Chapitre 106 : Simili-incarnations

Huitième axe : Un être démoniaque


Chapitre 106 : Simili-incarnations

« Dis, Sérest, je peux te poser une question ? »

« Bien entendu, Tery, qu’est-ce qui se passe ? Tu as l’air assez … troublé, non ? »

Pendant qu’ils descendaient de la tour avec les soldats encore vivants, Tery s’était tourné vers la femme ailée qui aidait son mari à rester debout, la regardant pendant de longues secondes. Il semblait chercher à peser ses mots, comme s’il avait du mal à les confirmer avant de finalement dire d’une voix lente :

« Je voulais savoir … Trozéral a parlé d’élus de la déesse et du dieu. Est-ce que cela te dit quelque chose ou non ? Tu peux plus en parler ou pas ? »

« Je le peux, bien entendu, Tery. Mais peut-êtr que ce n’est pas le bon moment ? Même s’il faut avouer que la Tour me semble bien silencieuse depuis sa mort. »

« J’ai surtout l’impression que les créatures à l’intérieur se sont calmées, comme si elles avaient compris la situation. C’est une bonne chose, la décente sera juste longue et non dangereuse. J’espère que les autres ne sont pas partis risquer leurs vies inutilement et qu’ils n’ont pas essayé de monter. Nous avons déjà beaucoup de morts de notre côté. »

« Je pense qu’en nous voyant disparaître, ils ont compris qu’il valait mieux éviter de poursuivre leur ascension. Et vue les créatures, je pense que là aussi, ils ont préféré patienter plutôt que de se lancer à l’assaut. Ils nous attendent sûrement. »

« Mais … sinon comment va Séran ? » demanda une nouvelle fois Tery en regardant l’homme qui était conscient bien qu’il ne lui adressait pas directement la parole.

« J’ai connu des jours meilleurs, Tery. Mes félicitations néanmoins. »

« Je ne suis pas le seul à nécessiter d’être félicité mais bon, ce n’est pas bien important. Mais merci … nous avons finalement réussi notre objectif après tout ce temps. Ah … Combien de mois avons-nous passé à cela ? Je me le demande. »

« Ce n’est pas si long que ça si tu y réfléchis bien. Certains personnes ont passé des décennies voire leurs vies entières à des quêtes qu’elles n’ont jamais réussi. Ce que nous avons accompli est l’oeuvre de plusieurs vies, Tery. »

Sérest marquait un point qu’il était difficile d’ignorer. Ils avaient réussi … presque l’impossible à y réfléchir. Ils avaient réussi à battre les créatures légendaires et cela en une année ou un peu plus. Il n’avait plus aucun repaire temporel depuis qu’ils étaient partis dans cette quête. Quel âge avait-il ? Elen avait quel âge ? Il n’en avait strictement aucune idée malheureusement. Il regarda Elen pendant de longues secondes, cela n’échappant pas à la jeune femme aux cheveux blonds qui lui demanda dans un sourire :

« Et bien, Tery ? Y a t-il quelque chose qui éveille ton intérêt chez moi ? Tu m’observes en détails. Si tu veux, tu peux te rapprocher hein ? Je ne mords pas. »

« Je le sais parfaitement, Elen. Ce n’était pas ça que je regardais. Tu n’es pas un cheval, je ne vais pas observer ta dentition. »

Elle cligna des yeux, interloquée pendant quelques instants avant de comprendre la blague du jeune homme qui cherchait à décoincer l’ambiance. Elle rigola légèement, venant prendre Tery par le bras pour l’emmener jusqu’à elle, coinçant celui-ci entre ses mains.

« Et bien pour la peine, tu vas rester avec moi pour les prochaines heures, d’accord ? Monsieur qui fait de l’humour dans les situations dangereuses. »

Il n’était pas sûr d’en avoir fait, enfin, il avait juste voulu dérider un peu la situation tandis qu’il étudiait la situation. Manelena allait bien même si elle gardait sa mine renfrognée. Sérest et Séran ? Ca passait. La première s’occupait du second en sa qualité de femme. Krawnia allait bien elle aussi, elle voletait au-dessus d’eux, ayant perdu son sourire et son humour pour le moment. Elle balayait les environs sous un regard à glacer le sang, comme celui d’une rapace prête à fondre sur sa proie. D’ailleurs, tant qu’elle était dans les airs, il pouvait lui demander quelque chose normalemnt :

« Krawnia ! Est-ce que tu vois au loin ? Enfin, tu remarques quelque chose ? »

« Rien du tout, c’est désespérément vide et calme … beaucoup trop calme. »

Ce dixième étage avait la particularité d’être tout simplement basique. De longues plaines verdoyantes, des petits bois et autres. S’il y avait de ces êtres dans les environs, l’élément prédominant serait normalement la terre, ce qui voulait dire qu’à l’étage inférieur, il s’agissait de l’élément aqueux comme le peuple de Royan. Hum … D’ailleurs, Royan était aux côtés d’Elise, ils ne s’en cachaient presque plus.

Il y avait au moins une chose qui était plaisante dans ce monde. Tery ne put s’empêcher de sourire. Au moins, tous les deux étaient heureux, c’était le plus important. Ils avaient peut-être tout perdu à l’époque mais ce n’était plus qu’un lointain souvenir. Il tapota doucemnt l’épaule gauche d’Elen, lui chuchotant de regarder Royan et Elise.

« Oh … Hum … Ne disons rien, hein ? Nous ne sommes pas là pour les titiller. »

« Cela devrait être mon rôle depuis que Clari n’est plus là mais je ne mentirais pas en disant que je n’ai pas la force pour faire tout ça. »

Hahaha .. Il chercha à sourire une nouvelle fois mais maintenant, le coeur n’y était plus. Il aurait aimé terminer cette quête avec elle. Finalement, lorsqu’ils arrivaient au neuvième étage, après plus d’une journée de marche, ils pouvaient constater qu’il s’agissait exactement de ce que chacun s’était imaginé ou presque : un endroit un peu enneigé, rcouvert par la glace mais avec aussi des endroits où l’herbe était florissante, entourant quelques petits lacs. C’était décemment très étrange de voir deux écosystèmes aussi différents mais aussi proches. Surtout si on rajoutait les endroits où la pluie était battante.

« Brrr … Je ne crois pas que ça soit une bonne idée que de traîner ici si vous voulez tout savoir. On ferait mieux d’avancer et au plus vite. Normalement, s’ils ne sont pas partis … ou dans le pire des cas, morts, les autres nous attendent au huitième étage. »

Krawnia avait pris la parole, s’ébrouant comme le ferait un oiseau géant. Ce n’était pas si étrange en vue de ses ailes mais cela était un spectacle un peu envoûtant, difficile à ignorer. Sauf qu’il retrouva très vite ses esprits quand Elen lui donna un petit coup dans les hanches tout en lui disant d’une voix courroucée :

« Je peux savoir ce que tu fais, Tery Vanian ? »

« Oh ? Hum … Rien de spécial, j’avais l’impression de voir un petit oiseau faire sa toilette, rien de plu, rien de moins. Pourquoi cette question, Elen ? »

« Tu le sais très bien pourquoi je te poses cette question, Tery. »

Exactement mais ce n’était pas une raison pour qu’il réponde ! Surtout s’il voulait éviter d’avoir des ennuis. Encore une journée et demie, cette fois, et ils arrivaient finalement à descendre au huitième étage. Encore une fois, ils n’avaient pas rencontré l’une de ces créatures et Royan avait murmuré que c’était tant mieux. Il n’était pas réellement prêt à voir son peuple ressembler à des monstres sans âmes pour le moment.

« A partir de là, je peux vous servir de guide. Je connais les environs … Du moins, les environs des environs. Je n’étais jamais arrivée jusqu’au neuvièm étage, je ne savais qu’à peine l’endroit où il fallait se rendre pour ça. » déclara Krawnia d’un air un peu fier avant de déployer ses ailes. Ils devaient néanmoins éviter les soucis électriques non ? « Par contre, ici, je suis sûre et certaines qu’il y a de ces monstres ressemblant aux Mékalarmiens. A partir de là, il vaut mieux être prudent, non ? Surtout après notre dernière réussite. »

Elle n’avait pas totalement tort. Malgré qu’elle reconnu aisément le chemin après quelques heures, la prudence était de de mise Néanmoins, bien qu’elle les avait mis en garde, aucun monstre ne vint les attaque. Suspicieuse, Krawnia déploya ses ailes pour s’envoler sur plusieurs mètres de hauteur.

« Non … C’est comme s’ils avaient disparu. Mais en même temps, j’arrive à ressentir leurs présences. Sincèrement, ça ne me plait pas du tout. »

Elle descendit après quelques minutes, faisant son bilan aux autres membres du groupe et les soldats, tous restant soulagés de ne pas avoir à se battre. Enfin, après une demie-journée, des cris se firent entendre sur leur gauche. Des cris de joie et non de combat. Le reste de l’armée était présente, visiblement très heureuse de les revoir.

« Prince Royan ! Vous allez bien ! Enfin … Non ! Vous n’allez pas bien ! Vous êtes blessés ? Que s’est-il passé ? Où sont … les autres ? »

« Ne vous inquiétez donc pas pour moi mais je vous retourne la question. Vous me semblez … moins nombreux qu’avant notre incident. »

« Après que vous ayez été éjectés de la Tour par le ciel, des créatures électriques ressemblant aux Mékalarmiens s’en sont pris à nous. Elles étaient moins virulentes que lorsqu’il était parmi nous… » dit l’un des officiers en posant son regard sur Tery qui ne le releva pas. « … mais ils ont néanmoins essayé de nous attaquer. Mais bizarrement, après une dernière attaque il y a de cela trois jours, nous n’avons plus rien subit. Enfin, on ne va pas s’en plaindre. Et vous ? »

« Disons que l’aigle Trozéral voulait nous rencontrer en personne et a utilisé une méthode un peu spéciale pour cela, voilà tout. »

« Vous … avez éliminé cet aigle géant alors ? Mais qu’est-ce qui va se passer dans le monde maintenant ? Est-ce que c’était vraiment ce qu’il fallait faire ? »

« Rien ne changera. Vous pouvez le constater par vous-mêmes. Il n’y a pas eut de tremblement de terre, de pluie battante ou toutes ces choses, loin de là. C’est bien tranquille et calme, comme il fallait s’en douter. Quant aux portes, elles ne s’ouvriront pas. »

« Les portes ? De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda l’officier alors que Tery avait un petit sourire aux lèvres. C’est vrai qu’ils n’étaient pas forcément au courant. Cela restait du domaine du secret à la base. Il répondit pourtant :

« Rien de bien spécial, vous n’avez pas à vous en faire. Dites-vous simplement que votre vie ne va pas être changée par rapport à auparavant, voilà tout. »

« D’accord, si vous le dites, on peut que vous croire. De toute façon, ce n’est pas comme si nous avions réellement le choix, non ? »

« C’est exactement ça. Après, vous avez remarqué que je ne suis pas aussi monstrueux que les rumeurs prétendaient hein ? Je ne sais pas ce que les gens disaient exactement sur moi mais en même temps, il vaut peut-être mieux pas que je sois au courant. »

« Oh pourtant, y a rien de spécial … Enfin, sauf le côté monstre sanguinaire qui ne paraissait pas très crédible même si les cornes sont un peu effrayantes. »

« Pourtant, vous pourriez les toucher, ça ne changerait pas grand-chose hein ? »

Et pour leur donner une preuve, il fit apparaître ses dernières avant de pencher la tête en avant. L’officier le regarda avec appréhension et inquiétude, observant les environs tandis que Tery l’incitait en reprenant :

« Allez, promis, touches mes cornes, ça te portera bonheur ! »

C’était une remarque particulièrement stupide mais qui avait le mérite de faire dérider le soldat. Celui-ci eut un petit rire avant de poser une main sur la corne droite de Tery. L’officier murmura avec lenteur :

« On a du mal à croire qu’elle soit réelle .. et attachée à un humain. »

« Et pourtant, on ne se dit pas pareil avec les citoyens de Claudiska et leurs ailes et becs ? Et pareil pour les citoyens de Mékalarma. »

« C’est pas faux. C’est juste une race différente de la nôtre. Et vous semblez moins belliqueux qu’un mékalarmien si je peux me permettre. »

« C’est pas difficile en soi. » rétorqua Tery avant de rire. D’autres soldats commencèrent à vouloir eux aussi toucher les cornes de Tery, celui-ci se laissant faire.

« Je n’arrive pas à croire qu’il ait réussi à attirer l’attention des soldats de cette manière … »

« Hey, Manelena … enfin, reine Manelena, tu ne veux pas me retirer mon moment de gloire quand même ? Ne sois donc pas jalouse ! »

« C’est sûr que je dois noter que ça doit être l’un de tes plus moments de toute ta vie, Tery Vanian. Ah … Je crois que je suis fatiguée. » soupira Manelena de façon presque désespérée. Le jeune homme avait réussi à l’épuiser mais … elle ne pouvait s’empêchr de faire un petit sourire. Si tous les démons pouvaient être comme Tery, cela serait beaucoup plus simple pour se faire accepter. Oh … Tery et Elise, bien entendu. Elle n’oubliait pas cette dernière qui semblait regarder Tery avec un peu de jalousie. Elle remarqua qu’une main se posait sur le crâne d’Elise, celle de Royan qui déclara :

« Cela facilitera la communication entre les démons et les autres races, non ? »

« C’est vrai, prince Royan. Simplement, je me demande si les gens auraient eut la même réaction si je m’étais proposé. Qu’est-ce que vous en dites ? »

« Je pense que les réactions auraient été encore plus nombreuses. Vous n’avez pas à vous en faire à ce sujet. Tery fait du très bon travail. »

« Pour le moment, je peux me satisfaire uniquement de vos mains sur mes cornes. »

« … … … Hum. Oui, je vois, mademoiselle Elise. » dit tout simplement le prince après quelques secondes de silence, continuant son geste avec nonchalance.

Maintenant que les soldats étaient rassurés, tout le monde consentit à descendre les derniers étages de cette tour qui avait été le dernier affrontement. Ils allaient enfin pouvoir souffler, sans avoir à se combattre ou autre. C’était fini …
Arrivés au bas de la tour après plusieurs jours de marche, sans créatures pour les attaquer, c’était une excellente chose qu’il ne pouvait ignorer. Ah … Il passa une main sur son front comme pour l’essuyer alors qu’il était temps de dire au revoir à Krawnia. Celle-ci fit une petite moue dépitée avant de chuchoter à Tery :

« Au revoir, mon petit démon. Promis, toi et moi, nous nous retrouverons. J’ai trouvé cela très amusant et divertissant de se promener dans la tour. Vous ne me donnez pas l’impression d’être vraiment en train de vous ennuyer, n’est-ce pas «

« Ce n’est pas un jeu, mademoiselle Krawnia, pas du tout. Ce que vous avez vu était peut-être le plus difficile de nos combats mais ça ne veut pas dire que ça va s’arrêter. »

« Je pensais le contraire, non ? Il n’y a plus rien à faire de ce que j’ai cru comprendre. N’est-ce pas une tentative assez ridicule pour me reposer ? » demanda t-elle dans un grand sourire amusé alors que le jeune homme rougissait faiblement.

« Ce n’est pas exactement ça … mais je préfère éviter qu qulqu’un qui a une fonction aussi importante nous rejoigne ou considère que nous nous amusions. Ce sont des choses sérieuses qui se passent. Je suis désolé mais peut-être qu’un jour, nous nous reparlerons. »

« Bien entendu, bien entendu. Dommage que des personnes nous regardent, je me dis que j’aurais bien voulu profiter de toi un moment ou deux. »

Une bouffée de chaleur vint l’envahir mais il refusa aussitôt, hochant la tête négativement. Hors de question que cela se passe ainsi, il n’était pas comme ça. Autant, il n’arrivait pas à se sentir mal quand il y avait Manelena en face de lui. Comment c’était possible ? Tout simplement car ses sentiments n’étaient pas les mêmes.

« Hum ? Qui donc est-ce que tu reg… Oh. Je vois, je vois, une simple cheffe des gardes de la tour de Pirsey n’est sûrement pas de la même trempe qu’elle. Mais ne t’en fait donc pas, Tery Vanian. Un jour, toi et moi, nous planerons. D’ici là, essaies de bien te porter. »

La femme aux deux ailes différentes déposa un baiser près des lèvres de Tery, celui-ci préférant rester de marbre à ses paroles. Ce n’était pas qu’il était indifférent, c’était juste qu’à cause des paroles de Krawnia, il comprenait qu’il était si facile à lire dans ses sentiments envers Manelena. Si c’était le cas pour Krawnia, Elen devait aussi le savoir et il voulait absolument éviter une crise comme les dernières fois.

Mais maintenant, ils reprenaient la route vers Traslord, là où le prince devait normalement se rendre pour rassurer son peuple de l’expédition réussie. Et après ? Direction Shunter ? Déjà qu’il allait devoir délaisser Elise et Royan à Traslord, Manelena, ça allait être le cas à Shunter. Il allait se retrouver seul avec Elena puisque Sérest et Séran avaient leurs proprs objectifs, non ? D’ailleurs, ils allaient devoir parler de ça.

Sur le bateau qui les ramenait en direction de Traslord, Tery avait attendu que tout le monde se retrouve autour d’une table pour relancer le sujet. Il n’avait pas oublié ce qui avait été dit concernant Sérest et Séran. Cela était tout simplement impossible à ignorer. Regardant droit dans les yeux Sérest, il demanda finalement :

« Et si vous nous racontiez ce que Trozéral a voulu dire ? Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Que vu que nous sommes seuls, nous pouvons nous le permettre. De toute façon, vous avez été présent à chaque affrontement ou presque. Nous pouvons alors vous révéler la vérité à notre sujet. Comme vous le savez, nous nous appelons Sérest et Séran. Nos prénoms sont véridiques et … en même temps un peu inventés. Vous remarquerez aussi que je maîtrise parfaitement les lignes d’Alzar tandis que Séran manipule avec aisance les lignes de Zélisia. »

« Ne tournons pas autour du pot. Même si cela peut paraître difficile à croire, nous sommes en quelque sorte les réincarnations de Zélisia et Alzar. Ne soyez pas trop surpris, loin de là. Tout ce que vous pouvez vous dire, c’est que l’ironie du sort a fait qu’avec ces réincarnations, nous sommes de sexe différent par rapport à l’original. »

« Vous êtes complètement fous, est-ce que vous le savez ? » déclara aussitôt Manelena. Les autres n’osaient point ouvrir la bouche mais pour chacun, tout était plus que difficile à croire. Pourtant, Sérest n’en tint guère ombrage, reprenant la parole :

« Oui, nous savions au sujet de votre réaction. Comme nous savons ce qui va se passer maintenant que les créatures légendaires sont mortes. Ne vous inquiétez pas à leur sujet, rien ne disparaît jamais réellment. Tery, j’ai une question pour toi. Veux-tu que je te la pose ? »

« Euh … Bien entendu mais bon, enfin … »

« Qu’est-ce que tu penses exactement de ces portes démoniaques ? Mais aussi de ton statut de démon ? Est-ce que tu imagines qu’il sera possible un jour que tu puisses oeuvrer pour une paix durable entre les démons et le reste du monde ? »

« C’est un peu … euh une illusion non ? Enfin, moi-même, je suis ainsi. Elise aussi. Mais qui nous dit que les démons sont tous comme nous ? Il suffit de voir celui qui se faisait passer pour le grand prêtre de Shunter mais aussi l’Oracle. Ils me semblaient très belliqueux. »

« Mais des êtres belliqueux, il n’y a pas que les démons qui en possèdent. Tu as bien put montrer ces derniers jours que tu n’étais pas plus différent qu’un autre soldat à l’armée de Shunter et Traslord, non ? »

« Oui mais bon … Ce n’est pas pareil. Quant aux portes démoniaques, je sais juste qu’elles bloquent l’accès de notre monde aux démons comme moi. Enfin, je n’aime pas ce terme de démons, ça fait sinistre et maléfique. »

« Je vois, je vois … Hum … Et que penses-tu de Zélisia et Alzar ? Est-ce que tu nous imaginais ainsi ? Ou alors différemment ? »

« A part le fait que nous cachiez la vérité depuis des mois, je ne sais pas trop ce que je peux dire d’autre hein ? Pourquoi nous le dire maintenant ? »

« Car vous avez réussi tout ce que vous avez accompli ? Car vous avez fait preuve de persévérance et qu’il était alors normal de vous prévenir de ce qui va se passer. »

« J’ai encore un peu de mal à croire à ces belles paroles, je vous l’avoue. »

« Ce n’est pas illogique et anormal … loin de là. Néanmoins, tu peux nous faire confiance. Elen aussi le peut. Quant aux autres, bien qu’ils soient en partie porteurs de nos marques, ils n’ont pas à démériter. »

Pourquoi est-ce qu’ils parlaient ainsi ? Pour le moment, il avait surtout l’impression d’être pris comme un enfant à qui on tentait de raconter une histoire. Des incarnations de Zélisia et Alzar ? Pourtant, Sérest et Séran ne semblaient pas fous. Néanmoins, il se méfiait car généralement, c’était ceux qui paraissaient les plus calmes qui étaient les plus dangereux.

Pourtant, s’ils voulaient se montrer menaçants ou alors fous, ils n’auraient pas mis autant de temps, non ? Il nageait en pleine incompréhension alors qu’il regardait Manelena. Dans une telle situation, qu’est-ce qu’elle ferait, elle ? Il vouilait connaître sa réponse.

Mais pour le moment, il allait surtout profiter du voyage. Il regarda les yeux bleus d’Elen. Celle-ci semblait comme surprise ? Subjuguée ? Il ne savait pas trop exactement mais depuis que Sérest et Séran avaient pris la parole, elle les regardait différemment.

« Il y a un souci, Elen ? » demanda le jeune homme alors qu’elle hochait la tête négativement.

« N … Non, Tery. Ne t’en fait pas, ce n’est rien du tout. »


Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /homepages/27/d423514113/htdocs/chibi/wp-includes/class-wp-comment-query.php on line 405

2 réflexions sur “ Chapitre 106 : Simili-incarnations ”

Laisser un commentaire