Chapitre 20 : Le regard des autres

Chapitre 20 : Le regard des autres

« Tu vas avancer, oui ?! »

« Je le fais, maître Tery. S’il vous plaît, ne me frappez pas ! »

Il avait tiré ce qui semblait être une chaîne. Celle-ci emmenait jusqu’à un collier de métal alors que Manelena avait des menottes de métal aux poignets, forcée de garder la tête baissée. Ils étaient blessés, autant l’un que l’autre depuis les évènements d’il y a deux jours. Cela ne guérissait pas aussi rapidement que prévu.

La femme aux cheveux d’argent avait à peine son visage visible après les évènements, souvent camouflé par sa chevelure. Elle ne semblait exprimer aucune émotion, à part de la crainte par rapport à Tery. Les démons autour d’eux ne disaient rien du tout, ayant comme un sourire satisfait en vue de la situation.

« Vous avez complètement ravagé votre chambre ! Mais qu’est-ce qui s’est passé ?! »

« J’ai simplement remis à sa place une surfacienne impertinente. Je crois que j’ai été trop beaucoup trop clément en fin de compte. J’ai donc réglé ce problème. »

« Ouais, on a vu ça et on a entendu ça mais vous êtes blessé ?! Il faut la punir et… »

« Elle n’est pas dans un meilleur état. Elle a été déflorée, cela doit être visible parmi tout ce sang. Je pense qu’elle a déjà été assez punie. Et si je la brise trop, nul ne reconnaîtra qu’elle est la reine de Shunter. Je préfère la garder vivante. D’ailleurs, vais aller l’emmener se laver, ça serait bête qu’elle finisse infectée ! »

Cela avait été la première conversation de la journée après cette nuit fatidique. Quand tout s’était calmé, il avait pris Manelena par le bras, des haillons dans les bras ainsi que ses propres vêtements. Il avait été difficile de l’emmener dans un coin isolé pour se laver tous les deux, sans que les servants ne viennent les déranger.

Il avait alors rétorqué que c’était à sa propre esclave de faire le travail et que nul ne devait l’en empêcher sinon, il s’occupera personnellement de la personne qui osait le déranger. Et dans la salle pour se laver ? Eh bien, il murmurait quelques mots à Manelena, allant doucement laver le corps nu de la femme aux cheveux gris.

Et elle ? Elle faisait de même ? Elle ne parlait qu’à peine, comme songeuse. Oui, il était vrai que cela pouvait être gênant d’observer le corps de chacun, couvert d’entailles, de blessures et autres mais… cela ne dérangeait ni l’un, ni l’autre maintenant. Elle avait collé sa poitrine nue contre le dos de Tery, sa tête sur son épaule.

« La prochaine fois que tu fais un truc du genre, Tery, tu… »

« Je suis si désolé, Manelena. Tellement désolé, Manelena mais… je… ce n’est pas fini. Je vais partir de cet endroit malsain, je vais demander à ce que tout le monde nous rejoigne. Mais cela va prendre encore quelques jours, je suis… tu peux tenir le coup ? »

« Imbécile. C’est moi qui avait proposé de jouer le jeu. Simplement, toi, tu as été très loin. »

Elle pouvait dire même « trop » loin en vue de ses actes mais elle sentait à quel point il avait été aussi affligé qu’elle parce qu’il avait osé lui faire. Comme pour enfoncer le coup, elle poussa un soupir triste, déclarant :

« Et dire que je me réservais pour l’homme que j’aimais. Ma première fois, envolée. »

Elle sentit que le jeune homme venait de se raidir contre elle, se redressant comme s’il venait de subir un choc électrique. Elle l’entendit commencer à renifler et bredouiller avant qu’elle ne vienne placer ses bras autour de sa taille.

« Tu es définitivement un imbécile. La méthode était vraiment trop violente mais elle aura le mérite d’être efficace. Il ne faudra rien dire à Héraisty et aux autres, ça sera à eux de deviner à leur façon. Bon… Hmm… »

« Manelena, jamais rien n’effacera ce que j’ai fait sur toi. Comme tu l’as dit, tu étais… »

« Oh mais tu peux pas te taire un peu, Tery ? Sur le coup, je n’ai pas compris et j’étais vraiment prête à te tuer. En fait, je le suis toujours si j’avais su que tout cela était fait à dessein… et d’ailleurs ça l’est. Mais j’ai compris tes circonstances et même si tu as tellement exagéré, il me faut avouer que… Oh mais je sais comment tu vas te faire pardonner. »

« Hein ? Euh et comment, Manelena ? »

« Eh bien, quand nous serons plus tranquilles, tu n’auras qu’à me faire oublier cette soirée horrible d’une façon ou d’une autre, non ? »

Et s’il n’avait pas compris l’allusion, Manelena vient glisser un doigt le long de son torse, le faisant tournoyer doucement. Il déglutit légèrement, c’était un peu tard pour revenir en arrière maintenant mais…

« C’est d’accord, Manelena. Mais ce qui s’est passé hier, jamais en vrai, je ne l’aurais fait ! Je voulais juste que tu sois au courant, d’accord hein ? »

« Hmm ? Bien entendu, comme si en vrai, tu étais capable de commettre une telle atrocité. Encore que vu que ça s’est réellement produit, c’est que tu as une petite part dominatrice au fond de toi, Tery, tu ne crois pas ? »

« Je préfère ne pas trop y penser, Manelena. Ce n’est pas du tout moi, et tu le sais bien. »

« Tu peux dire ça à mon corps hein ? C’est lui qui a bien subi « ce que tu n’es pas » cette nuit, hein ? Pfiou, d’ailleurs, Tery, à ce sujet, je crois que… »

« Chut, chut, chut ! Manelena, stop, s’il te plaît ! »

Pourtant, c’est elle qui vient rire, très faiblement. Pfiou… Elle devait pourtant être enragée, énervée, vouloir étrangler Tery, mais le corps de ce dernier comme le sien était dans un triste état. Et surtout, elle continuait à embêter le jeune homme jusqu’à ce qu’ils aient fini de se laver. Il avait demandé de nouveaux habits, spécifiques pour elle, ainsi que des chaînes plus solides. Ils n’avaient pas encore fini toute cette histoire.

Et c’était pour cela qu’ils se promenaient dans les ruelles. Ils voulaient que le message passe parfaitement dans ces lieux, que chacun et chacune puisse observer ce qui se passait. Il évitait exprès le regard des démons qui avaient été avec eux pendant la montée puis la descente du monde souterrain.

Oui, il ne cherchait pas à converser. En fait, il « paradait » avec Manelena à ses côtés, Manelena qui était dans une tenue bien différente de celle de son arrivée. Oui, avec des habits qui lui donnaient vraiment l’impression d’être juste un objet sexuel bon à jeter s’il le désirait, dévoilant une bonne partie de sa poitrine, mais aussi de ses jambes.

Et Tery ? Le jeune homme arborait ses cornes, comme si de rien n’était. Manelena continuait d’avoir la tête baissée, gênée et honteuse, du moins, en apparence. De plus, il avait appris de bonnes choses au sujet de Manelena. Il n’avait pas été le premier à tenter de lever la main sur elle sauf qu’elle avait aisément annihilé les démons qui avaient tenté quoi que ce soit sur elle.

Contrairement à cette pauvre soldate qui n’avait pas eu de chance, Manelena était bien plus forte et il avait compris aussi que lui-même était plus puissant qu’il n’y paraissait. Les nobles démons de cette capitale n’étaient pas aussi forts qu’il ne l’aurait cru. Enfin, tout cela l’avait emmené à imaginer ce plan lorsqu’il avait compris que la vie de Manelena était en danger si elle continuait sur cette voie.

C’est pourquoi il avait agit d’une telle manière. C’était la solution de dernière chance. En venant punir Manelena de la sorte, la souiller, la mettre plus bas que terre, il faisait comprendre sa position aux yeux de tous les démons. Bien entendu, dans la réalité et en privé, c’était bien loin de tout ça. C’était bien différent.

Mais cette mesure extrême, il s’en voulait encore maintenant. Il allait s’en vouloir pendant des jours, des mois, peut-être jusqu’à la fin de sa vie. Bien entendu, il y avait le fait qu’il avait trompé Elen mais si ce n’était « que » cela. Il avait violé Manelena et ça, il ne pouvait jamais enlever cette tâche sur son être.

Il s’arrêta au beau milieu de sa marche quand deux soldats se dirigèrent jusqu’à lui, jetant un petit regard en direction de Manelena qui se cacha derrière le jeune homme. L’un des deux soldats s’adressa à Tery, lui disant :

« Tery ? Y a l’empereur Malark qui veut que tu ailles le voir. »

« Hmm ? Maintenant, j’imagine. Une royauté qui irait attendre un simple type comme moi, ça n’existe pas. Viens par là, toi. » dit-il en tirant un peu sur la chaîne reliée au collier de métal de Manelena, celle-ci poussant un petit cri.

« On peut ramener ton esclave si tu préfères. »

« Ah non, non. Cela devrait aller. Je vais justement la montrer à l’empereur pour qu’il voit ce que j’ai fait de l’ancienne reine de Shunter car il n’y a aucun doute que déjà en haut, ils ont sûrement trouvé un remplacement pour elle. »

« Comme tu veux, c’était qu’une proposition. » signala le second garde, visiblement déçu.

Pas besoin de demander pourquoi il était déçu spécifiquement. Comme le premier garde, il était aisé de voir qu’ils pensaient pouvoir profiter de Manelena si elle n’était pas avec Tery. Pourtant, il en était hors de question, le jeune homme cornu reprenant le chemin jusqu’au château impérial, arrivant devant la salle du trône, attendant qu’on le présente avant de pénétrer à l’intérieur.

« Vous voilà, tous les deux. Que tout le monde quitte la salle du trône. »

Hmm ? C’était donc relativement important pour qu’il demande une telle chose. Tery observa du coin de l’oeil les soldats qui quittaient la pièce. La salle du trône étant des plus imposantes, s’ils se dirigeaient jusqu’au trône, il n’y avait aucune chance que quelqu’un puisse les entendre.

« Bon, vous pouvez arrêter la comédie, tous les deux. Vous n’êtes pas crédible. »

« Ah ! Euh… Vraiment ? Vous pensez que… »

« Tery, le mieux aurait été de continuer à jouer le jeu justement pour le contredire et lui montrer qu’il a complètement tort. »

« Ah ! Donc, c’est un peu… tard, n’est-ce pas ? » dit Tery alors que Manelena poussait un profond soupir, ne pouvant pas vraiment croiser les bras en vue de ses chaînes.

« On va dire que oui, maintenant, il faut voir ce que l’empereur Malark nous veut. Pourquoi nous avoir contacté, empereur ? »

« La situation a plus ou moins dégénéré. Certains pensaient te retirer des « griffes » de Tery en prétextant que cela ne se fait pas à une surfacienne. Malheureusement pour eux, je déteste l’hypocrisie plus que tout et cela ne m’a pas dérangé de me débarrasser d’eux. »

« Je ne sais pas trop quoi dire, empereur Malark. Je ne peux pas vous remercier car la situation est vraiment affligeante dans la capitale. »

« Tu ne peux pas changer des siècles d’histoire juste par ta présence, Tery Vanian. Je te l’ai déjà dit et répété. Néanmoins, ton exaction par rapport à l’actuelle reine de Shunter a fait quelques émules. Les démons pensent que les autres démons de ton groupe font subir les mêmes sévices à leurs compagnons. »

« Je ne sais pas si c’est vraiment réjouissant que l’on me considère comme un violeur. »

« Non pas comme un violeur mais quelqu’un qui sait abuser de son autorité face aux races inférieures. Pour les démons, tu es comme un parasite aux yeux de beaucoup. Tu n’as pas l’allure et le comportement d’un démon. Du moins, c’était ce qu’ils pensaient avant que ton coup d’éclat ne se fasse connaître. En même temps, à voir votre état à chacun, j’ai l’impression que la reine de Shunter n’était pas au courant. »

« Et pas qu’un peu, je l’ai cogné pour lui faire comprendre comment on traite une femme. »

« Hum, tu es peut-être plus démoniaque que je ne le pensais, Tery. »

Sincèrement, il devait prendre comment la remarque de l’empereur ? Car oui, il semblait le complimenter mais il ne se sentait pas ravi sur le coup. Dans le fond, c’est vrai que maintenant, les autres démons devaient penser à des choses horribles de sa part.

« Bref, empereur Malark, il n’y avait que ça dont vous vouliez me parler ? »

« Nullement, loin de là, Tery Vanian. Je sais ce que tu comptes faire et il est peut-être alors temps de te dire ce que je sais à ton sujet. »

« À mon sujet ? Comment cela ? Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »

Il était Tery Vanian. Il avait déjà eu la surprise d’être un démon, après toutes ces années. Qu’est-ce qu’ils allaient encore lui révéler d’assez sinistre ? Qu’est-ce qui allait encore être pire ? Est-ce qu’il n’avait pas assez souffert ?

« Mais auparavant, je voulais savoir une chose par rapport à ces surfaciens. Pourquoi eux ? Pourquoi non pas les démons ? Car depuis le début, tu sembles avoir fait ton choix. »

« Ce n’est pas une question de choix, empereur Malark. Je suis autant pour les démons que pour les surfaciens. Vous savez, tous les démons ne sont pas aussi… »

« Tu peux t’exprimer librement dans cette pièce. Nulle parole n’en sortira. »

« Aussi horribles que ceux qui se trouvent dans la capitale. Beaucoup de villages démoniaques ont des habitants très appréciables, qui sont là pour aider leur prochain. C’est juste que comme partout, dès qu’une personne a du pouvoir, elle en abuse, la grosse majorité du temps. Je ne suis pas pro-surfacien ou pro-démon, je veux autant la paix de l’un et de l’autre côté. Simplement, en revenant ici, avec la reine de Shunter, je pensais vraiment que ça serait un premier pas pour oeuvrer pour la paix, malgré tous les déboires. Et résultat ? Je… »

Il cherchait ses mots, les paroles qu’il fallait mais comment est-ce qu’il pouvait exprimer le fait qu’il avait tout simplement souillé la reine de Shunter ? Non, pire que ça, il avait souillé la femme qu’il aimait par ses actes. Il était impardonnable ! Il n’y avait pas de retour en arrière ! Il se prit une légère tape dans le dos, Manelena, malgré ses habits, avait une stature fière et droite, comme son véritable rang l’exprimait.

« Il ne faut pas abandonner pour aussi peu, Tery. L’empereur Malark sera sûrement d’accord avec moi sur le fait que ce n’est pas en abandonnant à la première difficulté que l’on peut forger un royaume. Je suis même certaine qu’il a bien plus de sang que la majorité des démons, est-ce que je me trompe ? »

« Cela ne concerne pas une surfacienne, Manelena. » rétorqua l’empereur bien qu’il n’infirmait pas les propos de la femme aux cheveux d’argent.

« Tout cela pour dire que ton idée reste bonne, Tery. Mais qu’il faudra sûrement « forcer » les plus puissants démons à se plier à ta volonté. Ici comme ailleurs, la loi du plus fort restera la meilleure. Je pense que ce que tu m’as fait a fait comprendre à certains démons que tu étais prêt à pas mal de « sacrifices » pour arriver à tes fins. Peut-être que tu as marqué quelques points dans certaines familles haut-placées. Et c’est ce qui dérange, n’est-ce pas ? »

Elle avait fini par reposer ses yeux sur le monarque, ne semblant pas réellement attendre de confirmation de la part de ce dernier même si celui-ci poussa un soupir agacé. Visiblement, il était un peu énervé par les remarques de Manelena, des remarques qui faisaient mouche à chaque fois. Elle n’était pas devenue reine par hasard.

« Ce qu’elle dit est vrai, Tery. Parmi les soldats qui étaient avec toi, bon nombre d’entre eux sont des fils ou filles de familles nobles. Parmi elles, certaines sont bien connues dans la capitale. Le fait est que ses familles ont envoyé leurs enfants te rejoindre dans le but de t’étudier et de se débarrasser en partie d’eux. Vu que leurs enfants sont revenus avec des surfaciens, les dit-enfants, qui n’étaient pas haut placés dans la hiérarchie familiale ont gagné un peu de grade dans ces dernières. »

« Euh… mais qu’est-ce que vous voulez dire exactement par là ? »

« Que ces familles sont intéressées par la surface et ses habitants. Que tes exactions ne sont pas passées inaperçues. Que ce que tu penses être inutile est tout le contraire au final. Tout est finalement lancé et si tu continues sur cette voie, alors, tu finiras par obtenir ce que tu recherches ici bas. Il te suffirait d’aller directement parler aux chefs des différentes familles ou du moins à leurs représentants pour comprendre ce que tu as fait. »

Il ne savait pas trop si c’était vraiment une bonne idée mais une nouvelle tape dans le dos de Manelena et voilà qu’elle déclarait à la place de Tery :

« Si tu dois te rendre dans de tels endroits, tu es prié de ne pas abaisser ta garde. Peut-être que vous avez des intérêts communs mais ces familles n’hésiteront pas à te bouffer tout cru si tu leur en offres la possibilité. Et bien entendu, comme je vais devoir t’accompagner, tu ne pourras pas t’abaisser à m’adresser la parole ou attendre que je vienne t’aider. D’ailleurs, empereur Malark, pourquoi vous me permettez de m’exprimer aussi aisément ? »

« Tu es vraiment impertinente comme femme, je suis certain qu’on te l’a souvent dit, n’est-ce pas ? » signala l’empereur Malark en fronçant les sourcils, peu habitué à ce qu’on s’exprime de la sorte envers lui dans sa salle.

« Disons que je n’ai pas été élevée avec des froufrous et des robes malgré mon statut de reine. Mon père m’a renié pendant pas mal d’années, il m’a fallut faire ma place dans l’armée sans que nul ne sache mes origines. Je ne vais pas vous raconter toute mon histoire. Pourriez-vous expliquer à Tery pourquoi vous faites tout ceci ? »

« Tu peux aisément lui expliquer par ta propre personne puisque tu es au courant de tout, il semblerait. Ensuite, Tery répondra à ma question te concernant. »

« Bon bon bon… Puisqu’il en est ainsi, Tery. Si tu veux tout savoir, l’empereur Malark est aussi prompt à faire changer les choses du côté des démons. Malheureusement, même avec son statut d’empereur, il ne peut pas tout accomplir. Je pense qu’il a décidé de t’aider de manière indirecte tout cela depuis l’apparition de sa fille issue de la surface. Est-ce que je me trompe, empereur Malark ? Vous avez vu qu’il était possible pour votre enfant de vivre à la surface, accompagné par de nombreux surfaciens, sans aucun problème. Votre enfant ! Issu de votre corps et de celui d’une femme de la surface ! D’ailleurs, à ce sujet, il faudra m’expliquer comment vous faites car ça a l’air d’être assez… saugrenu. »

« Humpf. Nous procréons de la même façon que les surfaciens. »

« Oh mais à la surface, vous savez, les mékalarmiens naissent dans les œufs. Les Claudiskins aussi, si je peux me permettre. Je ne veux pas parler de cette méthode. Vous semblez ne pas avoir besoin de… rapports pour ça. »

« Assez avec ces questions. Je n’y répondrais que lorsque la mienne aura eu une réponse. »

« Et de quoi il s’agit, empereur Malark ? » demanda Tery après quelques secondes d’hésitation, ne sachant guère réellement où se placer avec tout cela.

« Ta relation avec cette surfacienne. Je ne me fais pas d’illusions par rapport à Elise. Je sais pertinemment que toi et elle, il n’y a jamais rien eu et il n’y aura rien mais… cette relation entre toi et cette surfa… »

« Vous pouvez m’appeler Manelena, cela ne me dérange pas, Malark. »

Un grognement de la part de l’empereur se fit entendre, Manelena gardant son sourire aux lèvres alors que l’empereur reprenait la parole :

« Manelena. Quelle est ta relation avec elle ? Si ce n’était qu’une femme comme toutes les autres, tu n’aurais jamais commis de tels actes. De même, de ce que je sais avec ce que tu as raconté, tu es normalement déjà avec quelqu’un, n’est-ce pas ? Alors pourquoi cette femme ? Car il s’agit d’une reine ? »

« Hein ? Bien sûr que non ! Pas du tout ! Enfin, Manelena, ce n’est pas parce que c’est une reine, pas du tout, empereur Malark ! »

Et voilà que maintenant, il était gêné et confus. Comment est-ce qu’il allait expliquer cela correctement ? L’empereur attendait des explications visiblement. Surtout qu’il avait posé une question cruciale : Et Elen dans tout ça ?

« Par rapport à Elen, je compte vraiment lui expliquer la situation quand je pourrais enfin la revoir ! Il n’y a même pas besoin de se poser la question ! »

« Hum hum. Libre à toi. Beaucoup de démons sont dans la polygamie bien que cela soit beaucoup de non-dit. Une femme ou un homme principal et plusieurs amants ou amantes. Mais cela ne regarde qu’eux. »

« D’accord, d’accord. Euh, est-ce que la réponse vous satisfait ou pas ? »

« Pas vraiment, non, Tery. Je veux en savoir plus aussi. C’est l’heure de jouer cartes sur table. » annonça Manelena, se plaçant dans son dos.

« Hein ? Mais mais mais… Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? Je ne sais pas moi ! »

« Pourquoi moi ? Et pas une autre femme ? »

Mais c’était quoi ce traquenard ?! Ils travaillaient de concert ou quoi ?!

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