Chapitre 16 : Perdus

ShiroiRyu
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Seconde partie : Un simple outil

Chapitre 16 : Perdus

« Ah… Comment se présente la situation ? »

« Mal, très mal, si je peux me permettre une petite remarque. »

La petit être bossu et ridé poussa un profond soupir. Il avait vécu tellement de décennies voire même plus, seul lui le savait, pour en arriver là. Mais il avait fallut que tout cela ne se passe pas comme prévu. Un peu désabusé, il reprit :

« Nous n’avons toujours aucune nouvelle de la reine de Shunter ? Nous ne savons pas où elle se trouve exactement ? »

« Outre le fait qu’elle se soit dirigée sous la surface, nous n’avons aucune autre indication à son sujet. Depuis l’attaque de certains d’entre nous sur la base des démons, nous ne savons rien de plus par rapport à sa situation. »

« Regrettable, vraiment regrettable. Comment allons-nous faire donc, sans elle ? »

« N’y a t-il vraiment aucune autre solution ? De ce que nous avons appris, lorsque la reine Manelena n’est pas dans son royaume, c’est le régent Hémurion qui a les rênes du royaume. »

« De ce que je sais à son sujet, c’est un être qui fait passer le peuple avant tout. Il n’est pas réellement apprécié par la noblesse du royaume mais ayant été à la tête des rebelles lors de l’attaque sur le précédent monarque, il a toute la confiance de Shunter. Oui, nous pourrions passer par lui, j’imagine. »

Ernold recommença à soupirer. Le fait qu’il ne connaisse pas plus que cela Hémurion était un problème en soi. Maintenant, sa propre race était responsable de tout ça … et il était donc fautif partiellement.

« Et des nouvelles… au sujet du jeune prince Royan ? »

« Il semblerait qu’il soit porté disparu lui aussi. Du moins, cela est dit avec un peu d’exagération. Ils seraient partis eux aussi sous la surface. »

« Eux aussi ? Vous voulez dire que… »

Ernold ne termina pas sa phrase alors que l’autre gnomold hochait la tête positivement. Comme affligé par le poids du monde sur ses épaules difformes, le gnomold se retrouva à ras-le-sol, pris d’une très grande fatigue.

« Tout cela aurait pu bien se passer si les peuples étaient capables de s’unir mais il a fallut que tout dégénère. Ah… Pourquoi as t-il fallu que ça se passe ainsi ? »

« Maître Ernold, vous avez voulu voir trop grand tout de suite. Rares sont les gnomolds à vivre depuis aussi longtemps que vous mais ils existent. Et certains ont gardé cette haine depuis autant de temps. Et bon, les différents peuples à la surface se battent toujours. »

« Les mékarlamiens ont toujours été un peuple problématique. Et notre race qui vit sur leurs terres n’est guère mieux. Claudiska et Traslord ont toujours été en bons termes depuis des décennies et depuis l’avènement de la reine Manelena et du prince Royan, nous pouvons considérer que Shunter est en bons termes avec Claudiska et Traslord. »

« Honoros, de son côté, cela dépend de chaque clan mais en grosse majorité, ils sont pour nouer des relations avec les autres nations. »

Les deux gnomolds continuaient de parler entre eux. Visiblement, chacun confirmait plus ou moins à l’autre le bilan de ces dernières années des plus mouvementées. Avec Omnosmos qui était en permanence sous surveillance, les portes démoniaques sous la tour des archimages étant constamment ouverte, il fallait dire que l’ambiance n’était pas forcément des plus bonnes. D’ailleurs, le fait plus étrange et presque « amusant » était justement qu’aucun démon n’était passé par cette double porte depuis son ouverture.

Rien, rien du tout, aucune personne. Comme si cet endroit n’avait été qu’un long dédale souterrain, il semblerait qu’il n’était pas le chemin de prédilection pour ceux qui voulaient espérer paraître à la surface. De toute façon, les démons n’étaient pas très enclins avec les réactions épidermiques des différentes races. Mais tout ça, c’était au début. Il avait appris les efforts de Tery, Elise et les autres.

C’était pourquoi il voulait aussi que son peuple fasse des efforts. Mais son peuple, ce n’était pas une seule culture mais plusieurs. Ils étaient plusieurs espèces de gnomolds, provenant des différents royaumes … avec différentes mentalités. C’est pourquoi tout cela était bien plus compliqué que le simple fait de chercher à discuter.

« Des fois, je me dis qu’ils sont bien plus enclins à la paix que nous autres. »

« En même temps, maître Ernold, nous devons nous mettre à leurs places. »

« Le passé est le passé. Ce n’est pas aux descendants de payer les erreurs de leurs ancêtres. S’ils comprennent ce qui s’est passé et qu’ils condamnent les actes de leurs ancêtres, c’est suffisant. Pourquoi tout le monde ne veut pas comprendre ? »

« Tout le monde ne possède pas la sagesse propre à votre longévité. Nous ne pouvons qu’écouter les paroles d’autrui et tenter de forger nos opinions en se basant sur celles-ci, bien qu’elles soient erronées ou porteuses de haine. »

« Je ne suis pas plus sage qu’un autre. Simplement, je veux oeuvrer à une entente parmi toutes les espèces. Est-ce vraiment sage que d’espérer une telle chose ? Seule un fou aux douces idées pourrait vraiment croire à ce projet. Mais au fil des années, je me rattache à cela en me disant que je vais suivre la même voie que mes ancêtres. Ah… Je ne suis pas immortel. »

« Nous autres, gnomolds, vivons bien plus longtemps que les autres espèces. Malheureusement, en vue de nos guerres incessantes contre les autres races des différentes nations, il est très rare de voir un gnomold aussi âgé que vous, maître Ernold. »

« Oh, il est vrai que mourir de vieillesse chez un gnomold, c’est presque propice à une fête sans précédent bien que ça soit saugrenu de fêter la mort d’un gnomold. »

« Surtout quand ce dernier ne peut même pas profiter de cette dernière fête. »

Des petits rires se firent entendre de part et d’autre. Il fallait décompresser un peu et à l’heure actuelle, c’était l’unique solution qu’ils se proposaient mutuellement. Le vieux gnomold reprit pourtant son sérieux quelques instants plus tard :

« Nous devons trouver une solution, néanmoins. »

« Je suis d’accord, maître Ernold. Mais nos différentes solutions commencent à s’amenuiser. Il est difficile de trouver une idée convenable. »

« Nous allons refaire une assemblée générale. Il va nous falloir contacter tous les clans pour qu’ils envoient leurs émissaires. Du moins, les clans majeurs de chaque nation. »

« Et dire que les honoriens ont gardé cette idée de clans. C’est assez amusant, vous ne trouvez pas, maître Ernold, au final ? »

« Je ne sais pas si le terme « amusant » convient mais je suis néanmoins d’accord. Bon, faisons une liste des clans et allons ensuite préparer tout cela. Ça va bien nous occuper pour quelques heures voire toute la soirée. »

Encore une où il n’allait dormir que très peu. Pourtant, le vieux gnomold ne s’en plaignait pas. Il savait ce que cela lui coûtait et ça ne l’avait jamais dérangé. Il n’avait pas vécu toutes ces années pour en arriver là et dire qu’il n’avait plus envie d’accomplir tout ça.

« Au cas où, je sais que cela va être assez mouvementé. Si tu veux bien prendre contact avec Rokar, j’ai le sentiment que je vais avoir besoin de lui dans les jours qui viennent. Est-ce qu’il est toujours en mission ? »

« Pour ce que vous lui avez demandé ? À ma connaissance, je crois bien que oui même si j’ai entendu qu’il avait délégué une partie de tout ceci à ses lieutenants et que cela s’était plutôt mal passé malheureusement. »

« Hmm ? Comment cela ? Est-ce les fameuses rumeurs comme quoi certains gnomolds ont tenté de s’en prendre aux démons qui étaient sous la protection du roi Royan ? »

« C’est bien cela. Il semblerait que certains ont piqué une crise, dans les termes utilisés par les rumeurs et autres sans… pour autant expliquer la raison de la dite-crise. »

« Mais est-ce que cela s’est terminé dans le sang ou non ? » demanda une nouvelle fois Ernold, son œil devenant bien plus vif en direction de son élève.

« Non, non, pas à ma connaissance ! Du moins, il n’y a eu aucune agression d’un côté ou de l’autre. Tout semble s’être remis en ordre mais… »

« Vu qu’ils n’ont pas expliqué cette raison, qui est l’un de nos plus grands secrets, même parmi notre propre espèce, les peuples des différentes nations doivent penser que nous ne sommes que des ingrats alors que nous avons tenté d’opérer une paix avec eux. Comme si tout cela n’avait été au final qu’un grand et gros gâchis. Ah… »

« Je vais aller préparer une première lettre pour Rokar, maître Ernold. »

Le gnomold savait qu’il devait laisser le grand archimage se plonger dans ses pensées. C’était pourquoi il se décidait à s’éloigner, comme si de rien n’était. Mais à peine avait-il ouvert la porte pour disparaître de l’autre côté qu’il revint, moins d’une minute plus tard.

« Maître Ernold, maître Ernold, c’est… c’est… »

« Est-ce que tu peux te pousser ? J’ai mieux à faire qu’attendre que tu serves de porte, nierk ! » s’exclama une voix assez forte derrière le gnomold, une main se posant sur l’épaule de ce dernier pour le déplacer sur le côté.

« Rokar. Eh bien, si je m’attendais à déjà t’avoir parmi nous. »

« Oh, vieux grigou, tu sais parfaitement que j’allais arriver en vue du foutoir que les gnomolds sont en train de faire. »

« Oh, tu sais, si nous commençons par là, il s’avère que Tery Vanian était si je ne me trompe pas, sur les terres que tu gardais à l’époque, n’est-ce pas ? »

« AH ! Je m’en doutais que malgré l’âge, tu étais toujours capable d’utiliser ta langue pour faire quelques paroles dignes d’une vipère ! »

« Eh bien, il me faut garder mes capacités pour être apte à répliquer à des jeunots comme toi, Rokar. Eh bien, si je m’attendais à ce que tu viennes aussi vite. »

« Et je vais me répéter : Tu le savais que j’allais me ramener. Avec tout ce bordel, c’est pas possible que je ne vienne pas te rencontrer pour tenter de régler la situation. »

Et sans aucune hésitation, comme si ça ne le dérangeait guère, il vint s’asseoir en face d’Ernold, celui-ci faisant un mouvement de la main pour dire à son apprenti que ce n’était pas bien grave. La différence de stature entre les deux gnomolds était effarante. Alors que d’un côté, Rokar était un « colosse » parmi les siens, avec ce qu’il fallait de muscles, de fourrure de bosses le rendant difforme, Ernold incarnait parfaitement l’usure du temps, avec un être plus rabougri et fatigué par les années.

« La situation est si dramatique pour que tu viennes en personne ? »

« Oh, allons bon, va pas faire comme si cela te troublait plus qu’il n’en faut. Dis-moi plutôt ce que tu avais en tête. À voir l’étonnement de ton apprenti, je sens que tu parlais de moi mais qu’il s’attendait pas à ce que j’arrive aussi vite. »

« Ah, toi et ton intuition, Rokar. Sans celle-ci, tu n’aurais jamais laissé une chance à ce jeune garçon démoniaque, n’est-ce pas ? »

« Suffit de voir le bordel que ça fout. Mon intuition s’est sacrément loupée ce jour-là. Pfff ! Maintenant, tout a dégénéré depuis l’ouverture de ces fichues portes ! »

« Et c’est toi que je dois remercier, Rokar. Tu sais à quel point je te suis redevable. »

« Ouais, ouais. Tu diras ça à d’autres hein ? » rétorqua Rokar, faisant un mouvement de la main pour signaler qu’il considérait les remerciements comme une quelconque foutaise.

« Si tu m’étais autant redevable que tu prétends l’être, on n’en serait pas là. »

« C’est exact et je tiens encore à m’excuser, Rokar. »

Nouveau grognement de la part de ce dernier. Celui-ci avait du mal à croire dans les paroles d’Ernold malgré qu’il ne semblait pas porté par de mauvaises intentions. Mais voilà, avec tout ce qui s’était passé ces derniers mois, autant dire que la confiance ne régnait pas totalement. Même si ce n’était pas contre Ernold spécifiquement.

« Bon, maintenant que je suis là, qu’est-ce que tu me voulais au final ? »

« Je vais organiser une réunion avec les différents clans des gnomolds. Je voudrais que toi et tes hommes soyez là pour protéger les environs et surtout que ça ne dégénère pas. »

« AH ! Mais tu te foutrais pas un peu de ma gueule ? J’ai pas besoin de te rappeler de la dernière, y a bien presque vingt ans ? »

« Disons qu’elle est est restée dans les mémoires mais pas forcément pour les bonnes choses, je peux le reconnaître, Rokar. »

« Et pourtant, tu es décidé à en relancer une ? Tu serais pas devenu gâteux avec l’âge ? »

« Situation extrême, mesure extrême. Je n’ai pas d’autres choix. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie si tous les gnomolds ne sont pas réunis sous une même égide. »

« Suffit pas de le dire pour que ça se produise. Faut pas croire que ça va marcher comme ça hein ? Ils vont tout simplement te rire au nez pour la grosse majorité. »

« Je sais parfaitement à quoi m’attendre et c’est bien pour cela que je compte sur ton soutien, Rokar. Avec toi à mes côtés, je sais que je serais bien plus en sécurité que si je confiais ma vie à quelqu’un d’autre. »

« T’es vraiment devenu sénile avec l’âge. »

« Eh bien, les vieilles personnes doivent être surveillées, qu’elles soient gnomolds ou non, tu ne crois pas ? Qui sait ce qui pourrait m’arriver si je ne suis pas sous surveillance constante pendant que je tente de faire mes projets ? »

Nouveau grognement de Rokar. Le vieux gnomold était plus qu’amusé par la situation, au contraire de l’autre gnomold. Pourtant, bien que sa respiration se faisait de plus en plus forte, il semblait retrouver son calme, fermant son œil valide avant de dire :

« Quand est-ce que cette foutue réunion aura lieu ? »

« D’ici quelques semaines, peut-être un mois ou deux ? Je n’ai pas encore envoyé les émissaires pour cela. À la base, normalement, tu devais en attendre un. »

« Ah… Et dire que je pensais aller me rendre dans ce foutu endroit souterrain pour éliminer quelques gnomolds et démons qui font un peu trop de zèle. »

« Hmm ? De quoi est-ce que tu parles ? » questionna Ernold, étant réellement surpris cette fois alors que Rokar lui répondait aussitôt :

« Rien de bien grave. Disons que j’ai appris que certains gnomolds avaient décidé de continuer à harceler les démons dans le monde souterrain. Et aussi qu’ils sont morts car les démons ont été défendu par des membres des races à la surface. »

« Oh ? Tu penses qu’il y a une chance que ça soit… Manelena ? Ou alors Tery ? »

« Je pense plus au petit gars de Traslord. »

« Le roi Royan ? Hmm, c’est vrai qu’en terme de délais, ça serait plus logique. Hmm, donc il est sûrement parti avec Elen. Hmm. »

« Ah ouais, la fille des deux divinités qui se trimballent dans le monde comme si elles avaient rien de mieux à faire de leurs jours ? »

« Rokar, on t’a jamais dit que tu étais plutôt aigri comme gnomold ? Et attention, pour qu’un gnomold te dise que tu es aigri, c’est que l’on atteint des sommets. »

Nouveau concerto de grognement de mécontentement de la part de Rokar. Bien entendu, vu qu’Ernold lui faisait une remarque. Il cherchait à voir jusqu’à quel point Rokar allait tenir… avant de finalement émettre un léger rire.

« Tu peux te décrisper, Rokar. Je crois que j’ai choisi le bon gnomold pour la surveillance de cette réunion. Je ne pouvais pas espérer mieux. »

« Comment ça ? Tu vas me faire croire que tu m’as fait passer un test ou quelque chose du genre ? Je suis pas un gnomold avec qui on s’amuse, Ernold. »

« Oh non, non. Ne t’en fait pas. Je voulais simplement savoir quelles étaient tes limites et tolérance par rapport à ton énervement. Je suis heureux de voir que tu as bien mûri. »

« Ne t’amuse pas trop à ce sujet, tu sais jamais ce qui peut arriver si tu franchis la limite. »

« Héhéhé. J’ai bien ma petite idée à ce sujet mais oui, cela ne sert à rien de t’inciter à ça, loin de là. Bon bon bon. Est-ce que tu veux quelque chose à boire ? À manger ? »

« Non, pas la peine. Mes hommes m’attendent. On a pas trop l’habitude de se traîner dans les environs donc ils veulent en profiter. Et puis, faut bien que quelqu’un surveille ces idiots, on ne sait jamais ce qu’ils pourraient commettre comme conneries. »

Il pesta tout en ayant un petit tic aux lèvres. Malgré tout, il avait fini par se relever, son unique œil valide posé sur Ernold avant de déclarer :

« Je m’en vais. Tu m’enverras un message quand et où la réunion se fera. »

« Prends bien soin de tes gaillards, Rokar. »

« Ce sont pas mes gamins non plus. Ils sont assez grands pour se débrouiller seul. »

« Hahaha mais pourtant, c’est bien dans ton groupe qu’il faut avoir connu le moins de morts… du moins, sauf pendant ce combat contre Tery, hein ? Quand tu l’as revu, quelques années plus tôt. »

« Ah… T’es vraiment qu’une sale fouine quand tu décides de t’y mettre. »

« Je tiens au bien-être de ma propre race. Il n’y a donc rien d’anormal à ce que je sois au courant de ces petites choses, tu ne crois pas ? »

Rokar pesta, comme à son habitude avant de fini quitter la pièce, laissant seul le vieux gnomold. Celui ne pût s’empêcher de rire tout seul, jusqu’à ce que son apprenti ne vienne, deux minutes plus tard, s’enquérir des nouvelles de son vieux maître.

« Maître Ernold, je suis toujours inquiet quand je le vois arriver. Ce n’est pas une bonne fréquentation, vous savez ? »

« Allons bon, mon brave Ninos, tu sais pourtant qu’il ne faut pas juger sur les apparences, non ? Surtout en tant que gnomold. Imagine si ces braves personnes que je connais avaient décidé de me juger sur mon apparence ? Jamais nous n’en serions là. »

Il ne précisa pas que ce n’était peut-être pas un bon constat final. Mais dans l’ensemble, à ses yeux, ils avaient réussi ce qu’il désirait et recherchait depuis le début. Le souci, c’est que sa vision était très précise et portée sur un futur qu’il espérait pas si lointain. En voyant Tery et Elen la première fois, il avait compris que c’était cette époque qui allait tout changer.

Et c’était pour cela qu’il faisait une prise de risque immense. Le secret des gnomolds, depuis des siècles, voire des millénaires, allait sûrement être révélé un moment ou à un autre. Il ne savait pas quand, il ne savait pas où mais il était certain que cela allait se produire.

« Je tiens à m’excuser pour mes paroles irrespectueuses. »

« Je ne vais guère en tenir compte, ne t’en fait donc point ! »

« Maître Ernold, est-ce que vous me révélerez un jour ce secret ? Avant qu’il ne soit annoncé aux yeux de tous ? »

« Hmm ? Tu es bien curieux comme apprenti. Mais qui sait ? Cette nouvelle n’est pas encore prête à être annoncée. Cela se prépare, il faut prendre la température et autre. Cela fait combien de temps que tu es à mon service ? »

« Quelques mois à peine, maître Ernold. »

C’était exact. Le vieux gnomold gardait son sourire aux lèvres. S’il avait pris un apprenti, c’était bien à cause des évènements récents. Un apprenti gnomold, le petit Ninos avait montré quelques facultés impressionnantes pour son jeune âge, oui. C’était pour cela qu’il était là.

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