Tous les articles par ShiroiRyu

Chapitre 180 : Démence

Chapitre 180 : Démence

« MON BRAS … MON BRAS ! CA FAIT MAL ! CA FAIT MAL ! »

« Calme-toi ! Regarde l’état et vérifie si tu peux encore … »

« Je vais lui faire payer … Je te jure qu’il va le payer … Je lui arracherai les écailles une par une avant de les lui faire avaler ! JE VAIS LE TUER ! »

Sélia poussa un hurlement de rage, se redressant pour se tenir face au Leviator. Un simple regard sur le bras gauche … et elle pouvait constater que le métal de son armure avait fondu. Elle serra les dents, des veines apparaissant sur son bras droit mais aussi sur son coup … Peu à peu, le métal recouvrant le bras explosa en morceaux, laissant paraître les muscles à vif de la jeune femme. En même temps que le métal, des lambeaux de peau étaient tombés.

« Qu’est-ce que … Sélia … Qu’est-ce que tu fais là ? » demanda Hyathéna, ne s’attendant pas à une telle chose. Du moins, pas ainsi … Elle avait du mal à le croire.

Mais c’était bien ce qui était en train de se passer … Même si elle n’avait plus de vêtements pour recouvrir son bras … celui-ci était en train d’être recouvert par une nouvelle peau, toute lisse et neuve. C’était … C’était … La Diamat en Sélia murmura :

« De la mue … Comment est-ce que tu as été … Non, je ne devrais même pas être étonnée. »

Car déjà la première fois … contre Ranor, Sélia avait montré une telle technique en utilisant le poison de l’Arbok. C’était la première fois et pourtant, elle avait réussi avec une telle efficacité que cela en était … étonnant. Cette femme n’était pas n’importe laquelle, loin de là. Elle venait d’utiliser encore les capacités des serpents qui étaient de pouvoir muer et avoir une nouvelle peau. Mais il n’y avait pas que ça …

Pas que ça … Car oui … Utiliser les pouvoirs des dragons, réussir à manger leur chair, même cela, ce n’était pas à la portée de tout le monde. Même si elle était dans son corps, elle n’avait montré aucune faiblesse ou difficultés … ce qui n’était pas normal. Sélia n’était pas une jeune femme ordinaire, loin de là. Elle le savait maintenant, elle le remarquait encore une fois … voilà tout. Et maintenant qu’elle …

« Tu pourrais même calciner tout mon corps, ça ne changerait rien ! »

Sélia venait de s’adresser au Leviator, celui-ci semblant étonné de voir que la jeune femme allait parfaitement bien contrairement à ce qu’il avait cru faire. Comment était-ce possible ? Une simple humaine ? Non … Elle était possédée mais même ainsi, elle ne devrait pas être capable de faire une telle chose.

« LEVIAAAAAAAAAAAAAAA ! » hurla le pokémon avec force.

Il était encore prêt à se battre ? Qu’importe, elle allait lui montrer que maintenant, elle ne lui ferait aucun cadeau ! Il allait le payer de sa vie ! Toute son existence allait se terminer en quelques instants ! Puisqu’il en était ainsi … avec ces fichues écailles … puisqu’il en était …

AAAAAAAAAH ! Son corps fut à nouveau foudroyé par un éclair de la part du Leviator mais elle restait maintenant debout, serrant les dents.

« Tu ne veux même pas me laisser une chance, n’est-ce pas ? Tu as raison … Dès l’instant où tu faibliras, tu le regretteras amèrement. D’ailleurs, j’espère pour toi que tu n’as pas que ça pour me battre … Ah … Ah … Ah … »

Elle … Elle … Elle voyait maintenant le Leviator, la bouche grande ouverte sauf qu’à l’intérieur, ce n’était pas du feu mais de l’eau … Une gigantesque trombe d’eau qui fonça vers elle. Aussitôt, la jeune femme sauta dans les airs mais pas assez rapidement. L’eau percuta ses pieds, Sélia faisant des rouler-bouler dans les airs avant de néanmoins finir par s’agripper à une branche d’un des rares arbres encore debout.

« Assez … Assez … ASSEZ …ASSEZ ! TU M’ENERVES ! »

« Sélia, calme-toi, je te rappelle ce qui s’est passé lorsque tu t’es emporté ? »

« TAIS-TOI HYATHENA ! Tu veux que je le tues ?! JE VAIS LE FAIRE ! »

Elle allait le faire ! Mais qu’elle la boucle ! Qu’elle la mette en veilleuse ! Qu’elle se taise ! Elle allait le tuer ! Elle allait le briser de la plus horrible manière qui soit ! Sans aucune hésitation, elle commença à se rapprocher inexorablement du Leviator mais se dirigeait vers sa gueule et non un autre endroit. Sa gueule … Elle n’allait pas avoir peur …

« SELIA ! C’est de la folie ! Ne fait pas ça ! Les … »

« Je vais le faire souffrir ! Je vais le dépecer de l’intérieur ! Ses écailles sont trop résistantes ?! QU’IMPORTE ! CA NE FAIT RIEN ! »

Mais ce n’était pas là où elle voulait en venir ! Pourquoi la jeune femme ne l’écoutait pas ? C’était de la folie ! De la pure folie de sa part ! Qu’elle arrête ces stupidités ou allait elle regre …Trop tard. C’était déjà trop tard.
Elle s’était jetée dans la gueule du Leviator. Elle avait été avalée avec une extrême facilité par le pokémon gigantesque. A l’intérieur, tout était noir ou presque. Sélia était déjà en train de s’enfoncer dans la gorge du pokémon, une aura noire et violette se formant autour d’elle, servant de lumière bien qu’elle avait remarquée quelque chose.

« Je n’ai pas besoin de lumière pour voir dans l’ombre. C’est grâce à toi, Hyathéna ? »

« … … … Oui … Désolée, mais je trouve ça absurde. Tu vas te faire digérer sans même comprendre ce qui s’est passé ! C’est de la folie pure ! »

« Ne raconte pas n’importe quoi … Ne raconte pas n’importe quoi … JE SAIS CE QUE JE FAIS ! JE LE SAIS PARFAITEMENT ! »

ELLE LE SAVAIT ! ELLE SAVAIT CA ! AAAAAH ! Elle était comme enragée maintenant alors qu’elle commençait à taillader toute la peau autour d’elle. Déjà des flots de sang s’écoulèrent alors que le corps du Leviator était parcouru par des tremblements. Une partie d’entre eux la fit tomber et glisser plus profondément à l’intérieur du Leviator.

« SELIA ! NON ! IL VEUT TE DIGERER ! »

Comme si elle allait se laisser faire ! Pendant qu’elle glissait, elle planta son épée dans la chair du Leviator, s’accrochant à celle-ci alors que la lame continuait de descendre. En bas à quelques mètres, un liquide jaunâtre et verdâtre émettait une fumée, les morceaux de chair coupés par Sélia tombant et fondant à l’intérieur.

« Si tu es touchée par ça … Je te promets que tu ne t’en sortiras pas, Sélia. »

« Et alors ? Qu’est-ce que ça va faire ? De l’acide gastrique ? C’est sensé me faire peur, c’est ça ? C’est ça ? Je suis sensé craindre ça ? »

« Arrête tes bêtises ! Tu ne peux pas résister à ça ! Tu n’es pas immortelle ! »

« NE … ME … DONNE … PAS D’ORDRES ! »

Elle savait parfaitement ce qu’elle devait faire ! Elle savait parfaitement ce qu’elle allait faire ! Encore une fois, elle était comme enragée, suant à grosses gouttes alors qu’Hyathéna sentait que Sélia cherchait à utiliser ses pouvoirs. En fait, elle y arrivait même sans avoir besoin de son aide ou sans le lui demander.

Dehors, le corps du Leviator projeta soudainement un flot de sang en son milieu, une écaille décollant dans les airs avant d’atterrir quelques mètres plus loin. Le Leviator rouge était déjà au sol, se roulant en criant de douleur, sentant sa chair se faire charcuter et sans pouvoir faire quelque chose contre ça. La jeune femme … Il n’avait pas réussi à éliminer la jeune femme et elle le dévastait de l’intérieur ! Elle était en train de le tuer !

A l’intérieur du Leviator, la jeune femme émanait une puissante aura violette, sa peau semblant se solidifier sous la forme de nombreuses écailles alors qu’elle continuait son travail et son carnage. En même temps, le corps du Leviator était en train de produire de plus en plus d’acide, des petits jets venant toucher le visage et le reste du corps de la jeune femme qui ne semblait pas s’en soucier.

« Ce n’est pas assez … Ce n’est pas assez ! CE N’EST PAS ASSEZ ! IL EN FAUT PLUS ! ENCORE PLUS ! JE VEUX QU’IL CREVE ! »

Il fallait qu’il crève ! Il n’y avait pas d’autres solutions ! Tout son corps s’était mis à être parcouru de spasmes, Hyathéna ne comprenant pas ce qui se passait avec elle jusqu’au moment où la jeune femme ouvrit la bouche, une forte chaleur en sortant. Elle n’allait quand même pas … faire … Ce n’était …

Un rayon créa un trou béant dans le corps du Leviator aux écailles rouges. Mais cela n’était que le début. La chair autour du trou fut tirée de plus en plus, le corps du Léviator se retrouvant peu à peu séparé en deux jusqu’à ce que fut complètement le cas.

« Ah … Ah … Ah … Ah … Ah … »

La tête baissée, recouverte de sang, la jeune femme était au beau milieu d’un mélange d’acide gastrique, de sang, de chair et de divers organes qui composaient normalement le pokémon. Celui-ci ne bougeait plus mais ce n’était pas le plus grave. En de nombreux endroits, la chair de Sélia laissait place à des brûlures importantes, même sur son visage.

« Sélia ! Tu as vu ce qui est arrivé à ton corps avec tout cela ?! »

« Ca ne fait rien … hahaha … Rien du tout même. »

La jeune femme éclata de rire alors que déjà la chair brûlée tombait au sol, laissant place à une nouvelle chair, aussi douce que celle d’un nouveau-né. Elle continuait de rigoler, regardant dans quoi elle baignait avant de dire :

« Voilà donc ce fameux Leviator ? Hahaha … Hahaha … Vraiment pathétique. »

« Qu’est-ce que … tu es réellement, Sélia ? »

« Ce que je suis ? Qu’est-ce que je suis sensée être ? Je suis une femme ! Je suis une femme qui veut absolument retrouver l’être qu’elle aime ! QU’IMPORTE LA METHODE A UTILISER ! Qu’importe ce que je dois tuer ! Je dois le dévorer, c’est ça ? Alors ne perdons pas de temps et dévorons-le ! Qu’il ne reste plus rien de ce corps pourri ! »

Sans aucune hésitation, elle vint trancher une partie de la chair à l’intérieur du Leviator, croquant comme si de rien n’était. Du sang s’écoula de ses lèvres avant qu’elle ne se mette à tousser, posant une main sur son cœur.

« C’est chaud … Tellement chaud ! TELLEMENT CHAUD ! AAAAAAAAH ! »

Elle ne pouvait pas garder ça ! Elle ne pouvait pas ! Sans aucune pudeur, elle retira les morceaux d’armure qu’elle avait sur le corps avant de se déshabiller complètement. Avec nonchalance, elle continua de trancher le corps du Leviator, beaucoup moins résistant de l’intérieur. Le sang gicla sur son cœur, le recouvrant en intégralité alors qu’elle souriait.

« La puissance des dragons hein ? Normalement … Vous étiez des créatures quasiment-divines, n’est-ce pas ? C’est bien ça ? »

« C’est cela … Sélia … Les dragons ont des pouvoirs incommensurables. »

« Hahahaha … S’ils seulement ils pouvaient réaliser des souhaits … Mais ces dragons sont-ils des plaies ? Faut-il s’en débarrasser ? »

« Tu ne comprendrais pas ce qui se passe réellement … Continue de manger sa chair. »

« Je vais le faire … Je vais le faire … Cela va être si délicieux. » murmura la jeune femme aux cheveux bleus tachés de sang.

« Délicieux ? Ce n’est pas le mot que j’aurais employé … Sélia. » souffla la créature en elle alors que la jeune femme était à quatre pattes, avalant la chair comme si de rien n’était.

Kéran allait voir … qu’il avait besoin d’elle. Kéran allait comprendre qu’elle était bien meilleure que cette catin. Que cette femme de petite vertu ! Elle allait préserver le corps de Kéran, lui montrer que le sien était bien meilleur. Oui …Avec ses différents pouvoirs, elle était de loin supérieure à Katérina, de loin supérieure à n’importe quelle créature spectrale ! Hahaha ! Elle continua de manger, nue, baignant dans le sang du Leviator qu’elle avait tué.

« Qu’est-ce que … »

Alors que Katérina dormait contre Kéran, une voix à l’intérieur de la jeune femme se fit entendre. Une voix qui semblait surprise et légèrement inquiète. Une voix masculine … Celle de Dumasch. Aussitôt, une seconde voix se fit entendre :

« Que se passe-t-il, Dumasch ? Tu donnes l’impression d’avoir été anéanti par une surprise. »

« Une intuition des plus mauvaises … Tu sais ce que je suis … »

« Je le sais parfaitement et alors ? Où est-ce que tu veux en venir ? » demanda Swar.

« Je crois que quelqu’un est en train de tuer les dragons, un par un. »

« Qu’est-ce que tu racontes là ? Tu sais parfaitement que c’est impossible … Je crois même que … Enfin … Après tout ce qui s’est passé, les plus puissants sont toujours vivants et libres. Mais ce que tu dis est vraiment problématique. »

« Je sais que c’est problématique, Elyséa ! Je le sais parfaitement ! Vous, les humains, vous continuez ce genre d’absurdités après tout ce qui s’est passé ? »

« Dois-je te rappeler qui fut possédé le premier ? Dois-je le rappeler ? Alors, je n’ai pas de leçon à recevoir de ta part, est-ce bien compris ? Ce qui se passe est plus problématique nos querelles pour le moment ! » rétorqua Elyséa avec une pointe d’agacement.

« … … … Pourquoi est-ce que quelqu’un ou un pokémon s’en prendrait à un dragon ? Mais surtout comment est-ce possible ? »

« Comment veux-tu que je le sache ? Néanmoins, Elyséa … Avec ce qui semble se tramer, il faut vraiment envisager le pire … si tu vois ce que je veux dire. »

« Le pire ? Leur raconter la vérité ? Du moins, toute l’histoire, cette fois ? Même si cela ne me plait que moyennement, j’estime que c’est le bon moment. »

« Soit … Dès qu’ils se réveilleront, nous chercherons un moment pour leur parler de cela. Devons-nous aussi prévenir Loa ? »

Comme elle était possédée par un pokémon, il valait mieux. Quant au Dominion Naturel, cela restait à voir suivant ce qui allait se passer demain. Pour l’heure, les deux personnes pouvaient dormir tranquillement, la voix de Dumasch raisonnant dans la tente :

« Qui … ferait une telle chose ? »

« Arrête de te bouleverser l’esprit avec cela. Cela ne sert à rien. »

Plus facile à dire qu’à faire. Elle savait pourtant à quel point cela lui faisait mal, très mal même. Mais pourtant, elle préférait ignorer sa souffrance. Cette femme était en quelque sorte antipathique bien qu’il ne le lui disait pas en face. Cela ne servait à rien de s’emporter … oui … A rien du tout même. Ils allaient attendre demain.

Chapitre 179 : Courte folie

Chapitre 179 : Courte folie

« Je ne te demanderai pas si cela va bien ou non … J’ai l’impression de déjà connaître la réponse, Sélia. Néanmoins, tu as réussi à dormir, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas si je dois te remercier ou non … J’ai l’impression que tu m’as aidé à dormir … ou alors, peut-être que je me trompe, c’est cela ? » dit la jeune femme aux cheveux bleus alors qu’elle avait déjà reçu ses consignes pour se faire oublier pendant quelques temps.

« Tu ne te trompes pas, je tiens à le te confirmer, tu as entièrement raison. Néanmoins, cela n’est qu’en raison du fait que tu en avais grand besoin. Normalement, je ne me préoccupe pas de ce genre de choses mais comme je suis dans ton corps … Et est-ce que tu as réfléchi à ce que je t’ai dit hier au sujet d’Elian ? »

« Si tel est le cas … Nous verrons en temps et en heure. Je ne veux pas perdre ma chance de le tuer d’un coup … ou alors de me louper. »

« Soit … Comme tu le désires, je comprends parfaitement où tu veux en venir. Néanmoins, est-ce que je peux te faire une proposition ? A toi de l’accepter ou non. »

« Dis toujours … Qu’est-ce que j’ai à perdre de toute façon, n’est-ce pas ? »

« Que dirais-tu d’aller chercher un nouveau dragon ? Ta puissance … On ne sait jamais ce qu’elle peut donner réellement. C’est une mesure de sécurité mais à toi de voir. » murmura calmement la voix en Sélia, celle-ci prenant une profonde respiration.

« Bon … En clair, tu veux que j’aille tuer un autre pokémon dragon, c’est bien ça ? Que j’aille dévorer sa chair, ses muscles et tout le reste ? Comme auparavant ? »

« Mais ce pokémon sera encore plus terrifiant que le précédent … Je tiens à te prévenir. »

« Humpf. Tu ne vois pas à quel point je suis en train de trembler rien qu’en t’écoutant ? Je suis morte de peur. Tsss … Pour qui est-ce que tu me prends ? »

« Je ne faisais que te donner mon avis à ce sujet, malheureusement. »

« Malheureusement … T’en fait pas, on va quand même se rendre là-bas. Je pense que tu peux me guider comme la dernière fois, c’est cela ? »

« Tu peux me faire confiance à ce sujet, bien entendu. Si tu es prête à me suivre … » murmura faiblement la voix alors que Sélia était déjà debout.

« Montrons donc à ce dragon ce que nous savons faire … et peut-être qu’un jour, nous pourrons éliminer cette femme qui m’a pris Kéran. »

« Ce n’est qu’une question de temps … Tu vas acquérir de plus en plus de puissance et bientôt, Kéran ne pourra être que subjugué par ta beauté naturelle … et celle émanant des dragons, il ne pourra pas te résister. »

« .. Si seulement, c’était vrai … Mais je ne crois plus aux mensonges. »

Elle ne voulait pas se voiler la face … Elle devait tout faire pour reprendre Kéran à ses côtés. A partir de là, elle pourrait ensuite le retrouver, peu à peu, avec le temps qui s’écoulait. Car oui … Elle comptait le garder auprès d’elle et qu’importe si la Sainte Alliance ne l’acceptait pas, elle était maintenant comme lui !

Comme lui ! Elle était possédée ! De son plein gré ! Elle n’en avait rien à faire du reste ! Cela ne la concernait plus ! Mais avoir Kéran … Kéran à côté d’elle … C’est tout ce qu’elle voulait ! Le reste n’avait aucune importance à ses yeux. Aucune … La seule chose qui l’importait … était de l’avoir à ses côtés.

« Evite quand même … de trop te focaliser dessus. Cela pourrait te causer des problèmes, Sélia. Il ne faut pas que tu ne penses qu’à lui. »

« Je ne peux pas m’en empêcher … pour le moment. Il est la seule chose qui m’importe … mais je vais essayer de penser au dragon qui va rencontrer ma route et le plaindre. »

« … … … Oui, tu peux faire ça. » répondit Hyathéna en elle, poussant un léger soupir désabusé par les paroles de la jeune femme.

« C’est la meilleure solution à l’heure actuelle … Mais néanmoins, à quoi ressemble ton fameux dragon ? Tu dois te douter sur lequel je risque de tomber non ? »

« Un Leviator … Je pense que tu connais ce genre de pokémons, n’est-ce pas ? Enfin, une espèce assez rare dans le monde actuel. »

« Tu vas me faire croire que lui aussi est un dragon ? Enfin … Après l’Arbok avec des ailes, je me dis que plus rien ne devrait réellement m’étonner … »

Sélia haussa les épaules comme pour montrer que tout cela ne l’affectait pas le moins du monde. Elle savait maintenant ce qu’était son adversaire mais elle devait juste éviter d’envisager que cela serait un combat normal. L’Arbok géant avait montré des capacités insoupçonnées, il fallait donc envisager que ça serait la même chose pour ce Leviator.

« Et à part que ça soit un Leviator, tu as d’autres choses à me dire ? »

« Sa taille est bien plus imposante que celle d’un Leviator normal, tu t’en doutes, n’est-ce pas ? Il n’y a pas que cela, on dit que ses écailles sont capables d’absorber le feu et de le recracher … De même, il est capable de produire de grandes flammes. »

« Rien que ça … Pour un pokémon aqueux, c’est assez étonnant. »

« Et de produire de l’électricité … » continua Hyathéna, Sélia s’arrêtant au beau milieu du chemin qu’elle avait emprunté depuis qu’elle avait quitté la ville.

« Tu te moques de moi ? Un pokémon aqueux et qui flotte dans les airs … capable de produire de l’électricité ? La pire chose pour lui ? »

« Pourtant, c’est le cas. Il en est capable … Je sais que cela parait peu possible mais c’est la vérité. C’est pourquoi tu dois faire extrêmement attention face à lui. »

« Je le sais bien … Et sinon, comme il peut cracher du feu, tu vas me faire croire qu’il a des écailles complètement rouge ? »

« Je ne te le fais pas croire, je te le confirme, c’est différent. »

« Je … Moi et ma grande bouche. » soupira Sélia avant de se remettre à marcher. Elle n’aurait pas pensé cela mais bon … Visiblement, elle ne pouvait pas vraiment espérer autre chose. Néanmoins, normalement, il n’était pas très difficile à retrouver, n’est-ce pas ?


D’après les paroles de la Diamat, il était plutôt facile à repérer mais après … Entre le repérer et survivre à la rencontre, c’était quand même deux choses bien différentes dans le fond. Mais voilà … Ce n’était pas le moment de penser à ça.

Les minutes passèrent pendant qu’elle se faisait guidée par la voix en elle. Quitter le chemin, traverser la forêt, prendre l’autre chemin mais tracé dans la terre. Quand même … Comment est-ce qu’Hyathéna pouvait aussi bien connaître tout cela ?

« Je suis de ce monde depuis des siècles voire bien plus, Sélia. Je sais des choses que peu de pokémons spectres ou ténébreux connaissent. Voilà tout. Cela répond à ta question. »

« Oui mais j’aimerai éviter que tu lises dans mes pensées la prochaine fois. Merci bien … C’est assez personnel et je t’en ai déjà parlé à ce sujet. »

« Mais des fois, tu me demandes de le faire car tu ne veux pas l’exprimer de vive voix. C’est assez problématique. Soit c’est l’un, soit c’est l’autre. »

« … … … Tais-toi, cela vaudra mieux pour tout le monde. »

Hyathéna ne lui répondit pas alors qu’elle finissait par terminer la marche qu’elle avait accompli jusqu’à se trouver non-loin de l’endroit où normalement le Leviator se trouvait. Chose qui fut vérifiée quelques instants plus tard lorsqu’elle trouva des traces du Leviator non-loin de sa position. Il était tout prêt … si prêt même.

« Ce n’est plus qu’une question de mètres je pense. »

« LEVIAAAAAAAAAAAA ! »

« Je crois que surtout, il t’a déjà trouvée, Sélia. » murmura la voix en elle avec une petite pointe d’amusement. Ça la faisait rire ? Pas elle. ET ENCORE MOINS QUAND ELLE VIT UN RAYON BRISANT LES ARBRES QUI FONCAIT DROIT VERS ELLE !

Elle fit une roulade sur le côté, l’évitant de justesse tout en pestant légèrement. Où était-il ? Où était-il ce salopard de Leviator ?! Elle n’eut guère besoin de le chercher, une ombre autre que celles des arbres venant cacher le peu de lumière issu du ciel. Leviator … rouge ? Aux écailles rubis ? Et il était impressionnant, trop impressionnant.


Autant un Arbok pouvait paraître … assez impressionnant mais le Leviator déjà à la base était une créature spécialement … gigantesque. Mais là …C’était à une toute autre échelle ! Le Leviator aux écailles rubis devait bien faire environ vingt à trente mètres de longueur ! Et autant ne pas parler de la circonférence de son corps ! Au moins deux à trois la taille d’un humain ! Pourquoi est-ce qu’il était aussi énorme ?

« Je te sens un peu anxieuse … même si je ne devrai pas lire dans tes pensées. »

« Il est bien plus gros que prévu … encore plus que l’Arbok. Je suis sensée être heureuse ? »

« Tu voulais un défi, n’est-ce pas ? Voilà donc celui que tu recherchais. »

« … … … Tu chercherais donc à me tuer ? » rétorqua la jeune femme aux cheveux bleus bien qu’au final, elle connaissait la réponse depuis le temps.

« Si c’était le cas, je l’aurai fait depuis longtemps … Mais si tu m’es utile et inversement, je ne vois pas pourquoi je devrais te faire du mal. »

« … … … Oui, c’est exactement ça. Tant que tu m’es utile … et inversement. Il n’y a rien d’autre et il n’y aura jamais rien d’autre de toute façon. Il faut que cela soit bien ancré dans nos esprits à tous les deux. Maintenant … Il est temps de tuer un dragon. » murmura faiblement Sélia, sortant son épée tout en regardant le Leviator rouge.

« Fais attention à ses attaques, je t’ai prévenue à ce sujet, n’est-ce pas ? »

« Je serai sur mes gardes bien que je ne m’inquiète que moyennement. »

« Ne soit pas trop prétentieuse, tu sais pertinemment que c’est ce qui te causera ta perte. »

Sa perte ? Elle était déjà perdue … mais pas de la manière à laquelle pensait la Diamat. Loin de là même … C’était autre chose … Elle regarda le Leviator, ne le craignant guère avant de faire flamboyer son épée avec des flammes violettes.

« S’il est un dragon … même si ce n’est pas totalement le cas, il ne devrait pas apprécier ce genre d’attaque, n’est-ce pas ? Ou alors, peut-être que je me trompe ? »

« Il ne subira pas plus de dégâts qu’une attaque normale … mais comme on parle d’une attaque liée à la puissance des dragons, cela laissera quelques marques. »

Quelques marques ? Elle ne voulait pas faire quelues marques mais vraiment tout simplement le tuer ! Tuer ce fichu dragon ! Elle n’allait pas priver ! Sans crier gare, elle se jeta sur son adversaire, sautant dans les airs avant de projeter ses flammes violettes liées aux dragons en plein sur la face du pokémon.
Celui-ci se les prit sans résister, penchant la tête en arrière sous la puissance du coup avant de se remettre correctement. Il ouvrit la gueule, rugissant de rage avant de frapper le sol avec son long corps, atterrissant sur celui-ci. Une partie du corps se souleva pour menacer la jeune femme mais celle-ci n’était guère impressionnée maintenant.

« Avec son gros corps, il n’y a aucune chance qu’il arrive à me toucher. »

« Méfies-toi … Tu ne sais jamais sur quoi tu peux tomber. Je t’ai déjà dit : La vantardise est l’ennemie de la victoire. Si tu ne fais pas attention, tu vas le regretter. »

Le regretter ? Elle regrettait déjà pas mal d’autres choses, autant ne pas en rajouter ! Elle amorça une nouvelle attaque mais cette fois-ci, le Leviator fut plus prompt à réagir, tout son long corps venant la frapper, la projetant contre un arbre qui se brisa sous la puissance puis un autre et encore un autre. Il fallut un cinquième arbre pour qu’elle puisse enfin s’arrêter dans sa projection. Elle cracha du sang, hoquetant de surprise.

« Un humain normal serait déjà mort depuis longtemps … »

« Sal… Saleté … Saleté de pokémon. Pour qui est-ce qu’il se prend ?! »

« Pour une créature d’une puissance bien supérieure à la tienne, Sélia. »

« Ah oui ? Je vais le lui montrer … Je ne vais pas mourir maintenant ! Il en est hors de question ! Je ne mourrais pas tant que je n’aurai pas récupéré Kéran ! »

Une telle conviction était exemplaire … Vraiment exemplaire, il fallait le reconnaître et l’applaudir. Mais ce n’était pas suffisant. Il fallait plus que de la volonté pour y arriver … beaucoup plus même. Mais cela … Sélia en avait.

« Sélia, fais attention … Il va attaquer sérieusement maintenant. »

« QU’IL VIENNE ! Je l’attends cet enfoiré ! »

Un tel langage de la part de Sélia n’était pas courant mais elle ne lui en fit pas la remarque. A cause des derniers évènements, elle comprenait parfaitement l’énervement et la colère de la jeune femme aux cheveux bleus. Celle-ci s’était relevée, vérifiant brièvement que rien n’était brisé avant qu’une aura noire ne se forme autour d’elle.
Elle se jeta sur son adversaire, sautant maintenant jusqu’à atterrir sur une branche, faisant de même pour gagner de la hauteur. Elle allait l’exploser ! Elle allait le couper en tranches comme cet Arbok ! Il allait regretter d’être né cet imbécile ! Il allait regretter de se retrouver en face d’elle ! IL ALLAIT …

« AAAAAAAAAAAAAAH ! »

L’éclair l’avait frappé en plein dans les airs, sans qu’elle ne puisse faire quelque chose. Elle s’écroula au sol, hoquetant et tremblant de tout son corps alors que le Leviator ouvrait la bouche, des flammes apparaissant à l’intérieur.

« Relève-toi maintenant, Sélia ! Relève-toi ! » cria Hyathéna.

« Je ne peux pas … Mon corps ne me répond pas … Il ne m’obéit pas. »

« Relève-toi maintenant ou tu risques de le regretter amèrement ! »

Mais son corps ne lui répondait pas ! AH ! SI ! Maintenant ! Elle se redressa, faisant un mouvement sur la droite avant que les flammes ne viennent calciner ce qui se trouvait sur leur passage … dont le bras gauche recouvert de métal de la jeune femme. Celle-ci hurla, relâchant son arme dans la main droite à cause de la douleur.

Chapitre 178 : Petit aperçu

Chapitre 178 : Petit aperçu

« Est-ce qu’il est encore là ? Je ne ressens plus sa présence. »

« Je ne la ressens plus non plus. Il semblerait qu’il soit parti après nous avoir laissé ces quelques … sbires, Kéran. Que veux-tu que l’on fasse ? On ne peut pas les libérer … On peut simplement les tuer une nouvelle fois. Peut-être qu’ils seront apaisés alors. »

« Apaisés ? Je ne suis pas sûr … de cela … mais nous ne pouvons pas les laisser commettre des atrocités en les laissant seuls. Alors, il faut que l’on s’en occupe voilà tout. »

Il disait cela sans grande motivation. Tuer des humains et des pokémons qui voulaient tout simplement mourir en paix, ce n’était pas vraiment pour quoi il se battait actuellement. Il poussa un léger soupir désemparé avant qu’un cri ne se fasse entendre. Katérina passa à côté de lui, tranchant avec facilité le premier homme qu’elle voyait. Celui-ci disparu dans un volute de fumée, ne laissant aucune trace de son existence derrière lui.

« Qu’est-ce que … Où est-ce qu’ils partent, Swar ? » demanda le jeune homme.

« … … … Je hais ce genre de personnages. » murmura faiblement la voix féminine. « Il ne leur permet pas d’être apaisés. Dès qu’ils meurent une fois, ils reviennent en lui pour être utilisés indéfiniment. Kéran, si tu veux les soulager et les libérer … »

« Il faut alors que l’on arrive à s’en débarrasser définitivement de ce Noctunoir. » coupa le jeune homme, ayant parfaitement compris la situation.

Une situation qui le dégoûtait … qui le dégoûtait vraiment. Il poussa à son tour un cri avant de se tourner vers Katérina qui était déjà en train de faire son travail.

« Laisse-moi faire, Katérina ! J’en fais une affaire personnelle ! »

« Qu’est-ce que tu racontes là encore ?! Tu crois vraiment que tu peux arriver à battre plus d’une centaine de types, seul ? Laisse-moi faire ! T’es pas doué ! »

« … … …. Non, Katérina. » murmura le jeune homme, arrivant à sa hauteur, posant un rapide baiser sur ses lèvres. « Ce n’est pas uniquement ton problème. Ce que ton … Non, ce que ce Noctunoir a fait, je ne lui pardonnerai jamais. »

« … … … Je te fais confiance, fais donc. »

Elle recula de quelques pas, rougissant un peu après le baiser avant de se tourner vers les personnes du Dominion, leur hurlant de ne pas se mêler de ce combat. Certains avaient déjà appelé leurs pokémons mais écoutèrent la jeune femme.

« Quel idiot … Ce n’était pas son combat.

C’était le sien … à elle mais … Kéran avait décidé de tout prendre sur lui. Elle le regarda combattre avec une telle facilité les dizaines de pokémons, les dizaines d’humains qui tombaient les uns après les autres, disparaissant peu à peu. Malgré la fatigue, le jeune homme arriva à tous les éliminer, venant s’asseoir dans l’herbe, son épée plantée dans le sol. Il prit une profonde respiration, cherchant à récupérer de l’oxygène bien qu’il gardait la tête baissée. La princesse du Dominion Naturel amorça un premier mouvement mais ce fut Katérina qui arriva auprès de Kéran, passant ses bras autour de son cou.

« Fatigué, Kéran ? Tu en as fait un peu trop aussi, il faut le reconnaître. »

« Disons que … je suis fatigué de ce qui s’est passé. J’ai l’impression de n’avoir rien accompli actuellement à cause de … Karos, voilà tout. »

« Ce n’est pas grave. Un moment, nous arriveront bien à nous en débarrasser de ce type. »

« Katérina … Après tout ce qu’il t’a fait, je t’avoue que … Je ne sais plus trop quoi penser exactement de tout cela. Tu n’es pas enragée ? Tu ne veux pas te venger ? »

« Bof … Comme il l’a dit, je suis plus apeurée par lui qu’autre chose. Mais à côté, toute cette haine et colère que j’ai accumulées pendant des années … Tout ça a disparu à force. Il faut dire que j’avais une personne auprès de moi ces derniers temps. »

Elle se serra avec plus d’insistance contre lui, Kéran rangeant son épée avant de poser ses mains sur le dos de Katérina, cherchant à la soulever pour la mettre sur ses épaules. Elle se laissa faire, demandant néanmoins :

« Tu crois vraiment que c’est une bonne chose de faire ça ? Tu es quand même fatigué, Kéran. J’aimerai éviter de t’épuiser … enfin de cette manière. »

Il ne répondit pas, disant aux personnes du Dominion Naturel qu’ils pouvaient se mettre en route. Il ne fallait pas se préoccuper de ce qui venait de se passer. Il avait décidé d’oublier complètement tout ça … pour le moment. De tout ignorer si c’était possible.

Au bout d’une bonne heure, il s’excusa envers Katérina, lui demandant de descendre. Sans aucune réticence, elle s’exécuta avant qu’il ne sorte ce qu’il avait acheté pour elle. Un paquet de bonbons … Du moins, de quoi lui faire plaisir.

« Qu’est-ce que … C’est quoi tout ça ? Des confiseries ? Pour moi ? »

« Non non … Pour le voisin. Bien entendu que c’est pour toi. »

Elle tira la langue, le remerciant légèrement avant de prendre un cheming-gum en bouche. Elle commença à le mâcher, semblant avoir un peu de mal. Elle n’avait pas l’habitude de cela visiblement puisqu’elle tira une moue avant de marmonner :

« C’est quand même assez dur. Mais bon … Je sais ce que je vais faire. Ferme les yeux. »

« Hmmm ? D’accord, je m’exécute mademoiselle bien que je ne sais pas ce que vous prévoyez. » répondit le jeune homme, fermant les yeux comme convenu.

Il sentit les lèvres de Katérina qui vinrent se poser sur les siennes tandis qu’il se laissait faire. Et ensuite ? AH ! Qu’est-ce que … Sa langue … Elle jouait avec sa langue, allant chercher la sienne pour jouer avec. Oh la vilaine fille ! Très vilaine ! Mais il n’y avait pas que ça, loin de là même. En fait … Elle était en train … de lier le chewing-gum avec lui ?

Ca collait aux dents et celles-ci allaient subir un véritable … HMMMF ! Il n’arrivait plus vraiment à se concentrer alors qu’il sentait maintenant qu’elle lui soufflait à l’intérieur de la bouche. Qu’est-ce que … AH ! Le chewing-gum ! Elle était en train de faire une bulle à l’intérieur de sa bouche ! Il n’arrivait plus à respirer avec elle et …

« Hahahaha ! Ouvre donc ta bouche, Kéran ? »

Il s’exécuta, toussant un peu alors qu’elle regardait le désastre qu’elle avait fait. Sur les dents, les gencives et à l’intérieur, plusieurs morceaux de chewing-gum étaient présents. La langue de Kéran commença à aller les chercher, y arrivant pour certains, nullement pour d’autres. Il poussa un soupir, croisant les bras en regardant Katérina.

« Vraiment … Très malin de ta part, Katérina … »

« Oh … Je ne trouvais pas ça une si mauvaise idée dans le fond. Ne t’en fait pas, le reste, je le garde pour ce soir, je sais ce que je compte en faire. »

Ce qu’elle comptait en faire ? En parlant de la sorte, il se sentait un peu fébrile et excité, il ne savait pas vraiment pourquoi. Néanmoins, devant le sourire qu’elle lui fit, il comprit que … cela risquait d’être une sacrée soirée. Mais pour le moment, ils allaient réfléchir à ce qu’ils allaient faire du reste de la journée.
Et à part marcher, ils ne firent pas grand-chose visiblement. Lorsque la nuit arriva, Katérina avait installé la tente où elle allait dormir avec Kéran à une distance plus grande des autres par rapport à d’habitude. Sans donner d’explications, elle vint s’installer à côté de lui, mangeant tranquillement, un sourire aux lèvres.

« Vous avez appris la nouvelle d’ailleurs ? Au sujet du chef de l’Enceinte aux esclaves ? » dit l’un des soldats du Dominion, cherchant à faire la conversation.

« Nous sommes déjà au courant si c’est par rapport à sa mort. »

Le soldat s’excusa mais le sourire de Kéran se perdit en même temps que celui de la princesse. C’est vrai … Il n’y avait pas besoin de leur rappeler ça. C’est vrai que … Sélia avait tué son propre père, sans aucune réticence. Ah … Il ne voulait pas …

« Hey … Kéran, on va te faire oublier tout ça ce soir, ne t’en fait pas. »

Katérina venait de lui chuchoter quelques mots dans le creux de l’oreille, le faisant encore un peu trembler. Qu’est-ce qu’elle avait prévu ? Qu’est-ce qu’elle avait prévu ? Brrr … Il était pressé de le savoir, vraiment pressé même !

« BON ! C’est pas tout ça mais je vais aller me coucher, moi ! Tu viens, Kéran ? »

« Oui oui ! J’arrive tout de suite ! Pardon … Bonne nuit à vous tous. »

Il s’inclina et fit un geste de la main pour saluer tout le monde avant d’aller rejoindre Katérina. Qu’est-ce qu’il était enjoué ! Plusieurs idées vinrent parcourir son cerveau alors qu’il rentrait dans la tente quelques secondes après Katérina.
Celle-ci était assise dans un coin de la tente, le sac de confiseries à côté d’elle. Elle tapota le sol à sa gauche, invitant Kéran à s’asseoir à côté d’elle. Il vint s’exécuter, la regardant en attendant de savoir ce qu’elle comptait faire.
« Alors … Alors … Alors … Alors … Hum … Qu’est-ce que mon petit Kéran m’a acheté comme bonbons ? J’ai l’impression qu’il avait des idées peu … orthodoxes en tête à ce moment-là, n’est-ce pas ? Ou alors, peut-être que je me trompe ? »

Il ne répondit pas, la voyant sortir une sucette avant d’en retirer l’emballage. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? AH ! Elle était en train de … de donner des petits coups de langue dessus tout en lui jetant un regard.

« Quand même … Elle a un certain goût très appréciable, il faut le reconnaître. Mais je la trouve un petit peu trop petite … que cela en longueur ou en épaisseur. »

« Katé… Je ne pensais … enfin je … »

Deux petits coups de langue et il se retrouva déjà en train de croiser les jambes. L’idiote ! Elle savait pertinemment l’effet que ça lui faisait ! Et ça l’amusait même ! Elle savait parfaitement l’effet que ça lui faisait ! D’ailleurs, elle posa une main sur le bas de son ventre, le caressant doucement avant de dire :

« Et si tu te mettais un peu plus à l’aise, Kéran, tu ne crois pas ? »

« Je ne …. Oh et puis zut ! » répondit-il avant de retirer une partie de ses vêtements, comme s’il allait déjà se coucher, restant en caleçon et en T-shirt bien qu’il croisait les jambes.

« Oh … Ca m’a l’air plutôt … intéressant tout cela. »

« Où est-ce que tu veux … m’emmener en faisant ça ? » demanda-t-il en la fixant.

« Laisse-moi y réfléchir, d’accord ? »

Tout en disant cela, elle continua à donner des petits coups de langue sur la sucette avant d’enfouir sa bouche tout autour. Maintenant, elle émettait des bruits de suçons mais il n’y avait pas que cela. Un filet de bave s’écoulait de ses lèvres, glissant le long de la sucette jusqu’à tomber sur le décolleté de la jeune femme.

La bave qui s’écoulait le long de son décolleté … Le jeune homme vint déglutir, devenant de plus en plus tremblant alors qu’elle le regardait avec ardeur. Elle arrêta de jouer avec la sucette, replongeant sa main dans le paquet de confiseries.

« Et si nous … passions aux choses un peu plus sérieuses, Kéran ? Tu en penses quoi ? »

« Je … Où … est-ce que tu veux en venir, Katérina ? Enfin, tu sais parfaitement que … »

« Chut … Kéran … Chut … »

Il vint se taire, se laissant faire alors qu’elle en sortait maintenant le sucre d’orge.

« Mon petit Kéran … Devine ce que je peux faire avec ce sucre d’orge ? »

« La même chose qu’avec la sucette ? » demanda le jeune homme, ayant du mal à se contrôler. D’ailleurs, il avait posé ses mains sur le croisement de ses jambes au niveau de son caleçon, faisant quelques mouvements furtifs et discrets.

« Tu manques d’imagination mon grand … Je vais te montrer … Regarde bien et imagine toi donc ce que je peux faire avec cela. »

Que … Que … QUOI ?! Elle était en train de … coincer le sucre d’orge entre ses deux seins. Et surtout … Elle léchait le bout avec perversité, sa langue sortie de sa bouche. Le pire ? C’est que le sucre d’orge ne semblait pas tomber, non … Il était bien ancré entre ses deux … AAAAAAAH ! Il en avait assez !

« Katérina … J’espère que tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ? »

« Oh ? Et qu’est-ce que je fais actuellement ? Tu peux me le dire ? »

« Non, je ne vais pas te le dire, Katérina. Je ne vais pas te le dire ! Je vais te le montrer ! » s’écria le jeune homme avant de bondir sur elle, la plaquant au sol. Elle le regarda avec tendresse, baissant ses yeux au niveau de l’entrejambe de Kéran. Le sexe de ce dernier sortait déjà en partie de son caleçon.

« Oh … Coucou, toi. Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ? »

« Idiote … Tu es prête à en payer les conséquences ? » demanda t-il alors qu’elle continuait de lécher le sucre d’orge. Visiblement, elle ne voulait pas lui répondre ? Alors qu’il allait faire ça ! Sans hésitation, il planta ses dents dans le sucre d’orge, le brisant en deux avant de jeter le haut du sucre d’orge. Il vint récupérer le bout coincé dans le décolleté de la jeune femme avant de le tendre en direction des lèvres de Katérina. Celle-ci croqua à son tour le morceau de sucre d’orge, chacun rapprochant les lèvres de l’autre jusqu’à finir par s’embrasser. Kéran sembla surpris, baissant les yeux alors qu’il voyait quelque chose qui sortait de la culotte blanche de Katérina. Il toussa un peu alors que Katérina terminait le morceau de sucre d’orge, rougissant un peu avant de dire :

« Surprise … Moi aussi … Enfin … Tu en pensais quoi ? »

« Que ce genre de petites échauffourées me donne envie d’aller plus loin … encore plus loin avec toi, voilà tout, Katérina. »

« Kéran … Enfin … Je … Tu sais parfaitement qu’à cause de tout ça… »

« Mais ça me fait rien, Katérina ! Ca ne fait rien du tout ! »

Chapitre 177 : Mission et armée

Chapitre 177 : Mission et armée

« Les membres de l’Enceintes sont des plaies pour ce monde. Or pour soigner ce genre de plaies, il n’y a pas cinquante solutions. Il faut utiliser du sel … Je suis le sel de l’Enceinte. »

« … … … Utiliser le sel est vraiment sadique en un sens. Je ne savais pas que tu étais ainsi, Sélia. » murmura calmement Elian en la regardant, les sourcils froncés

« Je ne suis pas sadique … Je suis efficace, voilà la différence entre moi et les autres. Mais qu’est-ce que vous voulez de moi maintenant ? »

Si elle le vouvoyait, il allait peut-être lui lâcher la grappe. Elle avait vraiment envie de se reposer maintenant. Il avait réussi à la fatiguer plus que nécessaire à cause de ses paroles. Ca l’exaspérait et l’énervait. De son côté, Elian avait fini par se rasseoir, murmurant :

« Ce que je voudrai de toi ? Que tu te calmes, tout simplement, c’est aussi facile que cela. Que tu ne fasses plus de coup d’éclat de la sorte, voilà tout. »

« Pourquoi cela ? N’est-ce pas une bonne chose que la Sainte Alliance soit maintenant sûre que l’Enceinte aux esclaves ne commettra plus d’imbécilités de la sorte ? »

« Si la Sainte Alliance nous avait attaqués, peut-être … Mais ce n’est pas le cas et tu le sais parfaitement, n’est-ce pas ? Non, le problème dans cette histoire, c’est que tu as fini par tuer le chef de l’Enceinte aux Esclaves, l’un des rares personnes appréciées dans l’organisation aux yeux de tout le monde. Le souci aussi est le fait que tu sois sa fille. Les gens vont maintenant penser que je monte les familles les unes contre les autres. »

« Ce que les gens pensent, ce n’est pas mon problème. Je ne fais pas dans le social. »

« … …. … Ce n’est pas là où je voulais en venir et tu le sais parfaitement.  Bon … Je pense que tout a été dit, tu peux t’en aller maintenant. Je ne vais pas te déranger plus longtemps à ce sujet. Vas donc te reposer. » déclare Elian avant de pousser un profond soupir devant le comportement problématique de Sélia depuis quelques jours.

« Oui, je vais le faire dès maintenant. Pour la prochaine mission, envoyez moi une lettre ou alors quelqu’un pour me dire ce que j’aurai à faire. »

« Oui … C’est la meilleure solution à l’heure actuelle. » termina de dire Elian alors qu’il la regardait partir. Lorsqu’elle ne fut plus là, il tapota nerveusement sur sa jambe avec son doigt, comme un peu agacé, reprenant : « Vraiment … Qu’est-ce qui lui prend de se comporter de la sorte ? Ce n’est pas ainsi qu’elle devait le faire … Enfin bon … Si tout est fait, je ne vais pas dire que cela ne nous arrange pas dans le fond. »

« Sélia … Cet homme nommé Elian, je l’ai déjà vu plusieurs fois grâce à toi … mais aujourd’hui, il me semblait un peu différent. » murmura la Diamat en la jeune femme aux cheveux bleus, celle-ci répondant par la pensée.

« Qui ne serait pas agacé par mes dernières actions hein ? C’est normal que … »

« Non, ce n’est pas de cela dont je voulais parler. J’attends que tu sois seule. »

« … … … Qu’est-ce que tu as à raconter encore une fois, toi ? »

« Tu verras bien le moment venu … Je me pose quelques questions au sujet d’Elian et je veux savoir si tu partages mon avis ou non à ce sujet. »

« … … … Je sens que ce genre d’idioties ne va pas me plaire mais bon … On le fera. »

« Merci bien. Je ne ferai que te parler d’une hypothèse et rien d’autre. » répondit la voix féminine en elle alors que Sélia se dirigeait maintenant vers un endroit où se reposer.

Quelques minutes plus tard, elle avait fermé la porte à clé, tournant celle-ci jusqu’à entendre le cliquetis caractéristique. Elle retira son armure, observant sa poitrine cachée par la toile du tissu qui la recouvrait avant de marmonner :

« Même de ce côté-là … Je ne suis pas perdante. Elle est plus petite que la mienne … Alors pourquoi est-ce que … J’ai besoin de comprendre réellement. »

« Ah … Les problèmes de femme … et de rivalité, je sais ce que c’est … Néanmoins, Sélia, j’aimerai te parler au sujet d’Elian. »

« Raconte ce que tu as à dire et ne tourne pas autour du pot. »

« Je pense qu’Elian a des chances d’être possédé. » déclara finalement la dragonne en Sélia, celle-ci arrêtant de juger sa poitrine avant de regarder le miroir en face d’elle.

« Et qu’est-ce qui te fait dire une telle chose ? »

« Je ne sais pas … Son comportement et mon intuition. J’ai l’impression que ce n’est pas la même chose, loin de là même. Enfin, peut-être que je me trompe, non ? Nul ne le sait réellement. Mais voilà … C’est juste ça. »

« S’il est possédé, je ne sais pas depuis quand … mais si c’est le cas, je n’hésiterai pas à le tuer, qu’importe qu’il soit mon chef ou non. »

« Voilà donc la seule supposition que je voulais te faire et rien d’autre. »

Elle vint se coucher sur le lit, observant le plafond en le fixant longuement. Finalement, elle poussa un profond soupir avant de marmonner dans sa barbe :

« C’est tout ce que je voulais savoir … Si tu n’as rien d’autre à me dire, tant mieux ou tant pis alors … Voilà tout … Ce n’est que cela donc ? »

« Je pensais que c’était déjà assez à la base mais visiblement, ça ne semble pas être le cas. »

« Si si … Ça l’est … Ça l’est … Je vais dormir maintenant. Ne me dérange pas sauf s’il y a un risque je me fasse tuée pendant mon sommeil. »

Comme si quelqu’un allait prendre le risque de commettre une telle imbécilité. Hyathéna vint se taire avant que Sélia ne plonge dans un rêve, seul endroit où Kéran se trouvait avec elle.

« Katérina ? Reste auprès de moi … Je vais m’occuper de lui. Il ne t’a rien fait ? »

« Rien du tout … Kéran … Ne t’en fait pas, je ne l’aurai pas laissé me toucher. »

Il aurait bien répliqué qu’il n’en était pas si sûr que ça mais non … Il valait mieux ne rien dire à ce sujet. Il allait tout simplement la réconforter si cela s’avérait nécessaire. En espérant que ça soit le cas … mais après le combat.

« D’ailleurs, je ne connais même pas le nom de ce Noctunoir. »

« Est-ce que je dois me présenter ? Je me nomme Karos …. Héhéhé. »

Le Noctunoir eut un grand éclat de rire maintenant que la situation allait mieux pour lui. Même s’ils étaient revenus, cela n’allait pas changer grand-chose à ses plans. Il voulait instaurer la terreur et la peur et il venait de réussir, il le savait.

« Karos ? Enfin … Au moins, je saurai le nom de la créature que je vais éliminer. » déclara calmement Kéran, une aura noire se formant autour de lui.

« Oh ! On va donc assister à un vrai combat avec lui ! »

La princesse semblait déjà plutôt enjouée bien qu’en même temps, elle était sur ses gardes. D’ailleurs, quelques racines étaient visibles autour d’elle. Lui-même ne comprenait pas comment elle était capable d’une telle chose. Car oui, les humains, normalement, n’étaient pas capables de cela, n’est-ce pas ?

« Pourquoi ? D’habitude, je ne me bats pas réellement, princesse ? »

« Héros Kéran, ce n’est pas ce que je voulais dire. Pardon … Vraiment … »

« Hahaha … Ca ne fait rien. Protégez juste Katérina pendant que je vais m’occuper de lui. Ca ne devrait pas être trop long. »

Il se sentait un peu plus confiant que d’habitude bien qu’il n’avait aucune explication à cela. A l’intérieur de lui, la voix d’Elyséa se fit entendre, murmurant :

« Ne fait pas trop de zèle, Kéran. Tu sais parfaitement que ce n’est pas une bonne idée, d’accord ? Je te conseille de te méfier au cas où. Nous ne savons pas ce qu’il prépare. S’il est là, c’est qu’il a une sombre idée en tête et que nous devons nous méfier. »

« Ne t’en fait pas … Je me doute bien qu’il n’est pas là sans avoir manigancé quelque chose. Je vais me méfier de lui. Après … Enfin … Elyséa … »

« Hum ? Qu’est-ce qu’il y a, Kéran ? Tu as l’air un peu troublé. »

« J’ai pris l’habitude que tu me parles quotidiennement alors tu sais … Si je n’entends pas ta voix pendant plusieurs heures quand je suis réveillé, je commence … »

« Idiot. Ne t’en fait donc pas pour cela. Je ne disparaitrais pas comme ça. »

« Ce n’est pas que ça … Elyséa. Enfin, tu as l’air un peu distante depuis quelques jours. »

« Ne t’en fait donc pas pour cela et concentre-toi plutôt au lieu de bavarder. »

Oui mais … Bon … Elle ne lui laisserait pas la possibilité de parler de toute façon, il le savait pertinemment maintenant. Il poussa un léger soupir avant de se mettre en position de combat, regardant le Noctunoir qui l’observait.

« Je vois … Encore en train de converser avec elle. Tsss … Elle ne comprendra donc jamais qu’il ne faut pas se mêler des choses qui ne la concernent pas ? Elle va l’apprendre à ses dépens et ensuite, je compte bien … »

« La ferme. » coupa sèchement Kéran, le Noctunoir le regardant en haussant un sourcil.

« Tu veux bien répéter ? Avant que je ne t’élimine ? »

Pourtant, le jeune homme plongea dans son mutisme. Restant de marbre, il ne faisait que regarder le Noctunoir en attendant de voir ce qu’il comptait faire car oui, il avait surement une idée en tête. Et pour cela … Il préférait se méfier.

Les secondes s’écoulèrent alors que son aura noire s’accentuait Il était prêt à tout … vraiment … Il commença à amorcer un premier mouvement vers le Noctunoir, lui-même toujours immobile tandis que le reste ne bougeait pas. Puis subitement, Kéran fit un saut en avant, se mettant à courir à toute allure vers le Noctunoir.

« Tu t’es enfin décidé à m’attaquer ? HAHAHAHA ! Ton impatience va te coûter la vie ! »

« Je ne crois pas non … El… Swar ? Est-ce que l’on peut faire comme prévu ? »

« Tu sais parfaitement que je n’aime pas vraiment que l’on utilise cette technique mais bon … » murmura l’être en lui avant de reprendre : « Quand tu es comme ça, il est plutôt difficile de t’arrêter, n’est-ce pas ? Fais attention à toi. »

« Comme d’habitude … Je suis prêt ! »

Grâce aux pouvoirs d’Elyséa, il prit appui sur ses jambes, sautant dans les airs à plusieurs mètres de hauteur, dépassant au moins la dizaine. Il allait atterrir sur le Noctunoir et l’éliminer d’un seul coup d’épée.

« Idiot … Visiblement, tu ne comprends pas que dans les airs, tu es incapable de te mouvoir ? Tu vas donc mourir en plein saut ! »

« Hum ? Peut-être. » répondit calmement le jeune homme, visiblement peu impressionné par les paroles du Noctunoir alors qu’il était déjà en pleine chute.

Le Noctunoir recula, ricanant alors que plusieurs pieux ténébreux firent leurs apparitions à l’endroit où Kéran devait atterrir. Pourtant, un autre rire se fit entendre, celui du jeune homme qui semblait comme amusé. Tout son corps commença à devenir flou avant qu’il ne traverse les pieux …mais aussi le sol ?

« Qu’est-ce que … Où est Kéran ? » demanda aussitôt la princesse du Dominion Naturel, un peu apeurée par l’absence de présence de la part de Kéran.

« Calme-toi, la gamine. Il va bien … Ca m’énerve juste qu’il soit capable de faire ça. »

Katérina avait pris la parole, pestant. Kéran était devenu … tellement proche de Swar. Car si cela n’avait pas été le cas, il n’aurait jamais été capable de faire ça. Ça ? Oui … Elle parlait bien du fait qu’il pouvait … disparaître dans le sol pour réapparaître du genre … dans le dos du Noctunoir comme maintenant ?

L’épée vint se loger dans le corps de l’imposant spectre obèse, celui-ci regardant la lame qui venait de le traverser. Pourtant, le corps s’était mis à fondre comme pour prendre une seconde forme, celle d’un Metamorph ? La créature s’effondre au sol dans une gelée violette, morte sur le coup alors que la voix de Karos se fit entendre :

« Tu pensais vraiment que j’allais me présenter à toi de mon plein gré ? Sans même prendre mes précautions ? Je sais maintenant ce dont tu es capable. Une telle relation entre un spectre et un humain … Jusqu’où vous en êtes ? Tsss … Je ne veux même pas le savoir. »

Pourtant, elle, Katérina, voulait le savoir. Même si ce n’était qu’en rêve, jusqu’à quel point … Kéran et Elyséa étaient proches ? Elle n’avait jamais vu une telle relation entre un pokémon spectral et un humain. Alors bon … Savoir que l’humain en question était celui qu’elle aimait, ça ne l’enchantait pas du tout, loin de là même. Tsss …

« Fait chier à la fin ! » s’écria-t-elle avant de se lever, sortant ses lames.

Maintenant qu’elle allait mieux, elle allait pouvoir se mêler à la bataille et … Hein ? Que quoi ? Le sol s’était mis à trembler et à se fissurer alors que la voix du Noctunoir résonna autour du groupe, disant avec amusement :

« Dire que ma petite fille si jolie et si mignonne a eu peur ne serait-ce que d’une simple copie … Qu’est-ce que cela serait si je me trouvais en face d’elle, n’est-ce pas ? »

Katérina poussa un petit cri de rage et d’effroi alors que le sol s’ouvrait, laissant apparaître une bonne centaine de pokémons et d’humains … bien qu’ils étaient tous dénués de vie. Les bras pendants et les pattes ballantes, les morts-vivants étaient bien présents autour d’eux.

« Voilà de quoi vous distraire … Dommage pour vous mais je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre d’imbécilités. Nous nous reverrons, héhéhé … Mais sache, Kéran, que tu es ma première cible. Il est quand même dommage que tu ne puisses pas profiter du corps de ma petite fille, n’est-ce pas ? Salie et ternie … Héhéhé. »

« Ne t’en fait pas, la prochaine fois, je compte bien en terminer avec toi. » rétorqua déjà le jeune homme, envahi par la colère. Parler de ça en public … Ce Noctunoir allait la payer le jour où il arriverait à lui mettre la main dessus. Oui … Il n’hésiterait pas à le briser comme il avait brisé Katérina. Le jeune homme posa son regard sur la jeune femme aux cheveux argentés, lui faisant un sourire tendre et rassurant. Ils allaient s’occuper de ces semblants d’être vivants et ensuite, lui … Il irait lui offrir ce qu’il avait acheté pour elle. Il vivait pour elle … Il vivait pour la rendre heureuse, elle qui avait souffert dans le passé.

Chapitre 176 : Des comptes à rendre

Huitième axe : Dans l’enfer qui se prépare

Chapitre 176 : Des comptes à rendre

« Katérina ? Tu ne veux pas venir ? Tu es sûre de ça ? »

« Pas motivée … Tu sais parfaitement que j’ai pas que ça à foutre. Alors tu peux y aller et me laisser tranquille. Tsss … » marmonna la jeune femme aux yeux dorés alors qu’il s’approchait d’elle, caressant sa joue avant de murmurer doucement :

« Est-ce que tu veux que je t’achète quelque chose ou non ? Dis-moi ce que tu veux … »

« Humpf … Je ne sais pas. Tu n’as qu’à décider de toute façon, t’es un grand garçon. »

D’accord, d’accord. Il déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Peut-être qu’il pourrait lui acheter à manger ? Des confiseries ? OH ! Peut-être oui ! Ca serait pas une si mauvaise idée que ça dans le fond ! Il allait faire ça ! Alors qu’il partait avec Loa, l’adolescente aux cheveux rouges vint à ses côtés, disant dans un grand sourire :

« Héros Kéran, j’ai décidé de vous accompagner ! »

… … … Comme elle le désirait ? Sauf que voilà, d’autres personnes virent la suivre, chargées de la protéger. Il poussa un léger soupir désemparé, non pas parce qu’il voulait être seul avec elle, loin de là. Juste qu’il ne voulait pas avoir de soucis. Il passa une main sur son front, gémissant de douleur avant de marmonner à son tour :

« Si vous êtes tous prêts, nous pourrons y aller, d’accord ? Il n’y a aucun problème à cela ? »

Il préférait être sûr mais bon … Il regarda le visage colérique de Katérina, soupirant une nouvelle fois. Qu’elle ne lui lance pas ce regard, il n’avait rien fait de mal hein ? Loin de là même ! Il était zen et calme ! Pas besoin qu’elle s’emporte !

« Bien entendu ! Je vous suis, héros Kéran ! » dit Iyasminé avec amusement avant d’aller prendre son bras entre les siens. C’était quoi ça ? Bon … Ce n’était pas forcément dramatique, loin de là mais … bon … Il était quand même avec Katérina hein ? Et il valait mieux qu’il ne se fasse pas d’idées à ce sujet.

Car bon … Il n’était pas intéressé par la princesse et ce n’était pas possible qu’elle le soit envers lui. Accompagné donc par Loa, la princesse du Dominion Naturel et quelques gardes, ils pénétrèrent à l’intérieur de la ville de taille moyenne, prêts à faire quelques achats. Lorsqu’ils furent dans les rues commerçantes, il se tourna vers Loa, disant :

« Loa … Puisque tu es une femme, est-ce que tu sais ce qui ferait plaisir comme confiseries à une femme ? Enfin … A Katérina ? »

« Kéran, je suis moi aussi une femme ! Tu peux me poser la question hein ? » dit une voix derrière lui. Ah oui ! C’est vrai qu’il y avait aussi Iyasminé. Enfin bon … Il connaissait quand même un peu plus Loa que la princesse, c’est pourquoi il posait la question à elle.

« Hum … Je ne sais pas trop … Il faudrait aller voir dans ce magasin. »

« D’accord ! Je te suis ! » dit le jeune homme, accompagnant Loa avant que la princesse ne dise à son tour, marchant derrière lui :

« Je fais de même ! Je suis sûre que ça pourrait être une très bonne chose, de toute façon. »

Hum ? Ce n’était pas vraiment comme ça qu’il aurait pensé mais pourquoi pas ? Il haussa les épaules, rentrant dans la boutique avant de renifler. Hmm … Bonne odeur … Très bonne odeur même. Il devait le reconnaître, ça l’enivrait à moitié tout ça.

« Je sens que je vais bien me plaire ici. Normalement, avec l’argent … Je pense que ça devrait être possible. Hey ? Qu’est-ce que … »

Iyasminé était déjà en train de regarder des bonbons. Peut-être qu’il pouvait lui faire confiance non ? Il s’approcha d’elle, demandant d’une voix amusée :

« Alors ? Est-ce que tu as fait ton choix ou non ? Tu as trouvé quelque chose d’intéressant ? »

« Ces Teddiursas en guimauve recouverts de chocolat. Ils ont … l’air bons … »

« Tu es une princesse et tu vas me faire croire que tu n’as jamais eu de bonbons ? » dit-il avant qu’elle ne le regarde en hochant la tête positivement. Ce n’était pas parce qu’elle était une princesse qu’elle avait tout ce qu’elle désirait. Après, il était vrai que ce genre de plaisirs … n’était pas à la portée de tout le monde. Il se rappelait lui-même qu’il n’en avait eu que très peu … grâce à Sélia. Mais il en avait eu … Mais pas Iyasminé ? « Bon … Prends ce que tu veux … mais pas trop non plus. Tu ne dois pas avoir mal au ventre. »

« D’accord … héros Kéran. Mais vous me les offrez ? »

« Si vous évitez de le rapporter à Katérina, je pense que je peux le faire. » dit le jeune homme en haussant les épaules, un peu amusé par tout cela.

« Merci beaucoup ! » s’écria l’adolescente avant de l’embrasser sur la joue, commençant déjà à fouiller parmi les différentes confiseries. Il passait du tutoiement au vouvoiement dès l’instant où elle disait le mot « héros ». A côté de cela, il voyait Loa qui rigolait.

« Vraiment … Kéran … Quand Katérina disait que tu faisais la cour à la princesse du Dominion Naturel, je ne pensais pas que cela était fondé. »

« Je ne fais rien du tout, ne t’y mets pas non plus ! Tu sais parfaitement que ce n’est pas le cas ! S’il te plaît … Ne commence pas toi aussi. D’ailleurs, tu as choisi quoi ? Moi … Je ne sais toujours pas quoi prendre. »

« Essaye de voir ce qui lui conviendrait. Tu as le choix. »

Mais le choix dans quoi ? AH ! Le sucre d’orge ! Ca peut être pas mal pour elle non ? Ensuite … Hum … De la guimauve ? Il n’était pas sûr … Peut-être du chewing-gum. Oui … Surement ça ! C’était la meilleure idée ! C’était une excellente idée ! Il allait prendre quelques sucettes, le sucre d’orge mais aussi des chewing-gums ! Voilà … Enfin pour lui … Il n’était pas sûr de ce qu’il devait prendre. Bon, de toute façon, c’était pour Katérina et rien d’autre.

Après une bonne vingtaine de minutes, les trois personnes sortirent du magasin, Kéran avec son sachet de bonbons à la main, la princesse étant plus qu’heureuse et joyeuse. Il fallait dire qu’ils n’avaient pas été accompagnés par les soldats de la princesse.

« Princesse … Qu’est-ce …Vous savez que ce genre de … »

« J’ai décidé de les lui acheter. Tant qu’elle n’en abuse pas, elle ne se fera pas mal au ventre. » coupa aussitôt le jeune homme lorsqu’une femme prit la parole après qu’ils furent revenus vers eux, les soldats ayant fait les courses.

« Vraiment … Princesse … Vous exagérez ! Heureusement que cet homme est là ! »

« Exactement ! » déclara la princesse en rigolant, avalant un morceau de guimauve.

… … … Il n’était pas sûr que ce soit une bonne idée au final. Enfin, ce qui était fait était fait maintenant. Il regarda l’adolescente qui lui souriait alors qu’il était maintenant temps d’y aller. D’ailleurs, Loa aussi avait pris quelques confiseries mais qui marchaient pour les pokémons. Lui-même avait choisi des sucettes glacées pour Sarène. Il ne pouvait faire que cela de toute façon. Sarène méritait bien une petite douceur.

« Je suis des fois un peu trop gentil sur les bords. »

« Mais c’est ça qui te rend exceptionnel, Kéran. » dit la princesse Iyasminé sans même le vouvoyer sur le coup. Elle eut quelques rougeurs, murmurant quelques excuses par rapport à ses paroles et à sa conduite loin d’être exemplaire. Il expliqua que ce n’était pas bien grave.

Lorsqu’ils allèrent retrouver les autres, ce fut pour une mauvaise surprise, une très mauvaise surprise. Le Noctunoir … Le Noctunoir était là et il voyait les soldats du Dominion Naturel qui protégeaient Katérina en l’entourant. Le Noctunoir se tourna vers Kéran, pestant :

« Tsss …Visiblement, je suis arrivée un peu trop tard. Dommage… Je voulais m’amuser … Mais nous pouvons toujours y arriver, n’est-ce pas ? »

« Pas si je m’en mêle. » rétorqua Kéran, sortant aussitôt Swar. Enfin non … Son épée. D’ailleurs, Swar n’avait pas beaucoup parlé aujourd’hui. Il allait devoir lui parler.

« Pas maintenant, Kéran. Il y a des choses plus importantes. »

La voix en lui voulait le rassurer mais il ne l’était vraiment qu’à moitié donc bon … Pour l’heure, il fallait surtout retrouver Katérina ! Il courut en direction de la jeune femme, celle-ci étant à genoux, parcourue par les tremblements.

« Katérina … Je suis là … Je suis là … Ne t’en fait pas, d’accord ? »

« Ké… Kéran … Je … Ah … Tu es de … retour … Je … »

Elle était un peu perturbée et il pouvait le comprendre. Voilà pourquoi il voulait qu’elle le suive lorsqu’il rentrait dans une ville ! Il voulait qu’elle reste auprès de lui au cas où ! Pour que tout cela ne se répète pas ! Il ne pouvait pas la laisser seule avec le Noctunoir ! Il en était hors de question ! Il allait la protéger ! Comme il devait le faire !

Ailleurs, dans une cité aux nombreux habitants, une femme aux cheveux bleus, en armure grise, s’était mise à marcher en direction d’un imposant bâtiment. Sans même ne serait-ce que se retourner, la jeune femme pénétra à l’intérieur.

« Ma… Mademoiselle Sélia ? Le chef Elian vous attend. Je vais le prévenir de votre arrivée. Si vous voulez bien patientez … »

Patienter ? Elle n’avait que cela à faire de toute façon. Elle hocha la tête positivement, attendant donc que l’on aille chercher Elian. Il allait surement la réprimander pour ce qu’elle avait fait mais qu’importe … Ce qui était … fait était fait.

« Comment est-ce que tu te sens, Sélia ? » demanda une voix en elle.

« Comment devrais-je me sentir exactement à ton avis ? »

« Je ne faisais que poser cette question avec innocence et rien d’autre. Je ne pensais pas que cela irait te perturber, j’en suis désolée. »

« … … Ne profère pas de mensonges, je n’ai pas à penser à cela. Si tu n’avais pas ouvert la bouche, je l’aurai déjà complètement oublié. Mais il a fallu que tu me le rappelles … que je me rappelle de lui … que je me rappelle d’elle. C’est ce que tu voulais ? »

« N… Non … Pas du tout, je peux te le promettre, Sélia. »

Qu’elle le promette ou non, elle n’en avait rien à faire. Rien du tout même. Ca ne l’intéressait pas le moins du monde. Elle fronça les sourcils avant de fermer les yeux. Qu’Elian lui dise ce qu’il avait à dire et voilà … Comme cela, tout sera réparé.

« Le maître de la Sainte Alliance vous attends, mademoiselle Sélia. » déclara la femme à l’accueil qui était parti le prévenir.

« Je connais le chemin, pas besoin de me guider. » répondit Sélia avec lenteur, passant à côté de la femme sans même s’y intéresser plus longtemps.

Elle allait voir ce qu’Elian lui voulait. C’était à cause du meurtre qu’elle avait fait non ? Ou alors du massacre gratuit ? Elle … ne regrettait pas. Elle ne regrettait rien du tout. Ce qui était fait … était fait. Ce qui était fait … était accompli.

« … … … Sélia, après tout cela, il faudra que tu ailles te reposer d’ailleurs. »

« Je n’ai pas sommeil … et je n’ai pas envie de dormir. »

« Ce n’est pas ce que je veux entendre de ta part, Sélia. C’est pour ta santé. Il faut quand même que tu ailles dormir quand tu le pourras. »

Oui, oui … Un jour, peut-être. Elle arriva jusqu’à la double porte emmenant à la salle où l’attendait Elian. Elle se présenta face aux deux gardes, l’un des deux ouvrant la double porte pour qu’elle puisse pénétrer à l’intérieur. Encore sans un regard, elle pénétra à l’intérieur jusqu’à arriver en face de l’homme qui dirigeait la Sainte Alliance.

« Oui ? Je pense savoir pourquoi je suis convoquée. »

« Cela nous fera gagner un temps très précieux, Sélia. Néanmoins, il est normal que je demande quelques explications à ce sujet, n’est-ce pas ? »

« … … … Et qu’est-ce que vous voulez comme explications au sujet de quoi ? »

Elle n’allait pas jouer à ce petit jeu très longtemps, loin de là. Elle voulait juste éviter qu’il ne l’ennuie plus que nécessaire, voilà tout. Elle fixa Elian, celui-ci poussant un soupir :

« Est-ce que tu as une bonne explication à cela ? Rien que le fait que tu n’aies pas prévenu au sujet de ta relation par rapport au chef de l’Enceinte et … »

« Il était mort pour moi à cette époque … Il l’est définitivement maintenant. »

« Ce n’est pas vraiment là où je voulais en venir, Sélia. Quel autre secret caches-tu ? »

« Aucun … Mais si ce n’était que cela, j’aimerai aller me reposer. »

Une très bonne excuse que venait de lui fournir Hyathéna, il fallait le reconnaitre. Néanmoins, Elian ne semblait pas de cet avis, finissant par se lever avant de se mettre à faire les cent pas.

« Sélia … Ce n’est pas vraiment une réponse digne de ta part. Que s’est-il passé réellement là-bas ? Même si tu as éliminé un … problème … »

« Cela reste mon père et cela m’a exténué plus que je ne le pensais. C’est pourquoi je pensais aller me reposer si vous me le permettiez. »

« … … … Je ne peux pas te le permettre. Il faut que l’on discute plus longuement de toute cette histoire. Je n’ai pas l’impression que tu comprends le réel problème dans tout cela. »

Elle le comprenait mais elle n’en avait vraiment rien à faire de cet homme. Pour l’heure, même si Elian était le chef de la Sainte Alliance, elle le trouvait exaspérant. Elle n’avait pas que ça à faire, surtout pas ! Alors qu’il la lâche !

« Et qu’est-ce que je suis sensé comprendre réellement ? Maintenant que l’Enceinte aux Esclaves n’a plus de chef, on peut considérer qu’elle est morte. »

« Tu as coupé la tête de l’organisation … mais maintenant ? Qu’est-ce que les membres vont faire ? Quitter l’Enceinte ? Chercher le pouvoir ? Ou alors commettre les pires folies et absurdités maintenant qu’ils n’ont plus de chef ? »

« Ils savent qu’ils sont dans une position de faiblesses, ils ne feront pas une telle imbécilité. »

« Méfie-toi TOUJOURS des personnes qui sont en position de faiblesse, ce sont les plus dangereuses. » rétorqua Elian.
Et alors ? Qu’est-ce que cela changeait réellement pour elle ? Où est-ce que l’homme voulait en venir ? Elle était lasse … mais à cause de lui. Elle n’avait pas de compte à rendre.

Chapitre 13 : L’écouter

Chapitre 13 : L’écouter

« Comment ça, le jeune Aspicot est toujours en train de traîner autour d’Olistar ? »

« Non, c’est l’inverse. Même s’il se montre discret, on a remarqué qu’Olistar le surveille souvent. On ne sait pas pourquoi et il ne faut pas espérer lui demander pourquoi. »

« Merci de me l’avoir signalé, je vais aller voir avec ce jeune garçon Aspicot. C’est comment son nom ? Il est dans la même classe que la princesse non ? »

« C’est elle-même ainsi que la reine qui l’ont invité à venir suivre des cours et vous voulez savoir ? Il paraitrait qu’il est très obéissant et réceptif. Au final, ce fût une sacrée bonne surprise, il paraîtrait. Comme quoi, on juge trop souvent les autres sans raison ! »

« Ah bon ? Il est doué pour l’école ? Un garçon-aspicot provenant du peuple ? »

« Oui, c’est surprenant mais le professeur ne tarie pas d’éloge à son sujet. »

Peut-être est-ce pour cela que le garçon-Rapion s’intéressait à lui. Hum … L’enfant-Yanma sembla songeur avant de remercier les gardes, s’éloignant d’eux. Bon, alors, où est-ce que le garçon-Aspicot se trouvait ? Ah oui, là.

« Heureusement qu’aujourd’hui est le jour où il a cours. Bon ! HEY ! »

Il s’écria, venant se rapprocher d’Earnos qui le regarda avec méfiance. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait Holikan. Il connaissait aussi son nom mais surtout, il savait qu’il traînait autour de la princesse Terria. C’était un peu son gardien personnel.

« Oui ? Est-ce qu’il y a un problème, messire Olistar ? »

Ne pas manquer de courtoisie. Malgré qu’il avait à peine une année de plus que lui, il ne fallait pas oublier leurs différences. Cet enfant était une personne très importante dans le château de la famille royale. C’est pourquoi il lui parlait de la sorte.

« Non non ! Pas du tout ! Rien envers toi ! De plus, c’est tout le contraire ! On dit que du bien de toi d’après les rumeurs ! Toutes mes félicitations ! Les cours dans le château sont plus difficiles que ceux d’une classe normale. »

« Euh … Merci beaucoup. C’est très sympathique de votre part. Qu’est-ce que je peux faire pour vous alors ? Si vous voulez bien m’expliquer, je peux vous aider. »

« Oh … Directement. Ca serait par rapport au garçon-Rapion qui est dans ta classe. Tu dois le connaître. Il porte le nom d’Olistar, n’est-ce pas ? »

« C’est le cas mais je ne le connais pas vraiment. Je ne suis pas vraiment ami avec tout le monde là-bas. Je ne suis pas sûr que je sois le mieux placé pour ça. »

« Mais non, mais non, il ne faut pas dire cela. Je voudrais surtout te mettre en garde contre lui. Etant un Rapion, il est naturellement un ennemi du royaume des insectes. Même s’il ne le montre pas encore, malgré son apparence, il est un futur criminel. Fais attention à toi ! »

« Merci pour m’avoir prévenu. Je ferais alors attention à moi. »

« Bien, je dois retourner m’entraîner avec les autres soldats. Bonne journée ! »

Le garçon-Yanma sembla satisfait de ce qu’il venait d’accomplir. S’il avait réussi à mettre en garde cet … Earnos par rapport à Olistar, c’était parfait ! Cela montrait alors qu’il pouvait espérer que tout se passe bien dans le futur ! Hahaha !

« Sinon, tu peux aussi sortir de ta cachette. »

Earnos avait dit cela avec nonchalance tandis qu’une ombre aux cheveux violets se présentait à lui, dans son dos. Le garçon-Aspicot se retourna, le fixant d’un air morne avec ses yeux rubis, prenant une profonde respiration :

« Je ne sais pas à quoi vous jouez tous les deux mais bon … surtout toi. Pourquoi est-ce que tu me suis à chaque fois que je me déplace ? »

« Depuis quand est-ce que tu es au courant ? » demanda calmement Olistar.

« Depuis déjà quelques semaines. Tu sais, les Munjas te repèrent assez facilement, malgré que tu sois discret ou non hein ? Bon … Alors, qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce que le chevalier personnel de la princesse m’a dit ça à ton sujet ? Est-ce que je dois te considérer comme un ennemi du royaume ou non ? Et surtout, pourquoi tu me suis ? »

« Par intérêt. Comment est-ce que un garçon-Aspicot peut être aussi intéressant. Voilà tout. Est-ce une mauvaise chose que d’éveiller ma curiosité ? »

« Je n’ai pas dit ça … même si quand tu parles comme ça, ça fait un peu peur. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel traitement de faveur ? Et puis bon, tu n’as pas à la princesse à surveiller ? Elle n’est pas franchement discrète sous sa capuche. »

« Là aussi, tu as vite deviné de qui il s’agissait. Tu ne vois donc pas pourquoi j’en veux savoir plus à ton sujet ? C’est pourtant très simple non ? »

« Non, je ne vois pas pourquoi tu me colles autant à la peau. Des garçons-Aspicot, il y en a des milliers. Pareil si tu penses qu’il y en a qui sont chevaliers. »

« Qui connaissent la princesse personnellement et depuis des années ? »

« Qu’est-ce que … tu racontes là ? Comment est-ce que tu sais ça, toi ? »

« Tout simplement pour la raison que tu as évoquée, non ? » dit calmement l’être en face d’Earnos. « Car je t’ai observé. Et comme tu parles parfois un peu seul … tu oublies que tu ne l’es pas forcément. Même si je ne connais pas les détails, je dois avouer. »

« Des détails qui ne te concernent pas. Et tu ne m’as pas expliquer ce que te vaut le chevalier Holikan. Pourquoi est-ce qu’il a dit cela à ton sujet ? »

« Car il ne m’apprécie pas ? Et parce que les Rapions n’ont pas une bonne réputation. »

« Ah ? Rien que pour ça ? Bof, si ce n’est que ça … »

« Mais toi, pourquoi est-ce que tu as finalement accepté de me parler ? Qu’est-ce qui t’a poussé à refuser ce qu’il t’a dit ? Même si ce n’est pas ouvertement ? »

« Le questionnement. Tu n’as rien fait de mal à mes yeux … du moins … pas envers le royaume des insectes. Je ne vois pas pourquoi je devrais écouter les dires d’autrui. Je préfère penser par moi-même par rapport à tout ça. »

« Et tu te demandes encore pourquoi je suis intéressé pour en savoir plus à ton sujet ? Tu viens de le découvrir par toi-même, Earnos. »

« Hmm ? Car je préfère savoir par moi-même, c’est ça ? C’est étrange comme réflexion, très étrange … mais bon, maintenant que c’est fait … »

«  Est-ce que tu comptes partir sans chercher à converser avec moi ? »

« Je ne vois pas pourquoi je continuerais cela. Mais bon, maintenant, je sens que je vais devoir souvent parler avec toi … si le chevalier Holikan continue de vouloir m’en empêcher. Je ne veux pas me le mettre à dos, si c’est cela que tu veux apprendre. »

« Cela me suffit amplment de le connaître. Mais bon, nous nous reverrons alors. Nous avons beaucoup à raconter, toi et moi. Que cela soit par rapport aux cours mais aussi au reste. Bonne journée à toi, Earnos. Fais attention sur le chemin, je ne serais pas derrière toi. »

« Bla bla bla … Est-ce que c’est de l’humour ? »

« Je ne fais jamais d’humour, Earnos. » répondit calmement Olistar alors qu’Earnos haussait un sourcil. Alors pourquoi est-ce qu’il avait le sourire aux lèvres ?


Le sourire disparut presque aussitôt pour laisser place à un masque d’indifférence. Ah oui, ça semblait déjà plus convenable et logique à ce qu’était cet enfant-Rapion. Bon, si ce n’était que ça … Pfiou ! Ce n’était pas bien grave.

« Je m’en vais donc. Bonne journée aussi à toi … Olistar. »

« Tu ne manques pas de politesse à mon encontre. Tu es … vraiment … remarquable. »

« Arrête avec tous les compliments, que tu les penses ou non, c’est assez agaçant en soi. »

Pour toute réponse, Olistar fit demi-tour, partant de son côté tandis qu’Earnos prenait une profonde respiration. Ce garçon allait tout simplement le rendre fou. Il ne savait pas à quel jeu il jouait mais il allait bien finir par le découvrir. A ce moment-là, il verrait quoi en faire mais pour le moment, le plus important était de retourner voir la Munja.

« C’est bien elle qui m’a prévenu au sujet d’Olistar. Sans ça … »

Sans ça, il ne l’aurait jamais découvert. Cet enfant pouvait être un véritable fléau s’il le désirait … mais il sentait que ça ne sera jamais le cas. Il ne cherchait guère le mal en ce lieu.

Olistar s’était mis assis sur un banc, isolé du reste alors qu’il regardait droit devant lui. C’était donc ça, n’est-ce pas ? Earnos avait réussi à passer outre les paroles d’Holikan pour pouvoir juger par lui-même. Non en fait, il devait remercier Holikan pour avoir chercher le dialogue avec Earnos.

« Sans lui, il n’aurait jamais voulu communiquer avec moi. »

Et pourtant, cela devait faire bien déjà quelques mois que l’enfant-Aspicot était dans les environs. Mais voilà, ça ne changeait guère réellement leur relation qui était basée uniquement sur la méfiance du côté d’Earnos. Bête, c’était tellement bête en un sens et en même temps, c’était ce qu’il avait désiré non ?

« Dans le fond, je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même. Tout cela a très mal commencé et Earnos a la rancune assez tenace. Je ne crois pas qu’il me pardonnera un jour. »

Tout cela à cause d’une foreuse. D’ailleurs, il en avait une nouvelle. Ses parents le lui en avaient offert une nouvelle, presque aussi « belle » que celle que la princesse voulait lui offrir. Il n’avait pas cherché à savoir d’où venait cette foreuse mais normalement, les parents d’Earnos n’étaient pas capables de s’en payer une.

Il y avait une relation autre que celle d’Earnos avec la princesse Terria mais il n’arrivait pas encore à deviner quoi. Il allait devoir étudier cela. Etudier les parents d’Earnos ? Si ce dernier l’apprenait, autant dire qu’il allait avoir de sérieux ennuis. Plutôt se concenter de pouvoir discuter avec lui pour le moment. Il verra tout cela plus tard.

Chapitre 175 : Amertume

Chapitre 175 : Amertume

« Kéran ? Pourquoi est-ce que mademoiselle Katérina ne veut pas aller dans une ville ? »

« Pour des raisons personnelles, princesse Iyasminé. Elle n’aime pas la foule et la population, voilà tout. Mais pourquoi n’êtes-vous pas rentré dans la ville vous aussi ? »

« Et te laisser, héros Kéran ? Je ne vois pas pourquoi je le ferai. Je ne vais pas vous abandonner ici. Par contre, mademoiselle Loa est partie. »

« Ca lui fait du bien de rentrer en ville. Moi … Je ne peux pas laisser seule Katérina. » murmura doucement le jeune homme aux cheveux blancs alors que Katérina continuait de bouder, faisant une moue pas possible à cause de la présence de l’adolescente. Il y avait aussi deux personnes du Dominion Naturel.

Ah … Ils étaient maintenant une petite communauté, n’est-ce pas ? Sur le moment, il n’aurait jamais pensé une telle chose mais ce n’était pas forcément très déplaisant quand il y réfléchissait bien. C’était même plutôt le contraire.

« A quoi est-ce que tu penses, héros Kéran ? » demanda doucement la jeune demoiselle aux cheveux rouges, Kéran haussant les épaules.

« A pas grand-chose … Je ne sais même pas ce que je vais faire avec Katérina. »

« Des choses qu’elle pourra regarder si elle n’a pas peur du voyeurisme. » rétorqua la jeune femme aux cheveux argentés, laissant paraître encore une fois sa chasse gardée envers Kéran.

Rien que ça … Il poussa un petit soupir amusé avant de mettre une main devant sa bouche. Enfin bon … C’était tant mieux … Il aimait bien quand la jeune femme se montrait possessive. Au moins, ça ne trahissait pas les sentiments qu’elle avait pour lui. Il posa sa main sur la sienne, croisant ses doigts alors qu’ils restaient assis. Il suffisait d’attendre Loa et les membres du Dominion Naturel. Rien d’autre … Ils n’avaient rien à faire mais au moins, eux, ils allaient ramener de la nourriture, chose importante pour lui. Du moins, à ses yeux.

Ah … Il poussa un léger soupir, allant s’écrouler en arrière, les bras tendus sur les côtés. Il fronça les sourcils, baillant alors qu’il observait le ciel. Voilà … Les nuages étaient bien présents au-dessus de sa tête. Plus de soleil … Oh … Il était possible de voir le soleil au loin … Du moins, l’endroit non recouvert par les nuages. Mais bon …

Mais bon … Ca ne changeait rien à la situation. Rien du tout même … Il poussa un profond soupir alors qu’il fermait les yeux. Lorsqu’il vint les rouvrir, la princesse Iyasminé était au-dessus de lui, son visage penchée vers lui avant de demander :

« Est-ce que vous allez bien ? Il y a un souci ? Dites-le au cas où, je suis capable de soigner grâce aux plantes que je contrôle. »

« Non … Non … Je … » bredouilla le jeune homme, rougissant un peu. Avoir une princesse aussi proche de lui, ce n’était quand même … Il vit l’adolescente se faire bousculer par Katérina, celle-ci venant s’asseoir tout simplement sur le ventre de Kéran. Aie, aie, aie ! Vu comment elle avait atterri sur son ventre, elle faisait mal !

« Je peux savoir pourquoi tu es aussi agressive, Katérina ? Pardonnez-moi princesse … »

« Ce … n’est pas grave. Je n’aurai pas dû faire une telle chose. » bredouilla l’adolescente aux cheveux rouges, encore un peu secouée par tout ça.

« Oh ? Visiblement, on dirait bien que l’on dérange. »

Le jeune homme tourna son visage vers Loa, celle-ci étant revenue avec plusieurs sacs, accompagnée par des membres du Dominion. Eux aussi semblaient avoir de lourds objets dans les bras … de très lourds objets.

« Vous voulez de l’aide ? » demanda le jeune homme, Katérina restant assise sur lui.

« Euh … On dirait plutôt que vous êtes occupés tous les deux. Mais veuillez … ne rien faire devant la princesse Iyasminé, s’il vous plaît. »

« Quoi ? La petite pucelle risquerait d’être choquée ? » dit la jeune femme en s’adressant au membre du dominion qui avait pris la parole.

« KATERINA ! Arrête ça ! Je t’ai déjà dit de ne pas utiliser un tel langage ! »

Il s’était redressé, voulant faire tomber la jeune femme mais celle-ci avait placé ses jambes autour de son corps, s’attachant bien au jeune homme tout en ricanant :

« Hahaha … Qu’est-ce que tu crois ? Je ne savais pas que tu préférais … le faire debout, Kéran. Tu es bien plus bestial que tu ne veux le … AIE ! »

Il ne lui avait même pas répondu, donnant une pichenette sur le front de la jeune femme, lui arrachant un petit cri de douleur. Il passa ses mains sur les hanches de Katérina, commençant à la chatouiller alors qu’elle le regardait :

« Tu crois vraiment que je suis du genre à être … »

« Je ne le crois pas, j’en suis sûr et certain. » coupa le jeune homme en lui souriant.

AH ! L’enfoiré ! Il visait bien les parties les plus sensibles chez elle ! Elle commença à trembler, ses jambes le lâchant peu à peu mais il n’y avait pas que ça. Il murmura :

« Et si je ne te retiens pas, je crois que tu risques de te faire mal au dos à l’atterrissage. »

« AGRIPPE-MOI SALOPARD ! » hurla la jeune femme, se mordant les lèvres pour ne pas rire, ce n’était pas encore dans ses habitudes de rire de tout et de rien.

« Je ne sais pas … OH ! Tu vas lâcher ! »

Et c’était le cas mais avant qu’elle ne tombe par terre, le jeune homme la souleva, rapprochant son visage près du sien pendant quelques secondes. Elle se jeta sur ses lèvres, semblant les dévorer avec appétit alors qu’elle mordait légèrement dessus. Elle le fit saigner, arrêtant le baiser avant de descendre des bras de Kéran. Ca lui apprendra l’enflure !

« Kéran ? Est-ce que je peux te parler en privé, sinon ? »

Loa venait de s’adresser à lui, le regardant avec une légère inquiétude. Qu’est-ce qu’il y avait ? Il n’aimait pas vraiment quand elle agissait de la sorte. Il hocha la tête, se dirigeant vers elle alors qu’ils faisaient les cent pas pour s’éloigner.

« HEY ! J’espère que je peux venir aussi hein ?! » rétorqua Katérina alors qu’ils étaient déjà plutôt loin. A côté de la jeune femme, les personnes du Dominion Naturel s’adressaient à leur princesse, déclarant :

« Princesse, on a de mauvaises … enfin de bonnes nouvelles, cela dépend.  C’est au sujet de l’Enceinte aux Esclaves. Il paraitrait que … leur chef nommé Ranor est mort. Il a été tué par sa propre fille. Elle s’appelle Sélia, vous savez, la femme qui a grimpé les échelons de la Sainte Alliance. Ils étaient père et fille. »

« Hein ? Quoi … Messire … Ranor est mort ? Je … Ah …  Je n’arrive … pas à y croire. »

L’adolescente perdit de sa prestance, parcourue de légers tremblements. Elle demanda à être seule pendant quelques minutes alors que Katérina haussait un sourcil. C’était quoi son problème maintenant à elle ? Elle demanda :

« Il se passe quoi encore ? Pourquoi est-ce qu’elle fait une tête d’enterrement ? L’Enceinte aux Esclaves, ce n’était pas une partie de plaisir, je crois bien. »

« Ranor a toujours été un homme exceptionnel, qu’importe l’organisation qu’il dirigeait. Il fut celui qui inventa l’exorcisme pour extirper les pokémons ténébreux et spectraux des humains. De même, alors qu’elle n’avait que sept ou huit ans, notre princesse a été sauvé par Ranor lorsque notre convoi fut attaqué par de nombreux pokémons spectraux. Depuis ce jour, elle vient le voir une fois tous les deux ou trois mois. »

« Ah ouais ? Et la mère et le père de la gamine ? Ils ne disent rien ? »

« Ses parents sont morts quelques années après sa naissance. Le Dominion Naturel est souvent très ciblé, que cela soit par les humains ou les pokémons. »

« Mouais … Vous comptez pas sur moi pour qu’elle puisse pleurer dans mes bras. »

Elle avait dit cela en pestant légèrement. Encore une foutue gamine orpheline … A croire qu’il n’y avait que ça dans ce monde. Lorsqu’elle revit Kéran, elle remarqua son air sombre. Visiblement, il avait été mis au courant aussi. Elle arriva à sa hauteur, murmurant :

« Toi … Je vais devoir m’occuper de ta personne, ce soir, Kéran. »

« Katérina … Je … Tu sais … Ca concerne Sélia et … »

« Je suis au courant, ils n’ont pas pu s’empêcher d’ouvrir leurs grandes bouches. »

Elle venait de lui couper la parole. Elle posa ses mains sur ses épaules, le regardant longuement comme pour tenter de le rassurer.

La journée passa sobrement, Kéran ne parlant plus réellement, la princesse non plus. D’habitude, ils discutaient toujours tous les deux mais l’un comme pour l’autre, aujourd’hui était une mauvaise journée.
Il réfléchissait à tout … Sélia … Quelle folie l’avait envahie pour qu’elle réagisse de la sorte ? Pour qu’elle fasse une telle chose ? POURQUOI ?! Est-ce à cause de lui ? C’était ça … C’était à cause de lui … qu’elle agissait ainsi. Il en était sûr et certain. Il en était convaincu. Et Katérina n’arrivait pas à le réconforter.
Et finalement, la nuit arriva, une vilaine nuit … Il n’avait pas envie de dormir … Il n’arrivait pas à dormir plutôt. Il était hors de la tente, Loa s’étant déjà couchée. Seules la princesse, Katérina et quelques personnes du Dominion Naturel étaient présentes mais qu’importe, ce n’était pas un souci pour lui.

« Je vais faire … une petite promenade. Pas besoin de m’accompagner. »

Pourquoi fallait-il que ça se passe ainsi ? Ah … Il en avait déjà assez, plus qu’assez même. Vraiment plus qu’assez … Pourquoi fallait-il que ça se passe ainsi ?

« Viens donc dans mes bras, serres-toi donc contre moi.

Kéran, je suis ici et là, rien que pour toi. »

Il s’arrêta dans sa marche, se retournant pour apercevoir Katérina qui lui faisait un délicat sourire. Il hocha la tête positivement, ne souriant pas mais comme pour la remercier de ce qu’elle faisait. Elle arriva jusqu’à lui, continuant :

« Je sais pourquoi tu es si triste, mon amour.
Mais sache que de moi, tu as tout en retour. »

Il le savait parfaitement … Il le savait … Il tendit les bras, invitant la jeune femme à s’insinuer à l’intérieur. Elle fit cela, posant ses yeux rubis sur les siens.

« Voudrais-tu que je continue à t’enchanter ?

Mais pas seulement, je veux aussi te combler.
Contre moi, soulage donc ta conscience.

Kéran, à nous deux, unissons nos essences. »

Unir leurs essences ? Ne voulait-elle pas dire leurs sens ? Ou alors … Elle parlait de quelque chose d’encore plus profond ? Il la regarda pendant quelques instants, Katérina venant déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

« Mon amour, je veux que tu trouves le repos.

Que tu obtiennes la paix grâce à mes mots.
Ô mon Kéran, cette nuit, je suis toute à toi. »

Toute à lui ? Elle lui proposait réellement de … Enfin … Peut-être pas d’aller jusqu’à ça. Mais il ne pouvait pas refuser une telle invitation. Du moins pas maintenant ! Il colla ses lèvres contre celles de Katérina, la plaquant contre un arbre tout en caressant ses hanches. Elle le repoussa légèrement, chantonnant :

« Laisse-moi donc finir ce chant réconfortant.
Lui et moi sommes là pour toi, mon doux amant.

Ô mon Kéran, mon cœur et corps ne sont qu’à toi. »

Elle avait finalement terminé, Kéran lui souriant. Il allait bien mieux après l’un de ses chants. Oui, en fait, il allait même beaucoup mieux. Il la gardait contre l’arbre, chuchotant :

« Merci pour tout, Katérina … C’est vraiment quelque chose de différent quand tu chantes … C’est vraiment autre chose … Je t’aime tant, Katérina. »

« Tu peux toujours me le prouver, tu ne crois pas ? Quant à Sélia … Même si elle est une rivale … Je veux bien que l’on fasse quelque chose pour elle. Du moins, pour la calmer … si elle continue dans son massacre gratuit. Kéran … J’ai changé grâce à toi … et en bien. »

« Oh … En bien ? Pourtant, tu continues à chaque fois de parler comme une poissonnière. »

« HEY ! J’ai fait ça pour te réconforter ! »

« Je sais, je sais parfaitement. Viens donc par-là ! Je peux dormir contre toi ce soir ? Je crois que c’était dans ta chanson, n’est-ce pas ? Ce soir, tu es toute à moi ! »

« Oh … Il n’y a pas que ce soir, n’est-ce pas ? » murmura la jeune femme alors qu’il la soulevait, ses mains posées sur ses fesses.

« Je sais qu’il n’y a pas que ça … Loin de là … même … Enfin bon … Comment dire … »

« Oh tais-toi un peu. Tu m’emmènes jusqu’à la tente ? Et tu passes bien devant cette foutue princesse, d’accord ? C’est compris ? J’ai envie qu’elle voit que tu es MA propriété. »

« Je ne suis la propriété de personne, sache-le. Mais … Bon … Je veux bien être à toi. Tant que tu me laisses un peu de liberté. »

« Sois libertin et je te castre, mon grand. »

GLOUPS ! Le message était plutôt bien passé ! Il toussa légèrement, prenant une profonde respiration. Il valait mieux ne pas provoquer la demoiselle aux cheveux argentés. Néanmoins, maintenant qu’il l’avait dans ses bras, il n’allait pas la lâcher.

Ils retournèrent là où les tentes étaient présentes. La princesse haussa un sourcil en le voyant, Katérina tirant légèrement la langue vers elle. Kéran poussa un léger soupir avant de dire à Katérina d’arrête. Il reprit d’une voix calme :

« Nous allons nous coucher … Et je vais bien mieux. Bonne nuit à vous tous. Bonne nuit aussi à vous, pricesse Iyasminé. Faites de beaux rêves. »

Katérina éclata de rire alors qu’ils allaient dans la tente tous les deux. Ah … Vraiment, Katérina se comportait parfois comme une gamine. Mais bon … C’était Katérina et il ne la changerait pour rien au monde. Ils allaient s’aimer sans dépasser certaines limites … comme d’habitude. Pour le cas de Sélia … Il s’en chargerait personnellement.

Chapitre 174 : Dévastée

Chapitre 174 : Dévastée

« Hahaha … Hahaha … »

Hahaha … Hahaha … Même dans ses pensées, elle s’était mise à rire A rire alors qu’elle était maintenant assise sur le sol, l’homme se tenant toujours debout en face d’elle. Le poison n’était pas très violent au départ, mais au fur et à mesure … Il allait paralyser tout le système nerveux de Ranor pour en terminer avec lui définitivement.

« Hahaha … Hahaha … Hahaha … »

« Est-ce que tu es fière de toi, Sélia ? » demanda calmement son père alors qu’elle avait un sourire aux lèvres. Un sourire qui voulait exprimer tant de choses à la fois sans pour autant y arriver. Elle continua de rire pendant quelques secondes avant de dire :

« Je … Je le suis … J’ai finalement … réussi à me venger … Tu vas mourir … et tu ne me donneras même pas … l’idée pour comment exorciser un corps. »

« Cela t’aurait été complètement inutile … malheureusement. »

Il disait cela avec une certaine nonchalance, gémissant de douleur alors que l’aura noire restait présente autour de lui. Il marmonna quelques mots, comme pour s’excuser alors qu’une forme apparaissait à côté de lui. Une Vaututrice elle aussi mortellement empoisonnée. Son regard se posa sur l’homme à côté d’elle puis sur la jeune femme. Celle-ci fit aussitôt quelques pas en arrière, comme apeurée.

« Que se passe-t-il, Sélia ? Tu as l’air inquiète … très inquiète. »

« Je … Je ne sais pas … Je ne sais pas réellement … Je … suis désolée. »

Elle semblait avoir retrouvé ses esprits bien que la haine envers son père n’avait toujours pas disparue. Elle était là … continuant de le fixer … n’osant pas regarder la Vaututrice. Elle ne voulait pas en croire en la vérité. Elle ne voulait pas la voir. Pas du tout ! Car ce n’était pas possible ! Ce n’était pas possible ! Même ce qu’il disait ! Même ce qu’elle pensait ! Ce n’était pas ça ! Pas du tout même ! Ah … Ah … Ah …

« Sélia ? Tu n’as rien à me dire ? De toute façon … Je vais mourir de tes mains … »

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise hein ?! Tu es un homme mort ! C’est le plus important à mes yeux ! Tu vas crever ! Ca t’apprendra à n’avoir rien fait pour sauver Maman ! »

« Je l’ai sauvée … Je l’ai délivrée … Je lui ai permis de reposer en paix … Au moins, elle ne souffrait plus. Tu ne comprends donc pas ce qu’est le fait d’être possédée contre son gré, n’est-ce pas ? Cela prouve bien que toi-même, tu as acceptée et tu as été acceptée par la créature qui est en toi, non ? Je ne sais pas comment tu as eu … ces pouvoirs … »

« L’Arbok ! J’ai les pouvoirs liés aux dragons ! Je deviens encore plus puissante ! Cette justice pourrie où tu ne peux être heureuse malgré tout ce que tu as fait pour elle, je la surpasserai ! Je prendrai uniquement la mienne ! Je tiendrai compte uniquement en elle ! Hahaha ! Et j’irai récupérer Kéran … Oui … J’irai le récupérer. »

« Sans lui demander son choix ? Sans lui demander son avis ? N’est-ce pas ? Est-ce ainsi que tu veux qu’une personne t’aime ? Car c’est ce que tu désires, n’est-ce pas ? »

« … … … Cela ne te concerne pas. Tu n’as pas à être concerné par cela. »

« Il est normal … qu’un père s’intéresse aux relations de sa fille, tu ne crois pas ? »

« Tu n’es. … PAS MON PERE ! Tu ne le seras jamais ! JAMAIS ! » hurla la jeune femme en serrant le poing droit, regardant la Vaututrice.
Celle-ci semblait être en colère, très en colère même. Comme si elle venait d’insulter l’homme qu’elle avait possédé. Sélia détourna le regard, honteuse et légèrement colérique elle aussi. C’était quoi ce regard qu’elle lui lançait ?


Elle n’aimait pas ce regard … Elle avait le même que … Non. Ce n’était pas ça. Il n’y aucune chance que ça soit le cas. Rien du tout … Ce n’était pas possible, c’était tout. Pas du tout même. Ce n’était pas possible. Tant de ressemblances étaient fortuites.

« Hahahaha … Hahaha … En quoi ça t’intéresse ? J’ai jamais été chanceuse depuis le départ ! J’ai vu ma mère mourir devant mes yeux, mon père est le chef de la pire organisation qui existe dans ce monde, je suis possédée par une créature ténébreuse, j’ai dévoré le corps d’un Arbok géant pour obtenir ces pouvoirs, le garçon que j’aime est avec l’assassin qui a tué ma pokémon, une femme ressemblant à une fille de joie ! Je ne suis plus humaine ! JE NE LE SUIS PLUS DU TOUT ! VOILA TOUT ! »

« Tu es encore capable d’exprimer des sentiments non ? Tu as retrouvé ta rationalité non ? Alors … tu restes humaine … Tu ne crois pas ? »

« Ne me parle pas ! Ne me parle pas comme si j’étais ta fille ! Tu comprends ?! Crève en silence et tais-toi ! C’est compris ?! »

« Est-ce que tu veux bien te taire un peu ? Je ne crois pas t’avoir éduquée ainsi ! »

La jeune femme aux cheveux bleus ouvrit la bouche, paraissant choquée, plus que choquée même. La Vaututrice avait pris la parole … Cette voix ! CETTE VOIX ! NON ET NON ! ET NON ! Elle commença à se tenir la tête entre les mains, Hyathéna disant :

« Y a-t-il un souci, Sélia ? Tu sembles vraiment perturbée … Ton cœur bat à 200 à l’heure. Tu devrais tout me dire plutôt. »

« Pourquoi est-ce que je le dirai à une créature ténébreuse hein ? POURQUOI ? »

« Peut-être préférais-tu me voir sous forme humaine ? Dans tes rêves ? Ou dans la réalité ? Je pourrais le faire … Cela n’est pas un problème, personnellement. » dit calmement la voix féminine en elle. « Peut-être que cela te donnerait plus de confiance. »

« Je ne manque pas de confiance ! Et je n’ai pas envie de te voir ! Si tu veux tout savoir ! Cette … Cette … Vaututrice … Elle a exactement la même voix que … la même voix que … Mais ce n’est pas possible, c’est tout ! Pourquoi est-ce qu’elle aurait fait ça ?! »

« … … .. Dis-le clairement. Si tu ne le dis pas, tu ne pourras pas avancer. »

« JE CROIS QUE C’EST MA MERE VOILA TOUT ! »

Elle avait hurlé cela à haute voix, des murmures se faisant entendre autour de la scène de combat. Il fallait dire que malgré les deux combattants, les villageois étaient toujours présents. La jeune femme n’avait pas réussi à les inquiéter plus que cela.

« … … … Et si c’était le cas ? » demanda une nouvelle fois la Vaututrice.

« RANOR ! AVOUE ! AVOUE QUE CE N’EST PAS LE CAS ! »

« Ce n’est pas à moi de répondre … Chaque spectre … ou créature ténébreuse … est une entité qui existait auparavant. Du moins, les créatures qui sont capables de parler. C’est pourquoi … Ah … Ah … Ah … Vraiment ce poison me fait souffrir. Sélia … Sais-tu que la majorité des créatures spectrales et ténébreuses non-belliqueuses … tentent de se rapprocher d’une personne qui leur est chère ? Qui leur est proche ? Ou alors qui leur ressemble ? Peut-être est-ce le cas avec cette créature en toi. »

… … … Un jour … Avant qu’elle ne lui proposer de la posséder, elle avait dit exactement ça … Enfin … Hyathéna avait dit ça. Qu’elles se ressemblaient toutes les deux. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Ca voulait dire quoi ça ?! C’était n’importe quoi ! Complètement n’importe quoi ! N’IMPORTE QUOI !

« … .. … Est-ce que tu comprends ce que ton père voulait dire en parlant de délivrance ? »

« JE NE VEUX PAS SAVOIR ! Tu n’es pas humaine ! Tu n’existes pas ! »

« JUSQU’A QUAND TU VAS RENIER LA VERITE ?! »

La Vaututrice ne semblait guère incline à laisser continuer la jeune femme à raconter n’importe quoi. Malgré son extrême fatigue à cause du poison, elle avait encore la force et la véhémence pour dire ses quatre vérités à Sélia.

« Je ne renie rien ! RIEN DU TOUT ! RIEN DE RIEN ! »

« Tu vis dans un rêve utopique, ma fille ! Tu t’es bercée d’illusions ! Accepte ce que tu as commis ! Accepte ce que tu as fait ! Accepte ce que tu as commis ! Un parricide ! »

« NON ET NON ! CE N’EST PAS MON PERE ! ET JE N’AI PAS COMMIS DE MATRICIDE NON PLUS ! JE N’AI RIEN COMMIS ! »

« Mais bon sang, depuis quand tu es comme ça ?! C’est ce que tu es devenue depuis toutes ces années ?! Une jeune femme complètement stupide ?! »

Complètement stupide ?! De la part de la Vaututrice ?! Elle se foutait de sa gueule ou quoi ?! Elle n’accepterait jamais ce qui s’est passé ! Elle n’accepterait jamais tout ça ! JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS !

« Sélia … Regarde ton visage … s’il te plaît. » murmurèrent trois voix en même temps. Celles de Ranor, de la Vaututrice et d’Hyathéna.

Qu’est-ce qu’il y avait son visage ? Qu’est-ce qu’il y avait sur son visage ?! Elle n’avait pas besoin de le regarder ! Elle savait pertinemment ce qui s’était passé ! Elle savait pertinemment ce qui était en train de se passer !

Elle savait pertinemment qu’elle était en train de pleurer ! Elle savait pertinemment qu’elle venait de commettre une abomination ! Elle savait pertinemment que tuer une personne était horrible mais tuer … ses propres parents était encore pire que tout ! Pire que tout !

« Comment t’appelles-tu … créature en ma fille ? » demanda calmement Ranor.

« Hyathéna … Que me voulez-vous ? »

« Simplement que tu veilles sur elle … Tu n’as pas l’air foncièrement maléfique, n’est-ce pas ? Alors … Ca ne devrait pas être impossible … Est-ce que je peux te la confier ? Enfin, est-ce nous pouvons te la confier ? »

« … … … Je suis l’une des trois créatures ténébreuses parmi les plus puissantes dans ce monde. Est-ce que vous pensez vraiment que je vais accepter une telle requête ? »

« … Je pense que oui. » murmura doucement la Vaututrice, la voix à l’intérieur de Sélia pestant légèrement avant de répondre :

« Bien entendu … Maintenant que je suis en elle, je ne risque pas de la quitter. Ce corps est plus que spécial. Veuillez mourir maintenant. »

Des paroles bien dures mais qui étaient réalistes. En même temps, la jeune femme était à peine encore consciente de ce qui se passait. Elle se releva avec lenteur, le visage tourné vers le sol. Hyathéna lui murmura :

« Sélia … Regarde-les tous les deux … maintenant. »

« Je n’ai pas envie … Je ne suis pas motivée à ça … Je ne veux pas … »

« Sélia, regarde-les maintenant. Regarde ce que tu as fait … mais aussi comment ils réagissent. Que tu comprennes ton erreur, ta lourde erreur. »

Elle n’en avait pas envie ! C’EST TOUT ! ELLE NE VOULAIT PAS ! ELLE NE VOULAIT PAS VOIR CA ! ELLE NE LE VOULAIT PAS ! Mais une force en elle l’obligea à relever sa tête, sa tête pour assister aux derniers instants de son père. Hyathéna possédait son corps … pour qu’elle puisse voir son père qui lui souriait. C’était bien la dernière chose qu’elle voyait chez lui alors qu’il s’écroulait en arrière. La Vaututrice bougea légèrement la tête de haut en bas, son corps ne lui répondant presque plus. Néanmoins, lorsqu’elle s’écroula à son tour, ses ailes avaient recouverts le corps de l’homme.

« M… Maman … Pa … Papa ? » bredouilla la jeune femme.

« Tu les as appelés finalement comme ils le méritaient. »

Hahaha ! HAHAHA ! Oui et alors ? Qu’est-ce que ça changeait ? Qu’est-ce que ça changeait hein ?! Elle venait de tuer ses parents ! Ses deux parents ! SES DEUX PARENTS ! Elle s’exclama avec dégoût, parcourue par les trémolos :

« J’ai tué mes parents … J’ai tout loupé … Du début jusqu’à la fin … J’ai tout loupé … J’ai échoué … J’ai échoué dans tout ce que je voulais réussir. »

« Ne dit pas cela … Sélia … Tu étais parcouru par la haine … Une haine incompréhensible, qui obstruait ta capacité de réfléchir librement à la situation. »

« Tais-toi … Tais-toi … Je ne veux plus t’entendre. Je ne veux plus que l’on me parle … Je ne veux pas que l’on me parle ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS ! »

« Arrête de te voiler la vérité … Je t’ai déjà dit cela ! SELIA ! Regarde-les une dernière fois et quitte cet endroit ! Ou alors, fais ce que tu veux ! Mais ne reste pas plantée là ! »

Mais est-ce que … c’était à elle de faire ça ? Elle … Elle n’était pas convaincue que … AH ! Son corps ne lui répondait pas ! Son corps qui s’approchait des deux cadavres. Avec aisance, la Vaututrice se retrouva sur l’épaule de la jeune femme tandis que le corps sans vie de l’homme était dans ses bras.

« Il faut respecter ceux qui t’ont donné la vie. Ils ont le droit à un enterrement décent. »

« Je … Je … Je n’en suis pas capable ! Tu m’en demandes trop ! »

« Je ne t’en demande guère trop … Loin de là même. »

« Tu sais très bien que je ne peux pas ! Arrête tes bêtises ! Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS ! JE N’EN AI PAS … »

Elle s’arrêta dans ses paroles alors que son corps avançait sans réellement lui obéir. Les villageois étaient immobiles, n’osant guère se mêler de tout ça. Finalement, Sélia s’arrêta dans sa marche forcée, déclarant :

« Dites aux alentours que l’Enceinte aux Esclaves est morte … Du moins … Que son chef est mort … Faites passer le message. »

« Tu es sûre de cela, Sélia ? Tu sais pertinemment que … »

« J’en ai rien à faire de ce qu’Elian pensera de mes actes. Je crois que j’ai déjà payé le prix de ma victoire … Stupide victoire … J’échoue dans tout ce que j’entreprends ! »

« Tu sais pertinemment que ce n’est pas vrai. Ce n’est pas aussi simple que cela … que tu échoues ou réussisses. Loin de là. »

Qu’importe … Ce qui était fait était fait … Et maintenant … Elle avait besoin d’aller les enterrer ensemble. C’était … la dernière chose qu’elle avait à accomplir. Ah … Vraiment … Elle sanglota une dernière fois, quittant la ville. Un endroit reculé de la forêt … Ca serait un bon lieu … pour eux. Rien n’avait été arrangé … au final.

Chapitre 173 : Malgré les efforts

Chapitre 173 : Malgré les efforts

« Tu es comme les autres … TU ES PAREIL QUE LES AUTRES ! PAREIL ! »

« Je ne le nie pas … Je suis pareil que les Doctes. C’est bien grâce à cette créature en moi … que j’ai réussi à passer outre sa mort. Sinon, j’aurai pu finir dévoré par la haine comme toi. Mais je sais … Je sais parfaitement que je peux te sauver. »

« ME SAUVER ?! ME SAUVER ! DISPARAIS ! »

Elle n’allait pas être sauvée par cet homme ! Elle n’avait pas besoin d’être sauvée ! Pas besoin d’être sauvé par ce type ! PAS DU TOUT ! Il en était hors de question ! HORS DE QUESTION ! HORS DE QUESTION ! IL NE VOULAIT PAS DESCENDRE ?! Elle allait le faire descendre ! Elle commença à cracher de l’acide un peu partout, observant les villageois. La voix d’Hyathéna murmura :

« Sélia, ne fait pas cela … C’est complètement … »

« Je suis prête à tout pour qu’il descende ! QUITTE A TUER DES GAMINS ! » hurla-t-elle à vive voix bien qu’Hyathéna lui avait parlé dans la tête.

« Quoi ? Sélia ! IL Y A CERTAINES LIMITES A NE PAS DEPASSER ! »

Son père venait de crier à son tour, en colère par rapport aux dires de sa fille. Il n’allait pas la laisser faire ! Il vint atterrir, la regardant avec énervement. Ce n’était pas sa fille ! Sa fille ne se comporterait jamais de la sorte ! JAMAIS !

« Ma fille … Je ne pensais pas te dire ça directement mais puisque tu ne veux pas te calmer, je vais te dire la triste vérité concernant Kéran. »

« AH OUI ?! Quelle vérité hein ? QUELLE VERITE ?! »

« Celle où … Kéran ne peut pas être délivré du pokémon qui le possède. Et la raison est simple : il est comme moi … Il est comme les Doctes. Il a accepté pleinement la créature en lui. Il n’offre aucune résistance à celle-ci. A partir de là, il n’est rien possible de faire pour le délivrer. Car oui … Il ne veut pas être délivré. J’en suis désolé mais maintenant, tu vas te calmer et disparaitre de ma vue … Et si j’entends que tu tues encore des inno … »

« LA FERME ! LA FERME ! LA FERME LA FERME ! »

Kéran ?! Kéran ne voulait pas être délivré de Swar ?! Quelle blague ! Quelle blague stupide ! Elle n’y croyait pas ! Elle n’y croyait pas le moins du monde ! Kéran voulait être délivré ! Kéran voulait être sauvé ! Elle en était sûre et certaine ! Elle le savait parfaitement ! ELLE LE SAVAIT ! KERAN VOULAIT ÊTRE SAUVE !

« Hahaha … T’as essayé de m’embrouiller … Ranor … Bravo, j’ai failli tomber dans ce piège … J’ai failli me faire avoir … Hahaha ! Kéran qui ne veut pas être sauvé. »

« Tous les pokémons ne sont pas mauvais de nature … même si celui qui a retiré la vie de ta mère ne faisait pas partie de ce groupe de pokémons. »

« MAUVAIS ?! La ferme … La ferme … J’en ai marre. J’en ai marre de t’écouter ! J’en ai marre d’entendre tes conneries ! J’EN AI MARRE ! »

Oh ? Et lui ? Qu’est-ce qu’il devait dire du spectacle pitoyable que sa fille donnait devant tout le monde hein ? Il poussa un soupir avant de froncer les sourcils. Assez … Lui aussi allait régler cette histoire. Il allait lui montrer qu’elle avait encore tant à apprendre.

Il arriva à sa hauteur, déployant ses ailes avant de projeter plusieurs lames d’air. Les lames vinrent fissurer l’armure de la jeune femme, celle-ci étant obligée de reculer devant l’avalanche de coups. Elle n’allait rien pouvoir faire, qu’elle le désire ou non.

Il commença à la marteler de coups, chaque lame venant fissurer l’armure de la jeune femme de plus en plus alors qu’elle hurlait de rage, incapable de se défendre. Elle hurlait, crachant de l’acide par sa bouche de tous les côtés.

« Je vais te tuer ! JE VAIS TE TUER ! JE VAIS TE TUER ! ENFOIRE ! »

« Continue donc de t’égosiller ma fille … Il y a certaines barrières à ne pas franchir. Celle d’une héroïne à une criminelle est si fragile et facile à passer … et malheureusement, tu l’as dépassé en agissant de la sorte. »

« LA FERME ! LA FERME ! JE VAIS TE TUER ! JE DELIVRERAI KERAN ! »

Elle n’avait que ce nom en tête. Il le savait … Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer l’amour aveugle qu’elle portait au jeune homme.

Un amour qui rendait la tâche bien plus compliquée qu’elle ne le pensait. Ah … Il poussa un léger soupir alors qu’il la regardait. Maintenant, c’en était assez. Il allait la calme définitivement … Une serre vint se placer autour du visage de la jeune femme, la collant contre un mur. Qu’elle tente de cracher de l’acide, elle ne pouvait pas ouvrir sa bouche, seulement respiré par son nez.

« Ma fille … Peut-être que chez toi aussi … La mort serait une délivrance … Mais même morte, je ne suis pas sûre que tu sois libérée. »

« Morte ?! MORTE ?! » murmura-t-elle, étant dans l’impossibilité de parler correctement à cause de la serre qui l’empêchait d’ouvrir correctement sa bouche.
MORTE ?! Il en était hors de question ! HORS DE QUESTION ! Elle ne se laisserait pas faire ! JAMAIS ! JAMAIS ! Elle poussa un cri de rage avant de commencer à gesticuler, cherchant à se débattre et à se libérer mais l’homme la maintenait fermement.

« Ma fille … Qu’est-ce qui a causé autant de dégâts chez toi ? Le rejet d’une personne que l’on aime n’emmène quand même pas à cela … »

« LA FERME ! TU NE SAIS PAS CE QUI S’EST PASSE ! LA FERME ! »

« Il y a autre chose … C’est plus profond, n’est-ce pas ? Beaucoup plus … » continua de dire l’homme avec lenteur, parlant d’une voix douce.

« CA NE TE CONCERNE PAS ENFOIRE ! PAS DU TOUT ! »

« Cela me concerne puisque je suis ton père. Alors … Raconte-moi ce qui se passe non ? »

« JAMAIS ! TU N’AS PAS BESOIN DE LE SAVOIR ! DISPARAIS ! »

Qu’elle se calme bon sang ! Il en avait assez ! Il donna un coup de serre, l’enfonçant plus profondément dans le mur. ASSEZ ! Il en avait assez d’elle ! Qu’elle arrête de se comporter comme une gamine ! Sa fille valait bien mieux que ça !

Et il allait tout faire pour que ça soit le cas ! Il vint donner un coup de sa seconde serre, brisant l’armure de la jeune femme. Est-ce qu’elle comprenait qu’elle ne pouvait rien faire contre lui ? Rien du tout ? C’était stupide de chercher à le combattre !

« Tu as perdu, Sélia ! Admets-le et laisse-moi te soigner ! Emprisonnée, tu ne causeras plus de tort ! Je ne te tuerai pas ! »

« Tues-moi … ou ça sera moi qui le fera ! Ça sera moi qui te tuerai ! »

Elle se répétait sans cesse. Il avait besoin de savoir … Oh … Il n’était pas le seul à vouloir savoir. Il voulait la délivrer … Il voulait la délivrer de ce mal qui la rongeait. N’était-ce pas normal pour un père de s’inquiéter autant pour sa fille non ? Non … Visiblement, aux yeux de Sélia, ce n’était pas le cas. Car … Elle était aveuglée … aveuglée par une haine qui la dévorait de plus en plus, sans qu’elle veuille le remarquer.

« Je ne sais guère quoi faire avec toi … Vraiment … Je ne sais pas. »

Ah oui ? ELLE ALLAIT TROUVER UNE SOLUTION ! UNE SOLUTION PLUS QUE VIOLENTE ! Puisqu’il avait … Il avait … AH ! Elle allait utiliser toute la force d’Hyathéna en elle ! D’ailleurs, elle s’était mise à parler avec elle :

« Donne-moi ta force ! HYATHENA ! »

« C’est ce que je vais faire … Bien que je ne sais pas si cela est mérité. »

Mérité ? Elle n’avait pas à parler de mérite ! Pas le moins du monde ! PAS DU TOUT MÊME ! Ah … Ah … Ah … Voilà ! Elle ressentait plus de puissance ! MAINTENANT il était temps ! Il était temps de lui montrer ce dont elle était capable ! Elle poussa un râle de rage avant de poser une main sur la serre, la retirant de son visage.
Une puissante aura noire se fit voir autour d’elle. Elle projeta l’homme à moitié oiseau en arrière. MAINTENANT … ELLE ALLAIT LE BUTER ! ELLE ALLAIT LE TUER ! Elle poussa un nouveau cri de rage avant de se mettre à courir à toute allure vers son père.

« Qu’est-ce que je suis sensé faire ? Réponds-moi … »

Ranor s’était mis à parler à lui-même … ou plutôt à la créature en lui. Sélia s’arrêta brièvement, un peu étonnée. C’était quoi cette impression malsaine qu’elle avait maintenant ? ASSEZ ! Elle n’avait pas de temps à réfléchir à ce genre de conneries !

Elle allait le tuer et ça serait vite terminé ! Maintenant qu’elle avait encore son arme mais lui n’en avait aucune, elle allait le battre ! Elle allait le battre ! Elle cracha plusieurs fois, se demandant comment utiliser ses pouvoirs liés à l’Arbok. Elle ne connaissait pas plus que ça la créature à la base ! Mais tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle allait le …

« Assez … Tu me fatigues réellement, Sélia. »

Son père venait de lui dire cela sur un ton plus que las en la fixant. Une puissante déflagration ténébreuse repoussa Sélia, la renvoyant au sol tout en l’immobilisant.

« Je vais devoir te l’exprimer comment, Sélia ? Car tu es devenue … folle … C’est le terme à utiliser pour désigner ma propre fille … Tu ne peux réellement compter sur le pokémon qui t’habite. Je te laisse une dernière chance … de t’en tirer. »

« JAMAIS ! TU COMPRENDS ?! JAMAIS ! »

… … … Elle ne voulait pas comprendre la situation, n’est-ce pas ? Quelle idiotie … Quelle idiotie que de ne pas accepter la main tendue vers elle. Mais maintenant … Il était trop tard. Il allait tout simplement la paralyser.

« La Vaututrice en moi … Tu la connais très bien, Sélia … Mais elle va me permettre de t’immobiliser pendant que je vais chercher quelques personnes. »

« M’immobiliser ? La connaitre ? Tu te fous de moi ?! »

« Je suis des plus sérieux … Qu’importe ce que tu crois, ma fille … Mais tu ne crois plus en rien depuis déjà quelques temps visiblement. »

Elle allait se libérer ! Elle allait se libérer de cette paralysie ! Elle ne savait pas comment était-ce possible mais elle y arrivait ! ELLE ALLAIT Y ARRIVER ! Pourtant, elle n’y arrivait pas … Elle n’y arrivait pas … Elle commença à sangloter, bredouillant :

« J’en ai assez ! J’EN AI ASSEZ DE TOUT CA ! ON M’EMPÊCHE D’ÊTRE HEUREUSE ! ON NE VEUT PAS QUE JE LE SOIS ! »

« Sélia … » murmura la créature en elle, un peu déconcertée.

« On me vole le garçon que j’ai élevé pendant des années ! On tue le pokémon qui était avec moi depuis des années ! La garce qui a tué mon pokémon est maintenant avec l’homme que j’aime ! L’homme que j’aime a préféré la choisir plutôt que moi ?! Moi qui a toujours tout fait pour le rendre heureux ! C’EST INJUSTE ! TELLEMENT INJUSTE ! »

« Sélia … La vie n’est pas toujours joyeuse. » commença à dire son père avec lenteur comme pour tenter de la réconforter. Maintenant qu’elle était immobilisée et sans armure, elle semblait bien plus vulnérable.

« Ne me parle pas toi ! Tu as tué ma mère ! Tu l’as tuée ! Tu pouvais la sauver alors qu’elle était possédée ! Tu en avais les capacités !

« Non … Je n’en avais pas les moyens … Mais sa mort m’a permis d’ouvrir les yeux. De comprendre comment cela fonctionnait … Comment réussir à retirer la créature ou alors à la tuer … sans tuer la personne en elle. Car des fois, oui … La créature est tellement ancrée que la retirer risque de tuer la personne. Du genre, si la personne est possédée depuis des années ou alors a eu un accident des plus graves. »

« Kéran … Kéran … Kéran avait le spectre en lui depuis des années. Un spectre féminin ! Un spectre capable d’avoir une apparence humaine ! Il est possédé par un pokémon ! J’en ai assez ! J’EN AI ASSEZ ! POURQUOI EST-CE QUE L’ON ME BRISE TOUT ?! POURQUOI ?! QU’EST-CE QUE J’AI FAIT POUR MERITER CELA ?! »

« … … … La paralysie devrait rester pendant quelques minutes. Le temps que je règle cette histoire et je … »

« Assez … ASSEZ … J’EN AI ASSEZ DE CETTE INJUSTICE ! J’EN AI ASSEZ DE TOUT CA ! J’EN AI ASSEZ ! »

Elle poussa un hurlement de rage une nouvelle fois, l’homme s’étant déjà éloigné pour aller régler cette histoire d’une façon plus sereine. Elle s’était relevée, son bras droit se recouvrant complètement d’écailles violettes. De l’écume aux lèvres, elle fonça vers son père à une vitesse prodigieuse, l’homme se retournant au dernier moment. La main recouverte d’écailles se planta dans le torse de l’homme, le traversant complètement alors qu’elle criait à nouveau sur un ton enragé :

« Ce monde est injuste hein ? C’est ça ? CE MONDE EST INJUSTE ?! ALORS JE VAIS FAIRE MA PROPRE JUSTICE ! »

HAHAHA ! Sa propre justice ! L’homme hoqueta de surprise, Sélia retirant sa main avec un grand sourire bien que ce n’était clairement pas un sourire de joie … ni de folie.

« Ma fille … Tu sais pertinemment que tout cela est inutile … Les Doctes peuvent se soigner … Ce que tu as fait est … »

« Poison … Je t’ai empoisonné. Je t’ai complètement empoisonné. Tu ne peux plus parler … Hahaha … Tu ne pourras rien faire ! »

Elle rigolait mais cela semblait comme forcé alors qu’elle hoquetait, sa main ensanglantée faisant disparaître les écailles qu’elle avait dessus. L’homme observa le trou dans son ventre. Il se refermait peu à peu … mais le mal était déjà fait.

« Ah … C’est donc … déjà terminé ? Combien de temps me reste-t-il à vivre alors ? Nous reste-t-il à vivre à moi et à elle ? »

« Quelques minutes … Hahaha … Tu ne m’as même pas dit comment exorciser ! DIS-LE MAINTENANT ! Je vais faire ma propre justice ! Mes propres règles ! »

Sa propre justice ? Ses propres règles ? Elle voulait se libérer des contraintes que les humains possédaient dès qu’ils naissaient ? Ah … Sa fille … était brisée mentalement. Il l’avait compris au fur et à mesure que le combat continuait. Il l’avait compris … au fur et à mesure que la femme se détruisait de l’intérieur.

Chapitre 172 : Toujours si proche

Chapitre 172 : Toujours si proche

« … Même avec ces pouvoirs, tu ne seras pas capable de me battre, ma fille. »

« ON VA BIEN VOIR CA ! Il suffit juste que je te morde et c’en est terminé ! »

Et elle pensait qu’il allait se laisser faire ? Il n’était pas stupide à ce point. Humpf ! Mais maintenant, il ne pouvait pas faire autre chose. Il allait immobiliser sa fille, quitte à la paralyser complètement. Avec les pouvoirs dans ses armes, ça ne devrait pas être si difficile que ça ! Maintenant, il n’allait plus lâcher sa fille !

Il commença à la menacer, l’attaquant maintes fois avec ses deux épées alors qu’elle parait les coups, crachant de l’acide en même temps. Des fois, elle tentait de le mordre mais il esquivait le coup, n’hésitant pas à donner un coup de coude dans la joue de sa fille. Même si elle … était différente, il n’allait pas la tuer ! Il en était hors de question ! Elle était la chair de sa chair ! Et pour ça, il …

« ASSEZ ! MÊME COMME CA ! CA NE CHANGE RIEN HEIN ?! »

Oh ? Elle le remarquait finalement ? Mais oui … Même avec son jet d’acide, ce n’était pas la première fois qu’il combattait des créatures éto… Non. Considérer Sélia comme une créature, comme une pokémon, c’était ne plus la considérer comme sa fille. Il hocha la tête négativement, s’en voulant d’avoir pensé une telle chose aussi absurde à ses yeux.

« Tu vas voir … Tu vas voir … Ranor … TU VAS VOIR ! »

Qu’est-ce que … Ce n’était pas encore terminé ?! Il se retrouva projeté en arrière, hoquetant de surprise alors qu’il … sentait une puissance maléfique. Elle … Sa propre fille ? Comment ? Elle était … possédée ? Sa propre fille était possédée ? L’aura autour d’elle ne pouvait pas trahir cela ! Ca ne mentait pas !

« Depuis quand … Depuis quand est-ce que tu l’es ? Depuis quand est-ce que tu es possédée ? Ma fille ! Réponds-moi ! Réponds-moi maintenant ! »

« Hahahaha … Et pourquoi est-ce que je devrais te répondre, hein ? Il n’y a aucune raison. »

« ON PARLE D’UNE POSSESSSION ! C’EST DIFFERENT ! »

Et ? Elle ne semblait en avoir strictement rien avoir à faire. Elle eut un sourire mauvais en voyant l’inquiétude sur le visage de son père. Tiens donc … Il pouvait être réellement inquiet pour elle ? TSSS ! Ca ne changeait rien à ce qui s’était passé !

« De toute façon, je ne vois même pas pourquoi je continue à te parler … hein ? »

« … … … Soit, tu seras bien forcée de parler lorsque je te retirerai cette créature en toi. » murmura doucement l’homme, semblant avoir repris son calme.

Il allait la retirer … Il avait maintenant l’explication sur le comportement différent de sa fille. Mais … Tout cela lui semblait assez étrange en soi. Comme si … Sa fille n’était pas totalement possédée. Mais il n’y avait pas que ça aussi, n’est-ce pas ?

Il y avait aussi autre chose ! Mais il n’allait pas perdre de temps à trouver ce que c’était ! Le plus important sur le moment était de combattre sa propre fille possédée ! Autant demander de l’aide aux pokémons qui étaient dans ses armes !

A son tour d’avoir une forte aura … mais seulement autour de ces armes ! Le combat recommença, l’homme cherchant à repousser l’arme de Sélia pour l’immobiliser. Il devait la blesser, il devait la blesser, l’empêcher de se battre !

Et ensuite, il verrait quoi faire … Il avait bien quelques pokémons ou alors les citoyens en avaient. Il suffisait d’un Bouldeneu pour réussir à immobiliser complètement une personne ! Qu’importe qu’elle soit possédée ou non ! OUI ! C’était ainsi et pas autrement ! Voilà comment il devait voir la situation !


Ah … Ah … Ah … Mais alors pourquoi était-ce lui qui reculait inexorablement ? A force d’éviter les crachats acides, les crocs de sa fille mais aussi les coups de lame bien plus puissants que les siens, il ne faisait que reculer inexorablement.

« ATTENTION MESSIRE RANOR ! » cria un citoyen alors qu’il voyait qu’il se trouvait adossé un mur. ET ZUT !

Il s’abaissa subitement, évitant la lame de sa fille avant de foncer vers elle. Il la fit tomber en arrière, gémissant de douleur Il avait failli se prendre ses crocs dans l’épaule mais il avait réussi à éviter cela ! Il poussa un gémissement de douleur, se demandant ce qu’il devait faire maintenant encore. Ah … Il avait tellement à faire … Mais il ne savait pas par quoi commencer malheureusement. Il y avait bien une solution non ?

Surement … Mais il devait alors ne pas perdre plus de temps et se concentrer. C’était même une obligation et … AH ! Elle était déjà prête à se battre ! Il eut la mauvaise surprise de voir son épée droite qui commençait à se fissurer. Il devait rappeler le pokémon à l’intérieur avant qu’il ne soit trop …

« CREVE ! CREVE ! CREVE ! »

La jeune femme hurlait à plein poumon, continuant de frapper comme une damnée sur l’épée alors qu’il n’avait aucune échappatoire. S’il ne trouvait aucun moyen de se tirer de là … C’était trop … AH ! L’épée se brisa subitement, produisant une puissante déflagration ténébreuse et spectrale qui repoussa Sélia. Mais aussitôt fait, il se jeta sur elle, sa seconde épée venant se loger dans le bras de la jeune femme pour qu’elle relâche son arme.

« Ne me force pas à t’amputer, ma fille ! NE ME FORCE PAS ! »

« M’amputer ? Tu ne pourrais même pas y arriver ! HAHAHA ! Mais tu es à ma portée ! »

Et elle n’allait pas se priver pour … Elle voulut le mordre mais il donna un coup avec la garde de son épée, l’ayant extirpée au bon moment. Il fit un saut en arrière, regardant la situation désastreuse. Il commençait à fatiguer mais en même temps … L’une de ces armes venait de se briser, montrant le pokémon qui l’habitait. Un Moyade … L’une de ces grosses méduses bleues ou roses suivant le sexe de la créature. Elle ne bougeait plus, étant morte alors qu’il pestait légèrement. Il avait voulu calmer la situation … la combattre légèrement mais voilà tout ce que cela donnait comme résultat. Un résultat désastreux !

Mais il avait encore une arme au cas où. Tout n’était pas perdu, loin de là même ! Il pouvait s’en sortir ! Il pouvait facilement s’en sortir ! Il suffisait juste d’y croire ! Du moins, croire était une chose … Oui … Il n’y avait pas que ça malheureusement ! Et la jeune femme semblait satisfaite de voir une créature morte.

« Tsss … C’était donc ça qui était dans ton épée ? Impressionnant … non ? »

« Il m’a servi pendant des années … Je peux même dire que malgré qu’il fut à moitié sous mon contrôle, il me servait loyalement. »

« Servir loyalement ? HAHAHA ! QUELLE BLAGUE ! Mais maintenant, tu vas voir … Tu n’as plus qu’une épée … Et je vais la briser elle aussi … Ensuite, ton corps subira la même chose ! HAHAHA ! Je vais te montrer et … »

« Ne pas m’enterrer trop vite, n’est-ce pas ? Je ne suis pas encore mort … »

« MAIS CA NE SAURA TARDER ! TA SECONDE ARME VA SE BRISER ! »

Et malheureusement, il savait qu’elle n’avait pas tort ! Mais dans le pire des cas, il avait une solution … Il avait toujours une solution par rapport à ce qui l’attendait ! Même si la pire des choses pouvait arriver ! Il regarda Sélia, évitant sa lame, la jeune femme lui crachant de l’avide sur le ventre. Elle ricana :

« Tu vois ? Généralement, les personnes pensent qu’il faut viser le torse chez l’ennemi pour le blesser mortellement. Ce n’est pas faux car c’est là que se trouve le cœur … Mais dans le cas où tu crées une entaille et non une percée, il vaut mieux viser le ventre, ainsi, tout ce qui se trouve à l’intérieur peut facilement se vider, hahaha ! »

« Depuis quand est-ce que tu es devenue ainsi ? Aussi … sombre. »

« Sombre ? Qu’est-ce que tu racontes encore comme bêtise ? HAHAHA ! Tu ne fais que raconter que des idioties ! Je vais t’éliminer, Ranor ! Mais ne t’en fait pas, je saurai quand même avant le secret de l’exorcisme ! »

« Le secret de l’exorcisme … Tu risquerais d’être plus que déçue … Si tu savais exactement les conditions pour extraire un pokémon … »

« COMMENT EST-CE ALORS ?! JE VEUX SAUVER KERAN ! »

« Hum ? Tu ne comptais pas me tuer, ma fille ? De même … Depuis quand Kéran a-t-il ce pokémon en lui ? Cela est plus qu’important. » murmura calmement l’homme.

« Depuis quand ? Depuis quand ? Est-ce que la durée importe réellement ?! »

« Pas forcément … mais en un sens, cela permet de comprendre certaines choses. Alors ? »

« JE M’EN CONTREFOUS DE LA DUREE ! » hurla-t-elle avant de recommencer à le frapper avec sa lame, toujours autant incontrôlable comme auparavant.

Ses coups étaient de plus en plus forts ! Il ne pouvait que constater ça ! Et avec sa blessure au ventre causée par l’acide, il devait faire vraiment attention. HUMPF ! Il avait de plus en plus de mal à parer les coups, Sélia s’extasiant :

« ALORS ?! Tu reconnais ta défaite ?! ADMETS-LA ! ADMETS ! »

« Admettre quoi, ma fille ? J’admets que tu es devenue … quelqu’un de différent. Et en tant que père, il est de mon devoir de te guider vers la bonne voie. »

« LA BONNE VOIE ?! LA BONNE VOIE ?! DE QUI EST-CE QUE TU TE MOQUES ?! »

« Non … Pourquoi le ferai-je hein ? Tu te trompes de direction … Les parents doivent servir d’exemples … Même si je ne suis pas le meilleur qui soit … »

« ASSEZ ! JE VAIS T’EXTERMINER MAINTENANT ! » s’égosilla la jeune femme aux cheveux bleus alors qu’elle semblait hors de contrôle.

Elle frappa, frappa, frappa de toutes ses forces sur la seconde épée de son père. Elle était prête à tout pour la briser mais aussi LE briser ! Elle allait la briser ! Elle allait tout briser ! La lame se fissura, l’homme gémissant de douleur. Impossible de fuir … Impossible ! Il n’allait pas avoir le choix visiblement !

L’épée se brisa, la lame de Sélia traçant une longue ligne verticale sur le torse de son père. Celui-ci cracha du sang, posant à nouveau un genou au sol alors que Sélia était devant lui, sa lame ensanglantée pointée vers son cou.

« Tu es si faible … Tellement faible et pathétique … Alors maintenant, tu me donnes ce que je désire … Je te forcerai à me donner ce que je veux. »

« Qu’importe ce que tu veux … Ca ne changera rien à la situation. Ce n’est qu’une chimère. Et je ne suis pas encore battu, ma fille. Tu es encore loin du résultat. »

« AH OUI ?! Regarde donc ce Dimoret qui est mort ! Tu le disais bien hein ?! Que je n’avais aucune arme ! Mais qui se retrouve sans arme maintenant ? HEIN ? HEIN ?! »

Elle montrait de sa main disponible le Dimoret qui était au sol, mort à côté des restes de la seconde arme de Ranor. Celui-ci ne semblait pas avoir un regard vers la créature.

« Je suis désolé pour eux … Ils m’ont servi jusqu’au bout … mais je ne pensais pas que ça prendrait des proportions aussi … importantes. »

« Proportions aussi importantes ? NE TOURNE PAS EN ROND ! JE VEUX … »

« Quelque chose que tu n’obtiendras jamais … car cela te serait inutile. » coupa doucement le père de Sélia, ne la regardant pas.

« Peut-être qu’avec un bras en moins, tu seras plus loquace ! »

Elle leva son épée, prête à l’abattre sur l’épaule droite de son père. De toute façon, avec de l’acide, elle pouvait facilement stopper l’hémorragie qui allait apparaître ensuite. Néanmoins, l’homme évita le coup avec aisance, son dos se déchirant pour laisser paraître deux ailes brunes. Deux ailes gigantesques, lui donnant l’impression d’être une créature mi-humaine, mi-oiseau.

« Qu’est-ce que ça veut dire ?! C’EST QUOI CETTE BLAGUE ?! »

« Blague ? Ce n’est pas une blague ma fille … Ce que tu vois … est une preuve … »

Une preuve que son père était lui-même possédé ! Et pas un petit peu ! Faire apparaître des ailes dans son dos ?! COMME CA ?! Comment était-ce possible ?! Même elle avec Hyathéna n’était pas capable de faire ça ! PAS DU TOUT !

« Sale petit enfoiré ! Même après sa mort, tu as été jusqu’à te faire posséder ! »

« Comment est-ce que tu parles à ton père, Sélia ? Peut-être que tu me hais mais tu es ma fille … Et je mérite plus de respect que cela. Mais vois-tu, dans mon cas, je ne pourrai pas être exorcisé. Et dans le tien non plus d’ailleurs. »

« AH BON ?! Qu’importe ! Ca ne changera rien ! RIEN DU TOUT ! JE VAIS … »

« Me tuer ? Tu te répètes … Mais cette fois-ci, je ne me priverai pas pour te montrer quelle est la véritable puissance qui lie les humains aux pokémons spectres et ténébreux. Si tu veux, tu peux me considérer comme les Doctes bien que je sois plus évolué qu’eux. »

« Comme les Doctes ? Evolué ? NE TE FOUS PAS DE MOI ! »

Il ne se moquait pas d’elle, contrairement à ce qu’elle pensait. Il vint atterrir à quelques mètres, ses pieds devenant des serres alors qu’il soupirait une nouvelle fois.

« Tu vois … Des fois … La mort est une délivrance contrairement à ce que l’on peut croire. Tu penses que je … »

« DELIVRANCE ?! DELIVRANCE ?! ALORS JE VAIS TE DELIVRER HAHAHA ! »

Elle allait le délivrer en le tuant ! Mais avant … Elle allait tout faire pour lui faire cracher le morceau concernant l’exorcisme ! Elle allait savoir comment faire ! Elle allait savoir comment délivrer Kéran ! ELLE ALLAIT SAVOIR !

« … Tu es devenue démente … Peut-être que la mort te délivrerait aussi … ma fille. »

« Je ne serai jamais apaisée … tant que je n’aurai pas récupéré Kéran … Jamais … »

Jamais ! JAMAIS ! JAMAIS ! Elle allait tout faire pour l’exterminer ! Qu’importe qu’il soit devenu à moitié piaf ! Qu’importe les pouvoirs qu’il possédait ! Elle était plus forte que lui ! Elle l’était beaucoup plus ! BEAUCOUP PLUS !

« Tu souffres tellement … » murmura faiblement Hyathéna dans l’esprit de la jeune femme.