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Chapitre 114 : La mort d’un monde

Chapitre 114 : La mort d’un monde

« Mais je suis sensé faire comment ? Je n’arrive même pas à lire ce qui est marqué. »

« Et est-ce que tu as déjà appris à lire ? » demanda Katérina avec un peu d’ironie dans la voix.

« Oui, quand même un peu. » dit le jeune homme bien qu’il n’était pas forcément très rassuré par ses propres paroles. Il fallait dire qu’une telle … chose … ce n’était pas banal. Il vint retourner le livre, essayant de le comprendre mais rien à faire, c’était tout simplement incompréhensible. Il ne connaissait pas du tout cette écriture. Loa lui demanda le livre, cherchant à voir si elle y arrivait mieux.

« Hum ? Est-ce que je peux le voir, Loa ? » demanda Harno alors que la jeune femme s’exécutait, tendant le livre vers le Mélancolux, le lui présentant devant les yeux.

« Tu arrives à lire quelque chose, Harno ? C’est peut-être de ton époque ? Je t’avoue que moi-même, je n’y arrive pas, pas du tout même. »

« Vous êtes trois gros nuls ! Ce n’est pas possible autrement ! Je n’ai pas fait d’études mais j’arrive quand même à lire ce qui est marqué dessus ! Ça parle des espèces de pokémons, répertoriées selon leurs types ! »

Katérina arrivait à lire ? Comment était-ce possible ? Loa et Kéran la regardèrent prendre d’autres livres, commençant à les énoncer les uns après les autres. Il chercha un endroit où s’asseoir, remarquant un fauteuil maintenu par un pilier de métal. Drôle d’endroit … Ça ressemblait à une bibliothèque mais en plus développée.

« Katérina ! Katérina ! Essaye de trouver un livre qui parle de cet endroit ! Qui parle de ce qui s’est passé ! Ca a l’air complètement désert et dévasté ! »

« Hey, hey, hey … Tu peux te calmer, Kéran ? Je vais faire de mon mieux, t’excite pas comme une pucelle, non plus. »

Mais bon, il ne pouvait pas voir le sourire peint sur le visage de Katérina alors qu’elle commençait à farfouiller parmi les livres. Elle était même plus motivée qu’auparavant. Peut-être que si elle arrivait à lire, c’était grâce à Dumasch en elle ? S’il avait les connaissances pour ça, elle devait bien les posséder dans le fond, non ?

« Tss … Et tu penses vraiment que j’aurai voulu t’aider ou quoi ? » marmonna Dumasch, comme s’il avait réussi à lire dans les pensées de la jeune femme.

« Même si tu l’aurais pas voulu, tu y serais pas arrivé. Boucle-là et laisse-moi trouver ce que Kéran veut que je cherche. Ca m’a l’air pas simple à trouver cette merde. »

« D’ailleurs, où il est ? » demanda l’être en Katérina, celle-ci se redressant parmi les décombres de la bibliothèque. Qu’est-ce qu’il racontait encore ? Kéran se trouvait sur ce faut … Hein ? PUTAIN ! C’EST QUOI CE DELIRE ?!

« KERAN ! KERAN ! » hurla la jeune femme aux cheveux argentés, le jeune homme ayant complètement disparu du champ de vision de Loa et de Katérina.

Il avait fermé les yeux un court instant. Un court instant où il voulait se reposer et réfléchit à tout ce qui s’était passé. Et là ? Il ne savait pas du tout où il était ! Il était sûr d’être dans les ruines encore mais … pas au même endroit qu’auparavant.

« Mais où est-ce que je suis ? » demanda-t-il faiblement.

« Dans l’endroit où je t’ai emmené. » déclara une voix féminine qui le fit trembler. Froide et distante, elle semblait pourtant anxieuse. Il se retourna pour apercevoir … une femme en armure noire et aux cheveux blancs ? Longs cheveux blancs ? Et les yeux bleus ?

« Vous … Vous êtes … Je suis … AH ! Vous êtes Swar ! Vous êtes vraiment réelle ! Est-ce que je peux … vous toucher ? »

« Me toucher ? Est-ce que tu es sérieux quand tu demandes ça ? Je refuse. » dit la femme en armure noire alors que pourtant, le jeune homme venait de prendre la main gantée de noir de Swar. Mais pas seulement ! Il palpait les doigts à l’air. Ils étaient bien réels ! Swar fit un geste pour le repousser, reprenant la parole : « Arrête ces imbécilités, Kéran. Pourquoi est-ce que tu n’as pas écouté ce que je t’ai dit ? »

« Car je voulais en savoir plus sur le monde dont tu viens. Le rêve que j’ai fait, je suis sûr que c’était celui qui te concernait, Swar ! Tu ressembles vraiment à la fille de mes rêves ! Enfin, pas dit de cette façon hein ? »

« … … .. J’avais compris, Kéran. » répondit lentement la femme en armure noire, plongeant dans son mutisme. Kéran avait été honnête, très honnête même. C’est cela qui avait été choquant sur le coup et elle attendait encore quelques instants avant de reprendre : « Kéran, je te déconseille de continuer sur cette lancée. Tu ne dois pas apprendre ce qui s’est passé. »

« Swar … S’il te plaît … Je ne sais même pas comment tu fais pour avoir une apparence humaine alors que tu dis que tu es une pokémon mais je veux au moins savoir à quoi ressemblait le monde avant maintenant. Dans ce rêve que j’ai fait, je ne sais toujours pas comment ça s’est produit, il y avait tellement de choses inconnues ! »

« Ces choses doivent vous rester inconnues. Si le monde apprenait ce qu’il était auparavant, vous risqueriez de sombrer dans la folie. »

« Ne dit pas de bêtises, Swar. Je suis sûr que ce n’est pas aussi dramatique que ça. »

« Kéran … Je ne peux maintenir ce corps que pendant quelques minutes au-dehors de … de l’épée que tu possèdes. Je suis encore affaiblie tant que je n’aurai pas … Enfin bref, je me suis épuisée pour te dire cela. Est-ce que tu ne le remarques pas ? »

« Je … Je ne sais pas trop … Swar. Je … Sincèrement, si je peux …Enfin, tu es quelqu’un d’amical, très amical même. Je ne peux pas m’en empêcher. Je veux savoir comment tu étais auparavant. Dans quel monde tu vivais, voilà tout. »

« Fais comme tu veux, maintenant ! Je n’en ai plus rien à faire ! Tu as été prévenu ! » s’écria la jeune femme avant que Kéran ne pousse un cri, se retrouvant avalé par le sol. La jeune femme en armure noire disparut à son tour.

« KERAN ! PUTAIN ! Où est-ce que tu étais ?! »

Kéran était réapparut devant Katérina, celle-ci venant l’enlacer pendant quelques secondes avant de serrer de plus en plus fort, lui arrachant un cri de douleur. Elle commença à l’insulter de tous les noms alors qu’il expliquait qu’il ne savait pas du tout. Il avait été plongé dans le noir et on lui avait parlé mais il ne savait pas où il se trouvait.

« Et tu crois que je vais gober tes salades plus longtemps ? Ne te fout pas de ma gueule ! »

« Mais je te le jure, Katérina ! Je ne sais pas du tout où j’étais et … »

« Pendant que vous vous disputiez, j’ai continué de chercher et j’ai trouvé quelque chose de vraiment bizarre ! Venez donc voir ! »

Loa avait décidé d’interrompre les deux personnes alors que Kéran et Katérina se regardaient. La discussion était remise à plus tard, n’est-ce pas ? Loa les emmena à ce qui ressemblait à une salle … mais pas de livre. Il y avait d’étrange machine faite de matériaux qui leur étaient inconnus.

« Regardez-moi cet objet ! On dirait du verre mais y a quelque chose derrière ! C’est épais et surtout … Surtout … Regardez-ça ! »

Regardez ça quoi ? La jeune femme aux cheveux verts venait de présenter un écran alors qu’elle commençait à trifouiller les différents boutons d’une machine se trouvant juste au-dessous de l’écran. Qu’est-ce que …

« AH PUTAIN ! Y A DES TRUCS QUI SONT APPARUS ! »

Ce n’était pas Katérina mais Kéran qui avait crié, Katérina le regardant en clignant des yeux. Il commençait à parler comme elle ? C’était pas la meilleure chose à faire. Pourtant, elle ne vint rien dire, fixant juste l’écran en face d’eux. C’est vrai, plusieurs lettres étaient apparues mais aussi des images, bref, des trucs !

« C’est quoi ce bordel ? » demanda Katérina alors que Loa haussait les épaules.

« Je ne sais pas du tout, Katérina. Je t’avoue que j’ai appuyé au hasard. »

« Ah ouais ? Et où est-ce c’est sensé nous aider ? » continua de dire Katérina.

« Je ne sais pas … Si tu as réussi à lire ces livres, est-ce que peut-être, tu … »

« Euh … J’arrive à comprendre ce qu’il faut faire. » dit le jeune homme aux cheveux blancs, se présentant en face de l’écran et de l’étrange machine.
C’était bizarre … Il ne savait pas comment expliquer cela mais il y arrivait ! Il arrivait à parfaitement comprendre comment utiliser cette drôle de machine ! Mais il ne l’avait jamais vue auparavant ! Alors bon … Comment ça se faisait ? Il commença à tapoter sur les différentes touches de la machine sous l’écran, semblant être comme guidé par une force supérieure. Bizarre, c’était vraiment bizarre même.

Puis subitement, tout s’enchaîna à une vitesse impressionnante. Un boucan des plus terribles se fit entendre alors que l’écran commençait à laisser défiler des chiffres et des lettres mais aussi des images. Et pas seulement !

« C’est quoi ça ? On dirait des images qui défilent … Enfin quand même … Comment dire … Je sais pas du tout. On dirait qu’il y a une personne qui est coincée à l’intérieur mais qu’elle parle et qu’elle bouge. C’est quoi ça ? »

« Une vidéo, voilà comment cela s’appelle. » déclara Harno. « Vous êtes sur un ordinateur encore opérationnel. Il semblerait que les machineries soient encore en état de marche dans ces ruines, chose plus étonnante que prévue. »

« Comment est-ce que tu sais ça, Harno ? Tu es de cette époque ? » dit Loa.

« La majorité des spectres actuels sont de cette époque. Mais je ne peux pas te le dire … Il vaut mieux que tu le voies de tes propres yeux. Kéran, fais ce que je te dis. »

« Harno, tu devrais plutôt les arrêter au lieu de les aider à continuer. » déclara Swar.

Pourtant, le Mélancolux n’arrêta pas Kéran qui exécutait les commandes que le pokémon lui disait. Bizarre … Qu’est-ce qu’il avait voulu dire par là ? Il ne comprenait pas du tout alors que finalement, l’écran affichait ce qui semblait être les derniers enregistrements d’une … caméra ? C’était quoi ce nom d’objet ?

« AAAAAAAAAAAAAH ! Fuyez ! FUYEZ ! Terrez-vous sous Terre ! Terrez-vous ! »

« Ca ne sert à rien ! Tu veux que l’on y échappe comment ?! »

Des hommes et des femmes criaient dans tous les sens alors que le ciel était parcouru par une lumière rouge et orange. Ce n’était pas le Soleil non ? Car le ciel qu’il avait connu ne ressemblait pas à ça habituellement. Enfin, celui … qu’il avait quand il terminait de combattre un pokémon plus fort que les autres parmi les spectres ou les créatures ténébreuses.

« Ça ne sert à rien … On ne peut pas … y échapper. »


C’était une voix qui semblait diriger la vue dans l’écran. La vue qui changeait d’endroit pour regarder le ciel. C’ETAIT QUOI CA ?! Il n’avait jamais vu un truc aussi gros ! Une grosse boule de roche recouverte de flammes ?! Mais ce n’était pas le Soleil ! Et la boule semblait grossir à vue d’œil !

« Si on nous avait dit qu’un jour … Une météorite viendrait atterrir sur la Terre, nous aurions rigolé. Nous aurions dit : « C’est impossible. » .Et pourtant … Et pourtant … »

L’écran se brouilla, laissant place à de nombreux petit points gris, noirs et de toutes les couleurs, signe qu’il n’y avait rien sur la vidéo. Harno demanda à Kéran d’appuyer sur un bouton, l’écran changeant de scène pour montrer un hiver, un hiver des plus foudroyants. Ou alors, ça ressemblait à quelque chose de pire que l’hiver ?

« Regardez les bâtiments … et ces pics de glace … et cette tonne de neige ? Et tout l’endroit ! L’endroit est complètement dévasté ! »


C’était exactement le même qu’avant … Comme si la caméra n’avait pas bougé depuis tout ce temps et pourtant … Pourtant … Ce n’était pas pareil. Quelque chose avait changé, il n’y avait plus de vie, plus rien, plus rien du tout. Aucun pokémon, aucun humain, aucun véhicule qui roulait sur quatre roues et surtout sans Ponyta pour les tirer.

« Mais c’est vide … » murmura Kéran une nouvelle fois, disant cela avec tristesse.

« La population humaine fut anéantie … comme celle des pokémons. » déclara finalement Swar après quelques secondes, Katérina comme Loa étant restées muettes.

« Mais ce n’est pas possible ! Nous sommes bien vivants non ? »

« Je n’ai pas dit totalement … Kéran. Saisis donc la nuance. Une infime partie des pokémons et des humains ont survécu à cette météorite qui a tout simplement dévasté le monde. Tout ce que les gens avaient connu … s’est terminé en un instant. Toute la technologie, tout ce qui avait été leur vie quotidienne a été dévasté … »

« Et surtout, tout le monde est mort … et est devenu un pokémon spectre ou ténébreux. Mais … Ca n’explique pas pourquoi ils s’en sont pris à tout le monde. Swar ? Ca veut dire que tu viens de cette époque ? Dumasch ? Harno ? »

« Je crois que vous en savez assez à ce sujet. Le monde que vous n’avez jamais connu est mort, ne vous intéressez pas plus longtemps à ça ! » déclara Swar, l’épée commençant à se mouvoir subitement autour de la taille de Kéran. Lévitant dans les airs, elle vint se loger dans l’écran, l’éclatant en morceaux.

« Mais qu’est-ce que tu fais, Swar ? » s’écria Kéran.

« Vous en savez déjà trop. Maintenant, vous connaissez l’origine des spectres et des créatures ténébreuses, vous n’avez besoin de rien d’autre. »
Mais elle se moquait de lui ou quoi ? Ca n’expliquait rien du tout ! Juste que … Juste que … Ce rêve qu’il avait fait … Ca s’était réellement passé ! C’était ça qu’il devait noter ! Tout ce qu’il avait vu s’était réellement passé ! Du moins, ce monde n’était pas celui de son imagination ! Cette destruction … Ce n’était pas tout. Il voulait connaître la suite !

« Bon … Pendant que vous vous disputiez tous les deux, on dirait qu’on a reçu de la visite. »

« Le grand Mékos nous a signalé des intrus par ici. »

« Qu’est-ce que … » termina de dire Kéran alors que le Mélancolux s’apprêtait déjà à rentrer à nouveau en Loa. Des pokémons ? Le grand Mékos ? Et surtout, comment est-ce qu’ils avaient fait pour repérer où ils étaient ?
Etait-ce à cause de cette machine ? Si c’était le cas, ça voulait dire que … Non ! Ce n’était pas le moment d’y penser ! Il fallait d’abord s’occuper de ces pokémons ! Il ne les voyait pas encore mais ça n’allait pas tarder. Mais maintenant, sa soif d’histoire n’était pas apaisée.

Chapitre 113 : D’un ancien temps

Chapitre 113 : D’un ancien temps

« Vraiment … Je … C’est pas déplaisant mais bon … Katérina, tu pourrais quand même me lâcher un tout petit peu. Et je ne peux pas remettre mon haut ? »

« Ta … gueule. C’est clair ? Si tu continues de bouger, je te brise les membres, un par un et je commencerai par celui que tu as entre les jambes ! »

« D’accord ! D’accord ! J’ai rien dit ! Ne me fait surtout pas mal ! Je tiens à mes bijoux ! » s’écria le jeune homme alors qu’il sentait la poitrine de Katérina contre son dos nu. Il fallait dire qu’après tout cela, après ce qui s’était passé et cette blessure, la nuit était rapidement arrivée et il lui avait tout raconté. La même chose pour Loa bien entendu. Et donc … Avec toute cette histoire, comment dire … Il se sentait un peu soulagé mais en même temps, assez confus. Il n’avait jamais voulu mentir à Katérina non plus.

« Est-ce que c’est vraiment de ma faute … Kéran ? Si tout cela t’est arrivé ? »

« Pas vraiment, j’ai voulu jouer au héros comme tu as pu l’entendre, j’ai perdu un peu les pédales et j’ai fini ainsi. Enfin bon … Je m’en suis sorti grâce à Swar. D’ailleurs, Swar est vraiment une jolie femme ! Je ne sais pas comment elle a fait pour avoir une apparence humaine mais au final, on ne dirait pas que c’est une pokémon. »

« … … … Ouais, bien entendu. Pour ça qu’elle préfère toujours fermer sa gueule. Bon, je vais dormir. Je suis crevée à cause de toutes ces conneries. »

« Comme nous avons été attaqués aujourd’hui, on se rapproche de plus en plus des ruines non ? Donc demain, y a peut-être des chances que nous en trouvions et surtout que tout cela soit plus intéressant que prévu. »

« Je sais pas et je m’en fous … Bonne nuit. Si t’as envie de te coller à moi car tu as froid, tu le peux mais je te tourne le dos, je te préviens. »

Ah bon ? C’était une proposition plus qu’alléchante et qu’il allait accepter ! Aussitôt après qu’elle ait dit ça, il s’était déjà retourné pour l’avoir en face de lui. Sauf qu’elle-même s’était retournée, lui montrant son dos. Il posa ses mains sur le ventre de Katérina, la regardant avec tendresse avant de murmurer :

« Merci beaucoup, Katérina, c’est exactement ce que je voulais. »

« Ce que tu voulais ? Je ne suis pas ton objet ! Je ne suis pas ta femme ! »

« Je n’ai jamais dit ça, loin de là même. Aller … Bonne nuit, Katérina. J’ai quand même attendu ça depuis assez longtemps. »

« Ouais, ouais … Depuis longtemps. C’est bien parce que tu es blessé et meurtri que je fais ça et pour rien d’autre. Est-ce bien clair ? »

« Clair comme de l’eau de roche. » murmura le jeune homme, posant ses lèvres sur l’épaule presque nue de Katérina, seule la bretelle de son tissu étant présente. Katérina trembla, lui demandant d’arrêter, chose qu’il fit avec une légère réticence.

Puis finalement, il allait commencer à sombrer dans le sommeil. Être pleinement conscient du fait qu’il enlaçait Katérina, c’était une sensation différente et nouvelle. Là, les deux personnes dormaient tout en savant qu’elles se retrouveraient dans les bras de l’autre au petit matin. Autant dire que pour lui, c’était tout ce qu’il désirait.
« Ah … Ah … Ah … » murmura la voix de Katérina, prise de plusieurs gémissements.

Qu’est-ce que … Il entendait la respiration rapide de Katérina et sentait quelques petits mouvements chez elle. Ce n’était quand même pas … Elle ne dormait pas ? Mais surtout, ce genre de petits gémissements, ce n’était quand même pas …

« Katérina, ne me dit pas que tu es en train de … »

« Je suis en train de me branler, imbécile ! Ca ne s’entends pas assez ou quoi ?! Ah … Ah … Purée … Vraiment … »

« Mais arrête ça, c’est vraiment crade ! Enfin non … Mais je suis à côté je te rappelle. »

« Tu n’as qu’à remplacer ma main tiens ! Pendant ce temps, je vais m’occuper de l’autre ! Purée … Ah … Ah … C’est vraiment … C’est vraiment si ex… Toutes ces cicatrices, toute cette histoire, ah … ah … Ça me donne … Ah bon sang ! Ouuuuuui. »

« Mais arrête un peu ! Katérina ! Contrôle-toi ! Je … » bredouilla le jeune homme.

« Quoi ? Tu crois que je ne sens pas le gros paquet derrière moi ? T’es aussi excité que moi ! Alors, tais-toi et fais pareil si tu en as envie ! »

« Même si j’en ai envie, j’ai quand même la décence et je peux me contrôler. Je ne suis pas un animal non plus ! Et prends un mouchoir ou je ne sais quoi. On doit en avoir non ? Ne va pas salir le sac de couchage et … »

« T’en fait pas, je sais quand même me tenir à ce sujet. » dit la jeune femme, poussant des petits gémissements de plaisir. Même s’il faisait nuit, le fait qu’il garde ses mains sur le ventre de Katérina. Et zut ! Il était carrément plus qu’excité.

« Ouais, je suis pas sûr de ce que tu dis et … que … »

« Je t’ai dit de venir m’aider ! Regarde ! Tu fous ça là ! Et tu malaxes ! » déclara Katérina, utilisant sa main libre pour prendre l’une de Kéran avant de la placer sur son sein droit recouvert par le tissu.

« Katérina, je suis un homme, tu sais quand même et … »

« Alors, tu la fermes et tu agis comme tel ! » coupa-t-elle, poussant de nouveaux gémissements alors que Kéran s’attardait à sa tâche. En fait, il balançait même ses hanches en avant et en arrière bien qu’il avait encore ses habits. Tout cela comme un automatisme. Et en même temps, sa main caressait le sein dans le tissu, le malaxant, le soupesant, venant chercher le petit bout de chair au bout, rapidement facile à sentir à cause de l’excitation de la jeune femme. Lui-même … était au paradis ou presque.

Une bonne heure plus tard, il savait qu’ils avaient progressé à grande vitesse. Elle lui avait tendu un mouchoir pour qu’il le mette à l’intérieur de son pantalon pour ne pas le salir. Sans même avoir fait la même « chose » qu’elle, il avait trouvé du plaisir. Et surtout, même si cela n’avait pas été un contact direct, faire ça … à la poitrine de Katérina. Ah … Il avait vraiment eu le sein de Katérina dans la main ? Et le lendemain matin, il s’était tout simplement réveillé avec elle dans ses bras, son visage posé sur l’épaule de la jeune femme.

Il était gêné de penser à ça mais bon, il préférait ne pas en parler. Il attendit que la jeune femme ait terminé de se réveiller à son tour pour commencer à se mouvoir. Pourtant, elle l’en empêcha, murmurant alors qu’elle était à moitié endormie :

« Quand même … Je parie que tu serais pas mal à prendre au pieu, Kéran. »

« Je … Est-ce que l’on peut éviter d’en parler. Enfin, à moitié. S’il te plaît … Et surtout pas devant Loa. Enfin, ce n’est pas le genre de discussion à avoir. »

« Ouais, ouais … Je vais me taire si on recommence soir, t’es d’accord ? »

« Euh … Bon … Disons qu’entre nous, c’était vraiment spécial hier … Tu sais … Enfin non … Ca ne se dit pas comme ça mais savoir que tu as la même chose que moi, c’est surprenant. Ca fait un peu peur … Mais si je m’attarde que sur ton côté féminin, je … Enfin, pourquoi pas ? » termina-t-il de dire finalement alors que la jeune femme soupirait, marmonnant dans sa barbe qu’elle était d’abord une femme avant d’avoir « l’outil » d’un homme. Mais bon … Pour le reste de la journée, ils n’allaient pas parler de ça, comme prévu.

Lorsqu’il vit Loa, il vint rougir violemment, bredouillant pour la saluer alors que Loa le regardait avec interrogation. Heureusement, il semblait qu’ils n’avaient pas fait autant de bruit qu’il ne l’aurait cru. Tant mieux mais bon … Il murmura :

« Euh … Je crois que nous sommes proches des ruines, Loa. »

« C’est le cas. Nous y serons surement au milieu de l’après-midi, je pense. Mais pourquoi est-ce que tu me dis cela, Kéran ? »

« Euh … Pour rien, rien du tout même. » bafouilla le jeune homme.

« Alors, mets la en veilleuse et tais-toi. »

Katérina lui donna un petit coup derrière le crâne, le jeune homme poussant un léger cri de douleur avant de se frotter le crâne. Ca faisait mal ! Très mal ! Alors que Katérina passait à côté de lui, une voix très faible murmura :

« Tu vois, Kéran … Tu as complètement oublié que j’étais là … hier. Hahaha. »

Ce n’était pas drôle du tout ! Il aurait préféré complètement l’oublier maintenant ! Ce type … en elle … Il avait tout entendu, tout vu ! Swar aussi sûrement ! Puisqu’il gardait l’épée non-loin de lui-même quand il dormait. Purée, purée, purée ! Qu’est-ce qu’il avait fait pour mériter une telle chose ? Qu’est-ce qu’il avait fait hein ? Ne pas y penser et voir ce que les ruines allaient leur apprendre cette après-midi, c’était bien mieux !

Après un petit-déjeuner assez copieux où Loa vint chasser, Kéran la laissant faire après l’exemple d’hier, ils se mirent en route pour aller vers les ruines. Les ruines, il ne s’attendait surtout pas à ça quand il s’en approcha avec Katérina et Loa.
Ces ruines étaient gigantesques ! Mais pas seulement faites de métal ! En fait non, les bâtiments étaient faits en pierre. Ou alors, c’était une pierre très solide. Puis il y avait aussi des branches faites de … pas de métal. C’était quelque chose de bizarre. Comment dire, il ne savait pas de quel matériau était issu cette chose.

« Cela s’appelle du plastique, Kéran. Cela permet de protéger les fils électriques. »

« Ah oui ? Et c’est quoi un fil électrique ? » demanda le jeune homme alors que Swar avait pris la parole, évitant ainsi de laisser Kéran dans l’embarras.

« Des fils capables d’emmener de l’électricité d’un point à un autre. «

De l’électricité d’un point à un autre ? Loa fit un petit cri de surprise à l’entente de tout cela. C’était spécial ce qu’ils venaient d’apprendre non ? Comment était-ce possible ? Et puis, il y avait aussi de drôles d’objets … qui étaient recouverts de boutons faits en verre et qui s’illuminaient comme par magie !

« C’est bizarre, franchement bizarre cet endroit. » dit le jeune homme, regardant autour de lui pour être sûr que Katérina le suivait.

« C’est plus que bizarre ! Regarde-moi ça ! Y a des trucs en métal qui sortent de cet autre truc de métal ! Ca fait même tourner cette roue faite de métal sans même que l’eau ne soit nécessaire ! C’est plus que bizarre même ! »

Katérina s’exprimait elle aussi visiblement à ce sujet alors que le jeune homme se rapprochait de la boîte métallique. Mais il n’y avait pas que ça. Ils étaient dans des ruines … mais d’une ancienne ville ? Mais cette ville avait quel âge ?

« Je ne connais pas du tout ce qui se trouve ici mais en même temps … Ces … AH ! Ces objets-là ! » hurla Kéran avant de montrer un long objet de métal avec des roues mais sauf qu’il était à l’envers.

« Ah bon ? Et comment est-ce que tu sais ça ? » dit Katérina, un peu suspicieuse.

« C’était dans l’un de mes rêves ! Ça va paraître bizarre mais ce que tu vois, là … Et bien, ça pouvait avancer sans même avoir besoin de Ponyta ! »

« Tu es sûr que tu ne t’es pas pris un mauvais coup sur le crâne ? »

« J’en suis vraiment sûr, Katérina. Mais c’est bizarre quand même … Comment ça se fait ? Je pensais juste que j’avais des rêves bizarres. »

Il se répétait mais qui n’aurait pas été choqué en voyant ça ? Enfin, en découvrant un monde ancestral qui n’avait rien à voir avec le sien. On aurait cru à une civilisation plus avancée mais … plus ancienne ? En clair, ils auraient régressés ?

« Swar … Et Dumasch, vous savez ce qu’est réellement ces ruines, non ? »

« Il y a des chances que ça soit le cas mais Dumasch l’ouvrira pas, cet imbécile. »

Katérina était toujours énervée envers l’être qui l’habitait. Quand même, un moment, faudrait bien qu’elle comprenne qu’elle allait devoir supporter Dumasch, qu’elle le veuille ou non. Pourtant, Swar reprit la parole, disant :

« C’est le cas … Mais je ne pense pas que ça soit une bonne idée que vous en appreniez plus à ce sujet malheureusement. Je te le déconseille, Kéran. »

« Et pourquoi ça ? En apprendre plus sur le passé de ce monde, c’est une bonne chose, je trouve … Une très bonne chose même. »

« Je ne suis pas sûre que ça soit le cas pourtant, Kéran. Je te demande de me faire confiance, s’il te plaît. » murmura Swar faiblement.


Il n’aimait pas vraiment quand elle avait un ton un peu implorant alors que le jeune homme cherchait à savoir ce qui la mettait dans « l’embarras ». En y réfléchissant bien, est-ce que Swar était de cette époque ? Enfin, de l’époque de ces ruines ? Peut-être … Mais Dumasch alors ? Il ne savait pas, pas du tout.

« Mais ce monde, quand même … On devrait essayer de visiter les bâtiments qui tiennent à moitié debout. Ça peut être intéressant. »

« Kéran, s’il te plaît … » continua de dire Swar sur un ton étrangement doux.

« Si ça me permet de mieux connaître l’être qui est dans mon arme, je ne suis pas du tout contre, Swar Ne t’en fait donc pas, je ne ferai aucune bêtise. »

« Kéran. S’il te plaît … Ce n’est pas une bonne chose. »

« Swar. Je te promets que je me comporterai bien et que je ne toucherai à rien. »

Il avait quand même l’impression que Swar était drôlement inquiète aujourd’hui. Mais ce n’était pas sans raison. En même temps, il essayait de se rappeler son fameux rêve. Il avait vu une jeune fille aux cheveux blancs et aux yeux bleus. Et ces bâtiments … ressemblaient vraiment à ceux de son rêve.

« Kéran ! Viens donc par-là ! » cria la jeune femme aux cheveux argentés.

Qu’est-ce qu’il y avait ? Il alla rejoindre Katérina, Loa faisant de même. Où est-ce qu’ils étaient ? AH ! Un endroit avec de multiples livres ! Enormément de livres même ! Comment est-ce que tout ça avait survécu ? Ils étaient même en bon état !

« Avec ça, on va pouvoir savoir ce qui va dire.

Chapitre 112 : Sur son corps

Chapitre 112 : Sur son corps

« Nous nous enfonçons de plus en plus dans la montagne. Nous devrions voir apparaître les premiers pokémons métalliques normalement. »

Dumasch avait parlé sur le ton sérieux qui ne le caractérisait guère sauf dans les moments les plus importants ou sérieux. Ainsi … Les pokémons métalliques n’étaient plus si loin ? Mauvaise nouvelle, n’est-ce pas ? Car ils n’allaient surement pas être très accueillants. Comment faire alors ? Comment faire ? Hum … Se préparer à se battre, voilà tout. C’était la meilleure chose à faire dans une telle situation. Pourtant, il avait ses yeux rivés sur Katérina qui faisait de même de son côté.

« Il y a un problème, Katérina ? Tu me fixes depuis déjà pas mal de minutes. »

« Ouais, ouais … Y en a un gros même et tu sais c’est lequel ! Si tu voulais bien l’ouvrir au lieu de te la fermer, ça m’aiderait vraiment pas mal ! »

« Hahaha ! Pour une fois que tu me demandes l’inverse, je suis au regret de ne pas pouvoir te donner ce que tu désires. J’en suis vraiment désolé, Katérina. »

Ouais, ouais, comment ça qu’il était désolé ? On n’était pas désolé avec un grand sourire aux lèvres. Elle allait l’étriper et le forcer à être plus sérieux car sinon, ça risquait d’être très mauvais. Enfin … Non, il était quand même bien plus sérieux qu’auparavant mais ça ne changeait rien à la situation. Elle n’en avait strictement rien à faire de lui !

« Si nous pouvons accélérer un peu le mouvement. » murmura Loa faiblement.

La jeune femme aux cheveux verts se sentait un peu mise de côté. Il fallait dire que depuis le retour de Katérina, Kéran cherchait à attirer l’attention de cette dernière. Enfin bon, ce n’était pas de la jalousie mais quand même, être mise à l’écart n’était jamais très sympathique pour n’importe qui.

« D’accord, d’accord, pas de soucis, Loa. De toute façon, pour le moment, nous ne savons même pas où nous rendre exactement. »

« Kéran, nous en avons déjà parlé. Nous allons nous rendre là où se trouvent les ruines que nous avons remarquées hier. Ce n’est pourtant pas difficile. » soupira la Docte en posant une main sur son front. Elle voulait bien croire qu’il était trop occupé à discuter avec Katérina et à lui faire la cour mais quand même, qu’il se concentre un peu quoi !

« D’accord, d’accord … Désolé … Encore désolé … J’ai tendance à oublier un peu beaucoup de choses ces derniers temps, je ne sais pas pourquoi. »

« Je ne sais pas pourquoi non plus … Tu es peut-être malade mais tu ne le sais pas encore. » déclara Loa en se rapprochant de lui, posant une main sur son front. « Tu as un peu de température, c’est vrai. Je crois qu’au final, on va quand même prendre notre temps. »

« Ca m’étonne un peu d’être malade … mais peut-être que oui, je le suis. » bredouilla le jeune homme, un peu confus par la geste de Loa.

« Si la « dame » te dit que tu es malade, c’est que tu l’es, point final. » marmonna Katérina, grognant un peu avant de se placer juste à côté de Loa pour observer Kéran. « C’est vrai que tu as une sale mine. Tu dors mal ces derniers jours ? »

« Disons plutôt le contraire. » murmura Kéran en rigolant un peu.

« BOUFFON ! Je ne parlais pas de ça ! » s’écria Katérina avant de lui donner un coup de poing dans le visage, le jeune homme gémissant de douleur.

« Bon, au moins, il n’est pas aussi souffrant qu’il ne pourrait l’être et … »

« Tiens donc … Des humains et de premier choix. »

Loa s’était arrêtée de parler, se retournant vivement. Kéran vint l’attraper par le bras, la tirant en arrière avant que des éclairs ne viennent foudroyer l’endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant. Des petites créatures firent leurs apparitions. Formées d’une sphère et de deux aimants, elles avaient une vis qui sortait du sommet de la sphère.

« Ce sont des créatures métalliques ? » demanda Kéran, sortant son arme alors que Katérina avait déjà ses deux lames dans ses mains.

« Ils sont faits d’acier, ils utilisent de l’électricité comme arme. Ouais, je pense que ce sont ces fameux pokémons aciers. »

Elle avait parlé avec ironie alors qu’elle restait un peu soucieuse. Il fallait dire qu’elle n’avait pas combattu de pokémons acier depuis le début. C’était une toute nouvelle façon de se battre. Elle avait devoir rester vigilante si elle ne voulait pas se retrouver blessée.

« Je vais vous épauler. » déclara Loa, Kéran la regardant avec un peu de suspicion.

« Je préférai que tu te mettes à l’abri, Loa. Ce ne sont pas des pokémons ordinaires. De toute façon, vue leur aura noire, il vaut mieux éviter de … »

« Je sais me battre, Kéran. J’ai l’impression que tu oublies ce que je suis, n’est-ce pas ? Je vais pouvoir te le montrer maintenant. »

Ce qu’elle était ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il la regarda avec un peu d’inquiétude alors que la jeune femme aux cheveux verts tendait son bras droit sur le côté.

« Harno … Nous devrions donner le maximum de nous-même, n’est-ce pas ? »

« Il en a toujours été ainsi, Loa. Cela sera la première fois depuis bien longtemps. Fais attention à ne pas trop t’épuiser, néanmoins. »

« Tu me connais bien depuis le temps, non ? » murmura la jeune femme aux cheveux verts tout en rigolant légèrement.

Le Mélancolux ne répondit pas, son corps disparaissant peu à peu avant … de rentrer directement en elle ? Qu’est-ce que … Elle allait se faire posséder ! Ce n’était pas bon ! Pourquoi est-ce qu’elle s’était laissé faire ? POURQUOI ?!

La chevelure de la jeune femme commença à virer au violet alors que ses yeux devinrent dorés. En fait, même sa tenue semblait se modifier … comme happée par une quelconque entité maléfique qui semblait la dévorer.

« Lâche-la Harno ! Ne lui fait pas de mal ! »

« C’est tout le contraire, Kéran. Calme-toi. » murmura doucement Swar à l’intérieur de son arme alors que Katérina émettait un grognement, un double grognement.

« Tsss … Voilà pourquoi je déteste les doctes. » déclara Dumasch.

Pourquoi il les détestait ? Il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait mais les Magnetis avaient reculé, eux aussi semblant en colère. Loa portait maintenant un haut de violet sombre, ses épaules et ses bras étant nus. De même, elle portait une jupe noire ainsi que de longues bottes de couleur violette. C’était bizarre … Cette impression.

« Loa ? C’est vraiment toi ? Tu n’es pas … possédée ? » bredouilla le jeune homme aux cheveux argentés, un peu inquiet, tenant fermement son épée.

« Je le suis … mais de mon plein gré. » répondit avec douceur Loa.

Mais ça n’expliquait rien du tout ! Il avait réellement besoin de comprendre exactement ! Enfin non ! Maintenant, il était tout simplement embrouillé ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle s’était faite possédée comme ça ? Mais c’était de la folie ! De la folie pure ! Surtout après ce qui s’était passé avec Katérina ! Loa s’approcha de Kéran, posant un doigt sur ses lèvres tout en gardant son sourire.

« Kéran … Je vais te faire une démonstration de ce qui fait de moi une Docte, d’accord ? »

Ouais, mais là, il était quand même plus que gêné. Il se gratta la joue, quand même plus qu’inquiet alors que Loa se positionnait maintenant en face des Magnétis. Ramenant son doigt au niveau de ses propres lèvres, une flamme fit son apparition au bout de son index. D’un geste simple, elle projeta la boule de feu en direction des Magnéti. La sphère enflammée ricocha de part et d’autres, les créatures poussant des cris de douleur.

« Mais mais mais … Comment est-ce que tu viens de faire ça ?! »

« Oh ? Ca ? Tout simplement avec les pouvoirs d’Harno. Voilà tout. Tu ne sais donc pas vraiment ce qu’est un Docte, n’est-ce pas ? Nous sommes liés à nos créatures spectrales ou ténébreuses. Ainsi, ils peuvent « emprunter » nos corps pour que nous devenions plus puissants. Au contraire de Katérina ou de toute autre humain ou pokémon possédé, le fait que nous soyons en osmose avec notre spectre ou créature ténébreuse nous octroie bien plus de pouvoirs que l’on ne le croit, voilà tout, Kéran. »

« C’est plutôt pas mal. Ca veut dire que si Katérina arrêtait de se disputer avec Dumasch … »

« Oh … Il y a des chances qu’elle devienne invincible ou presque. En vue des pouvoirs qu’elle possède déjà car elle a accepté à moitié Dumasch. » termina de dire Loa, remarquant que les Magnétis étaient déjà tombés au sol, morts sous les flammes.

Purée. Qu’est-ce qu’elle était forte … Pourquoi est-ce qu’il avait été inquiet ? Pourquoi ? Il se le demandait encore une fois alors qu’il regardait la jeune femme aux cheveux violets. Elle avait été tellement forte sur le coup.

« J’ai l’air risible de m’être inquiété pour rien. C’est vraiment bête de ma part. »

« Non, c’est attendrissant de savoir que tu te fais du souci pour moi, Kéran. C’est très sympathique de ta part et gentil aussi mais … »

« Dommage pour vous mais ils n’étaient pas seuls. »

Une voix provenant des cieux. Ils n’eurent le temps que de lever les yeux en l’air avant que plusieurs créatures n’atterrissent en même temps. Trop confus par rapport à la situation actuelle, Kéran n’eut pas le temps de se protéger, une lame venant lacérer son dos et sa tenue, une vilaine plaie ensanglantée faisant son apparition. Loa avait déjà enflammé la créature qui avait tenté de l’attaquer tandis que Katérina avait tout simplement repoussé son adversaire. Un adversaire humanoïde mais bel et bien un pokémon. Avec une lame sur le crâne et un corps métallique. Il ressemblait à un soldat … Un Scalpion ?
« Kéran ! BON SANG ! T’aurai pu faire plus attention quand même ! Comment est-ce … »

Katérina s’était arrêté de parler, écarquillant les yeux, la bouche grande ouverte. Qu’est-ce que … Qu’est-ce que … Kéran se tourna vers elle, un peu surpris. Pourquoi est-ce qu’elle s’était arrêté de parler ? Qu’est-ce que ça voulait dire. Loa écarquilla les yeux à son tour, la voix d’Harno se faisant entendre, soufflant :

« Mais c’est horrible … Depuis quand est-ce qu’il a ça ? »

« Kéran, tu … La Sainte Alliance et … C’est de ça dont tu parlais ? » murmura Loa, encore sous le choc. Kéran n’avait pas encore remarqué que le tissu qui recouvrait son dos avait été déchiré par la lame, laissant paraître une partie de son dos mais surtout les nombreuses cicatrices présentes depuis le Marché de la Mort et les Créateurs Elémentaires.

« De quoi est-ce que … Oh purée ! Mon haut ! Il est déchiré ! Ne regardez pas ! »

Mais c’était déjà trop tard, le mal était fait. Un mal qui commença à faire trembler Katérina de haut en bas. La jeune femme serrait les dents mais aussi les lames dans ses mains. Elle bredouillait faiblement, la tête baissée vers le sol :

« C’est quoi ce … bordel. C’est quoi ce bordel ? »

« Katérina, je pourrai tout t’expliquer plus tard. Je pourrai tout t’expliquer après mais il faut d’abord tuer tous ces pokémons acier. »

« PUTAIN ! MAIS QU’EST-CE QUE JE M’EN BRANLE DE CES POKEMONS ! DISPARAISSEZ BANDE DE BÂTARDS ! »

Elle hurla de toutes ses forces avant qu’une aura noire ne l’entoure. Ses deux yeux dorés vinrent fixer les deux Scalpions qui étaient arrivés pour les frapper dans le dos. Le troisième avait déjà été tué par Loa de toute façon.

Avec rage, Katérina trucida tout simplement les deux pokémons acier, n’ayant aucun mal à les trancher en plusieurs parties. Ils n’avaient rien pu faire … alors qu’ils étaient normalement bien plus forts que les précédents spectres.

« Wow … Euh … Katérina, tu me fais un peu peur si tu veux tout savoir, là. » murmura Kéran, reculant un peu alors que Katérina le fixait de ses yeux dorés. Les sourcils froncés, elle fit tournoyer ses lames dans ses mains.

« Tu as intérêt à avoir peur car vu ce que tu vas te prendre dans les dents, il va falloir que tu les serres bien fort, espèce de connard. Tu as dit que tu allais me répondre hein ? Après ce combat hein ? PUTAIN MAIS C’EST QUOI CETTE BLAGUE ?! »

« Je t’ai pourtant dit que j’allais m’expliquer ! Attends un petit peu et … »

« PUTAIN MAIS J’EN AI RIEN A BATTRE D’ATTENDRE ! » hurla Katérina, rangeant ses lames alors que Kéran faisait de même, continuant de reculer.

Ca s’annonçait mal. Il aurait préféré ne pas montrer son dos maintenant mais là … Là … C’était un peu tard. Surtout qu’il venait de recevoir une nouvelle entaille. Enfin, celle-ci allait surement se soigner et ne pas laisser de traces. Ah … Pourquoi est-ce qu’il avait fallu que ça se passe ainsi hein ? Pourquoi ? POURQUOI ?

« Katérina, sincèrement, calme-toi un peu et je te promets de tout te dire … AH ! »

Il s’était retrouvé stoppé par quelque chose derrière lui. Quelque chose de doux puisqu’il s’agissait de Loa et de sa poitrine. La jeune femme aux cheveux violets, toujours envahie par son Mélancolux, le regardait longuement.

« Je crois que moi aussi, j’aimerai quelques explications, Kéran. Ce n’est pas de refus mais ne compte pas t’enfuir, est-ce bien compris ? »

« Euh … sincèrement, je veux bien parler mais vous me faites peur les filles. Très peur là. »

« Oh … Tu as de quoi avoir peur, Kéran. Très peur même. » répondit doucement Loa alors que Katérina semblait bien moins tendre.

Gloups … Katérina était arrivée à sa hauteur, donnant un uppercut à Kéran avant de finir avec un violent coup de tête. Là, elle semblait vraiment plus qu’enragée que le jeune homme lui ait caché une telle chose. Elle ne supportait plus ce genre de choses ! PLUS DU TOUT ! ELLE le prit par le bras, le traînant derrière elle alors que Loa reprenait la coloration de sa chevelure d’antan mais aussi ses habits. Le Mélancolux revint faire son apparition à côté d’elle, tous les deux accompagnant Kéran et Katérina.

Ça allait très mal se finir cette histoire. Ils avaient été attaqués par les premiers pokémons acier, tous possédés par des spectres mais là … Il craignait plus pour sa vie à cause de Katérina qu’à cause de ces pokémons acier.

Chapitre 111 : Montée en grade

Chapitre 111 : Montée en grade

« … … … Elle me chevauche. »

Il avait dit cela avec neutralité alors qu’il était couché dans sa tente. Il fallait dire qu’ils étaient en pleine nuit et que le feu ne crépitait plus. Cela permettait d’éviter de se faire repérer en pleine nuit, rien de plus, rien de moins. Alors bon … Même si Katérina avait son propre sac de couchage, chaque nuit, elle venait se réfugier auprès de lui. La dernière en date était la nuit actuelle. Katérina était réellement couchée sur lui, ses lèvres au niveau de son cou, le jeune homme tremblant à chaque souffle chaud qui venait caresser son cou.

Pourquoi est-ce qu’elle était toujours ainsi sur lui ? Pourquoi est-ce qu’à chaque fois, elle finissait auprès de lui ? Ce n’était pas déplaisant, loin de là, il appréciait même grandement. Ah ! Par contre, quelque chose le dérangeait à moitié. Avec lenteur, alors qu’il caressait les cheveux de Katérina, il demanda d’une voix faible :

« Dumasch … Est-ce que tu dors ou non ? C’est une question qui a une certaine importance. »

« Penses-tu vraiment que les créatures comme moi dorment ? Pose-donc ta question, je sens qu’elle te brûle la langue mais que tu n’oses guère la dire. »

« Est-ce que … tu vois tout ce que Katérina voit ? Est-ce que tu entends tout ce que Katérina entend ? Je veux dire … Est-ce qu’elle a encore une vie privée à cause de toi ? »

« Je me demande où tu as été cherché une telle question. En quoi cela t’intéresse-t-il ? »

« C’est juste pour savoir … Si elle n’a aucune vie privée, tu donnes plus l’impression d’être un voyeur qu’autre chose. Bref, tu ne peux pas partir de son corps quelques instants ? »

« Oh ? Tu as quelque chose à lui dire de personnel ? Ou plutôt, quelque chose à lui faire de personnel ? Je dérange tant que ça pour que tu ne puisses pas le dire ou le faire quand je suis présent ? Pourtant, tu vas devoir t’y faire car je ne compte pas quitter son corps avant très longtemps. C’est bien triste, je le sais mais ainsi va la vie. »

« Je n’ai rien à cacher. Rien du tout même. De toute façon, ça se lit parfaitement sur mon visage et dans mes gestes. » déclara Kéran.

« Et donc … Au sujet de ton corps, il semblerait que ton amie Loa avait la langue un peu trop bien pendue. Elle nous a parlé de quelque chose. Que s’est-il passé pendant ce laps de temps entre le moment où tu as pu voir la petite « surprise » de Katérina et celui où tu as réussi à la retrouver. Le changement a été radical. »

« Je ne vois pas en quoi cela te concerne. Je le dirai le moment venu … Mais pour l’heure, je n’ai pas besoin d’en parler, pas du tout même. »

« Hahaha ! Peut-être que je devrai manipuler Katérina comme un pantin et te faire du charme ? Je suis sûr que tu serais plus enclin à parler si elle s’amusait à rendre ivre de plaisir chaque parcelle et particule de ton corps. Tu es déjà si excité quand elle est à peine à côté de toi. Ça serait un jeu d’enfant que de pouvoir se distraire avec vous deux. Qu’en penses-tu ? Je pourrais te livrer ce corps pour des plaisirs charnels si tu le désires. »

« Et je désire surtout qu’elle soit celle qui manipule son corps. Pour de telles choses, je préfère encore que l’autre personne soit consciente de ses actes ! »

« Hahaha ! De bien belles paroles mais que diras-tu au moment où il faudra « fusionner » avec elle ? Je pense que tu n’es pas stupide et que tu connais l’histoire de la petite graine, n’est-ce pas ? Mais qui va la planter dans qui ? J’espère que tu aimes les plaisirs sodomites avec elle, hahaha ! » s’exclama la voix en Katérina.

« Ta gueule. » répondit sèchement Kéran, peu habitué à insulter ou à parler de la sorte.

Il avait essayé de discuter avec cet être mais ça ne servait à rien. Le pire est que maintenant, il ne savait pas quoi faire ou comment réagir avec Katérina. En même temps, comme il avait tout le temps Swar avec lui, ça ne devait pas le déranger plus que ça.

« Swar est toujours là, ça ne m’empêche pas de faire comme si elle n’existait pas … Je devrai faire pareil avec Dumasch, ça serait plus simple. Ce qui n’a pas de forme n’existe pas. »

« Kéran ? Qu’est-ce que tu racontes encore ? » marmonna Katérina, ouvrant faiblement ses yeux. Les pupilles étaient rouges, la jeune femme le fixant longuement.

« Oh ? Désolé, je t’ai réveillée. Tu sais que tu t’es encore endormie sur moi ? Pour pas changer ? Je suis si doux que ça ? »

« Pas vraiment mais … C’est bizarre, j’ai quand même plus chaud quand je te vois d’aussi près, Kéran. » murmura la jeune femme aux cheveux argentés. Les doigts de Katérina vinrent caresser les lèvres de Kéran, celui-ci rougissant faiblement.

« Euh … Avec le fait que tu te sois endormie sur moi, que nous étions deux dans le même sac de couchage et donc très serré, je … »

« Chut … Tais-toi, Kéran. Tu sais, j’ai vraiment pu entendre tout ce que tu disais avec Dumasch et je crois que … Je peux bien faire ça. »

Qu’est-ce qu’elle pouvait bien … HEIN ? Elle rapprochait ses lèvres des siennes mais subitement, il la repoussa. Il s’exclama avec rage :

« DUMASCH ! Espèce de … Non, je préfère ne rien dire, tu ne le mérites pas ! »

Mais il allait le penser bien fort ! Cet enfoiré avait manipulé Katérina pour qu’elle fasse ça ! Il avait failli tomber dans le piège ! Ayant poussé Katérina sur le côté, il se releva avant de quitter la tente, légèrement en colère à cause de la situation.

« Je pensais l’embrasser sur la joue … mais c’était peut-être trop arriviste de ma part. Je crois qu’au final, il n’est toujours pas prêt à m’accepter comme je … Attends un peu ! DUMASCH ! CONNARD ! Pourquoi est-ce qu’il a dit ton nom ? »

« Oh ? Je ne sais pas du tout, je dois te l’avouer. Il y a surement une raison obscure mais je n’arrive pas à voir laquelle, j’en suis vraiment désolé, Katérina. » déclara la voix au fond d’elle avant d’éclater de rire, Katérina poussant un cri de colère. Il était responsable mais de quoi ? Elle ne pouvait pas le savoir s’il ne parlait pas !

RAH ! Ca la foutait en boule ! Elle sortit de la tente, cherchant Kéran qui n’était plus dans la grotte. Où est-ce qu’il était passé cet enfoiré ! Ils allaient discuter tous les deux ! Qu’il ne l’insulte pas de Dumasch alors qu’elle avait voulu être sympa quelques instants ! Voilà comment elle était remerciée ! Comme une chienne !

« KERAN ! Bordel ! Si tu es dehors, je vais t’attraper, te sauter dessus et t’émasculer ! » hurla la jeune femme aux cheveux argentés avant de sauter du plateau sur lequel se trouvait la grotte, partant à la recherche de Kéran.

« Hum … Ils en font beaucoup … du bruit. » murmura faiblement Loa dans la seconde tente.

« Ils ne sont pas parmi les plus discrets, oui. »

« Ah … Tu es aussi réveillé, on dirait bien. Tu as bien dormi, Harno ? »

« Disons que j’ai eu des réveils un peu moins mouvementés mais sinon, le sommeil ne m’a pas dérangé. » déclara le Mélancolux. Loa passa doucement sa main sur la créature, la caressant avec affection avant de se lever à son tour.

« Tant mieux alors, Harno. C’est une nouvelle journée qui commence. Accompagnons donc Kéran et Katérina qui se sont encore disputés. Vraiment … » soupira Loa bien qu’elle rigolait intérieurement. Elle était amusée par la situation.

Dans un bâtiment de la Sainte Alliance, Sélia regardait les différents soldats en face d’elle. La jeune femme les fixait les uns après les autres, ses yeux rubis semblant les étudier avec insistance. Puis finalement, sa lame s’enfonça dans le corps de l’un d’entre eux, tous les soldats poussant un cri de surprise.

« Qu’est-ce que … Mademoiselle Sélia ? Vous êtes folle ?! »

« Un spectre en moins. » murmura calmement la jeune femme aux cheveux bleus, regardant l’autre soldat qui avait pris la parole. Aussitôt, elle traça une ligne horizontale au niveau du crâne de celui-ci, le tuant à son tour.
Les autres soldats commencèrent à reculer mais elle ne fit plus rien. Les deux soldats morts commencèrent à émettre une aura noire avant que deux pokémons spectres n’apparaissent à leur tour. Sélia soupira, murmurant doucement :

« Le ménage a été fait dans cette section. Dorénavant, vous pouvez disposer. Prévenez juste votre chef qu’il n’y a plus rien à craindre pour le moment. Tous les effectifs sont purifiés. »

« Purifiés … Purifiés … Mais il y a surement d’autres méthodes ! »

Pourtant, nul ne vint réellement la contredire. Il fallait avouer qu’elle avait été d’une efficacité exemplaire. Nulle faute commise. Elle avait été capable de repérer chaque personne possédée sans même se tromper ne serait-ce qu’une seule fois. D’où tirait-elle une telle puissance ? Une telle déduction ? Nul ne le savait.

« Je vais aller voir le chef Elian, il semblerait qu’il ait quelque chose à me dire. »

« … D’a… D’accord … mademoiselle Sélia. »

Les soldats la laissèrent passer alors que la jeune femme aux cheveux bleus quittait la pièce. Elle regarda les alentours qui étaient complètement vides de personnes. Elle poussa ensuite un profond soupir, murmurant :

« Visiblement, tu avais encore raison. Combien de temps te faut-il pour que tu te reposes ? »

« Cela ne se fait pas facilement, loin de là même. Je suis désolé mais il va falloir me supporter encore quelques temps. De toute façon, il semblerait que je te sois utile non ? »

« Pactiser avec une créature ténébreuse me donne envie de vomir. Le plus tôt tu seras partie, le mieux ce sera, voilà tout. »

« Et pourtant, tu es obligé d’admettre que ma présence t’a été forte utile ces derniers jours, n’est-ce pas ? Qu’en penses-tu ? Nous ne sommes pas partenaires ? » demanda la voix dans la dague alors que Sélia murmurait :

« Je te conseille de te taire. Si le chef Elian apprend que tu es là, tu seras tuée sans même comprendre ce qui t’es arrivé. Est-ce bien compris ? »

« D’accord, d’accord, je me tais. Merci de m’avoir prévenue. »

Trop polie pour être honnête. Beaucoup trop polie ! Elle se méfiait constamment de cette dague ! Mais surtout de la Solochi qui était à l’intérieur ! Elle ne pouvait croire en personne, surtout pas en cette créature à l’intérieur ! Ah … Et maintenant, faire semblant d’être calme et tranquille devant Elian. Il ne devait pas commencer à la juger sinon, ça serait très mal parti ensuite ! Bon … Rester plus calme et tranquille. Ne rien montrer.

« Vous vouliez me voir, Elian ? »

Elle se présentait maintenant devant l’homme qui était le chef de la Sainte Alliance. Celui-ci la regardait avec un sourire aux lèvres avant de commencer à applaudir. Elle resta de marbre, un peu confuse par tout cela.

« Est-ce que je peux avoir une raison à ces applaudissements ? Si ce n’est pas trop demandé bien entendu … Car voilà, cela est assez dérangeant. »

« Je ne dois pas te féliciter pour l’excellent travail que tu fais ? »

« Si ce n’est que ça, ce n’est pas grand-chose. Je ne fais que mon travail justement. Vous avez parlé de faire une purge, c’est ce que j’accomplis donc. »

« Mais avec efficacité. Je ne sais guère comment tu fais cela mais tu as vraiment toutes mes félicitations pour le travail accompli. C’est merveilleux ! »

« Pas tant que ça … Enfin, ça ne me plait pas de tuer des membres de la Sainte Alliance, ni même des humains à la base. »

« Ils n’étaient plus humains quand tu les as emmenés à la mort, ne l’oublie pas. Ils étaient déjà possédés, tu n’as pas à t’en vouloir de ne faire que ce qui est bon pour eux. »

« Et qu’est-ce qui est réellement bon pour eux ? Car les tuer ne les ramènera pas à la vie justement, c’est tout le contraire. »
« Une remarque un peu simplette mais réaliste. Pourtant, c’est bien cela qui te rend si intéressant, Sélia. Et aussi la raison qui me pousse à te contacter. Je veux que tu deviennes mon bras droit. Du moins, tu n’auras pas autant de pouvoirs que moi mais avec tes qualités et ton caractère, tu es prédisposée à prendre cette place. »

Cette place ? On parlait quand même de celle qui était juste après celle d’Elian ! Ce n’était pas rien ! Elle écarquilla les yeux, bredouillant un peu :

« Comment est-ce possible ? Je suis là à peine depuis quelques mois. C’est bien trop précipité comme décision. Je suis au regret de refuser, Elian ! »

« Je ne pense pas que tu puisses refuser. J’ai besoin de toi à mes côtés, Sélia. Tu es capable de savoir qui de nos proches est un spectre ou non. Je ne sais pas par quel pouvoir tu en es capable mais la vérité est là, elle est devant mes yeux. Tu as réussi à éliminer les menaces internes au sein de la Sainte Alliance. »

« Je ne sais pas … Laissez-moi y réfléchir, ça serait mieux. »

« Comme tu le désires. Donne-moi ta réponse d’ici la fin de la semaine. Et ne te préoccupe pas des jalousies des autres membres. Je préfère avoir une personne efficace à mes côtés, même si cela ne fait quelques mois qu’un vieux croulant qui n’a pas réussi à être polyvalent après plusieurs années. »

« Merci de ces remarques mais bon … Est-ce que je peux m’en aller ? » demanda la jeune femme une nouvelle fois, toujours confuse.

« Bien entendu … Bien entendu. Tu peux disposer. »

Elle remercia le chef de la Sainte Alliance avant de pousser un nouveau soupir. Elle quitta la pièce, se dirigeant vers ses quartiers. Là-bas, elle s’écroula sur son lit après avoir fermé la porte à clef. Elle cligna des yeux avant de les fermer à son tour.

« Tu vois ? Grâce à moi, tu as obtenu une promotion. »

« C’est ça le problème. Grâce à toi et non grâce à mes propres capacités. Voilà ce qui est regrettable. Tais-toi car je compte me reposer. J’ai besoin de réfléchir. »

« Comme tu le désires, Sélia … Dors bien. »


La voix de la Solochi avait été plus que douce et délicate alors que la jeune femme aux cheveux bleus s’enfonçait dans un sommeil réparateur.

Chapitre 110 : Une alliance surprenante

Chapitre 110 : Une alliance surprenante

« Un Solochi ? Il est rare d’en voir. Je crois même que tu es le premier en plus de cinq … En fait, non … C’est la première fois que j’en vois un. La seule fois où j’ai vu des Solochis, c’était dans les livres qui parlaient des pokémon dragon. »

« Tu es vraiment très bien renseignée. Forte, puissante mais aussi cultivée. Tu as tout pour toi, n’est-ce pas ? » déclara la créature dans un petit sourire amusé.

« Je te déconseille de me flatter. Tu restes une créature des ténèbres. Qu’est-ce que tu me veux ? Fais attention à ce que tu dis, je n’aurai aucune pitié. »

Elle avait présenté la pointe de son arme en direction du Solochi, celui-ci ne semblant pas la craindre. D’ailleurs, il ne semblait même pas en état de bouger réellement. Il avait dû faire d’immenses efforts pour arriver jusqu’ici. La jeune femme le fixa longuement, attendant qu’il prenne la parole, chose qu’il fit après quelques secondes :

« Je voulais simplement parler avec toi, n’est-ce pas une bonne chose ? »

« Venant de la part d’un Solochi, je ne crois pas que … »

« Venant de la part d’UNE Solochi, s’il te plaît. Je tiens quand même à ma féminité malgré les apparences. » déclara la Solochi tout en poussant un petit rire. Sélia fit un petit mouvement de sa lame, montrant par là qu’elle n’était pas ici pour plaisanter.

« Je pensais avoir été très claire à ce sujet. Me suis-je mal faite comprendre ? Pourquoi est-ce que tu là ? Quel est ton but ? Fais attention à toi et à tes paroles. »

« Pourquoi penses-tu que toutes les créatures spectrales et ténébreuses sont maléfiques ? Attention, je ne dis pas cela pour t’embrouiller mais est-ce que tu penses réellement cela ? »

« J’ai une certaine histoire avec eux et je n’envisage pas la possibilité de t’en parler. Maintenant, réponds-moi si tu ne veux pas finir embrochée au bout de mon arme. »

« En vue de l’état dans lequel je suis, tu ne penses pas plutôt à baisser ton arme ? »

Un grognement se fit entendre de la part de Sélia, signe qu’elle n’était pas là pour plaisanter, loin de là. Mais peut-être que planter son épée dans le corps du Solochi lui permettrait d’y voir plus clair ? Puisque visiblement, la créature ne semblait pas vouloir coopérer. POURQUOI était-elle là ? Elle ne lui avait toujours pas dit !

« Je suis en fuite. Les créatures ténébreuses veulent ma mort, les spectres aussi. Cela fait des années que je suis poursuivie et … »

« Tu penses vraiment que j’ai le temps de m’apitoyer sur ton sort ? Disparais avant que je t’élimine, je suis d’humeur clémente concernant ta personne. »

« Non et non ! Je pensais que nous pouvions nous allier. Tu es de la Sainte Alliance, n’est-ce pas ? J’ai pu voir le drame qui s’est déroulé devant tes yeux il y a encore quelques minutes. Tes anciens alliés qui se retournent con… »

« Ne dit pas un mot de plus ou je te tranche la tête, est-ce bien compris ? J’ai cru rêver ou alors, tu m’as bien fait une proposition pour m’allier avec toi ? »

Cette créature était plus qu’audacieuse ! Ou alors complètement folle ! Mais elle n’était pas dupe et elle ne se laisserait pas faire par elle ! Comme si elle allait la croire ! Elle n’était pas stupide au point de … Rien que l’idée même la faisait enrager !

« JE NE M’ALLIERAI JAMAIS AVEC UNE CREATURE DEMONIAQUE ! »

« Tu as vraiment les idées bien coincées, n’est-ce pas ? Et si je te disais qu’en contrepartie, je peux t’aider à purger ta Sainte Alliance ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Je pense surtout que je vais t’éliminer avant qu’il ne soit trop tard. Tu crois vraiment que je vais me laisser posséder par une créature comme toi ? JE NE SUIS PAS STUPIDE ! »

« Qui a parlé de te laisser posséder ? Je n’ai pas besoin de ça, loin de là. J’ai surtout besoin de repos … et est-ce que pour toi, tous les pokémons ténébreux et spectraux sont mauvais ? Tu ne connais donc aucune créature amicale ? »

« Ca ne te concerne pas, Solochi ! » s’écria Sélia. Elle ne devait pas penser à cette épée que Kéran avait. Depuis des mois … Ca faisait des mois. Si cette épée voulait vraiment posséder Kéran qui était si faible, elle l’aurait fait depuis longtemps. Mais l’exception … C’était une exception qui confirmait cette règle comme quoi toutes les créatures spectrales et ténébreuses sont affreuses ! HORRIBLES ! Qu’elles devaient toutes mourir !

« Tu sembles hésiter … Ce n’est pas de la manipulation que je te propose. Je ne compte pas te posséder car ce n’est pas mon but premier. Je veux tout simplement qu’ils disparaissent … Que ceux qui me poursuivent disparaissent, le temps que je me repose. Je ne suis pas aussi forte que les autres créatures, tu peux le voir. »

« Tu es une dragonne, tu es issue des légendes, tu crois que tu n’es pas très forte ? Me prends-tu pour une imbécile ? Tu es une dragonne ténébreuse ! »

« Une dragonne … Jusqu’où en sais-tu par rapport à ces créatures ? Ce n’est pas donné à tout le monde d’en savoir à ce sujet. Tes connaissances sont impressionnantes ! »

« ASSEZ ! Je t’ai pourtant dit que je ne me laisserai pas manipuler par une créature comme toi ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? C’est quoi ton but ? »

« Trouver un endroit où je pourrai m’insérer et me reposer … Mais il faut que cet objet que je posséderai … soit près d’une personne humaine pour que je puisse retrouver mes forces. »

« Tu penses … sincèrement que je vais t’écouter ? Mais pour qui est-ce que tu me prends ? Je vais t’écarteler, sombre créature ! »

Elle allait la tuer ! Elle allait tuer cette Solochi qui se permettait de … Ah … Ah … Posséder une arme ? Comme cette épée qu’avait Kéran ? Est-ce que les créatures dans les armes étaient moins maléf… NON ! Elle ne devait pas abandonner cette idée ! Elle ne devait pas croire autre chose ! L’unique vérité était là !

« Laisse-moi t’accompagner dans une arme que tu possèdes et ne m’utilises pas. En contrepartie, je te donnerai la possibilité de purger la Sainte Alliance. Il n’y a aucune créature ténébreuse dans celle-ci, seulement des pokémons spectres non ? Et de plus en plus nombreux si je ne me trompe pas, n’est-ce pas ? »

« Cela ne te concerne pas ! Je ne t’écouterai pas ! »

Pourtant, elle semblait défaillir peu à peu à ce sujet. Croire cette créature ? Non … Il en était hors de question ! Elle ne pouvait pas accepter cela ! Elle ne pouvait pas …. AH ! Cette arme ! Elle ne l’utilisait que pour le corps à corps très proche et …

« Si tu tentes une seule fois de me posséder, je te promets une mort lente et douloureuse. Et j’en serai bien capable avant que tu ne puisses posséder totalement mon corps. »

« Tu t’es donc rangée à ma proposition ? Nous commencerons le ménage le plus rapidement possible. Même si cela semble aberrant, je te demande de me faire confiance. Tu verras alors que tu ne seras pas trompée sur la marchandise. »

« Je te conseille de la boucler. Rentre dans cette dague et ne t’avise pas de prendre la parole sauf quand je te l’ordonne. »

La Solochi eut un petit rire alors que Sélia montrait une dague qu’elle avait autour de la ceinture. La créature commença à disparaître dans une fumée noire et violette avant de s’enfoncer à l’intérieur de la dague. Quelques instants plus tard, Sélia retournait à la base.

« Nous sommes de plus en plus près des monts. Nous devrions chercher une grotte, ça serait bien plus simple, je crois. »

La jeune femme aux cheveux verts regarda autour d’elle, désignant un point situé à l’horizon. C’était là qu’ils devaient se rendre ou plutôt, qu’ils devaient aller se reposer car la journée avait été éreintante. Par contre, un problème était présent, un très gros problème.

« Nous n’avons pas encore vu de pokémons métalliques non ? »

« Je ne pense pas qu’ils se présentent à la base de la montagne. Par contre, on peut voir de nombreuses ruines au loin. Je pense que c’est un bon endroit à visiter. »

Katérina avait pris la parole après celle de Kéran, le jeune homme hochant la tête positivement. C’était une bonne idée, une très bonne idée. A la base, ils étaient venus pour visiter ces ruines, non ? Peut-être qu’ils en apprendraient bien plus au sujet de ces spectres et ces créatures ténébreuses, il n’en était pas sûr.

« Au sujet de ces ruines, vous pensez qu’elles ressemblent à quoi ? Toutes faites de métal ? »

« Je ne me suis jamais posé la question, imbécile. Tu crois que je ne pense qu’à ça ? »

« C’était juste une question comme ça. » déclara le jeune homme aux cheveux blancs, soupirant légèrement sur un ton un peu désabusé. Il n’allait pas la mettre encore en colère, il en avait un peu assez de tout ça. Il préférait que tout soit résolu calmement.

Finalement, ils arrivèrent à trouver une grotte assez profonde bien que ce n’était pas uniquement ça. Il y avait autre chose. Elle ne semblait pas mener à une autre grotte et heureusement. Mais en même temps, ce qui était étrange, c’était les différentes roches à l’intérieur. Il n’en avait jamais vu autant.

« Swar ? Qu’est-ce que tu crois ? C’est seulement du fer ? »

« Ce sont différents métaux, il semblerait qu’il y ait aussi de l’aluminium, du bronze, de l’argent … et quelques poussières d’or. »

« De l’or ? Tu ne rigoles pas ? Mais on pourrait devenir riches avec ça, non ? » dit le jeune homme avec entrain, heureux que Swar lui ait répondu même s’il évitait de montrer que l’épée en était la raison et non pas la découverte d’or.

« Comme la montagne de fer est un endroit hostile et mortel, peu d’humains tentent de s’y rendre et surtout pour des raisons de la sorte. Je pense donc que oui, tu pourrais devenir riche si tu le désirais. Mais est-ce vraiment ça que tu veux ? » demanda Swar calmement.

« Pas vraiment mais j’ai des dettes à rembourser envers Loa et je compte bien les rembourser le plus rapidement possible. »

« Kéran, je t’ai déjà dit que ce n’était rien. Tu n’as pas besoin de me rembourser. » soupira Loa bien qu’elle était attendrie par les réactions du jeune homme. Celui-ci s’était déjà mis à regarder s’il y avait quelques morceaux de roche au sol qu’il pouvait récupérer.

« De toute façon, je vais en prendre juste un peu mais le mieux serait avec de la poussière d’or. Ainsi, après toute cette histoire, lorsque l’on rentrera, il sera facile de te rembourser Loa et il y aura surement pas mal de restes. Bon, je ne compte pas vivre dans un palace et continuer mes explorations mais bref … »

« Tu ne peux pas la mettre un peu en veilleuse, bordel ? » demanda Katérina, semblant un peu lassée par les paroles de Kéran.

« D’accord, d’accord, c’est bon, je vais me taire. Bon, heureusement, la grotte est assez grande. On peut monter les tentes à l’intérieur. Pour le bois, il faut faire attention à ce qu’il n’y ait pas trop de fumée. Il ne faudrait quand même pas que nous finissions étouffés. »

« Monte plutôt la tente au lieu de continuer à parler ! Et surtout, mets-là en veilleuse ! Je vais t’aider comme ça, tu la fermes ! Loa, fais ce que tu veux ! »

« Hahaha … Bien entendu, bien entendu. Mais si vous êtes si occupés, peut-être que je devrais aller chasser notre repas, non ? »

« Toi ? Euh … Sincèrement, Loa, je préfère encore que tu ailles monter la tente avec Katérina. Je vais plutôt m’occuper d’aller chasser. C’est pas que j’ai peur que tu ne saches pas te débrouiller mais comme tu n’as sûrement jamais chassé et … » dit Kéran avant de s’arrêter, Loa posant ses mains sur ses hanches :

« Bien entendu et je n’ai jamais vécu avant de te rencontrer. Va donc chasser, Kéran. »

Katérina haussa un sourcil, remarquant que la jeune femme semblait avoir attendu cela depuis le départ. Elle avait une idée en tête, n’est-ce pas ? On ne pouvait pas le lui cacher ! Kéran bredouilla quelques excuses avant de partir de la grotte, Loa se tournant vers Katérina, un sourire aux lèvres, amusée par le jeune homme.

« Maintenant que nous sommes entre femmes, je … »

« T’es surement au courant de mon « problème » donc je préfère que t’évite de dire que je suis une femme mais comme visiblement, tu as une idée en tête, dis-là tout de suite. »

« Je voulais tout simplement savoir ce que tu penses de Kéran. Tu comprends, à force de passer du temps avec lui, je m’inquiète un peu à son sujet. »

Non mais c’était quoi cette question ? Et surtout, surtout en quoi ça la concernait ? Non mais … Il ne fallait pas rêver. Pourtant, un rire se fit entendre, de l’intérieur même de Katérina.

« Bonne question ! Dis-nous donc Katérina ce que tu penses de Kéran. Je suis sûr que la réponse risque d’être très surprenante ! »

«  Ta gueule, toi. Loa, ça te concerne pas car y a rien à dire sur ce que je pense de Kéran. C’est aussi simple que ça ! » dis la jeune femme aux cheveux argentés. Elle ne voulait clairement pas répondre à Loa, celle-ci continuant à dire :

« Tu sais, le fait que tu dormes tous les jours avec Kéran, toutes ces choses. Je ne veux pas te brusquer ou autre, bien entendu, tu es libre de tes choix. »

« Et j’ai le choix de ne pas te répondre. Ce qui se passe avec Kéran, j’ai pas envie d’en parler. De toute façon, tant que je ne sais pas ce qui se passe avec lui … »

« Et qu’est-ce qui se passe avec lui ? » demanda Loa une nouvelle fois, la regardant toujours avec un sourire aux lèvres constant.

« Je sais pas ce qu’il y a sur son corps mais je vais pas m’empêcher de le découvrir. »

« Son corps ? Oh … C’est sûrement à cause de ce qui s’est passé auparavant. » dit la jeune femme aux cheveux verts, Katérina se rapprochant aussitôt d’elle.

« Toi aussi ! Tu sais quelque chose ! Qu’est-ce qu’il a ? C’est quoi l’a rendu différent par rapport à auparavant ! JE VEUX SAVOIR ! »

« Ah … Je ne peux pas le dire malheureusement. La raison est simple : ce n’est pas à moi de le faire mais sache qu’avec ce qu’il a vécu et ce que j’ai pu voir de lui, ça ne doit pas être joli à entendre. Peut-être qu’il te le dira un jour. »

« Mais je ne veux pas le savoir un jour ! Je veux le savoir maintenant ! »

Elle s’était emportée sur le coup mais trop de secrets commençaient à lui taper sérieusement sur le système ! Elle allait réellement s’énerver si ça continuait ! Kéran avait intérêt à tout lui révéler bien assez tôt car sinon … sinon … Elle allait exploser !

Chapitre 109 : Dans l’ombre, un être guette

Chapitre 109 : Dans l’ombre, un être guette

« Loa … Est-ce que tu as un miroir sur toi ? »

« Hein ? Katérina ? Qu’est-ce que tu veux faire d’un miroir ? Bien entendu que j’en ai un. Toute femme qui tient un tant soit peu à ses cheveux en possède un mais … »

« Est-ce que tu peux me le passer ? Et aussi donner un peigne à Kéran ? »

« Bien entendu. Mais qu’est-ce que … Oh … Je ne devrai même pas poser de questions. Tu as une idée derrière la tête. Tiens … Mon miroir. Kéran ? Le peigne. » dit la jeune femme aux cheveux verts, soupirant un peu.

Elle tendit le miroir à Katérina, celle-ci retirant les nœuds dans ses cheveux argentés. Kéran observa le peigne, faisant quelques mouvements pour savoir ce qu’il allait faire avec.

« Kéran … Peigne-moi s’il te plaît. Mes cheveux ont besoin d’un coup de brosse. Cela fait longtemps qu’ils n’ont pas été détaché. Attention aux nœuds. Si tu tires trop fort, je risque de le sentir et de me mettre en colère. »

« Mais pourquoi, je … Ah … Bon, d’accord, Katérina. Je veux bien le faire. » soupira le jeune homme avec un petit sourire aux lèvres, se plaçant derrière elle.

Concernant l’affaire de la viande humaine, Kéran avait expliqué à Loa à ce sujet, celle-ci ayant compris plus qu’il n’en fallait. C’était pour cela qu’elle avait accepté la demande Katérina et qu’elle lui avait tendu le miroir. Kéran poussa un petit soupir amusé avant de prendre une partie des cheveux de Katérina.

« Je tiens à te prévenir, je n’ai jamais peigné quelqu’un de ma vie. »

« Y a un début à tout. Ne fais pas de bêtises sinon tu le regretteras. »

Hahaha ! Il s’en doutait bien entendu. Pourtant, il s’appliqua avec douceur sur la chevelure de Katérina, les rubans entre ses doigts. Doucement … Il devait y aller tout doucement sur la chevelure de Katérina. Celle-ci était quand même très importante et surtout très belle. Une vraie douceur à caresser.

« Où est-ce que nous nous rendons maintenant ? » demanda le jeune homme, affairé avec la coiffure de Katérina. Celle-ci l’observait à travers le miroir.

« Nous allons dévier de la route tracée dans le chemin. C’est souvent là que tendent les pokémons spectres comme pièges. Si nous nous enfouissons dans les alentours, il sera plus difficile pour eux de nous retrouver. Sachant que nous ne connaissons pas cet endroit … »

« Comme tu veux, Katérina. C’est toi qui nous guide ! »

Voilà que le bonne humeur était revenue dans le trio. Il fallait dire que le coup de la viande dissipé, il n’y avait plus aucune raison de se monter le bourrichon. Kéran continua son petit travail avec attention, un ruban se trouvant à moitié dans sa bouche car il utilisait maintenant les deux mains pour peigner et nouer correctement les tresses de Katérina.

« Sincèrement, Katérina, tes cheveux sont magnifiques. »

« Merci … Je le sais bien, tous les deux. » murmura la jeune femme avec lenteur, un peu de rouge aux joues bien que Kéran ne pouvait pas voir son visage.

« Vous savez, si vous voulez flirtez les enfants, je peux vous laisser tranquilles et prendre une autre route, hein ? N’est-ce pas, Kéran ? » dit Loa tout en rigolant.

« Sincèrement, si ça pouvait être réellement le cas, ça ne serait pas déplaisant. Pour ma part, tu fais ce que tu veux de ta vie, ça ne me concerne pas. » déclara la jeune femme aux cheveux argentés avant de s’immobiliser.

« Qu’est-ce qu’il y a, Katérina ? Pourquoi est-ce que tu t’arrêtes ? »

« J’ai l’impression que tu prends plus de temps que prévu sur mes cheveux, est-ce que je me trompe, Kéran ? Ou alors, ce n’est pas le cas ? »

« Tu ne te trompes pas. Pour une fois que je peux caresser tes cheveux sans que tu tentes de me tuer, j’essaie d’en profiter, non ? »

« Je ne suis pas vraiment convaincue. » rétorqua Katérina, peu habituée à ce que Kéran dise de telles paroles sans trembler dans sa voix. Il avait vraiment changé depuis tout ce temps. C’était tellement bizarre et inhabituel. Elle était toujours un peu sous le choc.


Mais … Mais … Elle acceptait ce nouveau Kéran. Elle l’acceptait complètement. Elle baissa les yeux, regardant sa culotte blanche. Qu’elle ne cherche pas à gonfler actuellement. Elle n’avait pas besoin d’être excitée par la présence de Kéran. Pas du tout … Elle pouvait se comporter comme une jeune femme normale !

Normale ? Elle ? Elle avait du mal à admettre qu’elle pouvait l’être. Ses yeux à nouveau dirigés vers l’horizon, elle sentait les doigts de Kéran qui trifouillaient ses cheveux. C’était un plaisir un peu spécial, elle devait … le reconnaître.
Mais il faisait du bon travail, elle le savait parfaitement. Sinon, il ne s’attarderait pas autant sur ses cheveux. Peut-être que dans le fond, elle avait eu une bonne idée en lui proposant cela ? Elle ne regrettait pas cette proposition. Après ce qui s’était encore passé cette nuit et la petite dispute qu’ils avaient eu au réveil, elle avait essayé de l’amadouer. Ce n’était pas dans ses habitudes mais qu’importe, qui ne tente rien n’a rien.

Et elle avait quand même réussi son objectif dans le fond ! C’est-à-dire que Kéran s’occupe un peu d’elle. Ce n’était pas dans ses habitudes … de demander une telle chose mais voilà … Elle avait réussi et elle se sentait un peu fière. Après, si elle avait demandé à Kéran de lui baiser les pieds, elle était sûre qu’il aurait accepté.

« Hum, non. Ce n’est plus l’ancien. » déclara-t-elle à voix haute.

« De qui ? De quoi l’ancien ? De quoi est-ce que tu parles, Katérina ? » demanda le jeune homme, cherchant à comprendre de quoi il s’agissait. Pourtant, elle ne lui répondit pas, poussant un petit rire mais qui n’avait rien à voir avec les précédents. Il semblait plutôt … candide et tendre. Un peu comme une jeune femme … normale.

« Tu as vraiment un rire très joli à entendre, Katérina. »

« Bon, par contre, t’arrête avec les flatteries ou je te casse les couilles car tu penses trop avec ces dernières et ta bite ! »

« Ah ça par contre … Ton langage est toujours à revoir. » répondit Kéran en rigolant à son tour, Loa faisant de même. Même s’il n’y avait pas vraiment de raison pour bien rigoler, au moins, ils étaient amusés tous les trois, c’était le plus important.

« Je vous conseille d’être plus sérieux néanmoins. » murmura une voix en Katérina, les trois personnes s’immobilisant aussitôt. Dumasch ?

« Je t’ai déjà dit à ce sujet de plus l’ouvrir, j’avais pourtant été clair, Dumasch ! »

« Peut-être mais tu ne sais rien de l’endroit où vous vous rendez. Là-bas, l’un des plus puissants spectres est présent. Il se nomme Mékos. Je vous conseille d’y faire très attention. Si vous l’affrontez, il vaut mieux que vous vous enfuyez. Il fait partie des plus anciens spectres existants dans ce monde. Vous êtes tenus au courant maintenant, vous faites ce que vous voulez ensuite, je n’ai plus rien à vous dire. »

C’était bizarre de ne pas l’entendre se moquer de Katérina. Peut-être était-ce vrai alors ? Cette montagne était encore plus dangereuse qu’ils ne l’auraient cru.

« Que devons-nous faire ? Les nouvelles sont mauvaises, très mauvaises ! »

« Et que veux-tu que l’on fasse ? C’est ainsi et pas autrement ! Ils se sont rejoints, ils se sont rejoints ! Ce n’est pas une bonne nouvelle, oui. » dit une seconde voix dans l’ombre.

« Ce n’est pas suffisant ! Il en faut encore plus ! Cette femme … et cet homme … Ce sont deux grosses plaies dont il faut se débarrasser le plus rapidement possible. Leurs noms ? C’est bien Kéran et Katérina, n’est-ce pas ? Il paraitrait que la femme est possédée. Et dans le cas du jeune homme, ça serait son arme. »

« Ils sont dans la zone de Mékos, il n’y a pas à s’inquiéter à ce sujet. Ça ne devrait pas être un gros problème pour lui. »

« Vu ce qu’il a possédé depuis des siècles et avec son appétit, c’est sûr qu’il n’y aurait rien à craindre. Néanmoins, il vaudrait mieux rester méfiant. On ne sait jamais sur qui on peut tomber. Ces personnes sont différentes de celles qui ont tenté de nous combattre depuis tout ce temps. On ne peut pas ne pas s’en préoccuper. »

« Et tu veux que l’on sombre dans la paranoïa ? Mon pauvre vieux, ce sont juste deux humains qui sont un peu spéciaux mais rien de bien dramatique. On devrait plutôt retourner à nos objectifs depuis ces dix dernières années : retrouver la trace des trois chefs ténébreux ! Il faut qu’on leur fasse la peau ! En même temps, il faut que l’on retrouve notre roi. »

« Mais là aussi, aucune nouvelle à ce sujet. »

C’était problématique, très problématique mais chacun savait qu’ils n’y pouvaient pas faire grand-chose. Le monde était vaste et très grand et donc, chercher trois créatures ténébreuses et un spectre, autant dire que c’était mission impossible.

« Mais nous ne pouvons pas abandonner. » déclara l’une des voix.

« Et du côté des attaques sur la Sainte Alliance ? Il paraitrait que l’on perd pas mal de spectres là-bas. Pourtant, ils ont réussi à atteindre Elian mais ce foutu homme est plus fort que prévu ! Et il paraitrait aussi qu’il est accompagné d’une femme aussi forte que lui. »

« Des problèmes, des problèmes, que des problèmes ! Et où sont ces foutues bonnes nouvelles ? Personne n’en a à en donner ? »

« Il paraitrait que Liza a donné naissance a des triplées. C’est rare les naissances de pokémon spectre qui ne possèdent pas de corps humain et qui sont en couple donc bon … »

« Vous lui donnerez mes félicitations même si j’ai l’impression que tu te fous de ma gueule un peu. Je parle de nouvelles qui concernent nos plans. »

Plusieurs voix se firent entendre mais aucune n’en avait. Il fallait dire qu’avec les récents évènements, il … Ah … Les voix commencèrent à soupirer entre elles. Non, ça ne servait à rien. S’ils n’avaient rien à dire, il valait mieux retourner à leurs occupations. Les spectres commencèrent à se séparer les uns après les autres, chacun allant vaguer dans la zone qu’il arbitrait. Mékos était là pour s’occuper de ces deux humains. La Sainte Alliance serait alors le dernier barrage à se mettre en travers de leurs routes.

« Cette odeur … Cette odeur … Des humains ! Ils sont proches ! Très proches ! »

Il avait peut-être trouvé ce qu’il recherchait ? Un nouveau corps ? C’était surement ça ! Il fallait qu’il aille y jeter un œil maintenant ! Malgré sa faiblesse apparente, il était encore capable de se déplacer à peu près correctement.
Au beau milieu d’un chemin de terre, un chariot était arrêté, deux Ponytas restant parfaitement immobiles. Autour d’eux ? De nombreux corps, que cela soit des spectres ou tout simplement des humains. Elle ? Elle était encore là, fatiguée légèrement mais toujours apte à se battre. La jeune femme aux cheveux bleus regardait les quelques soldats encore debout, ces derniers faisant de grands sourires.

« Pensez-vous sincèrement que je vais hésiter à tuer des personnes que je connaissais ? »

« Ce sont de bien belles paroles mais est-ce que tu serais capable de les mettre en pra … »

L’homme qui avait pris la parole se retrouva avec la lame de Sélia enfoncée dans la gorge. Son corps fut pris de soubresauts avant qu’il ne pousse un cri qui n’avait rien d’humain. Le corps tomba au sol, rejoint par celui d’un spectre. Les quelques soldats encore debout firent quelques pas en arrière, l’un d’entre eux disant :

« Elle a pas hésité un seul instant ! Elle l’a tué sans remords ! C’est quoi cette femme ? Elle est sans sentiments ou quoi ? On fait quoi maintenant ? »

« On essaye de la tuer avant qu’il ne soit trop tard ! »

Les soldats s’élancèrent vers Sélia, celle-ci se mettant en position de défense, ne craignant nullement pour sa vie. Pendant ce temps, une ombre se faufilait à travers les buissons qui parcouraient les alentours du chemin de terre.

« Cette femme … Elle est en train de se faire attaquer par des spectres qui possèdent des corps humains. Et elle n’hésite pas à les tuer sans se poser de questions. »

C’était intéressant ! Très intéressant même ! C’était peut-être la meilleure nouvelle depuis le dernier homme qu’il avait possédé ! Mais il devait se méfier … Une personne aussi forte qu’elle. Ça ne servait à rien de la posséder ou plutôt d’essayer. Pourquoi ? Car il risquait tout simplement de se faire tuer ! Tuer alors que ça faisait des années qu’il faisait de son mieux pour survivre dans ce corps affaibli et chétif ? HORS DE QUESTION ! Il allait devoir se montrer doux et attentionné … Hahaha.

« Alors ? Vous abandonnez ? Vous préférez vous enfuir ? »

« Tu es un vrai monstre ! Comment est-ce que tu peux être aussi forte ? COMMENT ? »

« Donc vous ne comptez pas vous enfuir alors que vous n’êtes plus que deux ? Disparaissez donc sous les flammes purgatrices. »

Elle fit un mouvement de son épée, celle-ci commençant à s’illuminer d’une aura rouge avant que des flammes n’en sortent, recouvrant les corps des deux derniers soldats encore debout. Ils poussèrent des cris affreux avant de tomber au sol, morts comme les autres. Les spectres apparurent quelques secondes après, décédés.

« Je te conseille de sortir de ta cachette si tu ne veux pas que je te tue. Tu n’étais pas avec eux … Ça se voit parfaitement non ? »

« Tu as du flair, beaucoup de flair ! Tu as remarqué que j’étais une créature ténébreuse alors que toutes celles qui t’ont attaquée étaient des créatures spectrales. »

« Trêve de bavardages. Je ne suis pas là pour être complimentée par une créature que je hais. Est-ce que tu comptes te présenter ou je dois alors mettre le feu au buisson ? »

« Je sors, je sors … Tu n’as nul besoin d’être aussi anxieuse. Je suis loin d’être effrayant contrairement aux apparences. » déclara la créature ténébreuse cachée dans le buisson.

« Je te laisse une dizaine de secondes. Ensuite, je te promets que tu vas te consumer. »

« Hahaha … Tu es vraiment une femme très charmante. »

La voix était teintée d’ironie alors que peu à peu, une petite ombre sortait du buisson. Une créature d’environ quatre-vingts centimètres, à la fourrure noire sur le dos ainsi que sur le sommet du crâne. D’ailleurs on ne voyait que le museau et la bouche sur la face, rien d’autre. La créature était de couleur bleue tandis que la fourrure noire avait quelques points rouges sur son corps. C’était … un Solochi ? Et qui semblait très chétif.

Chapitre 108 : Des soins bien spéciaux

Chapitre 108 : Des soins bien spéciaux

« Il vaut mieux que nous continuons à avancer, Loa. Mes blessures sont superficielles. »

« Mais qu’est-ce que je viens de te dire ? Non et non. Tu m’accompagnes et tu te tais, est-ce bien compris ? » dit la jeune femme aux cheveux verts, Kéran faisant un petit air ronchon. « Et pas besoin de faire cette tête, Kéran. Tu sais parfaitement que ça ne marche pas avec moi, n’est-ce pas ? Alors stop, s’il te plaît. Il faut soigner tes blessures. »

« J’en ai pas envie. Je peux me débrouiller seul. Ce n’est pas des blessures très graves. Ce n’est rien d’important, Loa ! C’est tout ! »

Il n’avait pas envie de retirer son haut, loin de là. Pas avec tout ce qu’il avait comme … cicatrices. Il fallait dire que les coups de fouet, il pouvait encore les sentir à distance. Brrr … Non … Il ne voulait pas y penser, pas du tout même. Pas du tout. Il repoussa faiblement Loa, cherchant à sourire avant de reprendre sur une voix plus douce :

« Désolé mais comme c’est assez personnel, si je veux me soigner, je préfère que ça soit par moi-même, Loa. Est-ce que tu comprends ce … »

« Je comprends parfaitement mais ça ne veut pas dire que je dois accepter pour autant. Est-ce à cause de … ton corps, Kéran ? »

« De ton corps ? Qu’est-ce qu’elle bara … » commença à dire Katérina avant de s’arrêter dans ses paroles. Kéran tourna son visage vers elle, la fixant quelques instants avant de reposer ses yeux sur Loa. Il fit un petit mouvement du doigt au niveau des lèvres pour lui dire de se taire à ce sujet. Il n’avait vraiment pas envie d’en parler, c’est tout.

Pourtant, maintenant, il sentait le regard accusateur de Katérina sur lui. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’est qu’il lui cache la vérité. Mais bon, voilà, il n’avait pas envie d’en parler, il en avait pas envie, c’est tout. Bon … Par contre, maintenant qu’ils en avaient fini avec Hansanio et le village, est-ce qu’ils ne pouvaient pas plutôt se rendre vers la montagne au lieu de se préoccuper de lui ?

« Katérina, Loa, nous accélérons le pas. J’aimerai qu’avant la tombée de la nuit, nous puissions être au bord de la montagne de fer. »

« Comme tu veux … Comme tu veux … bien que rien ne presse hein ? »

« Pas vraiment mais ça ne change rien au fait que j’aimerai que l’on n’avance plutôt que de rester sur place. On ne va pas se reposer. Surtout quand on voit l’immensité de cette montagne. Je sens qu’on va y passer quand même un sacré bout de temps dans le fond. »

« D’accord, d’accord. J’ai compris le message, Kéran. J’ai compris … Bon, par contre, pour ce soir … Si tu peux aller chasser plutôt. »

Les yeux de Loa se posèrent sur Katérina. Même si elle n’avait pas cité son nom, il était facile de savoir qu’elle la ciblait dans ses propos. Ce genre de rancunes était vraiment tenace, très tenace même. Mais après … Est-ce que bon … Non. Ce n’était pas facile à pardonner. Leur faire manger de l’humain ? Et puis quoi encore ? Cette fille était folle !

Finalement, lorsque la nuit tomba, le jeune homme aux cheveux blancs était parti, laissant Loa mettre les deux tentes. Les deux ? Car oui, Katérina avait décidé de ne rien faire. Rien du tout même. La jeune femme aux yeux dorés ne faisait que fixer Loa, sans même lui parler alors que Kéran mettait un certain temps.

« J’espère quand même qu’il n’est pas tombé sur des spectres … »

Loa avait pensé à voix haute alors que Katérina ne lui répondait pas. Elle ? Elle ne se faisait aucun souci pour Kéran. Après la petite démonstration du jeune homme, il fallait dire qu’il n’y avait vraiment pas de quoi s’en faire dans le fond.


Kéran revint finalement, portant un Lockpin sur ses épaules. Katérina trembla sur le moment, observant le cadavre de la créature alors qu’une petite voix lui chuchotait doucement :

« Oh … Tu vois ? Tu es punie … S’ils devinent ce qu’il en est réellement, tu … »

« Les Lockpins sont immangeables ! Il ne faut surtout pas goûter à leur viande ! » s’écria Katérina sur un ton légèrement apeuré.

« Mais qu’est-ce que tu racontes, Katérina ? Et tu prends enfin la parole ? Et tu sais, entre un Lockpin et de la viande d’humain, mon choix est fait. »

Kéran avait pris la parole, disant cela sur un ton légèrement irrité alors que Katérina semblait décontenancée. Non … Non ! Elle était risible ! Vraiment risible et pathétique ! Elle ne voulait pas manger de Lockpin ! Elle devait leur en … empêcher.
Pourtant, elle n’en fit rien. Kéran avait dépecé la créature avant de commencer à servir le repas. Bien qu’il lui en voulait, il n’avait quand même pas hésité à lui donner à manger. Elle le remercia d’une voix très faible avant de manger de son côté.

« Hum ? C’est bizarre quand même ce goût. » murmura Loa.

C’était le moment où ils allaient découvrir, elle en était sûre et certaine. Il suffisait de lire la surprise dans leurs regards pour être sûre qu’ils avaient compris. Ah … Quelle idiote, mais quelle idiote. Elle foutait tout en l’air. Elle le savait pertinemment ! Elle le savait parfaitement ! Elle le savait … Elle le savait …

« Je n’ai pas rajouté d’herbes ou autre, Loa. C’est peut-être pour ça ? C’est de la viande « naturelle » si tu préfères. Je pense que c’est ça qui est étrange. »

« Peut-être … Je ne sais pas. J’avais l’impression d’en avoir déjà goûté mais bon, ce n’est pas la première fois que je mange du Lockpin non plus. »

« Hahaha … Moi, c’était plutôt des Laporeilles. Les Lockpins sont quand même plus rares. Je dois t’avouer que je me sens un peu mal de manger de si jolies créatures. »

« Manger ou être mangé. Voilà tout. Il n’y a rien d’autre, Kéran. Moi aussi, ça m’attriste mais nous n’allons pas mourir de faim à cause de ça non ? C’est la chaîne alimentaire et le cycle de la vie, c’est monstrueux de dire ça mais … »

« Je suis d’accord, Loa, parfaitement d’accord même. Tu as déjà fini ? » demanda Kéran en voyant Katérina qui posait son assiette près d’eux avant de s’éloigner et de s’enfoncer dans les petits bois. Il fallait dire qu’ils avaient trouvé un coin plutôt tranquille, au milieu des arbres. Où est-ce qu’elle allait ?


Après le repas, Loa signala qu’elle allait se coucher, Kéran murmurant qu’il finissait de nettoyer ses couverts et de nourrir ses pokémons. De même, il attendait le retour de Katérina au cas où. Car elle était quand même partie depuis bientôt une heure. Finalement, il en eut assez d’être aussi patient et décida d’aller se coucher.

Pourtant, quelques temps après, alors qu’il était plongé à moitié dans son sommeil, il sentit quelqu’un qui venait dans la tente. Katérina ? Elle n’aurait quand même pas osé faire ça, n’est-ce pas ? Surtout pas après tout ce qui s’était passé.

« Lockpin. C’était du Lockpin. » murmura faiblement la voix de la jeune femme alors qu’il ouvrait en grand ses yeux. Du Lockpin ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Non … Ce n’était quand même pas ce qu’il pensait.

De la nourriture … Enfin … La viande de Katérina, ce n’était pas de l’humain ? Mais du Lockpin ? Il voulut se retourner mais il valait mieux ne rien dire et ne pas montrer qu’il était éveillé. Non … C’était mieux de rien faire. De la laisser parler. Qu’est-ce qu’elle était en train de faire ? Elle le forçait à se retirer du sac de couchage, Kéran fermant les yeux sans réagir. Qu’est-ce qu’elle …

« Ces blessures même mineures peuvent causer un léger problème. Il faut que je te soigne maintenant avant que ça ne s’aggrave. Je ne voudrai pas que ça soit le cas … »

Qu’est-ce qu’elle racontait cette pauvre fille ? Elle commençait à perdre la tête non ? Enfin non … Il retrouvait une Katérina qu’il aimerait tellement revoir plus souvent. Mais par contre, qu’est-ce qu’elle était en train de faire ?
« Je sais que tu ne dors pas, Kéran mais laisse-toi faire. Ne bouge pas et … »

Que … NON ! Il en était hors de question ! Il sentait les mains de Katérina qui plongeaient sous son haut. Des mains qu’il repoussa violemment, faisant tomber la jeune femme sur le côté. Celle-ci fut plus que surprise voire même un peu choquée.

« Mais qu’est-ce qui te prend ?! J’allais te soigner, bordel ! »

« Je … Je n’ai pas besoin de soins ! C’est compris ? J’en ai pas besoin, Katérina ! Désolé mais non … Je n’ai pas besoin que tu me soignes ! »

« Bordel … Toi … Tu me caches quelque chose. Je ne sais pas ce que c’est mais je ne vais pas tarder à savoir ce que c’est ! »
Sans crier gare, elle se jeta sur lui, Kéran et elle commençant à rouler sur la tente alors qu’il cherchait à se débattre. NON ! Il n’avait pas envie qu’elle voit ses cicatrices ! Non ! Il n’avait pas envie qu’elle sache à ce sujet ! Elle n’avait pas à se préoccuper de ça ! Pourtant, elle semblait y mettre pas mal de force puisqu’elle tentait de lui bloquer les bras et les pieds.

« Qu’est-ce qui y a de spécial sous ce t-shirt ? T’as un troisième téton ? De la poitrine ? Te fout pas de ma gueule ! »

« Me touche pas ! En quoi est-ce que ça te concerne d’abord ? Arrête ! Lâche-moi ! »

« Jamais, tu vas me dire ce qui se passe sinon tu te laisses soigner ! »

« Ni l’un, ni l’autre ! Est-ce bien compris ? » répondit le jeune homme aux cheveux argentés, repoussant Katérina sur le côté avant de dire : « Maintenant, si tu veux bien aller dormir tranquillement, tu peux le faire dans la tente. »

« Toi … Tu ne perds rien pour attendre, est-ce bien clair ? Je saurai ce qui se passe avec ton corps, ce que tu me caches ! Tu vas être forcé de me le dire ! »

Oui, oui. Un jour … Peut-être. Il se coucha sur le dos, son visage penché sur le côté pour observer Katérina. Celle-ci se couchait elle aussi dans la tente, montrant par-là que la hache de guerre était enterrée … mais elle n’était pas l’unique hache. Il y en avait tellement …

« Dors bien, Katérina. Ca me fait bizarre de te dire ça. »

« Après combien de temps ? A peine une ou deux journées. »

Il ne répondit pas, fermant les yeux tout en restant quand même méfiant. Oui … Il ne voulait pas qu’elle découvre les traces des nombreuses tortures qu’il avait subies. Cela allait être difficile à cacher mais il était sûr de pouvoir y arriver avec un peu d’effort.

Le lendemain matin, ce fut la tête recouverte par deux objets de forme sphérique et constitués de chair qu’il fut réveillé. Katérina s’était encore endormie contre lui … ou plutôt sur lui. Elle semblait même le tenir fortement contre elle d’après les mains posées sur ses hanches. Elle ne semblait pas vouloir quitter le jeune homme. A croire qu’elle avait attendu qu’ils fassent la paix pour faire une telle chose.

« Si seulement elle ne possédait pas cette chose … Je crois que … »

Il croyait que quoi ? Que tout simplement, il n’aurait pas hésité plus longtemps. En fait, là … La voir si proche de lui encore une fois, il en avait terriblement envie. Avec lenteur, il commença à caresser les hanches de Katérina, ses yeux rivés sur le décolleté offert par la tenue légère de la jeune femme aux cheveux argentés. Gloups … Il en avait vraiment envie oui … Il avait envie d’aller plus loin.

« Hmmmm … Attends un peu, Kéran … »

« De quoi ? » demanda-t-il, s’attendant à une réponse qui n’arriva pas.

Visiblement, elle était encore endormie d’après ce qu’il pouvait voir chez la jeune femme aux cheveux argentés. Rah ! Il commença à caresser le sommet du crâne de Katérina, l’embrassant faiblement sur le front. Il n’osait pas le faire plus bas, de peur de la réveiller mais surtout de trop … en profiter. Peut-être qu’un moment ? Peut-être ? Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout comment faire exactement. Il n’avait jamais eu … de petite amie.

Et autant dire que s’il envisageait d’aller plus loin avec Katérina, il allait devoir supporter … cette bosse bien trop visible dans la culotte de la jeune femme. En fait, non, elle n’était pas visible spécialement. C’est juste que maintenant, il ne puisse s’empêcher de s’imaginer ce qu’il y avait à l’intérieur. Puis, quand même, Katérina lui avait « tout » montré.

« C’est vraiment compliqué tout ça … »

« Kéran, je sais ce qui se cache sous ton haut. » murmura la jeune femme, ses yeux dorés rivés vers lui. Hein ? Quoi ? Elle était réveillée ? Et elle venait de dire quoi là ?

« Qu’est-ce que tu … racontes encore ? Qu’est-ce qu’il y a sous mon haut ? »
Il avait demandé cela avec neutralité. Si elle ne mentait pas, elle le lui dirait. Par contre, après ce qu’il venait de dire, il savait qu’elle ne disait pas la vérité. La preuve fut qu’elle plaça ses mains sous son t-shirt, prête à le soulever.

« On va bien voir ça tous les deux de toute façon ! »

« AH NON ! Il en est hors de question, Katérina ! C’est comme si je cherchais à savoir ce qu’il y a sous cette tenue bleue que tu portes ! » hurla le jeune homme, recommençant à se mouvoir et à repousser les mains de Katérina. Il commença à rouler avec elle jusqu’à finir sur elle, ses mains posés sur ses bras pour les retenir. Il était à moitié avachi sur la jeune femme, la regardant longuement alors qu’elle ne bougeait plus.

« Qu’est-ce que tu attends ? Tu veux me décevoir encore une fois, Kéran ? Après ce qui vient de se passer ? Et pour le coup de la nourriture, je … »

« J’ai eu ma réponse hier mais arrête avec ce genre de blagues idiotes. Elles n’étaient pas drôles du tout, compris, Katérina ? »

« Ce n’était pas censé être une blague ! Tu crois vraiment que je ferai ça ? »

« Oui. » rétorqua le jeune homme sans cligner des yeux pour lui montrer tout le sérieux dont il faisait preuve. Oui, il le pensait réellement. Qu’elle le veuille ou non. Il avait pensé à ça. Pourtant, en regardant la jeune femme … Il savait aussi que ce n’était pas pour faire une blague qu’elle avait dit ça. Oui, elle était capable de faire des blagues stupides mais ce coup du Lockpin qui était devenu de la viande humaine.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça, Kéran ? »

« Pour rien … Pour rien … Tu viens chasser avec moi pour ce matin ? Comme ça, je fais une petite surprise à Loa avant qu’elle ne se réveille. »

« Si elle est pas déjà réveillée à cause du bordel qu’on a fait. Et je fais pas ça pour elle. » répondit Katérina, attendant qu’il se pousse.
Chose qu’il fit après une trentaine de secondes, prenant la main de Katérina pour la remettre debout correctement. Il quitta la tente avec elle, remettant un peu de bois pour allumer à nouveau un feu avant de s’éloigner. Au moins, cette petite histoire s’était rapidement terminée.

Chapitre 107 : Servante

Chapitre 107 : Servante

« Tu vas voir ce que je compte te faire. Je vais te démembrer un par un. »

« Hum ? Un par un ? Tu comptes me couper un bras, etc ? Et tu penses que je vais me laisser faire ? Et puis quoi encore ? » demanda le jeune homme aux cheveux argentés.

« Si tu pouvais tout simplement te laisser tuer, ça serait bien plus simple mais bien moins drôle. Il faut que tu souffres atrocement pour que ça en vaille le coup ! »

Hum ! Il ne fallait pas rêver ! Il n’allait pas se laisser faire ! Gardant Swar près de lui, il réfléchissait à la situation. Comment pouvait-il battre cette personne ? Ca ne serait pas forcément très difficile, loin de là même. Mais il valait mieux se méfier des apparences. Cet homme pouvait être bien plus dangereux qu’on ne le croyait. Il ne savait pas à qui il avait réellement affaire maintenant. Prendre une profonde respiration.

Et s’élancer tout de suite au combat ! Il courut à toute allure vers son adversaire, celui-ci ne s’attendant pas encore une fois à une telle réaction de la part de Kéran. Les coups d’épée partirent dans tous les sens, les vagues spectrales et ténébreuses jaillissant des deux lames, égratignant les deux hommes. Pourtant, aucun ne reculait, Hansanio ne semblant pas avoir de grosses difficultés à se battre malgré son bras en moins.

« D’ailleurs, tu n’avais que ta main en moins non ? Ce n’était pas possible d’en trouver une autre ou plutôt de la remplacer ? » demanda le jeune homme avant de frapper avec plus de force en direction d’Hansanio, celui-ci se retrouvant projeté en arrière.

« Depuis quand je suis sensé répondre à mon ennemi ? Tu sembles avoir changé depuis le temps mais ça ne veut pas dire que tu pourras réussir à me résister. »

Bien entendu, bien entendu. C’était toujours la marque première de ce genre de personnes de parler ainsi. Elles pensaient toujours être capables de surpasser les autres mais non, ce n’était pas comme ça dans la vraie vie. Il le savait pertinemment. Il ne fallait pas croire que l’on devenait de plus en plus fort juste parce qu’on le désirait. C’était là le plus gros défaut inhérent son adversaire. Il murmura à Swar :

« Swar … Je ne me sens vraiment pas en danger face à lui. Je sais bien que je ne dois pas baisser ma garde mais sincèrement, je … Comment te dire … »

« Plus besoin de continuer à parler, loin de là. Je sais où tu veux en venir mais ça ne change rien. Son arme est possédée. Même si cela n’est qu’une Feuforêve, méfie-toi des pouvoirs qu’il a acquiert. Il semble bien plus puissant que tu ne le crois. »

« Je me doute bien … Je m’en doute très bien même mais … »

Que ? Il ne pouvait plus parler et bouger ! Son corps fut propulsé en arrière alors qu’une aura rose émanait maintenant de l’arme d’Hansanio. Qu’est-ce que … ça voulait dire ? Des pouvoirs psychiques ? Car ça lui rappelait exactement ce qui venait de se passer à l’instant ! Il n’arrivait pas à se libérer ! Z… ZUT ! Il gesticula, faisant tomber ses trois noigrumes qui s’ouvrirent pour laisser paraître ses pokémons. Aussitôt, la Kirlia eut ses yeux qui devinrent roses, Kéran retrouvant toute la mobilité de son corps.

« Merci beaucoup les filles. Sans vous, ça aurait pu très mal se finir. »

« Tes pokémons … Ces sales garces. CETTE STALGAMIN EST TOUJOURS LA ! »

« Elles ont chacun un nom et vue comment tu traites ta Feuforêve, je … »

« COMME UN OBJET ! Comme ce qu’elle est ! Cette Feuforêve doit regretter le jour où elle est tombée près de moi ! Un objet qui ne me sert qu’à moitié ! Mais cette fois-ci, elle a été renforcée … Normalement, c’est elle qui annoncera ta mort ! »

« Ah oui ? J’attends ça … Tu fais souffrir l’unique pokémon qui t’accompagne et tu penses vraiment réussir à me battre ? Et puis quoi encore. »

Maintenant qu’il avait retrouvé sa mobilité, il n’allait pas se priver de … HEY ! Il fit un petit geste de la main, repoussant ses trois pokémons avant de dire :

« C’est une affaire entre moi et lui. Vous vous en rappelez non ? Alors, je préfère éviter qu’il ne vous blesse. Seulement, si je suis encore incapable de bouger à cause des pouvoirs psychiques de son arme, je compte sur vous deux, Lili, Lala. »

« Kirlia ! Kir, kir, kirlia ! » murmura la Kirlia, méfiante par rapport à la situation.
Il fallait dire qu’avec tout ce qui se passait, ce n’était pas la confiance qui régnait. Mais pourtant, pourtant, Kéran avait un sourire aux lèvres. Il se pencha à moitié en avant, tenant fermement son épée avant de reprendre :

« Vous allez voir comment votre dresseur est devenu bien plus fort, les filles. Vous aviez vu à quel point j’avais des difficultés face à lui, n’est-ce pas ? »

« Mesme, mesmerella. » répondit la créature de noir et de blanc.

Bien entendu qu’il allait s’en sortir ! Et même indemne cette fois ! Il se sentait bien plus confiant. Par contre, il devait éviter d’être joyeux. Ce n’était pas plaisant de faire souffrir. Pas du tout même. Mais il valait mieux ne pas faire d’idioties. D’ailleurs, il y pensait. Il manquait un pokémon dans la troupe. Il prit la dernière noigrume, l’envoyant en arrière et disant au pokémon qui en sortait d’aller protéger les trois filles.
Se concentrer … et attaquer. Se concentrer et attaquer ! C’était comme ça qu’il fallait réagir ! Il s’élança vers Hansanio, commençant à enchaîner différentes attaques les unes après les autres. Lui ? Il ne donnait même pas de coups avec les pouvoirs de Swar. Non, c’était tout simplement ce qu’il avait appris depuis le début.

« Enchaînement, enchaînement, enchaînement. Je ne te laisserai pas respirer, Hansanio. »

« Pour… Pourquoi ? Comment est-ce que tu peux faire ça ? COMMENT ?! »

« Comment je fais quoi ? Réussir à te battre sans même utiliser les pouvoirs de Swar ? Tout simplement car j’en ai pas besoin, voilà tout ! »

Il en était hors de question ! Ce type était des plus calmes alors qu’il risquait sa vie ! Il était des plus calme alors que c’était l’un de ces salopards qui utilisaient les pokémons spectre !

Ah … ah … Ah … Il devait se calmer. Il devait penser à autre chose avant de perdre … NON ! Il en était hors de question de se faire battre par un type comme ça ! Par le type qui lui avait coupé le bras ! Il en était hors de question ! Il en était hors de question !

HORS DE … Il écarquilla les yeux, remarquant la trace ensanglantée qui se dessina sur son torse, l’épée de Kéran venant de passer outre sa défense. Qu’est-ce que ça venait dire ? Comment est-ce qu’il avait fait ça ? COMMENT ? Sa propre épée commença à scintiller d’une couleur violette, Hansanio hurlant :

« NE ME DIT SURTOUT PAS QUOI FAIRE ! »

« Tu as perdu, tu ne peux pas me battre. Arrête ça avant qu’il ne soit trop tard. » murmura le jeune homme aux cheveux argentés, donnant un petit coup d’épée dans le vide.

« Jamais … JAMAIS … JAMAIS ! JAMAIS ! Tu entends ? JAMAIS ! Jamais je ne laisserai un type qui se lie d’amitié avec un spectre me dire ce que je dois faire ! »

Jamais ? Alors … Il allait devoir le forcer et lui faire comprendre qu’il ne pouvait rien faire contre lui. Kéran accéléra ses attaques, créant de nouvelles entailles de plus en plus présentes sur le corps d’Hansanio avant que l’épée de ce dernier ne vienne le protéger une dernière fois, éclatant en morceaux comme auparavant. La Feuforêve apparue, évanouie à côté des débris de l’épée, dans un triste état et dans un état proche de l’inconscience.
Pourtant, Kéran ne s’arrêta pas, traçant une ligne diagonale sur le corps de son adversaire, la lame s’enfonçant assez profondément dans la peau d’Hansanio. Il fit ensuite un pas en arrière, un mouvement de l’épée retirant le sang qu’elle venait de récupérer.
« Maintenant, est-ce que tu as compris ta faiblesse ? J’espère que c’est le cas, Hansanio. »

« JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS ! Je peux encore te frapper avec mes poings ! »

Le jeune homme aux cheveux noirs s’était jeté sur Kéran, serrant de toutes ses forces son poing droit pour venir le frapper au niveau du visage. La tête de Kéran pencha sur le côté, du sang s’écoulant de ses lèvres. Pourtant, Kéran lâcha Swar, celle-ci disant :

« Mais qu’est-ce que tu fais, Kéran ? Est-ce que tu es fou ?! »

« Pas du tout … Je vais juste lui faire admettre la triste vérité. Qu’il comprenne que lorsqu’on n’a pas la force, on ne peut arriver à rien ! »

Un coup dans le ventre de la part de l’homme aux cheveux argentés et voilà qu’Hansanio pouffait. Un second dans le visage et voilà qu’il criait de douleur. Kéran termina par un coup de pied en plein sur les entailles sur le torse d’Hansanio, le propulsant en arrière.

« Et maintenant, disparais. Je te laisse la vie sauve. Tu veux vraiment me tuer ? Alors, il va falloir que tu fasses bien mieux que ça, Hansanio. Le seul être faible ici, c’est toi. Tu te venges sur ta pokémon, tu es incapable de comprendre ce que j’ai vécu. »

« Je vais te le faire payer. Tous ceux qui pactiseront avec les spectres et les créatures ténébreuses, je leur ferai payer ! TOUS JUSQU’AU DERNIER ! »

« Ah oui ? Et comment est-ce que tu vas faire ? Tu n’as plus aucune arme, ta Feuforêve est hors de combat et tu es dans un triste état. Disparais juste de ma vue. Je ne cherche pas à tuer inutilement. Tu as perdu, tu n’as qu’à l’admettre et … »

« CE N’EST PAS MA FEUFORÊVE ! Je n’accepterai jamais qu’un pokémon spectre soit une personne ! JAMAIS ! Je les hais … Je les hais … JE LES HAIS ! Ces foutus pokémons qui m’ont retiré la seule personne que j’aimais ! LA SEULE ! »

Ah ? Il allait prendre la parole mais il valait mieux ne rien dire. Il fit un demi-tour sur lui-même, récupérant son arme avant de s’éloigner d’Hansanio. Il n’y avait clairement pas besoin de rester ici. Ah … C’était une affaire facilement résolue mais ça ne lui convenait pas. Hansanio avait perdu la tête car il avait perdu la femme qu’il aimait … des griffes des spectres, c’est ça ? Triste personne … Mais il pouvait compatir. Il s’était déjà imaginé un jour si Sélia devait mourir … ou alors quelqu’un d’autre de proche. Ah … Non, il valait mieux justement ne pas y repenser.

Il regarda ses quatre pokémons, leur souriant avant de les rappeler dans ses noigrumes. Oui, ça ne servait à rien de s’inquiéter à ce sujet. Rien du tout même. Hum ? Qu’est-ce que … Katérina et Loa avaient quand même décidé de voir le combat. C’est vrai … Si elles étaient un tant soit peu inquiètes, le fait qu’il soit parti au loin pour combattre Hansanio … Non, Katérina, inquiète pour lui ? Même pas en rêve.

« Kéran … Tu es quand même légèrement blessé. » murmura Loa en s’approchant de lui.

« Des petites blessures, rien de bien grave. Ça se soignera plus tard. »

« Non, il en est hors de question. Je vais voir si j’ai de quoi soigner tout ça. Viens, on va aller monter la tente à un kilomètre du village. Là, je pense qu’il faut que tu te reposes. Même si tu n’as pas fait beaucoup d’efforts … mais quand même. »

Quand même quoi ? Il voulut obtenir le reste des paroles de Loa mais celle-ci l’invita à le suivre. Il jeta un bref regard à Katérina, celle-ci le fixant de ses yeux dorés, ne laissant transparaître aucune émotion. Elle recommençait à les suivre, mettant quelques mètres de distance comme auparavant.

« Kéran … Déjà lorsqu’il m’avait combattu … Ce n’était pas pareil. Ses mouvements sont moins hésitants. Il semble avoir appris tellement en si peu de temps. Qu’est-ce qui s’est passé avec lui, Dumasch ? Tu as surement une idée. »

« Oh, j’en ai surement une mais elle n’est pas très jolie à entendre. Hahaha. Pourquoi est-ce que tu ne lui poses pas la question plutôt ? Ah mais non, c’est vrai, il te fait la gueule à cause de tes conneries d’hier ! HAHAHA ! »

« … … … La ferme, je parlais sérieusement, espèce de cloporte. Kéran n’est pas le même qu’avant et ce n’est pas normal. Il n’a eu aucune difficulté à le battre. Ce n’est pas normal … Pas normal du tout. Je … Qu’est-ce que … »

« Hahaha, mais en plus, ça te fait bander et mouiller, je rêve pas ? Je devrais peut-être crier un bon coup pour qu’il se retourne et qu’il voit à quel point tu es émoustillée par lui ? »

« Ta gueule ! Tu ne lui diras rien du tout ! Et je ne suis pas excitée comme une pucelle par ses actes ! C’est toujours qu’un sale gamin et … »

« HAHAHA ! Le mot utilisé … Tu … Tu … Tu as au moins entendu ce que tu viens de dire ? C’est hilarant, Katérina ! Vraiment hilarant ! Oh, bien sûr que non, tu n’es pas excitée comme une pucelle, comment est-ce que tu pourrais l’être ? »

« Ta gueule, ta gueule, ta gueule ! Ne … ne … »

« Ne … quoi ? » demanda Dumasch sur un ton faussement doux mais surtout plus qu’amusé, Katérina s’étant mise à trembler. Elle commença à courir, passant à côté de Kéran et Loa sans même se retourner. Kéran haussa un sourcil, disant :

« Mais qu’est-ce qui lui prend ? Elle semblait apeurée. M’enfin … Il vaudrait mieux que je … ne me préoccupe pas d’elle. De toute façon, elle nous rejoindra plus tard. »

« Surement, oui. Kéran, essaye de voir si tu trouves un endroit convenable pour planter les tentes. Elle reviendra après. » répondit Loa, elle aussi ne semblant pas avoir pardonné à Katérina. Kéran non plus mais il était quand même un peu inquiet au sujet de ce qui venait de se dérouler devant ses yeux. Cette fille … Il fallait vraiment qu’un moment, ils discutent à cœur ouvert tous les deux. Mais pour le moment, ce n’était pas dans ses projets.

Ailleurs, Hansanio était soulevé par la Feuforêve, celle-ci utilisant ses pouvoirs psychiques car elle ne pouvait pas le traîner. Il fut déposé au bord d’un petit ruisseau, la Feuforêve commençant à s’éloigner avant de revenir avec quelques baies.

« NE T’APPROCHE PAS DE MOI ! C’EST COMPRIS ?! »

Pourtant, malgré les coups qu’il lui donnait, elle continuait de se rapprocher de lui. Elle écrasa les baies, se servant de liquide pour commencer à le soigner. Il la repoussa avec violence, hurlant de toutes ses forces :

« NE ME TOUCHE PAS ! MONSTRE ! »

Il n’avait pas besoin d’être soigné ! Les cicatrices qui allaient prendre la place de ces plaies, tout ça deviendrait une raison de plus pour éliminer Kéran ! Il était hors de question d’abandonner ça ! Il était hors de question d’abandonner !

« Mais tu ne comprends pas ce que je te dis ? IL FAUT QUE JE TE FRAPPE COMBIEN DE FOIS POUR QUE CA RENTRE ? »

Il s’était relevé alors que la Feuforêve avait continué son travail pour tenter d’apaiser la douleur du jeune homme aux cheveux noirs. Celui-ci donna plusieurs coups de pieds dans le corps de la Feuforêve avant de s’écrouler sur le côté, trop affaibli pour continuer. La Feuforêve reprit ce qu’elle faisait, semblant peu soucieuse des coups subies et surtout incapable de parler. Ou alors, ne le voulait-elle pas ?

Chapitre 106 : Consumé par la vengeance

Chapitre 106 : Consumé par la vengeance

« … … … … … »

Les trois personnes ne se parlaient plus entre elles. Le lendemain matin avait été assez laborieux, Kéran et Loa ne s’adressant la parole que brièvement. Bien entendu, aucun n’en voulait à l’autre mais il était tout simplement hors de question de parler avec la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci semblait avoir très mal dormi avec le froid de la nuit mais pourtant, Kéran n’y avait pas prêté une seule fois attention. Après ce qu’elle avait fait, il valait mieux s’abstenir de communiquer avec elle. Finalement, après une nouvelle heure de marche, ils se retrouvaient non-loin d’un nouveau village.

« Cela sera sûrement notre dernier village avant que nous nous enfoncions dans cette montagne, Kéran. Nous devrions faire les derniers achats et … »

« Oui. Si on peut acheter de la viande séchée grâce au sel, ça serait une bonne chose. Mais il faudra faire attention à ne pas trop en manger. Je t’accompagne. »

Ils n’avaient même pas demandé son avis à la jeune femme qui les accompagnait, marchant à quelques mètres derrière eux. Elle avait les bras croisés à hauteur de sa poitrine mais elle ne semblait même plus avoir le regard colérique qu’elle portait habituellement sur son visage. Elle vint s’asseoir contre un arbre, remontant les jambes au niveau de son visage. Kéran se tourna vers elle, ouvrant la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. Il pouffa simplement de dédain avant de reprendre la route avec Loa en direction du village. Ils pénétrèrent tous les deux à l’intérieur tandis que Katérina restait là, seule et isolée.

« Oh … Elle fait une triste mine la petite demoiselle. Elle n’a plus son petit Kéran qui est à ses pieds ? Oh … Qu’elle est toute triste, oh … »

« Ta gueule, Dumasch sinon, je recommence à m’étrangler. Je n’aurai même qu’à me couper un bras si ça continue, c’est compris ? Alors, ferme ta putain de gueule ! »

« Hahaha ! Fais donc, fais donc … Espèce de sotte ! Tu penses impressionner qui comme ça ? Kéran ? HAHAHA ! Ce qu’il t’a fait hier, c’était mémorable ! »

« TA GUEULE MAIS TA GUEULE MAIS TA GUEULE ! »

Elle continuait d’hurler de toutes ses forces en se maintenant la tête entre les mains. Elle ne voulait pas l’entendre ! Elle ne voulait pas entendre cet enfoiré ! Elle ne voulait pas ! Qu’on la laisse tranquille ! Qu’on la laisse seule comme auparavant ! Elle était juste capable de tout détruire autour d’elle ! Juste capable de …

« Ah … Ah … Ah … Kéran. Il est là … Il est là … ce Kéran. »

« C’est quoi ce bordel ? » dit la jeune femme aux cheveux argentés, se relevant. Grâce à l’être en elle, ses facultés physiques et ses sens étaient plus développés que ceux d’une humaine normale mais … elle avait bien entendu le nom de Kéran ? La voix de Dumasch se fit entendre, un peu amusée par la réaction de Katérina :

« Et alors ? Tu t’en fous non ? Pourquoi est-ce que tu irais voir c’est qui ce type ? »

« Ta gueule, je le sais même pas moi-même mais un type qui connait Kéran doit être vraiment louche ! Je sais pas du tout ce qui s’est passé pendant le temps où je lui faisais la gueule à cause qu’il connaissait mon secret et qu’il disait que … OH ET PUIS MERDE ! J’ai pas à m’expliquer à un trou du cul comme toi ! »

Elle commença à courir à toute allure en direction de la voix masculine, se cachant derrière les arbres. Comme elle n’était pas en pleine forêt, la discrétion était plus difficile que prévue mais au moins, elle pouvait apercevoir la personne qui avait cité le nom de Kéran.

« Il est là … Il est là ! Il se trouve là ! Je vais le lui faire payer ! Je vais le buter ! »

C’était quoi ce type ? Et il voulait tuer Kéran ? Et puis quoi encore ? C’était SON rôle ! Néanmoins, elle le regarda, l’étudiant plus en détails. C’était un homme … qui devait avoir à peine vingt-cinq ans ou un peu moins. Mais ce qui était choquant, c’était le fait qu’il possédait un bras en moins et qu’il était accompagné de ce qui semblait être une Feuforêve. Il avait des cheveux noirs et des yeux verts, yeux qui semblaient être à moitié dévorés par la folie. Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Il est rentré dans ce village avec une femme ! Je sais pas où elle se trouve l’autre qui les accompagnaient. Hahaha ! Je les tuerai tous les trois ! Je lui ferai payer ce qu’il m’a fait ! Je lui ferais payer tout ça ! »

« Non mais pour qui il se prend ce type, je vais aller lui régler son compte et … »

« Je pensais que tu en avais rien à faire de Kéran ? Je me serai trompé sur toi, Katérina ? »

Dumasch lui avait coupé la parole, la jeune femme s’immobilisant avant de prendre une mine renfrognée. Ouais, c’était pas son problème à la base ! Pas du tout même ! Elle en avait strictement rien à foutre de ce connard ! RIEN A BATTRE ! RIEN A BATTRE ! RIEN DU TOUT BORDEL DE MERDE !

Alors pourquoi est-ce qu’elle courait comme une débile après cinq minutes de combat mental avec son propre caractère ? Pourquoi est-ce qu’elle se dirigeait en direction du village pour prévenir Kéran ? Peut-être qu’ils étaient déjà sortis du village ? Elle n’avait pas envie de rentrer à l’intérieur et …

Heureusement pour elle, il semblerait que c’était le cas puisque Kéran et Loa étaient sortis du village, regardant autour d’eux pour essayer de la retrouver. Pourtant, lorsqu’elle arriva à leur hauteur, Kéran vint l’attraper par le bras, roulant sur le côté avant qu’une sphère violette ne passe au-dessus d’eux.
Comment est-ce qu’elle avait pu ne pas remarquer cette attaque dans son dos ? Elle qui était toujours sur ses gardes ? Elle était ridicule … vraiment ridicule … Elle n’avait même pas pensé à se protéger alors que …

« C’est qui qui vient de nous attaquer ? » demanda Kéran, restant au-dessus de Katérina bien qu’il avait son visage tourné vers l’être à l’origine de cette attaque.

« Une Feuforêve ? » murmura Loa, un peu étonnée de voir une créature spectrale aussi proche d’un village. Elle n’avait donc pas peur de se faire tuer ?

« Tu étais donc là ! Tu étais bien là ! Salopard ! »

Une voix masculine et haineuse s’adressait à Kéran. Celui-ci pouvait enfin voir qui était le dresseur de la Feuforêve. Tiens ? Ce visage … Ca lui rappelait quelqu’un. Il ne tarda pas à faire le rapprochement lorsqu’il vit le bras droit en moins de l’homme.

« Mais tu es Hansanio ? Qu’est-ce que tu fais ici ? »

« DEVINE ! DEVINE POURQUOI JE SUIS LA ?! POUR TE TUER ! »

Le tuer ? Il n’avait toujours pas retiré cette idée de la tête ? Qu’est-ce qu’il était stupide. Vraiment … Mais bon, ce n’était pas un problème. Du moins, si …

« Je ne vais pas te combattre. Je ne combats pas les humains. Tu as été puni assez sévèrement la première fois même si je ne sais pas comment ça se fait. Tu as perdu un bras, ne fait pas de bêtises et évite d’en perdre le second. »

« TA GUEULE ! Je vais m’occuper de ton cas ! » hurla l’homme, les paroles de ce dernier rappelant étrangement Katérina à Kéran.
D’ailleurs, Kéran ne posa même pas un regard à Katérina, se remettant correctement tout en sortant Swar, la tenant fermement en main. Il murmura pour l’arme :

« S’il te plaît … On évite de le tuer, d’accord ? Si tu peux écouter ce que je te dis. »

« Je ne peux rien te promettre surtout. Je ne sais pas à quoi m’attendre de la part de cet homme. La dernière fois, il n’était pas aussi fou. »

« Je me doute bien … Mais bon … Il ne semble pas avoir compris la leçon. Et ce n’est pas pour me vanter mais bien parce que ça ne me plaît pas. »

Il avait parlé avec l’épée, continuant de fixer longuement Hansanio. Qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre que ça ? Ne pas se battre ? Ca reviendrait à mettre en danger inutilement Loa et Katérina. Enfin bon … Même s’il en voulait terriblement à Katérina, il n’allait pas l’abandonner complètement. Il n’était pas aussi stupide qu’elle !

« Loa … Si tu peux reculer s’il te plaît. C’est mon combat. »

« Tu es certain de ne pas vouloir d’aide ? » demanda la jeune femme, appelant déjà l’unique pokémon qu’elle possédait. Katérina ? Elle ? Elle faisait mine de ne pas s’intéresser à tout cela. Elle semblait même en avoir strictement rien à faire.

« Disons qu’il veut se battre uniquement contre moi. Même s’il compte vous tuer s’il arrive à m’abattre mais je ne pense pas que ça soit réalisable. »

« Ne soit pas aussi vaniteux, Kéran. Méfies-toi de chaque adversaire, qu’importe l’apparence qu’il a. » déclara l’épée dont il serrait la garde.

« Je ne pensais pas l’être, pardon. Ce n’était pas du tout dans mes intentions, je te le promets, Swar. Mais est-ce que ce combat va être difficile, tu penses ? »

« Je ne peux rien te promettre. Cela dépend de chaque situation. »

PFFF ! Il aurait préféré une réponse claire et concise, pas quelque chose de ce genre ! Mais au moins, ça voulait tout dire. On ne savait pas à quoi s’attendre avec cet homme ! Qu’est-ce qu’il avait pu faire depuis tout ce temps ? Avec son bras en moins, il ne devait plus réellement savoir se battre non ? Pourtant, Hansanio sortit son épée, la tenant fermement de sa main gauche comme s’il n’avait aucun problème à la manier.

« Tu sais … réellement te battre avec ta main gauche ? »

« Tu crois … Tu crois que j’aurai abandonné mon idée de vengeance car j’ai perdu un membre ? Si je ne peux plus utiliser ma main droite, j’utiliserai la main gauche ! Si je ne peux plus utiliser ma main gauche, j’utiliserai alors ma bouche … mais je ferai tout pour te tuer, Kéran. Je ferai tout pour TE TUER ! »

Là, il était en train de se répéter mais quand même, il ne pouvait pas savoir se battre aussi bien qu’auparavant, pas en quelques mois quand même ! Ce n’était pas possible ! Enfin, il valait mieux se méfier au cas où. Il fallait rester sur ses gardes et faire atten …
Il fit un saut sur le côté, évitant la lame d’Hansanio alors que Loa avait poussé un petit cri de surprise. Il avait été bien plus rapide que prévu ! Kéran fit un petit mouvement avec son épée, forçant Hansanio à reculer de plusieurs pas.

« J’ai dit que j’étais ton adversaire ! Ne touche pas à Loa et à Katérina, c’est compris ? »

« Elles crèveront après toi, ça ne sera pas difficile. Cette fois, je vais tout donner pour t’exterminer, Kéran ! JE VAIS TOUT DONNER ! »

« Et pourquoi est-ce que tu ferais ça hein ? Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me persécutes ? POURQUOI TU FAIS CA ? »

Il avait l’impression de se répéter, comme si toutes les personnes autour de lui étaient sujettes à quelques problèmes mentaux. Vraiment, il était tombé dans un monde de fous ou quoi ? A croire qu’ils étaient les seuls avec Loa à être un tant soit peu « normaux ».

« Pourquoi ? Pourquoi ? Mais pourquoi devrais-tu le savoir ? Pourquoi penses-tu que certains se trouvent dans l’Enceinte ? NON ! Je ne suis plus dans l’Enceinte par ta faute ! Ils disaient que j’étais devenu fou ! Que je commettrai des crimes affreux. Ils ont voulu m’arrêter mais j’ai préféré m’enfuir. Cette Feuforêve continue de me suivre mais elle m’obéit aveuglément, comme auparavant, hahaha ! »

« … … … Soit. Si tu le penses ainsi. » répondit calmement Kéran, ne voulant pas énerver plus qu’il ne l’était l’homme aux cheveux noirs en face de lui. Katérina était de toute façon assez éloignée, ne se préoccupant pas plus que ça de la situation. Elle en avait rien à faire, n’est-ce pas ? Après son coup fumeux de toute façon, il valait mieux qu’elle ne dise rien et surtout qu’elle ne fasse rien du tout ! Il ne voulait toujours pas lui adresser la parole !

« Fini de rigoler ! On va tout de suite passer aux choses sérieuses ! TOI ! Rentre dans mon épée et tout de suite ! Est-ce bien compris ? »

Kéran s’attendait à ce que la Feuforêve parle mais ce ne fut pas le cas. La créature se déplaça tout simplement vers l’arme avant de disparaître à l’intérieur. Une aura noire et violette vint émaner de l’arme tandis que Kéran réfléchissait. Pourtant, cette Feuforêve n’était plus … autant brisée qu’auparavant non ? Elle n’avait pas les yeux blancs de la dernière fois. Donc … Est-ce qu’il y avait des chances que …

« Ou alors, je me fais peut-être des illusions. »

« Kéran, ne perd jamais de vue ce combat. Tu n’apprendras donc jamais. » déclara Swar alors que son épée se mit à bouger toute seule, parant la vague spectrale envoyée par Hansanio.

Aie, aie, aie … Il était vraiment confus sur le coup. Il avait beaucoup à se reprocher. Il fit plusieurs pas en arrière, commençant à courir pour s’éloigner d’Hansanio.

« NE COMPTE MÊME PAS T’ENFUIR SALOPARD ! »

Il donnait cette impression ? Tant mieux ! C’était quand même le but voulu ! Il continua de courir, regardant brièvement Katérina et Loa. Avec Hansanio derrière lui, il y avait peu de chances qu’elles se retrouvent blessées. Il s’arrêta après une bonne minute de course, se retournant subitement pour donner un coup d’épée en direction d’Hansanio. Celui-ci, surpris, para l’arme un peu trop tard et se retrouva projeté en arrière.

« Maintenant que je suis sûr qu’elles sont hors de danger, je vais pouvoir y aller sérieusement moi aussi. » déclara Kéran.

Il espérait encore une fois ne pas être trop vaniteux. Il fit quelques mouvements de sa lame tandis qu’Hansanio fronçait les sourcils. Il allait lui faire regretter d’être né à ce type ! Oh que oui ! Des fois, il valait mieux qu’il la mettre en veilleuse !

« Te lier avec ces créatures démoniaques … qui n’hésitent pas à tuer des femmes, des enfants, des humains … comme si nous n’étions que de vulgaires objets ! Tu es un traître à ta race ! Et les traîtres doivent disparaître ! »

Un traître à sa race ? C’était quand même bien violent ! C’était quoi ces propos ? Il y allait un peu fort ! Néanmoins, il ne fallait pas se préoccuper de tout ça.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé auparavant pour que tu parles ainsi. Je ne sais même pas pourquoi tu m’insultes de la sorte mais ça ne fait rien. Si tu continues de vouloir m’affronter et de penser à blesser les personnes qui me sont proches, je n’hésiterai pas à te trancher la tête si cela s’avère nécessaire. »

« Me trancher la tête ? Toi ? Tu n’as pas compris ce qui a changé depuis le temps ! »

Oh … Et lui non plus. Il ne savait pas ce qui avait changé depuis ces derniers mois, depuis qu’il était parti de l’Enceinte. Tellement de choses s’étaient déroulé. Et malheureusement, ce n’était pas les pires évènements de sa vie. Des évènements que Katérina ne connaissaient pas.

Chapitre 105 : Mécanique et folie

Chapitre 105 : Mécanique et folie

« Quand même … Ces montagnes … sont vraiment gigantesques. »

Il continuait de répéter la même chose alors que les deux femmes à ses côtés ne parlaient pas. Il fallait dire qu’il était impressionné. Ces montagnes … C’était vraiment là-dedans que vivaient les pokémons aciers ? Enfin, les pokémons spectres ? Il espérait quand même que les pokémons aciers n’avaient pas trop de problèmes.

« D’ailleurs, est-ce que l’on t’a dit autre chose au sujet de ces montagnes, Loa ? »

« A part qu’elles sont remplies par de nombreuses mines qui sont là depuis des siècles, y a pas vraiment grand-chose à savoir à ce sujet. Enfin, je t’avoue que je ne trouve pas ça très important. Par contre, tu sembles avoir réfléchi à autre chose ? »

« Je me disais … J’espère qu’il n’y a pas que des spectres ou des créatures d’acier dans ces montagnes. Pourquoi ? Tout simplement car je vois mal de quoi on va se nourrir tous les trois. La chasse, je ne suis pas fait pour manger du métal. »

« Je pense que peu de personnes en seraient capables. Bien entendu, on nous conseille d’avoir quelques minéraux et autres dans le corps mais voilà … Mais pourquoi est-ce que je parle de tout ça ? Je sens que je dis des absurdités comme toi, Kéran. »

« HEY ! C’est pas sympathique de ta part. Tu es la seule responsable de tes paroles. » rétorqua le jeune homme avant qu’ils n’éclatent de rire tous les deux.

« Bon, vous vous sautez quand tous les deux ? »

Gloups ! Kéran et Loa se regardèrent brièvement, rougissant faiblement. Il fallait dire que les paroles de Katérina avaient fait mouche encore une fois. C’était vraiment triste et absurde … Absurde que ça se passe ainsi. Elle ne changeait pas le moins du monde. Bon. Autant ne pas lui répondre et prendre un chemin vers la montagne de fer avant que la nuit ne tombe. Ces fameuses créatures de métal, il allait pouvoir les voir. Cela serait la première fois.

Enfin, si on ne comptait pas l’Archéomire de Sélia. Ah … Sélia lui manquait terriblement. Malgré ses erreurs, malgré ses actes, elle lui manquait terriblement. Un peu comme Katérina. Mais il était quand même plus attiré par cette dernière que par Sélia. Ou alors, avec Sélia, il se sentait … plus en sécurité ? Il ne savait pas. C’était compliqué, vraiment très compliqué pour lui. Bon ! Il verrait ça plus tard de toute façon !

Les trois personnes marchèrent pendant des heures, arrivant aux abords de la montagne de fer Celle-ci était en fait constituée de plusieurs monts et il était possible de voir de nombreux trous dans les murs. Des galeries normalement. A savoir si elles se rejoignaient entre elles, ce n’était pas vraiment à lui d’en tenir compte.

« Bon … Il faudra quand même que nous cherchions et surtout chassions de la nourriture là-bas. Est-ce bien compris ? » déclara le jeune homme.

« Me donne pas d’ordre, ducon. C’est compris ? » répliqua sèchement Katérina alors que Kéran poussait un profond soupir. Ok, ok … Il avait parfaitement compris le message.

Pourtant, lorsqu’ils furent en pleine forêt, Katérina s’était redressée de l’arbre contre laquelle elle s’était adossée. Kéran avait ramené de quoi faire du feu tandis qu’ils ne savaient toujours pas ce qu’ils allaient manger tous les trois.

« Je vais m’occuper de nous chercher de la viande. Je vais même la cuisiner. »

« Que … Que … Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? » bredouilla Kéran.

Katérina eut les joues un peu rougies par le regard de Kéran avant d’émettre un grognement. Qu’est-ce que ça voulait dire ? C’était quoi cette question de merde qu’il lui posait ?

« J’ai dit que j’allais faire à bouffer ! Si t’aimes pas, tu mangeras pas ! C’est clair ? C’est pourtant pas dur à comprendre ! Tu as saisi mes paroles ou je dois te le répéter en quelle langue pour que ça rentre dans ton petit crâne de piaf ? »

« Hey ! Calme ! Je ne faisais qu’être surpris ! Qu’est-ce qu’il y a de surprenant à être surpris que ça soit qui cuisine ? Je ne savais même pas que tu cuisinais ! En fait, je me rappelle surtout que tu mangeais ta viande crue. »

« MAIS TA GUEUUUUUUUUUUUUUUUUUUULE ! » hurla de rage la jeune femme aux cheveux argentés avant de s’éloigner en courant.

« Kéran, tu n’as vraiment aucune délicatesse sur ce coup. Tu ne vois pas qu’elle faisait un effort pour tenter d’être appréciée par toi ? » murmura Loa en passant à côté de Kéran.

« Je le sais parfaitement … Je le sais parfaitement, oui. Enfin … Je le sais, je n’ai pas à m’inquiéter à ce sujet. C’est juste que ça m’ait étonné. Je m’excuserai et je dirai que sa nourriture est excellente. Ça doit être quand même spécial, non ? »

« Je ne sais pas, moi aussi, je suis étonnée pour tout te dire. »

Eh bien, il se sentait moins seul sur le coup. Enfin … Il avait dit cela mais il allait quand même être sincère par rapport à ce qu’allait préparer Katérina. Même si cela risquait d’être mauvais, il allait édulcorer ses paroles.
La jeune femme revint quelques minutes plus tard, nullement couverte de sang. En fait, elle n’avait rien avec elle. Elle avait juste demandé à ce qu’ils aillent dans les tentes et qu’ils lui laissent cuisiner en toute discrétion.

« Euh … Comme tu veux, Katérina. On va te laisser faire alors. Tu n’as pas besoin d’aide ? Mais où est la nourriture que tu vas cuisiner ? »

« Ca te concerne pas ! Va dans la tente et ferme-là ! »

« D’accord d’accord ! Pas besoin d’être aussi agressive ! »

Pfff ! Elle était en colère et en mode tête de mule ! Ca ne servait à rien de parler plus longtemps avec elle ! Il s’enfonça dans sa tente, Loa faisant de même de son côté. Y avait intérêt à ce que ça soit bon car là, il allait lui faire quelques reproches si ce n’était pas le cas.

« VENEZ BOUFFER LES DEUX CLOPORTES ! »

Elle avait crié cela après un quart d’heure, les deux personnes sortant de leurs tentes. Lui ? Il était en pleine appréhension, regadant ce qui était en train de cuire dans la casserole. Elle avait fait quoi comme sauce ? Il y voyait quelques herbes, quelques champignons. Puis par contre, les morceaux de viande qu’il voyait en train de baigner dedans, c’était pas si mal.

« Ca sent même plutôt bon. » déclara le jeune homme.

« Ouais … Sûrement. » bredouilla Katérina, plus anxieuse qu’autre chose. Kéran cligna des yeux, un peu surpris du ton de la jeune femme. Celle-ci s’éloigna de quelques mètres, leur disant de se servir. Au loin, la voix de Dumasch sortit de Katérina :

« Tiens donc … Tu as des remords maintenant ? »

« Ta gueule, m’adresse pas la parole. J’en ai strictement rien à foutre. Ca lui apprendra à ce connard à ne pas croire en moi ! Je vais lui apprendre et … »

« Et tu crois qu’il réagira comment ? Car tu as décidé de lui dire la vérité n’est-ce pas ? Pour lire la surprise sur son visage. Mais s’il réagit brusquement ? »

« C’est Kéran. Cette tafiole n’est même pas capable de se battre correctement. Je n’ai rien à craindre d’un type comme lui, loin de là. »

« Hahaha. Tu devrais te méfier des cicatrices encore fraîches. Tu risquerais d’avoir un choc. »

Ah ouais ? Et pourquoi est-ce qu’il disait ça lui ? Qu’est-ce que ça voulait déjà dire à la base ça hein ? Des cicatrices fraîches. Elle regarda Loa et Kéran en train de manger. Ils semblaient satisfaits mais elle ? Elle ne l’était pas vraiment. Finalement, le jeune homme déclara d’une voix amusée et douce :

« Ben, tu vois, Katérina, j’aurai mieux fait de me taire. »

« C’est pas comme si je te répétais ça en boucle non plus hein ? »

« Non, non ! Sincèrement ! C’est vraiment bon, Katérina ! Mais je t’avoue aussi que je ne sais pas du tout quel pokémon tu as utilisé pour faire cette viande. Je crois n’y avoir jamais goûté. Hahaha ! Ce n’est quand même pas un pokémon métallique hein ? »

« Non, c’est pas du tout un pokémon métallique. Tu boufferais de l’acier. Tu serais capable des pires stupidités, tu le sais parfaitement. »

« Mais non, mais non … Mais alors, c’est quoi ? Je donnerai cher pour le sa … »

« C’est de l’humain. Y avait quelques cadavres frais pas trop loin d’ici. Je les ai découpés en petits morceaux, j’ai pris les meilleurs et voilà, t’as ta bouffe. Sympa non ? Qu’est-ce que tu en penses ? » déclara la jeune femme aux cheveux argentés, un sourire mauvais aux lèvres.

« Que … Que … De l’humain ? » bredouilla le jeune homme.

Un bruit de vomissement se fit entendre en même temps que celui-ci d’un objet qui tombait sur le sol. Loa avait une main sur la bouche, un filet s’écoulant de ses lèvres alors qu’à ses pieds une flaque se formait mélangée à divers morceaux de viande. Lui ? Il ne tarda pas à faire la même chose alors que Katérina exultait de joie.

« La prochaine fois, tu me feras confiance, Kéran ! IMBECILE ! Alors, c’est bon l’humain ? C’est bon ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Tu ferais mieux de faire atten … » commença à dire Dumasch à l’intérieur de Katérina avant que la jeune femme ne se retrouve projetée en arrière. Kéran venait de la percuter de tout son poids au niveau du ventre. Elle tenta de se relever mais elle fut soulevée par Kéran.

« Non mais attends un peu que … »

« C’EST QUOI TON PROBLEME ? C’EST QUOI TON PROBLEME ?! »

Kéran vint lui donner un violent coup de poing sur la joue droite, le coup résonnant comme s’il avait décroché la mâchoire de la jeune femme bien que ce n’était pas le cas.

« JE VAIS TE CASSER LES COU… »

« NON ! JE VAIS CASSER LES TIENNES ! » coupa le jeune homme, donnant un puissant coup de pied dans la culotte de la jeune femme, celle-ci poussant un cri de douleur, ressentant finalement ce qu’elle faisait subir à Kéran depuis tellement de temps.

Estomaquée, elle arrivait à peine à bouger alors qu’une petite aura noire s’était formée autour du jeune homme. Celui-ci était en train de trembler, les larmes aux yeux, un liquide s’écoulant de ses lèvres, mélange de bave et de dégueuli.

« C’est quoi qui cloche avec toi ? C’EST QUOI ? C’EST QUOI ?! Tu es folle ou quoi ? »

« Put… Putain, relâche-moi et t’es un … »

« NE PARLE SURTOUT PAS ! » hurla Kéran avant de lui donner un second coup dans l’entrejambe, la jeune femme commençant à sangloter à son tour mais de douleur. « Loa … Loa … Va te laver la bouche. »

Il avait dit cela sur un ton bien plus doux envers l’autre jeune femme. Celle-ci était déjà en train de se rincer le gosier, en larmes elle aussi. Elle avait jeté la viande au loin, n’arrivant pas à croire ce qui s’était passé. Kéran ? Il était toujours en train de soulever Katérina avec une force renouvelée, reprenant la parole :

« Tu es juste cinglée, Katérina ! JUSTE CINGLEE ! Tu es complètement folle ! Tu donnes l’impression de ne même pas comprendre ce que tu fais ! C’EST QUOI TON PROBLEME HEIN ? T’as pas eu assez d’attention ? Tu es obligée de faire ça pour qu’on te remarque ? »

« Je vais te … Je vais te buter, Kéran. »

« NON ! Tu ne buteras personne ! PERSONNE ! Pourquoi est-ce que tu as fait ça hein ? Car j’avais dit que j’étais étonné que tu veuilles faire à manger ? Ou alors, tu avais prévu ça depuis encore plus de temps ? HEIN ? REPONDS-MOI ! »

« J’ai … J’ai pas à répondre à un pouilleux comme toi ! »

« Je sais pas ce qui te prend, je sais pas du tout ce qui cloche avec toi ! Je cherche à savoir, je cherche à comprendre mais non, c’est impossible ! Une fille comme toi restera toujours qu’une sale garce égocentrique et incapable de se questionner sur elle-même pour s’améliorer ! Je me demande encore comment est-ce que j’ai … j’ai pu faire ça. Tu en as dit des saloperies, t’en as fait des conneries mais celle-là … Faire souffrir ceux qui essayent d’être proches de toi … T’es détestable. En fait, tu es encore plus pourrie que l’être qui te possède depuis des années. Swar avait raison. »

Il l’avait rejeté en arrière, la jeune femme se retrouvant sur les fesses, poussant un gémissement de douleur. Il murmura faiblement :

« Je vais essayer d’aller consoler Loa pour oublier tout ça. Bien entendu, ne viens même pas dans la tente. De toute façon, je suis seulement un gamin pour toi non ? Et tu adores dormir dehors. Ben voilà, bravo, t’as gagnée ! »

« Si tu crois que je vais aller m’excuser, tu peux te … »

« Je ne crois plus rien en ce qui te concerne. » coupa le jeune homme aux cheveux blancs avant de s’éloigner d’elle, se dirigeant vers la tente de Loa.

Katérina s’éloigna, pestant contre Kéran tout en posant un doigt sur ses lèvres puis le reste sur sa joue. Il lui avait fait mal ! IL LUI AVAIT FAIT SERIEUSEMENT MAL CE CON ! PLUS QUE MAL ! QUEL CONNARD !

« Tu vois, Katérina. A force de faire l’imbécile, on finit par en baver. »

« TA GUEULE ! TA GUEULE ! TA GUEULE ! »

« Et qu’est-ce qui te coûtait de dire la vérité, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que c’était amusant de te voir complètement déconfite et décontenancée hein ? Ta cuisine n’est pas vilaine, tu es capable de faire un repas correct. Surtout en récupérant les meilleurs morceaux d’un Lockpin qui traînait dans les parages. De l’humain … Mais qu’est-ce que c’était drôle ! Mentir aussi violemment mais en rajouter pour que ça paraisse crédible ! En fait, tu n’as même pas besoin de moi pour plomber ton image, tu te débrouilles très bien ! HAHAHAHA ! Le pire est que tu as pu voir à quel point Kéran a changé. Il t’a soulevé comme un fétu de paille, c’était si drôle … Tellement drôle de le voir te frapper. Tu ne t’y attendais pas hein ? Et dire qu’il s’est payé une paire de … couilles, c’est comme ça que tu dis hein ? Une paire de couilles au moment où il a frappé dans les tiennes ! HAHAHAHA ! Fille complètement stupide et dégénéré, tu te suffis à toi-même pour pourrir tes rares relations, en fait, ton unique relation ! Mais quelle idiote ! »

Elle continuait d’entendre la voix de Dumasch qui la détruisait de l’intérieur alors qu’elle s’agenouillait contre un arbre, se tenant la tête entre les mains. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle avait fait ça ? POURQUOI ? POURQUOI ?