Chapitre 10 : Collaboration

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Chapitre 10  : Collaboration

« Et voilà, nous pouvons apercevoir un village. »

Elise avait pris la parole, pointant du doigt vers l’horizon. Dans ce dernier, il était possible de voir à une bonne distance, ce qui semblait être un village de petite taille. Avec des bâtiments en pierre dans un triste état, ils semblaient néanmoins assez solides. C’était le genre de village généralement ignoré par tout le monde, qui arrivait à vivre difficilement dans une demi-autarcie.

« Est-ce que nous allons dormir là-bas, Elise ? Ça me semble vraiment trop petit pour que nous puissions y faire quelque chose de correct. »

« Oh non, non. Il ne vaut mieux pas espérer pouvoir dormir là-bas. S’il y a une auberge, ça serait déjà une chance, Elen. Non, ce que je veux montrer par là, c’est qu’un village de démons n’est pas si différent d’un village de Shunter ou d’une autre nation. »

Oh ! Elle voyait où elle voulait en venir exactement ! C’était une très bonne idée de sa part. En présentant des villageois « normaux » à l’armée des gens de la surface, accompagnés de quelques démons, ils comprendront qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter à ce sujet.

Elle approuva l’idée d’Elise d’un mouvement de la tête alors que la femme aux cheveux auburn présentait la dite-idée à Royan. Celui-ci l’accepta volontiers, montrant par là une volonté de faire avancer les choses, comme auparavant.

« Et s’il se montrent agressifs, comment devons-nous réagir ? » demanda un soldat des Traslord en face d’Elise lorsque Royan signala ce qu’ils comptaient faire.

« N’ayez aucune inquiétude à ce sujet. Vous allez très vite comprendre ce que je veux dire par là. Avançons donc. »

Elle semblait si sûre d’elle ça en était presque inquiétant. Pour autant, tous s’exécutèrent et dès lors qu’ils posèrent un pied dans le village, aussitôt trois démons se présentèrent à eux. Âgés d’une quarantaine d’années physiquement, ils tenaient des fourches dans les mains, tremblant de partout.

« Qu… Qu’est-ce que l’armée… veut de nous ? »

« A… Attends un peu ! Regarde un peu à quoi ils… ils ressemblent ! »

« C’est la première fois que je vois des démons comme ça ! Vous, vous pensez qu’ils sont venus nous dévorer ? Si c’est le cas, il faut… il faut que j’aille prévenir les… »

« Fuis pas ! À deux, on n’arrivera jamais à tenir ! Et puis, ils sont déjà prêts à… »

« Je crois qu’on va plutôt devoir vous expliquer la situation hein ? Car j’ai l’impression que vous êtes en train de vous fourrer le doigt dans l’oeil jusqu’au coude ! »

« Euh… Vous êtes une démone non ? Et à voir vos atours, vous venez de bien plus profond que le commun des démons. Pour… Pourquoi est-ce que vous êtes ici ? »

Quelques explications allaient être nécessaires. Et pas des moindres ! Pour autant, elle s’avança, demandant aux autres de ne faire aucun mouvement brusque de la part du reste de l’armée, que ça soit Royan, Elen ou même le simple soldat ou capitaine.

« Nous ne venons pas vous faire du mal, soyez en rassurés. Nous voulons simplement discuter avec vous, de tout et de rien. »

« Hein ? Que… de quoi ? Discuter avec nous ? C’est une mauvaise blague ? Je veux dire, qu’est-ce que des gueux comme nous pouvons faire pour vous aider ? »

« Oh, vous allez très vite le savoir. Hey ! Vous pouvez venir ! Venez parler de tout et de rien avec ces gentilles personnes ! »

À croire qu’elle s’adressait à une bande d’enfants. Elle demandait cela principalement aux membres de l’armée qui provenaient de la surface, déclarant aux démons de bien vouloir rester en retrait. Ce n’était pas un ordre mais un conseil de sa part.

Et sur quoi questionner les paysans et les enfants ? Elle laissait libre court aux soldats de bien chercher les sujets. Bon, de ce qu’elle voyait, c’était assez difficile. D’un côté comme de l’autre, la barrière de la peur était plus forte que celle linguistique. Oui, ils avaient de la chance qu’ils parlent tous la même langue, qu’importe les différences entre les nations. Chacun avait quelques mots propres à sa nation mais dans les faits, malgré les différences physiques, ils s’exprimaient tous de la même manière.

« Au moins, Alzar et Zélisia ont eu une bonne idée sur le coup. »

C’était Elen qui venait de proférer une telle parole, finissant par se rapprocher elle aussi. Dans les faits, elle était aussi considérée comme un simple soldat et donc elle pouvait chercher à dialoguer. D’ailleurs, vu qu’elle avait sa fille dans les bras, une démone se rapprocha d’elle, portant elle aussi son enfant dans ses bras.

« Comment est-ce qu’elle s’appelle ? C’est une fille, n’est-ce pas ? »

« Je n’ai pas encore décidé. Je préfère attendre que je retrouve son père pour que nous puissions discuter à ce sujet tous les deux. »

« Ah oui ? Un mari infidèle ? Un homme qui a pas assumé sa coucherie ? Je veux dire, ça serait pas le premier, ça serait pas le dernier. Ici, on n’a pas trop ça. Avec cent habitants ou deux cent habitants au grand maximum, on se connaît tous. Si y en a un qui tente un coup dans le dos comme ça, tu peux être sûre qu’il va plus être le bienvenue dans les environs. »

« Je vois, je vois, mais non, ce n’est pas tout ça. Disons que son père a eu quelques problèmes mentaux, a tenté de me tuer quand j’étais enceinte et… »

« Ben ma brave, tu dois sacrément l’aimer si tu veux encore le retrouver après ça ! Je dirais bien que c’est beau l’amour mais moi, je pourrais jamais faire ça ! »

« Ah mais non ! Attendez, je vais vous expliquer ! Ça sera bien plus compréhensible si je tente de vous raconter plus en détails ! Enfin, ceux qui sont importants ! »

Elle n’allait pas expliquer qu’elle était à l’origine de l’ouverture des portes démoniaques et de toutes ces choses ! Mais peut-être expliquer le souci de Tery par rapport à cette possession et tout le reste non ?

La voilà maintenant en train de discuter avec cette mère de famille démoniaque, racontant plus ou moins son histoire alors que celle-ci l’écoutait comme si de rien n’était. En la voyant faire, les autres membres de l’armée commencèrent à s’ouvrir, cherchant à parler eux aussi. Bien entendu, ils étaient confus, bien entendu, ils faisaient des erreurs mais voilà, les villageois semblaient comprendre leur inquiétude et discutaient de leur plein gré.

Et pendant ce temps ? Elise avait demandé aux autres démons, ceux de l’armée, pour voir s’il n’était pas possible de chasser un peu les monstres dans les environs. Des monstres comestibles. Cela permettrait peut-être aux villageois de souffler un peu mais aussi de faire un repas correct pour toute l’armée et le village.

Est-ce qu’elle cachait son titre de princesse du monde démoniaque ? C’est exact. Ce n’était pas qu’elle en avait honte mais qu’ainsi, leur comportement ne change pas à son encontre. Voilà tout simplement. Quelques heures plus tard, un banquet avait été installé. Il n’y avait pas assez de tables pour tout le monde, c’était vraiment un village d’une taille minuscule mais cela ne dérangeait pas les soldats, plus habitués à manger par terre. Elise, elle-même assise à côté de Royan, sur le sol, chuchota en regardant tout ce monde :

« Tu vois, ce n’est pas une si mauvaise chose. Ils ne sont vraiment pas différents de vous autres, n’est-ce pas, Royan ? »

« Je ne me suis jamais posé la question, tu sais ? J’étais déjà au courant en t’ayant à mes côtés, Elise. C’est pourquoi je n’avais aucune crainte. »

« Mais quel charmeur quand il s’y met ! Je ne te savais pas aussi mielleux, Royan. »

« Je n’ai fait qu’énoncer une vérité, Elise. Tu devrais pourtant le remarquer à force non ? »

Hmm, hmm. Aucune remarque à faire en plus à ce sujet. Elle jeta un bref regard à Elen pour voir ce qu’elle faisait, voyant que la jeune femme aux cheveux blonds s’occupait de sa fille, aux côtés de la mère de Tery. Les deux femmes s’étaient grandement rapprochées depuis que la mère de Tery veillait sur elle avec cet… incident.

Et puis, il s’agissait quand même de la grand-mère de l’enfant dans les bras d’Elen. Cela devait jouer aussi sur le tout, hein ? Hmm … Elle posa son regard sur Royan qui mangeait en silence, lui-même concentré sur le buffet qui se déroulait devant ses yeux.

Elle plaça ses mains sur son ventre, semblant le masser comme pour vérifier quelque chose. Aucune chance que ça se produise aussi vite, n’est-ce pas ? Mais bon, plus elle voyait Elen, plus elle commençait à être envieuse.

« Chaque chose en son temps. Ça serait beaucoup trop dangereux de faire ça dès maintenant. Il vaut mieux que j’évite, hein ? »

« Hmm ? De quoi est-ce que tu parles, Elise ? Tu as l’air d’avoir une idée derrière la tête. »

« Oh, je pensais simplement à notre avenir, c’est tout. »

« Notre avenir ? J’espère que tu envisages que de bonnes choses alors. »

« Oh, plus que tu ne le crois. Je peux te poser une question, Royan ? Combien en voudrais-tu ? » demanda t-elle sans pour autant préciser le sujet, Royan répondant aussitôt :

« Au minimum trois. Euh… On parle bien de futurs enfants, c’est ça ? »

« Trois ? Attends un peu, tu as précisé au minimum ? »

« Bien entendu. Je ne veux pas que notre enfant soit seul comme moi. Je veux qu’il ait des frères et des sœurs, ou que de l’un ou l’autre. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. »

Oh par Alzar et Zélisia. Elle posa à nouveau les mains sur son ventre, le regardant longuement avant de chuchoter d’une petite voix intimidée :

« Tu vas sérieusement devoir travailler, toi. »

« Hein ? A qui est-ce que tu parles encore, Elise ? Cela commence à faire beaucoup en si peu de temps, tu sais. »

« Oh, comme d’habitude, les projets d’avenir. Je me parle à moi-même, rien de bien grave, je peux te le promettre, Royan. Profitons plutôt de la soirée, non ? »

En plus, elle n’était pas aveugle, les villageois commençaient à danser avec quelques soldats. Elle ne pensait pas que son idée marcherait aussi bien. Peut-être qu’elle devait présenter l’idée qu’elle avait en tête ? Hmmm. Cela pouvait attendre demain. Elle vint chercher la main de Royan, l’invitant à la suivre pour aller danser avec tout ce beau monde.

Demain était un autre jour et les idées fusaient dans son esprit. Elle allait parler de tout ça à Royan, plus tard, dans la nuit, lorsqu’ils seront en train de dormir… ou alors après la préparation de leur futur. Elle n’avait pas encore décidé, hahaha !

Le lendemain matin était des plus appréciables et pour cause ! Avachie à moitié sur Royan, elle lui avait proposé son idée et il avait accepté. La seule chose qu’il restait à faire maintenant, c’était de la mettre en marche. Pour cela, il fallait trouver le chef du village. Cela n’avait pas été difficile, ce dernier s’étant présenté devant eux, armé au tout début. Bon, d’accord, il n’avait pas été des plus courageux vu comment il tremblait mais pourtant, il leur avait tenu tête, ce qui montrait qu’il n’avait pas été nommé chef pour de mauvaises raisons.

« Euh, vous êtes certains de ce que vous voulez faire ? Je veux dire, notre village n’a rien à offrir mais quand même… »

« Je suis sûr et certain que cela n’est que pour un temps. En permettant à nos troupes de vous épauler à la tâche et de nous installer autour de vous, nous pourrons alors faire de votre village, le premier village qui accepte les surfaciens. Qu’est-ce que vous en dites ? »

« Si vous me permettez d’en discuter avec les gens du village. »

C’était normal que de demander l’avis de ses camarades. C’était même une marque de sagesse qu’il appréciait tout particulièrement. Le jeune homme à la chevelure bleutée laissa le chef discuter avec les habitants alors que lui-même retournait auprès d’Elen et les autres.

La réponse ne tarda pas à se faire entendre, unanime de la part des villageois. Ainsi, ils acceptaient tous l’idée proposée par Royan. Sans se montrer médisant, il comprenait que les villageois n’avaient pas l’habitude d’avoir de telles propositions et de voir aussi loin que ça. Bon… Par contre, cela voulait dire qu’ils allaient devoir rester ici quelques jours.

« Elen m’a dit que ça ne la dérangeait pas, qu’elle sent que ça plairait à Tery que l’on prenne une telle initiative. Hmm… Mais quand même, ce n’était pas prévu à la base. »

« Tu devrais arrêter de parler à voix haute. » lui dit une voix féminine à côté de lui, Elen bordant son enfant. « Ça se voit que tu as trop traîné aux côtés de Tery. Tu as pris une mauvaise habitude de sa part, Royan. »

« Une mauvaise, tu es certaine, Elen ? »

« Pas le moins du monde, hahaha ! Je me dis que c’est une bonne chose. Malgré les apparences, Tery a vraiment marqué chacun d’entre nous à sa façon. Un peu comme Clari. »

« Clari a toujours été une grande sœur… pour tout le monde, sauf Manelena. Je crois que Tery voulait lui ressembler un peu dans le fond et ça marchait… assez bien. »

« C’était le seul garçon du groupe si on évitait de considérer mes… parents comme tels. Enfin, seul garçon à part toi, je veux dire. »

« C’est exact, j’imagine que c’est quelque chose à prendre en considération et en compte. »

Elle n’allait pas dire qu’elle imaginait que Royan prenait Tery comme exemple. Souvent, les hommes avaient du mal à assumer de telles choses. Ce n’était pas du tout son genre de se mettre en valeur de la sorte, de toute façon.

Bon… Elle allait voir comment la situation se déroulait par rapport aux soldats. Les soldats démoniaques étaient un peu moins enclins à travailler que les soldats de la surface mais elle comprenait pourquoi. Pour eux, il s’agissait simplement d’un village comme les autres. La totalité des soldats ici avait plus de noblesse et de puissance que le village tout entier.

Pour autant, ils allaient devoir faire un petit effort ! Et c’était bien pour cela qu’elle allait les convaincre de mettre la main à la pâte et plus vite que ça ! Même s’ils maugréaient, elle pouvait aussi remarquer qu’ils semblaient apprécier le fait que des gens de la surface veuillent bien aider les démons les plus démunis, chose qui ne se serait jamais produite avec d’autres démons provenant de la capitale.

« Ah… Enfin bon… Peut-être que je devrais faire un petit tour des environs avec quelques éclaireurs. Pour la chasse et le reste. »

« Fais attention à toi, Elise. Même si je sais que les monstres des environs ne peuvent rien contre toi, je préfère quand même être plus rassuré si tout se passe bien. »

AH ! Elle déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant d’aller rejoindre deux autres démons et deux soldats de Traslord. À eux cinq, ils étaient largement suffisant pour se défendre et pour fuir si vraiment ça dégénérait.

Ce n’était même pas une question de crainte ou autre. En vue de sa propre force et des flammes qu’elle utilisait, il n’y avait aucun doute que la majorité des créatures des environs n’allait rien pouvoir faire face à elle.

Mais quelque chose clochait. Oui, ils trouvaient bien des créatures des environs … mais elles étaient mortes et d’après les traces, ce n’était pas des morsures ou des griffures, signes qu’elles s’étaient combattues entre elles.

« Hey, y a des traces de pas dans les alentours. Vous les reconnaissez ? »

C’était l’un des deux démons qui venait de poser la question, signalant les dites-traces à Elise et au reste du groupe. Aussitôt, le groupe se rapprocha mais en voyant l’inquiétude et la surprise se dessiner sur leurs visages, il osa demander :

« Qu’est-ce qui se passe ? Vous savez à quelle bête ça appartient ces traces ? »

« Oui, et ce n’est pas bon signe. Il faut absolument prévenir les autres ! On annule l’exploration ! Il faut que l’on se prépare ! »

« Mais attendez ! De quoi s’agit-il ?! » demanda le second éclaireur démoniaque, aussi perplexe que le premier.

« Des gnomolds ! Des gnomolds sont arrivés ! S’il est trop tard, le village mais aussi l’expédition sera en danger ! »

« On ne peut pas les considérer comme nos alliés, plus après ce qui vient de passer ! Les démons passent avant ces bêtes sanguinaires ! » s’égosilla un soldat après Elise, montrant bien qu’il était parfaitement en accord avec les propos de la femme aux cheveux auburn.

Rapide ! Il fallait être encore plus rapide ! Elle demanda si l’un savait utiliser correctement la magie du vent pour leur faire avoir une accélération, un soldat démoniaque signalant que oui, des lignes vertes apparaissant sur ses bras avant qu’il ne les pointe derrière lui.

Aussitôt, une petite bourrasque se fit sentir, emportant les cinq personnes avec elle, leur permettant de prendre une avance indéniable. Mais le plus important était d’arriver au village avant que les gnomolds. Il n’y avait aucun doute qu’ils allaient trouver ce dernier.

« Elise ? Vous êtes déjà de retour ? Mais tu es essoufflée. Vous êtes tombés sur un monstre plus fort que les autres ? »

« Gnomolds ! Des gnomolds vont arriver dans les environs ! »

« Mais qu’est-ce que… Attends, il faut prévenir Elen et les autres ! Il va falloir expliquer tout cela plus en détails, tu t’en doutes hein ? »

Elle allait expliquer ce qu’il fallait expliquer mais pour l’heure, il valait mieux que tout le monde se réunisse ! Avec le chef du village et les rares démons capables de se battre, voilà qu’ils étaient tous en cercle, Elise commençant à raconter ce qu’ils avaient trouvé.

« Il ne faut pas se faire d’illusions. Il y a des chances qu’ils soient sur notre piste. Et même si nous avons utilisé la magie du vent pou accélérer nos déplacements, ils seront sur le village au grand maximum dans la journée de demain. »

« Qu-Qu’allons nous faire ? » demanda le chef du village, tremblant de tout son être. « Nous ne sommes pas des combattants, vous avez très bien pu le voir, non ? Nous serons incapables de nous défendre. Même si nous connaissons pas ces créatures, la description que vous en donnez fait froid dans le dos. »

« Et vous faites bien de vous méfier. Je ne plaisante pas lorsque je dis que ces monstres sont terrifiants. Pour une obscure raison, ils haïssent plus que tout les démons. »

« Comment… Comment allons nous faire ? Qu’est-ce que nous pouvons faire ? »

« Ne vous inquiétez pas, je vais me répéter mais lorsque nous avons parlé d’une collaboration, ce n’était pas à sens unique. Et de toute façon, il y a de fortes chances qu’ils veulent juste nous retrouver mais aussi éliminer un maximum de démons. Donc… »

Donc… Il était aisé de savoir ce qu’ils allaient faire. La princesse démoniaque tapa dans ses mains. Tout le monde se tourna vers elle, attendant ses consignes. Rapidement, la magie était mise en œuvre, aidée par diverses fortifications. Les villageois les regardaient avec étonnement. Eux aussi étaient capables de magie, peut-être à moindre puissance mais bon…

« Je ne savais pas que nous pouvions utiliser la magie de cette façon. »

« Hein ? Comment vous faites alors pour vous défendre ? »

Elle posait une question relativement simple aux villageois mais elle sentait qu’à part s’armer avec quelques outils rudimentaires, ils n’étaient vraiment pas prêts. Bon ben, cela voulait dire une seule et unique chose : cours de rattrapage avec épreuve physique !

Et voilà. En moins de deux heures, les fortifications étaient installées, ils avaient même creusé des tranchées, préparer quelques pieux et autres. À bien y réfléchir, c’était même à se demander si ce n’était pas mieux protégé que l’avant-poste et… non, elle exagérait un peu.

Mais au moins, pour une défense de fortune, c’était déjà pas si mal que ça. L’autre composante qui restait inconnue par contre, c’était le nombre de gnomolds. Mais aussi comment allait réagir les villageois. Heureusement, elle pouvait compter sur les soldats, Elen et Royan au cas où. Pour la mère de Tery, elle s’occuperait de sa petite-fille, des femmes et des enfants du village. Oui, il ne fallait pas oublier son « aura ». Elle restait une femme issue de la noblesse, avec le charisme qui correspondait.

À l’horizon, ils pouvaient finalement voir les torches et les flammes des gnomolds. Ils étaient plus nombreux qu’elle ne le pensait. Une sombre pensée vint l’envahir : s’ils étaient arrivés jusqu’ici, cela voulait dire que les gardiens des portes à l’entrée de la grotte… Brrr ! Non, ce n’était pas le moment de penser aux morts !

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