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Chapitre 22 : Agression préméditée

Chapitre 22 : Agression préméditée

« Qu’est-ce que tu fais aussi tard dans la nuit, dehors ? »

« Je ne fais que me promener, ne vous inquiétz donc guère à ce sujet. »

Voilà qu’il s’adressait aux gardes du palais, toujours aussi suspicieux dès qu’il avait fait un mouvement hors de sa chambre en pleine soirée. Il s’éloigna d’eux, finissant par attendre qu’ils ne soient plus visibles avant de grimper au sommet d’une colonne. Rapidement, avec vivacité, il venait sautiller de colonne en colonne.

« Il vaut mieux faire une petite balade de temps en temps. »

Surtout pour oublier ce qu’il avait appris cette nuit. Il n’avait pas réussi à trouver le sommeil. Tout cela le perturbait tellement. Il prit une profonde respiration, finissant alors par quitter le château, un bref regard derrière lui. Voilà, il était maintenant dans les ruelles.

« Voyons voir ce qu vaut la vie dans le royaume pendant la nuit. »

Ce n’était pas la première fois qu’il s’amusait à faire cela mais d’ailleurs, il n’éprouvait aucun plaisir. C’était simplement qu’il préférait pouvoir se promener, pour penser à autre chose. Pourquoi est-ce que la reine avait dit cela ? Qu’Earnos était comme son propre fils ?

« Pourquoi ? Pourquoi ? On ne prononce pas ces paroles à la légère ! Pas de la part d’une reine ! Je sais qu’il est spécial ! Mais à ce point ? Pourquoi dire ça ? POURQUOI ? »

Pourquoi est-ce qu’il fallait ça maintenant ? Tout se passait correctement mais il avait l’impression que tout … venait de chavirer. Ce n’était pas un simple secret sans aucune importance. Si la princesse Terria apprenait cela, qu’est-ce qui se passerait ? Et le roi ? Et tout le reste ? Alors ? Comment faire exactement ? Comment ?

« Non, ce n’est pas bon, je n’arrive pas à me concentrer. »

Se concentrer à quoi ? Il ne sait pas lui-même. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il finit par atterrir au sommet d’un toit. Ce fameux toit qui lui permettait d’avoir une meilleure vue d’ensemble sur tout le royaume … non, c’était légèrement exagéré.

« Tiens, qu’est-ce qui se passe par là ? »

Difficile d’ignorer quand tout un petit groupe de cinq personnes se déplacent avec vélocité pour être sûres de ne pas être vues. Malheureusement pour elles, il faudra bien faire plus pour espérer lui échapper. Le garçon aux cheveux violets, il se déplaçait avec la même vitesse mais encore plus discrètement. C’est aussi simple que ça ?

« Qu’est-ce qu’ils manigancent ceux là ? »

Ce n’était pas vraiment une bonne chose. S’ils avaient besoin de se cacher, c’est qu’ils allaient accomplir un acte qui n’était pas toléré. Hein ? Où est-ce qu’ils sont ? Il a réussi à les perdre de vue ? C’est étrange ! Il était sûr et certain d’avoir réussi à les poursuivre, pourquoi est-ce que ce n’était pas le cas ? Comment était-ce possible ?

« Il vaut mieux que je rentre, ce n’est pas ma journée. »

Rapidement, il retourna au château, finissant par arriver dans sa chambre sans encombre. Avec tout ce qui s’était produit, il sombra ENFIN dans le sommeil, celui-ci restant perturbé à cause de la présence d’Earnos. Spécial … comme un fils.


Le lendemain matin, il remarqua que la reine Seiry n’était plus là. Comment ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’était passé ? Lorsqu’il interrogea la princesse, celle-ci haussa les épaules, ne comprenant pas du tout de son côté. Elle arriva rapidement dans la salle du trône, questionnant alors son père :

« Papa ! Papa ! Maman, où qu’elle est s’il te plaît ? Je ne la vois plus ! »

« Nous n’avons pas voulu te prévenir, Terria, mais ta mère est partie en expédition pour rejoindre le clan des Rapions et des Drascores. Bien que je ne tolère guère cela et que j’ai voulu refuser depuis longtemps, elle ne m’a pas écouté. »

Le roi poussa un soupir, visiblement désabusé par cette nouvelle. Il tenait fermement à sa femme et ne voulait pas qu’elle soit en danger. Ce n’était pas la première fois qu’il exprimait son refus envers la reine mais généralement, elle ne l’écoutait pas.

« Mais est-ce qu’elle accompagnée, roi Tanator ? »

« Bien entendu ! Comment est-ce qu’il pourrait en être autrement ? Je ne vais pas laisser ma femme aller seule dans un tel endroit ! Surtout pour rencontrer des gens de ton espèce. »

Le Rapion accusa le coup. Là encore, ce n’était pas récent, le fait que le roi Tanator détestait cordialement les espèces d’insectes qui vivaient hors du royaume. Mais bon, il ne devait pas en tenir compte car la reine était un ange.

« Bref, des gardes protègent ta mère, ma fille. Tu n’as pas à t’inquiéter. »

« Alors fais pareil, papa, d’accord ? » s’exclama la princesse aux cheveux couleur d’or, le roi souriant tendrement envers la jeune fille, tendant ses bras. Elle sauta dans ces derniers, rigolant doucement tandis qu’Olistar observait cela.


Le roi Tanator n’était pas un homme mauvais ou cruel. Malgré son animosité apparente envers les races « dissidentes » comme il les appelait, il n’avait rien d’un tyran. L’amour qu’il exprimait envers sa femme et sa fille était des plus sincères. De même, ses amis pouvaient compter sur son aide si cela s’avérait nécessaire. Néanmoins, c’était un roi-Yanmega, l’un des insectes les plus puissants dans le royaume. Et tant que tel, il avait fait alors la guerre dans le passé, ce qui expliquait son caractère envers certaines races.

« ROI TANATOR ! ROI TANATOR ! »

Un soldat arrive à toute allure dans la pièce, haletant et visiblement choqué. Le roi déposa sa fille sur le sol, se levant de son trône avant de s’exclamer :

« Que se passe t-il ? Qu’est-ce qui vous prend de rentrer dans la salle du trône de la sorte ? »

« La … LA REINE SEIRY ! Elle est en danger ! Elle a été attaquée ! »

« QUOI ?! Qu’est-ce que vous venez de dire ? Que tous les soldats du château se mettent en route ! Quant à vous, comment avez vous osé l’abandonner ?! »

Le roi avait perdu presque aussitôt son sourire alors qu’il venait d’apprendre une terrible nouvelle. La princesse elle-même était comme choquée, Olistar se présentant à ses côtés avant de murmurer d’une voix calme :

« Ne vous en faites pas, princesse, si le soldat est là, c’est que votre mère, la reine Seiry, n’est pas réellement en danger. Mais nous devrions suivre le roi. »

« Ou … Oui ! Mais si c’est vraiment ? Enfin, si elle est vraiment … »

« Mais non, ne vous faites donc pas de soucis à ce sujet. » vint dire encore une fois Olistar bien qu’il n’était guère lui-même rassuré par tout cela, loin de là.

« Si tu le dis, Olistar mais … il faut alors se dépêcher avant que mon père ne nous autorise plus à l’accompagner. Je veux voir maman et vite ! »

Il était vrai. Elle avait totalement raison. S’ils ne se dépêchaient pas, il était sûr et certain que le roi refuserait qu’ils viennent avec lui. Mais une chose dont il était incertain, c’était bien entendu de l’état de la reine. Il avait voulut éviter d’apeurer la princesse mais si la reine avait été attaquée … Non ! Il valait mieux ne pas réfléchir de la sorte !

« Allons, allons, il n’y a pas tant que cela à s’en faire. »

« NON ! Tu as été blessée ! Regarde donc dans quel état est-ce que tu te trouves ! »

« Mon amour, ne vous souciez donc guère de ces rares blessures. Je vous rappelle que j’avais quelques Apitrinis à mes côtés. Et vous savez comment ils sont. Je n’étais pas en danger, malgré tout ce que vous pensiez. Bien entendu, je ne pensais pas me faire attaquer mais cela n’est pas de la faute de l’un d’entre nous. »

« Où sont les coupables ? Avez-vous gardé quelques prisonniers ? L’interrogatoire que je leurs promets vas les marquer à vie et … »

« Allons, que vous ai-je dit ? J’étais accompagnée par quelques Apitrinis. »

La reine Seiry continuait de rassurer son mari, quelques éraflures au visage et sur le corps alors que les Apitrinis à côté d’elle restaient sur leurs gardes. C’était la première fois que la jeune fille les voyait ainsi, pensant toujours qu’ils n’étaient que de simples domestiques.

« Ils font un peu peur quand même. Oh … Euh … Maman ? »

« Oh ? Que fais-tu donc ici, Terria ? Je ne pensais pas que ton père t’aurait autorisée à venir me voir mais ne t’en fait pas, maman va bien. »

« Oui mais … si c’était pas le cas, snif ? C’est qui les vilains qui ont fait ça ? »

« Ils ne sont plus là, tu n’as pas à t’inquiéter, Terria. Olistar ? Est-ce que tu peux t’en occuper s’il te plaît ? Cela serait vraiment très sympathique de part, je dois le reconnaître. »

« Je vais le faire tout de suite, reine Seiry. Princesse Terria, si vous voulez bien m’accompagner, il faut que votre mère se repose. »

« Mais je ne veux pas ! Maman va avoir besoin de moi ! Maman, dis à Olistar que … »

« S’il te plaît, Terria, écoutes donc Olistar. » soupira la reine avant de disparaître aux côtés des Apitrinis et du roi, tous l’emmenant ailleurs pour obtenir quelques soins.
Olistar commença à tapoter doucement le dos de la jeune fille aux cheveux blonds, celle-ci s’étant mise à sangloter. Bien entendu que ce n’était pas plaisant, bien entendu que cette nouvelle … n’était pas rassurante. Mais surtout, lui-même était en train de raccorder tout dans son cerveau. Les personnes d’hier ? Est-ce qu’elles étaient responsables de cet attentat ? Si tel était le cas, c’était alors de sa faute.

« Cela ne se reproduira plus, je vous le promets, Terria. »

« Hein ? Euh … De quoi, Olistar ? Snif … Tu me promets que ma maman ne sera plus en danger, c’est bien ça ? Mais et euh … »

« Pas uniquement elle mais vous aussi. »

Et pour cela, ses soirées allaient être bien courtes dorénavant. Il n’allait pas pouvoir souffler un instant mais il était hors de question de rester là, les bras croisés sans rien faire.

Chapitre 21 : Une simple confirmation

Troisième partie : Atteindre l’attentat

Chapitre 21 : Une simple confirmation

« Reine Seiry, est-ce que je peux vous demander quelque chose ? »

« Bien entendu, Olistar mais de quoi s’agit-il ? N’hésite donc guère. Tu n’as pas à être effrayé. » murmura la reine Seiry, observant le garçon aux cheveux violets avec douceur.

« Cela peut attendre ce soir, ce n’est pas pressant. Je vous remercie néanmoins. »

« Ce n’est donc pas si important contrairement à ce que je pensais ? Soit, soit. »

Elle eut un petit sourire aux lèvres tandis qu’il s’inclinant doucement, la regardant avant de quitter le couloir où elle se trouvait. Le pire était les nombreux regards de la part des soldats présents. Bien entendu, ils continuaient de le haïr.

« Et cela malgré le nombre d’années que je suis ici. »

Humpf. Ce n’était pas si important pour lui. Loin de là … Oh ? Tiens, Earnos venait de finir les cours, n’est-ce pas ? D’ailleurs, lui-même avait réussi à terminer avant l’heure, c’était bien pour cela qu’il était parti plus tôt que prévu.

« Bonjour, Earnos. Comment vont les cours, tu peux me le dire ? »

« Bien, pourquoi cela aurait été différent, Olistar ? »

« Tout simplement pour savoir. Tu as donc fini les cours, qu’est-ce que tu comptes faire ? »

« Simplement rentrer chez moi, rien de plus, rien de moins. » murmura Earnos, haussant les épaules comme pour bien montrer qu’à l’heure actuelle, il en avait strictement rien à faire de tout ce qui se passait autour de lui. Il reprit : « Et toi ? Qu’est-ce que tu fais de tes journées ? A part tenter de me surveiller sans que je te remarque, sauf que ça ne marche plus ? »

« Oh, ça marche toujours aussi bien sauf que je ne le signale pas, Earnos. Pour te répondre, je dirais tout simplement rien : à part étudierm les poisons pour voir si je peux les produire avec ma queue de Rapion, rien de plus, rien de moins. Mais c’est étrange que tu me poses la question. Est-ce que tu t’intéresserait à ce que ce que je fais maintenant ? Non pas que ça soit un problème, loin de moi, c’est même assez plaisant de savoir cela. »

« Ne va pas t’imaginer des choses, ça vaut mieux pour tout le monde. Tu risquerais de croire que j’ai un intérêt pour toi. Heureusement que ce fichu tournoi est terminé depuis quelques semaines, on m’a déjà oublié, c’est tant mieux en un sens »

«  Tu sais que la reine Seiry est venue elle-même te voir dans la chambre ? Je pense que tu es déjà au courant à ce sujet, n’est-ce pas ? Alors, qu’est-ce que cela te fait ? »

« Qu’est-ce que cela doit me faire exactement ? La reine Seiry est la reine Seiry. Je ne suis pas là pour savoir ça … et encore, c’est juste elle, rien de plus. Enfin, je la protégerai, comme tous les insectes du royaume le feront s’ils en étaient capables. »

« C’est à peu près cela … Enfin bref, je vais te laisser tranquille. »

« Tiens, c’est toi qui part en premier cette fois ? Un petit problème ? »

« Non, simplement une future discussion avec la reine Seiry, rien de plus. » déclara Olistar, remarquant que les yeux d’Earnos venaient de se plisser. Celui-ci demandant aussitôt :

« Et pour quelle raison est-ce que tu as besoin de lui en parler ? Je trouve cela très étrange hein ? Mais bon … le mieux est d’éviter de trop le dire à voix haute, compris ? »

« De peur que certains m’agressent à cause de cela, n’est-ce pas ? Ca ne serait pas la première fois mais il vaut mieux pour eux que cela ne se fasse pas savoir. Ils auraient de gros soucis. »

« Oui oui, on le sait parfaitement. Tu es le petit protégé de la reine Seiry et celui qui te touche aura de gros soucis à l’avenir hein ? Je ne suis pas stupide, je connais les règles, tout ça. »

« Oh, tu connais si bien que ça les règles ? Alors pourquoi est-ce que tu dis une telle chose ? Car si tel était le cas, tu devrais pourtant te dire qu’il y a une personne encore plus protégée par la reine Seiry et je ne parle pas de la princesse Terria. »

« Alors de qui est-ce que tu parles ? Je ne vois pas … »

« Tu n’en as donc strictement aucune idée ? J’avoue que je trouve cela un peu triste, Earnos. Mais bon, je ne vais pas faire ce travail à ta place. »

Voilà qu’il repartait de son côté, ignorant les paroles de l’enfant aux cheveux blonds qui demandait bien plus d’explications qu’il n’aurait jamais ! Celui-ci émit un grognement, montrant bien par là qu’il n’appréciait guère ce qui se passait.

« Je vous jure, ça ouvre la bouche puis ensuite, ça décide de la fermer, on doit faire comment dans ces cas précis ? Et puis, qui donc est-ce que la reine protégerait encore plus qu’Olistar ? C’est le petit Rapion trop important. »

Stupide, c’était particulièrement stupide car il n’en avait aucune idée. Il retourna chez lui alors qu’Olistar restait adossé à un mur, croisant les bras. Il n’y avait qu’une personne mais il voulait en être sûr. Le soir arriva bien assez tôt et finalement, il remarqua la reine Seiry qui avait décidé de faire comme à son habitude une dernière balade dans le jardin.

« Ponctuel, je vois donc, Olistar. Alors, qu’est-ce donc cette question qui te taraude ? »

« Si cela ne vous dérange pas, j’aimerai pouvoir vous la poser en privé, sans que quelqu’un ne cherche à en savoir plus à ce sujet. Une simple mesure de précaution. »

« Oh. Soit … Gardes, veuillez me laisser seule avec ce jeune Rapion pour une dizaine de minutes, je pense que cela sera suffisant, non ? »

« Ca le sera, reine Seiry. Je ne vous retiendrais guère longtemps, je vous le promets. »

« Je te fais confiance, Olistar. Vous pouvez donc partir, vous avez le droit à une pause. »

Bien qu’ils n’apprécient guère cette idée, ils acquiescèrent d’un mouvement de tête. Olistar fit quelques pas en avant, la reine marchant doucement derrière lui, profitant de la vue idyllique autour de lui avant de signaler calmement :

« Alors donc, que veux-tu savoir de moi, Olistar ? »

« Qu’est-ce que vous êtes réellement pour Earnos, madame la reine. J’ai gardé cela pour moi pendant des semaines mais j’ai put voir vos nombreux regards en direction d’Earnos. La princesse Terria elle-même vous a remarquée un jour dans la chambre où Earnos se faisait soigner pendant le tournoi. Vous lui avait fait des gestes qu’une reine ne ferait pas à l’un de ces nombreux sujets. J’aimerais savoir la vérité. »

« Ne dois-je pas aimer mes sujets les uns comme les autres ? »

« Bien sûr que si, vous êtes la reine du royaume des insectes. Mais il y a une différence. Pourquoi Earnos et pas une autre personne ? Pourquoi lui ? »

« Oh … tout simplement car il est spécial. Si tu me poses ces questions, c’est que tu dois savoir alors que je connais ses parents depuis longtemps, non ? Quand il était à peine capable de tenir debout, il m’a fait la promesse de nous protéger, moi et ma fille. Et malgré leurs déboires, je sais qu’il le fait encore aujourd’hui. »

« Des personnes qui promettent de servir et protéger la famille royale, cela existe depuis bien longtemps. C’est qu’il y a autre chose mais quoi ? Dites-le, je vous prie. »

« Il est unique. Cet enfant est unique. J’ai le sentiment que le royaume des insectes dépendra de lui dans quelques années. Tu peux appeler cela une intuition. »

« Est-ce que vous l’appréciez à sa juste valeur ? Ou simplement par rapport à ce que vous avez dit exactement, madame la reine ? »

« Et toi ? Que penses-tu réellement d’Earnos, Olistar ? J’ai put remarquer que tu étais souvent à ses côtés depuis son arrivée dans le château. »

« Je le trouve … très intéressant, dirais-je. »

« Oh ? Tiens donc. Intéressant à quel point ? » demanda la reine avant de se pencher vers le jeune Rapion, son visage à sa hauteur comme pour lui dessus.

« Intéressant de part son caractère, ses actions, ses paroles. »

« Je vois, je vois. Qu’il est bon d’être jeune et plein de vie. Je regrette encore mes tendres années qui sont maintenant derrière moi, aaaaah. »

« Ne vous inquiétz donc pas, reine Seiry. Vous resterez toujours la souveraine de ce royaume. Et un jour, votre fille Terria prendra votre succession. »

« C’est exact, Olistar. Mais pour répondre à ta question concernant Earnos, je peux alors te l’avouer puisque tu me le demandes tant : « Je le considère comme mon fils. » »

« Re… Reine Seiry ? »

Pour la première fois, il montra une véritable surprise aux paroles de la reine. Celle-ci gardait toujours son sourire aux lèvres, imperturbable malgré ce qu’elle venait de déclarer. Il n’avait pas rêvé. Elle venait de prononcer quelque chose que jamais une reine ne devait dire.

« Je le considère comme la chair de ma chair, le sang de mon sang et plus encore … »

« Je n’aurais jamais dût poser une telle question, madame la reine Seiry. Je me retire. »

Et aussitôt, il avait baissé la tête, se rendant alors dans sa chambre pour s’y enfermer. Couché sur le lit, il haletait, son coeur battant la chamade. Pour la première fois, il avait l’impression qu’il avait découvert un secret qu’il n’aurait jamais dut découvrir.

« Dommage, j’aimais beaucoup cette petite discussion. Je pensais qu’Olistar aurait voulut en savoir plus à ce sujet. Dommage … »

La femme-Apireine releva sa manche droite, laissant paraître une longue cicatrice dessus. De sa main gauche, elle passa doucement un doigt dessus, chuchotant :

« Earnos … Tu es vraiment unique, oui. »

Chapitre 30 : En silence

Chapitre 30 : En silence

« Meloetta ? Melo … melo … Hémaltone. »

Les premiers mots furent dit avec la bouche mais le prénom le fut avec le cœur. Pourtant, le jeune homme n’y répond pas. Que cela soit par la parole ou par la pensée. Meloetta s’approche de lui alors qu’il est assis sur une chaise, le regard tourné vers la fenêtre. Cela fait déjà une semaine. Et qu’importe, il n’a ouvert à personne.

« Hémaltone, il faut te préparer. Il faut aussi que tu manges, Hémaltone. »

Il le fait. Il s’habille, il se prépare, il fait tout ce qui est nécessaire. Il porte un costume noir. Il ne parle pas. Personne ne doit venir le chercher. Il y va à pied. La marche est lente, très lente. Ses pokémon sont tous sortis, sans exception.

« Hémaltone, est-ce que tu veux bien me parler ? S’il te plaît ? »

Aucune réponse verbale comme au début comme la première fois. Il est redevenu ce qu’il était avant de connaître Faldéla. Voire même avant de connaître Meloetta. Finalement, il arrive là où doit se rendre. Il ne fait que regarder brièvement les personnes présentes.

« Toutes mes condoléances, Hémaltone. Elle était si gentille. »

« Meloetta, Melo melo meloetta. » répond la pokémon à la place du jeune homme, celui-ci restant impassible, même quand il aperçoit Kastry … et Solomon. Eux aussi sont là. Ils s’approchent de lui, tentant la communication. C’est d’abord Solomon.

« Si tu as besoin d’aide, Hémaltone, tu sais où me trouver. Je ne te dérangerais pas plus à ce sujet. Toutes mes condoléances. »

« Snif … snif … Snif … Je voulais pas ça, moi. » bafouille t-elle. Il peut remarquer que même dans cette robe noire, parcourue par la dentelle, Kastry est toujours aussi belle. Elle tente de ne pas pleurer mais cela gâche le maquillage qu’elle a essayé de se mettre. Elle est tout simplement horrible comme ça. Il prend un mouchoir, allant essuyer ses joues. « Merci Hémaltone, je voulais pas ça. Elle a tout fait … même m’appeler, snif. »

Elle peut continuer à parler, ça ne change rien. Meloetta s’approche de Kastry, venant tapoter son crâne avec douceur bien qu’elle pleure aussi. Elle ne veut pas que la jeune femme soit triste. Comme elle est capable de lire dans les pensées de la demoiselle, elle sait parfatement que les larmes de celle-ci sont véritables.

« Je ferais mieux d’aller me mettre en position, Hémaltone. On se revoit après, d’accord ? »

« Meloetta, melo, meloetta, Melo… »

Meloetta lui signale que ça ne sera pas forcément possible même s’ils vont essayer. Le jeune homme hoche juste la tête alors que Kastry vient le prendre dans ses bras, le serrant fortement contre elle. Il émet un mouvement comme pour l’enlacer mais se retient, le regard perdu dans le vide lointain. Elle se détache de lui, tente un maigre sourire en sa direction avant de s’éloigner. Finalement, après quelques minutes, il est à côté d’elle.

Il n’écoute que distraitement les propos du prêtre qui implore Arceus d’accepter cette nouvelle âme parmi les cieux. Il observe juste le cercueil fait de noir et de doré. Il a voulu quelque chose de très beau pour elle. Il n’a pas vu sa famille, il n’est pas sûr qu’elle en possède une mais bon … ce n’est pas grave.

« Hémaltone ! Attends ! Tu pars déjà ? Tu ne veux pas parler avec les autres ? »

Kastry revient vers lui alors qu’il s’apprête à partir pour rentrer chez lui. Il se tourne vers elle alors qu’elle est essoufflée. Il hoche la tête négativement. Il ne veut parler à rien, ni personne. Il veut juste être seul. Elle bafouille :

« Tu es certain ? Il faut que tu ailles les voir. Il y a … ses anciens collaborateurs, les personnes avec qui elle chantait et tout le reste et … »

Il retire la main qu’elle a tenté de prendre pour l’inciter à aller les voir. Il ne veut rien faire, est-ce bien compris ? Il fixe Kastry de son regard bleu. Non et non. Compris ? Il ne veut rien faire et … pourquoi est-ce qu’elle le force ?

« Si tu ne veux pas parler avec eux, je restes au moins avec toi, au moins pour la soirée ! Je ne vais pas te laisser seul alors que tu vas sûrement commettre une bêtise. »

Une bêtise ? Il hausse un sourcil, ne voyant pas où elle veut en venir sur le moment. Mais ensuite, il a une petite idée de ce qu’elle veut dire. Vraiment ? Elle croit ça ? Il marmonne :

« Je ne vais pas me suicider … »

« Ah ! Tu vois que tu sais parler ! Mais qui me dit que c’est vrai ce que tu dis ? »

« Car je ne suis pas ainsi et je ne le serais jamais, voilà tout. Maintenant, je … »

« Tu continues de parler. Bon, on va chez toi, Hémaltone. Il faut que je vérifie si tu as pas préparé des choses tordues et je sais de quoi je parles, je connais le sujet et … »

Hein ? Il la fixe pendant quelques secondes avant qu’elle ne plonge dans son mutisme. C’est maintenant elle qui ne parle plus ? Est-ce qu’elle allait dire quelque chose de grave ? Pfff ! De toute façon, qu’est-ce que ça l’intéresse réellement ? Il en a strictement rien à faire de tout ça. Il reste là, les bras ballants.

« Tu m’emmènes ou non ? Enfin, tu n’as pas le choix, Hémaltone. »

« Tu ne me lâcheras pas un peu ? Je ne veux pas … te voir. »

« Alors, je te conseilles de fermer les yeux si tu ne veux vraiment pas me voir. »

Elle peut faire de l’ironie ou autre, il n’en a rien à faire du tout. Ça ne le concerne pas le moins du monde. Quelques heures plus tard, il met la couverture sur Kastry, celle-ci s’étant endormie sur le canapé. Elle a encore sa robe noire, elle est exténuée à cause de l’émotion et surtout d’avoir essayé de veiller sur lui. Et maintenant lui ? Qu’est-ce qui l’attends maintenant que Faldéla n »est plus là ? Et son chant ? Et sa voix ? Silence … juste le silence.

Chapitre 29 : Ne pas revenir

Chapitre 29 : Ne pas revenir

« Tu crois que Faldéla nous attends à la maison, Meloetta ? »

« Melo, meloetta, melo, melo ! » s’exclame la pokémon avec entrain. Elle en est certaine ! Bon, ils vont peut-être se faire un peu crier dessus car ils sont partis sans prévenir pour se promener un peu mais à part ça, normalement, aucun problème hein ?

« Tu penses que ces fleurs suffiront ? Je n’ai pas l’habitude de tout ça. Tu aimes d’ailleurs la petite fleur que je t’ai achetée ? »

Elle pousse un grand cri de joie, l’embrassant sur la joue de ses petites lèvres avant de bien positionner la fleur sur son oreille. Elle adore l’odeur d’orange qui en émane ! Une belle fleur d’oranger qu’elle adore plus que tout !

« Pour le reste, je m’y connais pas trop en fleurs mais j’espère qu’elle va apprécier, hahaha ! Allez, on se dépêche car sinon, elle va croire que l’on s’est enfuit ! »

« Meloetta ! Meloetta melo ! »

Elle est tout à fait d’accord avec lui. Le jeune homme aux cheveux verts perd son sourire lorsqu’ils arrivent en bas de l’immeuble. Il faut dire que l’anxiété l’avait envahi au moment où il avait crut apercevoir un véhicule de la police mais maintenant … enfin bon, ça ne le concernait pas de toute façon. Il monte à l’étage, arrivant jusqu’à chez lui avant de venir serrer un peu plus Meloetta dans ses bras. Les policiers ? Ils font quoi ici ?

« Heu … qu’est-ce qui se passe ? Vous pouvez me dire ? »

« Vous habitez ici ? Attendez un peu … Hémaltone ? Vous êtes Hémaltone ? » demande le policier alors qu’il hoche la tête, un peu étonné.

« Oui, bien entendu. Enfin, il s’agit de moi mais euh … qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Vous êtes bien le compagnon de mademoiselle Faldéla ? Une ancienne chanteuse ? »

« Bien entendu ! Mais où est-ce que vous voulez en venir ? Elle est à l’intérieur ? Qu’est-ce que ça veut dire? Dites-moi plutôt ce qui se passe ! »

« Ca ne s’est pas passé ici mais … un accident a eut lieu dans une rue, non loin de là. Il faudrait que vous nous accompagniez. »

« Je veux bien mais … quand même est-ce que … »

Meloetta le stoppe avant qu’il ne puisse parler. Elle tremble de tout son être, pleurant fortement. Qu’est-ce que ça … elle a lu dans les pensées des policiers ? Il se tait, déglutissant avant d’accompagner les policiers. Il doit uniquement faire cela … de toute façon.

« Veuillez nous suivre, s’il vous plaît. » reprend une nouvelle fois le policier tandis que le jeune homme ne fait qu’acquiescer. Il n’aime pas ça, il n’aime pas, il n’aime pas ça. Quelque chose cloche mais il n’arrive pas à voir quoi. Il n’arrive pas à voir où.

« Nous avons de mauvaises nouvelles. Votre amie, Faldéla … »

« Laisses. Il vaut mieux que nous nous rendions là-bas. Je ne crois pas que ça soit bon de le prévenir maintenant, loin de là. »

Mais le prévenir de quoi ? Et Meloetta n’arrête pas de pleurer. C’est au sujet de Faldéla, n’est-ce pas ? Il s’est passé quelque chose ! Il en est certain ! Ah … ah … ah … Il a besoin de reprendre son souffle mais ce dernier lui manque lorsqu’ils arrivent jusqu’à l’hôpital.

« Attendez ici, nous allons appeler le mé… »

« Pas besoin. Je veux … juste … la voir. Je … je … j’ai compris. »

Il tente de contrôler ses émotions mais celles-ci le paralysent sur place. Il a l’impression que le temps s’est arrêté autour de lui. Mais il doit la voir. Il doit contrôler ses émotions, se montrer fort alors qu’on l’emmène à la morgue.

« Est-ce que vous … confirmez qu’il s’agit de mademoiselle Faldéla ? »

« Je … le confirme. Est-ce que je peux m’en aller maintenant ? »

« Oui, bien entendu. Vous pouvez vous en aller, je ne vous retiens pas. Et … mes condoléances. Je ne peux qu’exprimer cela envers vous. »

« Merci. Au revoir … ou adieu. Je dois m’en aller. »

Il parle sur un ton monotone, pour ne laisser aucune place à ses émotions. Il n’est pas là pour ça, loin de là. Il ne veut pas laisser filtrer ne serait-ce qu’une émotion. Il en est hors de question … tout simplement hors de question, oui.

« Est-ce que vous voulez un café ou autre ? » demande l’un des policiers alors qu’il hoche la tête négativement. Il ne veut rien du tout. Il chuchote après quelques secondes :

« Est-ce que je … peux rentrer chez moi ? S’il vous plaît ? »

« Vous le pouvez Néanmoins, nous vous contacterons dans les prochains jours si nous avons plus d’amples informations à vous donner. »

« Je comprends cela. Je vous laisses maintenant. Bonne soirée à vous. »

« Bonne soirée aussi. Bonne soirée, oui. Désolé pour vous, je ne peux dire que ça. » soupire le policier tandis que le jeune homme reste impassible. Meloetta ne pleure plus, elle dort maintenant. Elle a visiblement trop pleuré d’un coup. Lui ? Il ne pleure pas, pas du tout.

Il est juste là… vide de toute substance et vie. Il traîne la patte jusqu’à arriver à l’appartement. Aucun scellé ou autre, il est juste là. Il rentre dans l’appartement, fermant derrière lui avant de se diriger vers la chambre de Faldéla. Sans rien dire, il s’écroule sur le lit, serrant la petite Meloetta contre lui. Il ferme les yeux, s’enfonçant dans un sommeil des plus profonds, espérant ne jamais s’en réveiller … pour aller la rejoindre, elle qui a disparu.

Chapitre 28 : En un instant

Chapitre 28 : En un instant

« Aaaaaah ! Vraiment … j’ai du mal à y croire. »

« Qu’est-ce qu’il y a, Faldéla ? Tu as mal au crâne ? Si c’est trop, tu ferais mieux de te reposer, non ? Tu te fais du mal, un peu trop même, depuis quelques semaines. »

« C’est du travail, Hémaltone. Et je ne peux pas le faire reculer indéfiniment. Si je veux te faire plaisir et si je veux réussir tout cela, je dois me concentrer. »

« Je le sais bien mais bon … s’il te plaît, fais attention. C’est tout ce que je demande, je m’inquiète un peu pour toi, quand même, tu sais hein ? »

« Je m’en doute, Hémaltone, je m’en doutes, mais tu n’as rien à craindre. Je ne suis pas faite de sucre hein ? Si j’avais un réel problème, tu serais le premier au courant, hein ? »

Il hoche la tête faiblement, peu convaincu à cause des yeux de Faldéla. Est-ce qu’il avait un peu exagéré sur ses amusements avec ses pokémon ? Faldéla lui disait à chaque fois ne de pas se préoccuper de tout ça, de la laisser faire mais pendant combien de temps ?

« S’il te plaît, Faldéla, laisses-moi t’aider. Il y a bien dans un domaine où je peux t’épauler, non ? Car sinon, qui est-ce que … »

« Hémaltone, Hémaltone, Hémaltone. Je vais te dire quelque chose … et je veux que tu l’inscrives dans ta mémoire pour toujours. » lui chuchote Faldéla, prenant son visage à deux mains avant de coller son front contre le sien. « Dis-toi une chose. »

« Laquelle, Faldéla ? Tu me fais peur quand tu parles ainsi, vraiment très peur. »

« Je n’ai pas un don comme toi. Tu es une future légende de la musique. Tu es un garçon comme Mozart ou Beethoven. Tu dois connaître leurs noms, non ? Tu es une personne comme il n’en existe qu’une fois tous les cent ans. Tu es un virtuose. Tu ne dois pas te préoccuper d’autre chose que de la musique. C’est à moi de régler ce problème. »

« Mais mais mais … attends un peu quand même ! C’est mieux que … »

« Non, ce n’est pas mieux ! Allez, je dois acheter quelques livres encore. Vous restez ici tous les deux ? Je ne reviendrais pas avant quelques heures. Vu tous les déplacements que je dois faire, j’ai l’impression que ça ne sera pas une partie de plaisir. »

« Tu es sûre ? Vraiment ? Faldéla ? Nous pouvons t’accompagner non ? C’est mieux que rien, tu ne crois pas ? Et comme ça, tu ne seras pas ennuyée. »

« Non, non et non ! Hémaltone ! Quand est-ce que tu vas comprendre cela ? »

Elle se relève puis dépose un tendre baiser sur ses lèvres, un papier en main, évoquant le nom des différentes livres à voix haute. Ah oui ? Rien que ça ? Il déglutit mais la laisse partir sans chercher à l’arrêter. Il vaut mieux ne pas l’embêter.

« Fais juste attention à toi, Faldéla. Avec ta fatigue, ce n’est pas recommandé, tu sais. »

Elle émet un petit rire puis part définitivement de l’appartement. Le jeune homme retourne auprès de Meloetta, s’amusant avec elle pendant tout ce temps. Comme Faldéla lui a conseillé, lui-même commence à écrire les partitions de ses musiques.
Maintenant qu’elle lui en a parlé, il cherche à retranscrire ce qu’il imagine. Généralement, le gros souci, c’est que ça ne résonne pas aussi bien à ses oreilles … comme s’il perdait la spontanéité de cet instant. Meloetta lui tapote doucement le crâne, lui disant qu’il y arrivera surement s’il fait bien attention, il n’est pas n’importe qui !

« Je sais bien, Meloetta, je sais bien, je ne devrais même pas écrire mes partitions, juste les jouer sans avoir besoin d’aide, j’imagine, n’est-ce pas ? »
« Meloetta, melo, meloetta melo melo ! » lui répond la pokémon avec enthousiasme tandis qu’il s’empêche de sourire. Il ne se sent pas si bien que ça.


Il a une boule dans le ventre. Il a l’impression qu’il devait accompagner Faldéla, qu’importe ce qu’elle disait. Pourquoi est-ce qu’il avait cette impression ? Bah ! C’était juste stupide ! Meloetta vient le rassurer, tapotant doucement son front avec sa petite main.

« Tu ne serais pas en train d’imiter Faldéla, toi, par hasard ? »

Elle a un grand sourire, signe que c’est le cas. Est-ce que ça le dérange ? Il fait non d’un mouvement du crâne tandis qu’elle continue. Au final, la journée se passe plus tranquillement qu’il ne le croit. Oui ! C’est parfait ! Grâce à Meloetta, il n’a plus de problèmes en tête.

« Bon, ce livre, ce livre et ce livre. »

« Vous êtes sûre que vous arriverez à tout prendre, mademoiselle ? »

« Ne vous inquiétez donc pas. Si je ne fais pas d’efforts ne serait-ce que pour soulever quelques livres jusqu’à chez moi, je n’en ferais alors guère pour ce que contiennent ces livres. Bonne journée à vous. »

Elle fait un grand sourire au caissier avant de quitter tout simplement la boutique, observant les deux sacs remplis de livres. Brrr ! Elle n’a pas vu le temps qui passe tandis que la fin de journée approche. Il commence à se faire tard, non ?

« Je ferais mieux de rentrer, Hémaltone doit m’attendre. J’espère qu’il s’est fait à manger. »

Encore qu’en le connaissant, bizarrement, elle se doute un peu du contraire. Ah … Et dire qu’il n’y a déjà plus personne dans les rues à cette heure. S’approchant d’un passage piéton, elle regarde à gauche et à droite, observant le feu rouge. Aucune voiture, parfait ! Avec cette fatigue qui l’envahit, il ne faudrait pas commettre de bêtises, non ? Elle traverse gaiement. Elle allait devoir tout faire pour qu’Hémaltone soit heureux. Peut-être se faire pardonner d’avoir pris trop de temps avec les livres, ce n’était pas une mauvaise idée.

Une dizaine de minutes plus tard, l’ambulance était là, déposant un drap sur un corps. Les badeaus étaient présents, une marque au sol, accompagnée par de nombreux livres tachés de sang, livres récupérés par la police qui avait bloqué toute circulation.

Chapitre 27 : En tête à tête

Chapitre 27 : En tête à tête

« Faldéla s’en va de plus en plus souvent, tu as remarqué ça, Meloetta ? »

« Melo, Meloetta, melo meloetta, melo. »

« Je sais bien que je n’ai pas à m’en faire mais bon … elle travaille tant. Elle devrait apprendre à se reposer, ça sera beaucoup mieux que rien du tout. »

Il ne va pas lui dire ça en face, il n’osera jamais. C’est juste que bon … comment dire exactement, ça ne lui plait que moyennement tout ça. Qu’elle ne se fatigue pas plus que nécessaire juste pour lui. Ils n’ont pas à être pressés. De toute façon, de base, ils n’utilisent pas tellement d’argent que ça. Par contre, ils vont devoir déménager car bon nombre de paparazzis et journalistes tentent de l’interviewer.

« Je ne me laisserais pas faire par ces idiots. »

« Melo ! Meloetta melo melo ! Meloetta ! » s’exclame la pokémon une nouvelle fois. Et qu’il n’oublie pas son prénom aussi hein ? Elle n’a pas oublié, elle !
Elle ne le laissera pas tranquille tant qu’il ne fera pas ça, n’est-ce pas hein ? Il a un petit sourire aux lèvres alors qu’il hoche la tête. De toute façon, cette après-midi, c’est tout simplement pour qu’ils puissent passer un peu de temps dehors, car oui ! Il est dehors ! Non pas avec son instrument mais juste avec Meloetta sur ses épaules. Ca lui permet de souffler et de penser à autre chose. Le reste des pokémon sont sortis aussi tandis que Faldéla est rester à l’intérieur. C’est elle qui lui a proposé d’aller profiter un peu de la journée.

« Pour une fois, ça fait du bien, n’est-ce pas ? »

« Meloetta ! Melo ! Meloetta melo ! Meloetta melo melo meloetta ! »

« Pourquoi est-ce que tu ne me parlerais pas un peu par la pensée, qu’est-ce que tu en dis ? Ca ne serait pas franchement mieux non ? »

« Je le pourrais mais je ne le veux pas. C’est juste quand je pense que c’est nécessaire même si je t’adooooooooooore tellement, Hémaltone ! »

Il relève son visage pour regarder celui de la petite créature. Elle rigole doucement, rouge sur ses joues blanches avant de venir déposer un petit baiser sur son front. Il se laisse faire, plus amusé qu’autre chose par tout ça avant de continuer sa marche. Les autres pokémon s’amusent à faire un peu de bruit et de musique, les têtes se tournant vers eux. Si une personne tente de se rapprocher d’eux, Meloetta utilise ses pouvoirs psychiques pour lui faire oublier aussitôt la raison.
Ça permet ainsi d’être au calme et tranquille pendant leur promenade car oui ! Meloetta, elle n’a pas envie d’être dérangée. Elle veut en profiter. Et que personne ne l’embête aujourd’hui ! C’était sa journée à elle et à Hémaltone ! Et à personne d’autre ! Enfin, si, un peu aux autres pokémon d’Hémaltone mais pas tous hein ? Faut pas pousser ! Hihihi ! Elle est si heureuse ! Elle descend des épaules d’Hémaltone, venant se loger dans ses bras avec tendresse.

« N’en profites donc pas trop, Meloetta, hein ? Je te rappelles que je suis à Faldéla. »

« Oui mais tu es mon musicien à moi. Tu es mon inspiration. »

« Hahaha … et toi, tu es celle qui m’a permis de m’en sortir dans ce monde. Sans toi, je ne serais pas là aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on a changé depuis le temps, non ? »

« Tout ! Tout a changé chez toi ! Je ne sais pas ce qu’est ton passé et je ne crois pas que je veux le savoir ! Et puis, je me rappelles de ton don, Hémaltone. Ce don que tu n’utilises jamais d’ailleurs. C’est étrange, pourquoi tu ne le fais pas en fait ? »

« Car je n’en ait pas l’utilité. C’est comme vouloir utiliser tes pouvoirs pour combattre. Je trouve cela vraiment … lassant. Je n’aime pas ça. »

« Tu n’as jamais envisagé d’utiliser tes pokémon ou moi-même pour mettre à mal le producteur ou quiconque tentait de te faire du mal ou à Faldéla ? »

« Jamais. Je pense que tu l’aurais remarqué en lisant dans mes pensées non ? Est-ce que tu as déjà ressenti cela ou non ? Que je voulais vou utiliser en tant que tel ? J’espère que non car si c’est le cas, je suis désolé mais ce n’était pas ce que je désire réellement. »

Elle ne lui répond pas, arrêtent finalement de prendre la parole en lui envoyant des messages par la pensée. Elle sait parfaitement ce qu’elle a compris … mais il confirme simplement cela par la voix. Comme rassurée, elle se calfeutre dans ses bras tandis que la journée continue de se dérouler paisiblement, comme si de rien n’était.

« Qu’est-ce que tu voudras faire d’autre, Meloetta ? Et vous ? Vous voulez que l’on retourne à la maison ? Vous êtes un peu fatigués, peut-être ? »

« Crik … Crikzik, zik … zik … » lui répond Xynolo. C’est vrai. On ne dirait pas mais ils marchent depuis des heures, sans même se reposer. Et les pokémon sont épuisés à force d’avoir joué de la musique. Même Meloetta est exténuée et lui-même … Enfin bon, Faldéla doit sûrement les attendre à la maison de toute façon.

« Alors, c’est décidé ! Nous rentrons tous à la maison puisqu’il en est ainsi ! Si vous êtes tous et toutes prêtes, messires, mesdemoiselles, nous y allons ! »

Il dit cela sur un ton un peu impérial, un grand sourire aux lèvres alors qu’il les garde auprès de lui. Il voudrait bien les rappeler dans ses pokéball mais il a l’impression qu’il vaut mieux qu’ils soient tous dehors pour en profiter vraiment un maximum.

Finalement, lorsqu’ils rentrent, ils voient Faldéa endormie sur le canapé. Un livre posé sur le visage, d’autres sur la petite table à côté d’elle, le jeune homme soupire. Elle se donne trop de mal et fait tout pour que lui ne le soit pas. Il devrait la remercier, n’est-ce pas ? Il retire le livre, venant l’embrasser doucement avant d’aller de quoi la recouvrir.

« Demain, je me remets au travail, moi ! Tant mieux si je n’entends plus parler de Solomon, ça ne peut que me faire du bien de toute façon ! »

Sourire aux lèvres il part préparer à manger avec Meloetta pour faire plaisir à Faldéla.

Chapitre 26 : Une utopie

Chapitre 26 : Une utopie

« Bon, bon, bon, ça ne semble pas simple du tout mais je crois que j’ai trouvé ce qu’il me faut. Hémaltone, regardes donc tous ces livres, impressionnant non ? »

« Euh ? Tu vas vraiment lire tout ça ? Il y en a beaucoup trop ! Tu vas te faire mal au crâne à force ! Tu devrais éviter avant que tu n’aies une migraine. »


Il dit cela mais il en prend déjà un en main : Management ? Vraiment ? Elle veut devenir sa productrice en fait ? En y réfléchissant bien, ça ne semble pas être une mauvaise idée. Il aurait bien plus confiance en ses capacités que lui.

« Alors, Hémaltone ? Qu’est-ce que tu en dis ? » demande t-elle avant qu’il ne lui redonne son livre, poussant tout simplement un bon gros soupir.

« Ce n’est pas pour moi ça, du moins, à première vue. Mais peut-être qu’en faisant des efforts, si je peux t’aider, je le ferais. J’ai quelque chose pour ça ? »

« Tout d’abord, de mon côté, je me focalises sur la gestion. Ensuite, j’essayerai de voir par rapport aux droits et au reste. On ne voudrait pas que Solomon tente de nous avoir par derrière, n’est-ce pas ? Il en serait capable donc je préfère prendre mes précautions. »

« Je comprends ce que tu veux dire et … » commence t-il à dire avant d’être stoppé. Meloetta fonce dans ses bras, réclamant quelques tendresses et câlins tandis que les trois autres regardant Hémaltone, espérant la même chose.

« Maracachi ! Mara ! Maracachi ! Mara, Maracachi ! »


Voilà que le petit pokémon est encore plus motivé. Puis soudainement, Hémaltone se donne une violente claque sur le front, le regardant avec étonnement. Comment est-ce possible ? Après tout ce temps ! Il a complètement oublié une chose !

« Je ne t’ai toujours pas nommé! Mais quel idiot ! Zynolo, Meloetta, Starni, hop hop hop ! On se mets au travail et … »

« Meloetta ? Melo melo ! Meloetta melo meloetta melo melo meloetta ! »

Hein quoi ? Lui trouver aussi un nom à elle ? Il cligne des yeux, plongeant dans l’incompréhension. Euh … Meloetta étant une créature unique en son genre, ce n’est pas normal que Meloetta soit déjà son prénom ? Alors que pour le Maracachi, car oui, c’est un mâle, c’est AIE ! Meloetta lui tire la joue, la mine boudeuse.

« Promis, on le cherchera tous les deux, d’accord ? Un petit nom rien que pour toi et que je serais le seul à connaître, tu en penses quoi ? »

« Si tu me le promets réellement alors … je veux bien, Hémaltone. »

WOW ! Un message directement dans sa tête et des rougeurs sur ses joues ne font que confirmer qu’elle voulait entendre cela. Il émet un petit sourire tendre comme pour la rassurer tandis qu’il prends une profonde respiration. Maintenant, Maracachi !

« Bon ! Je vais m’occuper de toi ! Alors, si tu es un garçon, il te faut un nom bien viril. Qu’est-ce que tu penses de Robéro ? Non, ça ne colles pas trop ! »

« Marcacachi ! Mara maracachi ! » répond le pokémon ,un peu anxieux tandis qu’Hémaltone se passe une main sous le menton, reprenant la parole :

« Un nom lié à la danse non ? Encore que bon … ce n’est pas obligé. Qu’est-ce qui te plairait comme nom en fait ? Réellement ? Ça serait à toi aussi de décider non ? »

« Pendant que vous vous amusez à ça, je vais voir pour acheter quelques autres livres, d’accord ? Occupez-vous bien ! Meloetta, je te laisses surveiller Hémaltone. »

La pokémon pousse un petit cri ravi, signe qu’elle accepte la proposition. Faldéla les regarde une dernière fois, tout en souriant avec amusement. Qu’est-ce qu’ils étaient bien hein ? Comme auparavant. Sans tout ce travail, etc … et puis, elle devait surveiller Hémaltone pour qu’il ne tombe pas dans les travers de nombreux musiciens et chanteurs.

« Fais attention à toi, Hémaltone. Je t’aime ! Je reviens vite ! »

Hein ? Euh ? Pourquoi est-ce qu’il avait l’impression que c’était inquiétant ce qu’elle dise ? Bizarre, il avait parfois de ces impressions stupides. Retournant son regard sur son Maracachi, celui-ci attendait impatiemment son nouveau nom, au même titre que les deux autres pokémon. HUM ! Alors, alors, alors …

« Samboros ! Voilà ! C’est un nom parfait ! Tu sais pourquoi ? Car tu as des Maracas et que c’est souvent utilisé dans la Samba ! Je trouves ça pas vilain non ? »

« Maracachi ! Mara maracachi ! Mara maracachi mara ! »

Le pokémon exulte sur place, signe qu’il adore son nouveau nom. Le jeune homme ne peut s’empêcher d’avoir un grand sourire aux lèvres, heureux de voir que ça plait à son pokémon. Finalement, ce n’était pas si dur que ça. Il tapote doucement le pokémon, se faisant un peu mal au contact tout en chuchotant :

« Maintenant que j’ai du temps pour vous, on va rattraper tout celui qu’on a perdu hein ? »

« Meloetta ! Melo ! Meloetta ! Meloetta ! »

« Plus tard, nous avons dit, non ? Qu’est-ce que tu en penses ? On verra pour ton nom et on y réfléchira très intensément, Meloetta. »

Elle fait une petite moue comme pour montrer qu’elle ne veut pas patienter mais pourtant, elle accepte néanmoins les propos d’Hémaltone. C’est juste qu’il n’a pas intérêt à oublier car elle, elle n’oubliera pas par contre ! Hein ? On l’aura pas comme ça ! Elle ne tombera pas dans le panneau comme si de rien n’était !

« Attention, Hémaltone. Cette fois, tu ne t’enfuiras pas hein ? » lui dit-elle par la pensée alors qu’il émet un grand sourire. Hors de question ! Surtout si elle utilise ses pouvoirs psychiques pour lui communiquer ça, ça veut dire qu’elle le prend très au sérieux.

Chapitre 25 : Et maintenant

Chapitre 25 : Et maintenant

« Alors, Hémaltone ? Prêt à exister dans ta nouvelle vie ? »

« Cette phrase est vraiment bizarre, Faldéla, tu le sais ? Mais oui ! Je suis prêt ! »

Avec entrain, il tapote contre son torse comme pour le bomber. Meloetta éclate de rire avant de faire de même, Hémaltone se laissant faire. Faldéla rigole doucement, reprenant la parole sur un ton tendre, les regardant tous les deux :

« Hum, Hémaltone. Ton projet, néanmoins, il va falloir sérieusement l’étudier, tu t’en doutes, n’est-ce pas ? Il faut d’abord que nous allions à la bibliothèque, voire ensuite dans différents magasins spécialisés, rencontrer différentes personnes et tout le reste. »

« Je me sens soudainement bien moins motivé qu’auparavant. » s’exclama le jeune homme avant de pousser un petit rire comme pour rassurer Faldéla. Bien sûr !

« Ne racontes donc pas de bêtises et … » commence t-elle à répliquer avant d’être interrompue par la sonnette. Elle déclare qu’elle va voir de qui il s’agit tandis qu’il peut rester là. Meloetta semble froncer les sourcils, comme mécontente.

« Et bien ? Ca ne va pas, Meloetta ? On dirait que tu as quelque chose qui te dérange. »

« Meloetta. » marmonne la pokémon alors qu’il entend la voix de Faldéla mais surtout une autre voix. Qu’est-ce qu’elle fait là ?! Il se lève aussitôt, se dirigeant vers l’entrée de l’appartement avant de la voir. Elle ! Kastry ! Qu’est-ce qu’elle fait ici ?

« Hémaltone ! Je … Hémaltone ! Je peux te parler ? »

Elle a changé de coiffure, non ? Du moins, il remarque que ses couettes blondes sont devenues rousses. Pourtant, comme sa personnalité, elle est factice. Il fait un mouvement négatif de la main tandis qu’elle tente de s’avancer, Faldéla l’en empêchant doucement.

« Il n’est pas encore prêt à te voir, Kastry. Je suis désolée mais il vaut mieux que tu repartes. »

« Non mais attendez ! Je veux lui parler de ce qu’il a fait ! De ce qu’il va faire ! Il ne peut pas arrête de jouer de la musique par ma faute ! NON NON ET NON ! »

« Hémaltone ne va … » commence à dire Faldéla avant que le jeune homme ne l’arrête.

« Je suis le seul à décider ça, Kastry. Maintenant, si tu veux bien partir, j’ai du travail. »

« Mais mais mais … » sanglote Kastry alors qu’il fait un autre mouvement de la main comme pour lui intimer de partir. Il n’a pas à discuter avec elle, c’est tout.

« Kastry, je vais lui parler. Je pense qu’une bonne remise en question est nécessaire. Retournes donc travailler et sèches ces larmes. Oh, à côté, tu as une belle teinture de cheveux, très belle. »

« Mer … merci … snif. » sanglote la demoiselle, restant sur place pendant quelques temps.

Puis finalement, quelques minutes plus tard, elle est partie. Visiblement contrariée, Faldéla s’approche à toute allure d’Hémaltone, finissant par le baffer assez violemment.

« AIE ! Mais qu’est-ce que ça veut dire ?! Faldéla ! Pour… pourquoi tu as fait ça ? »

« Depuis quand est-ce que tu es si horrible avec autrui, je peux savoir ? Je crois que je mérites quelques explications sur ton comportement par rapport à Kastry ! »

« Mais pourquoi est-ce que tu la défends, elle ? Tu sais parfaitement ce qu’elle a fait non ? Elle voulait tout faire pour que l’on se sépare, toi et moi ! »

« Est-ce que cela impliquait de te faire souffrir ? De te faire du mal ? Est-ce que tu penses qu’elle avait vraiment de mauvaises intentions en agissant de la sorte ? Est-ce que tu penses qu’après avoir fait ça, elle allait rire et se moquer de toi ? Est-ce que tu as pensé à ce qui se serait passé après les conséquences ? Réfléchis un peu, Hémaltone ! Car si tu ne le fais pas maintenant, comment est-ce que tu comptes pouvoir vivre maintenant que tu n’as plus de travail ? Si tu n’agis que sur le moment sans prévoir l’avenir, tu es fini ! »

« Qu’est-ce que tu veux que je fasses ? Je ne hais pas Kastry ! Mais je ne peux pas lui pardonner ce qu’elle a essayé de te faire ! Voilà tout ! »

« Et ce n’est pas à moi de décider cela, Hémaltone, tu ne crois pas ? »

« Je ne sais pas du tout … je ne veux pas que tu souffres à cause d’elle. Je sais … bien qu’elle ne voulait pas me faire du mal. Il suffit de la voir … mais après ce qu’elle a fait, je n’arrives pas vraiment à lui pardonner, c’est tout. »

« Et pourtant, tu vas devoir faire des efforts par rapport à ceci car sinon, ça sera moi qui risque de ne pas réellement apprécier tout ça, tu comprends ? »

« Je ne comprendrais jamais les femmes, pas du tout. Mais bon, puisque tu le dis … et maintenant ? Qu’est-ce que l’on fait au final ? »

« Ce que l’on fait ? Et bien, à toi de me le dire non ? »

« Comment ça ? De le dire ? De te dire quoi ? Est-ce que je peux savoir ? Car là, je t’avoue que je suis complètement perdu. »

« Hum … Je crois que ma claque t’a un peu sonné, Hémaltone. » lui chuchote t-elle avant de venir l’embrasser très tendrement sur les lèvres, rigolant quelques secondes après.

Ce n’est pas vraiment la claque en elle-même qui le perturbe mais plutôt la raison. S’il veut devenir auto-entrepreneur, il doit apprendre à voir plus loin que le jour même. Ses finances ne sont pas mauvaises, il a un joli pécule et il sait qu’il gagnait beaucoup grâce à Kastry.
Jamais elle n’a rechigné à lui augmenter un peu la part reçue sur les ventes. Jamais elle n’a été en colère contre lui. Dans le fond, elle en voulait surtout à Faldéla, non ? Mais en même temps ? RAAAAAAAAH ! Il ne pouvait pas se préoccuper de ça maintenant ! Il devait se concentrer sur son objectif premier ! Kastry attendra après, voilà tout !

Chapitre 24 : Décision irrévocable

Chapitre 24 : Décision irrévocable

« Hémaltone, tu n’as pas remarqué quelque chose de différent ? »

« Quoi donc, Faldéla ? Je peux savoir ? » dit-il avant de regarder la femme aux cheveux bleus. AH ! Il voit parfaitement maintenant ! « Meloetta est dans tes bras ! »

« On dirait bien qu’elle a finit par m’accepter. Il était peut-être temps, n’est-ce pas ? Tu en penes quoi Meloetta ? Tu n’as rien à dire à Hémaltone ? »

« Meloetta, melo, meloetta, melo ! Meloetta ! »

Elle réponds cela avec amusement comme pour signaler qu’elle était bien heureuse de la situation maintenant que Meloetta lui faisait entièrement confiance. Et ensuite ? Oh, maintenant, ils se dirigent tous les trois vers le studio où se trouve Solomon. Meloetta finit par quitter les bras de Faldéla, allant dans ceux d’Hémaltone.

« Nous y voilà, Hémaltone. N’aies pas peur et surtout, sois franc et direct. »

« Je le serais ! N’aies aucune crainte ! Enfin, c’est bien à moi de ne pas l’être. Oui. » dit tout simplement le jeune homme comme pour se rassurer de la situation qui ne l’était pas réellement en fin de compte.

Il a demandé rendez-vous au producteur et de toute façon, il ne lui laisse pas le choix. Il pénètre à l’intérieur du bureau du producteur, reprenant son souffle et sa respiration. Bon ! Ce n’est qu’une petite mise au point.

« Oh ? Hémaltone ? Je voulais te voir justement ! » s’exclame Solomon, regardant Hémaltone avec un air des plus sérieux. Ce dernier pousse un petit soupir avant de dire :

« Moi aussi, cela concerne Kastry. Je pense que vous avez été mis au courant par rapport à ce qui s’est passé ces derniers jours, n’est-ce pas ? Je ne changerais pas à ce sujet. »

« Bien entendu, bien entendu. Je vois où tu veux en venir. Cela se comprends même si j’estime que ta réaction est un peu exagérée. Tu devrais y réfléchir un peu plus. »

« Ce n’est pas vraiment là où je voulais en venir, de toute façon. Enfin, il n’y a pas que ça. J’ai décidé de quitter votre production, Solomon. »

Un petit rictus se dessine sur les lèvres de Solomon bien qu’il tente de garder une certaine prestance et de faire bonne figure face aux propos d’Hémaltone.

« Est-ce que tu peux expliquer la raison qui t’a poussé à dire cela ? Tu sais que nous sommes liés par un contrat, n’est-ce pas ? Que si tu fais cela, tu vas perdre tout ce que tu obtiendrai par la vente de tes CDs, de tes concerts et autres, non ? »

« Ce n’est pas bien grave. Je pense que je peux m’en remettre. Ce n’est pas l’argent qui m’intéressait au départ quand je me suis lancé dans ça. »

« Oh ? Et qu’est-ce donc alors ? Je suis pressé de le savoir, je dois le reconnaître. »

« Vous devriez pourtant le savoir après tout ce temps. Je parles bien entendu de l’amour de la musique. Je veux que tout le monde puisse apprécier la musique et le chant. Malheureusement, ce n’est plus possible maintenant. Les ondes musicales ne résonnent plus en ce lieu. C’est pourquoi j’ai pris cette décision. »

« Et je pense qu’il est impossible de te faire changer d’avis, n’est-ce pas ? »

« Non, pas du tout. Je ne vais pas perdre plus de temps ici. Comme signalé, vous pouvez garder tout ce qu’il y a à obtenir avec le nouveau CD en collaboration avec Kastry. Je vous salues bien bas mais je ne pense pas que nous nous reverrons. »

« Qui sait ? L’avenir est toujours plein de surprises. On ne peut pas prétendre tout savoir et connaître sans même avoir quelques pouvoirs psychiques. Ce n’est pas ton cas, n’est-ce pas ? »

Le producteur fixe longuement Hémaltone puis la petite Meloetta. Celle-ci a un petit frisson qui la parcoure. Elle tente discrètement de lire dans les pensées de cet homme mais est bloquée avant que cela n’arrive. Elle n’y arrive pas ?

« Je ne sais pas. Je ne crois pas, ni pour Meloetta. Je vous souhaites une bonne journée. »

« Oh … à toi aussi, Hémaltone, à toi aussi. Je ne te présentes pas la sortie. Bonne chance dans ton retour à une vie un peu plus normale. »

« Merci bien. Vous n’avez pas rendu la tâche plus difficile. »

« Je respecte les décisions de chacun. C’est ainsi que cela doit se passer et pas autrement. »

Il trouverait presque cela étrange que le producteur ne lui pose pas de problèmes mais bon ! S’il préfère ne pas poser trop de questions, c’est tant mieux pour lui ! Le jeune homme hoche la tête puis se lève, gardant Meloetta dans ses bras tandis que le producteur lui tourne le dos pour se rapprocher de la fenêtre, regardant à travers celle-ci.

« Bon ben, je vais m’en aller. Au revoir, monieur Solomon. Bonne chance avec Kastry. Elle est très douée et je suis sûr qu’elle aura un grand avenir. »

« Je le sais bien. C’est dans la crasse que l’on trouve les diamants les plus purs. Il faut simplement tailler la partie brute qui les entoure. »

« Hein ? Quoi ? Comment ça ? Je n’ai pas vraiment compris ce que vous vouliez dire. »

« Ce n’est pas bien grave, ne te préoccupes pas vraiment de ça. Tu peux t’en aller maintenant, je ne vais pas te retenir plus longtemps. Je pense que Faldéla doit t’attendre, non ? »

« C’est le cas. Bonne journée à vous et à jamais, j’imagine. »

L’homme fait un geste de la main comme pour lui dire que ce n’est pas bien grave, Hémaltone quittant la pièce, soulagé. Vraiment ? Ça se passe comme ça ? Il n’a même pas cherché à le retenir ? Il regarde Meloetta dans un grand sourire. Ça va être comme auparavant ! Avec juste Faldéla et lui ! Enfin et aussi Meloetta ainsi que les autres pokémon !

Chapitre 23 : Son propre producteur

Chapitre 23 : Son propre producteur

« Alors ? Hémaltone, est-ce que tu as réfléchit à ce que tu voulais faire ? »

« Oui … et je sais ce que je veux faire … même si ça ne va pas forcément plaire. »

« Je t’écoutes, Hémaltone. Dis moi donc ce que tu veux faire. » reprend encore une fois Faldéla alors que le jeune homme se tourne vers elle. Une journée est passée et il a tout simplement évité de répondre aux nombreux coups de téléphone de Kastry.

« Ce que je veux ? C’est vraiment simple, très simple oui. Ce que je veux, c’est tout simplement arrêter de faire un duo avec Kastry, comme prévenu. Mais je ne comptes pas m’arrêter là, je crois bien. Je vais sûrement arrêter la musique. »

Meloetta comme Faldéla le regarde avec surprise. Qu’est-ce qu’il vient de dire ? Il est tout simplement fou hein ? Meloetta commence à sangloter puis fonce vers lui, s’écriant :

« Meloetta ! MELO ! MELOETTA MELO MELOETTA MELO MELO ? »

« Non, je ne comptes pas arrêter définitivement la musique. Je me suis mal exprimé. »

« Alors, il vaut mieux que tu corriges ça et vite. Regardes dans quel état se trouves la petite Meloetta, tu l’as presque traumatisée, Hémaltone ! »

« Pardon ma petite puce. Je suis désolé, je ne veux pas t’inquiéter. »

Il lui caresse aussitôt la chevelure tandis qu’elle relève son regard bleu. Elle le fixe intensément, semblant lire dans ses pensées tandis qu’elle cligne des yeux, surprise de ce qu’elle y découvre. Ses larmes se sèchent avant qu’elle ne pousse un petit cri ravi, comme heureuse d’apprendre ce qu’elle venait de lire dans les pensées du jeune homme.

« Et moi ? Est-ce que je peux savoir ou non ? Je ne veux pas être seul ! »

« Oui, oui, tu va apprendre, sans problèmes. Enfin, comment est-ce que je peux t’expliquer tout ça … euh … ben, j’ai assez de sous, tu sais, mon compte en banque ? »

« Oui, je vois de quoi tu parles mais pas où tu veux en venir. Racontes-moi tout plutôt. »

« Je comptes monter mon propre studio de production ! Est-ce que tu voudras m’aider, Faldéla ? Du moins, je crois avoir assez d’argent pour ça. »

« Auto-entrepreneur ? Tu ne plaisantes pas, Hémaltone ? » dis t-elle, encore plus surprise qu’auparavant, se rapprochant de lui. « Tu sais que c’est très difficile, n’est-ce pas ? Mais est-ce que tu es motivé pour cela ou non ? Attention, je veux une réponse sincère. Est-ce que tu arrives à te rassurer ou pas à ce sujet ? »

« Je crois que je peux y arriver. Je pense que j’en ait les capacités. Je dois juste y croire, c’est bien ça ? Si j’y arrive normalement. Il me faudra juste beaucoup de temps mais ce n’est pas impossible pour moi non ? Enfin, si je commences à me concentrer et à y travailler sérieusement, je devrais y arriver non ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Le plus important est que tu crois en tes capacités. »

« Alors, je suis presque sûr et certain d’y arriver. Est-ce que je peux y arriver ? Selon toi ? Du moins, tu crois aussi que j’ai assez d’argent ou non ? Car tu m’en as jamais demandé au final. »

« Alors, je pense que tu n’y arriveras pas sans aide mais bon, je suis là pour ça, n’est-ce pas ? Si tu me fais confiance, je suis sûre et certaine que nous y arriverons sans grosses difficultés. Néanmoins, la tâche sera rude et difficile, tu t’en doutes non ? »

« Oui, oui, je le sais ! Mais en fait, je ne vois pas par où commencer. Enfin si ! Je sais exactement mais bon … pas sûr que ça fasse vraiment plaisir. »

« Ce n’est pas bien grave si c’est ce que j’imagine. Ca a un rapport avec Solomon ? »

« C’est le cas puisque je vais devoir lui dire tout simplement que je ne veux plus continuer avec lui. Que je veux suivre ma propre voie et qu’il vaut mieux ne plus me mettre en contact. Tu crois que c’est possible briser un contrat de la sorte ? Je n’ai rien à respecter ou autre ? »

« Hum, il se peut que tu ne touches rien sur tes dernières compositions … voire plus rien du tout sur tout le reste du tout. Et oui, c’est ainsi. Je me répètes, est-ce que tu te sens prêt ? »

« Je vais peut-être déjà prendre le courage de dire à Solomon que je ne veux plus travailler avec lui. Si j’arrive à passer cette épreuve, le restera sera moins terrifiant, non ? »

« C’est une interprétation comme une autre. J’avoue qu’elle prête à sourire. J’aime bien. »

« Tu le penses vraiment ? Ce n’est pas trop banal ou autre ? Je veux dire, j’aimerais éviter de passer pour un idiot ou quelque chose du genre. »

« Mais non, tu ne le passeras pas. Et Meloetta t’accompagnera. Par contre, je ne dois pas venir. C’est une épreuve que tu dois affronter seul … ou presque, justement. » chuchote t-elle alors qu’il hoche la tête. Il voit où elle veut en venir. C’est très simple.

Et pour la peine, ils vont fêter cela ! Les deux personnes rigolent ensemble, Meloetta faisant de même tandis que les pokémon d’Hémaltone sortent pour fêter ça. C’est vrai qu’on ne les voit que très peu mais il ne peut pas les oublier. D’ailleurs, maintenant qu’il y repense, il pourra à nouveau composer avec eux ! Comme auparavant !

« C’est pas bon du tout, j’aime pas ça. Vas falloir prévenir le chef. »

Un homme tapote son oreille, retirant l’écouteur qu’il a à l’intérieur avant de le ranger. Ca ne va pas plaire au patron, il en est convaincu. Néanmoins, mieux vaut pas lui cacher un truc aussi important. Déjà qu’il l’a mis sous écoute depuis la petite scène avec Kastry, maintenant, avec les dernières nouvelles, ohlala !

« Je vous le jures, c’est encore moi qui va en prendre plein les dents, je parie ! »

C’est pas forcément le plus plaisant. Il marmonne quelques mots et paroles incongrus tout en faisant tourner la clé dans le contact de la voiture, s’éloignant de l’immeuble.