontait ? »

« Je pensais m’être bien fait comprendre. Si tu restes près de moi, je ne pourrais te garantir la vie sauve. »

Malar éclata de rire alors qu’il marchait à côté d’elle. Il ne semblait même pas se soucier des paroles de la Feunard. Il n’avait visiblement pas peur de cette dernière… et l’inverse ? C’est vrai, c’était le premier constat qu’il avait fait en la revoyant après ces deux mois : Elle ne semblait plus le craindre comme auparavant. Quelque chose avait changé en elle mais il ne pouvait se l’expliquer.

« Depuis quand tu oses me parler comme ça, petite sotte ? »

« Depuis que tu n’es qu’un simple humain. Si tu n’as que ça à faire, pars d’ici. J’ai des choses plus importantes que de m’amuser avec un humain de la pire espèce. »

« Attend un peu pour voir ! »

Une aura noire entourait son poing droit alors qu’il se dirigeait vers Tyrania pour venir la frapper de toutes ses forces et lui montrer qu’il ne plaisantait plus. Elle ne pouvait pas se permettre ce genre de caractères, pas avec lui ! Elle s’immobilisa, tournant son visage neutre vers lui alors qu’elle soupirait :

« Tu m’insupportes, Malar. Tu ne peux rien contre moi à cet instant. »

Il fut violemment renvoyé au sol sans qu’il ne comprenne ce qui venait de se passer. Une sorte de fumée grise entourait Tyrania et la protégeait des coups alors qu’il se relevait. Qu’est-ce que… Plus il regardait la fumée, plus il avait l’impression de voir une forme dans celle-ci. Une forme qu’il reconnaissait facilement puisqu’elle représentait une Feunard à neuf queues.

« Elle me protège des personnes de ton espèce. Pars d’ici puisque tu sais maintenant que tu es faible. La prochaine fois, je serais moins clémente. »

« Saloperie de Feunard, ne joue pas avec moi ! Je suis Malar, je suis son Elu ! »

Son élu ? Parlait-il de cette personne qui semblait dirigé dans l’ombre le jeune homme ? Il s’était déjà mis à courir à nouveau vers elle mais il s’arrêta avant de tenter de la frapper. Il ferma les yeux, hochant la tête plusieurs fois à la suite avant de grogner :

« Tu ne perds rien pour attendre sale Feunard ! »

« Tu as terminé ? »

Il cracha au sol de rage avant de s’enfoncer dans ce dernier comme il avait pris l’habitude. Il ne savait pas pourquoi mais il n’arrivait pas à toucher cette Feunard. Néanmoins, si Elle lui avait dit de ne plus se soucier d’elle, alors il devait l’obéir. De toute façon, il ne pouvait pas faire grand-chose maintenant. Il n’était pas encore prêt à être utilisé.

Il était finalement parti ? Et elle avait réussir à lui tenir tête. Elle n’arrivait pas à le croire et pourtant, c’était bel et bien le cas. Elle poussa un long glapissement en direction du ciel : Elle venait d’affronter et de battre l’une de ses plus grandes peurs ! Mais elle savait que ce n’était pas seulement grâce à elle. La fumée blanche arrêta de tourner autour d’elle avant de se présenter sous la forme d’une Feunard au pelage gris :

« Merci… grand-mère. »

« Cet homme semble être définitivement mauvais. J’ai rempli ma dernière mission en tant qu’esprit errant. »

« Au revoir, un jour, je serais capable de communiquer avec vous dans la Mort. »

« Ce jour n’arrivera pas avant très longtemps. Fais attention à Zyla. »

Comme pour répondre à l’inquiétude de Kalix, un glapissement traversa les montagnes. Un glapissement qui semblait être un cri de rage et de colère. Plusieurs oiseaux s’envolèrent des arbres de la montagne dans laquelle elle se trouvait alors que l’esprit disparaissait peu à peu pour ne plus jamais revenir.

« Zyla… C’était elle. Elle semble toujours être aussi emportée. »

Maintenant qu’elle savait d’où provenait ce cri qui avait répondu au sien, elle n’avait plus qu’à se diriger vers cet endroit et retrouver sa chère mère après plus de douze ans de séparation. Il était temps de mettre un terme à cette malédiction et déjà, elle ne ressentait plus la protection de sa grand-mère. Elle avait accompli son dernier geste avant de disparaître.

« Xano, je ne serais plus très long ! Attend moi s’il te plaît ! »

Elle criait pour elle-même avant de se mettre à courir à toute allure en direction du cri. Tout allait se terminer très bientôt et elle le savait. Allait-il la reconnaître quand elle allait revenir ? Elle ne savait pas et ce n’était pas là son problème. Il lui fallut deux journées pour finalement ressentir une forte chaleur autour d’elle : Zyla était proche, très proche et elle le savait. Maintenant, il fallait simplement la trouver.

« Que viens-tu faire sur mon domaine, faible créature ? Si tu as une bonne explication, je n’irais pas te tuer. »

« Je vois que l’on ne change pas les choses habituelles. »

« Qui es-tu pour te permettre un tel langage envers moi ? »

« Cela fait donc tellement de temps que l’on ne me reconnaît pas ? »

Finalement, elle était arrivée au sommet de la montagne après plusieurs difficultés. La voix provenait de là et elle n’avait aperçu que deux yeux bruns posés sur elle. Même si l’air était plutôt frais à cette hauteur, un rapide coup d’œil autour d’elle lui démontrait le contraire : Le sol était calciné, la roche était rougeoyante et elle se disait qu’aucune créature ne pouvait poser un pied sur ce sol sans se brûler. Heureusement que les Feunards étaient reconnus pour absorber les flammes, qu’importent leurs puissances.

« Tu es… elle. J’ai senti ta présence depuis plusieurs semaines et mois mais je ne pensais pas te revoir aussitôt. Que viens-tu faire ici Rejetée ? »

« Toujours aussi heureuse de me voir à ce que je remarque, Mère. »

Finalement, une créature sauta dans les airs avant d’atterrir au sommet devant elle. Une renarde à neuf queues et mesurant dans les deux mètres de hauteur. Elle avait deux yeux bruns et sa fourrure était magnifique et brune. Ses neuf queues brunes avaient un bout argenté et on pouvait apercevoir que sa fourrure était absente pour laisser place à de nombreuses cicatrices. Un filet de bave s’écoulait de sa gueule alors qu’elle prenait la parole :

« Répond à cette question et je te laisserais peut-être partir. Tu ne manques pas de culot de venir en ce lieu pour me voir après tout ce que tu as fait. »

« Je pensais que c’était évident. Je suis là pour faire disparaître la malédiction que tu as mise sur moi il y a de cela treize ans. »

« Tu es toujours avec cet humain ? Ce… Malar ? Et tu voudrais que je te laisse être avec lui, que tu puisses l’aimer réellement et lui montrer à quel point tu tiens à lui ? Pauvre idiote, penses-tu réellement que je vais accéder à ta demande ? »

« Qui a dit que j’étais là pour te demander ? Je ne suis pas avec Malar mais avec un magnifique et merveilleux humain. Tu ne peux pas savoir ce que c’est d’être liée à un humain, toi qui es haineuse avec cette race depuis tant d’années. »

Elle n’avait même pas le temps de réagir que déjà, les neuf queues brunes s’abattirent sur elle avec violence, le sol se fissurant très légèrement alors que Zyla posait une de ses pattes sur la tête de Tyrania.

« Tu te permets ce genre de remarques alors que tu ne sais rien de mon existence et de ce que j’ai vécu. Ton père et sa mère étaient des pauvres fous idéalistes, comme toi en ce moment. Ces humains sont la peste de ce monde, ils doivent disparaître de ce lieu et je ne me gênerais pas pour les anéantir les uns après les autres ! »

« J’ai appuyé sur un endroit où il ne fallait pas ? Tu crois vraiment que je suis aussi faible qu’auparavant ? Je vais te montrer qu’il ne faudra pas me prendre à la légère ! »

Inutile d’utiliser des flammes dans ce combat, elles savaient autant l’une que l’autre que c’était la chose à ne pas faire dans un combat entre deux Feunards. Seule la force brute allait montrer qui était la plus puissante aujourd’hui. Les huit queues de Tyrania claquèrent la joue de Zyla, la faisant chavirer sur le côté pour lui retirer sa patte sur la tête de la Feunard au pelage doré. Celle-ci s’extirpa rapidement avant de se mettre en position devant Zyla. Un long glapissement de colère et la Feunard au pelage brun poussa le même.

« Il est vrai… que tu es devenue plus forte car tu es devenue une Feunard mais cela ne changera rien ! Ton cœur est perverti par ces maudits humains ! »

« Je ne te demande pas de me comprendre, je suis là simplement pour retirer cette malédiction. Tu crois que ça me fait plaisir de te voir ?! Tu n’as qu’à annuler cette malédiction et je ne serais plus ici ! »

« Te moquerais-tu de moi ? Maintenant que tu es ici, je ne te laisserais pas partir ! Tu es la raison de la fin de notre famille ! »

« MENSONGE ! Grand-mère Kalix m’a tout raconté ! C’est Malar qui a tué notre famille ! »

« Il suffit ! Je n’ai pas de temps à perdre avec toi ! Tu veux annuler cette malédiction ?! Il faudra me tuer pour ça ! »

Impossible de discuter avec elle et de toute façon, elle n’était pas prête à parler ! Les deux Feunards disparurent de la surface alors qu’elles se déplaçaient à grande vitesse autour de la place. Le bruit de leurs pas résonnait dans le vide, de nombreux grognement venant les rejoindre alors que des flammes apparaissaient au bout de leurs queues. Deux pour Tyrania, une pour Zyla.

« Le savais-tu ? Plus nous possédons de queues, plus nous sommes appréciées et aimées de nos dresseurs. Plus nous avons de queues, plus nous sommes puissantes. »

« Et plus nous faisons flamber nos queues, plus notre force augmente. Tu crois que je ne l’ai jamais remarqué après toutes ces années ?! »

« Tu n’es pas une petite sotte. Dommage que tu aies choisi la mauvaise voie ! A cause de nos relations avec les humains, notre famille a disparu ! »

« Tu ne fais que de te répéter ! Si tu as quelque chose à dire, viens te battre au lieu ! »

Elle n’avait utilisé qu’une flamme au bout de sa queue et pourtant, elle faisait jeu égal avec elle. Vraiment… Sa mère était bien plus puissante qu’auparavant, elle avait essayé de l’énerver pour la mettre en colère et donc profiter de sa confusion mais elle semblait si calme bien que sa voix trahissait parfois son emportement. Vraiment…

« Tu devrais arrêter de penser à ton humain. »

Hein ? Quoi ?! Elle s’était retrouvée à sa hauteur sans qu’elle ne la remarque. Les crocs de la Feunard au pelage brun vinrent se planter dans sa peau avant de s’extirper. Elle cracha un morceau de peau alors qu’une plaie sanguinolente apparaissait à la place de l’endroit où se trouvait la fourrure dorée de Tyrania. Celle-ci avait gémit de douleur mais s’était retenue de crier. L’heure n’était pas à la plaisanterie et sa mère avait véritablement l’intention de la tuer ! Elle ne devait pas se retenir et utiliser le maximum de ses forces. Sa troisième queue se mit à s’enflammer alors qu’elle grognait :

« Je ne pensais pas à lui mais je devrais visiblement. Je vais te montrer simplement la véritable puissance d’une Feunard domestiquée ! »

« Comme un vulgaire Caninos ! Tu te compares à ces chiens ?! Tu es tombée bien bas ! »

La remarque blessa la Feunard au pelage doré et cela avait pour raison de l’énerver encore plus. Rapidement, une quatrième puis une cinquième queue s’enflammèrent devant les yeux de la renarde d’environ deux mètres de hauteur. C’était à son tour de disparaître à toute vitesse, le regard brun se posant à chaque endroit où les pas se faisaient entendre. Elle était en train de tourner autour d’elle en attendant qu’elle fasse une erreur.

« Tu n’as que ça à me montrer ? »
Non, il y avait quelque chose qui clochait mais elle ne savait pas quoi… Rapidement, un déluge de flammes se présentait autour d’elle et elle se demandait si sa fille venait de perdre la tête ? Ne savait-elle pas que les Feunards étaient capables d’absorber les flammes et de les rendre plus forts ? Non, elle avait imaginé une tactique qu’elle ne connaissait pas. Elle n’entendait plus ses pas et soudainement, le sol s’affaissa sous elle avant que n’apparaisse Tyrania. Elle planta ses crocs au niveau de la gorge de Zyla mais celle-ci fit rapidement un pas en avant, se laissant mordre au niveau du côté gauche du corps.

« A mon tour de t’offrir un petit cadeau ! »

Elle adorait Xano et elle allait lui montrer toute la puissance qui émanait d’elle quand il s’agissait de lui. Rapidement, son corps se mit à s’illuminer avant qu’elle ne blesse Zyla sur le côté gauche, extirpant ses crocs mais ce n’était pas terminé et elle percuta l’endroit de la blessure avec sa tête tout en pensant à Xano. Elle… Elle ne pouvait pas comprendre ce qu’était d’être aimée par un dresseur, ce qu’était de sentir le corps de ce dernier contre le sien. Non, elle était complètement à la ramasse et elle allait lui montrer !

« Je vois que tu décides enfin à être sérieuse… MAIS CE N’EST PAS POUR CA QUE TU ARRIVERAS A ME BATTRE ! »

Deux, trois, quatre et cinq queues qui s’enflammaient chez la Feunard au pelage brun. Elle aussi avait décidé de ne plus plaisanter. Comment cette petite Feunard pouvait se permettre de la blesser, elle ?! Elle qui était la seule preuve de l’existence lointain d’une famille de Feunards des plus respectables, une famille de Feunards qui avait totalement disparu il y a plusieurs années ! Elle s’était mise à foncer en direction de Tyrania, leurs deux têtes se percutant en même temps, provoquant une explosion sous la chaleur de leurs deux corps. Elles n’hésitaient pas à tout donner pour éliminer l’autre.

« AH ! Ca fait mal ! »

Il posa une main sur son cœur, un genou à terre. Qu’est-ce qui venait de se passer ? Luna fut rapidement à ses côtés, regardant pour voir si il était blessé. Elle était très inquiète alors qu’il venait simplement de dire qu’il avait mal. Tyrania était en train de se battre, il en était sûr. Elle était en train de se battre et il ne pouvait pas l’aider. Il ferma les yeux, se murmurant intérieurement :

« Tyrania… Reviens vivante. Je t’en prie. »

« Xano ?! »

La fumée de l’explosion disparue alors qu’elle haletait : Sa mère était vraiment très puissante… bien plus qu’auparavant. Est-ce que la haine et le désir de vengeance sur la race humaine l’avaient rendu à un niveau égalant celle de la reine Teli ? Et si… C’était le cas ? Si elle était aussi forte que Teli… Alors les problèmes allaient être nombreux, bien plus nombreux qu’elle le pensait.

« Me tenir tête sur tous les sens du terme, c’est bien, mais est-ce que tu es encore capable de te battre ? »

C’est vrai… Son front était maintenant en sang et le liquide rougeâtre s’écoulait de ces derniers alors que Zyla ne semblait pas avoir souffert du contact physique avec sa fille. Ce n’était pas possible, comment avait-elle fait pour tenir face tant de puissance ? Une sixième queue s’enflamma chez les deux Feunards : L’apogée de la puissance se rapprochait de plus en plus.

« Je tiendrais autant de temps qu’il le faudra ! Je suis là pour me permettre de vivre paisiblement avec mon dresseur et toi tu m’en empêches avec ta foutue malédiction ! LAISSE MOI VIVRE ! »

« Petite imbécile. Tu as l’air d’oublier ce que nous sommes réellement. Nous ne sommes pas de simples pokémons, nous sommes des créatures équivalentes à des Dieux ! »

Qu’elle était stupide… de croire qu’un humain et une Feunard pouvait vivre heureux tout les deux. C’était impossible et elle le savait bien mieux qu’elle ! Il était temps de lui montrer la dure réalité de la vie ! Les trois dernières queues au bout argenté se mirent à s’enflammer alors qu’elle disparaissait de la vue de Tyrania : Voilà qu’elle venait d’utiliser le maximum de sa force. Elle devait lui montrer à quel point les liaisons avec les humains étaient mauvaises.

« Tu crois vraiment qu’il va encore t’aimer après ça ?!! »

La première des neuf queues vint frapper le sol juste devant Tyrania qui ne semblait même pas pouvoir réagir vu la vitesse à laquelle sa mère se déplaçait. Inexorablement, les queues aussi tranchantes que du métal se rapprochaient de son visage qu’elle reculait instinctivement. La seconde, la troisième, la quatrième furent évitées de justesse alors qu’elle grognait :

« Ce n’est pas avec ce genre de tactiques douteuses que tu vas m’empêcher de le revoir ! »

« Rejetée ! Tu vas finalement comprendre l’origine de ton nom ! »

La cinquième et la sixième queue étaient si proches d’elle mais elle fit un geste sur le côté pour n’être que faiblement touchée sur la hanche droite. Enfin, Zyla réapparaissait devant elle, un sourire neutre dessiné sur ses lèvres :

« Dis adieu à ta beauté qui caractérisait les Feunards. »

La septième queue frôla sa joue droite, traçant une légère ligne de sang alors que la huitième faisait de même mais à une hauteur différente. Elle… Non… Elle allait… La neuvième queue brune traça une longue plaie sanguinolente et diagonale sur le visage de Tyrania. Celle-ci s’écroula de douleur, poussant un hurlement qui résonna en écho dans les montagnes avoisinantes. Son œil droit n’était plus.

Chapitre 63 : Ivre de plaisir

Chapitre 63 : Ivre de plaisir

« Oria ? C’est bon ? »

Il était finalement revenu avec ses trois femmes alors que la lumière s’éteignait peu à peu près de la jeune femme aux cheveux rouges. Celle-ci avait à ses côtés deux oiseaux de différentes taille : L’un était plus grand que l’autre, presque autant que la jeune femme. L’autre avait une longue mèche bleue au-dessus de son crâne et devait mesurer à peine moins d’un mètre. Un Roucarnage et un Etouraptor. Elle sécha rapidement ses larmes avant de dire à Xano :

« Oui… Ca l’est. Tout est bon. Ils sont bel et bien redevenus des pokémons mais au moins… Ils sont soignés, n’est-ce pas ? »

« D’après les dires de Ronyl, c’est le cas. J’ai put constaté les effets de l’antidote sur Paria donc je pense que c’est bon. Si lui a réussi à avoir une humaine à partir d’une pokémon, je pense que toi, il n’y aura aucun souci. Cela n’est plus qu’une question de temps. Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Maintenant, tu ne seras plus recherchée par les Taisos donc tu es tranquille et tu n’as pas à t’en faire. »

« Je crois que je vais participer à quelques combats avec Rek et Iny puisqu’ils sont redevenus deux pokémons. Qu’en pensez vous ? »

« Roucar ! »

« Raptor ? »

« Tiens, j’y pense sur le moment, j’ai un petit quelque chose à te dire. Je suis sûr que ça te fera très plaisir. Je l’ai appris il n’y a quelques années. »

Il s’approcha d’elle, lui murmurant plusieurs phrases. Souvent, elle pensait qu’il blaguait et le lui signalait d’un geste de la main mais il ne semblait pas rire. Quelques instants après, elle s’approcha des deux oiseaux leur demandant de montrer leurs médaillons. Bizarrement, ils étaient revenus et ne semblaient plus être fissurés. Ils avaient une belle couleur blanche et grise et elle ferma l’une de ses mains en même temps que ses yeux. Soudainement, elle poussa un cri de stupeur avant de dire :

« HEY ! Mais ça marche Xano ! Ca marche ! »

Elle lui sauta dans les bras pour lui remercier de l’avoir prévenu d’une telle chose. Rapidement, elle fit une symbiose avec Iny, de magnifiques ailes brunes apparaissant dans son dos alors qu’elle se mettait à parler avec l’Etouraptor. Finalement, elle arrêta la symbiose avant de se tourner vers Xano :

« Mais toi… Tu ne comprends pas ce qu’ils disent ? »

« Avec de l’entraînement ou si je les connaissais bien mieux, je pense que je pourrais les comprendre parfaitement mais là, je ne peux pas. Dans le cas de Tyrania, je sais exactement ce qu’elle dit. En fait, tu comprendras simplement les pokémons avec qui tu as déjà fait une symbiose ou que tu connais plutôt bien comme les pokémons d’un ami ou de la famille. »

« Merci beaucoup ! Je vais quand même pouvoir leur parler malgré leurs formes de pokémon ! Mais toi, qu’est-ce que tu vas faire ? »

« Je vais aller leur dire deux mots aux derniers Taisos. Il est temps de se débarrasser de cette gangrène purulente. »

« Je ne pourrais pas t’aider… Pas avec eux sous forme de pokémons. »

« Ce n’est rien ! De toute façon, je sais que Tyrania reviendra entre temps ! »

Il était temps de se séparer mais cette fois-ci, Oria lui fit la promesse de venir l’aider dès que Rek et Iny étaient redevenus des humains. Entre temps, elle pensait capturer un ou deux autres pokémons oiseaux pour essayer de faire quelques symbioses si cela s’avérait nécessaire dans le futur. Elle vint enlacer le jeune homme, celui-ci se laissant faire. Elle grimpa finalement sur le dos de son Etouraptor avant de décoller au loin vers l’horizon.

« Pfff… Tout est réglé. Donc il ne me reste plus qu’à me diriger vers ces foutues montagnes mais avant… Je pense qu’il sera temps d’aller dormir. Nelya ? Tu me portes sur ton dos ? On va se trouver un petit coin dans la forêt pour planter la tente et mettre au lit Luna. Elle dort presque sur place. »

« Hein, que quoi ?! Même pas vrai ! »

Pourtant, un long bâillement de sa part démontra le contraire et déjà, ce furent à leurs tours de partir par la voix des airs. Une vingtaine de minutes plus tard, il était en train de monter la tente alors que Luna dormait à moitié debout. Elle avait du mal à garder ses yeux ouverts et était celle qui s’était le plus épuisée pour cette journée mémorable.

« Dis… Xano ? »

« Oui, Luna ? Tu as un souci ? »

« Non mais… Tu penses que cela va mettre combien de temps pour que Rek et Iny redeviennent des humains ? »

« Je ne sais pas… Je ne suis pas devin, non plus. Mais je pense que vu leurs rapports et tout ce qu’ils ont vécus, en moins d’une année, ils seront de retour. D’habitude, les pokémons ne deviennent que très rarement des humains mais à cause de ce virus Ivoil, ils sont capables d’avoir une fausse apparence humaine. Je pense que ce virus n’était pas si mauvais dans le fond, cela peut permettre aux humains et aux pokémons de s’entendre et de discuter entre eux. Je me demande si Ronyl avait pensé à ça. »

« Il y a de fortes chances, Xano. Si il a modifié le virus Berserk pour le faire devenir le virus Ivoil, il savait que cela pouvait provoquer ce genre de choses. Il est vraiment très doué. »

« Dommage… qu’il soit mort. Au final, il avait une place parmi les hommes. »

« Nous n’avons pas trouvé leurs cadavres. Un jour, ils se présenteront à nouveau devant nous. Mais il faudra voir si ça sera en tant qu’ennemis ou non. »

Il hocha les épaules après les dires d’Oriane à ce sujet. Finalement, la tente fut montée et il prépara le repas alors que la fin de la soirée se passa dans le calme. Tout le monde alla se coucher. Il serait Oriane de sa main gauche, Luna de sa main droite tandis que Nelya le recouvrait de ses ailes rouges alors qu’il ne sentait rien d’autre chez elle. Une heure s’écoula, puis une seconde et enfin une troisième. Tout le monde dormait déjà d’un profond sommeil mais lui gardait ses yeux vairons ouverts.

« Pfff… A force de trop réfléchir à Tyrania, je n’arrive plus à dormir tranquillement. »

« Tu devrais pourtant tenter de t’endormir. Si tu le désires, je pourrais dévorer tes cauchemars même si cela n’a pas un très bon goût. »

« Nelya ? Tu ne dors jamais ? »

« Je ne dormirais jamais en sachant que tu n’as pas sommeil. »

« Tu veux aller te promener ? Contrairement à Oriane ou Luna, nous n’avons pas fait les fous toute la soirée. »

« J’accepte cette proposition. »

En moins de temps qu’il n’avait pour dire ouf, il fut téléporté en-dehors de la tente alors que Nelya faisait son apparition à ses côtés. Il lui prit instinctivement la main droite avant de se mettre à marcher dans la forêt, à travers les bois. Vraiment, il n’y avait qu’avec elle qu’il pouvait se permettre de faire ce genre de balades nocturnes. Ce n’était pas pour lui déplaire comme il aimait se le dire instinctivement.

« Et dire que bientôt, nous allons devoir mener un combat encore plus effroyable que celui contre Ronyl. J’ai eut très peur à ce moment là. »

« Tu ne pouvais pas savoir qu’il avait ce virus en lui et que cette Evoli était spéciale. Le Destin, tu ne peux le prédire exactement. »

« Je croyais que c’était ton travail ? Tu es une fausse Xatu alors ? Qui êtes vous, mademoiselle ? Vous n’êtes pas Nelya ! »

« Est-ce une blague ? Cela est assez drôle en y réfléchissant. Dire que j’étais simplement venue pour te prévenir au sujet de tes quatre Reines, maintenant, je passe mes nuits à tes côtés et cela ne me dérange pas. »

« Heureux de te l’entendre dire. »

« Le ciel est magnifique ce soir… mais les arbres nous cachent la vue. »

« Cherchons une plaine ! De toute façon, elles dorment d’un sommeil lourd, elles ne s’apercevront jamais de nos disparitions. »

Elle ne l’empêcha pas de la faire courir à travers les bois. Il serrait sa main avec une extrême délicatesse alors qu’il cherchait une sortie à travers les bois. Il allait toujours dans le même sens, se disant qu’au bout d’un moment, il allait bien finir par sortir des bois et ce fut le cas ! Ils se retrouvèrent finalement devant une vaste pleine verte et il retira ses chaussures.

« Que fais-tu, Xano ? »

« Fais pareil ! Tu vas voir, c’est assez bizarre mais c’est plutôt drôle comme sensations. »

Elle ne comprenait pas mais elle retira ses chaussures à son tour alors qu’elle se mettait à marcher dans l’herbe. Celle-ci lui chatouillait les doigts de pied et elle se mit à trembler légèrement avant de le signaler à Xano. Celui-ci se la prit par la main avant de se mettre à courir. Elle se laissait emporter par le jeune homme qui semblait vraiment très actif à une heure aussi tardive. Au bout de deux minutes, il se coucha au sol, lâchant la main de Nelya avant de l’inviter à venir se coucher à côté d’elle dans l’herbe.

« Tu voulais voir le ciel, non ? Et bien, voilà, tu peux le voir ! »

« C’est vraiment beau… Les Xatus ont l’habitude voir ce ciel puisqu’ils ne dorment que très rarement. Pour ma part, depuis que je suis avec toi et les autres femmes, je dors très souvent donc je n’ai guère l’habitude de le revoir. Il est magnifique… »

« Un véritable dragueur dirait que ton père a du voler les étoiles dans le ciel pour te les mettre dans les yeux car tu es encore plus jolie que ce dernier. »

« C’est vraiment stupide d’être un dragueur. Tu ne dirais pas ce genre de choses, n’est-ce pas ? Tu n’es pas un dragueur. »

« Dire quoi ? Que tu es vraiment très belle ? Je le pense sincèrement. »

Couchés sur l’herbe, ils restaient immobiles comme deux personnes liées par un amour platonique. Lentement, il alla chercher la main de Nelya. Celle-ci la recula légèrement, frissonnante avant de venir loger sa main dans celle de Xano. Ses doigts glissaient à travers les siens et il tourna son visage vers elle, un léger sourire dessiné sur ses lèvres. Il était rouge de gêne comme il ne l’avait plus été depuis tant de temps… depuis qu’il l’avait fait avec Luna pour la première fois. A force de le faire avec elle et Oriane, il ne ressentait plus aucune gêne, simplement de l’amour envers eux.

« Tu voulais me dire quelque chose ce soir, non ? Tu peux me le dire, nous sommes seuls. »

« Ce n’est rien, ce n’était qu’une vague idée en l’air. Je pensais à quelque chose d’assez stupide mais tu es déjà très heureux sans moi. »

« Ne dit pas ce genre de choses ! Je ne voulais pas en arriver là mais tu n’arrives jamais à être sincère dans tes sentiments. »

Il roula sur le côté tout en tirant Nelya vers lui alors qu’ils étaient couchés sur le sol. Il se retrouva rapidement sur elle, déposant ses lèvres sur les siennes pour venir l’embrasser avec envie et volupté. Elle se laissa faire, fermant les yeux alors qu’il collait son torse contre la poitrine de la jeune femme à travers sa robe bleue. Il continua le baiser pendant une trentaine de secondes avant de lui dire :

« Tu sais quoi ? Tu ne vas rien me demander. C’est à moi de te poser cette question : Nelya, est-ce que tu veux bien… t’unifier à moi ? »

Elle resta muette pendant plusieurs minutes comme si elle réfléchissait à la situation. Elle n’aurait jamais eut le courage de lui demander une telle chose et il le savait bien. Elle avait tenté de lui parler ce soir mais Luna était arrivée à l’improviste. Avait-il réussi à lire ses sentiments ? Ces sentiments qu’elle tentait de refouler à chaque instant où elle utilisait ses pouvoirs mais aussi à chaque fois qu’il était là, proche d’elle. A force, elle avait arrêté de se battre contre cette force dont elle ne connaissait pas l’existence mais dont elle avait tant entendu parler.

« Je… veux bien mais qu’est-ce que je dois faire ? »

« Simplement laisser ton corps réagir proprement à ça. Tu peux tenter de faire ce que tu veux mais il vaut mieux te laisser faire pour la première fois. Mais d’abord… »

Il posa une main sur le bas de la robe bleue de la jeune femme, la regardant dans ses yeux saphir alors qu’elle se crispait automatiquement. Lentement, il releva peu à peu la robe de la jeune femme, mettant le bas de ses jambes à nu. Déjà ses longues jambes étaient à découvert alors qu’il s’approchait de ses hanches. Elle posa subitement une main sur son bras, sentant une forte chaleur en elle, une chaleur incomparable à celles d’auparavant :

« Nelya, il le faut bien un moment. »

« Je… Je ne sais pas… si c’est le moment. C’est… gênant. »

« Tu es gênée ? Alors tu es devenue une véritable femme à partir de maintenant. »

Il ne pouvait rêver mieux que de l’entendre dire une telle chose. Il retira la main de Nelya sur son bras avec sa main libre alors qu’il l’embrassait longuement. Elle était rouge de gêne et c’était parfait. Il releva la robe avant de poser son regard, légèrement étonné : Elle ne portait rien du tout sous sa robe ? Elle était entièrement nue et il voyait déjà son sexe… Ses petites lèvres roses tremblotantes du désir qu’elle tentait de réfréner. Il eut une petite idée coquine et tandis qu’elle avait les yeux fermés, il descendit rapidement son visage vers l’entrejambe de la jeune femme, venant mordiller très délicatement son clitoris. Rapidement, le corps de Nelya fut parcouru de nombreux spasmes alors qu’elle poussa un cri :

« AHHHH ! Qu’est ce qui se passe ?! »

« Je vais simplement t’initier à ce que tu mérites depuis tellement de temps. »

« Non, Xano. Ne fais pas ça, ce n’est pas propre ! »

Qu’importe ce qu’elle disait, elle ne pouvait pas s’empêcher d’apprécier le traitement qu’il venait de lui infliger. Il s’était réfugié sous la robe de Nelya sans pour autant la déchirer, seule sa tête se trouvant sous le tissu bleu de la jeune femme. Elle tentait de l’arrêter mais avec une fausse force qui démontrait que ce n’était pas ce qu’elle voulait. Il venait maintenant de rentrer sa langue dans son intimité, lui procurant des sensations dont elle ne connaissait pas l’existence avant maintenant. Ainsi, c’était ce qu’avait ressenti Luna et Oriane quand Xano s’était occupé d’elles ? C’était… vraiment divin.

« Xa… Xano… Xano… S’il te plaît… Ne t’arrête pas… Pas maintenant. S’il te plaît… Continue pour moi, je t’en supplie. Pourquoi mon… corps réagit comme ça ? »

« Peut-être que tu apprécies simplement et que tu es capable de te comporter comme une véritable humaine ? »

Il retira finalement sa langue en elle avant de sortir sa tête de la robe bleue. Il commença à la remonter de plus en plus, voyant le nombril de la jeune femme avant d’y déposer un baiser. Finalement, il arrivait à la hauteur de sa poitrine et il préférait ne pas se poser de questions au sujet de cette dernière. L’habit disparu subitement alors qu’il l’avait en main, la montrant complètement nue sous le regard ahuri de Xano. Elle avait une main posée sur son visage, ses yeux saphir grands ouverts alors qu’elle disait :

« Je pensais qu’il était mieux… d’utiliser mes pouvoirs pour ça. Ai-je commis une bêtise ? »

« Heu non, non ! Simplement que disons… C’est une façon un peu spéciale de se débarrasser des vêtements. »

« Je vais faire aussi disparaître les tiens. AH ! Mais qu’est-ce que… Huuuum. »

Elle n’avait pas terminé sa phrase que déjà, il s’était attaqué à sa poitrine, donnant des petits coups de langue sur les deux seins aux tétons dardés. Ils étaient bien plus petits que ceux de Luna ou Oriane mais ce n’était pas pour autant qu’elle était plate. Elle avait tout simplement une poitrine de femme normale et ce n’était pas plus mal en un sens. Elle gémissait de plaisir alors qu’il octroyait un service un peu spécial à la jeune femme. Déjà, il sentait ses habits disparaître les uns après les autres, ces vêtements étant déposés sur le côté en étant bien pliés comme du linge neuf. Il arrêta son traitement avant de se coucher sur elle, excité d’une certaine façon qu’il avait du mal à cacher : Quand même, il couchait avec trois femmes et à chaque fois, c’était différent. Alors qu’il connaissait de fond en comble Oriane et Luna, c’était sa première fois avec Nelya et il se sentait à nouveau si bien. Il alla se coucher sur elle, se rappelant qu’elle était bien plus grande que lui. Il avait sa tête déposée sur sa poitrine, son sexe frottant contre le sien alors qu’il respirait son odeur si particulière :

« Xano, c’est comme cela que ça se passe chez les humains ? Je ne sais pas… donc je te demande. C’est un peu particulier… mais ce n’est pas déplaisant. »

« Mais non, petit sotte ! Ah non, grande sotte ! Ce n’est pas terminé, cela vient à peine de commencer. Tu ne crois pas que… »

« On peut rester comme ça ? Je n’ai pas un besoin ardent en ce moment d’avoir ce que vous appelez un rapport sexuel. »

Comme elle voulait, il n’allait pas lui refuser ça. Il se calfeutra avec un petit sourire contre elle alors qu’elle lui caressait le dos tendrement. Ils étaient nus l’un contre l’autre mais il n’y avait rien de pervers ou alors d’envie démentielle de faire l’amour. Ce n’était pas Oriane, ce n’était pas Luna, c’était simplement Nelya. Il ferma les yeux alors que déjà, son corps ne ressentait plus l’extase qui l’avait pris il y a quelques minutes. Il avait légèrement froid, voir très froid puisqu’il était nu. Elle le remarqua aussitôt et fit apparaître ses deux ailes dans son dos, lui donnant l’air d’un ange aux ailes de sang. Elle passa ses deux ailes autour de lui alors qu’il ronronnait contre elle avec envie. Même elle, elle appréciait cet instant : Le savoir contre elle, ce corps juvénile et plein de vie, celui d’un jeune homme qui l’avait insulté la première fois qu’ils s’étaient rencontrés… Tant de choses s’étaient passées depuis. Une vingtaine de minutes s’écoulèrent et ils pouvaient passer la nuit comme ça, chacun le savait.

« Xano, je pense que l’on peut s’unir maintenant. »

« Comme tu le désires. Je te préviens, cela va faire assez mal au début. »

« Souffrir pour avoir du plaisir, cela n’est pas un concept masochiste ? »

« Hahaha ! Vraiment… Nelya. »

Il préféra ne rien dire alors qu’il remontait son visage pour venir l’embrasser. Il devait se remettre un peu en forme avant de la faire devenir une véritable femme. Elle se chargea de ce petit problème avec ces deux mains, accomplissant son devoir d’une façon vraiment troublante et sensuelle. Elle était si efficace dans ses gestes qu’il se retrouva rapidement avec une excitation comme il n’en avait jamais connu. Lentement, elle écarta ses deux jambes pour lui permettre de la faire sienne. Il lui demanda simplement de le tenir contre elle avec ses deux mains alors qu’il la pénétrait doucement pour déchirer l’hymen la première fois. Un léger flot de sang vint recouvrir l’herbe verte alors qu’elle gémissait de bonheur à nouveau.

C’était encore meilleur qu’au départ, elle sentait une décharge électrique qui parcourait son corps alors qu’elle se faisait prendre dans l’herbe fraîche. La fraîcheur de la nuit n’arrivait même pas à recouvrir son corps si chaud alors qu’elle retenait Xano contre elle pendant qu’il donnait des nombreux coups en elle. Ils continuèrent ainsi pendant plus d’une demie-heure, ne faisant que se rouler dans l’herbe pour que l’un se retrouve au-dessus de l’autre pendant l’acte. Enfin, elle poussa un long cri strident en sentant que quelque chose la remplissait de l’intérieur au même moment où elle se crispait. Elle haletait très rapidement alors qu’il poussa à son tour un léger cri :

« Mais c’est quoi ça ?! »

« De quoi, Xano ? Il y a un problème ? »

Il posa rapidement ses yeux vairons sur les seins de la jeune femme ruisselant de sueur. Il y avait un liquide qui s’écoulait de ces mamelons : Il ne venait quand même pas de la mettre… enceinte dès la première fois ?! Pas aussi rapidement ! Il était presque affolé, se disant qu’il était beaucoup trop tôt pour être père alors que Nelya lui caressait tendrement les cheveux pour le calmer.

« Xano ? Tu sembles inquiet. Ce n’est pas à cause de ça quand même ? »

« Mais je je je je je… Attend, ne me dit pas que tu es… »

« Xano, si c’était le cas, cela voudrait dire que je t’ai déjà trahi et trompé, est-ce que cela te semble possible ? »

« Non mais… Je n’ai pas l’habitude que… Voilà mais voilà quoi ! »

« Ah… Disons simplement que certaines femelles peuvent créer ce liquide lactaire sans être enceintes. Cela serait déplaisant que je porte ton enfant ? »

Elle le regardait à nouveau avec son air sérieux et neutre alors qu’ils venaient de s’unifier il y a quelques minutes. Il avait découvert un côté de la jeune femme que nul n’allait connaître à part lui. Il semblait plutôt confus et déjà, il était rapidement pris de remords pour ses paroles. Il correspondait au salopard qui couchait avec une femme sans prendre ses responsabilités et déjà, il alla l’embrasser, disant d’une voix troublée :

« Non et je m’excuse. Je ne voulais pas te vexer ou dire que je ne voulais pas que tu aies mon enfant. J’ai été simplement étonné par ton corps. Je serais très heureux que tu portes mon enfant mais n’est-ce pas un peu trop tôt ? Nous n’avons même pas dix-huit ans ! De plus, il y a encore quelques problèmes à régler. Après que tout soit terminé, nous pourrons tout faire pour en avoir un, qu’en penses-tu ? »

« Fais-tu ce genre de propositions à Oriane ou à Luna ? Avoir un enfant de trois femmes différentes, cela peut s’apparenter à de la polygamie et n’est apprécier qu’en de rares endroits. »

« Disons simplement qu’Oriane et Luna pensent plus à… coucher avec moi qu’à leurs avenirs de mères. Je ne pense pas que cela leur déplaise si cela devait leur arriver un jour. »

Elle alla l’embrasser longuement alors qu’il se laissait faire, ému par le geste de l’ancienne Xatu. Celle-ci prenait les devants et ce n’était pas déplaisant en un sens. Enfin, ils durent se rhabiller et ils savaient que ce moment allait rester gravé dans leurs mémoires. Elle faisait apparaître à nouveau ses vêtements sur elle puis elle s’occupa de Xano grâce à ces pouvoirs psychiques, reprenant son air neutre qui la caractérisait tant.

« Xano… J’ai passé une très bonne soirée avec toi et uniquement toi. Néanmoins, je dois te prévenir que nos soirées en tête à tête ne se termineront pas toujours comme cela. Ne te fais pas de faus… »

« Je ne me fais rien du tout. Tu es Nelya, tu resteras Nelya. On pourra continuer à se balader comme si de rien n’était, cela ne me gênera pas du tout. »

« De toute façon, tu as déjà Luna et Oriane si tu as besoin d’un envie sexuel primaire. »

« Je ne considère pas Luna et Oriane comme des objets, hein ? C’est pareil pour toi mais c’est vrai qu’elles sont plus aptes à vouloir le faire avec moi. Je devrais plutôt arrêter de le faire aussi souvent, voilà tout. »

« Exactement, c’est pour cela que je te préviens que je ne suis pas disponible sur commande contrairement à elles. Je n’ai pas une envie sexuelle dévorante et passionnée, je ne suis pas une femme comme elles. »

Elle s’était déjà retournée, se préparant à partir avec lui alors qu’elle avait remise ses chaussures rouges. Il passa ses deux mains sur son ventre pour la tenir contre elle alors qu’il reprenait la parole :

« Je le sais bien mais c’est pour ça que tu es différente d’elle. J’ai simplement passé une merveilleuse soirée en ta compagnie et j’aimerais pouvoir en passer d’autres avec toi. Je dois donc te remercier de cette nuit. »

« C’est… à moi de te remercier. Tu m’as permis de t’aimer alors que tu aurais pu refusé et te contenter de Luna et Oriane. Je ne sais pas si tout ce qui s’est passé provenait de ton corps en excitation ou alors de tes sentiments mais pour ma part… Je t’aime réellement, Xano. Je ne suis pas capable de le montrer comme les autres mais je t’aime. Si un jour, tu as besoin d’un peu de compagnie féminine car Oriane et Luna dorment profondément, je serais là pour toi. »

« Et si elles ne dorment pas ? J’ai quand même le droit de venir te voir ? »

Elle ne répondit pas, sachant qu’elle s’était contredite en moins de quelques minutes. Elle baissa son regard saphir vers l’herbe, retenant les larmes qui perlaient au bord de ses yeux. Elle qui se considérait si inutile et comme la cinquième roue du carrosse depuis qu’elle était devenue une humaine. Elle qui se considérait simplement comme inexistante à ses yeux car elle ne se comportait pas comme Luna ou Oriane. Elle n’allait jamais sauter dans les bras de Xano ou alors pousser des petits cris ou porter des sous-vêtements affriolants et pourtant…

« Rentrons, il commence à faire un peu frais maintenant. »

« Oui, Xano. Je pourrais dormir avec toi ? De la même façon que dans la grotte, si tu t’en souviens ? »

« Avec plaisir, Nelya. »

Il lui prit la main alors qu’ils se dirigeaient d’un pas lent dans les bois pour retourner vers la tente où dormaient Oriane et Luna. Dès demain, ils allaient reprendre leurs routes et se diriger vers les montagnes Valéennes.

Chapitre 62 : Régression

Chapitre 62 : Régression

« Mais m… C’est quoi ce truc à la mormoilenoeud ?! »

« Ca s’appelle une grue. Tu sais, tu dois essayer d’attraper une peluche avec la pince pour la faire tomber dans le trou et donc la récupérer. »

« Merci bien Oria, tu crois que j’essaye de faire quoi depuis cinq minutes ? »

« Dilapider notre argent ? »

Iny et Oria rigolèrent ensembles alors que Rek ne semblait pas rire de son côté. Il était déconcerté par ce stupide jeu de la grue. Il voulait impressionner les deux femmes en montrant ses capacités surdéveloppées dès qu’il s’agissait d’un jeu mais là, il était plus que risible. De son côté, Xano n’était guère mieux. Il avait tenté d’attraper une peluche représentant une Apireine mais il se loupait systématiquement alors que Luna criait :

« Tu vas y arriver, Xano ! Je suis sûre que tu vas y arriver ! »

« Non mais t’as vu la taille de cette peluche ? Elle est comme l’originale en ce qui concerne son poids : Super lourde et grosse, la pince n’arrive pas à l’attraper. »

« Il faut dire que des trois pokémons dont nous sommes tirées, l’Apireine est la plus lourde de toutes et de loin. »

Oriane éclata de rire alors que Nelya venait de prononcer ces quelques détails néanmoins véridiques. Luna tenta d’ouvrir la bouche pour répliquer avant de voir que Xano s’excitait sur la machine. Il y était presque… PRESQUE ! Au bout de la dixième tentative, il venait enfin d’arriver à agripper cette foutue peluche et à la ramener assez près du trou. Au final, la peluche Apireine arriva par le trou, récupérée par Luna qui vint la serrer dans ses bras en criant de joie. Elle vint embrasser Xano sur la joue qui soupira légèrement, le rouge passant sur ses joues :

« J’ai quand même dut recommencer une dizaine de fois. Bon et bien, maintenant, on va faire ça pour Nelya, Oriane et même Tyrania mais avant… Nelya ? »

Il s’approcha de la jeune femme aux cheveux bleus, lui murmurant quelque chose dans l’oreille. Elle acquiesça en silence alors qu’elle fermait ses deux yeux bleus pour les rouvrir très légèrement, ces derniers étant devenus roses. La peluche de Roucarnage que Rek tentait de prendre depuis autant de temps que Xano fut finalement capturée par la grue de ce dernier avant de tomber. Oria se tourna vers Xano et les trois femmes, leur faisant un clin d’œil alors que Rek s’extasiait :

« Ah ! Je vous l’avais dit que j’étais doué ! Moi et les jeux, on est faits pour être ensembles ! »

« Je ne compte même plus le nombre de tes essais, Rek. »

« Tu n’aurais pas assez de doigts pour ça, Iny. »

Les deux femmes rigolèrent ensembles alors que le trio s’approchait de Xano et des autres femmes. Ils demandèrent ce qu’ils allaient faire maintenant. Le jeune homme aux cheveux blancs répondit qu’il valait mieux faire quelques attractions mais que pour sa part, il restait aux grues. Luna et les autres pouvaient partir avec eux, cela ne le dérangeait pas. Quelle chance ils avaient eut de trouver une fête foraine dans cette ville. Ils ne pouvaient pas mieux tomber ! Luna fut la première à prendre la parole :

« Je vais faire quelques tours avec Iny et les autres ! Rester immobile pendant une heure, cela n’est pas très amusant, Xano ! »

« Je suis d’accord avec elle. Je vais me balader avec Oria pour voir ce que la fête foraine nous réserve. »

« Pour ma part, cela ne m’ennuie pas de patienter. Je vais rester aux côtés de Xano. »

Voilà, le quatuor se séparait finalement : Luna et Oriane allaient avec l’ancienne Taiso des pokémons vols et ses compagnons alors que Nelya restait avec lui. Il salua brièvement les cinq personnes avant de regarder autour de lui : Bon, où se trouvait la grue pour les pokémons de feu. Dès son arrivée devant ces machines, il avait fait un premier constat : Les peluches étaient mises suivant leurs types premiers. Pour un Fantominus, il fallait le trouver dans la grue pour les pokémons spectraux. Pour une Feunard, il fallait chercher donc du côté des pokémons liés au feu.

« Et bien. On va encore passer un peu de temps ensembles, Nelya. »

« Ce n’était pas ce que tu voulais la dernière fois ? Tu as changé d’idée ? »

« Non, non. C’est juste que… C’est bizarre de voir Oriane et Luna qui m’abandonnent. »

« Ce n’est pas vraiment un abandon, tu le sais bien. Simplement, elles ont d’autres idées en tête que de passer tout leurs temps avec toi. »

« Cela n’est pas plus mal. Au moins, elles ne restent pas attachés à moi. Et toi, de ton côté ? Pourquoi tu restes avec moi ? Tu n’as pas envie de faire des manèges ? »

« Ce n’est pas vraiment mon genre. Je ne suis pas du genre à faire des folies ou ces petites choses. »

Il poussa un léger soupir tout en souriant : Nelya restait indéniablement la même. Son regard se tourna dans les alentours alors qu’il cherchait la grue pour les peluches pokémons liées au feu. Après deux minutes, il les trouva et prit une pièce pour l’insérer dans la machine. Maintenant, c’était au tour de Tyrania d’être prise dans les pinces de la grue !

« Nelya, tu me donnes un coup de main ? Mais en catimini, hein ? »

« Pourquoi veux-tu que je fasse cela ? Tu ne penses pas être capable de réussir tout seul ? »

« Si si… Simplement, j’ai d’autres idées en tête. »

« Mais tu n’as pas lu les affiches ? Les pokémons psys et spectres sont interdits de paraître près des grues pour éviter des abus. »

« Tu n’es plus une pokémon. Mais bon… Si tu préfères que je fasse ça à la loyale, je vais te demander d’être patiente ! »

Elle s’inclina pour dire qu’elle préférait qu’il ne triche pas avec ses machines. Bon… Pour le coup de la Feunard, il valait mieux s’attaquer à quoi ? Aux neuf queues ? Ou alors au corps ? Premier test : Les pinces de la grue agrippèrent le corps de la peluche avant de la soulever. Elle stationnait dans les airs avant de revenir peu à peu puis soudainement, elle glissa alors qu’elle ne se trouvait qu’à quelques centimètres du trou.

« Et merde ! Je pensais l’avoir du premier coup ! »

« Les pinces des grues sont recouvertes d’un liquide qui fait glisser les peluches. Si tu veux les agripper correctement, il te faudrait être capable de viser en un point précis. Tu veux que je te montre ? »

« Ah non ! C’est ma partie ! Je ne veux pas d’aide ! »

« Pour flatter ton ego d’homme et montrer aux femmes que tu apprécies que tu es doué dans le maniement de la grue ? »

« Exactement. »

Il rigola légèrement alors qu’elle souriait, se plaçant derrière lui comme pour lui porter chance. Il tenta une seconde fois de capturer cette Tyrania en peluche mais y arriva maintenant avec facilité… comme si quelqu’un venait de l’aider. Il se tourna vers Nelya mais celle-ci hocha la tête d’un air négatif pour dire que ce n’était pas elle. Il venait de réussir facilement du second coup ? Il récupéra la peluche Feunard avant de la regarder.

« Tu crois qu’elle lui plaira ? Je la trouve très bien réussie moi. »

« Je ne sais pas trop… Mais comme cadeau de bienvenue et pour fêter son retour, je pense qu’elle sera contente. Rien que le fait de te voir la rendra suffisamment heureuse. »

« Maintenant, direction les pokémons dragons ! On va s’attaquer à Oriane ! »

Il criait alors qu’il se dirigeait maintenant vers les autres grues. Vraiment, il était dingue de ces petites choses. Quand au groupe d’Iny, Oriane et les autres, ces derniers s’amusaient dans les nombreux manèges, tout le monde préférant ceux sans sensations fortes. Les auto-tamponneuses étant par groupe de deux, Iny s’était retrouvée avec Luna, Oriane avec Oria et Rek était monté dans une auto-tamponneuse aux couleurs d’un Colossinge.

« Même tout seul, je vais vous bousculer tellement qu’on pourra faire un milk-shake avec vos deux corps ! »

« Niveau vantardise, tu es difficilement battable Rek. Iny et Luna, montrons à ce type comment les filles se battent ensemble ! »

Les quatre femmes s’écrièrent ensemble, légèrement bousculées par les autres auto-tamponneuses alors que Rek tentait d’échapper aux deux qui fonçaient vers lui. Visiblement, elles avaient décidé de se mettre à plusieurs contre lui ? Rien à faire ! Il était facilement capable de les esquiver ! Ses facultés d’Etouraptor allaient lui être utiles. Il n’avait même pas besoin de regarder derrière lui pour savoir qu’Oria et Oriane étaient à sa poursuite. Un petit regard sur la gauche et il vit que Luna et Iny fonçaient vers lui. Il les évita avec une légère difficulté avant de s’exclamer :

« Il va falloir faire mieux que ça si vous voulez m’attraper ! »

« HIIIIIIII ! Iny ! Laisse moi le volant ! Je vais lui régler son compte ! »

« Rek, t’es mal, Luna semble furieuse de t’avoir raté. »

« J’ai même pas peur ! »

Pourtant, il aurait dut l’être. La jeune femme aux franges blanches appuya sur l’accélérateur de l’auto-tamponneuse pour se mettre à la poursuite de Rek. Les autres véhicules s’étaient éloignés légèrement pour regarder le spectacle de ces deux duos poursuivant le jeune homme à la mèche bleue. Il arrivait toujours à échapper aux jeunes femmes mais avec de plus en plus de difficultés. Les deux véhicules se trouvaient maintenant devant lui pour l’attendre alors qu’il s’était mis à freiner. Faire un détour et vite !

« TROP TARD ! »

Luna et Iny étaient passés derrière lui alors qu’Oria et Oriane accélérait à plein gaz vers lui. Il n’avait plus le temps de se retourner ! Il était fichu ! Les deux véhicules le percutèrent de plein fouet, le faisant secouer dans tous les sens alors qu’il posait une main sur sa bouche : Le choc avait été sacrément violent sur le coup.

« Il ne fallait pas se moquer des femmes ! »

« Luna… Je crois qu’on évitera de te permettre d’utiliser une voiture à l’avenir. Une simple mesure de précaution si tu veux mon avis. »

« Et pourquoi ça ? »

Iny détourna le regard, préférant ne pas répondre à la question de la jeune femme aux yeux rubis. Il valait mieux qu’elle ne sache pas pourquoi. Quand même… Qui aurait put croire qu’elle était aussi efficace avec un guidon dans les mains ? Les quatre femmes se rejoignirent alors qu’Iny aidait Rek à sortir du véhicule. Luna fit une petite remarque :

« C’est quand même dommage que Xano soit resté aux grues. »

« Je pense qu’il voulait surtout nous attraper toutes les quatre sous nos formes de peluche. »

« C’est vrai que Rek a mis du temps rien qu’avec un Roucarnage. Enfin, si c’est le style de Xano, on ne va pas l’embêter avec les manèges. Ce n’est peut-être tout simplement pas son genre. Mais quand même, Nelya reste souvent avec lui. Est-ce qu’ils ont… »

« Pas à ma connaissance. Nelya est très pudique et … froide dira t-on. Je n’arrive jamais à savoir ce qui lui passe par la tête à celle là. »

« Bon, on n’est pas là pour discuter mais pour s’amuser ! »
Luna cria à nouveau avant de prendre la main d’Iny pour la traîner vers d’autres manèges. Oriane et le reste de la troupe suivirent les deux jeunes femmes en haussant les épaules. Vraiment, elle était impossible à arrêter quand elle s’y mettait mais bon… C’était Luna et on ne pouvait pas changer la jeune femme. Nelya observa les trois peluches qu’elle avait dans les mains : Une Apireine, une Feunard et une Altaria. Xano semblait à nouveau en proie à la crise de nerfs avec une grue alors qu’elle lui disait :

« Xano… C’est inutile de s’énerver pour ça. Je n’ai pas besoin de cette chose. »

« TAIS TOI ! Si les autres en ont une, je ne vois pas pourquoi tu n’en n’aurais pas ! »

« Tu veux… »

« Non, je ne veux pas de ton aide ! Si j’ai réussi à les avoir sans toi, je peux bien réussir à avoir cette peluche ! »

« Cela fait plus de la vingtième fois que tu essayes… Tu vas perdre tout ton argent dedans. »

« RIEN A FAIRE ! C’est mon argent et si j’ai décidé ça, c’est ce que je ferais ! »

« Tu es un vrai gamin. »

Mais bon… Elle aimait beaucoup quand il se comportait comme ça. Délicatement, elle vint se mettre derrière lui, collant son corps contre le sien avant de prendre ses deux mains qui servaient à manier la grue. Il sentait la poitrine de la jeune femme aux cheveux bleus contre lui mais préféra ne rien dire. Elle commençait à le guider délicatement alors qu’il sentait sa colère disparaître peu à peu. Ses mains étaient si douces… et si chaleureuses. Finalement, la grue attrapa la Xatu verte en peluche par la tête. Cela n’avait pas été une mince affaire et pourtant, avec Nelya, on aurait cru que si.

« AH ! On va y arriver ! On va y arriver ! »

« Calme toi, ce n’est pas terminé. »

Il se demandait si elle utilisait ses pouvoirs psychiques en ce moment ou non mais d’après ce qu’il pouvait voir, il ne semblait rien avoir de louche dans le maniement de la grue ou dans ces pinces. Il remarquait simplement que celle-ci agrippait mieux la peluche… comme si le liquide qui se trouvait sur les pinces avait disparu. Avait-elle tout fait pour retirer le liquide ? Non, ce n’était pas le cas… Il savait qu’elle n’était pas du genre à mentir. Elle lui avait simplement permis de se calmer et donc de mieux se concentrer. Enfin, la dernière peluche tomba dans le trou et fut réceptionnée par Xano qui la tendit à Nelya.

« Voilà ! C’est pour toi ! Et… merci pour le petit coup de main. »

« Je n’ai rien fait de spécial. Tu as simplement réussi tout seul. Il suffisait de ne plus être énervé par cette machine pour comprendre comment elle marchait. »

« Tu es vraiment spéciale comme fille, Nelya. Je me demande si l’autre peluche que j’ai prise plaira à Oria. »

Il rigola alors qu’elle détournait le visage en prenant la peluche qu’il lui tendait. Elle s’était mise à rougir comme une enfant après les paroles de Xano alors qu’elle observait ce qu’elle avait été dans le passé. C’est vrai, maintenant, elle était devenue une humaine, une humaine comme lui. Il était peut-être temps qu’elle…

« Nelya ? Tu veux qu’on aille avec les autres ? Ou alors tu préfères que l’on se balade tous les deux, seuls ? »

« Je ne sais pas trop. C’est à toi de décider. »

« Non ! Cette fois-ci, tu me dis ce que tu veux et pas ce que je veux ! »

Ce qu’elle voulait ? Pouvait-elle se permettre de vouloir quelque chose ? Avec Xano, elle y réfléchissait sérieusement mais elle n’y arrivait pas. Pourtant, ce n’était pas si dur à dire… Elle ouvrit la bouche, tentant de prononcer les paroles qu’il voulait entendre :

« J’aimerais… passer le reste de la soirée… avec toi et toi seul si… tu es d’accord. »

« Et bien voilà, ce n’est pas si dur que ça. »

Il prit sa main alors qu’elle serrait sa peluche de Xatu contre sa poitrine. Les trois autres venaient d’être rangées dans son sac. Vraiment, des fois, il se demandait comme ces sacs pouvaient prendre autant de choses en eux ? A se demander si il n’y avait pas une technologie mystérieuse à l’intérieur ?

« PFIOU ! Je suis crevée et exténuée ! Pas vous ? »

« Plus que tu ne le crois, Luna. Tu nous as traîné sur une dizaine de manèges différents et tu ne nous as même pas laissés souffler un peu. »

« Xano… avait dit de se fabriquer des souvenirs… alors je pensais que… »

Toute sa motivation venait d’en prendre un coup. Elle avait simplement tout fait pour que la journée soit merveilleuse pour Iny et Rek. La jeune femme aux lunettes tapota légèrement sa tête en souriant, ils n’étaient pas en train de la réprimander, ils étaient tous si heureux ce soir. Mais il allait être temps… temps de se dire au revoir.
Le soir était maintenant tombé depuis bon nombre d’heures et Nelya avait profité de ces petits moments avec Xano. Ils n’avaient fait aucun manège, ni lui, ni elle en avait envie. Ils préféraient simplement se balader, main dans la main, à travers les nombreux stands qui se trouvaient sur leurs chemins. Plusieurs têtes s’étaient retournées vers eux, mi-émerveillées par la femme, mi-moqueuses car Xano était plus petite qu’elle. Il n’y fit même pas attention bien que Nelya lui demandait la raison de ce comportement à leurs égards. Ils s’arrêtèrent finalement sous un arbre au beau milieu des stands et Nelya serrait ses deux mains dans les siennes, le regardant d’un air étrange avec ses yeux saphir :

« Xano ? Je peux te demander quelque chose ? »

« Tout ce que tu voudras, Nelya. »

« J’aimerais que ce soir… Si tu veux bien… J’aimerais que toi et moi… »

« XANO ! »

Luna venait de crier dans leur direction alors qu’elle se dirigeait en courant vers Xano. Elle venait tout simplement de briser ce petit moment amoureux entre Xano et Nelya, mais le savait-elle ? Oriane et les autres marchaient vers eux alors que Nelya retirait ses mains de celles de Xano. Celui-ci semblait dépité, elle avait voulu lui dire quelque chose. Mais bon… Elle ne perdait rien pour attendre ! La jeune femme aux longs cheveux violets observait les deux personnes de son regard améthyste en réfléchissant : Lune venait de commettre une bêtise. Elle était sûre de ça. Oria se présenta devant le jeune homme aux longs cheveux blancs, Iny et Rek à ses côtés.

« Xano… Je crois qu’il est temps pour eux. »

« Partons de cette ville, il vaut mieux éviter de faire ça en public. »

Elle hocha la tête pour dire qu’elle était d’accord alors que les sept personnes s’éloignaient de la fête foraine et de Pexyr. Au bout d’une vingtaine de minutes de marche où personne n’avait ouvert la bouche, ils se retrouvaient enfin dans une plaine avoisinante de la ville. Xano ouvrit son sac, sortant les quatre peluches qu’il avait gagnées à la fête foraine avant de tendre les deux seringues remplies de liquide blanc.

« Je n’ai pas à rester pour vos derniers moments. Eloignons nous les filles. »

Xano et les trois femmes partirent à plus d’une centaine de mètres alors qu’Oria les regardait avec de la reconnaissance dans le regard. Iny et Rek étaient parfaitement immobiles et chacun ne savait pas quoi dire. Le stress semblait intense et Oria baissa les yeux. Il suffisait simplement de leur injecter les seringues dans le corps et ils étaient soignés ? Il n’y allait plus avoir de virus en eux ? C’était aussi simple que ça ?

« J’ai passé une excellente soirée ! C’est bizarre de ne pas être toujours fourré dans les jeux vidéo mais ce n’est pas déplaisant au final. »

Rek venait de prendre la parole au grand étonnement des deux femmes. Celles-ci tournaient leurs visages vers lui alors qu’il avait un léger sourire aux lèvres. Ses yeux bleus observaient Oria avant qu’il ne sorte sa main droite de sa poche pour la poser dans les cheveux rouges de la jeune femme qui était sa maîtresse.

« Je vais simplement te demander de surveiller ma console portable pendant que je ne serais plus humain. Je compte bien finir cette suite. Evite que ma partie soit effacée pendant tout ce temps, d’accord ? »

« De toute façon, qu’on soit humains ou pokémons ne changera rien à nos relations, n’est-ce pas ? Si nous sommes devenus deux humains grâce à ce virus, nous pourrons bien le devenir sans ce dernier. »

« Iny…. Rek… Vous me le promettez ? D’être encore avec moi-même quand vous serez redevenus… »

« Tu ne va pas te mettre à pleurer ? Cela ne te convient pas du tout. »

Rek venait de poser son front contre celui d’Oria tout en remettant sa main droite dans sa poche. Il avait aperçu quelques larmes dans le regard d’Oria et cela ne lui plaisait pas. Elle était toujours en train de sourire et de rire, la voir pleurer était horrible. Il retira son front alors qu’Iny prenait les mains d’Oria dans les siennes, ayant retiré ses deux gants.

« Quand je redeviendrais humaine, on pourra retourner faire les boutiques, d’accord ? »

« Promis ! Je te le promets Iny. Et c’est pareil pour toi Rek. »

Les deux anciens pokémons rigolèrent ensemble alors qu’elle tremblait, les deux seringues dans sa main gauche. Les voir devenir à nouveau des pokémons… Ne plus pouvoir discuter avec eux, elle n’aimait pas ça mais elle y était obligée. Iny et Rek tentèrent leurs cous alors qu’elle présentait une seringue dans ses deux mains. Lentement, le liquide blanc fut injecté dans leurs veines alors qu’une lumière les envahissait.

« Ca ne sera qu’une questions de temps, Oria. Disons simplement que ma partie a été sauvegardée et qu’il me faudra attendre quelques temps avant de pouvoir la relancer à nouveau. Nous sommes tes amis et cela qu’importent nos formes. »

« Je crois que le fait de t’avoir empêché de jouer à tes jeux vidéo t’a rendu plus mûr Rek. Oria, comme il a dit, tu n’as pas à t’en faire, nous serons toujours avec toi. Au revoir. »

« Au revoir… Iny et Rek. »

Chapitre 61 : Une connaissance

Septième partie : Ses véritables sentiments

Chapitre 61 : Une connaissance

« AH ! »

« Tu t’es finalement réveillé ? Cela fait bien une journée que tu es endormi. »

« A qui la faute, Nelya ? Si tu ne lui avais pas donné ce coup dans la nuque, il ne serait pas tombé inconscient. »

« Ce n’est pas de ma faute, je n’ai fais que ce qu’il y avait à faire. »

Il s’était redressé légèrement, sa tête se retirant de la douce chaleur des jambes de Nelya. Celle-ci était à genoux sur le sol alors qu’Oriane et Luna étaient assises à côté. D’après ce qu’il venait d’entendre avec la légère dispute entre Luna et Nelya, il avait dormi toute une journée ?! Il passa une main sur son front, remarquant un léger bandage autour de ce dernier. Il regarda autour de lui pour savoir où il était mais il n’arrivait pas à se concentrer. Pire ! Il avait encore plus mal à la tête et il se recoucha subitement sur les jambes de Nelya alors que Luna s’écriait :

« Xano ! Qu’est-ce qui se passe ?! »

« Arrête donc de crier, il a seulement besoin d’encore un peu de repos. »

« Oui mais tu en profites ! Il est sur tes genoux depuis tout ce temps ! Tu en as assez profité ! Laisse moi l’avoir aussi un peu pour moi. »

Oriane poussa un léger soupir alors qu’elle regardait Luna qui tentait de passer outre le mur psychique crée par Nelya. Il pouvait voir qu’elles allaient bien mieux, leurs métabolismes étaient tels qu’elles étaient soignées rapidement, chose dont il était heureux intérieurement. Lui-même, il se sentait de mieux en mieux mais il ne savait pas pourquoi. Nelya lui répondit inconsciemment alors qu’elle parlait à Luna sur un ton neutre :

« Il a besoin de rester près de moi pour que je puisse le soigner. Ces blessures physiques ont disparu mais il lui reste encore quelques heures avant qu’il ne puisse se mouvoir comme auparavant. Sois une gentille fille et reste tranquille. »

« NON ! Je peux l’avoir sur mes jambes aussi et toi tu restes à côté et tu nous observes ! »

« Luna… Calme toi. Je te promets de rester sur toi dès que je me sentirais mieux. »

« C’est une promesse donc tu ne peux pas la rompre ! »

« Quelle gamine… »

Nelya avait dit cela sur un ton légèrement irrité alors qu’elle passait une main dans les longs cheveux blancs de Xano. Celui-ci posa plusieurs questions : Où se trouvaient-ils ? Et ces explosions ? Et Ronyl et Paria ? Ce fut Oriane qui répondit à la plupart d’entre elles : Le laboratoire avait été complètement détruit d’après le premier constat qu’elle avait établi. Un rapide coup d’œil lui avait signalé qu’il n’y avait aucun cadavre en ce lieu à part celui de l’ancien Elekable. Quand au lieu où ils se trouvaient, ils étaient à environ une dizaine de kilomètres de la ville la plus proche mais ils n’étaient plus en danger. Finalement, tout était terminé pour le meilleur et pour le pire. Il se redressa subitement à nouveau, se cognant le front contre le mur invisible de Nelya qu’elle avait formé autour d’elle. Il retomba sur les genoux de Nelya alors qu’elle lui souriait, un vrai sourire amusé :

« Aie, aie, aie ! »

« Personne ne peut venir nous déranger à cause de ces murs. Tu devrais faire attention. »

« Non mais je viens d’y penser. Vous avez encore les antidotes et la formule ?! »

« Oui Xano ! Tu n’as pas à t’inquiéter, ils sont en sûreté ! »

« Donnez moi le portable, il faut prévenir Oria que nous pouvons soigner ses pokémons. »

« Je me charge de ça. Reste calme et repose toi. »

Oriane s’était relevée tout en ouvrant le sac de Xano. Elle en sortit le portable avant de s’éloigner de la tente. C’est vrai… Ils étaient dans la tente et il venait à peine de le remarquer maintenant. Il était vraiment trop fatigué pour réfléchir ce soir. Ce n’était pas possible autrement. Il ferma les yeux, le sommeil venant le chercher sans qu’il ne s’y attende.

Il ouvrit à nouveau ses yeux sans comprendre ce qui venait de se passer. Il s’était endormi à nouveau ? Non ! Ca devait être une erreur mais non, un petit regard autour de lui, il pouvait voir Oriane et Luna qui dormaient paisiblement alors qu’il était encore sur les genoux de Nelya. Celle-ci avait ses yeux saphir posés sur lui mais ils ne semblaient pas bouger. Dormait-elle les yeux ouverts ?

« Tu es réveillé ? Comment vas-tu maintenant ? »

« Tu n’arrives pas à dormir ? Tu pourrais arrêter de t’occuper de moi, non ? Tu as aussi une vie à côté. »

« Je suis l’une de tes Reines. Je n’ai pas à penser à autre chose qu’à toi. »

« Et voilà pourquoi je te trouve des fois si mignonne… Car tu dis ce genre de paroles. »

Il se releva avec douceur, tâtant de sa main droite le vide autour de lui pour voir si il y avait encore ces murs invisibles. Il se sentait bien mieux maintenant et il voulait prendre un peu l’air. Néanmoins, si Nelya l’empêchait de bouger, il n’allait pas pouvoir faire grand-chose contre ça.

« Tu as l’air d’aller beaucoup mieux n’est-ce pas ? Les murs ne sont plus là, tu peux te retirer de mes jambes… si tu le désires. »

« Si cela ne te gêne pas, je vais sortir de la tente. J’ai besoin de respirer un peu. »

« Je vais te téléporter en-dehors si tu es d’accord. Il vaut mieux éviter de réveiller Luna et Oriane, n’est-ce pas ? »

« Que dirais-tu d’une petite balade de minuit avec moi ? »

Elle ne savait pas comment prendre les paroles du jeune homme. Il venait de lui proposer de rester avec lui, toute seule ? Dehors ? Ce n’était pas une mauvaise chose mais elle ne savait pas trop quoi répondre. Voilà que son cœur se remettait à battre très rapidement sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. Néanmoins, elle hocha la tête d’un air positif avant de se téléporter avec lui en-dehors de la tente. Ils se trouvaient à une dizaine de mètres de celle-ci et il inspira longuement avant de s’écrier :

« AHHHHHHHHHH ! Ca fait du bien ! On dirait que je ne suis pas sorti depuis des semaines ! Tu peux me dire ce qui s’est passé avec Oria ? Elle vient quand ? »

« Elle est en route et nous nous sommes donner rendez-vous dans la ville de Tonalan pour dans deux jours. »

« On va revoir une vieille connaissance, je me demande à quoi elle ressemble maintenant. »

« Tu es pressé de la voir ? C’est vrai que… contrairement à nous, elle est réellement humaine. »

Il lui donna une petite pichenette sur le front alors qu’elle gémissait très faiblement, surprise par ce coup. Oui, il allait bien mieux maintenant et elle le regardait pour comprendre la raison de son geste. Elle ne voyait pas pourquoi il avait fait ça, il y avait tant de choses inexpliquées dont elle aimerait trouver une raison. Il lui souriait délicatement et avec tendresse avant de lui prendre sa main droite dans la sienne :

« Vous êtes aussi humaines qu’Oria alors ne commence pas avec ces bêtises. Simplement, c’est la première fois depuis mon départ de l’orphelinat que j’ai quelques connaissances. Je sais à quel point elles sont précieuses et je n’ai pas envie de les perdre. C’est dommage que Ronyl soit devenu comme ça et soit mort, je suis sûr qu’il aurait pu être très sympathique. »

« Chacun doit tracer sa route dans la vie. Tu ne pouvais rien faire pour lui dès ce moment. Tu n’as pas à t’en vouloir. Quand à l’orphelinat, je suis… désolée de t’avoir fait te souvenir à nouveau de ce dernier. Ce n’était pas mon intention. »

« Arrête là, tu me prends déjà la tête petite fille. Je t’ai dit que je voulais me balader et c’est ce que je veux faire. Tu connais un peu les alentours ou non ? »

« Pas du tout, je n’ai fait que veiller sur toi depuis hier voir avant-hier suivant l’heure qu’il est. Je ne… »

« Tais toi un peu et suis moi. On va donc découvrir cet endroit ensemble. »

Ensemble ? C’est vrai que depuis le moment de la grotte, elle n’avait jamais eut un petit moment avec lui, seule en tête à tête avec le jeune homme. Comme elle avait provoqué une légère crise de jalousie de la part d’Oriane et Luna, les deux femmes avaient déployé tous leurs charmes pour faire tomber le jeune homme dans ces derniers. Quand à elle ? Elle était simplement restée elle-même. Elle n’aimait pas les changements de tenue et gardait toujours la même robe bleue, la même coiffure, les mêmes manches… Elle restait elle-même.

« Que dirais-tu de me faire un peu voyager dans les airs ? »

« Je pensais que tu n’aimais pas vraiment ça depuis que nous sommes humaines. »

« Ce soir est une soirée un peu spéciale. J’ai bien le droit de te récompenser, non ? »

« Me récompense pour quelle raison ? »

Il poussa un profond soupir : Vraiment des fois, elle était si stupide à ne pas comprendre ce qu’il voulait dire par là. Il s’arrêta au milieu de la plaine avant de lui prendre ses deux mains pour les ramener à ses lèvres. Il baisa délicatement celles-ci avant de lui dire :

« Tu es celle qui prend le plus soin de moi et qui se soucie le plus de ma personne. Néanmoins, tu ne demandes rien en contrepartie et tu ne cherches jamais à obtenir une faveur. Tu es différente de Luna et Oriane et cela, je ne pourrais pas te le reprocher. Si je décide de te donner une récompense, tu dois l’accepter, d’accord ? Si tu ne veux pas de la possibilité de m’emporter dans les airs comme autrefois, est-ce que quelque chose d’autre t’intéresserait ? »

Qu’est-ce qui pouvait intéresser la jeune femme ? Il ne savait pas et elle restait toujours aussi discrète sur ses envies et ses goûts. C’est vrai qu’au bout du compte, il la connaissait autant que Tyrania, c’est-à-dire vraiment peu… Luna et Oriane, il les connaissaient de fond en comble et cela à des degrés d’intimité vraiment très proches mais à quand à elle… Il ne savait rien. La jeune femme aux cheveux bleus baissa ses yeux, un doigt posé sur son menton alors qu’elle réfléchissait aux propos de Xano. Avait-elle envie de quelque chose en ce moment ? Une petite idée lui traversa l’esprit et elle posa son doigt sur ses lèvres avant de rougir :

« J’aimerais bien… Non je ne veux rien du tout, Xano. Je n’ai jamais fait tout ça pour obtenir quelque chose de ta part. »

« Mais rahhhhhhhh ! Je déteste ça ! Je veux t’offrir quelque chose mais toi tu refuses ! Tu ne voudrais pas un livre ou je ne sais quoi ?! »

« Ce que je veux simplement… C’est pouvoir rester avec toi malgré mon caractère peu sociable. Je te demanderais d’accepter et de supporter ce dernier. Je ne veux pas être séparée de toi pour le reste de mon existence, voilà tout ce que je veux en ce moment même. »

Il voulait passer une main sur son front, énervé par la situation mais il n’y arrivait pas. Ca ne servait à rien, pas en ce moment même. Elle gardait le visage baissé en direction du sol comme si sa demande incongrue avait peu de chances d’aboutir. C’était beaucoup de choses que de demander à vouloir passer le reste de sa vie avec lui. Il passa une main dans ses cheveux blancs, légèrement confus avant de l’observer. Elle était toujours plus grande que lui et avait ses deux joues rougies. Ses deux manches étaient réunies en une seule alors qu’elle avait rejoint ses mains à l’intérieur.

« Bon, j’accepte ça. De toute façon, je n’ai jamais pensé à partir sans l’une d’entre vous. »

Elle releva son visage, légèrement étonnée de sa réponse. Si elle le connaissait mieux, elle aurait su que sa réponse aurait été celle-ci. A force de s’éloigner de lui pour laisser Oriane et Luna s’amuser avec lui, elle n’arrivait pas à deviner ses réponses à l’avance. Depuis longtemps, elle avait arrêté de pouvoir lire l’avenir au sujet de Xano et des Reines. Il se dirigea vers elle avec un sourire :

« Xa… »
Elle n’eut pas le temps de prononcer son prénom que déjà les lèvres du jeune homme se posèrent sur les siennes pour sceller un baiser entre eux. Elle ne chercha même pas à empêcher le baiser alors que les deux mains de Xano se posaient sur son dos. Il s’était penché sur la pointe des pieds pour réussir à l’embrasser alors qu’elle se laissait faire. C’était toujours aussi chaud et doux… Elle avait si rarement ces petites choses qu’elle nécessitait tant. Si elle mettait un peu plus d’entrain, peut-être pourrait-elle obtenir plus souvent un baiser de la part Xano ? Au bout d’une minute, il retira finalement ses lèvres avant de lui dire sur un ton légèrement amusé mais heureux :

« C’est le rajout de la récompense. J’aimerais qu’un jour, tu prennes les devants… Cela fait trop longtemps que tu ne fais plus rien avec moi. »

« Je… n’ose pas. Je ne suis pas comme ça, Xano. Je ne suis pas apte à montrer mes sentiments facilement. Cela peut brouiller mes perceptions sensorielles et mes pouvoirs psychiques si je laissais libre court à mes sentiments trop souvent. »

« Des fois, tu pourrais les montrer un peu plus, n’est-ce pas ? Ce n’est pas déplaisant pourtant ? Ou alors j’embrasse très mal. »

« Je n’ai… jamais essayé avec quelqu’un d’autre. Je ne peux donc pas faire de comparaisons. Je ne pense pas être embrassée par quelqu’un d’autre dans le futur donc je dirais que tu embrasses très bien. »

« Joliment rattrapé. Dorénavant, on fera quelques sorties nocturnes comme ça. Interdiction de le dire à Luna ou Oriane, d’accord ? On peut passer un peu de temps entre nous. Oriane m’invite bien dans les boîtes de nuit ou dans les hôtels et Luna… Elle aime bien que l’on visite certains endroits propices pour certaines choses. »

« Les rapports sexuels. »

Il rigola faiblement avant de la serrer contre lui. Au moins, avec elle, il était sûr de ne pas être trop fatigué. Il déposa un petit baiser sur sa joue droite avant de s’éloigner avec elle pour retourner dans la tente. Un jour ou l’autre, ils allaient devoir le faire tous les deux. Ce jour était peut-être plus proche qu’il n’y pensait. Et Tyrania dans tout ça ? Il ne l’oubliait pas mais il savait qu’il n’avait pas à s’en faire : Elle reviendrait un jour.

Une nouvelle journée s’était écoulée et ils étaient maintenant dans la ville de Tonalan. Une brave petite ville, bien moins impressionnante que celles ayant une arène. Ici, il n’y avait pas de tournoi ou d’arène mais il s’en fichait pas mal. C’était un bon endroit pour retrouver une ancienne connaissance. Visiblement, Oria était aussi en avance puisqu’elle se présenta devant lui alors qu’il s’était installé à un café. Elle n’avait pas trop changé depuis presque une année sauf au niveau de sa coiffure. Celle-ci s’était légèrement allongée pour lui arriver jusqu’à la nuque, une paire de lunettes dans les cheveux.

« INY ! C’est Iny ! Tu es la même ! »

« Tu sais… Nous ne sommes pas vues pendant une année simplement, ce n’est pas comme si j’allais avoir des rides, hein ? Ou alors tu veux me vieillir ? »

« Mais non ! Installes toi à côté de moi, tu vas me raconter ce qui s’est passé ! »

Luna se releva, prenant une chaise derrière elle pour inviter Iny à s’installer. Celle-ci était comme auparavant bien qu’elle portait des vêtements plus féminins sous les conseils d’Oria. Un léger décolleté dans un chemisier rose, une robe de même couleur lui allant jusqu’aux bas des genoux, elle gardait toujours ses lunettes. Iny sourit out en s’installant à côté de Luna, celle-ci ayant légèrement repoussé Xano, celui-ci s’étant laissé faire. Dans l’ordre, Iny était assise à côté de Luna, Luna à côté de Xano, Xano à côté d’Oriane, Oriane à côté de Nelya, Nelya à côté d’Oria et Oria à côté de Rek.

« Toujours dans ses jeux vidéo à ce que je vois Je n’arrive pas à comprendre comment il peut être autant accro à ça. »

« Je n’ai pas réussi à l’en faire décoller malgré toutes mes tentatives. De plus, ils ont trouvé le moyen de lui permettre de ne plus avoir besoin de piles pour ses jeux. Il suffit simplement de charger cette foutue console et c’est suffisant pour durer toute la journée. »

« Je crois qu’on va éviter de le déranger. Bon, raconte moi tout ce qui s’est passé Oria depuis presque un an ! »

Il était si content de la revoir et c’était normal. Comme il l’avait annoncé à Nelya, cela lui faisait tellement plaisir de parler avec une connaissance, une amie dont il ne se serait jamais douté. Elle lui expliquait qu’elle faisait quelques tournois peu connus pour éviter d’être repérée par la télévision et lui permettre de sustenter à ses besoins. Bref, ce n’était pas la merveilleuse vie d’autrefois où elle n’avait pas besoin de se cacher, néanmoins, elle était heureuse avec Iny et Rek. Celui-ci avait à peine daigné les saluer avant de jouer à sa console. Parmi les trois, il était le seul à ne pas avoir changer d’un trait. Il était resté parfaitement le même.
Elle lui posa à son tour quelques questions à lesquelles il répondait : Oui il avait rencontré un autre Taiso du nom de Ronyl. Il lui avait tout raconté dans les moindres détails : Les attaques incessantes de la part des monstres, le combat contre Ronyl, le virus qu’il avait, les malformations qu’il possédait, la petite Evoli qui l’accompagnait du nom de Paria, il lui expliquait aussi le final qui s’était déroulé avec l’explosion du laboratoire et ce qui s’en suivait. Il ne voulait pas qu’elle se fasse une fausse idée de lui :

« Au final… Je me demande si le groupe des Taisos existait réellement. Snakiante, moi, Ronyl… Tout le monde ne semblait pas vouloir se battre réellement pour ce groupe. Ce n’est qu’une chimère au final. »

« Néanmoins, je me posais une question : Où se trouve la Feunard qui t’accompagne ? Elle est devenue humaine elle aussi ? Je n’arrive pas à la voir. »

« Tu veux parler de Tyrania ? Disons que… simplement… Je ne… »

Il ne savait pas trop quoi dire : Ronyl était une chose, Tyrania en était une autre. Il ne sentait pas d’humeur à tout raconter au sujet de sa Feunard mais si elle lui posait une question, il devait lui répondre. Il allait ouvrir la bouche mais ce fut Nelya qui répondit :

« Elle est simplement partie en voyage. Devant son manque flagrant de puissance, elle a décidé de partir s’entraîner en promettant à Xano qu’elle allait revenir avant son prochain anniversaire. »

« AH ! C’est vrai que c’est dans quelques semaines. »

« Douze jours précisément. »

« Et tu n’as aucune nouvelle d’elle ? Tu dois vraiment lui faire confiance pour la laisser partir seule pour s’entraîner. »

« Oui, hahaha. Elle était quand même très forte à la base, je suis sûr qu’elle le deviendra encore plus ! »

Il rigola faiblement alors que Nelya lui parlait par télépathie, lui demandant de la pardonner pour ce qu’elle avait fait. Il lui expliqua que cela ne faisait rien, que ce n’était pas de faute. Il la remerciait même pour ce qu’elle venait de faire. Il lui posa une question au sujet des régions Valéennes. Avait-elle déjà entendu ce nom quelque part ou si elle avait un quelconque indice à ce sujet ?

« Je ne crois pas connaître cet endroit mais tu sais… Il suffirait de se rendre dans une bibliothèque ou demander une carte de ce monde pour les trouver, ce n’est pas plus dur que ça. »

« Et me… Jamais je pense à ce genre de choses moi ! »

« Je t’ai déjà dit de sortir de ton trou ! »

« Bon… Soyons plus sérieux. Au sujet de l’antidote, est-ce que tu es au courant… des effets secondaires ? Oriane t’a prévenu ? »

Luna et Iny s’arrêtèrent de parler et même Rek détourna le regard de sa console. Oria joint rapidement ses deux mains, légèrement confuse par les propos de Xano. Néanmoins, ils devaient bien y arriver à un moment ou à un autre. Elle soupira très légèrement alors qu’elle lui répondit :

« Oui… Je sais tout… au sujet de l’antidote et de ce qui va arriver à Rek et Iny. Nous étions tous d’accords à ce sujet : Nous allons les utiliser. »

« Même si nous ne pourrons plus discuter avec elle, même si nous ne serons plus humains… »

« Nous resterons avec elle jusqu’à la fin. »

Rek venait d’éteindre sa console sous le regard incrédule de l’assemblée. C’était bien lui qui venait de s’exprimer ? Même Oria semblait surprise de l’entendre parler mais elle avait arrêté de se triturer les doigts alors que Xano s’écria :

« Bon et bien, maintenant que nous sommes tous réunis, on va passer le reste de la journée tous ensemble ! Il vaut que ça soit mémorable pour nous tous ! Direction la ville de Pexyr pour ça ! »

Visiblement, il avait décidé de faire que ce dernier jour en tant qu’humains pour Iny et Rek soit le meilleur pour eux. Les deux amis d’Oria hochèrent la tête alors que Rek tendait sa console de jeux portable à la femme aux cheveux rouges pour qu’elle la range dans son sac. Luna et les autres femmes de Xano de se levèrent en même temps que lui : Il était temps de s’amuser. Ils s’éloignèrent tous de la ville et lorsqu’ils étaient à plus de cent mètres de celle-ci, Oria grimpa sur le dos de Rek qui avait fait apparaître ses ailes grises tandis que Xano montait sur le dos de Nelya. Oriane, Luna et Iny étaient à leurs côtés et tous se dirigèrent vers la ville de Pexyr, là où ils étaient sûrs de se forger des souvenirs.

Chapitre 60 : Disparition

Chapitre 60 : Disparition

« Si… Elle est morte, je vous promet de vous exterminer tous les quatre… jusqu’au dernier. Je vous promets de passer le reste de mon existence à vous éradiquer. »

« Tu n’es pas en état de nous menacer. »

« Nelya… Nous ne sommes pas en état de combattre non plus. »

Xano toussa légèrement de gêne, intrigué par le spectacle devant ses yeux. Il ne mettait pas en doute les propos de Ronyl mais si c’était vraiment le cas au sujet de l’antidote, pourquoi Paria n’était-elle pas à nouveau sous sa forme de pokémon ? C’était assez étrange. Néanmoins, il était heureux de voir que tout était terminé. Ronyl était assis sur le sol, la tête de Paria sur ses genoux pour voir si il y avait une quelconque amélioration.

« Vous êtes contents ? C’était ce que vous vouliez depuis le départ. »

« Arrête de te poser en martyr. Si tu n’avais pas dérivé du mauvais côté, cela ne serait jamais arrivé. Pourquoi as-tu crée ce virus ? »

« Car je voulais voir ce dont j’étais issu. Comme je l’ai signalé, il y a plus de dix ans, j’ai assassiné toutes les personnes portant le nom Waror. A part moi, il n’existe plus un homme sur Terre qui porte ce nom. Mais à l’âge de quatorze ans, j’ai trouvé Paria qui se faisait attaquer par des Pyrolis, Voltalis et d’autres membres des différentes races issues de l’Evoli. Sans moi, elle serait morte par ses confrères. C’est pour cela que j’ai décidé de la sauver et que j’ai compris le véritable pouvoir du Virus Ivoil. Si je ne m’étais pas débarrassé de tous ces pokémons, je pense que je serais mort aussi. Lorsque je me suis réveillé, c’était grâce à elle. Elle était recouverte de sang et moi aussi. J’ai alors compris qu’elle avait le même destin que moi. »

« Cela ne m’explique pas pourquoi tu travaillais sur le Virus Ivoil et pourquoi tu as rejoint les Taisos ? »

« Je n’ai pas rejoint les Taisos pour te tuer. Tu m’indiffères complètement. Néanmoins, on m’a proposé d’en apprendre plus sur moi et sur ce que j’étais réellement. Si je devenais un Taiso, je n’avais pas à m’inquiéter du regard des autres. Je disparaissais de leurs vues à jamais. Je ne me montrais plus et je n’étais plus visible. De plus, Paria serait donc à l’abri et elle n’aurait plus à souffrir des autres. »

« Est-ce qu’elle t’a donner son avis à ce sujet ? »

« Elle ne m’a rien dit et c’est normal. Je sais ce qui était bon pour elle. Qui irait se laisser faire souffrir exprès ? Quelqu’un de normalement constitué bien entendu. Alors ? »

« Les masochistes ? Tu vois… A cause de toi et de tes actes, cette Evoli est maintenant morte. Si tu n’avais pas fait tout cela, peut-être que tu aurais pu vivre heureux avec elle et d’autres pokémons ? »

« Comme si j’avais besoin des pokémons… Pokémons ou humains, ils sont pareils. »

« Tu dis cela alors que tu la gardes sur toi depuis déjà cinq minutes. »

« Elle est morte, c’est différent maintenant. »

« Ce n’est pas différent, tu appréciais cette pokémon depuis le départ car elle était comme toi. Tu n’as pas arrêté de le dire après qu’elle soit devenue une humaine. Comment tu la trouves ? »

Les deux hommes s’étaient visiblement calmés, chacun ayant une respiration très rapide. Nelya et les deux autres femmes s’étaient tues, laissant parler Xano avec Ronyl. Celui-ci avait perdu ses lunettes depuis le début de son propre combat et ne semblait plus aussi moqueur et prétentieux qu’auparavant. Ses nombreuses blessures s’étaient déjà arrêtées de couler alors qu’il observait Paria en passant une main dans sa chevelure. Après les paroles de Xano, il avait redressé son regard pour voir si il se moquait de lui ou non.

« Ne te considère pas comme mon ami ou quelque chose de ce genre maintenant que tu m’as battu. Le combat n’est pas terminé. Ce que je pense d’elle ne concerne que moi. »

« Pfff… Je n’ai même plus envie de me battre. Te voir te mettre dans tous tes états pour cette pokémon, ça me fait penser à moi avec Tyrania et les autres. J’ai tenté une quadruple symbiose pour les sauver. »

« Une quadruple symbiose ?! Mais tu es complètement fou ! »

« N’est-ce pas pour ça que j’ai gagné ce combat ? »

« Non, ce n’est pas pour ça. C’est simplement…qu’elle a fait une bêtise… et que c’est en partie de ma faute. Maintenant, elle est morte et mon antidote n’a servi à rien. Dire que j’avais prévu ce genre d’erreurs, cet évènement… mais savoir que j’ai échoué maintenant. »

Il arrêta de parler, baissant son visage vers Paria. Il n’avait jamais pleuré depuis qu’il était devenu un meurtrier et il n’allait pas pleurer maintenant. Il n’était pas comme ça, il avait scellé son cœur depuis tant d’années. Sa main accéléra ses caresses dans les cheveux de Paria alors qu’il murmurait :

« Tues moi. »

« Quoi ? »

« Je t’ai demandé de me tuer. De toute façon, c’est pour ça que tu es venu alors tues moi. »

« Je refuse. J’ai besoin de toi pour un antidote en double dose. »

« Pourquoi tu as besoin de ça ? Tu n’es pas infecté par le virus et tes pokémons sont des naturels. »

« C’est pour Oria, je ne vais pas te mentir. Vous l’avez forcé à utiliser ce virus sur Rek et Iny. Je ne vais pas te mentir : Je sais comment la contacter et j’ai besoin de cet antidote pour ses deux pokémons. »

« Ce que tu vas faire de ces antidotes, je m’en contrefous. Attend moi ici, si je vois que tu as fait quelque chose au corps de Paria, je promet que tu ne pourras plus rien faire avec mon virus et mon antidote. »
Lentement, Ronyl déposa la tête de Paria sur le sol en la regardant pendant quelques secondes avant de se lever avec difficultés. Souci d’esthétisme ? Nul ne le savait mais il reprit sa blouse déchirée de partout et se la remit sur le dos avant de pénétrer à l’intérieur du laboratoire. Pendant plusieurs secondes, Xano et les femmes ne bougèrent pas avant que Luna ne fasse une remarque :

« Xa… Xano. Sa poitrine se soulève. »

« Oui et alo…Oh merde ! Nelya, tu peux vérifier ?! Tu dois être capable de voir à distance. Si elle est vraiment guérie, tu devrais être capable de lui parler par télékinésie ! »

« Oui, je vais le faire. »

Deux minutes passèrent et Ronyl n’était toujours pas revenu. Visiblement, la fatigue était bien plus importante qu’elle n’y paraissait. Nelya annonça une bonne nouvelle avec le fait que Paria était en vie. Elle était très faible et fatiguée mais elle était vivante. Seulement, elle ne savait pas où était Ronyl et cela l’inquiétait. Une dizaine de minutes s’écoulèrent à nouveau et cela devenait préoccupant. Enfin, l’homme aux yeux orange sortit de son laboratoire, un bout de papier dans la main gauche, quatre seringues dans celle de droite.

« Voilà tes antidotes et la formule pour en créer. Cela m’a pris du temps pour la noter mais bon, si par malheur, ça ne marche pas, il faudra faire d’autres tests. »

« J’ai une bonne nouvelle pour toi. »

« Tu comptes me tuer ? Je t’en remercie même si ce n’est pas un service. »

Ronyl s’approcha de Xano, lui tendant les objets alors qu’il attendait ce que l’adolescent allait lui répondre. Il ne souriait pas et semblait plutôt pressé de disparaître de ce monde… comme il le voulait tant. Xano demanda à Luna de prendre les objets si précieux avant de les mettre dans le sac tandis qu’il prenait la parole :

« Non mais la prochaine fois, vérifies donc si Paria respire ou non. »

« Mais tu me prends pour un im… Non ? Elle… »

Xano hocha la tête d’un air positif alors que l’étonnement se lisait sur le visage de Ronyl. Celui-ci tenta de courir en direction de Paria pour vérifier si les dires de l’homme étaient vrais ou non. Il tomba à genoux, trop épuisé pour courir mais il prit la jeune femme aux cheveux bruns dans ses bras, posant sa tête contre sa poitrine avant de s’écrier :

« Oui son cœur bat ! Elle est encore vivante ! »

« Tu vois, je te l’avais dit. Remercie Luna qui a repéré ça et Nelya qui a confirmé. Bon, nous n’avons plus rien à faire ici mais je dois te demander quelque chose : Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? »

« Je ne sais pas. De toute façon, maintenant, les Taisos ne voudront plus de moi et c’est normal. Je n’ai pas fait grand-chose pour eux à part pour le virus. Si ils apprennent que j’ai crée un antidote contre le virus, je serais certainement mort. De toute façon, j’ai tout prévu. Tu seras content d’apprendre que je quitte les Taisos et qu’avec ça, je ne chercherais plus à te tuer. »

« Tant mieux, ça fera un adversaire en moins ! Tu sais où se trouve leur base ? Ca m’épargnerait bien des soucis. »

« Tu es fatiguant à demander trop de choses. J’ai ma petite idée sur l’endroit où peut se trouver cette base. »

« Tu n’es même pas sûr de sa localisation ?! »

« Personne ne la connaît sauf quelques personnes. Enfin bon, quand tu veux, rend toi dans les montagnes des régions Valéennes. Maintenant… Laisse moi tranquille avec elle. »

« Ca va aller ? »

« Je n’ai pas besoin de ton aide ! »

Visiblement, il n’avait plus envie de discuter. Xano l’observa alors qu’il tentait de soulever Paria. La première fois, il s’écroula au sol, sa tête retombant sur le ventre nu de Paria. La seconde fois, ses jambes tremblaient mais on pouvait voir qu’il semblait déterminé à la ramener dans le laboratoire. Les yeux de Paria s’ouvrirent avec difficultés alors qu’elle souriait envers le scientifique. Il avait remarqué le réveil de l’ancienne Evoli et lui murmura quelques paroles que Xano ne put entendre. Celle-ci hocha la tête d’un air négatif puis positif après quelques instants : Si tel était son choix… Elle ne pouvait pas l’arrêter.

« Qu’est-ce que vous foutez encore là ? »

« Bon, d’accord, d’accord. On part ! Je ne vois pas pourquoi il se met dans cet état. »

« Il veut être seul avec elle. »

Nelya venait de prendre la parole et il comprit tout de suite ce qu’elle voulait dire : Maintenant que Paria était humaine, ils avaient beaucoup de choses à se dire, beaucoup trop. Dix ans où ils ne s’étaient jamais réellement parlés, dix ans où il n’avait jamais fait de symbiose. Savait-il même ce qu’était une symbiose ? Xano n’en était pas si sûr. Néanmoins, si il voulait qu’ils soient seuls, c’était son choix. Faiblement, le quatuor se retira peu à peu dans les bois.

« J’en ai marre de cette vie… Il était responsable de la mort de ma mère et je n’ai même pas réussi à le tuer. »

« Pourquoi tu ne l’as pas fait ? »

« Car il avait cette Evoli. Paria a risqué sa vie, elle était prête à tout perdre pour le sauver. Si il était vraiment aussi mauvais que ça, je ne pense pas qu’elle aurait fait ce genre de choses. »

« Tu as un cœur d’or quand tu t’y mets. Fais attention à ce que cela ne te perde pas, Xano. »

Il rigola très faiblement aux paroles de Nelya, celle-ci le tenant près d’elle alors qu’ils marchaient d’un pas lent dans les bois. Luna aidait Oriane à avancer alors qu’ils étaient tous exténués et fatigués. Intérieurement, Xano espérait qu’il n’y avait pas encore de pokémons sur-évolués grâce au virus à leurs trousses. Une explosion se produisit derrière eux alors que cela faisait déjà dix minutes qu’ils marchaient.

« Qu’est-ce que… »

« Ronyl ! Paria ! »

Il n’eut le temps que de se retourner qu’une seconde puis une troisième explosion se produisirent. Un véritable concerto explosif se faisait entendre à moins d’un kilomètre de l’endroit où il se trouvait et il était déjà prêt à revenir à l’endroit où se trouvaient les deux personnes mais Nelya lui donna un léger coup dans la nuque pour le faire s’évanouir. Luna et Oriane s’écrièrent en même temps :

« Mais qu’est-ce que tu fous ?! »

« Tout était prévu. Tout était écrit dans leurs destins. Je ne pouvais pas laisser Xano faire une nouvelle bêtise dans cet état. »

« C’est quand même une méthode un peu… brutale. »

« Tu voulais essayer de le raisonner ? Tu sais aussi bien que moi qu’il n’écoutera pas. »

« Mais pourquoi… ces explosions ? »

« Il était destiné à mourir. Elle a simplement accepté de mourir avec lui. »

« Mais comment tu sais tout ça ? »

Elle ne répondit pas, poussant un profond soupir avant de s’éloigner à nouveau de la forêt. Elle était trop blessée pour faire une téléportation correcte et elle savait que maintenant, avec la mort de Ronyl, il n’y avait plus à s’inquiéter au sujet des anciens pokémons devenus humains à cause du virus Ivoil. Ce petit hochement de tête négatif… puis positif. Elle avait tout de suite compris ce qu’il voulait signifier : Ronyl n’avait pas oublié son idée de mort par un suicide. A la fin, il lui avait simplement demandé son avis alors qu’il ne l’avait jamais fait. Ils s’étaient finalement mis d’accords à ce sujet.

Il ne restait plus rien du laboratoire à part de nombreux gravats, des cages détruites dans lesquelles s’étaient trouvés des pokémons et bien d’autre chose. Ce système de destruction, il y avait pensé dès le premier jour. Dès la mort de Xano, il s’était promis de se tuer en laissant partie Paria sans qu’elle ne le sache. Au final, elle était restée humaine sans qu’il ne comprenne pourquoi. Il ne voulait plus la voir partir et il le savait : Il avait eut si peur au moment où elle s’était mis à utiliser les seringues. Ce qu’il avait murmuré à la jeune femme aux cheveux bruns il y a environ dix minutes ?

« Ne recommences plus jamais cette bêtise. »

« Mais si tu es en dan… Maintenant tu n’as pas à t’en faire, je pourrais… »

« Ne fait plus ça. Je ne sais pas pourquoi tu es devenue une humaine mais… »

« D’accord. Je t’écouterais. »

« Merci. »

Elle était maintenant capable de se débrouiller toute seule et ils se retrouvaient à l’intérieur du laboratoire. Il déposa Paria sur le sol avant de s’écrouler sur son fauteuil, il n’avait plus de force, il était recouvert de blessures et se disait que cela allait prendre du temps à se cicatriser… De toute façon, pour sa part, c’était terminé.

« Ronyl ? Qu’est-ce que nous allons faire ? Maintenant que tu n’es plus un Taiso, tu vas devoir t’enfuir et vivre en restant caché. »

« N’est-ce pas ce que je fais depuis plus d’une décennie ? Je n’ai pas l’intention de m’enfuir. Paria, je crois que je t’ai mal jugé. Tu es bel et bien capable de te débrouiller seule. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Tu es capable de prendre ta forme de Mentali et d’utiliser tes pouvoirs psychiques pour te téléporter, n’est-ce pas ? »

Elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire par là. Elle ressentait une mauvaise impression alors qu’elle toussait légèrement, il était vraiment si mal en point… mais il savait que son corps irait le soigner très rapidement. Il suffisait juste d’être patient et d’attendre. Il se redressa sur sa chaise, regardant les quelques fioles remplies de liquide noir devant ses yeux. De nombreuses seringues étaient posées sur la table, toutes vides alors qu’il se levait finalement de sa chaise.

« Je ne vais pas m’enfuir, je te l’ai dit. Maintenant que tu es devenue une véritable humaine, je pense que tu pourras facilement passer inaperçue par le reste des humains. Il te suffira simplement de vivre sans montrer tes pouvoirs ou tes changements internes. Tu n’as plus besoin de moi et je n’ai donc plus à rester ici. »

« Arrête de parler comme ça, Ronyl ! Je n’aime pas quand tu parles comme ça ! J’ai pu entendre tout ce que tu avais dit lorsque j’avais le virus Ivoil en moi ! Si je n’aimais pas passer mes journées avec toi, comment crois-tu que j’aurais pu tenir face à ton virus ? Si je suis humaine, c’est qu’il y a une bonne raison ! »

« Laquelle ? Car tu espérais quelque chose de moi ? Je suis un monstre. »

« Tes ancêtres sont des monstres, ta famille l’est mais pas toi ! Si tu es un monstre, alors je le suis aussi ! »

« Oui… Tu es aussi un monstre, c’est pour ça que je t’ai sauvé. Car tu étais comme moi… Tu étais… Maintenant, tu ne l’es plus. »

Elle tremblait légèrement de colère. Maintenant qu’elle était capable de lui parler, elle pouvait voir à quel point il était têtu, triste et solitaire. Il n’avait jamais pensé à autre chose qu’à sa mort. Qu’est-ce qu’il croyait faire avec elle depuis toutes ces années ?!

« Tu considères m’avoir élevée pendant dix années comme une œuvre de charité ?! Tu avais besoin de te dire que tu avais fais une bonne chose dans ta vie après tous ces meurtres ?! »

« Je n’ai pas dit cela et je ne le dirais jamais. Je t’ai simplement permis de vivre à mes côtés pendant toutes ces années car je voulais que tu sois capable de survivre dans ce monde. Avec cette forme, tu le seras. Maintenant, je n’ai plus besoin de toi et inversement. Notre partenariat est terminé. »

« Tu… Tu… Tu n’es qu’un sale égoïste ! »

Elle lui donna une violente claque avant de quitter le laboratoire en pleurant. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre qu’elle se considérait comme son pokémon depuis la première fois ? Que même si ils n’avaient jamais fait de symbiose, il était l’unique homme qui pouvait espérer quelque chose d’elle. Tant de fois, il l’avait sauvé. Tant de fois, il avait été blessé par ses expériences et elle s’était occupée difficilement de lui. La pluie s’était finalement arrêtée, elle ne l’avait pas remarqué… Mais avec la disparition des pokémons électriques, le ciel bleu était revenu. Un cristal rouge était apparu sur son front alors qu’elle s’illuminait en-dehors du laboratoire.

« Je suis… las mais c’est terminé. »

Elle était finalement partie, c’était tant mieux. Il pouvait maintenant se mettre en route. Où se trouvait ce bouton ? Ah oui… Dans la zone où il y avait les cages pour mettre les pokémons servant à ses expériences. Avec difficultés, il se dirigea vers le lieu où se trouvait des cages. Elles étaient toutes vides mais il ne semblait pas s’en soucier. Il se dirigea vers le mur du fond, appuyant à un endroit précis sur ce dernier avant qu’un petit pan se relève pour laisser apparaître un bouton de couleur rouge. Il appuya sur ce dernier alors qu’une petite voix mécanique se fit entendre dans la pièce :

« Système d’auto-destruction enclenché. Une minute avant exécution. »

« Enfin… La famille Waror ne sera plus. Il était temps que cela se termine. Paria est à l’abri, elle est sortie du labora… »

« Ronyl ! Espèce d’idiot ! »

Une longue chevelure violette apparue devant ses yeux, la jeune femme venant le prendre dans ses bras tout en le secouant avec ses petits bras. Elle avait encore changé…Mais cette fois-ci, elle semblait véritablement en colère alors que Ronyl semblait surpris avant de se mettre à crier :

« Non mais quitte le laboratoire ! Tout va exploser d’ici une minute ! Je dois mourir ! La famille Waror doit disparaître ! »

« Je m’en fiche de ta famille ! Je veux seulement rester avec toi. »

« Mais comment tu as su que j’allais faire ça ? »

« Les… Mentalis sont capables de lire le futur… des personnes qu’elles veulent sauver et protéger. Tu m’as parlé de cette forme et j’ai tout de suite eut un flash. Pourquoi tu veux faire ça ? Nous pouvons vivre encore tout les deux ensemble. »

« Trente secondes avant auto-destruction. »

« Je n’ai pas à vivre… Toi tu n’as rien fait de mal, tu es simplement née avec ce problème. Ce n’est pas toi qui as causé la mort de tant de personnes. Tu n’es responsable en rien. Mais maintenant… C’est trop tard. Trente secondes, c’est beaucoup trop peu pour s’enfuir. Tu vas mourir… alors que je ne voulais pas. »

« Et je ne voulais pas que tu meures non plus. »

Il soupira légèrement avant de garder la jeune femme aux longs cheveux violets contre lui. Il lui murmura quelques paroles tout en posant ses mains sur son dos. Elle portait un long pull violet et une jupe de même couleur sous cette forme. Sa coiffure était quand même assez spéciale : En plus d’être longue, différentes mèches partaient un peu dans certains sens pour rappeler de quel pokémon elle était issue.

« Dix secondes avant auto-destruction. »

« Désolée Ronyl… mais je ne peux pas te laisser mourir. Nous allons vivre. »

« Hein ? Mais qu’est-ce que tu vas faire ?! »

« Tu l’as dit toi-même. Nous sommes deux monstres et je suis capable de nous téléporter. »

« Système d’auto-destruction mis en exécution. »

Un puissant souffle de feu sortit du sol devant l’entrée de la pièce, puis un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que le plafond se mette à trembler et à se fissurer. Tout était en train de s’écrouler et de se détruire. Lentement, les yeux verts de la jeune femme devinrent roses alors qu’elle et Ronyl disparaissaient de ce lieu maudit.

Chapitre 59 : Antidote

Chapitre 59 : Antidote

« Ronyl… Ronyl… Ronyl… »

La jeune femme aux cheveux bruns répétait inlassablement le même nom alors qu’elle se tournait vers le scientifique qui la regardait d’un air étonné. C’était bien… Paria. Mais elle avait utilisé une chose qu’il lui avait interdite. Pourquoi ne l’avait-elle pas écouté ? Maintenant, il était trop tard. Ou peut-être que non. Il y avait toujours une faible chance de s’en sortir et il devait en profiter au maximum !

« Attention, elle arrive ! »

Une seule cible, celui qui était la raison de cette transformation. Elle avait disparu à une vitesse dépassant celle des trois femmes pour arriver à la hauteur de Xano. Celui-ci l’observa, remarquant qu’elle semblait pleurer alors que sa main droite s’était refermée en un poing. Ca allait faire mal, très mal ! Alors que le poing allait lui arriver au niveau du visage, elle fit un saut dans les airs, esquivant l’une des griffes de Luna avec facilité.

« Ro…nyl… Ronyl. »

« Vous êtes contents ?! Vous êtes fiers de vous ?! Elle ne pourra jamais revenir en arrière ! Elle n’est même plus une pokémon ou une humaine ! »

« Ce n’est pas nous qui avons crée un virus démoniaque ! »

« LA FERME ! Ce virus n’était pas fait pour être utilisé sur elle ! JAMAIS je ne l’aurais laissé l’utiliser ! Je l’ai toujours mise en garde contre ça ! PARIA ! »

« Ronyl ? »

Elle avait entendu sa voix et se tournait vers lui, regardant autour de l’endroit où se trouvait Ronyl. Ses yeux étaient entièrement blancs, sa conscience avait disparu mais elle n’avait pas rêvé. Il était là… mais où ? Elle tournait sur elle-même alors que Luna courait vers elle, ses deux griffes tendues en avant. Elle était visiblement très en colère d’avoir raté une première fois sa cible.


Luna était celle qui semblait être la moins blessée mais ce n’était pas une raison pour rester inactives ! Oriane et Nelya se regardèrent avant de se mettre à voler dans les airs : Autant lancer une attaque alors qu’elle semblait inconsciente et paralysée par les paroles de Ronyl. Elle ne savait pas ce qui se passait avec cette ancienne Evoli mais le virus l’affectait d’une manière différente des autres. Normalement, elle n’aurait pas du se poser de questions et continuer à combattre.

« Vous ne pourrez pas la battre ! Elle est bien plus forte que vous trois réunies ! PARIA ! Arrête ça ! »

Qu’est-ce qui lui prenait de vouloir la protéger autant ? C’était simple, il ne voulait pas la voir souffrir. Contrairement à ce qu’il faisait quotidiennement comme geste, ses nombreuses punitions, ses cris et autres, il appréciait énormément la petite Evoli. Il connaissait ses vrais pouvoirs mais il ne les avait jamais utilisé. Elle n’était pas sa pokémon ! Contrairement à lui, elle n’était pas vouée à disparaître !
Alors que les trois femmes se dirigèrent vers Paria, celle-ci se tourna vers Luna alors que sa coloration changeait de teinte. Du brun, elle passait au bleu ciel alors que ses oreilles s’allongeaient et prenaient la forme de deux losanges bleu clair. Une longue queue de même couleur mais au bout plus foncé apparaissait au-dessus de ses fesses alors que sa tenue changeait pour un magnifique kimono. Sa chevelure s’était allongée en même temps que le changement de teinte et elle paraissait une toute autre femme.

« Merde ! Faites attention ! Elle est devenue une Givra… »

Il n’avait pas le temps de parler que déjà, la pluie se transformait en cristaux de glace, ces derniers stationnant dans les airs. Rapidement, une magnifique paroi de glace vint se positionner devant la femme devenue Givrali. Les griffes de Luna n’arrivèrent qu’à fissurer la paroi alors qu’Oriane et Nelya arrivaient par la voie des airs. Elles étaient si blessées et fatiguées et pourtant… Elles continuaient à se battre. Un puissant blizzard se souleva, venant recouvrir les deux femmes dans les airs, gelant leurs ailes pour qu’elles atterrissent violemment au ciel. Celle qui semblait la plus affectée était Oriane, la glace était son point faible, bien plus qu’un autre comparé aux oiseaux.

« Oriane ! Eloigne toi ! Tu n’es pas capable de te battre ! »

« Et te laisser seul face à cette folle ?! Non merci ! »

« Ro…nyl… Ronyl. »

Elle continuait de dire son nom comme la dernière chose qui lui permettait de garder une parcelle de son âme. Elle n’avait pas totalement disparu et il le savait. Il n’était pas trop tard, il avait toujours une chance de la sauver mais il ne pouvait pas maintenant ! Si il le faisait maintenant, elle serait trop affaiblie et ils allaient en profiter. Maintenant qu’ils connaissaient ses vrais pouvoirs, elle était destinée à mourir si elle ne les tuait pas !

« Xano ? Elle pleure… »

« Je l’ai remarqué depuis le début ! »

« Non, mais … Ce n’est pas des faux pleurs, elle semble vraiment pleurer. On dirait qu’elle n’est… »

C’est vrai qu’elle pleurait, elle versait de vraies larmes retombant au sol comme des cristaux de glace. C’était là l’unique chose qui restait d’elle avec le nom de ce scientifique qui s’était occupé d’elle depuis des années. Mais ce n’était pas l’heure de se poser des questions et il devait se préparer à échapper aux coups. Maintenant qu’Oriane et Nelya étaient couchées au sol, il ne restait plus que Luna pour le protéger. La situation était bien pire que ce qu’il avait imaginé !

Déjà le corps de Paria se mettait à changer à nouveau, sa longue coiffure bleue rétrécissant tout en s’hérissant. Ses cheveux prirent une couleur jaune alors qu’elle portait maintenant un pantalon orange et un top assez moulant ainsi qu’un long et gros collier de fourrure blanche et hérissée au niveau du cou. Elle venait encore de changer de forme ?! Mais elle était capable d’en prendre combien ?! Le regard étonné de Xano arriva facilement aux yeux de Ronyl et celui-ci lui répondit sur un ton colérique :

« Qu’est-ce que tu croyais ?! Elle est capable de prendre toutes les formes existantes dans ce monde ! Qu’importe ses adversaires, elle trouvera toujours son point faible et l’utilisera contre lui ! Tes pokémons qui sont devenues humaines sont toutes très faibles à l’électricité et surtout à la glace ! Mais l’électricité a quelque chose que la glace n’a pas : Sa vitesse ! »

Vite… Qu’elle en finissait très rapidement ! Il n’avait pas de temps à perdre et il espérait que tout allait se finir. Déjà, il avait posé une main dans sa blouse blanche au sol, serrant une seringue qu’il avait dissimulée aux yeux de tous et de toutes. Son dernier projet… Sa dernière réussite. Paria disparaissait de la vue de Luna et Xano pour arriver à la hauteur du jeune homme, posant sa main gauche sur son torse, lui envoyant une violente décharge électrique dans le corps.

Impossible, elle était vraiment… surpuissante. Comment une telle chose était née ?! L’ADN des Evolis était spécial mais il ne pouvait pas être aussi hasardeux que celui de Paria. Elle était aussi monstrueuse que Ronyl et intérieurement, il comprenait les propos du scientifique : Une créature de ce genre ne pouvait pas exister en ce monde. Sa puissance était inquiétante, effrayante et quiconque la connaissait s’éloignerait ou alors irait la combattre pour la tuer. Non pas un combat pour combattre, mais bel et bien pour la faire mourir. Il s’écroula au sol, son corps parcouru d’électricité :

« XANO ! »

Il aurait voulu revoir Tyrania une dernière fois mais peut-être qu’il n’allait pas y arriver. Cette décharge, il se sentait paralysé, incapable de parler et de bouger. Il était encore vivant mais Paria devenue Voltali était maintenant sur lui, un pied posé sur son ventre. Un courant électrique passait entre ses mains, prenant la forme d’une sphère parcourue d’électricité. Un coup de ce genre et c’en était fini pour lui. Oriane était presque inconsciente et ne bougeait plus, son corps pris de soubresauts alors que Nelya s’était redressée grâce à ses pouvoirs psychiques. Qui venait de crier alors ?


Un rocher d’un mètre de diamètre vint percuter Paria, l’envoyant contre un arbre tout en l’écrasant alors que Luna arrivait au niveau de Xano, le secouant pour voir si il était encore en vie. Il ne devait pas mourir maintenant ! Elle n’avait pas encore son enfant, ils étaient mariés ! Elle lui donnait quelques claques pour le faire réagir tout en criant :

« Xano ! Répond moi ! Ne me laisse pas maintenant ! »

« Ro…nyl ? Ro…nyl. »

« Paria, tues les le plus rapidement possible et après… Viens vers moi. »

Venir vers lui ? Elle ne s’était pas trompée… Ses oreilles jaunes s’étaient dressées alors qu’elle observait autour d’elle. La voix de Ronyl : Elle l’avait bien entendu. Il lui avait dit de venir vers lui. C’était la première fois qui lui demandait une telle chose. Où était-il ? Où était-il ?! Ses yeux blancs tentaient de trouver l’endroit où se trouvait Ronyl, le rocher tombant en morceaux alors qu’elle ne paraissait pas plus blessée qu’auparavant.

« Mais elle est increvable ou quoi ?! Je viens de lui envoyer un rocher en pleine figure et elle est toujours debout ! »

« Même si… elle a pris son apparence électrique, elle a une résistance démentielle. Pour être capable de contrôler les huit formes de l’Evoli, ce qui se trouve dans son corps est du jamais vu. Si quelqu’un devait la disséquer, il pourrait faire une découver… »

« LA DISSEQUER ?! »

Ronyl venait de crier, crachant du sang après les paroles de Nelya. Paria s’était tournée instinctivement vers lui, ses deux mains tendues en avant. Malgré sa forme humaine forcée, elle semblait savoir où se rendre et cela était admirable en un sens. Sa volonté était capable de lui permettre ce qu’aucun pokémon n’avait réussi auparavant. Elle sentait qu’il était en danger, qu’il était affaibli et celui lui permettait de garder une parcelle d’humanité.

« Voilà pourquoi je détestes ce monde ! Vous ne pensez qu’à vos petites personnes et jamais aux autres ! Est-ce que vous croyez qu’elle accepterait une telle chose ?! C’est de vous que je la protège depuis dix ans. Nous sommes deux monstres physiquement mais contrairement à vous, nous sommes bien meil… »

« De la part d’un homme qui fait des expériences illicites sur les pokémons, je n’ai aucune leçon de morale à recevoir. »

« Cela t’amuse de parler comme ça, n’est-ce pas ? Vous trouvez cela très drôle de venir nous tuer mais j’avais tout prévu ! J’avais prévu de mourir après vos morts ! J’avais prévu de disparaître après tout ça ! »

« Je croyais que tu voulais protéger cette Evoli du monde extérieur. Elle n’est même pas capable d’évoluer correctement et a commis une erreur. »

Elle ne pouvait pas se taire ?! Toujours à parler sur un ton neutre mais presque prétentieux et condescendant. Il détestait ce genre de personnes qui se croient supérieures aux autres ! Mais qui était en train de perdre en ce moment ?! Qui était sur le point de mourir ?! Elle ! ELLE ET LES AUTRES ! Parce qu’ils n’étaient pas comme eux, parce qu’ils n’étaient pas normaux, ils se permettaient ce genre de remarques. Quelque chose vint se loger contre lui, le tirant de sa colère intérieure.
Elle venait finalement de le retrouver. Il lui avait dit qu’elle devait venir vers lui et c’était ce qu’elle avait fait. Elle l’écoutait encore malgré le virus Ivoil, ce virus issu d’elle et lui. C’était même pour cela qu’il portait une partie du nom Evoli. Il n’avait jamais d’expériences sur elle, il avait simplement récupéré ses gênes lorsqu’elle se blessait accidentellement. JAMAIS il n’avait essayé de profiter d’elle ou alors de ses pouvoirs différents. Elle était si contente de le sentir contre elle. C’était bizarre de sentir cette bosse dans ses mains… Sentir ? C’était quoi sentir déjà ? Elle ne s’en rappelait plus.

« Elimine les Paria ! Je veux que tu les tues ! Ils veulent nous tuer ! »

« Tu es un Taiso, tu es un ennemi. Il ne fallait pas espérer autre chose de notre part. Vous nous attaquez, nous ripostons. »

« Arrête de faire la fière ! Tu n’es pas en état de l’ouvrir ! »

Luna était restée près de Xano, surveillant son état alors que la paralysie disparaissait peu à peu. Il était à nouveau capable de s’exprimer mais encore de façon un peu saccadée. Quand à Nelya, elle avait utilisé ses pouvoirs pour téléporter Oriane à côté de Xano avant de se positionner devant l’adolescent. Ronyl perdait peu çà peu sa patience et cela se comprenait : Nelya était du genre exaspérante mais elle ne semblait pas s’en rendre compte.

« Paria, tu comptes rester contre moi pendant combien de temps ? »

« Ro… nyl. Ro… nyl. Ronyl… Ronyl. »

« Je n’arrive pas à comprendre comment tu peux encore prononcer mon nom. Normalement, le virus Ivoil aurait du détruire toutes tes cellules nerveuses et tu devrais obéir à ma voix. »

« Et pense-tu que c’est une bonne chose ? »

« Je n’ai pas besoin de tes commentaires ! J’ai de quoi la soigner, elle reprendra une forme de pokémon après vos morts ! Paria, attaque les ! »

La jeune femme aux cheveux hirsutes hocha la tête alors que ses yeux blancs se détournaient de Ronyl. Elle devait l’écouter, obéir à ses ordres et attaquer cet adversaire qui osait s’en prendre à lui. C’était un ordre… Un ordre… Elle ne pensait à plus rien d’autre, seulement à obéir. Elle avait déjà oublié ce qu’elle avait senti contre elle il y a quelques instants. Les oreilles allongées prenaient maintenant une couleur rouge alors que sa tenue avait la même teinte de couleur. Ses cheveux hirsutes s’allongeaient à nouveau pour aller jusqu’à son dos alors qu’ils étaient devenus châtains. Au-dessus de sa tenue rouge et moulante, elle portait quelques habits brun clair alors qu’elle venait de se transformer à nouveau.

« Pyroli. »

« Xano ?! Tu es en état ? Nous allons fuir, il n’y a pas d’autres moyens. Nous devons nous enfuir ! Elle est trop forte pour nous ! »

« Vous n’irez nulle part ! Vous êtes comme les autres : Dès l’instant où vous nous avez trouvé, vous voulez nous tuer mais dès le moment où vous voyez votre défaite, vous devenez lâches et faibles ! »

« Ne me compare pas aux autres, Ronyl. Tu ne t’es jamais considéré comme un humain, n’est-ce pas ? Et bien apprend que je ne suis pas un humain. »

Il s’aidait de Luna pour se redresser et observer la réaction de Ronyl après ses dires. Visiblement, le scientifique ne semblait pas être surpris ou étonné. Cela ne lui faisait aucun effet d’apprendre qu’il n’était pas un humain ?! Paria s’avançait peu à peu en direction de Xano et des trois femmes, sa bouche s’ouvrant légèrement pour laisser apparaître une flamme à l’intérieur. Sans prévenir, elle commença à cracher des flammes sous la pluie, ces dernières ne semblant pas pouvoir s’éteindre malgré la pluie. Rapidement, la scène fut entourée de flammes de plusieurs mètres de hauteur alors que Ronyl prit la parole :

« Que tu sois un humain ou non ne change rien à la situation, tu voulais nous tuer, nous ne faisons que répliquer. Nous n’avons pas besoin de vous pour vivre, à nous deux, nous sommes capables de survivre sans que la race humaine ne vienne nous déranger. »

« Tu pensais qu’on venait te tuer à cause de ton apparence ou de ton histoire ?! Non ! On vient car tu es un Taiso, tu n’arrêtes pas d’envoyer des pokémons sur-évolués pour me tuer et toutes ces choses ! De plus, je te rappelle que tu as tué ma mère ! »

« Ta vie ne m’intéresse pas. Je n’ai fait que créer ces choses issues de mon sang ? A cause de vous, tout est gâché mais je vais tout faire pour que vous disparaissiez. Ensuite, je la ferais revenir sous sa forme de pokémon. Elle ne mérite pas de subir le même sort que les autres pokémons. Elle vaut bien mieux que vous tous réunis ! »

Visiblement, la conversation était impossible maintenant. Ni l’un, ni l’autre semblait se comprendre. D’un côté, ils étaient tous salement blessés sauf Luna qui restait près de lui. Tout allait se dérouler entre elle et Paria. Mais elle avait une grosse faiblesse : Paria était sous sa forme de Pyroli, celle du feu comme il était possible de le constater. Les bras croisés au niveau de son visage, Luna se préparait à recevoir le souffle de feu de la part de Paria.
Elle était prête à se sacrifier pour lui, prête à le défendre au péril de sa vie. Elle ne voulait pas qu’il disparaisse maintenant ! Des morceaux de terre se levèrent au-dessus du sol avant de venir foncer vers Paria. Puisqu’elle était sous a forme élémentaire de feu, elle pouvait espérer la blesser bien plus qu’auparavant. Les nombreux éclats de pierre allèrent frapper Paria qui continuait d’avancer comme si elle ne ressentait pas la douleur. Elle était vraiment si résistante…

« Mais crève… CREVE ! CREVE JE T’AI DIT ! Ne t’approche pas de Xano ! »

« Nelya, es-ce que… »

« Non, je suis désolée Xano. Je ne peux pas nous téléporter tout les quatre. »

« Alors, c’est la fin ? »

Nelya hocha la tête pour dire que c’était bel et bien le cas. Luna s’était mise à trembler, voyant que rien ne fonctionnait contre cette femme… Un monstre, c’était incomparable par rapport aux autres pokémons devenus humains. Iny, Rek ou les autres, ils étaient si différents d’elle. Pourquoi était-elle toujours debout malgré tous ces coups ?! Rien ne fonctionnait contre elle ou quoi ?! Ronyl ne criait plus, il regardait Paria d’un air inquiet. Vingt seringues plantées en elle… Etait-ce à cause de ça qu’elle était aussi résistante ? Ou alors…

« Ro…nyl. Par…don. »

Le cercle de feu disparu peu à peu, éteint par la pluie alors que Paria s’était immobilisée. Sa bouche s’était refermée et sa tenue reprenait celle d’origine : Un short brun, une veste de fourrure de même couleur. Sa forme humaine alors qu’elle était une simple Evoli. Nelya avait recouvert instinctivement Xano de son corps pour le protéger, Luna s’était mise devant eux, les bras tendus en avant et même Oriane s’était redressée avec le peu de force qui lui restait. Elle était collée contre le bas du corps de Xano pour le protéger.

« Paria ? »

Pourquoi avait-elle reprise sa forme de base ? Non… Ce n’était pas possible… Il y avait pensé sur le coup mais vu la puissance de Paria, il n’y avait pas cru. Généralement, il fallait simplement une dose pour les rendre humains mais là… Elle en avait pris vingt fois plus. Le processus s’était accéléré de manière significative. Elle se retourna vers Ronyl, ses yeux blancs posés sur lui. Elle n’arrivait plus à le voir, elle n’arrivait plus à se l’imaginer ni même à le sentir mais elle savait qu’il se trouvait devant lui. Un premier pas vers lui, sa main droite tendue en sa direction. Un second pas vers lui, sa main gauche tendue vers sa direction. Ronyl avait une main plongée dans sa blouse blanche, main qu’il retira alors qu’elle s’avançait vers lui.

« Que se passe t-il, Xano ? »

« Je crois… que… »

Il ne terminait pas sa phrase, il n’était pas sûr de ce qui se déroulait devant lui. Ronyl s’était redressé, avançant lui aussi d’un pas lent vers Paria. Un genou au sol, des larmes s’écoulèrent de la joue de la jeune femme aux cheveux bruns, puis elle tomba au sol. Le scientifique aux cheveux noirs poussa un cri avant de se diriger vers sa blouse blanche :

« NON ! Pas maintenant ! TU NE PEUX PAS ! Pas maintenant ! Où je l’ai foutue ?! »

Finalement, il sortit une seringue remplie d’un liquide blanc de la poche de sa blouse. Heureusement que cet objet n’avait pas été détruit, sinon… Plus de temps à perdre ! Il se dirigea en courant vers Paria. Son corps lui rappela la condition dans laquelle il était, le faisant tomber au sol tout en crachant du sang. C’est vrai… Ses plaies, elles étaient toujours ouvertes mais il ne pensait pas à ça, il en avait rien à faire ! Il inséra le contenu de la seringue dans le cou de Paria, murmurant :

« Reprend ta forme de pokémon, reprend la ! »

Visiblement, il s’était déconnecté du monde autour de lui, il ne semblait même plus s’intéresser à Xano et aux trois femmes. Celles-ci s’assirent sur le sol à côté de Xano, chacune reprenant une respiration plus ou moins longue suivant son état. Seul le jeune homme aux cheveux blancs regardait la situation. Une minute passa et aucun changement… Rien du tout.

« L’antidote ? Il ne marche pas ? Ce n’est pas possible. Je ne peux pas m’être trompé ! Paria, répond moi. J’avais promis de te permettre de vivre dans ce monde ! De te donner une place quand je ne serais plus là ! Tu ne vas pas me laisser maintenant ! C’est moi qui devais mourir ! »

Non… Il était sûr de ses calculs… L’antidote avait bel et bien marché sur les quelques essais qu’il avait fait. Alors pourquoi pas sur elle ? Trop de virus en elle ? Non, ce n’était pas possible ! L’antidote éradiquait complètement le Virus Ivoil ! Il en était sûr et certain ! Les quelques tests avaient été concluants : Impossible de les manipuler à nouveau grâce au virus après l’injection de l’antidote. Un anti-corps très puissant… Il l’avait aussi récupéré de son propre sang mais… A quoi bon maintenant ? Paria était toujours couchée au sol, sous sa forme humaine et rien n’avait changé… Elle était toujours humaine mais à quel prix ?