Chapitre 18 : En profiter

Chapitre 18 : En profiter

« Je n’aime pas du tout l’ambiance actuelle, Manelena. »

« Hmm ? Cela ne me dérange pas tant que ça, loin de là. Je n’ai aucun souci. Je veux dire, on dirait que maintenant qu’il y a eu une morte, ceux qui doivent s’occuper de leurs esclaves sont beaucoup plus sur leurs gardes et il n’y a rien eu de mauvais cette dernière semaine. »

« Je sais bien mais ça ne change pas que je n’aime pas ces regards et autres sur ma personne. Et sur la tienne aussi hein ? »

« Oh ? Tu ne vas quand même pas me dire que tu es un peu jaloux de ce que les autres pensent de moi, Tery ? »

« Jaloux, je ne pense pas. Enfin, peut-être un peu quand même. »

Mais comment peut-il réellement expliquer ça ? Ce n’est pas aussi simple que de dire que c’est de la simple jalousie. En même temps, il a l’impression qu’il fait quelques envieux avec Manelena non-loin de lui.

« Je crois que ce sont les autres qui sont jaloux de moi, Manelena. »

« Oh ? Tu penses donc que c’est aussi simple que ça ? Hahaha ! Peut-être dans le fond. »

Il avait demandé à Manelena de jouer un peu son rôle d’esclave mais il avait l’impression qu’elle prenait ce rôle un peu trop à coeur. Car oui, elle était toujours bien habillée mais son allure hautaine avait totalement disparu. En fait, il avait l’impression de retrouver la jeune femme de l’époque où il était dans l’armée… avant qu’il n’apprenne qu’elle était réellement Manelena, la maréchale qu’il connaissait.

« Tu sais, tu n’es pas obligée de jouer le jeu quand il n’y a plus personne. »

« Oh, en vue des espions et autres, il vaut mieux plutôt que je reste ainsi. Et de ton côté, il faut que tu évites de trop parler de tout ça à voix haute hein ? »

Hmm ? Est-ce qu’elle était en train de lui faire un reproche ? Si tel était le cas, il devait alors avouer qu’il était plutôt content. Car oui, depuis qu’elle jouait son rôle, il n’y avait plus aucune once d’arrogance dans ses propos et c’était… vraiment perturbant.

Il y avait comme le fait qu’il… se sentait supérieur à elle. Il n’aimait pas cette idée de se considérer bien plus fort qu’elle, en position de domination. Oh, pas qu’il aimait quand elle le dominait hein ? Mais euh, c’était vraiment perturbant.

« Tery ? Hého, tu pourrais te réveiller ? Tu es dans ton monde ou quoi ? »

Elle venait de claquer des doigts devant lui, le faisant sortir de sa torpeur alors que le jeune homme aux cheveux bruns sursautait. Il entendit quelques grognements autour d’eux. C’est vrai qu’ils étaient au beau milieu d’une ruelle mais surtout les démons n’avaient guère apprécié le geste familier de la part de Manelena en direction de l’un des leurs, même s’il n’était qu’en partie démoniaque. Son statut était connu depuis tout ce temps.

« Pardon, Manelena. Je pensais à quelque chose qui n’est pas si important en fin de compte. Enfin bref, avec tout ça, on va plutôt voir ce que l’on va faire aujourd’hui, non ? »

« Je voudrais bien te proposer une séance d’entraînement si tu le désires, Tery. Qu’est-ce que tu en dis ? Tu es motivé à me maltraiter ? »

« Te maltraiter ? Euh vraiment, sincèrement, je veux te dire, Manelena, je ne suis pas… »

« Tery, essaie de te rappeler de ce que je t’ai dit, s’il te plaît. »

« Ah… J’ai compris le message. Oui, on va aller dans un coin pour s’entraîner et tu vas me servir de sac de frappe, Manelena. Faut bien que j’aille briser ton statut de reine de la surface, non ? Car j’ai l’impression que tu es trop prétentieuse. »

Il venait déglutir. Sincèrement, ce type de « jeu » n’était pas du tout son genre. Pourquoi il voudrait se sentir supérieur à Manelena ? Surtout qu’elle faisait une petite moue intimidée. Elle était plus grande que lui, elle avait plus de muscles que lui, elle avait un corps parfait, autant sur le plan de la beauté que sur l’entretien. Mais là, lui, vraiment, il le sentait pas du tout. Il ne se sentait pas du tout à l’aise, est-ce qu’elle arrivait à comprendre ça ?

Il n’avait pas la sensation que ça soit le cas. C’était même tout le contraire. Ou alors, non, elle le savait mais elle le poussait à être plus… dominant. Elle ne voulait pas qu’il soit mis en danger car il ne jouait pas son rôle de démon « propriétaire ». Elle avait bien compris qu’il avait un statut assez particulier, même dans l’armée des démons.

« Où est-ce vous voulez que l’on se rende pour que vous vous « occupiez » de moi, maître Tery ? » demanda Manelena d’une voix un peu suave.

« Hein que de quoi ? Euh … On va se rendre au château, ils ont des endroits spécifiques pour ça ! Et on va se dépêcher et vite ! »

Mais quelle idiote ! Elle était vraiment en train de jouer avec ses nerfs ! Si ça continuait ainsi, il risquait de ne pas se retenir ! Non ! Il devait se montrer raisonnable ! Il était un adulte, elle ne faisait que s’amuser de la situation alors qu’elle pouvait être potentiellement dangereuse. Ou alors, elle prenait justement très au sérieux le fait qu’ils étaient en danger de mort ? Et donc, elle continuait à faire ça… pour lui ?

Il ne savait pas sur quel pied danser avec elle ! C’était bien pour ça qu’il était complètement perturbé par la situation ! Heureusement, pour aller au château, il n’y avait eu aucun souci sur le chemin. Et dès qu’il se retrouva dans sa chambre, il poussa un profond soupir.

« Pfiou, on peut enfin souffler, Manelena. Tu n’es plus obligée de… »

« Maître Tery, qu’est-ce que je peux faire pour vous servir ? »

« Euh, Manelena, je voulais justement te dire que tu n’étais plus obligée de faire ton rôle. Sincèrement, ici, je ne pense pas que nous sommes écoutés. »

« Maître Tery, de quoi parlez-vous donc ? Pouvez-vous me l’expliquer ? »

« Manelena, s’il te plaît, tu n’as plus besoin de… »

« Maître Tery ? » répéta une nouvelle fois Manelena alors qu’il avait fini par s’asseoir sur son lit. Il était déjà vraiment épuisé par ce petit jeu qui ne l’amusait pas le moins du monde. Enfin, c’est ce qu’il cherchait à dire mais elle lui donnait l’impression de ne pas l’écouter. Et surtout, qu’est-ce qu’elle faisait là ?

Enfin, elle était venue s’asseoir à côté de lui et il s’était aussitôt raidit. Il n’avait pas l’habitude qu’elle soit aussi proche quand ils étaient éveillés. Car oui, durant leur sommeil, c’était une toute autre histoire. Sans aucune explication valide et correcte, il devait juste avouer qu’il finissait à chaque fois contre elle.

C’était peut-être instinctif ? Il voulait une présence féminine à ses côtés. Il avait eu ça avec Elen, il avait eu ça avec Elise et maintenant avec Manelena ? Mais voilà, c’était pendant qu’il dormait et ce n’était pas pareil que maintenant.

« Maître Tery, vous savez, je peux satisfaire tous vos désirs. Il me suffit d’une phrase et je serais alors toute à vous. »

Maintenant, il était en train de déglutir violemment ! Stop, il fallait qu’elle arrête ! Car là, il avait le joue aux rouges… euh le rouge aux joues ! Surtout qu’elle avait posé doucement sa main sur son genou droit, ce qui le fit un peu sursauter.

« Manelena, vraiment, tu devrais… »

« Hmm ? Mais dites-moi, avez-vous chaud, maître Tery ? Vous devriez retirer ces habits qui sont plus qu’encombrants. Laissez-moi donc me charger de ça. »

Elle… Elle allait vraiment dépasser les limites ! Car oui, son autre main venait de se poser sur son épaule et il s’était mis à déglutir grandement. Il fallait vraiment qu’elle stoppe tout ceci avant que ça ne dégénère et qu’elle…

« Eh bien, eh bien, on dirait que vous êtes vraiment rouge, maître Tery. Dites-moi… » chuchota Manelena, finissant par rapprocher sa bouche de son oreille pour lui murmurer : « À quoi est-ce que tu penses, petite canaille ? Est-ce que Tery Vanian ne serait pas en train de s’imaginer des choses que la décence ne pourrait proférer à voix haute ? »

« Manelena ! Tu as fini de te moquer de moi ?! » dit-il avant de placer à son tour ses mains sur les épaules de la femme aux cheveux argentés, finissant par la pousser plus violemment que prévu sur le lit, la couchant dessus. Il se retrouva à quatre pattes au-dessus de Manelena, ses yeux passant du vert au rouge alors qu’il s’était mis à haleter.

« Tery Vanian, qu’est-ce que tu fais, je peux savoir ? »

« Hein ? Eh bien, tu… je t’ai demandé d’arrêter mais tu fais tout pour ne pas comprendre ! » s’exclama Tery alors que le ton utilisé par Manelena était froid et sec, bien moins tendre et chaleureux que celui employé depuis quelques minutes.

« J’ai pourtant signalé que nous devions jouer la comédie mais tu gâches tout. »

Décontenancé, le jeune homme vint se retirer de sa position, finissant par se relever complètement du lit. Il déclara qu’il allait se passer un peu d’eau sur le visage, ailleurs, il ne savait pas où, comment et quand mais il quitta la chambre à toute allure, refermant bien la porte derrière lui pour être certain que personne ne tente de s’introduire dans sa chambre pendant son absence.

« Pfff, est-ce que je ne suis pas assez explicite ? Trop ? Il n’a pas compris ça ne me dérangeait pas le moins du monde ou quoi ? »

C’est vrai. Elle avait la sensation qu’il fallait envoyer de sacrés signaux à Tery pour qu’il comprenne le message derrière ses paroles et ses actes. Oh, elle n’était pas aveugle non plus hein ? La situation n’était pas pire qu’auparavant mais… elle n’était pas pour autant joyeuse. Hmm… C’était peut-être ça.

« Même moi, j’ai parfois besoin de réconfort ? »

Ce n’était pas un terme qu’elle aurait utilisé, il y a des années de cela. La main tendue vers le plafond, elle chercha à l’attraper avant de refermer le poing. Tout ça avait changé le jour où elle avait rencontré Tery. Elle referma ses yeux rubis, soupirant une nouvelle fois.

« Je voudrais aussi me faire étreindre, être aimée, j’imagine. »

Quel vœu stupide de sa part. Si elle ne le montrait pas concrètement à Tery, est-ce qu’il…. Non. Ce n’était pas à elle de faire plus de pas. Elle en avait déjà assez fait. Mais Tery avait déjà quelqu’un, hein ? Une jeune femme à la chevelure aux couleurs du soleil.

« J’imagine que vu la morosité dont je fais preuve la majorité du temps, je ne suis pas le genre à Tery. Encore qu’il ne disait pas non. »

Mais est-ce qu’elle n’avait pas eu cette impression de le forcer un peu ? Encore qu’elle l’avait pris par surprise à cette époque à Omnosmos, ce n’était pas comme si c’était lui qui avait voulu ce geste loin d’être anodin.

« Ah ! Je devrais arrêter de me mettre martel en tête. Ce qui est fait est fait ! »

Elle se redressa enfin dans le lit, finissant par se mettre assise. Elle était… amusée par les réactions de Tery mais en même temps, elle était agacée. Elle voulait l’inciter à prendre les devants mais… une petite part d’elle avait peur. Il fallait dire qu’elle n’avait jamais connu tout ça et que Tery avec Elen, elle n’était pas stupide. Il n’avait pas fallut qu’une seule fois pour qu’elle tombe enceinte.

Elle était franchement ridicule hein ? On parlait d’une vive douleur sur le moment et autre. Même si le sujet ne la concernait pas, les femmes dans l’armée de Shunter évoquaient parfois cela et il lui arrivait d’écouter du coin de l’oreille de telles conversations. Bon après, le fait qu’elles se soient envoyées en l’air et que c’était que du bonheur, c’était un sujet dont elle ne se sentait pas vraiment concernée.

« Mais cette vive douleur… dans le bas-ventre. Hmm… Après, en vue du comportement de Tery, ça ne fait aucun doute qu’il serait doux comme un agneau. »

Et que ça serait plutôt elle la louve dans ces moments, hahaha. Ou alors, est-ce qu’il cachait bien son jeu ? Difficile à dire puisqu’elle n’avait jamais « testé » cela chez Tery. Pfiou ! Quelle pauvre fille elle était ! Avec ses idées absurdes qui lui traversaient l’esprit.

« Je n’ai pas le caractère pour être comme ces femmes. »

Elle ne pensait pas avoir abandonné sa féminité, loin de là. Simplement, elle n’avait jamais vraiment chercher à la mettre en valeur. Sincèrement, elle n’allait pas prendre un corset en acier pour aller se battre contre l’armée ennemie ! Cela paraissait stupide mais elle avait eu vent de quelques spectacles où il y avait un mélange de danse et de combat.

Elle n’avait jamais vu ça directement mais elle savait que les femmes qui participaient à ces spectacles avaient plus de chair à l’air libre que l’opposé. Autant dire que dans un véritable combat, l’ennemi n’hésiterait pas à se focaliser dessus.

C’était peut-être pour ça qu’elle préférait quand même sa lourde armure noire qu’elle pouvait faire apparaître grâce à ses lignes d’Alzar. C’était d’ailleurs dans cette optique qu’elle avait alors donné « naissance » à cette armure. Il était vrai que Zélisia et Alzar permettaient une telle œuvre grâce à leurs magies.

Elen, de son côté, se focalisait principalement sur son arc. Tery ? Elle n’y avait jamais vraiment pensé mais était-ce ses griffes ? Non, pas à sa connaissance. Hmm… C’était assez étrange quand même. Qu’est-ce que Tery faisait donc ? D’ailleurs, il était un peu en retard non ? Il n’allait quand même pas tenter de s’enfuir hein ?

« Non, ce n’est pas son genre, je sais parfaitement qu’il n’est pas ainsi. »

« Manelena ? Est-ce que tu te parles toute seule ? C’est le premier pas vers la folie, tu sais ? »

« Hmm hmm, c’est que tu dis. Où est-ce que tu étais passé, Tery ? »

« Eh bien, je suis parti chercher à manger pour nous deux. Tu n’as pas un peu faim ? »

C’est vrai qu’il était revenu avec un plateau, deux assiettes qui laissaient s’échapper une légère fumée blanche, une miche de pain à partager pour eux, un pichet dont une petite odeur d’alcool émanait et des gobelets. Il déposa le tout sur le petit bureau qui lui était attribué dans sa chambre, faisant un léger sourire.

« Oh ? Tu n’es pas en train d’inverser nos rôles ? »

« Tu peux arrêter tes bêtises, Manelena ? Je voulais te ramener à manger car c’est ainsi et pas autrement, il ne faut pas s’imaginer mille choses. »

« Sauf que je suis certaine que les cuisiniers t’ont regardé avec un air mauvais ou au moins surpris quand tu leur as dit que tu ramenais deux plats, n’est-ce pas ? »

« Pour ça, j’ai juste prétendu que j’avais un très gros appétit et que deux assiettes seraient nécessaires. Et pour la bienséance, j’ai demandé deux couverts et… »

« Tery, tu ne sais pas mentir. Alors s’il te plaît, il vaut mieux que tu t’abstiens, d’accord ? »

« Désolé. Tu veux bien manger avec moi quand même ? »

AH ! Pourquoi est-ce qu’elle refuserait une telle proposition de sa part ? Elle soupira avec une légère pointe d’agacement mais vient prendre place à côté de lui. Elle avait déjà remarqué ça depuis qu’ils étaient ici mais les repas étaient pas si différents des leurs. Oh bien entendu, en terme de viande et légumes, ils ne possédaient pas les mêmes puisque la faune et la flore étaient différentes, mais sinon, la cuisson, le pain et tout le reste, cela avait plus ou moins la même forme.

« J’ai remarqué que tu as ramené du vin, Tery. Ou du moins, de l’alcool. »

« J’ai le droit à du vin de qualité. J’ai un statut assez haut placé en vue du fait que je suis l’un des chevaliers d’Elise, tu sais ? Bon, par contre, ce n’est pas le vin d’excellente qualité et tu sais parfaitement que je ne suis pas très porté sur la boisson. »

« Nous sommes deux alors, à ce sujet. Contrairement à mon père, les festivités, ce n’était pas du tout mon genre. »

Et peut-être qu’ils allaient commettre quelques bêtises ensemble ? AH ! Elle avait vraiment des inepties en tête, n’est-ce pas hein ? Elle regarda le pichet avec un petit sourire. Elle n’était pas crédible. Même si elle ne buvait que très rarement, elle possédait une certaine retenue qui l’empêchait de finir ivre. Elle connaissait plus ou moins ses limites. Tout simplement parce qu’elle voulait rester sur ses gardes à chaque instant.

« Oh, il est pas mauvais. Et la viande marinée est délicieuse. »

Tery mangeait et buvait sans même se poser de question. Vraiment, est-ce qu’elle appréciait Tery à cause de cette candeur dont il faisait preuve dans ces petits moments ? Il avait une femme à côté de lui, pas n’importe quelle femme. Il avait la reine de Shunter, qu’il connaissait depuis des années. Il se rappelait sûrement de ce qui s’était passé à Omnosmos et pourtant, il donnait l’impression de ne pas saisir la situation.

« Ah, eh bien, tu n’avais pas tort sur le vin, Tery. Il donne un peu chaud. »

Elle commença à tirer un peu sur le haut de son vêtement, battant la main devant elle comme pour faire un léger éventail. Bien sûr, elle utilisait à peine ce qu’il fallait de vent pour produire un léger souffle.

Hmm ? Elle jeta un bref regard à Tery, elle avait réussi à capter ses yeux qui la fixaient hein ? Et il était vrai qu’il était un peu rouge aux joues aussi. L’effet du vin… ou autre chose ? Peut-être qu’elle pourrait envisager d’ouvrir un ou deux boutons ? En même temps, il fallait bien qu’elle respire.

Pendant qu’il avait détourné le regard, elle avait aussitôt fait ce qu’elle pensait, ouvrant avec vivacité deux boutons de sa chemise. Oh, peut-être qu’elle en montrait plus que nécessaire ? Non, ça avait l’air d’aller. Surtout que tant qu’elle ne respirait pas trop fort, ce n’était pas si visible que ça. Bon, ils allaient terminer le repas ? Et ensuite ? Qu’est-ce qu’ils allaient faire ? Plusieurs idées se bousculaient dans sa tête.

« Aujourd’hui, c’était plutôt consistant, tu ne crois pas, Manelena ? »

« Il est vrai que j’ai eu plus qu’il n’en fallait. Leur pain est assez bourratif, Tery. »

Et maintenant ? Ils avaient terminé le repas. La pichet de vin n’était pas encore terminé mais il était bien entamé. Le souci ? C’est qu’elle avait encore pleinement conscience de ses actes. Elle avait refermé l’un des deux boutons car pfiou, ce n’était vraiment pas son genre.

« Et maintenant ? On devrait aller se coucher, non ? Je veux dire, pour digérer et tout ça. »

« À ce sujet, Tery, tu sais que me faire dormir dans le même lit que toi alors que je suis ton esclave, ce n’est vraiment pas une… »

« Bonne idée, je le sais bien mais je ne vais pas renier toute ma relation avec toi pour bien paraître aux yeux des autres démons. Je veux dire, ici, c’est ma chambre privée. Normalement, personne y a accès, j’ai le droit de faire ce que je veux dans ce lieu. »

« Oh ? Faire ce que tu veux ? Et de quoi as-tu envie ?

Elle avait fini par s’installer sur le lit, jetant du pied ses chausses et les chaussettes qui accompagnaient ces dernières. Assise à moitié sur l’oreiller, elle s’étendait de tout son long, Tery venant faire de même à ses côtés.

« Je crois que j’ai envie de terminer ce pichet. Je dois t’avouer qu’avec toute cette mise en scène à accomplir à chaque fois, je suis vraiment fatigué et usé par toutes ces bêtises. »

Ramenant le gobelet à ses lèvres, il vint le tendre à Manelena en disant qu’il allait terminer le pichet. Et alors ? Il avait tellement de désespoir que ça pour se laisser aller ? Car oui, il finissait le pichet en l’emmenant directement à ses lèvres.

« Quelle descente, Tery. Je ne te savais pas aussi porté sur l’alcool. On dirait bien que nous avons un petit secret maintenant, toi et moi. »

Il rigola en même temps qu’elle. Quelques minutes après, il était tout simplement avachi sur le lit, au-dessus des couvertures alors que Manelena avait fait de même en faisant attention à ne pas renverser les gobelets et le pichet. Observant Tery couché sur le lit, déjà à moitié en train de cuver, elle prit une profonde respiration.

Cela ne servait à rien. Elle ne pouvait pas réellement en profiter. Pas de cette manière. Par contre, il y avait une autre façon et elle n’allait pas s’en priver. Vu que Tery était en train de dormir, elle commença à se déshabiller, retirant son pantalon avant de faire la même chose avec Tery.
L’aidant à se débarrasser de son haut, elle garda néanmoins le sien, bien qu’elle avait rouvert quelques boutons. Elle pouvait presque être poitrine nue. Il suffirait de tirer de chaque côté de la chemise et… ce n’était pas le cas. Elle rentra dans les couvertures, forçant Tery à faire de même bien que ce dernier grognait un peu. Et sans aucune hésitation, elle vient caler la tête du jeune homme contre ses seins. Elle n’aura peut-être pas plus pour cette soirée mais c’était déjà franchement pas mal à ses yeux.

Laisser un commentaire