Chapitre 29 : Une existence au service de tous

Chapitre 29 : Une existence au service de tous

« Hmm… Royan ? On est déjà le soir ? »

Elle s’était finalement réveillée, attendrie de voir que Royan dormait à côté d’elle. Elle se sentait en pleine forme mais elle pensait que Royan l’aurait réveillée pour ce qu’ils avaient prévu. Bah, ce n’était pas bien grave. Elle se leva de leur lit partagé, juste deux lits collés l’un à l’autre et quitta la tente.

Eh bien, pour une soirée, il n’y avait pas grand monde. Pour autant, lorsque certains soldats se tournèrent vers elle pour lui dire « Bonjour, princesse Elise », elle cligna des yeux. Bonjour ? Vraiment ? Depuis quand ? Est-ce qu’elle aurait dormi un peu plus que prévu ?

« Euh bonjour à vous. Mais nous sommes déjà le matin ? »

« Oh, le roi Royan nous a dit que vous dormiez comme une souche et qu’il fallait absolument éviter de vous réveiller. C’est pourquoi tout le monde a évité du bruit. Vous avez bien dormi ? Vous allez bien ? »

« Oui oui, pas de soucis de sommeil. J’ai dormi comme un bébé. Mais vous ? Rien à signaler ? Enfin, vous n’étiez sûrement pas les soldats de garde, non ? »

« Oh si si ! Mais aucun problème. On a quand même fait une double surveillance avec deux qui sont partis en éclaireurs et revenus. On voulait éviter qu’il n’y ait un autre groupe sur notre dos, mesure de précaution. »

« Vous avez très bien fait, je tiens à vous remercier. Hmmm … Mais vous avez un peu une idée de l’heure ? Par rapport à la surface ? »

« Oh, si nous jugeons sur les cristaux lumineux, depuis le temps, je crois que nous sommes encore à l’aube, hahaha. »

« Oh… J’ai vraiment dormi toute la nuit. Je devais être fatiguée. Bon ben, puisqu’il en est ainsi, cela veut dire que je vais pouvoir m’atteler à la tâche et cuisiner un peu pour tout le monde. Du moins, aider les cuisiniers, je vais pas m’estimer être aussi douée qu’eux. »

Elle se montrait quand même assez raisonnable quoi. Mais pour le moment, cela allait l’occuper pour attendre le réveil d’un peu tout le monde. Retroussant ses manches, elle se dirigea vers la tente principale là où devant celle-ci, déjà plusieurs démons et surfaciens s’attelaient à la tâche.

« Bonjour, bonjour ! Je viens vous demander si vous n’auriez pas une petite tâche pour moi ? Toute simple puisque je me suis réveillée il y a peu. »

« Alors, votre première tâche, princesse Elise, ça va être d’avoir quelque chose de consistant dans le ventre. Travailler le ventre vide n’emmènera que des problèmes. »

Oh ! Euh… Oui ! Ils marquaient un point sur le coup. Elle cligna des yeux avant d’hocher la tête. Elle allait les écouter et manger un bout avant de les épauler. Cela serait beaucoup mieux pour elle comme pour eux.

« Bonjour Elen. Bonjour Royan. Bonjour tout le monde. »

« Hmmm ? Elise ? Que fais-tu avec les cuisiniers ? » demanda le jeune homme en se frottant un peu les yeux, encore légèrement endormi.

« Eh bien, comme j’étais réveillée depuis pas mal de temps, je voulais faire quelque chose de mon temps libre donc je me suis proposée pour les aider, voilà tout ! »

« Bien, bien, bravo alors. Tu sembles aller bien mieux. Hier, tu t’es endormie comme une souche. Je ne voulais pas te réveiller. »

« Tu n’as pas à t’excuser, Royan. Je suis fautive. Il semblerait que j’étais bien plus fatiguée qu’il n’y paraissait. Tu ne peux pas t’en vouloir pour quelque chose qui ne concerne que moi hein ? Si c’était vraiment un souci, je te le dirais ! »

Elle avait toujours ce sourire si ravissant aux lèvres. Cela semblait aller bien mieux qu’hier, signe qu’elle avait repris du poil de la bête. Car hier, il fallait avouer que ses sentiments alternaient entre la joie et la tristesse et que cela avait été sacrément perturbant.

« Eh bien, qu’est-ce que les cuisiniers nous ont préparé de bon ? »

« Oh Royan, toi, tu n’as pas la même chose que les autres. »

Il haussa un sourcil, étonné par les propos de la jeune demoiselle. Pourquoi est-ce qu’il n’avait pas la même chose ? Oh… En la regardant, il voyait qu’elle semblait attendre beaucoup de lui. Son regard brillait d’une certaine lueur qu’il avait du mal à décrire. Et lorsqu’elle lui servit sa portion, elle restait immobile devant lui, les mains sur le ventre.

« Euh… Elise ? Est-ce que je peux ou… ? »

« Oui, oui, tu peux déjà te mettre à manger. Ne t’en fait pas pour moi, j’ai déjà mangé, hahaha. Je suis en pleine forme ! »

Ce n’était pas le fait de savoir si elle s’était nourrie. Plutôt le fait qu’elle reste plantée devant lui comme pour l’observer manger. Ce n’était pas malicieux mais vraiment un peu perturbant. Heureusement, il arrivait à passer outre son regard et…

« Hmmm, mais, ce n’est pas… »

« Si si, tu sais, c’est difficile d’oublier pour une ancienne serveuse ce que les gens aiment et réclament. Donc chaque petite parole de ta part est gravée dans mon esprit, Royan. »

« Et donc, tu as demandé aux cuisiniers de… »

« C’est exact ! Tu peux continuer à manger et me dire ce que tu en penses ? »

« C’est juste excellent ! Mais tu as bien fait de demander aux cuisiniers de préparer ça ! »

« Oh, non, j’ai juste demandé les ingrédients. Ce repas est de moi, Royan. »

Toute sourire, elle le regardait avec un petit air amusé en le voyant encore plus surpris que prévu. Elen aussi avait observé cela avec un certain intérêt, évitant de soupirer de tendresse mais aussi de dépit. Elle pensait brièvement à Tery et se disait que ça serait parfait pour quand elle allait le retrouver.

« Alors, alors, Royan ? »

« C’est très bon, Elise. Mes félicitations. Je ne te savais pas aussi bonne cuisinière. Tu me caches encore beaucoup de secrets du genre ? »

« Je ne me savais pas cuisinière non plus ! C’est juste que ce matin, en me levant, je me disais que j’aimerais te faire plaisir et j’ai pensé que ça serait une bonne façon de te le montrer. »

« Eh bien, je suis le plus heureux des hommes à cet instant précis. »

« Dites les deux amoureux, évitez de trop fanfaronner hein ? » déclara finalement Elen bien qu’elle disait ça en souriant. « Je vais finir par être jalouse. »

« Oh, mais tu n’as pas à t’en faire, Elen. Je suis certaine que tu te rattraperas amplement lorsque Tery sera de retour, n’est-ce pas ? »

Pour toute réponse, Elen rigola légèrement avant de retourner à son repas. Après les évènements d’hier, aujourd’hui, ils allaient principalement se reposer et faire avancer le travail sur le tunnel. Ils allaient devoir positionner quelques soldats pour éviter que des créatures ne viennent déranger les travailleurs.

« Je trouve que ça avance bien en une journée. Est-ce que l’on a mesuré la distance traversée par nos travailleurs en un jour ? »

« Si nous arrivons à atteindre quelques kilomètres, nous pourrions déjà être heureux. Nous n’avons pas l’habitude de travailler de la sorte donc il y a encore beaucoup de lacunes à combler et de nombreuses précautions. Mais cela devrait aller au fur et à mesure, je pense que nous aurons une bonne accélération d’ici deux semaines à un mois environ. »

Elise et Royan parlaient avec le démon qui semblait diriger les opérations. Ce n’était pas quelqu’un du village mais l’un des membres de leur groupe. Et son efficacité n’était plus à prouver avec le temps. C’était lui qui avait aussi aidé par rapport aux tentes et autres constructions pour rendre la vie du groupe plus aisée.

« Par contre, qu’est-ce que vous avez fait de l’équipement trouvé sur les cadavres de cette troupe d’éclaireurs qui vous ont attaqué hier ? »

« Hmm ? Nous avons tout récupéré. Là où ils sont, ils en auront plus besoin de toute façon. On ne sait jamais, cela peut être utile. Par contre, les honoriens de notre groupe sont clairement agacés que nous envisagions d’utiliser de l’équipement issu d’un clan conspué par d’autres. Donc il y a des chances que l’on aille faire fondre tout ce qui est métallique pour récupérer les matériaux. Pourquoi cela ? »

« Si nous arrivons à fabriquer d’autres outils, peut-être nous pourrions mieux travailler. »

Cela serait aussi simple que ça ? Elise avait déclaré cette idée comme une évidence alors que les artisans la regardaient, un peu interloqués. Ceux d’Honoros clignèrent des yeux avant de s’observer, un grand sourire aux lèvres :

« Quoi de mieux que bafouer l’armement d’un autre clan en utilisant ce dernier pour obtenir des outils en fondant ses métaux ? »

« Ouais, ça me semble excellent ! C’était une bonne idée, princesse ! On va s’y mettre tout de suite ! Pourquoi nous y avons pas pensé auparavant ! »

Hahaha… Euh … C’était pas vraiment comme ça qu’elle voyait les choses mais elle n’allait pas vraiment les contrarier, loin de là. Et puis, maintenant qu’ils sont plus que motivés, autant dire que ça serait une bonne chose. Ils étaient gagnants sur tous les points.

« Pendant ce temps, je vais aller discuter avec nos deux mékarlarmiens. »

Oui, elle se parlait à elle-même mais elle savait que Royan l’avait entendu. Elen ? Elle était occupée ailleurs, avec sa fille. On ne pouvait donc pas lui en vouloir de se focaliser plus sur elle que sur l’histoire des mékarlmiens. De toute façon, il lui suffira juste de lui raconter ce qui s’était dit, voilà tout.

« Bonjour, je ne vous dérange pas trop ? »

« Oh ! Princesse Elise, bien sûr que non, loin de là ! Vous êtes toujours la bienvenue parmi nous ! Seulement, nous ne vous attendions pas de si tôt dans la matinée ! »

« Oh n’exagérez donc pas ! Si on commence comme ça, on va ensuite dire que même l’air que je respire est béni par Zélisia. Déjà que ça serait saugrenu vu que je suis une démone, mais en plus, je ne veux pas prendre la grosse tête ! »

« Hahaha ! Nous voyons, nous voyons mais nous ne pensions pas en arriver à une telle extrêmité, ne vous inquiétez donc pas à ce sujet. »

« Pfiou, tant mieux ! Alors donc, je peux vous écouter. Enfin, je veux vous écouter ! Et Royan aussi, si ça ne vous dérange pas d’avoir plus d’une personne. Nous voudrions en connaître plus sur l’origine des mékalarmiens, leur histoire et tout. Vous n’êtes pas obligés de tout nous révéler, c’est juste que votre race reste si mystérieuse. »

« Oh mais vous savez, ça n’a rien de si extraordinaire, malgré les apparences. »

« Je suis certaine que si ! Donc je vous laisse commencer. Car je ne sais pas du tout vers quoi vous voulez vraiment débuter. »

« Euh… Nous pourrions parler du statut particulier des adeptes de Zélisia et Alzar dans notre culture. Tu en dis quoi, toi ? »

« Ça me semble être une bonne idée. Tout d’abord, je pense qu’il n’y a pas besoin de vous rappeler que pour un mékarlarmien, il est aisé de savoir quel élément il maîtrise puisque cela se répercuter sur nos écailles en particulier. »

« Oui oui, même si vous êtes les premiers mékarlarmiens à écailles blanches que je rencontre, pour ma part. Et toi, Royan ? »

« Il en est de même de mon côté. Mon statut royal ne m’offre pas de relation privilégiée avec les mékarlarmiens, loin de là. »

« Oh ! Avant que vous continuiez, si vous êtes en blanc pour les adeptes de Zélisia, il existe donc des… mékalarmiens aux écailles noires ? »

« Exactement mais nous préférons ne pas parler d’eux. En plus d’être terrifiants et cruels, pire que les gnomolds et les démons, ils sont d’une puissance sans pareil parmi les mékarlarmiens. Même pour nous, nous cherchons à éviter ou alors à les isoler. Certaines missions consistent même à les éliminer. »

« Très sympathique… mais ce n’est pas si rare malheureusement. C’est la même un peu partout d’ailleurs. Dès que tu es « gênant » ou une « plaie », certains n’hésitent pas à utiliser les grands moyens pour se débarrasser de toi. »

« Nous le savons parfaitement mais l’adage : « Moins nous en savons, mieux nous nous portons » n’a jamais été mieux appliqué que chez nous. »

« Je ne suis pas certaine que ça soit quelque chose dont il faut se vanter, nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? »

« Il n’y a aucune raison de se vanter d’agir de la sorte. C’est pourquoi nous nous attarderons pas plus longtemps à ce sujet. »

Et c’était une excellente chose ! Maintenant, elle attendait qu’ils reprennent et cela ne tarda pas à se faire rapidement entende. Tout d’abord, le système politique, cela parlait d’un dirigeant et elle se rappelait que Tery en avait parlé y a bien longtemps, avec le fait qu’il en avait tué deux alors que ce n’était pas ce qu’il désirait à la base.

Mais surtout, il apprenait que chaque « type » de Mékalarmien s’affrontait pour savoir qui sera le dirigeant. C’est pourquoi les meilleurs éléments de chaque élément étaient justement prêts à se battre jusqu’à la mort pour obtenir le droit de diriger.

Après avoir obtenu ce droit, pendant une année, tous devaient lui obéir bien que cela n’empêchait pas les tentatives de meurtre et autres. Et après cela ? Eh bien, dans les faits, Royan se dit que ça expliquait pourquoi il y avait eu aussi rapidement un second dirigeant après le premier et que cela ne semblait pas avoir choqué la populace.

« Que pourrions-nous vous raconter d’autre ? Si nous voulons quand même vous apprendre des choses que vous ne connaissiez pas. »

« Sans rentrer dans les détails, peut-être nous parler de ce que vous avez subi ? Enfin de vos sciences et technologies ? Enfin, ces choses qui ont fait que vous étiez considérés comme du bétail pour votre propre espèce. Pourquoi et comment est-ce que les Mékalarmiens en sont arrivés là ? Qu’est-ce qui as poussé votre race à agir de la sorte envers ses propres citoyens ? Car c’est de la barbarie ! »

« Oh… Tout cela est uniquement pour une recherche de puissance. Le meilleur moyen d’écraser les adversaires. Vous savez, en y regardant ça de plus près, les démons réagissent de la même façon. »

« Maintenant que vous le dites, eux se dévorent, vous vous… comment ça marche en fait ? »

« Les parties de nos corps sont utilisées comme matériaux. Principalement, nos écailles ont de la magie en elles, ce qui permet alors de les utiliser aisément. Sinon, nos os et notre chair sont aussi très utiles. Du cuir, et tout le reste. »

« Mais comment vous faites pour tout ce qui est en acier et autre ? »

« Eh bien, on fait fondre le tout avec nos parties et voilà le résultat. Enfin bon, je dois vous avouer que ces derniers mois ont été assez rudes. Les Mékalarmiens ont appris que les armes faites à partir de Mékalarmiens porteurs des lignes de Zélisia faisaient des blessures horribles sur les démons, au point que certains d’entre eux ne pouvaient se soigner, qu’importe la méthode utilisée. Mais pour fabriquer de tels objets, il fallait tout « utiliser » chez un Mékalarmien, tout en le gardant en vie. »

Royan et Elise déglutirent, comprenant ce qu’il voulait dire par là. Il n’y avait pas cinquante mille solutions dans de tels dires. Cela devait être effroyable d’être gardé en vie, de manière artificielle pour juste permettre aux autres de produire leurs équipements.

« Pfiou… Et le mode de vie ? Comment ça se passe en famille ? En communauté ? Toutes ces choses au sein d’une même famille ? »

« Ne tentez pas trop d’avoir l’affection et l’amour des membres de votre famille. Oh, cela existe mais dès qu’il s’agit de vouloir montrer que l’on est celui qui aura le plus d’honneur dans le futur, les combats sont déjà très rudes. »

« D’accord… Pfiou.. Bon, à vous écouter, ce n’est définitivement pas réjouissant. Je pense que sur le coup, je préfère encore quand vous soyez heureux et joyeux. Enfin, plutôt, considérez que vous êtes les bienvenus ici et que c’est votre nouveau foyer. Enfin, un foyer qui se déplace et tout le reste. Sans être considérés comme des mercenaires, on va dire. »

Car oui, les mercenaires, c’était encore autre chose. Des soldats payés pour agir et qui se déplaçaient de royaume en royaume. Eux, c’était simplement parce que pour l’heure, ils n’avaient pas le choix. Ils avaient chacun un toit du moins pour la majorité d’entre eux.

« Merci pour toutes ces informations. Je pense que je vous poserais des petites questions comme ci, comme ça. »

« Il n’y a aucun souci, princesse Elise. Vous venez quand vous le désirez ! Nous serons toujours là ! Encore une fois, nous vous remercions de nous garder parmi vous malgré nos petites particularités. »

« Ooooh ! Vous savez, en y réfléchissant, il n’y avait bien que Royan et Clari qui étaient « normaux » dans notre groupe donc ne vous inquiétez pas, je suis habituée à ces petites choses qui nous rendent différents. »

Et elle s’en alla, accompagnée de Royan. Même si elle savait que Royan ne le montrait pas, il semblait assez surpris du fait qu’elle soit vraiment capable de se comporter comme une membre de la royauté alors qu’elle ne savait ses origines que depuis quelques mois. Lorsqu’il avait fini par lui poser la question, elle avait signalé qu’elle avait juste cherché à imiter les nobles qui passaient quelques fois dans l’auberge où elle avait travaillé.

« Royan ? Tu penses qu’ils enverront une nouvelle patrouille quand ? Tu crois que nous devrions préparer quelques pièges et autres ? »

« Cela me semble nécessaire. De même, il faudrait voir si nous ne pouvons pas utiliser de la magie pour être sûrs que ces pièges soient vraiment efficaces ou alors créer des illusions pour qu’ils tombent dans ces pièges. Plus vite nous arriverons alors à éviter qu’ils ne sachent où nous sommes, mieux ce sera pour notre sécurité. »

« Cela sera difficile vu que les démons sont normalement habitués à la magie. Et les monstres pourraient se risquer à nous trouver. »

« Et en créant différentes voies, Elise ? Qu’est-ce que tu en dis ? S’ils se perdent dans un semblant de labyrinthe, peut-être que nous gagnerons du temps encore ? »

« C’est une chose à étudier mais ils peuvent très bien détruire les murs du labyrinthe et aller tout droit et ensuite, nous… »

« Il suffira alors de piéger ce chemin aussi. Dès qu’ils tomberont sur plusieurs pièges à la suite, ils arrêteront de réagir de la sorte. »

Elle avait l’impression que Royan était parfois aussi étonnant que Manelena. Enfin, étonnant dans le fait que ce genre de tactiques, elle les voyait plus provenir de la part de la reine de Shunter que de Royan. Vraiment, chacun avait subi l’influence de ceux qui n’étaient plus à leur côté pour le moment.

« Qui sait… Royan ? Tu crois qu’il y a une minuscule chance que Tery et Manelena entendent parler via des rumeurs de cet endroit ? »

« Si nous restons dans les environs et que nos continuons notre travail, ce n’est pas impossible, oui. Loin de là, je dirais. »

« Alors, je pense que pour Elen, il faut que nous restions ici. Si par chance, Manelena et Tery viennent, je suis certaine qu’elle sera plus qu’heureuse. »

« Cela ne va pas nous faciliter la tâche mais la raison me semble légitime et honorable. Donc, je suis d’accord avec toi, Elise. Mais gardons cette raison secrète. Même si je suis certain qu’Elen apprécierait que l’on fasse tout ça pour elle, tu as remarqué qu’elle a changé, non ? Elle ne pense plus uniquement à sa personne et Tery. Elle risquerais de s’en vouloir si elle considérait que nous ralentissions le groupe juste pour elle. »

C’est pourquoi elle acceptait ce qu’il disait. Garder le silence sur ces petites choses « sans importance » était le meilleur moyen pour que tout se déroule pour le mieux. Mais il fallait obtenir des résultats et c’était cela qu’elle espérait.

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