Chapitre 31 : Une mauvaise nuit

Troisième axe : Des êtres maudits

Chapitre 31 : Une mauvaise nuit

« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »

C’était la première remarque qu’il se fit en voyant le lit et la chambre dans laquelle lui et Manelena dormaient. Le lit avait été ravagé, des déchirures étaient visibles sur les draps, des coups de griffe dans le bois des meubles et que dire des pierres ! Même ces dernières arboraient des fissures, signe d’un combat dantesque.

Et parmi tout ça, dans le lit, il y avait une femme aux cheveux argentés. Nue comme le jour de sa naissance, sa longue chevelure cachait sa poitrine généreuse. Elle avait quelques marques sur les bras et le ventre. Il ne voyait pas les cuisses mais il se disait aisément que ça devait être le même résultat.

Il n’osait pas la réveiller. Il essayait de se rappeler d’hier soir. Il n’avait pas bu. Il en était certain. Et même en buvant, il ne se serait jamais comporté de la sorte. Il y avait sûrement une autre explication. Plus raisonnable, plus logique, plus… normale, hein ? Mais est-ce qu’il allait la trouver ? Il se tourna enfin vers Manelena, posant doucement une main sur son bras avant de sentir qu’elle était collante.

Comme si de la sueur avait perlé sur son être après une série d’incroyables efforts. Mais… qu’est-ce qui s’était vraiment passé ? Il attendait qu’elle se réveille mais elle ne bougeait pas. Par contre, il pouvait voir qu’elle respirait et intérieurement, il était soulagé. Non pas que ça soit étrange mais… s’il était arrivé quelque chose de dramatique ?

« Manelena ? Manelena ? Est-ce que tu veux bien te réveiller s’il te plaît ? »

Il allait devoir obtenir quelques réponses mais Manelena semblait heureuse d’après le sourire qu’elle avait aux lèvres. Vraiment ? Elle appréciait cet instant ? Pas lui de son côté ! Il eut un léger haut le coeur, espérant qu’elle allait finir par ouvrir les yeux.

« Enfin… Pfiou… J’ai eu peur, Manelena. Dis-moi, qu’est-ce qui… »

« Hmm ? Tu sais, tu n’es pas obligé de me réveiller, Tery. Avec ce que tu m’as fait hier, je crois bien avoir le droit de me reposer, non ? Et tu pourrais me dire bonjour, d’ailleurs. »

« Bonjour Manelena. Et qu’est-ce que tu veux dire parce que je t’ai fait ? »

Il avait peur de connaître la réponse. Il n’y avait pas cinquante mille réponses à sa question, surtout avec deux corps nus dans un lit… mais il avait l’impression que des sauvages étaient venus dans la chambre pour la mettre sans dessus-dessous.

« C’est vrai que tu en as aucune idée, hein ? »

« Est-ce que… tu veux dire que j’ai… comme la dernière fois ? » demanda t-il en baissant les yeux mais elle hocha la tête négativement, se mettant assis, ramenant la couverture à hauteur de sa poitrine pour se couvrir. Il déglutit, n’osant pas vraiment la regarder alors qu’elle était dans une tenue des plus aguicheuses alias aucune.

« Pas vraiment. La dernière fois, tu faisais plus ou moins… enfin, tu vois ce que je veux dire. Là, je crois que tu as commencé à vraiment perdre les pédales. »

Il la regardait avec effarement, cherchant à voir si elle plaisantait ou non. Mais d’après le petit sourire triste qu’elle lui lançait, elle n’était pas d’humeur à lui mentir. Il cligna des yeux avant de bredouiller :

« Perdre les pédales… à quel point ? »

« Disons que tu peux le voir de tes propres yeux mais… ne t’en fait pas. J’ai réussi à te faire te focaliser sur moi pour que tu… décharges tout ce que tu avais comme ressentiment. »

« Est-ce que toi… et moi… nous avons… » demanda t-il encore une fois alors qu’elle se débarrassait de la couverture, laissant paraître les résultats de cette nuit sans équivoque.

« J’imagine que cela répond à ta question. Tu sais, j’avoue que je suis un peu… rustre avec toi mais des fois, la douceur ne me ferait pas de mal aussi hein ? »

« AAAAAH ! S’il te plaît, ce n’était pas ainsi ! Tu sais parfaitement que… enfin, je ne voulais pas… enfin que je ne ferais jamais… enfin, tu sais ! »

« Enfin, s’il fallait encore une preuve pour ces idiots de démons, je crois que tu viens de leur en donner une. Bon, j’avoue que je me demande comment tu vas expliquer ça. Car dans les faits, ça fait deux chambres ravagées en quelques semaines. »

« Je ne sais pas ce que je vais réussir à leur dire mais je vais finir par trouver. Dis moi, est-ce que je t’ai blessée ou… »

« En fait, c’est assez compliqué. Tu peux t’asseoir à côté de moi hein ? Tu vas attraper froid. Tu portes autant de vêtements que moi. »

Mais elle n’en… AH ! Lui non plus, oui ! Il ramena bien vite la couverture déchirée en de nombreux endroits sur eux. Quel idiot quand même. Mais… Elle ne semblait pas mal le prendre. Est-ce qu’elle allait bien donc ?

« C’était étrange. Tu avais envie de tout détruire mais en même temps de me protéger. Tu disais que j’étais la personne la plus importante à tes yeux mais en même temps, tu étais dans un tel état de rage et de colère que tu me faisais mal. Mais dès que tu voyais que tu me blessais, tu étais capable de me soigner et cela malgré le fait que tu ne possèdes pas les lignes de Zélisia. C’était assez perturbant. »

« D’a… D’accord. Donc, tu es certaine que tu n’as rien ? »

« Tu peux venir vérifier, si tu le veux. » répliqua Manelena avant de descendre à nouveau la couverture. Mais elle ne s’attendait pas à ce que le jeune homme se mette en action et se rapproche d’elle, l’auscultant de haut en bas, de bras en bras, son visage, ses joues, sa… poitrine. Prise en défaut, elle remonta bien vite la couverture avant de dire : « On va éviter le reste. Tu devras juste me croire sur parole, compris ? »

« Je pense que c’est la seule chose que je peux faire à l’heure actuelle. Il faut te laver. Enfin, c’est ce qu’il faut faire, et vite fait. »

« C’est vrai que je dois encore continuer à jouer ce rôle. Bon, eh bien, comment vas t-on faire ? S’habiller normalement et on demandera des bains spécifiques ? »

« Héhéhé, c’est à toi de voir ! Ce n’est pas moi qui a fait tout ça hein, »

Elle en rigolait mais lui-même était très sérieux dans sa démarche. Il voulait vraiment éviter qu’il y ait de gros problèmes à l’avenir. C’est pourquoi il… enfin… déjà, il aurait préféré que tout ce qui venait de se passer ne se produise pas. Auparavant, il avait agit ainsi pour « prétendre » être mauvais mais là… avec ce qui venait de se passer, il l’était vraiment.

Mais bon, ils allaient s’habiller et prendre un bain. Pour le bain, il allait expliquer qu’elle allait lui laver le corps, en tant que servante et que personne ne vienne les déranger. Oui, ça serait une très bonne explication et raison.

Et heureusement pour lui, lorsqu’ils quittèrent la chambre, il désigna à la servante que quelqu’un s’occupe de ça ou qu’on lui en prépare une nouvelle. Dans tous les cas, il avait encore une fois crée la surprise en agissant de la sorte… mais juste, il ne savait pas ce qu’il avait véritablement accompli.

Mais heureusement, les bains étaient disponibles et ils n’avaient aucun mal à s’y rendre. Là-bas, il évita de trop traîner avec Manelena mais celle-ci lui déclara qu’il devait rester non-loin d’elle. Si elle, une servante, était seule, cela risquait d’emmener de gros ennuis et ils voulaient juste éviter ça.

Heureusement, encore une fois, il ne chercha pas trop à s’attarder sur ça et le bain fut très vite expédié, chacun finissant bien plus propre maintenant. De nouveaux habits avaient été déposés pour eux, même si ceux de Manelena laissaient à désirer. Elle ne s’en plaignait pas, acceptant pleinement sa condition, comme il en était convenu.

Oui… Des habits plus que corrects et finalement, il demanda où ils allaient dormir dorénavant. On les emmena dans une chambre, pas si éloignée de la précédente mais qui y ressemblait fortement. C’était à se demander s’ils avaient prévu le coup.

« L’empereur Malark aimerait vous parler dans les plus brefs délais. »

Alors qu’ils venaient de quitter la nouvelle chambre, un serviteur s’était rapproché d’eux deux, leur transmettant le message du monarque. Hmm… Est-ce qu’il voulait encore parler du Dévoreur ? Il n’en avait pas eu assez auparavant ?

« Donc, cela correspond à maintenant, c’est bien ça ? »

« J’imagine qu’il vaut mieux, oui. Si vous voulez bien m’accompagner, alors, je vais vous guider jusqu’à lui bien que vous connaissez le chemin. »

Il haussa les épaules, Manelena rentrant presque sa tête dans les siennes, jouant parfaitement son rôle d’esclave bien soumise. Sincèrement, ça ne lui plaisait pas le moins du monde que tout cela continue comme si de rien n’était.

Quelques minutes plus tard, ils étaient maintenant dans la salle du trône. Comme d’habitude, ils n’étaient que tous les trois dans la pièce, signe que la conversation se devait d’être secrète. L’Empereur semblait visiblement un peu irrité, finissant par dire pour briser le silence qui s’était installé depuis qu’ils étaient rentrés :

« Vous avez encore saccagé l’une des chambres du château. Y a t-il une raison à cela ? Outre le fait que vous aimez réduire le mobilier en morceaux ? »

« Empereur Malark, c’est euh… de ma faute. » commença à dire Tery, gêné et confus. Comment est-ce qu’il allait expliquer ça ?

« Il a perdu les pédales, comme auparavant. Mais cette fois-ci, c’était assez compliqué. »

Et voilà qu’elle commençait à expliquer plus ou moins exactement ce qui s’était passé. Sans rentrer dans les détails scabreux, elle évoquait les paroles dont il ne se rappelait guère. Elle parlait aussi des actes, que ça soit sa protection personnelle ou la destruction du mobilier.

« Je pense que vous avez une explication à ce sujet, empereur, n’est-ce pas ? »

« Hmm… Tu peux me regarder comme tu le veux, jeune reine de Shunter, cela ne changera rien à mes dires. Et oui, j’ai bien une explication. La voix du Dévoreur dans la tête de Tery. »

« Vous pensez que c’est lui ? Mais jusqu’à maintenant, cela ne se finissait jamais de cette manière ? Même Clari n’a pas réagit. »

« Car indirectement tu lui avais ordonné de ne rien faire, il y a de fortes chances que ça soit ainsi. Néanmoins, avoir évoqué le Dévoreur, son histoire, et ta relation avec lui, semble avoir provoqué bien plus de dégâts que je ne le pensais. »

« Vous étiez donc parfaitement au courant de ce qui risquait de se passer et vous n’avez donc rien faire pour arrêter ça ou me prévenir. »

« Pourquoi devrais-je prévenir une simple servante ? Néanmoins, cela correspond plus ou moins à ce que nous pensions. Il va falloir que tu t’éloignes de la capitale, Tery Vanian. »

« Je ne demandais que ça depuis le début ou presque… mais je n’étais pas certain que ça allait être accepté. Au moins que vous me disiez ça maintenant, ça me soulage. Est-ce que je peux partir avec d’autres personnes ? Quelle est votre mission ? »

« Nous verrons cela en temps et en heure. Pour le moment, tu peux aller « parader » avec ton trophée surfacien. Avec ce qui s’est passé, les rumeurs sont même venues jusqu’à moi. »

Parader ? Quand même, cela reviendrait à considérer que Manelena n’était qu’un vulgaire objet. Déjà que beaucoup pensaient ça de sa personne et des autres surfaciens, il avait prétendu qu’il pensait ça lui aussi mais là… Avec ce qui s’était passé, il voulait éviter. Non, ils allaient juste se rendre en ville, comme ça, elle aura les pieds attachés, rien de plus, rien de moins. Elle pouvait marcher vu qu’il y aura juste une petite chaîne entre ses deux jambes mais il n’allait rien faire de plus. C’en était déjà bien trop en vue de la situation. Plus, cela serait la ridiculiser et il ne voulait pas de ça.

Peut-être était-ce aussi à cause du fait que la soirée lui avait fait bien plus de mal mentalement qu’il ne le pensait ? Oui, c’était sûrement l’explication principale à son caractère actuel. Ah… C’était désolant..

Il s’en voulait à un tel point… et en voyant le regard d’Héraisty posé sur lui, interrogateur, comme si elle cherchait à décerner la vérité, il ne faisait que baisser le sien, lorsqu’ils vinrent lui rendre visite. À l’intérieur, Manelena s’était mise plus à l’aise, déclarant :

« Ne vous en faites pas, Tery ne m’a rien fait de mal. Il ne m’a pas traumatisée ou autre. Il n’a rien à craindre, c’est juste… sa façon à lui de s’exprimer. »

« Vous me permettez d’en douter un petit peu quand même ? En vue de vos blessures, je ne suis que moyennement convaincue, je tiens à le signaler. »

« Des blessures ? Oh, elles sont juste mineures. Disons simplement que Tery ne fait que jouer son jeu. Nous avons même eu l’autorisation de nous préparer à quitter la capitale à nouveau. »

« Je vais… emporter tous ceux qui étaient partis avec moi auparavant. Ce n’est pas… une existence pour eux à l’heure actuelle. Les démons ne sont pas encore tous prêts à accepter la présence des surfaciens parmi eux. »

Il avait finalement pris la parole, lentement mais sûrement alors qu’il regardait les trois personnes. Oui, il ne fallait pas oublier la surfacienne qui était chez Héraisty, un peu en mode « garde du corps ».

« Je vois, et tu venais voir si nous étions intéressées, c’est ça ? Car j’imagine que tu vas laisser chacun décider, n’est-ce pas ? »

Pourquoi est-ce qu’elle lui posait la question si elle connaissait la réponse ? Il hocha la tête en silence. Même s’il n’était pas pris en défaut, c’était simplement que ce n’était pas son moment, ni son lieu et qu’avec cette nuit, sincèrement, il n’osait pas trop l’ouvrir.

« On dirait que ça ne va vraiment pas, Tery. Tu es malade ? »

« Ne t’en fait pas pour lui. Ce n’est pas une maladie, c’est simplement quelque chose que je suis certaine, il va régler en deux coups de cuillère à pot. Cela ne devrait pas être trop dur. »

« Ce n’est pas très drôle, Manelena, je tiens à le préciser. Pas du tout. »

« Je n’ai jamais prétendu que ça l’était, Tery. Simplement, si tu étais vraiment en danger ou s’il y avait vraiment un problème, Clari serait intervenue, non ? »

« C’est vrai mais… RAAAAAH ! Tu le fais exprès ! Je vais aller prendre un peu l’air avec Clari ! Tu n’as qu’à rester ici ! »

Et il était maintenant en train de quitter la pièce, sans aucune hésitation. La femme-golem l’accompagnait, sans un regard en arrière, le suivant comme si elle n’était que son ombre et rien d’autre. Le jeune homme aux cheveux bruns s’était alors mis à se déplacer à vive allure à travers les rues de la capitale, ignorant complètement les gens sur son chemin.

« Elle prend cela trop à la légère. J’ai pourtant fait des choses vraiment horribles et elle fait comme si rien ne s’était passé. Pourquoi ? »

Auparavant, cela n’avait été qu’une façade mais hier, comme il ne s’en rappelait pas, c’était quelque chose qui s’était vraiment produit. Il n’y avait eu aucune manipulation, aucune tentative de faire ça « pour de semblant ».

Non… Déjà qu’il se sentait mal à l’idée de ce qu’il accomplissait, alors se dire qu’il répétait tout cela sans même s’en rendre compte… est-ce que Manelena acceptait ce qu’il faisait à cause… de ses sentiments ?

Il avait du mal à savoir si elle jouait avec ses émotions ou non. Si elle était vraiment sérieuse par rapport à lui ou si pour elle, tout cela n’était qu’une grande et vaste blague. Oui, il voulait vraiment connaître la vérité sur les sentiments de la reine de Shunter mais est-ce qu’elle allait vraiment lui répondre ?

« Clari, qu’est-ce que je dois faire réellement de mon côté ? Est-ce que tu peux me guider ? »

La femme-golem le regardait avec neutralité, comme si elle cherchait à lire dans ses pensées. Puis elle restait immobile, complètement immobile. Il soupira une nouvelle fois, regardant Clari avant de se remettre en route.

Il avait passé sûrement une demie-heure voire une bonne heure dans les rues. Clari marchait à nouveau à côté de lui et il avait fini par retrouver Héraisty. Elle avait un peu de rouge aux joues, la surfacienne aussi alors que Manelena était comme à son habitude.

« Est-ce que ça va mieux, Tery ? »

« Disons que cela m’a fait du bien de me balader. Et vous ? De quoi est-ce que vous avez discuté ? C’est pour se décider si tu décides de nous suivre ou non ? »

« Oh pas le moins du monde, Tery. J’ai simplement expliqué à Héraisty ce qui s’est passé hier, pour qu’elle comprenne qu’il n’y avait pas à s’en faire. »

« Euh, tu as expliqué à quel point dans les détails ? » demanda une nouvelle fois Tery en regardant Manelena, celle-ci ayant un grand sourire aux lèvres, sans rien répondre.

« Disons qu’elle a préféré n’épargner aucun détail pour être certaine que nous comprenions tout. Mais euh… C’est donc vrai que tu ne te souviens de rien ? »

« Rien du tout et le chambre était dévastée et… Manelena ne m’a rien dit de plus. Enfin, des choses qui pourraient réellement être intéressantes. »

« Oh, elles l’étaient, du moins, pour Héraisty. N’est-ce pas, Héraisty ? »

La démone à lunettes vint tousser en fermant les yeux, ne cherchant pas à répondre à la petite provocation de Manelena. Celle-ci gardait son sourire, visiblement fière de ses propos. Elle n’en faisait vraiment qu’à sa tête, n’est-ce pas ?

« Nous devons retourner au château, Manelena. Si nous prenons trop de temps, je pense qu’ils vont s’interroger et je ne suis pas certain de vouloir les entendre. »

« Désolée, mesdemoiselles. Il semblerait que Tery soit un peu fatigué et lassé. Sûrement à cause de cette courte nuit que nous avons eu. »

« Manelena, tu veux bien remettre tes menottes ? »

Elle présenta simplement ses poings, Tery soupirant et grognant légèrement. Aujourd’hui n’était vraiment pas le jour où il fallait le provoquer et pourtant, Manelena faisait tout pour que ça arrive, n’est-ce pas ? Elle était en train de prendre un malin plaisir dans tout ça mais il n’arrivait pas à savoir ce qu’elle avait à y gagner en se comportant de la sorte. Ce n’était pas dans ses habitudes.

Devant son malaise et avant qu’ils ne quittent la demeure d’Héraisty, elle se plaça face à lui, tournant le dos à la propriétaire des lieux qui s’apprêtait à ouvrir la porte et en barrant le passage à Tery. Elle le fixa de ses yeux rubis, un sourire espiègle aux lèvres avant de dire :

« Tery Vanian, malgré la situation qui peut te laisser perplexe, je peux juste t’avouer une chose : je me sens l’âme d’une gagnante. »

« L’âme d’une gagnante ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? »

« Oh, je suis certaine qu’elles comprennent de quoi je parle. Les femmes ont leurs petits secrets, Tery Vanian. »

Pour aujourd’hui, il n’avait pas envie de lutter et de se battre. Sincèrement, c’était une mauvaise journée. Il vint juste saluer les deux femmes, disant à Manelena de le suivre en se mettant derrière lui avant de quitter la demeure.

Dans tous les cas, il en avait assez. La coupe était pleine ou presque. Retournant au château, il déclara simplement qu’il se présenterait juste à l’heure du repas et que pour le reste de la journée, il allait juste simplement se rendre dans sa chambre et ne pas en sortirez

Dans celle-ci, il vint juste se coucher, délaissant complètement Manelena alors qu’il enfouissait son tête dans l’oreiller. Elle ne prenait pas au sérieux le fait qu’il avait ravagé la chambre. Elle pensait simplement à un truc comme la « victoire » qu’il ne comprenait pas.

Où est-ce qu’elle avait gagné ? À part des ecchymoses qui ne pouvaient que laisser de bien vilaines traces sur sa magnifique peau. Mais ça, ce n’était pas le genre de choses dont on cherchait à se vanter… et donc, il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas du tout.

« Tery ? Est-ce que tu as envie que je te laisse tranquille ? Je t’ai peut-être un peu trop taquiné aujourd’hui, non ? »

« Ce n’est pas un jeu. C’est dangereux, très dangereux, Manelena. Et ça, tu me donnes l’impression de te comporter comme Elen. »

« Oh… Peut-être parce que j’ai obtenu quelque chose de précieux, comme elle. » chuchota la femme aux cheveux argentés dans un sourire. Elle n’allait rien lui dire de plus.

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