Chapitre 15 : Supérieurs aux autres

ShiroiRyu

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Chapitre 15  : Supérieurs aux autres

« Tery, c’est devenu une manie ou quoi ? »

Elle parlait toute seule. Tery dormait contre elle, comme la dernière fois. Il fallait dire que le jeune homme avait passé une sale journée même s’il cherchait à ne pas trop le montrer. Elle le regarda, longuement, doucement, mais sûrement.

« Tu te compliques beaucoup trop la vie, Tery. Combien de fois je vais te le dire ? »

Elle avait un sourire aux lèvres. Un sourire qu’elle gardait pour elle. Un sourire qu’elle n’offrait à personne, sauf peut-être à l’homme dans ses bras, dans ce lit. Après la discussion avec le monarque, il s’était plongé dans un quasi-mutisme. Il avait à peine adressé la parole à Manelena et elle comprenait parfaitement pourquoi il agissait de la sorte.

Elle n’allait pas l’en empêcher. Elle n’était pas ainsi. Elle voulait simplement… qu’il soit peut-être comme au tout début ? Non, elle n’allait pas se mentir. Elle était exaspérée par son comportement lors de leur première rencontre mais… le voir autant démoralisé, comme s’il avait tout perdu, elle avait beaucoup de mal à le supporter.

Tery n’était pas comme ça. C’était un combattant. Quelqu’un qui avait montré maintes fois qu’il tenait bon face à l’adversité ! Alors pourquoi est-ce que ça ne se passerait pas ainsi ? Pourquoi fallait-il que cet endroit soit aussi mauvais ? Elle comprenait que Tery voulait vraiment que les démons, race dont il était issu, soient en paix avec les races de la surface. Tery était des deux, c’était alors normal.

« Ce petit côté niais et candide qui te caractérise tant, Tery. »

Ses doigts glissèrent dans la chevelure de Tery. Lorsqu’il était à côté d’elle, elle sentait cette chaleur qui l’envahissait. En même temps, à deux sous la même couette et avec un pantalon de la sorte et un haut qui l’étouffait ah… Oui, c’était normal.

« Stupides vêtements trop serrés. Je ferais bien de m’en débarrasser. Je me demande quelle serait sa réaction hmm… »

Elle l’avait pris par surprise, il y a bien longtemps, dans la bibliothèque de ses grands-parents. C’était même à ce moment là qu’elle avait réussi à se déclarer. Mais, elle n’était pas vraiment certaine en ce qui concernait Tery. Ce qu’il pensait de ça. Hmm… Le pire dans toute cette histoire, c’est qu’elle connaissait parfaitement les histoires de concubines et autres. Elle était même certaine que dans cette capitale, c’était monnaie courante.

Elle avait l’impression d’être retournée plusieurs siècles en arrière avec ces êtres. Hmm… Après, le concubinage ? AH ! Si Elen était la concubine, pourquoi pas ! Tant qu’elle restait en première position. Tsss … Elle pensait vraiment à des absurdités, n’est-ce pas ? D’ailleurs, elle voulait montrer à Tery qu’elle n’abandonnerait jamais le combat… pour qu’il fasse de même de son côté.

« Bon allez, on va plutôt te réveiller, hein ? Hmm… Comment est-ce que je pourrais faire ça de manière un peu sournoise ? Hmm… Tu veilles sur moi pendant que je sors ou plutôt l’inverse. Clari, tu n’aurais pas une idée ? »

Car oui, elle s’adressait sans aucun souci à la femme-golem. Ne s’attendant à aucune réponse de la part de celle-ci, elle cligna pourtant des yeux en pensant remarquer que Clari lui faisait un sourire du bout des lèvres, comme pour l’inciter à quelque chose.

« Ah oui, quand même, tu n’as pas froid aux yeux. Tu as raison. On ne peut vivre qu’une fois, enfin deux dans ton cas. Je sais ce que j’ai à faire. »

Il suffisait juste de rapprocher ses lèvres de celles de Tery et de les coller les unes contre les autres dans un long baiser langoureux… mais ce n’était pas son genre. Lentement mais sûrement, elle plaça ses doigts sur le nez de Tery, bloquant sa respiration alors que celui-ci semblait comme surpris, ayant visiblement l’habitude de respirer ainsi.

« AH ! Qu’est-ce qui se passe ?! Je … AAAAH ! Bouffée d’air ! »

Il s’était mis à haleter de surprise, reprenant une respiration alors que Manelena le regardait, avec une fausse neutralité peinte sur le visage.

« Eh bien, Tery ? Du mal à te lever ? Tu as l’air complètement rouge. »

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, Manelena. J’ai… J’ai… pfiou. J’ai eu l’impression d’étouffer. J’ai encore dormi contre toi ? Pardon, ce n’était pas voulu de ma part. »

« Ce n’était pas voulu mais tu l’as quand même fait donc bon… j’imagine que c’est un peu tard pour s’excuser correctement, n’est-ce pas ? »

« Mais c’est étrange. Tu ne devrais pas hésiter à me repousser, Manelena. Je sais bien que je t’ai proposé de dormir avec moi pour… enfin, tu sais quoi… mais je ne pensais pas que ça se passerait de la sorte à chaque fois. »

« C’est la seule excuse que tu as trouvée, c’est bien ça, Tery ? Je m’attendais vraiment à mieux de ta part, je suis un peu déçue, je dois avouer. »

« Ce n’est pas une excuse mais la vérité, Manelena. Ce n’était pas vraiment mon but en t’invitant dans ma chambre. Je me suis contrôlé avec Elise, je vais me contrôler avec toi, je peux vraiment te promettre cela. »

« Et si je ne voulais pas que ça soit le cas ? »

Hein ? Il ne comprenait pas sur le coup pourquoi elle disait cela alors qu’elle finissait par se lever du lit. Comme hier, elle passa de l’eau sur le visage, maugréant contre elle-même alors que le jeune homme regardait le matelas trempé par la sueur. Vraiment… Et les habits n’étaient pas franchement mieux. Heureusement qu’ici, il n’était qu’un simple chevalier et que donc, il n’avait pas besoin de porter d’atours comme ça. Encore que oui, il se rappelait encore une fois de la magnifique tenue que Manelena avait mise il y a bien longtemps, à Omnosmos. Ah… C’était Omnosmos ? Il n’était plus vraiment certain.

« Manelena, il faudra que l’on envisage de se laver, toi et moi. Enfin plus que ça. »

« Hein ? Tu insinuerais que je suis sale ? Ou alors, c’est une invitation à y aller ensemble ? »

Le ton employé n’avait rien de charmeur mais la question était naturelle, comme si elle la posait pour connaître réellement la réponse. Le rouge passa aux joues de Tery qui vint tousser légèrement pour se donner une certaine contenance avant de dire :

« C’est mieux que tu évites de dire d’aussi grosses bêtises, Manelena. Tu sais aussi bien que moi que je ne ferais jamais ça, n’est-ce pas ? »

« Je le sais bien. Jamais tu ne me proposeras une telle chose. C’est bien pour ça que je pose la question car je connais déjà la réponse. Tu as une meilleure mine. »

Une meilleure mine ? Il la regarda fixement, pendant quelques secondes avant de soupirer. Si elle le disait, c’est qu’il y avait peut-être une part de vérité. Mais bon, ce n’était pas pour ça que tout allait être arrangé non plus hein ?

« Au lieu d’aller voir Héraisty ou l’empereur aujourd’hui, passons juste une journée ensemble, Tery. Juste toi et moi, qu’est-ce que tu en penses ? Cela ne serait pas une idée si déplaisante, n’est-ce pas ? »

« Pourquoi pas, Manelena ? Je n’ai pas de raison de refuser donc nous pouvons y aller quand tu veux. Allons juste manger un peu et… »


Sans même lui laisser la possibilité de terminer sa phrase, la main de Manelena vint prendre la sienne avant de la serrer avec fermeté pour le tirer hors de la chambre. Quelques minutes plus tard, ils étaient dehors et… ils se dirigeaient vers la sortie de la capitale démoniaque. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? Même si les gardes les observaient avec suspicion, ils les laissaient passer. En même temps, Tery était de plus en plus connu donc il était normal qu’ils le laissent rentrer et sortir de la capitale démoniaque sans poser de questions.

« Manelena ? Qu’est-ce que tu fais là ? Je ne suis pas certain que ça soit très… sûr. »

« C’est bien parce que ça ne l’est pas que justement je veux que l’on se dirige par là. J’imagine que tu es au courant que nous sommes suivis, n’est-ce pas ? »

« Je sentais bien trois présences. Est-ce que tu crois que… »

« Dans ce monde, nous sommes d’accord que c’est la loi du plus fort qui est la meilleure, n’est-ce pas ? Alors, si on sent que l’on se fait agressés, nous ne serons pas en tort, tu es d’accord avec moi ou non ? »

« Je ne me suis jamais posé vraiment la question, il me faut t’avouer. Mais bon, dans tous les cas, j’imagine que l’on va tout simplement se défendre. »

Et maintenant, il comprenait pourquoi est-ce qu’elle avait décidé de se mettre en armure pour une sortie « classique » comme il aimerait le dire. Car au final, la dite sortie n’avait rien de vraiment basique. Lentement mais sûrement, ils vinrent traverser une zone recouverte par de nombreux rochers, finissant par disparaître derrière l’un d’entre eux, plus gros que les autres. Bien entendu, Clari était là aussi mais lorsque les trois démons se présentèrent, avec un sourire mauvais aux lèvres, Tery et Manelena faisaient face à ces derniers. Ils étaient armés mais surtout, ils possédaient quelques boursouflures sur le corps en divers endroits.

« Je vois, vous êtes au plus bas de l’échelle sociale de vos familles et vous avez l’habitude d’agresser et dévorer d’autres démons. »

« Ce sont donc des démons vraiment basiques, Tery ? Est-ce que tu crois qu’il s’agit des mêmes démons qui ont décidé de les… »

« Hey ! Vous vous prenez pour qui tous les deux ? À croire que nous ne sommes pas là ! On va régler votre compte à tous les deux ! »

« Hey, attends un peu, ils étaient pas trois à la base ? Où est-ce qu’elle est passée l’autre femme ? HEY ! VOUS DEUX ! VOUS… »

Ils avaient peut-être décidé de se mettre en position de combat mais ils ne comptaient pas vraiment lutter contre eux, loin de là. Une ombre se forma au-dessus de l’un des trois démons, Clari finissant par lui tomber dessus, de tout son corps de pierre, étrangement bien plus lourd qu’au départ. Un craquement sinistre et sonore se fit entendre, les deux autres démons se tournant vers elle, prêts à l’attaquer.

Mais avant même qu’ils ne puissent réagir, la femme de pierre leva un bras, poing fermé pour emporter l’un des démons au niveau de la tête, coinçant cette dernière contre le rocher avant de finir par exploser la pierre et le crâne en même temps. Le troisième démon, comprenant que qu’il ne s’en sortirait pas s’il restait, se préparait déjà à fuir mais un pieu de pierre traversa sa gorge, puis deux autres se plantèrent dans son dos, en terminant avec lui ou presque … puisque la femme-golem vint à sa hauteur, levant un pied de pierre … pour l’abattre sur le crâne une bonne fois pour toutes.

« Je me rappelais que Clari était bien plus douce que ça dans mes souvenirs, Tery. »

« Les souvenirs sont souvent faussés et bien loin de la réalité. Enfin, dans ce cas précis, c’est bien ça. Clari était plus… délicate dira t-on. Tu veux qu’on fouille les corps ? »

« Les morts n’ont plus besoin de leurs affaires. Au final, si nous avons des indices sur qui ils sont et de quelles familles ils font partie, peut-être que nous pourrons nous préparer à les réceptionner une nouvelle fois. Oh par contre, Tery, ne… »

Elle ne lui avait pas laissé finir sa phrase à son tour, montrant ses deux griffes de pierre. Il savait pertinemment ce qu’elle allait lui dire. Ne pas laisser d’odeur pour être certain que personne n’irait remonter jusqu’à eux.

Oui, il suffisait que certains se mettent à appeler les renifleurs royaux à la rescousse et il aurait alors de très gros problèmes. Oui… même si bon, il ne comptait pas dévorer ces saletés de démons. Par contre, que cela n’empêche pas Clari de faire un peu de ménage par rapport à ces cadavres.

« Il faudra juste que l’on trouve de quoi nettoyer Clari. Même si elle ne produit pas d’odeur, j’imagine que le sang sur ses pieds et autres, cela risque d’attirer l’attention non ? »

« C’est exact. Il doit bien avoir des lacs ou des ruisseaux dans les environs non ? D’ailleurs, tu as déjà essayé de remonter le cours de l’un d’entre eux ? Savoir où il mène ? »

« Pas du tout. Bon et maintenant ? Qu’est-ce que nous faisons ? À part chercher un endroit pour laver les poings et les pieds de Clari. »

« Eh bien, nous allons rentrer, tout simplement. Maintenant que nous avons plus ou moins montrés que ceux qui sont les proies peuvent devenir les chasseurs, j’imagine que ça va calmer quelques ardeurs parmi les démons, non ? »

« Je t’avoue que je n’en sais trop rien à ce sujet. Mais oui, il y a de très fortes chances que ça se passe de la sorte. Nous allons être tranquilles maintenant qu’ils savent à à quoi s’attendre… jusqu’à la prochaine tentative de leur part. »

« Hmm, et tu crois qu’ils vont aussi se calmer par rapport aux autres démons ? »

Ça, il ne pouvait pas le lui dire. Il n’en savait strictement rien. Mais bon, maintenant que c’était plus ou moins décidé, il était temps de rentrer dans la capitale. Et d’après ce qu’ils remarquaient, il y avait de l’effervescence. Heureusement, comme convenu, ils avaient juste perdu quelques minutes pour nettoyer Clari de son sang.

« Eh bien, il y a de l’agitation ? »

Des clameurs royaux. Qu’est-ce qu’ils faisaient là ? Et ils semblaient avoir des décrets en main ? S’installant parmi les démons, Tery laissa un peu de place à Manelena et Clari bien qu’il installait la première entre lui et la femme-golem.

« Oyez, oyez, l’empereur Malark et son conseil de ministres vous annoncent le présent décret qui prendra effet dès la fin de la lecture de ce dernier. »

Oyez, oyez ? Il tourna son visage vers Manelena, faisant un petit sourire bref. Ben oui, fallait quand même avouer qu’entendre de telles paroles, ça lui rappelait un peu Midès. Ah… Midès, ça lui manquait sa capitale de Shunter.

« En vue des nombreux visiteurs de la surface qui commencent à venir dans notre capitale, ces derniers ne seront pas autorisés à se déplacer sans l’accompagnement d’un membre d’une famille démoniaque résidant dans la capitale. Ils porteront le titre d’esclave et ne pourront plus se déplacer sans le dit-membre de la famille démoniaque. Classé au plus bas de la capitale, ils ne pourront donc commercer, discuter et être vu sans que leur accompagnateur ou accompagnatrice ne soit avec eux. »

Tery était éberlué, commençant à cligner des yeux. Ce n’était même plus de l’esclavagisme à ce niveau-là. Les membres de la surface n’avaient plus rien, rien du tout. Alors qu’il pensait pouvoir faire quelque chose avec les démons, il s’avérait que… c’était encore pire que prévu. Tentant de retrouver ses esprits, il bredouilla à Manelena :

« Allons-nous en. Il vaut mieux. Je ne veux plus rien entendre et… »

« Oh, je veux écouter la fin de mon côté, Tery. Jusqu’où cette farce va continuer. »

« Manelena, je ne suis pas certain que… je suis juste dégoûté. Je crois que ça ne sert à rien, vraiment à rien. C’est pire que tout, vraiment pire. »

Pourtant, il ne vint pas partir puisqu’elle avait décidé de rester. Et il écoutait encore ce décret stupide. Ce décret qui signalait que les esclaves de la surface n’avaient aucun droit mais surtout que la famille démoniaque qui possédait un esclave de la surface pouvait faire ce qu’il désirait de la personne.

« C’est vraiment pathétique… mais j’ai le sentiment que ce n’est pas de la faute à l’empereur Malark. Il a sûrement été « obligé » d’accepter. »

Manelena lui avait signalé de se mettre en route, prête à retourner auprès de Tery et Clari, mais surtout reprendre le chemin en direction du château. Une nouvelle fois, Tery s’était emmuré dans le silence, une nouvelle fois, Manelena cherchait à faire la conversation.

« Tu devrais vraiment arrêter de te préoccuper de toutes ces choses, Tery. »

« Du fait que j’ai emmené tout le monde à une mort certaine ? C’est ça ? »

« Pourquoi est-ce que tu penses forcément ainsi, Tery ? »

« Car c’est le cas, tu peux prétendre ce que tu veux mais la réalité, c’est que c’est le cas. Si j’avais su que ça se passerait ainsi, jamais je n’aurai emmené tout le monde dans cette capitale. Et voilà le résultat ! »

« Sais-tu pourquoi il y a eu ce décret ? Je suis certaine que tu n’as pas cherché à deviner le second sens de ce décret. »

« Et ça serait quoi ce sens secret dont tu es la seule à connaître le sens ? »

« Si tu me parles avec d’ironie, tu peux aller tout simplement te faire foutre, Tery Vanian. Est-ce que je me suis bien faite comprendre ? »

« Pardon… Manelena. Je ne voulais pas, c’est juste que… enfin, tu peux comprendre, n’est-ce pas ? Manelena, s’il te plaît. »

« Oui, oui, pas besoin de faire les yeux larmoyants, je peux comprendre aisément, Tery. Bref, ils viennent d’officialiser le statut d’esclaves pour les gens de la surface. Ce qui veut dire qu’à partir d’aujourd’hui, si un démon s’en prend à un esclave d’un autre démon, la justice viendra trancher et surtout, la famille du démon criminel risque de payer assez chèrement le prix. »

« Mais la justice dans un monde comme celui des démons… avec la loi du plus fort et… »

« Cette loi n’est là que pour le principe. Bien entendu qu’elle est toujours fonctionnelle mais si elle était la seule utilisable, cela reviendrait à avouer que nous ne sommes pas mieux que des bêtes sauvages, Tery. Nous valons bien mieux que ça. »

« Et pour les familles démoniaques qui ont un esclave et… »

« Hmm… Je sais ce à quoi tu penses. Tu imagines qu’il peut y avoir des problèmes internes dans les familles en elles-mêmes hein ? Car ce sont des soldats ou mercenaires qui sont partis comme ça pour aller explorer le monde à la surface ? »

Elle était capable de lire dans ses pensées ou quoi ? Car elle semblait comprendre son problème sans même qu’il n’ait à ouvrir la bouche. Et avec sa main posée sur son épaule, il se sentait encore plus ridicule et chétif qu’auparavant.

« Je ne pense pas que ça soit le cas. Même si nous allons ressembler simplement à des « objets de valeur », il y a des chances que les démons qui étaient partis au combat aient pris du galon dans leur famille respective. »

Donc que les démons qui étaient avec eux soient mieux vus ? Et peut-être que tout se passera bien ? D’ailleurs, en pensant à tout ça, il ne connaissait pas du tout la famille d’Héraisty. Il n’en avait jamais parlé avec elle. Est-ce qu’elle était en conflit avec eux ?

« Donc, tout va bien se dérouler ? Enfin, tu crois ? »

« Je ne sais pas, je ne peux pas lire dans l’avenir, Tery. Mais tout n’est pas aussi noir que tu le pensais hein ? Alors, arrête de te morfondre, c’est chiant. »

« Je ne veux pas me morfondre exprès, tu sais ? Je ne le fais pas pour le plaisir. »

« Mais je préfère quand tu as ton petit caractère habituel et niais. C’est ce qui fait ton charme. Et puis bon, cela veut dire que je suis ton esclave, n’est-ce pas ? »

« Mon esclave ? Euh, enfin, Manelena, c’est juste que… »

« Je serais alors obligée d’obéir au moindre de tes ordres. Obligée d’exécuter le moindre de tes désirs. Tu sais, cela tenterait beaucoup de personnes d’avoir une princesse à leurs pieds, hein, Tery ? Mais j’imagine que ce n’est pas ton cas. »

« Eh bien, vu que de base, tu es une reine et non une princesse, ce n’est pas la même chose. Et puis, tu as parfaitement raison. »

Encore qu’il ne cherchait pas à finir de « confirmer » que ça ne le tentait pas du tout. Car oui, il avait regardé Manelena quand elle avait évoqué le fait qu’il pouvait abuser d’elle comme il le désirait. Et à voir la femme aux cheveux argentés, il se demandait vraiment si ce n’était pas ce qu’elle… non, ce n’était pas le genre de Manelena.

« Eh bien ? Est-ce que tu es en train de t’imaginer des choses indécentes, Tery ? »

« Pas le moins du monde, Manelena. Je ne sais pas ce que tu es en train de t’imaginer mais ce n’est pas du tout le cas. »

« Hmm, ce n’est pas moi qui a ce regard un peu perdu, Tery. Ce n’est pas moi. Mais bon, de toute façon, pour cela, il faudrait que je me laisse faire et ce n’est pas mon genre. »

« Pas le moins du monde, Manelena. »

Et puis, il espérait que chacun avait ce même mode de pensée avec les surfaciens. Il fallait juste espérer… car il ne voyait pas comment faire autrement. S’il décidait de lâcher prise, tout serait alors terminé… et il n’y aurait pas de retour en arrière.

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