Chapitre 8 : Avoir peur

ShiroiRyu

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Chapitre 8 : Avoir peur

« C’est aujourd’hui qu’ils doivent rentrer, n’est-ce pas ? »

« De ce que j’en sais, je dirai que oui, Manelena. Ne soit pas effrayée. Je suis sûr qu’ils auront beaucoup d’informations à nous donner. Tu n’as pas à t’en faire le moins du monde. »

« Je ne m’en fais pas ! Ne raconte pas n’importe quoi non plus hein ? »

« Oui oui, bien entendu. Désolé d’avoir utilisé ces termes. Sois juste patiente, ils seront bientôt là. Dire que cela fait déjà une semaine, le temps passe très vite. »

« Trop à ton goût ? » rétorqua la jeune femme sans un sourire, Tery haussant les épaules. Il fallait quand même reconnaître qu’il avait pris goût au fait d’avoir de la compagnie autour de lui. Avec Manelena, c’était bien mais y avait quand même un certain manque, il fallait reconnaître … ah … Elen … et les autres, bien entendu ! Enfin, bon … C’est compliqué, très compliqué en un sens. Il se frotta le front, réfléchissant à la situation.

« Enfin bon, le plus important est qu’ils vont tous rentrer, voilà tout. »

« C’est exact mais de là sauter de joie, il n’y a qu’un pas que je n’irai pas franchir. »

Pfff. Il savait parfaitement que cela, elle s’en fichait complètement mais … en même temps, ils avaient fait pour ça pour elle. Il espérait qu’elle leur donnerait un peu de reconnaissance hein ? Juste par principe, quoi de plus. Humpf ! Enfin, il verrait ça sur le moment.

« Pas trop pressée hein ? De les revoir ? »

« Est-ce que j’ai une tête à être enjouée de les revoir ? Non et non. »

Pfff, comme souvent, dès qu’il s’agissait des autres, c’était difficile de communiquer avec elle. Il poussa un soupir. Cette semaine avait été vraiment pas mal du tout mais maintenant, il sentait qu’ils allaient retourner au point mort comme auparavant. C’était toujours ainsi.

« Tery ? Arrête donc de tourner en rond. Vas dehors prendre un peu d’air ! »

« Mais maman, je ne fais rien de mal. Je parlais avec Manelena, rien de plus ! »

« Tu l’agaces et tu m’agaces. Allez zou, du vent avant que je ne m’énerve ! » s’exclama sa mère, le mettant à la porte sans sommation sans même qu’il n’ait son mot à dire. Il grommela un peu de son côté, les mains aux poches avant de se diriger vers le centre du village. Lorsqu’il marcha parmi les villageois, certains se tournèrent vers lui :

« Hey ! Salut Tery ! T’es seul aujourd’hui ? »

« Oui. Faut que je me prépare à accueillir le retour des autres ! Et vous ? Ca va bien ? »

« Ca va, ça va, j’ai la forme hein ? On s’y fait à force, qu’est-ce que tu veux que je te dise exactement ? C’est comme ça la vie. Allez, je te laisse, j’ai encore du travail aussi de mon côté. Bonne chance avec tes amis, c’est quand même une sacrée troupe ! »

« Merci bien. Bonne journée à vous aussi. »

Voilà, les commodités d’usage étaient faites alors qu’il se positionnait devant l’entrée du village, s’adossant à un mur. Les miliciens chargés de protéger l’entrée le saluèrent alors qu’il commençait à faire la discussion avec eux.

« Ah ! Ben, les voilà ! Visiblement, tu n’auras pas eu besoin de patienter trop longtemps, Tery. On les voit à l’horizon, hahaha. »

C’était bien gentil de le prévenir mais bon … il fit quand même un grand sourire en voyant Clari, Royan, Elise mais surtout Elen. Il ne bougea pas de sa position, croisant les bras, adossé à un mur protégeant le village. Il fallait juste attendre bien qu’il bouillonnait à l’intérieur avec son envie de courir en la direction de la jeune femme aux cheveux blonds.

Celle-ci par contre, ne s’en priva pas, courant à toute allure vers lui. WOWOWOWOW ! Calme ! Calme ! CALME ! Si elle fonçait vers lui à toute allure, il allait s’enfoncer dans le mur ! Il ouvrit ses bras pour la réceptionner, la jeune femme dévorant ses lèvres avant de lui demander de vive voix, inquiète et émue :

« Tery ! Tery ! Tu m’as tant manqué, Tery ! Une semaine sans toi, c’était horrible ! »

« Roh, n’exagérons quand même pas, Elen. Mais oui, tu m’as manqué aussi. Par contre, heureusement que j’étais préparé à t’attraper car sinon, je pense que le mur n’existerait plus derrière moi. Enfin, j’exagère un tout petit peu, sans plus quoi. »

« Si peu hein ? De qui est-ce que tu te moques donc ? »

Elle rigola avant de l’embrasser une nouvelle fois, Clari, Royan et Elise arrivant à leur tour. Il les regarda avec amusement, Tery leur demandant :

« Et vous ? De votre côté ? Ça s’est bien passé ? »

« Pas au point de venir t’embrasser car tu nous manquais, désolée, Tery. » murmura la jeune demoiselle aux couettes blondes à son tour, un sourire aux lèvres.

« Oh ? Je ne pensais pas à ce point mais quand même, je note, je note. »

« Hey, si tu veux vraiment hein ? Mais je ne pense pas qu’Elen soit d’accord à ce sujet. D’ailleurs, elle semble déjà à moitié endormie dans tes bras là. »

Il confirma cela d’un hochement de tête, souriant pour lui-même avant de rentrer à l’intérieur du village, accompagné par tous. Bien entendu, il fallait se douter qu’Elen ne le lâchait pas d’une semelle … Et lui-même n’avait pas envie de la lâcher.

« Vous voulez rentrer à la maison tout de suite ? Où est-ce qu’ils sont sinon ? »

« Tu parles du couple ? Ils sont partis de leur côté mais je pense qu’ils ne tarderont pas à venir. De toute façon, qu’est-ce que cela nous importe non ? Nous les connaissons à peine, Tery. » chuchota Elen tout en calfeutrant sa tête contre lui.

« Je me doute, je me doute. Enfin, bon retour … allons chez ma mère. »

C’était mieux … puis … ils avaient à parler de leurs trouvailles. Comme lui et Manelena n’avaient pas été à leurs côtés, cela avait normalement été beaucoup plus simple. Mais bon, il y avait normalement encore beaucoup à faire non ? Il cligna des yeux, attendant la suite des paroles d’Elen qui lui chuchotait :

« Tery, tu m’as terriblement manqué. Les nuits étaient très longues sans toi. »

Et lui n’osait pas dire que chaque nuit, il allait se promener avec Manelena pour que cette dernière arrive à trouver le sommeil. Oui, en un sens, il valait mieux ne pas trop parler de ça, c’était un peu risqué quand même en un sens. Oui oui, il valait vraiment mieux ne pas … discuter de ce genre de choses. Il chuchota :

« Et mes journées alors ? N’oublie pas mes journées, Elen. »

Il avait réussi à rattraper le coup alors qu’elle le regardait, étonnée par ses propos. Elle eut un petit sourire avant de se calfeutrer dans ses bras, poitrine contre torse. Ah ben là, il ne pouvait pas dire autre chose. Elle n’allait pas le lâcher du tout.

« Oh ? Vous voilà donc ? Manelena est partie de bonne heure. »

« J’ai déjà prévenu à ce sujet, maman mais merci quand même. Bon ben euh … je vais ramener vos sacs dans la chambre ! »

Sauf qu’il s’attendait bien à ce qu’Elen vienne le rejoindre. Lorsqu’il referma la porte derrière lui après le passage d’Elen, il entendit un petit *pouf* significatif avant qu’il ne se retourne pour voir Elen, allongée sur son lit, les bras tendus.

« Juste un câlin alors, Elen hein ? Les autres nous attendent. »

« Un gros alors pour combler cette semaine sans toi. » chuchota t-elle sur un ton des plus candides, le faisant fondre sur place avant qu’il ne vienne se coucher sur elle, se pressant contre tout son être pour ressentir sa chaleur. Il referma les yeux en même temps qu’elle.

« On peut rester une bonne dizaine de minutes s’il faut. Je ne pense pas que cela va les déranger de toute façon hein ? »

« Je ne pense pas non. Ils n’ont pas besoin qu’on leur tienne la main … par contre, moi, c’est une autre histoire, Tery. S’il te plaît … Tu ne me serres pas assez fort. »

« Attends un peu, Elen, je sais pourquoi hein ? »

Il commença à lui retirer ses épaulettes avant de soulever la jeune femme pour la faire arriver sur lui. Voilà, c’était à son tour d’être couché sur le lit … et de pouvoir bien mieux la prendre dans ses bras. Elle se pressa contre lui, offrant tous les délices de son corps alors qu’il lui souriait pour venir l’embrasser quelques secondes après.

« Tu es juste délicieuse, Elen. Tellement délicieuse. »

Il prit une profonde respiration, yeux clos tout en la laissant bien s’installer sur lui. Il ne vint plus rien dire, attendant et espérant que cela allait perdurer. Il finit par s’assoupir, sans même s’en rendre compte, Elen elle aussi avant que la mère de Tery ne rentre dans la chambre. Elle soupira doucement, chuchotant :

« Bon, visiblement, pas besoin d’en attendre plus d’eux. On va les laisser ensemble. La réunion pourra attendre de toute façon. »

Elle referma la porte derrière elle, sans un bruit alors que Tery marmonnait, bougeant un peu pour se mettre de côté et mieux serrer Elen dans ses bras. Descendant les escaliers, elle vint dire au reste du groupe dans la cuisine :

« Ils se reposent tous les deux. Attendons Manelena … et hum … les deux personnes non ? »

« Vous voulez parler de Sérest et Séran ? Je pense qu’ils arriveront d’ici peu. » répondit Royan tout en hochant la tête. « Ils ne sont pas partis avec nous mais ils voulaient confirmer quelque chose de leur côté. Nous les avons laissé faire. »

« Soit, soit, avez-vous faim ? Avec ce long voyage, je me doute que oui … et que d’autres ont besoin de dormir … que ça soit dans les bras d’autrui ou non. »

La mère de Tery leva les yeux en l’air, un sourire aux lèvres, son visage légèrement tourné vers les escaliers. Bien entendu, nulle difficulté à savoir de qui elle parlait en évoquant de tels propos. Mais bon, parfois, il n’y avait pas besoin de plus de précisions.

« Bon, bon, bon … Et est-ce que vous voulez boire ou non ? »

Quelques hochements de tête pour lui répondre par l’affirmative et voilà qu’elle était déjà en train de se mettre au fourneau pour leur préparer quelque chose pour le repas. Ce n’était pas forcément le mieux pour discuter entre eux mais qu’importe.

« Alors, racontez-moi tout. Avez-vous été assez loin ? Dans les environs ? Car de notre côté, les rebelles comme les soldats impériaux ne viennent que très rarement. »

« Ah ! Je me disais bien que j’avais une question en tête ! Madame Vanian, je voulais savoir : est-ce que … vous avez justement reçu la visite des soldats impériaux ? »

« Hum ? Oui, oui, notre village en a reçu. Mais comme nous sommes isolés et guère menaçants, ils sont vite partis en remarquant que Tery n’était pas là. Ils reviennent une fois par mois en espérant le retrouver mais bon, ne vous inquiétez pas. Ici, nous sommes tous très solidaires et nous n’allons pas livrer l’enfant d’une femme veuve. »

« Oui, ça me semble plus qu’honnête comme réaction. Et puis, Tery semble apprécié dans son village même s’ils ne le voient que très peu depuis quelques années. »

« Tery a grandi, voulait partir, avec des rêves d’aventures plein la tête. Beaucoup ne cautionnent pas son choix, habitués à la tranquillité de notre village, mais tous le respectent. Et puis, généralement, les enfants qui habitent ici reviennent souvent voir leurs parents. On peut le remarquer avec Tery à l’instant. »

« Il est vrai que Tery n’arrête pas de parler de vous quand on se rapproche du village ou que l’on cherche à s’y rendre ou même alors quand il veut vous écrire une lettre. Bon, c’est souvent en mal, en disant que vous faites peur et tout le reste mais … »

« Oh ? Il dit vraiment tout ça ? » murmura la mère de Tery sur un ton sec, le couteau qu’elle tenait en main s’abaissant subitement sur sa planche à couper.

« Euh euh euh … Je ne pense pas qu’il pensait à mal, hein ? Madame Vanian ! » commença à dire Clari, ayant été stoppée par la mère de Tery. Même pour elle, cet acte était inquiétant et elle avait perdu son sourire habituel.

« Oh ? Je vous aie fait peur ? C’était un peu le but recherché. Ne vous inquiétez pas, je sais parfaitement que mon fils m’aime et inversement. Bon … Manelena ne devrait plus tarder. »

Pendant qu’ils mangeaient buvaient en parlant principalement de Tery, plusieurs coups à la porte se firent entendre, la mère de Tery se levant, déclarant qu’elle allait ouvrir. Quelques secondes plus tard, Manelena s’insinuait dans la cuisine, haussant un sourcil en les voyant … sauf deux personnes. Elle tourna sa tête vers la mère de Tery, demandant :

« Où est-ce qu’ils se trouvent ? »

« Tery et Elen ? Ils dorment dans la chambre de mon fils. Laissez-les se reposer. Elen semblait plus qu’épuisée par cette longue enquête. » déclara la femme d’un certain âge, Manelena émettant un léger grognement avant de chercher à s’asseoir.

« D’accord, d’accord … et l’autre couple se trouve où par hasard ? Je ne le vois pas. »

« Ils arriveront bientôt normalement. » répondit Elise, ayant toujours un peu peur de se mêler à la conversation, surtout quand Manelena posa ses yeux sur elle.

« Bref, en attendant, nous pourrions donner déjà un petit aperçu de ce que nous avons pu entendre en discutant avec quelques rebelles par-ci, par-là ? »

Ce fut au tour de Royan de s’adresser aux autres, Manelena le fixant aussitôt. Comme il rentrait directement dans le vif du sujet, elle attendit qu’il parle, faisant un petit geste de la main pour l’inciter à continuer ce qu’il avait commencé.

« Majoritairement, les rebelles sont … pour le retour de Manelena sur les terres de Shunter. Plus que le fait qu’elle fut presque sacrifiée par son propre père, Manelena était un symbole pour l’armée et pour les citoyens. Maintenant qu’elle n’est plus du côté de son père mais aussi qu’ils ont découvert que c’était la princesse, ils veulent … »

« Assez, je crois que j’en ai déjà assez entendu. On va attendre que tout le monde soit là puis ensuite, on continuera. Je pars dehors. »

« Hein ? Mais, Manelena, nous n’avions pas … »

La femme aux cheveux argentés ne laissa pas celle aux couettes blondes terminer sa phrase, quittant la pièce puis la maisonnette. Dehors, elle jeta un œil à l’étage, poussant un soupir avant de s’éloigner pour se diriger à la taverne du village. Pas besoin d’être une génie pour savoir ce qu’allait être la suite de tout ça. Pfff, elle n’était pas prête, juste … pas prête, rien de plus, rien de moins. Elle en avait déjà plus qu’assez.

« Hmmm. Qu’est-ce que je fai moi ? Pourquoi est-ce que j’ai dormi et … »

Il n’eut pas la possibilité de terminer sa phrase, comprenant parfaitement ce qu’il avait fait. Voilà donc … Elen était de retour. La jeune femme était dans ses bras, sans cette demi-armure qu’elle avait habituellement sur le corps. Tant mieux, oui, tant mieux. Il l’embrassa sur le front pour la saluer, celle-ci gesticulant avant de se déplacer un peu.

« Je descends déjà, Elen. Je vais voir ce que les autres font. Comme tu sais déjà surement ce qui s’est dit, je ne pense pas qu’ils aient besoin de toi pour la discussion. »

« Hmm, reste encore un peu s’il te plaît, Tery. J’ai besoin de toi. »

Roh, elle exagérait grandement. Avoir besoin de lui ! Ah ! Il revint auprès d’elle, déposant un tendre baiser sur ses lèvres. Elle l’attrapa par la peau de la nuque pour l’emmener à elle mais il ne tomba pas cette fois, faisant un petit geste du doigt pour lui dire que non. Finalement, alors qu’elle boudait légèrement, il descendait au rez-de-chaussée. Ils n’étaient pas là ? En entendant des voix dehors, il comprit qu’ils étaient tous partis hors de la maison.

Il quitta la maisonnette, se dirigeant vers le banc avant de tous les retrouver. Oui, sa mère était assise avec toutes les autres personnes. Hein ? Hum ? Il n’y avait pas Manelena ? Comme c’était vraiment étrange ça, vraiment très étrange même. Et un peu dommage.

« Où se trouve Manelena ? Et bonjour à vous tous. Enfin, à nouveau quoi. »

« Encore endormi à moitié, n’est-ce pas ? Tery, je te jure, la prochaine fois que tu as des invités, évite donc de dormir quelques minutes après leurs arrivées. »

« Je sais, je sais … maman … je suis vraiment désolé, tout le monde. Mais Elen semblait exténuée et … euh … enfin bref, quoi de nouveau ? »

« Nous pensions attendre Manelena pour le dire mais on dirait bien qu’elle ne compte pas revenir alors autant le déclarer maintenant, Tery. Alors bon, on va pas perdre plus de temps. Tery, les rebelles veulent Manelena comme reine. »

« … … … Attends un peu. » murmura le jeune homme après les paroles de Royan, venant s’adosser contre un mur avant de se frotter les yeux.

« Je sais que la nouvelle est un peu difficile à digérer mais … »

« Non, non, disons qu’il n’y a pas que ça, loin de là. Enfin, c’est un peu compliqué, il faut avouer. J’ai encore du mal à tout comprendre. Manelena, la princesse déchue de Shunter par son propre père, les rebelles la veulent comme reine ? Donc ils veulent créer une passation de pouvoir dans la monarchie ? Et euh … ils connaissent bien Manelena ? »

« Les rebelles sont en partie composés d’anciens soldats de l’armée de Shunter qui ont quitté cette dernière après les actes du roi et des généraux lors de la grande bataille entre les empires. Il n’y a rien d’étonnant alors à ce que Manelena leur serve de figure et d’exemple. Qu’on le veuille ou non, Manelena était quelqu’un d’emblématique dans l’armée. Encore plus lorsqu’ils ont pu voir son véritable visage et savoir ses origines. »

« Oui, maintenant que tu me le dis, ça semble plus que logique. »

Mais bon, ça ne changeait pas que visiblement, elle avait beaucoup de mal à digérer ça. Humpf, il allait devoir lui parler. Mais une voix féminine lui demanda de lever la tête, lui permettant de voir Elen par la fenêtre :

« Je descends tout de suite. Je ne savais pas que vous étiez dehors ! »

Qu’elle se dépêche alors au lieu qu’ils ne perdent trop de temps. Enfin, ce n’est pas comme s’ils étaient pressés non plus. Il ne fallait pas exagérer, enfin, pas trop ou plus que d’habitude mais bon, ça serait quand même pas mal par rapport à tout ça. Ils avaient beaucoup à faire dernièrement et donc parler de tout ça … permettrait d’y réfléchir plus que nécessaire.

« Me voilà, tout le monde. Bonjour. »

Il se tourna vers Elen, souriant en voyant l’une de ses mèches blondes rebelles qui pointait vers le ciel. En y réfléchissant bien, c’était peut-être ça qui l’avait attiré chez elle. Elle était naturelle … et puis sa chevelure un peu en bataille, à la garçonne, qui maintenant, se laissait poussée un peu sur le côté des oreilles. Oui, plus il la regardait, plus il l’aimait.

« Tu viens par-là, petite demoiselle ? »

« D’accord, mon grand monsieur. »

C’était un … peu bizarre en fait, quand il parlait comme ça. En fait, c’était même carrément très louche, il fallait le reconnaître. Mais bon, Elen ne vient pas se priver, allant s’asseoir sur lui tout en émettant un grand sourire candide.

« Et si nous reprenions la discussion ? » dit-elle ensuite, bien moins gênée qu’auparavant par la position sur Tery. Dire … qu’il aura fallu tellement de choses pour arriver à ce résultat. Mais bon, maintenant, tout cela était derrière eux.

« Hum … Cela me rappelle un peu ma jeunesse. » murmura la mère de Tery alors que celui-ci s’immobilisait sur place. Elle n’allait quand même pas parler de son père hein ? « Enfin bon, c’est une époque révolue. Continuez donc, Royan. Qu’est-ce que tu disais ? »

« Hein ? Euh … oh oui, par rapport aux rebelles, je … »

« Oh ! Visiblement, vous êtes tous déjà là ! Quelle bonne nouvelle ! »

Royant n’avait eu guère le temps de prendre la parole qu’une voix féminine s’adressait à eux. Tous les regards se tournèrent vers le couple qui avançait vers leur direction. Sérest et Séran étaient finalement de retour ? C’était une bonne nouvelle finalement.

« Qu’est-ce que vous racontez de beau sur les rebelles ? » reprit Sérest dans un grand sourire avant de murmurer : « Nous avons d’autres nouvelles à vous raconter de notre côté. »

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