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Chapitre 5 : Faire ses choix

Chapitre 5 : Faire ses choix

« Aaaaaah. » soupire un homme aux cheveux verts.

A côté de lui, une femme aux cheveux bleus est assise, les jambes croisées, les bras faisant de même au niveau de sa poitrine. Elle fixe l’homme pendant plusieurs secondes, le regardant soupirer plusieurs fois avant de dire d’une voix légèrement irritée :

« Alors, qu’est-ce qui se passe, Emairon ? Tu vas me taper sur les nerfs sans même … »

« Lania. C’est mademoiselle Lania, Sephyria. C’est vraiment Lania … Rien que Lania. Je n’arrête pas de l’avoir dans ma tête, je ne peux pas m’en empêcher. Je ne peux pas … m’arrêter de penser à elle, Sephyria. Je ne comprends pas. »

« Humpf ! T’es vraiment stupide comme garçon, est-ce que tu le sais ? Si tu es tellement mordu d’elle, pourquoi est-ce que tu restes planté là ? Tu ferais mieux d’aller la chercher non ? Enfin, non, tu ne peux pas, on a des ordres à recevoir. »

Il ne répond pas à la femme, restant immobile alors qu’ils attendent. Ils attendent tous les deux sans plus de mots. Ils attendent tous les duex … Elle ? Elle est en proie à ses pensées … Elle est en train de réfléchir à ce que Loïc va leur dire. Car oui, ça ne sera pas des félicitations de sa part, elle le sait parfaitement.

Je hais les traquenards, je hais les pièges, je hais tout ce qui se rapporte au déshonneur et à la couardise. Je hais qu’ils tentent d’abattre deux personnes avec une cinquantaine d’hommes. Je hais tout ça. Je ne regrette pas mes actions. Je ne regrette pas ce que j’ai fait. Même si bien entendu, je n’ai pas réussi à les retrouver. Je veux un combat loyal, je veux un combat qui se fasse en un contre un et rien d’autre. Je veux un combat de la sorte. Si je dois tuer Ric, je veux que cela se fasse avec mes propres mains.

« Sephyria ? Pourquoi est-ce que tu as fait ça à l’aéroport ? » demande soudainement le Gallame en s’adressant à l’Altaria, celle-ci posant ses yeux saphir sur lui.

« Ca serait trop compliqué à expliquer et je n’ai pas de temps pour ça, je suis désolée. »

« Tiens donc ? Toi ? Tu es désolée ? Et depuis quand ? Car je suis intéressé par la réponse. » déclare une voix masculine, un peu railleuse.

« Loïc … Je n’ai pas à m’exprimer sur mes gestes. Je fais ce je devais faire. Si je veux me battre contre Ric, je le fais. J’ai quelque chose que la Triafa n’a jamais possédé. »

« Oh … Tiens donc … Et laisse-moi deviner, cette chose, c’est de l’honneur ? »

« Exactement. » peste l’Altaria, rageant intérieurement contre le vieil homme.

Je ne sais pas pourquoi mais je hais cet homme. Il me débecte. Il me répugne … J’ai toujours cette impression malsaine que nous ne sommes que des jouets sans importance pour lui. Ca m’énerve … Cet homme m’énerve … Cet homme … J’ai envie de le tuer mais je n’y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment mais je ne peux pas. Je ne peux pas le toucher. J’ai l’impression que quelque chose me bloque.

« Bref … Si tu as le temps de penser à de telles absurdités, de mon côté, j’ai aussi le constat de vos échecs en face. »

« Et qu’est-ce que tu vas nous faire ? Nous menacer ? » répondit Sephyria, sans le craindre.

« Oh ? Tu es un peu vantarde, je te rappelle que tu n’es qu’une simple pokémon. Non encore « liée » mais ça ne saurait tarder. Vous êtes tous les deux en bas de la Triafa maintenant. Vous êtes devenus presque obsolètes. Enfin … Plutôt toi, Sephyria. Tes nombreux échecs et … aides à l’ennemi commencent sérieusement à agacer la Triafa. »

« Le jour où ils auront une morale et de l’honneur, peut-être qu’alors, je pourrai être en accord avec leurs idées et travailler plus « correctement ». »
« Tiens donc … Alors mademoiselle Sephyria préfère aider le fils de celle qui l’a créée ainsi plutôt que de le tuer ? Tu es vraiment volatile et lunatique comme femme, tu le sais bien ? Je pensais que tu voulais sa mort. »

« CE N’EST PAS PAREIL, LOÏC ! » hurle la jeune femme, faisant apparaître ses ailes de coton dans son dos alors que Loïc émet un grand sourire :

« Bien entendu … Bien entendu … Ce n’est pas « pareil ». De toute façon, vos nouveaux ordres sont ces derniers : vous allez purger les différentes villes de l’Atylie de la masse « rebelle » qui n’accepte pas la Triafa. »

« Tuer tout simplement pour tuer des personnes, surtout quand elles sont innocentes, non merci. Je n’ai pas que ça à faire. Surtout qu’elles ne peuvent pas répliquer. »

« Oh ? Sephyria ? Tu pensais avoir le choix ? » rétorque Loïc avec un grand sourire mauvais aux lèvres, Sephyria s’étant mise à trembler de rage.

« Vas te … » commence-t-elle à dire avant qu’il ne l’arrête d’un geste de la main.

« Tu ne voudrais quand même pas devenir vulgaire face à ton supérieur, n’est-ce pas ? Tu n’es qu’une pokémon, rappelle-toi ta place et obéis. Sinon, je ne me priverai pas pour être celui qui te … « punira » d’une autre façon. »

« Je te tuerai avant même que tu ne puisses me toucher. »

« Et pendant ce temps, tu ferais mieux d’être comme Emairon : sage et obéissant. Je vous ai transmis vos ordres. A vous de ne pas vous louper cette fois-ci … surtout toi, Sephyria. Tu es bientôt « destinée » à être l’une de ces nombreuses filles de joie que tu côtoies assez souvent à travers les couloirs dernièrement. »

« DISPARAIS ! » hurle la femme aux cheveux bleus avec haine.

Il en est hors de question … Il en est hors de question. Aucun homme … Aucun humain ne me touchera ! Je ne laisserai jamais une telle chose se faire ! JAMAIS ! Je briserai les os un par un de celui qui tentera de poser la main sur moi. Je le regarde partir tout en serrant les poings. Je veux le tuer … Je veux tuer cet homme ! JE VEUX LE TUER !

« Pardon … Sephyria … Je ne savais pas quoi dire. » déclare Emairon quelques minutes plus tard, la tête baissée en direction du sol.

« Pas grave … Ce Loïc est plus que gonflant. Et dire qu’il était le meilleur ami du père de Ric. Tsss … J’arrive pas à comprendre comment ils ont pu être amis. »

« Pardon encore … Je ne savais pas du tout quoi dire ou faire … »

« Je t’ai dit que ce n’était pas grave. Aller … On va se mettre en route. Tsss … »

« Pourquoi est-ce que tu es autant en colère ? Je peux lire dans ton cœur comme dans un livre ouvert. Sephyria, qu’est-ce que nous devons faire ? » demande le Gallame à celle qu’il considère comme sa sœur. L’Altaria se tourne vers lui, répondant :

« Obéir pour le moment. En même temps, nous allons voir pour retrouver la trace de R … de Lania. Au moins, que l’un d’entre nous soit heureux. »

« Pourquoi est-ce que tu ne cherches pas à l’être, toi aussi ? »

Il s’apprête à prendre la parole mais je l’arrête d’un geste de la main. Qu’il la boucle, c’est mieux pour lui. Je n’ai pas envie d’être heureuse, je n’ai pas le moral à ça et je n’ai pas aussi les pensée pour ça. Ce salopard de Loïc … Je commence à en avoir assez … mais je ne peux pas partir comme ça. J’ai d’autres personnes … à protéger et surveiller. Deux autres …

Chapitre 4 : Criminels

Chapitre 4 : Criminels

« Lania ? Tu attends quoi ? Il faut partir. Aller, hop, hop, hop. On se dépêche, Lania. »

« D’accord … Ric. » me répond t-elle faiblement, trop gênée pour me regarder droit dans les yeux. Je pousse un soupir, allant chercher sa main blanche alors que nous quittons l’hôtel. Il est temps pour nous de nous rendre dans une autre ville pour aller dormir ailleurs.

Nous prenons le bus, Lania posant sa tête contre mon épaule. Mes paroles d’hier l’ont assez secouée, je le sais parfaitement et ça me désole. Je ne voulais pas lui faire du mal mais j’ai l’impression que ce fut néanmoins le cas. Quel idiot, je suis … Vraiment mais quel idiot.
« Repose-toi encore un peu, Lania. Tu as besoin de dormir. »

Je lui souffle ça doucement dans l’oreille, la faisant frissonner alors qu’elle se calfeutre contre moi. Heureusement, en même temps, je regarde l’intérieur du bus pour voir si rien n’est suspect. Je n’aime pas paraître paranoïaque mais j’aime encore moins me retrouver criblé de balles car je ne fus pas sur mes gardes.
Finalement, je descends du bus avec Lania alors que nous sommes arrivés dans une ville, une bonne trentaine de kilomètres plus loin. Rien que ça ! Et oui ! Au moins, on peut reconnaître que nous nous en sommes sortis indemnes ou presque. Je lui demande d’être discrète alors que nous nous dirigeons vers un second hôtel. Là-bas, je demande une chambre, encore avec un seul lit. Lania s’apprête à parler mais préfère se taire.

« Merci beaucoup pour la chambre. Nous ne voulons pas être dérangés. Nous descendrons à l’heure du dîner. »

L’homme hoche la tête pour dire qu’il a bien compris alors que j’emmène Lania dans la chambre. Je ne dois pas être jaloux … Pas du tout même. Elle retire la combinaison qui la recouvre du froid mais surtout ses oreilles et son corps. Maintenant, elle a les habits communs sur son corps. Moi-même, je m’installe sur le lit, allumant la télévision. Lania reste debout, comme gênée avant que je ne dise :

« Maintenant que les choses sont mises au clair, tu peux venir au lieu de rester plantée là. »

« Je ne sais pas … Après tout ce qui s’est passé hier, Ric … Je … »

Je me redresse alors que je lui prends le bras. Je la tire et l’emmène vers moi, la Gardevoir se retrouvant couchée à côté de moi. C’est bon, j’ai parfaitement compris le message, pas besoin de me faire un dessin ou autre. Je ne suis pas plus stupide que ça non plus.

« Pardon … Ric … Je lis dans tes pensées et je sais que … »

« Arrête de lire dans mes pensées, tu te fais du mal inutilement. Ce n’est pas parce que tu aimes un Gallame que je vais te haïr. »


Loin de là même. Je suis … peut-être un peu jaloux de savoir qu’Emairon peut s’attirer les faveurs d’une aussi jolie demoiselle que Lania … mais en même temps, je suis soulagé. Les pokémons doivent rester avec les pokémons, voilà tout.

« Lania … Je téléphonerai à Alphonse, dans la soirée, d’accord ? »

« D’accord … Tu fais comme tu veux, Ric. »

Elle pose sa tête contre mon torse alors que je la serre dans mes bras. Je commence à zapper, regardant les différentes chaînes, même brièvement celle pornographique. Aussitôt, je sens Lania qui tremble dans mes bras. Je zappe aussitôt, arrivant à une allocution de la part du président atylien. Vraiment … J’ai envie de zapper mais je m’arrête quand je vois aussitôt ce qui se trouve à l’écran.

« Lania ! Mais … C’est nous ? Comment … est-ce que … »

Je me tais pourtant tandis que je vois ce que … Enfin, non ! J’entends ce que le président atylien est en train de dire. Mais c’est une blague ou quoi ?!

« Ces deux personnes sont d’importants criminels. Moi-même, je vous demande de faire très attention si vous les rencontrez et de prévenir les autorités compétentes. »

« MAIS QUEL POURRI ! » m’écris-je alors que Lania reste collée contre moi, caressant mes cheveux blonds avec lenteur.

« Calme-toi, Ric … Je … Je peux facilement nous téléporte si cela est problématique. Ne t’en fait pas donc, d’accord ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Je … Ils ont vu mon visage je crois à l’accueil. Enfin, je n’en suis pas sûr … Mais bref … Ce soir, nous devrions dormir que d’un œil. Je vais contacter encore Alphonse, je suis désolé mais je ne suis plus d’humeur à regarder la télévision. Et par contre, Lania … Tu ne changes pas pour la chaîne pornographique, d’accord ? »

« Mais … Mais … Mais … Pour qui est-ce que tu me prends, Ric ? »

« Pour quelqu’un qui s’excite trop facilement, la preuve en est avec ça. » dis-je tout en plantant un doigt sur le téton droit déjà durci à travers le vêtement.

« Mais euh ! C’est juste une réaction au tissu ! Rien d’autre ! »

« Oui, oui … Bien entendu, une réaction au tissu. Tu en as d’autres des blagues de la sorte, Lania ? Que je puisse rigoler moi aussi quand tu déclares de telles choses. »

Elle me tire la langue avec gêne alors que je soupire. Vraiment … Qu’est-ce que j’ai fait pour me mettre dans un tel pétrin, hein ? Bon … Je prends mon portable, commençant à m’éloigner mais aussitôt, je vois Lania qui change de chaîne.
« Lania … Qu’est-ce que j’ai dit ?! »

Car oui, elle a bel et bien mis la chaîne pornographique ! Je lui demande de couper le son puisque je ne peux pas l’arrêter et elle s’exécute. Pendant ce temps, j’attends qu’Alphonse décroche, chose qui ne tarde pas vraiment. Ah … Voilà ce dont je dois lui parler. La raison est simple, très simple … Il faut que je …

« Ric ! Tu as regardé les télévisions atyliennes ? Ce foutu président vous considère comme des criminels ! Il faut vraiment que je trouve le moyen de montrer qu’il est corrompu ! »

« C’est pas le plus important à l’heure actuelle. C’est quoi la situation ? Qu’est-ce que tu peux me dire exactement sur tout ça ? »

« J’ai déjà préparé des hommes pour qu’ils pénètrent en Atylie discrètement. Du moins, nous allons faire semblant de partir à ta recherche aussi. »

« Pour venir me délivrer … Soit … Il faut que nous restions en communication alors. Là, j’ai de quoi tenir encore quelques jours je pense au grand maximum. Les hôtels sont pas fameux mais bon, ça passe quoi … »

« Ne fait pas la fine bouche et surtout, ne commets pas de bêtises alors que tu es proche de la Fronse. Ca serait stupide de tout perdre alors que l’on est si près du but. »

Il marque un point. Ah … Oui … Vraiment … Je le remercie alors que je regarde brièvement Lania. Qu’est-ce que … Même s’il n’y a pas de son, elle semble comprendre parfaitement les scènes de la télévision. Et autant dire qu’elle est en train de se donner en spectacle là ! Bien entendu, elle a gardé ses vêtements car nous ne sommes pas encore en pyjama mais ce genre de caresses délurées. Je déclare :

« Alphonse, je te rappelle demain ! J’ai à faire ! »

Je coupe la communication de manière assez brusque alors que Lania s’arrête, parfaitement confuse. Je crois les bras en la fixant avec colère, Lania changeant de chaîne, venant se recroqueviller rapidement sous les couvertures.

« Lania … J’espère quand même un peu plus de décence de ta part. »
Je pousse un soupir alors qu’elle murmure qu’elle appréciait vraiment les vidéos à la télévision. Il faut vraiment que je trouve un moyen de ramener Emairon ici. Du moins, après avoir vérifié qu’il ne veut pas faire du mal à Lania. Ca ne peut plus durer.

Chapitre 3 : Un autre que moi

Chapitre 3 : Un autre que moi

« Ric … J’ai vraiment chaud, vraiment très chaud. »

Elle commence doucement à se pincer les tétons à travers le tissu en poussant quelques gémissements. Moi ? Je déglutis, ne sachant pas réellement où je peux me mettre. Je m’approche lentement d’elle, allant m’asseoir à ses côtés.

« Lania … Il faut que tu te contrôles. Qu’est-ce que nous avions dit ? »

« Mais je ne peux pas, Ric ! Je ne peux pas ! Je ne peux pas me contrôler ! Je ne peux pas ! J’en ai envie, vraiment envie ! Touche pour voir ! »

Sans même me laisser le choix, elle vint placer ses bras autour de mon cou pour m’attirer contre sa poitrine. En même temps, elle contrôle l’une de mes mains pour qu’elle vienne s’enfouir au niveau de son entrejambe. C’est trempé, vraiment trempé.

« Lania ! Contrôle-toi un petit peu ! S’il te plaît ! Tu n’es pas … Enfin, tu as montré que tu en étais capable pendant les évènements en Calambie. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ? »

« Je ne sais pas ! Je ne sais pas du tout, Ric ! S’il te plaît ! »

Je … Je suis sensé faire quoi là ? Je … Depuis le temps, je commence à être réactif à tout ça ! Je n’ai jamais eu de rapports sexuels voire même de rapports tout court avec la gente féminine ! Et cette Gardevoir … Cette Gardevoir… Non ! Je dois me contrôler !

« Lania ! Première et dernière fois que je te le dis ! Arrête ça maintenant ! »

« Promis ! Première … et dernière fois … que tu le fais … mais Ric … Je … »

PUREE ! Je suis sensé réagir comment ?! HEIN ? COMMENT ? Je … Je retire ma main déjà trempée alors que Lania l’observe, rouge de gêne. Elle s’approche doucement de ma main, commençant à suçoter les doigts les uns après les autres. Je … NON ! Là ! Ca devient trop dur ! Et dans tous les sens du terme !

« Lania ! Tu es une grande fille ! Débrouille-toi seule ! »

Je me lève, comme mon érection et je m’enfonce dans la salle de bain. Aussitôt, je m’y enferme et je suis bien obligé de me soulager. Oui … c’est bête, c’est bestial mais c’est ainsi et pas autrement ! Je suis obligé de me finir dans le lavabo avant de faire couler l’eau du robinet. J’ai honte … J’ai vraiment honte de tout ça. Et je regarde ma main … Cette main qu’elle a suçotée … Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle réagit comme ça ?

« Lania … J’espère que tu as terminé et … »

« EMAIIIIIIIRON ! »

Je me statufie sur place alors que je m’apprêtais à quitter la salle de bain. Emairon ? N’est-ce pas ? C’est bien ça ? Hahaha … Je suis parcouru d’un petit rire nerveux alors que je quitte la salle de bain. Je vois Lania, couchée sur le lit, une petite flaque au niveau de ses cuisses. Je vois aussi sa poitrine mise à nue, saillante et désirable. Elle est en sueur alors qu’elle halète, la langue à moitié sortie de la bouche.

Je m’approche d’elle, Lania me regardant avec ses yeux fiévreux. Elle continue de me regarder et je la vois qui commence à légèrement pleurer. Je ne sais pas … Je n’y arrive pas. Pas avec elle … Maintenant que je ne suis plus excité, je peux réagir correctement. Je vais la soulever comme je le ferai avec une princesse d’un conte de fées.

« Pardon … Ric … Vraiment pardon … Je … Je suis désolée. »

« La seule chose pour laquelle tu dois être désolée, ce sont tes vêtements. Du moins, ton bas de pyjama … Nous sommes censés le laver comment ? J’espère que tu as quelque chose d’autre à mettre non ? »

« Ce n’est pas de ça dont je suis désolée, Ric … J’ai juste … »

« Prononcé le nom d’une personne que tu désires ? Ne t’en fait donc pas. J’ai juste eu une réaction un peu normale pour un homme mais je me suis contrôlé. » murmure-je alors qu’elle détourne le regard, honteuse. Quel idiot … Je suis un idiot.
Je l’emmène dans la salle de bain, la déposant sur le sol alors que je lui retire sa chemise et son pantalon de pyjama. Oui … Ca veut dire qu’elle est complètement nue devant moi. Je l’observe pendant quelques instants, Lania restant de marbre bien qu’elle rougit. Puis je pousse un soupir avant de commencer à faire couler l’eau du bain.

« Vas donc te laver, d’accord ? Et attention, pas de masturbation. »

« J’ai honte maintenant … J’ai vraiment honte quand tu parles comme ça, Ric. Je ne suis pas une enfant. J’ai quand même dans les vingt ans en années humaines, tu sais ? »

« Et je me rapproche de mes vingt-cinq … Aller … Va dans le bain. »

« Tu veux bien me … tenir compagnie, s’il te plaît ? » me demande-t-elle. Je m’assoie à côté de la baignoire alors qu’elle me regarde timidement. Elle s’enfonce dans la baignoire, commençant à se laver alors que je murmure :

« Pourquoi est-ce que tu veux que je reste ici ? Tu es une grande fille, non ? Tu l’as dit toi-même que je sache. Alors … Pourquoi est-ce que tu veux ça ? »

« J’avais … envie que tu restes à côté de moi, Ric. Je … Je suis désolée pour le nom que j’ai dit. Je ne veux pas que tu crois que je … désire quelqu’un d’autre. »

« Hum ? Et qu’est-ce que je dois croire ? » réponds-je en rigolant alors qu’elle se penche hors de la baignoire, sa poitrine compressée contre le bord. Purée ! Qu’elle ne me colle pas ça sous les yeux ! Surtout cette peau blanche et laiteuse !

« Je t’aimerai toujours, Ric ! Toujours et vraiment ! »

« Mais moi aussi Lania … Moi aussi je t’aime. » dis-je bien que ce n’était pas de la façon à laquelle nous pensons tous les deux. Moi je le sais … mais peut-être pas elle.

Elle sort subitement de la baignoire et se jette sur moi. Elle me colle sa poitrine au visage alors que je tente de ne pas réagir. Cela fait quelques minutes déjà mais je ressens à nouveau cette pulsion qui m’anime. Je ne … dois pas penser à ça.

« Moi aussi, je t’aime, Ric ! Moi aussi ! »

« Lania ! » dis-je en la repoussant, collant mes mains sur ses seins, ses tétons durcis entre mes doigts. Je la repousse alors qu’une violente érection arrive dans mon pantalon. Elle la remarque aussitôt et glisse sa main dessus.

« Ca prouve que l’on s’aime tous les deux hein ? N’est-ce pas ? »

« Lania … C’est à cause de ton corps, non pas de ce que je pense de toi. C’est différent … Et puis … Lania … Entre nous, ce n’est pas moi dont tu as envie. »

« Hein ? Mais bien sûr que si ! Je vais te le prouver ! » s’écrit-elle alors qu’elle commence déjà à masser ma bosse avant que je ne l’arrête.

« Lania … Pense donc à Emairon. Pense-y maintenant. »

Et comme je m’y attendais, sa réaction ne se fait pas attendre. Ses tétons pointent encore plus qu’auparavant, Lania devenant rouge de gêne. Je pousse un petit soupir avant de soulever Lania, la remettant dans la baignoire. Elle est plus que confuse.

« Lania … Je vais aller me reposer … Enfin, je vais d’abord me sécher mais ce n’est pas moi … que tu aimes … malheureusement. »

Elle ne me répond pas alors que je me sèche puisque je quitte la salle de bain. Quelques minutes après, je suis couché dans le lit. Encore quelques minutes après et elle me rejoint dans un peignoir. Elle se couche à côté de moi alors que je lui tourne le dos. Elle vint se coller contre celui-ci, ne murmurant aucun mot alors que nous nous endormons tous les deux.

Chapitre 2 : Survivre à tout prix

Chapitre 2 : Survivre à tout prix

« Et maintenant ? Que faisons-nous ? » me demande Lania avec lenteur.

Ce que nous faisons ? Je ferai bien d’y réfléchir car pour le moment, je n’ai aucune idée. Loin de là même ! Séphyria … Elle est assez perturbante comme femme enfin non ! Comme pokémon ! C’est une pokémon ! Malgré son apparence humaine, je dois me méfier.

« Lania ? Qu’est-ce que tu penses réellement de Séphyria ? Tu penses que c’est une ennemie ? Ou alors une alliée ? Je ne sais pas. Elle me perturbe. »

« C’est bien la première fois qu’elle te perturbe autant, non ? Du moins, qu’une femme … Même avec elle, tu ne semblais pas aussi inquiet du futur. »

« Je ne sais pas comment je dois réagir si je la vois une nouvelle fois. Est-ce que nous devons la remercier ? Car comment dire … Malheureusement … On ne la voit pas en face. »

« Je ne sais pas vraiment … » murmure faiblement Lania. Elle est dans le même état d’esprit que moi. De la perplexité car nous ne savons pas comment réagir. Cette Séphyria est un vrai casse-tête. Je caresse un peu les cheveux de la Gardevoir avant de reprendre doucement :

« Allons dans un village … mais restons quand même sur nos gardes, d’accord ? »

« Nous n’avons pas vraiment le choix, Ric. Nous ne savons pas sur quoi nous risquons de tomber. La Triafa nous recherche surement partout à l’heure actuelle. »

Grâce à Sephyria … Enfin bon … Ce n’était pas aussi simple que ça. Sephyria … Cette Altaria était une vraie source de questions. J’ai besoin de la revoir et de lui poser quelques questions. C’est sérieux, vraiment sérieux.

« Lania ? Si nous pouvons communiquer avec Séphyria, nous le ferons, d’accord ? »

« Pas de problèmes. En plus, c’est elle qui connait bien Emairon ! »

Tsss ! Elle pense encore à Emairon en ce moment même ? Elle est irrécupérable. Oui … Lania est irrécupérable ! Mais je ne suis pas forcément mieux en un sens. Je ne sais pas pourquoi je fais une fixation par rapport à Séphyria.

« Cette Altaria est intrigante. Très intrigante même. »

« Si tu as fini de parler, Ric, nous devrions nous déplacer. Nous ne savons même pas où nous sommes exactement. Nous voyageons en terrain inconnu. »

« Oui mais si nous trouvons des capuches ou des manteaux pour nous recouvrir, prenons-les, qu’importe si c’est du vol. Nous devons rester cachés. »

Elle hoche la tête car elle sait parfaitement que j’ai raison dans mes propos. Nous marchons pendant plusieurs minutes dans cette forêt et je lève la tête un bref moment. J’ai eu l’impression de voir Séphyria. Hum … Je ferai mieux de me remettre au travail plutôt. Enfin … Ce n’est qu’une façon de parler puisque je ne fais rien en ce moment précis.

Finalement, nous arrivons aux abords d’un village. Rien que ça. Car oui … Il semblerait que même le village soit en effervescence. Du moins, je dis village mais ça ressemble plus à une petite ville. C’est quand même mieux que la Calambie quoi. Nous commençons à marcher discrètement dans les rues, passant à côté des magasins de vêtements. Comme il fait assez froid, Lania téléporte rapidement quelques épais manteaux sur nos corps pour les mettre. A partir de là, nous mettons les capuches sur nos têtes pour éviter de nous faire repérer.

« Attends un petit peu, Lania. Regarde donc la télévision. »

Qu’est-ce que je veux lui montrer ? Tout simplement la télévision. Car oui, à la télévision, nous pouvons apercevoir une allocution du président atylien. Ce fichu président est connu pour être le pire de l’Orapie ! Oui … Aucune preuve formelle ne permet de montrer qu’il travaille avec la Triafa et c’est ça le plus rageant. Car tout le monde est au courant mais nul n’ose le montrer. Même la justice est corrompue.
Ça me rappelle un peu la ville où j’ai vécu pendant des années. On ne le remarque pas tout de suite mais au final, tous sont plus pourris les uns que les autres. Pfff … Pourquoi est-ce que je m’évertue à penser de la sorte ? Je regarde Lania avant de lui dire :

« Trouvons-donc un endroit où nous reposer. Comme la monnaie est la même dans toute l’Orapie, nous n’aurons aucun souci pour avoir de l’argent. Du moins, j’en ai encore de notre passage avant la Calambie. »

« Bien entendu, Ric. Je peux te prendre le bras ? Dis ? » me demande-t-elle avant de me le prendre. Si elle le fait, pourquoi me poser la question ?

Néanmoins, je ne lui réponds pas alors que je chercher un hôtel. Peu difficile à trouver. Bon, le prix d’une chambre est telle que je suis bien obligé de dormir avec Lania dans la même chambre qu’elle. Hum … Je suis un peu soucieux mais elle-même ne semble pas avoir d’idée perverse en tête. Ça me change pour une fois.

« Ric ? Tu n’aurais quand même pas des idées érotiques en tête hein ? »

Elle me demande cela alors que je ferme la porte derrière nous. Une unique chambre … avec un unique lit. Rien que ça. Ah … Je me sens moins gêné qu’auparavant. Ce n’est quand même pas la jalousie qui me donne envie de Lania, non ?

« Je ne crois pas. Et toi ? »
Question vraiment pathétique. Je devrais avoir honte de moi sur ce coup. Vraiment, quel nul ! Elle me regarde avec interrogation avant de me sourire doucement. Pourquoi est-ce que j’ai l’air d’être un enfant face à elle ?

« Je vais passer un coup de fil par mon téléphone portable. Si j’appelle à partir de l’hôtel, on risque d’écouter ma conversation. »

« Comme tu veux. Pendant ce temps, je vais me mettre en tenue de combat. »

Oh … Jolie expression pour dire qu’elle va se mettre en pyjama. Pendant ce temps, je vais dans la salle de bain alors que je prends mon téléphone portable. Plus besoin d’en changer. Je commence à composer le numéro d’Alphonse. J’attends plusieurs sonneries jusqu’à ce que la voix d’Alphonse n’arrive à mes oreilles.

« Qu’est-ce que ça veut dire, Ric ? Nous t’avons attendu toute la journée en Fronse ! »

Je lui demande de se calmer avant que je ne commence à expliquer la situation. Oui … Je lui explique que je me retrouve en Atylie contre mon gré, que malheureusement, je n’ai aucun moyen de rentrer, que la Triafa est à mes trousses. Bref, ce n’est pas joyeux.

« Je vais demander à Casior de tout faire pour te sortir de là. Il a plus de voix maintenant sur la scène politique. Il paraitrait même qu’il peut briguer un mandat présidentiel. »

« Casior ? Le même bonhomme que je connais ? J’ai l’impression que le monde a complètement changé depuis mon départ de la Fronse. »

« A peu de choses près, tu n’es pas si loin de la vérité. »

Hahaha … Il me rassure un petit peu. Néanmoins, l’Atylie n’est bientôt qu’une formalité. Du moins, je l’espère. Je le remercie pour son aide avant de couper la communication. Je quitte la salle de bain, m’immobilisant en voyant le spectacle que me donne Lania. La Gardevoir est là, chemise à moitié ouverte, laissant paraître un décolleté sur sa poitrine plutôt généreuse. Je vois aussitôt les pointes à travers son vêtement tandis qu’elle est rouge au visage.

« Je … Lania … C’est bon … Alphonse nous aidera … »

« Ric … J’ai chaud … Vraiment chaud … J’ai encore pensé à ça … »

Et je suis sensé faire quoi dans ce genre de situation ? Hein ? Là … Déjà que depuis quelques temps, j’ai l’impression de la considérer comme ma possession. Si elle recommence à dériver de la sorte, je ne vais … pas pouvoir tenir très longtemps.

Chapitre 1 : Arrivés au mauvais endroit

Chapitre 1 : Arrivés au mauvais endroit

« Lania ? Lania … Nous sommes bientôt arrivés. » dis-je tout en secouant légèrement le bras de la Gardevoir pour la réveiller. Celle-ci marmonne quelques paroles dans son sommeil, semblant peu enjouée à l’idée de s’extirper de son sommeil.

« Pas envie … Préfère … Préfère rester avec Emairon. »

J’aurai pu sourire à ce moment précis mais ce ne fut pas le cas. Je ne sais pas … Cet Emairon est spécial, je le sens. En fait, je comprends déjà ce qui se passe avec Lania mais bon … Je préfère taire ce petit élan de jalousie que je ressens. Je ne vois pas pourquoi je devrai l’être. Elle est une pokémon, Emairon l’est tout autant.

« Si tu ne réveilles pas, tu ne verras peut-être jamais Emairon. Alors, tu te réveilles. »

C’est un peu du chantage ridicule mais ça marche puisqu’elle ouvre les yeux. Elle me regarde avec ses yeux ensommeillés, marmonnant une nouvelle fois :

« Emairon est là ? Où est-ce qu’il est ? Je ne le vois pas … Tu m’as menti, Ric ? »

« Pas vraiment … J’ai juste signalé que si tu ne te réveillais pas, il y avait des chances que tu ne le revois pas. Mais maintenant que tu es réveillé, je dois te dire quelque chose. » souffle-je avant de me rapprocher de son oreille. Pourtant, aucun mot ne sort de ma bouche.

Non … Tout se passe par la pensée et je la préviens que nous ne sommes pas arrivés en Fronse comme je l’aurai pensé mais … dans un autre pays : l’Atylie. Un pays pourri et corrompu, je le sais bien puisque je suis quand même un policier à la base. Elle me regarde puis me demande ce que je veux faire.

« Je pense que lorsque l’avion va atterrir, nous allons tout simplement nous téléporter hors de celui-ci et nous rendre en sécurité. Ensuite, il faut que l’on quitte ce pays. »

« Je pense que c’est une bonne et une mauvaise idée. Nous ne savons même pas où nous sommes dans ce pays, Ric. Il faudrait plutôt contacter tes amis non ? »

« Je sais, je sais … Mais d’abord, il vaudrait mieux que l’on se mette en sécurité. Donc … Dès que l’on quitte cet avion, on cherche un endroit où se cacher. »

« Ca ne me semble pas être une mauvaise idée. En fait, c’est même l’unique solution que l’on a d’après ce que j’ai pu comprendre. »

« … … … A peu de choses près. » dis-je tout en rigolant à moitié. Pourtant, la situation ne s’y prête pas du tout. Loin de là même.

L’avion finit par atterrir tandis que je regarde les différentes personnes. Elles sont toutes neutres non ? Du moins, innocentes pour la majorité d’entre eux. Je regarde maintenant Lania, celle-ci hochant la tête avant que nos deux corps ne disparaissent subitement lorsqu’il n’y a plus personne dans l’avion.

Nous voilà dehors. Hors de l’avion bien heureusement ! Du moins, on peut souffler juste pour quelques secondes puisqu’aussitôt, plusieurs pistolets sont pointés vers nous :

« Vraiment … Quand toute une zone est surveillée, ce n’est pas en vous téléportant que vous comptiez vous en tirer, n’est-ce pas ? Bienvenue en Atylie. »
L’un des hommes s’adresse à nous avec une pointe d’ironie alors qu’il semble sûr de lui. Tsss … Pourtant, en même temps, quand je regarde à gauche et à droite, je sais que la situation est plus que préoccupante. Pourtant, il n’y a pas que ça. Je ne sais pas … Je me sens observé par quelqu’un ou quelque chose.

« Je m’occupe personnellement d’eux. » déclare une voix dans les airs.
Que … L’Altaria ? Qu’est-ce que Sephyria fait ici ? Elle a ses ailes déployées, stationnant dans les airs tout en regardant les membres de la Triafa avec dédain. Je ne sais pas si je suis visé aussi mais avec elle dans les parages, et avec tout ce qui s’est passé il y a encore quelques temps, je sens que je vais avoir des problèmes.

« Vous êtes … l’une des pokémons de la Triafa non ? Enfin, l’une des grandes pokémons. »

« C’est exact. Si vous comprenez votre position, je pense que le dialogue sera bien plus simple non ? J’ai signalé que j’allais m’en occuper donc ne vous mettez pas en travers de mon chemin. J’ai un compte à régler avec eux. »

« Malheureusement, nos ordres proviennent de la maison-mère de la Triafa en Atylie. Nous avons pour ordre « d’escorter » ces deux … »

« Est-ce que je dois me répéter ? » reprit Sephyria avant de commencer à produire un léger vent. Ils n’ont pas peur d’elle ? Pourtant, ça semble être exactement ça.

« Que vous vous répétiez ne change rien du tout. Nous avons des consignes et nous devons les respecter. Désolé mais vous deux, vous nous accompagnez. Et même pas besoin de penser à vous téléporter, des hommes sont disposés partout. »

Je regarde Sephyria puis quelques rares personnes qui descendent de l’avion au loin. Ces personnes semblent … habituées à tout ça. Qu’est-ce que ça doit être que ce pays ? Je le connais que de nom, je sais comment il est régit mais je …

« AAAAAAAH ! » crie Lania à côté de moi avant d’être projetée au sol, mon propre corps venant la rejoindre. En fait, tout le monde est à terre, pressés par un vent des plus puissants. Elle ne semble pas vouloir s’interrompre visiblement.

« Quand je déclare quelque chose, je préfère que l’on respecte mes décisions. Puisque vous ne voulez pas m’écouter, je ne vais pas me priver pour tous vous emporter. Vous l’aurez voulu. »

J’arrive à peine à relever la tête pour regarder Sephyria. Celle-ci a ses yeux posés sur moi, me fixant longuement alors que mon corps se soulève comme celui des autres. Je sers la main de Lania, tout le monde se retrouvant emporté par une tornade. Oui … C’était une tornade. Une tornade causée par Sephyria ! Elle était devenue complètement folle ?! Ou alors, c’est peut-être le cas depuis qu’elle avait appris à son sujet … et en ce qui concerne ma mère.

Je ferme les yeux, tirant Lania contre moi tout en priant intérieurement que tout va se terminer … plutôt bien. Il me faut plus d’une dizaine de minutes avant que je décide de rouvrir les yeux. Où est-ce que nous nous trouvons ?

« Lania ? Tu vas bien ? Pas trop de casse ? »

« … … … Je ne sais pas … mais je suis recouverte de feuilles et autres. »

C’est vrai. Nous avons atterrit dans ce qui semble être une forêt. Mais comment est-ce possible ? Où est-ce que les autres hommes se trouvent ? Nous sommes toujours en danger ! Je ne sais même pas exactement où nous sommes ! Qu’est-ce que je suis sensé faire ? Je regarde Lania, la tirant hors des feuilles tout en souriant.

« Alors ? Pas trop de bobos, ma grande ? Vraiment … Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Je ne peux pas te le dire car je ne le sais même pas moi-même. »

J’ai besoin de mettre de l’ordre dans mes idées. Nous sommes en vie, c’est le plus important. Mais est-ce que c’était le but de Sephyria ? Non ? Elle n’aurait quand même pas essayé de nous sauver la vie hein ? Ce n’est pas son genre, du moins, de ce que je crois connaître d’elle. Le souci, c’est que je ne connais rien du tout en ce qui la concerne. Vraiment … Est-ce une ennemie ou une alliée ? Elle fait partie de la Triafa.

Chapitre 30 : Retour en Orapie

Chapitre 30 : Retour en Orapie

« Alors comment va mon blessé préféré ? » demanda Lania.

« En pleine forme ! » dis-je en tapotant du pied droit et en tournant sur moi-même. Parfait ! Je vais parfaitement bien même ! Mais je ne sais pas si je dois être heureux ou …

« Ric ! Pendant que tu restais cloué au lit, je ne sais pas si tu étais au courant mais il s’avère que le président de la Calambie voudrait te remercier en personne pour tes actes qui ont permis à la FAPC d’être démantelée. »

« Sincèrement … Sans moi, Lania. Je ne suis pas fait pour les récompenses. Je préfère encore qu’il honore la mort des soldats qui ont combattus la FAPC. Là, ça serait vraiment une très bonne chose, vraiment une très bonne chose. Je vais passer un coup de fil et signaler à Casior que nous retournons au pays. Nous n’avons plus rien à faire ici. Et de toute façon, d’après Casior, sa ville est vraiment purgée du moindre membre de la Triafa. »

« Comme tu le désires ! Je vais donc aller acheter des billets d’avion. Enfin, je pense qu’on te les offrira gratuitement, Ric. »

« Arrête de profiter de la gentillesse des autres, Lania. Espèce d’idiote va. » dis-je en rigolant. Me faire remercier par le président ? Je devrai être fier de moi mais ce n’est pas ce que je désire. J’aimerai surtout avoir des réponses.

Les minutes passent puis les heures. Finalement, nous sommes dans l’aéroport et alors que je fais valider les billets, un homme s’approche de moi, tendant une enveloppe avant de dire :

« De la part du président et du chef de l’armée calambienne. C’est regrettable qu’un homme comme vous parte de notre pays mais ils ont voulu vous remercier à leur façon. C’est pourquoi ils m’ont dit de vous donner ces informations concernant la Triafa. »

« Hein ? Bien sûr. Merci beaucoup. » dis-je alors que l’homme s’éloigne comme si de rien n’était. Je retourne vers Lania qui me demande :

« Qu’est-ce que c’est, Ric ? Tu as reçu ça quand ? Tu l’as déjà ouverte ? Elle contient quoi ? »

« Je ne sais pas … Je pense que je le lirai dans l’avion. D’ailleurs, à ce sujet, on ferait mieux de se dépêcher. D’après ce que j’ai compris, on est parti pour dans une demi-heure ! »

« HA ! On doit se dépêcher alors ! Vite, vite ! Ric ! Je dirai bien que je n’ai jamais pris l’avion mais j’adore vraiment comment ça décolle ! »

« T’es vraiment une petite fille. » répond-je en lui tapotant doucement le sommet du crâne. Elle rigole et rougit légèrement avant de me prendre la main.

Nous rentrons dans l’avion quelques minutes plus tard. Je m’installe à côté d’elle, regardant à gauche et à droite. Nous n’avons pas encore décollés mais je vois plusieurs personnes. Bon, au moins, je n’ai pas à m’inquiéter. Pourquoi je m’inquièterai ?

« Ric ! Ric ! Nous sommes en train de décoller ! »

Il lui en faut vraiment peu pour qu’elle soit heureuse. Vraiment si peu … Pendant qu’elle regarde par le hublot, j’ouvre l’enveloppe. Je vois plusieurs pages de texte, de nombreuses pages de texte même. Cela concerne la Triafa ? Mais aussi les nombreux endroits où elle semble avoir le contrôle des pays ? Rien qu’en regardant les différents noms, je trouve ça désespérant, vraiment très désespérant.

« Elle est vraiment partout … Qu’est-ce que les hommes normaux sont censés faire ? »

« Ric ? » murmure Lania, arrêtant de regarder par le hublot. Elle a remarqué que je semble vraiment dépiter par la situation ? C’est sûr que … c’est … Enfin bon …

« Lania. Si tu as besoin de lire, tiens … Tu peux lire, il n’y a aucun problème à ça. Enfin, tu verras quand même que … Oh, je sais plus. C’est désespérant. »

Je pousse un profond soupir, tendant l’enveloppe avec les différentes pages. Je ferme les yeux, murmurant que je vais me reposer alors qu’elle me répond qu’elle va se renseigner exactement sur tout ce qu’il y a à savoir dans cette lettre.

Ailleurs, dans la cabine du capitaine, le steward passe par la porte, s’approchant de l’homme qui dirige l’avion et le commande. D’une voix lente, il souffle :

« Ils sont bien à bord. Que faisons-nous alors ? Comme prévu ? »

« Comme prévu. Je vais les emmener en direction de l’Atylie. Un petit comité de l’accueil les attendra là-bas. Par contre, ne laisse paraître aucune suspicion, d’accord ? »

« Je sais parfaitement. La Gardevoir qui accompagne ce … Ric … est capable de lire dans nos pensées. Il me suffit juste de leur mettre un film pour l’occuper et ça sera parfait. Elle semble assez stupide en soi donc il n’y a rien à craindre. »

« Méfies-toi toujours de tes adversaires, tu devrais pourtant le savoir à force. Tu ne sais jamais sur quoi tu risques de tomber. »

Le steward hausse les épaules avant de quitter la cabine, retournant à son « métier ». Ce policier nommé Ric … Une plaie des plus importantes pour la Triafa. Il est vraiment temps d’en terminer avec lui mais eux ne sont chargés que de le transporter.

« Imbéciles … J’entends tout ce que vous dites. »

Assise sur la coque de l’avion, une femme aux cheveux bleus ne semble avoir aucun problème à rester dans cette position. Elle ne fait qu’un avec le vent. Pourtant, bien qu’elle ait entendu ce qu’ils ont dit, elle ne fait rien, rien du tout même.

« Ce n’est pas à moi de m’occuper de cela. Qu’ils voyagent jusqu’en Atylie. »

Qu’ils voyagent car elle ne se sent pas concernée par cette histoire. De toute façon, elle a prévenu Loïc de ce qu’elle comptait faire il y a quelques jours. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre la suite des évènements bien que cela n’ait aucune … incidence. Aucune incidence sur ce qu’elle pense de cette histoire.

« Les pertes de mémoire de Ric n’ont aucune importance … normalement. »

Pourtant, elle sent qu’il y a quelque chose … qui la relie à lui mais quoi ? Qu’est-ce qui peut la relier à lui ? En quoi elle aurait une relation avec lui ? Comment ? Non … Peut-être que … Elle se couche sur la coque de l’avion, regardant les rares nuages encore présents au-dessus d’elle qui défilent à toute vitesse.

« Est-ce que … Ma mémoire serait mêlée à la sienne ? Si tel est le cas, ça veut dire que … Ric fut dans la Triafa un moment ? »
Elle doit mettre de l’ordre dans ses idées. Elle doit y réfléchir plus longtemps. D’après ce qu’elle sait, cet homme nommé Ric est le fils d’un ancien ami à Loïc, Loïc fut un traître envers cet ami et a décidé de le tuer. De même, la mère de Ric faisait partie de la Triafa et a créé Emairon, elle et les autres. Elle est morte à la naissance de Ric. Le père de Ric était dans la Triafa en tant qu’espion de la justice. Loïc « aussi » mais il a trahit Ric lorsque … Lorsque quand ? Quelque chose cloche ?

« Est-ce-que … je ne connaitrais pas déjà Ric ? »

Mais si c’était le cas, ça devrait être pareil pour Emairon non ? Et les autres aussi ? C’est compliqué, vraiment très compliqué ! Pourquoi est-ce qu’elle se complique la tête à cause de tout ça. Elle n’a aucune relation avec Ric ! Elle n’est pas liée à un humain ! Ni même Emairon ! Emairon ! AH ! Elle doit penser à ça. Elle doit penser à un moyen de l’aider car malgré les apparences, elle … Non … Il est spécial pour elle. Et c’est réciproque. Simplement, la vie a été assez mauvaise avec eux.

Dans l’avion, Lania continue de lire les différentes feuilles contenues dans l’enveloppe alors que Ric dort à ses côtés. La tête posée sur l’épaule de la Gardevoir, il semble soulagé que tout se soit enfin terminé en Calambie. Mais l’un comme l’autre savent que ce n’est pas totalement vrai. Ils resteront toujours des cibles.

« Il existe quatre pokémons humanisés. Ces pokémons humanisés sont considérés comme les joyaux de la Triafa … Nous en connaissons deux mais il en reste deux autres … encore inconnus. Tout cela est lié à nos appellations. Je suis Lania Lezuna. Je suis une Lapis-Lazuli. Séphyria est un saphir. Emairon est une émeraude. Il existe tellement de pierres … »

La Gardevoir est songeuse. Ces informations parlent brièvement des créations de la Triafa sans rentrer dans les détails. La FAPC était une force de l’organisation mais pas assez importante pour être considérée comme réellement utile à leurs projets. Mais la Gardevoir comme l’homme ne savent pas vers où ils sont emmenés réellement.

Chapitre 29 : Perte de mémoire

Chapitre 29 : Perte de mémoire

« Ric … Me voilà ! » dit une voix féminine dans un grand éclat de rire alors que je suis couché dans un lit. Ce n’est pas celui de l’hôpital ou de l’armée et heureusement car sinon, je ne sais pas où je me serai mis. Elle a vraiment tout préparé hein ? « Comment est-ce que je suis ? Est-ce que je suis à ton goût ? »

Elle s’approche de moi, portant une tenue d’infirmière toute en blanc. Où est-ce qu’elle a trouvé ça ? Est-ce qu’elle n’a pas volé ça ? En fait, j’espère que ce n’est pas le cas. Mais bon … La tenue est vraiment très moulante alors qu’elle est à mes côtés.

« Tu n’oses plus parler, Ric ? Pourtant, tu devrais, non ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Ca te va très bien … Donc bon … Il serait temps de m’aider pour mes bandages, Lania. Je crois qu’ils sont trop ensanglantés. Est-ce que tu peux t’en occuper ? »

« Bien entendu ! Je le fais tout de suite ! Si tu veux bien retirer ton haut ! »

Elle sait parfaitement que je ne peux pas à cause des nombreuses entailles. Je suis obligé de la laisser faire alors qu’elle semble y prendre du plaisir. Est-ce qu’elle est … encore intéressée par moi ? Je me pose cette question tout en la regardant faire.

Elle me soigne sans même s’intéresser plus longtemps à ma personne. Elle s’occupe de moi avec une certaine attention, il faut le reconnaître. Mais aucune perversité ou presque. Car oui, je la vois ouvrir légèrement la chemise d’infirmière.

« Ric, tu sais que je ne porte rien sous cette tenue ? Je suis vraiment toute … »

« Lania ? Qu’est-ce que tu penses réellement d’Emairon ? »

Je la coupe dans sa phrase alors qu’elle parait étonnée. Sans même crier garde, elle ouvre complètement sa chemise, montrant sa poitrine à nue avant de se mettre à cheval sur moi. Ma tête logée entre ses seins, je suis incapable de respirer ou presque alors qu’elle s’écrit :

« C’est avec toi que je veux le faire ! Pas avec quelqu’un d’autre ! »


Mais je sens la pointe d’hésitation dans ses phrases. Je la repousse doucement, mes yeux posés sur son visage mais aussi sa poitrine. Elle n’est même pas excitée par la situation. C’est triste à dire mais qu’importe. Je pose un doigt sur chaque téton, chose étonnante de ma part avant de reprendre la parole :

« Tu n’es pas sincère … Est-ce que tu crois que ton corps accepterait ? »

« AH ! Je suis sûr que si ! Si tu y arrives … Si tu me touches, je réagirai comme ça ! » me dit-elle alors que je retire mes doigts et que je referme sa chemise.
Maintenant, j’en suis sûr et certain. Ce n’est pas à moi de m’occuper de Lania. Pas de cette façon. Son corps est quelque chose de spécial … Mais ce n’est pas à moi de l’éveiller. Je ne suis pas fait pour elle et elle a trouvé quelqu’un d’autre. Je prends son visage à deux mains, gémissant de douleur avant de coller mon front contre le sien.

« Lania … Je ne t’empêcherai pas d’être heureuse, d’accord ? Je ne t’en empêcherai pas. Je ne sais pas combien de temps cela me prendra mais on va régler cette histoire et ensuite, tu seras heureuse avec lui, d’accord ? »

Je sens qu’elle pleure. Qu’elle pleure vraiment. Elle est inquiète pour moi mais elle pense à quelqu’un d’autre. J’ai bien fait de tenir jusqu’ici. Sinon, elle aurait pu être déçue, très déçue. Ce n’est pas un objet, loin de là.

« Je … Je ne veux pas que tu crois que je te trahisse, Ric … Après tout … Après tout ce qui s’est passé, je ne veux pas que tu crois ça ! Je ne veux pas du tout ! »

« Je ne crois rien du tout. Et tu ne me trahis pas le moins du monde. Du moins, tant que tu ne cherches pas à me tuer, n’est-ce pas ? Est-ce que tu veux me tuer ? »

Elle retire son front contre le mien, me fixant pendant quelques instants avant d’hocher la tête négativement. Voilà … C’était exactement ça. Elle ne veut pas me tuer. Pas du tout même.

« Je ne te ferai jamais mal, Ric. Jamais de mal même. Je te le promets. »

Je l’invite une nouvelle fois à venir dans mes bras. Elle se calfeutre contre moi tandis que je la garde longuement. Voilà … Qu’elle pleure un bon coup, qu’on conclue cette histoire définitivement. Et dès que je peux … J’aimerai voir pour trouver Emairon. Peut-être que je peux chercher un moyen pour faire ça ? Je me le demande … mais pour le moment, autant garder Lania contre moi. Il faut que je la console.

« Dommage, je suis vraiment désolé … Je n’ai pas trouvé le bon moment pour te sortir. »

Loîc s’adresse à une pokéball. D’un geste lent, il l’ouvre dans l’hélicoptère, un Mastouffe apparaissant au beau milieu. Il observe Loïc avant d’aboyer mais nullement avec agressivité. Il s’approche du vieil homme, quémandant quelques caresses.

« Rérox … Ne t’en fait pas, tu le reverras un jour même s’il risque d’être plus qu’étonné que ça. Il risque de ne pas comprendre mais nous avons fait un petit marché non ? »

« Mastouffe ! Mastouffe ! Mas … Mastouffe ! »

Loïc est maintenant muet alors qu’il plonge son regard sur Emairon. Celui-ci semble songeur, observant le ciel par le hublot de l’hélicoptère. Il murmure doucement un nom alors que Loïc continue de ne rien dire. Quant à Séphyria, elle sert les poings, prenant finalement la parole :

« Loïc … Est-ce que tu es au courant … de quelque chose qui s’est passé il y a vingt ans environ ? Tu es l’un des anciens de la Triafa. Tu as vu plusieurs générations d’hommes et de femmes. Tu es sûrement au courant. »

« De quoi est-ce que tu parles, Séphyria ? »

« Je veux parler de notre trou de mémoire ! Je ne me rappelle rien du tout d’avant mes cinq ou six ans ! Il en est de même pour Emairon ! Il en est de même pour Ric ! Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi mais Ric aussi a perdu la mémoire ! »

« Et en quoi cela te concerne-t-il ? Quel est ton rapport avec Ric, Séphyria ? »

« Je me contrefous de lui ! La seule chose que je veux savoir, c’est pourquoi je ne me rappelle de rien auparavant ! Si je pouvais tout simplement tuer Ric, je l’aurai fait depuis longtemps ! » s’écrie la femme aux cheveux bleus.

« Mais tu ne l’as jamais fait, Séphyria. Je n’ai pas de réponse à tes questions. De même, après tes actes, tu sais ce qui t’attends … »

« Je le sais parfaitement et il faudra me tuer pour essayer de me toucher ! J’ai autre chose à faire que de m’occuper d’un type qui va me salir ! »

« Tu ferais mieux d’éviter de crier. Tu deviens insupportable, jeune fille. » reprend Loïc, fronçant les sourcils tout en la regardant. Séphyria est déjà debout, s’approchant de la porte de l’hélicoptère avant de l’ouvrir. « Est-ce que je peux savoir où tu comptes aller ? »

« Je me tire de cet hélicoptère ! Je n’ai aucun problème pour m’envoler que je sache ! »

« Si tu comptes t’enfuir, tu risques de le regretter amèrement, Séphyria. »

« Je serais partie le temps qu’il faudra pour que vous vous retiriez cette idée absurde de la tête. Je ne suis à personne et je ne le serai jamais ! »

« Je te recontacterai, Séphyria. De toute façon, Ric aura son dernier voyage bien assez tôt. Dès le moment où il décidera de quitter le pays … »

« Qu’est-ce que … Tsss ! Je ne sais pas ce que vous manigancez dans notre dos mais ça ne me concerne pas ! Je vais prendre l’air ! Tu m’appelleras lorsque vous vous serez calmés ! »

Elle quitte finalement l’hélicoptère, se lançant dans le vide alors que ses ailes de coton font leurs apparitions. Elle s’éloigne de l’avion, prenant le chemin inverse par rapport à lui. Sa mémoire … Cet homme en sait plus qu’il ne le veuille le faire croire.

Chapitre 28 : Fuir ou mourir

Chapitre 28 : Fuir ou mourir

« MALAKAN ! Putain ! Je vais te tuer ! Tu as osé tuer l’un de mes objets ! »

L’un de ces objets ? J’écarquille les yeux plusieurs fois pour être sûr de bien avoir entendu. Je n’ai pas rêvé, n’est-ce pas ? Elle a bien dit ça hein ? Elle n’a donc aucune décence ? Considérer les autres comme des objets ! Je devrais me mettre dans le même état qu’elle mais je ne le fais pas. Ses coups de couteau sont maintenant plus irréguliers mais bien plus tranchants qu’auparavant. Lania est à mes côtés, me disant :

« Elle a perdu sa concentration. Tu penses pouvoir … t’en occuper, Ric ? Je te le demande car en vue de tes blessures sur tout le corps, je … »

« Je pense que ça peut aller, Lania. Vas-y maintenant au lieu de perdre du temps avec ma personne. Ne t’inquiète pas, ils ne vont pas me poser de problèmes de toute façon. »

Même si je parle au pluriel, je cible surtout Anaïs. Je dois envisager que je risque d’être blessé encore plus que maintenant. Ce n’est donc pas une bonne chose mais en même temps, me laisse-t-on le choix ? Je crois que je n’en ai jamais eu dans toute ma vie. Pourquoi est-ce que je n’ai plus ma mémoire de mes cinq ans et avant ? Peut-être était-ce trop important ? Ou trop choquant ? J’espère que j’arriverai un jour à la retrouver.
Je crois que j’ai un nouveau but maintenant en plus de coincer la Triafa : savoir quel était mon passé avant que je ne devienne le « fils adoptif » de Loïc. Même si ça ne doit pas être si important à cause de mon âge à cette époque, j’ai besoin de savoir. Terriblement besoin de savoir. Je ne dois pas avoir peur de prendre des risques.

Un couteau se plante sur la gauche de mon ventre alors qu’Anaïs me regarde avec effroi et étonnement. Ca fait mal ! Terriblement mal mais il est temps d’en terminer ! Je dois régler cette histoire ! Je bloque son bras tenant son couteau avant de lui donner un violent coup de tête. A force de m’en prendre de la part de Séphyria, je commence à adopter ses techniques de combat. Anaïs crie de douleur et je tords son autre bras de ma main libre, la forçant à lâcher son couteau. Je me sens terriblement bien !

« Des fois, il ne faut pas avoir peur de prendre des coups ! »

« Lâche-moi ! C’est complètement absurde ! Tu vas abîmer mon visage ! »

Abîmer son visage ? Elle pense à ça maintenant ? Cette femme est vraiment superficielle ! De haut en bas ! De l’intérieur et de l’extérieur ! Je lui redonne un coup de tête avant de l’accompagner d’un coup de pied dans le ventre, la projetant en arrière. J’observe la plaie au ventre. Aie, aie, aie … Heureusement, ce n’est pas l’estomac qui est touché. Tant mieux.

« MON VISAGE ! Je vais te dépecer maintenant ! »

Elle ne semble même plus se préoccuper de Lania et de son pokémon à elle. Il faut dire que le Joliflor, bien qu’il ait maintenant développé ses pouvoirs grâce à l’acte … de coucher avec Anaïs, il semble bien trop faible par rapport à ce qu’il devrait être normalement. Mais bon, ce n’est pas dans mes préoccupations actuelles et Anaïs coure vers moi, donnant des coups de couteau dans le vide, son bras gauche pendant lamentablement vers le sol.

J’ai moins de mal à esquiver ses coups mais aussi plus de mal à bouger à cause de ma blessure au ventre. Ainsi, ça se compense, ce qui n’est pas forcément source de bonne nouvelle. Est-ce que je dois utiliser mon pistolet ? Pourquoi pas ? Je ne devrais avoir aucune réticence à ça ! Je ne devrais même pas me gêner ! Je suis un policier dans l’exercice de ses fonctions ! Je devrais pouvoir utiliser mon arme quand je le désire !

Mais je ne sais pas … Je ne pense pas que ça soit la meilleure solution. Je ne suis pas un assassin. Je ne dois tuer qu’en cas de forte nécessité. Si je peux stopper cette femme et la faire arrêter, ça sera bien mieux. Mais bon … Ce n’est pas ainsi et …

« AH ! Je brûle ! JE BRULE ! »

« Dès l’instant où je t’ai touché, tu fus terminé. Tu as réussi à m’échapper pendant quelques minutes mais tout a une fin malheureusement, n’est-ce pas ? »

Lania a pris la parole après les cris de Jadan. Celui-ci est en train de se consumer, une forte odeur de chair brûlée se faisant sentir. Elle a encore utilisé ses poings enflammés pour régler le problème. Ah mais vraiment … Cette Gardevoir. Je suis de plus en plus étonné à chaque fois que je la vois. Je ne remarque même pas le couteau qui vint se loger cette fois-ci juste au-dessous du cœur avant qu’Anaïs ne se mette à s’enfuir.

« RIC ! NON ! »

J’entends la voix de Lania alors que je m’écroule au sol. Je n’aurai pas dû … détourner mon regard d’Anaïs. J’ai été un vrai imbécile sur ce coup. Je respire bruyamment alors que Lania est en train de sangloter. Elle utilise ses pouvoirs pour extirper doucement la lame de mon corps alors que je murmure :

« Ce n’est pas très grave. J’ai conn … J’ai connu pire que ça … »

« Ne te moque pas de moi, Ric ! Ce n’est pas vrai ! Pas depuis que je te connais ! Et avant que tu me connaisses, tu ne faisais jamais des choses aussi dangereuses ! »

« Hahaha … Surement, oui … Peut-être. Si tu veux aller chercher les soldats ? Je pense que toutes les troupes ont fini de capturer ou tuer les membres de la FAPC. »

« Je ne peux pas te laisser seul, Ric ! Il en est hors de question ! »

« Arrête donc tes bêtises. Je ne vais pas mourir. Elle n’a pas visé le cœur et si je pose mes mains sur mes plaies, ça arrêtera de saigner. »

« Hors de question … Je ne veux pas … Je ne veux pas du tout ! Tu es déjà blessé à cause de Séphyria puis à cause d’Anaïs. Tu n’es pas un pokémon, Ric ! Pas du tout ! Ton corps ne se rétablira pas comme si de rien n’était ! »

« J’ai juste mon nez qui est cassé. Je devrai peut-être me mettre à la boxe ? » dis-je en cherchant à rire bien que j’en ai pas la force. Je ne suis même pas capable de rire ou de sourire. Je crois que j’ai perdu tout ça depuis le début de cette histoire. Je soupire légèrement avant de baisser la tête. Je ferme les yeux et …

« RIC ! NE T’ENDORS PAS ! NE T’ENDORS PAS ! JE T’EN SUPPLIE ! »

« Mais je ne vais pas mourir … Je ne vois pas de lumière ou autre, Lania. T’en fait pas. »

Mais je ne fais rien pour la rassurer. Je commence à bailler légèrement, gardant mes yeux ouverts. Elle est morte d’inquiétude. Je tends mon bras droit pour l’inviter à se coller contre moi. Elle n’hésite qu’un court instant à cause de mes blessures avant que je referme mes yeux. Voilà … Dormir … Dormir correctement.
Ah … Je ne sais pas ce qui se passe mais lorsque je me réveille, je suis en train d’être transporté. Lania marche à côté des soldats, toujours inquiète pour moi. Ah … Il y a vraiment eu pas mal de blessés et de morts. C’est vraiment triste, très triste même. Je pousse un soupir, Lania se penchant aussitôt vers moi :

« Ric ! C’est terminé ! La FAPC a été dissoute ! Comment … Comment est-ce que tu vas ? »

« Je pense que je vais m’en sortir. Arrête de stresser pour rien, je vais pas mourir. »

« Je … Je … Je ne sais pas, je pensais que … Ric. Sincèrement, c’était … Soigne-toi vite et je serai ta propre infirmière ! »

Elle n’a pas honte de dire ça devant les soldats ? Je la regarde avec étonnement avant de pousser un léger soupir. Bien entendu, qu’elle soit mon infirmière personnelle, ça ne me dérange pas. Je sais parfaitement que maintenant, elle ne fera plus rien du tout.

« Saleté … Ils ont tout gâché ! Ils ont tout gâché ! »

La femme d’une quarantaine d’années s’était mise à courir, prenant des chemins qu’elle seule connaissait puisque le reste de la FAPC était morte ou capturée. Finalement, elle arrive à sortir de la base, voyant un hélicoptère qui l’attend. Celui de Loïc ! Elle monte à l’intérieur, Loïc l’attendant, accompagné d’Emairon et Séphyria. Il y a bien entendu le pilote aussi. Loïc fait un geste de la main, demandant à ce que l’hélicoptère décolle.

« Ah … Ah … Ah … Saleté ! Je me vengerai de ce type ! »

« C’est une véritable plaie, n’est-ce pas ? » murmure Loïc alors qu’Anaïs reprend son souffle. Maintenant, ils sont déjà en train de voler au-dessus des arbres, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.

« Je ne te le fais pas dire ! Et cette Gardevoir est encore plus horrible ! Elle a tué les deux objets de la Triafa comme si de rien n’était ! »

« Oh ? Donc, impossible de les récupérer, c’est ça ? »
Loïc se lève alors qu’elle hoche la tête. D’un geste machinal, il sort son pistolet, prenant Anaïs par les cheveux avant de tirer une balle dans la tête de cette dernière. Ensuite, il ne fait que jeter le cadavre par la porte de l’hélicoptère, murmurant :

« Ces « objets » ont une plus grande valeur que toi. »

Chapitre 27 : Guerrière

Chapitre 27 : Guerrière

« Ric ? Ton nez … Je n’ai pas de mouchoir pour toi. »

« Ça ne fait rien. Je vais utiliser ma veste pour me nettoyer. Elle n’y a pas été de main morte. » dis-je en marmonnant. Mon nez ne saigne plus ou alors qu’à moitié et je dois aller à l’hôpital le plus rapidement possible. Mais je ne pense pas que ça serve à quelque chose. Mes pensées sont toutes tournées vers Séphyria. Elle aussi n’a pas la mémoire d’avant ses cinq ou six ans ? Emairon aussi ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Je bouge mes lèvres et mon nez, ruminant comme une Ecremeuh. Ça fait mal, terriblement mal mais mes pensées sont ailleurs. J’ai besoin de mettre quelque chose au clair mais je ne sais pas quoi. Tout d’abord, il faut que je trouve cet Anaïs. Maintenant, avec Lania, nous avançons dans les couloirs parcourus par les nombreux corps des soldats, qu’ils soient de la Calambie ou tout simplement de la FAPC.

« ATTENTION ! » crie soudainement Lania, nous téléportant dans le dos de deux soldats de la FAPC. Sans ménagement, elle enflamma les corps avec ses poings, les deux hommes hurlant. Pourtant, elle n’en termine pas là. Deux coups de pied et voilà qu’elle les envoie en avant. Comme ça, aucun risque que je sois brûlé et elle aussi.

« C’était quand même une méthode un peu violente, tu sais ? »

Je dis cela mais elle hausse les épaules. On ne peut pas perdre plus de temps, me rétorque-t-elle avant de me prendre la main. Je souffre plus qu’elle ne le croit mais qu’importe. Nous continuons de visiter les divers endroits mais c’est bien grâce à Lania qu’on met enfin la main sur Anaïs et ses deux compagnons.

« Où est-ce que vous comptiez tous les trois ? »

Je demande cela sur un ton légèrement ironique tout en fronçant les sourcils pour montrer que je ne suis pas là pour plaisanter. La femme en face de moi est accompagnée de ses deux pokémons humanisés. Si je ne me trompe pas, y a un Joliflor et le fameux Haydaim de la dernière fois. Hum … Je ne sais pas … Ca me parait trop facile.

« Ric Auré, n’est-ce pas ? La Triafa m’a prévenu … Je devais me méfier de toi. Je pensais qu’avec Malakan, tu serais mort mais il a fallu que cette sale garce d’Altaria s’en mêle ! Même si c’est la dernière chose que je dois faire, je vais me débarrasser de toi et ensuite t’éliminer définitivement. Je ramènerai ton cadavre à la Triafa. Il en est de même pour la Gardevoir qui t’accompagne De toute façon, vous n’avez pas de pouvoirs, n’est-ce pas ? Elle n’est pas réellement « développée », n’est-ce pas ? »

« Si tu parles que je m’accouple avec elle, désolé mais ce n’est pas mon genre. Si tu aimes donner ton corps à différents hommes, libre à toi. Les fantaisies sexuelles d’une cheffe d’une organisation faisant partie de la Triafa, cela ne m’intéresse pas. Tu es libre de faire ce que tu veux de ton corps, moi, du mien. »

« Tu l’ouvres un peu trop pour quelqu’un qui va mourir. » finit elle de déclarer avant de sortir deux couteaux. Elle veut vraiment se battre contre moi avec ça ? Je ne suis pas adepte du corps à corps mais je sens que mon pistolet ne va pas m’être très utile.

Cette femme avec ses cheveux noirs. Elle doit avoir une quarantaine d’années mais avec toutes ces retouches, elle donne l’impression d’en faire moins. Et moi ? Je suis sensé faire quoi ? Me battre avec ce pistolet ?

« Ca ne serait pas du jeu si tu étais la seule à te battre au corps à corps. Tu me permets ? »

Lania vient de prendre la parole, utilisant ses pouvoirs psychiques avant de sortir deux autres couteaux des poches d’Anaïs. Celle-ci pousse un petit cri de surprise alors que les couteaux arrivent jusqu’à moi. Je les prends en main, regardant Lania.

« Je suis sensé en faire quoi ? Je ne sais pas me battre avec ça. »

« Ric … Je ne pourrai pas toujours être derrière toi pour te protéger, tu le sais ? »

« Je le sais parfaitement … Tu gères les deux pokémons, je retiens Anaïs, d’accord ? »

Nous sommes d’accord vu qu’elle hoche la tête pour me répondre par l’affirmatif. Tant mieux. Si je peux dire ça, n’est-ce pas ? Je suis peu rassuré … vraiment peu. Mais ce n’est pas la première fois et à force, je commence à m’y habituer. J’observe la salle autour de moi. Hum … Ca ressemble à une salle d’entraînement pour des combats pokémons. Du vide … Rien que du vide, sauf le sol et les murs bien entendu. Il y a quelques gradins et surtout des traits dessinés sur le sol pour délimiter les terrains.
Lania utilise ses pouvoirs psychiques subitement, renvoyant au loin les deux pokémons d’Anaïs pour que je me retrouve en face d’elle. Elle ? Elle commence déjà à faire quelques mouvements qui m’inquiètent un peu. Je ne sais pas trop comment je dois réagir mais je n’ai pas du tout confiance en la suite des évènements.

Anaïs n’attend pas plus longtemps, s’élançant vers moi pour m’attaquer. Je tente de parer du mieux que je peux les premiers coups mais je vois aussi qu’elle n’est pas du tout sérieuse dans ses coups. Elle n’est pas sérieuse et ne me craint pas du tout. Je ne vais rien pouvoir faire à part me protéger malheureusement. Si je gagne, cela ne peut se faire que par la ruse.

Une ruse diabolique … n’est-ce pas ? Je tente de me concentrer sur la situation. Parer, parer et parer ! En fait, je n’ai pas d’autres choix que de parer ! Je ne peux même pas voir comment se débrouille Lania ! Ah … Ah … Vraiment … Vraiment …

« Comment est-ce que tu as pu poser autant de problèmes ? »

« Disons que je suis tenace, très tenace. Tu auras beaucoup de mal à pouvoir me battre. » répond-je avec dédain. Si je peux lui faire perdre contenance, je pourrai peut-être en profiter pour la tuer, non ? Du moins, je n’ai pas d’autres choix.

Le choix … Est-ce que Séphyria avait le choix elle aussi ? Je ne crois pas le moins du monde. C’est pourquoi je dois chercher un moyen de me rappeler de ce qu’il y avait avant mes cinq ans … avant que mon père ne meure. J’ai l’impression que tout a été chamboulé … mais je ne sais pas pourquoi … Je n’y arrive pas. Quelque chose m’en empêche.

« Nous verrons combien de temps tu vas pouvoir tenir. »

Mes paroles ne semblent pas l’affecter le moins du monde. Dommage, j’aurai bien aimé que ça soit le cas. AIE ! Je ressens une douleur au ventre, voyant une ligne de sang. Elle m’a touché ! Elle a réussi à me toucher ! Elle dit avec amusement :

« Tu vois ? C’est si facile de t’atteindre contrairement à ce que tu as dit. »

« Ce n’était qu’une erreur. Tu ne pourras pas répéter ce que tu viens de faire, je peux te le promettre. Tu vas encore échouer. »

Je tente de jouer celui qui ne craint rien mais autant dire que ce n’est pas simple. Je ne lui donne pas l’impression de l’inquiéter alors que c’est mon cas. C’est dommage … vraiment dommage. Je crois que je ferai mieux de me protéger mais si elle me coupe un doigt, j’aurai bien l’air ridicule. Vraiment l’air ridicule.

« Quelqu’un qui ne se concentre pas est voué à mourir. »

Une seconde entaille puis une troisième et ainsi de suite. Je n’arrive plus à suivre le rythme malheureusement. Peu à peu, je recule tout en essayant de me protéger sans même y arriver. Je suis bien trop faible pour ça, beaucoup trop faible.

Je ne suis pas un combattant et je ne le remarque que maintenant. Je devrais plutôt m’entraîner aux arts martiaux la prochaine fois, si j’arrive à m’en sortir. En apprendre un … Vite fait. Mais bon, c’est un peu tard maintenant.

« Anaïs, je viens vous aider ! »

Malakan ? C’est la voix de l’Haydaim ! Je la reconnais ! Je me retourne alors qu’il est dans mon dos. Il est déjà prêt à me pulvériser définitivement avec ses cornes pour m’empaler.

« Assez … Cela commence réellement à m’insupporter que l’on cherche à tuer Ric. »

Si Malakan était arrivé dans le dos de Ric, Lania venait de faire de même dans le dos de l’Haydaim et cette fois-ci, elle était vraiment en colère. Sans même réellement toucher la tête de Malakan, elle plaça ses mains sur chaque côté du crâne de l’Haydaim avant que la tête ne fasse un demi-tour sur elle-même. Malakan tomba au sol alors que Lania fixait maintenant le Joliflor. Malakan avait voulu avoir par surprise Ric ? Elle en avait fait de même avec lui. Le résultat venait de tomber.

Chapitre 26 : La calmer avant tout

Chapitre 26 : La calmer avant tout

« Je m’occupe de toi ! Je vais m’occuper de toi, te saigner à blanc, te tuer ! »

Elle semble vraiment dévastée par cette nouvelle. Est-ce qu’elle n’était vraiment pas au courant auparavant ? Je me le demande … mais ça m’a l’air bien sérieux. Elle peut utiliser ses pouvoirs pour me tuer. Je tiens toujours mon arme en main mais je ne compte pas l’utiliser en lui tirant dessus. Je ne peux pas.

« Alors, je n’ai pas d’autres solutions ! TIENS ! »

Je lui donne un coup de crosse dans le crâne, la renvoyant sur le côté alors que je m’en veux déjà. Séphyria n’est pas une ennemie ! Ce n’est pas une ennemie ! Je dois le noter comme ça ! Mais c’est bien plus dur qu’on ne le croit ! Bien plus dur … Elle n’est pas une ennemie. Je me relève mais me retrouve projeté au sol une nouvelle fois, Séphyria vient de me faucher les pieds sans même que je puisse réagir.

Une boule de feu passe au-dessus de ma tête alors que Séphyria et moi commençons à rouler au beau milieu des combats. J’entends des tirs de toutes parts. C’est vraiment la guerre hein ? Et nous sommes dans ce jardin où ils font pousser leurs fruits et légumes.

En fait, je vois qu’elle me traîne un peu loin des conflits. Je n’ai même pas le temps de m’occuper de Lania car Séphyria ne compte pas me lâcher une seule fois. Ça veut dire … que je suis capable de me battre correctement et sans craindre une balle perdue ? AH !

« Tu vas le payer ! Tu vas payer pour ce que ta mère m’a fait ! Je ne lui ai jamais rien demandée ! Je ne lui ai pas demandée de me créer ! »

« Et tu crois que je peux y faire quelque chose, Séphyria, hein ? Ne cherche pas d’excuse à ce que tu es ! Tu ne pourras jamais changer ! »

« C’est bien toi qui disait que j’étais une abomination, non ? REGARDE DES MAINS DE QUI ?! Qui m’a donné ce corps abominable hein ? »

Je reste muet alors que son poing droit me frappe en plein dans le nez. Je gémis de douleur alors que je sens que mon nez est cassé. Quelle force ! Ca se voit que ce n’est pas une femme normale ! Je place mon pied sur le ventre, la projetant en arrière avant de me relever. Je dois me préparer … Je dois me préparer … Je dois me préparer à me battre ! Elle se relève à son tour et se met en position de combat.

« Même si je hais ta famille et ta personne, je ne me salirai pas les mains en te tuant avec mes pouvoirs ! Je continuerai de te frapper jusqu’à ce que tu ne respires plus ! »

« Et personnellement, je vais envisager la possibilité de ne pas te faire trop mal et d’essayer de te calmer … Ca me semble relativement important pour le moment. »

Relativement important ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Elle semble surprise par mes propos mais bon … Ce n’est pas pour ça que je dis ça. Je veux surtout espérer pouvoir la calmer et ensuite, j’aimerai bien discuter avec elle. Je pense qu’avec Emairon aussi si c’est possible. J’aimerai savoir quelques petites choses qui me semblent importantes.

« Est-ce que tu es prête, Séphyria ? »

« Tu demandes à ton adversaire si elle se prépare à te mettre une raclée ? Pauvre fou ! Tu n’as vraiment peur de personne ? Je vais t’apprendre ce qu’est la peur. »

« Ce n’est pas totalement vrai, Séphyria. J’ai peur … mais pas de toi. »

Je crois que c’est le genre de propos dont il aurait mieux fallut que je m’abstienne de dire. Mais ce n’est pas tout. Loin de là … Maintenant, elle fonce vers toi, ayant fait apparaître ses ailes dans son dos pour se donner plus d’élan. Je croyais qu’on n’utilisait pas les pouvoirs de pokémon ? Elle vient de me mentir !

Sa tête vient me percuter avec force, me projetant contre le mur. En fait, non … Elle continue son chemin avec moi, me plaquant contre le mur, ses bras croisés au niveau de mon torse pour m’empêcher de me mouvoir. Je commence à toussoter alors qu’elle est à quelques centimètres de moi.

« Je ne peux … Je ne peux plus bouger. »

« Tu ne t’ai pas dit que c’était le but voulu, Ric ? Je vais te briser, morceau par morceau. Je vais prendre mon temps pour te faire souffrir … comme j’ai souffert pendant toutes ces années. Je vais te … »

« Souffert ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Si tu es née … il y a vingt-cinq ans … Ca fait vingt-cinq ans que tu es dans la Triafa, n’est-ce pas ? »

« Et alors ? En quoi est-ce que ça te concerne, Ric ? » me dit-elle alors que je sens que la force dans ses bras est moins imposante. En fait, je peux même respirer un peu mieux.

« Est-ce que tu as … Enfin, tu sais, quand je vois Lania physiquement et ensuite toi … Est-ce que tu as subi des maltraitances ? »

« Mais en quoi est-ce que cela te concerne ? JE N’AI PAS A T’EN PARLER ! Toi et ta mère, vous êtes les seuls responsables ! »

Ça ne me permet pas de la calmer. Je ne sais pas du tout comment faire. Je n’en ai aucune idée. Qu’est-ce que … Elle semble enragée mais en même temps, je la sens un peu désemparée et confuse. Elle a quelques problèmes, ça se voit.

« Est-ce que tu t’es sentie obligée de me mettre la faute de ma mère sur le dos ? Est-ce que tu crois que ça va soulager ta conscience, Séphyria ? Moi-même, je n’ai jamais connue ma mère. Toi, tu as eu de la chance, tu l’as peut-être vue pendant quelques mois. Même si tu n’étais encore qu’un bébé à cet époque, toi, tu as surement pu la voir ! »

« Et qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Je n’ai pas de famille ! Je ne suis qu’une création ! Une chose abominable ! Tu avais un père non ? »

« Je … Je ne m’en rappelle pas vraiment, je dois t’avouer. Avant mes cinq ans, je ne me souviens de rien, rien du tout même. »

Elle s’arrête définitivement de me frapper, me reposant au sol. Elle semble un peu surprise. Qu’est-ce que j’ai dit ? Les pertes de mémoire, ce n’est pas comme si c’était impossible. Pourtant, elle murmure faiblement :

« Emairon et moi … Nous nous rappelons de rien avant nos six ans … De rien du tout. Nous ne sommes pas les seuls. Les autres pokémons … crées par ta mère ne s’en rappellent pas. Nous n’avons aucun souvenir. »

« C’est vraiment bizarre … Vraiment très bizarre même. »

« Assez, j’en ai assez ! Je ne suis pas un jouet avec lequel on s’amuse avant de le jeter ! »

Elle me donne une claque rageuse, me faisant pencher la tête sur le côté. Le nez déjà en sang alors que je ne le sens plus, cette claque ne me fait aucun effet. Loïc n’est plus là depuis longtemps et je tente de regarder brièvement la situation. Grâce à l’aide des pokémons, les soldats n’ont aucun mal à battre leurs adversaires à moitié humanisés. Lania ne combat toujours pas sérieusement Emairon, celui-ci semblant faire de même. Séphyria ? Je repose mes yeux sur elle pour voir ce qu’elle va dire.

« Pourquoi est-ce qu’il faut toujours qu’il y ait un problème quand je te combats ? Je ne peux pas m’empêcher de ne pas réussir à te tuer ! J’en ai assez ! Cette vengeance attendra ! Mais la prochaine fois … La prochaine fois, je t’éliminerai définitivement ! »

« Attends un peu, Séphyria ! Nous pouvons discuter tous … »

Ses ailes déjà présentes, je l’entends pousser un cri puissant, quasi-divin avant de foncer à travers un mur. Elle vient de détruire un mur comme si de rien n’était … Mais elle revient ensuite, semblant s’être trompée de chemin. Sans hésitation, elle rasa toutes les personnes qui se trouvaient en face d’elle, que ça soit soldats de l’armée de Calambie ou alors des pokémons humanisés. Le combat s’est terminé de mon côté.

« Je ferai mieux de me retirer maintenant. »

« NON ! On n’a pas fini ! » déclare Lania d’une voix un peu plaintive alors qu’Emairon se téléporte à son tour. La Gardevoir se téléporte à côté de moi, touchant mon nez en me demandant si ça fait mal. BIEN SUR QUE OUI ! Mais ce n’est pas le moment … On doit en profiter pour retrouver Anaïs et l’arrêter ! Pendant que les soldats se battent avec les pokémons humanisés, je demande à Lania de nous téléporter de l’autre côté de la bataille.