Chapitre 28 : Éradication nécessaire

Chapitre 28 : Éradication nécessaire

« Ne laissez aucun d’entre eux s’échapper ! Bloquez toutes les issues ! »

Elise criait encore même si elle se trompait à moitié dans ses paroles. Des issues ? Alors qu’ils n’étaient pas dans un bâtiment mais à l’extérieur ? Pour autant, les soldats comprenaient où elle voulait en venir, se plaçant autour des soldats démoniaques restants.

« Réduisez leur nombre au maximum ! N’en gardez que quelques uns vivants, pas besoin de tous ! Qu’ils comprennent où est leur place ! »

Elen s’était arrêté d’attaquer. Leur armée avait maintenant un avantage définitif. Cela ne serait plus qu’une fraction de minutes avant que le combat ne soit conclu. Mais bon, elle n’avait pas ranger son arc pour autant.

« Vous semblez vraiment exténués, vous deux ? Cela va aller ? »

« Hein ? Euh.. .Vous vous préoccupez vraiment de nous ? » demanda l’un des deux mékalarmiens après la question d’Elen à leur encontre.

« Y a quoi de si étrange ? En vue de l’aide que vous avez apportée, ça me semble logique non ? Donc bon, si au moins, vous êtes capables de parler, c’est que ça va. Ne bougez pas d’ici, vous en avez assez fait pour nous. »

« Euh, nous allons bien, merci de votre préoccupation, c’est très gentil de votre part, nous tenions à ce que vous le sachiez. »

« Hahaha ! Y a pas de quoi ! Vous êtes bizarres pour des mékalarmiens, mais sachez juste que ce n’est pas un mal. »

Elle aussi avait décidé quelques ronds de jambe en les écoutant. Ils la regardèrent, un peu perplexes jusqu’à ce que des cris se fassent entendre, le commandant ennemi commençant à éliminer ses propres soldats, prêt à en dévorer un morceau.

« OH QUE NON ! On ne va pas te laisser faire ! »

Avant même qu’un morceau n’aille dans sa bouche, le commandant avait perdu son bras, des gerbes de sang volant dans tous les sens alors qu’il hurlait à la mort, s’écroulant à genoux. Aussitôt, plusieurs mains le forcèrent à rester au sol, lui retirant toute possibilité d’attaquer et de se défendre.

« Lâchez-moi, bande de chiens galeux ! Lèche-bottes au service d’une traînée à moitié démone ! Vous devriez avoir honte de suivre une créature comme elle ! »

« Oups… J’ai cru très mal entendre, n’est-ce pas ? J’ai l’impression que l’on vient de me comparer à une dame de plaisir, non ? » murmura Elise, se ramenant au niveau du commandant, sourire mauvais aux lèvres. Celui-ci avait été relevé à peine pour qu’elle puisse le regarder de haut. « Mais ne t’en fait pas, je ne vais pas te tuer puisque j’ai besoin d’en savoir un peu plus sur ce que font mon frère et ma sœur. Et ne t’en fait pas, je saurais te faire parler, Manelena m’a donné quelques petites astuces au cas où. »

Royan déglutit à côté d’elle. Même sans avoir pris la parole, il était aisé de voir à quel point il était peiné pour le commandant. Bien que les soldats ne comprenaient pas ce que cela impliquait, il jeta un petit regard en arrière, vers Elen.


Il était certain qu’Elen avait aussi appris quelques diverses choses de la part de Manelena bien qu’elle ne voulait pas le montrer. S’il s’agissait vraiment de torture, comme Elise le proclamait, il avait déjà mal pour le commandant.

« Bon, si nous sommes certains qu’il n’y a aucun démon qui a réussi à s’enfuir, récupérez les cadavres de tout le monde. Nous irons nous occuper de faire un charnier pour les leurs tandis que nous ferons une sépulture décente pour nos combattants. »

Comme auparavant, elle reprenait un peu les rênes de la troupe même si elle tournait parfois son visage vers Royan pour être certaine qu’elle agissait comme il le fallait. Il lui répondait alors juste par un sourire et une main qui chercha la sienne.

Un peu plus tard, ils étaient à nouveau dans le campement à l’entrée du tunnel qu’ils avaient commencé à creuser. Comme elle l’avait demandé, les cadavres avaient été tous ramenés, Elise demandant à ce qu’on fasse le tri.

« Je ne veux pas que l’un de ces démons soit mélangé avec nos vaillants combattants. Quant à toi… Hmm … Oh, c’est vrai que tu continues de saigner, n’est-ce pas ? En même temps, perdre un bras, ça doit être horrible. Je ne voudrais pas que tu succombes avant d’avoir parlé. Je vais donc t’offrir un petit aperçu de ce qui t’attend. »

Elle avait observé le bandage de fortune sur le moignon ensanglanté du commandant démoniaque. Imbibé de sang, le bandage était à peine efficace mais elle posa une main sur celui-ci avant d’avoir un grand sourire.

« Pas besoin de lui donner un morceau de bois. Il est plus aisé pour nous d’entendre nous supplier de lui laisser la vive sauve. »

Et son corps s’enflamma subitement, de courtes flammes qui ne risquaient pas de toucher une autre personne sauf si elle était au contact ce qui était le cas pour le commandant ennemi. Celui-ci poussa un hurlement, incapable de mouvoir alors sa chair sanguinolente se faisait cautérisée de force.

Quelques instants suffirent pour que le démon se mette à haleter, les larmes, le moignon ayant laissé place à de la chair brûlée mais dont le sang ne s’écoulait plus. Cela avait été drôlement efficace, plus qu’elle ne l’avait imaginé.

« Leçon apprise ou tu comptes encore faire le fanfaron ? »

« Tu peux toujours courir, sale… »

« Je ne vais pas être ton ennemie. Je veux simplement avoir une confirmation que ce sont bien des démons au service d’Haiktos et d’Halyza qui ont décidé de venir nous attaquer en pensant qu’ils seraient capables de nous battre. »

« HAHAHA ! Haiktos ? Vraiment ? Comme si nous allions nous cacher en nous faisant passer pour des démons à son service ! »

« Donc une petite confirmation comme quoi vous êtes bien au service d’Halyza, ma sœur aînée. C’est déjà bon à savoir. Mais on dirait que vous avez une sacrée dent contre Haiktos. Il faut se dire qu’il doit sûrement mettre à mal bon nombre d’entre vous d’après mes souvenirs. Même Tery n’arrivait pas à le battre lors de cette séance d’entraînement. »

« HAHAHA ! Haiktos… Ouais, juste bon à faire la guerre et aller sur le terrain pour se battre, il n’a pas les compétences d’un chef, contrairement à dame Halyza. »

« Dame Halyza, dame Halyza, je vais finir par croire qu’elle aurait presque plus de classe que Lyzé mais si elle est comme cette dernière, elle a sûrement juste tenté et réussi de vous séduire. Ah… Mes sœurs qui se sentent obligées d’utiliser leurs charmes pour… »

Un crachat ensanglanté vint atteindre sa joue, le démon n’ayant pas cherché à se retenir. Déjà un soldat s’apprêtait à en terminer avec le malandrin mais Elise l’arrêta dans son mouvement, son sourire s’accentuant.

« Oh ? Il semblerait que vous n’appréciez pas vraiment que l’on insulte votre petite déesse personnifiée, hein ? C’est un peu comme si elle était votre… Zélisia hein ? »

Et puis, comme si elle se doutait de ce qu’il allai faire, elle lui donna un coup de genou dans le menton, le second crachat qu’avait préparé le démon lui retombant sur le visage en même temps que quelques dents fissurées se présentaient dans sa bouche.

« Tu n’aimes pas que l’on parle de Zélisia ? Et pourtant, c’est un peu ce que vous pensez d’elle non ? Votre dévotion presque religieuse, elle y ressemble tellement. »

« NE COMPARE PAS CETTE SALOPE DE DIVINITÉ À NOTRE DAME HALYZA ! »

« C’est triste, et pourtant, je peux continuer longtemps. Sincèrement ,de ce que j’ai vu, Halyza est juste le genre de démone qui ne sait rien faire par elle-même. Au moins, Haiktos avait une certaine prestance. Il faut dire ce qu’il est. »

« Haiktos ne sera plus qu’un lointain souvenir ! Hahaha ! Il sera mort comme les autres ! »

« Ah oui ? Et si c’est par des types comme vous, je suis pas certaine qu’il ait quelque chose à craindre. Vous êtes si faibles. »

« Comme nous ? Héhéhé. Nous ne sommes que des éclaireurs. Non ! Dame Halyza a forgé des alliances avec de nombreux peuples à la surface. Vos armes et armures sont d’une qualité différente des nôtres mais nos meilleurs hommes sont capables de les améliorer et de nous donner encore plus l’avantage sur les autres démons ! D’ici quelques mois, vous serez tous morts et soumis à notre dame ! »

« Ah… Vraiment. Pour quelqu’un qui avait décidé de ne pas l’ouvrir beaucoup, tu parles bien plus que je ne le pensais. Enfin bon, j’ai plus ou moins obtenu tout ce que je pouvais avoir d’une personne comme toi ? Tu as bien dit que tu provenais d’un simple groupe d’éclaireurs, non ? Est-ce que je me trompe ? »

« Tsss ! En plus, t’es complètement bouchée. Je viens de te le… AAAAAAAAAH ! »

« Bon alors, je n’ai plus besoin de toi. Tu peux mourir. »

Elle l’avait empêché de terminer sa phrase, plaçant sa main sur le visage du démon, commençant à produire une flamme qui consuma l’intégralité de son corps. Quelques secondes suffirent à le réduire en cendres, faisant un petit geste de la main pour les balayer hors de la tente dans laquelle elle se trouvait.

« J’espère que je n’ai pas été trop violente pour vous ? »

Elle s’adressait aux soldats qui l’entouraient, mais aussi à Royan et Elen. Ces deux derniers ne répondirent pas, les soldats hochant la tête négativement.

« Il était prévu qu’il meure après l’interrogatoire. Je ne pouvais pas laisser un tel être vivre trop longtemps parmi nous. Il aurait été capable de manipuler quelqu’un pour se délivrer. Il n’en restait pas moins un puissant démon. »

Mais plus assez puissant pour elle. Elle commençait à ressentir les effets d’être la fille du monarque du monde démoniaque. Elle l’avait déjà compris auparavant, depuis cette révélation mais elle acceptait sa condition, son sang acceptait d’être cette fille.

« Bon au moins, cela finira de convaincre tout le monde que tu n’es pas là pour plaisanter, Elise quand cela s’avère nécessaire. »

« Les évènements sont plus qu’importants. Je ne peux pas me permettre de faire comme si de rien n’était, Royan. Et puis surtout… »

Elle baissa les yeux, silencieuse pendant quelques secondes, ne semblant pas vouloir terminer sa phraser avant de pourtant le faire peu de temps après :

« Je suis l’unique responsable de ces morts, aujourd’hui. Si je n’avais pas ouvert ma grande bouche, tout cela ne serait jamais arrivé. »

« Il te faut tirer un trait sur le passé, Elise. Si tu continues de t’accrocher à tout ça, tu ne pourras plus jamais avancer. Ils ne t’en veulent pas pour les morts, ils sont heureux d’être tous ressortis en vie. Et puis bon, il s’agissait de soldats, ils savaient ce qui allaient les attendre en venant nous rejoindre. »

« Oui mais tu vois, je ne suis pas plus heureuse comme ça, Royan, désolée. »

« Tu n’as pas à t’excuser. De toute façon, nous avons appris des choses importantes aujourd’hui. Tes deux aînés ne collaborent pas ensemble. »

« C’est ce que nous pourrions croire mais ce démon était trop zélé et fanatique qu’il aurait été aisé de le manipuler, non ? »

« Ce n’est pas faux mais donc, gardons quand même une part de réalisme. Il y a quand même de bonnes chances qu’ils ne soient pas alliés. Il faudra obtenir plus d’informations. »

Mais surtout, il avait réussi à lui faire changer un peu les idées. Il était assez satisfait d’y être arrivé. Maintenant qu’ils en avaient fini avec les démons, peut-être était-il temps d’interroger les deux mékalarmiens ? Lui-même devait avouer qu’il n’avait pas pensé à parler avec eux, n’ignorant pas leurs présences mais à part ça… ils avaient évité jusqu’à aujourd’hui de se retrouver au combat.


Il proposa donc d’aller voir les deux mékalarmiens, et surtout savoir s’ils étaient en état de discuter. Comme Elen et Elise avaient accepté, la première ayant récupéré sa fille. Le plus surprenant avait été les réactions des mékarlarmiens. Dès l’instant où Elise allait ouvrir la bouche, ils vinrent s’inclinent devant elle, s’exclamant :

« Pardonnez-nous, princesse Elise, pour avoir utilisé nos pouvoirs sans votre accord ! »

« Euh… Je voudrais bien vous pardonner mais vous avez fait quoi de mal ? Et depuis il faut que je vous donne votre accord pour cela ? »

« Nous sommes de mauvais citoyens de Mékalarma. Nos pouvoirs liés à Zélisia sont puissants, très puissants mais nous n’avons presque aucune endurance. Nous nous sommes enfuis il y a longtemps car notre race voulait nous tuer, vu que nous étions inutiles, même en tant qu’armes et armures. Nous vous laissons imaginer ce que nous aurions donné en tant que tels. Des armes et armures parmi les plus fragiles existantes. »

Trop d’informations, beaucoup trop d’informations ! Elle tentait de comprendre le tout, espérant que ses deux compagnons y arriveraient mais eux aussi semblaient autant perplexes qu’elle. Ah… Cela n’allait vraiment pas les aider.

« Mais pourquoi est-ce que vous nous dites ça ? »

« Nous ne voulons pas être rejetés ici aussi ! Pendant des semaines, nous avons passé beaucoup de temps à regarder les démons et les surfaciens s’entendre comme s’ils étaient tous unis ! Pareil avec votre discours ! Vous ne semblez pas faire de différences entre les races ! Nous ne voulons plus être des mékalarmiens ! Nous voulons être des personnes comme toutes les autres ! Nous ne voulons pas être sacrifiés à cause de nos pouvoirs ! Nous voulons pas être transformés en armes ou armures ! Nous avons vu tellement de… »

« Allons, allons. Calmez-vous donc tous les deux. Ici, il n’y a rien de tout cela. Tout d’abord car nous n’en avons pas les capacités. Ensuite, tout simplement car ce n’est pas notre but, loin de là. On veut simplement retrouver nos compagnons et aussi retrouver mon père. »

« Votre père, l’empereur des démons. Nous avons entendu cela comme les autres. Et vos compagnons, il s’agit du démon l’origine des portes démoniaques, enfin de leurs ouvertures, c’est bien ça ? Et l’autre personne, c’est la reine de Shunter. »

« Vous êtes quand même bien au courant pour des déserteurs, non ? »

« Les Mékalarmiens sont vaniteux et vantards par nature. Donc s’ils peuvent déclarer des choses qui ridiculisent les autres nations, ils ne vont pas se priver. Ainsi, le fait que ce démon nommé Tery, proche de la reine Manelena, soit la cause de tout ceci, est connu de tout Mélakarma. Nous sommes désolé si nous vous avons insulté. »

« Oh non, vous en faites pas, j’ai eu ma dose d’insultes pour la journée et ça ne venait pas de votre part. Mais bon, grâce à vous, nous avons réussi à nous en sortir et surtout, vous nous permettrez de montrer que comme les gnomolds, les mékalarmiens ne veulent pas forcément que tout se finisse dans le sang et la guerre. »

Et pour cela, elle leur adressa un petit sourire franc et sincère, montrant par là qu’elle était très sérieuse dans ses dires concernant les deux mékalarmiens. Néanmoins, elle ne comptait pas en terminer là, déclarant :

« Mais si vous avez envie de parler à nouveau de Mékalarma, je suis certaine que cela intéressera beaucoup de gens par ici. Votre peuple reste très secret vu qu’il ne veut pas se rendre accessible à beaucoup de monde. »

« Euh, si cela vous intéresse vraiment, ça ne nous dérange pas. »

« En même temps, c’est vrai que peu de gens connaissent les mékalarmiens à part les mékalarmiens eux-mêmes. »

Et la raison à cela ? La peur que l’on leur vole leur technologie ? Ils n’en savaient trop rien, ils devaient avouer. Mais si c’était le prix à payer pour rester vivre parmi eux et être plus ou moins en sécurité, cela leur semblait peu.

« Comptez sur nous alors, princesse Elise. Vous pouvez considérer que votre demande sera donc satisfaite ! »

« Oh mais je n’ai aucun doute à ce sujet, j’en suis certaine, hahaha ! Bon, je vais sûrement aller me reposer un peu, je suis fatiguée. Que chacun fasse de même. »

Elle avait donné quelques consignes. Chacun pouvait faire ce qu’il désirait, ce n’était pas un ordre précisément. Elle sentait juste qu’avec tout ce qu’ils avaient eu comme émotions aujourd’hui, cela serait pour le mieux.

Retrouvant Royan dans leur propre tente, le jeune homme aux cheveux bleus était légèrement songeur avant de dire calmement :

« Je ne pensais pas que les mékalarmiens se confieraient aussi facilement à nous. Tu dois sûrement faire une très bonne impression. »

« Hey ! Tu dis ça comme ça… comme si c’était si étrange ! C’est un peu vexant que tu ne penses pas que ta chère femme soit capable d’une telle chose ! »

« Oh, je n’ai pas dit ça, pas du tout. Enfin non… c’est juste que les Mékarlarmiens sont encore moins approchables que les gnomolds et donc, savoir que deux d’entre eux sont prêts à se révéler à nous, c’est surprenant. »

« Eh oui, que veux-tu, ta chère petite femme arrive à charmer même les plus récalcitrants de mékalarmiens. Tu devrais faire attention. »

« Est-ce que cela veut dire que tu comptes te mettre en avant pour obtenir ce que tu veux ? »

Il avait demandé cela avec le plus grand des sérieux, fixant du regard Elise qui se sentit soudainement gênée en bredouillant :

« Mais qu’est-ce que tu es en train de t’imaginer, je peux savoir ? Ce n’est pas comme ça, tu sais hein ? Je ne ferais pas ça ! Je ne suis pas comme Lylé, moi ! »

« Lylé ? Ah oui, l’une de tes sœurs aînées. Tu m’en avais parlé, non ? Mais dis-moi, tu es vraiment rouge aux joues ou c’est moi ? »

« Fais pas l’innocent ! Tu sais pourquoi je suis rouge comme une tomate ! Tout ça, c’est de ta faute et personne d’autre ! »

Elle lui avait presque crié dessus mais il l’attrapa doucement par la hanche avant de la ramener contre lui, plaçant son front contre le sien avant de lui chuchoter :

« Cela, c’est pour t’apprendre à jouer avec mes sentiments. Espérons que tu le regretteras assez longtemps pour t’en souvenir, n’est-ce pas ? »

Elle commença à déglutir un peu, comprenant qu’elle était tombée dans son piège. Dire qu’elle voulait juste s’amuser tout doucement. Mais elle était si peu habituée aux réactions de la sorte de la part de Royan, elle en était encore troublée.

« Royan, tu ne veux pas me montrer que je suis juste à toi et uniquement à toi ? Je ne sais pas trop ce que j’ai mais ces derniers jours, je ne suis jamais rassasiée. »

« Hum… Euh, attendons plutôt la nuit pour cela, si tu veux bien ? »

Attendre la nuit, c’est long mais elle comprenait. Elle allait devoir faire attention à ne pas porter sa voix trop haute. Mais de toute façon même quand c’était ainsi, il arrivait à la faire taire via de multiples baisers qui l’étouffaient.

Elle posa ses mains sur son propre ventre, comme une jeune femme sage. C’est vrai, les fois après la première, ils avaient été assez expressifs mais maintenant, ils préféraient quand même prendre quelques précautions pour ne pas déranger les autres.

« Je vais rester un peu ici, Royan. Si tu veux parler avec les autres, tu le peux, d’accord ? »

Il hocha la tête, lui demandant juste si ça allait par mesure de précaution. Elle déclara que oui, il n’avait pas à s’en faire. Lorsqu’elle se retrouva seule, elle s’observa. Elle avait vraiment du mal à se contrôler ces derniers jours.

« J’espère que je ne suis pas en train de tomber malade. Il ne manquerait plus que ça se passe alors que nous sommes en pleins travaux. Je dois être forte. »

C’était juste qu’elle avait le ventre qui se retournait parfois. Oh, pas au point de vomir non plus mais disons qu’avec le combat et autre, elle avait eu du mal à ne pas se retenir de redécorer le sol de sa bile. Mais heureusement, rien de tout cela n’était arrivé. Elle ne voulait pas en parler à Royan, ne voulant pas l’effrayer. Elle s’installa simplement sur le lit de camp, sombrant rapidement dans le sommeil, oubliant la petite soirée prévue avec son homme.

Laisser un commentaire