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Chapitre 78 : Messager des Rois

Chapitre 78 : Messager des Rois

« Pourquoi ? Pourquoi l’a-t-il tué ? Il était pourtant avec eux. »

Luna venait de prendre la parole alors qu’elle ne s’était presque pas exprimée depuis le début du combat. Elle avait une mine effarée en voyant ce qui restait d’Onyk et tentait de contrôler ses tremblements. Le trou dimensionnel n’avait toujours pas disparu et la voix reprenait de plus belle pour répondre à Luna :

« Avec lui ? Ne me compare pas à cette faiblarde de Pandora. Les seuls qui peuvent me dicter leurs ordres et encore… »

« Montre toi au lieu de rester caché dans ton coin ! »

Tyrania semblait toujours vouloir se battre et déjà un nouveau rire se faisait entendre. Visiblement, elle ne connaissait pas sa place et son comportement envers lui montrait qu’elle n’avait pas connaissance de ce qui l’attendait si il se présentait.

« Et pourquoi je ferais ça petite sotte ? Tu as quel âge ? Une vingtaine d’années ? Même pas. Ne joue pas avec des forces dont tu ne pourrais même pas connaître leurs existences mais si tu le désires. Mais puisque tu le veux tant, je vais donc me montrer. »

Une longue manche rouge sortie subitement du trou dimensionnel, venant entourer Tyrania pour en terminer avec elle comme elle l’avait fait avec Onyk. Elle fit un saut en hauteur pour éviter la manche mais celle-ci continuait de s’allonger pour enserrer la jambe de la jeune femme aux cheveux dorés.

« Ca ne sert à rien de s’échapper, comment crois-tu qu’une simple pokémon comme toi puisse battre un Atout ? »

« Et toi, tu ferais mieux de te taire avant d’espérer m’avoir un petit truc comme ça ! »

Les neuf queues de Tyrania s’enflammaient alors qu’elle faisait apparaître une boule de feu d’environ vingt centimètres de diamètre. Rapidement, la manche s’enflamma avant de disparaître en cendres tandis que la voix éclatait de rire à nouveau. Visiblement, elle s’amusait bien plus que prévu.

« Vraiment… Onyk avait été attaqué par surprise mais maintenant qu’il n’y a plus de surprises, c’est plus simple de combattre une manche, n’est-ce pas ? Et quand il y en a plusieurs, qu’en penses-tu ? »

Cinq manches sortirent en même temps du trou dimensionnel tandis que deux yeux rouges étaient maintenant visibles dans ce dernier. Les cinq manches se dirigèrent vers Tyrania mais celle-ci les esquiva, se déployant maintenant à toute vitesse sous les sifflements faussement admiratifs de Bal.

« Et bien et bien. Combien de temps tu tiendras ? »

« Autant de temps qu’il le faudra et je viendrais te chercher après ! Les autres, vous ne vous en occupez pas ! »

« Nous ne pensions pas nous en occuper. »

Kéli avait fait cette remarque tout en s’occupant de soigner les petites blessures de Parapapa et des autres envoyés spéciaux. Elle se faisait aider par Nelya qui était la principale source de soin en lui confiant ses pouvoirs guérisseurs. En plus, ils ne voulaient pas l’aider ?! C’était quoi leurs problèmes ?! D’habitude, ils tentaient tous de l’arrêter car un combat tout seul était souvent risqué ! Oriane s’approcha des envoyés spéciaux avant de leur demander :

« Vous pouvez me dire ce que vous faites ? Normalement, il serait bon de ne pas envoyer l’une d’entre nous mourir con… »

« C’est à elle de montrer la faiblesse de sa force. Nous ne pouvons toujours vous protéger, c’est pourquoi il faut qu’elle comprenne par elle-même qu’elle ne fait pas le poids face à Bal. Surtout si c’est bien du même Bal dont on parle. Ses manches rouges me font penser que c’est le cas. »

« Mais elle risquerait de mourir ! Pourquoi un Atout se gênerait-il pour la tuer ? Il ne va pas hésiter un instant ! »

« Il ne le fera pas… Du moins, si elle montre qu’elle est une ennemie de valeur. Il l’aurait tout simplement tué si elle n’avait pas résisté à sa première attaque. »

« Alors c’est tout ce que tu as à me proposer ?! »

Elle venait de crier tandis que neuf boules de feu apparaissaient au bout de ses queues, cinq boules de feu venant brûler les manches alors que les quatre autres se dirigeaient à l’intérieur du trou dimensionnel. Les yeux rouges se déplacèrent légèrement comme pour signaler qu’il évitait l’attaque de Tyrania. Bal prit la parole :

« Oh… C’est une tactique plutôt intéressante et ton feu semble vraiment très puissant. Vraiment, je suis bien tombé : La plus puissante des quatre reines mais cela est inutile si je dépasse ton nombre de boules de feu plus un. »

Maintenant, dix manches apparaissaient et elles brillaient d’un éclat métallique. Etaient-elles faites de métal ? Ce n’était pas vraiment le cas puisqu’elles pouvaient se mouvoir et se distordre tout en poursuivant Tyrania. Il ne s’arrêtait donc jamais ce type ?! Ca ne lui suffisait pas de voir que c’était inutile face à elle ?! Il était temps de mettre un arrêt à tout ça !

« Tu me gonfles ! T’as aucun courage ou quoi ? Ramène toi au lieu de rester comme ça dans ton trou ! »

« Héhéhéhé. Que tu es amusante à t’exciter comme ça. Je trouve ça vraiment très divertissant comme jeu. Je ne vois pas pourquoi j’arrêterais maintenant. »

« Je vais te forcer à arrêter, tu vas voir ! »

Ses deux mains se transformaient en puissantes griffes, celles qu’elle avait utilisées contre Loxen il y a quelques semaines. Maintenant, elle n’allait plus plaisanter ! Elle se dirigea vers le trou dimensionnel, allant à la base des dix manches pour les déchirer avec aisance, les morceaux d’étoffe tombant au sol sans bouger. Elle ouvrit rapidement la bouche, crachant un souffle de feu pour les brûler avant de poser une main sur le trou dimensionnel :

« Tu ne veux pas venir ? Je viens te chercher. »

« Gamine. Il est l’heure de t’administrer une petite leçon. Tu vas comprendre la différence entre tes pitoyables pouvoirs de Reine et celui du Dixième. »

Alors qu’elle gardait sa main sur le trou dimensionnel, elle fut violemment repoussée alors que des petits éclairs noirs sortaient du trou. Lentement, les yeux rouges se rapprochaient peu à peu tandis qu’une longue chevelure brune sortait en même temps qu’un châle blanc. Le pire restait à venir puisqu’un visage pâle mais avec un petit sourire faisait son apparition : Un visage entièrement blanc et fantomatique. Il avait de longues manches rouges puis noires lorsqu’elles étaient au niveau des bras et des épaules. Ses habits étaient flottants et rapiécés comme si il n’avait que ça à se mettre sur le corps mais le plus surprenant restait sa taille… puisqu’il ne semblait pas avoir plus d’une dizaine d’années !

« Bouh. Je te fais peur petite sotte ? Vous êtes encore là les autres ? Vous n’allez pas l’aider ? Maintenant, je ne plaisante plus. »

« Nous n’en ferons rien. »

« Pour ma part, moi ça me gêne. »

Oriane transforma ses deux pieds en serres tout en s’avançant à côté de Tyrania qui s’était relevée. Celle-ci semblait furieuse de s’être faite projetée de cette manière et s’apprêtait déjà à réplique mais Oriane posa une main sur son épaule :

« Calme toi, ça ne sert à rien de s’énerver comme ça. Je vais t’aider sinon on ne va pas s’en sortir. Je ne sais pas si il ment sur son chiffre mais de toute façon, on ne sait pas grand-chose à ce sujet. »

« Laisse moi m’en occuper, je vais simplement lui régler son compte ! »

« Et si tu étais mortellement blessée ? Tu crois que je ne m’en voudrais pas de voir Xano dans un état pire que la dépression car je ne t’aurais pas aidé ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Je suis l’une de ces Reines, tu es l’une de ces Reines. Tu es peut-être même au-dessus de ce titre pour lui et ça, nous savons tous que c’est le cas ! Nous pourrions mourir que Xano irait pleurer seulement quelques heures et ensuite, il passerait à autre chose mais toi… »

« Quoi, moi, moi, moi ? »

« Ne fais pas l’innocente ! Tu comprends facilement ce que je veux dire par là ! Ca m’enrage de l’admettre mais il est clairement à fond sur toi ! Il n’a même pas essayé de toucher l’une d’entre nous depuis des semaines, simplement pour toi ! Je ne sais pas ce que tu lui as dit ou ce que tu lui as fait mais maintenant, il ne fera plus rien avec nous. »

« Et alors ? Ce n’est pas mon problème ! Peut-être qu’il a finalement remarqué que tu n’étais pas baisable. »

Elle s’attendait à ce qu’Oriane s’énerve après sa réplique mais la jeune femme aux longs cheveux violets attachés eut un petit sourire triste avant de lui dire doucement :

« Tu ne sais pas la chance que tu as, voilà tout. Pousse toi maintenant. »

C’était à son tour de montrer qu’elle ne plaisantait plus. Lentement puis de plus en plus rapidement, elle s’était mise à battre de ses ailes faites de coton. Tyrania recula brièvement tandis qu’Oriane lui lançait un regard assassin : Qu’elle ne se croit pas plus forte qu’une autre car c’était loin d’être le cas. Tyrania était peut-être puissante… TRES puissante mais elle-même s’était réservée pour cet instant. Elle disparue de la vue de Bal et des autres alors que Drimali murmurait :

« L’Assassin aux yeux améthystes est de retour. »

« Tiens ? Elle aussi… »

Il n’avait pas le temps de finir sa phrase qu’une profonde entaille traversa son corps en intégralité. Il y eut un petit POUF singulier alors que Bal apparaissait près d’un nouveau trou dimensionnel. Il semblait surpris mais pas du bon côté de la chose :

« Qu’est-ce qu’elle fout là celle là ?! Je pensais qu’elle avait disparu depuis plusieurs décennies ! »

« Les morts ne parlent pas. »

Elle était derrière lui, ouvrant la bouche pour laisser apparaître une sphère violette à l’intérieur. Une sphère de destruction intense et pure qui rappelait de mauvais souvenirs à Luna et aux deux autres Reines : La dernière fois qu’elles avaient ressenti une telle force, cela provenait de la Reine Teli et cela n’avait pas été une expérience très agréable, il fallait le reconnaître.

« Je me demande pourquoi tu es devenue une Reine mais au final, je ne veux même pas savoir ! Si tu es une ennemie, je m’occuperais de toi mais je ne peux pas maintenant ! »

Ses manches rouges s’allongèrent pour créer une sphère de tissu autour de lui et pour le protéger alors que le rayon venait le frapper de plein fouet. Le tissu fut transpercé avec facilité alors que Bal apparaissait au loin : Encore une fois, il venait d’échapper à la technique d’Oriane… qui semblait bien différente d’auparavant.

« Ce que je suis maintenant ne te concerne pas. Je suis au service de Drimali et en tant que telle, je n’ai pas à m’expliquer. »

« Tu es tombée bien bas. Comme les autres ! Ton sang s’est-il endormi ? Tu pourrais être encore bien plus puissante que ça si tu acceptais ta condition ! »

« Tu as assez parlé. Je me fiche de ce que tu dis. »

Ses cheveux violets se détachèrent, volant dans le vent. Maintenant qu’Onyk était mort, sa dimension disparaissait peu à peu et déjà de nombreuses fissures s’étaient faites voir comme si cette zone n’était seulement protégée que par un dôme de verre. Bal s’était reculé, son sourire ayant disparu : Vraiment, ce n’était pas prévu mais il n’avait pas reconnu la jeune femme lorsqu’il l’avait vu. Elle… Vraiment, ce n’était pas une bonne chose !

« Tu veux partir ? Ou je te fais disparaître ? »

Le ton d’Oriane ne laissait pas le choix à Bal alors que la dimension explosa en morceaux, les ramenant à un endroit où se trouvait une ferme abandonnée depuis des années. Le ciel s’était mis à rougir tandis que Drimali s’était approchée de Tyrania, lui demandant de reculer. Celle-ci repoussa la jeune femme aux longs cheveux bleus en criant à Oriane :

« Je peux savoir ce que tu fous ?! »

« Ce que je fais ? J’élimine simplement un Atout qui est considéré comme notre adversaire. Fais ce que Drimali te demande sinon, il risquerait d’avoir des pertes amies. »

« Ne te prend pas non plus pour une femme surpuissante ! Je te rappelle que tu ne fais pas le poids face à moi ! »

« Calmez vous, mademoiselle Tyrania. Ce n’est vraiment pas le moment de la chercher. Shala n’est pas du genre à plaisanter quand elle comme cela. »

« Shala ? C’est quoi ? »

« Mon véritable prénom, voilà tout. »

Oriane ou plutôt Shala avait fermé les yeux, psalmodiant quelques paroles tandis que le ciel se mettait à gronder. De nombreux éclairs allèrent foudroyer la fermer puis les lieux autour du groupe et de Bal. Celui-ci s’était déjà mis à reculer à nouveau, pénétrant dans le trou dimensionnel tout en criant :

« Tu peux faire tout ce que tu veux Shala ! Ca ne changera rien ! Les Rois sont de retour ! Ils sont tous là ! Et le Joker Noir leur a attribué leurs pouvoirs, nous sommes déjà quatre Atouts avec eux ! Les Cavaliers Célestes et Terrestres vont se réveiller ! Vous ne pourrez rien contre nous ! RIEN DU TOUT ! »

« Donne ça comme cadeau de ma part aux Rois ! »

Le ciel s’ouvrit subitement, laissant apparaître… une gigantesque météorite ?! Bal poussa un cri strident et apeuré tout en rentrant dans son trou dimensionnel, celui-ci se refermant aussitôt alors que la météorite s’écrasait au sol à l’emplacement exact où s’était retrouvé le jeune garçon aux cheveux bruns. Un puissant souffle balaya les arbres, arrachant ces derniers au niveau de leurs racines, la plupart d’entre eux s’écroulant au sol. Toutes les personnes à cet endroit avaient eut du mal à ne pas voler sous le souffle alors Shala se retournait lentement. Ses longs cheveux violets étaient maintenant détachés définitivement et elle se dirigea vers Drimali, le regard légèrement froncé avant de poser un genou au sol devant elle :

« Que je sois une Reine n’a rien changé à ce que je suis au départ. J’ai laissé échapper cet Atout mais la prochaine fois, il n’aura pas cette chance, je vous le promets, mademoiselle Drimali. »

« Attendez un peu ! Qu’est-ce que ça veut dire ?! »

Tyrania cria de toutes ses forces alors que Shala était passée à côté d’elle en l’ignorant complètement. Depuis quand cette femme était-elle aussi puissante ?! Depuis toutes ces années, elle s’était foutue de Xano et des autres en faisant croire qu’elle était faible ? Shala s’était relevée, se tournant vers Tyrania. Celle-ci l’empoigna au niveau du col en criant à nouveau :

« Alors, raconte moi tout ! Qu’est-ce que tu es ?! »

« Ne me touche pas avec tes mains. »

Shala posa sa main sur le bras de Tyrania. Celle-ci fit subitement un tour sur elle-même dans les airs avant de se retrouver au sol, face contre terre. Qu’est-ce qui s’était passé ? Elle n’avait rien compris à ce qui venait de lui arriver !

« Je suis l’Atout Majeur de la Destruction : Shala, la Vingt-et-Unième. Ma puissance est sans limites et je suis l’Arme du Dieu Originel. J’ai pour existence d’éliminer tous les Atouts qui tenteraient de détruire ce monde que le Dieu Originel a crée. Celui-ci ayant disparu depuis plusieurs millénaires, je suis chargée de protéger ce monde. Je suis plus puissante que les As mais je ne suis pas encore finie. Un jour viendra où… »

« Shala, s’il te plaît pas maintenant, il n’est pas l’heure de parler de ça. Néanmoins, je crois qu’il est temps pour vous de vous révéler le pouvoir des quatre Reines : Shala est la plus puissante d’entre vous car elle a déjà sa forme d’Atout mais chacune d’entre vous n’êtes pas terminées : Il vous faudra trouver les Atouts qui sont les catalyseurs de vos pouvoirs ainsi qu’un autre objet mais… Je ne sais pas lequel. »

Drimali s’était adressée à la jeune femme aux longs cheveux violets, celle-ci ne daignant même pas regarder Tyrania qui s’était retrouvée au sol. Elle se releva, bondissant sur Shala pour s’en prendre à elle mais l’Atout fit un simple geste de la main droite, la renvoyant au tapis avant de reprendre la parole :

« Mademoiselle Drimali. Je crois qu’il va être temps pour nous de retrouver ce Valet de la Rancœur. Néanmoins, entre temps, je vais aller voir ce que fait Berthra, cela prend plus de temps que prévu même dans sa dimension. Mademoiselle Drimali… Je suis désolée de ce qui vous attend. »

« Cela ne fait rien. Je vais voir si ils vont bien ou non mais… Ne fais pas peur au Joker Blanc avec… ça. »

« Je ne peux rien promettre. Je ne pouvais plus rester les bras croisés. Maintenant, c’est irréversible et je ne peux plus rien faire contre ça. Cette fausse identité est tombée. »

Elle avait un ton presque implorant alors que ses yeux améthyste se posaient sur Tyrania. Celle-ci avait transformé ses deux mains en griffes et ne semblait pas se résoudre à abandonner la partie. Comment cette femme pouvait-elle se retrouver plus forte qu’elle ?! Ce n’était pas cette foutue garce qui avait perdu son œil droit, ce n’était pas elle qui avait perdu sa mère ! Non ! Elle n’était rien de tout ça ! Alors pourquoi avait-elle plus de pouvoirs qu’elle ?! Shala fit apparaître ses deux ailes de coton dans son dos à nouveau. Soudainement, elle décolla dans les airs, disparaissant à l’horizon alors que Luna s’approchait de Tyrania pour l’aider à se relever :

« Ca va, Tyrania ? »

« EST-CE QUE J’AI L’AIR D’ALLER ?! T’as pas compris que depuis le départ, elle nous ment ?! Et tu voudrais que j’aille bien ?! Comment Xano serait à l’abri avec une femme comme ça ! Tu n’as pas vu ce qu’elle vient de faire ?! »

Elle désigna le cratère d’une quinzaine de mètres de diamètre qu’avait crée la météorite envoyée par Shala. Les autres personnes n’avaient rien dit du tout, ni Nelya, ni les deux déesses mineures ou alors les envoyés célestes. Il y avait tant de personnes plus fortes qu’elle ! TELLEMENT DE PERSONNES ! Comment tu voulais espérer protéger celui que tu aimes si tout le monde autour de toi était aussi puissant ?!

« Bien Xano ! Très bien même ! Tu fais des progrès étonnants ! »

Elle esquivait les coups du jeune homme les uns après les autres alors qu’il utilisait différentes techniques. D’abord une petite boule de feu, ensuite, son œil droit qui prenait une couleur rose tandis qu’il accompagnait le tout par une griffe entièrement blanche. Il savait utiliser les pouvoirs des quatre Reines mais à des niveaux relativement faibles.

« Allez ! N’ai pas peur de me blesser ! Tu n’y arriveras pas tout de suite mais qu’importe, tu dois t’entraîner encore et encore ! »

Il ne répondait pas, restant concentré sur la jeune femme aux cheveux roses. Celle-ci souriait avec amusement en le voyant autant dans le feu de l’action. Il était bientôt prêt… Elle n’attendait plus que…

« Ah. Ce n’est pas cette présence que j’attendais. Xano, vas te reposer un petit peu. Tu l’as bien mérité. »

Il ne comprenait pas la raison de cet arrêt mais il était en sueur. Dépenser autant d’énergie dans cet entraînement était vraiment exténuant. Il s’inclina respectueusement devant Berthra alors qu’il s’éloignait pour aller se laver dans le therme du temple de la dimension de la jeune femme aux cheveux roses. Quand il fut parti, elle prit la parole, parlant toute seule :

«  Tu n’as vraiment peur de rien. Venir en ce lieu, tu es donc aussi confiant ? »

« Je voulais simplement voir comment se portait mon adversaire. Tu devrais pourtant savoir que vos dimensions sont si faciles à ouvrir. »

Une faille temporelle s’ouvrit pour laisser apparaître un homme aux cheveux blonds avec une mèche noire… Malar était de retour mais un jeune garçon se trouvait à côté : Bal. Celui-ci avait un petit sourire aux lèvres :

« Voilà où il se trouve héhéhé. »

« Bien bien… Le premier Valet est mort. Le second ne tardera pas. Le monde parallèle va bientôt s’ouvrir et il est grand temps d’en terminer définitivement avec le Joker Blanc. En ce lieu, je ne serais pas dérangé. Elle me l’a dit. »

Chapitre 77 : Désobeissance

Chapitre 77 : Désobeissance

« Je ne veux pas combattre. Onyk, je ne combattrais pas… Mais je te protégerais puisque c’est là, la façon dont tu veux m’utiliser, c’est cela ? »

« Exactement. Reste positionnée devant moi et ne bouge pas ! »

Tsss… Il n’avait vraiment aucune honte à utiliser cette jeune femme comme un vulgaire objet ?! Vraiment, quelle bassesse de la part d’Onyk. Tyrania poussa un léger grognement avant de crier devant tous et toutes :

« Non mais toi tu te laisses faire en plus ?! Tu n’as donc aucune volonté ?! Atout, Atout, mon œil ! Tu pourrais te défendre un peu plus ! Normalement, si tu tentes un peu de te rebeller, tu n’aurais même pas à rester avec lui ! »

« Pourquoi… t’énerves-tu ? Je suis la plus faible des Atouts. Chaque Atout est supérieur à moi et pourrait me battre facilement puisqu’ils savent comment faire pour réussir à me contrer. Ce n’est pas si difficile. »

« Tais toi Pandora ! Ne leur dit rien ! »

La jeune femme aux longs cheveux dorés et bruns observa Tyrania puis hocha la tête lentement en réponse à celui qui était derrière elle. L’homme aux cheveux noirs disparu en même temps que Pandora avant de se retrouver à la hauteur de Kéli, murmurant quelques paroles à son encontre :

« Tu as tenu face aux griffes d’Hypnos et Thanatos mais arrivera-tu à tenir face à leurs puissances combinées ? »

« Tu serais donc capable… d’utiliser leurs pouvoirs ? »

« A toi de voir ! »

Et il n’allait pas se gêner pour le lui montrer. La main droite d’Onyk se transforma en une monstrueuse griffe noire qui devait bien faire la taille de sa tête alors que ce qu’il tenait dans sa main gauche n’était rien d’autre que le tissu gris et rayé de Pandora. Il la maintenait de cette façon contre lui alors qu’elle restait parfaitement immobile comme si elle était inanimée. Tyrania continuait de grogner, ses neuf queues dorées flottant au-dessus du sol. Ses grognements n’avaient pas échappé à Shymi et aux autres, Drimali tentant de la calmer :

« Veuillez ne rien faire d’insensé mademoiselle Tyrania. Cela serait une mauvaise idée que de perturber… »

« Non mais regardez la ! Elle ne bronche même pas ! Ce n’est même pas le fait de ne pas combattre qui m’énerve, c’est surtout qu’elle se considère comme un vulgaire bouclier et que cet enfoiré d’Onyk n’arrange en rien la situation ! »

« Je le sais bien mais nous ne pouvons rien faire. Peut-être que si nous tuons le Valet du Désespoir, elle pourra peut-être nous en dire un peu plus. La prophétie ne parle pas plus que cela des différents Atouts. »

« Si d’ici quinze minutes, vos gars en ont pas terminé avec lui, épuisement ou non, j’en ai rien à battre et je viens les aider à se débarrasser de ce type machiste et qui n’a aucune considération pour une femme ! »

Aie… Visiblement, le fait qu’Onyk parle comme ça à Pandora et que cette dernière se laisse faire mettait Tyrania dans une colère noire, ce qui n’annonçait rien de bon pour l’avenir. Onyk donna un coup de griffe à Kéli mais celle-ci recula vivement en arrière, seule sa robe bleue se faisant déchirer légèrement pour laisser apparaître son nombril. Parapapa sortait déjà une nouvelle éprouvette de sa poche, prête à être jetée sur le sol mais Valésia l’arrêta :

« Ne fait pas ça sur le moment. Cette jeune femme n’est pas notre ennemie. Tu risquerais de la blesser inutilement. Il faut trouver le moyen de passer outre sa protection et attaquer Onyk. »

« Comme tu le veux Valésia. Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas difficile de la battre mais… »

« Oui, ce n’est pas le moment de perdre un Atout qui pourrait nous être précieux. »

« Je vais voir si je peux faire quelque chose de mon côté ! »

Malasa venait de parler, remettant ses lunettes rouges translucides devant ses yeux avant de battre des ailes pour se diriger vers Onyk. Elle frappa avec violence le visage de Pandora qui s’était positionnée devant pour le protéger. Quand elle retira son poing, la jeune femme n’avait aucune blessure au visage comme si cela ne l’avait pas affecté alors qu’elle murmurait à l’attention de Malasa :

« Pourquoi faire une telle chose ? Vous savez bien que c’est inutile. »

« Encore et toujours, tu te fais utiliser par ceux que tu rejoins ! On va s’occuper de te ramener avec nous ! »

« Petite garce délurée, t’approche pas de mon Atout ! »

« Qu’est-ce que tu sais de l’histoire de Pandora ?! »

Malasa s’était adressée à Onyk alors que celui-ci faisait apparaître deux sphères noires dans ses mains. Il en envoya une en direction de la femme au mini-jean vert, celle-ci l’esquivant avec facilité mais déjà, il posait l’autre sphère noire au sol, celle-ci créant une vague des ténèbres que Malasa ne put éviter cette fois-ci, la jeune femme tombant au sol en gémissant faiblement de douleur : Pour un Valet, même si c’était un humain, il faisait plutôt mal ! Pandora avait un ton légèrement inquiet alors qu’elle parlait à Onyk :

« Attention… Ne fais pas de bêtises. Je te rappelle que je… »

« Je le sais bien ! Pas besoin de me le rappeler ! Je ne suis pas arriéré pour briser mon unique défense ! Tu crois que j’ai que ça à faire ?! »

« ARRÊTE DE LUI GUEULER DESSUS ! Et toi, réagis au lieu ! »

Aie… Tyrania venait encore de crier et cinq de ses queues s’étaient enflammées sous l’énervement. Luna, Shymi et Oriane s’étaient légèrement éloignées d’elle alors que Nelya et Drimali restaient à sa portée pour tenter de la raisonner et surtout de la calmer. Le regard émeraude de Pandora observa Tyrania avant de lui dire d’une voix terne et triste :

« Tu n’es pas… un Atout ni une humaine mais tu t’intéresses à mon sort ? Pourquoi cela ? Je ne suis qu’un bouclier. Je ne vois pas de raisons pour toi de savoir ce que je pense ou ce que je fais. Veux-tu bien m’expliquer ? »

« Elle se considère elle-même comme un objet ! Arrête donc un peu de lui parler et attend un peu que j’arrive vers toi. J’élimine d’abord ce petit monde et après… »

Onyk fit un petit geste pour signifier qu’elle était la prochaine. Tyrania s’était mise à marcher en sa direction mais Nelya et Drimali la retenaient alors qu’elle avait un calme qui était visiblement faux d’après la sixième queue dorée qui s’enflammait pour accompagner les cinq autres. Malasa s’était relevée, essuyant une goutte de sang… argenté ? Visiblement, elle n’avait pas apprécié l’attaque d’Onyk et le lui faisait signaler.
Elle ouvrit la bouche, un souffle de flammes violettes sortant de celle-ci pour se diriger en direction d’Onyk. Il fit un petit mouvement de la main gauche et Pandora se retrouvait déjà devant lui, se prenant le coup comme si de rien n’était. Et c’était le cas : Encore une fois, elle n’avait aucune blessure apparente sur son corps mais les quatre envoyés célestes de Shymi et Drimali ne semblaient même pas étonnés de la voir indemne.

« Si vous voulez me battre… Il vous faudra faire autre chose, vous le savez bien. »

« Notre but n’est pas de te faire t’évanouir une nouvelle fois. »

Nouvelle fois ? Nelya haussa un léger sourcil inquisiteur : Cela voulait dire que Malasa connaissait déjà Pandora ? Drimali quand à elle ne semblait pas surprise comme si elle était déjà au courant. Il semblait être de même pour Shymi tandis qu’un petit rire se faisait entendre derrière Onyk :

« Héhéhé… Et bien ? Tu as besoin de moi ? »

« Reste en arrière ! Je ne veux pas te voir ici ! »

« Allons… N’ai pas peur inutilement. Ce n’est pas comme si j’étais ton ennemi. »

« Je ne veux pas de ton aide, c’est pas dur ! »

La voix semblait juvénile et masculine comme si c’était un enfant ou alors un enfant d’une douzaine d’années qui venait de prendre la parole. Onyk paraissait passablement énervé sur le coup alors que Pandora restait complètement immobile : Elle jouait parfaitement le rôle qui lui avait été confié et Valésia poussa un léger soupir légèrement étonné avant de dire à Kéli et aux envoyés célestes :

« Le Valet du Désespoir l’a fait venir avec lui. On va avoir quelques soucis si il se décide à combattre aussi. »

« Nous devons surtout nous occuper du Valet du Désespoir. Les autres ne sont pas importants. Nous n’avons pas de temps à perdre mais c’est bizarre… Berthra met tellement de temps à s’occuper du Joker Blanc. Je me demande si il n’y a pas eut un problème entre temps. »

« Si c’est le cas, cela doit provenir du Joker Blanc et non d’elle. »

« Elle n’est pas considérée comme l’un des Atouts Majeurs pour rien. J’espère simplement qu’elle ne l’a pas trop blessé. Cela serait un peu stupide de revoir le Joker Blanc dans un sale état après un entraînement avec elle. »

« Arrêtez donc de parler sinon… Vous allez simplement souffrir ! »

Vraiment, quelle manie de parler pendant un combat ?! Les pokémons étaient-ils donc aussi bavards lorsqu’ils devenaient humains ? Il pouvait presque se poser la question mais l’heure n’était pas à cette dernière et une violente tempête commença à se déchaîner autour d’Onyk. Instinctivement, Kéli recula alors que Malasa et Parapapa se positionnaient devant elle et Valésia. Le jeune homme aux lunettes et au bonnet orange et jaune sur le crâne transforma ses deux mains en pince avant de dire :

« Je ne suis pas très fort ni très résistant néanmoins… »

« Néanmoins ? »

« Si je peux protéger les autres avec mon corps, il n’y a aucun problème. Viens donc m’envoyer tes quelques feuilles. »

« Si tu le désires tant que ça ! »

Onyk était légèrement irrité : Ses techniques étaient-elles donc aussi prévisibles que ça ou quoi ?! La tempête s’accentuait alors que peu à peu, de nombreuses feuilles apparaissaient autour de celle-ci. Il fit un geste de la main en direction de Parapara, celui-ci semblant étudier la tempête avant de murmurer :

« Je suis désolé Pandora. Tu ne pourras plus bouger. »

« Libre à toi de faire ce que tu veux. Je ne suis là que pour servir de bouclier. »

Les feuilles allèrent à toute vitesse vers Parapara, chaque morceau étant aussi tranchant que du métal. Il fut rapidement recouvert de nombreuses entailles qui laissaient s’écouler un sang argenté à son tour alors qu’il sortait une éprouvette remplie d’un liquide jaune. La tempête n’était pas terminée et il ne devait pas se rater ! Kéli et les autres s’étaient légèrement reculées au cas où : Si Parapara échouait, il ne valait mieux pas se trouver près de lui :

« Goûte donc à ça ! »

Il s’écria alors qu’il envoyait l’éprouvette dans la tempête. L’objet de verre commença à se fissurer tout en tournoyant dans les airs… avant de s’abattre subitement à côté de Pandora. Il venait d’échouer et il poussa un profond soupir. Ses calculs n’étaient pourtant pas erronés mais Onyk éclata de rire avant de lui dire :

« Tu pensais que je n’avais pas compris ?! Tu n’es qu’un sale intello qui base tout sur des chiffres ! Il m’a suffit simplement de changer la vitesse de ma tempête. »

« Onyk… Si tu veux continuer à m’utiliser, il vaudrait mieux que tu ne t’éloignes pas de moi. Malgré… »

« Toutes les blessures que tu leur causes, tu ne pourras pas les tuer, héhéhé. »

La voix juvénile et masculine venait de refaire son apparition et le sourire d’Onyk se transforma en un rictus agacé. Il était encore là ?! Pourtant, il lui avait signalé qu’il ne pensait pas se servir de lui, ce n’était pas si difficile que ça ! Tyrania s’était débarrassée des empoignades de Nelya et Drimali avant de leur dire :

« Cela fait déjà dix minutes. Encore cinq et je me contrefous de ce que vous pensez : Je fonce et j’élimine ce type. »

« Tu feras ce que tu veux… mais dans cinq minutes. »

« Mademoiselle Tyrania, ce n’est pas conseillé. Vous ne remarquez donc pas que la situation est à notre avantage ? »

« Avantage ? Avantage ?! Onyk n’est même pas blessé alors que Malasa et Parapapa le sont ! Arrêtez de dire des conneries ! »

Comment Drimali pouvait-elle croire que le combat était de leur côté ?! C’était totalement faux ! Aucun des envoyés célestes n’osait s’en prendre à Pandora ou plutôt la blesser. C’était presque inquiétant et étonnant mais ce n’était pas là le problème. Le problème, c’était ce type : Onyk. Les gens pouvaient tellement changés en quelques années, elle l’avait bien remarqué avec Xano. Xano… Où était-il ? Elle ne le montrait plus depuis que le combat avait commencé mais elle était morte d’inquiétude à son sujet. Cette Berthra… Cette Ecremeuh avait osé enlever le jeune homme. Un petit souvenir lui revint en mémoire : La première victoire de Xano contre Onyk. Berthra avait été la première à le mener à la victoire contre Hypnos et Thanatos. Elle poussa un cri de rage, tout le monde se retournant vers elle :

« MAIS QU’EST-CE QU’IL FOUT ?! »

« Qu’est-ce qui lui prend ?! Elle s’énerve toute seule ? »

Nelya et Drimali s’étaient éloignées à leur tour de Tyrania : Celle-ci semblait devenir de moins en moins contrôlable au fil des minutes et il valait mieux rester loin d’elle. Deux nouvelles queues s’étaient enflammées et il n’en restait plus qu’une seule. Xano… Encore une nouvelle femme qui s’approchait de lui : Si il tentait de faire un seul geste envers Berthra, elle allait l’éclater tellement fort qu’il allait devenir un puzzle en trois dimensions. Elle respirait bruyamment alors qu’Onyx profitait de l’énervement de Tyrania et du retournement des envoyés célestes pour s’attaquer à Valésia :

« Héhéhé ! Dommage pour vous mais il ne faut pas être détourné du combat ! »

Sa main droite s’était transformée à nouveau en griffe noire mais il disparu subitement de la vue de tous et de toutes pour venir frapper et créer une entaille sur le bras de Parapapa. C’était ce dernier qui avait été sa cible depuis le départ ?! Celui-ci poussa un léger râle de douleur avant de reculer, Kéli, Malasa et Valésia se positionnant autour de lui pour le défendre :

« Trente… Vingt-cinq… Vingt… »

Tyrania s’était mise à compter, son œil violet dirigé vers le sol. Xano… Elle pensait encore et toujours à lui : Malgré tout ce qu’elle avait dit, elle ne pouvait s’empêcher d’y penser et c’était normal. Il avait fait des efforts ces dernières semaines et elle avait compris finalement où était le problème. Ce n’était pas lui qui sautait sur les femmes mais ces gourgandines de différents genres qui n’hésitaient pas à profiter de lui. C’était à elle de le surveiller et de le protéger de ces femmes.

« Quinze… Dix… »

Le combat continuait mais aucun des envoyés n’osait s’en prendre à Pandora. Celle-ci restait parfaitement immobile, sa tenue grise et rayée toujours happée par Onyk qui s’en servait comme bouclier. Le petit rire résonnait toujours dans le cimetière de cette dimension, semblant maintenant provenir de la petite cabane dans laquelle était rentrée Xano auparavant.

« Cinq… »

Rien… Ca ne servait à rien d’attendre et de tenter d’éviter les pertes inutiles ou qu’on ne voulait pas. Il n’y avait pas à se questionner à ce sujet. Lentement, le poing droit de Tyrania s’était mis à flamber : Elle voulait Xano. C’était tout ce qu’elle voulait de son côté : Elle devait se débarrasser d’Onyk et faire disparaître cette dimension. Après, il allait sûrement revenir vers elle : Si il était capable de faire autant d’efforts pour elle, alors elle pouvait en faire autant de son côté. Seulement… Elle ne pouvait pas accepter qu’il couche avec d’autres femmes : C’était là l’unique chose qu’elle n’arrivait pas à accepter. Leur parler, discuter avec elles, les enlacer, cela pouvait passer. Il était possible d’avoir de l’affection envers plusieurs femmes mais quelle personne pouvait dire « Je t’aime » à autant de femmes ?! C’était des mensonges ! Ce genre d’amour ne portait jamais véritablement !

« Deux… Un… Zero ! Dégagez ! »

Maintenant, l’heure était au réglage de comptes et c’était bien ce qu’elle comptait faire justement ! Elle s’était mise à courir avec vélocité, passant à côté de Parapapa et des trois femmes alors qu’elle s’approchait à toute allure en direction d’Onyk qui rigolait, positionnant Pandora devant lui pour se protéger.

« Ca ne sert à rien ! Tu ne pourras pas… »

« Onyk… Elle… utilise du feu. J’ai peur du feu, très peur. »

Pandora poussa subitement un petit cri alors qu’elle voyait le poing enflammé de Tyrania qui s’approchait d’elle. Celle-ci eut un sourire aux lèvres avant de faire apparaître des minuscules flammèches autour de Pandora avant de lui dire :

« Au moins, tu réagis maintenant ! Attend que j’en termine avec lui et après, c’est de toi que je m’occupe ! »

Son poing enflammé alla frapper Onyk au visage, envoyant le jeune homme aux cheveux noirs contre une tombe alors que le rire redoubla d’intensité. Vraiment, le Valet du Désespoir était si drôle. Du sang s’écoulait du visage d’Onyk et celui-ci était encore au sol. Malasa poussa un soupir alors qu’elle et Kéli parlaient :

« Elle est folle. »

« Oui mais… Elle n’a pas blessé Pandora. Valésia, récupère la avant qu’il ne s’en serve à nouveau contre nous. »

« Aucun problème. »

La chevelure rose de la jeune femme se mit à s’allonger subitement avant d’entourer Pandora qui s’était recroquevillée sur elle-même. Lentement, elle fut transportée à côté des envoyés célestes alors que Tyrania grognait tout en se rapprochant d’Onyk qui était au sol :

« Alors bon… Maintenant qu’elle n’est plus là, je crois que ça va être l’heure de la raclée. Je ne vais pas me gêner pour te cogner cent fois plus fort que les coups qu’elle a reçus à cause de toi. Tu es prêt ? »

« Bal ! Ramène toi ! Je vais t’utiliser ! »

Le rire s’arrêta subitement. Pendant plusieurs secondes, rien ne se fit entendre à part les bruits de pas de Tyrania qui avançait vers Onyk. Elle craquait ses deux poings alors que le jeune homme aveugle attendait que le propriétaire du rire se fasse voir.

« Je ne sais pas : Je crois que tu as mal compris l’histoire dans tout ça. C’est nous qui t’utilisons et non l’inverse. »

« Que quoi ? »

« Tu comprends mal ? C’est vrai que tu n’es qu’un simple humain. »

La voix juvénile poussa un soupir amusé alors qu’une sorte de distorsion temporelle faisait son apparition à côté d’Onyk qui s’était mis assis sur le sol. Avec lui, il était sûr de ne plus avoir de soucis. Tyrania s’était arrêtée, se mettant en position de défense alors qu’elle attendait l’apparition de cette personne. Soudainement, une longue manche rouge sortie du trou et vint entourer Onyk au niveau du cou et de la bouche pour l’empêcher de parler alors que la voix reprenait :

« Tu es vraiment inutile. Néanmoins, tu étais dans la prophétie, c’est pour cela que l’on t’a gardé. Heureusement que l’autre Valet est déjà mort à la base. »

La manche s’allongeait de plus en plus, recouvrant tout d’abord le visage d’Onyk qui tentait de se débattre avant d’entourer tout son corps. Un bruit d’os brisé se fit entendre alors que le morceau de tissu qui recouvrait Onyk semblait rétrécir peu à peu avec lui à l’intérieur. Une explosion de sang se produisit à l’intérieur du cocon de tissu, le liquide rougeâtre s’écoulant de ce dernier alors qu’enfin le tissu se retirait… pour ne montrer qu’un corps dont la peau avait été retirée et aux membres pendants lamentablement. Onyk n’était plus. La manche rouge revint vers le trou dimensionnel alors que la voix juvénile reprenait :

« Cela faisait longtemps que je n’avais pas brisé un petit corps humain. »

Chapitre 76 : Invincible

Chapitre 76 : Invincible

« Alors Joker Blanc, comment ça se passe ? »

Il ne répondait pas à la femme aux cheveux roses. Il avait les yeux fermés et s’était remis en position de yoga comme elle lui avait demandé. Visiblement, il écoutait très bien depuis plusieurs jours bien qu’il n’avait toujours pas progressé. Elle s’installa à côté de lui, s’asseyant comme si de rien n’était. Au moins, il restait très concentré et ce n’était pas une mauvaise chose. Elle lui avait demandé de rester fixé sur une seule de ses quatre Reines pour éviter de trop se disperser et donc perdre du temps si précieux… mais qu’importe ce qu’il faisait, il n’avançait pas. Elle devait trouver un moyen d’accélérer tout ça.

« Xa… Joker Blanc ? J’ai autre chose à te dire. C’est plutôt important. »

Elle avait failli l’appeler par son prénom et il avait ouvert ses yeux, ne laissant pas paraître la surprise qui l’habitait. Il y avait autre chose ? Quoi donc ? Le regard sérieux et inquiet de Berthra ne lui plaisait guère et il semblait maintenant très soucieux.

« Qu’est-ce qu’il y a, Atout ? Est-ce si important que mon entraînement ne doit pas continuer ? »

« Oui… Ca l’est. C’est au sujet des Valets. Vois-tu… Je dois te prévenir : Je sais que tu aimes l’un d’entre eux. Le Valet de l’Amour, n’est-ce pas ? Ou si tu préfères le Valet de Cœur. Les Dieux ne peuvent normalement pas mourir mais… Tu sais ce qui est arrivé à ta mère. »

« Ne tourne pas autour du pot, s’il te plaît. »

Il était maintenant inquiet à son tour : Il n’avait jamais cru ce que Malar avait dit ce jour là mais si Berthra s’y mettait aussi, il allait commencer à avoir très peur pour sa mère. Il n’y avait donc… plus aucun espoir pour elle ? Mais quel était le rapport avec Shymi ?

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Je sais que… Malar a avalé l’âme de ma mère. Je pourrais tenter de la récupérer mais qu’est-ce qu’il y a avec Shymi ? »

« Les… Valets ne sont que des objets entre les mains du Joker Noir. Du moins, les siens… Mais il va utiliser leurs pouvoirs pour permettre d’ouvrir des nombreuses portes vers sa dimension. Celle-ci est différente des autres, bien différente. »

« S’il te plaît, viens en tout de suite aux faits ! »

« Et bien… Si tu ne te dépêches pas, Shymi et Drimali vont tout simplement mourir. »

Il resta interdit pendant de longues secondes : Limite si elle se foutait de lui en disant une telle chose. Claire et concise, sa phrase avait été directe mais il se demandait si il devait la croire. Berthra ne lui mentirait pas, ce n’était pas son genre mais il avait vraiment beaucoup de mal à croire aux paroles de l’ancienne Ecremeuh.

« Tu blagues n’est-ce pas ? Pourquoi elles devraient mourir ? »

« Si tu n’accélères pas le rythme, c’est ce qui arrivera. Malar est en route et il sera bientôt là. Si il met la main sur Shymi et Drimali, tout se terminera très mal. »

« MAIS POURQUOI TU NE ME L’AS PAS DIT PLUS TÔT ?! »

« Je ne devais pas t’embêter avec ça… Si tu veux… Je peux te faire revenir vers tes Reines et tes Valets. »

Elle lui proposait quelque chose qu’elle avait refusé il y a presque deux semaines. Il l’observa à nouveau pour voir si sa proposition était sérieuse ou non. Elle était vraiment sérieuse et pour sa part, il était vraiment énervé et sur les nerfs : Shymi en danger ? Et Drimali aussi ?! Si cet enfoiré de Malar osait à peine lever une main vers elles…

« Je reste ! Ca ne sert à rien d’aller les retrouver si je ne suis pas capable de les protéger. »

Elle eut un petit sourire ému avant de caresser le sommet de son crâne : Voilà la réponse qu’elle attendait. Le jeune homme avait bien répondu et c’était tant mieux. Maintenant, il allait redoubler d’efforts pour arriver au résultat qu’elle et lui espéraient depuis plusieurs jours. Déjà, il refermer ses yeux pour se concentrer mais c’était bien plus difficile qu’auparavant.

« Ne pense pas à toutes tes Reines en même temps. Ne te focalise que sur l’une d’entre elles. Essaies voir avec celle dont tu te sentirais la plus proche tout en étant assez éloigné d’elle. Je crois que nous allons plutôt te fixer une personne : Ne pense QU’A Nelya. Elle sera sûrement la plus simple à imaginer et à utiliser ses pouvoirs. »

« Mais Nelya… Ces pouvoirs sont psychiques, il faut faire le vide dans mon esprit si je veux pouvoir les utiliser. Je n’en suis pas capable. »

« A l’heure actuelle, oui. MAIS… Si tu es capable de vider ton esprit et d’utiliser les pouvoirs de Nelya alors tu auras fait un grand bond en avant et les autres pouvoirs seront plus faciles à utiliser lorsque tu pourras y accéder. »

« C’est vrai… Je n’avais pas vu de ce côté-là. Ber… Euh Atout, est-ce que je peux te demander quelque chose ? »

« Bien entendu Xano. »

Elle lui fit un petit sourire alors qu’elle avait dit son nom. Ca ne servait à rien de garder ces pseudonymes d’Atout et de Joker Blanc. Ils étaient maintenant d’accords sur l’entraînement donc il n’y avait pas besoin de mettre autant de distances entre eux. Il gardait les yeux fermés mais il était possible de voir qu’il rougissait alors qu’il lui posait :

« Pourquoi est-ce que tu fais ça pour moi ? »

« Et bien… Disons que tu me rappelles quelqu’un. »

Elle tapota délicatement à nouveau sa tête alors qu’il se laissait faire. C’est vrai… La jeune femme aux cheveux roses et aux yeux bleus avait peut-être son âge physiquement, elle avait pourtant plusieurs millénaires en elle. C’était sûr qu’elle avait connu bon nombre de personnes pendant tout ce temps mais avait-il visé une corde sensible ?

« Désolé de t’avoir embêté avec ça. C’était indiscret de ma part. »

« Ca ne fait rien, ce n’est pas de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir et ce n’est pas si important que ça. Tu as simplement besoin d’en savoir un peu plus sur moi mais si tu veux vraiment connaître pourquoi je t’aide, c’est tout simplement car c’est ce que je veux faire. Les Atouts ne sont si bons, ni mauvais, c’est ce que les gens pensent d’eux qui permettent de les classer dans telle ou telle catégorie. »

« Mais vous n’avez pas tous le même caractère. De plus, tu ne m’as toujours pas dit ton numéro, pourquoi tu ne veux pas ? »

« Ah ça… Je te le dirais peut-être si tu arrives à accéder aux pouvoirs des quatre Reines. Quand à nos caractères, c’est vrai qu’il y en a des bons et des mauvais. Pour ma part, comment tu me trouves ? »

« Euh… Et bien… Physiquement, je dirais que tu es plutôt jolie, que tu dois faire la vingtaine, que tu ne ressembles pas du tout à une Ecremeuh et que ton costume est de mauvais goût. »

Elle lui donna un petit coup derrière le crâne alors qu’il poussait un petit rire : Même si l’heure n’était pas à l’amusement, il avait besoin de décompresser un tout petit peu. Ce coup et ses paroles lui avaient permis de se calmer après ce qu’il venait d’entendre de la part de Berthra. Celle-ci rigola à son tour avant de lui dire :

« Mais non, je parle de mon caractère ! En tant qu’Atout, tu me mettrais de quel côté ? »

« Et bien, forcément bon ! Je n’arrive pas à te voir comme une ennemie Mais après tout… Il ne faut pas juger sur les apparences donc… »

« Tu fais bien mais oui, tu as raison : Je suis de ton côté. Il faudra que tu trouves d’autres Atouts et les faire venir de ton côté pour ton combat contre le Joker Noir. Nous serons ton armée personnelle en plus de tes quatre Reines. »

« Mais… Le Joker Noir peut avoir aussi des Atouts de son côté non ? »

« Oh… Il en a déjà sûrement. Il doit en avoir bien plus que toi mais c’est normal : Je suis sensé être la première de tes Atouts personnels. »

« Pfiou… Je peux respirer un peu mieux maintenant. Je sais que tu ne me tueras pas dans mon sommeil. Je t’avoue que j’avais un peu peur à cause de ça. »

« Je ne suis pas monstrueuse ! »

« Monstrueusement forte… »

Il finissait de parler et elle préféra ne rien dire alors qu’il se concentrait à nouveau. Maintenant qu’il était en paix avec lui-même, qu’il savait que rien n’allait le déranger en ce lieu, il pouvait travailler bien plus facilement qu’auparavant. Se fixer sur Nelya : Ses longs cheveux bleus, sa petite poitrine capable de donner du lait, ses yeux saphirs, il se rappelait du moindre de ses détails et il se disait qu’elle aussi était vraiment spéciale à ses yeux. Si seulement, elles n’étaient pas toutes aussi amoureuses de lui, il aurait put rester avec Tyrania jusqu’à la fin de sa vie. AIE ! Il ne devait pas penser à Tyrania, seulement à Nelya. Nelya et ses pouvoirs psychiques, Nelya et son caractère bien à elle. Il souriait pour lui-même en se rappelant la première fois qu’il l’avait rencontré : Il n’arrivait pas à faire vraiment le vide dans son esprit, étant obligé de penser à elle mais il ressentait quelque chose au fond de son cœur : Quelque chose qui s’ouvrait peu à peu comme les pétales qui recouvraient le bourgeon d’une rose. Soudainement, il ouvrit ses deux yeux vairons, ces derniers devenant roses alors le pilier qui avait été fissuré il y a quelques semaines fut coupé tranché sur la partie fissurées. Le morceau de marbre vertical s’écroula sur le sol en un tintamarre alors que Berthra semblait surprise. En moins de temps qu’il n’avait pour réagir, la jeune femme aux cheveux roses prit la tête de Xano pour la coller contre son corps en s’écriant :

« Tu as réussi ! Tu as réussi Xano ! »

« Oui mais… C’était quoi comme attaque ? Ca n’avait rien de psychique ! »

« Et oui mais c’était simplement une attaque basée sur le futur. Tu réfléchis à l’endroit où se trouvera ton adversaire quelques minutes plus tard et tu pourras le frapper. »

« Mais je n’ai pas pensé à ça ! »

« Mais attend un peu, tu ne pensais pas comprendre et gérer tes pouvoirs comme ça dès l’instant où tu arriverais à les utiliser ? Maintenant, nous savons que tu en es capable ! On va donc continuer l’entraînement, d’accord ? »

« Aucun problème ! Mais on va faire quoi là ? »

« On va simplement continuer avec ta Reine Nelya. Il vas falloir que tu puisses déjà contrôler ses pouvoirs, ça sera une bonne chose mais on va fixer un délai : Si d’ici un mois, tu n’as pas réussi à contrôler tous les pouvoirs de tes quatre Reines, je te renverrais quand même vers elles et tes deux Valets. Nous ne pouvons pas perdre plus de temps. »

« Mais et toi ? Tu ne viendras pas avec nous ? On a besoin de toi ! »

Il s’était exclamé, se retirant finalement de sa position de yoga alors qu’elle l’observait avec un petit sourire ému. Vraiment, quel enfant… Avait-il vraiment dix-huit ans maintenant ? Elle se le demandait puisqu’elle n’arrêtait pas de le revoir alors qu’il n’était encore qu’un garçon de douze ans.

« Je suis simplement là pour t’entraîner. Pour l’instant, mon objectif se résume à ça. Dans le futur, je serais à tes côtés et d’autres Atouts t’auront rejoint. Mais pas à l’heure actuelle. »

« Alors continuons cet entraînement… Au moins, je passerais un peu de temps avec toi. Même si… Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça à chaque fois… avec toutes les femmes. Je suis si bizarre peut-être. »

Elle rigola légèrement alors qu’il se remettait en position de Yoga. Finir son entraînement était maintenant la chose primordiale qu’il devait faire !

« Et bien, il y a un problème ? Vous n’arrivez pas à nous toucher ? »

Thanatos avait prononcé les deux phrases sur un ton neutre alors que les nombreuses attaques de Kéli, Malasa, Parapapa et Valésia étaient inutiles. Elles passaient à travers lui comme si de rien n’était mais du côté du Valet du Désespoir, la situation n’était guère mieux. Kéli subissait les assauts d’Hypnos et de Thanatos comme si de rien n’était et elle n’avait que des légères égratignures.

« Vous pouvez nous toucher, cela ne changera pas à la situation. Nous sommes en un point mort puisque nulle partie ne pourra surpasser l’autre. Ainsi… Ce combat continuera éternellement jusqu’à ce que l’un d’entre nous abandonne. »

« Vous pensez vraiment que nous allons rester inactifs pendant tout ce temps ? Même si nous ne pouvons pas te battre car tu as une résistance hors du commun, il suffit simplement de s’en prendre aux autres. »

Hypnos s’était adressée à Kéli alors qu’elle disparaissait de sa vue. Celle-ci se retourna subitement pour voir les quatre Reines et leur crier de se mettre à l’abri. Malheureusement pour elle, Hypnos était déjà réapparue dans le dos de Drimali, celle-ci semblant surprise par la vitesse à laquelle avait bougé la femme aux longs cheveux argentés :

« Et bien… Vous voyez ? Il suffit simplement d’accélérer la vitesse et vous êtes déjà la ramasse. Tu es une Valet, n’est-ce pas ? Alors bon ad… »

Sans même se retourner, Nelya qui était à côté de Drimali donna un coup de poing en arrière dans le visage d’Hypnos, celle-ci tombant en arrière en percutant une tombe. Qu’est-ce qui venait de passer ?! Elle n’avait pas compris comment cette femme avait réussi à la toucher ?! Thanatos s’était arrêté à combattre les quatre envoyés célestes pour les distraire alors qu’il se demandait aussi comment Nelya venait d’arriver à toucher Hypnos.

« Vous êtes peut-être des Spectres ou alors des pokémons venus des ténèbres. Normalement, je ne devrais même pas être capable de vous toucher mais il y a un moyen très simple d’y arriver pourtant. Vous nous sous estimez et cela est une grossière erreur de votre part. Mademoiselle Drimali, vous allez avoir besoin de mon aide. »

Lentement, la jeune femme aux longs cheveux bleus ouvrait ses yeux… qui étaient devenus rouges ? C’était différent des autres fois : Elle n’utilisait pas ses pouvoirs psychiques mais autre chose. Lentement, elle pointa du doigt Thanatos avant de murmurer :

« Visez le au niveau de son épaule droite. C’est là que se trouve sa forme physique. Ils ne peuvent pas déployer toutes leurs puissances si ils gardent leurs formes ectoplasmiques et c’est pour cela qu’ils ont une petite partie d’eux qui sont physiques. »

Comment savait-elle ça ?! Les pokémons de type psychique n’étaient pas capables de les toucher ou de savoir ce genre de choses. Cette femme… était vraiment capable d’une telle chose ? Il n’avait même pas le temps de réfléchir à la question que déjà, Malasa fit battre légèrement ses deux ailes pour envoyer une petite vague de son en direction de l’épaule droite d’Hypnos. Celui-ci fut renvoyé en arrière, poussant un cri de douleur :

« Saleté ! Ils ont réellement découvert nos point sensibles ! On va devoir les changer de position ! Hypnos, fais pareil ! On va pas se … »

« Inutile. Ton point sensible vient de se diriger vers le torse gauche, là où se trouve normalement le cœur chez les humains. »

Nelya venait encore de donner une bonne réponse et Hypnos la regardait, étonné. Non… Ses yeux rouges étaient donc les responsables de cette découverte. Onyk poussa un léger soupir avant de murmurer :

« Ca ne sert à rien. Reprenez vos formes physiques complètement sinon, vous n’allez pas vous en sortir. Autant frapper vite et fort. »

« Mais nous serons… »

« Ne discute pas Hypnos. Il vaut mieux tout donner plutôt que de perdre du temps. Comme cette femme vient de le dire, vous êtes maintenant des cibles très faciles à toucher. Je me demande où est passé Xano : Dire qu’il y a six ans, je pensais prendre ma revanche sur lui… mais pas de cette façon. »

« On peut arrêter le combat ! Pourquoi continuer si tu n’en as pas envie ?! »

« Qui a dit que je ne voulais plus combattre ? J’ai dis simplement que je voulais le battre d’une autre façon mais puisque je ne peux pas, autant continuer sur cette voie. Hypnos, Thanatos. Continuez donc le combat mais sous vos formes physiques. »

L’homme et la femme se positionnèrent devant Onyk tout en se concentrant. Visuellement, ils ne semblaient pas changer mais maintenant, il était possible de voir qu’ils semblaient plus réels… et consistants. Rapidement, Thanatos et Hypnos transformèrent leurs mains en deux griffes noires avant de venir frapper Kéli avec ces dernières. Celle-ci tenta bien de se protéger avec une bulle d’eau autour d’elle mais elle explosa facilement.

« Reculez Kéli. Je vais m’occuper de les gêner un peu. Pendant ce temps, entourez les. Nous devons en finir avec eux dès maintenant. »

Parapapa qui était resté inactif depuis sa transformation, sortit une éprouvette fermée par un bouchon et remplie d’un liquide verdâtre. Rapidement, la jeune femme aux longs cheveux bleus et aux yeux rubis fit un petit saut en arrière alors que le jeune homme à lunettes envoyait l’éprouvette sur le sol. Une épaisse fumée verte sortie, Hypnos et Thanatos se mettant à tousser avec violence avant de cracher du sang. Tyrania semblait surprise par l’action de Parapapa, le jeune homme à lunettes se tournant vers elle :

« Je t’ai conseillé de te méfier de nous. Voilà ce dont je suis capable. Qu’importent mes ennemis, je suis capable de créer des poisons ou des liquides avec diverses utilités. »

« Pff… »

Elle détourna le regard comme si cela allait lui écorcher la bouche de féliciter Parapapa pour ce qu’il venait de faire. Malasa, Valésia et Kéli s’étaient réunies en triangle autour d’Hypnos et Thanatos qui étaient à genoux sur le sol, continuant de tousser en crachant du sang alors que Valésia prenait la parole, les trois femmes créant des rayons entre leurs mains :

« Vous n’avez pas l’habitude des combats n’est-ce pas ? Vous pensiez avoir l’expérience mais cela s’est retourné contre vous. Nous savions pertinemment que vous n’étiez pas sous vos formes physiques auparavant. Nous avons simplement attendu et vous êtes tombés dans notre piège. Kéli et Malasa, on s’en débarrasse. »

« MAÎTRE ! Aidez nous ! »

Hypnos venait de crier en direction d’Onyk, celui-ci ayant son regard aveugle tourné vers la scène. Il ne voyait rien mais il pouvait entendre. Lentement, il leva la main droite en direction d’Hypnos et Thanatos Lentement, un trou dimensionnel apparaissait à côté d’Onyk mais rien n’en sortait. Les trois lasers arrivèrent en direction d’Hypnos et Thanatos, une magnifique explosion se produisant alors qu’ils ne pouvaient pas bouger : La potion de ce foutu Parapapa… Il était bien plus malin et fort qu’il ne le montrait !

« Pandora ? »

« Oui ? Je suis là… mais… Pourquoi m’avoir demandé d’être là ? Je ne veux pas combattre… Je ne vois pas de raisons de combattre… Je ne sais pas me battre alors pourquoi ? »

« Comment vont-ils ? »

« Morts. Ils sont tous les deux morts… Je ne pouvais pas les protéger. »

La voix provenait de l’endroit où s’était produite l’explosion. Quelqu’un s’en était sorti ? Malasa et les autres semblaient surprises : C’était une voix féminine mais comment… Comment avait-elle réussi à résister à une telle puissance ?! La fumée disparaissait… pour laisser apparaître deux corps au sol dont une partie manquait : Hypnos n’avait plus que la moitié gauche de son corps alors que Thanatos avait perdu les deux jambes. Ils étaient morts sur le coup. Le problème provenait de la jeune femme qui se tenait au milieu d’eux : Elle devait mesurer à peine un mètre cinquante et avait deux magnifiques yeux verts. Elle n’avait presque pas de poitrine et avait deux petites cornes brunes sur la tête. Ses cheveux étaient bruns et dorés lui allant jusqu’au dos des épaules, épaules qu’elle avait nues. Elle portait une jupe brune et des sandales grises. Au niveau de son corps, deux brassards rayés et gris comme le haut qui lui allait jusqu’à la poitrine qu’elle cachait ainsi que deux longs morceaux de tissus le long des bras et des mains. Dans son dos se trouvait une croix à six branches brunes et ayant peu d’espace entre les branches. Enfin, le plus intriguant restait le croissant de lune posé à la verticale qu’elle avait sur la tête ainsi que le fait qu’elle était indemne. Onyk prit la parole :

« C’est… Je ne pensais pas qu’ils pouvaient mourir… Encore une fois. Ils le sont réellement… C’étaient mes deux compagnons. Je pensais que tu aurais réussi à les protéger. »

« Je ne peux pas être partout, j’en suis désolée. Mais je ne veux pas combattre. Ai-je le choix et la possibilité de me rétracter ? »

« Je vais avoir besoin de toi. Sans Hypnos et Thanatos, il ne reste plus que toi… et lui. Je préfère encore t’avoir à mes côtés plutôt que de le faire venir. Je vais combattre avec toi Pandora. »

« Mais je suis la plus faible des Atouts, je ne sais pas me battre. Je suis la numéro une. »

« Ca ne fait rien, tu me serviras simplement de bouclier. »

Visiblement, elle ne prêtait même pas attention au fait qu’Onyk la considérait comme un simple objet. Elle poussa un léger soupir triste alors que Malasa, Kéli et Valésia se regardaient entre elles en revenant près de Parapapa : Cette jeune femme… était une Atout ? Même si elle était la plus faible d’entre eux, elle avait réussi à absorber l’intégralité des rayons surpuissants sans avoir une seule égratignure. Onyk s’approcha de Pandora, se mettant derrière elle avant de faire apparaître deux sphères au-dessus de ses paumes :

« Je vais donc devoir combattre à mon tour. Avec Pandora, je suis invincible. Voilà mon Atout, je suis désolé mais vous ne pouvez plus rien contre moi. »

Chapitre 75 : La puissance des envoyés célestes

Chapitre 75 : La puissance des envoyés célestes

« Allez, Joker Blanc ! Montre moi donc ce que tu sais faire. Tu ne vas pas rester là, les bras croisés quand même ? »

« Mais je ne ressens rien, Atout ! Ce n‘est pas aussi facile que ça ! De plus… Je n’aime pas ces appellations, on ne peut pas parler avec nos prénoms ? »

« INTERDICTION formelle ! Tant que tu ne seras pas capable d’utiliser un seul de tes pouvoirs, je t’interdis de m’appeler par mon prénom. Tu as beau être quelqu’un que je connais depuis longtemps, si je ne te fixe pas quelques règles, tu ne t’amélioreras pas. »

Pfff… Ce que c’était chiant ! C’était clairement le genre de choses qu’il détestait ! Accroupi en position du yoga, une position forte ridicule à ses yeux, il fermait les yeux en tentant de réfléchir à ce que Berthra lui disait : Se concentrer et faire de son mieux pour rechercher l’une des quatre énergies qui habitaient en lui. Une énergie de ses quatre Reines. Ca faisait déjà plusieurs jours qu’il était ici, plus d’une semaine en fait, mais Berthra lui avait signalé que le temps ne se déroulait pas de la même manière ici. Elle avait décidé de rendre cet endroit intemporel : Le temps était presque stoppé mais elle l’avait prévenu : Vu que le temps se déroulait très lentement en ce lieu, son corps allait avoir beaucoup de mal à supporter la différence. Non, il n’allait pas vieillir mais les battements de son cœur étaient extrêmement ralentis, ce qui lui permettait d’éviter de vieillir trop rapidement tout en pouvant s’entraîner autant de temps qu’il le pouvait.

« Atout… Est-ce… qu’elles vont bien ? »

« De qui ? Tes quatre Reines ? Je ne sais pas trop… Que veux-tu que je te dise ? Qu’elles vont bien ? Je ne suis pas prophétesse ou oracle, Joker Blanc. »

« Mais… J’ai l’impression de ne rien faire ! En fait, non… Je ne fais rien ! »
Il se releva, des courbatures dans ses jambes alors qu’il restait immobile en étant debout. Il ne pouvait pas encore marcher mais Berthra l’observait de ses yeux bleus légèrement froncés. Elle paraîtrait presque irritée mais elle lui dit d’une voix neutre :

« Rassis toi. »

« Non. Ca ne sert à rien ! Je veux revenir près de Tyrania et des autres. »

« Je t’ai demandé de te rasseoir. Ne me force pas à me répéter, Joker Blanc. »

« Je t’ai dit que non ! »

« Et bien… »

Elle craqua ses deux poings avant de pousser un soupir. C’était vraiment dommage qu’il ne comprenne pas aussi rapidement son absence de force. Si tout été aussi simple dans ce monde, peut-être aurait-il pu vivre dans ce dernier mais ce n’était pas le cas et elle devait le préparer à toutes ces choses qui allaient l’attendre… Elle était l’une des vingt-et-un atouts et même si chaque atout était neutre à la base, chacun pouvait choisir son chemin et décider avec qui il allait s’allier. Elle, elle avait fait son choix depuis qu’elle avait rencontré le petit Joker Blanc lorsqu’il n’avait que douze ans. Le Destin avait bien choisi ce moment pour elle, dire qu’elle avait attendu pendant des siècles que ce dernier fasse son apparition…

« Qu’est-ce que tu vas faire, Berthra ? Recule un peu, je n’aime pas te voir comme ça. »

« Je t’ai simplement dit de m’appeler Atout puisque tu ne veux pas comprendre, je vais devoir te montrer pourquoi tu causeras tant de problèmes à tes quatre Reines. Je te conseille sérieusement de te défendre car je ne vais pas me gêner pour te briser en deux. »

Hein que quoi ? Elle voulait l’attaquer ?! Mais non… Elle blaguait, il en était sûr ! Du moins, c’est ce qu’il pensait avant de se prendre un violent coup de tête sur son front, celui-ci s’ouvrant instantanément pour laisser s’écouler des jets de sang. Déjà, il se sentait à moitié tomber dans l’inconscience. Non, elle ne blaguait pas ! Elle lui avait pourtant dit mais il ne l’avait pas écouté. Elle allait le tuer si il ne faisait rien pour se défendre ! Sa main gauche posée sur son front pour tenter d’arrêter l’hémorragie, il s’écria :

« Arrête ! Arrête ! Je vais continuer ton entraînement ! Je te le… »

« Trop tard, il ne fallait pas me prendre pour une imbécile, Joker Blanc. Tu crois que tu peux te permettre de ne pas m’écouter ? »

« Non mais sérieu… »

Il devait se défendre et arrêter de parler mais c’était plus facile à dire qu’à faire ! Ses yeux vairons étaient dirigés vers Berthra alors qu’il armait son poing droit pour tenter de la frapper. La femme aux cheveux roses l’observait avant d’esquiver le coup avec facilité. Elle bloqua son bras droit avant de lui sourire :

« Attention à la chute, Joker Blanc ! »

Elle le souleva comme si il n’était qu’un fétu de paille, le faisant passer au-dessus d’elle avant de le faire retomber derrière elle, Xano s’écrasant lamentablement sur le sol sans comprendre ce qui venait de se passer. Elle ne retenait pas ses coups et déjà il crachait du sang en sentant sa colonne vertébrale qui se fissurait :

« Alors ? Tu ne veux pas me croire quand je te dis que tu es inutile ?

« Je… Je… »

Il ne devait pas en terminer là. Il devait se relever et se battre, même si… C’était Berthra. Cela lui avait déjà fait un léger choc d’apprendre que madame Ira était son ennemie et le Valet de la Rancœur mais alors attaquer la première pokémon avec laquelle il avait combattu et qui il s’était lié, c’était plutôt difficile. Bien entendu, il n’oubliait pas Tyrania mais l’Ecremeuh avait été quand même une remarquable compagnonne dans le temps. Berthra plaça son pied droit sur le ventre de Xano en lui disant :

« Je te déconseille de bouger. Tu vas rester ainsi et mourir tout simplement. »

« Je dois… aller les voir. Laisse moi les voir. »

« Tu n’as pas à retrouver tes quatre Reines. Tant que tu ne feras pas le vide dans ton esprit et que tu laisseras ton cœur choisir à la place de ta raison, je ne pourrais rien pour toi. Ne me considère plus comme celle que tu avais connu sinon tu ne pourras jamais me battre. »

La battre ? Mais ce n’était pas ce qu’il voulait ! Il ne voulait pas du tout la combattre ! Mais si elle continuait… Il allait mourir sur place. Il devait quand même faire quelque chose contre ça ! Est-ce qu’elle voulait lui faire comprendre quelque chose ? Les yeux saphir de Berthra étaient posés sur lui, attendant un geste de sa part. Elle le regardait d’un air presque implorant et triste : Si il ne comprenait pas ce qu’il devait faire pour la suite des évènements, tout allait se terminer ici. Est-ce qu’il… devait s’attendre à sacrifier des personnes qu’il aimait pour son futur ? Pour pouvoir enfin battre le Joker Noir ? Il ne voulait pas de morts ! Il ne voulait pas voir des personnes mourir autour de lui, surtout pas des personnes qu’il aimait ! Berthra appuya fortement sur son ventre, la cage thoracique du jeune homme se fissurant légèrement alors qu’elle lui murmurait :

« Joker Blanc. Arrête tes bêtises et comprend donc la raison de mes actes. »

« Je ne VEUX PAS ! »

« Tu n’auras pas le choix, voilà tout ! »

Elle lui donna un violent coup dans le ventre, le faisant vomir sur lui-même alors qu’elle poussait un soupir attristé. Elle devait trouver un moyen de lui donner envie de continuer à se battre, de lui donner envie de trouver la force en lui… Il y avait bien une solution mais elle était assez risquée… Peut-être qu’il allait arrêter définitivement son entraînement après ça.

« Xano… Je ne voulais pas te le dire mais bon…Si tu m’y forces… »

« De… »

Il ne répondait plus, sombrant dans l’inconscience à nouveau. Elle avait encore exagéré mais elle y était obligée ! Lentement, elle le déshabilla comme si de rien n’était, regardant ses vêtements noirs tachés de sang et de vomi. Elle fit une légère mine dégoûtée avant d’envoyer ces derniers au loin. Vraiment, il fallait lui trouver des vêtements neufs et propres. Heureusement que c’était sa propre dimension et qu’elle était capable de ramener ce qu’elle voulait dans cette dernière. Elle lui prit quelques vêtements basiques : Un jean brun, un haut noir avec des manches courtes et un caleçon gris. Alors qu’il était évanoui, elle l’envoya dans un therme à l’architecture rectangulaire et rempli d’eau chaude. Un petit endroit de détente. Le jeune homme ne se réveilla pas malgré la chaleur de l’eau et elle plongea dans le bain avec ses habits, ramenant Xano contre elle avant de le laver.

« Vraiment… Obligée de faire ça car tu es si faible, gentil et simplet. »

Il ne lui répondit pas et c’était normal : Il était évanoui. Elle poussa un léger soupir avant de le garder contre lui, son dos posé contre elle. Née de la terre nourricière, le Dieu Originel avait décidé de lui conférer le rôle d’Atout il y a de cela plusieurs millénaires. Elle avait tant vécu et elle savait que son rôle serait important un jour. Elle savait que Xano n’était pas qu’un simple humain et c’est pour cela qu’elle devait tout lui apprendre avant qu’il ne soit trop tard. Mais… Si il ne décidait pas se séparer de ces sentiments superflus ou de changer de caractère, elle n’allait rien pouvoir faire pour lui.

« Joker Blanc, réveille toi ! Joker Blanc ! Arrête de dormir ! »

« ATOUT ! Je croyais que tu… »

« Bois ça et met toi rapidement debout. On va continuer l’entraînement mais tu as intérêt à donner ton maximum ! Nous n’avons pas de temps à perdre maintenant ! »

Elle se tenait debout devant lui, lui tendant une petite bouteille remplie d’un liquide blanc. Légèrement méfiant après les actes d’il y a quelques heures, il n’avait même pas remarqué qu’il portait des nouveaux habits. Il prit en tremblant la petite bouteille avant de la porter à ses lèvres : Il avait encore mal et il souffrait mais bon… Si ça pouvait faire plaisir à Berthra. Il vida la moitié de la bouteille avant de dire :

« Mais c’est drôlement bon ! »

« Et regarde donc tes blessures… »

Elle lui souriait délicatement alors qu’il remarquait que ses blessures avaient totalement disparu. De plus, il ne semblait même plus avoir mal au dos ! Il était émerveillé par cette fantastique bouteille et déjà, il lui demandait :

« Mais c’est quoi ? On dirait du lait. »

« C’en est Xano, c’est bel et bien du lait. »

« Mais attend un peu…Il provient de toi, n’est-ce pas ? Mais comment ça se peut : Les pis que tu as, ce sont des faux non ? »

« Exactement, exactement. »

« Alors d’où il provient ? »

Il ne comprenait vraiment pas ce qu’elle voulait dire par là. Elle gardait son sourire aux lèvres alors qu’il finissait la bouteille de lait. C’était vraiment délicieux, il ne pouvait rien reprocher à cette boisson. Il en avait presque envie d’en boire une seconde bouteille mais déjà, elle croisait ses bras au-dessous de sa poitrine, comme pour mettre cette dernière en valeur avant de lui dire d’un air enjoué :

« Devine donc. »

Il recracha violemment le lait qu’il avait dans la bouche alors qu’elle éclatait d’un rire tonitruant devant le regard ahuri de Xano. Malgré le fait qu’elle rigolait, elle semblait être belle et bien sérieuse. Il était rouge de gêne et de honte alors qu’elle s’approchait de lui pour récupérer la bouteille maintenant vidée.

« Je vois que tu as tout de suite compris, n’est-ce pas ? Je suis peut-être sous ma forme humaine, ce n’est pas pour ça que j’ai perdu mes fonctions… premières. Allez, maintenant que tu vas mieux, on va pouvoir recommencer l’entraînement. »

« Ils peuvent… »

« Devenir des humains ? »

Tyrania avait commencé la phrase qu’Oriane venait de terminer alors que les quatre pokémons de Shymi et Drimali venaient de s’illuminer. Parapapa fut le premier à apparaître… sous la forme d’un homme portant des lunettes teintées. Il semblait assez chétif et portait un T-shirt brun et un pantalon orange alors qu’il avait un bonnet de tissu orange et jaune sur la tête. Il ne semblait vraiment pas très imposant et cela pouvait paraître assez étonnant quand on le voyait.

« Qu’est-ce qu’un type comme lui va pouvoir faire contre eux ?! Il n’est même pas impressionnant. »

« Mademoiselle Tyrania, veuillez ne pas vous moquer de Parapapa. »
La seconde personne apparaissait à côté du jeune homme : Une simple robe jaune sans manche et laissant ses jambes à nues, la jeune femme qui se tenait à côté de lui avait ses pieds nus. Le plus étrange résidait dans sa coiffure rose et violette, celle-ci semblant presque vivante et capable d’agripper quiconque tentait de s’approcher d’elle. Néanmoins elle semblait trop courte pour être efficace en combat à distance.

« Merci beaucoup, Valésia. Il faudrait qu’elle arrête de juger les personnes suivant leurs physiques. Si elle se doutait de ce dont nous sommes capables… »

« Il ne vaut mieux pas s’adresser à elle. Elle est très agressive, je le sais puisque je l’ai combattu dans le passé. »

La voix qui venait de s’adresser à Valésia et Parapapa était derrière eux alors qu’une troisième personne faisait son apparition. Elle était peu habillée, c’était le moins que l’on pouvait dire : Simplement vêtu d’un haut vert qui ne recouvrait que sa poitrine tout en montrant un décolleté assez important, elle n’avait qu’un short en jean vert aussi. Elle portait néanmoins des collants verts pour tenter de cacher plus de chair qu’en montrer, ce qui était plutôt difficile vue sa tenue. Elle avait une coiffure longue et orange coupée en deux longues parties alors qu’elle avait une mèche qui descendait sur son front, ainsi que deux autres au-dessus de ses oreilles. Enfin, sa longue queue verte foncée de sa forme de Libegon était toujours présente et il possible de voir deux yeux oranges sous une paire d’immenses lunettes rouges et translucides. Des trois premières humanisations, elle était de loin la plus impressionnante. Tyrania fit rapidement une remarque :

« Tsss, et tu es qui pour me parler comme ça ? »

« Malasa, cela ne se voit donc pas ? Tu es donc aveugle ma pauvre fille. »

« J’aurais du m’en douter ! T’as loupé complètement ta sur-évolution, il te reste ta queue de Libegon. T’es vraiment pas douée. »

« De la part d’une Feunard qui laisse apparaître ses neufs queues… Je suis presque flattée de l’entendre. »

« Malasa, s’il te plaît, ne sois pas dédaigneuse et vaniteuse envers Tyrania. Inversement, Tyrania, veuillez ne pas insulter Malasa. Nous devons nous entraider non nous battre. »

La dernière voix venait de se faire entendre. Impériale, royale et pourtant si belle et magnifique tout en étant teintée de gentillesse, deux yeux rubis purs firent leurs apparitions alors que déjà, une longue chevelure bleutée flottait au vent tandis que la femme avait deux franges de même couleur sur les côtés de son visage. Elle portait une longue robe bleue de dos et rayée d’un jaune doré et brun sur le devant… comme la peau d’un Hyporoi. Elle avait une allure aussi divine que Drimali et Onyk semblait par ces apparitions :

« Ils sont… capables de prendre une forme humaine aussi ? Je ne dois pas rêver. Est-ce le cas Hypnos ? »

« C’est bien le cas, maître Onyk. Devant nous se tiennent une ancienne Hyporoi, Libegon et Vacilys ainsi qu’un ancien Parasect. »

« Est-ce que je dois appeler Pandora pour vous épauler ? »

« Nous allons d’abord voir comment nous allons nous débrouiller face à eux mais il se peut que nous ayons besoin de… lui aussi. »

« Je ne l’aime pas. Il est vraiment trop bizarre, toujours à ricaner et avec son sourire. J’aimerais éviter de l’appeler aussi. »

Onyk en avait terminé avec Hypnos et celle-ci marchait lentement en direction des trois femmes et de l’homme qui s’étaient mis en avant. Drimali, Shymi et les quatres Reines étaient derrière eux alors que la déesse mineure des dragons prenait la parole :

« Laissez les se battre à notre place. Il n’y a pas à s’inquiéter pour eux, ils seront facilement capables de se battre contre ces deux personnes. »

« Vous en êtes sûre, mademoiselle Drimali ? »

Nelya avait pris la parole alors que les deux femmes aux longs cheveux bleus s’observaient dans les yeux. Chacune avec un certain respect envers l’autre, cela se remarquant par leurs dialogues ou alors leurs voix quand elles s’adressaient entre elles :

« Je le penses, Nelya. Il n’y a aucun souci à se faire. »

Hypnos avait disparu de la vision des quatre personnes qui allaient la combattre avant qu’une bourrasque se soulève. Rapidement, Valésia se positionna devant les autres alors qu’une légère entaille apparaissait sur son corps, une entaille vraiment ridicule vu la puissante bourrasque qui venait de s’abattre sur elle. Hypnos fit son apparition à côté de Thanatos, celui-ci ayant une allure terrifiante alors que la jeune femme aux longs cheveux gris disait :

« Il vaut mieux pour vous d’éviter de croire que vous serez capables de nous combattre car vous êtes en surnombre. Nous avons l’avantage du terrain. Cette zone est remplie d’une énergie ténébreuse et maléfique, une énergie dont nous nous nourrissons. »

« Et alors ? C’est sensé me faire quoi ? Peur ? »

« Malasa… Ton intonation dans ta voix. »

La jeune femme aux lunettes rouges translucides poussa un léger soupir alors que Kéli venait encore de lui faire une remarque. Ce n’était pas de sa faute ! Elle était toujours comme ça ! Elle ne pouvait pas changer aussi facilement ! Kéli observait Hypnos et Thanatos de ses yeux rubis alors qu’elle leur disait d’une voix douce :

« Vous semblez être assez puissants, il faut le reconnaître. C’est pourquoi… je ne retiendrais pas mes coups. Malasa, tu veux me donner un petit coup de main ? »

« Hahaha ! Ils ne vont avoir aucune chance face à nous ! »

« Ne dit pas cela, rien n’est moins sûr. Cela ne sera qu’une mise en garde. »

Lentement, les cheveux bleus de Kéli lévitaient au-dessus du sol alors qu’elle fermait les yeux. Elle colla ses mains l’une contre l’autre au-dessus de sa tête avant de tracer un cercle avec elles. Même si le cercle n’avait été tracé que dans le vide, un bruit de liquide qui s’écoulait se fit entendre. Soudainement, une vague sortie subitement du sol tout en se dirigeant vers Hypnos, Thanatos et Onyk. Ce dernier avait déjà sauté dans les airs pour échapper à la vague alors que ses deux comparses ne semblaient pas avoir la même chance.

« Héhéhé. Dommage pour toi, tu as joué et tu as perdu ! »

Onyk se retourna dans les airs pour entendre Malasa derrière lui. Si il n’était pas aveugle, il aurait remarqué que la jeune femme avait fait apparaître deux ailes vertes sous forme de losanges dans son dos. Sa main droite s’était transformée en une magnifique griffe qu’elle planta dans le dos d’Onyk. Celui-ci poussa un cri de douleur alors qu’elle lui donnait un coup de pied pour l’envoyer dans la vague qu’avait crée Kéli. Quand celle-ci disparue, les trois personnes étaient couchées au sol, la cape violette d’Onyk étant déchirée après l’attaque de Malasa. Celle-ci revint vers la femme à l’allure impériale avant de rigoler :

« Et bien… C’était trop simple à mon goût ! Dire que si j’avais utilisé cette forme contre Oriane et Tyrania il y a quelques années, elles n’auraient rien put faire. »

Tyrania poussa un léger grognement : Pour qui elle se prenait ? Pour une femme surpuissante ou quoi ?! Elle avait bien changé depuis le temps et elle était maintenant sûre et certaine d’écraser cet insecte géant, qu’importe si il était un ami de Drimali ou non. Kéli poussa un léger soupir avant de dire à Malasa :

« Tout n’est pas terminé. Comme je te l’ai dit, ce n’était qu’un coup d’essai. »

Elle avait totalement raison : Onyk se releva comme si de rien n’était alors qu’Hypnos et Thanatos semblaient indemnes après la vague qu’ils venaient de recevoir. Visiblement, ils n’étaient pas aussi faibles que ça et Onyk prononça :

« Alors, tu en penses quoi Thanatos ? »

« Cela m’aurait fait très mal si j’avais été touché mais bon… Rien de bien fameux. »

Chapitre 74 : Un Atout

Chapitre 74 : Un Atout

« Berthra… Tu as un peu changé depuis le temps. »

Une phrase passe-partout sur le moment mais qui était vraiment véridique. Il s’était imaginé voir l’Ecremeuh sous une forme… plus animale et putréfiée… Une zombie quoi ! Mais pas sous une forme humaine. Berthra gardait son sourire alors que Tyrania grognait légèrement : Qu’est-ce qu’elle foutait là ? D’après ce qu’elle venait de dire, c’était un Atout. Drimali prit la parole comme si elle récitait un texte :

« Lorsque deux Valets ennemis se rencontreront, le premier des vingt-et-un atouts fera son apparition. Il emportera…Xano ! ATTENTION ! »

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Berthra avait disparu de la vue de tous et de toutes avant de se retrouver à la hauteur de Tyrania et de Xano. L’ancienne Feunard avait arrêté son halo de feu alors qu’était apparue l’Atout. Celle-ci émit un petit sourire à Tyrania avant de lui dire :

« Pour être aussi près de lui et vouloir le défendre de cette sorte, tu dois beaucoup l’aimer n’est-ce pas ? »

« Qu’est-ce que tu fous là ?! »

« Désolé ma grande mais je vais devoir embarquer le Joker Blanc. Au revoir. »

Elle plaça un doigt sur le front de Tyrania, donnant une simple pichenette qui envoya la femme aux cheveux dorés contre un cercueil. Le Valet du Désespoir ne semblait plus contrôler la situation et criait déjà en direction de la femme aux yeux bleus :

« Je peux savoir où tu comptes te rendre ? Tu contredis les ordres de madame Ira ? »

« Contredire les ordres d’Ira ? Dis moi, mon petit. Pour qui me prends-tu ? Pour l’une de vos larbins ? Il faut arrêter de rêver. Je n’obéis qu’à une seule personne et c’est le Dieu Originel. »

« RESTE… »

« Désolée mesdemoiselles mais j’embarque votre homme. Peut-être qu’il reviendra à temps… ou non. »

Un bruit de verre qui se brisait et Berthra avait totalement disparu de la dimension en tenant le bras de Xano. Luna poussa un profond cri de détresse avant de sangloter tout en appelant Xano. De leurs côtés, Oriane et Shymi semblaient affolées, regardant autour d’elles pour chercher Xano sans le trouver. Tyrania s’était mise à pester de rage avant de faire flamber ses neuf queues : Visiblement, elle était furieuse ce qui n’annonçait rien de bon pour la suite des évènements. Seules Nelya et Drimali semblaient parfaitement calmes ce qui agaçait parfaitement Tyrania :

« Non mais vous allez l’air d’en avoir rien à foutre de lui ou quoi ?! Vous devriez plutôt nous aider à sortir de cette dimension et à retrouver cette femme ! »

« Il n’y a pas besoin de ça. »

Tyrania empoigna subitement Nelya qui venait de dire ces quelques mots. La chaleur montait dangereusement et les flammes derrière Tyrania en étaient sûrement la cause. Drimali posa délicatement sa main sur le bras de la jeune femme à l’œil violet avant de lui dire :

« Il emportera le Joker Blanc et le mettra en condition pour les actes qui l’attendront dans le futur. Cet Atout sera le maître du Joker Blanc et l’aidera à déployer ses réelles capacités. Quand reviendra le Joker Blanc, les pouvoirs des Quatre Reines seront enfin insufflés en lui. »

« Mais qu’est-ce que tu me racontes comme charabia ?! »

« Voilà simplement la suite de la prophétie. Je suis le Valet de la Connaissance. Je connais la suite de la prophétie. »

« Je m’en fous ! JE VEUX XANO ! »

« Pour quelqu’un qui ne semble pas avoir porté d’intérêt à ce dernier pendant trois semaines, je trouve que tu cries beaucoup. »

Oriane s’était rapprochée de Tyrania. Drimali avait retiré sa main mais Tyrania n’avait pas retiré la sienne sur Nelya. Oriane prit la main de Tyrania et lui murmura sur un ton irrité :

« De quel droit tu te permets de t’emporter comme ça pour quelqu’un dont tu en as rien à foutre ? C’est bien de ta faute si il est comme ça depuis plusieurs semaines. »

« Mesdemoiselles… Ce n’est pas l’heure de se disputer. »

« Laissez moi terminer ancienne maîtresse. Je commence à être fatiguée : Tu restes toujours la préférée de Xano qu’importe ce que nous faisons pour lui. Il était bien plus heureux quand tu n’étais pas là, du moins, c’est ce que je devrais dire mais ce n’est pas le cas. Il est mort d’inquiétude à chaque instant où tu n’es pas à ses côtés, il essaye toujours de s’améliorer pour te faire plaisir mais toi, tu te permets toujours de le narguer et de le rejeter. »

« C’est tout ce que tu as à me dire ? Qu’est-ce que tu en sais de ce que je pense de Xano ?! »

Voilà que le crêpage de chignon commençait entre les deux femmes, celles-ci en arrivant aux poings alors que Drimali et Nelya reculaient. Shymi était près de Luna, tenant de la réconforter pour éviter qu’elle ne s’affole alors que les pokémons de Shymi et Drimali les entouraient. Le Valet du Désespoir était resté assis pendant toute la petite discussion et prit enfin la parole :

« Vous n’avez pas l’impression d’oublier quelque chose ? »

« TA GUEULE ! »

Les deux femmes s’étaient mises d’accord pendant quelques instants alors que le Valet de la Désespoir poussa un léger soupir. Lentement, il se leva de sa pierre tombale avant de murmurer pour lui-même :

« Il vaudrait mieux que vous soyez sérieuses… »

Une vague obscure alla trancher toutes les pierres tombales autour de lui dans un rayon de plusieurs mètres. Personne n’avait été touché sauf les quelques zombies qui disparaissaient finalement. Tyrania et Oriane s’étaient arrêtées : Si cette vague les avait touchées, il y avait de fortes chances qu’elles se retrouvent tranchées en deux. Du moins, c’était la première impression mais cela avait suffit à stopper leurs disputes.

« Toi, tu ne perds rien pour attendre ! »

« Tu ne mérites pas l’amour qu’il a pour toi ! »

« Vous n’avez pas compris à ce que je vois… »

« Bon, t’es lourd. »

Tyrania faisait brûler à nouveau ses neuf queues de renarde alors qu’elle avançait en direction du Valet du Désespoir. Celui-ci l’observait, son visage et ses yeux toujours cachés par sa cape et son chapeau violet. Il ne semblait pas très inquiet par le fait que Tyrania allait être sa prochaine combattante :

« Le mieux serait que vous soyez plusieurs à combattre, sinon, je ne donnes pas très cher de votre peau. »

« Pfff… Ne te surestime pas trop mon gars. Je vais t’éliminer et ensuite, ça sera cette grosse vache qui a kidnappé Xano ! »
Elle fit apparaître une boule de feu dans sa main droite, l’envoyant vers le Valet du Désespoir, celui-ci n’esquissant qu’un simple geste sur le côté pour l’esquiver avec facilité. Visiblement, cela n’allait pas être aussi simple que ça. Elle fit apparaître neuf boules de feu au-dessus de chacune de ses queues alors que le Valet du désespoir lui disait :

« Tu veux donc continuer à te battre toute seule contre moi ? Si c’est ce que tu désires… Je vais donc devoir appeler un ami. Thanatos, fais ton apparition. »

« Comme vous le désirez, maître. »

Thanatos ? Où avait-elle déjà entendu ce nom ? Pour les autres, ce nom était inconnu mais pour elle, elle savait que ce nom provenait d’une personne ou d’un pokémon qu’elle connaissait déjà. Un vêtement jaune flottant dans les airs et coupé en deux, un pantalon noir et de nombreuses chaînes de métal, un regard rouge dont une partie était caché sous une mèche de cheveux violets. L’homme s’était présenté à côté du Valet du Désespoir comme si il avait toujours été là depuis le départ :

« Que dois-je faire ? Les éliminer ? »

« Thanatos… Thanatos… Mais tu es le Fantominus d’il y a six ans ! Alors le Valet du Désespoir, c’est… »

« Mon maître s’appelle Onyk Bakzor. »

« Et me… »
Lentement, le Valet du Désespoir releva le haut de son chapeau violet pour laisser apparaître des cheveux complètement noirs alors qu’il regardait Tyrania de ses yeux entièrement blancs. Est-ce qu’il…Onyk Bakzor répondit comme si il avait déjà deviné la question :

« Oui, je suis aveugle. Aveugle depuis le jour où j’ai vu ma famille mourir devant mes yeux, torturée par cet homme au regard rubis, cet homme malveillant dont je me souviendrais toute ma vie. Hypnos et Thanatos ont été rejoints par d’autres compagnons venus des morts, des compagnons qui sont les seuls que je puisse voir. Ils sont ma seule lumière. Mais je crois avoir assez parlé, je vais terminer le combat. Thanatos, tu penses pouvoir t’occuper de cette femme ? »

« Sans aucun problème. Elle n’est qu’une fausse sur-évoluée, comme les autres. Nos relations ont toujours été plus fortes que celles qu’elle peut avoir avec son dresseur. »

« Hypnos, ouvre les entrailles de ce cimetière et montre toi. »

Le sol se fissura alors que des éclats de roche volaient dans tous les sens. Une boule grise s’envola dans les airs avant de retomber sur le sol. Lentement, celle-ci s’ouvrait… pour laisser apparaître une femme ? Hypnos était une femme ? Sa carapace grise était en fait sa longue chevelure alors qu’elle avait deux yeux dorés, deux yeux semblant rappeler les créatures venues d’un autre monde. Une peau d’ébène, une tenue rouge sur elle ainsi que quelques feuilles autour des bras sous la forme de bracelets, elle observait les personnes devant elle d’un regard à moitié entre l’étonnement et le rire. Elle avait deux getas aux pieds et deux longues oreilles brunes et pointues.

« Vous m’avez donc appeler. Vous pensez que Thanatos ne sera pas suffisant ? »

« D’après ce que j’arrive à percevoir… face aux personnes devant nous, il vaut mieux prévoir toutes éventualités. Je ne sais pas si je serais forcé d’utiliser Pandora ou non. Elle n’aime pas se battre malgré ça… »

« Laissez Pandora tranquille. Elle n’aura pas besoin de combattre. Cela serait de toute façon au désavantage de nos adversaires puisqu’ils ne pourraient rien faire contre elle, qu’importent leurs méthodes utilisées. »

« C’est vrai… Bon et bien… Je vous laisse vous en occuper. »

Hypnos et Thanatos se positionnèrent devant Onyk alors que celui-ci s’installait à nouveau sur l’une des rares pierres tombales qui n’étaient pas tombées face à sa petite démonstration de force. Les différents pokémons de Shymi et Drimali se positionnèrent à leur tour devant Tyrania. Parapapa et Kéli se retrouvant devant les autres alors que Malasa et Valésia étaient derrière eux. Drimali posa une main sur l’épaule de Tyrania avant de lui dire :

« Laissez nous nous occuper de cela. Vous ne devez pas être blessées car il se pourrait que Riza nous tombe dessus pendant ou après la fin de ce combat. C’est une simple mesure de précaution. Vous allez pouvoir voir les pouvoirs des envoyés célestes.  Malasa, Kéli, à vous de jouer.»

« Valésia et Parapapa, allez aider les pokémons de ma grande sœur. »

« Où est-ce que je suis ?! »

« Dans l’antre des Atouts. Du moins, dans MON antre. »

Berthra venait de répondre à sa question mais cela ne l’aidait guère. Une sorte de petit temple fait de marbre blanc avec de nombreux piliers autour de lui. Le temple devait à peine mesurer une dizaine de mètres de longueur pour une hauteur à peu près équivalente. Il était assis sur le marbre, ne sachant pas quoi faire. Il voulait crier de le laisser partir mais il savait que c’était déjà perdu d’avance. La femme aux cheveux roses se présenta à lui, se penchant en avant tout en lui disant :

« Et bien ? Tu comptes rester là en attendant ? Tu ne veux pas aller aider tes quatre Reines et tes deux Valets ? »

« A quoi bon ? Ce n’est pas comme si j’allais pouvoir leur être utile mais… j’aimerais au moins les soutenir moralement. »

« Et pourquoi pas physiquement ? Drimali t’as pourtant bien prévenu n’est-ce pas ? Tu as tes propres pouvoirs dès l’instant où tes quatre Reines sont devenues des humaines mais aussi… Tu as tes capacités de Joker Blanc, le problème est que pour ces dernières, je ne peux rien pour toi. »

Elle posa un doigt sur son nez avant d’appuyer dessus comme le ferait une grande sœur à son petit frère. Elle semblait si enjouée alors qu’il y avait un combat qui se déroulait non-loin d’ici… Si c’était le cas. Elle savait tout aussi bien que lui que l’heure n’était pas aux plaisanteries mais elle ne s’en souciait pas. Il prit la parole :

« C’est bien beau… mais cela ne se déclenche que par rapport à quelques évènements d’après ce que j’ai cru comprendre. Du genre, Tyrania m’a expliqué que Loxen avait été capable de créer des morceaux de glace alors qu’il n’arrêtait pas de crier le nom d’une femme nommée Frizy. Elle semblait ressembler à une Momartik. »

« C’était une ancienne pokémon de Riza mais cette dernière n’a pas réussi à la faire sur-évoluer. C’est grâce à Loxen qu’elle est devenue une humaine. Malgré sa condition de fantôme et d’esprit errant, Frizy n’a pas réussi à supporter la vision du jeune adolescent mangeant les ordures pour survivre. Un vrai animal sauvage lorsqu’elle l’avait trouvé. L’amour est si spécial. »

« Enfin bref… Si je dois être au seuil de la mort pour espérer utiliser mes pouvoirs, je suis mal barré car je ne pourrais pas le faire ici. Tu ne me sembles pas très violente et inamicale. De plus… Je me rappelle un peu trop de la vache que je trayais à la ferme de madame Ira. »

« Tu voudrais donc dire que j’ai de l’embonpoint ? Que je ressemble encore à une Ecremeuh ? C’est très vilain de ta part, Joker Blanc. De plus, je crois que tu n’as pas compris que même si je ne suis pas contre toi… Je ne suis pas avec toi. »

« Comment ça ? »

Elle mit son visage à la hauteur de celui du jeune homme, avant de poser un doigt sur son front. Il n’eut à peine de comprendre trop tard que déjà, il se mit à percuter l’une des piliers du temple comme si il avait envoyé avec une force extraordinaire sur ce dernier. Le pilier s’était légèrement fissuré mais tenait encore debout. Berthra lui répondit :

« Je suis neutre dans cette histoire. Enfin, oui et non. Je peux décider de rejoindre l’un des deux clans et de l’abandonner aussitôt que j’en ai envie. C’est pourquoi j’ai décidé que je voulais m’occuper un peu de toi, petit Xano Likan. Tu ne veux donc pas venger ta mère ? Car oui, j’étais au courant de sa future mort comme tous les Atouts. Si je voulais, j’aurais put arrêter sa mort avant qu’il ne soit trop tard. Xano, tu m’écoutes ? »

Euh… Ce n’était pas prévu ça. Il ne pouvait quand même pas être mort avec un coup aussi faible ?! Elle avait minimiser au maximum sa force pour ne pas le blesser : Cela n’avait été qu’un envoi fait essentiellement de vent, rien qui pouvait créer des blessures ! Elle s’approcha de lui avant de poser sa tête contre son torse pour écouter son cœur : Elle poussa un léger soupir apaisé : Il n’était qu’évanoui.

« Tu est une véritable fillette Xano. T’évanouir pour un aussi petit coup, je crois que tu vas devoir rester ici plus longtemps que prévu. »

Elle rigola avant de s’installer contre un pilier à côté du jeune homme. Si il voulait se reposer, tant mieux pour lui mais cela n’allait pas faire avancer les choses. Il se réveilla subitement quelques heures plus tard, poussant un léger cri de douleur en posant une main sur son dos qui le faisait souffrir :

« MERDE ! Ca fait mal ! »

Il venait de crier et pourtant, personne ne lui répondait. Où était-il ? Ah oui… C’est vrai, il était dans un temple paumé et il ne savait pas ce qu’il venait foutre là ! Il se leva avec une petite difficulté avant de regarder autour de lui. Il décida de sortir du temple mais tout était entièrement blanc autour de lui… comme si rien n’existait en ce monde à part ce temple. En tremblant de peur, il tenta de poser un pied sur le sol entièrement blanc en-dehors du temple pour voir si il était possible de marcher ou non. Heureusement pour lui, son pied ne s’enfonça pas dans le sol et il poussa un léger soupir.

« C’est bien beau… mais qu’est-ce que je suis sensé faire moi ? Je dois aller les aider ! Berthra ? Berthra ! »

Il criait maintenant son nom mais personne ne lui répondait. Et zut, c’est vrai qu’il était sorti du temple ! Il revint à l’intérieur, jetant un œil pour voir si elle se trouvait ici. Il poussa un léger soupir désabusé en voyant que Berthra était assise contre un pilier en train de dormir tranquillement et paisiblement comme si rien ne pouvait la déranger.

« Pfff… A se demander si c’est vraiment une Atout. »

Il s’accroupit devant elle, touchant son nez de son index gauche pour voir si elle dormait d’un sommeil lourd ou non. Le premier constat était qu’elle dormait vraiment comme si rien ne pouvait la déranger. Le second constat était qu’elle avait une poitrine généreuse mais pas aussi énorme qu’il le pensait de la part d’une Ecremeuh : Instinctivement, il s’imaginait les Ecremeuh sous forme sur-évoluée comme des femmes avec beaucoup de chair mais… pas à ça quoi.

« Mais à quoi je pense moi ?! Je ne vais pas tomber maintenant alors que j’ai enduré tout ça pendant plusieurs semaines. Je ne te dis même pas l’anniversaire foireux que j’ai eut pour mes dix-huit ans. Limite si je l’ai gâché à cause du fait que je n’acceptais pas les … cadeaux de la part d’Oriane et des autres. »

« Je peux savoir à qui tu parles ? »

« AH ! »

Il tomba en arrière alors que les yeux bleus de Berthra s’étaient ouverts devant lui. Elle était réveillée depuis quand ?! Elle avait observé le doigt posé sur son nez mais n’avait pas réagie pour le laisser faire. Elle s’était demandée à quoi il pensait avec ce petit geste mais elle n’avait rien dit. Il tenta de se relever en gémissant un peu de douleur alors qu’elle lui tendait une main gantée de noir.

« Mer AHHH ! »

Il fut envoyé dans les airs par Berthra alors qu’il ne comprenait pas ce qui se passait : Elle était quoi au final ?! Une ennemie ou une amie ?! Finalement, il n’avait pas le temps de réfléchir à la question puisque le sol arrivait à toute allure devant ses yeux. Il fut rattrapé par la poigne puissante de l’Atout qui colla le jeune homme contre elle tout en lui disant :

« Xano, je t’ai déjà dit d’arrêter de croire que je suis ton amie ou ton ennemie. Est-ce que tu veux bien te rentrer ça dans le crâne ? Sinon, nous allons perdre de plus en plus de temps et ce n’est guère une bonne chose. Tu voudrais vraiment qu’il arrive quelque chose à tes Reines ? Plus de temps tu passeras ici, plus de temps elles seront en danger. »

« Alors fais moi revenir là-bas au lieu de discuter ! »

« Tu préfères donc mourir inutilement plutôt que de perdre quelques jours à t’entraîner avec moi pour être sûr de pouvoir enfin aider tes quatre Reines ? Tu n’as pas compris que tu étais un poids pour elles ? Toujours à avoir besoin d’être protégé. Si tu restes ici, je te promets de te ramener le plus tôt possible… si tu fais de ton mieux bien entendu. Néanmoins… Tu ne devras pas te plaindre et avoir peur de mourir. »

« Tu veux donc me tuer ?! »

« Peut-être que oui… Peut-être que non ? A toi de décider. »

Qu’est-ce qu’elle avait en tête ? Il ne savait pas du tout mais pouvait-il lui faire confiance ? Les souvenirs de l’ancienne Ecremeuh qui venait l’étreindre lui revenaient en mémoire et il se disait qu’elle ne devait pas être mauvaise… Les yeux bleus de Berthra l’observaient avec attention alors qu’elle attendait une réponse de sa part. Finalement, il murmura dans ses bras :

« Je suis… d’accord. Tu peux m’entraîner. De toute façon, tu ne m’aurais pas laissé le choix. »

Chapitre 73 : Retour à Ryoran

Chapitre 73 : Retour à Ryoran

« Xano ? Que s’est-il passé ? »

Il ouvrit faiblement ses yeux vairons pour apercevoir les yeux saphir de Drimali sur lui. Celle-ci lui avait pris la tête pour la poser sur ses genoux. Il observa le ciel rapidement : Le soleil était en train de se lever. Il n’avait même pas le temps de faire une remarque que déjà Drimali prenait la parole :

« Ne t’inquiètes pas, elles dorment encore. Tu veux bien m’expliquer pourquoi je t’ai retrouvé couché sur le sol ? »

« J’avais trop chaud donc j’ai préférais aller dormir dehors. »

« Et tu as la même explication douteuse pour m’expliquer pourquoi tu avais les larmes aux yeux ? »

Aie… Il se releva comme si de rien n’était, frottant ses yeux pour essuyer quelques larmes à nouveau avant de se tourner vers Drimali. La femme d’une vingtaine d’années était assise sur ses genoux, attendant que Xano lui réponde. Celui-ci poussa un léger soupir avant de dire :

« Disons que… Tyrania et moi, nous nous sommes battus. »

« Qui aime bien châtie bien. N’est-ce pas là un proverbe venant des humains ? »

« Malheureusement… Je crois que là, il n’y a plus rien du tout. Je vais préparer le petit déjeuner. »

« Il n’est qu’environ six heures du matin. Elles ne se réveilleront pas avant plusieurs heures. »

« Alors je vais le préparer pour vous. »

Il avait besoin de s’occuper et déjà il s’affairait à faire un petit déjeuner pour Drimali qui préféra ne pas continuer la discussion. Si lui ne voulait rien dire, elle allait devoir parler à Tyrania quand elles seraient seules. Une quinzaine de minutes plus tard, il désigna une assiette à Drimali avant de s’éloigner :

« Je vais me balader un peu. Je crois que j’en ai besoin. »

« Fais comme tu le désires. Reviens seulement dans quelques minutes au moins. Il ne faut pas les inquiéter. »

Qui allait s’inquiéter pour lui au final ? Ses femmes-objets ? Car maintenant, c’est ce qu’il s’imaginait en pensant à Luna, Nelya et les autres. Chaque femme avait été un objet sexuel différent, un objet qu’il changeait suivant ses humeurs. Oriane pour la perversité et les jeux érotiques, Luna pour la candeur et le physique, Nelya pour ses réactions et ses capacités un peu spéciales… Avec l’arrivée de Shymi en plus, ça lui en faisait quatre. Quatre femmes toutes à lui, il devrait être heureux… Vraiment heureux mais bon… Il n’y arrivait pas : Il avait un goût amère dans la bouche. Tandis qu’il s’éloignait à travers les arbres, une ombre sortie de la tente alors que Drimali prononça :

« Bonjour Tyrania, tu es bien matinale. »

« Bonjour… Je ne l’ai pas vu de la nuit. Il a dormi toute la nuit dehors ? »

La jeune femme aux cheveux dorés retira son chapeau blanc, laissant apparaître ses oreilles de renarde. Elle n’arrivait toujours pas à les cacher complètement bien qu’elles avaient légèrement rétréci en deux jours. C’était pareil pour ses neuf queues. Drimali finissait de mettre une bouchée entre ses lèvres, avalant le morceau qu’elle avait dans la bouche avant de lui dire :

« D’après ses dires, vous vous êtes bagarrés tous les deux. »

« Je me suis servie de lui comme d’un sac de frappe. Il n’a pas osé lever la main vers moi et heureusement pour lui, j’aurais été obligée de la lui briser. »

« Pourquoi le lui en veux-tu ? Si tu veux bien en parler. »

« Je n’ai rien à t’expliquer, Drimali. Que tu sois une déesse ne changera rien au fait que tu es la sœur de Shymi et une femme. »

Tyrania se releva alors que Drimali s’était finalement tue pour la laisser parler. Sans un mot, la jeune femme à la robe rouge s’enfonça dans la forêt alors que Drimali haussait un sourcil avant de murmurer :

« Elle… a choisi le même chemin que lui. »

Etait-ce le Destin ? Enfin bon, elle ne devait pas se poser des questions. Elle était capable de connaître son avenir et d’avancer dans la prophétie… jusqu’à un certain point. Elle ne s’était pas permise d’éviter de prévenir Shymi. Sa petite sœur avait besoin de savoir toute la vérité et elle lui avait dit. C’était même là l’une des raisons qui avait poussé la jeune femme aux longs cheveux verts à accompagner sa grande sœur.

Il avait retiré son haut, passant une main sur sa cicatrice sur le torse. Celle-ci ne s’était que très légèrement rétrécie, signe que la malédiction faisait son effet tout en diminuant de pouvoir. Arrivé au bord d’un petit cours d’eau, il s’humecta le visage avant de pousser un petit soupir désolé. Pourquoi c’était toujours aussi compliqué ? Il avait presque envie de demander un conseil à Ryusuke à ce sujet mais il se disait que ce n’était pas la meilleure des choses à faire. Puisque… Tyrania ne voulait plus le voir, il avait décidé de faire ce que jamais il n’aurait pensé imaginé faire un jour : Ceinture pour l’éternité.

« Comment je vais expliquer ça aux femmes, moi ? »

Il soupira à nouveau, toujours aussi confus avant de se relever. Tyrania était devant lui, l’air surprise de le voir en ce lieu. Il la regarda pendant de longues secondes avant de baisser le visage. Quand à elle, elle avait toujours son œil valide et violet fixé devant elle : Elle ne regrettait pas ses paroles car elle le pensait complètement. Si le jeune homme n’était pas capable de se contrôler, alors qu’il dégage, voilà tout. Il passa à côté d’elle très lentement, s’arrêtant à sa hauteur comme si il allait dire quelque chose avant de refermer la bouche. Il renifla légèrement comme un gamin qui avait été puni avant de s’éloigner.

Elle le laisse partir alors qu’elle se penchait à son tour pour s’abreuver comme si de rien n’était. Elle avait simplement entendu l’unique phrase de Xano et s’interrogeait : Qu’est-ce qu’il avait en tête ? Expliquer ça aux femmes ? Mais à quoi elle pensait ?! Elle se jeta de l’eau sur le visage : Elle n’avait pas à lui pardonner son geste ! Il avait clairement abusé sur ce coup et même si… Lui, lui avait toujours tout pardonné, ce n’était pas la même chose !

« XANO ! »

Il était à peine revenu que déjà Luna lui sautait dans les bras pour l’enlacer tendrement. Elle tenta de l’embrasser mais il tourna légèrement son visage au dernier moment, la jeune femme aux franges blanches venant l’embrasser sur la joue avec une légère surprise. Elle allait lui parler et lui demander pourquoi il ne voulait pas de ses baisers mais il passa une main dans les cheveux de Luna avant de lui dire avec un petit sourire :

« Déjà réveillée ? Tu devrais retourner dormir Luna, il n’est que six heures et demie environ. »

« Ce n’est pas la même chose sans toi à mes côtés alors je n’ai plus sommeil. »

« Bon, je vais donc devoir préparer le repas pour vous deux. »

Elle allait lui demander de qui il parlait mais elle remarqua Tyrania qui sortait… du même endroit d’où il provenait ? Elle lança un léger regard inquisiteur à la jeune femme mais celle-ci fit semblant de l’ignorer avant de s’asseoir à côté de Drimali. La déesse mineure des dragons resta parfaitement immobile alors qu’il préparait maintenant le petit-déjeuner pour Tyrania et Luna. Il présenta les deux assiettes aux femmes, Luna le remerciant alors que Tyrania restait muette sans rien dire.

« Tyrania ! Tu pourrais quand même le remercier, non ? C’est la moindre des politesses. »

« La ferme, Luna. Si je n’ai pas envie de parler, je ne parle pas. »

Deux phrases de la part de l’ancienne Feunard et Luna préféra se taire tout de suite. Xano observa les deux Reines avant de poser une main sur son front : Qu’est-ce qu’il devait faire au final ? Vu le comportement de Tyrania, il n’avait pas besoin de se forcer pour elle mais… Non, il n’y avait rien à faire, il n’avait pas vraiment le choix. Mais si, il avait le choix ! IL AVAIT LE CHOIX !

Les femmes et les pokémons se réveillaient les uns après les autres et déjà il était aux fourneaux si on pouvait dire ça. Il préparait les petits-déjeuners les uns après les autres alors qu’il observait Shymi et ses quatre Reines d’un regard soucieux. Il avait esquivé chacun des baisers devant les yeux des autres : Que ça soit d’abord Luna, puis Shymi et Oriane, aucune d’entre elles n’avait réussi à l’embrasser. Rapidement, elles se concertaient alors que Nelya restait en retrait, visiblement peu soucieuse du fait que Xano ne l’embrassait pas et inversement. Ce n’était pas la fin du monde.

« Qu’est-ce qui se passe avec lui ? Il y a un problème ? »

« Quand je me suis réveillée, Tyrania sortait du même endroit que lui. Vous croyez que… »

« Ce n’est pas possible. Pas avec elle. Elle semble vraiment très énervée et distante depuis que je suis là. Je pense qu’elle est jalouse. »

« Hého, Shymi. Tu n’es pas le centre du monde mais c’est vrai que c’est un peu gênant. Qu’est-ce qui s’est passé avec lui ? Car lui aussi semble assez distant. Je n’ai même pas réussi à l’embrasser. Et vous ? »

« Pareil ! »

Luna et Shymi s’écriaient en même temps alors qu’elles s’étaient réunies toutes les trois dans un coin pour parler de Xano. Bon… Si les baisers ne marchaient pas, alors elles allaient un peu le réchauffer durant les nuits qui allaient suivre. Les trois femmes hochèrent la tête avant de se serrer la main : Travailler de concert pour rendre le jeune homme aux cheveux blancs heureux, ce n’était pas une si mauvaise idée !

Les journées s’écoulaient et c’était une véritable torture physique pour Xano. Il n’avait même plus la possibilité de dormir paisiblement ou de rester seul : A chaque fois qu’il espérait avoir un peu de calme de son côté, Luna, Oriane ou Shymi apparaissait comme par magie pour venir lui poser des questions absurdes comme si leurs poitrines étaient trop grosses, si il préférait le blanc ou le noir, la dentelle ou la soie… Et ce n’était franchement guère mieux quand elles mettaient en avant leurs atouts en prétextant qu’il faisait trop chaud ou qu’elles avaient besoin de se rafraîchir. Alors qu’ils n’étaient plus qu’à une centaine de kilomètres de Ryoran, ce qui allait prendre encore une ou deux journées, il était visiblement exténué mais Tyrania ne lui posait aucune question, se demandant simplement à quoi il s’amusait avec les trois femmes. Elle avait remarqué que quelques fois, il quittait la tente dans la nuit alors qu’elles dormaient toutes. Il n’était jamais accompagné mais elle entendait quelques bruits sourds accompagnés d’un soupir. Elle savait bien ce qu’il était en train de faire : Cette chose répugnante avec sa veuve poignet. Lors de la dernière journée avant d’arriver à Ryoran et alors qu’il revenait dans la tente après avoir fait son affaire, elle lui murmura :

« Tu veux bien m’expliquer ce que tu fous ? Tu n’as que ça à faire de te bran… »

« Je croyais que tu ne voulais plus m’adresser la parole. Bonne nuit. »

Dieu qu’il avait honte de faire une telle chose : A force de coucher trop souvent avec Oriane et les autres, il était devenu dépendant de cette drogue que l’on appelait sexe et il devait s’occuper de lui-même bien plus souvent qu’il ne le pensait. Il tentait bien de calmer le jeu en ne le faisant qu’une fois par jour ou deux mais en toute discrétion mais visiblement, il n’était pas très doué. Tyrania grogna légèrement avant de murmurer :

« Toute façon, j’en ai rien à faire, voilà tout. »

Qu’est-ce qui était en train de se passer avec lui ?! Depuis quinze jours, il se passait des choses bizarres ! Oriane, Luna et Shymi n’arrêtaient pas de tourner autour de Xano tout en le draguant pour essayer de l’amadouer mais il ne répondait à AUCUNE de leurs tentatives. Elle n’avait même pas vu un seul baiser de sa part envers elles. Il évitait soigneusement le moindre geste déplacé de la part des trois femmes et elles avaient même essayer de l’amadouer en faisant les yeux doux ou en sanglotant. Sa seule réponse avait été de leur caresser les cheveux et de leur demander de lui pardonner. Elle n’avait même pas osé interroger Nelya ou Drimali sur le comportement des quatre personnes, voulant garder son image qu’elle avait acquise durant ces quinze jours. Les pokémons de Shymi et Drimali ne parlaient guère souvent ou alors entre eux, leurs sujets semblants être très différents des leurs. Elle avait l’impression que tout venait de se chambouler et que c’était en majeure partie de sa faute. Finalement, ils allaient enfin arriver à Ryoran et Xano avait pris les commandes :

« Normalement… Je dis bien normalement, nous devrions d’abord nous rendre en direction de la maison où se trouve Madame Ira…. Euh non… Pastia Ira. Si vous voulez bien me suivre, nous n’en sommes pas très loin puisqu’elle habitait en-dehors de la ville à plusieurs kilomètres. »

« Nous te suivons, Xano. De toute façon, tu es le seul qui sait où on doit se rendre. »

Drimali avait pris la parole alors que les autres femmes s’étaient tues. Toutes semblaient soucieuses sauf Nelya qui restait toujours et égale à elle-même : D’une parfait neutralité, elle avait observé les évènements de l’extérieur et en avait tiré les conclusions qu’elle s’imaginait être véridiques. Maintenant, ce n’était pas là son problème et elle n’avait pas à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Après une trentaine de minutes, Tyrania prit soudainement la parole en murmurant :

« Il y a une drôle d’odeur… Une odeur de chair en putréfaction. »

« C’est vrai. Je confirme… Et ça pique les yeux. »

Oriane avait quelques larmes aux yeux alors qu’ils continuaient d’avancer jusqu’à arriver à un spectacle fort désagréable. A la place de la magnifique ferme de madame Ira se trouvait un cimetière avec quelques tombes et une sorte de vieille bicoque à l’autre bout du cimetière. Ils pénétrèrent à l’intérieur et instinctivement, Drimali et Shymi sursautèrent très légèrement. Les deux femmes avaient tout de suite compris ce qui venait de se passer.

« Xano. Nous venons d’entrer dans une dimension. »

« Je l’ai remarqué, Drimali. Je l’ai remarqué. A force de pénétrer dans diverses dimensions, j’ai appris à savoir quand je pénétrais à l’intérieur ou non. Ta dimension, celle de votre père, celle de la reine Teli et celle de Shymi, ça en fait quatre. Maintenant cinq… Mais celle-ci est de loin la moins accueillante. Restons groupés si vous le voulez bien. »

Les pokémons n’avaient rien à redire à cette demande et c’était bien normal. Vu l’aspect de cette dimension, c’était tout trouvé qu’ils n’allaient pas se séparer. Marchant à travers les tombes, Nelya tentait de les déchiffrer mais il n’y avait rien d’écrit sur ces dernières. Un petit ricanement, une voix lugubre venue de nulle part et Luna se colla contre Xano, morte de peur. Vue que ce n’était pas une tentative de drague de la part de l’ancienne Apireine, il la laissa faire avant de continuer le chemin.

« Restez en arrière. Je vais voir ce que contient cette bicoque. »

« Fais attention s’il te plaît. »

« Prend garde. Tu ne veux vraiment pas que quelqu’un t’accompagne ? »

« Si c’est un piège, il vaut mieux que je sois seul. »

Shymi et Luna restaient néanmoins inquiètes et peu confiantes surtout après ce que Xano venait de dire mais il avait totalement raison. A l’intérieur de la bicoque qui ne comportait qu’une seule pièce, il y avait un lit sur sa gauche, des draps très fins et sales se trouvant dessus. Juste au-dessous de la fenêtre était positionné un bureau avec des feuilles de papier. Un court instant, il avait presque vu une personne en train d’écrire mais après s’être frotté les yeux, il remarqua que ce n’était qu’une simple hallucination de sa part. Il s’approcha des feuilles de papier, remarquant qu’elles provenaient toutes d’un journal intime. Il prit la première, celle qui semblait être la plus ancienne à cause des pages jaunies :

Mercredi :

« Ils sont morts… Ils sont morts tous les quatre. Ils sont vraiment morts… La vieille femme me l’a signalé. Elle me l’a dit… Ils sont morts sous la torture…. Mais qu’est-ce qu’ils avaient fait ? Rien… Elle m’a dit qu’ils n’avaient rien fait… Simplement, ils existent des personnes comme ça qui aiment faire souffrir les autres. Heureusement… Ils sont toujours là, toujours près de moi. Cette vieille femme m’a signalé que c’était mon pouvoir, que j’étais capable d’utiliser cet endroit rien que pour moi. »

Il prit une seconde page, puis une troisième et ainsi de suite. Tout ne parlait que de mort et de ténèbres. Sur certaines d’entre elles, la personne définissait un homme aux cheveux blonds et à la mèche noir, responsable du malheur qui s’était abattu sur lui. La vieille femme lui avait signalé qu’il était le Valet du Désespoir, qu’il devait se nourrir de ce dernier pour en retirer toute sa puissance, qu’avec ces pouvoirs, ses pokémons deviendraient bien plus puissants et forts. Ces pokémons allaient même devenir des humains et lui conférer des pouvoirs démentiels. Un cri strident résonna à ses oreilles et il sortit rapidement de la bicoque : Ce cri provenait de Luna et déjà, il criait lui-même :

« Qu’est-ce qu’il y a ?! Qu’est-ce qu’il y a ?! »

« XANOOOOOOOOO ! Y a des morts-vivants qui sortent des tombes ! »

Hein que quoi ?! Qu’est-ce qu’elle disait ?! Mais le pire était qu’elle avait raison ! Des nombreuses créatures sortaient des tombes, des sortes de moutons zombies ?! Ca aurait été ridicule… si ils ne produisaient pas de l’électricité. Mais le pire était à venir puisque de nombreux meuglements résonnèrent dans le cimetière :

« Je nage… en pleine science-fiction. Ce n’est pas possible autrement. »

« Ils sont bien réels, Xano. J’ai essayé d’en repousser un qui s’approchait de nous, il a volé en éclats. Cela ne sera pas très difficile de les battre si tu veux mon avis. »

« Oui mais restez sur vos gardes. Les pokémons de Shymi et Drimali, restez avec elles. On se sépare en deux groupes et on tente de se barrer de cette dimension. »

« Vous ne pourrez pas en sortir sans mon autorisation. C’est ce qu’elle m’a dit. »

Un jeune homme portant une robe cape violette et un chapeau de magicien de même couleur était assis sur l’une des tombes, des zombies autour de lui alors qu’il jouait avec une pokéball en la lançant au-dessus de sa main :

« Le Valet du Désespoir. Cet endroit est ma dimension madame Ira m’a signalé que je pouvais utiliser ses quelques créatures venues d’outre-tombe pour vous emmener dans les vôtres. Tu es Xano, n’est-ce pas ? Tu as laissé pousser tes cheveux ? Cela te donne un drôle d’allure mais à ce que je vois, ta vie a bien mieux réussi que la mienne. Entouré de toutes ces femmes… Enfin bon… C’est triste de devoir déjà se quitter. Occupez vous de lui et de ses compagnes. »

Il claqua des doigts de sa main libre avant d’observer ses nombreux moutons squelettes et électriques qui fonçaient vers le groupe. Foncer, c’était beaucoup dire. Ils se déplaçaient à la vitesse d’un mort-vivant, c’est-à-dire d’une façon très lente et nonchalante même pour des créatures de leurs genres. Tyrania fit apparaître un souffle de feu, balayant la première partie qui était à sa portée alors que Xano murmurait :

« Ce sont… les pokémons de la ferme. Il devrait y avoir d’autres… »

Il n’avait même pas le temps de terminer sa phrase que déjà d’autres meuglements se faisaient entendre, la terre tremblante sous quelques tombes avant de faire sortir…des vaches zombies qui se tenaient sur deux pattes ?! Ce n’était pas possible. Il était en train d’halluciner. Une armée de Wattouats et d’Ecremeuhs devant ses yeux ? Et ils étaient tous morts ?! Shymi et Drimali donnèrent quelques indications à leurs pokémons alors que les quatre Reines de Xano se positionnèrent autour de lui :

« Ca ne devrait pas être si difficile de s’occuper d’eux. Oriane et Luna, vous vous occupez de ceux qui sont derrière Xano. Nelya, tu peux te mettre en hauteur et utiliser tes pouvoirs psychiques pour les repousser ? Ils ne doivent pas être très costauds. Quand à moi, je reste près de Xano pour le protéger. »

Elles hochèrent la tête alors que déjà chacune s’éloignait à son poste. Tyrania colla son dos contre celui de Xano avant de créer un puissant halo de feu autour d’elle et lui, empêchant quiconque de s’approcher des deux personnes. Pour lui et la jeune femme aux cheveux dorés, la chaleur provoquée par les flammes n’existait pas mais pour leurs adversaires…Il aurait bien aimé lui demander si il pouvait s’adresser à elle mais il préférait se taire : Drimali lui avait un peu expliqué comment utiliser ses pouvoirs mais ils devaient se déclencher et ça… C’était plus facile à dire qu’à faire. L’armée des nombreux zombies ne mit guère de temps à tomber en morceaux alors que le jeune homme à la cape violette claquait des doigts. Un nouveau meuglement se fit entendre, bien plus prononcé et puissant qu’auparavant. Un meuglement qu’il reconnaissait facilement :

« Ber…thra ? »

« C’est le nom de cette Ecremeuh ? Madame Ira m’a signalé que c’était l’un de ses pokémons dans le passé. Très puissant, il est entouré d’une sacrée dose d’énergie et est capable de briser n’importe quel pokémon, qu’importent sa résistance et sa puissance. Donc… Ramène toi Berthra. »

« Bonjour, Xano. »

La terre se fissura à une quinzaine de mètres du groupe, laissant apparaître une jeune femme aux cheveux roses mais habillée d’un haut vert et noir ainsi que d’un pantalon de mêmes couleurs. Elle avait une longue queue qui se terminait par une sphère de couleur noire et des yeux bleus qui brillaient dans le noir. Simplement pour signaler son ancienne forme, elle portait une ceinture avec des pis au niveau de son ventre et une clochette autour du cou. Elle regardait le jeune homme avec un sourire aux lèvres :

« Cela faisait très longtemps, n’est-ce pas ? Désolée d’avoir joué la comédie quand j’étais avec toi mais je n’avais guère le choix. A part le Valet du Désespoir, je suis l’unique être vivante. Je suis une ancienne Ecremeuh depuis fort longtemps. J’ai cette forme humaine grâce à ma seule volonté et à mon travail. Tu veux savoir ce que je suis ? Une création du Dieu Originel. Je n’ai pas de maître à part lui. Je vais et je viens où je le veux. J’ai vécu dans ce monde depuis des millénaires. Tu veux bien me montrer ce que tu vaux, Joker Blanc ? Je suis l’un des 21 Atouts de ce monde. Quand à mon chiffre ? Je te le dirais… peut-être. »

Visiblement, le Valet du Désespoir n’avait pas prévu que Berthra face son apparition de cette façon et surtout qu’elle s’adresse à Xano comme ça. Un Atout, de quoi elle voulait parler ? Ce n’était pas ce que Madame Ira avait dit pourtant !

Chapitre 72 : Rejet

Chapitre 72 : Rejet

« Xano, avant toute chose… »

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a, Shymi ? »

Il ne savait pas pourquoi mais il avait cette désagréable impression de tromper ses quatre Reines avec la jeune femme aux longs cheveux verts. Entre elles, il ne s’était jamais posé de questions mais là, quand il s’agissait de Shymi, il avait vraiment un peu le trac. Il avait déjà relevé légèrement la robe blanche de la jeune femme pour voir qu’elle portait une culotte en dentelle verte et légèrement translucide.

« Je tiens à te dire qu’en tant que Déesse, je peux décider d’être enceinte dès la première fois ou non. Ainsi, pendant l’acte, si je le désire, je peux avoir ton enfant. Je pense qu’il vaut mieux pour moi de te prévenir plutôt que de te laisser dans l’embarras. »

« Heu… Heu… J’ai… J’ai déjà dit à Nelya que je trouve que ce n’est pas le moment pour avoir un enfant alors si tu pouvais… »

« Je comprend… Ne t’inquiète pas, je te promet de ne pas avoir ton enfant avant que tout soit terminé. D’accord ? Lorsque tout sera terminé, nous pourrons nous aimer à nouveau ? »

Il hocha la tête d’un air positif alors qu’elle s’affairait à lui retirer son pantalon pour le laisser seulement en caleçon gris. Visiblement, lui aussi avait bien grandi depuis toutes ces années. Elle poussa un petit rire alors qu’il lui demandait de l’aider à retirer sa robe. Elle leva ses deux mains pour qu’il puisse finalement enlever le morceau de tissu blanc, laissant apparaître l’imposante poitrine aux yeux de Xano. Mon dieu… Qu’elle était grande ! Encore plus grande que celle de Luna. C’en était même presque exagéré. Il était déjà rapidement excité et Shymi l’avait remarqué, massant son caleçon avec délectation :

« Xano ? C’est pour moi tout ça ? »

« Oui. Tout mon corps n’est rien qu’à toi pour cette nuit. »

« Je suis vraiment gâtée ! »

Elle rigola à nouveau alors qu’il se laissait enivrer par ses caresses. Elle était vraiment très experte dans ces gestes et il se demandait si elle n’équivalait pas Oriane sur ces nombreuses techniques. Un physique aussi beau que celui de Luna, des techniques aussi douées que celles d’Oriane, il se demandait si il ne couchait pas avec les trois femmes en même temps. Il manquait plus qu’il ne trouve qu’une petite partie de Nelya en elle et il aurait le trio en une seule personne. Il se retrouva subitement sans caleçon alors qu’elle retirait son dernier habit. Elle avait empoigné son sexe pour ramener le jeune homme vers elle et la coucher sur sa poitrine. Elle lui murmura dans l’oreille :

« Xano… Je dois te dire autre chose. »

« Qu…Qu’est-ce qu’il y a encore, Shymi ? »

« Tu dois savoir que… Même si ça ne parait pas si évident que ça, ma grande sœur est le Valet de la Connaissance. Elle sait des choses sur l’avenir et bon nombre d’autres sujets. Si tu as une question à lui poser, tu pourras lui demander. Je crois que si tu es capable de faire sur-évoluer un pokémon, tu pourras obtenir ces pouvoirs. Est-ce que je me trompe ? »

Il répondit par l’affirmatif, ne comprenant pas où elle voulait en venir. Est-ce qu’elle voulait vraiment le faire avec lui ou discuter ? Il n’aimait pas les sensations qui le tiraillaient au niveau de son cœur mais pourtant : Shymi était très mignonne, très belle, elle l’aimait et il l’aimait ! Il n’avait aucun regret à faire ça ! Aucun, n’est-ce pas ? Ce n’est pas comme si il devait d’être fidèle à une personne.

« Sinon… Je suis le Valet de l’Amour. Est-ce que tu en veux une preuve ? »

« Bien entendu. Je me demande pourquoi tu l’es. »

« Car je dois donner de l’Amour au Joker Blanc. Je dois le rendre heureux et me donner entièrement à lui. Xano, viens s’il te plaît. »

Elle alla l’embrasser alors qu’il se demandait si elle lui mentait ou non. Elle prenait sa tête entre ses deux mains pour l’embrasser alors que celles de Xano étaient posées sur ses formes généreuses, les caressant pour durcir les deux mamelons. Elle poussait des petits gémissements plaintifs alors qu’elle sanglotait à moitié : Vraiment, c’était si bon… Si spécial et dire qu’elle avait attendu toutes ces années pour ça. Lentement, elle ouvrait ses cuisses pour lui permettre de venir en elle alors qu’elle lui murmurait :

« Sois doux, d’accord ? Avant d’être une Déesse… Je suis une femme. »

« Je le sais très bien et ne t’inquiète pas pour ça. Je ferais de mon mieux pour te rendre heureuse et inversement, c’est bien ça ? »

Elle avait quelques larmes aux yeux alors qu’il rentrait en elle avec délicatesse. C’était complètement différent d’Oriane ou Luna. Il avait l’impression d’avoir finalement trouvé sa place dans le monde alors qu’il donnait plusieurs coups en elle. C’était presque pareil qu’avec Nelya, cette impression de se sentir enfin chez soi.

« Xano… XANO… XANO ! »

Elle ne se retenait pas de crier comme une furie, sachant pertinemment que personne ne pouvait rentrer en ce lieu. Les cris de Shymi donnaient de la vigueur au jeune homme alors qu’il la pénétrait maintenant avec vitesse, de nombreuses fleurs se déracinant à chaque fois qu’il exprimait son amour envers cette jeune femme qui avait été la première fille qu’il connaissait à Ryoran. Sans comprendre ce qui venait de se passer, il poussa subitement un râle avant de jouir en elle.

« Heu… Heu… Heu… Mais mais mais… »

Attend, ce n’était pas possible. Il ne venait quand même pas d’être… précoce ?! Il fit une mine déconfite à Shymi mais celle-ci souriait avec affection. Elle aussi semblait être au paradis d’après ce qu’il pouvait remarquer au niveau de son entrejambe : Cela n’avait duré qu’une quinzaine de minutes tout au plus.

« Je… Je… Je suis désolé, Shymi. D’habitude, je suis… »

« De quoi ? Désolé d’être resté en moi ? »

Elle le prit dans ses bras, le collant contre elle sans qu’il ne se retire. Elle roulait dans le champ de fleurs avec le jeune homme dans ses bras. Son enlacement était particulier : Il ressentait tout le corps de la jeune femme contre lui mais plus encore : Il ressentait tout l’amour qu’elle avait pour lui. Un amour d’une déesse envers un homme, d’une femme envers un homme, d’une fille envers un garçon. Elle avait cultivé les fleurs de ses sentiments pendant toutes ces années pour lui mais il se sentait honteux d’avoir été aussi rapide :

« Shymi. Si tu veux… Nous pouvons recommencer. Je te promets de faire bien mieux. J’ai été pathétique sur ce coup. »

« Il vaut mieux ne le faire qu’une fois pour l’instant. Xano, j’ai été très heureuse de te connaître, tu le sais ? »

« Mais moi aussi. »

Il alla l’embrasser alors qu’il se retirait de son corps. Si elle ne voulait le faire qu’une fois, soit… Il ne pouvait rien dire. Mais quand même, il aurait aimé découvrir son corps un peu plus longtemps. Ils se rhabillèrent alors qu’elle lui prenait la main :

« Nous allons devoir retourner près des autres. Je suis exténuée. »

« Shymi… Pour le Valet… Tu ne plaisantais pas, hein ? »

« Hein ? Mais non. Je suis bien le Valet de l’Amour et ma grande sœur Drimali est celui de la Connaissance. Tu pourras lui poser tes questions demain. Je pense que tout le monde dort en ce moment. Je suis exténuée ! »

« Mais nous ne l’avons fait qu’une fois. »

« Il n’y a pas besoin de le faire une dizaine de fois pour se sentir fatiguée. Bonne nuit Xano… et encore merci d’avoir accepté de le faire avec la femme pourrie gâtée que je suis. »

Elle déposa un petit baiser sur sa joue tout en souriant. L’entendre dire cela l’avait légèrement choqué mais il ne préférait rien laisser paraître. Lentement, le décor changea alors qu’ils se retrouvaient près du campement mais à une distance telle que personne ne pouvait les remarquer. Shymi quitta la main de Xano en le regardant de ses yeux verts avant de retourner dans la tente. Quand à lui, il se posa dos contre un arbre avant de s’asseoir. C’est vrai qu’il était aussi très fatigué. A l’intérieur de la tente, Shymi se coucha près de sa sœur alors que celle-ci avait les yeux ouverts :

« Alors, Shymi ? Est-ce… »

« Oui grande sœur mais… J’ai décidé de le garder, qu’importe ce que tu m’as dit. »

« Libre à toi. Je ne veux pas que tu sois malheureuse. Tu es sûre de ton choix ? »

« Je pourrais me dire au moins qu’un jour, il m’a aimé. Qu’un jour, il a bien voulu de moi et que sa graine est dans mon corps. Qu’importe ce qui… »

Shymi sanglota légèrement alors que les mains de sa grande sœur se posaient sur son dos. Drimali enlaça sa petite sœur avec affection alors que celle-ci se mettait à pleurer. Elles ne pouvaient rien contre ça, si tout avait été décidé, alors il valait mieux l’accepter. Dire qu’elle aurait put se taire et ne rien dire… Mais non, Shymi était sa petite sœur malgré le fait qu’elles n’aient pas les mêmes mères. Les deux déesses s’endormirent l’une contre l’autre alors que l’unique œil de Tyrania était ouvert sur le côté. Elle avait tout entendu, tout remarqué mais restait là sans rien dire.

Le lendemain matin, tout le monde se leva de bonne heure et Xano remarqua ses provisions : Avec la troupe qui s’était multipliée par deux, il était grand temps de faire plusieurs achats car ils n’allaient même pas tenir une semaine avec ce qu’ils avaient actuellement. Il prépara le repas sans rien dire, saluant toutes les personnes. Drimali le complimenta sur sa cuisine, lui signalant qu’elle lui rappelait étrangement celle d’une autre personne. Il rigola légèrement avant de lui dire :

« Normal ! C’est ta petite sœur qui m’a tout appris il y a quelques années. Même si entre temps, je me suis amélioré, j’ai toujours les mêmes bases qu’elle. »

« Et bien… Je vois que tu dois être quelqu’un de spécial. Elle ne cuisine que très rarement et quand ça lui plaît. »

« Grande sœur ! Ne dit pas ça devant les autres ! »

Drimali souriait à Shymi alors que celle-ci lui rendait son sourire. Les autres personnes rigolèrent légèrement sauf Tyrania alors que Xano trouvait ça étrange que Drimali et Shymi soient aussi complices. C’est vrai que la dernière fois remontait à plusieurs années, mais il se souvenait qu’elles ne s’aimaient pas particulièrement. C’est fou ce que les années pouvaient changer chez les personnes et leurs relations. Drimali prit la parole :

« Combien de temps penses-tu qu’il nous faudra pour atteindre Ryoran ? »

« Nous pourrions utiliser nos pokémons pour nous déplacer plus rapidement mais cela va assez les fatiguer. Quand à moi, je grimperais sur le dos de Nelya. Pour Tyrania, je pense qu’elle pourrait être portée par Oriane. Pour vous, je vous verrais bien sur le dos de Malasa et quand à Shymi, elle pourrait être portée par Luna. Mais je vous avoue que ça ne m’enchante pas vraiment : Cela va tous nous fatiguer un peu trop et est-ce que ça presse ? »

« Plus le temps passera, plus Riza pourra se préparer mais je pense qu’il vaut mieux marcher aussi. Nous ne pouvons pas laisser en arrière les autres. »

« Alors, c’est décidé ! On va trouver une ville et faire quelques courses ! Ensuite, nous nous mettrons en route vers Ryoran. Mademoiselle Drimali, il faudra que l’on discute au sujet de quelque chose. »

« Tes pouvoirs d’humain sur-évolué ? Quand tu veux mais je tiens à te prévenir : Je ne pourrais pas t’aider à les faire apparaître et à les utiliser. »

« Ca ne fait rien, tant que tu peux m’expliquer quelques petits trucs, que j’évite de servir à rien pendant les prochains combats, ça serait pas plus mal. »

« Alors nous pourrons parler quand tu le veux. »

Il s’inclina pour la remercier avant de s’approcher de Tyrania pour lui tendre une assiette. Il lui demanda si elle avait bien dormi mais elle répondit par la négative sur un ton presque agressif. Il préféra ne pas lui poser d’autres questions, se demandant ce qui se passait. Enfin bon, ce n’était pas l’heure de s’interroger et le reste de la journée se déroula dans une ville qui était proche : Acheter une seconde tente aussi grande que la première, faire des provisions pour une semaine et douze personnes, et toutes ces petites choses.

« Xano, quand même… Tu ne trouves pas que toutes les personnes nous regardent ? »

« Hum… »

Il tourna son visage autour de lui : C’est vrai que la majorité des regards se portaient sur eux mais bon, il savait bien pourquoi ils le regardaient. Il était l’unique homme parmi six femmes plus resplendissantes les unes que les autres dont deux assez spéciales : Une paire de neuf queues de renarde qui bougeaient toutes seules et une avec des petites ailes blanches au-dessus des oreilles. Ni Drimali, ni Tyrania ne semblaient pas remarquées les regards et il soupira légèrement avant de dire :

« Disons simplement que nous sommes douze dont quatre pokémons qui nous suivent, on ne passe pas inaperçus. »

« Ah bon, si tu le dis. Je n’ai plus l’habitude de voyager parmi les humains. »

« Si tu commences à les appeler humains, tu vas encore plus attirer l’attention Shymi. »

Elle murmura un petit désolé avant de lui prendre le bras gauche. Elle l’observa et remarqua qu’il avait bien grandi depuis toutes ces années. Nelya était la plus grande, ensuite venait Drimali puis lui. Tyrania faisait la taille de Xano mais les autres femmes étaient un peu plus petites que lui. Enfin, rien de bien grave. La journée se déroula sans accrocs et ils étaient déjà repartis de la ville alors qu’ils se dirigeaient vers Ryoran.

« Deux à trois semaines, je dirais Drimali. En calculant notre rapport de kilomètres par jour, je pense que nous y serons dans ces délais. »

Il avait dit cela alors que la nuit était retombée pour la seconde fois sur le groupe. Voilà que la seconde journée allait se terminer mais cette fois-ci, une seconde tente avait fait son apparition. Beaucoup de secondes choses en quelques secondes. Il rigola pour lui-même devant le regard étonné des personnes, certaines lui demandant ce qui se passait. Il préféra ne pas s’expliquer alors qu’ils finissaient le repas. Cette fois-ci, Shymi et Drimali dormaient ensembles avec leurs pokémons autour d’elles alors que Xano dormait avec les quatre femmes près de lui. Moins d’une demie-heure après que tout le monde soit endormi, deux doigts lui pincèrent le bras, lui arrachant un petit cri de douleur :

« Aie ! Mais qu’est-ce… »

« Xano ? »

« Tyrania ? Il y a un problème ? Si tu n’arrives pas à dormir, tu peux te coller contre moi. »

« Tu l’as fait, n’est-ce pas ? »

« De quoi tu veux parler ? Qu’est-ce que j’ai fais ? »

Elle se releva dans la tente, lui faisant un petit geste pour lui dire de se lever lui aussi. Ils sortirent de la tente en évitant soigneusement de réveiller Luna, Nelya et Oriane. Depuis qu’elle était devenue une humaine, l’ancienne Xatu au pelage bleu n’avait aucun mal à s’endormir chaque nuit. Ils s’éloignèrent d’une vingtaine de mètres alors qu’elle s’adressait à lui, sur un ton légèrement énervé :

« Ne fais pas l’innocent ! Tu sais bien de quoi je veux parler. »

« Non, sincèrement, je n’arrive pas à voir… »

« Toi et Shymi ! »

« Oups… »

C’était le seul mot qu’il avait réussi à décrocher après ce que Tyrania venait de dire. Ainsi, elle était au courant ? Est-ce que… Shymi lui avait dit ? Non… Les deux ne s’étaient pas approchées de toute la journée, il en était sûr. Tyrania transforma sa main droite en griffe avant de s’approcher de lui, collant la griffe contre la joue de Xano :

« Répond ! Tu l’as bien fait, non ?! »

« Je… Oui, je l’ai fait. Mais en quoi ça te concerne ? Je croyais que tu étais d’accord ! »

« Imbécile ! Tu crois vraiment tout ce que je te dis ?! Même si je suis l’une de tes quatre Reines, je… non rien. Dès l’instant où une femme te dit qu’elle te trouve à son goût, tu vas coucher avec ?! »

« Non mais… C’était Shymi quand même. »

« Qu’elle s’appelle Shymi ou je ne sais qui, ça ne change rien ! Est-ce que tu n’arrêtes pas de penser avec ton sexe ?! C’est lui qui te contrôle ou quoi ?! Répond moi au lieu de me regarder d’un air abruti ! »

« Mais pourquoi tu cries ?! Je ne l’ai fait qu’une fois avec elle ! Je ne vois pas de raison de s’énerver pour si peu ! »

« Mais tu COMPRENDS RIEN BORDEL ! Est-ce que ça t’arrive de réfléchir un tant soit peu ?! Tu ne penses qu’à baiser ma parole ?! »

« Mais tu vas arrêter de gueuler ?! Tu veux réveiller tout le monde ou quoi ?! »

Il lui empoigna le bras droit, la griffe de Tyrania redevenant une simple main de femme. Elle retira son bras avec dégoût alors qu’elle fermait son œil violet. Elle recula légèrement avant de lui dire :

« Je gueule si je le veux, d’accord ? Tu es vraiment un arriéré dès qu’il s’agit des sentiments ! Tu ne pourrais pas te décider un jour ?! »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Laisse tomber, t’es vraiment pas fini comme mec ! Je me demande pourquoi j’espère encore quelque chose de ta part ! »

« Vraiment, j’arrive pas à te cerner. Où est le problème ? J’ai déjà couché avec Oriane, Nelya et Luna. Alors en quoi ça te dérange que ça soit Shymi ? Vous n’allez quand même pas parier pour savoir qui couchera avec moi la première ?! »

Non mais… QUEL CULOT ! Elle sortie rapidement un papier violet, récitant quelques psaumes avant de le coller sur la paume de sa main droite. Elle fit de même avec sa main gauche avant de venir le frapper en plein ventre, avec son poing droit.

« Une petite malédiction de ma part : Je ne pourrais jamais te blesser avec mes poings mais tu vas souffrir, espèce de CONNARD ! »

Le nombre des coups qu’elle donnait à la minute dépassait tout entendement alors qu’il se retrouvait rapidement à genoux, une forte envie de vomir lui prenant sans pourtant arriver à recracher ses tripes. Malgré les centaines de coups de poing, il ne paraissait pas blessé outre mesure mais qu’il avait mal, très MAL ! Les coups de Tyrania le frappaient de l’intérieur et il ne se rappelait que trop bien les nombreuses morsures qu’elle lui donnait auparavant. Il regrettait presque sa forme pokémon.

« Mais merde ! C’est si difficile de comprendre mon cœur ?! T’AS AUTANT DE MAL QUE CA OU QUOI ?! »

« De… quoi tu veux parler ? Arrête ! Je ne t’ai rien fait ! »

« Justement ! Tu ne m’as rien fait ! Rien du tout ! Hier encore, tu étais prêt à m’embrasser ! Hier encore, tu m’as pris dans tes bras en me protégeant de Shymi ! Hier encore, j’avais l’impression d’être unique à tes yeux ! Mais toi, t’es le roi des CONS ! »

Elle s’arrêta finalement tout en retenant ses larmes : Il était plié en deux sous la douleur alors qu’il n’avait aucune marque. C’était donc ça ce qu’il avait ressenti hier avec Shymi ? Du remord de rendre malheureuse Tyrania ? Celle-ci retira les deux papiers violets sur ses mains avant de lui dire d’une voix triste :

« Puisque tu n’es pas capable de cerner tes sentiments et les miens, ne m’adresse plus la parole, n’esquisse même pas un geste envers moi et évite même de poser ton regard sur ma personne. Retourne donc coucher avec tes Reines et ta Déesse mais pour ma part, tu es mort et tu as disparu de ma vie. »

Elle passa à côté de lui comme si il n’existait pas, se dirigeant dans la tente alors qu’il restait avachi sur le sol. Les paroles de Tyrania avaient eut raison de lui. Qu’importe le nombre de coups qu’elle lui avait donné, c’était bel et bien les dernières paroles de la jeune femme aux cheveux dorés qui venaient de l’achever. Il resta allongé sur le sol, ses yeux vairons complètement vides : Faire un trait sur cet amour. Il l’avait bien mérité car justement il ne valait pas celui de Tyrania, cette Goupix qu’il avait connu il y a six ans. Son cœur saignait, il le sentait. Qu’importent ses disputes avec les autres Reines ou Shymi, c’était avec elle qu’il souffrait le plus. N’aimer que Tyrania… Cela ne l’aurait pas gêné. Il devait faire un trait sur cette histoire maintenant. La tête contre le sol, il ne murmurait rien, se laissant emporter par sa tourmente alors qu’il s’endormait.

Chapitre 71 : Groupe

Huitième Partie : Le Valet du Désespoir

Chapitre 71 : Groupe

« Dès l’instant où tu as détruit cette porte, la barrière qu’avait installé le Joker Noir autour de toi a été évincée pendant quelques instants. Juperus t’a repéré pendant ce laps de temps et nous a demandé de venir t’aider. »

« Que que…. Attends, tu veux dire que depuis tout ce temps, si je n’ai pas de nouvelles de vous, c’est simplement car j’ai une barrière autour de moi ?! »

« Exactement, Xano. Cette barrière crée des interférences et nous empêchent de te repérer, que ça soit toi ou alors les Taisos. »

« Donc si je résume bien… Les Taisos et le Joker Noir sont de mèche. Ca ne m’étonnait guère mais bon, maintenant, on est fixés. »

Il poussa un léger soupir alors qu’il était toujours dans les bras de Tyrania. Celle-ci observa de son unique œil encore valide la femme aux longs cheveux verts. Niveau poitrine, Shymi la battait facilement. Pfff…Néanmoins, ce n’était pas elle qui avait Xano dans ses bras alors bon… Elle s’en fichait pas mal. Shymi ouvrit la bouche avant de dire :

« Ca fait longtemps, Xano. Tu as bien grandi depuis le temps quand même, plusieurs années même. »

« Heu oui… Shymi, tu es toujours voir encore plus jolie qu’auparavant. Comment vas tuuuuuuuuu…. »

Shymi le percuta en sautant sur lui, lui faisant quitter les bras de Tyrania devant le regard ahuri de cette dernière. La femme aux longs cheveux verts et aux deux roses dans les cheveux frotta quelques fois son corps contre celui de Xano avant de lui dire :

« Tu m’as énormément manqué, Xano. »

« Moi aussi mais… Il y a d’autres façons de… »

Elle allait déjà rapprocher ses lèvres des siennes sans attendre son consentement mais neuf queues dorées allèrent la pousser avec violence dans l’herbe alors que Tyrania prenait la parole, l’air légèrement énervée :

« Je vois que tu es toujours aussi nymphomane. T’arrives à voir tes pieds avec ta poitrine ? »

Shymi se releva, tapotant sa robe blanche comme si de rien n’était avant d’observer Tyrania de haut en bas et d’avoir un sourire narquois aux lèvres :

« De la part d’une femme qui préfère garder ses queues et ses oreilles de Feunard qu’elle tente de cacher avec son chapeau ridicule, je ne sais pas si je dois être vexée. »

« Pourtant tu devrais l’être. Je me suis toujours demandé : Tu réfléchis avec tes seins ou avec ton cerveau ? Je ne sais pas, je dirais que les premiers sont plus gros que le second. »

« Et toi, tu n’as toujours pas décidée de profiter de ces produits miracles qu’on appelle l’anti-puces ? »

« Je suis sûre que si je souffle dans ton oreille droite, je pourrais avoir de l’air qui ressors dans l’oreille gauche. »

« Et toi, je ne savais pas que tu avais essayé de te rendre belle. La mode cicatrice au beau milieu du visage, je ne suis pas sûre que ça marche. »

Tyrania s’arrêta de parler, un rictus aux lèvres. Xano s’était relevé et observait le sourire de vainqueur de Shymi. Drimali n’avait rien dit du tout, trouvant cela d’une normalité affligeante que les deux femmes se disputent entre elles. Lentement, Xano se dirigea vers Tyrania avant de poser la face droite de son visage contre son torse, cachant sa cicatrice à la vue de Drimali et Shymi. Celle-ci avait ouvert la bouche de surprise alors que Drimali avait haussé un sourcil d’étonnement. Quand à Tyrania, celle-ci se surpris à rougir violemment, en proie à une grande confusion qu’elle ne se connaissait pas.

« Shymi, on n’attaque pas sur ce genre de choses. »

« Mais c’est elle qui… »

« Je viens de te dire que l’on n’attaque pas sur ça. Tu crois qu’elle a voulu une cicatrice ou quoi ? La poitrine chez une femme, c’est dans la normalité des choses. Se moquer d’une cicatrice qui défigure Tyrania et la complexer là-dessus, ce n’est pas vraiment ce que j’espérais de toi. »

« Mais attend un peu, je voulais simplement te saluer ! »

« Ca ne change rien sur le fait que les paroles peuvent blesser. Les petites piques sur ta poitrine ou sur ses poils, ça passe. Sa cicatrice, je t’interdis de t’en moquer, est-ce que j’ai été clair ? »

Shymi baissa son regard émeraude sur ses mains qu’elle se triturait. Elle ne s’était pas vraiment attendue à ça de la part de Xano et Tyrania restait dans les bras du jeune homme. Elle n’arrivait pas vraiment à comprendre pourquoi mais elle s’était retrouvée complètement intimidée par lui au moment où il avait prononcé ses mots. Shymi s’avança tristement vers Xano avant de lui murmurer :

« Je… m’excuse pour ce que j’ai dit. Tu m’en veux ? »

« Non… C’est bon. Mais arrêtez de vous disputer pour un rien. De plus, je ne sais toujours pas pourquoi vous êtes ici, toutes les deux. »

« Tu as bien grandi depuis le temps, Xano. »

Drimali s’avança vers lui à son tour alors qu’elle l’observait de ses yeux saphir. C’est vrai qu’il avait bien grandi depuis le temps. Il était devenu un jeune homme bien charmant. Maintenant qu’il était presque devenu un adulte, les choses allaient se corser.

« Et bien… Nous sommes là pour t’épauler comme je te l’ai dit il y a quelques minutes. Tu devrais pourtant savoir pourquoi je dis cela : Ton futur adversaire est le Valet de la Rancoeur. Il y a de fortes chances que le Valet du Désespoir soit avec elle. »

« Mais vous ne savez… Ah si. Toi, tu sais te battre mais c’est trop dangereux pour Shymi ! »

« Shymi, est-ce que tu veux bien te présenter à Xano ? »

La jeune femme aux longs cheveux verts s’inclina devant Xano avec un petit sourire presque candide. Elle arrêta sa révérence avant de faire apparaître deux pokémons devant elle : Parapara, une sorte d’insecte avec un gigantesque champignon sur le dos ainsi qu’une étrange plante avec des ventouses derrière le crâne.

« Tu ne t’en rappelles peut-être pas mais j’ai aussi des pokémons. Voilà Parapapa, mon Parasect et Valésia, ma Vacilys. »

« Mais ça ne sera jamais suffisant contre eux ?! Mes derniers combats étaient contre des pokémons sur-évolués ! »

« Mais ne t’inquiète pas pour ça, tu auras quelques surprises. »

« Hey ! Mais c’est le gamin d’il y a quelques années ! C’est sur lui que tu fantasmes, Shymi ? C’est vrai qu’avec sa chevelure blanche, il est pas mal. »

Le Parasect venait de s’adresser au groupe alors que Xano semblait surpris. C’est vrai qu’en y réfléchissant, Drimali avait bien sa Vibraninf qui s’était adressé à lui la première fois qu’il l’avait rencontré. En parlant de cette Vibraninf, elle fit son apparition derrière la jeune femme aux oreilles ailées mais elle avait maintenant changé de forme pour devenir une magnifique Libegon aux yeux rubis :

« Tiens. Ca faisait longtemps, Xano. La dernière fois, tu n’étais pas conscient. C’était dommage. Tu te rappelles qui je suis ? »

« Heu non… Un indice ? »

« Malasa ! Pfff… Drimali, il n’est même pas capable de se rappeler de moi. »

« Ca fait presque cinq ou six ans, Malasa. Il ne t’a vu qu’une seule fois, tu ne crois pas qu’il allait se souvenir de ton nom. »

« Oui mais bon… Quand même. »

C’était quoi cette véritable ménagerie ambulante ?! Un Parasect, une Vacilys, une Libegon. Il ne manquait plus que Drimali fasse sortir une seconde… Et merde ! Il ne pouvait même pas terminer ses pensées avant qu’une sorte d’hippocampe de presque deux mètres fasse son apparition de l’autre côté de Drimali. L’Hyporoi plongea dans l’eau avant de s’écrier :

« Plutôt bonne, c’est vrai. Bonjour Xano Likan, j’ai souvent entendu parler de toi. Je m’appelle Kéli, enchantée de te connaître. »

« Heu… Bonjour. Drimali, Shymi, vous m’expliquez ? »

Il était vraiment confus : Voir autant de monde, ça lui rappelait presque la dernière fois qu’il avait vu Oria. Ainsi, il avait Tyrania dans ses bras, quatre pokémons autour de lui et deux femmes à ses côtés. Vraiment, c’était un gigantesque bordel.

« Et je suis sensé faire quoi avec vous ? »

« Nous allons rester à tes côtés jusqu’à Ryoran, là-bas, nous combattrons les deux Valets pour affaiblir les troupes du Joker Noir. »

« Teuh teuh… HEIN ?! MAIS ATTEND UN PEU ! Je ne vais pas pouvoir TOUS vous héberger dans la tente ! Déjà que j’ai du l’agrandir depuis l’époque où Oriane et Luna sont devenues des femmes. »

« Xano ? Elles sont combien avec toi ? »

Shymi s’était mise à faire une mine boudeuse en entendant le nom des deux autres reines de Xano. Si Tyrania était devenue une femme, alors les autres l’étaient sûrement. Il annonça clairement qu’elles étaient quatre femmes avec lui et Shymi murmura :

« Et bien… Même papa n’en a pas autant. »

« En parlant de notre père… »

« Oui, il faudrait le mettre au courant pour Riza. »

« Je n’ai aucun moyen de communiquer avec lui ou Clemona. Je suis désolée, Xano. »

Il poussa un profond soupir : Il aurait aimé éviter d’avoir à se battre contre celle qui avait sacrifié son amour pour celui de l’homme qu’elle aimait il y a de cela deux cent ans. Non, vraiment il n’avait pas de chance.

« Bon, je vais devoir vous présentes aux autres reines. »

Il passa une main sur son front, comme si il sentait que ça n’allait pas être si facile. Tyrania quitta finalement ses bras avec un léger regret alors qu’elle lançait un regard moquer envers Shymi. Ce n’était pas elle qu’il avait choisi. La jeune femme aux longs cheveux verts ne répliqua pas, ne voulant pas se mettre à dos Xano.

Pour une réunion de groupe, ça l’était et c’était un joyeux bordel. Chacun et chacune parlait en même temps que l’autre et il se demanda qu’est-ce qui allait se passer avec tout ça. Les pokémons capables de s’adresser aux autres qui avaient sur-évolués étaient en pleine discussion pour savoir si Xano était un bon ou un mauvais dresseur. Oriane balança quelques détails saugrenues et éveillant l’intérêt de Shymi alors qu’elle regardait Drimali dans les yeux. Elle avait été sa pokémon dans les Cieux mais ce n’était plus le cas maintenant. Luna et Shymi se battaient pour savoir qui aimait le plus Xano mais il ne préféra même pas s’interférer entre les deux femmes, celles-ci se percutant front contre front, poitrine contre poitrine. Les plus calmes et plus sereins étaient visiblement Drimali, Tyrania et Nelya qui étaient à l’écart du groupe, mangeant tranquillement sans se poser de questions.

« Bon écoutez moi ! Ecoutez moi tous ! Avec l’arrivée de Drimali et de Shymi ainsi que de leurs compagnons, nous venons de doubler le nombre de personnes présentes donc il va falloir faire quelque chose pour la tente. Est-ce que les… pokémons seraient capables de dormir dehors pour laisser place aux… humains ? »

« Aucun problème pour ma part. »

« Pareil pour moi. »

Les quatre pokémons s’étaient mis d’accord avec la proposition de Xano et il poussa un soupir de soulagement : Au moins, ils n’allaient pas avoir de problèmes de ce côté. C’était tant mieux et cela permettait d’éviter des disputes inutiles. Il reprit la parole :

« Alors bon, on va faire comme ça : Les quatre pokémons dormiront au coin du feu ou près de l’eau si il faut. Quand aux six jeunes demoiselles que voilà, elles dormiront toutes dans la tente. Je pense qu’il y aura assez de place. J’ai bien réussir à dormir avec trois d’entre elles et une Feunard donc je ne pense pas que ça soit impossible. »

Shymi prit rapidement la parole. Elle avait tout de suite remarqué le problème et allait le lui signaler :

« Et toi, tu vas dormir où ? »

« Et bien, ça me parait logique ! Je vais dormir dehors tout simplement. Ca ne me gêne pas. »

« Je ne peux pas accepter, Xano. Je suis désolée mais ma petite sœur et moi sommes arrivées par surprise, c’est pourquoi je dois refuser cette proposition. »

« Et moi, je vous l’interdis mademoiselle Drimali. Vous croyez vraiment qu’un homme raisonnable laisserait deux jeunes femmes dormir dans le froid alors qu’il se repose à quelques mètres d’elles ? J’ai quand même une morale ! »

Drimali poussa un léger soupir avant de poser son regard saphir sur lui. Visiblement, il lui été interdit de discuter avec lui à ce sujet. Il avait vraiment bien mûri depuis la dernière fois : Il était devenu un jeune homme vraiment très charmant. La soirée se déroula tranquillement et plus paisiblement que la journée et il avait déjà repris la parole :

« Comme il va nous falloir quelques semaines avant d’arriver à Ryoran, dès que nous trouverons une ville d’une taille acceptable, j’irais acheter une nouvelle tente pour que tout le monde puisse dormir avec les autres, d’accord ? »

« Mais… dans quelques jours, ça sera ton anniversaire, Xano ! »

Il ne répondit pas à la phrase de Shymi. Les quatre Reines n’avaient pas du tout oublié ce détail qui était si important à leurs yeux. Il toussa légèrement avant de se tourner vers Drimali pour qu’elle acquiesce à ses dernières paroles. Shymi préféra se taire tout en se demandant si elle avait encore dit une bêtise ou non. Après plus d’une heure de discussion, tout le monde alla se coucher, les quatre pokémons s’étant réunis en cercle alors que Xano s’était accolé à un arbre. Les six femmes quand à elles étaient rentrées dans la tente, Shymi et Drimali le remerciant de ce geste fort galant. La nuit était déjà tombée depuis une bonne demie-heure mais il n’arrivait pas à dormir : Maintenant qu’il savait que Shymi et Drimali étaient là, il ne pouvait même plus espérer embrasser ses quatre Reines. Dire… qu’il avait été si proche de Tyrania cette après-midi. Il ferma les yeux en murmurant :

« Dommage… Je crois que ça aurait été le moment le plus heureux de ma vie. »

« Lequel, celui de me revoir ? »

La voix de Shymi résonna dans ses oreilles alors qu’il ouvrait subitement les yeux. Où était-il ?! Ce n’était plus la petite clairière près du coin d’eau ! Il se retrouva allongé sur le sol rempli de fleurs jaunes et roses alors que Shymi poussait un petit rire, passant ses jambes autour de ses hanches avant de s’asseoir sur lui, les mains posées sur son torse.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Tu es simplement dans ma dimension. A part toi et moi, personne ne peut rentrer… sauf peut-être mes parents et Juperus. »

« Heu mais qu’est-ce que tu fous ?! »

Elle lui retirait son haut comme si de rien n’était avant de pousser un petit cri surpris. Cette cicatrice devait lui faire atrocement mal. Elle se pencha lentement, lui donnant une vue plus qu’agréable sur ses formes qui devaient égaliser voir dépasser celles de Luna. Visiblement, elle ne portait rien sous sa robe blanche. Elle vint déposer de délicats baiser sur le torse du jeune homme avant de lui dire :

« Je viens seulement panser tes blessures. »

« Non mais tu as une autre idée en tête ! »

« Une idée qui me trotte depuis des années, oui. Dis, Xano, tu ne m’aimes toujours pas ? »

L’art et la manière de poser les questions délicates avec un soupçon de tristesse. Elle le regardait de ses yeux émeraude et brumeux comme si elle allait s’apprêter à pleurer. Qu’est-ce qu’il devait dire dans ces moments là ?! Il ne détestait pas la jeune femme mais ce n’était pas comme si il l’aimait comme il aimait ses quatre Reines.

« Je t’apprécie Shymi. Tu es comme une sœur pour moi. »

« Tu n’as pas répondu à ma question : Je veux savoir si tu m’aimes comme une femme ou non ! Tu es mon prince charmant, je te rappelle ! Quand nous nous sommes rencontrés, tu aimais épier mes sous-vêtements. »

« Mais j’étais jeune à l’époque ! Je n’avais que douze ans et toi aussi ! »

« Et tu as grandi maintenant et moi aussi. Nous pouvons faire des choses qui nous étaient interdites auparavant. »

Il avait une petite idée des choses dont elle voulait parler mais il n’en avait guère envie. Enfin si ! Il en avait envie, Shymi était définitivement très mignonne et savoir qu’elle l’aimait le rendait fou de joie mais il ne pouvait pas se permettre d’aimer une déesse : Elles étaient au-dessus de lui, il n’était qu’un simple humain, qu’un simple envoyé, c’était même pour ça qu’il avait décidé d’oublier Shymi auparavant.

« Non mais… J’aime déjà Luna, Oriane, Nelya et Tyrania. Ce sont mes quatre Reines. »

« Et… alors ? Si tu es capable d’aimer quatre femmes, tu seras bien capable d’en aimer une cinquième n’est-ce pas ? »

« Non mais tu ne comprends pas ! Tu n’es pas humaine ! Tu es une DEESSE ! »

« Et ça change quoi ? Je suis une femme et j’ai des besoins que seul un homme peut combler ! Je n’irais pas voir ailleurs. C’est toi ou rien ! »

Il devait se sentir flatté d’être autant aimé mais quand même… Il ne pouvait pas se permettre une telle chose. Il poussa un cri de surprise alors qu’elle bougeait ses hanches qui se trouvaient sur son pantalon. Qu’est-ce qu’elle voulait faire avec ce genre de choses ?! A cette allure, il allait se retrouver avec une…

« Oh ! Mais je ne rêve pas ou tu… Je ne te laisse pas indifférente, Xano. »

« Shymi, si l’autre personne n’est pas consentante, ça s’appelle du viol alors arrête tout de suite, ça vaut mieux avant de commettre une bêtise que tu regretteras. Pourquoi tu n’irais pas te chercher un homme qui t’aimerais follement et complètement ? »

« AH NON ! Ce que j’aime chez toi, c’est la perversité que tu tentes de dissimuler alors que tu jettes toujours un regard sur les parties de certaines femmes. »

« Je ne suis pas comme ça ! »

Elle posa ses lèvres sur les siennes, l’embrassant follement en entremêlant leurs deux langues alors qu’elle s’était couchée sur lu, le haut du corps affaissé sur le sien pour frotter sa poitrine contre son torse, son entrejambe sur le sien. C’est bon, il n’allait plus pouvoir tenir contre elle mais il ne devait pas abandonner la partie ! Il repoussa Shymi, reprenant son souffle en haletant avant de dire :

« Mais qu’est-ce que tu veux à la fin ?! »

« Simplement que tu m’aimes. Est-ce trop demander ? Tu aimes tes quatre Reines, tu aimes quatre femmes alors je me disais que tu pourrais… avoir une cinquième place pour moi. »

« Ce n’est pas comme ça l’amour ! Tu crois vraiment que je peux décider d’un moment à un autre d’aimer une personne sur commande ? »

« Non mais… Ca fait tellement d’années que j’attends… Que j’espère que tu changes d’avis à mon sujet. Mais maintenant que tu as quatre femmes rien que pour toi, tu m’as oublié. »

Aie… Elle utilisait maintenant les sentiments pour obtenir ce qu’elle voulait. Elle restait couchée sur lui mais ne faisait plus aucun geste sensuel pour l’attirer dans ses filets. Il passa une main dans ses longs cheveux verts avant de lui murmurer :

« Ce n’est pas vrai. Simplement… Tu n’étais plus là. Tu es partie pendant des années donc nous nous sommes éloignés, voilà tout. »

« Mais maintenant, nous sommes de nouveau ensembles. Les Valets seront bientôt morts et le monde sera enfin en paix. Tu pourras retourner avec nous dans les Cieux. Je serai fière et heureuse de porter tes enfants. »

« Ah mais… Quand même… Tu t’aventures un peu loin. Bon, Shymi, viens par là. »

Il releva son visage, allant l’embrasser longuement et délicatement alors qu’elle se laissait faire. C’était bien plus plaisant quand c’était lui qui faisait les premiers pas. Peut-être que son rêve allait se réaliser finalement après toutes ces années.

« Une fois, d’accord ? Une seule fois… Je ne pourrais pas plus. »

« Xano… Si tu ne veux pas, dis le clairement, s’il te plaît. Je ne veux pas que tu fasses ça car tu te sens obligé. »

« Et bien je… »

Elle avait compris et elle se releva alors qu’il montrait un visage désolé. Soudainement, elle fut recouchée sur le sol, sans comprendre ce qui se passait. Couchée dans le champ de fleurs qui caractérisait sa dimension, elle observait le regard vairon du jeune homme sur elle.

« Xano ? »

« Aucun problème. Si tu veux le faire plusieurs fois, je suis d’accord mais je ne veux pas que tu te crois… salie car je veux que ça soit clair : Je t’aime énormément mais, c’est pareil pour Tyrania et les autres. »

Elle poussa un petit rire amusé devant le regard sérieux du jeune homme avant de placer ses deux mains derrière le cou de celui-ci, l’emmenant vers elle. Ils allaient enfin s’aimer dans cette dimension où nul n’allait les déranger.

Chapitre 70 : Caresse

Chapitre 70 : Caresse

« Bon… Xano, maintenant, il est temps qu’on parle. Nelya et les autres, venez aussi. »

Les trois femmes s’exécutèrent sous les ordres de Tyrania, toujours légèrement craintives faces à cette femme qui avait montré deux côtés si différents en quelques minutes. Xano s’était finalement retiré des bras de Tyrania alors qu’elle s’adressait aux quatre personnes sur un ton légèrement autoritaire :

« Bon, j’ai eut quelques informations au sujet de nos ennemis et ça ne va pas être très plaisant… surtout que tu connais la cheffe, Xano. »

« Hein, que quoi ? »

Il avait perdu son sourire aux paroles de Tyrania alors que déjà Nelya refermait les yeux, se mettant à réfléchir à toute vitesse sur les femmes qu’avait connues Xano pendant toutes ces années. Luna et Oriane restaient muettes alors que Tyrania reprenait la parole :

« Notre ennemie, la cheffe des Taisos se trouve dans la ville de Ryoran. Pour Luna et Nelya, il y a peu de chances qu’elles connaissent cette ville mais pour toi, moi et Oriane, c’est autre chose. »

« Que veux-tu dire par là, Tyrania ? La ville de Ryoran, on n’a pas remis les pieds là-bas depuis des années ! »

« Et c’est là que se trouve notre ennemie. Tu la connais bien… C’est même elle qui t’a permis de participer au tournoi. »

Participer au combat. Il n’y avait qu’une seule personne qui avait été aussi gentille avec lui alors qu’il s’était trouvé dans cette ville, seul et abandonné. Une vieille femme du nom de Pastia Ira, une descendante de Riza Ira.

« Pourquoi cette vieille femme… voudrait nous tuer ? Elle a pourtant été si gentille. C’est bien de Pastia Ira dont tu parles, n’est-ce pas ? Je n’arrive pas trop à y croire. »

« Pourtant… C’est la stricte vérité, Xano. La femme qui a sauvé Loxen était l’une de ses anciennes pokémons. »

« Berthra ? L’Ecremeuh ? Je me demande à quoi elle doit ressembler. »

Une pensée saugrenue lui traversa l’esprit et il se surprit à rougir subitement. Toutes les femmes se tournèrent vers lui et une claque faite de neuf queues dorées arriva à sa joue sans qu’il ne comprenne d’où elle venait.

« Je préfère même pas savoir à quoi tu étais en train de penser. Enfin bon… Non, ce n’était pas Berthra. C’était plutôt un spectre et cela pourrait expliquer pourquoi Pastia Ira n’est pas son véritable prénom. Vu que Loxen était capable d’utiliser des morceaux de glace sans symbiose, je ne vois qu’un pokémon capable de faire cela : Une Momartik. Enfin bon, cette femme n’est plus notre ennemie. Seule Pastia Ira est notre adversaire. Voilà tout, dès demain, nous nous mettrons en route vers Ryoran. »

« Ce n’est pas une bonne idée. Il y aura des personnes innocentes impliquées là-dedans. »

« Nous trouverons un endroit isolé comme l’arène. Je suis sûr qu’avec le temps que nous allons mettre, elle sera déjà préparée à nous accueillir. Il est temps de se reposer, je te rappelle que tu as une vilaine blessure au torse. »

« Ce n’est pas si grave ! Il fait encore jour. On peut se mettre en… »

Il s’arrêta en regardant les quatre femmes : Tyrania était en parfaite santé mais les trois autres, ce n’était pas vraiment le cas. Il poussa un petit soupir avant de s’approcher d’elles et de leur dire d’une voix gentille :

« Nous allons simplement trouver un coin plus accueillant d’accord ? Donnez moi la main, Luna et Oriane. Quand à toi, Nelya, grimpe sur mon dos. Avec tout ce que tu as tenté d’accomplir, ça m’étonne que tu arrives encore à être debout. »

« Mais je crois que mon corps va très bien au contraire du tien. »

« Arrête de mentir. Tyrania, tu peux nous montrer le chemin ? »

La jeune femme aux cheveux dorés inclina la tête avec un petit sourire avant de prendre le commandement de la petite troupe. Xano força Nelya à monter sur son dos alors qu’elle était plus grande que lui alors Luna et Oriane prenaient ses deux mains. Ils marchaient tous très lentement, Tyrania les emmenant dans un coin moins dévasté par son onde de feu.
Après plus d’une demie-heure de marche, ils arrivaient finalement dans un coin un peu plus boisé et Xano déposa Nelya sur le sol, celle-ci étant rouge de gêne de s’être faite ainsi traitée par lui. Elle n’avait pas l’habitude de le voir aussi gentil, cela cachait peut-être quelque chose. Xano observa son sac à dos qu’il avait récupéré après la bataille en murmurant :

« Bon les filles, mettez vous dans un coin et reposez vous ! Je m’occupe de tout ce soir ! »

« Mais tu es quand même blessé ! »

« Moins que toi, Nelya. Ce n’est pas une petite blessure anodine qui va m’empêcher de monter la tente et de vous nourrir. »

Borné, voilà ce qu’il était et elle ne pouvait pas l’arrêter dans ces moments là. Pour prouver ses dires, il retira violemment le papier violet qui recouvrait sa blessure avec un léger rictus de douleur. La blessure avait presque disparu et s’était déjà refermée en grande partie alors qu’il reprenait la parole, se tournant vers Tyrania :

« Comment ça se fait que tu es capable de soigner ? Je ne te savais pas ce genre de pouvoirs… »

« Ce n’est pas une guérison mais une fausse malédiction. Ce papier comportait la malédiction suivante : Ta blessure se soignera très rapidement mais en échange, tu garderas les marques de celle-ci pendant quelques temps. »

« Ah, ce n’est que ça ? »

Il éclata de rire avant de regarder la cicatrice sur son torse. Ainsi, elle allait disparaître au bout de quelques jours ou semaines ? Bah… Ce n’était pas si gênant que ça de toute façon. Il regarda Tyrania, un petit sourire aux lèvres en voyant la cicatrice sur son œil. Est-ce qu’il se moquait d’elle ? C’était la première idée qui venait au cerveau de la jeune femme et elle s’apprêtait déjà à s’énerver voir même à pleurer de le savoir aussi cruel mais ça ne semblait pas être le cas.

« Tyrania ! Tu peux venir m’aider ? Tu es en parfaite santé donc tu es capable de monter la tente avec moi, d’accord ? »

« Hein ? Euh… Oui. »

Oriane soupira légèrement alors que Tyrania s’avançait vers Xano pour prendre la toile de la tente et donc aider le jeune homme. Maintenant, elles allaient toutes être reléguées au second plan avec l’arrivée de Tyrania sous sa forme humaine. Enfin bon… Savoir Xano heureux, c’était déjà plus que satisfaisant. Peut-être devait-elle lui signaler qu’elle était une envoyée de Drimali ? C’est vrai… qu’à part le fait qu’elle soit l’une de ces pokémons, elle était aussi une envoyée céleste. Tyrania qui s’était rapprochée de Xano, put entendre le murmure de ce dernier alors qu’il sortait les piquets :

« Tu sais… Je me demandais si je ne devais pas avoir une cicatrice comme toi, Tyrania. »

« Hein ? Mais pourquoi tu dis une chose aussi absurde ? J’ai perdu mon œil droit à cause de cette cicatrice. Ma mère me l’a causé avant de mourir de la main de Loxen. Elle n’était pas… si méchante au final. »

« Je ne sais pas. Je ne veux pas te laisser seule maintenant et je ne veux pas que tu croies que tu seras délaissée à cause de ta cicatrice. »

« S’il te plaît… Arrête ça. Je vais finir par penser que tu me prends en pitié. »

« Jamais ! Simplement… Je… Enfin, tu es ma première pokémon et donc, j’ai une affection particulière pour toi. Donc je me dis que j’aimerais que tu sois heureuse. »

« Je le suis, bougre d’imbécile. J’ai attendu ce moment depuis des années, simplement, je ne vais pas le crier sur tous les toits ! »

Les trois autres femmes se tournèrent vers Tyrania qui venait justement de crier sur le jeune homme. Au moins… Elle était restée elle-même. Il y avait encore une petite chance de se faire aimer de la part de Xano. Les regards éloquents des trois femmes envers le jeune homme n’avaient pas échappé à Tyrania et celle-ci lui murmura :

« Pour Nelya, Oriane et Luna, je veux te demander quelque chose : Fais comme si je n’étais pas devenue une humaine, s’il te plaît. »

« Que que que… Mais… Mais… Pourquoi ? Je croyais que tu voulais être une véritable humaine depuis tant de temps. »

« Je te dirais tout cette nuit, d’accord ? »

Si c’était ce qu’elle voulait, il ne pouvait pas aller contre sa décision. Le reste de la journée se passa sous les nombreuses chamailleries entre Tyrania et Xano devant le regard interloqué des trois femmes. Qu’est-ce qui se passait ? Depuis qu’ils avaient monté la tente, elle et lui ne faisaient que de disputer. N’étaient-ils pas heureux de se revoir ? Non, vraiment, elles ne comprenaient rien. Oriane s’était tournée vers Nelya pour voir si elle pouvait deviner si ces disputes étaient réelles ou fausses :

« Alors… Tu en penses quoi ? »

« Ils ne jouent pas la comédie. Si on ne les arrête pas, ça va finir dans le sang. »

« AH ! C’est pour moi alors ! XANO ! Xano ! Calme toi ! Ne t’énerve pas pour si peu ! »

Luna courait en direction des deux personnes qui allaient limite se sauter dessus pour s’étrangler avant d’enlacer Xano dans ses bras. Il continuait de vociférer des insultes en direction de Tyrania mais Luna l’arrêta en l’embrassant subitement sur les lèvres. Cela fonctionna parfaitement puisqu’il fut tout de suite calmé. Tyrania s’exclama :

« Non mais pour rouler des pelles, tu peux éviter de faire ça en public, espèce de dépravé ! »

« On est jalouse ? Tu devrais plutôt monter la tente au lieu de parler. »

Il rigola en retirant ses lèvres de Luna, caressant les cheveux blancs de la jeune femme en voyant que Tyrania jetait au sol avec rage quelques piquets. Elle s’éloigna en poussant des grognements alors qu’Oriane et Nelya s’approchaient de Xano. Oriane fut la première à prendre la parole :

« Les choses ne changent pas… qu’importent les formes qu’elles ont. Xano, tu devrais quand même être plus gentil avec elle. Tu viens à peine de la retrouver et vous vous battez comme Caninos et Miaouss. »

« Hey ! Ce n’est pas de ma faute si elle a sa crise d’hystérie à chaque fois que je lui dis quelque chose. Si elle n’est pas contente, elle peut se barrer ! »

« Tu ne le penses pas sérieusement, n’est-ce pas ? »

« Non, Nelya. Mais quand même, y a des fois où j’aimerais qu’elle se comporte réellement comme une femme, ce n’est pas plus dur que ça ! »

Il poussa un profond soupir avant de dire aux trois femmes de s’éloigner. Il devait finir de monter la tente. Après une trentaine de minutes, tout était prêt et il avait déjà été cherché quelques branches pour le feu. Il fouilla dans son sac avant de sortir les rations de la soirée alors que Nelya observait les alentours en murmurant :

« Tyrania n’est toujours pas revenue. Elle ne s’est quand même pas perdue ? »

« Rien à faire ! On ne va pas s’inquiéter pour elle dès qu’elle met du temps ! Elle reviendra ! Elle a bien mis trois mois à nous retrouver mais elle est revenue. »

« Mais pourquoi tu es si méchant, Xano ?! Ca ne te ressemble pas ! Hier encore, tu étais mort d’inquiétude pour elle et là, limite si tu ne voudrais pas la jeter ! »

Même Luna ne semblait pas apprécier les paroles du jeune homme aux longs cheveux blancs. Il en avait peut-être trop fait. C’est vrai que là… Au niveau de ces paroles, il avait quand même exagéré. Il ne pensait pas vraiment ça mais quand même… Devant le regard inquisiteur des trois femmes, il poussa un léger soupir avant de dire :

« Bon… Je vais aller la chercher. Ne me regardez pas comme ça, c’est pas ma faute ! Je l’aime tout autant que vous simplement…Son caractère me tape sur le système. »

« Nous allons préparer le repas en attendant. »

Pff… De toute façon, il n’avait pas le choix. Il haussa les épaules alors que Nelya s’affairait déjà pour préparer le repas, Luna et Oriane à ses côtés. Il s’éloigna d’elles tout en marchant dans la forêt, les deux mains dans les poches. Son torse nu, quelques muscles sur ce dernier accompagnés d’une vilaine cicatrice, il murmurait le nom de Tyrania :

« Hého ? Tyty ? Où tu es Tyty ? »

« C’est quoi ce surnom débile ? »

Elle se retrouvait derrière lui et il se retourna rapidement avec un petit sourire aux lèvres. Elle lui prit la main droite dans la sienne avec affection alors qu’ils marchaient dans la forêt. Elle prenait déjà la parole d’une voix douce :

« Merci… pour ce que tu fais même si tu n’y vas pas de main morte. »

« Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tu veux que je fasse ça… mais bon. Si ça peut te faire plaisir. »

« Quand j’étais une pokémon, j’étais jalouse de Luna et des autres qui pouvaient te prendre dans leurs bras, t’embrasser et dormir contre toi mais maintenant… Je ne veux pas qu’elles soient jalouses ou tristes car tu ne resteras qu’avec moi. Tu l’as toi-même dit : Je suis ta préférée et j’aurais donc un traitement de faveur. Crois-tu vraiment que ça soit une bonne chose ? »

« Je ne sais pas trop… En ce qui concerne l’amour, je t’avoue que je suis plutôt indécis et que je ne comprend pas grand-chose. »

Ils marchaient pendant cinq à dix minutes, main dans la main. Il sentait la douceur des doigts de la jeune femme dans les siens et ils arrivaient finalement au bord d’un lac. Elle retira ses sandales alors qu’il faisait de même. Ils allèrent s’asseoir l’un contre l’autre tandis qu’elle lui disait :

« Je ne veux pas qu’elles soient malheureuses. Je sais que ce n’est pas vraiment moi qui dis ça mais je les comprends et je ne veux pas qu’elles souffrent car elles penseront que tu les aimeras moins. Reste comme ça, joue ton rôle et elles seront heureuses. Bien entendu, rien ne t’empêchera de coucher avec elles. De toute façon, tu ne te serais pas gêné pour le faire sans mon consentement, je me trompe. »

« Je ne sais plus vraiment… Luna m’a dit hier quelque chose de véridique. Vous êtes les femmes d’un seul homme, vous en aimez un seul et cela jusqu’à la fin de votre vie. Mais ce n’est pas vrai pour l’inverse : Je ne suis pas l’homme d’une seule femme. J’ai quatre femmes que je dois aimer de manière égale et équitable. Je ne peux pas en aimer une seule car cela ferait trop de mal aux trois autres. »

« Dans certains clans ou tribus, les mâles dominants peuvent avoir plusieurs femmes. Alors pourquoi pas les humains ? »

« Mais je ne suis pas un animal ! Je trouve ça… immoral. Je trouve que le comportement de Ryusuke était vraiment malsain : Coucher et avoir des enfants avec deux femmes différentes avant de partir à la recherche d’une troisième. Mais moi… Au final, je ne suis pas vraiment mieux. J’ai quatre femmes. »

Il posa sa tête sur ses genoux qu’il avait ramenés à la hauteur de son visage. Il était bien plus troublé qu’il ne le montrait et Tyrania le regardait de son œil violet. Elle lui caressa tendrement le dos de ses neuf queues de renardes avant de poser sa tête contre son épaule droite. Elle reprit la parole :

« Même si… Ca va gâcher notre moment, je dois te dire quelque chose Xano. Au sujet de Pastia Ira. D’après ce que cette Frizy m’a dit, Pastia Ira est un fantôme. »

« Elle… est donc morte ? Mais… Elle semblait bien réelle il y a quelques années. Est-ce qu’elle est morte entre temps ? »

« Non, non… En fait, elle est morte il y a plus d’un siècle. Elle m’a tout raconté à son sujet. L’origine de la ville de Ryoran, la personne qui l’a construite. Xano, on se rapproche de la fin. Notre ennemie… Pastia Ira est le Valet de la Rancoeur. »

« De quoi tu parles ? Le Valet de la Rancoeur ? Attend un peu… Ce n’est pas la prophétie dont on parle ? »

« Mais ce n’est pas tout : Le Valet de la Rancoeur est Riza Ira. »

Il resta muet pendant plusieurs minutes : Le Valet de la Rancoeur était donc Riza Ira. Riza Ira étant morte il y a plus d’une centaine d’années donc son âme errait dans ce monde. Mais pourquoi était-elle devenue le Valet de la Rancœur ? Ce n’était pas normal… Il devait y avoir une autre raison derrière tout ça. Ryusuke et Clemona étaient-ils au courant que Riza Ira était de nouveau en ce monde ? Il y avait peu de chances puisque l’homme avait passé plusieurs décennies à la rechercher.

« Je n’aurais pas du… en parler maintenant. Tu sembles perdu dans tes pensées, Xano. »

« Je ne sais plus ce que je dois faire. Après l’amour vient maintenant les décisions de ce genre. Si nous… tuons le Valet de la Rancoeur, nous tuons Riza Ira, nous tuons donc la raison de vivre de Ryusuke depuis des décennies. Est-ce que je peux me permettre une telle chose ? Je n’ai pas le droit de la tuer mais… »

« C’est tuer ou être tué. Elle ne se privera pas pour t’abattre. »

« C’est si compliqué, Tyrania. Si compliqué… On essayera de la raisonner avant de chercher le combat. Qu’en penses-tu ? »

« Ce n’est pas sûr de marcher mais nous n’avons pas d’autres choix. Xano ? »

Il s’était mis à sangloter en pensant aux choses qui parcouraient son existence depuis ces dernières années. Ses quatre Reines, les Dieux, la prophétie, Malar, Ryusuke et Riza, à chaque fois, il faisait la mauvaise décision alors il allait encore se tromper, il le savait. Il ne pouvait pas la tuer, c’était impossible ! Il nageait en pleine confusion et Tyrania lui tapotait doucement le dos :

« Tu es un grand garçon. Arrête donc de pleurer comme un enfant. Aller, viens dans mes bras pour te consoler. »

Elle changea de position pour l’avoir en face d’elle alors qu’elle ouvrait ses bras. Il avait arrêté de sangloter pour émettre un petit sourire triste. Il se réfugia dans les bras de Tyrania en reniflant légèrement. C’est vrai qu’il avait besoin d’être dorloté en ce moment et seule elle se trouvait en ce lieu. Les neuf queues de la femme aux cheveux dorés entouraient son dos alors qu’il avait posé son visage sur la poitrine de Tyrania.

« Je te préviens, tu n’as pas intérêt à avoir un geste déplacé sinon je t’écartèle. »

« Promis ! »

« … C’était une invitation, Xano. Si tu veux, tu peux mais n’abuse pas non plus. »

Elle passa une main sur les yeux du jeune homme, lui essuyant ses larmes alors qu’il relevait son regard vers elle. Son œil violet était vraiment magnifique et cette… cicatrice, elle était belle même avec elle. Il leva légèrement la main gauche pour caresser son visage et cette cicatrice. Elle trembla de peur alors qu’il s’approchait de cette chair morte et pourtant en vie il y a seulement quelques jours.

« C’est spécial au toucher mais savoir que tu es une humaine rend vraiment la chose plus agréable. On n’a attendu combien de temps Tyrania ? »

« Je crois qu’on a attendu trop longtemps. Ce n’est pas le moment où… tu dois m’embrasser et inversement ? »

Il hocha la tête avec un petit sourire alors qu’elle fermait déjà son œil, tendant ses lèvres vers lui. Il humecta ses propres lèvres, sentant son cœur battre à toute vitesse alors qu’il pouvait voir la jeune femme devant lui : C’était… Tyrania. Il allait enfin pouvoir faire ce qu’il voulait depuis tant d’années. Il ferma ses yeux et rapprochaient ses lèvres avant qu’une voix ne dise :

« Tiens. J’ai l’impression que l’on dérange. »

Ils ouvrirent soudainement leurs yeux alors qu’ils regardaient autour d’eux. Deux femmes sortaient des bois, l’une aux longs cheveux verts et à la poitrine bien fournie dans une robe blanche magnifique. Elle avait deux roses dans les cheveux et un petit sourire amusé aux lèvres. L’autre femme semblait plus âgée, avait de longs cheveux bleus et une robe blanche elle aussi. Sa poitrine était plus modeste que celle de la femme aux cheveux verts mais elle avait deux petites ailes blanches au-dessus de ses oreilles. Xano observa les deux femmes avant de murmurer :

« Shymi… et Drimali. Mais que… faites vous là ? »

Chapitre 69 : Ange et démon

Chapitre 69 : Ange et démon

« Petite idiote, tu penses vra… »

Il n’avait même pas terminé sa phrase qu’elle était déjà devant lui, sa griffe droite refermée en un poing alors qu’elle venait le frapper au visage. Les lunettes noires venaient d’exploser en morceaux, laissant apparaître deux yeux verts alors qu’il gémissait de douleur. Ce coup avait été bien plus puissant que tout ceux qu’il avait reçus depuis le début !

« Tu devrais me prendre plus au sérieux si tu veux tenter vivre plus de deux minutes. Je ne suis pas aussi gentille que Luna et les autres. »

« TOI… TOI… TOI tu vas voir ! »

Cinq nouvelles sphères rouges et blanches s’ouvraient alors que le corps monstrueux de Loxen continuait de se transformer. Deux nouvelles paires d’ailes, l’une étant violette, l’autre verte tandis qu’une trompe apparaissait à côté de la foreuse qui lui servait de nez. Deux gigantesques pinces étaient apparues au-dessus de ses deux griffes alors que Tyrania gardait son sourire aux lèvres, disant :

« Combien ça t’en fait ? Quinze ? Vingt ? Ca ne changera rien à la situation. Tu ne ressemblais pas déjà à grand-chose auparavant mais là, tu es vraiment abominable. Tu ferais mieux d’abandonner ce combat et t’enfuir… si je ne décide pas de te tuer avant. »

« Tu as une grande gueule alors que tu te trouves seule ! Les trois autres n’ont rien put faire contre moi ! »

« C ‘est normal. Elles sont faibles contrairement à moi. »

Oriane et Luna grognèrent tandis que Nelya restait stoïque. Même si il y avait une part de vérité dans les paroles de Tyrania, ce n’était pas une façon de le dire ! La femme aux cheveux dorés gardait le sourire aux lèvres alors qu’elle faisait apparaître une boule de feu dans une griffe puis une seconde dans l’autre.

« Où en étions nous ? Ah oui… A ton éradication ! Je vais te montrer comment on peut mourir plusieurs fois d’affilée ! »

La première boule de feu partie en direction de la tête de Loxen, lui arrachant un cri de douleur alors que la seconde venait brûler les ailes de couleur verte. Pour elle, ça n’avait pas été très difficile de savoir qu’il avait pris les ailes d’un Tropius. Déjà, il poussait un second cri mais cette fois-ci à moitié animal. Alors qu’il criait, une tête apparaissait à côté de la sienne : Brune, elle ressemblait à celle d’un monstre avec une carapace verte sur son sommet. Sans crier gare, la griffe droite de Tyrania la trancha au niveau de la gorge, la tête tombant sur le sol en roulant alors que Loxen reculait en hurlant à la mort.

« Un en moins, il en reste combien ? »

Qu’est-ce qui se passait ? Il se retenait de vomir alors que tout son corps souffrait mille fois ! La tête du Tropius avait roulé sur le sol et les deux ailes vertes avaient disparu de son corps monstrueux. Mais là n’était pas le problème : Son corps…Il avait eut un moment où une forte douleur l’avait frappé à la tête et toutes les âmes vides des pokémons avaient tenté de prendre le dessus sur lui : Il s’était forcé rapidement à se rappeler l’unique raison de sa présence en ces lieux et il s’était remis en garde.

« Tu n’as pas ton compte ? Tu veux toujours te battre ? Tu es faible, encore plus faible qu’Oriane et les autres. Si encore tu étais capable de faire devenir humain un pokémon, peut-être serais-tu vraiment fort mais vu ton caractère, cela m’étonnerait qu’un seul pokémon ne veuille de toi. »

« TA GUEULE SALOPE ! »

Oh ? Elle avait visé un point sensible visiblement. La vérité blessait toujours. Elle passa un doigt sur ses lèvres alors que les dernières sphères rouges et blanches s’ouvraient. Il n’avait plus rien d’humain, les composés de chair, les différentes queues, griffes, serres, pattes, écailles, poils… Non il n’avait plus rien d’un humain. Rapidement, le concentré de masse et de chair s’approchait de Tyrania mais à une vitesse extrêmement lente.

« Trop de symbioses est mauvais pour le corps. Tu devrais pourtant savoir que le maximum de pokémons que peut avoir un dresseur avec lui est de six. Du moins, en théorie. Dans la pratique, rien n’interdit à un homme d’avoir une cinquantaine de pokémons avec lui. Avec les symbioses, il est déjà très difficile d’en faire deux ou trois en même temps et ce que tu prétendais être comme un avantage est en fait un inconvénient. Il est temps de te mutiler. »

Elle racla ses deux griffes l’une contre l’autre alors que Loxen avançait vers elle. Elle disparue soudainement de sa vue avant de lui trancher l’une de ses deux pinces, la tête d’un Kraboss faisant son apparition à côté de celle de l’homme aux yeux verts. Sans attendre de réaction de la part du monstre, elle trancha subitement l’autre pince, faisant apparaître de l’autre côté du visage de Loxen, la tête d’un Colhomard. Sans ménagement et comme si cela était fait avec une extrême facilité. Les deux têtes tombèrent au sol alors que Tyrania murmurait sur le ton de l’amusement démentiel :

« Deux et trois. Il n’en reste que vingt-quatre, c’est ça Nelya ? »

« Euh… Oui mais… J’ai une question ? »

« Laquelle ? Dépêches toi puisque je vais l’emmener loin de cet endroit pour éviter que Xano soit blessé encore plus, héhéhé. »

« J’en ai deux : C’est quoi ce que tu as mis sur le corps de Xano ? Ce bout de papier. Sinon, pourquoi tu ne coupes pas la tête de Loxen pour terminer plus rapidement le combat ? »

« Oh ça… »

Toute sa griffe droite s’était mise à briller d’une forte lumière blanche alors que Loxen était finalement arrivé à sa hauteur. Elle lui tournait le dos et ses multiples appendices étaient tous dirigés vers elle. Elle poussa un léger soupir avant de se retourner subitement, déversant toute l’énergie qu’elle avait accumulée dans sa griffe droite pour la placer sur le corps de Loxen. Des nombreux morceaux de métal et de roche volèrent dans tous les sens alors qu’il était expulsé en arrière. Sa bouche s’ouvrait, son visage se déformant horriblement alors qu’il vomissait différents corps morts : Celui d’un Rhinastoc, d’un Airmure, d’un Archeodong et d’un Galeking. Ils étaient tous recouverts d’un épais liquide blanc et Luna eut une mine de dégoût. Même Nelya semblait surprise par cette réaction : Normalement, lors d’une annulation de symbiose, le pokémon devait apparaître à côté mais pas être vomi ou alors séparé de cette façon.

« Je veux simplement le faire souffrir et lui faire payer pour tout ce qu’il a fait. Il lui reste encore vingt morts à subir avant d’aller rejoindre ceux qu’il a osés manipuler et tuer. »

Elle éclata d’un rire sadique avant de se remettre en face de Loxen. Pendant la discussion, elle avait regardé longuement Xano avec un sourire candide mais maintenant, elle avait une toute autre face. Lentement, elle murmura pour les trois femmes :

« Eloignez vous… ou alors protégez vous. »

Elle craqua ses deux griffes alors qu’elle retournait vers Loxen qui reprenait peu à peu un corps à peu près normal. Depuis qu’il ne lui restait plus qu’une vingtaine de symbioses, il devenait de moins en moins difforme mais ce n’était pas pour cela que son caractère changeait. Il continuait d’insulter Tyrania, celle-ci éclatant toujours de rire alors qu’elle le laissait faire.

Pourquoi n’arrivait-il pas à la toucher ?! Pourquoi n’arrivait-il pas à la blesser ?! Il était le Taiso Dominateur ! Il se battait pour une bonne raison ! Il se battait pour elle ! L’unique pensée qu’il avait été dirigé vers cette femme aux cheveux violets, cette créature qui l’avait sortit des abysses il y a plus de vingt ans ! Il ne pouvait pas se laisser faire par cette petite garce aux cheveux dorés !

« MARREEEEEEEEEEE ! »

Autant donner le tout pour le tout ! Son corps s’illumina de partout alors que des têtes apparaissaient de part et d’autres. Chacune représentait un pokémon différent, chaque tête ayant les yeux entièrement blancs. Il n’allait pas se laisser battre ! Quitte à être exténué après cette tactique, il allait la buter !

« C’est triste de s’énerver pour si peu. Que vas-tu faire ? »

« Raclure… RACLURE ! Je ne te laisserais pas m’empêcher de le tuer ! JE DOIS LE TUER ! Ensuite… Ensuite… Je la kidnapperais ! »

« Tu penses être encore en vie après mon passage ? »

Tyrania éclata de rire alors que chaque bouche s’ouvrait pour créer une sphère à l’intérieur. Une attaque combinée de plusieurs lasers… Hum… Ce n’était pas une mauvaise idée mais il y avait un gros défaut à cette technique. Soudainement, elle était à la hauteur de Loxen, tranchant toutes les têtes dirigés vers elle. Cinq nouvelles têtes roulèrent sur le sol alors que des rayons sortaient dans tous les sens… sans toucher Tyrania.

« Que que que… »

Il n’arrivait pas à le croire ! Elle n’avait rien ! Rien du tout ! Ses pensées étaient déjà en train de se brouiller et il vacillait sur le sol. Il reprenait peu à peu une forme humaine au niveau du visage et du cou mais le reste de son corps était toujours sous l’assaut des quinze différents pokémons avait qui il avait fait une symbiose. Il ne pouvait pas perdre ! Pas maintenant ! Comme si il ne remarquait plus Tyrania, il s’était mis à ramper vers Xano qui était toujours évanoui et entouré des trois femmes. Celles-ci s’étaient immobilisées, incapables de réagir devant la monstruosité qui arrivait vers elles.

« Je peux savoir où tu comptes aller ? »

« Le tuer ! JE VAIS LE TUER ! Si je meurs maintenant, je ne serais pas capable de la retrouver ! »

« Pfff… Tu es fatiguant. Tais toi un peu. »

Un halo de feu entoura subitement Loxen mais celui-ci le traversa comme si il ne ressentait pas la douleur. Tyrania haussa un sourcil, légèrement étonnée par le fait que ses flammes n’avaient pas blessé Loxen. Hum… Devenait-il plus puissant à chaque fois qu’il perdait une nouvelle tête ? Il valait peut-être mieux le tuer maintenant. Elle s’élança à sa poursuite alors que Loxen arrivait vers les trois femmes et Xano. Qui était le monstre ? Loxen ou alors l’humaine qui avait été autrefois Tyrania. Celle-ci poussa un rire sadique alors qu’elle s’apprêtait à trancher la tête de Loxen.

« Dégage ! »

Une nouvelle tête remplaça celle de Loxen, venant se faire découper à sa place alors que ses pattes repoussaient Tyrania avec violence. Elle fut envoyé contre un arbre alors que Nelya fermait les yeux, se concentrant tout en disant aux deux autres femmes :

« Restez groupées et serrez vous contre Xano. »

Elle téléporta tout le groupe à une centaine de mètres de Loxen, celui-ci explosant le sol avec ses nombreux appendices alors que Tyrania revenait vers lui, visiblement énervée par le fait de s’être fait expulsée par Loxen. Si il voulait jouer à ça, ils allaient être deux ! Elle s’était retenue depuis le début ! Rapidement, son corps s’enflamma alors qu’elle venait frapper de toutes ses forces dans le dos du monstre. Le corps de celui-ci se mit subitement à chauffer voir à fondre alors que Loxen poussait un cri rauque :

« Arrête ça ! ARRETE ! NE M’EN EMPECHE PAS ! »

« Tu voudrais donc que j’abandonne Xano alors que je viens de le retrouver ? Faudrait être complètement arriéré pour t’obéir ! »

« JE VEUX LA RETROUVER ! Ma princesse de glace ! »

« Ta princesse… de glace ? Qu’est-ce que tu racontes comme bêtises ? »

« Ils ne me laisseront plus la revoir ! Je vais te tuer ! Ensuite, je le tuerais lui ! »

C’était elle ou alors les Taisos n’avaient jamais réellement envie de faire partir de ce groupe ? A part Arkan, elle commençait sérieusement à se poser des questions sur ce groupe. Enfin bon, elle n’était pas là pour se questionner. Son propre corps commençait à émettre une forte chaleur, signe qu’elle allait utiliser une technique qui allait laisser quelques séquelles sur son corps. Son front se mettait à émettre de la sueur alors que sa robe rouge lui collait à la peau. Subitement, elle s’enflamma entièrement sans que ses vêtements ne se consument pour autant.

« FRIZY ! Je veux voir Frizy ! »

Il avait maintenant peur… peur de ne plus la revoir et il sombrait dans une folie conservatrice. Il ne pensait qu’à elle, c’était là le secret de sa force, le secret de sa domination. Ecraser ces pauvres âmes vides de pokémon grâce à la sienne, grâce à cette vision de Frizy ! Il tentait d’en terminer avec Tyrania mais dès l’instant où il tentait de la toucher, son corps se mettait à fondre. Ce fut ces nombreuses tentacules qui disparurent en premières. Les minutes s’écoulaient et il ne comprenait pas ce qui se passait : Ses forces disparaissaient les unes après les autres, des flammes s’échappant des mains de Tyrania. Plus le temps passait, plus il reprenait une forme à peu près humaine… Dix… Huit… Six… Quatre… Deux… Il ne lui restait plus que deux symbioses et il haletait :

« FRIZY ! Je… JE … JE… »

« Tu me fatigues avec cette Frizy. Si tu voulais vivre avec elle, il ne fallait pas faire de conneries ! »

« FRIZY ! »

« LA FERME ET CREVE ! »

Elle en avait marre de cet homme qui avait utilisé le mauvais moyen pour protéger celle dont il n’arrêtait pas de parler. Si il voulait la sauver, on pouvait se donner les moyens mais il ne fallait pas se tromper ! Elle le frappa plusieurs fois au ventre, lui faisant cracher du sang alors que de nombreuses blessures étaient maintenant présentes sur le corps de Loxen. Un nouveau cadavre de pokémon tomba à côté de lui, celui d’un Dardargnan. Il leva une main vers Tyrania alors que la dernière symbiose s’achevait :

« Je…Fri… Frizy… FRI…zy… FRIZY ! »

La paume de sa main s’ouvrit subitement pour laisser apparaître un cristal bleu. Celui-ci fut expulsé de la paume, éraflant la joue de Tyrania qui n’avait pas eut le temps de l’esquiver. Elle était maintenant surprise : L’homme n’avait plus aucun pokémon en symbiose et pourtant, il avait été capable d’utiliser un pouvoir de ce genre ?! Loxen continuait de créer de nombreux cristaux de glace qu’il envoyait vers la femme à la robe rouge moulant son corps à cause de la sueur. Elle créait quelques petites flammes pour faire fondre les cristaux, alors qu’elle s’exclamait :

« Tu as la vie dure ! Mais maintenant… C’est terminé ! VAS EN ENFER ! »

Soudainement, un brouillard se leva alors qu’elle allait achever Loxen. Elle tourna son regard tout autour d’elle alors qu’une voix féminine se faisait entendre :

« Je ne… pourrais pas te laisser faire ça, Reine de Cœur. Loxen est celui qui m’a éveillé. Qu’importe les dires de celle qui est ma maîtresse, j’ai fais mon choix. Vous ne pourrez pas le tuer car je vais vous en empêcher. Simplement… Je vais vous faire une proposition : Si vous décidez de le laisser vivre, je vous donnerais quelques indices. A vous de décider. »

Tsss… La voix était douce mais froide et Tyrania lui aurait bien répondu d’aller se faire voir et qu’elle n’allait pas se gêner pour la tuer aussi mais comme elle ne voyait rien… Il valait mieux calmer le jeu. Elle prit la parole :

« Je veux bien. Raconte ce que tu as à raconter et après barre toi d’ici, je veux tuer celui ou celle qui est derrière tout ça ! »

« Le pouvoir… que tu as vu. Celui de Loxen avec les cristaux de glace, ce pouvoir est issu de ma personne. Dès l’instant où un humain a éveillé et sur-évolué un pokémon, il lui est possible d’utiliser ses capacités. Néanmoins, ces pouvoirs sont généralement latents et il faut provoquer une réaction sur l’humain pour qu’il puisse les utiliser. Dans le cas du Joker blanc, il pourrait donc utiliser les pouvoirs de vous quatre. »

« Hum…C’est très intéressant mais qui me dit que tu ne me mens pas ? Qu’est-ce qui te pousserait à me dire ça ? »

« Ma… maîtresse a changé depuis le jour où elle a appris qu’elle ne le reverrait plus… qu’elle a appris que cet homme lui avait menti et qu’il était parti avec une autre. Elle l’a attendu dans la mort après toutes ces promesses mais il n’est jamais venu. Moi-même, j’étais avec elle pour la distraire en attendant qu’il meurt vienne la rejoindre. Elle était si gentille, si douce… Elle adorait parler de cet homme.  Nous étions deux mais je ne peux pas t’en parler plus. »

« Est-tu cette Frizy dont il a tant parlé ? »

La voix ne répondit pas comme si elle cherchait une réponse. Tyrania concentrait son regard pour essayer de voir à travers le brouillard mais ne remarqua qu’une forme féminine ainsi qu’un corps couché sur le sol. Finalement, après une vingtaine de secondes, la voix lui répondit :

« Je suis Frizy et j’étais l’une des pokémons au service du Valet de la Rancœur. »

« Où se trouve t-elle ? Derrière cette porte que j’ai fait fondre ? »

« Non… Cette porte et cet endroit n’est qu’un leurre pour berner les forces mystiques qui arrivent dans ce monde. »

« Ne tourne pas autour de pot et dis tout de suite où elle se trouve. »

« Comment sais-tu que c’est une femme ? »

« Tu as parlé de ta maîtresse et du Valet de la Rancœur ensuite. »

« C’est… vrai. La Valet de la Rancœur se trouve dans la ville de Ryoran. Sais-tu pourquoi cette ville porte ce nom ? »

« Je ne crois pas que cela m’intéresse. »

Elle en avait déjà assez entendu. Valet de la Rancœur dans la ville de Ryoran, Xano avait aussi des pouvoirs cachés grâce à elle et aux autres Reines. Bref, le prochain endroit était cette ville et c’était tout ce qui lui importait. Néanmoins, Frizy continua de parler :

« Tu devrais pourtant. Cette ville est assez jeune et récente si on la considère par rapport aux autres villes. Elle doit avoir dans les presque deux cent années. Il était une fois une jeune femme éperdument amoureuse d’un homme. Celui-ci l’avait remarqué et appréciait les petits gestes de la jeune femme. Néanmoins, elle savait qu’il en aimait une autre et elle a toujours tout fait pour qu’ils puissent vivre heureux. Après plus d’une année d’efforts, le jeune homme et la jeune femme s’avouèrent enfin leurs sentiments alors que celle-ci qui avait tant fait pour eux deux s’éloigna sans un mot. Pendant des années, elle a combattu des hommes et des femmes sur toute la planète sans perdre un seul de ses matchs. On pouvait la considérer comme la maîtresse du monde pokémon : Nul ne pouvait l’arrêter, nul ne pouvait la battre. Jamais en ce monde n’avait existé une pareille femme. Mais celle-ci malgré toutes ses victoires restait triste et seule. Elle gardait le souvenir de cet homme en elle et ne pouvait s’empêcher de l’aimer. Celui-ci tentait toujours de communiquer avec elle mais elle ne répondait pas à ses appels, ni à ses lettres ou alors à ses messages télévisés car oui… Cet homme était mondialement connu lui aussi.

Elle décida après une quinzaine d’années de se marier avec un homme qu’elle n’aimait pas, un homme très riche et qui pensait qu’avec cela, il pouvait facilement se l’acheter. Elle s’est donnée avec lui avec dégoût et ils eurent plusieurs enfants mais là n’est pas la question. Cette femme avait demandé l’impossible à son mari : Créer une ville et y installer une arène pour elle. Malgré le coût faramineux, il s’exécuta pour cette femme qui était si jolie : Il ne voulait pas perdre une beauté pareille et surtout une femme célèbre. Quelques années s’écoulèrent et la femme était devenue une championne d’arène officielle, voir même la meilleure. Les plus grands et les plus prestigieux combats de pokémons passèrent dans son arène où on lui décerna le grade unique de Grande Maîtresse des Pokémons. Plusieurs anciens maîtres pokémons dont celui qu’elle avait battu il y a quelques années avaient décidé à l’unanimité de lui donner ce titre mais rien n’y faisait… Elle était toujours aussi triste et vide, se disant qu’elle ne pouvait avoir la chose la plus précieuse en ce monde à ses yeux : L’amour de cet homme. Il lui avait fait de nombreuses promesses, lui disant qu’après la mort, ils pouvaient se retrouver, qu’après la mort, il n’y avait plus de règles et de frontières. La femme de cet homme était au courant des nombreux envois de son mari mais elle était d’accord, elle savait à quel point son homme aimait cette femme même si ce n’était pas du même amour.

Cette femme est devenue le Valet de la Rancœur. »

« Ce que tu dis n’est pas logique : Si cette femme a crée cette ville il y a deux cent ans environ, cela voudrait dire qu’elle est… »

« Morte. C’est bel et bien le cas. Cette femme est morte depuis plus d’une centaine d’années et son âme erre dans la ville de Ryoran. Ryoran est le nom de cette ville car il est composé de la première syllabe de l’homme qu’elle aimait et de quelques lettres de son nom de famille : Ryusuke Dranok. »

« Mais alors… La femme dont tu parles est… »

« Riza Ira, Valet de la Rancœur et Grande Maîtresse des Pokémons. Elle est toujours en vie sous le nom de Pastia Ira. Maintenant que tu sais tout, je dois partir. Si il arrive, je ne pourrais pas défendre Loxen. Au revoir… ou Adieu. Je ne pense pas que nous nous reverrons. »

Le brouillard s’épaissit soudainement avant de disparaître. Il n’y avait plus aucune trace du corps de Loxen ! Seul les cadavres des vingt-sept pokémons étaient au sol mais tout était terminé. Un nouveau Taiso était tombé et ils allaient pouvoir mettre enfin un terme à cette folie. Elle observa ses vêtements ensanglantés avant de soupirer. Elle se retourna pour se diriger vers les trois femmes et Xano, un petit sourire aux lèvres. Un petit chapeau de tissu rouge cachait maintenant ses deux oreilles, étant apparu alors que le jeune homme ouvrait faiblement les yeux. Luna et Oriane s’étaient reculées alors que Tyrania s’était approchée de lui : Elles avaient peur d’elle après le spectacle qu’elle avait donné face à Loxen. Même Nelya avait fait quelques pas en arrière, se disant qu’il valait mieux être sur ses gardes.

« Ty…Tyrania ? Ton… œil droit. »

Elle s’était mise à rougir violemment en le regardant se réveiller. Maintenant, il était conscient et pouvait voir cette vilaine cicatrice qui la défigurait. D’une voix triste et tendre, elle lui répondit, les deux mains en arrière :

« Ce n’est rien, Xano. Ce n’est pas si grave sauf si… Tu ne veux plus de moi car je suis devenue laide ? »

« Mais bien sûr que… »

Il se releva en poussant un cri de douleur, une main posée sur son torse nu. Il ne remarqua pas qu’il avait un papier posé sur le torse et s’approchait d’elle alors qu’elle souriait timidement. Il avait donc encore la force de se lever ? Il posa ses deux mains sur les épaules de Tyrania, elle faisait exactement sa taille alors qu’il regardait son visage avec affection.

« Tu es bien plus jolie que n’importe quelle femme sur cette planète. Cette cicatrice t’embellie de façon remarquable. »

C’était exagéré mais elle poussa un petit rire que seul lui pouvait entendre, les autres femmes étant trop éloignées pour ça. Plusieurs secondes s’écoulèrent et ils ne disaient plus rien. Lentement, elle lui murmura d’une voix douce :

« Ce n’est pas le moment où tu dois me prendre dans mes bras ? Je ne sais pas encore contrôler mon corps donc j’ai mes queues et mes oreilles qui sont toujours là. Loxen est parti, tu n’as pas à… »

Il l’enlaça longuement avant qu’elle ne termine sa phrase. Parler de Riza Ira, des Valets et de toutes ces choses, cela pouvait bien attendre la nuit. Elle déplaça ses deux mains sur le dos de Xano pour le serrer contre elle avant qu’il ne murmure :

« Tyrania… Je crois que tu es trempée. Je sens ta poitrine contre moi. »

Lentement, l’une des neuf grandes queues de Tyrania derrière elle se raidit avant de venir donner un léger coup derrière la tête du jeune homme. Celui-ci poussa un petit râle de douleur alors qu’elle lui murmurait en rigolant qu’il était simplement un imbécile de gâcher des moments pareils.