Chapitre 30 : Haine permanente

Chapitre 30 : Haine permanente

« Désolé, je ne suis pas d’humeur à parler. »

Le jeune homme aux cheveux bruns avait tout simplement placé sa main entre lui et une démone qui avait l’air d’une servante, continuant son chemin comme si de rien n’était. Même si le ton était poli, il ne laissait pas place à une réplique. Derrière lui, Manelena était présente, les bras menottés, comme à son habitude depuis maintenant quelques temps.

« Maître Tery, que se passe t-il ? Vous semblez énervé, non ? »

« Je ne suis pas énervé, ni rien du tout. Je ne suis rien du tout ! Pas besoin de m’interroger, je viens déjà de répondre à cette question ! »

« Hmm… D’accord, maître Tery. Si vous ne voulez pas en dire plus, cela est parfaitement compréhensible de votre part. »

« Oui, oui, bien entendu, j’en suis certain. »

Malgré les dires de Manelena, celle-ci fixait longuement le dos de Tery. Elle émit un léger grognement étouffé, ne voulant visiblement pas en dire plus pour le moment. Elle s’expliquera avec lui dans la soirée. Ce n’était pas le moment de ressasser de telles choses. Ils avaient à discuter, lui et elle, mais en privé.

Mais surtout, elle avait bien compris que quelque chose n’allait pas. Malgré tous ses efforts commis pour tenter de le rassurer, il avait été affecté grandement par la découverte sur ses origines. Dire qu’elle pensait qu’il avait réussi à tirer un trait… mais maintenant, elle comprenait qu’il avait gardé tout cela au fond de lui pour ne pas l’inquiéter, elle.

C’était… peut-être adorable mais pas pour elle. En n’arrivant pas à canaliser ses soucis, il aurait alors du mal à les extérioriser et elle en connaissait quelque chose ! Mais pour l’heure, elle n’avait pas la tête à ça et vraiment, ce n’était ni l’instant, ni l’endroit pour discuter de tout ceci.

« Je dois quitter le château maintenant. »

« Pas de soucis, messire Tery ! Faites attention à vous et passez une bonne journée. »

« Bonne ? Je ne suis pas certain. Il va encore avoir des couillons qui vont me chercher. Mais vu qu’ils ne comprendront jamais… »

Il avait marmonné cela dans sa barbe, un grognement sortant de ses lèvres alors que le voilà sorti du palais impérial avant que Manelena ne le suive en silence. Elle aussi rongeait son frein, très mécontente de ce qu’elle venait d’entendre.

Elle ne pouvait pas vraiment lui donner tort. Il avait même raison, ses dires étaient exactes. Des imbéciles de démon continuaient à le provoquer et cela allait vraiment mal finir… mais qu’il soit aussi médisant avec eux alors qu’il cherchait la majorité du temps à ce que ça se passe bien mieux, c’était tout aussi énervant pour elle que pour lui. Surtout qu’elle ressentait comme quelque chose de mauvais en lui, qu’elle n’arrivait pas à exprimer concrètement.

Quelque chose qu’elle avait déjà connu dans le passé mais dont elle n’était plus certaine. Et surtout, elle avait la sensation que c’était assez récent. Mais là, actuellement, elle n’avait pas le temps de chercher ce qu’était cette sensation.

Depuis que Tery la présentait à l’extérieur, quelques démons le respectaient plus mais d’autres le jalousaient. Et beaucoup de regards envieux et mauvais étaient tournés vers lui alors que le jeune homme semblait les ignorer.

Ou presque… Car oui, c’était totalement le contraire. Son visage se tourna lentement vers un duo de deux démons qui parlaient entre eux, en catimini tout en l’observant ainsi qu’elle. Un rictus mauvais se dessina sur les lèvres de Tery, celui-ci murmurant :

« Un souci, vous deux ? »


Et alors que l’un d’entre eux allait ouvrir la bouche pour répliquer, il s’arrêta dans son geste, déglutissant alors que son compagnon lui tirait le bras. Elle-même s’arrêta de bouger, Clari finissant par paraître à côté d’elle.

« Ah te voilà, toi ! J’imagine que tu n’as aucune idée qui pousserait Tery à réagir de la sorte hein ? N’est-ce-pas ou alors, est-ce que je me trompe ? »

« … … … Tête. » murmura faiblement une voix, provenant des lèvres pourtant scellées de la gemme de pierre. Manelena sursauta presque, étonnée.

Ce n’était pas la première fois que Clari faisait le coup mais ça ne changeait rien au fait que c’était si rare qu’elle ne pouvait qu’être surprise. La voix de Clari résonna une nouvelle fois, comme si elle avait toujours été présente à leurs côtés.

« Tery… Mal… Crâne. »

Mal de crâne ! Si Tery avait vraiment mal au crâne, cela correspondait à ce dont elle se rappelait ! Cela voulait dire une chose ! Alors que les deux démons avaient commencé à fuir, Manelena chercha à faire un mouvement en sa direction mais s’arrêta dans son geste. Non, elle ne devait pas briser l’îmage d’esclave qu’elle avait forgée depuis tout ce temps.

« Qu’est-ce qu’il y a, esclave ? Tu ressens le besoin de t’exprimer ? »

« Pas en ce moment même, maître Tery. Néanmoins, est-ce que je peux vous demander si vous entendez quelque chose ou non ? »

« Quelque chose ? Comme quoi donc ? Que cherches-tu exactement à savoir ? »

« Je ne sais pas, juste une voix, rien de plus ? »

« Cela ne te concerne pas, esclave. » déclara t-il lentement mais sûrement. Qu’il lui parle de la sorte pouvait paraître normal mais non, le vrai problème ne résidait pas dans ses paroles mais dans son regard. Rouge comme le sang, ses yeux étaient propres à la race des démons et pourtant, il semblait faire preuve de calme et sérénité. Seulement, elle connaissait parfaitement ce statut puisqu’elle l’avait porté pendant des années. Une rage muette.

Ce regard rubis. Elle l’avait porté pendant des années, plus d’une décennie même. L’homme à l’origine de celui-ci n’était plus de ce monde depuis déjà maintenant quelques années mais elle ne l’avait pas oublié. Comment en serait-elle capable ?

Cela avait été gravé dans son être et maintenant, elle comprenait que pour Tery, son propre père avait été remplacé par une personnalité bien plus présente et aberrante. Une personnalité qui avait bien trop souvent été présente.

Mais elle ne pouvait pas le lui dire maintenant. Elle l’observait, elle étudiait ses mouvements, ses réactions. Elle voulait être convaincue, certaine de ce qu’elle voyait. Elle ne voulait pas se tromper car sinon, Tery risquait de se braquer. Mais une chose dont elle était certaine, c’est que les autres démons le craignaient bien plus.

Il n’avait guère réussi à instaurer autre chose que de la peur dans le coeur de ces démons devenus bien trop faibles dorénavant. Et il semblait avoir réussi, via ce climat de terreur, à préserver la sécurité des autres membres du groupe. Eux aussi n’avaient plus rien à craindre… mais à quel prix ? Les yeux de Tery n’exprimaient plus aucune douceur et tendresse. Comme s’il était sous tension depuis son réveil jusqu’à ce qu’il se couche. Et encore lorsqu’il se couchait, il ne dormait pas tout de suite.

Elle n’avait rien tenté dans ces moments-là. Elle laissait le temps passer et elle s’endormait, ne cherchant pas à espérer que tout se soit arrangé à son réveil. Elle n’était pas si niaise que ça pour imaginer une telle chose. C’était pourquoi elle ne feignait pas l’ignorance mais elle ne cherchait pas à arranger les choses. Pas de cette manière.

Elle allait bien trouver une solution à ce problème mais pour cela, il fallait être patiente et attendre le bon moment pour « attaquer » Tery. Un bon coup l) où il ne s’y attendrait pas et ça serait tout simplement parfait.

« Maître Tery, qu’allons nous faire aujourd’hui ? »

« Rendre visite à Héraisty, cela fait longtemps. »

Hmm ? Qu’est-ce qu’il allait faire chez cette démone ? Pas qu’elle n’avait pas confiance en Héraisty, loin de là mais avec son comportement actuel, elle ne se sentait guère rassurée. Mais pour autant, en allant chez Héraisty qui semblait comme savoir que Tery allait lui rendre visite, étant en congé ce jour là, elle comprit qu’elle s’inquiétait pour rien.

Héraisty ne faisait aucune remarque sur le comportement de Tery comme s’il n’y avait rien qui changeait. Et quant à la soldate qui vivait avec elle sous sa garde, elle ne cherchait même pas à s’y intéresser, ignorant complètement Tery pour vaguer à ses occupations comme entretenir la lame de son arme.

Pourtant, alors qu’ils allaient partir après avoir discuté pendant deux bonnes heures, Héraisty demanda à Manelena de bien rester avec elle quelques minutes, devant parler de « trucs de femmes » que Tery ne pouvait pas entendre, surtout pas. Il haussa simplement les épaules avant de marmonner :

« Ne prenez pas trop de temps non plus. Il s’agit de mon esclave. »

Et si elle n’était pas là alors qu’il était venu avec elle, cela allait encore commencer à balancer des racontars qu’il aimerait éviter. Manelena avait remarqué que les yeux de Tery avaient varié entre le rouge en permanence et quelques instants où ils retrouvaient leur vert habituel. Cela dépendait du sujet de la conversation avec Héraisty.

« Est-ce que vous pouvez veiller sur lui, mademoiselle Manelena ? »

« C’est ce que je compte faire, oui. Mais pourquoi se préoccuper de lui ? »

« Eh bien, ça me semble normal. Il s’agit d’un ami. Je n’ai pas été très appréciée en tant que renifleuse royale, vous savez. Et pourtant, lui comme la princesse Elise ne se sont jamais privés de venir m’adresser la parole. »

« C’est bien leur genre à tous les deux. Et donc j’imagine que tu es inquiète à son sujet. »

« Qui ne le serait pas ? Ce changement de comportement me fait plus peur qu’autre chose. Je ne sais pas comment vous faites pour résister à son aura. Moi-même, j’ai du mal à ne pas m’évanouir car je sais qui il est réellement. »

Une aura ? Elle jeta un bref regard vers la porte où de l’autre côté, Tery l’attendait. C’était peut-être ça le petit côté malsain qu’elle avait ressenti alors ? Hmm, elle n’avait aucune pensée concrète qui pourrait lui affirmer cela mais si Héraisty le lui disait.

« Qu’est-ce que c’est que cette aura dont tu parles, Héraisty ? »

« Oh, une aura, c’est quelque chose comme… »

« Je sais plus ou moins ce qu’est une aura mais pourquoi spécifiquement sur Tery ? »

« Oh, il n’y a pas que Tery qui possède une telle aura. L’empereur Malark aussi, quelques rares haut-gradés militaires. Peut-être des nobles, oh le reste de la royauté. »

« Hmm ? Pourtant, je ne crois pas qu’Elise ou l’empereur Malark aient ça. Du moins, je n’ai jamais ressenti cela en les observant. »

« C’est normal puisqu’il faut une certaine « condition » mentale pour cela. »

« Et laquelle donc ? Enfin, j’ai ma petite idée sur celle-ci mais je préfère l’entendre de vive voix pour être sûre de ne pas me tromper. »

« La colère, la rage, la hargne, beaucoup de sentiments puissants mais surtout qui peuvent être négatifs. Et je crois que Tery est en plein dedans. »

« D’accord, d’accord, j’ai eu exactement les informations que je voulais. Merci beaucoup Héraisty et ne t’en fait pas, je vais le remettre comme avant. »

« Sans utiliser la violence, bien entendu ? Vous me le promettez ? »

« AH ! Je préfère ne pas promettre des choses dont je ne suis pas certaine ! »

Elle n’avait même pas chercher à dire cela sur un ton autre que neutre. Elle ne voulait pas rire de la situation. Tery avait un comportement déplaisant mais elle salua Héraisty avant de retourner auprès de lui. Il ne demanda rien au sujet de ce qu’elle avait discuté avec Héraisty et c’était tant mieux. Pas que ça soit personnel, mais si elle pouvait éviter d’en parler, ça serait bien mieux.


Et de toute façon, de ce qu’elle voyait avec Tery, il ne semblait même pas intéressé par la conversation. Il marchait droit devant lui et elle se demandait même pourquoi est-ce qu’ils étaient partis voir Héraisty. Heureusement qu’elle avait compris qu’il avait évoqué le fameux départ de leur troupe très bientôt, départ organisé par l’empereur lui-même.

« Nous irons dîner tous les deux dans la chambre, Manelena. »

« Comme vous le désirez, maître Tery. Avez-vous un autre ordre à me donner ? »

« Que les préparations commencent par rapport à ce que tu sais. »

« Notre départ, c’est bien ça ? » dit-elle en chuchotant par rapport à auparavant.

« C’est exact. Nous ne tarderons plus trop. On va s’occuper de ces soucis très bientôt. »

Mais est-ce qu’il pensait réellement qu’elle allait le laisser faire ? Car là, elle bouillonnait de l’intérieur. Cela commençait à l’agacer plus que tout et si ça continuait, il allait s’en prendre une bien bonne dans la figure lorsqu’ils seront seuls.

D’ailleurs, cela ne tarda pas. Lors du repas emmené dans la chambre commune, elle n’avait de cesse de le fixer du regard, continuant d’observer ses yeux rubis avec intensité. Aucune fois, ils ne changeaient de couleur.

« Tery Vanian. Pouvons-nous parler, toi et moi ? Maintenant que nous sommes seuls tous les deux ? Et ne t’avise même pas de me dire que tu me donnes l’autorisation. »

« Alors veux-tu me poser la question, Manelena ? Vu que tu n’espère pas une réponse négative de ma part, c’est qu’elle est inutile non ? »

« Oh, car je vais te briser en morceaux si tu continues à me parler sur ce ton là. Tu veux voir comment je vais y arriver ? Car ça va être très simple hein. »

« Nullement, je n’ai pas besoin de cela. Mais pourquoi est-ce que tu te sens tant en colère, Manelena ? Y a t-il un problème dont tu ne peux pas parler ? »

« Oh que si, je peux clairement en parler ! Je vais même le faire ! Tout d’abord, est-ce que tu t’es regardé dans un miroir dernièrement ?! »

Mouvement négatif de la tête de la part de Tery. C’est bien ce qu’elle pensait ! Elle le souleva par le col, Tery s’apprêtant à réagir mais elle l’avait emmené aussitôt devant un miroir assez grand pour qu’ils puissent se regarder l’un et l’autre, côte à côte.

« Dis-moi si c’est normal ! Dis moi si c’est normal la tête que tu affiches ! »

Et elle le tirait maintenant presque par les cheveux pour lui coller la face contre le miroir, le forçant à regarder les yeux rouges qu’il affichait. Des yeux rouges comme les siens mais elle… elle était née ainsi. Peut-être était-elle un concentré de dépit et de rage ? Mais aussi de haine et de colère ?

« Pourquoi mes yeux sont comme ça ? Je n’ai pas… mes cornes ? Ah si. »

Il avait parlé avec neutralité, continuant de s’observer dans le miroir. Il semblait guère perdu, nullement étonné, simplement, il posait cette question.

« Tery. Est-ce que tu vas réellement bien ? Dis-le moi, en toute honnêteté. »

« Je ne sais pas, Manelena. Je… Je… Je crois que non ? J’en sais rien. Je… Enfin… Je… »

Et maintenant, elle remarquait bien qu’il était perturbé et absent. Il était comme ailleurs et elle voulait garder sa propre colère pour le punir mais… c’était difficile. Cet endroit le façonnait d’une telle façon que si elle cherchait à l’enfoncer, il risquait de ne jamais sortir des abysses dans lesquelles il était en train de plonger. Elle chuchota :

« Tery, cette voix est de retour… n’est-ce pas ? »

Il sursauta sur le coup, comme pris en défaut ou par surprise. Il tourna son visage vers elle, la fixant comme s’il était étonné qu’elle ait compris cela aussi facilement.

« Tery… Vanian. Je te connais depuis plusieurs années. Peut-être plus que le voudrait la décence et la conduite d’une reine envers un « simple sujet » de son royaume. »

« Il est de retour. Et maintenant, il le dit ouvertement. Il dit… que c’est mon père. Que je suis sa chair, même pas son enfant. Il dit simplement que je suis sa chair. Il dit que je vais pouvoir terminer ce qu’il a commencé, que l’engeance que je suis mettra un terme à ces races qui ont décidé de le forcer à maudire leurs existences et… et… je veux pas l’écouter ! J’étais très bien comme j’étais ! Mais maintenant que l’empereur m’en a parlé, maintenant qu’il m’a dit qu’il était encore.. vivant ! Que j’étais sa création ! Que j’étais toutes ces choses ! Puis y a aussi les attaques sur mes amis, la situation autour et… et… »

Il tentait de terminer sa phrase mais déjà, il se tenait la tête entre les mains, poussant un petit sanglot de rage alors qu’elle venait le serrer dans ses bras. Voilà. Il valait mieux qu’il vide son sac, qu’il puisse ensuite repartir sur des bases bien plus saines maintenant. Enfin, ce n’était qu’une question de point de vue.

« Tery, tu as besoin de te reposer. Et surtout de penser à autre chose. J’ai une solution. »

« La…quelle, Manelena ? » demanda faiblement Tery alors qu’elle l’emmenait sur le lit, tombant en arrière pour l’emporter avec elle. Elle le lova contre sa personne, lui caressant le dos avec tendresse tout en disant :

« Tu ne vas plus bouger et reste ainsi jusqu’à ce que tu dormes. Bon, il ne faut pas compter sur moi pour que j’aille te chanter une comptine mais… disons que tu peux rester rassuré, je vais veiller sur ta personne. C’est compris ? »

Aucune réponse de la part de Tery. Le jeune homme, avachi sur sa personne avait déjà fermé les yeux, ne semblant avoir attendu que ça depuis plusieurs minutes. Elle poussa un soupir, levant les yeux au ciel en se demandant ce qu’elle avait pour mériter une telle chose. Mais voilà, elle n’allait pas s’en plaindre, c’était elle qui l’avait proposé.

« Bon… J’imagine que l’on va sauter le repas du soir de toute façon. »

Heureusement qu’elle lui avait de préciser qu’ils mangeraient dans la chambre et qu’il préviendrait lorsqu’ils iront manger. Donc pour l’occasion, cela voulait alors dire qu’ils étaient seuls tous les deux.

« Hmm… Mais comment je vais régler ce problème en réalité, moi ? »

Car elle avait beau retourner le problème de toutes les façons, les faits étaient que le jeune homme n’allait pas bien du tout et qu’elle n’avait rien pour arranger tout ça. Comment améliorer la condition de Tery ?

Demander de l’aide à l’empereur Malark ? AH ! Il était en partie responsable de la situation ! Elle en était même à se demander s’il n’avait pas fait exprès que tout dégénère de la sorte car il devait être sûrement au courant de l’état dans lequel Tery se retrouvait après avoir appris au sujet du Dévoreur.

Elle n’aimait pas l’Empereur. Elle n’arrivait pas à savoir exactement ce qu’il voulait. De ce que Tery lui avait dit, il cherchait à mettre en avant Elise, son unique fille à moitié-démone. Mais en même temps, en faisant apprendre à Tery qu’il était le fils du Dévoreur, qu’est-ce qu’il aurait à gagner sur le fait que l’humanité toute entière, que ça soit à la surface ou dans les souterrains soit décimée ?

« Il y a plusieurs zones d’ombre qu’il me faudrait éclaircir. »

Mais là, elle n’allait bientôt plus avoir le temps vu que malheureusement, elle avait compris qu’ils allaient bientôt tous partir pour une nouvelle expédition à la surface. Encore une. Combien de fois est-ce que Tery avait essayé de revenir ? L’une avait été empêchée par sa propre personne mais les autres ?

Hmm… Actuellement, elle sentait que les échecs cumulés de la part du jeune homme n’avaient rien arrangé en la situation actuelle. S’ils ne faisaient pas attention, cela pouvait très vite dégénérer et pas forcément pour un bon résultat.

Hmm… Bon ? Qu’est-ce qu’elle allait faire de Tery endormi contre elle ? Dans cette position des plus plaisantes pour le jeune homme, elle aurait du mal à se déplacer. La réponse n’allait pas être bien difficile. D’un mouvement de la main droite, celle de gauche retenant Tery contre elle, elle avait tiré la couverture sur leurs corps, qu’importe qu’ils soient encore habillés. Tery allait juste dormir au maximum.

Et dès demain, elle verra si cette nuit de sommeil lui avait permis d’évacuer un peu tout ça. Mais pourquoi est-ce qu’elle se mettait si souvent en colère contre lui alors que dans le fond, elle voulait tout simplement l’aider ? Était-ce parce qu’elle se sentait redevable par rapport à lui ? De l’avoir extirpé de cette haine qu’elle subissait dans le passé ?

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