Chapitre 26 : De futures voies

Chapitre 26 : De futures voies

« Hum… J’ai l’impression que notre allure est ralentie depuis quelques jours, tu ne trouves pas, Royan ? » demanda Elise alors qu’ils marchaient au beau milieu d’une troupe composée de soldats et artisans. Certains étaient démoniaques, d’autres surfaciens, mais c’était un curieux mélange qui n’était pas déplaisant à voir.

« Je n’ai pas eu cette impression en particulier, je dois avouer. Pourquoi est-ce que tu penses une telle chose, Elise ? Tu peux l’exprimer ou non ? »

« Je pourrais mais je ne suis pas certaine que ça soit… nécessaire. C’est peut-être moi qui me fait des idées. Rien d’autre. »

« Peut-être ? Mais en même temps, tu n’as peut-être pas si tort que ça. J’ai aussi cette sensation que nous sommes ralentis. J’imagine que cela doit être à cause des créatures que nous rencontrons. Les éclaireurs sont sur le qui-vive pour éviter qu’elles ne causent des ennuis. Pour beaucoup, ils ne connaissent pas ces monstres. »

« Et même parmi les démons, si tu as entendu, ils ne sont pas tous forcément au courant. »

« Ah… Nous verrons en temps et en heure. J’ai déjà la sensation que nous sommes à des milliers de mètres sous terre, c’est affreux. »

« Oh, je suis certaine qu’on ne doit pas être si loin de la vérité. D’ailleurs, c’est étrange, j’ai toujours pensé plus que nous nous enfoncions, plus il ferait chaud et étouffant. »

« Je pense qu’il doit s’agit des roches autour de nous. Et de ces cristaux lumineux. De même, vu qu’il y a de l’eau souterraine, cela doit aussi réguler la chaleur. Et peut-être que moi-même, indirectement, avec mes pouvoirs, je refroidi les environs. »

Tout cela n’était que des probabilités mais Elise semblait s’y accrocher, hochant la tête alors qu’ils reprenaient encore et toujours la route. Elen parlait beaucoup moins, trop focalisée sur son enfant. Depuis qu’elle était une mère, elle semblait abandonner une bonne partie de ss idées farfelues mais pour combien de temps ?

« Hey, Royan, tu crois que ça serait une bonne idée si je… »

Elle se rapprocha de lui, commençant à lui parler dans l’oreille, avec discrétion. Le jeune roi de Traslord cligna des yeux, commençant à lui demander si elle pensait vraiment ce qu’elle disait, Elise répliquant :

« Bien entendu, c’est simplement qu’à l’heure actuelle, les voies utilisées sont toujours les mêmes, elles sont là depuis je ne sais combien de temps. »

« Oui mais là à envisager d’en créer une nouvelle pour que nous puissions retourner à la surface quand nous le désirons, c’est un peu fou, tu sais ? Et surtout, nous ne savons même pas où nous risquons de nous rendre, tu le sais ? »

« Mais à côté, cela ferait un endroit dont nous seuls connaîtrions le chemin. Je pense vraiment qu’il faudra en discuter avec tout le monde ce soir, pendant le repas. »

Elle voulait absolument avoir raison, hein ? Enfin, elle voulait absolument proposer cette idée et il était certain qu’elle trouvera du monde pour cela. Le jeune homme à la chevelure bleue ne fit qu’un petit sourire en direction d’Elise, comme pour lui signaler qu’il était d’accord avec elle..

« Pourquoi pas ? Nous n’avons rien à perdre avec tout cela, n’est-ce pas ? »

« C’est justement pour ça que je veux le proposer ! Car si ce n’est pas accepté, on fera comme d’habitude. Si c’est accepté, eh bien, on aura le temps d’y réfléchir car ça ne sera pas pour tout de suite de toute façon, hein ? »

« C’est vrai. Si tu veux, tu peux déjà en parler à Elen pour voir ce qu’elle en pense personnellement ? Car cela la concerne un peu non ? »

« Hmm… Tu as raison, Royan. Je vais te laisser tranquille pour quelques minutes alors ! »

Et la voilà maintenant déjà partie, comme si de rien n’était. Il la regarda faire comme si de rien n’était. Il ne pouvait s’empêcher de soupirer avec une petite pointe d’amusement. Comment est-ce qu’elle allait faire des fois, hein ?

« Elen ? Dis moi, est-ce que je peux te parler , »

« Bien entendu, Elise. Pourquoi est-ce que tu me poses la question ? Si tu as peur de me déranger par rapport à ma fille, ne t’inquiète pas, elle dort actuellement. »

« Elle est vraiment si mignonne, je tenais à te le dire. »

« Hmm ? Je le sais bien, c’est ma fille et son père est remarquable aussi. Elle ne pouvait qu’être mignonne, hein ? Hahaha. Mais que veux-tu plus précisément ? »

« Eh bien, j’ai parlé d’une idée à Royan et il semblait plutôt d’accord avec moi. Néanmoins, comme je veux en parler à tout le monde, je voulais d’abord avoir ton avis à ce sujet. Tu veux bien m’écouter ? »

« Bien entendu, bien entendu. Alors, dis moi tout. Je suis toute ouïe. »

« Hmm… J’avais envisagé la construction d’un tunnel nous ramenant à la surface. »

« D’accord… Mais à part ça ? Car ce n’est pas que ça non ? Pourquoi est-ce que tu veux faire un tunnel plus exactement ? Il y en a d’autres non ? »

Et voilà qu’Elise commença à expliquer plus précisément ce qu’elle voulait dire par là. La démone aux cheveux urburns évoqua les mêmes points qu’avec Royan. Après quelques minutes à parler de tout ça, Elen était maintenant vraiment songeuse.

« L’idée de nouveaux tunnels et donc grottes seulement connus par nous est excellente ! Cela veut dire que Tery pourrait faire des allers et venues sans que ça ne pose de soucis. Mais à côté, combien de temps avant qu’ils ne soient découverts ? Est-ce que tu as déjà réfléchi à cela ou pas, Elise ? Car je pense qu’il faut le prendre en compte. »

« Pas vraiment. Ma priorité était de trouver une autre sortie car je dois avouer qu’avec certains démons et les gnomolds, je ne suis pas certaine qu’utiliser une des sorties officielles soit vraiment conseillé. »

« Non, disons que y a de fortes chances qu’ils nous attendent, que ça soit une race ou l’autre. Nous sommes un peu entre le marteau et l’enclume. »

Elise regarda la jeune femme aux cheveux blonds, clignant un peu des yeux, hébétée par ses propos comme si elle se demandait si c’était bien elle qui avait cité une telle expression. Devant le regard décontenancé d’Elise, Elen bredouilla :

« Rester pendant plusieurs mois sans rien faire ou presque, aux côtés de la mère de Tery et avec Manelena qui arrivait, ça m’a permis de m’instruire encore un peu plus. »

« D’accord, d’accord. C’est vraiment surprenant quand on y réfléchit bien, faut se dire. »

« Hey, je ne suis pas plus idiote qu’une autre personne, tu sais ? »

Elle avait fait une petite moue en direction d’Elise, celle-ci rigolant affectueusement. Bien entendu, bien entendu. Ce n’était pas ça qu’elle voulait dire à la base, loin de là. Elle s’excusa néanmoins envers Elen, ne voulant pas la vexer.

« Merci pour tout, Elen. J’espère que les autres membres du groupe apprécieront l’idée. Je vais la proposer ce soir. »

Et le soir ne tarda pas à arriver. Pendant que chacun et chacune s’installait pour la soirée, attendant l’heure du repas, Elise faisait les cent pas dans la tente qu’elle partageait avec Royan. Bien entendu, le couple dormait ensemble.

« Tu ne vas pas me dire que tu stresses, Elise ? Pas toi quand même. »

« Eh bien si, ça m’arrive. J’ai peur que beaucoup trouvent mon idée ridicule ou absurde. Je ne sais pas comment il me faudra réagir si c’est le cas. »

« Certains seront surpris et étonnés mais même si d’autres protestent ou considèrent que c’est une absurdité, tu ne dois pas t’en faire. Il faut accepter les remarques de tout le monde si elles sont fondées. Ceux qui se permettent de t’insulter sans explication ne méritent pas ton intérêt ou ton inquiétude. Et puis… Hum… Comment dire ça ? »

« Oui ? Royan ? Tu veux dire quoi ? »

« Eh bien, si tu es si inquiète, je peux me placer à côté de toi si cela peut te rassurer. Qu’est-ce que tu en dis ? Tu préfères au cas où ? »

« Je voudrais bien, Royan… si tu veux bien. »

S’il proposait cela, c’est bien pour accepter. Cela serait étrange comme concept que de refuser une idée qu’il proposait. Mais il garda cette pensée pour lui. Elise était comme rassurée maintenant qu’elle savait qu’il serait là. Il avait plus l’habitude qu’elle pour ça.

Et la voilà au beau milieu d’un cercle composé de démons, de citoyens de Traslord, Honoros, Claudiska et Shunter. Et elle ? Elle était droite et immobile. Et elle prenait la parole, surtout. Elle commença à s’exprimer, lentement mais sûrement. Elle n’expliquait pas qui elle était, n’ayant plus besoin de se présenter.

« Nous sommes un groupe unique en soi… ou presque. Nous sommes des êtres qui ont transcendé les espèces pour avoir un but commun. Ici, il n’y a pas de démons, de surfaciens, d’adeptes d’Alzar ou de Zélisia. Ici, aucun être ne cherche à exprimer sa différence et sa supériorité mais une chose nous sépare encore. Une seule, contrôlée par des membres de nos races qui ne sont pas forcément enclins à apprécier tous les efforts commis. »

Elle parlait peut-être avec un peu trop d’exagération dans ses propos. Elle ne voulait pas être trop pompeux mais elle sentait que si elle s’exprimait comme d’habitude, elle risquait de ne pas être prise au sérieux, chose qu’elle ne désirait absolument pas à cet instant.

« Cette chose, ce sont les voies qui nous permettent de lier la surface et les démons. Je ne vais pas parler au nom de tous les démons ici présents, mais tous pourront confirmer une chose : ces portes qui bloquaient les issues menant à la surface n’étaient pas créées par la magie d’Alzar et Zélisia. Non, ce sont des fabrications démoniaques, des preuves que d’un côté comme de l’autre, nul n’aurait accepté ceux qui s’étaient opposés à eux pendant de nombreux siècles. »

Elle continuait, encore et encore. Elle ne voulait pas s’arrêter de parler. Pas à ce moment, pas à cet instant. Si elle s’arrêtait, elle n’aurait plus alors le courage de continuer. Elle devait arriver jusqu’au bout de son monologue, de son discours :

« Il n’aura fallut que quelques mois, peut-être une année pour que nous, nous tous ici présents, comprenions que nous n’étions pas différents les uns des autres. Nos craintes, nos forces, nos relations, nous sommes tous pareils et c’est pour cela que je vais vous proposer quelque chose qui permettra d’affirmer encore plus nos relations. »

Elle en arrivait au point crucial de son discours, le moment le plus important. Elle sentait que tout le monde la regardait, attendant qu’elle prononce, qu’elle décrive son idée :

« Nous allons créer un tunnel. Un tunnel façonné non pas par les démons ou alors parcouru par les surfaciens pour attaquer les démons. Non, ce tunnel sera fait par nos mains et nos efforts conjoints. Ce tunnel sera la première voie qui réconciliera nos races. Et ce tunnel sera là pour nous ramener à la surface, sans qu’il n’y ait de gnomolds ou autres pour nous barrer le passage. Qu’en dites vous ? »

Elle ne s’attendait pas à des exclamations de joie et des applaudissements et heureusement rien de tout cela n’arriva. Les gens discutaient entre eux, comme pour savoir le point de vue de l’autre sur l’idée de la jeune démone aux cheveux auburn.

« Royan, c’est bon ou mauvais signe, ce silence ? »

« Il faut patienter, parfois. Tout le monde ne sait pas forcément les enjeux de ta proposition mais comme je te l’ai dit, qu’importe le résultat, je serais là pour te soutenir. »

Ah… Elle voulait se sentir rassurée par les paroles de Royan mais elles étaient inefficaces à l’heure actuelle. Avec cette boule dans l’estomac, elle avait l’impression que tout son corps allait lâcher d’un moment à un autre.

« Vu que je suis à la recherche de mon démon à moi, je trouve que c’est une excellente idée ! » s’exclama une voix qu’elle reconnaissait facilement, Elen s’étant levée. « De plus, Royan et Elise nous montrent bien toutes les possibilités de notre monde grâce à leur couple. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas construire ce tunnel ! »

Cela avait été le début des réactions. Chacun et chacune élevait sa voix, affirmant sa prise de position par rapport à l’idée d’Elise. Tous étaient majoritairement d’accord, certains étaient neutres mais ne refusaient pas l’idée. Non, il n’y avait aucune voix qui contestait son idée. Mais tous n’étaient pas forcément convaincus de la justesse des propos de la demoiselle.

« Et quand est-ce que nous devons préparer ces tunnels ? »

« Eh bien, je fais confiance à nos amis démoniaques pour nous dire quand nous sommes assez proches de la capitale. Sans pour autant être trop proches non plus, car je pense que ça ne sera pas de simples travaux. Durant le reste du voyage, le temps que nous trouvions l’endroit parfait, je vais vous questionner pour savoir qui serait capable d’oeuvrer pour ça pendant que les autres continueront à surveiller les environs. Néanmoins, je vais aussi vous demander à vous tous de me dire si quelqu’un s’y connaît en architecture et autres. Car creuser un tunnel, ça ne sera pas à la portée de tous et il nous faudra prendre nos précautions. De même, si nous trouvons d’autres villages dans les environs, il ne faudra pas avoir peur de dialoguer avec eux. Qui sait, peut-être que certains viendront nous rejoindre ? »

Maintenant qu’elle avait fini de proposer son idée, elle était comme ragaillardie par tout ça et commençait déjà à parler de tout et de rien, sans même se soucier. Royan garda un sourire aux lèvres avant de finalement la laisser seule. Il n’avait plus besoin de veiller sur elle, elle allait se débrouiller. Il retrouva Elen, venant s’asseoir à côté d’elle :

« C’est tout ce qui importait, n’est-ce pas ? »

« Tu as fait le bon choix. Je suis certain que Tery serait heureux de voir que nous pouvons nous débrouiller sans lui. »

« Quand tu parles comme ça, je ne suis pas rassuré, je suis désolé. Cela donne l’impression… qu’il va mourir et je ne veux pas penser à ça. »

« Ce n’était pas mon but, Royan. Je veux aussi le retour de Tery mais… si j’ai dit que j’appréciais son idée, ce n’est pas pour rien. Je crois vraiment en ces idées. »

« Moi aussi. Mais en même temps, je suis un peu inquiet. Malgré tout ce qui s’est passé, nous n’avons pas rencontré tant de démons que ça. Je ne sais pas, cela ne me rassure qu’à moitié. »

« Tu te fais trop de soucis mais pour une bonne raison. Néanmoins, si cela peut te rassurer, l’explication doit être en rapport avec les gnomolds. Je suis certaine que certains ont pris d’autres tunnels et sont déjà en train de descendre eux aussi. Cela ne m’étonnerait pas que des démons ont été envoyés pour les réceptionner à leur façon. »

« D’accord, donc nous ne sommes pas un groupe assez inquiétant pour qu’ils soient plus concernés par nous que par des gnomolds. En un sens, ça reste assez vexant, tu ne trouves pas ? » demanda Royan en regardant la femme aux cheveux blonds.

« Bof, tu sais, j’imagine que je pourrais m’en remettre. Ce n’est pas comme si leurs avis nous intéressaient non ? Je veux dire par là, on ne va pas aller se montrer devant eux pour qu’ils soient concernés par nos faits et gestes non, hein ? »

« Oui bien entendu, je vois où tu veux en venir. C’est juste que c’est étrange qu’ils préfèrent focaliser des gnomolds qu’un groupe comme nous. »

« Pas si étonnant ou étrange. On a bien vu que les gnomolds haïssaient les démons. J’imagine que ça doit être réciproque. Le pourquoi par contre ? On ne peut pas le savoir si aucune des deux races ne décide d’ouvrir sa bouche pour ça. »

« Ce n’est pas faux, tu as parfaitement raison. Je ne sais pas pourquoi je n’y ait pas pensé après tout ? »

« Car tu es trop focalisé sur Elise pour le moment. Il suffit de la voir pour comprendre que tu étais bien trop inquiet pour elle autant qu’elle l’était pour ses idées, voilà tout. »

Encore une fois, elle avait raison. Bien qu’il avait souvent vu les débordements d’Elen par rapport à Tery, il comprenait qu’elle parlait en tant que femme qui avait expérimenté tout ça. Une femme qui ne connaissait rien auparavant aux sentiments amoureux… comme Royan et Elise en ce moment même.


Elle tapota doucement le crâne du jeune adulte devenu plus grand qu’elle au fil des années avant de lui faire un léger sourire. Royan eut des petites rougeurs aux joues, marmonnant en repoussant à peine la main :

« Je ne suis plus un enfant, Elen. S’il te plaît, qu’est-ce que les soldats vont penser de moi si tu me fais ça en public ? »

« Ooooh, ils penseront que du bien. Souvent les rois et reines impressionnent par leurs auras, montrant par là qu’ils sont intouchables. »

« Je voudrais bien qu’ils gardent cette idée de moi et que je puisse alors ensuite… »

« Trop tard, Royan. Trop tard ! Tu es devenu un homme mais tu resteras toujours le petit frère du groupe. Désolé, c’est gravé dans la roche. »

« Pfff… Vraiment. Heureusement que vous n’êtes pas toujours là hein ? »

« Tu as parfaitement montré que nous te manquions bien trop pour que cela ne te fasse aucun effet, tu n’as pas besoin d’être gêné. »

Il ne l’était pas ! Il ne fallait pas qu’elle raconte n’importe quoi non plus hein ? Enfin, il n’allait pas le crier sur tous les toits. Elle exagérait vraiment quand elle le voulait. Cela se voyait qu’elle allait bien mieux.

« On ne devrait pas s’amuser aux dépends d’autrui. Surtout d’un membre de la royauté. »

« Tu seras un membre de la royauté à mes yeux quand j’aurais perdu la mémoire. Ce n’est pas encore prêt d’arriver, Royan, désolée pour toi. »

Il marmonna quelques paroles, disant que ce n’était pas vraiment juste, elle répliqua que oui, la vie était injuste. Mais maintenant qu’Elise s’était enfin calmée, ils allaient pouvoir retourner auprès d’elle et manger un bout comme les autres.

Un tel projet allait être enfin réalisé. Ce n’était pas un rêve. Bien sûr, elle avait évité de trop en parler avant de finalement se jeter à l’eau. Maintenant, elle s’en voulait presque d’avoir trop tardé à en parler.

Heureusement, elle avait pris son courage à deux mains et maintenant, elle sentait qu’elle allait bien dormir. D’ailleurs, Elen lui fit une petite remarque à ce sujet, ayant vu son air fatigué. Elle lui avait signalé d’aller se coucher, chose qu’elle fit bien vite.

Elen avait décidé de faire un petit tour de garde avec quelques soldats, songeuse. Elle s’imaginait un peu ce qui se passait à l’heure actuelle. Elle voudrait être aussi forte qu’Elise. Crier ce qu’elle désire et recherche. Elle l’avait dit quand elle avait retrouvé ses esprits, il y a plusieurs moi de cela.

Mais maintenant ? Elle en avait moins la force. Peut-être parce qu’il y avait eu de nombreux échecs par rapport à Tery. Que deux fois de suite, ils avaient échoué à se revoir correctement et à rester ensemble ? Il y avait tellement de raisons qui la faisaient reculer.

Mais bon… Avec ce tunnel, Tery ne serait pas qu’un lointain souvenir. Non, il sera définitivement près d’elle, ça sera du concret. Il n’aura pas à se faire d’illusions, loin de là. Elle est certaine qu’ils allaient être bientôt réunis, elle et lui.

Ah … Peut-être qu’elle devait trouver un projet plus concret ? Comme élever sa fille bien plus correctement qu’elle ne le faisait ? Elle n’avait aucune idée pour savoir actuellement, cela allait ou non. D’habitude, elle avait l’aide de la mère de Tery mais ici, elle devait apprendre à se débrouiller seule ou presque.

Car oui, heureusement, les femmes du groupe venaient l’épauler, du moins, celles qui étaient déjà mères de famille. Le plus surprenant à ce sujet restait les femmes démoniaques. Elles semblaient avoir à peine son âge et pourtant, certaines lui disaient qu’elles avaient déjà plusieurs enfants en âge de partir à la guerre.

D’ailleurs, l’une d’entre elles était justement venu avec son fils et sa fille. Et ils étaient présents ! En les regardant, elle avait bien remarqué les similitudes mais bon… Enfin, toute aide était bonne à prendre et elle avait accepté le coup de main de la part de cette femme.

C’était d’ailleurs grâce à ce coup de main qu’elle avait compris à quel point les démons étaient pareils que les gens de la surface lorsqu’il s’agissait d’élever leurs enfants. Du moins, à la base, car elle n’en savait rien pour leurs éducations. Bien que les deux enfants de cette démone semblaient la respecter et lui obéir. Ah, repenser à ça lui avait permis d’évacuer un peu ce stress avant d’aller se coucher. Elle allait bien dormir, auprès de sa fille.

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