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Chapitre 2 : Première journée

Chapitre 2 : Première journée

« Xavier ! Tu ne dois pas oublier tes médicaments ! »

« Hého, je ne vais pas m’évanouir sur le moment. On peut quand même sortir dans le jardin sans que je prenne mes médicaments non ? »

« Je ne veux pas… S’il… vous arrivait quelque chose… »

« Bon… Tu ne me laisse pas le choix, mais arrête le vouvoiement et je vais chercher mes médicaments comme ça… Mademoiselle Helena n’a pas à s’inquiéter. »

Elle lui fit un grand sourire alors qu’il s’éloignait d’elle pour retourner dans l’imposant manoir. Il revint quelques minutes plus tard avec un petit sachet en plastique. Le sourire d’Helena disparu à ce moment là, cela ne passant pas inaperçu.

« Qu’est… Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai fais ce que tu voulais, Helena. »

« Non… Non ! Ce n’est rien ! On y va, Xavier ? »

Bien sûr qu’ils y allaient ! Ils n’allaient pas perdre plus de temps que ça ! Il lui prit la main en se mettant à courir dans le jardin. Elle poussa un petit cri de surprise, lui signalant que ce n’était pas très commode de courir avec sa robe blanche. Il s’arrêta après quelques secondes, se retrouvant devant l’entrée d’un labyrinthe de haies… Ses parents avaient des goûts décoratifs assez… spéciaux dira t-on.

« Tu es prête à te perdre ? Je te préviens : Interdiction d’utiliser tes pouvoirs psychiques pour en sortir ! Ca me fait penser… Tu es encore capable d’utiliser tes pouvoirs au passage ? »

« J’ai réussi à lire… dans ton cœur. Donc je pense… Que j’en suis capable alors. »

« Alors je t’interdis de les utiliser sinon, ce n’est pas du jeu et ça sera loin d’être drôle. »

« Mais est-ce que tu ne connais pas déjà le chemin ? »

« Non, non et non ! Tu devrais le savoir… Tu me téléportais à chaque fois. »

« Ca sera donc une grande découverte pour nous deux, c’est cela ? »

« Exactement ! Bon… Par contre… On fait comment ? Est-ce que tu veux… que l’on se tient la main pour ne pas se perdre ? En tant que Gardevoir… C’était normal… »

C’est vrai qu’il avait gardé sa main dans la sienne et que cela l’avait un peu gêné auparavant mais là, c’était un peu différent non ? Enfin… Elle était devenue humaine. Est-ce qu’elle devait garder sa main ? Sa réponse ne mit guère de temps à venir. Elle glissa lentement ses doigts entre ceux de Xavier pour dire que c’était bon. Maintenant que c’était fait, autant continuer sur cette voie non ? Il n’y avait aucun problème à ça. Il hocha la tête sans rougir, se mettant à marcher pour rentrer dans ce labyrinthe fait d’herbes. Les haies devaient bien mesurer plus de trois mètres de hauteur… Un travail d’architecte floral magnifique… et il était sûr que l’intérieur l’était encore plus.

« On évite de se perdre… Car je ne suis pas sûr de pouvoir m’en sortir à nouveau héhéhé. On aurait du prendre de quoi se nourrir entre temps. Avec mon sachet de médicaments, j’ai l’air un peu ridicule. A croire que je ne peux pas m’en séparer. »

« Mais c’est le cas, maître… Euh… Xavier. Vous ne pouvez pas vous en séparer. Vous ne DEVEZ pas vous en séparer. Désolée, je te vouvoie encore. Je n’y arrive pas. »

« Bon… Je laisse tomber, je n’aime pas forcer les gens. Quand tu étais une pokémon, je trouvais ça plus facile. Je ne sais pas comment te le dire… mais tu es une jeune femme. »

« C’est si différent ? Que je sois une femme ? Ma sexualité n’a pas changé non ? J’étais déjà une femme auparavant… Une femme Gardevoir. »

« Hahaha… Tu sais très bien… que moi et les pokémons… »

« Je t’ai appris tout ce que je connaissais… mais tu n’as jamais pu faire comme les jeunes de ton âge… Pardonne-moi… J’aurais bien aimé être ta pokémon… pour combattre. »

Elle tendit ses deux bras, le jeune homme aux cheveux bruns se mettant à reculer avant de remarquer qu’en fait, elle était un peu plus grande que lui. Cinq centimètres au grand maximum… mais… Ce n’était pas ça le problème. Elle alla le serrer contre elle, engouffrant sa tête dans sa poitrine recouverte de tissu blanc alors qu’il poussait un petit gémissement plaintif. Ce n’était pas du tout la même sensation qu’auparavant, pas du tout ! Il retira vivement sa tête, complètement rouge aux joues avant de dire :

« Je je je… On peut éviter ça à l’avenir ?! »

« Pourquoi ? Je suis… ta pokémon… Et c’est normal que je fasse ça. »

« Tu n’es plus une pokémon ! Tu es une femme dorénavant et et et… Tu as ça… »

Il désigna du doigt sa poitrine, la jeune femme aux yeux bleus baissant son regard pour l’observer. C’est vrai. Elle l’oubliait complètement mais maintenant, elle était dotée d’atouts féminins… assez importants. Contrairement à son statut de Gardevoir, ces choses… faisaient d’elle une femme… humaine. C’était à peu près l’unique chose qui la séparait d’une femme humaine… Mais maintenant… Ce n’était plus le cas. Elle eut un grand sourire avant de dire :

« Moi, ça ne me m’embête pas plus que ça, Xavier ! »

« Non ! Non et non ! Recule Helena ! Recule je t’ai dis ! »

« Hihihi ! C’est bizarre de te voir dans cet état à cause de moi. Je ne pensais pas voir cette réaction un jour de ta part… en ce qui me concerne. Xavier ! »

Elle fit un pas vers lui, poussant un cri de stupeur en s’emmêlant les pieds avant de venir tomber subitement en avant… C’est-à-dire sur lui… Et lui était tombé dans la haie. Il gémit de douleur, sentant tout le corps d’Helena contre lui. Combien de temps cela faisait-il qu’il n’avait pas ressenti un corps féminin contre lui ? Plus d’un mois… Oui… Sandra avait refusé de le voir jusqu’au mariage. Mariage annulé aujourd’hui.

« Par… Pardon, Xavier. Je te le jure que je n’ai pas fait exprès cette fois-ci. »

« Ca… ne fait rien… Rien du tout… Helena. »

« Mais tu… Xavier ! Tu pleures à nouveau ! »

Elle s’était rapidement relevée, faisant de même avec lui alors qu’elle voyait des larmes dans ses yeux. Elle passa sa main sur les joues de Xavier, nettoyant ses larmes avant de prendre sa main droite, la ramenant à ses lèvres. Elle y déposa un fin baiser avant de la laisser contre sa joue, lui disant avec un sourire triste :

« Arrête donc… de penser à elle… Xavier… »

« Tu crois que c’est vraiment aussi simple, Helena ? Sandra a parcourue ma vie pendant deux années ! Deux années ! Peut-être que… Je n’ai jamais été très proche d’elle, peut-être qu’elle… Qu’elle… jouait avec mes sentiments… qu’elle était simplement attirée par mon argent… Qu’elle me trompait… Mais… Je l’aimais… »

« Alors aime une autre personne et passe à autre chose ! »

« Tu crois que c’est aussi simple ?! Qu’est-ce que tu en sais au sujet de l’amour hein ?! Les pokémons ne sont pas capables d’éprouver des sentiments comme nous ! D’éprouver des sentiments aussi complexes que les nôtres ! »

« Tu… Tu parles… à une Gardevoir… Une Gardevoir… L’une des rares créatures… qui sait exactement ce que sont les sentiments… et les émotions… »

« Pardonne-moi… Helena… Je ne peux pas supporter… J’ai toujours été souriant, agréable, je sais que je vais mourir bientôt, je le sais ! Mais… Je voulais être heureux quelques années… ou quelques mois… Je ne sais pas combien de temps je vais vivre… et je voulais en profiter. »

« Tu es là… avec moi… Alors on peut en profiter à deux ? Mais il faut arrêter de penser à elle. Tu ne dois pas rester fixée sur Sandra. »

« C’est trop… dur, Helena. Pardon… Je gâche notre journée avec mes pensées. Tu es la seule personne avec qui je n’aimerais pas être triste mais c’est à chaque fois toi qui prends tout pour les autres. Je suis content… que tu sois une humaine. Ca me permet de mieux dialoguer avec toi. Est-ce que tu veux toujours te promener avec moi ? »

« J’en serais plus que ravie, Xavier. Mais si… Tu as un problème, dis le moi, d’accord ? Ne garde pas pour toi tout ce que tu as sur le cœur. »

« Je te le promets… et encore pardon pour tout ça. Est-ce que je peux te reprendre la main ? »

Elle hocha la tête pour dire que oui, tendant sa main droite. Lorsqu’il alla la chercher, elle le tira subitement vers elle, l’emmenant contre son corps. Sa tête baissée vers celle de Xavier, elle le regarda pendant de longues secondes alors qu’il faisait de même. Elle le laissa quitter ses bras, le jeune homme évitant de s’adresser à elle avant de se remettre à marcher. Ils devaient continuer leur voyage dans le labyrinthe.

« 

« Oh ! Il y a un banc au beau milieu de ce petit champ de fleur ! »

« Tous les chemins convergent vers ici… Je crois que nous sommes au milieu du labyrinthe. Tu veux t’asseoir, Helena ? Je prendrais mes médicaments en même temps. »

« Ca serait avec un grand plaisir. »

Elle retira sa main de la sienne, se dirigeant vers le banc avant de donner un petit coup dans sa robe blanche. Il y jeta un œil, remarquant que celle-ci s’ouvrait sur le côté… Gloups… Il se demandait ce qu’elle portait… Des collants blancs ? Ca ne serait pas normal… Ou il ne savait pas du tout… Il préféra ne plus y penser, s’asseyant à l’autre bout du banc alors qu’elle était surprise par ce geste. Il ouvrit son sac en plastique, regardant à l’intérieur.

« Pffff… Tous ces médicaments… C’est comme si je me droguais à ces derniers. Bon… D’abord ceux rouge et vert… Puis ceux blanc et bleu… Je ne dois pas me tromper. Bon… Aller… Heureusement que j’avais cette bouteille d’eau. »

Il plongea sa main dans le sac, en ressortant une bouteille de sa main libre avant de l’ouvrir. D’un geste machinal, il mit ses gélules dans la bouche avant de boire une gorgée, refaisant ce geste une seconde fois pour les autres gélules. Elle l’observa quelques instants alors qu’il reprenait en observant son sac :

« Qu’est-ce que je dois prendre maintenant ? Pfff… Y en a beaucoup trop. »

« Xavier ? Pourquoi est-ce… Tu te mets aussi loin ? »

« Hein ? Attend un peu… J’ai autre chose à faire, je suis désolé… »

« Attend un peu. Je sais ce qu’il te faut. Je suis ton infirmière non ? »

Elle bougeait son corps pour se rapprocher de lui, collant son sein gauche contre le bras droit du jeune homme. Elle se pencha légèrement en avant, fouillant dans le sac avant de lui tendre un spray. Elle reprit d’une voix douce :

« Pas plus de deux ou trois jets, d’accord ? »

« Oui… Merci… Heureusement que tu es là. Et ensuite ? »

« Tu dois prendre une gorgée de ce médicament. Enfin, tu dois terminer avec cinq millilitres de ce produit. Ce n’est pas très bon, je te rappelle. »

« Pfff… C’est vraiment désespérant tous ses médicaments. Et tout ça juste pour me maintenir en vie alors que je suis de toute façon sur le point de mourir. »

Elle lui fit un petit visage triste et il détourna le regard. Ce n’était pas de sa faute à elle… Il retira son bras droit, se disant qu’elle n’avait sûrement pas remarqué que sa poitrine était trop proche de lui. Tous ses médicaments… lui pourrissaient la vie. Enfin bon… Il devait quand même les prendre. L’un… puis l’autre et on termine par le dernier. Voilà ! C’était fait ! C’était parfait. Il remarqua qu’Helena était restée près de lui.

« C’est… C’est bon, Helena. J’en ai fini. Tu peux repar… »

« Repar ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Non… Ce n’est rien, je suis désolé. Tous mes médicaments, c’est gênant à force. »

« Moi… Ca ne me dérange pas… tant que tu les prends. Par contre… Est-ce que tu voulais que je m’éloigne de toi ? Je peux retourner à l’autre bout du banc si c’est ce que tu désires. Ca ne me gêne pas… même… si j’aimerais rester plus longtemps près de toi. »

« Bon… Tu peux rester… Mais je ne sais pas trop de quoi on pourrait parler… »

Il poussa un léger soupir, déposant son sac en plastique sur le sol avant de pousser à nouveau un grand soupir, étirant ses deux mains en l’air. Dès l’instant où il fit ce geste, Helena alla rapidement se calfeutrer contre son torse en fermant ses yeux bleus. Il émit un petit cri de surprise alors qu’elle murmurait :

« On peut simplement rester comme ça pendant quelques minutes ? Ou quelques heures ? Maître ? Non… Xavier ? »

« Je ne sais pas trop… C’est un peu trop rapide… ce genre de relations. »

Quel genre de relations parlait-il ? Elle ne comprenait pas vraiment ce qu’il disait. Enfin, qu’importe. Elle eut un sourire amusé alors qu’il arrêtait d’étirer ses bras. Instinctivement, son bras droit passa derrière Helena jusqu’à arriver sur l’épaule de la jeune femme aux cheveux verts, la ramenant un peu plus vers lui.

« Hihihihi… Maintenant que je suis humaine… J’ai un peu plus chaud… quand je suis contre toi, Xavier. Ca doit être différent quand on est humain au final. »

« Tais-toi un peu… Helena. Dans ce genre de moments, il vaut mieux se taire. »

« Comme tu le désires, tant que je peux rester ici. »

Elle peut rester ici, ce n’était pas ça qui allait le gêner. Puisqu’ils avaient déjà déjeuné, ils n’eurent aucun souci en ce qui concerne la nourriture et pour l’eau… Ils avaient toujours la bouteille de Xavier. Rien… Rien ne se passa pendant cette journée. Rien du tout même. Plusieurs heures s’étaient écoulées et il avait baissé la tête, s’étant endormi à moitié alors qu’elle avait rouvert ses yeux.

« C’est vraiment… bizarre d’être une humaine… J’ai l’impression… que mes sentiments… sont plus libres. Je peux les laisser s’échapper… se montrer à tous et à toutes… et surtout à toi, Xavier. C’est ça qui m’importe seulement. »

Elle le laissa se reposer, retirant sa tête de son torse avant de se lever. Elle observa le ciel… Hum… Le soleil allait se coucher d’ici deux ou trois heures au grand maximum. Les parents de Xavier allaient revenir très rapidement. Lorsqu’il faisait une petite chute à cause de sa maladie, ils allaient le voir. Et puis… Maintenant… Elle était une humaine et elle devait leur expliquer la situation et aussi… ce qui s’était passé avant.

« Xavier… Gros dormeur… Il est temps de te réveiller. »

« Hein ? Que quoi ? Zut… Il est quelle heure ? »

« L’heure de rentrer… Viens… Je t’aide à te lever. »

« Ce n’est pas de refus. Je suis encore à moitié endormi. »

Elle le prit par la main, le faisant se lever du banc alors qu’elle tenait le sac en plastique dans l’autre main. Il était somnolant, cela se voyait. Elle prit les commandes, dirigeant le jeune homme et elle-même vers la sortie. Cela avait été fort simple : Dès l’instant où ils avaient pénétré dans le jardin, elle s’était mise à se rappeler du chemin à prendre. Ainsi, après quelques minutes, ils arrivaient au bout, Xavier remarquant que le temps s’était bien écoulé… La preuve ! Le soleil était en train de se coucher.

« AIE ! Tu aurais du me réveiller plus tôt, Helena ! On a gâché… une journée maintenant. »

« Gâcher ? Comment ça ? »

« Gâcher comme gâcher ! On a perdu une journée alors que tu n’es humaine que pour une seule semaine… On doit utiliser ce temps si… »

« Nous n’avons rien gâché… Pas à mes yeux… Tous les moments passés avec vous… euh… toi… sont très précieux pour moi et donc, il me suffit de rester près de toi pour que le reste disparaisse à mes yeux. Non… Je suis désolée… Mais tu ne me gâche rien du tout, Xavier. »

« Si tu le dis… Pardon quand même. »

« Je te pardonnerais à une unique condition qui est la suivante : Que pour les prochains jours, nous puissions vivre des choses aussi merveilleuses que celles d’aujourd’hui. »

« AHEM… Je ne veux pas te… démoraliser… mais nous n’avons fait que dormir sur un banc pendant des heures… comme si nous étions en manque de sommeil. »

« Cela me convient parfaitement ! Alors, est-ce que tu acceptes ? »

« Je vois même pas pourquoi je refuserais… Donc je suis d’accord. »

« Merci ! Merci beaucoup, Xavier. Pour la peine… »

Elle se pencha en avant, venant l’embrasser sur la joue avant d’éclater de rire. Sur un ton plus qu’amusé, elle reprit la parole un court instant :

« J’apprend vite à devenir une humaine non ? »

Oui… Oui… C’est vrai… Il confirmait… Il eut un léger trémolo d’émotion, se demandant ce qui se passait… Il était… joyeux… Il passa une main sur la joue embrassée, ne sachant pas comment réagir. Elle ne lui laissa pas le temps de réagir, lui reprenant la main pour le tirer vers l’intérieur du manoir. Maintenant, il y avait les parents…

« Maître Xavier ! Veuillez venir directement dans la salle de musique ! Vos parents vous appellent ! C’est au sujet… de votre Gardevoir. »

« Helena… Je crois qu’ils ont appris bien plus tôt que prévu si tu veux tout savoir. »

« Il le fallait bien un jour… non ? »

La servante s’inclina respectueusement alors qu’il demandait à Helena de bien vouloir le suivre. Il tremblait légèrement… Il n’aimait pas affronter ses parents, leurs ordres, leurs paroles… TOUT ! Il détestait affronter tout le monde ! Il prit une profonde inspiration, arrivant devant la double porte menant à la salle de musique.

« Ca ne te gêne pas si on ne se prend pas la main, Helena ? »

« Je… Je crois… que cela vaut mieux pour nous deux, maître… Xavier. »

Elle lui avait redonné du maître et il tiqua. C’était normal… Vraiment normal… Devant ses parents, ni lui, ni elle ne pouvaient faire quelque chose contre ça. Ils pénétrèrent dans la pièce, quelques notes de piano se faisant entendre avant qu’un tintamarre ne résonne à leurs oreilles. La mère de Xavier venait d’appuyer sur le piano avec tous ses doigts en même temps.

« Xavier… Jenys… Qui est… cette mendigote qui t’accompagne ? Non… »

« Chérie… Cette femme semble néanmoins correctement habillée contrairement à cette… Je ne préfère rien dire mais je n’en pense pas moins au sujet de cette traînée nommée Sandra. »

« Oui… C’est pour cela que j’ai dis non. Cette femme a au moins la décence de bien porter sa tenue mais qui est-ce donc ? Les servantes m’ont donné une histoire abracadabrantesque comme quoi cette femme serait Helena. »

« C’est le cas… Père et Mère… Je vous présente Helena. »

« Mademoiselle… Confirmez-vous les dires de mon fils ? »

« Maître… Maîtresse… Je le confirme. Je suis bien la Gardevoir qui s’est chargée de lui pendant une quinzaine d’années. »

« Vous comprendrez qu’il faudra bien plus que quelques paroles pour nous convaincre, n’est-ce pas ? J’espère que vous comprendrez que tout ceci ne peut-être qu’une gigantesque farce orchestrée pour profiter de l’état de dépression dans lequel se trouve mon fils. »

« Je le conçois mais je vous pris de bien vouloir me croire. Je n’oserais jamais faire souffrir votre fils et cela surtout à cause de toute cette histoire qui l’a plongé dans un grand trouble. Cette femme ne méritait pas votre fils et même si je ne l’ai pas prononcé devant lui avant maintenant, je ne l’appréciais pas. Cela se lisait dans son cœur… Cette femme était pire que tout… Saviez-vous ce qu’elle avait prévu ? Qu’il la rattrape… et qu’il la force à l’épouser… Ainsi… Cela n’aurait pas été de sa faute… En fait, elle était heureuse de l’abandonner… Tout cela n’était qu’une question de manipulation. Je n’ai pas… osé le lui annoncer… car je ne voulais pas le faire souffrir encore plus… que maintenant. »

Les deux personnes âgées se regardèrent quelques instants alors que Xavier posait son regard émeraude sur elle. Il… Il se sentait trahi… Mais pas forcément dans le bon sens… Pourquoi avoir gardé ça pour elle ? Elle détourna le regard, subitement gênée et attristée de voir ce visage déconfit. La mère de Xavier reprit la parole :

« Cela ne suffit pas à nous convaincre. Vous avez peut-être un langage des plus développés et cela peut prouver en un sens que vous venez d’une famille aisée mais cette histoire de Gardevoir devenue humaine est très difficile à croire. N’avez-vous vraiment aucune idée de ce que vous avancez ? Cela est si peu… réaliste… et si peu crédible. Je ne laisserais personne toucher à mon fils avec de telles pensées ! »

« Vous n’arrivez pas à la croire ?! ALORS NE LA CROYEZ PAS ! De toute façon, vous ne croyez rien ni personne tant qu’il n’a pas ses papiers sur lui !  Cette femme est HELENA ! Cette femme est celle qui vient de me dire que tout ce que j’ai vécu avec Sandra n’était que du bluff ! Et je dois le prendre comment ?! »

« Allons mon fils… Ce n’est pas comme si tu n’étais pas au courant de tout ceci. Nous t’avions pourtant prévenu par rapport à cette gueuse. »

« GUEUSE ?! GUEUSE ?! Mais je m’en fous ! Ce n’est pas ça ! J’avais encore une petite chance de croire que Sandra m’aimait un tant soit peu… et… Et Helena… Et Helena vient de me dire ça ! POURQUOI ?! »

Il empoigna le bras de la jeune femme aux cheveux verts avant de la tirer vers lui. Ses lunettes étaient tombées au sol alors qu’il tremblait. Il serrait les dents en tremblant, tentant de s’adresser à elle sans y arriver. Quelques balbutiements puis il reprit :

« POURQUOI TU NE ME L’AS PAS DIT HIER ?! »

« Je… Je… Je ne voulais pas empirer votre état, maître… »

« ON S’EN FOUT DE MON ETAT ! ON S’EN FOUT ! Je… Je déteste que l’on me cache des choses… Je déteste vraiment ça ! SURTOUT de ta part ! »

« Pourtant, lorsque nous te dévoilons la vérité, tu préfères l’ignorer. »

Le père en rajoutait une couche par-dessus alors qu’il se tournait avec fureur vers ses deux parents. Eux… Eux… Il… Il… Il ne savait plus quoi penser. Son emprise sur le bras d’Helena se fit moins forte alors qu’il posait une main sur son cœur. Du sang… Du sang s’écoula de sa bouche alors qu’il s’écroulait à genoux. Subitement, plusieurs crachats sortirent de sa bouche alors qu’Helena se mettait à crier de toutes ses forces :

« XAVIER ! SES MEDICAMENTS ! Veuillez appeler le médecin ! Ses médicaments ! »

Elle s’était approchée de lui, voyant que les deux parents du jeune homme ne bougeaient pas. Et zut ! Ils ne comprenaient pas ?! Elle quitta la pièce en courant, la mère réagissant enfin en criant à son mari de téléphoner au médecin tout de suite. Helena était revenue avec plusieurs sachets dans les mains, s’approchant du jeune homme allongé au sol, baignant dans une petite flaque de sang. Xavier… Xavier avait fait une rechute !

« Je crois que cela n’augure rien de bon. »

« Que… Que se passe t-il ?! Racontez moi tout, docteur ! »

« Mademoiselle ? Nous nous connaissons ? Enfin bon…Si vous êtes une amie de la famille, vous pouvez être au courant. Disons que sa maladie est au stade terminal… Je ne saurais l’expliquer mais tout ce stress accumulé et les récents ont fait avancé sa maladie… ce qui veut dire que nous venons de passer d’une espérance de vie d’environ deux à cinq ans… à moins d’une année… voir d’un semestre. »

« Un… Un semestre ?! Mais vous êtes médecin ! Vous devez bien réussir à le faire vivre plus longtemps que prévu ! Sa maladie n’a jamais eu le dessus avant aujourd’hui ! »

La mère était dans tous ses états alors que le père appelait déjà sur son portable. Qui donc appelait-il ? Sa femme lui demanda avec inquiétude et il lui répondit :

« Je vais appeler nos avocats… Sandra ne s’en tirera pas cette fois. C’est à cause d’elle que Xavier est dans cet état. Tout allait bien avant qu’elle n’arrive ! »

« Pardonnez-moi… Mais est-ce que vous pouvez aller ailleurs ? Je veux… veiller sur lui. »

« Tu es son infirmière… Helena… Tu sais t’en occuper mais préviens nous quand il est réveillé. Dès qu’il ira mieux, tu viendras avec nous. Nous devons avoir une discussion. »

« Helena ? Cette jeune femme porte le même nom que le Gardevoir de votre fils. »

« Il paraîtrait que c’est elle… Ma femme et moi avons du mal à le croire mais… »

« Certaines choses nous poussent à penser que c’est le cas. »

C’est vrai… Les deux parents de Xavier signalèrent que c’était elle qui avait permis à Xavier de tenir le coup jusqu’à ce que le médecin arrive. Celui-ci remercia la jeune femme aux cheveux verts. Elle était au chevet de Xavier, le jeune homme étant allongé dans son lit. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tout devait se passer ainsi ?!

« J’aimerais… juste vous parler… ailleurs… Je ne voudrais pas que Xavier entende ce que j’ai à dire… Vous pouvez écouter aussi… monsieur le médecin mais veuillez ne pas le répéter d’accord ? Je vais vous raconter pourquoi je suis ainsi. »

Autant faire que ces trois personnes soient au courant. De toute façon, toute la maisonnée l’était alors pourquoi pas eux ? Elle serra quelques instants la main de Xavier avant de se lever, invitant les diverses personnes à bien vouloir la suivre. Elle connaissait l’endroit comme si elle y vivait depuis des années… Encore une preuve qu’elle était l’ancienne Gardevoir… Voilà… Tout allait être dit… Même ce qu’elle n’avait pas encore annoncé à Xavier… Déjà qu’avec Sandra… Alors si elle lui racontait tout…

« C’est donc… ça ? Mais pourquoi avoir fait une telle chose ? »

«Helena… Juste pour une seule semaine… »

« Ce n’est pas très scientifique… mais vous êtes la preuve vivante… du contraire. »

Les trois personnes étaient d’accord avec elle… mais motus et bouche cousue. Le médecin quitta l’imposante demeure alors que les deux parents de Xavier laissaient ce dernier aux bons soins d’Helena… si elle pouvait encore s’occuper de lui. Ils indiquèrent que c’était possible… mais qu’ils tenaient à être prévenus le plus tôt possible… si tout se dégradait. Ils avaient confiance en elle… contrairement à Sandra. Elle retourna dans la chambre du jeune homme, celui-ci ayant les yeux ouverts bien qu’il ne portait pas ses lunettes. Il n’eut pourtant aucun mal à la reconnaître, murmurant avec amertume :

« Même toi… Tss… Je préférais mourir… plutôt que d’être trahi… par la personne en qui j’avais le plus confiance. Tu m’as trahi… Helena. »

« Je… Je ne t’ai pas trahi ! Xavier ! Je te le promets ! »

« Alors pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?! »

« MALADE ! Tu es malade ! Tu comprends ça ?! Tu as fait une rechute à cause de tout ça ! Tu as fait une rechute car tu n’es pas capable de supporter trop d’émotions ! »

« Trop… d’émotions ? Des émotions par rapport à qui ? Tu m’as menti… Tu me cachais ça… Et après… Je pensais que tu voulais… Non… C’est bon… Il est quelle heure ? »

« Plus de vingt-trois heures. Est-ce que tu veux que je veille sur toi ? »

« Pense plutôt à ta personne. En y réfléchissant bien, est-ce que tu as un endroit où dormir ? Tu n’as jamais dormi dans une pokéball mais ta chambre… ressemble plus à un enclos pour pokémon qu’autre chose. »

« Je m’en contenterais parfaitement. Sauf si tu veux que je reste ici dormir… Je peux dormir sur le fauteuil ou alors te surveiller pendant toute la nuit. »

Il s’était surpris à rougir alors qu’elle avait terminé sa seconde phrase. Un court instant, il s’était imaginé dormir avec elle. Quel idiot… Vraiment quel idiot… Il ne lui répondit pas. Il était encore en colère contre elle… Il alla à l’opposé de son lit à baldaquin, lui tournant le dos avant de dire d’une voix faible :

« Tu peux aller prendre une couverture… ou aller en demander aux servants… Tu peux aussi prendre l’un de mes oreillers… »

« Merci beaucoup, Xavier. Nous ne sommes plus fâchés alors ? »

« On ne l’a jamais été ! Enfin…Si… Peut-être… Et si tu n’arrives vraiment pas à dormir… Ou que tu as mal au dos… Dors dans mon lit mais à l’opposé ! »

L’opposé ? L’opposé dans quel sens ? Celui où il se trouvait ? Ou alors par rapport à lui ? Elle ne lui répondit pas, lui murmurant une bonne nuit avant de quitter la chambre. Elle allait prendre une couverture et venir dormir avec lui… mais sur le fauteuil. Et oui… Elle n’allait quand même pas aller jusque là. Elle était une jeune femme humaine ET honorable.

Chapitre 1 : Un vœu peu ordinaire

Chapitre 1 : Un vœu peu ordinaire

« Xavier, jurez vous d’aimer Sandra, ici présente, de la chérir et de… »

« Oui ! Je le veux ! »

Quelques murmures passèrent dans l’église : Le jeune homme n’avait même pas attendu que le prêtre termine sa phrase. Il était motivé, très motivé même ! Il avait un grand sourire aux lèvres, portait des cheveux bruns bien coiffés mais assez courts, une paire de lunettes devant ses yeux verts. Habillé en tenue noire et blanche, plus communément appelée tenue de pingouin, il devait mesurer un mètre soixante-dix voir soixante-quinze tandis que la jeune femme qui se tenait à côté de lui devait faire dix centimètres de moins que lui. Elle avait de longs cheveux blonds, le visage baissé dans une tenue de mariée rouge.

« Et vous, Sandra, jurez vous d’aimer Xavier, ici présent, de le chérir et de… »

« Non… Non… »

C’était quoi ces deux mariés qui ne se gênaient pas pour couper la parole au prêtre ? Hein ? Attendez donc un peu… La jeune femme avait relevé son regard, laissant apparaître deux yeux bleus qui avaient quelques larmes. Qu’est-ce qu’elle venait de dire ? Le visage de Xavier perdit son sourire alors que la foule à l’intérieur de l’église était surprise. Non ?

« Pardonnez moi, mon enfant mais… »

« Je ne me suis pas trompée… Xavier… Je suis désolée… Vraiment désolée… »

« Désolée pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Tu es trop gentil… pour moi… beaucoup trop gentil… Mais je ne peux pas accepter de t’épouser. Ce n’est pas parce que tu es toi… Mais à cause de moi… Je m’en voudrais… Tu as toujours fait semblant d’ignorer ce que tes parents disaient… Je ne veux pas te rendre triste. »

« Mais tu ne me rends pas triste ! Qu’est-ce que tu racontes comme bêtises ? »

« Arrête… de te mentir. Tu sais très bien… que je couche avec quelqu’un d’autre. »

Cris de stupeur dans la foule, deux personnes souriaient… Deux personnes âgées d’une cinquantaine d’années… Les parents du marié. Voilà qu’elle venait de s’enfoncer toute seule. Il fallait remarquer une chose : Toutes les personnes présentes dans le lieu étaient bien habillées, très bien habillées même ! Que des personnes de la haute société. Sandra s’éloigna en sanglotant légèrement, quittant l’église sous le regard accusateur des diverses personnes… sauf de Xavier. Celui-ci était profondément triste alors que ses deux parents se dirigeaient vers lui, sa mère prenant la parole :

« Il était temps qu’une gourgandine comme elle quitte le navire. »

« Dorénavant, mon fils, tu pourras te trouver une véritable femme, et pas une de ce… bas peuple. Nous allons te présenter à nos différents dîners et tu verras, ça sera beaucoup mieux. Ca ne va pas ? Tu te sens mal ? Xavier ? Xavier ! »

Et… Et zut… Il posa une main sur son cœur, le décor autour de lui se brouillant alors qu’il s’écroulait au sol. Non… Sandra… Sandra… Lorsqu’il se réveilla, il remarqua tout de suite où il se trouvait. Sa chambre… Richement décorée. Même son lit était à baldaquin, c’était pour dire… Les rideaux, les meubles et surtout la chambre en elle-même. Elle devait être aussi grande qu’un appartement en entier.

« Gardevoir ! Gardevoir ?! »

Rapidement, une main blanche se posa sur son front alors qu’il émettait un faible sourire. Son infirmière… si on pouvait l’appeler comme ça. Comme un mirage, une créature à la robe blanche s’éloigna de lui en retirant sa main. Elle claqua la porte derrière elle, revenant quelques instants plus tard avec trois personnes. Aucun doute… Il le savait très bien… Ses deux parents… et son médecin. Celui-ci avait les cheveux grisonnants, un peu mal coiffé mais on pouvait voir dans ses yeux tout son professionnalisme. Il prit la parole :

« Alors Xavier… On a fait une petite rechute ? »

« Comme vous le voyez docteur… Comme vous le voyez… Et ce n’est guère… mieux… pour le reste. Vous devez être au courant. »

« Je l’ai appris… Il faut dire que ce n’était une bonne nouvelle. Tiens… Prends donc tes médicaments et ce verre d’eau. Ca sera bien mieux d’ici quelques jours. »

« D’ici quelques jours ? Ah ! Vous le savez très bien que je suis condamné… »

« Et bien ? C’est la première fois… que je te vois aussi morose… et cela malgré ta maladie. »

« Vous voudriez que je sois heureux ? Hein ? Donnez-moi ces médicaments et veuillez partir… Je veux être seul, TOUT seul ! »

« Mais… Mais… Xavier… »

« TOUT SEUL J’AI DIT ! »

Les trois personnes hochèrent la tête, le vieil homme prenant quelques gélules tout en déposant le verre sur la petite table de chevet. Les trois personnes se dirigèrent vers la porte, l’ouvrant avant de quitter la salle tandis que la Gardevoir se préparait à partir elle aussi.

« Toi.. .C’est bon… Tu peux rester, Helena. »

« Garde… C’est… bon ? Je… peux ? »

Elle tentait tant bien que mal de parler sa langue, y arrivant avec une extrême difficulté. Helena se tourna vers lui, l’observant de ses yeux bleus… Oui… Ils étaient différents de ceux des autres Gardevoir. C’était même cela qui l’amusait chez elle. Le fait qu’elle soit un peu différente des autres… Elle était quand même plus grande… En fait, aussi grande que lui… A croire que le temps passé avec lui avait une influence sur elle. Quand au reste… Elle n’avait rien de bien spécial… du moins à ses yeux. Elle s’avança d’un pas lent vers lui alors qu’il prenait ses médicaments. Elle restait debout devant le lit.

« Qu’est-ce que tu attends ? Tu peux venir t’asseoir si tu le veux. »

« Je… ne peux… pas. Vous… êtes le maître. »

« Helena, je te laisse dix secondes pour venir t’asseoir sur mon lit ou sinon, tu pars d’ici. »

Elle amorçait un mouvement vers le lit avant de se rétracter. Elle baissa son visage blanc, se retournant tout en se dirigeant vers la sortie. Il cria :

« Toi aussi ! Toi aussi tu veux m’abandonner ?! Toi aussi, tu veux me lâcher comme les autres ! Foutue infirmière à la noix ! Dégage ! C’est bon ! Ne viens même plus dans ma chambre ! Tu es comme les autres ! »

« CE… N’EST… PAS VRAI ! »

Bien que cela avait été dit avec une élocution difficile, elle se retourna à nouveau vers lui, se téléportant subitement pour se retrouver à quelques centimètres du visage. Elle était presque au bord des larmes alors qu’il reprenait avec colère :

« Tu veux savoir pourquoi tu es là ?! A cause de mes parents ! Tu es là depuis quinze ans simplement parce que tu dois t’occuper de moi ! Tu es capable de lire dans mes sentiments, de lire dans mes pensées et de savoir si je vais mal ou non ! »

« Toi, au moins, tu as tes parents ! »

« Vas-t’en… C’est bon… J’ai ma dose… J’ai besoin de me reposer. »

« Ca ne va pas ? Maître ? »

Elle reposa une main sur son front, le jeune homme aux cheveux bruns lui donnant un petit coup pour partir. Il avait été méchant avec elle… Très méchant… Voir même odieux. Mais… Il avait mal… au cœur et ce n’était pas à cause de sa maladie. Malgré les paroles du jeune homme, elle était restée près de lui, allant finalement s’asseoir sur le lit.

« Arrête de m’appeler comme ça ! Je… Je… Est- ce que ça a l’air d’aller ?! »

« Je te sens… plus triste… qu’en colère. »

« Ne lis pas dans mes pensées… Merci beaucoup. »

Voilà… Voilà comment ça se finissait cette fois. Lui… D’habitude si joyeux… Lui… D’habitude si heureux… Il était complètement achevé… Elle tendit son autre main blanche vers lui, lui passant une main sur la joue alors qu’il s’était mis à haleter. Depuis… qu’il était né… Il avait cette maladie… Cette chose… qui le consumait de l’intérieur. Et depuis l’âge de cinq ans… Il avait Helena… qui était tout d’abord une Tarsal… puis une Kirlia pour finalement devenir la Gardevoir qui était en face de lui. Elle s’était mise à parler à peu près correctement car elle était spéciale… Une Gardevoir vraiment spéciale, choisie parmi des milliers pour son intelligence encore plus grande que celle des habituelles pokémons psychiques. Oui… Elle était différente.

« Laisse-moi tranquille… Je veux être seul. »

« Ca… ne serait pas. Je dois m’occuper de vous. »

« Tutoies moi ou vouvoies moi mais ne fait pas les deux différents ! »

« Pardonne… moi. Est-ce que… tu vas mieux ? »

« Je me suis fait jeter par ma petite amie depuis deux ans en pleine église, elle me trompait depuis autant de temps, j’ai une maladie chronique qui fait que je ne vais pas vivre jusqu’à vingt-cinq ans au maximum, je ne peux même pas espérer avoir des pokémons puisque je ne pourrais jamais les utiliser car je suis trop faible et que si je m’excite trop, je risque d’aggraver mon cas, je parle à une pokémon dotée du langage humain car elle a le QI d’un super ordinateur, cas extrêmement rare voir unique. Bien entendu, je me fais du souci pour elle car je ne vois pas à quoi ça lui sert de rester avec un raté comme moi alors qu’elle pourrait aider des millions de personnes avec son intelligence. »

« Je… Je suis là pour toi, maître. Je ne suis qu’à une seule personne… »

Il émit un petit rictus de tristesse, s’enfouissant dans ses couvertures sans regarder la Gardevoir aux yeux bleus. Il en avait marre… marre de tout ça. Pourquoi est-ce que Sandra était partie ? Hein ? Il était heureux avec elle… et qu’importe si elle le trompait ! Lui… Il était riche, il n’était pas laid… Il était gentil… agréable… Alors pourquoi ? Parce qu’il était tout ça ? Il aurait dû plutôt être un salopard ?

« Dis… Est-ce que je suis méchant ? Est-ce que je mérite tout ça ? Je commence… à être fatigué… J’aimerais me reposer… et ne plus jamais rien faire… »

« Ce n’est pas… une bonne chose. Il se fait tard, vous voulez… que je vous laisse vous reposer ? »

« Est-ce que… tu peux rester près de moi ? »

Elle hocha sa tête aux cheveux verts, lui faisant un petit sourire alors qu’elle utilisait ses pouvoirs psychiques pour faire venir un fauteuil près d’elle. Elle alla s’asseoir dessus, posant ses deux pattes sur sa robe blanche en l’observant. Il n’avait pas ses lunettes et c’était normal… Il devait s’endormir après tout ce qui s’était passé. Son mariage annulé, l’abandon de Sandra, sa maladie… Ses parents…

« Est-ce que tu veux… que je t’endormes ? »

« S’il te plaît… Helena… Et pardon… Pour ce que je t’ai dis… Je ne le pensais pas… Je… »

« Il est normal… de craquer… Il ne faut… pas retenir ses larmes. »

Elle se releva de son fauteuil, s’approchant de lui en tendant ses deux bras. Il avait des larmes aux yeux… et elle le colla délicatement contre son corps. Il s’était mis à exploser en sanglots, la créature à la robe blanche lui caressant le dos pour lui dire que ce n’était pas grave… Pas grave du tout… Il fallait bien que cela arrive un jour.

Il fallut plusieurs minutes au jeune homme pour que celui-ci daigne arrêter de pleurer, son corps stoppant ses soubresauts. Enfin… Il allait pouvoir s’endormir. Avec délicatesse, elle le coucha dans le lit, remontant le drap sur son corps avant de se lever. Elle se dirigea vers les fenêtres gigantesques, tirant par la pensée les rideaux. Un fin rayon de lumière alla l’éclairer alors qu’elle observait la lune avec un peu d’amertume. Elle se murmura :

« Si seulement… Il y avait… une possibilité… de le rendre réellement heureux… Il y a longtemps… qu’il n’est plus… mon maître… mais mon ami… Je suis… sa confidente. »

Oui sa confidente, c’est ce qu’elle était. Puisqu’elle pouvait lire dans son cœur, dans ses pensées, dans ses sentiments… Elle était capable de le comprendre… Il avait besoin de quelqu’un… de quelque chose… pour se rattacher à cette vie qui disparaissait de jour en jour. Elle était triste de ne pas pouvoir l’aider. Hein ? C’était elle ? Ou… Cette étoile brillait plus que les autres ? Elle ne l’avait pas remarqué au départ, plongée dans ses pensées mais maintenant qu’elle la regardait… Cette étoile se rapprochait ?! Elle se téléporta subitement dehors, se retrouvant dans l’immense jardin joint au manoir.

« Mais qu’est-ce que… Que ça ? »

L’étoile s’était dirigée vers elle à toute allure jusqu’à prendre… la forme d’un pokémon ? Une demi-étoile à trois branches comme coiffure, des petites languettes bleues au bout de ces trois branches… Mais la créature était toute blanche et mesurait à peine trente centimètres. Des yeux en amande, un sourire dessiné sur le ventre et deux bandes de tissu jaune. Voilà à quoi ressemblait la créature.

« Je suis Jirachi. Je suis comme toi… Capable d’utiliser les pouvoirs psychiques… Nous sommes des pokémons intelligents… Si nous nous donnons la possibilité… Nous pouvons nous adresser aux humains dans leur dialecte. »

« Je… Qu’est-ce que vous me voulez ? »

« Je suis Jirachi… Je peux exaucer des souhaits… Pendant une semaine… avant de replonger dans mon sommeil millénaire. Je suis capable de lire… dans les cœurs… Et je sais que le tien est troublé… As-tu un vœu à formuler ? »

« J’aimerais… si il était possible… rendre heureux… Xavier. »

« Xavier ? Qui est-ce ? Le jeune homme qui se situe dans cet habitat ? N’est-il pas heureux ? Avec un tel décor, tout être humain devrait l’être. »

« Ce n’est pas le cas ! Il… Il est atteint d’une maladie incurable… et je… Je voudrais l’aider. Je ne sais pas comment faire… Il vient d’être déçu… par une femme… AH ! Je sais ! Je… Je voudrais devenir une femme humaine ! »

« Une femme humaine ? Mais cela est contre-nature… Ce genre de vœu est risqué… très risqué… Est-ce que tu comprends ce que cela implique ? Veux-tu que je te l’explique plus en détails ? Ensuite… Tu feras ton choix. Cela ne durera qu’une semaine. »

Oui… Elle était prête ! Prête à tout pour que Xavier soit heureux ! Elle s’était mise à écouter la petite créature nommée Jirachi, hochant plusieurs fois la tête avant de s’arrêter. Est-ce qu’elle n’avait pas… rêvé ? Ce que Jirachi venait de dire… était… Mais… Elle devait le faire… Et qu’importe le coût ! Finalement, elle ouvrit sa bouche, prononçant les paroles que Jirachi voulait entendre. Voilà… C’était fait.

« Maître… Maître… Il est temps de vous réveiller. »

« He… lena ? Ta voix… est différente… Tu as trop traîné dehors hier… »

Il ouvrait faiblement ses yeux verts, se retrouvant devant ceux de couleur bleu de la Gardevoir… si on pouvait encore l’appeler comme ça. Il poussa un cri strident en voyant le visage devant lui, se mettant assis dans son lit. Il se cogna contre le mur, murmurant :

« Aie, aie, aie… Ca fait… très mal…. »

« Maître ?! Vous allez bien ? Répondez-moi ! »

« Qui… Qui êtes vous surtout ?! »

Ce n’était pas Helena ! Mais pourtant… Il avait bel et bien entendu sa voix. C’était qui cette femme devant lui ?! Elle était aussi grande que lui, penchée en avant et il s’était mis à détourner le regard. Ce n’était pas qu’il détestait les décolletés… mais celui de la robe blanche que la jeune femme portait sur son corps. Elle avait un collier avec une magnifique pierre rouge brillant comme un rubis… qui allait se loger au creux de sa poitrine… plutôt généreuse ? Elle avait deux franges vertes qui allaient derrière ses oreilles, ses cheveux verts allant jusqu’au bas du dos alors qu’elle le regardait avec un peu de surprise dans ses yeux bleus. Il ne la reconnaissait pas ?

« C’est… C’est moi… Votre Gardevoir. Helena… »

« Helena ? Est-ce que c’est une plaisanterie ? Je ne… vous connais pas… mademoiselle. Je devrais appeler… Oh… Et puis non… C’est quoi cette histoire ? »

« C’est moi, Helena. Je suis… devenue une humaine… pour vous. »

« C’est quoi cette blague ? Vous n’êtes pas… sauf votre respect… un peu folle ? »

« Un peu ? Folle ? Pourquoi vous dites cela, maître ? »

Pourquoi ? Car il y avait une femme devant lui, une femme avec une robe blanche, une femme qu’il ne connaissait pas ! Comment… Comment… c’était possible ? Helena était une Gardevoir… pas une humaine. Ca défiait toute logique ! Elle commença à lui parler et il sentit le rouge qui montait aux joues… Que… Qu’est-ce qu’elle racontait ?! Il plaqua une main sur sa bouche pour la faire taire ! Ce genre de choses… Ces souvenirs de quand il était enfant… Il n’y avait… Il n’y avait qu’elle pour savoir ça ! Il retira sa main de la bouche d’Helena, détournant le regard en s’excusant de sa conduite. Il bafouilla :

« Alors… C’est vraiment toi… Je n’arrive pas à le croire… Mais pourquoi ? Comment ? Comment est-ce possible ? Tu es vraiment… une humaine ? »

« Pourquoi ? Car je voulais… vous rendre heureuse… Je n’aime plus… vous voir souffrir. Je ne le supporte plus… Votre… annulation de mariage… a été la goutte d’eau… qui a fait déborder mon vase de sentiments envers vous. »

« Ne dit pas cela… Ce n’est pas de ta faute… »

« Mais je le pense sincèrement, maître ! Vous êtes… Vous êtes mon maître et comme… Nous sommes liés… Je sais que je dois vous rendre heureux si je veux l’être ! Mais je ne veux pas l’être si vous ne l’êtes pas ! Pour moi, mon bonheur est le vôtre ! »

« Oui, oui… J’ai bien compris… C’est bon… Je ne suis pas stupide… Enfin… bon…Tu es Helena alors… Il n’y a que toi pour me parler comme ça. Mais comment tu es devenue… comme ça ? Humaine ? »

Elle lui demanda si elle pouvait s’asseoir sur le lit, Xavier détournant à nouveau son regard en lui disant que oui. Maintenant… C’était un peu différent. Elle alla s’asseoir, faisant un doux sourire au jeune homme avant de lui expliquer ce qui s’était passé cette nuit. Jirachi ? C’était un pokémon ? Il exauçait les souhaits tous les mille ans pendant une semaine ? Et il avait exaucé le sien ? Elle s’exclama subitement :

« Hiiiiiiiiiiiii ! Pour… Pourquoi je n’y ai pas pensé avant ?! Pardon, maître ! Pardon ! »

« Arrête de m’appeler comme ça… Ca fait vraiment bizarre… de la part d’une humaine. Mais qu’est-ce qu’il y a ? »

« Pourquoi ?! POURQUOI ?! Je… J’aurais pu lui demander de soigner votre maladie au lieu de ne penser qu’à moi ! Pardon… Pardon pardon pardon ! »

Elle s’était mise à sangloter, sautant dans ses bras pour venir se faire enlacer. Elle était comme ça… Dès qu’elle commettait une bêtise, elle venait pleurer dans ses bras. Auparavant, ça ne le gênait pas mais… C’était vraiment différent là. Et puis… La voir pleurer lui faisait mal au cœur… Encore plus que sa maladie… Et puis… Ses paroles… Il ne lui avait rien demandé à la base ! Il alla la serrer contre lui, évitant de rougir encore plus qu’il n’en faut en lui disant que ce n’était pas grave. Une servante pénétra dans la chambre, ayant toqué deux fois avant de demander d’une voix inquiète :

« Qu’est-ce qui se passe ? Je vous entends crier et j’entends une … Monsieur Xavier ? Quelle… Quelle est cette personne ? Dans vos… »

« C’est Helena, ma Gardevoir. Elle a changé non ? »

« Sauf votre respect, monsieur Xavier… Cette personne… est humaine et ne ressemble pas à une pokémon. Je suis désolée de vous l’annoncer. »

« Ca ne fait rien. Est-ce que vous pouvez commencer à préparer le déjeuner ? J’arrive d’ici une quinzaine voir une trentaine de minutes. »

« Comme vous le voulez, je vais de ce pas prévenir les autres servants de vous confectionner un déjeuner digne de ce nom. Est-ce que… Je dois préparer pour Helena aussi ? »

Il valait mieux jouer le jeu et ne rien dire. Il hocha la tête pour dire que oui, lui demandant si ses parents étaient déjà partis. Elle répondit que oui et il poussa un profond soupir. Vraiment… Être riche impliquait ce genre de choses… Ne jamais voir ses parents… Enfin… La compagnie d’Helena avait été plus qu’importante pour lui permettre de tenir.

« Alors ? Cela va mieux, Helena ? Tu as fini de pleurer ? »

« Oui… Pardonnez-moi… maître… Je suis désolée… »

« Xavier… Appelle-moi Xavier… Bon… Maintenant, redresse-toi et laisse-moi me lever. Je dois aller me laver. Et puis… Ensuite, tu viens déjeuner avec moi ? »

« Oui ! Bien sûr maî… Xavier. Ca me ferait très plaisir. »

Et bien voilà, c’était réglé. Bon… Par contre, il avait encore un peu de mal à croire Helena… Du moins cette femme aux cheveux verts… Mais devant son caractère et ses paroles, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était elle. Elle quitta ses bras, faisant un léger sourire avant de quitter le lit. Oui… Elle allait le laisser tranquille mais est-ce qu’il était heureux ? Elle s’était mise à lire dans son cœur, voyant que c’était le cas.

« Je vous attendrais dans la salle de déjeuner. »

« Fais donc, Helena. Au passage, tutoies moi d’accord ? Tu es maintenant une humaine, pas une pokémon… Et même quand tu ne l’étais pas… Je te le demandais assez souvent. Pas plus tard qu’hier pour être précis, d’accord ? »

« Oui ! Comme vous le voulez… Oups ! Comme tu le veux. »

Elle rigola légèrement, quittant la chambre alors qu’il poussait un profond soupir amusé. C’était Helena… Il en était sûr. Il posa une main sur son cœur, gémissant faiblement en se disant que cela lui faisait atrocement mal… Déjà depuis plusieurs mois… Mais là… Ca commençait sérieusement à le faire souffrir.

« Je ne devrais plus y penser. Ce n’est pas le moment pour ça. Qu’est-ce que je vais faire pour Helena ? Si mes parents découvrent tout ça… Et puis… Avec ma maladie, je n’ai pas le choix. Je vais devoir rester ici… aujourd’hui. »

Il passa une main sur son front. Hier avait été la pire journée de sa vie. Et pourtant… Il en avait vécu des choses… mais ça… avait été horrible. Comment y renoncer ? C’est vrai qu’ils s’étaient échangés à peine quelques baisers, qu’il n’avait jamais été jusqu’à… la dénuder. Et cela… depuis tellement de temps. Un amour platonique… Voilà à quoi il s’était attaché… Peut-être que ses parents ne s’étaient pas trompés ? Sandra avait été attirée d’abord par sa richesse avant de préférer l’abandonner… plutôt que de le manipuler. Oui… Sandra n’avait pas été une si mauvaise fille malgré les paroles de ses parents. Il se leva finalement, quittant sa chambre avant de remarquer qu’il était complètement en sueur. Oui… C’était ainsi quand on était malade aussi gravement que lui. On avait ces petits problèmes quotidiens. Il se dirigea vers la salle de bains, préférant se nettoyer seul malgré la demande de quelques servants de le faire pour lui. La richesse… C’était éphémère à ses yeux. Il n’aimait pas être forcément riche… Ca ne menait jamais à quelque chose de bien.

Après une bonne dizaine de minutes passées sous la douche, il prit un peignoir et de quoi se sécher les cheveux, se dirigeant vers sa chambre. Il observa ce qu’il pouvait porter aujourd’hui, optant pour une tenue classique : Un jogging rouge, un t-shirt blanc et un pull de même couleur que le jogging. Une tenue… que n’apprécieraient surement pas ses parents. Il se présenta dans la salle à manger, remarquant tout de suite les nombreux servants et servantes autour d’Helena. Celle-ci était en train de rougir, le visage baissé en murmurant quelques mots qu’il ne pouvait pas entendre. D’après néanmoins ce qu’il voyait, l’interrogation se lisait dans le regard des serviteurs.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Maître Xavier ? Est-ce bien vrai que… cette femme est Helena ? »

« C’est exact… Elle est devenue ainsi après un vœu exaucé par Jirachi. Veuillez la laisser tranquilles, s’il vous plaît. »

« A… A vos ordres, maître Xavier ! »

« Et veuillez retourner à vos occupations. Pourrions-nous être servis aussi ? »

« AH ! Pardonnez nous ! Nous allons le faire tout de suite ! »

Il eut un léger sourire, voyant la déconfiture et l’embarras sur le visage des serviteurs. Ceux-ci quittèrent la salle pour la majorité, n’ayant rien à faire ici tandis qu’il allait s’asseoir en face d’Elena. La jeune femme aux cheveux verts murmura :

« C’est bizarre… d’être humaine… Ils n’ont pas arrêté… de me poser des questions. Ils sont inquiets… Ils ne veulent plus que tu sois déçu… »

« Inquiets à quel sujet ? A cause de l’histoire par rapport à hier ? »

« C’est… cela. Ils t’apprécient… et ils savent que tu es très gentil. »

« Je t’arrête tout de suite, Helena. Si j’avais le temps de me larmoyer sur mon sort, je le ferais mais grâce à toi, je n’ai pas envie de pleurer trop longtemps. Cela me fait atrocement mal rien que de repenser à Sandra mais je dois passer à autre chose. »

« Si je suis devenue humaine… C’est pour ça que tu sois heureux. »

« Je le sais très bien… et je t’en remercie mais commençons à manger maintenant. »

Oui ! Il avait entièrement raison ! Par contre… Comment devait-elle faire ? Elle… Elle n’avait pas vraiment l’habitude de tenir des fourchettes et des couteaux. C’est sûr que ce repas était assez copieux et que Xavier la nourrissait souvent avec de des petits-déjeuners pour les humains mais à côté… Elle ne savait pas du tout comment utiliser une fourchette et un couteau. Il passa une main sur son front, amusé par la situation avant de se lever. Elle était peut-être devenue une humaine mais elle restait une pokémon au final. Il s’approcha d’elle, prenant ses deux bras tout en commençant à la guider. Avec un petit sourire, il prit la parole, lui expliquant tout ce qu’elle devait faire pour arriver à manger correctement.

« J’ai l’air ridicule… J’ai l’apparence d’une humaine… mais je ne sais même pas me débrouiller avec les outils… des humains. »

« Hého ! Tout s’apprend, mademoiselle au QI surdéveloppé. »

« Ce n’est pas très correct de se moquer ! »

« Hahaha ! Allons, ne te met pas en colère… Je plaisantais, Helena. C’est bien… On commence par tenir correctement sa fourchette… puis on prend le couteau. »

Elle se laissa guider, rougissant faiblement alors qu’il posait ses mains sur les siennes. Elle était une véritable débutante et cela se voyait. Quand à lui, il accomplissait le rôle de professeur, changeant par rapport à celui qu’il avait habituellement avec elle. Car oui… Elle avait été son professeur personnel pendant ses longues années. C’était ainsi… Une intelligence dépassant toutes les limites, il était normal… pour elle de jouer le rôle de professeur. Le problème ? C’est qu’elle avait le même âge que lui… et donc une mentalité pas forcément différente de la sienne… Le second problème était… qu’il n’avait jamais été à l’école… Et oui… Les gens de la haute société n’ont pas besoin d’apprendre avec les gueux d’en bas. Quoi de plus logique ? Alors bon… Niveau amitié… Il était loin d’en avoir eu.

« C’est… C’est bon, Xavier. Tu n’as pas… à faire tout ça pour moi. »

« Comme tu le désires, je me demandais : Est-ce que tu veux qu’on aille s’asseoir sur un banc après déjeuner ? On ne me laissera pas sortir… à cause de mon incident d’hier. »

« D’accord. Mais qu’allons nous faire ? Avez-vous une idée en tête ? »

Il haussa les épaules, retirant finalement ses deux mains avant de lui dire qu’il ne savait pas du tout. Qui vivra verra… Ils pouvaient simplement se promener dans les jardins… C’était une chose pas forcément folle. Il la regarda manger, se demandant si elle allait y arriver après quelques efforts. Le passage à la forme humaine avait été si… rapide…

Il termina de manger de son côté, l’observant à chaque fois qu’il mettait sa fourchette dans la bouche, amusé légèrement par la situation. Enfin… Ce n’était pas drôle en soi… mais bon… Voir Helena faire tout ça… était… amusant. Elle ressemblait à un grand bébé incapable de manger une bouchée correctement et il passa une main sur son front.

« Et bien… C’est un véritable combat qui commence hein ? »

« Co… Comment ça, Xavier ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Non… Rien du tout… Rien du tout… Je remarque simplement… Tu vas devoir en faire des efforts pour réussir à devenir une humaine correcte. »

Elle eut du rouge aux joues, baissant la tête en même temps qu’elle déposait la fourchette. Ce n’était pas de sa faute ! Elle… Elle avait pris l’habitude d’être nourrie par lui… mais là… C’était bien plus difficile que prévu. Le petit-déjeuner se termina et il se leva, l’invitant à le suivre pour quitter la demeure. La matinée allait commencer.

Chapitre 49 : Démonstration

Chapitre 49 : Démonstration

« Qu’est-ce que je dois faire exactement ? »

« Hum, je me doutes que tu n’es pas vraiment rassuré par la tournure des évènements mais je peux te promettre que tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. Rien de problématique ne va t’arriver, si c’est cela qui ne te rassure pas, bien entendu. »

« Disons que je ne suis pas rassuré du tout … mais vraiment pas. » bredouilla Tery, assis sur un banc, tout le monde autour de lui ainsi qu’Ernold. Manelena n’était toujours pas là néanmoins, visiblement, elle était encore en colère.

« Qui est-ce que tu recherches, Tery ? Manelena ? »

« J’aurai préféré l’avoir à mes côtés comme vous tous hein ? »

« Elle n’avait qu’à pas faire la tête et tout aurait été pour le mieux ! AH ! Non mais je vous jure … Se comporter comme une enfant, voilà tout. C’est juste n’importe quoi. »

« Je ne la juge pas, Elen. Tu le sais parfaitement d’après ce qu’elle a dit qu’elle était inquiète pour moi. C’est un peu gênant mais … en même temps, je suis content. Je veux dire, ça me donne l’impression qu’elle change un peu et donc qu’on peut espérer beaucoup avec elle. »

Oh, il y avait plus que ça et le fait qu’il rougisse montrait bien ses émotions à ce moment précis. Néanmoins, il perdit son sourire, baissant la tête avant de se donner quelques petites claques sur les joues. Il vint se mettre debout, disant :

« Je vais aller me préparer. Je suis déjà dans les vestiaires, je sais mais … »

« Est-ce que tu veux peut-être voir ce que tu vas affronter ? »

« Ce que je vais ? Ce n’est pas « ce qui » ? » demanda le jeune homme, un peu surpris par les paroles du Gnomold, celui-ci hochant la tête négativement.

« Non non, nous ne pouvons pas prendre le risque de blesser d’autres personnes face à ta force. C’est pourquoi je préfère que cela soit quelques créatures. »

« Humpf, d’accord, comme vous le voudrez. Ne voyez pas trop grand ou trop fort dès le départ, je vous rappelle que je ne suis pas habitué à faire ça en public. »

« Malgré le fait que tu te sois entraîné durant ce mois avec d’autres mages ? » répondit le gnomold tout en rigolant, amusé par la réaction de Tery.

« C’est ça mais c’était un entraînement, pas une démonstration de puissance. »

« Encore que d’après ce que j’ai cru entendre, tu montrais bien souvent tes golems aux autres pour qu’ils puissent s’entraîner dessus. Dis toi qu’ici c’est pareil sauf que ce n’est pas un mage en face mais une bête féroce et qu’au lieu d’une centaine de personnes, il y en a un millier, rien de plus, rien de moins. Tu es rassuré maintenant ? » questionna le gnomold alors que le jeune homme écarquillait les yeux. Rassuré ? Il blaguait, n’est-ce pas ?

« Bien entendu ! Nous pouvons y aller quand vous le désirez hein ? »

« Je n’arrive pas à savoir si c’est de l’ironie ou non, Tery. Néanmoins, sincèrement, tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. Tu es bien assez fort pour ça. »

Et s’ils se mettaient plutôt en position ? Au lieu de parler ? Car sincèrement, il n’était pas très motivé par tout ça, loin de là. Enfin, de moins en moins, mais surtout s’ils continuent de parler alors qu’ils pourraient régler cette démonstration dans les plus brefs délais.

Voilà, il est au beau milieu de l’arène, regardant droit devant lui. Il y a du monde, beaucoup de monde. Est-ce qu’Ernold a fait passer le message à toute la capitale du monde ? Il a le trac. Il ne sait pas trop ce qu’il va devoir faire, il ne sait pas trop comment il va devoir réagir mais ce petit malaise qui l’envahit n’est pas anodin malheureusement.

« Tery ! Tu peux le faire ! S’il le faut, ne t’en fait pas … »

Elen n’avait pas terminé sa phrase, emportée par les brouhahas autour d’eux. S’il le faut, il ne fallait pas qu’il s’en fasse ? Cette phrase était vraiment douteuse, plus que douteuse. Il prit une profonde respiration avant de se donner une petite tape sur la poitrine.

« Je peux y arriver, je peux y arriver. Mon corps est solide comme de la pierre, ma volonté est celle de la terre, mon âme est aussi solide que du diamant. »

Pfiou … Pfiou … Pfiou ! Bon ! Il posa une main sur le sol, comme pour vérifier s’il serait capable de l’utiliser. Oui, c’était le cas, tant mieux ! Bon alors, il était prêt, non ? C’était bien comme ça qu’il devait réfléchir, n’est-ce pas ?

« Qu’est-ce que je vais affronter aussi hein ? J’en ait aucune idée, moi ! »

« TERY ! TERY ! TERY ! Allez ! Tu l’écraseras du poing de ton golem ! TERY ! »

La jeune femme aux cheveux blonds était comme survoltée, étant aux gradins avec les autres. Bien entendu, elle avait la première place, Tery se retournant vers elle en faisant un petit geste de la main pour la saluer accompagné d’un sourire. Une femme à côté d’Elen vient lui demander avec un peu d’étonnement :

« Est-ce que vous le connaissez? Est-ce que vous … »

« Sa future femme, et oui ! Tery Vanian, vous devriez retenir son nom pour les futures années à venir, vous risquez de l’entendre souvent ! »

« On dirait bien que tu as retrouvé des couleurs, Elen, ou c’est moi ? » dit Clari.

« Je me dis que ça va permettre à Tery de montrer ce dont il est capable. Que les gens comprennent à quel point un démon, ça n’a rien de monstrueux ou dangereux. Si cela permet de changer la vision des gens, je pense que c’est une bonne chose. »

« Hum ? C’est peut-être pas faux dans le fond ! Ca me semble assez raisonnable comme remarque ! Donc, il nous reste plus qu’à l’encourager ! ALLEZ TERY ! »

Ah ? Il entendait aussi la voix de Clari. Pfiou, au moins, il savait qu’il n’était pas seul. Il y avait des personnes dans les gradins qui comptaient sur lui. Quand est-ce que son adversaire allait arriver ? Et surtout, comment tout cela allait se passer ?

« VOTRE ATTENTION A TOUS ET A TOUTES ! SILENCE ! »

Une voix perçante vint jusqu’à ses oreilles, le faisant se secouer la tête. AIE ! C’était qui qui venait de parler ? Il tourna sa tête, regardant d’où elle provenait. Hum ? Rien de rien. Il ne voyait rien du tout, dommage. Mais la voix reprit :

« Aujourd’hui est un jou exceptionnel ! Aujourd’hui est le jour où tout va changer et être chamboulé ! Aujourd’hui est le jour où nous allons voir l’un des rares maîtres des golems en action face à des bêtes de plus en plus féroces ! Mais attention, une petite particularité chez notre maître des golems : Contrairement à son apparence, qui, comme le voyez, est celui d’un homme normal de Shunter, Tery Vanian est un démon ! »

WOW ! Directement ? Comme ça ? Il cligna des yeux, se demandant si l’autre plaisantait ou non. Enfin, c’était une femme d’après la voix mais quand même ! Dire ça tout de suite, sans même prévenir, c’est violent hein ?

« Elle aurait pût attendre que j’utilise mes pouvoirs pour ça mais bon … ce qui est fait est fait. Maintenant, j’ai plus qu’à espérer qu’on ne va pas me jeter des pierres. »

Mais rien de tout cela. Juste le silence pendant quelques secondes puis de nombreux rumeurs, beaucoup semblaient ne pas y croire. Certains hésitaient, d’autres demandant des preuves de ce que la voix féminine disait. Mais au moins, dans l’ensemble, il n’allait pas se faire lyncher.

« Enfin une bonne nouvelle. Bon et ensuite ? »

« Pour débuter, notre vaillant mage des golems va devoir affronter d’immondes créatures de taille humaine, bien loin de nos chers concitoyens. Attention, elles tranchent, elles griffent, elles mordent et sont prêtes à tout pour éliminer quiconque tentera de les arrêter ! »

HEY ! Là, ce n’était VRAIMENT pas rassurant du tout ! Il pensait que ça allait être sympathique, rien de grave ou dangereux et qu’est-ce qu’il en entendait là ? Qu’on allait tenter de le zigouiller comme si de rien n’était ? Et son avis, est-ce qu’ils y avaient pensé ou non ? Car visiblement, ça ne semblait pas être le cas ! Il veut pas se faire charcuter.

« Je ferais mieux de préparer mes golems, moi. »

« Faites donc place à cet effroyable monstre : Le Gatozor ! »

Gatozor ? Malgré ses voyages dans le monde ces dernières années, il était loin de connaître toutes les espèces qui y existaient. En même temps, il vagabondait de ville en ville ou presque, ce n’était pas comme s’il fouillait dans des temples perdus ou autre.

« Allez, Tery, motives-toi donc ! Fais apparaître un golem ! »

« Veuillez le relâcher maintenant ! Que le combat commence ! »

Il posa une main sur le sol, son visage tourné vers l’autre entrée tandis qu’il regardait ce qui allait en sortir. Une peau écailleuse, une créature à huit pattes et surtout une mâchoire qui devait bien faire un bon mètre de longueur.

« On pourrait presque croire à une forme primitive des mékalarmiens. »

Il se chuchota cela, se disant que ce n’était pas très sympathique de sa part de penser de la sorte envers tout un peuple. Mais oui, ça ressemblait bien à un crocodile mais arachnide ? D’ailleurs, il n’avait pas de queue mais juste un abdomen. Ca semblait particulièrement horrible. C’était donc ça un Gatozor ?

« Si notre combattant ne crée pas très rapidement son golem, il y a de fortes chances qu’il finisse dans le ventre du monstre ! Attention, Tery ! Attention ! »

Mais cette voix, elle s’amusait à quoi en lui parlant de la sorte ? Il avait l’impression d’être pris pour un enfant. Sauf que voilà, ce n’était pas le cas ! Il poussa un râle, faisant apparaître un unique golem de terre d’environ un mètre de hauteur. Rien de bien impressionnant mais cela vint suffire lorsque le Gatozor avait bondit pour tenter de le tuer avec ses huit pattes.

« Stoppes-le maintenant ! Il ne faut pas qu’il retombe ! »

Le golem plaça ses mains au-dessus de lui, toujours avec son air neutre peint sur son visage de pierre. Le Gatozor fut arrêté dans son saut, ses huit pattes venant se planter dans les épaules du golem avant de chercher à les briser.

« Casses-lui les pattes puis le cou, fais vite. »

S’exécutant comme à son habitude, le golem ne perdit guère de temps, la créature hurlant de douleur avant d’être stoppée dans son cri, son cou se retrouvant arraché par rapport au reste du corps. Hum, ce n’était pas vraiment ce qu’il avait pensé mais bon …

« Ooooooooh ! Un coup sec et voilà que ça en est déjà terminé ? Rapide et efficace vous ne trouvez pas ? Félicitations à Tery pour ce combat qui fût plus que bref ! »

« Déjà terminé ? Vous êtes sûrs ? Vous avez vu son golem ? J’en ait déjà vu auparavant mais ils étaient plus impressionnants que ça. »

« Oui mais à côté, le Gatozor a normalement un peau plus que résistante, ce n’est donc pas aussi aisé que ça. Mais vrai que ça manque de panache. »

Des commentaires, des commentaires, tout autour d’elle. Tery avait réussi à battre son adversaire non ? Elle voulait alors le féliciter, voilà tout ! Mais visiblement, ce n’était pas ce qui avait été décidé, la voix reprenant :

« Est-ce que vous en voulez plus ? Le spectacle ne fait que commencer non ? Nous savons tous que ce jeune homme est capable de nous surprendre d’une bien plus belle façon ! »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Tery va encore se battre ? Mais ce n’était qu’un seul combat, non ? » demanda Elen en se tournant vers Clari,celle-ci hochant la tête négativement.

« Rien de tout cela n’a été dit. Comment Tery peut-il prouver la force d’un démon avec un seul et unique combat ? Surtout aussi rapide. »

« Mais mais mais … et si ça devient beaucoup trop dangereux ? »

« Ah ça, t’en fais pas, ils arrêteront. De toute façon, il vaut mieux pour eux. »

Les derniers mots de Clari n’avaient guère d’amusement dans le ton tandis qu’elle continuait de regarder Tery au milieu de l’arène. Celui-ci avait fait disparaître son golem, étudiant les tribune autour de lui. Rien de rien.

« Bon, si j’ai bien compris, ils vont encore m’en faire baver. Comme si ce n’était pas suffisant au départ, visiblement. »

Il passa une main sur son front, attendant de voir ce que les autres avaient prévu pour lui. Combien de temps allait-il devoir se battre ? Il n’en savait vraiment trop rien. Son golem ayant disparu, il tait temps alors de se concentrer sur autre chose.

« Peut-être que si je veux faire un peu de spectacle, il faudrait que … »

« Attention, mesdames,mesdemoiselles, messieurs, le second combat de notre démon aux golems va bientôt commencer. Cette fois-ci, nous ne plaisantons plus ! Cette fois-ci, son adversaire ne sera pas un simple Gatozor sans cervelle ! »

Ouch, ce n’était jamais plaisant. Heureusement qu’il n’y avait aucun Gatozor dans les tribunes sinon, ils risqueraient de ne pas apprécier. Sa pensée stupide le fit sourire tandis qu’il écoutait de nouveau cette voix. Hum, sincèrement, il se demandait d’où elle venait. Une voix aussi entraînante devait être reliée à une femme plutôt belle.

« Je ferais mieux de me concentrer, vraiment. »

« Nul Gatozor mais qu’est-ce qui attends alors notre vaillant Tery ? »

La grille en face de lui se releva une nouvelle fois mais rien ne vint en sortir. Etrange, très étrange. Pourtant, quelque chose lui disait de se méfier de tout ça. Il n’avait pas confiance en ce qu’il voyait ou plutôt ce qu’il ne voyait pas. C’est lorsqu’il remarqua une étrange bosse qui se mouvait en sa direction qu’il comprit que l’ennemi était déjà là.

« Oh que non, tu ne m’auras pas de la sorte ! »

Le fait qu’il n’y ait aucune végétation n’allait pas vraiment l’aider à faire ce qu’il voulait mais qu’importe, ils voulaient du spectacle, ils allaient en avoir ! Il posa ses deux mains sur le sol, des lianes commençant à paraître malgré l’absence de végétation.

« Ooooooooh ! Est-ce que notre combattant magicien a décidé de nous montrer là la véritable portée de ses pouvoirs ? Faire pousser des plantes sur du sable ? Mais est-ce que cela le protégera t-il de ce monstre souterrain ? »

« Mais elle n’arrête jamais de parler en fait ou quoi ? »

C’était le constat qu’il remarquait alors que les lianes commençaient à se réunir, prenant la forme d’un golem dont tout le corps était constitué par les dites racines. L’être dénué d’âme était plus imposant que le précédent mais semblait plus chétif en même temps. Ses racines s’enfoncèrent dans le sol, extirpant après quelques secondes la créature qui n’avait guère tardé de temps à tenter de l’attaquer.

« Oooooooooh ! Mais ce n’est plus une surprise si Tery décide d’utiliser une telle tactique ! »

Ce qui sortit du sol ressemblait maintenant à un tatou géant. Son épaisse carapace semblait des plus solides mais la surprise fût des plus grandes lorsqu’il souffla de sa trompe comme pour l’asperger … de flammes ?! Il fit un saut sur le côté, voyant son golem qui flambait devant ses yeux. Oh la saleté !

« Allons, allons ! Un peu de sérieux, monsieur Tery ! Vou ne pensiez quand même pas que les créatures que vous affrontez ne sont pas pourvues de capacités qui les rendent uniques, non ? Ça serait dommage de se tromper de la sorte ! »

Cette voix féminine n’hésitait pas un instant à se moquer ouvertement de lui ! Oh qu’il n’appréciait guère ça ! On ne se moquait pas de lui impunément ! Du moins, pas sans qu’il ne réagisse en conséquence par rapport à ça !

« Puisqu’il en est ainsi, voyons voir s’il apprécie ce que je lui réserve ! «

Une nouvelle fois, le golem envisagé était assez impressionnant, d’au moins deux fois la taille d’un être humain. Constitué intégralement de pierre et non de terre, sa solidité était mise à rude épreuve malgré les flammes de la créature à ses pieds. Créature qu’il essaya d’écraser sans réellement y arriver.

« Il a une sacrée carapace. J’aurais dût me douter que ça ne serait pas aussi simple. Humpf ! »

Mais pourtant, il gardait le sourire aux lèvres, si ce n’était que ça, il fallait alors frapper d’une autre manière. Rien n’empêchait d’utiliser la magie en plus de ses golems, n’est-ce pas ? Alors, il y avait une solution très facile pour arriver à ses fins.

« HEY ! Prépares-toi à la réception ! »

D’un geste violent, il frappa le sol de son poing, celui-ci s’enfonçant dans le sable. Le sol de l’arène se met à trembler avant qu’un poing fait de sable et de terre vint frapper le tatou géant au niveau du ventre, le projetant quelques mètres en hauteur mais surtout le faisant se retourner sur lui-même, mettant alors son ventre mou à découvert.

« ECLATES-LE MAINTENANT ! »

« Est-ce qu’il s’agirait déjà de la fin de notre beau Firmallo ? »

La réponse ne tarda pas à se faire voir, le golem abaissant son poing au niveau du ventre du Firmallo, le projetant au sol mais surtout l’écrasant de tout son poids. Lorsqu’il releva son poing, Tery émit un petit rictus. Il valait mieux ne pas trop regarder ce qui s’y trouvait. Le monstre avait tout simplement explosé sous la puissance du coup.

« J’ai peut-être été un peu trop fort. »

Il avait fait cette remarque alors qu’il attendait la suite. Combien de golems déjà ? Trois normalement. Ça pouvait être pire. Il n’était pas vraiment fatigué pour le moment. Mais ça ne voulait pas dire que cela pouvait continuer éternellement. Combien de combats est-ce qu’il allait devoir encore mener pour qu’ils comprennent sa puissance ? Enfin celle d’un démon.

« Observez donc Tery Vanian ! Pas une seule blessure après deux combats contre des créatures effroyables ! N’est-ce pas suffisant pour notre démon invocateur ? Peut-être as t-il besoin de plus pour nous prouver ce qu’il vaut ? Nous allons donc arranger cela ! »

Plus ? Comment ça ? Qu’est-ce qu’ils comptaient faire ? Un, c’était déjà bien suffisant ! Pas besoin de plus ! Il était un peu fatigué mais rien de bien exténuant. Juste que cela n’allait pas pouvoir continuer trop longtemps non ? Est-ce qu’ils y avaient pensé ?

« Trois ! Voilà le nombre de créatures que Tery va devoir affronter ! Applaudissez-le pendant qu’ils pénètrent dans l’arène ! Car oui, ce combat ne sera pas aussi simple que les précédents ! Oh ? On me signale qu’il n’y aura pas trois créatures. »

Ah ? Tant mieux. Ils avaient finalement compris que ça ne servirait à rien de trop lui …

« Mais cinq ! CINQ monstrueuses bêtes parmi les plus féroces de notre monde ! »

Rien que ça ? Il déglutit, prenant une profonde respiration. Il aurait dût s’en douter que ça ne se passerait pas aussi facilement, qu’est-ce qu’il avait crût dans le fond ? Il poussa un profond soupir. Cinq créatures dont il ne connaissait rien ?

« Allons y alors … Autant ne pas perdre de temps. Tu restes dans le coin, d’accord ? »

Il s’adressait à son golem, n’espérant pas de réponse bien que la tête du golem se tourna vers lui, faisant un hochement. Humpf ! Il avait toujours cette impression que les golems étaient vivants mais bon, ça n’avait rien à voir avec ce qui était marqué dans les parchemins que lui avait donnés hier Ernold.

« Je ne devrais pas me faire trop d’illusions à ce sujet de toute façon. » soupira le jeune homme aux cheveux bruns avant de placer une main dans ses cheveux.

« Attention ! Voilà que la première des cinq créatures fait son apparition ! »

Hum ? Il eut juste le temps de voir quelques flammes avant de comprendre ce qu’il devait faire. Il y avait des chances que ça soit à ce qu’il pense. Ils étaient assez diaboliques pour lui faire utiliser tous les éléments. Puisqu’il en était ainsi … avec son golem fait de terre et de pierre, il n’avait pas vraiment à craindre les flammes mais par mesure de sécurité …

Dans les gradins, au sommet de ces derniers, une femme aux cheveux argentés était adossée contre le rebord, les bras croisés. Elle étudiait le combat, sans aucune réaction ou mimique … ou presque. Elle se mordit la lèvre au moment où elle remarqua les flammes qui sortaient de l’entrée de monstres mais aussi ce que Tery préparait. Elle n’avait jamais douté de cela : le but de ce Colisée était de permettre de découvrir le point faible de Tery.

Chapitre 48 : Pour se renforcer

Chapitre 48 : Pour se renforcer

« Hein quoi ? Encore t’entraîner ? Ca me paraît bien louche cette histoire. »

« Je ne sais pas, je trouve ça aussi assez bizarre aussi de mon côté mais bon … »

Il haussa les épaules comme pour signaler que ça ne le dérangeait pas. Ils se retrouvaient tous en pleine soirée, autour d’une table, chacun racontant aux autres ce qui s’était passé. Le jeune homme aux cheveux bruns n’avait pas perdu de temps pour parler de tout ça.

« Et qu’est-ce que tu comptes faire alors exactement, Tery ? »

« J’irai, pourquoi pas ? Cela peut me faire du bien même si je me demande ce qu’ils préparent tous. J’avoue que j’en ait aucune idée exactement. J’espère que ce n’est pas pour servir de monstre de foire ou autre hein ? Je ne suis pas vraiment … adepte de me mettre en valeur. »

« J’ai put le remarquer, oui. Et je ne pense pas être la seule dans ce cas. Hum, je me demande si cela a un rapport avec ce fameux … « bâtiment ». »

De quel bâtiment elle parlait ? Le jeune homme la regarda, étonné, attendant une réponse à cette question alors qu’il ne voyait pas du tout de quoi elle parlait. Devant mon air surpris, elle soupira avant de reprendre :

« Le Colisée, ne me dit pas que tu ne l’as pas vu ? »

« Hein ? Si si ! Bien entendu mais je n’ai jamais été dedans par contre. Qu’est-ce qu’il y a de spécial ? Tu ne crois quand même pas que … »

« Je ne sais pas pourquoi j’ai cette impression malsaine mais … oui. »

Il cligna des yeux, un peu surpris. Il n’avait jamais réellement envisagé ça mais peut-être que c’était alors ce qu’il allait devoir faire ? Aller dans le Colisée et se battre à l’intérieur ? Non, l’idée, vraiment, ça ne l’intéressait pas du tout ! Il n’avait pas envie de se battre de la sorte !

« Hors de question, je ne vois pas ce que ça m’apporterait. Pas du tout. Ou alors, ils ont intérêt à avoir une très bonne raison car je ne me laisserais pas emmener comme ça. »

« Je ne suis pas sûre que tu auras le choix dès l’instant où tu as accepté ces parchemins. Maintenant, il ne te reste plus qu’à les lire pour être prêt pour demain. »

Manelena émit un petit sourire narquois. Elle semblait s’amuser de la situation ? Pourtant, il n’y avait pas de quoi rire, pas du tout ! Il ne voyait pas ce qu’il y avait de plaisant ! Où est-ce qu’elle avait la motivation pour l’embêter ainsi hein ?

« Bon ben … Je vais y aller alors. Je n’ai plus très faim. »

« Merci Manelena. Encore une fois, tu arrives à gâcher la soirée. » marmonna Elen en se levant à la suite de Tery, allant l’accompagner à l’étage.

« Je ne fais que signaler la vérité, aussi déplaisante soit-elle. » conclut l’ancienne maréchale.

« Il y a l’art et la manière, Manelena. Tu le sais parfaitement. »

« De ta part, Royan, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer. » répliqua sèchement Manelena, l’adolescent ne cherchant plus à dialoguer avec elle, continuant à manger de son côté.

« Tu es usante. Si tu n’es pas capable de déclarer ouvertement que tu es soucieuse par rapport à Tery avec cette histoire de Colisée, évites alors de l’insulter. »

Hein ? Clari comme les autres tournèrent leurs visages vers Royan. Le voir agacé par les propos de Manelela était assez rare et étonnant mais aucun ne vint ouvrir la bouche, attendant la réplique de la femme aux cheveux argentés.

« C’est bien parce que je m’inquiète pour lui que je lui dis cela. Si ça permet de lui mettre du plomb dans la cervelle, je n’hésiterai pas à lui répéter. Tu n’es encore qu’un enfant si tu penses qu’il faut tout prononcer avec douceur pour que cela rentre dans son esprit. Sur ce, je pars me coucher. Demain, il risque d’avoir besoin d’aide. »

Elle ne fit aucun geste pour saluer le reste du groupe, quittant la table à son tour tandis que les autres étaient plongés dans leur mutisme. Elle n’avait pas hésité à déclarer ouvertement qu’elle était inquiète pour le jeune homme, ce qui était rare. Il n’y avait bien que Clari qui avait comme à son habitude un léger sourire aux lèvres

« On dirait bien que rien n’est perdu en fin de compte ! Comme quoi, ce long mois a servi a quelque chose au final ! On va pouvoir faire quelque chose de Manelena ! »

« Je ne sais pas s’il faut se réjouir ou non. Comme si la situation n’était pas déjà assez compliquée comme cela, Clari. » soupira Sérest, caressant la main de Séran.

« Bah ! C’est mieux que rien ! Il y a une évolution possible. »

« Je ne sais pas si on peut évoquer un point positif dans ce cas précis. » corrigea Royan tandis qu’Elise, à ses côtés, déclara calmement :

« Je parie qu’avec un peu de temps, ça s’arrangera, non ? »

« Ah … Pourtant, malgré le temps passé à côté de nous, tu n’as pas encore saisi le caractère de Manelena ? Elle est l’ancienne maréchale de Shunter. »

« Je crois me rappeler de ça mais … enfin, je ne sais pas comment dire cela. Peut-être que je ferais mieux de me coucher. Demain, j’aurai l’esprit plus clair. »

« Bonne nuit, mademoiselle Elise. Je ne vais pas tarder non plus. » compléta Royan tandis que Clari faisait une petite moue en soupirant :

« Je vais être seule alors à cette table car je pense bien que Sérest et Sérant vont partir eux aussi ou alors, est-ce que je me trompes ? »

« C’est tout à fait cela. Nous allons nous en aller de notre côté aussi. Bonne soirée à toi, Clari. Et évite de trop boire, ce n’est pas conseillé, tu le sais bien. »

La femme aux couettes blondes ne fit qu’hausser les épaules alors qu’après quelques minutes, elle était seule. Renvoyant vite fait les quelques malotrus qui tentèrent leurs chances avec elle. Elle tourna son doigt autour de son verre, poussant un soupir avant de regarder le plafond. Elle finit par se murmurer :

« Je ferais mieux de me préparer pour demain. Hors de question de le laisser seul. »

C’était normal. C’était son petit frère adoré ! Elle n’allait pas le laisser se blesser comme ça ! Elle alla à son tour se coucher pour attendre le lendemain. Ils avaient beaucoup à faire normalement, beaucoup à faire, oh que oui !

Le lendemain matin, le jeune homme avait la mine des mauvais jours, regardant devant lui comme si plus rien n’existait. Il se tourna vers lenteur vers Elen, poussant un petit soupir avant de venir l’embrasser doucement pour la réveiller.

« Debout, il y a beaucoup à faire aujourd’hui. Les autres vont sûrement nous attendre. »

« Hmm … Vraiment ? Tu vas vraiment accepter ? Déjà que tu as passé la nuit dessus … »

« Il le faut, Elen. J’ai fait une petite promesse, je dois la respecter, c’est ainsi. »

« Toi et tes promesses, vraiment, je te jures … bon, d’accord, je me lèves mais après que tu m’aies fait un petit câlin. Et interdit de discuter sur ce point ! »

Il poussa un léger soupir amusé. Bon, d’accord, puisqu’il en était ainsi, il n’hésitait pas à se sacrifier ! Il vient l’enserrer dans ses bras pendant de longues secondes, la gardant auprès de lui avec une tendresse certaine. Lorsqu’il termina le baiser, il la regarda :

« Est-ce suffisant pour mademoiselle Elen ? »

« Pas assez ! Il m’en faut plus ! Encore plus ! Allez, un petit peu, non ? S’il te plaît ? »

« Pfff, tu en profites un peu trop, Elen, tu le sais ? » répéta le jeune homme aux cheveux bruns, dévorant ses lèves une nouvelle fois avant de la soulever du lit. Elle vint s’écrouler dans ses bras, Tery la forçant à rester debout pour qu’elle vienne avec lui.

« Pfff … je ne suis pas motivée à ce que ça se passe ainsi au Colisée. Vraiment, ils ont intérêt à s’expliquer pour que je sois sûre que tu ne sois pas en danger ! »

« Je pense qu’ils ont des garanties ou autres, ne t’inquiète donc pas tant que ça. Allons prendre le petit-déjeuner et allons rejoindre les autres au lieu, d’accord ? »

« Grumpf ! D’accord, d’accord, c’est bien parce que c’est toi que j’accepte ça. »

Il émit un petit sourire avant d’aller prendre le bras de la jeune femme, l’invitant alors à le suivre tandis qu’ils descendaient les escaliers. Elen émit un grognement en remarquant Manelena qui ne tourna guère le visage vers eux.

« Bonjour à tous et à toutes ! Motivés pour plus tard ? »

« Je ne comprends pas comment tu peux sourire alors que tu ne sais pas ce qui t’attends. » signala Royan en soupirant, Tery se tournant vers lui.

« Soit c’est un piège tellement grossier que je vais tomber dedans, soit c’est alors une idée de génie qui permettra de préparer Omnosmos face aux démons dans le pire des cas. »

« Sachant que tu es un démon, ça ne te pose pas de problèmes de les préparer à te tuer ? »

« Manelena, dans le pire des cas, si je perds la raison de manière définitive, ce n’est pas une bonne chose ? Plutôt que de me laisser créer des problèmes tout autour de moi ? »

« LA FERME ! Tu pars perdant avant même de combattre ! » s’écria subitement la femme aux cheveux argentés en frappant du poing sur la table, se redressant. « Voilà ce qui m’énerve chez toi, Tery ! Tu es toujours ainsi ! Toujours aussi stupide ! »

« Je ne vois pas pourquoi tu me dis ça. Tu préfères qu’ils soient désarmés si un jour, je deviens complètement dingue ? C’est ça, Manelena ? »

« Je préfère encore que tu arrêtes d’envisager cette possibilité ! On ira te neutraliser et te menotter si nécessaire, quitte à ce que tu finisses ta vie dans un cachot mais ne pense pas à mourir compris ?! Hors de question ! »

« Hey … mais attends un peu hein ? Rien de ça n’est prévu. Je ne comptes pas mourir comme ça hein ? Je veux continuer à vivre. Tu t’emportes pour tout ça, y a pas de raison. »

« IL Y A UNE RAISON ! Je m’en vais ! Comptez pas sur moi pour le Colisée ! »

Elle s’était éloignée avec énervement et agacement, le jeune homme clignant des yeux, se tournant vers ses camarades. Ces derniers ne vinrent rien dire tandis qu’il cherchait une explication à cela. Mais surtout, ils s’étaient donné en spectacle devant les rares personnes présentes dans l’auberge à cette heure-ci.

« Oh ! Mais visiblement, il semblerait que Manelena soit … » commença à dire Clari avant de s’arrêter. Oh, l’humour, ce n’était pas le bon moment, il semblerait.

« Finissons le petit-déjeuner. Promenons-nous une heure et ensuite, on se rend au Colisée, d’accord. ? Qu’est-ce que vous en dites, tous ? »

« Comme tu veux, Tery. Bon, Manelena n’a pas vraiment tort. J’aimerai éviter que l’on considère cet entraînement comme une mise en garde comme quoi, ils feront tout pour trouver le moyen de te tuer, Tery. Tu vois ? »

« Oui, oui … j’ai peut-être exagéré. Enfin, je verrais avec Manelena plus tard, d’accord ? Je n’ai pas envie que l’on se complique la vie pour ça maintenant. »

Maintenant, la mauvaise ambiance était présente à la table. Sérest, Séran et Elise n’avaient guère pris la parole, le couple n’ayant rien à dire tandis qu’Elise regardait les autres comme un peu gênée par la tournure des événements. Elle ne se sentait pas encore assez proche des autres pour parler de la sorte, elle le savait parfaitement.

« Est-ce que vous avez tous terminé ? Nous pouvons y aller ? »

« Oui, oui, Tery. Mais je te rappelle : tu ne participes pas tant que nous ne sommes pas certains que tu ne coures pas un danger hein ? »

« Oui madame Elen, je le ferais. »

Il poussa un petit soupir amusé mais le regard qu’elle lui lançait montrait parfaitement qu’il n’avait aucune alternative à ça. Elle refusait complètement de laisser le jeune homme risquer sa vie bêtement juste pour rendre service !

« Maintenant que tu as fait ta petite plaisanterie, nous pouvons y aller. Hop hop ! »

Elle n’est pas là pour plaisanter, pas du tout ! Elle a beaucoup mieux à faire que de perdre son temps avec cette idiotie ! Il risque sa vie, il y a des chances qu’il meure s’ill ne fait pas attention ! Et lui ? Dans tout ça ? Il trouve ça drôle ! Il s’en amuse ! Voilà le problème !

Lorsqu’ils quittèrent l’auberge, Clari fût la dernière, regardant sur la droite, une ruelle s’y trouvant. Tout en souriant, elle évita de continuer à observer la zone avant de se mettre à suivre le reste du groupe. Bien bien bien ! C’était ce qu’elle voulait !

« Avant d’aller directement au Colisée, le mieux est de retourner voir Ernold. On ne sait pas s’il s’agit vraiment du Colisée ou non. On n’a aucune preuve à ce sujet. C’est pour ça que je ne veux pas que vous soyez inquiets s’il n’y a pas de raison. »

« Mais pourquoi est-ce que tu es aussi crédule, Tery ? »

« Si je me trompes, j’irais m’excuser envers Manelena et toi, d’accord, Elen ? »

Elle poussa un profond soupir. Ça servait à rien. Tery était aussi bute et tête de mule qu’elle. Elle ne vient rien dire, prenant sa main avant de la serrer avec force pour qu’il comprenne qu’elle était inquiète, comme tout le monde.

Après quelques temps, ils finirent par tous arriver jusqu’à la tour des archimages, demandant à voir le vieux gnomold. Celui-ci ne tardit guère à les recevoir, les invitant à le suivre mais hors de la tour. Il ne fallut que quelques minutes avant qu’Elise ne demande :

« Est-ce bien vrai que vous voulez emmener Tery au Colisée ? Nous ne connaissons pas cet endroit mais c’est sur toutes les lèvres depuis hier soir. »

« Oh ? Il semblerait que vous soyez déjà au courant, cela facilitera alors ma proposition et surtout, je perdrais moins de temps à vous expliquer tout ça. »

« C’est donc vrai ? Vous voulez m’envoyer dans le Colisée ? Mais … »

« Vous verrez par vous-mêmes. Sincèremet, vous vous inquiétez pour peu de choses. Vous ne pensez quand même pas que j’allais l’emmener à la mort après tout ce que vous avez fait pour nous ? Tery comme Elise sont deux êtres très importants pour Omnosmos, ne l’oubliez jamais. Vous êtes de purs démons mais pourtant avec qui on peut communiquer. A partir de là … »

« Ils sont des tests parfaits pour les différentes expériences que vous souhaitez faire, n’est-ce pas ? » déclara Clari tout en rigolant bien que ce rire avait une connotation étrange, que Tery comme les autres purent remarquer.

« Ce n’est pas vraiment ainsi, attention, mademoiselle Clari. Néanmoins, je crois avoir déjà parlé de mon idée à Tery et à sa compagne Elen, hier. »

La flatterie ? Clari eut un petit sourire tandis qu’Elen rougissait comme une enfant prise en faute, n’osant pas répliquer. Pourtant, le jeune homme vint demander une nouvelle fois :

« Qu’est-ce que vous voulez faire exactement alors ? Je n’arrive pas à comprendre. »

« Que tu nous montres … que tu les rassures. Omnosmos est inquiet depuis ces nombreux tremblements de terre. Il faut qu’ils comprennent qu’avec des personnes comme toi, ils n’ont rien à craindre. Ils peuvent dormir tranquille, voilà. »

« Juste de quoi les rassurer ? C’est ça ? En leur montrant ce qu’un démon sait faire ? Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose dans le fond … Surtout s’ils pensent qu’ils vont être libérés. Vous êtes sûr de ce que vous faites ? »

« Sûr et certain. Si ce n’était pas le cas, je ne mettrais pas ta vie en danger, ni celle de tes compagnons. Oh ? D’ailleurs, je le remarque que maintenant mais où se trouve l’ancienne maréchale et actuelle princesse de Shunter ? C’est étrange de ne pas la voir à tes côtés, Tery. Surtout après tout ce mois où vous étiez tout le temps collés l’un contre l’autre. »

« Oooooh. » s’exclama Clari dans un grand sourire. Tery émit un petit gémissement en sentant la main d’Elen qui se fit plus forte autour de la sienne.

« Rien de bien spécial pourtant. Plutôt une relation de confiance mutuelle comme si vous étiez prêts tous les deux à mourir l’un pour l’autre. »

« J’ai ce même sentiment envers les autres, je tiens à le préciser. »

« Je l’espère pour toi, Tery. Cela serait dommage de perdre n’importe lequel d’entre vous. »

« Mais ça n’arrivera jamais alors il n’y a pas à s’inquiéter à ce sujet. Je ferais tout pour que ça ne se passe pas ainsi, compris ? »

Tery avait haussé la voix, visiblement irrité par la tournure des événements. Il fixa les personnes autour de lui, Ernold s’arrêtant de marcher devant eux. Il se retourna vers Tery, lui faisant un petit sourire confus avant de dire :

« Cela n’avait pas pour but de t’agacer, désolé. Je voulais juste que tu comprennes à quel point ceux qui t’entourent sont importants. Elise aussi a dût le comprendre la première fois. »

« Je ne suis pas bête, vous savez. Je sais parfaitement que c’est grâce à eux que je peux survivre … que je tiens le coup. Ce sont les fondations de mon mental. Sans eux, je serais sûrement devenus l’un de ces démons dont les légendes parlent tant. Il suffit de voir Elise et ce qu’elle est devenue. Elle est la plus belle preuve que les démons peuvent changer. »

« Euh … merci du compliment, Tery. C’est vraiment … très gentil de ta part. »

La jeune femme aux cheveux auburns fût surprise à rougir par les paroles de Tery, celui-ci lui souriant en déclarant qu’il ne faisait que signaler la vérité à ce sujet, même si cela pouvait bien entendu gêner Elise. Elle baissa la tête, n’osant plus la relever maintenant.

« Il est sincère, tu n’as pas à t’en faire. Je ne vois pas pourquoi je mentirais à ce sujet de toute façon. Enfin bref, tout ça pour dire … bon … qu’est-ce que je vais devoir faire ? »

« Tout simplement montrer tes prouesses, Tery. Ne considère pas cela comme du spectacle mais plutôt une mise en application de tout ce que tu connais. Tu as une puissance remarquable et je pense qu’avec les golems, tu pourrais faire de grandes choses. »

« Et comme quoi ? Vous avez des exemples plus précis ? »

« Les parchemins évoquent le fait … est-ce que tu as put les lire ? »

« Deux ou trois, pas tous, je dois le reconnaître. Ils sont assez complexes et bizarrement, j’ai l’impression qu’ils sont dans une autre langue que celle que je connais. »

« C’est le cas mais pourtant, tu arrives à les comprendre. Bon peut-être que tu n’as pas lu alors le parchemin qui évoque le fait de laisser aux golems une certaine autonomie, ce qui veut dire qu’ils créent leur propre magie qui leur permette de se mouvoir. C’est très compliqué et je n’ai jamais vu une telle chose se réaliser malgré mes décennies d’expérience. »

« Et vous voulez voir si j’en suis capable ? Mais ces golems … enfin, je devrais lire plus ces parchemins car j’avoue qu’ils m’intéressent. Il faut juste voir si ces golems peuvent être doté d’une pensée unique ou alors de leur propre conscience. »

« Je ne peux pas t’aider, néanmoins, attention à ne pas dépasser certaines limites grâce à la magie. Tu es peut-être un démon en apparence, il ne faudrait pas que tu le deviennes réellement à vouloir franchir certaines frontières. »

« Oui, oui, je m’en doutes mais il n’y a pas à s’en faire, je ne suis pas encore à ce stade et je ne compte pas y arriver avant très longtemps. »

« Si vous avez terminé de parler tous les deux, nous pourrions nous y rendre ? Plus vite ça sera terminé avec le Colisée, plus vite je serais soulagée. » déclara Elen, accélérant le pas bien qu’elle ne savait pas vraiment où se rendre.

« Oui, oui, nous sommes bientôt arrivés. D’ailleurs, vous devriez voir le bâtiment maintenant. Regardez donc au loin sur votre droite, voilà le Colisée ! » s’exclama le gnomold en tournant la tête vers la direction dont il avait parlé.

Bien plus impressionnant que la tour des archimages par sa taille, l’amphitheâtre de pierre était visible par tout le monde dans le groupe. Décoré par des gravures sur le côté, il ne laissait guère place au doute sur son utilisation. Et d’ailleurs, quelques cris se faisaient entendre malgré la distance. Tery avait les yeux rivés sur le bâtiment : c’était vraiment là qu’il allait devoir se battre ? Il était … un peu inquiet. Il n’aimait pas se montrer comme ça.

Epilogue : Juste un homme

Epilogue : Juste un homme

« Attendez, aidez-les à s’extraire de là ! »

Le vaisseau a atterri au beau milieu de l’océan. Mais déjà, les forces de la Fronse furent envoyées pour aller réceptionner et aider les personnes à l’intérieur. Toutes encore secouées, aucune ne parle, Emairon aidant Lania à quitter le vaisseau.

« Est-ce que vous avez trouvé une trace d’une créature non-humaine dans le vaisseau ? »

Casior parle actuellement dans son talkie-walkie alors que les soldats près du vaisseau répondent négativement. Aucune trace dans le vaisseau d’une quelconque vie pokémon. Enfin, les humanoïdes féminines sont à moitié pokémon et démolies psychologiquement mais le président Casior ne parle surement pas de ça.

« D’accord, merci bien. » murmure Casior avant d’arrêter la communication. Où est-ce que Ric peut se trouver ? Mais d’abord, il faut accueillir tout le monde.

Quelques minutes plus tard, tout le monde est emmitouflé dans des serviettes et des couvertures autour d’eux pour les réchauffer. Une boisson chaude mais aussi la surprise de voir Loïc, Roubé et Alphonse en vie.

« Il ne fallait pas oublier que mon père avait quand même trois pokémons avec lui. Nous avons pu nous en tirer grâce à eux. »

Un Corboss, une Deflaisan mais aussi un Mastouffe. Et oui, Loïc adore récupérer les pokémons de Ric. Il était hors de question de les abandonner. La preuve, c’était bien grâce à eux qu’ils avaient pu s’échapper de cet endroit.

« J’ai besoin de savoir. De l’entendre de votre part. Est-ce que … Ric … »

Un sanglot de la part de Séphyria et voilà que Dyamia vient la réconforter. Casior passe une main devant ses yeux. Cette absence de réponse en vaut mille. Mille coups de poignard en plein cœur. Des coups qu’il n’aurait jamais voulu avoir.

« Reposez-vous, prenez le temps qu’il vous faudra mais j’aimerai … que vous me racontiez ce qui s’est passé là-bas. »

« Comme vous le voudrez, Casio. Nous … Ah … »

Dyamia tente de parler pour les cinq femmes mais elle-même a beaucoup de mal à s’exprimer. Sa main droite se pose sur ses lèvres, se formant en un poing avant qu’elle ne lève les yeux vers le plafond. Elle aussi a du mal à admettre tout cela mais elle doit se montrer plus forte que Séphyria, que les autres personnes présentes ici. Elle tente de sourire, s’adressant à Loïc d’une voix qui se veut calme :

« Heureuse de savoir que vous êtes en vie. »

« J’aurai volontiers échangé ma vieille place. » répond tout simplement le père d’Alphonse avant que le silence ne règne dans la pièce du bateau sur lequel ils se trouvent tous.


Une semaine est passée et maintenant, ils sont à nouveau tous présents. Séphyria comme les quatre autres femmes tremblent encore alors que Lania prend sur elle-même. Elle est toujours aux côtés d’Emairon alors que Dyamia commence à expliquer ce qui se passe.

« Cette Adomantxys ? Est-ce qu’elle était vraiment une ennemie ? »

« Je ne crois pas. Elle était surtout là pour Ric. Elle ne l’a jamais blessé réellement. Si elle voulait le tuer, il y a des chances qu’elle aurait pu le faire avec aisance. »

« Je vois, je vois, je comprends. La station spatiale a été détruite comme nous le montre nos satellites. Néanmoins, je vais demander à ce qu’ils observent les alentours et les décombres. Je ne suis pas un scientifique mais s’il est possible de retrouver leurs corps … »

« Je voulais juste … avoir des enfants de Ric. Rien d’autre. Je voulais juste avoir une famille avec lui, vivre comme des êtres normaux, avoir une vie normale, ne plus jamais penser à la Triafa, je voulais juste être une femme comme les autres. Je crois que c’était trop demandé. J’aurai dû l’arrêter ! J’aurai dû l’en empêcher ! »

Tritani commence à pleurer, se cachant le visage avec ses mains. Elle considère que c’est de sa faute mais chacun sait que ce n’est pas le cas. C’est la faute d’un seul homme, celui qui a maintenant disparu à jamais. La Triafa va se démanteler dans les semaines qui suivent et tout ira pour le mieux … dans le meilleur des mondes. Un monde dans lequel Ric n’aura plus sa place visiblement puisqu’il a rejoint les étoiles.

« Est-ce que vous voudriez que je fasse un discours ? Que je fasse quelque chose pour commémorer sa mort ? Dites-moi ce que vous désirez, je l’accomplirai. » dit Casior alors que Calsydia et Céra hochent la tête négativement, parlant en même temps :

« Ric a toujours été très discret. Il n’y a pas besoin de faire tout ça. Il n’aurait pas aimé, pas du tout même. Il vaut mieux qu’on le garde en nous. Son souvenir nous rappellera qu’il a toujours existé, c’est la meilleure chose à faire. »

Calsydia a commencé à parler mais Céra a terminé. Les deux femmes se regardent brièvement avant de baisser les yeux. L’une comme l’autre, elles sont affectées par la mort de Ric. Et ces blessures seront présentes pendant des années, voire jusqu’à la fin de leurs existences. Oui … Elles en sont convaincues.

« D’accord, d’accord. Bien entendu, vous serez à l’abri du besoin jusqu’à la fin. Si vous voulez prendre des vacances ou alors trouver un endroit tranquille où vous reposer, prévenez-moi, je ferai de … »

« Télescopes. » murmure Séphyria, ayant fini de pleurer. Tous la regardent avec étonnement. « Un télescope. C’est tout ce que je veux. Le plus puissant qui existe. Je veux un télescope. Je veux le retrouver dans l’espace, je veux tout étudier. Je veux ça. »

« D’accord, Séphyria. Ça sera fait. »

Elle a un petit rire mais il n’a rien de chaleureux. Il est un peu empreint de folie, comme si l’Altaria humanisée était brisée en elle-même. Peut-être que cela la sauverait.

Un bon mois s’écoule maintenant et Séphyria est la seule qui tarde chaque nuit à regarder les étoiles dans le ciel. Même si on ne s’improvise pas scientifique en aussi peu de temps, elle a appris avec zèle comment utiliser correctement les outils mais aussi comment se diriger et se repérer. Elle est là, regardant cette lueur dans le ciel.

« Elle est de plus en plus … grande. »

Ce n’est pas la première fois qu’elle la remarque mais elle ne l’a jamais signalée. On lui laisse toujours gérer le télescope. Ordre du président Casior. Mais cette nuit, elle a l’impression que cette lueur continue de grossir de plus en plus.

« Une météorite ! »

Une météorite est en train de foncer droit sur Terre ? Pas de temps à perdre ! Elle part prévenir les autres, le message étant transmis à l’armée puis au président. Celui-ci contacte déjà les présidents des diverses nations, la décision étant prise à l’unanimité :

« Détruisez cette météorite avant qu’elle ne tombe sur notre planète. »

« Bien qu’elle soit de petite taille, on ne sait jamais ce qui peut se produire et on ne peut pas savoir si elle va se désagréger au fur et à mesure de son entrée dans l’atmosphère. On ne préfère pas prendre le risque. Séphyria ? Qu’est-ce qui se passe ? »

« J’ai … ,j’ai l’impression que cette météorite est spéciale. » bredouille la femme-Altaria. Elle ne sait pas comment l’expliquer.

Les heures passent et déjà, l’entourage de Séphyria est mis au courant. Chacun et chacune observent les enregistrements que Séphyria a fait. Cette masse rocheuse qui s’approche de la planète a quelque chose d’incongru mais quoi ?
Impossible de l’expliquer par des mots. Elle n’y arrive pas. Et l’armée non plus. Tous les missiles explosent avant d’atteindre la sphère rocheuse. Celle-ci s’approche inexorablement vers la planète Terre et les coordonnées sont en pleine Fronse. Normalement dans un lieu isolé où il n’y a aucun village ou ville.

« A croire que le météore a choisi sa destination. »


C’est la remarque que chacun et chacune arrive à déduire après l’étude du météore. Mais dans combien de temps ? Les autres partent déjà se coucher mais elle reste réveillée. Ce n’est qu’une question d’heures. Elle a un léger malaise inexplicable.

« Ce météore. Ce météore … Quelque chose s’est déjà produit avec un météore mais quoi ? Qu’est-ce qui s’est déjà produit ? »

Elle tente de s’en rappeler mais n’y arrive pas. Le météore va tomber à plusieurs kilomètres de là. Une bonne vingtaine. Elle n’est plus auprès de son télescope. Elle sait juste qu’elle doit attendre ce météore mais elle ne sait pas pourquoi. Elle aura peut-être sa réponse quand le météore allait atterrir ? Peut-être. Elle n’a que cette idée en tête actuellement et rien d’autre. Rien d’autre, oui. Ah … Ric lui manque terriblement.

Un trou gigantesque … un cratère … Et une épaisse masse de fumée est présente. Il y a quelques personnes civiles qui tentent de voir ce qui se passe mais l’armée les empêche de s’approcher de trop près.
Elle est là, elle n’est pas la seule, il y a tout le monde. Chacun et chacune ont ressenti ce petit malaise qu’elle-même avait eu il y a avait encore quelques temps. Même Casior est là, une météorite qui tombe sur la Fronse, c’est le genre d’évènements unique dans une présidence voire même dans une vie.

« Il y a quelqu’un ! Il y a quelqu’un qui sort de la météorite ! »

Les soldats pointent déjà leurs armes alors qu’il est vrai que la météorite se fissure. Un poing en sort ainsi qu’une tête aux cheveux orange et bleus. Une voix féminine murmure :

« Visiblement, cela a été une réussite. »

Adomantxys ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que cette femme est ici ? POURQUOI ? Elle n’avait pas à être là ! Séphyria se plante les doigts de sa main droite dans la chair de sa main gauche, regardant la Deoxys humanisée avec nervosité.

« Je ne pensais pas cela possible mais nous y sommes arrivés. »

« Nous ? Qu’est-ce que … » bredouille Séphyria.

Adomantxys plonge la main dans la météorite, semblant aider quelque chose ou quelqu’un à s’y accrocher. Quelques secondes plus tard, une autre forme sortit de la météorite. Une forme à moitié humaine. Toute la partie droite, sauf le visage, était fait de différents morceaux de pokémons, que cela soit un Tritosor, un Tentacruel ou alors du métal bleu avec un œil rouge comme celui d’un Archéodong.

« Cela m’a pris du temps mais au moins, tu es présentable ou presque. On n’a encore des semaines voire des mois mais nous devrions y arriver. Tu veux parler ? »

« Je suis … de retour ? » murmure faiblement l’homme que tous ont tant attendu.


Séphyria n’ose pas faire un pas, voyant à quel point il semble faible et chéitf. Mais elle remarque qu’à chaque seconde qui s’écoule, son corps reprend au fur et à mesure une forme humaine. Ce n’est pas ça qui l’effraie, loin de là. C’est juste qu’elle a peur que ça ne soit qu’un rêve. Elle reçoit une petite tape dans le dos de la part de Dyamia. Comme auparavant, elle est prioritaire. Elle voit les larmes de joie de Dyamia alors qu’elle sort ses ailes de coton. Elle se déplace lentement vers Adomantxys et lui, les deux personnes s’éloignant de la météorite. Elle n’écoute pas les explications d’Adomantxys ou alors d’une oreille distraite. Elle sait juste qu’Adomantxys avait donné de son sang en Ric, lui permettant alors de survivre dans l’espace, comme elle. Elle avait juste arrêté sa barrière psychique pour s’échapper avant que tout n’explose. Dans l’espace infini, elle avait commencé à tout mettre en œuvre pour que Ric puisse contrôler son corps … comme Belzak. Cela a demandé tellement de temps et ce n’est pas encore terminé … mais le résultat fut satisfaisant au bout d’un mois. Alors, elle avait décidé de tout mettre en place pour qu’ils puissent atterrir sur Terre sans se désagréger dans l’atmosphère. Cela n’avait pas été simple … mais le résultat était là.

« Ric … c’est moi. »

« Séphyria. » murmure faiblement le jeune homme encore une fois alors qu’elle recouvre son corps de ses ailes de coton. Elle le protège, elle recouvre son visage de nombreux baisers, le serrant contre elle.
Ce n’est qu’un homme, qu’un simple humain, qui, par la force des choses, est devenu une bête horrible. Mais cette époque est révolue, comme celle de la suprématie de la Triafa. Aujourd’hui, il peut enfin se reposer, il sait qu’il aura toujours quelqu’un pour être à ses côtés. Il sait qu’il trouvera enfin une paix qu’il cherchait depuis si longtemps. Les autres femmes viennent auprès de lui, l’enlaçant en même temps que Séphyria. Emairon fait un petit geste pour inciter Lania à faire de même. Pourquoi s’en priver ? Ric est là, il est encore vivant. C’est tout ce qui importait pour elles.

« Je suis … humain. » termine de dire le jeune homme avant de rester dans les bras de Séphyria, fermant les yeux. Oui, il est humain … et elle va l’emmener chez eux. Là où il pourra alors se faire chouchouter comme il ne l’avait jamais été.

Le temps passe inexorablement et la situation évolue peu à peu. Les gens se croisent, se décroisent et peu à peu, certaines personnes se séparent, d’autres se rencontrent. Jusqu’au jour où, dans une mairie, une voix demande :

« Voulez-vous prendre Séphyria, ici présente, comme épouse ? »

Je n’écoute qu’à moitié ce discours. Il faut dire que je me suis entraîné à l’entendre pendant des heures et des heures. Mais elle est là, dans sa belle robe de mariée bleue. Elle est magnifique, vraiment magnifique. Comment ne pas l’aimer ? Et puis, ses deux petites joues rougies … et son ventre qui a un peu de volume.

« Oui, je le veux. »

Je dis ces paroles fatidiques alors que le maire de la ville me demande de l’embrasser. J’ai retrouvé une forme normale, une forme humaine après plus de trois longues années. Je pose mes lèvres sur celles de Séphyia, embrassant la femme qui a parcouru ma vie sous les applaudissements et les acclamations.

Une heure plus tard, je me retrouve assis à côté de celle qui va être là jusqu’à la fin de ma vie. Tout le monde est là, tout le monde vient me féliciter, que cela soit pour le mariage ou alors tout simplement pour le ventre arrondi de Séphyria. Dyamia s’approche de nous, toujours aussi belle et mature.
Elle porte une robe somptueuse et avec ses cornes qui sortent de son crâne, elle ne cache pas ses origines. Enfin, il n’y a pas que ça, loin de là même. Pfiou … Surtout qu’elle me regarde avec amusement tout en me disant :

« Alors, comme ça, c’est prévu pour quand ? Vous savez de quel sexe il est ? »

« Ils sont. Enfin … elles … ce sont des jumelles d’après l’échographie. Et la mère se porte comme un charme. Et malgré mon corps, il semble qu’elles seront « normales ». Bon, elles auront les traits de leur mère, c’est tout. »

« Oh, sans être les premiers dans le monde, c’est toujours plaisant de voir qu’il est possible pour des humains et des pokémons humanisés d’avoir des enfants. »

« Et toi ? Comment est-ce que tu vas ? Tu étais l’avant-dernière à partir. »

« Ca peut aller, ça peut aller. Tu apprécies ma robe ? Tu sais que je peux revenir quand tu le veux non ? »

« Tu sais parfaitement que tu n’accepterais pas même si je le voulais. »

Elle rigole légèrement après mes propos. Elle sait aussi bien que moi que oui. Elle ne voudrait pas faire de la peine à sa sœur. Oh … Tout ce qui s’est passé entre temps, je n’arrive toujours pas à le croire.
Céra fut la première à s’éloigner de moi. Il faut dire qu’avec Séphyria qui était à mon chevet depuis mon retour, aucune n’avait vraiment de place. Chacune avait finalement compris. Oh, aucune ne m’en voulait bien entendu.

Céra avait rapidement trouvé une place dans un centre anti-poison. Moi qui la voyait en tant que fleuriste à cause de son rôle de Fragilady, j’avais été surpris de ce côté. Mais c’est vrai que ses connaissances dans les poisons allaient permettre de les combattre avec facilité. Bien entendu, il n’y avait pas qu’elle.
Calsidya fut la seconde à me quitter. Elle avait déclaré qu’être en froid avec moi, ça ne lui plaisait pas. Et puis, elle préférait alors se concentrer sur ses talents … d’actrice de théâtre. Oui, elle était quand même douée et elle avait de nombreux fans, qu’ils soient masculins ou féminins. La célébrité était faite pour elle.

Ah… Dyamia, c’était quand même étonnant de sa part mais elle avait remarqué à quel point Séphyria comptait pour moi. Je n’avais pas pu le cacher plus longtemps. Ce que j’éprouvais pour elle était au-dessus des autres femmes. Dyamia avait quitté l’appartement et s’était lancée dans le stylisme. C’est d’ailleurs l’une de ces créations qu’elle porte. Une diva.

« Mes félicitations, Ric, Séphyria. Je suis vraiment heureuse pour vous. »

Voilà la dernière à avoir quitté l’appartement. Mais pas des moindres. La plus belle demoiselle de la soirée après ma propre femme. Tritani est présente, des mains sur son ventre légèrement gonflé, rien à voir avec Séphyria niveau taille. Elle porte aussi une magnifique robe violette qui épouse parfaitement ses formes.

« Et moi donc, Tritani. Merci … Comment est-ce qu’il se porte ? »

« D’après l’obstétricienne, il va comme un charme. Normalement, il est prévu pour dans deux mois après vos enfants, Ric. Mer … merci pour tout. »

« Me remercier de quoi ? Je ne crois pas que Séphyria ou moi le regrettons. »

Loin de là même. Tritani était peut-être la femme la plus proche de moi après Séphyria. Mais elle pensait à mon bonheur avant tout. Alors, c’est pour cela que j’avais décidé, après que Séphyria soit enceinte, de savoir si mon Altaria préférée était d’accord, j’avais décidé de passer par une certaine banque mais aussi d’être aux côtés de Tritani. Je n’avais pas oublié ses paroles dans le vaisseau qui nous avait emmenés à la station spatiale.

« Est-ce que vous avez des nouvelles d’Adomantxys ? A part le fait qu’elle vient vous voir une fois par mois ? Elle est toujours … aussi proche de Ric ? » demande Tritani.

« Elle vit sa vie et explore notre planète. Elle se charge d’accomplir des choses qu’un être humain ne pourrait pas même en plusieurs vies. Elle étudie la faune et la flore. Grâce à elle, de nouvelles espèces de fleurs et autres sont découverts tous les jours. »

Quant à Lania et Emairon, leur mariage n’a pas tardé à se faire après mon retour. Comme pour montrer une réelle séparation entre moi et elle. Bien entendu, nous restons toujours en contact mais au moins, elle est heureuse avec Emairon.
Quant à Roubé et Alphonse, eux, n’ont pas attendu que je me marie pour le faire de leur côté. Il faut dire qu’au niveau de leur relation, ils étaient à un stade bien plus avancé que moi et Séphyria. Je crois même que je peux dire que ce sont eux les précurseurs de la possibilité de s’aimer entre humain et pokémons humanisés. Alphonse a quitté la police et accompagne sa femme reconnue dans le monde entier comme une musicienne de talent.
Et pour finir … Ah … Loïc. Après tout ce qui s’est passé, son corps fut des plus faibles. Aujourd’hui, il a pu se déplacer car c’était exceptionnel mais il coule des jours heureux auprès de sa femme. Avec une retraite anticipée et une fatigue des plus grandes, j’ai décidé de lui laisser la garde de Rérox et de mes deux pokémons. Ce sont eux ses compagnons. Rérox me manque un peu mais je peux aller le voir quand je le désire.
« A quoi est-ce que tu penses, Ric ? »

« Oh ? A toi, Séphyria. A toi. A la plus belle des femmes de mon existence. »

« Vil flatteur. »

« Je ne fais que dire la vérité, Séphyria. Simplement la vérité. »

Mais tous mes souvenirs sont là. Ils sont ancrés, dans un coin de ma mémoire. Je ne dois plus penser à ce passé, à ces moments où je n’étais plus moi-même. Je ne peux qu’accepter ce que je suis maintenant. Je n’ai qu’à avancer. Je suis un homme. Un simple homme.

« Ric ? Tu veux faire un discours pour qu’on lève nos verres ? »

« D’accord, d’accord, je le fais, je le fais. »

Je me mets debout, tapotant doucement mon verre avec une cuillère. Je dois faire un discours, remercier tout le monde, mes amis, mes proches, monsieur Casior qui est le président de la république et qui s’est déplacé pour moi. Tous ceux, qui, un jour, j’ai rencontrés. Ceux, qui sans leur soutien, je ne serai devenu ce que je suis aujourd’hui. Un homme comme les autres.

Chapitre 9 : Un dernier acte

Chapitre 9 : Un dernier acte

« C’est terminé pour lui ? HAHAHA ! »

« Tu ne peux plus bouger, tu ne peux plus rien faire. Tu es sans défense. »

Alors, elle va l’éliminer. C’est bien la dernière chose qu’elle peut faire pour Ric. Elle se jette contre Belzak, commençant à le marteler avec sa griffe alors que Belzak ricane.

« IMBECILE ! Ca ne me fait rien ! RIEN DU TOUT ! Je peux me reconstituer avant même que tu n’aies le temps de respirer ! »

C’est vrai. Elle le remarque. Tous les coups donnés sont inefficaces. Elle recule alors qu’elle sent que Belzak est à nouveau en état de se battre. Trop tard pour elle. Elle n’a pas été assez rapide. Pas du tout.

« Ric ! Comment est-ce que Ric va ?! RIC ! RELEVE-TOI ! LIBERE-NOUS ! »

Lania crie, espérant par-là que Ric se réveille mais ce n’est pas possible. Non, ce n’est plus possible. Adomantxys doit se concentrer uniquement sur Belzak. Déjà, dans la station spatiale, des cris se font entendre, une alerte résonnant dans la pièce.
Des dégâts importants sur la partie ouest de la station spatiale. Cela ne les concerne pas. Ca doit être Ric qui a fait ça sur son chemin de destruction pour arriver jusqu’ici. Mais ce petit moment de déconcentration lui est mortel, Belzak arrivant jusqu’à elle, la soulevant en la prenant par le cou. Une main comme celle d’un Monaflemit. Puissante et prête à réduire ce qui se trouve entre ses doigts.

« Me trahir, moi ? Alors que je suis l’humain le plus développé sur cette planète ? Avec un QI dépassant les 300 ? Et tu as préféré te rebeller contre moi ? »

« Nulle question de rébellion. Je fais simplement ce que j’estime être bon. Je ne tuerai jamais celui qui m’a donné la vie. Sans son sang, je n’aurai jamais eu cette forme humaine, je ne me serai jamais développée et je ne serai jamais devenue ainsi. »

« Tout ça à cause des liens du sang ? Vous n’avez même plus le même génome ! Vous êtes différents ! Et tu veux me faire croire que tu m’aurais trahi pour ça ? »

« Mon cerveau obéit à mon cœur. Et … ce que Ric m’a confié, c’est la vie des personnes qu’il aime. Je ne faillirai pas à cette tâche. »

« Et comment est-ce que tu comptes faire ? »

« Comme cela. » dit-elle avant de planter sa griffe de sa main gauche sur le bras de Belzak. Elle commence à presser de toutes ses forces, lui arrachant tout simplement le bras avant de lui donner un coup de pied. Elle commence à tousser ayant du mal à rester éveillée après cet étranglement. Elle a la tête qui tourne mais ce n’est pas important, loin de là.

« Tu es capable de te régénérer à l’infini … n’est-ce pas ? Sais-tu pourquoi Ric m’a défendu avec tant d’ardeur ? Pour que je puisse emmagasiner un maximum d’énergie. »

« Un maximum d’énergie ? Si tu parles de ton rayon, ça ne suffira … »

Belzak s’arrête dans ses propos, remarquant que l’arme d’Adomantxys est en train de de disloquer et de s’agrandir, prenant une ampleur bien plus impressionnante. La femme aux cheveux bleu et orange pose son regard sur le vieil homme déformé de partout. Elle se mord les lèvres, murmurant :

« C’est tout ce qui importe maintenant … c’est que tu disparaisses … »

« Attends un petit peu ! Ne fait pas ça ! Je suis le plus grand génie de cette planète ! Ma disparition causerait un retard technologique de plusieurs dizaines d’années ! Tu veux que ce monde stagne ?! »

« Le monde ne peut pas laisser vivre un être comme toi. Adieu. »

Un seul et unique rayon … sauf qu’il est d’une taille gigantesque, faisant au moins deux fois celle d’un être humain. Un cri strident alors qu’il ne reste peu à peu plus rien de Belzak. Le vieil homme avait totalement disparu … et un trou gigantesque est apparu à sa place, traversant les murs de métal. Aussitôt, Adomantxys se concentre, créant une barrière psychique avant que la station spatiale se mettait à trembler, des lumières rouges rayonnant tout autour d’elle et du groupe de Ric.

« ALERTE ! ALERTE ! La station spatiale est gravement endommagée. Veuillez évacuer les lieux avant la destruction complète de la station spatiale. »

La barrière psychique autour des femmes et d’Emairon disparait enfin, tous courant vers le corps en charpie de Ric. Séphyria commence à secouer Ric mais aucune réaction de la part du corps. Adomantxys déclare :

« Si la barrière psychique a disparu, c’est que le cerveau de Ric n’est plus en état de la laisser ainsi. Il faut que vous partiez. Des vaisseaux se trouvent surement dans le hangar et … »

« HORS DE QUESTION QUE JE L’ABANDONNE ! »

Séphyria n’a pas laissé le temps à Adomantxys de terminer sa phrase, serrant le corps sans vie de Ric. Un corps qui se soulève peu à peu, tous reculant avec surprise. L’œil de Ric est grand ouvert, fixant tout le monde puis Adomantxys.

« Ric ! Tu es vivant ! Tu es vraiment vivant ! Lania ! Dis-nous ce qu’il pense ! Parle-lui ! » s’écrie Calsidya en s’adressant à la Gardevoir.

« Il ne vous comprendra pas. Il ne vous entendra pas. Ric n’est plus qu’un monstre hybride dénué de réflexion. Vous ne pouvez plus rien faire pour lui. »

« Mais qu’est-ce qu’elle raconte, Adomantxys ? Ric peut parfaitement nous comprendre hein ? Lania ? Tu peux le faire ? » demande Dyamia alors que la Gardevoir se concentre sans pour autant y arriver. Emairon essaie à son tour mais rien n’y fait. Ric continue de regarder tout le monde, son œil rouge de Noctunoir les observant à une vitesse folle.

« Dans ce genre de situations, il vaut mieux … l’achever. »

Adomantxys repousse légèrement tout le monde, pointant son arme vers Ric. Mais aussitôt, Séphyria et quatre autres femmes qui ont parcouru la vie de l’ancien jeune homme se place en face d’elle. Sans même chercher à parler, elles montrent par là qu’il en est hors de question.
Pourtant, quelques secondes plus tard, des tentacules vinrent frapper les femmes au niveau du cou, les assommants aussitôt. Le corps chancelant de Ric commence à bouger, Emairon et Lania restant sur leurs gardes. Puis plus rien, ils voient juste l’œil de Ric qui devient rose … avant qu’ils ne se retrouvent tous dans un autre endroit, un vaisseau ?

« Où sont Ric et Adomantxys ? » demande Lania, regardant autour d’elle.

« Verrouillage du vaisseau en cours. Décollage imminent. Ouverture du hangar dans trente secondes. Veuillez prendre place. »

« Qu’est-ce que … les commandes sont bloquées ? Une puissance psychique m’empêche de prendre le contrôle des commandes, Lania ! »

« R… Ric. » bafouille la femme aux cheveux bleus, commençant à sangloter. Elle s’effondre sur un fauteuil, s’évanouissant alors qu’Emairon place déjà correctement tout le monde. Il y a assez de place pour tous et nul besoin de tenues d’astronautes. Il en est certain. Lania n’a pas supporté le choc émotionnel.

Ailleurs, non loin du trou crée par Adomantxys et toujours bouché par cette barrière psychique, la femme aux cheveux orange regarde Ric avec lenteur. Son œil est redevenu complètement rouge avant de se fermer ce qui semblait être définitivement.

« Est-ce que tu avais vraiment perdu ta conscience humaine ? J’ai ressenti l’endroit où tu les as téléportés. Ils sont maintenant en sécurité, Ric. Grâce à toi … Cette station spatiale, égérie de la Triafa va finalement disparaître et avec elle, cette organisation qui nous a créés. Tu vies encore, n’est-ce pas ? »

Aucune réponse mais elle peut entendre les faibles battements du cœur de Ric, de ce qui reste de lui. Les morceaux d’armure orange tombent les uns après les autres, laissant juste Adomantxys dans une combinaison noire avec des rayures. Elle se colle contre lui, chuchotant avec une extrême lenteur :

« Comment est-ce que je dois t’appeler ? Père ? Grand frère ? Ce que Belzak a dit n’est pas faux, nous avions le même génome mais maintenant c’est différent. Pourtant, sans toi, je serai juste restée un simple virus provenant de l’espace. Ah … »

Elle ferme les yeux, se serrant contre lui alors que peu à peu, tout se désagrège autour d’eux. Une explosion, deux explosions, des dizaines d’explosions se produisent dans la station spatiale, la rayant de la carte galactique.

Chapitre 8 : Se préparer à mourir

Chapitre 8 : Se préparer à mourir

« Tu veux une démonstration ? Des fameux tentacules. Regardes donc ça. »

Qu’est-ce que … Son bras gauche ? Il est en train de muter ? Et je vois d’immenses tentacules qui en sortent, prêts à m’arracher la tête ! Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est n’importe quoi ! Et le pire ? C’est qu’il retrouver une main normale.

« Impressionnant non ? Tu n’étais qu’un échec mais c’est normal, c’était le but. Je suis l’évolution parfaite de l’espèce humaine. »

L’évolution parfaite ? Il est juste devenu un monstre comme moi ! Mais capable de se rétracter et de reprendre une forme humaine ! Il n’y a rien d’étonnant ! Il n’y a rien à envier ! Mais maintenant qu’il a décidé de se battre, je ne vais pas me priver … pour le tuer !

« Tu attends quoi alors pour m’attaquer ? »

Tsss ! Puisqu’il le prend comme ça, je ne vais pas hésiter ! Que Séphyria et Tritani se reposent ! Je m’occupe de ça ! Je charge mon bras de Maganon en direction de lui, tirant une boule de feu mais le dos de Belzak se transforme, laissant paraître deux canons lui aussi. Que … Des tirs de Tortank ?!

Ma boule de feu est éteinte avant même d’avoir pu l’atteindre. C’est déprimant, vraiment très déprimant même. C’est n’importe quoi ! N’importe quoi ! Surtout que ses canons ont disparu maintenant ! Ils ne sont plus présents ! C’est quoi cette blague absurde ? HEIN ?! Je n’aime pas ça ! Je n’aime pas ce qui se passe !

Je ne peux rien faire hein ? C’est ça que je dois comprendre ? Je projette différentes sphères, que ça soit de flammes ou spectrales mais rien ! Rien du tout ! Belzak arrive à les arrêter ! Puis surtout, il décide de foncer vers moi, ressortant des lames d’Insecateur alors que son crâne laisse paraître une corne de Rhinastoc.
Je peux pas me protéger ! JE NE PEUX RIEN FAIRE ! Malgré toutes mes protections, malgré le fait que je me suis rentré dans ma carapace, je ne peux rien faire. Sa corne passe outre ma carapace, me blessant gravement alors qu’il me soulève comme si de rien n’était.

« Faible ! Si faible ! Je n’aurai même pas besoin de me transformer complètement pour réussir à t’éliminer ! Tu ne pourras … »

« NE TOUCHES PAS A RIC ! »

Des lianes viennent entourer les jambes de Belzak, le tirant en arrière et le projetant contre un mur alors que je vois Céra qui se redresse avec difficultés. Elle n’est pas la seule, tout le monde est en train de se donner à son maximum. Mais moi ? Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je peux faire ? Je le sais … Je sais ce que je peux faire. Cette fichue carapace sur mon dos. Qu’elle se brise ! Elle n’a plus besoin d’être là ! J’entends des craquements sonores alors que des morceaux tombent au sol autour de moi.

« Oh ? Ces ailes ? Ric ? »

La voix de Séphyria est surprise alors que je sais ce que je fais. Je sais ce que je dois faire ! Je sais comment je dois combattre ! Que ça soit des ailes d’Altaria couplées à celles d’une Trioxhydre et d’une Pyrax, je n’ai qu’à en avoir autant qu’il le faut ! Et que mes cheveux prennent en partie la forme d’une fleur rouge, tant mieux ! Que cette corne dorée qui sort de mon torse de métal le montre aussi ! Et ce masque sur mon visage … ce masque blanc devant mon unique œil rouge ainsi que ses deux cornes glacées.

« Mais … ce sont nos caractéristiques ? » bredouilla Lania alors qu’elles comprennent finalement ce que je viens de faire.

Ca sera bien la dernière chose que j’accomplirai. Qu’importe ce qu’il m’en coûte. Les filles sont déjà en train de se battre mais ça ne peut rien faire. Comme elles ne sont pas concentrées et qu’elles sont bien trop blessées, tout est inefficace.

SAUF MOI ! Je forme une barrière psychique autour de mes compagnons, les empêchant d’attaquer mais aussi d’être attaqués ! Qu’ils me laissent faire ! Je vais m’occuper de Belzak ! Avec tous mes pouvoirs réunis, il ne va plus rien comprendre ! Je commence à créer une déferlante de glace, couplée à une attaque enflammée et j’utilise les pouvoirs de Tritani, que cela soit ténébreux ou issus des dragons ! Et je ne me prive pas pour paralyser Belzak aux jambes avec les racines comme celles de Céra !

De puissantes explosions se font voir et entendre à l’endroit où j’ai attaqué. Je suis sûr du résultat ! Je l’ai touché de plein fouet ! Il ne peut rien faire ! Je remarque aussi que j’ai causé de sérieux dégâts dans la station spatiale. Il faut que je fasse attention. Si je crée un trou dans la coque, un sérieux problème risque de se produire pour mes compagnons.

Je ne peux pas prendre ce risque ! Je ne peux pas ! Mais de toute façon, Belzak est … Je pose mon unique œil sur mon torse. Des tentacules ? Mais pas seulement ? Des lames ? Je … c’est quoi tout ça ? Des griffes ? Je ? Belzak ? Il est devant moi, à quelques centimètres. Son visage n’est plus qu’à moitié humain alors que dans son dos, des dizaines de lames et autres parties de pokémon sont présents. Du moins, ces lames sont logées dans mon corps.

« Tu ne comprends pas la différence, n’est-ce pas ? Mais je sais ce que l’on va faire. Te trancher … morceaux par morceaux ! »

Je dois les laisser en sécurité. Je dois faire quelque chose pour qu’ils soient tous en sécurité. Il faut que je réfléchisse et vite ! Je suis serein, vraiment très serein même. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi alors que je vois des lambeaux de chair qui sont arrachés les uns après les autres. Ca me fait mal, terriblement mal même.

« Alors ? Tu ne dis plus rien ? AH ! Tu ne peux même pas t’exprimer ! Et tu crois qu’après ta mort, tes protections psychiques sur tes compagnons te seront utiles ? Regarde-les ! Ils sont apeurés ! Ils sont effrayés ! Mais ils enragent car tu ne leur permets pas de … »

« Cela ne peut plus durer. »

Tout ce qui compose le dos de Belzak tombe au sol avant qu’une griffe ne lui traverse le ventre. Hoquetant de surprise, Belzak tourne sa tête vers Adomantxys, la regardant avec colère et rage. Crachant du sang, il tente de parler mais elle est la première à prendre la parole, disant d’une voix lente :

« Je ne peux plus laisser faire ça. Ric est celui qui m’a donné la vie. Tu considères celle-ci comme un objet. Je ne suis pas un objet. Les Dracolosses ont été libéré de cette vie de souffrance qu’ils auraient subie s’ils avaient décidé de s’enfuir après leurs trahisons. Je n’ai besoin de personne pour me sauver. »

Je vois les yeux d’Adomantxys qui deviennent roses avant qu’elle ne projette le corps de Belzak au loin, se mettant à genoux devant la masse informe que je suis. Je … dois être quoi ? Reconnaissant ? Je ne sais pas. J’halète alors que je cherche à reprendre mon souffle, à comprendre quoi faire mais rien n’arrive, rien du tout. J’ai l’impression que je me perds … je n’ai plus aucune volonté.

« Trop de transformations t’emmènent à perdre ton humanité. Je te l’ai dit … Ric. »

Le ton est plus doux que toutes les fois où elle avait parlé. Ah oui ? Perdre mon humanité ? Hahaha. Mon œil rouge la regarde alors que je tente de sourire mais je n’ai même plus de lèvres, je crois. Je vois juste … le corps de Belzak qui se relève, blessé gravement mais furieux de ce qu’elle a fait. J’ai juste le temps de recouvrir Adomantxys de mes tentacules avant de l’emmener contre moi et de me mettre de dos pour mieux la protéger. Un immense rocher me frappe dans le dos en premier. Ensuite, j’ai l’impression que de la lave vient me frapper puis d’immenses pieux de glace, comme un blizzard.

« Meures ! MEURES ! MEURES ! MEURES ! SUBIT LA FUREUR DES POKEMONS ! »

Adomantxys me regarde sans rien dire. Elle ne cherche même pas à m’arrêter. Elle a compris … elle a parfaitement compris ce qui se passe, ce que je fais. Elle hoche la tête alors que je ferme mon unique œil. Maintenant, c’est un jet d’eau aussi puissant qu’un coup de canon puis une nouvelle fois, une forte chaleur. Un laser. Un laser qui tente de traverser mon corps pour atteindre Adomantxys.
Me concentrer. Je dois me concentrer. Toutes ces créatures … qu’elles forment une carapace, que ça soit à l’extérieur de mon corps … ou à l’intérieur. Je … sens … je sens mes muscles et mes organes qui fondent à cause de ce laser. Ah … ah … ah … je . . . . . .

« Ca ne sera pas en vain. » murmure Adomantxys alors qu’elle soulève l’immense masse de chair qui s’affaisse sur elle. Elle contrôle ses tremblements, ses premiers tremblements depuis qu’elle est sortie de sa cuve.

Elle place correctement le corps de Ric sur le côté alors que chacun et chacune observe la femme dans son armure orange, cherchant à confirmer ce qui vient de se passer. Un simple hochement de tête suffit alors que Belzak est exténué et salement blessé.

Chapitre 7 : Mutation

Chapitre 7 : Mutation

« Commençons, Ric. »

Je suis perturbé par les paroles de la Deoxys. Je ne peux pas savoir exactement ce que je dois faire ! Avec ses bêtises, je ne sais plus ce que je dois faire ! Elle m’a perturbé ! Plus que perturbé même ! Qu’est-ce que je dois faire ? Comment est-ce que je dois réagir ? Que l’on m’aide ! Je ne comprends rien ! Non ! Il ne faut pas de l’aide !

Adomantxys … Adomantxys. Qu’est-ce qu’elle me racontait ? Je ne comprends pas ce qu’elle est réellement. Je ne comprends pas et … Qu’est-ce que … Des flammes ! Des flammes passent à côté de moi, Dyamia venant de lancer la première attaque.

« Désolée ma grande mais je n’apprécie guère que l’on blesse Ric. C’est en réponse à ce que tu lui as fait y a quelques jours, lorsque nous étions sur Terre. »

« Insuffisant. » murmure Adomantxys, pointant sa main gauche avec sa griffe devant elle.

Elle détourne les flammes d’un simple mouvement de la main alors que je la regarde. Je dois attaquer aussi ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à vouloir l’attaquer ?! Je ne comprends pas ! Que l’on m’aide à comprendre !

« Tu es un peu inutile, Dyamia ! Je m’attendais à beaucoup mieux de ta part ! »

Calsydia fait la fanfaronne tout en commençant à attaquer Adomantxys à son tour. Elle est rapidement rejointe par les autres alors que je reste immobile. Il faut que je réfléchisse. Lania failli percer mon secret mais je n’ai pas de temps à perdre avec cela. Pas du tout même. Je dois combattre le plus sérieusement possible.

Il faut que je trouve le moyen de la combattre. Il faut que je trouve la possibilité de lui tenir tête. J’entends des cris autour de moi et je vois déjà Céra qui est au sol, recouverte de blessures. Elle est évanouie ? Mais ça fait si peu de temps que …

« Tant qu’ils ne m’attaquent pas, je n’attaquera pas. Qu’ils attaquent, je riposte. »

« ASSEZ ! JE VAIS COMBATTRE ! JE VAIS LE FAIRE ! »

Elle me parle par la pensée. Elle a la puissance psychique pour cela ! Contrairement à Lania ! Je ne peux même pas utiliser … ah … cette blessure au ventre ! Je ne pensais pas que ça me ferait autant mal ! Ils me font souffrir !
Je dois répliquer ! Je ne sais pas comment faire ! Je dois trouver un moyen ! JE DOIS TROUVER UN MOYEN DE LA COMBATTRE ! Je vois tout le monde qui commence peu à peu à tomber autour de moi ! Ils se relèvent ! Ils se relèvent tous pour lui tenir tête ! Mais ça ne suffira pas ! Il faut plus de force ! Encore plus de force !

« Cela va devenir problématique. »


Elle parle comme si de rien n’était mais ça ne marche pas avec moi ! Je ne tomberai pas dans ce piège aussi grossier ! Je ne suis pas stupide ! JE NE SUIS PAS STUPIDE ! Je ressens une nouvelle brûlure au ventre, là où les Dracolosses m’ont traversé ! Je pose mon unique œil dessus, remarquant qu’un imposant cristal bleu en forme de losange est présent au niveau de ma blessure. Mais … ce losange me dit quelque chose. C’est celui d’un Tyranocif ! HAHAHA ! Je suis réellement invincible maintenant !

« Mes pouvoirs psychiques seront certainement sans effet. C’est vrai … mais je ne combats pas uniquement avec cela. »

Qu’est-ce que … c’est vrai ! Ses armes à ses bras ! Ce n’est pas rien ! J’avais complètement ça ! Quel idiot ! Je vais devoir faire encore plus attention et … D’autres cris. Maintenant, Calsydia, Lania et Dyamia sont à terre. Emairon est auprès de la Gardevoir pour voir son état mais normalement, elle n’est pas morte, juste salement blessée. Comme les autres. Je dois réagir ! Je fonce vers Adomantxys, ignorant Séphyria et Tritani qui sont encore en train de se battre. Leurs statuts de dragonne leur confèrent une résistance accrue mais pour combien de temps ? Séphyria !

« Tu ne peux rien faire. »

Ah oui ? Qu’elle me le prouve ! Je veux une preuve que je ne peux rien faire ! Je ne suis pas stupide ! Je ne tomberai pas dans un piège comme ça ! Je protègerai Séphyria et les autres : Aaaaah ! J’ai mal au crâne, j’ai vraiment mal au crâne. Tout commence à être flouté.

« Tu as de plus en plus de parties de pokémon en toi. Réussir à garder le contrôle de ce corps est une chose normalement impossible pour un humain, malgré la plus grande des volontés. Plus tu obtiendras de pouvoirs différents, plus tu auras du mal à rester conscient. Dès l’instant où tu perdras ta conscience, tu auras perdu ton existence. »

Qu’est-ce qu’elle raconte ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte ?! Surtout qu’elle en parle à voix haute ! C’est que tout le monde peut l’entendre ! Qu’elle se taise ! Je ne saisis pas du tout de quoi elle parle ! Je ne saisis rien ! RIEN DU TOUT !

« Je vais t’éliminer, c’est tout ce qui compte ! »

« Alors, il faudra faire bien plus que ça pour y arriver. »

Elle me domine parfaitement. Qu’importe les coups que je donne, qu’importe ce que je fais, elle est supérieure en tous points. Malgré tout … je ne suis pas assez fort ? Et Séphyria ainsi que Tritani sont épuisées. Elles sont épuisées. Elles sont toutes les deux épuisées. Ah … ah … Il faut que je les sauve. Il faut que je fasse quelque chose !

« Assez ! Adomantxys ! Tu es aussi inutile que les autres ! »

« Je ne peux qu’accepter vos dires, Belzak. »

« Je vais m’en occuper moi-même ! J’ai perdu assez de temps avec ces imbécilités ! » s’écrit le vieil homme qui n’avait pas bougé depuis le début.

« Je comprends ce point de vue mais ils sont plus résistants que de simples humains. »

« Assez de tes excuses ! Reste en retrait ! »

Belzak va se battre ? C’est une blague ? Et comment est-ce qu’il compte faire ? Il n’a aucune force, aucun pokémon et … c’est quoi son bras gauche ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression qu’il y a des bosses qui bougent de partout le long de son bras.

« Tu vois, Ric, tu n’es pas le seul à t’être amusé avec la génétique. Enfin non, à avoir subi des petites modifications génétiques. Il me fallait un cobaye, tu étais parfait pour ça. J’ai juste perfectionné le tout sur ma propre personne. Avec un tel corps, il est impossible pour moi de mourir. Je pourrai me renouveler quand je le veux ! »

Qu’est-ce qu’il raconte là ? Cobaye ? C’est bien moi mais … lui … il a fait ça ? Sur sa propre personne ? Il est en train de blaguer là ? Mais quand je vois une lame d’Insecateur qui sort le long de son bras, je comprends que ce n’est pas une farce.

Chapitre 6 : Pour elle

Chapitre 6 : Pour elle

« Vous pensiez vraiment que c’était suffisant pour moi ? »

Même avec ma blessure, je n’ai aucun mal à me déplacer. Je me redresse, observant la plaie … ça a même traversé le métal d’Archéodong sur mon corps. Les deux Dracolosses sont épuisés par leurs attaques. Je m’en doute. Mes tentacules foncent vers eux, aussi tranchants que des rasoirs alors qu’ils les esquivent avec difficulté.
Déjà, de nombreuses blessures se présentent sur leurs corps. C’est simple … c’est si simple de les blesser et de les tuer. Même si je ne comprends pas ce que ça veut dire. On dirait presque qu’ils me font passer un test.


Mais un test de quoi ? C’est ça la question. Mais je n’ai pas de temps à perdre. Ils sont exténués et même s’ils viennent de reprendre leurs souffles, je peux les éliminer. Hahaha. Ca sera tellement simple, tellement facile que …

« AH ! Te voilà enfin Ric ! »

Et zut. Ils sont déjà là ? Lania me réprimande mais elle n’est pas la seule. Tout le monde le fait ! Tsss ! Je n’ai vraiment pas le temps pour ces bêtises ! Et pourquoi est-ce que les Dracolosses semblent soulagés ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Visiblement, ils sont arrivés. Tu es prête ? Nous n’aurons qu’une seule chance. »

Le Dracolosse mâle s’adresse à sa compagne avant de se retourner, fixant Adomantxys et Belzak. Ils sourient à la Deoxys, celle-ci restant impassible. Qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai l’impression que quelque chose est caché.

« Nous allons te délivrer, Adomantxys. »

Quoi ? Qu’est-ce qu’ils sont en train de raconter ? Ils chargent les mêmes attaques qu’auparavant. Ce laser ! Et cette aura ! Mais j’ai cru mal entendre ! Le Dracolosse mâle fonce vers Belzak mais un tir traverse le corps du Dracolosse mâle et celui de la Dracolosse femelle en même temps. Un seul et unique tir.

« Pour … pourquoi ? » bafouille l’homme aux cheveux orange, du sang s’écoulant des lèvres alors que l’arme d’Adomantxys a laissé un trou important et mortel dans les deux dragons humanoïdes. Elle murmure :

« Je n’ai pas besoin d’être sauvée. »

J’ai besoin de prendre mon calme car je ne suis pas sûr du tout de comprendre la situation à l’heure actuelle. Les deux Dracolosses viennent de trahir Belzak ? Mais pour sauver Adomantxys ? Mais celle-ci vient de les tuer ?


J’ai du mal à comprendre cela. Surtout que je vois les lèvres d’Adomantxys. Elle semble murmurer quelque chose aux Dracolosses mais aucun son ne sort. Et je ne lis aucune pensée. Il faut dire que les deux dragons humanoïdes sont maintenant morts. C’est … choquant un peu. Je ne m’attendais pas vraiment à ça de la part d’Adomantxys.

« Bien bien bien … visiblement, toute la petite troupe est là. Adomantxys … »

« Je comprends. »

Elle comprend quoi ? Hum. Je ne rêve pas ou alors, elle a décidé de se battre elle aussi. Ca ne me plaît pas, ça ne me plaît pas du tout. J’ai l’impression de me battre contre moi-même et surtout, après ses propos, je n’ai toujours pas compris ce qu’elle voulait dire.

« Elimines-les tous, compris ? »

« Je comprends. » répète-t-elle comme un automate alors que j’émets un cri. Elle croit vraiment que je vais me laisser faire ou quoi ?!

« Cette fois-ci, hors de question de rester en retrait ! »

Voilà que toutes mes femmes m’entourent, ainsi qu’Emairon et Lania. Ils sont prêts à se battre ? Mais qui a dit que j’acceptais leur aide hein ? Je ne crois pas avoir répondu par l’affirmatif à ce sujet !

« Dois-je vous tuer tout de suite ? »

La question est neutre et froide. Elle ne laisse place à aucune hésitation. Je l’ai entendue, je l’ai ressentie. Je ne peux faire que cela … ah … ah … Adomantxys. Elle est une abomination comme moi mais en même temps, pourquoi est-ce que … j’ai cette impression ? Cette impression malsaine qu’elle est comme moi ?

Je ne sais pas comment l’expliquer, je ne sais pas comment l’exprimer mais je n’ai pas à compter sur mes compagnons. Il en est hors de question. Ils sont inutiles. Ils ne seront que des plaies dans mes jambes, rien d’autre ! Qu’ils me laissent tranquille, ça sera bien mieux pour tout le monde ! Qu’ils disparaissent !

« Je m’occupe d’elle ! Ne vous en mêlez pas ! »

Mais leurs pensées sont bloquées … sauf celle de Lania. C’est elle qui a empêché que les autres puissent m’entendre. Ils veulent tellement mourir, c’est ça ? C’EST CA ?! Ils préfèrent mourir plutôt que de m’écouter ? Qu’ils meurent alors !

« Vous ne pourrez pas m’atteindre. Est-ce que vous voulez vraiment un combat inutile ? »

« Ne t’avise même pas de les toucher, est-ce bien compris ? Ils n’ont rien à voir avec ça ! C’est moi qui éliminerai Belzak ! »

« … D’accord. Je ne les toucherai pas … mais ils ne me toucheront pas. »

Pourquoi est-ce qu’elle parle de la sorte ? J’ai l’impression d’avoir affaire à un automate ! Non pas à une personne humaine ! Et pourquoi est-ce qu’elle avait dit que nous étions pareils ? Elle me complique la vie ! ELLE ME COMPLIQUE TROP LA VIE ! Ca m’énerve ! Ca m’énerve carrément ! Je déteste tout ça ! Elle se fout de ma gueule ! Non … Adomantxys … Les Dracolosses ont voulu la sauver. C’est qu’elle doit être importante.

Chapitre 5 : Un barrage

Chapitre 5 : Un barrage

« Vous m’attendiez, n’est-ce pas ? »

Je pose cette question aux deux Dracolosses humanoïdes alors que je me présente dans une salle ovale mais de très grande taille. Comme si c’était le terrain parfait pour se battre. Derrière eux, Adomantxys est présente mais aussi Belzak. D’ailleurs, ses habits sont déchirés au niveau de ses bras. Qu’est-ce que ça veut dire encore tout ça ?

« Tu es capable de parler par la pensée maintenant ? Tu as retrouvé ton humanité ? »

« Comme si je pouvais retrouver quelque chose que j’ai perdu depuis longtemps. Depuis le jour où l’homme que vous protégez m’a fait ça. »

Je tente de garder mon calme malgré mon sang qui bout en moi. Il faut que je reste calme mais c’est bien plus difficile que ça. Je ne peux pas rester calme face à des ennemis qui protègent cet homme ! Ils sont conscients de ses atrocités mais ils le laissent faire !

« Nous ne pouvons pas te laisser passer. Je pense que tu t’en doutes. »

Maintenant, c’est la femme-Dracolosse qui me parle. Ils sont calmes, bien trop calmes malgré la situation. Est-ce qu’ils ont un plan en tête ? Qu’importe ! Je le briserai ! Comme leurs corps ! Je ne les laisserai pas faire ! Je remarque aussi qu’ils regardent parfois en arrière. Est-ce qu’ils sont anxieux ? Apeurés ? Je ne sais pas si on peut dire ça exactement, j’aimerai lire dans leurs pensées mais je n’en suis pas capable, loin de là. C’est étrange.

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas lire dans vos pensées ? »

« Comment pourrions-nous connaître la réponse ? »

Ils me répondent directement mais c’est logique. Ils n’ont pas de pouvoirs psychiques. Alors, il n’y a qu’une possibilité. Adomantxys. Je pose mon unique œil sur elle mais elle ne bouge pas d’un poil. Ou presque … Est-ce qu’elle est nerveuse ? Perturbée ? Non, elle reste impassible mais je ne sais pas, je n’ai pas confiance.

« Je ne tomberai pas dans un piège aussi grossier que ça. »

« Nous ne savons pas de quoi tu parles mais il n’y a aucun piège Nous nous battrons de façon régulière. Nous sommes les derniers dragons restants. »

« Et Belzak ? Il a décidé de ne plus parler ? »

C’est vrai. C’est étrange qu’il ne parle plus. Il doit manigancer quelque chose mais quoi ? Je ne sais pas et je me méfie. Mais il ne parle pas, il ne rigole pas. Il reste juste là, à observer la situation, un simple sourire aux lèvres.
Et il frotte aussi son bras nerveusement. Tsss ! J’ai à peine le temps de réagir que déjà, je m’enfouis dans ma carapace, me protégeant des flammes crées par les deux Dracolosses. De puissantes flammes, vraiment très puissantes. Pourtant, en même temps, je me dis que ce ne sont pas les meilleures flammes qu’ils peuvent crées. Quelque chose cloche.

« Si vous voulez mourir aussi facilement, aucun problème, je m’en occupe. »

Je dis cela alors qu’il est temps pour moi de les attaquer. Je pointe mon canon vers eux, commençant à le charger de toutes mes forces alors qu’il se préparent à réceptionner la boule de feu. Sauf qu’à la place de celle-ci, c’est une sphère chargée d’énergie spectrale qui en sort, venant les frapper de plein fouet.

Ils commencent à cracher du sang à cause de la surprise, se tenant les côtes. Rien que cette petite attaque les as mis dans un tel état. A quel point est-ce que je suis devenu fort ? A quel point est-ce que je suis devenu puissant ? C’en est presque effrayant, hahaha.

« C’est le mieux que vous puissiez faire ? »

« Combien de temps tiendrons-nous, tu crois ? »

Je leur parle mentalement mais eux-mêmes continuent de parler à voix haute. Ils sont là, en train de discuter entre eux. Ils parlent de quelque chose mais je n’arrive pas à savoir quoi. Tsss ! Je ne sais pas ce qu’ils manigancent !

« Peu. Je dirai cinq à dix minutes. »

« Vous savez quand vous allez mourir ? Ca me facilite la tâche ! Laissez-vous faire et ça sera beaucoup plus simple alors ! »

Mais ils ne me regardent même pas. PUREE ! C’est un combat ou quoi ?! Je pousse un râle de rage avant de me mettre dans ma carapace. Celle-ci commence à produire une épaisse fumée violette. Mais la fumée est rapidement balayée par les ailes des Dracolosses.

« Continuons. Voyons voir sa résistance. Je charge mon attaque à distance, tu vas au corps à corps ? » demande la Dracolosse femelle alors que là, je ressens enfin la véritable puissance des deux pokémons humanisés. ENFIN !

Le Dracolosse mâle fonce vers moi, évitant mes tentacules alors que tout son corps émet une aura que je reconnais. Seuls les pokémons les plus forts peuvent les utiliser. Ce Giga Impact … j’en suis certain. Il arrive jusqu’à moi, son corps me touchant. Dès l’instant où c’est fait, je sens que je n’ai plus pied sur le sol. Tout mon corps est projeté contre un mur de la pièce, créant un trou béant alors que je remarque qu’il est en métal. POURQUOI est-ce que je pense au matériau utilisé en ce moment ?!

« A mon tour. » murmure la femme-Dracolosse alors qu’entre ses mains, une sphère d’énergie pure est présente. Une sphère qui se déforme, prenant l’apparence d’un laser de la taille d’une tête humaine.

« CA NE SERVIRA A RIEN ! VOUS NE POURREZ PAS ME BATTRE ! »

Pourtant, lorsque le rayon traverse ma chair, j’ai l’impression que celle-ci est en train de fondre en moi et de disparaître. Cette puissance … est-ce que Tritani en est capable elle aussi ? Et Séphyria ? Je … oh … ne m’attendais pas à ça de leurs parts. C’est surprenant, vraiment surprenant qu’ils soient capables … de ça … s’ils sont sérieux.