Tous les articles par ShiroiRyu

Chapitre 13 : Difficile à accepter

Chapitre 13 : Difficile à accepter

« Kéran ? Kéran ? Il est l’heure de se lever. » murmura la voix de Sélia alors qu’il ouvrait faiblement ses yeux. Il regarda à gauche et à droite, remarquant qu’il n’y avait qu’un lit défait … Celui dans lequel il dormait. Est-ce qu’ils … avaient dormi ensemble ? Il ne se le rappelait pas, n’ayant que peu de souvenirs de la nuit d’hier, trop exténué pour ça.

« Je … Je me réveille vite … Ne t’en fait pas pour ça … Sélia. » marmonna l’adolescent.

« Ne fait pas la marmotte, nous allons quitter la ville dès que tu seras mieux réveillé. »

« Pour … Pour aller où ? » demanda t-il une nouvelle fois alors qu’il se redressait dans le lit, rougissant légèrement à cette idée qu’il avait eu quelques secondes auparavant.

« Et bien … Nous allons quitter la ville comme prévu et nous rendre dans une ville plus importante … Là-bas, nous irons voir pour rejoindre une organisation, ce n’est pas ce que tu voulais ? Tu débuteras là-bas … mais au moins, tu seras en sécurité. »

« Ah ! Oui ! Bien sûr que je le veux ! Je me prépare tout de suite ! » répondit-il avec zèle, quittant le lit pour s’habiller correctement. Aller ! Aller ! Plus vite que ça ! Il devait se dépêcher sinon il allait perdre cette chance ! Maintenant que Sélia était de bonne humeur, il devait vite en profiter avant qu’elle ne change d’avis ! Quelques minutes plus tard, il était finalement prêt, disant avec un grand sourire : « Voilà Sélia ! Nous pouvons y aller ! »

« Et bien et bien … Tu m’as l’air très motivé … Tant mieux car le voyage sera un peu long, Kéran. Tu risques de devoir te reposer assez souvent. »

« Ça ne fait rien … On n’y va maintenant oui ou non ? On doit éviter de perdre du temps. »

« Oh … Du calme, du calme … Tout doux, Kéran. Les organisations ne nous attendent pas hein ? Pas besoin de se presser … Respire un bon coup. »

Il prit une profonde inspiration aux paroles de la jeune femme aux cheveux bleus. VOILA ! Maintenant, il était prêt ! Ils pouvaient y aller ! Elle lui prit la main pour le calmer. Kéran sa calma aussitôt, ses yeux bleus posés sur Sélia.

« Hum … Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai une tâche, Kéran ? » demanda t-elle doucement.

« Non … Rien du tout … Ca va très bien … On peut y aller ? Je mangerai quelque chose en cours de route … Un morceau de pain me suffira pour caller l’estomac. »

« Mais oui … On va y aller, Kéran. Tu veux te comporter comme un adulte non ? Alors, évite de montrer ton impatience à tout va, d’accord ? »

« … … … Je suis pressé, voilà tout. » marmonna-t-il en baissant un peu la tête, confus.

Contrairement aux derniers jours, tout allait pour le mieux au début de la journée et ça, il l’avait remarqué, c’était plutôt important. C’était pour cela qu’il voulait que ça continue avec elle. Main dans la main, ils quittèrent la ville avant de se diriger vers la ville dont parlait Sélia. Il se demandait à quoi elle ressemblait … si elle était encore plus grande que celle où ils avaient dormi ces derniers temps. Hum …

Sur le chemin, ils commencèrent à parler tous les deux de tout et de rien, sachant que selon elle, ils allaient mettre plusieurs heures avant d’arriver à ce nouvel endroit. Rien de bien spécial mais au moins, ils avaient des sujets de conversation, surtout que Kéran avait beaucoup à demander à la jeune femme.

« Tu penses alors que je dois continuer à m’entraîner à l’épée, Sélia ? Dis dis ? »

« C’est le cas, Kéran … C’est le cas … C’est la meilleure des choses à faire. Néanmoins, dès que c’est possible, je te rappelle ce que tu dois faire par rapport à cette … arme. »

« Oui … Je le ferai si c’est possible. Je te le promets. Par contre, est-ce que ça veut dire que je vais devoir porter aussi une armure sur mon corps comme toi ? » demanda t-il calmement.

« Et bien … Tu n’es pas forcé d’en porter une … Cela dépendra de la façon dont tu aimes te battre … Pour ma part, malgré le fait que je n’utilise pas de grosses armes, je préfère perdre de la mobilité pour gagner en protection, voilà tout. »

« De la protection … Donc éviter que je sois blessé … Mais si je devais t’écouter, je serai sûrement complètement recouvert par une armure triple épaisseur ! »

Elle rigola à la légère provocation de l’adolescent bien qu’elle savait que ce n’était pas réellement voulu qu’il lui lance une telle pique. C’est vrai … Si elle voulait éviter qu’il se blesse, elle devait lui mettre une épaisse armure. Mais en même temps … Trop le recouvrir et l’empêcher de se mouvoir.

« C’est à voir, Kéran, c’est à voir. Si tu n’arrives pas à bouger correctement, une armure t’est inutile et est plus un poids qu’autre chose. Il faut déjà voir si tu arrives à supporter ne serait-ce qu’une simple armure de cuir. »

« Quand même …Une armure de métal sur mon corps … Qu’est-ce que ça donnerait ? » demanda-t-il en tournant sur lui-même.

« Difficile de t’imaginer de la sorte, Kéran … Difficile … Mais bon, ne sois pas pressé … Rien ne presse, d’accord ? » répondit la jeune femme en rigolant, semblant réfléchir à quelque chose avant de changer subitement de conversation : « Dis-moi … Comment est-ce que tu me trouverais avec les cheveux coupés courts ? »

« Hein ? Coupés courts comment ? Tu veux te les couper ? »

« Attention ! J’ai dit couper … Mais je veux rester féminine hein ? Mais bon … Peut-être que les cheveux longs ne sont pas faits pour moi … » dit-elle, désignant de sa main l’endroit où elle pensait couper ses cheveux. Aux environs du cou … Peut-être que … Ca pouvait lui aller. Il prit ses cheveux, disant avec calme :

« Mais ils sont quand même très bien tes longs cheveux. Pourquoi est-ce que tu veux les couper sinon ? Ils ne te plaisent pas vraiment ? Moi … Je ne sais pas vraiment … Ca peut t’aller plutôt bien … Mais bon … Enfin … Entre nous … Tu es déjà très bien. »

Hum ? Quoi ? Elle avait parfaitement entendu les paroles de l’adolescent, celui-ci ayant quelques rougeurs aux joues tout en se les grattant du doigt. Il avait détourné le regard, toussotant un peu. Elle émit un petit rire, passant son bras autour de sa hanche pour l’emmener contre elle. Elle lui murmura avec douceur :

« Et bien … Depuis quand est-ce que tu me dis des choses comme ça ? »

« Hein ? Non ! Non ! Vraiment … Je suis sincère, Sélia. »

« Et bien … Merci beaucoup, Kéran. Je pense que je vais devoir exprimer un peu plus ma féminité visiblement. » termina-t-elle de dire avant de l’embrasser sur le sommet des cheveux.

Elle savait qu’il adorait particulièrement cela, comme la caresse des cheveux qu’elle vint joindre quelques secondes plus tard L’adolescent ferma les yeux, marchant à côté d’elle tandis qu’elle regardait en direction du ciel. Malgré l’obscurité … Il était hors de question pour elle d’abandonner Kéran. Elle le sera avec un peu plus de force contre son armure.

« Accélérons le pas … Normalement, nous y arriverons d’ici demain ou après-demain. Alors, nous ferons des escales, c’est compris, Kéran ? »

« Bien entendu, Sélia. Je suis d’accord avec toi. Je veux juste qu’on se dépêche un peu quand même … Le mieux serait d’arriver demain mais assez tôt pour que tout ne soit pas fermé. »

Mais bien sûr. Rah … Voulait-il vraiment se faire passer pour un adulte ? Rien qu’à la voir la joie et l’impatience dans les yeux de Kéran, elle savait que c’était plus que difficile. L’adolescent allait peut-être devenir un jeune homme … mais il n’était pas bâti pour une telle aventure, que cela soit physiquement ou mentalement.


Elle le savait pertinemment au fond d’elle. Kéran voulait une vie comme la sienne … mais elle ne pouvait pas se permettre de la lui offrir … Cette arme … Elle détestait cette arme maudite … Toutes ces armes, armures et autres objets maudits … Toutes ces créatures ténébreuses et spectrales. Elle voulait les voir disparaître. TOUS DISPARAÎTRE ! Ses yeux rubis se fixèrent sur l’arme qu’avait Kéran à la ceinture, haineux comme si ils étaient capables de brûler quiconque les observait trop longtemps.

« Aie ! Sélia … Tu me fais un peu mal … Avec ton armure, j’ai un peu la face écrasée. » marmonna Kéran alors qu’elle le libérait, surprise par son geste.

« Pardon, Kéran … Pardon … Ce n’était pas voulu. »

« Ca n’a pas l’air d’aller … Tu me sembles un peu en colère, Sélia. » murmura le garçon aux cheveux blancs alors qu’il se tenait en face d’elle, ayant vu son regard ravagé par la haine.

« Mais non, mais non. Pourquoi est-ce que tu dis une telle chose ? »

« Sélia … Est-ce que tu es en colère parce que je garde Swar avec moi ? »

« Mais non, mais non. Pourquoi est-ce que tu dis cela ? Tu sais bien que ça me dérange mais pas au point de me mettre en colère contre toi. » répéta la jeune femme.

« Alors … Pourquoi j’ai l’impression que tu veux me tuer ? »

Il venait de jeter un grand froid entre eux deux, la jeune femme reculant un peu. Ils n’allaient pas se disputer encore une fois hein ? Hein ? Elle n’avait pas du tout envie de se disputer une nouvelle fois avec lui. Ce n’était pas cela … qu’elle désirait … Elle déglutit, cherchant les mots à employer, les mots justes pour lui.

« Je vais être sincère … Kéran … Ce n’est pas toi que je veux tuer … Pas du tout … Je veux juste détruire et réduire cette arme en poussières … et éliminer définitivement la créature qui tente de te parasiter. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? »

Elle avait tendu sa main vers lui, un petit sourire aux lèvres. Oui, elle lui souriait pour essayer de le rassurer … pour le convaincre de la justesse de ses paroles … pour qu’il comprenne ce qu’elle voulait pour lui. Simplement … qu’il soit heureux … qu’il soit en sécurité … Kéran était beaucoup pour elle, beaucoup plus qu’il ne pouvait l’imaginer. Il était son unique famille … et elle faisait tout pour qu’il ne prenne pas la mauvaise pente.

« Tu me fais des fois vraiment peur, Sélia. Regarde un peu l’air de démente que tu as … »

« Ne m’insulte pas, Kéran ! Je ne suis pas folle ou démente ! C’est compris ? Je ne te permets pas de m’insulter alors que je n’ai rien fait pour ça ! »

« Alors pourquoi est-ce que tu veux détruire quelque chose qui ne m’a rien fait pour l’instant hein ? Hein ? Swar est pour … » commença-t-il à dire avant d’être coupé par Sélia.

« Swar est une créature ténébreuse ou spectrale ! Elles sont toutes malsaines et mauvaises ! Tu ne comprends donc pas ? Elle attend simplement le bon moment pour prendre possession de ton corps ! Kéran ! C’est toi qui te voile la vérité ! Accepte-la ! »

« Et moi … Je te demande d’accepter que pour l’instant, Swar ne m’a rien fait de mal. Il m’a même sauvé la vie … Je ne sais pas ce qui s’est passé auparavant … Mais si tu veux pas m’expliquer, alors il vaut mieux que nous … »

« Je t’arrête tout de suite. Je ne te dirais pas ce qui s’est passé … Tu peux considérer que je n’existais pas avant que je te rencontre, c’est tout ce que tu as à savoir car c’est le plus important à mes yeux, Kéran. Tu es bien trop important pour moi. »

« Moi aussi … Moi aussi … Bon … Pardon … Mais arrête de regarder mon arme … Je ne vais pas m’en débarrasser maintenant. »

 

… … Alors, ils faisaient la paix ? Les yeux rubis de la jeune femme se posèrent sur son visage comme pour essayer de lire dessus. Elle attendait simplement la suite de ses paroles pour lui répondre. Si … Elle … évitait de regarder son arme, cela pouvait aller.

« Pourquoi est-ce que tu ne me parles pas, Sélia ? Je t’ai demandé une chose toute simple. Je n’aime pas que l’on soit fâché tous les deux. »

« C’est aussi mon cas, Kéran … si tu ne l’avais pas encore remarqué après toutes ces années et tous ses instants … C’est même encore plus présent maintenant. »

Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Il pencha la tête sur le côté, Sélia comme lui étant immobiles depuis maintenant quelques minutes. Elle n’était pas motivée à lui répondre, hein ? Enfin plus que ça … Mais il avait aussi lancé les hostilités. Quel imbécile. C’était de sa faute s’ils s’étaient disputés cette fois … Encore une fois.

« Je m’excuse de m’être emporté, Sélia. »

« Excuses aussitôt acceptées, Kéran. Mais évitons à l’avenir de nous disputer pour ce genre de futilités … Il faut vraiment que l’on avance. Nous perdons du temps … Tu as compris ? »

Perdre du temps ? Elle utilisait ses mots pour lui rappeler qu’il voulait qu’ils se dépêchent, n’est-ce pas ? Sélia … Ah … Il s’était sûrement trompé en regardant ses deux yeux rubis. Ils ne pouvaient pas être haineux et colériques. Il n’était encore qu’un enfant … Un sale petit gamin impertinent qui ressemblait à un animal qui venait mordre la main de celle qui voulait le sauver. Il baissa la tête, murmurant :

« C’est vrai … On devrait se dépêcher sinon on va jamais y arriver. »

Elle revint à sa hauteur, passant une main dans ses cheveux. Au moins, ils s’étaient disputé maintenant et non pas lorsqu’ils se trouveraient dans la ville. C’était mieux ainsi … Et cela permettrait alors aux deux personnes d’éviter un nouveau drame.

« Kéran … Ce soir, comme nous n’avons qu’une seule tente …Tu pourras dormir comme ce matin si il le faut, cela ne te dérange pas ? »
Comme ce matin ? Qu’est-ce que ça vo… Non ? Il avait réellement dormi avec elle ? C’était vrai qu’avec tout ce qui s’était passé hier … Ils étaient exténués, fatigués, lessivés, lassés, bref, au bout du rouleau mais quand même … Peut-être qu’il ne l’avait pas remarqué … Enfin, non, c’était le cas. Ce matin, lorsqu’il s’était réveillé, il s’était posé la question mais rien n‘avait été confirmé … avant cet instant.

« Euh … Est-ce que je peux y réfléchir un petit peu ? » chuchota-t-il en rougissant.

« Comme tu veux, Kéran. Mais maintenant que nous sommes plongés dans l’insécurité permanente car nous n’avons plus de toit stable, je veux te surveiller le plus souvent possible pour être sûre que tu ne sois pas en danger. »

« D’accord, je veux bien dormir avec toi, c’est bon, Sélia. Maintenant que nous ne pouvons compter que sur l’autre, ça me parait normal ! »

Il devait montrer qu’il était quand même un homme. S’il rougissait … à cause du contact avec une fille, pour qui est-ce qu’il allait passer ? Pour un avorton ? Il en était hors de question ! Il prit la main de Sélia, la serrant avec un peu de force bien qu’il remarquait qu’il ne lui faisait nullement mal. Pour ce soir et pour après, il allait se comporter en homme.

Et dire que pendant ce temps, Swar ne prenait guère la parole. C’était clairement un esprit très discret … Il se demandait même au final … S’il était réellement une créature spectrale ou ténébreuse. C’était peut-être simplement un esprit errant ? Sans une seule once de pouvoir ? Ce n’était pas pour ça qu’il devait baisser sa garde. Bientôt … Il irait dans une ville.

Chapitre 12 : La vérité en face

Chapitre 12 : La vérité en face

« C’est difficile à croire mais …Cela me semble réel. » annonça l’homme derrière ses lunettes alors que Kéran avait déposé les dix noigrumes devant lui.

« C’est pourtant bel et bien le cas. Vous ne m’aviez pas demandé de les combattre, non ? Mais simplement de les capturer … J’ai réussi à en capturer une dizaine après ce qui me semblait être un combat. Je n’ai fait que profiter de l’occasion. »

« Ah … Tu me sembles un peu plus malin qu’au départ. On ne dirait pas ainsi … Mais tu es plutôt débrouillard. Je me disais bien que tu ne semblais guère blessé malgré la difficulté de la mission. Et surtout, réussir à en capturer une dizaine … Assez impressionnant en soi. »

L’homme ouvrit le bureau, sortant une bourse plutôt imposante avant de la tendre vers l’adolescent aux cheveux blancs argentés. Celui-ci la récupéra, le remerciant d’un hochement de tête avant que l’homme ne reprenne la parole :

« Bien bien bien … Si tu ne mises pas seulement sur la force et la brutalité pour arriver à tes fins, il se pourrait bien que tu réussisses à attirer le regard des guildes sur ta personne. Mais attention, si il s’avère que tu t’es fait aidé pendant cette mission, le jour où tu rentreras dans une guilde mais que tu n’auras pas fait tes preuves car tu es bien trop faible … Cela risque de très mal se passer. Rares sont les personnes vantardes à survivre dans ce monde. »

« Non, non … Je ne me suis pas fait aider. J’ai vraiment juste profité de l’occasion pour capturer ces Snubbulls et des Granbulls, rien d’autre. »

« Hum … Tu me sembles sincère dans tes paroles. Bon, qu’importe, prend donc cet argent, tu l’as bien mérité. Une dizaine de pokémons capturés, ce n’est pas rien, qu’importe la méthode utilisée pour arriver à tes fins. »

« Je vous promet que je n’ai rien fait de tel. Est-ce que … Est-ce que je pourrai revenir si j’ai besoin d’argent ou non ? » demanda l’adolescent, cherchant à contrôler sa nervosité. Avec une telle somme, ils allaient pouvoir tenir pendant plusieurs jours mais après ? Il lui fallait un travail … constant … Quelque chose qui lui permettrait réellement de survivre dans ce monde hostile et rien d’autre. Il ne pouvait pas réfléchir à autre chose.

« Pour ma part, je prends une seule et même personne qu’une fois par quinzaine de jours. C’est simplement pour le marché … et voir de nouvelles têtes prometteuses. Mais bon … Cela ne te concerne guère. Si tu as terminé, tu peux maintenant te retirer. »

« Merci encore pour l’argent et ce que vous avez fait. » répondit Kéran, l’homme faisant un simple geste de la main, terminant la conversation en lui disant :

« Je te conseille d’éviter d’être aussi crédule et gentil dans le futur. Tu ne survivras pas très longtemps dans ce monde avec un tel mode de pensée. »

Hein ? Comment ? Il attendit quelques secondes que l’homme continue à parler mais rien n’arriva. Qu’est-ce que ça voulait dire ça ? Il avait … parfaitement compris que le monde n’était pas si beau et joli … Il n’était pas stupide non plus hein ? Mais bon … Quand même … Il devait retourner à l’auberge avant que Sélia soit de retour. Il lui montrerait alors l’argent.

Lorsqu’il pénétra dans la chambre, elle était là, assise, les bras et les jambes croisées, tapant du pied droit avec nervosité. Et il comprit aussitôt qu’il allait avoir des problèmes, de très gros problèmes même. Elle n’était pas le genre de femmes à apprécier qu’on lui mente … ou alors qu’on ne lui obéisse pas, surtout quand … cela concernait sa sécurité.

« Je vais te poser une seule et unique question : où te trouvais-tu ? »

« Travailler pour avoir de l’argent. » répondit calmement Kéran bien que tout son corps tremblait en la regardant. Ne pas avoir peur d’elle … Ne pas du tout avoir peur … si il ne voulait pas avoir de problèmes. Ah … Plus facile à dire qu’à faire ! Elle le fusillait du regard ou presque ! Il allait sérieusement avoir mal !

« Et quel genre de travail un adolescent pourrait-il bien faire ? Pourquoi est-ce que tu as pris ton épée ? Pourquoi est-ce que tu es parti sans même me prévenir ? »

« Ca … fait plus d’une question, Sélia. » murmura l’adolescent en détournant le regard.

« Et je pense que tu vas y répondre, une par une, est-ce bien compris, Kéran ? »

« … … …. J’ai pris mon épée car mon travail était un travail à faire seul … Et j’avais envie de converser avec Swar, c’est tout. »

« Swar bien entendu ! Depuis quand est-ce que tu as donné un nom au monstre qui habite ton arme ? Mais est-ce que tu réfléchis un peu à ce que tu dis ? A ce que tu fais ? Kéran ! BON SANG ! Un peu de jugeote, c’est trop te demander ? Tu n’es pourtant pas un imbécile ! Je suis revenue bien plus tôt que prévu car je voulais m’excuser de ces derniers jours et voilà ce que je trouve … Ce que je trouve ? RIEN ! RIEN DU TOUT justement ! »

Voilà qu’elle allait commencer à s’emporter. Il ne devait pas avoir peur … Elle ne lui voulait aucun mal, il le savait parfaitement … Mais quand même … Il avait peur … C’était tout. Car il n’avait pas encore répondu à toutes ses questions. Et lorsqu’elle saurait à son sujet … AH ! Rien que le fait d’y penser le faisait trembler !

« Alors ? Tu as perdu ta langue, Kéran ? » demanda la jeune femme aux cheveux azur avant de se relever, se positionnant à quelques centimètres de lui. Elle était toujours plus grande que lui … et plus impressionnante.

« Je … Non … Pas du tout, Sélia. Mais regarde tout ce que j’ai gagné ! »

Il allait peut-être la calmer en faisant une telle chose. Il sortit l’épaisse bourse de sa poche, la montrant à Sélia qui parut surprise puis suspicieuse. Elle récupéra la bourse, l’ouvrant avant d’y jeter un œil à l’intérieur. Son regard ne tarda pas à se poser à nouveau sur l’adolescent, reprenant la parole d’une voix calme :

« Et dis-moi … Quel est le travail que tu as fait pour avoir autant d’argent ? »

« Euh et bien … C’est assez simple. » balbutia l’adolescent, cherchant à exprimer ses paroles de façon correcte et détournée. « C’est un homme qui avait besoin de quelques personnes pour récupérer des pokémons. Il donnait les noigrumes et on devait aller les chercher. »

« Tu es sûr qu’il … avait simplement de chercher et récupérer des pokémons ? Que ce n’était pas autre chose ? Car cela m’étonne qu’une seule personne ait besoin d’autant de pokémons, n’est-ce pas ? Combien de noigrumes avait-il avec lui ? »

« Euh … Euh … Plusieurs caisses … Sélia. » murmura Kéran avant de baisser la tête.

« Et tu as alors évité de réfléchir plus de trois secondes en ne te disant pas que cela pouvait paraître louche, Kéran ? Tu es quand même pourtant loin d’être idiot non ? »

« Je … Je … Ce n’était pas pour ça que j’étais venu ! J’étais venu simplement pour gagner de l’argent ! C’est tout ! Car on en a besoin ! »

« Quitte à capturer de pauvres pokémons sans défense ? » dit-elle sur un ton des plus secs, l’adolescent se tétanisant. On ne pouvait pas lui mentir … On ne pouvait pas lui voiler la vérité. Elle la trouverait facilement. Quoi faire ? Qu’est-ce qu’il devait faire ? « JE T’ORDONNE DE ME REPONDRE, KERAN ! MAINTENANT ! »

« Ils n’étaient pas sans défense ! Lorsque je suis arrivé, ils étaient dans un sale état ! Je n’ai fait que les capturer ! Je ne les ai sauvés ! Ils étaient en train d’agoniser ! Ils se sont faits attaqués par je ne sais quoi et la majorité était déjà morte ! »

« TU VEUX ME FAIRE CROIRE QUE TU LES AS SAUVES ! »

La claque qu’il se prit sur la joue droite le fit pencher sur le côté, l’adolescent poussant un cri de douleur avant d’avoir les yeux légèrement embués. Il n’allait pas pleurer mais se prendre une telle … chose de la part de Sélia, ça faisait encore plus mal que n’importe quel autre coup de la part de n’importe quelle autre personne.

« Arrête un peu tes bêtises, Kéran ! C’est à moi de m’occuper de toi et pas l’inverse, c’est bien compris ! C’est moi qui suis l’adulte dans notre famille ! »

« Tu n’es pas de ma famille, je te rappelle ! Tu es ni ma mère, ni mon père, ni ma sœur, ni rien du tout ! Tu es juste une fille qui a décidé de prendre soin de moi ! Maintenant, je suis aussi un adulte ! Je le suis bientôt ! Et je devrais alors me débrouiller seul ! »

« Retire … Retire … Retire ce que tu as dit, Kéran. » murmura Sélia, la tête baissée alors que l’adolescent tremblait en même temps.

« Non … Je ne le retirerai pas … car je dis la vérité, tu le sais très bien. Je ne suis plus un enfant … Et en même temps … Je … Je … »

« Retire ce que tu viens de dire … Kéran. Je ne te le demanderai pas une troisième fois. Retire ce que tu as dit … sur le fait que … nous ne sommes rien … »

« Mais c’est vrai ! Nous ne sommes pas liés par le sang. Je ne mens pas ! J’en ai juste assez de tout ça, Sélia ! Si tu ne veux pas que je vienne t’aider ou que je me débrouille seul, autant faire comme si il n’y avait jamais rien eut ! Je t’adore … Je t’adore … vraiment Sélia … Tu es vraiment la personne la plus importante à mes yeux … mais si tu continues à me rabaisser alors que je ne fais que t’aider … quand tu en as le plus besoin … Ça ne va plus aller. »

« … … … Tu es mon unique famille, Kéran. » dit-elle tout simplement sans continuer à parler. Elle n’aimait pas … ce que sa famille devenait … ce que … Kéran était en train de faire. Non, ça ne lui plaisait pas du tout, loin de là même.

« Et toi aussi … Or … C’est bien beau d’avoir une grande sœur … Mais elle doit laisser son petit frère sortir du nid car sinon, il n’apprendra jamais à se débrouiller seul. »

« Tu as obtenu une arme possédée, tu as capturé des pokémons sans défense pour de l’argent, tu commences déjà à te diriger vers la mauvaise pente … »

« Alors, tu n’as qu’à me guider … et non pas m’abandonner sur le bord du chemin. Tu es en train de refaire ta vie tout en m’emprisonnant ici, Sélia. »

Elle releva son visage, posant ses yeux rubis sur lui. Maintenant, elle n’était plus en colère. Elle ne laissait transparaître aucune émotion avant de quitter la chaise sur laquelle elle était assise. D’un geste lent, elle tendit ses deux mains vers lui avant de murmurer :

« Viens Kéran … J’ai vraiment besoin de te serrer contre moi pour le moment. »

« Je … D’accord, Sélia. » chuchota l’adolescent avant de s’approcher d’elle, laissant tomber son épée avant d’aller dans les bras de Sélia. Il ferma les yeux, sa tête logée contre sa poitrine alors qu’elle faisait de même. La main de la jeune femme caresses cheveux blancs alors qu’elle lui soufflait avec délicatesse :

« Désolée … C’est toujours très dur … Kéran. Je n’ai toujours pas réussi à tirer un trait sur cette histoire et je ne veux surtout pas que tout recommence. Après la mort de mon pokémon, je ne veux vraiment pas … perdre quelqu’un d’autre. »

« Alors, il faut que tu m’aides tout simplement hein ? Tu verras … Je ne me ferai pas possédé par mon arme … Et si il faut, j’apprendrai à me débrouiller sans … Mais pour ça, il faut que tu acceptes de m’aider, Sélia. Sans toi, j’aurai beaucoup de mal à grandir … Sans toi, je ne réussirai jamais à devenir un adulte. »

Elle comprenait … et elle ne pouvait rien faire pour empêcher cela. L’adolescent allait devenir un homme bientôt, il allait avoir sa majorité et elle devait tout faire pour qu’elle se passe bien. Mais qu’est-ce qu’il allait pouvoir faire ? Elle ne voulait pas qu’il se blesse.

« Sélia … Je veux t’accompagner … comme auparavant. Avant, ça ne te dérangeait pas que je t’accompagne … alors maintenant, ça ne devrait pas te déranger. »

« … … … Restons encore cinq minutes comme ça, Kéran. » murmura simplement la jeune femme, ne semblant pas être prête à lui répondre. Elle avait posé sa tête sur celle de l’adolescente, observant le mur avec neutralité.

Elle devait accepter ce qu’il demandait ! Elle devait accepter qu’il l’accompagne comme avant ! Elle devait vraiment arrêter de penser à son Pyroli ! Il ne disait pas qu’il fallait complètement l’oublier … mais simplement passer à autre chose. Sa capture de pokémons, il savait aussi bien qu’elle que ça n’avait pas été une bonne chose mais … Il s’était senti obligé d’accomplir ce genre de missions pour progresser.

Finalement, au bout de plusieurs minutes, elle arrête de l’enlacer, retirant le corps de l’adolescent du sien avant de le regarder avec délicatesse. Ses yeux rouges posés sur lui, elle reprit la parole sur un ton tendre :

« On va faire comme ça … Demain, toi et moi, nous quittons cette ville pour aller ailleurs. De toute façon, il ne restait plus grand-chose à faire ici. »

C’était donc vrai ? Il regarda la jeune femme pour savoir si elle disait la vérité ou non. D’après ce qu’il voyait, elle était sincère. Il hocha la tête en faisant un petit sourire, lui disant sur le même ton qu’elle :

« Merci beaucoup de me refaire confiance, Sélia. Je suis sûr qu’on pourra redevenir comme avant tous les deux. Ça ne doit pas être bien difficile. Et puis, ainsi, tu pourras toujours tourner le dos à un adversaire, je serai là pour te protéger. »

« Toi ? Me protéger ? Comme c’est mignon … Tu ne penses quand même pas me protéger tout de suite hein ? Il va falloir faire encore plus d’efforts que ça. »

Elle rigola légèrement, plus attendrie par les paroles de Kéran qu’autre chose. Celui-ci fit une petite mine boudeuse, récupérant son épée avant de la présenter à Sélia.

« Dorénavant, je vais éviter complètement de l’utiliser. Mais il faudra quand même m’aider à apprendre à me battre avec une autre arme, Sélia. » dit-il en la regardant.

« Tu n’es pas forcément obligé d’utiliser un autre type d’arme. Dans le pire de cas … Si tu dois utiliser cette épée, il vaut mieux que tu apprennes à te battre à la base avec une épée. Hum … Avec l’argent que tu as récupéré et celui que j’ai mis de côté, il va sûrement être possible de te préparer au combat ou du moins à tes débuts. »

« Des courses ? Avec toi ? C’est vrai ? Ou alors, c’est juste un rêve et je vais me réveiller ? »

Une petite pointe d’ironie gentillette. Elle lui pinça la joue, l’adolescent poussant un petit cri de douleur avant de se frotter la joue, c’était douloureux. Mais pour aujourd’hui, peut-être qu’ils en avaient trop fait ? Elle vint s’asseoir sur l’un des lits avant de lui dire :

« Mais tout ça pourra attendre demain, Kéran. »

« Je veux bien te croire, Sélia. Je crois que j’ai eu ma dose d’émotions aujourd’hui … Et toi aussi, hein ? Mais … Vraiment … Si ça pouvait être … La dernière dispute comme ça. » murmura l’adolescent avec un peu de tristesse.

« On va toute faire pour que ça soit le cas, d’accord ? »

« D’accord, Sélia … Je te fais entièrement confiance. »

Elle ouvrit à nouveau ses deux bras pour que Kéran puisse venir dedans. Ce n’était pas que cela manquait à l’un ou à l’autre mais simplement … Après ce qui s’était passé aujourd’hui, chacun avait l’impression de mieux connaître l’autre. Sélia comme Kéran, les deux personnes s’étaient rapprochées encore plus qu’auparavant.

Chapitre 11 : Qui elle est

Chapitre 11 : Qui elle est

« Ce n’est pas drôle du tout ! » s’écria Kéran, rouge de gêne avant de reprendre : « Il … Il faut le faire avec quelqu’un que l’on aime. »

« Et si je ne te laisse pas le choix ? Qu’est-ce que tu en penses ? Et si je te violais ? » dit-elle en se léchant les lèvres, soulevant son sein droit pour lui montrer la pointe à travers le tissu.

« NON ! Tu n’oserais pas ! Ne t’approche pas de moi ! » s’écria l’adolescent en reculant un peu, Katérina rigolant fortement avant de reprendre :

« Tu crois vraiment que tu m’intéresses sexuellement ? Tu n’es qu’un pathétique puceau immature. Je ne cherche pas des personnes comme toi. »

C’était aussi violent que ses anciennes paroles. C’était elle qui voulait se balader et c’est lui qui se faisait insulter ! PFFFF ! C’était quoi cette blague hein ? Il fit une petite moue dubitative, ne sachant pas réellement quoi dire. Il n’allait pas lui répondre, c’était aussi simple que ça pour ne pas lui parler. Enfin non, ce n’était pas comme ça qu’il devait réagir. Et puis, surtout, c’était une réaction stupide.

« Ca ne fait rien. Par contre, toi, tu es plutôt belle. » dit-il calmement et posément, rougissant un peu à ce qu’il venait de prononcer. Ce n’était pas dans ses habitudes de parler de la sorte mais bon … Katérina parut surprise, faisant un léger sourire avant de lui répondre :

« Oh, ne t’en fait donc pas à ce sujet. Je sais très bien que je suis belle. Tu ne peux pas vraiment le contester, n’est-ce pas ? »

« Tu peux arrêter d’être vaniteuse, s’il te plaît ? Enfin bon … Et c’est quoi ce qui se passe avec ton corps ? Enfin … Euh … Enfin, non, je n’ai rien dit, pardon. »

Il fallait dire qu’il osait à peine la regarder maintenant. C’était quoi … ce corps qui était une véritable bombe d’érotisme ? Rien à voir avec Sélia … Enfin, en même temps, la jeune femme ne faisait rien du tout pour se mettre en valeur de la sorte. En même temps, il ne lui demanderait jamais une telle chose. Il la respectait, il la respectait plus que tout ! Et donc, il n’avait clairement pas besoin de la voir ainsi.

« Bon … Ce n’est pas que tu m’ennuies mais j’ai autre chose à faire de mes journées ! »

« Et moi, de mon côté, je dois aussi capturer quelques pokémons. » annonça-t-il calmement, soupirant de soulagement. Il allait peut-être enfin rester en vie pour la journée.

« Ah oui … La capture de pokémons … Tu n’es même pas capable de te débrouiller seul, ça me donne plus envie de rire que de pleurer quand je te vois ! »

« Je vais faire de mon mieux. Tu verras … et tu seras plus que surprise. » reprit l’adolescent, croisant les bras pour se donner un air sérieux. Pour toute remarque, Katérina éclata de rire une nouvelle fois avant de lui dire :

« Si tu arrives à m’impressionner, on réfléchira à le faire à la « normale ». Pour l’heure, tu ne me fais aucun effet, Kéran ! Par contre, je te conseille de me suivre si tu veux quitter la forêt. Tu risques de ne pas pouvoir y arriver sans moi ! »

Hein ? Quoi ? HEY ! Qu’elle l’attende alors ! Il commença à courir derrière elle, l’adolescente n’ayant pas perdu de temps. ZUT ! Il ne voulait surtout pas rester vivre dans une forêt dont il ne connaissait rien ! C’était complètement pathétique si cela devait arriver ! Il était parti à la recherche d’une capture de pokémons ! Rien d’autre !

« Attends-moi un peu ! Katérina ! KATERINA ! » cria-t-il de toutes ses forces, se cassant la figure alors qu’il entendait le rire de l’adolescente qui s’éloignait.

Il s’écroula au sol, n’ayant pas remarqué la racine qui en était sorti. Ca faisait mal ! Il sanglota très faiblement à cause de la douleur causée avant de se relever. Elle était toujours partie en avant d’après ce qu’il avait remarqué alors bon … Il allait sûrement la retrouver si il continuait tout droit ! Du moins, c’est ce qu’il pensait. Il s’arrêta subitement, remarquant un étrange spectacle. Assez inquiétant d’ailleurs …

« Qu’est-ce que ces pokémons font là ? » demanda t-il en observant une cinquantaine de pokémons qui étaient couchés au sol. Certains étaient assommés, d’autres étaient en un piteux état, respirant bruyamment avant de pousser leurs derniers souffles. Des petits chiens de couleur rose … Des Snubbulls ? AH ! Il y avait aussi des Granbulls ! A voir l’état dans lequel ils se trouvaient, cela avait été très violent … Plus que violent.

« Mais bon … Ce n’est pas un problème pour moi ! C’est même tant mieux ! »

Il avait sorti ses noigrumes, ne pensant pas à cet instant à quitter la forêt. Il devait capturer des pokémons. Autant le faire dès maintenant hein ? Il regarda les pokémons qui étaient simplement assommés et non blessés avant de jeter les noigrumes sur eux. Pour que ça soit équilibré, il prit cinq Snubbulls et cinq Granbulls avant de soupirer. Il n’aimait pas réellement faire ça dans le fond. Il se tourna vers les autres pokémons, certains tentant de se lever sans y arriver, trop affaiblis, trop blessés, trop … proches de la mort.

« Je ne fais … que ce que l’on me demande. » murmura l’adolescent avec une petite pointe de tristesse. « Je ne peux rien faire pour vous, je n’ai rien pour vous soigner. Pardonnez-moi. Quant à … eux … Je pense qu’ils seront en sécurité et bien dressés. Je dois m’en aller. Pardon … Réellement, pardon. Il faut que je parte. »

Et vite car il se sentait mal ! Ce sang séché, cette odeur qui se soulevait. Quel pokémon avait-été responsable d’un tel carnage ? Ils étaient si nombreux, trop nombreux … Et pourtant, ils n’avaient rien pu faire. Et lui … De son côté, il avait honte de ce qu’il venait de faire. Il avait profité de la situation mais en même temps … Si il avait décidé de ne rien faire, sa mission n’aurait pas réussi n’est-ce pas ? Alors … Alors …

« Je n’ai pas à m’en vouloir … Pas du tout. Il faut juste … que je n’en parle pas à Selia mais je ne veux pas lui mentir une nouvelle fois ! »

Hors de question ! Il courut à toute allure pour mettre le maximum de distance par rapport à cette scène avant de rechercher à nouveau Katérina. Où était-elle passée ? Ne pouvait-elle pas l’attendre un peu ? Bon … En même temps, il n’était pas très malin de son côté. Il avait quand même perdu du temps avec la capture mais ce qui était fait était fait. Enfin, il vit qu’il s’approchait de la sortie de la forêt, n’ayant pas retrouvé Katérina. Il regarda autour de lui, criant maintenant à vive voix :

« Katérina ! Katérina ! Où est-ce que tu es ? Katérina ! »

Aucune réponse … Hum … Ce n’était pas vraiment ce qu’il attendait. Enfin … En un sens, c’était peut-être la meilleure chose à faire, non ? Il ne savait pas le moins du monde.

« Il vaut mieux … qu’elle ne me voit pas … Je ne sais toujours pas comment la considérer dans le fond. » murmura t-il en regardant les dix noigrumes.

Et si … C’était elle la responsable ? Non … Ce n’était pas possible. Pourquoi est-ce que Katérina viendrait l’aider ? Et en même temps … Avec toutes ces attaques … enfin … sexuelles … Enfin non … Ce n’était pas réellement comme ça … Comment dire … C’était compliqué avec elle ! Il s’écria avec un peu de rage :

« C’est une ennemie ou une amie ? Elle me rend dingue cette fille ! Plus que dingue même ! Je ne sais pas si elle veut me tuer ou non ! »

Et si elle voulait le tuer, qu’est-ce qu’elle allait faire ensuite hein ? Hein ? C’était plus que difficile à comprendre avec toute cette histoire. Par contre, il y avait autre chose. Swar restait complètement … muet lorsque Katérina prenait la parole. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Il allait parler avec son arme sur le trajet du retour. Mais bon, c’était une bonne nouvelle. Il venait de réussir sa mission bien plus facilement que prévu !

« Il en faut peu pour rendre heureux … »

Elle était au sommet d’un arbre un peu plus grand que les autres, lui permettant de voir au-dessus de la forêt. Elle regardait l’adolescent qui partait, heureux, en tenant les noigrumes dans ses mains. Hum … Vraiment, des fois, elle se demandait ce qui clochait avec elle. Pour l’heure, tout était parfaitement normal et elle était terriblement excitée à l’idée de ce jouet qu’elle côtoyait de plus en plus. Mais bon …

« Ce n’est pas le meilleur moment pour rêvasser ! » se dit-elle à elle-même, passant une main sur sa poitrine. Elle la plaça sous son vêtement, se palpant le sein droit avant de gémir un petit peu. C’était … C’était vraiment très bon.


Mais elle ne devait pas s’attarder là-dessus. Ce n’était pas bon pour elle de penser à de telles choses ! Du moins … Tant qu’elle n’était pas tranquille. Elle descendit de l’arbre, s’agrippant à chaque branche, certaines se brisant sans pour autant qu’elle se retrouve en position où elle serait en danger. Enfin, elle vint atterrir sur le sol. Le sourire qu’elle arborait habituellement disparu complètement avant qu’elle ne dise :

« Je te conseille sincèrement de te montrer. Je déteste que l’on tente de me suivre … quand je ne le décide pas. Tu veux que je vienne te chercher ? »

« Tu n’en auras guère besoin. Je me présente à toi, jeune demoiselle. » annonça une voix parfaitement neutre, dénuée d’émotions tandis que l’adolescente tournait son visage vers l’origine des paroles. Située sur l’est de sa position, une personne sortit d’à travers les arbres.

Un homme d’une trentaine d’années. Le regard hagard, il semblait être complètement déconnecté de la réalité tandis que l’adolescente l’observait brièvement. Les cheveux noirs salis par la crasse, les yeux verts étudiant les environs avec lenteur, les vêtements déchirés, l’homme n’inspirait pas du tout la confiance.

« Qu’est-ce que tu es réellement ? » demanda l’homme avec calme.

« C’est des façons de s’adresser à une dame ? » répondit aussitôt l’adolescente avec insolence, l’homme restant parfaitement stoïque en reprenant la parole :

« Une telle hauteur … Une telle gestuelle … Ce n’est pas normal … Mais je ne ressens rien … Tu n’es pas possédée … Que cela soit par l’un de mes congénères … ou par l’un des ténébreux … Qu’est-ce que tu es … réellement ? »

« Et pourquoi je devrais te répondre ? » dit-elle sur le même ton qu’auparavant, mettant correctement ses habits. D’après les dires de l’homme, il était facile de deviner qu’il était possédé par un spectre. Pourtant, elle ne semblait nullement apeurée par la situation.

« Je n’aimerai pas à avoir à te forcer … J’ai vu ce que tu as fait à ces Snubbulls et ces Granbulls. Tu as aidé un humain qui n’en valait pas la peine. »

« C’est bien parce qu’il ne valait pas la peine. Par contre, je n’aime vraiment pas qu’on me suive comme un chien … si je ne l’ai pas domestiqué avant. Tu commences à m’ennuyer alors tu sais ce que l’on va faire ? Tu vas disparaître. »

Elle sortit ses deux lames, son sourire se dessinant une nouvelle fois sur ses lèvres. L’homme ne parut pas surpris de sa réaction, mettant ses deux mains en croix avant qu’une aura noire ne l’entoure. Pourtant, l’adolescent courut à toute vitesse vers lui, le haut de son corps penché en avant tandis qu’elle reprenait :

« Les types comme moi me répugnent. Vous n’êtes que des rapaces incapables d’avoir une propre forme physique. Vous êtes obligés de parasiter autrui pour survivre. Vous ne valez rien sans cela … Qu’est-ce que tu comptes faire ? Utiliser un corps dont tu ne connais rien pour me tuer ? HAHAHAHA ! QUELLE BONNE BLAGUE ! »

Le bras droit vola dans les airs, détaché du reste du corps de l’homme avant qu’elle ne fasse de même avec l’autre bras. Du sang se projeta sur les habits de l’adolescente, celle-ci commençant à taillader un peu partout sur le corps de l’humain sans aucune réticence.

« Et bien alors ? C’est quoi ce que tu disais ? Répète un peu pour voir hein ? Hein ? ALORS ! VAS-Y ! Je t’écoute ! On l’ouvre moins, hein ? Espèce de cloporte répugnant ! »


Elle donnait maintenant des coups de talon dans le crâne de l’homme déjà mort, ou du moins de ce qui restait de son corps. Son talon s’enfonçait dans la chair, quelques petits morceaux arrivant à son bout. Finalement, l’aura noire autour des restes se réunit pour former une sphère à moitié volubile et solide. Elle s’écria en faisant une pirouette en arrière :

« Alors petit bâtard … Tu veux me montrer ta véritable apparence ? Vas-y, je t’attends … Tu vas voir … Tu vas sentir à quel point c’est différent … de souffrir avec son propre corps ! »

Peu à peu, la sphère se modifia, deux petites pattes au bout jaune faisant leurs apparitions alors qu’une touffe de poils blancs se trouvait au sommet de la sphère. Enfin, la sphère s’allongea, ressemblant à une minuscule montgolfière de quarante centimètres et de couleur violette. Un Baudrive … Celui-ci la fixait de ses deux yeux rouges alors qu’elle reprenait :

« Même ton apparence réelle est pathétique … Qui est-ce que tu comptes impressionner de la sorte hein ? C’est l’heure de dégonfler le ballon ! »

« Tu ne pourras plus m’atteindre dorénavant … Je suis sous ma forme réelle. » murmura le Baudrive calmement tandis qu’elle haussait un sourcil. Son sourire s’agrandit alors qu’elle éclatait de rire. Elle ? Elle n’allait pas le toucher ?

« Bien sûr ! Bien sûr ! Putain de petit vantard ! Tu parles nonchalamment et ensuite, tu crois te donner un genre ! » dit-elle avec entrain, tournoyant sur elle-même, levant la jambe droite comme pour imiter une ballerine.

« Si tu essaies de me tuer … Tu exploseras avec moi … Toutes les attaques physiques te feront le plus grand mal … Tu n’es pas idiote au point de te faire souffrir. »

« Qu’est-ce que tu sais de moi hein ? Tu veux que l’on parie sur qui souffrira le plus dans l’affaire ? J’adore les paris truqués ! Ça me permet de lire la peur dans le regard de ceux qui savent qu’ils n’ont aucune chance de gagner contre moi ! »

« Tu es complètement folle … Je ne sais pas ce que tu es … Mais il faut que je te tue. »

La tuer ? HAHAHA ! BON SANG ! Mais quelle blague ! Sans une once d’hésitation, elle se jeta sur le Baudrive, celui-ci disparaissant de sa vue avant d’apparaître dans son dos. Elle éclata d’un rire dément avant de planter sa lame en arrière, au beau milieu de la croix jaune qui constituait une partie du Baudrive.

« Imbécile … Tu ne sais pas ce qui t’attends. »

« Tu crois que je ne t’ai pas attendu pour savoir ce que le futur prévoit pour moi ? » murmura Katérina calmement, une forte lumière émanant du Baudrive.

« Tu disparaîtras avec moi … » murmura le pokémon avant qu’une violente explosion se produise, balayant tout ce qui se trouvait autour de lui à une dizaine de mètres de diamètre. Emportant Katérina avec lui, le pokémon disparu dans l’explosion.
Quelques secondes plus tard, la jeune femme était toujours présente, debout, droite et fière. Un sourire se dessinait sur ses lèvres alors que son corps laissait paraître de nombreuses traces de brûlure qui n’altéraient pourtant pas sa beauté naturelle. Elle passa une main dans ses cheveux argentés, disant avec amusement :

« Pathétique … Il ne m’a rien causé … Ces spectres, ces ténébreux, ces humains, ces pokémons … Ils sont si faibles … si risibles … HAHAHA ! »

Et pourtant, certains d’entre eux aimaient se jeter dans la gueule du loup. Ils aimaient mourir, n’est-ce pas ? Une seconde fois … C’était ce qui attendait ceux qui la rencontraient.

Chapitre 10 : Se le rentrer dans la tête

Chapitre 10 : Se le rentrer dans la tête

« Tu as perdu ta langue ? Ne me dit quand même pas que c’est moi qui t’intimide comme ça. » murmura Katérina avec une douceur qui en aurait étonné plus d’un.
Après ses paroles, elle se coucha sur la branche, levant des deux jambes en l’air alors que sa tenue se relevait, laissant voir la dentelle de sa culotte blanche. Il remarquait aussi les petits … élastiques de la corde ? AH ! En fait, c’était deux lacets qui tenaient sa culotte ! Il le remarqua finalement alors qu’il apercevait la raie de ses fesses … Elle faisait … Elle faisait tout pour qu’il la voie hein ? Il détourna le regard, disant :

« Pourquoi est-ce que vous êtes là … Katérina ? »

« Que … Quoi ? » balbutia l’adolescente, semblant surprise avant de se redresser sur la branche. Elle éclata de rire, reprenant la parole : « J’ai cru très mal entendre mais … Tu viens de me vouvoyer ou je rêve ? Moi ? Alors que je dois avoir le même âge que toi ? »

« Je sais simplement reconnaître une personne … quand elle est supérieure à moi. »

« … … … Ce n’est pas vraiment très drôle quand tu le dis comme ça. » annonça la jeune demoiselle aux cheveux blancs, tombant de l’arbre pour s’accrocher à une branche avant d’atterrir devant lui, un genou au sol. Que … Pourquoi est-ce qu’elle faisait ça ? Il posa une main sur son nez, évitant de regarder le décolleté et surtout la chair en partie nue de ses seins. Elle n’avait vraiment aucune décence cette fille.

« Je ne cherchais pas à être drôle mais réaliste … Katérina. »

« Hey … Hey … J’ai une petite idée, Kéran. Regarde-moi dans les yeux … ou plus bas si tu le désires mais regarde-moi … C’est un conseil que je te donne. »

La dernière phrase avait été dite de telle façon qu’il sentait qu’il n’avait pas vraiment le choix. Bon … Gloups … Si il regardait ses yeux dorés … ou rubis … Enfin, ils changeaient fréquemment de couleur ou quoi ? Enfin … Il observa le visage d’adolescente, celle-ci n’étant qu’à quelques centimètres de lui, un sourire aux lèvres.

« Tu veux l’entendre ? Aller … Dis-moi que oui … Je suis sûre que ça va te plaire ! »

« Euh … Alors, je dois poser la question : quelle est votre idée, Katérina ? »

« Si tu continues de me vouvoyer, je te bute. » répondit avec entrain Katérina, l’adolescent faisant quelques pas en arrière, comme effrayé. Il tomba au sol, n’ayant pas remarqué une racine, Katérina en profitant pour venir s’asseoir sur lui, au niveau du bas de son ventre. « Alors ? Tu en penses quoi de mon idée ? Tu veux me donner ta réponse ? »

« Je … Je pense que vous … » commença-t-il à dire avant que la jeune demoiselle ne sorte l’une de ses lames, la posant au niveau de sa gorge.

« Tutut ! Qu’est-ce que j’ai dit Kéran ? Plus de vouvoiement … C’est bien compris ? »

« Pourquoi est-ce que tu es là ? Si c’est pour me tuer … Je comprendrai … Mais fais vite. »

Hum ? Il se résignait déjà à mourir ? Puisque tel était le cas … Autant répondre à ses attentes alors. Elle planta subitement sa lame juste à côté de la hanche de Kéran, l’ensanglantant faiblement alors qu’il gémissait.

« Tu aimes souffrir, n’est-ce pas ? Sinon, tu ne demanderais pas une telle chose … »

« Je ne veux pas souffrir, justement ! Alors pourquoi est-ce que tu n’accélères pas le tout ? Tu es là pour me tuer non ? Alors fais-vite ! » dit-il dans une plainte.

Pfff … Ce n’en était même pas drôle. Elle se redressa, retirant sa lame du sol avant de reprendre la parole sur un ton un peu dédaigneux :

« Je n’ai pas vraiment de temps à perdre avec les larves de ton genre, Kéran. Tu n’es même pas capable de m’amuser, tu ne fais que pleurer comme un enfant. »

« Je ne pleure pas ! Je tiens à te le signaler ! » répliqua t-il aussitôt, se relevant tout en se demandant pourquoi elle le laissait en vie.

« Oh … Alors … Essaie de me tenir tête … Regarde-moi dans les yeux et dis-moi à quel point tu me hais pour la mort du pokémon de ton amie ? »

Que … Qu’est-ce qu’elle … Pourquoi est-ce qu’elle ramenait ça sur le moment ? Ca lui plaisait ou quoi ? De dire de telles choses ? Il se positionna en face d’elle, collant son visage près du sien pour la regarder dans les yeux. Bon … Ce n’était pas si difficile que ça quand même … non ? Il n’était pas si convaincu que ça …

« … Même si je ne t’apprécie pas, je ne suis pas capable de te battre. Pourquoi est-ce que je chercherai la confrontation alors que … »

« MAIS MERDE ! ACHETE-TOI DES COUILLES ! » s’écria Katérina avant de placer sa main droite sur ses bourses, serrant à tel point que l’adolescent se retrouva à genoux, en train de gémir de douleur. Ouille … Ouille … Ah … Ah …

« C’était vraiment … pas sympa … ça … » bafouilla le jeune homme.

« Par la faute à qui hein ? » dit-elle avant d’enfoncer l’un de ses talons dans le dos du jeune homme, celui-ci poussant un autre cri de douleur.

MAIS QU’ELLE ARRÊTE QUOI ! Il ne lui avait rien fait qu’il sache ! Il resta recroquevillé sur lui-même alors qu’elle continuait à lui donner plusieurs coups de pieds, attendant une réaction de sa part. Puis soudainement, elle brandit ses deux lames, donnant un simple coup dans le vent. Qu’est-ce qu’elle … Qu’est-ce qu’elle faisait ? Le sol trembla avant qu’un lourd objet ne tombe, le faisant se coucher sur le sol.

« Alors … Kéran … Tu as fini de faire l’enfant ? »

« Je ne fais pas l’enfant ! C’est juste toi qui est super violente ! » répliqua t-il, espérant qu’elle n’allait pas le tuer alors qu’il remarquait … qu’elle avait tranché un arbre avec facilité. Puissante … Elle était si puissante que ça en était inquiétant. Il ne se releva pas, Katérina venant s’accroupi devant lui :

« Tu es un idiot … n’est-ce pas ? Tu es recherché activement par les créatures spectrales et ténébreuses …Elles veulent ta mort … Et qu’est-ce que tu fais ? Simplement te plaindre et gémir … Tu n’as aucune volonté … Tu ne sais pas te débrouiller seul, Kéran. »

« C’est justement ce que je tentais de faire avant que tu n’arrives. »

Il avait dit cela en marmonnant, se redressant pour s’asseoir sur le sol. Elle était accroupie devant lui, ses yeux rubis le fixant longuement. Quoi encore ? Il avait une tâche, c’est ça ? Sa tête ne lui revenait pas ? Ca ne serait pas la première fois … avec elle.

« Oh ? Et qu’est-ce que tu essayais de faire alors ? Je ne suis pas tout le temps derrière ton dos, Kéran hein ? » reprit l’adolescente avant de s’asseoir contre un arbre.

« J’essayais de capturer des pokémons pour faire une rentrée d’argent. Par ta faute, Sélia ne se sent pas très bien et elle part en mission à chaque fois. Je sais pas où tu habites ni ce que tu fais et je ne veux pas le savoir … mais nous, on tente de survivre. »

« Oui … Bien entendu, je suis responsable de tous les maux de la terre. Merci de me le rappeler, Kéran. » dit-elle avec ironie, levant les yeux au ciel.

« Je n’ai jamais dit ça … Simplement, tu as envoyé les spectres sur notre village, ensuite, tu as décidé de venir nous attaquer … Tu n’arrêtes pas de chercher à me tuer. »

« Oh ? Et pour quelle raison je ferai ça ? AH OUI ! Pour le plaisir ! Relève-toi ! On va se balader dans la forêt tous les deux ! » dit-elle tout en se redressant.

Se balader dans la forêt ? Hors de … D’accord ! Il n’avait pas le choix ! Mais à quoi est-ce que cette adolescente jouait ? Il aimerait bien le savoir ! Il commença à marcher à sa suite, regardant autour d’eux. Ils allaient vraiment … se promener ?

« Alors … Si tu veux survivre … Ce n’est pas plus difficile que ça … Il faut que tu sois plus fort … Mais pour être plus fort, il faut réussir à survivre … Or, en combattant des spectres et des créatures ténébreuses, tu vas vite mourir. »

« Et alors ? Qu’est-ce que j’ai comme solution ? Je n’en ai pas tellement non ? »

« Et bien … Pourquoi est-ce que tu ne rejoins pas une organisation ? Je pense que tu es déjà bien au courant, non ? » dit-elle avec un sourire.

« C’est … J’y ai pensé … Mais je ne suis pas sûr que ça soit la meilleure chose à faire pour moi … Mais en même temps … Je ne veux pas laisser Sélia toute seule. Pourquoi est-ce que tu as tué l’un de ses pokémons ? POURQUOI ? » s’écria-t-il avant de poser ses mains sur les épaules de Katérina, celle-ci le laissant faire, restant stoïque.

« Ai-je réellement besoin d’expliquer pourquoi j’ai cherché à me défendre alors qu’une folle essayait de s’en prendre à moi ? Je n’étais pas belliqueuse que je sache … Je n’ai fait que me défendre avec ce que j’avais sous la main. »

Elle avait raison. Mais en même temps … Elle avait tort. Il ne pouvait pas lui donner entièrement satisfaction avec cela. Et pourquoi est-ce qu’il se baladait avec elle ? Il était à la recherche de pokémons non ? Et avec deux personnes … C’était encore moins possible à accomplir. Pfff … Dans quelle situation il se trouvait ? Mais dans quelle situation ?

« Alors … Pour la capture de pokémons, tu comptais t’y prendre comment au passage ? »

« Un coup de masse sur le crâne pour les assommer, ensuite, j’envoie les Noigrumes que l’on m’a données. Je ne connais pas vraiment toutes les sortes. »

« Hum … Noigrumes vertes ? Cela veut dire que ça permet à la personne qui capture le pokémon avec de se lier plus facilement … avec eux. C’est une bonne chose pour avoir une première capture. Mais bon … Ce n’est pas pour toi, n’est-ce pas ? » répondit Katérina, s’arrêtant de marcher alors que l’adolescent reprenait :

« Pas vraiment non … Comme je te l’ai dit … C’est une mission pour gagner de l’argent. Il paraîtrait que si je me débrouille bien … J’aurai plus de chances de rentrer dans une organisation. Je n’ai pas encore réfléchit à laquelle mais bon … »

« Hum … C’est quand même une bonne idée de ta part. »

« Je te rappelle que c’est toi qui m’a incité à une telle chose. » annonça Kéran calmement.

« C’est pour ça que c’est une bonne idée ! Ce n’est pas comme si c’était possible qu’un avorton de ton espèce soit capable de réfléchir à ça hein ? » dit-elle en rigolant fortement.

« Merci bien pour ce compliment. » ironisa t-il.

Pfff … Il devait attendre qu’elle parte, n’est-ce pas ? Quand elle arrivait, il ne pouvait pas détacher son regard d’elle. Là encore, c’était plus que difficile mais bon … Il se contrôlait … Car il n’était pas stupide. Elle faisait cela pour le manipuler avec facilité. Mais il n’était pas assez stupide pour tomber dans un piège aussi gros, loin de là.
« Et sinon … Tu fais quoi de ton côté ? » demanda l’adolescent après une dizaine de minutes de marche, ne sachant guère où ils allaient. Il ne se sentait pas en confiance … mais avait-il vraiment le choix et la possibilité de donner son avis ?

« Oh ? Moi ? Tu t’intéresses à ma personne ? Plus qu’à mon physique ? » chuchota Katérina, s’arrêtant avant de se coller complètement contre lui, pressant sa poitrine contre son torse.

« J’ai … Tu n’arrêtes pas de poser des questions à mon sujet … »

« Je vais alors te répondre … mais il se pourrait que tu sois effrayé par la réponse. Est-ce que tu penses pouvoir supporter le choc ? »

« Je pense que oui … Alors, dis-le maintenant au lieu de tourner autour du pot. » murmura l’adolescent, tremblant déjà à la réponse qui n’allait pas tarder. »

« Et bien, je tue des hommes, je tue des femmes, je tue des pokémons. Je tue un peu tout le monde sur mon passage. Quiconque a une tête qui ne me plaît pas … n’a plus celle-ci très rapidement. Est-ce que cela semble te convenir comme réponse ? »

« Et c’est tout ? » dit-il dans un murmure, soulagé comme si il s’était attendu à autre chose.

« Oh ? Tu espérais quoi comme réponse ? Hum … Non … Plutôt, tu appréhendais quoi comme réponse ? Laisse-moi deviner … Que j’utilise mon corps pour la luxure et prendre du plaisir avec quiconque ? Serait-il possible que je te fasse de l’effet ? Oh mais non ! C’est déjà le cas, n’est-ce pas ? » répondit-elle, amusée par la situation.


Ca n’arrangeait rien … Elle s’imaginait des choses … Plus de choses qu’elle ne voulait le croire ! Bon, est-ce qu’elle allait le lâcher un peu ? Et il n’allait pas lui dire à quoi il avait pensé … même si elle avait eu un peu raison à ce sujet. Avec un tel corps … Elle en faisait sûrement tourner des têtes … avant de les trancher.

« Tu ne veux pas me répondre ? Tu n’es pas amusant du tout sur ce coup, Kéran. »

« Katérina … Pardonne-moi … Mais il faut vraiment que j’essaye de capturer des pokémons. Est-ce que tu comptes me tuer ou non ? »

« Toujours cette question de tuer … Tu n’as que ce mot-là à la bouche ma parole ? Tu veux vraiment que je te tue ou quoi ? Si tel est ton désir, je peux facilement l’accomplir hein ? Il n’y a aucun problème à cela … Ça sera vite résolu si tu veux tout savoir. »

« NON NON ! Je ne veux surtout pas mourir ! J’ai besoin de rentrer en vie pour Sélia. »

« Sélia … Dis-moi, est-ce que tu te l’es déjà faite ? »

Il eut une violente bouffée de chaleur. Qu’est-ce qu’elle racontait là ? En vue de la réaction de Kéran, elle répondit quelques secondes plus tard :

« On ne dirait pas … D’après ce que j’ai pu tâter, ça n’avait pas l’air d’être utilisé très souvent hein ? La veuve poignet, tu connais, n’est-ce pas ? »

« Je n’ai pas ce genre de relations avec Sélia ! Je n’en aurai jamais ! » s’écria Kéran.

« Oh … Mais tu aimerais bien la sauter, n’est-ce pas ? Il faut dire qu’un adolescent en pleine puberté comme toi … Ca a des besoins primaires qu’il faut combler. Si Sélia ne te satisfait pas, qu’est-ce que tu penserais de moi ? » annonça Katérina, frottant sa poitrine contre son torse, deux petites pointes apparaissant sur le tissu bleu de l’adolescente.

« NON ET NON ! Ce n’est pas comme ça que ça se fait ! » répondit-il en la repoussant assez violemment en arrière, Katérina retombant sur les fesses.
Pour toute réponse, elle éclata de rire, amusée par le comportement de l’adolescent. Frustré … Il était particulièrement frustré, n’est-ce pas ? Mais bon … Avec une telle femme à ses côtés, c’était normal … Le pauvre … Elle observa le haut de sa tenue, remarquant les petites pointes qui s’y étaient formé. Elle se les pinça, poussant un petit gémissement de plaisir avant de perdre son sourire. Ca réagissait … toujours aussi bien … qu’importe le temps qui passe.

Chapitre 9 : Désobeissance

Chapitre 9 : Désobéissance

« Sélia ? Mais attends un peu ! S’il te plaît ! »
« Non, c’est non, Kéran. Je ne changerai pas d’avis ! » annonça la jeune femme aux cheveux bleus avant de claquer la porte derrière elle. La porte s’ouvrit aussitôt, l’adolescent étant déjà derrière elle, reprenant la parole :
« Mais s’il te plaît … Tu sais très bien que je veux venir avec toi ! Tu ne me racontes jamais ce qui se passe en plus quand tu rentres … Depuis déjà une semaine, tu es complètement absente et distante … C’est à peine si on se parle tous les deux. »
« Je n’ai surtout pas le temps de tergiverser avec toi, Kéran. Surtout sur un point que l’on a déjà discuté tous les deux, n’est-ce pas ? Alors, s’il te plaît, ne me fait pas perdre mon temps encore plus … Quand je dis non, c’est non. Tu ne m’accompagneras pas. »
« Mais laisse-moi ! Ce n’est pas dangereux non ? Alors pourquoi tu ne veux pas que je vienne ? Pourquoi ? Je veux une bonne explication ! » s’écria Kéran, se plaçant devant elle pour l’empêcher d’avancer dans le couloir.
« Car tu as fait une bêtise avec ton arme. Je refuse que tu participes à mes missions maintenant qu’il y a des chances que tu te mettes en danger par tes propres actions. Si tu as maintenant compris, laisse-moi passer. »
« Je ne suis pas un enfant, Sélia. J’ai bientôt dix-huit ans ! Je suis bientôt un adulte ! » répondit-il, croisant les bras, nullement prêt à la laisser passer.
« Tant que tu seras avec moi, tu resteras un enfant, c’est bien compris ? Tu resteras mon petit Kéran … Et c’est mon devoir de tout faire pour que tu sois en sécurité. »
« Alors, je vais arrêter de rester avec toi … Je vais faire ma propre mission ! Ainsi, tu verras ce que ça veut dire … Et que je peux me débrouiller seul. »
« Bien entendu, Kéran … Bien entendu … Si maintenant, tu veux bien me laisser passer. » murmura la jeune femme, le poussant un peu sur le côté.
Grrrr ! Il la regarda partir avec un petit énervement alors qu’il serrait les dents. S’énerver … Il devait s’énerver … Mais le pire était que la jeune femme ne le prenait pas du tout au sérieux ! Il retourna dans la chambre, la regardant s’éloigner par la fenêtre. Ah … Ah … Vraiment … Vraiment ! Il allait vraiment le faire !
« Je vais vraiment faire une mission, comme ça, elle verra que je peux me débrouiller et l’accompagner ! » s’écria-t-il dans la chambre, la voix se faisant entendre :
« Hum … Encore une petite crise avec la jeune femme, n’est-ce pas ? Cela commence à être un peu trop fréquent à mon avis. »
« Elle ne comprends pas, Swar ! Je suis bientôt un adulte, je dois me débrouiller ! Sans être musclé, je peux porter quelques charges, je peux aussi faire quelque chose de mes dix doigts ! Je ne suis pas un éclopé ! Je peux me débrouiller ! »
« Permet-moi d’en douter sérieusement. » reprit l’épée, lui faisant l’effet d’une claque en pleine face. Ils étaient tous contre lui ou quoi ? Déjà que cette arme …
« Je te rappelle que c’est par ta faute que … Non … Je t’ai récupérée … Mais tu ne veux pas aller ailleurs au passage ? Posséder une autre arme ? Ca résoudrait beaucoup de problèmes. »
« Hum ? Je te sens un peu en colère … Sache que c’est la bonne méthode pour perdre le contrôle de soi … ce qui n’est pas une bonne chose, je tiens à te le rappeler. »
« Tais-toi … Tu viens avec moi. Je vais vous montrer à tous les deux ce que je sais faire. »
« Est-ce que tu n’es pas en manque de reconnaissance ? » murmura l’arme alors qu’elle était soulevé par l’adolescent, celui-ci quittant la chambre.
Ah oui ? C’est ça ? C’est comme ça qu’ils le prenaient ? Et bien, ils allaient voir ce qu’ils allaient voir ! Il quitta l’auberge, se baladant dans les différentes rues, regardant à gauche et à droite. Non … Il n’allait pas chercher du travail qui consistait à soulever des caisses en bois remplies de différents fruits et légumes. Ce n’était pas ça … Il ne voulait pas d’un travail comme ça ! Il valait quand même mieux que …

« Tu vas te mettre en danger inutilement … Est-ce que tu le sais ? »
« Tu peux juste éviter de parler pendant que nous sommes en pleine rue. Imagine qu’une personne t’entende, pour qui est-ce que l’on va passer ? »
Hum … Il avait raison sur ce point pour une fois. L’arme ne prit plus la parole tandis que l’adolescent observait les différentes affiches placardées sur les murs. Bon … Il y avait bien un endroit … Enfin quelque chose qui lui semblait assez simple … AH ! VOILA ! Il déchira une feuille attachée à un mur, commençant à la lire :
« Besoin de personnes compétentes, blablabla, pour capture de pokémons. Veuillez-vous rendre à cette adresse pour recevoir les noigrumes nécessaires à la capture. »
AH ! Voilà quelque chose de plus qu’intéressant à ses yeux ! Il se dirigea à l’adresse signalée, toquant plusieurs fois à la porte avant de pénétrer à l’intérieur. Une personne passa à côté de lui, en sortant tout en tenant plusieurs petits objets dans la main.
« Suivant ! » cria une voix tandis qu’il s’engouffra dans le bâtiment. Assez glauque d’ailleurs … Les murs étaient entièrement noirs, une drôle de couleur … Et il n’y avait qu’un bureau avec deux torches de chaque côté pour éclairer la pièce. Au sol, à côté du bureau, une caisse en bois était visible, plusieurs noigrumes s’y trouvant.
« Je crois que je vais repasser en fait … » murmura l’adolescent, soudainement conscient que ce n’était peut-être pas le meilleur travail à faire.
« Je pensais que vous étiez intéressé par une source potentielle d’argent facile à avoir … voir même … de paraître bien aux yeux de différentes organisations qui ont besoin de ces pokémons. » murmura la voix qu’il put enfin définir. C’était … juste un petit homme … d’une quarantaine d’années, chauve sur le crâne mais avec des cheveux violets en pointe sur les côtés. Drôle de coloration … Il devait le reconnaître.
« Qu’est-ce que vous venez de dire ? Paraître bien aux yeux des organisations ? »
« Oh … J’ai affaire visiblement à un débutant … Tu n’as donc pas lu l’affiche ? Qui consistait à des personnes compétentes ? Je vais donc t’expliquer brièvement comment se passe la vie … Peut-être alors que tu vivras quelques jours de plus. Si tu captures ces pokémons sans que tu en possèdes un, rien qu’avec tes propres moyens, tu vas attirer l’œil de la Sainte Alliance ou d’autres organisations potentiellement intéressées par ce genre de personnes. Pour cela … Il faut simplement que tu ailles capturer quelques pokémons dans la forêt … Mais une certaine quantité … Il n’y a pas de restrictions, hahaha ! »
« Euh … Enfin … Ce n’est pas ce que je prévois mais … J’aimerai bien faire cette mission oui … Mais comment suis-je sensé capturer des pokémons ? Je n’ai pas de noigrumes … »
« C’est pour cela que je vais t’en donner. Mais attention … Je t’en donne une dizaine, pas une de plus, pas une de moins … Et puis … »
« Vous allez vraiment me donner autant de noigrumes ? Mais cela coûte horriblement cher ! »
« Pas celles-là … Ce sont des noigrumes basiques …utilisées pour simplement faciliter la capture des pokémons … Il faut juste que tu arrives à les blesser suffisamment et cela suffira pour faire le reste. » dit l’homme aux lunettes en lui désignant les noigrumes.
C’est vrai … Elles avaient une coloration bizarre … Un peu verte … Il ne connaissait pas vraiment les différentes sortes de noigrumes, il devait le reconnaître mais il savait que suivant la noigrume utilisée, la capture était plus ou moins facile.
« Mais … Mais … Ces noigrumes valent quand même plus d’argent que tu en as sûrement jamais eut … C’est pourquoi, suivant le nombre de pokémons que tu arriveras à capturer, ta prime sera plus ou moins haute. Bien entendu, capturer que deux pokémons avec dix noigrumes, c’est un peu comme si tu n’avais rien gagné du tout … A partir de trois ou quatre, ce qui devrait quand même être faisable, tu auras sûrement de quoi vivre pour une bonne semaine … C’est risqué mais bien payé. Alors … Est-ce que tu as fait ton choix ? » reprit l’homme, lui désignant les noigrumes d’un geste de la main.
« Je crois … que je vais accepter … Il vaut mieux que je me débrouille maintenant. »
« C’est la meilleure chose à faire dans la vie. Et bien … Je vais donc t’en donner une dizaine … Normalement, les pokémons se regroupent par ce nombre … Donc, cela risque d’être un peu dangereux … Tu es sûr de ton choix ? »
« J’en suis sûr et certain ! » répondit l’adolescent avant que l’homme ne plonge la main dans la caisse, en ressortant une dizaine de noigrumes vertes. Kéran les prit, les attachant à sa ceinture alors que l’homme reprenait :
« Et bien … Au moins, tu as déjà les gestes qu’il faut … Combien de personnes j’ai vues prendre les noigrumes dans leurs mains avant de partir. Peut-être connais-tu quelques personnes qui ont déjà des pokémons ? »
« C’est justement pour montrer à l’une d’entre elles que je fais ça … »
« Oh … Une preuve que tu as grandi … Très bien … Quitte la ville par la porte ouest et dirige-toi donc dans la forêt … Tu as une arme pour assommer les pokémons ? Car avec ton épée, cela m’étonne un peu … Tu peux les blesser pour les affaiblir mais je ne veux pas de pokémons morts, ça ne compte pas, c’est compris ? »
« J’ai parfaitement compris ! Je veux bien un gourdin ou une masse pour assommer les pokémons si vous avez … » annonça l’adolescent.
« Cela sera déduit de ta prime si tu la casses. » répondit l’homme avant d’ouvrir la caisse de l’autre côté du bureau, en retirant une masse assez lourde.
« J’ai parfaitement compris. Je m’en vais dès maintenant. »
Il sortit du petit bâtiment, remarquant qu’il n’était pas … bien installé … Ca marchait vraiment ce genre de commerce ? Visiblement oui puisque dès l’instant où il s’éloigna, une autre personne pénétra dans le bâtiment.
Bon … Alors … Si il avait parfaitement compris, sortir par l’est de la ville puis se diriger dans la forêt … L’homme lui avait dit de capturer une dizaine de pokémons … Mais il ne savait pas lesquels. Donc … Il devait en conclure qu’il pouvait capturer n’importe quelle sorte de pokémons, tant qu’il en capturait dix ! C’était donc tout bon !
« … … … Tu es sûr de ce que tu fais ? » annonça Swar.
« Tiens … Tu me reparles donc ? » ironisa l’adolescent aux cheveux blancs.
« Que je sache, c’est toi qui m’a dit de me taire et non l’inverse. »
« Je sais parfaitement ce que je fais … Merci bien de te préoccuper de ma petite santé. » reprit Kéran sans pour autant chercher à discuter avec son arme.
« Hum … Je ne suis pas convaincu d’une telle chose … Tu fonces tête baissée vers les problèmes … Je tiens à te signaler que je ne t’aiderai pas dans un tel cas. »
« Qui a dit que j’avais besoin de toi ? Pas moi que je sache … Je peux me débrouiller seul, merci bien, je ne suis pas stupide. C’est pour cela que j’ai pris cette masse. »
« Si tel est ce que tu veux faire … Libre à toi. Je recommence à me taire alors. »
« Au final, je ne suis pas si content de savoir que tu peux parler, Swar. » termina de dire l’adolescent aux cheveux blancs bien que son arme ne lui répondait plus.
Qu’il fasse donc la tête, ça ne lui posait AUCUN problème personnellement. De toute façon, il devait se concentrer s’il devait capturer quelques pokémons. Ayant quitté la ville, il se dirigea maintenant vers la forêt, s’engouffrant à travers les arbres. Il venait d’y penser mais … Est-ce que Katérina ne lui avait pas dit de faire attention ? Car il était suivi ? Ou alors, c’était Swar … Oui, c’était sûrement ce dernier.
« Swar … Je me disais … Ce n’est peut-être pas une bonne idée en fin de compte non ? »
« Tu as finalement compris mes paroles, Kéran ? Je pensais avoir été clair … »
« Tu crois vraiment que des spectres ou des créatures ténébreuses vont venir m’attaquer ? » demanda l’adolescent, de moins en moins rassuré.
« Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu. Maintenant, commençons ta mission avant qu’il ne soit trop tard … Puisque tu es sur le terrain, autant l’accomplir. Si il le faut, je t’aiderai … » annonça Swar avec calme.
« Merci beaucoup … Tu arriverais à simplement les assommer ? » demanda l’adolescent, espérant que ça soit une réponse positive.
« Si il s’avère qu’il faut simplement les endormir, j’en suis capable … Je suis une créature capable de posséder le corps d’autrui. C’est la moindre des choses à pouvoir faire. »
« Merci encore … Pour tout. » dit Kéran, reconnaissant.
Heureusement que l’arme était là … Il changeait d’avis comme de chemise mais il fallait le reconnaître … Elle l’avait prévenu, plusieurs fois même … Mais il n’en faisait qu’à sa tête … Alors il méritait amplement d’en baver. Mais pour l’heure … Il fallait déjà réussir à trouver des pokémons. Contrairement à ce qu’il pensait, ce n’était pas aussi simple que prévu … Car les pokémons se cachaient, voulant éviter de servir de gibiers.
Une bonne heure passa et rien de rien … Il entendait simplement les fourrés et les arbres … qui bougeaient. C’était un signe que des pokémons n’étaient pas si loin de lui mais qu’il n’arrivait pas à leur mettre la main dessus. Pfiou … Comment est-ce qu’il allait faire au final ? Car il n’avait toujours rien à emporter. Il poussa un profond soupir, disant :
« Swar … Si on ne trouve rien dans une heure, on rentre en ville … »
« Comme tu le … »
« Et si je te trouve, qu’est-ce que je gagne ? » demanda une voix au-dessus de lui, amusée et féminine qu’il n’eut pas de mal à reconnaître.
Il leva les yeux en l’air, rougissant violemment alors qu’il apercevait Katérina. Celle-ci était assise sur une branche, balançant les deux pieds dans le vide. Même si il ne voyait rien du tout contrairement à son habitude, il suffisait de connaître sa tenue pour savoir qu’elle … avait trop d’ouvertures en soi.

« Tu … Tu ne gagnes rien du tout ! » répondit-il sur un ton mal assuré, se mettant en position de défense, sortant son épée d’une main, la masse de l’autre.
« Tu devrais plutôt ranger ton arme, tu risques de te faire mal ! » annonça l’adolescente aux cheveux argentés tout en poussant un grand rire. Maintenant qu’il n’avait plus … Sélia avec lui … Il allait avoir de gros problèmes hein ? Beaucoup trop gros pour lui. Il espérait que Swar … allait l’aider. C’était pour leur survie à deux !

Chapitre 8 : Refus d’agir

Chapitre 8 : Refus d’agir

« Sélia ? Est-ce que je peux rentrer ? Est-ce que ça va mieux ? » murmura l’adolescent alors qu’il avait toqué deux fois à la porte. La voix de la jeune femme se fit entendre de l’autre côté alors qu’il s’apprêtait à ouvrir :

« Tu peux rentrer, Kéran … De toute façon, il faut que nous parlions tous les deux. »

Hum ? Normalement, c’était lui qui devait dire cela mais il n’avait rien contre. Il pénétra dans la chambre remarquant que la jeune femme était assise au milieu de son lit, semblant l’avoir attendu. Elle avait encore les yeux rougis et il ne chercha pas trop longtemps l’explication à ce sujet. Il ne voulait surtout pas … raviver sa mémoire. Elle tapota avec délicatesse l’emplacement à côté d’elle, lui demandant par-là de s’asseoir.

« Qu’est-ce qu’il y a de si important, Sélia ? » dit Kéran avant de s’exécuter, la jeune femme attendant qu’il soit assise pour reprendre la parole :

« Et bien … Il faut que je discute … avec toi de ce qui s’est passé … Il faut que l’on en parle car c’est quand même très important. Alors … Je vais être directe … J’ai été dégoûtée par toi. Oui … Par rapport à ce que tu as fait … Cette folle avait raison, entièrement raison. »

Hein ? Que … Quoi ? Elle avait raison ? Katérina avait raison ? Qu’est-ce que …Il resta immobile, tremblant un peu. Aller ! Il avait quand même prit du courage en parlant avec son arme, il pouvait bien avoir une conversation avec Sélia, non ? C’était juste … normal entre eux deux de discuter comme des êtres civilisés !

« Il faut dire … Que tu m’avais menti … sur une chose plus qu’importante. Comment est-ce que je peux encore te faire confiance après ce que tu m’as dit hein ? Qu’est-ce que je suis sensé faire ? Dis-le moi … Kéran … Tu sais … Ce dégoût … Elle n’avait pas totalement tord … mais pas tout à fait raison … Je suis dégoûtée par ton arme … »

« Tu n’as pas à l’être ! Sans mentir … J’ai parlé avec elle … » dit-il avant de s’arrêter, le regard effaré et inquisiteur de la jeune femme se posant sur lui alors qu’il disait aussitôt : « Je … Je … Sans mentir … Elle m’a parlé … Et nous avons discuté … Elle ne me semble pas maléfique du tout. Il faut lui laisser une chance ! »

« Avant qu’elle ne cherche à te posséder, Kéran ! Comprends donc ça ! Tous les spectres sont maléfiques de naissance ! Comme les pokémons ténébreux ! Sinon … Pourquoi vivons-nous actuellement dans un monde sans lumière ? Pourquoi ? » dit-elle en posant ses mains sur ses épaules pour être sûr qu’il comprenne bien ce qu’elle disait.

« Je ne sais pas … Je n’ai pas pensé à lui poser la question … Mais c’est vrai que … D’un côté … Mais en même temps, pourquoi est-ce que tu dis ça ? Pourquoi est-ce que tu penses que tous sont mauvais ? Tu ne peux pas en être sûre non ? Moi … Avec cette arme … »

« Imbécile ! IMBECILE ! IMBECILE ! » hurla-t-elle avec colère avant de venir subitement le serrer contre elle. « Je ne veux pas que tu possèdes un tel objet, tu n’as pas compris ? Je ne veux pas ! Ces armes et ces armures sont démoniaques ! Si je t’ai protégé, c’est bien pour éviter que tu te fasses toucher … et avoir par l’une d’entre elles. Il faut s’en débarrasser …Si cet esprit comprend … alors il te laissera partir … Sinon, je le forcerai à partir. »

Il n’avait pas vraiment la possibilité de parler … Pas du tout même. Il resta logé contre elle, ne murmurant plus rien. Ce n’était pas … envers lui son dégoût. Il se sentait soulagé … Et c’était la première fois depuis longtemps qu’elle avait une telle marque d’affection envers lui. Oui … Il appréciait grandement … tout cela … Oui … Hum … Il ferma les yeux, continuant de l’écouter tandis qu’elle reprenait la parole :

« Quand même … Ce n’est pourtant pas compliqué ! Surtout que dès l’instant où tu possèdes un tel objet, tu seras mal vu par tous et par toutes ! Est-ce que tu as déjà entendu parler de l’Enceinte aux Esclaves ? Là-bas, ils sont détestés et haïs par le reste de la population. »

« J’en ai entendu parler … Swar … Enfin … Mon arme m’en a parlé … Je n’aime pas cette idée … d’utiliser les créatures spectrales et ténébreuses comme ça. »

« Bien entendu ! Qui aimerait être ainsi ? A part ces fous ? C’est pourquoi … Attends un peu … Swar ? Ton arme ? Tu as donné un nom à cette créature dans ton arme ? KERAN ! »

Voilà qu’il tremblait un peu à nouveau, la jeune femme le serrant avec plus d’insistance contre elle. Est-ce qu’il ne cherchait pas à comprendre ce qui se passait ? POURQUOI est-ce que ça clochait dans sa tête hein ? POURQUOI ? Pourtant, ce n’était pas bien compliqué ! Du moins … Elle le pensait … mais maintenant … Avec les paroles de l’adolescent …

« Kéran … Espèce de petit idiot … Tu ne comprends pas que tu es sur une mauvaise pente ? » murmura-t-elle avec douceur alors qu’elle retirait sa tête de sa poitrine pour le forcer à la regarder. Ses deux yeux rubis étaient posés sur lui tandis qu’elle avait ses deux mains posées sur ses joues, reprenant délicatement : « Ce n’est pas bon … Tu es ma seule famille, Kéran … Mon unique famille … Je ne veux pas te perdre … car je sais parfaitement que tu commettras une bêtise si tu continues … »

« Sé… Sélia … Je … Euh … » balbutia l’adolescent, intimidé par les paroles de la jeune femme et rougissant à cause du fait qu’ils étaient trop proches l’un de l’autre.

« Kéran. Tu vas dormir avec moi ce soir. » annonça-t-elle, le prenant sur le coup alors qu’il ne savait plus du tout où se mettre. Qu’est-ce qui lui prenait de réagir ainsi ?!

« Sé … Sélia, je suis un garçon et tu es une fille. »

« Idiot … Ce n’est pas ce que tu penses. »dit-elle, lui faisant un petit sourire, le premier depuis l’incident avec Katérina et la mort de son Pyroli. « Tu es pour moi comme un petit frère … Et je veux te faire comprendre pourquoi tu ne dois pas faire une telle chose. »

« C’est quoi … cette méthode que tu veux me montrer ? Car ça m’inquiète un peu. Est-ce que tu vas bien, Sélia ? Je comprendrai que ça ne soit pas le cas. Tu es sûrement fatiguée. »

« Tu dormiras avec moi, Kéran. » répéta-t-elle pour être sûr qu’il avait parfaitement compris son message. Il déglutit, cherchant un moyen … avant de se dire intérieurement que ça ne le dérangerait pas tant que ça. Oui … mais en même temps … Il n’avait pas rêvé ou elle avait dit qu’il n’était qu’un petit frère pour elle ?

« D’accord … Comme tu veux. » dit-il, soudainement dépité, sans même comprendre pourquoi. Il allait dormir avec elle … voilà tout.

Une trentaine de minutes plus tard, il était couché dans le même lit que la jeune femme, celle-ci s’étant collée contre son dos. Il n’osait plus bouger, ne sachant guère quoi dire. C’était bizarre … comme impression … Ça lui rappelait … Ça lui rappelait … après ce qui s’était passé il y a plus de sept ans … lorsqu’elle l’avait sauvé.
Il avait mis tellement de difficultés à s’endormir qu’il avait fallu deux bonnes semaines avec Sélia pour qu’il puisse enfin réussir à dormir seul. Et depuis, ce n’était que par intermittences … quand ça revenait … mais là, depuis plus de trois ans, ce n’était plus le cas. Enfin … Là, maintenant, il était un adolescent … et presque un adulte. Il avait des réactions propres à cela … et sentir Sélia contre lui … Ça n’allait rien arranger.

« Est-ce que tu comprends maintenant, Kéran ? Est-ce que tu comprends ce que je veux dire par là ? Quand tu n’auras plus rien … plus rien du tout … Quand tu seras possédé, tu ne ressentiras plus rien, ton corps ne t’appartiendra plus. Il n’y aura plus jamais ce genre de moments … Est-ce que tu saisis ce que je veux dire ? »

« Je crois … mais je ne suis pas sûr, Sélia. Pas sûr du tout même. Mais … Merci … »

Il était heureux d’être avec elle … et par sa faute … Il devait être sûr que son arme ne le trahirait pas. Il devait faire quelque chose avec Swar. Même si elle n’était pas maléfique … Il devait faire quelque chose, oui. Il comprenait … ce qu’elle voulait dire … C’était pour sa sécurité … parce qu’ils étaient ensembles … tous les deux.

Le lendemain matin, lorsqu’il se réveilla, la jeune femme était toujours endormie, chose parfaitement normale pour lui. Il comprenait … qu’elle avait besoin de sommeil. Il passa une main dans ses cheveux bleus tandis qu’il souriait. Il allait éviter qu’un nouveau drame arrive. Mais … Comment faire … Pour la satisfaire ?

« Je vais peut-être quand même … devoir utiliser mon arme. »

Oui … C’était sûrement le cas. Bon … Peut-être qu’il pouvait aller en bas de l’auberge et lui emmener le petit déjeuner ? Pourquoi pas ? C’était surement une bonne idée. Il s’apprêta à se lever avant de sentir une main lui tirer le tissu de son bras. Sélia était réveillée, les deux yeux rubis posés sur lui.

« Reste donc ici … Je veux que l’on discute encore. »

« Encore ? Attends quand même … Je reviens … Je vais te faire plaisir. » murmura l’adolescent, retirant son bras avant de quitter la chambre. Cinq minutes plus tard, il revient avec un petit plateau, le déposant sur le bord du lit. « Voilà pour toi … Je pensais que tu voulais manger ici … exactement. »

« Merci beaucoup … Mais ça ne va pas t’épargner la discussion avec moi. » dit-elle alors que Kéran rigolait faiblement. Ils commencèrent à manger tous les deux, ne parlant que peu. Ils ne pouvaient même pas savoir quelle heure il était … Oui … Avec l’absence de soleil dans le ciel, il était impossible … pour eux de connaître l’heure. Enfin bon … D’après ce qu’il avait remarqué en bas, une bonne partie des personnes s’était levé.

« De quoi est-ce que tu veux parler ? » demanda-t-il finalement après avoir fini de déjeuner avec elle, la jeune femme s’essuyant la bouche.

« De ce que l’on va faire maintenant … Il y a des chances que l’on s’installe dans cette ville … pour quelques temps … Car il va falloir que je trouve du travail. »

« Alors, laisse-moi t’aider. Je sais me débrouiller ! Je te le promets ! » s’écria aussitôt l’adolescent, le regard rubis le fixant ardemment.

« Je pensais que la conversation d’hier avait été comprise … Kéran … Il en est hors de question, tu m’attendras dans l’auberge et je vais voir si je peux gagner assez d’argent pour te trouver un tuteur qui t’apprenne un métier sain et non-dangereux. »

« Hein ? Mais pourquoi ? Et pourquoi je ne peux plus t’accompagner ? »

« Pourquoi ? Pourquoi ? Est-ce une blague, Kéran ? Si c’est le cas, elle est de très mauvais goût. Le déjeuner est terminé, je vais me préparer et voir en ville ce que je peux trouver comme travail. Toi, tu restes ici, c’est tout ce que je te demande … Et je te l’ordonne. Désobéis-moi et je te promets que tu le regretteras, Kéran. »

« NON ! Sélia ! Tu ne peux pas te débrouiller toute seule ! » répondit l’adolescent aux cheveux blancs avant de se prendre une violente baffe de la jeune femme.

« Je me suis juré de te protéger … Ce n’est pas pour que tu te mettes en danger tout seul. La discussion est maintenant terminée, Kéran. »

… … … Il la regarda partir, une main posée sur sa joue endolorie alors qu’il se retenait de pleurer. C’était la semaine … ou quoi ? Des premières fois ? Se prendre une claque de sa part … C’était encore plus douloureux qu’il ne le pensait. Pourquoi est-ce qu’elle ne comprenait pas qu’elle n’allait pas y arriver toute seule ? Elle ne pouvait pas supporter ce poids toute seule. Hier … Cela avait servi à quoi dans le fond ?

A rien du tout … Rien de rien … Il s’approcha de la fenêtre, observant la jeune femme qui avait quitté l’auberge. Elle s’éloignait peu à peu sous son regard tandis qu’il soupirait. Un tuteur ? Un métier sans-risque ? Pour qui est-ce qu’elle le prenait ? Si il se plaisait autant depuis quelques années, c’était bien parce qu’elle était là et parce qu’elle l’embarquait à chaque fois dans ses aventures. Même si … Il ne faisait rien du tout.

« Mais maintenant … Je peux toujours rêver, hein ? » se dit-il à lui-même, arrêtant de regarder par la fenêtre avant de s’asseoir sur son lit.

Pfff … Il n’allait quand même pas réellement rester ici toutes ses journées hein ? Il pouvait quand même quitter l’auberge pour se balader en ville non ? Enfin … C’était ça, n’est-ce pas ? HMMMM ! CA L’ENERVAIT ! Il poussa un cri de rage, tapant du poing sur le lit. Il n’aimait pas se mettre en colère pour ça !

« Pourquoi est-ce qu’elle ne veut pas me laisser ? Je suis bientôt un adulte ! »

Bientôt un adulte … Il ne savait plus quoi penser d’elle … Est-ce qu’elle était proche de lui ? Ou alors elle s’éloignait ? Qu’est-ce … Qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre ? Ah … Ah … Mais il n’était pas seul dans le fond ! MAIS NON ! Il s’approcha de son arme déposée sur le bureau, retirant la lame avant de dire :

« Swar … Est-ce que tu m’entends, Swar ? »

« Je t’entends parfaitement … aussi bien que la conversation qui s’est déroulé hier et aujourd’hui … Visiblement, tu sembles avoir quelques problèmes avec cette femme. »

« Et pas qu’un peu … Mais quand même … Tu nous écoutais quoi ? »

Il allait devoir se méfier … grandement se méfier même … Et d’ailleurs, en y réfléchissant bien, si il avait écouté, cela voulait dire que …

« J’ai pu entendre toute la conversation … du début à la fin. Visiblement, il semblerait que vous cherchiez à m’éliminer, n’est-ce pas ? »

« Ce n’est pas vraiment ce que tu crois, Swar … Comme tu as pu l’entendre, Sélia est quand même un peu … perdue. La mort de son Pyroli la fait divaguer je dirai et puis … »

« Ainsi, tu préfères mentir et cracher sur celle qui t’a élevé depuis des années pour tenter de te protéger plutôt que de confirmer ses dires et annoncer que tu comptes te débarrasser de moi ? Visiblement, tu es un adolescent bien pathétique. »

… … … Gloups … … … Il marquait … un point … même plusieurs. Ce qu’il disait être loin d’être faux … Et merde ! Maintenant, il se sentait encore plus risible qu’avant. Mais … Cette arme … Si ça ne la gênait pas de partir, alors il n’allait pas la retenir. Serrant la poigne de son arme, il ouvrit la fenêtre, s’apprêtant à la jeter par celle-ci avant de s’arrêter.

« Et bien … Que comptais-tu faire ? Je ne t’en empêchais pas … »

« Je … Je … Je n’ai jamais critiqué … Sélia, pas du tout même. Mais … En même temps, je n’ai pas menti … Tu n’es pas maléfique. »

« Ne juge jamais une personne envers ses paroles … mais envers ses actes. Je peux facilement te charmer pour peu à peu te posséder. » répondit l’arme avec neutralité.

« Oui … Mais pour l’heure, ça n’a pas l’air d’être le cas. »

« Ou alors, tu l’es déjà mais tu ne peux pas t’en rendre compte. » reprit une nouvelle fois l’objet de métal alors que Kéran s’emportait :

« Au final, qu’est-ce que tu veux faire avec moi hein ? C’est quoi ton souci ! »

« Mon souci ? Je n’en ai aucun contrairement à toi … Visiblement, tu sembles énervé par la vérité. Je vais donc me taire et te laisser plonger dans tes pensées. »


QU’EST-CE QUE … MÊME PAS EN RÊVE ! RAHHHHHHH ! L’arme venait d’arrêter de parler alors qu’il semblait être au bord de la crise de nerfs. Sa journée était maintenant totalement gâchée. Pourquoi est-ce qu’il ne s’emportait pas ? Il n’arrivait pas à s’énerver.

Chapitre 7 : Dans le monde où je vis

Chapitre 7 : Dans le monde où je vis

« Il suffit de voir quelles sont tes questions … et si j’ai bien entendu les réponses. » répondit la voix à l’intérieur de son arme alors que l’adolescent soupirait. Pourquoi il sentait que ça allait être bien plus dur que prévu ? Car cet … objet n’était pas commun … Il avait souvent pensé que les créatures spectrales et ténébreuses étaient toutes maléfiques … mais ce n’était pas forcément vrai. En y repensant bien … Il y avait quelqu’un qui …

« Hum … Non … Je ne veux pas y penser … Pas du tout. » murmura l’adolescent.

« Tu ne veux donc pas me poser de questions ? Libre à toi … Tu n’es pas forcé de le faire. »

« Ce n’est pas vraiment cela … Tout d’abord, j’aimerai savoir … Est-ce que tu es maléfique ou non ? Est-ce que je dois m’attendre à ce que tu tentes de me posséder ou non ? »

« A l’heure actuelle, ce n’est pas dans mes projets de te posséder. Je n’en vois pas la raison, ni l’utilité. Je ne suis pas une créature qui pense principalement à posséder le plus de personne. » répondit la voix dans l’arme qu’il possédait.

« Donc … Je peux te considérer comme une alliée … n’est-ce pas ? »

Comme une alliée ? C’était le cas … d’après ce que la voix lui disait. Néanmoins, il avait quand même un léger manque de confiance par rapport à celle-ci. Il avait dit … « elle » car il ne pensait pas qu’une telle créature avait un sexe ou non. Et de toute façon, savoir ce qu’elle était ne l’intéressait pas totalement … du moins pas à ce point.

« As-tu d’autres question ou alors, est-ce maintenant terminé ? » demanda une nouvelle fois la voix alors qu’il sursautait, sortant de ses pensées.

« Je ne sais pas ce que je peux poser comme questions … Est-ce que tu es une créature qui existe depuis longtemps ? » dit-il, s’étonnant lui-même de la question posée.

« C’est bizarre d’entendre une telle question. Puis-je savoir la raison avant d’envisager la possibilité de t’y répondre ou non ? »

Quelle drôle … d’arme … Il ne s’attendait pas à un tel vocabulaire de celle-ci. C’était étonnant et effrayant en un sens. Il questionna l’arme avec un peu de surprise :

« Est-ce que tu es une arme … euh … noble ? Ou venant d’une longue lignée de spectres ou de créatures ténébreuses ? Car … Bon … »

« A cause de mon langage, n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas issue d’une lignée de la sorte. Quant à ta première question, je suis présent depuis bien longtemps, c’est exact. Maintenant, il s’avère que tu vas me poser d’autres questions, n’est-ce pas ? »

« … … … Je crois que je vais attendre un peu en fait. » dit l’adolescent, un peu confus et décontenancé. Il ne s’attendait pas vraiment à ce genre de langages de la part de son arme.

Il remit correctement son arme sur sa ceinture, ressortant de la ruelle avant de soupirer. Au final … Ca restait quand même effrayant … de discuter de la sorte.

Voilà qu’il s’était remis à marcher, regardant plusieurs fois de suite son arme avec une légère peur au ventre. Elle n’était pas belliqueuse … cette âme … enfin ce pokémon … Mais quand même … En vue de la façon dont elle parlait, il avait le sentiment que la créature à l’intérieur ne le craignait pas le moins du monde. Normal … Il était déjà sous son influence depuis le début. Oui … Et il ne pouvait rien faire contre cela.

« Et qu’est-ce que je suis sensé faire moi ? Je ne peux … pas … Pfff … »

Mais il ne pouvait pas quoi justement ? Ah … Il pensait à l’idée de se battre avec son arme mais à ses yeux … C’était une idée absurde et stupide. A ne pas imaginer un autre instant ! Oui ! Il prit une profonde respiration, recherchant une nouvelle ruelle pour pouvoir avoir une nouvelle discussion avec son arme. Ce ne fut pas difficile, les citoyens étant de moins en moins nombreux à cette heure-ci.

« Est-ce que je pourrais savoir ton nom en même temps ? Tu es bien un pokémon non ? »

« Qui te fait croire que je le suis ? Penses-tu que seuls les pokémons peuvent hanter ce monde ? N’as-tu jamais conscience que même les humains le peuvent ? »

« Hein ? Tu veux dire que tu es en fait un humain à l’intérieur de mon arme ? » demanda l’adolescent, étonné et stupéfait d’apprendre une telle chose.

« Non … Je rigolais. » dit simplement la voix dans l’arme, Kéran restant parfaitement immobile pendant quelques secondes. C’était lui ou alors … Il venait de se faire rembarrer par une arme capable de parler ? Mais surtout par un pokémon ?

« Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Je ne crois pas t’avoir insulté non ? »

« Ce n’est pas le cas … Mais tu sembles si jeune … et insouciant … Pourtant, tu as pu côtoyer la mort de près … que cela soit d’un côté … ou de l’autre … Voir quelqu’un mourir … et être proche de mourir … Et pourtant, tu restes si futile et inconscient … »

« Mais arrête de dire ça … Je ne vois pas ce que je t’ai fait pour que tu continues à me parler ainsi. En fait, je ne veux plus t’entendre et … »

« Tu ne veux pas connaître plutôt ce monde ? Tu es libre comme l’air … Et pourtant enchaîné à cette jeune femme aux cheveux azur. »

« Sélia a besoin de moi … Et j’ai besoin d’elle, voilà tout. Je ne suis pas enchaîné mais elle m’a sauvé la vie dans le passé et pour cela, elle est ma seule famille. »

« Hum … De bien belles paroles … mais toujours candides. Je pensais que tu avais des questions. J’ai les réponses. Mais visiblement, ce n’est pas encore l’heure. » reprit la voix avec neutralité alors que l’adolescent s’exprima rapidement :

« Hey ! Mais j’ai des questions ! Attends un peu ! »

Mais voilà … Visiblement, l’arme avait fini de s’adresser à lui. Aucune parole ne revint se faire entendre à son oreille alors qu’il poussait un profond soupir. Il n’avait pas voulu … que ça se passe ainsi non plus hein ? Mais … Les paroles de cette arme … Elle était quand même étranges … Qu’un débutant ? Candide ? Innocent ? Insouciant ? S’il avait vu la mort … de très près, comment pouvait-on dire cela à son sujet ? C’était un peu stupide.

Mais il avait d’autres questions mais impossible de lui parler ! RAHHHH ! Il n’aimait pas ça ! Il avait des choses très importantes à lui demander ! Ah … Ah … Bon … Il fallait rester calme. Il allait devoir bientôt retourner à l’auberge car il commençait à se faire tard mais maintenant … Il avait des questions plus importantes.

« Il faut que je te parle … absolument. C’est vraiment important. »

« … … … Hum ? Et de quoi donc ? » annonça l’arme après une bonne quinzaine de secondes de silence, l’adolescent tremblant un peu comme si la vérité allait lui faire mal, très mal. Il murmura avec lenteur pour être bien compris :

« Est-ce que … Est-ce que je suis réellement pourchassé par des pokémons spectres et ténébreux ? J’ai vraiment besoin de savoir … »

« Non, tu n’es pas poursuivi par les spectres et les ténèbres. » dit la voix avec calme, l’adolescent poussant un profond soupir soulagé. « Mais tu es bien menacé par ces derniers car ils poursuivent l’arme que tu as dans ta main … »

« Hein ? Mais … Mais … Ca veut dire que tout ce qui m’est arrivé … est par ta faute ? »

« Rejette-tu le fait que tu aies récupéré une arme maudite sut ladite arme ? Alors que rien ne t’empêchait de refuser de la prendre dans tes mains ? »

« Ce n’est pas pareil ! Sans toi, je serai sûrement mort depuis déjà quelques temps ! » s’écria l’adolescent, cherchant à se contrôler. Poursuivi … sans cesse … par une arme dont il ne pouvait pas se débarrasser ! Ce n’était pas du tout ce qu’il voulait !

« Alors … Renies-tu tes actions passées ? Ce qui est fait … est fait … Mais dorénavant, tu es lié aux spectres et aux ténèbres … bien que tu ne le désires pas. »

« … … … Et qu’est-ce que je suis sensé faire maintenant ? Tu sembles avoir réponse à tout alors explique moi ce que je dois faire maintenant ? » demanda Kéran, continuant de trembler sans réellement pouvoir gérer son corps.

« Tu as le choix … Tu en as plusieurs même … Soit tu décides de combattre … Soit tu décides de mourir. Dans le second cas, je prendrai alors possession de ton corps. »

« HORS DE QUESTION ! Mais … Je me disais … Est-ce que tu es un renégat ? Enfin un traître aux spectres ? Ou alors un héros pour les créatures ténébreuses ? Car si … Si ce n’est pas moi qu’ils recherchent mais toi, c’est qu’il y a bien une raison, non ? » dit Kéran alors qu’il sentait qu’il venait de toucher une corde sensible.

« Si tu étais quelqu’un de plus important … Que tu avais des capacités … Peut-être alors que je te l’aurais dit … Mais à l’heure actuelle, il n’en est pas question. Sache simplement que si tu décides de te battre, je t’aiderai car mon but n’est pas de prendre possession de ton corps mais de simplement survivre comme vous, humains. »

« Survivre … Comme nous. C’est si drôle que ça ? »

« Je ne vois pas où mes paroles signalaient que je trouvais cela drôle. Ce n’est qu’une simple réflexion qui n’avait aucun autre but que de dire ce que je pensais. »

… … … Hahaha … Bien entendu. Mais quand même, il était sacrément perdu … Et qu’est-ce qu’il allait faire alors ? AH ! Les paroles de Katérina n’étaient pas passé inaperçues d’ailleurs. Il n’avait pas oublié … D’ailleurs, s’il connaissait si bien ce monde …

« Dis … Est-ce que tu peux me parler un peu des organisations qui régissent ce monde ? Enfin, à part les spectres et les créatures ténébreuses … Tu dois bien le savoir non ? »

« La Sainte Alliance est la plus récente des organisations crées à ce jour. Elle est la force la plus puissante contre les spectres et les ténèbres malgré sa jeunesse. L’homme qui la dirige est le Père, son nom est Elian. Elle est principalement connue pour la création des armes élémentaires, capables de produire des attaques comme celles des pokémons. C’est pourquoi les hommes sont de plus en plus capables de se battre contre les pokémons spectres et ténébreux. Néanmoins, la Sainte Alliance est assez zélée dans son travail de purification.
L’Antre des Artisans, est comme son nom l’indique … Un groupe qui est basé principalement sur tout ce qui est construction mais aussi pour mieux vivre. C’est grâce à cette organisation que les humains ont un toit, des outils, des armes, des armures, bref … De quoi tenir le coup. Mais ils sont aussi à l’origine des sphères capables de capturer les pokémons, sphères qu’ils revendent très chères. L’armement vendu l’est souvent à la Sainte Alliance et ils sont considérés comme des alliés. Il n’y a pas un seul dirigeant mais tout un groupe. Les noigrumes utilisées par l’Antre des Artisans proviennent du Dominion Naturel.

Le Dominion Naturel, malgré son nom, est au départ un groupe basé sur une réunion de cuisiniers. Il faut bien nourrir les humains et ce sont eux les spécialistes de la cuisine. Mais la nourriture n’apparait pas comme cela et ils sont aussi doués et reconnus pour être des arboristes de qualité. La végétation est leur domaine et ce sont les seuls à savoir comment faire fleurir les arbres contenant les noigrumes. C’est la plus ancienne des organisations à ce jour et bien que la majorité des noigrumes soient vendues à l’Antre des Artisans, ils n’ont qu’une relation commerciale avec eux. La Reine des Plantes est la dirigeante de l’organisation, le pouvoir se transmettant de mère en fille.
L’Enceinte aux esclaves … Il vaudrait mieux que je ne t’en parle pas … Mais puisque tu m’as posé une question, je dois y répondre. Ils sont considérés comme les ennemis de la Sainte Alliance. Bien qu’ils aient le même but, les méthodes diffèrent. L’Enceinte aux esclaves utilise les pokémons spectres et ténébreux pour se battre contre les pokémons spectres et ténébreux. Ainsi, ils combattent le feu par le feu et n’hésitent pas à torturer les pokémons pour qu’ils leurs obéissent. Le chef de l’Enceinte est peut-être l’homme le plus puissant à l’heure actuelle. Il est dit que son armure et ses armes sont maudites.

Enfin … La dernière organisation bien que cela ne soit guère réellement le cas … sont les Doctes. Cela consiste plus à classer des gens comme Doctes qu’à les réunir en une seule organisation. Leur devise principale : chacun est pur au début de son existence. Ainsi, les pokémons spectres et ténébreux ne sont pas mauvais de naissance. Ce sont de rares personnes capables de se lier d’amitié avec des créatures spectrales et ténébreuses Néanmoins, ce sont aussi des hommes et des femmes haïs par tous et toutes à cause de leurs relations. Il n’y a guère de chef mais la sagesse et l’histoire se transmettent par les anciens érudits et les pokémons qui cohabitent avec eux. »

… … … D’accord. Il venait finalement de comprendre tout ce qui avait été dit. Pfiou … Ca faisait beaucoup … BEAUCOUP TROP même ! Il n’allait sûrement pas retenir tout ça ! C’était pire que tout. Aie, aie, aie … Il se massa le front, murmurant :

« C’est quand même … Et y a rien d’autre à leurs sujets ? Ou y en a pas d’autres ? »

« Ce sont les organisations les plus présentes dans le monde dans lequel tu habites. Il y a un autre monde … Bien plus lugubre et sinistre … Là où les masques tombent … Mais cela … Moi-même, je ne suis pas sensé en connaître son existence. »

« Pourquoi est-ce que je ne me sens pas du tout rassuré quand tu parles de la sorte ? » demanda l’adolescent, essayant de mémoriser tout ce qui venait de tomber d’un coup sans même qu’il puisse l’arrêter. Cette arme … Cette voix … Bon sang, elle en avait de la culture ! Il ne s’était pas attendu à autant d’informations !

« Car tu n’as pas à l’être … Néanmoins, cette fille qui t’a adressé la parole avait raison. Tu vas devoir faire un choix … et rejoindre l’une des quatre organisations … Les Doctes, tu ne seras pas capable de les rejoindre. Ce n’est pas ainsi que cela se passe … »

« Pfiou … Je crois que pour aujourd’hui, je vais surtout m’arrêter là. Par contre, tu ne m’as toujours pas dit ton nom ? Et tu es quoi comme race de spectre ? Tu ne veux pas sortir de l’arme ? Que je puisse te voir ? » dit-il avec un léger amusement.

« Je n’ai pas à te dire mon nom … Ni même à sortir de cette arme … Pour que tu puisses ensuite la jeter et croire que tu t’es débarrassé de moi. »

« Je ne suis pas stupide à ce point. Je sais parfaitement alors que tu pourrais prendre possession de mon corps sans aucune difficulté. Bon … Tu ne veux pas me dire ton nom … Je vais alors devoir t’en trouver un. Dorénavant, tu t’appelleras Swar »

« Swar ? Tu as choisi aussi rapidement un nom ? Sois-tu es un génie, soit un véritable simplet. Une telle appellation ne me semble pas mauvaise ou insultante. Tu peux dorénavant m’appeler de la sorte, ça ne me dérange pas. »

« Hahaha … D’accord, Swar. Maintenant, il faut que l’on retourne à l’auberge. Je pense que Sélia a fini de pleurer. Je vais donc aller voir … si je peux l’aider de n’importe quelle façon. » termina de dire l’adolescent avant de commencer à ranger son arme.

« Fais de ton mieux … et alors, peut-être que tu en sauras plus. Maintenant, je vais aller me reposer … Parler aussi longtemps avec toi me fatigue. »

Ah ben merci ! Il ne répliqua pas aux paroles de son arme bien qu’il semblait heureux d’en avoir appris à son sujet mais aussi par rapport aux organisations. Son épée … Elle en savait beaucoup, n’est-ce pas ? BON ! Maintenant qu’il se sentait mieux … Il allait retourner à l’auberge et parler avec Sélia ! A eux deux, ils allaient bien réussir à se débrouiller n’est-ce pas ? Il allait devenir plus fort … et moins s’inquiéter de ce qui se passait.

Chapitre 6 : En faire son deuil

Chapitre 6 : En faire son deuil

« Sélia … Nous devrions y aller … Il vaut mieux avancer. » murmura l’adolescent aux cheveux blancs alors qu’elle hochait la tête, étant à genoux devant une tombe de fortune.

« … … Encore cinq minutes … et ça sera bon. » chuchota-t-elle, les yeux fermés.


Le problème est que cela faisait déjà pas mal de fois qu’elle lui disait la même chose. Néanmoins, il accepta, s’installant contre un arbre. Cette adolescente … Katérina … Elle avait été d’une violence inouïe … Vraiment … Il ne s’était pas attendu à une telle puissance … En fait, il se demandait même si elle n’était pas possédée … Mais en même temps, elle ne donnait pas l’impression d’être. Il était perturbé … plus que perturbé même par cette apparition … et toute cette violence faite.

« Sincèrement … Je ne sais pas … Mais si … Dans le fond, je le sais. C’est une ennemie, voilà tout. » se dit-il alors que la jeune femme se relevait finalement.

« Nous pouvons … partir maintenant … Je pense que c’est bon. »

« Tu es vraiment sûre ? Car il y a peu de chances … que nous repassons par-là un jour. »

Oui … Elle en était sûre et certaine. Elle prit une profonde respiration, marchant machinalement en avant comme pour mettre un maximum de distance avec cette tombe. Elle s’éloigna rapidement, l’adolescent apercevant ses yeux rougis par les larmes. Depuis qu’elle était dans le village, il avait déjà vu le Pyroli et le Archéodong … alors il savait à quel point elle avait été attaché à ses pokémons.

« Comment … Comment va ton Archéodong ? » demanda-t-il après une dizaine de minutes de marche, cherchant à faire la conversation avec elle, espérant surtout y arriver.

« … … … Il est aveugle … en partie … mais ça pourrait être pire … bien pire. » dit-elle sur un ton évasif, ne semblant pas vouloir en parler.

« Tant … Tant mieux alors. » bafouilla l’adolescent avant qu’elle ne s’écrie :

« Tant mieux ? Où est-ce que c’est mieux, Kéran ? HEIN ? J’ai perdu mon Pyroli ! MON PYROLI ! A CAUSE DE CETTE FOLLE ! »

« Calme … Calme-toi … Ca n’arrangera pas les choses si tu t’énerves. S’il … S’il te plaît… » demanda Kéran, tremblant de plus en plus.

« Et pourquoi … Pourquoi est-ce que tu as cette fichue épée avec toi ? Si elle est possédée, tu ne devrais pas avoir ! Donne-moi cette arme que je la brise ! »

« CALME-TOI SELIA ! » hurla-t-il à son tour, fermant les yeux tout en posant ses mains sur ses épaules, serrant avec force.

« Je … Je ne veux pas me calmer … Pourquoi est-ce que je me calmerai ? Pourquoi ? Mon pokémon … est mort … » termina de dire la jeune femme aux cheveux bleus, le repoussant légèrement avant de se remettre à marcher, le regard dans la vague.

Il avait mal pour elle … sérieusement mal pour elle … Il était attristé de voir l’état dépérir de la jeune femme. Mais qu’est-ce qu’il pouvait faire ? Hein ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire pour l’aider ? Lui montrer qu’il était toujours là ? La réconforter ? Elle lui en voulait à cause de son épée … épée dont il ne parlait même pas à l’esprit qui l’habitait … Ah …

« Sélia … Nous devrions chercher une ville pour nous reposer cette nuit … Je pense que c’est une bonne idée … Enfin, si tu ne veux pas … Je comprendrais. »

« Une ville … Et on s’y installe … Mais je ne veux plus que tu fasses de bêtises … plus du tout … Je ne veux plus ça se reproduise … Je ne veux plus que tout ça se reproduise. »

Elle perdait un peu la tête ou c’était lui ? Non … Elle était morte d’inquiétude à son sujet … comme si elle s’en voulait … Mais qu’est-ce qu’ils auraient pu faire contre Katérina ? La jeune femme semblait détenir une puissance tout simplement énorme et gigantesque ! Rien à voir avec le reste … avec les pokémons … spectres et ténébreux.
« Alors … Allons trouver une ville … d’accord ? Sélia ? »

« Je … suis d’accord. Ne perdons pas de temps alors. » répondit la jeune femme. Il devait discuter avec elle … s’il ne voulait pas la perdre.
Mais c’était bien plus difficile que prévu. Malgré ce court dialogue, elle restait maintenant muette, reniflant simplement. C’était la première fois … qu’il la voyait aussi faible … Elle était une femme … Il ne devait pas oublier qu’il avait affaire à une femme … certes très forte … mais une femme qui avait aussi des sentiments.

Alors … Il allait devoir se montrer plus que présent pour elle. Ils marchèrent pendant plusieurs heures, le seul bruit aux alentours étant le reniflement de Sélia qui semblait inconsolable bien qu’elle ne pleurait plus. Enfin, une ville se présenta à eux … Une ville fortifiée avec des murs de pierre … bien qu’elle ne semblait pas gigantesque. Lorsqu’ils arrivèrent aux portes, plusieurs gardes se tenaient là, tous tenant des lances et portant de fortes armures de métal :

« Qui êtes-vous et que venez-vous faire dans notre ville ? »

« Nous sommes de … simples voyageurs … Nous cherchons juste un toit pour la nuit. » dit l’adolescent, espérant que cela conviendrait à la jeune femme.

« De simples voyageurs … Nous allons devoir quand même faire une mesure de vérification. D’où est-ce que vous venez ? Cela peut nous aiguillonner à ce sujet. »

Il annonça le nom de son village, la méfiance laissant place à la surprise générale. Des survivants ? Difficile à croire mais quand il expliqua qu’ils s’étaient fait attaqué par les spectres et que l’un d’entre eux avait eu l’un des pokémons de la jeune femme qui l’accompagnait, ils ouvrirent les portes, annonçant qu’ils pouvaient séjourner ici. Des survivants étaient si rares en ces temps …

« Pardon d’avoir menti à moitié, Sélia … Je ne voulais pas … mais sinon, ils ne nous auraient jamais laissé rentrer. J’espère que tu comprends. » dit-il à la jeune femme.

« Ca ne … fait rien … Trouvons vite une auberge, s’il te plaît. »

« Sélia … Je … D’accord. On va faire comme tu le veux. » annonça Kéran, comme dépité et confus. Ca ne servait à rien. Il ne savait pas se débrouiller avec les femmes ! La seule femme qu’il connaissait depuis des années était Sélia, personne d’autre. Il n’avait jamais eu d’autres filles dans sa vie … à part elle … Alors bon …
Ils ne tardèrent pas à trouver une auberge, Sélia demandant une seule chambre, chose qui étonna Kéran. Bien sûr, ils dormaient dans la même maison … mais dans la même chambre ? Elle expliqua que c’était pour éviter de payer trop cher … Maintenant qu’ils n’avaient plus de travail, ils ne pouvaient pas se permettre des dépenses inutiles. Ils rentrèrent dans la chambre, la jeune femme posant les quelques affaires qu’ils avaient et lui faisant de même.

« Alors … Euh … Qu’est-ce que l’on va faire, Sélia, maintenant ? »

« Kéran … Est-ce que je peux rester seule … pour quelques heures s’il te plaît ? »

Hein ? Avant même de poser la question, il s’approcha d’elle tandis qu’elle retirait son armure, la déposant sur le sol. Une tunique de mailles … mais qui permettait de mieux voir à quel point, sous son armure, elle était belle. Oui … Des formes aussi généreuses voir plus que celles de l’adolescente. Il fallait dire que Sélia était aussi une femme assez grande et resplendissante … Donc ce n’était pas un souci. Enfin … Dès qu’elle retira son armure, il vint l’enlacer longuement, tout en reprenant la parole :

« Je serai toujours là, Sélia. Toujours là … Je te le promets … Je te le promets … »

« … … … Pourquoi est-ce que tu fais cela ? » murmura-t-elle, le laissant faire.

« Car je tiens énormément à toi, Sélia … Vraiment … beaucoup … »

Ah ? Bon … C’est sûr … Oui … C’était normal … Elle aussi tenait beaucoup à l’adolescent bien qu’il ne semblait pas toujours le remarquer. Elle posa avec douceur ses deux mains sur son dos, lui chuchotant doucement :

« Je veux … juste être seule … Kéran … tout simplement seule … Pendant ce temps … Tu peux visiter la ville, non ? Qu’est-ce que tu en penses ? Fais-le pour moi s’il te plaît … »

« Comme … Comme tu veux … Dis … Ca faisait longtemps non ? Que … Qu’on avait plus fait ça … » dit-il, espérant la faire sourire par cette remarque.

Elle le repoussa, sans que cela soit brutalement avant de froncer les sourcils. Elle lui désigna la porte sans un mot, Kéran rougissant. Il aurait bien aimé se faire pardonner mais là … Est-ce qu’il avait peut-être un peu trop exagéré ? Ou alors, ce n’était pas le moment … Mais bon … Cette accolade lui rappelait à quel point elle lui manquait … Car c’était bien trop rare ce genre d’affections entre eux …

« Je … Je vais m’en aller … Je reviendrai quand il fera nuit … complètement nuit … »

« Merci bien … Kéran … Je vais … pendant ce temps … réfléchir. »

Réfléchir à quoi ? Il aurait bien aimé poser la question mais ce n’était clairement pas le bon moment. Il ferma la porte derrière lui, signalant à l’aubergiste qu’il reviendrait dans quelques heures. Il quitta le bâtiment, son épée à sa ceinture avant de se balader dans les ruelles. Mais bon … Le cœur n’y était pas du tout.

« Qu’est-ce que je suis sensé faire ? C’est … C’est la seconde fois … que je vois quelqu’un mourir … de la sorte … Quelqu’un de proche … »

La première fois … Il s’en rappelait … C’était un moment critique et dramatique de sa vie mais … mais … Il ne voulait pas y repenser une nouvelle fois. Il avait tiré un trait sur cette histoire … Sur tout cela … Car ça ne servait à rien de ressasse de mauvais souvenirs.

« Bon ! Je vais voir ce que la ville a de bien à me proposer maintenant ! »

Il s’exclama au beau milieu d’une ruelle. Ils étaient au milieu de l’après-midi et visiblement, il y avait encore plusieurs marchands … Pfiou … Des marchands d’armures, d’armes … Des forgerons, des tanneurs, des couturiers, des boulangers, des bouchers … Oui … En dépit du monde dans lesquels ils vivaient, les hommes continuaient de s’adapter plus que correctement à leur environnement. Il suffisait juste … de tenir le coup face aux pokémons spectres et ténébreux. D’ailleurs … En parlant de cela …

« Peut-être que je devrais essayer de voir … qui est dans mon arme. » chuchota t-il à lui-même, évitant quelqu’un d’autre n’entende ce qu’il dise.

Bon … Ce n’était pas une mauvaise idée mais où se rendre ? Et puis … Quand même … Est-ce que la voix allait lui répondre ? Et en même temps … Si Sélia apprenait cela … Peut-être que ce n’était pas une bonne idée en fin de compte. Il valait mieux juste se balader bien tranquillement et ne pas créer plus de soucis.

« … … … Je ne vais surtout pas chercher à empirer les choses hein ? »

Oui … Bon … Aller … Il se demandait ce qu’il allait pouvoir faire alors ? Car marcher pendant plusieurs heures, ce n’était pas du tout dans ses habitudes. Mais après, c’était une exception aujourd’hui. Hum ? Tiens … Un marchand de pokémons et de noigrumes. Il pénétra à l’intérieur de la boutique, regardant à gauche et à droite.

« Et bien … C’est la première fois que je vous vois ici, jeune homme. » annonça un homme aux cheveux noirs hirsutes mais à la paire de lunettes qui montrait tout le sérieux de sa profession. « Je connais la quasi-totalité des personnes de cette ville et cela m’étonne. »

« Ah … Euh … Je ne fais que regarder … Je viens d’arriver avec une proche amie … Et je me disais … Enfin … Je ne faisais que marcher dans les ruelles. C’est vraiment des pokémons à l’intérieur des noigrumes ? Mais cela coûte surement horriblement cher. »

« C’est exact … La qualité a un prix. Mais tous ses pokémons soigneusement élevés et nourris chaque midi et soir. C’est pourquoi la boutique est fermée pendant deux heures au milieu de la journée, le temps que je puisse les nourrir. »

« … … … Wah … … … Vous savez, dans mon village, il n’y avait pas de telles boutiques. »

« Sans paraître indiscret, d’où venez-vous ? » demanda le vendeur.

Hein ? Pourquoi cela ? Enfin … Il lui répondit, l’homme haussant un sourcil surpris. Ce n’était pas la première fois … Déjà avec les gardes auparavant. L’homme reprit :

« Et bien … C’est très rare d’avoir des survivants … Vous êtes sûrement quelqu’un d’exceptionnel. Comment avez-vous survécu à ces créatures ? »

« Je suis assez honteux … Mais nous n’étions pas présents lors de l’attaque … On n’a juste pu voir les dégâts avant de s’enfuir. » murmura l’adolescent en baissant la tête.

« Il n’y a aucune honte … Ces créatures, si vous n’êtes pas bien équipé ou entouré par des pokémons, cela revient tout simplement à du suicide. »

« Si vous le dites … Je veux bien vous croire. Je crois que les prix sont trop hauts pour moi, c’est dommage … mais merci beaucoup. »

« Mais c’est à moi de vous remercier. Peu des gens viennent dans la boutique à cause des prix trop hauts pour eux. Pourtant, avoir un peu de discussion n’ait jamais un mal. »

Hahaha … Il eut un petit rire, rire partagé par l’adolescent avant que celui-ci ne quitte le bâtiment. Oui … C’est sûr … Il pouvait le comprendre … plus que le comprendre même … Mais bon … Maintenant, il devait partir. Et il se sentait un peu … soulagé d’avoir parlé à quelqu’un d’autre … Et il avait pris sa décision.

« Je vais aller … voir si cette épée a un petit nom. »

Hahaha … Il posa une main sur le manche de son arme, espérant que la voix allait se montrer coopérative. Car bon … Si elle n’était pas enclin à discuter, ça n’allait pas servir à grand-chose de trouver une ruelle assez sombre et sinistre … et surtout inoccupée. Pourtant, il ne perdit pas trop de temps à en trouver une, celle-ci étant à peine éclairée par une torche positionnée en hauteur. Le travail d’un pokémon … car un simple humain n’aurait pas pu l’allumer à cette hauteur.

« Je crois que c’est un bon endroit ici … Oui. »

Il sortit son arme après ses quelques paroles, l’étudiant sous tous les détails. Maintenant qu’il avait le temps … Il pouvait remarquer à quel point c’était un ouvrage … magnifique. Mais pourquoi avait-il cru voir une lame noire avec un manche blanc ? Maintenant, la lame était grise avec un manche noire … Par contre, le bout donnait l’impression de pouvoir être utilisé comme une lance … C’était une épée qui se maniait aussi comme une lance ?

« La voix ? Tu es là non ? Est-ce que tu peux me répondre ? »

« Je ne pense pas y être obligé … mais je ne vois pas de raison de refuser. » répondit aussitôt l’arme alors qu’il sursautait. Hahaha … Il rigola avant de se placer contre un mur.

« Est-ce que … Je peux te poser quelques questions … maintenant que je suis seul ? » reprit l’adolescent, se calmant un peu. L’heure était aux réponses … pour lui.

Chapitre 5 : Exubérance

Chapitre 5 : Exubérance

« Je … Je … C’est vrai … Sélia ? » murmura l’adolescent aux cheveux gris, Katérina se tournant vers lui, ses deux yeux dorés posés sur Kéran.

« Tu ne me fais donc pas confiance ? » murmura l’adolescente avec une petite voix mielleuse, se penchant légèrement en avant pour mettre son décolleté plus en valeur.

« Je … Je ne sais pas trop … Tu as quand même … essayé de me tuer. » dit-il, cherchant une explications aux paroles de Katérina. Pourquoi dire une telle chose maintenant ?

« N’écoute donc pas cette catin, Kéran ! » s’écria Sélia, ses deux poings serrés sur ses armes. Elle cherchait à se contrôler mais semblait avoir beaucoup de mal à rester calme.

« Catin ? Moi ? Tiens donc … Ce n’est pas parce que je ne suis guère frileuse qu’il faille dire une telle chose. Ah ! Mais je vois … n’est-ce pas plutôt parce que j’ai osé dire la vérité à ton sujet ? Tu sais … Au sujet du dégoût que tu exprimes à l’encontre de l’adolescent qui t’accompagne. Vilain, vilain, vilain petit garçon ! Tu sais très bien qu’il ne faut pas jouer avec de tels objets et pourtant, qu’est-ce que tu fais ? Tu récupères la première bricole qui te tombe dans la main, ce n’est pas très sérieux ! »

Il ne savait pas comment il devait prendre les paroles de Katérina. Elle ne semblait guère sérieuse, au contraire de Sélia qui avait déjà décidé de brandir ses deux Noigrumes contenant ses pokémons. Elle allait utiliser les deux ? Contre une autre personne ? Il esquissa un mouvement vers elle, la jeune femme aux cheveux bleus le repoussant.

« Sélia ! Ne fait pas ça ! C’est juste une adolescente ! C’est une humaine ! Il ne faut pas utiliser les pokémons contre des personnes humaines ! »

« Qui te dit qu’elle est … réellement humaine ? Il suffit de voir comment elle a atterrit sur le sol ! C’est un monstre ! Comme les autres ! » cria une nouvelle fois la femme en armure alors qu’elle faisait apparaître son petit Pyroli mais aussi … Une étrange statue de métal avec des symboles dessinés dessus. C’était donc un Archéodong … Une créature très forte et résistante … mais surtout aux pouvoirs psychiques impressionnants.

« Moi ? Un monstre ? Hum … Je ne sais pas trop si il est du même avis que toi, n’est-ce-pas ? Ou alors, peut-être que je suis un monstre de beauté ? Contrairement à toi qui reste dans ta carapace de fer ? C’est sûr que pour baiser, faire l’amour à une tortue, c’est plutôt compliqué. » répliqua l’adolescente en émettant un grand rire.

Qu… Quoi ? Il bredouilla quelques paroles, étant complètement rouge de gêne. Non ! Sélia et lui n’avaient pas du tout ce genre de relations ! Et ce genre de langage … de la part d’une jolie fille … C’était horrible à entendre. Et comment est-ce que Sélia allait réagir à cette provocation ? Cela ne tarda pas à se faire voir, la jeune femme poussant un hurlement de rage. C’était la première fois qu’il la voyait … dans un tel état … Enfin non … La seconde fois après que le village l’ait banni.

« Attends un petit peu, tu vas voir dans quelques minutes ce qui risque de t’arriver ! »

« Ah bon ? J’espère que ce n’est pas de toi que l’on parle car si je dois commencer à te craindre à cause de tes paroles, je n’ai pas encore fini d’être effrayée. Il faudrait que je commence d’abord à l’être, n’est-ce pas ? »

Encore des paroles dites sur un ton amusé, elle n’avait donc peur de rien ? C’était plutôt risqué vu qu’il connaissait à quel point Sélia savait se battre. Pourtant, l’adolescente ne bougea pas de sa position, tenant ses deux armes dans ses mains. D’un geste désinvolte, elle para le premier coup de hache de la jeune femme, puis le second.

« Tu penses vraiment que ce sont tes petites armes qui risquent t’égratigner mes lames ? Allons … Un peu de sérieux, n’est-ce pas ? »

Qu… Quoi ? Elle ne la prenait pas au sérieux ? Elle allait très vite le regretter ! Elle ne pensait pas utiliser cela contre une humaine car … C’était juste horrible à y penser mais bon. Elle fit plusieurs sauts en arrière, l’une de ses haches commençant à briller d’une lueur orangée en son centre. Elle envoya l’arme en direction de Katérina, celle-ci gardant son sourire. Lorsque la hache toucha l’une de ses lames, une explosion se produisit, faisant lever ses deux armes. Elle sifflota de surprise, disant :

« Et bien … Il y en avait de la force dans cette hache ! »

« Je ne sais pas comment cela se fait que tes armes n’aient pas éclaté en morceau mais je ne vais pas tergiverser plus longtemps à ce sujet ! Je préfère encore que tu sois entière ! »

« Désolée mademoiselle, mais je ne suis pas de ce bord. » annonça l’adolescente à la tresse argentée, n’ayant pas pour autant la possibilité d’abaisser ses lames, Sélia arrivant à sa hauteur. Pourtant, lorsqu’elle ne fut qu’à quelques centimètres d’elle, les deux lames toujours dirigées vers le ciel, l’adolescente s’abaissa, donnant un coup de pied circulaire pour faucher les jambes de Sélia.

« Je me doutais bien que tu ne serais pas rester là à attendre que j’arrive. » murmura Sélia qui semblait avoir repris son calme maintenant.

Elle sauta, évitant la jambe de Katérina qui rigola avant de foncer tête baissée vers elle. Qu’est-ce que … La tête de l’adolescente percuta l’armure de fer de Sélia, la faisant tomber à la renverse. Du sang s’écoula de son front, Katérina brandissant ses armes.

« Malheureusement, il faut toujours avoir plusieurs coups d’avance … et ne pas hésiter à sacrifier son corps si on veut obtenir la victoire ! Tu devrais pourtant connaître la notion de sacrifice, n’est-ce pas ? » murmura l’adolescente avant d’abaisser ses lames.


Elle eut juste le temps de sauter sur le côté qu’un souffle de feu passa juste au-dessus de Sélia sans la toucher. Hum … C’était vrai ! Elle avait particulièrement oublié les deux pokémons de la jeune femme. Ils étaient resté inactifs, attendant les ordres de Sélia jusqu’à ce qu’elle soit en danger. Maintenant, le Pyroli poussa plusieurs petits cris de rage en direction de Katérina, celle-ci se tournant vers eux.

« Oh … Je vous avais oubliés et vous êtes alors malheureux ? Ne vous en faites donc pas, Katérina va être très gentille envers vous. Tenez … Prenez donc cela ! » dit-elle en courant vers leur direction, envoyant ses deux lames, l’une après l’autre.

Sauf que la première lame fut arrêtée par les pouvoirs psychiques du Archéodong, la seconde subissant le même sort. Tandis que la jeune femme aux cheveux bleus se redressait, elle cherchait du regard où se trouvait Katérina. Celle-ci avait disparu de vue après l’envoi de ses deux lames. Pourtant, ce fut l’adolescent, qui jusque-là muet, qui la remarqua.

« ATTENTION PYROLI ! Elle se trouve dans les airs ! » s’écria-t-il alors qu’il voyait l’adolescente atterrir juste à côté de la petite créature.

« Et un petit sommeil sans réveil pour le Pyroli ! » dit l’adolescente, posant ses deux mains sur la tête de la créature avant de la faire tourner à 180 degrés devant le regard effaré de l’adolescent. Elle le remarqua, reprenant la parole : « Roh, ne fait pas cette tête ! Vous me considérez comme une ennemie et vous voulez me tuer. Dans la vraie vie, si on se fait attaqué au point d’avoir une chance de mourir, il ne faut pas hésiter à tuer son adversaire. Ici, je fais pareil. D’ailleurs, merci beaucoup d’avoir gardé mes armes ! »

Elle avait fini par s’adresser au Archéodong, étant rapidement revenue près de lui pour récupérer ses deux lames qui ne tardèrent pas à s’abattre sur les yeux du pokémon. Et voilà comment on se débarrassait des pokémons psychiques ! Il suffisait de viser un point sensible chez eux pour qu’ils ressentent la douleur et ne puissent plus se concentrer. Dans le cas des Archéodong, c’était bien leurs yeux … ou dans le cas de nombreux pokémons. Sur le moment, c’était le meilleur moyen de venir à bout d’un pokémon psychique.

« Quelle grande carapace de pierre tu possèdes … C’est peut-être pour cela que tu es encore en vie … Je pensais réussir à briser ta tête mais bon … Si ce n’est pas le premier coup, ça sera alors le second ! » reprit-elle avant qu’un cri ne se fasse entendre.

« REVIENT ARCHÉODONG ! » hurla Sélia en brandissant une Noigrume de couleur bleue ciel en direction du pokémon, celui-ci disparaissant à l’intérieur.

« Ce n’est pas très sympathique de retirer mon jouet, ma grande. » annonça Katérina en poussant un léger soupir. Elle n’avait pas réellement apprécier cela de la part de Sélia … mais en même temps, la jeune femme semblait folle de rage.
Penchée en avant, elle courait à toute allure, ses deux armes brillant fortement, elle n’allait pas hésiter à tout donner dans ce combat. Elle allait lui faire regretter la mort de l’un de ses pokémons ! L’adolescent, quant à lui, ne savait plus quoi faire. Avec son arme … Il pouvait combattre Katérina … Mais il ne se faisait pas d’illusions. Si … Si Sélia n’y arrivait pas … Alors lui, c’était tout simplement courir au suicide.

« Mais qu’est-ce que … je suis sensé faire alors ? Et pourquoi est-ce que le spectre dans mon arme ne parle pas ? S’il n’est pas maléfique, il pourrait quand même aider non ? »

Non ? Ça ne marchait pas comme ça ? Son arme avait une sacrée habitude à se taire dans les pires moments. En fait, ils n’avaient toujours pas discuté tous les deux depuis qu’il l’avait récupérée. Il était censé faire quoi avec ? La brandir et se battre ?

« Bon … Fini de plaisanter, d’accord ? Je ne suis pas là pour me distraire mais pour tuer. Comme visiblement, c’est déjà fait pour aujourd’hui, je veux bien vous laisser la vie sauve dans ma grande mansuétude. » annonça Katérina, esquivant la double attaque de Sélia.

La jeune femme haletait, ses yeux rubis posés sur le cadavre de son pokémon. Elle était enragée, prête à tout pour tuer l’adolescente aux cheveux argentés. Celle-ci se retrouvait maintenant sur une branche en hauteur, les jambes croisées.

« Alors … Alors … Alors … Contrairement à ton ami qui a parfaitement compris qu’il ne pourrait jamais me tuer, il vaudrait mieux que tu te calmes si tu ne veux pas aller rejoindre ton pokémon. Maintenant que vous êtes sans domicile fixe, vous allez parcourir le monde dans le froid, la pluie, pliant sous la moindre tempête, cherchant une grotte pour la nuit ? »

Pourquoi est-ce qu’elle commençait à parler de cela ? Il n’arrivait pas à comprendre comment résonnait cette adolescente. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle était dangereuse, plus que dangereuse même mais ça … quiconque de sensé l’aurait compris.

« Oh … Bien entendu, vu les capacités mentales de la jeune demoiselle dans sa boîte de métal qui lui sert d’armure, je me dis que vous ne servirez pas à grand-chose. A part tuer du pokémon spectre et ténèbres, il y a peu de chances qu’elle sache faire autre chose. Oh … Je ne nie pas qu’elle pourrait sûrement vendre son corps au plus offrant, certains sont prêts à payer assez cher pour quelques femmes au caractère très fort mais bon … »

« Attends un peu que … » commença à dire Sélia avant que l’adolescent ne lui prenne le bras.

« S’il te plaît … Sélia … Je … Je suis triste aussi … Mais il faut la laisser parler non ? Et puis, si on continue … On risque d’être réellement blessé … »

« Tu ferais bien de l’écouter ! De toute façon, vu que tu es une incapable qui ne sait pas se contrôler, il y a peu de chances que ton petit ami arrive à survivre encore très longtemps. De plus en plus de spectres et de créatures ténébreuses vont venir vous attaquer, que vous le vouliez ou non. Et comme tu as beaucoup de mal avec moi, bien que ça soit normal, tu seras vite dépassée par les évènements. Pour une personne qui veut absolument protéger un ado qui est en possession d’une arme possédée, ce n’est clairement pas la bonne méthode ! »

« Est-ce que tu vas te taire un peu ? Ou je vais te forcer à le faire. » murmura Sélia en serrant les dents. Elle se contrôlait bien parce que Kéran était avec elle.

« C’est ainsi que tu adresses la parole à une personne qui veut te rendre service ? Je crois que je vais devoir te forcer à ce que tu me demandes poliment comment je peux t’aider. »

Elle croyait quoi ?! Qu’elle allait se plier à ses volontés alors qu’elle avait tué l’un de ses pokémons ? C’en était trop ! BEAUCOUP TROP ! La main de Kéran serra plus fort son bras alors qu’elle l’entendit dire calmement :

« S’il … vous plaît … Katérina … Vous pouvez continuer ? »

« Arrête tes bêtises ! Elle raconte n’importe quoi ! Tu n’as pas encore compris cela ? »

« Je ne sais pas … si on peut lui faire confiance … mais autant la laisser parler et ensuite voir ce qu’il faut penser de ce qu’elle a dit non ? »

« … … … Oui. Tu as raison. Mais tu peux lâcher mon bras ? Merci. »

« Je vais vous parler un peu des organisations non ? Si vous en rejoignez une, vous avez plus de chances de survivre et ça sera bien plus exaltant de la sorte, n’est-ce pas ? Je pense que la grande perche sait de quoi je veux parler mais bon … »

Mais bon quoi ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Il continuait de la regarder, évitant d’observer sa culotte blanche qui était bien trop visible malgré le fait qu’elle croisait les jambes. Sélia était plus calme tout en étant prise de tremblements.

« Alors … Alors … Alors … Pour vous donner une petite idée … La plus grande des organisations et celle qui pourrait sûrement le plus vous aider, c’est bien la Sainte Alliance. Combattant les spectres et les créatures ténébreuses est la priorité de ce groupe qui n’hésite pas à utiliser tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Je suis sûre qu’elle sait parfaitement de quelle organisation je parle … n’est-ce pas ? »

Elle s’adressait à Sélia, la regardant avec amusement. Cela faisait deux fois qu’elle la ciblait directement dans ses paroles. Elle voulait la bagarre ? Elle allait l’obtenir !

« Ensuite, vient l’Antre des Artisans mais soyons sérieux quelques secondes, vous êtes à peine capables d’utiliser les dix doigts de vos mains, ce n’est pas comme si vous pouviez faire quelque chose avec eux, n’est-ce pas ? Ensuite, vient le Dominion Naturel, je ne suis pas certaine que cela vous conviendrait mais pourquoi pas ? Il faut juste s’attendre à ce que cela soit très hiérarchisé, n’est-ce pas ? Ensuite, on pourrait parler de l’Enceinte aux Esclaves ? Je suis sûre que pour une jeune femme ayant une haine féroce envers les spectres et les pokémons issus des ténèbres, ça serait un endroit parfait ! »

Hum ? Qu’est-ce qui se passait ? Après ces quelques mots, Sélia émit un léger grognement, envoyant ses deux haches en direction de Katérina. Celle-ci saut de l’arbre, une explosion se produisant avant de retomber au sol.

« Et bien … J’allais parler des Doctes mais visiblement, la conversation est terminée ! Nous nous reverrons pour une nouvelle mort ? Tant que cela est motivant, je tuerai n’importe qui. Mais … Distrayez-moi, d’accord ? OH ! Mais avant … Je connais le prénom de la demoiselle … Mais quel est ton petit nom ? »

Elle avait terminé de parler, ses yeux dorés posés sur l’adolescent qui se sentit frémir. Avec ce qui s’était passé la dernière fois … et aujourd’hui … Pourtant … Pourtant … Il prit la parole, disant d’une voix un peu faible :

« Je m’appelle … Kéran … Hein ? Mais … Attendez un peu ! Sélia n’a pas arrêté de dire mon nom depuis que tu es arrivée ! »

« HAHAHAHA ! Bien entendu ! C’était simplement pour voir ton visage embarrassé et intimidé que je t’ai posé la question. Au revoir, mon mignon, j’irai te dévorer plus tard ! »

Elle poussa un grand rire avant de sauter d’arbre en arbre, s’éloignant d’eux. C’était quoi ? Il ne paraissait quand même pas embarrassé non ? Et puis … Il y avait autre chose … bien plus important … La mort du Pyroli de Sélia. Maintenant que Katérina n’était plus là, la jeune femme semblait avoir perdu toute agressivité, s’approchant du cadavre de son pokémon avec lenteur. C’est vrai … Il y avait eu un mort parmi eux.

Chapitre 4 : Dégôût

Chapitre 4 : Dégoût

« Mais qu’est-ce que … Sélia, qu’ai-je appris ? Tu comptes partir du village ? Mais pourquoi ? » demanda un homme d’un certain âge, surpris par cela.

« Je pensais pourtant m’être correctement exprimée. Je m’en vais. J’ai fait mon temps dans ce village, voilà tout. » répondit la jeune femme aux cheveux bleus, empaquetant quelques affaires. Dans un coin, l’adolescent avait déjà un petit sac sur le dos, la tête dirigée vers le sol. Il n’osait visiblement pas prendre la parole. Une main posée sur le pommeau de son épée, il attendait discrètement que Sélia ait fini de se préparer.

« Mais mais mais … Pourquoi est-ce que tu fais cela ? » reprit le vieil homme.

« C’est pourtant très simple. Plus rien ne me rattache à ce village. Vous avez pris votre décision, j’ai pris la mienne. Si vous voulez bien me laisser passer. » termina-t-elle de dire, se tournant vers l’adolescent, faisant un geste de la tête. Lorsqu’il passa à côté du vieillard, celui-ci le prit par le col, fou de colère :

« DE TA FAUTE ! C’est de ta faute ! Sans elle, nous sommes perdus ! Qu’est-ce que tu as fait pour la manipuler ? MONS … »

Il n’eut guère le temps de terminer sa phrase que ce fut à son tour d’être soulevé par Sélia. Celle-ci le fixa de ses yeux rubis, l’adolescent posant sa main sur son bras, hochant la tête négativement. Elle retira sa main du villageois, prenant celle de Kéran dans la sienne avant de quitter la demeure. Maintenant … Il était temps de partir du village.
Personne n’osa faire ne serait-ce qu’un geste, proférer qu’une seule parole … Certains avaient vite passé le message de la jeune femme soulevant le vieillard. Ils avaient voulu jouer aux imbéciles, ils en payaient le prix. Maintenant, ils n’étaient plus de ce village. Main dans la main, ils disparurent au loin pour ne plus jamais revenir.

Depuis le moment où on lui avait adressé la parole de la sorte, il était devenu muet ou presque. Oh … Il était toujours capable de parler mais maintenant, ce n’était que très peu. Heureusement que … que … Qu’elle était là pour lui. Qu’elle était partie avec lui … Oh, il était un peu inquiet pour le village malgré ce que ces hommes et femmes avaient décidé … mais voilà … Il était heureux qu’elle soit là avec lui. Elle le remarqua dans le regard qu’il lui lançait, les doigts croisant les siens avec douceur.

« Ne t’en fait donc pas … Personnellement, je ne regrette pas d’être partie. Il faut comprendre, Kéran … Ces personnes ne voulaient plus de toi. »

« … … … Oui mais … C’est un peu difficile quand même. Les oublier comme ça … »

« Il faut tirer un trait sur le passé si tu veux continuer dans la vie. C’est ce que j’ai fait personnellement, il y a déjà bien longtemps. »

« … … … D’accord, Sélia. » répondit-il tout simplement alors qu’elle lui souriait. Hum … C’était quand même difficile … malgré ce qu’elle disait. Mais en parlant de son passé, elle semblait être plus froide. C’est vrai … Elle n’était pas du village au départ. D’où venait-elle ? Car elle était arrivée lorsqu’il n’avait que neuf ans, une année avant ce drame.

Pourtant, quelques jours plus tard, alors qu’ils marchaient sur un chemin de terre dessiné par les hommes, ils apprirent d’une personne extérieure, juchée sur un Ponyta, que le village avait été attaqué par les spectres et qu’aucun survivant n’y avait été trouvé. Sur le coup, il était resté interdit, Sélia ne faisant que murmurer que c’était une nouvelle bien triste. Lorsqu’ils furent seuls à nouveau, il se laissa aller aux paroles :

« C’est de ma faute … Sélia … C’est de ma faute. »

« Non, ce n’est pas de ta faute et ne t’avise surtout pas de continuer à penser ainsi, d’accord ? Est-ce bien compris, Kéran ? »

« Oui mais … Si tu étais resté là-bas alors ils seraient toujours … »

« Oui ! Tu as parfaitement raison ! C’est de ma faute ! Uniquement de ma faute ! » reprit-elle avec véhémence, posant ses deux mains sur ses épaules. C’était elle la responsable de cette tragédie. Elle avait été la seule à décider de ne pas rester au village.

« … … … Je ne veux pas que tu te sentes coupable, c’est tout. » termina t-il de dire alors qu’elle lui souriait. Devait-elle se sentir coupable ? Pas le moins du monde … Pas du tout même. Elle ne se sentait pas en parfaite forme, ce n’était pas comme si elle était heureuse que des personnes meurent … Mais elle n’allait pas se sentir mal à cause de cela.

« Les seuls coupables sont d’autres personnes, Kéran. Maintenant, avançons … Car les villes sont difficiles à atteindre. Heureusement que je suis là avec toi. »

Car sinon … Elle n’aurait pas donné cher de la peau de l’adolescent. Le gardant contre elle, ils recommencèrent à marcher pendant de longues minutes. Au fil du temps qui s’écoulait, il ne savait plus quoi faire. Le remord l’envahissait peu à peu, comme un serpent qui l’entourait pour l’étouffer dans ce qu’il considérait être un pêché. Ah … Ah … Ah … La jeune femme ne tarda pas à remarquer son angoisse, le serrant contre elle avant de signaler qu’ils allaient rester là pour la nuit. Ils avaient plus que marcher pour aujourd’hui.

« Cette nuit risque d’être une très longue nuit … Oui … » se dit-elle à elle-même alors que l’adolescent observait le feu qui brûlait entre eux deux.

« De quoi est-ce que tu parles, Sélia ? Je … Pardon quand même. »

« Arrête ça ! SINON … Je vais devenir méchante, tu n’aimerais pas hein ? » dit-elle avant de lui servait à manger, l’adolescent tremblant un peu. « Je rigole … Pfff … Je ne vais rien te faire, tu sais parfaitement que je ne te veux aucun mal, Kéran. »

« Ce n’est pas à cause de ça … Pas du tout enfin … Je crois … »

« STOP ! C’est bon ! Maintenant, mange et tais-toi. Essaie de dormir ce soir tranquillement. » termina-t-elle de prononcer avant de manger de son côté.

Il avait maintenant honte de se faire remonter les bretelles par la jeune femme aux cheveux bleus mais … Il devait essayer de comprendre ce qu’elle disait. C’était normal … normal de penser de la sorte. Il n’avait pas à s’en vouloir. Oui … Il allait tenter de bien dormir.

Enfin, le lendemain, il semblait déjà un peu plus rassuré, ce qui plut à la jeune femme qui gardait le sourire. La marche était lente, très lente mais cela était dû à l’armure qu’elle avait sur le corps mais aussi que la surveillance était de mise. Ils n’étaient que deux … et il n’y avait pas que les pokémons comme créatures prêtes à bondir sur eux. Non, il y avait encore pire … Des humains … Car ce n’était pas rare de tomber sur des voleurs, des brigands et divers personnes encore plus malfamées les unes que les autres.

Lui … Il avait pensé toute la nuit à ce qu’il devait faire. Ça allait être difficile … très difficile même … mais si il ne le faisait pas, il n’aurait pas la conscience tranquille. Cette voix dans son arme … Elle ne parlait guère, semblant toujours trop calme et paisible. A y réfléchir, c’était à se demander pourquoi cette arme était possédée. Mais bon, ce n’était pas le moment de penser à cela. Il s’arrêta sur la route, prenant la parole :

« Sélia … Je … Je peux te dire quelque chose s’il te plaît ? C’est important. »

« Hum ? Bien entendu. De toute façon, ce n’est pas comme si les conversations étaient nombreuses autour de nous. Que se passe-t-il, Kéran ? Tu m’as l’air … NON ! Si c’est encore à ce sujet, je refuse que tu me parles, d’accord ? »

« Ce n’est pas à cause de ça … C’est à propos de l’épée. »

L’épée ? Il parlait … de l’arme qu’il avait ? Aussitôt, dès qu’il avait prononcé ses mots, elle s’était mise sur le pied de guerre, prête à réagir. Elle aussi commençait à trembler. Si … Dans le pire des cas … Elle ne voulait pas y penser, ça serait trop horrible.

« Continue donc … Kéran. Je suis toute ouïe, je t’écoute. » murmura Sélia avec lenteur.

« Euh … Tu ne te mettras pas en colère, d’accord ? Tu me le promets ? »

« Si tu ne me dis pas ce qui se passe, je vais me mettre en colère sans même que tu puisses ouvrir la bouche. Allez, dis-moi tout. Je te promets que je ne te ferai aucun mal. Tu sais très bien comment je suis, non ? » dit Sélia pour le rassurer.

« C’est au sujet … de mon arme … Je … Il y a une voix qui me parle. Enfin, je pense que c’est une arme mais elle n’est pas vraiment maudite ! Enfin, la voix ne parle que très peu, c’est à peine si elle est présente mais elle n’a rien fait de mal. Je ne voulais pas t’en parler tout de suite car je sais très bien que tu n’aimes pas ça … »

Il cherchait à se défendre, à éviter que la jeune femme s’emporte mais celle-ci restait d’un calme olympien. Ah … Bon … Il devait quand même reprendre la parole au cas où car ça ne voulait pas dire que tout s’était arrangé.

« Et bien … Enfin, c’est cette voix qui m’a permis de sortir de la grotte. Sans elle, je serai certainement mort à l’heure qu’il est. Je … Je ne veux pas que tu croies que je suis un imbécile, je savais parfaitement ce que je faisais mais je n’avais pas le choix. Je voulais rester en vie pour te revoir, c’était le plus important pour moi. S’il te plaît, crois-moi vraiment, Sélia. Je sais ce que j’ai fait, je sais que ce n’est pas bien du tout, je sais que maintenant, je suis sûrement maudit mais … La voix ne me semble pas être une ennemie … » termina-t-il de dire, quelques trémolos dans la voix alors qu’elle ne faisait que soupirer.

« C’est tout ce que tu avais à me dire, Kéran ? »

« Hein ? Euh … Oui … Tu n’es pas en colère alors ? » demanda l’adolescent, surpris par la réaction ou plutôt l’absence de réaction de la jeune femme.

Sans un mot, elle recommença à marcher devant lui, le distançant avant qu’il ne réagisse. Aussitôt, il revint à sa hauteur, cherchant à parler sans savoir quoi dire. Il s’était attendu … à autre chose de sa part mais pas à cela ! C’était encore pire que prévu. Ah … Sélia n’était même pas en colère … alors qu’elle lui avait interdit depuis des années de toucher à n’importe quelle arme … Quel idiot.

« Sélia … Je … Tu peux me parler s’il te plaît ? »

« Pour te dire quoi, Kéran ? Ce qui a été accompli est fait … Maintenant, on ne peut plus rien pour toi de ce côté. Tant que ton arme maudite n’est pas dangereuse pour toi, c’est bon. »

« Tu es vraiment sûre ? Tu ne m’en veux pas plus que ça ? »

« Si tu continues à chercher à ce que je t’en veux, oui, tu risques d’avoir gain de cause. Pour l’heure, je ne t’en veux pas. » dit-elle avec une certaine lassitude.

Il valait mieux qu’il se taise alors. Pourquoi est-ce qu’il avait parlé à la base ? Pour éviter qu’elle ne lui dise des méchancetés, non ? C’était une pensée un peu infantile mais il avait honte de ce qu’il avait fait. Et comme il considérait Sélia comme son unique … famille, c’était normal que de vouloir lui plaire. Et là … Il avait plutôt l’impression du contraire.

Maintenant qu’il avait décidé de ne plus parler de cette histoire, le calme était revenu pendant la marche. Plutôt le silence … Un silence beaucoup trop lourd pour lui. Il avait envie de discuter avec elle ! Le fait de ne rien dire, de ne rien prononcer … après tout ça … Il se sentait mal ! TRES MAL ! Il avait besoin … de …

« Et bien ? Pourquoi est-ce que tu ne lui dis pas toute la vérité ? »

Ils s’arrêtèrent tous les deux, Sélia sortant ses deux haches à l’écoute de cette voix féminine. D’où provenait-elle ? L’un comme l’autre avait parfaitement reconnu de qui elle provenait. Cette voix … Ils ne l’avaient entendu qu’une seule fois … mais elle était restée gravé en eux.

Il tourna sa tête vers le ciel, une culotte en dentelle de couleur blanche étant la première chose qu’il vit. Assise sur une branche d’un arbre, une adolescente aux yeux dorés était là, en train de les observer. Comme amusée par la situation, elle avait toujours un sourire aux lèvres, signe qu’elle semblait heureuse.

« Mais je lui ai dit toute la vérité ! » s’écria t-il avant qu’elle ne lui coupe la parole :

« Je ne parlais pas de toi … mais de la boîte de métal qui te sert d’amie. »

Elle sauta de la branche, atterrissant à cinq mètres d’eux sans aucune difficulté. Cette hauteur … Encore une fois, elle avait montré ce dont elle était capable. Elle ne s’était pas faite mal ? Mais comment était-ce possible ? Et puis de quoi est-ce qu’elle parlait ? Sélia ne lui disait pas la vérité ? Mais à quel sujet ?

« Oh … Je devrais peut-être commencer par le … « commencement ». Je tiens à me présenter une nouvelle fois : Katérina. »

Elle s’inclina respectueusement, laissant voir ses formes aux yeux de l’adolescente qui ne put s’en détacher. Elle était … vraiment bien faite de sa personne. Elle reprit la parole :

« Je suis celle qui a envoyé quelques pokémons spectres faire le ménage dans votre village il y a de cela quelques jours. Les pauvres … Ils pensaient s’en prendre à toi, Kéran. Dommage que tu étais déjà parti depuis longtemps. Dans leur stupidité de bien faire, avec ce bannissement, ce village t’a sauvé la vie … avant d’être détruit. »

Que … Que … Quoi ? C’était … C’était elle la responsable de tout cela ? C’était elle qui avait … rasé son village natal ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle avait ça ? Il voulut prendre la parole mais Sélia fit quelques pas, ses deux haches dans ses mains.

« Oh … Je ne pensais pas trouver aussi rapidement la personne à l’origine de cette attaque … Mais maintenant que tu es devant moi, je crois … »

« Hohoho ! Désolée ma grande, mais ce n’est pas encore terminé. Tu es prié de ne pas couper la parole, où est donc la politesse chez toi ? »

« Envers toi, je ne ressens pas l’envie d’être polie. » répliqua Sélia, ses yeux rubis fixés sur Katérina. L’adolescente fit quelques pas à son tour, sortant ses deux lames crantées.

Qu’est-ce qui se passait ? Elle n’allait pas combattre Katérina quand même ? Il avait un peu de mal à croire que celle-ci était vraiment … à l’origine de toute cette histoire mais après … Elle avait essayé de l’attaquer … et il savait bien que la plus belle des roses avait des épines. Et cette rose … était magnifique.

« Bon … Et si nous arrêtions de perdre du temps, n’est-ce pas ? Allez … Dis-lui ce que tu ressens réellement en apprenant au sujet de son épée. Très belle arme d’ailleurs, Kéran. »

Il ne savait pas s’il devait la remercier ou non … alors, il préféra rester complètement muet. C’était la meilleure chose à faire visiblement. Les trois personnes ne bougèrent guère, Katérina croisant ses lames devant elle, gardant son sourire aux lèvres.

« Alors ? Tu as perdu ta langue ? Tu es incapable de t’adresser à lui ? Je vais le faire pour toi … Il est si facile de lire sur le visage des personnes … Au cas où tu ne le saurais peut-être pas, la femme qui t’accompagne est répugnée par ta présence, Kéran. »

« ASSEZ ! Ne raconte pas n’importe quoi ! » s’écria Sélia, envoyant l’une de ses haches en direction de Katérina. Celle-ci para l’arme de jet, la faisant se planter contre un arbre.

« Oh ? Tu préfères que j’utilise un autre langage ? Alors, on peut dire que tu es écœurée, dégoûtée par ce que tu as appris à son sujet. Oui, rien que le voir après ce qui t’a dit te révulse … Tu ne veux pas le montrer mais c’est ce que tu ressens. Pourquoi se voiler la face ? » annonça Katérina, son sourire s’agrandissant, comme fière de ce qu’elle venait de dire.