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Chapitre 85 : Une dévotion spectrale

Chapitre 85 : Une dévotion spectrale

« Swar, Swar, tu ne sauras jamais ce qui s’est passé hier soir ! »

Le jeune homme était motivé, plus que motivé et encore plus joyeux qu’hier. La nuit lui avait grandement porté conseil ou au minimum « plu » puisqu’il s’agissait de sa première nuit en plein air après tout ce qui s’était passé dans le Marché de la Mort. L’épée marmonna :

« Hum ? Quoi donc encore ? Qu’est-ce que tu as pu entendre ou voir de si spécial ? »

Ce n’était quand même pas ce qu’elle pensait, n’est-ce pas ? Sincèrement, l’amnésie allait être l’unique solution pour le restant de l’existence de Kéran. Il avait la fâcheuse habitude se réveiller toujours au mauvais moment. Elle évita de soupirer quand il vint dire :

« J’ai encore vu cette femme hier. Enfin, pendant que je dormais mais j’étais à moitié réveillé. Enfin, je ne sais pas … Mais tout ce que je peux te dire, c’est qu’elle était bien réelle. Elle était en chair et en os … et aussi en armure ! Elle avait une sacrée armure ! »

« Tu fais des fantasmes vraiment très bizarres, Kéran. Après être passé de Katérina qui était dans une tenue très légère, tu penses maintenant à une femme en armure. Tu ne peux pas imaginer une femme tout ce qu’il y a de plus normal ? Cela n’est pas possible Kéran ? »

« Hey ! Ne m’insulte pas non plus, Swar. Je ne pensais pas à mal … et je ne sais pas … mais je la trouvais classe. Sans mentir, elle donnait quand même l’impression d’être carrément au-dessus de tous les autres. Elle était vraiment sublime ! »

« Encore un fantasme. Il vaudrait mieux que tu t’arrêtes maintenant. » dit l’arme avec calme.

« Mais ce n’était pas un fantasme. Je ne sais pas mais elle était là … Ca m’étonne quand même, je la sens vraiment très proche de moi mais en même temps, ça ne peut pas être toi, Swar. Tu es … une pokémon, pas une humaine. »

« Hum ? Dorénavant, tu considères que je suis une femme sans même poser de questions ? »

« Ben … On va dire vraiment que c’est mieux de te considérer de la sorte. Une telle protection pendant la session de la Marche de la Mort. Ce n’est pas comme si un homme pouvait faire ça. Du moins, pas avec des paroles aussi gentilles. »

« Tu te fourvoies complètement sur ma personne. Tu penses que je suis amicale envers toi ? Il vaudrait mieux que tu te méfies de … »

« Pas maintenant, Swar. Pas maintenant. » répondit le jeune homme en rigolant, s’étirant longuement avant de regarder autour de lui. Là, pour l’heure, il avait plutôt une autre idée en tête. Comme … Retrouver ses pokémons, non ?

« Pas maintenant ? Est-ce que tu n’insinuerais pas là qu’il vaudrait mieux que je me taise ? »

« Pas du tout, Swar. Pas du tout même … C’est tout le contraire. Enfin bon, on se met en route, Swar ! On va se rendre en ville et voir si y a quelques personnes qui ont des informations sur des pokémons en liberté, enfin qui sèment la pagaille. Car je vois mal Lili rester calme. Ce n’est pas du tout son genre à ma petite Tarsal. »

« Comme tu le désires. Néanmoins, nous devons mettre des choses au clair. Qu’importe ce que je suis, ne me fait jamais confiance. »

« C’est déjà mal parti pour ça. » annonça Kéran en rigolant, quittant la forêt pour se rendre au village le plus proche. Du moins, si les chemins tracés dans la terre voulaient bien l’emmener à l’un d’eux.

Ce qui fut le cas bien que le village dans lequel il pénétrait n’avait rien de bien reluisant. A peine une cinquantaine d’habitants d’après ce qu’il remarquait, un forgeron, un boucher, un boulanger, une petite auberge. C’était vraiment très sommaire comme endroit.

« Humpf … Je ne suis pas sûr que je trouverai quelque chose ici, Swar. » murmura le jeune homme, un peu dépité par ce qu’il voyait.

« Hum … Tu ne peux jamais savoir, Kéran. Les rencontres les plus surprenantes se font dans les endroits les plus insolites. Rends-toi donc à la taverne et tends alors l’oreille. »

Pas une mauvaise idée de la part de l’épée ! Comme d’habitude bien entendu. Il se dirigea dans l’auberge et non la taverne, malgré les paroles de Swar. Il regarda tout autour de lui, voyant que ce n’était pas bondé, loin de là. Il s’installa au comptoir, demandant de l’eau avant de s’arrêter. Il eut un petit rire avant de murmurer pour lui-même :

« Maintenant que je suis un adulte, je peux boire de l’alcool. »

« Oh mon Arceus. » chuchota Swar qui aurait bien levé les yeux si elle les avait possédés à ce moment-là. Le jeune homme commanda l’alcool, demandant néanmoins le plus doux possible pour sa première fois. Il entendit quelques rires de la part des autres personnes présentes et fut un peu gêné mais bon … « Au moins, il ne prend pas de risque. » souffla l’épée.

Maintenant paré pour boire sa première bière, car bien entendu, le tavernier n’avait pas cinquante mille choix, il prit une profonde respiration, cherchant à la boire d’une traite. Visiblement, cela ne vint pas lui convenir alors qu’il tournait sa tête dans tous les sens, de grands éclats de rire se faisant entendre.

« Oh bon sang ! C’était bien sa première au gamin ! Sinon, il aurait su qu’il faut jamais se l’enfiler en une seule fois, sauf si on veut finir complètement mort ! » s’écria une voix.

« On le laisse dormir sur le comptoir ? Il risque de ne pas se réveiller avant un petit bout de temps. » demanda une seconde voix, le jeune homme se redressant.

« Non non ! Ca va ! Ca va ! Je vais juste … aller m’asseoir … à une table. »

Avec lenteur, il quitta le comptoir, regardant autour de lui pour trouver une table vide. Tiens … Dans le fond de la pièce, il n’y avait qu’une jeune femme. Elle était vraiment éloignée des autres. Pourquoi ça ? Bah … Toute façon, il s’en fichait un peu. Il prit l’une des tables libres à côté d’elle, posant sa tête contre le bois avant de marmonner qu’il avait mal au crâne, et non pas à cause de la douleur engendrée par le contact frontal.

« Bobo … Swar … Beaucoup … bobo. »

« Quel idiot de boire de l’alcool alors que tu n’en as pas l’habitude. »

La femme leva son visage en direction du jeune homme, comme si elle avait entendu la voix provenant de l’épée, ce qui n’était pas le cas des autres personnes autour d’eux. Sans même s’inquiéter plus que cela, Swar reprit :

« La prochaine fois, j’espère que cela te servira de leçon mais note bien que l’on ne boit pas d’alcool d’une traite. Est-ce bien compris, Kéran ? »

« Ouais … Ouais … Mais ne parle pas aussi fort s’il te plaît. »

« Je ne parle pas fort, je murmure tout simplement. Tu ne vas pas me faire croire que tu as la gueule de bois alors que tu … » s’arrêta l’épée alors que du mouvement se faisait voir de la part de la jeune femme. Celle-ci s’était levée de sa chaise, se dirigeant vers Kéran avant de déposer une noigrume sur la table. Celle-ci s’ouvrit, laissant paraître un Mélancolux alors que des murmures se firent entendre dans les alentours.

« Bonjour, jeune homme. » dit-elle dans un petit sourire amusée.

Il redressa son regard, observant la jeune femme brièvement de ses yeux bleus. Elle avait des yeux verts, verts comme ses cheveux qui étaient attachés en deux nattes retenues par des petites boules rouges. Elle portait une robe bleue qui lui allait jusqu’aux bas des genoux et devait à peine avoir quelques années de plus que lui.

« Bon … jour. » marmonna Kéran avant de reposer sa tête sur la table.

« Je vois que nous sommes un peu pareils, tous les deux, n’est-ce pas ? » reprit-elle.

« HEY ! TOI ! Laisse le gamin décuver tranquille ! T’as pas compris ce que l’on t’a dit ? On te tolère ici, on ne t’accepte pas ! Alors, tu rappelles ton foutu pokémon dans ta noigrume et tu dégages si c’est pour l’emmerder ! »

« Mais elle m’emmerdeeeeeeeeeeeee pas ! »

L’adolescent avait relevé sa tête, poussant un long grognement avant que son corps ne penche sur le côté. Aussitôt, la jeune femme vint le réceptionner avant qu’il ne s’écroule au sol. Les méfaits de l’alcool sur une si jeune personne, c’était quand même surprenant.

« Mademoiselle … Vous voulez … bien m’emmener ailleurs, s’il vous plaît ? » marmonna le jeune homme en regardant la jeune femme.

« Je ne sais pas vraiment si les villageois vont accepter que je fasse cela mais puisque vous me le demandez, autant le faire, non ? »

« Merci, vous êtes bien aimable. » souffla Kéran alors qu’il était soulevé à moitié par la jeune femme, celle-ci ayant payé pour les deux consommations avant de se diriger vers la sortie sous le regard hostile des différents clients et de l’aubergiste.

Accompagné par la jeune femme, Kéran fut emmené hors du village, déposé contre un arbre. Là-bas, elle lui signala qu’elle allait chercher de l’eau près du ruisseau qui se trouvait dans le voisinage du village. Lorsqu’il fut seul, il eut un petit rire avant de dire :

« Swar … Je ne me suis pas trompé, non ? J’ai vraiment mal au crâne mais … je peux encore raisonner. Est-ce que cette femme… »

« Oui, elle possède bien un pokémon spectral. Mais il semblerait que celui-ci se trouve dans une noigrume et ne soit pas violent. »

« Tu crois vraiment que … » commença à reprendre Kéran avant qu’une voix ne vienne dire :

« Comme quoi, il faut toujours se méfier des apparences, n’est-ce pas ? Tu n’étais pas ivre à ce point, hum ? Je me disais bien … Tu es donc aussi un possesseur de pokémons maudits ? »

La jeune femme était revenue, tendant une gourde au jeune homme pour qu’il puisse s’abreuver mais surtout faire passer le goût de l’alcool dans sa bouche. Celui-ci la remercia, récupérant la gourde pour boire un petit peu.

« On ne va pas dire ça comme ça … C’est plus compliqué que ça ne l’est mais toi ? »

« Je suis une Docte. Je m’appelle Loa et ce Mélancolux s’appelle Harno. » signala la jeune femme en désignant le Mélancolux.

« Enchanté de vous connaître tous les deux. Nous avons repéré l’aura qui émanait de l’arme lorsque vous vous êtes mis à parler tout seul. »

« Aie, aie, aie … C’est vrai que ça devait paraître un peu surprenant. Je devrai quand même faire plus attention à ça. Pourtant, ce n’est pas la première fois et sinon, je m’appelle Kéran. Par contre, vous avez bien dit que vous étiez une Docte ? Une vraie Docte ? »

« Pourquoi ? Il en existe des faux maintenant, Harno ? » demanda la jeune femme aux cheveux verts avant de rigoler un peu.

« Peut-être fait-il allusion à ces personnes qui se font posséder juste par pur plaisir de tuer tout ce qui bouge ou non ; »

« Hum … Je pensais plutôt à une forme d’humour maladroite de sa part. » reprit Loa. « Mais bon … Visiblement, il n’est pas un Docte et il ne fait pas partie des personnes que tu cites. »

Il avait un peu l’impression d’être étudié là. Pourtant, ce n’était pas forcément gênant. C’était juste bizarre … de se trouver en face d’une personne amicale qui avait la possibilité de converser normalement avec une créature que les autres considéraient comme maléfique.

« Dites, est-ce que moi-même, je peux devenir un Docte ? Dans le fond, j’y ressemble non ? »

« Hum … Est-ce que tu es ami avec un pokémon spectral ? Il faut avoir une certaine relation avec un pokémon pour être considéré comme un Docte. Enfin, c’est un peu plus compliqué que cela mais ce sont les bases même. »

« Ah … Je ne sais pas vraiment, il faudrait poser la question à Swar. J’avoue que niveau relation, entre moi et elle, c’est quand même plus que compliqué. »

« Hum ? Elle ? Il semblerait que déjà connaître le sexe de la créature qui habite ton arme est une bonne chose. » reprit Loa en lui souriant.

« Je ne sais pas si c’est confirmé, je tiens à le signaler. » corrigea Kéran en regardant Swar. « Par contre, j’ai une question mais vous savez, les spectres, toutes ces choses, est-ce qu’il est possible que les pokémons spectres et ténébreux … aient une forme humaine ? »

« Bien sûr que non. Je n’ai jamais entendu parler d’un tel cas. Mais pourquoi une telle question ? Cela est quand même un surprenant. Un pokémon est un pokémon. »

« Disons que … Pfff … C’est un peu gênant d’en parler devant la principale intéressée mais j’avais l’impression que Swar avait une forme humaine. Mais comme elle a des pouvoirs, ça ne peut pas ne pas être une pokémon. Et puis bon, elle est plutôt jolie. »

« … … … Kéran, je te rappelle que je vous entends, toi et tes fabulations. » répondit l’épée.

« Mais hey ! Je ne fais que dire la vérité ! Je ne vais pas mentir en annonçant que cette femme que je n’arrête pas de voir disparaître est moche ! En plus, elle n’est jamais réellement là mais elle me protège ! Vous savez, y a encore quelques jours, j’étais enchaîné dans les cachots du Marché de la Mort. Et y a un peu plus d’une semaine, une bonne dizaine voir vingtaines de personnes sont mortes tout autour de moi. Il paraitrait que cela avait été l’œuvre de la même femme spectrale que je n’arrête pas de voir depuis quelques temps. »

« Pourquoi dis-tu femme spectacle ? » demanda Loa calmement.

« Car quand je tente de lui parler, elle disparaît dans un nuage de fumée et ensuite, je m’endors. Et je ne m’endors pas dans mon rêve. Ce n’est pas un rêve … Enfin, c’est compliqué et je me demandais si en tant que Docte, vous aviez déjà connu cela. Visiblement, ça ne semble pas être le cas. Désolé du dérangement. »

« Hum ? Et où comptes-tu aller ? Je ne connais même pas ton nom … Enfin … Si grâce à celui donné par ton arme mais tu étais vraiment dans le Marché de la Mort ? Du moins, capturé par ces derniers ? Il faudrait vraiment tout me raconter depuis le début. Je suis sûre que cela est passionnant ! Et puis, de toute façon, c’est rare de rencontrer une autre personne amicale avec les pokémons spectres et ténébreux. Je suis sûre que nous pouvons avoir une longue conversation entre nous deux. »

« Oui … Enfin … Peut-être, moi, ça ne me dérange pas mais après, il faut que je reparte trouver des informations sur l’endroit où pourrait se trouver mes pokémons. »

« Oh ? Tes pokémons ? Raconte-moi donc tout. Je suis sûre que ça sera plus qu’intéressant. »

La jeune femme aux yeux verts semblait plus que motivée de se faire un nouveau compagnon. Elle s’installa en face de Kéran, celui-ci se grattant la joue. Il n’y avait pourtant rien de bien glorieux ou fameux à raconter. Mais comme c’était la première fois qu’il rencontrait une Docte, pourquoi pas ? Et ça lui faisait un peu de compagnie.

Chapitre 84 : L’Ordre naturel des choses

Chapitre 84 : L’Ordre naturel des choses

« Hey Swar ! C’est bizarre mais je me sens en pleine forme depuis une semaine ! » s’écria le jeune homme, un peu taché de sang mais souriant.

Oh, il ne souriait pas car il venait de tuer les pokémons dans l’arène. Oh, il ne souriait pas car il avait les félicitations du public, loin de là. Il souriait tout simplement car il se sentait tellement mieux depuis quelques temps. Se dirigeant vers sa cellule, il remarqua bien la crainte de ses geôliers, plus personne ne tentant de le torturer depuis une semaine.

« Est-ce que tu aurais une explication ? » demanda Kéran, plaçant l’épée en face de lui.

« Pas le moins du monde. Kéran, maintenant que tu es parfaitement réveillé, je tiens à te le signaler puisque je n’en ait pas eu l’occasion de toute la semaine. Tu as eu ton anniversaire il y a une semaine. Dorénavant, tu es un adulte. »

« Un adulte … moi ? On dirait presque une blague pas forcément très drôle si tu veux mon avis … Mais ça se pourrait bien. Mais comment est-ce que tu sais exactement que c’était mon anniversaire, non ? Je ne t’en ai jamais parlé je crois. »

« Tu crois … mais c’est le cas pourtant. Tu es né il y a de cela dix-huit ans et une semaine. »

Dix-huit ans et une semaine ? Quand même … C’était franchement bizarre que Swar sache ça. En fait, ce qui était encore plus bizarre, c’est que … Brrr ! Il vint rougir violemment, baissant la tête en étant plus que gêné. Comme cela ne passa pas inaperçu, Swar demanda :

« Que se passe-t-il encore, Kéran ? Tu sembles … un peu rouge aux joues. »

« Rien, rien … Tu vas trouver ça particulièrement stupide et bête donc je préfère ne pas t’en parler, je suis désolé. C’est vraiment nul de penser de la sorte. »

« Dis-moi toujours. Tu sais parfaitement que je n’aime pas quand tu tournes en rond. »

« Eh bien, je sais pas mais y a justement une semaine, je crois que j’ai fait un rêve vraiment bizarre. Il y avait une femme dans une épaisse armure noire et puis, elle m’a souhaité justement un joyeux anniversaire. Enfin, c’est bête car je ne la connaissais pas. Elle avait des cheveux blancs mais vraiment blancs comme la neige. Et elle avait des yeux bleus. En même temps, elle était vraiment belle mais imposante. Elle devait bien faire deux mètres voir un peu plus … Et je ne sais pas, elle semblait quand même drôlement gentille malgré son allure. Je ne la connais pas mais elle semblait bien me connaître. »

« Et qu’est-ce qu’il y a de risible dans ce rêve, Kéran ? »

« Je ne sais pas … Que c’était peut-être juste un rêve ? Ca fait tellement longtemps que j’ai perdu mes parents et je ne sais pas … J’avais presque l’impression d’avoir ma mère ou ma grande sœur qui me souhaitait bon anniversaire. Un membre de ma famille … Mais bon, c’était bête, Swar, je ne voulais pas t’en parler. »

« Tu n’as pas à être désolé et ce n’est pas stupide, Kéran. Cette femme, si tu arrives à te l’imaginer en détails, tu l’as peut-être déjà rencontrée dans le passé. »

Ah ? Peut-être … Il devait avouer qu’il ne se posait pas la question. Et puis bon, ce n’était qu’un rêve, peut-être très réaliste mais ce n’était qu’un rêve. Ah … Un instant, il aurait bien pensé que c’était Swar, ce qui aurait confirmé alors que l’esprit dans l’arme était une femme mais il y avait un gros souci : Swar était un pokémon pas une femme.
Sinon, comment aurait-elle de tels pouvoirs ? Ah … Il s’installa sur sa planche de bois, fermant les yeux avant de murmurer à Swar :

« Je vais aller dormir un petit peu, Swar. J’ai grand besoin de me reposer. Si y a un repas qui arrive, est-ce que tu veux bien me réveiller s’il te plaît ? »

« Dors donc … » répondit l’arme avant de l’aider à trouver le sommeil grâce à ses pouvoirs.

Quelques secondes plus tard, l’aura noire autour de l’arme était présente. Kéran … Elle ne l’avait pas endormi à ce moment-là. Le problème était donc présent … Il avait réussi à l’apercevoir avant qu’elle ne disparaisse complètement. Néanmoins, la crédulité de le jeune homme semblait être plus que grande.

« Je devrais faire plus attention la prochaine fois … s’il y en aura une. Cela épuise grandement mes forces mais … Cela valait le coup. »

Oui, ce n’était pas souvent qu’elle utilisait un tel langage mais elle le reconnaissait amplement. Ce qui s’était produit avait été quelque chose qu’elle appréciait dans le fond. Il était tout simplement dommage que ça ne soit pas plus fréquent.

« Kéran ! Kéran ! Réveille-toi maintenant ! »

L’épée venait de crier alors que le jeune homme se redressait sur sa planche, s’écroulant sur le côté. Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passait ? HEY ! Pourquoi elle venait de crier ? HEY ! Qu’on lui explique un peu ce qui se passait là !

« Kéran … Des explosions viennent de se faire entendre. Mets-toi à l’abri ou sortons du cachot, je ne sais pas ce qui se passe. »

« Ben comme ça, on est deux alors. » répondit le jeune homme, plus que surpris alors qu’il tenait l’épée dans ses mains. D’un geste calme, il frappa les barres de métal, celles-ci étant tranchées comme si de rien n’était.

« … … … Des fois, je me demande si quand même, tu ne le fais pas exprès, Kéran. » murmura l’épée tandis qu’il rigolait.

« Pourquoi ? A cause de l’ouverture du cachot de cette façon ? Je commence juste à m’habituer à tes pouvoirs, il était un peu temps, non ? »

« Humpf … Peut-être … Peut-être. » répondit sèchement l’arme, comme un peu offusquée.

« C’est juste que depuis une semaine, je me sens vraiment en pleine forme. Et tu as vu ? Je n’avais plus aucune blessure alors bon … Je me suis dit qu’il y a peut-être quelqu’un qui veille sur moi dans le fond, là-haut dans le ciel. »

« … … … Peut-être. Au lieu, tu ferais mieux d’aller voir ce qui se … COUCHE-TOI ! »

Quoi ? Il s’exécuta aussitôt alors que déjà le mur a côté de lui vint exploser, des débris passant au-dessus de son corps. Deux femmes et des pokémons sortirent du trou, regardant autour d’elles avant que l’une ne dise :

« Il n’y avait personne et me … Où sont les autres à sauver ? »

« Hey … Je crois que tu es en train de marcher sur un prisonnier qui tentait de s’échapper. »

« Oups ! Attends mon petit, je vais t’aider. » reprit la première femme, comme amusée alors qu’il se faisait soulever. Oups ? C’était la seule chose qu’elle avait à dire ? Quelle blague !

Néanmoins, ses femmes étaient drôlement bizarres. Majoritairement habillées de vert, elles avaient quelques peintures sur le visage tandis qu’il ne se préoccupait pas des pokémons. Il haussa les épaules sans rien dire, regardant maintenant son épée.

« Swar, nous ferions mieux de sortir de là avant que le Marché de la Mort ne nous retrouve. »

« Il n’y a plus de Marché de la Mort. Du moins, plus ici, Kéran. » répondit l’épée.

« Oh bon sang ! Je sais c’est qui ! C’est le gamin dont n’arrêtait pas de parler le Marché de la Mort. Celui avec une épée maudite ! Et encore pire, il paraitrait qu’il a fait un véritable massacre il y a de cela une semaine. Des dizaines de morts ! »

« Euh … Pas vraiment. J’étais juste en train de dormir à ce moment-là. » répondit le jeune homme, un peu gêné d’être au centre de l’attention de ces deux femmes.

« Ouais, ouais … Enfin bon, toute façon, t’es libre dorénavant. Le Marché de la Mort ne risque plus de « vendre » quoi que ce soit ici. »

« Et qui dois-je remercier ? » demanda Kéran avec un petit sourire.

« L’Ordre Végétal. Une petite section d’assaut du Dominion Naturel. Nous avons l’habitude d’attaquer ce genre d’endroits. Tant que tu ne pollues pas cette planète et que tu évites de la tuer, tu n’auras pas à t’inquiéter de nous. »

« Je vois … Je vois … Euh … Enfin, je vois. » répéta plusieurs fois le jeune homme.

« Qu’il est mignon quand il est intimidé. Suis-nous, nous allons te sortir de là. Depuis quand tu n’as plus pris un bon bol d’air frais, hein ? »

« Depuis pas mal de temps … Plus d’un mois environ. Mais je suis sûr que d’autres personnes sont là depuis bien plus de temps que moi. Vous devriez plutôt aller les voir, je dirai. »

« Oh ? Tu veux déjà te débarrasser de nous ? » dirent les deux femmes avant de lui prendre chacun un bras avant de le soulever. HEY ! HEY ! C’était quoi ça ? Elles étaient plus que fortes ou quoi ? De vraies Colossinges ! Il commença à battre des pieds dans le vide, cherchant à s’enfuir alors que les deux femmes rigolaient ensemble.

Quelques minutes plus tard, il fut déposé avec douceur dehors. Douceur ? Ca contrastait avec l’état dans lequel se trouvait le bâtiment dont il venait de sortir. Des ruines … ou presque. Il ne ressemblait plus à grand-chose maintenant. Il demanda :

« Euh … Et vous avez fait réellement ça ? Vous êtes plutôt violentes non dans le genre ? »

« Disons que pour des personnes de ce genre, nous ne mettons pas les gants que portent la noblesse. Ils ne valent rien du tout … Ils méritaient de toute façon de disparaître. Alors, qu’est-ce que cela fait maintenant de pouvoir respirer un peu d’air frais ? »

« J’ai l’impression que vous vous répétez … mais ça fait plutôt du bien, il faut l’avouer. » répondit Kéran avec un petit sourire, prenant une profonde respiration.

Ah … Et maintenant ? Maintenant qu’il était sorti ? C’était très simple, il ne comptait pas y retourner. Mais si par malheur, il mettait la main sur quelques personnes du Marché de la Mort pendant sa longue route, il n’allait pas hésité un instant à les éliminer.

« Et que comptes-tu faire maintenant ? »

« Retrouver mes trois pokémons que j’ai perdu de vue depuis maintenant plus d’un mois. Je sais que ça va être très difficile mais qu’importe … »

« Comme tu veux. Bon et bien, maintenant que tu es libre, tu peux t’en aller. On a un petit compte à régler avec ces personnes. »

Comme elles le désiraient. Il fit un petit geste de la main pour les saluer, faisant quelques pas avant de s’arrêter. Bizarre … Ca faisait vraiment bizarre de ne pas voir un plafond au-dessus de sa tête. Il n’était pas en pleine nuit mais … C’était plaisant.

« Ah … Sincèrement, Swar, j’aimerai bien que tu aies une forme physique. Ça te ferait du bien de prendre un peu l’air aussi. »

« Je pense pouvoir supporter l’absence d’oxygène sur mon corps. Ne t’inquiète donc pas pour cela. Que comptes-tu faire ? Accomplir ce que tu as dit à ces deux femmes de l’Ordre Végétal ? Maintenant, tu connais deux pans secrets de ces fameuses organisations. »

« Je me demande si la Sainte Alliance a aussi un côté sombre ? »

« … … … Si tu savais, Kéran. Mais non, tu n’as pas à le savoir. Je pense que tu as eu ta dose d’émotions pour le mois. Et surtout pour l’année à venir. »

« Swar ? Est-ce que … Tu vas me reparler comme à un Caninos ? » murmura le jeune homme faiblement, sur un ton un peu gêné.

« Comme à un Caninos ? Que veux-tu dire par là ? »

« Et bien … Qu’avant que je ne sois enfermé dans cet endroit, tu étais plutôt virulent envers moi et là, pendant un mois, j’ai vraiment eu l’impression que … Enfin bon … Que tu me surveillais et me protégeais. Enfin, c’était différent d’avant. »

« Tu es pathétique de penser de la sorte, Kéran. »

« AH ! Tu vois ! C’est de ça dont je parlais, Swar ! Tu étais bien moins méchante pendant mon séjour dans le Marché de la Mort. Ca me donnerait presque envie d’aller exprès me faire capturer une nouvelle fois rien que pour tu me protèges. »

« Si j’avais un corps physique, je serai en train de me masser le front avant de te mettre mon poing dans la figure, Kéran. »

« Aie, aie, aie … Si tu peux éviter d’avoir une forme physique alors … Enfin, j’aimerai bien que tu en aies une, ça serait plus facile pour te remercier que de parler uniquement à un morceau de métal. » répondit le jeune homme en rigolant un peu.

« Quand à ce que je vais faire ou comment je vais continuer ma relation avec toi, cela ne dépend que de ta personne. Néanmoins, je tiens à te dire que c’est très mal parti pour toi. »

« Je vois, je vois … Enfin bon … Ca ne fait rien, merci quand même, Swar pour tout ce que tu as fait durant ce mois. Maintenant, je vais partir à la recherche de mes pokémons même si je sens que ça risque d’être très difficile. »

Plus que difficile même mais bon … Il se sentait quand même très motivé maintenant qu’il était sorti. Et puis, il se sentait un peu grandi. Il commença à marcher avant de s’enfoncer dans la forêt, tenant Swar dans ses mains non par pour se défendre mais comme une habitude. Il allait discuter avec l’arme pendant le trajet.


Puis vint la première nuit depuis sa libération. Oh, il avait marché quitte à ce que ses jambes hurlent de douleur mais qu’importe. Il avait aussi chassé un pokémon pour se nourrir, allumer un feu et il avait … par contre perdu ses affaires. Alors, il allait devoir dormir à la belle étoile et surtout sans tente, ni couverture. Ce n’était pas vraiment différent d’auparavant non plus hein ?
Ah … Peut-être que pendant cette nuit, il allait encore rêver de cette femme ? Il ne savait pas … Il n’en n’avait pas rêvé pendant une semaine alors bon. Il ferma les yeux, assis contre un arbre, entre les racines alors qu’il avait un sourire aux lèvres. C’était bon … de sentir l’air frais contre son corps même si c’était un peu trop frais.

« Un corps … physique ? » murmura une voix féminine.
Il ouvrit faiblement ses yeux bleus, remarquant de dos l’imposante femme en armure noire et aux cheveux blancs. C’était elle ! C’était elle et il n’était pas en train de rêver ! Il se redressa subitement, criant :

« Hey ! Attendez mademoiselle, vous … »

« Pourquoi faut-il toujours que tu trouves le moyen de tout gâcher ? » souffla la femme aux cheveux blancs, se retournant pour faire face à Kéran.


Elle cligna de ses yeux bleus, le jeune homme fermant les siens à moitié, esquissant un mouvement vers la femme aux cheveux blancs avant de s’écrouler en arrière, endormi.

Chapitre 83 : L’amour est proche

Chapitre 83 : L’amour est proche

« Dites, vous en avez entendu parler ? Y a un trio de pokémons qui n’arrête pas de se balader de ville en ville. Paraitrait que ce sont des pokémons sauvages malgré qu’elles tiennent des noigrumes dans leurs pattes. Y a deux pokémons psychiques et une pokémon de glace. »

« Ouais … Une Tarsal, une Scrutella et une Stalgamin. Par contre, paraitrait aussi que les deux pokémons psychiques sont plus que bizarres. »

« Ouais … Des couleurs différentes de celles habituelles. Elles doivent valoir un paquet d’argent. » dit une personne, discutant avec des autres des récents évènements.

Les trois pokémons étaient dans une ruelle, un peu inquiètes de la tournure des évènements. Il fallait dire qu’elles n’avaient pas cherché à se faire remarquer mais qu’à force, avec le temps qui passait et l’impossibilité de retrouver Kéran, tout cela n’emmenait rien de bon. Les deux pokémons psychiques étaient même plus qu’effrayées mais ne le montrait pas.

« Madame Sarène … Qu’est-ce nous faisons ? Ça fait beaucoup de temps que nous n’avons pas retrouvé monsieur Kéran et je suis vraiment triste. » bredouilla la Tarsal.

« Nous devons continuer … mais bien plus discrètement. Je pensais que Kéran avait été envoyé dans l’une des arènes mais nous n’avons rien trouvé. De même, il semblerait que la sécurité a été renforcée de tous les côtés, nous ne pouvons plus rentrer dans ces bâtiments sans que nous nous fassions remarquer. »

« Madame Sarène, est-ce que nous devrions plutôt chercher la jeune dame qui n’arrêtait pas d’accompagner monsieur Kéran ? Comme elle est bizarre, elle ne sera pas étonnée si vous parlez et peut-être qu’elle pourra nous aider à le retrouver, non ? » demanda la Scrutella.

« Hum … Qu’ai-je dit à ce sujet ? Nous ne la trouverons pas, généralement c’est elle qui trouve Kéran d’après ce que j’ai cru remarquer. C’est pourquoi il est inutile de partir à sa rechercher car elle semble se cacher de Kéran. Je ne comprends pas … Je suis même assez perplexe par rapport à la situation. » murmura la Stalgamin.

« Mais qu’est-ce que nous faisons alors ? Qu’est-ce que nous faisons ? »

Difficile à dire. La Stalgamin resta muette pendant plusieurs secondes, semblant en proie à une profonde réflexion tandis que les deux petites créatures le regardaient, attendant qu’elle réagisse et dise ce qu’il fallait faire.

« Quittons cette ville avant qu’il ne soit trop tard. Il vaut mieux ne pas trop traîner. Désolée les enfants mais pour ce soir, nous allons devoir dormir dehors, dans la forêt. Néanmoins, nous trouverons bien des feuilles assez grandes pour nous recouvrir. »

« D’accord madame Sarène, nous vous suivons. » répondirent les deux pokémons en chœur alors que les trois petites créatures se téléportaient pour se diriger hors de la ville.

Quelques minutes plus tard, elles étaient toutes les trois dehors, marchant sur les chemins de terre. Elles quittèrent ces derniers, se dirigeant vers la forêt la plus proche avant de trouver un arbre assez grand et spacieux sous lequel elles allaient dormir.

Pour l’heure, elles n’avaient pas encore eu de problèmes par rapport à des pokémons sauvages mais ça ne saurait tarder. Alors que les deux pokémons psychiques dormaient déjà, la Stalgamin restait là, à veiller sur elles avec tendresse.

« Ah … Kéran, Kéran, Kéran … Dans quel pétrin t’es-tu dont mis ? Je me demande quand même ce que tu as fait pour en arriver là hum ? »

La Stalgamin se parlait toute seule alors que les deux pokémons dormaient paisiblement. Il valait mieux chercher le sommeil aussi de son côté. Demain serait une autre journée où elle était certaine qu’aucun indice sur la localisation de Kéran ne se ferait voir ou entendre.
Pourtant, elle avait l’intime conviction que Kéran était relié au Marché de la Mort et si tel était le cas, cela voulait dire qu’il avait de graves ennuis. Pourtant, d’après les dernières informations, rien ne leur permettait de trouver où Kéran était. Il fallait plus d’indices, beaucoup plus d’indices mais il n’y avait rien … Rien de rien même. La Stalgamin poussa un profond soupir, venant se loger entre les deux petites pokémons psychiques.

Le lendemain, les trois pokémons se réveillèrent en sursaut alors que deux hommes se trouvaient près d’elles, un grand sourire aux lèvres. Tenant déjà des noigrumes en main, l’un d’entre eux prit la parole, disant :

« Hahaha ! Je t’avais dit qu’il suffisait d’utiliser un pokémon avec un bon odorat pour les retrouver ! Ce sont bien elles ! T’as remarqué la couleur de la Tarsal et de la Scrutella ? Spécial non ? Je suis sûr que ça va falloir un joli paquet d’argent. »

« Vous devriez éviter de les agresser, c’est un conseil. Je ne suis pas une Stalgamin normale au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué. »

Elle jouait sur la tentative de leur faire peur mais elle n’était pas sûre que cela marche. Elle n’avait aucun pouvoir spectral ce qui était dommageable. Les deux pokémons psychiques se mirent derrière elles alors que l’un des hommes dit :

« Et merde ! Elle parle ! C’est une future pokémon ténébreuse ou spectrale ! Ça va encore plus valoir d’argent ! On capture les trois et on les revend ensuite ! »
Imbéciles … Ce n’était même pas qu’ils étaient sûrs d’eux, simplement … Ils ne pensaient qu’à l’argent et à rien d’autre. Tsss … Autant les attaquer tout de suite pour essayer une nouvelle fois de les effrayer. Sans prévenir, la Stalgamin cracha un souffle glacé en direction des deux hommes, l’un d’entre eux jetant sa noigrume devant lui, faisant apparaître un Magmar. Le pokémon de feu cracha quelques flammes, faisant s’évaporer l’attaque de glace de la part de la Stalgamin.

« En plus, elle a l’air plutôt puissante. On va être riches, George, on va être très riches même ! T’entends ce que je viens de te dire ? »

« Par contre, faut qu’on fasse gaffe à ne pas trop les abimer non plus. »

« Ouais, ouais, ça … Je le sais, on va juste les brûler un peu et ensuite les assommer. J’ai un autre pokémon pour ça. Ça ne devrait pas être trop dur.  Faut juste qu’on fasse gaffe à ce qu’elles ne s’enfuient pas et pour ça … »

Pour ça, il avait la solution parfaite ! Il sortit une seconde noigrume, l’envoyant dans les airs avant que n’apparaisse un Roucoups. Avec une créature ailée, même si elles se téléportaient, il serait possible de les poursuivre facilement.

« Vous avez aucune échappatoire mes mignonnes. Maintenant, vous allez devoir … »

« ROUCOUPS ! » cria le pokémon oiseau, s’écroulant au sol, parcouru par de l’électricité. L’homme s’arrêta, tournant son visage vers le ciel avec surprise.

Sur une branche se trouvait une petite créature jaune et obèse, portant des gants de boxe noirs, un sourire aux lèvres. Sur son poing droit, de l’électricité était chargée alors qu’il criait en s’adressant aux trois pokémons :

« Vous allez bien, mesdemoiselles ? Je me disais bien que j’avais entendu des voix humaines dans les parages. Je m’appelle Lorno pour vous servir et je suis un Makuhita. Laissez-moi donc m’occuper de ces humains pendant que vous pouvez vous enfuir. »

Les trois pokémons le regardèrent avec surprise voir même un peu plus du côté de Lala. La Scrutella semblait même avoir des étoiles dans les yeux tandis que la Stalgamin demandait :

« Es-tu vraiment de notre côté ? Comment se fait-il que tu sois ici ? »

« Je me charge de protéger le maximum de pokémons de la part de … »

Le Makuhita stoppa ses paroles, posant son regard sur la Scrutella avant de faire un petit sourire à celle-ci. Il sauta de sa branche, tendant son bras droit avant d’arriver à la hauteur du cou de l’un des hommes. Il projeta avec violence l’humain au sol, celui-ci s’évanouissant sous la puissance du coup alors que le second criait :

« MAGMAR ! Crame-le celui-là ! ET VITE ! »

« Tu sais que pour pouvoir cracher des flammes, il faut avoir un bon souffle ? Malheureusement, ça ne sera pas ton cas. » annonça le Makuhita, frappant de toutes ses forces dans le bide du Magmar qui pouffa.

Etant dans l’incapacité de cracher des flammes, la créature tenta alors de le frapper avec ses griffes mais le Makuhita n’eut aucun problème à parer les attaques du Magmar, lui donnant plusieurs coups de poing dans le ventre, comme le ferait un boxeur sur un sac de frappe. Quelques secondes plus tard, le Magmar s’écroula au sol, évanoui alors que le second homme reculait, plus que surpris et étonné.

« Il vaudrait mieux que vous rappelez vos pokémons et que vous disparaissiez de là. » dit la Stalgamin sur un ton humain, le Makuhita semblant surpris.

« VOUS VERREZ ! Nous reviendrons avec encore plus de pokémon ! Vous verrez tous les quatre ! Toi, le Makuhita, on te retient ! VOUS VERREZ ! »

L’homme rappela les deux pokémons évanouis, soulevant son camarade avant de s’éloigner et de s’enfuir dans la forêt. Le Makuhita se tourna vers la Stalgamin et ses deux amies, continuant de regarder la créature conique. Celle-ci restait de glace, attendant qu’il prenne la parole, chose qu’il fit après quelques secondes :

« Est-ce que vous allez bien toutes les trois ? On dirait que je suis arrivé à temps. »

« Cela ne te semble pas étrange que je sois capable de parler comme les humains ? » demanda la Stalgamin tandis qu’il fit un geste du poing.

« Pas vraiment, vous n’êtes pas la première créature spectrale ou ténébreuse que je rencontre. Alors, je ne vois pas pourquoi je serai inquiet. Enfin, c’est rare quand même que je rencontre une créature spectrale ou ténébreuse accompagnée de pokémons psychiques. Qu’est-ce que vous faisiez ici ? Dans la forêt ? »

« Nous étions tout simplement en train de nous reposer alors que nous cherchions notre dresseur, c’est pourquoi nous parcourons les villes et maintenant, quelques personnes malintentionnées comptent bien essayer de nous capturer. Tu remarqueras que les deux petites sont assez … spéciales physiquement. »

« Oui … Oui … Je vois cela. Elles sont … vraiment spéciales. » murmura le Makuhita, n’arrivant pas à retirer son regard de la Scrutella qui rougissait, baissant les yeux, se frottant les mains avant de balbutier :

« Merci … Merci beaucoup monsieur Lorno. »

« Pas besoin de m’appeler monsieur. Lorno suffira amplement pour vous trois. » répondit le Makuhita en rigolant un peu, Lili observant le comportement de sa sœur avec interrogation. Qu’est-ce qui se passait avec elle ? La Stalgamin fit de même, regardant la Scrutella avant d’avoir un petit sourire aux lèvres.

« Et maintenant, Lorno ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? »

« Je ne sais pas vraiment, je dois l’avouer malheureusement. »

« Pourquoi ne pas nous accompagner ? Je suis sûre que cela ne dérangerait pas vraiment Lala, n’est-ce pas ? » dit la Stalgamin avec une petite pointe d’insinuation en direction de la Scrutella. Celle-ci vint rougir violemment, bredouillant :

« Madama Sarène ! On … On ne peut pas forcer les autres personnes à venir nous suivre si elles … si elles ne le veulent pas ! »

« Lili ? Qu’est-ce que tu en penses ? » demanda la Stalgamin, la Tarsal haussant les épaules comme pour dire qu’elle n’en avait pas vraiment quelque chose à faire. Plus de compagnie était une bonne chose, après, elle n’allait pas en faire tout un foin de cette histoire.

« Alors, je pense que je peux bien vous accompagner. Ce n’est pas vraiment un problème à mes yeux. Et je me sentirai mal de laisser des jolies demoiselles dans le besoin alors que je ne suis pas très loin. » annonça le Makuhita, ayant les yeux rivés sur la Scrutella.

« AH ! Mais j’ai finalement compris ! Lala est … »

La Tarsal fut aussitôt tue par la Stalgamin alors que la Scrutella regardait sa sœur avec appréhension. Qu’est-ce qu’elle allait dire ? Pas une bêtise hein ? Surtout pas ! La Stalgamin cligna des yeux plusieurs fois en direction de la Tarsal avant de lui chuchoter :

« Laisse-les donc tous les deux, je vois que tu as remarqué ce qui se passait … Et ce Makuhita n’a pas l’air un mauvais bougre. Il nous a quand même sauvées … et il ne semble pas effrayé par moi, ce qui est une très bonne chose. »

« Comme vous voulez, madame Sarène. Mais quand même, je ne veux pas que l’on m’enlève Lala … C’est ma sœur … » bredouilla la Tarsal.

« Personne ne t’enlèvera personne. C’est aussi simple que cela. Maintenant, il faut que nous nous remettions en route. Ça ne devrait pas être difficile d’avoir de meilleures informations sur Kéran. Il ne doit plus être très loin. »

« Vous êtes vraiment sûre ? Et puis … Est-ce que monsieur Kéran appréciera que l’on soit accompagnées par un autre pokémon ? »

Ça ? Elle ne pouvait pas le savoir. Elle n’était pas dans le crâne de l’adolescent mais elle était néanmoins sûre d’une chose : il serait bête de séparer le Makuhita et la Scrutella alors qu’ils venaient à peine de se rencontrer. La Stalgamin fit un petit mouvement de la main pour demander aux deux jeunes gens de bien vouloir arrêter de se contempler.

« Madame Sarène ! On ne faisait pas ça ! On … On discutait, moi et Lorno ! »

« Je confirmes les propos de la demoiselle nommée Lala. Nous ne faisons que parler entre nous deux. Cela était peut-être impoli de ma part de vous ignorer. » répondit le Makuhita, aussi rouge que la Scrutella après les paroles de la Stalgamin.

« Bien entendu … Bien entendu … Lorno, comme tu connais bien cet endroit, est-ce que tu peux nous emmener dans une autre ville ? »

« Bien entendu ! Il n’y a aucun problème à cela. Ça sera fait comme vous le désirez, madame Sarène. » dit le Makuhita en tapant du poing sur son torse.

« Alors, l’affaire est réglée. Les filles, veuillez-vous préparer. Nous allons d’abord chercher à manger quelques fruits avant de nous mettre en route. »

« Oh ! Vous avez faim ? Alors, veuillez attendre un petit peu. »

« Qu’est-ce que comptes faire, Lorno ? » demanda Lala alors que le Makuhita s’approchait d’un arbre, reculant son poing droit.
De toutes ses forces, il frappa contre l’arbre, celui-ci tremblant sur son intégralité avant de faire tomber plusieurs fruits au sol. La Scrutella poussa un cri ravi alors que la Stalgamin le félicitait. La Tarsal, quant à elle, ne faisait qu’hocher la tête positivement pour le remercier, les quatre pokémons commençant à manger. Un nouveau compagnon venait de les rejoindre.

Chapitre 82 : Une protectrice pour l’âge adulte

Chapitre 82 : Une protectrice pour l’âge adulte

« Swar … Combien de temps est-ce que ça fait ? »

L’adolescent avait du mal à rester debout, ses habits étant déchirés en de nombreuses parties tandis qu’il serrait ses épées dans ses mains. L’épée lui répondit :

« Nous devons surement nous rapprocher des trois semaines voir des un mois, Kéran. »

« Un mois ? Ça fait un mois que je suis ici et je ne suis pas encore mort ? Hahaha … Je suis peut-être fait pour ça, oui, peut-être … Je ne sais pas … »

Il ne savait pas du tout s’il l’était réellement ou non. Il savait juste qu’il devait encore se rendre en arène malgré la fatigue permanente qui l’envahissait. Il y avait surement quelque chose dans la nourriture ou alors, c’était peut-être les séances de torture ? Il ne savait pas … Il savait juste que ses doigts avaient beaucoup de mal à bouger tandis qu’il s’avançait vers les grilles qui l’emmenaient au centre de l’arène.
Encore des combats, toujours des combats, que des combats. Il ne devait pas changer quelque chose à cela, il devait juste laisser le temps … passer. Juste laisser le temps passer … Oui … Il avait vraiment sommeil. Il baissa la tête, s’assoupissant à moitié alors que le commentateur hurlait à se couper la voix qu’aujourd’hui, il allait affronter trois pokémons extrêmement puissants. Tiens … comme les autres ?

Ça ne faisait pas déjà depuis quelques temps qu’il en était ainsi ? Peut –être … Il ne savait pas … Il ne savait plus … Il voulait juste dormir et se reposer. En même temps, il n’en avait jamais le temps, jamais la possibilité, tout simplement. Hum ?

« Kéran … Aujourd’hui est un jour exceptionnel, tu le sais ? »

Aucune réponse de la part de l’adolescent qui redressa ses yeux bleus. Son regard était éteint et vide tandis qu’il voyait la grille en face de lui qui se relevait. Voilà donc les trois pokémons qu’il allait affronter ?

Un singe au crâne qui crachait des flammes, un immense rocher sur patte et une grenouille bleue humanoïde. Un Simiabraz, un Grolem et un Coatox. Rien que ça ? Hahaha … Vraiment … Vraiment … Sans même attendre, il s’élança vers les trois pokémons tandis que Swar murmurait pour être sûr que Kéran avait bien entendu :

« Kéran … Est-ce que tu as compris ce que je t’ai dit ? »

« Swar … Ils ne sont pas affaiblis, ils ont été élevés correctement. Je crois que ça va être plus dur que les autres. Tu veux bien m’aider, s’il te plaît ? »

« Kéran, tu n’es pas en état de te battre, tu le sais ? » reprit l’épée.

« Tu veux bien m’aider ? Je veux juste aller dormir sur la planche et ensuite … dormir encore un peu. Je ne crois pas que je reverrai Katérina ou mes pokémons, hahaha. Katérina … Et je ne reverrai pas Sélia de toute façon. Je … » stoppa l’adolescent, s’immobilisant alors qu’il penchait la tête en avant. Il venait de s’assoupir subitement sans même s’en rendre compte.

Ce fut lorsque l’épée lui traça une entaille sur le haut du bras qu’il se réveilla aussitôt, roulant sur le côté pour éviter les flammes du Simibraz qui poussa des cris avant de taper sur son torse. L’adolescent chercha à foncer vers le Simiabraz mais des crachats violets arrivèrent vers lui, le forçant à rouler une nouvelle fois sur les côtés.
De l’acide ? Les rares roches présentes commencèrent à fondre sous l’effet de l’acide tandis qu’une pluie de pieux de terre tombait vers l’adolescent et le sol. Le Grolem agissait en même temps que les deux autres pokémons et l’adolescent se mit derrière un rocher encore en état.

« Swar … Il s’est passé quoi ? J’ai l’impression de m’être endormi pendant quelques secondes et ensuite, je … »

« C’est le cas, Kéran. Terminons-en rapidement pour ce combat et ensuite … »

« SIMIAAAAAAAA ! » cria une voix au-dessus d’eux, le singe à la crinière de feu venant de sauter dans les airs, son poing droit s’enflammant.

L’adolescent fit un bond sur le côté, la roche se fendant au même moment qu’un crachat violet vint toucher une partie de son épaule. Sans même crier de douleur, il regarda la peau qui était en train de se consumer, laissant paraître la chair à vif. C’était horrible, terriblement horrible mais les hurlements de joie de la part des spectateurs étaient encore plus horribles que tout le reste.

« Kéran , élimine-les le plus rapidement possible. Tu ne te poses quand même plus de … »

« Question d’éthique ? Non. C’est juste que je n’aie plus vraiment la force, hahaha. Je suis désolé, Swar mais j’ai à peine la force de rester debout. »

« … … …D’accord. » répondit tout simplement l’épée sans dire d’autres mots. L’adolescent aux cheveux blancs eut un petit rire, fonçant vers le Coatox. Il semblait le plus facile des trois à vue de nez … Enfin, d’après, ce qu’il remarquait.

Mais ce n’était qu’une illusion. Alors qu’il tentait de parer avec ses deux armes, le poing du Coatox s’entoura d’une aura violette, venant à peine caresser la hanche droite de Kéran. Celui-ci remarqua aussitôt que le poison allait l’affecter. Sans hésitation, il se trancha une faible partie de la hanche, un morceau de chair tombant au sol.
Il avait maintenant les larmes aux yeux à cause de la douleur. Même s’il ne criait plus, son corps ne pouvait plus supporter tout ce qui lui arrivait. Pourtant, il ne demandait même plus de l’aide de la part de l’épée. Du moins, il ne faisait que lui poser la question avant de se débrouiller tout seul.

« Kéran … C’est un jour spécial aujourd’hui. » souffla nonchalamment l’épée.

« C’est peut-être le jour où je vais mourir … donc oui, c’est spécial. »

Ce n’était pas dans les habitudes de l’adolescent d’être aussi peu optimiste mais la situation s’y prêtait fortement alors bon … Il ne se faisait plus de chimères, il ne croyait même plus en lui. Ses yeux se refermèrent aux trois quarts alors qu’il combattait sans espérer.

Pourtant, une demi-heure plus tard, une épaule posée contre un mur, l’adolescent ressortait dans un triste état de l’arène. Il avait réussi à vaincre ces trois créatures, commençant par le Simiabraz pour en finir avec le Grolem, le plus résistant des trois.
Pourtant, il ne se dirigeait même pas vers son cachot. Non, il essayait encore de s’enfuir mais il fut facilement arrêté par deux hommes qui éclatèrent de rire en voyant sa pathétique tentative. Tout simplement jeté dans son cachot, l’adolescent trouva à peine la force de se rendre sur la planche de bois, sachant pertinemment qu’il allait sauter un repas.

« Swar, je crois que là, tu ne vas pas avoir besoin de m’endormir, ça va venir tout seul. »

« Kéran, il faut que nous parlons tous les deux. De choses vraiment très importantes. »

« Ca ne peut pas attendre quelques heures, Swar ? S’il te plaît et … »

Il ne termina pas sa phrase, trop épuisé pour la continuer. Avachi sur le morceau de bois, il laissa tomber Swar au sol. Aujourd’hui était pourtant un jour spécial, un jour que l’adolescent avait oublié mais qu’elle ne pouvait pas oublier. Pourtant, il aurait mérité autre chose … comme quoi … Le destin était bien cruel.

Les minutes s’écoulèrent puis trois heures. Finalement, des voix se firent entendre près du cachot, une quinzaine d’hommes se retrouvant autour de l’endroit où dormait l’adolescent. Le cachot fut ouvert, deux personnes venant soulever Kéran.

« Dommage, il a fait son temps mais ce n’était qu’un gamin … Débarrassez-vous en. »

« … Vous pouvez répéter ce que vous venez de dire ? » demanda Swar en réponse à l’un des hommes qui avait pris la parole.

« Oh … Et faites aussi quelque chose pour cette épée. Il paraitrait que si on brise l’objet dans lequel le pokémon est ancré, la créature a de grandes chances de mourir ou d’être fortement affaiblie. Bref, détruisez-la. »

« Je repose cette question : vous pouvez répéter ce que vous venez de dire ? »

« Et faites-le rapidement, elle me tape sur les nerfs depuis un bon mois. Elle veut se montrer impressionnante mais au final, elle ne fait rien du tout. Les pokémons spectres et ténébreux ont la fâcheuse habitude de s’épuiser un peu trop et de se ressourcer rapidement. Mais dans son cas à cette arme, on dirait bien qu’elle ne s’est pas nourrie depuis pas mal de temps. »

« … … … Soit. C’était bien ce que j’avais entendu. » murmura l’épée.

« Stoppez-la avant qu’elle ne fasse une conne … »

Mais rien du tout. Aucune aura noire, aucune aura malveillante de la part de l’arme. L’un des hommes s’approcha avec réticence de l’épée, la soulevant avant de faire quelques mouvements avec. Rien du tout … Rien de rien. L’épée était aussi inerte que ne le serait une autre arme. L’adolescent, quant à lui était toujours au-dessus de la planche de bois, soulevé par les deux hommes.

« Vous m’avez tapé sur les nerfs. C’est le genre de choses que l’on ne regrette qu’une fois dans sa vie. Pourquoi qu’une fois ? Car souvent, c’est le dernier évènement qui se produit avant de mourir de mes mains. »

Les deux hommes posèrent le corps de Kéran sur la planche, tous commençant à sortir leurs noigrumes et leurs armes. La voix qui s’était adressé à eux semblait venir des murs mais avait une intonation lente et féminine.

« Le sommeil serait trop doux pour vous … Après tout ce que vous avez fait à Kéran … »

Après tout ce qu’il avait fait à Kéran ? La voix féminine n’avait pas terminé sa phrase tandis que des bruits métalliques se faisaient entendre. Des solerets qui venaient marteler le sol sur le même rythme lent et lourd.

« C’est qui ça ? Vous la connaissez ? » demanda l’un des hommes, tremblant un peu.

« C’est la première fois que je la vois. On … On fait quoi ? »

Nul n’osait agir alors qu’une femme en épaisse armure noire avançait peu à peu vers eux. D’environ un mètre quatre-vingts dix de hauteur, elle avait de longs cheveux blancs, des yeux bleus grands ouverts alors que le col métallique était de couleur rouge. La seule partie visible de chair était celle du haut de ses cuisses tandis que l’intégralité de son corps était recouverte par l’armure. Dans sa main droite ? Elle fit apparaître une flamme blanche.

« Ne comptez même pas sur la possibilité de vous enfuir. J’ai attendu tout un mois pour canaliser mon énergie. Aujourd’hui, je vais vous le faire payer. »

« Que … TUEZ-LA ! TUEZ-LA MAINTENANT ! » hurla l’un des hommes.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. Kéran continuera à participer à vos petits jeux stupides où chacun doit tuer l’autre mais il ne sera plus affaibli. Vous allez lui servir de garde-manger. »

De garde-manger ? Hors de question ! Les hommes commencèrent à lancer leurs noigrumes pour faire apparaître leurs pokémons mais la femme aux cheveux blancs fit un simple geste de la main. Les pokémons s’écroulèrent au sol, plongés dans un profond sommeil.

« Bande de lâches … Ayez donc le courage de venir m’affronter en face au lieu d’utiliser des pokémons pour tenter de vous défendre. Vous remarquerez que je ne suis pas armée. Vous devriez plutôt en profiter. »

L’un des hommes n’hésita pas plus longtemps, fonçant vers elle, une lourde hache dans les mains. Lorsqu’il la souleva, une épée vint lui traverser le torse par le dos, atterrissant dans la main de la femme en armure noire. L’épée qu’elle tenait était celle possédée par Swar.

« Maintenant, j’en aie une. Venez donc. »

D’un geste dédaigneux, elle fit un mouvement de l’épée sur le côté, le sang encore frais de l’homme venant tapisser le sol et le mur à côté d’elle. Les hommes se regardèrent avant de s’élancer tous en même temps sur elle.

Pourtant, dès qu’ils vinrent à sa hauteur, le corps de la femme se dissipa dans un nuage de fumée noire, venant traverser les hommes avant de réapparaître dans le dos.

« Il menait une vie bien tranquille … Peut-être n’aurait-je dû jamais prendre la parole ? »

Les hommes se tournèrent vers elle mais il était déjà trop tard. Les corps furent tranchés en plusieurs parties avant de s’écrouler au sol, le sang ne semblant même pas toucher l’armure noire de la femme aux cheveux blancs.

Avec lenteur, elle tendit sa paume droite vers le plafond, une fumée blanche sortant des cadavres tout autour d’elle avant de former une sphère au-dessus de la main droite de la femme. Celle-ci se dirigea vers Kéran, le visage imperturbable depuis son apparition lissant finalement paraître un fin sourire.

« Je ne peux pas faire mieux que de t’offrir la vie de ces hommes et pokémons, Kéran. Cela te permettra alors de retrouver une meilleure santé. »

Elle plaça la sphère sur le ventre de Kéran, celle-ci pénétrant peu à peu dans son être avant de faire disparaître les nombreuses blessures accumulées depuis ce dernier mois. Pourtant, quelques petites cicatrices restaient présentes sur le torse de l’adolescent, trop ancrées en lui pour se dissiper à jamais.

« Malheureusement, c’est l’unique chose que je puisse faire pour toi, Kéran. Tu n’es pas encore prêt pour le reste … Tu n’étais peut-être déjà pas prêt … depuis le début. Je t’ai tout retiré … »

La main gantée mais aux doigts libres vint caresser les cheveux de l’adolescent pendant quelques instants. Finalement, la femme aux yeux bleus posa ses lèvres sur le front de Kéran puis ses joues avant de chuchoter tendrement :

« Bon anniversaire, Kéran. Te voilà un adulte dorénavant. »

Sous le contact, l’adolescent commença à marmonner et à bouger un peu dans son sommeil, comme s’il venait d’entendre les paroles de la femme en face de lui. Ouvrant faiblement ses yeux bleus, Kéran remarqua le visage en face de lui avant de souffler :

« Qui … Qui êtes-vous ? »

« Celle qui te protège, Kéran … Celle qui te protège. » murmura la femme avec douceur.

Celle qui le … protégeait ? Il tenta de garder ses yeux ouverts mais la femme posa une main devant ses yeux, le plongeant dans un profond sommeil avant de disparaître définitivement dans un nuage de fumée noire.

« Mais qu’est-ce que … »

Quelques minutes plus tard, les membres du Marché de la Mort purent voir le carnage qui s’était produit près du cachot. Pourtant, au beau milieu de tout ça, l’adolescent dormait paisiblement sur sa planche, l’épée contenant Swar dans ses main comme si de rien n’était.

Chapitre 81 : Aller bien, aller mal

Chapitre 81 : Aller bien, aller mal

« Lili ? Lala ? Est-ce que vous m’entendez ? »

« Oui madame Sarène, nous vous entendons toutes les deux. » annoncèrent les deux petites créatures alors qu’elles s’adressaient toutes en dans le langage des pokémons pour passer inaperçues aux yeux des humains.

« Alors … Je vous répète ce que nous allons faire. Nous allons tous nous réunir et éviter de nous faire remarquer par les hommes. Là-bas, nous allons chercher des informations sur Kéran. A partir de là, nous essayerons alors de nous rendre là où il se trouve. »

« Madame Sarène, comment est-ce que nous allons nous rendre là où monsieur Kéran se trouve ? Il est si gentil, il est peut-être en danger non ? » demanda Lili d’une voix un peu inquiète tandis que Sarène hochait la tête négativement.

« C’est très simple : nous avons des pouvoirs psychiques grâce à vous. C’est pourquoi il ne faudra pas avoir peur de se téléporter et de marcher longuement. De même, si nous pouvons lire dans les mémoires des différentes personnes, nous trouverons plus facilement des informations à ce sujet. » répondit la Stalgamin.

« Madame Sarène, comment est-ce que vous savez tout ça ? Vous êtes drôlement douée ! »

« Hahaha … Malheureusement, les enfants, je ne peux pas vous le dire. Vous êtes encore beaucoup trop jeunes pour cela. Peut-être qu’un jour, lorsque vous évoluerez, je vous le signalerai alors. » murmura avec douceur la Stalgamin.

« Mais, mais mais … S’il vous plaît. » bredouilla la Scrutella, regardant la Stalgamin avec un peu d’appréhension.

« Malheureusement, non. Mais sachez que Kéran ne doit pas être au courant que je puisse parler de la sorte aussitôt. Non … Kéran ne doit jamais apprendre cela. Sauf si bien entendu, c’est moi qui le lui révèle. Est-ce que je peux vous faire confiance toutes les deux ? » demanda avec calme la petite créature conique.

« Je ne sais pas … Je ne voudrai pas mentir à monsieur Kéran. Il est vraiment très gentil. »

« Et puis … Il faudrait déjà que l’on retrouve monsieur Kéran. Snif … » bafouilla la petite Tarsal, sanglotant un peu pour bien montrer qu’elle était triste de ne plus retrouver l’adolescent. Contrairement aux apparences, elle semblait plus qu’attachée aux personnes qui étaient proches d’elle, que ça soit sa sœur ou tout simplement son dresseur ou la Stalgamin. Celle-ci posa ses petites pattes sur la Tarsal, murmurant :

« Tu n’as pas à t’inquiéter, ne t’en fait donc pas. Je suis sûre que Kran va très bien se débrouiller même s’il est seul. Il voulait juste éviter que nous soyons en danger car il a commis une bêtise mais ce n’est pas grave. D’ailleurs, nous devrions essayer aussi de trouver cette adolescente nommée Katérina. Je pense qu’elle pourrait nous aider grandement à le retrouver même si … cela est bizarre qu’elle ne soit plus avec lui. »

« Peut-être qu’ils se sont disputés ? Est-ce que nous nous sommes disputés avec monsieur Kéran ? Et alors, il voulait peut-être plus de nous ? » demanda Lala., plus qu’inquiète elle aussi par la suite des évènements.
Pour des pokémons psychiques, les deux petites créatures étaient vraiment désemparées, n’est-ce pas ? La Stalgamin vint néanmoins sourire, amusée et attendrie avant de dire :

« Je suis sûre que Kéran pensait beaucoup plus à nous que vous ne le croyez. Sinon, pourquoi nous aurait-il envoyées ici ? Tout simplement pour que nous soyons en sécurité. Kéran n’est pas un adolescent qui ne pense pas à ses pokémons, loin de là. Maintenant, veuillez me suivre et si vous sentez que nous sommes en danger, n’hésitez pas à nous téléporter. »

« D’accord, madame Sarène. Nous vous suivons. »

« Alors donnez-moi vos pattes, les enfants. Nous nous dirigeons en ville maintenant. Et faites attention à ne pas perdre les trois noigrumes. »

Les deux petites créatures psychiques tendirent leurs mains, Sarène venant les récupérer en leur faisant un grand sourire. Les trois pokémons pénétrèrent en ville, quelques têtes se tournant vers elles avant de les ignorer. Si elles avaient des noigrumes, c’est bien qu’elles appartenaient déjà à quelqu’un, n’est-ce pas ? Sarène murmura aux deux pokémons psychiques de commencer à étudier les pensées des différentes personnes mais surtout de celles qui paraissaient louches et suspicieuses. C’était beaucoup de travail mais cela était parfaitement normal. Pendant des minutes, alors qu’elles vagabondaient les ruelles comme les trois petites demoiselles qu’elles étaient, les deux pokémons psychiques utilisaient leurs pouvoirs psychiques pour lire les pensées des personnes autour d’elles.

« Y a certains monsieur qui parlent d’aller une personne qui n’est pas leurs femmes. Puis y a aussi des dames qui parlent d’aller s’habiller moins car elles veulent être plus belles. Et y a aussi des personnes qui veulent se rendre dans des endroits bizarres. »

« Des endroits bizarres, Lili ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu peux répéter exactement ce que ces personnes disaient ? Enfin, pensaient ? » questionna la Stalgamin alors que les trois créatures se trouvaient dans une ruelle isolée.

« Ben … C’était une personne plutôt très bien habillée et qui avait beaucoup d’argent. Elle pensait qu’elle voulait aller le dépenser dans un endroit bizarre et très loin de la ville. »

« Est-ce que tu sais autre chose ? Comme le nom de cet endroit ? Tu sais où travaillait cette personne ? » questionna une nouvelle fois la Stalgamin, semblant peu réticente à secouer la Tarsal qui avait eu la bonne idée d’écouter la personne qu’il fallait.

« Ben ben ben … Je ne sais pas comment dire … Mais il faisait partie d’un Marché ou quelque chose du genre ! Je ne sais pas madame Sarène ! Je suis vraiment désolée ! » s’écria la Tarsal avant de sangloter.

« Non non … Tu n’as pas besoin de t’excuser. Le Marché de la Mort … Il fallait bien s’en douter avec l’endroit où Kéran a atterrit. Bon, même si il n’y a que peu de chances, nous allons devoir nous rendre dans l’un de ces endroits mais il va falloir que nous soyons très discrètes les filles. D’ailleurs, il faudrait même que nous fassions quelques tests avant. »

Quelques tests ? Mais pour cela, il fallait d’abord quitter la ville. Emmenant les deux créatures psychiques avec elle, elle demanda à ce que Lili et Lala tentent de créer des reflets d’elles-mêmes mais aussi de créer des illusions.
Contrairement à ce qu’avait pensé la Stalgamin, les deux pokémons y arrivèrent sans aucune difficulté, signe qu’elles étaient bien plus puissantes que la normal. Les trois pokémons attendirent que les minutes passent jusqu’à retrouver l’homme dont parlait la Tarsal. Suivant celui-ci en se téléportant d’arbre en arbre, de pierre en pierre voir même en lévitant au-dessus du sol, elles arrivèrent jusqu’à un bâtiment de petite taille.

« Et bien qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda l’homme en remarquant les nombreux gardes devant l’entrée.

« Une simple mesure de sécurité. Y a quelques temps, un fou a fait un véritable massacre dans l’une de nos « réserves » donc on préfère sécuriser le tout. Mais comme vous êtes quelqu’un que l’on connait depuis déjà pas mal de temps, vous pouvez passer. » signala l’un des gardes, laissant l’accès à l’homme qui semblait quand même plus qu’étonné.

Un fou ? Un véritable massacre ? Les trois pokémons se regardèrent entre elles. Ça ne correspondait pas à la description de Kéran car l’adolescent n’était pas comme ça mais en même temps, bizarrement, les trois pokémons sentirent que c’était bien de lui dont on parlait.

« Monsieur Kéran a fait vraiment tout ça, madame Sarène ? » demanda Lili.

« Je ne sais pas … mais vue le caractère de Kéran, ce n’est pas impossible. Néanmoins, sachez qu’il a fait surement cela pour une bonne raison … et connaissant le Marché de la Mort, je peux vous promettre que Kéran a fait cela car il sentait que c’était nécessaire. »

« Vous savez tellement de choses, madame Sarène. » répondit Lala avec émerveillement.

« Disons plutôt qu’avant de vivre, j’ai vécu … » chuchota avec tendresse la créature conique aux yeux bleus, amusée par les paroles de Lala.

« Je ne comprends pas vraiment ce que vous dites … mais maintenant, comment est-ce que l’on fait pour rentrer, madame Sarène ? »

« Hum … Bonne question. On regarder autour du bâtiment, il y a peut-être d’autres entrées, les filles. Suivez-moi et surtout, soyez discrètes. Si vous faites un petit peu de bruit, n’hésitez pas à vous téléporter quelques mètres plus loin … bien entendu en m’emmenant avec vous hein ? Car je ne peux pas faire pareil. »

« Hihihi ! Bien entendu, madame Sarène, nous ne sommes pas bêtes. » répondit la Scrutella en rigolant faiblement après les paroles de la Stalgamin. »

« Alors si tel est le cas … Continuons notre exploration pour retrouver Kéran ! » annonça la Stalgamin avec joie, rapidement rejointe par les deux pokémons psychiques.

« On va trouver monsieur Kéran et il nous prendra dans ses bras ! » termina de dire la Tarsal, bien plus heureuse maintenant. Il suffisait de peu pour contenter une pokémon.

Dans un autre endroit, c’était beaucoup moins joyeux. L’adolescent était torse nu, enchaîné aux pieds et aux bras alors que l’épée se trouvait à ses côtés. Sur son torse, de nombreuses entailles étaient présentes, laissant paraître un peu de pu alors que d’autres semblaient crasseuses et prêtes à s’ensanglanter une nouvelle fois.

« Même après une semaine, tu ne veux toujours pas comprendre, n’est-ce pas ? »

C’était un homme qui s’adressait à lui, entouré par d’autres. L’adolescent aux cheveux blancs posa son regard bleu, remarquant les auras noires qui les entouraient. Ils étaient possédés … ou leurs équipements étaient possédés.

« Et je peux toujours le répéter si c’est vous qui ne voyez pas de quoi je veux parler. Je continuerai à m’enfuir, que ça vous plaise ou non. »

« Et tu penses quoi ? Que tu vas obtenir ta liberté plus haut ? Tu es emprisonné, les arènes sont de véritables forteresses et tu ne pourras pas t’échapper tout seul ! Tu n’as pas remarqué que ton arme est étrangement calme depuis quelques temps ? C’est car elle a compris que ça ne sert à rien d’essayer de t’enfuir. »

« Mon arme … Swar, c’est vrai qu’elle est calme mais elle a toujours une bonne raison d’agir de la sorte. A force, je commence à mieux la connaître que vous je crois. »

Il leur fit un petit sourire vaniteux pour bien leur montrer qu’il ne les craignait pas. Il avait décidé de s’enfuir de nombreuses, très souvent même. Un peu trop souvent … Quand il avait fini de combattre, quand il voyait un rocher trop près des gradins. Peu à peu, une réputation s’était forgée autour de lui.

Une réputation dont il se serait bien passé puisqu’elle consistait tout simplement en des titres qui vantaient ses nombreuses tentatives. En fait, il avait l’impression de se donner en spectacle pour eux mais ça ne changeait rien. Il les détestait, il détestait toutes ces personnes, tous ces hommes et ces femmes qui n’avaient aucune honte à regarder de telles scènes chaque jour, chaque heure. Et en même temps …
En même temps, il avait aussi dû combattre d’autres personnes. Des personnes, qui, au départ, semblaient aussi perdues que lui mais qui dans le fond ne pensaient qu’à gagner. Certaines personnes adoraient ces combats et n’hésitaient pas à être ici de leur plein gré. C’était tout simplement aberrant … mais c’était la réalité de ce monde.

« Et alors ? T’as perdu ta langue ? On dirait que tu ne sais plus quoi dire maintenant que tu es seul. Ne t’en fait pas, on va bien s’occuper de toi. Sortez-moi donc l’un de ces fameux fouets des Florizarre, normalement, l’un d’entre eux est tellement tâché de sang que l’on sait qu’il a été utilisé contre ce gamin. »

L’un des hommes auréolés de noir s’éloigna, revenant quelques instants avec un fouet épais de couleur verte. Sur tout son long, de nombreuses épines comme celles des roses étaient présentes, prêtes à faire leur travail.

« Tu t’y es habitué n’est-ce pas ? Il paraîtrait que tu ne cries même plus de douleur. Mais c’est tellement appréciable de voir ton corps être mutilé peu à peu sur la majeure partie. Hahaha ! Tu sais ce qui est le plus drôle dans ce que je dis ? C’est de te voir t’affaiblir de jour en jour … Les gens ne sont pas stupides, ils remarquent que tu t’acharnes à survivre alors que tu es de plus en plus faible. »

Il ne répondit pas, l’ignorant superbement alors que tout de suite, le fouet claquant contre sa peau, venant rouvrir une plaie qui avait été présente depuis déjà quelques temps. Puis un second claquement, puis un troisième, et un quatrième.
Les claquements continuèrent pendant plusieurs minutes alors que les hommes restaient là, à observer celui qui faisait subir ce traitement à Kéran. L’adolescent serrait tout simplement les dents, l’épée restant inerte, ne semblant plus réagir.
Puis les chaînes furent retirées, l’adolescent s’écroulant au sol alors que d’autres claquements se firent sentir sur son dos qui n’avait pas subi autant de coups que le torse. Les hommes partirent les uns après les autres, laissant seul l’adolescent qui restait couché au sol, comme mort. Pourtant, il respirait bien, même un peu trop fort.

« Kéran … Est-ce que tu as appris ? »

« Que ce monde est … pourri jusqu’à la moelle ? » souffla l’adolescent à Swar. « Je crois que mon corps a très bien cerné cela. »

« … … … Il faut arrêter d’être gentil, Kéran. Tu pourrais l’être … mais pas avec tout le monde. Ce n’est pas de la gentillesse, juste de la stupidité. Ce n’est pas de la candeur, simplement de l’imbécilité. Les hommes comme les pokémons ne sont pas forcément mauvais par nature mais ils ne sont pas forcément bons non plus. Beaucoup n’hésitent pas à faire des choses horribles et absurdes pour des raisons seulement compréhensibles par eux. »

« … … … Peut-être, Swar. Peut-être, Swar. Je suis désolé mais je suis un peu fatigué, par contre, Swar. J’ai vraiment besoin de me reposer. »

« Dors donc … Je vais te plonger dans le sommeil … mais avant, essaie de prendre une position plus convenable. Ramène-toi sur la planche, tu ne peux pas dormir sur le sol avec ces nouvelles plaies. »

Le ton employé avait été neutre, du moins, aux oreilles de n’importe qui mais pas celles de l’adolescent. Il fit un petit sourire, se redressant faiblement avant de s’étaler de tout son long sur une planche de bois soutenue par des chaînes. C’était là l’unique lit qu’il possédait depuis une semaine. Il respira bruyamment, chuchotant :

« Voilà Swar … Tu peux m’endormir si tu veux … »

« Dors Kéran, dors. » répondit l’épée avant que l’adolescent ne s’assoupisse, un petit sourire aux lèvres. Seule sa respiration se fit entendre dans le cachot.

… … … Cela faisait une semaine qu’il n’avait pas réagi. Cela faisait une semaine qu’il avait laissé passer cela. Cela faisait une semaine qu’il voyait l’adolescent se faire consumer à petit feu. Cela faisait une semaine … que l’adolescent n’avait pas posé de questions. Cela faisait une semaine qu’il lui faisait confiance, qu’il ne lui demandait pas pourquoi il ne réagissait pas. Maintenant … Maintenant … Elle était à ses limites.

Chapitre 80 : Ainsi est la vie

Chapitre 80 : Ainsi est la vie

« Tu peux nous remercier d’être sympa. On te laisse ton arme, hahaha ! »

Il avait été jeté dans une cellule, ses deux épées à côté de lui. Il ne savait pas réellement où il avait été emmené, à part que cela avait été dans une arène. Voilà à quoi il allait alors servir … Tout simplement à distraire des hommes et des femmes en manque d’émotions fortes. Saleté … Vraiment … Il valait mieux qu’il ne dise rien du tout.
Et avec Swar qui se montrait plus qu’étrange, il ne savait pas comment réagir par rapport à cela. Mais Swar lui avait dit de lui faire confiance. Même s’il sentait que ça devait être le cas, il avait du mal. Quand même, Swar ne voulait pas l’aider à sortir de ce bourbier …

« C’est ton premier match, Kéran. Essaie de ne pas te faire blesser. Il y a des chances qu’ils ne te soignent pas si c’est le cas, est-ce que tu comprends ? »

« Je comprends, je comprends … Mais je n’ai pas envie d’aller combattre des créatures innocentes et qui nous ont rien fait. »

« Est-ce que tu penses vraiment qu’ils vont te laisser le choix ? De toute façon, ce ne sont pas des pokémons innocents. Ce sont des tueurs nés. »

Elle essayait quoi là ? De lui faire croire qu’il n’avait pas à s’en faire, c’est cela ? Ça ne marchait pas ainsi. Elle devait le savoir parfaitement qu’il était du genre à se faire beaucoup de soucis pour les autres. Mais après, il était maintenant un tueur. Maintenant qu’il s’était seul, il pouvait réfléchir … et se rappeler cela.

« J’ai tué tellement d’hommes et de pokémons, Swar. J’ai les malins salis par le sang. »

« Et alors ? Tu pensais que tu garderais ta pureté au fil du temps ? Tu es un tueur depuis le premier jour où tu as vu Sélia abattre une créature spectrale ou ténébreuse. Même si tu n’as rien fait, tu étais complice de ses actes. C’est pourquoi si tu commences à te poser des questions à ce sujet, tu risques de t’embrouiller l’esprit inutilement. »

« Si vraiment c’était aussi simple que ça … mais non. » marmonna l’adolescent aux cheveux blancs tandis que l’épée ne lui répondait plus.

« Fais comme tu le désires. Si tu préfères mourir plutôt que de tuer, libre à toi. Tu comptais vivre, n’est-ce pas ? C’est pour cela que j’ai menacé ces hommes. Mais si tu ne désires plus vivre, je prendrai le contrôle de ton corps aussitôt que tu décéderas. »

« Je n’ai pas envie de te le donner maintenant et je ne veux pas mourir. Il n’y a pas d’autres solutions ? Car je veux retrouver Katérina. »

« Des fois, il faut faire des choix qui ne nous plaisent guère. »

Oui mais bon … Il se laissa s’écrouler contre un mur, assis contre celui-ci. Il ne voulait pas faire ça … Pas du tout même. Mais comment faire alors ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire alors ? Il ne savait pas du tout. Il devait alors affronter des créatures qui ne lui avaient rien fait. Des personnes vinrent le chercher, prêt à l’emmener pour la première fois dans l’arène.

Des présentations avaient été faites. Surnommé le mioche aux cheveux d’argent, le commentateur signalait ce qu’il avait fait et la raison de sa présence dans l’arène. En face ? Il voyait tout simplement des grilles qui ne tarderaient pas à s’ouvrir. Il se sentait mal, vraiment mal … L’arène était tout ce qu’il y avait de plus normal.
Une forme circulaire, du sable, quelques rochers et voilà … C’était une arène tout ce qu’il y avait de plus banal. Une arène dont il aurait bien aimé se passer. Il regarda autour de lui. C’était la première fois qu’il voyait des personnes aussi bien habillées. Mais leurs regards étaient ceux de prédateurs, de carnassiers.

« Swar … J’ai l’impression d’être un morceau de viande. »

« Tu ne vaux même pas cela à leurs yeux, Kéran. Continue de penser à ce que tu es et n’oublies pas cela, c’est le plus important. »

« Swar … Un jour, il faudra que l’on discute tous les deux. » murmura l’adolescent, espérant que l’épée lui répondrait positivement.

« Si ce jour arrive, cela sera alors à cause d’une raison plus qu’importante. Maintenant, concentre-toi sur ton combat au lieu de parler. »

« Comme tu le veux, Swar … Mais au moins, nous sommes sur la même longueur d’ondes, tous les deux, c’est une bonne chose. »

Une bonne chose ? Il fallait réellement qu’il comprenne ce qui se passait car là, il n’y avait que peu de chances que ça soit le cas. Les grilles s’ouvrirent alors que le commentateur annonçait que pour les débuts du « mioche », ils avaient prévu quelque chose de bien simple. Bien simple ? Il entendit des halètements et des aboiements avant que ne se présente à lui plusieurs Malosses mais aussi des Caninos. Tous haletaient et semblaient exténués, de l’écume aux lèvres. Ils semblaient si fatigués …

« C’est monstrueux, Swar ! Je ne peux pas faire ça ! »

« Il le faudra bien, Kéran. Si tu veux survivre, il faut tuer. Si tu veux mourir, il te faut être tué. Maintenant, attaque-les et … »

« NON ET NON ! SWAR ! Je ne ferai pas ça ! Je ne les tuerai pas ! JE NE LES TUERAI PAS ! » hurla l’adolescent tandis que les chiens pokémons commençaient à l’entourer.

Pourquoi est-ce qu’il devait tuer des Malosses hein ? POURQUOI ? S’il faisait cela, il ne valait pas mieux que ces personnes de la Sainte Alliance ! Il ne valait pas mieux que ces enfoirés ! Il était … Il était … Il en était hors de question ! Des flammes commencèrent à être crachées en sa direction, l’adolescent les esquivant avec facilité.
Regardez ça ! Les pokémons étaient à peine capables de se battre correctement ! Ils étaient tellement affaiblis que leurs souffles de feu ne faisaient rien du tout. Il pouvait même faire un pas sur le côté tranquillement sans même être inquiété. Il ne devait pas … Il ne devait pas … Il ne devait pas les tuer mais qu’est-ce qu’il pouvait faire ? QU’EST-CE QU’IL POUVAIT FAIRE POUR EVITER DE LES TUER ?

Le commentateur signalait que si l’adolescent ne décidait pas de bouger et de se battre, d’autres personnes se chargeraient de lui. Ah ? Des personnes ? Visiblement, le commentateur n’était pas du tout au courant de ce qui pourrait se passer.

« Swar … Est-ce que tu serais capable de tous les tuer en un instant si tu le désirais ? »

« … … … Si tu penses à cette éventualité, il en est hors de question, Kéran. »

« Non … C’est juste pour savoir. Comme ça, au moins, je me dis que je suis avec quelqu’un de très puissant … Ca me rassure un petit peu quoi. »

Il eut un petit rire candide tandis que l’épée ne lui répondait pas. Il se sentait rassuré d’être avec une épée possédée ? Elle le savait depuis le début que l’adolescent était plus que perturbé mentalement mais pas à ce point.
Néanmoins, il fallait qu’il combatte … qu’il le veuille ou non. Qu’il le désire ou non. Ce n’était pas son choix, c’était celui d’autrui. Maintenant, Kéran n’était plus qu’un jouet entre les mains de ces hommes et de ces femmes. Il devait donc leur obéir. L’aura noire entoura l’épée subitement avant que des murmures ne se fassent entendre autour d’eux.

« Swar … Qu’est-ce que tu fais ? »

« Ce que tu n’oses pas faire de tes propres mains, Kéran. »

QUOI ? NON NON ! QU’ELLE NE FASSE PAS CA ! Pourtant, une lame ténébreuse quitta l’épée, venant trancher net le cou de l’un des Caninos, celui-ci s’écroulant au sol. Le commentateur exulta, criant avec joie :

« OUI ! VOUS NE RÊVEZ PAS ! Notre gamin possède bel et bien une arme possédée par une créature maléfique ! Une exclusivité ! Quelque chose de rarissime ! »

« SWAR ! POURQUOI EST-CE QUE … »

Il s’arrêta dans ses propos, baissant la tête. Pourquoi est-ce qu’il fallait toujours qu’il interroge les choix de Swar ? Rarement l’épée se trompait. Alors pourquoi ne pas lui faire confiance comme à son habitude ?

« Je n’aime pas faire cela … Swar. Je n’aime vraiment pas. »

« On ne te demande pas d’aimer ou ne pas aimer, Kéran. Tout simplement d’agir. Ils sont déjà destinés à mourir dans un futur très proche. Ce que tu fais n’est pas un meurtre … mais une délivrance. Tu les délivres de cet endroit. »

« Une délivrance ? C’est … juste … stupide, désolé Swar. »

« Ça ne fait rien … Tu es libre d’avoir tes propres opinions sur la question. »

C’est stupide car cela était tellement vrai. Ça sonnait tellement juste dans les propos de l’arme … Il devait réagir. Il devait le faire avant qu’il ne soit trop tard. Il devait les tuer.
Il prit une profonde respiration, serrant ses épées dans ses mains avant de courir vers les frêles créatures. Sans aucune difficultés, les têtes tombaient les unes après les autres, les lames se plantaient dans les corps des uns pour aller ensuite dans le corps des autres.

Quelques petits applaudissements se firent entendre alors qu’il baissait la tête. Il n’avait surtout pas besoin de ça ! PAS DU TOUT MÊME ! Le commentateur signala que c’était une première victoire pour le gamin tandis qu’il était obligé de retourner par-là d’où il venait. Quelques minutes plus tard, il se retrouvait dans sa cellule, des poings l’ayant frappé au visage en lui criant de ne plus refaire une telle connerie.

Les gens voulaient du spectacle et du sang, rien d’autre. C’est pourquoi il n’avait surtout pas à faire une telle chose une nouvelle fois. Les gens ne voulaient pas voir des imbécilités sur un pauvre gamin incapable de tuer quelques petits pokémons affaiblis. Ils voulaient du sang ! DU SANG ! ET RIEN …

« Il me fatigue … Disparais et tais-toi donc. »

L’arme avait laissé paraître une aura noire, endormant et dévorant l’âme de l’homme qui avait blessé Kéran en un instant. Le corps tomba en arrière tandis que le cachot restait grand ouvert. Swar murmura une nouvelle fois :

« N’envisage pas la possibilité de t’enfuir, Kéran. »

« Je ne suis pas assez stupide pour ça … mais merci. »

Merci pour quelle raison ? Nul besoin de demander. Tout simplement pour avoir tué cet homme qui l’avait frappé. Malgré tout ce qui se passait, l’arme continuait de veiller sur lui. Alors, il n’avait pas à s’inquiéter. Il resta assis dans le cachot, attendant qu’un homme arrive en remarquant que l’autre n’était pas revenu.

« Mais qu’est-ce que … PUTAIN ! C’EST QUOI CA ?! »

« Quelqu’un qui a essayé de me blesser. Vous n’étiez pas encore au courant ? On ne peut pas me toucher sans que mon épée me protège. »

« Hahahaha … Tu vas voir … Oui … Toi … Tu vas voir ce qui va t’attendre. »

Lui ? Il allait attendre quoi ? C’était quoi cette menace même pas déguisée ? L’adolescent haussa un sourcil alors que l’homme refermait le cachot. Tirant le cadavre de son compère loin de Kéran, l’adolescent murmura :

« Tu crois qu’il voulait dire quoi par-là ? Ça m’inquiète un peu, Swar … »

« Tu n’as pas à t’en faire et … »

Une aiguille se planta subitement dans le torse de l’adolescent, celui-ci l’observant en écarquillant. C’était quoi … ça … ? Il poussa un hurlement strident avant de se rouler au sol, criant de douleur.

« CA FAIT MAL ! CA FAIT MAL ! SWAR ! »

« Des techniques d’assassinat et d’empoisonnement ? »

L’adolescent s’immobilisa, ne bougeant plus d’un pli avant de commencer à cracher un liquide vert. Son torse se souleva tandis qu’il respirait bruyamment alors que ses yeux étaient clos. Le poison avait aussitôt disparu. Un petit rire se fit entendre alors que plusieurs personnes se présentaient devant le cachot, auréolés d’une aura noire.

« A cette distance et si tu ne sais pas qui a blessé cet adolescent, tu es donc sans pouvoir. »

« Je vous déconseille de tirer un peu trop sur la corde raide. » murmura l’épée, l’aura noire s’échappant de plus en plus d’autour d’elle.

« Hum ? Même si tu es une créature ténébreuse plus que puissante, sache qu’on a aussi un peu de ces « jouets » avec nous. On prend nos précautions et bon … On sait parfaitement ce qui marche ou ne marche pas contre toi. De toute façon, là où on va s’amuser à décortiquer ton petit humain, tu ne pourras pas faire grand-chose à part le regarder. »

« … … … Vous commencez réellement à m’insupporter. Je vous ai mis en garde. »

« HAHAHA ! Et alors ? Tu nous mets en garde ? Et tu penses être assez fort pour nous arrêter ? Quelle blague … Nous verrons cela au fil du temps. Toi-même, tu t’épuiseras contrairement à nous. Tu es seul … contre nous. »

« Même seul … Je pourrais vous tourmenter bien plus que vous ne le croyez. Et ce n’est pas en étant à moitié possédé par des pokémons ténébreux ou spectres de bas étage que vous en serez protégé. Vous êtes prévenus. »

Bien entendu, bien entendu. Néanmoins, maintenant, l’épée était au courant. Les personnes s’éloignèrent sans plus discuter avec l’arme tandis que celle-ci faisait disparaître son aura noire. C’était problématique … bien plus problématique qu’elle ne le pensait.
Ces personnes semblaient prêtes à tout pour faire de la vie de Kéran un malheur. Il valait mieux pour lui qu’il se plie à leurs volontés sinon … Elle n’était pas sûre de réussir à le protéger convenablement. Ce corps allait peut-être être brisé de nombreuses fois sans qu’elle ne puisse faire quelque chose pour empêcher cela.

« Je vais devoir réellement faire des efforts. Quitte à m’épuiser moi aussi. Une action forte et puissante, celle d’un seul mouvement … Pour que tout cela soit ancré dans leurs esprits. Il va falloir me pardonner, Kéran mais les prochains jours risquent d’être très douloureux pour toi. Tu me haïras … »

« Dormir … Encore … Swar … Dormir. Faut arrêter. » marmonna l’adolescent dans son sommeil tandis que l’épée répondait :

« C’est bien l’un des rares moyens trouvés pour que tu te calme et soit apaisé. »

L’adolescent se recroquevilla sur lui-même, comme pris d’un grand froid alors que l’épée restait à ses côtés, immobile. Tout cela n’était que le début de ses mésaventures.

Chapitre 79 : Enrôlé de force

Chapitre 79 : Enrôlé de force

Il marmonna légèrement dans son sommeil, sentant quelques secousses. Peu à peu, sans ouvrir ses yeux, il remarquait qu’il n’arrivait pas à bouger ses bras. Par contre, ses jambes, c’était le cas. Il ouvrit finalement ses yeux, regardant autour de lui.

« Ah ben tiens … Voilà qu’il se réveille maintenant. On allait finir par croire que t’avais vraiment frappé trop fort avec ton gourdin. »

Il ne posa pas de question, observant juste Swar qui était attachée à lui, comme l’autre épée. Aucune aura noire, rien du tout. Donc l’épée allait bien, du moins, c’est ce qu’il pensait. Et il voyait ce qui se passait avec lui. Il était ligoté … Ses yeux bleus se posèrent sur les hommes puis sur l’horizon. Il se retrouvait alors dans une caravane, n’est-ce pas ? Rien de bien surprenant en fin de compte, loin de là même.

« Ben alors ? T’as perdu ta langue ? Ou tu vas peut-être nous dire ton nom ? »

« A quoi est-ce qu’il vous servirait ? Qu’est-ce que vous en comptez en faire ? » demanda nonchalamment l’adolescent. Si Katérina avait été là … Si Katérina avait été là … Elle l’aurait sauvé, il en était sûr et certain. Elle aurait fait un véritable massacre.

« Si tu veux, on peut toujours t’appeler le gamin lorsque l’on t’enverra en arène. Y en a bien qui portent de sacrés noms comme le borgne, l’estropié, Madame-deux-doigts, hahaha ! »

L’emmener dans l’arène ? Ils allaient faire cela ? Et puis quoi encore ? Il en était hors de question … Enfin, ce n’était pas comme s’il avait le choix. L’un des hommes s’approcha de lui, un grand sourire aux lèvres bien qu’il lui manquait quelques dents.

« Par contre, tu vas nous répondre. T’as foutu quoi dans cette épée ? T’as pas l’air d’être un Docte, t’es trop jeune. Et comme elle est capable de parler correctement, t’es pas un membre de l’Enceinte. Alors bon, tu vas devoir … »

« J’étais un membre de l’Enceinte il y a encore quelques jours. J’ai même rencontré son chef nommé Ranor. Est-ce que cela vous suffit ? Je vous déconseille de me garder attaché. »

Il tentait l’assurance même si ce n’était clairement pas son style. D’ailleurs, il avait un peu de mal à respirer et c’était bien dommage pour lui qu’il ne voyait pas son visage. Pourquoi ? Car celui-ci était un peu tuméfié à cause des nombreux coups reçus.

« Hum ? Ca ne fait rien … On va prendre le risque. Et de toute façon, on te conseille d’éviter de trop bouger. Ca serait dommage que tu meures. Ton épée nous a peut-être mis en garde si on te tuait mais elle n’est pas si terrifiante que ça. En fait, ça nous a plutôt amusé qu’elle tente de te protéger alors que tu étais inconscient. »

« Que … Quoi ? Mon épée ? Swar aurait peut-être fait ça … mais pas de la manière dont vous pensez. Cette épée n’est pas du genre à le dire ouvertement. »

« Ouais et pourtant, elle semblait clairement nous menacer, n’est-ce pas les gars ? De toute façon, vas falloir que tu nous expliques deux trois petits trucs comme le manège que tu as fait. C’était quoi ça ? Foncer dans le tas, nous tuer, tu as fait ça pour qui ? Tu travailles pour qui alors ? Tu as intérêt à parler. »

« Je l’ai fait pour moi … moi seul et personne d’autre. »

Il avait murmuré cela en fixant l’homme en face de lui. Il n’avait pas peur de le répéter si cela s’avérait nécessaire. L’homme ne se gêna pas pour lui donner une violente claque, l’épée faisant émettre une aura noire aussitôt.

« Tu vas me faire croire que tu as fait ça juste pour ta misérable petite personne ? TU VEUX QUE JE TE DISE CE QUE TU AS FAIT ? »

« J’ai tout simplement sauvé des pokémons qui auraient été tués ou torturés … J’ai fait ce que j’avais à faire et ce que toute personne sensée aurait fait. »

« Sauvé ? Hahaha ! MAIS BORDEL ! J’ai affaire à un petit plaisantin ! Tu t’es pris pour un héros ou quoi ? Tu n’as rien sauvé du tout ! Tous les pokémons que tu as soi-disant sauvés étaient bien trop faibles pour faire quoi que ce soit ! Et encore, tu n’as pas l’air de comprendre que ceux qui ont tenté de fuir étaient déjà morts dès l’instant où ils tentaient de sortir. Non, ce que tu as fait, c’est éliminer une trentaine d’hommes et au moins deux fois voir trois fois plus de pokémons ! Et ça, tu vois, ça va t’emmener beaucoup d’emmerdes. Il va falloir que tu « rembourses » la perte colossale que l’on va subir par ta faute. »

« L’Antre des Artisans est prêt à tout pour faire du profit. »

« Oh que oui … Plus que prêt à tout … sauf que nous sommes la partie obscure de l’Antre des Artisans. Celle qui aime bien magouiller par derrière. Nous sommes le Marché de la Mort et tout ce qui est vente, trafic, combats, tout ce qui est illégal, c’est notre domaine. »

« Le Marché de la Mort … C’est un nom pathétique pour des types comme vous. »

« Oh … Et tu essaies encore de répondre ? Mais tu te crois vraiment plus malin que la moyenne ? Tu penses vraiment que tu peux te permettre cela ? »

Un second coup de poing sur le visage de l’adolescent et une voix sortit de l’épée :

« Je pensais m’être exprimé correctement à ce sujet. Est-ce que je n’ai pas été assez claire ? Peut-être dois-je me répéter et … »

« Tu vas la fermer, saleté d’épée ? On t’a pas adressé la parole, c’est compris ? » répondit l’homme sur un ton hautain et vulgaire. Soudainement, il hoqueta, s’écroulant en arrière, ses yeux se refermant avant que son torse ne se soulève, comme s’il dormait.

« Fais de beaux … rêves … Ou alors des cauchemars. » murmura Swar calmement.

Calmement, ce qui contrasté avec les hurlements de l’homme qui commença à rouler sur le sol, bougeant dans tous les sens en criant que des pokémons le laissent tranquille. Il semblait en proie à des choses qui le hantaient terriblement et la caravane s’arrêta.

« C’est quoi ça ? C’est quoi ces cris ? » demanda le conducteur, se retournant.

« Y a cette saloperie d’épée, elle a foutu un maléfice à Alson ! HEY TOI ! Saloperie d’arme ! Arrête-ça et libère-le sinon … »

« Il est déjà mort. Ses cauchemars étaient horriblement fades. Les mêmes cauchemars … Bien que cela faisait longtemps que je n’en avais pas dévorés. »

L’épée gardait son calme olympien dans le ton tandis que le dénommé Alson s’était immobilisé, raide comme un piquet. Un autre homme posa son oreille sur le torse d’Alson, confirmant sa mort tandis que Swar reprenait :

« Maintenant, je vous conseille de ne plus blesser Kéran. S’il s’avère que son corps subit encore des coups, je ne suis pas sûr que je continue d’être gentil. »

« Tu fais la maligne, saloperie d’épée mais je suis sûr que tu feras moins la fière après que tu te prennes quelques pouvoirs psychiques dans la gueule ! »

Voilà que déjà plusieurs Noigrumes s’ouvrirent, laissant paraître différents pokémons. Ces derniers eurent leurs yeux devenant roses, Swar murmurant :

« Inutile. Je ne suis pas une créature spectrale mais ténébreuse. De même, si je perçois ne serait-ce qu’une agression extérieure envers moi, je pourrai faci … »

« Swar ! Si tu es aussi puissant, aide-moi plutôt à m’en sortir non ? »

Un silence plana dans la caravane toujours à l’arrêt. Devant le spectacle ahurissant de l’épée qui semblait pouvoir abattre toutes les personnes présentes, nul n’osait prendre la parole après la demande de Kéran. Si l’épée acceptait sa proposition, il y avait peu de chances qu’une personne outre que l’adolescent ne survive à cela.

« Pourquoi ferai-je une telle chose ? Je ne vois pas de raison, Kéran. »

« Hein ? Comment ça ? Tu ne vois pas de raison ? Tu ne vois pas ce qui se passe ? »

« Kéran, ne force pas la chance. Si tu commences à trop compter sur moi, tu ne deviendras jamais adulte. C’est pourquoi il s’avère que tout cela risque d’être une bonne chose pour toi. »

« Arrête tes blagues, Swar ! Ce n’est pas drôle du tout ! SWAR ! SWAR ! »

« Maintenant qu’ils ont été mis au courant, je vais arrêter de t’adresser la parole car je sens que sinon, je vais avoir une migraine plus que tenace. »

« NON ! HEY ! SWAR ! Ne me laisse pas comme ça ! SWAR ! SWAR ! SWAR ! » hurla l’adolescent de toutes ses forces, l’épée ne laissant plus paraître son aura noire.

C’était quoi ce qui venait de se passer ? Swar n’allai pas l’abandonner ! Mais elle allait le laisser aux mains de ces personnes ? C’était n’importe quoi ! C’était n’importe quoi ! Avec le peu de force qu’il possédait, il se releva pour s’écrouler sur l’épée. La lame n’était qu’à quelques centimètres de lui alors qu’il criait :

« Swar ! Réponds-moi ! SWAR ! Maintenant, c’est fini les plaisanteries ! »

« Désolé … Kéran … Mais il faut que tu apprennes. » murmura avec tendresse l’épée tandis qu’il semblait incontrôlable :

« Il y a d’autres méthodes pour apprendre ! Swar ! SWAR ! »

« Kéran. Je peux juste te promette que nul ne te tuera. Est-ce que tu me fais confiance ? Nul ne t’affectera … comme auparavant. Tu ne mourras pas. »

« NON ! JE NE TE FAIS PAS CONFIANCE SWAR ! JE NE TE FAIS PAS CONFIANCE ALORS VIENS PLUTÔT M’AIDER ! »

Mais rien ne vint, rien du tout. Juste une aura noire qui sortit de l’épée, venant envelopper Kéran, celui-ci se retrouvant plongé dans un profond sommeil. L’épée ne fit plus rien. Plus rien du tout. Pendant quelques instants, aucun homme ne fit un mouvement, jusqu’à ce que l’un d’entre eux s’approche de Kéran.

« Il dort … Mais on fait quoi alors ? »

« Il semblerait que l’épée veut qu’on l’emmène faire un tour dans les arènes. On va plutôt faire comme elle en a envie. Par contre, je vous préviens, on l’emmène là-bas mais je ne dis rien par rapport à ce gamin. Dès qu’on s’en est débarrassé, je ne le connais plus, il a disparu de ma vue. Un truc aussi flippant, c’est pas mon genre. »

« Je veux bien te croire, elle est cinglée cette arme. »

Les hommes rappelèrent leurs pokémons les uns après les autres tandis que Kéran était remis correctement contre le dos de la caravane. Celle-ci se remit en route, nul n’osant toucher l’arme bien qu’il semblait qu’elle aussi ne réagissait plus.


L’adolescent ? Celui-ci se trouvait dans un monde recouvert par l’obscurité et les ténèbres. Nulle vision, nul toucher, nul odorat, nulle audition, il pouvait tout simplement parler mais il n’était même pas sûr que sa voix porte quelque part.

« Swar ! Qu’est-ce que tu as encore fait ? »

« Vraiment … Je me dis que cela devient intriguant que tu sois de plus en plus apte à avoir ta capacité de réflexion lorsque je t’emmène dans ce monde. » chuchota une voix tout autour de l’adolescent, celui-ci tournoyant sur lui-même.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Et sincèrement, c’était quoi ça ? Pourquoi est-ce que tu m’as endormi ? Je sais que je dors car je ne connais pas cet endroit ! Swar ! Sincèrement, tu vas me laisser seul ? »

« Tu ne seras jamais seul … Comme annoncé, je ne te laisserai jamais mourir, Kéran. C’est aussi simple que cela Qu’importe les années qui passeront, tu survivras tant que je le désire. Et il semblerait que tu sois promis à un avenir durable. »

« … … … Swar, tu es franchement bizarre. Je ne peux pas te voir ? » demanda l’adolescent.

« Pourquoi me voir ? A quoi cela te servirait-il ? Je suis un pokémon ténébreux, c’est l’unique chose qui devrait te préoccuper, Kéran. »

« Oui mais non … Enfin, je ne sais pas … Je ne sais pas du tout. Tu continues de m’effrayer mais en même temps, je commence à avoir l’impression que je devrai plutôt penser le contraire, c’est tout. »

« … … … Kéran, continue de rester ici pendant quelques heures. Le réveil risque d’être très difficile et une partie de ta vie va te marquer à vie mais à contrairement à auparavant, je ne ferai rien pour te l’effacer. »

Pour lui effacer ? De quoi ? Lui effacer quoi ? Il voulut prononcer le nom de Swar mais aucun son ne sortit de ses lèvres. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Non mais … Mais … Mais … Il vint s’asseoir dans le vide, ramenant ses jambes vers son visage. Swar allait le protéger, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il devait avoir une confiance aveugle envers Swar ?
Envers l’épée ? Il ne savait pas … Mais peut-être que oui … Car Swar avait montré sa toute puissance. En même temps, ce qu’elle avait fait pour lui était inestimable et il serait sûrement mort de nombreuses fois. Alors bon … Ça serait normal de lui faire confiance.

« Kéran. » chuchota doucement la voix de l’épée bien qu’elle ne parvint pas à l’adolescent. Il valait mieux le laisser dans cet endroit car elle savait pertinemment ce qui allait attendre Kéran. Il allait falloir le préparer à tout ce qui l’attendait et autant dire que cela n’allait pas être joyeux, loin de là. Néanmoins, il ne serait jamais seul … comme depuis longtemps.

Au beau milieu de l’herbe, trois noigrumes s’ouvrirent, laissant paraître trois créatures de petite taille. Décontenancées, la Tarsal et la Scrutella regardèrent autour d’elles tandis que la Stalgamin semblait bien calme. Elle observa les trois noigrumes puis la fenêtre.

« Je n’avais alors pas rêvé … Visiblement … Kéran a de gros ennuis. »

« SCRUT ! SCRUTELLA ! » cria subitement la petite créature noire, surprise d’entendre une voix féminine sortir de la Stalgamin.

« Calmez-vous. Lili, Lala, veuillez utiliser vos pouvoirs sur les noigrumes, nous allons devoir les prendre avec nous. Nous allons nous mettre en route pour retrouver Kéran. »

« Tarsal ? Tar … Tarsal ? »

« Oui … Vous pouvez me faire confiance toutes les deux, je ne suis pas dangereuse, contrairement aux appa … Hum. Non, même selon les apparences, je ne suis pas dangereuse. Ne vous en faites pas, les enfants, je ne vous veux aucun mal. Et de toute façon, nous devons nous serrer les coudes, n’est-ce pas ? Enfin, vous, vous en possédez. »

« Tarsal … Tar tarsal tar … » murmura la petite créature à la corne dorée et orangée.

Il fallait bien lui faire confiance de toute façon. Et bizarrement, la Stalgamin semblait vraiment très gentille et douce bien qu’elle parlait comme une humaine. Mais en même temps, l’arme de son dresseur parlait elle aussi. Les trois pokémons disparurent de la zone.

Chapitre 78 : Perdre le contrôle

Chapitre 78 : Perdre le contrôle

« Swar … J’ai chaud … vraiment chaud. » bredouilla l’adolescent, transpirant fortement sous l’émotion. Il avait chaud et vraiment plus que mal. Il se sentait mal … Il avait mal, il avait cette douleur à la poitrine alors qu’il haletait.

« L’émotion de découvrir la vérité, Kéran. Maintenant que tu la connais, il vaut mieux alors ne pas perdre de temps et reculer. Normalement, il sera possible de sortir de cet endroit si tu te fais discret, d’accord ? Alors arrête tes bêtises et … »

« Swar, je suis sûr qu’il y a autre chose, n’est-ce pas ? Tu connais autre chose. Tu es là depuis tellement de temps. Tu es là … Ah … Je suis sûr qu’il y a tellement de choses que tu connais et que tu ne veux pas me révéler. Je veux savoir, je veux vraiment savoir ce qui se passe ici. S’il te plaît, laisse-moi continuer de regarder. Je dois regarder. »

« Non, je ne veux pas que tu regardes. Arrête tes bêtises … avant qu’il ne soit trop tard. »

« Non, je n’arrêterai pas, Swar. Je ne veux pas. J’en ai assez que l’on me cache des choses. Tu voulais que j’arrive ici et maintenant, tu veux que je m’enfuie ? Non. Swar, tu continues de jouer avec moi, j’en ai assez. Assume un peu aussi ce que tu fais. »

Assumer ce qu’il faisait ? L’épée avait émise une légère aura noire sans pour autant agir. N’était-ce pas ce qu’elle était en train de faire ? Il valait mieux pour l’adolescent qu’il arrête tout de suite. C’était trop tard pour lui, bien trop tard. Maintenant, il fallait stopper cela. Pourtant, l’adolescent continuait de rester en place jusqu’à ce qu’un cri strident se fasse entendre. Aussitôt, les yeux bleus de Kéran s’ouvrirent en grand, sa tête sortant de sa cachette pour observer la scène.

C’était … C’était quoi ça ? C’était quoi ça ? Un imposant serpent de pierre était en train de se faire disloquer … morceau par morceau. Un Onix était en train d’hurler, paralysé alors que les hommes et les femmes étaient en train de lui retirer les pierres qui formaient sa queue les unes après les autres.

« FAITES-LE TAIRE ! IL ME DONNE LA MIGRAINE ! »

Un pieu de glace se planta sur le côté du crâne de l’Onyx, celui-ci gardant la gueule ouverte sans qu’aucun cri n’en sorte. Il s’écroula au sol, mort sur le coup alors qu’ils continuaient leurs travaux. Il n’y avait aucune trace de sang, le monstre de pierre n’en possédant pas.
Ah … Ah … Ils venaient de tuer une créature comme ça ? Juste pour récupérer des parties de son corps ? Ca … Ca voulait dire quoi ? Qu’est-ce que ces types étaient en train de faire ? C’était quoi ce délire ? ILS ETAIENT COMPLETEMENT FOUS OU QUOI ?

« Filez la moitié à la Sainte Alliance. De l’autre côté, on garde le reste pour faire quelques armures miteuses pour les types de l’arène. Faut bien qu’ils soient un peu protégés pour durer plus longtemps pendant les combats, hahaha ! »

« Ouais, ouais … Ramenez déjà les autres pokémons, on a pas mal de boulot là. Par contre, ouvrez les fenêtres, faut un peu d’air. Cette odeur de putréfaction commence à me donner la nausée. Quand est-ce que vous allez faire le ménage parmi ces cadavres ? »

« Ouais, ouais … Quand on aura fini le boulot, c’est pas à nous de le faire. »

« C’est ça ou tu dégueules à cause du sang et des tripes. »

Du sang et des tripes ? Ce n’était pas le premier pokémon dont ils étaient en train de charcuter le corps ? Non … Un rapide regard sur le reste de la salle et il voyait les cages contenant plusieurs pokémons. Certains étaient déjà morts, leurs cadavres au beau milieu des autres pokémons, comme pour leur montrer l’exemple de ce qui allait les attendre.

« Swar … J’ai mal … J’ai vraiment mal … J’ai vraiment très mal. »

« Calme-toi, ce n’est pas bon de t’emporter pour cela. »

« Je veux les arrêter … Je veux les arrêter. » bredouilla l’adolescent, tremblant de tout son corps, tenant avec du mal l’épée dans sa main.

« Ils sont bien trop nombreux pour cela et tu n’es pas fait pour les expéditions punitives. Kéran, ne me force pas à me répéter. C’est bien trop dangereux pour toi. » murmura avec douceur l’épée, comme un peu inquiète.

« MELOOOOOO ! » hurla une voix qui le fit sursauter. Une voix qui commença à s’éteindre alors qu’il apercevait une main qui venait de se planter dans le corps d’une petite créature rose. Une Mélodelfe ?
Ils n’avaient aucune limite … Aucune décence, ils ne s’arrêtaient pas. Pas du tout même. Pourquoi est-ce qu’ils faisaient ça ? Pour l’argent n’est-ce pas ? Pour gagner de l’argent ? Et ensuite, après ? Hein ? Hein ? Il devait rester calme … Il devait garder son calme et ne pas perdre le contrôle de son corps sinon … Sinon …

« Bon … Elle n’avait rien de bien spécial, cette Melodelfe. Elle servira pour la Sainte Alliance. Envoyez-là. Quant aux autres créatures, qu’elles viennent se préparer à faire un petit voyage pour les arènes avoisinantes. Les plus méchantes, vous savez où les envoyer. Les plus teigneuses, vous les matez. »

STOP ! STOP ! STOP ! Il en avait assez ! Il en avait vraiment assez ! Il devait les arrêter ! Il devait les stopper avant qu’il ne soit trop tard et … Swar tomba au sol.

« Kéran. Imbécile. Tu vas te faire repérer ! » annonça l’épée avec un peu de colère.

« C’était quoi ce bruit ? Qui est là ?! » cria l’une des voix.

« Kéran. Enfuis-toi maintenant. Tu as encore le temps de t’enfuir si tu les surprends. Ne perd pas de temps et réagit maintenant. Kéran. Tu m’écoutes quand je te parle ? »

L’adolescent était resté immobile, tombant à genoux alors que l’épée commençait à émettre une forte aura noire, comme énervée par la situation et exaspérée par l’adolescent. Elle n’entendait même pas ce que Kéran marmonnait alors que deux hommes d’une trentaine d’années se présentaient à lui, munis de noigrumes et d’armes en main.

« Qu’est-ce que c’est que ce gamin ? HEY TOI ! Comment t’es arrivé ici ? »

« Regarde son épée ! Elle est possédée ! Toute façon, on s’en fout, tout ceux qui découvrent cet endroit doivent crever, qu’importe si ce sont des gamins ou non. Alors, on s’en … »

Le second homme ne put terminer sa phrase, Kéran s’étant redressé en serrant l’arme dans sa main. La lame plantée dans la gorge de l’homme, il s’était mis à pleurer avant de donner un coup de pied dans le ventre pour extirper son arme. Sans même attendre que le premier homme réagisse, il planta son arme dans le menton, Swar criant :

« Qu’est-ce que tu fais, Kéran ? Arrête ces stupidités maintenant ! »

« Si ça ne les gêne pas de tuer aussi facilement, ça ne doit pas les gêner de mourir ! CA NE DOIT PAS LES GÊNER D’ËTRE COMME LES POKEMONS ! »

« Kéran ! Tu fais une imbécilité ! CESSE CA ! Tu sais parfaitement que je ne peux pas te rendre inconscient dans cet endroit ! Ça serait tout simplement du suicide ! » hurla l’arme avec rage, une rage amplifiée par les sentiments de l’adolescent.
Il était haineux … Il était particulièrement haineux envers ces hommes. Et c’était uniquement maintenant qu’elle le remarquait. L’adolescent n’était encore qu’un enfant. Ce genre d’évènements horribles, il n’y était pas habitué. Elle aurait dû comprendre à quel point il était encore fragile psychologiquement.

« C’est quoi ce bordel ? C’EST QUOI CES CRIS ?! »

Des voix s’élevèrent un peu partout alors que l’adolescent restait immobile. Est-ce qu’il voulait mourir ou quoi ? Il en était hors de question ! L’aura noire s’apprêtait déjà à entourer le corps de Kéran mais celui-ci souffla :

« Laisse-moi … Swar … Laisse-moi s’il te plaît … »

« Mettre ta vie en l’air ? Kéran, j’en ai assez de ton comportement et … »

« Swar, je … je … S’il te plaît … Laisse-moi …LAISSE-MOI TOUS LES TUER ! » hurla soudainement l’adolescent, réagissant au quart de tour.

Il frappa de toutes ses forces dans les cages, certains barreaux se fendant en deux, les cadenas explosant sous l’impact des coups. Déjà des pokémons tentaient de l’agresser, utilisés par des nombreuses personnes qui arrivaient. Il ne cherchait même pas à éviter les coups, utilisant juste la force brute pour en tuer un maximum.

« Mais c’est quoi ce type ? Arrêtez-le ! »

« Il n’est même pas possédé ! PUTAIN ! MAIS STOPPEZ-LE ! Il est en train de faire un vrai massacre ! »

Mais l’adolescent semblait danser en plein combat bien que des entailles, des brûlures et diverses autres blessures apparaissaient sur son corps. Ses yeux semblaient complètement vides tandis qu’il continuait de se mouvoir, sautant sur des cages et sur des caisses sans même se soucier des écorchures qu’il se faisait.

« BORDEL ! C’est qu’un gamin ! Vous n’êtes même pas capable de l’arrêter ou quoi ? »

« Swar … Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’ils font ça ? »

Il venait finalement de prendre la parole, continuant ses actes barbares tout en sanglotant. Malgré le sang sur son visage, sur ses vêtements, que cela soit le sien, celui des humains ou des pokémons qu’il tuait, il continuait de pleurer.

« Pourquoi ? Tout simplement pour le profit. Les êtres humains sont ainsi faits et … Kéran. Arrête de pleurer et vas t-en. Il est trop tard maintenant pour sauver ces créatures. Elles sont destinées à mourir dans un futur proche. »

« NON ET NON ! ET NON ! Je ne les laisserai pas mourir ! Je ne veux pas ! Je veux que ça soit eux qui meurent ! Je veux que ça soit eux qui crèvent ! »

« Je te rappelle que tu as trois pokémons à protéger. Est-ce que tu veux qu’elles soient en danger par ta faute ? »

Ses pokémons … Pour la première fois depuis quelques minutes, il sembla conscient de ses actes. Ses pokémons … Il devait les protéger. Il devait les mettre en sécurité. Encore une fois, il allait tout gâcher. Encore une fois, il allait tout …

« Entourez-le ! Ne le laissez pas s’enfuir ! Capturez-le, faites tout ce que vous voulez mais qu’il reste en vie ! Il va devoir payer lourdement pour tout ce qu’il a fait ! »

Ses pokémons … Ses pokémons … Ses pokémons. Même s’il devait tomber, il allait les sauver ! Il recommença à courir dans tous les sens, comme un Caninos atteint par la rage avant de charcuter tout ce qu’il avait autour de lui. Il savait quoi faire ! Il savait ce qu’il devait faire ! Il arrivait à une fenêtre, poursuivi par les membres de l’Antre des Artisans.

« Kéran … Tu n’es qu’un imbécile. Une telle folie de ta part et … »

« Pardon, Swar … Vraiment pardon … Je ne voulais pas te mettre en danger. » bredouilla l’adolescent, reniflant bruyamment avant de sortir ses trois noigrumes.

« Moi ? En danger ? Par ces personnes ? Nullement. C’est toi … On parle de ton corps … de ta personne … qui est en danger. Et de nul autre être. »

« Ça ne fait rien .. .Ce n’est pas grave. Ce n’est pas grave du tout. Sarène, Lili, Lala, enfuyez-vous et ne venez pas me chercher. Sauvez-vous ! » s’écria l’adolescent, serrant les trois noigrumes dans ses mains avant de les projeter par la fenêtre de toutes ses forces. D’ailleurs, à ce moment-là, il avait même senti une nouvelle énergie en lui alors qu’il savait que ses pokémons seraient à l’abri.

« C’est très grave, Kéran. Très grave même. » murmura l’épée avec calme. « Tellement grave et irresponsable de ta part. Qu’allons-nous donc pouvoir faire de toi ? Hum ? Je me le demande bien … Maintenant, la situation est critique. »

Critique ? Il n’en doutait pas. Il voyait les hommes et les pokémons qui l’entouraient. C’était lui … qui était responsable de ce massacre. Il avait tué tellement de personnes et tellement de pokémons maléfiques … juste pour venger ces pauvres créatures torturées, tuées, mutilées.

« Hahaha … Il ne pourra plus s’enfuir. Tu as une dernière parole ? » demanda l’une des personnes. L’adolescent resta immobile, reniflant bruyamment.

« Swar … Pardonne-moi encore une fois … Snif. » murmura faiblement Kéran.

« Que comptes-tu faire ? » dit l’épée. Sans prévenir, l’adolescent envoya l’arme dans le cou de celui qui avait pris la parole. L’épée auréolée d’une aura noire se logea dans la gorge de l’homme, le tuant sur le coup.

« ENCERCLEZ-LE ! IL N’A PLUS AUCUNE ARME POUR SE DEFENDRE ! ASSOMMEZ-LE ! ON VA S’OCCUPER DE LUI ! »

Il ne cherchait même pas à lutter. La seule chose qu’il voulait, c’était avoir Swar auprès de lui. Il courut et sauta en direction du corps de l’homme qui tombait à la renverse, récupérant son arme avant de se coucher au sol. De nombreux coups de pied et poing vinrent le frapper de toutes parts sur son corps tandis que Swar chuchotait :

« Je m’occupe d’un imbécile, je n’arrive pas à le croire … mais un imbécile heureux. »

« Pardon, Swar. Pardon … Pardon, Swar. Pardon. »

L’adolescent continuait de murmurer cela avant qu’un coup de gourdin ne vienne le frapper sur le dos du crâne, le plongeant dans l’inconscience. Aussitôt, une voix tonitruante se fit entendre de la part de l’épée :

« Je vous déconseille de le tuer … sinon … Je serai forcé de vous éliminer tous. Vous pouvez en faire tout ce que vous voulez mais s’il meure … Vous le regretterez. »

« Tiens donc … Un pokémon maléfique qui protège un humain. On aura tout entendu. Mais on va l’écouter, de toute façon, il va être plus distrayant vivant que mort. Embarquez-le. On va lui montrer ce qu’est le Marché de la Mort. Je suis sûr qu’il appréciera son petit séjour dans les cachots. Foutez-lui son épée autour de la taille et n’y touchez plus. Ça te convient, spectre ? »

« Tant qu’il est vivant … » répondit Swar.

« Alors comme ça, c’est résolu ! Aller ! Embarquez-le maintenant ! On n’a pas que ça à foutre ! Et recapturez moi ces pokémons qui tentent de s’enfuir ! Ils ne sont sûrement pas allé très loin de toute façon ! »

« Compris ! Faudra aussi passer un coup de balai ! »

L’adolescent évanoui fut soulevé par les membres du Marché de la Mort tandis qu’il était emmené ailleurs. Où cela ? Il ne le saurait qu’à son réveil. Au beau milieu de l’herbe, trois petites noigrumes étaient présentes, camouflées et presque invisibles.

Chapitre 77 : Le devenir des pokémons

Chapitre 77 : Le devenir des pokémons

« C’était cela, ton idée ? » demanda Swar alors que l’adolescent se retrouvait dans la forêt, tenant un gourdin en main, l’épée dans l’autre.

« Il n’y a pas de sot métier, non ? Puis bon, c’est toujours une bonne chose que de récupérer un peu d’argent au cas où il y aurait des problèmes. »

« Et tu penses avoir des problèmes d’argent en ce moment même ? » murmura l’épée une nouvelle fois tandis qu’il venait capturer plusieurs pokémons dans les noigrumes. Un métier comme un autre, un métier qu’il avait accompli auparavant. Sauf que depuis le temps, de l’eau avait coulé sous les ponts.

Et maintenant, il avait beaucoup moins de mal à capturer des pokémons qu’auparavant. D’ailleurs, les quantités étaient de plus en plus importantes. Ah … Sans que ça soit excellent, c’était une façon de vivre comme une autre. Il ne pouvait pas nier que ce genre de vie n’était peut-être pas fait pour lui mais au moins … Il « oubliait ».

« Voilà … Swar, ça n’a pas l’air d’être très motivant pour toi. Ça ne va pas tant que ça ? »

« Disons que je pensais un peu mieux de toi. Tu veux continuer ton existence à chasser du pokémon pour vivre au jour le jour ? »

« Pas forcément … C’est juste en attendant de trouver un autre objectif dans ma vie. Auparavant, ça aurait été bien plus simple car j’étais avec Katérina mais maintenant … Je ne sais plus vraiment quoi faire alors bon … »

« Et pourquoi ne pas essayer de combattre des créatures spectrales et ténébreuses ? Normalement, c’est bien ce dont tu es capable, n’est-ce pas ? »

« … … … Swar. Je te rappelle que tu es de cette espèce hein ? J’ai l’impression que tu l’as un peu oublié en même temps, là. »

« Je ne l’ai guère oublié. Néanmoins, cela est dans mon intérêt que tu fasses le ménage. » murmura avec calme l’épée alors que l’adolescent regardait les noigrumes dans son sac.

C’était une belle quantité Il avait sûrement de quoi récupérer une bonne récompense. Il allait garder cet argent pour plus tard, pour divers achats dans le futur. Et aussi pour Katérina. Même s’il ne la revoyait pas tout de suite, il allait tout faire pour qu’elle lui pardonne. Pour cela, il allait faire de son mieux pour lui offrir un présent lorsqu’il la reverrait.

« Ça sera la meilleure des idées jamais eut ! »

« Et voilà que maintenant, tu m’effraies … Kéran. A quoi donc as-tu pensé encore une fois ? » demanda avec calme l’arme.

« Tout simplement à quelque chose de bien sympathique si je revois Katérina. Je pensais lui offrir quelque chose avec l’argent que je vais avoir. Je suis sûr que ça lui fera plaisir. Maintenant, je ne sais vraiment pas quoi lui offrir et je ne me vois pas lui offrir des vêtements, surtout avec ce qu’elle porte habituellement, enfin bon … »

Il commença à rougir faiblement tandis que l’épée évita de soupirer. Il était visiblement impossible de retirer l’adolescente de l’esprit de Kéran. Néanmoins, il aurait essayé une cause perdue d’avance visiblement.

« Enfin bon … Enfin bon … Je ne veux rien entendre de cela, est-ce bien compris, Kéran ? Maintenant, ramène donc ces pokémons, vas récupérer ton argent et sors de cette ville pour aller installer ta tente ailleurs. »

« Je pensais dormir un peu à l’auberge, tu ne crois pas que j’ai mérité de dormir dans un lit non ? Enfin, pour une fois. »

« Bien entendu … Et puis quoi encore ? Tu as dit que tu économisais de l’argent pour cette gourgandine et maintenant, tu veux le dépenser ? Vas ramener ces noigrumes maintenant, c’est un ordre. Ne me force pas à être violent envers ta personne. »

D’accord ! C’est bon ! Il avait cerné le problème ! Il n’allait rien faire du tout car il ne voulait pas du tout de problème ! Mais bon … En même temps, c’était pas si dramatique de dépenser un peu d’argent non ? En même temps, l’épée était drôlement incisive depuis que Katérina n’était plus là.
C’était quand même étrange et plutôt surprenant mais en même temps … Il avait toujours cette impression qu’elle ne voulait jamais le posséder, seulement le protéger. Mais est-ce que vraiment l’épée voulait une telle chose ? Il n’arrivait jamais à la cerner. Est-ce qu’elle était maléfique ou bénéfique ?

« Swar … Sincèrement, tu peux me répondre ? » murmura l’adolescent alors qu’il se dirigeait en ville, l’épée lui répondant :

« Quoi donc ? Car le mieux est de poser la question en même temps. »

« Euh … Je voulais sincèrement savoir s’il y a de bons pokémons spectres ou ténébreux qui peuvent posséder les personnes. Si tel est le cas, qu’est-ce que ça apporte de bénéfique ? »

« Ce que cela apporte ? Je t’ai déjà répondu en partie à cette question. Une régénération accrue au cas où tu serais blessé, de la force, des pouvoirs liés à la créature. Beaucoup de choses en fin de compte. Néanmoins, plus l’être résiste au pokémon qui le possède, plus le pokémon qui possède l’être aura moins de force en soi. C’est pourquoi il est stupide de posséder une personne, du moins, à mes yeux. »

« Ah bon ? Alors pourquoi est-ce que tu veux me posséder ? » demanda Kéran, plus que surpris par les propos de Swar.

« Car un jour, tu seras obligé d’admettre que la possession de ton corps sera le seul choix qu’il te restera. C’est aussi simple que cela. »

« Si tel est le cas, ça voudrait dire que je n’aurai pas à t’en vouloir ? »

« Qu’est-ce-que … Hum. Non rien. Je ne vais pas te répondre, cela serait particulièrement stupide de ma part. » conclut l’épée, terminant par-là la conversation entre eux deux.

Mouais. Il n’était pas franchement convaincu par les paroles de l’épée mais qu’importe, s’il commençait à la juger un peu trop. Il pénétra dans la ville, celle-ci étant toujours aussi vivante. Par contre, les nuages cachaient à nouveau le soleil dans sa grande majorité.

C’était dommage mais c’était ainsi … Vraiment dommage. Il se dirigea vers la boutique où il avait reçu les noigrumes, pénétrant à l’intérieur. Déposant le sac sur le comptoir, l’homme en face de lui lui donna une bourse équivalente à son travail. Puis finalement, l’adolescent s’arrêta, demandant calmement :

« Dites … J’ai une petite question, qu’est-ce que ces pokémons deviennent ? »

« Hum ? Ces pokémons vont être utilisés par leurs nouveaux propriétaires. Vous n’avez jamais vu de marchands de noigrumes ? Cela m’étonne puisque généralement, nous travaillons avec eux. » signala le marchand calmement.

« Ah oui … Bien entendu mais bon … Je ne sais pas. Enfin merci pour l’argent, si vous avez encore besoin de moi, je reviendrai. »

« Nous avons toujours besoin de personnes capables de capturer des pokémons. »

Héhéhé ! Et il était là pour ça ! Il remercia une nouvelle fois l’homme avant de quitter le bâtiment. Celui-ci lui fit un grand sourire, l’adolescent sortant du magasin, observant la bourse plutôt impressionnante pour un travail aussi simple. Il entendit Swar qui le traitait d’imbécile. Il s’éloigna, demandant ce qui se passait avec Swar. Celui-ci lui répondit :

« Tu poses une question qui aurait mérité d’être éclaircit et tu crois directement la première personne qui t’y répond. Pourtant, un bref instant, j’ai cru entrevoir une lueur d’espoir envers ta personne. Je pense que visiblement, j’aurai mieux fait de ne pas trop espérer pour toi. »

« HEY ! C’est pas sympa de ta part ! Si tu veux bien t’exprimer plus correctement, je comprendrai peut-être ce que tu voulais me dire. »

« Je ne vois pas l’intérêt de t’adresser la parole. Je me demande même pourquoi je continue à t’adresser la parolé, Kéran. Au revoir pour la journée. »

MAIS POURQUOI L’ARME ETAIT EN COLERE ? POURQUOI ? Ca l’énervait encore plus quand Swar lui parlait comme ça ! RAH ! Swar était encore pire qu’une femme ! Il changeait de comportement comme de garde ! Il ne pouvait pas penser chemise puisque l’épée n’en portait pas ! PFFFF !


Il savait de quoi parlait l’épée … C’était juste que … Enfin bon … Il allait faire ça alors. Puisqu’il en était ainsi. Sans même lui adresser la parole, il resta dans la ruelle non-loin du magasin où il avait vendu les noigrumes et où il avait récupéré sa mission. Les minutes s’écoulèrent, les unes après les autres, jusqu’à ce que peu à peu, la nuit tombe. Finalement, le marchand sortit de sa boutique, un épais sac sur le dos.
Voilà ce qu’il allait faire … Suivre tout simplement l’homme pour voir ce qu’il allait faire des noigrumes. Ça serait aussi simple que ça. D’ailleurs, il se sentait un peu envahi d’une énergie nouvelle alors que c’était la première fois qu’il espionnait quelqu’un.
Le marchand regardait souvent derrière lui, quittant peu à peu la ville avant de suivre un sentier de terre. Après cinq minutes de marche, il quitta le sentier, se dirigeant vers l’ouest. Ce n’était pas vers la forêt mais un lieu qu’il ne connaissait pas.
« Kéran, qu’est-ce que tu fais donc ? » demanda finalement Swar.

« Puisque tu m’en voulais autant, j’ai décidé d’aller voir ce qui se tramait du côté des marchands de noigrumes. »

« Tu vas te mettre dans des situations pas possible. Est-ce que tu le sais ? »

« Je le sais parfaitement mais ça m’énerve encore plus de ne pas t’écouter alors je vais voir ce qui se passe de tellement terrifiant et comme ça, c’est réglé. Voilà tout. »

« … … … Mais pourquoi tu n’es pas capable de penser … Non, même pas. Tu penses par toi-même et c’est cela le gros problème. Je te laisse te débrouiller mais dès que tu sens que ça devient trop dangereux, recule. » murmura l’arme.

« D’accord, d’accord. » marmonna l’adolescent, appréciant toujours ces petites paroles de la part de Swar. Bon … Où est-ce que l’homme l’emmenait ? Car là, ça commençait à faire une sacrée trotte. Et en plus, dans la nuit, c’était difficile de le suivre.
Néanmoins, il vit l’homme qui se dirigeait vers un endroit où de la lumière était présente. Des torches ? Et c’était quoi ce bâtiment ? On aurait dit un immeuble d’une taille plus qu’importante mais bon … En même temps, le gros souci était là. Comment faire pour rentrer sans éveiller les soupçons ? Il voyait plusieurs fenêtres, dont certaines qui étaient ouvertes. En même temps, il y avait aussi des gardes qui stationnaient … DES GARDES ?


C’était quoi cet endroit ? Même si c’était juste un transfert de noigrumes, ce n’était pas normal qu’il y en ait autant ! Loin de là même ! Il allait devoir … Comment faire ? AH ! Il y avait des caisses ! Avec furtivité, il se déplaça jusqu’à arriver à celles-ci, regardant autour de lui. Personne ! Autant le faire maintenant !

Il grimpa sur les caisses, s’approchant d’une fenêtre ouverte avant d’y jeter un œil. Personne aussi de ce côté ? Et c’était un endroit où étaient entreposées d’autres caisses ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il commençait déjà à se sentir un peu mal. Il ne savait pas réellement comment l’expliquer mais bon. Il passa par la fenêtre, atterrissant de l’autre côté sur les fesses. Il poussa un gémissement de douleur, se massant l’arrière-train avant de se redresser.
C’était quoi cet endroit ? Ça ne lui inspirait pas confiance, pas du tout même. Il observa quelques caisses, certaines étant ouvertes, laissant paraître de nombreuses noigrumes. Où était la sortie ? AH ! Il la trouva, s’approchant d’elle tout en faisant attention. Il entendait quelques voix qui discutaient entre elles.

« On a eu un nouvel arrivage. Pas mal du tout d’ailleurs. Le type qui a réussi à en capturer autant doit être sacrément doué. »

« Hahaha ! Plus de pokémons, c’est plus de profits. Plus de profits, c’est plus d’argent pour nous. On ne va pas s’en priver non plus. »

« De toute façon, qu’est-ce qu’on en a à foutre hein ? La majorité vont servir pour aller dans les arènes et divertir un peu ces types plein aux as. Pendant ce temps, nous, on récolte le pactole. Aller, faut qu’on descende. »

« Ouais … Ils nous attendent en bas. Prends cette caisse, ça sera la surprise pour ce combat. On va voir qui affrontera qui héhéhé ! »

Ça voulait dire quoi ça ? Une arène ? Des arènes ? Des personnes riches ? Non mais il avait besoin de comprendre ce qui se passait actuellement. Ce n’était pas normal … Enfin, pas autant qu’il ne le croyait. Ah … Ah … Comme si Swar avait senti qu’il était mal, la voix lui murmura lentement :

« Repars par-là d’où tu viens. J’ai encore cru un peu trop en tes capacités, Kéran. »

« Non … Maintenant que je suis là, je veux savoir. Swar, arrête de m’intimer dans un endroit pour ensuite me demander d’en repartir. »

« … … … Cela est de ma faute, je le reconnais amplement. Mais maintenant que tu en sais assez, il vaut mieux que tu t’éloignes. Il vaut mieux ne rien savoir ou savoir peu qu’en savoir trop. Te connaissant à force, tu vas commettre de lourdes bêtises. »

« Je suis encore quelqu’un de très raisonnable. Je sais ce que je peux faire, mes capacités et ce que je ne peux pas faire. Je vais aller voir de mes propres yeux tout ça. »

« Arrête Kéran. Ne me force pas à utiliser la manière violente pour t’en empêcher. » souffla l’épée tandis que l’adolescent était déjà parti de la pièce, regardant à gauche et à droite. Des escaliers de pierre qui descendaient ? Et il y en avait plusieurs … comme pour plusieurs salles. Il prit l’un des chemins, descendant les escaliers tout en vérifiant qu’il n’entendait aucune voix. Pourtant, il entendit des petits cris plaintifs.
Se rapprochant au fur et à mesure, il se cacha devant des caisses bien plus grosses que les autres, jetant un œil. C’était quoi cet endroit ? Et ça empestait le sang ! BEAUCOUP TROP DE SANG MÊME ! Ca lui donnait la nausée et il se sentait mal. Il posa une main sur sa bouche, observant les alentours.
Des pokémons, il y avait des pokémons de partout ! Il y en avait vraiment beaucoup ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? Et pourquoi est-ce qu’ils étaient en cage ? Et aussi … Ils avaient été battus ? Et affaiblis ? Ils étaient tellement maigres … Les gémissements plaintifs provenaient d’eux. Quelques voix parlèrent entre elles, l’adolescent tendant l’oreille, tremblant.
L’Antre des Artisans … C’était l’Antre des Artisans qui dirigeait cet endroit, signalant qu’encore une fois, cela allait être une bonne source de profit et que les caisses étaient prêtes à être envoyées aux différents arènes … mais d’autres caisses allaient être envoyées à la Sainte Alliance aussi ? Ça voulait dire quoi tout ça ?

Comprendre, il avait besoin de comprendre car la situation lui échappait. Ses hommes et ses femmes. C’était quoi cette idée de faire du profit ? En blessant des pokémons ? Non … D’après l’odeur de sang, il y avait encore plus que ça. Ah … Ah … Ah … Il commençait déjà à haleter, serrant les dents pour continuer à étudier la scène.

Chapitre 76 : Être une femme

Quatrième axe : Les ravages de ce monde

Chapitre 76 : Être une femme

« Aucune trace de Katérina … » murmura l’adolescent avec tristesse.

« Cela fait une demi-journée que tu la recherches. Cela ne sert à rien de continuer, Kéran. »

Oui mais … Il n’avait pas envie de s’arrêter. Il n’avait pas envie d’abandonner maintenant ! Il devait vraiment s’excuser envers Katérina. Il devait vraiment tout faire pour qu’elle lui pardonne ! Et ce n’était pas en restant ici … qu’il la trouverait. C’est pourquoi il devait continuer ! Il devait continuer à la chercher !

Les minutes passèrent, puis les heures … Au final, il avait passé le reste de la demi-journée à la rechercher, en vain. Elle était introuvable et elle était sûrement partie depuis très longtemps. Elle devait être ailleurs … à des kilomètres de lui. Pourtant, il avait entendu sa chanson, sa si belle chanson. C’était ça qu’il avait voulu entendre auparavant mais il n’avait rien eut du tout. Rien de rien …

Assis contre un arbre, il avait replié ses jambes sur lui-même, ses genoux remontés vers son visage. Son ventre commença à grogner mais il ne fit rien du tout. Pendant de nombreuses secondes, le ventre continua de se plaindre jusqu’à ce que Swar ne murmure :

« Kéran … Il faut absolument que tu manges. Ce n’est pas bon pour ton corps. »

« Ca servirait à quoi ? Et puis … Swar, depuis quand est-ce que tu aimes te préoccuper de moi ? Tu n’es pas crédible quand tu fais ça. »

« Ce corps sera le mien un jour. Il est alors normal que je me préoccupe de son sort. Je te conseille d’aller manger et aussi de ne pas me forcer à me répéter. »

… … … Il savait pertinemment qu’il valait mieux ne pas chercher des problèmes à Swar. Il se releva, prenant ses épées dans ses mains avant de se mettre à parcourir la forêt à la recherche de nourriture. Un Wattouat solitaire, une proie facile et voilà qu’il avait de quoi à manger. Il fit apparaître ses trois pokémons, la petite Tarsal créant un feu grâce à ses poings enflammés tandis qu’il commençait à chauffer la nourriture.
Il avait évité de leur montrer le cadavre du mouton car ce n’était pas une bonne chose pour elles. Mais elles se posaient des questions, cela se voyait dans le regard des jeunes pokémons. Elles se demandaient pourquoi il était triste. Mais il n’allait pas leur répondre malheureusement, il valait mieux qu’elles ne soient pas au courant.

Plus tard, il alla poser sa tente au beau milieu de la forêt, emmenant ses pokémons avec lui pour qu’elles puissent dormir. Ce n’était pas pour elles qu’il faisait cela, tout simplement pour lui. Il avait besoin de sentir quelqu’un contre sa peau pendant qu’il dormait. Les trois pokémons ne vinrent guère se plaindre, loin de là.

Endormis, l’adolescent et les trois ne remarquèrent pas l’aura noire qui entourait l’épée, grandissant violemment alors que peu à peu, une forme tentait de se dessiner. Une forme qui avait beaucoup de mal à se former, la voix murmurant :

« Il vaut mieux envisager la possibilité … de quitter cette arme si nécessaire. En vue de tout ce qui se passe, ce n’est qu’une mesure de sécurité. »

Une mesure de sécurité … Hum … La forme tenta de se dessiner une nouvelle fois, quittant subitement la tente. L’adolescent marmonna faiblement dans la tente, se redressant à moitié endormi. Qu’est-ce qui se passait ? Il avait eu l’impression d’un grand froid … Et il se sentait vraiment très faible, plus que faible. Il se frotta les yeux, remarquant finalement l’ombre devant les flammes. C’était quoi ? Il avait du mal à voir en étant à moitié en dormi. Il marmonna :

« C’est … C’est qui ? Katérina ? Tu es de retour ? »

Il sortit rapidement la tête de la tente pour ne voir que le feu qui crépitait. Malgré tout ce qu’il avait pensé … Il avait peut-être rêvé. Non … Ça devait même être surement le cas. Mais qu’est-ce que ça voulait dire ? La voix de Swar sortit de l’épée :

« Je peux savoir ce que tu fais, Kéran ? Retourne te coucher maintenant. »

« J’ai cru voir … une forme près des flammes. Je pensais que c’était Katérina qui était revenue. Mais ce n’est pas possible hein ? Pourquoi est-ce qu’elle reviendrait ? »

« Je ne connais pas la réponse à cette question. Maintenant, vas t’endormir au lieu de rester planté là à ne rien faire. Est-ce bien compris ? »

« Oui … Oui … D’accord. Pas besoin de me parler comme ça. Tu n’es pas mon père ou ma mère, Swar. Je sais quand je dois aller me coucher hein ? »

Il poussa un profond soupir avant de se diriger vers la tente. Il vit les trois pokémons endormies et poussa un profond soupir. Il devait peut-être éviter de trop penser à Katérina car sinon, ça ne serait pas bon pour les « enfants » comme il aimait les appeler.

« Bonne nuit … Swar. Si tu es capable de dormir, bien entendu. Je ne suis pas sûr que ça soit le cas mais on peut toujours essayer. »

« Je suis capable de dormir. Les créatures ténébreuses et spectrales peuvent aussi avoir leur quota de sommeil. Nous ne sommes pas des monstres sans fatigue. »

« Oui … Oui … Peut-être. Je ne savais pas. Alors, bonne nuit, Swar. Fais de beaux rêves sauf si c’est toi qui va me faire faire des cauchemars. » murmura l’adolescent avant de s’installer correctement sous la couverture, venant serrer les trois pokémons contre lui.

« Dors bien … C’est ce que je devrais te dire pour tenter de te rassurer mais je ne pense pas que ça sera le cas. Cette nuit, je veux bien dévorer tes cauchemars si cela s’avère nécessaire … C’est la moindre des choses à faire. »

« Depuis quand … tu es aussi amical envers moi ? » souffla Kéran avant de plonger dans son sommeil, serrant ses pokémons du mieux qu’il le pouvait. Cette nuit-là fut un sommeil sans rêve, sans cauchemar. L’aura noire continuait de paraître autour de l’arme alors que l’adolescent ne bougeait plus, endormi.

« Aucune nouvelle … Swar, n’est-ce pas ? »

L’adolescent s’était relevé quelques heures plus tard, secouant légèrement ses pokémons pour qu’elles fassent de même. Peu à peu, les trois petites créatures s’éveillèrent tandis que l’épée lui répondait sur un ton calme et neutre :

« Aucune nouvelle. Arrête donc de poser cette question et va te laver. De même, il te reste normalement un peu de viande de Wattouat. Cela fut une bonne idée de congeler les morceaux que tu voulais grâce à ta Stalgamin. Ainsi, ils ne pourrissent guère. Il faudrait envisager la possibilité de l’utiliser pour d’autres choses. »

« Je n’avais pas envie de rechasser pour aujourd’hui … C’est tout. »

« … … … Comme tu le désires. Néanmoins, maintenant, vas te laver. » reprit l’arme, n’ayant nullement l’intention de lâcher prise.

Ouais … Ouais … Il allait lui prendre la tête toute la journée s’il ne l’écoutait pas. Il le savait parfaitement. Pfff … Il se redressa, demandant à la Stalgamin de venir se rapprocher de lui et de lui souffler sur le visage un léger souffle glacé. Avec le feu qui n’avait pas été éteint de la soirée, ce qui était étrange mais inintéressant pour l’adolescent, les petites particules de glace devinrent rapidement de l’eau, l’adolescent commençant à se frotter le visage.

« Voilà … Parfait. Maintenant, nous allons nous diriger en ville et voir ce que l’on peut faire de toi puisque tu es redevenu une loque sans métier, ni habitat. »

« … … … Je n’ai pas vraiment envie d’aller en ville. Katérina n’était pas très motivée pour ça celle aussi. Je ne vois pas pourquoi je le ferai. »

« Car tu n’es pas Katérina. Seconde question stupide ? Ou je dois te forcer ? »

Ouais, ouais … Il avait parfaitement compris le message de Swar. Il allait être un gentil « garçon » comme d’habitude. Il poussa un gémissement de douleur, Swar lui montrant par là qu’il ne comptait pas du tout rigoler sur ce point.

« J’ai parfaitement compris le message. Pas besoin de me faire mal … Tu ne sais utiliser que la force de toute façon. Maintenant, si tu peux éviter de me blesser inutilement … »

« Tout ne sera jamais inutile tant que tu n’auras pas comprise le message. »

« Oui … Oui. C’est bon, Swar. On va se diriger vers une ville. Comme tu le désires quoi … Pfff … Tu ne peux même pas me laisser être démoralisé quelques jours ? J’ai perdu Katérina et je ne suis pas sûr que je la reverrai … » marmonna l’adolescent.

« Et t’entendre te plaindre et t’apitoyer sur ton sort ? Il en est hors de question. Je n’ai pas que cela à essayer de te remonter le moral. De toute façon, je ne le ferai pas. »

« Ça, je n’en doutais même pas un instant venant de toi. » ironisa Kéran.

« Hum ? Tu es sûr d’avoir parfaitement cerné ce que je t’ai dit ? »

OUI OUI ! Il avait parfaitement compris ! BON ! Il devait alors trouver une ville et se mettre en route le plus rapidement possible. Rappelant ses pokémons, il quitta la forêt, prenant le chemin tracé dans la terre.
Il n’avait même pas le temps d’être démotivé. Dès qu’il semblait avoir une mauvaise pensée, un choc venait le frapper dans son crâne, lui donnant une légère migraine. Il avait pertinemment que c’était l’œuvre de Swar mais il ne disait rien.
Rien du tout pour le moment car il valait mieux pour lui que l’arme se calme … Il ne voulait pas de problèmes, pas du tout. Il n’était pas là pour avoir un maximum de soucis à cause de Swar. Peut-être qu’en discutant un peu avec lui, ça lui permettrait d’éviter de se prendre de ces migraines plus qu’horribles ?

« Swar … Pour Katérina, je voulais encore savoir … à son sujet. »

« Je croyais que ce sujet était tabou, n’est-ce pas ? Alors pourquoi tu t’évertues à cela ? »

« Ce n’est pas la même chose, loin de là. Ce que je veux savoir … C’est … Enfin, on en a déjà discuté hier un petit peu mais … »

« Quoi encore ? Arrête de tourner autour du pot et demande franchement ce que tu veux, est-ce bien clair ? » annonça l’épée avec un peu de colère dans le ton.

« D’accord ! D’accord ! Pas besoin de crier ! Je ne voulais pas t’énerver ! Je voulais juste savoir … puisque tu vas me posséder un jour, n’est-ce pas ? »

« Quand l’heure sera venue, je ne me priverai pas de cela. » compléta l’arme.

« Donc, j’aimerai vraiment savoir … Tu es un pokémon féminin ou masculin ? »

« Exprime la raison d’une telle question. »

Ce n’était pas la première fois qu’il lui posait celle-ci. L’arme devait donc savoir pourquoi il demandait cela. Il n’y avait pas cinquante raisons. Après ce qui s’était passé avec Katérina, il avait besoin de savoir … Car c’était en quelque sorte important pour lui.

« Car si tu me possèdes … et que tu es de sexe féminin, ça reviendrait à dire que je serai comme Katérina plus tard. Enfin, je ne suis pas sûr que ça soit réellement le cas et … »

« Tu as complètement oublié que pour cela, il faut que tu sois amputé d’une bonne partie de ton corps, que je te possède et qu’en fin de compte, je décide alors de te faire devenir à moitié femme. C’est ce que tu aimerais être ? »

« NON ! NON ! Enfin … non … »

Bien qu’il s’était exclamé au départ, sa voix fut bien plus calme ensuite, comme s’il avait du mal à prétendre le contraire maintenant. Il n’avait pas envie de l’être … ou peut-être un peu. Non … Enfin … C’était compliqué.

« Si je devenais comme Katérina, ça serait peut-être plus simple de la comprendre non ? »

« Il y a des chances mais cela serait parfaitement stupide de ta part. Elle n’aimerait surement pas que tu deviennes comme elle. De même, ça reviendrait à me laisser ton corps, c’est cela dont tu as envie visiblement ? »

« Non, non … Enfin … Je ne sais plus vraiment maintenant. C’est bien trop compliqué par rapport au reste. Mais j’aimerai tellement la comprendre mieux. »

« Tu n’es pas forcé de la comprendre, juste de te faire pardonner. De même, une telle idée provenant de toi est purement folle et aberrante. Comme si ton existence était faite pour être celle d’une femme. »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Et au final, il n’était pas stupide hein ! L’arme ne lui avait toujours pas dit de quel sexe elle était ! Il allait devoir considérer que le mutisme de Swar était celui d’une femme. Mais ça ne changerait rien à la situation. Enfin … Sauf quand il allait se laver, mais ça, il évitait déjà d’avoir Swar auprès de lui quand il faisait ça.

« Bon … Swar, au final, je m’en fiche que tu sois une fille ou non. »

« Enfin un raisonnement correct. Cela aura mis le temps mais tu as finalement compris. »

« Pas vraiment … C’est juste que dans le fond, il vaut mieux que je ne sache rien sur toi puisque tu ne veux rien me dire. Est-ce que par contre, je peux compter sur toi un peu plus ? Car maintenant que je n’ai plus Katérina pour me protéger … »

« Hum ? Qu’ai-je dit ? Je ne vais pas me répéter, dorénavant, écoute ce que les autres te disent, cela te servira dans le futur. » répondit sèchement l’épée.
Hein ? Comment ça ? Il tenta de raviver ses souvenirs pour se rappeler de ce que l’épée avait dit. Hum … Enfin bon … Il n’avait même pas besoin d’y réfléchir en fin de compte. Ça devait être « normal » de la part de l’épée de le protéger.

« D’accord Swar … Allons vers une ville … »

« Pendant que tu me parlais, tu ne t’es même pas rendu compte que nous n’étions plus très loin. » annonça l’arme alors qu’il regardait à l’horizon.

Ah oui. Une ville. Il voyait une ville au loin ! Bonne nouvelle ! D’ailleurs, il avait même une petite idée de ce qu’il allait pouvoir faire pour gagner sa vie maintenant qu’il avait quitté l’Enceitne aux Esclaves. Bien entendu, il était hors de question d’aller dans une autre organisation. Il valait mieux pour lui qu’il n’ait aucune attache.

« Swar … Est-ce que tu … Non, rien du tout. »

Il valait mieux ne pas lui demander une nouvelle fois s’il allait retrouver Katérina. Il n’allait pas oublier l’adolescente mais peut-être qu’un jour, il la reverrait. Si ce jour devait arriver, il serait alors préparé pour se faire pardonner, du moins pour tout faire. Il se dirigea vers la ville, pénétrant à l’intérieur. Maintenant, il savait ce qu’il avait à faire pour survivre dans ce monde en étant seul. Certains petits boulots étaient mieux payés que d’autre.