Chapitre 23 : Jugé coupable

Chapitre 23 : Jugé coupable

« Tu ferais mieux de rester couché, Alan. » lui murmura Mana en retirant le gant de toilette sur le front du jeune homme aux cheveux blonds.

« Désolé mais je ne peux pas. Ce n’est qu’une petite fièvre… Ca ira mieux après quelques heures ! Tu veux bien m’aider à me lever ? »

Elle hocha la tête alors qu’elle tendait sa main pour le relever. Il la remercia mais après quelques pas, elle le lâcha subitement, le faisant s’écrouler au sol.

« Tss, tss, tss, tss, tss… Dommage, dommage, dommage… Alan, tu n’es pas en état. C’était pour voir si tu arrivais à rester debout… et visiblement… Ce n’est pas le cas. »

« Il y a d’autres méthodes pour faire ça ! Ca fait mal ! »

« Oui, oui, je sais, je sais, héhéhé… Bon, tu veux que je t’aide à te relever ? »

« Non merci, je préfère essayer par moi-même. »

Visiblement, il était un peu en colère envers elle et ça se comprenait. Elle lui avait joué un sale coup. Elle l’observa se relever en titubant, un petit sourire aux lèvres avant de le soulever par l’épaule, lui signalant qu’elle allait quand même le guider, qu’il le veuille ou non. Quelques secondes plus tard, les quatre enfants descendaient, surpris par le bruit causé il y a quelques instants.

« Ne vous en faites pas pour lui, il a un peu de fièvre seulement. Je ne pense pas que ça vous dérange si vous ne mangez pas ce soir, n’est-ce pas ? »

Ils hochèrent la tête en même temps alors qu’elle signalait qu’elle allait le guider dans sa chambre. Grimpant ensemble les escaliers, Alan demanda à Mana de l’emmener voir son père. Celui-ci dormait toujours dans son lit et il murmura à la jeune femme aux cheveux gris de bien vouloir vérifier s’il vivait toujours. Heureusement pour lui, c’était le cas…

« Et maintenant, tu vas tout simplement dormir d’accord ? Et si tu as un vilain cauchemar, la gentille demoiselle que je suis s’occupera de le dévorer, d’accord ? »

« Depuis quand tu dévores les cauchemars ? Est-ce que ça a bon goût ? »

« Ca va me rester sur l’estomac… Mais bon, il faut bien, n’est-ce pas ? »

« Hahaha… Hahaha… Haha… Haha… Ha… Ha… J’ai un peu sommeil… J’aimerais bien dormir… maintenant… si c’est possible… »

« Et si tu te reposes correctement… J’irai peut-être te faire une surprise. Allez, repose-toi bien d’accord ? Et ne fait plus de bêtises. Tu en as déjà trop fait. »

Il hocha la tête alors qu’elle le déposait dans son lit. Il ferma les yeux, un petit sourire aux lèvres alors qu’elle s’éloignait. Elle alla prévenir les quatre enfants de bien vouloir veiller sur lui alors qu’elle avait une petite course à faire. Elle n’arrivait pas à croire ce qu’elle était en train de faire… mais pourtant… C’était bien le cas… Elle disparut de la maison, se dirigeant vers un endroit dont elle seule connaissait la destination.

« Ah… Ah… Ah… Ah… Ah… J’ai chaud ! CHAUD ! »

Il criait alors qu’il ouvrait subitement les yeux. Il vit les quatre enfants qui reculaient légèrement, un peu apeurés par lui. Il bafouilla quelques excuses envers eux, reprenant d’une voix plus calme et douce :

« Par… Pardon… Mana n’est toujours pas revenue ? »

« N… Non… Elle n’est pas encore revenue… Elle a dit qu’elle avait quelque chose… à faire… On ne sait pas quoi… » murmura l’une des deux petites filles aux yeux jaunes.

« Bon… Je me sens bien mieux ! Vous avez faim ? »

Ils hochèrent la tête, ne reparlant plus à nouveau alors qu’il se levait complètement. Mais où était passée Mana ? Pfff ! Enfin, ce n’était pas le moment de se poser des questions à ce sujet ! Il quitta sa chambre, accompagné des quatre enfants. Il se dirigea vers celle de son père, tremblant légèrement en voyant qu’il était encore couché.

« Papa… Lève toi s’il te plaît… »

« Je n’ai pas faim… Merci quand même… J’ai juste sommeil… Je veux juste dormir… Pardon… Alan… »

« Ce n’est pas à moi que tu dois dire pardon… mais à Maman… »

« Ne parles plus d’elle ! PLUS JAMAIS ! »

« Pardon… Je ne voulais pas… t’embêter avec ça… Je te laisserai quelque chose… si tu veux manger ce soir… d’accord ? »

« Laisse-moi dormir… C’est tout ce que je veux… »

Alan poussa un profond soupir, refermant la porte derrière lui. Devant la mine triste qu’il avait, les enfants détournèrent le regard mais il rigola légèrement, disant que ce n’était pas si grave. Mana revint après une bonne vingtaine de minutes, reniflant l’odeur qui sortait de la cuisine. Elle félicita le jeune homme alors qu’il lui demandait d’une voix calme :

« Où est-ce que tu étais ? Tu me montres la surprise maintenant ? Tu vois que je vais beaucoup mieux ! Je t’ai écouté ! Alors… Tu veux bien me dire c’est quoi cette surprise ? »

« Tututut… Non, non et non ! C’est quelque chose de vraiment spécial. Je ne le montrerais pas n’importe quand. Je verrai suivant les prochains jours. C’est assez gênant en plus… Enfin, pas autant qu’actuellement car j’ai été le chercher mais je fais d’incroyables stupidités à cause de toi, est-ce que tu le sais ? Je ne sais pas ce qui me prend mais devant ton caractère, je suis bien obligée de faire un geste envers toi. »

« Obligée ? Si c’est quelque chose d’obligé, ne le fais pas. Je n’aime pas forcer les personnes à faire ce qu’elles n’ont pas envie de faire ! »

« Blablablablabla… Mais tais-toi un peu. Je vais surtout voir si tu vas vraiment mieux ou non. Je vais cacher cette surprise quelque part pour être sûre que tu ne la trouves pas. Je reviens d’ici quelques minutes. »

Il hocha la tête pour dire que ça ne lui posait pas de problèmes, montrant aux enfants comment cuisiner à peu près correctement. Ils semblaient fascinés par ce qu’ils voyaient… A croire que les paroles de Rélo étaient vraies… Il était un peu leur père ? AH ! En y réfléchissant, ça serait impossible… Mais pourquoi pas ? Si c’était de substitution… Lui-même avait des soucis avec son propre père.


La journée passa plus tranquillement que la matinée, Alan et Mana allant se coucher à nouveau ensemble tandis qu’il avait descendues les couvertures pour les quatre enfants. Deux mains posées sur le ventre de Mana, il lui murmura doucement de lui dire c’était quoi cette surprise. Elle lui répliqua que c’était une chose qu’elle n’avait jamais faite auparavant… Surtout pour un pathétique humain comme lui. Mais il pouvait être content… C’était sa récompense pour tout ce qu’il avait pour les enfants… Ils semblaient bien plus vivants qu’auparavant… et c’était grâce à lui.
Il répliqua que c’était normal… Et que si on ne lui avait pas dit qu’ils étaient des pokémons, il ne l’aurait jamais remarqué. Elle eut un petit rire, se calfeutrant un peu plus contre lui alors qu’ils fermaient les yeux les uns après les autres. Les minutes passèrent, puis les heures et elle rouvrit ses yeux très rapidement. Cette impression malsaine… était de nouveau présente. Ce n’était pas normal ! Elle bougea un peu, Alan marmonnant quelque chose d’inaudible alors qu’elle se levait. Elle quitta la chambre, cherchant à savoir d’où provenait cette impression avant de remarquer qu’elle se trouvait dans… la chambre du père ?
Elle ouvrit à la volée la porte, voyant Rélo qui perdit son sourire, une main posée sur le crâne de l’homme. Elle n’eut pas le temps de dire quelque chose qu’il avait déjà disparu. Elle s’approcha vers le père d’Alan, posant une main sur son crâne pour vérifier quelque chose. Non… Rien dans ses rêves… Oui, il rêvait de sa femme mais c’était chose normale… Non… Il n’y avait rien d’alarmant… Bizarre… Mais elle restait méfiante par rapport à Rélo.
Elle retourna se coucher, l’impression malsaine ayant disparue depuis que Rélo était parti… Tsss… Demain, elle allait lui mettre la main dessus et lui régler son corps ! Il allait vite comprendre qu’on ne jouait pas avec elle ! Lorsqu’elle retourna dans la chambre d’Alan, elle posa une main sur son front, lisant dans ses rêves en voyant qu’ils étaient un peu plus joyeux qu’auparavant… Enfin… C’était bien mieux que rien… Peut-être qu’elle allait lui montrer sa surprise plus tôt que prévu.

« Mana… Il est l’heure de se lever… Tu me serres un peu trop là… »

Elle ouvrit lentement ses yeux. Elle avait fait un rêve un peu… saugrenu… Disons plutôt alarmant quand on la connaissait… Elle avait l’impression qu’elle allait perdre Alan et bizarrement, cela lui déplaisait plus que tout. Et autant dire… qu’elle semblait l’avoir montré à Alan pendant qu’elle dormait… Elle s’était retournée pour être en face de lui, ses deux bras passés autour de son cou. Elle retira rapidement ses deux mains, marmonnant qu’elle était désolée alors qu’il souriait.

« Bah ! Ca ne fait rien du tout ! On va réveiller les enfants ? Je vais m’occuper maintenant du petit-déjeuner et comme ça, ça sera fait ! »

« Comme tu veux… Bon… J’espère que ça ne sera pas trop brûlé. »

« Le repas ? C’est sympa, merci beaucoup héhéhé ! Bon, je me lève avant qu’il ne soit trop tard. Ils doivent sûrement dormir encore, pareil pour mon père. »

Il quitta la chambre, descendant les escaliers, cela allait devenir une monotonie à force… mais ce n’était pas forcément une mauvaise chose en y réfléchissant bien. Il secoua très légèrement les quatre enfants sur les fauteuils du salon, ces derniers ouvrant leurs petits yeux avant de murmurer un petit bonjour. Il y avait de quoi faire fondre son cœur… s’il était de glace. Sauf que ce n’était pas le cas !

« Installez vous sur les chaises et attendez hein ? »

« Tiens, bonjour chéri. Comment vas-tu ? »

Chéri ? Il haussa un sourcil alors qu’il voyait les lèvres de Mana se poser sur sa joue. Elle poussa un rire tonitruant en disant que tout ceci n’était qu’un jeu au final. Elle lui signala que c’était comme ça que Rélo avait appelé toute la petite troupe réunie dans la cuisine. Quoi de mieux pour le faire enrager ?

« Surtout que tu veux en savoir une chose ? Il est d’une jalousie maladive… Il croit qu’il pouvait m’obtenir comme il le désirait… Parce que c’était un dur, un vrai de vrai criminel… Mais malheureusement pour lui, je ne suis pas intéressé par les gamins psychopathes de son genre. Héhéhéhé… Dommage pour lui. »

« Tiens donc… Et tu es intéressée par quel type de personnes ? Si ce n’est pas indiscret ? »

« Ca l’est malheureusement alors je ne te répondrais pas. Je ne suis pas intéressée par une relation. Déçu alors ? Je ne t’en voudrai pas si tu pleures. »

« Hahaha… Oui, bien sûr. Je suis très déçu, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis tellement déçu que je ne vais pas te faire de petit-déjeuner ! C’est vrai quoi… Une pokémon ectoplasmique ne m’aime pas, c’est la fin du monde autour de moi. »

« C’est mesquin, ne t’avise même pas de faire ça, tu sais très bien que je n’apprécierais pas. » grogna la jeune femme aux cheveux gris alors qu’il lui demandait de s’asseoir.

Elle s’exécuta alors qu’il commençait à servir le petit déjeuner, regardant les mines affamées des enfants avant de voir que Mana mangeait avant les autres. Vraiment… Elle parlait, elle parlait, mais elle était la première dès qu’il s’agissait de manger. Il poussa un profond soupir, signalant qu’il allait réveiller son père pour lui proposer de manger.
Pendant qu’ils mangeaient, Mana posa quelques questions aux enfants, leur demandant s’ils allaient bien, s’ils étaient heureux ou non. Tous répondirent que oui, avant qu’un puissant cri ne se fasse entendre. Elle se redressa vivement, courant à toute allure vers les escaliers. C’était la voix d’Alan ! Qu’est-ce qui s’était passé ?!

Le jeune homme assis au sol, tremblant de terreur et de peur alors qu’il tournait son visage vers elle, désignant du doigt la chambre de son père. Non… Qu’est-ce qui s’était passé cette fois ?! C’était déjà le moment ? Ca l’étonnait quand même ! Et pourtant… Pourtant… C’était encore pire que prévu… Du moins… C’était de ces choses que l’on s’étonnait qu’on le veuille ou non… Le corps du père d’Alan était tout simplement suspendu par une corde…
« Pa… Papa… Papa… s’est… s’est pendu… »

« Et le jour arriva où le roi s’éveilla ! » ricana une voix à côté d’Alan, Rélo se montrant avec un grand sourire en s’asseyant à côté du jeune homme aux cheveux blonds.

« Est-ce que tu ne trouves pas ça affreux ? Ton père a préféré se suicider plutôt que de vivre avec toi… Il était fatigué de cette vie… Regarde les personnes qui sont autour de toi… Il n’y a personne… PERSONNE ! »

« Rélo… Cette fois… Ca suffit… Tu m’as énervé… Très énervé… Je crois qu’il est temps pour toi de disparaître complètement de ce monde. Les pourris de ton genre ne méritent même pas d’avoir accès à une seconde vie en tant que spectre. »

L’adolescent au masque squelettique fut renvoyé contre un mur alors que Mana s’approchait d’Alan, tentant de le relever… sans y arriver. Il était comme figé au sol. Il hoquetait et elle comprenait ce qu’il ressentait… Même si il était préparé… Il avait perdu ses deux parents en moins d’une semaine… Mais surtout… Cette impression d’abandon… Son père l’avait complètement abandonné… Il avait complètement abandonnée son existence… Tout… Tout avait été abandonné… Rélo se releva, poussant un gémissement de douleur avant de dire :

« Et bien… On n’est pas contente car le roi noir va enfin s’ouvrir ? Car enfin… Il va nous permettre de continuer ce jeu ? Nous avons perdu trop de temps et de pièces à cause de toutes ces bêtises… CAR TU NE SAIS RIEN FAIRE ! Tu aurais pu lui permettre d’éviter la mort de la reine noire mais non… Tu crois que je n’ai pas remarqué ton manège ? Tu t’es apitoyée ! Un peu comme les gamins ! Vous êtes pathétiques comme fantômes ! »

« Non… Simplement, nous ne sommes pas des psychopathes qui avons assassinés nos parents à l’âge de six ans, nous ne sommes pas des fous qui égorgent les animaux de compagnie que nous recevons, nous ne sommes pas des dingues qui violent des gamines de leur âge… Et enfin nous ne sommes pas des déséquilibrés qui se font prendre une balle dans la tête pour arrêter leur histoire absurde jusqu’au bout. Tiens… En parlant d’histoire absurde… Ce n’est pas celle de ton existence que je viens de résumer ? »

« Sale garce… J’aurais du te tuer définitivement plus tôt… Mais tu vas comprendre que tu es une pionne et que tu le resteras à jamais… Et cela malgré le fait que tu ais évolué ! Le roi noir est enfin prêt à m’écouter… Il n’a pas besoin de garder ses sentiments envers les pions que vous êtes et les rares pièces qui lui restent… Prépare-toi à souffrir ! »

« Tu me voles mes paroles maintenant. »

Les deux adolescents se regardaient en chiens de faïence, chacun restant parfaitement immobiles alors que les quatre enfants venaient récupérer Alan pour le mettre à l’abri. Là, ça risquait de chauffer entre les deux adolescents.

Chapitre 22 : Un par un, tous en moins

Chapitre 22 : Un par un, tous en moins

« Alors… Je veux bien que vous vous lanciez à l’attaque… de ces derniers. »

« C’est comme vous le désirez, roi noir. Suivez moi les autres. On y va maintenant. »

« Laisse-les terminer de digérer leurs petits-déjeuners. Allez à la télévision. » annonça Alan à l’encontre des cinq enfants.

Mana émit un grand sourire en voyant la mine décomposée de Rélo. Il ne s’était pas attendu à ce que le jeune homme aux cheveux blonds le contredise sur ce point. Il serra les dents, émettant un geste grossier à Mana alors qu’elle faisait semblant de l’ignorer. Elle se dirigea avec Alan et les enfants sur les canapés, leur disant qu’ils devaient partir dans une heure au minimum. Rélo prit la parole en annonçant :

« Je vais prendre de l’avance et aller déjà là-bas. Je vais m’occuper d’Airoinos. De votre côté, vous vous en prendrez à Ergantia et Pelledoum. Autant les briser… »

« Oui, oui, vas t’en et laisse nous tranquille. Tu n’es pas de la famille de toute façon. » lui dit Mana avec un petit rire.

« Tsss ! Tu le regretteras amèrement ! »

Il disparu complètement alors qu’ils restaient tous devant l’écran de la télévision. Alan jetait juste quelques regards inquiets vers les escaliers. Il espérait simplement que son père descende à nouveau… Il espérait simplement… alors qu’il savait que ça ne servait à rien. Il poussa un profond soupir alors qu’une heure s’écoula.
Après celle-ci, les cinq enfants se levèrent en même temps des fauteuils, Mana et Alan restant assis. Ils signalèrent d’un petit mouvement de la tête qu’ils partaient à leurs tours. Quelques instants plus tard, ils n’étaient plus là et Alan baissa la tête, se demandant si tout allait bien se passer. Mana lui tapota le dos avec un léger sourire :

« Tu n’as pas à t’en faire pour eux, ils sont vraiment très costauds. De plus, on ne parle que d’humains tout ce qu’il y a de banal. Ils ne vont rien comprendre à ce qui va leur arriver. »

« Oui mais je pensais à ce que l’on va commettre… Lorsqu’on a appris… pour la mort de Faror et Orian… Les parties commencent à se désagréger… »

« Ca va continuer, oui, mais tu n’as pas à t’en faire… Bientôt, il n’y aura plus de faux-semblant. La vérité éclatera au grand jour. »

« Mais est-ce que c’est une bonne chose ? Et je dois aussi me préparer pour l’enterrement de ma mère… Ah… Oui… Il le faut bien. »

« Et prépares aussi au cas où… pour qui tu sais… Je ne veux pas te brusquer mais tu t’en doutes que ça ne va plus continuer très longtemps… »

« Oui… Je dois être préparé… Je dois y penser sérieusement… Ah… Mais c’est affreux de penser ça… Mana… Vraiment affreux… »

« Ca l’est… Ca l’est toujours… Mais ne t’en fais pas… Il arrêtera de souffrir psychologiquement… Dis-toi que la mort sera une délivrance pour lui. Il n’a aimé que ta mère n’est-ce pas ? »

Il hocha la tête positivement : Oui… Son père et sa mère s’étaient connus à l’âge de quatorze ans… C’était aussi la première fois qu’ils avaient un petit ami chacun… Et depuis… Ils n’avaient jamais connus d’autres personnes. Un véritable amour en soi… Un amour qui allait très mal se finir…

Dans une ruelle sombre, un homme était en train de courir, portable en main. Il appuyait rapidement sur les touches, essayant de joindre la personne au bout mais il n’y avait aucune tonalité… Ce n’était guère réjouissant… surtout quand un être sortit du sol, un sourire démoniaque aux lèvres :

« Dommage Ryan… Dommage… »

« Ryan ? Qui… Qui est-ce ? »

« Oh ! C’est vrai ! Tu n’es même pas au courant de vos véritables prénoms ! Jusqu’au bout, vous n’êtes que de pathétiques objets inutiles ! »

La tête du jeune homme aux cheveux noirs alla percuter le mur, l’ensanglantant complètement alors que déjà apparaissait peu à peu une adolescente aux cheveux gris. Il ne lui laissa même pas le temps de s’exprimer qu’elle se faisait déjà transpercer le cœur au niveau du corps, un filet de sang s’écoulant de son visage.

« Avec lui, ça m’en fait de quatre ! Plus que quatre pions et ça sera bon ! Enfin… Deux si ils ne font pas du sale boulot de leur côté ! »

Il éclata de rire, découpant net la tête d’Airoinos alias Ryan de son véritable prénom. D’un geste nonchalant, il la fit virevolter dans les airs pour la faire tomber au beau milieu de la population, des cris se faisant entendre en même temps qu’il disparaissait dans le sol.

« Qui… Qui êtes vous ? Je dois prévenir Pelledoum ! »

C’était quoi ces deux petites filles aux yeux jaunes et vides ?! Elle n’avait rien remarqué d’anormal… sauf au moment où elles avaient traversé le plafond comme si de rien n’était. La femme à lunettes et aux longs cheveux rouges tapotait les touches de son téléphone alors que les petites filles aux yeux jaunes s’avançaient lentement vers elle.

« Ergantia ? Ergantia ?! Pourquoi tu m’as appelé ?! ARGGGGGGGG ! »

« PELLEDOUM ! PELLE… »

Le corps de femme à lunettes s’envola au plafond, sa tête percutant celui-ci avec violence, la faisant saigner légèrement avant qu’elle ne retombe lourdement sur le bureau, l’éclatant en morceaux. Le corps fut parcouru de nombreuses échardes, certaines d’entre elles s’étant plantées dans son visage de tous les côtés. Les deux jeunes filles tendirent leur main alors qu’apparaissait une adolescente aux cheveux gris… Encore une. Les deux bras de celle-ci craquèrent avant que ça ne soit le tour des pieds pour finalement être envoyée à travers la fenêtre. A cette hauteur et à cause de la douleur, l’adolescente aux cheveux gris n’allait pas pouvoir utiliser ses pouvoirs psychiques. Son corps s’écroula au sol, baignant dans une flaque de sang alors que les deux jeunes filles disparaissaient.

« Je m’en doutais mais cette fois-ci, je suis préparée ! Je ne tomberais pas comme mes sœurs ! Je suis la marionnettiste Pi ! »

Les deux enfants à la mèche blanche étaient à genoux. Ils n’avaient pas prévu que l’adolescente aux cheveux gris soit prête à se battre. Ils étaient déjà en sueur, se tenant main par la main, pour se préparer au cas où. L’adolescente s’approcha d’eux mais une ombre se positionna entre elle et eux, une ombre aux cheveux gris-noir.

« Tu ne les toucheras pas. »

« Tu n’es qu’un gamin qui ne comprend pas qu’on ne meure qu’une fois… C’est pourquoi tu vas devoir mourir une seconde fois pour comprendre ce principe. »

« Pas si je t’emporte avec moi. Hansel… Gretel… Partez maintenant, je m’en occupe. »

Les deux enfants hochèrent la tête, projetant le corps d’un homme d’une trentaine d’années et aux cheveux bleus à travers un mur. Le corps traversa la paroi, des cris se faisant entendre de l’autre côté alors que Jean souriait en tendant sa main droite vers Pi.

« J’espère que tu es préparée à souffrir mille maux avant de me rejoindre. Alain… Je vais te retrouver bien plus tôt que prévu. Le roi noir s’occupera des autres à notre place ! »

Il se planta la main dans le corps, la retirant pour projeter du sang vers l’adolescente aux cheveux gris. Celle-ci poussa un cri sans réellement comprendre tandis que Jean était en sueur, posant un genou au sol en murmurant :

« Pi… n’est-ce pas ? Adieu… Je te maudis… »

La maudire ? Comment ça ?! Il tomba au sol, ne bougeant plus alors qu’elle se mettait à suer… puis à peler ?! Des lambeaux de peau tombaient de l’intégralité de son corps alors qu’elle hurlait de toutes ses forces. Sa peau était à vif, laissant apparaître peu à peu ses muscles dont les veines explosaient les unes après les autres avant de laisser place aux os… avant de ne devenir qu’un simple squelette baignant dans une mare contenant un liquide plus que douteux.

Tout cela s’était produit en une heure et demie au grand maximum. Rélo était arrivé le premier, les deux sœurs aux yeux jaunes apparaissant après lui tandis que ce fut enfin Hansel et Gretel qui se présentèrent à tous et à toutes. Alan remarqua tout de suite qu’il manquait quelqu’un et posa la question au groupe.

« Est-ce qu’il est… »

« Oui, oui. Il est mort… Il a dit que nous devions partir…. Je crois qu’il a maudit la fille aux cheveux gris. Je crois qu’il a fait ça. » signala le jeune garçon à la mèche blanche, sa petite sœur lui tenant la main comme pour être sûr qu’il ne partirait pas.

« Ah… Je vois… Je comprends… Ca devait arriver… Ca ne pouvait pas se passer sans aucun problème de toute façon… Mana… Tu en penses quoi ? Six d’entre eux sont morts non ? »

« Oui… Mais ce sont ceux autour du centre… Oricalk va avoir fort à faire maintenant. Et je ne pense pas que ça soit son… humain qui pourra résoudre quelque chose. Il reste aussi celle de Plitana. »

« Héhéhé, de toute façon, Jean était inutile sans son frère. Maintenant, nous ne sommes plus que six mais nous sommes choisis pour revenir à la vie ! Eux redeviendront des humains mais ils n’auront aucun souvenir de tout ceci… et aucun pouvoir héhéhé. Il nous l’a promis. » annonça Rélo en rigolant.

« Qui est ce « il », Relo ? Car tu en parles mais tu ne dis jamais son nom. »

« Oh… Personne, personne, chez roi noir, ne vous en faites pas ! Bon, je dois m’en aller, je vais me reposer ailleurs. » murmura Rélo en disparaissant comme à son habitude.

« Fais donc… Fais donc… Encore des morts… » souffla Alan comme si tout cela devenait une habitude. Jean était mort et il n’avait rien pu faire… Il le connaissait à peine et pourtant, il n’avait pas hésité un instant à se sacrifier pour lui.

« Bon… Les enfants… Merci pour tout ce que vous avez fait… Enfin bon… Vous pouvez vous reposer si vous le désirez. Montez à l’étage et allez dormir dans mon lit. Vous êtes quatre mais vous devriez avoir assez de place en vous serrant bien… Sinon, vous dormez d’un côté et de l’autre. D’accord ? «

Les quatre enfants hochèrent la tête avant de grimper en courant les escaliers avec des petits sourires candides. Il se sentit soudainement mal, posant une main sur son cœur alors que Mana s’approchait de lui en lui demandant :

« Qu’est-ce qu’il ? Tu as mal au cœur ? Raconte-moi si tu as un souci. Même si je ne peux pas te soigner… Viens avec moi… Je vais te faire t’asseoir sur le canapé. »

« Dis… C’est quoi cette histoire de revenir à la vie ? Toi aussi… Tu veux revenir à la vie ? Je comprendrais pourquoi tu es là depuis le début avec moi… Il faudrait être cinglé pour vouloir rester avec un type aussi malchanceux… Je me sens mal pour eux… Ces enfants… Pourquoi est-ce qu’ils sont morts ? Je suis sûr qu’ils comprennent à peine ce qu’ils font. »

« C’est le cas… Ils ont gardé leur cerveau d’enfant… Ils pourraient tuer sans cesse qu’ils ne comprendraient pas la portée de leurs actes… C’est affreux n’est-ce pas ? Mais ce sont les seuls pokémons spectre existants en ce monde… avec moi et Rélo. »

« Hahaha… Je vois que tu n’as pas répondu à ma question… Est-ce que tu veux revenir à la vie ? Tu sais… Si tu me disais que je ne suis qu’un objet à tes yeux… Je comprendrais hein ? C’était comme ça depuis le début… alors bon… »

« Non… Je ne veux pas revenir à la vie… Je ne vois pas pourquoi j’irais souffrir une nouvelle fois à cause de la bêtise humaine. Tu as un peu de fièvre, on dirait… Couche-toi sur le canapé, je vais chercher une couette. »

Elle força le jeune homme aux cheveux blonds à se coucher sur le canapé en émettant un petit sourire tendre, jouant avec une mèche de cheveux avant de se lever. Elle se dirigeait vers les escaliers, prête à les monter alors qu’il disait à voix haute bien qu’il ne la voyait pas :

« Tu sais… Même si on m’utilise et qu’on me jette ensuite… Même si je ne comprends pas cette histoire de roi noir… Si au moins, ces enfants peuvent être heureux… une fois… ou un seul instant… Ca me suffit amplement… Je n’aime pas voir des enfants souffrir… Pas à leur âge… Ceux qui doivent souffrir… C’est les adultes… Il faut juste… préserver leur pureté… »

« Arrête de parler de cette façon. Si tu sens que ton cœur va exploser, préviens-moi avant, je veux en récupérer les plus gros morceaux. Je pense que ça doit avoir un goût assez fameux. »

« Hahaha… C’est juste un petit coup de fatigue de toute façon… »

Il ferma les yeux alors qu’elle montait les escaliers, se dirigeant vers la chambre d’Alan. A l’intérieur, les quatre enfants étaient endormis, les uns contre les autres. Elle eut un nouveau sourire, ouvrant le placard avant de sortir une couverture. Elle revient quelques minutes après, posant la couverture sur Alan avant de passer une main sur son front.

« Tu es tout simplement brûlant… Je crois que tu n’es pas habitué à travailler autant. Du moins, pas de faire les tâches ménagères. »

« Ah… Oui… Peut-être… Je vais juste dormir une heure ou deux, tu me réveilleras ? »

« Compte dessus et bois de l’eau fraîche. Si tu ne te réveilles pas, je n’en ai rien à faire. Même si tu plonges dans un sommeil éternel. »

« Merci beaucoup, Mana. Je peux me reposer… »

Visiblement, il avait compris le sens caché de ses propos très rapidement. Il s’endormit aussitôt alors qu’elle était assise sur le canapé. Le père d’Alan n’était pas sorti de la chambre… pas du tout même. Elle était sûre qu’il n’était pas mort sinon elle sentirait l’odeur… Mais là… Ce n’était pas le cas… Sauf celle qui émanait d’Alan… Toujours omniprésente malgré tout ce qui se passait autour de lui. Elle remarqua une goutte de sueur qui coulait le long de sa joue et elle approcha sa langue, la dardant pour récupérer la goutte. Elle garda sa langue quelques instants contre la joue d’Alan avant de la retirer, déposant ses lèvres à la place.

« Il y a des choses que l’on ne se permettrait jamais lorsqu’on est vivant… »

Héhéhé ! Qu’elle était stupide ! Elle poussa un rire tonitruant bien que cela ne semblait pas réveiller Alan. Oh que oui… Lorsqu’on était vivant, on était tellement ridicule… On s’attachait à de pathétiques chimères et illusions. On n’y croyait dur comme fer… Mais à force, tout se brisait … TOUT ! Chacun ne pensait qu’à soi…
Les paroles… Tout était vain… Elle l’avait appris à ses dépends… Il suffisait simplement d’enjoliver quelques paroles pour faire croire n’importe quoi à n’importe qui. C’était cela qui s’était passé il y a fort longtemps… Ils étaient tous tombés dans son piège… et le prix à payer avait été très lourd… Trop lourd…

Chapitre 21 : Démoralisation

Chapitre 21 : Démoralisation

« Papa… Lève-toi… Papa… Allez… Lève-toi et lave-toi… Avec Mana, je vais faire quelques courses, reste à la maison, d’accord ? »

« D’accord… Je le fais… » lui murmura l’homme avachi dans son lit.

« Mana ? Est-ce que tu es prête ? Enfin… Tant que tu enfiles quelque chose par-dessus les bandelettes, ça ne me dérange pas… Mais pas avec cette tenue ! »

« C’est bon, c’est bon, je l’ai fait. Est-ce que ça te convient ? » lui demanda t-elle en paraissant dans une longue robe blanche avec par-dessus une petite veste de tissu jaune.


On pouvait voir néanmoins ses bandelettes sous sa tenue. Elle lui signala qu’elle était finalement prête à partir et les deux personnes quittèrent la maison. Après quelques pas, Alan claqua des doigts, faisant apparaître les six personnes ectoplasmiques devant lui.

« Surveillez-le. Je ne veux qu’il lui arrive AUCUN mal. Est-ce que j’ai été clair ? »

« Nous exécuterons votre demande… Ne vous en faites pas, cher roi noir. » murmura Rélo avec un grand sourire, disparaissant aussi vite qu’il était venu.

« Faites ainsi… Allez-y maintenant. »

Alan observa les cinq autres personnes avant de tourner son visage vers Mana. Elle put remarquer tout de suite qu’il semblait tellement différent de celui de la première fois. Il n’était pas encore froid… mais simplement terne… Il évitait de montrer les rares émotions qu’il se permettait encore d’avoir. Elle alla chercher sa main droite avant de la serrer :

« Allons-y avant qu’il ne soit trop tard non ? Si nous devons faire les courses pour que ton père puisse au moins avoir une fin de vie paisible, autant faire le plus vite possible. »

« C’est moche… Vraiment moche… Pourquoi est-ce que je ne peux pas empêcher ça, Mana ? Est-ce que tu crois que je devrai… me suicider ? »

Elle s’immobilisa subitement, le jeune homme tournant son visage vers elle alors qu’elle s’était mise à trembler. La claque partit rapidement sur la joue d’Alan, le faisant pencher en arrière avant de le faire s’écrouler au sol. Il chercha à saisir la raison mais il la trouva après quelques secondes. Il se redressa sans rien dire, revenant chercher la main de Mana sans pour autant la trouver. Il avait dit une bêtise…

« Qu’est-ce que ton père aimerait manger ce soir ? »

« Je ne sais pas du tout… Je ne pense pas qu’on va aller lui demander… alors prenons ça. »

Il mettait plusieurs aliments dans le caddie, Mana le poussant comme si de rien n’était tout en l’observant. Tant qu’il se retirait cette idée saugrenue de la tête, tout allait bien. Il ne pouvait pas mourir maintenant, ça ne servirait à rien alors ! Rien du tout ! Elle n’aurait pas perdu tout son temps pour des clopinettes ! Il ne fallait pas rêver non plus hein ?! Enfin bon… Qu’est-ce qui pouvait remonter le moral d’Alan ? Elle se le demandait…

« Papa ! Nous sommes rentrés ! Papa ? Où est-ce que tu es ? »

« Dans… le salon… Je regarde la télévision… avec les enfants… »

Les enfants ? Il parlait de qui ? Des spectres ? Alan tourna son visage vers le salon, tenant les courses dans ses mains. C’est vrai… Sur le grand canapé et les fauteuils se trouvaient son père, l’adolescent aux cheveux gris et noir, les deux petites filles aux yeux jaunes et les deux enfants à la mèche grise. Rélo n’était pas là ? Bah… De toute façon, il ne le supportait pas vraiment alors bon… Pas de nouvelles, bonnes nouvelles… C’était juste… bizarre que les pokémons spectres se comportent ainsi. Ils semblaient captivés par la télévision…

Alan se dirigea vers la cuisine, toujours confus par ce qui venait de voir alors que Mana venait l’aider à ranger les différents achats. Mylène et Ouros vinrent faire de même, la Tentacruel humanisée observant Mana avant de lui faire un grand sourire. Elle était comme elle ! Elle voulait aider Alan du mieux qu’elle le pouvait. Mana préféra ne pas répondre à ce sourire, se disant qu’il valait mieux ne pas y réfléchir…
Lorsque les deux pokémons rentrèrent dans leurs pokéballs après la fin du rangement, Alan se tourna vers Mana, cherchant à s’adresser à elle bien qu’il ne savait pas vraiment comment l’exprimer. Elle le regarda longuement de son œil rouge, attendant qu’il lui parle mais cela ne semblait pas venir. Enfin, ce fut d’une bonne minute qu’elle lui demanda :

« Arrête de me regarder comme ça. Si tu as quelque chose à dire, dis le avant qu’il ne soit trop tard mais ne me fait pas perdre mon temps. »

« C’est à propos… de vos morts… Enfin des autres personnes… Des enfants… dans le salon. Je me demandais… Ils ont l’air si… normaux… »

« L’adolescent ayant les traits d’un Fantominus, son père l’a assassiné en même temps que son frère. Pour les deux petites filles d’une dizaine d’années, elles sont mortes dans un accident de voiture… Cela peut arriver… Enfin, pour les deux bout-de-choux ayant une ressemblance avec les Baudrives, ils ont été simplement abandonnés dans les bois… »

« Est-ce que tu es la sœur de Rélo ? Je me le demandais… Puisqu’ils semblent tous être… liés d’une façon ou d’une autre. »

« Nullement, je n’ai aucune relation avec qui que ce soit… Enfin… Pour ma part, je suis morte d’une façon un peu… spéciale mais ce n’est pas l’heure d’en parler. »

« Dit… Qu’est-ce qui ferait plaisir aux enfants dans le salon ? Je me demandais… Tu m’as dit que vous ne deviez pas laisser vos sentiments prendre le dessus… en tant que spectres… Mais quand je les vois… Je ne peux pas rester indifférent… »

« Fais comme tu le désires. Ils ne sont pas habitués réellement à être morts. Si tu deviens un spectre, cela prouve généralement que tu n’es pas heureux… Que quelque chose dans ta vie ou ton existence fait que tu ne peux pas chercher le repos et te réincarner dans un nouveau corps. Chez eux… Ils n’ont pas eu le choix… Ils n’ont pas eu le choix… Oui… Je vais rester avec toi pendant que tu prépares le repas. »

« Tiens donc ? Je pensais que tu n’étais pas capable de tenir un ustensile dans ta main. »

« Tais toi, ça vaut mieux avant que je ne décide d’en utiliser un mais pas pour faire la cuisine si tu vois ce que je veux dire. Je pourrais te tuer de quatorze façons différentes avec un fouet… Et je ne plaisante pas. »

« Huhuhu ! Dieu qu’elle me fait peur, Mana. Je me demandais… au passage… Ils ne parlent pas beaucoup… Je veux dire… A part Rélo, je ne crois pas les avoir entendus parler. »

« Ils n’osent pas parler… En fait, même si ils sont morts il y a tellement longtemps… Ils nagent en pleine incompréhension… C’est pour ça qu’ils ne parlent peu. Contrairement à moi ou à Rélo… Nous comprenons tout ce qui se passe… »

« Et qu’est-ce qui se passe ? »

« Tais toi et continue de cuisiner, grrr ! »

Elle grogna légèrement pour l’intimer d’accélérer le pas. Il eut un léger rire alors qu’il se mettait à cuisiner. Bon, ce n’était pas le plat du chef mais il avait préparé une grosse marmite puisqu’il fallait nourrir tout le monde… Oui… Tout le monde… C’est-à-dire, lui, son père, Mana… et les cinq autres personnes. Pour être surpris, ils l’étaient… Ils allèrent rejoindre Mana, Alan et son père à table, n’osant prendre la parole.

« Je tiens à prévenir que je n’ai pas l’habitude de cuisiner alors bon… Bon appétit. Les toilettes se trouvent à l’étage. »

« Tais toi et mange, Alan. Tu ne vois pas qu’ils sont déjà en train de commencer sans toi ? A force de trop parler, on aura fini avant même que tu ne débutes. » répliqua Mana.


Seul Rélo n’était pas présent mais qu’importe, ça n’embêtait guère la petite troupe réunie. Il fut impressionné par le fait que tout le monde avait terminé son assiette… ou presque. Seul son père n’avait mangé que la moitié et il ne préféra rien dire à ce sujet. Il vit ce dernier se lever légèrement, murmurant :

« Je vais me coucher… Je suis fatigué… Je suis désolé… »

« Bonne nuit, Papa. Repose-toi bien… Mana, tu viens m’aider à faire la vaisselle ? »

« Et puis quoi encore ? Y a marqué « Pigeonne » sur mon front peut-être ? »

« On veut bien… aider… » murmura l’une des deux petites filles aux yeux jaunes.


Il se tourna vers elles, remarquant que les cinq personnes ramenaient déjà leurs couvercles et autres. Et bien… Au moins, ça allait être plus facile. Mana poussa un léger soupir amusé avant de se placer à côté d’Alan, lui demandant de faire couler l’eau. Autant le faire tous ensemble, elle allait passer pour la méchante de service si elle ne faisait rien du tout. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, ils se retrouvaient tous devant l’écran, Mana assise à côté d’Alan. Personne ne parlait mais Mana avait un léger sourire aux lèvres en voyant celui d’Alan. Visiblement, il commençait à tout comprendre…

« Bon… Je vais aller chercher trois couvertures, on n’a malheureusement pas assez de place donc vous dormirez sur le canapé. »

Les enfants hochèrent la tête sans rien répondre tandis que Mana se levait. L’heure de la télévision était passée, il était temps d’aller dormir… Et cette fois-ci, hors de question qu’ils disparaissent comme la dernière fois. Il revint quelques minutes plus tard avec divers oreillers et couvertures, les tendant aux cinq personnes qui le remercièrent faiblement. Il signala que ce n’était rien et qu’il valait mieux qu’ils dorment ici.

« Bonne nuit, vous tous. On se revoit demain. »

Ils lui dirent la même chose alors qu’il montait avec Mana dans la chambre. Il se coucha sans rien dire dans le lit, s’étant légèrement déshabillé alors qu’elle venait le rejoindre, ne gardant que les bandages sur la majorité de son corps. Elle s’était mise de dos par rapport à lui mais alla néanmoins se coller contre son torse.

« Je crois que c’était la première fois … qu’ils semblaient si heureux… »

« De qui ? Les enfants ? Je n’ai fait que ce que j’avais à faire… »

« Hahaha… Oui peut-être… Mais c’était vraiment très sympathique de ta part… Même si ce sont des pokémons ectoplasmiques… et même si ce ne sont que des armes pour te servir… »

« Je n’ai jamais pensé à ça… J’ai eu un petit moment de défaillance avec la mort de ma mère… mais maintenant, ça suffit. »

« Que veux-tu dire par là, Alan ? »

« Je ne sais pas comment je vais régler ce problème… Mais je vais éviter de tuer d’autres personnes si cela ne s’avère pas utile. »

« Ah… Ce n’est pas possible, Alan. Ce qui a commencé doit se terminer… »

« Je le sais très bien… Je le sais très bien… Bonne nuit, Mana. »

« Bonne nuit, Alan… Dors bien… »

Il hocha la tête, posant celle-ci contre le haut du dos de la jeune femme aux cheveux gris, ses deux mains enlaçant son ventre bandé. Il s’endormit après quelques minutes alors qu’elle faisait de même. Oui… Il était vraiment quelqu’un de trop gentil… pour être un roi… Pour être plongé là-dedans… Elle le savait pertinemment… Même en étant plongé dans le désespoir, il arrivait à avoir des marques d’affection pour des personnes qu’il ne connaissait pas ou peu… Ah… Peut-être qu’elle pouvait faire quelque chose ?
Mais non… Ce n’était pas possible… Il n’y avait rien à faire. Alors qu’elle allait s’endormir, elle ouvrit subitement son œil gauche, sentant une présence spectrale non-loin d’elle et d’Alan. Qu’est-ce qui se passait ? Cette présence avait un aspect démoniaque… Non… Ce n’était pas ça… Ce n’était pas possible… C’était simplement que le taux de spectre s’était rapidement accru en une soirée.

Le lendemain matin, le père semblait encore moins motivé qu’hier, bougeant à peine lorsqu’Alan le réveilla. Ce fut au bout de dix minutes qu’il décida de sortir de son lit pour aller se laver. Le jeune homme avait décidé de préparer le petit-déjeuner tandis que Mana remarquait qu’il n’y avait plus du tout la présence de Rélo.

« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Alan, tu veux de l’aide ? »

« Ca ne serait pas de refus. Je crois que j’ai oublié à quel point c’était difficile de préparer pour autant de personnes. Nous sommes huit quand même ! »

« Ahlala, pousses-toi. Bonjour Emmy et Amy. » prononça t-elle en voyant les deux jeunes filles aux yeux jaunes qui s’installaient sur deux chaises côte à côte.


Tiens ? Emmy et Amy ? C’est vrai… Qu’il était bête… Elles avaient des prénoms elles aussi ! Il demanda à Mana le reste des noms et elle lui répondit : L’adolescent aux cheveux gris blanc s’appelait Jean tandis que son frère mort s’appelait Alain. De l’autre côté, les deux petits enfants aux allures de Baudrive avaient des noms peu communs : Hansel et Gretel. Son père arriva finalement en dernier, ne saluant que brièvement de la tête les personnes présentes. Alan commença à distribuer à manger avant de reprendre :

« Je ne sais pas ce que nous allons faire aujourd’hui. »

« Je vais simplement rester dans ma chambre… » murmura le père.

« Comme tu le désires, si tu as besoin d’aide, tu me le signales. »

« Merci… pour le petit-déjeuner… Je m’en vais maintenant. »

Le père se leva, n’ayant guère mangé dans son assiette alors qu’Alan regardait Mana. Elle fit un petit non de la tête pour lui dire de ne rien faire. Il n’y avait rien à faire… Juste à être patient… et à se préparer… C’était ainsi que ça se passait… Les enfants mangèrent en silence, remerciant Alan et Mana pour le petit-déjeuner avant de demander s’ils pouvaient se rendre au salon. Il leur signala que oui mais tous s’arrêtèrent lorsqu’ils virent Rélo qui se tenait devant la porte avec un grand sourire sarcastique :

« Quelle belle image d’une famille morte. On a donc le Papa, la Maman et les enfants. Encore que la mère ressemble plus à une momie encore trop fraîche qu’à autre chose. »

« Qu’est-ce que tu fous là, Rélo ? » rétorqua Mana en le regardant.

« Je viens seulement proposer au roi noir de lancer une nouvelle attaque. Nous devons être les premiers à réagir cette fois-ci. Les cibles sont simples… Eliminer les pathétiques marionnettes de ces pokémons psychiques qui dirigent Chiss. Si nous les tuons, ils ne pourront plus faire leurs coups en douce. Finie la plaisanterie ! Qu’en pensez-vous, cher roi noir ? »

« J’ai besoin d’y réfléchir… Est-ce qu’ils sont considérés comme vraiment vivants ? Ou simplement manipulés ? »

« Oh… Ce ne sont que de ridicules marionnettes qui servent à Oricalk et à ses compagnons pour diriger dans l’ombre la ville de Chiss. »

Verset 5 : Le jour où le roi noir prit son rôle

Verset 5 : Le jour où le roi noir prit son rôle

« Merci Mana… Pour tout ce que tu as fait pour moi… »

« Je ne vois pas ce que tu veux dire… Dors donc au lieu… Il se fait tard. »

Ils étaient couchés dans le même lit, Mana étant de dos par rapport à lui alors qu’il posait ses mains sur son ventre. Elle ne comprenait pas réellement ce qui se passait… La mère d’Alan devait mourir… C’était normal et c’était prévu ! Mais enfin… Peut-être que c’était un sursis ? Tout s’était mis en place… Elle avait finalement compris… Dix-sept ans… Le jeune homme était mal aimé… mais de qui ? Car cela ne pouvait venir que d’une personne aux pouvoirs douteux et supérieurs…

« Bonne nuit, Mana… Tu n’as rien d’un monstre… »

« Ah ? Tiens donc… Grande nouvelle. »

Elle eut un petit sourire triste alors qu’elle se demandait ce qu’elle devait faire. Elle n’avait pas prévu toutes ces choses… Non… Rien du tout n’était prévu… Et puis… La soudaine affection d’Alan envers elle depuis que sa mère allait mieux… Non, elle n’était pas habituée à tout ça. Il faut dire qu’elle avait tout fait pour refuser ça. Elle ferma ses yeux, cherchant le repos après plusieurs minutes. Ce fut le père qui réveilla Alan une nouvelle fois…

« Alan… On doit aller à l’hôpital ! Et vite ! Dépêche-toi ! »

Elle ? Elle dormait profondément… Comme elle n’avait jamais dormie… Visiblement, elle manquait de sommeil ou elle avait trouvé les bras d’Alan bien trop chauds pour elle. Les deux personnes repartirent en laissant l’adolescente aux cheveux gris dormir alors qu’un petit rire se faisait entendre. Le père signala à Alan qu’il y avait eu un gros problème avec sa mère… mais aussi avec sa pokémon ?!

Lorsqu’ils arrivèrent, les médecins… et les policiers étaient présents ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? La réponse ne tarda pas et ce fut Alan qui réagit le premier, s’évanouissant complètement devant le spectacle de sa mère… qui ne ressemblait plus à rien. Lorsqu’il se réveilla, il était couché dans un lit, son père assis sur une chaise et en sanglots.

Tout avait été si violent… Si rapide… On lui avait signalé que c’était sa Lokhlass qui avait décidée de tuer sa mère… avant de se suicider… Ce n’était pas crédible… Ce n’était pas crédible…Pas du tout… Mais il ne devait pas verser de larmes… Il devait juste rester fort devant son père… Ils furent emmenés chez eux, son père n’étant pas en état de conduire.
Enfin… Alan guida son père vers son lit tandis que Mana sortait de sa chambre. Elle demanda ce qui s’était passé mais il ne lui répondit pas, demandant à son père d’aller se coucher… Il resta à son chevet pendant une bonne demi-heure, attendant qu’il trouve le sommeil avant de sortir de la chambre. Il émit un petit sourire vers lui, refermant la porte derrière lui alors que Mana observait son visage. Quelque chose s’était passé… mais quoi ? Lorsqu’enfin, il vit Mana en face de lui, il renifla bruyamment avant de plonger dans ses bras, éclatant en pleurs alors qu’elle restait interdite. Ce n’était pas prévu… Rien du tout n’était prévu… Pour qui la prenait-elle ? Pour quelqu’un qui peut consoler ?! D’abord, elle devait savoir ce qui s’était passé, sinon elle n’allait rien pouvoir faire !

« Ma… Maman… Maman est morte… Et c’est Lolny qui l’a tuée ! »

« Lolny ? Cette Lokhlass ? Elle me paraissait un peu trop calme mais cela m’étonnerait… »

« Pourtant… Pourtant, c’est le cas, je ne comprends pas ! Je ne comprends pas du tout ! »

« Il n’y a rien à comprendre héhéhé ! » fit une petite voix derrière eux Mana.


Facilement reconnaissable, Rélo apparu quelques instants plus tard mais nullement seul. Les autres membres de l’armée étaient présents eux aussi… Alan arrêta de pleurer, Mana repoussant légèrement le jeune homme aux cheveux blonds avant de crier :

« Qu’est-ce que tu as fait, Rélo ?! »

« Moi ? Mais rien du tout. Pourquoi m’accuses-tu ? Pour une fois que je n’ai rien fait… Tu me détestes tant ? Je venais simplement annoncer au roi noir le nom de la personne qui a manipulée sa pokémon… »

« Ma… Manipuler ? Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Que quelqu’un a forcée votre pokémon à tuer votre mère… C’est vraiment triste pour elles… Mais vous ne devez pas rester sans rien faire… Voulez vous savoir quel est le nom de cette personne ? Vous la connaissez… »

« Est-ce que c’est Plitana ? Quelqu’un des entreprises ? »

« Exactement… Son nom est Brinzan… La pokémon… Non, l’humaine. »

Brinzan… Cette jeune femme aux cheveux roses… qui semblait toujours vouloir s’amuser… Il savait parfaitement qu’elle cachait son jeu… qu’elle était loin d’être stupide… mais de là à faire tout ça. Il demanda à s’asseoir sur son lit, se tenant la tête entre ses mains pour reprendre son souffle. Non… Qu’est-ce qu’il devait faire ?

« Si vous nous l’ordonnez… Nous irons la tuer… Votre mère est morte à cause de sa faute… et votre pokémon aussi… Il n’y a pas lieu de réfléchir… »

« Alan… Saches que si tu fais ça… Tu demandes de tuer une personne… Même si c’est une criminelle… Réfléchis bien… Il n’y aura pas de retour possible. » lui murmura Mana.

Depuis quand se souciait-elle de lui ? De savoir s’il allait s’en vouloir de tuer une meurtrière ? Il… Il avait tout perdu… ou presque… Il ne restait que son père… et deux de ses pokémons… Ah… Ah… Son choix était fait… Sans regarder les personnes autour de lui, il murmura d’une voix lente mais certaine :

« Allez tuer… Brinzan… Je veux qu’elle meure pour ce qu’elle a commis comme crime… »

« Comme vous le désirez, Roi Noir. Vous tous… Nous partons dès maintenant, cela ne sera qu’une formalité héhéhé ! Nous reviendrons dans moins d’une heure… Reposez vous bien en attendant et surveillez votre père… »

Les six personnes disparurent complètement, laissant Mana et Alan seuls. La jeune femme aux cheveux gris courts alla s’asseoir à côté de lui, passant une main sur son bras avant de prendre la parole d’une voix calme :

« Je t’avais dit de faire attention… De te préparer… Mais même lorsqu’on l’ai… C’est toujours difficile… de l’apprendre… Que vas-tu faire ? »

« J’aimerai… partir le plus loin possible… De mon père… Mettre le plus de distance… Mais pourquoi je suis aussi malchanceux ? Pourquoi est-ce que j’attire le malheur autour de moi ?! Réponds-moi, Mana ! Réponds-moi ! »

« Alan… Je crois que tu es simplement maudit… Que ton âme est maudite… Tu sais pourquoi je te dis cela ? Car je crois que tes pouvoirs… sont endormis depuis l’âge de quatre ans… Et qu’aujourd’hui… Du moins, depuis ton anniversaire, ils sont encore plus puissants… Imagines-toi… Depuis combien d’années connaissais-tu Zena ? »

« Treize… Treize ans…. J’avais quatre ans à l’époque… »

« Treize… Quatre… Dix-sept… Ce sont trois chiffres maudits suivant les époques et les civilisations… Tu es vraiment maudit… »

« Je dois partir le plus vite possible ! Je ne veux pas qu’il arrive du mal à mon père ! On part maintenant, Mana ! »

« Pour aller où ? Accepte donc ton jugement ! Tu es maudit et ça ne pourra jamais changer ! Et je pense que ton père a besoin de toi alors tu ferais mieux de rester ici au lieu de l’abandonner à son triste sort. »

« Même… Même si je risque de le tuer ? C’est ça que tu me dis ? »

« Tu ne penses pas que si il a un dernier instant, il voudrait le passer avec son fils ? »

« Si… Peut-être mais je… Je… C’est trop difficile Mana ! »

Bien sûr que c’était trop difficile mais elle… Elle savait pertinemment qu’est-ce qu’il en était… Oh que oui… Elle savait ce que c’était cette sensation d’impuissance avant de voir mourir une autre personne… ou alors soi-même ? Elle ne pouvait rien faire contre ça… Rien du tout… Elle se releva, se disant que cela devenait un peu trop … tendre à son goût.

« Je vais aller chercher à boire, est-ce que tu as soif, Alan ? »

« Oui… Oui… Je crois… Merci… pour tout ce que tu fais… Mana. »

« Arrête de me remercier, je ne fais jamais ça pour toi mais pour moi-même. »

Est-ce qu’elle paraissait encore crédible avec les derniers jours qui s’étaient écoulés ? C’était peine perdue ou presque. Elle quitta la chambre, descendant les escaliers avant de se demander c’était quoi cette impression mauvaise qui émanait de la maison. Hum… Au final, ce n’était qu’une impression, rien d’autre.

« Hé… Héhéhé… Héhéhé ! Brinzan est vengée… Brinzan est vengée… »

« Cette vengeance causera simplement ta perte ma grande ! »

« Qui… Qui est là ?! Qui est là ?! » cria la femme aux cheveux roses en regardant autour d’elle.

« Tu es inutile, je te l’avais dit ! » lui répondit une voix masculine.

AH ! Cette voix ! Rélo ! Six personnes apparurent autour d’elle alors qu’elle se trouvait dans une pièce nullement éclairée. Ah… Ah… Elle avait décidé de rester ici, c’était le seul endroit où elle voulait se retrouver… De toute façon… Maintenant, sa maîtresse était morte… Ne pas avoir de sentiments… Ne pas en avoir, c’était ça quand on était un pokémon psychique… Mais quand on avait l’intelligence d’un prix Nobel, on savait parfaitement que c’était faux… ou non… Les sentiments décuplaient notre force !

« Est-ce que tu as une dernière parole avant que l’on te tue ? »

« Je veux simplement mourir auprès de ma maîtresse… Celle que vous avez tuée ! »

« Oh ? Tu n’essayeras pas de t’enfuir alors ? C’est tant mieux ! Ca nous facilitera la tâche… Par contre, pour ta demande… Je suis au regret de te dire… Que je refuse. »

Rélo claqua des doigts, les cinq autres personnes se lancèrent sur la Roigada, les yeux de cette dernière devenant entièrement blancs comme si elle n’était plus consciente. Quelques secondes plus tard, elle tomba en arrière, morte d’une bien étrange façon… Son âme n’était plus… Entièrement dévorée…

« Héhéhé ! Mission accomplie ! Rentrez tous ! Je vais faire une dernière inspection. »

Les cinq autres personnes hochèrent la tête, disparaissant complètement alors qu’il restait parfaitement immobile. Pendant plusieurs minutes, rien ne se passa… puis deux yeux rouges le fixèrent longuement, le décor s’assombrissant complètement.

« Oricalk, Oricalk, Oricalk, c’est bien ça ? Ca fait quoi de perdre une nouvelle pièce ? Encore un cavalier n’est-ce pas ? »

« Cela n’est qu’un jeu… Perdre une pièce n’implique pas de perdre la partie. »

« Depuis combien de temps patientes-tu héhéhé ? Toi et Plitana, vous êtes faits pour patienter pendant des siècles voir des millénaires ! Et dire que vous n’êtes même pas des pokémons spectres, quelle idée grandiose de sa part ! »

« Je vois que l’on m’appelle… Voulez-vous que je sois l’arbitre de votre partie ? » souffla une petite voix qui ne provenait ni de Rélo, ni des yeux rouges.

« Une partie en aveugle ? Pourquoi pas ? A voir si Oricalk se sent motivé par celle-ci. Je ne suis pas un aussi bon adversaire que vous… Erèbe. »

« Cela n’est qu’un divertissement… Qu’importe l’adversaire… sauf s’il est trop faible. » répondit l’être aux deux yeux rouges.

« Soit ! Alors, commençons ! Une petite place pour simplement positionner les pièces. Je pense que tu prendras les noirs, Rélo… Et toi les blancs, Oricalk. »

Un éclair zébra le ciel, éclairant la scène à travers la fenêtre… L’homme aux cheveux violets se trouvait debout, une table d’échecs devant lui. Des deux côtés de la table… se trouvait Rélo… et un homme aux cheveux gris… Sur son visage était positionné deux bandes de tissu doré qui se croisaient au niveau du nez. La partie débuta pour se terminer très rapidement.

« Le rôle d’un pion n’est pas de jouer à la place de son roi. » annonça Oricalk.

« Ohhhh ! Mais un pion peut espérer s’octroyer le rôle de son roi ! C’est ainsi que ça se passe ! Mais pour l’instant, ça ne sert à rien, il n’est pas encore préparé ! Il me reste une chose pour le briser en mille morceaux et l’éveiller. » rigola Rélo en faisant se coucher son roi.

« Et bien… Encore une victoire des blancs… Il fallait s’en douter… Les blancs gagnent toujours… Les gentils ne font que gagner… » murmura Erèbe.

« Tout cela changera bientôt… Prépare-toi Oricalk. »

« Je n’ai nul besoin de me préparer. Je vais bientôt aller raser l’Est… Et le Sud… Ils sont devenus inutiles depuis la mort des personnes qui régissaient cet endroit. »

Oh… C’était comme il le voulait ! Rélo signala qu’il était attendu autre part, saluant les deux hommes avec un grand sourire tandis qu’Oricalk se levait de sa chaise mais Erèbe lui signala que ça ne servait à rien d’être aussi impatient. Pourquoi ne pas faire une partie d’échecs ?

« Alors… Brinzan… est morte ? C’est ça ? Ah… J’ai demandé… à ce qu’on la tue… Je suis considéré… comme complice… J’ai fais couler le sang d’autrui… »

« Hey ! Ca devait arriver un jour, Alan ! Ne t’en fais donc pas pour ça ! Tu crois que lorsqu’un assistant infirmier fait s’éclater les poches de sang au sol, on va lui en vouloir ? »

« Mana… Ce n’est pas la même chose. »

« Œil pour Œil, Dent pour Dent, Mort pour Mort, hého. C’est presque une loi universelle. Je vais te dire un bon petit proverbe pour que tu te le rentres dans le crâne : Lorsqu’on te donne une claque sur la joue gauche, tend la joue droite. Lorsqu’on te donne une claque sur la joue droite, donne un coup de tête. En clair, tu peux être très gentil mais il y a des limites à la stupidité… Ou alors peut-être que… »

Elle fit violemment claquer une bandelette sur le dos d’Alan, le faisant crier de douleur.

« HEY ! Mais t’es folle ?! Ca fait mal MANA ! »

« Ah non… C’était juste pour vérifier. Tu n’es pas masochiste. Peut-être que cela te plaisait de te faire souffrir… J’ai simplement essayé au cas où. Bon… Ta mère est morte… Mais occupe toi donc de ton père pour l’accompagner dans ses derniers instants. »

Le Roi Noir ne devenait plus que l’ombre de lui-même… mais cela serait nécessaire à son ascension. Le rôle d’un roi est d’ordonner… Et il avait décidé pour la première fois de confier une mission à ses subordonnées… La première d’une longue série.
Son royaume était dévasté, il ne lui restait plus rien ou presque…

Mais il devait se méfier… du pion qui voulait devenir Roi…
Celui-ci avait de bien sombres pensées en tête.

Erèbe, la place de chacun, verset cinquième

Chapitre 20 : Coiffures spéciales et complications suspectes

Chapitre 20 : Coiffures spéciales et complications suspectes

« Bon… Alors… Généralement, quand on coiffe quelqu’un, il ne faut pas discuter avec lui ? Alors de quoi est-ce que tu veux parler ? »

« On ne peut même pas parler… de ce qui se passe actuellement. Tu es toujours avec moi donc tu es au courant de tout ce qui se passe autour de nous. » murmura Alan.

Elle commençait son travail de coiffure, ses ciseaux coupant tout ce qu’ils pouvaient tandis qu’il restait de marbre. Il ne préférait même pas parler… En fait, il restait toujours soucieux pour sa mère. Sa tête fût tirée en arrière, le faisant regarder le plafond alors que les lames du ciseau s’approchaient de son cou. Il voyait le visage de Mana si près de lui, son œil gauche rubis posé sur lui :

« Ne me force pas à t’entailler le cou pour que tu comprennes d’arrêter de penser à ta mère. »

« Je n’y arrive pas… On ne dit plus rien du tout… Et je n’ose pas poser une question. »

« Vas y poses là, je ne risque pas de te dévorer pour une telle chose. » prononça t-elle avant de recommencer son travail.

« Comment est-ce que tu es morte ? »

Elle s’arrêta subitement, lui murmurant que c’était un véritable manque de tact de parler d’une telle chose et aussi librement. Elle reprit son découpage de cheveux avant de dire d’une voix douce mais assez tremblante :

«  Il vaut mieux pour toi que tu ne le saches pas… Je peux simplement te dire que ce n’est pas une mort honorable… ou glorieuse… Loin de là même… Et ce n’est pas à cause de vieillesse… Bref… Voilà tout ce que je peux te dire… »

« Tu sais… Mourir honorablement ou avoir gloire… Je ne crois pas que ça soit possible pour tout le monde. De toute façon, qu’est-ce que cela rapporterait hein ? Tu es mort et qu’importe la façon que ça soit… Tu es mort… Voilà… »

Elle éclata subitement de rire, déposant les ciseaux sur la table alors qu’elle venait l’embrasser sur la joue, le faisant rougir subitement. C’était la première fois qu’elle se permettait une telle chose et autant dire que ça étonnait le jeune homme. Elle le regarda avant de dire :

« Oui la mort est la même pour tous… Tu vois ? Tu commences à comprendre… Tu te dis que les morts sont toutes les mêmes au final… Tu deviens une personne agréable au final. Tu commences à tout saisir… Oui… »

« Est-ce que tu veux bien terminer ma coiffure ? »

Elle hocha la tête, se remettant au travail tandis qu’ils parlaient maintenant de tout et de rien. Au moins, ils avaient un sujet de conversation bien qu’il était inutile. Une bonne heure s’écoula et elle avait finalement terminé son travail. Il se dirigea vers la salle de bains, se regardant dans le miroir. Ah oui… Il en avait perdu les trois quarts et ses cheveux blonds partaient un peu dans tout les sens. Mais… C’était du bon travail et elle s’était appliquée. Il revint à la cuisine, prenant la main de Mana avant de la faire s’installer sur la chaise à son tour. Il lui signala qu’il n’avait jamais coupé de cheveux auparavant :

« Tu te loupes, je te tue tout simplement. C’est aussi simple que ça. »

« J’aurais pu dire de même auparavant, non ? »

« Oh… Peut-être ? Ou non ? Car ça me semblerait difficile de pouvoir me tuer à nouveau, surtout de la part d’un humain. »

« Héhéhé ! Exactement ! Bon, je commence… Mais je crois que je vais avoir besoin du fer à friser de ma mère. Tu veux bien attendre ? »

Elle le regarda partir vers la salle de bain, évitant de montrer la surprise dans son regard. Il semblait aller bien mieux maintenant… C’était tant mieux. Ca ne servait à rien de le rendre trop triste… Rien du tout… Le but n’était pas de le faire souffrir mais de tout faire pour qu’il ne soit plus attaché au reste des personnes. Il revint quelques minutes plus tard avec l’objet dans ses mains alors qu’elle s’adressait à lui :

« Tu veux donc me faire des boucles ? »

« J’ai une petite idée en tête ! Je me dis que ça t’irait plutôt bien… Tu sais, les cheveux en longues tresses, je trouve vraiment ça très laid. Je n’ai jamais réellement aimé ça chez Zena mais je ne voulais pas le lui dire car elle était très belle… »

« Soit… Alors fait comme tu le désires, je ne vais pas t’en empêcher. »

« Est-ce que tu peux retirer ton bandeau ? Je te promets de ne pas regarder ton œil… »

« Tant que je le ferme, il n’y aura aucun problème de toute façon. »

Elle jeta d’un geste nonchalant son bandeau, Alan se demandant si le fait de cacher son œil droit était vraiment si important que ça. Il commença son travail, ne disant plus rien tout en découpant une grande partie de ses cheveux. Ils étaient incroyablement longs ! Il rigola légèrement, la jeune femme aux cheveux gris lui demandant pourquoi.

« Je me dis que je n’ai jamais touché à mes cheveux pendant des années… Mais toi, ça doit être plusieurs décennies voir siècles non ? Regardez-moi ces morceaux de cheveux. Je pourrais même m’en faire un manteau de fourrure ! »

« Arrête tes idioties et continue donc à me couper les cheveux. »

« Oui mameselle ! Je le fais tout de suite ! Bon, bon, bon… Jusqu’à la nuque… »

Jusqu’à la nuque ? Elle comprit tout de suite ce qu’il voulait dire alors qu’il recommençait son travail. Visiblement, il ne semblait plus s’en faire… Elle avait réussi pour quelques heures à lui faire oublier sa mère… Tant mieux… Cela serait un peu moins difficile lorsqu’elle disparaîtrait… Oui… C’était normal… Elle poussa un léger soupir mais se redressa subitement lorsqu’Alan s’écria :

« Ne bouge surtout pas ! Je ne veux pas te rater ! »

« Ok ok ! C’est bon ! J’ai compris ! Rahhhh ! Mais quel excité cet Alan ! »

Elle rigola, s’arrêtant subitement. Qu’est-ce qui lui prenait d’être aussi enjouée à cause du jeune homme ? Ce n’était pas normal… Elle gardait son œil droit fermé, se promettant de réfléchir à tout ça plus tard. Maintenant, elle était occupée à se faire coiffer par une personne qui n’avait jamais touché à un ciseau de sa vie.
Après une bonne heure de manipulation douteuse, il prit le fer à friser, lui disant de ne plus bouger car il allait s’occuper de ses cheveux gris. Elle aurait bien hoché la tête pour lui répondre mais visiblement, cela ne serait pas une bonne idée. Plusieurs minutes s’écoulèrent mais il termina enfin son travail, poussant un soulagement de joie. Maintenant… Il suffisait que Mana se regarde dans un miroir. Elle se leva avec une certaine appréhension, se dirigeant vers la salle de bains avant de pousser un petit cri. Il monta rapidement les marches de l’escalier avant de lui demander :

« Qu’est-ce qui se passe ?! J’ai complètement raté ?! ZUT ! Je suis désolé ! Mana… »

« Non… Non… Ce n’est pas du tout ça ! C’est même encore mieux ! C’est parfait ! Tu n’es pas si nul que ça ! Tu vois que lorsque tu prends ton temps, tu peux faire des choses remarquables ! Tu as très bien réussi ! J’aime beaucoup mes boucles ! Elles sont bien faites ! Il semblerait que tu regardais souvent ta mère les faire non ? »

« Oui… Oui… Mais c’est vrai que tu aimes bien ? »

« Est-ce que j’ai l’habitude de te mentir ou de te cacher la vérité ? »

Non… C’était vrai… C’était même tout le contraire. Mais la voir si heureuse… Si enjouée… C’était bizarre… A croire qu’il avait réussi quelque chose de vraiment bon. C’est vrai qu’avec ses boucles tressées et ondulées grises, elle semblait bien différente… Elle l’observa de son œil rouge, descendant avec lui pour remettre son bandeau sur son œil droit. Il observa sa tenue avant de lui dire :

« Pour tes bandelettes… Il faudrait aussi les changer… Je trouve qu’elles partent un peu dans tout les sens… Ca ne te convient pas je dirais… »

« Tu as peur que ça en dévoile un peu trop ? Qu’est-ce que tu proposes ? Je me dis qu’une camisole conviendrait aussi… Une camisole qui bloquerait mes jambes et mes bras… En quelque sorte des bandelettes vraiment très serrées… »

« Et tu marcherais comment ? Enfin… C’est à peu près ça… Mais où est-ce que l’on pourrait trouver une camisole ? Ce n’est pas si simple que ça… Et puis, généralement, ce sont pour les fous non ? Est-ce que tu penses être folle ? » lui demanda t-il calmement.

« Je ne l’ai pas assez souvent prouvé ? Je pensais pourtant que c’était le cas. Je suis folle à lier ! Je suis complètement folle de cette odeur qui émane de toi ! Tu es entouré par la mort et cela m’importe peu que tu sois le roi noir ! Je sais très bien c’est quoi ton rôle, c’est de gagner contre les pièces blanches mais j’en ai rien à faire ! C’est simplement que… »

Elle ne termina pas sa phrase alors que le père d’Alan rentrait dans la maison en claquant presque la porte. Le jeune homme aux cheveux blonds sursauta sur le coup tandis que le père s’arrêta en voyant les deux personnes. Qu’est-ce qui s’était passé ? Enfin, non, ce n’était pas le sujet ! Il avait une nouvelle importante.

« Ta mère va s’en sortir, Alan ! »

« Ah ? Ah bon ! Ah bon ?! Comment ça ?! Elle n’est plus en danger ?! »

« NON ! Il paraît que la première phase était presque obligatoire ! Les anticorps font maintenant leurs travaux mais elle a simplement une forte fièvre ! L’infection va être détruite le plus rapidement possible ! Elle est sauvée ! »

« SUPER ! MANA ! TU ENTENDS ?! » cria t-il à la femme ciblée.

« Bon, je repars voir ta mère mais je reviendrais dormir ce soir. »

« Laisse donc ma Lokhlass avec elle ! Ca lui fera de la compagnie ! »

Le père hocha la tête avant de partir aussi vite qu’il était venu. Alan se tourna vers Mana avant de lui sauter dans les bras. Il avait des larmes de joie au visage, Mana restant statufiée par ce qui venait de se produire. La mère n’était donc pas en danger ? C’était… tant mieux ? Ou non ? Comment cela se faisait-il ? Quelque chose devait se produire… Elle en était certaine… Ce n’était pas possible que le jeune homme soit heureux… Pas maintenant… Pas tout de suite… Non c’était complètement impossible. Mais… Alan était si content…

« Tant mieux pour toi alors… Si tu veux, on ira lui rendre visite… demain ? »

« OUI ! Tu viendras avec moi ? Et puis… On ira voler une camisole. »

« HAHAHA ! Oui, c’est vrai ! On ira la voler ! On fait quoi aujourd’hui ? »

« On pourrait d’abord nettoyer le bazar… Pour les soucis dans l’Est… »

« Les autres s’en occupent, tu ne seras plus gêné, tu n’as pas à t’en faire. »

« Si tu le dis… Enfin bon ! Tu viens m’aider ? »

« Et puis quoi encore ? Vas-y tout seul ! » lui annonça t-elle dans un petit rire.

Elle alla s’installer sur le canapé, le regardant faire le ménage tandis qu’elle observait la télévision. Hum… Ca lui rappelait une petite scène avec Zena… Pourquoi est-ce qu’elle pensait à cette adolescente ? C’était complètement différent ! Elle n’était pas Zena, loin de là ! Elle n’était pas un remplacement à cette dernière ! Il ne fallait pas rêver !

« Pfff ! Terminé ! Tu veux bien te pousser ? Ou alors, je vais m’asseoir sur toi ! »

Il pouvait toujours essayer… mais c’est ce qu’il fit, se plaçant sur le ventre de Mana qui le repoussa. Elle pesta légèrement avant de se pousser, Alan s’asseyant à côté d’elle en souriant. Voilà, ils étaient bien mieux comme ça. Maintenant que sa mère était hors de danger…

« Chérie, je sais que même si tu as ce masque respiratoire… Tu m’entends. J’ai prévenu Alan, nous t’attendrons. Rétablis toi vite, ce n’est qu’une mauvaise passade de toute façon. »

Lolny était assise sur une chaise, observant les deux parents de son dresseur. Il fallut attendre une bonne heure avant que le père ne s’en aille. Elle avait le regard complètement vide et absent, comme si elle n’était plus consciente… Pourtant, elle se leva lentement alors que la pièce ne laissait émettre qu’un bip sonore.
« Hum… Tu es en meilleure état… n’est-ce pas ? Mais maintenant, il est temps de disparaître. Ce n’est que pure vengeance, n’est-ce pas ? »

Voilà que derrière la Lokhlass apparaissait une jeune femme aux cheveux roses. Brinzan… Elle avait perdu tout sourire mais elle ne semblait pas être seule… Un petit rire résonna derrière elle, montrant Rélo qui murmurait :

« Tu vois, j’avais raison… Tu n’es pas une véritable pokémon psychique… Tu es pathétique car tu décides de venger ta fausse dresseuse ! »

« TA GUEULE TOI ! DEGAGE DE LA ! »

« Tu devrais plutôt me remercier ! Héhéhé ! Sans moi, tu n’aurais jamais su pour la mère du roi noir. Je te laisse, de toute façon, tu n’es plus utile ! »

Plus utile ?! Elle se retourna pour le regarder d’un air furieux mais il n’était déjà plus là. Enfin… Ce n’était pas le moment… de penser à ça… Mais l’heure de faire souffrir ! Elle plaça sa main sur la tête de la Lokhlass, celle-ci s’avançant vers le corps de la mère d’Alan… avant de le geler complètement ?! Les machines commencèrent à s’affoler avant qu’elles n’explosent en même temps que le corps de la mère. Brinzan éclata de rire avant de prononcer d’une voix douce et lente :

« Maintenant… Elimines-toi. »

Que la vengeance était douce et belle lorsqu’elle était bien accomplie ! Elle recula de plusieurs pas, se disant que la manipulation mentale allait rester encore quelques temps… Le temps que la femme aux cheveux bleus se suicide… Chose qui ne tarda pas puisqu’elle fut statufiée en glace sur place…

« Et voilà… Cela vous apprendra à tuer ma maîtresse… Je peux être très intelligente… Très gentille quand il faut… Mais il y a des limites ! »

Elle disparue complètement, s’étant téléportée pour laisser cette scène de carnage aux médecins qui arrivaient, alertés par les sons émis dans la salle de contrôle. Ils regardèrent la statue de la jeune femme aux cheveux bleus… Et les morceaux de glace éparpillés au sol… Des morceaux qui laissaient s’écouler un peu de sang. Comment… Pourquoi ? Qu’est-ce que cette femme avait fait ? Comment était-ce possible qu’une telle chose se soit produite ? Quelle était la raison d’un crime si affreux ?

Chapitre 19 : Infection généralisée

Chapitre 19 : Infection généralisée

« ALAN ! ALAN ! Réveille-toi vite ! Ta mère se sent mal ! » cria son père.

Il ouvrit subitement ses yeux, retirant sa main du ventre de Mana alors qu’elle poussait un petit gémissement en ouvrant ses yeux à son tour. Qu’est-ce qui se passait ? AH ! Elle s’était encore endormie ?! Mais c’était devenue une habitude ou quoi ?! Elle pesta contre elle-même alors qu’Alan était déjà debout. Il s’était mis à courir à la suite de son père, celui-ci l’emmenant dans sa chambre. Sa mère transpirait à grande goutte tandis que son père lui avait retiré son bandage sur son bras. Alan émit un rictus de dégoût, c’était quoi ces cloques et ces plaies entre le vert et le rouge ?

« Je dois l’emmener à l’hôpital… Tout de suite ! »

« Je t’accompagne ! Laisse moi prendre mes pokémons et de quoi me revêtir ! Maman, attends un peu s’il te plaît ! »

« Ne… Ne… Ah… J’ai chaud… »

« Qu’est-ce qui lui arrive ? Elle va claquer ? »

Mana et sa délicatesse à toute épreuve. Alan tourna son visage vers elle, la regardant d’un air furieux alors qu’elle mettait une main devant sa bouche en bâillant. Qu’est-ce qu’elle avait dit ? Elle avait dit une bêtise ? Non, elle ne pensait pas. Les deux humains étaient déjà en train de descendre les escaliers, Alan aidant sa mère à rentrer dans la voiture tandis qu’ils partaient tout les trois vers l’hôpital. Mana les observa à travers la fenêtre avant que la voix de Rélo ne se fasse entendre, railleuse :

« C’est dommage n’est-ce pas ? C’est rare qu’un bandage ne soit pas stérilisé… Comme si quelqu’un avait intentionnellement décidé de … salir ces bandages pour que les plaies soient infectées. Cela risque de faire très mal. »

« Rélo… Ta gueule. Je n’aime pas être malpolie mais je crois qu’en fait, je vais mettre mon plan à exécution tout de suite et te rayer de ce monde maintenant. »

« Oh ? Tu devrais peut-être plus suivre cette voiture… avant qu’il ne soit trop tard. Tu ne trouves pas que ça serait assez dangereux ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Oh… Je ne sais pas trop… Disons que les freins sont retirés… Qu’est-ce qui se passera s’ils tentent d’appuyer sur la pédale ? »

« Salopard… JE VAIS TE CREVER QUAND JE REVIENS ! »

La tête de Rélo percuta le sol avec violence, son masque blanc squelettique se fissurant légèrement tandis qu’elle disparaissait complètement. Rélo éclata de rire en la voyant partir, se disant que c’était si facile… Si facile de la manipuler alors qu’elle jouait elle-même avec le roi noir. Non, vraiment … Le roi noir et elle étaient de simples objets entre ses doigts. Surtout qu’au final… Le roi noir allait bientôt s’éveiller.

« Ma… Mana ? Qu’est-ce que tu fais là ? Pourquoi… tu es ici ? »

« Vous n’avez pas eu de problèmes avec votre voiture ? Enfin oui… C’est évident… Sinon vous ne seriez pas arrivés dans l’hôpital… Pfff… Je vais sérieusement le tabasser quand je reviendrais… Comment vas ta mère ? »

Il la regarda, surpris par ce qu’elle lui posait comme question. Depuis quand s’intéressait-elle à sa mère ? Visiblement, son regard ne passa pas inaperçu puisqu’elle détourna son unique œil rouge visible, voyant que des médecins s’approchaient d’elle :

« Mais que faites vous hors de votre chambre ? »

« Je ne suis pas malade. Est-ce que j’ai l’air de me sentir mal ? »

« Mana… Disons que porter des bandages… autour de soi… Ca donne l’impression que tu es dans un sale état… Et surtout que ces bandages ne semblent pas en parfait état. Pardonnez-moi, elle est avec moi.  Tiens, met toi ça sur le corps. »

Il tendit son manteau pour la recouvrir, l’adolescente aux tresses grises la mettant sur le haut de son corps alors qu’ils restaient assis sur le banc. Où était le père d’Alan ? Elle ne l’avait pas vu… Elle tourna son unique œil vers lui mais le jeune homme semblait perdu dans ses pensées. Il devait se faire du souci pour sa mère…

« Alors, qu’est-ce qu’elle a finalement ? »

« Je ne sais pas… Mon père est parti chercher des informations à ce sujet. J’espère qu’il va vite revenir. Je ne peux pas m’en empêcher, Mana… Je ne peux pas… Je ne veux pas… Tu comprends ? Je ne peux pas leur dire de partir… Je ne peux pas les abandonner car mes parents n’ont pas de pokémons… Je ne peux pas les emmener ailleurs que là où nous habitons mais si je reste avec eux… Je suis sensé faire quoi ? »

« Attendre qu’ils meurent voilà tout ! Dès qu’ils seront morts, tu n’auras plus à te préoccuper de tout ça ! C’est une chose radicale ! »

« Mana… S’il te plaît… AH ! Papa ! Alors ?! »

Il s’était relevé tout de suite lorsqu’il vit son père qui arrivait, celui-ci ayant la tête des mauvais jours. Il annonça à son fils que sa mère semblait avoir été infectée par un virus assez violent et cela à cause de sa blessure qui ne s’était pas cicatrisée. Les médecins ne préféraient pas se prononcer… Ils ne savaient pas quoi dire exactement pour l’instant. Il signala à son fils qu’il valait mieux qu’il rentre. Il allait l’emmener à la maison mais Alan refusa catégoriquement, signalant qu’il devait rester près de sa mère.

« Ne fais pas l’enfant, Alan… A deux là-bas, qui pourra surveiller la maison ? Je ne veux pas qu’elle soit pillée pendant que nous ne sommes pas là… »

« Je… Je… Ah… Bon d’accord ! Je veux bien rentrer à la maison MAIS… Prend donc Lolny. En fait non… Je vais laisser Lolny ici en attendant que tu me ramènes à la maison mais tu la gardes avec toi ! »

Il sortit l’une de ses pokéballs, laissant la femme aux cheveux en chignons bleus faire son apparition. Il lui murmura quelques paroles alors qu’elle acquiesçait. Son père l’emmena dans la chambre de sa mère, revenant après quelques minutes, remarquant la présence de Mana. Son regard alla s’assombrir et lorsqu’ils étaient sur le chemin du retour, il alla dire :

« Mademoiselle Mana… Comme vous êtes assez intelligente et que vous êtes la pokémon d’Alan, je ne tiendrais pas compte de vos propos énoncés ce soir. »

« Je ne suis pas la pokémon d’Alan. »

« Alors qu’est-ce que vous faites à dormir tout le temps avec lui et à rester avec dès que vous le pouvez ? Enfin, ce n’est pas le sujet. Vous êtes simplement priée de ne plus avoir ce genre de paroles surtout lorsqu’elles concernent ma famille. »

« Je verrais bien. Je ne vois pas pourquoi je mentirais ou modérerais mes paroles. »

« Faites comme vous le voulez, vous êtes prévenue. Nous avons déjà assez de problèmes actuellement avec tout ce qui arrive dans l’Est et autour de nous. »

« Je verrais bien. Je ne peux rien promettre… »

« S’il te plaît, Mana. Je ne veux pas avoir plus de soucis… que maintenant. »

Le jeune homme aux cheveux blonds tournait son visage vers elle, tentant de prendre sa main, mais elle la retira vivement. Non, ça ne marchait pas comme ça, elle n’allait pas se faire avoir de cette manière. Hého, elle n’était pas stupide quand même ! Lorsqu’ils rentrèrent, le père d’Alan lui signala qu’il était assez grand pour se faire à manger avant de repartir. Manger ? Il était quelle heure ? Quatre heures du matin… Alan poussa un soupir, allant s’installer sur le canapé, observant la nouvelle télévision. Celle-ci était plus petite que la précédente mais c’était chose normale : On ne remplaçait pas une télévision comme on changeait de chemise. Il se coucha finalement sur le canapé, zappant toutes les chaînes alors que Mana regardait au-dessus de lui :

« Y a rien de bien, n’est-ce pas ? Essaye de voir s’il n’y a pas Chasse et Pêche ? »

« Très très spirituel, Mana… Encore, ça change de ton humour macabre. »

« Je t’aurais bien demandé de me mettre la chaîne nécrologique où ils passent pendant des heures une liste des personnes mortes. Encore que ce n’est qu’une partie capable d’avoir de l’argent et de le dépenser pour passer une annonce. »

« Je veux dormir… mais je n’y arrive pas… Je suis tiraillé… »

« Pfff ! Tu es fatiguant quand tu t’y mets. Tu te fais du souci pour rien. A force de trop croire en ta malchance, elle va te tomber dessus. Vas-y, pousse-toi. Je parie de toute façon que tu n’arriveras pas à dormir si je ne viens pas dormir avec toi. »

« Je crois que c’est vrai… Je ne sais pas pourquoi… Mais je crois que c’est vrai… Par contre, ce canapé n’est pas dépliable. »

« On va simplement se serrer l’un contre l’autre, ce n’est pas la première fois. »

Il hocha la tête, se calfeutrant contre le canapé alors qu’elle venait s’installer contre lui, face à face. Elle posa ses deux mains sur son dos, les bandelettes commençant à entourer l’adolescent et elle tandis qu’elle reprenait :

« Essaye de dormir correctement hein ? Tu auras des nouvelles de ta mère dès demain. »

« Bonne nuit, Mana. Fais de beaux rêves. »

« C’est à moi de te dire ça plutôt. »

Il ne comprit pas ce qu’elle voulait dire mais il s’endormit comme une souche quelques minutes plus tard. A croire qu’elle était vraiment très efficace pour réussir à l’endormir… Est-ce qu’elle allait manigancer encore une tentative pour transformer ses rêves en cauchemars ? Cette idée ne lui traversait même plus la tête.


Le lendemain matin, elle remarqua qu’il dormait encore, sa bouche légèrement ouverte qui laissait s’écouler un filet de bave. Elle passa un doigt sur ses lèvres, venant récupérer la bave avant de la porter à ses lèvres avec délectation. Elle se sépara de lui, craquant les os de son corps en s’étirant avant de se dire :

« C’est bien beau, c’était une bonne sieste mais je n’ai pas que ça à faire. »

Elle se dirigea vers la cuisine, observant les nombreux instruments avant de pousser un profond soupir. Autant laisser ça à Alan, il se débrouillait bien mieux qu’elle pour ce genre de choses de toute façon. Elle devait attendre qu’il se réveille… Hum… Plus simple à dire qu’à faire… Tiens… C’était quoi ce morceau de papier ? Le père était revenu entre temps ? Mais c’était quoi ça ? Elle dormait trop profondément ! C’était de la faute d’Alan ! Bon qu’est-ce que ce papier disait ? Elle l’ouvrit avant de le parcourir… Et zut.

« Alan, réveilles toi… Alan… »

« Qu’est-ce qu’il y a ? Quelle heure il est ? Dormir… »

« ALANNNNNNNNNNNNNNNNNN ! »

Il sursauta subitement, sa tête percutant celle de Mana qui tomba au sol, l’adolescente aux tresses grises poussant un gémissement de douleur alors qu’il faisait de même. Elle le regarda avec fureur, Alan s’excusant rapidement avant de la saluer, lui demandant ce qu’il y avait. Elle lui tendit le morceau de papier qu’il lu rapidement avant qu’il ne murmure :

« Il y a des complications… Ah… Ah… Des complications… Je dois aller la voir ! »

« Ton père te signale que non ! Tu dois rester ici ! »

« Mais ma mère est en danger ! Je dois aller l’aider ! Même si… Même si… »

« Si tu ne peux rien faire ? Alors n’y va pas ! Si elle doit mourir, c’est son destin ! Tu veux faire quoi ?! Tu préfères te dire que tu n’as rien pu faire pour la sauver ou alors que tu n’as rien fait ?! Tu crois que ça serait mieux de la regarder agoniser plutôt que d’apprendre la nouvelle subitement ? Oui, tu vas pleurer mais c’est mieux que de voir s’échapper la vie à chaque seconde qui s’écoule ! Je me suis bien faite comprendre ?! »

« Tout ce que tu dis… n’a aucun sens… Tu es morte ! Comment tu pourrais savoir ce que ça fait de perdre sa famille ?! »

« Tu es complètement stupide… Est-ce que je ne t’ai pas déjà dit que j’étais une humaine auparavant ? Avant de mourir ? En ce qui concerne ma famille, ça ne te concerne pas justement ! »

« Je vais aller la voir ! Je ne sais pas comment je vais m’y rendre, même si les centres de téléportation sont hors-service… »

« Je te clouerais sur place si cela s’avère nécessaire. Je vais chercher les outils de ton père. Tu préfères les clous rouillés ou non ? »

« Tu es cinglée… Pourquoi tu veux m’empêcher d’aller voir ma mère ?! »

« Car tu te ferais du mal pour rien ! C’est un comportement de masochiste que de vouloir se faire souffrir inutilement ! Est-ce que tu en ressentirais du plaisir ?! NON ! Alors reste ici bien sagement et ne bouge plus ! »

« Je veux de ces nouvelles… Je veux… C’est tout… C’est tout… »

« A ce que je vois, la méthode classique ne marchera pas. Quitte à sacrifier quelque chose, autant que ça soit mes cheveux. »

Co… Comment ça ? Il se tourna vers elle alors qu’elle émettait un léger sourire. Elle disparue dans le plafond, revenant après quelques minutes avec une paire de ciseaux. Elle s’approcha de lui, lui disant de s’asseoir alors qu’il ne comprenait pas. N’avait-elle pas dit SES cheveux à elle ? Et au fait… Pourquoi elle avait cette paire de ciseaux ?

« Bon… Au lieu de te faire du souci pour ta mère, nous allons jouer tout les deux au coiffeur. Néanmoins, je vais commencer la première. Je ne suis pas très douée mais on va faire de mon mieux, n’est-ce pas ? Cela risque de prendre une bonne heure voir deux… Si on veut que cela soit précis… Tu as compris ce que je viens de dire ? »

« Que tu aimerais que je te coupe les cheveux après ? »

« Ce n’est pas toi qui m’en a fait la remarque hier ou avant-hier ? Alors tu prendras ton courage à deux mains et tu n’as pas intérêt à te louper, d’accord ? »

Oui, oui ! Il hocha la tête alors qu’elle lui demandait de se mettre torse nu. Cela permettrait d’éviter que les cheveux ne viennent trop salir le vêtement. Il s’exécuta alors qu’elle faisait quelques gestes inquiétants avec la paire de ciseaux. Nul ne savait exactement ce qu’elle valait avec une telle arme à la main. Peut-être que tout cela allait être tellement monstrueux qu’il allait vouloir mettre un terme à sa vie ?

Chapitre 18 : Sombre meurtre et déchéance du peuple

Chapitre 18 : Sombre meurtre et déchéance du peuple

« Et bien ? Est-ce que tu as froid, Alan ? Tu ne devrais pas rester ici. »

« Je veux simplement surveiller les environs, je n’habite pas très loin… et avec les problèmes qu’il y a… Je préfère être sûr, mademoiselle Plitana. »

Les trois femmes regardaient les environs du coin de l’œil avant de reporter leurs yeux sur Alan. Celui-ci ne savait pas quoi faire… Il devait partir maintenant… Avant qu’il ne soit trop tard… Avant qu’il n’ait des problèmes… Si Orian était responsable de la mort de Zena… Tout était clair… Ils étaient tous dans le coup !

« Je crois que je vais rentrer chez moi… Je me sens un peu mal… La chaleur des flammes et toutes ces choses… J’ai mal à la tête. »

« Soigne-toi bien, Alan ! Nous allons rester ici pour surveiller les environs. » s’écria la Roigada, la jeune femme aux cheveux roses se mettant à fouiner parmi les cadavres.

« Tu connais l’histoire de Cric-Crac l’humaine ? » souffla une voix derrière la femme au chignon noir.

Les trois femmes se retournèrent subitement, ne voyant rien du tout alors qu’il s’éloignait comme si il n’avait rien entendu. Oh que oui… Il n’avait rien entendu hein ? Rien du tout… Il continuait à marcher d’un pas lent en se dirigeant vers chez lui tandis que la voix féminine reprenait avec un grand rire :

« C’est deux mains, elles se posent sur le crâne d’une humaine… ET CRIC-CRAC ! »

La tête de la femme au chignon noir fit un petit tour avant de s’écrouler au sol, le sourire de la Roigada disparaissant complètement. Plitana resta immobile, murmurant d’une voix calme :

« Pathétique créature spectrale… Je pensais que ton espèce avait complètement disparue en même temps que ce démon… A ce que je vois… Cela ne semble pas être le cas. »

« Pathétique ? Hum… Cela peut me convenir ! »

« Quel est ton nom, créature ? » prononça Plitana en restant calme et stoïque tandis que Brinzan observait le corps de sa dresseuse, celui-ci laissant s’échapper une légère fumée grise.

Elle prit après quelques secondes l’apparence d’une jeune adolescente aux cheveux gris. Elle ressemblait presque à celle qui était apparue après la mort d’Orian sauf que les bords de son tablier étaient noirs. En fait, en regardant de plus près, elle ressemblait plutôt à un Zarbi… mais avec la lettre B tracée grâce aux bords de son tablier qui s’allongeaient sous forme de bretelles noires bien que ses épaules étaient recouvertes quand même.

« Mon petit nom ? Pourquoi est-ce que je devrais le donner ? Oh et puis zut… Je m’appelle Mana ! Peut-être que ce nom vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Oh vous savez, cette petite histoire perdue au fil du temps… »

« Ma… Mana ? » murmura Plitana en laissant transparaître la surprise pour la première fois.

« Et elle n’est pas seule… L’armée des morts prend place dans l’Est de Chiss dorénavant. »

Une voix masculine suivit d’un petit grognement. Visiblement, quelqu’un ne semblait pas apprécier de l’entendre, loin de là même. Plusieurs ombres commencèrent à entourer Plitana et Brinzan, la première demandant à la seconde de rester près d’elle. Voilà qu’apparaissaient maintenant Rélo et ses compagnons. Des gamins… Ce fut la première remarque de Brinzan.

« L’armée des morts ? Ainsi… Le roi noir est donc éveillé ? »

« Ce n’est qu’une question de temps… Mais nous sommes déjà en position ! Nous nous doutions que vous risqueriez de faire quelque chose contre lui… Il est vraiment dommage que vous ayez échouée dans votre tentative pour le manipuler… Cela aurait été plus simple pour l’abattre puisque la partie est enfin lancée ! Et que les coups sont permis ! Même les plus traîtres ! Mais cela… Vous en avez l’habitude hein ? » s’exclama Rélo.

Visiblement, il semblait être le petit commandant des sept personnes les entourant. Plitana cligna des yeux mais les deux adolescents issus des Fantominus firent quelques gestes, l’aura violette les entourant semblant repousser Plitana… mais ce ne fut pas le cas. L’un des deux adolescents posa un genou au sol avant que Plitana ne reprenne la parole :

« Pour ma part, je n’aimais guère ne pas attaquer de front… Mais certains préféraient leurs petits coups en douce. C’est pour cela que je ne me suis pas vraiment mêlée de cela… Mais si vous me provoquez… Vous allez tomber sur un os… ou sur du métal. Brinzan… Téléporte-toi… Ils ne feront rien… Et celle qui est responsable de la mort de notre poupée a déjà disparue. Quand à toi, la marionnettiste Bêta, rend toi utile. Emporte en un avec toi. »

« Aucun problème… De toute façon… C’était déjà décidé au moment où ma poupée n’était plus vivante. Bon, bon, bon… »

L’adolescente aux cheveux gris tendit ses deux mains, se concentrant avec un grand sourire. Elle fit apparaître deux sphères grisâtres avant de les joindre juste au niveau de son cœur. Un magnifique rayon sortit de celui-ci, se dirigeant vers le Fantominus qui était à genoux. Ce fut l’autre adolescent de même nature qui le poussa, le rayon lui retirant en intégralité son bras droit, le forçant à crier de douleur avant qu’il ne tombe au sol à son tour. Cinq pieux sortirent rapidement du sol à la hauteur de la fille aux cheveux gris, se plantant en elle avec facilité. Elle gardait son sourire, hoquetant en crachant du sang avant de rendre son dernier soupir. Rélo observa l’endroit où se trouvaient Plitana et Brinzan mais elles avaient déjà disparues complètement. Tsss… Il se tourna vers les deux adolescents avant de dire :

« Vous vous en sortirez ? »

« Avec un bras en moins, je vais avoir du mal à utiliser mes… »

Sa tête vola dans les airs avant d’atterrir au sol alors que Rélo n’avait fait qu’un geste de la main. Plusieurs murmures se firent entendre alors qu’il reprenait :

« Non… Nous n’avons pas besoin d’un pouvoir disparate. Ton frère était un pion assez intéressant…. Mais inutile avec un bras en moins. Toi, tu n’es que fatigué, n’est-ce pas ? Tu pourrais facilement te reposer n’est-ce pas ? Et retrouver ta puissance n’est-ce pas ? »

L’adolescent aux cheveux gris-noir hocha la tête en tremblant, regardant celle de celui qui avait été son frère. Violent… Rélo avait été très violent… beaucoup trop même ! Enfin bon… Ce qui était fait était fait. Les six personnes disparurent les unes après les autres. Le message était très bien passé, des deux côtés cette fois-ci.

Ah… Ah… Ah… Il n’osait pas se retourner, de peur d’être suivi par les femmes… Il n’avait pas envie… Il ne voulait pas mourir maintenant ! Ce n’était pas possible ! Il savait… pertinemment qu’elles étaient des ennemies mais il avait du mal à y croire… Soudainement, il vit apparaître devant lui Mana, le faisant tomber en arrière sur ses fesses.

« Que que que… Mana ?! Qu’est-ce que tu fais là ?! »

« Rélo a encore fait l’idiot… Pour ne pas changer. Enfin… Moi aussi d’ailleurs mais qu’importe. Tout ça pour te dire que maintenant, ca va être la véritable apocalypse dans cet endroit ! Il va y avoir des morts, des cadavres, le sang qui gicle, TOUT ! Alan ? »

« Je… Je veux rentrer… et prévenir mes parents… Nous devons partir… Je ne veux pas qu’ils soient en danger… Mana… »

« Cela risque d’être très difficile, je suis désolée de te le dire… Ah mais non, je ne suis pas désolée ! Enfin… Tu peux toujours leur annoncer ce qui se prépare, ça sera mieux que rien, cher roi… noir. Hein ? Comme ça que je dois t’appeler ? Et aussi me mettre à genoux devant toi ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

Il rigola légèrement, se redressant finalement. Il ne tremblait plus. Il fit un sourire vers Mana, cherchant ses mots avant de finalement les trouver.

« Merci beaucoup, Mana. Je crois qu’à force de t’écouter, je comprends un peu mieux ce que tu veux faire… avec moi… Enfin, je crois… »

« Tu te trompes complètement mon gaillard. Je ne suis pas là pour te remonter le moral ou autre. Je ne deviens pas plus gentille, c’est simplement toi qui t’adapte à moi, c’est la différence. Bon maintenant que tu es debout, on ferait mieux de rentrer avant que tes parents ne s’inquiètent. En tant que spectre, je n’ai pas très faim mais toi avec la terreur, tu dois avoir un sacré creux non ? Où je me trompe ? »

« Tu as totalement raison, Mana. Allons-y maintenant. »

Elle hocha la tête, marchant d’un pas lent à côté de lui alors qu’elle remettait son bandeau sur son œil droit pour le cacher. Sur le chemin, il lui fit la remarque de ses deux longues tresses grises, lui disant que cela ne semblait pas lui convenir. Elle lui rétorqua de s’occuper de sa propre coiffure et il émit un petit sourire triste. C’est vrai… Il s’était juré de couper ses cheveux blonds pour Zena… mais maintenant… Pourquoi est-ce qu’il le ferait ? Il poussa un petit rire qui intrigua Mana, celle-ci ne lui posant pas de questions alors qu’il passait une main dans ses longs cheveux blonds, ils lui allaient jusqu’au bas du dos.

« Alan ? Tu… Tu es de retour ? Tu as de la visite… »

Il s’arrêta devant le palier de la porte, Mana et lui se jetant un bref regard. Ils n’auraient quand même pas osé s’en prendre à ses parents et à venir chez eux ?! Ils suivirent le père qui s’était adressé à eux avant qu’Alan ne pousse un profond soupir :

« Ah… C’est vous… Vous m’avez fait peur… »

« Tu les connais, Alan ? Ce sont tous des pokémons d’après leurs dires… Et ils parlent d’un roi noir… C’est quoi ce jeu auquel tu joues, Alan ? » lui demanda sa mère alors qu’il voyait les six pokémons spectres devant lui.


Six ? Il n’en manquait pas un ? Un petit regard sur la globalité du groupe et il vit qu’il manquait celui qui ressemblait comme deux gouttes d’eau au Fantominus humanisé… En parlant de celui-ci, il semblait démoralisé… et avait le regard baissé. Quelque chose s’était passé… Mal passé… Il demanda aux six personnes de bien vouloir venir dans sa chambre alors que Mana observait Rélo d’un air méchant. Lorsqu’ils se retrouvèrent tous dans la chambre, Alan prit la parole :

« J’aurais aimé que vous ne vous présentiez pas devant mes parents… Mais c’est trop tard. Par contre, qu’est-ce que vous faites ici ? »

« Nous sommes venus… pour vous prévenir que les pièces blanches ne viendront plus vous causer de problèmes. Nous les avons prévenues… Elles n’oseront plus se présenter ici. » répondit l’adolescent aux cheveux gris-noir.

« Vous n’étiez pas sept au départ ? »

« Malheureusement, il a péri pendant l’attaque. C’est bizarre mais un pokémon spectre peut mourir… une nouvelle fois héhéhé. C’est des fois bien mieux que de rester mort. Ce qu’il devient ? Personne ne le sait exactement ! » dit Rélo en regardant les autres membres comme pour leur prévenir qu’il valait mieux se taire.

« Je vois… C’est vraiment triste… Mais vous ne pouvez pas rester ici malheureusement. J’ai peur pour mes parents et je vais devoir leur dire de faire attention. Je ne sais même pas pourquoi vous parlez de roi noir alors que je n’ai aucun rapport avec tout ça. »

« C’est normal, Alan. Tu n’es pas encore le roi noir, il suffit juste d’un petit choc pour débloquer tout ça. Cela ne saura pas tarder héhéhé ! »

« Qu’est-ce que tu veux dire… Rélo par là ? »

« Qu’il vaut mieux pour lui qu’il se taise sinon je risque de devenir très méchante… »

Plusieurs murmures et elle se présenta aux autres. Elle avait évolué ? Difficile d’y croire mais Rélo se léchait les lèvres, comme appâté par ce qu’il voyait alors qu’Alan remarquait ce geste qui lui déplaisait énormément. Rélo signala à Mana qu’il valait mieux pour elle et lui qu’ils aient une petite discussion… Elle émit un petit rictus alors qu’Alan demandait :

« Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi vous vous éloignez ? »

« Je reviens rapidement, ne t’en fais pas. On va mettre les points sur les I lui et moi. » murmura t-elle dans un souffle avant de disparaître avec Rélo.

Ils arrivèrent tout les deux dans une route dévastée, quelques hommes et pokémons les regardant en se demandant ce qui se passait. Comment étaient-ils apparus ? BAH ! C’était pas un problème ! Les personnes autour d’eux continuèrent leurs petits travaux qui consistaient principalement à piller les magasins ou les maisons.

« Qu’est-ce que tu me veux, Rélo ? »

« Pourquoi tu ne rends pas les choses plus faciles hein ? »

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. »

« Peut-être que tu préfères que je te rafraîchisse la mémoire, Mana ? En fait non… Si je suis là, c’est pour une bonne raison. Je vais te signaler que je vais tuer les parents du roi noir. »

« Fais ça et tu ne seras même plus un spectre après mon passage. »

« Je crois que tu oublies un peu la raison de ton existence. Nous devions attendre d’être huit avant de commencer à partir à sa recherche. Et toi, tu as préféré partir de ton côté en nous abandonnant tous. »

« Devines pourquoi j’ai fais cela ? Car ta tête ne me revenait pas à l’époque et tu en veux une bien bonne ? Elle ne me revient toujours pas alors je vais être gentille avec toi et te mettre en garde : Touche aux parents d’Alan et je serais forcée de te rendre encore plus méconnaissable que lors de ta mort terrestre. »

« Tiens donc… Ma mort terrestre… Comme c’est drôle… Et de ton côté, tu sembles bien intime avec le roi noir pour l’appeler par son prénom… »

« Je l’appelle ainsi car nous l’avons décidé. Comme lui m’appelle Mana, il n’y a rien d’étrange. Je lui fais peur et c’est cette impression qui doit rester ancrée dans sa mémoire. Tu te trompes lourdement. Je t’ai prévenu. »

« Et moi de même, je l’éveillerai… Qu’importe la méthode utilisée. Nous ne pouvons pas perdre cette partie ! Je veux redevenir humain ! Je veux me réincarner et recommencer une nouvelle vie que j’ai décidée ! »

« Une vie remplie de perversion et d’illusions… Tu es un pathétique spectre. »

« Qui est le plus pathétique ? Celui qui poursuit ses ambitions ou celle qui se laisse dévorer par ses émotions ? » prononça t-il avant de disparaître.

Les parents d’Alan ? Elle l’avait prévenu de toute façon. Il devait se douter qu’ils allaient y passer… Mais pas de la main de ses propres sujets. Elle allait arrêter Rélo avant qu’il ne soit trop tard. Il y avait un temps et une heure pour souffrir et ce n’était pas le moment pour Alan de souffrir encore plus que ça ! Elle disparut à son tour.

Chapitre 17 : Une tentative pour calmer

Chapitre 17 : Une tentative pour calmer

« Flash informations : Nous venons d’apprendre que la personne se trouvant dans la voiture qui a été la cause d’un accident regrettable a été enfin identifiée. Cette personne ou plutôt ses personnes d’après les propos des policiers ne seraient nul autre que Faror, le chef des entreprises du même nom. Fait étonnant : Il paraîtrait que monsieur Faror n’était pas seul et aurait été accompagné d’une femme pendant l’incident. Autre remarque, il semblerait que cette femme soit un pokémon. »

« Sûrement l’une des fillettes aux cheveux gris que j’ai pu voir lorsque j’ai tuée Lunitia. »

« Mana ! Chut ! Tais-toi un peu ! Mes parents vont t’entendre ! »

« Et alors ? Qu’est-ce que c’est sensé me faire ? Je n’ai pas peur de dire que j’ai tué Lunitia et donc que c’est impossible que ça soit elle. Sache une seule chose : Ne crois jamais personne si elle n’est pas de confiance et si elle se montre très gentille avec toi. La gentillesse est un leurre et une chimère, tu peux facilement disparaître à cause de ça. »

Il hocha la tête alors qu’ils étaient tout les deux assis sur le canapé. Ses parents se trouvaient à la cuisine et préparaient le repas. Sa mère gardait le bandage au bras mais devait en changer tout les jours, recommandation du médecin. Il avait évité de voir à quoi la plaie ressemblait mais il restait toujours inquiet pour ses parents. Mana poussa un profond soupir, posant une main sur son bandeau mis en diagonale pour cacher son œil droit. Elle observa Alan quelques instants avant de reprendre :

« De même… Il va falloir que tu deviennes bien plus fort que ça. Les émeutes vont éclater très bientôt et je ne te prédis rien de bon. »

« J’ai eu une idée… Même si tu me dis que ça va faire très… C’est quoi ce vacarme ?! »

Il s’était relevé, entendant du bruit dehors. Il s’approcha de la fenêtre, remarquant une vingtaine de personnes en train de se disputer et d’utiliser leurs pokémons… pour se viser ?! Ils étaient en train de se battre à mort et surtout, les coups partaient dans tout les sens ! Mana éclata de rire alors que les deux parents d’Alan arrivaient dans le salon.

« Tout vient de commencer ! C’est la guerre civile ! Ceux qui se terraient de peur de mourir ressortent enfin au grand jour ! La criminalité augmente, les émeutes éclatent, les bâtiments vont être incendiés ! »

« Mana… Quand tu parles de cette façon, ce n’est vraiment pas très réjouissant. »

« Qu’importe ! Que tout le monde aille dans la cave, dès maintenant ! » cria son père en prenant sa femme et son fils par le bras.

« Ah… Attends ! Mana ?! Viens vite au lieu ! On va se réfugier ! »

« Me réfugier ? Car je suis sensée avoir peur de quoi ? Ne t’en fais donc pas et vas donc te mettre à l’abri. Je vais observer tout ça et bien rire. » prononça t-elle dans un souffle.

Lentement, les bandelettes revenaient sur ses bras et ses jambes, la statufiant sur place alors que le bandeau reprenait sa position originelle. Elle s’était libérée à moitié uniquement pour Alan. Dès qu’il n’était plus là, hors de question de rester ainsi. Plusieurs minutes s’écoulèrent, celles-ci devinrent une bonne demi-heure alors qu’elle restait immobile. Enfin, la porte vola en arrière, un homme tout habillé d’orange et avec une queue au bout enflammé se présentant à l’entrée.

« Draaaaaaaaaaaaaaaaa ! Dracaufeu ! »

« Ouais, ouais, c’est du très bon boulot, Dracaufeu. Les autres imbéciles pensent simplement à se taper sur la gueule, nous, on préfère piller les maisonnettes vides. Héhéhé ! Mais regarde moi cette baraque, ils ont l’air de bien vivre… et c’est abandonné ! C’est self-service ! »

L’homme patibulaire s’approcha du salon, pénétrant à l’intérieur en voyant que la télévision était toujours allumée. Ah ces imbéciles ! Ils étaient partis en courant, il en était sûr et certain ! Tiens donc ? C’était quoi cette statuette au milieu ?

« Je crois qu’on a affaire à un sacré pervers ! Regarde moi la tenue de cette statuette. »

Le Dracaufeu se désintéressa complètement de celle-ci alors que l’homme s’approchait, posant une main sur le sein droit en le pressant. Il poussa un petit cri d’exclamation : Purée ! C’était du réel ou presque ! Il ne savait pas combien le type avait du payé pour ça mais dommage pour lui, il l’emportait !

« Hey Dracaufeu, tu aurais du toucher à ça, je te dis pas comme ça me semble super réaliste ! On va bien… »

Il s’arrêta subitement de parler, une bandelette venant de traverser sa gorge comme un pieu alors que le Dracaufeu se retournait pour voir ce qui se passait. Sa tête émit un craquement horrible alors qu’elle faisait un petit tour de 180 degrés à cause de nombreuses bandelettes. Les deux corps tombèrent rapidement sans vie au sol, Mana les soulevant avant de les éjecter au loin à travers une fenêtre qui explosa en morceaux. Elle murmura d’une voix lente :

« Aucun homme ne pose la main sur moi. Surtout pas un type de ce genre. »

Aucun homme ? Elle pensa à Alan et s’était mise à rougir que très légèrement. Ses propres paroles étaient faussées. Il y avait bien un seul homme qui pouvait le toucher mais c’était un cas spécial… S’il était le roi noir, elle pouvait l’autoriser à ça. Encore qu’elle s’en fichait royalement de ce statut de roi noir puisqu’elle était là avant les autres spectres. Une petite voix se fit entendre derrière elle :

« Ca s’est enfin arrêté ? Mon dieu… Du sang ?! » s’exclama Alan en s’approchant d’elle.

« On a rien sans rien, Alan. Il y avait un voleur… Il y avait mais il n’y est plus héhéhé ! Je l’ai tout simplement tué ! Et je tuerais tous ceux qui tentent de s’approcher de moi ou de toi ! Tu comprends ça ?! Tous ceux qui se mettent en travers de notre chemin périront ! »

« Alan… Ta pokémon est vraiment effrayante quand elle parle comme cela. » dit sa mère.

« Ne t’en fais pas, à force, j’ai pris l’habitude. Elle aboie plus qu’elle ne mord ! »

Elle grogna légèrement à la remarque d’Alan, ses bandelettes se déchirant pour laisser libres ses deux mains et ses pieds. Elle remit son bandeau pour uniquement cacher son œil droit alors qu’elle se tournait vers lui. Elle le regarda longuement, posant son œil sur lui avant de reprendre la parole :

« Si un jour, je devais utiliser mon œil droit, tu penses que tu m’en voudrais ? »

« Pourquoi cette question ? »

« Car il est possible pour moi de retirer ce bandeau et d’ouvrir mon œil… sans utiliser son pouvoir. Néanmoins, cela serait quand même très risqué car je ne pourrais peut-être pas le contrôler correctement. Peut-être qu’un jour, j’irais le retirer… »

« De quoi est-ce que vous parlez tout les deux ? » demanda le père d’Alan en s’approchant des deux personnes.

« De rien Papa, je crois que je vais faire une petite sortie avec Mana et mes pokémons. Il faut bien que l’on voie ce qui se passe dehors. »

« Tu es sûr ?! Même si tu as trois pokémons, c’est quand même… dangereux. Fais donc très attention, tu as entendu ? TRES attention ! »

« Oui, oui, Papa, ne t’en fais pas ! Et Mana m’accompagne de toute façon ! »

Il salua ses deux parents, demandant à Mana de bien vouloir le suivre alors qu’ils sortaient tout les deux dehors. Autant dire que devant leur maisonnette, cela n’avait rien de bien inquiétant. Ce fut plutôt à cinquante mètres de chez eux que ça devenait apocalyptique : Quelques voitures renversées en train de flamber, une partie des maisons détruite à moitié, quelques cadavres de pokémons humanisés ou de leurs dresseurs…

« Tiens donc, elle est où la pancarte : Bienvenue en Enfer ? »

« Mana… Ton humour en rajoute une couche à celle que je porte. »

Elle s’immobilisa, le regardant avec stupéfaction pendant plusieurs secondes avant d’éclater de rire. Elle lui tapota le dos du crâne avec un grand sourire qui n’avait rien de machiavélique. Pendant plusieurs secondes, elle fut incontrôlable avant qu’elle ne dise :

« Vraiment… Tu es un cas irrécupérable ! Tu t’adaptes même à moi, c’est pour dire ! »

« Je m’adapte à toi ? Non… Enfin… Non… C’est juste que… »

« Cherche pas d’excuses ! Pour une fois que je te dis quelque chose de sympathique, accepte mes propos et tais toi simplement. »

« D’accord, d’accord… Enfin oui… On continue ? Mais je me sens un peu mal… Je n’aime pas cet endroit… sincèrement… Je le trouve horrible… »

« Pourquoi ça ? Car il y a des corps et des morts ? ADAPTATION ! Voilà le maître mot ! Fais comme moi. Regarde bien. »
Elle s’approcha d’un cadavre d’une jeune femme, séparant sa tête du reste du corps tandis qu’il posait une main sur sa bouche pour éviter de vomir. Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Elle projeta soudainement la tête vers lui, le jeune homme poussant un cri avant de reculer :

« Mais mais mais tu es dingue ?! » cria t-il en laissant tomber la tête devant lui.

« Tu devais la rattraper ! Considère que la mort est une banalité et tu te sentiras tout de suite mieux ! Regarde ce que je fais avec cette tête ? Tu veux faire une partie de football ? »

Elle s’était mise à courir vers lui et la tête au sol, s’arrêtant subitement devant la tête avant de lever le pied droit en arrière. Elle frappa avec puissance la tête de la femme, celle-ci décollant dans les airs avant d’éclater l’une des rares fenêtres encore valides d’une maison devenue délabrée. Elle s’écria avec joie et liesse :

« BUUUUUUUUTTTTTTTT ! Tu vois, Alan ? »

« Ce que je vois… C’est que tu es complètement cinglée… Mana mais à force… Je crois que je commence à mieux te comprendre… Enfin, je crois… Tu es bizarre comme fille… Comme pokémon… Mais tu n’es pas sincèrement méchante c’est ça ? »

« Tiens donc… Tu comprends enfin ? Je croque la vie à pleine dents ! Ou alors… Plutôt la mort héhéhé. Tu veux faire une partie de basketball ? Ah non… Ce n’est pas possible, les têtes ne rebondissent pas… Mais plus sérieusement… »

Elle s’était mise à sa hauteur, se penchant en avant pour rapprocher son visage à quelques centimètres de celui d’Alan. Il resta immobile, attendant qu’elle parle mais cela n’arrivait pas. Elle l’observait de son œil rouge comme pour l’étudier alors qu’il se mettait à suer à grosses gouttes. Son regard avec insistance avait quelque chose d’assez… effroyable.

« N’oublies JAMAIS une chose… Alan… Peut-être que je t’apprécie et qu’à force, je ne te ferais pas grand mal mais à côté, ne me provoque surtout pas. Je suis adepte de la mort, je SUIS morte, je suis une pokémon qui n’hésite pas à se débarrasser des personnes un peu trop gênantes. Tu vois ce que je veux dire ? Je suis libre… Je n’appartiens à personne et surtout pas à un humain. Est-ce que tu sais pourquoi je t’apprécie ? »

« A cause de mon odeur… Non ? Enfin… Je crois… »

« C’est exact ! C’est simplement à cause de ça ! Tu devrais plutôt t’inquiéter sérieusement à propos de cette odeur de mort. En fait, tu devrais même quitter tes parents et ne jamais revenir auprès d’eux et tu sais quoi pourquoi ? Je vais te le dire… en tant que pokémon car je ne peux pas te le dire en tant qu’amie car je ne le suis pas… Tu es atteint d’une malchance incroyable, toute ton existence est basée sur la malchance. J’ai remarqué ça mais c’est là le problème… Auparavant, tu n’avais aucun souci… mais dès que tu as eu dix-sept ans, tout a commencé à partir dans tout les sens. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? »

« Je crois… Donc… Si… Zena est morte… C’est à cause de moi ? Pas à cause d’Orian et des autres ? C’est ça que je dois me dire ? »

« C’est exactement ça ! A cause de… » stoppa-elle.

Il avait baissé la tête, évitant de montrer des larmes qui allaient perler à ses yeux. Là, elle venait clairement de commettre une boulette. Ce n’était pas réellement de la faute d’Alan si cette adolescente était morte… mais à cause de ce qu’il était intérieurement. Le jeune homme n’avait rien fait pour l’emmener dans un cercueil.

« Est-ce que tu as tué Zena ? Non. Est-ce que tu étais capable de prévoir qu’elle allait mourir ? Non. Est-ce que tu aurais été capable de la protéger ? Non. Elle est morte mais tu n’es en rien responsable de ce qui est arrivé. C’est pourquoi il faut arrêter de penser à la mort de cette façon. Si tu t’attaches trop aux vivants, tu ne pourras jamais avancer car ils resteront ancrés en toi pendant le restant de ta vie… lorsqu’ils disparaîtront. »

« Tu me conseilles de les oublier… complètement, Mana ? »

« Tu peux te souvenir de leur nom, visage, physique, caractère mais c’est tout. Tu n’as rien besoin d’autre. Tu n’as pas besoin de savoir qu’ils ont vécus avec toi pendant dix ans ou alors tr… Hum… Ca me semble plus grave que prévu… »

« De… De quoi est-ce que tu parles ? »

« De rien… Au passage, nous ne sommes pas seuls… Je disparais. »

Elle s’engouffra subitement dans le sol, disparaissant alors que trois personnes se présentaient peu à peu au loin. Trois personnes qui marchaient d’un pas lent vers lui. Il les reconnu tout de suite : L’une d’entre elle n’était nulle autre que Plitana. De chaque côté de Plitana se trouvaient deux femmes. L’une avait une quarantaine d’années, des cheveux noirs attachés en chignon et semblait habillée comme une femme d’une importante stature… Elle avait le visage sérieux et froncé mais il la reconnue aussi : Mademoiselle Brinzan. Mademoiselle ? Oui… Car son caractère très voir trop sérieux faisait peur aux hommes.
De l’autre côté, la troisième et dernière femme faisait un contraste flagrant avec les deux autres. Elle avait une sorte de coquille spiralée sur la tête, des cheveux roses assez courts mais sa tenue était bien plus décontractée. En fait, elle ne portait qu’un top rayé de rouge et de blanc ainsi qu’une jupe de même couleur. Il savait aussi… qui était cette femme… La pokémon de Brinzan… Une Roigada… Et c’était l’une des personnes dont il devait se méfier le plus… Il tremblait légèrement alors qu’elles s’approchaient de lui, Plitana prenant la parole :

« Tiens ? Alan ? Que fais-tu donc ici ? Tu ne devrais pas être dehors… Surtout pas avec ces émeutes… Ce n’est pas la meilleure idée. »

« J’ai… J’ai mes pokémons… Bonjour, mademoiselle Plitana…. Madmeoiselle Brinzan et mademoiselle Brinzan aussi… Je ne voulais pas rester… là à ne rien faire. »

« C’est une chose honorable, fort honorable mais dans la rue avec la mort de Faror, ce n’est guère très prudent… Nous sommes là pour rétablir l’ordre. »

Il hocha la tête, se demandant ce qu’il devait faire… Il avait maintenant peur d’elles…

Verset 4 : L’armée du roi noir

Verset 4 : L’armée du roi noir

« Vous… Vous êtes qui ? » balbutia Alan tout en regardant les sept personnes devant lui.

« Vos serviteurs… cher roi noir. Nous avons appris pour la mort de votre reine et ses compagnons… Nous les remplacerons et nous nous occuperons de ceux qui en sont responsables. Ils payeront pour ce qu’ils ont fait. »

« Attendez un peu… Je ne comprends rien avec votre histoire de roi. »

« Dégage de là Rélo, ne me touche même pas avec tes mains. »

Il se tourna vers Mana, remarquant que l’autre Skelenox s’était approché d’elle avec un grand sourire. Elle venait de le repousser d’un geste de la main pour lui dire d’arrêter tandis qu’il se demandait quelle était la relation entre ces derniers. Enfin bon, ce n’était pas le moment de penser à ça. Il se tourna vers les spectres, prenant la parole :

« Mais qu’est-ce que vous racontez sinon vous tous ? Un roi ? »

« Vous êtes simplement le roi noir, celui du désespoir… »

« Celui du désespoir ? Je ne vais pas être malpoli, Mana… Mais ce sont tes amis ? »

« NON ! Ce ne sont pas mes amis ! Surtout pas ! »

« Elle est comme nous… »

Chaque spectre parlait une fois avant de rester complètement muet. Seul Rélo restait auprès de Mana, celle-ci commençant à fermer son œil en serrant son poing droit. Elle allait le cogner à cette allure ! Mais elle fut soudainement levée par Alan, celui-ci murmurant :

« Vous ne pouvez pas rester ici vous tous, mes parents vont rentrer. Vous vous êtes sûrement trompés de personne. »

« Nullement… Tout concorde avec votre existence. Nous devions juste attendre que les trois chiffres se réunissent… »

« Je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler. On peut voir ça un autre jour ? Vous pouvez partir s’il vous plaît ? »

« Comme vous le désirez, roi noir. Nous nous reverrons de toute façon assez tôt. »

« Oui oui… Nous nous reverrons un autre jour mais du genre demain si cela ne vous dérange pas trop, j’aimerais bien me reposer avec tout ce qui s’est passé. Au revoir. »

« Nous nous reverrons, Mana héhéhé ! »

« La ferme, Rélo, je veux plus voir ta face. »

Les sept personnes disparurent complètement alors qu’Alan soulevait toujours Mana, celle-ci n’ayant pas réagie jusqu’à maintenant. Elle lui donna un petit coup de pied, le faisant pouffer de douleur tout en la relâchant. Il se retrouva à genoux, gémissant :

« Tu connais ces … ces personnes, Mana ? »

« Non, je ne les connais pas ! Ce sont tous des imbéciles qui pensent qu’à leurs rôles. »

« Leurs rôles ? Imbéciles ? Tu as l’air de bien les connaitre pourtant. »

« Non je ne les connais pas, Alan ! Tu m’écoutes ou pas ? »

« Tu peux tout me dire… hein ? Enfin… C’est à toi de voir si tu veux ou non. Moi, ça me ferait plaisir que tu m’en parles un peu… Et puis, avec toutes les émotions de la journée… Est-ce que tu veux qu’on aille dans ma chambre ? »

« Proposition indécente, je refuse catégoriquement. Je n’ai pas envie de m’expliquer ou de parler. Je ne vois pas pourquoi je t’adresserais la parole… Mais je ferais mieux de partir, je n’aime pas ces pots de colle. Ils se croient comme moi parce que ce sont des spectres mais à côté, ils ne valent rien du tout. Surtout ce Rélo. »

« Ton petit ami dans une vie antérieure ? » dit-il avant de se prendre une violente baffe.

Celle-là, il ne l’avait pas déméritée ! Elle le regarda avec furie alors qu’il passait une main sur sa joue, se demandant ce qui s’était passé avant de comprendre la claque. Il balbutia quelques mots, espérant une explication mais elle n’arriva pas. Il cherchait où il s’était trompé mais ne vit rien du tout.

« Je ne connais pas ces types d’accord ?! Je ne les connais pas du tout ! Ce sont des spectres oui ! Ils sont comme moi ! Y a même un Skelenox mais ça s’arrête là ! Ce sont tous des cinglés et des psychopathes même si cela ne se voit pas ! Tu crois qu’ils ont l’air de simples gamins ? Ce n’est pas le cas ! Ce sont juste des fous qui attendent que tu leur donnes des ordres pour pouvoir planter et tuer des gens ! »

« Ce n’est pas un peu ce que tu es ? Je te trouve pareil qu’eux… quand je te vois. »

« MOI ?! PAREIL QU’EUX ?! PAREIL ?! Tu me mets au même niveau qu’eux ?! C’est ça que tu penses de moi, ALAN ?! C’est ça que tu penses de moi ?! Fais attention… Je… Je… Grrr… Je… je ne supporte pas que l’on me compare à eux… Je déteste ça ! »

« Hého ! Calme-toi Mana. Ne te met pas dans tous tes états à cause de ce que j’ai dit. Je ne voulais pas te mettre dans cet état. Mana. Calme… Calme-toi… D’accord ? Je m’excuse sincèrement. Je ne pensais pas… que cela t’énerverait… autant… »

Elle s’était mise à haleter, tombant au sol, sa main posée devant sa bouche. Instinctivement, il s’approcha d’elle pour voir ce qui n’allait pas mais elle le repoussa. Il revint à la charge, observait ce qui se passait. Elle avait quoi ? Elle souffrait ? Elle retira sa capuche, dévoilant ses longs cheveux gris alors qu’elle s’était mise à haleter et à baver, de la salive s’écoulant au sol. Elle avait chaud, beaucoup trop chaud… Elle détestait ce qui s’était passé. Pourquoi Rélo était arrivé ?! Pourquoi maintenant ?! Elle n’était pas une PIONNE COMME EUX !

« Hey… Mana… Ce n’est pas drôle… Mana ? Mana ? Répond moi, hého ! MANA ! » s’écria Alan avant de soulever l’adolescente aux cheveux gris.

Celle-ci s’était évanouie et il se demandait ce qui s’était passé. Les pokémons spectres pouvaient-ils tomber malade ? C’était si peu crédible et pourtant… Enfin, il l’avait déposé dans son lit et remarqua que maintenant, elle était gelée… Les pokémons spectres pouvaient-ils mourir ? Ca commençait sérieusement à l’angoisser !

Lorsque ses parents revinrent, il demanda à sa mère si tout allait bien tandis qu’elle faisait de même avec Mana. Il leur expliqua qu’elle avait pris soudainement froid et qu’il allait rester à son chevet en espérant que ça aille bien mieux. Les parents acquiescèrent de la tête tandis qu’il remontait dans la chambre. Au final, il n’avait même plus faim… Il voulait juste surveiller Mana. Celle-ci n’avait pas ouvert les yeux et il prenait sa main entre les deux siennes, remarquant qu’elle était gelée.

« Mylène… Lolny… Ouros… Vous pourriez m’aider ? Vous savez comment on peut soigner ça ? Vous avez peut-être une idée en tête ? Car là, j’avoue que je plane complètement. »

« Tentacruel ! Tenta, tentacruel, tentacruel ? Tenta tenta… »

« Lokhlass… Lokhlass… Lokh lokh… »

L’Hypocéan hocha tout simplement la tête pour confirmer les dires des deux femmes aux cheveux bleus alors qu’Alan poussait un soupir. Vraiment… Il n’y avait pas d’autres choix ? Si elle avait de la fièvre et si elle avait froid, il n’y avait pas cinquante solutions, c’était vrai… Il remercia ses trois pokémons, les rappelant dans leurs pokéballs.


Même si c’était une pokémon, c’était une méthode peu orthodoxe, surtout qu’elle était capable de parler. Il toussota, commençant à déshabiller complètement Mana alors qu’elle poussait des petits gémissements plaintifs. Mais dans quel état elle s’était mise ? Il s’enfonça dans le lit mais ne trouva pas le sommeil. Normal… Pas après les nombreuses heures de sommeil qu’il avait passé… Quel idiot… Et voilà qu’il serrait Mana contre lui… Mana entièrement nue… et de face…

Ce n’était pas comme ça qu’il allait réussir à dormir… mais vraiment… pour soigner la fièvre d’un pokémon, n’y avait-il pas d’autre moyen ? En recherchant bien, il était sûr que ça devait être le cas… Ou non ? AHHHH ! Pourquoi n’arrivait-il pas à dormir ? Enfin, il s’était mis à déglutir, cherchant à trouver le sommeil, chose qui n’allait pas arriver avant plusieurs heures. Il sentait les battements de cœur de Mana et il eut un petit sourire :

« Depuis quand est-ce que les morts peuvent-ils respirer ? »

« A chaud… Vraiment chaud… Pourquoi tout ça ? Pourquoi ? Toujours été… là… pour vous… Pourquoi maintenant ? Moi… pas méchante… »

Pas méchante ? De quoi est-ce qu’elle parlait ? Il posa une main sur son front, se disant que la fièvre allait s’accentuer s’il ne faisait rien. Il la serra avec plus d’insistance contre lui, cherchant à faire évacuer cette maladie bien que cette méthode était plus que risible. Pendant de nombreuses heures, ils restèrent ainsi, le jeune homme arrivant finalement à s’endormir.

« Réveilles toi espèce de larve infecte. J’ai une question à te poser, Alan. Pourquoi est-ce que j’étais complètement nue et dans tes bras ? »

« Ma… Mana… Tu vas mieux ?! » prononça t-il en se redressant subitement dans son lit.

Il avait ouvert les yeux, observant la personne devant lui d’un air ahuri. Deux longues tresses grises, une mèche de cheveux de même couleur qui voletait légèrement au-dessus du crâne… et un bandeau sur les yeux ? Un bandeau avec un œil rouge en son milieu. De l’autre côté, la tenue était plus que spéciale… puisqu’elle semblait être faite de bandelettes plutôt mal placées. Certaines enserraient une partie de sa poitrine, d’autres laissaient des morceaux de jambe apparaître à l’œil nu tandis qu’elle portait une sorte de demi-robe grise et ouverte sur le devant. La demi-robe lui allait jusqu’à la fin des cuisses mais était plus du genre à voleter qu’à être à même collée sur la peau. Enfin… Elle semblait avoir les deux mains attachées dans le dos. C’était à se demander comment elle avait fait pour se lever ainsi.

« Pardonnez moi mais qui êtes vous ? »

« Je crois que mon nom est Mana. Tu peux répondre à ma question ? Pourquoi est-ce que j’étais complètement nue lorsque je me suis réveillée ?! »

« Et bien… Euh… Mana… Si c’est vraiment toi… Tu avais de la fièvre… et donc… je voulais simplement te soigner avant qu’il ne soit trop tard. Mes pokémons m’ont signalé que c’était la meilleure méthode pour te guérir. A ce que je vois, ça a marché puisque tu es de nouveau debout… bien que tu me sembles un peu différente. »

« La haine… Héhéhé… Cette haine envers les autres pions… Voilà ce qui m’a permis d’être ainsi… Je viens enfin de comprendre ce qui s’est passé réellement… Hier… J’étais tellement en colère… contre le retour de Rélo… Leurs apparitions… Tes paroles… Tout ! Tout était si exaspérant à mes yeux… Je voulais montrer que j’étais différente de ces pathétiques spectres et voilà le résultat ! VOILA le résultat ! » proféra t-elle en éclatant de rire devant lui.

« Mana… Je n’aime pas ton rire… Il me fait un peu peur. »

« Tu devrais avoir peur oui… J’ai évoluée… Me voilà sous ma nouvelle forme héhéhé. Est-ce que tu es terrifié, Alan ? Je suis différente des autres… bien différente ! Ne me compare plus jamais à eux, d’accord ?! Ah… Ah… AHHHHH ! » s’écria t-elle avant de se mouvoir en avant, commençant à s’affaisser devant elle.

Il la rattrapa rapidement, remarquant que ses pieds étaient aussi entourés de bandelettes tandis qu’il poussait un profond soupir désabusé. Non… Elle n’était pas plus intelligente que ça. Enfin… Son caractère restait le même bien qu’il avait remarquée une nouvelle chose : Elle détestait être rabaissée ou comparée aux autres spectres. Il éclata subitement de rire avant de la mettre assise sur le lit, lui disant :

« Vraiment… Mana… Qu’est-ce qui t’a pris de mettre autant de bandelettes sur ton corps ? En plus, tu t’es rendue complètement aveugle avec tout ça. »

« Je ne suis pas aveugle… C’est simplement ainsi que je serais capable d’utiliser tout mes nouveaux pouvoirs. Tu crois que je m’aveugle par amusement ?! »

« Oh… Tu sais… Tu en serais bien capable, je parie. »

« Arrête de te moquer de moi et qu’est-ce que tu fais ?! »

« Ca ne se voit pas ? Je vais couper quelques bandelettes pour que tu puisses marcher et utiliser tes mains. Tu pourrais aussi retirer ce bandeau non ? »

« Je viens de te dire qu’il m’était utile pour utiliser tout mes pouvoirs, tu le fais exprès ou non ? Tu n’as pas l’air de bien saisir tout ce que je dis ! »

Il rigola à nouveau alors qu’il approchait les mains de son bandeau. Elle poussa un petit cri intimidé, le forçant à s’arrêter dans son geste alors qu’il n’avait pas rêvé. Qu’est-ce qui lui prenait de se comporter comme ça ? Ce n’était pas la vraie Mana qu’il avait en face de lui ou quoi ? Il continua mais elle posa ses deux mains sur le bandeau, l’empêchant de continuer.

« Je t’ai dit d’arrêter, Alan ! Ne me force pas à être méchante ! »

« Si c’est à cause de ton œil droit, est-ce que tu pourrais me dire pourquoi cela te gêne tant que je le vois ? »

« Si je te montre… Tu ne risquerais pas d’apprécier… Je t’ai dit que j’ai évoluée à cause de la haine que j’ai ressentie non ? »

« Je crois que oui… Mais quel est le rapport avec tout ça, Mana ? Enfin avec ton œil ? »

« Sache que j’ai emmagasinée toute la haine que je porte à ce monde dans mon œil droit. Si je retirais mon cache-œil ou mon bandeau à cet endroit, je ne donne pas cher de tout ce qui se sera aux alentours de moi. »

« Tu serais vraiment terrifiante… Mana… Quand tu dis ça. »

Néanmoins, il continua à lui retirer son bandeau avec un œil rouge dessiné dessus, le mettant de telle sorte qu’il cache uniquement son œil droit. Elle ouvrit lentement son œil gauche, regardant sa tenue puis Alan. Elle murmura :

« Les bandelettes autour de mes pieds et de mes bras… C’était aussi pour contenir mon pouvoir… et me permettre de mieux l’utiliser. Si je l’utilisais en ce moment même, la maison n’existerait plus. Tu comprends ce que ça veut dire ? »

« Qu’il vaut mieux que tu évites d’utiliser tes pouvoirs ici. »

« C’est à peu près ça… Oui… A peu près… Dire que j’ai évoluée à cause d’un pathétique humain et de la haine que je porte… Ca ne m’était jamais arrivé durant tous ces siècles… »

Hum ? Qu’est-ce qu’elle disait ? Il s’était tourné vers elle, lui demandant de répéter mais elle ne lui répondit pas. Elle lui signala simplement qu’à partir de maintenant, les ennuis allaient sérieusement arriver. Oui… Faror était mort… Et ils habitaient dans la zone où il opérait… Alors maintenant… Ils allaient devoir rester méfiants… Ou non ? Elle l’observa avec un grand sourire : Tout continuait… malgré ces foutus spectres en plus.

Un pion avait décidé de se rebeller et de montrer qu’il valait mieux que les autres. Pourtant, il n’était encore rien comparé aux pouvoirs du roi noir et du roi blanc.
Les pièces blanches venaient de perdre l’un de leurs membres mais tout cela ne faisait que commencer…
La vengeance était un état d’âme qui aimait prendre son temps… et l’assaut des spectres allait être lancé sur ceux responsables de la mort de la reine noire… Ceux qui se cachaient allaient être les premiers ciblés.

Erèbe, le lancement des légions, verset quatrième

Chapitre 16 : Manipulation hasardeuse

Chapitre 16 : Manipulation hasardeuse

« Tu as… détruit la télévision… Tu l’as détruite… »

« Tu es très perspicace. Tu vois que j’ai tendue la main vers la télévision et que celle-ci a explosé. Tu n’as rien d’autre à me dire ? »

« Pour… Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Tu me détestes ? Est-ce que tu me détestes vraiment ? Tant que ça ? Mana… »

« Oh que oui… Je te déteste… tout autant que le reste de l’espèce humaine. Si vous pouviez disparaître, cela ne me poserait aucun problème. »

Il se jeta sur elle, la plaquant sur le canapé, ses deux mains posées sur les épaules de Mana. Il l’observait en tremblant, cherchant ses mots, ses paroles… Qu’est-ce qu’il devait dire ?! Il avait en face de lui l’assassin… de ses parents… et de sa petite amie ! Elle le regardait avec neutralité, attendant qu’il réagisse mais il n’en fit rien. Elle tendit sa main vers lui, comme pour caresser sa joue avant d’émettre un grand sourire, s’apprêtant à le repousser en utilisant ses pouvoirs sur son visage. Il fit un geste sur le côté, esquivant quelque chose d’invisible alors qu’elle se mettait à être étonnée à nouveau.

« Tu… Tu viens de recommencer ?! Tu viens de recommencer n’est-ce pas ?! Tu es capable de les voir ?! Ne me mens pas !

« NON ! TOI ! NE ME MENS PAS ! TU LES AS TUES ?! »

« Est-ce que tu me fais confiance ?! Est-ce que tu me fais confiance ou non ?! »

Il levait son poing en arrière alors qu’elle tentait d’utiliser à nouveau ses pouvoirs spectraux. Mais pourquoi est-ce que cela ne l’affectait pas ?! Pourquoi est-ce qu’elle n’arrivait pas à les utiliser contre lui à ce moment ?! Il allait la frapper ? OUI ! Qu’il la frappe ! Qu’il ose à peine lever la main vers elle ! C’était la dernière chose qu’il ferait !

« Te faire confiance… alors que tu me caches tout… Tu me caches tout… Tu disparaîs comme ça… Tu me réduis et tu me mets plus bas que terre… Non… Je ne te fais pas confiance… Pas du tout ! PLUS MAINTENANT ! » cria-il avec colère.

Son poing alla s’enfoncer dans le canapé à côté de Mana, celle-ci reprenant son sourire bien qu’il n’avait rien de maléfique ou doux… Non… Il était plutôt totalement neutre… comme si tout ça l’indifférait complètement. Elle murmura d’une voix calme :

« Si je te dis que je ne suis pas responsable de la mort de tes parents… et de Zena ? »

« Tu mens ! Tu n’arrêtes pas de parler de tout ça à chaque fois, comme si tu savais tout ce qui va se passer et tu ne fais rien ! Tu es complice de toute cette histoire ! »

« Et pourtant… Zena est morte… de la main de Lunitia… Qui est morte de ma main. »

« Tu racontes n’importe quoi ! Lunitia n’aurait jamais fait ça ! Elle était tellement gentille avec nous, tellement… Ah… Ah… Non je ne te crois pas ! »

« Tu fais donc plus confiance à une pokémon psychique qu’à une pokémon spectre ? A une parfaite inconnue plutôt qu’à une fille qui partage ton lit ? »

« Ne joue pas avec les mots ! Tu sais très bien que ce n’est pas pareil ! Tu dors dans mon lit mais on ne se connait pas ! Lunitia me parlait, était gentille, serviable, tout le contraire de toi qui ne pense qu’à sortir des blagues douteuses, à me faire mal, souffrir, à balancer des phrases sur des odeurs et toutes ces choses ! »

« Ca s’appelle de la manipulation… Elle t’a simplement manipulé et tu es tombé en plein dedans. Au final, tu es vraiment pathétique comme humain. »

« Pathétique ?! Pathétique ?! Tu veux que je sois comment ?! Mes parents sont morts, j’ai en face de moi l’assassin de ces derniers et de Zena ! »

« Je n’ai rien tué… à part Lunitia parmi tout ceux qui sont tombés. Ton manque de confiance me répugne. Je pensais que tu étais un peu mieux que les autres. »

Le téléphone sonna subitement alors qu’il se levait pour le récupérer. Il s’était mis à trembler de tout son corps… Un coup d’œil lui permettait de savoir rapidement que c’était de l’hôpital, les premiers chiffres lui donnant cette indication. Mana se leva lentement, époussetant sa robe bleue avant de s’approcher de lui. Il poussa un petit cri en entendant la voix de son père au bout du fil :

« Alan ? Ta mère va bien, on lui a fait un bandage et on a arrêté l’hémorragie. Elle ne devra pas utiliser sa main pendant quelques temps en attendant que la plaie cicatrice et toutes ces choses. Nous sommes de retour. Tu as entendu à la télévision au sujet de l’accident ? Nous étions à peine à un kilomètre quand nous avons vu ce qui s’est passé… C’était affreux… Ils n’ont pas tout de suite reconnu à qui appartenait la voiture mais je crois que je m’en rappelle parfaitement. Enfin, il est déjà venu une ou deux fois ici… » annonça son père comme si il se doutait de qui pouvait être dans la voiture.

« Papa… Maman… Je croyais… Je croyais que vous étiez dans l’accident ! »

« Mais non, comment nous aurions pu ? Nous venions à peine de partir ! Tu te fais trop de soucis avec ce qui se passe ces derniers jours. Nous sommes de retour d’ici une bonne heure ou deux. Mangez avec Mana et tes pokémons, nous devons faire quelques courses. Ta mère t’embrasse et elle te dit de ne pas t’inquiéter. »

« Au… Au revoir… Revenez vite… »

Il reposa le téléphone alors qu’il éclatait en sanglots : Ses parents n’étaient pas morts… Pas du tout… Ils étaient même en parfaite santé… ou presque dans le cas de sa mère. Il ne savait plus où se mettre mais il entendit quelques bruits de pas, tournant son visage en pleurs vers Mana. Celle-ci s’éloignait de lui sans un mot alors qu’il chuchotait :

« Ma… Mana… Pourquoi tu n’as rien dit ? Pourquoi… tu ne m’as pas dit que ce n’était pas mes parents ? Tu devais… t’en douter non ? »

« Car c’était tout simplement évident mais pour une personne écervelée comme toi, ça ne semble pas l’être. Il y a de quoi être déçu non ? »

« Et pour Lunitia… Pourquoi est-ce qu’elle aurait fait ça ? Pourquoi ? »

« Tiens donc… Tu me fais confiance maintenant ? Tu crois en mes paroles ? Je n’ai pas à te répondre. Si tu n’es pas capable de m’accorder ta confiance, je ne vois pas de raison de te parler de tout ça. Je m’en vais. »

« Tu… Tu vas où ? Où est-ce que tu vas ? »

« Oh… Je pensais partir définitivement de cet endroit qui sent mauvais au final. J’ai joué avec ta confiance et tu as perdu. Tu n’es même pas capable de voir au-delà des actes. »

« Pardon… Pardon Mana… J’aurais du te croire… Mais mes parents… »

« Il n’y a pas de pardon qui tienne. Tu as échoué, c’est tout. »

Elle commençait à disparaître mais il se jeta subitement sur elle, la plaquant contre un mur alors qu’elle écarquillait son œil gauche de surprise. Il venait encore de l’empêcher d’utiliser ses pouvoirs ?! C’était quoi son problème ?!

« Je te conseille de me lâcher… » souffla t-elle en baissant le regard.

« Pas avant que je me sois excusé… Mana… Je dois te le dire… J’ai peur avec tout ce qui arrive autour de moi… D’abord Zena, puis Lunitia… Monsieur Orian… Mon lycée… Tout commence à se détruire autour de moi et j’ai peur… »

« La peur est humaine… Cela prouve simplement que tu es humain… »

« Ce n’est pas ça ! Si mes parents… devaient mourir… Qu’est-ce que je deviendrais ? Hein ? Qu’est-ce que je deviendrais ? »

« Tu serais seul et abandonné, où est le problème ? Que tous les autres crèvent tant que tu restes en vie, c’est comme ça que l’être humain doit réagir ! »

« Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas correct ce que tu dis ! Tu entends un peu ce que tu dis Mana ?! Tu me dis de ne plus m’intéresser à personne, de ne plus me lier à quelqu’un… de ne plus rien faire… Juste de regarder… COMME TOI ! »

« Et est-ce un mal ? De n’être qu’une simple observatrice de la décadence de votre monde ? »

« Non… Non… Enfin… Maintenant… Je crois que Faror… est mort… Monsieur Faror est mort… D’après les dires de mon père… Enfin… Je crois que c’est ça. »

« Et alors ? C’est sensé être quoi ? Une bonne ou une mauvaise nouvelle ? » ricana t-elle en cherchant à se retirer des bras d’Alan sans y arriver.

« Tu n’as vraiment aucune compassion pour ceux qui meurent hein ? Tu t’en fous royalement de tout ceux qui disparaissent… »

« Tu crois que ce n’est pas réciproque ? Tout le monde se désintéresse de tout le monde. Tu pourrais disparaître que ça ne m’affecterais pas le moins du monde. Tu n’es qu’un pitoyable humain trop candide qui a besoin que le monde s’évapore autour de lui pour grandir. Si je devais disparaître, tu ne verserais pas une simple larme pour moi et c’est pareil pour moi. »

« Ce n’est pas vrai et tu le sais bien ! Enfin… Non… Je sais plus quoi dire… Plus du tout… »

« Alors arrête de l’ouvrir et lâche moi. Je ne veux plus te revoir. Je ne te pardonne pas. »

« Je m’excuse sincèrement pour tout ce que j’ai dit. Je sais que je ne te comprendrais jamais réellement… mais que je suis en train de changer… La mort de Zena m’a affecté… et je ne sais plus trop où j’en suis… Je ne veux pas que tu partes… »

« Implore le, met toi-même à genoux et j’y réfléchirai. » annonça t-elle dans un petit rire.

Il la relâcha subitement, se mettant à genoux alors qu’elle poussait un petit cri de surprise. Il baissa la tête, ses deux mains posées sur le sol avant de dire :

« Je t’en supplies personnellement Mana. Ne pars pas… Pas maintenant… Je sais que j’ai été trop hâtif dans mes propos et je m’en excuse sincèrement. Je devrais simplement m’accorder à ton caractère si spécial mais tu es mon unique amie depuis la mort de Zena et même si tu n’es qu’une pokémon spectre, je ne supporterais pas que tu t’en ailles. Je ne veux surtout pas que la seule personne avec qui je parle s’en aille… »

« Et bien tu vois ? Ce n’était pas si difficile que ça. Maintenant, tu as complètement oublié qu’avec la mort de ce type imposant, tu n’as plus de travail. Enfin ou presque… Et que les ennuis vont arriver très très vite ! »

« Comment ça ? Je ne vois pas ce que tu veux dire… »

« Le Sud qui était dirigé par l’entreprise d’Orian est en proie à des émeutes… Et oui… Maintenant qu’il n’y a plus de dirigeant pour les mater, les voyous commencent à faire leurs lois. Les entreprises qui régissent Chiss ne sont pas là que pour l’industrie… Il y a tout un pan constituant la sécurité dans ces dernières… Et la sécurité du Sud est donc mise en danger. »

« Et avec la mort de monsieur Faror… C’est celle de l’Est… »

« C’est exact. Tu comprends un peu plus vite maintenant ? Tout cela pour te prévenir que tu risques d’avoir des soucis dans les prochains jours et que tu devrais te méfier de tous et de tout le monde. Est-ce que c’est mieux passer dans ta tête ? »

Il hocha finalement cette dernière, libérant Mana en s’excusant encore de l’avoir bloquée contre un mur. Elle fit un petit geste de la main, lui signalant qu’elle ne partirait pas contrairement à ce qu’elle avait dit. Elle lui avait pardonné, c’était plus que suffisant non ? Elle lui murmura qu’ils devaient chercher une bonne excuse pour la télévision.

Elle se retrouva subitement blottie contre lui, sa tête enfoncée dans le torse du jeune homme alors qu’elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Les deux mains d’Alan étaient posées sur le haut de son dos, la serrant contre lui alors qu’il soufflait :

« Merci pour tout, Mana… Merci vraiment de me laisser une seconde chance. »

« Pour certains… Ils ne laissent pas le choix. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Rien du tout, c’est bon ! Par contre, lâche-moi un peu, tu m’étouffes. »

Mais il n’en fit rien, le jeune homme observant le mur derrière lui alors que Mana s’immobilisait. Qu’est-ce qui lui prenait de réagir comme ça ? Il n’avait pas l’air d’avoir très bien compris ce qui se passait tout autour de lui. Sa vie était en danger, celle de ses parents aussi. Bientôt, il allait goûter encore à la souffrance et au désespoir. Elle eut un petit rire sadique alors qu’elle fermait son œil, des voix féminines et masculines commençant à se faire entendre tout autour d’eux. Elles étaient visiblement en nombre important :

« Les conseillers du Roi Noir disparaissent les uns après les autres. »

« Il est l’heure pour nous de constituer son armée. »

« Nous ne sommes que de vulgaires pions à son service. »

« Mana… Je… Je… Tu entends ces voix ? »

« Je ne suis pas sourde ! » cria t-elle en quittant ses bras, observant tout autour d’elle.

Ils étaient déjà arrivés ? Tsss ! Voilà que sept personnes apparurent tout autour de Mana et d’Alan, celui-ci reculant légèrement alors que Mana se positionnait devant lui. Deux étaient entourés d’une aura violette et malsaine tandis qu’ils avaient des cheveux entre le gris et le noir. Deux Fantominus… Il n’avait aucun mal à les reconnaître. Mais c’était deux adolescents qui devaient avoir quelques années de moins que lui.
De l’autre côté, il avait affaire à deux petites filles âgés d’une dizaine d’années. Leurs yeux étaient jaunes et elles portaient un accoutrement violet ainsi qu’une sorte de demi-chapeau avec deux yeux dessinés dessus ainsi qu’une sorte de corne. Elles baissèrent leur tête et il comprit tout de suite à qui il avait affaire : Deux Polichombrs.

Enfin deux autres personnes étaient encore présentes. En regardant de plus près, ils étaient presque tous habillés de violet mais le jeune garçon et la jeune fille avaient un violet bien présent et visible, plutôt foncé. Ils avaient une petite mèche de cheveux blancs sur le sommet du crâne ainsi qu’un grand ruban violet à la même hauteur. Une petite croix jaune au niveau de la poitrine, deux longs fils reliés à deux petits cœurs jaunes et il trouva à quoi ils ressemblaient : Des Baudrives.

« Et bien, et bien. Je vois qu’ici, c’est la zone. Tiens donc, Mana, on te retrouve enfin ? »

Hein ? Voilà qu’un adolescent se présentait devant eux. Des cheveux gris, un masque squelettique sur le visage… et un habit entièrement gris. Deux yeux rouges étaient visibles à travers les orifices du masque. Ce masque… faisait penser à celui d’un Skelenox. Encore un ? Il avait en face de lui… sept spectres… huit en comptant Mana.